Rouge armé de Maxime Gillio


Le livre : Rouge armé de Maxime Gillio. Paru le 2 novembre 2016 chez Ombres Noires. 19€ ; (347 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Rouge armé

Patricia, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes qui, dans les années soixante, ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté du Mur quarante ans plus tôt et accepte de lui raconter son enfance, son arrivée à l’Ouest, son engagement…

Mais certains épisodes de la vie d’Inge confrontent Patricia à ses propres démons, à son errance.

Leur rencontre n’est pas le fruit du hasard.

Dans les méandres de la grande Histoire, victimes et bourreaux souvent se croisent. Ils ont la même discrétion, la même énergie à se faire oublier, mais aspirent rarement au pardon.

L’auteur : Maxime Gillio est né en 1975, père de trois enfants, a travaillé douze ans dans l’Éducation nationale avant de réaliser qu’il n’aimait rien tant que le calme et la solitude. Depuis, il s’est reconverti dans l’édition. Mais il a quand même gardé sa tribu, pour son plus grand bonheur.
Extrait :
Elle ne répond pas, car elle sait, mieux que quiconque, que j’ai raison. Les gens de ma génération ont vécu l’édification du Mur et les années de guerre froide comme le plus gros traumatisme de leur vie. Familles déchirées, décimées parfois, la suspicion permanente, des frères qui deviennent des étrangers, les cicatrices qui ne se referment pas.

La Kronik D’Eppy Fanny

ROUGE ARME DE MAXIME GILLIO AUX EDITIONS OMBRES NOIRES

J’ai découvert cet auteur à la lecture de ce roman. Ce livre m’a bouleversée par la force du récit et sa maîtrise, ainsi que le sujet abordé. Il m’a permis de découvrir une page de l’histoire de l’Allemagne qui m’était totalement inconnue et d’éclairer mon regard sur plusieurs périodes très sombres de ce pays voisin.

Contexte historique : Où l’on apprend qui sont les Sudètes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État. Cela donna naissance à des rancœurs réciproques, les Tchèques considérant les Allemands comme des colonisateurs et usurpateurs, les Allemands voyant leurs concitoyens comme des « gens arriérés ». Rancœur exacerbée lorsque les sudètes soutiendront majoritairement Hitler.

En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales.

Pour éviter de futurs démantèlements de la Tchécoslovaquie, le président Edvard Benes édite des décrets qui expulsent du territoire tchécoslovaque la quasi-totalité des minorités allemandes et une bonne moitié des minorités hongroises, confisquant leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclama pas de dommages de guerre à l’Allemagne et à la Hongrie vaincues. La loi tchécoslovaque distingue la citoyenneté selon le Droit du sol (par définition tchécoslovaque) de la nationalité selon le Droit du sang : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom ou autre : dans ces États, « nationalité » ne signifie pas « citoyenneté » comme en France. Les deux sont mentionnées séparément sur les documents d’identité et d’état-civil et il est alors aisé de déterminer quels sont les citoyens destinés à l’exil sur la base de leur « nationalité ».

L’expulsion des Sudètes s’étalera sur trois ans, de 1945 à 1947. Ce sont les municipalités qui, dans les faits, sont chargées d’identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de transit puis conduits par train vers l’Allemagne. À la grande surprise de la plupart des observateurs, les Sudètes n’opposèrent que très peu de résistance à leur déplacement. Cela peut s’expliquer par le profil démographique des expulsés : les femmes, les enfants et les vieillards sont rarement à l’avant-garde des insurrections populaires.

Où l’on découvre un pays meurtri, un mur s’ériger et des familles divisées.

Où l’on parle de la fraction Armée Rouge et de la bande à Baader, également au cœur de cette histoire.

J’ai appris beaucoup et les informations lues ont éclairé et réveillé des souvenirs d’enfant.

L’histoire :

Tchécoslovaquie – 1943 : Anna, une jeune femme mère de deux garçonnets, mais avant tout une Sudète. Le village gronde, jalouse. La rancœur enfle. Et pourtant elle se pensait intégrée mais elle paye l’adhésion de son mari qui combat sous les couleurs Nazies.

Le vent tourne, la guerre se termine et les comptes se règlent. Chèrement pour les plus faibles.

Les Sudètes sont dépossédés de leurs biens (lorsqu’ils ne sont pas tués) et jetés sur les routes (femmes, enfants, vieillards) en direction des camps. Beaucoup meurent de faim et de froid en cours de route et il est à se demander s’ils ne sont pas les plus chanceux.

Anna se retrouve emprisonnée dans un de ces camps. Par amour elle « donnera » son fils afin qu’il survive. Elle-même survivra à l’innommable ainsi que l’enfant qu’elle porte et lorsqu’elle sera libérée, tentera de retrouver ce fils « donné ».

1961, le mur qui s’érige et divise un pays et des familles :

Extrait page 128 : Il avait raconté ses patrouilles le long de la frontière, ses tours de garde, la caserne, et surtout, avec un ton comploteur, il avait énuméré les consignes qu’on leur imposait : stopper la progression des fuyards par tous les moyens, quels que soient le sexe et l’âge des fugitifs.

Puis nous voici dans les années 1970 avec la Bande à Baader :

Extrait page 277 : L’assassinat du banquier Jurgen Ponto a été l’élément déclencheur. Mais comment expliquer au grand public que ce meurtre n’était pas prémédité ? Que ce ne devait être qu’un enlèvement, qui a tragiquement dégénéré ? Après autant d’attentats et de morts, un énième communiqué de presse fera-t-il la différence auprès d’une opinion publique qui les soutient de moins en moins ?

2006 – Patricia est journaliste et elle enquête sur les personnes qui ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté il y a 40 ans. Elle accepte de se raconter. Un jeu de chat et de souris se met en place car la rencontre n’est pas fortuite et les fantômes de Patricia ne la quittent pas. Mais qui est le chat ?

Une histoire qui nous entraîne dans ses différentes périodes de l’histoire de l’Allemagne qui se croisent et s’entrecroisent. Qui nous parle de vengeance, de bourreaux et de victimes dont les rôles sont parfois interchangeables. De pardon et d’oubli jamais.

Ce live est une magnifique découverte et je ne peux que vous encourager à vous y plonger au plus vite.

