Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit


Sébastien Lepetit Il y aura du sang sur la neige

Le livre : Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit – Paru le 14 janvier 2018 aux éditions Flamant Noir éditions dans la collection polars thrillers –  20 € – (280 pages) ; 21 x13 cm. 

epub 9.99 €

 

4ème de couverture :

LA TRANSJURASSIENNE. Célèbre rendez-vous du ski de fond français. Tous les ans, plus de 3 500 skieurs se retrouvent sur les pistes du Haut-Jura pour braver le froid glacial, le vent et la fatigue, autour du même objectif : donner le meilleur de soi et franchir la ligne d’arrivée ! Le commissaire Morteau connaît bien cette compétition dont il suit chaque édition. Mais cette fois, l’événement lui réserve des surprises… Depuis quelque temps, l’organisation de la course reçoit des menaces de mort très sérieuses. Morteau, accompagné de son jeune collègue, Fabien Monceau, est appelé à se rendre sur place pour évaluer les risques. Mais lorsqu’un homme est retrouvé assassiné de plusieurs balles dans la tête en pleine montagne, la situation devient plus complexe que prévu. Jalousie personnelle, rivalité sportive ou jeu pervers ? Cette année, la neige pourrait bien prendre la couleur du sang…

L’auteur : Né à Loudéac , le 30 août 1969, Sébastien Lepetit alias Saint-Fromond est un écrivain baladeur, atrabilaire et sauvage.
Un tantinet agoraphobe, il recherche le calme des sentiers de montagne ou de forêt où il cueille les pensées et les sensations qui deviendront l’âme de ses romans. Il est amoureux des pierres, des bâtisses et de leur histoire.
Dans ses romans, les lieux où vivent les personnages ont une place particulière, au point d’en devenir également des personnages à part entière. Il aime lire Umberto Eco, Pierre Magnan, Peter Tremayne, Anne Perry, et tant d’autres.
Enfin, il pense que les livres sont plus importants que les auteurs, faisant sienne cette phrase d’Umberto Eco dans l’Apostille au nom de la rose : « L’auteur devrait mourir après avoir écrit. Pour ne pas gêner le cheminement du texte ».
À la ville, en costume-cravate et chapeau, Sébastien Lepetit est un sous-préfet tout ce qu’il y a de plus sérieux. Aux champs, sans cravate, mais travaillant toujours du chapeau, il nous entraîne dans son univers, entre polar et poésie, culture et nature, suspense et gastronomie. De la belle littérature à déguster sans modération.Amoureux des mots en tous sens, du point-virgule qu’il aimerait remettre à la page, et du subjuguant imparfait du subjonctif, il aime les polars et la littérature du XIXe siècle, l’histoire et le vin jaune, la peinture et les promenades en montagne… Et il aime marier ces univers improbables dans ses romans.Breton, Charentais, Franc-Comtois, et Périgordin depuis peu, il rêve d’un endroit idéal où l’océan côtoierait les reculées jurassiennes et les vignobles charentais. En attendant, il déguste de temps à autre une crêpe aux morilles, arrosée d’un pineau, et ne rechigne jamais devant un foie gras poêlé, une omelette aux truffes et un verre de vin de Domme. Mais ça, c’est une autre histoire…Il est aujourd’hui l’auteur de 5 romans.
 
Extraits :
« — Le blessé est… mort. Il est encore là-haut, juste à côté du chalet des Ministres.
— Les Ministres ? interrogea Monceau.
— Tout le monde connaît le chalet des Ministres, précisa Morteau. C’est le point culminant de la Transjurassienne, et le sommet de la montée du Risoux, la plus grande difficulté de la course.
— Pourquoi les Ministres ? Encore une de vos anecdotes avec une réunion historique de ministres ?
Morteau adressa un sourire en coin à son adjoint.
— Ça aurait presque pu, puisque Les Rousses ont accueilli des négociations secrètes sur la fin de la guerre d’Algérie. Mais la vérité est bien plus rigolote ! En patois du coin, les Ministres, ce sont les mulets, ou les ânes, si tu préfères.
— Non… vous plaisantez ?
— Même pas… »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Le 8 février se déroule la mythique course de ski de fond la Transjurassienne. C’est à cette performance sportive et cosmopolite de 76 km, que nous convie Sébastien Lepetit.

Avec l’humour que j’avais découvert avec plaisir en 2015 dans Merde à Vauban, le même épicurisme accompagne son commissaire Morteau, amateur de vin et de bonne chère donc, qui ne crains pas les calories, dans une enquête chez les fondeurs. Il a succombé aux demandes pressantes d’un ancien camarade de promotion et ne va pas tarder à le regretter. C’est flanqué de son ours en peluche et de son adjoint Monceau qu’il débarque à la Combe du Lac.

Le froid jurassien nous agresse profondément, les lecteurs souffrent sur les pentes et peinent à démêler les rivalités des prétendants au podium. L’enquête se déroule sur une semaine et la course sur quelques heures … les deux récits nous sont offerts  simultanément sans préjudice pour la compréhension.

Au cours de cette semaine de galère, notre cinquantenaire endurci tâte de la romance flamboyante et une rapide rencontre avec son père qui nous vaut une critique acerbe du capitalisme, haute en couleur.

Une enquête « pas à pas » et bien menée et ancrée à la fois dans le Jura profond et dans le sport de haut niveau, une promesse de sang, que j’ai beaucoup aimée. Un très agréable moment de lecture à déguster au coin du feu !

Lu en version numérique.

Autres Extraits 
 Morteau soupira et regarda tranquillement son adjoint.
— Je veux simplement dire que tout colle trop bien. C’est suspect !
Le lieutenant Monceau ne put réprimer un rictus.
— C’est tout vous, ça. Vous dites toujours : « Soit ça colle, soit ça cloche ! » et pour une fois que tout colle, vous trouvez que ce qui cloche, c’est que ça colle trop bien. Faudrait savoir ce que vous voulez ! »
« — Tu lis trop de romans policiers. D’ici peu, tu vas me dire que tous les concurrents se sont ligués pour tuer Doucier, comme dans Le crime de l’Orient-Express13.
— Je ne connais pas…
Morteau soupira. Se pouvait-il que quelqu’un n’ait jamais lu Le crime de l’Orient-Express ? Cette nouvelle génération était à désespérer.
— Alors je corrige : tu ne lis pas assez de romans policiers… »
« — Tu n’exagères pas un peu ? On a toujours connu la guerre un peu partout, au Vietnam, en Algérie, en Afrique… Maintenant, elle est au Moyen-Orient. Les hommes sont comme ça. Ils disent détester la guerre, mais ils ne peuvent s’empêcher de la faire. Mais chez nous, c’est fini. On en a suffisamment bavé et on n’est pas près de se faire piéger de nouveau. L’Europe est faite pour ça.
— Détrompe-toi, Bruno. Elle arrive. Ma génération a connu la guerre, mais pas les jeunes. Tout est là. Il suffit de sentir l’atmosphère. On se croirait dans les années trente. Les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. Le pays n’a jamais été aussi riche et pourtant on a des millions de chômeurs qui se taisent et acceptent leur sort. Les riches se gavent comme jamais sur le dos de tout le monde, et ils ont réussi à faire croire aux gens de la rue que leurs problèmes viennent des plus pauvres qu’eux qui touchent trop d’aides et des émigrés qui fuient la guerre et la pauvreté. L’ennemi, c’est le pauvre, d’ici ou d’ailleurs. Combien de temps cela va-t-il durer ? »
 

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Enfin (tous) réunis d’Annabelle Léna


Le livre : Enfin (tous) réunis  d’Annabelle Léna. Paru le 21 septembre 2013 aux ed. du Caïman. 12€ ; (254 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le coeur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affrontée son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul. Bien sûr, pour être heureux, il lui suffirait de rassembler les siens…

Mais comment faire ?

 

L’auteur : Annabelle Léna est née le 25 juillet 1979 à Marseille. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et reve durant des heures. Petite, elle veut devenir caissière indépendante mais ne trouva aucun débouche, à Page adulte. À défaut, et après des études bien ennuyeuses, elle devient donc contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculaient dans sa tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâcha alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fit ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Depuis elle a publié 2 romans. « A tort ou à raison » chez Eastern Editions. Et celui ci , Enfin (tous) réunis aux ed. du Caïman.

 

Extrait : « Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.
Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’echangeaient des secrets sur les méthodes d’epilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le coeur du type à terre avait été transperce par un couteau en G-10, c’est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes, le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.
Mais ça, Rognes n’en savait rien…
Et surtout, il s’en foutait. »

Le Post-It de Ge

 

A Marseille le commissaire Rognes enquête sur la mort de plusieurs souteneurs. Une vieille photographie découverte à côté de l’un des cadavres va l’obséder.

Enfin (tous) réunis est son deuxième  roman noir. Le ton y est incisif, les personnages torturés.

Annabelle Léna nous fait vivre la descente au enfer d’un flic torturé, dépressif, sans conteste. Un mec pas forcément sympa, il peut même être carrément odieux. C’est vrai, on lui trouve des excuses, il a perdu sa femme et sa fille, alors depuis il a une obsession. Il cherche à se recréer une famille. Et c’est aussi sans doute pour cela qu’il est attiré par les photos des autres. Peut-être cherche-t-il a ce composer un album digne de la famille qu’il aurait aimé avoir.

Alors on va suivre l’odieux commissaire Rogue dans son enquête marseillaise, à la poursuite d’un tueur en série s’en prenant aux proxénètes . Mais notre policier, il faut le dire ne met guère de cœur à l’ouvrage pour résoudre cette affaire qui secoue de la cité phocéenne.

La cité phocéenne, parlant en, c’est bel et bien le deuxième personnage de ce roman, même si sous la plume de l’auteur la ville est fantasmée voire magnifiée. On l’a découvre tantôt belle et enjouée et d’autres fois, sordide, sale ou encore misérable.

Vous l’aurez compris, Annabelle Lena nous propose un roman noir sans nuance, elle excelle quand elle nous parle et décortique l’âme humaine, quand elle compose ces personnages. Sa plume est alerte et sait se monter parfois ironique et aime jouer avec l’humour. Un humour noir, grinçant, il va sans dire.

Et même si l’intrigue policière passe au second plan, cela me m’a pas gênée dans ma lecture tellement le style et la maîtrise de l’écriture sont au rendez vous. Ce roman, je vous le dis, est une formidable découverte.

Extrait :
Quoi ? Vingt-quatre cadavres de filles dans la salle de bains ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu plus tôt ?
 Heu… non, commissaire. Vingt-quatre passeports…
(…)
Et que ceux, comme Ranc, qui voulaient sa place aillent se faire foutre car vingt-quatre cadavres pouvaient parfaitement s’entasser dans une salle de bains. Découpés en petits morceaux et bien alignés, ça devait tenir. Peut-être en utilisant quelques planches de bois pour éviter l’affaissement de l’édifice. Suffisait simplement d’être organisé, de vider le sang, de se débarrasser des organes spongieux, de réfrigérer la pièce et de s’équiper en formaldéhyde.

L’Affaire de l’homme à l’escarpin de Jean Christophe Portes


Le livre : L’Affaire de l’homme à l’escarpin de Jean Christophe Portes. Paru le 9 Novembre 2016 aux Editions City Edition dans la collection Romans.  19 € ; (429 p.) ; 24 x 16 cm

Réédité en poche  le 23 mai 2018 chez City Poche. 8€ 20 ; (476 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :
Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l’exception d’une paire d’escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que le jeune homme fréquentait les milieux homosexuels et qu’il travaillait pour un journal politique, l’affaire prend une tout autre tournure.
Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié aux intrigues se jouant au plus haut niveau du pouvoir. Depuis la fuite à Varennes, Louis XVI a été suspendu de ses fonctions et, dans l’ombre, le parti du duc d’Orléans fait tout pour  s’emparer du pouvoir.
Dans les bas-fonds de la capitale, entre aristocrates révolutionnaires, Dauterive ne sait plus à qui se fier. La corruption, l’avidité et les trahisons sont monnaie courante et le danger est à chaque coin de rue. Surtout quand on s’approche un peu trop près de la vérité…

L’auteur : Jean-Christophe Portes est journaliste et réalisateur.
Il a fait des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs.
Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises.
En octobre 2015 parait L’Affaire des Corps Sans Tête, premier tome des enquêtes de Victor Dauterive, qui mettent en en scène un jeune officier de gendarmerie au début de la Révolution. Ce livre est finaliste pour le prix du premier roman Lions club 2015.
Le deuxième tome, L’Affaire de l’homme à l’escarpin, est salué à sa parution en décembre 2016 par le libraire Gérard Collard: « un nouveau grand du polar historique est né ! ». Livre sélectionné pour le prix de roman historique de Montmorillon.
Le troisième tome paraîtra à l’automne 2017, ainsi qu’un autre polar cette fois contemporain en janvier 2018, toujours chez City éditions.

Extraits :
« Il revoyait ses yeux clairs, naïfs et pleins de rires, il le revoyait lui tirer la manche rue Saint-Honoré, brandissant sa pièce sur le Pont -Neuf comme un trophée, puis s’enfuyant de sa démarche dansante. Il revoyait son sourire lorsqu’il lui avait annoncé qu’il le prenait à son service. Et à ce souvenir des larmes brûlantes jaillirent de ses yeux.»

Les Lectures de Maud :

Une nouvelle enquête de Victor. C’est avec ravissement je me suis replongée dans cette période trouble de notre histoire, le fameux vote de L’Assemblée tant attendu : la destitution ou non du Roi suite à sa fuite à Varenne. Bien sûre accompagnée d’une enquête de Victor. Des meurtres se produisent, qui pourraient s’apparenter à des règlements de compte de mœurs vont mettre en déroute notre jeune enquêteur.

Victor va encore en voir de toutes les couleurs comme on dit. Il va être destitué, emprisonné, libéré mais le tout n’est-il pas de la poudre aux yeux pour les ennemis du Roi ? Quelle machination va s’organiser afin que l’Assemblée et les gardes réagissent. Les espions sont partout et il ne sait pas vraiment à qui il peut se fier ni en qui avoir pleine confiance. L’ennemi est-il partout ? ou seulement à l’angle de certaines rues ?

Totalement conquise par l’écriture à la fois dynamique et littéraire de l’auteur. Un excellent cocktail d’intrigues, de suspense, de références historiques. Un ensemble savamment dosé qui rend cette lecture à la fois addictive et touchante. Victor est vraiment un personnage très attachant, on suit ses aventures en espérant à chaque fois qu’il ne lui arrive trop rien de grave. Je me laisserai prochainement emportée par l’opus suivant : La disparue de Saint Maur.

A lire de préférence dans l’ordre : L’affaire des Corps sans tête, l’Affaire de l’homme à l’escarpin, La disparue de Saint Maur, L’espion des Tuileries. Les histoires sont indépendantes mais préférable pour suivre l’évolution des faits historiques et celle des personnages

Version lue : Numérique

Ma vie sera pire que la tienne – Williams Exbrayat


Chronique duo ou la chronique à deux voix

2 flingueuses papotent ensemble et parle de leur ressenti de lecteure autour d’un même titre

Ce soir c’est Maud et Mamie Danièle qui nous par du polar d’Exbraxat. Williams, pas Charles, hein !

Alors..

 

Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

 

Extrait :
« La route n’en finit pas de serpenter dans la montagne. Des villages reculés, des vieilles bâtisses à l’abandon, des champs mangés par la forêt. Ici, la violence, c’est le mépris ; l’abandon du politique. Il ne reste plus rien. Pas d’écoles depuis longtemps, plus de bureaux de poste. Des nids de poule maltraitent les roues des voitures. Des lacets. Toujours des lacets. À mesure que le convoi s’enfonce dans la montagne, la misère devient de plus en plus prégnante. Elle n’est pas explosive comme la banlieue vue par la télé. Elle est silencieuse ; rampante ; oubliée des grands médias. Ici, c’est le royaume des petits paysans, des nouveaux pauvres, des marginaux, des sans-dents, du surendettement. C’est le triste spectacle de l’agonie d’un Ancien Monde qui se révèle sous les yeux d’Ulysse, sans risque d’insurrection ni de caillassage. »

 

 Papote de Flingueuses entre Maud et Manie Danièle

 

Maud : Coucou Danièle, alors toi aussi tu as lu Ta vie sera pire que la mienne de Williams Exbrayat ?

Danièle : Oui Maud et c’était une découverte … je connaissais bien un Exbrayat mais pas celui-là !

Maud : Pareil de mon côte Qu’en as-tu pensé dans globalité ?

Danièle : Alors globalement j’ai plutôt apprécié : le ton, les situations, les personnages.

Maud : Très bien. Moi je me suis laissée surprendre par la forme, je pensais à tort avoir à faire à des nouvelles 

Danièle : Pareil, arrivée au premier épilogue, je suis repartie sur la page de garde et j’ai vu que c’était un roman !

Je n’aime pas trop le format « nouvelle » mais il s’agit bien d’une suite. Un peu comme une pièce de théâtre où l’on change de décors à chaque acte

Maud : J’ai été agréablement surprise de voir que les histoires s’entremêlaient pour ne former qu’un seul et même roman. Le format Nouvelle ne me dérange pas du tout mais quand je suis prévenue. Mais comme tu le soulignes là c’est plutôt un changement d’acte comme au théâtre !

Danièle : J’ai particulièrement apprécié la première situation … les losers qui braquent un labo ça paye !

Maud : Oui oui la première situation est très sympathique, les losers face à des brigands organisés et la suite qu’en as-tu pensé ?

Danièle : J’y ai trouvé plus d’humour que par la suite …

du coup je suis restée au niveau du ton un peu sur ma faim. Cependant l’intrigue est bien menée

Maud : Dans la première partie il y a quelques phases d’humour noir ou de sarcasme mais l’humour est plutôt présent dans la seconde. Les Présidents tu en penses quoi ?

Danièle : J’ai aimé les Présidents, d’autant qu’on oublie les masques et qu’on attribue du coup les exactions à ceux qu’on a en mémoire … jubilatoire

Maud : Oui et leur caractère, leur perception correspondent plutôt pas mal aux vrais personnages. J’ai beaucoup aimé également

L’intrigue je la trouve aussi très bien menée je n’ai pas vu la fin arriver

Danièle : C’est aussi un artifice commode pour permettre au lecteur de suivre l’intrigue

Maud : A la fois très original et très prenant. Le lecteur retient très facilement les personnages

Danièle : La référence à Colomba n’est pas mal non plus

Les chiens sont des personnages à part entière

Maud : Très très bien trouvée cette référence

J’ai aussi trouvé la personnification des animaux très bien amenée, c’est vivant et réel

Danièle : Tu parles de la fin … j’avoue avoir dû relire l’analyse psy … un peu confuse pour moi mais j’étais sans doute en coma pré-endormissement tard dans la nuit …

Maud : Justement l’analyse psy nous amène aux bords de la future vérité. Mais comme dans tout le livre, rien ne se passe comme prévu

Danièle : Je suis d’accord

Difficile de dire ce qu’on en pense sans spoiler

Maud : C’est aussi ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre. Lorsque le lecteur pense savoir la suite et hop changement de situation et il est berné

Danièle : C’est sur … je n’essaierais pas le captagon amélioré !

Maud : Très difficile oui en effet

Je te comprends tout à fait !!!

Danièle : Ce qui est agréable aussi dans ce roman ce sont les lieux … quand on parle de la ville c’est une petite ville de province avec son quartier craignos, sa campagne est bien profonde et la Corse agréable mais ça peut se passer n’importe où …

Maud : Oui et les quelques allusions au sud de la France… les fermes ont un rôle important

Sans les quelques références géographiques on pourra se croire n’importe où

Danièle : du coup des petits losers tombés dans la délinquance, embarqués par le banditisme … ça peut arriver à nos voisins

Maud : Oui la notion de travaux subalternes et la référence aux cités expliquent comment ils en arrivent là

Danièle : dans un contexte de crise et de désertification rurale …

Maud : Le travail à l’usine ou le deal de drogue? Les deux solutions montrées à nos losers

Danièle : des belles bagnoles tout de même …

Maud : Oui pour certaines…car d’autres tombent en panne

Danièle : c’est pour le fun !

Maud : Je souhaite aussi saluer l’habilité de l’auteur qui a su faire s’imbriquer parfaitement deux histoires qui paraissaient totalement indépendantes

Danièle : oui c’est plaisant … passer un recueil de nouvelles au roman noir à intrigue c’est bien fait !

Maud : Oui oui très bien fait. Tout s’emboite très bien, pas de loupé!!

En conclusion, j’ai passé un très bon moment de lectures. Des personnages attachants pour certains, d’autres machiavéliques.

Et toi Danièle?

Danièle : Oui et je me dis que l’auteur a commis 3 romans, celui-là a été une agréable pause entre deux lectures plus graves et que j’irais bien voir du côté des 2 autres un jour !

Maud : Également l’auteur m a rendue également très curieuse !!

Danièle : Jamais vu en salon ?

Maud : Non pas pour ma part. Et toi?

Danièle : auto édition … explique peut-être la raison

Maud : Oui sûrement

Peut-être qu’un jour…

Danièle : Alors Maud on recommande ce titre ?

Maud : Oui pour ma part!!!!

Et toi?

Danièle : Aussi, léger mais pas que …, noir mais pas que …, rythmé mais pas que …

Maud : Un très bon cocktail rafraîchissant mais pas que…

Danièle : Merci à lui de nous avoir fait confiance … c’est jamais gagné avec les flingueuses !!!!

Maud : Oui c’est vrai. Merci Danièle pour cette lecture commune et ces échanges toujours très sympathiques

Danièle : Merci à toi pour cet échange ! A bientôt pour de nouvelles aventures … mais pas que !!!

Maud : Oui avec grand plaisir!!!!

  

Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbraya


Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

Extraits :

« Les portières du 4×4 claquent. Des gifles pour mes oreilles. J’ouvre les yeux. Trois silhouettes noyées dans la lumière crue d’un milieu d’après-midi. Elles s’approchent d’un pas résolu. Je protège mes yeux avec mes mains. Le soleil tape fort. Foutrement fort. Une enclume sur ma tête. Avec le stress, j’ai perdu des litres de gnôle. Une odeur vinaigrée imprègne mes vêtements. Ma transpiration. Faudrait que je mette le holà sur la piquette, sinon je vais finir comme un pickle. »

Les Lectures de Maud :

 Le deux premières partie sont distinctes, les histoires indépendants et personnages différents. Déjà le ton est donné, c’est de la dynamite qui ne demande qu’à se consumer. Et lorsqu’en plus, les histoires se rejoignent et s’imbriquent, c’est l’apothéose. Avec leur profil particulier, leur vie atypique, vont-ils réussir à s’en sortir ?

Des personnages aux multiples facettes, les situations vont leur faire ressortir le bon, le moins bon et le pire de chacun d’entre eux. Pourtant certains n’étaient pas destiner à partir en vrille. Même le chien est un personnage à part entière et a sa part d’histoire.

Mon préféré ? Sauveur, bien sûr !!! Les braqueurs qui portent le nom d’un de nos précédents, c’était super, le tout saupoudré de quelques clins d’œil de leur personnalité.

L’auteur signe ici un très très bon polar. Usant de sarcasmes et de jeux de mots, mêlant, intrigues, sournoiseries, rebondissements, voir retournements de situation avec brio. Une plume qui exploite tous les palettes de la langue française.  Une fin inattendue !!! Je recommande cette lecture à la fois pour son côté à la fois aérien et plein de noirceur.

Version lue : Numérique

 

 

La Tour de Sélénite de Arnaud Codeville


Le Livre: La Tour de Sélénite de Arnaud Codeville. Paru le 01 juin 2015 en auto-édition. 11,98 euros; 308 pages; 12,7 x 1,8 x 20,3 cm

 

4ème de couverture:
Adel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille mais peu à peu, il ne peut s’empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur et de la folie où il y laissera une partie de son âme…
L’auteur:  Infographiste et développeur web. Arnaud Codeville puise son univers dans une passion qu’il pratique depuis l’âge de 17 ans : les jeux de rôles. C’est ce loisir riche en inventivité qui l’amène ensuite la littérature. Plus particulièrement celle qui fait peur. Il sort en juin 2015 : La tour de Sélénite et en Avril 2016 : 1974 en tête des ventes dans la catégorie Fantastique et Terreur et Surnaturel sur Amazon pendant 3 mois. En octobre 2016, il remporte avec 1974 le concours des plumes francophones organisé par Amazon. Son troisième roman, Parasite est annoncé pour janvier 2019.

 

 

Extrait:
« – « Il y a des zones d’ombres à la lisière de nos vies quotidiennes. Il existe des forces obscures que nous, pauvres humains, nous sommes incapables de contrôler et même de comprendre… »

le OFF de OPH

Chronique d’une plongée dans l’horreur façon années 80.

J’avais beaucoup entendu parler d’Arnaud Codeville mais je ne l’avais jamais lu. C’est au salon sang pour sang thriller organisé par Nadine Doyelle et son équipe de bénévoles que je me suis procuré ce premier roman de l’auteur.

D’abord il faut que vous sachiez que je suis assez fan des films d’horreur mais surtout lorsqu’ils créent une ambiance de tension et d’angoisse au point de les regarder d’un œil, le second étant dissimulé sous mon plaid et surtout avec des pop corn !

L’auteur est un grand fan de ce genre de films mais aussi de Lovecraft, ce qui se ressent dans son écriture. C’est aussi ce qui m’a convaincue de le lire. Si son second roman, 1974, a été primé (1er prix des plumes francophones), je voulais débuter par le premier pour découvrir sa plume, son style et pouvoir observer l’évolution dans les suivants.

J’ai donc débuté La Tour de Sélénite hier soir et je l’ai terminé ce soir…. c’est dire si j’ai été emportée par l’histoire.
Pourtant, les premières pages ne m’ont pas emballée. Arnaud utilise le passé simple comme temps principal de narration et je ne suis pas fan de procédé. Il m’a donc fallu quelques pages pour trouver mes marques et me sentir transportée.
En revanche, une fois plongée au cœur de l’histoire je n’ai pu m’en détacher.

La première partie du roman pose le cadre et les personnages :
Adel, écrivain en perdition, se trouve un poste de professeur d’université pour payer un divorce houleux et douloureux.
Après une tentative de suicide avortée, il se lie d’amitié avec plusieurs de ses collègues et reprend peu à peu goût à la vie.
Alors que deux de ses amis se lancent dans un projet pédagogique consistant en la rénovation d’un phare, Adel quant à lui passe ses vacances avec ses enfants.
Mais après une semaine à se gaver de l’amour des siens, il apprend avec effroi que ses comparses ont disparu et qu’ils n’ont jamais mis les pieds dans ce lieu énigmatique.
La seconde partie est un véritable huis clos où angoisse et horreur se mêlent au point d’en avoir eu des hauts le cœur et de jeter des coups d’œil par dessus mon épaule pendant ma lecture !
Adel et trois de ses collègues se rendent au phare afin de retrouver leurs amis. Mais au lieu de cela, c’est l’horreur qu’ils côtoieront et de très très près (âmes sensibles s’abstenir !)

Alors oui c’est un premier roman, oui il y a des maladresses et le récit est perfectible. Mais Arnaud sait créer une ambiance comme on en lit rarement.
Il a su me faire plonger au cœur de l’horreur comme dans les films dont je suis friande (avec des M&M’s à la place des pop-corn). Une ambiance entre Poltergeist et Annabelle avec un poil d’exorciste !

On sent les inspirations de l’auteur et pour les amateurs du genre c’est un livre que je recommanderai à l’avenir.

Cette parenthèse à mes lectures habituelles m’a donné envie de me pencher plus sérieusement sur ce style de littérature et de découvrir d’autres auteurs de la même veine pour trembler de nouveau sous ma couette!

 

Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer


Le livre : Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer. Paru le 4 Juillet 2017 aux Editions Incartade(s). 19.00 euros. 278 pages. 22 x 3 x 14,5 cm.


4ème de couverture :
Je m’appelle Paul Heyland. Je suis flic, commissaire à la Crim. Lorsque j’ai été affecté au meurtre de Julien Delatour, assassiné un froid matin d’hiver dans une chambre d’hôtel de luxe, je n’y ai vu qu’une sale enquête de plus… J’avais tort. Je me souviens encore des lumières blafardes de cette salle d’interrogatoire où je l’ai rencontrée, la suspecte que tout accusait. Une Ukrainienne aux yeux gris. Belle, triste, mystérieuse. J’aurais dû me douter que tout cela allait mal se terminer… Pourquoi suis-je resté sourd aux voix qui me chuchotaient à l’oreille de tourner le dos et m’enfuir ? C’était le début de la fin. Une longue course semée de cadavres, comme autant de cailloux blancs laissés à mon attention, qui allait m’entraîner dans une poursuite effrénée jusqu’aux confins d’une Russie encore hantée par les fantômes du passé. Au bout de la route, je savais que je n’en sortirais pas indemne. Tous ces macchabées croisés durant ma carrière de flic me l’avaient déjà annoncé. Mais depuis l’instant où j’avais croisé son maudit regard gris, je n’avais plus le choix…

L’auteur : Une des « étoiles montantes parmi les nouveaux auteurs » (IDBoox), doté d’une « grande élégance d’écriture » (NouvelObs.com), Patrick Ferrer fait partie des talents ayant émergé de l’auto-édition. Ayant depuis toujours la littérature dans le sang, Patrick a été un temps bouquiniste sur les quais de Seine et a bourlingué dans divers métiers du livre avant de se consacrer à l’écriture. Le Baiser de Pandore, son premier roman, s’est écoulé à plus de 9 000 ebooks dès sa sortie, rencontrant un succès immédiat auprès des lecteurs et de la critique.

 

Extraits :
« Elles avaient l’habitude de ce genre d’humiliation, préliminaires à une autre démonstration de cruauté de la part du camarade Bourguinov.
– Votre silence ne fait qu’aggraver votre cas. Est-ce ainsi que vous remerciez le Parti des faveurs qu’il vous fait en vous recueillant, en s’occupant de vous comme ses propres enfants, vous que même vos parents ont renié ?
Des larmes de fatigue et de peur roulaient déjà sur les joues des plus jeunes mais aucune voix ne s’éleva.
– Très bien, je vais devoir désigner l’une d’entre vous au hasard. Vous ne me laissez pas d’autre choix. »

Les Lectures de Maud :

Le Baiser de Pandore de Patrick Ferrer.

Le lecteur est tout de suite embarqué dans les années 1990, post chute Mur de Berlin, explosion du bloc soviétique. Le personnage principal, Paul Heyland, flic intègre qui pressent se faire promener et manipuler dans son enquête par des ombres qui le dépassent. Fort de son caractère, il ne croit pas à cette vérité qu’on lui sert sur un plateau et qui a l’air de contenter tout le monde jusque dans les plus hautes sphères politiques et judiciaires. Débarqué proprement de la Crim, il devient enquêteur privé et va poursuivre sa quête de vérité. Il va se rendre en Russie, rien, ni personne, ne le prépare à ce qu’il va y trouver. Il va rencontrer de nombreux protagonistes, sont-ils des Amis ? Des Ennemis ? Comment faire la différence dans ce pays où la corruption et le KGB règnent, où les vérités sont étouffées ?
Un thriller d’espionnage mené tambour battant par l’auteur, aucun temps mort, de nombreuses explications nécessaires à la compréhension du contexte géopolitiques de l’époque nous sont apportés par l’auteur. Une plume à la fois dynamique et passionnante. Le lecteur sent la pression montée, vit les déboires de Paul comme s’ils lui arrivaient à lui-même. Les pages se tournent sans que l’on s’en rende compte, tant l’atmosphère est à la fois grisante et enivrante. Les descriptions accompagnent l’environnement austère de la situation dans laquelle va se retrouver Paul, le lecteur est rapidement acquis à sa cause. Que va-t-il réellement trouver comme vérité ? Pourra-t-il l’accepter ? Quelles conséquences pour sa vie personnelle à jamais changée suite à certaines révélations ?
Une très agréable découverte sous haute tension, j’ai beaucoup frissonné pour Paul lors de cette lecture, on s’attache vite à ce personnage, une fin indescriptible tant elle est surprenante… Vivez ce voyage et vous verrez !!!

Je présente mes excuses auprès de l’auteur pour mon retard et le remercie pour sa confiance et sa patience

Version lue : Numérique

Mention : premier roman

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham


Le livre : Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham. Paru le 10 Septembre 2018 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18€50 ; 280 pages. 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Trois personnages, trois histoires, trois destins qui se télescopent au cours d’une longue cavale infernale et sanglante.

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger…
Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux.
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie…

L’auteur : « Je suis passionné de lecture depuis que je sais lire » confie Cédric Cham qui a grandi à Sorbiers, près de Saint Etienne dans la Loire. Après ses années lycées au lycée Fauriel à Saint Etienne, il fait des études de droit. Maîtrise en poche, il réussit le concours de l’Ecole Nationale de l’Administration pénitentiaire à Agen. Depuis novembre 2008, il est conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation au centre de détention de Roanne.
Passionné de littérature noire mais aussi de cinéma policier, de western, il a découvert le cinéma coréen de Park Chanwook et de Kim Jee-Woon.
Extraits :
« — Comment ça, je reste ici?
Les deux hommes se retournent d’un bloc. Ils n’ont pas entendu Amia approcher. Elle se tient dans l’encadrement de la porte. Vêtue d’un jean et d’un débardeur blanc. Ses cheveux ruissellent encore, collés sur son front et ses joues.
— Angelo te laisse la planque le temps de te retourner, explique Vrinks en la rejoignant. Il verra avec ses contacts s’il peut te trouver un job clean.
— Tu vas me planter là!
— Ce n’est pas contre toi, Amia. Tu sais ce que je dois faire.
Je m’en sortirai mieux seul.
— De la merde… Aie au moins le courage de reconnaître que tu veux te débarrasser de la petite pute!
— C’est mignon, ironise Angelo. Une scène de ménage! Bon, je vais me fumer une tige le temps que vous accordiez vos violons.
Amia est toujours dans l’encadrement de la porte. L’éclat dans son regard suffit à maintenir Vrinks à distance.
— Non, Amia. Il ne s’agit pas de ça. Et tu le sais très bien. Comprends-moi, tu viens tout juste de te sortir de la merde, c’est pas pour y replonger encore plus profond…
— L’excuse bidon! Tu m’as bien baisée… dans tous les sens du terme, sale con.
— Ne recommence pas!
— Quoi! Qu’est-ce que tu veux? Tire-toi. T’attends que ça.
— Tu te plantes, Amia, insiste Vrinks, le regard sombre. J’ai pas envie de te laisser.
— Parce que je signifie quelque chose pour toi?
— Évidemment.
— Cette nuit à l’hôtel…
— Oui.
— Elle a compté pour moi… Ce n’était pas juste une baise.
— Pareil pour moi.
— Alors ne me jette pas…»

Les Lectures de Maud :

Une lecture totalement addictive qui se lit à 100 à l’heure !! Les premières pages donnent le ton, livre dur et oppressant. Ensuite nous respirons au rythme de la fuite d’Amia et de la cavale de Simon. Dès leur rencontre, ils vont s’unir, ayant tous les deux le même but : la vengeance !! Parallèlement, Alice et son équipe mettent tout en œuvre pour retrouver le fugitif… Tout ne va pas se dérouler comme prévu…

Des personnages poignants, attachants, suscitant énormément d’empathie. Le lecteur comprend que Simon souhaite s’évader, voir même il le soutient… On a envie qu’il réalise son plan et retrouver le meurtrier de sa fille. Amia va le soutenir dans quête, tout en reprenant peu à peu confiance en elle, va vouloir assouvir la sienne… Et commencer ensuite une nouvelle vie.

Mais quel puissance ce livre, totalement addictif et très bien écrit. Aucun tabou, du brut à l’état pur, mêlant intrigue, violence et sentiments ; le tout mené avec brio !!! Mon premier livre de l’auteur et sûrement pas le denier !! Je recommande vivement cette lecture !!

Un grand merci à  Delphine Leroy du blog Mes Evasions Livresques pour ce conseil de lecture, même si je lui dois ma courte nuit !!!

Version lue : Broché

Tags : Evasion, prostitution, Paris, grand banditisme, vengeance

Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon


Le livre : Adessias, Bonne-mère! de Sylvain Dunevon. Paru le  1er décembre 2017 aux Editions D’un autre ailleurs dans la Collection Crimes de Pays. 13€ ; (184 pages) ; 19,5 x 13 cm

4ème de couverture :

Marseille, décembre 1992. Un couple de jeunes truands marseillais envisage de dérober un objet de valeur dans le coffre d’un retraité  » plein aux as « . Pour Olivier, c’est du velours. Pour Christelle, c’est différent; elle a un mauvais pressentiment. Et comme toujours, elle n’a pas tort… Voici les deux comparses emportés dans une tornade d’évènements auxquels ils pourraient bien ne pas échapper, vingt ans plus tard, quand les fantômes du passé feront surface.

 

 

L’auteur :  Né en 1975, Sylvain Dunevon est originaire du quartier de Saint-Loup, à Marseille. Il a grandi au sud d’Aix-en-Provence. Marié, père de deux enfants, il publie son premier roman policier. Dans un subtil dosage de rebondissements, d’embruns et de parfums de garrigue, l’auteur mène son intrigue tambour battant. Pour notre plus grand plaisir.

Extrait : 

« Les premières lueurs de l’aube dévoilent un paysage lunaire. Le vaste plateau parcouru de garrigue rase s’étire à perte de vue. Par endroits, la végétation s’écarte. Un ruisseau chétif se faufile parmi les blocs de calcaire pour se jeter dans l’abîme. Le 4×4 de la section roule à vive allure depuis plusieurs heures. Christelle, le front contre la vitre regarde défiler le ruban de bitume.         Olivier s’est assoupi, la nuque posée sur l’appuie-tête. Un homme en tenue de commando se tient entre eux, sur la banquette arrière. La tension de la nuit s’est dissipée. Les deux complices ont compris qu’ils ne maîtrisaient plus leur destin.»

  

 

Chronique d’une flingueuse

L’avis de Sylvie K

 Les condés face aux engambis vont rencontrer des branquignols, des nervis et même une cagole, peuchère, il faudrait un pastaga pour comprendre tout cela. C’est la toile de fond de l’histoire Marseille et ses quartiers, ses références aux histoires qui ont défrayées la chronique, le foot, Tapie, la course Le Marseille-Cassis, des noms de rue qui chantent, La saint-Baume etc..  Marseille d’hier et d’aujourd’hui à découvrir au fil de cette histoire ou le passé s’invite dans le présent.

 Deux jeunes Christelle, la petite fille de bonne famille et Olivier le mauvais garçon traînent ensemble depuis l’enfance ; on les retrouve vingt ans après en 1992 dans un quartier cossu. Ils agressent chez lui un retraité bourgeois pour le voler. Là, ils se retrouvent battus et ligotés par des hommes en noir sans savoir pourquoi.

2014 Rémi un journaliste doit faire face à la mort de son ami Bertrand Sapin mort accidentellement mais est-ce bien un accident ? Rémi lui aussi sera victime d’un accident. Delavaigne un flic venu du nord de la France va enquêter sur ces accidents suspects quand un certain Malik Achourbi de la DGI lui fait des révélations surprenantes. La femme de Delavaigne Christelle est en danger. Christelle et Olivier se retrouvent, le passé les rattrape sauf que Delavaigne y sera aussi confronté.

Pour les amoureux de Marseille et ceux qui ne connaissent pas une histoire policière pure marseillaise avec en bonus un glossaire pour bien comprendre le marseillais.

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli


Le livre: Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli, paru chez French Pulp Editions le 11 octobre 2018. 18€  ; (382 pages.) ; 14 x 21cm 
 
4ème de couverture:
J’étais froide.
J’étais froide car j’étais morte depuis déjà cinq jours. Abandonné au cœur de cette épaisse forêt, mon corps avait été livré en pâture aux bêtes sauvages qui n’avaient pas perdu de temps pour débusquer mon cadavre.Inspiré du « Monstre de Rostov », Andreï Tchikatilo célébre criminel qui dévorait ses victimes.Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises…Clarisse va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son propre meurtrier.Chris Lanzman, officier de police judiciaire, va chercher à découvrir ce qui a bien pu se produire cette nuit-là, sur cette route isolée. Egalement chargés de l’affaire, deux autres enquêteurs accompagnés d’un médium vont tenter d’entrer dans la tête du redoutable criminel.

Mais à trop vouloir approcher le monstre, on en oublie parfois que la vie ne tient qu’à un fil…

L’auteur: Fabio M. Mitchelliest né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, true crime, romans et nouvelles.
Pour ses ouvrages, l’auteur s’inspire de faits réels, d’affaires criminelles médiatiques du 20ème siècle et tisse une toile de fiction
En 1988, il découvre Edgar Allan Poe et se passionne pour ses œuvres. « Double assassinat dans la rue Morgue « sera son premier émoi littéraire et le déclencheur d’une passion pour l’écriture et la littérature noire.
En 2010,une modeste maison d’édition donnera sa chance à l’auteur en publiant son premier thriller fantastique.
Fin 2014, « La Compassion Du Diable », paru aux éditions Fleur Sauvage, sera l’un des coups de cœur du célèbre libraire Gérard Collard, et sera rapidement encensé par la critique. Surnommé « le livre bleu », l’ouvrage devient rapidement un best seller.
Extrait:
« L’amour avait ce putain d’arrière-goût des souvenirs fanés lorsqu’il disparaissait, il avait la consistance d’un pétale de rose desséché, craquant et racorni, sec en bouche, avec cette saveur amère qui nous rappelle que rien n’est immuable. »

LE OFF DE OPH

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli ou la chronique de l’abandon

Le dernier festin est un roman qui fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie. Beaucoup l’ont adoré, Gérard Collard l’a encensé et moi… Je l’ai abandonné.

Le roman s’ouvre sur Clarisse qui vient de mourir. Elle se voit, morte, son corps abandonné dans la forêt. Pendant plusieurs pages on la suit, ou plutôt sa conscience, dans la recherche de son meurtrier. Et déjà là, je coince… Entre rêves, réalité, lymbes, je me suis rapidement perdue dans l’histoire. De ce point de départ, Fabio M. Mitchelli lance diverses lignes qui n’ont pas trouver de cohérence dans mon esprit. Je me suis rapidement égarée dans ces histoires, errant dans le labyrinthe de son univers sans trouver le fil d’Ariane qui aurait pu me sauver. Dans ce monde trop onirique, je n’ai su trouver mes repères et j’avoue avoir assez vite décroché, me forçant à poursuivre ma lecture. Je me suis accrochée mais j’ai fini par abandonner à 196 pages.

Je n’ai rien contre le thriller fantastique, au contraire. J’aime la magie, la science-fiction, l’imaginaire, les dystopies et tout ce qui peut me ramener à ma part d’enfant qui voulait croire que les sorcières, les elfes, les fantômes et les mages n’existaient pas que dans les contes de fée. J’aime ouvrir mes chakras et me laisser transporter aux frontières de notre réalité, mais ici la magie n’a pas opéré.

Cet échec, parce qu’abandonner un livre est pour moi un échec, ne remets aucunement en cause l’écriture de l’auteur. Fabio Mitchelli a une très belle plume, un style poétique et très recherché. Le phrasé est de grande qualité et il arrive sans difficulté à faire naître ,dans l’esprit de son lecteur, les images de qu’il nous narre. Ce sont des qualités d’écriture auxquelles je suis particulièrement sensible. Mais malgré ces aspects, je n’ai pas pris de plaisir dans ma lecture.

C’est donc la chronique d’un abandon. Et je suis la première à le regretter.