Fourbi Etourdi de Nick Gardel


 Aujourd’hui,Collectif Polar vous offre deux chronique pour le prix d’une.

Mais…Vous en avez maintenant l’habitude !

Alors ce matin, vous avez du lire le Off de Oph

Et ce soir, la Chronique jubilatoire de Dany.

Voyons voir si nos deux flingueuses seront d’accord  sur ce livre !


Le livre : Fourbi Etourdi de Nick Gardel. Parue le 01 novembre é013 aux Editions Friends Only. ( 246 p.)  ;  15€ (en papier) – 8€ (en ebook)

4e de couv :

En volant une vieille DS dans le parking Vinci de Gare de Lyon, Jean-Edouard, Jed pour les intimes, ne s’attendait à en découvrir le coffre garni. Bien sûr, il y a cette sacoche militaire kaki gonflée de petites coupures, comme un macchabée qui aurait séjourné coincé dans une écluse. Mais le hic, c’est justement le cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil portant un col romain sur une veste noire stricte. Le détail parait choquant, surtout quand il se rend compte que la mâchoire du défunt est serrée sur une balle de latex rouge vif montée sur des lanières de cuir du plus bel effet sado-masochiste. L’éducation religieuse de Jed lui remonte par bouffée, avec un rien d’amusement quand il découvre que son nouveau compagnon de route arbore aussi un crucifix finement ciselé dépassant de son rectum.
Décidément, entre les manifestations pour et contre le mariage pour tous et un changement de Pape, Paques s’annoncent Rock’n Roll…

L’auteur : Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

 

Extrait :
« Au milieu de cette cathédrale à ciel ouvert, sur un transat à l’équilibre douteux, le corps laiteux et parfaitement nu de Paul Monnier prenait le soleil. Il était tourné de manière à accueillir tout nouvel arrivant avec la vue de son anatomie flasque et peu ragoutante. Sa pilosité éparse se chargeant de souligner les zones que l’on aurait préférées avoir le loisir d’imaginer en lieu et place d’une réalité démonstrative. Paul avait appelé Jean Edouard au secours dans des termes qui laissent présager un danger imminent, et il était un tantinet déconcertant de le retrouver en train de faire une sieste, les couilles au vent. »

Le chronique Jubilatoire de Dany

 

Jean-Edouard, alias Jed, comprend qu’il n’aurait jamais dû voler une vieille DS lorsqu’il y trouve une sacoche pleine de billets et un cadavre dans le coffre. De plus, deux hommes le prennent en chasse. C’est le début d’une échappée meurtrière à travers la France, entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Ce roman au titre de calembour remplit admirablement son contrat : divertissement sanguinolent aux échos d’un « Clochemerle » moderne.

Un improbable concours de circonstances va faire déraper un acte de corruption en road trip loufoque et inattendu. . Ici pas d’enquête de police mais des truands modestes et plutôt désorganisés sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle …

Ceux qui ont lu la trilogie Peter Raven y retrouveront le providentiel Erdani, toujours aussi geek.

De l’outrance à vous faire sourire de tant de massacres … un vrai régal quoi ! Mention spéciale à la sexagénaire flower-power, véritable samaritaine écolo.

 

 

 

 

 

Publicités

Les corbeaux de la mi-automne de Thanh-Van Tran-Nhut


Souvenez vous, le mois dernier, je mettais à l’honneur

Tranh Van Tran-Nhut

Aussi aujourd’hui je vous propose de découvrir un de ces fameux polar historique.

A travers le post-it de la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Belle découverte à vous ami(e)s lecteurs zé lectrices.

Le livre : Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de  Tranh Van Tran-Nhut. Paru le 5 mai 2011 chez Philippe. Piquier. 19,80€ ; (420 p.) ; 21 x 13 cm.

Présentation de l’éditeur :
Dans cette huitième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut fait la part belle aux mythes d’Asie, peuplés d’Immortels et de génies, tout en évoquant la longue et tumultueuse histoire qui lie le Viêt-Nam à la Chine.
Sous la pleine lune de la Mi-Automne, l’Archer céleste, le génie des Eaux et le lapin apothicaire reviennent fouler la terre des hommes et jouer avec leurs destins. A peine les derniers lampions de la fête éteints, des moines en colère dénoncent la vicieuse dégradation de leurs lieux de culte et de leurs lieux d’aisance, alors que le mandarin Tân s’active à élucider plusieurs morts suspectes, et qu’une femme au charme irrésistible sème la zizanie dans la bourgade.
Entre-temps, espions et aventuriers sillonnent la campagne, ravivant les tensions immémoriales entre le Dai-Viêt et son puissant voisin, l’Empire du Milieu. Des alliances décisives se nouent devant la menace d’une guerre civile : sommé de se rallier au pouvoir corrompu du Nord ou au seigneur félon du Sud, le mandarin Tân doit enfin faire son choix.

Extrait :
 – Tu crois que les prêtres taoïstes vont nous donner des gâteaux ? demanda Oisillon, dubitatif.
– Sans aucun doute. Ils ne sont pas fous. Nourrir le poussin fera accourir la poule, ils le savent bien.
Du haut de ses six ans, Oisillon fit une moue d’incompréhension. Tambour eut un haussement d’épaules impatient.
– Cela veut dire que s’ils nous soignent, on en parlera à nos parents, qui viendront faire des offrandes plutôt chez eux qu’au temple taoïste concurrent.
– Mais on ira bien aux deux temples quand même ?
– Évidemment, il faut entretenir la tension entre les prêtres du Crapaud à Trois Pattes et ceux des Huit Immortels.
Tambour, à dix ans passés, savait de quoi il parlait : sa mère, tenancière de gargote, n’hésitait jamais à donner les invendus sucrés à ses camarades de classe. Accoutumés à ses fleurs de gélatine au lait de coco, les gamins entraînaient leur famille chez elle à la première occasion, générant un chiffre d’affaires non négligeable. A progéniture gourmande, parents insatiables, aimait-elle répéter en comptant ses sapèques

 

Tran-Nhut :  Les sœurs Tran-Nhut sont les auteurs d’une série d’enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt Nam du XVIIe siècle.

Biographie

Les sœurs Tran-Nhut sont nées au Viêt Nam en 1962 pour Thanh-Van, en 1963 pour Kim. En 1968, elles s’installent aux États-Unis avec leurs parents. Trois ans plus tard, elles arrivent en France où elles feront le reste de leurs études. Thanh-Van repart aux États-Unis en 1980 pour revenir en France quelques années plus tard avec un diplôme d’ingénieur en mécanique du California Institute of Technology. Entre-temps Kim intègre l’École normale supérieure (Paris) en physique.

