Le coma des mortels de Maxime Chattam : une lecture bicéphale : partie 1


Nous avons lu, Emilie et moi, au printemps dernier sans nous concerter, à quelques semaines intervalle…

 Le coma des mortels de Maxime Chattam .

Du coup je vous propose de découvrir deux avis différents sur cette lecture commune involontaire.

Voilà celle d’Emilie

 

Le livre : Le coma des mortels de Maxime Chattam

4’e de couv : 

Qui est Pierre ?
Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ?
Un affabulateur ?
Un assassin ?
Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

Emilie délivre son avis

**LE COMA DES MORTELS de Maxime Chattam **

 

Je ne sais pas quoi penser de ce livre…
J’ai aimé certains passages, d’autres non. J’ai aimé la description des sentiments mais pas celle, minimaliste, des meurtres et la soit-disant manière différente de les raconter. Je n’ai pas vu les retours en arrière à part à travers le décompte des chapitres.
Je ne me suis pas vraiment attachée au personnage principal, ni aux autres d’ailleurs. 
Je n’ai pas vraiment compris la fin, pas vraiment été convaincue par certains aspects du dénouement.
De plus, il y a des passages plein de moqueries, de condescendance voire de méchanceté gratuite et de jugement. Ce ne sont pas des moments de lecture agréables.
Ce livre n’est, pour moi, pas à la hauteur de ce que peut faire l’auteur et encore moins à la hauteur du résumé qui m’avait vraiment plu. Ce résumé qui m’avait convaincue de découvrir enfin cet auteur.
Je ne vais pas dire qu’il ne faut pas le lire. Ceci n’est que mon avis personnel. D’autres personnes peuvent tout à fait le percevoir et le comprendre autrement. Je reste tout de même sceptique, perplexe face à cette histoire…

Merci aux éditions Albin Michel pour leur confiance.

A suivre donc ! …

Sinon mon avis sur le coma des mortels c’est ICI

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L’accident de C.L. Taylor


Mes petites lectures

9782501096317,0-2588247Le livre : L’accident  de C.L. Taylor.Traduit de l’anglais par Luce Michel. Paru le 13 mai 2015 chez Marabout dans la collection Marabooks. 19€90; (355 p.) ; 23 x 15 cm

Quatrième de couverture

Un secret trop lourd à porter…

Sue Jackson mène une parfaite vie de famille. Mais le jour où sa fille Charlotte se jette sous un bus, tout vole en éclats. Le coma de l’adolescente met Sue face à une sombre réalité qu’elle ne peut ignorer.

Après avoir découvert dans le journal intime de Charlotte une phrase qui la glace d’effroi. Sue n’a d’autre choix que de plonger dans la vie privée de sa fille. Une quête de la vérité qui détruit sa confiance en ses proches et la contraint à fouiller dans les profondeurs troubles de son propre passé.

Sue est prête à tout pour protéger sa fille. Mais si elle-même était la cause du danger que court Charlotte ?

AVT_CL-Taylor_1081L’auteur :

C. L. Taylor vit à Bristol avec son compagnon et leur jeune fils. Ses nouvelles, publiées dans divers magazines littéraires et féminins, ont remporté plusieurs prix.

 

 

Extrait :
« Jusqu’aux onze ans de Charlotte, j’ai été la personne qu’elle aimait le plus au monde. Ensuite, quelque chose a changé. Au lieu de se précipiter à la maison à peine l’école finie pour tout me raconter avec excitation, elle a commencé à se montrer maussade et renfermée. Au lieu de glousser sur le canapé à mes côtés en regardant un épisode de Scoubidou, elle s’est terrée dans sa chambre avec son ordinateur et son téléphone portable pour seule compagnie. Elle se renfrognait même si je ne faisais que passer la tête dans l’entrebâillement de la porte pour lui proposer une tasse de thé. Brian a essayé de me rassurer en m’expliquant que c’était normal, dans la mesure où elle entrait dans l’adolescence. »

Résumé et petit avis :

Charlotte est dans le coma, car elle s’est jetée sous un bus. Susan n’a aucune idée de ce qui a poussé sa fille à commettre cet acte désespéré. En explorant sa vie avant l’accident, elle s’aperçoit qu’elle ne connaît pas vraiment l’adolescente, et que des événements de son propre passé peuvent l’avoir mise en danger.

C.L.Taylor est une de ces jeunes auteurs britanniques qui manient le roman psychologique avec brio. A l’instar de ses ainées, elle distille un rythme bien plus moderne à ces histoires.

