Serial Belle-Fille de Cécile Pellault


La double chronique

Aujourd’hui deux flingueuse se sont penchées sur un premier roman.

Ce matin c’est Maud qui vous parle de sa lecture.

Cet après-midi notre jumelle papotera avec son porte flingue pour savoir ce qu’elle aussi à penser de ce titre.

Allez je vous laisse découvrir l’avis de Maud

serial belle-fille de cécile pellaultLe livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.
Extraits :
« Je ne sais pas si on doit en rire ou en pleurer. C’est une chose de plaisanter sur les supplices en réunion, de nous défouler comme des gamines de nos frustrations de belle-fille à défaut d’aller à la confrontation avec nos belles-mères. Ce sont tout de même les mères de nos maris, concubins, voir concubines et comme on ne peut pas exiger de couper les ponts. »

Les Lectures de Maud :


 N’ayant pourtant pas de belle-mère actuellement, je me suis laissée tenter par cette découverte à la fois de l’auteur et de ce premier livre dont le thème m’avait fait sourire. Et oui qui n’a jamais eu envie d’envoyer sa belle-mère suite à une réflexion sur son travail ? sa maison ? ou ses enfants ?

Une histoire originale de jeunes femmes qui ne supportent plus leur belle-mère respective et qui se regroupent afin de se lâcher à leur sujet. Une ambiance à la fois noire car ce livre relate également les différentes conditions sociale et culturelle des protagonistes. On y retrouve par exemple la femme au foyer, la working girl, la flic, … autant de personnalités différentes mais qui ont un réel point commun.

Chloé, personnage principal, nous relate son quotidien, ses espoirs, sa vie, son association à laquelle elle voue une partie de son temps. Pourtant derrière le côté « vidage de sac » pendant leurs soirées, les fantasmes de vengeance à l’encontre de la mère de leur amour pleuvent. Tout se passe bien jusqu’au moment où l’une d’entre elles va se mettre à réaliser leurs rêves cachés. Chloé et son équipe, prises de remords, vont faire en sorte que les expéditions punitives cessent. Pourtant après avoir souhaités bien des maux à l’encontre de la grand-mère de leurs enfants, elles vont se rendre compte que derrière l’attitude il y a un profond malaise… Jusqu’où ira la vengeance ? Jusqu’aux excuses ?

Dans un style à la fois léger, direct et oral, ponctué d’humour et de sarcasmes, l’auteur met en lumière le ressenti de (sûrement) beaucoup de femmes. De nombreux dialogues rythment ce récit à la fois ludique, très réaliste, émouvant et faisant ressentir un cocktail d’émotions. Les relations humaines, les clichés et la vie de tous les jours sont également à l’honneur.

Je regrette juste l’absence de traduction lors de passages en anglais, ayant des connaissances plus que limitées dans cette langue.

Version lue : Broché

Mention : premier livre

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Enfin (tous) réunis d’Annabelle Léna


Le livre : Enfin (tous) réunis  d’Annabelle Léna. Paru le 21 septembre 2013 aux ed. du Caïman. 12€ ; (254 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le coeur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affrontée son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul. Bien sûr, pour être heureux, il lui suffirait de rassembler les siens…

Mais comment faire ?

 

L’auteur : Annabelle Léna est née le 25 juillet 1979 à Marseille. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et reve durant des heures. Petite, elle veut devenir caissière indépendante mais ne trouva aucun débouche, à Page adulte. À défaut, et après des études bien ennuyeuses, elle devient donc contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculaient dans sa tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâcha alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fit ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Depuis elle a publié 2 romans. « A tort ou à raison » chez Eastern Editions. Et celui ci , Enfin (tous) réunis aux ed. du Caïman.

 

Extrait : « Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.
Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’echangeaient des secrets sur les méthodes d’epilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le coeur du type à terre avait été transperce par un couteau en G-10, c’est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes, le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.
Mais ça, Rognes n’en savait rien…
Et surtout, il s’en foutait. »

Le Post-It de Ge

 

A Marseille le commissaire Rognes enquête sur la mort de plusieurs souteneurs. Une vieille photographie découverte à côté de l’un des cadavres va l’obséder.

