Je serai toujours là de Philippe Savin


Je serai toujours là de Philippe Savin : un 1e roman à découvrir.

 

Le livre : Je serai toujours là de Philippe Savin. Paru le 23 octobre 2013 chez Pôle. 17,90 € ; (297 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

Récemment affecté dans les Cévennes, le commandant Nathan Prieur espère un nouveau départ avec sa femme et ses deux filles. Mais de nouveau, il se retrouve confronté à l’horreur lors du meurtre abominable d’une adolescente.

Nathan Prieur, impliqué personnellement dans cette affaire, se lance sur les traces de l’assassin. Un compte à rebours impitoyable commence, car il en est certain : le monstre ne s’arrêtera pas là.

Des destins se croisent. Des vies s’effacent. Des meurtres sont perpétrés avec une incroyable cruauté. Des mensonges oubliés surgissent du passé. Des fantômes hantent les bâtiments en perdition. Le mal rôde sur les Cévennes. La folie s’est emparée des hommes…

Jusqu’où Nathan Prieur devra-t-il aller pour connaitre la vérité ?

Et vous, jusqu’où irez-vous pour sauver l’être que vous aimez ?

L’auteur : Né en 1966, Philippe Savin  a fait des études commerciales et a commencé sa carrière professionnelle en travaillant dans une petite agence de publicité. Par la suite, il a ouvert un commerce de prêt à porter qu’il ait revendu au bout de six ans. Depuis, il travaille dans la grande distribution, secteur textile. Ilvit actuellement dans le sud de la France. Je serai toujours là est son premier roman.

 

 

Extrait :
La mélancolie imprégnait cet endroit, maintenant et depuis toujours. Un mot plus puissant lui vient à l’esprit : abandon. Ce mot, ce sentiment l’enveloppa

  
Résumé et avis :

Récemment affecté dans les Cévennes, le commandant Nathan Prieur, père de deux jumelles que tout oppose, flic torturé par une ancienne enquête au dénouement tragique, est de nouveau confronté à l’horreur. Sa fille Lucie disparaît. Peu de temps après sa meilleure amie est retrouvée morte, sauvagement torturée, les os brisés, la moitié de son corps brûlé. Une horreur. Secondé par le lieutenant Victor Sanchez, Nathan Prieur se lance sur les traces d’un assassin impitoyable.

La couverture est séduisante. Je me suis laissée tenter.
Une enquête en pays cévenol par un flic ayant fuit Paris après un drame.
Une de ses filles va se retrouver au cœur de l’enquête et ce n’est plus seulement le commandant de police qui va mener l’enquête mais un père de famille prêt à tout.
L’auteur distille une atmosphère pesante, il maîtrise parfaitement ses intrigues , en menant plusieurs de front.

Son écriture fluide et une fin « surprenante et bouleversante font de ce premier roman un thriller prenant.
Un auteur à suivre.

Extrait :
Je pense que nous sommes les seuls maîtres de nos destinées, qu’il y a sans cesse des choix à faire pour éviter de nous écarter du droit chemin. Les tentations sont grandes. Les pièges, nombreux.


Publicités

Feuilles de Mickael Fenris


97828104161410-2866567Le livre : Feuilles  de Michael Fenris. Paru le 19 novembre 2015 chez Prisma.  19€95 ; (405 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

À Hope Falls, petite ville américaine isolée au milieu d’une immense forêt, près de la frontière canadienne et des anciens territoires algonquins, tout est régi par Vernon Krueger. Maire, directeur de la plus grosse scierie de la région et propriétaire de la moitié de la ville, cet homme peu scrupuleux n’hésite pas à déforester sans aucune considération pour la nature environnante. Jed, son bras droit, cautionne de moins en moins ses pratiques douteuses, et tente vainement de préserver la forêt. Un phénomène étrange se produit alors : les feuilles des arbres commencent à tomber et, portées par un vent inhabituel, envahissent sans fin la ville, jusqu’à la recouvrir dangereusement. L’inquiétude s’empare peu à peu des habitants coupés du monde par ces murs de feuilles mortes et la tempête, à mesure qu’ils perdent tout contrôle sur des événements de moins en moins naturels. Tandis que l’angoisse grandit et que les habitants de Hope Falls plongent dans un véritable enfer auquel ils vont devoir survivre coûte que coûte, secrets enfouis et véritables caractères se révèlent au plus mauvais moment. Jed prend la tête des équipes de secours, mais bientôt il devra accepter l’incroyable et se résoudre à suivre ses intuitions…

sl7zlxvk

Michael Fenris est médecin de jour et écrivain la nuit. Il vit en région parisienne et est passionné de littérature américaine, . Feuilles est son premier roman.

 

Résumé et avis d’Emilie

Un premier roman. Un thriller au cœur de la forêt, aux frontières de l’étrange et du mystérieux.
Vernon Krueger, maître incontesté d’Hope Falls, petite ville du Grand Nord américain, déforeste sans scrupule pour alimenter sa scierie. La nature semble se rebeller quand une étrange tempête de feuilles s’élève jusqu’à paralyser la ville. Jed, le bras droit de Krueger, s’oppose à ce dernier en organisant les secours pour sauver la ville de ces événements surnaturels.

Tension, suspens, mystère, une intrigue qui se déroule à la frontière du surnaturel, et vous tient en haleine de la première à la dernière… feuille.

Que dire ? J’ai du mal à trouver mes mots pour parler de ce thriller.

« Feuilles » est flippant, addictif, violent, glaçant et il nous oblige à nous poser les bonnes questions vis-à-vis de la nature et de la manière dont nous la traitons.

« Feuilles » est un thriller catastrophe visionnaire qui nous pousse à regarder les arbres et les gens autrement.

« Feuilles » c’est aussi des personnages attachants et des personnages diaboliques.

« Feuilles » ou quand un auteur me réconcilie avec le thriller fantastique.

Un conseil ? Lisez-le vite et vous verrez, vous ne regarderez plus jamais un arbre de la même manière.

Merci Michael Fenris et à bientôt pour votre prochain livre 🙂

 

 

Hades de Candice Fox


Collectif polar.biblio
hadesLe livre : Hades de  Candice Fox. Traduit de l’anglais (Australie) par Isabelle Troin. Paru le 9 février 2017 chez M. Lafon. 19€95 ; (330 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Frank Bennett, flic quadra expérimenté, rejoint la brigade criminelle de Sydney. Il fait la connaissance d’Eden, sa coéquipière désignée, sous l’oeil malveillant de son frère et collègue Eric qui prend la nouvelle recrue de haut. Leur première enquête débute aussitôt : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Grâce à une liste officieuse de demandeurs, Frank et Eden mettent au jour un trafic, orchestré par un seul homme, invisible et méthodique.

Mais Frank est distrait par les doutes qu’il nourrit au sujet d’Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms raturés qu’il a trouvée dans le portefeuille d’Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d’Hadès, la légende du crime qu’on surnomme le Seigneur des Bas-Fonds ?

Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l’ampleur…

AVT_Candice-Fox_6521L’auteur : Candice Fox est née à  Bankstown, New South Wales  en Australie. Elle enseigne l’écriture à l’université Notre Dame de Sydney. Ses deux premiers romans, Hadès et sa suite Eden, ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.
Elle a récemment publié une série à quatre mains avec James Patterson et compte désormais parmi les nouvelles reines du thriller.

