Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Le livre : Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion. Paru 4 Novembre 2016 aux Editions Pavillon Noir. 14.00 euros. 350 pages. 20 x 2,6 x 12 cm

4ème de couverture :
Jamais Adrien Magadur n’aurait pu imaginer qu’une banale enquête sur le vol d’une œuvre d’art le plongerait au fond de la folie destructrice, le précipiterait dans le vide… Une peinture de grande valeur nommée Lucrèce, vient d’être dérobée chez un particulier parisien. Le portrait de la jeune Romaine, prête à s’enfoncer un poignard dans le sein, attise la convoitise d’un collectionneur idolâtre, mais aussi celle, plus surprenante, d’un cartel de narcos. Avidité, cupidité, vénération fanatique pour l’art peuvent mener à des actes insensés, au crime. À travers un imbroglio émotionnel, les acteurs du récit, personnages complexes et tourmentés, sont emportés dans un drame où se mêlent passion, amitié et trahison. Chargé de retrouver le tableau de Cranach, Adrien Magadur, un privé à la déontologie douteuse, paiera de sa personne. Avec son âme-frère, un capitaine aux Stups du 36, il poursuit sa quête dans une atmosphère sombre et se laisse jusqu’au bout surprendre par de singuliers rebondissements.

L’auteur : Après avoir commencé des romans sans les aboutir, Luce MARMION, parisienne, voit son manuscrit reconnu par un comité de lecture. Luce Marmion se définit actuellement comme auteur de polars chez Corsaire Editions. Le Vol de Lucrèce est le premier thriller de Luce Marmion qui vit à Paris et consacre son temps à l’écriture.
Extraits :
« Lorsque ses proches quittaient Paris, Magadur se sentait comme un vieux chien abandonné, inutile. Pourtant, il ne les voyait pas tous les jours. Dès les premières minutes qui suivirent leur départ d’Orly, il ressentit un grand vide. »

Les Lectures de Maud :

Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Nous voici plongés dans la première enquête de l’Agence Demorsy. Une équipe de privés qui va devoir mettre en échec un voleur d’œuvres d’art, puis un groupe de trafiquants de drogue. Se pourrait-il que les affaires soient liées ?

Adrien Magadur, un ancien flic des Stup, va se retrouver à enquêter, parfois en marge de son équipe ; afin de résoudre les différentes énigmes qui se succèdent. Un personnage bourru mais attachant. Cette équipe va devoir faire face à de multiples embuches, à des impasses, avec une cohésion de groupe également amicale.

Un rythme soutenu, les pages se tournent toutes seules, tant l’envie de connaitre la suite se fait sentir. J’ai été emporté par cette quête de retrouver « Le Lucrèce », et sensible à tous les obstacles que les différents personnages vont devoir surmonter, tout particulièrement Maga. Cette histoire addictive vous amènera au dénouement final sans vous en rendre compte.

L’auteur nous entraîne, avec une plume que j’affectionne particulièrement, dans une sombre affaire, avec au premier rang « l’Art », on ressent la passion de l’auteur pour la peinture. Un régal de lecture, un excellent moment, j’en redemande !!!

Mention : Premier roman

Je recommande vivement la suite, « Le Mur dans la Peau » qui nous présenteront bientôt sur ces pages ðŸ˜Š

Je remercie les éditions Polars pavillon Noir pour leur confiance ðŸ˜Š

Publicités

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

La coupure de Fiona Barton


Le livre : La coupure de Fiona Barton. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Séverine Quelet. Paru le 13septembre 2018 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir. 20.90€  – (476 pages) ; format 21 x14 cm.                                

e-pub par éditions 12/21 : 13.99€  

 

 4ème de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

 

L’auteur :  Fiona Barton est journaliste et formatrice internationale dans les médias. De nationalité britanique, elle est née à Cambridge en 1957.
Elle a notamment écrit pour le Daily Mail (2005-2008), le Daily Telegraph (2002-2005) et a été rédactrice en chef du Mail on Sunday (1990-2002) où elle a d’ailleurs gagné le prix du reporter de l’année.
Fiona Barton est chef de projet à Fojo Media Institute depuis 2011.
Son travail de journaliste lui a permis d’observer les femmes des accusés lors des audiences et donné l’envie d’écrire « La Veuve » (The Widow, 2016), son premier roman, qui connaît un succès fulgurant dans plus de 30 pays.
Elle vit avec son mari près d’Abjat-sur-Bandiat en Dordogne depuis 2013.
son site ; Twitter

 

