Complot – Nicolas Beuglet


Le livre :  Complot de Nicolas Beuglet. Paru le 16 mai 2018 aux Editions XO.  19.90€ ; (496 pages) ; 24 x 16 cm

4ème de couverture :

Un archipel isolé au nord de la Norvège, battu par les vents. Et, au bord de la falaise, le corps nu et martyrisé d’une femme. Les blessures qui déchirent sa chair semblent être autant de symboles mystérieux.

Quand l’inspectrice Sarah Geringën, escortée par les forces spéciales, apprend l’identité de la victime, c’est le choc. Le cadavre est celui de la Première ministre.

Qui en voulait à la chef de gouvernement ? Que cachait-elle sur cette île, dans un sanctuaire en béton enfoui au pied du phare ? Sarah, très vite, le pressent : la scène du crime signe le début d’une terrifiante série meurtrière. Dans son enquête, curieusement, quelqu’un semble la devancer. Comme si cette ombre pouvait lire dans ses pensées…

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu’au cœur même du Vatican, c’est l’odeur d’un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. A ses vérités les plus enfouies…

 

© Bruno Lévy

L’auteur : Nicolas Beuglet est écrivain et scénariste.  Il a publié un premier roman sous le nom de Nicolas Sker : ‘Le premier crâne‘ (2011). Son deuxième roman, Le Cri, a connu un très grand succès.

Extrait :
Sarah et Christopher déboulèrent en bas du sentier qui rejoignait leur propriété. Une confortable maison moderne de plain-pied, à l’architecture de bois, aux larges baies vitrées qui permettaient d’avoir une vue à 180 degrés sur la mer et le vaste jardin depuis le salon. Debout devant le canapé, face à la vitre qui donnait vers l’arrière de la demeure, un enfant d’environ dix ans se tenait immobile, comme hypnotisé par l’invraisemblable spectacle qui se déchaînait devant lui.
Dans des bourrasques de tempête, l’hélicoptère venait de se poser dans le jardin. Les flashs des feux de signalisation irradiaient leur luminosité sanguine contre les vitres de la maison, crevant la pénombre avec une régularité épileptique.

Le petit billet de Fanny

Complot, Nicolas Beuglet, Editions XO,

ISBN 978-2-84563-981-22, 19.90€

ALERTE GENERALE : nous sommes en présence d’un bon, d’un très bon, voire d’un excellent roman !! Vous l’aurez compris en une phrase, j’ai adoré ce livre.

J’ai rarement été happée par une histoire aussi rapidement que je l’ai été par celle de Complot. Du pur divertissement, dans le très bon sens du terme, tant cette histoire embarque le lecteur dès les premières lignes.

Nicolas Beuglet, que je lisais pour la première fois (et pas la dernière c’est certain), sait captiver le lecteur et l’entraîner dans une histoire folle aux multiples rebondissements.

L’histoire nous plonge au cœur d’une enquête menée par l’inspectrice Sarah Geringën. Cette femme, forte, au caractère bien trempé, se voit confier la lourde mission de découvrir qui a bien pu assassiner la Première ministre de Norvège, dans des conditions pour le moins très troublantes. Car il s’agit là d’un crime peu commun, qui parait suivre un rituel bien précis et dont l’énigme et la signification sont mystérieuses et semblent emmenées sur la piste d’une organisation très particulière.

Extrait page 44 :
Du bout de ses doigts gantés, Sarah fit délicatement pivoter le visage vers le ciel et sentit son cœur rater un battement. Tout devint clair : les Forces spéciales, l’urgence et le sceau du secret.
Malgré le choc, elle demeura impassible. Non pas qu’elle soit insensible. Elle mesurait la crise majeure qui allait bouleverser le pays d’ici quelques heures. Mais elle savait aussi combien seul le sang-froid vient à bout des situations critiques.
Elle perçut la présence immobile des membres de la police scientifique, qui observaient sa réaction, guettant le moment où elle allait laisser transparaître sa confusion.
Mais lorsqu’ils la virent reposer la tête de la victime et se lever pour demander calmement où était le légiste, ils comprirent pourquoi on avait fait appel à elle.
Aux pieds de Sarah, assassinée, gisait Katrina Hagebak, la Première ministre norvégienne.
 

Dans sa recherche de la vérité, Sarah va être épaulée par Christopher, son compagnon journaliste, le seul à qui elle peut se fier, et dont les connaissances en Histoire vont lui être précieuses pour démêler les fils de cette enquête au bout de laquelle, une nouvelle ère pourrait s’ouvrir pour l’humanité. Cette enquête va les mener dans un périple qui les mènera de Norvège au Liban puis l’Autriche et enfin le Vatican.

Je n’en dirai pas plus sur cette intrigue, aux nombreux rebondissements, qui poussent le lecteur à vouloir arriver très vite au bout de l’histoire pour enfin en connaitre le dénouement.

Et quel dénouement !! La fin est magistrale, à couper le souffle et laisse présager d’une suite, qu’on espère découvrir prochainement.

Ce roman est rythmé, haletant. Les chapitres s’enchaînent et happent le lecteur dans une histoire passionnante, menée tambour battant par des personnages complexes, imparfaits et terriblement attachants. On ne s’ennuie pas une seule seconde, même (et surtout je dirais) lorsque l’auteur décrit avec minutie des événements historiques de manière détaillée, comme pourrait le faire un maître de conférences passionné par son sujet.

Aucune lassitude ici, aucune page n’est lue en diagonale. Les lecteurs habitués aux thrillers sortiront repus de cette lecture, qui va leur procurer tous les bons ingrédients d’un excellent moment de lecture.