C.L. Taylor a une écriture qui accroche. Une écriture fluide qui participe au rythme prenant du livre. Un rythme qui monte au fur et à mesure que l’on progresse dans le récit. L’accident est ce que l’on nomme un page-turner. La tension ne se relâche jamais jusqu’à la dernière page.  chaque nouvelles scènes voient le suspense s’ intensifié.

Ici l’auteur nous propose  une histoire dure et sombre, un thriller psychologique noir .

Ruth Rendell, de P. D. James, Elizabeth George ou Minette Walters ont trouvé une digne héritières.

Pour info :

9782501103770,0-3181171Son deuxième roman, Le mensonge, sort ces jours-ci. Il est dans ma Pal…Et il devrait être avalé ce week end !

4e de couv : Je sais que tu ne t’appelles pas Jane Hughes

Jane Hughes a un compagnon aimant, un travail passionnant dans un refuge pour animaux et vit dans un cottage au Pays de Galles. Elle est plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été. Mais sa vie est un mensonge.

Jane Hughes n’existe pas.

Cinq ans auparavant, ce qui devait être un voyage de rêve au Népal s’est transformé pour elle et ses amies en véritable cauchemar qui a coûté la vie à deux jeunes femmes. Elle a bien tenté de mettre le passé derrière elle. Mais quelqu’un connaît la vérité. Quelqu’un qui a l’intention de ne pas la laisser en paix tant qu’il n’aura pas détruit sa vie et tout ce qu’elle aime.

Burn Out de Didier Fossey


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$9791093363103,0-2607362Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Paris. Avril 2014.
Une série de vols d’objets d’art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup, mais lors d’une nuit de planque un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d’indices. Ses collègues présents sur place n’ont rien vu.

Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Malgré son manque d’effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra faire face à la descente aux enfers de l’un de ses hommes…

Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi, et les pistes sont minces. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.

C’est un monde désenchanté, un monde dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible.

Burn-out, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui l’on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s’alourdit de quelques cauchemars…

DidierFossey2L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.

 

Extrait :
« – Les gars,  on a une merguez 
 Aussitôt l’arrosage cessa.
Le sergent, chef d’engin, s’approcha.
La Fourche était crochée dans un amas noir carbonisé au bout duquel, on pouvait identifier, sans équivoque, une main. »

L’avis de Jean Luc

Burn-out est une belle découverte. C’est un très bon roman policier qui prouve que les auteurs français restent toujours au top.
Je connaissais Olivier Norek, lieutenant de police, mais il y a aussi, Didier Fossey, ancien policier, qui avec Burn-out frappe très fort également.
Dans son roman, l’auteur nous décrit le mode de fonctionnement de plusieurs équipes dont la BAC, il y a une enquête bien enlevée, bien décrite et surtout très réaliste.
Et effectivement, comme mentionné sur la quatrième de couverture, ça sent le vécu à plein nez.
J’ai beaucoup aimé ces personnages de flics écorchés vifs, mais d’abord humains. Il y est bien sur question de burn-out, de la pression ressentie par ces flics qui sacrifient leur vie à leur boulot. J’ai aussi découvert les modes de fonctionnement des services de police avec toutes leurs contraintes.
Il y a aussi des scènes très dures, en l’occurrence une cérémonie d’enterrement pour un policier tué lors de son service….On comprend mieux au fil de la lecture de ce livre, la tentation pour les policiers d’en finir avec leur arme de service.
On est loin des super héros américains mais on est d’abord avec des hommes pris en sandwich par une hiérarchie éprise de reconnaissance et de l’autre côté, des malfrats hyper violents sans scrupules. Les flics apparaissent alors comme des hommes fragiles, sensibles mais aussi capables du pire.
Un autre point fort de ce roman est le rythme auquel il est mené. Dès le départ, on est happé dans cette histoire, cette fois-ci il n’est pas question de guerre des polices mais bien plutôt d’une enquête menée par différents services qui vont collaborés ensemble, l’auteur va plutôt s’intéresser à la vie privée et familiale de chacun des enquêteurs.

Et comme tout bon thriller, il y a du suspens et l’intrigue même si elle peut paraître un peu trop prévisible à un moment, reste tout à fait probable.
Pour terminer, je recommande vivement la lecture de ce roman qui malheureusement se lit trop vite à mon goût.

Lire ici le début 

Miettes de sang de Claire Favan


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claire&Le livre : Miettes de sang de Claire Favan. Paru le 21 Janvier 2015 au éditions Toucan dans la collection Toucan Noir. 416 pages ; 18 euros.

