Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

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Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)

Bonjour, c’est assez rare de pouvoir recevoir un personnage de roman. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ? Une présentation d’abord ?

Je peux mais est-ce que j’en ai envie…. ? Si vous me connaissiez déjà un tant soit peu (Cf La Toile aux alouettes), vous sauriez que je suis du genre taiseux, solitaire…pas forcement bougon mais socialement limité. Ma profession qui veut ça (ancien flic reconverti détective privé) et une certaine aptitude à croire que du silence nait la réponse…

Je comprends… Mais… Parlez-nous vraiment de vous… Vous avez des traits de caractère qui prédominent ?

Je viens de vous le dire, je crois.

Bien… euh… Changeons de sujet. Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Quelle question ? Depuis toujours il me semble… tapi, souverain, patient…

C’est précis comme réponse ! Mais en tant que créateur, il a bien dû déteindre sur vous. Il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Il ne le sait pas encore mais oui absolument. Le néant n’étant qu’un vide à combler !

Pourtant il n’est pas tendre avec vous dans le livre. Tout comme vos actions… Certaines sont tout de même limite… Lui en voulez-vous ?

Non. Pour lui comme pour moi, certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience. Mais je ne suis pas le pire dans l’histoire. Un témoin, tout au plus un intermédiaire.

Certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience.

Et quand il ne pose pas vos faits et gestes sur le papier, comment vous occupez votre temps libre ?

Je vais. Je viens. Non pas comme dans la chanson, quoique ! Je vis, assurément. Mes pas me portent. Ce sont toujours les événements qui me trouvent, jamais l’inverse.

C’est votre tour… Une question pour lui ?

Vas-tu vraiment me quitter dans l’Opus 3 ?

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Asseyez-vous, prenez votre temps, lisez, humez, ressentez, fiez vous à votre imaginaire, votre intuition et vos sens. La partie n’en sera que plus fine

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Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe


Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe

Le 27 septembre dernier nous étions à la Griffe Noire pour fêter à nouveau ses 30 ans.

Aussi notre super flingueuse en a profité pour s’entretenir avec Romain Slocombe, l’un des invité de cette soirée.


Entretien avec Romain SLOCOMBE

by Sylvie K

Sylvie Kowalski et Romain Slocombe

Sylvie : Vous être très éclectique dessins, écriture, photos que n’avez-vous pas exploré ?

Romain Slocombe répond sans hésiter la musique. Mais cela n’a pas été tout en même temps ! J’ai commencé dans le dessin, la peinture ? l’image je suis passé progressivement à la photo la vidéo c’était comme des glissements successifs qui se superposent en partie. Je n’étais pas trop doué non plus.

Vous écrivez beaucoup sur la période de la guerre on a d’ailleurs vu Sadorski lors d’un documentaire. Que pensez-vous de lui ? Avez-vous de la sympathie pour lui ?

R.S. : Sadorski dans la réalité est un salaud un vrai salaud et en même temps ce n’est pas un salaud intégral !  Il fait ce qu’on attend des flics il représente bien le dilemme de la police française. L’état est là d’une manière légale, un policier doit faire respecter la loi dans son état actuel. S’il ne fait pas cela il prend des risques, des risques personnels, il dérive mais il s’écarte de la mission du policier qui est d’obéir aux ordres.  Le policier est un outil au service de l’état. On félicite plutôt les policiers pour leur efficacité et donc Sadorski était dans la continuité de la police française de l’époque c’est-à-dire la police se battait contre le parti communiste depuis longtemps et donc les policiers avant la guerre étaient rôdés à la répression des communistes et les communistes étaient rodés à éviter la répression policière. A partir de 41 les communistes ont pu se remettre dans la résistance armée contre les allemands et retrouver leur schéma de base c’est-à-dire les fachistes d’un côté le communiste de l’autre le fait qu’ils étaient alliés était très difficile à comprendre pour un communiste. Et puis les juifs à l’époque l’antisémitisme était extrêmement répandu toutes les années 30 étaient un travail de la droite française sur les juifs on a accusé les juifs de tous les maux et surtout de la défaite de juin 40 on a dit les juifs ont voulu la guerre pour que la France les aide à chasser Hitler pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Et d’autre part les juifs sont responsables de la déliquescence morale de la France et du fait que l’on a pas été capable de gagner cette guerre on s’est effondrés par ce que l’on avait été corrompu par les juifs.  Du coup quand un gendarme devait garder un juif il pensait vraiment que c’était la lie de la terre que c’était des bagnards et c’est petit à petit que certains des gendarmes ont fini par comprendre que les gens qu’ils devaient garder n’étaient pas des criminels.

C’est aussi l’histoire d’un homme, de sa sexualité. Le côté de sa vie sexuelle est très important. C’est un anti-maigret on imagine le flic qui rentre chez lui avec sa femme en bigoudis et qui mange du bourguignon. Pas là, il est obsédé par une jeune fille, une jeune juive il va la cacher et espère faire un ménage à 3.

SK :Vous voulez rétablir l’histoire, faire réagir les gens ?

RS : Un peu tout, avoir des romans surprenants, à fond dans les enquêtes.

SK : Outre cette période de l’histoire vous vous intéressez au Japon.  D’où vous vient cet intérêt ?

RS : Romain : Quand j’étais jeune mon père avait un collègue qui venait souvent à la maison, il était japonais. Mon père était architecte, il dessinait des plans. J’ai eu une jeunesse cosmopolite ma famille elle-même est assez cosmopolite. Et mon père en tant qu’architecte avait des gens qui venaient de tous les pays et parmi eux il y avait ce monsieur japonais qui était très sympathique, pas aussi jeune que les autres, il avait toujours des cadeaux pour ma mère, il faisait des petites courbettes, il me fascinait assez j’avais une bonne impression des japonais, il m’a appris à manger avec des baguettes.  J’aime le côté lisse des japonais, le côté soumission mais juste en apparence.

SK : Avec qui aimeriez vous boire un café, échanger ?

RS : Henry Miller, j’aime beaucoup outre ses écrits, il et sympathique ouvert ….

SK : Quel sera le thème du prochain roman ?

Romain : La période de l’exode en 1940, la débâcle, la déroute….Je reprendrais certains personnages de Sadorski….

cof

A suivre donc…

Vous pouvez aussi retrouvez les 3 chroniques de nos flingueuses sur la trilogie Sadorski ci -dessous

ICI, Maud nous parle de L’affaire Léon Sadorski

, Ge nous propose son billet sur L’étoile jaune de Sadorski 

Ici Danièle nous donne son avis sur Sadorski et l’ange du démon

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (2)


 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si on leur donnait la parole Guillaune

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (2)

Aujourd’hui, c’est un membre de la grande muette qui vient s’ouvrir à nous. Un gendarme s’essaye à l’exercice périlleux de se livrer

Bonjour, vous êtes le premier uniforme que l’on reçoit ici. Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Serge Limantour, je suis capitaine de gendarmerie dans la petite ville de Nasbinals (Lozère) et j’apparais dans Les Ombres innocentes.

Quels sont les traits de caractère d’un capitaine de gendarmerie ?

Je suis un peu à l’image du pays où je travaille. Sur le plateau de l’Aubrac, le climat est rude et moi-même je ne suis pas très accueillant. Mais attention, hein, c’est quand même un très bel endroit. Ma recette pour survivre : cafés et clopes.

C’est un régime comme un autre, mais pourrez-vous tenir longtemps… Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je suis resté à peu près un an dans sa caboche. Il a fallu s’en extirper car ça bouillonne tout le temps là-dedans. Je ne sais pas encore si j’y reviendrai un jour, ce n’est pas moi qui décide.

A votre avis, il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

A mon humble avis et d’après les échos que j’ai eu, on retrouve peu de lui dans ma personnalité bourrue. En revanche, j’ai ouïe-dire que le dénommé Eddie Grist, qui m’a précédé, serait plus à son image.

