Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY


Roger J Ellory sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end prochain

Allez le rencontrer


Le livre : Les fantômes de Manhattan de RJ ELLORY. Paru le 7 juin 2018 chez Sonatine- 22€ (464 pages) 16×22 cm

4ème de couverture

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus.
L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais.
Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

 

L’auteur : Robert Jon Ellory est né le 20/06/1965 à Birmingham.
Il n’a jamais connu son père ,sa mère meurt d’une pneumonie foudroyante à 28 ans alors qu’il a à peine 7 ans. Elevé par sa grand-mère à la santé fragile, il est placé à l’orphelinat où il restera jusqu’à ses 16 ans. Il étudie la musique, joue de la trompette, dans le registre classique aussi bien que dans celui du jazz. Il fait des études d’arts, et étudie notamment la photographie. Après un court séjour en prison, il entame une carrière de musicien qu’il abandonnera pour la littérature. Son premier roman est publié après plus de 120 refus. Seul le silence est le premier roman publié en France (Sonatine). R.J. Ellory est lauréat du prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour « Seul le silence » (A Quiet Belief in Angels, 2007).
Aujourd’hui il se consacre pleinement à son écriture et à la musique avec son groupe de blues, « The Whiskey Poets ». Son œuvre, populaire et plebiscitée notamment en France, est fortement ancrée aux États-Unis malgré les origines britanniques d’Ellory.
Les fantômes de Manhattan est le 10 ème roman publié en France.
Extrait
« Il fallait que les choses bougent. Il fallait agir dans ce sens, et elle était suffisamment pragmatique pour comprendre que le pivot de tout changement ne pourrait être qu’elle-même, que pareils changements ne se produisaient qu’à condition d’être provoqués, qu’ils ne pouvaient en aucune manière être le résultat d’une intervention divine. Ils étaient le fruit de la détermination, de l’action, de l’exemple. Les gens changeaient avec vous, ou ils ne vous suivaient pas ».

 

Les p’tits papiers de So

Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY

RJ Ellory a un talent fou, celui de raconter des histoires, celui de raconter l’Histoire.
Les fantômes de Manhattan c’est la rencontre du présent avec le passé, du passé dans le présent.
Les lecteurs habitués de l’auteur pourraient être surpris par ce roman, très différent des précédents. Il est en réalité le second roman écrit par RJ Ellory. De mon point de vue, le choix éditorial de l’éditeur (Sonatine) de publier les livres de RJ Ellory dans le désordre, est une véritable prise de risque, notamment pour cette dernière parution.
Alors bien sûr, nous retrouvons sa griffe, son style (après un premier chapitre plutôt lourd), les sujets qui lui sont chers, mais j’avoue avoir été décontenancée par cette lecture. Je lisais Ellory sans lire Ellory. Il m’a donc fallut avoir une autre approche de lecture, oublier ce que j’avais pu lire et tant aimé précédemment, comme si je découvrais cette plume pour la première fois.
Et quelle jolie découverte. Nous faisons connaissance d’Annie, libraire célibataire, dont la vie semble toute ordinaire, banale, sans saveur. Elle vit (subit ?) sa vie, une journée après l’autre, dans une routine. Chaque journée se ressemble, et pourtant, il lui manque quelque chose. Ce quelque chose, elle va le trouver dans ses rencontres, trois hommes en particulier. Il y a Jack, son voisin et meilleur ami, qui noie ses traumatismes de guerre dans l’alcool, Forrester, vieux monsieur qui lui apporte, sans crier gare les échanges épistolaires de son père et de sa mère, et enfin, David bel inconnu séducteur. Des personnages sensibles, lunaires et solaires à la fois, dont on ne peut se détacher.
Références historiques, quête de soi, sont une fois encore présents dans ce dernier opus, les fantômes de Manhattan vous accompagneront, collés à vos basques, ils vous plongeront avec grandeur dans la lumineuse noirceur.
Mr Ellory, j’ai eu quelques inquiétudes à vous lire, passés quelques chapitres, vous m’avez une nouvelle fois séduite.

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Inavouable – Zygmunt Miloszewski


Zygmunt Miloszewski sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end qui vient.

Alors surtout n’hésitez pas, allez le voir sur son stand


Inavouable - Zygmunt MiloszewskiLe livre : Inavouable de Zygmunt Miloszewski. Traduit du polonais par Kamil Barbarski.Paru le 14 septembre 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 21€90; (593 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture :

Zakopane, chaîne des Tatras, 26 décembre 1944

Un résistant serre contre lui un étui métallique, À ses oreilles résonnent encore les dernières Instructions de l’officier nazi qui lui a confié « le plus grand secret de cette guerre »… Alors qu’il est pris dans une tempête de neige, sa formation d’alpiniste pourrait se révéler cruciale. Non loin de là, dans une auberge, un homme contemple par l’une des fenêtres la même bourrasque déchaînée. Après une ultime hésitation, il croque sa capsule de cyanure.

Une matinée d’automne, de nos jours, à Varsovie

Chef du département de recouvrement de biens culturels rattaché au ministère des Affaires étrangères, le docteur Zofia Lorentz est convoquée par le Premier ministre : le Portrait de jeune homme du peintre Raphaël, tableau le plus précieux jamais perdu et recherché depuis la Seconde Guerre mondiale, vient d’être localisé. Accompagnée d’un marchand d’art cynique, d’un officier des services secrets à la retraite et d’une voleuse légendaire, Zofia s’envole pour New York, étape d’une quête contrariée qui pourrait Inverser la lecture de l’Histoire et la politique internationale moderne…

Extraits :
« Deuxièmement, l’indignation de la planète la faisait doucement rigoler. Elle était d’avis que l’histoire de l’humanité était une histoire de guerres, de bassesses, de cynisme et de cruauté. 
À ceci près que les vainqueurs présentaient leurs crimes sous les traits de l’héroïsme, d’un changement nécessaire et de lutte pour des lendemains qui chantent. 
Un certain temps s’écoulait, les vainqueurs changeaient et l’Histoire changeait également. C’était ainsi depuis des millénaires. Quel ennui !”
« Quelle sorte de chasse ce serait, si la proie se plantait au milieu d’un pré avec un bonnet rouge sur la tête et une pancarte « Visez ici » ? »
« Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. 
Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance.
Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.”

