Sans jamais te retourner de Tony Perraut


Le livre : Sans jamais te retourner de Tony Perraut. Paru le 28 avril 2018 en autoédition. 3,99€ ;
(54p.) ;12,9 x 19,8cm.
4ème de couverture :
Sans jamais te retourner, tu vas vivre cette journée. Tu vas tout donner, tout penser, tout imaginer. C’est dans cette forêt que tu vas comprendre la solitude. C’est dans ce bus que tu vas ouvrir ton ressenti. Mais tU connais l’issue de cette journée. Tu sais que demain tu ne verras pas le soleil se lever. Alors fonce gamin, va mourir.
Sans jamais te retourner est une nouvelle dramatique ayant pour thème le suicide.
L’auteur : Tony Perraut est né en 1997 et est fondateur d’un site d’actualités culturelles. Il est également auteur indépendant et vit en Bourgogne.  Il a écrit : Extraction : La naissance , son premier roman et le premier tome d’une duologie. Le cri des papillons est son troisième roman.
Extrait :
« Quitter ce monde avec des milliers de souvenirs. Boire une dernière gorgée de bière, laisser la boisson dans ta bouche quelques instants pour en savourer toute la fraîcheur avant de baisser la tête, avaler, se repositionner, faire tomber ta bière et te retrouver face à cette fenêtre. Tu ne voulais pas te jeter du quatrième étage, non, tu ne voulais pas tomber face à cette rue, cette rue… »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Sans jamais te retourner, Tony Perraut :

Cette nouvelle, c’est la dernière journée d’un homme qui va mourir et le sait. On le suit dans ce qui semble être ses dernières manies quotidiennes, ses derniers instants qu’il se choisit lui-même . Ce personnage c’est un inconnu dont on ne connaît presque rien. MaiS on s’en moque, Il ne s’agit pas ici d’une histoire à proprement parler mais plutôt d’une hymne en mémoire aux personnes qui se sont données la mort.

Si vous êtes strictes dans vos lectures, ce petit côté inconnu peut vous déranger surtout que l’on passe du « je » au « tu » souvent dans la narration . Mais vraiment prenez de la distance et cherchez plutôt le vrai message de cette nouvelle .

Pourquoi certaines personnes décident-elles de se donner la mort ? Comment parviennent-elles à trouver la force de le faire ? Qu’est ce qui fait que la souffrance est telle qu’elles préfèrent s’en aller définitivement ?

C’est ce que va tenter de nous faire comprendre l’auteur auprès de ce personnage qui nous touche évidemment .

On ressent tout au long de l’histoire cette urgence où les mots s’entrechoquent et ne cessent d’accélérer le rythme.

On ne peut que sortir bouleversé de cette nouvelle d’une force incroyable pour un si jeune auteur.

Le sujet est maîtrisé et abordé d’une façon poignante .

« Le suicide ! Mais c’est la force de ceux qui n’en ont plus, c’est l’espoir de ceux qui ne croient plus’ c’est le sublime courage des vaincus. » Guy De Maupassant

Nouvelle de 54 pages disponible au prix de 3,99€ en format papier .

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Movers : les passeurs d’ombres de Meaghan McIsaac


Aujourd’hui on parle Science Fiction

Et oui on aime aussi les littératures de l’imaginaire chez Collectif Polar

Le livre : Movers – Tome 1, les passeurs d’ombres de Meaghan McIsaac. Traduit de l’anglais par Farah Hamzi. Paru le 15 septembre 2016 chez  Auzou Editions dans la collection Virage. 11€95 ; (300 p.) ; 20 x 14 cm
4e de couv :
Pat et sa sœur Maggie ont assisté il y a 6 ans à l arrestation de leur père. Son délit : être un « passeur » de niveau 2 et surtout avoir transféré son Ombre depuis le futur jusque dans le présent. Une action formellement interdite par la loi en 2077 et passible d emprisonnement à vie. Aujourd’hui, Pat et Meg sont en danger car eux aussi sont des passeurs traqués. Soupçonnés d’être impliqués dans une série de Passages dans la ville provoquant des catastrophes en chaine, ils fuient un gouvernement implacable dont ils découvrent le vrai visage : un système autoritaire qui cherche avant tout à éradiquer les Passeurs, ces individus incontrôlables qui menaceraient le présent en ouvrant une porte vers le futur…
L’auteure : Meaghan McIsaac a grandi au Canada. Elle a séjourné au Royaume-Uni pour étudier l’écriture de livres jeunesse et a obtenu un MA. Revenue au Canada, elle a fait des stages dans des maisons d’éditions, dans des magazines et des journaux people, écrivant des histoires pendant ses moments de liberté. Elle est maintenant l’auteur de Urgle, Underhand, The Boys of Fire et Ash. Elle vit actuellement à Toronto, en Ontario, avec ses chiens et elle vit de sa plume.

 

Extrait :
“11 avril 2077.
Un nouveau cas de Passage a secoué la paisible banlieue résidentielle d‘Oakland Hills de la ville d’Avin. La police est intervenue dimanche en début de soirée au domicile de Michael Mermick, un assureur de 39 ans, père de deux enfants. L’homme, un passeur en niveau 2, a été appréhendé par les agents du BCAP (le Bureau de Contrôle des Activités de Passage) chez lui après que les voisins ont dénoncé une activité douteuse. Les soupçons ont été confirmés par la découverte du cadavre de l’Ombre non identifiée de Mermick qui gisait au seuil de son appartement du quatorzième étage. Le BCAP a affirmé que l’Ombre est morte sur place suite à de graves brûlures à la tête. Le suspect a rapidement été placé en garde à vue dans les locaux du BCAP de la zone d’Avin. Les rafales de vent générées par le Passage ont soufflé jusqu’à 174 km/h, vitesse jusque-là jamais enregistrée dans l’histoire du phénomène, et ont laissé les experts perplexes.”

Le “ressenti” de Jean-Paul

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de roman sur les voyages temporels. Ils nécessitent rigueur et cohérence et souvent sont un peu bâclés ou bien plein d’invraisemblances. C’est ma libraire qui m’a conseillé celui-ci car il lui paraissait intéressant !

Movers est décliné sur deux tomes.

Le premier est plutôt très bien réalisé, je pensais au début que c’était un roman vraiment destiné aux adolescents ou jeunes adultes, mais pour le coup il y a une double lecture qui convient aussi parfaitement à tous les amateurs de science-Fiction !

L’histoire se passe dans un futur relativement proche géré par un gouvernement totalitaire…

Les personnages sont loin des stéréotypes habituels. Pas de superhéros, ni de personnages hors du commun, personne ne veut sauver le monde, mais juste sauver sa peau.

Ce pourrait être un futur tout à fait banal, s’il n’y avait quelques personnes très surveillées capable d’entrer en contact avec le futur et d’autres pouvant ramener “des Ombres” du futur très convoités par le gouvernement.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai suivi les aventures de Pat, Maggie et Gabby, ces jeunes Passeurs de Niveau 1, traqués, ils doivent “se rendre invisible” pour essayer de comprendre ce qui leur arrivent, mais surtout ils doivent fuir pour échapper au BCAP qui veut les faire disparaitre. Sont-ils responsables, de ce nouveau Passage qui fait trembler le gouvernement ?

Movers est un bon roman bourré d’action que j’ai dévoré en un clin d’œil. Avec une sorte de pression constante qui ne m’a pas lâché pendant toute la lecture, gardant ainsi un excellent rythme, jusqu’à un final “surprise”, qui m’a pris à contre-pied. 

Patience pour la suite…

Un cri sous la glace – Camilla Grebe


Le livre : Un cri sous la glace de Camilla Grebe. Traduit du suédois par Anna Postel.  Paru le 1er février 2017 chez Calmann Levy. 21€90 ; (445 p.) ; 23 x 15 cm.