Sur le plateau de l’Aubrac, le climat est rude et moi-même je ne suis pas très accueillant.

Votre balade n’est pas une partie de plaisir, lui en voulez-vous ?

Pourquoi lui en voudrais-je ? C’est mon métier.

Etre le jouet d’un auteur n’est pas toujours facile, entre deux aventures, dès qu’il pose la plume, vous occupez comment votre temps libre ?

Moi-même, je ne sais pas trop où j’en suis avec lui. Dernièrement, mon créateur s’est penché à nouveau sur Eddie Grist. Est-ce-que ce sera encore mon tour après, je n’en sais rien.

Si vous deviez poser une question à votre créateur, quelle serait-elle ?

Pourquoi je fume autant et si je buvais autre chose que du café, ça serait quoi ?

En guise de conclusion, si vous deviez définir votre aventure ?

Les Ombres innocentes, ce n’est pas un roman de joyeusetés. Mais en l’ayant terminé, on regardera l’histoire contemporaine de la France d’un autre œil

Les ombres innocentes  de Guillaume Audru

Et si on leur donnait la parole ?·Mardi 11 juillet 2017

Papote d’auteur, Maud était avec Christos Markogiannakis


Papote d’auteur

Maud était avec Christos Markogiannakis

 

Souvenez vous , il y a quelques jours , Maud et Ophélie nous offrez leurs avis sur Au 5ème Etage de la faculté de droit le premier polar de Christos

 Quelques jours avant nos jumelles flingueuses se rendaient à une soirée pour rencontrer Christos Markogiannakis et elles nous racontaient tout cela Ici.

Aussi pour nous faire un peu plus découvrir notre auteur grec, Maud lui a posé quelques questions.

Voici donc les petites indiscrétions de Maud


Bonjour Christos et merci de bien vouloir répondre à vos lecteurs. Pourriez-vous nous parler un peu de vous : que faites-vous dans la vie ? Vos passions ? Vos goûts musicaux ? Vos loisirs ? Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

            Bonjour ! Je m’appelle Christos, et de mon nom de famille longue et compliqué vous comprenez que je suis Grec. Je suis de la ville d’Iraklion en Crète, où je travaillais comme avocat pénaliste, après mes études de Droit et de Criminologie à Athènes. Je suis arrivé en France il y a 7 ans, afin d’effectuer une recherche pour mon doctorat en Criminologie, et j’y suis resté depuis.

            Ça fait trois ans que je me suis consacré 100% à l’écriture. Quand on découvre –tôt ou tard- ce qu’on aime vraiment dans la vie, il faut tout faire, il faut prendre tout risque, afin de le poursuivre.

            Mes passions sont l’écriture et la lecture, ou la lecture et l’écriture dans l’ordre que vous préférez. Je suis si heureux de vivre cette passion comme ma vie quotidienne, sans qu’elle perdre son feu !

            Il y a toujours de la musique chez moi. Pendant le travail – et oui, l’écriture est une passion mais un travail aussi – j’ai de la musique classique comme background. Pendant les pauses et en dépendant de mon humeur, j’écoute Maria Callas ou des pop tubes des années ‘80, des chansons grecques des années ‘50-‘60 ou de la pop contemporaine ! J’aime tout et tout me va, selon mon humeur.

            Quand je n’écris/ ne lis pas j’aime flâner à Paris. Je découvre cette ville –ma ville- chaque jour. Je vois des amis, et je vais aux musées qui m’offrent toujours des nouveaux sujets pour mes livres criminartistiques, mes livres qui mélangent l’art et le meurtre.

            J’aimais raconter des histoires à mes amis quand j’étais petit. J’ai appris comment écrire d’une façon bien structurée et disciplinée quand je travaillais comme avocat.  Vous voyez, un document juridique a la même structure comme une nouvelle ou un roman : une introduction, un corps et des conclusions bien solides. Leur seule différence est l’imagination, même si parfois la réalité dépasse la fiction !

De l’imagination on en retrouve dans Au 5ème Etage de la faculté de droit, mais pas que… Comment vous est venu l’inspiration de ce thème : Comment a germé cette histoire ? Vos personnages ? Le cadre ? Les symboles ?

            Au 5e étage de la faculté de droit (chez Albin Michel) a été mon premier roman policier publié en Grèce il y a quelques années, et mon premier roman policier publié en France en mars 2018.

            En 2017, j’ai publié aussi une collection d’enquêtes sur la représentation du meurtre dans les tableaux du Louvre. (Scènes de crime au Louvre, ed. Le Passage).

            Pour mon polar, j’ai pris mon expertise de criminologue et d’avocat pénaliste sur la psychologie et la réalité criminelle, mais aussi les souvenirs de mon Master2 de criminologie, et j’ai construit un roman, comme un fanatique des énigmes policières (des whodunit comme les anglo-saxons les appellent) et criminologue comme moi aurait aimé le lire.

            L’idée pour l’intrigue – l’enquête commence avec le meurtre d’une professeure– m’est venue quand une amie m’a racontée une dispute entre profs pendant un colloque. Tout le monde détestait une professeure, donc je me suis dit, si jamais elle est tuée, tout le monde sera soupçonné ! Et voilà…

            Le cadre de mon polar est l’univers fermé, presque claustrophobe, du département de la criminologie d’Athènes, situé au 5e étage de la faculté de droit d’où le titre, avec tous les personnages que ‘y vont avec : les professeurs, des étudiants, le personnel administratif et mon policier, un Capitaine de 35 ans, Christophoros Markou, diplômé du même département.

            Le crime est omniprésent dans ce livre, dans ce lieu, en théorie et en pratique, du début à la fin.  Je ne parle pas seulement du double meurtre (de la professeure surnommée la Vipère et d’un jeune doctorant qui venait d’arriver de Paris), mais des petits ou plus grands crimes et délits commis par des gens que on n’en pense même pas.

            Il ne faut pas oublier qu’une société sans crime n’existe pas –selon le sociologue Français Durkheim– donc une mini société comme le département de criminologie aura certainement ses propres criminels. Et parmi eux un meurtrier –ou plus…

Une anecdote sur ce livre en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

            Ce livre a été écrit pour moi, comme un exercice, comme un livre que j’aurais aimé lire et sans intention de le publier. Il est resté pendant un an fermé dans mon tiroir, jusqu’au jour que je l’ai donné à un ami, un grand écrivain Greco-Français – et fan des whodunit aussi – pour le lire. Sans que je le sache, il l’a envoyé à son éditeur en Grèce qui m’a contacté pour le publier. Et comme ça commence cette belle aventure, qui 3 ans après, m’a emmenée chez les lecteurs français, grâce à Albin Michel.

            Ce livre, même si ça se passe à Athènes, n’est pas un guide touristique de cette ville que j’adore. Si vous attendez du Parthénon, du Sirtaki, de la moussaka ou du Nana Mouskouri dans une ville baignée du soleil, Au 5e étage de la faculté de droit n’est pas pour vous.

            Par contre c’est un guide dans la psychologie humaine, dans les mobiles criminels, la société grecque pendant la crise – qui n’est toujours pas terminée – le visage noir d’une capitale qui voit des membres d’une élite universitaire se plonger dans le sang.

            Donc, quand une lectrice m’a demandé si elle peut utiliser mon livre pour découvrir Athènes pendant ses vacances d’été, je lui ai répondu, « Seulement si vous compter de croiser des victimes d’un meurtre, et vous voulez savoir quoi faire ! »

Même si vous avez écrit ce livre pour vous, je suis ravie, en tant que lectrice, d’avoir pu le découvrir. Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

 

            Le moment le plus joyeux de la période créative, est quand je mets les derniers mots sur la dernière page du manuscrit, quand le monde que j’ai imaginé et ses personnages sont complets et l’histoire est bouclée. Puis, quand le livre sort, chaque fois qu’un lecteur dit qu’il l’a aimé, je me sens fier comme un vrai parent ! J’adore aussi échanger avec des lecteurs, donc je passe toujours des moments très agréables et constructifs aux Salons du livre (quelle chance d’avoir si beaucoup en France !)