Pour ma part j’ai hâte de rencontrer Maxime sur un salon afin d’échanger avec lui. Il m’a offert un moment de lecture d’exception. Un vrai coup de coeur !

 

 

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Dernière sortie pour Wonderland – Ghislain Gilberti


Le livre : Dernière sortie pour Wonderland de Ghislain Gilberti. Paru le 31 août 2017 aux éditions Ring. 19.95€ ; (481 p.) ; 14 x 22 cm .

4ème de couverture :

 » Un pédophile se cache-t-il derrière le conte le plus célèbre du monde, Alice au Pays des Merveilles ? Lewis Carroll a-t-il brouillé les pistes pour masquer la véritable Alice, bien réelle, qui aurait été l’une de ses victimes ? Le roman gigogne de l’auteur français, Ghislain Gilberti, Dernière sortie pour Wonderland, remonte la piste d’Alice et de son bourreau à travers un puzzle effroyable et brillant.  »

Norah Spencer, CBS News

Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.
Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.

En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus, amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre.
Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent (Pocket) et Le baptême des ténèbres (édition poche La Mécanique générale à paraître en 2017), guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants (bientôt 3). Ghilsain Gilberti a 39 ans et vit à Belfort.
Extrait :
« C’est devenu un symbole universel qui a fini par prendre corps. Mais ces contrées ont été retournées. Détournées, transformées. Son vrai visage en a été oublié, voire carrément refoulé. Aujourd’hui, les gens de ton peuple, à la surface, ne veulent plus voir que son visage grimé, caché derrière un paravent niaiseux. A l’instar de notre monde et de sa façade publique bienséante, le vôtre s’est volontairement crevé les yeux. Les gens de la surface, dans leur grande majorité, préfèrent ne rien savoir plutôt que d’être confrontés à des vérités gênantes, ambigües ou tout simplement trop complexes. Alors il est facile pour la Reine tyrannique et son marionnettiste de jouer le jeu impunément et d’en profiter. »

 

 L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Dernière sortie pour wonderland de Ghislain Gilberti :

 

Chers lecteurs, préparez-vous à vivre l’inavouable histoire de Charles Dogson , alias « dodo » plus connu sous le nom de  Lewis Carroll .

Vous ferez une immersion au sein de wonderland, conte plus communément appelé Alice aux pays des merveilles.

Alice Price, qui s’apprête à mixer en soirée, fait preuve d’une curiosité malsaine qui la pousse à prendre une poudre violette aux effets particuliers …

Elle se retrouve immédiatement plongée dans un autre monde parallèle souterrain, où elle croisera un étrange lapin blanc aux yeux maléfiques …

La voilà immergée dans un monde inventé de toutes pièces par Lewis Carroll, individu dérangé, photographe pédophile et pervers … Charles Dogson ne lui est pas inconnu puisqu’elle a fait une thèse dans le cadre de ses études sur ce personnage, pour lequel elle ignore en fait tout de sa partie sombre…

Son but : Sauver les âmes innocentes enfermées par cet horrible personnage et sauver Wonderland de la folie de son créateur !

Au fil de son périple, elle va rencontrer les personnages ayant peuplé le conte « Alice aux pays des merveilles » et va être confrontée à des aventures périlleuses qui mettront sa vie en danger.

Elle se retrouvera à divers moments entourés de Lewis Carroll et fera face aux pires horreurs qu’il a commises …

 Ce roman est tout à fait nouveau pour moi, j’avoue ne pas savoir dans quelles cases le ranger ! c’est une lecture atypique pour mon cœur de polardeuse …Mais justement, ce changement de style, que j’ai adoré, prouve encore une fois pour moi le talent d’écriture de Ghislain Gilberti qui sait à chaque fois m’emmener hors de mes sentiers habituels ….

 Le personnage de Lewis Carroll m’a répugnée, dégoutée. L’auteur a su, à travers la force de ses mots, me faire détester cette horrible personne !

J’ai adoré le côté réel qu’apportent les photos retrouvées à la fin du livre qui nous confirment l’horreur dont a fait preuve cet homme.

 L’écriture de Ghislain est forte, percutante et tellement addictive !

 Alors à vous de vous y plonger et surtout n’oubliez pas, ne soyez pas en retard !

 

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky


Le livre :Le diable s’habille en licorne : Requiem, T3  de Stanislas Petrosky. Paru le 9 février 2018 chez Lajouanie das la collection Roman policier mais pas que…. 18€ ; (210 p.) ; 19 x 13 cm.
4e de couv :
Requiem, votre curé préféré est de retour à… Dunkerque et en plein carnaval ! Pour une séance d’exorcisme. Notre héros, hors norme, est, il faut l’avouer, un peu étonné par cette divine mission. Non pas qu’il ne croie pas au démon, c’est quand même un petit peu son boulot, mais il se méfie, c’est tout. Il faut dire que les festivités donnent lieu à de sacrées fiestas mais aussi à quelques curieux décès. Des lycéens meurent les uns après les autres après avoir ingurgité des bonbons aux saveurs bien peu catholiques. Requiem réussira-t-il à démanteler ce trafic de «Licorne» et à sauver le carnaval ? Vous le découvrirez dans ce troisième tome des aventures de Requiem, le plus déjanté des serviteurs du Seigneur… Un homme d’Eglise pour le moins atypique, de drôles de paroissiens, des missionnaires aux curieuses positions, des fêtards invraisemblablement grimés, des harengs comme si il en pleuvait : Stanislas Petrosky met le feu à Dunkerque. Accrochez-vous les Ch’tis ça va secouer !
……………………
L’auteur : Stanislas Petrosky vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve, c’est cette fois Patrice Dard, le propre fils du maître et heureux continuateur de San-Antonio, qui bénit le bouquin et signe une présentation aux petits oignons…
……………………
Extrait : 
“Tu n’es peut-être pas croyant toi qui me lis, et je m’en cogne. Oui tu as bien lu, que tu croies ou non en l’existence du Patron m’en caresse une sans réveiller l’autre, c’est pour te dire. Ma pomme elle respecte tout le monde, que tu croies en une force divine, un Alien, la suprématie des fourmis, en celle de ta biroute de Godzilla, je m’en fous…
Tant que tu vas pas flinguer pour ça, je m’en bas les roupettes avec une porte-fenêtre. Il n’y a aucune obligation, si ce n’est de respecter les idées des autres.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky

Voici une chronique un peu différente

J’ai englouti le tome 3 !

