Derniers jours à Alep – Guillaume Ramezi


Aujourd’hui nous vous parlons d’un premier roman, étonnant, non ! Et pour vous donner envie de le découvrir nous vous proposons une double chronique.

Ce matin c’est Kris, notre chroniqueuse, qui vous offre son petit avis. Ce soir c’est notre Flingueuse en cheffe, Eppy Fanny, qui livrera sa Kronik

Allez belle lecture et bonne double chronique


Le livre : Derniers jours à Alep de Guillaume Ramezi Paru le 18 janvier 2018 chez French pulp éditions dans la collection Espionnage. 18€ ; (319 p.) ; 21 x 14 cm.

En epub à 9€99

4eme de couv


Mathias est un jeune cancérologue émérite. Cancérologue par vocation. Ce mal a emporté son père lorsqu’il était enfant. Seulement quand 25 ans plus tard, il voit apparaître le visage de son père sur une chaîne info, sa vie bascule. D’autant que l’homme est recherché pour terrorisme… Mathias se lance alors dans une traque hasardeuse pour retrouver son géniteur. Il ne peut se douter des dangers qui l’attendent. Il arrive au moment même où cette organisation s’apprête à semer la terreur sur l’Occident, à le mettre à ses pieds… Mathias aura-t-il le courage d’aller jusqu’au bout ? Saura-t-il affronter les secrets qu’il veut percer ?

L’auteur : Guillaume Ramezi
Après un cursus scientifique et avec un diplôme d’ingénieur en poche, une entrée dans le monde littéraire n’était pas forcément une évidence. Pourtant, après une dizaine d’années passées dans l’industrie, Guillaume Ramezi a repris une plume qu’il avait délaissée au sortir de l’adolescence. Ce premier roman était là depuis longtemps, il fallait juste un peu de maturité pour le laisser prendre son envol. À 38 ans, marié et père de deux enfants, cadre dans l’industrie, il malmène aujourd’hui ses personnages depuis sa Vendée d’adoption.
Citation :
« Aujourd’hui, papa est mort. »
«  L’avion se posa à l’heure prévue et quand la porte s’ouvrit, laissant affluer vers ses poumons cet air natal, il ne sut dire parmi les sentiments qui l’assaillaient quel était celui qui prédominait. ».

 

Le petit avis de Kris

Derniers jours à Alep – Guillaume Ramezi

Original – Captivant – Flippant
Pour un premier roman, c’est juste WAOUH !
Ces derniers temps je suis allée de déceptions en déceptions sauf pour 2 « La guerre est une ruse » et « Prodiges et Miracles mais là, carton plein !!

Tout en étant un thriller captivant (Je sais je l’ai déjà dit) ce roman aborde quand même une des grandes inquiétudes de notre temps.

On peut bien sûr, ne pas penser, c’est tellement plus facile, il n’empêche que quand on est au pied du mur …

Bref, je sais que certains diront que c’est d’actualité et patati et patata, que c’est du roman mais combien de fois avons nous dit que la réalité dépassait la fiction. Eh bien là, si vous souhaitez vous distraire tout en restant dans les préoccupations de notre époque, n’hésitez pas ! Tout se tient dans ce récit et Dieu sait si ce n’est pas toujours le cas.

Oui il est question en effet de terrorisme, de cellules dormantes, d’attentats, de virus mais c’est intelligemment écrit et pertinent.

Un coup d’essai qui est un coup de maître, bravo Monsieur Ramezi.

 

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La guerre est une ruse – Frédéric Paulin


Le livre : La guerre est une ruse, Volume 1 de Frédéric Paulin. Paru le 6 septembre 2018 aux Editions Agullo. 22€ ; (384 p.) ; 20 x 14 cm 

4ème de couv 

Algérie, 1992. Après l’annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent… Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre. Alors qu’il assiste à l’interrogatoire musclé d’un terroriste, Tedj apprend l’existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines. En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l’oeuvre des uns ou des autres ? Ou d’une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ? Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste. Tedj parviendra-t-il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l’horreur ne s’invite à Paris ? Avec ce premier tome, Frédéric Paulin plonge le lecteur au coeur de la décennie noire qui ravagea l’Algérie et préfigura une nouvelle ère de terreur inaugurée par les attentats du 11 septembre.

