« Les temps sauvages – Le retour de Yeruldelgger » de Ian Manook


ian-manook-yeruldelgger-les-temps-sauvagesLe livre : Les temps sauvages : Yeruldelgger  de Ian Manook. Paru le 28 janvier 2015 chez Albin Michel. 22€ ; (523 p.) ; 23 x 16 cm
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Réédité en poche le 30 mars 2016 chez Le Livre de poche dans la collection Policier. 8€30; (573 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture
Quand le vent du Nord s’abat sur les steppes enneigées d’Asie centrale, personne ne vous entend mourir. Pour Yeruldelgger, le salut ne peut venir que de loin, très loin…Après le succès mondial de Yeruldelgger, couronné par de nombreux prix, Ian Manook retrouve la Mongolie et ses terres extrêmes dans un grand thriller d’une originalité absolue.

ianL’auteur : Ian Manook est né à Meudon en août 1949. Il a sûrement été le seul beatnick à traverser d’Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s’apercevoir en arrivant en Californie qu’il s’ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C’est dire s’il a la tête ailleurs. Et l’esprit voyageur ! Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier.

La chronique d’EPPY FANNY

« Les temps sauvages – Le retour de Yeruldelgger » de Ian Manook Chronique d’Eppy Fanny – Dec. 2016

J’avais adoré le premier volet des aventures de ce flic atypique. C’est donc avec un grand plaisir que je l’ai retrouvé dans cette suite tant attendue.

On retrouve dans ce second volet Yeruldelgger , Oyun, Solongo, Gantulga, Saraa, le Nergui.

On fait la connaissance de Zarza … Sans compter les méchants, nombreux … très.

C’est qu’il s’en passe de belles dans les steppes d’Asie Centrale !

Imaginez donc :

Une Dzumm (femelle du yack) tombe du ciel et écrabouille un cavalier et sa monture. La pauvre Oyun y perd son Mongol !

Des gypaètes portant des noms d’auteurs Français, si si, déposent des ossements humains en offrande à Yeruldelgger…

Puis, un corps humain planté dans une falaise, des feux improbables qui se déclenchent fort à

propos, des rails qui nous entraînent…

Je vous le dis tout de go, c’est, en plus du blizzard, un vent de folie qui souffle sur la steppe !

Et comme si tout ça ne suffisait pas, une vieille connaissance de Yeruldelgger est assassinée.

Notre vieux flic, usé, désabusé, est soupçonné du crime.

Extrait page 133 :

« Cette fois Yeruldelgger était rentré chez Solongo. La fatigue, les émotions avaient eu raison de lui et il s’était affaissé sur le lit. Elle le retrouva endormi quand elle rentra et prépara le dîner sans le réveiller. Elle cuisina en silence une belle ration de soupe de pâtes que Yeruldelgger préférait à la soupe de nouilles. Le bouillon enrichi de mouton était prêt de la veille. Elle le porta à ébullition pendant qu’elle déchirait la pâte à la main en larges carrés. Quand la chaleur roula dans la marmite les morceaux de mouton les uns par-dessus les autres, Solongo jeta les morceaux de pâte dans le bouillon et alla réveiller Yeruldelgger d’un baiser sur la joue. Quelquefois, dans de courts instants volés à son réveil, elle comprenait combien cet homme était fatigué d’encaisser et de donner. Puis il redressait sa lourde silhouette et la peur de Solongo disparaissait avec son premier sourire. »

Le voilà donc, notre héros, encore une fois en quête de la vérité.

Vérité qui, comme toujours, a un prix. Seul, il enquête au-delà des frontières de sa Mongolie, toujours plus loin, toujours plus profond, dans des noirceurs insoupçonnées.Ses pas le conduisent jusqu’à la ville de Krasnokamensk, ville à l’agonie, totalement irradiée par sa mine d’uranium. En terme de tourisme y’a mieux !

Puis d’autres lieux, une ville fantôme …

Les pistes, les indices, partent dans tous les sens, sans queue ni tête, à priori, quoi que …

Les fantômes et les légendes des steppes sont omniprésents et nous ensorcellent.

Point d’orgue final, un face à face où deux vieux loups solitaires s’affrontent.

Et pour rappel, il ne peut y avoir qu’un seul mal dominant !

Ian nous fait voyager dans diverses contrées qu’il connait.

C’est documenté et passionnant. Une fois encore, un tableau époustouflant, une véritable peinture sociale, en plus d’un polar d’exception.

Nous mettons nos pas de lecteurs dans les pas de ces héros et vibrons avec eux.

C’est chaud comme les bols de soupe dont les vapeurs arrivent jusqu’à nous, c’est froid comme le vent qui balaie ces contrées lointaines. C’est empli de mensonges et de vérités.

Les désillusions des héros sont là, profondes, les fêlures aussi.

Serait-ce le bout du chemin pour Yeruldelgger ?

De personnages, complets, complexes, attachants …

Ian nous offre un second opus encore plus riche que le premier.

C’est talentueux en diable et on en redemande.

Je n’ai qu’un dernier mot : A lire absolument !