Alléluia, gloire à tous les Seins, Gloria in excelsis Deo ! … houla ! Faut que j’me calme !

Encore une fois c’est aux petits oignons…

J’attaque sans préambule, comment veux-tu que je t’…

stop !!!

Je vais vous la faire courte. (je parle de ma chronique – qui exceptionnellement n’en sera pas une !)

Venit enim potest*

* pour ceux qui calent : Advienne que pourra !

13/04/2018

Gare du Nord – 8h16

Terminus tout le monde descend, attention à la marche en descendant !

Putain qu’est-ce que je fout là ?

J’étais bien dans mon pieu. Maintenant je sais ce que ressent une sardine dans sa boîte et je ne vous parle même pas de l’odeur.

Les portes s’ouvrent (enfin je respire, n’est pas Jacques Mayol qui veut…), le wagon nous crache sur le quai déjà bondé.

En plus des grèves il faut supporter la mauvaise humeur des gens (pas que dans le sens olfactif !)

Bon j’suis pas rendu…

Pardon, pardon, pardon (oui, oui, plusieurs fois, y a du monde sur le quai, tu suis pas ???)

Direction le métro.

Je ne sais même plus où je dois aller. Ça c’est les médocs.

Après le médecin, la psy, médecine du travail, aujourd’hui séances de relaxation, hypnose/massage… enfin un truc Zen !

Il parait que cela doit me détendre. Pourtant avec une petite bière et hop c’est bon !

Mais c’est pas encore l’heure.

Je dois lâcher prise… Pas facile, et y a des positions ou c’est même pas possible sinon tu te casses la gueule !

Alors ok ! Va pour le massage…

Je m’entête à me foutre de tout,

mais pourvu qu’elle soit rousse !

Les hommes préfère les blondes, moi c’est les rousses, elles ont des subtilités plus épicées…

Escalator.

Hey ! poussez pas y a un cœur dans ce petit corps !

En bas des marches le “gus” me zieutes !

Non ! Pas possible…

Hazard ou coïncidences, c’est bien lui !

Salut Requiem ! Qu’est-ce que tu fais là ?

On s’colle un bequot (en tout bien tout honneur, je préfère les rousses – voir un peu plus haut)

Incroyable !

Les voies du Seigneur sont… (vous devez connaitre la suite… Sinon un conseil, lisez très vite les 3 tomes de Stanislas !)

– Mais franchement tu penses que les gens vont croire à notre rencontre hasardeuse ?

– Tu sais moi les croyances… A part au Patron j’crois plus en grand chose. j’te paye un cahoua ?

Et c’est parti.

Bla-bla-bla, bla-bla-bla… (J’vous la fait courte vu que Requiem à un train à prendre et moi… C’est quoi déjà ?)

Ah oui. Je croise des doigts, rousse, rousse qu’elle soit rousse.

Non content d’occuper mes lectures voilà que Requiem tape l’incruste dans ma vie !

Requiem… un sacré numéro ou un numéro “sacré”, à vous de décider.

Finalement, peut-être plus que Dieu, je suis sûr que satan l’habite !

Tu ne dormiras plus de Eric Dupuis


Le livre :  Tu ne dormiras plus de Eric Dupuis . Paru le 7 mai 2018 chez Ravet – Anceau . 13€ (328 p.) ; 11 x 17 cm.

4ème de couverture :

CAVALE MEURTRIERE DANS LE BASSIN MINIER

Le major de police Iwan Kaczmarek est en danger : François-Xavier de Montjarrieux vient de s’évader de prison et le menace. Malgré tout , le flic doit avancer sur son enquête en cours. Avec le lieutenant Belinda Bordas , il traque dans le Pas-De-Calais le « barbare du bitume », un tueur sanguinaire qui s’en prend aux automobilistes.

Dans le même temps, une chute de silo puis des explosions dans un centre de stockage de munitions sont signalées. Des indices laissent penser qu’un attentat se prépare sur le Paris-Roubaix, ravivant le souvenir du gang de Roubaix qui a sévi des années auparavant.

Pris dans ce tourbillon de violence , Kaczmarek s’en sortira-t-il ?

 

L’auteur :  Eric DUPUIS est dans la Police Nationale depuis 30 ans et officie actuellement comme Major-Instructeur des forces de l’ordre en Tir, Self-Défense et Gestes et Techniques Professionnels. Il a eu l’opportunité de devenir figurant, conseiller technique et acteur pour les séries télévisées et le cinéma, notamment dans « Polisse » de Maïwenn.
Ayant travaillé sur des projets de séries policières pour une société de production pendant quatre ans, il s’est lancé dans l’écriture de romans retraçant sa profession à travers des fictions.

 

Extrait :
« Des études honorables malgré un retard considérable , rattrapé à la force du poignet grâce notamment au temps consacré à son enrichissement personnel. Il rêvait de devenir policier. Il allait s’en donner les moyens pour combattre l’injustice et rétablir l’ordre vérolé par le genre de personnages ayant vécu dans son entourage. Il ne pouvait plus supporter cet état de fait. »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

« Tu ne dormiras plus » , de Eric Dupuis :

 

Dans ce troisième opus , Eric nous gâte ! nous voilà emportés dans une histoire pleine de rebondissements …

On y suit notre cher Iwan , embarqué dans une enquête à la recherche d’un tueur en série qui sévit sur la région .Mais sa tranquillité est mise à mal depuis l’évasion de son pire ennemi , FX , de prison …Son quotidien est mis en danger et sa famille également …malgré tout il doit se concentrer sur son travail et faire face à des épreuves douloureuses pour lui …

On y retrouve sa force de caractère et sa détermination à toutes épreuves …

Parallèlement on y découvre l’histoire d’un jeune flic en pleine quête de justice …

J’ai adoré cette vision idéaliste qu’a le jeune concernant le métier de policier . Son seul but dans la vie est de rétablir la justice pour tous…Il en fait son histoire personnelle et n’hésite pas à se frotter aux barrières du mal pour faire le bien …

On y redécouvre les horribles attentats dont notre pays a été la victime , et on ressent bien l’importance de nos forces de l’ordre en France . Souvent dénigrés , appelés les « poulets » , ne pensant qu’ils ne servent qu’à mettre des amendes et nous embêter , ce livre retrace bien la bonne volonté de ces fonctionnaires à essayer de nous rendre un monde meilleur …

On ne salue pas assez leur courage et ne les remercions pas assez alors voilà avec cette chronique , c’est le message que je souhaite délivrer « Aimons nos policiers et remercions les à leur juste valeur » , eux , qui se battent pour nos vies parfois au détriment de la leur …

Enquête merveilleusement bien ficelée , rebondissements jusqu’à la dernière page ! Du grand Eric Dupuis !

