Morwenna de Jo Walton


 Le livre Morwenna de Jo Walton. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Luc Carissimo. Paru le 10/04/2014 chez Denoël dans la collection Lunes d’encre.  (334 p.) ; 21 cm.
4e de couv :

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Un roman touchant et bouleversant.

Ce livre a été réédité le 2 mai 2016 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF.   8€20 ; (417 p.) ; 18 x 11 cm

L’auteur : Jo Walton, née le 1 décembre 1964 à Aberdare au Pays de Galles, est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.  Jo Walton vit depuis 2002 au Canada avec son mari et son fils. Elle est l’auteure dune dizaine de romans remarqués. Bien que son roman Tooth and Claw, inédit en français, ait reçu le World Fantasy Award en 2004, il lui a fallu attendre la parution de Morwenna pour rencontrer le succès qu elle mérite.
Extrait :
« Puis, hier, j’ai trouvé la bibliothèque. J’ai obtenu la permission d’y passer le temps quand les filles sont sur le terrain de sport. Soudain, être estropiée commence à sembler un avantage. Ce n’est pas une bibliothèque extraordinaire, mais c’est tellement mieux que rien que je ne me plains pas. J’ai fini tous les livres que mon père m’a prêtés. (Il avait raison pour le roman accompagnant Empire Star, mais Empire Star lui-même est un des meilleurs livres que j’aie jamais lus.) Ici, j’ai trouvé Le Taureau sorti de la mer et un autre Mary Renault dont je n’avais jamais entendu parler, L’Aurige, plus trois romans de SF pour adultes de C. S. Lewis. Les murs de la bibliothèque sont recouverts de boiseries et les chaises sont en vieux cuir craquelé. Jusqu’ici elle semble désertée par tout le monde sauf moi et la bibliothécaire, Miss Carroll, avec qui je suis scrupuleusement polie.
Je vais avoir l’occasion de tenir mon journal intime. Une des pires choses, ici, c’est qu’il est impossible d’être tranquille et que les gens vous demandent tout le temps ce que vous faites. « J’écris un poème » ou « Je tiens mon journal » serait le baiser de la mort. Au bout de quelques jours, j’ai renoncé à essayer, même si j’en avais vraiment envie. Elles me trouvent déjà bizarre. Je dors dans un dortoir avec onze autres filles. Je ne suis même pas seule dans la salle de bains — il n’y a de portes ni aux toilettes ni aux douches, et bien sûr elles trouvent que l’humour scatologique est le comble de l’esprit. »

Le post-it du bibliothécaire

A 15 ans, Morwenna Phelps perd sa soeur jumelle dans un accident de voiture qui la laisse handicapée. Soupçonnant sa mère, une femme à moitié folle adepte de magie noire, elle se réfugie chez son père qui la place en pensionnat. Mais elle ne parvient pas à se libérer tout à fait des secrets qui entourent sa famille et puise du réconfort dans le pouvoir des livres.

Prix Hugo du meilleur roman 2012, Prix Nebula du meilleur roman 2011 et Prix British Fantasy du meilleur roman 2012… On ne peut pas dire que ce roman soit passé inaperçu dans le petit monde de la science-fiction !

Rédigé sous forme de journal intime, le récit retrace une période difficile de la vie de Morwenna, 15 ans, victime d’un accident qui a tué sa sœur jumelle et l’a laissé estropiée.

C’est par les livres et un peu de magie (Morwenna parle au Fées) que la jeune fille va parvenir à s’épanouir.

Jo Walton nous livre ici un magnifique portrait d’une adolescente différente, personnage fascinant dont on adore lire les confidences, et partager son regard sur le monde. C’est aussi une véritable déclaration d’amour aux livres et à tous ceux qui nous aident à les découvrir (notamment un hommage magnifique fait aux bibliothèques…)

 

J’ai lu ce titre dans le cadre du challenge  Printemps Elfique 2017 sur le blog de Stelphique

Mon Féérique Blog 

 

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La voie du loup de Beth Lewis, le chouchou du week end


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97910281023640-4030377La voie du loup de Beth Lewis.Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Benoît Domis. Paru le 18 janvier 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller. 21€50 ; (376 p.) ; 24 x 16 cm
Quatrième de couverture

Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. Avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt.Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents.

Son voyage au coeur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit.

La Voie du loup est le premier roman de Beth Lewis. Une chasse à l’homme dont l’inoubliable héroïne, accompagnée d’un loup, se bat pour rejoindre l’humanité.

 
avt_beth-lewis_4188L’auteur :

Grande voyageuse, Beth K. Lewis aime s’isoler en pleine nature, au contact des ours, des loups et des grands mammifères marins.

