Islanova  de Jérôme Camut et Nathalie Hug


Le livre : Islanova  de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 12 octobre 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 22€90 ; (784 p.) ; 21 x 14 cm.
4e ce couv :
 » L’avenir n’attend que notre bon vouloir  » : l’usage de la violence pourrait-il rendre le monde meilleur ?
Rien n’avait préparé Julian Stark à une telle vision ce matin-là.
Alors qu’il rentre chez lui pour évacuer sa maison menacée par un incendie de forêt, il trouve Charlie, sa fille de seize ans, au lit avec son beau-fils Leny.
Certaine que son père va les séparer, Charlie persuade Leny de fuguer, direction le Sud-Ouest. Son idée : rallier la ZAD (zone à défendre) de l’Atlantique, située sur l’île d’Oléron. Là-bas, ils seront en sécurité le temps que Julian se calme. Là-bas, surtout, se trouve Vertigo, un homme charismatique dont elle écoute la voix sur les ondes depuis des mois. Vertigo, le leader de l’Armée du 12 Octobre, groupe d’écologistes radicaux.
Ce que la jeune fille ignore, c’est que la ZAD abrite des activistes prêts à tous les sacrifices pour défendre leur cause, et qu’en s’y réfugiant, elle précipite sa famille dans une tragédie qui les dépasse tous.Après la tétralogie culte Les Voies de l’ombre, après la série choc W3, voici venu le temps d’Islanova. Un nouveau projet ambitieux, addictif, réponse romanesque de Jérôme Camut et Nathalie Hug aux contradictions de notre société.
 Les auteurs : Ils sont 3, Jérôme Camut, Nathalie Hug et les CamHug. Et ici c’est cet entité qui officie.

Jérôme Camut est né en 1968. Après des études de cinéma, il travaille dans la production et participe à l’écriture d’un scénario. C’est ainsi qu’il découvre l’addiction des mots, qui ne le quittera plus.

Née en 1970, Nathalie Hug a d’abord travaillé dans l’industrie pharmaceutique, jusqu’en 2004 où sa rencontre avec Jérôme Camut bouleverse sa vie et l’incite à se consacrer à l’écriture.

Ensemble, ils ont déjà écrit deux séries très remarquées : leur série choc « W3 » ou la tétralogie culte « Les voies de l’ombre »

Autant vous le dire tout de suite avant de vous donner mon avis j’ai adoré ce livre. C’est un énorme coup de coeur. Une énorme claque aussi.

J’avais déjà été emballée par la nouvelle qui avait été éditée il y a quelques mois et nous présentant l’avant Islanova et l’armée du 12 octobre.

Une nouvelle numérique « Rejoints nous dans l’armée du 12 Octobre » que vous pouvez retrouver ICI et télécharger gratuitement.

 Mon avis :

 J’ai rêvé d’un autre monde !

 Pour sauver des millions de vies, des activistes décident de prendre les armes. Pour sauver sa fille de leur emprise, un père transgresse tous les interdits.

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour vos idéaux ?

 Une nouvelle fois Jérôme Camut et Nathalie Hug réveillent notre conscience citoyen.

 Oui j’ai rêvé d’un autre monde où la terre serait ronde. Où il n’y aurait pas d’un coté les pays riches et le tiers monde.

J’ai rêvé d’un monde où les richesses seraient partagées. Où l’argent ne ferait pas de l’argent mais du social. Oui j’ai eu cette conscience politique. J’ai vu l’occident prospérer en laissant derrière elle les plus démunis, j’ai vu les entreprises quitter le pays et mettre des tas d’ouvriers, de commerciaux, de cadres  au chômage sans pouvoir retrouver un travail. J’ai vu émergé un quart- monde.  J’ai vu ces même entreprises s’implanter dans des pays où la mains d’oeuvre est sous payée quand elle n’est pas simplement exploitée. Des pays ou les enfants sont obligés de travailler.

Et puis j’ai vu émerger un monde où les inégalités étaient de plus en plus éclatantes.

Et puis j’ai vu l’éclatement du monde. Cette disparité Nord Sud. Les conflits, les guerres, les envies de pouvoir que cela engendre. Les déplacements de populations, les camps de réfugiers. Ces femmes et ces enfants déplacés. Et qu’ai-je fais ?

J’ai pourtant rêvé d’un autre monde où le paradis serait sur Terre.

Mais qu’avons nous fait de ce monde. Plus l’homme a cru plus la planète s’est délitée. J’ai constaté l’épuisement des ressources naturelles, la surproduction, la disparition des forêts, la surexploitation, la disparation des espèces, l’éradication de certaines d’entres elle. J’ai vu des populations se déchirer pour un bout de terre où se cachaient des supposées richesses. J’ai vu les peuples se refermer sur eux même, les nationalismes refaire surface. La peur de l’autre devenir la norme. Les sectarisme, les extrémismes, les fanatismes,  Et qu’ai-je fais ?

Moi qui adolescente était de toutes les révoltes !

Moi qui comme Charlie, notre jeune héroïne me révoltais contre les inégalités, les privilèges hérités du moyen-âge.

 Oui les CamHug ont bel et bien réveillé ma conscience endormie.

Et en plus nos auteurs sont les seuls capables de nous emporter dans une telle aventure.

Oui  Jusqu’où sommes-nous prêt à aller pour vos idéaux ?

 Mais attention ce bouquins n’est pas un brûlot politique, ce n’est pas non plus un livre militant.

Non il nous donne à voir notre monde tel qu’il sera peut-être dans quelques années. Partant d’un constat actuel nos auteurs extrapolent et nous proposent une vision de demain.

Oui Islanova est un bouquin d’anticipation. Nous sommes ici en France quelques année plus tard. Un bouquin visionnaire.

Un soir, Leny et Charlie, qui vivent sous le même toit au sein d’une famille recomposée, fuguent. Leurs parents ne supportant pas leur relation amoureuse, ils partent sur l’île d’Oléron pour rejoindre une ZAD ou zone à défendre, destinée à empêcher l’extension d’un ambitieux projet touristique. Une branche armée de la zone décide de fonder un nouvel Etat baptisé Islanova.

Au début de l’année 2021, un groupe d’écologistes radicaux, membres de l’Armée du 12 Octobre (surnommés les 12-10), crée une ZAD (Zone à défendre) dans la forêt de Saint-Trojan-les-Bains sur l’Ile d’Oléron. Leur but est alors d’empêcher la construction d’un luxueux site touristique (Les Portes de Jade) sur une zone humide protégée. Cette occupation jugée illégale par les autorités françaises dure trois ans, avec de nombreuses tentatives des compagnies de gendarmes pour déloger les zadistes. Le 3 juillet 2025, suite à la confusion générée par la mort de l’un d’eux, l’Armée du 12 Octobre prend possession du domaine des Portes de Jade et le lendemain, 4 juillet, l’indépendance d’un nouvel État est proclamée par Vertigo, son chef. Ainsi naît Islanova, une république autonome, devant les caméras du monde entier.

