Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny


Ce soir comme promis c’est…

La double chronique

Et c’est MissAline et Clémence qui nous offre leur avis

Le livre : Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny.   Paru le 5 juin 2018 chez Independently published. 17€ ; (325 pages) ; 13×20 cm

4ème de couverture :

Pour que des vies basculent, il suffit parfois d’une seconde. New York, 2018. Assis en salle d’embarquement de l’aéroport de La Guardia, Tom Brady observe les autres passagers, autant d’anonyme ignorant tout de son terrible Thanksgiving 2015. Impossible d’oublier ce fameux jeudi ! Une journée noire, agitée, tendue, qui cache d’effroyables secrets mais aussi une vérité glaçante, dérangeante, dont les racines puisent bien plus loin dans le passé.

A cet instant, Tom est bien loin d’imaginer qu’il ne lui reste que trente seconde avant de mourir.

 

L’auteur : Né en 1976 en Pays de Champagne, Sébastien Theveny vit depuis 2002 en Franche-Comté. Il a une formation littéraire, il est l’auteur d’un recueil de poèmes intitulés : En vers…et conte tout.   Trouble Je,  est son premier roman, suivi d’« Un frère de trop » son premier thriller. Vient enfin Trente secondes avant de mourir.
Extrait :
«  C’est sans compter sur les impondérables : tous ces petits événements, tous ces petits rien qui, mis bout à bout, forment une journée. Ces petits moments où chaque seconde peut devenir un choix. »

L’accroche de Miss Aline

 

1988,  trois enfants  dont la vie est bousculée par certain événement dont ils ne parleront à personne.  

2015, année charnière dans la vie de Tom.

2018, toutes les trajectoires se retrouvent  dans  cet espace temps.

Trente ans, trente secondes et la vie défile, avance, s’enfuie. D’autres choix étaient-ils possible ? Est-ce vraiment un choix  ou juste l’effet papillon ?

Il n’y a aucune difficulté à passer d’une année à une autre ; je dirais presque d’une histoire à une autre. L’auteur décrit très bien chaque protagoniste et son espace temps. Mais quel est le lien entre eux ?  Plus tu avances et plus tu cherches la cassure, le truc qui va te faire dire « ah oui quand même ».

Trente ans à avancer, tenté d’oublier, ruminer.

Trente ans, des retrouvailles entre  gosses d’hier  devenus des adultes ayant oubliés leurs rêves. Trente seconde pour basculer.

Trente secondes pour prendre une autre route et couper celle d’une autre vie. Tom va les «bouffer » toute sa vie ces trente secondes.

Trente ans le méchant d’hier s’est racheté une conduite. Trente secondes d’inattention et  à nouveau l’enfer.

L’auteur s’attache à démontrer que rien n’est fixé. Tout peut prendre une tournure inattendue dans la vie. Que tu n’es pas le/la seul(e) à influer sur le court des choses, les autres le font parfois pour toi de façon inconsciente bien sur.

J’ai beaucoup aimé la façon dont le récit est découpé et qui t’amène à t’interroger sur le « on va où ? ». La lecture est fluide  et tu as du mal à quitter tes pages. Les choses se mettent en place et tu comprends. Ok pour cette fin alors… ah non l’auteur te ménage une petite sortie des plus surprenantes.

Un très grand merci à Sébastien  Theveny de sa confiance en me faisant découvrir son univers. J’ai hâte de lire ses autres romans. Surement un nom à suivre…

Bonne lecture.

 

Extrait :
J’ai cru que notre mariage pourrait me guérir, mais je n’ai jamais réussi à me libérer tout à fait du passé.
La seule manière de m’en libérer, c’est de faire ce que j’ai décidé d’accomplir aujourd’hui même.
D’ici quelques heures, mon âme sera libérée d’un poids gigantesque.
Même si le prix à payer est lourd.
Et dangereux.
Définitif.
Mon pauvre homme, je fais de toi une victime collatérale de mes actes.
Le risque est grand que je finisse mes jours derrière les barreaux…
D’une certaine manière, je t’aime.

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Sébastien Théveny , Trente secondes avant de mourir :

Première fois pour moi que je lis un livre de cet auteur , que je remercie pour sa confiance .

J’ai été subjuguée par cette nouvelle plume et je suis sûre d’être assidue dans la lecture de ses ouvrages …

Passons aux choses sérieuses :

Tom , patiente dans la salle d’embarquement de l’aéroport , où mal à l’aise il observe toutes les personnes qui l’entourent . Étrangement , plusieurs personnes ne lui semble pas inconnues …

Nous allons faire des nombreux retours en arrière pour faire connaissance avec ces personnes censées ne pas se connaître et pourtant … quel est le lien qui les unit ?

Pour le découvrir il vous faudra lire ce superbe roman .

L’auteur nous fera revivre cette fameuse journée , où tout a été de travers , où le destin de Tom et des autres personnages  a pris un sacré tournant .

Vous ferez la connaissance d’Erin , de Ramon , de De Marcus … et ils méritent d’être connus .

Alors n’hésitez plus et retenez bien ce nom , Sébastien Théveny . Je vous assure que vous ne serez pas déçu , c’est promis !!