Extrait :
 Ce n’est pas un monstre. Les monstres, ça n’existe que dans l’imagination des gamins, sous les lits ou dans les armoires. On vit dans un monde d’hommes, et ça ne sert à rien de les appeler des monstres, à part les encourager à croire qu’ils n’ont rien fait de mal, que c’est dans leur nature et qu’ils ne peuvent rien y changer. En les traitant de monstres, on en fait quelque chose de différent de nous, alors que ce sont juste des hommes – de la chair, des os et du sang. Ils font le mal, ça ne change pas ce qu’ils sont.
 Collectif polar.biblio

Le post-it de la bibliothécaire

 Elka a été recueillie par Trappeur à l’âge de 7 ans alors qu’elle errait abandonnée et affamée en pleine nature. Des années plus tard, elle apprend qu’il est en fait un meurtrier. La découverte de cette vérité fait d’elle sa prochaine victime.

 Un thriller ? Oui même si l’ambiance post-apocalyptique plante le décor, un tueur est bien à l’oeuvre

 Voici un fort joli roman, à la fois thriller écologique, la nature tient une grande place et sert de décor à ce titre mais aussi roman initiatique.

Nous allons suivre les pérégrinations d’une( enfin 2 )adolescentes dans un monde ou règne le chaos.

Servi par une narration simple, directe, et percutante, ce récit est touchant, émouvant même si parfois drôle,  mais il est aussi saisissant et efficace. Bref une belle découverte et un vrai coup de cœur ! GVL

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Chouchou du week-end : Rien ne se perd de Cloé Mehdi


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 noelLe livre : Rien ne se perd de Cloé Mehdi. Paru le 19 mai 2016 chez Jigal. 18€50 ; (270 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort…

Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation…

Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice !

C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les soeurs, les amis…

Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré !

Et personne n’a dit que c’était juste…

Poignant, dérangeant, ultra sensible, glaçant, Cloé Mehdi nous livre ici un récit d’une noirceur absolue !

noeleL’auteur : Cloé Mehdi est née au printemps 1992. Elle vit à Lyon. Elle commence à écrire au collège pour faire passer le temps plus vite. Cloé Mehdi a fait sensation en 2014 en recevant le Prix de Beaune pour son premier roman, Monstres en Cavale. Elle a alors 22 ans et semble déjà dans l’urgence d’écrire…Elle nous revient aujourd’hui avec ce nouveau roman noir et très sombre…

 

 


Extrait 1 : 
« Il sourit. Ça doit être le plus beau compliment qu’on lui ait fait de sa vie. Il époussette le col de ma veste plein de miettes de croissant. Je savais que j’étais sale mais j’attendais de voir s’il allait le remarquer. Il s’intéresse beaucoup plus à moi depuis que je peux lui être utile. Gabrielle devrait se suicider plus souvent.
– Je vais la voir, dit-il. Tu veux retourner à l’école ?
– Bof.
J’ai envie de rentrer à l’appartement mais il ne me propose pas de me raccompagner. Il a encore besoin de ma présence pour décorer le silence. Ça m’énerve. Je dis rien. Je le suis au troisième étage. Elle est là, translucide. Elle dort. On la confondrait avec les draps s’ils ne portaient pas un petit liseré marron. Et lui, Zé, la regarde avec cette tendresse qu’il ne m’a jamais dédiée.
Je me détourne, étouffant l’amertume qui grimpe le long de mon œsophage.
Mon manuel d’anglais ne parvient pas à me remonter le moral. Pas plus que Lamartine n’est apte à faire oublier à Zé, rien qu’une minute, que la seule personne qu’il aime en ce monde s’est tranchée les veines la semaine dernière. Il a maigri. Mange plus rien depuis qu’elle est partie.
L’amour ça devrait être interdit. »

Petits résumés et avis :

Voilà un exceptionnel roman. Et dire que j’ai oublié de vous en parler tout au long de ces derniers mois. J’aurai été impardonnable. Car à l’heure où nous faisons le bilan de 2016, où on me demande de publier mes coups de coeur de l’année, j’ai eu comme un flash.  Pas facile de trouver uniquement 10 coups de coeur ultimes quand dans une année on a lu près de 180 bouquins.

Alors quand juste en évoquant ces quelques mots, « coups de coeur ultimes », la couverture d’un polar vous saute au yeux, que son image s’impose au fonds de votre rétine. Quand un nom vous reste en tête. qu’une histoire refait surface plusieurs mois après sa lecture, il n’y a pas de doute possible. Ce livre est un de vos grands coups de coeur de l’année.

Et alors que je n’avais pas encore fait la chronique de ce livre, Rien ne se perd, s’est imposé à moi.

D’ailleurs si j’ai mis autant de temps à vous parler de ce roman noir coup de poing, c’est que ce titre a été un choc.

Et à cause de ça, ce week-end, il y aura deux chouchous.