Vous l’aurez compris ce livre est un de mes coups de cœur 2018 , je suis déprimée à l’idée de le ranger dans la bibliothèque …Vivement la suite , car c’est certain il y ‘en aura une !!

 

 

 

Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti


Le livre : Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti. Paru le 11 avril 2013 chez Anne Carrière. 22,00 EUR;  (555 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Pocket le 15 mai 2015.  8€95 ; (698 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Cécile Sanchez est l’étoile montante de la police judiciaire, où elle dirige une section spéciale qui traque les criminels les plus dangereux de l’Hexagone. Pour la première fois de sa carrière, elle a l’impression d’être dans une impasse et doit remettre en question ses méthodes. Sur la piste d’un éventreur de femmes, elle se heurte à un paradoxe : la brutalité et le caractère pervers des crimes semblent désigner un tueur en série, et pourtant elle croit deviner dans le protocole macabre un caractère dépassionné et pragmatique qui ne cadre pas avec ce profil.

Ange-Marie Barthélemy est un membre d’élite de l’antiterrorisme. Depuis 2004, il pourchasse sans relâche un commando islamiste qui imprime sa trace sanglante dans toute l’Europe. Ce groupe nomade, qui signe ses méfaits du nom «An-Naziate» («les anges arracheurs d’âmes»), échappe pour l’enquêteur à toute grille de lecture classique, rappelant davantage la bande à Baader que les cellules d’Al-Qaida.

Deux affaires délicates, et apparemment sans rapport, qui vont pourtant s’entrecroiser. Et si chacun des deux enquêteurs possédait sans le savoir une partie de la clé de cette énigme sanglante ?

L’auteur : Né à Belfort en 1977, Ghislain Gilberti est écrivain. Il est l’auteur de nombreux textes diffusés en ligne, dont Dynamique du chaos, roman soutenu par une dizaine de milliers de lecteurs francophones. Sa nouvelle J’irai déterrer tes os a été publiée dans la revue sinGe n°4 des Editions de la Maison close. Il est également parolier pour le groupe Malevolentia (Epicurial Production).
 Extrait :
« Nuit agitée. Des images enfouies au tréfonds de l’abîme intérieur, mises en pièces par les années et par une volonté inconsciente de tout effacer. Concassés, écrasées, compactées, refoulées aussi loin que possible. Des souvenirs que Cécile préférerait parvenir à gommer tout à fait. Cauchemar. Cette nuit, les images se déploient à nouveau, presque intactes dans son esprit. Les morceaux se recollent. L’horreur revient à la charge, avec la distorsion propre aux rêves et aux égarement oniriques. « 

Le post-it de Ge

Lecture 2013

Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti : Un premier thriller remarquable.

La commissaire Cécile Sanchez poursuit un dangereux criminel qui éviscère ses victimes avant de prélever leurs organes. Ange-Marie Barthélémy, figure de la lutte antiterroriste, traque un groupuscule islamiste radical et violent, An-Naziate, qui vient de commettre un massacre en plein Paris. Ces deux affaires, qui semblent a priori sans rapports, vont se recouper.

On le comprend très vite dés les premiers chapitres. C’était évident, logique j’allais dire inévitable. Tueur en série et terrorisme vont donc se mêler dans cette enquête. Et celle-ci va sentir, et le souffre et le sang. Et cette double narration va nous faire entrer en alternance dans chacune de ces deux histoires originales. C’est très documenté. L’auteur a parfaitement su rendre crédible les rapports entre les différents services de polices. Cela donne du crédit au récit et le rend du coup vraisemblable.

Peut-être un petit bémol, le style est parfois un peu léger, mais le scénario est tellement bien agencé qu’il nous fait oublié cela. Car nous avons là, entre les mains, un roman haletant, prenant, inventif, qu’on le lit d’une traite.

Et, il est à parier, que le festin du serpent sera suivi d’autres titres mettant en scènes nos deux héros. Surtout la très attachante Cécile Sanchez.

A n’en pas douter, Gilberti devrait être l’un des grands talents du thriller français de demain.

 

Extrait 2:
« Personne ne peut réprimer ces signaux du corps, avait-elle un jour expliqué à Romane. Quatre-vingt-quinze pour cent d’entre eux sont envoyés par la par la partie primitive du cerveau, par l’inconscient, par l’instinct animal de l’humain civilisé.
Ce langage est universel, puisque primitif. Honte, dégoût, mensonge, agressivité, colère, surprise… tout s’affiche sur les visages. Tous ces éléments sont décryptables et, contrairement à l’humain, eux ne mentent jamais. »

Ghislain Gilberti et Le festin du serpent ont reçu le Prix du livre franc-comtois 2013.

 

Les marcheurs – Frédéric Mars


Les marcheurs Frédéric MarsLe livre : Les marcheurs de Frédéric Mars. Paru le 26 avril 2018 à la Mécanique générale.   9€90 ;  (720 p.) ; 17 x 11 cm

La 4ème de couverture :

9 septembre, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit, une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. A peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam  Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les marcheurs de la mort ne fait que commencer.

