Apparences trompeuses de Julien Charreyron


Le livre : Apparences trompeuses de Julien Charreyron. Paru le 27 aout 2018 aux éditions Le lys bleu. 21€20 ; 294 pages ; 14.8 x 21 cm.

 4ème de couverture :

Une agression inhumaine, un meurtre sordide, douze ans séparent ces deux faits divers que tout rapproche. Dylan Chaplet, journaliste aussi talentueux qu’arrogant, était là lors de la première agression. Il était persuadé d’avoir trouvé le coupable…et il a payé lourdement son erreur. Associé bien malgré lui à Rose Gilian, jeune journaliste au caractère bien trempé, ce duo improbable devra donner un sens à ces affaires gravitant autour d’une seule et même famille : les Foreman. Embarqués dans un sombre jeu de poker menteur où tout le monde s’accuse mais où aucun suspect ne s’avère plus crédible qu’un autre, Dylan Chaplet et sa partenaire devront trouver l’agresseur de la pauvre Emma, soeur de Patrick Foreman, plongée dans le coma depuis toutes ces années. Pour démêler le vrai du faux, tout en évitant d’être la prochaine victime, un seul mot d’ordre : les apparences s’avèrent bien souvent trompeuses…

 

L’auteur :

Drômois de naissance et Ardéchois d’adoption, Julien Charreyron a passé la majeure partie de son enfance à Loriol-sur-Drôme où il s’est découvert deux grands amours qui ne le quitteront plus jamais : la lecture et la musique heavy-metal. Deux univers aussi différents que complémentaires, qui ont forgé son caractère : l’imagination et la tranquillité apportées par les livres, l’énergie débordante et la liberté par la musique. Un alliage parfait de l’eau et du feu. Résidant aujourd’hui dans le petit village Ardéchois de Saint-Symphorien sous Chomérac, Julien Charreyron a décidé de rassembler ses deux passions pour faire voyager les lecteurs dans son monde, leur faire toucher ses rêves et ses passions du bout des mots.

Extrait :
Remémorez-vous l’époque, si proche, et pourtant si lointaine. Nous sommes en 2004. Internet existe, bien évidemment, mais on n’y trouve pas autant d’info, réelle ou totalement farfelue, que nous pouvons nous procurer aujourd’hui. Cet outil est encore une simple aide, même si des millions d’adolescents débiles y déversent déjà toutes les inepties sur leur vie insignifiante pour se donner un semblant d’intérêt à la face du monde entier. De mon temps on avait la décence de cacher nos secrets dans un journal intime. Aujourd’hui, on se livre sans retenue, à la planète entière. Et je ne parlerai pas de l’orthographe. Mon Dieu quelle génération d’illettrés à la limite de l’aliénation mentale.

 

L’arrêt sur image de Marc …

J’ai eu du mal avec l’écriture et peut être encore plus avec les personnages, qui sont tous caricaturaux. Et c’est bien dommage car autour de l’intrigue imaginé par l’auteur il y avait de quoi faire une bonne histoire. Il n’y a aucune raison, à mon sens, de donner des caractères de cochon aux différents personnages d’un roman pour que l’histoire soit crédible.

J’ai eu plaisir par contre à découvrir la traduction de plusieurs chansons, de différents groupes de métal. J’en connaissais déjà quelques-unes, mais avoir le texte en français montre que je n’avais pas tout saisi, mon anglais n’étant pas très performant. Ces textes de chanson sont liés et servent l’intrigue, ce sont des éléments de l’enquête, elles ne sont pas dans l’histoire juste pour agrémenter la lecture.

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 Bandidos de Marc Fernandez


La chronique à deux voix des Jumelles

Le livre : Bandidos de Marc Fernandez. Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Préludes. Collection Préludes Noire. 15.90 euros. 320 pages. 13 x 2,5 x 20 cm


4ème de couverture :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine. Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez, de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman Narco Football Club (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire La Cité des mortes.
Mala Vida est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr

 

Extrait:
«Ce ne sont plus les militaires qui nous mettent en danger, ils ne sont plus là depuis un moment et c’est tant mieux. Mais d’autres les ont remplacés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, qui font tout pour le garder, pour l’étendre. A tout prix. Même s’ils doivent piétiner pour cela nos droits les plus fondamentaux. Et quand je parle de pouvoir, ce n’est pas seulement le pouvoir politique auquel je pense, mais aussi et surtout le pouvoir économique. En gros, celui des plus riches. Les fusils se sont tus, c’est vrai. Ils ont été remplacés par un nouvel arsenal, moins visible mais tout autant, sinon plus dangereux : les transactions financières et les enveloppes de billets. Le dollar comme arme de destruction massive. L’argent fait plus de dégâts qu’une rafale de kalachnikov.»

