Un gros week-end en perspective


Ce week-end du 24 et 25 juin va être très chargé.

Pas de temps pour échanger sur ces pages, pas de temps pour écrire quelques lignes, vous faire découvrir un nouvelle auteur.

Non je ne vais pas trouver le temps, je vais passer mes journée à Saint Maur en poche et mais soirée aussi !

D’hier après-midi à après demain soir, je vivrais SMEP.

Et du coup les échanges, les partages, je les vivrais en direct, en live, en réel et pas en virtuel.

Punaise ça va être quelque chose, c’est certain !

Et je j’ai le courage, si je me remets de mes émotions, je vous raconterai tout cela très vite.

Mis en attendant ce week-end vous ne resterez pas sans rien.

Non j’ai pensé à vous.

En effet demain dimanche je vous embarque à la rencontre d’une passionnée et avec elle aussi nous parlerons salon du polar.

Et lundi je vous parlerai du festival sans nom. Si si, il est sans nom mais c’est le festival du polar de Mulhouse.

Voilà vous savez tout.

Vous voyez, on ne vous oublie pas sur Collectif Polar.

Alors à très vite

 

Saint Maur en Poche, les scènes littéraires (3)


Et bien ça se précise à Saint Maur en Poche.

Vous le savez cette année c’est plus de 250 auteurs qui sont invités au Festival

Et c’est aussi entre 70 et 80 scènes littéraires.

Avec ses deux espaces de rencontres – Griffe Noire en scène et Déblogueurs en scène – Saint Maur en Poche vous propose des tête à tête,  des tables rondes et des interviews d’auteurs reconnus, très connus ou encore inconnu. C’est un mixte de vedette et de découvertes, afin qu’il y en est pour tous les publics et les lecteurs.

Ici je vais essayer de vous concocter un petit programme « Roman policier et Cie » en vous présentant » les scènes de crimes polars. »

Attention, le casting est international, si, si,  et les plateaux sont menés par les libraires, des journalistes ou des blogueurs.

Aussi les scènes de crimes débuterons le samedi dés 11h35 dans l’espace des Déblogueurs en scène. Elle s’achèvera le dimanche à 18h00 sur cette même scène des Déblogueurs

 

Des auteurs à succès comme Guillaume Musso, ou Bernard Minier,  des nouveaux venus comme Cloé Medhi, Arnelle Carbonnel ou Elena Piacentini,  la crème du polar français et étranger – Jean-Christophe Grangé, DOA, S.K. Tremayne pour le Royaume Uni, Sebastian Fitzek, voix montante du polar allemand. Sandrone Dazieri, Luca Di Fulvio pour l’Italie. Messieurs M.J. Arlidge, et Daniel Cole nouveaux venus d’Angleterre, Steve Cavanagh digne représentant de l’Irlande. Le polar Nordiques sera représenté par l’auteur de polars suédoise Camilia Grebe. Yasmina Kadra, merveilleux représentant de la littérature algérienne. Et puis que serait SMEP sans notre ineffable Belge, Nadine Monfils accompagnée de l’irrésistible Paul Colize et la talentueuse Barbara Abel.

Il y aura aussi  des coups de projecteur également sur des maisons d’éditions ou des  collections de thrillers  comme La Bête noire, lancée en 2015 par Glenn Tavennec ou les 70 ans du masques, editeur emblématique de polar. Sans oublier Calmann Levy qui fête aussi un anniv. me semble-t-il. Et aussi la nouvelle collection Milady Thriller chez Bragelonne dirigé par la géniale Lilas Seewald !

Voici donc les Scènes de Crimes que je vous propose de suivre.

Samedi 24 juin

Sur la scène des Déblogueurs
 11h 00 : Rencontre avec François-Xavier Dillard & Barbara Abel par Yvan Fauth
11H 35 : Rencontre avec Elena Piacentini & Benoît Minville par Geneviève Van Landuyt
12h10
Rencontre avec Johana Gustawsson, Lilas Seewald de Milady & Steve Cavanah par Yvan Fauth
  Allez vous pouvez aller déjeuner puis rencontrer les auteurs sur leur stand.
Retour Sur la scène de la Griffe Noire
15h10
Rencontre avec Jean-Christophe Grangé par Jean-Edgar Casel & David Medioni
sur la scène des Déblogueurs
15h45
Rencontre avec Pierre Bordage par Yvan Fauth
Sur la scène de la Griffe Noire
16h00
Rencontre avec S. K. Tremayne par Jean-Edgar Casel & David Medioni
16h40
Rencontre avec Sandrone Daziery, Daniel Cole & Glenn Tavennec (La bête noire) par Gérard Collard
17h15
Rencontre avec René Manzor, Nico Takian & Philippe Robinet (Calmann Levy) par Gérard Collard
17h35
Rencontre avec Camilla Grebe par Jean-Edgar Casel & David Medioni
Chez les Déblogueurs :
16h35
Rencontre avec Marc Fernandez & Jean-Daniel Baltassat par Bob Garcia
17h15
Rencontre avec Michael Mention & Dominique Maisons par Fred Fontès
17h35
Rencontre avec Bernard Minier & Anthonin Varenne par Yvan Fauth

.

Sacré programme pour la journée du samedi. Et encore c’est que la première journée. Et…

Je sais la fin d’aprem est très chargée, il va falloir vous dédoubler.

Mais rassurez-vous

Chaque rencontre pourra être suivie sur la chaîne You Tube de la Griffe noire, et sera retransmise en direct sur son facebook live.

 

Allez place aux scènes de crime du dimanche 25 juin.

Comme le samedi on démarre sur la scène des Déblogueurs.

11h00

Rencontre avec Hugo Buan & Nadine Monfils par Gérard Collard

11h15

Rencontre avec Valeria Montaldi et Jean d’Aillon par Gérard Collard

 Parallèlement sur la scène de la Griffe Noire

11h20

Rencontre avec Bruno Combes & Sire Cedric par Bob Garcia (France 3)

  Puis Scènes des déblogueurs

12h10

Rencontre avec Armelle Carbonel par Athénaïs (unbouquindanslatasse) Céline (debookaoreilles)

12h25

Rencontre avec DOA & Cédric Bannel par Jean-Edgar Casel & David Medioni

 A nouveau sur la scène de la Griffe Noire

14h20

Rencontre avec M. J. Arlidge par Jean-Edgar Casel & David Medioni

14h35

Rencontre avec Maud Tabachnick & Joseph Joffo par Gérard Collard

 Chez les Déblogueurs

15h00

Rencontre avec Marin Ledun par Fred Fontès (blog 4decouv)

15h15

Rencontre avec Sandrine Colette & Nicolas Jaillet par Geneviève Van Landuyt

16h50

Rencontre avec Fred Houel, Frédéric Lenormand & Eric Fouassier par Gérard Collard

 Pour clore le festival coté polar chez les Déblogueurs

17h40

Rencontre avec Cloé Mehdi par Geneviève Van Landuyt

 

Voilà, vous l’avez constaté, ça va être un week-end de folie, mais ça nous le savions déjà !

C’est pas comme si c’était déjà pas comme cela les années précédentes !

Bon alors à très vite en espérant tous vous rencontrer et faire quelques petites photos ensemble.

Pour ma part je serai soit dans la partie du salon réservée au polar soit du coté de la scène des Déblogueurs

Et puis n’oubliez pas…

Chaque rencontre pourra être suivie sur la chaîne You Tube de la Griffe noire, et sera retransmise en direct sur son facebook live.

 

Ah oui pour rappel, la liste des auteurs  polar ICI

Alors à très vite à Saint Maur en Poche

Et..

longue vie à  SMEP

 

 

Saint Maur en Poche : Les scènes littéraires (2)


 

Le festival international du livre en format poche de Saint Maur c’est presque demain.

Nous sommes tous surexcités à l’idée d’y être.

Cette année encore votre blog, Collectif Polar est associé à cet évènement.

Mieux nous sommes partenaire. Et j’aurai la chance, le plaisir que dis-je l’honneur de participer à cette belle fête du livre en animant quelques plateaux. Non je ne passerai pas les petits fours, m^me si je sais plutôt bien faire cela ! Non je jouerai les méditeurs sur quelques scènes littéraires.

Car comme je vous le disais déjà ICI, Outre les séances de dédicaces, le salon proposera deux espaces de rencontres : « Griffe noire en scène » et « Déblogueurs en scène », où se dérouleront de nombreuses interviews d’auteurs et de tables rondes.

A Saint Maur en poche le plaisir est de mise. Aussi nous avons eu le choix des auteurs invités. Je vous avoue que pour certains d’entre eux nous nous sommes un peu tiré la bourre entre blogueurs pour les avoir.

Pour moi, l’essentiel c’est que l’on doit la parole à tous ces auteurs. Et si j’ai décidé de recevoir Elena Piacentini, Cloé Medhi, Sandrine Collette, Nicolas Jaillet et Benoit Minville c’est parce que leur univers et leur mots ont su me touchée voire me bouleversée.

Cette année j’animerai donc quelques plateaux où je recevrai ces 5 auteurs.

Pour certain c’est leur première fois à Saint Maur en Poche et j’en suis vraiment ravie.

