Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (15)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (15)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, nous poursuivons aujourd’hui notre série de rencontres avec des personnages. D’habitude, je laisse aux invités le soin de se présenter….

Je m’appelle Tomar… Tomar Khan… et je suis commandant de police à la brigade criminelle du 36 quai des orfèvres. Enfin, encore quelques mois parce qu’on déménage en septembre au 36 rue du bastion.

Vous semblez hésitant, n’ayez crainte l’exercice est inhabituel mais il va bien se passer. Parlez-nous de vous.

C’est pas facile de parler de soi mais on dit que je suis obstiné. Mon surnom à la brigade c’est Pitbull… je ne lâche jamais.

Vous entretenez quelles relations avec votre créateur ? Votre relation dure depuis longtemps ?

Oh lui… difficile à dire si c’est moi qui suis dans sa tête ou l’inverse. On se ressemble assez à vrai dire.

Ça l’arrange bien que je sois un peu borderline, ça lui évite peut-être de faire le con dans la vraie vie.

Justement, il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Je pense que oui. Comme moi il a traîné longtemps ses guêtres sur les tatamis avant de se mettre à la boxe. Et puis il a une histoire compliquée avec ses parents aussi, comme moi. Bon, lui c’est un arménien, moi un kurde mais personne n’est parfait non ?

Si j’ai compris, il a calqué votre caractère sur le sien. Mais au niveau des actions, qui décide ?

Je pense plutôt que c’est moi qui lui dit quoi faire. Après tout ça l’arrange bien que je sois un peu borderline, ça lui évite peut-être de faire le con dans la vraie vie.

Mais il n’écrit pas vos aventures en continu. Comment vous faites, alors ?

Franchement quand il pose la plume ça me fait l’effet d’un séjour au club med. On a rien à faire, on en profite, mais on se fait vite chier aussi.

Vous dialoguez parfois avec lui ? Vous pouvez profiter de cette espace pour lui poser une question.

Quand est ce que tu arrêtes de me mettre des charrettes sur le dos ? Et c’est quoi ce délire avec Bob ? Tu crois que j’ai pas assez de mes enquêtes ?

Je crois qu’il est temps de conclure. Je vous laisse le dernier mot.

Dépêchez-vous d’acheter Toxique, c’est ma première enquête et elle vous donnera pas mal de clés pour la suite qui est sortie en  janvier 2018…

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Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (14)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (14)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, bienvenue entre ces lignes. Ravi de vous recevoir ici. En guise d’introduction, vous voulez bien vous présenter ?

Salut ! Je sais pas si je suis content ou juste ennuyé par cette Interview… Quel mot pompeux. Et puis je vois pas qui me parle, c’est gênant. Mon nom, c’est Adriel Sutton. Je suis canadien mais je bosse à Los Angeles. Mon boulot ? Mais qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Pompier ? Marin d’eau douce ? T’entends ça, Irma ? Il se fout de ma gueule, là, le petit gonze… Il nous a jamais lu ? OK, OK… c’est pour ceux qui ne me connaissent pas. Je comprends mieux. Alors… On va dire «reporter». Enfin… disons que je gère la technique. Le matériel. Les prises de vue et les prises électriques. Tout ça. Avec Irma. Oui, oui, pour une chaîne de télé, Chanel Twelve, et notre émission, c’est « Au delà de l’au-delà », « Beyond After-Life » pour les anglophones…

Bien sûr, que c’est sérieux, du moment que tu crois aux anges, aux farfadets, aux fantômes et aux polteirgests, c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux… Mais, ma foi, si tu crois à tout ça, pour moi, t’es juste un putain de taré ou de naïf avec tout le respect que je te dois.

Je vois que vous n’avez pas votre langue dans la poche. Cela fait partie de votre caractère ?

J’ai mauvais caractère, si ça t’avait échappé. Irma dit que je suis un gros nounours tout mou à l’intérieur. Je suis pas méchant. J’aime les gens, malgré une propension à leur gueuler dessus… mais je leur dis pas trop souvent parce que je n’aime pas qu’on profite de moi. Je suis ouvert d’esprit et je suis fidèle en amitié. J’aime le whisky et les jolies femmes, bien que je sois célibataire et pas macho pour deux sous. Je suis assez l’homme idéal, en fait… Non, j’ai jamais couché avec Irma (qui rigole ?) ! Elle confirme.

C’est votre créateur qui vous définit ainsi. Il a mis longtemps à vous concevoir ?

Alors là, ça fait bientôt cinq ans que je squatte. Je m’y sens pas mal. Et puis on rigole bien avec Irma et tous les autres… Des fois, on a un peu peur, on se serre les uns contre les autres, mais en règle général c’est tranquille et c’est pas long parce que le temps s’arrête…

J’aime les gens, malgré une propension à leur gueuler dessus…

C’est une femme, vous êtes un homme, vous pensez qu’elle a tout de même mis des parts d’elle dans votre personnalité ?

Probablement. Elle m’a filé sa mauvaise humeur, ses coups de gueule, ses doutes… et son humour ! Par contre je suis nettement plus musclée qu’elle… Et plus beau aussi. Et plus séducteur… Franchement, je sais pas où elle est allée me chercher. Un mystère. Mais c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Sans me vanter. Irma, arrête de rire, tu crois qu’on t’entend pas ?

