Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon


Le livre : Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon. Paru le  1er décembre 2017 aux Editions D’un autre ailleurs dans la Collection Crimes de Pays. 13€ ; (184 pages) ; 19,5 x 13 cm

4ème de couverture :

Marseille, décembre 1992. Un couple de jeunes truands marseillais envisage de dérober un objet de valeur dans le coffre d’un retraité  » plein aux as « . Pour Olivier, c’est du velours. Pour Christelle, c’est différent; elle a un mauvais pressentiment. Et comme toujours, elle n’a pas tort… Voici les deux comparses emportés dans une tornade d’évènements auxquels ils pourraient bien ne pas échapper, vingt ans plus tard, quand les fantômes du passé feront surface.

 

 

L’auteur :  Né en 1975, Sylvain Dunevon est originaire du quartier de Saint-Loup, à Marseille. Il a grandi au sud d’Aix-en-Provence. Marié, père de deux enfants, il publie son premier roman policier. Dans un subtil dosage de rebondissements, d’embruns et de parfums de garrigue, l’auteur mène son intrigue tambour battant. Pour notre plus grand plaisir.

Extrait : 

« Les premières lueurs de l’aube dévoilent un paysage lunaire. Le vaste plateau parcouru de garrigue rase s’étire à perte de vue. Par endroits, la végétation s’écarte. Un ruisseau chétif se faufile parmi les blocs de calcaire pour se jeter dans l’abîme. Le 4×4 de la section roule à vive allure depuis plusieurs heures. Christelle, le front contre la vitre regarde défiler le ruban de bitume.         Olivier s’est assoupi, la nuque posée sur l’appuie-tête. Un homme en tenue de commando se tient entre eux, sur la banquette arrière. La tension de la nuit s’est dissipée. Les deux complices ont compris qu’ils ne maîtrisaient plus leur destin.»

  

 

Chronique d’une flingueuse

L’avis de Sylvie K

 Les condés face aux engambis vont rencontrer des branquignols, des nervis et même une cagole, peuchère, il faudrait un pastaga pour comprendre tout cela. C’est la toile de fond de l’histoire Marseille et ses quartiers, ses références aux histoires qui ont défrayées la chronique, le foot, Tapie, la course Le Marseille-Cassis, des noms de rue qui chantent, La saint-Baume etc..  Marseille d’hier et d’aujourd’hui à découvrir au fil de cette histoire ou le passé s’invite dans le présent.

 Deux jeunes Christelle, la petite fille de bonne famille et Olivier le mauvais garçon traînent ensemble depuis l’enfance ; on les retrouve vingt ans après en 1992 dans un quartier cossu. Ils agressent chez lui un retraité bourgeois pour le voler. Là, ils se retrouvent battus et ligotés par des hommes en noir sans savoir pourquoi.

2014 Rémi un journaliste doit faire face à la mort de son ami Bertrand Sapin mort accidentellement mais est-ce bien un accident ? Rémi lui aussi sera victime d’un accident. Delavaigne un flic venu du nord de la France va enquêter sur ces accidents suspects quand un certain Malik Achourbi de la DGI lui fait des révélations surprenantes. La femme de Delavaigne Christelle est en danger. Christelle et Olivier se retrouvent, le passé les rattrape sauf que Delavaigne y sera aussi confronté.

Pour les amoureux de Marseille et ceux qui ne connaissent pas une histoire policière pure marseillaise avec en bonus un glossaire pour bien comprendre le marseillais.

Publicités

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli


Le livre: Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli, paru chez French Pulp Editions le 11 octobre 2018. 18€  ; (382 pages.) ; 14 x 21cm 
 
4ème de couverture:
J’étais froide.
J’étais froide car j’étais morte depuis déjà cinq jours. Abandonné au cœur de cette épaisse forêt, mon corps avait été livré en pâture aux bêtes sauvages qui n’avaient pas perdu de temps pour débusquer mon cadavre.Inspiré du « Monstre de Rostov », Andreï Tchikatilo célébre criminel qui dévorait ses victimes.Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises…Clarisse va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son propre meurtrier.Chris Lanzman, officier de police judiciaire, va chercher à découvrir ce qui a bien pu se produire cette nuit-là, sur cette route isolée. Egalement chargés de l’affaire, deux autres enquêteurs accompagnés d’un médium vont tenter d’entrer dans la tête du redoutable criminel.

