Glaise de Franck Bouysse by Kris


Aujourd’hui c’est lecture bicéphale

Le premier avis sera celui de Kris.

Le mien suivra

Et…

Nous ne serons pas trop de deux pour vous faire lire le dernier roman de Franck Bouyse.

C’est un roman qui nous a laissées sans voix.

Mais voyez plutôt !


Le livre : Glaise de Franck Bouysse. Paru le 7 septembre 2017 à la Manufacture de livres. 20€90 ; (425 p.) ; 20 x 14 cm.

4e de couverture :

Au coeur du Cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d’à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d’une main atrophiée, ressasse ses rancoeurs et sa rage. Et voilà qu’il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille Anna, venues se réfugier à la ferme. L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

 

L’auteur : Franck Bouysse est né en 1965 à Brive-la-Gaillarde. Il partage sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

 

 


 


Le petit avis de Kris

C’est noir mais tellement beau !! C’est ….. Je n’ai pas de mots …. on monte en puissance ! C’est … Une merveille ce livre. Un pur chef d’oeuvre.

 Rien d’autre à rajouter



Le post it de la bibliothèque, Ge

 

A Saint-Paul-de-Salers, en août 1914, les hommes sont partis au front. Chez les Landry, Victor, 15 ans, resté seul avec sa mère, doit s’occuper des travaux de la ferme. Le vieux Valette, son voisin, accueille sa belle-soeur, Hélène, et sa fille, Marie, venues se réfugier à la campagne. L’arrivée des deux femmes bouleverse la vie dans ces montagnes du Cantal.

Une nouvelle fois Franck Bouyse nous plonge dans la France rural, Cette France qu’il affectionne tout particulièrement. Cette France à la fois campagnarde et montagnarde peuplée de taiseux.

J’ai du mal à parler de ce roman, les mots me manquent. Ne reste que les émotions. Et… Je n’ai pas le lyrisme de l’auteur pour traduire tous ses sentiments qui se bousculent en moi

Aussi j’emprunterai à l’éditeur sa présentation pour vous parlez ce ce roman bouleversant.

« Roman d’amour et de fureur, Glaise confirme l’immense talent de son auteur à mettre en scène des hommes et des femmes aux prises avec leurs démons et avec les fantômes du passé. Des espaces, des personnages d’une terrible force, l’art de la narration : l’univers, l’écriture, la musique font de Franck Bouysse un raconteur d’histoires dans la plus grande tradition américaine. »

Je ne sais pas ce qu’est « un raconteur d’histoire dans la plus grande tradition américaine », ce que je sais c’est que Glaise, m’a fait ressentir les même choses que Le Garçon de Marcus Malte qui a décroché quelques prix l’an dernier, Prix Femina 2016, prix Cardinal Perraud 2017.

Et je vois bien à son tour Glaise, impressionner quelques jurés et quelques jury car  après Grossir le ciel, prix SNCF du polar 2017, et Plateau, prix de la Foire du Livre de Brive, Franck Bouysse s’impose comme une voix incontournable de la littérature française contemporaine.

 

 

 

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Seules les bêtes de Colin Niel


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ncLe livre : Seules les bêtes de Colin Niel. Paru le 4 janvier 2017 aux Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19€ ;  (211 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent la chamade.

Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou morte, et plus d’une misère dans le coeur des hommes.

nc1L’auteur : né le 16 décembre1976 à Clamart en région parisienne . Il a grandi, au 12ème étage d’une ZAC, avant de voyager un peu partout et de vivre loin de son béton natal, en Guyane, en Guadeloupe. Ingénieur en environnement, spécialisé dans la préservation de la biodiversité, Colin Niel a travaillé en Guyane durant plusieurs années, au contact des populations du fleuve Maroni. il  a participé à la création du Parc amazonien.

Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il commence à écrire à son retour de Guyane et donne vie au capitaine Anato et à ses enquêtes en Amazonie française.

