Délation sur ordonnance de Bernard Prou


Délation sur ordonnance Bernard ProuLe livre : Délation sur ordonnance de Bernard Prou. Paru le 2 novembre 2017 chez Anne Carrière.18€50; (279 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Délation sur ordonnance

Au cours des années 2010, Oreste Bramard est amené à expertiser la bibliothèque de feu Grégoire Saint-Marly, médecin à Pau, à la demande de la petite-fille et héritière du notable. Un jour, une étrange « ordonnance » s’échappe sous ses yeux d’une édition originale des Beaux Draps, de Céline. C’est une lettre de délation datée du 19 décembre 1942, dénonçant auprès de la préfecture quatre « mauvais Français » et signée : « Grégoire Saint-Marly, ancien combattant de 14-18, père de quatre enfants ».

Oreste comprend alors que la bibliothèque renferme des secrets. Conçue par le médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés lui permettra de reconstituer fidèlement ce qui s’est réellement passé à Pau, durant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Ironie de l’histoire, les enfants Saint-Marly eux-mêmes ont été pris dans la tourmente engendrée par la lettre de dénonciation de leur père.

Communistes, francs-maçons, Juifs, résistants, collaborateurs ou foule des anonymes… Bernard Prou n’omet aucune des factions en présence. Il brosse une fresque animée et jubilatoire de cette période trouble, où chacun s’était déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience.

 

bernard prouL’auteur : Né à Paris, ancien professeur de physique, Bernard Prou est l’auteur de Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant.

 

 

Extrait :
Vous avez lu comme moi, arrêtez-moi si je me trompe ! Si j’ai bien compris le contenu de cette ordonnance, le docteur Saint-Marly, mon grand-père maternel, y dénonce aux autorités de l’époque maître Lepayeur, mon grand-père paternel. C’est ahurissant ! J’ai connu un homme certes un peu renfermé – mais gentil et attentionné. Comment a-t-il pu écrire une lettre pareille ?

Le chouchou du week end

Le post-il de la bibliothécaire

Encore un fois Bernard Prou nous propose un livre bien malicieux. Il part d’un fait divers réel . Une lettre de dénonciation, comme il y a en eu tant malheureusement durant la seconde guerre mondiale. Une lettre qu’il a trouvé alors qu’il fouillait dans une boite de papiers anciens dont il avait fait l’acquisition. Et il brode autour.

Il réinvente la vie des personnages de l’époque, imaginant la vie de ce docteur Grégoire Saint-Marly, Bon père de famille avec ses 4 enfant, bon français puisqu’il a fait la guerre 14. Admirateur de Pétain en bon soldat de la grande guerre. Un français ordinaire quoi !

Il invente aussi la vie de ces pauvres types que ce bon docteur a cru bon de dénoncer aux autorités : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly. Tous de mauvais français, forcément, un gaulliste, un communiste et en plus sans doute résistant, un arriviste forcené, et bien sur un Juif. et comme si cela me suffisait pas, trois d’entre eux sont francs-maçons. Un sacrilège pire un blasphème pour le bon Docteur Saint Marly.

Avec Délectation sur ordonnance, on va suivre aussi le destin des 4 enfants de Saint Marly, Maurice, Laure, Marie et Charles. Chacun d’eux va vivre différemment la guerre et l’occupation. Tous ont la capacité de devenir des salauds ordinaires ou des héros de l’ombre.

Bernard Prou a cette capacité de nous faire éprouver les choses. Éprouver parfois physiquement. Les ressentir jusque dans notre propre corps. Il arrive à nous émouvoir aussi. J’avoue parfois avoir eu la nausée, parfois avoir ressenti de la colère, parfois peut-être même de la haine.

Il explore tous les comportement humain que cette putain de guerre à pu engendrer.

Mais la question que je me suis posée en lisant ces lignes, une question qui m’a un peu hantée il faut bien le dire, cette question qui me taraudait : de quelle coté de la barrière aurais-je été si j’avais vécu à cette époque. Aurai-je eu assez de crans pour entrar en résistance, me serai-je pas plutôt tenu à carreau ou alors n’aurai-je point succombé aux sirène de la facilité voire de l’amour !

Oui quelle française serai-je, une patriote, oui mais quel genre de patriote. Une fonctionnaire qui suit les ordre ou alors qui désobéit.

Aujourd’hui encore je ne sais répondre, alors oui j’ai jugé Saint Marly mais qui suis-je pour le juger et le condamner.

 

 

 

 

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L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin


Le livre : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin. Paru le 2 janvier 2015 chez Robert Laffont.  19€ ; (331 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv

Héros méconnu de la Seconde Guerre mondiale et génie visionnaire – l’inventeur de l’ordinateur, c’est lui –, Alan Turing a révolutionné nos vies. Et il est mort en paria. 
Dans un futur proche. Les transhumanistes ont gagné. L’IA (intelligence artificielle) domine désormais le monde. Mais elle a une obsession : réhabiliter la mémoire de son  » père « , le génial mathématicien anglais Alan Turing. Pour cela, il lui faut établir la preuve qu’il ne s’est pas suicidé, comme l’a toujours prétendu la version officielle, mais qu’il a été assassiné. En quête du moindre indice, elle remonte le fil de sa vie…
En décodant Enigma, la machine de cryptage des forces allemandes, fierté du régime hitlérien sur laquelle les services secrets alliés se cassaient les dents, Alan Turing a largement influé sur le cours de l’histoire. En créant l’ordinateur, il a inventé le futur. Pourtant, ce jeune homosexuel au QI exceptionnel a connu un destin terrible : traité en renégat par sa propre patrie, il est mort d’empoisonnement au cyanure dans des circonstances suspectes en 1954, en pleine guerre froide, peu après avoir accepté la castration chimique pour échapper à la prison. Dans l’Angleterre puritaine et ultraconservatrice de l’après-guerre, influencée par le maccarthysme américain, qui avait intérêt à faire éliminer Turing, l’homme qui en savait trop ?
Entre histoire, espionnage, science et secrets d’État, un  » biopic  » mené comme un thriller où l’on croise Churchill, Eisenhower, Hitler, Truman, Staline, les espions de Cambridge, de Gaulle, et jusqu’à l’ombre inquiétante de John Edgar Hoover.