Rééditer en poche le 21 février 2018 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller. 7€70 ; (504 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Avez-vous déjà perdu la tête par amour ?

Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main.
Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l’identifier.

Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.

Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre.

À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ?

L’auteur : Née en 1968, Camilla Grebe est diplômée de la Stockholm School of Economics. Elle est cofondatrice de Storyside, une maison d’édition suédoise de livres audio. Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur et finaliste du prix Best Swedish Crime Novel of the Year. Un cri sous la glace, son premier livre en solo paru en 2015 en Suède, fut un bestseller dès sa sortie. Thriller captivant dans la veine des Apparences de Gillian Flynn, il est sur le point de devenir un phénomène mondial.
Extrait :
Il fait nuit lorsque j’arrive au commissariat central à Kungsholmen. J’ai aussi l’impression qu’il fait plus froid, car au lieu d’une neige pluvieuse, il tombe à présent sur la rue Polhemsgatan de gros flocons duveteux. Si le commissariat n’avait pas été aussi hideux, la scène aurait pu être belle, mais le paysage est dominé par ces gigantesques immeubles qui rappellent la brutale architecture postindustrielle très en vogue dans les années soixante. Le réseau de lumières qui se dessine sur la façade témoigne que les collègues travaillent derrière ces murs, que la lutte contre les 26voyous ne s’arrête jamais, pas même en soirée juste avant Noël. Et surtout pas lorsqu’une jeune femme vient d’être sauvagement assassinée.

 

Le billet de Syvie K

UN CRI SOUS LA GLACE Camilla GREBE

Lors d’une rencontre avec l’auteure suédoise et j’ai choisi ce livre. J’ai tout de suite aimé l’écriture de Camilla, ses descriptions imagées, la face cachée de chacun des personnages, un style fluide qui se lit bien.

Découverte d’un meurtre; celui d’une femme qui a eu la tête tranchée, non identifiée et retrouvée dans la maison du beau Jesper Orre grand patron de magasin de mode. Trois personnages font l’histoire autour de ce crime. Emma, employée dans un des magasins de Jesper et qui entretient une relation cachée avec lui. Or celui-ci disparaît au soir de ses fiançailles et la police est à sa recherche. Hanne, profileuse reconnue qui décide malgré ses problèmes personnels d’aider la police dans cette affaire. Elle retrouve Peter policier avec qui elle a eu une relation qui ne s’est pas bien terminée. Chacun de ces personnages à son histoire personnelle voir familiale, ses démons et il leur faudra faire un cheminement pour aller au bout de cette histoire.

Au travers de ce récit à trois voix on passe par émotion et sentiments divers pour une chute pour le moins inattendue.

PHOBIA, un recueil qui fait du bien là où ça fait mal !


La double chronique de Collectif Polar

Ce matin notre super chroniqueur Jean Paul vous parlais de son ressenti sur Phobia.

Ce soir c’est Ge qui va tenter de vous convaincre d’acheter ce titre.

Le livre :  Phobia. Collectif Paru le 14 mars 2018 chez J’ai Lu dans la collection J’ai lu Thriller. 5€ ; (317 p.) ; 18 x 11 cm.

Phobia

Les 14 auteurs de polar impliqués dans ce projet ont tous des parcours différents mais un point commun : se rassembler pour donner naissance à Phobia.

Dans ce recueil de nouvelles inédites, nos phobies sont disséquées – peur du noir, de la mort, des araignées et même des cons… – et nous lecteurs, sommes malmenés, certes, mais pour la bonne cause !

Le post-it de Ge

J’ai enfin mon Phobia !

Il était temps !

Oui je l’ai cherché durant mes vacances mais ne l’ai point trouvé sur mon lieu de villégiature. Et puis j’ai eu une semaine de reprise bien agitée puis une deuxième très intense en obligations de toutes sortes !Aussi… J’ai oublié d’acheter Phobia

Aussi en ce lundi de repos, j’ai pu allez tranquillement le chercher chez mes libraires. Il faut dire que ce matin Jean Paul sonnez le rappel ICI

Oui je sais cela fait déjà un mois qu’il est sorti et alors il vaut mieux tard que jamais, et si jamais comme moi vous ne le trouvez plus dans votre librairie vous pouvez encore le commander.

Ce qui est certain c’est que vous allez retrouver quelques plumes que l’on aime beaucoup ici chez Collectif Polar mais aussi quelques autres que je découvre avec ce recueil de quatorze nouvelles qui dissèquent les phobies de l’homme : peur du noir, de la mort, des araignées ou des chiens.

Ce petit bouquin est vendu au profit de l’Association européenne contre les leucodystrophies (ELA).

Alors s’il vous plait ne l’achetait pas en occasion car dans ce cas rien n’est reversé à l’association. Il coûte 5 euros, oui je sais pour certain ça peut-être une somme.

Aussi si vous ne pouvez pas l’acquérir, j’en ai recommandé quelques exemplaires chez mon libraire, et avec Collectif Polar nous tacherons de vous les faire gagner !

Bon allez , je vous laisse, je commence la lecture de Phobia.

Et si je n’ai pas réussi à vous convaincre,

Voici quelques parole d’auteurs ayant donné de leur temps pour une bonne cause !

Il nous dises pourquoi ils sont participé à l’aventure Phobia ?



 

 Pourquoi « Phobia » ?

« J’ai accepté de m’impliquer dans « Phobia », tout simplement parce que si on peut, on le fait. Quant à la nouvelle, elle est venu d’une devinette que je pose parfois : quelle est la personne avec laquelle on passe le plus de temps et qu’on connaît le moins ? La réponse est : soi-même. J’entends par là que, confronté à une situation extrême, on ne sait jamais vraiment comment on réagira. Pour essayer d’en savoir plus, j’ai dû écrire l’étrange situation (Le Refuge) qui se trouve dans « Phobia » et qui confronte le héros à une phobie inattendue. Maintenant, je sais un peu mieux ce que j’aurais fait dans une telle situation. Mais vous ?  »
 Nicolas Beuglet 

 Pourquoi « Phobia » ?

« Quand Damien Eleonori, le coordinateur du projet Phobia, est venu me demander si je voulais participer à un recueil de nouvelles caritatif, j’ai accepté sans réfléchir. J’ai tout de suite aimé le challenge : monter un recueil au profit d’une association, regroupant des auteurs du paysage du polar français. Il y avait un petit goût d’impossible, exactement le genre de challenge que j’aime. Le thème des phobies proposé était également porteur, la peur des chiffres (ma nouvelle s’intitule 1 + 1) a été un moteur intéressant dans l’écriture, je me suis inspiré au départ d’un témoignage trouvé sur le net, et je me suis demandé jusqu’où une phobie pouvait nous emmener, nous faire déraper ou nous faire errer à la frontière de nos hallucinations. »
Nicolas Koch 

 Pourquoi Phobia ?

« Quand Damien Eleonori, coordinateur du projet « Phobia », m’a contacté pour participer à ce recueil de nouvelles pour une belle action, j’étais sur l’écriture d’un roman et d’une série, pas disponible… Mais en demandant de quoi il s’agissait et en écoutant la réponse, j’ai tout de suite dit oui en pensant aux enfants atteints de Leucodystrophie ainsi qu’à leurs parents et à ce que nous pouvions faire, ensemble, pour l’association Ela. »  Chris Loseus 

 Pourquoi Phobia ?