 

Zygmunt-Miloszewski-polar-a-la-polonaiseL’auteur : Zygmunt Miłoszewski est née à Varsovie , le 08 mai 1976.
Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais.
Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire.
Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004.
En 2005, il publie son premier roman d’horreur, « L’Interphone » (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki. La trilogie est composée de « Les impliqués » (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, « Un fond de vérité » (Ziarno prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et « La Rage » (Gniew, 2014).
« Inavouable » (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour « Les impliqués », en 2014.

La chronique jubilatoire de Danièle

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 Cette fois, l’auteur polonais s’échappe de la série du procureur Téodore Szacki pour nous entraîner dans un tout autre style, celui du roman d’aventure à suspense. Un « club » de quatre personnes contraintes de jouer ensemble les Monuments Men pour le Gouvernement polonais, menés par « une » Indiana Jones peu préparée à une telle violence. Un aspect « chorale » qui relie habilement le prologue au dénouement … d’une traque hors du commun, de la Pologne montagnarde aux confins de la Croatie, via une banlieue chic de New York et en Suède, sur la trace de collectionneurs complètement fous ou de spéculateurs sans aucun intérêt pour l’art.
On y apprend beaucoup de choses sur les spoliations d’œuvres d’art opérées par les nazis et des trafics rémunérateurs qui suivirent leur chute, au cours de cette intrigue à tiroirs ô combien captivante. le style est fluide, percutant et pour avoir eu le grand plaisir de discuter (joyeusement) avec eux, je salue une fois de plus la complicité de l’auteur et de son traducteur qui concoure à cette efficacité remarquable.
Très bon moment de lecture et un auteur qui mérite qu’on complète sa lecture.

 

7/13- Jacques Saussey


Vous connaissez la double chroniques chez Collectif Polar

Et bien voilà la triple.

Oui le triple chroniques.

Trois ressentis pour le prix d’un, de quoi vous faire votre propre avis.

Allez c’est parti, Sylvie, Kris et Aline vous en disent plus ci dessous.

Alors prêt(e)s à décoller ?

Ah oui, Jacques Saussey sera le 24 mai prochain sous le feu des Flingueuses

Mais ça on vous en reparlera


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 aux éditions du Toucan dans la collection Toucan Noir. 13€90; (461 p.) ; 20 x 12 cm

4e de couv :

7/13

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin.

Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

 

1898d-jacques2bsausseyL’auteur : Jacques Saussey est né en 1961. Il est l’auteur de plusieurs romans policiers. Il est désormais repéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui montent » dans le polar.

 

 

 

 

 

Extrait :
4 décembre 1944
 L’homme chaussa ses lunettes et écarta les rideaux d’un geste résigné. La lumière grise qui filtrait au travers du tissu l’avait déjà renseigné. Comme la veille, le temps était bas, voilé d’une brume épaisse couleur de neige sale. Dans la rue, devant la façade imposante du Mount Royal Hotel, un camion militaire passa au ralenti, casques et canons de fusils coincés contre les vitres embuées. Avec la proximité des fêtes de Noël, des soldats plus chanceux que les autres rentraient chez eux pour quelques jours durement arrachés au combat.
Il alluma la TSF et s’étira dans son uniforme qui commençait à être trop large pour lui, conscient qu’il allait devoir attendre encore une journée de plus avant de pouvoir traverser la Manche. La tempête qui s’était abattue sur l’Angleterre ces derniers jours avait eu raison de tous les vols militaires prévus pour la France.
Sur les ondes crachotantes de la BBC, le trombone s’envola en un chapelet de notes marquées d’une infinie mélancolie, parfaitement en harmonie avec son humeur maussade du matin. Bientôt, un autre morceau, plus guilleret et entraînant, éclata dans le silence de la chambre.
Don’t sit under an appletree…
Il sourit. Il fallait vraiment être un crétin, depuis la révélation de Newton, pour s’asseoir sous un pommier. Surtout en automne.
Puis le sourire mourut sur ses lèvres. Il ressentait l’urgence jusqu’au plus profond de lui-même. Haynes n’allait pas être content. Il l’avait appelé la veille. L’hôtel était réservé depuis plusieurs jours. Les gars attendaient ce moment-là de pied ferme. Et le pire, c’est qu’ils l’avaient bien mérité.
C’était à lui de les précéder. Il ne devait pas les décevoir.
Sa réputation même était en jeu.

 

Le billet de Sylvie K

 

Dernier Jacques Saussey 7/13 : bon j’ai été agacée de l’histoire parallèle à celle de l’enquête Je m’explique; deux histoires se croisent entre présent et passé. On se demande bien non pas quel est le rapport -par ce que l’on sait qu’il y en aura un- mais quand MOI lectrice je vais le saisir ? Au fil des pages je guette et mémorise chaque indice, je mène l’enquête en suivant le mystère de cet avion. Et et je commence à deviner à partir de Julia Roberts…. Entre l’histoire d’un aviateur qui ne sait s’il doit voler en 1944 et le meurtre horrible d’une femme journaliste d’un journal local quel est le lien? On retrouve Daniel Magne chargé de l’enquête qui est encore le corps et le cœur dans la précédente. Sa compagne porte en elle aussi les séquelles de cette dernière enquête et devra surmonter ses douleurs. Y arrivera t-elle ?
De plus Daniel est affublé d’un duo de flic Saussiens comparé à Laurel et Hardy qui amènent une touche d’imprévu et quelques sourires. Une maîtrise de l’histoire et de la recherche de la part de l’auteur pour cet audacieux mélange qui imbrique une histoire passée et peut être non résolue dans un présent plein de doute et d’interrogations dans notre monde où nous devons tous cohabiter les uns avec les autres. Vous n’avez pas tout compris Lisez et soyez patients la fin du livre délivrera le secret du 7/13!