Côté action, elle ne vous épargne pas. Elle est encore aux commandes. Ce n’est pas un peu compliqué comme situation ?

Rien du tout ! Que dalle ! C’est moi qui décide. Je fais ce que je veux avec mes cheveux (même si je suis chauve) et elle suit. Elle a intérêt parce que sinon je la largue vite fait et elle comprend plus rien ! Ces auteurs séniles, je vous jure… une plaie… Enfin bon, elle m’a rendu triste quand même dans la Baie des Morts… j’ai failli en mourir de désespoir… Elle s’est bien rattrapé avec Marieta, un bouquin plus tard. Heureusement.

Vous disiez que le temps s’arrête entre deux aventures. Vous faites quoi alors ?

Je fais comme tout le monde : je voyage, je drague, je fais du sport, je visite un peu les réseaux sociaux (j’ai mon compte facebook) … Je vais voir mes filles à Halifax. Que dire de plus ? C’est comme entre deux émissions : la vie bête et méchante. Je gère mes traumatismes.

J’ai pourtant l’impression que cette vie « d’entre deux » ne vous convient pas. Vous avez un message à faire passer à votre auteur ?

Pourquoi t’avances pas plus vite, bourrique ? J’ai des démangeaisons partout !! Il sort quand ce troisième opus de la série ? Je vais me scléroser avant que d’être mort… Ah pour faire du suspense, t’es bonne, ma grande… Championne du monde !

Le mot de la fin vous revient, monsieur Sutton.

N’ayez pas peur, je ne mords pas ! Hey, toi, là qui me lis… tu vas forcément m’aimer dans la Baie des Morts et encore plus dans Orisha Song… faut venir, gars, demoiselle… Je vous attends.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (13)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (13)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, enchanté de pouvoir vous accueillir ici. Les personnages de romans sont rares et d’autant plus les héroïnes. Vous voulez bien vous présenter ?

Emily Roy. Behavioral Investigative Adviser, B.I.A., pour Scotland Yard. Pour ceux qui ont du mal à suivre, cela signifie « profileuse ». Dans le cadre de deux enquêtes, j’ai également travaillé en collaboration avec le commissariat de Falkenberg, sur la côte ouest suédoise, ainsi qu’avec Alexis Castells, écrivaine française spécialisée dans les faits divers.

Vous me parlez essentiellement des autres. Pourtant c’est vous qui êtes ici. Ceux qui vont lire cette interview veulent vous connaître. Par exemple, quels sont vos traits de caractère prépondérants ?

Est-ce que ça vous éclairerait si je vous disais que je n’ai aucune envie de répondre à vos questions ?

Ah… C’est assez inattendu… Et au sujet de votre créateur, vous accepteriez ? Combien de temps a-t-elle mûri votre existence ?

À peine créée m’a-t-elle couchée sur papier. Je n’aurais pas supporté de tourner en rond pendant des années, cernée par de la matière grise qui n’est, qui plus est, pas la mienne. J’ai besoin de nature, d’air frais, d’exercice, et surtout de mon travail. De décortiquer et sonder l’esprit criminel pour lui barrer la route. Pour mettre fin au chaos qu’il sème. J’ai besoin de chasser, comme dirait Johana.

C’est un échange qui se produit entre vous ? Etes-vous interconnectées ? Je suis sûr qu’elle a mis une grande part d’elle-même dans votre caractère.

On ne pourrait pas être plus différentes. Johana ne serait pas capable de faire mon métier. Mariée, maman de bientôt trois garçons, le nez perpétuellement fourré dans les livres ou collé à son ordinateur, elle n’est pas faite pour courir les scènes de crimes et manger du tueur en série au petit déjeuner.

Pour mettre fin au chaos que l’esprit criminel sème, j’ai besoin de chasser.

Vous êtes son défouloir, vous pensez ? Elle ne vous ménage pas pourtant… Ça ne doit pas être facile tous les jours. Vous lui en voulez ?

Johana ne m’impose rien du tout. Elle ne fait que raconter l’enquête et suivre ma trace. Elle observe la chasse. Elle n’est ni responsable de mes choix, de mon passé, de mes errances, ni de mes deuils.

Oh… Je ne… Changeons de sujet si vous le voulez bien. Comment occupez-vous votre temps libre entre deux séances d’écriture de Johana ?

Je vais voir mon fils. Je visite la tombe de mon fils, au Canada.

Oui… D’accord… Je… Une question pour votre créateur ?

J’ai plutôt un message à lui faire passer : choisis Alexis la prochaine fois pour ce genre d’exercice.

Bien… Et sinon… Un mot encore…

Vraiment ? Vous en avez encore pour longtemps ?

Retrouvez-moi dans « Sång » à l’automne 2018. Nous irons cette fois dans les ignobles orphelinats de la peur, dans les années 1940, en Espagne.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (12)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (12)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, c’est un très grand plaisir de vous rencontrer. Traditionnellement nous commençons par une petite présentation. Je vous laisse vous en charger ?

