Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (16)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (16)

Bonjour, enchanté de vous recevoir ici. Vous connaissez le principe de cette rencontre ? Dans le cadre de cette interview de personnage, je vous demande d’abord de vous présenter. Cela vous convient ?

Bonjour, en effet, c’est même un exercice qui m’est inconnu. Merci pour cette première ! Je suis donc Hanah Baxter, née Kardec, originaire de Saint-Malo, profileuse de mon état et vivant dans celui de New-York. Je suis brune, pas très grande, plutôt mince, yeux d’un marron châtaigne, cheveux courts parfois en pétard comme moi si on me cherche et comme mon Glock,

Une bretonne à New-York ! Ça doit forger un sacré caractère. À ce propos, le vôtre, il est comment ?

Je pense être professionnelle et compétente, car rigoureuse, à l’esprit scientifique mais ouvert à l’irrationnel dans les limites du raisonnable. Curieuse, aussi coriace qu’un fox terrier, combative, jalouse dans mes relations sentimentales, parce que séductrice invétérée, indépendante et rebelle. Il paraît que je suis assez rock. Ah oui en plus d’être lesbienne et cocaïnowoman, je me sers d’un pendule infaillible nommé Invictus et j’emmerde ceux qui trouveront à redire.

« je me sers d’un pendule infaillible nommé Invictus et j’emmerde ceux qui trouveront à redire »

Vous êtes un personnage très riche, cela doit prendre du temps à concevoir. Vous êtes restée combien de temps dans la tête de votre créateur ?

À peine quelques mînutes. En fait je lui suis apparue comme une sorte de flash, d’évidence. Peut-être d’une certaine façon suis-je une part d’elle-même, dans ce cas je suis dans sa tête depuis un moment. Mais elle m’a expulsée presque tout de suite dans la poussière kenyane après un bref passage dans mon loft à Brooklyn.

À votre avis, il y a des parts d’elle dans votre personnalité ?

Je viens d’y répondre sans avoir encore pris connaissance de cette question. Je vous vois venir…c’est la question qu’on lui pose souvent et qu’elle esquive…alors par respect pour ma créatrice je vais faire de même.

On ne peut que respecter une telle attitude. Mais de son côté, en ce qui concerne les actions, elle vous fait faire des trucs pas jojo. Lui en voulez-vous ?

Comment lui en vouloir de m’avoir donné le premier rôle ? Un rôle qui me vaut une certaine célébrité. Maintenant il me faut être à la hauteur des attentes de ses lecteurs et des siennes. Et j’adore faire des trucs pas jojo…c’est ma came.

Entre deux aventures, dès qu’elle pose la plume, vous occupez comment votre temps libre ?

Hahaha ! Il y a bien longtemps qu’elle n’utilise plus la plume ! D’où sortez-vous ? J’utilise mon temps libre comme je l’entends. Sport, yoga, télé, cinéma, voyages et lectures, mais avant tout des conférences entre deux missions. Je m’envoie en l’air avec mon ex aussi, à l’occasion.

À votre tour de poser une question. Mais vous devez le faire à votre créateur.

Quand tout cela va-t-il s’´arrêter ?

Selon notre habitude, nous concluons comme nous avons commencé, c’est le personnage qui a le mot de la fin.

Surtout que ce que vous découvrirez reste entre nous.

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Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (15)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (15)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, nous poursuivons aujourd’hui notre série de rencontres avec des personnages. D’habitude, je laisse aux invités le soin de se présenter….

Je m’appelle Tomar… Tomar Khan… et je suis commandant de police à la brigade criminelle du 36 quai des orfèvres. Enfin, encore quelques mois parce qu’on déménage en septembre au 36 rue du bastion.

Vous semblez hésitant, n’ayez crainte l’exercice est inhabituel mais il va bien se passer. Parlez-nous de vous.

C’est pas facile de parler de soi mais on dit que je suis obstiné. Mon surnom à la brigade c’est Pitbull… je ne lâche jamais.

Vous entretenez quelles relations avec votre créateur ? Votre relation dure depuis longtemps ?

Oh lui… difficile à dire si c’est moi qui suis dans sa tête ou l’inverse. On se ressemble assez à vrai dire.

Ça l’arrange bien que je sois un peu borderline, ça lui évite peut-être de faire le con dans la vraie vie.

Justement, il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Je pense que oui. Comme moi il a traîné longtemps ses guêtres sur les tatamis avant de se mettre à la boxe. Et puis il a une histoire compliquée avec ses parents aussi, comme moi. Bon, lui c’est un arménien, moi un kurde mais personne n’est parfait non ?

Si j’ai compris, il a calqué votre caractère sur le sien. Mais au niveau des actions, qui décide ?

Je pense plutôt que c’est moi qui lui dit quoi faire. Après tout ça l’arrange bien que je sois un peu borderline, ça lui évite peut-être de faire le con dans la vraie vie.

Mais il n’écrit pas vos aventures en continu. Comment vous faites, alors ?

Franchement quand il pose la plume ça me fait l’effet d’un séjour au club med. On a rien à faire, on en profite, mais on se fait vite chier aussi.

Vous dialoguez parfois avec lui ? Vous pouvez profiter de cette espace pour lui poser une question.

Quand est ce que tu arrêtes de me mettre des charrettes sur le dos ? Et c’est quoi ce délire avec Bob ? Tu crois que j’ai pas assez de mes enquêtes ?

Je crois qu’il est temps de conclure. Je vous laisse le dernier mot.

Dépêchez-vous d’acheter Toxique, c’est ma première enquête et elle vous donnera pas mal de clés pour la suite qui est sortie en  janvier 2018…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (14)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (14)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, bienvenue entre ces lignes. Ravi de vous recevoir ici. En guise d’introduction, vous voulez bien vous présenter ?

Salut ! Je sais pas si je suis content ou juste ennuyé par cette Interview… Quel mot pompeux. Et puis je vois pas qui me parle, c’est gênant. Mon nom, c’est Adriel Sutton. Je suis canadien mais je bosse à Los Angeles. Mon boulot ? Mais qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Pompier ? Marin d’eau douce ? T’entends ça, Irma ? Il se fout de ma gueule, là, le petit gonze… Il nous a jamais lu ? OK, OK… c’est pour ceux qui ne me connaissent pas. Je comprends mieux. Alors… On va dire «reporter». Enfin… disons que je gère la technique. Le matériel. Les prises de vue et les prises électriques. Tout ça. Avec Irma. Oui, oui, pour une chaîne de télé, Chanel Twelve, et notre émission, c’est « Au delà de l’au-delà », « Beyond After-Life » pour les anglophones…

Bien sûr, que c’est sérieux, du moment que tu crois aux anges, aux farfadets, aux fantômes et aux polteirgests, c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux… Mais, ma foi, si tu crois à tout ça, pour moi, t’es juste un putain de taré ou de naïf avec tout le respect que je te dois.

Je vois que vous n’avez pas votre langue dans la poche. Cela fait partie de votre caractère ?

J’ai mauvais caractère, si ça t’avait échappé. Irma dit que je suis un gros nounours tout mou à l’intérieur. Je suis pas méchant. J’aime les gens, malgré une propension à leur gueuler dessus… mais je leur dis pas trop souvent parce que je n’aime pas qu’on profite de moi. Je suis ouvert d’esprit et je suis fidèle en amitié. J’aime le whisky et les jolies femmes, bien que je sois célibataire et pas macho pour deux sous. Je suis assez l’homme idéal, en fait… Non, j’ai jamais couché avec Irma (qui rigole ?) ! Elle confirme.

C’est votre créateur qui vous définit ainsi. Il a mis longtemps à vous concevoir ?

Alors là, ça fait bientôt cinq ans que je squatte. Je m’y sens pas mal. Et puis on rigole bien avec Irma et tous les autres… Des fois, on a un peu peur, on se serre les uns contre les autres, mais en règle général c’est tranquille et c’est pas long parce que le temps s’arrête…

J’aime les gens, malgré une propension à leur gueuler dessus…

C’est une femme, vous êtes un homme, vous pensez qu’elle a tout de même mis des parts d’elle dans votre personnalité ?

Probablement. Elle m’a filé sa mauvaise humeur, ses coups de gueule, ses doutes… et son humour ! Par contre je suis nettement plus musclée qu’elle… Et plus beau aussi. Et plus séducteur… Franchement, je sais pas où elle est allée me chercher. Un mystère. Mais c’est ce qui pouvait lui arriver de mieux. Sans me vanter. Irma, arrête de rire, tu crois qu’on t’entend pas ?

Côté action, elle ne vous épargne pas. Elle est encore aux commandes. Ce n’est pas un peu compliqué comme situation ?