Extrait :
  • Parce qu’à force d’être tout seul, t’as appris à te connaître. Tu sais que si ici, au milieu du Causse et de tes animaux, tu te sens pas bien, ça veut dire que dedans, ça sera encore pire. Et alors, tes brebis, tu te mets à les détester comme c’est pas permis. Tu sais qu’elles y sont pour rien, que c’est toi qui les élèves et pas l’inverse, ça change rien. Tu les détestes parce que t’as personne d’autre à détester. 
    (…)
  • Des fois j’imagine la vie des paysans d’autrefois et toutes ces croyances qui leur pourrissaient l’existence. Ces histoires de fantômes qui voulaient pas quitter les maisons où ils étaient morts, de loup-garous qui s’attaquaient aux gamins pour leur bouffer le fois, de trèves qui se planquaient dans les bois et qu’attendaient après les vivants. Nos ancêtres, ils y croyaient pour de vrai, quand ils passaient près de ces endroits maudits ils se mettaient à courir. Mémé en causait parfois, elle se moquait de sa mère et ça la faisait marrer, mais je voyais bien qu’elle riait pas tant que ça. « (…)
  • Comme quand t’es gamin et que tu te dis que le Causse c’est le plus bel endroit du monde sans voir ce futur qui se prépare, sans savoir que plus tard ces steppes sans fin tu pourras plus les regarder sans avoir envie de chialer. Et en moi j’ai senti revenir les nœuds de la solitude

Résumé et petit avis :

J’ai découvert par hasard en 2012, le premier roman de Niel Colin. Bon, c’est vrai, mon inclination vers les premiers romans y est sans doute pour quelque chose. Mais pas seulement. Le fait qu’il soit édité chez Rouergue aussi. J’avais lu quelques bons polars de terroir chez eux. Et puis est née la collection Rouergue Noir avec la trilogie écossaise entre autre de Peter May. Et c’est comme cela que je me suis intéressée à Colin Niel. En plus le décor et le lieu de son roman n’était pas commun. Et oui, auteur de trois romans policiers situés en Guyane, Les Hamacs de carton (2012), Ce qui reste en forêt (2013) et Obia (2015), Colin Niel a reçu de nombreux prix littéraires, notamment le Prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016 pour Obia

J’ai eu la chance de rencontrer quelques temps plus tard l’auteur lors d’une dédicace à la librairie Terminus Polar. Je lui est même pris son deuxième roman qui venait de sortir. Et depuis je le suis de près. Je l’ai rencontré aussi au salon Paris Polar où je lui ai pris Obia. J’avais fait, je me souviens, des petits articles sur ses 2 premiers romans, mais je les ai perdus lors de la migrations de ma page Facebook.

Il va donc falloir que je trouve le temps de les réécrire et de vous parler aussi d’Obia qui est une petite merveille.

Mais pour le moment c’est de son quatrième roman que j’aimerai vous parler, car c’est le chouchou de ma semaine.

Seules les bêtes, ne fait pas partie de la série guyanaise.

Non c’est ce que j’appellerai un polar rural. Un polar qui se passe dans un coin isolé de notre vaste province. Nous sommes ici sur un causse. Vaste et haut plateau calcaire du centre et du sud-ouest de la France, aride et creusé de profondes vallées, offrant de maigres pâturages à moutons. Sommes nous dans le Massif Central, Le causse noir; les causses de Larzac, de Rodez, du Quercy. Les étendues désertiques de la Champagne ou ailleurs, ça l’auteur ne nous le précise pas. Ce que l’on sait c’est qu’il y fait froid, que l’hiver est rude et que la neige recouvre le paysage.