 

 

Citation :
« – Pourquoi cherches-tu à protéger une ordure pareille ?
– L’entrepreneur des pompes funèbres te dirait comme moi que notre ami commun Doyle est au delà de ma protection. »

 

Le petit post-it de Véra

Régnant sur une décharge, Hadès a pour rôle de faire disparaître les corps qu’on lui amène. Un soir, il est chargé d’éliminer deux jeunes enfants, rescapés d’un cambriolage qui a mal tourné. Il se résout cependant à leur laisser la vie sauve et les baptise Eden et Eric. Au fil du temps, il leur transmettra tout son savoir-faire si particulier.

1er tome d’une trilogie. « Hadès » et sa suite « Eden », ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.

Un excellent polar, sombre et complexe, comme les personnages. Le rythme augmente peu à peu, les points de vue se multiplient et alternent de plus en plus vite, comme si des caméras surgissaient pour nous permettre de mieux cerner l’action et suivre cette accélération. Les personnages sont sombres, étoffés, et questionnent l’origine du mal en chacun de nous… Un auteur et une trilogie à suivre !

Seules les bêtes de Colin Niel


chouchous-du-week-end

ncLe livre : Seules les bêtes de Colin Niel. Paru le 4 janvier 2017 aux Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19€ ;  (211 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.

Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le coeur des hommes.

nc1L’auteur : né le 16 décembre1976 à Clamart en région parisienne . Il a grandi, au 12ème étage d’une ZAC, avant de voyager un peu partout et de vivre loin de son béton natal, en Guyane, en Guadeloupe. Ingénieur en environnement, spécialisé dans la préservation de la biodiversité, Colin Niel a travaillé en Guyane durant plusieurs années, au contact des populations du fleuve Maroni. il  a participé à la création du Parc amazonien.

Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il commence à écrire à son retour de Guyane et donne vie au capitaine Anato et à ses enquêtes en Amazonie française.

Extrait :
  • Parce qu’à force d’être tout seul, t’as appris à te connaître. Tu sais que si ici, au milieu du Causse et de tes animaux, tu te sens pas bien, ça veut dire que dedans, ça sera encore pire. Et alors, tes brebis, tu te mets à les détester comme c’est pas permis. Tu sais qu’elles y sont pour rien, que c’est toi qui les élèves et pas l’inverse, ça change rien. Tu les détestes parce que t’as personne d’autre à détester. 
    (…)
  • Des fois j’imagine la vie des paysans d’autrefois et toutes ces croyances qui leur pourrissaient l’existence. Ces histoires de fantômes qui voulaient pas quitter les maisons où ils étaient morts, de loup-garous qui s’attaquaient aux gamins pour leur bouffer le fois, de trèves qui se planquaient dans les bois et qu’attendaient après les vivants. Nos ancêtres, ils y croyaient pour de vrai, quand ils passaient près de ces endroits maudits ils se mettaient à courir. Mémé en causait parfois, elle se moquait de sa mère et ça la faisait marrer, mais je voyais bien qu’elle riait pas tant que ça. « (…)
  • Comme quand t’es gamin et que tu te dis que le Causse c’est le plus bel endroit du monde sans voir ce futur qui se prépare, sans savoir que plus tard ces steppes sans fin tu pourras plus les regarder sans avoir envie de chialer. Et en moi j’ai senti revenir les nœuds de la solitude

Résumé et petit avis :

J’ai découvert par hasard en 2012, le premier roman de Niel Colin. Bon, c’est vrai, mon inclination vers les premiers romans y est sans doute pour quelque chose. Mais pas seulement. Le fait qu’il soit édité chez Rouergue aussi. J’avais lu quelques bons polars de terroir chez eux. Et puis est née la collection Rouergue Noir avec la trilogie écossaise entre autre de Peter May. Et c’est comme cela que je me suis intéressée à Colin Niel. En plus le décor et le lieu de son roman n’était pas commun. Et oui, auteur de trois romans policiers situés en Guyane, Les Hamacs de carton (2012), Ce qui reste en forêt (2013) et Obia (2015), Colin Niel a reçu de nombreux prix littéraires, notamment le Prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016 pour Obia

J’ai eu la chance de rencontrer quelques temps plus tard l’auteur lors d’une dédicace à la librairie Terminus Polar. Je lui est même pris son deuxième roman qui venait de sortir. Et depuis je le suis de près. Je l’ai rencontré aussi au salon Paris Polar où je lui ai pris Obia. J’avais fait, je me souviens, des petits articles sur ses 2 premiers romans, mais je les ai perdus lors de la migrations de ma page Facebook.

Il va donc falloir que je trouve le temps de les réécrire et de vous parler aussi d’Obia qui est une petite merveille.

Mais pour le moment c’est de son quatrième roman que j’aimerai vous parler, car c’est le chouchou de ma semaine.

Seules les bêtes, ne fait pas partie de la série guyanaise.

Non c’est ce que j’appellerai un polar rural. Un polar qui se passe dans un coin isolé de notre vaste province. Nous sommes ici sur un causse. Vaste et haut plateau calcaire du centre et du sud-ouest de la France, aride et creusé de profondes vallées, offrant de maigres pâturages à moutons. Sommes nous dans le Massif Central, Le causse noir; les causses de Larzac, de Rodez, du Quercy. Les étendues désertiques de la Champagne ou ailleurs, ça l’auteur ne nous le précise pas. Ce que l’on sait c’est qu’il y fait froid, que l’hiver est rude et que la neige recouvre le paysage.

Ici la vie est rude, les fermes sont isolées, le paysans est taiseux. Et il y a aussi le vent, ce vent qu’ici on appelle « la Tourmente »

Et c’est justement à travers ces hommes et ces femmes, ces caussenards que nous allons découvrir et vivre cette histoire. Ce roman choral va leur rendre la parole. Chacun va y dévoiler sa propre vérité. Chacun de son point de vue nous dressera un portrait de la victime, chacun ayant des choses tues, des secrets enfouies, des confidences clandestines.

Oui ce roman reflète l’humanité dans toute sa splendeur. Avec ses petites mesquineries, ses recoins sournois, ses errances et ses tréfonds insaisissables, ses profondes et insoupçonnées ténèbres.

Seules les bêtes, peut-être ic,i ont une âme.

Et je ne vous parlerai pas de l’intrigue parfaitement mener qui vous mènera, elle aussi, sur des terres inattendues d’un autre continent.

Vous l’aurez compris Seules les bêtes n’est pas seulement un  roman noir. Seules les bêtes c’est aussi un roman psychologique, un roman social, mais aussi un roman bouleversant, amer voir grinçant mais poignant bref un roman profondément humain.

 

Les Chants de la terre de Elspeth Cooper


  mes-petites-lectures (1)
  9782352945321,0-1290608La chasse sauvage, Volume 1, Les chants de la Terre de Elspeth Cooper.Traduit de l’anglais par Caroline Nicolas.Paru le 18 novembre 2011 chez Bragelonne dans la collection Fantasy. 28€ ; (476 p.) ; 25 x 17 cm

 

4e de couv :

Les Chants de la terreLa chasse sauvage

Tome I

Gair est condamné à mort.

