Beau parleur, Jesse Kellerman

Les livres oubliés de Ge

Dans ma bibliothèque trainent des bouquins, des polars souvent que j’ai commencé à lire, une petite centaine de pages qui m’ont plu et que j’ai ensuite reposé me disant : « ok il est super je le reprendrai tranquillement plus tard quand j’aurai un peu plus de temps pour le savourer à sa juste valeur »

Et bien ce temps est arrivé et j’ai donc retrouvé ce titre oublié depuis bien trop longtemps et je l’ai enfin terminer ou plus exactement lu du début jusqu’au mot fin !

Et voilà donc enfin ma Chronique


Le livre : Beau parleur de Jesse Kellerman, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julie Sibony. Paru le 3 octobre 2012 au Ed. des 2 terres dans la collection Best sellers. 21€50; (343 p.) ; 24 x 16 cm. Réédité en poche chez J’ai lu Thriller  n° 10340  le 8 janvier 2014. 8€. (378 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Tout va mal dans la vie de Joseph Geist. Il est fauché, sa thèse de philosophie patine depuis des lustres et sa petite amie vient de le mettre à la porte. Alors qu’il frôle le désespoir, une annonce dans un journal retient son attention : «Cherche quelqu’un pour heures de conversation». Un boulot de rêve pour Joseph ! Parler, c’est ce qu’il fait le mieux et Alma Spielmann s’avère l’employeuse idéale : vieille dame raffinée, érudite et généreuse qui l’invite même à loger dans sa somptueuse demeure. Seule ombre au tableau, Eric, son neveu bien-aimé, un jeune homme paumé, énigmatique et manipulateur que Joseph prend en grippe instantanément. Pourtant, il est loin de se douter des conséquences néfastes que les manigances d’Eric auront sur le restant de ses jours.

 

L’auteur : Jesse Kellerman est né  à Los Angeles , le 1er septembre 1978. Jesse Kellerman est un écrivain américain de romans policiers.
Il est le fils des écrivains Jonathan Kellerman (1949) et Faye Kellerman (1952). Avant de devenir écrivains, son père était psychologue clinicien et sa mère dentiste.
Il a fait sa scolarité dans des écoles juives orthodoxes et a passé un an dans une école religieuse en Israël.
Puis, il a étudié la psychologie à Harvard (notamment le comportement antisocial), mais il s’intéresse surtout au théâtre et c’est en tant que auteur de pièce de théâtre qu’il débute et qu’il fut récompensé en 2003 du Prix Princesse Grace.
Son agent littéraire l’encourage à devenir romancier.
« Les Visages » (The Genius, 2008) est son premier roman publié en France. Il se déroule dans le milieu des galeries d’art.
Suivront « Jusqu’à la folie » (2011) (Trouble, 2007), « Beau parleur » (The Executor, 2010) et « Bestseller » (Potboiler, 2012).  Il a aussi coécrit des thriller avec son père.
Jesse Kellerman vit à Berkeley en Californie avec sa femme (psychiatre) et leur fils.

 

Extrait : 
Elle avait une voix âgée. Je crus déceler une pointe d’accent, bien qu’il m’eût fallu plus qu’un simple « allô » pour en avoir le cœur net.
– Oui, bonjour, j’appelle à propos de l’annonce dans le Crimson.
– Ah. Et à qui ai-je l’honneur ?
– Joseph Geist.
– Enchantée, monsieur Geist.
– Merci. Moi de même, madame…
Je marquai une pause afin de lui donner l’occasion de se présenter. Voyant qu’elle ne le faisait pas, je poursuivis :
– Je serais curieux de savoir quel genre d’interlocuteur vous cherchez.
– Éclectique avant tout. Pas forcément très catholique en somme. Est-ce ainsi que vous vous décririez ?
– Je crois, oui. Même si, pour votre information, il se trouve que je suis aussi catholique.
Elle rit doucement.
– Je ne vous en tiendrai pas rigueur, allez.
J’aurais parié sur l’allemand, bien que ses inflexions fussent très différentes de celles que j’avais entendues à Berlin. Peut-être venait-elle de la campagne, ou d’une autre ville.
– Mais je ne suis plus pratiquant, ajoutai-je.
– Ah, un catholique repenti, voilà qui est déjà plus à mon goût.
– À votre service.
– Et donc, monsieur Geist, catholique non pratiquant, vous avez vu mon annonce ? Vous êtes étudiant à Harvard, j’imagine ?
Il aurait été trop long de lui expliquer mon statut exact, aussi dis-je, sans trop faire d’entorses à la vérité :
– En thèse, oui.
– Ah bon ? Et dans quel domaine ?
– La philosophie.
Il y eut un léger blanc.
– Vraiment. C’est très intéressant, monsieur Geist. Et quel genre de philosophe êtes-vous ?
Bien que tenté de me faire mousser, je décidai de rester prudent.
– Du genre éclectique, justement.
Nouveau rire au bout du fil.
– Peut-être devrais-je plutôt vous demander quel est votre philosophe préféré.
Je n’avais aucun moyen de deviner ses goûts, aussi voulus-je répondre par une pirouette qui me semblait à même de la provoquer et de l’amuser : « Moi-même, bien sûr. » Sauf qu’en réalité je dis :
– Ich, natürlich.
– Oh, voyez-vous ça, répliqua-t-elle, mais j’entendis un sourire dans sa voix. Je serais ravie de vous rencontrer, monsieur Geist. Êtes-vous libre à quinze heures ?
– À quinze heures… aujourd’hui ?
– Oui, quinze heures aujourd’hui.
Je faillis dire non. Je ne voulais pas avoir l’air trop empressé.
– Oui, ça devrait aller.
– Parfait. Je vous donne l’adresse alors.
Je la notai.
– Merci.
– Danke schön, Herr Geist.