 

Les auteurs : Médecin, énarque et expert des nouvelles technologies médicales, Laurent Alexandre est l’auteur de La Mort de la mort (JC Lattès). David Angevin est romancier et journaliste, spécialiste des États-Unis et des nouvelles technologies. Auteur de nombreux livres, il a déjà cosigné avec Laurent Alexandre les romans Google Démocratie et Adrian humain 2.0 (Naïve Livres).

 

Extrait : 
Le lieutenant O’Ryan alluma une nouvelle cigarette pour tuer le temps. Il attendait depuis une heure devant la porte d’un colonel des services secrets britanniques. Sa formation était achevée. Il avait subi trois semaines d’entraînement physique avec des centaines d’autres hommes triés sur le volet. On l’avait jaugé, évalué psychologiquement, testé sous toutes les coutures dans un camp militaire isolé au fin fond du Yorkshire. Il avait été jugé apte à rejoindre le MI6, la branche du SIS (Secret Intelligence Service) chargée des activités d’espionnage à l’extérieur du pays. Terminé la surveillance des cocos à la sortie des usines de Liverpool et de Manchester, fini l’interception du courrier, les intrusions chez les particuliers et les interrogatoires de sous-fifres. Dans quelques jours, il serait nommé capitaine, assigné au MI6. John O’Ryan allait voir du pays au service de Sa Majesté.

Mon petit avis :

La vie d’Alan Turing, mathématicien anglais recruté par Churchill pour décoder Enigma, la machine de cryptage des forces hitlériennes. Inventeur de l’ordinateur, précurseur des débats controversés sur l’intelligence artificielle, homosexuel introverti, il va mourir empoisonné dans des circonstances suspectes en 1954.

Ce type a une vie de dingue entre un père absent, une mère qui le couve, le petit Allan fait figure d’OVNI au milieu de ses camarades de classe. Il s’ennuie visiblement en classe, ce qui est certain c’est que ses résultat scolaire sans mauvais. Pourtant visiblement le petit Alan a une excellente mémoire notamment pour les chiffres.

Et puis un jour il tombe sur un livre de science. Et là l’intelligence supérieure de notre héros éclate au grand jour !

La vie d’Alan va changer du tout au tout. Lui l’asocial, le mal aimé, va se dévoilé tout en restant dans l’ombre.

Depuis que j’ai lu ce livre, Alan Turing est un peu plus connu. Un film lui a été consacré, d’autres livre aussi, des biographie notamment !

Mais c’est belle est bien a travers cette fiction que j’ai découvert le personnage.

Et quel personnage.

A la fois agaçant, repoussant, hyper intelligent et parfois pourtant handicapé de la vie. ce qui le rend touchant.

Je pense que si Turing avait vécu aujourd’hui, nous lui aurions découvert un autisme d’Asperger ou syndrome d’Asperger.

Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage.

Le syndrome d’Asperger fait partie des TSA (troubles du spectre autistique).

C’est un désordre du développement d’origine neurobiologique qui concerne plus fréquemment les garçons que les filles et qui affecte essentiellement la manière dons les personnes communiquent et interagissent avec les autres. En effet, ces personnes décodent avec difficulté les situations de la vie quotidienne. Leur corps, leur cerveau et leurs cinq sens reçoivent les informations correctement, mais un défaut d’analyse empêche un traitement de ces données. Il en résulte, pour la personne atteinte, une appréciation confuse de la vie et de l’environnement. Elle a donc besoin d’être guidée dans la complexité de la vie sociale.

En plus de ça Turing était homosexuel. Et dans l’angleterre du début du 20e siècle, l’homosexualité est un crime sévèrement puni !

Bref, notre héros, n’était vraiment pas fait pour vivre à cette époque. Et pourtant il a changé le court de notre vie. Aujourd’hui, il ferait fureur et serait un vrai héros, un super héros !

Bon j’arrête je ne vous en dit pas plus. Je préfère que vous découvriez ce livre. Car ce n’est pas seulement une simple biographie de ce génie méconnu. C’est aussi une belle réflexion sur notre monde et son devenir.

De plus l’écriture est fluide, les chapitres courts. Ils alternent entre les époques et les points de vue des différents personnages. Tout cela se lit avec un plaisir non dissimulé. En plus on apprends des tas de chose.

Bref j’ai adoré et même été bouleversée !

Voilà, maintenant…

L’avenir sera ou pas ! Lumineux ou sombre à nous de décider ou du moins d’ouvrir les yeux et d’être vigilants !

 

Pour en savoir plus voir mes petits articles  sur A vos Crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin

A vos crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin : Chapitre 2

A vos crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin : Chapitre 3

A vos crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin : Chapitre 4

A vos crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin : Chapitre 5

A vos crimes : L’homme qui en savait trop de Laurent Alexandre et David Angevin : Chapitre 6

 

Ah oui tant que je vous tiens.
Un autre livre, un autre roman sur Alan Turing que j’ai adoré :
Indécence manifeste de David Lagercrantz.
Mon petit avis ICI 

Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L’homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l’explication d’un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l’inspecteur Léonard Corell, en charge de l’enquête, s’intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu’il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?
Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d’un homme passé maître dans l’art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l’espionnage, sur lesquels l’auteur de Millenium 4 vient récemment d’offrir une nouvelle et passionnante variation.

