Juste après la vague – Sandrine Collette


Le livre : Juste après la vague de Sandrine Collette. Paru le 18 janvier 2018 chez Denoël dans la Collection Sueurs Froides.  19€90 ; (301 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Une petite barque, seule sur l’océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs.
Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage.
Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l’eau recommence à monter.Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.

 

L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan. Aujourd’hui elle se consacre pleinement à l’écriture de ses romans.

Pour tout savoir sur Sandrine c’est ICI

 

Extrait : 
Ils étaient là sur la rive à trente mètres, sauf Lotte et Marion que la mère avait dû enfermer dans la maison. La bouche ouverte sur une plainte de panique, le père murmura leurs noms dans sa tête : Madie. Louie, Perrine, Noé, Émilie, Sidonie. Tous arqués sur la corde, même sa fillette borgne, même son garçonnet chétif, à tirer en rythme chaque fois qu’un Hisse ! phénoménal sortait du corps de la mère, écrasant le souffle du vent, tous à haleter pour remonter vers eux les trois naufragés, ils ne flanchaient pas, malgré les rafales, la pluie et le tonnerre, malgré les vagues qui venaient les faire trébucher, se relevaient les uns les autres, continuaient à treuiller en enroulant la corde autour de l’arbre. Et le père effaré les regardait en découdre avec l’orage et la mer, minuscules sur leur bout de terre giflé par le vent, tête baissée, dos voûté telles des bêtes cambrées sous le mauvais temps, pas un qui céderait, même Sidonie qui ne servait à rien mais agrippait la corde elle aussi, glissant sans cesse, elle allait tomber, rouler jusqu’à l’eau – le père dans un sanglot murmura son nom, pria pour que la mère les oblige à regagner la maison, il suffisait d’un arbre brisé, d’un pan de rive qui s’éboule et ils seraient tous emportés. Mais ils restaient là, criant ensemble pour s’encourager et invectiver le ciel, la corde remontait toujours le courant, et soudain le père sentit la vase sous ses pieds, quelques caillasses, et la terre oui, c’était la terre.

Le post-it de Ge

Suite à l’effondrement d’un volcan dans la mer, la maison d’une famille est isolée du reste du monde, cernée par les flots. Madie et Pata, les parents, comprennent qu’il leur faut quitter leur îlot dans leur barque qui ne peut contenir que huit personnes. Ils doivent choisir entre leurs enfants. Un matin, Louie, Perrine et Noé trouvent la maison vide et un mot de leurs parents.

 Voilà de quoi parle mon précieux. Oui mon précieux.

Forcément qu’il est pour moi ce livre. Forcément c’est le dernier Sandrine Collette.

Sandrine Collette, c’est une de ces rares auteurs que je suis depuis leurs débuts. Une auteure qui immédiatement a su me séduire. Et jamais depuis Les noeuds d’acier,  son premier roman, non jamais, mon intérêt n’a été déçu. Bien au contraire. Et à chaque titre c’est un nouveau choc.

Alors forcément ce Juste après la vague était à nouveau pour moi.

Assurément, c’est certain, cette vague, je vais me la prendre en pleine figure.
Car je sais que juste après la vague, je serai, une nouvelle fois, submergée par l’émotion.

Il y a là Lotte et Marion, Émilie, Sidonie, les petites,  Émilie, six ans, Sidonie, cinq, Lotte, trois, et Marion, tout juste un an. Il y a là  Mattéo et Liam les aînés, treize et quinze ans, beaux, grands, presque des hommes. Et puis il y a le milieu, ceux du milieu, Louie ,Perrine et Noé.

Trois enfants, trois déjà cabossés de la vie. Trois éclopés. Louie a onze ans est l’aîné de ces « Trois ratés » « Louie avait une jambe torse, Perrine un œil aveugle, et Noé, à huit ans, faisait la taille d’un enfant de cinq ans. » La patte folle, la borgne et le nain !

Et puis il y a un choix à faire, ou plus exactement un non choix. Car la petite famille qui avait survécu au cataclysme se retrouve sur un îlot au milieu des flots, un caillou condamné à disparaître. Qui va partir, qui va devoir rester car la barque ne peut emporter tout le monde.

Je ne sais pas vous,  mais mon coeur de femme ne pourra jamais faire un choix pareil. Je crois que je serai restée avec mes 3 petits. Enfin je ne sais pas…Ce qui est certains c’est ici on va suivre dans un premier temps l’attente de ces trois jeunes enfants livrés à eux même. Et dans un second temps, l’épopée du reste de la famille sur un océan déchaîné.