Rien du tout ! Que dalle ! C’est moi qui décide. Je fais ce que je veux avec mes cheveux (même si je suis chauve) et elle suit. Elle a intérêt parce que sinon je la largue vite fait et elle comprend plus rien ! Ces auteurs séniles, je vous jure… une plaie… Enfin bon, elle m’a rendu triste quand même dans la Baie des Morts… j’ai failli en mourir de désespoir… Elle s’est bien rattrapé avec Marieta, un bouquin plus tard. Heureusement.

Vous disiez que le temps s’arrête entre deux aventures. Vous faites quoi alors ?

Je fais comme tout le monde : je voyage, je drague, je fais du sport, je visite un peu les réseaux sociaux (j’ai mon compte facebook) … Je vais voir mes filles à Halifax. Que dire de plus ? C’est comme entre deux émissions : la vie bête et méchante. Je gère mes traumatismes.

J’ai pourtant l’impression que cette vie « d’entre deux » ne vous convient pas. Vous avez un message à faire passer à votre auteur ?

Pourquoi t’avances pas plus vite, bourrique ? J’ai des démangeaisons partout !! Il sort quand ce troisième opus de la série ? Je vais me scléroser avant que d’être mort… Ah pour faire du suspense, t’es bonne, ma grande… Championne du monde !

Le mot de la fin vous revient, monsieur Sutton.

N’ayez pas peur, je ne mords pas ! Hey, toi, là qui me lis… tu vas forcément m’aimer dans la Baie des Morts et encore plus dans Orisha Song… faut venir, gars, demoiselle… Je vous attends.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (13)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (13)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, enchanté de pouvoir vous accueillir ici. Les personnages de romans sont rares et d’autant plus les héroïnes. Vous voulez bien vous présenter ?

Emily Roy. Behavioral Investigative Adviser, B.I.A., pour Scotland Yard. Pour ceux qui ont du mal à suivre, cela signifie « profileuse ». Dans le cadre de deux enquêtes, j’ai également travaillé en collaboration avec le commissariat de Falkenberg, sur la côte ouest suédoise, ainsi qu’avec Alexis Castells, écrivaine française spécialisée dans les faits divers.

Vous me parlez essentiellement des autres. Pourtant c’est vous qui êtes ici. Ceux qui vont lire cette interview veulent vous connaître. Par exemple, quels sont vos traits de caractère prépondérants ?

Est-ce que ça vous éclairerait si je vous disais que je n’ai aucune envie de répondre à vos questions ?

Ah… C’est assez inattendu… Et au sujet de votre créateur, vous accepteriez ? Combien de temps a-t-elle mûri votre existence ?

À peine créée m’a-t-elle couchée sur papier. Je n’aurais pas supporté de tourner en rond pendant des années, cernée par de la matière grise qui n’est, qui plus est, pas la mienne. J’ai besoin de nature, d’air frais, d’exercice, et surtout de mon travail. De décortiquer et sonder l’esprit criminel pour lui barrer la route. Pour mettre fin au chaos qu’il sème. J’ai besoin de chasser, comme dirait Johana.

C’est un échange qui se produit entre vous ? Etes-vous interconnectées ? Je suis sûr qu’elle a mis une grande part d’elle-même dans votre caractère.

On ne pourrait pas être plus différentes. Johana ne serait pas capable de faire mon métier. Mariée, maman de bientôt trois garçons, le nez perpétuellement fourré dans les livres ou collé à son ordinateur, elle n’est pas faite pour courir les scènes de crimes et manger du tueur en série au petit déjeuner.

Pour mettre fin au chaos que l’esprit criminel sème, j’ai besoin de chasser.

Vous êtes son défouloir, vous pensez ? Elle ne vous ménage pas pourtant… Ça ne doit pas être facile tous les jours. Vous lui en voulez ?

Johana ne m’impose rien du tout. Elle ne fait que raconter l’enquête et suivre ma trace. Elle observe la chasse. Elle n’est ni responsable de mes choix, de mon passé, de mes errances, ni de mes deuils.

Oh… Je ne… Changeons de sujet si vous le voulez bien. Comment occupez-vous votre temps libre entre deux séances d’écriture de Johana ?

Je vais voir mon fils. Je visite la tombe de mon fils, au Canada.

Oui… D’accord… Je… Une question pour votre créateur ?

J’ai plutôt un message à lui faire passer : choisis Alexis la prochaine fois pour ce genre d’exercice.

Bien… Et sinon… Un mot encore…

Vraiment ? Vous en avez encore pour longtemps ?

Retrouvez-moi dans « Sång » à l’automne 2018. Nous irons cette fois dans les ignobles orphelinats de la peur, dans les années 1940, en Espagne.

Délire de Noël des Flingueuses ou les commandements de Noël épisode 1


Délire de Noël des Flingueuses ou les commandements de Noël

 

Hello mes polardeux,

Pour cette journée  du 25 décembre, sous l’impulsion de Fanny, les flingueuses ont décidé de vous offrir des petits contes de Noël.

Écris tout exprès pour cette occasion chacun c’est amusé à détourner la magie de Noël pour vous faire partager son univers un peu décalé.

Alors joyeux Noël à vous tous et bonne lecture.


Les contes de Noël des Flingueuses

1ere partie

Le commandement de Noël selon….  ou quand les flingueuses détourne un personnage de roman.

 

Le commandement d’un bon Noël selon …. Fanny-Louise

Ah Noël !! Comme j’aime cette période. Ses rues illuminées, ses chants joyeux et naïfs qui vous restent en tête toute la journée. Mais pour moi, ce qui fait de Noël une fête parfaite c’est la préparation des festivités. Ce moment où on met tout en place pour que nos hôtes profitent au mieux du moment que nous allons passer ensemble. En tête à tête, les yeux dans les yeux…

La préparation commence toujours par un grand ménage. J’aime quand tout est propre et net. Oui je sais, vous vous dites que je dois être un peu maniaque. Et en effet, je le suis. J’aime quand chaque chose est à sa place alors je nettoie, je peaufine les détails. Chacun des ustensiles dont je vais me servir se doit d’être en place, à porter de main sur la table. Le secret d’une bonne recette c’est d’avoir sorti et préparé ses ingrédients. Mais le moment que je préfère, c’est celui de l’accueil que je fais à mes convives, ce moment où bien installés à ma table, ils ouvrent les yeux, se tournent vers moi et réalisent qui je suis…. Au fait, je ne me suis pas présenté. Je suis Dexter Morgan.

 

 

Le commandement d’un bon Noël selon ….Isabelle Bourdial

J‘ai choisi de prendre comme personnage un combo de Norman Bates et Borg (Les Loups et l’agneau, de Christophe Dubourg). Mais il y a aussi un peu d’Antoine Orsini (Simple, de Julie Estève) en lui

 

L’étoile de Balthazar

Cette année ma princesse va avoir son sapin de Noël.

J’ai coupé un bel épicéa dans la forêt. Mes amis m’ont aidé à le décorer. On a commencé par les guirlandes. Il faut toujours mettre les guirlandes en premier. Sinon, il faut tout enlever si on veut les déplacer. Je suis allé les chercher chez Gaspard.

J’aime bien Gaspard. A l’école, on s’amusait ensemble. Il me faisait gober des vers de terre. Quand je suis passé chez lui, il était sous la douche. ça tombait bien, comme ça j’ai pu tout de suite rincer ses tripes avant de les emballer.  Elles sont toute violette et bien grasses. Comme elles luisent sur le sapin !

Melch mon voisin, celui qui a tué le Chat, m’a donné les boules. Il était gentil, le Chat. Mais Melch, il aime pas trop les bêtes. Du coup, il criait de joie quand j’ai coupé les têtes de toutes ses poules. J’ai pris aussi la sienne car elle était jolie avec sa bouche ouverte. Je les ai accrochées dans le sapin. Qu’est-ce que ça rend bien…

La vieille Marie m’a offert ses cheveux blancs pour faire le givre. Quand je les ai cueillis sur sa tête, elle s’est endormie d’un coup et m’a gentiment laissé faire.

J’ai installé ma princesse dans le rocking chair de Mère devant le sapin. Elle ne dit rien mais je vois bien qu’elle est triste. Il a pas d’étoile, mon sapin.

Une voiture vient de se garer dans ma cour. Sa lumière bleue clignote. La voilà, mon étoile ! C’est Balthazar, le gendarme, qui est venu me l’apporter en personne.

Merci les amis et joyeux Noël à tous !

 

Le commandement d’un bon Noël selon …. Nick Gardel et Peter Raven

 

Un bon Noël… un bon Noël… Elle en a de bonnes l’autre…

Qu’est-ce que j’en sais ce que c’est qu’un bon Noël ?