« J’ai grandi dans une famille où le handicap et les maladies génétiques étaient une question quotidienne, ou plutôt une lutte quotidienne : ma tante maternelle est atteinte de la maladie de l’ostéogénèse imparfaite et mes grands-parents ainsi que mes parents ont voué leur vie à la bataille pour l’intégration et le soutien des familles touchées par le handicap. M’engager aux côtés de l’Association Européenne contre les Leucodystrophies n’est que la continuité de notre combat familial. »  Johana Gustawsson 

📖 Le recueil de nouvelles « Phobia » est dès à présent disponible au prix de 5 € en librairie.

PHOBIA


La double chronique de Collectif Polar

Ce matin notre super chroniqueur Jean Paul vous parle de son ressenti sur Phobia.

Ce soir je tenterai, après l’avoir récupéré chez mon libraire, de vous convaincre d’acheter ce titre.

Allez c’est parti pour la chronique de Phobia


Le livre :  Phobia. Collectif Paru le 14 mars 2018 chez J’ai Lu dans la collection J’ai lu Thriller. 5€ ; (317 p.) ; 18 x 11 cm.

Collectif (Nicolas Beuglet, Jean-Luc Bizien, Armelle Carbonel, Sonja Delzongle, Damien Eleonori, Johana Gustawsson, Nicolas Koch, Mickaël Koudero, Chris Loseus, Ian Manook, Eric Maravelias, Maud Mayeras, Olivier Norek et Niko Tackian) 

4e de couv :
Si vous aimez les nouvelles, si vous aimez les auteurs réunis dans ce livre ou que vous voulez les découvrir, n’hésitez pas. Vous faites une bonne action… et je vous promets un bon moment de lecture !
Dans ce recueil de nouvelles inédites, nos phobies sont disséquées – peur du noir, de la mort, des araignées et même des cons… – et nous lecteurs, sommes malmenés, certes, mais pour la bonne cause !
……………………
Extrait : 
Allongé sur mon lit, je repense à la séance du jour en fixant le plafond. Là je suis certaine de n’y voir aucun chiffre. Il est tout blanc rien, ne vient me perturber. Ça me rassure, je me sens bien lorsque je contemple le néant.
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

En général il n’est pas facile de parler d’un recueil de nouvelles…

Pour Phobia l’exercice devient une facilité évidente !

Quand 14 “supers” auteurs se mettent au service d’une belle cause, ELA, (Association Européenne contre les Leucodystrophies, maladies génétiques rares), c’est tout leur talent qui est mis en avant en nous proposant 14 nouvelles toutes plus surprenantes et cauchemardesques les unes des autres !!!
Ce recueil “parlera“ à tout le monde car des phobies nous en avons tous…

Les araignées, le temps qui passe, les maladies, les méfiances envers nos voisins, notre patron voire notre famille… Qu’elle soit violente ou invisible, la phobie devient petit à petit incontrôlable, elle est partout.

 Phobia devient alors une manière pour nous tous de tendre la main à toutes ces personnes atteintent d’une grave maladie génétique.
Phobia c’est aussi 5 euros (Le prix d’un sandwich, moins cher qu’un paquet de cigarettes…), dont 1 euro reversé directement à l’association !

 Alors je compte sur vous.

Nous comptons tous sur vous…

 Un grand merci aux auteurs qui ont offert leur temps et leur talent à ELA.

Sœurs de Bernard Minier


Le livre  : Sœurs de Bernard Minier. Paru le 5 avril 2018 chez XO.   21€90  ; (480 p.) ; 24 x 15 cm

4ème de couverture :

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.
Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.

Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle t-il pas La communiante ? L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.

Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.

L’auteur : Né à Béziers (Hérault) , le 26/08/1960, Bernard Minier grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l’Essonne en Île-de-France. Il fait d’abord carrière dans l’administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d’envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.
Il publie son premier roman, « Glacé « , en 2011. Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.
« Glacé  » met en scène le commandant Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu’incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver. Le roman obtient de nombreux prix dont le Prix Polar au Festival de Cognac et le Prix « Découverte » Polars Pourpres. Il a été adapté en série télévisée.
Son deuxième roman, « Le Cercle« , paru en 2012, renoue avec le même personnage et se situe cette fois dans le milieu d’une petite ville universitaire du Sud-Ouest. Il obtient le prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac. Puis viennent « N’éteins pas la lumière », « Une putain d’histoire » prix du meilleur roman francophone du festival de Cognac et « Nuit »
Ses romans privilégient les atmosphères oppressantes, la violence psychologique et des personnages complexes, ainsi que « l’attention qu’il porte aux décors, naturels en particulier ». « Sœurs » est son sixième roman, le cinquième de la série Servaz.
Extraits :
« Si les vivants ont des secrets, constata-t-il en pensant à Alexandra, les morts, eux, n’en ont plus guère pour le légiste. Analyses, prélèvements, examens visuels et palpations révèleront leur état de santé et bien souvent, leur état mental, voire moral. Cirrhoses, hématomes, anciennes fractures ressoudées et cals osseux portant témoignage de coups et de mauvais traitements, vieilles cicatrices par impacts de balle ou arme blanche, scarifications et automutilations, somnifères, antidépresseurs, drogues, maladies vénériennes, lésions anales, traces d’asphyxie autoérotique, poumons goudronnés par plusieurs centaines de milliers de cigarettes, piqûres de seringues, liens, mauvaise hygiène de vie, malpropreté, déliquescence, folie, mort – rien ou presque n’échappe à l’œil du légiste. Rien sauf les sentiments, les émotions, les pensées – ce qui fait qu’un être humain a passé un moment sur cette Terre avant de disparaître. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affûté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambiguës et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.  Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Certes le lecteur appréciera ces retrouvailles, néanmoins cet épisode peut se lire indépendamment, sachant qu’une fois la dernière page tournée, le manque poussera le « polardeux » à se ruer dans sa librairie préférée pour se procurer les volets précédents. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des enquêtes

Citations :
« A vingt ans, il s’était rêvé écrivain, mais il serait flic tout sa vie. Même à la retraite, un flic restait un flic. C’est ce qu’il était. Où donc étaient partis ses rêves ? »
« C’est le problème avec certains fans. Ils deviennent trop envahissants, ils veulent faire partie de votre vie, ils exigent une attention constante … Ils veulent être importants pour vous, ils estiment que le fait d’avoir lu tous vos livres leur donnent certains droits. »
«  Pour certains lecteurs, ils (les auteurs) tenaient même lieu, à leur insu, de membre supplétif de la famille, d’oncle d’Amérique, d’ami de longue date qui, si la carrière de l’écrivain se prolongeait sur plusieurs décennies, finissaient par faire partie intégrante de leur vie. »
 « Soudain, il (Servaz) se demanda combien de personnes dans cette ville lisaient en ce moment précis, c’est-à-dire en même temps que lui. Des centaines ? Des milliers ? Et combien regardaient la télévision ou l’écran de leur téléphone ? Infiniment plus, sans aucun doute. Etaient-ils, eux, lecteurs, comme les Indiens d’Amérique au XIXème siècle : menacés d’extinction par une race nouvelle ? Appartenaient-ils à l’ancien monde en train de disparaître ? »
« Désormais, lecteurs et fans avaient un accès direct à leurs auteurs préférés, sans l’intercession sourcilleuse d’une maison d’édition ni les délais imposés par les vicissitudes du courrier ordinaire. Est-ce que ça n’ôtait pas une partie de leur mystère à ces écrivains contraints de sortir de leurs solitudes altères, de leurs tours d’ivoire inaccessibles pour descendre dans l’arène ? Est-ce qu’un auteur devait rester à portée de clic, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ou au contraire ce travail n’exigeait-il pas de la distance et de la réserve, une forme discrète d’insociabilité ? Comment pouvait-on être à la fois dans et au-dessus de la mêlée ? »
Une réflexion écolo : p205-206 « … Que l’humanité fût devenue folle, Servaz n’en doutait pas une seconde. La question était de savoir si elle l’avait toujours été : cinglée, suffisante, autodestructrice – et si elle n’avait eu les moyens de son autodestruction qu’à une date récente. »

La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses, épisode 2


Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 2

Samedi 24 Mars

Suite de la Garde à vue de madame Pellault Jour 1

2e interrogatoire par Dany notre mamie Flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelque sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échanges en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi, au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live.

