Un trop grand silence de Lou Vernet


Un trop grand silence, Volume 2, La Virgule  de Lou Vernet. Paru le 23 septembre 2017 chez Border Line. 20€ (326 p.) ; 21 x 13 cm
 Le roman

En cette veille de Noël, Paris sombre dans la stupeur : la mort frappe à six reprises, en six lieux de la capitale, sur un intervalle de six heures. Entre les résidents d’une maison de retraite huppée qu’une main assassine a empoisonnés, et des squatters qu’on a sciemment ensevelis dans l’explosion d’un immeuble sordide, pas de dénominateur commun. Pour le duo d’enquêteurs, la Carpe et la Virgule, privé et flic aguerris, c’est l’impasse : quel est le mobile du ou des tueurs ? Quelle est la logique de cet enchaînement macabre ? Le flair de l’un et le pragmatisme de l’autre ne semblent pas suffire à dénouer l’écheveau de cette singulière affaire. Doivent-ils pour autant se fier aux allégations du mystique César ?

L’auteur : Née à Paris en 1967, Lou Vernet a longtemps slalomé dans les métiers du livre avant de poser sa plume sur la page blanche. En prenant le pari d’écrire il y a douze ans, elle révolutionne sa vie pour se consacrer à sa passion et en 2004, reçoit la Bourse Découvert du CNL pour son troisième roman En t’attendant.

Suivront des prix pour des concours de nouvelles, des publications dans diverses revues, 12 romans, 3 recueils de nouvelles, un blog (malbarrée.canalblog.com) et aujourd’hui des chroniques dans deux magazines du Net.

Deux tomes de La toiles aux alouettes ont déjà été publiés  dans la collection Dead Line des éditions Border Line, maison d’édition troyenne créée en 2012.

Citation :
« Une putain de drogue, le fric. Le somnifère des consciences, la seule religion qui rassemble autant de fidèles. »

 Le post it de Ge

La Carpe et la Virgule, duo d’enquêteurs très particuliers, se retrouvent à enquêter sur des assassinats collectifs : l’empoisonnement des résidents d’une maison de retraite huppée et l’enfouissement de squatters par l’explosion de l’immeuble.

 A le veille de Noël Pris tremble, Paris à Peur. Et nous lecteurs nous tremblons avec Paris.

Dans ce second opus, le lecteur retrouvera avec plaisir le duo de choc de La Toile aux alouettes . Mais si par celui-ci est indiqué comme un volume 2, vous n’avez pas qu’inquiétude à avoir car il se lit totalement indépendamment du 1.

 Bref dans ce roman atypique, façon puzzle, Lou Vernet nous tient en haleine jusqu’aux dernières pages.  De plus elle nous offre une galerie de portraits ciselés au scalpel, des parcours de vie sinueux, où les motivations de ses personnages ne sont que des méandres et des circonvolutions.  Et je ne vous parle même pas du final inédit en apothéose .

 Mais attention, un Lou Vernet comme celui-ci ça se mérite. Notre auteur a pris le parti de nous offrir un roman chorale et pendant une centaine de page, nous allons découvrir tour à tour tous les protagonistes de cette histoire. Chacun à leur tour ils prendront la parole, nous racontons leur point de vue sur les événements qui constituent cette intrigue.

Aussi, pour bien prendre la mesure de ce roman, vous faudra-t-il prendre le temps de rentrer dedans. Prendre le temps de vous imprégner de chacune de ces histoires individuelles pour mieux cerner l’essence du drame qui se jouer et va se dérouler sous vos yeux !

 Lou est une éponge à émotion. Et sa sensibilité transpire à travers ces pages. Je sais que notre auteur à débuter l’écriture de ce livre avant les premiers attentats parisiens. Et puis en cours d’écriture, l’horreur est arrivé, la réalité a dépassé la fiction. Aussi Lou, a douté, abattue et abasourdie comme nous tous par la barbarie qui s’invité dans les rue de notre Capitale. Alors, elle a cessé d’écrire. Il lui a fallu du temps avant de pouvoir reprendre son manuscrit.

Et même, si les attentats qui frappent Paris dans ce roman n’ont rien à voir avec ceux meurtriers des fou de l’Etat Islamique, même si ici ce ne sont pas les ignorants islamistes qui traumatisent la vielle Lumière, Lou nous met en garde contre tous les fanatismes du monde. C’est un hymne à la tolérance, à la bienveillance qu’elle nous offre. C’est un cri d’amour que lance notre auteure. Elle qui aime tant sa ville, qui aime tant en parcourir les rues et les avenues.

 Et puis, il ne faut pas oublier la plume de Lou, une plume ciselée, tout en sensibilité. Une écriture tout en minutie,  notre auteure aime les mots et ça se ressent.

Ici elle ne fait que confirmé tout le bien que je pense d’elle. Mais je n’avais aucun doute sur son talent,  La toile aux alouette ayant été un de mes livres préférés de 2016. Un de mes énormes coup de coeur.

 Lou Vernet est de la trempe de ces auteurs qui font que la démarcation entre littératures noires et littérature blanche est plus que poreuse, elle est inexistantes. Ici comme chez Elsa Marpeau, Elena Piacentini ou encore Sandrine Collette la Noire donne ces lettres de noblesse à la Blanche.

Bravo Dame Lou pour cet excellent roman.

Alors dis-moi le troisième opus c’est pour quand ?

