Te souviens-tu de Souliko’o ? de Jean Failler.


Je profite de mes derniers jours de vacances en Bretagne pour vous parler de polars bretons mais pas que…

Car la Bretagne ouvre sur le monde !

Allez c’est parti pour le(s) premier(s) roman(s)


 Les livres : Une  enquête de Mary Lester ; Volume 30-31 : Te  souviens-tu de Souliko’o de Jean Failler. Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon ; 18€ , 2 vol. ; 18 x 11 cm.

 

 

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 1Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (249 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

 

Instamment priée par son patron, le commissaire Fabien, de prendre un mois de convalescence, Mary Lester choisit d’aller se reposer chez l’une de ses amies, Monette Charron, infirmière à Trébeurnou, petit village de la côte sauvage en Finistère Nord.

À peine arrivée, elle se fait agresser par un type étrange qui conduit un énorme tracteur.

Elle réalise très vite qu’une atmosphère délétère pèse sur ce village autrefois paisible. Des animaux domestiques disparaissent, des vieilles personnes sont harcelées chez elles, et il semble que le chef d’orchestre de toutes ces exactions soit l’homme au gros tracteur.

L’individu, qui bénéficie d’appuis politiques, se croit tout permis. L’apparition de Mary dans son périmètre le gênant, il la prend pour cible.

Mais le capitaine Lester, même en permission, n’est pas femme à s’en laisser conter et rend coup pour coup.

La gendarmerie s’en mêle, puis les Renseignements Généraux qui accusent Mary d’avoir provoqué cet homme qu’ils semblent protéger.

La voici tout soudain contrainte, pour se défendre, de fouiller dans le passé mystérieux de l’agriculteur Vanco…

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 2  Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (313 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

Ayant appris que Vanco, l’agriculteur irascible, avait séjourné en Australie, Mary s’envole pour ce continent où elle espère trouver quelques réponses aux questions que pose son comportement agressif. Pourquoi Vanco a-t-il abandonné un magnifique domaine australien de trente mille hectares pour une misérable ferme cent fois plus petite en Finistère Nord ? Elle a la chance

d’être accueillie à bras ouverts par la famille résidant sur le domaine autrefois exploité par Vanco. Et là, les choses commencent à s’éclairer. Elle a même la possibilité, grâce à un ancien policier de brousse, d’enquêter jusque dans la tribu aborigène des Musgrave qui, depuis la nuit des temps, occupe le territoire des Trois Rivières, l’endroit où se trouvait le ranch de Vanco. Celui-ci a laissé derrière-lui un souvenir déplorable et personne ne semble le regretter. Après un séjour enchanteur sous le soleil du printemps

austral, elle retrouve l’automne breton et son concert de pluies et de vents. Elle retrouve aussi les enquêteurs des RG qui n’ont pas lâché la piste. Accusée de tous les méfaits, contrainte de se défendre devant un conseil de discipline qui ressemble plus à un tribunal qu’à autre chose, voilà une nouvelle fois Mary Lester dans de vilains draps. Réussira-t-elle à se sortir du traquenard qui lui est tendu ?

L’auteur : Né en 1940 à Quimper, il est l’auteur de pièces de théâtre, de romans historiques et de romans policiers. La série Les enquêtes de Mary Lester connaît depuis plusieurs années un grand succès (47 numéros à ce jour). Il vit et écrit à l’Ile-Tudy (Finistère).


 

 

Mon Avis :

 On retrouve, toujours avec le même plaisir, l’intrépide Mary Lester, héroïne de cette 30ieme aventure. Toujours prête à défendre la veuve et l’orphelin, elle n’en est que plus sympathique. Ici elle va essayer de comprendre pourquoi le sympatique villageoù elle séjourne est en proie à des  événements mystèrieux . Et tenter de venir en aide à ses habitants .Et même dans ce combat sans doute perdu d’avance, ce David contre Goliath, notre jeune policière galvanisée par toutes ses embûches, nous entraîne dans une enquête trépidante et pleine de rebondissements. Il est à noter aussi que c’est Jean Failler qui reprend la plume ici, car depuis 6 romans c’était Mary Lester qui nous contait ses histoires. Et on ressent parfaitement tout au long de la lecture la jubilation de l’auteur qui au passage règle sans doute quelques comptes . Et on jubile avec lui, car l’on retrouve une Mary Lester plus que jamais galvanisée et revancharde, tout comme son créateur. Avec une touche d’exotisme. Et qui rend  au passage hommage à la culture aborigène. Jean Failler avec une narration rythmée nous propose une histoire captivante sur 550 pages en deux tomes que l’on dévore avec impatience. Une nouvelle fois basées sur des faits réels, cette enquête se confronte au contexte social et culturel actuel.

Mary Lester sous les traits de Sophie de la Rochefoucauld dans les adaptations TV

Extrait de Mary Lester -2- Les diamants de l’archiduc

 

 

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Extrait du 1er chapitre :

Où Jean Failler reprend la plume et où Mary Lester se voit infliger un mois de congé avec solde. Pour le trentième récit de ses aventures et mésaventures, Mary Lester m’a instamment prié de reprendre la plume. Je m’étais bien juré de ne plus me mêler de sa vie, mais Mary a été plus éprouvée par son enquête à Brest qu’elle veut bien l’avouer. Ceux qui l’ont suivie au cours de ses pérégrinations du monastère de Landévennec au port de commerce de Brest savent combien cette affaire a été rude et comment elle s’est terminée tragiquement, dans la fureur et dans le sang. Un voyou est mort, trois autres ont été blessés et le lieutenant Fortin a failli perdre la vie ; Mary elle même a eu le cuir chevelu entamé par une balle. À deux centimètres près, elle aussi aurait eu droit à la médaille d’honneur de la police à titre posthume. Elle a eu beau faire la brave, on ne sort pas intacte d’une telle aventure. Je ne la sentais plus dans de bonnes dispositions pour écrire. Alors, je lui ai proposé mes services, qu’elle a acceptés avec empressement. Son patron, le commissaire Fabien, sur recommandation du psychologue de la police, l’avait mise en disponibilité pour un mois, ce qui, bien sûr, l’avait fait râler :— Je ne suis pas malade, que diable ! avait-elle dit en apprenant cette mesure.— Ordre du médecin, avait tranché le commissaire Fabien. Reposez-vous, prenez du bon temps… — Du bon temps… du bon temps… vous en avez de bonnes, avait-elle grommelé. Puis elle s’était inquiétée :— Fortin est-il lui aussi en congé ? Le commissaire Fabien avait eu un geste de la main pour évacuer la question :— Fortin, ce n’est pas pareil !

Réponse qui avait fait croiser les bras à Mary :— Comment ce n’est pas pareil ? avait-elle demandé avec indignation. Il a été plus gravement blessé que moi ! Il était à l’article de la mort, souvenez-vous… — Je m’en souviens parfaitement, avait coupé lecommissaire, agacé. Finalement, tout le monde sortait de l’hosto, dans ce commissariat : Fortin et Mary pour blessures, le commissaire Fabien à la suite d’un grave ennui de santé. Mais celui-ci avait repris du poil de la bête après son opération. Il avait arrêté le tabac, et ça se voyait. Il n’avait plus la mine terreuse des gros fumeurs, son teint s’était éclairci et son visage sérieusement remplumé.


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L’invisible de Robert Pobi


Mes petites lecturesLecture d’avant

9782355841149,0-1392327Le livre : L’invisible  de  Robert Pobi.Traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau. Paru le 10 mai 2012 chez Sonatine éditions. 21€30; (400 p.) ; 22 x 14 cm

9782757826959,0-1639960Réédité le 10 mai 2013 en poche chez Point dans la collection Thriller. 7€90 ; (476 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’invinsible

Jake Cole, profiler hors-catégorie au FBI, revient dans la maison où il a grandi. Son père, artiste de génie à moitié fou, est mourant. Quand le shérif du coin lui demande de l’aider à résoudre un double meurtre, tout son passé ressurgit. Jake est convaincu que son père connaît l’identité de ce dépeceur fou. Et si la clé résidait dans ces milliers de tableaux peints par son père, qui semblent constituer un étrange puzzle ?