Allez place à la suite de la  GAV de Cécile Pellault


Samedi 24 mars, 17:53.  Début de la seconde audition

Danièle :  Compte à rebours …
@Geneviève, Patronne tu es là ?
@Aline au boulot ?
@Oph à la boxe
@Fanny ?

Cécile : Euh moi je suis là au cas où

Danièle : @Cécile du calme, tu es encore en cellule
@Fanny et @Aline apparemment « non actives » sur une autre mission sans doute… On commence ?

@Geneviève, Patronne, on peut faire entrer @Cécile , notre délinquante …

Geneviève :  Faite Dany

Danièle : Bonjour @Cécile
,

Cécile : Bonjour @Danièle Ortega-Chevalier
,

Danièle : Après avoir évoqué ce matin ta venue à l’écriture … passons aux romans noirs maintenant J’ai compté : un publié « le brouillard d’une vie » et un en recherche d’éditeur c’est bien ça ? Tu en es où de ta prospection ?

Geneviève : Deuxième audition en cours !

Cécile :  Ok , j’ai compris les choses sérieuses commencent et vous cherchez à me mettre de mauvaise humeur

Geneviève :  Ça commence fort en effet

Cécile : Donc ma prospection est pour l’instant infructueuse…

Danièle : mais non c’est pour t’aider à verbaliser

Cécile : Déjà des refus accompagnés de proposition d' »édition payante » chez leur partenaire mais avec un code promo…
Sinon il faut attendre entre deux mois et six mois pour avoir toutes les réponses et mes envois date de fin janvier et encore hier…

Danièle : ça coûte combien un tel investissement ?

Cécile : Donc une longue année m’attend! Je ne sais pas je n’ai pas cherché à connaitre les tarifs… m’intéresse pas ! j’ai un éditeur avec ses imperfections mais j’en ai un au pire!!

Danièle : Pourquoi être passée au noir … c’est récent ?

Cécile : Entre mes deux premiers romans et celui-ci, il y a dix ans de concours de nouvelles, de poésie et Le brouillard est né il y a quelques années de l’un d’eux…
Une très courte nouvelle de 400 mots!

Danièle : Nouvelle, roman … où te sens-tu le plus à l’aide ? à l’aise

Cécile : Le roman est une plongée dans un récit sur le long terme, c’est plus exigeant et il faut de la patience pour être aussi enfin lue. La nouvelle c’est du plaisir immédiat et qui te fait « tester » des genres, des styles différents jubilatoires et des retours sur ton écriture quasi immédiat !

Cécile : J’aime les deux !

Danièle : Tu as donc jubilé en me faisant souffrir pendant ma disparition … Je note !

Cécile : Tout à fait … mon côté psychopathe est libre de s’exprimer dans la fiction… Et seulement dans la fiction

Danièle : J’ai eu la chance de pouvoir lire le prochain … et je constate : Des crimes, du sang, de la castagne, un style et quelques constantes … Pourquoi des expatriés ? Ton expérience perso nourrit tes intrigues ?

Cécile : Oui, c’est la matière première ! Dans la vie comme dans mon écriture, j’ai besoin de voyager ! J’ai autant de guides de routard dans ma bibliothèque que de romans enfin presque!
Sinon je me castagne très peu dans la vraie vie!

Danièle : Ton expérience d’expatriée … Un microcosme vu de l’extérieur qui ressemble pour le lecteur lambda aux réceptions de monsieur l’Ambassadeur mais en vrai …

Cécile : Et comme je ne suis pas une américaine non plus !! Faut bien que je case des petits ou grands français dans l’histoire
Sinon le prochain- prochain, s’il voit le jour, Touraine – Angleterre-Ecosse
Oups j’ai loupé l’ambassadeur !
j’ai été étudiante aux US et dans le Mississippi donc rien à voir avec le fameux ambassadeur !!

Danièle :Tu nous parle de la part de ton parcours personnel dans tes romans ? Les situations sont-elles vraiment différentes …
Parles …

Cécile : Ma vie n’est pas non plus une matière à romans ! Et l’autofiction ne m’interresse pas plus que cela !
L’expatriation de mes personnages, c’est aussi pour couper Lilly de tout repère et la faire plonger encore plus profondément!
Mon expérience me sert pour les émotions vécues, le décor, le contexte.

Danièle : On peut cependant avoir des fantasmes …

Cécile : Euh des fantasmes de quoi ?

Geneviève : Attention pas de débordement en garde à vue !

Danièle : si j’en crois la prochain … fantasme d’ado de devenir une star de la chanson

Cécile : Oh là non pas du tout, pour moi la lumière brûle et ne m’a jamais attiré … mon fantasme est de rester derrière mon ordinateur bien au chaud!

Danièle : ou dans les salons à dédicacer … avec une file d’attente

Cécile : non plus, si tu te souviens de ta lecture… pour moi, c’est plutôt l’inverse d’un fantasme…
Ou plutôt la sensation d’être avalée toute crue par une image que les gens projette sur toi
La sensation de ne pas s’appartenir de ne pas comprendre le « fanatisme » autour d’une personne!

Danièle : Je te parlais des crimes, du sang et de la castagne … est-ce difficile pour toi d’être violente ?

Cécile : Alors même si je voudrai plus de lecteurs, plus de rencontres, lors des salons… je ne rêve pas de signer à la chaine et encore moins d’être l’objet d’un désir non réciproque!
Dans mes textes, non il ne m’est pas difficile d’être violente
même si je ne serai jamais crue ou gratuite dans ma violence
ou dans ma description de la violence!
Le sang ne me fait pas peur mais pas le sang pour le sang

Danièle : Des filles au centre des intrigues … c’est plus facile pour une femme ? A personnages est-ce que tu t’identifies ?

Cécile : Au centre mais pas seules, et jamais non plus que des innocentes, je suis dans tous les personnages… je ne suis pas mégalomaniaques juste je ne construit pas les personnages autour d’une personne que je connais ou autour de mon petit moi mais autour de traits de caractère qui serve le personnage…

Cécile : Je m’identifie à tous sans pour autant m’identifier ils ne sont pas moi et ils ont leur vie propre.
Je m’identifie à ce qu’ils peuvent ressentir!

Danièle : Tu es à l’aise avec tes héros masculins ?

Cécile : Oui, je suis même finalement assez tendre avec eux ! Même si j’ai l’amour vache !Dans le Brouillard, il ya certes Lilly mais aussi finalement beaucoup d’hommes autour d’elles !

Danièle : Y a-t-il des choses que tu t’interdis … les violences aux enfants par exemple ? Du hard, du trash ?

Cécile : Je ne genre pas tant que cela mes personnages , hommes, femmes, ils vivent une histoire mon histoire. Leur caractère, leur vie pourrait être pour une femme ou un homme !
La violence aux enfants ou au moins la maltraitance est présente dans le prochain mais le hard, le trash de la violence juste pour choquer, ou pour le fameux « buzz » ne m’intéresse pas à écrire.
Cette violence doit faire partie de l’histoire avoir une finalité pas être le centre de l’histoire

Danièle : Tu n’a peut-être pas l’expérience
Je blague mais certains auteurs s’y complaisent

Cécile : Non effectivement je n’en ai pas vraiment l’expérience et je n’aime pas m’y vautrer
Ce qui me fait plus peur parce que pour moi plus possible pour mes proches, c’est une violence « ordinaire »
donc pour mes personnages aussi, utiliser la peur ordinaire pour faire peur, serait mon crédo !