C’est le cas d’Elena Piacentini

 

 

 

 

 

 

Auteur, Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia et vit à Lille depuis vingt ans. Elle a créé Pierre-Arsène Leoni,un Corse qui dirige la section homicide de la PJ lilloise. Elle orchestre avec psychologie une humanité malmenée et excelle dans la construction narrative complexe de destins croisés.Elena Piacentini est également scénariste (Albertine Productions,France TV, Image & Cie-Lagardère). On se souvient de Tensions sur le Cap Corse diffusé le 8 avril dernier sur France 3. Elena est aussi novélistes, elle a participé à de nombreux recueils de nouvelles et souvent pour de belle causes. Elle est l’une des voix émergentes du polar français.
Ces romans ( les enquêtes du commandant Leoni), sont édités chez les éditions Au-delà du raisonnable et chez Pocket.
Nous parlerons certainement de ses romans Un Corse à Lille, la première enquête de Léoni rééditer tout dernièrement et de son dernier roman Aux vents mauvais que j’ai adoré.

 

C’est aussi le cas de Cloé Medhi

©-Anne-Marie-Gabriel

Née en 1992 à Vénissieux près de Lyon, Cloé Mehdi vit aujourd’hui à Marseille. Elle développe sa passion pour l’écriture à l’adolescence et s’intéresse principalement au genre du roman noir. Elle remporte plusieurs concours de nouvelles ainsi que le Prix de Beaune avec son premier roman : Monstres en cavale (Éd. Le Masque, 2014). Mêlant matière sociale et psychologique, Rien ne se perd (Éd. Jigal, 2016) est à la fois un roman (très) noir et un roman social qui met en exergue les dérives policières absoutes par l’état et la justice. Rien ne se perd a reçu le Prix Étudiant du Polar 2016 et le Prix Dora Suarez 2017. De là à dire que Cloé est une surdouée du polar et du noir en particulier, il n’y a qu’un pas
Je n’ai jamais rencontré Cloé Medhi, aussi j’essaierai d’en savoir un peu plus sur elle et sur son travail d’écriture.

Je recevrai Nicolas Jaillet

Nicolas Jaillet quand à lui est déjà venu à SMEP mais dans le rayon jeunesse, aussi cette année il vient en tant d’auteur du noir.

Né en 1971 en banlieue parisienne. D’abord comédien, il signe ses premiers textes de fiction pour une troupe de théâtre jeune public : La Compagnie des Epices, avec laquelle il fait un premier tour du monde. Poursuit sa route avec La Compagnie des Filles de Joie, troupe de théâtre forain. Cherche un équivalent du rock’n’roll au théâtre. Le trouve. Ouvre une salle de spectacle à Paris : le LABO. Période de bouillonnement culturel qui donne à son jeune directeur la sensation de piloter un navire. Viré par les propriétaires, il reprend la route. Vit dans une caravane pendant trois ans, en jouant sur les places de villages une adaptation de la « Nuit des Rois » de Shakespeare, avec Olivia Machon, la meilleure actrice du monde. Collabore aux spectacles de son ami Alexis HK, avec qui il écrit des chansons, boit et fume. Second tour du monde. Première expérience de publication en 2003 avec Le Retour du Pirate. Expérience désastreuse. Essaye d’arrêter d’écrire. Sans succès. Remonte sur la bicyclette avec un western publié en 2007 ; Sansalina. Il s’avère qu’il y existe aussi des éditeurs dignes de ce nom. Travaille depuis en collaboration étroite avec des éditeurs de tailles diverses, partout où il rencontre des êtres humains : Hachette Jeunesse, Après la Lune, Lito, Gallimard, Rageot, Rue du Départ. Entame des études de Lettres classiques à 36 ans. Obtient une licence trois ans plus tard. Participe à l’écriture et au tournage du premier long métrage de Thomas Salvador. Son dernier roman, La maison, publié chez un éditeur indépendant, connaîtra bientôt un succès planétaire, mais ne nous emballons pas […]

 

Je recevrai aussi Benoit Minville

Comme Nicolas, Benoit est venu la première fois à Saint Maur en poche comme auteur jeunesse. Depuis il y a eu Rural Noir

Benoit Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, quatorze ans plus tard. Libraire fana d’échanges et de conseils, lecteur passionné de tout bouquin qui transporte une énergie (de Dumas à Pennac, de Ellroy à Lansdale, de Twain à Axl Cendres). Son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

 

Et enfin je serai sur scène avec Sandrine Collette

Je l’avoue je suis une fan absolue de Sandrine Collette.  j’ai adoré son premier roman, oui je sais je ne suis pas la seule et c’est tant mieux.  Il m’a mis une sacrée claque. Et depuis son écriture me ravie toujours autant voire encore plus. Oui de plus en plus….Alors je risque d’être impressionnée d’être en face d’elle. D’ailleurs la première fois où j’ai eu la chance de lui poser quelques questions, j’ai pas arrêté de gaffer. Heureusement, Sandrine a beaucoup d’humour et ça a fait rire tout le monde !

 

Et promis je ne lui demanderai pas si c’est à cause de la crise de la quarantaine qu’elle s’est mise à écrire ! ???

Sandrine Collette  est née à Paris en 1970. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.
Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.
Sandrine Collette aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
« Des nœuds d’acier » (Denoël, 2013), son premier roman, obtient le Grand Prix de littérature policière 2013.
En 2014, elle publie son second roman « Un vent de cendres » (chez Denoël) qui revisite le conte La Belle et la Bête.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).
« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.
En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».

 

Voilà vous avez demander le programme, le voici.

J’espère vous retrouver nombreux à Saint Maur en Poche.

Si vous saviez comme je suis fébrile dans l’attente de ce week-end à venir !

Alors à très vite pour quelques autres infos sur SMEP

 

Saint Maur en Poche : Les scènes littéraires (1)


La 9ème édition du salon littéraire Saint-Maur en poche approche à grands pas !

Les 24 et 25 juin 2017 seront l’occasion unique de rencontrer un plateau d’auteurs d’une richesse incroyable.

Outre les séances de dédicaces, le salon proposera deux espaces de rencontres :

« Griffe noire en scène » et « Déblogueurs en scène »,

où se dérouleront de nombreuses interviews d’auteurs et de tables rondes.

 

Durant ces 2 jours de « Folies », des libraires, des journalistes et des blogueurs animeront avec enthousiasme ces nombreuses rencontres. Plus de 40 plateaux le samedi, presque autant le dimanche. Les plateaux proposeront, le plus souvent, des duos d’auteurs. Et aussi souvent des nouveaux venus à SMEP.

Il y aura de nombreux plateaux polars. Je vous les dévoilerai dans ces pages tout au long de la quinzaine à venir.  Mais aujourd’hui je vous parle des scènes littéraires des blogueurs.

Alors…

Les amis blogueurs vous proposeront des rendez-vous polars.

  • Yvan du blog EmOtionS – Blog littéraire et musical animera 4 plateaux, 3 le samedi, un le dimanche.

    Il recevra Pierre Bordage, Bernard Minier et Antonin Varenne en duo, Barbara Abel et François-Xavier Dillard où il sera sans doute question d’instinct maternel.  Et  Johana Gustawsson et Steve Cavanagh accompagnés de Lila Seewald leur éditrice chez Bragelonne-Milady.

    Pour en savoir plus c’est ICI chez Yvan, Saint-Maur en poche 2017 : Les plateaux des interviews.

  • Fredo, du blog 4deCouv, qui devrait se charger de Michaël MentionDominique Maisons et Marin Ledun. 

  • Athénaïs (Un bouquin dans la tasse) et Céline (De book à oreille) vont interviewer Armelle Carbonel.

  • Geneviève, du blog Collectif polar Pour ma part, j’aurai la chance d’accueillir Elena Piacentini ; Benoît Minville ; Nicolas Jaillet et Sandrine Collette (et peut être encore d’autres)…

    Elena est une nouvelle venue à Saint Maur en poche et je suis heureuse de pouvoir être un peu son ange gardien sur ce salon. Mais de tout cela je vous en reparle très vite, promis. Une petite présentation de ces 4 auteurs que j’adore, histoire de vous mettent dans l’ambiance.

On vous attend tous nombreux pour ces belles rencontres !

La liste des 250 auteurs peut être consultée  ICI  sur le site officiel du salon

Vos questions, mes réponses : 2 ans du blog Tome 1


Je me suis fais curieuse, je vous ai interrogés.

J’ai voulu savoir quel lecteur et quelle lectrice vous êtes.

Vous n’avez fait confiance, vous  avez été nombreux et vous êtes livrés sans trop de résistance

Alors à votre tour vous m’avez posé quelques questions.

Aussi c’est avec sincérité que j’y réponds.

Voici donc les 10 premières !

Solange : Ma question subsidiaire :
D’où vient ce goût pour les livres, ce contact avec les autres (style rencontre sur les salons et les lecteurs) cette envie d’échanger sur tel ou tel sujet ?

Bonne question Solange !

Je ne sais pas d’où me vient ce goût du livre. Petite on ne m’a pas raconté d’histoire avant de m’endormir. Ado, j’avais plus le goût du sport que de la lecture. Les lectures que j’ai faites à cette époques étaient souvent obligatoires et scolaires. Les auteurs classiques c’était pas ma tasse de thé !

Non la lecture n’était pas mon premier hobby, même si enfant j’avais déjà le goût des énigmes. J’ai aimé les fantômettes, les six compagnons et le club des cinq…

Et puis prèado…Seuls la science fiction, la fantasy, les littératures de l’imaginaires et les romans historiques avaient de l’intérêt à mes yeux.

 Mais j’ai toujours aimé l’objet livre. Et dans mon village, je jouais dès la primaire les apprentis bibliothécaire en sortant les livres des placards pour les proposer une fois par mois aux habitants de notre canton. J’aimais déjà les étaler et les présenter sur les tables de salle de classe et les prêter aux lecteurs du village et des villages environnants.

Le contact avec les autres, ça a toujours été dans ma nature.  C’est comme ça ! Je dois tenir ça de mon père !