Thriller
Il y a un monstre ici. Un monstre que personne ne connaît à part moi. »

Avec son premier roman, L’Invinsible, un best-seller international, Robert Pobi s’est classé au rang des plus grands du genre : Jesse Kellerman (Les Visages) ou Thomas Harris (Le Silence des agneaux).

« Premier roman et déjà partout : Pobi séduit, pis, obsède. Il faut dire que l’atmosphère de son thriller est asphyxiante. »
Le Point

Pobi-99x150L’auteur : Inlassable voyageur, Robert Pobi a longtemps travaillé dans le monde des antiquités.  Il vit au Canada du coté de Montréal

 

 

Extrait : 
1
Quatrième jour
Montauk, Long Island
Soixante mètres sous la surface de métal ondulant de l’Atlantique, une poignée de fantômes glissaient sur le fond de l’océan dans un roulement heurté et tumultueux, déferlant dans un ballet diluvien. Ils étaient entraînés par l’orage qui se déchaînait au-dessus d’eux, toujours groupés après des kilomètres de progression sur le fond jonché de cailloux. Bientôt la pente douce du sol marin s’accentuerait, la terre s’enfoncerait dans le noir et les fantômes dégringoleraient vers les profondeurs. Ils seraient alors emportés par le Gulf Stream et remonteraient le long de la côte est, franchissant le Massachusetts, se déversant finalement dans l’Atlantique Nord. Peut-être pour y être dévorés par les créatures qui nageaient dans le monde sombre des eaux froides – ou peut-être simplement pour y pourrir et sombrer dans l’oubli –, mais une chose était sûre, ni la lumière du jour ni la chaleur ne les atteindraient plus.
Des débris jonchaient le fond de l’océan tout autour d’eux et le bruit du monde qui se déchirait résonnait au-dessus. Une armée de meubles de jardin, des morceaux de tuiles, de contreplaqué, des pneus, une vieille poupée Barbie, des sacs de golf, un réfrigérateur défoncé, des peintures à l’huile, une Dodge Charger cabossée s’entrechoquaient dans le courant, fonçant droit vers le large. De tous ces vestiges, c’était la Charger qui avançait le moins vite, basculant sans cesse sur le flanc, une portière manquante, ses phares luisant encore tels les yeux d’un robot mourant. Barbie était la plus rapide, maintenue droite grâce à sa poitrine moulée par injection et à la bulle d’air piégée dans sa vieille tête vide.
La tempête n’accordait aux fantômes nul traitement de faveur, nulle considération ; ils entraient en collision avec les appareils, s’accrochaient aux rochers, étaient inélégamment couverts d’algues et de sacs en plastique, et leur peau était aussi déchirée et lacérée que le reste des déchets.
Mais, contrairement aux autres épaves qui étaient entraînées vers le large, ils n’étaient pas la conséquence de l’ouragan ; ils avaient été créés par quelque chose de bien plus malveillant, et de bien moins prévisible que la météo.

 

Le Post-it de votre bibliothécaire :

Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jack Cole, profileur travaillant en indépendant pour le FBI, enquête sur un double assassinat. Jack pense à un autre crime, jamais résolu : le meurtre de sa mère lorsqu’il avait 12 ans. Il pense aussi que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, connaît l’identité de l’assassin. La clé réside-t-elle dans les 5.000 tableaux peints par son père ? Premier roman.

 Comme un puzzle, Robert Pobi tricote une histoire démente qui va vous tenir en haleine et vous trotter dans la tête pendant un petit moment. Il nous offre un  thriller cauchemardesque parfaitement ciselé.

Et…La chute risque de laisser certains lecteurs désemparés ou désabusés.

Un auteur a suivre car d’après moi il a tout le potentiel  pour, sans aucun doute, continuer à nous surprendre !

 

L’assassin des ruines de Cay Rademacher.


 

Le livre : L’assassin des ruines  de Cay Rademacher. Traduit de l’allemand par Georges Sturm. Paru le 8 février 2017 aux Ed. du Masque dans la collection Grands Formats. 20€90 ; (331 p.) ; 23 x 14 cm
4e de couv :
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l’hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est florissant.
Lorsque le cadavre d’une jeune fille nue est retrouvé parmi les décombres sans aucun indice sur son identité, l’inspecteur Frank Stave ouvre une enquête. Dans cette période d’occupation, la population hambourgeoise ne doit en aucun cas apprendre qu’un tueur menace la paix. Les enjeux sont élevés et l’administration britannique insiste pour que l’inspecteur allemand soit accompagné par Lothar Maschke de la Brigade des moeurs et par le lieutenant McDonald pour élucider l’affaire. Mais d’autres morts sans identité sont vite découverts et Stave, hanté par les souvenirs de sa femme décédée pendant la guerre et de son fils porté disparu, doit surmonter ses propres souffrances pour traquer l’assassin qui rôde sur les sentiers des ruines…

Inspiré d’une véritable affaire toujours non élucidée à ce jour, L’Assassin des ruines dresse le portrait glaçant d’une ville ravagée en proie à un serial killer sans pitié.

 

« Notre société est dévastée, se dit l’inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »

L’auteur : Cay Rademacher est né à  Flensbourg , en 1965. Il a étudié l’histoire anglo-américaine et la philosophie à Cologne et à Washington avant de devenir journaliste et écrivain. Il a écrit, entre autres, pour GEO et Die Zeit et il est le cofondateur du journal GEO Epoche. Ses romans et documents sont publiés dans huit pays.
Il a vécu à Hambourg avant de s’installer avec sa famille en Provence.

Le Post-it de votre bibliothécaire

 

Extrait : 
Plus vite ils parlent, plus vite nous les renvoyons chez eux. Nous ne sommes pas des barbares. Nous n’avons pas besoin d’utiliser les méthodes de la Gestapo. Nous attendons. La plupart du temps, nos candidats collaborent dès le premier jour et nous confessent tout ce qu’ils savent. Ils sont fiers de leurs inventions, comme des gamins pleins d’ambition. Même quand il s’agit des armes les plus meurtrières. Surtout là, d’ailleurs.

Hambourg, 1947. La ville en ruines est occupée par les Britanniques. Lorsque le cadavre d’une femme nue est retrouvé dans les décombres, l’enquête est confiée à l’inspecteur Franck Stave, qui doit agir en toute discrétion pour ne pas menacer la paix. Or, Stave, hanté par les souvenirs de sa femme et de son fils disparus, doit surmonter ses souffrances pour traquer le meurtrier. Premier roman.

 Tiré d’une véritable affaire jamais résolue (une série de meurtres perpétrés à Hambourg) juste après la chute du reich, ce roman historique nous plonge dans une ville dévastée par les bombes et le quotidien des allemands en proie aux conditions extrêmes, froid intense, rationnement, dénazification… le mal est représenté dans ces meurtres dans des quartiers ouvriers détruits. On suit ces hommes et ces femmes qui tentent de survivre au chaos laissé par la guerre et à leurs tentatives de retrouver un peu d’humanité, qu’un tueur entend détruire par ces cadavres laissés dans les décombres.

Une nouvelle belle découverte de la littérature policière allemande qui nous réserve décidément de fort belle surprise. Une histoire et une lecture marquante à découvrir de toute urgence.

MHF

Ces dames du noir. Papotages avec Bénédicte


J’ai eu la chance de rencontrer lors du dernier Saint Maur en Poche quelques fondu(e)s du polar comme moi.

Aussi j’ai noué quelques contacts et c’est comme cela qu’aujourd’hui j’en viens à papoter avec …

Bénédicte Degrugillier.