Devoir de mémoire de Eric Dupuis 


Chronique de lecteur by Miss Aline

Devoir de mémoire, Eric Dupuis
Éditions Ravet-Anceau.

4e de couv :

 

l'accroche de miss aline

L’accroche de Miss Aline

Une enfilade de rebondissements, faut bien suivre. Les ramifications remontent loin en arrière. L’Histoire d’hier « éclaire » celle d’aujourd’hui.

On retrouve le major Kaczmarek , dont nous avions fait la connaissance dans « aussi noir que le charbon ». Il mène l’enquête avec assiduité, ténacité. Il est un peu empêtré du non moins célèbre Constantini qui visiblement même en retraite ne veut pas le lâcher . On se demande pourquoi.

Dans ce roman on aborde le sujet des femmes humiliées par l’ennemi . En général, on parle peu d’elles sauf pour leur jeter la pierre sans autre forme de procès.
On parle encore moins des « enfants parfaits du III éme Reich « . Ca m’a donné envie d’en apprendre plus sur ce sujet.

On évoque aussi la maladie de Parkinson. Épreuve pour le malade et ses proches .

Au delà de l’intrigue un Livre humain et historique. Le devoir de mémoire doit perdurer, toujours.

BLOCK 46 – Johana Gustawsson


Johana Gustawsson sera avec nous à Saint Maur en poche le week-end prochain.

 

Johana Gustawsson est une auteure française de romans policiers, née en 1978 à Marseille. Johana Gustawsson a écrit une biographie de la comédienne Laetitia Milot, avec qui elle a collaboré à son second thriller On se retrouvera. Elle publie son premier roman policier avec l’éditrice Lilas Seewald en 2015, Block 46. En Mars 2017 parait Mör toujours chez Bragelonne . Elle est diplômée de Sciences Politiques.  Elle a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre. Elle est aussi « Suédoise en herbe » comme elle aime à le dire.
Le livre : Block 46 : une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells de Johana Gustawsson. Paru le 21 octobre 2016 chez Milady dans la collection Milady Thriller.  7€90 ; (461 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couv
Falkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série.
Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.

Extrait :
Les trois lampes torches zèbrent la fosse.
Un rectangle parfait. Un mètre trente de long, cinquante centimètres de large. Du sur-mesure.
Il ramasse la pelle, la charge de terre et en arrose le trou. Une seule pelletée et les jambes sont déjà recouvertes ; on ne voit plus que les orteils. Des orteils doux comme des galets, froids comme des glaçons, qu’il aimerait toucher du bout des doigts.
Doux et froids.
Il jette un nouveau tas de terre humide sur le ventre. Elle se loge à l’orée de la cage thoracique, dans le nombril ; le surplus glisse sur les côtés. Quelques coups de pelle supplémentaires et il aura terminé.
Rapide, dis donc, cette histoire.
Soudain, il lâche la pelle et plaque ses gants boueux contre ses oreilles.
— Tu vas la fermer, oui ?
Il a craché ces mots, les mâchoires scellées par la colère.
— Non, non, non, non ! Arrête de crier. Arrête !
Il s’agenouille à côté de la fosse et colle sa main sur les lèvres blêmes.
— Chut. Chuuuut, j’ai dit…
Il caresse du nez la petite joue glaciale.
— Oui… oui… d’accord… je te la chante, ta chanson. Je vais te chanter Imse Vimse, mais tu te tais. Compris ?
Il se remet debout et secoue son pantalon.
— L’araignée Gypsie monte à la gouttière…
Il attrape la pelle et balance un tas de terre sur le torse. Elle pénètre dans l’entaille béante qui court du menton à la fourchette sternale.
— Tiens, voilà la pluie, Gypsie tombe par terre…
Une pelletée sur le visage. La terre s’étale sur le front, recouvre les cheveux et coule dans les cavités oculaires.

 

Le Résumé et le petit avis de Kris

BLOCK 46 – Johana Gustawsson

Les similitudes observées sur les corps des victimes d’une série de meurtres d’enfants à Londres et sur celui d’une femme assassinée en Suède amènent l’enquêtrice anglaise Emily Roy à collaborer avec le commissaire Bergström en Suède. La poursuite du ou des tueurs les plonge dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et au coeur d’événements vécus en 1944 à Buchenwald.
Réussir la prouesse de mener une enquête se tenant en 2014 et la relier à l’époque bien noire de notre histoire, celle de la 2ème guerre mondiale et ses camps de concentration , Johana l’a fait et bien fait.
Mêlant atrocités de maintenant et d’autrefois avec brio, cette enquête menée par deux protagonistes féminines, l’une profileuse et l’autre auteure spécialisée dans les tueurs en série vous prend dans ses filets et vous offrent quelques surprises de choix.
Gageons que le second opus « MÖR » sera tout aussi captivant.

 

Et pour compléter le petit avis de Kris, vous pouvez aussi retrouver ICI ma petite chronique de Block 46

Et Là, celle de MÖR

Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol


$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Le Livre :Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol. Traduit de l’espagnol par Claude Bleton. Paru le 4 février 2015 chez Actes Sud ; Actes Noirs. 23,80 € ; (595 p.) ; 24 x 15 cm.

Le point de vue des éditeurs

Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu‘un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.

Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite « île aux cannibales » marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.

Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un XXe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

 Extrait : « Pour le monde, nous serons l’oubli. Une goutte au milieu d’un million de gouttes, nous nous fondrons dans cette immensité appelée l’humanité. « 
$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$L’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après des études d’histoire, il a travaillé dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Actes Sud a publié La Tristesse du Samouraï en 2012 et La Maison des chagrins en 2013. Son précédent roman, Toutes les vagues de l’océan, a été élu grand prix de Littérature policière, roman étranger, 2015.

 

La Chronique de Chantal

 

Bonjour !

Alors, pour le 3è volet de l’anniversaire de votre blog, parler d’un polar qui nous a marqué récemment, j’évoquerai Toutes les vagues de l’océan, du désormais fort connu Victor del Arbol.

Voilà un roman que j’avais acheté lors de sa sortie, et mis consciencieusement sur ma PAL.

Très vite, il s’est retrouvé mal placé si l’on peut dire, car « en-dessous », peu ou moins visible … Mais il était toujours dans un coin de ma mémoire de lectrice !

Aussi, en voyant paraître le nouveau roman de l’auteur, me suis-je dit, il est temps de lire le précédent !

Dès le départ, on se prend un grand coup avec l’assassinat d’un enfant. La barre est placée haut, et jamais l’on ne redescendra, tant ce roman est dense, avec ses personnages terriblement présents, au caractère fort, même ceux dont on pense a priori qu’ils ne le sont pas, tel le personnage principal, Gonzalo.

L’histoire familiale de Gonzalo va se dérouler petit à petit, comme un fil d’Ariane, parti du père, et se mêler à ceux d’un grand pan de l’Histoire du XXè S., entre guerre d’Espagne, stalinisme et 2è guerre mondiale, jusqu’à nos jours, où une « Matriochka » menace encore Gonzalo et sa famille par ricochets. 

On rencontre des âmes perdues, des passions mortifères, des violences tant physiques que psychologiques, on découvre les horreurs des bagnes staliniens, la résistance héroïque et parfois inutile de militants convaincus d’être dans la vérité, et puis placés face à des choix impossibles. 

C’est un roman très fort, écrit dans une langue fluide et précise, riche, à la construction habilement tressée, qui nous incite à lire sans s’arrêter, tant l’on veut connaître ce qui étouffe Gonzalo et dont il veut se libérer. Roman d’apprentissage aussi, car, oui, le héros finira par relever la tête, malgré ce qu’il aura appris.

L’auteur évoque avec une grande puissance les tourments de l’être humain, ses passions, ses utopies, ses renoncements inéluctables, mais aussi ses capacités à affronter le mal et s’en sortir. 

Magnifique récit, que je garderai sans doute longtemps en mémoire ! 

 

Germania63

Et pour finir de vous convaincre de lire ce titre,  vous trouverez ICI mon petit avis sur Toutes les vagues de l’océan

La légende de la morte de Yannick Gloaguen


Le livre : Une enquête du commissaire Le Bleiz : La légende de la morte de Yannick Gloaguen.  Paru le 13 novembre 2013 chez Yoran Embanner. 12€ ; (317 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv : La légende de la morte

Kerguennec et son port de pêche autrefois florissant. La vie est devenue plus dure, la jeunesse sombre dans la drogue et le soleil a définitivement déserté la ville.

A la maison de retraite, on découvre le corps brisé d’une nonagénaire. Cette ancienne résistante, et maire de Kerguennec, est tondue. On lui a tracé une croix gammée sur le front.

Le commissaire Le Bleiz, entouré de ses habituels « complices », va enquêter sur un passé décidément bien obscur, mêlant les actions des uns et des autres pendant la Seconde Guerre Mondiale. Du Parti National Breton et le Bezenn Perrot, en passant par la Résistance, les maquis et le camp Margueritte à Rennes, les survivants et parfois les morts ont leur mot à dire, jusqu’à ce que… une vérité éclate.

Un polar où les évènements de la Seconde Guerre mondiale remontent à la surface comme tant de souvenirs oubliés et qui font éclater les bulles, parfois nauséabondes, d’un passé secret.

L’auteur : Né en 1959, Yannick Gloaguen habite le Pays bigouden. Passionné de livres, il écrit depuis plusieurs années pour son plaisir et pour celui de son entourage. Après le succès des deux premiers volets des enquêtes du Commissaire Le Bleiz, il publie ici son troisième roman. Yannick Gloaguen est l’animateur d’un atelier d’écriture pour adultes dans une médiathèque.
Extrait : 
Les oranges sales des lampadaires se reflétaient dans les flaques d’eau noirâtre. Novembre, décembre, les mois noirs étaient loin. Mars s’était pointé avec sa pluie habituelle, mais sans chaleur. Au début de la journée, un disque blanchâtre avait peiné à apparaître derrière de grosses circonvolutions grisâtres. Mais celui-là ne méritait pas de porter le nom de soleil.
Sur le quai, des petits tas de copeaux blancs tombés d’une remorque de la glacière achevaient de fondre dans cet hiver de pacotille finissant.
La halle à marée froide résonnait du frottement des caisses de poissons morts que l’on traînait sur le sol cimenté.

 La Chronique De Virginie

La légende de la morte – Yannick Gloaguen

Comment choisissez-vous un bon livre ?

Je me suis souvent posé la question sur mes critères de choix pour me décider à l´achat d´un roman. J´ai le chemin facile de l´auteur, celui que je connais et qui ne m´a pas encore déçue. Celui de la curiosité, par une couverture qui attire mon attention ou un titre qui me fait déjà imaginer les contours d´une histoire possible. Et puis celui de la raison, dirigé par la lecture d´un résumé qui fait naitre l´envie d´en savoir plus. Et il y a l´achat facile, celui qui réunit tous ces critères. « La légende de la morte » en fait partie. Mais qu´en est-il du subconscient ? De ces petits détails qui relient un roman à votre vie personnelle ?