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Les Espionnes du Salève de Mark Zellweger


Le livre : Les Espionnes du Salève de Mark Zellweger, à paraître en France le 16 février 2018 aux éditions Eaux Troubles, 21€ ;  (320 p.) ; 21 x 15 cm. (paru en octobre 2017 en Suisse)

4ème de couv. :

Le 14 juin 1940, l’armée allemande rentre dans Paris et les années sombres recouvrent la France pour plusieurs années. Les jours qui suivent, le service de renseignement de l’armée de la Confédération helvétique, le SR, sous les ordres du général Guisan, s’active aux frontières de la Suisse Romande. En même temps, la communauté internationale du renseignement basée à Genève depuis 1936 se mobilise sous la férule du vice-consul anglais, Victor Farrell. Peu à peu des filières de passage entre la France et la Suisse romande se mettent place, la résistance s’organise entre Genève et Lyon en concertation avec les espions installés à Genève.
Hannah Leibowitz, échappée de justesse du ghetto de Lodz, arrive à Genève en juin 40 avec son fils Avram âgé de 2 ans. Elle prend la tête d’un groupe de femmes de toutes nationalités et résolument décidées à lutter contre la barbarie nazi. On les dénomme : Les Espionnes du Salève.
Le 1er juin 1941, Armand jeune lycéen communiste de Bourg-en Bresse en Zone interdite, se fait prendre par la gestapo lors d’une tentative d’entrée en Suisse au nord de Genève dans les environs de Satigny (les Fontaines) après avoir peint sur la mairie de Gex : « A mort les Boche ». Une certitude s’impose aux espionnes du Salève : on l’a dénoncé. Qui est le traître ? Les espionnes et leurs contacts mèneront leur enquête.
Nos espionnes seront confrontées à des collaborateurs sournois près à les dénoncer, à des agents allemands de l’Abwehr déterminés et agissant en Suisse sous couverture et à des trafiquants en tout genre.

L’auteur: Mark Zellweger, directeur marketing puis consultant en stratégie pendant une trentaine d’années, a voyagé dans le monde entier. en parallèle, il fut conseiller spécial auprès des directions des actions clandestines appartenant aux plus grands services de renseignement.
Mettant à profit sa connaissance approfondie de la géopolitique internationale et sa compréhension des services secrets, il se consacre désormais à l’écriture. ses thrillers se placent dans la lignée des maîtres du genre que sont Ludlum, Clancy et Cussler, avec une touche helvétique.

Extrait:
 » le regard cruel de l’homme à bout de nerfs était des plus explicites.Sev savait que cela se passerait ainsi. De toutes façons elle n’avait pas l’intention de lui révéler quoi que ce soit. Elle espérait juste avoir la force de tenir sous la souffrance.
Elle resta assise sur sa chaise sous bonne garde alors que le commandant de la Gestapo sortait de la pièce. Il utilisait cette pause pour se reposer lui-même, mais aussi pour la faire cogiter avant de reprendre de manière plus approfondie son interrogatoire. »

Le OFF de OPH

C’est avec un merci que je commencerai cette chronique!

 

Merci Mark de m’avoir confié tes espionnes qui m’ont beaucoup touchées par leur force de caractère, leur dévouement, leur humanité, leur courage…

 « Les espionnes du Salève » mêle habilement réalité historique et roman d’espionnage. En suivant Hannah et ses amies, j’ai découvert les méandres des réseaux de renseignement pendant la seconde Guerre Mondiale, leur liens avec les réseaux de résistants et le rôle de la Suisse qu’on nous présente souvent, à tord, comme étant le pays neutre européen qui n’aura pas pris part à cette guerre.

Les espionnes du Salève, Hannah, Ruth, Sev, Adèle… Si cette époque avait été la mienne j’aurais aimé être l’une des leurs et participer avec elles à la lutte contre la barbarie nazie.

 Au delà de l’intrigue et du roman, j’ai vu un hommage aux femmes, nombreuses, qui ont œuvré pour la liberté et que l’Histoire oublie trop souvent.

 Un peu déstabilisée au départ par l’écriture, notre cher Mark étant Suisse, j’ai été happée ensuite très rapidement par ce passionnant roman qui m’a emmené de Paris à Genève en passant par Brest ou encore Gex qui se trouvait alors en zone interdite.

Trahison, amitié, coups tordus, solidarité, rendez-vous secrets, tous les éléments de l’espionnage sont réunis pour vous faire passer un bon moment de lecture.

 Un roman qui m’a émue aussi de part mon histoire personnelle mais pas seulement. Il m’a touché en tant que femme qui aimerait que l’humanité soit un peu plus conscience de la place et du rôle de nos aïeules dans notre Histoire

Paru en Suisse en octobre dernier, Les espionnes arrivent en France le 16 février 2018!

De plus Mark sera présent au salon du livre spécial polar de Nemours  les 27 et 28 janvier prochain! Il aura avec lui ses espionnes en avant première 😊

En douce de Marin Ledun


Le livre : En douce de Marin Ledun. Paru le 24 août 2016 chez Ombres Noires.  18€ ; (250 p.) ; 21 x 14 cm.

 

4ème de couv :

Sud de la France.
Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part.
Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard.
L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne.
La colère d’Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance.

 

L’auteur : Marin Ledun est un romancier français né en Ardèche en 1975 .  Il est ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales sur l’industrialisation des rapports sociaux, le contrôle social et les technologies de l’information et de la communication.

Marin Ledun est un auteur de romans noirs et de nouvelles à multiples facettes et particularités.

Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010).

Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail.

