Enragés de Pierre Gaulon


Le livre : Enragés de Pierre Gaulon. Paru le 14 mai 2015 chez Fleurs sauvage. 16€80 ; (235p.) ; 13×20 cm

4 eme de couv :

Et si les histoires de zombies n’étaient que des jeux de miroirs ? Et si le plus effrayant se révélait être au fond de nous ? Jouant avec les codes du récit horrifique, le talentueux Pierre Gaulon (La mort en rouge, Blizzard…) nous livre ici un ouvrage haletant, misant aussi bien sur la psychologie de ses personnages que sur la probabilité des faits. Un grand thriller, doublé d’un excellent roman.

 

 

 

L’auteur : Né en 1983 et demeurant à Pélissanne (dans les Bouches du Rhône), Pierre Gaulon auto-publie d’abord, en 2006, un écrit dérangeant sous fond de crise existentielle : Tendres Tortures. La mort en rouge, publié chez City, constitue son deuxième roman. L’ouvrage est un tel succès qu’il sera repris en collection Pocket. Noir Ego, toujours chez City, confirme le talent de cet auteur dont l’année 2015 s’avère riche de sorties, telles que sa participation au recueil Silencieuse Et Perfide (Fleur Sauvage), le premier tome de la saga Blizzard (Mnémos) « ou le mordant Enragés (Fleur sauvage)

 

Extrait :
« L’originalité de l’habitat l’avait tout de suite séduit. Sa superficie de quarante mètres carrés fractionnés en une petite chambre, une salle d’eau et salon / cuisine était largement suffisante pour lui… et pour Bingo bien sûr qui s’était appropriée une petite place dans un angle de la pièce principale. Près du radiateur évidemment. La maison possédait une cour intérieure enclavée par les murs de trois maisons. Certes, on n’aurait pas pu y installer une chaise longue en été tant les murs des voisins cachaient le soleil, mais le jardinet demeurait indispensable pour donner un peu d’air à Bingo. Souvent, ses amis lui demandaient comment il parvenait à vivre six pieds sous terre. Un copain lui avait même déclaré qu’il aurait eu l’impression de s’enfermer dans un caveau. Louis répondait alors en plaisantant : « C’est la version moderne de la chambre de bonne, à part que la pièce ne se situe pas sous les toits mais dans la cave ! ». »

La petit avis de Kris

ENRAGÉS – Pierre Gaulon

« Premier jour de l’avent. La canicule frappe le sud de la France. Louis passe une vie paisible dans son studio avec sa chienne Bingo. Un emploi stable, des projets de vie de famille, rien ne semble pouvoir troubler son bonheur. Pas même la tentative de morsure de « Freddy », le mendiant aux ongles longs sur le parking d’un supermarché, ni même l’horrible vision de l’accident de voiture sur son trajet quotidien.
Mais les coups frappés à sa porte au milieu de la nuit vont bouleverser ses convictions et le propulser au sein même de l’horreur.
Epidémie ? Arme chimique ? Pourquoi les hommes deviennent-ils… enragés ? »

Matiné de Walking Dead , ce roman est surtout axé sur les réactions que le citoyen lambda peut avoir face à une pandémie. Il éclaire bien, aussi, sur ce qui se cache au fond de chacun de nous .

Plus qu’un roman, ce récit force à se poser la question « Et nous, comment réagirions nous ?

Une lueur d’espoir se dessine à la fin et tout comme les deux précédents romans de Pierre que j’avais dévoré (Noir Ego et La mort en rouge) on retrouve bien la « patte » de l’auteur.

 La version papier d’Enragés n’est plus disponible vous pouvez vous rabattre sur la version e-book

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J’irai brûler en enfer – Julie C. Combe


J’irai brûler en enfer de Julie C. Combe. Paru le 6 juin 2013 aux Editions Velours. 23€99 ;  219 pages ; 21x 14,5 cm.
4e de couv :
 
Londres, 1888. Derrière la voilette de son chapeau noir, Nellie Hoffman scrute la foule à la recherche de son amant. Au loin, dans la brume de l’époque victorienne, elle n’aperçoit que d’indistinctes silhouettes. Où est-il ? Où est cet homme dont la tête est mise à prix par Scotland Yard ? Se serait-il fait surprendre par les forces de l’ordre ? Des bras enserrent soudain sa taille, des lèvres effleurent son cou avec passion. Le voilà enfin. Son seul complice, l’amour de sa vie. Elle sourit, frissonne un peu. Dissimulée dans la doublure de son corset, une lame de rasoir. Elle ne va pas tarder à faire couler le sang. Tel un second souffle, la vengeance l’incite à recommencer. Encore et encore… Frapper ne suffit plus, entendre les supplications de ses victimes est un besoin désormais vital. Son amant aussi, aveuglé par l’amour et ses envies de sang, cache de longs couteaux aiguisés sous son manteau. Il ne sait pas encore qu’elle va faire de lui le plus grand tueur en série du pays ni que son nom résonnera comme une légende pour des siècles à venir…
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@nathaniel-adamczewski