Chronique de nos jumelles

 Bandidos de Marc Fernandez

Après des heures de lecture, nous avons bouclé notre reportage exclusif pour Collectif Polar. De l’Espagne au Chili, nous avons achevé notre périple en Argentine en suivant à la trace Diego, Ana, Isabel, David et récemment plus récemment Léa.

C’est à la recherche des « Bandidos » que nous avons plongé cette fois. Des policiers corrompus à la solde de politiciens véreux qui n’ont qu’un seul objectif: museler la presse.

Le Senior Fernandez nous a entraîné, dans un style vif porté par une plume percutante et journalistique, à la suite de nos amis, afin de faire la lumière sur le sombre meurtre d’une jeune journaliste mais aussi celui de son frère commis 20 ans plus tôt. Assassinés de la même manière, pourquoi a-t-on voulu réduire au silence ces deux porteurs de « faits » et de vérité?

Nous avons dû nous faire toutes petites sur les traces de nos amis, le danger les guettant à chaque coins de rues, il n’aurait pas fallu nous faire repérer! Penchées sur l’épaule de Diego, nous avons pu lire ses premiers papiers, ceux de ce jeune journaliste qu’il était, déjà combattant des mensonges et des pratiques occultes des pouvoirs politiques.

Sous la houlette, de Marc, nous avons enquêté sur les modes de communication et nous nous sommes posées cette question (largement insufflée par l’auteur): Que penser des médias aujourd’hui? Pour Marc, la réponse semble claire, comme tant d’autres de secteurs, l’information n’est plus qu’une question de rentabilité: les mêmes articles repris par plusieurs journaux différents, des copier-coller sans saveur ni substance, sans analyse réelle. Mais à qui profite cette non-information?… Nous vous laissons réfléchir à cette question.

Corruption des institutions, manipulations, mensonges, Marc n’épargne rien ni personne et assume les messages qu’il souhaite faire passer au travers de ses romans, qui, s’ils sont tous des fictions, puisent leur source dans des événements réels.

Du scandale des bébés volés sous Franco au Guerilleros du Chili, nous achevons avec Bandidos les aventures de David et ses amis. Des personnages que nous avons suivi dans leur évolution, leurs joies, leurs peines. Une amitié sans faille qui, même dans la trahison ou dans la mort, s’est révélée inaltérable.

Si les trois romans peuvent se lire dans l’ordre que vous avez choisi, nous vous recommandons toutefois d’en suivre la chronologie afin de comprendre les personnages, leurs réactions. Apprenez à les apprivoiser comme ils vous apprivoiseront, car au final, c’est eux qui nous transportent.

Cette séparation s’annonce difficile pour nous, nous nous sommes attachées à chacun des membres de cette équipe, qui, nous les entendons, scandent en chœur « No Pasaran » chaque fois que Marc Fernandez signe un de ses romans.

 

 

Tags : Polar, Journaliste, Argentine, Mafia, Espagne, Politique , Médias

 

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon


Le livre : Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon. Paru le  1er décembre 2017 aux Editions D’un autre ailleurs dans la Collection Crimes de Pays. 13€ ; (184 pages) ; 19,5 x 13 cm

4ème de couverture :

Marseille, décembre 1992. Un couple de jeunes truands marseillais envisage de dérober un objet de valeur dans le coffre d’un retraité  » plein aux as « . Pour Olivier, c’est du velours. Pour Christelle, c’est différent; elle a un mauvais pressentiment. Et comme toujours, elle n’a pas tort… Voici les deux comparses emportés dans une tornade d’évènements auxquels ils pourraient bien ne pas échapper, vingt ans plus tard, quand les fantômes du passé feront surface.

 

 

L’auteur :  Né en 1975, Sylvain Dunevon est originaire du quartier de Saint-Loup, à Marseille. Il a grandi au sud d’Aix-en-Provence. Marié, père de deux enfants, il publie son premier roman policier. Dans un subtil dosage de rebondissements, d’embruns et de parfums de garrigue, l’auteur mène son intrigue tambour battant. Pour notre plus grand plaisir.

Extrait : 

« Les premières lueurs de l’aube dévoilent un paysage lunaire. Le vaste plateau parcouru de garrigue rase s’étire à perte de vue. Par endroits, la végétation s’écarte. Un ruisseau chétif se faufile parmi les blocs de calcaire pour se jeter dans l’abîme. Le 4×4 de la section roule à vive allure depuis plusieurs heures. Christelle, le front contre la vitre regarde défiler le ruban de bitume.         Olivier s’est assoupi, la nuque posée sur l’appuie-tête. Un homme en tenue de commando se tient entre eux, sur la banquette arrière. La tension de la nuit s’est dissipée. Les deux complices ont compris qu’ils ne maîtrisaient plus leur destin.»