C’est en 1999 qu’elles se lancent dans l’écriture à quatre mains. De ces séances est issu le mandarin Tân, jeune magistrat d’un Viêt Nam historique. Une « figure mythique de la famille », leur arrière-grand-père maternel, reconnu pour avoir accédé très jeune aux fonctions de mandarin, servira de modèle au héros du roman. « Le Temple de la Grue écarlate » sera publié aux éditions Philippe Picquier la même année.

En 2002, Thanh-Van part pour un voyage autour du monde qui la mènera du Kenya aux glaciers de l’Alaska.

Depuis 2003, Thanh-Van continue seule la série des enquêtes du mandarin Tân. De son côté, Kim s’est lancée dans le polar d’aventure pour adolescents.

Extrait

Quoi qu’il en soit, en cette nuit de fête de la Mi-Automne, il y avait fort à parier que les deux temples avaient quelques douceurs en réserve pour les gamins qui s’y rendaient en bandes joyeuses. Tambour imagina des gâteaux de lune aux bords festonnés, farcis d’une pâte aux graines de lotus constellée de gingembre confit, où des morceaux de saucisse chinoise gravitaient autour d’un jaune d’oeuf salé. Cette évocation, ravivant l’odeur des feuilles de lime et d’eau de rose, l’incita à presser le pas.
Tambour voyait ses amis devant eux, lanterne au poing et chansons aux lèvres, une nuée rouge cerise et jaune citrouille qui s’éparpillait dans la nuit comme une farandole de lucioles en quête d’aventure. Par hasard, il s’était retrouvé à bavarder avec le petit Oisillon qui trottinait à ses côtés, visiblement à bout de souffle. Il avait un peu pitié de ses jambes courtes et de ses joues échauffées, mais il ne fallait pas trop traîner sur le chemin bordé de banians noueux. Tambour tenta de le houspiller :
– Allons, dépêche-toi un peu, sinon les autres vont tout manger.
– Je fais ce que je peux ! Cette lanterne pèse plus lourd qu’un chat.
Tambour secoua la tête. Oisillon, pour imiter ses aînés, avait choisi une énorme lanterne qui ballottait au bout de la canne de bambou. L’armature en jonc, habillée de papier écarlate, dessinait les contours ronds d’un lapin avec, à la place du cœur, une flamme de bougie papillotant au vent.

Le post-it de Ge, la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Résumé et avis :

Avec cette huitième « Enquêtes du mandarin Tân », Thanh-Van Tran-Nhut nous plonge dans l’atmosphère trouble qui accompagne le déclin de l’empire vietnamien, au début du XVIIe siècle.

Pour le mandarin, la Fête de la mi-automne avait pourtant bien commencé. Un jeune sbire a renouvelé l’exploit légendaire d’abattre 9 corbeaux en plein vol. Mais pendant la fête, un enfant disparaît.  Le jeune garçon est retrouvé noyé le lendemain de la fête de la mi-automne Peu de temps après, des bonzes en colère dénoncent la profanation de leurs temples, les statues divines et les toilettes des deux temples bouddhistes et taoïstes sont vandalisées.

Ces deux affaires, qui a priori n’ont rien à voir entre elles, vont mobiliser les efforts du mandarin Tân et de ses aides, le lettré Dinh et le sbire Khoa. C’est deux là vont se révéler d’un secours précieux car ils sont tous deux dotés de pouvoirs hors du commun.

Le premier est capable de mémoriser dans ses moindres détails un document aperçu quelques secondes seulement, le second est doté d’un sens olfactif super développé, il visualise les odeurs.

Et puis il y a aussi le docteur Porc chargé des autopsies et féru des dernières découvertes de la médecine légale du XVIIe siècle.

  Le mandarin et ses acolytes vont mener une enquête à travers légendes et événements historiques., celle ci va déboucher sur une chasse au trésor, et révélera les sombres desseins politiques de dignitaires avides de pouvoir.  Abondamment documenté, ce « polar historique se lit d’une traite, tout en nous ouvrant l’esprit  » vers des pans méconnus de l’histoire de l’Asie du Sud-Est.

De plus l’auteur, comme souvent dans ses précédents roman, nous régale avec des recettes et des plats exotiques qui nous font saliver de bonheur. Et en prime la description des « paysages olfactifs » du sbire Khoa est un pur moment d’anthologie, que n’aurait pas renié l’auteur du « Parfum« …
Un vrai délice que ce merveilleux roman.

Ce titre à reçu prixThierry Jonquet 2011.

Ne louper pas, non plus,  les notes historiques en fin d’ouvrage qui apportent elles aussi de précieux renseignements sur sur l’histoire, les traditions, les légendes et les comportements au Dai-Viêt en ce XVII tourmenté.

Extrait :

Alors que Monsieur San le faisait monter sur une estrade festonnée de lampions, Khoa chercha des yeux Mademoiselle Lys qui avait quitté le groupe de musiciens. Du fond diffus des odeurs le jeune homme tenta d’isoler la signature perlée de la jeune fille.

Back up de Paul Colize


Mes petites lecturesLecture d’avant

 9782070449682,0-1513914Le livre :  BACK UP de Paul Colize Paru le 1er mars 2012 à La Manufacture de livres. 19€90 ; (256 p.) ; 23 x 15 cm.  Réédité en poche chez Pocket ; Prix : 8€ ;  256 pages

 

4e de couv :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Paul_ColizeL’auteur : Paul Colize est né en 1953 et vit près de Bruxelles. Quand il n’écrit pas, il est consultant, amateur de badminton et joue du piano.

 

Extrait :
« J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai entendu prononcer le mot rock’n’roll pour la première fois.
La disquaire à chignon chez qui nous allions de temps à autre l’avait lâché avec dédain en me tendant le disque de Chuck Berry. Les lèvres pincées, elle avait déclaré que c’était nouveau, qu’on appelait cela du rock’n’roll.
Je n’ai jamais su qui a été le premier vrai rocker ou quelle a été la première chanson rock. Je ne me suis jamais mêlé à ce genre de débat.
Pour moi, le premier rock, c’est Chuck Berry et Maybellene.
Et c’est tout. »

Le post-it de la bibliothécaire

A Bruxelles, en 2010, devant la gare de Midi, un sans-papiers est renversé par une voiture et transporté dans un état grave dans une clinique où il est déclaré atteint du locked-in syndrom. Il ne peut plus communiquer que par le mouvement des paupières.

Un roman sur les débuts du rock’n’roll des années 1960 et les dérives narcotiques des années 1970.

Paul Colize mène un récit à plusieurs voix et à plusieurs époques qui s’entrecroisent en chapitres courts. Une construction méticuleuse qui laisse peu de place au hasard. Comme toujours, c’est très précis, très documenté, et remarquablement agencé.