Claire&&Réédité en poche chez Pocket le 11 février 2016. 352 pages ; 6,80 €

4e de couv :

« Méfiez-vous des apparences avec Claire Favan » Le Point

Le lieutenant Dany Myers est officier de police dans une petite ville du Midwest américain. Son père y était commissaire et lorsqu’il a brutalement disparu, Dany a tout naturellement voulu prendre la relève. Mais cet « héritage » est encombrant et il est mal perçu de ses supérieurs. On lui confie plutôt les tâches subalternes et ses collègues gardent leurs distances.

Sa vie sentimentale n’est pas non plus une réussite, longue suite d’échecs et d’occasions manquées. C’est un homme seul et pessimiste.

Jusqu’à ce qu’il soit, par hasard, confronté à un bien étrange suicide que ses supérieurs veulent classer à tout prix et au plus vite.

Mais Dany a un défaut, il est têtu…

ClaireL’auteur : Claire Favan vit à Paris. Son premier roman, Le Tueur intime (Les Nouveaux Auteurs, 2010), a remporté le Grand Prix VSD du polar 2010. Depuis, elle a publiéLe Tueur de l’ombre (Les Nouveaux Auteurs, 2011), Apnée noire (Éditions du Toucan, 2014) etMiettes de sang (Éditions du Toucan, 2015). Son dernier ouvrage, Serre-moi fort, a paru en 2016 aux Éditions Robert Laffont.
Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur : www.clairefavan.over-blog.com

Extrait: Depuis la mort de Sean Elliot , il est devenu l’homme à tout faire du service, celui à qui on donne toutes les tâches ingrates dont les autres ne veulent pas.
 Pour le coup, Dany ne peut pas dire qu’il chôme: sorties d’école , chiens fugueurs , querelles de voisinage , dégradations de lieux publics, vols de poubelles , accidents de voitures.. il court d’un bout à l’autre de la ville en permanence . On ne l’a jamais vu autant.
 Alors pourquoi se sent-il aussi frustré ? ça n’est pas comme si le déroulement des événements l’avait surpris à un quelconque moment.
 Il baisse la tête et serre les dents au souvenir de la nomination qui a réduit sa vie en lambeaux.

L’avis de Nadia

La petite ville de Poplar bluff est secouée par une vague de meurtres/ suicides inexpliqués . Dany Myers , policier de la ville , introverti , brimé par son chef et ses collègues , infantilisé par une mère envahissante , cherche des réponses là ou les autres policiers ne voient que des coïncidences .

 Claire Favan a un don; elle nous embarque vite et bien dans ses intrigues. Les dialogues sont toujours très bien écrits , c’est rythmé . Claire  nous « décortique » chaque personnage , l’analyse psychologique est fine . Le lecteur « fond » devant ce sympathique Dany , on compatis , on l’encourage … Même si j’avais une petite idée sur le dénouement, je me suis laissée surprendre par la fin de cette intrigue.

 Alors , comme le petit Poucet suit les miettes de pain , suivez les miettes de sang de Claire Favan ..

Je tue les enfants français dans les jardins de Marie Neuser : L’avis de Jean Luc


Chronique de lecteurs

Aujourd’hui c’est une nouvelle fois Jean Luc qui vient nous parler d’un de nos coup de coeur.

Et c’est la 7e chronique de lecteurs

Dernier coup de coeur :

9782266238427,0-2266547 9782364760004,0-1236267 Le livre : Je tue les enfants français dans les jardins de Marie Neuser . Paru le 11 septembre 2014 chez Pocket.  5€30  ;  (151 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Lisa, jeune prof d’italien, a du mal avec ses élèves. Chahuts, insultes, affrontements, menaces, la tension monte et quelques éléments récalcitrants rendent sa vie littéralement insupportable, à l’intérieur du lycée aussi bien que dehors.

Lisa se sent seule et en danger, encore plus lorsque la seule élève sur qui elle comptait se suicide pour éviter un mariage forcé.

Après avoir essuyé jour après jour les insultes les plus grossières et intimes, après avoir été molestée devant ses élèves, la jeune enseignante commence à se forger une carapace implacable.