  

 

Chronique d’une flingueuse

L’avis de Sylvie K

 Les condés face aux engambis vont rencontrer des branquignols, des nervis et même une cagole, peuchère, il faudrait un pastaga pour comprendre tout cela. C’est la toile de fond de l’histoire Marseille et ses quartiers, ses références aux histoires qui ont défrayées la chronique, le foot, Tapie, la course Le Marseille-Cassis, des noms de rue qui chantent, La saint-Baume etc..  Marseille d’hier et d’aujourd’hui à découvrir au fil de cette histoire ou le passé s’invite dans le présent.

 Deux jeunes Christelle, la petite fille de bonne famille et Olivier le mauvais garçon traînent ensemble depuis l’enfance ; on les retrouve vingt ans après en 1992 dans un quartier cossu. Ils agressent chez lui un retraité bourgeois pour le voler. Là, ils se retrouvent battus et ligotés par des hommes en noir sans savoir pourquoi.

2014 Rémi un journaliste doit faire face à la mort de son ami Bertrand Sapin mort accidentellement mais est-ce bien un accident ? Rémi lui aussi sera victime d’un accident. Delavaigne un flic venu du nord de la France va enquêter sur ces accidents suspects quand un certain Malik Achourbi de la DGI lui fait des révélations surprenantes. La femme de Delavaigne Christelle est en danger. Christelle et Olivier se retrouvent, le passé les rattrape sauf que Delavaigne y sera aussi confronté.

Pour les amoureux de Marseille et ceux qui ne connaissent pas une histoire policière pure marseillaise avec en bonus un glossaire pour bien comprendre le marseillais.

Bons Baisers de Bissau de MC Sass (SASSA)


Bons Baisers de Bissau de MC Sassa (SASSA). Publié le 9 novembre 2017 par  Independently published. 17€50 ;  (364 p.) ; 13×20 cm

Résumé :

 Bissau, Afrique de l’Ouest. Une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique menace quand quatre médecins de l’OMS disparaissent subitement en brousse. Entre une journaliste chinoise bien trop sexy, un mastiff corse taulier du casino local, des militaires rêvant de coups d’État et des narcotrafiquants omniprésents, Jo Drake, agent des services secrets britanniques, va devoir affronter un ennemi aussi mégalomane qu’impitoyable.

 

 

 

L’auteur : Après plus de 25 ans d’engagement, SASSA sortira-t-il un jour de l’ombre ? Aujourd’hui, il (ou elle ?) entrouvre pour vous quelques-unes des portes de cet univers obscur qui gravite autour de la défense nationale, celui des services secrets.
Un univers d’hommes rudes et de femmes fières. Un univers entre luxe excessif et pire pauvreté. Un univers cynique et destructeur… auquel il a choisi de vous initier au travers du prisme de la légèreté et de l’humour si caractéristiques des polars d’espionnage !
Bien sûr tout ceci n’est que pure fiction et donc… les personnages et les situations décrits sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Bien sûr…
Extraits : 
Un cérémonial fastueux est prévu pour cette opération de communication qui doit abriter la rencontre de nos ennemis. Robes de soirée et smoking. Dans ma tête trotte une petite musique. Celle du générique des films de l’espion le plus connu des services secrets de Sa Majesté. Pour la première fois ce soir, Howard et moi allons faire une entrée digne de lui. Notre limousine s’arrête au bord d’un tapis rouge bordé de curieux et de photographes. Les portières s’ouvrent. Électrisé, je jaillis hors du véhicule, un sourire vainqueur aux lèvres… et constate qu’une célébrité locale, rousse aux reflets d’or, faussement cachée derrière d’immenses lunettes de soleil monopolise toute l’attention. Résultat, nous passons totalement inaperçus, tant pis… ou tant mieux finalement.

La lecture de Maud

Bons Baisers de Bissau de MC Sassa (SASSA)

 

Un roman d’espionnage bien mené, sans temps mort, un faux air de James Bond revisité. Aucun répit pour Drake qui va aller de surprise en déconvenue dans cette enquête. Que sont devenus ces médecins, qui les a enlevés ? Pourquoi ? 
Un style original qui m’a de suite séduite, un rythme effréné, où l’on suit le héros avec grand plaisir. Un mélange de géo politique et d’action où se mélange avec plaisir, bagarre et romance. Qui sont ses alliés ? Qui sont ses ennemis ? Pas toujours facile à les identifier au premier abord pour Drake qui va devoir composer à priori seul en Afrique loin de Sa Majesté. Un excellent moment de lecture.