Extrait 2
14 mars 2015
 Quand Picaud m’a dit que c’était moche, il était encore loin de la vérité. Je pense qu’il a simplement répété ce que les hommes de l’IJ lui en avaient laissé filtrer. Nous pénétrons dans le salon et je me colle brusquement la moitié du reste de pommade sous les narines. Le commandant attrape la boîte et m’imite avec précipitation. Torrentin lui-même plisse le nez comme s’il décelait un vague fumet nauséabond. Ce que doit endurer ce type à longueur d’année est inimaginable.
Nous nous arrêtons à la limite de la flaque d’un rouge quasi noir où quelques empreintes ont marqué le passage des scientifiques au cours de leur travail d’investigation. Lorsque mes yeux saisissent enfin le spectacle qui s’offre à moi, le sang se met à bourdonner bizarrement dans mes oreilles. Dans mon estomac, une vague se soulève et menace de prendre l’inverse du chemin habituel.
La voix tranquille de Torrentin s’élève au-dessus du carnage. Pendant qu’il parle, je pose les yeux sur l’abdomen écartelé de couleur verdâtre et j’essaie de ne plus penser à rien.

 

Le petit avis de Kris

7/13 – Jacques Saussey

On se couche toujours moins sot après avoir lu un Jacques Saussey ! Déjà avec  » le Loup peint » , on apprenait pas mal de choses, là c’est encore plus recherché !

Cette période tourmentée de la guerre 39/45 a décidément connu bien des épisodes sombres.L’auteur a parfaitement mené son intrigue policière qui se tient en 2015 en la reliant finement a ces faits se déroulant en 1944 et jusqu’au bout il nous balade allègrement et je dirais même que ce devait être jubilatoire pour lui !!Des faits qui, pour moi, m’étaient inconnus et qui m’ont poussé à rechercher moi aussi des réponses.Bien vu, divertissant et intéressant

 

Extrait :
« Adossé à la fenêtre, il ferma les yeux un instant, imagina le contact du métal sous ses doigts, sur ses lèvres, sur sa joue. Les bras soudés en attendant la première explosion. C’était chaque fois pareil. La même jouissance, la même intensité. Comment un homme pouvait-il se passer de ça ? Une fois qu’on y a touché, c’est pour la vie. Une drogue dure. Une petite mort dès que vous retenez votre souffle devant la cible immobile devant vous. »

 

 L’accroche du Miss Aline

 

Tour à tour en 1944 et en 2015, voyage spatio-temporel que ce roman 7/13. Le lien entre ces deux périodes n’est pas clair,  tout comme la signification de 7/13. Pour comprendre il va falloir suivre cet officier américain qui galère pour trouver un avion que le brouillard cloue au sol. On va suivre également le capitaine Magne dans cette villa où un corps de femme non identifiable et mutilé est retrouvé.

Les heures, les jours passent, peu probable que l’officier américain  parvienne en France.

Les heures, les jours passent, c’est l’hécatombe côté meurtres pour Magne.

Magne va avancer lentement, laborieusement dans son enquête. On va lui envoyer des renforts : les agents Benoît et Richard ! Lisa aussi  va (ré)intégrer l’équipe après une douloureuse épreuve. Avancer pour oublier ? Avancer pour se reconstruire ? Magne est conscient que son épouse est fragile. Va-t-elle tenir le coup ?

Le brouillard n’en fini pas de se dissiper pourtant  l’officier décolle. Va-t-il atterrir ?

Le brouillard total dans une enquête qui va conduire Magne et son équipe près de migrants voulant rallier l’Angleterre.

A la fois historique et d’actualité ce roman intrigue. Comment on en vient à lier l’Histoire et un polar ? Coup de maître et certainement un gros boulot de recherche.

 La balade se fait tranquillement  dans cet espace temps. Tu apprends sur hier et tu es intrigué par aujourd’hui. Qui va s’en sortir ? Quel est lien entre un officier américain et une femme sauvagement assassinée aujourd’hui ? Et grande question : que signifie 7/13 ? Il va vous falloir plonger dans l’univers de Monsieur Saussey pour le découvrir. Bonne lecture !

La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug


Le livre : La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug. Paru le 14 mars 2012 aux Editions Calmann-Lévy.  15€ ; (200 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche chez Le livre de Poche le 29 janvier 2014.   6€10 ; (158 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n’a oublié l’annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet… Pour Rosy, dix ans, la vie n’est pas drôle tous les jours.

Quand, en 1940, Hitler s’empare de la Moselle, leurs conditions de vie s’améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d’araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu’elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.

 

L’auteur : Nathalie Hug est né  en 1070 et a veçu dans l’est de la France. Elle a écrit plusieurs livres avec Jérôme Camut. La Demoiselle des tic-tac, son deuxième roman solo, confirme le talent d’un auteur qui nous avait bouleversés avec son conte moderne, L’Enfant-rien.

 

Extrait : 
Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le coeur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n’est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure : nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever.

La Kronik d’Eppy Fanny

La Demoiselle des tic-tac De Nathalie Hug Editions Calmann-Lévy

Ce second roman de Nathalie nous entraîne dans le département de la Moselle, département meurtri, tantôt Allemand, tantôt Français, où l’annexion de 1871 a laissé des traces.

Il ne fait pas bon y être Allemand dans cette Lorraine qui n’oublie pas.

Cette histoire est celle de Rosy et de sa mère. Elles ont dû quitter l’Allemagne en 1937 pour s’installer dans ce village de Moselle au sein de la famille du père de Rosy. Village et famille ne veulent pas d’elles. Sauf peut-être l’oncle Edy.