Extrait :
« À Cambridge, où elle l’avait rencontré, Will était spécial. Un garçon né pour réussir. Plus tard, elle avait plaisanté en racontant à ses collègues que le génie suintait par tous ses pores et qu’elle aurait pu en connaître le goût si elle avait léché sa peau.
–       C’est dégoûtant. Tu es sa servante, alors ? » avait répliqué avec une mine écœurée Erica, la greffière en chef du cabinet Bowen et Bailey.
Erica, elle, ne servait personne. C’était une féministe. C’était même marqué sur un écriteau sur son bureau, « Le sexisme est une maladie sociale », et elle ne ratait jamais une occasion de mettre son point de vue en avant. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

La coupure de Fiona Barton

Tout d’abord nous retrouvons Kate, journaliste qui avait permis dans le premier roman de Fiona Barton, d’élucider l’énigme de l’enlèvement de Bella. Toujours aussi âpre à la tâche, avec ses méthodes border line, elle va aller où la police ne pense pas aller, se mettre en difficulté pour trouver qui est l’enfant dont on a retrouvé le squelette. La narratrice c’est Emma, pleine de problèmes d’adolescence non résolus, on comprendra pourquoi au fil de ces presque 500 pages que l’on tourne avec avidité. Mais comment l’ADN de la petite victime peut-il correspondre à deux suspectes qui ne se connaissent pas ?

Flanquée de son jeune stagiaire, notre journaliste n’hésitera pas à remonter le temps, pour retrouver les potentiels témoins et suspects, avec la bienveillance de la police jusqu’à un certain point …

A une centaine de pages de la fin, quand le lecteur tient toutes les ficelles en main, il n’est pas au bout de ses surprises.

Un roman noir plus que polar, une noirceur bien britannique, plaisante à lire, qui assène quelques vérités sur le temps qui passe.

Lu en version numérique.

 

 Extraits
—————————
«    – Vous allez bien, Kate ? demanda Joe. Vous êtes un peu rouge. 
–       Ça va. C’est qu’il fait chaud ici, s’emporta-t-elle. —
–       Ah d’accord. 
Elle savait ce qu’il pensait. Ménopause. Et par ménopause, comprenez vieille femme irrationnelle qui a passé l’âge. Elle était furieuse qu’il juge son professionnalisme en fonction de son taux d’œstrogènes. Peut-être n’était-il même pas capable d’épeler œstrogène. Mais le sermon devrait attendre. Elle avait du travail. Elle se força à sourire et pensa à des choses rafraîchissantes pour évacuer la sensation de chaleur. Elle avait lu cette technique dans une brochure. Des foutaises sûrement, mais cela valait la peine d’essayer. »
—————————-
« Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, Charlie fut infidèle. Tout le temps. C’est le propre du musicien, semble-t-il. Mais cela ne signifiait rien, selon lui. Juste des filles comme ça, des groupies. Jude resta donc, accrochée à lui comme une moule à son rocher.
« Il me fait rire, il me rend heureuse, racontait-elle à ses amies. Il est drôle et je l’aime. »
Et c’était vrai, elle l’aimait. Il était le premier depuis Will à la fac à lui donner le sentiment d’être vivante.
Toutefois, elle ne le présenta pas à ses parents. Elle n’avait aucune envie que leur désapprobation entache son bonheur. Elle les informerait le moment venu, quand elle serait prête. Quand tout serait en place.
Parce que, voyez-vous, sa décision était prise : elle épouserait Charlie, coûte que coûte. Son horloge biologique se rappelait à elle et elle devait veiller à ce qu’il s’engage, c’était tout. »

Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

Haka – Caryl Ferey


Haka - Caryl FereyLe livre : Haka de Caryl Férey. Paru aux Editions Folio Policier le 8 octobre 2015. 9,40 € ; 11 x18 ; 435 pages

4ème de couverture :

D’origine maorie, Jack Fitzgerald est entré dans la police après que sa fille et sa femme ont mystérieusement disparu sur une île de Nouvelle-Zélande. Pas la moindre trace. Juste la voiture vide et le souvenir d’un geste de la main, d’un sourire radieux…Vingt-cinq ans ont passé. Jack est devenu un solitaire rapide à la détente, un incorruptible « en désespoir stationnaire ». La découverte sur une plage du cadavre d’une jeune fille au sexe scalpé ravive l’enfer des hypothèses exacerbées par le chagrin. Aidé par une brillante criminologue, Jack, devant les meurtres qui s’accumulent, mènera l’enquête jusqu’au chaos final.

 

Caryl-Ferey_199
L’auteur : Caryl Férey, né en 1967, écrivain, voyageur et scénariste, s’est imposé comme l’un des meilleurs auteurs du thriller français en 2008 avec Zulu, Grand Prix de littérature policière 2008 et Grand Prix des lectrices de Elle Policier en 2009, et Mapuche, prix Landerneau polar 2012 et Meilleur Polar français 2012 du magazine Lire.