Il est le seul à entendre le Chant, une terrible magie qui le déchirera de l’intérieur s’il n’apprend pas à la maîtriser.

Pourchassé par les Chevaliers de l’Église qui veulent le jeter au bûcher, Gair a pour seul espoir un ordre secret que des siècles de persécution ont presque anéanti : les Protecteurs du Voile, l’unique rempart contre les démons du Royaume Caché.

Mais le Voile entre les mondes est en train de faiblir.

Bien avant d’y être prêt, Gair devra combattre pour sa propre vie, pour l’Ordre du Voile et pour la femme dont il est tombé amoureux…

Laissez-vous conter l’ancienne légende du monde.

Écoutez la musique secrète de la magie.

 

1111-cooper_3L’auteur : Elspeth Cooper est née en 1968 à Newcastle (Grande-Bretagne). Les Chants de la Terre est son premier roman, le début d’une saga qu’elle a passé dix ans à élaborer tout en luttant contre une grave maladie.

 

 

Extrait :
— Ces livres ne sont-ils pas hé­ré­tiques ?
— Qu’est-ce que l’hé­ré­sie, si ce n’est un point de vue dif­fé­rent ? Les livres sont faits pour être par­ta­gés, Gair. Ils de­vraient être ou­verts à tout le monde, non conser­vés à l’abri des re­gards parce qu’ils risquent, le ciel nous en pré­serve, d’en­cou­ra­ger la li­berté de pen­sée.
Gair fronça les sour­cils.
— Mais l’In­dex a été créé pour nous pro­té­ger du péché.
— Et quel péché est-ce là ? ré­pli­qua le vieil homme. Le péché de phi­lo­so­phie, d’as­tro­no­mie, de mé­de­cine ? Non ; l’In­dex a été créé pour contrô­ler les connais­sances et main­te­nir les gens dans l’igno­rance, les lais­ser croire que la fièvre est due à un dés­équi­libre des hu­meurs, plu­tôt qu’au fait d’avoir creusé les la­trines trop près du puits.
lecture-d_avant

 

Petits résumé et avis :

Depuis 1.000 ans, les chevaliers de l’Eglise poursuivent quiconque pratique la magie, même s’il est l’un des leurs. Pour échapper à la mort par le feu, le chevalier Gair est contraint de fuir. Novice, il ne maîtrise pas encore la force qui grandit en lui et doit apprendre à la contrôler. La mystérieuse société des Protecteurs du Voile reste son unique espoir.

467hgdigh« Rares sont les écrivains qui, depuis J.R.R. Tolkien, ont su nous rendre l’âme du monde à travers le merveilleux.

Elspeth Cooper est de ces enchanteurs. Elle renoue avec la grandeur et le plaisir qiu ont fait les plus grands succès de l’aventure initiatique.

Les Chants de la Terre est un superbe récit d’apprentissage de la magie, du combat, de l’amour, raconté avec une aisance et une foi vibrante qui le rendent parfaitement accessible à tous les publics.

Elspeth Cooper a le pouvoir de rendre au lecteur son innocence. Elle sait la féerie et le mystère… les forêts profondes, les monts embrumés, les ruines surplombant la lande… Elle chante le vol de l’aigle, la clameur des épées, l’amitié complice, les amours fiévreuses et le goût amer de la trahison. Elle nous rappelle un temps mythique, celui d’avant l’époque moderne et d’avant l’âge adulte, où le spectacle de la nature, la parole des gens et la tradition des histoires livraient la vérité de l’existence.

Lorsque la légende enseignait la vie, et que la magie était authentique. »

Bragelonne vante ainsi les mérites du premier roman traduit d’Elspeth Cooper.

Et ils ont bien raison. Voici un excellent roman de fantasy à mettre entre toutes les mains. Une aventure flamboyante, une écriture soignée, un plaisir qu’on n’arrive pas à lâcher.

Ce livre est un enchantement.

Vite la suite…

 

Lire le début de la Chasse Sauvage

De mort naturelle de James Oswald


9782811216870,0-3095590 9782352948605,0-2671190 Le livre :De mort naturelle  de James Oswald. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-Claude Mallé.Paru le 17 juin 2015 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (449 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Milady le 18 mars 2016 dans la collection Milady Thriller. 8€90 ; (576 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents -, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.

Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le «bleu» Stuart MacBride -, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler…

AVT_James-Oswald_717

James Oswald est un auteur pas comme les autres. Fermier le jour, écrivain la nuit, il élève des vaches et des moutons en Écosse. D’abord autopublié, il a connu un succès fulgurant dès ses débuts. De mort naturelle est la première enquête de l’inspecteur McLean.

Extrait :
McLean passa à l’examen des murs. Le principe de base : commencer par le cadavre, puis s’intéresser à ce qu’il y a autour. Après avoir touché le plâtre glacé du bout de ses doigts gantés, il retourna la main et tapota le mur de la pointe d’une phalange. Ça sonnait plein, comme un honnête mur de pierre. Même chose un peu plus loin. Regardant par-dessus son épaule, McLean continua son inspection jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’alignement de la tête de la morte. Là, ça sonnait creux.
Tapant de nouveau, McLean eut le sentiment que le mur s’était incurvé sous la pression. Mais avec la lueur aveuglante du flash et les ombres générées par les projecteurs, ça pouvait être une illusion. Plaquant une paume sur le plâtre, il poussa doucement et sentit la cloison céder. Soudain avec un craquement sinistre d’os brisés, un panneau d’environ trente centimètres de large pour quinze de haut se sépara du mur et tomba sur le parquet, révélant une niche dans laquelle brillait un petit objet.
McLean éclaira la niche avec sa lampe, sur un morceau de parchemin plié, il repéra un mince étui à cigarettes en argent. Derrière, conservé dans un bocal comme un spécimen dans une classe de sciences naturelles, il y avait un cœur humain.

Résumé et petit avis :

Plusieurs citoyens respectés d’Edimbourg sont assassinés. A chaque fois, le meurtrier est identifié mais se suicide dans la foulée. De son côté, l’inspecteur Anthony McLean enquête sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un vieux manoir après avoir été brutalement assassinée. McLean suspecte un lien entre les meurtres, les suicides et la jeune fille.

Voici une belle découverte. James Olwald nous propose un enquête policière somme toute classique mais il y ajoute un petite touche très écossaise qui n’est pas pour me déplaire. Un peu à l’instar  de John Rebus, Anthony McLean aurait pu dire « La vie est une comédie noire ». Et comme chez Ian Rankin, Edimbourg tient une grande place dans ce roman. Le décor est un personnage à part entière, il imprime aussi l’ambiance de ce roman. La ville bat au rythme de ce roman, elle en donne le ton.

Une autre qualité de l’auteur c’est aussi ses personnage qu’il dépeint avec minutie. Surtout son flic McLean, qui nous semble un héros familier alors que nous découvrons seulement sa première enquête. Pour autant il soigne autant ses personnages secondaires.

Et puis il y a l’histoire, prenante à souhait et juste assez tordu pour nous tenir en haleine.