Le troisième roman policier de Yannick Gloaguen est ce genre d´acquisition qui a touché ses sentiments palpables mais indescriptibles : un arrière-plan de seconde guerre mondiale par une croix nazi qui évoque un « paysage » franco-allemand, encore lourd à porter de nos jours et auquel je fais face au sein de ma chair. Des coulisses bretonnes ou tous les traits de caractères des fiers porteurs du Gwenn ha Du sont évoqués sans faux-semblant. Une nonagénaire dont ma première question non véritablement formulée était de savoir si elle allait devenir une Tati Danielle à l´image de ma grand-mère ou une petite mamie innocente dont j´ai toujours rêvée et dont l´assassinat de fiction arriverait à me peiner. La fascination de ces personnes âgées, riches de souvenirs d´une période de nos livres d´histoires. De souvenirs et de secrets. Secrets à taire ou secrets à faire taire ?

Et voilà les bases d´une intrigue que l´on suit, réconforté par la présence d´un commissaire bourru mais sympathique et de son équipe dévouée. On se laisse porter par les détails qui vous font découvrir les lieux comme si vous y étiez. Une écriture fluide, colorée, olfactive, rugueuse et délicate qui vous emmène sur de faux chemins derrière des personnages déjà condamnés mais innocents ou vous fait marcher à côté d´autres, chaleureux mais trompeurs. Le doigté des croisements de l´auteur vous tient en haleine de page en page. On s´attache, on se détache, on aime et on commence à haïr…et puis on sait mais ça, je le garde ici pour moi.

Un troisième roman exceptionnel qui me fera faire un autre achat facile : le nouveau roman de Yannick Gloaguen « L´ile des enfants perdus »

Ce monde disparu de Dennis Lehane


Collectif polar.JLuc

Ce monde disparu de Dennis Lehane&Le livre : Ce monde disparu de Dennis Lehane, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet. Paru le 28 octobre 2015 chez Rivages dans la collection Rivages-Thriller. 21€;  (347 p.) ; 23 x 16 cm
Ce monde disparu de Dennis Lehane

Réédité en poche le 12 octobre 2016 dans la collection Rivages Noir. 8€90 ; (393 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv : 
En cette année 1943, le monde est en guerre, mais aux États-Unis, la mafia prospère. Après avoir régné sur le trafic d’alcool en Floride pendant la prohibition, Joe Coughlin s’est officiellement retiré et a cédé la direction des affaires à son frère d’armes Dion Bartolo. Un jour, pourtant, il apprend qu’un mystérieux commanditaire a mis sur sa tête un contrat dont l’exécution est prévue pour le mercredi des Cendres. Il sait bien que «le temps ne nous appartient pas, on ne fait que l’emprunter». Il a déjà trompé la mort à plusieurs reprises et ne s’est pas consolé de l’assassinat de son épouse Graciela. Mais il y a son fils Tomas ; il ne peut envisager de le laisser orphelin. Joe n’a que peu de temps pour identifier son ennemi, une tâche complexe dans un monde où les codes de l’honneur sont en train de disparaître…
dennis-lehane-L’auteur : Dennis Lehane est Dennis Lehane, né le 4 août 1965 dans le quartier de Dorchester à Boston. Il est le créateur de la série Kenzie et Gennaro et l’auteur primé de Mystic River et de Shutter Island. Quatre de ses romans ont été adaptés au cinéma par Ben Affleck, Clint Eastwood et Martin Scorsese. À l’apogée de son talent de conteur, il signe un livre mélancolique et subtil, peuplé de fantômes, qui marque la fin d’un monde.
« Ce monde disparu est… plein de suspense, tortueux, parfaitement construit et fourmille d’interrogations éthiques autant que de gangsters. » The New York Times
« Époustouflant, ce duel crépusculaire hante longtemps, comme un générique de fin d’un film de James Gray. » Elle
Extrait :
Avant d’être décimés par leur petite guerre, ils se rassemblèrent pour soutenir la grande. Un an après Pearl Harbor, ils se retrouvèrent tous dans la salle de bal Versailles du Palace Hotel, dans Bayshore Drive, à Tampa, afin de lever des fonds pour les troupes stationnées en Europe. Ce fut une réception raffinée, en smoking et nœud papillon, par une nuit douce et sans nuages.
Six mois plus tard, par une soirée brumeuse au début du mois de mai, l’un des chroniqueurs judiciaires du Tampa Tribune tomberait sur des photographies de l’événement. Il serait alors frappé par le nombre de personnes mentionnées récemment dans la presse locale pour avoir tué, ou été tuées, qui avaient assisté à la collecte de fonds.
Il penserait tenir un sujet ; son rédacteur en chef ne serait pas d’accord. « Mais regardez, bon sang ! dirait le journaliste. Regardez ! Là, au bar, c’est Dion Bartolo avec Rico DiGiacomo. Ici, je suis presque sûr que le petit maigrichon coiffé d’un feutre, c’est Meyer Lansky lui-même. Tenez, le type qui parle à la femme enceinte ? Il a fini à la morgue en mars dernier. Et là, c’est le maire et son épouse en grande conversation avec Joe Coughlin. Et sur celle-là, encore Joe Coughlin, en train d’échanger une poignée de main avec ce gangster nègre, Montooth Dix. Boston Joe, qui a toujours fui l’objectif, s’est fait prendre en photo deux fois pendant la fête… ! Et ce gars, qui fume une cigarette près de la dame en blanc ? Il est mort. Pareil pour celui-ci. Quant au type sur la piste de danse, en veste de smoking blanche, il est dans un fauteuil roulant aujourd’hui. »
Et de conclure : « Ils étaient tous réunis ce soir-là, patron. »