 

Nadia : Depuis quand lis tu des polars et pourquoi ?

J’ai envie de te dire depuis toujours même si c’est pas tout à fait vrai, Nadia !

Si en passe ma période bibliothèque rose et verte, je suis revenu au polar vers mes 17 ans. Je lisais Conan Doyle, j’aimais ses histoires courtes et son personnage de Sherlock Holmes. J’ai lu aussi les Agatha Christie, les Maurice Leblanc,  les Gaston Leroux  ….Les rouletabilles, les Arsène Lupin….

Et puis c’est Beineix avec Diva et surtout La Lune dans le caniveau en 83 qui m’a amené au roman noir américain. La découverte de David Goodis à 17 ans a été un choc !

Et c’est Goodis qui m’a fait aimé la littérature. Noir certes mais pas que !

Tu vois ça fait près de 35 ans que j’ai mis le pied dedans ! Bref un sacré bout de temps

Marie José : Ma question te concernant sera celle ci:

J’aimerai savoir si tu as toujours voulu être bibliothécaire ou si l’opportunité s’est présentée à toi par hasard…

Alors non jamais, je n’aurai pu prévoir qu’un jour je serai bibliothécaire même si ….Moi je voulais être archéologue, alors !

Et pour payer mes études, j’ai du bosser et j’ai eu la chance de travailler dans un CDI. Dans un collègue du 20e arrondissement. Là je me suis éclatée avec les élèves de 6e et de 3e. Nous avons monter des projets  avec leurs prof de français et d’histoire.  Du club de théâtre, de photos au expo sur l’écologie ou la résistance. J’ai organisé un concours. Et ça ne s’invente pas c’était déjà autour du roman policier. De supers années.

Et puis il a fallu rentrer dans la vie active. Et là effectivement, un job autour des livres est devenu assez évident. Aussi j’ai passé un concours et j’ai été reçu ! J’ai commencé dans une bibliothèque spécialisée et patrimoniale, la BHVP….ça tombe bien j’adorai l’histoire…

Mélie :  Peux-tu répondre à ton tour à toutes les questions posées ? Ah ah vengeance.

Ok Mélie !

Promis je répondrai moi aussi aux questions que je vous ai posées sur vos PAL !

Geneviève :  C’est quand que nous allons pouvoir faire connaissance dans la vie réelle ? *:) Heureux

Bientôt j’espère Geneviève. Mais je tiens à dire que notre rencontre virtuelle est une merveilleuse rencontre, une des plus belle. Tu m’as tant donné dans nos échanges chère Gene.

Merci d’être toi et surtout ne change rien !

Pierre : Je te connais comme si je t’avais faite, Geneviève. Alors j’ai juste une question : Quel est ton auteur favori. Et tu n’as droit qu’à une réponse et une seule.

Whoua, la question ! Tu ne m’épargne pas là, Pierre.

Et si je te dis que je n’ai pas d’auteur favori ! Oh, j’ai bien quelques chouchous.

Non, mon truc à moi c’est de découvrir de nouveaux auteurs alors !

Ingrid : Alors: si on ne garde que trois auteurs de polar…. lesquels pour vous ? 

Question piège chère Ingrid.

J’ai envie de répondre tout dépend de l’angle où je me place.

Tout dépend du référentiel que j’utilise.

Si je prends pour référence le polar français de ses 10 dernières années.

Je te citerais

Les Camhug. Parce que avec Jérome Camut et Nathalie Hug nous ne sommes jamais déçu et qu’il se réinvente à chaque bouquin. Et puis, ils sont mes chouchous, c’est comme ça.

Sandrine Collette, parce que j’aime son écriture, ses mots, la façon dont elle les assemble. Elle écrirai de la littérature blanche que je trahirai la noire !

Et…. aller Fred Vargas, non là c’est trop facile. Non, non, je reprend !

Quelqu’un qui me fais beaucoup pensé à Fred Vargas et son univers. Même si elle est plus sociale, moins mythe et légende. Mais surtout plus abordable. Oui par son humanité, par ses personnages, son équipe de flic….elle a une écriture bien a elle et c’est fort agréable de la retrouver et de regarder l’évolution de son style depuis ses premiers polars. C’est vraiment une auteure qu’il faut découvrir et vite. C’est Elena Piacentini !

Voilà je dois donc m’arrêter là !

Mais si je change de point de vue, je peux comme cela répéter l’exercice.

Ok, ok, je m’arrête.

Julie : Bon sérieusement il va falloir qu’on se voit 

Mais c’est pas une question ça Julie ! Tu voulais certainement Quand est ce qu’on se voit ?

Bientôt promis. La deuxième quinzaine d’avril.

A mince c’est passé. Bon alors on remet encore ça ! Et je pense qu’on va finir par y arriver !!! T’en pense quoi, toi ?

 

Stelphique :  -Tu es bibliothécaire ET blogueuse. Est-ce que ça change dans ton métier ? Es-tu influencée dans ton métier par les articles de ses lecteurs passionnés?

Oui, c’est pas faux ! Mais j’ai été bibliothécaire bien avant d’être blogueuse.

Je suis depuis un sacré bout de temps maintenant responsable d’un comité de lecture polar qui a pour mission de sélectionner les romans policiers pour les 60 bibliothèques de la ville de Paris. Aussi, pour faire ces choix parfois difficile nous devons analyser la production éditoriale. Il nous ai demandé que ne présenter que la crème de celle-ci. Et quand on voit le nombre croissant de cette production, notre boulot est de plus en plus difficile. De plus en plus de nouvelles collections polar, de plus en plus de nouvelles maisons d’éditions, de plus en plus de nouvelles plumes.

Alors si nous essayons de lire un maximum de premiers romans, nous n’arrivons pas à suivre le rythme. C’est là que les blogs entre en scènes. Car pour élaborer une liste d’acquisition d’une trentaine de titre par quinzaine, il nous faut nous faire une idée sur une centaine de titre. Pas facile, hein !

Alors il y a la presse qui nous aide, il y a les plateformes de lecture type Babelio, livre addict…et les sites et les blogs spécialisés ou de lecteurs amateurs éclairés de notre genre de prédilection.

Alors oui, la lectures des blogs de ses lecteurs influence mes choix, mes choix. Il y a mes propres lectures mais surtout l’ensemble des avis des lecteurs et des critiques qui rentre en compte dans nos choix. Les meilleures ventes, l’attente des usagers de nos bibliothèques aussi.

Et avec tout cela je me dépatouille pour proposer la meilleur offre possible aux lecteurs de polar de nos établissements dans le réseau parisien

Et le fait d’être à la fois des deux coté de la chaîne, ne permet en fait de mieux cerner quelques lectrices vous êtes et de mieux apprécier vos avis et de les confronter avec l’attente de mes propres lecteurs ! Je suis claire là, pas certaine. Mais bon, moi je comprends ce que j’essaie de t’expliquer chère Stelphique !  lol.

En fait avant je lisai tes chroniques et celles de nombreux autres blogueurs. Enfin je lis et je lisais les uniquement les articles sur les nouveautés; sur les titres que je devais sélectionnés. Je passé incognito. Aujourd’hui souvent je me perds à lire aussi des avis sur d’ancien titres juste pour le plaisir de lire l’avis d’un pote. Et en plus je laisse un petit commentaire ou un simple j’aime si j’ai pas trop de temps !

 

Isabelle : Pourrais-tu me détailler l’emploi du temps d’une de tes journées type ? Tu seras bien obligée d’avouer que tu utilises un Retourneur de temps (et ça c’est de la triche !).

 

Une journée type, quand je travaille tu veux dire !

Alors, elle commence souvent très tôt. Entre 3h et 5h du mat.

Je commence par un peu de lecture jusque vers 6h.

Puis souvent je passe un peu de temps sur mon blog où j’essaie de mettre en page une petite chroniques.

Ensuite vers 7h je partage sur les réseaux sociaux mes petit article, je vais lire les articles de mes petits camarades.

Vers 8h je me prépare vers 8h45, je pars travailler, je profite de mon temps de transport pour bouquiner.

Et de 9H30 à 19H, je bosse à la bibliothèque. Entre commande de livre, équipement de ces bouquins et service public, la journée passe plutôt vite.

Durant cette journée, si j’ai un peu de temps en service public, entre deux demande de lecture, je partage mes avis à nouveau, je dialogue sur FB…..

Enfin je rentre chez moi, relecture dans les transports !

Je m’occupe de ma petite famille. La soirée est trop courte. Souvent je finis par m’endormir sur mon bouquin.

Et puis ça recommence !

Aussi j’aimerai posséder un Retourneur de temps, juste pour avoir plus de temps de lecture !

Voilà Isabelle tu sais tout !

Ces dames du noir (15) Papotage entre une bibliothécaire et une jeune auteure, Sacha Erbel : chapitre 1


Aujourd’hui j’ai la chance de recevoir dans nos pages, une jeune et talentueuse auteure, Sacha Erbel.

Son éditrice est venue me trouvée à la bibliothèque pour me remettre son premier polar avec l’infime espoir que je le lise. Comme le rendez-vous avec Hélène Babouot, des éditions La Liseuse, c’est transformé en très belle rencontre de passionnée, j’ai rapidement fait une petite place à l’Emprise des sens. Et j’ai découvert ainsi l’univers de Sacha Erbel. Et puis là aussi avec Sacha, le courant est vite et bien passé alors qu’elle était venu assister à un de mes petits apéros polar. Aussi quand elle m’a appris qu’elle était invité à un premier salon du polar, j’ai décidé d’aller la surprendre.