  

GVL : Bonjour Bénédicte
Il y a quelques temps nous papotions autour du salon du polar  de nœud les mines.
Aussi je voudrais que tu nous parles de ce projet de salon.
Mais avant, je voudrais que tu te présentes un peu à nos lecteurs.

BD : (C’est Noeux-Les-Mines, hein ! LOL)

GVL : Heu oui, comme tu dis, Noeux les Mines, donc ! Pardon, je t’ai interrompue, tu disais ?

Oh ! Bah que dire… je suis un livre ouvert en fait : je chronique sur mon blog, bêta-lis pour une tripotée d’auteurs, fais partie d’un comité de lecture, suis libraire, écris et crée dès que je le peux et organise des salons du livre (un pour l’heure mais un p’tit nouveau devrait pointer le bout de son nez fin 2018 mais chut !) Ça fait une vie bien remplie, je te l’accorde !

Les Mines Noires n’est pas mon bébé à la base. Disons que je suis devenue sa mère adoptive. C’est Gaylord Kemp qui lui a insufflé la vie en 2015. Il était blogueur à l’époque et a fait du super bon boulot. Titillant lui aussi la plume et ayant des responsabilités éditoriales chez les éditions Aconitum il recherchait quelqu’un à qui passer le flambeau fin 2016. C’est à cette époque qu’on s’est rencontré car on est natif de la même ville (Noeux-Les-Mines, donc) et comme on est sur la même longueur d’onde littérairement parlant, il m’a refilé l’horrible rejeton ! En trois éditions seulement, le salon a acquis une belle réputation et je l’ai ouvert sur un salon du noir, car à la base c’était un salon du polar. Perso, je trouvais ce terme un peu réducteur. Car pour moi, le noir renvoit à plein de genres, c’est juste une couleur (qu’on peut décliner en 50 nuances, certes ^^). Ce que j’aime avec cette ligne éditoriale c’est que je peux proposer des choses très sombres mais qui au final vont amener beaucoup de lumière dans l’esprit des lecteurs. Ça me permet aussi d’unir mes deux genres préférés que sont le polar/thriller et le fantastique !

GVL : D’où viens-tu, Benédicte ?

Je me le demande encore… Officiellement de Noeux-Les-Mines.

GVL : Ah oui, tout bêtement. Alors…Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

Très importante. Ma mère a toujours lu énormément et je suis tombée dans la marmite très tôt. Je me souviens que je passais beaucoup de temps à regarder ses livres (des cuirs reliés et dorés). Mes parents n’ont jamais rechigné à m’acheter des bouquins donc j’ai grandi entourée d’eux. Et à 11 ans je lisais déjà du Christian Jacq et Poltergeist… et après on s’demande pourquoi je suis si siphonnée ? (non, pas l’Impératrice, très peu pour moi les histoires de princesses à la guimauve, mouhahaha !)

GVL  Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Sans tabous. Ma mère veillait à ce que je lise des livres de mon âge, certes (enfin, toujours est-il qu’elle n’a pas vu le Poltergeist que j’ai pas pu terminer tant il était gore et dégueu !) mais elle nous ouvrait sur un tas de genres : des classiques comme Charlotte Bronté mais aussi les BD Tintin, des Alice, Détective, du Paul Féval, des Chair de Poule. Il n’y avait pas de restrictions de lecture, je pouvais lire devant la télé, en voiture et surtout en cachette avec ma lampe de chevet sous la couette pendant que tout le monde dormait, hé ! Hé !

GVL Et.. Qu’elle a été ta formation ?

Littéraire, what else ? Puis Licence d’Histoire (re What else ?) !

GVL :  Ton boulot, vocation ou bien ?

Lequel ? Je jongle entre plusieurs casquettes LOL

Pour tout ce qui a trait aux livres, c’est viscéral, comme respirer. J’ai connu une sale période où je ne lisais presque plus et je sais que c’est presque équivalent à un aller simple pour le cimetière…

Pour le job alimentaire, une vocation j’ai envie de dire. Et une quête !

Le blog m’a menée au comité de lecture qui m’a menée à rencontrer des auteurs qui sont devenus des amis et l’un de ces auteurs m’a branchée sur une librairie qui recherchait quelqu’un… et voilà, j’ai mis en avant mes modestes compétences (le blog, le comité de lecture) et j’ai décroché le job ! Bizarre, la vie ! (ou pas)

GVL Dis moi, Patricia, pourquoi le polar ?

…(Euh… c’est Bénédicte moi ! LOL Patricia c’est ma patronne en plus ! 

GVL oups, mais où ai-je la tête ! Donc Béné pourquoi le polar ?

J’aimerais bien le savoir, tiens ! À la base, je viens du fantastique/Fantasy/Post apocalyptique (tant que c’est sombre, pas du tout accro aux mièvreries, hein !). Et puis il y a tout juste 3 ans, en pleines vacances, je me retrouve dans une librairie à tuer le temps en attendant un RDV. Je tombe devant Maxime Chattam (au rayon Fantasy). Ma mère m’avait parlé quelques semaines plus tôt du 5ème Règne, mais c’était une période où je lisais moins car je bossais énormément et avait de gros problèmes de santé. Je tombe donc sur le 1er tome de la saga Autre-Monde et la 4ème me parle direct… j’ai commencé à le lire sur un banc et j’ai pas pu le lâcher. De fil en aiguille j’ai mené ma petite enquête, ma mère m’a parlé de ce Franck Thilliez qui habitait à deux pas de chez elle, je m’y suis intéressée, j’ai découvert les polars de Chattam… et Facebook a fait le reste (les groupes de lecture, les auteurs, les autres blogueurs). Puis la création du blog quelques mois plus tard… Ça a été très vite après !

GVL : Mais alors ! Combien par semaine, par moi, par ans ?

C’est variable, entre 1 et 5 (record absolu, et c’était pas des feuillets ! LOL) par semaine. Parfois il peut m’arriver de mettre 15 jours pour en lire juste un (surtout quand t’as SMEP qui tombe en plein dedans, par exemple !) Je crois que mon record mensuel c’est 12. Pour l’annuel j’ai arrêté de compter… plus le temps ! LOL Mais en tout cas, je peux pas enchaîner un livre/jour indéfiniement. Déjà j’ai pas le temps, j’ai plein de passions prenantes et j’ai besoin d’alterner pour me sentir en équilibre (oui, je suis balance aussi, ça n’aide pas).

GVL : Lis-tu en numérique ou préfère-tu le livre papier ?

Bah en fait j’ai pas encore de liseuse. Pourtant c’est pas faute d’en quémander une à mes proches à chaques fêtes… j’espère que cet oubli sera réparé d’ici la fin de l’année ^^. Je pense que je continuerai à privilégier le papier, le numérique sera là surtout pour les SP car je n’aime pas profiter de la générosité des maisons d’édition (et pour moi c’est pas un concours pour meubler gratos mes bibliothèques, surtout que ça prend grave de la place !). Le numérique me permettra aussi d’embarquer mes bêta-lectures et de pouvoir continuer à travailler dans le comité de lecture car lire sur PC, franchement, c’est plus possible pour moi. Ou alors pour dénicher de vieux classiques tombés dans le domaine public (je perds par le nord, hé ! Hé !)

 GVL : Parle-moi du salon.
Comment vous est venue l’idée de le créer?

Gaylord Kemp, mon prédécesseur, était passionné de polar & fantastique. Il a voulu créer son propre salon, et comme la ville cherchait à lancer un salon du livre et que Gaylord avait les contacts dans le domaine de l’édition (de par son blog littéraire), ça s’est fait tout seul.

 GVL : Avez-vous  monté une assos.

