Comme de Longs échos de Elena Piacentini


Elena Piacentini sera à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez la rencontrer


Le livre : Comme de longs échos de Eléna Piacentini. Paru le 24 août 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (288 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv : 

 » L’histoire est un perpétuel recommencement.  » disait Thucydide. Les faits divers, aussi.
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à DIPJ de Lille. Un marie en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elle, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…

L’auteur : Auteur et scénariste, Elena Piacentini est née à Bastia et vit à Lillie, comme les héros de ses livres. Leoni, le commandant de police à la section homicide de la PJ, qu’elle a créé en 2008, a été finaliste des sélections du prix des lecteurs Quai du polar/20 minutes et du grand prix de littérature policière pour l’une de ses aventures (Des forêts et des âmes, Au-delà du raisonnable, 2014 ; Pocket, 2017). Inspiré d’un fait divers, Comme de longs échos met en selle une nouvelle héroïne : Mathilde Sénéchal à la DIPJ de Lille.

 

 

Extrait :
À mille deux cents mètres d’altitude, la fin de l’automne couve déjà l’hiver. Ils sont moins d’une trentaine, résistants engagés ou soldats malgré eux, à rester sourds à l’appel de la plaine. Orsalhièr s’accroupit devant la cheminée et allume le tas de petit bois qu’il a préparé en prévision de son retour. Au-dehors, les laves du couchant incendient la Pique d’Endron, éperon dardé à près de deux mille cinq cents mètres. Le montagnard étend ses mains au-dessus des flammes naissantes. Il se sent en paix.

 

Le petit avis de Kris

Comme de Longs échos- Elena Piacentini

Je ressors toute chamboulée de ce beau roman/polar d’Elena. Elle a un don pour renouveler le genre.
Ses mots, personnels, affûtés, précis associés à une histoire originale m’ont redonné goût au polar.
Les personnages, sous sa plume, prennent une saveur toute en diversité et humanité.
Chaque mot, chaque phrase, chaque situation est percutant.
De la littérature vraie a l’état pur.

 

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Féroce – Danielle Thiery


Danielle Thierry sera avec nous à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin

Soyez nombreux à aller à sa rencontre

Le livre : Une enquête de la commissaire Edwige Marion : Féroce de Danielle Thiéry. Paru le 14 mars 2018 chez Flammarion dans la collection Littérature française. 20€ ; (539 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : 

Féroce

Une enquête de la commissaire Edwige Marion

Un inconnu suit une petite fille. Il l’observe comme un animal. Il la veut, il l’aura.

Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery, la criminologue de l’OCRVP, fait immédiatement le lien avec la jeune Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ? Alors que les forces de l’Office sont mobilisées pour démanteler une filière pédophile, les voilà atteintes en plein coeur : l’adjoint de la commissaire Marion est retrouvé inconscient, les mains en sang, et une brigadière a disparu. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée: il s’agit d’une petite fille…

De l’homme ou de l’animal, on ne sait qui est le plus féroce.

L’auteur : Première femme commissaire divisionnaire de l’histoire de la police française, Danielle Thiéry est devenue une figure incontournable de la scène polar. Elle a reçu le prix Polar à Cognac, le prix Exbrayat et le prix du Quai des Orfèvres pour Des clous dans le coeur.

 

 

 

Extrait : 
La plupart des gens diraient que c’était un soulagement, une crapule de moins. Un dingue, criminel de surcroît, privé de vie, c’est comme une étoile qui renaît dans le ciel. Pour Alix, c’était une frustration, comme ça le serait pour les familles des victimes. Ces gens ne sauraient jamais pourquoi il s’en était pris à leur enfant et pourquoi pas à celui du voisin. Ils ignoreraient comment s’étaient passées ces heures avec lui. Combien d’heures ou de jours, de semaines peut-être. Ils continueraient à se torturer à imaginer ce qu’il lui avait fait. Si l’enfant était mort, ce qu’il avait dit au dernier soupir. Est-ce qu’il avait appelé « maman » ou bien rien dit du tout ?

La Kronik d’Eppy Fanny

FEROCE DE DANIELLE THIERY AUX EDITIONS FLAMMARION

J’ai croisé Danielle Thiery sur plusieurs salons et ai apprécié à chaque fois nos échanges. J’ai d’ailleurs dans ma Pal 3 romans en attente de lecture. Le temps n’est hélas pas extensible.

Ce roman est le 1er que je lis d’elle. Et je tiens à la remercier, ici, pour sa confiance ainsi que celle de Gilles Paris des Editions Flammarion.

J’ai donc découvert le commissaire Marion et son équipe. Avec toute fois un peu de frustration. Les personnages de Danielle sont installés et ont une consistance réelle que je n’ai fait qu’effleurer n’ayant pas lu ses ouvrages précédents.

Ce sentiment m’est propre et n’a en aucun cas impacté la qualité des écrits et les histoires offertes, car ce roman, comme la vie, est fait de sentiments et d’univers qui se croisent. De joie et de bonheur, mais aussi de sordide car il n’est pire prédateur de l’Homme que l’Homme et ses côtés sombres. Le fauve le plus féroce n’étant pas celui que l’on pourrait croire.

L’histoire :

Un prédateur rôde, observe cette enfant si parfaite. Si belle. Un pur joyau. Fait pour lui. Et comme pour ses trophées précédents, il sait être invisible. Il est intelligent et sûr de lui. Il sait immanquablement les séduire et les appâter le moment venu.