Je suis parti avec Leny et Charlie, et je ne suis identifiée à cette jeune fille. J’ai rejoins les Zadistes. Leur combat et devenu le mien. J’ai eu plus de mal à comprendre l’exaltation de Charlie pour Vertigo. Ce leader charismatique de l’armée du 12 octobre. Je me suis toujours méfiée de ces personnes ambivalentes capables de soulever les foules et qui souvent prennent des air de gourous.

J’ai compris les craintes de Julian Stark le père de Charlie, lui l’ancien flic devenu garde chasse. En exercice au moment des attentats du 13 novembre 2015, il est intervenu au Bataclan pendant le drame. Traumatisé, il a quitté la police quelques jours après. Il n’a jamais parlé à personne de ce qui est arrivé ce soir-là. Dix ans plus tard, il est prêt à tout pour sauver sa famille. Aujourd’hui il a peur pour sa fille.

J’ai compati au drame de Vanda Macare; la mère de Leny qui est fière d’avoir construit une belle famille recomposée, où tous s’épanouissent jusqu’au jour où ses adolescent décident de fuguer 

Et puis je me suis demandée pourquoi Vertigo tenait-il tellement à créer  Islanova, ce nouvel état ?

J’ai compris l’emportement de certains pour voir naître un monde meilleur. J’ai compris leur démarche jusqu’au-boutiste pour faire admettre leur projet. J’ai admis l’occupation de leur territoire tant que leurs revendications ne seraient pas exaucées.

J’ai aimé rencontrer Abigail Stedman, mère biologique de Charlie et chirurgienne de guerre, qui n’a pas hésité à tout quitter pour s’engager auprès des plus pauvres.

J’ai admiré Morgan à vouloir mettre en œuvre le projet planétaire de redistribution de l’eau. Si Vertigo est le chef d’état autoproclamé d’Islanova. Morgan Scali en est le démiurge secret.

Morgan est une Victime des attentats de 2015, où il a perdu sa femme Gaëlle, l’amour de sa vie, Morgan a tout quitté pour élever ses enfants, Milan et Shana, en Afrique. Là, confronté à la misère et la guerre, le manque d’eau potable, il a trouvé un nouveau sens à sa vie. Aujourd’hui, il est président de la fondation ALONE, qui œuvre pour la redistribution de l’eau sur la planète.

Ce projet consiste à expédier par pipeline de l’eau vers les zones arides. Pour s’accorder avec le droit international sur l’eau, l’idée est de la récupérer à l’embouchure des fleuves, juste avant qu’elle ne devienne impropre à la consommation, et de la redistribuer dans les pays qui en ont le plus besoin.

Comme le dise si justement Jérôme Camus et Nathalie Hug

« Nos héros vont décider de changer le monde en forçant les pays riches à redonner une chance aux populations déshéritées du sud de la Méditerranée. Comment ? En redistribuant, via des pipelines, de l’eau pompée à l’embouchure de nos fleuves vers l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient. Là où les gens manquent d’eau.
Impossible ! diront les pessimistes.
Pas tant que ça. Parce que figurez-vous qu’un million de kilomètres de pipelines d’hydrocarbure sillonnent notre planète. Alors, ce que l’on fait avec du pétrole, on pourrait l’appliquer à de l’eau, non ? « 

Alors oui j’ai adhéré à ce magnifique projet.

Mais comme le clament nos auteurs :

« Islanova n’est pas un livre sur la politique mondiale. C’est un thriller, un roman d’aventure, que nous avons écrit pour vous divertir d’abord et avant tout. C’est à travers le destin des membres d’une famille qui pourrait être la nôtre, la vôtre, que vous allez entrer à Islanova. »

Mais quand même madame et monsieur nos auteurs… Oui quand même ! Quand, même nos rêve de monde meilleurs, nos idéaux sont bafoués par l’individualisme ambiant. Quand ils sont récupérés par des ambitions personnelle. Quand l’utopie mème à l’intolérance et à la fureur que nous reste-t-il pour espérer ?

Alors oui, je vous pose, je nous pose la question : « jusqu’où sommes-nous prêt à aller pour faire vivre nos idéaux ? » Et où placez vous le curseur entre activisme et terrorisme écologiques ? Tout n’est en effet qu’une question de point de vue !

Pour finir de vous convaincre voici la bande annonce du livre et les premiers chapitres à lire ICI

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Te souviens-tu de Souliko’o ? de Jean Failler.


Je profite de mes derniers jours de vacances en Bretagne pour vous parler de polars bretons mais pas que…

Car la Bretagne ouvre sur le monde !

Allez c’est parti pour le(s) premier(s) roman(s)


 Les livres : Une  enquête de Mary Lester ; Volume 30-31 : Te  souviens-tu de Souliko’o de Jean Failler. Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon ; 18€ , 2 vol. ; 18 x 11 cm.

 

 

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 1Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (249 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

 

Instamment priée par son patron, le commissaire Fabien, de prendre un mois de convalescence, Mary Lester choisit d’aller se reposer chez l’une de ses amies, Monette Charron, infirmière à Trébeurnou, petit village de la côte sauvage en Finistère Nord.

À peine arrivée, elle se fait agresser par un type étrange qui conduit un énorme tracteur.

Elle réalise très vite qu’une atmosphère délétère pèse sur ce village autrefois paisible. Des animaux domestiques disparaissent, des vieilles personnes sont harcelées chez elles, et il semble que le chef d’orchestre de toutes ces exactions soit l’homme au gros tracteur.

L’individu, qui bénéficie d’appuis politiques, se croit tout permis. L’apparition de Mary dans son périmètre le gênant, il la prend pour cible.

Mais le capitaine Lester, même en permission, n’est pas femme à s’en laisser conter et rend coup pour coup.

La gendarmerie s’en mêle, puis les Renseignements Généraux qui accusent Mary d’avoir provoqué cet homme qu’ils semblent protéger.