D’ailleurs Noel approche, je vais commander au vieux barbu « La Mort nomade », il doit bien avoir ça au fond de sa hotte. Promis j’ai été à peu près sage …

Retrouvez ICI la Chronique D’Eppy sur Yeruldelgger

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Dust de Sonja Delzongle


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9782070465088,0-3166708Le livre : Dust de Sonja Delzongle.Paru en poche le 1er avril 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier. 8€20 ; (560 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

 

 

 photo-1433705049L’auteure :

Diplômée des Beaux-Arts de Dijon, Sonja Delzongle est une ancienne journaliste installée à Lyon et passionnée d’Afrique. Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi imprégnée des deux cultures. Dust est son premier roman à paraître en Folio Policier.

 

 

 

Extrait choisi :
       Un des rubans jaunes qui entouraient le scène de crime avait été arraché par de fortes bourrasques ou vandalisé et pendait , son autre extrémité fixée à un piquet. Au sol, les restes de sang évaporé et séché par le soleil qui grillait le terrain vague formaient une croix d’un brun sombre et de la taille d’un homme.
        Sur ses gardes , Hanah s’approcha , prête à affronter le mal une fois de plus .
        Elle savait que le choix géographique du lieu du crime avait son importance. La victime, entièrement vidée de son sang n’avait pas forcément été tuée et saignée sur place. Cela semblait avoir été fait proprement . L’absence de corps donnait une indication valable. Contrairement aux apparences , Hanah était sûre de ne pas avoir affaire à un boucher. A moins que l’on ne  retrouvât les morceaux de cadavres éparpillés un peu partout dans la ville comme cela avait déjà été le cas dans des affaires de meurtres en série, il s’agissait ici de l’œuvre d’un  esprit rationnel et méthodique.
 Collectif polar Nadia

 L’avis de Nadia :
Hanah Baxter , spécialiste en Sciences Criminelles , profileuse free-lance vit à New-York. Elle est contactée par la police de Nairobi qui est confrontée à des meurtres inexpliqués depuis 2 ans ; des croix de sang retrouvées dans la poussière kenyane … sans trace de corps.

En ce mois de février bien frisquet , l’hiver est installé , on a envie de soleil et de chaleur . Ce  » Dust »  de Sonja Delzongle nous réchauffe , voir nous étouffe . Par la particularité de ces meurtres , le lecteur découvre la partie sombre du Kenya ; l’extrême pauvreté , la violence , la drogue , la sorcellerie , la magie noire , les trafics en tout genre , un pays qui oscille entre tradition et modernité.

 C’est rapide , passionnant , envoutant même. Une écriture très fluide , avec des descriptions arrivant à point nommé dans la construction du récit. En filigrane ,  une jolie idylle se noue et  amène une douceur bienvenue dans son récit .
 

  Si vous aimez le frisson , les sueurs froides , laissez-vous ensorceler par Sonja

Et … Si vous le voulez, vous pouvez aussi Lire ICI mon billet sur DUST

 

Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion


 

Mes petites lectures

9782930585642,0-2496289Le livre :Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion. Traduit du roumain par Sylvain Audet-Gainar ; préface de Claude Mesplède. Paru le 13 février 2015 chez Génèse Edition à Bruxelles. 22,50 EUR ; (214 p.) ; 21 x 14 cm.

index

4e de couv

Publié en 1983, au coeur des années noires du totalitarisme,  il est encore aujourd’hui l’un des romans policiers les plus vendus en Roumanie.

Andreï Mladin, journaliste bucarestois, se réveille un matin avec une épouvantable gueule de bois, allongé sur le sol de sa bibliothèque sens dessus dessous, aux côtés d’un cadavre. Ayant totalement oublié ce qui s’est passé la nuit précédente et craignant d’être accusé d’assassinat, il décide de cacher le corps et de mener l’enquête.

Qui peut en vouloir à Andreï Mladin au point de lui coller un meurtre sur le dos ? La belle et orgueilleuse violoniste Mihaela ? Son père, le revêche docteur Comnoiu ? L’acteur bellâtre Marian Sulcer ? Ou l’étrange ingénieur Ion Parfenie ? Le journaliste plonge dans une enquête mêlant amour, argent et pouvoir, dans une course contre la montre avec la police des années Ceausescu, observées ici avec une ironie féroce.

George_ArionL’auteur : 

Romancier célèbre en Roumanie, George Arion est également poète, essayiste et journaliste. Il est actuellement directeur des Éditions Flacãra, président du Prix Flacãra et du Romanian Crime Writers Club.
Né en 1946, il débute en littérature dès 1966, par la publication de recueils de poésies. Mais c’est en 1983, avec Attaque dans la bibliothèque  ( Qui veut la peau d’Andrei Mladin ? ), que George Arion ouvre la voie au renouveau du polar roumain, l’éloignant de l’utilisation propagandiste qui en était faite à l’époque.
Sa redoutable ironie et un langage coloré sont ses marques de fabrique. Auteur de plus d’une douzaine de romans, il est considéré comme l’une des figures de proue du roman policier en Roumanie. 
Il est président du Romanian Crime Writers Club, et depuis prépare un doctorat en littérature intitulé « Repères dans la littérature mystery & thriller »…

Résumé et avis :

Aarion1Dans la Roumanie communiste, Andreï Mladin, un journaliste, se réveille chez lui à côté d’un cadavre et ne garde aucun souvenir de la veille. Il décide de cacher le corps dans sa cave et de mener lui-même l’enquête pour découvrir qui lui en veut au point d’ourdir une machination contre lui. Un roman policier qui se double d’une observation de la vie quotidienne du pays à l’époque de Ceausescu.