Ici la vie est rude, les fermes sont isolées, le paysans est taiseux. Et il y a aussi le vent, ce vent qu’ici on appelle « la Tourmente »

Et c’est justement à travers ces hommes et ces femmes, ces caussenards que nous allons découvrir et vivre cette histoire. Ce roman choral va leur rendre la parole. Chacun va y dévoiler sa propre vérité. Chacun de son point de vue nous dressera un portrait de la victime, chacun ayant des choses tues, des secrets enfouies, des confidences clandestines.

Oui ce roman reflète l’humanité dans toute sa splendeur. Avec ses petites mesquineries, ses recoins sournois, ses errances et ses tréfonds insaisissables, ses profondes et insoupçonnées ténèbres.

Seules les bêtes, peut-être ici ont une âme.

Et je ne vous parlerai pas de l’intrigue parfaitement mener qui vous mènera, elle aussi, sur des terres inattendues d’un autre continent.

Vous l’aurez compris Seules les bêtes n’est pas seulement un  roman noir. Seules les bêtes c’est aussi un roman psychologique, un roman social, mais aussi un roman bouleversant, amer voire grinçant mais poignant bref un roman profondément humain.

 

La vallée des ombres de Xavier-Marie Bonnot


 

Collectif Kris
xmbLe livre : La vallée des ombres de Xavier-Marie Bonnot. aru le 3 novembre 2016 chez Belfond.  18€ ; (301 p.) ; 23 x 14 cm.

 

4ème de couv

René Vasseur est une machine, un être au cuir épais qui a fait la guerre, qui a changé de nom. René Vasseur est un légionnaire. Après vingt ans d’absence, la haine au cœur, il revient dans son village natal, au fond d’une vallée industrielle dévastée par la crise. Peu à peu, surgissent les ombres du passé : la femme qu’il a aimée, l’ennemi d’enfance devenu flic, l’ami qui a basculé dans le grand banditisme, son père, ancien patron de la CGT locale, tyrannique et désabusé… Et le drame qui a bouleversé sa vie : la mort de son frère, Rémy, dix-huit ans, assassiné lors des grèves de décembre de 1986. René est-il venu venger son frère ? Pourquoi ne l’a-t-il pas secouru alors qu’il en était capable ? Pourquoi a-t-il rejoint la Légion ?
J’ai peur. J’ai toujours eu peur. C’est peut-être pour cela que je suis dangereux.

bonnotL’auteur : Né en 1962, Xavier-Marie Bonnot est écrivain et réalisateur de films documentaires. Il remporte avec son premier roman, La Première Empreinte (L’Écailler du Sud, 2002), le prix Rompol et le prix des Marseillais. Le Pays oublié du temps (Actes Sud, 2011) a été récompensé par le prix Plume de cristal et Premier homme (Actes Sud, 2013) par le prix Lion noir. Il est désormais traduit dans le monde entier. Après La Dame de pierre (Belfond, 2015), La Vallée des ombres est son huitième roman.

chronique-de-lecteurs

Le petit résumé et le petit avis de Kris :

LA VALLEE DES OMBRES – Xavier-Marie Bonnot

René Vasseur est légionnaire. Après vingt ans d’absence, il revient au pays car les jours de son père sont comptés et il souhaite être là pour son départ. En vérité, il souhaite découvrir le coupable de la mort de son frère, assassiné vingt ans plus tôt lors d’un mouvement de grèves.

Une vallée bien sur, un village, une usine, une atmosphère. Les non-dits, les rivalités qui commencent dès l’école et les jalousies, une famille où chacun accumule ses rancœurs et ces haines dont on ne connaît pas toujours les origines. Le sujet est traité avec justesse et on y retrouve ces taiseux qui ne trahiront jamais les leurs.
Je me suis retrouvée dans ce monde ouvrier dont on ignore bien souvent la droiture et la fidélité à la parole donnée.
Les personnages m’ont ramenée de nombreuses années en arrière et m’ont particulièrement touchée. Si vous cherchez une histoire prenante et pleine de sensibilité, ce livre est pour vous.

L’auteur a mis de ses tripes dans ce roman et ça se sent bien.