J’ai vraiment adoré ce livre , j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher . Un petit bijou !

Extrait :
En somme, la vie de chacun n’est que l’accumulation de petits riens dans la grande mêlée générale de la fourmilière humaine

Voilà mes polardeux,

J’espère que comme moi vous avez fait une découverte car une nouvelles nos flingueuses n’ont bien donner envie de le lire celui-là. Rhaaaa sacrée tentatrices !

Et comme si cela ne suffisait pas ! …

Sébastien Theveny viendra bientôt papoter ici avec Clémence (autour du 4 aôut)

Publicités

Obia de Colin Niel


Le livre : Obia de Colin Niel Paru le 7 octobre 2015 chez Rouerge dans la collection Rouerge Noir. 23€ ; (490 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 6 septembre 2017 chez Babel dans la collection Babel noir.  9,90€ ; (563 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé de l’éditeur :

Clifton Vakansie court dans les rues de Saint-Laurent, sa ville natale, sur les rives du Maroni, en Guyane. Il court dans un paysage de tôles et de parpaings, en direction de Cayenne et de son aéroport, dont le séparent des fleuves qu’il faudra franchir à la nage, des barrages de gendarmerie, des pistes tracées à travers la forêt. Il court pour l’avenir de sa petite Djayzie, sa fille qui vient de naître, lui qui est à peine un homme. Il court à travers sa peur et des jeunes de son âge tombent autour de lui. Mais plus tu es déchiré, plus les chiens te déchirent, c’est ce qu’on dit. Et Clifton a beau être sous la protection de l’obia, rendu invincible par la magie des Noirs-Marrons, à sa poursuite il y a le major Marcy, un Créole, un originaire comme on dit, colosse né ici qui sait tout des trafics et des hors-la-loi, homme emporté qui n’a pas volé sa réputation de tête brûlée. Et il y a aussi le capitaine Anato, un Ndjuka comme Clifton, un type étrange, aux yeux jaunes, dont personne pas même lui ne sait d’où il vient vraiment. Clifton l’ignore encore, mais dans sa fuite vers l’est il ne va pas tarder à croiser des fantômes. Ceux de la guerre du Suriname. Des fantômes qui tuent encore. Qui ne cessent pas de tuer.
En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.

L’auteur : Colin Niel est né en 1976 à Clamart. Il grandit au 12ème étage d’une ZAC à Issy-les-Moulineaux. Il s’intéresse aux ailleurs, voyage autant que possible, observe les oiseaux. Magicien, comédien amateur, il s’essaye à tout, avec plus ou moins de succès. Il suit des études en agronomie, en environnement, en écologie, et finit ingénieur, spécialisé dans la préservation de la biodiversité.
Il quitte alors la métropole pour travailler en Guyane durant six années qui lui permettent de côtoyer les nombreuses cultures de la région et particulièrement les populations noires-marrons du fleuve Maroni. Il y est notamment en charge de la création du parc national amazonien, une mission qui le marque beaucoup. Plus tard, il devient directeur adjoint du parc national de la Guadeloupe.
Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il se lance dans le polar à son retour de Guyane. Ainsi nait Les Hamacs de Carton, roman policier profondément social et très documenté, inspiré par une réalité trop quotidienne dans ce territoire aux frontières perméables : celle des immigrés, apatrides et autres étrangers en situation irrégulière. Un premier roman remarqué qui inaugure … sa série guyanaise multiprimée : « Les Hamacs de carton » (2012, prix Ancres noires 2014), « Ce qui reste en forêt » (2013, prix des lecteurs de l’Armitière 2014, prix Sang pour Sang Polar 2014) et « Obia » (2015, prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016, prix Polar Michel Lebrun 2016) met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines.
 Extrait : 
« 1992, c’était il y a vingt ans. Jérémy n’était même pas né, Vacaresse venait de rencontrer Mathilde. Il débutait à peine dans la gendarmerie, premier poste en brigade de recherches. À l’époque, personne en métropole ne parlait de cette guerre civile au Suriname, ou alors il ne s’en souvenait pas. Dix mille réfugiés en territoire français, ce n’était pourtant pas rien. La même affaire dans l’Hexagone, les médias en auraient fait leur Une pendant des mois. Tout le monde s’en fichait, il se dit, comme de tout ce qui se passe en Guyane en fait. Ça paraît tellement loin quand on vit là-bas. Lui-même, avant d’être muté ici, savait à peine placer le département sur une carte. La fusée, le bagne, l’enfer vert et les bestioles, voilà à quoi se résumait l’Amazonie française vue de Paris. Et un peu d’orpaillage depuis quelques années, pour faire sensation. Mais ce que vivaient les gens ici, ce qu’ils avaient enduré dans le passé, personne n’en savait rien. »

La chronique jubilatoire de Dany

« La banane jaune ne redevient pas verte » … proverbe guyanais

Au commencement il y a eu une info FaceBook de la part de l’auteur qui faisait le lien avec une chronique qu’il avait écrite pour Libération, au sujet des troubles en Guyane de mars 2017. J’ai trouvé son approche originale car il y faisait parler ses héros. Ensuite j’ai lu « seules les bêtes » et j’ai vraiment aimé le fond et la forme de ce roman.