Le premier vous l’avez découvert hier : La toile aux alouettes de Lou Vernet que vous retrouvez ICI.

Le second c’est cette histoire, Rien ne se perd de Cloé Mehdi, un pur coup de coeur que je vous laisse découvrir maintenant.

Saïd avait 15 ans quand un banal contrôle policier lui a coûté la vie. Mattia, 11 ans, ne le connaissait pas mais se sent pourtant en empathie avec lui face à la violence de la société et la défection de sa famille (père disparu, mère absente, frère indifférent, etc.).

Cloé Mehdi est la révélation de l’année. C’est sans contexte la plume la plus acerbe du moment.

Cette jeune femme est bien de et dans  son temps. Elle ressent les choses et nous les expose avec sensibilité. Elle a ce pouvoir de convoquer avec ses mots simples, les plus extrêmes de nos sentiments.

Elle nous ouvre les yeux et nous confronte à la noirceur crasse de notre monde. Elle est notre conscience face à l’injustice. Nous obligeons à retrouver un peu de notre humanité et à percevoir une lueur d’espoir dans ce  magnifique roman noir . 

Extrait 2 :
Je déteste l’école parce qu’elle me vole du temps – un temps considérable. Il y aurait tellement intéressant à faire que d’être là, assis sur une chaise, à attendre bêtement qu’on te remplisse la tête de savoir inutile en chassant tout ce qui est important pour faire plus de place.

 

Pickpocket de Fuminori Nakamura


Collectif polar.JLuc

9782809703931,0-1508793Le livre : Pickpocket de Fuminori Nakamura. Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako. Paru le 4 janvier 2013 chez P. Picquier. 17€50 ; (189 p.) ; 21 x 14 cm.

9782809710779,0-2499620Réédité le 6 février 2015 en poche chez le même éditeur dans la collection Picquier Poche. 7€50 ; (198 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Il se faufile dans la foule de Tokyo, choisissant soigneusement ses cibles pour ne dévaliser que les plus riches, dérobant les portefeuilles si délicatement que parfois il ne se souvient même pas de l’avoir fait. C’est un homme solitaire, sans attaches comme sans illusions. Jusqu’au jour où il rencontre un enfant – et un chef yakuza qui le prend au piège d’un jeu dangereux et pervers. Le pickpocket va devoir faire appel à toutes les ressources de son art pour sauver sa vie, son destin, et peut-être même son âme.

Un thriller élégant et mélancolique qui a reçu en 2010 le prix Kenzaburô Oe.

« Fascinant. Je voudrais écrire quelque chose comme Pickpocket un jour. » Natsuo Kirino

« Une balade noire à l’intérieur de la conscience d’un voleur, fascinante jusqu’à la dernière ligne » (Page des Libraires).

fnL’auteur : Né en 1977 dans la préfecture d’Aichi, Nakamura Fuminori est diplômé en sciences  sociales appliquées de l’Université de Fukushima. Son premier roman, Revolver, a été couronné du prix Shinchôsha des jeunes auteurs ; en 2005, il a reçu le prix Akutagawa pour Tsuchi no naka no kodomo («L’enfant dans la terre»).

 

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Résumé et L’avis de Jean Luc

La destinée d’un pickpocket professionnel, dans les rues de Tokyo. Son attachement à un enfant le précipite dans les griffes d’un mafieux qui lui propose un pacte impossible : réaliser trois missions pour sauver la vie du jeune garçon. Prix Zoom Japon 2013 (catégorie roman).

Pickpocket de Fuminori Nakamura est une découverte surprenante. Il s’agit d’un petit polar japonais qui se lit d’une traite mais que l’on oublie pas facilement. Le style de l’auteur est agréable à lire et l’idée de décrire le mode de vie d’un pickpocket plutôt séduisante.
Il y a des passages remarquables où l’auteur explique le modus operandi du pickpocket mais et il y aussi des scènes d’une grande humanité avec un jeune adolescent à l’abandon et sa maman paumée.
L’intrigue est plutôt bien construite et la fin n’est pas celle que l’on attends, l’auteur au passage aborde la notion du destin. A savoir, est ce que notre destin nous appartient ou bien peut-il appartenir à un autre ?
Au final, un petit bijoux avec des personnages remarquables, un livre dur, sans concession mais qui mérite le détour.

Le peuple des invisibles de Stef Penney


 $$9782919066186,0-2492562 Le peuple des invisibles de Stef Penney . Traduit de l’anglais (Ecosse) par Pascale Haas.Paru le 7 février 2013 chez Belfond. 22€ ; (456 p.) ; 23 x 14 cm

 

Quatrième de couverture

Ray Lovell, détective privé, s’interroge : que fait-il dans cet hôpital ? Pourquoi cette amnésie, ces hallucinations ? Et si l’accident de voiture dont il a été victime était lié à son enquête ?

