La faux soyeuse de Eric Maravélias


La faux soyeuse de Eric Maravélias. Paru le 20 octobre 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier.  7€70 ; (319 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Roman terrible, roman implacable et rare, La faux soyeuse est un diamant noir. »
Le Figaro littéraire

La faux soyeuse

« Ce n’est pas facile de décrire avec de simples mots, même en ayant du vocabulaire, les expériences extrêmes. Hors du commun. D’en faire saisir l’intensité à ceux qui ne les ont pas vécues. Comme il est dur d’accorder foi au récit d’autrui sans aller voir par soi-même de quoi il retourne. Il n’y a guère que les enfants pour aller foutre les doigts dans la prise bien qu’on leur ait répété mille fois que ça faisait mal. Mais l’homme est un éternel enfant. »

A l’agonie dans son studio, Franck se souvient du chemin parcouru depuis les années 1970, entre braquages, trahisons et drogues dures. Premier roman.

L’auteur : Éric Maravélias est né dans la banlieue sud de Paris. Après un parcours chaotique, il vit aujourd’hui dans le sud de la France. La faux soyeuse est son premier roman publié. Il est le créateur et l’organisateur du Trophée Anonym’us.

 

 

Extrait : 
 » J’ai atterri ici après les événements tragiques. Après que le destin nous a frappés si durement. J’ai quitté Les Voyageurs, cet hôtel minable de la rue de Paris, pour échouer là, épave grimaçante, et je sombre peu à peu. Avant, je dormais dans ma bagnole ou au squat, alors je suis quand même content d’avoir trouvé cette merde pour finir mon temps. J’en peux plus. Le passé m’obsède. C’est le vieux qui m’a filé le plan. Léon. Il aurait aussi bien pu me laisser crever. Il ne me parlait plus, de toute façon. Ou si peu. Il devait penser que je savais tout depuis le début et que je l’avais trompé. Mais comment aurais-je pu savoir ? Comme si ça ne m’avait pas tué, moi aussi ! « 

Collectif polar.JLuc

L’avis de Jean Luc

Ce roman écrit par Eric Maravélias m’a beaucoup marqué. Il est publié sous la collection Gallimard, roman noir, et je dois dire qu’il mérite bien son appellation de roman noir !

Je n’ai pas réussi à accrocher avec le personnage principal, mais je ne pense pas que ce soit le but de l’auteur de nous dépeindre un personnage sympathique avec lequel il sera possible de s’identifier. En effet, c’est d’abord l’histoire d’un jeune paumé de la banlieue, qui va s’enfoncer dans la drogue et qui est prêt à tout pour se défoncer. Il va nous dépeindre en détails, les règles et les codes en vigueur dans un milieu en marge de la société, mais qui pourtant en fait bien partie !

J’ai été scotché par le style de Eric Maravélias, il y a de la poésie dans l’horreur qu’il dépeint, dans la descente en enfer vécu par son personnage principal. On ne peut pas rester insensible à ce qu’il écrit. D’un côté, il y a une analyse précise du milieu dans lequel il évolue, mais il y a aussi la description des expériences suite à la consommation de la drogue qui sont bluffantes.

Pour moi, il s’agit aussi d’une très belle analyse sociologique de la banlieue avec ses codes, sa violence et le monde des toxicos et ses petits dealers. J’ai aimé la façon de décrire les personnages, d’expliquer leur fonctionnement. Il n’y a pas de temps mort dans cette histoire, on se laisse emporter dans toute cette noirceur. Et il y a sans doute une part de vécu, qui moi, ne m’a pas laissé insensible..
Un roman noir dans lequel la seule gagnante est malheureusement la drogue, pour ma part, un très grand roman extrêmement dur mais qui dépeint l’univers de certaines de nos banlieues et le monde des toxicos de façon saisissante.

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Été pourri à Melun Plage De Nicolas Duplessier


 

Le livre : Été pourri à Melun Plage De Nicolas Duplessier. Paru le 15 septembre 2016 au Atelier Mosésu13€ ; (259 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : 

Été pourri à Melun plage

Florian traîne son mal de vivre dans les rues de Melun, entre un boulot minable et une vie sentimentale sans joie.

De morose, son existence devient vraiment pourrie le jour où Roxane, l’ex-grand amour de sa vie, est portée disparue.

Très vite dans la ligne de mire des policiers, Florian doit mener sa propre enquête et se confronter à ses fantômes, découvrant une histoire qui le dépasse et la tonne d’emmerdes qui l’accompagne.

Été pourri à Melun-Plage est un roman noir et cinglant qui raconte la descente aux enfers d’un loser pas du tout magnifique.

L’auteur : Nicolas Duplessier est né en 1978, à Melun. Hypnotisé par le cinéma, il rêve d’une carrière de réalisateur, mais le destin le tourne vers l’écriture, après avoir lu Le Dahlia noir de James Ellroy.
Transporté par son obsession pour le roman sombre, il écrit Été pourri à Melun-Plage, son premier roman.
Extrait :
Je pense à tous ces couples qui, une fois les travaux finis et les galères passées à monter leur home sweet home, découvrent qu’ils ont oublié de vivre pour autre chose que leur crédit et leurs travaux. Et qui se séparent parce qu’ils n’ont plus rien à foutre ensemble, une fois leur palais terminé.

 

Été pourri à Melun Plage De Nicolas Duplessier – Éditions Ateliers Mosésu

La chronique d’Eppy Fanny

C’est l’histoire de Florian, Flo, un looser de banlieue. Une vie terne, entre son job dans un entrepôt de déstockage, son RDV hebdo avec une pute et sa vie en caravane auprès d’une femme qui n’est pas celle à laquelle il rêve.