La voici tout soudain contrainte, pour se défendre, de fouiller dans le passé mystérieux de l’agriculteur Vanco…

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 2  Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (313 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

Ayant appris que Vanco, l’agriculteur irascible, avait séjourné en Australie, Mary s’envole pour ce continent où elle espère trouver quelques réponses aux questions que pose son comportement agressif. Pourquoi Vanco a-t-il abandonné un magnifique domaine australien de trente mille hectares pour une misérable ferme cent fois plus petite en Finistère Nord ? Elle a la chance

d’être accueillie à bras ouverts par la famille résidant sur le domaine autrefois exploité par Vanco. Et là, les choses commencent à s’éclairer. Elle a même la possibilité, grâce à un ancien policier de brousse, d’enquêter jusque dans la tribu aborigène des Musgrave qui, depuis la nuit des temps, occupe le territoire des Trois Rivières, l’endroit où se trouvait le ranch de Vanco. Celui-ci a laissé derrière-lui un souvenir déplorable et personne ne semble le regretter. Après un séjour enchanteur sous le soleil du printemps

austral, elle retrouve l’automne breton et son concert de pluies et de vents. Elle retrouve aussi les enquêteurs des RG qui n’ont pas lâché la piste. Accusée de tous les méfaits, contrainte de se défendre devant un conseil de discipline qui ressemble plus à un tribunal qu’à autre chose, voilà une nouvelle fois Mary Lester dans de vilains draps. Réussira-t-elle à se sortir du traquenard qui lui est tendu ?

L’auteur : Né en 1940 à Quimper, il est l’auteur de pièces de théâtre, de romans historiques et de romans policiers. La série Les enquêtes de Mary Lester connaît depuis plusieurs années un grand succès (47 numéros à ce jour). Il vit et écrit à l’Ile-Tudy (Finistère).


 

 

Mon Avis :

 On retrouve, toujours avec le même plaisir, l’intrépide Mary Lester, héroïne de cette 30ieme aventure. Toujours prête à défendre la veuve et l’orphelin, elle n’en est que plus sympathique. Ici elle va essayer de comprendre pourquoi le sympatique villageoù elle séjourne est en proie à des  événements mystèrieux . Et tenter de venir en aide à ses habitants .Et même dans ce combat sans doute perdu d’avance, ce David contre Goliath, notre jeune policière galvanisée par toutes ses embûches, nous entraîne dans une enquête trépidante et pleine de rebondissements. Il est à noter aussi que c’est Jean Failler qui reprend la plume ici, car depuis 6 romans c’était Mary Lester qui nous contait ses histoires. Et on ressent parfaitement tout au long de la lecture la jubilation de l’auteur qui au passage règle sans doute quelques comptes . Et on jubile avec lui, car l’on retrouve une Mary Lester plus que jamais galvanisée et revancharde, tout comme son créateur. Avec une touche d’exotisme. Et qui rend  au passage hommage à la culture aborigène. Jean Failler avec une narration rythmée nous propose une histoire captivante sur 550 pages en deux tomes que l’on dévore avec impatience. Une nouvelle fois basées sur des faits réels, cette enquête se confronte au contexte social et culturel actuel.

Mary Lester sous les traits de Sophie de la Rochefoucauld dans les adaptations TV

Extrait de Mary Lester -2- Les diamants de l’archiduc

 

 

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Extrait du 1er chapitre :

Où Jean Failler reprend la plume et où Mary Lester se voit infliger un mois de congé avec solde. Pour le trentième récit de ses aventures et mésaventures, Mary Lester m’a instamment prié de reprendre la plume. Je m’étais bien juré de ne plus me mêler de sa vie, mais Mary a été plus éprouvée par son enquête à Brest qu’elle veut bien l’avouer. Ceux qui l’ont suivie au cours de ses pérégrinations du monastère de Landévennec au port de commerce de Brest savent combien cette affaire a été rude et comment elle s’est terminée tragiquement, dans la fureur et dans le sang. Un voyou est mort, trois autres ont été blessés et le lieutenant Fortin a failli perdre la vie ; Mary elle même a eu le cuir chevelu entamé par une balle. À deux centimètres près, elle aussi aurait eu droit à la médaille d’honneur de la police à titre posthume. Elle a eu beau faire la brave, on ne sort pas intacte d’une telle aventure. Je ne la sentais plus dans de bonnes dispositions pour écrire. Alors, je lui ai proposé mes services, qu’elle a acceptés avec empressement. Son patron, le commissaire Fabien, sur recommandation du psychologue de la police, l’avait mise en disponibilité pour un mois, ce qui, bien sûr, l’avait fait râler :— Je ne suis pas malade, que diable ! avait-elle dit en apprenant cette mesure.— Ordre du médecin, avait tranché le commissaire Fabien. Reposez-vous, prenez du bon temps… — Du bon temps… du bon temps… vous en avez de bonnes, avait-elle grommelé. Puis elle s’était inquiétée :— Fortin est-il lui aussi en congé ? Le commissaire Fabien avait eu un geste de la main pour évacuer la question :— Fortin, ce n’est pas pareil !

Réponse qui avait fait croiser les bras à Mary :— Comment ce n’est pas pareil ? avait-elle demandé avec indignation. Il a été plus gravement blessé que moi ! Il était à l’article de la mort, souvenez-vous… — Je m’en souviens parfaitement, avait coupé lecommissaire, agacé. Finalement, tout le monde sortait de l’hosto, dans ce commissariat : Fortin et Mary pour blessures, le commissaire Fabien à la suite d’un grave ennui de santé. Mais celui-ci avait repris du poil de la bête après son opération. Il avait arrêté le tabac, et ça se voyait. Il n’avait plus la mine terreuse des gros fumeurs, son teint s’était éclairci et son visage sérieusement remplumé.


Les maraudeurs de Tom Cooper


 

tc Le livre : Les maraudeurs  de Tom Cooper. Traduit de l’américain par Pierre Demarty. Paru le 4 mai 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique. .  22€ ;  (398 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les Maraudeurs

À Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l’ouragan Katrina rien n’est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, un pêcheur manchot accro aux antidouleurs, qui rêve depuis toujours de trouver le trésor caché de Jean Lafitte, le célèbre flibustier, et parcourt le bayou, armé de son détecteur de métaux. Ou encore Wes Trench, un adolescent en rupture avec son père, et les frères Toup, des jumeaux psychopathes qui font pousser de la marijuana en plein coeur des marécages. Leurs chemins croiseront ceux de Hanson et Cosgrove, deux losers prêts à tout pour devenir riches, et de Brady Grimes, mandaté par la compagnie pétrolière pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites en échange d’un chèque. Mais tous n’en sortiront pas indemnes…

Alliant humour et noirceur avec une réelle virtuosité, Tom Cooper réussit à rendre presque palpables l’atmosphère du bayou et l’attachement que lui portent ceux qui y vivent, faisant des Maraudeurs un roman tout à la fois profond, inventif et jubilatoire.