A la fin du roman, vous trouverez la playlist de tous les morceaux qui accompagnent la vie du héros.

Un excellent roman noir à découvrir immédiatement si ce n’est pas déjà fait !

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? de Jean Failler.


Je profite de mes derniers jours de vacances en Bretagne pour vous parler de polars bretons mais pas que…

Car la Bretagne ouvre sur le monde !

Allez c’est parti pour le(s) premier(s) roman(s)


 Les livres : Une  enquête de Mary Lester ; Volume 30-31 : Te  souviens-tu de Souliko’o de Jean Failler. Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon ; 18€ , 2 vol. ; 18 x 11 cm.

 

 

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 1Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (249 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

 

Instamment priée par son patron, le commissaire Fabien, de prendre un mois de convalescence, Mary Lester choisit d’aller se reposer chez l’une de ses amies, Monette Charron, infirmière à Trébeurnou, petit village de la côte sauvage en Finistère Nord.

À peine arrivée, elle se fait agresser par un type étrange qui conduit un énorme tracteur.

Elle réalise très vite qu’une atmosphère délétère pèse sur ce village autrefois paisible. Des animaux domestiques disparaissent, des vieilles personnes sont harcelées chez elles, et il semble que le chef d’orchestre de toutes ces exactions soit l’homme au gros tracteur.

L’individu, qui bénéficie d’appuis politiques, se croit tout permis. L’apparition de Mary dans son périmètre le gênant, il la prend pour cible.

Mais le capitaine Lester, même en permission, n’est pas femme à s’en laisser conter et rend coup pour coup.

La gendarmerie s’en mêle, puis les Renseignements Généraux qui accusent Mary d’avoir provoqué cet homme qu’ils semblent protéger.

La voici tout soudain contrainte, pour se défendre, de fouiller dans le passé mystérieux de l’agriculteur Vanco…

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 2  Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (313 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

Ayant appris que Vanco, l’agriculteur irascible, avait séjourné en Australie, Mary s’envole pour ce continent où elle espère trouver quelques réponses aux questions que pose son comportement agressif. Pourquoi Vanco a-t-il abandonné un magnifique domaine australien de trente mille hectares pour une misérable ferme cent fois plus petite en Finistère Nord ? Elle a la chance

d’être accueillie à bras ouverts par la famille résidant sur le domaine autrefois exploité par Vanco. Et là, les choses commencent à s’éclairer. Elle a même la possibilité, grâce à un ancien policier de brousse, d’enquêter jusque dans la tribu aborigène des Musgrave qui, depuis la nuit des temps, occupe le territoire des Trois Rivières, l’endroit où se trouvait le ranch de Vanco. Celui-ci a laissé derrière-lui un souvenir déplorable et personne ne semble le regretter. Après un séjour enchanteur sous le soleil du printemps

austral, elle retrouve l’automne breton et son concert de pluies et de vents. Elle retrouve aussi les enquêteurs des RG qui n’ont pas lâché la piste. Accusée de tous les méfaits, contrainte de se défendre devant un conseil de discipline qui ressemble plus à un tribunal qu’à autre chose, voilà une nouvelle fois Mary Lester dans de vilains draps. Réussira-t-elle à se sortir du traquenard qui lui est tendu ?

L’auteur : Né en 1940 à Quimper, il est l’auteur de pièces de théâtre, de romans historiques et de romans policiers. La série Les enquêtes de Mary Lester connaît depuis plusieurs années un grand succès (47 numéros à ce jour). Il vit et écrit à l’Ile-Tudy (Finistère).


 

 

Mon Avis :

 On retrouve, toujours avec le même plaisir, l’intrépide Mary Lester, héroïne de cette 30ieme aventure. Toujours prête à défendre la veuve et l’orphelin, elle n’en est que plus sympathique. Ici elle va essayer de comprendre pourquoi le sympatique villageoù elle séjourne est en proie à des  événements mystèrieux . Et tenter de venir en aide à ses habitants .Et même dans ce combat sans doute perdu d’avance, ce David contre Goliath, notre jeune policière galvanisée par toutes ses embûches, nous entraîne dans une enquête trépidante et pleine de rebondissements. Il est à noter aussi que c’est Jean Failler qui reprend la plume ici, car depuis 6 romans c’était Mary Lester qui nous contait ses histoires. Et on ressent parfaitement tout au long de la lecture la jubilation de l’auteur qui au passage règle sans doute quelques comptes . Et on jubile avec lui, car l’on retrouve une Mary Lester plus que jamais galvanisée et revancharde, tout comme son créateur. Avec une touche d’exotisme. Et qui rend  au passage hommage à la culture aborigène. Jean Failler avec une narration rythmée nous propose une histoire captivante sur 550 pages en deux tomes que l’on dévore avec impatience. Une nouvelle fois basées sur des faits réels, cette enquête se confronte au contexte social et culturel actuel.

Mary Lester sous les traits de Sophie de la Rochefoucauld dans les adaptations TV

Extrait de Mary Lester -2- Les diamants de l’archiduc

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du 1er chapitre :

Où Jean Failler reprend la plume et où Mary Lester se voit infliger un mois de congé avec solde. Pour le trentième récit de ses aventures et mésaventures, Mary Lester m’a instamment prié de reprendre la plume. Je m’étais bien juré de ne plus me mêler de sa vie, mais Mary a été plus éprouvée par son enquête à Brest qu’elle veut bien l’avouer. Ceux qui l’ont suivie au cours de ses pérégrinations du monastère de Landévennec au port de commerce de Brest savent combien cette affaire a été rude et comment elle s’est terminée tragiquement, dans la fureur et dans le sang. Un voyou est mort, trois autres ont été blessés et le lieutenant Fortin a failli perdre la vie ; Mary elle même a eu le cuir chevelu entamé par une balle. À deux centimètres près, elle aussi aurait eu droit à la médaille d’honneur de la police à titre posthume. Elle a eu beau faire la brave, on ne sort pas intacte d’une telle aventure. Je ne la sentais plus dans de bonnes dispositions pour écrire. Alors, je lui ai proposé mes services, qu’elle a acceptés avec empressement. Son patron, le commissaire Fabien, sur recommandation du psychologue de la police, l’avait mise en disponibilité pour un mois, ce qui, bien sûr, l’avait fait râler :— Je ne suis pas malade, que diable ! avait-elle dit en apprenant cette mesure.— Ordre du médecin, avait tranché le commissaire Fabien. Reposez-vous, prenez du bon temps… — Du bon temps… du bon temps… vous en avez de bonnes, avait-elle grommelé. Puis elle s’était inquiétée :— Fortin est-il lui aussi en congé ? Le commissaire Fabien avait eu un geste de la main pour évacuer la question :— Fortin, ce n’est pas pareil !