Ensuite j’ai eu la chance de le rencontrer lors du salon « lire en poche » en octobre 2017 et au cours de la discussion il m’a invitée à lire sa trilogie dans l’ordre inverse de sa parution ( !). C’est donc comme ça que je me suis retrouvée plongée en Guyane et ironie du sort au moment de la visite présidentielle … J’ai donc pu profiter de la couverture médiatique pour illustrer au mieux les paysages de l’Amazonie française … C’est aussi un grand hasard heureux d’avoir enchaîné « entre deux mondes » d’Olivier Norek avec cet Obia de Colin Niel.

Ce roman noir et à suspense ébranle nos préjugés de métropolitains obtus. On y apprend que le Maroni  est le fleuve frontière entre ce département français et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise, aujourd’hui indépendante et soumise aux dictatures, conflits d’influence. C’est aussi la porte d’entrée de la cocaïne en Europe par l’exploitation de ces mules innocentes qui n’ont d’autre chance de survie. Le Suriname est aussi à l’origine d’une vague d’immigration de ses persécutés vers les voisins français. Elle aurait pu être maitrisée et acceptée il y a quelques années, mais elle ouvre aujourd’hui la voie de la violence et du sentiment d’insécurité. Les créoles, les  Ndjukas  et autres noirs-marrons s’opposent alors que la frontière poreuse fait que leurs origines sont étroitement mêlées.

Incontestablement documenté, Obia fait aussi largement référence aux médecines amazoniennes et à la biodiversité à disputer aux orpailleurs et exploitants de bois précieux.

Le lecteur qui pensait lire un simple polar se trouve happé par une ambiance moite, une fange omniprésente, séduit par des personnages d’une richesse rare et des paysages à couper le souffle. Il ne peut qu’être touché par Anato et la quête des ses origines et par Melissa, cette jeune femme sourde qui montre une force de caractère hors du commun qui font oublier quelques longueurs ouy répétitions dans la narration, tout à fait supportables.

Bonus … les expressions locales apportent un exotisme bienvenu : à noter …

Le tchip ou tchipage est un élément de communication non verbale. Il est courant en Afrique, ainsi que parmi les populations d’origine africaine dans les Antilles, ainsi que dans les pays d’Afrique subsaharienne.

le carbet, un abri de bois sans murs, typique des cultures amérindiennes.

La saison des feux de Celeste Ng


Le livre : La saison des feux  de Celeste Ng. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau. Paru le 5 avril 2018 chez Sonatine. 21€ ; (377 p.) ; 22 x 14 cm

4ème de couv :

Vous vous sentez à l’abri chez vous ? Cela ne va pas durer.

A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

 

L’auteur  : Celeste Ng est née àPittsburgh, Pennsylvanie , 1980. Elle est une romancière et nouvelliste. Originaires de Hong Kong, ses parents se sont installés aux États-Unis à la fin des années soixante. Son père, physicien, a travaillé au Glenn Research Center et sa mère, chimiste, a enseigné à l’Université d’État de Cleveland.
Celeste obtient un BA d’anglais à l’Université Harvard en 2002, puis un MFA en écriture à l’Université du Michigan où elle a été lauréat du prix Hopwood pour sa nouvelle « What Passes Over ».  Celeste Ng vit dans le Massachusetts. Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, La Saison des feux est son deuxième roman publié chez Sonatine Éditions.
Extrait : 
Pour un parent, un enfant n’est pas une simple personne : c’est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu’on vit, le passé dont on se souvient et l’avenir qu’on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu’il a été, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C’est étourdissant. Et chaque fois qu’on le laisse, chaque fois que l’enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu.

La lecture de Marie Nono

Une très belle découverte.

J’ai nommé : LA SAISON DES FEUX de Celeste Ng aux éditions Sonatine. 375 pages. Sorti en librairie le 5 avril 2018.

Mais bon sang quelle histoire ! Un roman noir écrit avec finesse et délicatesse.

Dans une ville américaine où tout semble paisible, sans soucis avec des habitants parfaits, sans histoire, aisés, avec des enfants intelligents, obéissants…Bref, l’idéal américain que décrit à merveille Celeste Ng. Cependant vu de l’intérieur c’est pas tout à fait la même musique !

Dans un tout autre registre, il y a des personnages qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme Marianne (Meurtres pour rédemption/K.Giebel) et là je pense que Mia et Izzy sont venues la rejoindre.

Le sujet à la base est assez “banal” mais ne vous y fiez pas car il est traité avec une dextérité et une justesse qui m’ont laissé tellement d’émotions que je suis incapable de toutes les citer.

Gros coup de coeur pour moi….

 

Hunter de Roy Braverman


Le livre : Hunter de Roy Braverman. Paru le 16 mai 2018 aux Editions Hugo thriller. 352 pages, 14 x 21, 19,95 €

4ème de couverture :

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché  le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

L’auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Patrick Manouckian, alias Roy Braverman est l’auteur de la trilogie à succès Yeruldelgger chez Albin Michel (385.000 exemplaires). Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par le Prix des Lectrices de ELLE, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quai du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle trilogie, à paraître chez Hugo Thriller.