Et l’eau qui monte inexorablement.

On tremble, on chavire, on pleure, on rit même parfois avec eux. On éprouve de la peur, de la colère, de l’angoisse. On partage leur rage, leur frustration. On a faim avec eux. On leur en veut aussi. On vit ses épreuves à travers eux.

Mais si ici tout n’est que chaos, pour une fois dans tout ce noir que distille à merveille notre auteur, il y a une petite étincelle d’espoir. Et oui dans toutes ces épreuves, il y a l’amour qui unit cette famille. Et on ne peut que s’attacher à eux.

Alors attention attachée vous y bien fort car ça va secouer.

Punaise, Sandrine Collette est vraiment trop forte pour nous remuer à ce point. A chaque nouveau livre que je lis, je me dis, il est encore meilleur que le précédent que j’ai adoré. A chaque fois, je me dis qu’elle ne fera pas mieux. Et bien si, à chaque nouveau titre je suis surprise. Elle se renouvelle, se met en danger et ça marche. Punaise cette femme est un génie. Oui un génie noir qui fait de la belle littérature. Merci Madame l’Auteure pour ce nouveau merveilleux roman. Cet énorme coup de coeur !

Et si vous n’êtes pas convaincus, allez voir la chronique de mon ami Yvan : Juste après la vague – Sandrine Collette

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Troupe 52 de Nick Cutter


A l’occasion de la sortie en poche de

Troupe 52 de Nick Cutter

Marie Hélène, notre bibliothécaire

Vous propose son petit avis


 

Le livre : Troupe 52 de Nick Cutter.  Traduit de l’anglais (Canada) par Eric Fontaine. Réédité en poche le 10 janvier 2018 chez J’ai lu dans l collection J’ai lu Thriller. 8€ ; (448 p.) ; 18 x 11 cm.

Quatrième de couverture

« Le meilleur roman que j’aie lu depuis longtemps. » Bret Easton Ellis

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

 

L’auteur Nick Cutter est le pseudonyme d’un célèbre écrivain qui vit à Toronto. Troupe 52 a remporté le James Herbert Award for Horror Writing.

Craig Davidson est né et a grandi à Toronto, en Ontario. Craig Davidson est diplômé de l’Iowa Writers’ Workshop (programme d’écriture littéraire de l’Université de l’Iowa). Il a publié de nombreux articles dans la presse, notamment dans le National Post, Esquire, GQ, The Walrus et le Washington Post. Il vit à Toronto, au Canada, avec sa conjointe et leur enfant. Et… Il écrit également sous les pseudonymes Patrick Lestewka.  

 

 Le post-it de la Bibliothécaire : Marie Hélène

 

Le chef Tim Riggs et sa troupe de scouts débarquent sur Falstaff Island pour un camp de trois jours en pleine nature canadienne. Alors que les adolescents s’amusent à se faire peur avec des histoires de fantômes autour du feu de camp, un homme à l’apparence effrayante s’approche du campement et leur réclame de la nourriture.

L’auteur lorgne sur les classiques de Stephen King (Carrie, Simetierre…) qu’il admire. Il construit une intrigue à mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard ». Un thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au coeur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Premier roman horrifique de Nick Cutter (pseudonyme derrière lequel se cache l’auteur de De rouille et d’os, Craig Davidson).

D’une redoutable efficacité. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre ce « Dix petits nègres » revisités avec une expérience scientifique démente.

Il nous transporte dans un récit venimeux jouant sur des changements de rythme narratifs, (affaire relatée dans la presse, interrogatoires des protagonistes…)

Cette construction du récit laisse le lecteur dans un état d’effroi quasi permanent. « Effroi » titre de la collection dans laquelle ce titre est publié ! MHF

Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


Le livre : Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 3 mai 2017 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  6€60 ; (185 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Il y a Kalinine

On a raconté beaucoup de choses sur Ilya Kalinine. On a dit de lui que c’était un monstre, un assassin de la pire espèce qui tirait son plaisir de la souffrance de ses victimes. On a dit aussi qu’un seul homme ne pouvait pas avoir tué autant de gens et qu’il devait s’agir d’une légende derrière laquelle se cachait une organisation criminelle.

D’autres ont prétendu qu’il n’existait pas.

Et pourtant, Ilya Kalinine a existé.