Je vais pour ma part courir lire Le Cri, précédent roman de Nicolas Beuglet, qui mettait déjà en scène les héros de Complot. Mais n’avoir pas lu Le Cri n’empêche en rien de plonger dans Complot. Les références au précédent opus étant rares et suffisamment claires pour ne pas déstabiliser le lecteur.

Au fait, je ne sais pas si vous l’avez bien compris alors je me répète : J’ai ADORE !!!! Courez vite chez votre libraire préféré !!

 

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Quelqu’un comme elle de Magali Le Maître


Le livre : Quelqu’un comme elle de Magali Le Maître. Paru le 10 novembre 2015 aux Editions Fleur sauvage. 16€80 ; (233 p.) ; 20 x 13 cm. Ebooh :  5€99 .
4e de couv :
Deux femmes, deux manipulatrices. Près de Perpignan, la première est jetée d’une falaise. A Lille, la seconde est poignardée. Deux enquêteurs, deux amis qui se retrouvent. Rien ne semble relier leurs affaires. Et pourtant… Pour son premier roman policier, Magali Le Maître frappe très fort, plongeant le lecteur dans les eaux noires du harcèlement et de la perversité.
……………………
L’auteure : Magali Le Maître originaire de Lille, s’est d’abord bâti une solide expérience poétique via deux superbes recueils parus aux éditions Cénacle de Douayeul, avant de se lancer dans la presse culturelle, l’écriture scénaristique et dans les légendes pour ouvrages photographiques. Aujourd’hui, elle nous plonge avec ardeur et réussite dans cet intriguant et premier polar… « Quelqu’un comme elle ». …

 

 

 

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Extrait : 
“Elle est en retard. Le froid et l’impatience me gagnent. J’ai hâte d’en finir. J’ai attendu la nuit tombante pour pénétrer dans le parking mais cela fait maintenant presque deux heures que j’épile les allées et venues derrière mon volant. Vers 18 heures, quelques employés sont sortis du centre de rééducation, regagnant leur voiture, la journée terminée provoquant chaque fois une montée d’adrénaline : est-ce que c’est elle ? Pourvu qu’on ne me repère pas… mais l’obscurité est mon amie. Et me poster sur le bord de la route risquait bien plus d’attirer l’attention. De ma place, je peux observer l’entrée du bâtiment sans qu’on me voit de l’intérieur.
…/…
Enfin, les portes du centre s’ouvrent à nouveau : c’est elle. La lumière du perron éclaire un instant son visage crispé, affichant cette expression fermée et anxieuse qu’on souvent les gens malheureux. Il y a deux sortes de gens malheureux : les apathique et les agressifs. Stéphanie appartient à la deuxième catégorie. Elle empoisonne l’existence de ses proches, les tenants pour responsables de son mal-être. Il en résulte un mal plus grand encore et une solitude insupportable.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Encore une petite perle pour les éditions Fleur Sauvage…

Un lien entre deux meurtres de femmes, perpétrés l’un près de Perpignan l’autre à Lille, est réalisé par le hasard de l’amitié entre les capitaines Laurent Pujadas et Benoît Demazure, chargés des enquêtes. Pourtant les preuves sont difficiles à établir.

Ce très bon roman premier roman résonne comme un moustique qui tourne autour de la tête. Impossible de s’en débarrasser !

J’avais l’impression d’être au cœur de l’enquête.

Ecriture fluide, personnages charismatiques, sympathiques (mais pas tous…) et un vrai suspens, à un point où j’ai peiné avec nos héros à dénouer le vrai du faut jusqu’à l’avant dernière page, et là tout s’éclaire !

Bravo Magali !

Où comment promener un lecteur jusqu’au bout de son récit.

Un sujet grave “le harcèlement”, traité avec doigté et délicatesse, j’ai compati bien sûr, mais ce n’est pas le plus important du récit. Le développement psychologique est admirable de finesse. Pièces par pièces Magali construit une trame telle une toile d’araignée où le moustique n’a pas été pris et s’est envolé…

J’ai passé un très bon moment et recommande vivement !

Les soldats de l’or gris – Sébastien Bohler


Le livre : Les soldats de l’or gris de Sébastien Bohler. Paru le 13 octobre 2011 chez Odile Jacob dans la collection Thriller. 22€25 ; (380 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv :

Les Soldats de l’Or gris

Suggestion hypnotique, sérums de vérité, électrochocs ou implantation d’électrodes : ces méthodes, utilisées depuis les beaux jours de la guerre froide pour manipuler les esprits à des fins d’espionnage, sont en voie d’être dépassées. Désormais, ce sont les articles de neurosciences que les grandes agences de renseignements scrutent en quête de l’arme fatale. Et, pour elles, c’est la matière grise qui est le nouvel eldorado. Les techniques pour extraire cet or gris arrivent sur le marché, à mesure qu’on situe mieux les concentrations de neurones agissant sur les pensées, les émotions, les mouvements, les souvenirs, à supposer qu’on puisse les stimuler à volonté.

La solution, il semblerait bien que ce soit un jeune chercheur de Heidelberg qui l’ait trouvée. Mais, tout occupé à terminer sa thèse, il n’entrevoit pas encore sur quoi ses recherches pourraient déboucher. Non plus qu’il ne sait pourquoi, soudain, une offre de service lui vient de l’Institut Curie, où on lui propose des conditions de travail mirobolantes. Apprenti sorcier à son insu, il se retrouvera ainsi pris dans une vaste guerre internationale. L’enjeu : le contrôle des cerveaux. Mais qui tire les ficelles ?