Se déroulant dans les années quatre-vingts, ce polar fait aussi la part belle à l’observation critique de la vie quotidienne de l’époque en Roumanie : coupures d’électricité, files d’attente devant les magasins, privilèges de la Nomenklatura…Écrit avec humour et suspense, il présente une perspective réprobatrice subtile sur le régime communiste . C’est un parfait pamphlet des années Ceausescu. Et le sylve vif et direct voire incisif de l’auteur y sont pour beaucoup. Son personnage central aussi. On s’attache à Andreï Mladin, même si parfois on peut le trouver naïf. C’est surtout parce qu’il abuse énormément de l’autodérision. D’ailleurs de la dérision et de l’humour caustique, l’auteur d’en manque pas non plus. C’est un des point fort de ce polar. L’humour noir, l’humour sous toutes ses formes participe à la réprobation et la condamnation du totalitarisme ambiant.

Rebondissements en chaîne, humour et autodérision sont, sans contexte, les marque de fabrique des romans de George Arion, figure de proue du nouveau polar roumain

Abusez de ce roman, c’est rafraîchissant et subversif.

Personnellement j’espère retrouver Andrei Mladin sous la plume de George Arion dans d’autres aventures.

Triple Crossing de Sebastian Rotella. Par Jean Luc


Chronique de lecteurs

Je suis à nouveau heureuse de retrouver Jean Luc pour nous parler d’un de nos gros coup de coeur 2012.

TCLe livre : Triple Crossing de Sebastian Rotella. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Guitton. Paru le 5 avril 2012 chez Liana Levi dans la collection Policier.  22,50 EUR ; (439 p.) ; 21 x 14 cm

TC&&Réédité en poche

le 19 septembre 2013 par 10/18.
 8,80 ; (500 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv:

Triple Crossing

Chaque nuit, sur la Ligne entre le Mexique et les États-Unis, une foule de migrants tentent leur chance. Et chaque nuit, les agents de la patrouille frontalière américaine sont là pour les refouler. Certains, sans scrupules, profitent de la faiblesse des clandestins et donnent libre cours à leurs penchants sadiques. D’autres, comme Valentin Pescatore, essaient de s’en tenir aux règles. Cela ne l’empêche pas de commettre une entorse qui pourrait lui valoir une sanction sévère, à moins de collaborer… Mais avec qui, au juste ? C’est bien les Américains qui lui demandent d’infiltrer une famille de narcos de Tijuana, mais qui peut garantir que son inexpérience ne va pas l’entraîner du côté de la corruption, de la drogue et de l’argent facile ? En tout cas, c’est ce que redoute Léo Méndez, flic mexicain aux allures de justicier… Sebastian Rotella nous conduit vers de troubles frontières dans un thriller saisissant sur la mondialisation du crime.

« Lire le remarquable roman de Sebastian Rotella c’est comme mettre des lunettes à infrarouge : vous voyez des choses dont vous ignoriez qu’elles étaient là. » The New York Times Book Review

TC&L’auteur : Sebastian Rotella est grand reporter et vit aux États-Unis. Spécialiste des questions de terrorisme international, de crime organisé, de sécurité et d’immigration, il a été finaliste du prix Pulitzer en 2006 pour ses reportages internationaux. Triple Crossing a été doublement sélectionné par le New York Times comme meilleur premier roman et comme meilleur thriller.
Extrait : 
« – Oubliez tout ce que vous savez des prisons américaines, dit Aguirre en se retournant sur son siège. Vous n’avez rien vu de pareil. Les détenus ont des armes à feu. Des enfants vivent à l’intérieur. Les capos s’y construisent des maisons avec domestiques, gardes du corps et prostituées….
– Je connais la prison, répondit Puente d’un ton neutre.
Aguirre l’ignora. »