Extrait :
Les « temps » ne couraient pas vraiment, dans le coin. Ils stagnaient plus ou moins, comme si le cours de l’histoire n’avait aucune prise sur eux. L’ascenseur social semblait en panne, mais les enfants continuaient d’entretenir les espoirs de leurs parents. Une sorte d’inertie bienveillante en forme de petite chapelle de marins, plantée au sommet d’une dune grignotée année après année par l’océan et menaçant de se renverser avant d’être engloutie par les flots à jamais, à l’image des blockhaus ensablés, vestiges du Mur de l’Atlantique, qui s’égrenaient le long de la côte.
Elle alluma une deuxième clope, tira une bouffée et refit le fil de la soirée [d’anniversaire] – grosso modo, la même que celles des dix ou quinze années précédentes. Cadeaux à la con, amis qui n’en étaient pas vraiment, picole chaque fois un peu plus sévère, virée [en boîte] et baise rapide, rarement mémorable, avec le premier venu à qui elle devrait annoncer, dès la reprise du boulot, qu’il s’agissait d’une histoire sans intérêt et sans lendemain. Elle établit son autocritique. Elle détesta ce qu’elle vit et fut prise de vertiges et d’une furieuse envie de vomir.
En douce de Marin Ledun. Réédité en poche le 11 octobre 2017 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Thriller 7€60 ; (250 p.) ; 18 x 11 cm

 La chronique jubilatoire de Dany

Bien loin des thrillers politiques précédents, un roman noir foncé …
Emilie est victime de la double peine : elle a perdu une jambe suite à un accident de voiture et son boulot suite à la dépression post-traumatique et ses dommages « collatéraux ». Elle se sent humiliée, dévalorisée, bref en régression. Elle décide alors de retrouver Simon qui était dans l’autre voiture et aucunement responsable et de le faire payer. S’en suit une quête de vengeance assortie de violence extrême dont l’issue est improbable parce que la rédemption n’est pas a priori dans le schéma de pensée d’Emilie.

Une fable sociologique sur la déchéance psychique, physique et matérielle, due à un fâcheux concours de circonstance qui n’aurait jamais du mettre en présence les deux protagonistes.

On y retrouve l’analyse sociologique précise et le style affûté, dont a déjà fait preuve Marin Ledun dans ses précédents romans.
On peut se dire « trop court ce roman » mais au bout du compte tout est dit pour notre plus grand plaisir de lecteur après avoir subi les frayeurs avec Simon.

Prix Transfuge du meilleur polar 2016

En douce est un roman dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse.

1789, l’été de sang de Frédéric Michelet


Le livre : 1789, l’été de sang de Frédéric Michelet. Paru le 09 novembre 2017 aux Editions  Inspire  prix : 22.50 €  ;  (396 p.)  édition papier – existe en e-book

 4ème de couverture :

Et si la Révolution Française n’avait pas été provoquée par le début des États généraux mais par les manifestations populaires ayant eu lieu à la suite du massacre de la rue du Faubourg-Saint-Antoine ? Y aurait-il eu un complot pour compromettre la réussite de ces États généraux et le roi lui-même ? Qui en serait l’instigateur ?

19 avril 1789, rue Cassette. Un couple est sauvagement assassiné. L’enquête est menée par le lieutenant général de la ville de Paris lui-même. Pour Joseph Beyraud, frère d’une des victimes et jeune portraitiste talentueux, il ne peut donc s’agir d’un simple brigandage. Sa famille serait-elle compromise dans une effroyable affaire ? Les désirs de vengeance et de vérité du jeune peintre vont le mener malgré lui dans un labyrinthe de conspirations et de secrets d’État dont il devra trouver la clé pour pouvoir sauver sa propre vie.

1789, l’été de sang est une œuvre de fiction qui s’inscrit dans les événements historiques de mi-avril à la nuit du 4 août 1789. De nombreux personnages, lieux, faits et actions ont réellement existé.

 

 L’auteur : Frédéric Michelet est auteur, metteur en scène et comédien. Il commence à Paris où il joue avec plusieurs compagnies, puis il est engagé comme permanent par une compagnie de Montpellier. Il rencontre Jérome Savary, participe au premier match d’improvisation France/Québec, et prend part à diverses performances de rue. Transporté par ce nouveau rapport au public, il fonde sa propre compagnie, la CIA, avec laquelle il va créer des événements de rue, puis un spectacle « Silence On Tourne », qui, après un coup de maître à Avignon en 1987, va tourner plus de 600 fois.

Sa compagnie était lancée, elle est toujours aussi vivante. Sa particularité, des spectacles « à texte » tout public, qui défendent « sur le trottoir » des thèses éthiques, philosophiques ou politiques. Ses trois derniers spectacles, comme son roman 1789, l’été de sang, embarquent le spectateur dans l’Histoire avec un grand H. Ce sera « 1789 secondes », création sur la Révolution Française, « Rue Jean Jaurès » création sur la vie mouvementée de Jean Jaurès, et le tout dernier « Dessous d’Histoire » qui met en scène 2400 ans d’histoire de Socrate à aujourd’hui.

Passionné d’écriture de théâtre, il écrit plus d’une cinquantaine de pièces, toutes montées, dont trois seront éditées. Il se lance dans l’écriture de roman, de scénarios, et devient un ardent défenseur des écritures pour l’espace public.

Dans ce cadre, il sera élu plusieurs fois pour des mandats de trois ans en tant qu’administrateur de la SACD (Société des Auteurs et compositeurs Dramatiques), où il créera notamment des dispositifs d’aide aux auteurs et aux compagnies.

Il vit à Pérols, côté mer de la métropole de Montpellier, il est marié et père de deux enfants, et il écrit déjà une nouvelle pièce et un nouveau roman.