 

frédéric marsL’auteur : Né en 1968, Frédéric Mars est l’auteur de nombreux best-sellers. Il a notamment signé le thriller historique Le Sang du Christ (Michel Lafont) et le thriller contemporain Le Manuel du serial killer (Hachette). Passionné par le cinéma anglais et la photographie en noir et blanc, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

 

 

 

Extrait : « 12h55 – Washington DC – Maison blanche
–          Monsieur le président, à l’unanimité le Conseil de sécurité nationale préconise le passage au niveau 4 de l’alerte du Homeland Security…
Graham Jefferson ne pensait pas avoir jamais à prononcer ces mots, dans l’exercice de ses fonctions. Depuis la création du département de la Sécurité intérieure, en 2002, le niveau d’alerte orange du Homeland Security Advisory System n’avait été atteint que cinq fois, la dernière s’étant produite fin 2003. Et le niveau 5, ou niveau rouge, n’avait été déclenché qu’en une seule et unique occasion, en octobre 2006, quand les autorités britanniques avaient déjoué un attentat majeur, sur plusieurs avions reliant Londres aux Etats-Unis. Mai c’était avant qu’il ne reprenne la direction du Homeland Security. Voilà une première dont il se serait bien passé »

 

L’accroche de Miss Aline

les marcheurs Mars Frédéricles marcheurs mars Fred

  Les marcheurs – Frédéric MARS

 

Station d’Union Square, John Artwood va y perdre la vie en explosant littéralement. Sam Pollack policier depuis près de deux décennies, sur place malgré lui, va être intégré à l’enquête par Liz McGeary du Homeland Security. Ils vont devoir faire fi de leur passé commun et comprendre ce qui s’est passé. John Artwood n’est pas le seul à perdre la vie dans une explosion. Combien sont-ils exactement ?  Qui sont-ils ? Après investigations il en ressort que toutes ces personnes ont un pacemaker piégé, ont reçu une enveloppe kraft qui leur donne l’ordre de marcher vers des points bien précis. Commence alors la longue déambulation des marcheurs de la mort.  Attaque sur le sol américain sans précédent depuis le 11 septembre 2001, pas de revendication. Pourquoi ? Qui mène la barque ?  Dans quel but ?

Ta lecture est oppressante et nébuleuse. CIA, NASA, Homeland Security, FPS, NSA, SWAT…espionnages, complots, pouvoir, etc. C’est complexe, tu t’y perds.  C’est là que l’auteur intègre la touche « émotion ». Un personnage central va se voir impliqué jusque dans sa vie personnelle (non je ne vais pas vous révéler son identité sinon plus de surprise !). Te voilà, toi aussi impliqué sur le côté émotionnel. Ta lecture devient plus fluide et avide. Tu vis l’intrigue : frissons, appréhension, peur, larmes, espoir. Et ce jusqu’à la dernière page.

Mais tu ne perds pas de vu que ce livre induit une réalité effrayante : tout peut arriver, n’importe quand, n’importe où. Le terrorisme d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui plus sournois, caché dans des endroits insoupçonnés.

Ma grand-mère me disait toujours « on est mortel tous les jours ma p’tite ». Vérité absolue encore plus aujourd’hui. Vivons pleinement et ne laissons pas d’emprise à la peur. Aimons intensément pour qu’aujourd’hui soit encore plus exceptionnel qu’hier…

 Merci aux Editions RING pour m’avoir rappelé que chaque seconde est précieuse.

Paris Brulera-t-il ? – Eric Robinne


Paris Brulera-t-il ? de Eric Robinne. Paru le  12 juin 2017 chez AO-André Odemard.   21€ ; (365 p.) ; 24 x 15 cm
4e de couv :
11 septembre 2009…
La date n’est pas choisie au hasard par le mystérieux groupe M3W pour adresser par mail un ultimatum au président de la République, Nicolas Sarkozy.
Si les conditions posées ne sont pas respectées, Paris pourrait bien « brûler » d’ici quelques jours !
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L’auteure : Éric Robinne est né en 1955 à Rouen. Diplômé de l’Institut Supérieur Agricole de Beauvais, il devient ingénieur agricole, suit un parcours professionnel assez diversifié avant de finir comme directeur des restaurants administratifs de Paris à partir de 2004, partageant alors sa vie entre la Drôme où réside sa famille et la capitale.
Fan de cinéma, films d’actions, policiers, fantastiques, ses goûts littéraires se portent sur des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert.
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Extrait : 
“12 septembre, oH12 – Palais de l’Elysée
Maurice Poivrier était de permanence. Il n’avait pas le choix, car c’était son tour prévu dans l’organisation du Planning. Pourtant il aurait préféré être loin de l’Elysée, en cette nuit d’anniversaire du 11 septembre…”
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Le “ressenti” de Jean-Paul

Paris Brulera-t-il ? – Eric Robinne

J’ai découvert Eric Robinne l’été 2014 avec “Le silence des loups”.

Coup de poing !

Style incisif, moderne, un vrai bon polar français…

Plus tard, j’ai contacté Eric et un soir nous nous sommes retrouvés autour d’une petite bière !!

Depuis à chaque fois qu’Eric Robinne sort un roman c’est du plaisir assuré.

Avec ce nouvel opus, j’ai eu un peu peur, la diffusion à été un peu difficile, en effet il a fallu passer par un site participatif pour qu’il voit le jour…

Heureusement, j’ai pu retrouver l’un de mes héros préférés “Matthieu Guillaume” et ce pour mon plus grand bonheur !

Toujours ce mélange subtil de polar bien noir avec une actualité “brûlante”.

La saga va crescendo !!!

Pour ce dernier tome, le polar fleure avec le “film catastrophe”, tout va très vite, une course contre la montre, une course contre la mort, contre la mort de centaines de milliers de parisiens.

Restez bien calé sur votre siège, respirez un bon coup… C’est parti.

Euskal Barbecue de Aitor Berho


Le livre : Euskal Barbecue de Aitor Berho Paru le 7 octobre 2017 chez Cairn dans la collection Du noir au Sud. 10€ ; (275 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv : 

Euskal Barbecue

Il y a quelque chose de roussi au Pays basque. Le meurtre d’un haut gradé de la police menace d’impliquer jusqu’à la ministre de l’Intérieur. Le commissaire Ferdinand Irrigaray, – plus passionné par le vin, les astres et le jardinage que par son métier de policier et dont la réputation de plus mauvais flic de France n’est plus à faire – est chargé de l’enquête. Avec l’aide de Beñat et Mariano, ses deux fidèles adjoints du commissariat de Tarroa, l’enquête semble décidément mal engagée. Mais en partant en quête de la mystérieuse Alba Xala, Irrigaray va lever le voile sur des histoires que bien des gens aimeraient oublier par ici…

 

Citation
Un commissariat sans un bistro en face pour faire une pause, ça n’est pas humain.

Le rapport de Cathie, notre expert en chef

L’auteur:

Selon des sources convergentes, Aitor Berho est né il y a trente-trois ans. Il habite à

Bordeaux. Déjà tout petit il racontait un tas de choses absurdes. Aujourd’hui, il consacre la plupart de ses journées à parler avec ses congénères, à lire de vieux papiers et à écrire.