L’auteur : Julie C. Combe est née au début des années 90, une décennie marquée par les meilleures productions Disney. Depuis, elle a grandi (un peu !) et mène une carrière professionnelle dans le domaine de la Communication. Dans sa petite vie bien remplie, elle partage également son temps entre la danse, l’écriture, la vidéo, quelques accords de guitare et bien sûr, son entourage. Même si son casier judiciaire demeure vierge, nos sources indiquent quelques événements troublants au cours des vingt dernières années.  Très tôt, elle s’initie au crime auprès d’Agatha Christie. Sa première lecture polar : Les dix petits nègres. Elle commet son premier meurtre sur papier à l’âge de 15 ans. Quelques années plus tard, elle remporte un concours d’écriture et publie sa première nouvelle dans un recueil chez Imperial Dreams. Son premier roman, J’irai brûler en Enfer, est publié l’année de ses 20 ans aux Éditions Velours.  En 2014, elle remporte le prix Espoir Féminin Dora-Suarez.  En 2017,elle signe chez Fleur Sauvage pour son 2ème roman : Pour que tu me reviennes.

Signe distinctif : un tatouage sanskrit au poignet droit.

A éviter : la lancer sur des airs de Broadway, les séances de spiritisme, lui servir des aubergines. L’individu est en apparence inoffensive, mais ses romans disent le contraire. A appréhender avec précaution.

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Extrait 
“Me voici au bord du vide en cette froide nuit d’hiver. À présent, peu importe l’opinion de Dieu, le remord m’envahit et je ne sais quelle solution choisir. Il est vrai que toutes les bonnes actions que j’ai réalisées me valent l’estime de tous, mais quelles sont-elles face aux atrocités d’autrefois ? J’avoue, la foi m’avait envahi au point de devenir fou en ce temps là, et ma faute n’a rien de pardonnable. Accompagné de six autres hommes, j’ai lâchement participé à la torture et au meurtre d’une petite fille de onze ans. La folie avait pris possession de son esprit, aussi nous crûmes qu’il s’agissait là de l’œuvre de Démon et c’est pourquoi nous avons fait à ce point preuve de barbarie. Je suis conscient que rien ni personne ne saura m’excuser, mais je tiens cependant à préciser une chose : si d’autres l’ont déshabillée, je me suis abstenu de participer aux obscénités qu’ils se sont permises”
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Le “ressenti” de Jean-Paul

Premier roman de Julie C. Combe, et malgré quelques petites faiblesses au tout début du roman, bien vite oubliées, j’ai ressentis déjà sa force littéraire.

C’est très fluide. Le sujet est très bien travaillé en amont, les recherches afin que le roman s’entrecroise parfaitement à une période l’Histoire que j’affectionne tout particulièrement.

Des personnages dignes de Conan Doyle… Tout est sombre, humide et tortueux.
On va de surprises en surprises, des policiers dépassés, des tueurs qui tiennent à se venger suite à des actes du passé…

Julie m’a fais voyager dans le Londres de 1888… Les couleurs, les odeurs, les personnages déchus, hommes, femmes et enfants qui ne recherchent qu’à survivre dans un monde où cruauté et méchanceté sont leur quotidien.

L’épilogue surprise est vraiment excellent !!! (malgré une petite erreur de date…)

Mais qu’importe, j’ai beaucoup aimé ce roman ou la fraîcheur d’une jeune auteure m’a transmis ses émotions et c’est tout ce qui compte pour moi… de ressentir et prendre du plaisir !

Malheureusement ce roman est devenu introuvable… Sans la gentillesse de Julie je n’aurais pas pu le lire.

J’espère qu’il y aura une réédition, il le mérite !

La griffe du diable  de Lara Dearman


 Le livre : La griffe du diable  de Lara Dearman. Traduit de l’anglais par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel. Paru le 16 novembre 2017 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire.20€ ; (404 p.) ; 23 x 14 cm
4 ème de couv

« Je n’ai pas peur du noir… juste de ce qui s’y cache. » Poursuivie par ses démons, Jennifer Dorey a quitté Londres pour retourner dans sa maison d’enfance avec sa mère, à Guernesey, où elle est devenue reporter au journal local. Elle pensait pouvoir souffler un peu. Elle avait tort. Quand le cadavre d’une jeune femme s’échoue sur une plage, la journaliste mène sa propre enquête et exhume plusieurs morts similaires qui s’étendent sur une cinquantaine d’années. Plus troublant encore, toutes les victimes avaient sur le bras des marques semblables à un symbole gravé sur un rocher de l’île : les « griffes du diable », dont la légende veut qu’elles aient été laissées par Satan lui-même… Une île si proche de la France et pourtant si méconnue : Découvrez Guernesey, ses habitants, son folklore, ses plages, ses petits meurtres.
Une enquête de Jennifer Dorey au coeur des îles anglo-normandes, pour tous les fans de Peter May. Bientôt adapté en série TV.