L’auteur : Frédéric Paulin est né en 1972. IL est l’auteur de plusieurs romans noirs historiques et de polars mélangeant critique sociale et chronique policière. Il vit en Bretagne. Il a publié en autre aux Éditions Goater de La Dignité des psychopathes, La Grande peur du petit blanc (Prix du roman Produit en Bretagne 2014) et 600 coups par minute (Prix Les Mots de l’Ouest 2016). Et de La peste soit des mangeurs de viande à la Manufacture de livres
Extrait : 
Ce lien contre nature entre militaires et islamistes engendrera inévitablement le grand bordel. Le grand bordel, comprendre l’importation des problèmes algériens en France.

Le petit avis de Kris

La guerre est une ruse – Frédéric Paulin
Editions Agullo

Algérie, 1992. Les élections remportées par le Front islamique du salut sont annulées et le pouvoir est investi par quelques généraux. Tedj Benlazar, agent de la DGSE, surveille les agissements du Département du renseignement militaire. Il met à jour une machination destinée à exporter le terrorisme à Paris afin d’obliger la France à s’impliquer dans le plan antiterroriste des généraux.

Ce livre est un constat, certes, mais mené tambours battants à la manière d’un thriller. Aussitôt en main, impossible de le poser.

Le début de Daesh et des hostilités ?

On suit le cheminement d’un agent de la DGSE en poste à Alger de 1992 a 1995. Inutile de préciser que les missions ne sont pas de tout repos et à hauts risques. D’autant que sa famille est restée en France et que l’éloignement ne facilite pas les choses.
Quand on est un agent de l’état français au patronyme arabe, on n’est plus loin de la
recherche d’identité, né algérien et faire partie de la DGSE à Alger n’est pas une mince affaire.

Il flaire les unions contre nature qu’il entrevoit autour de lui mais parviendra- t ‘il a en apporter les preuves ?

J’ai quitté à regret Tedj Benlazar, attachant au possible, mais mon petit doigt me dit qu’il en a encore sous le pied.

Le contenant est attirant, certes, mais le contenu le mérite grandement !

Le pouvoir de Naomi Alderman


Attention coup de coeur et chouchou du week end !

Le livre : Le pouvoir de Naomi Alderman.  Traduit de l’anglais par Christine Barbaste.  Paru le 3 janvier 2018.  21€50 ; (393 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.
  4e de couv :
 ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE
POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes
découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ».Du bout des doigts, elles peuvent infliger
une douleur fulgurante – et même la mort.Soudain, les hommes comprennent
qu’ils deviennent le « sexe faible ».Mais jusqu’où iront les femmes
pour imposer ce nouvel ordre ?

« Électrisant ! Choquant ! Décoiffant ! Vous ne regarderez
plus jamais les choses de la même façon… »

  Margaret Atwood, auteur de La Servante écarlate

« Mettre en lumière les travers des humains
et continuer d’éveiller les consciences :
c’est là que réside le pouvoir de ce livre. »
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges

« Une écriture électrique. Un rythme endiablé. Si le pouvoir
change de camp, pour le meilleur comme pour le pire,
ne passez pas à côté : Lisez ce livre ! »
Charlotte Desmousseaux, librairie La vie devant soi, Nantes

 

@Livemint

L’auteure, qui vit entre Londres et New York où elle a travaillé comme scénariste pour des jeux vidéo, s’était fait remarquer par deux romans en France, traduits aux éditions L’Olivier, Désobéissance (2008) et Le Mauvais genre (2011). Fille d’un historien renommé du peuple juif, Naomi Alderman est née en 1974 à Londres et a grandi dans la communauté orthodoxe de Hendon d’Angleterre.