Face aux caïds de sa classe qui la méprisent et la maltraitent, comment la petite prof peut-elle réagir ?

images (22)L’auteur : Marie Neuser, agrégée d’italien, enseigne, vit et écrit à Marseille, sa ville d’origine. Ses deux premiers romans, Je tue les enfants français dans les jardins et Un petit jouet mécanique ont reçu un très bel accueil critique.

extrait : 
Elle me parle souvent des livres qu’elle lit, avec cette petite voix où subsiste l’accent des lointaines montagnes et qui n’oublie jamais le moindre subjonctif. Elle aime Pearl Buck et Daphné du Maurier et me confesse que le soir elle finit ses livres enfouie sous les couvertures, à la lueur d’une lampe de poche. La première fois qu’elle m’avait fait ce récit, j’avais tressailli : tout était revenu d’un coup, mes mécanismes compliqués pour pouvoir, moi aussi, terminer mes livres après l’extinction des feux, la lampe de poche cachée au fond de la table de nuit, le pull roulé en boudin et collé contre la rainure de la porte pour que mes parents ne se doutent de rien. La seule différence entre Samira et moi au même âge, c’est que mes parents m’avaient poussée vers le monde des lettres en m’exhortant à lire sans cesse : la lampe de poche et le boudin étaient une simple question d’horaires de sommeil à respecter. Pour Samira, en revanche, tout était question de transgression. Selon ses parents, une fille ne devait pas lire. Une fille devait s’occuper de la maison jusqu’à l’épuisement et servir les hommes dans le respect de la religion.
Notre Chroniqueur :
unnamed (16)Jean Luc Groner. Depuis tout jeune, je suis un lecteur, ce petit défaut avec l’âge s’est encore affirmé, j’ai commencé par l’aventure, la SF (Le Club des cinq, Jules Vernes, John Brunner et d’autres encore) et maintenant à plus de 50 ans, salarié dans un grand groupe de télécommunication, sortir de la routine et participer à un blog pour partager mes coups de cœur est devenu l’une de mes marottes. Avec environ 70 romans lus dans une année dont un roman policier sur deux, j’ai décidé de donner mon avis de lecteur en toute indépendance et en toute impartialité, et donc voici mes avis…

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Son avis

Marie Neuser avec ce premier roman déménage !
Juste avant de commencer ma critique sur ce roman très atypique, un petit mot pour situer l’auteure : Marie Neuser est enseignante, et elle est agrégée en langue italienne.
Dans ce roman, au titre dérangeant : « Je tue les enfants français dans les jardins », l’auteure nous livre un roman qui dénonce l’insuffisance, l’inefficacité, et l’hypocrisie du système scolaire dans les quartiers difficiles.
Ici en l’occurrence, il s’agit de Marseille ou d’une agglomération proche. L’action se déroule dans un collège en plein cœur d’une cité, avec comme personnage principale, une professeur d’italien débutante.
C’est très bien écrit, les phrases sont percutantes, aiguisées comme une lame de rasoir. Au passage, plusieurs sujets sont traités tels que l’intégration des étrangers, le passage du rôle scolaire de l’école à un rôle éducatif et surtout il s’agit avant tout de la descente aux enfers d’une enseignante livrée en pâture à ses élèves.
C’est comme je l’ai dit, superbement écrit et encore plus terrifiant, ce roman sent le vécut à plein nez !
Pour terminer, un super roman noir mais d’abord un roman sociologique, qui dénonce un système éducatif en perdition dans les quartiers difficiles.

Un roman très court à découvrir

Bon anniversaire Gabriel de Luiz Alfredo Garcia-Roza


744014-gf9782742791354 Bon anniversaireGabriel de  Luiz Alfredo Garcia-Roza. Traduit du portugais (Brésilien) par Vitalie Lemerre  et Eliana Machado Meugé.   Paru en septembre 2006 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs; 20€30 ; (291 p.)

– Paru en poche chez Babel en mai 2010 8€70

4e de couv :

Gabriel, vieux garçon vivant chez sa mère et fonctionnaire tranquille, vient expliquer au commissaire Espinosa qu’il craint de commettre un meurtre. C’est en effet ce que lui a prédit un devin moins d’un an auparavant, et le délai évoqué touche à sa fin. Comment et de quoi inculper quelqu’un qui n’a rien fait ? Espinosa, précautions obligent, s’intéresse à l’affaire, même si rien ne justifie une arrestation ou un interrogatoire en règle. Il rencontre ainsi Olga, collègue de Gabriel, et la belle Irène, amie de celle-ci, dont la compagnie ne lui déplaît pas. Gabriel devient nerveux, angoissé, et cela n’échappe pas à sa pieuse maman possessive qui décide de mener elle aussi son enquête pour s’opposer aux forces du mal. Et voilà qu’un premier cadavre, sans doute lié à cette affaire, apparaît dans le paysage de Rio de Janeiro que commence à balayer le vent de sud-ouest annonciateur d’hiver et de malaise.

garcia-roza292L’auteur ; Luiz Alfredo Garcia-Roza est né à Rio en 1936 et, à l’instar d’un Camilleri, est venu au roman policier très tardivement. Philosophe et psychologue, il a enseigné la théorie psychanalytique pendant trente-cinq ans à l’université fédérale de Rio.
Actes Sud a publié cinq enquêtes du désormais célèbre commissaire Espinosa : Le Silence de la pluie (2004), Objets trouvés (2005), Bon anniversaire Gabriel ! (2006), Une fenêtre à Copacabana (2008) et L’étrange cas du docteur Nesse (2010).