Non, Gaylord (et moi) nous sommes greffés à l’Office Culturel de Noeux-Les-Mines qui est une association liée à la mairie de la ville. Sans eux, les Mines Noires ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui d’ailleurs, car avec la librairie partenaire – La Ruche aux Livres  –  libraire à  Wavri- ils assurent côté logistique !

GVL : Ah oui, dis moi pourquoi ce nom Noeux les nimes

Le nom du salon c’est LES MINES NOIRES.

GVL : oups ! et re-oups

C’est un hommage au nom de la ville, Noeux-Les-Mines, mais aussi au fait que sur le lieu du salon se trouve un ancien puits de mine et le Musée de la Mine. Enfin, les mines pour les plumes, noires… ou les visages noirs… on peut y voir tout un tas de sens détournés en fait !

 

GVL : Et oui, bien vu, les mines, le charbon, les gueules noires… Mais dis-moi, ! Comment prépare-ton un salon ?

En sacrifiant sa vie personnelle ! (rires). Non, c’est vrai en plus ! Faut dire aussi que pour ma 1ère organisation l’année dernière je n’ai eu que 4 mois pour tout lancer… bonjour l’angoisse ! On y met toute sa passion, toute son énergie. Et puis une bonne dose d’organisation car faut rien louper. J’y suis allée à l’instinct, je n’avais aucune expérience à vrai dire. Le jour J ça s’est passé comme dans un rêve, ça m’a aussi permis de voir ce qui pouvait être amélioré, du coup pour l’édition 2018 j’ai décidé, en commun accord avec mes collaborateurs, de m’y prendre un an à l’avance. Et j’avoue que je préfère de très loin cette organisation-là !

GVL. Comment cherche-t-on des partenaires ? Et quels sont-ils ?

Ce sont surtout des maisons d’éditions. Car la ville, l’Office Culturel et la librairie partenaire mettent la main à la pâte. Mon rôle c’est de coordonner la venue des auteurs avec les maisons d’éditions et de constituer une dotation pour le concours de nouvelles, et là prochainement pour le Prix Découverte qui sera inauguré en février 2018. Pour ça ce ne sont pas les mêmes partenaires… du coup je vais tenter de fédérer sous notre bannière de plus “gros” partenaires…

Je peux aussi dire que certains blogs seront associés à l’événement, certains iront même jusqu’à intégrer les différents jurys et comités de lecture (concours de nouvelles, Prix Découverte…)

GVL : Comment on le finance ?

Avec une association partenaire, le concours de la ville et l’investissement d’un super libraire ! Par le sponsoring avec les maisons d’éditions : négocier les frais de transports des auteurs par exemple. Car on tourne sans subventions, il faut le dire. Le budget est vraiment dérisoire en comparaison d’autres salons. Après c’est la communication, le réseau pro, les réseaux sociaux, le bouche à oreille qui font le reste.

GVL : L’échéances arrive, comment te sens-tu ?

À 7 mois de l’événement je te dirais que pour l’heure ça va. J’ai encore de la marge et j’ai déjà pris pas mal d’avance… je dois juste veiller à ne pas me laisser déborder et à maintenir le cap ! ^^

GVL : Quelles énergies demande un tel projet ? Quel investissement ?

Énormément ! Durant 4 mois ça a été sacrifier tout mon temps libre, mes pauses, une partie de mes nuits… j’ai cru devenir folle plus d’une fois ! J’ai voulu renoncer tant de fois ! Encore aujourd’hui je m’interroge : combien de temps encore vais-je pouvoir tenir comme ça ? Parce que pendant ce temps-là, je n’écris plus et ça me bouffe… Mais qui pour me remplacer ? Beaucoup d’interrogations, en somme… et les gens qui te réclament ça te remotive, alors on tient le coup et on se dit que tant que les gens seront contents d’y venir ça vaut tous les sacrifices du monde, pour encore un temps.

GVL : Comment choisi-t-on les auteurs invités ?

.Pour la précédente édition, j’avoue que j’avais tellement peur de ne pas avoir assez d’auteurs que j’ai dit oui à des auteurs que je n’avais jamais lu. Et je l’ai regretté. Parce que j’ai découvert que j’aimais conseiller les visiteurs sur le salon. Beaucoup m’ont demandé quoi leur conseiller en fonction de leurs goûts, et je n’ai pas aimé le fait de ne rien connaître de tel ou tel auteur (à part les quelques lignes de sa bio).

Du coup cette année j’ai changé mon fusil d’épaule et je sélectionne uniquement sur lecture. C’est plus de boulot mais au moins, même si je ne retiens pas la candidature d’untel, il aura malgré tout une chronique sur mon blog (ça c’est pour la finalité des SP car il y a des auteurs que je connais depuis un bail et dont j’ai lu les livres par moi-même). Ça me permet aussi de maintenir ma ligne éditoriale : du noir avant tout ! Et de donner leur chance à des auteurs qui ne sont pas encore venus. Par contre, le revers de la médaille c’est de devoir dire non à des amis (genre non à plusieurs auteurs qui ont participé à toutes les éditions). Et puis t’as le truc incroyable : une grosse maison d’édition parisienne que tu rêvais d’inviter (mais t’as pas osé) qui te contacte d’elle-même ! Ce jour où tu reçois LE mail dans lequel l’attaché de presse de propose ta wish list et t’as plus qu’à piocher ! Le genre de miracle que tu pensais pas possible !

GVL : Quelle est la logistique à mettre en place ?

On se répartit les tâches : l’OMC (l’Office Municipal Culturel) se charge de faire valider auprès de la mairie le budget de l’hébergement des auteurs. L’association prend en charge certains frais. Les installations le jour J sont celles de la ville, et le libraire contribue également pour d’autres frais. On se répartie les tâches. De mon côté c’est la communication, le graphisme, les concours & Prix, la coordination auteurs/maisons d’édition. Grosso modo c’est comme ça que tournent les Mines Noires. On est quand même sacrément chanceux de pouvoir jouir de telles installations et de pouvoir compter sur de tels partenaires. Face au succès grandissant du salon (la dernière édition a été celle de tous les records), la ville a su voir le potentiel de cet événement et a décidé de s’impliquer davantage…

GVL :  En fait tu l’auras compris je veux tout savoir.


….Ouais, un peu trop d’ailleurs ! Je peux pas tout dévoiler non plus !

GVL : Que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?


C’est juste démentiel !!! Après je ne sais pas si j’ai le recul nécessaire puisque je lis ce genre depuis peu (3 ans). Mais j’ai quand même l’impression que ce genre n’était pas autant en vogue par le passé. Il me semble que ça a explosé côté auteurs et collections ! C’est génial en tout cas, ça montre qu’un genre dit populaire peut envoyer du lourd et retourner les consciences des lecteurs dans le bon sens. Certains thrillers (pour moi) sont bien plus efficaces que des livres de développement personnel ou des manuels de psychologie !

GVL : Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ?

1 préféré ? Mais c’est pas possible ! Ça dépend des jours… (rires) et de quelle personnalité est aux commandes dans ma tête (re rires).

En ce moment, le nom qui me vient c’est Neil Gaiman, pour son univers halluciné tellement proche du mien, et son originalité.

5 romans :

American Gods, de Neil Gaiman

Le 5ème Règne, de Maxime Chattam

Soul of London, de Gaëlle Perrin Guillet

– Aliss, de Patrick Senécal

La nuit n’est jamais complète de Niko Tackian

GVL. As-tu une anecdote à nous raconter ?

Oui ! J’ai été dans la peau de Franck Thilliez pendant 3 heures le 10 mars 2017 !