Et si les recherches de pointe sur le cerveau pouvaient aussi servir d’armes ? Quand neurobiologie et nanotechnologies rencontrent le monde trouble de l’espionnage…

L’auteur : Sébastien Bohler, né le 15 novembre 1970 à Strasbourg (Bas-Rhin), est journaliste scientifique pour la revue Cerveau et Psycho et chroniqueur sur France Inter à l’émission de Mathieu Vidard,  » La tête au carré « , ainsi que sur le site arretsurimages.net. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, docteur en neurobiologie, il décrypte nos comportements en s’appuyant sur des études de psychologues et de neurobiologistes. Il a déjà publié en 2007 aux éditions Aubanel La Chimie de nos émotions. 
Extrait : 
Au pied de la tribune  des officiers, un petit homme en blouse blanche souleva le couvercle d’un boitier relié à des fils, découvrant une serrure dans laquelle il introduisit une clé. Lorsqu’il la tourna, Hogan eu la sensation que les antennes relais commençaient à bourdonner dans l’air brûlant. Ça lui faisait toujours cette impression, il ne savait pas pourquoi. Le doigt du petit homme en blouse blanche s’était levé à quelques centimètres du bouton.

 L’avis de Julie

Titre: Les soldats de l’or gris
Auteur: Sébastien Bohler 
Éditeur: Odile Jacob
Collection: Oj.Thriller
Prix: 22,25 euros
Format: Broché

Synopsis :

La CIA décide de créer un projet secret à des vues d’espionnage contre le gouvernement chinois pour retourner le cerveau d’espion: créer des nanobilles pour changer les émotions et l’avis des gens dont un certain chercheur nommé Fabian va être en charge même s’il ne sait pas la finalité de ce projet. Fabian va tomber amoureux de Mai Fang qui aime les gens ambitieux et il va se charger de ce projet pour elle.

Un thriller d’espionnage et de science-fiction sadique et prenant

Deux camps se dessinent: les USA avec la CIA contre le gouvernement chinois, les Etats-Unis veulent briser la sécurité du gouvernement chinois pour voler des informations top secrètes. Malheureusement pour eux, le gouvernement chinois conserve toutes leurs informations top secrètes sur papier, la seule issue pour les USA est qu’un chinois de l’intérieur puisse trahir son pays pour leur donner des papiers top secrets. C’était sur le point d’arriver lorsque le gouvernement chinois a intercepté à temps ce traître.

Ainsi, la CIA va développer un projet top secret de création de nanobilles afin de changer les émotions et l’avis d’une personne à distance pour pouvoir lui retourner le cerveau. Cela vise des espions pour qu’ils changent de camp plus facilement.

Bien que ça soit un projet secret sadique et non-éthique, on est pris par le suspense de savoir si ce projet va être réalisé ou non. Le suspense réside également dans le fait de savoir si Fabian Hassler, le chercheur en charge de ce projet va se rendre compte du but caché de ce projet et de la manipulation, va t-il agir contre ou s’exécuter?

Côté personnages

On a Fabien Hassler, le personnage principal, le chercheur recruté pour mettre en place ce projet secret dont il n’en sait pas la finalité. C’est un brillant chercheur qui cherche juste à publier sa thèse et n’est pas très ambitieux mais il va changer quand il va travailler aux côtés de Mai Fang une ravissante jeune chercheuse. Il va en tomber amoureux et il va se mettre à changer, à devenir plus ambitieux pour la séduire.

Quant à Mai Fang, elle vit avec un enfant, c’est une brillante et mystérieuse chercheuse. Elle va travailler aux côtés de Fabien Hassler et va ensuite travailler dans un autre département de l’Institut. On va au fur et à mesure en apprendre plus sur elle.

Derrière ce projet, côté CIA, nous avons Ted Lingerton, Demongel qui va être le supérieur de Fabian Hassler. Un autre personnage va se montrer important: Il s’agit de Xiao Luang côté du gouvernement chinois.

En Conclusion:

 Je vous recommande fortement ce livre si vous cherchez un thriller d’espionnage et de science-fiction. Nous en apprenons plus sur la neurologie (science du cerveau) dont je n’en connaissais rien et que j’en ai appris des choses. Ce livre nous pousse à nous interroger sur l’éthique de vouloir changer nos émotions et notre avis ainsi que sur les conséquences que cela entraine. Même s’il peut y avoir des visées scientifiques pour en apprendre plus sur l’humain, son comportement, ses émotions etc, il n’est jamais bon de jouer avec la science et une découverte scientifique peut être réutilisé à son insu à des fins politiques et d’espionnage.

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître


Le livre : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Paru le 3 janvier 2018 chez Albin Michel dans la collection Roman Français. 22.90 € (534 p.) ; 21 x 14 cm. (e-pub 15.99 €)