Extrait : 

« Vous m’avez harcelé pendant une semaine pour ça ? Vous voulez que j’enquête sur le meurtre d’une personne que vous ne connaissez pas et qui n’est même pas morte ? C’est une plaisanterie ? »

Résumé et avis  :

Le commissaire Espinosa doit enquêter sur un assassinat qui n’a pas encore été commis, à la demande du futur assassin qui ignore le mobile du crime. Gabriel fonctionnaire sans histoire est venu le trouvé pour lui confier son trouble. Un devin lui a prédit il y a quelques temps qu’il allait commettre un meurtre. Et le délai arrive à expiration.

Espinosa va enquêter et rencontre Olga une collègue de Gabriel qui a assister à la terrible prédiction. Il interrogera aussi Irène une amie d’Olga.

Gabriel lui est sous la bonne garde de sa mère, femme pieuse et possessive.

Mais quand Olga passe sous le métro et que le voyant charlatan meurt d’une balle à bout portant d’une balle dans la tête. Espinosa commence à voir rouge surtout que Gabriel dans les deux cas était à proximité des scènes de crime.

Annoncée comme une histoire à dormir debout, cette intrigue, où un policier doit enquèter sur un crime à venir sur la demande d’un assassin potentiel qui n’a pas de véritable intention et encore moins de mobile sérieux, devient rapidement un suspense haletant.

Cette histoire peuplée de personnages troublants nous fait découvrir une Rio de Janério bien éloignée des habituels clichés. Elle nous est présentée comme une ville froide, humide et pluvieuse. Et …Dans les rues de Rio, le vent de sud-ouest annonce toujours de fortes perturbations…

Comment va la douleur ? de Pascal Garnier


9782253122326-T livre_l_458Comment va la douleur ? de Pascal Garnier. Parue le 24 août 2006 chez Zulma. 16€80, (208p,), 12,5X19cm.

Réédité au livre de poche le 23 janvier 2008. 5€60, 192 pages

4e de couv :

On ne saurait dire pourquoi l’univers de Pascal Garnier nous est si proche. Pourquoi il nous envoûte avec des histoires simples, des personnages ordinaires et un peu écornés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus.

Ainsi Bernard, jeune crétin solaire, qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C’est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, « éradicateur de nuisibles » en préretraite, comprendre : tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu sur un banc public à Vals-les-Bains, où l’on s’ennuie plus ou moins entre le casino et les apparitions épisodiques de Jean Ferrat. Le hasard fait bien les choses : Simon a de l’argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission…

L’auteur :
brevepgPASCAL GARNIER Figure marquante de la littérature française contemporaine, Pascal Garnier (1949-2010) avait élu domicile dans un petit village en Ardèche pour se consacrer à l’écriture et à la peinture.

Romancier d’atmosphère alliant poésie subtile et technique à la Simenon, Pascal Garnier excelle dans l’art du détail juste, du portrait en taille-douce et du dialogue plus vrai que nature – avec un humour ravageur. Simple et authentiquement irremplaçable.

Pascal Garnier a reçu le Prix de l’Humour noir pour Flux, et le Grand Prix de la SGDL pour Chambre 12. Zulma a publié treize de ses romans, dont la Théorie du panda ou Lune captive dans un œil mort, traduits dans une dizaine de langues.

Extrait :
« La grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”

Résumé et avis :

Tueur à gages, Simon fait halte à Vals-les-Bains, station thermale désuète où il fait la connaissance de Bernard, un jeune homme naïf et crédule. Les deux hommes sympathisent. Simon a un dernier contrat à honorer. Il propose à Bernard d’ëtre son chauffeur et de l’emmener dans le sud de la France. Séduit par la proposition etpar l’idée de voir la mer, ce dernier accepte sans poser de question. Sur la route, le tandem va faire de nombreuses rencontres. Vont-elle réussir à changer le destin des deux hommes ?