Déjà il faudrait que les gens arrêtent de me tirer dessus… Ça, ça serait une bonne base.

Et puis, pas la peine de cogner non plus pour se faire comprendre. Ça, j’ai déjà donné. Le passage à tabac dans une cave, le mitraillage à l’arme automatique, les baffes et les coups de taser, je connais. Et puis ça n’est pas vraiment dans l’ambiance Jingle Bells, petits fours et bûche à la crème.

Le problème c’est effectivement les gens. Le facteur humain. Tant qu’on reste dans la théorie désincarnée, on peut échafauder de l’idyllique, on peut concevoir de la quintessence florissante. Les lumières se tamisent, la douce chape neigeuse assourdit l’univers et il plane comme un je-ne-sais-quoi de merveilleux entre les épines froufrouteuses de l’épicéa de salon.

Mais rajoutez là-dessus le florilège habituel de bipèdes à station verticale et ça va vous pourrir l’ambiance en moins de deux.

Toute la panoplie. Entre l’aviné de fin de repas, le lourdingue fini au trou normand, la coincée du serre-tête qui a vite fait d’oublier les ascendances arabo-sémites du petit Jesus, l’ado qui s’emmerde ouvertement en attendant l’autorisation d’aller bouder dans sa piaule, le minuscule qui piaffe dans son hyperactivité, la belle-sœur qui tient à vous faire savoir que sa poitrine est encore vaillante malgré les théories fumeuses de ce bon vieux Newton et surtout l’ancêtre qui ronfle depuis les huitres en espérant atteindre, mine de rien, le prochain gigot Pascal. Elle est belle la nativité, la première GPA divine…

Eux, ils avaient compris. Un bœuf, un âne et c’est marre. Pas de raison de s’enfiler la famille.

Remarquez, moi ça me concerne peu. De la famille, j’en ai pas. Tout ça c’est du souvenir aigri, de l’image décolorée que je n’ai pas à subir. J’ai bien eu un père de remplacement, mais il préférait largement les rombières à pattes d’oie que se farcir des dindes. J’ai plutôt les stigmates mémoriels d’un gueuleton expédié avant que l’ancêtre n’aille lutiner sa rombière du moment. Rien que l’idée me vrille encore la carte mémoire… Par pitié, ne me forcez pas à y penser…

Alors, le meilleur Noël qu’est-ce que ça peut être ?

La solitude.

Le silence apaisant que l’on vient juste envelopper des craquements rassurants d’un vinyle. Peut-être seulement les stridulations simples d’un groupe avant-gardiste des années 70, ou la folie calme de la symphonie d’un gamin anglais. Voilà.

On tamise, on assourdit. On évite tous ces clignotements, toute cette épilepsie obligatoire. On oublie que la neige deviendra gadoue, que les mélodies de Noël vous donneront juste envie de dézinguer votre prochain, que l’imaginaire sirupeux de cette période est une insulte à l’intelligence.

On tamise et on laisse la nuit apaiser l’univers qui n’en peut plus de mouvement. On s’accordera une rupture discrète, pour retourner le disque et relancer la magie…

Le commandement d’un bon Noël selon Ophé lit et Kurtz

Le titre « The End » des Doors résonne dans la pièce aux murs de béton. Elle est dépouillée de tout mobilier et de toute trace de présence humaine en dehors de deux fauteuils chesterfield. Ils trônent, fiers de leur cuir rutilant, au centre de ce cube aveugle.

Il est assis sur l’un, moi sur le second. Il ne me quitte pas des yeux.

Mes mains, à plat sur mes genoux, tremblent. Pourvu qu’il ne le voit pas. L’angoisse m’étreint comme le ferait une mère étouffante, me laissant à peine de quoi respirer. Je manque d’air. Mon cœur bat si fort qu’il semble vouloir sortir de ma poitrine pour le rejoindre. Je l’imagine déjà le brandir devant lui et me regarder agonir, un sourire satisfait aux lèvres.

« – Alors Ophélie ? »

Je sursaute.

Sa voix est presque douce. Pour un peu, elle me rassurerait, mais je connais le personnage.

« – Pourquoi avez-vous poussé la folie jusqu’à rencontrer Kurtz dans son antre ?

– Je… Je… »

Je bafouille, butte sur mes mots, perdue dans ses yeux d’un bleu si intense qu’il m’est douloureux de les fixer. Moi la grande bavarde devant l’Eternel me voilà sans voix. Mais je connais le personnage.

– Vous ?

Reprends-toi ma fille ! Tu fais ça pour le Collectif Polar.

« – Je voudrais connaître vos commandements de Noël. C’est pour le Collectif Polar, vous savez le blog. Nous aimons tellement vos créateurs, Jérôme et Nathalie, que nous tenions à vous laisser la parole.

 – Ahahahahah »

Son rire résonne dans toute la pièce. Mon malaise et ma peur monte encore d’un cran. Je vais y rester, c’est certain.

« – OHOHOH… »

Quoi ? Ohohoh ? Ce rire atroce qui venait de me pétrifier se muait d’un coup en enjouement façon Père Noël. Que lui arrivait-il ?

« – Ophélie, Kurtz aime Noël contrairement à ce que vous et les lecteurs pouvez-croire. »

« -Ah ?… Et vous êtes d’accord pour nous donner vos commandements de Noël ? »

Il ne se départissait pas de ce sourire carnassier. Plus l’entretien avançait, plus mes sentiments s’amalgamaient, se confondaient : peur ou fascination ? Comme l’huile et le vinaigre, ils se confondaient pour se séparer, attendant la prochaine secousse pour se confondre à nouveau, et me perdre.

« – Évidemment. N’est-ce pas pour cela que j’ai accepté de vous faire visiter mon refuge ? »

Les tremblements cessent doucement. L’angoisse relâche mon être et c’est confortablement installée que j’écoute Kurtz me livrer ses commandements :

« – Nul autre que Kurtz vous n’aimerez, parce que non seulement Kurtz est votre seul maître, mais que Noël est aussi la fête de l’amour…

De la viande animale vous mangerez, du gibier de préférence. Quoi d’autre qu’une telle viande pour le chasseur que je suis. L’anthropophagie est la règle, Noël ne doit être qu’une exception à ce principe.

De votre être entier vous me ferez cadeau. Noël ne célèbre-t-il pas le don de soi ? »

Si je note chacun de ses mots et que ses paroles me glacent le sang, je les sens s’infiltrer au plus profond de mon âme et envahir mon cœur abîmé. Me voilà prisonnière d’un homme qui me fascine autant qu’il me répugne.

Moi qui comptais passer Noël parmi les miens, je ne peux quitter Kurtz. Je veux qu’il prenne mon âme et mon corps, qu’il m’annihile comme tant d’autres avant moi.

Me voilà une ombre parmi les autres.

Sous le charme et le joug de cet homme, fantôme parmi les fantômes, plus rien ne compte parce qu’en se confiant à moi, il m’a choisie.

 

Le commandement d’un bon Noël selon Maud et Joe

Nouvelle inspirée du personnage de Joe Middleton – Paul Cleave – Un employé modèle

Le meilleur Noël de Joe

Joe arrive essoufflé à l’arrêt de bus, chargé de ses paquets cadeaux qui l’encombrent. Sa mère a décidé de recevoir la famille pour le réveillon de Noël, quelle idée franchement ? Cette fête, il l’a déteste, cette fausse joie sur les visages des passants, cette idée qu’on est tous heureux de se retrouver pour s’offrir des cadeaux achetés au dernier moment dont on se fiche totalement s’ils plairont ou non. Mais bon faut bien faire comme tout le monde, se fondre dans la masse et faire le gentil mouton et ne pas attirer l’attention.

Comme souvent, rien ne se passe comme prévu, le bus est parti sans lui : 1H15 d’attente pour le prochain. Bien évidemment les rues sont encombrées par ces gens qui foncent retrouver leur familles qu’ils pensent aimer. Joe doit trouver une solution, il tente de héler un taxi, mais pas facile quand on a les bras encombrés. Une fois installé, il ne prend pas la peine d’appeler sa mère pour la prévenir de son retard. Elle s’en rendra bien compte ne le voyant pas arriver. La voiture se mêle à la circulation et s’engouffre dans les embouteillages. Joe reste calme et prend le temps de réfléchir à sa vie, ses envies, et ses fantasmes.