Le cadre du roman, Melun et ses environs. Pour ceux qui comme moi connaissent, le gris vient à l’esprit, de ses rues, sa prison, ses quartiers en déshérences, ensembles des années 70 qui ont si mal vieillis. Une pensée particulière pour Plein Ciel où déjà il y a 35 ans je cherchais le ciel. Puis ses zones commerciales à perte de vue comme dans tant d’autres villes de banlieue.

Florian va vivre des retrouvailles tant attendues, suivie d’une disparition qui va le conduire à mener l’enquête. Mais le costume est trop grand pour lui d’autant que la police l’a dans le collimateur. Un looser on vous dit, qui met le doigt et les deux pieds, là où il ne faut pas.

Des rencontres, pas toujours bonnes, des dangers (nombreux) et des idées pas toujours claires noyées dans l’alcool.

Une histoire sombre, un final qui laisse sur le cul !

Ne soyez pas choqué par mon langage en phase avec celui de l’auteur. Le style est vif, mordant, imagé. Des références nombreuses, musicales, télévisuelles…

Une écriture avec des envolées d’une poésie intense. Un pur bonheur :

Extrait page 99
« Je bois du café à m’en déchausser les dents et faire de la tachycardie. Mon rencard se pointe enfin. Un grand type maigrichon, la tronche comparable à une merguez fossilisée avec un beau costard et une belle paire de pompes. Dans le genre bourgeois paumé, coincé dans une vie de daube. »

Vous comprendrez que j’ai adoré.

Merci pour la mienne Nicolas

 

Mon conseil : filez chez le libraire le plus proche et régalez-vous car dans le gris de Melun les émotions sont bien présentes.

Sois zen et tue le de Cicéron Angledroit


Vous le savez le 17 juin prochain je reçois 3 auteurs pour un nouvel Apéro Polar.

Avec Lou Vernet et Nils Barrellon il y aura notre Cicéron Angledroit national.

Aussi pour découvrir cet auteur malicieux et facétieux rien de mieux qu’une petite chronique de lecteur.

Et c’est Eppy Fanny qui nous donne son ressenti sur “ Sois zen et tue le , la première enquête de notre détective pas comme les autres.

Le livre :  Les enquêtes de Cicéron Volume 1, Sois zen et tue-le de Cicéron Angledroit. Paru le 9 septembre 2016 aux Editions Palémon dans la collection Enquêtes en Série. 10€ ; (263 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv :

Attention, cet ouvrage comporte certaines scènes pour adultes et un vocabulaire susceptibles de choquer les âmes chastes…

Mais qu’est-ce qu’il lui prend, à la mère Costa, de me demander d’enquêter sur la mort de son mari enterré depuis dix ans ?

Si j’accepte, c’est bien parce que j’ai besoin de sous !

Et puis il y a cette histoire de truands de banlieue qui explosent à chaque coin de rue… Et ces SDF qui n’en sont pas.

Ajoutez une ou deux femmes mariées, un Yorkshire… Mélangez le tout et dégustez !

Mais c’est qui qui tue ? Pour le savoir il va falloir me suivre, moi Cicéron Angledroit, jusqu’au bout de cette histoire…

Mise en garde de l’éditeur : de nombreux cas d’addiction ont été rapportés. Cette addiction semble irréversible et définitive. Toutefois, à ce jour, aucune plainte n’a été enregistrée.

L’auteur : Cicéron Angledroit. Banlieusard pur jus, l’auteur – de son vrai nom Claude Picq – est né en 1953 à Ivry, ceinture verte de Paris transformée depuis en banlieue rouge.
« Poursuivi » par les études (faute de les avoir poursuivies lui-même) jusqu’au bac, il est entré dans la vie active par la voie bancaire.
Très tôt il a eu goût pour la lecture : Céline, Dard, Mallet… Et très tôt il a ressenti le besoin d’écrire.
Sois zen et tue-le est le premier titre de sa série d’enquêtes humoristiques dont l’ambiance et les dialogues, entre San Antonio et Pieds Nickelés, raviront les amateurs du genre…
Extrait : 
Cicéron Angledroit… ça vous épate hein, ça, comme nom ? Et pourtant, ça fait 35 ans que je me le traîne. « Angledroit » ils n’y pouvaient rien, mais « Cicéron », quand même ! Je leur en ai voulu longtemps. Enfin quand je dis « leur » je devrais dire « lui », car ma mère, quand je suis né, elle parlait à peine le français. Alors ce genre de jeu de mots lui passait un peu au-dessus. Lui, mon père, ce devait être un rigolo… ou, du moins, devait-il le croire. Ma mère, il l’avait ramenée de je ne sais quel voyage en Yougoslavie. Probable qu’il l’avait achetée comme on achète un souvenir. Une femme, vous parlez si ça va bluffer les potes, et belle avec ça ! Bien sûr elle ne parlait ni ne comprenait notre belle langue de Shakespeare V.F. mais, au moins, quand elle l’ouvrait, il pouvait imaginer qu’elle le félicitait. Il a quand même attendu mes 18 mois et nos premiers balbutiements en français à ma mère et moi pour nous laisser quimper. Juste le temps de me déclarer à l’état civil sous ce prénom débilisé par son nom.
Maintenant, vu ce qui se passe là-bas, dans le pays émietté de ma mère, je lui en veux moins. Sans le faire exprès, il l’a sauvée. Elle vit, peinarde, dans son deux pièces-cuisine du 17ème arrondissement, près de la cité des fleurs. Elle parle français et a oublié sa langue natale faute de la pratiquer.
 Et moi, Cicéron Angledroit, je suis détective privé. Pourquoi détective privé ? Et bien parce que j’estime qu’il est temps de réhabiliter, dans la littérature française, les détectives privés. On en manque. Ils ont été délaissés au profit des flics, plus classiques, plus « autorisés » aussi. Remarquez que, dans cette histoire qui commence, on ne m’a encore rien demandé. Je passais juste… comme témoin… et encore j’ai pas vu grand-chose. Je suis arrivé après l’événement. Mais dans les premiers quand même.