            Le pire moment est quand le mot parfait, pour qu’une phrase prenne sa forme et exprime d’une façon précise ma pensée, m’échappe (entre le grec, l’anglais et le français parfois le cerveau se fatigue !) Ça peut me paralyser pour une journée entière ! Et quand je ne suis pas productif, je me sens comme si j’ai perdu du temps précieux…

Maintenant devenu auteur, quel lecteur êtes-vous ? Votre genre de prédilection ? Un moment et/ou endroit qui est propice à la lecture ?

 

            Je suis un lecteur très exigeant, comme je veux que mes lecteurs soient avec moi !

            Mes lectures préférées sont les romans policiers – j’aime les contemporains mais je retourne aussi très souvent aux classiques, Agatha Christie, Patricia Highsmith, Margaret Millar etc– les livres sur la psychologie criminelle, les livres d’histoire et d’art.

            Le moment et l’endroit parfait pour lire ? Toujours et partout! So many books, so little time!

La lectrice que je suis ne peut terminer cet entretien sans vous demander une indiscrétion, un projet de roman ? Un retour de Christophoros Markou ?

            Aucune indiscrétion, c’est toujours un plaisir de partager des bonnes nouvelles ! Le 11 octobre sort mon deuxième livre criminartistique, Scènes de crime à Orsay, (Ed. Le Passage) avec des enquêtes inspirées par les tableaux du musée d’Orsay.

            Et il y a déjà un roman policier prévu pour début 2020, avec Markou qui mène l’enquête sur le mort de la plus grande chanteuse grecque de pop, tuée pendant son concert d’adieu à la rivière Athénienne.

            On apprend un peu plus sur sa vie, son monde, ses goûts musicaux et de lecture, son univers et ses relations. Aux personnages récurrents –comme Vera– ils s’y ajoutent des nouveaux, qui vont rester, une profiler et le patron de Markou par exemple.

            Deux nouvelles aventures de ce Capitaine de la Police grecque sont déjà écrites après celle là. J’espère donc que les lecteurs, vous tous à qui je dois tout, continuerez à aimer et suivre les aventures de Christophoros Markou.

J’ai été ravie de vous rencontrer lors d’une excellente soirée organisée par Albin Michel, d’en savoir un peu plus sur vous et vos prochaines sorties ; je vous remercie de m’avoir répondue et permis aux lecteurs d’en savoir un peu plus ! Je vous laisse libre d’ajouter quelque chose « à vous le mot de la fin »

 

            C’est moi qui vous remercie pour votre gentillesse, vos questions si intéressantes et l’occasion de faire découvrir mon travail à vos lecteurs ! J’aimerais conclure cette belle interview avec une phrase de Thomas De Quincey, ce philosophe anglais qui considérait l’assassinat comme un des beaux arts, et qui nous réassure que « si nous pouvons apprécier la beauté d’un incendie à Londres sans pour autant être un pyromane ou un sauvage, nous pouvons apprécier un meurtre sans pour autant être un meurtrier ou un monstre… »

            Bonnes lectures !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (1)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (1)

Une interview qui remet au centre l’essentiel de nos chers romans : les personnages.

Aujourd’hui donc voici quelques mots de « Philippe Lacroix », personnage central du roman « Des morts des vivants » de Frédéric Soulier.


Bonjour, c’est assez rare de pouvoir recevoir un personnage de roman. Pouvez-vous vous présenter ?

Je me nomme Philippe Lacroix, mais la plupart des gens m’appellent Pip. Mes potes me surnomment le Clou, rapport à ma silhouette. Ça leur est venu comme l’envie de chier, ce blaze. Quand on taquine le ballon, je reste planté sur le terrain, et comme j’ai pas de bras, juste deux moignons même pas coupés à la même longueur, ben je leur fais penser à un clou mal enfoncé. J’ai treize ans et je vis au Cratère, un camp de réfugiés situé en Sicile. En compagnie de 3000 autres réfugiés venus de toute l’Europe, on survit dans la crasse, la chaleur, la violence, la vermine, et comme si c’était déjà pas assez pénible, les Templiers nous mènent la vie dure. Avec mon père, mon trou du cul de frangin et ma sœur, nous attendons de pouvoir passer en Tunisie, où à ce qu’y paraît, c’est moins la chie-en-lit.

Quels sont vos traits de caractère prépondérants ?

T’en as des questions compliquées, técolle. J’suis un survivant, moi, c’est ça mon trait de caractère principal. J’avance un jour après l’autre. J’ai pas que ça à foutre de me poser des questions existentielles de petit bourgeois, je cherche pas à découvrir le trésor qui est en moi, je cherche juste à bouffer à ma faim. Tu as déjà croqué du rat, toi ? C’est toujours mieux que de brouter de l’herbe ou sucer des cailloux.

Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

J’y suis depuis qu’il a vu ces images terribles de « migrants » entassés sur des canots, qui cherchent à fuir la misère ou la guerre. Il s’est dit que ça pourrait être lui. Que sur les routes il y avait eu des Européens fuyant les exactions, y a pas si longtemps. La guerre, c’est comme les accidents de voiture ou le cancer, on se dit que ça arrive qu’aux autres, mais un jour ça vous tombe dessus, et tout ce à quoi vous pensez, c’est comment permettre à votre famille de survivre jusqu’au lendemain. Si vous êtes pas capable de comprendre ça, vous avez plus qu’à lire quelqu’un d’autre ou allumer Touche pas à mon poste pour recevoir votre dose quotidienne d’abrutissement.

A votre avis, il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Je crois savoir qu’il y a une part du boss (il aime bien que je l’appelle comme ça, ça le fait se sentir important) dans tous ses personnages principaux. Par exemple lui aussi il a un gros problème avec la religion. Parce que bon, comme vous le verrez si vous lisez Des morts des vivants, c’est que nous autres les gueux du Cratère, on est un peu coincés entre le marteau et l’enclume. Ou la croix et le croissant, si vous préférez. Et puis, lui aussi il est un peu obsédé par la mort, vous l’entendez pas vous ce décompte funeste ? Tic-tac-tic-tac… Le temps qu’il vous reste… Et puis l’injustice ça le révolte, tout comme moi. Comme il n’a pas les couilles de monter au front ou de s’engager dans de grandes causes humanitaires, et que les pétitions il pense que c’est juste un moyen de se donner bonne conscience, il écrit des livres. Ça lui sert de catharsis.

« Je cherche pas à découvrir le trésor qui est en moi, je cherche juste à bouffer à ma faim. Tu as déjà croqué du rat, toi ? C’est toujours mieux que de brouter de l’herbe ou sucer des cailloux. »

Il vous fait faire des trucs pas jojo dans le livre, lui en voulez-vous ?

C’est vrai. J’en suis vraiment pas fier. Surtout du plaisir que j’en ai tiré. Ça m’empêchera pas d’aller brûler en enfer, mais tout ce que j’ai fait, je l’ai fait par amour. Et puis s’il m’avait pas fait faire toutes ces saloperies, vous vous seriez bien emmerdé, non ? Je suis pas un personnage de Marc Lévy… Je vis, je trébuche, je me raccroche aux branches. – Entre deux aventures, dès qu’il pose la plume, vous occupez comment votre temps libre ? Il semble que je n’arrive à exister que lorsqu’il prend la plume, c’est curieux. Dites-donc, ça commence à bien faire de me traiter de personnages. Vous en seriez pas un, vous, de personnage ? Qu’est-ce qui vous dit que vous vivez pas dans une simulation informatique ? Qu’est-ce qui me dit que Nick Gardel n’est pas le fruit d’une imagination supérieure ?