« Un premier roman aussi brillant que palpitant. »
Donald Ray Pollock

 

tcL’auteur :  Tom Cooper s’est fait connaître par ses nouvelles, publiées dans de nombreux magazines littéraires, qui lui ont valu d’être nominé à quatre reprises pour le prestigieux Pushcart Prize. Les Maraudeurs, son premier roman, a été largement salué par la presse américaine et sera prochainement adapté à la télévision par les producteurs deBreaking Bad. Il vit et enseigne à La Nouvelle-Orléans.
Extrait : 
Grimes pénétra dans le bungalow et regarda autour de lui, avisant les serpentins de papier tue-mouche au plafond, le canapé déplumé en peau de ragondin, les trous dans les murs colmatés avec des boîtes de sardine aplaties et des morceau de carton. Encore cinq heures avant la tombée de la nuit, se disait-il. S’il expédiait la visite, il aurait le temps d’aller frapper à dix ou douze autres portes. (…)
Le vieil homme se frotta le menton, examina la paperasse avec un air d’intense concentration. Grimes n’était pas sûr que ce vieux péquennot comprenne un traître mot ce qui était écrit. « Et vous êtes pas du gouvernement », dit-il.
Grimes secoua la tête.
« Mille dollars comme ça, pour rien.
-Eh bien, votre communauté a souffert. Nous avons à coeur de tenir nos promesses. Aider la communauté à se reconstruire.
-Faut que j’aille pisser », dit le vieux en se levant avec une agilité surprenante, faisant craquer ses genoux. (…)
Les pensées de Grimes continuaient de jouer au yoyo quand le vieux revint dans la cuisine, des plumes de paon plantées dans les cheveux comme une coiffure indienne ratée. Marmonnant de manière incompréhensible, roulant des yeux comme une truie égorgée, il tenait à la main un verre rempli à ras bord d’un liquide ambré qui ressemblait à du jus de pomme.
Grimes entreprit de se lever, la bouche entrouverte, ne sacahnt que penser. « Mr Baker, dit-il.
Putain! éructa le vieux en français. Va niquer ta mère!
– Mr Bakker », dit Grimes en regardant tour à tour le verre et le visage du vieux.
Celui-ci projeta alors son bras en avant et vida le contenu de son verre sur son visiteur. De la pisse. Grimes le sut tout de suite, à l’odeur. Il poussa un cri étranglé et bondit sur ses pieds. Sa chaise bascula en arrière et tomba au sol.
« Qu’est-ce que c’est? dit-il, le visage luisant. Putain, mais c’est de la pisse?
Va niquer ta mère!
-Espèce de taré!
Ta gueule! » (…) 

 

Petit résumé et avis

Dans un coin perdu de Louisane La Jeanette, petite ville  dévastée par l’ouragan Katrina puis par une marée noire dans le golfe du Mexique. Gus Lindquist, pêcheur amputé d’un bras accro à l’alcool et aux antidouleurs, arpente les marais à la recherche du trésor du célèbre corsaire Jean Lafitte, sans que personne le prenne au sérieux. Autour de lui gravite une série de personnages rocambolesques. Une bande de Pieds nicklés tous plus attachants les uns que les autres.

Dans ce premier roman, on va donc suivre les aventures de ces Pieds nicklés en Louisiane. Une Louisiane dévasté où le commun des mortel a vu disparaître le monde qu’il connaissait. Certains ont même tous perdu ou plus rien à perdre.

Dans ce premier roman, avec son humour noir et féroce, Tom Cooper nous décrit un monde en déliquescence .Un monde en sursis où chacun se bat  avec ses propres armes quand la pauvreté et la misère est votre seul quotidien.

Pour autant si l’histoire peut paraître sombre et désespérée, le ton de l’auteur lui est rayonnant. On sourit souvent à la lecture de ce titre. On rit aussi. Il faut dire que le duo Lindquist et Wess est irrésistible. Et accompagner ces héros pardon ces losers dans leurs galères et leurs petits trafiques est parfois jubilatoire.

Un vrai belle découverte que ses Maraudeurs. Et si Tom Cooper était la nouvelle révélations de la littérature américaine.

« Toc toc toc! – Qui est là? -Ricky. – Ricky qui? – Mais non, t’inquiète, elle est pas si petite que ça! ».

Lire le début Ici de :Les Maraudeurs

Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué : Le chouchou du week-end


chouchous-du-week-end
mnLe livre : Le vrai du faux, et même pire de Martine Nougué. Paru en janvier 2017 chez Caïman Editions . 12 € ; 220 pages ; 12×19 cm

 

4e de couv :

La Pointe, un quartier pittoresque de Sète, petit port sur l’étang de Thau. Trois figures locales pas très recommandables ont disparu : le plus gros producteur d’huîtres du bassin, le patron proxénète du café de La Pointe et un petit malfrat coutumier des mauvais coups. La gendarmerie relie ces disparitions aux vols et trafics de coquillages qui se multiplient sur la lagune. Ce n’est pas l’avis de Marceline, vieille militante éco-féministe, qui oriente l’opinion sur les événements pour le moins bizarres qui surviennent depuis quelques temps dans le coin : morts suspectes d’animaux, pluies de pelotes de filaments, odeurs pestilentielles certains jours…
Qui empoisonne La Pointe, et à quelles fins? Qui tue sur le bassin et pourquoi? L’opinion s’enflamme et la rumeur court : des savants fous ? Des services secrets ? Des sociétés occultes ? Le capitaine Pénélope Cissé, chargée de l’enquête, va chercher à démêler le vrai du faux…
 L’auteur : Martine Nougué est née en 1957. Elle a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture.
 Extrait :
– T’es cette flic amie de Luigui, hein ? La mère de la petite Noire ? Viens à l’intérieur, y fait plus frais, y’a moins de monde et j’ai à te causer, lui lança-t-elle sans plus de formalités.
– Vous semblez être chez vous, ici ? contata la policière.
– Oui, je suis partout chez moi,  la Pointe. Et d’ici, dans ce bar, je veille au grain…T’en veux ? lui demanda-telle en saisissant la bouteille.
– Qu’est ce que c’est ?
– Tisane de thym. Avec du citron. C’est bon pour les bronches, et c’est bon tout court. Bon on va pas tourner autour pendant vingt ans, reprit Marcelline après avoir rempli les verres et commencé à se rouler une cigarette. Je sais que tu recherches les trois types qu’ont disparu. Luigi me l’a dit.
– Pas tout à fait, non… Je me renseigne juste. On a pas ouvert d’enquëte : Il n’y a ni plainte ni signalement de disparition.
– Ben y’en aura pas. Et c’est pas plus mal.  
…/…

Résumé et avis :

 Rhooo la la,  quel plaisir de retrouver Pénélope et Luigi. Enfin surtout Pénélope. Ben, quoi on a le droit d’avoir ses héros préférés, non ! Et pour moi ben, ça sera mes héroïnes. Quelqu’un a quelque chose à redire !