Enfin (tous) réunis est son deuxième  roman noir. Le ton y est incisif, les personnages torturés.

Annabelle Léna nous fait vivre la descente au enfer d’un flic torturé, dépressif, sans conteste. Un mec pas forcément sympa, il peut même être carrément odieux. C’est vrai, on lui trouve des excuses, il a perdu sa femme et sa fille, alors depuis il a une obsession. Il cherche à se recréer une famille. Et c’est aussi sans doute pour cela qu’il est attiré par les photos des autres. Peut-être cherche-t-il a ce composer un album digne de la famille qu’il aurait aimé avoir.

Alors on va suivre l’odieux commissaire Rogue dans son enquête marseillaise, à la poursuite d’un tueur en série s’en prenant aux proxénètes . Mais notre policier, il faut le dire ne met guère de cœur à l’ouvrage pour résoudre cette affaire qui secoue de la cité phocéenne.

La cité phocéenne, parlant en, c’est bel et bien le deuxième personnage de ce roman, même si sous la plume de l’auteur la ville est fantasmée voire magnifiée. On l’a découvre tantôt belle et enjouée et d’autres fois, sordide, sale ou encore misérable.

Vous l’aurez compris, Annabelle Lena nous propose un roman noir sans nuance, elle excelle quand elle nous parle et décortique l’âme humaine, quand elle compose ces personnages. Sa plume est alerte et sait se monter parfois ironique et aime jouer avec l’humour. Un humour noir, grinçant, il va sans dire.

Et même si l’intrigue policière passe au second plan, cela me m’a pas gênée dans ma lecture tellement le style et la maîtrise de l’écriture sont au rendez vous. Ce roman, je vous le dis, est une formidable découverte.

Extrait :
Quoi ? Vingt-quatre cadavres de filles dans la salle de bains ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu plus tôt ?
 Heu… non, commissaire. Vingt-quatre passeports…
(…)
Et que ceux, comme Ranc, qui voulaient sa place aillent se faire foutre car vingt-quatre cadavres pouvaient parfaitement s’entasser dans une salle de bains. Découpés en petits morceaux et bien alignés, ça devait tenir. Peut-être en utilisant quelques planches de bois pour éviter l’affaissement de l’édifice. Suffisait simplement d’être organisé, de vider le sang, de se débarrasser des organes spongieux, de réfrigérer la pièce et de s’équiper en formaldéhyde.

Elijah de Noël Boudou


Le livre : Elijah de Noël Boudou. Paru le 27 février 2017 chez Flamant Noir Editions. 19€50 ; (275 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras.

Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres :

Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.

Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ?

C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.
Je suis devenu un monstre. Comme eux.

Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

L’auteur : Noël Boudou-Pergay est né à : Toulouse , le 28 novembre 1974 est nouvelliste et romancier.
Il a travaillé pendant quinze ans au CHU de Limoges. Il travaille aujourd’hui à domicile avec des personnes âgées ou handicapées.
« Elijah », son premier thriller, a été publié en 2017.
Père d’une petite fille, il est également musicien et chanteur.

 

Extrait :
Il y a exactement dix ans, j’avais attendu que mon père soit une fois de plus ivre mort, comme il l’était pratiquement chaque soir. J’avais patienté jusqu’à ce qu’il me tape, me crache dessus, m’insulte un peu, puis me fouette avec la boucle de son gros ceinturon de cuir afin d’être sûr de me faire véritablement mal. Et j’avais fait semblant de crier, de souffrir, de gémir, de le supplier, pendant qu’il finissait de se torcher à coups de longues gorgées de whisky, en renversant la moitié sur sa chemise à carreaux noirs et bleus.
Une fois la bouteille vidée, il me l’avait balancée en pleine poitrine de toutes ses forces. J’avais fait semblant de geindre et de m’écrouler dans l’escalier qui descendait à la cave, puis j’avais rampé jusqu’au meuble au fond de la pièce, sous lequel j’avais caché le couteau à viande aiguisé comme un rasoir. Ensuite, je m’étais allongé en bas des marches en pleurnichant assez fort pour qu’il m’entende. Je savais qu’il en avait horreur.

Le Off de Oph

Elijah de Noël Boudou   chez Flamant Noir Editions.