Le roman:

Euskal barbecue a été publié par les éditons du Cairn en 2017. Il s’agit du premier roman de Aitor Berho. Le style est brut, incisif, émaillé de phrases courtes qui impriment au récit un rythme soutenu: « Après avoir donné un coup d’œil rapide, il entra dans une large pièce à vivre. Elle était vide de tout occupant. Des baies vitrées donnaient sur l’immensité de l’océan. Un feu crépitait dans la cheminée. Il semblait avoir été alimenté il y a peu de temps. On voyait sur le canapé en cuir l’empreinte d’un corps. » (Page 11).

Le ton désabusé témoigne d’un regard lucide, sans complaisance sur la nature humaine en général, et les différents travers de la société moderne : « Les archives trouvées dans le bureau de Gray permettaient de retracer les grands traits d’une carrière policière classique faite de coups bas, de trahisons et d’opportunisme. » (Page 31), mais l’humour qui accompagne de nombreuses pages du récit modère cette sombre vision. La conduite pour le moins chaotique du commissariat de Tarroa donne lieu à de nombreuses scènes hilarantes, comme la fois où la juge Velosta arrive pour une réunion et que « Irrigaray ouvrit les volets dans la salle de réunion et passa un petit coup de balai. Juste assez pour que le sol ne crisse plus sous les pieds. » (Page 35)La suite de la scène, au comique parfois bouffon, digne des meilleures comédies de boulevard, mérite le détour que je vous encourage fortement à effectuer.

Les nombreux dialogues sont tout aussi savoureux: « -Il est occupé. -Et y a-t-il un moment où il ne sera plus occupé? -Généralement, quand il en a terminé avec ce qu’il fait… » (Page 100)… »-Dis-moi. Comment tu fais pour bourrer ta pipe quand tu es seul en voiture? -Je fais en sorte qu’il n’y ait pas de virages. -Pourquoi n’y avais-je pensé plus tôt. -Il faut savoir s’arranger avec son environnement, sinon on ne s’en sort pas. » (Page 168).

Contexte: n’oublions pas qu’il s’agit d’un polar régional, et même si je n’adhère pas trop à ce genre d’étiquette, il faut admettre qu’ici le contexte basque occupe une place importante dont on ne peut faire abstraction, sans toutefois gangrener l’intrigue qui reste une enquête policière à part entière . J’avoue que les apartés de l’auteur m’ont aidée à comprendre la dynamique de cette région dont on ne connaît que ce qu’en disent les medias, pas forcément bien informés. Ainsi, au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue, on glane de ci de là de petites notes dans ce genre: « Le commissaire …se saisit d’un journal qui traînait sur le comptoir. C’était un quotidien indépendantiste écrit à moitié en basque, à moitié en espagnol…Dans le journal Irrigaray lut un article qui décrivait le sort peu enviable d’un prisonnier basque, puis un autre qui dénonçait le pilonnage des Gazaouis, et enfin un troisième qui rendait compte de la victoire annoncée mais éblouissante du meilleur binôme de main nue qu’on ait vu dans les trinquets depuis longtemps. » (Pages 44-45).

L’indépendantisme basque et l’ETA, organisation armée indépendantiste créée en 1959, composants incontournables, imprègnent la vie politique et la vie quotidienne de toute la région depuis des décennies. Même si depuis 2011 l’ETA a définitivement renoncé à son action armée, les cicatrices profondes sont encore visibles et le sujet reste brûlant: « Ça a commencé à partir du moment où je me suis intéressé à l’histoire de l’indépendantisme basque, aux mouvements abertzale. Là, on m’a cherché des embrouilles. De tous les côtés, mais surtout du côté le plus puissant, Paris et Madrid, la police, les juges. » (Page 132).

L’intrigue:

Contre toute attente, alors qu’il dirige le commissariat le plus mal noté de tout le territoire national, le commissaire Irrigaray se voit confier l’enquête sur la mort violente de Jean-Félix Gray, ancien haut gradé de la police à la retraite, dont le corps a été retrouvé calciné dans sa propriété. Irrigaray, qui rêve de se faire muter au fin fond des Pyrénées afin de terminer sa carrière sans que quiconque s’avise de perturber ses longues siestes et sa passion pour le vin et les astres, va se retrouver plongé jusqu’au cou dans une affaire bien plus complexe qu’il n’y paraissait au premier abord.

C’est alors que le père Mikel, ayant observé des agissements douteux autour de la ferme de Simon et Alba, lui demande de retrouver la jeune femme mystérieusement disparue depuis la mort de son compagnon dans l’incendie de leur propriété. Tout cela aurait-il un rapport avec les recherches de la jeune femme sur le mouvement indépendantiste basque? De rebondissements en impasses, le commissaire et ses deux adjoints vont se retrouver embarqués bien malgré eux dans une sombre histoire de corruption, de machinations politiques. Et si pour une fois le pot de terre avait une chance de remporter la bataille contre le pot de fer…

Les personnages:

Euskal barbecue présente une galerie de personnages hauts en couleur dont le physique est lié au caractère et/ou à la fonction, avec toujours cette touche d’humour irrésistible: « Depuis quelques années, il avait pris l’habitude de fumer dans son bureau, prenant acte du fait que l’autorité chargée de sanctionner ce délit n’était autre que lui-même. Il était étonnamment tolérant envers lui-même. » (Page 17).

  • Ferdinand Irrigaray: commissaire de Tarroa; porte des costumes en velours côtelé, fume la pipe; barbu; passionné d’astronomie.
  • Mariano: adjoint d’Irrigaray.
  • Benat: autre fidèle adjoint d’Irrigaray.
  • Aquilino Robertson: chef de la police de Bayonne, supérieur d’Irrigaray.
  • La juge Velosta: brune, une quarantaine d’années, port altier, air sévère.
  • Jean-Félix Gray: haut gradé de la police, ancien directeur-adjoint de l’an ti-terrorisme de Bayonne, ancien conseiller du préfet des Pyrénées-Atlantiques; retraité depuis vingt ans, veuf depuis vingt-cinq ans, sans enfant; passionné par la culture des orchidées; issu d’une famille de notaires de Biarritz.
  • Agent La Pérouse: de la police scientifique; grand maigre.
  • Isabeau Riget: médecin-chef de l’institut médico-légal.
  • Père Mikel: curé d’Esterençuby; spécialiste des constellations et de la médecine par les plantes.
  • Alba Xala: poétesse et historienne; compagne de Simon Kleist; environ 25 ans; parle basque; petite, toute mince, yeux noirs, visage allongé, cheveux noirs avec une frange coupée droit, lèvres charnues couleur peau.
  • Simon Kleist: compagnon d’Alba; maraîcher; environ 25 ans; ne parle pas le basque.
  • Manuel Juarez: jardinier de Gray.
  • René Morcenx: jeune agent de police relégué aux archives départementales de la police pour excès de zèle dans son enquête sur la corruption dans les travaux publics.
  • Père Arizmendi: âge indistinct; yeux gris-bleu, cheveux sombres sous son béret; vêtu d’une veste kaki; seul un col blanc laisse deviner sa fonction ecclésiastique.