Et aujourd’hui, on va un peu vous raconter tout cela.

Papotage entre une bibliothécaire et une jeune auteure, Sacha Erbel

 

Bonjour Sacha, 

Tu as écrit un premier Polar. Tu as même été publié. J’ai eu la chance de le lire .J’ai eu un gros coup de cœur. Mais pourrais-tu dire à mes lecteurs comment on en vient à écrire un polar?

Mais avant ça j’aimerai que tu te présentes à eux. Alors Pourrais-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Geneviève,

 Un grand merci à toi d’avoir lu L’Emprise des Sens! Je suis tellement heureuse quand on me dit qu’on a aimé mon premier roman, mais quand tu me dis que tu as eu un coup de coeur, je suis toute bouleversée du coup!!! (rire)

Et ta chronique, waohhh! J’ai énormément de chance! Alors en tout premier, je voulais te remercier très chaleureusement!!! Et merci de me donner de la visibilité comme tu le fais! Je suis très touchée! Bon je range mon mouchoir et je reviens à tes questions! (Rire)

 NDLR ( Sacha a un rire irrésistible, alors j’essaie de la provoquer au maximum)  Mais revenons à notre entretien ! 

 

Donc Sacha, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Alors, déjà, « bonjour les lecteurs à Geneviève »!!! 珞

Je suis Sacha. Et depuis que je me suis mise à écrire des thrillers, mon mari ne dort que d’un oeil à côté de moi! Muhahaha!!! J’ai 44 ans, toutes mes dents (oui même les dents de sagesse!), et le plus beau compliment que j’ai eu dernièrement, « t’es une grande malade toi! ». (un de mes collègues de boulot qui lisait mon livre).Quand j’étais ado, je ne lisais pas beaucoup (oui je sais ça choque), j’avoue que le programme scolaire de lecture ne me faisait pas rêver! Les seuls qui m’ont fait vibrer à cette époque, Edgard Allan Poe, et Oscar Wilde! Dejà les prémices de ma psychopathie peut-être! Et en fait, je ne me suis mise à « dévorer » les livres que depuis une quinzaine d’années! Je me rattrape maintenant!

 Rassures toi  Sacha, je suis comme toi,  ado je ne lisais pas des masses non plus. Et tu vois finalement… (rire) Non plus sérieusement,  dis moi Sacha….D’où viens-tu ?

Ben je voudrais te dire que je viens de la planète Mars mais tu me croirais pas! lol

Je suis originaire de Dijon (la moutarde, le vin, tout ça…), mais je suis à Paris depuis, euhhh… Pfffiouuu! 23 ans! La claque!

Et, quelle place avait la lecture dans ton milieu familial, à Dijon ville bourgeoise, on lit beaucoup non ?

Ma maman aime énormément lire et elle a toujours aimé ça depuis très jeune! Elle essayait de me transmettre cette envie, mais sans succès je l’avoue! Et j’ai eu un véritable déclic avec l’Aliéniste, de Caleb Carr! Une révélation pour moi dans le domaine du thriller et une autre dans l’étude du comportement des tueurs en série! alors je me suis mise à lire aussi des études du FBI.

Mon frère lui, a toujours beaucoup lu aussi mais plus de la science fiction et de l’héroïque fantasy (Franck Herber, Lovecraft, Tolkien). J’aime aussi beaucoup cet univers-là pour avoir baigné dedans grâce à lui!

 Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Il y avait beaucoup de livres chez moi, de tous les styles littéraires! Mais pour autant, j’ai mis du temps à m’y mettre! Il fallait juste que la lecture me trouve !

 Qu’elle a été ta formation ?

Concernant ma formation, j’ai eu mon Bac (du 2e coup) , et je suis partie direct à l’école de police en 1993 (ça me rajeunit pas tout ça)! J’ai travaillé en commissariat à Paris, puis à la Brigade Anti Criminalité de nuit de Paris, et depuis 15 ans, je fais de la protection rapprochée! J’aime beaucoup mon métier, mais j’aime encore plus écrire maintenant! lol! 

J’ai d’ailleurs poussé le bouchon jusqu’à faire un Diplôme Universitaire de Criminologie appliqué à l’expertise mentale à la faculté de médecine René Descartes à Paris 6 en 2015. J’avais envie de creuser davantage la psychologie, voire même la psychiatrie de mes personnages. C’est très enrichissant de comprendre les psychoses, les troubles du comportement. Quelle est la frontière entre la folie et le discernement! Elle est si fine cette frontière, et il peut suffire d’un élément déclencheur pour entrevoir la déviance de l’esprit humain! C’est flippant ou pas? Muhahaha!

Alors ! Ton boulot, vocation ou bien ?

Mon boulot? Oh que oui, vocation! Merci Starsky et Hutch! Et je pense pas qu’on puisse exercer le métier de policier sans que ce soit une vocation!

Oui ma question était idiote. Bon du coup …Pourquoi le polar ?

Pourquoi le polar? Bah parce que j’aime bien! C’est une bonne réponse à la con ça! lol

J’aime le mystère, j’aime retenir mon souffle quand je lis un polar, ou faire une grimace quand c’est beurk, Faire un bond quand on entre dans la pièce alors que je suis en plein suspens!

Et ce sont les mêmes raisons qui font que j’écris du polar!

Lis-tu tous les jours du polar ? Sous qu’elle forme ?

Euh oui! Un jour, mon mari m’a demandé: « T’en as pas marre de lire du polar? »

Moi: « Ben nan! »

En fait je ne peux pas dormir sans lire quelques pages! Polar ou fantastique! Et version papier! Je ne me suis pas encore mise au numérique mais j’y pense! J’avoue que le toucher, l’odeur du papier, le petit rituel de corner la page (oui je corne les pages et j’ai même pas honte en plus), tout cela participe à mon plaisir de lire!

Tant que ce ne sont pas les livres de ma bibliothèque, tu fais ce que tu veux avec les tiens ! Lol. Sinon, combien par semaine, par moi, par ans.

Pfffiouuuu!… Je lis beaucoup mais je ne lis pas vite! Quand le livre me plaît, je savoure, et j’imagine chaque scène comme un film, je lis chaque mot pour m’imprégner de l’histoire, des lieux, des odeurs parfois! Il m’arrive d’en lire deux à la fois! J’ai toujours un livre dans mon sac! Je lis partout! Même au ciné pendant les pub! lol

J’aimerais pouvoir lire davantage, mais entre le boulot et l’écriture, pas toujours évident et pour répondre à ta question, bah j’en sais rien! Voilàààààà!

OKi, alors pourquoi tout à coup on écrit ?

Pourquoi on écrit?

En ce qui me concerne, c’est en lisant Maxime Chattam, qu’un jour je me suis dit: « J’aimerais avoir le talent et l’imagination pour écrire des romans ». Un jour j’en ai parlé à mon mari, et il m’a répondu de la manière la plus naturelle du monde « Ben fais-le! » Mdr

Le lendemain, j’ai pris un cahier et un crayon,✒ j’ai commencé à créer des personnages, je voulais que ça se passe en Louisiane. J’y avais passé de fabuleuses vacances et l’atmosphère était restée ancrée en moi! Les premières lignes, je me sentais un peu bête, et puis j’ai commencé à faire des recherches. A ce moment, le virus m’a pris et écrire est devenu une passion! Moi qui n’avais jamais rien écrit avant l’Emprise des Sens!

Je voulais voir si j’étais capable de sortir quelque chose de ma tête et de mon imaginaire!

Quelle est l’urgence de l’écriture ?

J’écris dès que je peux en fonction de mon temps libre! Et quand je n’écris pas, je réfléchis à un tas de trucs sur mon intrigue, mes personnages. Je prends quelques notes pour m’en rappeler (j’ai toujours un cahier avec moi!) 

Pourquoi un polar ?

Le polar s’est imposé à moi très naturellement de par cette passion pour l’étude du comportement des criminels en série! Et là je pouvais créer mon propre monstre, avec ses souffrances, ses déviances, ses troubles neuropsychiques! C’est flippant ça aussi nan? lol 

Une dernière question avant les prochaines à suivre … 

Peux-tu me dire pourquoi tu as décidé d’écrire sous pseudo ?

Si j’ai décidé d’écrire sous pseudo,  ce n’est absolument pas pour me cacher derrière! Mais pour le fun! Je trouvais que c’était rigolo! Et c’est mon côté rêveuse! Enfant presque!

Le romanesque m’a toujours attirée alors se créer un nom en tant qu’auteure c’était me donner une nouvelle part de liberté à moi aussi!!!

Et puis je voulais aller au bout de mon délire et choisir un prénom que j’aime depuis longtemps!

A moins que ce ne soit un trouble dissociatif de l’identité! Muhahaha 😉😊🤓

 

 

ça c’est bien possible ! lol

En attendant, promets moi que l’on se retrouve bientôt et que tu me parleras de ta première participation à ton premier salon du polar en tant qu’auteur ?

OK

Alors à Très vite pour la suite de cet entretien. Et…

On vous retrouve bientôt ami(e)s lecteurs zé lectrices pour en savoir un peu plus sur notre sympathique auteure.

En attendant vous pouvez si vous le voulez retrouvez ma chronique de l’Emprise des sens ICI

Ces dames du noir (13) : Entretien avec Nathalie Thery


Il y a 6 mois, je rencontrais Nathalie Thery, c’était à la griffe Noire, où j’étais venu écouter Fabio Mitcheli et Romain Slocombe nous parlez de leur derniers romans respectifs.

Fabio M. Mitchelli avec Une forêt obscure et Romain Slocombe pour L’affaire Léon Sadorski.

