La saison des feux de Celeste Ng


Le livre : La saison des feux  de Celeste Ng. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau. Paru le 5 avril 2018 chez Sonatine. 21€ ; (377 p.) ; 22 x 14 cm

4ème de couv :

Vous vous sentez à l’abri chez vous ? Cela ne va pas durer.

A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

 

L’auteur  : Celeste Ng est née àPittsburgh, Pennsylvanie , 1980. Elle est une romancière et nouvelliste. Originaires de Hong Kong, ses parents se sont installés aux États-Unis à la fin des années soixante. Son père, physicien, a travaillé au Glenn Research Center et sa mère, chimiste, a enseigné à l’Université d’État de Cleveland.
Celeste obtient un BA d’anglais à l’Université Harvard en 2002, puis un MFA en écriture à l’Université du Michigan où elle a été lauréat du prix Hopwood pour sa nouvelle « What Passes Over ».  Celeste Ng vit dans le Massachusetts. Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, La Saison des feux est son deuxième roman publié chez Sonatine Éditions.
Extrait : 
Pour un parent, un enfant n’est pas une simple personne : c’est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu’on vit, le passé dont on se souvient et l’avenir qu’on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu’il a été, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C’est étourdissant. Et chaque fois qu’on le laisse, chaque fois que l’enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu.

La lecture de Marie Nono

Une très belle découverte.

J’ai nommé : LA SAISON DES FEUX de Celeste Ng aux éditions Sonatine. 375 pages. Sorti en librairie le 5 avril 2018.

Mais bon sang quelle histoire ! Un roman noir écrit avec finesse et délicatesse.

Dans une ville américaine où tout semble paisible, sans soucis avec des habitants parfaits, sans histoire, aisés, avec des enfants intelligents, obéissants…Bref, l’idéal américain que décrit à merveille Celeste Ng. Cependant vu de l’intérieur c’est pas tout à fait la même musique !

Dans un tout autre registre, il y a des personnages qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme Marianne (Meurtres pour rédemption/K.Giebel) et là je pense que Mia et Izzy sont venues la rejoindre.

Le sujet à la base est assez “banal” mais ne vous y fiez pas car il est traité avec une dextérité et une justesse qui m’ont laissé tellement d’émotions que je suis incapable de toutes les citer.

Gros coup de coeur pour moi….

 

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Salut à toi ô mon frère – Marin Ledun


Le livre : Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun. Paru le 3 mai 2018 chez  Gallimard dans la collectio Série Noire. 19 € broché – 13.99 € e-pub ; (288 p.)  ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :

La grouillante et fantasque tribu Mabille-Pons : Charles clerc de notaire pacifiste, Adélaïde infirmière anarchiste et excentrique. Les enfants libres et grands, trois adoptés. Le quotidien comme la bourrasque d’une fantaisie bien peu militaire.
Jusqu’à ce 20 mars 2017, premier jour du printemps, où le petit dernier manque à l’appel. Gus, l’incurable gentil, le bouc émissaire professionnel a disparu et se retrouve accusé du braquage d’un bureau de tabac, mettant Tournon en émoi.
Branle-bas de combat de la smala ! Il faut faire grappe, retrouver Gus, fourbir les armes des faibles, défaire le racisme ordinaire de la petite ville bien mal pensante, lutter pour le droit au désordre, mobiliser pour l’innocenter, lui ô notre frère.

 

L’auteur : Né à Aubenas (Ardèche) , le 07 mai1975, Marin Ledun est un romancier français et un ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales . Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail.
Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010). 
La collection « Série Noire » de Gallimard publie en mars 2010 son roman « La Guerre des Vanités » (Prix Mystère de la critique 2011) . 
« L’homme qui a vu l’homme » (Prix Amila-Meckert 2014), « Dans le ventre des mères », « Les visages écrasés » (Trophée 813 du roman français 2011; Grand Prix du roman noir 2012 du Festival International du film policier de Beaune et adapté pour Arte avec Isabele Adjani) ) ont été traduits dans de nombreux pays.
« Au fer rouge » sort début 2015. Suivra l’année suivante, « En douce » qui reçoit le Prix Transfuge du meilleur Polar 2016.
La plupart de ses romans évoquent la crise contemporaine et ses conséquences sociales.
Citoyen engagé dans le mouvement social radical, auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Marin Ledun vit aujourd’hui dans les Landes près de la côte, au sud…
Extraits :
« Me voilà, deux ans après, belle comme une fleur, rose donc, et enragée comme un grizzly. Diplômée en littérature, actuellement en congé sabbatique, durée indéterminée, j’occupe la fonction de cerbère de la porte, de maîtresse des clefs et, accessoirement, de directrice de l’espace culture d’un petit salon de coiffure situé en pleine rue piétonne. Popul’Hair, donc. Un nom qui défrise. Mon boulot consiste à détendre la clientèle en récitant des poèmes, en lisant des extraits de romans que j’affectionne. Ça dépend de mon humeur, de la tête de la coiffée ou de l’ambiance dans la boutique. Un concept culturel. Uniquement les lundis et vendredis. Une idée de Vanessa, la propriétaire, un soir où, sirotant un demi pêche, j’évoquais mon amour des belles tournures et de la grande littérature. Rémunérée en plus, oui, madame ! En brushings ou balayages gratuits et en bouquins. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power. Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze est victime du délit de « sale gueule » est fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ». Il n’en demeure pas moins que l’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

 

« Il fustige, Boyer. Il vitupère. Il s’insurge. Il ne pivoine pas, Boyer, il ne rosit ni ne groseille pas non plus ! Il érubesce. Il écrevisse. Il écarlate. Il cramoisit. Il incandescent. Il éructe en se frappant la poitrine du poing comme le mâle dominant d’un groupe de gorilles pour affirmer sa supériorité.