La Chronique d’Eppy Fanny 

Si vous aimez les choses lissées et policées, passez votre chemin.

En revanche vous n’avez pas d’a priori ? Vous aimez la vie et les gens ?

Alors Go pour un tour de piste avec Cicéron !

Une vraie découverte, celle d’un détective, chaud lapin, pas foudre de guerre, sauf pour la bagatelle, et qui vous entraîne avec délice dans la Banlieue Parisienne où il adore se baguenauder.

Les Personnages :

Une galerie de Pieds Nickelés, de désabusés, de laissés pour compte… Sans oublier ses femmes qui s’emmerdent royalement dans leur couple, qui deviennent très humides au contact de ce cher Cicé, ce qui entraine des dérapages et de formidables tête-à-queue. Quelle santé !

L’histoire :

Une excuse cette enquête sur la mort suspecte du père Costa dix ans plus tôt.

Oui une excuse, juste pour le plaisir de nous dépeindre cette banlieue que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Des lieux qui me parlent ayant grandi et vécu dans le 91 si cher au cœur de l’auteur.

Pour l’envie de nous parler de ces voisins serviables et gentils venant d’horizons lointains et qui partagent avec le sourire le peu qu’ils ont… N’en déplaise à certains.

Puis, surtout, ce plaisir, intense, que prend l’auteur, dans cette écriture truculente, inspirée de San Antonio et d’Audiard, mais 100% Cicéronnaise…

Comment ça se dit pas ? Mais si !

Puis ces passages érotiques, ou comment savourer les à-côtés du métier de détective.

Faut bien des avantages !

Puis Cicéron il côtoie des zigues aux petits oignons. René, Momo … C’est du lourd !

Extrait page 163-164 :
« Je ne comprends pas le manège :
Qu’est-ce qui t’arrive ? Une dispute conjugale ?
Mais non, j’la connais pas c’te pouffe ! Enfin, si, de vue, vu qu’elle est toujours fourrée là avec son chiard. Mais en rangeant mes chariots, j’ai trouvé ce paquet de couches que des gens avaient oublié au crochet.
Il me met sous le nez un paquet de change « Pissosec », tout en continuant :
Tu t’rends compte ! Vingt balles que je lui faisais. Et c’te conne…
Qu’est-ce que tu vas en faire maintenant ?
J’vais aller à la caisse centrale me les faire rembourser. J’leur dirai que c’était pour offrir et que je m’ai gouré d’taille. Comme ils me connaissent, y aura pas de problèmes. ça les étonnera pas non plus que j’aie perdu le ticket de caisse.
Pas de problèmes, alors ! Tu seras même gagnant dans l’histoire. Et Momo, t’as des nouvelles ?
J’l’ai vu hier soir, ça allait. Il va même toucher de l’invalidité. Une pension ! On peut dire qu’il a l’cul bordé d’nouilles, çui-là ! »

Bande de petits obsédés vous espériez un extrait plus axé cul…

En ben non ! Pour savoir de quoi est capable Cicéron auprès de ces dames il vous faudra acquérir le bouquin ! Et si vous bavez sur vos godasses, tant mieux !

Vous irez plus vite chez le libraire le plus proche !

C’est décalé à souhait et bourré d’humour.

Une bulle de bonne humeur dans ce monde bien trop gris.

En clair la Sécu devrait rembourser Cicéron !

Woorara de Sébastien Vidal


Collectif polar.biblio
97828488656380-3750008Le livre : Woorara  de Sébastien Vidal. Paru le 13 janvier 2017 chez Lucien Souny éditions dans la collection Plumes noires. 7€90 ; (315 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Woorara

Un homme criblé de trois balles est découvert dans un hameau isolé, sur le plateau de Millevaches. Tout porte à croire que le travail est l’oeuvre d’un professionnel. Pilotée par l’intraitable juge Laîné et le colonel Tognotti, l’enquête est confiée à un groupe de gendarmes. Parmi eux, l’adjudant Walter Brewski, une forte tête spécialiste de l’intervention. L’équipe n’a que très peu de choses à se mettre sous la dent. La victime semble tombée du ciel ; le tueur n’a laissé aucune trace. Pas de mobile apparent ni d’arme du crime. Seule la course-poursuite engagée avec une mystérieuse berline la nuit du meurtre donne un peu d’espoir aux limiers de la gendarmerie, le nez collé à la piste poussiéreuse d’un assassin insaisissable et invisible. Sous une chaleur caniculaire, un deuxième cadavre apparaît, présentant le même modus operandi… Parce que le présent se noue ici dans les méandres d’un passé, où couvent encore les braises de la haine et de la vengeance, l’affaire entre dans un tourbillon survolté et diabolique.

L’auteur :

vidalSébastien Vidal est né le 11/07/1971 en Corrèze. S’il n’écrit pas, Sébastien Vidal lit. Il ne peut envisager de passer une seule journée sans l’une ou/et l’autre de ces activités. Fin connaisseur de la littérature américaine, il se délecte aussi avec Claude Michelet et Antoine de SaintExupéry. Il écrit beaucoup mais publie très peu. Woorara est son premier polar. Il tient un blog littéraire, de très bonne facture, Le Souffle des mots, qui attire un public toujours plus nombreux.