chronique-de-lecteurs

L’avis de Jean Luc

Ce monde disparu

J’ai beaucoup aimé ce roman.
Première raison, l’auteur, à la différence de beaucoup de polars ou thrillers actuels, ne sombre pas dans le gore. Il y a, certes des descriptions crues, mais elles restent réalistes et on ne tombe pas dans la surenchère de l’horreur.
Deuxième raison : Il s’agit d’une histoire de la mafia, en Floride en 1943. On y rencontre des figures légendaires de la mafia et on évolue dans ce milieu avec ses règles et ses interdits.
Denis Lehanne imagine la vie de l’une des éminences grises de la mafia d’origine irlandaise, parmi les barons d’origine Italienne et ses notables corrompus.
L’intrigue peut paraître compliquée, il y a beaucoup de personnages différents, mais grâce à l’ecriture de Denis Lehanne, on parvient à comprendre le fonctionnement de la mafia et ses ramifications. Encore plus intéressant, l’analyse des protagonistes est très détaillée et donne beaucoup de substance à cette histoire.
En lisant ce roman, j’ai eu l’impression d’être projeté dans un mélange des films « il était une fois l’Amérique » et « Casino ».
Enfin dans cette histoire, il y a aussi beaucoup d’humanité, les personnages, même si ils sont amenés à appliquer des lois sans pitié restent proches de nous avec leurs forces et leurs faiblesses. Ce sont, avant tout, des personnages torturés, confrontés à des choix cornéliens.

En résumé, un petit bijoux de Denis Lehane qui nous fait revivre la mafia pendant la deuxième guerre mondiale, un très bon polar,  à découvrir sans hésiter.

 

Citation :
« Joe Coughlin, l’homme d’affaires au passé trouble qui s’était illustré par une grande bienveillance envers sa ville d’adoption, Ybor City, avait rendez-vous ce matin-là avec le lieutenant Matthew Biel, du renseignement naval, dans son bureau de Suarez Sugar. »

Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant de Bernard Prou


BP  Le livre :  Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant de Bernard Prou Paru le 20 mai 2014 chez Brouette Editions . Postface de Fernando Arrabal. 18€ ; (362p) ; 148,5 x 210 mm

BP££Réédité en poche  le 11 mai 2016 par Le Livre de Poche. 7€60 ; (424 p.) ; 18 x 11 cm

Le Résumé du livre par un de mes libraire :

À la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une ultime idylle avec la peintre Lioubov Andréievna Vassilkova. Les tribulations d’Alexis, leur fils irrévélé, le conduisent dans la Russie révolutionnaire. Bientôt le jeune médecin fait partie de l’entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où il est initié à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l’appui occulte d’un chamane yakoute et l’amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et la France de son enfance. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire.

Les aventures d’Alexis Vassilkov, personnage hors du commun que le dramaturge Fernando Arrabal a qualifié de héros strogoffien, épousent les turbulences du XXème siècle jusque bien après-guerre dans un même souffle épique et picaresque. Un livre qui vous emporte dans un tourbillon de sentiments et qui arrive avec une alchimie rare à mélanger ma passion pour la littérature, l’histoire et les grands espaces désertiques de la Sibérie. Maupassant et Tolstoï chez Sylvain Tesson.

Jean-Edgar Casel – La Griffe Noire

BP£L’auteur : Bernard Prou est diplômé à l’Ecole Nationale de Chimie Physique Biologie à Paris (1963-1967) et à l’Université de la Sorbonne Nouvelle : Paris III (1966-1969).
Il a enseigné les mathématiques et la physique à Vincennes et à Alfortville de 1972 à 2005. Marié et père de cinq enfants, il vit à Paris.
Extraits: 
« Sur cette terre de nulle part, sur cette île de naufragés médusés dans un océan de solitude, les corps abdiquaient et les esprits divaguaient, au cours des jours inachevés et des nuits avortées »
« Près du feu, sur un grand poteau sculpté, des chevaux étaient attachés. De ces petits chevaux trapus, sobres et robustes, à l’épaisse fourrure, animal totem des Yakoutes. Ils servaient à la monte, au bât et au trait et fournissaient aussi la nourriture et les vêtements. Centre de leur exsitence matérielle et spirituelle, ils vivaient en troupeaux de plus en plus clairsemés, dont les hommes prenaient le plus grand soin : il en allait de leur survie.
Tuspüt se pencha vers Alexis :
– écoute! Ecoute! répéta-t-il, tu vas entendre les chevaux qui chantent, depuis le pays de nos ancêtres. »

 

Résumé et petit avis :

Que voilà une belle découverte. Mais pourquoi je n’ai pas écouté plutôt mon ami Fredo qui n’en disait que du bien. Peut-être parce que ce n’était pas un polar. Peut-être aussi parce j’avais trop de romans policiers à lire à ce moment là !

Alors je suis passée à coté de la vie inventée du fils caché que Maupassant aurait eu à la fin de sa vie avec la peintre Lioubov Adréievna Vassilkova. Les aventures d’Alexis le conduisent dans la Russie révolutionnaire, où il fait partie de l’entourage de Staline, puis au goulag, où il est initié à la franc-maçonnerie, et enfin en France où il s’engage dans la Résistance.

Mais c’était inévitable, nous étions fait pour nous rencontrer Alexis et moi. Et ça a été encore mieux que ça… Et toujours grâce à mon ami Fredo.