Le post-it de Ge

Beau parleur, Jesse Kellerman

Voici le troisième roman de Jesse Kellerman que je lis après avoir découvert l’auteur en 2009 chez Sonatine. Et il m’avait littéralement scotchée avec les Visages sont premier roman. Il faut dire que chez Sonatine on a souvent eu la primeur de grandes révélations et Kellerman fait partie de ses nouveaux talents découverts. Depuis il a changé de maison d’édition. Mais heureusement pas de traductrice.
Mais alors que nous raconte ce « Beau parleur »
La vie de Joseph Geist change le jour où il est employé par une vieille dame, Alma Spielmann, pour lui faire la conversation. Joseph s’entend parfaitement avec elle et s’installe même dans sa demeure. Mais Eric, le neveu d’Alma, jeune homme énigmatique et manipulateur, commet des actes qui ne seront pas sans conséquences sur la vie de Joseph.
Alors j’ai aimé les conversations entre Joseph est Alma. Il faut dire que si Joey est du genre velléitaire, il est beau parleur et pour cette éternel thésard en philosophie, la dialectique et la rhétorique n’a pas de secret.
On va apprendre à mieux connaitre Joey, on le découvre peu à peu et il a tout du anti-héros. Lui qui a fait du libre arbitre le sujet de sa thèse et plutôt un homme qui subit sa vie. Il n’est pas au premier abord un type sympathique ce qui le rend humain heureusement c’est son humour et son autodérision dans il ne se départit jamais.
Et puis il y a Alma, une octogénaire que l’on aurait aimé avoir pour grand-mère. On découvre son passé viennois lui aussi douloureux. On aime tout en elle, son érudition, sa gentillesse, son optimiste. Elle aussi a étudié la philo tout comme notre auteur d’ailleurs qui a été étudiant à Harvard, là où il situe ce roman dans la ville américaine de Cambridge, ville de l’agglomération de Boston.
Et dans toute la première partie de cette histoire on va apprendre à connaitre nos protagonistes. L’auteur nous offre là un parfait roman psychologique. Et puis tout bascule avec l’entrée en piste d’Éric, le neveu d’Alma qui vient voir sa tante en espérant un gros paquet de fric pour continuer son compter sa vie oisive et dépravée.
Éric que Joseph prend on grippe au premier regard. Et là je ne vous en dirai pas plus, juste que tout dérape et peut-être aussi vous parlerai-je de la paranoïa furieuse de Joey. C’est tout ce que vous devait savoir car d’un coup le récit prend un autre tournant et tout s’emballe. Petit bémol peut-être la fin est sans doute trop vite amenée. (Ce qui explique la note de 4 sur 5. D’ailleurs j’aurai même pu mettre 4,5) Car ça reste drôlement bien fait. On est bien loin des polars calibrés habituels.
J’ai aimé ce petit coté hitchcockien que prend l’intrigue. L’angoisse monte crescendo. L’atmosphère devient plus oppressante. La tension est palpable, la violence qui en résulte aussi.
Et puis il faut souligner l’écriture plutôt très littéraire de l’auteur et son style indéniablement hors pair. Une nouvelle fois c’est du beau travail et à n’en pas douter Jesse Kellerman est l’un des écrivains de romans à suspense les plus talentueux de sa génération.

2 réflexions sur “Beau parleur, Jesse Kellerman

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