4ème de couverture :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

L’auteur : Né à Paris le 19 avril 1951, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, « Travail soigné », qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.
« Alex », prix des lecteurs du livre de poche, deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de « Robe de marié »(2009), publié entretemps après « Travail soigné » (2006).
En 2010 sort « Cadres noirs » qui rompt avec le style de ses autres polars et qui s’inspire d’un fait réel survenu à France Télévisions. Ce roman devrait faire l’objet d’une adaptation sous forme de série TV très prochainement.
« Les grands moyens », feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec « Travail soigné », poursuivie avec « Alex » et achevée avec « Sacrifices » (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. « Rosy & John » est la novélisation de son feuilleton numérique Les grands moyens.
En 2013 sort « Au revoir là haut », récompensé du Prix Goncourt 2013 et adapté au cinéma par Albert Dupontel, avec Laurent Lafitte. « Couleurs de l’incendie » (2018) est le second volet de la trilogie.
En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec « Trois jours et une vie » qui raconte la destinée d’un jeune assassin de 12 ans.
« Alex » devrait-être adapté au cinéma prochainement par le producteur américain James B. Harris.
Extraits :
« Madeleine resta un long moment à fixer la table, son verre, le journal. Ce qu’elle s’apprêtait à faire l’épuisait à l’avance.
Tout ce qu’elle avait en elle de morale et de scrupules s’y opposait et tout ce dont elle disposait de colère et de ressentiment l’y poussait.
Elle céda à la rancune. Comme toujours.”
« Que les riches soient riches, c’était injuste mais logique. Qu’un garçon comme Robert Ferrand, visiblement né dans le caniveau, se complaise à être entretenu par la grue d’un capitaliste, ça renvoyait le monde dos à dos, l’humanité n’était décidément pas une belle chose.”

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

Il est toujours minuit quelque part – Cédric Lalaury


Le livre : Il est toujours minuit quelque part de Cédric Lalaury Paru le 7 février 2018 chez Prélude. 15€90 ; (345 p.) ; 20 x 14 cm

4’e de couv : 

Et si votre secret le plus noir devenait un roman à succès ?

Bill Herrington est un homme heureux.

La cinquantaine approchant, mari et père comblé, il occupe un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse université américaine. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes… Jusqu’au jour où il trouve dans son casier l’exemplaire d’un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : R. P. Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler Bill.

À un détail près : il s’agit d’une histoire vraie. Celle d’un crime dont il était persuadé que personne n’en avait jamais eu connaissance. Sur une île qu’il aurait voulu oublier pour toujours.

Cet ouvrage envahit bientôt l’existence de Bill et contamine tout autour de lui. Sa vie paisible et confortable ainsi que son équilibre psychologique vont vite menacer de voler en éclats sous l’effet dévastateur de ce livre vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé.

Tu m’avais dit qu’après minuit c’en serait fini,
Que nos âmes tourmentées trouveraient le repos,
Mais tu te trompais, car rien ne s’achève à minuit, et ce moment
Sur le point d’arriver ne se produit jamais
Parce qu’il est toujours minuit quelque part dans le monde pour les criminels de notre espèce,
Et que c’est là le point indépassable de notre horizon.

William Shakespeare, Macbeth, IV, 4*.

L’auteurs : Cedric Lalaury est né à Montluçon. Après des études de lettres modernes à l’université Blaise-Pascal, il donne des cours de soutien à des élèves en difficulté. Admirateur d’Henry James, de Proust et de Stephen King, il se consacre désormais à l’écriture.

 

 

Extrait :
À présent, il se demandait comment il avait pu oublier ce regard intense. Pendant deux décennies, il n’avait plus eu de visage, de voix ni aucun trait particulier. Il était un fantôme, une silhouette informe endormie dans un coin de sa mémoire. Bill restait persuadé que s’il n’avait pas à nouveau fait irruption de manière si violente dans sa vie par le biais de ce livre, il n’aurait plus pensé à lui – sinon, peut-être, au moment de sa propre mort, à cette seconde ultime où tous les visages entraperçus au cours d’une existence se donnent rendez-vous, un peu comme au théâtre les acteurs d’une pièce viennent saluer le public une dernière fois avant que le rideau ne soit baissé pour de bon.

 

Le petit billet de Fanny

Il est toujours minuit quelque part, Cédric Lalaury, Editions Préludes,

ISBN 978-2-253-04560-1, 15.90€

 

L’histoire :

Tout semble réussir à Bill Herrington, un professeur de littérature quinquagénaire reconnu par ses pairs, mari et père comblé, jusqu’au jour où le roman de Richard Philip Kirkpatrick atterrit dans son casier de la prestigieuse université américaine. Pourtant, Bill était persuadé que le crime raconté dans l’ouvrage n’avait eu aucun témoin.

 Nouvelle lecture et nouvelle découverte d’un auteur français jusqu’alors inconnu pour moi. Sur la couverture, une accroche prometteuse d’Estelle Lenartowicz, « Lire » : « Un thriller psychologique impossible à lâcher » …

Et il est vrai qu’une fois commencée, cette histoire intrigue. L’auteur nous présente le personnage principal, Bill, sa vie fort peu trépidante, son environnement qui est loin de faire rêver, son job routinier de prof, exercé sans grande passion. Jusque-là rien de bien passionnant dans la vie de Bill. Mais bientôt,  la vie plan-plan de ce banlieusard privilégié va basculer dans une atmosphère de peur et d’angoisse permanente.

Bill reçoit un livre qui peu à peu va bouleverser son existence d’apparence si paisible. Ce même livre est également envoyé à tous ses proches. L’histoire narrée dans ce roman : la sienne ! Enfin plutôt, celle de son secret, vieux de vingt ans, presque oublié de lui-même et qu’il pensait disparu à jamais.

Qui est l’auteur de ce livre ? Qui l’envoie à ses proches ? Qui veut révéler au monde le lourd secret d’un crime à peine suggéré au fil d’une histoire qu’il ne connait que trop bien puisqu’il en a été l’élément clé ?