L’intégration ne se fait pas.

Mutti la mère de Rosy vénère Hitler et a pour bréviaire Mein Kampf. Rosy a été éduquée aux Jungmädel et à la BDM (Bund Deutscher Mädel – Équivalent des Jeunesses Hitlériennes pour les filles).

En 1940 leur sort s’améliore lorsque les armées Hitlériennes s’emparent de la Moselle. Mais, dès 1944, les alliés pilonnent la région et elles doivent se terrer dans cette cave qui devient leur univers.

Le roman décrit tous les travers humains : les mensonges, les secrets de famille et leurs dégâts sur les enfants.

Les comportements humains engendrés par la peur, sentiment qui favorise si bien la haine.

Ces comportements nous questionnent sur la façon dont nous nous serions comportés dans cette époque troublée et ces circonstances.

Rosy, seule, dans cet espace réduit, repasse dans sa tête les diverses périodes de sa courte existence, les bons comme les mauvais, avec pour seule compagne sa poule « Cosette », de maigres provisions et ces fameuses tic-tac qui la terrorisent.

Des lettres trouvées et certains mensonges volent en éclat.

Puis vient l’acceptation, le renoncement, et enfin, la peur s’envole.

Rosy – Page 53 (extrait)

« Quelque part à côté de moi, une tic-tac tressaille dans le jeu d’ombre et de lumière. Je pousse un cri, les doigts suspendus au-dessus de mon clavier de fortune. Hypnotisée par le monstre, je regarde ses longues pattes s’agiter en tous sens, son corps oblong et sa tête minuscule. Des frissons de dégoût picotent ma nuque. »

Un récit bouleversant de justesse comme la plume de Nathalie sait si bien nous offrir.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette Demoiselle des tic-tac et toutes les émotions que son récit nous offre.

Nathalie, je te remercie de l’émotion supplémentaire que tu m’as procurée à la lecture de ta dédicace pour ton grand-père Eddy. Elle m’a renvoyé au mien…

Je te souhaite de trouver, lorsqu’il sera l’heure, un magnifique jardin au 32, rue du Soleil.

Fausse note de Guy Rechenmann


Le livre : Fausse note : une nouvelle enquête d’Anselme Viloc de Guy Rechenmann. Paru le 27 avril 2015 chez les éditions Vents salés / collection Azur. 19€50 ; (269 p.) ; 21 x 15 cm.

4ème de couverture :

Printemps 1992, promotion oblige, Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Spécialisé dans les causes perdues, il reçoit, le matin du 16 avril un témoignage à la fois loufoque et émouvant d’un père à la dérive concernant sa fille Pauline disparue depuis presque une année.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
La partie ne sera pas facile pour Anselme, le « Flic de papier », les indices lointains et rares, et les nouveaux personnages rencontrés pas ou peu coopératifs. Tout au long du roman, le bassin n’est jamais loin, magnétique et apaisant. Depuis sa terrasse, celle de la cabane de pêcheur qu’il occupe au Canon face à l’île aux oiseaux, il se plaît à réfléchir au gré des marées y trouvant calme et inspiration. Une période dramatique de l’Histoire, convoquée entre les pérégrinations hésitantes de l’enquête, rend le récit d’autant plus énigmatique.

 

L’auteur : Guy Rechenmann est né le 17 août 1950. Ecrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann avoue être un rêveur et un poète. Le hasard, il n’y croit pas beaucoup préférant parler de coïncidences, son thème de prédilection… Il attendra 2008 pour publier un recueil de poésies et de nouvelles « La Vague » éditions Ecri’mages suivi de cinq romans « Des fourmis dans les doigts » éd. L’Harmattan et « Le Choix de Victor » éd.Vents Salés où se mêlent suspense, poésie et onirisme…
Avec « Flic de Papier », « Fausse Note » et « A la Place de l’Autre » ses derniers romans aux éditions Vents Salés, il revisite le genre policier d’une façon nouvelle et inattendue grâce au même personnage Anselme Viloc, un flic atypique et obstiné..
Guy Rechenmann écrit ses romans au Cap-Ferret.

 

Extraits :
Lily … «  Est-ce que tu crois que l’homme est prédestiné pour le crime ou exprimé d’une autre manière, existe-t-il un gène du criminel ? Ou alors est-ce que tu crois que ce sont les circonstances qui font de certains des criminels ? Attention, je ne te parle pas des crimes passionnels, biens explicables à défaut d’être compréhensibles. Non, je te parle des actes de sang froid, élaborés, pensés, construits à des fins destructrices. Et en seconde question, est-ce que tu crois que l’intelligence est un rempart à cet instinct de folie, en gros existe-t-il une morale ?
Elle me prend pour Schopenhauer la petite, je mets mes trois idées en ordre, souffle un bon coup  et me lance :
-Je ne suis pas payé pour philosopher, Lily, mais pour retrouver des braves gens. »

La chronique jubilatoire de Dany

Fausse note de Guy Rechenmann

Une construction originale pour cette deuxième aventure d’Anselme Viloc. En effet, écrit en 2015 (comme Johana Gustawsson « Block 46 » en 2016, Nicolas Lebel avec « de cauchemar et de feu » en 2017 et Jacques Saussey « 7/13 » en 2018) l’auteur déroule en parallèle à l’intrigue principale, un récit historique dont le lecteur se doute qu’il sera une clef essentielle à la résolution finale.

Début 1992, Anselme, flic bordelais amoureux du bassin qu’il nous fait visiter, doit enquêter à partir d’un rêve, sans mobile et sans corps … y a-t-il vraiment eu crime ? Il rencontre des difficultés du fait que les notables locaux ne sont pas prêts à dévoiler leurs secrets. Il décide de s’investir d’avantage quand son adjoint se retrouve en danger en se faisant aider par Lily (11ans) surdouée et …future flic à n’en pas douter !