Bref tous les ingrédients d’un très bon roman sont réuni ici pour me faire dire que ce premier roman est un sacre bon polar.

Lire Ici le début

Un souffle, une ombre de Christian Carayon


 

9782265115606,0-3175935 Le livre : Un souffle, une ombre de Christian Carayon. Paru le 14 avril 2016 chez Fleuve édition dans la collection Fleuve Noir.  20€90 ;  (539 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

 

 » Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.  »

Il faisait particulièrement doux ce soir-là.
Nous étions en été, un samedi soir, la fête annuelle de la base nautique des Crozes avait battu son plein toute la journée.
Justine avait demandé à ses parents, également présents, de pouvoir passer la nuit avec sa cousine et deux copains de classe sur l’îlot des Bois-Obscurs, au centre du lac. Un camping entre pré-adultes. Une récompense pour le bon travail fourni toute l’année. Promis, ils seraient de retour le lendemain, à 10 heures au plus tard.
Le dimanche matin, les adolescents se font attendre. L’un des parents, de rage, parcourt la distance à la nage. Il découvre alors l’étendue du massacre : les corps meurtris, outragés, dénudés.
Les familles des victimes, des accusés, la région, tous vont connaître le chaos et le déclin.
Ma vie d’enfant a basculé ce jour-là. Quelqu’un – quelque chose –, au visage indéfini, malveillant, a pris possession de mon imaginaire, de mon âme.
Vingt ans après le drame, l’occasion de dépasser ce traumatisme collectif s’offre à moi.
Je vais enfin pouvoir donner un visage à mes peurs.

téléchargementL’auteur : Christian Carayon, originaire du Sud-Ouest, enseigne l’histoire et la géographie en lycée depuis plus de quinze ans. Passionné de littérature, il se lance dans l’écriture en 2012 et publie Le Diable sur les épaules, finaliste du prix Ça m’intéresse Histoire. Un souffle, une ombre est son 3e roman, déjà vendu en plusieurs langues avant même sa publication en France.

Extrait :
« Le jour où mes parents m’ont offert ma chienne, j’étais à la fois heureux et terrifié qu’on ajoute ainsi un être mortel à ma liste déjà trop longue. Je me suis effondré en larmes. Mes parents ont cru que l’émotion m’avait submergé et, bien des années après, racontaient encore l’anecdote avec un mélange d’amusement et de tendresse. Je n’avais pas pleuré de joie ce jour-là.je portais déjà le deuil de ce petit animal que j’ai aimé au premier regard. »

Résumé et avis :

Été 1980. Le lac de Basse-Misère, dans le sud du Massif central. Un groupe d’adolescents de bonne famille est massacré sur l’îlot où il était parti camper, en marge de la fête du club nautique local. 
Dans toute la région, l’onde est sismique. Comme un point de bascule irréversible, qui signe la fin d’une époque d’insouciance, et le début du déclin de la vallée. 
À Valdérieu, principale agglomération du pays, quelque chose s’est brisé pour toujours.Trente-quatre ans plus tard, le meurtrier supposé croupit derrière les barreaux. Mais à l’université de Toulouse, le chercheur en histoire Marc-Édouard Peiresoles ne croit pas en sa culpabilité. Originaire de Valdérieu, et témoin impuissant du cataclysme alors qu’il n’était que collégien, il décide de retourner sur place, et de reprendre toute l’enquête. Comme on replonge dans ses propres traumatismes. Comme on lève le voile sur trois décennies de non-dits, en grattant le vernis d’une communauté beaucoup moins lisse qu’il n’y paraît. Derrière les fantômes des adolescents disparus, c’est bientôt le lac de Basse-Misère qui se réveille, tel un prédateur endormi. Déjà prêt à engloutir ses prochaines victimes… 

De Christian Carayon, je connaissais déjà ses deux premiers polar. Ils étaient parus chez les Nouveaux auteurs. Un éditeur qui a déniché pas mal de nouvelles plumes ces dernières années. Flaire Favan, Jacques Saussey, Hervé Jourdain, Laurent Guillaume….pour ne citer qu’eux. Des auteurs qui ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux.

 Avec ce troisième roman, Un souffle, une ombre Christian Carayon signe son entrée dans le catalogue Fleuve éditions. Si une écurie comme Fleuve le coopte, c’est plutôt bon signe. C’est sans doute que l’auteur à toutes les qualités pour se faire connaître et surtout reconnaître.

Et là j’avoue que j’ai été soufflée. Tout et parfaitement millimétré pour que nous soyons pris dans l’engrenage de cette enquête, de ce récit.

Une formidable écriture, des personnages parfaitement campés, une nature omniprésente, une atmosphère pesante et un héros qui se révèle au fur et à mesure de l’histoire, tout ici porte cette histoire surprenante.

Si le polar rural a le vent en poupe, ce titre rentre parfaitement dans cette catégorie et peut faire la course dans le peloton de tête.

Lu, approuvé et chaudement recommandé comme en dit au Comité polar !

Seuls les vautours de Nicolas Zeimet


 4+4+64774
$$$&&&seulLe livre :  Seuls les vautours de Nicolas Zeimet. Paru le 14 mai 2014 chez Toucan dans la collection Toucan Noir-Le crime. 18€ ; (477 p.) ; 20 x 14 cm

$$$&&&seul&Réédité en poche le 7 mai 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€80 ; (546 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv :

Un petit village de l’Utah en 1985, avant internet, la téléphonie mobile et les techniques modernes d’investigation scientifique.

Shawna, une fillette de cinq ans, disparaît brutalement un matin.

Tout le village se mobilise. Non seulement les quelques policiers du poste local mais aussi le médecin, un journaliste et bien sûr les enfants. Des enfants et des adolescents qui ont l’imagination fertile et qui racontent d’étranges histoires.

En suivant les destins croisés d’une dizaine de personnages, l’enquête progresse, les haines et les attirances se cristallisent alors que des découvertes bien réelles mènent à des événements qu’on croyait définitivement sortis des mémoires. Certains, en tous cas, auraient bien voulu les oublier…

$$$&&&seul&&L’auteur : Nicolas Zeimet est né en 1977. Il vit à Paris. Il écrit depuis l’âge de dix ans.
Son premier roman, « Déconnexion immédiate« , est paru en 2011 chez Mon Petit Éditeur.
Après « Seuls les vautours« , lauréat du Prix Plume d’Or 2015, il publie « Comme une ombre sur la ville » aux éditions du Toucan.