 

« Ce salaud avait vraiment cru s’en sortir. Il pensait que tout était fini depuis longtemps, que le monde l’avait oublié. Le monde l’avait certainement oublié, mais il suffisait qu’une seule personne se souvienne pour que l’addition ne soit pas effacée. »

Le post-it du bibliothécaire

Le post-it de la bibliothécaire

Le corps d’un homme tué par balle a été retrouvé dans un hameau du plateau de Millevaches. L’adjudant Walter Brewski fait partie de l’équipe de recherches. Les enquêteurs ne retrouvent aucune trace du tueur, et il n’y a pas de mobile ni d’arme du crime. Le seul indice est une course-poursuite entre les gendarmes et une berline noire la nuit du meurtre. Bientôt, un deuxième cadavre apparaît.

Une nouvelle collection polar ça s’essaie et je m’y suis essayée en lisant ce titre, Woorara  de Sébastien Vidal. Grand bien m’en a pris.

Comment vous dire, voici un petit roman, un premier polar qui a su suscité mon intérêt. Des personnage bien campé. Un décor auquel on s’accroche et qui participe à l’ambiance du livre. Un crime crapuleux au milieux du plateau de Millevaches, du jamais vu, il fallait osé. Une brigade de gendarmerie et un juge que l’on suit pas à pas dans leur enquête. Bref tout et là pour nous donner un vrai bon polar mâtiné d’un soupçon de roman noir rural.

Un joli coup d’essai je dois dire. Un presque coup de cœur ! ?

Un auteur que je vais surveiller de près. GVL

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Chouchou du week-end : Rien ne se perd de Cloé Mehdi


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 noelLe livre : Rien ne se perd de Cloé Mehdi. Paru le 19 mai 2016 chez Jigal. 18€50 ; (270 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort…

Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation…

Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice !

C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les soeurs, les amis…

Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré !

Et personne n’a dit que c’était juste…

Poignant, dérangeant, ultra sensible, glaçant, Cloé Mehdi nous livre ici un récit d’une noirceur absolue !

noeleL’auteur : Cloé Mehdi est née au printemps 1992. Elle vit à Lyon. Elle commence à écrire au collège pour faire passer le temps plus vite. Cloé Mehdi a fait sensation en 2014 en recevant le Prix de Beaune pour son premier roman, Monstres en Cavale. Elle a alors 22 ans et semble déjà dans l’urgence d’écrire…Elle nous revient aujourd’hui avec ce nouveau roman noir et très sombre…

 

 


Extrait 1 : 
« Il sourit. Ça doit être le plus beau compliment qu’on lui ait fait de sa vie. Il époussette le col de ma veste plein de miettes de croissant. Je savais que j’étais sale mais j’attendais de voir s’il allait le remarquer. Il s’intéresse beaucoup plus à moi depuis que je peux lui être utile. Gabrielle devrait se suicider plus souvent.
– Je vais la voir, dit-il. Tu veux retourner à l’école ?
– Bof.
J’ai envie de rentrer à l’appartement mais il ne me propose pas de me raccompagner. Il a encore besoin de ma présence pour décorer le silence. Ça m’énerve. Je dis rien. Je le suis au troisième étage. Elle est là, translucide. Elle dort. On la confondrait avec les draps s’ils ne portaient pas un petit liseré marron. Et lui, Zé, la regarde avec cette tendresse qu’il ne m’a jamais dédiée.
Je me détourne, étouffant l’amertume qui grimpe le long de mon œsophage.
Mon manuel d’anglais ne parvient pas à me remonter le moral. Pas plus que Lamartine n’est apte à faire oublier à Zé, rien qu’une minute, que la seule personne qu’il aime en ce monde s’est tranchée les veines la semaine dernière. Il a maigri. Mange plus rien depuis qu’elle est partie.
L’amour ça devrait être interdit. »

Petits résumés et avis :

Voilà un exceptionnel roman. Et dire que j’ai oublié de vous en parler tout au long de ces derniers mois. J’aurai été impardonnable. Car à l’heure où nous faisons le bilan de 2016, où on me demande de publier mes coups de coeur de l’année, j’ai eu comme un flash.  Pas facile de trouver uniquement 10 coups de coeur ultimes quand dans une année on a lu près de 180 bouquins.

Alors quand juste en évoquant ces quelques mots, « coups de coeur ultimes », la couverture d’un polar vous saute au yeux, que son image s’impose au fonds de votre rétine. Quand un nom vous reste en tête. qu’une histoire refait surface plusieurs mois après sa lecture, il n’y a pas de doute possible. Ce livre est un de vos grands coups de coeur de l’année.

Et alors que je n’avais pas encore fait la chronique de ce livre, Rien ne se perd, s’est imposé à moi.

D’ailleurs si j’ai mis autant de temps à vous parler de ce roman noir coup de poing, c’est que ce titre a été un choc.

Et à cause de ça, ce week-end, il y aura deux chouchous.

Le premier vous l’avez découvert hier : La toile aux alouettes de Lou Vernet que vous retrouvez ICI.

Le second c’est cette histoire, Rien ne se perd de Cloé Mehdi, un pur coup de coeur que je vous laisse découvrir maintenant.

Saïd avait 15 ans quand un banal contrôle policier lui a coûté la vie. Mattia, 11 ans, ne le connaissait pas mais se sent pourtant en empathie avec lui face à la violence de la société et la défection de sa famille (père disparu, mère absente, frère indifférent, etc.).

Cloé Mehdi est la révélation de l’année. C’est sans contexte la plume la plus acerbe du moment.

Cette jeune femme est bien de et dans  son temps. Elle ressent les choses et nous les expose avec sensibilité. Elle a ce pouvoir de convoquer avec ses mots simples, les plus extrêmes de nos sentiments.

Elle nous ouvre les yeux et nous confronte à la noirceur crasse de notre monde. Elle est notre conscience face à l’injustice. Nous obligeons à retrouver un peu de notre humanité et à percevoir une lueur d’espoir dans ce  magnifique roman noir . 