Peu de temps auparavant, Leon, un gipsy, a fait appel à lui pour retrouver sa fille, Rose, disparue depuis sept ans. L’homme ne s’est pas adressé à Lovell par hasard : ses origines tziganes font de ce dernier la personne idéale pour éclaircir l’affaire.

Mariée au taciturne Ivo Janko, mère d’un petit garçon atteint d’une étrange maladie, Rose aurait tout abandonné pour suivre un gadjo. Mais où se cache-t-elle ? Pourquoi ce mutisme du clan ? Quels secrets la jeune femme a-t-elle emportés avec elle ?

Car une malédiction pèse sur les Janko, terrible, inavouable, qui menace désormais Lovell. À moins que quelqu’un ne trouve le courage de briser la loi du silence…

stef penneyL’auteur : Stef Penney est née  en 1969 à Édimbourg  et elle a grandi en Écosse.

Après un diplôme de philosophie et de théologie à l’université de Bristol, elle entreprend des études de cinéma au Bournemouth College of Art. Elle a déjà écrit et réalisé deux films. Le peuple des invisibles est son second roman.

Citation :
J’aime bien le bruit que fait la pluie sur le toit – moins fort que dans la caravane. Et puis ici, au moins, on continue à entendre les bruits de l’extérieur. Comme le renard qui glapit dans la nuit. J’ai toujours aimé le cri des renards. Ils sont si tristes, si désespérés.

Mes petites lectures

Résumé et petit avis :

Ray Lovell, détective de son état, se trouve dans une chambre d’hôpital et s’interroge sur son amnésie et ses étranges hallucinations. L’accident de voiture dont il a été victime aurait un lien avec l’enquête qu’il mène : un Gypsie, Leon Wood, est venu quelque temps avant lui demander de retrouver sa fille Rose, disparue depuis 7 ans.

Après le formidable succès de La Tendresse des loups, récompensé du prestigieux Costa Book Award, Stef Penney nous emporte à la rencontre des tziganes, des gipsies d’Angleterre. Des liens et des secrets qui soudent les familles, de la fascination qu’ils provoquent et des légendes qui les entourent…

Roman où deux voix se mêlent, et qui qui rendent la lecture agréable. Une bonne intrigue et une fin qu’on n’attend pas complète le tableau de cette belle découverte qui confirme tout le talent de l’auteur.

Un mariage arrangé. Une jeune femme qui disparaît. Et une famille bien décidée à garder ses secrets… Conteuse extraordinaire, Stef Penney,  livre ici une histoire fascinante, nimbée de mystère et d’émotion brute.

Extrait : « Ces faits, vous devez les transformer en preuves – j’entends par là des documents attestés, des photos, des films, des autopsies, une confession et, en dernier recours, des témoins experts. C’est ainsi que j’ai appris à procéder en tant qu’enquêteur. La spéculation et le sentiment n’ont pas leur place dans ce travail. Le tangible, le rationnel, l’explicable : c’est ainsi qu’il faut penser. « 

Le temps est assassin de Michel Bussi


Collectif Kris
9782258136700,0-3240655Le livre : Le temps est assassin de Michel Bussi. Paru le 4 mai 2016 Aux Presse de la Cité dans la collection Domaine français.  21€50 ; (531 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv :

Votre été sera corsé !

Eté 1989 La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, unevoiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.

Eté 2016 Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé. A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’auteur : Troisième auteur français le plus lu en 2015, Michel Bussi séduit aussi les lecteurs du monde entier (« Impressionnant » pour le New York Times). Professeur de géographie à l’université de Rouen, il a publié aux Presses de la Cité Nymphéas noirs (polar le plus récompensé en 2011 ), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse 2012),Ne lâche pas ma main, N’oublier jamais, Gravé dans le sable et Maman a tort.
Extrait : 
La vendetta ? Mon Dieu, qui vous parle de ça ? (Soupir.) Qui parle encore de ça, à part vous, les journalistes ? Les meurtres dont vos colonnes font la publicité sont commis par des bandits, des voyous, des mafieux, pour quelques billets de banque, quelques grammes de drogue, quelques voitures volées. En quoi cela me concernerait ? En quoi cela concernerait un retraité isolé dans sa bergerie, qui ne sait même pas à quoi peuvent ressembler une barrette de cannabis, une prostituée yougoslave ou un carton de minitels tombé d’un conteneur sur le port d’Ajaccio ? La vendetta, mon Dieu, c’est bon pour les touristes qui lisent « Colomba ». (Retour du sourire.) Tout est beaucoup plus simple. Ne touchez pas à ma terre. Ne touchez pas à ma famille. Et alors, je serai le berger le plus pacifique, le plus inoffensif du monde.