Réponse qui avait fait croiser les bras à Mary :— Comment ce n’est pas pareil ? avait-elle demandé avec indignation. Il a été plus gravement blessé que moi ! Il était à l’article de la mort, souvenez-vous… — Je m’en souviens parfaitement, avait coupé lecommissaire, agacé. Finalement, tout le monde sortait de l’hosto, dans ce commissariat : Fortin et Mary pour blessures, le commissaire Fabien à la suite d’un grave ennui de santé. Mais celui-ci avait repris du poil de la bête après son opération. Il avait arrêté le tabac, et ça se voyait. Il n’avait plus la mine terreuse des gros fumeurs, son teint s’était éclairci et son visage sérieusement remplumé.


L’invisible de Robert Pobi


Mes petites lecturesLecture d’avant

9782355841149,0-1392327Le livre : L’invisible  de  Robert Pobi.Traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau. Paru le 10 mai 2012 chez Sonatine éditions. 21€30; (400 p.) ; 22 x 14 cm

9782757826959,0-1639960Réédité le 10 mai 2013 en poche chez Point dans la collection Thriller. 7€90 ; (476 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’invinsible

Jake Cole, profiler hors-catégorie au FBI, revient dans la maison où il a grandi. Son père, artiste de génie à moitié fou, est mourant. Quand le shérif du coin lui demande de l’aider à résoudre un double meurtre, tout son passé ressurgit. Jake est convaincu que son père connaît l’identité de ce dépeceur fou. Et si la clé résidait dans ces milliers de tableaux peints par son père, qui semblent constituer un étrange puzzle ?

Thriller
Il y a un monstre ici. Un monstre que personne ne connaît à part moi. »

Avec son premier roman, L’Invinsible, un best-seller international, Robert Pobi s’est classé au rang des plus grands du genre : Jesse Kellerman (Les Visages) ou Thomas Harris (Le Silence des agneaux).

« Premier roman et déjà partout : Pobi séduit, pis, obsède. Il faut dire que l’atmosphère de son thriller est asphyxiante. »
Le Point

Pobi-99x150L’auteur : Inlassable voyageur, Robert Pobi a longtemps travaillé dans le monde des antiquités.  Il vit au Canada du coté de Montréal

 

 

Extrait : 
1
Quatrième jour
Montauk, Long Island
Soixante mètres sous la surface de métal ondulant de l’Atlantique, une poignée de fantômes glissaient sur le fond de l’océan dans un roulement heurté et tumultueux, déferlant dans un ballet diluvien. Ils étaient entraînés par l’orage qui se déchaînait au-dessus d’eux, toujours groupés après des kilomètres de progression sur le fond jonché de cailloux. Bientôt la pente douce du sol marin s’accentuerait, la terre s’enfoncerait dans le noir et les fantômes dégringoleraient vers les profondeurs. Ils seraient alors emportés par le Gulf Stream et remonteraient le long de la côte est, franchissant le Massachusetts, se déversant finalement dans l’Atlantique Nord. Peut-être pour y être dévorés par les créatures qui nageaient dans le monde sombre des eaux froides – ou peut-être simplement pour y pourrir et sombrer dans l’oubli –, mais une chose était sûre, ni la lumière du jour ni la chaleur ne les atteindraient plus.
Des débris jonchaient le fond de l’océan tout autour d’eux et le bruit du monde qui se déchirait résonnait au-dessus. Une armée de meubles de jardin, des morceaux de tuiles, de contreplaqué, des pneus, une vieille poupée Barbie, des sacs de golf, un réfrigérateur défoncé, des peintures à l’huile, une Dodge Charger cabossée s’entrechoquaient dans le courant, fonçant droit vers le large. De tous ces vestiges, c’était la Charger qui avançait le moins vite, basculant sans cesse sur le flanc, une portière manquante, ses phares luisant encore tels les yeux d’un robot mourant. Barbie était la plus rapide, maintenue droite grâce à sa poitrine moulée par injection et à la bulle d’air piégée dans sa vieille tête vide.
La tempête n’accordait aux fantômes nul traitement de faveur, nulle considération ; ils entraient en collision avec les appareils, s’accrochaient aux rochers, étaient inélégamment couverts d’algues et de sacs en plastique, et leur peau était aussi déchirée et lacérée que le reste des déchets.
Mais, contrairement aux autres épaves qui étaient entraînées vers le large, ils n’étaient pas la conséquence de l’ouragan ; ils avaient été créés par quelque chose de bien plus malveillant, et de bien moins prévisible que la météo.

 

Le Post-it de votre bibliothécaire :

Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jack Cole, profileur travaillant en indépendant pour le FBI, enquête sur un double assassinat. Jack pense à un autre crime, jamais résolu : le meurtre de sa mère lorsqu’il avait 12 ans. Il pense aussi que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, connaît l’identité de l’assassin. La clé réside-t-elle dans les 5.000 tableaux peints par son père ? Premier roman.

 Comme un puzzle, Robert Pobi tricote une histoire démente qui va vous tenir en haleine et vous trotter dans la tête pendant un petit moment. Il nous offre un  thriller cauchemardesque parfaitement ciselé.

Et…La chute risque de laisser certains lecteurs désemparés ou désabusés.

Un auteur a suivre car d’après moi il a tout le potentiel  pour, sans aucun doute, continuer à nous surprendre !

 

L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier


L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

La magie des mots

Le livre : L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier. Paru le 23 août 2012 chez Serge Saffran. 15€ ; (178 p.) ; 18 x 12 cm.

4e de couv : « J’éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J’avais toujours voulu tuer quelqu’un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l’avoir rencontrée » songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d’Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l’on croise parfois au bar d’étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d’agacement et d’attirance, sous l’œil impitoyable de Sébastien, le réceptionniste, auquel rien n’échappe. Ou presque.

Dans cette envoûtante et spirituelle fiction à plusieurs voix, chacun prenant à son tour la parole, chacun observant l’autre, épiant son voisin, amour et meurtre tendent à se confondre. En émule d’Agatha Christie et de Marivaux, Christophe Carlier prouve avec maestria que l’accidentel, dans le shaker du grand hôtel, a partie liée avec l’imaginaire. Et qu’un assassin peut être aussi discret que l’homme à chapeau melon de Magritte, au visage dissimulé à jamais derrière une pomme verte.