 

 

 

Extrait :
Il ne s’est rien passé de spécial, aujourd’hui. Simplement, chaque jour qui passe, on grandit un peu, chaque jour apporte sa pierre, jamais la même, et de cet amoncellements émerge soudain une possibilité qui n’existait pas auparavant. C’est ainsi qu’une jeune fille devient une femme. Pas à pas, jusqu’à atteindre l’âge adulte.

 

Le post-it de Ge

Présenté comme une « dystopie féministe », The Power, le dernier roman de Naomi Alderman vient de remporter outre-Manche le Bailey’s Women’s Prize 2017 qui récompense une œuvre de fiction écrite par une écrivaine de langue anglaise.

Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Dans le roman d’Alderman, les femmes ont ce pouvoir inédit de tuer les hommes par une simple pression du doigt. Son livre est aussi une réflexion sur la notion même de pouvoir : qui l’a, pourquoi, et une fois que l’on a le pouvoir combien de temps s’écoule avant que ce dernier ne nous corrompe ?

Ici en effet les rapports de pouvoir sont inversés. C’est une jeune fille d’Afrique sub-saharienne qui découvre la première son don. Très vite cette jeune femme qui n’a connu que la condition de soumission, comprend que grâce à ce nouveau pouvoir, elle va pouvoir changer les choses. Surtout qu’elle a aussi le pouvoir de transmettre ce don de vie et de mort à d’autres femmes.

Les rapports de force s’inversent, le concept ici est poussé à son extrême. C’est là tout l’intérêt de ce texte mais c’est pas le seul.

Ce thriller futuriste est le premier roman de science-fiction à remporter un prestigieux et généreux prix littéraire britannique. Aussi aujourd’hui, on peut à raison se demander si « le futur de la science-fiction n’est pas féministe ». ….

Je vous laisse méditer là dessus.

Moi j’ai ma petite idée !

« Tunde élargit son cadre pour intégrer les spectateurs à l’arrière-plan, derrière les baies vitrées du centre commercial, et filmer leurs réactions : on voit des hommes qui cherchent à éloigner de force leur femme des vitres ; et des femmes qui les éconduisent d’un mouvement d’épaule, sans un regard, sans un mot, et qui, paumes écrasées contre les vitres, dévorent le spectacle des yeux. Tunde comprend alors que ce truc va prendre comme une traînée de poudre, embraser la planète tout entière et changer le monde. Plus rien ne sera jamais comme avant et cela le comble d’une telle joie qu’il se met à crier avec les femmes au milieu des flammes. »

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

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Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Oublier nos promesses – Elsa Roch


Le livre :  Oublier nos promesses de Elsa Roch. Paru le 7 février 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ;  (347 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Dans Paris, la nuit, un flic et des vies brisées.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

« Une équipe de flics aux abois, une enquête qui piétine, des gueules cassées, traumatismes de guerre et blessures d’amour… la plume poétique d’Elsa Roch emporte tout sur son passage et nous dépose, exténués, au bord de la folie des hommes »
Michale Corbat, libraire, Espace culturel Leclerc, Belfort

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble

 

Extrait :
« Un salon aux murs blancs, parqueté de bois blond patiné par le temps. Des bibliothèques ouvertes sur trois murs. Un canapé de cuir brun, au centre de la pièce, recouvert de coussins multicolores, face à une imposante malle en bois d’usage qui devait servir de bar à en juger par les bouteilles d’alcool jonchant le sol, à côté de cadavres d’ordinateur et de portable. Et la vision insensée qui les paralysait  : le corps dénudé d’une jeune femme massacrée, recroquevillé dans le coffre. Sur son ventre lacéré semblait s’agripper une petite masse noircie et desséchée. »

 

Le post-it de Ge

J’ai lu le premier roman d’Elsa Roch, Ce qui se dit à la nuit. J’ai aimé ce premier roman à la voix originale et finement maîtrisée. Et puis j’ai zappé et oublié de vous en parler. Heureusement Ophélie a réparé mon erreur. Elle nous en donne son ressenti de Ce qui se dit à la nuit, ICI. En plus elle vous le dit mieux que je ne l’aurai fait, alors….