Résumé et petit avis de Kris

Le temps est assassin – Michel BUSSI

Corse, 2015. Pour exorciser le passé, une femme revient sur les lieux d’un accident de voiture qui a eu lieu en 1989 et dans lequel elle était la seule survivante. Elle croyait avoir vu sa mère mourir sous ses yeux. Mais aujourd’hui, elle a des preuves qu’elle est bien vivante car elle a trouvé une lettre de celle-ci à l’endroit même où elle passait son dernier été avec ses parents.

Du pur Bussi !

Malgré une action qui peine à démarrer (ce n’est que mon avis) la seconde partie du livre s’emballe pour un final comme seul cet auteur sait les orchestrer.

Un imbroglio dont on se demande comment il va s’en sortir, mais Michel Bussi a plus d’un tour dans son sac !!

Et puis il y a la Corse…

La Corse et ses paysage, la corse et sa beauté sauvage, la Corse et son identité. La Corse personnage à part entière de ce magnifique roman.

 

Lire ICI le début

Seuls les vautours de Nicolas Zeimet


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$$$&&&seulLe livre :  Seuls les vautours de Nicolas Zeimet. Paru le 14 mai 2014 chez Toucan dans la collection Toucan Noir-Le crime. 18€ ; (477 p.) ; 20 x 14 cm

$$$&&&seul&Réédité en poche le 7 mai 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€80 ; (546 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv :

Un petit village de l’Utah en 1985, avant internet, la téléphonie mobile et les techniques modernes d’investigation scientifique.

Shawna, une fillette de cinq ans, disparaît brutalement un matin.

Tout le village se mobilise. Non seulement les quelques policiers du poste local mais aussi le médecin, un journaliste et bien sûr les enfants. Des enfants et des adolescents qui ont l’imagination fertile et qui racontent d’étranges histoires.

En suivant les destins croisés d’une dizaine de personnages, l’enquête progresse, les haines et les attirances se cristallisent alors que des découvertes bien réelles mènent à des événements qu’on croyait définitivement sortis des mémoires. Certains, en tous cas, auraient bien voulu les oublier…

$$$&&&seul&&L’auteur : Nicolas Zeimet est né en 1977. Il vit à Paris. Il écrit depuis l’âge de dix ans.
Son premier roman, « Déconnexion immédiate« , est paru en 2011 chez Mon Petit Éditeur.
Après « Seuls les vautours« , lauréat du Prix Plume d’Or 2015, il publie « Comme une ombre sur la ville » aux éditions du Toucan.

 

Extrait choisi :
 
 » Un éclair zébra le ciel de charbon. La nuit devint blafarde une fraction de seconde. L’instant d’après , le néant avala à nouveau le paysage. Ducan’s Creek n’avait jamais été isolé du reste du monde .Au loin , les lueurs de Reservoir Road chatoyaient derrière le filtre déformant de la pluie. Il était tard, mais Morphée n’avait pas achevé son œuvre . C’était là que vivait Shawna Twitchell. Les gens ne dormiraient pas cette nuit. 
Il y eut quelques mots échangés , de vagues paroles de réconfort. Des sourires ténus aussi pour se réchauffer l’âme. Et la promesse de se retrouver aussitôt que la tempête se serait éloignée. Mais au fond, personne ne nourrissait plus d’espoir de retrouver Shawna vivante.
 C’est la mort dans l’âme que les hommes se dispersèrent , avec la détestable impression d’avoir creusé la tombe d’une enfant de 5 ans »

Collectif polar Nadia

L’avis de Nadia:

Dans les  années 80 , une fin d’après midi dans l’Utah , la petite Shawna 5 ans disparaît dans la petite bourgade de Duncan’s Creek . Les habitants se mobilisent et organisent les recherches …

 C’est d’une fort belle écriture qu’est écrit « Seuls les vautours » . Une écriture fine , de jolies phrases , de belles expressions , beaucoup d’humour , et en prime , des dialogues de pré-ados savoureux , et pour en croiser tous les jours , d’un réalisme criant .
 L’enquête est suivie de plusieurs  point de vue  ce qui donne le rythme , c’est rondement mené , des fausses pistes qui nous perdent .. puis nous rattrapent.
 Nous retrouvons  l’ambiance de la petite ville américaine des années 80 , le racisme , les ragots , les croyances de chacun …

  Nicolas Zeimet .. une plume à suivre

Rural Noir de Benoit Minville


9782070148769,0-2999195Le livre : Rural noir de Benoît Minville. Paru le 18 février 2016 chez Gallimard dans la collection Série noire. 18€, 256 pages ; 23 x 16 cm
 Mot de l’éditeur :
Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l’insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l’innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d’une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l’amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d’une nature «préservée» – ou en friche.
 