J’ai participé au recueil de nouvelles USA DREAM (projet éducatif de Lens) aux côtés d’auteurs reconnus de la région mais pas que (Gaëlle Perrin-Guillet, Emmanuel Prost, Gaylord Kemp…) sous le pseudonyme de Ben Mitchell. Lors du lancement du recueil avec les auteurs, en 3 heures on a tous dédicacé à la chaîne près de 150 livres ! Ce fut dingue pour moi de vivre ça pour ma 1ère séance de dédicaces ! Et deux jours plus tard, j’ai rempilé à Polar Lens où je n’étais pas invitée mais comme j’étais avec le collectif USA DREAM j’ai pu m’intercaller entre 2 auteurs invités et dédicacer sur ce salon reconnu !

GVL : Un coup de gueule à lancer ?

Oui, et un gros !

Marre des gens qui ne veulent pas commander leurs livres dans leur librairie (quand ils en ont une suffisamment proche de chez eux) et préfèrent les sites de ventes en ligne ! Presque tous les jours j’y suis confrontée au boulot, et peut-être que si les gens arrêtaient de courir et s’y prenaient un minimum à l’avance on pourrait faire perdurer nos librairies ! D’ailleurs, c’est un peu à cause de ça qu’une librairie spécialisée dans le polar, le thriller & le noir – HUMEURS NOIRES – à Lille (quand même) a mis la clé sous la porte il y a tout juste quelques jours. Et ça fait grave chier de voir ça car son concept était super original et le librairie reconnu unanimement dans la profession et plébiscité par les lecteurs. Mais voilà… quand on est trop petit on a du mal à faire le poids contre les gros mastodontes.

Alors, merde ! Chez votre librairie vous ne payez pas plus cher et en prime on peut vous conseiller des livres qui sortent des sentiers battus ! Y a pas que les gros qui comptent ! Ça aussi j’y suis confrontée régulièrement : si le bouquin n’est pas passé à la télé ou dans le journal on n’ose pas y aller car on connaît pas la maison d’édition ! La qualité d’un bouquin ne se mesure pas au prestige de son éditeur !

GVL : Oh merci pour coup de gueule Béné. Merci pour ces quelques confidences,aussi !!!
Et pourrais-tu, pour le blog et pour nos lecteurs qui comme moi ne pourront s’y rendre, nous faire un petit compte rendu de votre premier salon.

Concernant mon 1er SMEP l’article en est encore au stade de brouillon. J’ai beaucoup de mal à le terminer, et peu de temps aussi mais il viendra, c’est promis !

GVL.  non je te parlais de Mines Noires. Mais SMEP ça me va parfaitement ! Alors du coup ! As-tu une anecdote à nous raconter ?

Concernant SMEP 2017 ?

Oui, et une belle !

Je rêvais de rencontrer Gérard Collard, et même de pouvoir avoir une photo, entre libraires & organisateurs de salon (parce que Gérard Collard avait partagé l’affiche de la 3ème édition des Mines Noires et ça m’avait beaucoup touchée  et puis j’aime son côté libraire rock n’roll !) Au détour d’un plateau sur la scène de la Griffe Noire on a pu l’intercepter. J’ai pu me présenter et alors que je le remerciais pour sa passion communicative et lui disais qu’il était un modèle pour nous, libraires, il a refusé cela et rétorqué qu’on était tous les maillons d’une chaîne. Je me suis sentie appartenir à une belle famille, voilà tout, c’était un super moment !

GVL : Un coup de gueule à lancer ?

Toujours pour SMEP ?

A part les allées trop étroites, non. C’était parfait !
Et pourrais-tu, pour le blog et pour nos lecteurs qui comme moi ne pourront s’y rendre, nous faire un petit compte rendu de votre premier salon

Oups, y a redite, je crois que j’ai pas capté que c’était deux fois les même questions ! LOL Bon, ben tant pis, t’as deux anecdotes et deux coups de gueule, hé ! Hé !

GVL : Moi ça me va ! Et j’avoue avoir adoré papoter avec toi Béné ! 

Alors pour poursuivre cet entretien vous pouvez vous rendre sur ces différents sites.

Celui du salon des Mines Noires 

Le blog de Bénédicte 

La page Facebook du Salon

Et prenez rendez-vous dès maintenant

Le prochain salon Mines Noires c’est le 11 février 2018 😛

Et…A très vite sur notre Blog

La fille dans le brouillard de Donato Carrisi


Le livre : La fille dans le brouillard de Donato Carrisi.  Traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza. Paru le 31 août 2016 chez Calmann-Levy.  20€50 ;  (316 p.) ; 23 x 15 cm

4e couv :

Anna Lou est une jeune fille exemplaire. Alors pourquoi aurait-elle fugué la veille de Noël ? Ou serait-ce un kidnapping ?

Mais qui lui voudrait du mal dans son paisible village des Alpes ? Le commandant  Vogel, star de la police, est envoyé sur place.

Entouré de sa horde de caméras, il piétine. Aucune piste, aucun indice ne s’offre à lui. Devant ses fans, il ne peut pas perdre la face.

Vogel résistera-t-il à la pression de son public qui réclame un coupable ?

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.
 

Emilie délivre son avis

 

Je reviens sur ces page avec un gros coup de cœur :

❤️La fille dans le brouillard de Donato Carrisi ❤️

Un livre différent, à lire absolument ❤️

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Une enquête à priori banale.
Une ado qui disparaît. Une famille désespérée.
Un petit village où la police n’a pas l’habitude de ce genre d’affaires.
Un flic connu, appelé sur place pour retrouver la jeune fille, déterminer ce qu’il s’est passé.

Mais rien ne va se dérouler comme prévu.

Vous allez découvrir un thriller bluffant, surprenant, plein de rebondissements.
On croit avoir tout compris mais on se fait balader du début à la fin. Et quelle fin !!

On a peur , on enquête, on hésite, on se perd, on doute, on est horrifié.

Une sacrée histoire, par un des maîtres du genre.

Je sais pas de Barbara Abel


Le livre : Je sais pas de Barbara Abel. Paru le 6 octobre 2016 chez Belfond. 19€90 ; (429 p.) ; 23 x 14 cm

 

4ème de couv
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme…

Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar.
Une enfant de cinq ans a disparu.
Que s’est-il passé dans la forêt ?
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme.
Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?

 

 

 

 

Biographie de l’auteur
Née en Belgique en 1969, Barbara Abel est passionnée de théâtre et de littérature. À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre. Pour son premier roman, L’Instinct maternel (Le Masque, 2002), elle a reçu le Prix du Polar de Cognac. Aujourd’hui, ses livres sont adaptés à la télévision, au cinéma, et traduits dans plusieurs langues. Après L’innocence des bourreaux (Belfond, 2015), Je sais pas est son onzième roman.

Extrait :

« Cet échange de regards n’a pas échappé à Camille qui en ressent une profonde détresse. Se peut-il que sa propre fille se méfie d’elle ? Est-il possible qu’elle soit à présent tributaire de l’autorisation de Patrick pour pouvoir prendre son enfant dans ses bras ? »

Le petit avis de Kris

Je sais pas de Barbara Abel

 

Le jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons, la petite Emma disparaît. Son institutrice Mylène finit par la retrouver à la nuit tombante dans une cavité. Piégée à son tour, l’institutrice parvient à hisser la fillette sur ses épaules, laquelle s’échappe et court rejoindre le groupe. Mais Mylène reste introuvable et Emma ne sait pas indiquer où se trouve sa maîtresse.

 Barbara a le don de vous fiche les miquettes !! Et de plus en vous affichant deux visages d’anges, et sur la couverture et le sien. Les miquettes parce que ses histoires peuvent toujours se produire dans la vraie vie (d’ailleurs, quelquefois je me sens un peu voyeuse) Cette si jolie petite fille avec ce visage d’ange ne peut qu’attirer l’œil et donner l’envie de la protéger. En réalité c’est elle qui va vous attirer dans son jeu et vous déstabiliser. Encore une belle réussite au tableau de notre Belge préférée.

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras le père de Sandrone Dazieri.  Traduit de l’italien par Delphine Gachet . sortie en poche chez Pocket  le 13/10/2016.