« L’Homme au chapeau melon » de Magritte« L’Homme au chapeau melon » de Magritte

L’auteur :

Christophe Carlier, né en 1960. Agrégé de lettres classiques et docteur ès lettres, Christophe Carlier enseigne pendant plusieurs années à la Sorbonne. En 1991, il soutient une thèse sur la mort dans les romans de Marguerite Duras.
En 1998, il publie aux Presses universitaires de France un ouvrage sur Hiroshima mon amour, de Marguerite Duras et Alain Resnais.
Il participe à plusieurs dictionnaires et encyclopédies, dont le Dictionnaire de littérature, le Dictionnaire des œuvres littéraires de langue française et le Dictionnaire des lettres françaises.
En 1992, il entre au service du dictionnaire de l’Académie française, où il contribue à la préparation de la neuvième édition, dont le second tome est publié en 2000. Il a aussi publié Lettres à l’Académie française (Arènes 2010) et divers autres essais dont plusieurs consacrés aux contes et aux mythes.

.

Extrait : « seule éternité qui me reste encore est celle des souvenirs d’enfance. C’est à eux que j’appartiens désormais. Et à Vicky, qui me fermera les yeux et que je finirai peut-être par appeler maman. »

Résumé et avis :

Craig et Elena se croisent au bar du palace Le Paradise. Un sentiment d’agacement et d’attirance naît entre eux, sous l’œil du réceptionniste Sébastien. Le lendemain, un mari volage et volubile est assassiné. Cette fiction où amour et meurtre tendent à se confondre mêle les voix de ces personnages, chacun épiant son voisin. Prix du premier roman français 2012, prix des lecteurs Notre temps 2013.

Dans l’atmosphère feutrée d’un palace parisien se trament un meurtre, des amours éphémères et impossibles, et des vies se révèlent dans l’intimité de chambres numérotées. Ce roman choral, construit sur la vision des différents personnages est un superbe petit bijou ! Ciselé, élégant, cynique, original !

L’écriture de Christophe Carlier est alerte, moqueuse, profonde.. Chaque personnage prend à tour de rôle la parole afin de restituer sa vision des événements, du crime, et des autres. Ainsi nous pouvons nous les approprier, comprendre leur psychologie. La construction du récit est millimétré, presque précieuse et celle-ci nous amène à un dénouement aussi inattendu qu’audacieux.

Un délice à déguster de toute urgence.

Ce magnifique roman est paru en poche au début de l’année 2014. Surtout ne boudez pas votre plaisir.

Extrait :

« L’assassin devait avoir de solides raisons de haïr sa victime. À mon sens, il l’a assommée par colère. Il a tranché sa gorge pour se donner le frisson de l’arme blanche. Et, comme le sang continuait de couler, l’a finalement étouffée. Assommé comme un boeuf, saigné comme un porc, contraint d’ingurgiter sa cravate comme on ravale ses ambitions, ce client riche mais infortuné a dévalé en un instant toutes les marches du piédestal où le sort l’avait placé. Difficile d’imaginer autre chose qu’une vengeance, dont l’exécution a été rapide comme l’éclair et facile comme un pied de nez.

C’est un criminel au coeur léger qui a dû quitter la suite 205. Aurait-il croisé quelqu’un dans l’ascenseur que son front lisse et sa mise impeccable n’éveillaient aucun soupçon. Il devait être aussi anonyme que l’homme à chapeau melon dont Magritte dissimule le visage derrière une pomme verte. Je l’imaginais, méticuleux, irréprochable, les traits absolument masqués par la rondeur et la couleur du fruit. Seule certitude : l’assassin à la pomme verte n’a pu quitter l’hôtel, lundi soir, qu’en passant devant la réception. J’ai donc nécessairement vu glisser sa silhouette devant le comptoir où je suis assigné à résidence. »

L’Assassin à la pomme verte, p. 75-76

« Polar culte », chez Folio, vous connaissez ?


Il est vrai que sur ce blog nous vous parlons bien souvent de premiers romans et souvent aussi d’auteurs actuels. Il y est peu souvent question d’auteurs majeurs, ayant fait les beaux jours du polar.

C’est vrai aussi qu’il y a des blogueurs et des spécialistes qui font ça bien mieux que moi ! Pour autant ces auteurs ont fait de moi la lectrice que je suis aujourd’hui. C’est à travers ces classiques du polar que j’ai fait mes classes, que je me suis construit une culture polar.

Alors aujourd’hui je vais vous en présenter quelques-uns à travers l’appellation « Polar Culte » de la collection Folio de chez Gallimard. Afin de faire découvrir à de nouvelles générations de lecteurs les auteurs « classiques » de polar, Folio Policier a demandé à des auteurs d’aujourd’hui de présenter le « polar culte » de leur choix. Cette nouvelle collection a vous le jour début 2014

« Polar culte », c’est une sélection de « classiques » du genre, choisis et présentés par des auteurs passionnés : James Sallis présente Le petit bleu de la côte ouest de Manchette, François Garde, Tout pour plaire de Chester Himes, Patrick Pécherot, Touchez pas au grisbi ! d’Albert Simonin. Également au programme d’octobre, Nathalie Kuperman présente Les mois d’avril sont meurtriers de Robin Cook et Thierry Bourcy, Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman.

#Polars cultes à (re)découvrir d’urgence !

 

Voici une petite sélection

Björn Larsson « Le Cercle celtique »

Björn Larsson Le Cercle celtique, présenté par Heinrich Steinfest

 Le cercle celtique  de Björn Larsson. traduit du suédois par Christine Hammarstrand. un roman présenté par Heinrich Steinfest.  Paru le 16 janvier 2014. 8€70 ; (454 p.) ; 18 x 11 cm

Un voilier vogue au large de l’Écosse. Bravant les rigueurs de la mer du Nord en plein hiver, ses deux passagers se dirigent vers des périls sans nom. Car plus effrayants que la nature déchaînée sont les dangers dont les hommes les menacent. Poursuivis sur les mers par des inconnus, volés, espionnés, ils n’en sont pas moins déterminés à découvrir la clé de la malédiction qui pèse sur MacDuff et Mary, amoureux en fuite. À découvrir surtout le secret du Cercle celtique, avec ses mystérieux rites meurtriers.

Du Danemark aux îles Hébrides, de tempête en bourrasque, de surprise en révélation, les deux aventuriers de la mer vont accomplir un étonnant voyage et mettre au jour quelques sinistres vérités…

Né en 1953, Björn Larsson a reçu le prix Médicis étranger en 1999 pour Le capitaine et les rêves. Comme le héros du Cercle celtique, il a vécu plusieurs années sur son bateau, le Rustica, et a navigué au large de la Bretagne, de l’Écosse et de l’Irlande.