Je m’appelle Emilie Boyer. Je suis née le 22 avril 1976, dans une clinique des Landes, fille unique d’André, ouvrier agricole, et de Roselyne, femme de ménage. Je vis à Begaarts, ville fictive quatre mille deux cents habitants, longues plages de sable fin, surf, soleil, pins, touristes et bars à tapas l’été, solitude, chômage, mort programmée du peu d’industrie locale et désœuvrement l’hiver. Un petit coin de paradis… Dans En douce, je suis une jeune infirmière pleine de rêves de danse, d’amour et de music-hall qui, suite à un accident de voiture au cours duquel je perds une jambe, est contrainte de démissionner. Quatre ans plus tard, je travaille comme ouvrière manutentionnaire dans un chenil de la côte landaise, juchée sur ma prothèse et mes béquilles…

Je suppose que ça a trempé votre caractère… À ce propos et psychologiquement parlant, vous vous décrivez comment ?

Dure au mal et au travail, amoureuse des chiens plus que des hommes, femme « debout », selon l’expression chère à St Exupéry, dos droit et menton relevé, perdue au milieu de la société des hommes, désireuse de vivre pleinement malgré les coups du sort. Je suis une perdante magnifique.

On sent une véritable détermination en vous. Est-ce le fruit d’une longue maturation de la part de votre auteur ? Vous êtes restée combien de temps dans sa tête ?

Huit ans. Le temps que l’histoire autour de moi se mette en place, que les différents déclics opèrent pour que je prenne corps. J’étais déjà l’héroïne d’une nouvelle, écrite pour le festival polar de Lamballe, « Quelques pas de danse », parue un an plus tôt, mais il me manquait de l’épaisseur. Je dansais dans sa tête sans consistance, encore vaporeuse. Et un jour…

Je suis une perdante magnifique.

Malgré cette différence de sexe entre vous, pensez-vous avoir des similitudes avec lui ?

Assurément aucune.

Il ne vous épargne pas au fil du livre, lui en voulez-vous ?

Nous sommes des millions comme moi, à subir les inégalités sociales, à nous débattre pour garder la tête haute, à supporter. J’en veux à celles et ceux qui permettent que des gens comme nous se retrouvent dans la misère. Moi, je gagne à la fin du roman. Dans la vie, c’est rarement le cas.

Après cette victoire, vous vous accordez un peu de repos ?

Je vais vous faire une confidence : entre deux aventures, je n’existe pas ailleurs que dans l’esprit des lecteurs, je ne suis qu’un personnage de roman.

Avez-vous installé une véritable communication entre votre créateur et ce personnage de roman que vous prétendez être ? Par exemple, si vous deviez lui poser une question, qu’elle serait-elle ?

Pourquoi moi ?

Merci. C’est le moment de conclure. Un mot ?

N’oubliez pas : tout ceci n’est que fiction. Toute ressemblance avec des situations mettant des personnes réelles en situation de déclassement social, de souffrance et d’inégalités…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (11)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (11)

Bonjour, on me laisse quelques minutes pour vous parler. Pour que je complète mon dossier, vous voulez bien vous présenter ?

Euh… Bonjour. Moi c’est Regis… Vous êtes vraiment là ?… Je veux dire « là », derrière le clavier ? Ou c’est encore dans ma tête que ça déconne ? Comment je peux en être sûr ?… Et si c’était encore le « Grand Complot » qui cherchait à m’amadouer en me flattant, en s’intéressant à moi, en faisant mine que j’intéresse qui que ce soit ?… Me présenter ? Mais pour quoi faire ? Je ne mérite pas les projecteurs. J’ai fait trop de mal… Le Mal s’est servi de moi. Et maintenant, je hante bien plus qu’une trilogie d’étranges livres noirs…

Bien… bien… Selon vous toujours comment vous qualifieriez-vous ? Quels sont vos traits de caractère dominants ?

Je suis schizophrène. Je ne me prends pas pour Napoléon. Je ne suis pas idiot non plus. Je suis vide, en vérité. Et je fuis. De toutes les manières. Comme un tonneau percé. Comme un évadé aussi. Je délire, je doute, j’interprète et parfois je me défends. Parce que le Mal rôde et accable les Hommes, et moi en particulier, moi plus encore. Je suis « spécial ». Alors je me défends. Salement. Parce que je n’ai pas choisi ce qui me ronge et que je n’ai rien fait pour le mériter. Maintenant je suis spectateur de la fatalité. Je suis au fond du trou, je creuse encore, mais je vous regarde tous depuis mon promontoire pourtant. Je vous vois vous agiter, vous angoisser, interagir et n’être jamais satisfaits. Vous êtes des ombres, des silhouettes sans nom. Et moi, je suis le « Roi ».

Je crois que ça me suffira… Passons à vos origines. Vous vous souvenez de vos débuts ? Vous êtes restés combien de temps dans la tête de ce « James » ?

Je suis né d’un père créatif et un peu poète et d’une mère réaliste et froide comme un manuel de symptômes psychiatriques. Je n’ai jamais été à l’abri, enfermé dans une tête. C’est un confort, ça, à bien y regarder. Le seul endroit où l’on m’a enfermé c’est dans ce cagibi froid et poussiéreux, derrière des persiennes de béton où j’ai passé des nuits entières à admirer la Lune comme si c’était le phare de mon existence à la dérive. Ça s’est terminé dans le sang.

Et ce « créateur » donc… Vous pensez qu’il a insufflé une part de lui-même dans ce que vous êtes devenu ?