 

Extrait :
« Dans la cour, un policier au visage grêlé tenait un flambeau. Devant ces deux hommes, me pressant en pleine nuit, je pris peur que l’affaire ne fut autrement grave. Que me reprochait-on pour m’enlever en pleine nuit ? Allait-on me jeter au cachot ? Je repassais dans ma tête toutes mes actions des jours passés qui auraient pu entraîner cette disposition, mais je ne trouvais rien de plus reprochable que le côtoiement de Bailly, Sieyès et quelques autres personnes devenues des personnalités en vue. Le sergent nous devança à grands pas et nous conduisit à un fiacre qui attendait devant la porte cochère de la rue Mouffetard. Tandis que l’homme au flambeau prenait place au côté du cocher et ébranlait l’équipage, je me tournai à nouveau vers mon mentor en quête de paroles, mais devant son visage hermétique, je me serrai contre la paroi, l’entendement secoué par une peur irraisonnée. Il m’avait posé des questions sur ma sœur Anne. Il s’agissait de ma sœur ! Ma petite sœur Anne ! Que pouvait-il lui être arrivé ? Elle ne méritait point la vigilance de la police. Elle était mariée depuis plus d’une dizaine d’années avec un homme de très bonne condition, l’avocat Jacques Henri Lantelme. Je n’aimais point cet homme, trésorier et homme de loi qui conseillait le précédent surintendant des finances du royaume, monseigneur de Loménie de Brienne. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une hypothèse d’historien pour commencer et attribuer la rogne qui s’empare de Paris en avril 1789 à une émeute suivie d’un massacre rue Saint-Antoine plutôt qu’aux Etats Généraux, éclaire la Révolution d’un jour nouveau. L’auteur nous immerge au cœur des événements qui ont changé la France et relate leur succession de façon très réaliste, nous faisant baigner dans les préoccupations vitales de la piétaille et les tentatives des riches à sauvegarder leurs biens.

Joseph, jeune veuf, portraitiste et joailler, humble et sans le sou, n’était pas prêt à endosser ce rôle de « père » auprès de sa nièce éduquée dans un monde privilégié. Ces deux là vont s’affronter, se confronter et s’éduquer mutuellement et faire progresser leurs jugements.

Joseph va rencontrer une jeune militante féministe, adepte des salons philosophiques de ce siècle des lumières.

C’est donc ces trois personnages qui vont évoluer au gré d’une intrigue sordide, dans la foule des révolutionnaires et royalistes.

Une façon originale et bien peu scolaire d’approcher cette année 1789 où Robespierre est encore contre la peine de mort … au vocabulaire délicatement suranné.

Belle fresque historique, qui se termine au lendemain de l’abolition des privilèges, avec sa galerie de personnages illustres ou non et où l’ultime dénouement romantique est peut-être un peu trop improbable. Mais là n’est pas l’essentiel de ce thriller de près de 400 pages où l’on ne s’ennuie pas un seul instant.

Agréable moment de lecture par le biais de la petite histoire baignée cependant de sang, rançon de la révolte.

          Extraits
« Ne tenait-il pas sa boutique de façon trop aimable, laissant son commis Antoine et ses apprentis travailler à leur guise ? Leur parlant presque comme s’ils étaient ses proches et non de vils employés ? Jamais son père n’aurait permis un tel comportement. Il fallait montrer de la puissance et de la domination si l’on voulait se faire obéir avec célérité et rendement. Mais Joseph n’avait-il pas raison lorsqu’il refusait que l’on donnât le fouet à un enfant ? »
« La constitution délicate des femmes est parfaitement appropriée à leur destination principale, celle de faire des enfants ! Sans doute la femme doit régner à l’intérieur de la maison, mais elle ne doit régner que là. Partout ailleurs, elle est déplacée ! “
« Pauvre enfant ! Je repensai à Grellier qui talochait usuellement ses enfants, à l’oncle de Dourdan qui frappait d’importance et je me pris à maudire ce siècle qui permettait de tels agissements. Les femmes sous le boisseau, offertes en pâture aux hommes, les enfants dressés tels des chevaux ou des chats sauvages. Les manifestants brûlés au fer et envoyés mourir aux galères. Je serrai les poings, ivre de colère envers les hommes, la police et les gouvernements. Les phrases de Jean-Jacques Rousseau me revinrent soudain en mémoire : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. ». Nous ne pouvions rester immobiles devant tant d’injustice, devant tant de misères. Mais que pourraient les États généraux ? Allaient-ils changer le statut des hommes ? Pour cela, il faudrait bien plus qu’une assemblée qui passait des heures à discourir. »
« — Vous avez dû apprendre que, pour la cérémonie d’ouverture à l’église, le 4 mai, tout semblait se passer au mieux. Les premières journées étaient offertes à la paix et à l’espoir, mais bien vite les choses se sont gâtées. Dès le lendemain, le Tiers-État, que l’on avait fait entrer le premier dans la salle des Menus Plaisirs, avait occupé les rangs de devant. On les fit reculer comme de la valetaille sans aucun ménagement. Déjà, de grands mots furent lâchés, on entendit des tirades contre le luxe de la Cour tandis que le pays comptait tant de malheureux. Un député fit une allusion aux sommes allouées à la construction du Petit Trianon de la reine Marie-Antoinette. Tout le Tiers applaudit à cette tirade. Ce fut une véritable foire ! Pendant ce temps, le roi et la reine, entrés séparément mais tous deux dans le silence et non point sous les acclamations, faisaient l’un, semblant de sommeiller, l’autre, de ne point entendre. »
«  En cette matinée du 14 juin, les rues bruissaient d’affairement. Des cris et des appels se répondaient de bas en haut de la rue. Les marchands et les colporteurs exhibaient leurs marchandises comme si, en ce début d’été, le temps ne s’était point suspendu dans la salle des Menus Plaisirs de Versailles. Je me fis la triste réflexion que ces vaines querelles de procédure ne pouvaient pas être l’affaire du peuple, car Versailles était bien loin et les nouvelles annoncées dans La Gazette, le Mercure et les libelles des députés n’étaient point à la portée de la populace. Bien peu d’entre nous savaient lire et écrire. Mais nous ne pourrions être libres, comme le souhaitait Jean-Jacques Rousseau dans son précieux Émile, que lorsque chaque enfant de ce pays et de toutes les nations recevrait une gracieuse instruction. »

Glaise de Franck Bouysse


Aujourd’hui c’est lecture bicéphale

Le premier avis sera celui de Kris.