Mais à trop vouloir approcher le monstre, on en oublie parfois que la vie ne tient qu’à un fil…

L’auteur: Fabio M. Mitchelliest né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, true crime, romans et nouvelles.
Pour ses ouvrages, l’auteur s’inspire de faits réels, d’affaires criminelles médiatiques du 20ème siècle et tisse une toile de fiction
En 1988, il découvre Edgar Allan Poe et se passionne pour ses œuvres. « Double assassinat dans la rue Morgue « sera son premier émoi littéraire et le déclencheur d’une passion pour l’écriture et la littérature noire.
En 2010,une modeste maison d’édition donnera sa chance à l’auteur en publiant son premier thriller fantastique.
Fin 2014, « La Compassion Du Diable », paru aux éditions Fleur Sauvage, sera l’un des coups de cœur du célèbre libraire Gérard Collard, et sera rapidement encensé par la critique. Surnommé « le livre bleu », l’ouvrage devient rapidement un best seller.
Extrait:
« L’amour avait ce putain d’arrière-goût des souvenirs fanés lorsqu’il disparaissait, il avait la consistance d’un pétale de rose desséché, craquant et racorni, sec en bouche, avec cette saveur amère qui nous rappelle que rien n’est immuable. »

LE OFF DE OPH

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli ou la chronique de l’abandon

Le dernier festin est un roman qui fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie. Beaucoup l’ont adoré, Gérard Collard l’a encensé et moi… Je l’ai abandonné.

Le roman s’ouvre sur Clarisse qui vient de mourir. Elle se voit, morte, son corps abandonné dans la forêt. Pendant plusieurs pages on la suit, ou plutôt sa conscience, dans la recherche de son meurtrier. Et déjà là, je coince… Entre rêves, réalité, lymbes, je me suis rapidement perdue dans l’histoire. De ce point de départ, Fabio M. Mitchelli lance diverses lignes qui n’ont pas trouver de cohérence dans mon esprit. Je me suis rapidement égarée dans ces histoires, errant dans le labyrinthe de son univers sans trouver le fil d’Ariane qui aurait pu me sauver. Dans ce monde trop onirique, je n’ai su trouver mes repères et j’avoue avoir assez vite décroché, me forçant à poursuivre ma lecture. Je me suis accrochée mais j’ai fini par abandonner à 196 pages.

Je n’ai rien contre le thriller fantastique, au contraire. J’aime la magie, la science-fiction, l’imaginaire, les dystopies et tout ce qui peut me ramener à ma part d’enfant qui voulait croire que les sorcières, les elfes, les fantômes et les mages n’existaient pas que dans les contes de fée. J’aime ouvrir mes chakras et me laisser transporter aux frontières de notre réalité, mais ici la magie n’a pas opéré.

Cet échec, parce qu’abandonner un livre est pour moi un échec, ne remets aucunement en cause l’écriture de l’auteur. Fabio Mitchelli a une très belle plume, un style poétique et très recherché. Le phrasé est de grande qualité et il arrive sans difficulté à faire naître ,dans l’esprit de son lecteur, les images de qu’il nous narre. Ce sont des qualités d’écriture auxquelles je suis particulièrement sensible. Mais malgré ces aspects, je n’ai pas pris de plaisir dans ma lecture.

C’est donc la chronique d’un abandon. Et je suis la première à le regretter.

Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Le livre : Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion. Paru 4 Novembre 2016 aux Editions Pavillon Noir. 14.00 euros. 350 pages. 20 x 2,6 x 12 cm

4ème de couverture :
Jamais Adrien Magadur n’aurait pu imaginer qu’une banale enquête sur le vol d’une œuvre d’art le plongerait au fond de la folie destructrice, le précipiterait dans le vide… Une peinture de grande valeur nommée Lucrèce, vient d’être dérobée chez un particulier parisien. Le portrait de la jeune Romaine, prête à s’enfoncer un poignard dans le sein, attise la convoitise d’un collectionneur idolâtre, mais aussi celle, plus surprenante, d’un cartel de narcos. Avidité, cupidité, vénération fanatique pour l’art peuvent mener à des actes insensés, au crime. À travers un imbroglio émotionnel, les acteurs du récit, personnages complexes et tourmentés, sont emportés dans un drame où se mêlent passion, amitié et trahison. Chargé de retrouver le tableau de Cranach, Adrien Magadur, un privé à la déontologie douteuse, paiera de sa personne. Avec son âme-frère, un capitaine aux Stups du 36, il poursuit sa quête dans une atmosphère sombre et se laisse jusqu’au bout surprendre par de singuliers rebondissements.