 

Extrait choisi :
 
 » Un éclair zébra le ciel de charbon. La nuit devint blafarde une fraction de seconde. L’instant d’après , le néant avala à nouveau le paysage. Ducan’s Creek n’avait jamais été isolé du reste du monde .Au loin , les lueurs de Reservoir Road chatoyaient derrière le filtre déformant de la pluie. Il était tard, mais Morphée n’avait pas achevé son œuvre . C’était là que vivait Shawna Twitchell. Les gens ne dormiraient pas cette nuit. 
Il y eut quelques mots échangés , de vagues paroles de réconfort. Des sourires ténus aussi pour se réchauffer l’âme. Et la promesse de se retrouver aussitôt que la tempête se serait éloignée. Mais au fond, personne ne nourrissait plus d’espoir de retrouver Shawna vivante.
 C’est la mort dans l’âme que les hommes se dispersèrent , avec la détestable impression d’avoir creusé la tombe d’une enfant de 5 ans »

Collectif polar Nadia

L’avis de Nadia:

Dans les  années 80 , une fin d’après midi dans l’Utah , la petite Shawna 5 ans disparaît dans la petite bourgade de Duncan’s Creek . Les habitants se mobilisent et organisent les recherches …

 C’est d’une fort belle écriture qu’est écrit « Seuls les vautours » . Une écriture fine , de jolies phrases , de belles expressions , beaucoup d’humour , et en prime , des dialogues de pré-ados savoureux , et pour en croiser tous les jours , d’un réalisme criant .
 L’enquête est suivie de plusieurs  point de vue  ce qui donne le rythme , c’est rondement mené , des fausses pistes qui nous perdent .. puis nous rattrapent.
 Nous retrouvons  l’ambiance de la petite ville américaine des années 80 , le racisme , les ragots , les croyances de chacun …

  Nicolas Zeimet .. une plume à suivre

Hobboes de Philippe Cavalier : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Cavalier.


L'ABCdaire de deux nanas fondues de Cavalier

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Hobboes de Philippe Cavalier.

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

Bon j’avoue cette fois j’ai un peu triché. Pour chacune des lettres qui m’étaient attribuées, j’ai proposé non pas un mais deux mots.

Oui, ce roman est tellement riche, que 26 mots c’était un peu juste. 39 c’est plus raisonnable. Sutout que Hobboes est un véritable et gros coup de cœur pour moi !

$$&&&&&&&Le livre : Hobboes de Philippe Cavalier.Paru le 29 octobre 2015 chez Anne Carrière dans la collection Thriller. 21€ ;  (379 p.) ; 24 x 16 cm.
 Le résumé : 
Ravagée par une supercrise, l’Amérique doute et vacille. Des millions d’exclus prient pour un avenir meilleur aux marges de ses villes. Des frontières du Canada à celles du Mexique, rumeurs et légendes s’échangent sur les routes. Parmi les hobboes, les vagabonds, on parle d’hommes doués de pouvoirs surnaturels et d’un guide promis à venger les humiliations des pauvres. On parle de révoltes et de NovAmerica, le monde d’après la prochaine révolution. On parle surtout d’un inconnu capable, à lui seul, de changer le destin de tout un peuple… Enseignant à la prestigieuse université Cornell, Raphaël Banes dédaigne les prophéties. Privilégié, il n’accorde pas un regard à ceux qui n’ont plus rien. Mais quand tout s’écroule autour de lui et qu’un mystérieux commanditaire lui ordonne de remonter la piste d’un de ses anciens étudiants disparu, commence pour lui la traversée d’un continent où les lois s’effacent et où il faut bien plus que du courage et de la chance pour espérer survivre.

$$AVT_Philippe-Cavalier_1218L’auteur : Philippe Cavalier est né en 1966. Quand il était étudiant en Langues orientales et en littérature comparée, il s’est passionné pour ces cultures « exotiques », et pour l’histoire, les croyances religieuses, et les pratiques ésotériques qu’elles comportent parfois.

La preuve, c’est sur les sorciers et les magiciens dans la littérature qu’il rédige sa thèse à la Sorbonne. Il était donc logique de le voir s’atteler dès sa première aventure littéraire à la rédaction d’un thriller fantastico-historique : Le siècle des chimères. Philippe Cavalier prouve une nouvelle fois ses talents de conteur hors norme avec Hobboes, un thriller unique et déroutant, un road-book à grand spectacle et au souffle d’épopée.

 

 Allez hop mon ABCdaire de A à Y.

Et retrouvée la suite et les autres lettre de B à Z chez Les motordus D’Anne Ju ICI

Et… Oui je sais j’ai un peu triché puisque j’ai cette fois donner 2 mots par lettre. Le livre s’y prêtait tellement il est riche.

A : Comme Aventure à Apocalyptique :

Ge :  C’est, en effet, un livre d’aventure que nous propose Philippe Cavalier. Et l’aventure, croyez moi, va être belle et grande.

Une aventure qui a pour toile de fond Armagedon. Un récit pré-apocalyptique.

Anne-Ju : Je n’aurai pas dit mieux pour cette lettre et ce début d’ABCdaire ! Ca va être une vraie aventure ce livre ! Et nous lire aussi. Attention chers pèlerins, vous n’êtes pas au bout de vos surprises !
Car l’aventure, on aime ça ! Oui, on est des tordues. Alors si en plus, on y rajoute des airs d’Armagedon, d’Apocalypse ..que demander de mieux ? Rien si ce n’est de nous lire, de le lire !

 

C : Crise à Contre Utopie

 Ge : L’argument de départ de ce roman est une crise économique sans précédent.

L’auteur installe son histoire dans un contexte de fin de civilisation. Il bâtit un récit à l’atmosphère anxiogène qui met du relief notre crise actuelle. Nous sommes amenés à regarder d’un œil plus attentif le monde qui nous entoure  avec ses guerres terroristes, sa crise économique qui engendre ses problèmes de migrants, sans parler de ses dérèglements climatiques.

Philippe Cavalier nous propose avec Hobboes un conte dystopique. Une contre utopie qui sonne le glas de notre civilisation qui érige comme idéologie l’ultralibéralisme

Anne Ju : N’ayez pas peur chers pèlerins, ce livre est certes pas de plus drôle mais il faut bien ne pas se voiler la face et dire les mots sur les actions, les causes, les effets et surtout les conséquences. J’ai l’impression, Geneviève, que nous devenons des porte-paroles !
La crise est effectivement le déclencheur de tout ce qui va se passer dans le roman et surtout les bases de cette utopie. Ce roman est une loupe sur la société actuelle et sur ce qu’il fait tourner le monde.

E : Exclusion à Eschatologie :

Ge : La crise économique a jeté les gens dans la rue, des hordes de gens vont par les routes. Plus que jamais l’exclusion fait rage. D’ailleurs à travers le pays n’y a-t-il pas plus d’exclus que de gens qui vivre encore de cette société ultralibérale qui abrutit certain et rejette les plus faibles. Ces exclusions sont bien la preuve qu’une fin de civilisation se prépare. Et nous ne sommes pas loin de penser à fin d’un monde, le nôtre. Et de là à voir poindre de faux prophète nous contons des histoires et des discours eschatologique, il n’y a qu’un pas.

 Bon une petite définition s’impose même pour moi ; lol !

« L’eschatologie est un ensemble de doctrines et de croyances portant sur le sort de l’univers après sa disparition (eschatologie universelle). C’est  le discours sur la fin des temps. Il relève de la théologie et de la philosophie en lien avec les derniers temps, les derniers événements de l’histoire du monde ou l’ultime destinée du genre humain, couramment appelée la « fin du monde ». »

A.Ju : Ah mais toi aussi tu nous sors ta science. Je suis en train de me dire que ce livre est extrêmement riche en vocabulaire, en terme apocalyptique. Mais tu connais mon niveau de curiosité et j’adore en apprendre tous les jours. Ce roman m’a montré un coté dure et difficile à accepter dans notre société : l’exclusion. Or, elle est bien là et de plus en plus présente et forte. Il ne faut pas d’étonner que les plus faibles et plus malheureux arrivent si bien à se faire manipuler.