Avant de vous livrer mon ressenti, qui je précise a été très difficile à rédiger, je tiens à remercier Noël Böudoü et notre goût commun pour Disturbed dont je vous conseille d’écouter le dernier album. Il a accompagné ma lecture mais aussi la rédaction de cette chronique et il se marie particulièrement bien avec ce roman.

Elijah: Chronique d’un chambouleversement!

Elijah, tu es un enfant pas comme les autres. Ta mère est morte sous les coups de ton père. Ton père est mort égorgé par ton frère. On peut dire que tu es né dans le sang, dans tous les sens du terme.
Tu es devenu « le soleil » de ton frère, son unique raison de vivre au point qu’il s’est déshumanisé pour toi:
« Elle m’a demandé quel était mon prénom, alors je lui ai répondu que j’avais eu un prénom, autrefois, mais que je ne m’en servais plus. Qu’elle n’avait qu’à m’appeler « le frère d’Elijah ». »
Tu es devenu son univers. Ce frère qui ,rituellement, t’embrasse
« sur le front. Toujours.
Sur le bout du nez. Toujours.
Sur le menton. Toujours. »
Ce frère qui, quand tu as été enlevé, est devenu fou.

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant… Lui qui a voué sa vie à son jeune frère est devenu ce que son père a fait de lui.

Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.
Les apartés dans la tête d’Elijah apportent une touche supplémentaire d’émotions et permettent de montrer à quel point l’amour entre les deux frères est au-delà de tout.
Les personnages sont poignants et bouleversants dans ce qu’ils ont de beau et monstrueux, écœurants dans ce qu’ils ont de perversion et de violences.
La fin du roman m’a emmené dans les tréfonds de mes émotions et je n’ai pu retenir mes larmes, la douleur me vrillant les tripes.

« Elijah » fait parti de ces romans inclassables qui mériteraient d’être distribués plus largement et d’avoir plus de visibilité tant par la qualité de la plume de son auteur, que par son histoire bouleversante.

Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Elijah, ton frère et toi allez m’accompagner longtemps. En rédigeant ces lignes, mes larmes coulent encore. Vous avez marqué ma vie de lectrice de votre empreinte.

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham


Le livre : Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham. Paru le 10 Septembre 2018 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18€50 ; 280 pages. 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Trois personnages, trois histoires, trois destins qui se télescopent au cours d’une longue cavale infernale et sanglante.

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger…
Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux.
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie…

L’auteur : « Je suis passionné de lecture depuis que je sais lire » confie Cédric Cham qui a grandi à Sorbiers, près de Saint Etienne dans la Loire. Après ses années lycées au lycée Fauriel à Saint Etienne, il fait des études de droit. Maîtrise en poche, il réussit le concours de l’Ecole Nationale de l’Administration pénitentiaire à Agen. Depuis novembre 2008, il est conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation au centre de détention de Roanne.
Passionné de littérature noire mais aussi de cinéma policier, de western, il a découvert le cinéma coréen de Park Chanwook et de Kim Jee-Woon.
Extraits :
« — Comment ça, je reste ici?
Les deux hommes se retournent d’un bloc. Ils n’ont pas entendu Amia approcher. Elle se tient dans l’encadrement de la porte. Vêtue d’un jean et d’un débardeur blanc. Ses cheveux ruissellent encore, collés sur son front et ses joues.
— Angelo te laisse la planque le temps de te retourner, explique Vrinks en la rejoignant. Il verra avec ses contacts s’il peut te trouver un job clean.
— Tu vas me planter là!
— Ce n’est pas contre toi, Amia. Tu sais ce que je dois faire.
Je m’en sortirai mieux seul.
— De la merde… Aie au moins le courage de reconnaître que tu veux te débarrasser de la petite pute!
— C’est mignon, ironise Angelo. Une scène de ménage! Bon, je vais me fumer une tige le temps que vous accordiez vos violons.
Amia est toujours dans l’encadrement de la porte. L’éclat dans son regard suffit à maintenir Vrinks à distance.
— Non, Amia. Il ne s’agit pas de ça. Et tu le sais très bien. Comprends-moi, tu viens tout juste de te sortir de la merde, c’est pas pour y replonger encore plus profond…
— L’excuse bidon! Tu m’as bien baisée… dans tous les sens du terme, sale con.
— Ne recommence pas!
— Quoi! Qu’est-ce que tu veux? Tire-toi. T’attends que ça.
— Tu te plantes, Amia, insiste Vrinks, le regard sombre. J’ai pas envie de te laisser.
— Parce que je signifie quelque chose pour toi?
— Évidemment.
— Cette nuit à l’hôtel…
— Oui.
— Elle a compté pour moi… Ce n’était pas juste une baise.
— Pareil pour moi.
— Alors ne me jette pas…»