Le mien suivra

Et…

Nous ne serons pas trop de deux pour vous faire lire le dernier roman de Franck Bouyse.

C’est un roman qui nous a laissées sans voix.

Mais voyez plutôt !


Le livre : Glaise de Franck Bouysse. Paru le 7 septembre 2017 à la Manufacture de livres. 20€90 ; (425 p.) ; 20 x 14 cm.

4e de couverture :

Au coeur du Cantal, dans la chaleur d’août 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d’à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d’une main atrophiée, ressasse ses rancoeurs et sa rage. Et voilà qu’il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille Anna, venues se réfugier à la ferme. L’arrivée des deux femmes va bouleverser l’ordre immuable de la vie dans ces montagnes.

 

L’auteur : Franck Bouysse est né en 1965 à Brive-la-Gaillarde. Il partage sa vie entre Limoges et un hameau en Corrèze.

 

 


 


Le petit avis de Kris

C’est noir mais tellement beau !! C’est ….. Je n’ai pas de mots …. on monte en puissance ! C’est … Une merveille ce livre. Un pur chef d’oeuvre.

 Rien d’autre à rajouter



Le post it de la bibliothèque, Ge

 

A Saint-Paul-de-Salers, en août 1914, les hommes sont partis au front. Chez les Landry, Victor, 15 ans, resté seul avec sa mère, doit s’occuper des travaux de la ferme. Le vieux Valette, son voisin, accueille sa belle-soeur, Hélène, et sa fille, Marie, venues se réfugier à la campagne. L’arrivée des deux femmes bouleverse la vie dans ces montagnes du Cantal.

Une nouvelle fois Franck Bouyse nous plonge dans la France rural, Cette France qu’il affectionne tout particulièrement. Cette France à la fois campagnarde et montagnarde peuplée de taiseux.

J’ai du mal à parler de ce roman, les mots me manquent. Ne reste que les émotions. Et… Je n’ai pas le lyrisme de l’auteur pour traduire tous ses sentiments qui se bousculent en moi

Aussi j’emprunterai à l’éditeur sa présentation pour vous parlez ce ce roman bouleversant.

« Roman d’amour et de fureur, Glaise confirme l’immense talent de son auteur à mettre en scène des hommes et des femmes aux prises avec leurs démons et avec les fantômes du passé. Des espaces, des personnages d’une terrible force, l’art de la narration : l’univers, l’écriture, la musique font de Franck Bouysse un raconteur d’histoires dans la plus grande tradition américaine. »

Je ne sais pas ce qu’est « un raconteur d’histoire dans la plus grande tradition américaine », ce que je sais c’est que Glaise, m’a fait ressentir les même choses que Le Garçon de Marcus Malte qui a décroché quelques prix l’an dernier, Prix Femina 2016, prix Cardinal Perraud 2017.

Et je vois bien à son tour Glaise, impressionner quelques jurés et quelques jury car  après Grossir le ciel, prix SNCF du polar 2017, et Plateau, prix de la Foire du Livre de Brive, Franck Bouysse s’impose comme une voix incontournable de la littérature française contemporaine.

 

 

 

Entre deux mondes d’Olivier Norek


Le livre : Entre deux mondes d’Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (409p) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

L’auteur : Olivier Norek lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.
Extrait :
Ce n’est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines. Les No Border les traînent aux limites de la Jungle, devant les CRS, mais parfois ils sont simplement enterrés entre les dunes et la forêt. Si un jour ils rasent la Jungle, il ne faudra pas creuser trop profond.

Le OFF de OPH

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier étranger qui, fuyant un pays en guerre, arrive dans un autre pays, à 6.000 km de chez lui, pour rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité ici. Mais elles ont disparu et il s’avère que ce pays est un univers sans loi, entre deux mondes. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir. Il sera aidé de Bastien, un policier français.

Olivier et Oph

En refermant « Entre deux mondes », je me suis retrouvée enfermée entre deux sentiments… bouleversée et émue.

Bouleversée par l’histoire d’Adam, policier Syrien d’abord puis migrant à son arrivée à Calais.

Bouleversée par l’histoire de Kilani, enfant Soudanais et migrant.

 

Émue par les liens que Bastien, policier français, va lier avec Adam.

Émue parce que toute cette histoire me touche pour de multiples raisons:

Flic j’ai dénoncé les conditions de travail de mes collègues aux abords cette Jungle en occultant trop souvent les tragédies humaines qui pouvaient se dérouler à l’intérieur de ce microcosme,

Originaire de Grande-Synthe je vois régulièrement les migrants de la « Jungle bis », à proximité du lac où j’allais me promener  et que maintenant j’évite, fermant les yeux sur ce drame humain parce que c’est tellement plus facile…

Parce que quasiment chaque fois que je prends l’autoroute A16 pour retrouver mes proches, je suis plus vigilante que sur n’importe quelle autre autoroute, ayant déjà failli renverser des migrants prêts à tout pour rejoindre leur « Terre Promise », cette Angleterre qui est devenue leur Eldorado…

Olivier m’a renvoyé à nos contradictions, nos paradoxes… Il a su dépeindre avec précision et sans pathos les émotions et les conflits internes que peuvent ressentir les policiers calaisiens entre drames humains et maintien de l’ordre public.