G : Ghetto à Genre humain

Ge : Les Etats-Unis sont sans dessus dessous, sa puissance vacille. Une crise majeure, supra frappe l’économie mondiale. Des centaines de milliers de gens deviennent des indigents. Des vagabonds vont sur la route, deviennent des chemineaux passant d’un état à un autre car ils ont tout perdu. D’autres plus grégaires s’entassent dans des bidonvilles, des favelas. Dans les grandes agglomérations, des ghettos voient le jour. Au milieu de Central Park survivent des gens entassés dans des camps de fortune . Los Angeles ressemble à Rio. Certains miséreux s’organisent afin de préserver ce qu’il y a de bon dans notre civilisation. D’autres ne pensent qu’à eux. Ils sèment destruction, se préparent à la guerre pour répondre à la promesse d’un nouveau monde…

Ainsi va le Genre Humain.

A.Ju : Tiens je viens de mettre la chaîne info et j’ai eu le sentiment de retrouver ce que tu viens d’écrire. L’auteur n’a rien inventé ! C’est déjà ce que l’on vit. Que devient l’humain dans ce monde de ghetto ? Que va devenir l’humain si cela continue ainsi ? Si tu n’as pas une grande ville sans son ghetto, c’est qu’il manque quelque chose ! Au secours !!! Réveillez vous !! Faites quelque chose !! STOP

I : Illuminé à idéologie :

Ge : Quand le monde s’effondre que de faux prophètes chantent la fin de celui-ci, on voit apparaître tout un tas d’illuminés qui se pose là comme le rédempteur ou le sauveur. Prêt à tout pour arriver à leur fin. Des cavaliers de l’Apocalypse qui voudraient faire voler en éclat l’idéologie dominante et reprendre les rênes de celle-ci à leur compte. Des illuminés prêts à imposer leurs propres dogmes, des idéologues aux croyances douteuses qui ont pour seule doctrine leur propre profit.

A.Ju : Je te rejoins tout à fait ! On a vite fait de passer du côté obscur ! Des illuminés qui sont tellement à fond dans leur doctrine, peuvent mener à la fin du monde ! Ceci étant quand j’y pense, c’est souvent des illuminés qui ont fait les choses que l’on connaît. Si on prend les religions, les croyances naissent sur des faits qui peuvent sembler complètement « illuminés ». L’illuminé pousse-t-il à la croyance ? Je pense que ceux sont les meilleurs messagers pour véhiculer les idéologies.

K : KO et Kyrielle :

Ge : Dire que ce roman m’a mise Ko, c’est juste un doux euphémisme.

Car ce roman, c’est le chaos.

C’est un roman qui vous bouscule, qui vous plonge dans une kyrielle de sentiments. Parfois très opposés les uns aux autres On peut aussi être Ok par sa complexité, par la multitude de thèmes abordés. On peut se perdre dans la kyrielle de personnages que nous propose l’auteur.  De Raphaël Banes qui est le fil rouge, comme le dit Anne Ju, de ce roman en passant par Milton Milicent l’étudiant , l’officier Harper, Camden Hodge ou encore Franklin, le chien, tous ont un rôle à jouer dans ce grand cercle de la vie. Le scribe, Scanaal et Okhlos, la compagnie de cheminots des Sheltas ou le clan des Formeroï., c’est sous leur trait que le mythe prend forme et devient réalité.

 A.Ju : Tu viens de me mettre KO avec cette définition ! Et un mot de plus dans mon vocabulaire ! Merci

Ge : Rien de plus tu es sûre ?

A.Ju : Ah tu insistes et tu as raison. Donc je te rejoins pour toute cette pléiade de personnages. Certains sont mis en avant et d’autres relégués au plan secondaire. Mais ils ont tous un rôle à jouer dans ce roman. Je vous rassure, on arrive à s’en sortir.
Ce qui m’a mise KO dans ce roman c’est la complexité que tu évoques. Autant de points graves traités dans ce roman c’est un véritable challenge. Un challenge aussi pour moi car je ne m’y attendais pas. Mais j’ai tenu bon et je suis assez fière sur ce coup.

M : Mythologie et Mutation

 Ge : Anne Ju parlait de légende dans son abécédaire. Je parlerai plus volontiers  de mythes ou mieux de mythologies.

Ici c’est surtout la mythologie celtique qui imprègne l’histoire. Mais on le sait, chaque peuple, chaque civilisation a sa propre mythologie. La romaine qui emprunte à la grecque qui emprunte à la macédonienne qui emprunte à la mésopotamienne…. Les mythes scandinaves, germaniques et celtiques offre, tout comme les autres, un nombre incroyable de dieux, de divinités, de héros, de monstres et d’humains légendaires qui interviennent dans cette mythologie.

Ici, les mythes anciens vont-être réinterprétés sous nos yeux. Et…

Sous nos yeux de lecteurs voit se jouer la mutation d’un monde. Un monde qui va créer lui-même son propre mythe.

A.Ju : Depuis toute petite, j’adore les légendes. La mythologie m’a toujours passionné ainsi que la légende arthurienne et les peuples nordiques comme les Vikings. Une religion avant l’heure. Car souvent les peuples prenaient plus au sérieux les légendes que les religions.
Il est clair que l’on va vivre une réelle mutation avec ce livre. C’est impressionnant et à lire (si avec tout ça vous ne comprenez pas qu’il faut le lire, je n’y comprends plus rien !)

O : Okhlos et Origine

 Ge : Oklos est un des personnages de ce roman mais c’est aussi un de ces mythes. Oklos, c’est l’origine du changement. C’est autour d’Okhlos que vont se cristalliser tous les espoirs des pauvres hères qui ont tout perdu et qui pensent pouvoir reconquérir leur avenir.

C’est encore Oklos qui prendra la tête du clan de Formeroï. Mais ça je vous en reparle un peu plus tard.

 A.Ju : Euh je ne suis pas obligée de rajouter quelque chose, si il n’y a rien à rajouter ? Car là, je n’aurai pas dit mieux !!

Ge : Oh bien si Anne Ju, que penses-tu de OKhlos ? Que t’a-t-il inspiré lors de ta lecture ? Et sur Origine, rien à dire, non plus ?

A.Ju : A vrai dire je ne sais pas si je peux dire qu’Okhlos m’a inspiré. Il m’a plutôt fait flippé. Car comme tu dis, il est l’Origine de tout cela. Alors attention, je ne suis pas contre le changement. Bien au contraire, j’adore ça. Des choses doivent changer dans notre monde pour par que l’on arrive à ce que Philippe Cavalier nous décrit dans Hobboes.  Okhlos est réel leader. C’est marrant mais ça me fait penser un peu à ce qui se passe en ce moment aux USA avec Trump qui se présente aux élections. Si on y réfléchit bien, Okhlos, Trump, tu ne vois pas une ressemblance ?
Ok là on part dans un débat politique, mais Trump est un leader qui a prévu de gros changements et qui pourrait être à l’origine de moments très douloureux.