Ce court roman noir dépeint avec justesse des personnages à la dérive. Simon, un tueur sans état d’âme, Bernard, un perdant naïf, Anaïs, une pauvre alcoolique, Fiona, une enfant de la DDASS, mènent tous des existences solitaires et désespérées. Pascal Garnier, avec son style concis et son empathie particulière pour ce type d’antihéros livre un récit désenchanté qui osile entre cynisme et humanisme. Cette histoire à la fois tendre et féroce ne peut manquer de vous toucher profondément.

L’homme qui tue les gens de Stan Jones


téléchargement (51)Le livre : L’homme qui tue les gens de Stan Jones. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Grellier. Paru le 4 février 2015 aux Editions du Masque dans la collection Grand  Format. 19€ ; (222 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Nathan Active, state trooper de son état, s’ennuie ferme. Il rêve d’une mutation à Anchorage, la capitale où il a grandi, adopté par des Blancs qui l’ont élevé après que sa mère, âgée de 16 ans à l’époque, l’a abandonné. Pourtant, tout va changer pour Nathan. À quelques jours d’intervalle, deux hommes sont retrouvés morts, après avoir mis fin à leurs jours. Deux suicides dans la même semaine, ça fait beaucoup pour une petite ville comme Chuchki. Interrogeant les témoins, Active tombe sur Tillie, une vieille clocharde complètement imbibée. Elle le prévient : c’est l’innukaknaaluk le responsable. Or une chose est sûre : le point commun entre les deux suicidés, c’est qu’ils étaient l’un et l’autre des employés a priori comblés de la Gray Wolf…

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L’auteur : Stan Jones est écrivain, journaliste et fervent activiste écologiste. Il a vécu de nombreuses années à Kotzabue, la ville qui a inspiré le bourg fictif de Chuchki. Il connaît très bien le nord de l’Alaska. Il vit à Anchorage avec sa famille et il est en train d’écrire le cinquième volet des aventures de Nathan Active.