Geneviève : je confirme 

Danièle : La peur ordinaire, celle de tout le monde, celle qui peut frapper n’importe quel lecteur ?

Cécile : Oui, cela qui te fait sursauter dans la rue.. celle qui a commencé le brouillard d’une vie !
Ma nouvelle décrivait une femme qui se sent suivi qui a peur et qui finalement malgré les doutes de son entourage, avait raison d’avoir peur!
On a tous frémi à un buisson qui bouge, un frôlement insistant,
Un craquement dans une maison, je veux de la peur qu’on regarde en face pas de celle qu’on regarde à travers ses doigts!

Danièle : Une certaine forme de psychose qui se révèle réalité

Cécile : Voilà, un peur qui se révèle vrai comme celle de ne pas avoir choisi de mettre ta confiance dans la bonne personne,
De ne pas avoir vu le danger au sein de ta propre famille,
de tes amis,
Sinon je ne suis pas du tout paranoïaque !

Danièle : J’aime te l’entendre dire … La famille c’est important dans tes romans …

Cécile : Oui, tout commence avec la famille qu’on « subit » parce qu’on ne choisit pas d’y naitre et celle qu’on se construit contre ou avec notre famille de naissance!
Et comme je disais ce matin à votre Cheffe. Que serait une biographie d’une grande femme ou d’un homme criminel ou héros sans étudier sa famille !

Danièle : Lily subit les lieux aussi
Un criminel n’est pas que le fruit de sa famille ou alors on dit qu’ils sont tous irresponsables

Cécile : Ce n’est pas ce que je dis, je dis simplement que pour parler d’une héroïne ou d’un criminel, on parle de sa famille ! Je ne juge pas ici des responsabilités et ne dédouane personne face à ses propres responsabilité
Je dis seulement pourquoi la famille que l’on se choisit ou pas est important dans mes romans!
Quant aux lieux pour Lilly, il y a d’abord l’éloignement de ses racines qui aurait pu l’aider et surtout pour moi une occasion de parler des US telles que je les ai découvert en étant étudiante !
Le décor me plaisait bien !

Danièle : Tu connais bien les USA, tu as vécu aussi en expat en Belgique alors … Pourquoi les US et pourquoi pas la Belgique ?

Cécile : Pour l’instant, l’idée n’est pas venue… Et les Etats Unis c’était il y a 21 ans… j’ai encore de la marge pour la Belgique!

Danièle : Autre point commun à tes deux thrillers : Le changement d’identité … la dissimulation … tu nous en parles ?

Cécile : Euh faut bien qu’il y ait une intrigue, non ?! Vu que l’enquête policière n’est pas au centre de mes romans…

Danièle : Je te laisse cette liberté … c’est toi la créatrice

Cécile : Merci bien

Danièle : Je reviens un peu en arrière sur les sentiments de tes héros : Pas trop d’amitié dans tes intrigues ou alors trahies … je me trompe

Cécile : Dans Le brouillard d’une vie sans révéler qui est qui , il y a des amours trahis, de la famille trahie et des amitiés trahies… et inversement je pense… C’est justement aussi ce qui m’intéresse, pas de mise sur un piédestal

Danièle : La vraie vie quoi !

Cécile : Ni de l’amour ni de la famille ni de l’amitié… la trahison peut venir de partout !

Danièle : bis

Cécile :  Oui, peurs ordinaires à situations extraordinaires !

Danièle : Patronne je crois que notre gardée à vue a répondu sincèrement à mes questions et qu’elle n’a pas dissimulé …
Si elle a des complices … c’est son affaire après tout !
Merci @Cécile; j’ai eu les réponses à mes questions

Geneviève : Alors@Cécile, rien à rajouter à tes précédents de déclarations ?

Cécile : Je ne sais pas si je te remercie @Danièle Ortega-Chevalier de m’avoir soutiré mes intentions les plus cachées Et je vais aller me rouler en boule dans mon cachot jusqu’à demain… Vous m’avez presque tuée !!

Geneviève : Pas de flingueuses non plus pour demander une précision à notre inculpée ?

Cécile : Je réclame le droit de rester silencieuse jusqu’à demain !!

Geneviève Ok. C’est ton droit

Cécile : 

Danièle : Pas encore inculpée … juste gardée à vue

Cécile : 

Geneviève : C’est vrai Dany ! Alors vous pouvez ramener Cécile à sa cellule Danièle.

Et demain c’est @Aline qui prendra le relais.
Et vous pensez à lui servir un repas chaud
On verra pour la dernière cigarette et le verre de vin plus tard

Cécile muette mais qui approuve : 

Danièle : A moins qu’il ne reste des huîtres …

Cécile toujours muette mais qui approuve à nouveau enthousiaste ! 

Geneviève :Ça aussi ce sera peut-être à la fin de la garde à vue

Cécile qui voit déjà la porte de sortie : 

Geneviève : Donc je déclare à 19h01 la deuxième audition terminée

Cécile : Si je survis jusque là !

Danièle :  Patronne je vous lâche aussi !
@Geneviève sauvegarde envoyée sur ton mail … au cas où

Geneviève :  Allez tout le monde se repose et @Aline tu fourbis tes armes pour demain

Cécile : S il est question d’armes je ne sortirai pas de mon plein gré de ma cellule … il y aura résistance, soyez en conscientes

Aline : 8.30

Geneviève : Les armes là sont les arguments

Cécile : Mouais, mouais, je reste sur mes gardes A demain enfin peut-être !

Geneviève : Mettez moi cette insolente au frais ! Avec un bouillon et du pain sec, non mais !

Suicide cellulaire de David Moitet


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 dmjpg Le livre : Suicide cellulaire de David Moitet. Paru le 14 février 2013 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller.  6€95 ; (347 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Thomas Gallion n’est pas fait pour ça. Exilé dans un petit village des Pyrénées suite à un «dérapage», cet ancien capitaine de la brigade criminelle s’acquitte difficilement de sa nouvelle mission : résoudre les conflits de voisinage.

Heureusement, la montagne a encore quelques secrets à livrer : une randonneuse tombe sur un cadavre en lambeaux, et c’est une véritable enquête qui commence. Tandis qu’une peur vieille de vingt-cinq ans se répand à nouveau en ville, l’inspecteur Gallion va retrouver sa véritable nature.

 

dmzL’auteur : David Moitet  est né au Mans le 19 décembre 1977.  Il est enseignant, professeur d’EPS, marié, et père de trois jeunes enfants. Il avoue avoir la chance d’habiter un petit village paisible dans la Sarthe, en bordure de forêt. Il découvre sa vocation d’écrivain en 1999, encore étudiant, à l’occasion d’un exercice de création demandé par un professeur de français. Son aventure littéraire débute par la parution de quatre romans policiers. Très vite, il se trouve à l’étroit sur Terre et décide d’explorer la galaxie avec sa trilogie intitulée Les Mondes de l’Alliance. il est l’auteur de plusieurs thrillers à succès. Apoptose a été Coup de coeur du prix VSD du Polar. L’homme aux papillons a obtenu le Prix Femme Actuelle.