Et là, fondue dans le public qui assistait aux échanges, demeurait une jeune femme discrète qui écoutait religieusement les paroles de nos auteurs.

C’est à la fin de la rencontre que j’ai surpris quelques mots entre l’un des auteurs et son éditrice.

Et c’est là que j’ai compris qui était cette femme qui encourageait son poulain.

Une femme de l’ombre comme j’aime à les faire découvrir.

Ma rencontre avec elle fut un drôle de beau moment. Et je l’ai, tout de suite voulue pour mes dames du noir !

Aujourd’hui je prends enfin le temps de vous présenter Nathalie Thery

Bonjour Nathalie.  Pourriez-vous, vous présenter brièvement ?

 Je vis entre Paris et la Creuse, entre le ramassage des pommes (en saison) et le travail sur les manuscrits. Le soir, devant un polar télé ou une série, je décortique les plans et les dialogues pendant que mon compagnon essaie juste de se laisser aller au plaisir (ou déplaisir) du film. Ensuite un peu de lecture où, là, j’oublie de réfléchir et de décortiquer quand le texte est magnifique, où je reprends mon épluchage technique quand ce n’est pas terrible.

 D’où venez-vous ?

Je suis fille de marin. J’ai vécu dans le sud de la France, en Bretagne et à Paris. En Creuse, aussi, où ma famille a conservé une maison depuis plusieurs générations. A l’âge adulte, et grâce à l’invention d’Internet, j’ai pu travailler de n’importe où : j’ai vécu en Andalousie, en Irlande, en Belgique.

 Quelle place avait la lecture dans votre milieu familial ?

J’appartiens à une famille nombreuse et nous passions nos vacances avec toute une bande de cousins et cousines. Rares, donc, étaient les moments de tranquillité, il fallait toujours prendre en compte les uns ou les autres. Heureusement, mes parents lisaient énormément et la lecture était extrêmement encouragée dans notre famille. Ce qui fait que, dès que j’ai su lire, j’ai eu le droit à la solitude et au silence, tout en pénétrant dans le monde infini des histoires. Une double merveille.

Comment appréhendait-on le livre chez vous ?

Les livres se transmettaient, on en parlait beaucoup, il y en avait dans toutes les chambres, à toutes les générations. Nous étions tous inscrits à la bibliothèque, où nous allions toutes les semaines. Bizarrement, alors que notre éducation était relativement stricte, nos lectures n’étaient pas surveillées : dans la tête de mes parents, les livres étaient forcément une bonne chose, et je lisais tout et n’importe quoi.

 Quelle a été votre formation ?

Études de psycho à Nanterre puis études de cinéma à Paris III. Très formateur pour le métier que je fais, ces études : on apprend que presque tout repose sur un agencement précis des plans, des rythmes, des gestes, des dialogues…

La question des choix formels et de leurs conséquences sur une histoire est constamment posée, ainsi que celle de la position du narrateur. C’est ce dont je parle avec les auteurs avec lesquels je travaille : ils ont une belle histoire, souvent le petit « truc en plus » qui fait qu’un lecteur ou une lectrice a envie d’y aller, et il ne faut pas gâcher cette petite magie en se laissant aller à trop de facilités.

Dites moi Nathalie…Votre boulot, vocation ou bien ?

Je ne sais pas. Une chose est sûre : j’adore ce métier.

Les écrivains m’enchantent à un niveau très enfantin : ce qu’ils ont dans la tête, la manière dont ils l’expriment, leur capacité à me raconter quelque chose, fiction ou non, à élargir mon horizon, ma pensée, mes émotions, à comprendre quelque chose du monde, de moi-même, des autres…..Les textes, aussi : on a le cœur qui bat quand on ouvre un manuscrit dans l’attente de l’histoire qui va vous emmener ailleurs.

Je suis aussi passionnée par le lien que mon expérience et mon esprit cartésien et analytique noue avec un texte : comment je rentre dans le texte, en cherche les points forts et les points faibles, la manière dont je peux aider l’auteur à repousser leurs limites un peu plus loin, encore un peu plus loin….

Sur notre blog , on parle beaucoup littératures policières. Alors, pourquoi le polar ?

Contrairement à pas mal d’idées reçues, le polar est un genre très exigeant. C’est comme une calèche tirée par plusieurs chevaux : si le cocher la laisse filer sans y prêter une très sérieuse attention, tout fout le camp, tout s’emmêle. Les fils de l’intrigue sont mal noués, les dialogues ne sont pas dans le bon niveau de langue, le rythme n’est pas le bon, les personnages sont caricaturaux, le jeu avec les clichés, qui est un des points forts du polar, cesse d’être un jeu pour devenir juste un tas de clichés, etc.

En outre, plus j’avance, plus je me rends compte que les lecteurs de polar sont exigeants : ils ont des emballements très forts, des rejets argumentés. Et les auteurs de polar ont eux aussi cette exigence et cette demande : en général, ils ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche, ils ont choisi d’écrire des polars (ou des romans noirs, thrillers…) pour des raisons bien à eux, qui les concernent très profondément.

Lisez-vous tous les jours du polar ? Sous qu’elle forme ?

Combien par semaine, par moi, par ans…. C’est très variable : parfois je ne lis que ça pendant des semaines, à un rythme effréné. Puis tout à coup je me rends compte que ça affecte ma vision du monde : une sorte de vague cafard plane, j’en ai marre. J’arrête et me plonge dans d’autres genres de romans : récemment Nathalie Sarraute, Faulkner…

 Éditrice ? Mais comment on décide de devenir éditrice ?

En fait je ne voulais pas être éditrice : j’avais peur. Pour moi, les livres avaient une telle importance que j’avais peur d’affronter les êtres humains derrière. Je me disais : et s’ils sont affreux, bêtes et méchants ?

Puis j’ai connu un éditeur par le biais d’une copine, je l’ai beaucoup vu, il m’a parlé de son métier, des livres qu’il éditait, qu’il lisait, qu’il écrivait, et tout s’est éclairé.

Toujours grâce à cette copine, j’ai trouvé du boulot dans une maison d’édition, et voilà…

C’est quoi le métier d’éditrice ? C’est quoi votre métier éditrice ?

Il me semble que c’est un métier en mutation depuis quelques années déjà.

J’ai l’impression qu’il y a maintenant deux sortes d’éditeurs :

l’éditeur qui choisit ses auteurs, édite leurs textes, les publie et les défend ;

l’éditeur qui achète des textes ou des auteurs et confie le travail éditorial à un autre éditeur car lui-même n’a pas le temps de s’y mettre ou pas les capacités.

Je ne porte pas de jugement de valeur : tout dépend des gens, de leur investissement, de leur expérience et de la dynamique qu’ils créent dans leur équipe.

Je travaille beaucoup avec un directeur de collection extrêmement impliqué dans ce qu’il fait, qui défend ses textes, ses auteurs et ses équipes, qui a une vision à long terme de sa collection. Il a un excellent œil pour les textes mais matériellement pas le temps de passer des dizaines d’heures dessus. Je prends donc le relais, en toute intelligence avec lui.

 Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

La dynamique créée avec un auteur ou un traducteur pour faire sortir un texte de sa gangue, pour mettre en valeur ses points forts et transformer ses points faibles en force. Tout part du texte : il contient tout ce vers quoi on peut aller, c’est fascinant.

Et, comment on décide de retravailler tel titre plutôt que tel autre ?

Tous les textes doivent être relus attentivement. Un auteur ou un traducteur ne peut pas tout voir, tout saisir, même s’il perçoit intuitivement que quelque chose cloche – ce qui va bien est en général très visible, c’est le petit truc faible qui est difficile à voir.

Que recherchez-vous chez les auteurs avec lesquels vous allez travailler ?

L’intelligence de leur texte. Les auteurs sont fragiles : ils ont travaillé comme des fous pour faire naître une histoire et ils sont donc très sensibles à la façon dont on la comprend. Mais presque tous passent au-dessus de ce trouble ou de leur égo dès lors qu’on leur prouve qu’on a le désir profond de travailler AVEC leur texte et non CONTRE leur texte.

En général les rapports de force stériles s’effacent et on nage dans le boulot vrai. Mais il leur faut beaucoup de courage, ce n’est pas facile, de se remettre à l’ouvrage, de se remettre en question.

 Vous avez dernièrement collaboré avec Cédric Bannel et puis récemment avec Fabio M. Mitchelli. Votre méthode de travail a-t-elle été la même avec ces deux auteurs ?

Non et… oui. Je respecte toujours deux lignes : la bienveillance et partir du texte – encore le texte, toujours le texte (vous l’avez compris, là).

Les premiers jets de Cédric Bannel sont extrêmement touffus et relativement distanciés. C’est ainsi qu’il procède : en dire trop pour taire l’intime. Le travail consiste à ôter toutes les couvertures pour se rapprocher des personnages.

Une fois ceux-ci aimés en plein jour, si je puis dire, les blocs d’action, le rythme, l’énergie, etc. apparaissent plus clairement. Il faut donc continuer à les dégager pour qu’ils atteignent leur maximum de justesse et d’efficacité.

C’est un travail de dévoilement de la relation secrète que l’auteur entretient avec Oussama Kandar, son flic afghan, Nicole, sa policière parisienne, mais aussi avec l’Afghanistan, un pays dont il est très proche. C’est très exaltant, de se rapprocher des personnages, de voir comment, au fil du travail, ils prennent la bonne place, celle qui leur est naturelle, qui leur donne toute leur épaisseur… et qui conduit à des rebondissements inattendus.

Fabio Mitchelli part de sa fascination pour les serial killers et de sa grande connaissance du sujet. Sujet difficile : entre la folie et le monde réel.