Me voilà partie pour la Griffe Noire comme souvent un lundi, mais là c’est un peu spécial, je dois rejoindre Fredéric Fontes. Il a rendez-vous avec Jean Edgard Cassel, un des patrons de ma librairie. Nous sommes à quelques semaines de Saint Maur en Poche, et Jean et Fredo ont une table ronde à préparer ensemble. Monsieur Fontes, profite de sa venu (et comme les occasions sont rares)  pour passer l’aprem. avec moi ( oui, j’ai de la chance). Je sais qu’on va parler bouquins, entre autre, alors ça me va.

Ce qu’il ne m’avait as dit c’est qu’il avait rendez vous aussi avec Bernard Prou. Et effectivement, très vite je me retrouve comme une petite souris, à écouter ces trois bonhommes parler littérature. Bon, c’est vrai, je n’ai pas été que passive dans la discussion, je ne suis pas vraiment rester qu’ à écouter. Non je ne suis pas une femme potiche…vous me connaissez maintenant ! lol !

Forcément, j’avais l’auteur sous la main et j’étais à la Griffe Noire, je ne pouvais pas repartir sans son livre et une petite dédicace.

Alors nous sommes allés boire un verre ou deux avec Fredo et l’auteur d’Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant. Et là j’ai voulu qu’il me raconte son bouquin, son parcours, la genèse, tout quoi. Et vous savez quoi ? Je suis tombée sous le charme de cet homme. Non seulement il est adorable mais il est passionnant et en plus passionné.

C’était plus un bel après-midi c’était un feu d’artifice.

Bernard Prou est parti, je lui promettais de lire son livre mais pas tout de suite car j’avais encore quelques polars à lire et à chroniquer avant Saint Maur en poche.

Et plus le salon approchait, plus j’avais envie de mettre le nez dans ce bouquin. Déjà le titre, vous avouerez que c’est un appel au voyage. Alors j’ai fait comme d’hab, j’ai lu une bonne cinquantaine de pages pour me faire une première petite idée. Et là j’ai été conquise et je savais que j’y reviendrai très vite.

J’ai revu Bernard Prou le soir de l’inauguration du Festival du livre de poche de Saint Maur. Je lui ai dit tout cela., ça a semblé lui faire plaisir.

Et puis ça a été 48 heures de folie, je n’ai qu’un seul regret, c’est de ne pas être aller voir Bernard sur son stand. Oh, je l’ai aperçu, j’ai même assister à son tête à tête avec Gérard Collard, le dimanche matin. Surtout que dans la nuit du samedi ou dimanche, n’arrivant pas à dormir, j’ai avalé Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant, entre autre. Alors le lendemain matin, je le conseillais à tout le monde. J’avais l’air fine dans le coin polar de renvoyer les lecteurs vers la littérature blanche. Cela fait tellement d’années que je fais le contraire !

Il faut dire que ce roman m’a totalement emportée. C’est de la vraie, de la pure littérature populaire comme je l’aime. C’est un livre avec un souffle épique comme j’aimais en lire adolescente. C’est Michel Strogoff, c’est 2 ans de vacances c’est Jules Verne, C’est Robinson Crusoé, c’est Daniel Defoe. C’est une invitation au voyage, au rêve, à l’imaginaire. C’est une exaltation de l’esprit. C’est irrévérencieux, non conformiste, impertinent et audacieux, j’adore

Et puis quelle formidable idée de raconter cette vie tumultueuse du fils illégitime de Maupassant. Maupassant justement, un de mes auteurs préférés. Une vraie vie dans une vraie fiction. Un mélange savoureux entre réalité historique et inventions littéraires. Une allégorie en somme !

Bernard Prou nous fait traverser la fin du XIXe et le début du XXe siècle.  Il nous plonge dans l’histoire de l’Europe avant l’Europe. Nous parcourons un monde en plein bouleversement. Sillonner une Europe dévastée par des idées totalitaires. Nous allons être des explorateurs de notre histoire passée.  Nous allons devenir un des protagonistes de cette histoire .

Et justement, je ne vous ai même pas parlé de la galerie de personnages qu’il nous propose de rencontrer. Des hommes et quelques femmes de toutes acabits, des hommes fait de chairs et de sang. Du  pire des salauds au héros malgré lui.

Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant c’est un hymne à la vie, à l’amitié, à l’engagement. C’est un plaidoyer au bonheur d’être sur cette terre, d’être dans ce pays qui prône quelques valeurs humanistes, fraternelles pour ne pas dire universelles.

Et ce Bernard Prou quel conteur !

Bon voilà, vous l’aurez compris c’est un putain de coup de coeur.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai ma petite idée…, je sens que mon aventure avec cet auteur ne fais que commencer ! Je ne vois bien l’inviter à venir nous parler de tout cela à ma bibliothèque…

Il faut qu’il nous raconte aussi l’histoire de ce livre, son épopée. Car après le refus de nombreuse maisons d’édition, piqué au vif il a décidé d’éditer son ouvrage lui-même. Aujourd’hui, il en a vendu près de 8 000 exemplaires ! Et je ne parle que du « grand format ».

Un petit apéro polar autour de Bernard et d’Alexis ça vous tente ?

 

Les bouches de Nicolas Feuz


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Les bouches  de  Nicolas Feuz. Paru chez The Bookédition en 2015, 9€99 ; 289 p. ; 11×17 cm

$$$&&&ob_65a613_les-bouchesLes Bouches de Bonifacio. Corse-du-Sud. Détroit maritime international séparant l’Ile de Beauté de la Sardaigne.