 

Sébastien Japrisot « Compartiment tueurs »

Sébastien Japrisot « Compartiment tueurs », présenté par Paul Colize

Compartiment tueurs de Sébastien Japrisot. Présenté par Paul Colize. Paru le 13 mars 2014. 8€20 ; (272 p.) ; 18 x 11 cm

«Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez-vous des rencontres.
Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un à un tous vos voisins, méfiez-vous tout court.
Si vous n’êtes pas vous-même l’assassin, c’est embêtant !»

Une femme est retrouvée étranglée dans un compartiment de train. Ses voisins sont tous assassinés les uns après les autres.

« J’aime beaucoup qu’il y ait un mécanisme policier. Je ne suis pas du tout humble en cela. Je crois que cela demande beaucoup de courage, beaucoup d’astuce. On peut être très fier. Ce n’est pas un genre mineur. Sûrement pas. Vous connaissez la phrase de Chesterton ? Elle est un peu exagérée mais révèle quelque chose de vrai comme toutes les choses exagérées :  » L’essence du roman policier consiste en la présence de phénomènes visibles dont l’explication est cachée.  » Et c’est là, si l’on y réfléchit, l’essence de toutes les philosophies. »
Sébastien Japrisot, Ellery Queen Mystère Magazine, janvier 1972

À dix-huit ans, Sébastien Japrisot publie son premier roman, Les mal partis, sous son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi). Après avoir écrit directement pour le cinéma, il revient à la littérature avec L’été meurtrier. Il est l’auteur de nombreux romans qui ont tous connu le succès dont Un long dimanche de fiançailles. Sébastien Japrisot, disparu en mars 2003, est l’un des auteurs français les plus populaires à l’étranger.

Lire ICI le début de Compartiment tueurs

Touchez pas au grisbi d’ Albert Simonin

Touchez pas au grisbi d’ Albert Simonin. Présenté par Patrick Pécherot avec une préface Pierre Mac Orlan. Paru le 12 juin 2014  dans la collection Folio policier. 8€20  ; (285 p.) ; 18 x 11 cm

«Le grisbi, fallait jamais le montrer, jamais en parler, jamais donner de tentations avec, faute de quoi une foule d’innocents se mettaient à avoir des mauvaises pensées.»

Max et Riton, deux truands, ont commis un vol de 50 millions en lingots. Les ennuis commencent pour eux quand Riton parle du magot à sa petite amie.

 «Il est des livres qui marquent leur temps. Le Grisbi est de ceux-là. Avec lui Albert Simonin inventait un mythe comparable à ceux venus d’outre-Atlantique sous les traits du privé désabusé ou du cow-boy solitaire. Création littéraire, le truand de Simonin aura, comme eux, sublimé la réalité qui l’a inspiré au point de s’y substituer.»
Patrick Pécherot.

Après avoir exercé divers métiers (électricien, fondeur, maroquinier, journaliste, taxi de nuit…), Albert Simonin a près de cinquante ans lorsque paraît Touchez pas au grisbi ! en 1953. Il s’illustrera comme scénariste-dialoguiste de cinéma auquel il laissera quelques oeuvres notoires qui donneront quelques films inoubliables : Touchez pas au grisbi !, Les aventures d’Arsène Lupin, Le cave se rebiffe, ou encore Les tontons flingueurs.

Le petit bleu de la côte Ouest de Jean-Patrick Manchette

Le petit bleu de la côte Ouest de Jean-Patrick Manchette. Présenté par James Sallis.Paru le 16 octobre 2014.6€50 ; (187 p.) ; 18 x 11 cm
Georges Gerfaut, un cadre commercial, est témoin d’un accident automobile et emmène le conducteur blessé à l’hôpital. Ce dernier meurt. Un peu plus tard, lors de vacances en famille, deux hommes tentent d’assassiner Georges.
Le malaise des cadres, c’est pas rien! Vous avez femme, enfants, bagnole, télé, et voilà que vous vous sauvez. Tout ça parce que deux rigolos essaient de vous flinguer. Et vous savez même pas pourquoi. Un jour, camarade, il faudra quand même comprendre.

Le petit bleu de la côte Ouest

 » Jamais auparavant, ou depuis, je n’ai si ouvertement rendu hommage à un auteur qui m’a influencé au point que nos souffles ne fassent plus qu’un.

Les intrigues de Manchette – les squelettes à l’intérieur desquels le coeur de ses ouvrages est accroché – sont dépouillées, essentielles, archétypales. Vengeance, fuite, les ultimes boulots de tueurs, des quêtes désespérées, des gens ordinaires tombant par des trappes dans des mondes insoupçonnés et violents… Il raconte des histoires simples : voilà ce qui est arrivé.

À l’ère de l’hyperbole et de la poudre aux yeux, les romans de Manchette ont la décence et la grâce peu ordinaires de paraître beaucoup plus simples qu’ils ne le sont : de signifier beaucoup plus qu’ils en disent. « 
James Sallis

 

Jean-Patrick Manchette était passionné de jazz, de cinéma et de littérature. Il a su, en précurseur, trouver le ton des grands romans noirs où se mêlent aventures, critique sociale et peinture de la vie quotidienne.

 Raymond Chandler  /Un tueur sous la pluie

novChandler, Raymond /Un tueur sous la pluie Suivi de Bay city blues et de Déniche la fille.Gallimard Folio. Policier, n° 537; 7€70
Un détective reçoit la visite d’un homme qui lui demande d’arracher sa fille des mains d’un mauvais garçon spécialisé dans les livres pornographiques et le chantage. Il avoue également ne pas être le père biologique de sa fille et caresser l’espoir de l’épouser un jour. Le privé ne tarde pas à découvrir le maître chanteur tué chez lui. Une nouvelle suivie de deux autres histoires policières.
Voici trois nouvelles – et trois autres suivront bientôt – écrites par un homme qui faisait alors partie de la légendaire équipe de Black Mask, le plus connu des magazines américains qui créèrent le style propre aux ouvrages de la Série Noire. Elles seront accueillies très certainement avec joie par tous ceux qui tiennent Raymond Chandler pour un des plus grands écrivains des Etats-Unis. Elles prouveront, en tout cas, qu’il était, dès cette époque, en pleine possession de son talent de «raconteur». Chandler «chauffe» toujours !

 

Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman

 

Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman.Traduit de l’américain par Jane Fillion. Présenté par Thierry Bourcy. Paru le 8 octobre 2015. 8€20; (258 p.) ; 18 x 11 cm

 

Le Peuple de l’Ombre

Jeune sergent de la Police tribale, Jimmy Chee est engagé par la richissime Rosemary Vines pour retrouver un coffret que lui aurait volé le Peuple de l’Ombre, une secte navajo. Mais, le lendemain, le mari de Rosemary lui demande d’abandonner ses recherches… Il n’en faut pas plus pour éveiller la curiosité de Jimmy Chee qui se lance dans une enquête où il sera obligé de confronter sa culture ancestrale au monde des Blancs.