Il s’égosille sur la présence de cette smala au milieu de son commissariat. Tout le monde recule. »

« Ma mère pioche dans le frigo, rassemble les restes du déjeuner sur un plateau et s’attable. Son assiette 180 % pur bio me donne envie d’un steak XXL aux hormones. J’allume une cigarette aux pesticides pour couper ma faim.”

“Je réintègre le service urologie. Je me réhabitue à l’odeur avant de retrouver ma piaule. N’allez pas croire que j’ai une dent contre les retraités, hein ! Je sais ce que l’industrie du camping-car leur doit. Je n’ai d’ailleurs que mépris pour les populistes qui leur reprochent de ne rien foutre toute la journée, de vivre aux crochets des travailleurs et de bénéficier de réductions au cinéma et des minima sociaux. »

« Quand on y pense, c’est tout de même terriblement monotone et prévisible, une vie de portail, coulisser dans un sens, puis dans l’autre, et faire office de mur, la plupart du temps, tout ça parce qu’un imbécile heureux a inventé un jour le concept de propriété privée. Il suffit d’ailleurs que le mécanisme se grippe et que ledit portail reste accidentellement ouvert pour que les propriétaires paniquent, branchent leurs caméras de vidéosurveillance high-tech, stockent du sucre, des pâtes et de la farine, claquemurent leur famille – les femmes et les enfants d’abord ! – et astiquent leur fusil, tétanisés par la peur, alerte maximale, prêts à endiguer la moindre invasion, c’est dire la puissance monotone et prévisible du concept. »

 

Les Démoniaques -Mattias Köping


Le livre : Les Démoniaques de Mattias Köping. Paru le 6 octobre 2016  chez Ring dans la collection Ring Noir.21€ ; (392 p.) ; 22 x 14 cm
Réédité en poche le 19 avril 2018 à La Mécanique générale. 9€90 ; 18 x 12 cm

4ème de couverture :

Drogues, meurtres, esclavages sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oublier sa colère.

 

L’auteur : Mattias Köping est né au Havre en 1972. Passionné de littérature nord-américaine et de boxe anglaise, Mattias Köping vit en Normandie. ll partage donc son temps entre deux grandes passions, les arts martiaux et la littérature. Il se consacre aujourd’hui l’écriture. Les Démoniaques est son premier roman. Il a reçu le Prix du jury des Mines Noires

 

Extrait :
« Ils ne ciblaient que très prudemment leurs victimes. Le premier critère était simple : ils ne prenaient que des filles. Le second tri l’était tout autant : ils ne sélectionnaient que des victimes d’incestes, de viols ou de mauvais traitement aggravés. Le troisième critère était moins nécessaire, encore que très utile : il valait mieux que des gamines qui posaient de gros problèmes, des délinquantes en devenir, que peu seraient enclins à écouter, et encore moins à croire. … »

 

L’accroche de Miss Aline

Les Démoniaques -Mattias Köping

 

 Ce roman m’est tombé dessus au salon de Noeux les Mines, deux lectrices m’ont convaincus : « c’est LE roman à lire » ! Quelques jours et 392 pages plus tard : waouh ! Effectivement il faut le lire. Mais attention, malaise. Dés les premières pages tu te sens pas à l’aise dans tes baskets. Kimy fête ses 15 ans et c’est l’orgie : son père à organisé une sauterie dont il a le secret. Bon an mal an, Kimy arrive sur ses 18 ans, il est temps pour elle de se venger. Mais comment mettre à terre l’Ours ? Il tient les notables du coin par les couilles (dans tous les sens du terme). Son territoire et ses activités s’étendent : proxénétisme, pédophilie (petit cadeau pour les pervers du coin), drogues, meurtres (bien maquillé). Le voilà qu’il commerce avec l’Albanais qui est loin d’être un tendre.

Par le plus grand des hasards kimy fait la connaissance d’Henry, professeur, qui se remet difficilement d’un « accident de la vie ». Deux âmes blessées, torturées qui errent à la recherche d’une survie. Ils se sont bien trouvé ces deux là. Que la vengeance commence…

Je ne vous dirais rien de plus sur le déroulé de l’histoire. Il faut la lire et se laisser porter. On est tour à tour écœuré, déstabilisé, bousculé, il y a même quelques larmes. L’auteur t’entraine à sa suite sans te laisser de répit. Tu as peur pour Kimy, tu espères pour elle, tu guettes pour elle. Ton empathie va aussi vers Henri. Quelles douleurs, quelles souffrances il porte en lui.

Dans les dernières pages, les dernières lignes l’auteur te retourne comme une crêpe. Tu l’as pas vu venir, t’avait oublié ce « détail ».