Je ne le lui souhaite pas. Par contre, je sais que je l’habite. C’est l’inverse en fait. C’est moi qui ai rongé une part de lui. Il a donné beaucoup dans cette aventure littéraire depuis un certain jour de novembre 2015…

 

Je suis spectateur de la fatalité, je suis au fond du trou, je creuse encore, mais je vous regarde tous depuis mon promontoire.

 

De vous deux, qui décide de la tournure des évènements ? Parce qu’il faut le reconnaître, il vous fait faire des trucs pas jojo dans le livre. Lui en voulez-vous ?

Il ne raconte que la stricte vérité. Je lui suis même plutôt reconnaissant d’avoir mis d’aussi jolis mots sur des choses aussi moches. Et je m’étonne chaque jour qu’autant de lecteurs se soient penchés sur mon cas de pauvre taré… Mais d’ailleurs pourquoi vous demandez ça ? C’est un piège, c’est ça ?!

Mais, présentement, vous me paraissez assez… comment dire… apaisé. Vous occupez comment votre temps libre ?

La psychose n’occupe pas le terrain. Elle laisse sur place, dans une certaine perplexité vis à vis de ce qui m’entoure. Alors je lis. Je me remplis de mots. Dans ces périodes de grand ralentissement psycho-moteur, quand la tempête se calme, quand le vide interne se fait cocon ; je vis de longs moments de stupeur. Je me mets à tricoter des mots, les tords en douceur ou les choie avec malice. Puis je les mixe sans ménagement et les broie violemment. Je les réduis alors en miettes, et projette la matière friable dans les airs, poudre volatile… Pulvérulente. Pareille à la neige des sommets ; une âme à la consistance de craie.

Toujours en parlant de votre… auteur ? créateur ? Je ne sais comment vous l’appelez. Vous êtes ici, et lui est dehors. Vous avez une question à lui transmettre ?

Et toi, ça va sinon ? Et puis tu comptes leur répondre quoi à tous ceux qui vont te demander si tu vas t’arrêter d’écrire après la Trilogie ? Pas simple hein ? Comment leur faire comprendre que t’es cuit, là tout de suite, que t’es épuisé, que t’es sec, et que pour le moment t’as plus rien à donner, vidé de tes tripes, parce que t’es un artiste, pas un artisan qui fait de la page au mètre sur commande… Bon courage, mec !

Il se peut que ce rapport soit lu par un certain nombre de gens qui ne vous connaissent pas encore. Avez-vous un message à faire passer à ceux qui vont vous découvrir ?

La musique. Ce bruit des fous qui fait parfois vibrer les âmes. Mettez de côté vos goûts personnels. Elle n’est pas là pour vous, cette bande-son. Elle est là pour moi. Comprenez-le et appréhendez l’omniprésence de la musique, la manière dont elle me guide, me rassure, me persécute comme un personnage à part entière. Ce n’est pas une obligation, mais les réactions les plus vives de lecteurs ont sans nul doute été celles de ceux qui ont adhéré à cette proposition atypique, une expérience émotionnelle globale… Et ça vaut pour les trois tomes. D’ailleurs, attendez d’avoir lu La Trilogie Psychiatrique en entier pour juger James. Son œuvre est un tout. Le Mal est un cercle vicieux, sans fin et sans issue. Un cercle qui fore et perce, monté sur un pas de vis. Un cycle, et pourtant cette histoire ne tourne pas tellement rond, vous verrez…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? 10


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (10)

Je m’appelle Jean-Edouard, mais mes amis ont la gentillesse de m’appeler Jed. C’est pas facile tous les jours d’avoir un prénom qui paraît tombé d’une image pieuse coincée dans un missel. Techniquement, je n’ai pas vraiment d’âge défini mais si on m’évalue à une grosse trentaine d’années on ne doit pas tomber loin. Le pedigree est bon mais il a dû y avoir un cross-over dans la génétique. L’adultère ça brasse le patrimoine, même dans les bonnes familles… J’étais destiné au col en V Burlington et au missionnaire avec une Marie-Charlotte jupe plissée serre-tête, mais j’ai bifurqué… Là je zone entre deux eaux avec quelques plongées sous la surface de la légalité. Rien de bien méchant mais disons que ma prochaine confession risque de durer des plombes.

On pourrait parler de demi-mesure en somme. Ni vraiment bon, ni vraiment méchant. C’est là l’essentiel de vos traits de caractère ?

C’est réducteur, mais le raccourci amène à bon port… Certains vous diraient que je suis mou, nonchalant, fainéant même. C’est vrai que j’ai plutôt tendance à me laisser porter par le courant. Un truc qu’on ne m’enlèvera pas, c’est une certaine notion de la fidélité en amitié. C’est maintenant que je parle de mon aptitude olympique pour les emmerdements ? Parce que, même si je ne peux pas l’inscrire sur mon CV, je vous jure qu’elle force le respect.

Ça doit prendre un certain temps à imaginer une engeance pareille. Il lui a fallu combien de temps pour les compiler vos tracas à l’autre plumitif ?

Ce type est une arnaque vous savez… En gros, il bosse sur un truc et puis d’un coup, il y a une autre idée qui vient lui vriller l’encéphale et qui s’enracine. Vous savez quand je suis apparu ? À la base je suis né dans le bassin d’un bouillon de culture municipal, au milieu d’une longueur chlorée. Parce que l’autre, il brasse. Il fait le guignol avec un tuba, une paire de binocles imperméables et un néoprène moule-machin puis il brasse. Et puis ça fait son intéressant, ça fait le rigolo devant les autres. Il écrit un chapitre et il attend fébrile pour savoir ce que les copains en pensent. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans ce parking à crocheter une DS… La suite s’est enchaînée avec une facilité déconcertante, témoignage d’un esprit assurément ramolli par l’immersion.

Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme.

Si votre auteur n’a pas d’imagination, il a dû faire un copier/coller de sa personnalité, non ? Avouez-le, lui, c’est vous. Et inversement.

 Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme. Et puis, il aime ça les avanies et les saloperies anticléricales. Je lui dois sans doute une grosse part de ce qui ressemble à de la liberté et finalement mon manque total de tact. Le gars perdrait son calbut pour un bon mot. Alors, il me fait mâchonner les phrases qu’il n’a pas le temps de dire dans la vraie vie. Je lui dois au moins ça. Je suis son décalage de répartie.

N’empêche, il vous gâte côté malhonnête dans le roman. Et puis vous n’avez pas exactement les bonnes fréquentations… Vous lui en voulez ?

 C’est plutôt moi qui subit. Alors forcément je lui en veux. Ce gars est persuadé que le réalisme passe par le fait que j’en prenne plein la tronche. Mais il me réserve quand même de belles rencontres.

La vie d’un personnage, ça laisse du temps libre entre deux baffes dans la gueule ?

 Au départ, je devais juste sombrer dans l’oubli. J’étais un ovni dans son parcours. Mais pour ça aussi il n’a pas été capable de s’y tenir. Alors, j’ai bientôt droit à un nouveau tour de manège pour tenter de chopper la queue du Mickey. Et puis, j’ai un alter ego, un gars plus sombre qui pourrait quasiment être mon frangin. Peut-être que vous l’aurez au micro un jour. Alors on se sent moins seul pour le coup.

Vous dialoguez avec le sieur Gardel ? Profitez-en, la maison vous offre une tribune, je suis sûr qu’une question vous brûle les lèvres.

 De base je tenterai d’élucider cette propension qu’il a à me faire tomber sur des roubignoles qui flottent au vent. Parce que les génitoires en étendard, j’en côtoie quelques paires dans le bazar qu’il appelle un bouquin. Il doit y avoir du Freudien là-dessous.

J’ai cru comprendre que vous alliez revenir dans d’autres aventures, j’imagine que vous avez quand même un message à passer auprès des gens qui vont vous découvrir.

 Je leur dirais qu’il ne faut pas vous formaliser. C’est pour rire tout ça. Si le type Gardel pouvait se mettre sur une table pliante à l’entrée d’une gare avec sa pile de brochés, vous le verriez le sourire en banane ! Le gars aime les amitiés viriles à la Ventura et les adjectifs qualificatifs surnuméraires. Alors, emportez-moi dans un sleeping et laissez-vous bercer par le ronflement des essieux et des phrases. Il n’en demande pas plus. Et, forcément, moi non plus…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (9)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (9)

 

Bonjour mon père. J’ai plutôt l’habitude des uniformes et des monsieur-tout-le-monde pour garnir mes petites questions. Un homme de Dieu se présente-t-il ?

Bonjour mon fils, je suis Estéban Lehydeux, dit Requiem, prêtre exorciste, mais surtout membre du Sodalitium Pianum, autrement dit la Sapinière. Le bras armé de Dieu, un body guard of God si tu préfères…

Il doit falloir une sacrée dose de caractère pour un tel sacerdoce. À ce propos quel est le vôtre ?

Hummm, en voilà une drôle de question… Tu sais que d’habitude, c’est moi qui confesse ? Sinon tu vois, un truc tout con, j’ai capté que je n’avais pas fait vœu de chasteté, mais de célibat, c’est différent. Et contrairement au fils du patron, qui quand il s’en ramasse une sur la joue droite, tend la gauche, moi c’est direct un bourre-pif, et un coup de genoux dans les aumônières, histoire de remettre des idées en places.

Ouais… Ouais… Je vois le tableau douloureux… Il faut du temps pour accoucher d’un engin pareil, non ? Sans parler du Grand, Majuscule, au-dessus, vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je ne saurais te dire, parfois comme l’impression que ce con a eu l’idée et qu’il l’a balancé sur le papier comme s’il s’en allait licebroquer. Et d’autres fois, j’ai l’impression d’avoir vécu dans sa pensarde des années avant de sortir…

Je commence à en avoir vu défiler des personnages. Souvent ce sont des exutoires ou des carbones. Dans votre cas, qu’est-ce qu’il a mis de lui en vous ?

Attends, je finis de rire et je te réponds…

Bien sûr, c’est même lui, bon en tirant sur tous les bouts (ouais, même et surtout ce bout-là).

Je suis le héros qu’il aurait aimé être, le type qui défend la veuve et l’orphelin, celui qui a les filles à ses pieds, voir à genoux. C’est pas compliqué, je suis sûr que ce baltringue de Petrosky fantasme sur moi…

On est quand même loin du cantique d’enfant de chœur et de la liturgie pascale… Il vous fait faire des trucs pas jojo dans le livre, lui en voulez-vous ?