Extrait :
Prologue
Ne t’arrête pas, ne t’arrête pas… répétait-elle en boucle.
Ignorer la douleur. Mettre un pied devant l’autre, sans faiblir. La liberté était à ce prix. Elle serra les dents, défiant les vagues de souffrance et d’épuisement qui tentaient de la submerger.
Des larmes qu’elle ne sentait même plus couler avaient tracé leur sillon sur ses joues poussiéreuses. Pourtant, ses prunelles bleues étaient animées d’un éclat que rien ne pouvait ternir : celui de l’espoir. L’espoir indicible qui gonflait dans son cœur à chaque mètre parcouru en direction de la vallée. Si elle n’avait pas eu si mal, elle aurait pu se croire en plein rêve.
Pour la centième fois, son pied glissa sur une pierre tranchante. Elle étouffa un cri tout en grimaçant, mais s’interdit de ralentir. Une traînée sanglante s’étirait dans le sillage de ses pieds nus, le long du sentier rocailleux sur lequel elle avait fini par aboutir…
Elle plissa les paupières, cherchant désespérément à percer l’obscurité pour se repérer au cœur de ces montagnes sauvages. Mais la lune, avare, n’offrait qu’un mince croissant fantomatique, et la jeune femme ne distinguait qu’une lueur lointaine en provenance du fond de la vallée. Plusieurs kilomètres, à n’en pas douter.
Elle puisa dans ses dernières réserves et se força à continuer. Le simple fait de respirer l’air frais et de voir le ciel chargé de nuages lui redonnait courage. En tentant de comptabiliser les années durant lesquelles elle avait été privée de cette chance, elle fut prise d’un léger vertige.
Soudain, un craquement dans les buissons la tira de ses réflexions. Elle se tourna vivement vers le bosquet, une lueur de terreur au fond des yeux. Mais elle ne vit rien.
Un animal… Ce doit être un animal… essaya-t-elle de se convaincre en accélérant néanmoins le pas.
Elle ne tentait même plus d’éviter les pierres. Ses pieds, réduits à l’état d’amas de chairs ensanglantés, envoyaient avec une atroce régularité des décharges de douleur jusqu’en haut de ses mollets. Dans sa précipitation, elle trébucha et tomba lourdement au sol, s’écorchant les mains et les genoux.
Un autre craquement retentit. Plus proche. Dangereusement proche.
Elle se releva et se mit à courir aussi vite qu’elle le pouvait.
Se superposant aux sons des éboulements de roches provoqués par sa fuite désespérée, une autre mélodie, caractéristique, mit fin à ses derniers doutes : le bruit régulier d’une respiration saccadée.
On la poursuivait…
Ou plutôt, il la poursuivait.
— Au secours ! hurla-t-elle. Aidez-moi !

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Le résumé et l’avis d’Eppy Fanny

Un autre auteur rencontré à SMEP, avec qui nous avons échangé sur l’importance de certains professeurs côtoyés dans nos vies respectives. De fil en aiguille j’ai eu envie de découvrir son univers.

L’histoire :

Saint Lary Soulau, petite ville tranquille des Pyrénées. Sa police municipale avec à sa tête Thomas galion. Cet ancien Capitaine de la Brigade Criminelle, en disgrâce, a du mal à se faire à cette nouvelle vie. Ou lorsqu’un vol de poireaux est l’affaire la plus importante de la semaine …

Seule lumière à l’horizon, Maria Fernandez, Chef de Brigade de la Gendarmerie pour qui il a des sentiments.

La découverte d’un cadavre de femme par une randonneuse va lui permettre de renouer avec une enquête digne de ce nom. Enquête confiée officieusement par le Colonel Maducan, qui connait son passé et ses capacités.

dmaCette enquête va entraîner Thomas dans le passé et il va devoir comprendre des disparitions vieilles de 25 ans pour élucider l’affaire en cours. Disparitions que Maducan était en charge de résoudre à l’époque. Pourquoi et comment tous les documents concernant cette vieille affaire ont disparus ? Que cache l’incendie des archives de la gendarmerie ? Le passé va remonter doucement à la surface grâce à l’aide précieuse d’un libraire qui va aider activement Thomas dans sa quête. D’autant que Maria a disparu et que le temps est compté.

De plus que signifient les incohérences apparues lors de l’autopsie de la victime ? 25 ans, 50 ans ? Mais qui est-elle et quel âge a-t-elle ? Cette anomalie serait-elle liée à un médecin dont la commission d’éthique a stoppé les travaux il y a de nombreuses années et qui a disparu des radars ?

Alexandre fait appel à ses anciens amis pour tenter de résoudre cette affaire.

L’enquête mettra à jour un laboratoire secret. Les coupables seront identifiés, le passé rattrapera Maducan, Maria sera retrouvée. Mais les responsables ont-ils tous étaient identifiés et punis ?

L’histoire est très bien construite. L’idée de David Moitet est excellente.

L’écriture est agréable. Les personnages sont complets et intéressants. Le dénouement en partie inattendu.

Les sentiments de Thomas pour Maria sont présents. Trop ? Ce point m’a un peu freiné dans ma lecture, mais c’est personnel. Cela n’enlève rien à la qualité du récit qui est excellente.

C’est un polar.

Pas un polar noir.

Mais une fois encore c’est mon ressenti.

Je vous conseille donc de vous faire votre propre avis.

Apéro Polar : rencontre avec Michaël Mention autour de Jeudi Noir.


mm&&&&

J’ai eu la chance de recevoir Michaël Mention , ce samedi 11 juin 2016 pour un Apéro Polar.

 Durant 1h30 nous avons devisé sur son roman Jeudi Noir. Enfin c’est surtout Michaël qui a parlé. Il nous a même lu quelques extraits de son roman pour illustrer son propos. On a eu droit aussi à deux morceaux de musique significatifs pour mieux appréhender tout cela.

Je vais tenter ici de vous retranscrire de mémoire cette rencontre. Je ne vous ferai pas un compte rendu exhaustif, mais j’en extrairai les propos marquants, enfin ceux qui m’ont marquée.

Alors débutons ici ce face à face.

MMjpgGVL  : Michaël est arrivé…( oui, monsieur Mention était un peu en retard à notre rendez-vous. Mais ça tombé bien, les lecteurs aussi sont arrivés à la bourre. Et puis même en retard, nous avons pris le temps de faire quelques photos souvenir devant la bibliothèque avec David et Michaël. Lol !) Alors je me lance pour vous présenter  ce jeune auteur que je suis depuis une dizaine d’année maintenant et donc je suis une grande fan. 

Mais comment te présenter Michaël :  Tu es le petit génie du polar français. Tu est né en 1979 à Marseille. Tu publies ton premier roman en 2008 aux éditions du Rocher, Le Rhume du Pingouin. Vient ensuite, en 2012, Sale Temps pour le Pays (Rivages/noir) qui obtient le Grand Prix du roman noir au festival international du film policier de Beaune 2013. Sale temps pour le pays est le premier Volet d’une trilogie que je nommerais Anglaise.  Viens ensuite Le Fils de Sam (Ring éditions), un docu-fiction sur le célèbre tueur en série David Berkowitz. Puis Jeudi noir (chez Ombres Noires) pour lequel nous sommes ici aujourd’hui. Suivront Le carnaval des hyènes toujours chez Ombres Noires. Puis Adieu demain et Et justice pour tous, les deux derniers opus de la trilogie anglaise. Tu as la chance d’être édité dans la prestigieuse collection Rivages Noir mais aussi dans une jeune maison d’édition dynamique Ombres Noire.

Nous somme ici pour parler de Jeudi Noir, ce titre est reparu en poche dernièrement, alors si il est emprunté à la bibliothèque, vous pouvais vous l’acheter et pour 6€ seulement vous aller revivre en direct la demi-finale de la coupe du monde 1982, France-RFA, vue de l’intérieur à la manière d’un thriller.

Voilà pour ta bio-bibliographie. Pourrais-tu nous compléter tout cela ?

Michaël Mention  : Oui en effet…Je suis né à Marseille en 1979, J’ai donc 37 ans. Alors quand tu dis « jeune auteur », c’est plus vraiment le cas Geneviève. 