Malgré le(s) thème(s) difficiles de ce roman, j’ai pris plaisir à découvrir cet auteur. J’ai hâte de lire son prochain roman. Qu’on se le dise : auteur à suivre !

 

Lucky Losers de Laurent Malot


Lucky Losers de Laurent MalotLe livre : Lucky Losers de Laurent Malot. Paru le 28 décembre 2016 chez Albin Michel. 13€50 ; (297 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Lucky losers

Sean Kinsley, dix-sept ans, c’est moi. Il y a moins d’un an, je vivais encore à Londres, jusqu’à ce que ma mère surprenne mon père dans les bras d’un homme. C’est là que tout a basculé : déménagement en Bretagne, inscription dans un nouveau lycée, mais surtout coup de foudre pour la plus belle fille du monde ! Ç’aurait pu être le nirvana si des fils à papa n’avaient pas cherché à nous humilier, mes copains et moi. Et comme je ne réfléchis pas toujours aux conséquences, je leur ai lancé un défi. De quelle façon ce défi a pu embraser tout Douarnenez, je me le demande encore…

Une comédie sociale à l’anglaise, dans la tradition de The Full Monty, Pride et Billy Elliot

 

Laurent-MalotL’auteur : Né en 1970, Laurent Malot vit à Etampes en région parisienne. Scénariste et romancier, Laurent Malot réussit son pari dans tous les genres, du polar à la fable humaniste, en passant par la comédie sociale.

 

 

 

 

 

Extrait :

Laisse tomber, c’est la banquise, cette fille, et toi, t’es un rafiot qui va se faire broyer si tu t’approches trop près !
J’aimais bien les métaphores de Kévin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons : la première, c’est qu’en tant qu’ami il aurait pu m’encourager plutôt que m’enfoncer. La seconde, que j’ai ignorée malgré l’évidence, me rappelait qu’on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palace et hôtels grand luxe, tandis que j’étais le torchon le plus basique, un euro quatre-vingts le lot de trois chez Auchan.

 

Le OFF de OPH

Lucky Losers de Laurent Malot

 

« D’une lutte de classe à la lutte des classes », cette phrase extraite du roman est le meilleur résumé pour Lucky Losers de Laurent Malot!

Un vent de fraîcheur et des sourires à en creuser les rides d’expression, écrivais-je hier en citant un passage du roman. Parce que Lucky Losers c’est tellement ça.

Une brise légère de tendresse et de nostalgie ont soufflé sur ma lecture. De tendresse parce que Laurent donne vie à des personnages tellement attachant! 
De nostalgie parce que j’ai revécu mes années lycées.

« Lucky Losers » c’est l’histoire de Sean, franco-anglais, qui est obligé de quitter Londres le jour où sa mère découvre son père dans les bras d’un homme… La famille disloquée déménage en Bretagne, et Sean intègre un nouveau lycée. Difficile de se faire des amis quand on débarque en cours d’année, mais pour Sean ça n’a pas été un problème. Tout se passait pour le mieux jusqu’à ce que des fils à papa, bobo sûr d’eux, cherchent à humilier notre ami et sa bande. Ce jour là, tout a basculé…

Laurent Malot évoque la lutte des classes, l’éternel combat entre les riches et les pauvres, les faibles et les forts, cette dualité qui caractérise tellement notre société. Si le sujet est largement travaillé et qu’il reste sensible, Laurent a su en parler sans tomber dans l’ennui et les lieux communs par la qualité de son écriture, son humour, et tout en légèreté.

Il raconte le divorce, les relations fraternelles mais aussi les premiers émois adolescents, nous parle de tolérance et d’amitié.

Enfin, Laurent m’a présenté Sean. Comme Hannah (« de la part d’Hannah », édition Albin Michel), Sean raconte lui-même son histoire, Laurent lui prête sa plume, sa sensibilité, sa force, son humour. Il en a fait un jeune homme attachant, vecteur d’un message universel.

Il m’est difficile de vous citer un passage tant j’en ai marqué qui m’avaient fait sourire ou qui évoquaient un sujet de société de manière remarquable. J’ai donc fait le choix de vous en mettre un qui allie les deux:
« – Laisse tomber, c’est la banquise, cette fille, et toi, t’es un rafiot qui va se faire broyer si tu t’approches trop près!
J’aimais bien les métaphores de Kevin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons: la première, c’est qu’en tant qu’ami il aurait pu m’encourager plutôt que de m’enfoncer. La seconde, que j’ai ignorée malgré l’évidence, me rappelait qu’on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palaces et hôtels grand luxe, tandis que j’étais le torchon le plus basique, un euros quatre-vingts le lot de trois chez Auchan. Il avait sans doute raison, mais c’était trop tard, j’étais amoureux, gonflé à bloc, insouciant, à la fois Julien Sorel, Cyrano et Lorenzaccio. »

Lucky Losers est un roman qui bien que paru en édition jeunesse délivre un message pour tous et trouvera écho chez vous, que vous ayez 17 ou 97 ans.

Merci Laurent de m’avoir présenté Sean.