Une fois encore le monde policier y est décrit avec une précision et une authenticité que je n’ai retrouvé chez aucun auteur et qui me touche particulièrement. Un humour noir qui cache nos fêlures et nous aide à lutter contre les monstruosités de la société. Les flics sont les seuls à pouvoir la dépeindre sans le filtre de la bienséance ou du politiquement correct, et pour cela merci Olivier. Tu montres avec brio notre humanité, nos douleurs, nos ras le bol, nos faiblesses et notre impuissance aussi face à certaines situations révoltantes.

Mais « Entre deux mondes » n’est pas qu’une histoire de flics… c’est aussi le drame migratoire et l’incapacité de notre pays à faire face à cette situation.

C’est la capacité de l’Homme à s’adapter pour survivre  « Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose »…

C’est le desarroi des habitants de Calais qui ont été pris en otages par l’Etat français, fermant les yeux sur ce qui se déroule, encore aujourd’hui, dans cette ville.

C’est l’énergie que dépensent les associations humanitaires pour apporter un peu de réconfort à ces déracinés fuyant les guerres dans leurs pays…

« Entre deux mondes » n’est pas un roman pro-migrants, il y dénonce notamment les abus des passeurs,  « Entre deux mondes » c’est juste une histoire profondément humaine qui vous bouleversera….

Devoir de mémoire de Eric Dupuis 


Chronique de lecteur by Miss Aline

Devoir de mémoire, Eric Dupuis
Éditions Ravet-Anceau.

4e de couv :

 

l'accroche de miss aline

L’accroche de Miss Aline

Une enfilade de rebondissements, faut bien suivre. Les ramifications remontent loin en arrière. L’Histoire d’hier « éclaire » celle d’aujourd’hui.

On retrouve le major Kaczmarek , dont nous avions fait la connaissance dans « aussi noir que le charbon ». Il mène l’enquête avec assiduité, ténacité. Il est un peu empêtré du non moins célèbre Constantini qui visiblement même en retraite ne veut pas le lâcher . On se demande pourquoi.

Dans ce roman on aborde le sujet des femmes humiliées par l’ennemi . En général, on parle peu d’elles sauf pour leur jeter la pierre sans autre forme de procès.
On parle encore moins des « enfants parfaits du III éme Reich « . Ca m’a donné envie d’en apprendre plus sur ce sujet.

On évoque aussi la maladie de Parkinson. Épreuve pour le malade et ses proches .

Au delà de l’intrigue un Livre humain et historique. Le devoir de mémoire doit perdurer, toujours.

L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski


L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski :

Un premier roman magistral, un coup de foudre inévitable.

 

 Le livre :L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowsky . Paru le 15 mai 2008 chez Odile Jacob. 19,90 € ; (286 p.) ; 22 x 15 cm.

L’edition en poche chez le même éditeur est parue le 4 juin 2009. 7,90 € ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

 

 

4e de couv

L’affaire Clémence Lange

Maître Nicolas Kléber appartient à cette catégorie de jeunes gens à qui tout sourit : il est beau, brillant et promène à son bras une ravissante créature. Il doit justement la rejoindre dans quelques heures sur les cimes enneigées de Chamonix pour fêter le Nouvel An.

Mais, avant cela, il lui faut se rendre à Fleury-Mérogis, où l’une de ses clientes comparaît devant le conseil de discipline. Simple formalité… qui va virer au cauchemar. Car Clémence Lange compte bien faire payer à son avocat la légèreté dont il a fait preuve lors de son procès : elle lui a valu quinze ans de réclusion pour le meurtre de son amant dont elle se dit innocente.

Séquestré dans une cellule prototype de la prison, notre fringant avocat va vivre une véritable descente aux enfers…

 

L’auteur :  On ne sait pas grand chose de Laura Sadowski, si ce n’est qu’elle est avocate, elle habite Paris et qu’elle a écrit 6 romans policiers, 1 roman SFFF et 1 recueil de 3 nouvelles policières elles aussi.

Elle dit aussi en parlant de son enfance : « J’ai eu une enfance studieuse. J’ai aimé l’école et les universités passionnément » .

Elle se définit comme un écrivain-sculpteur qui, à partir d’une matière, façonne, modifie, transforme… Elle part d’une idée directrice, forte. Ensuite, elle s’attache au début et à la fin. Son travail d’écriture va consister à tramer entre ces deux pôles.

 

Ma petite lecture

Avant de partir à Chamonix rejoindre sa fiancée, Nicolas Kléber doit se rendre à Fleury-Mérogis où Clémence Lange, une détenue dont il a perdu le procès aux assises trois ans auparavant, est accusée d’insubordination et doit comparaître devant le conseil de discipline. Rongée par la rancœur depuis son incarcération, elle veut punir son avocat de l’incompétence qui l’a privée de 15 ans de liberté.

L’écriture de ce livre est parti d’un fait divers. Il aura fallu à l’auteur broder autour de celui-ci pour nous proposer un des premier legal thriller français. Cette catégorie de polar est plutôt l’apanage des auteurs made in USA. On connaît Michael Connelly, John Grisham, Scott Turow. Et bien maintenant il faut compter avec Laura Sadowski.