Touchant car la fin inattendue où le présent est rattrapé par la grande histoire,  rend les personnages les plus sombres, plutôt sympathiques.

Attention  ce titre, Fausse note, se fait rare !

Mais « Même le scorpion pleure », la quatrième aventure d’Anselme est sorti en librairie il y a quelques jours et nous devrions vous en reparler bientôt .

 

7/13 de Jacques Saussey


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 chez  Toucan dans la collection Toucan noir. 13.2 € – e-book : 9.99 € ; (464 p.) ;  20 x 12 cm

 4ème de couverture :

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue
parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les
lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus
reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification
s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de
l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour
rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses
hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition
inattendue va faire basculer son destin.
Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères
les plus stupéfiants qu’ils n’aient jamais rencontrés.

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961.
Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique« , en 2007).
« La Mante Sauvage » est son premier polar. Son deuxième thriller « De Sinistre Mémoire » est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs. Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société. Il a pratiqué le tir à l’arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92. Il vit dans l’Yonne.

le blog de l’auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/

Extrait :
« Fred s’était arrêté sur le tout dernier article qu’elle avait publié. Il s’agissait d’un long plaidoyer à propos des hordes de migrants qui continuaient à s’agglutiner aux portes de l’Angleterre, près de Calais, dans des conditions d’hygiène et de survie d’une hallucinante précarité. Ils étaient de plus en plus nombreux chaque jour qui s’écoulait, comme si un barrage humain s’était rompu quelque part en amont, dans un monde inconnu de l’Occident. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Avec la participation inattendue d’Olivier Norek présentement préfacier …

Dans la série Magne- Heslin, je prends le 7ème et j’essaye de ne pas spolier ! Je peux d’abord dire que j’ai aimé tout en trouvant l’intrigue plus complexe à suivre que dans le précédent opus.

Deux temporalités se déroulent parallèlement, ça l’auteur l’a déjà fait notamment dans « la pieuvre » mais cette fois il nous fait d’avantage penser à Nicolas Lebel et à la construction de son roman « De cauchemar et de feu ». En effet une enquête au premier plan nous permets de renouer avec le couple Magne-Heslin que nous avions quittés dans « Ne prononcez jamais leurs noms » bien mal en point, va percuter une énigme non résolue de la dernière guerre mondiale. Une série de meurtres pousse nos enquêteurs dans l’arrière pays Boulonnais pollué, au contact avec des immigrés. Certes il semble qu’après l’ »Entre deux mondes » d’Olivier Norek et le « Fantazmë » de Niko Tackian, le sujet de l’incapacité à répondre dignement aux problèmes de l’immigration clandestine occupe nos auteurs. C’est que le thriller-polar est un incroyable vecteur de réflexion pour les sujets de société et les lecteurs ne s’y trompent pas en plébiscitant leurs auteurs.

Jacques Saussey nous tient en haleine avec cette enquête complexe, je l’ai déjà dit, à tiroirs, menée par les rescapés de l’équipe de la criminelle dirigée par Daniel Magne à laquelle les renforts, sous forme du duo improbable rencontré dans « le loup peint » (non pas Dupont et Dupond mais M et M), apportent une loufoquerie bienvenue et rafraîchissante. Il faudra attendre d’être au-delà des ¾ du roman pour comprendre la signification du titre … Non ça n’est pas la tension artérielle de Lisa ni le numéro du modèle du coucou volant de la couverture … lisez et vous trouverez !

Passionnant, instructif, bien écrit … tout pour plaire ce 7/13, qui n’est pas non plus la note attribuée à ce thriller qui mérite bien plus !

« Il y a chez cet auteur, une générosité et une bienveillance que l’on retrouve au fil des pages. Pas de risettes gratuites, d’amitiés de façade, Jacques est un sincère. Et bien malheureux celui qui s’en prendra à ceux qu’il aime. Un peu comme ses flics, pour qui l’équipe est une famille. D’ailleurs, chacun de ses personnages est une partie du complexe puzzle Saussey. Magne et Heslin, son couple d’enquêteurs, représentent ses propres anima et animus, la part masculine et féminine de sa personnalité. Comme un homme fort de fête foraine qui plierait des barres de fer en maillot rayé tout en récitant de la poésie. Complexe je vous ai dit. » – Extrait de la préface d’Olivier Norek

 

 

 

De la part d’Hannah – Laurent Malot


En ce jour de Saint Valentin, nous voulions vous proposer autre chose que du polar.

Aussi avons nous décidez je vous présenter deux romans de nos auteurs polar chouchous du moment mais qui écrire aussi de la blanche.

Le premier a être sur la sellette c’est Laurent Malot

Aussi je vous laisse découvrir son 1e roman


Le livre : De la part d’Hannah de Laurent Malot. Paru le 6 mars 2014chez Robert Laffont. 19€ ; (224 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu’elle n’est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s’en méfie. En 1961, en pleine guerre d’Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu’elles concernent votre mère…

L’auteur : Depuis son enfance, Laurent Malot n’a qu’une envie, celle de raconter des histoires. Autodidacte, il a écrit des fictions pour France-Inter, des pièces de théâtre et trois romans : De la part d’Hannah (Robert Laffont, 2014) et les thriller L’Abbaye blanche et Sème la mort (Bragelonne, 2016 et 2017). Il a aussi sortie Lucky Losers (Albin Michel) , un premier roman jeunesse.

Extrait :
Ma mère est morte quand j’avais trois ans. J’étais trop petite et je m’en souviens pas. Il paraît qu’elle avait les mêmes cheveux que moi et les yeux encore plus clairs. Elle s’appelait Elsa, elle avait vingt-quatre ans et elle est morte dans un accident de train, un jour où elle allait voir ses parents dans l’Est. Eux, je sais même pas s’ils sont vivants ou morts, on en parle jamais. C’est à cette époque que Martha a acheté une autre maison à l’autre bout de La Chapelle-Meyniac, parce qu’avec Jimino, ça collait plus.