C’est un exercice très compliqué car on peut vite tomber du côté de l’invraisemblable. Fabio a magnifiquement contourné l’obstacle en créant les personnages de Louise, la flic borderline, et de Carrie, la flic normale.

Ces deux personnages, il ne les connaît pas très bien, puisqu’il vient juste de les créer, et pourtant il a accepté de leur laisser leur part de non-dit, il a évité de les charger de toute une histoire. Il leur donne le temps. Ça, c’est très fort.

Le travail a consisté à resserrer la logique des événements et à travailler les dialogues pour qu’ils sonnent juste.

Dans ce texte, la nature est un personnage à part entière, les personnages vivent dans un réalité complètement tronquée car ils sont dans la folie ou le déni, et nous, lecteurs, on ne sait pas très bien si on est totalement sains d’esprit. Mais un dialogue qui sonne faux, un événement qui n’est pas à sa place… et patatra, on n’y croit plus.

Avec Fabio, on a donc travaillé les dialogues et les pensées intérieures comme au cinéma.

Est-ce que Louise, étant donné son tempérament, parlerait comme ça ?

Singleton, le tueur en série inspiré d’un véritable serial killer, peut-il penser comme ça ?

Un travail de dentelle dont Fabio s’est tiré comme un chef.

Nathalie, je sais je passe du coq à l’ane, mais que pensez-vous de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

Je ne suis pas sûre qu’il y ait une évolution.

Un foisonnement, oui, mais je crois que la « mission » des romans noirs a toujours été de porter un regard acéré sur la grandeur et la décadence de l’être humain et de la société (j’enfonce une porte ouverte, là).

Ce qui a changé, sans doute, c’est l’arrivée massive du cinéma et des séries télé dans nos imaginaires. Quand on lit un roman, spécialement un polar, un thriller, de la sf ou de la fantasy, on n’est pas innocent : on est chargé des images, des costumes, des maquillages, du rythme du récit, des ellipses, des clins d’œil, de la musique, etc. qu’on a vus. Ca change l’écriture et la lecture.

Dites-moi, comment voyez-vous l’avenir de votre métier? Quelles évolutions avez-vous constatées ces dernières années ?

Nous sommes à un tournant, non ?

La fiction a une emprise très forte sur notre quotidien, mais le livre n’est plus l’unique vecteur qu’on a à notre disposition. Il faut donc parier sur la qualité, replacer les auteurs au centre du dispositif et ne pas prendre les lecteurs pour des idiots.

Et, comment appréhendez-vous l’avenir du livre?

Je pars du principe qu’on ne pourra pas s’en passer car l’écrit est vital pour nous. Le livre est facile à manier, en poche il n’est pas cher, il est facile à produire et à multiplier, on n’a pas besoin d’outil spécifique pour savoir ce qu’il contient. Après, c’est une affaire de contenu.

Qu’elle est votre position par rapport au numérique ?

J’ai un ipad et je télécharge des bouquins. Dans ma vie, les livres papier coexistent avec les livres numériques. La vraie question, c’est celle du contenu : respecter l’auteur et le payer en conséquences, ne pas faire comme si le travail d’édition ne comptait pas dans la qualité d’un livre, et cesser de faire comme si les lecteurs gobaient tout.

Pourriez vous nous dire chère Nathalie, quels sont vos écrivains préférés et 2-3 romans que vous nous conseilleriez ? ( ça peut être les auteurs avec lesquels vous avez collaborés)

Ça, c’est vraiment délicat et je vais me limiter à trois auteurs qui n’occupent pas forcément le devant de la scène et ne sont pas français.

Upfield, un vieux de la vieille australien, le père des romans polars « ethniques ». C’est un peu démodé, mais quand il parle des aborigènes et du bush, je fonds.

À Porchester, grosse exploitation agricole des profondeurs du bush australien, les employés regardent avec anxiété l’assèchement inexorable du lac Otway. Un homme y a trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses et chacun attend la réapparition du corps. Pour pouvoir enquêter avec discrétion et efficacité, l’inspecteur métis Napoléon Bonaparte, dit Bony, décide de se rendre sur place… en se faisant passer pour le nouveau dresseur de chevaux sauvages ! Avant de percer tous les secrets de ceux qui vivent sur là, il lui faudra d’abord gagner le respect des hommes et déjouer avec tact les avances des femmes. Un défi délicat..    A. Upfield fait naître l’un des personnages les plus originaux de la littérature de ce siècle : l’inspecteur Napoléon Bonaparte de la police du Queensland, familièrement appelé Bony par son auteur et qui se révèle un fin limier du « bush » australien.

James Church, un ancien espion américain qui, comble du comble, vous fait rêver d’aller en Corée du Nord ! Des dialogues ciselés et un art du non-dit jubilatoire. Le dernier est moins fin, mais les premiers, un délice.

Chargé de photographier les plaques d’une voiture en mouvement, l’inspecteur 0 de la police de Pyongyang est bien frustré lorsqu’il s’aperçoit que son appareil photo n’a pas de piles et ne fonctionne pas. Plus étrange, en regardant la voiture à la jumelle, il découvre qu’elle n’a pas de plaques. Et une fois rentré à Pyongyang, il est appelé par son chef, le commissaire Pak, qui l’informe que deux grands patrons de la police veulent lui parler. De sa mission ratée et des raisons qui l’auraient poussé… à la faire échouer. 0, qui a une longue expérience de la police dans ce pays où tout le monde espionne tout le monde et où faire le moindre faux pas peut conduire à la mort, comprend peu à peu, mais trop tard, qu’il est pris dans un conflit qui oppose les militaires et les services de renseignement. Il y a eu des morts, il y en aura d’autres et la corruption n’est pas près d’être enrayée. Survivra-t-il aux jeux mortels où s’affrontent les puissants ? Rien n’est moins sûr. Glaçant et magnifique.

Enfin le maître des maître pour ses dialogues, son humour et sa densité aérienne : Elmore Leonard.

L’avenir de jackie burke ne semble pas des plus prometteurs. Hôtesse de l’air depuis vingt ans, elle se fait prendre à l’aéroport avec «un peu de poudre» et cinquante mille dollars dont elle ne peut prouver l’origine. Les fédéraux lui offrent une alternative : soit elle donne ordell robbie, pour qui elle travaille, et elle retrouve une liberté qui risque d’être compromise si le trafiquant d’armes apprend qu’elle a parlé, soit elle décide de se taire et elle en prend pour cinq ans.

Mais Jackie décide de jouer sur les deux tableaux. Elle séduit max cherry, qu’ordell a engagé pour payer sa caution, et élabore avec lui un plan pour se débarrasser des fédéraux et piquer l’argent d’ordell…

Punch Créole a été adapté au cinéma par Quentin Tarantino sous le titre de Jackie Brown avec Pam Grier, Samuel Jackson, Robert de Niro et Robert Forster.

Trois auteurs qui ne pulsent pas à l’adrénaline mais caressent joyeusement notre humour, notre curiosité pour l’ailleurs et nos neurones.

Auriez vous… Une anecdote à nous raconter ?

Euh, non. J’aime mieux pas. (rire)

Un coup de gueule à lancer, alors ?

L’auteur est au centre de tout ! Ne jamais l’oublier.

Payons-les en conséquence et défendons les droits d’auteur. Contrairement, là aussi, à une idée reçue, nombre d’auteurs ne roulent pas sur l’or et doivent faire un autre métier pour s’en sortir.

Depuis une dizaine d’années les revenus des auteurs et des traducteurs ont fondus.

C’est votre dernier mot ?

Yeeeees !

Alors je n’associe à celui-ci. 

Merci Nathalie pour ces indiscrétions, j’espère de nos lecteurs seront comme moi séduits par votre passion.

Trophée Anonym’us : Jacques Saussey sous le feu des questions


Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 28 février 2017

Jacques Saussey sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou test-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice?

Écrire un roman est un processus long un an environ en moyenne, en ce qui me concerne pendant lequel des dizaines d’émotions différentes, et souvent complètement contradictoires, vous traversent lesprit. On est loin du fleuve tranquille, de la balade le nez au vent. Si le plaisir de se mesurer à un projet excitant est incontestablement le moteur principal qui pousse un auteur à s’enfermer des centaines dheures durant devant un écran en évitant toute interférence avec l’extérieur, on sait dès que lon commence à coucher les premiers mots, que lon va en baver pour traquer les moindres incohérences dans lintrigue, dans le comportement des personnages, dans la logique de la succession des événements. En tout cas, si on ne sen doute pas au moment où l’on attaque son premier roman, on en est parfaitement conscient quand on parvient enfin à bout de cet incroyable Everest quon imaginait inaccessible jusque-là.

2Quest-ce qui te pousse à écrire, finalement?

Au tout début, je pense quil y avait une part de curiosité envers moi-même. En serai-je capable ou pas? Est-ce que ça tiendra la route? Est-ce que je pourrai espérer donner envie de lire mes histoires?

Passé le premier roman, un nouveau cap apparaît. C’est fait, on en a écrit un. On en est capable. Ce ne sera sûrement pas le best-seller de l’année il vaut mieux tout de suite éviter de se leurrer dans ce domaine, même s’il y a parfois dheureux élus mais cette question se pose plus. Vient alors la seconde, tout aussi angoissante. Serai-je capable dinventer une autre histoire, une qui ne ressemble pas du tout à la première? Et là, pour moi, commence le vrai travail de l’écrivain. Celui de créer un nouvel univers que celui quon a déjà construit. De se réinventer.