Pendant ce temps, la Capitaine Valentine Cara, chef de groupe des mineurs de l’OCRVP et son équipe, traquent les pédophiles sur tous les fronts, dont les réseaux Internet, sous les ordres du Commissaire Marion. Un site : « petitesmiss.com » est dans leur collimateur. Toutes les ressources sont mises en œuvre pour démasquer les pervers qui se cachent derrière et les écrouer. Un travail éprouvant, des images quasi impossibles à oublier, même pour ces policiers aguerris. Alix de Clavery est criminologue à l’OCRVP et elle s’est fait une spécialité de ces atteintes faites aux enfants.

Une nouvelle enquête arrive et est confiée au Commissaire Louis Zénard, l’adjoint de Marion et à Alix. Des ossements ont été découverts au zoo de Vincennes, dans l’enclos aux lions. Deux corps démembrés et sans tête. Les premières estimations indiquent qu’il s’agirait des restes d’une jeune femme et de ceux d’un enfant. Les os sont léchés au plus près. Ne reste que quelques traces. Faites par des rongeurs ? Non. Les traces sont celles de mandibules de fourmis géantes capables de dévorer un bœuf en quelques heures. Une espèce que l’on trouve dans un parc animalier en Aveyron.

Cette découverte macabre renvoie Alix à la disparition de la jeune Swan, au zoo de Thoiry, six ans plus tôt. Et si les restes retrouvés étaient les siens ? Alix n’a jamais oublié cette affaire et est restée en relation avec la famille. Plus particulièrement avec Lorenzo le grand frère de la petite Swan. Un entrefilet dans la presse indique un incident à Thoiry pile six ans jour pour jour après la disparition de l’enfant. Alix va chercher à en savoir plus. D’autant que Frédéric Praguet, le défenseur des animaux à l’origine de l’article, semble cacher quelque chose. De son côté Lorenzo fait le mort et ne répond pas aux messages d’Alix qui a appris qu’il rôde autour de Thoiry. Alix va se rendre sur place.

Elle y fera la connaissance du Comte De La Perrière, propriétaire du zoo de Thoiry, et de Théodore, son fils. Elle découvrira les recoins du zoo, et sera, comme tout un chacun, fascinée par ces grands fauves en liberté qu’elle pourra approcher au plus près. Et fascinée plus encore par cette relation compliquée que le comte et son fils entretiennent.

Edwige Marion, dont la blessure à la tête se complique, se retrouve sur un lit d’hôpital loin de ses troupes et de la Mouzaïa, son havre. Louis Zénard, retrouvé inconscient et les mains en sang, est également hospitalisé. Qu’a-il fait ? Malgré tous ses efforts la Commissaire Marion ne pourra pas empêcher l’enquête interne. Trop de soupçons pèsent sur lui. Et Valentine va devoir se débrouiller seule pour gérer les équipes et les enquêtes complexes en cours au détriment de sa relation avec Rose Verne, sa compagne médecin légiste.

Les corps retrouvés au zoo de Vincennes seront identifiés. Les ossements d’enfant ne sont pas ceux de la petite Swan mais ceux d’un autre petit disparu, Jules Péchant. Lui aussi avait une gueule d’ange.

Une nouvelle fillette de 7 ans vient de disparaître. Le mode opératoire est le même. Mais cette fois le joyau repéré et enlevé est une imitation. La poupée si jolie n’est que haine et violence. Et lui recherche la perfection. Comment ce monstre va-t-il réagir lorsqu’il va découvrir son erreur ? Il faut vite retrouver l’enfant.

Les pistes possibles sont multiples, voir trompeuses. La réalité et le dénouement inattendus.

Danielle nous offre un récit fort. Elle nous plonge au cœur d’un univers policier qu’elle connaît par cœur ce qui donne toute sa substance à l’histoire. Elle nous entraîne au cœur d’un zoo mythique dont elle nous fait découvrir les endroits interdits et méconnus. Elle déchaîne une valse de sentiments et d’émotions. L’amour, la haine, l’envie, la cupidité, la jalousie, la vengeance. Toutes y sont présentes. Car rien n’est jamais lisse et les apparences souvent trompeuses. J’ai pour ma part beaucoup aimé ce roman qui sort aujourd’hui. Vous le trouverez donc chez votre libraire !

Les personnages principaux sont attachants. Danielle sait mêler habilement la sphère privée et professionnelle de son équipe de policiers et l’on a envie de les retrouver pour de nouvelles aventures.

Salut à toi ô mon frère – Marin Ledun


Le livre : Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun. Paru le 3 mai 2018 chez  Gallimard dans la collectio Série Noire. 19 € broché – 13.99 € e-pub ; (288 p.)  ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc de notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.
Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.
Branle-bas de combat de la smala ! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l’innocenter, lui ô notre frère.

 