 

 

Extrait :
« Il pensait à tout. A rien. Au temps. Ses bousculades. Avec une minutie tès discutable, il recousit la blessure à vif. L’aiguille s’enfonçait aisément dans sa peau et la souffrance ne lui faisait pas peur : son corps n’était pas le sien. Le sang coulait beaucoup moins maintenant. Un vrai travail d’artiste. »

L’accroche de Miss Aline

Haka Caryl by Aline

Haka, Caryl FEREY

 « quelques jours avec Jack » telle est la dédicace que l’auteur me fait au salon du livre de Bruxelles. Effectivement, j’ai passé du temps avec Jack, il a fallut que je l’observe longuement pour le décoder. Certes c’est un flic mais pas que. Il est obscure, il traine avec lui une douleur qu’il entretient. La disparition de sa femme et de sa fille s’est une plaie béante qu’il ne veut pas refermer, même 25 ans plus tard. Il maintient tout le monde à distance. Il ne veut pas ressentir, vivre. Il erre dans tous les sens du terme.
La découverte d’un cadavre mutilé va l’entrainer bien loin. Loin dans l’horreur, loin dans les mythes maoris, loin dans son obsession de (re)trouver un coupable à la disparition de sa famille.
En parallèle on suit la « vie » de John peintre atypique et c’est peu de le dire. Il vit isolé du monde et dans sa tête. Il est opaque, il intrigue.
Ann Waitura jeune profileuse va prêter main forte à Jack. Evidement il n’en veut pas mais sa hiérarchie lui impose. Vaille que vaille il compose avec elle. Cette composition va le mener bien loin, trop loin.
Plus qu’une enquête c’est un voyage ce roman : la Nouvelle-Zélande, les maoris, ses mythes et légendes. Tu dois te laisser gagner par cette ambiance particulière où tout est codifié, hiérarchisé pour entrer dans l’histoire. Parfois tu frises le malaise, l’oppression mais tu es fascinée. Tu poursuis, tu suis Jack jusqu’à la toute fin avec un grand et un petit « f ».
Bonne lecture !

La Dynamique du Chaos-Ghislain Gilberti


Le Livre: La Dynamique du Chaos (version non censurée), de Ghislain Gilberti, paru le 19 janvier 2017 chez Ring collection Ring noir. Edité le, 08 mars 2018  chez la m »canique générale en format poche 9€90. .421 pages.   11,2 x 1,9 x 17,1 cm
4ème de couverture:  

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur:  Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, né le 23/04/1977,  est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.
Avec six romans, Ghislain s’est imposé comme un auteur incontournable du genre.
 
Extrait: « 
« Nous voici, debout au centre du monde, bien au chaud dans nos manteaux d’égocentrisme. Noyés d’alcool et de drogues, perdus dans la masse intestinale de l’humanité, nous nous débattons en vain pour ne pas couler tout à fait. Nos désirs nous rongent de ne pouvoir être satisfaits, nos pulsions nous explosent à la gueule. Nous sommes des maux inutiles, des messagers muets et amnésiques. Des enveloppes de chair gonflées de néant, débordantes de souffrance. Et au fond, tout au fond, les âmes puantes et atrophiées hurlent de douleur, régurgitent leurs rêves prédigérés. Les plaintes parviennent à la surface. L’odeur aussi. Mais il y a ici assez de « Jean-Paul Gautier », de « Kenzo » et de tubes merdiques pour couvrir tout ça.
Nous sommes au cœur du Vide.
Je vomis vos images dans des brûlures atroces. »

Le OFF de OPH

« La dynamique du Chaos » de Ghislain GILBERTIchez Ring, une plongée en enfer…

Dès l’introduction, j’ai été touchée par la douleur et la souffrance qui transpiraient des mots de Ghislain. Des termes puissants, durs, pour évoquer une enfance brisée sur l’autel de la violence.
« J’ai grandi sous le règne d’un dieu féroce, illogique, sadique, pervers.Mon père était mon geôlier, mon bourreau.Mon entourage n’a jamais rien fait pour arrêter ça, se contentant de tourner la tête et d’ignorer cette détresse. Je ne peux pas le leur reprocher, le drame qui se jouait était insoluble et personne n’avait envie de titiller la bête au risque de se faire mordre. »

Pendant toute ma lecture, j’ai été tiraillée entre l’ombre et la lumière. L’obscurité des images, du récit; la clarté que je me suis échinée à conserver en m’accrochant aux liens d’amitiés forts existant entre Gys et Manu, mais aussi Nico et toutes ces autres personnes qui, dans la noirceur d’un monde qui m’est inconnu, se soutiennent au-delà des normes et des conventions.

J’ai eu mal, le ventre noué, les mains crispées autour d’un roman qui, parce qu’il est à 99% autobiographique, ne peut être lu comme un simple divertissement. Il faut en prendre toute la mesure pour entendre le message de Ghislain.
L’écriture est viscérale, douloureuse, sans filtre, comme si part ses mots Ghislain cherchait à exorciser un peu de cette douleur, de ce chaos contre lequel la lutte est permanente.