Le OFF de OPH

oph et Laurent MalotLaurent Malot , je crois que c’est la première fois que je cherche autant mes mots pour exprimer un retour de lecture. D’ailleurs « retour » n’est déjà pas le terme adéquat tant c’est une boule d’émotions qui enserre mon cœur de petite fille du peuple juif qui s’exprime…
Je suis née catholique mais née Cohen, avec toute l’histoire de ma famille. Nombre d’entre vous s’en fiche, mais si je parle de « de la part d’Hannah » avec tant d’émotions, ce n’est pas anodin. C’est sûr, les paroles d’Hannah trouvent un écho chez moi, plus que chez d’autres je pense…
Qu’est ce qu’être juif? Tu l’exprimes tellement bien Laurent. Aujourd’hui nul ne peut en donner une définition acceptée de tous. Être de religion juive? Être né d’un parent juif et se sentir lié à ce peuple qui, depuis la nuit des temps, est persécuté? Tant de questions qu’Hannah se pose et que je me suis posées… parce que même en 2018 l’antisémitisme a de beaux jours devant lui, parce qu’être juif est indéfinissable.
Au travers des mots d’Hannah tu as évoqué les conséquences de la rumeur, de ces bruits de village qui existaient à l’époque mais qui existent encore… les dégâts que peuvent causer les « on dit »… la pression de conformité… la peur de la différence.
À travers ses mots innocents (ceux d’Hannah) mais desquels transpirent une maturité qu’on ne devrait pas avoir à 10 ans, tu m’as bouleversée.
Qui sommes nous? D’où venons nous? Notre histoire est essentielle pour nous construire et les secrets de famille nuisent à notre épanouissement.
J’ai peur d’en dire trop et je vais donc m’arrêter. Une chronique très courte parce que je n’ai pas les mots pour exprimer ce que je ressens à la fin de ton roman.
Mes émotions m’appartiennent, elles sont très fortes et ne valent que pour la femme que je suis.
Néanmoins, à vous qui me lisez, « de la part d’Hannah » est un roman qui devrait être lu au collège… dur parfois, avec des mots qu’il faudra expliquer à nos enfants, il est le reflet de ce qu’il s’est passé et de ce qu’il se passe encore dans notre pays. Un hymne à la tolérance et à l’amour de son prochain, un pamphlet contre l’étroitesse d’esprit.
Laurent ce roman est un bijou, et je pousserai mon fils à le lire quitte à le relire avec lui.
Tu m’as bouleversée avec Hannah.
Merci à toi.
Je ne mettrais ni la quatrième de couverture, ni aucune citation (malgré le fait que j’en ai marqué plusieurs). Pour une fois les mots me manquent tant l’émotion est intense.
Faites moi confiance, ne cherchez pas à en savoir plus et juste « lisez ».
Rien ne sert de tout analyser, il faut juste parfois se laisser porter par les émotions.

Ne pensez pas qu’il s’agit d’un énième roman victimisant le peuple juif (si si j’entends déjà certaines critiques), regardez au delà… voyez ce qu’il se passe au delà du miroir et de l’histoire… Laurent appelle juste, à mon sens, au respect de son prochain, quelque soit son origine. Ce roman n’est nullement moralisateur, il rappelle juste que nous sommes tous « humains »

Quant à toi mon cher Laurent, tu m’as fait pleurer… beaucoup… et nous en avons depuis parlé à Noeux les Mines dimanche dernier…

ophélie et Laurent

Le vallon des Parques de Sylvain Forge


Le vallon des Parques Vichy 1943 de Sylvain ForgeLe livre : Le vallon des Parques  : Vichy 1943 de Sylvain Forge. Éditeur Toucan + collection Toucan noir / prix broché : 20 € , poche et e-pub : 9€90  / (506p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

Aux portes de la ville, une série de crimes frappe la communauté paysanne de la montagne bourbonnaise. Des vaches sont mutilées, des fillettes retrouvées mortes et amputées. Sanglier sauvage ? Truands profitants du désordre ou aliéné maraudant sur les routes d’Auvergne ? Les autorités se perdent en conjectures.
Pour André Lange, directeur de la Police judiciaire et ancien des Brigades mobiles, l’occasion est toute trouvée de revenir en grâce aux yeux des caciques du nouveau régime. Mais réunir ses anciens inspecteurs, dispersés par la guerre, n’est pas une entreprise facile, surtout quand l’un d’entre eux, d’origine juive, croupit dans un camp d’internement.
Pour les enquêteurs, coincés entre les exigences de l’occupant qui traque les maquis et les intrigues de la Milice, l’enquête est délicate. Heureusement, ils vont pouvoir compter sur Adèle, une jeune femme passionnée et courageuse.
Ils découvrent finalement que les crimes semblent liés à des tablettes anciennes exhumées dans un lieu étrange : « le Vallon des Parques». Un site qui intéresse au plus haut point les nazis…

 

extrait :
« Le siège de l’Ahnenerbe se trouvait à Berlin. La vaste demeure servait d’épicentre à la plus étonnante organisation qu’il lui fut donné de connaître. La Société pour l’étude de l’histoire des idées premières comportait de nombreux départements scientifiques, allant de l’archéologie à l’anthropologie. Elle réunissait des experts venus de toute l’Allemagne. Ces sommités s’employaient à retrouver les croyances, les pratiques et le langage des ancêtres de la race germanique. Un très discret « département R» faisait même de la prospective militaire. Les allées et venues d’officiers de la Luftwaffe rattachés au centre de recherche de l’armée de l’air de Dachau en témoignaient. Toutefois, le conventicule le plus secret de l’Ahnenerbe, dont on disait que ses membres rendaient compte directement à Himmler, concernait les sciences paranormales. La cellule possédait une galerie de bourlingueurs aussi farfelus que passionnés. Leur champ d’études transcendait tous les dogmes du national-socialisme en se basant sur l’analyse des grandes traditions ésotériques. L’objectif était toujours le même: remonter aux sources et démontrer que les grandes civilisations de l’humanité procédaient d’un seul et même tronc commun: la race immémoriale des Aryens “