Mais revenons à notre sujet, quoique nous ne l’ayant pas vraiment quitté, revenons à ce second roman.  , un titre qui somme comme un ultimatum.

Oui, Oublier nos promesses et retournons à Paris durant été 2010. La journaliste Emma Loury est retrouvée sauvagement assassinée. Jérôme Pieaud, son amant, un militaire de carrière n’est pas revenu cabossé de sa dernière mission, non, pire il a totalement perdu pied depuis l’Afghanistan. Aussi fuit-t-il la police dés qu’il apprend le drame, se sachant le coupable idéal. 

Jérôme déjà broyé par les guerres successives qu’il a enduré souffre d’un grave syndrome post-traumatique qui lui embrouille l’esprit et l’a plongé dans l’alcool ! La perte d’Emma le fait basculer dans une sorte de folie sourde. Il n’y a plus rien qui le retienne à la vie ! Aussi veut-il a tout pris connaitre la vérité et venger la mort de son amour perdu.

De son coté le commissaire Marsac se voit confier l’affaire.  (petite parenthèse, quel plaisir de retrouvé Marsac, ce flic tellement attachant qui poursuit sa quête personnelle, celle de comprendre ce qu’il est advenu de sa petite sœur Solène disparue alors qu’ils étaient enfants) Lui aussi est cabossé, usé par la violence qu’il côtoie au quotidien dans son métier.  Aussi va-t-il se plonger dans l’histoire de cette journaliste indépendante et engagée qui se battait contre les violences faites aux les femme. 

Avec sa nouvelle équipe de flic parisienne, il va tout faire pour retrouver lui aussi l’assassin d’Emma avant Piaud? Il va tenter de comprendre cette jeune journaliste d’investigation, elle aussi engagée dans un combat singulier contre les mafias qui gangrène la capital française.

Entre Marsac, Jérôme et le meurtrier une  terrible chasse à l’homme s’engage. Une chasse à l’homme que  va vivre intensément. Elsa Roch va nous emporter avec elle. Elle va nous ouvrir les porte des âmes meurtris, des esprits torturés. Elle qui sonde si bien la personnalité de chacun de ses personnages. Elle qui les a ciselés pour nous. Elle qui connait si bien les ressorts des esprits retords.

On va vivre nous aussi une immersion total dans un Paris insoupçonné, entre les différents trafics qui empoissonnent et emprisonnent les plus faibles et enrichissent les plus pervers. Les plus détraqués et manipulateurs d’entre nous. Et on ressortira de cette course poursuite, éreinté, fourbu totalement groggy. Exténué par la folie des uns qui les poussent à exploiter la faiblesse des autres. 

Bravo madame Elsa Roch, votre écriture m’a submergée d’émotions dingues et de sensations folles. Vous m’avez totalement bluffée une nouvelle fois !

Retenez ce nom amis polardeux : Elsa Roch. A n’en pas douter voici une nouvelle voix du polar français avec laquelle il va falloir compter ! Foi de Porte Flingue

 Voilà une auteure que je passerai bien à la question. Ou mieux qui mériterai une garde à vue afin d’être soumise au feu des questions des flingueuses. A réfléchir …

 

Le vallon des Parques de Sylvain Forge


Le vallon des Parques Vichy 1943 de Sylvain ForgeLe livre : Le vallon des Parques  : Vichy 1943 de Sylvain Forge. Éditeur Toucan + collection Toucan noir / prix broché : 20 € , poche et e-pub : 9€90  / (506p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