Si pour toi pas jojo, ce sont les troussées avec Cécile, Martine, Sandy et les autres… Ça me va… Si c’est me prendre des coups de poings dans la carafe et autres méchancetés, c’est vrai que parfois, faut que je sois un sacré gus pour me sortir du pétrin !

On n’est pas légion les supers héros avec une soutane, c’est autre chose que les tantes avec des capes et le slibard par-dessus le pantalon.

Entre deux aventures, dès qu’il pose la plume, vous occupez comment votre temps libre ?

Ben à me faire tailler la mienne pardi ! Ok, à prier aussi, puis à écrire parfois aussi…

J’en reviens à l’auteur, parce que Créateur, la place est prise dans le cas présent. C’est le moment… Un message à délivrer pour le pensif ? Une question pour lui ?

Pourquoi cureton ? Tu n’avais pas un truc plus… ??

Non remarque, t’as raison mon Stan, on n’est pas légion les supers héros avec une soutane, c’est autre chose que les tantes avec des capes et le slibard par-dessus le pantalon.

Après l’Agnus Dei, c’est le temps de conclure en général, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Alors si vous rechercher de la grande littérature, passez votre chemin… J’ai pas la prétention de remporter le Goncourt un jour, par contre te faire rire, et voir ta gonzesse avec la façade illuminée par un beau sourire, ça me va. Je fais du roman anti-crise, du poilard…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (8)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (8)

 

Salut à vous. On m’a indiqué que je devais recevoir un personnage de roman… Vous pouvez prévenir que je suis arrivé ?

Recevoir un personnage de roman ? Mais… ne soyez pas si restrictif, s’il vous plaît. Rencontrer une personnalité hors-normes, vous voulez dire. Jermold Deux-Fois, magicien de son état, maître incontesté en son art et je ne vous en veux pas d’être flatté de m’accueillir. Comment pourrait-il en être autrement ? Je participe à la bonne marche du monde (que ferait-il sans moi, cet inconscient ?), entravé dans mes œuvres par deux acolytes ineptes, Tallia Sans Refus, une guerrière nymphomane, la pauvresse, et Ethinor Thamer, barbare miteux à l’intelligence palourdesque. Dans ma grandeur d’âme, je les laisse me mettre des bâtons dans les chevilles quand je m’emploie à rétablir la justice et l’équité. Si leur talent naturel est l’incompétence, on ne peut aller contre, n’est-ce pas ? Heureusement mes dons compensent largement leurs défaillances.

Ah… Donc, c’est vous qui allez mener l’interview seul ? C’est ça ? Bon… Puisqu’il le faut… Parlez-nous de vos traits de caractère alors…

L’humilité avant tout, cela va de soi. J’œuvre avec une abnégation, un don de ma personne, une gratuité, un altruisme, une générosité, une bonté, un dévouement, un désintéressement, un esprit de sacrifice, une philanthropie, un renoncement, qui ne laissent pas d’émerveiller l’humanité. Je n’y peux rien, je suis comme ça : faire le bien avec modestie est ma seule récompense. Oui, je sais, c’est beau. Non, ne pleurez pas, s’il vous plaît.

Je crois que je peux aussi signaler le détachement. Mon charisme, suppléé par un physique avantageux, m’oblige continuellement à repousser les avances de cohortes féminines, bien souvent dévêtues, qui ne désirent qu’une chose : m’admirer, arracher ma vertu. Mais ma probité proverbiale m’interdit de profiter de leur faiblesse bien compréhensible. Ceci dit… si vous êtes encore sous le coup de l’émotion, je veux bien vous dispenser un peu de réconfort. Quelquefois, un contact physique apporte beaucoup d’apaisement.

J’ai peur que ça dépasse largement de la place qu’on m’octroie sur cette page. Pourriez-vous faire un peu plus court ? Une question simple et concise : Vous êtes resté combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Vous plaisantez ? Clarifions les choses. J’ai eu la générosité de l’autoriser à narrer mes formidables aventures, c’est tout. Bien évidemment j’ai été contraint de lui faire réécrire à de nombreuses reprises son texte. Le croirez-vous ? Il mettait toujours bien trop de pondération et retenue dans sa rédaction. C’est en partie, sans doute, ce qui explique le temps qu’il lui a fallu pour arriver à la fin de ce projet. Le pauvre garçon ! Il est d’une lenteur !

Il eut été dommage que la somme exemplaire de mes exploits ne serve pas à l’édification des masses. Oui, j’aime le partage également. Que voulez-vous, on ne se refait pas… A propos de partage, je peux, si vous le souhaitez, échanger avec vous de façon plus… détendue. Qu’en dites-vous ?

Effectivement… Le pauvre garçon ! Ça ne doit pas être facile tous les jours… Mais je suppose qu’il est un peu responsable quand même… Il a dû insuffler de lui-même dans votre caractère, non ?

N’inversons pas, je vous prie ! Il se trouve des parts de moi dans la sienne. Etre unique ne signifie pas que l’on n’influence pas autrui. Quand le modèle est une telle source d’inspiration, ce ne peut être que profitable. J’aime à croire que je lui ai rendu service, dans le sens où il a pu devenir meilleur à mon contact. Mais, modestie oblige, encore une fois, ce serait plutôt à lui de vous énumérer tous les bénéfices qu’il a pu retirer de notre collaboration.