Gagner le respect volé depuis l’enfance dans la violence, le franchissement des interdits, en adoptant une position de supériorité, en prenant le pouvoir dans un monde où la lumière n’existe pas. Mais quelle est la valeur de ce pouvoir? Existe-t-il réellement lorsque l’on est polytoxicomane et que les drogues en tous genres ont pris possession de votre corps et gangréné vos esprits en perte de repères.

Si j’ai été étreinte par la violence des émotions procurées lors de ma lecture, j’ai été également touchée par sa poésie. Elle est certes noire, mais bien présente. Ghislain use de nombreuses métaphores, qui, si elles illustrent l’absolue noirceur de son chaos, illuminent son écriture et donnent vie à ce monde douleurs, de dépendances, de lutte en tous genres, de sexe brutal.
« Je suis un parasite insatiable. Une tique affamée agrippée aux poils malodorants du corps social. »

Ghislain distille également ses réflexions et sa vision d’une société malade où la mort et le noir fascinent, où les politiques sont plus préoccupés par leur nombril d’égocentriques que part leur pays qui souffre:
« Le système se plie sans agir, sans lutter. L’apathie politique face à ce désastre annoncé est complètement désarmante, on jurerait que nos dirigeants se contentent de jouer les autruches alors que la situation nous projette droit dans le mur. »

Enfin, « La Dynamique du Chaos » c’est aussi une histoire d’amour, la communion de deux âmes, l’amour destructeur, incontrôlable, cette sensation physique d’être la moitié de l’autre et de ne pouvoir respirer en son absence, ce sentiment que la vie n’a pas de sens ni de raison d’être sans l’autre.
« Pendant quelques instants, nous avons formé une entité unique et palpitante. Une âme siamoise en sueur, traversée de soupirs et de tremblements, de larmes et de frissons […] Je pense que des choses pareilles n’arrivent qu’une fois dans une vie […] On ne rencontre l’amour q’une seule fois, il n’y a pas de deuxième chance. »

Avec « La Dynamique du Chaos » les censeurs ont perdu leur combat contre tous ceux, qui, comme Ghislain, nous ouvrent les yeux et les portes d’un monde bien réel où le chaos règne en Maître, où le sexe sous toutes ses formes, la violence, les drogues guident les vies de milliers de personnes, où la souffrance est telle qu’elle ronge, gangrène petit à petit la vie.
Mais par ce roman, cette autobiographie partielle, Ghislain nous montre aussi qu’au bout de ce monde, du tunnel, il y a la Vie pour celles et ceux qui auront la force et le courage de reprendre possession de la leur. Et même si des séquelles demeurent, au bout, il y a l’espoir.

Retrouvez ICI le ressenti de GE sur La Dynamique du Chaos

Obia de Colin Niel


Le livre : Obia de Colin Niel Paru le 7 octobre 2015 chez Rouerge dans la collection Rouerge Noir. 23€ ; (490 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 6 septembre 2017 chez Babel dans la collection Babel noir.  9,90€ ; (563 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé de l’éditeur :

Clifton Vakansie court dans les rues de Saint-Laurent, sa ville natale, sur les rives du Maroni, en Guyane. Il court dans un paysage de tôles et de parpaings, en direction de Cayenne et de son aéroport, dont le séparent des fleuves qu’il faudra franchir à la nage, des barrages de gendarmerie, des pistes tracées à travers la forêt. Il court pour l’avenir de sa petite Djayzie, sa fille qui vient de naître, lui qui est à peine un homme. Il court à travers sa peur et des jeunes de son âge tombent autour de lui. Mais plus tu es déchiré, plus les chiens te déchirent, c’est ce qu’on dit. Et Clifton a beau être sous la protection de l’obia, rendu invincible par la magie des Noirs-Marrons, à sa poursuite il y a le major Marcy, un Créole, un originaire comme on dit, colosse né ici qui sait tout des trafics et des hors-la-loi, homme emporté qui n’a pas volé sa réputation de tête brûlée. Et il y a aussi le capitaine Anato, un Ndjuka comme Clifton, un type étrange, aux yeux jaunes, dont personne pas même lui ne sait d’où il vient vraiment. Clifton l’ignore encore, mais dans sa fuite vers l’est il ne va pas tarder à croiser des fantômes. Ceux de la guerre du Suriname. Des fantômes qui tuent encore. Qui ne cessent pas de tuer.
En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.