L’auteur : Né à Aubenas (Ardèche) , le 07 mai1975, Marin Ledun est un romancier français et un ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales . Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail.
Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010). 
La collection « Série Noire » de Gallimard publie en mars 2010 son roman « La Guerre des Vanités » (Prix Mystère de la critique 2011) . 
« L’homme qui a vu l’homme » (Prix Amila-Meckert 2014), « Dans le ventre des mères », « Les visages écrasés » (Trophée 813 du roman français 2011; Grand Prix du roman noir 2012 du Festival International du film policier de Beaune et adapté pour Arte avec Isabele Adjani) ) ont été traduits dans de nombreux pays.
« Au fer rouge » sort début 2015. Suivra l’année suivante, « En douce » qui reçoit le Prix Transfuge du meilleur Polar 2016.
La plupart de ses romans évoquent la crise contemporaine et ses conséquences sociales.
Citoyen engagé dans le mouvement social radical, auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Marin Ledun vit aujourd’hui dans les Landes près de la côte, au sud…
Extraits :
« Me voilà, deux ans après, belle comme une fleur, rose donc, et enragée comme un grizzly. Diplômée en littérature, actuellement en congé sabbatique, durée indéterminée, j’occupe la fonction de cerbère de la porte, de maîtresse des clefs et, accessoirement, de directrice de l’espace culture d’un petit salon de coiffure situé en pleine rue piétonne. Popul’Hair, donc. Un nom qui défrise. Mon boulot consiste à détendre la clientèle en récitant des poèmes, en lisant des extraits de romans que j’affectionne. Ça dépend de mon humeur, de la tête de la coiffée ou de l’ambiance dans la boutique. Un concept culturel. Uniquement les lundis et vendredis. Une idée de Vanessa, la propriétaire, un soir où, sirotant un demi pêche, j’évoquais mon amour des belles tournures et de la grande littérature. Rémunérée en plus, oui, madame ! En brushings ou balayages gratuits et en bouquins. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power. Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze est victime du délit de « sale gueule » est fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ». Il n’en demeure pas moins que l’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

 

« Il fustige, Boyer. Il vitupère. Il s’insurge. Il ne pivoine pas, Boyer, il ne rosit ni ne groseille pas non plus ! Il érubesce. Il écrevisse. Il écarlate. Il cramoisit. Il incandescent. Il éructe en se frappant la poitrine du poing comme le mâle dominant d’un groupe de gorilles pour affirmer sa supériorité.

Il s’égosille sur la présence de cette smala au milieu de son commissariat. Tout le monde recule. »

« Ma mère pioche dans le frigo, rassemble les restes du déjeuner sur un plateau et s’attable. Son assiette 180 % pur bio me donne envie d’un steak XXL aux hormones. J’allume une cigarette aux pesticides pour couper ma faim.”

“Je réintègre le service urologie. Je me réhabitue à l’odeur avant de retrouver ma piaule. N’allez pas croire que j’ai une dent contre les retraités, hein ! Je sais ce que l’industrie du camping-car leur doit. Je n’ai d’ailleurs que mépris pour les populistes qui leur reprochent de ne rien foutre toute la journée, de vivre aux crochets des travailleurs et de bénéficier de réductions au cinéma et des minima sociaux. »

« Quand on y pense, c’est tout de même terriblement monotone et prévisible, une vie de portail, coulisser dans un sens, puis dans l’autre, et faire office de mur, la plupart du temps, tout ça parce qu’un imbécile heureux a inventé un jour le concept de propriété privée. Il suffit d’ailleurs que le mécanisme se grippe et que ledit portail reste accidentellement ouvert pour que les propriétaires paniquent, branchent leurs caméras de vidéosurveillance high-tech, stockent du sucre, des pâtes et de la farine, claquemurent leur famille – les femmes et les enfants d’abord ! – et astiquent leur fusil, tétanisés par la peur, alerte maximale, prêts à endiguer la moindre invasion, c’est dire la puissance monotone et prévisible du concept. »

 

Hunter de Roy Braverman


Le livre : Hunter de Roy Braverman. Paru le 16 mai 2018 aux Editions Hugo thriller. 352 pages, 14 x 21, 19,95 €

4ème de couverture :

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché  le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

L’auteur : Plus connu sous le pseudo Ian Manook, Patrick Manouckian, alias Roy Braverman est l’auteur de la trilogie à succès Yeruldelgger chez Albin Michel (385.000 exemplaires). Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par le Prix des Lectrices de ELLE, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quai du Polar. Hunter est le premier titre d’une nouvelle trilogie, à paraître chez Hugo Thriller.

Extrait : « Ce jour-là, en désespoir de cause, il s’st couché contre elle, en sanglots dans la poussière de la cabane, et a bercé Eileen jusqu’à ce qu’elle ne saigne plus. Et beaucoup plus tard dans la nuit, sous un ciel démesuré d’étoiles et de constellations, alors que rôdaient les coyotes, il a déshabillé son amoureuse en pleurant et l’a enterrée loin de la grange abandonnée. Puis il a bredouillé une prière de colère contre sa putain de famille. Contre ces putains de blancs. Contre cette putain d’Amérique toute entière. Et il est parti […] »

L’accroche de Miss Aline :

Hunter  ça débute comme une série que tu aurais prise en cours de route. Les sourcils froncés tu cherches à intégrer les lieux, les liens, les personnages. Très vite t’es mordue.  352 pages pour choper Hunter (c’est lui le méchant, on le sait d’emblée) ? T’es septique, trop simple !

T’enfiles ta parka et tu vas t’intégrer à la vingtaine d’habitants du bled perdu en pleine forêt sous une tempête de neige.  Huis clos. Freeman perdu dans sa haine suit Hunter. Hunter perdu dans son désir de vengeance ? Son envie de revenir sur les lieux du crime ? Un shérif, son frangin, Denise, les locataires de la chambre 5…tout ce petit monde va se télescoper et recommence la ritournelle des disparitions et des meurtres. Hum, petit bémol. On dirait que ce n’est pas tout à fait le même mode opératoire.  Quelqu’un se servirait-il de la cavale de Hunter pour se faire un petit plaisir meurtrier ?