Extrait : « Ce jour-là, en désespoir de cause, il s’st couché contre elle, en sanglots dans la poussière de la cabane, et a bercé Eileen jusqu’à ce qu’elle ne saigne plus. Et beaucoup plus tard dans la nuit, sous un ciel démesuré d’étoiles et de constellations, alors que rôdaient les coyotes, il a déshabillé son amoureuse en pleurant et l’a enterrée loin de la grange abandonnée. Puis il a bredouillé une prière de colère contre sa putain de famille. Contre ces putains de blancs. Contre cette putain d’Amérique toute entière. Et il est parti […] »

L’accroche de Miss Aline :

Hunter  ça débute comme une série que tu aurais prise en cours de route. Les sourcils froncés tu cherches à intégrer les lieux, les liens, les personnages. Très vite t’es mordue.  352 pages pour choper Hunter (c’est lui le méchant, on le sait d’emblée) ? T’es septique, trop simple !

T’enfiles ta parka et tu vas t’intégrer à la vingtaine d’habitants du bled perdu en pleine forêt sous une tempête de neige.  Huis clos. Freeman perdu dans sa haine suit Hunter. Hunter perdu dans son désir de vengeance ? Son envie de revenir sur les lieux du crime ? Un shérif, son frangin, Denise, les locataires de la chambre 5…tout ce petit monde va se télescoper et recommence la ritournelle des disparitions et des meurtres. Hum, petit bémol. On dirait que ce n’est pas tout à fait le même mode opératoire.  Quelqu’un se servirait-il de la cavale de Hunter pour se faire un petit plaisir meurtrier ?

L’auteur te mène dans un rythme effréné. Tout comme un train peut en cacher un autre, l’auteur te cache un autre serial killer. Euh, y en a combien ? Y a pas, tu veux connaître la fin. Tu dévores le bouquin en quelques heures. T’as tout « vécu » : la course poursuite, l’étonnement, la trouille, la traque,  t’as même franchement pleuré de la page 3.. à la page 3…Il est fort l’auteur pour te balader d’émotion en émotion.  Il est fort aussi pour te laisser sur la résolution de cette affaire (ou presque) et les prémices d’une autre. Vite l’opus suivant…

Un très grand merci aux Editions Hugo Thriller pour m’avoir fait entrer dans le monde noir de Hunter.

 

N’Y descendez Jamais ! – Devenu “ABY”– de Fabrice LIEGOIS


N’Y descendez Jamais ! – Devenu “ABY”– Autoédition – Thriller de Fabrice LIEGOIS

Prologue :
La Louisiane, une Manbo, la voix de la vérité qui fredonne une adoration. Ainsi naquit la légende d’Aby… Le récit d’Aby se fait un soir d’Halloween, le mien aussi…
Toi le cartésien, oublie toutes tes certitudes et rentre dans le cercle des bougies, écoute la voix des Loas, et laisse la magie opérer… Ceci est l’histoire d’Aby. Et lorsque tu seras initié à ton tour tu ne verras plus le monde qui t’entoure de la même façon. Paskemwen te ale nan kavla. Epi, koulye a mwenkonnen! (Car moi je suis descendue dans la cave. Et maintenant je sais !)
Pour mieux m’y accompagner il est important de visionner le long métrage réalisé par Fabrice Liegeois et qui initie le récit via le lien suivant 
Cette histoire, l’auteur l’a construite en 4 actes, comme un opéra. Et la musique qui nous accompagne est le créole. Créole qu’il a pensé à traduire pour ceux qui ne le comprennent pas. J’ai donc conservé ce format pour ma chronique. En revanche, contrairement à lui je n’ai pas appris le Créole (à ma chère Guadeloupe). J’ai utilisé Google Traduction et le Créole Haïtien, le seul à disposition. Pardon aux puristes.
Partie 1 Aby. New York, quartier d’Harlem – Le 31/10/12 (et oui ce récit ne pouvait que débuter un soir d’Halloween) – En pleine tempête Sandy. 10:13 PM
Une prêtresse âgée, la fin d’un désounien, deux globes de jade qui fascinent… Sa voix qui explique qu’elle a attendu. Qu’elle a espéré et qu’il est temps qu’elle se confesse. Enfin. Et elle va se confesser, du 6 janvier 1939 jusqu’au 1er aout 1943 nous allons découvrir son histoire. Je suis Abigail, l’exécrée – Annonce-t-elle – Des bayous de Louisiane que la famille va fuir, jusqu’à ce quartier d’Harlem où elle se raconte. Elle la bâtarde issue d’un viol, celle de la mauvaise couleur, la couleur quarteron, Lwachabine. Ce reproche vivant. De cette enfance coincée entre amour et violence. De cet amour immense pour sa Jaja, la Bôko, qui va la porter et l’aider à affronter l’indicible. Jaja qui porte le fardeau de sa malédiction, elle qui a choisi de vivre avec son fils pou pi bon kontwole li, wi (pour mieux le surveiller, ça oui). Et puis un soir dans Harlem, le démon va se lier à Aby en emportant un morceau d’elle… Jaja la sauvera.
Partie 2Lwa Racine. New York, quartier d’Harlem – Le 31/10/12 – 10:25 PM
Aby poursuit son récit et raconte la période d’après-guerre, le chômage qui explose, la pauvreté qui s’accroît. Harlem qui devient un ghetto. Aby, qui doit gérer la maison, palier aux absences, même pour les pires tâches. Car la malédiction se poursuit. Encore. Page 164 « Je suis devenue Abigail l’incestueuse … (gémit-elle) ». Et puis les voix qui résonnent en Jaja, de plus en plus fortes, ses délires qui inquiètent Aby. Aby qui au lendemain de son 19ème anniversaire scelle son destin. La transmission a un prix. Un rituel de passage, une folie dévorante. Offrir son âme à l’éthéré. Devenir pourpre comme les pierres de Petro Je-way. P211 « Je suis devenue Abigail l’orpheline. (pleure-t-elle) ». Et puis l’initié jouera une dernière fois son rôle de sauveur. Et les voix seront de plus en plus présentes – Jaja est là à jamais – Et tous les autres aussi.
Partie 3 MarinètBwaChech. New York, quartier d’Harlem – 11:41 AM – 14 Avril 1972
Les BPP s’approprient la rue. Tout va mal. La ville a sombré dans une crise sociale, économique et politique. Harlem se meurt dans un silence hypocrite. Et puis la guerre du Vietnam. Un dernier acte d’amour d’un fils aimant. Puis la folie qui dévore tout, même l’amour. Et la malédiction se poursuit, inéluctablement et avec force. E menmtibebe a inosanapdwepeye (Et même le nourrisson innocent devra payer). Le temps de la vengeance arrive. Eux qui savaient et ont laissé faire vont payer !
Partie 4 Coup N’ame. New York– Le 29/10/12
Mathis vat découvrir ce quartier de Harlem via cette annonce alléchante d’un meublé de deux pièces à louer pile dans son budget. Il échange avec cette voisine. Si bizarre voisine. Puis cette porte condamnée dans le hall. Il a pourtant été prévenu… N’y descendez jamais ! C’est Jaja qui me l’a dit…
Chez Aby 31/10/2012 – 10:07 – P539. Rappelle-toi, elle voit des choses. Son esprit lui montre des visages. Des formes de vie éthérées qu’elle seule est capable de percevoir. Elle est la Mah d’un Djab. Les têtes s’alignent sur la table devant elle.
Paskefen a pata ka lòt. Men, èskefen sa a ? Car la fin ne pouvait être autre. Mais est-ce la fin ?