Il est soudainement rappelé à la liberté suite au bruit, au choc, à la douleur, il vient de se cogner à la portière. Il se demande encore ce qui s’est passé lorsque le chauffeur se retourne et s’enquit de son état. Joe réalise qu’ils viennent d’avoir un accident. Le chauffeur se rassure tant qu’il peut en se rendant compte que son client n’est pas blessé, et se rue vers son portable… Un passant vient les voir, et les informe qu’il vient d’appeler la police.

Ni une ni deux, Joe se rend compte qu’il ne faut absolument pas qu’il voit des flics, le contenu d’une de ses poches pourrait le trahir. Il sort encore sonné du véhicule, paie sa course, s’entretien rapidement avec le chauffeur. Ses cadeaux sous le bras le voilà qu’il entreprend de rejoindre les festivités à pied. Son téléphone vibre depuis un moment mais Joe ne veut pas et ne peut pas répondre.

Il arrive chez sa mère vers 1H00, elle hurle qu’il n’est pas le fils qu’elle aimerait, qu’elle ne peut pas compter sur lui ; pour une fois dans sa vie qu’elle lui demande quelque chose, il n’est pas fichu de le faire. Elle n’entend pas ses excuses, son récit de l’accident l’a fait rire. Joe bout intérieurement, il rentre dans la maison en trombe. Les invités sont partis, les restes de victuailles jonchent la table. Des restes d’emballage de papier cadeaux parsèment le tapis du salon. Il s’écroule dans le canapé, la fatigue le gagne tandis que la pression monte, les hurlements de sa mère lui arrachent les oreilles. Il n’en peut plus de la supporter. Il vient dîner chez elle toutes les semaines, la supporte depuis tant d’année et elle. Que fait-elle ? Elle se permet de l’insulter alors qu’il a fini le trajet à pied pour la retrouver. Trop c’est trop. Il tente une dernière fois de la regarder en face, il se rend dans la cuisine lui tend son cadeau en lui souhaitant un Joyeux Noël. Elle lui arrache des mains la balance sur le bar et continue de vociférer, de cracher son venin à la figure de son indigne de fils.  Lorsqu’il relève la tête, il n’est plus le même homme, il la regarde. Leurs regards se croisent, elle s’arrête de hurler, Joe sait qu’elle a compris. Que c’était la dernière fois qu’elle agirait ainsi. Voir même que ce serait la dernière fois qu’elle agirait tout court. Il s’avance calmement vers elle, et il va s’offrir le plus beau cadeau de Noël de sa vie…Un rêve d’enfant se réalise, enfin, il va se libérer…

Le commandement de Noël selon… Ge

Pas de Noël sans Flingueuses

Vraiment pas drôle d’être d’astreinte le jour de Noël. C’est ce que pensait Cécile et Isabelle qui auraient préféré passer les fêtes en famille, entourées de leur enfants et petits-enfants. Oui mais voilà, je les avais appelés à la rescousse, car comme le disait si bien Isabelle, pas le temps d’être flingueuse à temps partiel. Et là mes flingueuses légistes avaient du boulot.

 -Quoi c’est pas sympa d’être ensemble le jour de Noël ? Toutes les trois réunies comme à la grande époque de Collectif Polar.

Bon maintenant que mes légistes préférées étaient devenus des auteurs célèbres, je ne les voyais plus beaucoup.

Isabelle était demandée sur tous les salons, marraine qu’ils l’appelaient ou invitée d’honneur. Et Cécile avait détrôné Franck Thilliez et était dorénavant l’auteur de noir français le plus lu aux states.

Il était temps que je les fasse redescendre sur terre. Or de question qu’elles chopent la grosse tête. Aussi pour les attirer à la morgue avais-je prétexté une émission télé entièrement consacrée au polar juste autour de leur parcours. Et en prime-time en plus ! Et oui fini aussi pour moi le blog, je sévissais désormais à la télévision sur la chaîne française la plus regardée au monde. Il était loin le temps de Ge et ses flingueuses.

J’avais tout préparé, elles allaient devoir me raconter leurs aventures de légistes au sein du collectif polar, chronique de nuit. Là dans cette salle lugubre qui puait la mort, elles finiraient par m’avouer pourquoi elles avaient participé à cette aventure de dingue qu’était les flingueuses. Pourquoi avec leur talent respectif, elles s’étaient en quelque sorte mise à mon service.

En fait au fonds de moi je regrettais ce temps de l’insouciance, ce temps où nous étions toutes dans le même bateau à essayer de faire passer notre goût pour la lecture et des auteurs de polar. Toute flingueuses juste pour le plaisir d’être une équipe, d’être souder comme les doigts de la main. Toutes unies et réunies.

– Bon alors on se le fait ce repas de Noël ?

Mais qui venait de crier si fort ? quoi  ? de quoi parle-t-on là ?C’est quoi ce repas de Noël ? Punaise !

Je sentais que l’on me tapait sur l’épaule.

-Et ma Gene, tu t’es endormie ?

-Nick ? Mais il se passe quoi là ?

-Mais ma Ge, tu devrais te ménager, renchérie Ophélie, rappelle-toi tu nous as toutes réunies pour fêter Noël ensemble.

-Oui, comme tu n’aimes pas cette période de l’année, on a décidé de la passer ensemble pour te la faire aimer, ne dit Aline.

-Tu te rappelles, rajoute Cendrine, hier soir pour le réveillon, nous avons fait une murder party

-Avant on a bu des mojitos intervint Maud

-Oh patronne, on a loué un château, un grand chateau breton pour être toutes ensemble me dis Eppy Fanny

-Oui avec toute notre famille rajoute Danièle.

Et je vois là, en effet Fanny est sa petite famille, j’aperçois les mini-flingue, Sacha accompagné, Maxime conversant avec les misters Flingueuses, Marc et sa charmante compagne et Jean Paul et sa tribu.

Sylvie, Sofia et Isabelle affairaient à préparer le déjeuner. Sacha et Cécile dresse la table. Même Cathie et Marie Noëlle sont là !

Il y a aussi mon Ours et mes psychopattes.

Alors quoi  ? Je venais de faire un rêve, mes légistes sont toujours mes légistes, mes flingueuses existent encore et moi je suis restée leur humble porte flingue.

Mon Ours a accepté de passer les fêtes avec les flingueuses, incroyable, invraisemblable.

Et même les psychopattes, Lulu et Betty ont accepté Onyx le jeune labrador de Loup, et là non plus ce n’était pas gagné !

La magie de Noël existerait-elle bel et bien alors ?

Ou si c’est encore un rêve, alors c’est le plus beau des rêves.

Un vrai conte de Noël !

Et… j’allais oublier.

Joyeux Noël à vous tous

Le top lectures des flingueuse 2018, Le top 10 de Jean Paul


Le top des flingueuse 2018

Le top 10 de Jean Paul

Coucou Geneviève,

Voici mon Top 10 en Polar, Thriller et Noir :

Top 10 des Flingueuse 2018 – Polar, Thriller et Noir


1. Il reste la poussière de Sandrine Collette 

Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d’une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?
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Je ne connaissais pas Sandrine Collette, mais on m’en avait dit beaucoup de bien, et j’ai eu une très belle surprise, avec ce livre.
Je suis entré dans un univers inconnu, pas seulement parce c’est celui des plaines de Patagonie que je ne connais pas du tout, mais surtout grâce à son style !!!
Rude, cruel avec un goût amer, beaucoup d’imagination dans un récit sec et âpre comme le climat de la région…
Superbe écriture avec un excellent sens de la narration, des descriptions fort bien faites et une densité psychologique étonnante.
Un très bon roman, que j’ai lu d’une traite.
Quelque chose de particulier se dégage de ce récit, une force, une haine incroyable tant par les personnages que par ce lieu hostile à toute vie.
“Une nature impitoyable,
une famille rongée par la haine,
et l’innocence d’un enfant.”
A lire absolument !
Je pars en quête des autres romans de Sandrine…