Lecture d’avant

L’avis de Jean Luc

Triple Crossing est ce qu’on appelle un thriller géopolitique. Ce n’est pas simplement l’histoire d’un policier frontalier infiltré parmi une bande de mafieux mexicain,c’est beaucoup plus.
>
> Dans ce premier roman écrit par un journaliste, il est beaucoup question d’enjeux politiques. Pour ma part, la géopolitique n’est pas vraiment mon sujet de predilectiont mais l’auteur s’y prend très bien et parvient à captiver le lecteur. Cela permet de comprendre certains enjeux politiques en Amerique du Sud avec toutes les luttes d’influences qui vont avec. Cette histoire reste tres crédible et pourrait facilement faire l’objet d’une adaptation cinématographique.
>
> Au départ c’est un peu compliqué et il est difficile de cerner tout le contexte politique avec tous les différents personnages. Il est question du concept de triple Crossing, autrement dit des trois frontières entre l’Argentine, le Paraguay et le Brésil, nouvel eldorado pour les mafieux.
>
> Une fois rentré dans le livre (une cinquantaine de pages), on a envíe d’aller au bout. Les différents personnages sont vraiment intéressants, même ceux qui veulent mettre fin à la carrière du méchant restent ambigus, ce qui fait d’ailleurs, l’intérêt de ce roman.
>
> J’ai beaucoup aimé le personnage du flic infiltré qui ne sait plus trop où il en est, ídem pour le mafieux mexicain et son second, qui sont tous les deux des caractères vraiment bien fouillés et impressionnants.
>
> Au final, un bon polar qui demande de s’accrocher au départ mais qui vaut le coup.
>
> En tout cas, une très belle performance pour un premier roman

Pour lire le début

Apportez-moi Octavio Paz / Federico Vite


 

Mes petites lectures9782914833998,0-1203813Le livre : Apportez-moi Octavio Paz / Federico Vite.Traduit de l’espagnol (Mexique) par Tania Campos. Paru le 23 juin 2011 chez Moisson rouge-Alvik. ,  10€14; (112 p.) ; 21 x 13 cm.

Malheureusement ce titre n’est plu commercialisé.

4e de couv :

Pour sa dernière affaire, le commandant Ojeda décrète que la veuve Polkon a assassiné son fils et que cela ferait un très bon sujet pour le roman qu’il a toujours rêvé d’écrire. C’est pourquoi il se tire une balle dans le pied afin de se consacrer pleinement à l’écriture.

Alors qu’elle est accusée d’infanticide et habitée par l’esprit de son fils Rogelio, Nadia Polkon retrouve la joie de vivre grâce aux bienfaits de l’orgasme et se lance dans une carrière de journaliste médium.

De son côté, en mal d’inspiration, Ojeda décide de s’offrir l’aide du poète et prix Nobel Octavio Paz, qu’il fait donc kidnapper. Mais don Octavio ne compte pas se laisser faire. Et s’il voyait là l’opportunité de signer enfin son premier roman ?

Du chantage littéraire, des policiers fainéants et corrompus, une justice expéditive et des voitures qui tombent en panne systématiquement… Vite nous offre un conte absurde sur la société mexicaine et le monde littéraire où se mêlent délicieusement ironie et humour noir.

Extrait :
« – (…) Vous allez donc prendre la déposition de cette femme et je veux le coupable aujourd’hui. Vous m’avez compris ? Pas plus tard qu’aujourd’hui.
L’agent de police jeta son mégot de cigarette et prit une pose suffisante pour appuyer ses propos :
– Si elle ne parle pas je lui ferai cracher le morceau, ne vous en faites pas commandant.
– Alors, c’est bien clair ?
– Oui, commandant.
Le commandant fit demi-tour et, avant de se perdre parmi les piles de papier entassés, revint sur ses pas et dit à l’agent de police :
– Trouvez-moi plutôt le coupable demain car j’ai une réunion très importante aujourd’hui, je ne vais pas pouvoir donner d’interviews ni faire de visites, rien de tout ça, c’est compris ?
– Bien sûr, commandant ».

indexL’auteur :

Federico Vite est né à Apan au Mexique en 1975.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

Ce conte absurde sur la société mexicaine met en scène la reconversion du commandant Orteja. Pour être dessaisi d’une enquête et se consacrer à l’écriture, il se tire une balle dans le pied. L’histoire de la veuve Polkon tombe à point nommé pour son roman, et en enlevant Octavio Paz, le commandant s’assure les services d’un conseiller littéraire de haute volée. Premier roman.

Ce très bref roman de Federico Vite dénonce avec ironie police, justice et presse mexicaines. Il égratigne au passage la figure emblématique du prix Nobel de littérature, le poète Octavio Paz. C’est féroce, jouissif, hilarant et souvent surprenant.

Pour l’anecdote :

Octavio Paz est né le 31 mars 1914 à Mexico. Il reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1990. Sa veuve a obtenu le retrait de la vente de tous les exemplaires de ce livre au Mexique, considérant qu’il faisait du tort à son défunt mari.

Perso je trouve ça sidérant !!!

Lontano de Jean Christophe Grangé


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GrangéLe livre : Lontano de Jean Christophe Grangé. Paru le 9 septembre 2015 chez Albin Michel. 24€90 ; (777 p.) ; 23 x 16 cm
4e de couv :
Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes. Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons.
Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Extrait : 

Après le génocide du Rwanda, les Tutsis avaient poursuivi les milices hutues jusqu’au Congo. Ils en avaient profité pour chasser Mobutu du pouvoir et bombarder Laurent-Désiré Kabila président, lequel s’était empressé de se retourner contre ses alliés, déclenchant une deuxième guerre du Congo entre armée régulière, militaires tutsis, réfugiés hutus, milices rebelles, Casques bleus.
Dix ans plus tard la guerre continuait toujours à l’est et la RDC était le dernier pays au classement de l’indice du développement humain des Nations unies.
La pire terre où voir le jour…