L’auteur te mène dans un rythme effréné. Tout comme un train peut en cacher un autre, l’auteur te cache un autre serial killer. Euh, y en a combien ? Y a pas, tu veux connaître la fin. Tu dévores le bouquin en quelques heures. T’as tout « vécu » : la course poursuite, l’étonnement, la trouille, la traque,  t’as même franchement pleuré de la page 3.. à la page 3…Il est fort l’auteur pour te balader d’émotion en émotion.  Il est fort aussi pour te laisser sur la résolution de cette affaire (ou presque) et les prémices d’une autre. Vite l’opus suivant…

Un très grand merci aux Editions Hugo Thriller pour m’avoir fait entrer dans le monde noir de Hunter.

 

7/13- Jacques Saussey


Vous connaissez la double chroniques chez Collectif Polar

Et bien voilà la triple.

Oui le triple chroniques.

Trois ressentis pour le prix d’un, de quoi vous faire votre propre avis.

Allez c’est parti, Sylvie, Kris et Aline vous en disent plus ci dessous.

Alors prêt(e)s à décoller ?

Ah oui, Jacques Saussey sera le 24 mai prochain sous le feu des Flingueuses

Mais ça on vous en reparlera


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 aux éditions du Toucan dans la collection Toucan Noir. 13€90; (461 p.) ; 20 x 12 cm

4e de couv :

7/13

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin.

Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

 

1898d-jacques2bsausseyL’auteur : Jacques Saussey est né en 1961. Il est l’auteur de plusieurs romans policiers. Il est désormais repéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui montent » dans le polar.

 

 

 

 

 

Extrait :
4 décembre 1944
 L’homme chaussa ses lunettes et écarta les rideaux d’un geste résigné. La lumière grise qui filtrait au travers du tissu l’avait déjà renseigné. Comme la veille, le temps était bas, voilé d’une brume épaisse couleur de neige sale. Dans la rue, devant la façade imposante du Mount Royal Hotel, un camion militaire passa au ralenti, casques et canons de fusils coincés contre les vitres embuées. Avec la proximité des fêtes de Noël, des soldats plus chanceux que les autres rentraient chez eux pour quelques jours durement arrachés au combat.
Il alluma la TSF et s’étira dans son uniforme qui commençait à être trop large pour lui, conscient qu’il allait devoir attendre encore une journée de plus avant de pouvoir traverser la Manche. La tempête qui s’était abattue sur l’Angleterre ces derniers jours avait eu raison de tous les vols militaires prévus pour la France.
Sur les ondes crachotantes de la BBC, le trombone s’envola en un chapelet de notes marquées d’une infinie mélancolie, parfaitement en harmonie avec son humeur maussade du matin. Bientôt, un autre morceau, plus guilleret et entraînant, éclata dans le silence de la chambre.
Don’t sit under an appletree…
Il sourit. Il fallait vraiment être un crétin, depuis la révélation de Newton, pour s’asseoir sous un pommier. Surtout en automne.
Puis le sourire mourut sur ses lèvres. Il ressentait l’urgence jusqu’au plus profond de lui-même. Haynes n’allait pas être content. Il l’avait appelé la veille. L’hôtel était réservé depuis plusieurs jours. Les gars attendaient ce moment-là de pied ferme. Et le pire, c’est qu’ils l’avaient bien mérité.
C’était à lui de les précéder. Il ne devait pas les décevoir.
Sa réputation même était en jeu.

 

Le billet de Sylvie K

 

Dernier Jacques Saussey 7/13 : bon j’ai été agacée de l’histoire parallèle à celle de l’enquête Je m’explique; deux histoires se croisent entre présent et passé. On se demande bien non pas quel est le rapport -par ce que l’on sait qu’il y en aura un- mais quand MOI lectrice je vais le saisir ? Au fil des pages je guette et mémorise chaque indice, je mène l’enquête en suivant le mystère de cet avion. Et et je commence à deviner à partir de Julia Roberts…. Entre l’histoire d’un aviateur qui ne sait s’il doit voler en 1944 et le meurtre horrible d’une femme journaliste d’un journal local quel est le lien? On retrouve Daniel Magne chargé de l’enquête qui est encore le corps et le cœur dans la précédente. Sa compagne porte en elle aussi les séquelles de cette dernière enquête et devra surmonter ses douleurs. Y arrivera t-elle ?
De plus Daniel est affublé d’un duo de flic Saussiens comparé à Laurel et Hardy qui amènent une touche d’imprévu et quelques sourires. Une maîtrise de l’histoire et de la recherche de la part de l’auteur pour cet audacieux mélange qui imbrique une histoire passée et peut être non résolue dans un présent plein de doute et d’interrogations dans notre monde où nous devons tous cohabiter les uns avec les autres. Vous n’avez pas tout compris Lisez et soyez patients la fin du livre délivrera le secret du 7/13!

Extrait 2
14 mars 2015
 Quand Picaud m’a dit que c’était moche, il était encore loin de la vérité. Je pense qu’il a simplement répété ce que les hommes de l’IJ lui en avaient laissé filtrer. Nous pénétrons dans le salon et je me colle brusquement la moitié du reste de pommade sous les narines. Le commandant attrape la boîte et m’imite avec précipitation. Torrentin lui-même plisse le nez comme s’il décelait un vague fumet nauséabond. Ce que doit endurer ce type à longueur d’année est inimaginable.
Nous nous arrêtons à la limite de la flaque d’un rouge quasi noir où quelques empreintes ont marqué le passage des scientifiques au cours de leur travail d’investigation. Lorsque mes yeux saisissent enfin le spectacle qui s’offre à moi, le sang se met à bourdonner bizarrement dans mes oreilles. Dans mon estomac, une vague se soulève et menace de prendre l’inverse du chemin habituel.
La voix tranquille de Torrentin s’élève au-dessus du carnage. Pendant qu’il parle, je pose les yeux sur l’abdomen écartelé de couleur verdâtre et j’essaie de ne plus penser à rien.