Retour à la Nuit de Eric Maneval by Kris


Le livre :  Retour à la Nuit de Eric Maneval. Paru le 5 novembre 2015. 14€90 ; (152 p.) ; 20 x 14 cm. Initialement publié aux éditions Écorce en 2009.

Réédité en poche chez 10/18 dans la collection Domaine policier le 3 novembre 2016. 6€10 ; (138 p.) ; 18 x 11 cm

4eme de couv : 

Et si le tueur recherché par la police et les médias vous avait sauvé la vie dans votre enfance ?

Antoine a 8 ans. C’est la fin du mois d’août dans la Creuse. Il joue dans une rivière dangereuse lorsque des troncs d’arbres portés par le courant l’assomment. Il se réveille dans un fourgon en compagnie d’un inconnu qui lui apprend qu’il vient de lui sauver la vie. L’homme le dépose à l’hôpital de Limoges et disparaît. Vingt ans plus tard, Antoine est veilleur de nuit dans un centre pour ados. À la télévision, on reparle de l’affaire du « découpeur » suite à la découverte de nouveaux témoignages. Lors de la reconstitution de l’enquête, Antoine reconnaît dans un portrait-robot l’homme qui lui a sauvé la vie dans la rivière.

Retour à la nuit réveille les cauchemars de l’enfance avec sobriété et élégance.

BIOGRAPHIE DE ERIC MANEVAL

Eric Maneval vit et travaille à Marseille. Passionné de littérature noire et policière, bouquiniste, libraire et guitariste, il lit et écrit la nuit. Retour à la nuit, qu’il qualifie de roman d’angoisse est son deuxième recueil, après Eaux (éditions de l’Agly, 2000). Il est aussi auteur de nombreux textes courts.

Ses romans Retour à la nuit et Inflammation ont tous deux paru aux éditions La manufacture des livres. Initialement paru aux éditions Écorce, Retour à la nuit a reçu le prix du polar lycéen d’Aubusson en 2011et a été finaliste du prix Sud Ouest/Lire en Poche du festival de Gradignan 2017.

Le petit avis de Kris

Retour à la NUIT- Eric Maneval

Dans ce polar où la tension monte crescendo, le narrateur, Antoine, veilleur de nuit dans un foyer d’adolescents perturbés et homme instable en apparence, est bientôt rattrapé par son passé. Autour de lui, évoluent plusieurs personnages : Ouria, l’adolescente trop curieuse, Gaétan le frimeur complexé, Mina la médium et Romero le journaliste.

Dévoré d’une traite du fait de la sobriété et de la qualité d’écriture de cet auteur que je découvre.

Cette histoire pourrait paraître banale si l’auteur ne nous tenait pas dans une atmosphère angoissante.
L’approche de ces centres pour ados difficiles est très crédible mais je suis un peu restée sur ma faim sur la façon dont est traité l’épilogue bien qu’ en y réfléchissant, le commencement de la vie d’Antoine est nébuleux et la fin du livre l’y replonge. Ça se tient !!
Un livre court mais intense.

Là-haut les anges de Chris Roy


Le livre : Là-haut les anges de Chris Roy. Parue le 5 octobre 2017 aux Editions Inspire. 20€  ISBN : 978-2-490098-00-2

4e de couv :

« Comme je me régale avec ces réseaux sociaux, comme il est facile de pénétrer la vie des gens ! Je pourrais y passer des heures, en devenant voyeur malgré moi. Quelle impudeur, toutes ces personnes qui s’affichent en toute impunité, sans contrainte, qui passent leurs journées à nous dire où ils se trouvent, avec qui, et si ça « lol » ! 

Seulement, je suis là, moi, et je fais mon petit marché tranquillement, je jauge, j’étudie, je dissèque, je décortique, je mange et me délecte, et puis pour finir : j’en choisis une, je la punis… ou plutôt non, je la délivre…

Hacker de cœurs d’adolescentes, je me vois comme ça. »

Anna Santos a 15 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle est « hyper-connectée ». Comme toutes les filles de son âge, elle possède un compte Facebook. Comme toutes les filles de son âge, elle rêve d’amour. Comme toutes les filles de son âge, elle n’a peur de rien. Elle sera la première victime.

Sara Lopez, « trente plus », comme elle se plaît à dire aux curieux, se démène depuis plusieurs semaines pour stopper la cadence infernale d’un terrible prédateur qui terrorise la capitale. Mais entre une mère castratrice et un collègue sex friend un peu trop pressant, la jeune capitaine pourrait bien passer à côté de l’évidence…

L’auteur : Chris Roy vit à Paris. Elle est auteur-compositeur.   Pour Chris, tout a commencé au sud de la Loire, les bords de l’Isère, puis l’adolescence en Provence avec les odeurs de garrigue dans les cheveux et le chant des cigales qui entête. Une adolescence riche en découvertes artistiques, danse, livres, poésie et musique. Avec toujours au fond de sa tête, la sensation d’avoir toujours « Un rêve qui veille » comme le dit Eluard, pas forcément défini mais définitivement artistique.

Puis Paris, la Sorbonne, une histoire d’amour avec la capitale, le quartier du Panthéon, la rue Soufflot, le jardin du Luxembourg et le boulevard Raspail, dans les pas de Simone de Beauvoir.