Q : Querelle et Quête :

Ge : Avec Hobboe, il est plus question de Quête que d’enquête ;  même si les 2 mots ont la même étymologie.

En effet,  ici,  l’action de chercher à trouver, à découvrir est une constante. Chacun des protagonistes a ses raisons propres de « quester ».

D’ailleurs, tout le prétexte du livre part de la querelle d’un professeur d’université, Raphael Banes, avec son doctorant, Milton Milicent aux le sujet de sa thèse. La querelle ne porte pas tant sur le sujet de la thèse de l’étudiant en socio et en politique : Les mécanismes économiques parallèles structurant les sociétés de marginaux, mais plutôt sur l’éclairage que celui-ci lui apporte. Milton se propose d’étudier les nouveaux récits de la fin des temps, mais Barnes dédaigne les prophéties.

Alors Milicent va partie en quête d’un livre prophétique écrit par le Scribe que les vagabonds se transmettent sous le manteau afin d’étayer sa thèse.

Et à son tour Raphael Banes va partir en quête de son étudiant disparu et du même coup va suivre la piste de ce fameux livre.

Et des quêtes et des querelles, il y en aura bien d’autre tout au long de cette histoire étonnante et passionnante.

A.Ju : C’est tout à fait cela. Une longue quête et des querelles tout au long du livre. Mais si tu n’as pas de quête dans la vie tu n’avances pas ? Or Raphaël est à un moment de sa vie, où tout s’est arrêté. Cette quête de l’étudiant perdu qui va se transformer en une quête personnelle est une réelle querelle de ses certitudes. Ce n’est pas toujours évident d’être en accord avec soi-même et surtout d’ouvrir les yeux sur de nouvelles possibilités.

S : Du Shelta au Surnaturel

Ge : Dans ce roman vont s’affronter 2 clans, les Sheltas comme les nomme l’auteur et les Formeroï. (petite parenthèse : le nom du premier clan les Sheltas vient d’un jargon secret utilisé par des personnes traditionnellement itinérantes dans les iles britanniques, des irlandais principalement pour que les autorités ou la police ne les comprennent pas. Cette langue est basée sur l’inversion systématique ou l’altération des consonnes initiales des mots gaéliques. Fin de la parenthèse)

Donc deux clans rivaux comme le bien et le mal. Un affrontement au sommet en quelque sorte.

J’ai posé la question des 2 b de Hobboes à l’auteur, je lui demandais si cette orthographe avait à voir avec la dualité de ses deux clans de vagabonds

Il m’a répondu entre autre :

 « les deux B renvoient métaphoriquement aux deux grandes compagnies de vagabonds qui s’affrontent dans le livre : Sheltas et Fomoroï »

Mais il m’a dit aussi que :

 « Hobboes reste une oeuvre de fiction. Si les Sheltas existent bel et bien, leur contrepartie négative sont une pure invention (une dérivation des Fomorés des légendes celtiques en fait).

Oui. Métaphoriquement un B pour les Sheltas et un B pour les Fomoroï. Dans les légendes irlandaises, les Fomoroï sont les premiers habitants de l’île. Ils sont décrits comme des entités négatives que les Thuata dé Danann, les « gens de la déesse Dana » affrontent lors de leur conquête de l’île. Pour se venger, les Fomoroï volent les enfants des conquérants. »

Vous l’aurez compris, ce livre est aussi empreint de surnaturel.

A.Ju :Sérieusement, qu’est ce que tu veux que je rajoute à tout cela ???? C’est juste méga top tout ce que tu viens de dire ! En plus, cerise sur le gâteau, l’auteur complète ! Respect total !

Ge : Là je suis certaine que tu peux nous dire deux trois choses, sur le coté surnaturel du livre ! Cela t’a-il choquée, gênée, émerveillée ? Que sais-je encore !

A.Ju : Alors non je n’ai pas du tout été choquée ni gênée. J’avoue que je suis réceptive à ce genre de phénomène. Je crois en certaines choses et certaines sciences liées au surnaturel.
Il est clair que quand j’ai débuté ce roman, je ne m’attendais pas forcément à du surnaturel. J’ai aimé. Avoir l’esprit ouvert pour comprendre ce livre est important. Pour ceux qui sont du style « fermé », ce livre va les déranger c’est certain. Ils vont vous dire qu’il s’agit des foutaises. Mais au fond d’eux, quelque chose va se produire. Du surnaturel ? Peut-être. Mais surtout une prise de conscience. Il en faut et toutes ces métaphores aident à aborder le roman de manière moins noir. Alors qu’il est bien noir, ce livre.

U : Utopie et Usurpation :

Ge : Si je m’en tiens à la définition que donne Le Larousse de l’utopie : Construction imaginaire et rigoureuse d’une société, qui constitue, par rapport à celui qui la réalise, un idéal ou un contre-idéal ; nous sommes bien avec Hobboe dans ce contexte.

Il y est question de société idéale mais d’une société qui remplacerait l’ancien donc une nouvelle contre-idéale.

Vous me suivez toujours ? Si oui, vous êtes bien les seuls.

En fait…Pour moi Hobboe est le livre des Utopies usurpées.

Des types qui sous prétexte de faire le bonheur de l’Homme inventent des Utopies qui virent au cauchemar. Des mecs qui usurpent le pouvoir d’autres, qui se l’arrogent et qui au final provoquent le chaos.

A.Ju : Je ne me vois pas dire l’inverse de toi ! Car c’est exactement cela concernant l’utopie usurpée. Tu as bien fait de me donner une définition mais bon, j’ai mon Larousse poche donc ça aide ;-). En lisant ce que tu écris, je me dis, qu’encore une fois, c’est aussi ce que l’on vit actuellement. Ce roman dit de fiction ne l’est pas totalement. C’est certain !

W : Wisionnaire et Wagabons

Ge : Et oui je triche un peu ! Mais il faut bien les exploiter ses lettres qui comptent triple. Et c’est bien de « Visionnaire » que je voulais parler, ce roman est un roman visionnaire et la vision de notre auteur n’est pas vraiment rose. Remarquez, ça tombe bien j’aime le noir.

Philippe Cavalier nous offre un récit entre réalité et fiction, entre le conte et la fable, une sorte de mise en garde, un livre prophétique. Il nous montre un futur proche qui pourrait vite devenir le nôtre. Il nous donne à voir une humanité vagabonde qui a perdu tous repaires, qui ne crois plus à l’idéologie dominante, qui rêve d’un monde meilleur mais qui est prête à suivre n’importe quel leader un tant soit peu charismatique.

L’auteur se pose en observateur, il scrute notre société à la loupe, la dissèque, la dévoile telle qu’elle pourrait-être. A peine il la déforme pour nous la montrer monstrueuse. A peine il la dévoie pour frapper notre réflexion, nous faire peur pour nous amener à rêver. A rêver d’une société plus juste, à repenser notre monde dans sa globalité.

Hobboe est le livre de tous les maux dont souffre notre société occidentale. Une sorte de critique sociale.

Mais au final Hobboe est un livre qui fait du bien.