L’auteur : Colin Niel est né en 1976 à Clamart. Il grandit au 12ème étage d’une ZAC à Issy-les-Moulineaux. Il s’intéresse aux ailleurs, voyage autant que possible, observe les oiseaux. Magicien, comédien amateur, il s’essaye à tout, avec plus ou moins de succès. Il suit des études en agronomie, en environnement, en écologie, et finit ingénieur, spécialisé dans la préservation de la biodiversité.
Il quitte alors la métropole pour travailler en Guyane durant six années qui lui permettent de côtoyer les nombreuses cultures de la région et particulièrement les populations noires-marrons du fleuve Maroni. Il y est notamment en charge de la création du parc national amazonien, une mission qui le marque beaucoup. Plus tard, il devient directeur adjoint du parc national de la Guadeloupe.
Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il se lance dans le polar à son retour de Guyane. Ainsi nait Les Hamacs de Carton, roman policier profondément social et très documenté, inspiré par une réalité trop quotidienne dans ce territoire aux frontières perméables : celle des immigrés, apatrides et autres étrangers en situation irrégulière. Un premier roman remarqué qui inaugure … sa série guyanaise multiprimée : « Les Hamacs de carton » (2012, prix Ancres noires 2014), « Ce qui reste en forêt » (2013, prix des lecteurs de l’Armitière 2014, prix Sang pour Sang Polar 2014) et « Obia » (2015, prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016, prix Polar Michel Lebrun 2016) met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines.
 Extrait : 
« 1992, c’était il y a vingt ans. Jérémy n’était même pas né, Vacaresse venait de rencontrer Mathilde. Il débutait à peine dans la gendarmerie, premier poste en brigade de recherches. À l’époque, personne en métropole ne parlait de cette guerre civile au Suriname, ou alors il ne s’en souvenait pas. Dix mille réfugiés en territoire français, ce n’était pourtant pas rien. La même affaire dans l’Hexagone, les médias en auraient fait leur Une pendant des mois. Tout le monde s’en fichait, il se dit, comme de tout ce qui se passe en Guyane en fait. Ça paraît tellement loin quand on vit là-bas. Lui-même, avant d’être muté ici, savait à peine placer le département sur une carte. La fusée, le bagne, l’enfer vert et les bestioles, voilà à quoi se résumait l’Amazonie française vue de Paris. Et un peu d’orpaillage depuis quelques années, pour faire sensation. Mais ce que vivaient les gens ici, ce qu’ils avaient enduré dans le passé, personne n’en savait rien. »

La chronique jubilatoire de Dany

« La banane jaune ne redevient pas verte » … proverbe guyanais

Au commencement il y a eu une info FaceBook de la part de l’auteur qui faisait le lien avec une chronique qu’il avait écrite pour Libération, au sujet des troubles en Guyane de mars 2017. J’ai trouvé son approche originale car il y faisait parler ses héros. Ensuite j’ai lu « seules les bêtes » et j’ai vraiment aimé le fond et la forme de ce roman.

Ensuite j’ai eu la chance de le rencontrer lors du salon « lire en poche » en octobre 2017 et au cours de la discussion il m’a invitée à lire sa trilogie dans l’ordre inverse de sa parution ( !). C’est donc comme ça que je me suis retrouvée plongée en Guyane et ironie du sort au moment de la visite présidentielle … J’ai donc pu profiter de la couverture médiatique pour illustrer au mieux les paysages de l’Amazonie française … C’est aussi un grand hasard heureux d’avoir enchaîné « entre deux mondes » d’Olivier Norek avec cet Obia de Colin Niel.

Ce roman noir et à suspense ébranle nos préjugés de métropolitains obtus. On y apprend que le Maroni  est le fleuve frontière entre ce département français et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise, aujourd’hui indépendante et soumise aux dictatures, conflits d’influence. C’est aussi la porte d’entrée de la cocaïne en Europe par l’exploitation de ces mules innocentes qui n’ont d’autre chance de survie. Le Suriname est aussi à l’origine d’une vague d’immigration de ses persécutés vers les voisins français. Elle aurait pu être maitrisée et acceptée il y a quelques années, mais elle ouvre aujourd’hui la voie de la violence et du sentiment d’insécurité. Les créoles, les  Ndjukas  et autres noirs-marrons s’opposent alors que la frontière poreuse fait que leurs origines sont étroitement mêlées.

Incontestablement documenté, Obia fait aussi largement référence aux médecines amazoniennes et à la biodiversité à disputer aux orpailleurs et exploitants de bois précieux.

Le lecteur qui pensait lire un simple polar se trouve happé par une ambiance moite, une fange omniprésente, séduit par des personnages d’une richesse rare et des paysages à couper le souffle. Il ne peut qu’être touché par Anato et la quête des ses origines et par Melissa, cette jeune femme sourde qui montre une force de caractère hors du commun qui font oublier quelques longueurs ouy répétitions dans la narration, tout à fait supportables.