4e de couv : 

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

 

L’auteur :

Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

 

Le OFFde OPH

Petite baisse de régime ces derniers temps, plus d’activités au milieu d’êtres humains doués de sociabilité et donc moins de temps pour lire 😉

Toutefois je ne pouvais pas ne pas faire un retour de ce thriller psychologique d’un auteur italien que j’ai eu la chance de rencontrer brièvement à Saint Maur en Poche!

Sandrone Dazieri nous offre avec « Tu tueras le Père » un polar bien noir, captivant et des personnages à la personnalité marquée.
Qu’il s’agisse de Colomba, la flic torturée ou Dante le « consultant » hors normes, leurs histoires ne pourront que vous toucher, voir vous émouvoir.

Non loin de Rome, un père affolé est interpellé par deux policiers. Il explique alors que son fils de 8 ans a disparu… en cherchant le fils, le corps de sa mère, décapitée, sera retrouvé au fond d’une clairière.
Colomba Caselli est alors mise sur l’affaire de manière « sauvage » et elle sera épaulée par un consultant particulier: Dante Torre. Ce spécialiste en disparitions a lui même été kidnappé à l’âge de 6 ans et séquestré dans un silo à grains de nombreuses années. Son seul contact avec le monde, son geôlier qu’il appelle « Le Père ». Et sur cette disparition Dante en est persuadé, Le Père est de retour »

Je vous recommande vivement de vous lancer à la poursuite du « Père » avec Colomba et Dante, de faire connaissance avec ces deux personnages qui m’ont touché, parfois fait rire mais aussi naître des larmes au bord des yeux. Plus que des personnages de roman ils ont pris vie dans mon esprit au point qu’il m’est difficile de les quitter.

L’intrigue, complexe, est bien construite, difficile de deviner les faits ou l’identité du Père par anticipation, le voile du mystère ne se soulève qu’en fin de roman.

Un très très bon polar!

Pas d’autre roman ouvert ce soir… j’attends impatiemment mon très cher facteur et les trois romans de James Osmont! Envie de plonger dans un nouvel univers, de flirter avec la folie avec sa trilogie psychiatrique…

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la chronique de Ge sur Tu tueras le père

« Polar culte », chez Folio, vous connaissez ?


Il est vrai que sur ce blog nous vous parlons bien souvent de premiers romans et souvent aussi d’auteurs actuels. Il y est peu souvent question d’auteurs majeurs, ayant fait les beaux jours du polar.

C’est vrai aussi qu’il y a des blogueurs et des spécialistes qui font ça bien mieux que moi ! Pour autant ces auteurs ont fait de moi la lectrice que je suis aujourd’hui. C’est à travers ces classiques du polar que j’ai fait mes classes, que je me suis construit une culture polar.

Alors aujourd’hui je vais vous en présenter quelques-uns à travers l’appellation « Polar Culte » de la collection Folio de chez Gallimard. Afin de faire découvrir à de nouvelles générations de lecteurs les auteurs « classiques » de polar, Folio Policier a demandé à des auteurs d’aujourd’hui de présenter le « polar culte » de leur choix. Cette nouvelle collection a vous le jour début 2014

« Polar culte », c’est une sélection de « classiques » du genre, choisis et présentés par des auteurs passionnés : James Sallis présente Le petit bleu de la côte ouest de Manchette, François Garde, Tout pour plaire de Chester Himes, Patrick Pécherot, Touchez pas au grisbi ! d’Albert Simonin. Également au programme d’octobre, Nathalie Kuperman présente Les mois d’avril sont meurtriers de Robin Cook et Thierry Bourcy, Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman.

#Polars cultes à (re)découvrir d’urgence !

 

Voici une petite sélection

Björn Larsson « Le Cercle celtique »

Björn Larsson Le Cercle celtique, présenté par Heinrich Steinfest

 Le cercle celtique  de Björn Larsson. traduit du suédois par Christine Hammarstrand. un roman présenté par Heinrich Steinfest.  Paru le 16 janvier 2014. 8€70 ; (454 p.) ; 18 x 11 cm

Un voilier vogue au large de l’Écosse. Bravant les rigueurs de la mer du Nord en plein hiver, ses deux passagers se dirigent vers des périls sans nom. Car plus effrayants que la nature déchaînée sont les dangers dont les hommes les menacent. Poursuivis sur les mers par des inconnus, volés, espionnés, ils n’en sont pas moins déterminés à découvrir la clé de la malédiction qui pèse sur MacDuff et Mary, amoureux en fuite. À découvrir surtout le secret du Cercle celtique, avec ses mystérieux rites meurtriers.

Du Danemark aux îles Hébrides, de tempête en bourrasque, de surprise en révélation, les deux aventuriers de la mer vont accomplir un étonnant voyage et mettre au jour quelques sinistres vérités…

Né en 1953, Björn Larsson a reçu le prix Médicis étranger en 1999 pour Le capitaine et les rêves. Comme le héros du Cercle celtique, il a vécu plusieurs années sur son bateau, le Rustica, et a navigué au large de la Bretagne, de l’Écosse et de l’Irlande.

 

Sébastien Japrisot « Compartiment tueurs »

Sébastien Japrisot « Compartiment tueurs », présenté par Paul Colize

Compartiment tueurs de Sébastien Japrisot. Présenté par Paul Colize. Paru le 13 mars 2014. 8€20 ; (272 p.) ; 18 x 11 cm

«Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez-vous des rencontres.
Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un à un tous vos voisins, méfiez-vous tout court.
Si vous n’êtes pas vous-même l’assassin, c’est embêtant !»

Une femme est retrouvée étranglée dans un compartiment de train. Ses voisins sont tous assassinés les uns après les autres.

« J’aime beaucoup qu’il y ait un mécanisme policier. Je ne suis pas du tout humble en cela. Je crois que cela demande beaucoup de courage, beaucoup d’astuce. On peut être très fier. Ce n’est pas un genre mineur. Sûrement pas. Vous connaissez la phrase de Chesterton ? Elle est un peu exagérée mais révèle quelque chose de vrai comme toutes les choses exagérées :  » L’essence du roman policier consiste en la présence de phénomènes visibles dont l’explication est cachée.  » Et c’est là, si l’on y réfléchit, l’essence de toutes les philosophies. »
Sébastien Japrisot, Ellery Queen Mystère Magazine, janvier 1972

À dix-huit ans, Sébastien Japrisot publie son premier roman, Les mal partis, sous son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi). Après avoir écrit directement pour le cinéma, il revient à la littérature avec L’été meurtrier. Il est l’auteur de nombreux romans qui ont tous connu le succès dont Un long dimanche de fiançailles. Sébastien Japrisot, disparu en mars 2003, est l’un des auteurs français les plus populaires à l’étranger.

Lire ICI le début de Compartiment tueurs

Touchez pas au grisbi d’ Albert Simonin

Touchez pas au grisbi d’ Albert Simonin. Présenté par Patrick Pécherot avec une préface Pierre Mac Orlan. Paru le 12 juin 2014  dans la collection Folio policier. 8€20  ; (285 p.) ; 18 x 11 cm

«Le grisbi, fallait jamais le montrer, jamais en parler, jamais donner de tentations avec, faute de quoi une foule d’innocents se mettaient à avoir des mauvaises pensées.»

Max et Riton, deux truands, ont commis un vol de 50 millions en lingots. Les ennuis commencent pour eux quand Riton parle du magot à sa petite amie.

 «Il est des livres qui marquent leur temps. Le Grisbi est de ceux-là. Avec lui Albert Simonin inventait un mythe comparable à ceux venus d’outre-Atlantique sous les traits du privé désabusé ou du cow-boy solitaire. Création littéraire, le truand de Simonin aura, comme eux, sublimé la réalité qui l’a inspiré au point de s’y substituer.»
Patrick Pécherot.