Les lieux:

Pays Basque

Tout comme les personnages, les lieux qui servent de décor à Euskal barbecue sont hauts en couleur, en complète harmonie avec les personnages qui les fréquentent, qui les habitent. Voyez plutôt l’intérieur de la maison de Jean-Félix Gray: « …il entra dans une pièce oblongue aux grandes fenêtres. Les murs de papier peint fleuri étaient couverts de portraits en pied d’aristocrates d’ancien régime. Le salon débouchait sur une autre pièce plus petite qui servait de lieu d’exposition à des pièces de vaisselle et des armes placées sous verre. » (Pages 11-12) =>Tout y est figé, comme dans une maison où on ne vit pas.

Tandis que le commissariat de Tarroa: « …l’insalubrité du minuscule commissariat, le désordre des dossiers non archivés, la montagne de bouteilles vides dépassant du local de cuisine… » Page 33) et la boutique de bouquiniste dans laquelle le commissaire achète ses livres ne dépareillent pas avec sa personnalité: « L’endroit était comme une grotte dont les parois seraient faites de livres empilés. Au milieu de la pièce principale, une fontaine miniature achetée dix euros chez un quincaillier chinois de Bilbao créait un petit clapotis. Dans les coins, il y avait des fauteuils dont les pieds en bois sombre sculpté représentaient des animaux fantastiques, où l’on pouvait s’installer pour lire. » (Page 69)

Mon avis:

Euskal barbecue est un  curieux mélange de caricature policière, de polar politico-social, de polar-comédie, le tout à la sauce basque un peu pimentée, un peu douçâtre, avec pour résultat l’envie de jouer à la pétanque avec le commissaire et ses adjoints à l’ombre de grands arbres longeant le bâtiment du petit commissariat de Tarroa, en sirotant un bon petit vin du cru dans les effluves de l’omelette aux piments, en priant intérieurement pour que personne n’ait la fâcheuse idée de se faire assassiner avant la fin de la partie. On en redemande…

Citations:

« Et pourquoi un prêtre devrait-il se priver de la contemplation de la beauté. Dieu ne se manifeste pas autre part, que je sache. » (Page 48).

« Si même les appels venaient au Txiki, il n’y aurait bientôt plus aucune raison d’appeler commissariat le bloc de béton situé de l’autre côté de la rue, où l’on ne trouvait plus ni café correct ni bureau qui ne soit pas bancal. » (Page 94).

« J’ai une basse opinion des abrutis qui nous commandent, et des autres abrutis qui acceptent les consignes sans broncher. » (Pages 124-125).

Croyances de sang de Sylvain Pavlowski


Miss Aline se fait ce soir encore Tentatrice

Mais ça vous étiez déjà au courant

Aussi je vous laisse découvrir son avis sur une de ces dernière lectures

Miss Aline à toi de jouer


Le livre : Croyances de sang de  Sylvain Pavlowski. Autoédition Paru le 9 février  en Edition Indépendante. 19€90 ; 408 p; 21×14 cm

 4ème de couverture :

« Pauline Rougier, Commandante à L’Antiterrorisme se reconstruit doucement après son burn-out, sous le regard bienveillant de Jack Campbell, journaliste au New York Times.

Quand elle arrive sur les lieux d’un accident et constate l’impensable, elle ne sait pas qu’elle vient d’être propulsée au centre d’une mécanique implacable qui pourrait bien détruire Paris.

Dans l’ombre, s’agitent Kamel le chef du Gang des Def Zone et son armée de guerriers urbains, ainsi que Khalid Alzadi, bras armé du milliardaire Saoudien Fouad Al-Naviq, prêts à prendre leur revanche après l’échec du projet Blackstone.

Ce mois d’août bât tous les records de chaleur, alors que s’ouvre à Paris un Sommet Européen sur les migrants, dirigé par le Président Lavalette, dans un climat politique lapidaire.

Pauline devra puiser dans ses ressources et trouver la force de se dépasser dans ce compte à rebours mortel pour enfin découvrir les traces de son passé.

Mais pourra-t-elle éviter le pire ?

L’auteur : Sylvain Pavlowski est né en 1961 à Paris. Après une carrière réussie en tant que vice-président International dans des grands groupes informatiques, il a décidé de poser ses valises, pour se consacrer à l’écriture, sa passion depuis toujours.

 

Extrait :
« il ne pouvait réussir un tel coup sans avoir en mains son propre fusil, c’est pourquoi la valise qui contenait son arme avait suivi tout ce circuit depuis l’Irak jusqu’à Paris, via les réseaux de Khalid Alzadi »

 

L’accroche d’Aline

Croyances de sang, Sylvain Pavlowski

 Hier samedi 9 février est sorti  Croyances de sang, de Sylvain Pavlowski.

Croyances de Sang, le nouvel opus de la série « Commandant Pauline Rougier » est un roman dense et rythmé dans lequel des destins s’entrecroisent, prisonniers d’un monde où des forces contraires s’opposent avec violence et dont l’issue est plus que jamais incertaine.

 

Avec La menace Blackstone, on a laissé Pauline au fond d’elle-même et Jack au fond de la bouteille. On les retrouve dans Croyances de sang chacun a parcouru du chemin pour remonter la pente.

Un carnet qui disparait des pièces à conviction, l’agression gratuite de sans abri, la traversée de réfugiés. Actions, émotions, le roman commence fort. Le ton est donné.