 

Sylvain-ForgeL’auteur : Sylvain Forge, né en 1971 à Vichy. Après une enfance en Auvergne, des études de droit et un passage à Paris, Sylvain Forge voyage et s’imprègne de multiples ambiances, de l’Afrique du Sud au Canada. Il vit désormais à Nantes.
Un premier roman – resté dans un tiroir – plante en lui les germes d’une passion future pour l’écriture. Durant plusieurs années, il bâtit des scénarios de jeux de rôle qui lui donnent le goût de raconter des histoires. Élaborer une intrigue bien ficelée : voilà son plaisir.

 

La chronique Jubilatoire de Dany

Le vallon des Parques  : Vichy 1943 de Sylvain Forge.

Le vallon des Parques de Sylvain Forge

 

Que de souvenirs ce roman a remis au jour.
Il y a juste vingt ans, nous avions passé avec mon mari, quelques heures avec Emile Fradin le co-découvreur des tablettes d’argile de Glozel, dans son habitation transformée en musée.
La raison de tout cela, ce roman palpitant, au temps de Pétain, où la guerre des polices masquait la guerre tout court et la chasse à la promotion « autorisait » tous les excès. Une énigme autour d’un sérial killer, cannibale au demeurant, proche de Himmler et de ses fantasmes sur les origines de la race aryenne, une enquête menée par des anciens des Brigades du Tigre et Sylvain Forge nous livre là une page peu glorieuse de la France de Vichy, très documentée, au point où l’on peut parfois se demander s’il s’agit de souvenirs vécus. Tout un art de rendre vivant cette époque que même la ville de Vichy aimerait oublier. Beaucoup de sang, de violence mais la guerre n’est pas un long fleuve tranquille.
Cerise sur le gâteau : l’auteur nous a promis une suite pour la fin de cette année ! Alors faites vous plaisir en faisant dès à présent connaissance avec ce vallon des Parques qui aura été pour moi un très bon moment de lecture et de souvenirs.

 

 

guerre, Pétain,  Vichy, résistance, gestapo

Les Espionnes du Salève de Mark Zellweger


Le livre : Les Espionnes du Salève de Mark Zellweger, à paraître en France le 16 février 2018 aux éditions Eaux Troubles, 21€ ;  (320 p.) ; 21 x 15 cm. (paru en octobre 2017 en Suisse)

4ème de couv. :

Le 14 juin 1940, l’armée allemande rentre dans Paris et les années sombres recouvrent la France pour plusieurs années. Les jours qui suivent, le service de renseignement de l’armée de la Confédération helvétique, le SR, sous les ordres du général Guisan, s’active aux frontières de la Suisse Romande. En même temps, la communauté internationale du renseignement basée à Genève depuis 1936 se mobilise sous la férule du vice-consul anglais, Victor Farrell. Peu à peu des filières de passage entre la France et la Suisse romande se mettent place, la résistance s’organise entre Genève et Lyon en concertation avec les espions installés à Genève.
Hannah Leibowitz, échappée de justesse du ghetto de Lodz, arrive à Genève en juin 40 avec son fils Avram âgé de 2 ans. Elle prend la tête d’un groupe de femmes de toutes nationalités et résolument décidées à lutter contre la barbarie nazi. On les dénomme : Les Espionnes du Salève.
Le 1er juin 1941, Armand jeune lycéen communiste de Bourg-en Bresse en Zone interdite, se fait prendre par la gestapo lors d’une tentative d’entrée en Suisse au nord de Genève dans les environs de Satigny (les Fontaines) après avoir peint sur la mairie de Gex : « A mort les Boche ». Une certitude s’impose aux espionnes du Salève : on l’a dénoncé. Qui est le traître ? Les espionnes et leurs contacts mèneront leur enquête.
Nos espionnes seront confrontées à des collaborateurs sournois près à les dénoncer, à des agents allemands de l’Abwehr déterminés et agissant en Suisse sous couverture et à des trafiquants en tout genre.

L’auteur: Mark Zellweger, directeur marketing puis consultant en stratégie pendant une trentaine d’années, a voyagé dans le monde entier. en parallèle, il fut conseiller spécial auprès des directions des actions clandestines appartenant aux plus grands services de renseignement.
Mettant à profit sa connaissance approfondie de la géopolitique internationale et sa compréhension des services secrets, il se consacre désormais à l’écriture. ses thrillers se placent dans la lignée des maîtres du genre que sont Ludlum, Clancy et Cussler, avec une touche helvétique.

Extrait:
 » le regard cruel de l’homme à bout de nerfs était des plus explicites.Sev savait que cela se passerait ainsi. De toutes façons elle n’avait pas l’intention de lui révéler quoi que ce soit. Elle espérait juste avoir la force de tenir sous la souffrance.
Elle resta assise sur sa chaise sous bonne garde alors que le commandant de la Gestapo sortait de la pièce. Il utilisait cette pause pour se reposer lui-même, mais aussi pour la faire cogiter avant de reprendre de manière plus approfondie son interrogatoire. »

Le OFF de OPH

C’est avec un merci que je commencerai cette chronique!

 

Merci Mark de m’avoir confié tes espionnes qui m’ont beaucoup touchées par leur force de caractère, leur dévouement, leur humanité, leur courage…

 « Les espionnes du Salève » mêle habilement réalité historique et roman d’espionnage. En suivant Hannah et ses amies, j’ai découvert les méandres des réseaux de renseignement pendant la seconde Guerre Mondiale, leur liens avec les réseaux de résistants et le rôle de la Suisse qu’on nous présente souvent, à tord, comme étant le pays neutre européen qui n’aura pas pris part à cette guerre.