 Capture&&&&&&&&&L’auteur :
Benoit Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, quelques années ( une quinzaine) plus tard. Libraire fana d’échanges et de conseils, lecteur passionné de tout bouquin qui transporte une énergie (de Dumas à Pennac, de Ellroy à Lansdale, de Twain à Axl Cendres), son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

Extrait  :
 » Ce soir on est les rois. Cette nuit d’été est à nous. On se rabâche cet hymne depuis des semaines et à chaque fois c’est la plus grande découverte de l’histoire de la musique. Notre vieille grange nous protège de l’orage de fin du monde qui rôde. On transpire la joie, le rock’n’roll et l’amitié. On est plus grands que King Kong, plus heureux qu’une colonie de milliardaires, plus sauvages qu’une horde de hors-la-loi.
Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.
Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d’exister et de grandir ensemble.
Nous quatre.
Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître. »

Résumé et mon petit avis :

 Dans la campagne nivernaise, le clan formé par Romain, son frère Christophe, Vlad et Julie, est bouleversé par l’arrivée de Cédric, un adolescent rebelle, puis par l’agression de la seule fille de la bande. Dix ans plus tard, à la mort de ses parents, Romain revient dans le village et découvre les différents chemins pris par ses amis. Le gang se reforme quand Vlad est retrouvé presque mort.

 J’ai total kiffé ce bouquin. A tel point que je n’arrive pas vraiment à mettre des mots dessus.

C’est en lisant la chronique qu’en a fait une amie que j’ai réussi à démarrer ce billet.
Tout ce qu’elle en disait était vrai. C’était exactement ça. Et pourtant ce livre ne l’avais pas autant touché que moi.

La chronique de Nath ICI

Et je comprends les critiques qui disent que cette écriture et trop simple que c’est facile de jouer avec les souvenirs ou la nostalgie des lecteurs pour créer l’empathie. Mais ce roman c’est bien plus que ça, c’est du vécu, des sentiments purs, entiers comme on ne peut qu’on avoir à l’adolescence. De ces colère et de ces révoltes qui nous font faire des trucs insensés. Des amitiés à la vie à la mort que l’on veut éternelles.

J’ai eu la chance de pouvoir en parler avec l’auteur. Je lui disais ça :

« Mec, il va falloir que l’on parle sérieusement. J’ai adoré Rural Noir. Il m’a profondément touchée. Mais j’arrive pas à écrire un mot dessus. C’est chiant car j’adore faire partager mes lectures avec mes potos, surtout quand c’est un pur coup de coeur. Tu sais que tu fais chier, mec, j’ai même versé ma larme et dieu sait que c’est pas le genre de la maison. C’est vraiment rare, même avec certains titres qui ont bouleversé ma vie de lectrice »

Benoit était visiblement touché par mes mots. Ému même. Et en grand pudique, il me remerciait pour cela. Mais il était hors de question d’en rester là. je voulais comprendre, je ne voulais pas rester sur cet échec. Il fallait que je mette un peu d’intellect sur mon ressenti, sur mes émotions pour en sortir quelque chose.

Alors, avec Benoit, nous avons parler, longuement, nous nous sommes raconter une partie de nos vies, celle de l’adolescence et de l’enfance. Nous nous sommes confiés, des choses intimes parfois. Nous nous sommes aperçu que nous avions vécu des choses communes, des drames similaires. Nous avions les même souvenirs. Ils n’étaient point communs, puisque Benoit est plus jeune que moi, que les siens était dans la Nièvre et les miens dans ma Haute Marne profonde, mais ils étaient pourtant identiques. C’est là que j’ai compris que tout cela si c’était totalement personnel, ça avait quelque chose d’universel !

Alors …Oui ce roman m’a touchée, il a réveillé en moi des souvenirs enfouis, certains qui me font sourire aujourd’hui, des bons souvenirs, la liberté que nous offrait le fait de vivre à la cambrousse, les échappées belles, tous ensemble, laissant libre court à notre envie de rébellion. Notre insouciance et surtout ce sentiment de toute puissance qui nous rendait presque immortel.

Mais il m’a aussi secoué, faisant remonter à la surface des souvenirs plus douloureux qui résonnent encore en moi aujourd’hui et  toute cette innocence perdue avec eux.