 

L’auteur :  Lara Dearman a grandi à Guernesey avant de s’installer au Royaume-Uni pour étudier à l’université les relations internationales et le français. Après une brève carrière dans la finance et trois ans passés à Singapour, elle se consacre à l’écriture. Son premier roman, La Griffe du diable, combine son amour pour Guernesey, et ses nombreux mythes, et sa passion pour le polar et les serial killers…

 

Extrait :
Les bureaux des Nouvelles de Guernesey se trouvaient dans le nouveau quartier d’Admiral Park, dans les faubourgs de Saint-Pierre-Port. Entourés par un amas impersonnel d’immeubles à façade de verre, et situés sur une artère très fréquentée qui emmenait les automobilistes vers le tout nouveau magasin Waitrose du coin de la rue, ils ne présentaient que deux atouts sur le plan de la localisation : on pouvait s’y garer comme on voulait et, par-delà un flot ininterrompu de voitures, on apercevait la mer. À l’intérieur, en revanche, les locaux offraient de nombreux avantages : un plan paysagé, clair et lumineux, un vaste atrium qui inondait l’endroit de lumière, même par les journées les plus sombres. À l’autre extrémité, des bureaux vitrés réfléchissaient la lumière extérieure sur le plancher. Quand il faisait beau, et à marée haute, des vaguelettes jouaient sur toutes les surfaces.

 

Le petit avis de Kris

LA GRIFFE DU DIABLE – LARA DEARMAN

 

Jennifer décide de quitter Londres pour s’installer à Guernesey. Devenue reporter local, elle enquête sur un cadavre retrouvé sur une plage et dont les bras portent des marques évoquant les « griffes du diable », un symbole gravé sur un rocher de l’île. La jeune femme découvre que d’autres morts similaires se sont produites au cours des cinquante dernières années.

Un bon thriller qui permet de découvrir Guernesey et ses secrets, on sent bien l’attachement de l’auteur à cette île et son style de vie. Plusieurs intrigues, savamment orchestrées, subtilement mêlés aux faits de société actuels accroche le lecteur pour ne plus le lâcher.
Cette journaliste improvisée enquêtrice mais bien épaulée par un vieux flic un peu revenu de tout dénouera les fils un à un.
Ce ne sera pas un coup de cœur mais un excellent moment de lecture.

Les corbeaux de la mi-automne de Thanh-Van Tran-Nhut


Souvenez vous, le mois dernier, je mettais à l’honneur

Tranh Van Tran-Nhut

Aussi aujourd’hui je vous propose de découvrir un de ces fameux polar historique.

A travers le post-it de la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Belle découverte à vous ami(e)s lecteurs zé lectrices.

Le livre : Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de  Tranh Van Tran-Nhut. Paru le 5 mai 2011 chez Philippe. Piquier. 19,80€ ; (420 p.) ; 21 x 13 cm.

Présentation de l’éditeur :
Dans cette huitième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut fait la part belle aux mythes d’Asie, peuplés d’Immortels et de génies, tout en évoquant la longue et tumultueuse histoire qui lie le Viêt-Nam à la Chine.
Sous la pleine lune de la Mi-Automne, l’Archer céleste, le génie des Eaux et le lapin apothicaire reviennent fouler la terre des hommes et jouer avec leurs destins. A peine les derniers lampions de la fête éteints, des moines en colère dénoncent la vicieuse dégradation de leurs lieux de culte et de leurs lieux d’aisance, alors que le mandarin Tân s’active à élucider plusieurs morts suspectes, et qu’une femme au charme irrésistible sème la zizanie dans la bourgade.
Entre-temps, espions et aventuriers sillonnent la campagne, ravivant les tensions immémoriales entre le Dai-Viêt et son puissant voisin, l’Empire du Milieu. Des alliances décisives se nouent devant la menace d’une guerre civile : sommé de se rallier au pouvoir corrompu du Nord ou au seigneur félon du Sud, le mandarin Tân doit enfin faire son choix.

Extrait :
 – Tu crois que les prêtres taoïstes vont nous donner des gâteaux ? demanda Oisillon, dubitatif.
– Sans aucun doute. Ils ne sont pas fous. Nourrir le poussin fera accourir la poule, ils le savent bien.
Du haut de ses six ans, Oisillon fit une moue d’incompréhension. Tambour eut un haussement d’épaules impatient.
– Cela veut dire que s’ils nous soignent, on en parlera à nos parents, qui viendront faire des offrandes plutôt chez eux qu’au temple taoïste concurrent.
– Mais on ira bien aux deux temples quand même ?
– Évidemment, il faut entretenir la tension entre les prêtres du Crapaud à Trois Pattes et ceux des Huit Immortels.
Tambour, à dix ans passés, savait de quoi il parlait : sa mère, tenancière de gargote, n’hésitait jamais à donner les invendus sucrés à ses camarades de classe. Accoutumés à ses fleurs de gélatine au lait de coco, les gamins entraînaient leur famille chez elle à la première occasion, générant un chiffre d’affaires non négligeable. A progéniture gourmande, parents insatiables, aimait-elle répéter en comptant ses sapèques

 

Tran-Nhut :  Les sœurs Tran-Nhut sont les auteurs d’une série d’enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt Nam du XVIIe siècle.

Biographie

Les sœurs Tran-Nhut sont nées au Viêt Nam en 1962 pour Thanh-Van, en 1963 pour Kim. En 1968, elles s’installent aux États-Unis avec leurs parents. Trois ans plus tard, elles arrivent en France où elles feront le reste de leurs études. Thanh-Van repart aux États-Unis en 1980 pour revenir en France quelques années plus tard avec un diplôme d’ingénieur en mécanique du California Institute of Technology. Entre-temps Kim intègre l’École normale supérieure (Paris) en physique.