Bon je disait quel plaisir de retrouver les protagonistes de Martine Nougué déjà rencontré dans son premier roman Les belges reconnaissants. Nous nous y étions attachés. On avait envie de suivre leurs nouvelles aventures. Et ben voilà, Le vrai du faux, et même pire est arrivé. Et je me suis régalée.

Comme je le dis partout à propos de ce titre : J’ai Grave Kiffé Grave !!

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La plume féconde de Martine Nougué nous embarque dans ce sud

 On entend la gouaille des gars du coin, on imagine parfaitement les piliers de comptoir accoudés commentant la vie du quartier.

On se représente parfaitement tous ces petits coins autour de l’étang de Thau où nous entraîne l’auteur.

Il y a comme un parfum de vacances à travers ces lignes.

Que je vous situe sur une carte le lieu où va se déroule l’action de notre polar.

situation_etang_de_thau

Voilà nous sommes donc du coté du Sète, sur la lagune de Thau. Nous allons découvrir les petits ports typiques de l’étang, la pointe courte, quartier populaire par excellence, Bouzigues, le village ostréicole. Nous allons vivre au rythme de la lagune et découvrir la région Sètoise.

 Et oui Notre officier de Police Pénélope Cissé a été muté à Sète il y a tout juste un an. Et en un an elle est passée du grade de lieutenant à celui de capitaine. Et oui, elle a pris du galon, il faut dire que c’est un sacré flic notre Pénélope. Pas froid au yeux, non plus !

Mais là elle va se confronté à un sacré mystère. Mais notre belle n’est pas du genre à lâcher le morceau.

 Et puis, dans ce deuxième opus, on retrouve  notre Pénélope en mère de famille. Elle a avec elle pour les grandes vacances sa fille Lisa-Fatouth. A 10 ans, elle a déjà du caractère la petite, il faut dire qu’elle a de qui tenir. Et notre Pénélope va devoir tenir son rôle de mère face à cette enfant qui la voit sa maman comme un super héroïne belle et drôle.

Et puis il y a un autre personnage avec lequel nous allons faire connaissance. C’est la vieille Marcelline. Marcelline la sorcière de la pointe. Marcelline est son franc parlé, Marcelline militante écolo-féministe de la première heure et toujours indignée à 80 piges. Toujours à se battre pour que les choses changent. Une femme irrésistible La Marcelline. Une bonne-femme, et une sacré bonne-femme !

 Bref le deuxième opus des aventures de Pénélope Cissé tient toutes ses promesses et même mieux. Une nouvelle Fois Martine Nougué se fait l’observatrice de ses contemporains, elle contemple la marche du monde. Elle est, telle Marcelline ( Et là je sais qu’elle ne m’en voudra pas de cette comparaison), aux aguets de petits déraillements de notre société, des petits égoïsmes, des manquements des uns et des autres.  Aussi à  travers le petit trou de la lorgnette, elle regarde, montre et parle de sujets universels. Et ses fictions dénoncent le patriarcat, les violences faites au femmes, le profit à tout prix au dépend de l’humain mais aussi de la nature, les médias et la société spectacle, notre rapport à la justice et à la vérité. Et tout cela de façon enjoué, à travers une histoire jubilatoire, avec des personnages haut en couleurs parfaitement campés. Des dialogues taillés au couteau, où on se surprends à les lire avec l’accent de ce sud déjà un peu à l’ouest. Si, si je vous assure, en lisant les phrases de Martine, j’avais les dans la tête les mots qui chantaient.

Je vous avez prévenus, la lecture de ce titre, Le vrai faux et même pire, est jouissive.

Donc pas d’excuses possibles, vous devais lire Martine Nougué.

Et si vous ne la connaissez pas encore, découvrez son premier roman, Les belges reconnaissants ICI

Et aussi nos petits entretient croisés , là aussi et là encore.

Voilà, vous connaissez maintenant mon chouchou de la semaine

Résilience de Yannick Monget


Collectif Isabelle

$CDCLe livre : Résilience de Yannick Monget . Paru le 18 février 2016 à  La Martinière. 22€60 ; (661 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de Couv :

100 jours avant l’effondrement.

À Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

2 ans après l’effondrement.

En Antarctique, des survivants s’organisent dans des bases de haute technologie abritant un écosystème reconstitué. La surface du globe est ravagée par la radioactivité et la résurgence du virus noir, qui a décimé la plus grande partie de l’humanité. Que feront-ils de cette dernière chance ?

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Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

 ymL’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

 

 

Lire le début de Résilience

 

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Résumé et petit avis de notre lectrice :

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Résilience de Yannick Monget, un roman exceptionnel dont personne ne ressortira indemne… Les connaisseurs du nucléaire seront confortés dans leurs idées et les profanes se poseront de nombreuses questions…

Une écriture fluide, aux chapitres cours terminant sans cesse par des rebondissement, l’art d’orienter le lecteur vers une fin qui parait évidente et qui pourtant… à lire impérativement !

Un fantastique roman d’anticipation mais qui au final nous fait toucher « la réalité qui pourrait être » de très prés…

Cette décennie, pour moi, aura connu « Pilgrim » et « Résilience »

     Mon petit avis sur Pilgrim ICI

 

 

Mélancolie des corbeaux de Sébastien Rutés


 

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9782742799077,0-1241984Le livre : Mélancolie des corbeaux de Sébastien Rutés. Paru le 5 octobre 2011 chez Actes Sud dans la collection Actes noirs. 19€30. ; (239 p.) ; 22 x 14 cm

9782330051266,0-2629108Réédité en poche chez Babel dans la collection Babel Noir

 le 6 mai 2015pour 7€70 et. (228 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Au parc Montsouris, le long des pentes de la voie ferrée désaffectée, Karka le Corbeau freux vit en ermite dans un arbre. Dédaigneux des Pies bavardes et des Canards cancaniers, ses voisins, il coule des jours mélancoliques à contempler le passage des nuages et la vie sur les rives du bassin, depuis qu’autrefois son aile fut brisée par un Epervier. Aux questions amères que lui inspire son destin il ne trouve pas d’autres réponses que celles que lui dicte l’instinct, dont il ne se satisfait guère. Animal marginal, il ressasse en solitaire sa nostalgie des forêts jusqu’au jour où les Mouettes colportent au parc la rumeur de la disparition des bêtes du bois de Boulogne et que Krarok, le Grand Corbeau du Conseil des animaux de Paris, se résout enfin à le faire mander, après toutes ces années. Dans la charpente de Notre-Dame, où Krarok tient audience sous l’Aigle mystique de saint Jean, ont lieu les retrouvailles et la révélation : des Lions rôderaient dans les bois de Paris ! Avant qu’ils ne s’en prennent aux Humains, Karka, l’ancien messager oublié des conseillers, doit mener l’enquête avec une Tourterelle imbue de sa blancheur, une séduisante Corneille et un fantasque Toucan qu’il a libéré de sa cage…

Avec Mélancolie des corbeaux, son premier roman à paraître dans la collection « Actes noirs », Sébastien Rutés compose une variation étrange et envoûtante sur le roman d’investigation, à mi-chemin entre la fable animalière et le conte philosophique.