Extrait 2 :
Je déteste l’école parce qu’elle me vole du temps – un temps considérable. Il y aurait tellement intéressant à faire que d’être là, assis sur une chaise, à attendre bêtement qu’on te remplisse la tête de savoir inutile en chassant tout ce qui est important pour faire plus de place.

 

Territoire d’Olivier Norek : l’avis de Nadia


Chronique de lecteurs

on&Le livre : Territoire d’Olivier Norek. Paru le 25 septembre 2014 chez Michel Lafont. 18,95 ; (394 p.) ; 23 x 14 cm

on&&&&&Réédité en poche le 8 octobre 2015 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 7,30 ; (376 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Depuis la dernière enquête du capitaine Victor Coste et de son équipe, le calme semble être revenu au sein du SDPJ 93. Pas pour longtemps, hélas ! L’exécution sommaire de trois jeunes caïds va les entraîner sur des pistes inimaginables.

Des pains de cocaïne planqués chez des retraités, un chef de bande psychopathe d’à peine treize ans, des milices occultes recrutées dans des clubs de boxe financés par la municipalité, un adjoint au maire découvert mort chez lui, torturé… et Coste se retrouve face à une armée de voyous impitoyables, capables de provoquer une véritable révolution.

Mais qui sont les responsables de ce carnage qui, bientôt, mettra la ville à feu et à sang ?

Avec ce polar admirablement maîtrisé, Olivier Norek nous plonge dans une série de drames terriblement humains et de stratégies criminelles – loin d’être aussi fictives qu’on pourrait le croire – où les assassins eux-mêmes sont manipulés.

on&&&&L’auteur : Olivier Norek est née en 1975 à Toulouse. Il est lieutenant de police à la Section enquêtes et recherches du SDPJ 93 depuis quinze ans. Après deux ans dans l’humanitaire, il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions.
Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).
Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. Il décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman « Code 93 », un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis. Il a travaillé à l’écriture de la sixième saison d’Engrenages.
Les droits de ses romans sont déjà acquis en vue d’être portés à la télévision pour y être déclinés en série.
Citation : 
« C’est le drame de nos vies, ironisa Johanna. On consacre nos journées et nos nuits à aider de parfaits étrangers sans être capable de faire attention à ceux qui nous sont proches. »

L’avis de Nadia

Dans ce second opus , nous retrouvons le capitaine Coste et son équipe à la SDPJ 93. Trois meurtres en quelques jours en banlieue parisienne , un banal règlement de comptes ? Coste va vite comprendre que cette affaire n’est pas des plus banales , et que les enjeux sont bien plus importants qu’il ne le croit .

    Tout le monde télécharge des séries (les très très bonnes séries) , parce que quand c’est super bien , on ne peut pas attendre une  semaine  pour connaître la suite de l’histoire , et bien, « Territoires » a été ma série d’hier , un excellent polar , et vous pourrez le lire d’une traite !!! Totalement addictif , impossible à lâcher . C’est puissant , parfois, très violent , le rythme est soutenu , pas de temps morts . Beaucoup d’humour dans les dialogues qui allège la noirceur des personnages ou des situations .  On découvre les banlieues sous un jour nouveau  , les milieux politiques avec leurs petits et grandes combines …
« Territoires » vous permet de percevoir la société autrement , vous ouvrez les yeux sur les manipulations médiatiques et autres … c’est avec un petit goût amer dans la bouche que vous refermerez ce livre .

  » La violence crée la peur , et la peur soumet les hommes » …

Merci Monsieur Norek , et vivement la saison 3 ….Emoji

Lire ICi le début de Territoire et… Retrouvez ma chronique de Code 93

ON

Extrait : 
« Nous vendons de la drogue pour tenir les quartiers et nous tenons les quartiers pour vous être indispensables. C’est le seul moyen d’obtenir votre attention. Le seul moyen d’exister. En fait, tout ça est un peu votre faute. Si on ne vous fait pas peur, vous nous abandonnerez, tout simplement. » 

 

 

Code 93 de Olivier Norek


Mes petites lectures

ONLe livre : Code 93 de Olivier Norek. Paru le 18 avril 2013 chez Michel. Mafont. 18,95 ; (363 p.) ; 23 x 14 cm.
on&&Réédité en poche le 9 octobre 2014 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller.  7,30 ; (357 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Victor Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au coeur de la violence banalisée et des crimes gratuits.

Une série de découvertes étranges – un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d’autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…

Écrit par un «vrai flic», Code 93 se singularise par une authenticité qui doit tout à l’expérience de son auteur. Mais il témoigne aussi d’une belle maîtrise des sentiments et relève un véritable défi en matière de suspense, dans un environnement proche et pourtant méconnu. Cette plongée inattendue dans un monde de manipulations criminelles au sein des milieux de la politique et de la finance nous laisse médusés.

on&&&L’auteur : Lieutenant de police pendant  une quinzaine d’année, Olivier Norek a travaillé à la Section enquêtes et recherches du SDPJ 93. Code 93 est son premier roman.

 

Citation :
« Entre le boulot le week-end et les nuits passées au bureau, il commençait à se sentir comme une caricature de flic télé et, il le savait, ce n’était pas une bonne chose. »

Résumé et petit avis :

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.

Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le «Code 93» ?

Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

Voici un premier roman qui m’a tout de suite intrigué. Et oui en effet il avait plutôt les faveur des médias, de la presse écrite, de la radio. C’est déjà assez rare pour un polar, un polar français qui plus est, alors un premier polar d’un jeune auteur français. Je ne pouvais que me pencher dessus.

J’ai donc lu Code 93 et là ce fut la surprise, plutôt bonne d’ailleurs.