C’est en 1999 qu’elles se lancent dans l’écriture à quatre mains. De ces séances est issu le mandarin Tân, jeune magistrat d’un Viêt Nam historique. Une « figure mythique de la famille », leur arrière-grand-père maternel, reconnu pour avoir accédé très jeune aux fonctions de mandarin, servira de modèle au héros du roman. « Le Temple de la Grue écarlate » sera publié aux éditions Philippe Picquier la même année.

En 2002, Thanh-Van part pour un voyage autour du monde qui la mènera du Kenya aux glaciers de l’Alaska.

Depuis 2003, Thanh-Van continue seule la série des enquêtes du mandarin Tân. De son côté, Kim s’est lancée dans le polar d’aventure pour adolescents.

Extrait

Quoi qu’il en soit, en cette nuit de fête de la Mi-Automne, il y avait fort à parier que les deux temples avaient quelques douceurs en réserve pour les gamins qui s’y rendaient en bandes joyeuses. Tambour imagina des gâteaux de lune aux bords festonnés, farcis d’une pâte aux graines de lotus constellée de gingembre confit, où des morceaux de saucisse chinoise gravitaient autour d’un jaune d’oeuf salé. Cette évocation, ravivant l’odeur des feuilles de lime et d’eau de rose, l’incita à presser le pas.
Tambour voyait ses amis devant eux, lanterne au poing et chansons aux lèvres, une nuée rouge cerise et jaune citrouille qui s’éparpillait dans la nuit comme une farandole de lucioles en quête d’aventure. Par hasard, il s’était retrouvé à bavarder avec le petit Oisillon qui trottinait à ses côtés, visiblement à bout de souffle. Il avait un peu pitié de ses jambes courtes et de ses joues échauffées, mais il ne fallait pas trop traîner sur le chemin bordé de banians noueux. Tambour tenta de le houspiller :
– Allons, dépêche-toi un peu, sinon les autres vont tout manger.
– Je fais ce que je peux ! Cette lanterne pèse plus lourd qu’un chat.
Tambour secoua la tête. Oisillon, pour imiter ses aînés, avait choisi une énorme lanterne qui ballottait au bout de la canne de bambou. L’armature en jonc, habillée de papier écarlate, dessinait les contours ronds d’un lapin avec, à la place du cœur, une flamme de bougie papillotant au vent.

Le post-it de Ge, la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Résumé et avis :

Avec cette huitième « Enquêtes du mandarin Tân », Thanh-Van Tran-Nhut nous plonge dans l’atmosphère trouble qui accompagne le déclin de l’empire vietnamien, au début du XVIIe siècle.

Pour le mandarin, la Fête de la mi-automne avait pourtant bien commencé. Un jeune sbire a renouvelé l’exploit légendaire d’abattre 9 corbeaux en plein vol. Mais pendant la fête, un enfant disparaît.  Le jeune garçon est retrouvé noyé le lendemain de la fête de la mi-automne Peu de temps après, des bonzes en colère dénoncent la profanation de leurs temples, les statues divines et les toilettes des deux temples bouddhistes et taoïstes sont vandalisées.

Ces deux affaires, qui a priori n’ont rien à voir entre elles, vont mobiliser les efforts du mandarin Tân et de ses aides, le lettré Dinh et le sbire Khoa. C’est deux là vont se révéler d’un secours précieux car ils sont tous deux dotés de pouvoirs hors du commun.

Le premier est capable de mémoriser dans ses moindres détails un document aperçu quelques secondes seulement, le second est doté d’un sens olfactif super développé, il visualise les odeurs.

Et puis il y a aussi le docteur Porc chargé des autopsies et féru des dernières découvertes de la médecine légale du XVIIe siècle.

  Le mandarin et ses acolytes vont mener une enquête à travers légendes et événements historiques., celle ci va déboucher sur une chasse au trésor, et révélera les sombres desseins politiques de dignitaires avides de pouvoir.  Abondamment documenté, ce « polar historique se lit d’une traite, tout en nous ouvrant l’esprit  » vers des pans méconnus de l’histoire de l’Asie du Sud-Est.

De plus l’auteur, comme souvent dans ses précédents roman, nous régale avec des recettes et des plats exotiques qui nous font saliver de bonheur. Et en prime la description des « paysages olfactifs » du sbire Khoa est un pur moment d’anthologie, que n’aurait pas renié l’auteur du « Parfum« …
Un vrai délice que ce merveilleux roman.

Ce titre à reçu prixThierry Jonquet 2011.

Ne louper pas, non plus,  les notes historiques en fin d’ouvrage qui apportent elles aussi de précieux renseignements sur sur l’histoire, les traditions, les légendes et les comportements au Dai-Viêt en ce XVII tourmenté.

Extrait :

Alors que Monsieur San le faisait monter sur une estrade festonnée de lampions, Khoa chercha des yeux Mademoiselle Lys qui avait quitté le groupe de musiciens. Du fond diffus des odeurs le jeune homme tenta d’isoler la signature perlée de la jeune fille.

Je serai toujours là de Philippe Savin


Je serai toujours là de Philippe Savin : un 1e roman à découvrir.

 

Le livre : Je serai toujours là de Philippe Savin. Paru le 23 octobre 2013 chez Pôle. 17,90 € ; (297 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

Récemment affecté dans les Cévennes, le commandant Nathan Prieur espère un nouveau départ avec sa femme et ses deux filles. Mais de nouveau, il se retrouve confronté à l’horreur lors du meurtre abominable d’une adolescente.