GVL : Mais si Michaël, pour moi tu seras toujours un gamin ! (rire)

Michael : J’ai grandi là-bas dans les quartiers nord. Je ne suis pas plus fier que ça d’être Marseillais. J’ai pas cette fierté là, même si j’aime bien Marseille, la ville a de bons cotés. Après des débuts dans la BD puis des chroniques, je deviens romancier et scénariste . Je suis un passionné de rock et de cinéma. D’ailleurs à la base je me tournais plus vers le cinema que vers l’écriture. A l’adolescence, je dessine pas mal.  La BD me tente bien. 

En 1999, j’intègre un atelier d’écriture à l’université du Mirail à Toulouse. C’est là que j’écris mes premiers textes, influencés par Desproges, Lavilliers, Céline ou encore Hubert-Félix Thiéfaine. J’écris des chroniques assez acerbes voir acides. Les gens ont l’air de bien aimé. J’écoute les premiers album de Lavilliers, je me shoote avec ses musiques mais aussi ses paroles. J’écris de plus en plus de chroniques. Elles reçoivent un super échos, alors… Par la suite, je glisse des chroniques aux nouvelles. Et une nouvelle plus tard, j’arrive à Paris en 2001 et là je m’attelle à mon premier roman, Le rhume du pingouin  qui ne paraîtra qu’en 2008 aux éditions du Rocher. Depuis, l’écriture est ma passion quotidienne.

J’ai vécu 18 ans à Marseille. Alors là bas le foot c’est une religion.  J’y ai donc forcément vécu la finale de Coupe d’Europe en 93 avec toute la ville qui faisait la fête. Mais je n’ai jamais dépassé ce stade de supporter occasionnel. Je n’ai pas été initié, en fait au football. Mais j’aime ouvrir mon esprit.

GVL : Alors justement, quand on aime pas vraiment le football, comment en vient-on à écrire un livre qui à comme sujet central le football. Et puis j’aimerai que tu nous explique la genèse de ce Jeudi Noir.

MM : En fait, même si je ne suis pas un fan de foot, j’ai toujours entendu parler de ce match comme quelque chose de fantastique et terrible à la fois, mais sans jamais chercher à en savoir plus. Et puis un soir, en mars dernier, alors que je venais juste de finir un bouquin et que j’avais décidé de prendre une période de repos. En fait cette année là, j’ai écrit 3 bouquins. Je crois que ça ne m’arrivera plus jamais. Et alors que je finissait le deuxième et que j’avais promis à ma compagne de lever le pied….Bon, ma femme vous dirai que je ne sais pas le faire. J’ai trop besoin d’écrire.

Alors après une semaine, à rien faire, à rester vautrer dans le canapé devant la télé, à manger n’importe quoi, je suis tombé sur un documentaire consacré à Michel Platini. Aux deux vie de Michel Platini. La première était consacrée à sa carrière de Joueur. Évidemment, dans ce documentaire, il revient sur ce fameux match de 82, comme quoi ça l’a marqué à vie et tout ça. À ce moment-là, il est 1h du matin et je me dis : « Bon, il faut que je le vois ce match, quand même » . Ok, j’ai un peu de temps. Alors, je me suis fais un café, j’ai rallumé la lumière et mon ordinateur. Enfin pas dans cette ordre. J’ai bien du allumé la lumière pour pouvoir trouvé la cafetière. Bon mais, du coup, je suis allé sur Youtube et j’ai regardé le match en entier. Et j’ai complètement halluciné.

Ce math c’est un pur scénario. Tout y est. Il s’en dégage une tel énergie et c’est un condensé de touts les sentiments humains. J’ai réalisé que ce match rassemble tous les codes du genre : des coups de théâtre de folie, une dramaturgie incroyable, on passe coup sur coup d’un sentiment d’exaltation à celui d’injustice. Au final, très vite, j’ai eu conscience que je pouvais en tirer un livre.

Je parle, je parle trop là, non ?  Alors voilà, à toi.

mm&&&GVL : Heu, je te remercie !  Bien, tu regardes le match et hop comme cela tu te dis, je vais pouvoir en faire un livre ! Whaoua ! Tu nous dis comment tu voyais ce livre. 

M. M. :  Comme je vous le disais, la musique a une grande place dans ma vie. J’ai toujours écouter beaucoup de musique. Mon père aimé le rock, ma mère m’a fait découvrir la chanson française. C’est elle qui m’a fait écouter Gainsbourg, Polnareff,  Léo Férré et bien d’autres. J’ai été bercé par cet environnement musicale il est devenu le mien. Mais là je digresse.

Donc…J’ai alors revu une seconde fois le match dans la foulée. Je me suis refait du café. Et là  j’ai commencé à le découper en chapitres, pas le café, le match ! Je voulais raconter le match, minute par minute. Il m’a semblé évident qu’il fallait m’approprier le match : me contenter de le raconter aurait été facile et surtout obsolète.

Ce livre est la retranscription romancée de la demi-finale de football qui a opposé l’équipe de France à celle de la RFA le 8 juillet 1982. Son ambition est de relater ce match avec le plus d’objectivité possible pour en finir avec les stigmatisations abusives

Pour ce faire, j’ai introduit dans le récit un 12e joueurs. Il fait des passes. Il tape dans le ballon. Il est au milieu de ses coéquipiers, sur le terrain. Je le fais jouer réellement. Mais c’est comme, une ombre, un fantôme… C’est un peu comme l’esprit collectif de ce collectif justement. Une sorte de conscience collective. Consciences des joueurs sur le terrain mais aussi du public dans le stade. Et j’en ai fait mon Narrateur. A travers lui, j’ai pu exprimé tous les sentiments. En imaginant ce douzième joueur fictif au sein de l’équipe de France, ça m’a permis d’avoir une totale liberté de ton. J’ai pu donné à ce roman cette  orientation « noire ». Et puis c’était clair, il était hors de question de prêter des pensées ou des intentions aux joueurs qui étaient sur la pelouse ce jour-là. Je ne voulais pas faire dire ou penser à Platini, Rocheteau ou les autres, des choses ou des propos qui n’auraient pas été les leurs !

mm&&Si certains passages semblent dramatisés, ils ne le sont qu’à travers le point de vue du narrateur – ce joueur fictif –, ce qui n’engage en aucun cas les anciens membres de l’équipe de France. Même précision quant aux propos xénophobes, qui s’inscrivent dans une démarche de dénonciation du racisme. Ce match m’a permis d’évoquer ce que le football était avant. A cette époque le football business n’était pas de mise.  Jean Tigana, le milieu de terrain, était facteur, Maxime Bossis, le défenseur, aidait ses parents à la ferme…

 A travers cette histoire, je voulais aussi raconter la France de l’époque, celle de Mitterrand, avec les premières désillusions des Français à son égard. Pas encore la défiance, mais…

Et puis de l’autre côté, en Allemagne, il y a encore le mur de Berlin. Et les Allemands ont encore le poids pesant du passé sur les épaules. On est dans un contexte assez particulier, au moment de ce match.

Voilà, si vous avez des questions ?

Je me dirige vers Frédérique, qui s’avère être ma complice. Nous avons maintenant un numéro bien rodée. Je lui demande toujours de relire le livre et d’en tirer tout un tas de questions. Alors je lui tends le micro.
Fred : Oui, avez vous pour faire ce livre vu la retranscription du match mais coté allemand ?