L’auteur : Après avoir commencé des romans sans les aboutir, Luce MARMION, parisienne, voit son manuscrit reconnu par un comité de lecture. Luce Marmion se définit actuellement comme auteur de polars chez Corsaire Editions. Le Vol de Lucrèce est le premier thriller de Luce Marmion qui vit à Paris et consacre son temps à l’écriture.
Extraits :
« Lorsque ses proches quittaient Paris, Magadur se sentait comme un vieux chien abandonné, inutile. Pourtant, il ne les voyait pas tous les jours. Dès les premières minutes qui suivirent leur départ d’Orly, il ressentit un grand vide. »

Les Lectures de Maud :

Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Nous voici plongés dans la première enquête de l’Agence Demorsy. Une équipe de privés qui va devoir mettre en échec un voleur d’œuvres d’art, puis un groupe de trafiquants de drogue. Se pourrait-il que les affaires soient liées ?

Adrien Magadur, un ancien flic des Stup, va se retrouver à enquêter, parfois en marge de son équipe ; afin de résoudre les différentes énigmes qui se succèdent. Un personnage bourru mais attachant. Cette équipe va devoir faire face à de multiples embuches, à des impasses, avec une cohésion de groupe également amicale.

Un rythme soutenu, les pages se tournent toutes seules, tant l’envie de connaitre la suite se fait sentir. J’ai été emporté par cette quête de retrouver « Le Lucrèce », et sensible à tous les obstacles que les différents personnages vont devoir surmonter, tout particulièrement Maga. Cette histoire addictive vous amènera au dénouement final sans vous en rendre compte.

L’auteur nous entraîne, avec une plume que j’affectionne particulièrement, dans une sombre affaire, avec au premier rang « l’Art », on ressent la passion de l’auteur pour la peinture. Un régal de lecture, un excellent moment, j’en redemande !!!

Mention : Premier roman

Je recommande vivement la suite, « Le Mur dans la Peau » qui nous présenteront bientôt sur ces pages ðŸ˜Š

Je remercie les éditions Polars pavillon Noir pour leur confiance ðŸ˜Š

La flore et l’aphone – Guillaume Gonzales


Le livre  : La flore et l’aphone  de Guillaume Gonzales. Paru le 10 août 2018 chez Kyklos éditions.  19€ (244 p.) ; 21 x 15 cm

4e de couv : 

Un étudiant lambda : colocation, amourettes, malbouffe et furtives incursions en amphi. Entre deux cessions de Ligue des champions avec les potes et le suivi de l’actualité comics, sans doute concédera-t-il envisager, dans le meilleur des cas, un avenir quelque part en thèse.

En attendant l’hypothétique voie royale, les ambitions du dilettante s’orienteront essentiellement sur l’inventaire des activités nocturnes et l’alimentation de la pompe à bière.

Quel événement justifierait qu’il renonce au farniente perpétuel, avec l’indolence érigée en art de vivre ?

Pas moins qu’un enlèvement !

Au bout du compte, il se pourrait bien qu’il trouve son rôle dans un monde qu’il n’avait jusqu’alors abordé qu’en spectateur.

Et lorsque ce monde, en proie à ses incohérences, se disloquera sous ses yeux, l’étudiant lambda ne se cantonnera plus à regarder…

Déconseillé aux électro-hypersensibles !

L’auteur : Guillaume Gonzales est  né à Saint-Dizier le 26 octobre 1972.
Guillaume Gonzales a passé la majeure partie de son enfance en Picardie.
C’est depuis sa chambre que se sont forgées ses références, de Paul Simon aux trois James  : Crumley, Burke et Ellroy.
Après plusieurs années consacrées à la découverte des États-Unis, parcourant les deux côtes en de multiples occasions, il s’est finalement installé dans le Perche, entre un champ de colza et un pré peuplé de moutons.
C’est là qu’il écrit désormais, lorsque sa femme et ses trois filles le lui permettent. Il a à son actif 3 polars , 2010 – La Bataille des forts (Kyklos, mars 2010) ; 2011 – Viandes et légumes (Kyklos, novembre 2011) ; 2018 – La Flore et l’aphone (Kyklos, août 2018)

 

Extrait  :
« Dans sa rue, passage fréquenté sur le chemin de la plage qu’un brouhaha joyeux animait habituellement, des hordes de zombies, parmi lesquels des enfants seuls et étonnamment calmes, défilaient vers une destination qui de toute évidence leur échappait. »

 

Le post-it de Ge

La flore et l’aphone – Guillaume Gonzales

Il y a bien trop longtemps que je n’avais pas lu un roman de cher Kyklos éditions. J’ai enfin pu réparer cette erreur car en ce début d’automne  sont sortis deux romans de cette maison d’édition si chère à mes yeux. Oui, j’ai un petit faible pour Kyklos car à chaque fois que je découvre un livre chez eux, j’ai une belle surprise. Oui Kyklos c’est l’occasion de découvrir des textes engagés et  des voix dissonantes. Et c’est donc sans appréhension que je me lance dans ces nouvelles lectures.