Je remercie l’auteur pour sa confiance et sa patience

A lire de préférence dans cet ordre pour suivre Alan et son évolution : Bons Baisers de Bissau, Bons Baisers de Dubaï, Bons Baisers de Jakarta.  Alors, passez un bon moment avec Bons Baisers de Bissau, de @MC Sass (SASSA)

Comme des bleus d’Alex Laloue et Marie Talvat


Le livre:  Comme des bleus d’Alex Laloue et Marie Talvat, paru le 12 avril 2018 chez Plon collection Sang neuf. 17€90, 324 pages.  13,4 x 2,8 x 20,3 cm.
 
4ème de couverture:
 
 Un meurtre sordide à Paris. Un jeune flic et une jeune journaliste. Tous deux ont moins de trente ans et doivent faire face à une enquête compliquée. Nos deux bleus partent à la chasse au tueur et se font avoir. Des erreurs de jeunesse qui pourraient avoir des conséquences fâcheuses. Mais ils sont têtus. Ils ne lâchent pas l’affaire…Paris, novembre 2016. Le sordide assassinat d’une femme enceinte secoue l’opinion publique. La brigade criminelle est sous pression. Il faut dire que tous les ingrédients du scandale sont réunis : une victime, fille d’un ténor du barreau, des élections qui approchent et une presse qui se déchaîne.
Dernière recrue du groupe chargé de l’enquête, Arsène Galien est tout de suite plongé dans le grand bain. Il compte bien profiter de cette affaire pour gagner la confiance de ses supérieurs. Quant à Pauline Raumann, jeune journaliste voisine de la victime, elle se serait bien passée d’être mêlée à cette enquête, qui fait ressurgir des démons oubliés.
Les deux novices ont des idéaux et des incertitudes plein la tête, tandis qu’une irrésistible attraction les pousse toujours plus près l’un de l’autre. Ils vont finir par se laisser emporter dans une affaire hors du commun, à la poursuite du pire des tueurs.

Les auteurs:  Marie Talvat et Alex Laloue ont tous deux vingt-huit ans. Couple à la ville comme à la plume, ils signent ici leur premier roman. Après des études de journalisme et de médiation culturelle, Marie s’est fait connaître sur YouTube avec sa chaîne  » L’Instant inutile  » (près de 40 000 abonnés). Quant à Alex, il a démarré il y a peu une carrière de policier au sein de la prestigieuse police judiciaire parisienne.
Extrait:
On fait partie de cette génération qui n’arrive pas à se gérer elle-même sans un tag facebook, mais en qui les « adultes » mettent tant d’espoirs qu’il va bientôt nous être demandé, chacun dans notre domaine, de rendre le monde meilleur. Et ça nous terrifie

 

Le OFF de OPH

« Comme des bleus » de Alex Laloue et Marie Talvat chez Éditions Plon Sang Neuf: Itinéraire d’un futur succès littéraire.

Voilà une lecture qui me tenait particulièrement à cœur… Quand j’ai vu Alex au détour des allées de St Maur en Poche, je me suis demandée ce qu’il faisait là! Je l’avais perdu de vue depuis deux ans environ. Et pourtant… Nous nous sommes connus en 2012 lorsqu’il a fait sa formation de réserviste.Je l’ai ensuite aidé pour l’oral du concours de gardien de la paix (il avait le potentiel et juste quelques détails à travailler pour l’oral)… Je garde d’Alex l’image d’un touche à tout, capable de beaucoup de choses. Mais de là à l’imaginer auteur!
Pourtant il signe ici son premier roman avec sa chère et tendre Marie, et quel roman.

« Comme des bleus » est le premier polar d’une nouvelle génération d’auteurs, bercés par les maîtres du genre. Pour autant, aucun copier-coller, une véritable identité, un air de fraîcheur mais avec une certaine gravité et une grande maturité.

A la suite d’un assassinat sordide, Alex et Marie nous entrainent à la suite d’ Arsène alias Lupin, jeune flicard au 36 et Pauline, jeune journaliste d’investigation. Les deux se remettent d’histoires sentimentales difficiles et se noient dans les bras des premiers venus pour oublier une solitude que ni les réseaux sociaux, ni le travail ne peuvent combler.
En cherchant à faire la lumière sur ce crime odieux, ils nous offrent leurs points de vue d’une enquête mais aussi des relations humaines et nous achèvent avec un final surprenant.
L’intrigue est bien construite, pas de temps mort, une narration rythmée par des chapitres qui alternent la vision de « Lupin » et la vision de Pauline, chacun nous apportant, outre l’avancée des investigations, leur vision d’une société « mac do »: une société de consommation rapide, le regard sur leur génération, le développement des relations virtuelles qui a entraîné l’incapacité chronique à échanger avec ces semblables IRL, le poids des générations précédentes.