Fabrice nous parle d’amour, de douleur, de malédiction, de folie et de traditions.

De la maltraitance faite aux enfants.

De ce dont l’esprit est capable pour surmonter ces souffrances innommables.

De la folie dans laquelle les victimes basculent pour ne pas mourir.

De la schizophrénie qui balaie tout… Et dont certains ne reviendront jamais.

Un récit fort, bouleversant.

Une thérapie et avant tout un acte d’amour pour cette grand-mère formidable qui est la sienne.

Il est impossible de rester insensible à ce récit.

Pour ma part il m’a totalement bouleversée et j’ai eu besoin de quasi un mois de recul pour être capable d’écrire ces lignes.

Ne passez pas à côté de cette pépite littéraire.

De la part d’Hannah – Laurent Malot


En ce jour de Saint Valentin, nous voulions vous proposer autre chose que du polar.

Aussi avons nous décidez je vous présenter deux romans de nos auteurs polar chouchous du moment mais qui écrire aussi de la blanche.

Le premier a être sur la sellette c’est Laurent Malot

Aussi je vous laisse découvrir son 1e roman


Le livre : De la part d’Hannah de Laurent Malot. Paru le 6 mars 2014chez Robert Laffont. 19€ ; (224 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

L’auteur : Depuis son enfance, Laurent Malot n’a qu’une envie, celle de raconter des histoires. Autodidacte, il a écrit des fictions pour France-Inter, des pièces de théâtre et trois romans : De la part d’Hannah (Robert Laffont, 2014) et les thriller L’Abbaye blanche et Sème la mort (Bragelonne, 2016 et 2017). Il a aussi sortie Lucky Losers (Albin Michel) , un premier roman jeunesse.

Extrait :
Ma mère est morte quand j’avais trois ans. J’étais trop petite et je m’en souviens pas. Il paraît qu’elle avait les mêmes cheveux que moi et les yeux encore plus clairs. Elle s’appelait Elsa, elle avait vingt-quatre ans et elle est morte dans un accident de train, un jour où elle allait voir ses parents dans l’Est. Eux, je sais même pas s’ils sont vivants ou morts, on en parle jamais. C’est à cette époque que Martha a acheté une autre maison à l’autre bout de La Chapelle-Meyniac, parce qu’avec Jimino, ça collait plus.