Les Lectures de Maud :

Une lecture totalement addictive qui se lit à 100 à l’heure !! Les premières pages donnent le ton, livre dur et oppressant. Ensuite nous respirons au rythme de la fuite d’Amia et de la cavale de Simon. Dès leur rencontre, ils vont s’unir, ayant tous les deux le même but : la vengeance !! Parallèlement, Alice et son équipe mettent tout en œuvre pour retrouver le fugitif… Tout ne va pas se dérouler comme prévu…

Des personnages poignants, attachants, suscitant énormément d’empathie. Le lecteur comprend que Simon souhaite s’évader, voir même il le soutient… On a envie qu’il réalise son plan et retrouver le meurtrier de sa fille. Amia va le soutenir dans quête, tout en reprenant peu à peu confiance en elle, va vouloir assouvir la sienne… Et commencer ensuite une nouvelle vie.

Mais quel puissance ce livre, totalement addictif et très bien écrit. Aucun tabou, du brut à l’état pur, mêlant intrigue, violence et sentiments ; le tout mené avec brio !!! Mon premier livre de l’auteur et sûrement pas le denier !! Je recommande vivement cette lecture !!

Un grand merci à  Delphine Leroy du blog Mes Evasions Livresques pour ce conseil de lecture, même si je lui dois ma courte nuit !!!

Version lue : Broché

Tags : Evasion, prostitution, Paris, grand banditisme, vengeance

Manuel pratique de la haine de Ferréz


Le livre : Manuel pratique de la haine de Ferréz. Traduit du brésilien par Paula Anacaona. Paru le 15 septembre 2009 chez Anacaona Éditions.19€;  (249 p.) ; illustrations en noir et blanc de ; 21 x 15 cm

4e de couv :

Manuel pratique de la haine

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lúcio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait.

Sans perspective de futur, tombés dans l’engrenage cruel de la haine, poussés par une faim ultime, ils tuent, aiment ou meurent dans des proportions démesurées.

La violence, hors de contrôle, explose et s’impose dans cette oeuvre brute.

Écrit par une des voix marginales les plus prometteuses de la fiction urbaine brésilienne contemporaine, le Manuel Pratique de la Haine, roman original, marginal et vertigineux, révèle sans fard la brutalité des favelas de São Paulo.

L’auteur : Ferréz, terroriste littéraire. Fils d’un chauffeur de taxi et d’une domestique, l’écrivain Ferréz, leader communautaire de la favela Capão Redondo à São Paulo confie que la littérature a été pour lui une planche de salut. Pendant sa jeunesse, il enchaîne les petits boulots sans jamais se séparer des livres, même s’il devait parfois perdre des heures dans les transports en commun pour aller à la bibliothèque la plus proche.

En 1997, il auto-édite son premier livre et c’est en 2000 que le roman Capão Pecado – jeu de mots autour de son quartier, Capão Redondo, qui devient le « Capão du péché » – le révèle au grand public. C’est l’explosion, le livre est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires [à ce jour, plus de 100 000 exemplaires vendus]. En 2003, le Manuel pratique de la haine l’installe définitivement parmi les écrivains contemporains brésiliens importants.

Ferréz a créé un nouveau type de littérature, la littérature marginale – faite par les exclus pour les exclus, ceux qui sont en marge du pouvoir central. Entre les nouvelles, les romans, les livres pour enfants, les pièces de théâtre et scripts pour la télé, les bandes-dessinées et les textes de rap, Ferréz fait entendre sous toutes les formes la voix des habitants des grandes périphéries urbaines au Brésil.