« On est une belle brochette de jeunes cons qui débarquent dans la vie avec l’ambition de tout bouffer et le manque d’expérience de ceux qui n’ont jamais eu une seule assiette devant eux. […] On fait partie de cette génération qui n’arrive pas à se gérer elle-même sans un tag facebook, mais en qui les « adultes » mettent tant d’espoirs qu’il va bientôt nous être demandé, chacun dans notre domaine, de rendre le monde meilleur. Et ça nous terrifie […]
On fait parti de la génération Y, parait-il. Je pense surtout qu’on fait partie d’une génération pour qui tout est plus facile. On chope sur internet, on fait du shopping sur son smartphone, mais le moindre contact humain nous effraie […] »

L’écriture est jeune mais pas dans le sens péjoratif du terme, elle est fraîche, percutante, différente de ce que l’on a l’habitude de lire avec des auteurs plus âgés (attention on ne se vexe pas!). Elle est de grande qualité et en cohérence totale tant avec l’histoire qu’avec le contexte temporel. Elle colle à l’âge des personnages, à leur état d’esprit, à ceux qu’ils sont.
L’alternance de narrateur sur les chapitres permet de s’imprégner des personnalités de chacun des personnages et d’avoir une double vision de l’enquête et de leurs sentiments. Et si je connais moins Marie, en revanche je peux vous garantir qu’il y a beaucoup d’Alex en Arsène « Lupin ».
D’ailleurs ce jeune « bleu » et sa douce Pauline sont des personnages qui vous marqueront, car le reflet fidèle de leur génération. Alex et Marie leur ont donné vie comme Gepetto a pu le faire avec Pinocchio: ils sont palpables, visibles, touchants, et il est difficile de les quitter une fois le roman refermé.

« De cigarette en cigarette, Arsène me raconte tout ça sans filtre. Pris dans son histoire, je crois qu’il ne remarque même pas qu’il vient, en passant, d’avouer qu’il m’a déjà déshabillée plusieurs fois en pensée. Sa candeur a quelque chose de rafraîchissant. Après tout, qui sont-ils ces chorégraphes des sentiments qui ont décidé que la danse de l’amour devait répondre à la loi du secret? … »

Cette lecture m’a fait rire, sourire, pleurer… Je ne peux que féliciter Alex pour sa description du monde « police », tellement fidèle à la réalité.
Merci Alex et Marie pour ce beau roman qui fait son entrée dans mon top 10 des lectures 2018, pas par amitié non, mais par sa grande qualité.
Ecrire à quatre mains n’est pas un exercice facile. la manière dont vous avez choisi de le faire donne force et originalité à votre roman. Il me tarde de lire la suite maintenant!

Ce premier roman de la nouvelle génération est à découvrir!!!

Juste après ta mort – Christophe Gresland


Le livre : Juste après ta mort de Christophe Gresland. Paru le 2 juin 2018 aux Editions Incartades.  20 € ; (401 pages) ; 22 x 14,5 cm

4ème de couverture :

En pleine nuit d’été, un terrible incendie criminel détruit les locaux du quotidien Le  Temps, attentat dont est victime Marc Wrinkler, son rédacteur en chef adjoint. Le journaliste renommé laisse derrière lui une femme, Marie, dont il était séparé, mais aussi Florence Daubigny, sa spectaculaire maîtresse.

L’attentat touche en plein cœur la presse nationale et risque d’avoir de terribles répercussions pour le gouvernement français, qui mobilise ses meilleures équipes pour trouver les responsables.

Mais Antoine Delcourt, avocat à succès et meilleur ami de Wrinkler, reçoit des mains de Marie un message de l’au-delà du journaliste. Wrinkler se savait menacé car il menait une enquête à haut risque impliquant dans un scandale politico-financier international une des plus hautes personnalités de l’Etat.

Dés lors, Delcourt, courant après le temps, va tenter de renouer les fils du passé de son ami, un homme aux mille tentations dont les fréquentations ne pouvaient que menacer son existence…

 