 

Le petit avis de Kris

7/13 – Jacques Saussey

On se couche toujours moins sot après avoir lu un Jacques Saussey ! Déjà avec  » le Loup peint » , on apprenait pas mal de choses, là c’est encore plus recherché !

Cette période tourmentée de la guerre 39/45 a décidément connu bien des épisodes sombres.L’auteur a parfaitement mené son intrigue policière qui se tient en 2015 en la reliant finement a ces faits se déroulant en 1944 et jusqu’au bout il nous balade allègrement et je dirais même que ce devait être jubilatoire pour lui !!Des faits qui, pour moi, m’étaient inconnus et qui m’ont poussé à rechercher moi aussi des réponses.Bien vu, divertissant et intéressant

 

Extrait :
« Adossé à la fenêtre, il ferma les yeux un instant, imagina le contact du métal sous ses doigts, sur ses lèvres, sur sa joue. Les bras soudés en attendant la première explosion. C’était chaque fois pareil. La même jouissance, la même intensité. Comment un homme pouvait-il se passer de ça ? Une fois qu’on y a touché, c’est pour la vie. Une drogue dure. Une petite mort dès que vous retenez votre souffle devant la cible immobile devant vous. »

 

 L’accroche du Miss Aline

 

Tour à tour en 1944 et en 2015, voyage spatio-temporel que ce roman 7/13. Le lien entre ces deux périodes n’est pas clair,  tout comme la signification de 7/13. Pour comprendre il va falloir suivre cet officier américain qui galère pour trouver un avion que le brouillard cloue au sol. On va suivre également le capitaine Magne dans cette villa où un corps de femme non identifiable et mutilé est retrouvé.

Les heures, les jours passent, peu probable que l’officier américain  parvienne en France.

Les heures, les jours passent, c’est l’hécatombe côté meurtres pour Magne.

Magne va avancer lentement, laborieusement dans son enquête. On va lui envoyer des renforts : les agents Benoît et Richard ! Lisa aussi  va (ré)intégrer l’équipe après une douloureuse épreuve. Avancer pour oublier ? Avancer pour se reconstruire ? Magne est conscient que son épouse est fragile. Va-t-elle tenir le coup ?

Le brouillard n’en fini pas de se dissiper pourtant  l’officier décolle. Va-t-il atterrir ?

Le brouillard total dans une enquête qui va conduire Magne et son équipe près de migrants voulant rallier l’Angleterre.

A la fois historique et d’actualité ce roman intrigue. Comment on en vient à lier l’Histoire et un polar ? Coup de maître et certainement un gros boulot de recherche.

 La balade se fait tranquillement  dans cet espace temps. Tu apprends sur hier et tu es intrigué par aujourd’hui. Qui va s’en sortir ? Quel est lien entre un officier américain et une femme sauvagement assassinée aujourd’hui ? Et grande question : que signifie 7/13 ? Il va vous falloir plonger dans l’univers de Monsieur Saussey pour le découvrir. Bonne lecture !

Les jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes


Attention aujourd’hui c’est « Double Chronique »

Attention aussi car…

Vous allez bientôt pouvoir gagner le dernier livre de Sandrine Destombes sur Collectif Polar avec Hugo Thriller.
3 exemplaires de  » Les Jumeaux de Piolenc » seront en jeu.


Le livre : Les jumeaux de Piolenc, Sandrine Destombes.    Paru le 3 mai 2018 aux Editions Hugo Thriller.   19,95 € ; 400 pages ; 14 x 21

 4ème de couverture :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs. 

 

L’auteur : Née en 1971, Sandrine Destombes a toujours vécu à Paris.
Après avoir suivi des études à l’Ecole pour les Métiers du Cinéma et de la Télévision de Paris, elle travaille dans la production d’événements et profite de son temps libre pour écrire des polars, son domaine de prédilection.
Les jumeaux de Piolenc est sont cinquième thriller. .
Sandrine Destombes a décidé de participer au concours en ligne Fyctia sous pseudonyme pour se lancer un nouveau challenge. Remporté haut la main. 
 
Extrait :
 « Le gendarme n’aimait pas ce qu’il venait d’entendre. Sans en comprendre le sens, il savait que cette phrase était annonciatrice de mauvaises nouvelles. Il n’eut d’ailleurs pas le temps d’approfondir le sujet que ses doutes furent confirmés. 
La tête basse et les mains nouées, mademoiselle Gauthier se tenait sur le pas de la porte. Fabregas comprit aussitôt qu’il y avait un problème. Il se dirigea vers elle d’un pas rapide et l’encouragea à parler. 
– Ce n’est peut-être rien, commença l’institutrice à voix basse, mais une autre de mes élèves ne s’est pas présentée à la cantine. »

 

Ophélie et Aline nous offre aujourd’hui leur regard croisé sur la prix VSD RTL du meilleur thriller 2018.

Avis croisés:

L’accroche de Miss Aline:

La 4ème de couverture ne nous dit pas quel  jumeau est mort, ni comment l’autre a survécut. On ignore si les nouvelles disparitions concernent également des jumeaux. On ne nous parle pas non plus de Jean Wimez en charge de l’enquête il y a trente ans. Jean que Fabregas va intégrer (un peu par la force des choses) à l’enquête d’aujourd’hui. 

Les faits se passent dans la même école que celle de Solène et Raphaël, les nouveaux disparus ont le même âge. Coïncidences ? Pourquoi trente ans plus tard ? 