Contrairement à de nombreuses célébrités originaires de la favela, Ferrez a décidé, par militantisme, de continuer à y habiter.

Ses romans décrivent le quotidien violent de son quartier. Se basant sur des faits et des personnages réels de sa favela, s’imprégnant des thèmes qu’il combat et avec lesquels il cohabite, Ferréz réfléchit dans son œuvre sur le racisme, la pauvreté, la violence et la solitude de l’homme dans la société de consommation.

Ce qui caractérise le style de Ferrez, c’est son travail impressionnant sur la langue, les mots, les sonorités. En cela, il a donc toujours été proche du mouvement culturel hip hop.

Pour lui, vivre à São Paulo, c’est survivre.

 

Citation :
Il en conclut que la vie est un entonnoir et que seuls passent ceux qui s’adaptent à chaque nouvelle situation

Le post-it de Ge

9782918799009,0-1255528

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lucio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait…

Plongée vertigineuse dans le monde du crime de São Paulo

Ce roman est dur, voire brutal, et présente une galerie de personnages hauts en couleur et tous plus ravagés les uns que les autres.

L’auteur propose un regard sans concession sur la société brésilienne d’aujourd’hui. Le Brésil, un pays où la misère est omniprésente et la violence quotidienne.

Ce livre est loin de la carte postal du Brésil, il nous donne à voire l’envers du décor.

L’écriture de l’auteur et le langage des personnages est celui du ghetto, celui des favelas.

Et dans ces ghetto le seul manuel possible est celui de la survie, nous prévient l’auteur

Un texte âpre, déroutant voire dérangeant.

A découvrir sans attendre

 

Extrait : 
Après tout il s’est toujours dit que le pire n’est pas de ne pas avoir, mais plutôt de savoir qu’on n’aura jamais, plusieurs voitures, certaines avec des autocollants Droit, Odontologie et le nom de l’université en dessous, Régis se sentait tel un héros, il avait compris les règles du capitalisme, amasser du capital à n’importe quel prix, après tout les exemples autour de lui l’inspiraient encore plus, ces ennemis qui se serraient dans les bras au nom de l’argent au Conseil Municipal et à l’Assemblée Législative, ces ennemis qui se serraient dans les bras dans l’émission du dimanche pour célébrer les ventes d’un nouveau CD, les exemples étaient clairs et visibles, il fallait vraiment le vouloir pour ne pas les voir.

Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza


Le livre Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza. Traduit de l’espagnol par Serge Mestreparu. Parue le 03 septembre 2014 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 23,80 €  ; (663 p.) ; 24 x 15 cm

 Réedité en poche le 1er novembre 2017  chez Babel dans la collection Babel Noir.  10,80 € ; (758 p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture : résumé de l’éditeur

«Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudi. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui frit la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence.

La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ? Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudi, aux formes proprement hallucinantes.

Dans une intrigue magistralement tenue jusqu’à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudi plante l’envers du décor d’une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une « Ville des prodiges » terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Une enquête palpitante sur la piste de Gaudí, du symbolisme maçonnique et des expropriations subies par de nombreux habitants de Barcelone sacrifiés sur l’autel de la modernité et du tourisme. La face obscure de “la ville des prodiges”. »

 

L’auteur :  Aro Sáinz de la Maza, né à Barcelone en 1959, est écrivain.
Diplômé de l’Université de Barcelone, il écrit des polars, des essais et est co-auteur de compilations de contes traditionnels. Il a également été éditeur, traducteur et conseiller en narration de plusieurs auteurs.
Son premier roman, Le Bourreau de Gaudi (Actes Sud) a obtenu une mention spéciale du jury du V° prix international RBA du roman noir.        Un deuxième roman Les muselés paru en France en septembre 2016 se situe dans la continuité et toujours à Barcelone.