Si vous deviez poser une question à votre créateur, quelle serait-elle ?

Eh Soulier ! Oui, toi ! Tu m’as fait choper la gale, c’était vraiment indispensable ? Des jours, que j’ai passés à me gratter, du fion jusqu’aux aisselles que ça me démangeait ! C’est pas possible de torturer ses personnages comme ça. Par contre, les scènes de cul, tu aurais peut-être un peu plus développer, non ?…

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Bon, si vous aimez les œuvres légères, écrites dans un français châtié, c’est pas la peine d’essayer. Y a rien de léger chez Soulier. Ce type est louuuuurd… Mais si vous voulez essayer quand même, personne ne pourra vous en empêcher.

Une nouvelle rubrique sur notre blog : Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? 


Une nouvelle rubrique sur notre blog

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Le 11 juillet 2017 Nick Gardel lançait une nouvelle page Facebook,

Et si on leur donnait la parole ?

Il avait depuis quelques mois déjà une idée derrière la tête. Faire parler les personnages des bouquins de ses collègues auteurs

Aussi ce 11 juillet 2017, il publiait ses 2 premières interviews de personnages, « Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? »

Tout de suite j’ai trouvé son idée incroyable, mais pourquoi ne l’avais-je pas eu.

Aussi durant un an, je suivais avec attention tous ces entretiens décalés où un auteur se racontait mais à travers le regard de son héros.

Depuis quelques semaine maintenant Nick a lancé la deuxième saison de

Et si on leur donnait la parole ?

Aussi je trouvais dommage que les anciennes interviews tombent dans l’oubli. Je voulais redonner vie à tous ces personnages passés avec brio sur le grill par notre auteur.

Je demandais donc à Nick s’il serait d’accord pour me laisser publier ses créations

Voilà ce qu’à donné notre conversation :

 « – Ge : Coucou Nick, je viens te trouver avec mes gros sabots.
 – Nick :  Coucou Gene aux gros sabot , oui ?
  – Ge  : Je me disais donc et si…
     Et si on leur donnait la parole ? devenait un RDV régulier de Collectif Polar
     Je sais qu’Yvan a déjà relayé certains de tes articles…
     Mais là je te propose une rubrique à part entière
– Nick : Oui sur la saison 1
– Ge : Oui sur la saison 1, extra ça, c’est exactement ce que je te proposais
– Nick : Alors, je veux bien ma Gene. Mais ça ne sera jamais plus que ça. Une interview »

Des interviews.
Mais pas les habituelles rengaines ego-centrées des auteurs.
Parce que, finalement, dans un roman, qui va au charbon ? Le personnage !

 

 » – Ge : Tu pourrais expliquer à nos lecteurs pourquoi cette idée folle
  – Nick : En fait j’avais tenu à ne pas expliquer la démarche. Le truc est une         interview d’un personnage. Marre d’entendre les auteurs engoncés dans les     interviews. Parce que les lecteurs n’ont pas de rapport avec l’auteur. C’est le   personnage qui compte. C’est lui qui doit avoir la parole.
     Les questions de l’interview sont orientées vers les rapports entre l’auteur et   le personnage justement. C’est ce qui fait toute la spécificité de la chose.
 – Ge : Tu peux me dire pourquoi tu as accepté aussi vite ma proposition
 – Nick  : Parce que je t’adore
 – Ge : Et puis parce que ces interviews sont une excellente idée
– Nick : Oui … Et puis ces interviews sont une excellente idée. Et qu’elles méritent de se diffuser.
 – Ge : Bon tu veux toujours pas faire une petite intro.
 – Nick : Mais si, si tu veux. Laisse-moi réfléchir deux minutes….
   L’écriture est un acte solitaire. C’est une plongée, souvent une apnée. Un bavardage intérieur ou   l’auteur discute le bout de gras entre lui et cet autre qu’il pense maîtriser. Pourtant, une fois le   dernier point posé, il n’a plus rien à dire alors que sa création commence à peine son existence,   déjà condamnée au silence. C’est pour cela que je voulais les rencontrer. Ces personnages, ces   nouveaux-nés qui, parfois, ont plus vécu que la plupart des vivants. Je voulais leur donner la   parole. Car, ne nous y trompons pas, ce sont eux qui ont le plus à dire.
 – Ge : Merci Nick pour tout cela.
 – Nick : Tu sais Gene …Ces interviews c’est un gros boulot.Il faut pourchasser les auteurs pour qu’ils répondent. Lol ! Il faut réécrire l’itw….la mettre en page…
 – Geneviève : Tu m’étonnes, les questions, la réécriture du scénario pour que ça    colle, un sacré boulot oui. »
 « – Nick : C’est aussi pour cela que je veux bien, totalement, te donner accès à ces interviews. Il faut qu’elles trouvent un nouveau public.
 – Ge :  Je vois que nous sommes sur la même longueur d’onde. Dis moi peut-on       commencer ta rubrique en octobre
– Nick : Bien sûr
    Que te faut-il ?
 – Geneviève : Un visuel
 – Nick : Un visuel ?
– Ge : Avec ta tête.  Oui je pensais reprendre le même que ta page Facebook
– -Nick : Tu peux
 – Ge : Et y ajouter ta tête et le logo collectif polar
 – Nick : C’est un montage que j’ai fait pour l’occasion
 – Ge : Il me faut aussi te faire une petite place dans la team Collectif Polar.
 – Nick :  Nervi intermittent ? Porte flingue occasionnel ?
 – Ge ; Ah non Porte flingue il y en a qu’un, enfin une, hihi. Mais nervi ça me plait  bien.  On a des tueurs à gage. Mais pas d’homme de main
Nick : Voilà, homme de main.
Geneviève : Ni de gouapo ,  voyou insolent et tracassier je crois que ça te va bien ! hihi 😛
Nick : Nervi insolent ça me va.
– Ge : Alors parfait,tu es le nervi tracassier et insolent du gang des flingueuse.   ET…je lance la nouvelle rubrique (…) (…)

Voilà comment cher zamis lecteurs zé lectrices vous allez retrouvez toutes les semaines notre nouveau rendez-vous

Dés mercredi prochain,

« Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?  » débarque sur Collectif Polar. 

Et durant une année tous ces personnages vont hebdomadairement vous accompagner.

Et oui la saison une comprend 49 épisodes

Oui vous avez bien lu, 49 interviews de personnages, Yeruldderger, Hannah Baxter, L’Inclus, Mehrlicht et j’en passe….

Alors très vite, mercredi prochain, le 5 c’est le top départ !

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3


La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3

Les interviews croisées 2e partie

Nous reprenons aujourd’hui la suite  de nos interviews croisées avec Barbara Abel, Corinne Martel. Jacques Saussey et Niko Tackian. 

Aline et Danièle ont passé à la question nos 4 auteurs.

Et ils se sont prêtés de bonnes grâces à ce jeu.

Pour connaitre la genèse de ce projet c’est Ici

Et pour avoir les premières questions/réponses c’est là.

Allez, place au second opus


 

Les Flingueuses : Pensez-vous que la violence fasse tourner le monde ?

 

Corinne : Elle n’est qu’un moyen déclencheur et non l’élément premier. Même la violence gratuite n’est pas si gratuite, elle exprime quelque chose.

Barbara : J’imagine que oui, d’une certaine manière. La violence, physique ou psychologique, est le résultat d’un rapport de force, donc à partir du moment où le pouvoir fait tourner le monde, la violence aussi, forcément.

Niko : La violence c’est toujours une solution de repli, quelque chose qui s’exerce car on est incapable de résoudre un conflit intérieur, car on a atteint ses propres limites, car on « lâche » la bride à nos pulsions animales. La violence nous rend toujours plus petit que l’on est.