Bonus … les expressions locales apportent un exotisme bienvenu : à noter …

Le tchip ou tchipage est un élément de communication non verbale. Il est courant en Afrique, ainsi que parmi les populations d’origine africaine dans les Antilles, ainsi que dans les pays d’Afrique subsaharienne.

le carbet, un abri de bois sans murs, typique des cultures amérindiennes.

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky


Le livre :Le diable s’habille en licorne : Requiem, T3  de Stanislas Petrosky. Paru le 9 février 2018 chez Lajouanie das la collection Roman policier mais pas que…. 18€ ; (210 p.) ; 19 x 13 cm.
4e de couv :
Requiem, votre curé préféré est de retour à… Dunkerque et en plein carnaval ! Pour une séance d’exorcisme. Notre héros, hors norme, est, il faut l’avouer, un peu étonné par cette divine mission. Non pas qu’il ne croie pas au démon, c’est quand même un petit peu son boulot, mais il se méfie, c’est tout. Il faut dire que les festivités donnent lieu à de sacrées fiestas mais aussi à quelques curieux décès. Des lycéens meurent les uns après les autres après avoir ingurgité des bonbons aux saveurs bien peu catholiques. Requiem réussira-t-il à démanteler ce trafic de «Licorne» et à sauver le carnaval ? Vous le découvrirez dans ce troisième tome des aventures de Requiem, le plus déjanté des serviteurs du Seigneur… Un homme d’Eglise pour le moins atypique, de drôles de paroissiens, des missionnaires aux curieuses positions, des fêtards invraisemblablement grimés, des harengs comme si il en pleuvait : Stanislas Petrosky met le feu à Dunkerque. Accrochez-vous les Ch’tis ça va secouer !
……………………
L’auteur : Stanislas Petrosky vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve, c’est cette fois Patrice Dard, le propre fils du maître et heureux continuateur de San-Antonio, qui bénit le bouquin et signe une présentation aux petits oignons…
……………………
Extrait : 
“Tu n’es peut-être pas croyant toi qui me lis, et je m’en cogne. Oui tu as bien lu, que tu croies ou non en l’existence du Patron m’en caresse une sans réveiller l’autre, c’est pour te dire. Ma pomme elle respecte tout le monde, que tu croies en une force divine, un Alien, la suprématie des fourmis, en celle de ta biroute de Godzilla, je m’en fous…
Tant que tu vas pas flinguer pour ça, je m’en bas les roupettes avec une porte-fenêtre. Il n’y a aucune obligation, si ce n’est de respecter les idées des autres.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky

Voici une chronique un peu différente

J’ai englouti le tome 3 !

Alléluia, gloire à tous les Seins, Gloria in excelsis Deo ! … houla ! Faut que j’me calme !

Encore une fois c’est aux petits oignons…

J’attaque sans préambule, comment veux-tu que je t’…

stop !!!

Je vais vous la faire courte. (je parle de ma chronique – qui exceptionnellement n’en sera pas une !)

Venit enim potest*

* pour ceux qui calent : Advienne que pourra !

13/04/2018

Gare du Nord – 8h16

Terminus tout le monde descend, attention à la marche en descendant !

Putain qu’est-ce que je fout là ?

J’étais bien dans mon pieu. Maintenant je sais ce que ressent une sardine dans sa boîte et je ne vous parle même pas de l’odeur.

Les portes s’ouvrent (enfin je respire, n’est pas Jacques Mayol qui veut…), le wagon nous crache sur le quai déjà bondé.

En plus des grèves il faut supporter la mauvaise humeur des gens (pas que dans le sens olfactif !)

Bon j’suis pas rendu…

Pardon, pardon, pardon (oui, oui, plusieurs fois, y a du monde sur le quai, tu suis pas ???)

Direction le métro.

Je ne sais même plus où je dois aller. Ça c’est les médocs.

Après le médecin, la psy, médecine du travail, aujourd’hui séances de relaxation, hypnose/massage… enfin un truc Zen !

Il parait que cela doit me détendre. Pourtant avec une petite bière et hop c’est bon !

Mais c’est pas encore l’heure.

Je dois lâcher prise… Pas facile, et y a des positions ou c’est même pas possible sinon tu te casses la gueule !

Alors ok ! Va pour le massage…

Je m’entête à me foutre de tout,

mais pourvu qu’elle soit rousse !

Les hommes préfère les blondes, moi c’est les rousses, elles ont des subtilités plus épicées…

Escalator.

Hey ! poussez pas y a un cœur dans ce petit corps !

En bas des marches le “gus” me zieutes !

Non ! Pas possible…

Hazard ou coïncidences, c’est bien lui !

Salut Requiem ! Qu’est-ce que tu fais là ?

On s’colle un bequot (en tout bien tout honneur, je préfère les rousses – voir un peu plus haut)

Incroyable !