Nathan Prieur, impliqué personnellement dans cette affaire, se lance sur les traces de l’assassin. Un compte à rebours impitoyable commence, car il en est certain : le monstre ne s’arrêtera pas là.

Des destins se croisent. Des vies s’effacent. Des meurtres sont perpétrés avec une incroyable cruauté. Des mensonges oubliés surgissent du passé. Des fantômes hantent les bâtiments en perdition. Le mal rôde sur les Cévennes. La folie s’est emparée des hommes…

Jusqu’où Nathan Prieur devra-t-il aller pour connaitre la vérité ?

Et vous, jusqu’où irez-vous pour sauver l’être que vous aimez ?

L’auteur : Né en 1966, Philippe Savin  a fait des études commerciales et a commencé sa carrière professionnelle en travaillant dans une petite agence de publicité. Par la suite, il a ouvert un commerce de prêt à porter qu’il ait revendu au bout de six ans. Depuis, il travaille dans la grande distribution, secteur textile. Ilvit actuellement dans le sud de la France. Je serai toujours là est son premier roman.

 

 

Extrait :
La mélancolie imprégnait cet endroit, maintenant et depuis toujours. Un mot plus puissant lui vient à l’esprit : abandon. Ce mot, ce sentiment l’enveloppa

  
Résumé et avis :

Récemment affecté dans les Cévennes, le commandant Nathan Prieur, père de deux jumelles que tout oppose, flic torturé par une ancienne enquête au dénouement tragique, est de nouveau confronté à l’horreur. Sa fille Lucie disparaît. Peu de temps après sa meilleure amie est retrouvée morte, sauvagement torturée, les os brisés, la moitié de son corps brûlé. Une horreur. Secondé par le lieutenant Victor Sanchez, Nathan Prieur se lance sur les traces d’un assassin impitoyable.

La couverture est séduisante. Je me suis laissée tenter.
Une enquête en pays cévenol par un flic ayant fuit Paris après un drame.
Une de ses filles va se retrouver au cœur de l’enquête et ce n’est plus seulement le commandant de police qui va mener l’enquête mais un père de famille prêt à tout.
L’auteur distille une atmosphère pesante, il maîtrise parfaitement ses intrigues , en menant plusieurs de front.

Son écriture fluide et une fin « surprenante et bouleversante font de ce premier roman un thriller prenant.
Un auteur à suivre.

Extrait :
Je pense que nous sommes les seuls maîtres de nos destinées, qu’il y a sans cesse des choix à faire pour éviter de nous écarter du droit chemin. Les tentations sont grandes. Les pièges, nombreux.


Feuilles de Mickael Fenris


97828104161410-2866567Le livre : Feuilles  de Michael Fenris. Paru le 19 novembre 2015 chez Prisma.  19€95 ; (405 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

À Hope Falls, petite ville américaine isolée au milieu d’une immense forêt, près de la frontière canadienne et des anciens territoires algonquins, tout est régi par Vernon Krueger. Maire, directeur de la plus grosse scierie de la région et propriétaire de la moitié de la ville, cet homme peu scrupuleux n’hésite pas à déforester sans aucune considération pour la nature environnante. Jed, son bras droit, cautionne de moins en moins ses pratiques douteuses, et tente vainement de préserver la forêt. Un phénomène étrange se produit alors : les feuilles des arbres commencent à tomber et, portées par un vent inhabituel, envahissent sans fin la ville, jusqu’à la recouvrir dangereusement. L’inquiétude s’empare peu à peu des habitants coupés du monde par ces murs de feuilles mortes et la tempête, à mesure qu’ils perdent tout contrôle sur des événements de moins en moins naturels. Tandis que l’angoisse grandit et que les habitants de Hope Falls plongent dans un véritable enfer auquel ils vont devoir survivre coûte que coûte, secrets enfouis et véritables caractères se révèlent au plus mauvais moment. Jed prend la tête des équipes de secours, mais bientôt il devra accepter l’incroyable et se résoudre à suivre ses intuitions…

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Michael Fenris est médecin de jour et écrivain la nuit. Il vit en région parisienne et est passionné de littérature américaine, . Feuilles est son premier roman.

 

Résumé et avis d’Emilie

Un premier roman. Un thriller au cœur de la forêt, aux frontières de l’étrange et du mystérieux.
Vernon Krueger, maître incontesté d’Hope Falls, petite ville du Grand Nord américain, déforeste sans scrupule pour alimenter sa scierie. La nature semble se rebeller quand une étrange tempête de feuilles s’élève jusqu’à paralyser la ville. Jed, le bras droit de Krueger, s’oppose à ce dernier en organisant les secours pour sauver la ville de ces événements surnaturels.

Tension, suspens, mystère, une intrigue qui se déroule à la frontière du surnaturel, et vous tient en haleine de la première à la dernière… feuille.

Que dire ? J’ai du mal à trouver mes mots pour parler de ce thriller.

« Feuilles » est flippant, addictif, violent, glaçant et il nous oblige à nous poser les bonnes questions vis-à-vis de la nature et de la manière dont nous la traitons.

« Feuilles » est un thriller catastrophe visionnaire qui nous pousse à regarder les arbres et les gens autrement.

« Feuilles » c’est aussi des personnages attachants et des personnages diaboliques.