Après avoir exercé divers métiers (électricien, fondeur, maroquinier, journaliste, taxi de nuit…), Albert Simonin a près de cinquante ans lorsque paraît Touchez pas au grisbi ! en 1953. Il s’illustrera comme scénariste-dialoguiste de cinéma auquel il laissera quelques oeuvres notoires qui donneront quelques films inoubliables : Touchez pas au grisbi !, Les aventures d’Arsène Lupin, Le cave se rebiffe, ou encore Les tontons flingueurs.

Le petit bleu de la côte Ouest de Jean-Patrick Manchette

Le petit bleu de la côte Ouest de Jean-Patrick Manchette. Présenté par James Sallis.Paru le 16 octobre 2014.6€50 ; (187 p.) ; 18 x 11 cm
Georges Gerfaut, un cadre commercial, est témoin d’un accident automobile et emmène le conducteur blessé à l’hôpital. Ce dernier meurt. Un peu plus tard, lors de vacances en famille, deux hommes tentent d’assassiner Georges.
Le malaise des cadres, c’est pas rien! Vous avez femme, enfants, bagnole, télé, et voilà que vous vous sauvez. Tout ça parce que deux rigolos essaient de vous flinguer. Et vous savez même pas pourquoi. Un jour, camarade, il faudra quand même comprendre.

Le petit bleu de la côte Ouest

 » Jamais auparavant, ou depuis, je n’ai si ouvertement rendu hommage à un auteur qui m’a influencé au point que nos souffles ne fassent plus qu’un.

Les intrigues de Manchette – les squelettes à l’intérieur desquels le coeur de ses ouvrages est accroché – sont dépouillées, essentielles, archétypales. Vengeance, fuite, les ultimes boulots de tueurs, des quêtes désespérées, des gens ordinaires tombant par des trappes dans des mondes insoupçonnés et violents… Il raconte des histoires simples : voilà ce qui est arrivé.

À l’ère de l’hyperbole et de la poudre aux yeux, les romans de Manchette ont la décence et la grâce peu ordinaires de paraître beaucoup plus simples qu’ils ne le sont : de signifier beaucoup plus qu’ils en disent. « 
James Sallis

 

Jean-Patrick Manchette était passionné de jazz, de cinéma et de littérature. Il a su, en précurseur, trouver le ton des grands romans noirs où se mêlent aventures, critique sociale et peinture de la vie quotidienne.

 Raymond Chandler  /Un tueur sous la pluie

novChandler, Raymond /Un tueur sous la pluie Suivi de Bay city blues et de Déniche la fille.Gallimard Folio. Policier, n° 537; 7€70
Un détective reçoit la visite d’un homme qui lui demande d’arracher sa fille des mains d’un mauvais garçon spécialisé dans les livres pornographiques et le chantage. Il avoue également ne pas être le père biologique de sa fille et caresser l’espoir de l’épouser un jour. Le privé ne tarde pas à découvrir le maître chanteur tué chez lui. Une nouvelle suivie de deux autres histoires policières.
Voici trois nouvelles – et trois autres suivront bientôt – écrites par un homme qui faisait alors partie de la légendaire équipe de Black Mask, le plus connu des magazines américains qui créèrent le style propre aux ouvrages de la Série Noire. Elles seront accueillies très certainement avec joie par tous ceux qui tiennent Raymond Chandler pour un des plus grands écrivains des Etats-Unis. Elles prouveront, en tout cas, qu’il était, dès cette époque, en pleine possession de son talent de «raconteur». Chandler «chauffe» toujours !

 

Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman

 

Le peuple de l’ombre de Tony Hillerman.Traduit de l’américain par Jane Fillion. Présenté par Thierry Bourcy. Paru le 8 octobre 2015. 8€20; (258 p.) ; 18 x 11 cm

 

Le Peuple de l’Ombre

Jeune sergent de la Police tribale, Jimmy Chee est engagé par la richissime Rosemary Vines pour retrouver un coffret que lui aurait volé le Peuple de l’Ombre, une secte navajo. Mais, le lendemain, le mari de Rosemary lui demande d’abandonner ses recherches… Il n’en faut pas plus pour éveiller la curiosité de Jimmy Chee qui se lance dans une enquête où il sera obligé de confronter sa culture ancestrale au monde des Blancs.

Qu’est-ce donc qui fait mourir tous ces Indiens Navajo, jadis miraculeusement épargnés lors de l’explosion d’un puits de pétrole? C’est ce que se demande Chee, le policier de la réserve indienne, sans se douter que son enquête le met en grand danger de mort.

« Avec Le Peuple de l’Ombre,j’ai retrouvé le plaisir, la jouissance qui m’avaient fait dévorer les nombreuses aventures de Jim Chee et de Joe Leaphorn, les deux policiers navajos. »
Thierry Bourcy

Tony Hillerman est né en 1925 en Oklahoma et mort en 2008 au Nouveau-Mexique, Tony Hillerman était passionné par la culture navajo. Son oeuvre a été récompensée par de nombreux prix.

 

Voilà, six auteurs a découvrir de toute urgence. Et en plus d’êtres d’excellents polars tous dans leur genre, les couvertures sont vraiment très attractives, vous ne trouvez pas ?

 

Aussi je reviendrai vous voir avec d’autres titres de cette collection Polar Culte chez Folio.

Le temps pour moi de me replonger dedans !

 

Jeremy Cobhan de Filippo Della Croce


Bonjour à vous tous, aujourd’hui notre psychopathe du polar nous propose une chronique un peu différente. Elle l’a couplé d’un petit entretien avec l’auteur.

Mais je vous laisse découvrir tout cela avec Marie Noëlle

Le livre : Jeremy Cobhan  de Filippo Della Croce. Paru le 9 janvier 2017 chez Slatkine. 29€ ; (325 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Un jour de mai, dans une petite ville de Nouvelle- Angleterre, un père de famille décède dans un accident de voiture. Au même moment, son enfant de neuf ans disparaît alors qu’il joue avec un copain sur le parking d’un restaurant. Y a-t-il un lien entre les deux drames ? Face à des investigations qui piétinent, l’oncle de l’enfant, jeune avocat, décide de retrouver son neveu.

 

La Chronique de Marie-Noëlle sur

JEREMY COBHAN par FILIPPO DELLA CROCE 

Editions SLATKINE / 325 pages

 

Dans un premier temps, laissez moi vous présenter Filippo

 

Né en Italie en 1975 de mère Suisse et de père Italien, ingénieur en environnement diplômé de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne en 2001. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Portovenere, village pittoresque de la région des Cinq Terres en Italie avant de m’établir sur les rives du lac Léman pour poursuivre mes études. Je vis actuellement à la Tour-de-Peilz dans le canton de Vaud, avec mon ami Jules, de nationalité américaine.

 

 

 

 Pourquoi l’écriture, quel est ton parcours ?

J’ai toujours rêvé d’âtre écrivain, un peu comme les enfants rêvent de devenir pompier ou danseuse. Évènement déclencheur : longue convalescence chez moi suite au diagnostic de leucémie en 2008 et deux greffes de moelle en 2009 et 2013. J’ai pu me dédier exclusivement à l’écriture de Jeremy Cobhan pendant une année.

Que lis tu ?

Presse écrite essentiellement. Je ne suis pas un lecteur de romans. Pour mon écriture je m’inspire essentiellement de mon vécu,  Je me passionne de cinéma, de séries TV et de documentaires en tous genres.

 Pourquoi un polar ?

J’ai toujours eu un côté un peu noir, de plus j’aime mettre au profit l’esprit rationnel de l’ingénieur que je suis dans la construction d’intrigues complexes. Mon histoire se passe aux EU, en Nouvelle Angleterre, région que je connais pour y avoir vécu plusieurs mois lors de l’élaboration de mon travail de diplôme en tant qu’étudiant invité à l’Université de Harvard, à Boston, entre 2000 et 2001.