Jacques : Les civilisations successives se sont bâties autour d’une escalade sans fin d’amours empoisonnés, de trahisons, de vols, de viols et d’assassinats. La mort de l’ennemi, de l’adversaire ou de l’être aimé, ou leur simple asservissement, nourrissent l’appétit insatiable d’un rapport de forces permanent entre les hommes. La violence est à la fois le carburant et le véhicule de l’humanité.

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Miss Aline et Niko Tackian

Danièle et Aline : Dans un polar la violence c’est un vecteur pour un message, une fin en soi, une figure de style incontournable ?

Corinne : Elle n’est pas pensée comme un scénario elle arrive parce que c’est l’évidence, mais pas pour une énigme mais pour une souffrance. Je ne commence pas un roman en me disant tiens lui je vais lui défoncer le crâne, c’est par la douleur intérieure des personnages, qu’ils partent en guerre ou pas, après il faut se donner la liberté de les laisser mener le combat.

Barbara : La violence dans un roman ne peut être qu’un vecteur pour faire avancer l’histoire. La violence gratuite n’a pas beaucoup d’intérêt, et certains auteurs qui se complaisent dans la violence passent souvent à côté de leur sujet.

Niko : La violence faisant partie de la vie et le polar étant un genre du réel, c’est un élément obligatoire de la palette, ce n’est jamais le moteur d’un récit pour moi, en tout cas pas consciemment.

Jacques : Je ne la programme pas, pas plus que mes scènes d’amour. Elle doit venir d’elle-même au fil du récit, comme dans la vraie vie. C’est en lui conservant cette fraîcheur que je peux la rendre vivante, palpable, crédible.

Aline et Danièle : Homme-femme, auteure-auteur, tous égaux devant/face à la violence ?

 

Corinne : La règle veut que l’homme frappe et la femme empoissonne.

Barbara : L’important, avant toute chose, est de justifier les actions des personnages, quelle que soit cette action et quel que soit le personnage. La violence doit donc être justifiée comme n’importe quelle autre action. L’écriture permet d’être subtile dans cette violence, plus qu’au cinéma, puisque c’est un art plus descriptif et qui autorise une plus grande introspection.

Niko : Dans la réalité les femmes sont les victimes de violences dans 80% des cas et la société est profondément injuste à leur égard sur bien des aspects. Ça se reflète forcément dans la fiction, ce n’est pas une figure de style. En ce qui me concerne, je ne réserve pas le monopole de la violence aux hommes, sur ce point comme sur tous les autres, nous sommes égaux.

Jacques : La violence fait au moins deux victimes à chaque fois qu’elle se manifeste. Celui ou celle qui la subit, et celui ou celle qui y a recours. Parce que l’emploi de la violence n’est pas anodin. Il laisse des traces. La culpabilité, le remords, la condamnation, le mépris, le rejet, la vengeance… Et si la force physique manque parfois aux dames, la nocivité de la pensée de destruction appartient bel et bien aux deux sexes.

Dany et Jacques Saussey

Danièle et Aline : Dans une scène de violence, vous êtes plutôt  victime ou agresseur ?

 

Corinne: Ils sont indissociables il n’y a pas de victime sans agresseur et inversement. Parfois on agresse à bon escient on rend la justice et le plaisir procuré est immense. Parfois la victime nous rappelle des souvenirs et on se perd en elle.

Barbara : Tout dépend des besoins de l’histoire. Là, c’est juste une question de mise en scène, suivant l’émotion que l’on veut susciter ou le point de vue par le biais duquel on veut raconter l’histoire.

Niko : Quand j’écris un criminel, je suis criminel dans ma tête, je résonne avec sa façon de voir le monde. Car lui ne se voit pas comme nous le voyons.

Jacques : Écrire la même scène selon les deux points de vue opposés. Cela apprend à se poser la bonne question quand on commence un chapitre. Par qui vais-je le faire raconter ? Tout dépend du sentiment dominant qu’on veut faire ressortir. La haine ? La peur ? La culpabilité ? La veulerie ? Choisir un thème d’ambiance, c’est ici choisir le narrateur…

Aline et Danièle : Le lecteur de polar,  vit-il par procuration une violence qui ne peut ou ne veut pas s’exprimer dans sa réalité ?

 

Corinne : Il s’agit peut-être tout simplement de plaisir, pas forcément de noirceur. Un lecteur qui aime lire un roman à l’eau de rose n’est pas forcément une âme en peine ou en manque.

Barbara : un lecteur m’a un jour dit qu’à la lecture de mes romans, qui sont toujours ancrés dans notre quotidien, il trouvait une certaine forme de satisfaction à assister à la déchéance des personnages car ça lui permettait de relativiser ses propres soucis. Est-ce du voyeurisme ? Je ne le pense pas.

Niko : Je n’en sais rien. Je suis déjà bien occupé à comprendre et définir les états émotionnels que me procure l’écriture, acte solitaire, pour réussir à analyser ceux des lecteurs ! Je pense qu’un livre est un voyage individuel pour chacun.

Jacques : Le voyeurisme est le regard d’une personne extérieure à une scène réelle qui la dérange et qui s’en repaît, consciemment ou non. Le lecteur, lui, est plutôt aspiré par une fascination morbide, à mon sens, hypnotique même parfois, quand le thème vient bousculer les repères moraux qui servent de rambarde contre l’innommable.

 

Voici la fin de ce 3e opus de notre série Violence dans le polar et le roman noir.

Nous retrouverons très vite Aline pour le clap de fin !

 

 

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 2


La violence dans le monde du polar et du roman noir.

La violence dans le monde du polar et du roman noir.

Episode 2, les interview croisées partie 1

Au printemps dernier, deux Flingueuses sont venues me trouver avec un projet un peu fou. Aline par qui tout est arrivé a d’abord tenu à me  présenter sommairement ce projet. J’avoue sur l’instant je n’ai pas compris grand chose. J’ai quand même noté dans un coin de ma mémoire que quelque chose se préparait sur le thème de la « violence dans le polar ».

Aline ayant aiguisé ma curiosité, j’ai dit:

– Banco, bien sur que je suis preneuse pour Collectif Polar. Belle idée, Miss Aline, mais je ne vois pas comment tu vas procéder.

– Ne t’inquiète pas Cheffe, je suis sur le coup avec Mamie Danièle

Et nos deux Flingueuses de revenir vers moi en me proposant une série de questions et des interviews croisés de différents auteurs de polar.

C’est seulement à se moment là que j’ai compris que l’idée avait germé suite à leurs échanges autour de la lecture commune du roman Les voleurs du temps de Corinne Martel

Alors je les ai laissait faire, intervenant le moins possible sauf si demande express.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la genèse de ce beau projet c’est ICI « La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 1″  Nos 2 Flingueuses vous en parlent mieux que moi ! Et en plus elles vous proposent une petite biographie de chacun de nos 4 auteurs

 Car… Au final, quatre auteurs donneront leur consentement pour ces interviews au long-court : Corrine Martel, il va de soi mais aussi Barbara Abel ainsi que Niko Tackian et Jacques Saussey.

La parité est respectée que les interrogatoires commencent :


Les interviews croisées

1ère partie.

Les Flingueuses : Pouvez-vous nous donner votre définition de la violence physique et/ou psychologique?

Corinne : La violence physique est peut-être la moins « lâche ». L’auteur  « assume » en laissant des traces. La violence psychologique est plus pernicieuse.  Il faut une espèce d’intelligence pour la pratiquer.

Barbara : La violence naît à partir du moment où quelqu’un se sent agressé. C’est ce qui provoque une blessure physique ou psychologique.

Niko : La violence est le moment où la réalité vous rattrape. Nous sommes tous équipés pour l’exercer. La violence des mots est bien plus répandue et souvent bien plus radicale.