2. La nuit de l’Ogre de Patrick Bauwen

La mort est un art.
Vous en êtes le spectateur.
Et vous pourriez être sa prochaine victime.
Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin.
Après Le Jour du chien, Prix polar 2017, Patrick Bauwen signe un thriller aussi effroyable que maitrisé.
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Fan de la première heure, j’ai découvert Patrick Bauwen en 2008 (dix ans déjà…) avec “L’œil de Caine”.
Et depuis, je prends un réel plaisir à lire tous ses romans au fur et à mesure, remarquant une monté en puissance dans le style et dans la forme, confirmant qu’il est pour moi l’un des meilleurs auteurs de thrillers de sa génération.
“La nuit de l’Ogre” est la suite de son roman précédent «Le Jour du Chien”.
On peut le lire indépendamment, mais on perdrait certaines informations qui pourraient être indispensables, En effet Patrick nous donne également de nouvelles informations sur Le Chien, cet être de l’ombre, à l’intelligence machiavélique.
Plus que la Police, c’est Chris Kovak qui devient le héros de ce récit où vont s’entrecroiser deux tueurs en série nous entrainant dans les bas fond de sociétés secrètes avec leurs rapports à la mort. 
A certains moment même l’auteur se joue de nous par son expérience du milieu hospitalier et de diverses confréries d’étudiants. Est-ce Chris Kovak toujours identifié à la première personne du singulier, ou Patrick Bauwen qui nous fait des clins d’œils en partageant les éléments de sa vie ?
L’histoire commence très vite et monte ainsi crescendo jusqu’au dernier chapitre. L’écriture est très fluide et les chapitres courts donnent un bon rythme en facilitent la lecture. On ne s’ennuie pas un instant.
J’avais déjà lu un roman sur cette sombre et pourtant réelle thématique. La photographie “post-mortem” qui se développa dans les premières décennies de la photographie et devint très commune au XIXe siècle surtout chez les personnes de la haute société. Mais dans ce cas, la plume puissante de Patrick, mise à part de nous mener vers ce monde de cauchemar, nous laisse tout de même entrevoir entre les lignes une sensibilité cachée mais présente depuis ses tout premiers romans.
L’auteur comme à son habitude maintient une maîtrise magistrale des éléments importants qu’il distille au compte goute, pour entretenir mystères et angoisses afin de rendre le roman d’autant plus addictif, en nous donnant finalement une ouverture vers une suite qui risque d’être attendue impatiemment !!! 
Je n’ai plus qu’une chose à dire… Lisez-le !
 

3. Enfermé.e de Jacques Saussey

Les premiers papillons ont éclos derrière des paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignent de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparus, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…
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Dès le premier chapitre le ton est donné.
Je plonge.
Que dis-je, je plonge ? 
Je suis littéralement en apnée dès le second chapitre.
Le roman est très différent de ce que Jacques Saussey écrit habituellement. Aussi bien pour le thème que sur son style, que l’on retrouvera quand même sur les derniers chapitres et cela se justifiera dans le roman…
Il va être très compliqué pour moi de vous parler de ce que j’ai ressenti sans dévoiler le sujet du roman…
Jacques m’a fait entrer avec une émotion incroyable dans un monde que je connaissais très peu voire pas du tout sur certains points.
C’est un roman bouleversant, violant aussi, jusqu’à l’insupportable parfois, mais aussi roman sur l’affirmation de soi, sur une quête de la personnalité et de la justice. Tous les personnages sont développés à la perfection, chacun s’inscrivant à l’image de ce qu’il dégage. Le rythme est donné très vite par des aller/retour incessants dans le temps sur les 2/3 du roman qui m’ont permis de pourvoir souffler un peu, dès que je revenais au “présent” de l’histoire… 
Imaginez-vous emprisonné dans un corps qui n’est pas le votre, un corps que vous refusez…
Vous êtes montré du doigt, toute votre vie. On se retourne sur vous, on chuchote, on vous insulte, on vous hait !
Pendant la lecture, j’ai eu peur, j’ai souffert, j’ai compatis, mais je me suis réjoui aussi… 
J’ai vu entre les lignes, le travail énorme réalisé par Jacques. Je pense que lui aussi a du souffrir à sa façon, dans l’écriture de ce superbe roman qui reste tout en respect et en amour pour le personnage principal. 
Le désir de vengeance que je souhaitais tout le long de ma lecture est finalement arrivé… 
Mais là encore, j’ai été pris à contre pied, pas du tout comme je me l’attendais. 
Un livre à lire absolument…
Incontestablement,  l’un de mes meilleurs romans pour 2018 !!!
PS. Un grand bravo aussi pour la superbe couverture. C’est gonflé, mais c’est excellent !

4. Mort point final de Frank Klarczyk 

Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant, que personne n’a depuis oubliée. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint Denis où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur !
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Je pourrais résumer ce roman en un seul mot : “Wahou”.
Mais vous risqueriez de penser que je me l’a joue facile !!!
Tout d’abord un grand merci à Caroline Vallat, qui m’en a parlé, et je dois dire qu’elle me l’avais bien vendu.
Mais cette lecture est vraiment allé au delà de ce à quoi je m’attendais.
Malgré un récit un peu court à mon goût, Frank réussit dès le prologue à me captiver. 
Les chapitres qui ne sont pas numérotés (???) sont très bien rythmés, avec une histoire dans l’histoire, et des flashback récurants… 
Ça démarre très vite, et j’en ai pris vraiment plein les yeux… 
Devant les élèves d’une classe indisciplinée, qui manquent de volonté, d’envie et ne connaissent pas le respect, un professeur de français impose une technique personnelle afin de les motiver à travailler.
J’ai suivi avec délectation le “pétage de plomb” de ce professeur sur les premières 122 pages véritablement haletantes…
Plus j’avançais dans le récit plus je me demandais si je lisais bien ce que je lisais !!!
Je ne peux malheureusement pour vous rien dire de plus sans dévoiler le pourquoi du roman, mais en plus de cette écriture (fort belle d’ailleurs) sur les chapeaux de roue, l’auteur nous offre une vraie course poursuite, avec plusieurs rebondissements très intelligents jusqu’à la dernière ligne, que dis-je ?… Jusqu’au point final !!!
Je suis passé par plusieurs phases de sentiments le long de cette lecture. 
Car en plus d’être un véritable ”page turner“, Frank soulève “sournoisement” ou pas, certains points très intéressants sur les problèmes qui entourent l’Education Nationale. De nouveaux programmes que l’on arrive pas à developper jusqu’au bout, le français écrit qui se perd peu à peu dans son orthographe, des professeurs dépassés par une évolution constante de la technologie…
C’est le troisième roman de Frank Klarczyk. Il me reste donc à rattraper mon retard, et je vous incite à faire comme moi.
Il y a bien longtemps qu’une envie de me ronger les ongles ne m’était venue !

5. Nevermore de Nick Gardel

Peter Raven est, généralement, de bonne composition. Pour preuve, il ne réfléchit pas longtemps quand il s’agit de rendre service à son ami Lucien Marquès, libraire de profession et amateur de femmes mûres de son état. Mais, parfois, une petite virée campagnarde tourne au cauchemar. Quand les cadavres commencent à s’entasser au même rythme que les soupçons de la police locale, Peter a du mal à ne pas perdre sa bonne volonté. Encore faudrait-il qu’il n’y perde pas non plus la vie…
Une histoire de rancune villageoise, de trésor caché et de conjonction tellurique, rythmée par les solos de guitare et les nappes d’orgue Hammond des meilleurs groupes de rock progressif.
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Comme peut-être beaucoup d’entre vous déjà, je viens de faire la connaissance de Peter Raven, un sacré drôle de personnage.
Jeune homme attachant qui a eu une enfance difficile qui expliquent certaines de ses fêlures… Détective privé amateur, à la fois fouineur et encombrant mais quand même utile durant son enquête avec la police.
Sa complicité et les dialogues avec Lucien sont plein d’humour, je n’ai pu ne pas penser à Michel Audiard pendant certaines joutes exquises. Duo très sympathique qui mérite un lectorat de tout âge.
Un grand merci à Nick aussi pour la superbe playlist qu’il nous propose. 
Je me rends compte qu’il n’y a pas qu’en littérature que nous avons de « très bons goûts » ! 
Barclay James Harvest, Genesis, Peter Gabriel, Pink Floyd, Yes, Ange, Marillion et bien d’autres… 
Ce fut un véritable plaisir pour mes oreilles de me prêter au jeu de les écouter en même temps que je lisais, j’ai replongé dans ma jeunesse.
C’est le premier tome d’une trilogie qui en comporte quatre… Lol ??? 
« Va comprendre Charles“ !!!
Je ne veux pas en rester là, je continue sur ma lancée, avec The musical box, Mal placé, Chorale…