Laura SADOWSKI est avocate de formation. A travers ce titre elle nous fait revivre et découvrir tous les aspects procéduriers et juridiques d’un procès aux assises. Cet exercice est périlleux mais grâce à sa plume fluide et son style concis, elle rend tout cela attrayant. Et jamais ces aspects techniques de la justice française ne nous paraissent ennuyeux. Bien au contraire, c’est eux qui créent la tension dramatique.

 

Extrait : « Ainsi, tous les témoins acquis aux débats étaient présents. Cependant ces derniers n’étant pas autorisés à assister aux échanges qui précèdent leur déposition, ils doivent, après l’appel, se retirer dans la pièce qui leur est réservée et dont ils ne devront sortir que pour déposer séparément. Aussi, sur invitation de l’huissier, les sept individus quittèrent la salle d’audience par la porte devant laquelle ils s’étaient regroupés. » 

 

Laura nous livre aussi un plaidoyer contre les conditions de détention dans les prisons françaises. Leurs états de délabrement. A Fleury Mérogis, la majorité des cellules sont prévues pour être individuelles avec une superficie de 11 m², équipées d’un lavabo et de toilettes mais elles comportent deux lits superposés. Allez comprendre.

Mais surtout l’auteur nous entraîne dans un huit clos glaçant, où les deux protagonistes vont devoir jouer leur partition avec minutie. Où chacun va devoir tenir ou revoir ces positions. Ici le lieu devient un élément essentiel, un personnage à part entière de la pièce qui se joue. Cette cellule participe à la dramaturgie qui se noue. Elle oblige à la proximité, à l’empathie.

 

Extrait 2 : « Voilà. A présent, il connaissait les raisons de sa captivité. Clémence Lange n’était ni folle à lier, ni de mauvaise foi, ni ignorante de la réalité : elle était un bras vengeur qui réclamait justice. Et elle désignait son défenseur, son principal accusé »

Un huis clos terrifiant, où Laura Sadowski réinvente le thriller judiciaire en y incluant une pointe de roman noir.

Laura nous ravit par son talent, malheureusement pas encore assez reconnu. Mais c’est surtout par son humanité qu’elle nous séduit.

Lisez les romans de Laura Sadowsky mais surtout n’hésitez pas à aller à sa rencontre.

On repart toujours heureux d’une rencontre avec Laura Sadowsky. Elle sait nous mettre en avant, et nous reprenons confiance. Avant même de nous parler de ses romans, elle nous parle de nous. Elle ravive chaque fois la part d’humanité qu’il reste en nous. On ressort toujours bienveillant d’une lecture d’un livre de Laura Sadowsky. Bref. Il faut lire Laura et surtout la faire connaitre.

 Extrait 3 – 4 et 5:
 «Cette pièce est mon royaume, Maître, rétorqua-t-elle en désignant la pièce d’un geste large des bras. Ici, j’ai tous les droits. Je suis votre geôlière, votre juge, votre avocat, votre infirmière, votre pire ennemie ou votre meilleure amie. C’est à vous de décider.»
«C’était à présent l’épouvante qui dominait en lui, la terreur de devoir payer son incompétence. »
«Tant de sentiments le submergeaient en ce moment, le remords, la stupéfaction, la peur, la colère… C’était à peine s’il parvenait à respirer »
 

 En savoir plus:

 Une autre lecture de L’affaire Clémence Lange avec mon ABCdaire

Pour mieux connaitre  notre auteure et surtout pour écoutez Laura Sadowski :

http://blogs.paris.fr/alairlivre/2012/09/04/paris-est-la-ville-du-crime/

 


 

 

Fourbi étourdi de Nick Gardel


 

Le livre : Fourbi étourdi de Nick Gardel. Paru le 23 mars 2017 aux Ed. du Caïman. 12€ ; (167 p.) ; 19 x 12 cm. ce titre est suivi de Maintenant et à l’heure de notre mort

4e de couv :

Fourbi étourdi

Voler cette antique DS dans un parking souterrain n’était peut-être pas la meilleure idée qu’ait eue Jean-Édouard. Mais c’était pour la bonne cause. Seulement, il y a cette sacoche remplie de petites coupures dans le coffre. Et puis, il va falloir compter avec cet encombrant cadavre qui l’accompagne. Un gars en chien de fusil, portant un col romain sur une veste noire stricte, mais qui a perdu son pantalon dans l’aventure. Alors entre les deux furieux qui l’ont pris on chasse, le début des pèlerinages vers Compostelle et la bénédiction du nouveau Pape, il se peut que cette année Pâques soit moins conventionnel qu’à l’accoutumée…

Une promenade joyeuse et meurtrière, parsemée de sirène électrifiée, de gorgone nymphomane, de dieu nordique peroxydé avec une touche de sadisme italien.

Extrait : 
« Jed salua Siegfried qui enroula la corde le reliant au molosse autour de son poignet. Bien que ce fut son bras droit, longuement entraîné par une pratique intensive de la pornographie internet, le contraste était saisissant entre la maigreur sèche du tatoué et les muscles placides qui jouaient sous le pelage. D’un bond, le mâtin aurait arraché l’épaule de celui qui se prétendait son maître. Précaution inutile pour l’heure, car il s’extasiait du moelleux raffiné d’un Firestone millésimé qu’il couvrait copieusement de bave. »

 

L’auteur : Enseignant dans les parties les plus complexes des méandres de l’éducation nationale et rattrapé par une quarantaine qui ne va pas en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas Juan trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises. Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace. Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire, voire de la société.
Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…

 

 

Emilie délivre son avis

*** FOURBI ÉTOURDI de Nick Gardel ***

Jean-Edouard, alias Jed, comprend qu’il n’aurait jamais dû voler une vieille DS lorsqu’il y trouve une sacoche pleine de billets et un cadavre dans le coffre. De plus, deux hommes le prennent en chasse. C’est le début d’une échappée meurtrière à travers la France, entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Écrire un livre qui soit à la fois sanglant, sadique et drôle n’était pas un défi facile à relever. Et pourtant, Nick Gardel le réussi avec brio.