Jacques : C’est le fait de se retrouver dans une situation où est menacée notre intégrité Peu importe son origine, la violence brise l’équilibre précaire de la sécurité. Elle est la porte d’entrée de l’angoisse, le déclic premier du roman noir.

Danièle et Aline : Pensez-vous que la violence provienne d’une société, d’un entourage qui l’engendre ou est-elle innée chacun la maintenant bridée ou non ?

Corinne : Comme le cancer, nous serions tous porteurs. Nous sommes tous le noir et la lumière, après il y a le parcours personnel qui amène d’un côté ou d’un autre, qui fait ressortir les couleurs dans le cœur.

Barbara : Je pense qu’elle provient du vécu du personnage, donc de la société ou de son entourage. Je n’ai pas vraiment de légitimité pour répondre à cette question, mais me dire qu’elle est innée me semble terriblement déprimant.

Niko : Elle provient principalement, pour moi, de notre entourage depuis nos premiers jours d’existence. Notre enfance, notre éducation, notre milieu, les rencontres que nous avons, ou pas, la chance de faire. Nous sommes le fruit de nos actions mais aussi des actions des autres. Mais il y a toujours moyen de changer…

Jacques : Je pense que la violence est l’un des premiers mécanismes automatiques de l’instant de survie, et qu’à ce titre nous en portons tous l’étincelle noire soigneusement enfermée au fond de nous. Si la société génère des situations conflictuelles entre les hommes, elle n’en est que le catalyseur. La vraie matière organique de la haine et du désir de nuire repose en nous, comme un terreau qui attend patiemment la petite graine de la colère pour lui insuffler la vie.

Aline et Danièle :  Vous est-il arrivé de faire l’expérience de la violence : la voir ou la subir ?

 

Corinne : la voir oui, la subir aussi, mon second roman est comme « un testament » pour moi, mais aussi pour tous ceux qui m’ont confié leurs maux. Un peu de violence physique, très peu, mais saupoudré d’énormément de violences psychologiques. Écorché vif depuis le premier jour. C’est comme un jeu de cartes, à la base nous avons tous des jeux différents et on n’y peut rien, après on pioche…Bonne ou mauvaise pioche et après on joue. Tapis ? Pour savoir mon jeu il faudra me le demander les yeux dans les yeux

Barbara : J’ai été agressée une fois dans la rue, par une femme complètement bourrée. Comme je refusais de répondre à ses provocations, elle s’en est prise physiquement à moi. Au début, je me suis sentie démunie, je n’ai pas l’habitude de me battre. J’ai fini par lui en coller une, je ne dis pas que je lui ai fait grand mal, mais du moins ma réaction l’a surprise et elle m’a foutu la paix. A la suite de cet épisode qui m’a tout de même chamboulée, j’ai pensé à prendre des cours de self défense. Et puis, finalement, j’ai peu à peu repris confiance en moi et je n’ai plus, à ce jour, pensé suivre de cours.

Niko : Avec mes parents et la manière déplorable dont ils ont géré leur divorce. Avec l’école et la manière dont elle cherche à vous déformer pour que vous puissiez rentrer dans le moule. Avec le monde du travail et la manière dont il érige des règles visant à vous rendre plus productif au dépit de vos propres aspirations. Avec la société dans laquelle je vis et ses innombrables conflits, inégalités, injustices.

Jacques : Lorsque l’étincelle noire s’allume, tout devient possible. Et pour chacun de nous. Les arts martiaux, notamment le Karaté, m’ont aidé à canaliser cette énergie destructrice et à l’apprivoiser.

Danièle et Aline : Avez-vous déjà eu du mal à écrire une scène de violence ? Laquelle et pourquoi ?

Corinne : Même si je ne devrais pas le dire : non, c’est me retenir qui est compliqué, parce qu’à bien regarder les informations, nos mots sont tellement en dessous de la réalité.

Barbara : En fait, en ne racontant rien, je sollicite leur (les lecteurs) propre imagination qui est souvent plus terrible que les mots que j’aurais pu utiliser pour décrire la scène

Niko : Pas du tout. Pour ce qui est de la violence physique, mes années de pratique sur les tatamis m’ont donné le sens de la douleur, des os qui se brisent, du goût du sang dans la bouche, de la peur, de la souffrance, du sentiment de domination ou au contraire d’être la victime… ça me sert énormément à rendre réel cette violence là. Pour ce qui est de la violence psychologique, elle se construit autour des personnages avec la nécessité de leur avoir donné une psychologie juste. C’est une violence plus technique.

Jacques : je n’aime pas particulièrement décrire l’acte en lui-même au moment où il se déroule. C’est la raison pour laquelle je me débrouille le plus souvent pour que le lecteur y assiste par procuration, soit en arrivant trop tard, soit parce que je coupe la narration à l’instant où cette scène va se déclencher

Aline et Danièle : Les garçons, vous avez des héros récurrents ce qui induit un « happy end » même s’ils sont bien abîmés. Avez-vous l’intention de tuer un héros ? Il n’est pas nécessaire de nous dire quand !

 

Corinne : Ah mais je n’ai pas de héros récurrents c’est justement en partant de ce constat qu’est né l’idée de Bébé 3.

Barbara : Je ne suis pas un garçon !

Niko : Je pourrais absolument tuer un personnage important mais il faudrait que ça ait un sens par rapport à l’histoire et surtout par rapport à la ligne de mes personnages.

Jacques: Ha ha ! Même sous la torture, je ne révélerai rien !

Voici pour les premières questions-réponses entre nos flingueuses et nos auteurs.

Des échanges assurément passionnants.

Je suis certaine que comme moi vous souhaitez connaitre la suite. Alors je vous donnes, nos protagonistes vous donnent rendez-vous après demain.

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 1


La violence dans le monde du polar et du roman noir.

 Episode 1 : Le projet et ses protagonistes

A 800 kms de distance un livre : Les voleurs du temps de Corinne Martel et deux flingueuses : Danièle et Miss Aline.  Nous pouvons lire notamment ceci : « Il y a deux ans maintenant, je lui ai posé la question : « Tu me donnes tes yeux ? ». Je n’ai pas eu de réponse… Je me suis servie ! J’ai fait de petites et délicates incisions sur le contour. Ils me regardaient encore, c’était un moment absolument magique ! Nous n’avions pas besoin de parler, il suffisait de plonger. Après quelques intenses minutes, je les ai arrachés d’un coup sec ».

 S’en suit une discussion sur le « comment on peut écrire ça ? ». Qu’à cela ne tienne : demandons-leur ! Chiche…

Ce qui va suivre est un article hors normes sur un thème présent dans tout bon polar qui se respecte : la violence. Emballées nous soumettons l’idée à Geneviève, notre porte-flingue, qui valide le projet et l’article à venir pour le blog.

On se lance… Il nous faut des auteur(e)s. Qui va participer à cette enquête ? L’auteure de la lecture commune cela va de soi. Ensuite on voulait une parité. Au final, ils sont quatre à avoir accepté de nous consacrer du temps, de répondre avec sincérité à notre questionnaire de flingueuses et d’échanger entre eux. Ils ont eut la gentillesse de nous insérer dans leur emploi du temps bien chargé : salons, corrections, interviews, lancements, sans oublier  leur vie personnelle. Ils ont su se rendre disponible pour partager avec « Le Collectif Polar » leur vision, leur rapport à la violence.

Nous avons prit contact avec chacun(e) d’entre eux/elles en leur soumettant le projet et son déroulement. En attendant leur réponse, le questionnaire commun s’élabore en coulisse. 11 questions pour faire le tour de la question ! S’ils acceptent leurs missions, le questionnaire va leur être adressé individuellement. Les réponses peuvent être aussi argumentées/développées que nécessaire.