Jean-Christophe-Grangé-JOKO_0L’auteur : Jean-Christophe Grangé est né à Boulogne-billancourt près de Paris le 15 Juillet 1961. Après des études de lettres à la Sorbonne aboutissant à une maîtrise sur Gustave Flaubert, il devient rédacteur publicitaire.
En 1989, il se lance dans le journalisme comme grand reporter pour le National Geographic, Paris Match et le Sunday Times.
Il crée par la suite la société L&G pour faire des reportages en free lance. Ces derniers vont l’entraîner aux quatre coins du monde et lui rapporter plusieurs prix : Reuter en 1991, World Press en 1992. Ces enquêtes seront aussi une formidable source d’inspiration pour ces romans.
Son premier roman est publié en 1994. En parallèle de son travail littéraire, il écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision et récemment, il collabore de plus en plus avec Frédéric Schoendorffer au scénario et à la production.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision, il a été traduit dans une vingtaine de langue et est l’un des rares écrivains français dans son genre littéraire à être apprécié aux États-Unis.

Si j’ai découvert Grangé au milieu des année 90, et qu’à l’époque je lisais d’une traite ses thrillers qui faisait date dans le polar français; il y a plus de 10 ans que je n’ai pas lu une ligne de cet auteur à grand succès. C’est vrai je lui ai préféré de nouvelles plumes.

Aussi à l’occasion de son nouveau roman tant attendu par des milliers de fans (3 ans sans un thriller de Grangé), je cède la parole à Jean-Luc notre fidèle chroniqueur. Voilà ce qu’il m’en disait : 

« Le dernier Grangé, pour ma part, je l’ai trouvé très bon même si un peu long, il faut dire je suis un inconditionnel de Grangé 🙂 »

Une petite chronique s’imposait donc. la voici 

unnamed (16)L’avis de Jean Luc

Lontano est plutôt une belle réussite.

On reconnaît bien le style, le déroulement de l’histoire avec pas mal de recherches. Il s’agit d’un énorme pavé de presque 800 pages, la première partie du roman est un peu longue mais elle a l’avantage de bien positionner l’intrigue avec tous ses personnages.

Quant à la deuxième partie, elle est menée tambour battant et une fois encore Jean-Christophe Grangé m’a beaucoup surpris avec une histoire bien ficelée et surprenante comme il sait si bien le faire.

Très sommairement l’histoire met en scène un grand patron du ministère de l’intérieur au passé trouble, confronté à un serial killer, qu’il avait arrêté au Congo plusieurs années auparavant.

Dans ce roman, il y a plusieurs sujets, l’Afrique noire, le pouvoir, les dérives sexuelles dans des milieux très favorisés et il y aussi un tueur en série surnommé l’homme clou. Au final, un programme très ambitieux mais surtout très bien maîtrisé.

L’image de l’Afrique peut paraître dérangeante mais malheureusement elle est tout à fait crédible et sans doute basée sur des faits réels.

Il est question de rites et de croyances africaines, et à côté de cela, il y aussi une plongée dans les milieux sados en France très surprenante.

Au final, un très bon Grangé, le premier tome d’un dyptique qui mérite d’être lu, même si comme je l’ai dit, il y a quelques longueurs.

Les belges reconnaissants de Martine Nougué


les-belges-reconnaissantsLe livre : Les belges reconnaissants de Martine Nougué. Paru en janvier 2015 aux éditions du Caïman.

4e de couv :

Castellac était un village apparemment tranquille jusqu’au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l’assassin de Monsieur le Maire.
Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l’égard de ces « étrangers », les nouveaux habitants venus du nord, ou cette flic Africaine qui fouine dans leurs histoires.

téléchargement (17)L’auteur : Martine Nougué a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.
Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…
Elle vit aujourd’hui entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture. Les Belges reconnaissants est son premier roman publié.
Extrait :
« Le clan Gallieni tenait les affaires municipales d’une main ferme, n’hésitant pas à user de méthodes musclées à l’encontre des indociles et des éventuels opposants, pressions d’autant plus fortes que les récalcitrants avaient été marqués du sceau de « l’étranger » ou pire, du « néo ». Marianne Grangé, l’étrangère en terre castellacoise, avait subi les foudres de Gallieni lorsqu’elle avait oser le défier, lui et son système, lors des dernières élections. Elle s’était épanchée sur l’épaule de la policière, légitimant la violence de son combat par la colère et le dégoût que lui inspirait cette république bananière locale qu’avec ses amis elle avait entrepris de dénoncer en réveillant les consciences villageoises. Pénélope avait été impressionnée par l’idéalisme de la jeune militante. »

Résumé et avis :

Pénélope Cissé, officier de police au commissariat de Sète, est chargée d’enquêter sur l’assassinat du maire de Castellac. En s’intéressant au passé du village, elle se confronte à des habitants peu coopérants, enclins au racisme et à la xénophobie. Au fil de son enquête, elle croise des chasseurs, un noyau de militants écologistes et une journaliste qui, tous, épiaient les moeurs de la victime.