 

Lire ICI le début de la vallée des ombres.

Suicide cellulaire de David Moitet


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 dmjpg Le livre : Suicide cellulaire de David Moitet. Paru le 14 février 2013 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller.  6€95 ; (347 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Thomas Gallion n’est pas fait pour ça. Exilé dans un petit village des Pyrénées suite à un «dérapage», cet ancien capitaine de la brigade criminelle s’acquitte difficilement de sa nouvelle mission : résoudre les conflits de voisinage.

Heureusement, la montagne a encore quelques secrets à livrer : une randonneuse tombe sur un cadavre en lambeaux, et c’est une véritable enquête qui commence. Tandis qu’une peur vieille de vingt-cinq ans se répand à nouveau en ville, l’inspecteur Gallion va retrouver sa véritable nature.

 

dmzL’auteur : David Moitet  est né au Mans le 19 décembre 1977.  Il est enseignant, professeur d’EPS, marié, et père de trois jeunes enfants. Il avoue avoir la chance d’habiter un petit village paisible dans la Sarthe, en bordure de forêt. Il découvre sa vocation d’écrivain en 1999, encore étudiant, à l’occasion d’un exercice de création demandé par un professeur de français. Son aventure littéraire débute par la parution de quatre romans policiers. Très vite, il se trouve à l’étroit sur Terre et décide d’explorer la galaxie avec sa trilogie intitulée Les Mondes de l’Alliance. il est l’auteur de plusieurs thrillers à succès. Apoptose a été Coup de coeur du prix VSD du Polar. L’homme aux papillons a obtenu le Prix Femme Actuelle.

Extrait :
Prologue
Ne t’arrête pas, ne t’arrête pas… répétait-elle en boucle.
Ignorer la douleur. Mettre un pied devant l’autre, sans faiblir. La liberté était à ce prix. Elle serra les dents, défiant les vagues de souffrance et d’épuisement qui tentaient de la submerger.
Des larmes qu’elle ne sentait même plus couler avaient tracé leur sillon sur ses joues poussiéreuses. Pourtant, ses prunelles bleues étaient animées d’un éclat que rien ne pouvait ternir : celui de l’espoir. L’espoir indicible qui gonflait dans son cœur à chaque mètre parcouru en direction de la vallée. Si elle n’avait pas eu si mal, elle aurait pu se croire en plein rêve.
Pour la centième fois, son pied glissa sur une pierre tranchante. Elle étouffa un cri tout en grimaçant, mais s’interdit de ralentir. Une traînée sanglante s’étirait dans le sillage de ses pieds nus, le long du sentier rocailleux sur lequel elle avait fini par aboutir…
Elle plissa les paupières, cherchant désespérément à percer l’obscurité pour se repérer au cœur de ces montagnes sauvages. Mais la lune, avare, n’offrait qu’un mince croissant fantomatique, et la jeune femme ne distinguait qu’une lueur lointaine en provenance du fond de la vallée. Plusieurs kilomètres, à n’en pas douter.
Elle puisa dans ses dernières réserves et se força à continuer. Le simple fait de respirer l’air frais et de voir le ciel chargé de nuages lui redonnait courage. En tentant de comptabiliser les années durant lesquelles elle avait été privée de cette chance, elle fut prise d’un léger vertige.
Soudain, un craquement dans les buissons la tira de ses réflexions. Elle se tourna vivement vers le bosquet, une lueur de terreur au fond des yeux. Mais elle ne vit rien.
Un animal… Ce doit être un animal… essaya-t-elle de se convaincre en accélérant néanmoins le pas.
Elle ne tentait même plus d’éviter les pierres. Ses pieds, réduits à l’état d’amas de chairs ensanglantés, envoyaient avec une atroce régularité des décharges de douleur jusqu’en haut de ses mollets. Dans sa précipitation, elle trébucha et tomba lourdement au sol, s’écorchant les mains et les genoux.
Un autre craquement retentit. Plus proche. Dangereusement proche.
Elle se releva et se mit à courir aussi vite qu’elle le pouvait.
Se superposant aux sons des éboulements de roches provoqués par sa fuite désespérée, une autre mélodie, caractéristique, mit fin à ses derniers doutes : le bruit régulier d’une respiration saccadée.
On la poursuivait…
Ou plutôt, il la poursuivait.
— Au secours ! hurla-t-elle. Aidez-moi !