Qu’est-ce donc qui fait mourir tous ces Indiens Navajo, jadis miraculeusement épargnés lors de l’explosion d’un puits de pétrole? C’est ce que se demande Chee, le policier de la réserve indienne, sans se douter que son enquête le met en grand danger de mort.

« Avec Le Peuple de l’Ombre,j’ai retrouvé le plaisir, la jouissance qui m’avaient fait dévorer les nombreuses aventures de Jim Chee et de Joe Leaphorn, les deux policiers navajos. »
Thierry Bourcy

Tony Hillerman est né en 1925 en Oklahoma et mort en 2008 au Nouveau-Mexique, Tony Hillerman était passionné par la culture navajo. Son oeuvre a été récompensée par de nombreux prix.

 

Voilà, six auteurs a découvrir de toute urgence. Et en plus d’êtres d’excellents polars tous dans leur genre, les couvertures sont vraiment très attractives, vous ne trouvez pas ?

 

Aussi je reviendrai vous voir avec d’autres titres de cette collection Polar Culte chez Folio.

Le temps pour moi de me replonger dedans !

 

Cannibal tour d’ Anouk Langaney


Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

Le livre :Cannibal tour d’Anouk Langaney. Paru le 19 novembre 2014 chez Albiana. 15€ ; (290 p.) ; 22 x 14 cm.

29 décembre 2014, 06:05

4e de couv :

Dans une île aux antécédents cannibales, deux corps sont retrouvés. Leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec une application certaine.

À la stupéfaction succède bientôt le grand tamtam médiatique. Tout cynisme bu, voici que certains en viennent à espérer voir déferler des foules de touristes, mues par l’appétit du sang et le théâtre de la sauvagerie. Un coup de fouet inespéré à l’économie locale… Le crime n’est-il pas un spectacle de choix ?

Mais voilà que les meurtres et les sacrifices traditionnels, d’une haute tenue gastronomique, commencent à se multiplier… Les enquêteurs auront bien du mal à s’orienter dans la jungle du crime insulaire, fertile en non-dits et en faux-semblants.

Geeks, rastas, collégiens, universitaires, pêcheurs, professionnels du tourisme, hommes d’affaires surfant sur la vague du revival identitaire : les âmes damnées de la micro-société insulaire, prêtes à tout « avaler » pour exister aux yeux du monde, se bousculent en une sarabande ironique et macabre…

 

L’auteur : Anouk Langaney est l’auteur de Même pas morte (Albiana, 2012), déjà remarqué pour son humour et la virtuosité avec laquelle l’intrigue est menée. Son deuxième opus est tout aussi drôle et inquiétant…

 

 

Ma petite lecture

Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

C’est rare que je fasse 2 petites chroniques de 2 titres d’un même auteur. Sauf pour mais chouchous !

Mais là, j’avoue, je ne peux pas résister. Je suis fan absolue. Et oui…

… Anouk Langaney nous offre une île paradisiaque, enfin à première vue, car le monde qu’elle crée n’est pas tout à fait comme sur les cartes postales…

Car dans cette île, la population a des coutumes singulières et surtout des antécédents cannibales. Et si le cannibalisme a été interdit, il n’est pas dit que sa pratique soit tout à fait éteinte. Et un jour, deux corps sont retrouvés et leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec application.

À la stupéfaction succède bientôt le grand frisson annonciateur de foules de touristes mues par les instincts les plus bas et par un certain voyeurisme de bon goût. Le crime est un spectacle et il profite, quoi qu’on en pense…Il flotte un air de fête macabre qui semble animer la micro-société insulaire prête à tout pour exister malgré tout…

Mais voilà, les meurtres et les sacrifices à visée culinaire commencent à se multiplier et les enquêteurs se donneront bien du mal pour démêler le vrai du faux.

Un polar comédie à l’humour grinçant, à croquer à pleines dents !!! Je l’ai dévoré. Je vous l’ai dit je suis fan.

J’aime réellement la façon ,dont l’auteur a, de me pas se prendre au sérieux tout en dénonçant ou plus exactement en montrant quelques dysfonctionnements de notre société. Un humour qui se déguste avec délectation.

Alors vite, embarquez pour les Centaurides

L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski


L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski :

Un premier roman magistral, un coup de foudre inévitable.

 

 Le livre :L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowsky . Paru le 15 mai 2008 chez Odile Jacob. 19,90 € ; (286 p.) ; 22 x 15 cm.

L’edition en poche chez le même éditeur est parue le 4 juin 2009. 7,90 € ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

 

 

4e de couv

L’affaire Clémence Lange

Maître Nicolas Kléber appartient à cette catégorie de jeunes gens à qui tout sourit : il est beau, brillant et promène à son bras une ravissante créature. Il doit justement la rejoindre dans quelques heures sur les cimes enneigées de Chamonix pour fêter le Nouvel An.

Mais, avant cela, il lui faut se rendre à Fleury-Mérogis, où l’une de ses clientes comparaît devant le conseil de discipline. Simple formalité… qui va virer au cauchemar. Car Clémence Lange compte bien faire payer à son avocat la légèreté dont il a fait preuve lors de son procès : elle lui a valu quinze ans de réclusion pour le meurtre de son amant dont elle se dit innocente.

Séquestré dans une cellule prototype de la prison, notre fringant avocat va vivre une véritable descente aux enfers…

 

L’auteur :  On ne sait pas grand chose de Laura Sadowski, si ce n’est qu’elle est avocate, elle habite Paris et qu’elle a écrit 6 romans policiers, 1 roman SFFF et 1 recueil de 3 nouvelles policières elles aussi.

Elle dit aussi en parlant de son enfance : « J’ai eu une enfance studieuse. J’ai aimé l’école et les universités passionnément » .

Elle se définit comme un écrivain-sculpteur qui, à partir d’une matière, façonne, modifie, transforme… Elle part d’une idée directrice, forte. Ensuite, elle s’attache au début et à la fin. Son travail d’écriture va consister à tramer entre ces deux pôles.

 

Ma petite lecture

Avant de partir à Chamonix rejoindre sa fiancée, Nicolas Kléber doit se rendre à Fleury-Mérogis où Clémence Lange, une détenue dont il a perdu le procès aux assises trois ans auparavant, est accusée d’insubordination et doit comparaître devant le conseil de discipline. Rongée par la rancœur depuis son incarcération, elle veut punir son avocat de l’incompétence qui l’a privée de 15 ans de liberté.