Les voies du Seigneur sont… (vous devez connaitre la suite… Sinon un conseil, lisez très vite les 3 tomes de Stanislas !)

– Mais franchement tu penses que les gens vont croire à notre rencontre hasardeuse ?

– Tu sais moi les croyances… A part au Patron j’crois plus en grand chose. j’te paye un cahoua ?

Et c’est parti.

Bla-bla-bla, bla-bla-bla… (J’vous la fait courte vu que Requiem à un train à prendre et moi… C’est quoi déjà ?)

Ah oui. Je croise des doigts, rousse, rousse qu’elle soit rousse.

Non content d’occuper mes lectures voilà que Requiem tape l’incruste dans ma vie !

Requiem… un sacré numéro ou un numéro “sacré”, à vous de décider.

Finalement, peut-être plus que Dieu, je suis sûr que satan l’habite !

Code 93 – Olivier Norek


Olivier Norek sera à Saint Maur en poche samedi et dimanche

Vous pourrez aller à sa rencontre


Le livre : « Code 93 » , d’Olivier Norek . Paru le 09  octobre 2014 aux éditions Pocket . 7.50€ (360 p.) 11X18

4ème de couverture :

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le  » Code 93  » ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison…

 » Un scénario qui tient en haleine jusqu’à la dernière page. Du grand art de polar.  » L’Express

 » On ressort bluffé par ce thriller.  » Le Figaro (Coup de cœur de l’année)

L’auteur : Olivier Norek travaille d’abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d’un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ex-Yougoslavie (1994-95). Il devient ensuite lieutenant de police à la section des enquêtes et recherches du SDPJ 93 ; il est actuellement en disponibilité.
Son livre intitulé Entre deux mondes, remporte l’Étoile du Parisien du meilleur polar 2017 .
Extrait :
 « -T’as une petite mine, Sam. T’as pas l’air dans ton assiette .
-Je t’emmerde , Ronan, je t’emmerde et j’ai la gerbe. Sérieux , Coste , tu sais que j’aime pas ça.Je peux pas aller voir s’il y a de la vidéosurveillance quelque part ou bien me faire l’enquête de voisinnage, chercher des cafés ? Je m’enfous , n’importe quoi … »

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

 

Olivier a été lui-même flic dans le 93 , forcément il y a une grosse part de vérité dans ce livre et c’est encore plus agréable .

La description des lieux , la hiérarchisation dans la police , tout cela semble tellement réaliste qu’il est simple pour le lecteur de s’immerger complètement dans cette histoire .

Victor Coste , l’enquêteur principal , est loin des préjugés hyper connus sur les flics dans les thrillers à savoir dépressif, agressif ,alcoolique mais au contraire il est intègre , sincère, bon ! Un flic pour qui le sens du travail d’équipe a un sens même quand un collègue a merdé ….

Le style est direct , pas de description interminables , on va directement dans le vif su sujet . On enquête point final !

C’est superbement bien écrit , on s’attache aux personnages : enfin surtout à Victor pour ma part ….

L’intrigue tient la route .

On y découvre la vie dans les cités de la région parisienne avec un regard empathique .

Je ne peux en dire plus au risque de dévoiler trop de choses…

Je t’aime de Barbara Abel


Barbara Abel sera avec nous à Saint Maur en Poche les 23 et 24 juin prochain

Allez à sa rencontre, surtout n’hésitez pas

 


Le livre : Je t’aime de Barbara Abel. Paru le 3 mai 2018 chez Belfond dans la collection  Thrillers. 19€50 ; (461 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Après un divorce difficile, Maude rencontre le grand amour en la personne de Simon. Un homme dont la fille, Alice, lui mène hélas une guerre au quotidien. Lorsque Maude découvre l’adolescente en train de fumer du cannabis dans sa chambre, celle-ci la supplie de ne rien dire à son père et jure de ne jamais recommencer. Maude hésite, mais voit là l’occasion de tisser un lien avec elle et d’apaiser les tensions au sein de sa famille recomposée.

Six mois plus tard, Alice fume toujours en cachette et son addiction provoque un accident mortel. Maude devient malgré elle sa complice et fait en sorte que Simon n’apprenne pas qu’elle était au courant. Mais toute à sa crainte de le décevoir, elle est foin d’imaginer les effets destructeurs de son petit mensonge par omission…

Ceci n’est pas exactement une histoire d’amour, même si l’influence qu’il va exercer sur les héros de ce roman est capitale. Autant d’hommes et de femmes dont les routes vont se croiser au gré de leur façon d’aimer parfois, de haïr souvent.