Martine Nougué , avec une dose parcimonieuse d’humour, insuffle un nouvel élan au roman policier. Mieux, elle le dépoussière.

Elle nous dresse un portrait sans concession d’un village français soumis à l’hégémonie d’une famille, d’un clan. Un bastion où l’élu local se comporte en seigneur des lieux ; distribuant ses faveurs ou faisant régner la terreur.

Tout en subtilité, l’auteur dénonce les fléaux de notre société. L’intolérance, la xénophobie, la cupidité, la bêtise humaine, le racisme ordinaire sont autant de thème qui font la richesse de cette intrigue.

Mais pour autant la lecture de ce titre reste jubilatoire. Et que dire de son personnage de flic , la belle Pénélope Cissé! Iconoclaste cette jeune lieutenant d’origine sénégalaise croque la vie à pleines dents et ne s’en laisse pas compter.

On n’en redemande.

 

 

 

La voie des morts de Neely Tucker


Mes petites lectures

9782070145560,0-2729594La voie des morts de Neely Tucker. Traduit de l’américain par Alexandra Maillard. Paru le 05 novemvre 2015 chez Gallimard  dans la collection Série Noire. 21€ ; (352p) ; 23×16.

Présentation de l’éditeur :

Sarah Reese, la fille d’un puissant juge de Washington, est retrouvée assassinée dans un taudis. Lorsque la police arrête rapidement trois adolescents noirs, le journaliste Sully Carter, ancien correspondant de guerre à la dérive, soupçonne que cette affaire dissimule bien d’autres implications. La mort de Sarah pourrait être liée à une série de crimes non élucidés – crimes pour lesquels la police a fait preuve de beaucoup moins de zèle… Alors que la population réclame au plus vite la condamnation des coupables, Carter recherche la vérité, subissant des pressions de la part de la police, des représentants officiels du pouvoir, et même de ses propres patrons… Désabusé par le système mais combatif et n’ayant plus rien à perdre, il plonge au cœur d’un mystère aux multiples ramifications, où la violence qui règne dans les quartiers pauvres se mêle aux intrigues politiques en haut lieu. Il doit s’aventurer sur les frontières aussi dangereuses qu’hasardeuses entre ce que l’on pense et ce que l’on sait, entre ce que l’on sait et ce qu’il est possible de révéler dans un journal « grand public »…

NeelyTuckerL’auteur : Neely Tucker, né le 26 novembre 1963 à Lexington, dans l’État du Mississippi, Il passe son enfance dans le comté de Holmes, l’un des plus pauvres des États-Unis.  .Journaliste depuis vingt-six ans – dont quinze passés au Washington post – Neely Tucker a été chargé de couvrir entre autres les attaques terroristes du 11-Septembre, le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, et un grand nombre d’affaires judiciaires de premier plan. Correspondant à l’étranger durant huit ans, il a écrit des reportages sur plus de cinquante pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, fréquemment dans des zones de conflit. La Voie des Morts ets son premier roman à paraître dans la Série Noire.

 

Résumé et avis :

La fille d’un influent juge de Washington, Sarah Reese, est assassinée. Trois adolescents noirs sont aussitôt arrêtés. Sully Carter, un ancien correspondant de guerre traumatisé par les combats et miné par l’alcool, se charge d’élucider l’affaire. Ce crime pourrait bien être lié à une série de meurtres non élucidés.

Un putain de premier roman.

Du vrai noir comme on l’aime.

Un héros fracassés, solitaire mais opniatre et tenace. Quelqu’un qui n’a plus grand chose à perdre. Un incorruptible. Touchant. Un personage en quête de redemption.

Une ville froide, Washington comme on l’a peut vu sauf peut-être chez Pellecanos. Une ville de pouvoir. La Maison Blanche, le Capitole, la Cour Suprême, ici tout évoque la grandeur de l’Amérique mais aussi les complots, les jeux de pouvoir, la corruption et de conspiration.

Washington et son taux de criminalité, l’un des plus élévé des Etats Unis. La drogue cotoit la prostitution, les flics et les gansters pactisent dans ses rues sales. où polititiens véreux s’accoquinent avec des journaliste peu scruppuleux..

La délinquance à tous les étages.

Un polar rude, âpre qui grate là où ça fait mal.

Merci La Série Noire…Du bel ouvrage et très belle découverte.

 

Lire le début ICI

Planète à louer de Yoss


chronique-de-lecteurs

J’ai le plaisir une nouvelle fois d’acceuillir Anne Ju Chesneau pour une nouvelle Chronique de lecteur.

Pour en savoir un peu plus sur Anne Ju c’est là

Place donc à la Chronique n°3 pour Collectif Polar par  AJC :

9782354080938,0-1153555 9782354081966,0-1551327 Le livre :  Planète à louer de Yoss. Traduit de l’espagnol (Cuba) par Sylvie Miller. Paru le 20 janvier 2011 chez Mnémos dans le collection DéDale. 19€80 ; (265 p.) ; 24 x 16 cm
Rééditer en poche le 14 mars 2013 chez Mnémos dans la collection Helios. 9€90 : (313 p.) ; 18 x 12 cm

Résumé :

« Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle»

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d’éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l’Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l’équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l’image d’Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d’être idylliques. Buca, la prostituée, Moy, l’artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n’aspirent qu’à une seule chose : fuir… partir… s’exiler… quitter la Terre… par tous les moyens !