L’écriture de ce livre est parti d’un fait divers. Il aura fallu à l’auteur broder autour de celui-ci pour nous proposer un des premier legal thriller français. Cette catégorie de polar est plutôt l’apanage des auteurs made in USA. On connaît Michael Connelly, John Grisham, Scott Turow. Et bien maintenant il faut compter avec Laura Sadowski.

Laura SADOWSKI est avocate de formation. A travers ce titre elle nous fait revivre et découvrir tous les aspects procéduriers et juridiques d’un procès aux assises. Cet exercice est périlleux mais grâce à sa plume fluide et son style concis, elle rend tout cela attrayant. Et jamais ces aspects techniques de la justice française ne nous paraissent ennuyeux. Bien au contraire, c’est eux qui créent la tension dramatique.

 

Extrait : « Ainsi, tous les témoins acquis aux débats étaient présents. Cependant ces derniers n’étant pas autorisés à assister aux échanges qui précèdent leur déposition, ils doivent, après l’appel, se retirer dans la pièce qui leur est réservée et dont ils ne devront sortir que pour déposer séparément. Aussi, sur invitation de l’huissier, les sept individus quittèrent la salle d’audience par la porte devant laquelle ils s’étaient regroupés. » 

 

Laura nous livre aussi un plaidoyer contre les conditions de détention dans les prisons françaises. Leurs états de délabrement. A Fleury Mérogis, la majorité des cellules sont prévues pour être individuelles avec une superficie de 11 m², équipées d’un lavabo et de toilettes mais elles comportent deux lits superposés. Allez comprendre.

Mais surtout l’auteur nous entraîne dans un huit clos glaçant, où les deux protagonistes vont devoir jouer leur partition avec minutie. Où chacun va devoir tenir ou revoir ces positions. Ici le lieu devient un élément essentiel, un personnage à part entière de la pièce qui se joue. Cette cellule participe à la dramaturgie qui se noue. Elle oblige à la proximité, à l’empathie.

 

Extrait 2 : « Voilà. A présent, il connaissait les raisons de sa captivité. Clémence Lange n’était ni folle à lier, ni de mauvaise foi, ni ignorante de la réalité : elle était un bras vengeur qui réclamait justice. Et elle désignait son défenseur, son principal accusé »

Un huis clos terrifiant, où Laura Sadowski réinvente le thriller judiciaire en y incluant une pointe de roman noir.

Laura nous ravit par son talent, malheureusement pas encore assez reconnu. Mais c’est surtout par son humanité qu’elle nous séduit.

Lisez les romans de Laura Sadowsky mais surtout n’hésitez pas à aller à sa rencontre.

On repart toujours heureux d’une rencontre avec Laura Sadowsky. Elle sait nous mettre en avant, et nous reprenons confiance. Avant même de nous parler de ses romans, elle nous parle de nous. Elle ravive chaque fois la part d’humanité qu’il reste en nous. On ressort toujours bienveillant d’une lecture d’un livre de Laura Sadowsky. Bref. Il faut lire Laura et surtout la faire connaitre.

 Extrait 3 – 4 et 5:
 «Cette pièce est mon royaume, Maître, rétorqua-t-elle en désignant la pièce d’un geste large des bras. Ici, j’ai tous les droits. Je suis votre geôlière, votre juge, votre avocat, votre infirmière, votre pire ennemie ou votre meilleure amie. C’est à vous de décider.»
«C’était à présent l’épouvante qui dominait en lui, la terreur de devoir payer son incompétence. »
«Tant de sentiments le submergeaient en ce moment, le remords, la stupéfaction, la peur, la colère… C’était à peine s’il parvenait à respirer »
 

 En savoir plus:

 Une autre lecture de L’affaire Clémence Lange avec mon ABCdaire

Pour mieux connaitre  notre auteure et surtout pour écoutez Laura Sadowski :

http://blogs.paris.fr/alairlivre/2012/09/04/paris-est-la-ville-du-crime/

 


 

 

Août chez Collectif Polar


En Août chez Collectif Polar

Vous avez demandé le programme ?

Non ! tant pis je vous le donne quand même !!!

Alors en août nous ne prenons pas de vacances et nous serons à vos cotés pour entretenir vos envies de lectures.

Peut-être que le programme sera allégé. Il se peut qu’il soit plus ligth.

Mais rien n’est moins sûr !

Car en août nous allons poursuivre notre série  avec notre Expert maison. Et là encore Cathie viendra nous instruire sur les technique de la police scientifique, elle nous parlera même de ces débuts.

En août nous retrouverons nos chroniques de lecteur. Je devrais dire de lectrice car en effet, c’est une nouvelle fois les incontournable Eppy Fanny et  Kris qui nous gratifieront de leur avis. Mais seront rejointe par Emilie et peut-être Nadia et Marie Noëlle.

En août nous accueilleront aussi, non pas une, mais deux nouvelles chroniqueuses.en la personne d’Oph dont vous avez fait la connaissance  il y a quelques jour ICI et d’Aline. Alique que j’aurai la joie de vous présenter un peu plus en détail dans quelques jours, Aline notre nouvelle sériale lectrice.

Pour ma part, je vous proposerai mes petite lecture d’avant, j’essaierai de vous donner l’envie de lire quelques découvertes que j’ai pu faire ces dernières années et dont je n’ai pas eu le temps de vous parler.

 

Peut-être aussi nous retrouverons nous à Saint Maur en poche pour de nouveaux débriefings. Notamment ceux de Dame Eppy Fanny qui nous feront revivre un super week-end de folie ! RDV les 11-12 et 13 aôut, pour suivre les folles aventures de notre Eppy.

En août débutera une nouvelle rubrique  » Auteurs à l’honneur »que je vous ai présenté il y a deux jour ICI.

Puisque août est le mois des vacances par excellence, même si je bosse tout le mois, je participerai à un tag puisque Nath du blog Lectures du dimanche n’a nommée.

Avec un peu de chance il y aura aussi une nouvelle dame du noir !

Je vous dévoilerai aussi quelques indiscrétions sur le Festival sans nom, vous savez le salon du polar de Mulhouse où j’ai la chance de participer au jury du premier grand prix !

Et pour bien commencer ce mois d’été, je répondrai enfin à vos questions. Celles que vous m’avez posées il y a plus de 4 mois. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, tout arrive à point à qui sait attendre !

Voilà, finalement il est pas mal chargé ce programme !

Bon moi je vous dis « à demain » pour me dévoiler un peu plus à vous.

Et belles lectures, belles vacances si vous avez la chance d’y être et que vive le polar et les littératures de l’imaginaire !

Je vous embrasse

Geneviève