Ensuite, au hasard de rencontres, la découverte du milieu de la musique, Chris chante, compose et écrit, pour elle, mais aussi pour les autres. Elle retarde son rêve d’entrer en littérature pour s’investir dans la production musicale et le développement d’artistes. Les sons et toujours les mots.

Aujourd’hui sociétaire professionnelle de la SACEM, Chris a écrit son premier roman, Là-haut les anges, un thriller psychologique sur fond de réseaux sociaux qui joue avec les codes de la satire sociale et du polar féministe.

 

Le OFF de OPH

 

« Là-haut les anges », un titre bien angélique et doux pour un polar psychologique qui ne l’est pas du tout…

 Avant de rédiger cette chronique j’ai pris des notes et beaucoup réfléchis sur le « comment »… Comment réussir à vous faire comprendre à quel point j’ai eu un coup de cœur pour ce roman, le premier roman de Chris Roy.
On évoque souvent les polars avec les termes « page-turner », « uppercut », des termes forts et violents. De la violence il y en a dans ce roman, une violence sous-jacente, jamais complètement décrite mais en filigrane au fil des pages…
« Là-haut les anges » c’est l’histoire d’un pédophile, amoureux des adolescentes, qui, une fois qu’il les a eu, s’empresse de les jeter dans un sac poubelle, comme un enfant qui aurait cassé son jouet…
C’est l’histoire d’adolescentes en quête d’amour et de reconnaissance qui surfent sur les réseaux sociaux comme Kelly Slater, surfait avec aisance sur les plus belles vagues du monde…
C’est l’histoire de policiers, de leurs sentiments, de leur impuissance face à un tueur intelligent, calculateur, avide de chair fraîche.
C’est l’histoire de parents qui peinent à comprendre leurs ados et de leur douleur face à la perte d’un enfant.
« Là-haut les anges » est un roman ô combien contemporain, criant d’une réalité qui, en tant que maman, m’effraie…
Chris Roy est une artiste et elle nous dépeint en 3D une histoire si authentique qu’elle pourrait malheureusement faire les choux-gras des médias.
Au-delà d’une intrigue bien construite et prenante, sans temps morts, Chris Roy apporte dans un style fluide, recherché mais sans lourdeur, sa réflexion sur les dangers des réseaux sociaux, et plus largement sa réflexion sur notre société moderne tel que la difficulté pour les parents de gérer des adolescents décomplexés en recherche d’identité, de « like » et de « followers » sur facebook, instagram et autres snapchat…  Elle évoque avec une précision surprenante les différents sentiments que ressentent les policiers traitant de ce type d’affaires, la difficulté de faire face à la mort, l’impuissance à identifier l’auteur de ces crimes horribles… Les dialogues entre adolescents sont les mêmes que ceux que je peux entendre chaque jour dans le métro… Et cerise sur le gâteau, elle nous emmène à l’intérieur de la tête de ce « hacker de cœurs d’adolescentes », comme il se décrit lui même,  ses pensées, sa mission, ses sentiments, son intimité qu’il nous délivre au travers des pages de son journal.
J’ai peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman tant il est abouti dans chacun de ses aspects: l’histoire, les personnages, le style…
Je crois que je pourrais vous parler des heures de ce roman sans pour autant vous en dévoiler l’histoire tant il y a de choses à dire, de débats à mener sur les sujets traités.

Extraits:
« Sara sentait que Stan montait en pression. Il avait une telle aversion pour ce genre de délit qu’il s’en rendait parfois malade. La drogue, le racket, les crimes crapuleux, les homicides passionnels, tout ça il pouvait comprendre, mais les viols et les meurtres d’enfants, ça le rendait fou. Sara l’avait même surpris un jour dans la salle des photocopieuses, les larmes aux yeux, après avoir vu des clichés particulièrement infâmes d’une enfant violée et battue par son père. »
« Etre considérée, respectée, vue, c’est tout ce qu’elle demandait.Mais ses parents s’obstinaient à ne pas la comprendre, à ne jamais lui faire confiance. Alors il lui fallait mentir à se déchirer le cœur pour goûter à la vie qui s’offrait à elle. Son amie Eloïse ne souffrait pas de réprimandes comme elle. Elle avait des parents en or pensait-elle, qui lui laissaient une grande liberté. […]  Message de GarçonSwag95: Salut! J’ai jamais fait ça de toute ma life, mais ta photo me parle grave…[…] Une jolie fille comme toi devrait plutôt rire et avoir une vie swag. Jennifer: ah, ah, tu dis ça à cause de ton pseudo? Mais si tu connaissais mes parents, tu saurais que j’ai le seum à chaque heure qui passe. »
 » le bluff, c’est ma spécialité, j’en fais des smoothies: un peu de vrai, un peu de faux, je mixe, et hop!Comme les enfants qui jouent à « on dirait qu’on était fiancés », pour s’amuser à touche-pipi ou autres jeux délicieux de l’enfance.Moi, je l’ai gardé mon âme d’enfant, pas comme vous, qui jouez aux adultes, aux grandes personnes jusqu’à la mort. Quel ennui! A force de vous croire si raisonnables, vous vous oubliez, vous perdez, vous vous emmerdez! Moi je veux jouer, je sais jouer, donc je joue ».