« Feuilles » ou quand un auteur me réconcilie avec le thriller fantastique.

Un conseil ? Lisez-le vite et vous verrez, vous ne regarderez plus jamais un arbre de la même manière.

Merci Michael Fenris et à bientôt pour votre prochain livre 🙂

 

 

Hades de Candice Fox


Collectif polar.biblio
hadesLe livre : Hades de  Candice Fox. Traduit de l’anglais (Australie) par Isabelle Troin. Paru le 9 février 2017 chez M. Lafon. 19€95 ; (330 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Frank Bennett, flic quadra expérimenté, rejoint la brigade criminelle de Sydney. Il fait la connaissance d’Eden, sa coéquipière désignée, sous l’oeil malveillant de son frère et collègue Eric qui prend la nouvelle recrue de haut. Leur première enquête débute aussitôt : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Grâce à une liste officieuse de demandeurs, Frank et Eden mettent au jour un trafic, orchestré par un seul homme, invisible et méthodique.

Mais Frank est distrait par les doutes qu’il nourrit au sujet d’Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms raturés qu’il a trouvée dans le portefeuille d’Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d’Hadès, la légende du crime qu’on surnomme le Seigneur des Bas-Fonds ?

Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l’ampleur…

AVT_Candice-Fox_6521L’auteur : Candice Fox est née à  Bankstown, New South Wales  en Australie. Elle enseigne l’écriture à l’université Notre Dame de Sydney. Ses deux premiers romans, Hadès et sa suite Eden, ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.
Elle a récemment publié une série à quatre mains avec James Patterson et compte désormais parmi les nouvelles reines du thriller.

 

 

Citation :
« – Pourquoi cherches-tu à protéger une ordure pareille ?
– L’entrepreneur des pompes funèbres te dirait comme moi que notre ami commun Doyle est au delà de ma protection. »

 

Le petit post-it de Véra

Régnant sur une décharge, Hadès a pour rôle de faire disparaître les corps qu’on lui amène. Un soir, il est chargé d’éliminer deux jeunes enfants, rescapés d’un cambriolage qui a mal tourné. Il se résout cependant à leur laisser la vie sauve et les baptise Eden et Eric. Au fil du temps, il leur transmettra tout son savoir-faire si particulier.

1er tome d’une trilogie. « Hadès » et sa suite « Eden », ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.

Un excellent polar, sombre et complexe, comme les personnages. Le rythme augmente peu à peu, les points de vue se multiplient et alternent de plus en plus vite, comme si des caméras surgissaient pour nous permettre de mieux cerner l’action et suivre cette accélération. Les personnages sont sombres, étoffés, et questionnent l’origine du mal en chacun de nous… Un auteur et une trilogie à suivre !

Seules les bêtes de Colin Niel


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ncLe livre : Seules les bêtes de Colin Niel. Paru le 4 janvier 2017 aux Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19€ ;  (211 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.

Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le coeur des hommes.

nc1L’auteur : né le 16 décembre1976 à Clamart en région parisienne . Il a grandi, au 12ème étage d’une ZAC, avant de voyager un peu partout et de vivre loin de son béton natal, en Guyane, en Guadeloupe. Ingénieur en environnement, spécialisé dans la préservation de la biodiversité, Colin Niel a travaillé en Guyane durant plusieurs années, au contact des populations du fleuve Maroni. il  a participé à la création du Parc amazonien.

Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il commence à écrire à son retour de Guyane et donne vie au capitaine Anato et à ses enquêtes en Amazonie française.

Extrait :
  • Parce qu’à force d’être tout seul, t’as appris à te connaître. Tu sais que si ici, au milieu du Causse et de tes animaux, tu te sens pas bien, ça veut dire que dedans, ça sera encore pire. Et alors, tes brebis, tu te mets à les détester comme c’est pas permis. Tu sais qu’elles y sont pour rien, que c’est toi qui les élèves et pas l’inverse, ça change rien. Tu les détestes parce que t’as personne d’autre à détester. 
    (…)
  • Des fois j’imagine la vie des paysans d’autrefois et toutes ces croyances qui leur pourrissaient l’existence. Ces histoires de fantômes qui voulaient pas quitter les maisons où ils étaient morts, de loup-garous qui s’attaquaient aux gamins pour leur bouffer le fois, de trèves qui se planquaient dans les bois et qu’attendaient après les vivants. Nos ancêtres, ils y croyaient pour de vrai, quand ils passaient près de ces endroits maudits ils se mettaient à courir. Mémé en causait parfois, elle se moquait de sa mère et ça la faisait marrer, mais je voyais bien qu’elle riait pas tant que ça. « (…)
  • Comme quand t’es gamin et que tu te dis que le Causse c’est le plus bel endroit du monde sans voir ce futur qui se prépare, sans savoir que plus tard ces steppes sans fin tu pourras plus les regarder sans avoir envie de chialer. Et en moi j’ai senti revenir les nœuds de la solitude

Le post-ti de Ge

Seules les bêtes de Colin Niel

 