Ce roman a tout bon : des personnages tous très différents mais attachants chacun à leur façon, des passages sanglants, des réflexions à mourir de rire et une fin comme on en rêve tout le long, sans trop y croire…

Un road movie électrifiant à lire sans tarder.

Merci aux Editions du Caïman et à Jl Nogaro pour ce service presse au top 😍

Le coma des mortels de Maxime Chattam : une lecture bicéphale : partie 2


Nous avons lu, Emilie et moi, au printemps dernier sans nous concerter, à quelques semaines intervalle…

 Le coma des mortels de Maxime Chattam .

Du coup je vous propose de découvrir deux avis différents sur cette lecture commune involontaire.

Voici donc mon petit post-it

Le livre : Le coma des mortels de Maxime Chattam. Paru le 1er juin 2016 chez Albin Michel.  21€90 ; (388 p.) ; 21 x 15 cm

4’e de couv : 

Qui est Pierre ?
Et d’ailleurs, se nomme-t-il vraiment Pierre ?
Un rêveur ?
Un affabulateur ?
Un assassin ?
Une chose est certaine, on meurt beaucoup autour de lui. Et rarement de mort naturelle.

Rebondissements incessants, métamorphoses, humour grinçant… Un livre aussi fascinant que dérangeant, en quête d’une vérité des personnages qui se dérobe sans cesse.

Un roman noir virtuose dont l’univers singulier n’est pas sans évoquer celui d’un cinéma où David Lynch filmerait Amélie Poulain.

« Avec un humour grinçant et un ton nouveau (…) Maxime Chattam tricote une intrigue où l’amour et la mort se côtoient, et où la vérité se dissimule. »
Corinne Calmet – Télé Loisirs

 L’auteur :  Maxime Chattam est né à Herblay, Val-d’Oise , le 19 février1976. Enfin presque parce que Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, et c’est ce Maxime là qui est née en France.Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis: sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman.
Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit « Le cinquième règne » à cette époque puis fin 1999, devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams.

Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale

Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige « L’âme du mal » en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la « Trilogie du mal, » suivi de « In Tenebris » (2003) et « Maléfices » (2004).

Marié à l’animatrice Faustine Bollaert depuis 2012, il est père d’une fille née en 2013 et d’un garçon né en 2015.

Extrait :
Vérité. Voilà un mot que j’ai longtemps regardé avec appréhension. La vérité dans nos rapports humains. Entre amis, membres de la même famille, au boulot.
La vérité dans le couple. Probablement la plus flippante.
Deux semaines avant de quitter mon univers cosy de trentenaire pour cette île perdue, j’ai découvert que mon amour avait été répandu sur les murs de mon appartement, étalé sans pudeur, avec rage.
J’ai été trahi. Sali. Vidé de l’intérieur. Enfin elle surtout.
Imaginez votre pire cauchemar, boostez-le aux amphétamines, ça n’est encore rien à côté de ce qu’on ressent dans ces moments-là.
Ma vie a basculé, une fois encore.
Mais pour que vous compreniez bien ce grand huit émotionnel, je dois vous dire un peu qui je suis.
Avant de devenir William au paradis, j’ai été Pierre au purgatoire.
J’habite Paris. Mais ça pourrait être Londres, New York ou Barcelone, peu importe. Ce qui compte c’est que ma vie a totalement changé il y a près d’un an.

Le post-it de Geneviève

Il y a fort longtemps que je ne lis plus de Chattam. Si j’ai beaucoup suivi cet auteur à ces débuts, si j’ai encouragé mes lecteurs à le lire, mes collègues à l’acheter  dans leur bibliothèque pour leurs propres lecteurs, aujourd’hui Maxime Chattam c’est nos lecteurs qui nous le réclament !

Aussi il y a un peu près un an sortait ce titre et j’y prêtais guère d’attention jusqu’à ce que je lise la chronique qu’en a fait mon ami Yvan. D’ailleurs vous trouverez ICI sa Chronique sur Le coma des mortels.

Et  voilà je l’ai enfin lu grâce à lui ou à cause, je ne sais pas bien !
Oui à cause de ce qu’ilu m’en avais dit  aussi!
Un Chattam différent des Chattam précédents.
Et bien je confirme. ce titre n’est pas du tout représentatif de l’oeuvre de Chattam.

Si je l’avais lu à l’aveugle jamais je n’aurai su dire qu’il était de la plume de cet auteur. Rien ici n’y fait penser. J’ai été bluffée. Et plutôt agréablement surprise. Oui !

Si l’auteur a souhaité sortir de ses zones de conforts et sécurités habituelles, il a réussi son pari. En plus il est plutôt culoté car c’est certain qu’il a dérouté bon nombres de ses fans habituels avec l’histoire de ce Pierre.

Pierre est un petit employé de bureaux malheureux qui a tout plaqué pour venir travailler au zoo de Vincennes. Malheureusement, tous ceux qu’il côtoie meurent les uns après les autres et aucun de façon naturelle. Cela ne l’empêche pas de rencontrer des personnages aussi étranges et fascinants que lui.

Mais allez lire la fabuleuse chronique d’Yvan, il en parle beaucoup mieux que moi !

Pour ma part j’ai bien aimé cette lecture différente de mes lectures habituelles. Et pourtant c’est du Chattam, allez comprendre !

 

Et vous pouvez retrouver l’avis d’Emilie ICI