Parce que dans les livres de Barbara Abel, comme dans la vie, rien n’est plus proche de l’amour que la haine…

 

 

L’auteur : Barbara Abel est  née le 3 décembre 1969 à Bruxelles en Belgique
Après avoir suivi à 15 ans des cours de théâtre à l’Académie d’Etterbeek, elle étudie à l’Université Libre de Bruxelles où elle obtient une licence en philologie romane. Elle s’inscrit ensuite à l’École d’interprétation du Passage de Paris, puis exerce pour un temps le métier de comédienne et participe à des spectacles de rue.
À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre, « L’Esquimau qui jardinait », qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.
Elle se lance peu après dans l’écriture, publie quelques textes dans différentes revues et, en 2002, un premier roman policier, « L’Instinct maternel », lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac.
Elle fait ensuite paraître d’autres récits de suspense qui évoquent souvent des milieux familiaux étouffants où germent délits et folie.
Elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique. Elle a collaboré à l’émission « Cinquante Degrés Nord » diffusée sur Arte Belgique et la RTBF.
Son roman « Un bel âge pour mourir » paru en 2003 a été adapté pour France 2 avec Marie-France Pisier et Emilie Dequenne dans les rôles principaux.
S’ensuivent « Duelle » en 2005, « La mort en écho » en 2006, « Illustre inconnu » en 2007, « Le Bonheur sur ordonnance » en 2009, « La brûlure du chocolat  » en 2010, « Derrière la haine » en 2012 (Prix des lycéens de littérature belge 2015), « Après la fin » en 2013, « L’innocence des bourreaux » en 2015 et « Je sais pas » en 2016.
Ses romans sont traduits en allemand, en espagnol et en russe…
Extraits :
« Lorsqu’une mère berce son enfant, elle imagine déjà l’homme qu’il sera plus tard. Une fois adulte, elle ne voit plus en lui que le bébé qu’elle berçait autrefois. »
« Il existe différentes sortes de silence. Certains s’étalent comme des carpettes, plats et immobiles, sur lesquelles on n’a d’autre choix que de marcher sur la pointe des pieds. D’autres sont électriques, saturés de tension, si lourds qu’ils peuvent exploser à tout moment dans un vacarme infernal. D’autres encore flottent à l’insu de tous : ils n’existent que par défaut, profitant d’une absence ou d’un sommeil.
C’est cette sorte de silence qui règne aux aurores à la Boutique. Il s’installe chaque nuit au rez-de-chaussée, à peine dérangé par le tic-tac régulier de l’horloge murale de la cuisine. À l’étage, il partage son territoire avec les ronflements et autres borborygmes des occupants assoupis. Depuis le temps, il s’est fait une raison et plane sur son domaine en patriarche affable et indulgent.
Ce matin pourtant, le calme est aux aguets. Il soupçonne la précarité de son état. Dans la rue, cinq silhouettes accompagnées d’un chien s’approchent de la maison alors que l’aube n’est encore qu’un vague projet. L’obscurité s’attarde au-dehors comme à l’intérieur, elle manipule les ombres à sa guise et se gausse du faisceau lumineux que l’éclairage public étire jusque dans le salon.
Dans la cuisine, l’horloge indique cinq heures cinquante-huit. À l’extérieur, quatre des hommes, ainsi que le chien, rejoignent la porte d’entrée tandis que le cinquième fait le tour par l’arrière et se poste devant la porte du jardin. Ils se déplacent sans bruit, avec une économie de moyens dont la synchronie n’a d’égale que l’efficacité. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Je t’aime de Barbara Abel

C’est l’histoire de quatre femmes et pas que.

C’est l’histoire de trois familles « normales » même si l’une d’entre elles est « recomposée » … et pas que.

C’est comme dans les autres romans de Barbara Abel, l’histoire de vos voisins, de vos amis, de votre famille, qui bascule à cause d’un événement certes imprévisible mais qui aurait pu être évité par tout un chacun, avec un peu plus d’attention portée à son entourage.

Mais bien au-delà de ça, l’auteure nous questionne sur nos réactions potentielles face à des accidents de la vie … qu’auriez-vous fait à leur place ?

A  la place de ces mères meurtries par la disparition de leur raison d’exister ? De ses pères aveugles au désarroi de leurs ados ? De ces flics face aux évidences ? Ha la justice …

« La justice est lente, complexe, elle manque de moyens. À quoi sert-elle, si ce n’est à sortir du cercle vicieux de la vengeance ? Protéger, décider, sanctionner » la devise de Nicole, sa raison de vivre.

Ainsi, avec le brio qu’on lui connaît, Barbara Abel s’attache à manipuler les créatures qu’elle a fait naître, avec beaucoup de malveillance et de torture morale. Quand on connait un peu l’auteure, que l’on sait qu’elle avoue que « manipuler la violence est jouissif, en parlant avant tout de la violence psychologique » on se dit que l’écriture de ce thriller a dû la combler de bonheur ! Oui 2018 est un très bon cru Abel dans la veine de « l’innocence des bourreaux ».