J’ai découvert par hasard en 2012, le premier roman de Niel Colin. Bon, c’est vrai, mon inclination vers les premiers romans y est sans doute pour quelque chose. Mais pas seulement. Le fait qu’il soit édité chez Rouergue aussi. J’avais lu quelques bons polars de terroir chez eux. Et puis est née la collection Rouergue Noir avec la trilogie écossaise entre autre de Peter May. Et c’est comme cela que je me suis intéressée à Colin Niel. En plus le décor et le lieu de son roman n’était pas commun. Et oui, auteur de trois romans policiers situés en Guyane, Les Hamacs de carton (2012), Ce qui reste en forêt (2013) et Obia (2015), Colin Niel a reçu de nombreux prix littéraires, notamment le Prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016 pour Obia

J’ai eu la chance de rencontrer quelques temps plus tard l’auteur lors d’une dédicace à la librairie Terminus Polar. Je lui est même pris son deuxième roman qui venait de sortir. Et depuis je le suis de près. Je l’ai rencontré aussi au salon Paris Polar où je lui ai pris Obia. J’avais fait, je me souviens, des petits articles sur ses 2 premiers romans, mais je les ai perdus lors de la migrations de ma page Facebook.

Il va donc falloir que je trouve le temps de les réécrire et de vous parler aussi d’Obia qui est une petite merveille.

Mais pour le moment c’est de son quatrième roman que j’aimerai vous parler, car c’est le chouchou de ma semaine.

Seules les bêtes, ne fait pas partie de la série guyanaise.

Non c’est ce que j’appellerai un polar rural. Un polar qui se passe dans un coin isolé de notre vaste province. Nous sommes ici sur un causse. Vaste et haut plateau calcaire du centre et du sud-ouest de la France, aride et creusé de profondes vallées, offrant de maigres pâturages à moutons. Sommes nous dans le Massif Central, Le causse noir; les causses de Larzac, de Rodez, du Quercy. Les étendues désertiques de la Champagne ou ailleurs, ça l’auteur ne nous le précise pas. Ce que l’on sait c’est qu’il y fait froid, que l’hiver est rude et que la neige recouvre le paysage.

Ici la vie est rude, les fermes sont isolées, le paysans est taiseux. Et il y a aussi le vent, ce vent qu’ici on appelle « la Tourmente »

Et c’est justement à travers ces hommes et ces femmes, ces caussenards que nous allons découvrir et vivre cette histoire. Ce roman choral va leur rendre la parole. Chacun va y dévoiler sa propre vérité. Chacun de son point de vue nous dressera un portrait de la victime, chacun ayant des choses tues, des secrets enfouies, des confidences clandestines.

Oui ce roman reflète l’humanité dans toute sa splendeur. Avec ses petites mesquineries, ses recoins sournois, ses errances et ses tréfonds insaisissables, ses profondes et insoupçonnées ténèbres.

Seules les bêtes, peut-être ici ont une âme.

Et je ne vous parlerai pas de l’intrigue parfaitement mener qui vous mènera, elle aussi, sur des terres inattendues d’un autre continent.

Vous l’aurez compris Seules les bêtes n’est pas seulement un  roman noir. Seules les bêtes c’est aussi un roman psychologique, un roman social, mais aussi un roman bouleversant, amer voire grinçant mais poignant bref un roman profondément humain.

 

Les Chants de la terre de Elspeth Cooper


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  9782352945321,0-1290608La chasse sauvage, Volume 1, Les chants de la Terre de Elspeth Cooper.Traduit de l’anglais par Caroline Nicolas.Paru le 18 novembre 2011 chez Bragelonne dans la collection Fantasy. 28€ ; (476 p.) ; 25 x 17 cm

 

4e de couv :

Les Chants de la terreLa chasse sauvage

Tome I

Gair est condamné à mort.

Il est le seul à entendre le Chant, une terrible magie qui le déchirera de l’intérieur s’il n’apprend pas à la maîtriser.

Pourchassé par les Chevaliers de l’Église qui veulent le jeter au bûcher, Gair a pour seul espoir un ordre secret que des siècles de persécution ont presque anéanti : les Protecteurs du Voile, l’unique rempart contre les démons du Royaume Caché.

Mais le Voile entre les mondes est en train de faiblir.

Bien avant d’y être prêt, Gair devra combattre pour sa propre vie, pour l’Ordre du Voile et pour la femme dont il est tombé amoureux…

Laissez-vous conter l’ancienne légende du monde.

Écoutez la musique secrète de la magie.

 

1111-cooper_3L’auteur : Elspeth Cooper est née en 1968 à Newcastle (Grande-Bretagne). Les Chants de la Terre est son premier roman, le début d’une saga qu’elle a passé dix ans à élaborer tout en luttant contre une grave maladie.

 

 

Extrait :
— Ces livres ne sont-ils pas hé­ré­tiques ?
— Qu’est-ce que l’hé­ré­sie, si ce n’est un point de vue dif­fé­rent ? Les livres sont faits pour être par­ta­gés, Gair. Ils de­vraient être ou­verts à tout le monde, non conser­vés à l’abri des re­gards parce qu’ils risquent, le ciel nous en pré­serve, d’en­cou­ra­ger la li­berté de pen­sée.
Gair fronça les sour­cils.
— Mais l’In­dex a été créé pour nous pro­té­ger du péché.
— Et quel péché est-ce là ? ré­pli­qua le vieil homme. Le péché de phi­lo­so­phie, d’as­tro­no­mie, de mé­de­cine ? Non ; l’In­dex a été créé pour contrô­ler les connais­sances et main­te­nir les gens dans l’igno­rance, les lais­ser croire que la fièvre est due à un dés­équi­libre des hu­meurs, plu­tôt qu’au fait d’avoir creusé les la­trines trop près du puits.
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Petits résumé et avis :

Depuis 1.000 ans, les chevaliers de l’Eglise poursuivent quiconque pratique la magie, même s’il est l’un des leurs. Pour échapper à la mort par le feu, le chevalier Gair est contraint de fuir. Novice, il ne maîtrise pas encore la force qui grandit en lui et doit apprendre à la contrôler. La mystérieuse société des Protecteurs du Voile reste son unique espoir.