6. Aussi noir que le charbon de Eric Dupuis 

En 1970, dans le bassin minier, un terril sépare les riches des pauvres. Deux enfants que tout oppose se lient pourtant d amitié : François-Xavier de Montjarrieux, fils d’un puissant industriel, et Iwan Kaczmarek, dont le père est mineur. Des années plus tard, le premier est devenu avocat, le second policier. François-Xavier a sombré dans la drogue et l’illégalité en défendant dealers et malfrats. Alors, quand sa famille est retrouvée massacrée, il constitue le suspect idéal. Son seul allié : Iwan, ami de toujours. Au fil de l’enquête, de nouveaux éléments changent la donne. La tuerie semble faire écho à une sombre affaire de meurtres et de viols survenus dans la région trente ans auparavant. Simple similitude ou lien réel ?
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Eric Dupuis, tel un machiavélique et manipulateur prestidigitateur, nous a concocté un vrai Polar noir complètement à part…
J’ouvre le roman. Premier chapitre.
1979. Le terril.
J’inspire un bon coup, je prends mon élan. 
Je plonge !
“Deux enfants de six ans s’amusent en grimpant l’un derrière l’autre sur le terril surplombant leur village. Au premier coup d’œil, on pouvait se rendre compte que ces deux gamins n’était pas du même monde…”
Dès le début du roman je sais.
Je sais, que je vais prendre un réel plaisir…
Je sais, que je vais être emporté !
Mais ce que je ne savais pas, c’est qu’en plus d’un style d’écriture sensible et franc, Eric allait se jouer de moi, de rebondissements en rebondissements jusqu’à la dernière ligne et là, je tire mon chapeau sur ce final incroyable…
Excellent, suspense et retournements de situation, tout y passe. 
Qui est qui ? 
Pourquoi ?
Personnages borderlines,
Pédophilies,
Meurtres d’enfants…
Eric Dupuis nous fait aussi un portrait très pointu de la grisaille et de la misère sociale de sa région du “Nord-Pas-de-Calais”, le bassin minier, les corons, la fermeture des mines…
On sent un travail documenté et précis qui sonne très juste. 
Tout le roman tourne autour d’une histoire d’amitié entre des codes différents. 
Un riche et un pauvre. 
Jusqu’où seront-ils prêt à aller l’un et l’autre, pour éluder tous types de trahisons, ignorer la guerre entre les classes sociales afin de conserver une amitié qui défie toutes les règles. 
Avec ce roman, le premier que je lis de l’auteur, Eric Dupuis confirme encore une fois que le fait de travailler dans la Police n’empêche pas de pouvoir être un très bon auteur…
Merci Eric pour ce grand plaisir de lecture !
Je vous le conseille vivement !

7. Heimaey de Ian Manook 

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.
Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancoeurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l’inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu’en maître du suspense il y distille.
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Par où commencer ?
Par dire peut-être, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt cet auteur incroyable !
Que malgré le fil rouge de son récit, un polar, un vrai, un dur, c’est la beauté de ses textes qui m’a porté tout le long de son récit ?
Il y a quelques jours je suis allé voir un spectacle immersif, où la vue et l’ouïe nous permettaient presque de ne faire qu’un avec l’artiste… 
Ian Mannok réussit avec Heimaey le même prodige !
J’ai vécu et respiré l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan pendant quelques heures…
Pas seulement dues aux superbes descriptions qui m’ont faites rêver, les volcans, l’immensité de la neige et de la glace, la mer que l’on devine tout autour, les vagues qui se fracassent contre les falaises depuis des milliers d’années, mais aussi la force des ses personnages, forts, grands, puissants, semblant tout droits sortis d’un autre temps, afin de pouvoir subsister dans cet univers au climat hostile. 
Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est le “krummasivur”. Ce chant viking venu du fond des âges, mélodies considérées comme des chansons folkloriques en hommage aux corbeaux, que j’ai écouté en boucle durant une grande partie de ma lecture. Le corbeau est associé à une grande intelligence et se produit dans la mythologie nordique, y compris sous la forme de Hugin et Munin (islandais Huginn et Muninn, pensée et mémoire), les compagnons d’Odin. 
J’en connaissais certaines, du groupe “In Extremo“ par exemple, mais je n’avais jamais fait le lien avec l’Histoire Islandaise… C’est absolument superbe !!!
Je ne peux que vous conseiller de voyager avec Ian, dans l’espace et dans le temps à la recherche de Rebecca suite à sa disparition, dans un monde ou tout donne l’impression d’être au ralenti tant la “pression“ de la nature se fait présente…
Chaque pas, chaque décision est une lutte, une vraie décision à prendre contre ces forces vivantes !
Merci Ian, de m’avoir mené aussi loin, où même les hurlements du vent nous racontent une histoire…
Un grand merci aussi à Claire Lajonchère et Albin Michel pour leur gentillesse et leur confiance.

8. Nous rêvions juste de liberté de Henri Lœvenbruck

«Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.» Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher. Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.
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Qu’est-ce qu’un artiste ?
Un musicien qui nous porte au son d’une mélodie ?
Un peintre qui nous capture dans sa toile ?
Un acteur dont le ton est tellement juste que l’on arrive à croire à son personnage ?
Un auteur qui au fil de ses mots, nous fait vivre des centaines de vies ?
Un sculpteur ?
Un magicien ?
Un danseur ?
Pour moi un artiste c’est un peu tout ça, mais c’est surtout celui qui ne se contente pas de voir, c’est celui qui a appris à regarder, qui ne se satisfait pas d’entendre, celui qui a appris à écouter !
Que d’émotions !
Quel superbe roman… Plaisir assuré jusqu’à la dernière ligne.
J’ai découvert Henri Lœvenbruck, le 25/05/2005 avec “Le Testament des siècles” et depuis, j’ai lu la plupart de ses romans. Il fait parti pour moi de la “valeur sûre” de la littérature française. 
Je m’étais habitué à un certain style de littérature un peu mystérieuse ou polar…
Mais là, je suis complètement bluffé !
Henri Lœvenbruck a concocté un road-movie incroyable. Poignant, émouvant, tout en subtilité, ancré dans un décor aride le long d’un périple à travers les longues routes des États-Unis. Il délivre une authentique réflexion sur l’amitié, l’amour et les espoirs, à un âge difficile qu’ont nos héros qui se cherchent encore. Qui cherchent leurs libertés.
Mais qui n’a jamais rêvé de liberté ?
Loyauté, honneur, respect. 
3 “petits” mots, qui prennent ici tout leurs sens.
3 carnets, pour un roman construit comme un triptyque qui m’a noué les tripes et déchiré le cœur…
J’ai pleuré en arrivant aux dernières pages, j’ai pleuré jusqu’à la dernière ligne.
Mais dans certains cas cela fait du bien…
Il y a de la magie dans ce livre, il y a de la force. Les mots me manquent tellement j’ai été ému par cette aventure.
Henri Lœvenbruck est définitivement pour moi un véritable artiste !
A lire absolument !!!

9. J’attraperai ta mort de Hervé Commère

Paul Serinen est une sorte d’Arsène Lupin des temps modernes. Solitaire, discret et audacieux, il a réalisé un coup de maître. Il laisse derrière lui un diamantaire piqué au vif et un butin dissimulé avec son revolver sous sa véranda.
Depuis, sa belle demeure d’Étretat a changé de propriétaires.
Mais le passé n’est pas fait pour rester enterré…
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C’est le/mon premier roman d’Hervé Commère, que j’ai rencontré à Mulhouse au Festival sans Nom.
Comme souvent, j’ai décidé de lire ses romans dans leurs ordres d’écriture, et pour un premier roman (un peu trop court à mon goût), j’ai senti très vite, une vraie maîtrise dans son style.
L’intrigue est implacable, très intelligente, bien ficelée, réglée comme une montre suisse !
Une belle écriture, très fluide, j’ai eu envie d’en savoir plus, très vite.
Plus Roman noir que Polar, il y a une réelle montée vers une histoire sombre, glauque et violente alors que la première partie est toute en finesse. L’évolution est très intéressante. Tout s’emboîte à merveille et il faudra attendre la fin du roman pour comprendre réellement la portée de toutes les ramifications de cette intrigue machiavélique…
Une belle surprise, que je vous conseille vivement !