Aux portes de la ville, une série de crimes frappe la communauté paysanne de la montagne bourbonnaise. Des vaches sont mutilées, des fillettes retrouvées mortes et amputées. Sanglier sauvage ? Truands profitants du désordre ou aliéné maraudant sur les routes d’Auvergne ? Les autorités se perdent en conjectures.
Pour André Lange, directeur de la Police judiciaire et ancien des Brigades mobiles, l’occasion est toute trouvée de revenir en grâce aux yeux des caciques du nouveau régime. Mais réunir ses anciens inspecteurs, dispersés par la guerre, n’est pas une entreprise facile, surtout quand l’un d’entre eux, d’origine juive, croupit dans un camp d’internement.
Pour les enquêteurs, coincés entre les exigences de l’occupant qui traque les maquis et les intrigues de la Milice, l’enquête est délicate. Heureusement, ils vont pouvoir compter sur Adèle, une jeune femme passionnée et courageuse.
Ils découvrent finalement que les crimes semblent liés à des tablettes anciennes exhumées dans un lieu étrange : « le Vallon des Parques». Un site qui intéresse au plus haut point les nazis…

 

extrait :
« Le siège de l’Ahnenerbe se trouvait à Berlin. La vaste demeure servait d’épicentre à la plus étonnante organisation qu’il lui fut donné de connaître. La Société pour l’étude de l’histoire des idées premières comportait de nombreux départements scientifiques, allant de l’archéologie à l’anthropologie. Elle réunissait des experts venus de toute l’Allemagne. Ces sommités s’employaient à retrouver les croyances, les pratiques et le langage des ancêtres de la race germanique. Un très discret « département R» faisait même de la prospective militaire. Les allées et venues d’officiers de la Luftwaffe rattachés au centre de recherche de l’armée de l’air de Dachau en témoignaient. Toutefois, le conventicule le plus secret de l’Ahnenerbe, dont on disait que ses membres rendaient compte directement à Himmler, concernait les sciences paranormales. La cellule possédait une galerie de bourlingueurs aussi farfelus que passionnés. Leur champ d’études transcendait tous les dogmes du national-socialisme en se basant sur l’analyse des grandes traditions ésotériques. L’objectif était toujours le même: remonter aux sources et démontrer que les grandes civilisations de l’humanité procédaient d’un seul et même tronc commun: la race immémoriale des Aryens “

 

Sylvain-ForgeL’auteur : Sylvain Forge, né en 1971 à Vichy. Après une enfance en Auvergne, des études de droit et un passage à Paris, Sylvain Forge voyage et s’imprègne de multiples ambiances, de l’Afrique du Sud au Canada. Il vit désormais à Nantes.
Un premier roman – resté dans un tiroir – plante en lui les germes d’une passion future pour l’écriture. Durant plusieurs années, il bâtit des scénarios de jeux de rôle qui lui donnent le goût de raconter des histoires. Élaborer une intrigue bien ficelée : voilà son plaisir.

 

La chronique Jubilatoire de Dany

Le vallon des Parques  : Vichy 1943 de Sylvain Forge.

Le vallon des Parques de Sylvain Forge

 

Que de souvenirs ce roman a remis au jour.
Il y a juste vingt ans, nous avions passé avec mon mari, quelques heures avec Emile Fradin le co-découvreur des tablettes d’argile de Glozel, dans son habitation transformée en musée.
La raison de tout cela, ce roman palpitant, au temps de Pétain, où la guerre des polices masquait la guerre tout court et la chasse à la promotion « autorisait » tous les excès. Une énigme autour d’un sérial killer, cannibale au demeurant, proche de Himmler et de ses fantasmes sur les origines de la race aryenne, une enquête menée par des anciens des Brigades du Tigre et Sylvain Forge nous livre là une page peu glorieuse de la France de Vichy, très documentée, au point où l’on peut parfois se demander s’il s’agit de souvenirs vécus. Tout un art de rendre vivant cette époque que même la ville de Vichy aimerait oublier. Beaucoup de sang, de violence mais la guerre n’est pas un long fleuve tranquille.
Cerise sur le gâteau : l’auteur nous a promis une suite pour la fin de cette année ! Alors faites vous plaisir en faisant dès à présent connaissance avec ce vallon des Parques qui aura été pour moi un très bon moment de lecture et de souvenirs.