Nous flingueuses, nous allons recueillir les réponses, les analyser, déterminer les points de convergences et de divergences. Si besoin, nous demanderons à l’auteur(e) des précisions.

Bien sur nous n’allons pas nous arrêter là. Nous allons ouvrir une discussion en live (merci Messenger !) avec nos quatre auteurs, nous flingueuses et notre Cheffe en la personne de Geneviève. Nous voulons un échange entre eux sur le thème, des précisions sur certains points.

Miss Aline et Barbara Abel

Ont répondu présents :

Corinne Martel : la plus jeune dans le circuit et l’instigatrice (à son insu) de cet article.

Née à Paris fin des années soixante, Corinne Martel est passionnée par l’écriture. Avec Les voleurs du temps, elle nous livre son deuxième roman : « Mes mots sont des histoires, des émotions. Le thrilleur psychologique mon terrain d’expression ».

Les voleurs du temps « le marteau s’échoue sur son crâne à l’endroit exact prévu. Le choc est d’une violence inouïe. La frappe brise l’os frontal et le pénètre jusqu’au manche avec un bruit sourd. Une gerbe de sang macule le plafond et une multitude de gouttelettes rouge  vif asperge son visage et ses cheveux. Elle voudrait bien s’essuyer mais elle ne peut pas. Ses yeux sont complètement fous. Sa tête bascule en avant. Le marteau est planté si profondément qu’il me faut plusieurs secondes pour parvenir à le retirer. »

 

Niko Takian : un auteur sur tous les supports : de la télé au papier.

Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se définit lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour Quelque part avant l’enfer avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra La nuit n’est jamais complète puis Toxique. Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans Fantazmë en ce début 2018.

Toxique : « Ubak avait troqué ses aboiements hargneux contre un couinement inquiet à mesure que son collier l’étranglait, le forçant à suivre sa nouvelle maîtresse en freinant des quatre pattes dans la boue. Marie-Thomas grimpait maintenant les marches de la passerelle qui passait au-dessus de l’A4. Lorsqu’elle arriva au milieu, elle se tourna vers le chien et souleva la laisse à hauteur d’épaule. Ubak décolla du sol pour se retrouver pendu à son collier. Il se débattait devant Marie-Thomas et couinait en essayant de respirer. Elle pivota légèrement pour le laisser pendre au-dessus du vide, les yeux braqués vers la nuée de voitures lancées à pleine vitesse.

–          Bonne balade, dit-elle en le regardant s’écraser contre le bitume de l’autoroute. »

 

Jacques Saussey : le motard presque franco-canadien qui a son bureau vraiment partout.

Né en 1961, Jacques Saussey écrit ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux d’entre elles ont été primées dans des concours et une éditée en BD.

La Mante Sauvage son premier polar, sera suivi par beaucoup d’autres : Le loup peint, L’enfant aux yeux d’émeraudes … Il est désormais repéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui montent » dans le polar.  

: « Je me penche sur le détonateur, enclenche le système de commande Wifi. Le décompte est lancé. Si je me fais descendre et ne peux appuyer sur le bouton d’appel de mon téléphone, le réseau secondaire prendra le relais. Dans une demi-heure, très exactement, il ne restera plus un boulon entier de cette carcasse de métal. Plus rien, à présent, ne pourra arrêter mon processus de destruction massive »

 

Barbara Abel : qui représente notre ouverture à l’international et à la Belgique réunis.

Née en 1969 à Bruxelles en Belgique, d’abord comédienne, elle écrit sa première pièce de théâtre, L’Esquimau qui jardinait, qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.
Son premier roman policier publié, L’Instinct maternel, lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac, elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique.

Son roman Un bel âge pour mourir paru en 2003 a été adapté pour France 2. S’ensuivent Duelle en 2005, La mort en écho  en 2006, Illustre inconnu en 2007, Le Bonheur sur ordonnance en 2009, La brûlure du chocolat en 2010, Derrière la haine en 2012 (Prix des lycéens de littérature belge 2015), Après la fin en 2013, L’innocence des bourreaux en 2015 et Je sais pas en 2016. 2018 est l’année de Je t’aime.

Duelle : « Je sais que tout cela peut paraître fou. Qu’on ne peut imaginer pouvoir subir de telles humiliations sans se révolter. Mais le cercle infernal s’est refermé sur moi sans que je prenne conscience de sa force et de sa tyrannie. Au début, on accepte […]. On espère, on vit, on rêve, on se dit qu’il y a pire. On trouve la force de continuer, de trouver des excuses, en se créant d’autres limites, en remettant la révolte au lendemain,[…] . Chaque jour qui passe est un pas de plus dans l’abîme. Et quand on s’en aperçoit enfin, il est trop tard. »

De gauche à droite : Dany, Jacques, Corinne et Niko

Les échanges vont avoir lieu en mai, dans la bonne humeur ! Nous n’instaurons pas de timing chacun faisant selon ses disponibilités. Une fois tous les éléments rassemblés, nous voilà avec 25 pages de notes à synthétiser.

Nous allons donc tout (ou presque) vous dire sur la violence vue par nos quatre auteur(e)s, leurs facilités à l’appréhender, leurs interdits, leur goût à nous la faire partager … c’est bien de cela dont il s’agit : ils ont du plaisir à nous raconter des horreurs et nous tant de plaisir à les lire !

Alors suivez-nous dans le monde magique de la fiction polardesque …

Dans l’épisode 2 nos auteurs répondront à nos premières questions !

Polars à l’Ancre 2018, les indiscrétions de Manie Danièle


Cap-Ferret, un jeudi après-midi du mois de juillet, plein cagnard et pourtant …

Alors que la moitié de la France en était encore à soigner sa gueule de bois de champion, qu’une autre partie s’apprêter à grimper les lacets de l’Alpe d’Huez quelques irréductibles gascons eux roulaient les tonneaux pour que les auteurs croisent leurs lecteurs au Cap-Ferret et plus particulièrement à l’Escale, restaurant de la jetée Bélisaire. Deuxième édition de Polars à l’ancre !

Avec la complicité de Catherine, la grande ordonnatrice de cette édition 2018, voici donc ce à quoi vous avez malgré vous échappé (voir vos mauvaises raisons ci-dessus) et qui vous fera venir en 2019 à la troisième édition.

Le premier rencontré, c’est Jean-Luc, Aubarbier de son nom

Jean Luc Aubarbier est libraire Sarladais, conférencier et écrivain. Outre les guides touristiques sur le pays cathare et les sites templiers, ce sont 8 polars historiques qu’il compte à son actif. Une série permet de suivre notamment Pierre Cavignac et Marjolaine Caradec, deux archéologues et héros récurrents dont l’auteur nous annonce la cinquième aventure au premier semestre 2019. Pour nos lecteurs il promet cependant un one-shot sur Montaigne, vous savez celui qui a été Maire de Bordeaux il y a très longtemps, à paraître le 13 septembre 2018. La franc-maçonnerie – il est d’ailleurs presque voisin et ami avec Jacques Ravenne – et le néonazisme sont ses thèmes de prédilection.

Jeanne Faivre d’Arcier, des romans noirs au regard social …

–       Bonjour Jeanne, nous nous sommes quittées à Fargues sur une promesse de ta part, un nouveau polar adulte avec comme héros un chasseur de têtes (au sens propre ou professionnel du titre … à vous de voir) et en décors, les bords de Garonne … alors ?

–       Bonjour Danièle, je ne m’avance pas sur la date de parution car il faut que je finisse ce livre et je suis très lente !

Comme je dis un tracteur qui marche au diesel mais qui trace quand même toujours son petit bonhomme de chemin.