 

En suivant Stan, Sara et leurs collègues, je me suis revue en brigade des mineurs, face aux atrocités que l’on peut rencontrer quand on exerce dans ce type de service; avec Anna, Jennifer, les autres adolescentes et leurs parents, j’ai pris un peu plus conscience des difficultés que j’aurais à gérer en tant que maman d’un futur adolescent,  dans un monde où les réseaux sociaux sont des gourous modernes et dématérialisés, créateurs de popularités mais aussi destructeurs d’individualités. Dans le journal intime du « Hacker de cœurs d’adolescentes » j’ai plongé dans l’horreur d’un esprit malade…

Chris merci pour ce roman qui m’a bluffé. J’ai eu un véritable coup de cœur et il vient de passer numéro 1 dans les romans policiers que je conseillerai…

Vous pouvez vous procurez ce roman ICI sur le site des Editions Inspire

Morwenna de Jo Walton


 Le livre Morwenna de Jo Walton. Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Luc Carissimo. Paru le 10/04/2014 chez Denoël dans la collection Lunes d’encre.  (334 p.) ; 21 cm.
4e de couv :

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Ode à la différence, journal intime d’une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Un roman touchant et bouleversant.

Ce livre a été réédité le 2 mai 2016 en poche chez Gallimard dans la collection Folio SF.   8€20 ; (417 p.) ; 18 x 11 cm

L’auteur : Jo Walton, née le 1 décembre 1964 à Aberdare au Pays de Galles, est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.  Jo Walton vit depuis 2002 au Canada avec son mari et son fils. Elle est l’auteure dune dizaine de romans remarqués. Bien que son roman Tooth and Claw, inédit en français, ait reçu le World Fantasy Award en 2004, il lui a fallu attendre la parution de Morwenna pour rencontrer le succès qu elle mérite.
Extrait :
« Puis, hier, j’ai trouvé la bibliothèque. J’ai obtenu la permission d’y passer le temps quand les filles sont sur le terrain de sport. Soudain, être estropiée commence à sembler un avantage. Ce n’est pas une bibliothèque extraordinaire, mais c’est tellement mieux que rien que je ne me plains pas. J’ai fini tous les livres que mon père m’a prêtés. (Il avait raison pour le roman accompagnant Empire Star, mais Empire Star lui-même est un des meilleurs livres que j’aie jamais lus.) Ici, j’ai trouvé Le Taureau sorti de la mer et un autre Mary Renault dont je n’avais jamais entendu parler, L’Aurige, plus trois romans de SF pour adultes de C. S. Lewis. Les murs de la bibliothèque sont recouverts de boiseries et les chaises sont en vieux cuir craquelé. Jusqu’ici elle semble désertée par tout le monde sauf moi et la bibliothécaire, Miss Carroll, avec qui je suis scrupuleusement polie.
Je vais avoir l’occasion de tenir mon journal intime. Une des pires choses, ici, c’est qu’il est impossible d’être tranquille et que les gens vous demandent tout le temps ce que vous faites. « J’écris un poème » ou « Je tiens mon journal » serait le baiser de la mort. Au bout de quelques jours, j’ai renoncé à essayer, même si j’en avais vraiment envie. Elles me trouvent déjà bizarre. Je dors dans un dortoir avec onze autres filles. Je ne suis même pas seule dans la salle de bains — il n’y a de portes ni aux toilettes ni aux douches, et bien sûr elles trouvent que l’humour scatologique est le comble de l’esprit. »

Le post-it du bibliothécaire

A 15 ans, Morwenna Phelps perd sa soeur jumelle dans un accident de voiture qui la laisse handicapée. Soupçonnant sa mère, une femme à moitié folle adepte de magie noire, elle se réfugie chez son père qui la place en pensionnat. Mais elle ne parvient pas à se libérer tout à fait des secrets qui entourent sa famille et puise du réconfort dans le pouvoir des livres.

Prix Hugo du meilleur roman 2012, Prix Nebula du meilleur roman 2011 et Prix British Fantasy du meilleur roman 2012… On ne peut pas dire que ce roman soit passé inaperçu dans le petit monde de la science-fiction !

Rédigé sous forme de journal intime, le récit retrace une période difficile de la vie de Morwenna, 15 ans, victime d’un accident qui a tué sa sœur jumelle et l’a laissé estropiée.

C’est par les livres et un peu de magie (Morwenna parle au Fées) que la jeune fille va parvenir à s’épanouir.

Jo Walton nous livre ici un magnifique portrait d’une adolescente différente, personnage fascinant dont on adore lire les confidences, et partager son regard sur le monde. C’est aussi une véritable déclaration d’amour aux livres et à tous ceux qui nous aident à les découvrir (notamment un hommage magnifique fait aux bibliothèques…)

 

J’ai lu ce titre dans le cadre du challenge  Printemps Elfique 2017 sur le blog de Stelphique

Mon Féérique Blog 

 

La voie du loup de Beth Lewis, le chouchou du week end


chouchous-du-week-end
97910281023640-4030377La voie du loup de Beth Lewis.Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Benoît Domis. Paru le 18 janvier 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller. 21€50 ; (376 p.) ; 24 x 16 cm
Quatrième de couverture

Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. Avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt.Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents.