 

 

Extrait :
« Quel est le bijou le plus apprécié de la ville, celui qui la distingue de toutes les autres ? Gaudí. C’est son principal attrait. Les grands symboles sont aussi les meilleures cibles. Pourriez-vous me dire quel est le plus grand symbole de Barcelone ? Gaudí à nouveau. Vous ne comprenez donc pas que c’est sa cible principale ? »

   

La chronique jubilatoire de Dany

Le bourreau de Gaudi – Aro Sainz de la Maza

 

J’ai choisis ce roman pour son titre et pour Barcelone. Je l’ai lu début janvier 2015, alors que notre pays était sous la torpeur due aux attentats et sans savoir également que les ramblas allaient attirer les intégristes deux années plus tard… cependant, ce polar m’a bien plu malgré son extrême cruauté. On y découvre LA ville et les métamorphoses qu’elle a subies pour accueillir les jeux olympiques de 1992, qui ont, comme pour Pékin, laissé la part belle aux promoteurs, au détriment des habitants spoliés. L’évocation de Gaudi y est très documentée et force le respect. Ca c’est pour le contexte. L’intrigue quant à elle est intéressante, très prenante au début, elle traîne parfois en longueur ensuite, avec une fin un peu précipitée. Les conflits interpersonnels dans la police locale pimentent l’action tout comme les exactions d’un journaliste sans éthique. Pas nécessaire de connaître la ville pour y prendre goût encore que ça ajoute du plaisir à la lecture. Bref, un très bon moment de lecture et d’évasion !

Lu en version numérique. epub 9,99 € (569 pages en numérique)

 

Extraits :
« Beaucoup de noms illustres, de gens avec plusieurs générations respectables derrière eux, se sont laissés séduire par le chant des sirènes et ils voient à présent leur position et leur prestige menacés pour avoir donné leur appui, et peut-être un peu plus, à un escroc. Et puis il y a également les responsables politiques. Et leurs partis. Tout le monde craint que la marée noire de la corruption ne les atteigne. Pour l’instant, tout se maintient dans un calme tendu, mais le mauvais temps approche. »
« La passion et une bonne chose, mais pas lorsqu’elle se transforme en possession. »
« Les mausolées les plus luxueux étaient répartis de chaque côté d’une rue, c’étaient d’authentiques cathédrales miniatures bâties auprès d’humbles niches familiales. […]Une fois de plus, il remarqua la nécessité qu’éprouvaient certains de montrer au monde entier qui ils avaient été de leur vivant et l’argent qu’ils avaient gagné, en construisant leur dernière demeure sans regarder à la dépense. Et cela lui sembla choquant. L’être humain avait besoin de se distinguer, même dans la mort. Il fallait que sa tombe témoignât de sa classe sociale devant le commun des citoyens. »

Les lois de la frontière de Javier Cercas


Le livre : Les lois de la frontière de Javier Cercas. Paru le 08 janvier 2014 chez Actes Sud dans la collection Lettres hispaniques. Traduit de l’espagnol par Beyer, Elisabeth Beyer et  Aleksandar Grujicic. 23€ ;  (345 p.) ; 15×24 cm.

Réédité en poche dans la collection Babel le 2 septembre 2015. 9€70 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur qg, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la “frontière”, au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ? Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.
C’est dans cette ambiguïté qu’excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l’exercice de la liberté.

 L’auteur : Javier Cercas Mena (né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres) est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.
Extrait :
Bref, a conclu l’inspecteur Cuenca, quand j’ai fini de lire le livre, je me suis souvenu d’avoir entendu un jour un professeur dire à la télé qu’un livre est comme un miroir, et que ce n’est pas le lecteur qui lit les livres mais les livres qui lisent le lecteur, et je me suis dit que c’était vrai. Je me suis aussi dit: Putain, les meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie me sont arrivées à cause d’un malentendu, parce qu’un livre horrible m’a plu et que j’ai pris un malfrat pour un héros. L’inspecteur Cuenca s’est tu; puis, sans cesser de me regarder avec une malice infiniment ironique, avec une ironie absolument sérieuse, il a demandé: C’est drôle, non?

 Le post-it du bibliothécaire

Ce roman rassemble tous les ingrédients de l’efficacité et de l’excellence des récits de Javier Cercas : une intrigue tenue avec brio jusqu’à la dernière page, des personnages surprenants, anti-héros de leurs propres vies et miroirs opaques de leurs faiblesses les plus profondes, et ce subtil mélange entre histoire et fiction qui caractérise l’écriture de cet auteur.