 

677467L’auteur :

Maître de conférences, Sébastien Rutés enseigne la littérature latino-américaine. Spécialiste des genres, il a publié de nombreux articles universitaires sur le roman policier hispano-américain et un essai consacré au Mexicain Paco Ignacio Taibo II. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles, en espagnol et en français, et de deux romans publiés aux éditions L’Atinoir : Le Linceul du vieux monde (2008) et La Loi de l’Ouest (2009).

Extrait :
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque les premiers bruits m’éveillèrent. Craquements des branches, halètements et grognements : les Chiens arrivèrent les premiers. Du moins fut-ce ce que je crus en m’éveillant mais des salutations susurrées me détrompèrent : bruissements et couinements, les Rats secrets les avaient devancés. J’imaginai Ruff le Savant, le Setter roux au poil grisonnant, s’asseyant pour discuter en vieil ami avec Tssis, le maître des Rats, si gros sur sa souche qu’on aurait pu le prendre pour un petit Chien. Plus loin sans doute, Boj IV, le Beauceron aux bas rouges, organisait-il la garde rapprochée des Beagles, ces Chiens de chasse qui n’étaient pas les plus dangereux mais ne perdaient jamais une piste. Le troisième conseiller canin était un Labrador que je ne connaissais pas plus que les autres Rats. Leur longévité ne dépassant pas les trois ans, ces derniers succédaient au Conseil à un rythme qui ne permettait à aucun d’y laisser la moindre trace, à l’exception notable de l’inusable Tssis.

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Résumé et petit avis

 

e87fe5_f9e9dd0f01a1f94b8ad0646b8880addaMystérieusement échappés d’une ménagerie, des lions menacent de semer la terreur dans Paris. Le Conseil des animaux fait appel à Karka, un vieux corbeau spécialiste des affaires délicates.

Mélancolie des corbeaux est un vrai polar noir, dans lequel l’auteur distille subtilement des problématiques sociales et politiques. La xénophobie, le racisme, l’individualisme, l’assistanat et même l’écologie, sont au coeur du roman.

C’est un livre qui réjouit et donne envie de se remettre à la lecture. Il est passionnant aussi pour cela.

Sébastien Rutes nous offre là une fable noire époustouflante. Fable contemporaine qui au fonds de moi à fait résonner un  autre souvenir de lecture. Il émane de ce titre de Sébastien Rutes, une humanité et une sensibilité qui n’est pas sans me rappeler celles du regretté Clifford D. Simak.

Tiens pour la peine je m’en vais relire Demain les chiens.

Mais vous, ne passez pas à coté de cette Mélancolie des corbeaux, c’est vraiment un conte moderne qui, par les temps qui cours,  fait un bien fou !

« Je connais la nature animale. J’ai trop souvent vu la peur dans nos yeux pour ne pas la reconnaître. Elle nous accompagne : un collet, un piège, une piqûre, une flèche, un hameçon, une nasse, du poison, un fusil…La peur !
Notre destin s’appelle l’Humain : nous avons peur ! »

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Les belges reconnaissants de Martine Nougué


les-belges-reconnaissantsLe livre : Les belges reconnaissants de Martine Nougué. Paru en janvier 2015 aux éditions du Caïman.

4e de couv :

Castellac était un village apparemment tranquille jusqu’au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l’assassin de Monsieur le Maire.
Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l’égard de ces « étrangers », les nouveaux habitants venus du nord, ou cette flic Africaine qui fouine dans leurs histoires.

téléchargement (17)L’auteur : Martine Nougué a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture. Les Belges reconnaissants est son premier roman publié.
Extrait :
« Le clan Gallieni tenait les affaires municipales d’une main ferme, n’hésitant pas à user de méthodes musclées à l’encontre des indociles et des éventuels opposants, pressions d’autant plus fortes que les récalcitrants avaient été marqués du sceau de « l’étranger » ou pire, du « néo ». Marianne Grangé, l’étrangère en terre castellacoise, avait subi les foudres de Gallieni lorsqu’elle avait oser le défier, lui et son système, lors des dernières élections. Elle s’était épanchée sur l’épaule de la policière, légitimant la violence de son combat par la colère et le dégoût que lui inspirait cette république bananière locale qu’avec ses amis elle avait entrepris de dénoncer en réveillant les consciences villageoises. Pénélope avait été impressionnée par l’idéalisme de la jeune militante. »

Résumé et avis :

Pénélope Cissé, officier de police au commissariat de Sète, est chargée d’enquêter sur l’assassinat du maire de Castellac. En s’intéressant au passé du village, elle se confronte à des habitants peu coopérants, enclins au racisme et à la xénophobie. Au fil de son enquête, elle croise des chasseurs, un noyau de militants écologistes et une journaliste qui, tous, épiaient les moeurs de la victime.

Martine Nougué , avec une dose parcimonieuse d’humour, insuffle un nouvel élan au roman policier. Mieux, elle le dépoussière.

Elle nous dresse un portrait sans concession d’un village français soumis à l’hégémonie d’une famille, d’un clan. Un bastion où l’élu local se comporte en seigneur des lieux ; distribuant ses faveurs ou faisant régner la terreur.

Tout en subtilité, l’auteur dénonce les fléaux de notre société. L’intolérance, la xénophobie, la cupidité, la bêtise humaine, le racisme ordinaire sont autant de thème qui font la richesse de cette intrigue.

Mais pour autant la lecture de ce titre reste jubilatoire. Et que dire de son personnage de flic , la belle Pénélope Cissé! Iconoclaste cette jeune lieutenant d’origine sénégalaise croque la vie à pleines dents et ne s’en laisse pas compter.

On n’en redemande.