Fabregas va se faire des cheveux blancs sur cette enquête. Des rebondissements, des impasses, des doutes, des sixièmes sensignorés. Il avance doucement, il a le sentiment d’être dépassé. Il ne veut pas que cette enquête le hante jusqu’à son dernier souffle. Et pourtant il a souvent l’impression de passer à côté. Avec lui, Jean Wimez va revivre la disparition des jumeaux de 1989. Qu’a-t-il raté ? Que lui a-t-on caché ? Il faut comprendre hier pour retrouver les enfants d’aujourd’hui. La vérité peut avoir mille visages, elle n’est pas celle que l’on croit.

L’auteur nous emmène dans un tourbillon de doutes, d’accusations, d’interrogations. Ses personnages sont profonds et complexes. La nature humaine y est dépeinte avec réalisme (rien n’est jamais tout blanc ou tout noir). La vérité dépasse l’entendement. On va s’en approcher avec méfiance. Tout comme Fabregas on va se demander comment cela est possible. Et pourtant… 

La gémellité  thème fascinant poussé à son paroxysme. Tour de force de l’auteur qui nous entraine bien malgré nous de l’autre côté du miroir. 

La 4ème de couverture ne nous dit pas non plus que ce Prix VSD 2018 du Meilleur Thriller Français est amplement mérité. Félicitations. 

Un très grand merci aux Editions Hugo Thriller et à Sandrine Destombes (pour la dédicace !) de m’avoir permis d’entrer dans cette enquête et d’en faire un de mes coups de cœur de l’année.

 

 Le OFF DE OPH

Il est vrai que l’on utilise souvent des expressions récurrentes pour qualifier un bon thriller: page Turner, addictif, claque… mais que voulez-vous, même si la langue française regorge d’adjectifs, il est parfois difficile de trouver les bons mots pour qualifier une lecture. Alors je vais tenter de ne pas tomber dans les lieux communs pour vous faire comprendre à quel point ce thriller est une réussite et qu’il est indispensable de le lire…

« les jumeaux de Piolenc » s’ouvre sur un prologue original, le récit de la disparition de jumeaux, vu au travers des médias. Sandrine Destombes y évoque les évolutions scientifiques et notamment le travail autour de l’ADN.L’utilisation de ce procédé met tout de suite le lecteur en conditions, le climat est posé. Qui ne s’émeut pas de la disparition d’enfants? Sujet qui a inspiré Sandrine. Mais ne vous y trompez pas, ce petit bijou de littérature noire ne peut pas se résumer à la disparition de Solène et Raphaël…

Le pitch: Solène et Raphaël disparaissent en août 1989. Quelque mois plus tard, le corps de l’un d’entre eux est retrouvé. Le second, jamais.
Juin 2018, de nouveaux enfants disparaissent dans la même commune.

Dès les premiers chapitres, Sandrine passe au crible les mécanismes de la machine judiciaire et certains passages ne sont pas sans rappeler « l’affaire Grégory », notamment par le fait que l’enquête sur la disparition des jumeaux est confiée à un jeune enquêteur.

Tout au long du roman, Sandrine évoque la fragilité émotionnelle des enfants, ces adultes en devenir, l’importance de la construction de leur personnalité, les dangers des réseaux sociaux et des rencontres virtuelles « fun »…

Le combat du papa des jumeaux, Victor, renvoie à celui du papa de la petite Estelle, similitude troublante qui renforce la charge émotionnelle à la lecture.

J’ai également été émue du lien tissé entre Victor et Jean, premier officier a avoir enquêté sur les jumeaux. Cette enquête qui a été son graal, le combat de sa vie au point de tout lui sacrifier:

« Il y avait quelque chose de triste et beau à la fois dans ce lien qui unissait ces deux hommes. A les observer dans ce cadre plus intime, Fabregas se demanda à quel moment leur relation s’était éloignée du cadre professionnel pour devenir cette amitié à la fois pudique et sincère ».

Sandrine décrit d’ailleurs de manière remarquable le sentiment d’impuissance de l’enquêteur qui, malgré tous les moyens mis en œuvre, n’avance pas d’un pas.

Enfin, au delà de tous les sujets traités, du travail remarquable autour de la psychologie tant de l’enfant que de l’adulte; au delà de la construction précise et admirable des personnages qui vous hanteront un petit moment, il y a l’intrigue.
Le rythme et la tension montent crescendo au fil des éléments que Sandrine distille habilement, nous renvoyant d’une piste à l’autre, bousculant nos soupçons pour en faire naître d’autres, multipliant les possibilités pour nous amener vers un final surprenant.

Dans la catégorie thriller, « Les jumeaux de Piolenc » flirte avec la perfection.

Sandrine je disais qu’un jour tu serais l’une des grandes dames du noir… Force est de constater que tu l’es aujourd’hui! (Tu n’as rien à envier à certains « maîtres » du genre).

Ainsi, nos deux flingueuses ont eu un coup de cœur  pour ce 5ème roman de Sandrine Destombes qui la fait entrer dans la catégories des maîtres du genre. »tourbillons de doutes et d’accusation », « rythme qui monte crescendo »…  nos deux flingueuses ont donc ressenti cette même frénésie à la lecture de ce thriller, ne voulant ni l’une ni l’autre lâcher « les jumeaux » avant d’avoir été au bout de leur histoire.
Toutes deux soulignent le sujet sous des aspects différents la gémellité poussée à son paroxysme pour l’une, la construction de l’enfant pour l’autre, elles évoquent la profondeur et la puissance des personnages.
Ce roman fait l’unanimité quant à sa qualité, la tension narrative, l’originalité du sujet et un final ô combien déstabilisant.