10. Jeudi noir de Michaël Mention 

France-R.F.A 82 : un match, une victime, une vengeance.
8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.
L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession: gagner sa place en finale.
Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. mais le pire s’invite: les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.
Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.
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J’avais 15 ans lors de ce match épique.
Je m’en souviens encore très bien.
Mon père et ses amis étaient tous fous de rage suite à l’orientation violente que le match prenait.
A l’époque je n’avais retenu que ça, la violence, le choc incroyable entre le gardien allemand Schumacher et le français, Patrick Battiston.
Ce match a été un déclic pour moi.
Depuis je n’en ai vu que très peu, et uniquement lorsque j’étais accompagné d’amis qui venaient à la maison.
Le foot était devenu uniquement une excuse pour se réunir entre nous… J’avais vu de quoi certains joueurs étaient capable… pour gagner !
L’écriture et l’évolution de ce roman est vraiment superbe !
90 minutes de match, de prolongations, de tirs au but…
Je ne connaissais pas encore l’écriture de Michaël, mais c’est une vraie belle découverte. La musique est omniprésente durant tout le récit et pas n’importe laquelle, en plus d’une volonté de l’intégrer à l’histoire !
Attention ce n’est pas un Polar. C’est un vrai roman noir, psychologique et très prenant. Le personnage principal, un joueur de l’équipe de France (qui n’est jamais nommé), passe par toutes les étapes, physiques et psychologiques, mais c’est surtout la psychologie du roman qui m’a porté. Il nous fait vivre cette rencontre historique minute par minute comme si nous étions sur le terrain. Comment ce match est devenu dans sa tête, un règlement de compte, car finalement les français n’ont jamais vraiment pardonnés aux “nazis”, puis il glisse vers la haine raciale envers les joueurs de son équipe, jusqu’au désespoir du coup de sifflet final.
L’ambiance de cette demi-finale est si bien décrite, si bien détaillée que j’y étais vraiment !
Bien sûr, j’ai eut forcément envie de revoir certains extraits du match après ma lecture, tout était exactement comme dans mes souvenirs…
Merci Michaël, merci pour cette “retransmission” qui plaira forcément aux fans de foot, mais aussi à tous lecteurs un peu curieux.
Car pour ce match, grâce à ce roman, je pourrai vraiment dire : “J’y étais !!!”

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (12)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (12)

ET SI ON LEUR DONNAIT LA PAROLE ?

Bonjour, c’est un très grand plaisir de vous rencontrer. Traditionnellement nous commençons par une petite présentation. Je vous laisse vous en charger ?

Je m’appelle Emilie Boyer. Je suis née le 22 avril 1976, dans une clinique des Landes, fille unique d’André, ouvrier agricole, et de Roselyne, femme de ménage. Je vis à Begaarts, ville fictive quatre mille deux cents habitants, longues plages de sable fin, surf, soleil, pins, touristes et bars à tapas l’été, solitude, chômage, mort programmée du peu d’industrie locale et désœuvrement l’hiver. Un petit coin de paradis… Dans En douce, je suis une jeune infirmière pleine de rêves de danse, d’amour et de music-hall qui, suite à un accident de voiture au cours duquel je perds une jambe, est contrainte de démissionner. Quatre ans plus tard, je travaille comme ouvrière manutentionnaire dans un chenil de la côte landaise, juchée sur ma prothèse et mes béquilles…

Je suppose que ça a trempé votre caractère… À ce propos et psychologiquement parlant, vous vous décrivez comment ?

Dure au mal et au travail, amoureuse des chiens plus que des hommes, femme « debout », selon l’expression chère à St Exupéry, dos droit et menton relevé, perdue au milieu de la société des hommes, désireuse de vivre pleinement malgré les coups du sort. Je suis une perdante magnifique.

On sent une véritable détermination en vous. Est-ce le fruit d’une longue maturation de la part de votre auteur ? Vous êtes restée combien de temps dans sa tête ?

Huit ans. Le temps que l’histoire autour de moi se mette en place, que les différents déclics opèrent pour que je prenne corps. J’étais déjà l’héroïne d’une nouvelle, écrite pour le festival polar de Lamballe, « Quelques pas de danse », parue un an plus tôt, mais il me manquait de l’épaisseur. Je dansais dans sa tête sans consistance, encore vaporeuse. Et un jour…

Je suis une perdante magnifique.

Malgré cette différence de sexe entre vous, pensez-vous avoir des similitudes avec lui ?

Assurément aucune.

Il ne vous épargne pas au fil du livre, lui en voulez-vous ?

Nous sommes des millions comme moi, à subir les inégalités sociales, à nous débattre pour garder la tête haute, à supporter. J’en veux à celles et ceux qui permettent que des gens comme nous se retrouvent dans la misère. Moi, je gagne à la fin du roman. Dans la vie, c’est rarement le cas.

Après cette victoire, vous vous accordez un peu de repos ?

Je vais vous faire une confidence : entre deux aventures, je n’existe pas ailleurs que dans l’esprit des lecteurs, je ne suis qu’un personnage de roman.

Avez-vous installé une véritable communication entre votre créateur et ce personnage de roman que vous prétendez être ? Par exemple, si vous deviez lui poser une question, qu’elle serait-elle ?

Pourquoi moi ?

Merci. C’est le moment de conclure. Un mot ?

N’oubliez pas : tout ceci n’est que fiction. Toute ressemblance avec des situations mettant des personnes réelles en situation de déclassement social, de souffrance et d’inégalités…

Résultat du jeu concours « Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? » avec Nick Gardel


Résultat du Jeu-Concours,

« Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? »

avec Nick Gardel

Coucou mes polardeux, il y quelques semaine nous lancions le Jeu-Concours, « Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? » avec Nick Gardel

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? vous connaissez maintenant ?

Mais, si c’est la nouvelle rubrique que nous avons mis en place avec notre Nervi, Nick Gardel.

Séance de rattrapage

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (1)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (2)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (4)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (5)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (6)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (7)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (8)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (9)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (10)

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (11)

 

Mais revenons au jeu concours

Nick nous propose de faire gagner à 2 d’entre vous un de ses polars.

Et en plus pas n’importe lequel puisque c’est une édition collector de Droit dans le mur que vous allez pouvoir remporter.

Et une édition collector dédicacée qui plus est !

Ancien vigile, Michel Marchandeau a cru au rêve campagnard : il s’est installé dans une maison des contreforts vosgiens. Mais le voisinage peut vous pourrir la vie bien plus vite qu’on ne le croit.

Entre une congrégation d’illuminés aux prétentions territoriales envahissantes et un Anglais chercheur de trésor, le retraité va devoir jouer des poings.

Rapidement les cadavres commencent à s’entasser et cette histoire pourrait bien finir… droit dans le mur !

Vous pouvez aussi retrouvez ici  « Droits dans le mur » la chronique Jubilatoire de Dany           

Ou encore  là Le compte rendu de Julie

Alors voilà les résultats

Vous avez été seulement 3 à répondre à mes questions

Aussi le tirage au sort n’a pas eu lieu

Vous aurez toutes les trois le polar promis

2 offerts par Nick

Et un troisième que j’offrirai et enverrai à ISABELLE

Les deux autres lauréates sont : MANOU et MARJORIE

Les réponses étaient :

1/ les titres sont Chorale , Fourbi étourdi , Droit dans le mur , Mourir, encore .. (et plein d’autres choses)

2/ la GAV de NICK a été menée par Ophélie , Aline , Dany et toi, Geneviève

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (11)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (11)

Bonjour, on me laisse quelques minutes pour vous parler. Pour que je complète mon dossier, vous voulez bien vous présenter ?

Euh… Bonjour. Moi c’est Regis… Vous êtes vraiment là ?… Je veux dire « là », derrière le clavier ? Ou c’est encore dans ma tête que ça déconne ? Comment je peux en être sûr ?… Et si c’était encore le « Grand Complot » qui cherchait à m’amadouer en me flattant, en s’intéressant à moi, en faisant mine que j’intéresse qui que ce soit ?… Me présenter ? Mais pour quoi faire ? Je ne mérite pas les projecteurs. J’ai fait trop de mal… Le Mal s’est servi de moi. Et maintenant, je hante bien plus qu’une trilogie d’étranges livres noirs…

Bien… bien… Selon vous toujours comment vous qualifieriez-vous ? Quels sont vos traits de caractère dominants ?

Je suis schizophrène. Je ne me prends pas pour Napoléon. Je ne suis pas idiot non plus. Je suis vide, en vérité. Et je fuis. De toutes les manières. Comme un tonneau percé. Comme un évadé aussi. Je délire, je doute, j’interprète et parfois je me défends. Parce que le Mal rôde et accable les Hommes, et moi en particulier, moi plus encore. Je suis « spécial ». Alors je me défends. Salement. Parce que je n’ai pas choisi ce qui me ronge et que je n’ai rien fait pour le mériter. Maintenant je suis spectateur de la fatalité. Je suis au fond du trou, je creuse encore, mais je vous regarde tous depuis mon promontoire pourtant. Je vous vois vous agiter, vous angoisser, interagir et n’être jamais satisfaits. Vous êtes des ombres, des silhouettes sans nom. Et moi, je suis le « Roi ».

Je crois que ça me suffira… Passons à vos origines. Vous vous souvenez de vos débuts ? Vous êtes restés combien de temps dans la tête de ce « James » ?

Je suis né d’un père créatif et un peu poète et d’une mère réaliste et froide comme un manuel de symptômes psychiatriques. Je n’ai jamais été à l’abri, enfermé dans une tête. C’est un confort, ça, à bien y regarder. Le seul endroit où l’on m’a enfermé c’est dans ce cagibi froid et poussiéreux, derrière des persiennes de béton où j’ai passé des nuits entières à admirer la Lune comme si c’était le phare de mon existence à la dérive. Ça s’est terminé dans le sang.