MM : En fait, j’ai beaucoup lu d’article de presse de l’époque tant français mais aussi allemand que je me suis fait traduire. J’ai aussi visionner le match avec les commentaires des speakers allemand. Et effectivement, leur visions de ce match n’est pas du tout la même. Ils sont là pour gagner l’Euro. Ils sont la meilleure équipe. Il domine le mode footballistique depuis un certain temps. Ils sont en démonstration. Et ils se foutent bien de cette jeune équipe France qui est là pour faire ces preuves. La RFA domine l’Europe, il faut bien le dire. Elle n’a aucun complexe, sauf peut-être celle de son passée.

S’ils sont outrés par le geste de leur gardien, ils ne comprennent pas forcément l’émotion que suscite l’agression de Battiston en France.

Cette demi-finale de coupe du monde de football France-RFA c’est l’ambition contre l’expérience. C’est l’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et si  les deux équipes ont une même obsession : gagner sa place en finale, la rigueur et la puissance allemande vont vite prendre le pas sur le jeu fulgurant d’une équipe de France qui se veut redoutable. Et en plus le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Si effectivement le point d’orgue de cette rencontre c’est l’agression du gardien allemand, Harald Schumacher, sur le Français, Patrick Battiston, en position de tirer au but, à la 56e minute, celle-ci n’a pas été vécu de la même façon de l’on soit d’un coté ou de l’autre du Rhin.

Pour les uns c’est un fait de match, pour les autres c’est une injustice. Une injustice qui va avoir des conséquence dans la société française qui va voir resurgir le sentiment anti boche. Qui va voir réapparaître les humiliations de la guerre mais aussi le malaise de la collaboration. Un non dit de la société française qui risque de fracturer celle-ci encore 40 ans après.

Fabienne apporte son témoignage à cette démonstration.
Faby : J’avais une dizaine d’année à l’époque. Et je suis le fruit de l’union d’une famille mixe. Mon papa est allemand, ma maman est française. Le jour de cette demi finale, le téléphone a sonné chez nous, et mon père s’est fait passer un savon par la propre belle famille. Il a reçu en pleine face toute la haine que sa famille française avait contre le goal allemand. Il était l’allemand à abattre.  Ce coup de fil m’a marquée. J’avais peur d’une fracture entre mes parents. Et puis à l’école j’avais un nom allemand, ça a pas été toujours facile après ce match de foot.

MM : Oui, comme je le disais ce match à diviser la société française mais surtout à fait réapparaître le sentiment anti-germanique. .

Pour conclure j’aimerai vous faire écouter quelques morceau de musique qui n’ont accompagné pendant l’écriture de ce livre.

Le premier c’est Highway Star du Made in Japan de Deep Purple. 

Ce morceau pour moi reflète parfaitement l’entame du match. D’abord une courte phase d’observation entre les deux équipe. Et puis, très vite en moins de 10 seconde, les allemands s’empare du ballon et ils vont tout de suite imposer leur puissance.

La musique m’a permis de rythmer ce roman. De m’approprier le match. Ce qui est intéressant quand on écrit à partir de faits réels, c’est qu’on peut se les approprier, sans les trahir, bien sûr. J’aime l’idée de réinventer un fait connu de tous.  De « tordre » un événement pour voir ce qu’il peut générer dans le bon comme le mauvais. Et la musique m’aide aussi dans cette phase d’écriture. Elle structure la construction de mon récit.

Ecoutez bien ce morceau, et même si vous n’avez pas l’entame du match en tête, c’est quelques notes devraient vous permettre de visualiser celle-ci !

Quand j’écris je pars de petits détails. Ils sont le point de convergence du moment. Mon récit essaie de décortiquer la substance moelle de chaque fait. D’en extraire la quintessence. J’étire chaque détail jusqu’à ce qu’il révèle tout ce qui se cacher derrière.

Je veux trouver une écriture rythmée ou syncopée suivant le moment du match ou de la dramaturgie de celui-ci.

Puis Michaël nous lit le tout début de son livre :

Jeudi 8 juillet 1982

20 h 44
Stade Ramón Sánchez Pizjuán, Séville

Brassens est mort. Dieu est mort. Et nous, on est vivants. Bien vivants, avec la France derrière nous. Tous les Français. Même ceux qu’elle n’assume pas, ces enfants d’immigrés que certains appellent bougnoules alors qu’ils sont aussi français que nous. Dans notre équipe, il y a du sang algérien, espagnol, italien… La France d’aujourd’hui, celle de Mitterrand. Tout ce rouge en nos veines, sous le bleu de nos maillots. Pour nous, ce soir, c’est « liberté, égalité, amitié ».
Cette force qui nous lie ne sera pas de trop dans ce monde malade. Iran, Liban, Salvador… tant de morts que je ne sais pas par où commencer. Ce qui est sûr, c’est que la guerre froide est de retour. La faute à Reagan, dont les provocs de cow-boy irritent ce bouledogue de Brejnev. Lui, il paraît qu’il est en train de crever. Si c’est vrai, peut-être comprend-il enfin la souffrance des civils afghans. Vie/mort, victoire/défaite, tout ça est arbitraire – juste une question de point de vue.
C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Jœuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. « Drôle de sportif », c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus.

La voix de Michaël résonne alors dans le bibliothèque. Il nous lit ses propres mots avec émotions. Ces mains en tremble. Nous ressentons la même émotion ! Mon corps entier frissonne.

mm&D’autres questions ont été posées à Michaël. Et il y a aussi répondu avec autant de passion.  Mais j’arrête là mon petit compte rendu. Et oui, ma mémoire n’est pas vraiment extensible.

Moi, ce que je vous propose, c’est de venir participer à mes prochains apéros polars pour vivre en direct les rencontres. Et en plus on boit un verre et on grignote deux ou trois petits trucs en devisant et poursuivant les débats.

Aller pour vous propose quelques autres extraits :

Extrait 1 :

« Notre capitaine retient son souffle, et c’est toute la France qui frappe. Le cuir ondule, d’un carreau blanc à un logo noir. Le pied tendu, Michel se fige. Comme nous. Seul le ballon vit encore au rythme de l’impact. Le séisme se propage, animant le fil des coutures jusqu’à cet Adidas qui vole en éclats. Et la sentence part, magnétique, avant de heurter leur mur.

Michel est écrasé de frustration. Moi, je regarde ça, ce truc qui rebondit. Je le hais. Je les maudit, lui et la terre entière. Cet immonde caillou qui ne tourne sur lui-même que pour mieux nous faire tourner en bourrique…» (un coup-franc raté de Michel Platini)

Extrait 2

« Durant des jours, j’ai rêvé de ce match sans imaginer qu’on puisse aller auss loin. Les gens croient qu’on ne pense qu’à la victoire, ils se trompent. Ce qui nous obsède, c’est le coup d’envoi : cette microseconde où tout bascule et passe de l’abstrait au concret. La suite, heurts ou blessures, on ne la conçoit que lorsqu’on la vit. En général, ces imprévus déstabilisent un peu. Ou beaucoup, comme ce soir. D’abord Patrick, maintenant les prolongations. Et merde. »

Extrait 3 :

« Être Français, ça veut dire quoi ? Qu’on est né en France, c’est tout ? Je refuse de croire que ça se résume à un droit du sol, bassement territorial. Le sol, ce n’est que de la matière. Moi, je parle d’identité, l’essence même de ma personne. » (…) L’important n’est pas d’être français, mais de s’accepter comme tel. S’accepter pour mieux accepter l’autre, qu’il soit allemand, malien ou je ne sais quoi. En finir avec ces barrières inutiles que sont le racisme, les religions, l’exclusion. Noirs, Blancs, catholiques, musulmans, juifs, hétéros, homos… on est pareils. Tous mortels. Alors, qu’on arrête nos conneries et qu’on profite de la vie, ensemble.« 

Et pour le fun, quelques photos de la rencontre…

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Allez pour ce remettre de nos émotions ! Apéro Polar