On suit dès lors Bill tout au long de ce qui ressemble à une brutale plongée dans les abîmes. Ses proches lui tournent le dos. Ses seuls alliés : Alan, une étudiante passionnée de littérature déterminée à l’aider et le soutenir, et l’auteur de ce livre maudit, Dick (R.P.Kirkpatrick) , dont l’histoire lui a été inspirée par une nouvelle lue lors d’un atelier littéraire qu’il animait.  Dick qui déboule dans sa vie et qui devient sa bouée de sauvetage alors qu’il traverse cette période trouble et douloureuse, noyé dans l’alcool.

Extrait page 199 :

« Bill ne lui en voulut pas. Il en convenait : l’image de la jeune femme héroïque qui sortait une vieille épave puant l’alcool de l’enfer des corvées ménagères avait quelque chose d’éculé, mais pourquoi rejeter une aide si gentiment offerte ? » 

Dans ce roman, on est confronté à la culpabilité, au déni, au mensonge qui sont autant de sentiments humains déjà douloureux individuellement mais terribles lorsqu’ils doivent être tous affrontés en même temps. Comment Bill va-t-il gérer cette situation inextricable alors qu’il ne peut parler de ce secret à personne ? Qui semble vouloir se venger de lui ? Qui veut lui faire payer pour ce crime sans témoin commis il y a si longtemps ?

Si vous voulez le savoir, alors je vous encourage à plonger dans cette histoire, n’hésitez pas.

J’ai aimé ce roman qui démarre doucement, au rythme de la vie monotone de Bill. J’ai aimé la montée en puissance à mesure que la vie de Bill part en lambeaux et que son univers qu’il croyait solide, s’effondre à vitesse grand V.

Cédric Lalaury manie le sarcasme à la perfection, il se joue des clichés des américains sur les français, il multiplie les clins d’œil à Stephen King et Henry James qu’il aime apparemment beaucoup même si les « écrivains » en général en prennent pour leur grade.

Extrait page 232 :

« Ecoutez Alan, je ne voulais pas vous heurter…

Tout ce que je voulais dire, c’est que vous devez faire attention avec lui : les écrivains sont souvent des vampires ou des charognards. Les êtres les plus égoïstes que la terre ait jamais portés. »

C’est bien écrit, c’est parfois drôle, souvent teinté d’humour noir, les personnages sont complexes et attachants.

Pour résumer mon sentiment, je dirais que j’ai passé un très agréable moment de lecture.

La toile aux alouettes – Lou Vernet


 Hello les polardeux, j’ai la chance, une fois de plus me direz-vous de recevoir sur ce blog Sacha Erbel.

Et Sacha se fait chroniqueuses pour nous ! Et vous proposera ses petits avis, ses mini Sach’avis.

En voici un, rien que pour vous !


Le livre :  La toile aux alouettes Volume 1, L’inclus de Lou Vernet. Préface Maud Tabachnik. Paru le 3 octobre 2016 aux Editions Border Line dans la collection Dead Line. 18€ ; (254 p.) ; 21 x 13 cm

4e de couv : 

Il était une fois deux enquêteurs interlopes, une jeune fille en recherche de sens, un voisin bruyant, un gourou du web, une chef de service peau de vache, et une maman névrosée… C’est comme cela qu’elle nous la joue, Lou Vernet, avec une myriade de personnages qu’elle cisèle de sa plume efficace. Tous semblent évoluer dans des mondes parallèles jusqu’au moment où le récit bascule dans l’insondable noirceur de l’âme, entraînant le lecteur dans ses rêts. Dans La Toile aux alouettes, son premier polar, Lou Vernet manie en virtuose, l’art de la mystification. En attendant que l’Inclus et la Virgule reviennent défaire un nouvel écheveau, frissonnez avec ce premier opus, tout en ombres et lumières ! La Toile aux alouettes paraît aux Éditions Border Line.

« J’ai découvert une fin diabolique bien loin des premiers chapitres policés, qui fera hoqueter et lever les sourcils, mais qui est la signature d’un livre réussi, original, audacieux. Un livre que l’on n’oubliera pas, longtemps après l’avoir fermé. »
Maud Tabachnik, écrivain.

 

L’auteur : Quand on demande à Lou Vernet ce qui est essentiel, elle répond, sans coup férir : aimer, marcher et écrire. Elle baguenaude sur les trottoirs de Paname, mais pas que. Le monde qu’elle parcourt, nez au vent, est sa source d’inspiration. Lou est belle, libre, vraie, douée pour la vie et experte en mots. Normal, cette Parisienne les cultive depuis plus de dix ans. professionnellement, pour en faire une oeuvre.
Extrait :
L’ombre de cette femme au verbe trop aigu ne lui fait plus peur. Elle se radoucit.
– Stop, tout simplement stop. Stop à vous, à vos cris, à vos crises, à votre autorité, à votre méchanceté. Des années que vous pourrissez la vie de tout le monde, la mienne et certainement la vôtre.
Longtemps j’ai eu peur, de quoi, je ne sais pas au juste. Et là, depuis que je suis entrée, je vous regarde et j’ai tout simplement pitié. Je ne sais pas ce qui vous est arrivé et pour tout vous dire, aujourd’hui je m’en fous. J’ai donné ma démission ce matin, j’étais juste venue vous le dire. Ça et d’autres choses aussi. Mais qu’importe…
la dame de Pique reste bouche bée, la colère sourd en cernes sous ses yeux. Elle écume de rage.
L’affront l’a sidérée. Clara a envie de rire. Un rire nerveux et fatigué.
Toute sa vie, les ombres l’ont privée de voir. L’ombre de son père, ce géant de lumière. Sa mère en sillage dans les vapeurs de sa cuisine ou sous son chapeau de paille. Les murs à l’abri desquels son éducation s’était sagement tenue coite. Ces hommes de lumière qui trouaient ses nuits d’éclairs furtifs. Ces colonnes de chiffres qu’aucun mot ne venait incendier. Tous ces autres que le jour éclairait et à l’ombre desquels elle frayait en silence. Et cette femme sous le joug de laquelle elle s’escrimait à faire ses preuves.
 