L’auteur : Christophe Gresland, devenu chef d’entreprise après une carrière dans l’assurance, est un lecteur compulsif. La tête remplie de l’univers des 10 000 livres qu’il a déjà lu, il se prend au jeu de l’écriture. Lecteur et conseiller littéraire aux Presses de la Cité pendant 6 ans, il crée le site Le Tourne page, avec pour objectif de faire la promotion de la lecture et du livre en général. Juste après sa mort est son cinquième roman.
Extrait :
«  – Ok Ok ! Jette un coup d’œil sur les fichiers que se trouvent sur la clé. Ces gens sont à considérer avec attention…Si tu en vois un qui pointe le bout de son nez, tu te mets immédiatement en mode alerte maximum, compris ?
Il balance la cigarette à moitié fumée dans son verre à whisky.
–          Bon, arrêtons les pleurnicheries, il est temps que je te quitte, Antoine… Pour toujours ? Mmmmm…j’ai un petit doute, peut-être qu’on se retrouvera là-haut… (Il dresse son index vers le plafond.) Ou plus probablement de ce côté-là… (il oriente son pouce vers le plancher.)
Wrinkler envoie un grand signe d’adieu à la caméra puis il se penche et la vidéo s’interrompt, laissant Delcourt pétrifié. Ses pensées et ses sentiments sont à cet instant si confus qu’il en ressent un malaise physique…Veiller sur tes deux femmes, mon vieux ? Mais tu me refiles une tâche de merde ! Les protéger ? Mais de quelle menace ?  Quand ? Et pour quelle raison ? »

 

L’accroche de Miss Aline

Juste après ta mort – Christophe Gresland

 

Marc Wrinkler retourne au bureau où il a oublié son Mac et tombe sur un incendiaire. Pourquoi veut-on brûler son bureau ? Il en a une vague idée et cette idée partira en fumée avec lui.

Antoine Delcourt va hériter bien malgré lui de la « vague idée ». Il n’a pas vraiment le temps de pleurer son meilleur ami. Ce dernier lui a confié une mission : veiller sur ses deux femmes car la menace est là. Antoine va devoir fouiller pour savoir de quoi il retourne et venger son meilleur ami.

Il va mettre à jour un  scandale politico-financier qui ne te scandalise pas tant que ça : ainsi va le monde … malheureusement !

Par contre, tu es marqué par cette amitié indéfectible qui force le respect. Aller au bout, tenir ses promesses, être là pour ceux qui restent, effacer ta propre peine pour soutenir les autres.

Lors de ta lecture tu es frappée par le contraste entre ces deux hommes. L’un se livrant à toutes les addictions, l’autre ayant une vie rangée. L’un papillonnant, l’autre fixant sa vie en oubliant son amour de  jeunesse. Et pourtant une amitié forte les lie. Ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?

La lecture se fait au rythme des recherches d’Antoine : pas à pas,  méticuleuse, en observation. Le tout dans une fluidité qui ira crescendo sur la fin.

Erreur que de penser que l’affaire va suivre son cours et que dans les dernières pages la solution te sera apportée sur un plateau. C’est sans compter sur la surprise que te réserve l’auteur. Pourquoi tu n’y as pas pensé ? Surement trop focalisé sur l’avancée des recherches d’Antoine !

J’ai aimé la fluidité d’écriture, la personnalité forte des protagonistes. J’ai éprouvé de l’empathie pour Antoine qui laisse sa peine en retrait. J’en ai eu un peu moins pour Marc qui a vécut sa vie sur la corde raide jusqu’à se quelle casse.

Je remercie Christophe GRESLAND de m’avoir permis d’entrer dans son univers. Merci également aux Editions Incartades pour ce SP.

Bonne lecture !

 

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock


Le livre :Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
Extrait :
Elles étaient inséparables depuis le jour de leur rencontre.
À dix ans, elles avaient fumé ensemble leur première cigarette, cachées dans les trous des haies de hêtres du parc de Kongens Have et, pendant tout le temps qu’avait duré leur scolarité, elles étaient tombées amoureuses des mêmes garçons à tour de rôle. L’une avait haï avec passion les ennemis de son amie, adoré sa famille avec encore plus de ferveur – et réciproquement –, et elles avaient pleuré l’une et l’autre (et pleuré, et pleuré) lorsque les parents d’Heloise avaient annoncé leur intention de divorcer, l’été entre leur CE1 et leur CE2.
« Nous deux, on ne divorcera jamais », avait déclaré Gerda ce jour-là. Elles se l’étaient juré et avaient mêlé leur sang pour entériner ce pacte. Vingt-sept ans plus tard, elles étaient encore là.

 

Le OFF de OPH

« Fleur de cadavre » de Anne Mette Hancock aux Éditions Albin Michel.

Premier roman de cette journaliste danoise, j’ai entamé ce polar en étant un peu sceptique. Je ne lis quasiment plus que des auteurs français et j’ai été très déçue des dernières traductions de romans étrangers. Du coup, je me suis lancée à tâtons dans cette lecture qui, finalement, m’a emportée.

La Fleur de cadavre ou Amorphophallus titanium est une fleur particulière à l’odeur de cadavre en putréfaction. Le roman d’Anne Mette est un roman particulier à l’odeur rance des mystères et des secrets, du vice, de la manipulation et du mensonge…

Dans ce thriller au rythme endiablé, Anne Mette nous présente Heloise, jeune journaliste danoise. Heloise… Du germanique « Hailwidis » qui signifie bois robuste. Et de la robustesse il lui en faut à Heloise Kardan.