A.Ju : Ah ah tu voulais la lettre V ! Petite maligne !  Il est vrai que ce livre est visionnaire. On en a déjà parlé dans d’autres lettres. C’est une possibilité de ce que notre monde pourrait devenir surtout quand on sait le nombre de vagabonds qui existent. Les maux de la société ne sont pas nouveaux. Ils sont devenus différents au fil du temps mais normal ils ont aussi évolué avec la société. Les priorités ne sont plus les mêmes, les enjeux non plus et le pouvoir que l’Homme veut est de plus en plus accessible.
Après je ne sais pas si ce livre m’a fait autant de bien qu’à toi, mais il ne m’a pas fait de mal c’est certain. Il m’a conforté dans mes idées, mes opinions et mes envies. C’est plutôt positifs tout cela !

Y : Yeap c’est déjà la fin. Entre Yin et Yang

Ge :Et oui c’est dèja fini et je ne vous ai même pas parlé du style et de l’écriture de Philippe Cavalier. Car notre auteur nous propose un livre multiple. Un roman noir mâtiné de thriller d’anticipation, une épopée épique doublée d’un roman fantastique. Il mixe les codes et se joue d’eux. Entre road movie et roman initiatique, Hobboe puise dans tout ce que j’ai pu lire de très bon dans ces différents genres. Et l’écriture si particulière de Philippe Cavalier à la fois riche et éloquente nous plonge dans un récit plein de fureur, de rage et de sueurs. Froides les sueurs, forcément.

A.Ju : Heureusement que tu es là pour nous parler du style car je n’y ai pas pensé. De plus, je suis mal placée car je n’ai lu qu’un seul livre de lui, celui-là. Je te rejoins sur cette puissante écriture. Les mots choisis sont très puissants. Ils ont un véritable impact. Tu vois que cette lecture, en en parlant, me parle de plus en plus et me laisse des traces ;-).

 Ge : Et tu ne peux pas savoir comme cela me fait plaisir chère Anne Ju. Car si je conseille ce titre à nos lecteurs c’est pour qu’eux aussi soient saisis par ce texte puissant comme tu le dis si bien.

Alors bonne et belle découverte à vous tous qui avez eu la patience de lire cet abécédaire.

 
 Extrait : 
« Les théoriciens de l’ultramondialisation comme Rand ou Friedman essaient de faire croire que seul l’égoïsme individuel est rationnel et qu’il conduit naturellement chacun d’entre nous à vouloir maximiser ses avoirs. Ce processus ne peut prendre sa totale amplitude que dans un monde ouvert, où l’État traditionnel aurait disparu au profit de réseaux marchands. Les deux problèmes infiniment perméables à des influences très éloignées de toute légitimité populaire et, d’autre part, que, enfermés dans leur rationalité, ils sont consubstantiellement dépourvus de mystique. Ils ne peuvent donc prendre réellement en compte le bien commun qui implique nécessairement une vision transcendante, non strictement matérielle, de l’homme et de son rapport au monde. Je considère, de plus, que les systèmes politiques ne sont pas des abstractions figées mais des dynamiques mouvantes façonnant leur époque et façonnées par elle en retour. Telle forme de gouvernement peut être positive à un certain moment de l’histoire et pour une certaine communauté, et cependant nocive à une autre époque pour la même société. Je crois que nous atteignons cet instant où le modèle classique occidental s’est perverti au point qu’il génère plus d’inconvénients que de bénéfices pour la masse. Même si les colonnes des grands journaux regorgent des mots élection, République, Parlement ou citoyenneté, cela n’a plus de sens véritable car nous évoluons désormais en pleine période postdémocratique…
– Pourriez-vous développer ? insista Memling.
 
– Cela signifie que nous vivons l’inéluctable disparition de la souveraineté de peuple au profit d’une caste d’oligarques, répondit Banes. Bien évidemment, ceux qui appartiennent à cette classe néoféodale ne veulent pas admettre l’aporie d’un système dont ils mettent pourtant à profit la moindre faiblesse. Nous atteignons cependant l’instant de vérité.
 

Le testament de Jaffa / Avner Mandelman


Mes petites lectures

9782867465543,0-602761 Le livre : Le testament de Jaffa / Avner Mandelman ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Luc Defromont. Paru le 7 octobre 2010 chez Liana Levi. 19€ ; (394 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Le testament de Jaffa

Le dreck. Le sale boulot. Intimider, trahir, torturer, tuer… C’est ce que David Starkman fait dans son unité spéciale, jusqu’au moment où il décide de clore ce chapitre de sa vie. Quitter Israël pour toujours. S’en aller de ce pays où, pour défendre un bout de terre, on est contraint au pire. Mais le passé ne s’abandonne pas si facilement… L’assassinat de son père, Isser Starkman, héros de l’Indépendance, le rattrape. D’autant que dans le testament figure une étrange clause suspensive : monter sa pièce de théâtre, une pièce subversive qui a déjà fait scandale en 1946, avant la création de l’État et les grands affrontements entre Juifs et Arabes… Pour accomplir cette mission David va plonger dans la « préhistoire », ces années 30 où tout s’est dessiné, ces années 40 où tout s’est joué. Et aussi dans sa propre histoire, les amis et les amours du passé…

«Le roman s’enfonce en spirales dans les profondeurs historiques et politiques de cette terre décidément pas comme les autres.» Regards

avner-mandelman-1L’auteur : Avner Mandelman est né en Israël et a servi dans l’armée de l’air israélienne pendant la guerre des Six Jours. Il a travaillé en France en tant qu’ingénieur à l’Aérospatiale et vit actuellement à Toronto. Le Testament de Jaffa est son premier roman. Auparavant il a écrit deux recueils de nouvelles, couronnés par des prix américains, canadiens et israéliens.

Extrait : 
« Et il y avait bien entendu des cours de Bible, hebdomadaires et obligatoires, assurés par le colonel Shafir en personne. ‘Bref, disait-il, n’oubliez jamais la raison pour laquelle vous faites tout ce dreck.’ Il martelait du poing le voume relié en noir : ‘C’est le Mein Kampf de Dieu! » Nous nous esclaffions, mal à l’aise, par devoir. Nous détestions tous les cours de Bible. Mais aucun de nous ne les séchait. »

Résumé et avis

Sous forme de thriller historique, ce roman suit un jeune Israélien qui, écoeuré par ses activités dans les services secrets, a décidé de renoncer à sa nationalité israélienne et de vivre au Canada. Mais la mort de son père le force à rentrer précipitamment à Tel-Aviv, où le passé de la famille le saisit à la gorge, avec toute la fermeté dun monstre mythique : le Debba.

Dans la légende du Moyen-Orient, le Debba est un monstre supposé venger l’honneur arabe face aux israéliens. À travers ce thriller étrangement actuel, Mandelman retrace les rapports ambigus, faits d’attraction et de répulsion, entre les deux communautés qui se disputent la terre biblique. Il se demande si une paix de compromis n’a pas été alors possible et s’interroge implicitement sur la possibilité de lui redonner aujourd’hui une chance. Il y a quelque chose de dur et d’intransigeant dans ce premier roman très critique sur Israël. Comme une impossible réconsiliation entre arabes et israélien malgrés certains liens d’amitiés passés.