Son voyage au coeur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit.

La Voie du loup est le premier roman de Beth Lewis. Une chasse à l’homme dont l’inoubliable héroïne, accompagnée d’un loup, se bat pour rejoindre l’humanité.

 
avt_beth-lewis_4188L’auteur :

Grande voyageuse, Beth K. Lewis aime s’isoler en pleine nature, au contact des ours, des loups et des grands mammifères marins.

Extrait :
 Ce n’est pas un monstre. Les monstres, ça n’existe que dans l’imagination des gamins, sous les lits ou dans les armoires. On vit dans un monde d’hommes, et ça ne sert à rien de les appeler des monstres, à part les encourager à croire qu’ils n’ont rien fait de mal, que c’est dans leur nature et qu’ils ne peuvent rien y changer. En les traitant de monstres, on en fait quelque chose de différent de nous, alors que ce sont juste des hommes – de la chair, des os et du sang. Ils font le mal, ça ne change pas ce qu’ils sont.
 Collectif polar.biblio

Le post-it de la bibliothécaire

 Elka a été recueillie par Trappeur à l’âge de 7 ans alors qu’elle errait abandonnée et affamée en pleine nature. Des années plus tard, elle apprend qu’il est en fait un meurtrier. La découverte de cette vérité fait d’elle sa prochaine victime.

 Un thriller ? Oui même si l’ambiance post-apocalyptique plante le décor, un tueur est bien à l’oeuvre

 Voici un fort joli roman, à la fois thriller écologique, la nature tient une grande place et sert de décor à ce titre mais aussi roman initiatique.

Nous allons suivre les pérégrinations d’une( enfin 2 )adolescentes dans un monde ou règne le chaos.

Servi par une narration simple, directe, et percutante, ce récit est touchant, émouvant même si parfois drôle,  mais il est aussi saisissant et efficace. Bref une belle découverte et un vrai coup de cœur ! GVL

 challenge-abc

Rien ne se perd de Cloé Mehdi


chouchous-du-week-end

 noelLe livre : Rien ne se perd de Cloé Mehdi. Paru le 19 mai 2016 chez Jigal. 18€50 ; (270 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Une petite ville semblable à tant d’autres… Et puis un jour, la bavure… Un contrôle d’identité qui dégénère… Il s’appelait Saïd. Il avait quinze ans. Et il est mort…

Moi, Mattia, onze ans, je ne l’ai pas connu, mais après, j’ai vu la haine, la tristesse et la folie ronger ma famille jusqu’à la dislocation…

Plus tard, alors que d’étranges individus qui ressemblent à des flics rôdent autour de moi, j’ai reconnu son visage tagué sur les murs du quartier. Des tags à la peinture rouge, accompagnés de mots réclamant justice !

C’est à ce moment-là que pour faire exploser le silence, les gens du quartier vont s’en mêler, les mères, les soeurs, les amis…

Alors moi, Mattia, onze ans, je ramasse les pièces du puzzle, j’essaie de comprendre et je vois que même mort, le passé n’est jamais vraiment enterré !

Et personne n’a dit que c’était juste…

Poignant, dérangeant, ultra sensible, glaçant, Cloé Mehdi nous livre ici un récit d’une noirceur absolue !

noeleL’auteur : Cloé Mehdi est née au printemps 1992. Elle vit à Lyon. Elle commence à écrire au collège pour faire passer le temps plus vite. Cloé Mehdi a fait sensation en 2014 en recevant le Prix de Beaune pour son premier roman, Monstres en Cavale. Elle a alors 22 ans et semble déjà dans l’urgence d’écrire…Elle nous revient aujourd’hui avec ce nouveau roman noir et très sombre…

 

 


Extrait 1 : 
« Il sourit. Ça doit être le plus beau compliment qu’on lui ait fait de sa vie. Il époussette le col de ma veste plein de miettes de croissant. Je savais que j’étais sale mais j’attendais de voir s’il allait le remarquer. Il s’intéresse beaucoup plus à moi depuis que je peux lui être utile. Gabrielle devrait se suicider plus souvent.
– Je vais la voir, dit-il. Tu veux retourner à l’école ?
– Bof.
J’ai envie de rentrer à l’appartement mais il ne me propose pas de me raccompagner. Il a encore besoin de ma présence pour décorer le silence. Ça m’énerve. Je dis rien. Je le suis au troisième étage. Elle est là, translucide. Elle dort. On la confondrait avec les draps s’ils ne portaient pas un petit liseré marron. Et lui, Zé, la regarde avec cette tendresse qu’il ne m’a jamais dédiée.
Je me détourne, étouffant l’amertume qui grimpe le long de mon œsophage.
Mon manuel d’anglais ne parvient pas à me remonter le moral. Pas plus que Lamartine n’est apte à faire oublier à Zé, rien qu’une minute, que la seule personne qu’il aime en ce monde s’est tranchée les veines la semaine dernière. Il a maigri. Mange plus rien depuis qu’elle est partie.
L’amour ça devrait être interdit. »

Petits résumés et avis :

Voilà un exceptionnel roman. Et dire que j’ai oublié de vous en parler tout au long de ces derniers mois. J’aurai été impardonnable. Car à l’heure où nous faisons le bilan de 2016, où on me demande de publier mes coups de coeur de l’année, j’ai eu comme un flash.  Pas facile de trouver uniquement 10 coups de coeur ultimes quand dans une année on a lu près de 180 bouquins.