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Le résumé et l’avis d’Eppy Fanny

Un autre auteur rencontré à SMEP, avec qui nous avons échangé sur l’importance de certains professeurs côtoyés dans nos vies respectives. De fil en aiguille j’ai eu envie de découvrir son univers.

L’histoire :

Saint Lary Soulau, petite ville tranquille des Pyrénées. Sa police municipale avec à sa tête Thomas galion. Cet ancien Capitaine de la Brigade Criminelle, en disgrâce, a du mal à se faire à cette nouvelle vie. Ou lorsqu’un vol de poireaux est l’affaire la plus importante de la semaine …

Seule lumière à l’horizon, Maria Fernandez, Chef de Brigade de la Gendarmerie pour qui il a des sentiments.

La découverte d’un cadavre de femme par une randonneuse va lui permettre de renouer avec une enquête digne de ce nom. Enquête confiée officieusement par le Colonel Maducan, qui connait son passé et ses capacités.

dmaCette enquête va entraîner Thomas dans le passé et il va devoir comprendre des disparitions vieilles de 25 ans pour élucider l’affaire en cours. Disparitions que Maducan était en charge de résoudre à l’époque. Pourquoi et comment tous les documents concernant cette vieille affaire ont disparus ? Que cache l’incendie des archives de la gendarmerie ? Le passé va remonter doucement à la surface grâce à l’aide précieuse d’un libraire qui va aider activement Thomas dans sa quête. D’autant que Maria a disparu et que le temps est compté.

De plus que signifient les incohérences apparues lors de l’autopsie de la victime ? 25 ans, 50 ans ? Mais qui est-elle et quel âge a-t-elle ? Cette anomalie serait-elle liée à un médecin dont la commission d’éthique a stoppé les travaux il y a de nombreuses années et qui a disparu des radars ?

Alexandre fait appel à ses anciens amis pour tenter de résoudre cette affaire.

L’enquête mettra à jour un laboratoire secret. Les coupables seront identifiés, le passé rattrapera Maducan, Maria sera retrouvée. Mais les responsables ont-ils tous étaient identifiés et punis ?

L’histoire est très bien construite. L’idée de David Moitet est excellente.

L’écriture est agréable. Les personnages sont complets et intéressants. Le dénouement en partie inattendu.

Les sentiments de Thomas pour Maria sont présents. Trop ? Ce point m’a un peu freiné dans ma lecture, mais c’est personnel. Cela n’enlève rien à la qualité du récit qui est excellente.

C’est un polar.

Pas un polar noir.

Mais une fois encore c’est mon ressenti.

Je vous conseille donc de vous faire votre propre avis.

Lyndwood Miller de Sandrine Roy


Collectif polar.JLuc

9782370470713,0-3252940Le livre : Lyndwood Miller de Sandrine Roy.Paru le 10 juin 2016 aux Editions Lajouanie.19€; (291 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Lynwood Miller

Elle est jeune, belle et capable de déplacer des objets à distance et de guérir par l’imposition des mains. On cherche à la tuer. Il est beau, Américain, et coule une retraite paisible et prématurée dans les montagnes françaises. C’est un ancien membre des forces spéciales. Il veut la sauver.