 

les  Sach’avis

La toile aux alouettes

Génial polar de Lou Vernet!

Un grand bravo à toi ma Lou. Une chute comme je les adore! Une ambiance pesante à souhait! Ne passez pas à côté de la Toile aux Alouettes! Ou sinon vous manquerez quelque chose! Un tourbillon de mots si bien choisis qui vous mèneront dans une histoire que vous ne pourrez pas lâcher avant la dernière page!
Alors on fonce!!!

 

Sinon vous pouvez aussi retrouver l’avis de Ge,  ICI La toile aux alouettes – Lou Vernet 

Le Brasier -Vincent Hauuy


le brasier Vincent Hauuy couvLe livre : Le Brasier de Vincent Hauuy.  Paru le 5 avril aux Editions Hugo Thriller.                 19,95 € ; 496 pages ; 14×21.

4ème de couverture :

Quand le Général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune journaliste est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte qui cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liée à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

 

29342906_1702804633138966_2640271247602089984_n(1)L’auteur : Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à ses personnages. Son premier roman Le tricycle rouge, par en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.

 

 

Extrait :
« un drame violent, suffisamment marquant pour laisser une empreinte indélébile, s’est déroulé ici, sur cette propriété. Il ressent ce malaise avec une telle acuité que cela lui glace le sang, compresse sa poitrine et provoque des palpitations cardiaques. […] Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétré leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. Et ils sont partis sans pouvoir expliquer leur malaise ou leur inconfort de manière rationnelle. »

L’accroche de Miss Aline

 

le brasier Vincent Hauuy petit format

 Trois suicides en guise de prologue, bon début ! Ensuite, on fait connaissance avec Karl Engelberg et ses règles de captivité. Voilà, on sait d’emblée que c’est lui le méchant. Il a enlevé Sophie journaliste et fille du Général Lavallée. Elle est dans une mauvaise posture. Tellement mauvaise que son père reçoit une vidéo de son exécution.

Noah Wallace accepte de travailler pour le Général afin de retrouver les assassins de sa fille. Etrange enquête. D’abord l’exécution de Sophie,  à laquelle Noah ne croit pas. Elle est vivante, il le sait, il le sent. Puis ses visions, ce petit garçon dont le visage est caché, ce brasier.  Et enfin la musique : Wagner.

Pour son enquête Noah veut travailler avec Clémence, ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité). Le Général, ayant le bras long, va permettre de « libérer » Clémence.

Lors des ses investigations Noah va approcher une vérité qui le concerne directement. Elle va le bouleverser. Dès les premières pages tu l’apprécie Noah Wallace. Tu  as senti une fêlure en lui, une blessure béante qu’il peine à refermer. Il a un passé trouble. Pour en savoir plus sur lui, tu vas lire « le tricycle rouge » (premier roman de Vincent Hauuy). Etape obligatoire.

En attendant, tu le suis dans sa course poursuite pour retrouver Sophie, pour éloigner Clémence de la mafia russe, pour décrypter un message codé… tu marches dans ses pas et tu souffres avec lui, pour lui.

 

L’enquête est entre coupée du récit de Karl sur son enfance. Une enfance marquée fortement par  l’autorité paternelle, le maître absolu. Karl est froid, profondément méchant, brutal, mauvais, manipulateur. Non pour lui tu n’as pas d’empathie. Bien sûr son enfance explique  ce qu’il est devenu. Aurait-il pu faire d’autres choix qui l’auraient mené vers un autre lui-même ?

Avec ce roman tu peux t’interroges sur le conditionnement humain, la manipulation mentale. Tout un chacun la pratique de manière inoffensive. Chaque parent conditionne son enfant dans sa vision de la vie, ses choix musicaux… En grandissant, tu fais le choix de ta propre éducation, de tes codes, de tes valeurs. Mais avant cela tu avais celles que tes géniteurs t’ont inculqués.

Où est vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

 

 

Sœurs de Bernard Minier


Le livre  : Sœurs de Bernard Minier. Paru le 5 avril 2018 chez XO.   21€90  ; (480 p.) ; 24 x 15 cm

4ème de couverture :

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.
Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.

Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle t-il pas La communiante ? L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.

Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.