Alors quand juste en évoquant ces quelques mots, « coups de coeur ultimes », la couverture d’un polar vous saute au yeux, que son image s’impose au fonds de votre rétine. Quand un nom vous reste en tête. qu’une histoire refait surface plusieurs mois après sa lecture, il n’y a pas de doute possible. Ce livre est un de vos grands coups de coeur de l’année.

Et alors que je n’avais pas encore fait la chronique de ce livre, Rien ne se perd, s’est imposé à moi.

D’ailleurs si j’ai mis autant de temps à vous parler de ce roman noir coup de poing, c’est que ce titre a été un choc.

Et à cause de ça, ce week-end, il y aura deux chouchous.

Le premier vous l’avez découvert hier : La toile aux alouettes de Lou Vernet que vous retrouvez ICI.

Le second c’est cette histoire, Rien ne se perd de Cloé Mehdi, un pur coup de coeur que je vous laisse découvrir maintenant.

Saïd avait 15 ans quand un banal contrôle policier lui a coûté la vie. Mattia, 11 ans, ne le connaissait pas mais se sent pourtant en empathie avec lui face à la violence de la société et la défection de sa famille (père disparu, mère absente, frère indifférent, etc.).

Cloé Mehdi est la révélation de l’année. C’est sans contexte la plume la plus acerbe du moment.

Cette jeune femme est bien de et dans  son temps. Elle ressent les choses et nous les expose avec sensibilité. Elle a ce pouvoir de convoquer avec ses mots simples, les plus extrêmes de nos sentiments.

Elle nous ouvre les yeux et nous confronte à la noirceur crasse de notre monde. Elle est notre conscience face à l’injustice. Nous obligeons à retrouver un peu de notre humanité et à percevoir une lueur d’espoir dans ce  magnifique roman noir . 

Extrait 2 :
Je déteste l’école parce qu’elle me vole du temps – un temps considérable. Il y aurait tellement intéressant à faire que d’être là, assis sur une chaise, à attendre bêtement qu’on te remplisse la tête de savoir inutile en chassant tout ce qui est important pour faire plus de place.

 

Pickpocket de Fuminori Nakamura


Collectif polar.JLuc

9782809703931,0-1508793Le livre : Pickpocket de Fuminori Nakamura. Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako. Paru le 4 janvier 2013 chez P. Picquier. 17€50 ; (189 p.) ; 21 x 14 cm.

9782809710779,0-2499620Réédité le 6 février 2015 en poche chez le même éditeur dans la collection Picquier Poche. 7€50 ; (198 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Il se faufile dans la foule de Tokyo, choisissant soigneusement ses cibles pour ne dévaliser que les plus riches, dérobant les portefeuilles si délicatement que parfois il ne se souvient même pas de l’avoir fait. C’est un homme solitaire, sans attaches comme sans illusions. Jusqu’au jour où il rencontre un enfant – et un chef yakuza qui le prend au piège d’un jeu dangereux et pervers. Le pickpocket va devoir faire appel à toutes les ressources de son art pour sauver sa vie, son destin, et peut-être même son âme.

Un thriller élégant et mélancolique qui a reçu en 2010 le prix Kenzaburô Oe.

« Fascinant. Je voudrais écrire quelque chose comme Pickpocket un jour. » Natsuo Kirino

« Une balade noire à l’intérieur de la conscience d’un voleur, fascinante jusqu’à la dernière ligne » (Page des Libraires).

fnL’auteur : Né en 1977 dans la préfecture d’Aichi, Nakamura Fuminori est diplômé en sciences  sociales appliquées de l’Université de Fukushima. Son premier roman, Revolver, a été couronné du prix Shinchôsha des jeunes auteurs ; en 2005, il a reçu le prix Akutagawa pour Tsuchi no naka no kodomo («L’enfant dans la terre»).

 

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Résumé et L’avis de Jean Luc

La destinée d’un pickpocket professionnel, dans les rues de Tokyo. Son attachement à un enfant le précipite dans les griffes d’un mafieux qui lui propose un pacte impossible : réaliser trois missions pour sauver la vie du jeune garçon. Prix Zoom Japon 2013 (catégorie roman).

Pickpocket de Fuminori Nakamura est une découverte surprenante. Il s’agit d’un petit polar japonais qui se lit d’une traite mais que l’on oublie pas facilement. Le style de l’auteur est agréable à lire et l’idée de décrire le mode de vie d’un pickpocket plutôt séduisante.
Il y a des passages remarquables où l’auteur explique le modus operandi du pickpocket mais et il y aussi des scènes d’une grande humanité avec un jeune adolescent à l’abandon et sa maman paumée.
L’intrigue est plutôt bien construite et la fin n’est pas celle que l’on attends, l’auteur au passage aborde la notion du destin. A savoir, est ce que notre destin nous appartient ou bien peut-il appartenir à un autre ?
Au final, un petit bijoux avec des personnages remarquables, un livre dur, sans concession mais qui mérite le détour.