 

 

guerre, Pétain,  Vichy, résistance, gestapo

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.

Le carnaval des hyènes de Michaël Mention


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9782081347922,0-2643844Le livre :  Le carnaval des hyènes par Michaël Mention. Paru le 8 juillet 2015 chez Ombres Noires. . 17€ ;  (220 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Le carnaval des hyènes

50 % mensonge, 50 % buzz, 100 % audimat

Carl Belmeyer est une figure emblématique du PAF. Présentateur du JT depuis plus de trente ans, il dissimule derrière son sourire une personnalité mégalomane. Manipulateur, il méprise tout le monde, à commencer par son public qui l’adore. Lorsque sa chaîne se retrouve au coeur d’un scandale sans précédent, il est envoyé en Afrique en vue de couvrir une guerre civile. Objectif : redorer l’image de la chaîne pour détourner l’attention des médias concurrents et de l’opinion publique.

Le conflit au Libéria contraint Carl à regarder une réalité qu’il a trop souvent méprisée. Terrorisme, complot, violence… la vie de Belmeyer se joue en coulisses jusqu’au déclin.

mm2L’auteur : Michaël Mention, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Adieu demain. Après Jeudi noir, le carnaval des hyènes est son second roman aux éditions Ombres Noires.

 

 

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Résumé et petit avis de Gisèle.

Carl Belmeyer est un présentateur télé arrogant et manipulateur. Il se drogue et vire ses collaborateurs sans remords. Lorsqu’une candidate de son émission de téléréalité meurt, la chaîne doit rétablir sa réputation de sérieux. Carl est envoyé au Libéria pour retrouver les bases de son métier : reporter de terrain. Mais la DGSE décide de l’utiliser pour approcher un terroriste.

L’histoire commence par une course poursuite aux USA entre un homme recherché par Interpol qui tourne au bain de sang entre policiers…

En France, la star du journal de 20h depuis 30 ans (Un type assez puante je trouve !) va pour redorer le blason de la chaîne où il bosse,  suite au décès d’une participante à une émission de télé réalité, partir couvrir la guerre au Libéria.

Là , dans la réalité d’un conflit armée va-t-il prendre conscience qu’il regardait jusque là  les choses et les gens avec mépris …

Et ! Jusqu’où tout cela va le mener ?…

Tous les ingrédients  d’un bon polar sont là (politique, magouilles en tous genres). Et soutenus par un rythme effréné et  beaucoup de lucidité, Michaël Mention nous donne à lire un suspense que l’on ne va pas avoir envie de lâcher avant la dernière page.

Avertissement : Amoureux du petit écran, il vaut mieux s’abstenir !

 

Lire ICI le début du Carnaval des Hyènes

 

Les sept stigmates de Jean Dardi


 

jdLe livre :  Les sept stigmates de Jean Dardi. Paru le 7 septembre 2016 chez City dans la collection Thriller.18€50 ; (346 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Comment arrêter un tueur qui n’a rien à perdre ?

Paris connaît une vague de crimes sans précédent. Une jeune secrétaire, un imam, un rappeur, un assassin, un voleur…Tous retrouvés égorgés. Aucun lien apparent, si ce n’est ce mystérieux message reçu par chacune des victimes quelques jours avant leur mort.

La psychose s’installe. En haut-lieu on panique, on trépigne, on menace. Au 36 Quai des Orfèvres, en plein mois d’août, il ne reste guère que le commissaire Giovanni Dell’Orso, qui ne batifole pas sur les plages.