La première est pour moi l’occasion d’aller à la rencontre d’un auteur que je n’ai jamais lu, pourtant il en est à son troisième roman. Mais bon il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Cet auteur c’est Guillaume Gonzales et le livre La flore et l’aphone.

Alors que la Terre, touchée par un mal étrange, est le théâtre d’un déchaînement de violence, un étudiant nonchalant découvre son rôle dans un monde où il n’était jusque-là que spectateur.

Difficile de raconter ce livre sans trop déflorer l’histoire. Sans trop spoiler comme on dit maintenant. On va suivre l’histoire d’un jeune homme sans histoire, un étudiant en théologie qui bosse sur sa thèse tout en profitant au maximum de la vie estudiantine, entre pote, bière et soirée. Et même si comme beaucoup d’étudiant, il ne roule pas sur l’or, la débrouille entre potos fait l’affaire. Un seul problème, ces incessants saignements de nez et ses céphalés. Mais il compose avec tout cela, il tire même parti de son handicap et son nez rougi jusqu’au jour où…

Notre étudiant est kidnappé et où on lui explique que lui et ses problèmes de saignement de nez intéresse les milieux militant alternatifs mais pas seulement. Car oui  il est EHS et souffre d’ Electro Hyper sensibilité.

Voilà pour le début

Le contexte maintenant. Nous sommes ici soit dans un passé proche alternatif, soit dans un futur très proche qui nous pend au nez ! Dans un régime démocratique qui n’en a plus guerre que le nom. Dans la globalisation totale règne en maître. Où les pauvres sont de plus en plus pauvre et les riches d plus en plus puissants.

Aussi avec tout cela Guillaume Gonzales entraîne son personne et nous entraîne avec dans une histoire surréaliste qui pourtant reste tellement vraisemblable. Où comment un simple quidam devient du jour au lendemain un héros ou plus exactement un anti-héros.

De plus, cette intrigue que j’appellerai d’anticipation est servi par une écriture taillée au cordeau  et un style littéraire des plus agréable.

Oui vraiment cette première lecture de cet auteur est une très très belle découverte.

Guillaume Gonzales est un type que je vais suivre de près maintenant.

Merci à Virginie et au éditions Kyklos pour cette fabuleuse histoire et ce très beau texte.

Organigramme, Jacques Pons, une lecture commune ou « la Chronique Trio » 


Organigramme, Jacques PONS,

une lecture commune

ou

« la Chronique Trio » 

Le livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 septembre 2018 aux Editions Hugo Thriller. 19,95 € ; 384 pages ; 14 x 21

4ème de couverture :

Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion week, ce ne sont pas les mannequins, mais les cadavres qui défilent…

L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…

Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

L’auteur : Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour  lequel il reçoit le Coup de cœur RTL.
Organigramme est son premier roman.

Extrait :
« Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres. »

 » La Chronique Trio  » : La lecture commune de 3 flingueuses :

Alain Doucros a donné rendez-vous à nos deux flingueuses Clémence et Miss Aline autour d’un verre pour parler d’un nouveau roman Organigramme de Jacques Pons, Coup de cœur RTL.

Alain Doucros : Bonjour les filles, comment allez vous ?

Miss Aline : Bonjour Alain, merci pour cette invitation. On s’est permis d’inviter Maud à nous rejoindre. Ah, la voilà qui arrive.

Présentation et commandes faites, notre quatuor se met à parler bouquin.

Alain : J’ai cru voir que vous aviez toutes les trois lu Organigramme de Jacques Pons. Avec le recul, vous en pensez quoi ?

Maud : Le lecteur est de suite plongé dans les méandres de la Mode de Luxe, au sein de la marque très prestigieuse Louis Laigneau. Tous les stéréotypes de ce monde sont très bien dépeints sans être trop redondants.