L’auteur : Né à Béziers (Hérault) , le 26/08/1960, Bernard Minier grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l’Essonne en Île-de-France. Il fait d’abord carrière dans l’administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d’envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.
Il publie son premier roman, « Glacé « , en 2011. Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.
« Glacé  » met en scène le commandant Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu’incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver. Le roman obtient de nombreux prix dont le Prix Polar au Festival de Cognac et le Prix « Découverte » Polars Pourpres. Il a été adapté en série télévisée.
Son deuxième roman, « Le Cercle« , paru en 2012, renoue avec le même personnage et se situe cette fois dans le milieu d’une petite ville universitaire du Sud-Ouest. Il obtient le prix des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac. Puis viennent « N’éteins pas la lumière », « Une putain d’histoire » prix du meilleur roman francophone du festival de Cognac et « Nuit »
Ses romans privilégient les atmosphères oppressantes, la violence psychologique et des personnages complexes, ainsi que « l’attention qu’il porte aux décors, naturels en particulier ». « Sœurs » est son sixième roman, le cinquième de la série Servaz.
Extraits :
« Si les vivants ont des secrets, constata-t-il en pensant à Alexandra, les morts, eux, n’en ont plus guère pour le légiste. Analyses, prélèvements, examens visuels et palpations révèleront leur état de santé et bien souvent, leur état mental, voire moral. Cirrhoses, hématomes, anciennes fractures ressoudées et cals osseux portant témoignage de coups et de mauvais traitements, vieilles cicatrices par impacts de balle ou arme blanche, scarifications et automutilations, somnifères, antidépresseurs, drogues, maladies vénériennes, lésions anales, traces d’asphyxie autoérotique, poumons goudronnés par plusieurs centaines de milliers de cigarettes, piqûres de seringues, liens, mauvaise hygiène de vie, malpropreté, déliquescence, folie, mort – rien ou presque n’échappe à l’œil du légiste. Rien sauf les sentiments, les émotions, les pensées – ce qui fait qu’un être humain a passé un moment sur cette Terre avant de disparaître. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affûté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambiguës et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.  Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Certes le lecteur appréciera ces retrouvailles, néanmoins cet épisode peut se lire indépendamment, sachant qu’une fois la dernière page tournée, le manque poussera le « polardeux » à se ruer dans sa librairie préférée pour se procurer les volets précédents. Les personnages gagnent en épaisseur au fil des enquêtes

Citations :
« A vingt ans, il s’était rêvé écrivain, mais il serait flic tout sa vie. Même à la retraite, un flic restait un flic. C’est ce qu’il était. Où donc étaient partis ses rêves ? »
« C’est le problème avec certains fans. Ils deviennent trop envahissants, ils veulent faire partie de votre vie, ils exigent une attention constante … Ils veulent être importants pour vous, ils estiment que le fait d’avoir lu tous vos livres leur donnent certains droits. »
«  Pour certains lecteurs, ils (les auteurs) tenaient même lieu, à leur insu, de membre supplétif de la famille, d’oncle d’Amérique, d’ami de longue date qui, si la carrière de l’écrivain se prolongeait sur plusieurs décennies, finissaient par faire partie intégrante de leur vie. »
 « Soudain, il (Servaz) se demanda combien de personnes dans cette ville lisaient en ce moment précis, c’est-à-dire en même temps que lui. Des centaines ? Des milliers ? Et combien regardaient la télévision ou l’écran de leur téléphone ? Infiniment plus, sans aucun doute. Etaient-ils, eux, lecteurs, comme les Indiens d’Amérique au XIXème siècle : menacés d’extinction par une race nouvelle ? Appartenaient-ils à l’ancien monde en train de disparaître ? »
« Désormais, lecteurs et fans avaient un accès direct à leurs auteurs préférés, sans l’intercession sourcilleuse d’une maison d’édition ni les délais imposés par les vicissitudes du courrier ordinaire. Est-ce que ça n’ôtait pas une partie de leur mystère à ces écrivains contraints de sortir de leurs solitudes altères, de leurs tours d’ivoire inaccessibles pour descendre dans l’arène ? Est-ce qu’un auteur devait rester à portée de clic, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ou au contraire ce travail n’exigeait-il pas de la distance et de la réserve, une forme discrète d’insociabilité ? Comment pouvait-on être à la fois dans et au-dessus de la mêlée ? »
Une réflexion écolo : p205-206 « … Que l’humanité fût devenue folle, Servaz n’en doutait pas une seconde. La question était de savoir si elle l’avait toujours été : cinglée, suffisante, autodestructrice – et si elle n’avait eu les moyens de son autodestruction qu’à une date récente. »

Top class killer de Jon Osborne


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9782021050615,0-1329248Le livre : Top class killer de Jon Osborne.Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aline Weill. Paru le 12 avril 2012 au Seuil dans la collection Seuil Policier.21€ ; (363 p.) ; 23 x 14 cm

 

4e de couv :

Nathan Stiedowe, tueur en série d’une intelligence et d’une force exceptionnelles, reconstitue avec minutie les crimes atroces de prédécesseurs célèbres. Il a pour double objectif de remplir sa mission à la perfection pour prouver qu’il est le plus fort de tous, et surtout de «se venger de la garce qui lui a volé sa vie».

L’agent spécial du FBI Dana Whitestone, l’une des meilleures dans sa partie, est la seule capable de neutraliser cet homme qui ne commet pas d’erreur.

Convaincu de sa supériorité absolue, Nathan laisse à son intention sur chaque scène de crime un «souvenir» macabre pour indiquer où il frappera la fois suivante. Indices révoltants qu’elle parvient à décrypter, mais chaque fois trop tard.

 

L’auteur : Jon Osborne a travaillé ces dernières années comme reporter free-lance pour le Naples Daily News de Floride, où il a tout traité, des ventes de charité aux triples meurtres. C’est un vétéran de la Marine américaine.

 

Extrait :
Les tueurs tuaient : c’était ce qu’ils faisaient. C’était leur boulot, putain ! Les bons ne se faisaient jamais prendre. Et les meilleurs, on en parlait toujours des siècles après leur mort. Mais la palme ne pouvait être remportée que par un seul champion – le lion dominant de cette drôle de meute –, et c’était un titre que Nathan avait bien l’intention de revendiquer.

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Le post-it de la bibliothécaire

Nathan Stiedowe, tueur en série, reproduit les crimes de prédécesseurs célèbres, avec pour objectif d’atteindre la perfection et de ne pas être pris. Il veut se venger de l’agent du FBI Dana Whitestone, qui, à l’âge de 4 ans, a assisté aux meurtres de ses parents et a décidé de consacrer sa vie à poursuivre les meurtriers.