En pleine déprime, il hérite donc de cette affaire qui s’avère particulièrement délicate. D’autant que, des bas-fonds de Paris aux arrondissements les plus chics, le tueur franchit progressivement toutes les limites. Y compris celles de sa folie meurtrière…

L’auteur : Après avoir longtemps travaillé dans l’immobilier dans le Sud de la France, Jean Dardi se consacre désormais entièrement à l’écriture. Avec « Les sept stigmates » il signe son premier roman policier, dans un univers à la fois noir et très contemporain.

Extrait : 
C’est le cri persistant sortant de sa gorge qui le réveilla en sursaut. Un cri de panique, inhumain. Les yeux exorbités, il s’appuya à la tête de lit, pantelant, ruisselant d’une sueur malsaine.
Il mit près d’une minute à réaliser qu’il venait une fois de plus de subir le cauchemar atroce qui, inexorablement, le rendait fou.

 

Résumé et  petit avis :

A Paris, depuis quelques mois, cinq meurtres ont été commis sans aucun lien apparent, mis à part que les victimes ont toutes reçu un mystérieux message plusieurs jours avant leur mort. La psychose s’installe face à cette série d’assassinats. Le commissaire du 36, quai des Orfèvres Giovanni Dell’Orso est chargé de l’enquête.

Tout commence à Paris, au mois d’Août quand les parisiens sont en vacances et que les rues de Paris grouillent de touristes. Il fait chaud en cette fin d’été et la moiteur ramollit les corps et les esprit.

Au 36 tout est tranquille, le commissaire  Giovanni Dell’Orso garde les lieux. Toute son équipe est en vacances. Même le directeur à mis les voiles.

Pourtant même au mois d’août, alors que Paris vit au ralenti, le crime lui ne s’arrête pas. Et quand un imam est assassiné dans le 19e, la crim, elle se réveille et Dell Orso sort de sa torpeur.

Nous allons faire connaissance avec ce commissaire de 50 ans pas mal de sa personne, plutôt à l’ancienne, pas très féru des nouvelles technologies et pas très à cheval sur la procédure.

Voilà tout commence comme cela.

Jean Dardi nous propose ici une enquête policière classique et procédurale. Nous allons donc suivre pas à pas les avancées de l’enquête que le groupe Dell Orso va devoir mené tambour battant car mis sous pression par leur hiérarchie et par la presse.

On va découvrir un groupe d’homme et de femme, uni derrière leur chef. Une bande de flics bigarrée qui sous la houlette d’un meneur d’homme tel que Dell Orso arrive à des résultats surprenants.

On va parfois tiquer face aux réflexions de Maurice, le second du groupe. On va parfois sourire face à la bêtise humaine. On ne restera pas indifférent au propos des uns et des autres. Je me suis parfois poser des questions sur les intentions de l’auteur.

Mais ce qui est certain c’est que ce polar, ce premier polar, se lit facilement. L’écriture sobre, le style efficace de Jean Dardi nous entraîne à un rythme soutenu dans cette intrigue drôlement bien ficelée.

On va suivre à la trace un tueur en série pas banal. On va finir par comprendre ses motivations. On va se faire profileur et passé du roman d’enquête au thriller. Car c’est bien aussi un très bon thriller que nous propose l’auteur.

Bref, une lecture forte agréable au final qui n’a pas été sans me rappeler un certain Nicolas Lebel, la subtilité de l’humour en moins. C’est ce tout petit bémol qui fait que ce polar ne sera pas ma lecture préférée de la semaine. Mais Les sept stigmates a tout pour plaire  et plaira au plus grand nombre, foi de Collectif Polar.

Un très bon roman policier avec une galerie de protagonistes que l’on a envie de retrouver très vite.

Alors monsieur Dardi, à quand la deuxième enquête du groupe Dell Orso ?