Miss Aline : Avant ma lecture j’ai fait une photocopie de l’organigramme placé en début de livre. Pour annoter au fur et à mesure.

Clémence : Moi aussi j’ai fais ça. J’ai barré des noms au fur et mesure. Les morts qui ne peuvent donc pas être le tueur, et ceux qui me semblait innocent.

Miss Aline : J’ai stabiloté, relié tel ou tel personnage, annoter, regrouper…

Alain : L’ambiance, l’atmosphère du livre ?

Maud : La société va rapidement se sentir menacée et les employés vont tous tour à tour se soupçonner, s’observer, se méfier. L’ambiance se détériore, elle devient oppressante, insoutenable, les tensions montent jusqu’à être explosives.

Clémence : Le monde sans faille ou presque de la mode est rarement utilisé, dans les romans, ce qui rend ce livre original.

Miss Aline : Le monde de la mode est justement idéal pour traiter de ce thème : le harcèlement moral, la course à la performance, l’apparence relationnelle. Mais je suis d’accord avec Clémence, cela pourrait concerner n’importe quelle entreprise.

Alain : Et l’intrigue ? Bien ou on devine assez vite ?

Clémence : Je n’ai pas cessé de raturer, re sélectionner de nouveaux suspects. Effacer de nouveau. On peut dire que l’auteur cherche à nous rendre fous !

Maud : L’intrigue est bien ficelée, dynamique qui embarque le lecteur dans de nombreux rebondissements.

Miss Aline : Même en annotant tu te fais avoir. L’auteur te ballade entre le récit du tueur et la narration de l’histoire en elle-même. Quand tu penses qu’untel est  suspect, voilà qu’il se fait mettre hors course.

Alain : Je vois que ce livre à fait mouche.

Maud : Oui. Le thème du stress extrême, de la compétition au travail, avec ses causes et surtout ses conséquences, nous amène à également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail.

Clémence : Le thème de ce livre me touche personnellement puisque j’ai traversé des phases difficiles au travail par rapport à ma hiérarchie. La violence, le harcèlement, la pression sur le lieu de travail sont des phénomènes de sociétés qui, fort malheureusement, font de plus en plus de victimes. DRH oppressante, rumeurs, compétitivité extrême, sont omniprésentes dans le monde du travail. Un seul but : la rentabilité. Les entreprises brisent leurs salariés pour faire du chiffre.

Miss Aline : C’est vrai qu’Organigramme est la parfaite illustration de ce monde du travail qui devient fou. On t’en demande toujours plus dans le même temps aparti. On veut du résultat à n’importe quel prix. Tu ne peux pas suivre, la porte est grande ouverte. On répond à un monde de consommation toujours plus grand. Pour ce qui est des relations humaines c’est aussi un monde flou, faux. Tout est sur-joué. Organigramme pourrait être transposé dans bien d’autres univers de travail. Malheureusement.

Alain : Je vais devoir vous quitter les filles. En conclusion vous me conseillez de le lire cet Organigramme !

Maud : Oui, l’auteur signe ici un magistral premier roman avec une écriture vive, fluide et addictive.  Le tout avec un final magistral et théâtral. C’est un livre coup de cœur, à découvrir d’urgence.

Clémence : C’est un livre poignant, criant de vérité mais avant tout une enquête parfaitement menée d’une main de maître. Le final est époustouflant. J’ai du mal à croire qu’il s’agisse d’une première œuvre pour cet auteur très prometteur.

Miss Aline : Je suis du même avis. Bon rythme de lecture avec des chapitres courts. Avide de savoir la suite et tourne les pages … Le tueur qui nous livre son point de vue. Un univers oppressant bien analysé et détaillé. Même avec ton organigramme raturé, l’auteur a su te perdre dans les différentes personnalités que tu soupçonne tour à tour. Le prix Coup de cœur RTL est amplement mérité.

Alain : Je file les filles et l’addition est pour moi. A notre prochain rendez-vous c’est moi qui vous parlerai d’une de mes lectures.

Les flingueuses : Chiche !

Nous remercions les Editions Hugo Thrilleur, Célia et Jacques Pons de leur confiance.

Aline, Clémence et Maud

Flandre Noire de Gilles Warenbourg


Flandre Noire de Gilles WarenbourgLe livre : Flandre noire de Gilles Warembourg. Paru le 18 janvier 2008 chez Ravet-Anceau. 9,00€ ; (212 p.) ; 17 X 11 cm

4e de couv :

Juin 1945. Après trois années passées en déportation, monsieur Georges, l’instituteur, revient au village. Habité des visions d’Auschwitz-Birkenau, l’humaniste qu’il était a vu toutes ses valeurs s’envoler dans le ciel de Pologne. La paix de la campagne flamande n’est pour lui qu’un silence compassé où flotte encore le mal radical.