Il faut dire que l’auteur maîtrise son intrigue, normal allez vous me dire pour un flic, il a l’habitude de démêler les affaires dans ses enquêtes.  Avec Olivier Norek on se retrouve sur le terrain, on suit l’enquête au plus prés. On participe au travail de fourmis de cette équipe de policiers. On entre en immersion avec eux et l’on va parcourir le 9-3, ce département de la Seine Saint Denis qui sert de décor au roman et qui sous la plume de l’auteur devient un personnage à part entière. La banlieue noir, violente avec un taux de criminalité record.

Des personnages parlons-en. C’est là le point fort à mon avis de l’auteur. Son équipe de flic (  Coste, Mathias, Ronan, sam sans oublier  la nouvelle adjointe de Coste , Johanna De Ritter) sa médecin légiste Léa Marquant, tous ont un charisme chargé, à commencer par le capitaine Coste et ses doutes.

Olivier Norek nous confronte à la réalité. Il nous offre un roman policier réaliste avec des flics invertis qui exerce leur métier avec passion. Même si en retour celui-ci leur rend plutôt des coups qui creuse peu à peu en eux des failles qui les rendent encore plus humain.

Alors oui, j’ai été intrigué par cette nouvelle plume prometteuse et je suis allée quelques mois plus tard à la rencontre d’Olivier Norek, je voulais en savoir plus.

Et il m’a expliquer qu’il était venu à l’écriture en participant à un concours de nouvelle. Que depuis la parution de Code 93, il était en dispo pour poursuivre les aventures du capitaine Coste et de son équipe. Qu’il tenait à rester Flic, mais qu’il avait besoin de temps pour écrire. Que si il « planchait » d’abord sur l’intrigue, il s’attachait surtout à la psychologie des personnages Que pour chaque personnage il écrivait une petit nouvelle, une bible pour mieux les connaitre, pour appréhender leur réactions,  pour leur donner une voix, un caractère. Qu’excepté Fred Vargas, il avait peu lu de polar. Qu’il aimait retrouver dans ses lectures des personnages fort. Qu’il avait besoin, à la lecture d’un bouquins de ressentir des émotions un peu comme peut en procurer la musique.

Alors j’ai compris…J’ai compris qu’un nouvel auteur à découvrir et surtout à suivre venait de voir le jour.

Alors je lui est dit bravo et merci pour tout cela Monsieur Norek.

Code 93 d’Olivier Norek (Pocket) a reçu en 2015 Le prix du public Saint Maur en Poche ex-aequo avec W3 – le sourire des pendus de Nathalie Hug et Jérôme Camut (Le livre de poche) .

Vous pouvez Lire le début ICI

Le jour où tu dois mourir / Marc Charuel


Mes petites lectures

 

9782226220769,0-1183193Le livre : Le jour où tu dois mourir de Marc Charuel. Paru le 6 avril 2011 chez Albin Michel. 22€30 ; (634 p.) ; 24 x 16 cm
9782266223997,0-1908621Réédité en poche chez Pocket le 9 janvier 2014.8€40; (758 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv. :

Été gris et maussade sur le bassin d’Arcachon. Au détour d’une piste cyclable, le corps atrocement mutilé d’une jeune fille. Pour Duncan, photographe frotté à toutes les guerres, ce meurtre est le premier épisode d’un film macabre qui va dépasser de très loin toutes les fictions…

De la France à la Thaïlande en passant par la Birmanie, un thriller spectaculaire : sens des images, scénario implacable, rythme infernal… Marc Charuel se hisse d’emblée au niveau des grands du thriller international.

L’auteur :

 

Extrait :
Le plan de l’homme était arrêté. Il enfermerait l’enfant dans la réserve d’hiver du deuxième sous-sol où personne à l’exception de lui-même ne venait jamais. Il foncerait au stand de la vidéo emprunter une caméra, cela ne poserait aucun problème. Moins de dix minutes pour revenir où l’attendrait l’enfant. Puis il le conduirait dans la salle du chauffage. Qui, en plein été, pourrait avoir l’idée de venir flâner à cet endroit ? L’enfant serait attaché et bâillonné. Alors, il le clouerait à son siège avant de le finir à l’aide d’un rabot électrique. Ce ne serait pas exactement ce qui avait été prévu. Ce serait une vidéo courte avec une mise à mort rapide, mais elle aurait du cachet. Il reprendrait son travail jusqu’à la fin de la journée. Personne ne trouverait l’enfant. Il enverrait la vidéo le soir-même, puis il évacuerait le cadavre du gosse pendant la nuit. Depuis des années qu’il y travaillait, il connaissait le BHV comme sa poche. Au besoin, il savait comment mettre la main sur les vidéos de surveillance du magasin. Aucun flic ne pourrait jamais établir un lien entre la disparition de l’enfant et lui. Ensuite il prendrait quelques jours pour aller à Bangkok régler son problème en direct avec la Triade. Les Chinois finiraient par passer l’éponge sur ses erreurs. Ils avaient besoin de lui.

459845L’auteur :

Ancien reporter de guerre, Marc Charuel est journaliste à Valeurs actuelles et à Spectacle du Monde. Il a publié aux Éditions Albin Michel Le jour où tu dois mourir (2011), Les soldats de papier (2012) et Chiens enragés (2014).

 

Lecture d’avant

 

Résumé et petit avis :

Duncan, un journaliste dont la petite amie a mystérieusement disparu, mène l’enquête sur un tueur qui opère vêtu d’une combinaison de plongée. Lancé à sa poursuite, Duncan découvre que les activités de la mafia chinoise sont liées à des disparitions de jeunes filles au Cap-Ferret.

Un roman qui nous plonge dans l’univers du snuff movies. Une plongée choc dans un monde glauque et violent.

Le sens du rythme et du détail, les nombreux rebondissements entretiennent le suspense de bout en bout de ce polar.

Décidément le thriller français regorge de talent.