Et une fois ce nouvel obstacle franchi, l’écriture neffraie plus. Elle devient une compagne quotidienne, une amie intime quon aime retrouver comme on la laissée la veille, toujours prête à vous accueillir et à discuter avec vous, prête à écouter vos pensées, à vous aider à les organiser, à les rendre plus lumineuses. Comme un piano attend les doigts, comme une toile blanche appelle le pinceau.

On ne peut tout simplement plus sen passer

3Comme on le constate aujourdhui, tout le monde écrit ou veut sy mettre. Sportifs, stars du show-biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi?

Le « métier » d’auteur fait rêver beaucoup de monde. Certains simaginent quils vont gagner facilement beaucoup dargent, de la renommée, voire un statut à part qui va leur permettre daccéder à un monde fermé au public, mais la plupart des gens qui écrivent le font simplement pour eux, parce quils en ont besoin. Et que ce soit pour transmettre une mémoire familiale, pour occuper une solitude ou pour se lancer un défi, chaque projet a besoin de peu de choses. Du papier, un stylo, ou un petit ordinateur. Et du temps. Beaucoup de temps. Sans oublier la volonté. Je rencontre beaucoup de personnes en dédicace qui me disent avoir envie de le faire. Peu dentre eux ont vraiment franchi le pas. Et encore moins se sont accrochés, ont cherché à vaincre les inévitables échecs du débutant, et cest bien dommage. Mais leur nombre est tout de même plutôt encourageant. Ce nest pas demain que l’écriture mettra la clé sous la porte.

Quant à l’auto-édition, même si je n’ai pas dexpérience personnelle dans ce domaine, je pense quelle est bien plus intéressante pour un auteur débutant quun mauvais contrat éditorial qui lui fait payer une participation à la fabrication de ses livres.

4Le numérique, le support dinternet, les liseuses, les ebooks, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement?

Je nai pas davis vraiment tranché sur la question. Limportant est que les droits liés à la création de l’œuvre soient respectés, dans le numérique ou le papier. Personnellement, je nachète pas de livres numériques, mais je reconnais que partir en vacances avec une liseuse et un chargeur permet de voyager plus léger et de profiter de son plaisir de lecteur sans se faire une luxation de l’épaule. Alors si ça plaît à certains, pourquoi s’en priver? Il faut vivre avec son temps. Le mien est juste resté au papier. Cela dit, la liseuse me permet de faire lire mes manuscrits sans les imprimer, et ça, cest vraiment un progrès.

5Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers-tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou dautres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps?

Les réseaux sont un formidable moyen de promotion dun auteur, cest une évidence. J’évite pourtant dy passer trop de temps, cest un gouffre si on se laisse aller. Et puis on dérive vite vers le nombrilisme. Sur les réseaux, je ne parle donc que de livres, et des événements qui y sont liés. Salons, dédicaces, rencontres, parutions… L’essentiel. Je suis présent sur FB et Twitter. Jai laissé tomber tout le reste. Sur mon blog, jaime aussi partager mes coups de cœur de lecteur, car je suis toujours bouquinophage. Cest une maladie dont on ne guérit jamais

6On dit quen 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications?Être visible? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs? Que leur dirais-tu?

On pense beaucoup au tirage quand on signe son premier contrat. On focalise sur des chiffres, on rêve aux grands de ce monde et aux millions de lecteurs quon aura un jour, peut-être, comme untel dont tous les médias parlent, quon voit sur tous les plateaux de télévisionLa réalité est tout autre. La visibilité n’existe quavec un bon diffuseur/distributeur, au-delà de l’éditeur. Et quand on est un jeune auteur, on est à quinze milles de ces considérations-là.

Je pense que quand on débute dans lunivers de l’écriture, on ne doit pas se laisser impressionner par les nombres. Si lon portait attention à la quantité phénoménale de livres qui paraissent chaque année, on n’écrirait plus rien. On noserait plus rien écrire.

Le plus important, cest le texte. Lhistoire. Les caractères. Un jeune auteur ne devrait penser qu’à ça. Uniquement à ça. Parce que sil y a beaucoup de bons romans qui ne seront jamais édités, il y en a peu de mauvais qui le sont.

Transpiration, inspirationet cest tout. Le pourcentage des deux dans le mélange dépend de chacun.

7Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire lobjet dune psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Quen penses-tu? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

À travers mon parcours, sur bientôt onze livres (dont 9 romans, 1 BD et 1 recueil de nouvelles), jai rencontré et signé plusieurs éditeurs. Certains sont très corrects — l’un deux est même devenu un ami tandis que dautres ont des comportements de voyous. Ceux-là vous pressent comme un citron (air connu) avant de vous jeter à la benne en vous crachant à la figure que vous leur devez tout. Sans vous payer vos droits, ou avec les forceps. Il faut faire attention où l’on met les pieds, mais ce nest pas facile à savoir avant quarrivent les ennuis

8J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque sen ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourdhui, les femmes sont de plus en plus présentes dans lunivers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte quil y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela tinspire-t-il? À quoi cela est-il dû, selon toi? En lis-tu et, si oui, lesquelles?

Autrefois, oui — exceptée notamment la reine Agatha le polar était un univers beaucoup plus masculin. Aujourdhui, les femmes portent très haut la puissance de leurs intrigues démoniaques. Elles nont rien à envier à leurs compagnons d’étagères. Elles apportent un souffle à part, une dureté souvent exceptionnelle, une optique différente qui vient ajouter à leurs histoires une couleur inaccessible aux hommes. Jadore cette autre vision du noir, cette violence qui ne pulse pas de la même manière que la rage brute de la testostérone. Sensualité, manipulation, sentiments exacerbés, suspense haletant, elles maîtrisent toutes les ficelles et même bien plus. La touche de féminité donne un accord plus aigu, une dureté minérale et implacable. Elles ont cette élégance incroyable de vous emmailloter dans leurs toiles jusqu’à vous empêcher de respirer, mais sans cogner.

En attendant de vous asséner le coup de grâce…

En ce qui concerne le roman francophone, mes auteures préférées sont des femmes aussi différentes que Claire Favan, Karine Giebel, Ingrid Desjours, Sonja Delzongle, Barbara Abel (Belgique) ou Chrystine Brouillet (Québec). Chaque roman de chacune dentre elles est un pur bonheur.

9Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée?

J’ai tout de suite trouvé sympathique l’idée de faire se mesurer des auteurs édités et des non édités. Ça apprend la remise en question aux premiers et donne aux seconds la possibilité de faire connaître leurs voix.

Un jugement à l’aveugle enfin pas trop, hein… – c’est le meilleur moyen pour que le lecteur ne se laisse pas influencer par une amitié particulière pour un auteur.

C’est un peu le The Voice de la nouvelle.

Et cest parfait comme ça.

LES QUESTIONS DE MADAME LOULOUTE

1Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place?

Ce nest pas toujours facile à gérer, mais quand lheure passée à écrire chaque jour de semaine est inaliénable, on trouve toujours le temps. J’écris peu le week-end, en général. Les dédicaces sont chronophages, en librairie ou en salon, parfois très loin de chez moi. Il faut aussi savoir garder de la disponibilité pour la famille. Sinon, on devient vite un ours infréquentable.

2A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir?

Il vaut mieux, oui, pour la cohérence de nos histoires. Mais cest indéniable que nos personnages nous collent suffisamment fort aux semelles pour nous entraîner dans leur noirceur. Et parfois, ça fait flipper!

3La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va?

Par affinité, je limite mes lectures au polar, thriller, roman noir. Du coup, la rentrée littéraire est pour moi un concept un peu abstrait. Cest plus une chose à éviter en librairie qu’un événement. Il ny a plus de place sur les rayons, cest la période des stars de l’édition, des rouleaux compresseurs. Mieux vaut passer au large et rencontrer les copains et les lecteurs dans les salons. Cest nettement plus sympa et plus productif.

4Le dicton du jour : À la Saint-Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

À la Saint-Glinglin, je revendrai les miens.

5Boire ou écrire, faut-il choisir?

À cinq heures du mat, quand je me lève pour partir au travail, juste avant de commencer à écrire dans le train ce que jappelle mon bureau mobile , je ne consomme quun seul carburant : le jus dorange, et sans modération. Pour le reste, jaime garder les idées claires, et je ne me verrais pas concevoir une intrigue avec le cerveau à la dérive.

6La littérature est le sel de la vie. Passe-moi le poivre.

Mon poivre, cest le piano. Un nouveau challenge, un nouvel Everest à gravir. À 55 ans, il était temps de my mettre!

En fait, cest comme l’écriture. De la difficulté, des phrases recommencées à l’infini, du temps passé à travailler, de lobstination pour accomplir ce qui paraît à première vue irréalisable. Limportant, cest de se fixer un but, et de s’y tenir.

7Lire aide à vivre. Et écrire?

Écrire est une projection de soi sur le monde. Ou bien linverse. Les deux sont aussi vrais lun que lautre. Dans les deux cas, cest la vie elle-même qui se manifeste. Nous sommes des filtres à émotions, à ressenti, comme dautres isolent les poussières. Écrire un roman, cest inventer un univers tout en étant perméable à celui dans lequel on vit. Être capable de donner et de recevoir. Écrire permet aussi dinsuffler à des personnages des opinions quon ne partage pas. Donc de se remettre en question sur un certain nombre de sujets sur lesquels on peut avoir des a priori. Cest également une école dhumilité, car le succès d’un roman dépend non seulement de lhistoire elle-même, de la qualité de lintrigue et de celle de l’écriture, mais aussi de la sincérité quon y engage. Le lecteur jugera, au final, et il se trompe rarement.

8Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors dune dédicace, dune table ronde, un événement touchant, drôle, étrange?

Je repense souvent à cette lectrice qui est la toute première à être revenue me voir juste après la parution du grand format de « Quatre racines blanches », ma deuxième publication, en 2012. Elle ma dit quelle attendait cette nouvelle rencontre depuis des mois (De sinistre mémoire était sorti en 2010), et elle ma raconté, des larmes dans les yeux, leffet que lui avait fait la scène de l’Église dans DSM. Javais moi-même été bouleversé par les événements que jy avais créés de toutes pièces (un comble). C’était la première fois que ça m’arrivait avec cette violence, et cela ma profondément influencé par la suite. L’écriture de ce passage, dans ce roman, a marqué pour moi la conscience que si lon y travaille à fond, on peut être capable de faire passer, de transmettre une émotion à l’état brut et de provoquer une réaction intense, et pas juste un intérêt poli. À chaque minute que je passe à écrire, jessaie de garder cela bien en vue, de ne jamais loublier.

L’avenir me dira si jy suis parvenu

Nous te remercions davoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisièmeédition du Trophée Anonym’us.

Trophée Anonym’us : Maud Mayeras sous le feu des questions


 

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 21 février 2017

Maud Mayeras sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

S’il n’y avait que du plaisir dans l’écriture, je crois que nous n’y reviendrions pas… L’homme est masochiste, il aime gratter les cicatrices pour qu’elles continuent de saigner longtemps.
J’ai tendance à comparer l’écriture à un sport, il arrive parfois d’en ressortir lessivé, à plat, mais content.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Qu’est-ce qui te pousse à boire une bière le soir avec tes potes plutôt qu’une fraise à l’eau ? L’instinct, l’envie d’y revenir, d’aller fouiller plus loin, de pousser les portes, de voir où cela va mener, de refaire le monde ou bien d’en inventer un.
J’ai ce principe qui me tient à cœur depuis des années : Nourrir les monstres sous les lits. Cela signifie « donne du grain à moudre à tes pulsions les plus mauvaises », mais aussi « affronte les monstres planqués, sache qu’ils existent, ne les nie pas et discute avec eux. ».

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

Pas grand-chose. Tout est accessible aujourd’hui, tout le monde est photographe, tatoué, chanteur, écrivain, artiste. Tout le monde peut tenter l’aventure, bien entendu, mais si tu ne ressens pas ce truc au fond, cette chose qui te dévaste, si écrire ne te fais pas plus de mal que de bien, si tu fais ça pour avoir ton selfie avec Begbeider ou Moix, putain, arrête tout. Tout de suite.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

C’est un cercle vicieux, on rejoins ta précédente question. Les réseaux sociaux ont tout rendu accessible, la musique (avec MySpace), la photographie (Instagram), l’écriture (blogs innombrables). Tout n’est pas à jeter, loin de là, cela permet d’ouvrir d’autres portes aussi, mais c’est dangereux pour deux raisons à mon sens : on se noie dans ce flot d’information sans ordre d’importance, et on perd notre identité / intimité.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

Je ne dirais pas que je prends en charge ma communication, j’ai cette chance d’avoir un soutien indéfectible de la part de la maison Anne Carrière. Cependant, je critique ce système de réseaux sociaux dont je suis moi-même addict. En effet, j’y passe des heures, je discute souvent, je ne ferme pas les portes. C’est risqué et cela prend beaucoup trop de temps. Mais ce contact est essentiel pour moi. Il me permet d’avancer, de corriger mon travail, d’apprendre, d’évoluer, de grandir.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

On rejoint toujours ce même flot insondable d’informations, de nouveaux venus, talentueux ou pas. Décourageant je ne sais pas, si ça brûle au fond de ton bide, tu continueras à écrire, pas de découragement possible.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

Haha ! J’ai déjà entendu ça quelque part ! Heureusement, ce n’est pas mon cas, j’entretiens (étrange mais vrai) des relations très saines avec mon éditeur. Certes, il me pousse dans mes retranchements, il me pousse à bout, mais simplement dans le but de travailler mieux. On se creuse parfois la tête ensemble quand le récit couaque, ce sont des journées de brainstorming, mais jamais il ne m’impose ses idées, jamais sa méthode, jamais de diktat, juste de l’échange sain. Incredible, but true.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

Non seulement les femmes sont présentes, mais elles se défendent comme des lionnes. J’entends dire que nous sommes plus tordues, plus sournoises. Qu’on pince là où ça fait mal. En fait je crois que nous nous défendons avec nos armes, on nous a pas donné les muscles alors on fait dans le cérébral. On parle peu de braquage mais beaucoup de torture (mentale souvent).
Etre une femme, c’est manger des hamburgers, c’est insulter son chat, c’est regarder des films d’horreur en demandant encore. Les codes ont changé, Boss. Va falloir t’y faire !

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

Je trouve le principe génial. Lire à l’aveugle des nouvelles écrites par des auteurs de tout bord. Découvrir sans à priori. Accepter et se faire pulvériser sur place. J’adore.

LES QUESTIONS DE MADAME LOULOUTE

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

C’est un puzzle complexe à 8658 pièces, j’ai construit les bords, c’est déjà pas mal. Il reste la place qu’on lui accorde. Ecrire, ce n’est que l’outil, penser c’est tout le temps.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

On vit, on mange, on dort, on baise avec nos personnages. De la polygamie mentale. Ca te détraque un peu, forcément.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

C’était mieux avant, ma bonne dame….

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

Le Livre de Jérémie, Jérémie T LeRoy/Laura Albert (et oui, une femme qui s’est fait passer pour un homme, pour entrouvrir les portes, la bougresse). Difficilement trouvable celui-ci. Une putain de pépite tranchante et abjecte. Chaque phrase fait mal et le récit possède une richesse incommensurable.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

J’associe l’alcool à la joie pure, l’écriture à la déchirure. Je ne choisis pas, mais je ne peux faire les deux simultanément

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

S’il-te-plait, c’est pour les chiens ?

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

Ecrire aide à ne pas tuer sans mobile valable.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

J’aime piquer la place des people dans la file d’attente pour aller faire pipi.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

Trophée Anonym’us : Michel Douard sous le feu des questions


Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 14 février 2017

Michel Douard sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

Une souffrance mêlée de plaisir. Je suis un fainéant masochiste.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

Ophélie, mon épouse, parce que j’ai envie de l’épater. Et puis mon masochisme, aussi.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

Tant que c’est imprimé sur du papier recyclé, ça me va. En ce qui concerne l’auto-édition sur le web, je ne connais pas et je n’ai donc aucun avis sur la question. J’aimais bien l’idée d’auto-production dans la musique, rock notamment, mais est-ce comparable ?

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

Côté lecteur, j’aime les livres en papier, mais si le numérique peut donner envie de lire à certains, ou permettre à d’autres de lire avec plus de confort, je suis d’accord. Côté auteur et éditeur, faudrait pouvoir continuer à gagner trois ronds…

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

Les réseaux sociaux, c’est formidable pour garder contact avec les gens formidables que l’on a rencontrés. Faire de la promo dessus, c’est un métier. Je me contente de me la péter un peu sans illusion quant à l’impact.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

Je suis un auteur âgé, mais tout neuf dans ce milieu. J’ai plus besoin de conseil que je ne peux en donner… Je me contente d’écrire ce que j’ai envie de lire sans penser à la masse des publications, trop heureux d’avoir (pour l’instant) trouvé un éditeur.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

J’ai la chance d’avoir un éditeur (Pierre Fourniaud, la Manufacture de Livres) estimé de tous et capable de prendre des risques en publiant hors des sentiers battus. Cependant, j’entretiens avec lui des relations cordiales, mais à distance, et assez épisodiques en dehors des périodes de corrections etc. Cela tient au fait que je ne travaille pas à Paris et que je suis assez casanier.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

Ma bibliothèque est variée (aussi blanche que noire), mais les hommes y sont majoritaires, c’est vrai. C’est comme ça. Cela dit, je lisais Agatha Christie à l’adolescence et j’ai lu trois femmes au mois d’août : Aurore Py, Virginie Despentes et Pascale Fonteneau. Et je me suis régalé.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

Parce que tu me l’as proposé, que je me sentais honoré, et que je me voyais mal t’avouer que j’avais la trouille de le faire.

Les questions de Mme Louloute.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

Il me reste au moins deux heures par jour. J’ai participé à trois salons en trois ans, ce n’est pas chronophage. Côté vie de famille, si les miens ne sont pas dans les parages, ça m’angoisse et je ne peux pas travailler.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

Oui. Car on décharge nos idées noires sur nos pauvres héros, on se crée une vie parallèle. On a une soupape.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

On va voir son libraire pour faire le tri (David chez Cultura à Chambray-les-Tours – 37)

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

A la Saint Glin-glin, range-le bien.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

Non.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

Mets du piment plutôt.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

Idem. Le réel, ça va bien un moment.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

Comme je l’ai dit, je n’ai participé qu’à trois salons… J’y allais en reculant, ne m’estimant pas légitime dans ce genre de rassemblement et inquiet d’avoir à tourner autour d’un cercle très fermé. Je me faisais des idées. Auteurs, éditeurs, blogueurs et journalistes : je n’ai rencontré que des gens ouverts, drôles et accueillants. Je n’ai pas d’anecdote, mais des souvenirs de bonnes parties de rigolade. Il y a cependant un malentendu récurrent à mon sujet : les gens pensent que j’ai vendu pas mal pour que mes deux romans soient réédités chez Pocket… je ne fais rien pour rétablir la vérité.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.