Les événements lui donneront raison : un crime parfait est commis dans la petite communauté rurale, parfait parce que rendu impossible par la présence de l’intraitable molosse de la victime. La quête philosophique se double d’une investigation policière…

 

 

 

Extrait :

«… Marcelle semblait avoir été fauchée en plein ouvrage. Dans l’ombre, un seau renversé, plus loin dans le fond, des animaux invisibles dont je percevais le souffle. Au bout de longues minutes, l’évidence s’imposa comme un coup de feu : en écoutant les conciliabules entre le docteur et le gendarme, en regardant le corps cassé, la joue contre terre, la bouche encore amère, le triste fichu gouttant d’un peu de sang sombre, et toute cette paille… à ce moment seulement, je compris qu’il s’agissait d’un crime.»

Gilles-WarembourgL’auteur : Gilles Warembourg est un écrivain français né le 14 juillet 1953 à Arras. Gilles Warembourg s’est mis à la littérature après 27 ans passés dans la gestion des entreprises, d’abord comme expert comptable puis comme directeur financier. Il habite Lille et a deux enfants. Au fil de ses romans et de ses nouvelles, d’intrigues en énigmes, il dresse le portrait sombre d’un monde en mutation. Il a reçu le prix de la Renaissance française 2007 pour ses premiers écrits.

 

 

 

Le post-it de Ge

Ernst Ferdinand Oehme, Procession dans le brouillard (1828)

Ernst Ferdinand Oehme, Procession dans le brouillard (1828)

Juin 1945. Monsieur Georges est de retour dans son village après trois ans de déportation. Les habitants accueillent leur instituteur en grande pompe : le maire et sa plantureuse moitié, le curé en soutane, les amis, les élèves…

Extrait 2 :
« Ils s’étaient imaginés me voir heureux de ce retour. Ils étaient tous venus, avec leur sourire de circonstance, affectant leur illusion d’un ordre retrouvé : le temps cautériserait les plaies les plus profondes et les relents fétides du block 10 d’Auschwitz-Birkenau s’estomperaient dans ma mémoire comme un cauchemar dissipé par le petit matin. Erreur commune ! … Immobile, je leur ai fait face dans le silence de ses retrouvailles compassées. « 

Détruit, monsieur Georges retrouve le quotidien des Flandres françaises. Et l’humaniste désenchanté observe d’un oeil sceptique le petit monde compliqué de cet univers rural étriqué. Il va devoir composer avec les mesquineries des gens de son village.

Isolé au milieu de ses concitoyens inconscients de ce qu’il a subi, l’instituteur se mure dans le silence et s’interroge sur sa propre raison

.Extrait 3 : « Vos réponses construites à toutes mes questions sur le mal me donnaient la nausée. Je sais : c’était injuste, mais derrière votre humilité admirable, je détectais l’outrecuidance des pieux qui déchiffrent le bien et le mal dans les messages éthérés du Très-Haut, avec cette insupportable assurance tranquille de ceux qui croient penser en pensant croire. »

Mais quand un crime est commis, l’ancien déporté s’accuse du meurtre, sans pouvoir expliquer les circonstances, ni les mobiles de son geste. Dès lors , les soupçons se portent sur lui et des comportements troubles de certains Français durant l’occupation refont surface.

Les interrogations sur la nature humaine se doublent alors d’une enquête criminelle. La découverte du coupable passe par un douloureux examen de conscience.

Désormais, monsieur Georges sait que la paix n’est que la haine qui chuchote…

Flandre noire est un roman sombre et dérangeant. Un livre singulier et poignant. M’sieur Georges est détruit par trois ans de déportation qui l’ont ravagé. Le lecteur n’en ressort pas indemne. Une histoire qui nous suit et nous hante encore longtemps après sa lecture.

Flandre noire a remporté le concours organisé par l’agence américaine Writemovies. Pourquoi pas un premier pas en vue d’une adaptation au cinéma pour ce roman noir?

Flandre Noire de Gilles Warenbourg : 10 ans après sa lecture ce polar est encore un coup de cœur et un livre qui me reste en mémoire.