Le OFF de OPH

oph et Laurent MalotLaurent Malot , je crois que c’est la première fois que je cherche autant mes mots pour exprimer un retour de lecture. D’ailleurs « retour » n’est déjà pas le terme adéquat tant c’est une boule d’émotions qui enserre mon cœur de petite fille du peuple juif qui s’exprime…
Je suis née catholique mais née Cohen, avec toute l’histoire de ma famille. Nombre d’entre vous s’en fiche, mais si je parle de « de la part d’Hannah » avec tant d’émotions, ce n’est pas anodin. C’est sûr, les paroles d’Hannah trouvent un écho chez moi, plus que chez d’autres je pense…
Qu’est ce qu’être juif? Tu l’exprimes tellement bien Laurent. Aujourd’hui nul ne peut en donner une définition acceptée de tous. Être de religion juive? Être né d’un parent juif et se sentir lié à ce peuple qui, depuis la nuit des temps, est persécuté? Tant de questions qu’Hannah se pose et que je me suis posées… parce que même en 2018 l’antisémitisme a de beaux jours devant lui, parce qu’être juif est indéfinissable.
Au travers des mots d’Hannah tu as évoqué les conséquences de la rumeur, de ces bruits de village qui existaient à l’époque mais qui existent encore… les dégâts que peuvent causer les « on dit »… la pression de conformité… la peur de la différence.
À travers ses mots innocents (ceux d’Hannah) mais desquels transpirent une maturité qu’on ne devrait pas avoir à 10 ans, tu m’as bouleversée.
Qui sommes nous? D’où venons nous? Notre histoire est essentielle pour nous construire et les secrets de famille nuisent à notre épanouissement.
J’ai peur d’en dire trop et je vais donc m’arrêter. Une chronique très courte parce que je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens à la fin de ton roman.
Mes émotions m’appartiennent, elles sont très fortes et ne valent que pour la femme que je suis.
Néanmoins, à vous qui me lisez, « de la part d’Hannah » est un roman qui devrait être lu au collège… dur parfois, avec des mots qu’il faudra expliquer à nos enfants, il est le reflet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe encore dans notre pays. Un hymne à la tolérance et à l’amour de son prochain, un pamphlet contre l’étroitesse d’esprit.
Laurent ce roman est un bijou, et je pousserai mon fils à le lire quitte à le relire avec lui.
Tu m’as bouleversée avec Hannah.
Merci à toi.
Je ne mettrais ni la quatrième de couverture, ni aucune citation (malgré le fait que j’en ai marqué plusieurs). Pour une fois les mots me manquent tant l’émotion est intense.
Faites moi confiance, ne cherchez pas à en savoir plus et juste « lisez ».
Rien ne sert de tout analyser, il faut juste parfois se laisser porter par les émotions.

Ne pensez pas qu’il s’agit d’un énième roman victimisant le peuple juif (si si j’entends déjà certaines critiques), regardez au delà… voyez ce qu’il se passe au delà du miroir et de l’histoire… Laurent appelle juste, à mon sens, au respect de son prochain, quelque soit son origine. Ce roman n’est nullement moralisateur, il rappelle juste que nous sommes tous « humains »

Quant à toi mon cher Laurent, tu m’as fait pleurer… beaucoup… et nous en avons depuis parlé à Noeux les Mines dimanche dernier…

ophélie et Laurent

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 4 Coup N’Ame


Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 4

Coup N’Ame

Après la soupe au potiron partagée entre copines blogueuses, l’auteur vous invite à tester également, les spécialités Louisiane alcoolisées, sucrés et salées…Histoire de partager encore plus que le simple plaisir d’une lecture commune, on se lancerai presque dans un concours de cuisine inspiré par ABY…A vos fourneaux et pages noircies, il est temps de mettre un point final à ce grand Opéra Halloweenesque…

Le « hic » avec les Loas, c’est qu’une fois que l’on est marqué par les esprits, cela devient vite, envahissant…La malédiction n’est plus seulement dans la descendance, mais elle prend vite, et d’une manière inquiétante, les adeptes de cette force magnétique pour n’en faire que des pantins exécuteurs de leurs caprices…Aby n’est pourtant plus que l’ombre d’elle même, mais plus puissante que jamais…Et le quartier maudit de Harlem devient vite son terrain de jeu…Le clap de fin s’annonce et pourtant, son influence va vous hanter comme jamais, car ça y est, elle sort enfin de l’ombre….

Tremblez, maintenant!

Oui tremblez maintenant

Aby est à l’aube de sa vie

40 ans se sont écoulés depuis qu’elle est installée à New York

40 ans que le malheur frappe à la porte de l’immeuble au brique rouge

Harlem change, mais Aby veille toujours sur ses ousmis

Harlem sort doucereusement de la crise

Mais le mal est fait.

Les tensions raciales plus que jamais sont ancrées dans ce quartier

Aby a peur pour son fils

Aaron, le fruit de ses entrailles.

Aaron le fils du mal.

Aaron qui après Jaja et Aby portera le fardeau de la malédiction familiale.

Car à Harlem comme ailleurs, le passé a un prix

Et l’avenir doit le lui payer.

Il va falloir en finir avec l’éthéré

Il faut que les Laos aident Aby a rompre ce cercle maléfique.

Tous vont devoir régler leurs comptes avec la veille prêtresse vaudou.

Le désounien va commencer

Abigail Richardson a toute sa vie porté sa famille à bout de bras.

Aujourd’hui il va falloir en découdre avec cette marque d’infamie.