 

L’ avis d’ Anne JU:

Me voilà de nouveau, complice dans cette lecture suite à la demande du blog de Geneviève, Collectif Polar, dans la rubrique Avis de lecteurs. J’ai choisi ce livre, par le plus grand des hasards ! C’est le titre qui m’a plu. Je n’avais pas trop capté que c’était de la SF (eh oui je suis aveuglement les conseils de lecture de mon maître Jedi) ! Mon 1er roman SF !!! Waouh mais vraiment pur SF !

Au début, j’ai eu du mal à accrocher tous les wagons. Je me demandais quand les chapitres allaient se terminer ! Et là, au fur et à mesure, j’ai compris que ce n’était pas 1 histoire mais 7 histoires ! 7 nouvelles, 7 personnages différents mais qui ont tous un lien.

La planète à louer vous vous doutez bien que c’est la nôtre ! La Terre est devenue une sorte de grand parc d’attraction ! De nouvelles espèces voient le jour, instaurent de nouvelles règles. Car comme souvent les Humains n’ont pas compris que ces extra-terrestres n’étaient pas forcément venus pour leur nuire mais pour les aider ! Bref, ça c’est parfaitement humain au final ! Regardez les films comme Independance Day ou d’autres. Donc, ils vont voulus jouer les gros bras, les meilleurs et ils ont perdus ! Les ET sont ceux qui imposent leurs lois.

7 histoires parlant de 7 personnages qui ont des rôles différents dans cette nouvelle société à Cuba : une prostituée-incubatrice, un joueur de Voxl, un artiste-déchirant (j’utilise le terme déchirant dans son sens premier…il faut avoir le cœur bien attaché en lisant sa nouvelle), un flic peu scrupuleux…..Bref, un panel de différentes personnes dans cette nouvelle société.

On constate que même ses nouvelles lois, ce nouveau fonctionnement a aussi ses failles : drogues,corruption, mafia, sexe….Bref ce n’est pas forcément une belle vision du futur mais bon on a l’habitude ! Dites-moi messieurs les auteurs, pourquoi les futurs sont-ils toujours aussi bétonné, sombre, gris, triste et aussi dangereux ? Ça ne donne pas envie…Bon après je ne vois pas forcément un futur avec des champs de tulipes partout …mais un juste milieu.

Bref je m’éloigne un peu …Je reviens à ce roman de SF. SF ! Oui  je n’en reviens toujours pas d’avoir lu ça! Ce n’est pas désagréable au final. Après de là à dire que je vais être une adepte, je ne pense pas. Je n’ai pas l’esprit SF. Mais je suis contente de cette expérience. Car pour une ignorante comme moi, le style est fluide et ça se lit super bien. J’ai bien ressenti l’engagement de l’auteur et c’est ce qui m’a aidé à aimer ce livre au final. Et oui, je pourrai même le conseiller ;-). Mais je ne me permets pas de le comparer à tel ou tel autres romans SF vu que je n’ai aucun recul de ce côté.

Je n’ai pas trop parlé de Cuba mais je ne peux pas tout vous dire. Sachez juste que ce n’est en rien moralisateur, c’est juste un constat certes froid et dur mais un constat.

Collectif Polar c’est toujours un plaisir de participer à tes chroniques de lecteurs. A.J

Un extrait :
 » Le monde est la machine. En dévorant l’art, elle dévore son créateur. Elle est perpétuellement avide de sang, de douleur et d’inspiration, et il y a toujours de nouveaux artistes désireux de lui servir d’aliment. C’est la vie et c’est l’Histoire. C’est le cycle éternel. »
Quelques mots sur l’auteur :

yossYoss, de son vrai nom José Miguel Sánchez, est l’un des fers de lance du renouveau science-fictionnesque cubain. Il est licencié en biologie.
Déjà publiés en Italie et en Espagne, la France l’accueille dans ses anthologies et revues avant de l’inviter aux festivals des Utopiales (2002 et 2004) et des Imaginales (2003). « Planète à Louer » (Se Alquila una planeta) a paru en janvier 2011 chez Mnémos. Son recueil, Interférences, publié en 2009 chez Rivière blanche, a été nominé au Grand Prix de l’imaginaire Étonnants Voyageurs 2010 et Sylvie Miller, sa traductrice, a reçu le Prix Jacques Chambon de la traduction pour ce recueil.
Il est récipiendaire du Prix UPC de l’Université de Catalogne (2010), l’un des prix espagnols les plus prestigieux pour une œuvre de SF.

Yoss est passionné d’arts martiaux, il est ceinture noire de judo et de karaté. Il est aussi chanteur dans son groupe de heavy metal, TENAZ dont il écrit la plupart des paroles.