Alternant les chapitres, un pour le tueur en série et le suivant pour l’agent du FBI, ce page turner est dans la mouvance de la série TV « esprits criminels »

Pour ce qui est de jouer au chat et à la souris dans un grand bain sanglant, les personnages de Jon Osborne rejoignent brillamment, sur l’échelle de l’horreur et de la manipulation, les personnages de Karin Slaughter et de Mo Hayder. Si Jon Osborne s’inscrit dans leur lignée, nul doute que son thriller doit être passionnant ! Excellent .

Granitique et monolithique, cette histoire plaira aux amateurs du genre.

Il est a noté que ce livre est préfacé  par Stéphane Bourgoin, le spécialiste français, s’il en ai un, des tueurs en série.

 

Lire Ici le début de Top class Killer

Hématome de Maud Mayeras


Le livre : Hématome de Maud Mayeras. Paru le 5 avril 2006 chez Calmann-Levy – collection Calmann-Levy suspense.  18€25 ; (278 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 4 juillet 2010  chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de Poche, Thriller n° 30910 . 6€90 ;  (312 p.) ; 18 x 11 cm. Nouv. présentation    

4ème de couverture :

Une jeune femme se réveille péniblement dans une chambre d’hôpital. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi son corps la fait autant souffrir : sa mémoire est comme effacée. A son chevet, Karter, son compagnon. Effondré, il apprend à la jeune femme qu’on l’a agressée, puis violée. Il fera tout pour lui redonner le goût de vivre. Dès sa sortie, Emma, assaillie par des flashs terrifiants, tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Les questions se suivent et les zones d’ombre apparaissent : qui l’a agressée alors qu’elle attendait un enfant ? Elle dirigeait une affaire prospère ; quel grand malheur a mis un terme à sa carrière ? Son frère et sa mère sont morts ; pourquoi le silence la sépare-t-elle de son père depuis toutes ces années ? Bribe par bribe, les souvenirs ressurgissent, sans apporter compréhension ni réconfort. Emma croise des personnages de plus en plus inquiétants et la mort semble peu à peu tout recouvrir autour d’elle, telle la neige qui prend doucement possession de la ville.
Le mystère s’épaissit pour brutalement exploser dans un dénouement aveuglant, comme un flash dans l’obscurité.

L’auteur : Maud Mayéras est née le 06 octobre 1981 à Limoges où elle vit encore. Son premier thriller « Hématome, » paru aux éditions Calmann-Lévy dans la collection Suspense en 2006, a pour sujet principal la dénonciation des violences faites aux femmes.
Il avait été très remarqué lors de sa sortie : finaliste Prix Polar SNCF 2006, Prix des Limbes pourpres 2006 et Prix Griffe noire du meilleur thriller de poche 2008.
Sept ans plus tard, son second roman intitulé « Reflex » (2013), est édité aux éditions Anne Carrière.
« Lux » est publié aux Éditions Anne Carrière le 6 octobre 2016.
Extraits :
“Le jeune homme au bec-de-lièvre bascule légèrement en avant et une mèche épaisse tombe sur son front. Il lève les yeux vers moi et son regard gris me rassure. Son visage hâlé se dessine tout autour en traits fins, comme un tableau. Un tableau déchiré en plein milieu.
[…]
En y regardant de plus près, son visage n’est pas si monstrueux. 
On dit que chaque enfant, juste après sa naissance, rencontre l’Ange du silence. Chaque enfant naît omniscient. Il connaît tout de la vie, de la mort, du monde humain, animal, végétal. Tout. L’Ange du silence, à l’instant où l’enfant va pousser son premier cri, glisse son index sous son nez, et étend le mouvement jusqu’à ses lèvres. À ce moment précis, l’enfant oublie tout.
Son ange à lui a un peu dérapé, voilà tout.”

La chronique Jubilatoire de Dany

Dérangeant, touchant, réaliste et tellement bien mené … cette reconstruction d’Emma après le viol qui a causé en plus la mort de son futur bébé … On sent le suspense se développer au fil des pages pour finir en horreur absolue. le deuxième roman que je lis (après “Reflex”)de cette auteure à « ranger » aux côtés de Claire Favan … Maud Mayeras nous balade avec nos évidences pour mieux nous perdre … Et dire que chacune d’entre nous aurait pu être à sa place, le lecteur infiltre sa conscience et tremble avec Emma

“Karter retire son bras si rapidement que son geste en devient presque brutal. Qu’est-ce que tu caches Key ? Que faut-il que je ne voie pas ?
– Il est magnifique. Mais… pourquoi une Reine rouge si effrayante ?
– C’est mon démon, elle est cachée sous mon bras. Je ne la vois pas, mais je sais qu’elle est là. Comme les ailes dans ton dos. Et comme ce truc…
Il touche la cicatrice sur ses lèvres.
– Ce foutu bec-de-lièvre a gâché ma vie entière. Toi seule m’as regardé. Toi seule as vu qui j’étais vraiment.
Alors, à mon tour je caresse sa peau abîmée. Je retrace le sillon épais, de son nez à sa bouche.
– Gamin, je me suis réfugié dans les bandes dessinées, dans les contes de fées. Pour oublier le monde autour, les moqueries et le regard des autres enfants. Tu es la seule qui soit passée au travers de la carapace que je m’étais forgée pendant des années. La seule à avoir essayé. La seule, Emma.
Ses yeux sont rougis de larmes. Mes doigts courent sur son visage, doucement. Amoureusement. J’aimais cet homme.”