Résumé :

Septembre 1943. Hitler projette d’y faire remonter ses troupes en direction de Bastia, suite à la capitulation de l’Italie. Pour contrecarrer les plans du Führer, un petit groupe de résistants oeuvre dans l’ombre de l’Opération Vésuve lancée par de Gaulle, visant la libération de l’île.

Juillet 2015. Un cadavre est retrouvé, flottant au pied des falaises de calcaire blanc. A la place de ses yeux, les gendarmes découvrent d’étranges débris de coquillages. Bientôt, d’autres morts similaires surviennent, contraignant l’adjudant-chef Eric Beaussant, fraîchement revenu sur l’île de son enfance, à affronter les fantômes du passé.

$$$&&&ob_19418L’auteur : Nationalité : Suisse, né à : Neuchâtel , 1971. 

Procureur de la République suisse et auteur de thrillers, Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de la République helvétique. Il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs en 2010.

 

 

Extrait :
Sur l’étroit chemin creusé à même la roche des falaises, à moins de deux mètres des eaux transparentes, la silhouette vêtue de blanc s’était mêlée innocemment à la masse des touristes. A l’aide de jumelles, elle observait la côte à l’est de la cité. Un discret rictus apparut sur ses lèvres lorsqu’elle repéra enfin l’endroit, à mi-chemin en Bonifacio et le cap Pertusato.
Elle avait veillé à donner un faux nom à la réceptionniste, lorsqu’elle avait prévenu la gendarmerie de la présence de ce corps flottant au large des rochers. Elle avait ensuite patienté et assisté à l’arrivée assez rapide des deux premiers hommes.
Le troisième, le grand noiraud qui regardait au large dans les eaux du détroit, devait être le nouveau chef de la brigade de proximité. La presse locale s’en était fait l’écho. Un homme droit, d’une grande expérience. Un adversaire dont elle devait se méfier.

 

L’avis de Marie-Nöelle :

Je me suis laissée transportée par cette sombre histoire qui nous emmène en Corse île chère à mon cœur, par un auteur suisse, pays cher à mon cœur aussi, ça fait beaucoup !

Le ton est donné dès la première page. Deux histoires parallèles qui, on se doute vont finir par se rejoindre.

Ce roman est bien construit et nous oblige à lire les chapitres à grande vitesse avec une issue bien menée.

Je ne suis pas forcément fan d’histoire en général mais à l’issue de ma lecture je suis allée m’informer , ce qui reste positif car ce livre a su attirer mon attention sur le sujet et donc pourquoi pas TOI !?

Par conséquent je vais faire court : je vous souhaite d’obscures vacances en Corse !

 

 

 

 

 

 

L’investigateur de Margarita Khemlin


Mes petites lectures

9782882504036,0-3018774Le livre : L’investigateur  de Margarita Khemlin.Traduit du russe par Bernard Kreise.Paru le 18 février 2016 aux Editions Noir sur blanc.21€ ; (334 p.) ; 23 x 15 cm

 

Quatrième de couverture

« Sache que moins il y a de poissons à l’hameçon, mieux ils tiennent. »

Une nuit de mai 1952, dans une petite ville du nord de l’Ukraine, la belle Lilia est assassinée d’un coup de couteau. Est-ce un règlement de comptes ? Un crime passionnel, un complot antisémite ? Que savent la modiste, le haut fonctionnaire déchu ou la soeur jumelle de la victime ? Dans cette période d’après-guerre, tout le monde a quelque chose à cacher… Le policier Tsoupkoï, figure médiocre et radicalement soviétique, qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l’affaire. À mesure que l’enquête progresse, se dessine le portrait d’une population marquée par les répressions, les privations et les séquelles d’une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de discrimination et d’antisémitisme… Mais l’enquête fera voler en éclats ce consensus hypocrite.

74+78+45L’auteur : Née en 1960 à Tchernigov, en Ukraine, Margarita Khemlin a étudié à l’Institut de littérature Gorki. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages, qui ont été sélectionnés pour les plus grands prix littéraires (Bolchaïa Kniga, Booker prize russe, NOS). Elle revendique l’influence de Tolstoï, Gogol, Agatha Christie et Georges Simenon. L’Investigateur est considéré par la critique russe comme son meilleur roman. C’est le premier traduit en français. Margarita Khemlin est décédée en  octobre 2015 à Moscou.

Mes petites lectures

Résumé et petit avis

En 1952, sous Staline, une femme est assassinée dans une petite ville proche de Tchernigov, en Ukraine. Elle a fait partie de la résistance juive pendant la guerre. Un policier, personnage falot qui est aussi le narrateur du récit, est chargé de l’enquête. Celle-ci va être l’occasion d’un extraordinaire tableau sociologique de la population, marquée par les privations et les séquelles d’une guerre qui a décimé la communauté juive. Dans la « fraternité soviétique » imposée à toutes les couches de la société, on ne parlait pas de ces choses-là. Mais l’enquête fera éclater ce consensus hypocrite et apparaître le mensonge.
Le grand art de Margarita Khemlin, dans ce roman polyphonique, consiste à tenir en haleine son lecteur et à piquer sa curiosité. Chaque personnage semble impliqué dans le meurtre, mais tous se taisent ou ne livrent que des semi-vérités ; ils sont progressivement mis à nu au fil du récit par le policier, figure médiocre et radicalement soviétique, dont la vie personnelle est intimement liée à l’intrigue.

Margarita Khemlin signe un époustouflant roman dans l’URSS répressive et antisémite des années cinquante.

Son  ton et son humour à froid font des ravages.

Un magnifique écriture singulière qui nous transporte dans les méandres de cette société soviétique aseptisée.

Pour lire le début