 

 

 

Sanglants trophées de C.J.Box


Lecture d’avant

9782020789424,0-3426329782757806128,0-408276Le livres : Sanglants trophées de C.J.Box. Traduit de l’anglais par (Etats-Unis) William Olivier Desmond. Paru le 19 octobre 2006 au Seuil dans la collection Seuil policier.     21€30 ; 23 x 14 cm
Réédité en poche au Point le 4 octobre 2007 dans la collection Point Policier sous la collection « Une enquête de Joe Pickett ».  7€60 ; (412 p.) ; 18 x 11 cm
 
 4e de couv :
Il fait un temps superbe en cette fin d’été à Saddlespring, Wyoming, lorsque, au retour d’une partie de pêche, le garde-chasse Joe Pickett tombe sur le cadavre d’un élan mutilé. Horrifié, il décide d’enquêter et peu après apprend que c’est maintenant du bétail qui, lui aussi, est mutilé. Tout le monde aimerait que le coupable soit un grizzly – certes ennuyeuse, l’affaire resterait explicable -, mais les coupures sont trop nettes pour qu’il s’agisse de morsures. Le pire est atteint lorsque deux hommes étant retrouvés morts, on s’aperçoit que leurs blessures ont tout des mutilations qui inquiètent les éleveurs du voisinage. Soudain il ne s’agit plus d’enquêter sur des événements macabres, mais d’empêcher quelqu’un ou quelque chose de continuer à semer la terreur.
th (17) L’auteur : Né en 1967 dans le Wyoming, où il vit encore aujourd’hui, C. J. Box a longtemps travaillé comme guide de pêche et manoeuvre dans un ranch. Il a reçu les plus grands prix du roman policier américain, dont le Barry Award.

Résumé et avis :

Joe Pickett, garde chasse à Saddlestring dans la wyoming, découvre le cadavre mutilé d’un élan. L’absence de prédateurs auteour de la dépuoille et la nature de l’ablation des visères, opérée à l’évidence par un expert, ne manquent pas de l’intriguer.

Quelques jours plus tard, il apprend le massacre d’un troupeau de douze vaches, mutilées elles aussi avec autant de savoir faire.

La présence d’un ours Gtizzly dans les montagnes environnantes ne suffit malheureusement pas à expliquer l’étrangeté des blessures.

Macabre constat : les mutilations du bétail sont étranges, les parties génitales ont été coupées, et les têtes à demi scalpées laissent aux bêtes un rictus à vous glacer le sang. Pour le garde-chasse Joe Pickett, il s’agit de meurtres prémédités.

L’enquête du FBI piétine toujours quand deux hommes s’ajoutent à la liste des victimes.

La découverte de ces deux cadavres humains ayant subi un sort comparable marque une nouvelle étape dans l’horreur et impose la mise en place d’une cellule de crise. Il ne s’agit plus seulement d’éclaircir un mystère mais mettre terme à une folie meurtrière.

..Quatrième volet des aventures de joe Pickett, farouche défenseur de l’environnement, ce titre s’interresse aus menaces que font peser sur l’écologie et la biodiversité l’extension des forages de gaz et les spéculations qu’elle engendre.

Une touche de surnaturel donne une dimension nouvelle au récit de C.J.Box dont l’écriture sobre est au service d’une évocation sensible du parc national de Bighorn, cadre grandiose de ses intrigues

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Tiuraï de Patrick Pecherot


Lecture d’avant
9782070307586,0-265782 Le livre Tiuraï de Patrick Pecherot. Préfacé par DidierDaeninckx. Paru le 16 juin 2005 en poche chez Gallimard en Folio. 6€40 EURl. (170 p.) ; 18 x 12 cm

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4e de couv :
Un jeune Tahitien trouve la mort avec son frère handicapé le jour de la fête du 14 Juillet. Une émeute sanglante dévaste la prison de Papeete et la répression qui s’ensuit n’a rien à envier à certaines dictatures. Loin de la métropole, la Polynésie et ses atolls n’ont plus grand-chose à voir avec les vahinés et les colliers de fleurs. Sous la mer bleue rôde une menace étouffée par le secret défense. Parce qu’il emprunte les chemins de traverse, le journaliste Thomas Mecker va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot «tabou», comme Mururoa, est issu de ces îles…
th (16)L’auteur : Né en 1953, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers avant de devenir journaliste. Auteur notamment deBelleville-Barcelone et des Brouillards de la Butte, (Grand Prix de littérature policière 2002), il s’inscrit, comme Didier Daeninckx ou Jean Amila, dans la lignée de ces raconteurs engagés d’histoires nécessaires.
 Extrait : 
Lundi, 10 juillet. Au moment de sortir, Terii s’arrêta, figé. Au bout du couloir sombre, une trouée lumineuse l’obligeait à froncer les paupières. Malgré lui, il hésitait, la main cramponnée à la poignée en ficelle de sa valise. Le gardien le poussa doucement pour lui faire franchir le seuil qui le séparait de la liberté et referma la porte. A l’aveuglement, succéda la bruit, légèrement décalé. Scooters, trucks, passants…surtout les femmes. Leur voix se détachèrent en premier du magma sonore. Terii eut envie de faire marche arrière, de revenir dans le cocon protecteur de sa cellule. Il ne parvenait pas à pénétrer dans le film qui se projetait devant lui. Spectateur immobile, une paroi invisible le séparait des autres. La sueur inondait son front, son dos, ses jambes. Il fallait qu’il entre dans le cercle, qu’il marche…Rien de compliqué…Appuyer, puis se fondre, s’immerger dans la foule. Splaoutch ! Il avait plongé. Facile en somme. Il suffisait maintenant de suivre le courant, de se laisser porter. Papeete était bourdonnante et poussiéreuse. Les fêtes approchaient. A une terrasse, il s’extirpa du flot pour siroter un Coca glacé. Il s’attarda à regarder la paille monter dans la bouteille sous la poussée gazeuse des bulles. Ce n’est qu’à la fin du jour qu’ils e dirigea vers le faré de la famille. Calmée, la lumière découpait le relief des montagnes de ses reflets dorés. Le plein soleil, trop écrasant, n’était bon que pour la sieste. Mais le soir, Tahiti retrouvait sa grandeur nonchalante dans un parfum de sel et de vanille. Sous son toit de tôle, la maison n’avait pas changé. C’est à peine si les murs d’Isorel étaient un peu plus délavés. Il grimpa l’escalier en bois et entra. Pas de colliers de fleurs pour Terii. Son père dormait, affalé dans un fauteuil pisseux. La télé allumée teintait par intermittence la table encombrée et les boîtes de bière amoncelées. Quand Terii vit Nestor, il sut qu’il n’était jamais sorti de prison.
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Résumé et avis : Terii, un jeune polinésien à peine sorti de prison pour de menus larcins , trouve la mort le jour du 14 juillet alors qu’il brandissait une banderole dénonçant les essais nucléaires et exigeant l’indépépendance de l’île.