Et le passé et les éléments vont s’en mêler.

Il faut combattre l’ignominie

Alors Tremblez, les choses vont s’accélérer.

Le dénouement est proche

Et il va être griandiose

 

Bientôt la Fée Stelphique et la magicienne Ge viendront vers vous pour donner les clés de chez ABY.

Elles vous raconteront leur expérience au coté de la prêtresse vaudou.

La grande dame venu du Bayou.

Et si vous avez loupé le début, une séance de rattrapage est encore possible.
Vous trouverez ci desous la questions à vos réponses :

Aby, une histoire de LC haloweenesque

Aby, une histoire de LC haloweenesque :  L’Ouverture

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 1, Aby

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 2 Lwa Racine

Aby, une histoire de LC haloweenesque : Acte 3 Marinèt Bwa Chech

 

Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer


Le livre : Qui a tué Heidi ? de Marc Voltenauer.  Paru le 25 août 2017 aux Editions Slatkine  & Cie. 21€90 ; (445 p.) ; 23 x 16 cm.

Qui a tué Heidi ?

« Heidi gisait dans une mare de sang, la gorge tranchée… Soudain, depuis le sommet d’un nuage orageux, un sillon lumineux fendit le ciel et un éclair s’écrasa sur la crête du Grand Muveran. »

Un politicien abattu à l’Opéra de Berlin, un tueur à gages en mission à Gryon, des fantasmes meurtriers dans le secret d’une chambre… L’inspecteur Auer reprend du service. Il entraîne Mikaël, son compagnon, dans un voyage sans retour, au plus noir de l’âme humaine.

Après le succès du Dragon du Muveran, le nouveau polar glaçant de Marc Voltenauer, au coeur des Alpes vaudoises.

 

L’auteur : Né en 1973, Marc Voltenauer a étudié la Théologie à l’Université de Genève. Passionné par les polars nordiques qui le ramènent à ses terres d’origine, il trouve son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon.
Extrait :
Il alla s’asseoir sur la chaise devant la coiffeuse et s’observa dans la glace. Il n’aimait pas ce qu’il voyait.
Un jeune homme.
Un visage d’ange.
Des traits androgynes.
Moins femme que sa mère quand il revêtait ses habits.
Moins homme que son père dans sa tenue de tous les jours.
Mi-homme mi-femme, ni homme, ni femme.
Du tiroir de la coiffeuse, il sortit un rouge à lèvres, du fond de teint et du mascara. Il se maquilla avec soin. A force de répéter ces gestes, il avait acquis une dextérité certaine. Il ouvrit un écrin et saisit une boucle d’oreille. Il tourna légèrement la tête pour voir son profil dans le miroir. Et il l’accrocha. Puis la deuxième. Il se para ensuite d’un collier de perles. Et pour finir, il se coiffa d’une perruque châtain clair qu’il tira de son sac à dos…….

QUI A TUÉ HEIDI ? MARC VOLTENAUER

Editions SLATKINE & Cie

444 pages

Résumé et avis de Marie Noëlle

 

            Berlin, un tueur à gages ancien agent secret russe ; Gryon, un psychopathe, hôtel de police de Lausanne Andreas AUER rentre de vacances mais il est mis en congés forcés suite à une altercation avec un de ses collègue qui avait proféré des propos homophobes et racistes.

De ce fait, il décide de prêter main forte à Antoine son voisin fermier histoire de changer d’air ! pour le plus grand bonheur de Mikaël son compagnon.

Tout ne va pas être aussi serein qu’il le pensait car Gryon va devenir le théâtre d’une série de crimes et de disparitions inquiétantes.

Mais qui est Heidi ? Qui a tué Heidi ?

            Une fois de plus Marc VOLTENAUER nous manipule avec brio dans un rythme à vous couper le souffle.

C’est fluide, rapide, subtil et j’en passe.

Les personnages : tous à leur place et là aussi zéro faute ! C’est une vraie caverne d’Ali Baba, il y en a pour tous les goûts.

Bon vous l’avez compris, j’ai adoré et je le revendique haut et fort ! et puis je vous met au défi de trouver l’assassin avant la fin, c’est du lourd.

Pour ma part, c’est succès assuré. Coup de cœur de l’été !

 

 Vous pouvez aussi retrouver la chronique ICI du Dragon du Muveran.

Aux vents mauvais de Eléna Piacentini, le chouchou du week-end.


chouchous-du-week-end

97829191742700-3258535Le livre :  Aux vents mauvais : une enquête de Pierre-Arsène Leoni  de Eléna Piacentini. Paru le 5 janvier 2017 chez Au-delà du raissonable.  18€ ; (392 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Dans les caves d’une maison en démolition, la découverte d’un corps en position de gisant permet à Leoni de rouvrir un dossier de disparition. Non loin de Lille, les germes de la haine ont pris racine et tant pis pour l’illusion d’une campagne paisible. Le Corse est aspiré dans cette enquête avec le sentiment de perdre le contrôle des événements. Il n’est pas le seul, le lieutenant Thierry Muissen vacille et les destins des uns et des autres tourbillonnent, brassés entre passé et présent, à la merci d’un souffle puissant comme celui qui arracha Jean-Toussaint à sa terre et aux bras de Mamilouise pour le précipiter dans ceux de Marie-Eve. Que restera-t-il d’eux quand le rugissement des vents mauvais se sera tu ?

elenaaL’auteur : Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle a donné naissance à Leoni, le commandant de police corse qui dirige la section homicide de la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit. Dans ses romans, Elena Piacentini orchestre avec psychologie une humanité malmenée, souvent victime de ses choix entre l’ombre et la lumière. Après Des forêts et des âmes, finaliste du Prix des Lecteurs Quais du polar/20 Minutes et du Grand prix de littérature policière en 2015, Aux vents mauvais est le septième roman de la série.