Sandrine va marquer les esprits un moment avec Solène et Raphaël!

 

 

 

Sauf – Hervé Commère


Le livre : Sauf d’Hervé Commère. Paru le 8 mars 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 18€90 ; (268 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de Couv :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…
Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

L’auteur :  Hervé Commère est néle 16 octobre 1974 à Rouen et vit à Paris.
Après des études de lettres modernes, Hervé Commère est devenu barman puis patron de bar. Auteur de deux romans qu’il n’a soumis à personne, « J’attraperai ta mort » est le troisième qu’il a écrit, le premier à être publié. Après « Le Deuxième Homme » paru chez Fleuve Éditions en 2012, « Imagine le reste » (2014) est son quatrième roman, prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège. Puis le très remarqué «  Ce qu’il nous faut, c’est un mort » qui devrait faire l’objet d’une série TV (2016), prix Polar Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire. Hervé Commère est l’auteur primé de plusieurs nouvelles et romans, parmi lesquels « Les Ronds dans l’eau » (2011), lauréat du Prix marseillais du polar et du Prix du Roman de la ville de Villepreux 2011. Il est traduit en Chine et au Japon.

 

Extrait :
J’aime cette ville, elle me fascine, je crois que ça ne changera jamais. Quand je la traverse, j’ai l’impression d’être au centre du monde. Je l’aime d’autant plus que je m’y sens étranger. Je sais que je ne suis pas d’ici. Personne n’est d’ici, hormis quelques familles. Les autres viennent des quatre coins du monde et sont libres de rester, de vivre comme ils le veulent. On parle de Paris en mal, on montre du doigt l’anonymat, et la vitesse, souvent le bruit. Tout cela est faux. L’anonymat n’est que le synonyme parisien de la liberté qui s’offre à qui la veut. Tout comme la vitesse et le bruit.

 

Les p’tits papiers de So

SAUF- Hervé Commère– Editeur : Fleuve Noir

SAUF est de ces romans qui reste en vous.
Une lecture douce, suave, savoureuse. Un roman qui se lit comme on déguste un grand cru. On le sent, on le goute, on le savoure. Il vous ennivre.

SAUF s’insinue en vous, doucement, lentement, avec douceur.
Le premier chapitre à lui seul suffit à vous transporter, vous ne pourrez plus le lâcher. Hervé Commère vous fera voyager de Montreuil à la Bretagne, et plus loin encore. Et quel voyage.
Chaque chapitre appelle au suivant.Chaque fin de châpitre est une vague d’émotions. Hervé Commère est un véritable chef d’orchestre, il entraîne le lecteur page après page dans une histoire de fou. Et quelle histoire !
Il est de ces romans qui met le lecteur dans sa bulle. Une bulle qui vous transporte haut dans le ciel. Très haut. Oui c’est cela, il vous emmène loin.
SAUF n’est pas un roman noir, il a tout pourtant d’un thriller dans son scénario. Sauf est un magnifique roman d’amourS. Une ôde à la vie.
J’ai commencé ma lecture un jour ensoleillé, je l’ai interrompue que pour ne pas être indélicate avec ceux qui m’entouraient. Mais il y avait une urgence à le finir. Pour connaître le dénouement de l’intrigue, bien sûr, mais avant tout et surtout parce qu’il m’a procuré un sentiment de bienêtre que je n’ai plus ressenti depuis longtemps dans mes lectures. Un tourbillon d’émotions. Ce sentiment profond d’être vivante.
Puis arrive l’instant où on referme le livre, où on regarde par la fenêtre et on se laisse partir. Et vient le moment où on se lève pour le ranger dans la bibliothèque, on regarde sa tranche avec l’immense fierté de posséder un tel bouquin.

A lire d’urgence et sans modération.

Et retrouvez ICI le billet de Dany sur Sauf

Sauf d’Hervé Commère


Le livre : Sauf d’Hervé Commère. Paru le 8 mars 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 18€90 ; (268 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.

Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

L’auteur :  Hervé Commère est néle 16 octobre 1974 à Rouen et vit à Paris.
Après des études de lettres modernes, Hervé Commère est devenu barman puis patron de bar. Auteur de deux romans qu’il n’a soumis à personne, « J’attraperai ta mort » est le troisième qu’il a écrit, le premier à être publié. Après « Le Deuxième Homme » paru chez Fleuve Éditions en 2012, « Imagine le reste » (2014) est son quatrième roman, prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège. Puis le très remarqué «  Ce qu’il nous faut, c’est un mort » qui devrait faire l’objet d’une série TV (2016), prix Polar Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire. Hervé Commère est l’auteur primé de plusieurs nouvelles et romans, parmi lesquels « Les Ronds dans l’eau » (2011), lauréat du Prix marseillais du polar et du Prix du Roman de la ville de Villepreux 2011. Il est traduit en Chine et au Japon.
Extrait :
« Chacun sait ici que le maire se comporte avec les employées municipales comme un suzerain, caressant la taille de l’une, dévorant du regard la poitrine de l’autre. À plusieurs reprises, Raymond a voulu se rendre à la mairie pour lui foutre son poing dans la gueule à titre préventif, mais ma tante l’en a dissuadé. Elle est, lui assure-t-elle, capable de se défendre si le sale bonhomme s’aventurait trop près. Le fait est que, jusqu’à présent, le maire n’a rien tenté sur ma tante qui n’ait dépassé le stade de l’œillade appuyée. Sans doute l’impressionne-t-elle. Le prédateur choisit ses proies. »

La chronique jubilatoire de Dany

 