467hgdigh« Rares sont les écrivains qui, depuis J.R.R. Tolkien, ont su nous rendre l’âme du monde à travers le merveilleux.

Elspeth Cooper est de ces enchanteurs. Elle renoue avec la grandeur et le plaisir qiu ont fait les plus grands succès de l’aventure initiatique.

Les Chants de la Terre est un superbe récit d’apprentissage de la magie, du combat, de l’amour, raconté avec une aisance et une foi vibrante qui le rendent parfaitement accessible à tous les publics.

Elspeth Cooper a le pouvoir de rendre au lecteur son innocence. Elle sait la féerie et le mystère… les forêts profondes, les monts embrumés, les ruines surplombant la lande… Elle chante le vol de l’aigle, la clameur des épées, l’amitié complice, les amours fiévreuses et le goût amer de la trahison. Elle nous rappelle un temps mythique, celui d’avant l’époque moderne et d’avant l’âge adulte, où le spectacle de la nature, la parole des gens et la tradition des histoires livraient la vérité de l’existence.

Lorsque la légende enseignait la vie, et que la magie était authentique. »

Bragelonne vante ainsi les mérites du premier roman traduit d’Elspeth Cooper.

Et ils ont bien raison. Voici un excellent roman de fantasy à mettre entre toutes les mains. Une aventure flamboyante, une écriture soignée, un plaisir qu’on n’arrive pas à lâcher.

Ce livre est un enchantement.

Vite la suite…

 

Lire le début de la Chasse Sauvage

De mort naturelle de James Oswald


9782811216870,0-3095590 9782352948605,0-2671190 Le livre :De mort naturelle  de James Oswald. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-Claude Mallé.Paru le 17 juin 2015 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (449 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Milady le 18 mars 2016 dans la collection Milady Thriller. 8€90 ; (576 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents -, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.

Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le «bleu» Stuart MacBride -, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler…

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James Oswald est un auteur pas comme les autres. Fermier le jour, écrivain la nuit, il élève des vaches et des moutons en Écosse. D’abord autopublié, il a connu un succès fulgurant dès ses débuts. De mort naturelle est la première enquête de l’inspecteur McLean.

Extrait :
McLean passa à l’examen des murs. Le principe de base : commencer par le cadavre, puis s’intéresser à ce qu’il y a autour. Après avoir touché le plâtre glacé du bout de ses doigts gantés, il retourna la main et tapota le mur de la pointe d’une phalange. Ça sonnait plein, comme un honnête mur de pierre. Même chose un peu plus loin. Regardant par-dessus son épaule, McLean continua son inspection jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’alignement de la tête de la morte. Là, ça sonnait creux.
Tapant de nouveau, McLean eut le sentiment que le mur s’était incurvé sous la pression. Mais avec la lueur aveuglante du flash et les ombres générées par les projecteurs, ça pouvait être une illusion. Plaquant une paume sur le plâtre, il poussa doucement et sentit la cloison céder. Soudain avec un craquement sinistre d’os brisés, un panneau d’environ trente centimètres de large pour quinze de haut se sépara du mur et tomba sur le parquet, révélant une niche dans laquelle brillait un petit objet.
McLean éclaira la niche avec sa lampe, sur un morceau de parchemin plié, il repéra un mince étui à cigarettes en argent. Derrière, conservé dans un bocal comme un spécimen dans une classe de sciences naturelles, il y avait un cœur humain.

Résumé et petit avis :

Plusieurs citoyens respectés d’Edimbourg sont assassinés. A chaque fois, le meurtrier est identifié mais se suicide dans la foulée. De son côté, l’inspecteur Anthony McLean enquête sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un vieux manoir après avoir été brutalement assassinée. McLean suspecte un lien entre les meurtres, les suicides et la jeune fille.

Voici une belle découverte. James Olwald nous propose un enquête policière somme toute classique mais il y ajoute un petite touche très écossaise qui n’est pas pour me déplaire. Un peu à l’instar  de John Rebus, Anthony McLean aurait pu dire « La vie est une comédie noire ». Et comme chez Ian Rankin, Edimbourg tient une grande place dans ce roman. Le décor est un personnage à part entière, il imprime aussi l’ambiance de ce roman. La ville bat au rythme de ce roman, elle en donne le ton.

Une autre qualité de l’auteur c’est aussi ses personnage qu’il dépeint avec minutie. Surtout son flic McLean, qui nous semble un héros familier alors que nous découvrons seulement sa première enquête. Pour autant il soigne autant ses personnages secondaires.

Et puis il y a l’histoire, prenante à souhait et juste assez tordu pour nous tenir en haleine.

Bref tous les ingrédients d’un très bon roman sont réuni ici pour me faire dire que ce premier roman est un sacre bon polar.

Lire Ici le début