Quelle chaleur ! Vous pouvez vous mettre plus à votre aise, si vous le désirez. On est toujours trop couvert… Puis, rapprochez-vous aussi, maintenant que l’on a fait connaissance.

Il y a des pains dont je ne mange pas, et d’autres qui se perdent… Je crois me rappeler que dans le livre, vous avez quelques passages disons… embarrassants… Vous ne lui en voulez pas ?

Aucunement ! Mon sens du sacrifice va jusqu’à accepter de ternir mon image (si difficile cela soit-il) pour faire ce qu’il se doit. Oui, j’ai bien conscience qu’une telle notion du devoir semblera presque relever du divin, mais ne soyez pas intimidé, je reste abordable. Comme à présent. Vous pouvez m’aborder. Si. Mais vous allez m’aborder, bordel ? A quoi ça sert que je me présente sous le meilleur jour si j’en tire pas un petit quelque chose ? Ça vous écorcherait de vous laisser faire un peu ? Vous allez voir, au début on dit non, pis ensuite… Comment ça, ensuite c’est toujours non ? Je ne comprends vraiment pas !

Modestie oblige, ce serait plutôt à lui de vous énumérer tous les bénéfices qu’il a pu retirer de notre collaboration.

Oui… J’ai compris que la comprenette n’était pas votre aptitude première… Vous ne prenez donc jamais de repos ? Et votre temps libre, vous l’occupez comment ?

Grumph. Je rumine beaucoup sur l’égoïsme des gens. Leur refus du partage, si vous voyez ce que je veux dire. Comment ça, susceptible ? Mesquin, aigri, envieux, jaloux ? Mais ? Vous n’avez donc rien suivi, rien compris de nos échanges ? C’est l’histoire de ma vie, toujours incompris. M’en fous, j’ai l’habitude. Déjà, tout petit… Pardon ? Terminer ?

Le temps et ma patience sont hélas limités… Au contraire de l’univers et de la bêtise humaine parait-il… Mais Einstein doutait pour l’univers… Vous me semblez malheureusement une confirmation pour le reste.

Pourquoi ? Oui, pourquoi tant de mépris ? Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour être traité de la sorte ?

Euh… c’est toujours non ?

On va conclure avant d’en arriver à des extrémités qui pourraient s’apparenter à de la violence gratuite bien que raffinée. Faites court.

Si, par hasard, accident ou malchance, vous lisez l’ignoble compilation de mes péripéties dans ce torchon qu’est Deux zéros et demi, n’en croyez pas un mot. Je n’y vois que jalousie et déformation de la vérité. Sûrement un truc qui tient du complexe d’un scribouilleur de bas étage. Le pauvre, j’en aurais presque pitié. Presque.

Jeu-Concours, « Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? » avec Nick Gardel


Jeu-Concours, « Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? » avec Nick Gardel

 

Salut mes polardeux

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? vous connaissez maintenant ?

Mais, si c’est la nouvelle rubrique que nous avons mis en place avec notre Nervi, Nick Gardel.

Cela fait aujourd’hui presque deux mois que Nick interroge sur ce blog et pour vous des personnages de fiction.

Séance de rattrapage

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (1)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (2)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (4)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (5)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (6)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (7)

Aujourd’hui Nick nous propose de faire gagner à 2 d’entre vous un de ses polars.

Et en plus pas n’importe lequel puisque c’est une édition collector de Droit dans le mur que vous allez pouvoir remporter.

Et une édition collector dédicacée qui plus est !

Avec une poule qui se prend pour un coq sur la couverture, un mec qui s’apprête à repeindre ses volets. Un type peinard qui sirote quelques bières pour s’encourager durant l’effort. Bref rien de bien méchant dans ce coin de campagne vosgienne.

 Alors  de quoi il parle ce bouquin ?

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings.

Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

Vous pouvez aussi retrouvez ici  « Droits dans le mur » la chronique Jubilatoire de Dany           

Ou encore  là Le compte rendu de Julie

 

 

Alors pour gagner  votre exemplaire de Droit dans le mur …

Il vous faut être abonné ou vous abonnez à notre Blog ! *

(*Condition obligatoire, je vous demande donc de me donner avec vos réponse votre identifiant : votre mail, pseudo ou blog avec lequel vous vous êtes abonné)

Et…

il vous faudra répondre à  deux petites questions.

1 – Quels sont les autres titres de Nick Gardel chroniqués sur Collectif Polar

2- Qui sont les flingueuses qui ont mené la GAV de Nick ?

 

Vous avez jusqu’au 30 novembre minuit pour nous envoyer votre participation

Un tirage au sort désignera les 2 gagnant(e)s

Je donnerai les résultats sur ce blog le 16e décembre, vous aurez 10 jours pour me faire parvenir votre adresse afin que je vous envoie votre lot (s’il n’est pas réclamé, il sera remis en jeu)

Voilà vous voyez c’est simple

Alors à vous de jouer maintenant.

Et bonne chance à vous tous mes polardeux.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (7)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (7)

Bonjour, c’est une double nouveauté aujourd’hui. J’accueille donc une femme, belge de surcroît. Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour et merci de vous être déplacé jusqu’en Belgique pour cet entretien. Alors, hé bien, je m’appelle Pandora Guaperal, j’ai 42 ans. Je suis une femme. Voilà

Votre auteur vous présente comme l’héroïne suicidaire. Ça m’a l’air un peu réducteur. Quels sont vos traits de caractère prépondérants ?