Ils se sont rencontrés dans des circonstances peu communes : deux malfrats avaient kidnappé la belle et projetaient de l’exécuter. Pas de chance, ils opéraient à deux pas de la bergerie de l’ancien soldat…

Gravitent autour de ce duo deux psychiatres allemands au passé chargé ; un jeune hacker un brin introverti partageant son temps entre balades dans ses Pyrénées natales et curieuses missions à travers le monde ; une brigade de policiers d’outre-Rhin ; un commissaire français débonnaire, et un sacré nombre de gens bien décidés à faire disparaître définitivement l’héroïne.

De l’action, de l’amour, du suspense, des rebondissements… tous les ingrédients, en somme, d’un roman que ne renieraient pas les maîtres du genre.

13319945_135933353481270_5430673973166427892_nL’auteur : Sandrine Roy est née à Bordeaux et vit à Montauban. Lynwood Miller est son premier roman.
Elle s’est déjà attelée aux prochaines aventures de son héros charismatique, protecteur, amoureux, bagarreur, entier.

Extrait :

Une année s’était écoulée. Il neigeait sans interruption depuis dix jours. À l’extérieur, le silence était lourd, toute activité humaine ayant cessé à cause des intempéries. Selon les autochtones, habitués aux hivers rigoureux, cela faisait plusieurs décennies qu’il n’avait pas neigé autant. Non seulement ça tombait sans arrêt mais un vent violent s’étant mis à balayer les vallées, la température était descendue bien en dessous de zéro. Même dans l’après-midi, le thermomètre refusait de remonter. Il fallait se préparer à des coupures électriques si la neige continuait de s’accumuler sur les lignes à haute tension.Sur les conseils de Simon, Lynwood avait acheté un groupe électrogène, au cas où. Pour se chauffer, il utilisait presque exclusivement les poêles à bois qui distribuaient la chaleur dans toute la maison grâce à un système de tuyaux en toile d’araignée qui courait dans tous les plafonds jusqu’aux étages supérieurs où se trouvaient les chambres. Le groupe électrogène était destiné au réfrigérateur et au congélateur.
Le quinzième jour de tempête, les lignes téléphoniques et l’électricité furent coupées. Lynwood eut l’occasion d’inaugurer l’engin, espérant que la quantité d’essence soit suffisante, il ignorait combien de temps durerait la coupure.
Il se retrouva donc complètement isolé. Même Simon ne pointa pas le bout de son nez.
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Résumé et l’avis de Jean Luc :

 Quelque part dans les montagnes françaises vit une jeune femme d’une grande beauté, capable de guérir par l’imposition des mains et douée de télékinésie. Un jour, des hommes font irruption chez elle et la kidnappent avec l’intention de la tuer. Elle est sauvée par Lynwood Miller, un ancien des forces spéciales américaines qui vit dans la bergerie voisine depuis sa retraite. 

Lyndwood Miller de Sandrine Roy est un livre étonnant. En effet, j’ai trouvé l’intrigue plutôt simple et malgré tout j’ai bien accroché avec les personnages de ce roman policier. Il y a du suspens et franchement, j’ai passé un bon moment en compagnie d’une équipe très particulière.

Sans rentrer dans les détails, il y a un vieux garçon, génie et pirate informatique hors norme, un ancien membre des forces spéciales américaine bourré de charme et aussi une jeune femme douée de capacité paranormales.

En faite, c’est très bien construit parce que l’auteur ne tombe pas dans les clichés des séries américaines, les personnages sont attachants et humains. L’histoire est pas mal ficelé, on frise le fantastique mais pas trop. Et il y a aussi un peu d’humour !
Seul bémol, la fin à mon goût est un peu trop facile et aurait gagné à être un peu plus développée, en particulier en raison des talents de l’héroïne.

En dépit de cela, Lindwood Miller reste très agréable à découvrir et surtout il me tarde de lire la suite des aventures de cette équipe !