Vous pouvez retrouver Anne Ju sur son blog, Les Motordus d’Anne Ju

mais aussi sur sa page Facebook : Les Motordus d’Anne Ju

Merci Anne Ju pour ta curiosité et ta fidélité.

Je t’espère à nouveau très vite sur mon blog

Tiuraï de Patrick Pecherot


Lecture d’avant
9782070307586,0-265782 Le livre Tiuraï de Patrick Pecherot. Préfacé par DidierDaeninckx. Paru le 16 juin 2005 en poche chez Gallimard en Folio. 6€40 EURl. (170 p.) ; 18 x 12 cm

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4e de couv :
Un jeune Tahitien trouve la mort avec son frère handicapé le jour de la fête du 14 Juillet. Une émeute sanglante dévaste la prison de Papeete et la répression qui s’ensuit n’a rien à envier à certaines dictatures. Loin de la métropole, la Polynésie et ses atolls n’ont plus grand-chose à voir avec les vahinés et les colliers de fleurs. Sous la mer bleue rôde une menace étouffée par le secret défense. Parce qu’il emprunte les chemins de traverse, le journaliste Thomas Mecker va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot «tabou», comme Mururoa, est issu de ces îles…
th (16)L’auteur : Né en 1953, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers avant de devenir journaliste. Auteur notamment deBelleville-Barcelone et des Brouillards de la Butte, (Grand Prix de littérature policière 2002), il s’inscrit, comme Didier Daeninckx ou Jean Amila, dans la lignée de ces raconteurs engagés d’histoires nécessaires.
 Extrait : 
Lundi, 10 juillet. Au moment de sortir, Terii s’arrêta, figé. Au bout du couloir sombre, une trouée lumineuse l’obligeait à froncer les paupières. Malgré lui, il hésitait, la main cramponnée à la poignée en ficelle de sa valise. Le gardien le poussa doucement pour lui faire franchir le seuil qui le séparait de la liberté et referma la porte. A l’aveuglement, succéda la bruit, légèrement décalé. Scooters, trucks, passants…surtout les femmes. Leur voix se détachèrent en premier du magma sonore. Terii eut envie de faire marche arrière, de revenir dans le cocon protecteur de sa cellule. Il ne parvenait pas à pénétrer dans le film qui se projetait devant lui. Spectateur immobile, une paroi invisible le séparait des autres. La sueur inondait son front, son dos, ses jambes. Il fallait qu’il entre dans le cercle, qu’il marche…Rien de compliqué…Appuyer, puis se fondre, s’immerger dans la foule. Splaoutch ! Il avait plongé. Facile en somme. Il suffisait maintenant de suivre le courant, de se laisser porter. Papeete était bourdonnante et poussiéreuse. Les fêtes approchaient. A une terrasse, il s’extirpa du flot pour siroter un Coca glacé. Il s’attarda à regarder la paille monter dans la bouteille sous la poussée gazeuse des bulles. Ce n’est qu’à la fin du jour qu’ils e dirigea vers le faré de la famille. Calmée, la lumière découpait le relief des montagnes de ses reflets dorés. Le plein soleil, trop écrasant, n’était bon que pour la sieste. Mais le soir, Tahiti retrouvait sa grandeur nonchalante dans un parfum de sel et de vanille. Sous son toit de tôle, la maison n’avait pas changé. C’est à peine si les murs d’Isorel étaient un peu plus délavés. Il grimpa l’escalier en bois et entra. Pas de colliers de fleurs pour Terii. Son père dormait, affalé dans un fauteuil pisseux. La télé allumée teintait par intermittence la table encombrée et les boîtes de bière amoncelées. Quand Terii vit Nestor, il sut qu’il n’était jamais sorti de prison.
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Résumé et avis : Terii, un jeune polinésien à peine sorti de prison pour de menus larcins , trouve la mort le jour du 14 juillet alors qu’il brandissait une banderole dénonçant les essais nucléaires et exigeant l’indépépendance de l’île.

A la suite de ce décés, la prison de Tahiti est le théatre d’une sanglante mutinerie au cours de laquelle trois prisonniers se font la belle.

Cinq jours plus tard, le directeur de la prison est assassiné.

Il n’en faut pas plus à thomas Mecker, journaliste récemment débarqué aux Nouvelles, principal et lénifiant quotidien de l’atoll pour retrouverses instincts de limier.

Il va vite comprendre que l’histoire officielle dissimule de nombreux secrets d’Etat. son enquête va s’avérer bien plus difficile qu’il n’y parait.

Premier roman d’un écrivain qui l’inscrit d’emblée dans une lignée d’auteur engagés.

IMG_6723Ce n’est pas l’île pour touristes friqués que Pecherot nous raconte, mais celle des gens des bidonvilles qui côtoient les grands hôtels. Alcoolisme, chômage, corruption sont les plaies qui touche la population indigène qui souvent est sans emploi.  Ce titre révèle l’envers du décor loin du folklore, des vahinés et de leur collier de fleurs de Tiaré. 

L’auteur nous dresse un tableau extrêment sombre et son analyse politique est lucide et convaincante

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