Les espionnes du Salève, Hannah, Ruth, Sev, Adèle… Si cette époque avait été la mienne j’aurais aimé être l’une des leurs et participer avec elles à la lutte contre la barbarie nazie.

 Au delà de l’intrigue et du roman, j’ai vu un hommage aux femmes, nombreuses, qui ont œuvré pour la liberté et que l’Histoire oublie trop souvent.

 Un peu déstabilisée au départ par l’écriture, notre cher Mark étant Suisse, j’ai été happée ensuite très rapidement par ce passionnant roman qui m’a emmené de Paris à Genève en passant par Brest ou encore Gex qui se trouvait alors en zone interdite.

Trahison, amitié, coups tordus, solidarité, rendez-vous secrets, tous les éléments de l’espionnage sont réunis pour vous faire passer un bon moment de lecture.

 Un roman qui m’a émue aussi de part mon histoire personnelle mais pas seulement. Il m’a touché en tant que femme qui aimerait que l’humanité soit un peu plus conscience de la place et du rôle de nos aïeules dans notre Histoire

Paru en Suisse en octobre dernier, Les espionnes arrivent en France le 16 février 2018!

De plus Mark sera présent au salon du livre spécial polar de Nemours  les 27 et 28 janvier prochain! Il aura avec lui ses espionnes en avant première 😊

Délation sur ordonnance de Bernard Prou


Délation sur ordonnance Bernard ProuLe livre : Délation sur ordonnance de Bernard Prou. Paru le 2 novembre 2017 chez Anne Carrière.18€50; (279 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Délation sur ordonnance

Au cours des années 2010, Oreste Bramard est amené à expertiser la bibliothèque de feu Grégoire Saint-Marly, médecin à Pau, à la demande de la petite-fille et héritière du notable. Un jour, une étrange « ordonnance » s’échappe sous ses yeux d’une édition originale des Beaux Draps, de Céline. C’est une lettre de délation datée du 19 décembre 1942, dénonçant auprès de la préfecture quatre « mauvais Français » et signée : « Grégoire Saint-Marly, ancien combattant de 14-18, père de quatre enfants ».

Oreste comprend alors que la bibliothèque renferme des secrets. Conçue par le médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés lui permettra de reconstituer fidèlement ce qui s’est réellement passé à Pau, durant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale. Ironie de l’histoire, les enfants Saint-Marly eux-mêmes ont été pris dans la tourmente engendrée par la lettre de dénonciation de leur père.

Communistes, francs-maçons, Juifs, résistants, collaborateurs ou foule des anonymes… Bernard Prou n’omet aucune des factions en présence. Il brosse une fresque animée et jubilatoire de cette période trouble, où chacun s’était déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience.

 

bernard prouL’auteur : Né à Paris, ancien professeur de physique, Bernard Prou est l’auteur de Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant.

 

 

Extrait :
Vous avez lu comme moi, arrêtez-moi si je me trompe ! Si j’ai bien compris le contenu de cette ordonnance, le docteur Saint-Marly, mon grand-père maternel, y dénonce aux autorités de l’époque maître Lepayeur, mon grand-père paternel. C’est ahurissant ! J’ai connu un homme certes un peu renfermé – mais gentil et attentionné. Comment a-t-il pu écrire une lettre pareille ?

Le chouchou du week end

Le post-il de la bibliothécaire

Encore un fois Bernard Prou nous propose un livre bien malicieux. Il part d’un fait divers réel . Une lettre de dénonciation, comme il y a en eu tant malheureusement durant la seconde guerre mondiale. Une lettre qu’il a trouvé alors qu’il fouillait dans une boite de papiers anciens dont il avait fait l’acquisition. Et il brode autour.

Il réinvente la vie des personnages de l’époque, imaginant la vie de ce docteur Grégoire Saint-Marly, Bon père de famille avec ses 4 enfant, bon français puisqu’il a fait la guerre 14. Admirateur de Pétain en bon soldat de la grande guerre. Un français ordinaire quoi !

Il invente aussi la vie de ces pauvres types que ce bon docteur a cru bon de dénoncer aux autorités : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly. Tous de mauvais français, forcément, un gaulliste, un communiste et en plus sans doute résistant, un arriviste forcené, et bien sur un Juif. et comme si cela me suffisait pas, trois d’entre eux sont francs-maçons. Un sacrilège pire un blasphème pour le bon Docteur Saint Marly.

Avec Délectation sur ordonnance, on va suivre aussi le destin des 4 enfants de Saint Marly, Maurice, Laure, Marie et Charles. Chacun d’eux va vivre différemment la guerre et l’occupation. Tous ont la capacité de devenir des salauds ordinaires ou des héros de l’ombre.

Bernard Prou a cette capacité de nous faire éprouver les choses. Éprouver parfois physiquement. Les ressentir jusque dans notre propre corps. Il arrive à nous émouvoir aussi. J’avoue parfois avoir eu la nausée, parfois avoir ressenti de la colère, parfois peut-être même de la haine.

Il explore tous les comportement humain que cette putain de guerre à pu engendrer.

Mais la question que je me suis posée en lisant ces lignes, une question qui m’a un peu hantée il faut bien le dire, cette question qui me taraudait : de quelle coté de la barrière aurais-je été si j’avais vécu à cette époque. Aurai-je eu assez de crans pour entrar en résistance, me serai-je pas plutôt tenu à carreau ou alors n’aurai-je point succombé aux sirène de la facilité voire de l’amour !

Oui quelle française serai-je, une patriote, oui mais quel genre de patriote. Une fonctionnaire qui suit les ordre ou alors qui désobéit.

Aujourd’hui encore je ne sais répondre, alors oui j’ai jugé Saint Marly mais qui suis-je pour le juger et le condamner.