 Une suite à J Cobhan ou tout simplement un autre polar ?

Un autre roman certainement. Un polar, très probablement. La suite de Jeremy Cobhan, peut-être. Je suis en pleine réflexion, notamment en ce qui concerne les possibilités d’amélioration de mes techniques narratives (structure, personnages, style).

 

EXTRAIT 

 …Jeremy avait toujours été un enfant peu bavard. Il passait des heures dans sa chambre à dévorer des bandes dessinées ou feuilleter des revues d’animaux. Il était passionné de faune marine et rêvait de voir les baleines. Ses questions inattendues m’amusaient. Elles étaient à chaque fois un vrai défi : « Où sont les moustiques en hiver ? » « D’où viennent les étoiles filantes ? ».
Un jour, à l’âge de 4 ans, il m’avait demandé pourquoi je sortais avec un garçon. Sa question m’avait pris de court. J’avais improvisé une réponse qui m’avait laissé songeur : « Le monde serait bien triste s’il n’y avait qu’une sorte de fruit. Eh bien, c’est la même chose avec les gens. Si l’on était tous pareils, ce serait moins intéressant, tu ne trouves pas ? » Il avait semblé comprendre avec le plus grand naturel……..

 

 Mon AVIS

 Mai 2013, Rockport près de Boston, Nicholas COBHAN et son fils Jérémy de 9 ans ont disparus.

La voiture de Nicholas est retrouvée au fond d’un ravin et son corps gît non loin de là. Mais où est passé Jérémy ?

Thomas, avocat et frère de Nicholas décide d’enquêter pour retrouver son neveu et peu convaincu de l’accident va tout faire pour élucider ce mystère face à la passivité de la police locale.

 Dans un premier temps je dois dire que j’ai lu le manuscrit de Filippo en Juin 2015 pour une maison d’édition qui n’a jamais daigné répondre, c’est pourtant pas compliqué : OUI / NON (il suffit de cocher la case !) Bon ça c’est mon côté « italienne » et puis il faut dire les choses M’ENFIN !

Voici un premier roman/polar qui ne laisse pas de marbre puisque Filippo traite de l’homophobie entre autres, ce qui est rare !

Les personnages, j’aime bien la façon dont ils sont présentés bien que certains méritent d’être un peu plus exploités.

Beaucoup de sentiments dans ce livre sont exprimés et de ce fait touchants de part leurs réalités.

On ne reste pas non plus insensible aux paysages que l’auteur connaît bien et de ce fait très bien exprimés.

L’intrigue est bien menée et suscite de l’intérêt dès le départ, avec une fin bien imaginée.

En résumé, je pense que ce premier polar peut faire des bébés. Filippo est quelqu’un de très sensible et son écriture s’en ressent. Je lui souhaite beaucoup de succès car il le mérite et j’attends la suite……

 

Comme de longs échos de Eléna Piacentini


Le livre : Comme de longs échos de Eléna Piacentini. Paru le 24 août 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (288 p.) ; 22 x 15 cm

Présentation de l’éditeur

 » L’histoire est un perpétuel recommencement.  » disait Thucydide. Les faits divers, aussi.
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à DIPJ de Lille. Un marie en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elle, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…

L’auteur : Auteur et scénariste, Elena Piacentini est née à Bastia et vit à Lillie, comme les héros de ses livres. Leoni, le commandant de police à la section homicide de la PJ, qu’elle a créé en 2008, a été finaliste des sélections du prix des lecteurs Quai du polar/20 minutes et du grand prix de littérature policière pour l’une de ses aventures (Des forêts et des âmes, Au-delà du raisonnable, 2014 ; Pocket, 2017). Inspiré d’un fait divers, Comme de longs échos met en selle une nouvelle héroïne : Mathilde Sénéchal à la DIPJ de Lille.

 

Extrait :
J’étais dans ma famille comme un voyageur dans un hôtel de longue escale, apprivoisant ses repères spatiaux, aimable avec le personnel, mais isolé des choses et des êtres par les ailleurs qui sont les semelles de sa vie, le sable de ses pensées.
Avec la conscience de ma différence s’est imposée la nécessité de paraître semblable.
En ce domaine, j’ai développé des compétences d’expert en close-up . Ce que j’étais incapable de produire de manière innée, je le fabriquais par mimétisme, avec cette touche créative qui tient du génie de l’illusion. Ainsi ai-je réussi à donner le change sans que cela me coûte d’effort. Avec le temps, j’y ai même pris du plaisir. Le jour, j’endossais les multiples rôles auxquels nous contraint le frottement avec ces autres dont j’avais pris le déguisement.
Les nuits étaient toutes miennes et j’étais à la nuit.

 

 

Le coup de coeur de votre bibliothéquaire

 

Une femme est retrouvée étranglée dans son propre lit par son mari. Ce dernier est en état de choc. De plus, leur fils de quelques mois est introuvable. Un ancien policier sort de sa retraite pour enquêter sur cette affaire qui lui semble bien trop similaire à une autre qu’il a menée plusieurs années auparavant. Cela l’amène à faire la rencontre la mystérieuse Mathilde Sénéchal.

Eléna Piacentini nous revient mais cette fois point de commandant Léoni. Non, pas cette fois car Elena publie chez un nouvelle éditeur. Et oui, Fleuve éditions a eu l’excellente idée de la recruter. Bon il y en mis le temps, il y a déjà quelques paires d’année que l’on connait le talent d’Elena ici. Et il nous paraissait étonnant qu’on ne lui fasse pas du pied plutôt du coté des grands groupe éditoriaux. Voilà c’est chose faîte.

Pour autant notre auteur étant une personne de coeur et surtout quelqu’un de fidèle les restera chez son éditrice de coeur, auprès de Véronique Ducros et les éditions Au-delà du raisonnable avec les prochaines aventures de la bande à Léoni.

Elena change d’éditeur mais ne chance en rien son style. On retrouve avec plaisir son écriture charnelle et sensuelle mais aussi très cristalline.

Une écriture tactile aussi, on peut comme cela à travers las mots d’Elena toucher , on peut ressentir les sensations, Son écriture est une invitation à nous servir de nos 5 sens et peut-être aussi du 6e. Elle est palpable.

Quand on a en main un bouquin d’Elena Piacentini, on ne tourne pas seulement les pages, non ! On vit pleinement les émotions, on sens les atmosphères, on touche du doigt l’âme humaine. Car en effet notre auteur est de ceux qui savent décortiquer les diverses personnalités. Elle sait camper à merveilles ces personnages. Elle joue à merveille avec leur psychologie. Et avec ce titre Comme de longs échos, elle nous offre à nouveau de magnifiques héros. Auxquels on ne peut que s’attacher.

Il y a Mathilde Sénéchal, l’enquêtrice de ce polar dont l’intrigue démarre par un simple fait divers sanglant.

Mathilde qui a su mettre de coté ses émotions pour mettre en valeur son coté professionnel. Si elle parait cassante c’est pour mieux caché ses fêlures. Ainsi elle a fait des ses failles des forces, sa force. Et des fêlures elle en a c’est certain.

Il y a Pierre Orsalhièr, cet ancien gendarme qui est revenu à la vie civile hanté qu’il est par une vieille affaire.

Il y a le commandant Lazaret, le chef de Mathilde et un peu plus aussi et puis… Il y a Adèle cette jeune fille à laquelle vous ne pourrez pas rester insensible.

Oui, Elena Piacentini à travers son écriture et ses mots nous fait entrer en empathie avec ses protagonistes. Et à travers eux nous entraîne dans une histoire passionnante, complexe et haletante qui trouvera tout son sens à la fin.

Voilà donc un magnifique roman qui aura marqué ma rentrèe littéraire et qui aura su me redonner goût à la lecture.

Merci pour tout cela madame Piacentini !