A l’époque de la transition démocratique espagnole, nous partons ici en quête de l’identité d’un jeune délinquant, qui de souffre-douleur va devenir malgré lui le pilier d’une relation indéfinissable entre deux personnages à la fois solitaires et inséparables : Zarco, figure impossible de l’amitié, et Tere, figure impossible de l’amour. Ce trio infernal va traverser une série d’épisodes douloureux, porté par son irrésistible propension à la chute.

Ce roman de Javier Cercas fait preuve d’une écriture brillante, parfois incisive, parfois rondement développée, mais qui n’oublie jamais la raison d’être de l’intrigue : l’écriture, la figure même de l’auteur. Le récit est en effet porté par la reconstitution de l’histoire de Zarco par un écrivain. C’est ce double jeu entre l’invention d’une histoire et sa transcription qui rend les personnages de Javier Cercas si réels et si attachants.

Pottsville 1280 habitants – Jim Thompson


Le livre : Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias. Paru le 13 avril 2016 aux éditions Rivages. 8,00 euros ; 270 pages ; 11 x 17 cm.

 4ème de couverture :

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

 

 

L’auteur : Jim Tompson est un écrivain américain, né en 1906 et mort en 1977. Il a écrit 29 romans. Il est considéré aujourd’hui comme une des plus grands écrivains de romans policier, alors que de son vivant il n’était que très peu reconnu. De nombreuse adaptations au cinéma ont été faites de ses livres.

 

Extrait :
-Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t’échapper à un moment gênant.
– Ouais, t’as raison bon sang ! C’est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m’améliorer, bordel de Dieu !
– Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.

 

L’arrêt sur image de Marc …

Pottsville 1280 habitants

Le titre original est « Pop1280 ». Il est sorti pour la première fois en France, sous le titre mystérieux de « 1275 âmes ». Pourquoi ôter 5 habitants à l’édition française ? Le mystère demeure. J’ai bien lu quelques explications, mais aucune ne m’a convaincu du bien-fondé de ce titre. De plus une partie non négligeable des dialogues a été purement et simplement supprimée. Alors quel bonheur quand j’ai su que le livre était réédité avec une traduction intégrale, et en plus avec un titre cohérent.

Pottsville 1280 habitants c’est l’histoire de Nick, le sheriff de cette ville. Sa philosophie, c’est de se tenir loin des ennuis, de ne contredire personne. Précepte qu’il applique aussi bien dans sa ville, qu’à la maison avec l’acariâtre Myra qui lui sert de femme. Cela arrange un peu tout le monde d’avoir quelqu’un comme Nick à ce poste. Les magouilles peuvent continuer tranquillement. Rares sont ceux qui le respecte, nombreux sont ceux qui le prennent pour un nigaud. Mais cet homme masque un coté machiavélique, sans scrupule, et un parfait calculateur. Personne ne va sentir le vent tourner, et ils vont tous payer d’avoir voulu jouer au plus fin avec lui. Ce roman est au sommet du noir, il côtoie les meilleurs du genre. L’humour y tient une grande place, mais c’est le cynisme glaçant qui est le plus marquant.

C’est truculent, je me suis même surpris à un moment de ma lecture à dire à voix haute : « Il est immense ce type… ».

Venez découvrir Jim Thompson avec ce roman, et vous aurez envie de lire d’autres choses de lui à ne pas en douter.

 

Le petit plus de Collectif Polar

 

En 1981 Bertrand Tavernier réalise Coup de torchon,  avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stephane Audran.
Le scénario de Jean Aurenche et Tavernier est tiré du roman de Jim Thompson . Il déplace l’action dans l’Afrique coloniale à la veille de la Seconde Guerre mondial

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

La coupure de Fiona Barton


Le livre : La coupure de Fiona Barton. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Séverine Quelet. Paru le 13septembre 2018 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir. 20.90€  – (476 pages) ; format 21 x14 cm.                                

e-pub par éditions 12/21 : 13.99€  

 

 4ème de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

 