Pauline doit intervenir sur ce qui de prime abord ressemble à un banal accident de la route. Des fûts suspects sont trouvés sur place. Quelle est leur destination ? Est-ce les seuls ? Pauline va devoir encore une fois se battre contre le temps pour résoudre cette affaire. Elle va  faire équipe avec Delabarre de la DGSI.  Ils vont devoir gérer leur passif pour une collaboration efficace. Il en va de la sécurité du pays. Le commandant Rougier va avoir en face d’elle un vieil ennemi et pas des moindres. La menace est grande, c’est elle ou lui, elle ou le pays.

L’auteur nous invite à suivre Hammad réfugié en provenance du  Pakistan. Hammad va vivre ou plutôt survive à une traversée tragique, vivre un périple long et difficile. Il arrivera en France, pays de tous les espoirs. Seulement dans les camps de réfugiés, la loi du plus fort règne, la violence aussi. En s’enfuyant du camp, Hammad ne sait pas encore qu’il va avoir un rôle à jouer pour sauver ce pays qui l’accueil et le rejette à la fois.

Pauline en plus de son enquête doit faire face à sa vie et ses interrogations. Encore une fois, trouver la force d’avancer sur le plan personnel. Elle n’est pas loin de sombrer à nouveau lorsqu’un appel de l’hôpital lui indique que sa mère est dans le coma. Mais notre commandant est plus forte.

Dans ce roman, Sylvain Pavlowski nous livre une Pauline qui a pris de l’épaisseur. Il nous livre également un regard sur notre monde où la menace terroriste, le trafic d’armes, la vie difficile des migrants dans les camps font partis du quotidien. Un monde manipulé, bousculé, bouleversé. Après La menace Blackstone, l’auteur nous livre à nouveau un roman  glaçant car il dit tout haut se qui se passe tout bas, derrière.

Un dernier mot pour remercier Sylvain Pavlowski de la confiance accordée lorsqu’il m’a confié  la lecture de ce roman que j’ai dévoré.

 A noter la couverture de Matthieu Biasotto.

Tension extrême de Sylvain Forge


Dany, notre mamie Flingueuse a décidé de nous faire découvrir Sylvain Forge.

Aussi aujourd’hui nous propose-t-elle 2 chroniques.

La première est celle de son dernier bouquin. La seconde sera celle de son premier. Normal tout à l’envers.

Bon, en attendant, je vous laisse avec Danièle et Sylvain que l’on retrouvera bientôt pour d’autres chroniques et une petite papote d’auteur.


Tension extrême de Sylvain Forge. Paru le 18 novembre 2017 chez Fayard.  8€90 € format poche 11X18 et 6.99 € en e-book.

  4ème de couv :

Aux limites du virtuel et de la réalité, les nouvelles technologies conduisent parfois à la folie ! Des cyberattaques paralysent la PJ de Nantes, infiltrent l’intimité des policiers et cernent une ville où le moindre objet connecté peut devenir une arme mortelle. Alors que les victimes s’accumulent, une jeune commissaire à peine sortie de l’école et son adjointe issue du « 36 » affrontent ensemble un ennemi invisible. Toutes les polices spécialisées seront mobilisées pour neutraliser la nouvelle menace de la science complice du crime.

 Tension extrême: Prix du Quai des orfèvres 2018

 de Sylvain Forge

 

L’auteur :  Après une enfance en Auvergne, des études de droit et un passage à Paris, il voyage et s’imprègne de multiples ambiances, de l’Afrique du Sud au Canada.  Un premier roman – resté dans un tiroir – plante en lui les germes d’une passion future pour l’écriture. Durant plusieurs années, il bâtit des scénarios de jeux de rôle qui lui donnent le goût de raconter des histoires. Élaborer une intrigue bien ficelée : voilà son plaisir. Sylvain Forge est aussi amateur d’Histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec Le vallon des Parques (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943.  Son premier livre, « La Ligne des rats« , paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides. Il a fait l’objet d’une véritable réécriture pour donner naissance à « pire que le mal » en 2016. L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes.  
Extrait :
…On estime que dans vingt ou trente ans, il y aura cinquante milliards d’objets connectés sur la planète. Ce sera le cas des voitures, par exemple. Le gros soucis, c’est que pour le moment, aucune sécurité n’est prévue pour ces gadgets. Et je ne vous parle pas des centrales nucléaires ou des barrages hydrauliques surveillés par internet, « sous contrôle », comme on dit !En injectant quelques lignes de code destinés à exploiter la vulnérabilité d’un système automatisé, on peut faire dérailler un train ou plonger une ville dans le noir.

La chronique Jubilatoire de Dany

Tension extrême de Sylvain Forge

 Prix du Quai des Orfèvres 2018

 

Vous ne regarderez plus le distributeur de café de la même façon … Ce roman peut-être lu sans connaissance particulière des précédentes publications de Sylvain Forge, même si nous y retrouvons pour la troisième fois Isabelle, transfuge du 36, arrivée à Nantes avec « la trace du silure » en 2014, puis « un parfum de soufre » en 2015. Elle va traquer un cyber terroriste, une menace qui pèse sur la ville de Nantes et ses habitants.  Fiction ? Non et c’est bien là le problème. Dans notre monde hyper connecté, personne n’est à l’abri d’un détournement d’objet par malveillance ! Certes le sujet a déjà été traité dans des jeux vidéo, des films et des romans mais cette fois la réalité est bien présente dans notre quotidien. Et cela va bien au-delà des dangers de l’internet pour nos ados. Point de départ : les morts de deux hommes d’affaires jumeaux, suspectes et simultanées, révèlent une énorme menace capable de détruire toutes les interconnections nécessaires à notre vie, dès lors que notre civilisation est maintenant tributaire des nouvelles technologies. Une traque somme toute classique, par des flics presque « ordinaires » avec leurs problèmes domestiques … mais ce que nous décrit l’auteur ce sont les moyens nécessaires et obligatoirement coordonnés pour tenter d’aboutir. Pas étonnant quand on sait qu’il est lui-même professionnellement impliqué dans la cyber-sécurité ! Plusieurs niveaux de lecture donc pour ce prix du quai des orfèvres 2018. Plus « local » que l’écologique « pire que le mal » et tout autant documenté et passionnant … à lire ces presque 400 pages sans modération et rapidement pour vous préserver du mal ou au moins le tenter. Flippant !