Journaliste à Copenhague, elle reçoit des lettres d’une certaine Anna Kiel. Heloise n’a aucun lien avec cette femme qui a disparu après avoir égorgé un avocat de 37 ans.
Pourquoi elle?
Chaque lettre se termine de la même manière:
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne moi au moins par tes mots ma douce essence de ton être »…
En se lançant à la recherche de cette meurtrière Heloise rouvrira ,sans le savoir, les portes d’un passé qu’elle pensait définitivement fermées.

Le roman alterne chapitre longs et courts avec des cliffangher qui ,distillés habilement, poussent la tension narrative au point qu’il est difficile de lâcher la lecture.
Si l’intrigue se base sur un sujet connu (non je ne spoilerai pas), sa construction nous entraine de fausses pistes en mensonges, de secrets de famille en vérités inavouables, pour nous transporter vers une fin qui, bien qu’elle paraisse inéluctable, ne se déroule pas comme je l’avais imaginé et j’en suis ravie.

Les personnages sont remarquablement construit, si certains éveillent à leur endroit de la tendresse, d’autres se révèlent à vomir. Les émotions sont là sans pour autant déclencher un tsunami.

Anne Mette nous fait également découvrir le système judiciaire danois, les peines encourues et le traitement de la récidive.

« Fleur de cadavre » est un bon thriller, prenant et addictif. C’est un vrai bon moment de lecture et cela explique sans doute son succès au Danemark où il a déjà le statut de best-seller.

Mention particulière à Caroline Berg, la traductrice, qui a su conserver un style dynamique mais aussi l’âme du roman.

Le Lambeau de Philippe Lançon


Le livre : Le Lambeau de Philippe Lançon. Paru le 12 avril 2018 chez Gallimard dans le collection Blanche.  21€ ; (509 p.) ; 21 x 14 cm
  
4ème de couverture :
 
Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).
 
(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).
 
Bio de l’auteur : (brève mais telle que présentée par l’auteur et la maison d’édition) Philippe Lançon est né en 1963 à Vanves. il est journaliste à Libération et Charlie Hebdo, écrivain.
 
 
Extrait :
 Je suis toujours agacé par les écrivains qui disent écrire chaque phrase comme si c’était la dernière de leur vie. C’est accorder trop d’importance à l’œuvre, ou trop peu à la vie. Ce que j’ignorais, c’est que l’attentat allait me faire vivre chaque minute comme si c’était la dernière ligne : oublier le possible devient essentiel quand on devient brutalement étranger à ce qu’on a vécu, quand on se sent fuir de partout
 

Les Emotions  de Lecture de Cécile :

 Le Lambeau de Philippe Lançon

Nous nous souvenons tous du moment, du lieu où nous avons appris l’attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Je me souviens particulièrement de mon incrédulité et le refus de mon cerveau d’associer Cabu, qui était avant tout pour moi le dessinateur de Récréa A2, à un attentat islamiste. Comment pouvait-on vouloir tuer l’homme à l’éternelle frange et au sourire et au crayon facétieux au nom d’un quelconque Dieu ? L’incompréhension, la colère, la peur, la rage et aussi un peu la honte de ne pas s’être exprimée avant sur notre droit absolu à la liberté d’expression.  La défendre sans relâche aurait dû être notre priorité dès les premières attaques contre Charlie Hebdo et surtout ne pas laisser le champ libre à un groupe qui se réfugie derrière une religion pour justifier leurs horreurs et la dévastation. Je n’avais jusqu’alors pas trouvé le courage de lire un témoignage sur aucun des attentats qui nous a frappé.

 Je viens de refermer Le Lambeau de Philippe Lançon, journaliste à Libération et à Charlie Hebdo. Le matin du 7 janvier, il a hésité entre passer d’abord à Libération ou à Charlie, ce sera Charlie Hebdo et sa conférence de rédaction avec ses amis au milieu desquels il finira une partie du visage arraché par une balle, survivant de la tuerie dans une mare de sang. Dans le Lambeau, il nous raconte l’homme qu’il a été avec une minutie d’historien, l’homme qui a survécu et l’homme qui pendant plus de deux ans devra se reconstruire. C’est une page de notre histoire mais aussi une page de littérature, chaque instant, chacune de ses respirations sont une référence littéraire, musicale, culturelle. Chaque greffe, chaque épreuve est rythmé par les livres, par la musique, par les pièces de théâtres, par les expositions qu’il a lus, écoutée, vues. On ne ressort pas indemne et pourquoi l’être, aucun d’entre nous ne l’est depuis le 7 janvier comme après chaque attentat qui nous a frappé au cœur ! Et ce livre nous frappe au cœur, il doit rentrer dans l’histoire et il en prend le chemin d’après les derniers chiffres de réimpression qui, prouvent que personne ne veut oublier. Une banalité, Monsieur Lançon, mais merci de nous rappeler que rien n’est jamais fini et oui, votre courage ne peut être que salué ! Il faut lire Le Lambeau !