Inexorable de Claire Favan


Après Clémence ce matin , ce soir c’est Kris qui nous donne son petit avis sur le dernier titre de Claire Favan car aujourd’hui c’est double chronique

Le livre : Inexorable de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire. 20€ ; 23 x 14 cm.

4eme de couv 

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 » Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme.  » Yvan Fauth, blog EmOtionS.

 » À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes.  » Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

L’auteur : Née en 1976, Claire Favan travaille dans la finance. Son diptyque culte, Le Tueur intime et Le Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle a marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016. et son précédent titre, Dompteur d’Anges.

 

 

Extrait : 
« Il est grand, musclé, indéniablement beau et charismatique. Elle s’étonne encore qu’il l’ait choisie alors que toutes les nanas lui couraient après quand il était jeune. Ils ont commencé à sortir ensemble à quinze ans, se sont mariés dix ans plus tard, ont acheté cette charmante petite maison en banlieue et ont eu leur fils trois ans après. »

Le petit avis de Kris

INEXORABLE – Claire Favan
Éditions Robert Laffont- LA BETE NOIRE

Moi je dirais …
INEXORABLE ET DIABOLIQUE

Bien vue la couverture et l’engrenage !!

Milo change totalement de comportement après avoir été témoin de l’arrestation violente de son père. Devenu un enfant perturbé, enfermé dans sa souffrance, il devra affronter avec sa mère, Alexandra, l’impuissance du système scolaire puis, une fois adulte, le rejet de la société.

Avec ce nouvel opus, Claire s’attaque à un sujet lourd et délicat  » la différence » qui n’est pas toujours flagrante entre les enfants et surtout « le calvaire » que peuvent subir ces petits bouts qui n’ont ni la conscience de « leur différence » ni l’explication.
Et puis aussi le poids porté par les parents qui n’ont pas forcément les réponses ni tous les leviers pour aider leur enfant.

Beaucoup de mamans se sentiront moins seules, du moins dans la première partie, en lisant ce roman/thriller/noir bien ancré dans la réalité .

Une première partie avec l’enfance de Milo et une seconde à la transition de sa vie d’adolescent vers l’adulte, poursuivi par ses « erreurs » passées et les préjugés qui s’y accrochent.

Claire réussi à nouveau à nous prendre dans les mailles de son filet, et elles sont fines, et ne nous laisse aucun répit.

La fin est diabolique ….

Ah et puis la préface, chapeau à Gabriel !!

Enfin, merci à Glenn Tavennec et Filipa de m’avoir permis de découvrir cette pépite avant l’heure !

Fissions de Romain Verger


Le livre : Fissions de Romain Verger. Paru le 13 Mai 2013 aux Editions du Vampire Actif, Collection Les Séditions du Vampire. 13€16 euros ; (137 p) ; 18 x  12 cm.

4ème de couverture :

« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.

 

 

 

L’auteur : Après des études de Lettres et un Doctorat consacré à l’écriture onirique dans l’œuvre du poète Henri Michaux, Romain Verge enseigne trois ans à l’Université Paris X (Nanterre) puis dans le secondaire. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d’écriture. À partir de 1990 et jusqu’en 2003, il écrit et publie de la poésie. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d’encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse…
En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L’improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d’inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique.
Romain Verger a publié, depuis, deux livres aux éditions Quidam : Zones sensibles et Grande Ourse.
Extrait :
«Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.»

 

Les Lectures de Maud :

Un drame magnifiquement bien écrit et relaté à la première personne. Les personnages sont bien décrits, leur souffrance, leur caractère. Comment ce jour qui devait être le plus beau de leur vie va virer radicalement au cauchemar ? Comment la folie s’est immiscée dans leur couple ? Comment les drames familiaux, le vécu peuvent faire basculer une personne, une famille, que rien ne puisse soulager, aider, ni soigner.
L’auteur grâce à une plume littéraire et puissante à la fois, nous emmène dans ce roman noir, dramatique et où l’amour, l’amitié ne suffisent pas à rendre heureux les personnes. J’ai été bouleversée à la fin de ma lecture, du noir, de la violence, mais un livre magnifique que je recommande vivement.
Voyez par vous-même jusqu’où le narrateur est prêt à aller par Amour.

Découverte au Salon de l’Autre Livre – Paris 2018

Tags : France, amour, trahison, folie,

Connexions tragiques – Luc Fori


Le livre : Connexions Tragiques : net pas net et chat méchant de Luc Fori. Paru le 9 Novembre 2012 aux Editions Pavillon Noir. 14€ ; 221 pages ; 12 x 20 cm. Réédition 10 Octobre 2018 aux Pavillon Noir.