Orphelin depuis l’âge de 6 ans, Mat est aujourd’hui à la tête d’un dépôt-vente à Montreuil. Il est profondément secoué lorsqu’il découvre un album de famille contenant des photos de lui enfant parmi les objets en dépôt. Or, rien n’est censé avoir survécu à l’incendie qui a ravagé le manoir familial et causé la mort de ses parents en 1976. Mat retourne dans le Finistère en quête de réponses.
 Mathieu, un délinquant amendé, brocanteur et presque cinquantenaire, voit son présent voler en éclat. Et si c’était son passé qui le rattrapait ? Plus qu’une recherche de ses origines, il va remonter les différentes pistes et entraîne avec lui le lecteur. Machination, schizophrénie, manipulation … tout est possible jusqu’aux derniers chapitres. Des personnages principaux qui méritent bien un peu de repos, leurs alliés hauts en couleurs, des seconds couteaux plutôt dangereux et prêts à toute extrémité …

Oui, Hervé Commère a coutume de s’attacher aux petits malfrats qui grandissent plutôt bien, qui ont généralement un secret peu glorieux, mais ils sont tellement attachants. Il nous a aussi habitués à la Normandie et là il nous offre un dépaysement breton d’abord, parisien ensuite pour enfin terminer en Scandinavie, loin de sa zone de confort !

Un bon suspense et une fin inattendue sous bien des aspects et notamment sa démesure …

Pas polar, mais thriller bien ficelé ! J’ai aimé …

Fausse note de Guy Rechenmann


Le livre : Fausse note : une nouvelle enquête d’Anselme Viloc de Guy Rechenmann. Paru le 27 avril 2015 chez les éditions Vents salés / collection Azur. 19€50 ; (269 p.) ; 21 x 15 cm.

4ème de couverture :

Printemps 1992, promotion oblige, Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Spécialisé dans les causes perdues, il reçoit, le matin du 16 avril un témoignage à la fois loufoque et émouvant d’un père à la dérive concernant sa fille Pauline disparue depuis presque une année.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
La partie ne sera pas facile pour Anselme, le « Flic de papier », les indices lointains et rares, et les nouveaux personnages rencontrés pas ou peu coopératifs. Tout au long du roman, le bassin n’est jamais loin, magnétique et apaisant. Depuis sa terrasse, celle de la cabane de pêcheur qu’il occupe au Canon face à l’île aux oiseaux, il se plaît à réfléchir au gré des marées y trouvant calme et inspiration. Une période dramatique de l’Histoire, convoquée entre les pérégrinations hésitantes de l’enquête, rend le récit d’autant plus énigmatique.

 

L’auteur : Guy Rechenmann est né le 17 août 1950. Ecrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann avoue être un rêveur et un poète. Le hasard, il n’y croit pas beaucoup préférant parler de coïncidences, son thème de prédilection… Il attendra 2008 pour publier un recueil de poésies et de nouvelles « La Vague » éditions Ecri’mages suivi de cinq romans « Des fourmis dans les doigts » éd. L’Harmattan et « Le Choix de Victor » éd.Vents Salés où se mêlent suspense, poésie et onirisme…
Avec « Flic de Papier », « Fausse Note » et « A la Place de l’Autre » ses derniers romans aux éditions Vents Salés, il revisite le genre policier d’une façon nouvelle et inattendue grâce au même personnage Anselme Viloc, un flic atypique et obstiné..
Guy Rechenmann écrit ses romans au Cap-Ferret.

 

Extraits :
Lily … «  Est-ce que tu crois que l’homme est prédestiné pour le crime ou exprimé d’une autre manière, existe-t-il un gène du criminel ? Ou alors est-ce que tu crois que ce sont les circonstances qui font de certains des criminels ? Attention, je ne te parle pas des crimes passionnels, biens explicables à défaut d’être compréhensibles. Non, je te parle des actes de sang froid, élaborés, pensés, construits à des fins destructrices. Et en seconde question, est-ce que tu crois que l’intelligence est un rempart à cet instinct de folie, en gros existe-t-il une morale ?
Elle me prend pour Schopenhauer la petite, je mets mes trois idées en ordre, souffle un bon coup  et me lance :
-Je ne suis pas payé pour philosopher, Lily, mais pour retrouver des braves gens. »

La chronique jubilatoire de Dany

Fausse note de Guy Rechenmann

Une construction originale pour cette deuxième aventure d’Anselme Viloc. En effet, écrit en 2015 (comme Johana Gustawsson « Block 46 » en 2016, Nicolas Lebel avec « de cauchemar et de feu » en 2017 et Jacques Saussey « 7/13 » en 2018) l’auteur déroule en parallèle à l’intrigue principale, un récit historique dont le lecteur se doute qu’il sera une clef essentielle à la résolution finale.

Début 1992, Anselme, flic bordelais amoureux du bassin qu’il nous fait visiter, doit enquêter à partir d’un rêve, sans mobile et sans corps … y a-t-il vraiment eu crime ? Il rencontre des difficultés du fait que les notables locaux ne sont pas prêts à dévoiler leurs secrets. Il décide de s’investir d’avantage quand son adjoint se retrouve en danger en se faisant aider par Lily (11ans) surdouée et …future flic à n’en pas douter !

Touchant car la fin inattendue où le présent est rattrapé par la grande histoire,  rend les personnages les plus sombres, plutôt sympathiques.

Attention  ce titre, Fausse note, se fait rare !

Mais « Même le scorpion pleure », la quatrième aventure d’Anselme est sorti en librairie il y a quelques jours et nous devrions vous en reparler bientôt .

 

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.