A la suite de ce décés, la prison de Tahiti est le théatre d’une sanglante mutinerie au cours de laquelle trois prisonniers se font la belle.

Cinq jours plus tard, le directeur de la prison est assassiné.

Il n’en faut pas plus à thomas Mecker, journaliste récemment débarqué aux Nouvelles, principal et lénifiant quotidien de l’atoll pour retrouverses instincts de limier.

Il va vite comprendre que l’histoire officielle dissimule de nombreux secrets d’Etat. son enquête va s’avérer bien plus difficile qu’il n’y parait.

Premier roman d’un écrivain qui l’inscrit d’emblée dans une lignée d’auteur engagés.

IMG_6723Ce n’est pas l’île pour touristes friqués que Pecherot nous raconte, mais celle des gens des bidonvilles qui côtoient les grands hôtels. Alcoolisme, chômage, corruption sont les plaies qui touche la population indigène qui souvent est sans emploi.  Ce titre révèle l’envers du décor loin du folklore, des vahinés et de leur collier de fleurs de Tiaré. 

L’auteur nous dresse un tableau extrêment sombre et son analyse politique est lucide et convaincante

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Le retour du gang de la clef à molette de Edward Abbey


Lecture d’avant&

9782351780077,0-354319 9782351780640,0-1616300 Le livre : Le retour du gang de la clef à molette de Edward Abbey. Traduit de l’américain par Jacques Mailhos. Paru le 4 janvier 2007 chez Gallmeister collection Noire. 25€50 ;  (401 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité toujours chez Gallmeister mais cette fois dans la collection « Nature Writing »  le 5 avril 2013.  24€50 ; (425 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

« Quiconque prendra ce livre au sérieux sera immédiatement abattu. Quiconque ne le prendra pas au sérieux sera enterré vivant par un bulldozer Mitsubishi. » Edward Abbey

Le monstre est en marche : le super-excavateur géant Goliath, le plus terrifiant engin jamais construit par l’homme, menace les déserts de l’Ouest.

C’est compter sans le farouche Hayduke et ses amis, bien décidés à enrayer la course du titan. Le Gang de la Clef à Molette est de retour ! S’engage alors un combat désespéré contre la « Machine » industrielle. Les usines explosent, les bulldozers s’évanouissent dans la nature… Contre l’asservissement des esprits, tous les coups sont permis !

Quinze ans après Le Gang de la Clef à Molette, Le Retour du Gang est l’ultime roman d’Edward Abbey. Ce livre tout à la fois outrancier et nostalgique est une dénonciation cinglante de l’ordre établi et un chant d’amour aux espaces sauvages.

téléchargement (40)L’auteur : Edward Abbey(1927-1989), personnage emblématique et contestataire, est le plus célèbre des écrivains de l’Ouest américain. Le succès  de Désert solitaire et du Gang de la Clef à Molette, paru en 1975, a fait de lui une icône de la contre-culture et le pionnier d’une prise de conscience écologique aux États-Unis.A l’âge de 21 ans, il traverse les Etats-Unis d’est en ouest en auto-stop et découvre l’Ouest et les grands espaces. Gang de la clef à molette (The Monkey Wrench Gang) inspira la création de l’organisation environnementale Earth First. À sa mort, il demanda à être enterré dans le désert. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouve sa tombe.

Extrait : 
– Pour résumer tout ce que nous avons dit jusque-là : le guerrier de l’écologie ne doit jamais, absolument jamais, faire de mal à aucune chose vivante, et il évite de se faire capturer, pour faire peser tous les coûts sur eux, sur l’Ennemi. Le but de son travail est de leur faire augmenter leurs coûts, de les pousser au déficit, à la faillite, de les forcer à battre en retraite, de les forcer à mettre un terme à leur invasion de nos terres à tous, de nos terres publiques, de nos terres sauvages, de notre foyer originel et primordial…

Résumé et avis :

cvt_Desert-solitaire_2620La région des canyons est sur le point d’être défigurée par des promoteurs et autres spéculateurs. On y a découvert des mines d’uranium.

Révoltée par cette situation, une poignée d’écologiste se mobilise. Parmi eux, se trouve George Washimton Hayduke, fondateur du déjà célèbre « gang de la clef à molette », tenu pour mort alors qu’il se terrait dans une grotte de la région.

cvt_Le-gang-de-la-clef-a-molette_3457Considérant qu’un cap vient d’être franchi par la « Machine », George sort de sa retraite. Et avec ses anciens complices, ils décident d’agir à visage découvert. Le gang reprend donc du service et bénéficie du soutien du Cavalier solitaire. Avec ses cinq-là, on peut s’attendre à bien des surprises.

Entre road story et épopée, Le Retour du gang de la clef à molette est un hymne aux grands espace, un thriller écologisque écrit avec beaucoup d’humour et de férocité. Personne n’est épargné, qu’il s’agisse des grandes firmes industrielles, des instances gouvernementales ou des associations de défense de la nature elles-mêmes.

téléchargement (41)L’écriture d’Abbey est acerbe et inventive, son style est brillant et vibrant.  Ce livre est drôle, truculent, féroce cette histoire est totalement déjanté et jouissive. Un moment de lecture incomparable et incontournable.

Edward Abbey est politiquement incorrect et c’est assurément ce qui fait son charme.

Ah oui, coup de chapeau aussi au traducteur qui a du faire un formidable travail pour rendre tout l’humour subtil qui ce dégage de ce titre.

Extrait 2 :
Doc n’est pas là, parti à l’aube à l’usine à trauma pour une greffe de moelle osseuse. Encore une pauvre enfant, une fillette de même pas dix ans, de la région de St. George. Encore une leucémie aiguë. Doublée d’un cancer des ganglions lymphatiques. Plutôt courant dans ce coin, le Sud de l’État, par rapport à la population humaine relativement peu nombreuse. Cas insuffisants en nombre, bien sûr, pour prouver quoi que ce soit, bien que cette région se trouve ous le vent des terrains d’essai militaires. Le gouvernement fédéral nie toute responsabilité et les juges fédéraux, nommés à vie sur leurs postes à 89 500 $ par an par le gouvernement fédéral tranchent – systématiquement – en faveur du gouvernement fédéral. Personne ne sait pourquoi.