En projet un cinquième roman policier pour les enfants se déroulant sur le bassin, j’attends l’accord de l’éditrice avant de me mettre au travail. Et sûr pour 2019, la reparution  chez Rivière Blanche la maison d’édition animée par Philippe Ward  qui est également auteur de fantastique et de SF, de l’ensemble de mes nouvelles fantastiques qui ont été publiées dans différentes anthologies et qui là seront regroupées. Bien sûr, il y aura aussi un ou deux textes inédits. J’ai aussi appris tout récemment que Les Encombrants venait d’être réédité ce qui est une excellente nouvelle car ça veut dire que peu à peu il trouvé son public. Je continue d’ailleurs à le présenter au public lors de mes dédicaces et salons et je vois qu’il  touche le cœur des vieux Parisiens ou des gens qui ont vécu à Paris, mais pas que … L’histoire de cette petite môme Cerise, abandonnée dans un buffet posé sur le trottoir, intéresse beaucoup les femmes aussi. Voilà, je crois n’avoir rien oublié.

–       Si Jeanne ta présence auprès de tes lecteurs, en dédicace, en salons …

–       Alors je reprends le salon de la Brède les 22 et 23 septembre avec une journée d’intervention en milieu scolaire le 18 ; le salon Thrillers à Gujan Mestras le week end suivant, aussi avec une intervention en milieu scolaire ; Fantasy en Beaujolais les 17 et 18 novembre, le salon de la littérature jeunesse de Montreuil fin novembre début décembre. Un salon de littérature jeunesse à Angoulême le premier décembre. Et pas mal de dédicaces en librairie  en Gironde, à Agen, Marmande, Périgueux…. etc sur l’automne et le début de l’hiver.

–       Merci Jeanne et à bientôt !

Troisième victime de mes investigations, Gilbert Gallerne

Il a l’art de la dissimulation. Quatre pseudonymes, oui pas moins … Tour à tour Gilles Bergal pour commettre de l’horreur, Milan pour tâter de l’anticipation,  Gilbert Hudry puis Gilbert O’Callaghan pour réintégrer la peau de Gilbert Gallerne semble-t-il son vrai patronyme !
Prolifique touche-à-tout, de la traduction de best-sellers à la récompense en 2010 du Prix du Quai des Orfèvres pour Au pays des ombres, de l’anticipation au thriller en passant par l’horreur, c’est en outre un tout-format (romans, documents et nouvelles)
Il nous précise :
– Gilbert Hudry n’a été utilisé qu’une fois, pour ma première nouvelle publiée dans un magazine, à savoir Parthénogenèse in « Horizons du fantastique » n°21 (1972)
– Gilbert 0’Gallaghan a été utilisé uniquement pour quelques critiques littéraires dans le même magazine (1974/76, de mémoire)
– Milan n’a été utilisé qu’une fois, pour la publication d’un roman de SF en deux volumes dans la collection Anticipation du Fleuve Noir (1988) sous les titres Le clone triste et Le rire du Klone ; ces deux volumes ont été réunis en un seul (ainsi qu’il était originellement prévu) publié en 2017 aux éditions Rivière Blanche sous le pseudonyme de Gilles Bergal et le titre original Dérive.
– Gilles Bergal a été utilisé pendant des années, avant que je reprenne mon patronyme (Gilbert Gallerne) en 1992.
– Teddy est revenu est un « one shot » publié en 1997, repris depuis par sept éditeurs différents, vendu en tout à plus de 55 000 exemplaires. Il n’y a pas de suite. « Teddy » était le nom d’un ours en peluche qu’une femme recevait dans un envoi anonyme. C’était le jouet que sa fille avait avec elle lors de sa disparition cinq ans plus tôt. Séparée de son mari et soupçonnée par la police, la femme reprenait seule l’enquête pour remonter à l’expéditeur de l’ours et retrouver sa fille.
– Prochaine parution : Mauvaise main, éditions French Pulp, février 2019 ; un roman (très) noir.
– A paraître, un roman fantastique mais il est encore trop tôt pour en parler.
Mes centres d’intérêt se sont regroupés ces dernières années autour du thriller au sens large (policier, surnaturel…) et c’est le domaine que je compte continuer d’explorer à l’avenir.
Merci Gilbert Gallerne pour ce panorama très complet et pour plus d’information rendez-vous sur son site

Philippe Ward est éditeur et auteur.

Ses prochaines parutions …
Le 01 août sort aux éditions Blac Coat Press Marilyn in Manhattan, la version américaine de Manhattan Marilyn
Les 3 premiers tomes des aventures de Lasser le détective des dieux vont paraître en un seul volume en novembre aux éditions Critic
Le tome 5 des aventures de Lasser le détective des dieux est prévu en 2019 aux éditions Critic mais le mois n’est pas encore choisi.
Le Tome 3 des aventures de Xavi El Valenbt aux éditions Rivière Blanche
Prochains salons
Novembre : salon du livre de Castelsarrasin
le 28 novembre salon de Sèvres
Le 2 décembre salon du polar d’Auch

– Comment qualifier vos romans, quels genres ?

– Les genres de mes romans, je les qualifie de mauvais genre, des genres dont on ne parle pas beaucoup dans les médias, à savoir le polar, le thriller, l’heroic-fantasy et le fantastique. Par exemple Artrahe est du domaine thriller fantastique, Manhattan Marilyn du thriller.  Les aventures de Lasser sont un mélange de polar et de fantasy. Par contre je n’ai jamais écrit de la Science Fiction.

– Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

En tant que lecteur dans mon jeune âge, j’ai été fan de Bob Morane, et depuis j’aime bien les héros récurrents, le lecteur peut s’attacher, suivre sa vie. Donc j’ai des héros récurrents comme Jean-Philippe Lasser, ou Nuira (une policière qui enquête dans le département 66). Par contre Artahe est un one-shot comme on dit, c’est à dire un roman unique. Mais personnellement j’aime ce héros, même si dans le chant de Montségur, nous l’avons tué à la fin.

– J’ai noté qu’un certain nombre de vos romans étaient écrits à quatre mains ? Pourquoi ?

J’écris avec Sylve Miller, depuis plus de 15 ans, nous nous sommes rencontrés sur un forum de Science-Fiction, nous avons discuté et puis un jour nous nous sommes lancé dans l’écriture d’une nouvelle : Le mur. Et puis nous avons continué dans les nouvelles, ensuite ce fut un roman Le Chant de Montségur puis la série Lasser dont nous écrivons le 5° volume. Comme elle habite la région parisienne, nous utilisons les moyens modernes pour établir une idée de roman, ensuite un scénario en béton et après nous nous lançons dans l’écriture, le roman fait des allers-retours, donc à la fin, nous ne savons plus qui a écrit quoi. C’est rare chez les auteurs d’écrire à quatre mains cela signifie mettre son égo dans la poche et accepter les critiques venant de l’autre et aussi arriver à critiquer l’autre. Il faut bien s’entendre. Moi j’aime bien écrire à quatre mains, même si je reviens de temps en temps à l’écriture en solo.

Merci Philippe Ward, à très bientôt donc pour de nouvelles aventures.

Et, il y a Guy, GUY Rechemann

GUY, vous savez, celui qui a souffert au long de sa Garde à vue et qui en parle encore … sur les pages du blog vous trouverez l’intégrale de cette aventure :
Guy sous le feu des Flingueuses c’est ICI
et quelques indiscrétions sur son petit dernier : Même le scorpion pleure

Outre les auteurs en dédicaces, sous la houlette de Catherine Rechenmann-Arrieutort, grande organisatrice, il y a eu deux tables rondes où les auteurs ont pu échanger sur leurs approches du polar et leurs personnages.

Deux animatrices étaient aux manettes : Chantal Lafon  et Catherine Rabier-Darnaudet, spécialiste de l’auteur Jean Forton (1930-1982)

Malheureusement, un départ impromptu a fait que je n’ai pas pu mener l’intégralité de mes investigations mais comme le dit Catherine, en 2019 pas d’excuses, tous au Cap-Ferret pour la troisième édition !