 

Et pour quelques gigahertz de plus de Ophélie Bruneau


 

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97829192410570-1332726Le livre : Et pour quelques gigahertz de plus de Ophélie Bruneau. Paru le 11 octobre 2011 chez Ad Astra Editions. . 17€ ; (216 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 19 x 12 cm

 

Quatrième de couverture

Un vaisseau proche du cimetière des astronefs…

Un équipage incomplet et hétéroclite…

Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire…

Pour Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, la meilleure solution serait de quitter le secteur avant le début des embrouilles !

Sauf, bien sûr, si les autochtones impliquent de force les Terriens dans leur conflit.

Pris entre deux feux, privés du soutien de la planète-mère, les soldats du Viking joueront à la roulette russe… à leur façon !

Dans l’espace, personne ne vous entendra bluffer.

Avec Et pour quelques gigahertz de plus, space opera mouvementé qui lorgne du côté de Babylon 5 et de Galaxy Quest, Ophélie Bruneau vous promet un bel électrochoc !

img_6891L’auteur : Ophélie Bruneau se décrit volontiers comme hispanomontargo-réunionno-nanto-chti, et encore, c’est pour simplifier. Elle estnée le 9 février 1979 à Gien. Après avoir grandi entre deux hémisphères et survécu à des études d’ingénieur, elle est venue à la littérature par le Donjon de Naheulbeuk et a publié ses premières nouvelles en 2009. Elle vit en banlieue parisienne avec un sosie raté de Sébastien Chabal, un cerisier mégalomane, deux oursons pirates et beaucoup de bibliothèques.
Et pour quelques gigahertz de plus est son premier roman.

 

 

 

Extrait :
« – Le médecin-capitaine Patrick Terre. Il arrive demain ; c’est un joyeux luron, à ce qu’il paraît. En tout
cas, je pars avec les meilleurs a priori du monde.
Intriguée, Artemisia fronça les sourcils.
– Tiens, pourquoi ?
– Le général Daïag le traite d’idiot jusque dans son
dossier officiel. Je n’avais pas vu ça depuis… Tikosh, je
crois. En tout cas, c’est le genre de détail qui me met en
confiance.
– Vous n’avez pas une mention similaire à votre dossier, vous aussi ?
– Ah non !
Serrano se redressa de toute sa hauteur, une lueur de
fierté dans l’œil.
– Moi, Daïag me traite de fou furieux. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, je vous prie ! »

 

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Petits résumé et avis :

L’action de ce space opera débute à la veille d’une guerre interplanétaire. Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, un vaisseau proche du cimetière des astronefs, et son équipage hétéroclite se retrouvent malgré eux impliqués dans le conflit.

Petit éditeur né en 2010, Ad Astra m avait déjà réjouis avec « Les pilleurs d’âme » de Laurent Whale et « Contes de villes et de fusée », une anthologie qui s’inspire très librement de contes classiques pour les transposer dans la société moderne ou dans un avenir lointain. A la fin de chaque récit, l’auteur présente l’oeuvre qui a été ainsi détournée et précise les raisons de son choix. Seize contes sont ainsi proposés, réunissant des écrivains tels que J. Millemann, A. Lencou, C. Bousquet ou encore J. Kaan..  Mais si « Et pour quelques gigahertz de plus » est dans la même veine, il est, a mon goût,  un cran au-dessus.

Ce premier roman emmène un équipage haut en couleurs et attachant au fin fond de la galaxie pour une prise de contact avec des extraterrestres appelés Ruxis. Hélas, ceux-ci sont sur le point de se lancer dans une guerre interplanétaire, et quand l’un des officiers de bord se fait enlever, il ne reste plus au commandant qu’à oublier toute prudence et à appliquer un plan fou.

Histoire rondement menée, humour à tous les étages (mention spéciale aux titres des chapitres), références diverses, ce texte de science-fiction d’aventure ne se prend pas au sérieux, mais propose une lecture de pur divertissement bien menée et bien écrite.

Bref c’est rafraîchissant et enthousiasmant. –  –