Quelques unes de mes rencontres avec Rachid Santaki


Rencontre avec un jeune auteur : Rachid Santaki.

Comment vous définir mes rencontres avec Rachid ?

La première a été toute particulière.

Je suis  au salon du polar de Montigny, nous somme en décembre 2012 et je vais au devant de ce jeune auteur. Je veux absolument comprendre la démarche de cet auteur atypique. Ces romans ont fait débat au sein de notre comité de lecture alors j’y vais au culot. J’ai l’impression de l’attaquer de plein fouet.

Pourquoi utiliser le langage des cités, la langue des prisons, le parlé de la rue. Démagogie, provocation. ? ..Et avec charme, ce grand gaillard m’explique tranquillement sa démarche artistique, avec gentillesse il reçoit mes objections. Il argumente, me démontre sa logique, et là tout s’éclaire.

Il va me falloir lire ses romans avec ces nouvelles données.

Promis la chose sera faite très prochainement. A ce jour elle est même terminée . Je vous en reparlerai.

La deuxième, c’est Rachid qui la provoque. Il me fait signe et me propose un dej.. 

Et aux beaux jours de cette fin de printemps 2014,  nous nous retrouvons donc un midi à ma bibliothèque.

Et là encore je passe deux heures magiques.

Deux heures que je n’ai pas vu passer.

Ce mec déborde d’énergie, de projets. C’est un mec de terrain, il est vachement engagé dans sa ville et les villes voisines.

Il a fait mille et une choses, des tas de choses tellement diverses. Il bosse aussi avec les jeunes, participe à un atelier d’écriture, s’intéresse à toutes les cultures urbaines. Il a co-fondé un site et un mag de hip-hop, il crée un magazine gratuit sur les cultures urbaines, 5styles. Un domaine, il faut bien le reconnaître où je suis une bille. J’y connais pas grand chose et c’est un doux euphémisme.

Parlons de ses livres maintenant. Ou parlons plutôt d’une constante dans ces romans.

Cette constante c’est Saint- Denis, la ville de Saint-Denis.

C’est avec beaucoup d’affection, j’ai l’impression que Rachid Santaki a fait de Saint-Denis un des personnages principaux de ces polars. Il aime sa ville cela se ressent dans les descriptions qu’il en fait.

De Saint-Denis je ne connais que le cœur historique, la basilique…. Rachid Santaki nous fait découvrir aussi son côté sombre, les cités, le bidonville, mais aussi sa gare centrale, son quartier d’affaires, où les boîtes et les industries fleurissent.

Il nous promène à travers sa diversité, sa mixité ou ses ghettos. Il nous raconte ces populations qui se croisent ou s’entrechoquent.

Trois romans noirs qui forment une fresque urbaine très sombre mais pas sans espoir.

Ce que j’aime aussi chez Rachid Santaki c’est sa façon d’utiliser les cultures urbaines pour communiquer sur ses polars. Le rap, les clips, l’affichage sauvages, le pochoir, le graf…..tout y passe et ça marche. Il se réapproprie sa ville et sa banlieue. Il occupe le terrain. Le 9-3 c’est son ter-ter.

Enfin c’est moi qui provoque le 3e rendez-vous puisque je propose à Rachid de venir participer à une rencontre autour de son dernier polar « Flic ou caillera » à la bibliothèque.Bien sur sans hésiter, il accepte tout de suite. Et le 28 septembre dernier il vient partager l’affiche avec Elsa Marpeau autour d’un apéro polar qui va ravir nos lecteurs.

Et puis, depuis nous avons eu la chance de nous rencontrer sur différents autres salons.

Rachid c’est un mec extra. Même si vous n’appréciez pas sa prose, allez à sa rencontre. Il a des tas de choses à partager avec vous. Car Rachid, c’est avant tout le partage et un regard porté vers les autres.

Rencontre à la bibliothèque Parmentier le 28 septembre 2013. 3e Rencontre à la bibliothèque Parmentier le 28 septembre 2013.Autour de jeunes et talentueuses plumes du noir français.Autour de jeunes et talentueuses plumes du noir français.

Et ce qui m’a vraiment fait plaisir c’est de l’avoir retrouver à Saint Maur en poche l’an dernier. La banlieue nord qui débarque en banlieue sud. J’espère que cette confrontation a été constructive.

Aujourd’hui Rachid a toujours autant de projet, je sais qu’il participe à des scénarios, il est toujours aussi investi dans sa banlieue, mais pas que. Il est partout dans toutes les cités et il va à la rencontre des jeunes, des collégiens…mais aussi des adultes impliqués auprès de cette jeunesse. Ecrivain, scénariste, journaliste et entrepreneur Rachid Santaki est vraiment un homme plein de ressources

Ce week end encore il leur propose une dictée :  La Dictée des Cités – Saint-Denis.

Ils étaient près d’un millier ce 30 mai 2015. Tous prêts à en découdre avec le langue française.

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Et rendez-vous est pris le 14 juin prochain à Argenteuil 11377346_841091992637429_2137861526416667583_n

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SES AUTRES BOUQUINS :