Vous voyez l’hippopotame ? Vous saviez que c’était l’animal le plus dangereux de la savane ? Non ? Quand un hippopotame repère un type entre lui et l’étang dans lequel il passe habituellement ses journées, il pense instantanément : « Lui, il va m’empêcher d’aller me baigner, donc je vais le défoncer. » Et il s’élance à la poursuite du bonhomme jusqu’à le rattraper et le tuer. Bon, je serais pas exactement capable de la même chose, y a juste qu’en ce moment, faut pas se mettre en travers de mon chemin. J’ai une nette tendance à l’impulsivité. Et puis, j’ai fait du tir de précision en semi-pro. Alors faut pas trop me faire chier parce que je suis toujours armée !

Ah… Je vais essayer de m’en rappeler… Avec Sébastien Gendron votre relation dure depuis longtemps ? Enfin… Je veux dire… vous êtes restés longtemps dans sa tête ?

Un paquet d’années avant que cet enfoiré me libère. Résultat, quand je suis sortie, j’avais tellement les crocs que j’étais prête à toutes les conneries. On voit ce que ça a donné en juillet dernier sur cette autoroute. Mais je regrette pas. Avec George, on s’est quand même bien marrés, rétrospectivement.

Lui est un homme et vous, indubitablement, une femme. Vous pensez qu’il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

De Gendron, vous voulez dire ?

Oui, bien sûr. Les seins arrogants et les jambes interminables. Je déconne. Il est plutôt flou coté descriptions. Et s’il pense que je suis canon, il en parle pas. Sinon, je sais pas bien. Peut-être qu’il est un peu hippopotame lui aussi à certains moments. En même temps, je le sens quand même un peu planqué derrière son ordinateur à se faire vivre les trucs qu’il aurait aimé faire mais qu’il a pas osé. Genre cette révolution. Et ça, j’avoue que je lui en veux pas mal. Avec ses conneries de petit bourgeois irrité, il est resté tranquillement chez lui à écrire pendant que moi, je me tapais tout le boulot sur ce putain de viaduc. Bon, c’était trippant, je dis pas. Y a juste qu’on a failli y laisser notre peau quand même. Alors des fois, je me dis que les auteurs qui racontent vraiment leur vie et leurs expériences valent un peu plus le coup que ceux qui imaginent tout et vous font trimer à leur place.

Pousser les gens à faire la révolution, plantée sur ce pont autoroutier avec un flingue sur la tempe, j’étais pas contre.

C’est clair qu’il vous en fait voir de toutes les couleurs dans Révolution. Dans tout le nuancier du vert au pas mûr… Lui en voulez-vous ?

Un peu, oui. En tout cas, si je le choppe, j’aimerais bien le mettre dans cette petite voiture électrique pas bien rechargée, avec toute une foule de dingues au cul pour voir s’il fait aussi bien que moi. Pousser les gens à faire la révolution, plantée sur ce pont autoroutier avec un flingue sur la tempe, j’étais pas contre. Mais me faire courser par tous ces connards, quand il m’a précipité là-dedans, je me suis dit qu’une fois cette merde terminée, j’irais immédiatement me plaindre au Syndicat des Personnages de Romans Noirs. Le truc, c’est que j’ai pas vraiment eu le temps, vu qu’après, tout s’est enchainé. Et puis maintenant, on est réfugié en Belgique et là-bas, ils sont pas encore bien organisés pour nous défendre. Mais je désespère pas de retrouver Gendron et de lui faire un sale coup à mon tour.

Mais l’écriture n’a qu’un temps. Vous faites quoi quand Gendron n’est pas là pour raconter vos avanies ?

Mais qu’est-ce que vous croyez qu’on fout pendant qu’il va dans ses soirées jet-set ? On est là, comme des cons, à attendre qu’il veuille bien s’y remettre, à discuter avec la population pour leur expliquer qu’ils doivent pas bouger de leur place pour être raccord quand Môssieur voudra bien se donner la peine de rallumer son putain d’ordinateur. C’est un boulot de dingue. On a jamais de pause, même pas une bière, que dalle. Et le lendemain, Gendron débarque comme une fleur et faut qu’on soit prêt. Y a même des jours où il nous a fait le coup de s’y remettre après 24 heures d’absence et au moment où on était bien chaud, hop ! Il s’arrêtait pour faire une sieste. Je vous dis, c’est un crevard.

Mais vous ne vous parlez pas l’un et l’autre ? Tenez, Pandora, je vous laisse un espace pour le faire. Posez-lui une question.

Je n’ai aucune question à lui poser. Juste un avertissement à lui transmettre: « Dis-moi crevard ! J’espère que t’as pas dans l’idée de faire une suite, parce que je préfère te prévenir que tu peux te la mettre derrière l’oreille. Avec George, on a décidé de se la couler douce. Donc vas te trouver une blonde et oublie-nous ! »

Ça a le mérite d’être clair… En guise de conclusion, un mot pour les lecteurs ?

Faites gaffe, les gens, en prenant la route cet été ! Parce qu’y aura peut-être une bande de dingues qui auront lu ce roman et qui voudront faire la même chose que nous : vous stopper sur l’autoroute des vacances pour vous obliger à faire la révolution. Et là, vous vous direz que c’est vraiment pas votre jour de chance.