 

Lire le début de Lynwood Miller ICI

Grossir le ciel de Franck Bouysse


téléchargement (32)Le livre : Grossir le ciel de Franck Bouysse. Paru le 9 octobre 2014 à la Manufacture de livres. 16,90€ ; (198 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

Abel but son verre d’un trait et se leva. Il se tenait face à Gus, tout raide, comme une espèce de bestiole qui ne voudrait pas être repérée dans un décor hostile, puis il planta ses yeux dans ceux de Gus après un silence qui ne rendait service à personne et il dit :

– Tu veux que je te dise vraiment le fond de ma pensée ?

– Je t’écoute.

– Le diable, il habite pas les enfers, c’est au paradis qu’il habite.

Entre Alès et Mende, au milieu des Cévennes, un lieu-dit appelé Les Doges, deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, de la neige une partie de l’année, deux hommes, un chien, un fusil, quelques mots, des silences et de la roche pour poser le tout.

C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passés par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.”

L’abbé Pierre vient de mourir. Gus ne saurait dire pourquoi la nouvelle le remue de la sorte. Il ne l’avait pourtant jamais connu, cet homme-là, catholique de surcroît, alors que Gus est protestant. Mais sans savoir pourquoi, c’était un peu comme si l’abbé faisait partie de sa famille, et elle n’est pas bien grande, la famille de Gus. En fait, il n’en a plus vraiment, à part Abel et Mars. Mais qui aurait pu raisonnablement affirmer qu’un voisin et un chien représentaient une vraie famille ? Juste mieux que rien. C’est justement près de la ferme de son voisin Abel que Gus se poste en ce froid matin de janvier avec son calibre seize à canons superposés. Il a repéré du gibier. Mais au moment de tirer, un coup de feu. Abel sans doute a eu la même idée ? Non.

Longtemps après, Gus se dira qu’il n’aurait jamais dû baisser les yeux. Il y avait cette grosse tache dans la neige. Gus va rester immobile, incapable de comprendre. La neige se colore en rouge, au fur et à mesure de sa chute. Que s’est-il passé chez Abel ?

téléchargement (34)L’auteur : Franck Bouysse, né en 1967, vit à Limoges. Il a publié Vagabond et Pur sang chez Écorce.

Franck Bouysse vit à Limoges. Il aime marcher dans les villes, s’arrêter dans un bar, écrire en écoutant Antony and the Johnsons, Billie Holiday et fumer d’immondes cigares italiens.

Il publie un roman noir (L’Entomologiste), puis ensuite sa trilogie H. (Le Mystère H., Lhondres ou les ruelles sans étoiles et La Huitième lettre). Il réalise également les dossiers introductifs de l’intégrale BD de Théodore Poussin(par Frank Le Gall) et participe ça et là à divers projets collectifs.

Extrait :
Que Gus aimait ce pays serait beaucoup dire, mais comme il n’avait rien connu d’autre, il s’était fait à l’idée d’y finir ses jours. Pas malheureux, pas vraiment heureux non plus. Sa place dans le vaste ordonnancement de l’univers étant donné qu’il était incapable d’en imaginer une autre.

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Avis et résumé

images (15)Gus est installé près de la ferme de son voisin, Abel, pour chasser. Il a repéré du gibier, mais au moment de tirer, il entend un coup de feu.
Franck Bouysse installe tranquillement les choses, comme s’il voulait que le lecteur vivent au rythme des saisons comme vivent ses protagoniste. Une vie plutôt tranquille, même si elle est rude.
La nature et le climat guident les hommes dans ce coin reculé des Cévennes. Les gens sont taiseux par ici. Et si la solidarité reste de mise, forcément il faut faire front commun contre les coups durs, sinon point de salut, les amitiés, elles sont quasi inexistantes.
images (18)Il y a Gus, il y a Abel, il y a aussi le chien de Gus, Mars.
Et si Gus et Abel ne sont pas proche il leur arrive de se filer un coup de main, une vache qui a du mal à mettre bas, les moissons qu’il faut finir avant l’arrivés des gros orages…Alors qu’est qui c’est passé entre ces deux là par un petit matin frileux?
images (16)Franck Bouysse va nous le raconter dans ce récit qui met en scène la nature des Cévennes, la solitude des paysans des montagnes, les secrets de famille, l’irruption de l’inconnu et de la violence.
C’est beau, c’est dur, c’est noir, ça nous secoue et nous bouleverse tout à la fois.
Un exceptionnel roman noir, Un superbe « nature writing » ou l’homme , la nature, le silence et la solitudes sont prétextes au perpétuel questionnement de la condition humain.
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L’hiver peut être rude et marque à tout jamais cette nature cévenole

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La nature cévenole au file des saisons. Ici l’automne

Six fourmis blanches de Sandrine Collette : la puissance et la subtilité d’un très beau texte.



9782207124369,0-2479832Le livre : Six fourmis blanches de Sandrine Collette. 
Paru le 22 janvier 2015 chez Denoël ; Sueurs froides. 19,90 € ; (300 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv : Six fourmis blanches

Le mal rôde toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ?

Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.

À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…

Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

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Extrait 1 : Quelle horrible impression, celle de nos propres limites: jamais, dans la vie ordinaire, nous n’avons besoin d’aller aux frontières de ce dont nous sommes capables, à l’extrême de nos forces. Le sentiment d’arriver au bout nous est étranger. Nous nous croyons invincibles, quand nous n’avons simplement pas à utiliser nos réserves. Nous sommes des protégés, des assistés qui s’ignorent. Des faibles. (..) Devant l’immensité des éléments, dans des situations extrêmes, nous ne sommes plus rien.
Extrait 2 : Et je vois se lever dans ses entrailles les brûlures du mal, qui donne à son visage épais des reflets dangereux, des rictus incontrôlables. Cette force qui gronde en lui, c’est celle du diable, qui grandit, qui pousse les parois, et le déforme et le dévore. Sa silhouette trop grande et tordue, musculeuse, ses gestes hachés, son regard de possédé ; tout souligne la métamorphose hideuse de ce gamin qui se croit investi du don de Dieu, et qui vomit à chaque mot les démons qui l’habitent.

contributor_82278_195x320L’auteur : Sandrine Collette
est née en 1970. Elle partage sa vie entre l’écriture et ses chevaux dans le Morvan. Des noeuds d’acier, son premier roman, paru chez Denoël en 2013, a rencontré un vif succès critique et public. Il a reçu le Grand Prix de Littérature policière.


Résumé et petit avis
:

Lou est partie pour trois jours en trek en montagne en Albanie, avec son 750_dsc04309 (large)_vignettecompagnon Elias, et trois autres personnes ayant comme eux gagné ce séjour. Mais l’un d’entre eux meurt et ils se perdent dans une tempête. Mathias, lui est le  » sacrificateur  » de sa vallée. Une vallée sauvage, reculée, où les superstitions ont la vie dure, comme l’ai la vie des habitants de ces contrées. Une vie rythmée par les saisons en montagne et son climat rude. Et l’on va suivre tout au
long de ces 300 pages, Lou et Mathias qui devront composer leur vie avec cette montagne, belle, majestueuse mais parfois dangereuse et inhospitalière. Et en suivant ces chapitres alternés, nous allons nous aussi être pris au piège de la beauté et de grandeur que ce lieu qui sait se faire féerique et Montagne-chien-couche-agneaudiabolique à la fois.

Alors…Que dire de Sandrine Collette, si ce n’est que cette femme est un génie. Une fois encore elle nous emporte avec son écriture tout en finesse, avec sa puissance d’évocation.    Elle nous embarque tranquillement, d’abord. Elle prends son temps, on se laisse bercer par la beauté de la nature par sa force, par sa magie. Et puis, ça s’accélère. Car on le sait, à tout moment, tout peut basculer chez Sandrine Collette. Et là c’est encore plus fort et on se laisse emporter. Superbe, sublime.
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