 « Le village était resté immobile face au temps mais le constat s’imposa, les vieux étaient devenus très vieux et certaines maisons resteraient fermées même s’il allait sonner aux portes. »

Aujourd’hui quand je retourne, trente ans après, dans ce coin de campagne qui a bien changé, je ne retrouve quasi plus mes amis et mes camarades de jeux, de beuveries et de virées. La plupart ne vivent plus là. Certains de ceux qui sont restés traînent leur vie de misères en galère. De petits boulot en soûlerie le week-end au bar du coin. D’autres sont restés eux même, ceux sont de vrais amis que j’aime profondément. Si on se voit peu, on a toujours plaisir à se retrouver, à refaire le monde, à réécouter les musique que l’on aime. J’ai vous grandir leur gamins. Ils font aussi un peu partie de la famille. Je les ai vu ados avec leur potes, faire les même connerie que nous avions faites. Je portais un regard indulgent sur leur bêtise. Mon père pestant contre ses petits morveux qui n’ont aucun respect et qui fume de la drogue en plus. Mais, papa, tes propres enfants en faisaient autant et bien pire encore. Rappelles toi de ta jeunesse au village, il était une fois… Parfois quand tu nous la racontes, tes bêtises de l’époque te font bien rire.

A leur tour les enfants de mes amis ont des enfants, et dans quelques années, ils seront adolescents. Et à leur tour il vivront leur vie de jeunes ado. Ainsi tourne la vie.

Et oui, le livre de Benoit Minville a ce quelque chose de profondément humain et universel qui ne peut que vous parler. Et je pense réellement que, même si vous êtes un vrai urbain, vous serez vous aussi touché par ces mots simples.

Serre-moi fort de Claire Favan : Les petits conseils d’Isabelle.


CM16

Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir une nouvelle chroniqueuse : Isabelle Marty

Et elle nous parle de ces dernières lectures et surtout du dernier Claire Favan

Allez, on suit les petits conseils d’Isabelle

Le livre : Serre-moi fort : thriller de Claire Favan. Paru le 11 février 2016 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire.  20 euros ; (371 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Méfiez-vous de qui vous tend les bras…

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.

Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! »
Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse

« Intime, violente, déroutante, l’intrigue de Claire Favan s’enroule autour du lecteur tel un serpent. »
Olivier Norek, auteur de Code 93 et de Territoires

« Une des grandes du polar français ! »
Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son diptyque culte, Le Tueur intime etLe Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle nous revient avec un thriller d’une noirceur absolue.
Extrait : 
La peur a toujours des effets curieux sur lui. Il redevient ce jeune garçon effacé et vide qui doit absolument combler ses manques grâce à l’attention d’une personne du sexe opposé. Et c’est là qu’il est contraint de jouer les équilibristes entre trouver une fille gentille qui rassasie son besoin à court terme et éviter de croiser le chemin d’une Lana bis qui éveille sa part sombre et qu’il devra tuer à un moment ou à un autre.
D’ordinaire, le stress et le manque de présence féminine le conduisent immanquablement à un passage à l’acte. Or, il ne peut pas prendre de risque en ce moment, parce qu’il n’a plus de planque pour cacher ses trophées, plus de corps à observer pour apaiser ses pulsions, plus de zone tampon pour décharger la pression.

Lire ICI le début

Collectif Isabelle

Résumé et avis d’Isabelle :

Adam Gibson, policier chargé de l’enquête sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes, tente de remonter jusqu’au tueur jusqu’au jour où il se jette dans ses bras. Commence alors entre eux un affrontement psychologique violent.

Donc, voici mes 3 dernières lectures…

Le premier :  Le Claire FAVAN fût absolument génial, flic attachant, histoire prenante et très bien écrite, impossible de la lâcher… jusqu’à la page 231, là ou l’indicible commence, tous mes schémas « polardeux » ont été bousculé, noirceur, dégoût,horreur profonde, dénouement en partie tragique, le héros à terre… j’avoue que je n’en suis pas sortie indemne, j’y pense encore et je suis incapable de dire si j’ai adoré ou détesté, toujours est il que je l’ai prêté depuis, conseillé même, mais en expliquant qu’il puisse choquer même les plus aguerris des lecteurs de polar. Je suis ensuite retourné (comme tous les jours d’ailleurs) dans ma librairie et demandé à ma libraire préférée de me trouver, en grande vitesse, un polar « compensatoire » pour contrebalancer mon malaise…

FR
Et je suis repartie avec « Le Français de Roseville » d’Ahmed TIAB, un petit bijou de « calmitude » simple, efficace, offrant le voyage dans les années 60 en Algérie.

$résilienceMa dernière lecture fût aussi perturbante que ma première, mais heureusement pas pour les mêmes raisons ou la mienne risquait de vaciller largement, non,  » devrait devenir le livre de chevet de l’humanité, sous la forme d’un roman il nous ouvre la conscience… je pourrais en parler des heures mais personne ne le fera jamais mieux que l’auteur !!! LISEZ-LE