 

 

 

Petits résumé et avis :

 

Dans les caves d’une maison en démolition, la découverte d’un corps en position de gisant permet à Leoni de rouvrir un dossier de disparition. Le policier et son lieutenant Thierry Muissen se retrouvent aspirés dans une enquête où s’entremêlent plusieurs destins, dont ceux de Jean-Toussaint, Mamilouise et Marie-Eve.

Au début, il y a le couteau qu’un gosse doit cacher dans un arbre, sur une île lointaine. À l’arrivée, cinquante ans plus tard, il y a un cadavre scalpé dans une cave de Roubaix. Leoni arrive alors bien trop tard pour protéger et servir. Tout juste pour compter les morts, chercher pour eux la justice, et comme toujours trembler pour les siens.

Septième aventure du commandant de police corse à Lille. Et je ne m’en lasse pas. Elena Piacentini est une des auteurs que je suis depuis ces débuts. Oui déjà 9 ans que je trouve son personnage , ses personnages attachants. Elena a trouvé son double dans le personnage de Pierre-Arsène Leoni. C’est certain. Léoni « est habité de convictions fortes, le sens de l’amitié, de la justice, même si tout cela n’est pas toujours compatible avec la loi. Il est donc bourré de contradictions, mais il sait les assumer  »  nous disait notre auteur, il y a quelques jours, lors du lancement de Aux vents mauvais. Mais il y a, certainement aussi, un peu de notre auteurs dans les proches de Léoni et dans son équipe de flic.

Justement cette équipe parlons en. Elle me fais bien penser à celle d’un commissaire bien connu. Un certain Adamsberg. Vous qui adoré retrouver ce groupe de policier, vous allez aimé les enquêtes de Léoni. Il y a du Fred Vargas chez Elena Piacentini. Et personnellement j’aimerai qu’elle connaisse le même succès.

On retrouve aussi dans chacun de ses romans , le goût de l’auteur pour les intrigues complexes au dénouement inattendu.

En plus de l’enquête policière, Elena porte un regard sur notre monde. Je ne sais pas si le but le l’auteur est de dénoncer les dérèglements de notre société. Ce qui est sur c’est qu’elle nous les fait voir. Elle se pose en observateur de son temps. Elle réveille notre mémoire et notre conscience citoyenne.

Dans chacun de ses romans, elle pointe du doigt une injustice, un dysfonctionnement, les improbités. Dans Des forêts et des âmes, c’est le lobby des laboratoires pharmaceutiques et leur leadership qui était mis en avant. Dans Carrières noires c’est les politiciens véreux rompue à toutes les magouilles qui occupe le haut du pavé….

Le politique, le social, l’économie sont au coeur de ses romans.

Ici c’est une infamie de notre histoire contemporaine qui nous est raconté. Il y est question d’une page sombre de l’histoire, largement méconnue : Quand dans les années 60 et 70, des centaines d’enfants réunionnais ont été déracinés dans le but de repeupler les campagnes françaises.

Elle va nous conter cette histoire à travers les yeux de Jean Toussain. Un petit gars arraché à son île et à ses proches qui va tenter de grandir en France loin des gens qu’il aime. Un jeune garçon déraciné qui se raccroche à la vie grâce à l’amour qu’il porte à Marie Eve et au rêve de retourner vieillir ensemble sur à la réunion, son paradis perdue.

Et dieu qu’il est émouvant ce Jean Toussain dans sa recherche de Marie Eve et des ses amours évanouies.

Et puis…Un roman Elena Piacentini ne serait pas un roman extraordinaire  sans cette écriture  unique et si singulière.  Cette plume qui transpire l’humanité, j’ai envie de dire l’humanisme. Car je le crois vraiment  que notre auteur est une écrivain humaniste. Car tel un philosophe, elle place l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs.

Oui la plume est unique et singulière, emplie de lyrisme et de poésie. Les mots chantent et s’entrechoquent. Elena cisèle ces phrases, elle les sublime par sa prose parnassienne. C’est un véritable plaisir de lecture. Un régal à lire.

Aussi si vous devait lire un livre en ce début d’année. Pas d’hésitation. Aux vent Mauvais, nuls doutes, il faut vous atteler.

Ok, j’arrête de suite mes alexandrins bancals. Mais vous de votre coté, promettez-moi de découvrir de toute urgence cet auteur de talent.

En plus vous n’aurez pas d’excuses ces précédents romans sont en poches.

elenaa elenaaa elenaaaa