4ème de couverture :
Un tueur mystérieux sème sur sa route des cadavres de femmes mutilés et les flics aux abois aimeraient bien trouver enfin une piste sérieuse. Mais c’est William Carvault qui va tomber dessus un peu par hasard, lui qui envisageait pourtant d’arrêter enquêtes et distributions de gnons pour soigner son vieux cœur d’artichaut au blues et à la bière extra-light.

Aussi désabusé et désopilant que dans Choc Berry blues, William mène une enquête qui rebondit comme un ballon de rugby dans les marais de Bourges et sur « la toile ».

L’auteur : Je suis né à Orléans en l’an de grâce 1958 sous le règne naissant du grand Carolus De Gaulle, mais j’aurais aussi bien pu naître à Hanvers et mourir à l’Endroit. J’ai abandonné la lecture du « club des cinq « quand j’ai découvert un roman de René Fallet qui traînait chez mes parents. J’ai dévoré toute son œuvre ainsi que de nombreux San Antonio avec une lampe électrique sous les draps. Mes études littéraires m’ont ensuite conduit aux sources classiques de ces auteurs et j’ai pu comprendre ce qui me plaisait dans les livres : une langue qui claque et chante au service des idées, de belles histoires, non pour endormir le lecteur mais pour le réveiller…
Le roman noir américain et le blues sont mes autres carburants. Dans une autre vie j’ai été un guitariste potable, surtout après qu’un divorce m’ait donné beaucoup de temps pour travailler mes plans ! Mais j’ai dû abandonner ce filon car j’avais des crampes aux doigts, ça s’invente pas…L’écriture de « Choc berry blues » m’a enfin permis de concilier tout ça puisqu’il peut se lire à la fois comme un polar prenant et amusant et comme un conte philosophique sur les errances de la Pac dans nos belles campagnes…Hommage à Jim Thompson, on suit l’histoire dans la peau d’un enquêteur à la fois minable et sympa : le personnage de William Carvault était né, pour le meilleur et pour le pire car j’ai du mal à m’en défaire maintenant qu’un deuxième volume est en cours de parution!
Amateur de romans noirs et de blues, Luc Fori partage son temps entre son métier d’enseignant et l’écriture. Il a déjà semé quelques nouvelles et quelques chansons enregistrées par le groupe Jo Sature dont il fut le guitariste.
Extraits :
« Lui, il n’est plus un paumé maintenant. Il a fini de se faire baiser. Il est devenu un prédateur. Ça lui plaît bien ce mot-là, prédateur, c’est ça, un prédateur. Au sommet de la chaîne alimentaire, au sommet de la création, au sommet, il y a toujours les prédateurs… Il se regarde sur la glace à côté du lit en retroussant légèrement les dents pendant que l’ordinateur se met en marche. En route prédateur !»

Les Lectures de Maud :

Connexions Tragiques de @Luc Fori

Le détective William Carvault, aux méthodes plus que musclées, reprend du service pour traquer un tueur en série fascisant qui pourchasse les femmes seules sur les sites de rencontres en ligne et sème leurs cadavres mutilés dans les environs de Bourges. Alors que la police cherche une piste dans une affaire de cadavres de femmes mutilées, William Carvault tombe sur un indice.

Cette enquête nous emmène dans les dessous de la toile et des rencontres sur internet. Un ancien enquêteur, devenu agent immobilier, va se retrouver à rempiler, malgré lui, pour aider la police dans cette investigation. Les meurtres de ces femmes qui ne se connaissent pas et qui sont éloignées géographiquement, qu’ont-elles en commun ? Comment William va faire la relation, percer le mystère qui à priori tourne autour de lui ? 

L’auteur signe ici un excellent polar, il distille très sporadiquement les informations et en fait un roman où le suspense est maintenu jusqu’à la fin, totalement inattendue. Une plume très addictive, entraînante, ponctuée d’humour et de sarcasme rend la lecture encore plus captivante. J’ai passé un très agréable moment de lecture et je le recommande vivement.

Je remercie l’auteur pour sa confiance et sa dédicace très personnalisée
Découvert grâce aux Editions Polars Pavillon Noir

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18,00€ ; 300 p. ; 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

L’auteur : Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre. Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour. Il écrit également pour le théâtre.

Extrait :
« Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
Je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
Je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.»

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

 Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.

Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

 La pression monte, monte…

La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?

On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

 Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !

Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !