Rat Rouge de Véronique Bréger


Le livre : Rat Rouge de Véronique Bréger. Paru le 8 mars 2018 chez Les Ardents Editeurs. 19€ ; (304 pages) ; 21,8 x 14 x 3 cm.

4ème de couverture :
Le Rat Rouge ? C’est quoi, ce bordel ? The International Bank of the Red Rat. Et en clair ? Une banque made in China… Ils ont pourtant tout ce qu il faut chez eux en matière grise, pourquoi font-ils bosser la LogForCorp ? Bah, on s’en fout, non… Si on se concentrait plutôt sur ton joujou… OK. J ouvris par un double clic les deux formulaires les plus anciens sur mon ordinateur. Sans surprise, nous retrouvâmes un outil familier, la synthèse hebdomadaire de l’ensemble des travaux réalisés par le Machin team. T’es trop fort, Traquenard ! Zebrowski ressemblait à un petit garçon devant le sapin un matin de Noël. Il exultait. Valentin Traquenard, un talentueux hacker tout juste sorti de l’adolescence, a intégré la LogForCorp, l’une des multiples sociétés de services en ingénierie informatique qui essaiment en banlieue parisienne. Quand son collègue Zebrowski lui propose un alléchant marché, ignorant les dangers du Dark Web, le jeune informaticien se trouve entraîné malgré lui dans un complot qui le dépasse. Une machination bien huilée visant à attirer sur le sol français celui que l’on surnomme « l’Assassin à la feuille de boucher ». Juste avant que tout ne dérape !

L’auteur : Née en Limousin en 1963, Véronique Bréger vit désormais à Paris. Rat Rouge est son premier polar dont le rythme soutenu plonge le lecteur au coeur d’une intrigue mêlant habilement l’univers des hackers et la toute-puissance du monde de la finance et de la Bourse. Véronique Bréger vit et travaille en région parisienne. Elle est l’auteur de plusieurs romans. De livre en livre, elle conduit son lectorat dans des univers différents où elle aborde les thèmes qui lui sont chers, la rencontre, l’aventure, le suspense et le fantastique.
Véronique Bréger a obtenu le prix du roman lesbien 2010 pour son roman « Les Chroniques d’Ouranos ». 
 
Extraits :
« Ce fut dans une ambiance mortuaire que les responsables des services généraux, de la sécurité informatique et le directeur des ressources humaines déboulèrent. Je fixais le bocal. La grosse larve d’un Machin en décomposition dégoulinait autour des accoudoirs. Mon ventre gargouillait. J’avais envie de vomir. Pourtant, je ne ressentis ni honte, ni remords, ni joie. Nuisible éradiqué.»

Les Lectures de Maud :


Nous voici plongés au cœur d’un complot financier international. L’histoire se lit comme un effet domino d’enchevêtrements d’événements. Tout peut basculer d’un moment à l’autre, l’équilibre de la finance européenne ne tient qu’à un fil. Le montage est soigné et millimétré et pourtant c’est sans compter l’intervention de Valentin, là tout va dégringoler !! Les morts s’accumulent, la tension monte.

Des personnages très bien décrits, chacun dans son rôle. Valentin va se retrouver malgré lui, au cœur d’un système et d’une machination qui le dépasse. Comment va-t-il faire pour s’en sortir ? Quelles vont être les conséquences de chacun de ses actes ?

Un super polar sans aucun temps mort, un rythme soutenu et entraînant. Les côtés espionnage-enquête s’imbriquent à merveille. L’auteur nous embarque aux côtés de Valentin, grâce une plume fluide et dynamique. L’empathie vis-à-vis de ce personnage se révèle peu à peu. Un livre à découvrir sans tarder !!!! Je suivrai les prochaines sorties polars de Véronique Bréger avec attention…

Je remercie les Ardents Éditeurs pour leur confiance

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Terminus de Jonathan Theroude


Le livre : Terminus de Jonathan Theroude. Paru le 23 mai 2018 aux Editions Nouvelle Bibliothèque. 18€ ; (221 pages) ; 12,9 x 1,3 x 19,8 cm.


4ème de couverture :

Vincent Kaplan avait tout pour être heureux. Une situation professionnelle, une vie de couple épanouie et une fille merveilleuse. Mais il a tout foiré. Par faiblesse. Ou par vanité. Ou par stupidité peut-être… Une lente descente aux enfers commence. Mais la vie est faite de rencontres. Parfois salvatrices. Une lente remontée vers la lumière s’opère alors. Non sans difficulté. Non sans doute. Non sans appréhension. Le prix du chemin de la rédemption. Peut-être… Il renoue, doucement, avec tout ce qu’il a perdu. Et des ténèbres surgit la lumière. D’abord une faible lueur d’espoir. Ensuite, une folle promesse de retrouvailles avec sa fille, Marie, perdue de vue depuis si longtemps. La vie est faite de rencontres. De bonnes et de mauvaises. Au bon moment ou au mauvais moment. Pour le meilleur et le pire. Pour le meilleur ou le pire.

L’auteur :  Un profil atypique. Autodidacte, il se définit comme un « gamin des cités» . « De mes souvenirs, personne ne lisait dans ma famille. Cela m’est venu vers l’âge de dix ou onze ans. Le tout premier ? Jules Verne !» Une évidence pour cet enfant à qui l’on répétait souvent qu’il était sur la lune ou dans les nuages. «Le chemin a été long et il y a quatre ans, je me suis lancé un défi qui est devenu un projet. Écrire ! Mais pour cela, j’ai dû travailler d’arrache-pied, moi l’ancien gamin paumé, non diplômé ! »
Extrait :
« Tu te souviens comme on était connes à l’époque. On était tellement impatiente d’avoir nos règles que le jour où c’est arrivé, on a cru que c’était le plus beau jour de notre vie ! En vrai, je suis sûre que c’est une connerie que l’homme a inventée pour nous faire chier ! »

 

Les Lectures de Maud :

« Terminus » de @Jonathan Theroude


Un très bon premier roman où l’on suit l’évolution de Vincent des enfers vers la lumière. Une histoire très captivante, on s’attache très vite à ce personnage principal qui, à cause de ses bêtises, a tout perdu et a sombré. Ce retour à la vie est très bien exploré et très bien amené. Le lecteur est imprégné par la vie de Vincent, il ressent sa volonté de remonter la pente. Les flash-backs permettent aux lecteurs de comprendre le pourquoi il en est arrivé là.
De multiples événements vont effectivement faire basculer la vie de Vincent, certains mériteraient d’être légèrement plus approfondis afin que l’on comprenne l’impact sur Vincent et sur sa vie.
Une écriture addictive et soignée, on est entraîné dans cette lecture. Une fin qui, comme je l’avais souligné pour Sandrine Colette, très originale où je trouve que soit on en dit trop soit pas assez, mais qui reste très inattendue et surprenante. L’auteur a habilement su emmener son lecteur à vouloir tout connaître de Vincent. Un très bon premier livre.

Je remercie les @Editions Nouvelle Bibliothèque pour leur confiance et vous souhaite bonne lecture.

Les Initiés – Thomas Bronnec


Le livre : Les Initiés de Thomas Bronnec. Paru le 15 Janvier 2015 aux éditions Gallimard. 15€50 ; (256 pages). 22,5 x 1,6 x 15,5 cm. Paru le 19 Janvier 2017 aux éditions Folio. 7.25euros. 304 pages. 17,8 x 10,8 cm

4ème de couverture :

Panique à Bercy. Touché par la crise, le Crédit parisien est sur le point de sombrer. La plus grande banque française a besoin d’un plan de sauvetage en urgence, mais son patron se heurte à l’intransigeance d’Isabelle Colson. La ministre de l’Économie, symbole de la gauche revenue au pouvoir, juge ce plan trop favorable aux banques. Au milieu de ce champ de bataille où la politique tente de reprendre ses droits face au monde de la finance, Christophe Demory, directeur de cabinet d’Isabelle Colson, refuse de choisir son camp. Jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par son passé, après la découverte d’un cadavre dans la cour de l’Hôtel des ministres.

L’auteur : Thomas Bronnec est rédacteur en chef adjoint délégué de L’Express.fr, en charge de l’animation de la home page. Il est l’auteur de Bercy au cœur du pouvoir, paru chez Denoël en mars 2011, et il anime le blog « Les Couloirs de Bercy ». Il est journaliste à L’Express, puis travaille à France Télévisions à partir de 2012.
Extrait :
« Depuis près de trente ans, il avait bâti un édifice unique basé sur une philosophie très simple : ce qui est bon pour le Crédit parisien est bon pour la France. Il avait noué dans le monde politique et dans celui de la haute fonction publique des liens privilégiés avec les personnes qui comptaient, ou qui allaient compter. Il s’était très rarement trompé. Dès le début de leur carrière, il allait voir ceux qu’il appelait les « jeunes talents » et il leur faisait son numéro de charme. C’était la première étape du piège qu’il tissait patiemment autour d’eux, jusqu’à ce que leur communauté d’intérêts avec lui et la banque soit devenue trop étroite pour qu’ils puissent dévier de la ligne.

Pour lui, le bonheur de l’humanité passait par le bonheur de la banque. De sa banque. Il était sincèrement persuadé que le système français, où les élites formées dans les mêmes écoles atterrissaient ensuite dans tous les centres de décision du pays, et baignaient dans un entrelacs d’intérêts objectifs, était le meilleur, et il avait décidé de le sécuriser à son profit.»

Les Lectures de Maud :


Un thriller, dans les couloirs du pouvoir. J’ai été entraîné dans cette enquête afin de comprendre, pourquoi ce cadavre ? A cet endroit ? Si comme moi, c’est une question qui vous taraude, allez-y, découvrez la vérité à travers ce livre, mais s’attendons-nous vraiment à cette réponse ?
Des personnages bien décrits, leurs fonctions et leur mécanismes bien expliqués, leur position et leur caractère assumés. Quand certaines affaires refont surface, avec des enjeux qui remontent jusqu’au sommet de la pyramide, quels subterfuges vont être élaborés ? Le tout afin que les lignes de conduite fixées et les objectifs ne s’en trouvent inchangés.
L’auteur, grâce à un style d’écriture journaliste, donne à son œuvre un rythme effréné. Il nous embarque dans le « Off » de Bercy et dans les couloirs du pouvoir, où se mêlent à la fois, stratégies et arrangements. Les complots y sont rois et règnent en maîtres absolus. Jusqu’où iront ces hommes et ces femmes influents afin de contenter leur projet ou d’honorer certains « retours d’ascenseur » ? 
J’ai adoré me plonger dans cette histoire, où le complot siège en place centrale, la fin m’a bluffée. J’irai très prochainement découvrir les autres livres de l’auteur. 

Le mystère Fulcanelli – Henri Loevenbruck


Le livre: Le mystère Fulcanelli, Henri Loevenbruck, paru le 05 octobre 2013, aux éditions Flammarion, 21 €

Réédité en poche chez J’ai lu le 8 octobre 2014 8€  ; (507 p.) ; 18 x 12 cm 

4ème de couverture:

Un meurtre dans une vieille église de Séville… Un assassinat dans une bibliothèque parisienne… Un ancien manuscrit dérobé… Le lien entre ces affaires : Fulcanelli, le nom d’un mystérieux alchimiste du XXe siècle. Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cache derrière cet énigmatique pseudonyme. En acceptant de mener l’enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, plonge dans les milieux ésotériques du siècle dernier. Mais on ne pénètre pas les mystères de la pierre philosophale sans en payer le prix !

L’auteur:  Doit-on encore présenter Henri Loevenbruck ?  Après une jeunesse partagée entre le 11e arrondissement de Paris et l’Angleterre, Henri Lœvenbruck fait une khâgne au lycée Chaptal à Paris, une maîtrise d’anglais à la Sorbonne, puis se lance dans le journalisme et la musique. Il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) se vend à 300 000 exemplaires toutes éditions confondues et est traduite en douze langues. Il se lance ensuite dans le thriller avec les éditions Flammarion où il rencontre à nouveau le succès, notamment avec la série d’Ari Mackenzie, vilain petit canard des Renseignements généraux, dans laquelle il dénonce notamment les dérives de grandes ONG en Afrique.

Dans les années 1990, Henri Lœvenbruck chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens. Début 2008, après avoir écrit des chansons pour d’autres artistes (comme Kelks), il décide de remonter sur scène pour présenter une douzaine de chansons « à texte ». En 2009, il participe, en tant que traducteur et choriste, à l’album Molly Malone – Balade irlandaise de son ami Renaud. En 2009, il a enregistré un mini LP, en collaboration avec Vincent-Marie Bouvot. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers, qui fait de nombreux concerts dans des festivals en France, et au sein duquel il joue du clavier et de l’orgue Hammond.
Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire.
En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
Extrait:
« Oui. C’était ça ! C’était forcément ça ! Car ce qu’il venait de découvrir, il n’aurait pu le voir sur aucune copie de ce tableau. Comment n’y avait-il pas songé plus tôt ?
Dans un élan d’émotion incontrôlable, il sentit les larmes monter à ses paupières, comme une libération tant attendue, une délivrance. Soudain, tout prenait sens. Toutes ses recherches, toutes ses convictions, ses hypothèses… tout s’éclairait.
La main tremblante, il chercha le carnet dans sa poche. Ses doigts, trempés de sueur, glissèrent sur la surface de cuir. Mais avant que de pouvoir s’en saisir, tout à coup, il entendit un bruit. Là, juste derrière lui. Un frottement, à quelques centimètres à peine. Et ce fut comme si les battements de son cœur s’étaient arrêtés.
L’homme eut tout juste le temps de se retourner.
La lame du couteau pénétra brusquement dans la chair de sa poitrine. Un souffle. Sa bouche se figea dans une grimace de stupeur. L’émotion dans son regard se mua en incompréhension, puis l’incompréhension en anéantissement. Retenu par la lame enfoncée dans son cœur, il était déjà tel un cadavre pendu au gibet.
— Toi ? marmonna-t-il d’une voix rauque, les yeux trempés de larmes.
À peine eut-il reconnu le visage de son bourreau que la vie le quitta.
Le couteau ressortit d’un coup sec. Le corps s’effondra lourdement sur le sol, alors que le sang, déjà, se répandait sur le tissu blanc de sa chemise, écho troublant à l’hémorragie du Christ qui, à quelques mètres de là, suffoquait sur sa croix pour l’éternité.
Le meurtrier, avec des gestes sûrs, sans émoi, essuya doucement la lame souillée, la rangea à sa ceinture, puis s’accroupit à côté du cadavre de sa victime et prit le carnet dans sa poche.
Quand il sortit de l’église de la Santa Caridad, le sourire sur son visage était celui de Judas. Mais celui-là n’éprouvait nul repentir et n’irait point se pendre. »

Le OFF de OPH

«  Tous les ingrédients ludiques du mystère étaient là : c’était comme ouvrir un vieux coffre au trésor »

Cette phrase est le parfait reflet de ce que j’ai ressenti à chacun des tomes de la trilogie d’Ari Mackenzie (Le rasoir d’Ockham, les Cathédrales du vide)

Dans le Mystère Fulcanelli Henri Loevenbruck nous emmène une fois encore dans une chasse au trésor. Pas un trésor physique, mais un trésor propre à chacun de ses lecteurs. Car si une énigme est bien « dévoilée », c’est bien sur nous même que l’auteur nous invite souvent à réfléchir.
Il utilise d’ailleurs dans chacun des trois tome l’expression V.I.T.R.I.O.L ( Visita Interiora Terrae Rectificando Occultum Lapidem: visite l’intérieur de la Terre et en te rectifiant tu trouveras la pierre cachée, phrase ô combien symbolique…),terme emprunté à la franc-maçonnerie, qui invite chacun d’entre nous à l’introspection.

Rassurez-vous, vous saurez tout sur le Mystère Fulcanelli à la fin du roman. Néanmoins, au delà du mythe, Henri nous invite à voyager dans le temps, à aller à la rencontre de l’art et de l’ Histoire. D’ésotérisme en hermétisme sans oublier une dose de religion, tous les ingrédients d’une quête y sont!

J’ ai donc retrouvé avec un immense plaisir Ari et sa fameuse MG, Lola, Krystov et Iris Michotte, pour une nouvelle enquête passionnante, empreinte de mystère.

Comme pour chacun des tomes précédents, j’ai aimé cette plume délicate qui m’a embarquée et une fois n’est pas coutume, régalée en références historiques, culturelles, en informations liées à l’art et plus particulièrement, ici, sur les « vanités ». J’ai été bluffée une fois encore par la richesse des recherches et des références.
Et d’ailleurs si le cœur vous en dit, il existe ICI un documentaire fort intéressant pour aller plus loin:

Une lecture comme je les aime qui , non seulement divertit ,mais surtout, ouvre les chakras et enrichit.

Les romans « ésotériques » d’Henri vous invitent non seulement aux voyages (géographiques, temporels, culturels), mais aussi à la découverte de vous même si tant est que vous soyez réceptifs aux indices.

Outre les aspects culturels, il y a un certain nombre de passages qui m’ont touché parce que criant de vérité, tant sur notre société que sur les rapports humains:

 « une librairie qui meurt, ce n’est pas une page qui se tourne, c’est un livre qui se ferme, à jamais. »

« Il n’y a rien de tel que le fric et le cul pour détruire même les plus belles histoires d’amitié. C’est dans la nature humaine […] les gens sont fondamentalement égoïstes, question de survie.»

« On ne peut pas juger un couple de l’extérieur, Lola. On ne doit jamais. L’intimité, par définition, c’est quelque chose qui ne se partage pas avec les autres. Méfie toi des gens qui savent toujours mieux que toi ce que tu devrais faire dans ta vie amoureuse. »

Une fois encore du grand Loevenbruck 😊. Un auteur qui m’a touché par son écriture, sa sensibilité ( Nous rêvions juste de liberté), et sa gentillesse lors de notre rencontre.

Je quitte avec regrets Ari, Lola, Krystov et Iris…  mais pas Henri puisque très bientôt j’attaquerai l’intégrale de la trilogie : La Moïra.

Ils vont tous mourir – Raphaël Grangier


Le livre :   Ils vont tous mourir  de Raphaël Grangier . Paru en mai 2018 chez Cairn éditions . 12 € (312 p.) ; 12 x 18 cm.

  4ème de couverture :

Juillet 86, dans le nord du Périgord. Une saison particulièrement chaude. La famille Rougier a quitté Revel en Haute‐Garonne pour se balader près du saut du Chalard et résider, le temps des vacances au camping du Château Le Verdoyer. Ces congés d’été iraient pour le mieux, si les enfants, adeptes de jeux près des bassins, ne disparaissaient pas tour à tour sans que nul ne s’en aperçoive.
Guillaume Dubreuil, jeune commandant du COB de Nontron prend l’enquête à bras le corps, mais les investigations, ici, dans ces terres de taiseux et de chasseurs, n’ont rien à envier à celles qu’il menait en région Parisienne. Pour autant, certains individus s’étaient tristement fait remarquer par le passé.
Des battues sont organisées ; des survols en hélico. Même les truffes des chiens de l’équipe cynophile ne détectent rien. Et plus les jours passent, plus les enfants s’évanouissent sans qu’aucun des gendarmes ne parvienne à trouver la moindre trace probante. Le contact surprenant de Raphaël Langlois, journaliste au quotidien Sud‐Ouest pourrait bien débloquer l’enquête. À moins que…

71wJxgwDZqL._UX250_L’auteur : Raphaël Grangier vit dans un petit coin tranquille du sud-ouest de la France. Passionné d’automatisme et de mécanique, il a travaillé pendant dix ans dans l’aéronautique avant de se reconvertir vers l’enseignement. Ils vont tous mourir est son second roman, sombre et réaliste.

 

 

 

 

 

 

Extrait :
« Gaëlle souffre en silence, sa poitrine exposée aux désidératas de cette silhouette sombre. Elle sent le froid sur son ventre. Elle voudrait hurler. Foutu bâillon ! Elle prie en silence pour que quelqu’un vienne la sauver. Tout de suite , maintenant ! Elle a senti cette peau calleuse s’arrêter un instant sur son sein puis s’en aller.
Que lui veut-il ? Pourquoi elle ? autant de questions qui ne la sauveront pas. Qui ne la sauveront plus . »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

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« Ils vont tous mourir » , de Raphaël Grangier :

Imaginez des familles qui se sacrifient toute l’année pour se payer leurs moments de bonheurs en vacances …

On est tous plus ou moins dans la même situation. Se donner à 200 % une année entière pour espérer se payer la tranquillité pendant au moins une semaine . Cela commence par le choix du lieu, qui doit être inoubliable. Ces familles ont trouvé leur bonheur, dans ce camping situé dans un environnement majestueux entouré d’un magnifique château …Du moins, c’est ce qu’ils pensaient car des disparitions vont brutalement avoir lieu sans que personne ne s’aperçoive jamais de rien …

On suit l’enquêteur Dubreuil qui ne lâchera rien malgré toutes les mauvaises pistes mises sur son chemin.

Thriller haletant, on plonge très vite dans l’intrigue et on ne peut pas lâcher ce bouquin tant qu’on ne sait pas ce qui arrive à ces enfants.

Première expérience avec ces éditions plus que satisfaisante !

Salut à toi ô mon frère – Marin Ledun


Le livre : Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun. Paru le 3 mai 2018 chez  Gallimard dans la collectio Série Noire. 19 € broché – 13.99 € e-pub ; (288 p.)  ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc de notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.
Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.
Branle-bas de combat de la smala ! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l’innocenter, lui ô notre frère.

 

L’auteur : Né à Aubenas (Ardèche) , le 07 mai1975, Marin Ledun est un romancier français et un ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales . Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail.
Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010). 
La collection « Série Noire » de Gallimard publie en mars 2010 son roman « La Guerre des Vanités » (Prix Mystère de la critique 2011) . 
« L’homme qui a vu l’homme » (Prix Amila-Meckert 2014), « Dans le ventre des mères », « Les visages écrasés » (Trophée 813 du roman français 2011; Grand Prix du roman noir 2012 du Festival International du film policier de Beaune et adapté pour Arte avec Isabele Adjani) ) ont été traduits dans de nombreux pays.
« Au fer rouge » sort début 2015. Suivra l’année suivante, « En douce » qui reçoit le Prix Transfuge du meilleur Polar 2016.
La plupart de ses romans évoquent la crise contemporaine et ses conséquences sociales.
Citoyen engagé dans le mouvement social radical, auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Marin Ledun vit aujourd’hui dans les Landes près de la côte, au sud…
Extraits :
« Me voilà, deux ans après, belle comme une fleur, rose donc, et enragée comme un grizzly. Diplômée en littérature, actuellement en congé sabbatique, durée indéterminée, j’occupe la fonction de cerbère de la porte, de maîtresse des clefs et, accessoirement, de directrice de l’espace culture d’un petit salon de coiffure situé en pleine rue piétonne. Popul’Hair, donc. Un nom qui défrise. Mon boulot consiste à détendre la clientèle en récitant des poèmes, en lisant des extraits de romans que j’affectionne. Ça dépend de mon humeur, de la tête de la coiffée ou de l’ambiance dans la boutique. Un concept culturel. Uniquement les lundis et vendredis. Une idée de Vanessa, la propriétaire, un soir où, sirotant un demi pêche, j’évoquais mon amour des belles tournures et de la grande littérature. Rémunérée en plus, oui, madame ! En brushings ou balayages gratuits et en bouquins. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power. Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze est victime du délit de « sale gueule » est fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ». Il n’en demeure pas moins que l’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

 

« Il fustige, Boyer. Il vitupère. Il s’insurge. Il ne pivoine pas, Boyer, il ne rosit ni ne groseille pas non plus ! Il érubesce. Il écrevisse. Il écarlate. Il cramoisit. Il incandescent. Il éructe en se frappant la poitrine du poing comme le mâle dominant d’un groupe de gorilles pour affirmer sa supériorité.

Il s’égosille sur la présence de cette smala au milieu de son commissariat. Tout le monde recule. »

« Ma mère pioche dans le frigo, rassemble les restes du déjeuner sur un plateau et s’attable. Son assiette 180 % pur bio me donne envie d’un steak XXL aux hormones. J’allume une cigarette aux pesticides pour couper ma faim.”

“Je réintègre le service urologie. Je me réhabitue à l’odeur avant de retrouver ma piaule. N’allez pas croire que j’ai une dent contre les retraités, hein ! Je sais ce que l’industrie du camping-car leur doit. Je n’ai d’ailleurs que mépris pour les populistes qui leur reprochent de ne rien foutre toute la journée, de vivre aux crochets des travailleurs et de bénéficier de réductions au cinéma et des minima sociaux. »

« Quand on y pense, c’est tout de même terriblement monotone et prévisible, une vie de portail, coulisser dans un sens, puis dans l’autre, et faire office de mur, la plupart du temps, tout ça parce qu’un imbécile heureux a inventé un jour le concept de propriété privée. Il suffit d’ailleurs que le mécanisme se grippe et que ledit portail reste accidentellement ouvert pour que les propriétaires paniquent, branchent leurs caméras de vidéosurveillance high-tech, stockent du sucre, des pâtes et de la farine, claquemurent leur famille – les femmes et les enfants d’abord ! – et astiquent leur fusil, tétanisés par la peur, alerte maximale, prêts à endiguer la moindre invasion, c’est dire la puissance monotone et prévisible du concept. »

 

Tu ne dormiras plus de Eric Dupuis


Le livre :  Tu ne dormiras plus de Eric Dupuis . Paru le 7 mai 2018 chez Ravet – Anceau . 13€ (328 p.) ; 11 x 17 cm.

4ème de couverture :

CAVALE MEURTRIERE DANS LE BASSIN MINIER

Le major de police Iwan Kaczmarek est en danger : François-Xavier de Montjarrieux vient de s’évader de prison et le menace. Malgré tout , le flic doit avancer sur son enquête en cours. Avec le lieutenant Belinda Bordas , il traque dans le Pas-De-Calais le « barbare du bitume », un tueur sanguinaire qui s’en prend aux automobilistes.

Dans le même temps, une chute de silo puis des explosions dans un centre de stockage de munitions sont signalées. Des indices laissent penser qu’un attentat se prépare sur le Paris-Roubaix, ravivant le souvenir du gang de Roubaix qui a sévi des années auparavant.

Pris dans ce tourbillon de violence , Kaczmarek s’en sortira-t-il ?

 

L’auteur :  Eric DUPUIS est dans la Police Nationale depuis 30 ans et officie actuellement comme Major-Instructeur des forces de l’ordre en Tir, Self-Défense et Gestes et Techniques Professionnels. Il a eu l’opportunité de devenir figurant, conseiller technique et acteur pour les séries télévisées et le cinéma, notamment dans « Polisse » de Maïwenn.
Ayant travaillé sur des projets de séries policières pour une société de production pendant quatre ans, il s’est lancé dans l’écriture de romans retraçant sa profession à travers des fictions.

 

Extrait :
« Des études honorables malgré un retard considérable , rattrapé à la force du poignet grâce notamment au temps consacré à son enrichissement personnel. Il rêvait de devenir policier. Il allait s’en donner les moyens pour combattre l’injustice et rétablir l’ordre vérolé par le genre de personnages ayant vécu dans son entourage. Il ne pouvait plus supporter cet état de fait. »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

« Tu ne dormiras plus » , de Eric Dupuis :

 

Dans ce troisième opus , Eric nous gâte ! nous voilà emportés dans une histoire pleine de rebondissements …

On y suit notre cher Iwan , embarqué dans une enquête à la recherche d’un tueur en série qui sévit sur la région .Mais sa tranquillité est mise à mal depuis l’évasion de son pire ennemi , FX , de prison …Son quotidien est mis en danger et sa famille également …malgré tout il doit se concentrer sur son travail et faire face à des épreuves douloureuses pour lui …

On y retrouve sa force de caractère et sa détermination à toutes épreuves …

Parallèlement on y découvre l’histoire d’un jeune flic en pleine quête de justice …

J’ai adoré cette vision idéaliste qu’a le jeune concernant le métier de policier . Son seul but dans la vie est de rétablir la justice pour tous…Il en fait son histoire personnelle et n’hésite pas à se frotter aux barrières du mal pour faire le bien …

On y redécouvre les horribles attentats dont notre pays a été la victime , et on ressent bien l’importance de nos forces de l’ordre en France . Souvent dénigrés , appelés les « poulets » , ne pensant qu’ils ne servent qu’à mettre des amendes et nous embêter , ce livre retrace bien la bonne volonté de ces fonctionnaires à essayer de nous rendre un monde meilleur …

On ne salue pas assez leur courage et ne les remercions pas assez alors voilà avec cette chronique , c’est le message que je souhaite délivrer « Aimons nos policiers et remercions les à leur juste valeur » , eux , qui se battent pour nos vies parfois au détriment de la leur …

Enquête merveilleusement bien ficelée , rebondissements jusqu’à la dernière page ! Du grand Eric Dupuis !

Vous l’aurez compris ce livre est un de mes coups de cœur 2018 , je suis déprimée à l’idée de le ranger dans la bibliothèque …Vivement la suite , car c’est certain il y ‘en aura une !!

 

 

 

Les jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes


Attention aujourd’hui c’est « Double Chronique »

Attention aussi car…

Vous allez bientôt pouvoir gagner le dernier livre de Sandrine Destombes sur Collectif Polar avec Hugo Thriller.
3 exemplaires de  » Les Jumeaux de Piolenc » seront en jeu.


Le livre : Les jumeaux de Piolenc, Sandrine Destombes.    Paru le 3 mai 2018 aux Editions Hugo Thriller.   19,95 € ; 400 pages ; 14 x 21

 4ème de couverture :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs. 

 

L’auteur : Née en 1971, Sandrine Destombes a toujours vécu à Paris.
Après avoir suivi des études à l’Ecole pour les Métiers du Cinéma et de la Télévision de Paris, elle travaille dans la production d’événements et profite de son temps libre pour écrire des polars, son domaine de prédilection.
Les jumeaux de Piolenc est sont cinquième thriller. .
Sandrine Destombes a décidé de participer au concours en ligne Fyctia sous pseudonyme pour se lancer un nouveau challenge. Remporté haut la main. 
 
Extrait :
 « Le gendarme n’aimait pas ce qu’il venait d’entendre. Sans en comprendre le sens, il savait que cette phrase était annonciatrice de mauvaises nouvelles. Il n’eut d’ailleurs pas le temps d’approfondir le sujet que ses doutes furent confirmés. 
La tête basse et les mains nouées, mademoiselle Gauthier se tenait sur le pas de la porte. Fabregas comprit aussitôt qu’il y avait un problème. Il se dirigea vers elle d’un pas rapide et l’encouragea à parler. 
– Ce n’est peut-être rien, commença l’institutrice à voix basse, mais une autre de mes élèves ne s’est pas présentée à la cantine. »

 

Ophélie et Aline nous offre aujourd’hui leur regard croisé sur la prix VSD RTL du meilleur thriller 2018.

Avis croisés:

L’accroche de Miss Aline:

La 4ème de couverture ne nous dit pas quel  jumeau est mort, ni comment l’autre a survécut. On ignore si les nouvelles disparitions concernent également des jumeaux. On ne nous parle pas non plus de Jean Wimez en charge de l’enquête il y a trente ans. Jean que Fabregas va intégrer (un peu par la force des choses) à l’enquête d’aujourd’hui. 

Les faits se passent dans la même école que celle de Solène et Raphaël, les nouveaux disparus ont le même âge. Coïncidences ? Pourquoi trente ans plus tard ? 

Fabregas va se faire des cheveux blancs sur cette enquête. Des rebondissements, des impasses, des doutes, des sixièmes sensignorés. Il avance doucement, il a le sentiment d’être dépassé. Il ne veut pas que cette enquête le hante jusqu’à son dernier souffle. Et pourtant il a souvent l’impression de passer à côté. Avec lui, Jean Wimez va revivre la disparition des jumeaux de 1989. Qu’a-t-il raté ? Que lui a-t-on caché ? Il faut comprendre hier pour retrouver les enfants d’aujourd’hui. La vérité peut avoir mille visages, elle n’est pas celle que l’on croit.

L’auteur nous emmène dans un tourbillon de doutes, d’accusations, d’interrogations. Ses personnages sont profonds et complexes. La nature humaine y est dépeinte avec réalisme (rien n’est jamais tout blanc ou tout noir). La vérité dépasse l’entendement. On va s’en approcher avec méfiance. Tout comme Fabregas on va se demander comment cela est possible. Et pourtant… 

La gémellité  thème fascinant poussé à son paroxysme. Tour de force de l’auteur qui nous entraine bien malgré nous de l’autre côté du miroir. 

La 4ème de couverture ne nous dit pas non plus que ce Prix VSD 2018 du Meilleur Thriller Français est amplement mérité. Félicitations. 

Un très grand merci aux Editions Hugo Thriller et à Sandrine Destombes (pour la dédicace !) de m’avoir permis d’entrer dans cette enquête et d’en faire un de mes coups de cœur de l’année.

 

 Le OFF DE OPH

Il est vrai que l’on utilise souvent des expressions récurrentes pour qualifier un bon thriller: page Turner, addictif, claque… mais que voulez-vous, même si la langue française regorge d’adjectifs, il est parfois difficile de trouver les bons mots pour qualifier une lecture. Alors je vais tenter de ne pas tomber dans les lieux communs pour vous faire comprendre à quel point ce thriller est une réussite et qu’il est indispensable de le lire…

« les jumeaux de Piolenc » s’ouvre sur un prologue original, le récit de la disparition de jumeaux, vu au travers des médias. Sandrine Destombes y évoque les évolutions scientifiques et notamment le travail autour de l’ADN.L’utilisation de ce procédé met tout de suite le lecteur en conditions, le climat est posé. Qui ne s’émeut pas de la disparition d’enfants? Sujet qui a inspiré Sandrine. Mais ne vous y trompez pas, ce petit bijou de littérature noire ne peut pas se résumer à la disparition de Solène et Raphaël…

Le pitch: Solène et Raphaël disparaissent en août 1989. Quelque mois plus tard, le corps de l’un d’entre eux est retrouvé. Le second, jamais.
Juin 2018, de nouveaux enfants disparaissent dans la même commune.

Dès les premiers chapitres, Sandrine passe au crible les mécanismes de la machine judiciaire et certains passages ne sont pas sans rappeler « l’affaire Grégory », notamment par le fait que l’enquête sur la disparition des jumeaux est confiée à un jeune enquêteur.

Tout au long du roman, Sandrine évoque la fragilité émotionnelle des enfants, ces adultes en devenir, l’importance de la construction de leur personnalité, les dangers des réseaux sociaux et des rencontres virtuelles « fun »…

Le combat du papa des jumeaux, Victor, renvoie à celui du papa de la petite Estelle, similitude troublante qui renforce la charge émotionnelle à la lecture.

J’ai également été émue du lien tissé entre Victor et Jean, premier officier a avoir enquêté sur les jumeaux. Cette enquête qui a été son graal, le combat de sa vie au point de tout lui sacrifier:

« Il y avait quelque chose de triste et beau à la fois dans ce lien qui unissait ces deux hommes. A les observer dans ce cadre plus intime, Fabregas se demanda à quel moment leur relation s’était éloignée du cadre professionnel pour devenir cette amitié à la fois pudique et sincère ».

Sandrine décrit d’ailleurs de manière remarquable le sentiment d’impuissance de l’enquêteur qui, malgré tous les moyens mis en œuvre, n’avance pas d’un pas.

Enfin, au delà de tous les sujets traités, du travail remarquable autour de la psychologie tant de l’enfant que de l’adulte; au delà de la construction précise et admirable des personnages qui vous hanteront un petit moment, il y a l’intrigue.
Le rythme et la tension montent crescendo au fil des éléments que Sandrine distille habilement, nous renvoyant d’une piste à l’autre, bousculant nos soupçons pour en faire naître d’autres, multipliant les possibilités pour nous amener vers un final surprenant.

Dans la catégorie thriller, « Les jumeaux de Piolenc » flirte avec la perfection.

Sandrine je disais qu’un jour tu serais l’une des grandes dames du noir… Force est de constater que tu l’es aujourd’hui! (Tu n’as rien à envier à certains « maîtres » du genre).

Ainsi, nos deux flingueuses ont eu un coup de cœur  pour ce 5ème roman de Sandrine Destombes qui la fait entrer dans la catégories des maîtres du genre. »tourbillons de doutes et d’accusation », « rythme qui monte crescendo »…  nos deux flingueuses ont donc ressenti cette même frénésie à la lecture de ce thriller, ne voulant ni l’une ni l’autre lâcher « les jumeaux » avant d’avoir été au bout de leur histoire.
Toutes deux soulignent le sujet sous des aspects différents la gémellité poussée à son paroxysme pour l’une, la construction de l’enfant pour l’autre, elles évoquent la profondeur et la puissance des personnages.
Ce roman fait l’unanimité quant à sa qualité, la tension narrative, l’originalité du sujet et un final ô combien déstabilisant.

Sandrine va marquer les esprits un moment avec Solène et Raphaël!

 

 

 

Nuit blanche – Nicolas Druart


Salut les polardeux,

Vous avez découvert il y a quelques jours notre plus jeune chroniqueuse en la personne de Clémence. Aujourd’hui elle nous propose son premier billet . Et en plus c’est sur un premier roman. Autant vous dire que ça me fais très plaisir.

Allez c’est parti…


Le livre : Nuit blanche de Nicolas Druart . Paru le 19 avril 2018 chez Nouveaux Auteurs . 18.95€ (430 p.) ; 13 x 21 cm .

4ème de couverture :

Une tempête dévastatrice , une atmosphère lugubre et la faucheuse qui erre…le cocktail d’une nuit d’horreur !

Saint-Florentin , trois mille deux cents habitants répartis dans un isthme , encerclés par le Lot. Un hôpital reclus dans les bois et une tempête qui déferle sur le village . Julie est interne dans un des services du centre hospitalier et n’aspire qu’à une seule chose , une nuit de garde calme. Mais l’arrivée d’un nouveau patient vient bouleverser ses projets. Un homme plongé dans le coma , escorté par deux gendarmes, va perturber la quiétude du centre hospitalier . Aussitôt après son admission , les tragédies s’enchaînent . une nuit d’enfer se profile.

 

L’auteur : Nicolas Druart habite à Toulouse où il est infirmier . Ses passions s’articulent autour de la lecture, l’écriture , le foot et le cinéma.Tourner les pages sans possibilité de s’en détacher et être sonné par le twist final , telle est sa conception du bon roman à suspense .
Extrait :
« Julie souffle pour se donner du courage . L’odeur des lieux est infecte. Elle pointe la lumière de son smartphone vers la poignée. Jambes écartées, le bassin en arrière , elle pousse la porte. Le halo de la lampe tactile se dirige vers une vision épouvantable. »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

 Nuit blanche , de Nicolas Druart :

 

Imaginez un hôpital sur une presqu’île , le temps ravagé par une horrible tempête , du personnel coincé au travail sans plus aucun moyen de communiquer à l’extérieur …

Imaginez la vie d’un service hospitalier , avec toutes les rumeurs et non-dits qu’il peut contenir .

Imaginez du personnel épuisé après une journée harassante , obligé de rester en poste et dans l’impossibilité de joindre leur proches ou l’extérieur en général .

Comme ci tout cela ne suffisait pas , imaginez les gendarmes amenant un tueur en série dans le coma …

Ce huit- clos est complètement flippant et vous empêchera de dormir c’est certain !

Les tensions , les doutes apparaissent très vite entre chaque protagoniste et les événements improbables vont se dérouler…Ayez le cœur bien accroché !

Etant infirmière en service de soins intensifs , je me suis régalée avec ce roman ! Le suspense était au rendez vous et l’on sent bien que l’auteur maîtrise le domaine paramédical puisqu’il est en tous points identique aux services dans lesquels j’ai pu moi-même travailler .

Le climat des nuits à l’hôpital est extrêmement angoissant , qui plus est lorsque des décès ont lieu …Intrigue et lieu parfaitement maîtrisés ! Je dis BRAVO !

Chorale de Nick Gardel


Le livre : Chorale de Nick Gardel. Paru le 15 septembre 2017 chez Friends Only. 15€ ; (327 p.) ; 18×11
Résumé :
Un magasin qui explose, un mitraillage à la kalachnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Édouard et Lorelei sont des habitués du chaos.
Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres.
Mais jusqu’où peut conduire l’amitié ?
L’auteur : Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace, Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été, tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire voire de la société. Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…

 

 Le post-it de Ge

Quoi vous ne connaissez pas encore Nick Gardel. Alors nous allons faire en sorte de réparer cette injustice. Nick Gardel est ce que l’on peut appeler un chic type, un bon copain, sans doute un ami sur lequel on peut compter. Non que ce soit quelqu’un de mon entourage, j’ai fait sa connaissance il y a peu de temps et j’avoue que le gars est sympathique.  Mais avant que le rencontrer j’avais fait connaissance avec sa plume qui m’avait emballée. J’avais découvert un style très frais, une plume qui aime faire chanter les mots. En lisant Fourbi Etourdi, j’avais les yeux qui pétillaient de malice. Je retrouvais chez Nick Gardel le plaisir truculent des mots.

Aussi lors de notre première rencontre je décidais de lui prendre son dernier opus. Chorale que ça s’appelle et ça porte bien son nom puis il s’agit bien d’un roman choral, donc une histoire racontée par plusieurs narrateurs à tour de rôle.

Dans un roman choral soit il est question du même événement dévoilé à travers différents points de vue, soit il est question de narrations successives et complémentaires qui mises bout à bout, forment l’intrigue. Ici, notre auteur mêle un peu ces deux définitions pour corser le tout. Car tantôt nos héros vivent la même situation et nous la vivons à travers leur différent point de vue et tantôt les protagoniste nous raconte tour à tour l’histoire pour nous faire progresser dans l’enquête. 

Les personnags d’ailleurs parlons en ! Et bien Nick Gardel est un malin. Il convoque dans chorale, tout son panthéon. Tous les héros de ces précédents romans. 

Personnellement j’ai été heureuse de retrouvé JED et Lorelei que j’avais suivi dans Fourbi Étourdi. J’ai été contente de faire la connaissance de Peter Raven, un libraire en plus. Bon ok libraire un peu malgré lui, mais quand même un amoureux des livres et des mots. Et puis j’ai rencontrer la commissaire Bastélica ou plutôt l’ex commissaire, une femme de caractère comme je les aime. 

Et visiblement je ne suis pas la seule à les aimer. L’auteur lui aussi a pris du plaisir à les réunir tous dans une même histoire. Il les aime ces losers sympathiques, ces anti-héros façon Westlake. Les héros de Gardel m’ont fait penser à Dortmunder et de sa bande bras cassés. Nick maniant lui aussi l’humour faussement joyeux. Un humour sans doute plus français, certaine mauvaise langue diront franchouillard. Là je m’inscrit en faux, dans les bons mots de Nick Gardel il y a plus de Audiart que de San Antonio. 

Nick Gardel serait-il le sale gosse du polar français. Rejoindrait-il les Samuel Sutra ou les Stanislas Pétrovski. Serait-il de la famille de Nadines Monfils. 

Ce qui est certain c’est qu’avec les livres de Nick Gardel on ne s’ennuie jamais. Et on pense aux Tontons flingueurs, en lisant les répliques de ses personnages. On se laisse attendrir par leur faculté à se mettre dans les emmerdes  Et on rit de bon coeur à leurs déboires et leur aventures loufoques. 

Ah oui, j’oubliais, Chorale et aussi un bel hymne à l’amitié. je vous avez prévenu Nick Gardel semble être un chic type et  sans doute un très bon copain. Sinon, vous, jusqu’où êtes vous prêts à aller par amitié ?