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Extrait :
Chukchi, mercredi matin
En temps normal, un décès qui survenait sur le territoire de la commune n’était pas du ressort de la police de l’État. Quand l’appel arriva, l’enquêteur Nathan Active flirtait avec Lucy, la dispatcheuse, et tous les policiers municipaux étaient sortis. Ce fut donc lui qui prit la communication, malgré son statut de State Trooper1.
« Faut venir, Nathan, lui dit Hector Martinez. Un gamin s’est flingué en face du Dreamland et j’aimerais bien qu’on l’évacue.
— C’est qui ?
— Peu importe. Viens t’en occuper. Ça fait fuir les clients. »
Le patron du bar raccrocha.
Active monta dans son bureau, prit son chapeau de fourrure et sa parka garnie de duvet accrochés près de la porte, et sortit. Le vent d’ouest qui soufflait depuis la veille lui râpa le visage pendant qu’il déverrouillait la portière et balançait sa sacoche à l’arrière du pick-up, un Chevrolet Suburban dans sa neuvième année.
images (32)Résumé et avis :
L’homme qui tue les gens, l’innukaknaaluk en inupiat, la langue parlée par la communauté esquimau du Nord de l’Alaska, c’est le méchant.
Dans le paisible bourg de Chuchki, dans la baie du même nom, la police n’a à régler, en général, que des histoires de bagarres à la sortie du bar du coin, où les autochtones, un peu désœuvrés, sont bien trop images (33)alcoolisés. Il faut dire que c’est difficile, pour ces tribus de pêcheurs de baleine et de phoques, de s’adapter à la vie moderne, à l’américaine. Alcool, chômage, obésité, ennui, misère sociale, violences conjugales sont leur banal quotidien. Depuis peu pourtant, la corporation internationale GeoNord a ouvert une mine au nord de Chuchki, la Gray Wolf, accessible en avion ou, si la glace est assez solide, en motoneige. Elle a donc offert du travail pour de nombreux habitants, privilégiant les embauches locales. Du coup à Chukchi, le policier Nathan Active s’ennuie et rêve d’une mutation jusqu’au jour où deux suicides suspects le tirent de sa torpeur. Les deux victimes travaillaient pour la Gray Wolf exploitant une mine au nord de la ville.
Un excellent polar ethnologique dans la ligné du Dernier Lapon et de Yeruldelgger
images (30)Ce polar est pour le moins dépaysant. Vous allez faire la connaissance des Inupat. Ce peuple d’Alaska vit non loin  du détroit de Béring. La  chasse et la pêche, et particulièrement la pêche à la baleine sont primordiales à la survie de ce peuple esquimaux. Cette dernière est même un des fondement de la sociéte Inupak.
Vous allez aussi comprendre la dualité de certains de ces individus qui ont à choisir entre tradition et modernité.
images (31)Et surtout vous risquez de prendre froid, car sous ces latitudes, l’hiver est rigoureux. Les températures extrêmes, La neige et les glaces, la nature sauvage et intraitable, toutes sont là pour vous rappelez que vous êtes là que parce qu’elles vous acceptent.
Alors enfilez vos gants et vos écharpes et au coin du feu, bien au chaud, laissez vous envoûter par ce polar en noir et blanc.
Extrait :
— Je vous présente mes condoléances, monsieur Clinton.
— C’est ma faute, à cause d’un truc qu’est arrivé y a longtemps. T’étais à Anchorage chez tes parents nalauqmiut. »
Active n’était pas surpris que Daniel Clinton en sache autant sur son compte. Depuis son arrivée à Chukchi l’année précédente, la nouvelle s’était vite répandue que le bébé adopté par un couple d’enseignants blancs avait grandi et était revenu comme State trooper. Ceux qui ignoraient son histoire avaient bientôt pu la puiser dans les potins qui coulaient toujours à flots dans les rues du village. « Je crois que j’en ai entendu parler », dit Active pour lui laisser comprendre qu’il n’était pas obligé d’évoquer la malédiction s’il n’en avait pas envie.
« Tu veux du café, monsieur Active ? » Manifestement, il ne souhaitait pas aborder le sujet. Active acquiesça d’un signe de tête et, quand Clinton eut terminé de le servir, il lui demanda si George s’était comporté différemment ces derniers temps. « Non, m’avait l’air d’aller bien. L’a un boulot à la Gray Wolf, il gagne un peu d’argent et s’est acheté une nouvelle motoneige. L’a l’air heureux. Y compte bientôt partir d’ici, se trouver une maison à lui. Je commence à penser que George est tiré d’affaire, mais non. »
La Gray Wolf était une importante mine de cuivre qui avait ouvert l’année précédente, sur le cours d’eau du même nom à cent cinquante kilomètres au nord de Chukchi. GeoNord, une société norvégienne, était chargée de l’exploitation, mais le sol appartenait à la Chuckchi Region Inc, l’association indigène regroupant tous les Inupiat des environs. Les Norvégiens veillaient donc à embaucher beaucoup d’autochtones et avaient aménagé un rythme de travail adapté à une population passionnée de chasse et de pêche : deux semaines à la mine, deux semaines de repos. L’entreprise prenait à sa charge l’aller et retour en avion, ou versait la somme équivalente à ceux qui préféraient rejoindre Gray Wolf en motoneige.
« George venait de rentrer de la mine ?
— Lundi, je crois. L’est passé aux bureaux de GeoNord, un truc à régler pour le boulot. L’a chassé le lapin derrière la lagune, l’a passé du temps chez Emily Hoffman, l’a traîné ici et là. Tu sais comment sont les jeunes. L’a dans l’idée d’aller chasser le caribou, si la glace redevient solide sur la baie de Chukchi après le redoux qu’on a eu.
— Emily Hoffman ? dit Active en notant le nom dans son calepin.
— Sa copine. Je crois bien qu’elle est enceinte. Je me dis qu’ils vont bientôt se marier.
— Savez-vous qui il est passé voir chez GeoNord ?
— Il m’a pas dit. Juste qu’il a un truc à régler. Quand il est revenu, l’a juste dit que c’était bon.
— On a retrouvé une carabine 30-30 à côté de lui. Il en possédait une ?
— J’en ai une dans le kunnichuk. Je peux aller vérifier si qu’elle est là.
— Pas la peine, fit Active. J’ai regardé en arrivant et elle n’est plus là.
— Il a pris la Winchester, se lamenta Clinton de sa voix rauque. C’est avec elle que je lui ai appris à tirer. Je me souviens de la première fois que je l’ai emmené chasser le phoque sur la banquise, murmura-t-il en portant le regard vers la lagune. Un jour de printemps, beau soleil, ciel bleu, pas beaucoup de vent. On est sortis en motoneige, à vingt-cinq, trente kilomètres, là où y a pas mal de trous d’aération faits par les phoques. Je repère une crête de pression près d’un trou qu’a l’air de beaucoup servir et j’installe George pour qu’il attende. C’était encore un petit bonhomme dans sa parka blanche, l’avait huit ou neuf ans, mais il est resté un bon moment sans faire de bruit, à surveiller le trou. Le phoque finit par sortir la tête, et je me dis que George va peut-être tirer trop vite, que le phoque va disparaître dans son trou et que ça sera fichu. Mais George tire pas, il attend. Bientôt, le phoque sort complètement sur la banquise, il jette un coup d’œil à la ronde et il s’endort. C’est là que George tire. Pile dans l’œil, l’animal s’agite même pas, sa tête retombe juste comme s’il dormait. George, il me regarde et il me sort : “Ça y est, je suis un vrai Esquimau ! Hein, papa ?” »

Miettes de sang de Claire Favan


 Le livre : Miettes de sang de Claire Favan. Paru en janvier 2015 aux Ed. du Toucan collection Toucan noir. (408 p.) ; 21 x 14 cm ; 18€ .