La faux soyeuse de Eric Maravélias


téléchargement (16)Le livre : La faux soyeuse de Eric Maravélias. Paru le 27 mars 2014 chez Gallimard dans la collection Série Noire. 16,50€ ; (252 p.) ; 23 x 16 cm
  Extrait : « La came, elle, n’est pas une hypocrite. C’est une pure dégueulasse, sans pitié, mais franche. Qui se suffit à elle-même. Elle assume sa réputation de tueuse sans état d’âme. Mais La Coke, elle, c’est une petite salope bourgeoise qui joue les mères poules. Innocente, améliorant les rapports humains et le contact, avec son grand sourire, elle arrive à préserver sa réputation. Mais elle vous baisera en profondeur. À peine le temps de dire ouf et vous vous retrouverez avec le moral dans les chaussettes et le cerveau à l’envers. Elle n’aime que l’oseille. Et pour elle, vous aller en lâcher un max. »
4e de couv : 
La faux soyeuse « Je suis couvert de sang mais je suis bien. Rien à foutre. Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien. La mort n’est rien. Et moi-même je ne suis rien. Joies et chagrins se succèdent dans une espèce de brouillard confus, un ballet macabre, et rien ne subsiste de tout cela, sinon parfois, au détour du chemin, un sentiment de gâchis irréversible qui me prend à la gorge. Nos vies de parias sont comme de frêles esquifs privés de gouvernail. Sans plus personne à bord. Elles sont ballottées au creux de flots tourmentes, secouées par des vents inconnus et changeants qui les mènent à leur gré vers des côtes plus ou moins hospitalières, incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences. » téléchargement (15) Ce qu’en dit l’auteur : La Faux Soyeuse est un roman noir, pas de doute. Très noir. Suivant la définition d’Aurélien Masson, le directeur de la mythique série noire, un roman noir se doit de respecter au moins trois critères. Un milieu, avec son langage et ses codes, des personnages vivants et attachants, et une intrigue. Pour le milieu, avec La Faux, on a la tête dans le sac. On est en banlieue, près de Paris, et au fil des 253 pages, le lecteur traverse deux décennies. La folie des années 80, les vols, les braquages, la belle vie, l’amour, et l’arrivée en masse de la dope dans les quartiers, la glissade et la chute irréversible de Franck, le héros, triste héros, racaille toxicomane au cœur tendre. C’est une odyssée, poignante et pathétique, dure et sans pitié. Pas de rédemption. Pas de pardon. Mais c’est aussi poétique et tendre, parce que ce sont des hommes et des femmes, comme vous, avec un cœur qui bat. Mais trop vite. Trop fort. Puis les années 90 et les ravages du Sida, la déchéance, la maladie, la mort. J’ai voulu, avec La Faux Soyeuse, porter un témoignage sur ce que fut ma vie. Ne vous y trompez pas, c’est un roman. Franck n’est pas moi et je ne suis pas lui. Mais ce qu’il a vécu, je l’ai vécu, moi aussi. En grande partie. C’est un roman qui s’adresse à tous, de tous âges et de toutes conditions. C’est ce qui se passe aux pieds de vos immeubles. C’est ce qui s’y est passé, en tout cas. Dans toute sa cruauté. Vous en avez entendu parler, mais jamais vous ne pénétrerez ce monde mieux qu’avec La Faux Soyeuse. Et sans danger pour vous, sinon celui d’être hantés par ces hommes et ces femmes. Vous allez les aimer. Malgré tout. Malgré leurs vices et leur laideur. Malgré leur langage et leurs esprits tordus. C’est ce que je veux. C’était mes potos. Nous étions des enfants. Les personnages : Ils sont là, et ils vous balancent ce qu’ils sont au visage, sans honte. Le bon comme le mauvais. Et leur folie vous capture. Leurs démons vous pénètrent. L’intrigue : Elle est simple, affreusement simple, horriblement simple. Pathétiquement simple. Mais elle est l’enchaînement, le destin, qui vous prend et vous pousse irrémédiablement vers la fosse. De violences en cris, en trahisons. D’amertume en amertume, il vous entraîne dans le chaos, sans répit. Dans ce roman, pour ce qui est du style, j’avais comme une obsession. Unir E.Bunker et J.Lee Burke. Mes deux auteurs fétiches depuis toujours. Le style au scalpel de la rue, son langage cru, direct, et la poésie de Burke dans les descriptions de l’environnement. C’était presque inconscient, au début, et puis cette évidence m’a sauté aux yeux. C’est comme ça que je voulais écrire. C’est comme ça que j’écrivais déjà. J’ai travaillé dans ce sens. L’auteur justement : téléchargement (17)D’Eric Maravélias, on ne sait rien si ce n’est que La faux soyeuse est le premier roman est qu’il a mis beaucoup de lui et de vécu dans ses pages.
Extrait : » Mon univers s’exhibe dans un rectangle opaque, derrière les vitres sales drapées de rideaux gris. A l’ombre de deux peupliers, observateurs silencieux de ma lente décomposition. Un bout d’azur terni, usé, témoin indifférent de tant d’horreurs mais de plaisirs fugaces, aussi, ces rares moments de joie, comme une ponctuation, des instants en italique dans ces récits fiévreux. »

Résumé et avis : A l’agonie dans son studio, Franck se souvient du chemin parcouru depuis les années 1970, entre braquages, trahisons et drogues dures.

Ce roman policier n’est pas qu’un simple roman noir. Alors me direz-vous, c’est quoi ? Un   témoignage ? Oui et non, peut-être une biographie  romancée, oui, il y a de ça… une bio romanesque bouleversante.

Quel style, quelle puissance des mots, quelle plongée au cœur de l’enfer de la dope. Une magnifique découverte. Une « Putain de lecture », une bonne claque, un putain de coup de pied au cul….

Le flot, le débit des mots… J’adore.. La poésie qui s’en dégage.

Et ce noir, cette peinture sociale au plus près du réel, ces grisés qui dévoile cette banlieue des années noires du Sida. Et le blanc de la dope qui noircie, elle aussi, ces vies brisées.

Monsieur Maravélias le noir vous va si bien.

Extrait :   Et d’abord, la mort n’existe pas, à cet âge. Seule la vie compte. Celle qu’on touche, téléchargement (18)qu’on goûte, ex­plore et ex­plose. La mort ? Les jun­kies sont ses es­claves consen­tants. La mort ? Une fable. La mort ? Une dé­li­vrance. Vivre                                 est au­tre­ment plus dif­fi­cile.