Et ce « créateur » donc… Vous pensez qu’il a insufflé une part de lui-même dans ce que vous êtes devenu ?

Je ne le lui souhaite pas. Par contre, je sais que je l’habite. C’est l’inverse en fait. C’est moi qui ai rongé une part de lui. Il a donné beaucoup dans cette aventure littéraire depuis un certain jour de novembre 2015…

 

Je suis spectateur de la fatalité, je suis au fond du trou, je creuse encore, mais je vous regarde tous depuis mon promontoire.

 

De vous deux, qui décide de la tournure des évènements ? Parce qu’il faut le reconnaître, il vous fait faire des trucs pas jojo dans le livre. Lui en voulez-vous ?

Il ne raconte que la stricte vérité. Je lui suis même plutôt reconnaissant d’avoir mis d’aussi jolis mots sur des choses aussi moches. Et je m’étonne chaque jour qu’autant de lecteurs se soient penchés sur mon cas de pauvre taré… Mais d’ailleurs pourquoi vous demandez ça ? C’est un piège, c’est ça ?!

Mais, présentement, vous me paraissez assez… comment dire… apaisé. Vous occupez comment votre temps libre ?

La psychose n’occupe pas le terrain. Elle laisse sur place, dans une certaine perplexité vis à vis de ce qui m’entoure. Alors je lis. Je me remplis de mots. Dans ces périodes de grand ralentissement psycho-moteur, quand la tempête se calme, quand le vide interne se fait cocon ; je vis de longs moments de stupeur. Je me mets à tricoter des mots, les tords en douceur ou les choie avec malice. Puis je les mixe sans ménagement et les broie violemment. Je les réduis alors en miettes, et projette la matière friable dans les airs, poudre volatile… Pulvérulente. Pareille à la neige des sommets ; une âme à la consistance de craie.

Toujours en parlant de votre… auteur ? créateur ? Je ne sais comment vous l’appelez. Vous êtes ici, et lui est dehors. Vous avez une question à lui transmettre ?

Et toi, ça va sinon ? Et puis tu comptes leur répondre quoi à tous ceux qui vont te demander si tu vas t’arrêter d’écrire après la Trilogie ? Pas simple hein ? Comment leur faire comprendre que t’es cuit, là tout de suite, que t’es épuisé, que t’es sec, et que pour le moment t’as plus rien à donner, vidé de tes tripes, parce que t’es un artiste, pas un artisan qui fait de la page au mètre sur commande… Bon courage, mec !

Il se peut que ce rapport soit lu par un certain nombre de gens qui ne vous connaissent pas encore. Avez-vous un message à faire passer à ceux qui vont vous découvrir ?

La musique. Ce bruit des fous qui fait parfois vibrer les âmes. Mettez de côté vos goûts personnels. Elle n’est pas là pour vous, cette bande-son. Elle est là pour moi. Comprenez-le et appréhendez l’omniprésence de la musique, la manière dont elle me guide, me rassure, me persécute comme un personnage à part entière. Ce n’est pas une obligation, mais les réactions les plus vives de lecteurs ont sans nul doute été celles de ceux qui ont adhéré à cette proposition atypique, une expérience émotionnelle globale… Et ça vaut pour les trois tomes. D’ailleurs, attendez d’avoir lu La Trilogie Psychiatrique en entier pour juger James. Son œuvre est un tout. Le Mal est un cercle vicieux, sans fin et sans issue. Un cercle qui fore et perce, monté sur un pas de vis. Un cycle, et pourtant cette histoire ne tourne pas tellement rond, vous verrez…

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? 10


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (10)

Je m’appelle Jean-Edouard, mais mes amis ont la gentillesse de m’appeler Jed. C’est pas facile tous les jours d’avoir un prénom qui paraît tombé d’une image pieuse coincée dans un missel. Techniquement, je n’ai pas vraiment d’âge défini mais si on m’évalue à une grosse trentaine d’années on ne doit pas tomber loin. Le pedigree est bon mais il a dû y avoir un cross-over dans la génétique. L’adultère ça brasse le patrimoine, même dans les bonnes familles… J’étais destiné au col en V Burlington et au missionnaire avec une Marie-Charlotte jupe plissée serre-tête, mais j’ai bifurqué… Là je zone entre deux eaux avec quelques plongées sous la surface de la légalité. Rien de bien méchant mais disons que ma prochaine confession risque de durer des plombes.

On pourrait parler de demi-mesure en somme. Ni vraiment bon, ni vraiment méchant. C’est là l’essentiel de vos traits de caractère ?

C’est réducteur, mais le raccourci amène à bon port… Certains vous diraient que je suis mou, nonchalant, fainéant même. C’est vrai que j’ai plutôt tendance à me laisser porter par le courant. Un truc qu’on ne m’enlèvera pas, c’est une certaine notion de la fidélité en amitié. C’est maintenant que je parle de mon aptitude olympique pour les emmerdements ? Parce que, même si je ne peux pas l’inscrire sur mon CV, je vous jure qu’elle force le respect.

Ça doit prendre un certain temps à imaginer une engeance pareille. Il lui a fallu combien de temps pour les compiler vos tracas à l’autre plumitif ?

Ce type est une arnaque vous savez… En gros, il bosse sur un truc et puis d’un coup, il y a une autre idée qui vient lui vriller l’encéphale et qui s’enracine. Vous savez quand je suis apparu ? À la base je suis né dans le bassin d’un bouillon de culture municipal, au milieu d’une longueur chlorée. Parce que l’autre, il brasse. Il fait le guignol avec un tuba, une paire de binocles imperméables et un néoprène moule-machin puis il brasse. Et puis ça fait son intéressant, ça fait le rigolo devant les autres. Il écrit un chapitre et il attend fébrile pour savoir ce que les copains en pensent. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans ce parking à crocheter une DS… La suite s’est enchaînée avec une facilité déconcertante, témoignage d’un esprit assurément ramolli par l’immersion.

Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme.

Si votre auteur n’a pas d’imagination, il a dû faire un copier/coller de sa personnalité, non ? Avouez-le, lui, c’est vous. Et inversement.

 Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme. Et puis, il aime ça les avanies et les saloperies anticléricales. Je lui dois sans doute une grosse part de ce qui ressemble à de la liberté et finalement mon manque total de tact. Le gars perdrait son calbut pour un bon mot. Alors, il me fait mâchonner les phrases qu’il n’a pas le temps de dire dans la vraie vie. Je lui dois au moins ça. Je suis son décalage de répartie.

N’empêche, il vous gâte côté malhonnête dans le roman. Et puis vous n’avez pas exactement les bonnes fréquentations… Vous lui en voulez ?

 C’est plutôt moi qui subit. Alors forcément je lui en veux. Ce gars est persuadé que le réalisme passe par le fait que j’en prenne plein la tronche. Mais il me réserve quand même de belles rencontres.

La vie d’un personnage, ça laisse du temps libre entre deux baffes dans la gueule ?

 Au départ, je devais juste sombrer dans l’oubli. J’étais un ovni dans son parcours. Mais pour ça aussi il n’a pas été capable de s’y tenir. Alors, j’ai bientôt droit à un nouveau tour de manège pour tenter de chopper la queue du Mickey. Et puis, j’ai un alter ego, un gars plus sombre qui pourrait quasiment être mon frangin. Peut-être que vous l’aurez au micro un jour. Alors on se sent moins seul pour le coup.

Vous dialoguez avec le sieur Gardel ? Profitez-en, la maison vous offre une tribune, je suis sûr qu’une question vous brûle les lèvres.

 De base je tenterai d’élucider cette propension qu’il a à me faire tomber sur des roubignoles qui flottent au vent. Parce que les génitoires en étendard, j’en côtoie quelques paires dans le bazar qu’il appelle un bouquin. Il doit y avoir du Freudien là-dessous.

J’ai cru comprendre que vous alliez revenir dans d’autres aventures, j’imagine que vous avez quand même un message à passer auprès des gens qui vont vous découvrir.

 Je leur dirais qu’il ne faut pas vous formaliser. C’est pour rire tout ça. Si le type Gardel pouvait se mettre sur une table pliante à l’entrée d’une gare avec sa pile de brochés, vous le verriez le sourire en banane ! Le gars aime les amitiés viriles à la Ventura et les adjectifs qualificatifs surnuméraires. Alors, emportez-moi dans un sleeping et laissez-vous bercer par le ronflement des essieux et des phrases. Il n’en demande pas plus. Et, forcément, moi non plus…