Citation : « C’est curieux comme les répliques cinglantes lui viennent avec facilité dès que sa mère s’éloigne. Il ressent l’énergie et le courage nécessaires pour lui dire non. Pourtant, dès qu’elle est face à lui, il n’y a plus personne. »

4e de couv :

« Méfiez-vous des apparences avec Claire Favan »
Le Point

Le lieutenant Dany Myers est officier de police dans une petite ville du Midwest américain. Son père y était capitaine et lorsqu’il a brutalement disparu, Dany a tout naturellement voulu prendre la relève. Mais cet « héritage » est encombrant et il est mal perçu par ses supérieurs. On lui confie plutôt les tâches subalternes et ses collègues gardent leurs distances.

Sa vie sentimentale n’est pas non plus une réussite, longue suite d’échecs et d’occasions manquées. C’est un homme seul et pessimiste.

Jusqu’à ce qu’il soit, par hasard, confronté à un bien étrange suicide que ses supérieurs veulent classer à tout prix et au plus vite.

Mais Dany a un défaut, il est têtu…

 L’auteur : Claire Favantéléchargement (9)

Claire Favan est née à Paris en avril 1976. Passionnée par la lecture, elle découvre très jeune les romans sur les tueurs en série. Elle travaille dans la finance et écrit sur son temps de loisir. Elle vit et travaille à Paris. Elle a déjà publié trois romans, Le Tueur intime (Prix VSD du Polar – Points, 2011), le Tueur de l’ombre (Pocket, 2013) et Apnée noire (Pocket).
Citations :
 – Quel est ton prix ?
– Quoi ?
– Ton prix. Tout le monde est à vendre à partir d’un certain seuil. Quel est le tien ?
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Avis perso : Pour ce 4e roman, Claire Favan nous démontre qu’elle a un talent fou, cette autodidacte du thriller marche sur les plate-bandes des auteurs américains et elle les piétine allégrement. La petite frenchy dépasse les maîtres du genre. Il est ici question des corruptions, de flics ripoux, de rapport mère/fils…  Avec une écriture séche, simple et qui va droit au but, elle nous entraîne dans son histoire et ne nous lâche plus sauf peut-être pour nous attacher à son personnage principal qui pourtant à tout du looser, un putain d’anti-héros. Et que dire de la galerie de tarés qu’elle nous réserve… Car en effet, l’auteur soigne particulière la psychologie des ses protagonistes. C’est aussi la marque de fabrique de Claire Favan. Notre petite reine du thriller.

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Extrait :

 Au croisement de Velma Street et de China Street, il est à deux doigts de rebrousser chemin. Il n’y a plus un bruit, la civilisation s’est retirée et les bois qui longent la route le font frissonner d’effroi. Le craquement sec d’une branche le fait sursauter. Il se retourne au moment où une ombre émerge d’un bosquet d’arbres plus clairsemé. Terrifié, il accélère le pas. Peine perdue, il sursaute quand quelqu’un lui tape sur l’épaule. Il se retourne en émettant un petit cri.
– Que me voulez-vous ?
Il n’aime pas du tout son ton apeuré, mais on lui a tant de fois répété de se méfier des inconnus.
– Eh, petit ! Qu-est-ce que tu fais là ? Où sont tes parents ?
L’enfant dévisage l’adulte avec méfiance. Il se détend lorsqu’il reconnait son interlocuteur. Soulagé, il lui sourit même.
– Je vais retrouver mon père à la boutique.
L’autre hoche la tête.
– Sais-il que tu es en chemin ?
– Non.
L’adulte sourit d’une telle façon qu’un frisson désagréable secoue l’enfant.
– Ca m’arrange, en fait. Si tu savais depuis combien de temps j’attends le moment de pouvoir te croiser seul.
Le petit n’a pas le temps de comprendre la teneur de ses propos, ni de fuir. L’homme le frappe avec violence et le jette en travers de son dos