 « L’irruption de la violence nue isole du monde et des autres celui qui la subit. En tout cas, elle m’isola. Au même instant, Sigolène croisa le regard de Charb et elle a vu que lui avait compris »

 « Il aurait été facile, à cet instant, de comprendre quelle fascination inspire l’abjection ; de flairer comment ceux qui la justifient se sentent plus forts, et ceux qui tentent de l’expliquer plus libres »

 

« c’était des hommes en armes, c’étaient leurs balles ; c’était ce que nous les professionnels de l’imagination agressive, parce que ça n’’était tout simplement pas imaginable, pas vraiment. »

 

« Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne pus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir ; c’est autre chose, une modification complète de l’être »

 

Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock


Anne Mette Hancock - Fleur de cadavreLe livre : Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
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L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
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Extrait : 
“Héloise le vit d’abord de dos et se demanda si on ne l’avait pas fait entrer dans la mauvaise pièce. L’homme assis à la table métallique sous la lumière fluorescente du néon qui clignotait au-dessus de sa tête n’était pas son père.
C’était un frêle vieillard aux cheveux presque entièrement blancs, hormis quelques touffes grises aux tempes. Un vieil homme amaigri. Il était assis, les épaules tombantes et la tête basse, sa colonne vertébrale apparaissant nettement sous son T-shirt élimé, comme les pointes sur le dos d’un stégosaure.
Mais alors qu’elle avancait vers lui, l’image se transforma sous ses yeux comme ces œuvres d’art qu’on nomme anamorphose. Un objet qui ressemble à une chose vue sous un certain angle et qui se dissout et se transforme en autre chose lorsqu’on le regarde sous un angle différent. Cela ne pris que quelques secondes. L’homme leva ses yeux en l’entendant approcher. Leurs regards se croisèrent, et elle sut.”
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Le “ressenti” de Jean-Paul 

Anne Mette Hancock – Fleur de cadavre

Fleur de cadavre Anne Mette

Fleur de cadavre” est le premier roman de Anne Mette Hancock, il a reçu le prix du meilleur roman policier danois 2017.

 Cela a tout de suite placé pour moi la barre de ce roman assez haut.

Étant régulièrement lecteur des romans de Stieg Larsson, Camilla Läckberg, Arnaldur Indridason, Henning Mankell ou Jo Nesbo, pour ne citer qu’eux, car j’aime vraiment beaucoup leur style d’écriture. J’ai reçu ce roman par le service de presse de Albin Michel et, il allait me falloir prendre le recul nécessaire pour pouvoir être le plus objectif possible sur ma chronique. J’ai entamé le roman dès que possible.

 J’ai retrouvé très vite le style limpide, vif et percutant, très particulier des auteurs danois. Cette ambiance pesante autour de sujets qui font froid dans le dos (je ne dévoilerai rien, par respect pour Anne Mette). Au début du roman j’ai eut un peu de mal à me connecter aux personnages, car si les protagonistes principaux eux sont très bien développés, les autres manquent un peu de relief pour moi et la traduction me semble même un peu simpliste parfois. Mais heureusement l’histoire est très bien construite, et malgré le fait que nous connaissions dès le début la coupable, Anna Kiel, nous ne savons pas quelles sont les raisons qui la poussent à agir de la sorte et c’est véritablement “LE” point fort du roman. Malgré le caractère intransigeant d’Anna dans sa quête de vengeance, j’ai quand même eut une certaine sympathie pour elle…

Petit à petit les éléments se mettent en place avec une approche de plus en plus intéressante : vengeances, monde politique, sa relation avec la police, pouvoir de l’argent, secrets de famille enfouis, les rapports familiaux de la journaliste Héloise Kardan, qui va devoir replonger dans les souvenirs de son passé…

Le mode d’écriture lui aussi a changé, dialogues mieux construits. Tous ces éléments m’ont permis d’entrer finalement dans le vif du roman et ce, jusqu’à son dénouement final surprenant et scabreux, l’amenant même vers une certaine finesse malgré un sujet grave.

 Comment Anna connaît-t-elle si bien Héloise, alors qu’elle est certaine de ne l’avoir jamais rencontrée ?

Pour le savoir vous aller devoir plonger au cœur de cette enquête violente parfois, malsaine souvent, aux cotés d’Eloise malgré toutes les pressions qu’elle subit.

 Belle découverte et prix du meilleur policier 2017 mérité !