Notre nouvelle chroniqueuse : Isabelle Marty
IsaMJe suis tombée dedans dès mon CP ! ma mère alimentait bien volontiers ma boulimie de Bibliothèque rose ou verte avec des « Clan des sept », « Club des cinq », « Alice » ou autre « fantomette »… tiens ? du polar jeunesse déjà…mes études auraient dû me conduire logiquement à la médecine légale mais ma préférence allait encore et toujours au roman noir plutôt qu’à la bio et aux maths, donc Patricia Cornwell a largement compensé mon amour pour l’ana-path…40 ans après, ben c’est toujours pareil… intoxiquée, alpaguée, enchaînée, définitivement assujettie au polar et heureuse de l’être quand je découvre chaque jour au détour de ma librairie de quartier, les auteurs que je suis, précède même, qui m’emmènent dans des univers qui me paraissent si lointains de ma réalité…

Lola à l’envers de Monika Fagerholm


9782715234826,0-2326811Lola à l’envers  de Monika Fagerholm.Traduit du suédois (Finlande) par Anna Gibson. Paru le 2 octobre 2014 chez Mercure de France dans la collection Mercure Noir.. 22€80 ; 545 p.) ; 23 x 16 cm
La version poche est à paraître le 7 janvier 2016. 8€30; (560 p.) ; 16 x 11 cm9782757852293,0-3013895
4e de couv :

Lola à l’envers

Adolescente, Jana Marton ne faisait pas partie du petit cercle de Minnie Backlund, jeune fille de bonne famille de cette côte de Finlande aux paysages aussi séduisants qu’effrayants. D’où sa surprise lorsqu’elle est invitée au dîner de retrouvailles qu’organise celle-ci en 2011.

Dix-sept ans plus tôt, Jana a quitté précipitamment la petite ville portuaire de Flatnäs, suite à plusieurs drames, dont l’assassinat du jeune Flemming Pettersson, retrouvé mort dans un fossé, le crâne défoncé. Les circonstances du crime sont restées mystérieuses. Une chose est sûre : Flemming ne comptait pas que des amis. Grand séducteur, le jeune homme dealait et il avait des dettes. Mais d’autres personnages troubles ont joué un rôle dans cette histoire. La jeune Anita, notamment, qui vit clouée sur un fauteuil roulant au dernier étage du Moulin, et dirige de là-haut une armée d’enfants – les oiseaux-squelettes – qui sont toujours en mission secrète pour elle… Mais Anita a une obsession : retrouver Lola, sa poupée de chiffon qui répète « Je m’appelle Lola à l’envers » quand on appuie sur son ventre. Lola passe en effet de main en main dans le roman, d’un lieu à l’autre. Jusqu’à ce que, une nuit, on la retrouve pendue par le cou à une branche d’arbre, la nuit de l’incendie du Moulin…

86425793159874L’auteur : Monika Kristina Fagerholm, (née le 28 février 1961 à Helsinki) est un écrivain finlandais de langue suédoise. Elle a reçu de nombreuses distinctions dont le prix August et le Grand prix de littérature du Conseil nordique

 

Extrait :
La différence entre le crime et la vraie vie, c’est que dans le deuxième cas on est moins en demande de vérités objectives ; car celles-ci peuvent carrément être vécues comme inconfortables. Si le mensonge plausible est plus vivable, après tout, va pour le mensonge plausible.

Résumé et avis

En 2011, Jana Marton revient dans la baie de Flatnas sur l’invitation de Minnie Backlund, une vieille connaissance. Depuis 1994, suite à l’assassinat mystérieux de Flemming Petterson, don Juan aux occupations louches, elle avait quitté la petite ville portuaire. Ses retrouvailles avec les jeunes femmes de la bourgeoisie locale sont l’occasion de faire éclore la vérité.

Monika Fagerholm, auteur notamment de Femmes merveilleuses au bord de l’eau et de La fille américaine, est une figure majeure du paysage littéraire nordique. Son œuvre est traversée par différents thèmes obsédants : l’adolescence et ses tourments, la folie qui rôde, les personnages enchaînés les uns aux autres par des liens complexes. Lola à l’envers est son premier polar. On y retrouve la musique singulière de l’auteur.

Et pour sa première incursion dans l’univers du polar, elle aborde aussi ses thèmes de prédilection. Pas de roman de Monika Fagerholm sans adolescents. L’adolescence décortiquée,  avec ses alliances et ses pactes reniés. Chacun des personnages apporte sa touche singulière à l’histoire . Ils ont tous des secrets.

L’écriture de Monika Fagerholm est onirique parfois sensuelle. Elle nous plonge dans une espèce de méditation sur le sens de la jeunesse, sur ses extravagances, ses contradictions.

Mais Lolas à L’envers n’est pas juste un regard sur la jeunesse car à travers le portrait insolite de cette dizaine d’adolescents, l’auteur dresse un portrait sans complaisance sur la société inégalitaire finlandaise. Et elle glisse peu à peu ces protagonistes dans un univers fantasmagorique très sombre. Peu à peu le noir prend le pas sur l’intrigue torturée et si bien maîtisée. C’est remarquable.

Lire le début ICI