L’auteur :  Fiona Barton est journaliste et formatrice internationale dans les médias. De nationalité britanique, elle est née à Cambridge en 1957.
Elle a notamment écrit pour le Daily Mail (2005-2008), le Daily Telegraph (2002-2005) et a été rédactrice en chef du Mail on Sunday (1990-2002) où elle a d’ailleurs gagné le prix du reporter de l’année.
Fiona Barton est chef de projet à Fojo Media Institute depuis 2011.
Son travail de journaliste lui a permis d’observer les femmes des accusés lors des audiences et donné l’envie d’écrire « La Veuve » (The Widow, 2016), son premier roman, qui connaît un succès fulgurant dans plus de 30 pays.
Elle vit avec son mari près d’Abjat-sur-Bandiat en Dordogne depuis 2013.
son site ; Twitter

 

Extrait :
« À Cambridge, où elle l’avait rencontré, Will était spécial. Un garçon né pour réussir. Plus tard, elle avait plaisanté en racontant à ses collègues que le génie suintait par tous ses pores et qu’elle aurait pu en connaître le goût si elle avait léché sa peau.
–       C’est dégoûtant. Tu es sa servante, alors ? » avait répliqué avec une mine écœurée Erica, la greffière en chef du cabinet Bowen et Bailey.
Erica, elle, ne servait personne. C’était une féministe. C’était même marqué sur un écriteau sur son bureau, « Le sexisme est une maladie sociale », et elle ne ratait jamais une occasion de mettre son point de vue en avant. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

La coupure de Fiona Barton

Tout d’abord nous retrouvons Kate, journaliste qui avait permis dans le premier roman de Fiona Barton, d’élucider l’énigme de l’enlèvement de Bella. Toujours aussi âpre à la tâche, avec ses méthodes border line, elle va aller où la police ne pense pas aller, se mettre en difficulté pour trouver qui est l’enfant dont on a retrouvé le squelette. La narratrice c’est Emma, pleine de problèmes d’adolescence non résolus, on comprendra pourquoi au fil de ces presque 500 pages que l’on tourne avec avidité. Mais comment l’ADN de la petite victime peut-il correspondre à deux suspectes qui ne se connaissent pas ?

Flanquée de son jeune stagiaire, notre journaliste n’hésitera pas à remonter le temps, pour retrouver les potentiels témoins et suspects, avec la bienveillance de la police jusqu’à un certain point …

A une centaine de pages de la fin, quand le lecteur tient toutes les ficelles en main, il n’est pas au bout de ses surprises.

Un roman noir plus que polar, une noirceur bien britannique, plaisante à lire, qui assène quelques vérités sur le temps qui passe.

Lu en version numérique.

 

 Extraits
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«    – Vous allez bien, Kate ? demanda Joe. Vous êtes un peu rouge. 
–       Ça va. C’est qu’il fait chaud ici, s’emporta-t-elle. —
–       Ah d’accord. 
Elle savait ce qu’il pensait. Ménopause. Et par ménopause, comprenez vieille femme irrationnelle qui a passé l’âge. Elle était furieuse qu’il juge son professionnalisme en fonction de son taux d’œstrogènes. Peut-être n’était-il même pas capable d’épeler œstrogène. Mais le sermon devrait attendre. Elle avait du travail. Elle se força à sourire et pensa à des choses rafraîchissantes pour évacuer la sensation de chaleur. Elle avait lu cette technique dans une brochure. Des foutaises sûrement, mais cela valait la peine d’essayer. »
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« Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, Charlie fut infidèle. Tout le temps. C’est le propre du musicien, semble-t-il. Mais cela ne signifiait rien, selon lui. Juste des filles comme ça, des groupies. Jude resta donc, accrochée à lui comme une moule à son rocher.
« Il me fait rire, il me rend heureuse, racontait-elle à ses amies. Il est drôle et je l’aime. »
Et c’était vrai, elle l’aimait. Il était le premier depuis Will à la fac à lui donner le sentiment d’être vivante.
Toutefois, elle ne le présenta pas à ses parents. Elle n’avait aucune envie que leur désapprobation entache son bonheur. Elle les informerait le moment venu, quand elle serait prête. Quand tout serait en place.
Parce que, voyez-vous, sa décision était prise : elle épouserait Charlie, coûte que coûte. Son horloge biologique se rappelait à elle et elle devait veiller à ce qu’il s’engage, c’était tout. »