Depuis cet endroit et ce jour où j’écris ces lignes, je suis sans doute la dernière à pouvoir raconter son histoire.

Je m’appelle Vera et je suis la mère d’Ilya Kalinine. Il est le fruit de notre époque. Il en a la dureté.

Je l’ai élevé, je l’ai aimé, il m’a aimé en retour.

Les monstres n’aiment pas, je peux vous le dire.

Ou alors, nous sommes tous des monstres.

 

Les auteurs : On ne présente plus ce couple d’auteur qui sont comme vous le savez mes chouchous. Mais ce n’est pas parce que je les adore que je suis complaisante avec eux ! Bien au contraire. Mon exigence est décuplée. Si je suis parfois indulgente avec des nouvelles plumes, plus avec Jérôme Camut et Nathalie Hug je ne leur passe rien. Il faut dire que leur premier polar à 4 mains m’a mis KO direct ! Prédation c’est juste le meilleur thriller que j’ai lu l’année de sa sortie. Donc maintenant mon niveau d’exigence est au max avec mes chouchous
En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux Éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux Éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Extrait :
Monter un réseau de prostitution pour contrer les réseaux de prostitution, c’est un peu comme lancer une guerre contre la guerre. Ça semble absurde. Et ça l’est peut-être, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’inaction, considérer la prostitution comme un mal nécessaire tout en abandonnant des millions de femmes et d’enfants entre les mains de malades mentaux, des hommes privés d’empathie et de compassion qui n’hésitent pas à broyer ces vies pour s’enrichir. 

Mon avis :

Ils sont sympa tout de même Jérôme Camut  et Nathalie Hug, il nous offre comme cela un court roman de 185 pages, rien que pour notre plus grand plaisir et histoire de nous faire patienter avant le prochain qui devrait sortir en octobre chez Fleuve éditions. Et oui Nathalie et Jérôme intègre la collection Fleuve Noir.

Bon en attendant qu’est ce que je me suis régalée en découvrant l’enfance et l’adolescence de Kalinine. Car Nathalie et Jérôme, ou l’inverse peu importe, sont passés maître dans la création littéraire de vrais méchants. on se souvient tous de Kurtz, leur « méchant » de la série les Voies de l’ombre. Aussi avec Kalinine, il lui ont magiquement trouvé un remplaçant. Un putain de remplaçant ! Alors vous pensez, entrer dans l’intimité de celui-ci, cela ne ce refuse pas, surtout qu’on se doute qu’ils va y avoir des révélations.

Ilya Kalinine et sa soeur, Tania sont abandonnés à la naissance puis illégalement adoptés, Aussi, malheureusement ils sont placés à l’orphelinat . Après cinq ans de misère passés edans cet orphelinat, les enfants s’échappent.  Ils vont devoir se débrouiller pour survivre par leurs seuls et propres moyens. Plus tard…Le garçon infiltrera un réseau de prostitution, animé par son désir de vengeance. Le récit des origines d’un méchant de la série W3, assassin redoutable ou prête-nom d’une organisation criminelle.

Alors oui…Quel pied de retrouver Illya Kalinine dans ce court roman. Le héros, ombre du mal de W3 nous revient et on ne peut que remercier Nathalie Hug et Jérôme Camut pour ce fabuleux cadeau.
Enfin on découvre l’enfance et l’adolescence de Ilya, on en apprend plus sur sa sœur Tania. On comprend mieux la force de caractère de ce personnage, on appréhende mieux ses faiblesses.
C’est toute la force de l’écriture des auteurs que de nous faire entrer en empathie avec un tel homme, tellement complexe et paradoxal. Un vrai criminel qui tue de sang froid mais pour lequel on ressent une forme d’amour. Car il est impossible de détesté Ilya Kalinine, et encore moins maintenant que l’on connait ses secrets.

Nathalie Hug et Jérôme Camut offrent un récit très sombre des origines d’Ilya Kalinine, le criminel qui hante la trilogie W3, dont le premier volet, Le Sourire des pendus, a obtenu le Prix des lecteurs policier du Livre de Poche.

Merci Jérôme, merci Nathalie vous êtes des amours.

 

Aussi comme vous l »aurez compris, ces deux là sont mes chouchous du week-end aussi pour l’occasion de jouer avec nous à à petit concours  flash afin de remporter ce titre dédicacé par nos auteurs lors du prochain festival Saint Maur en Poche les 24 et 25 juin prochain.

Alors retrouvez moi ICI pour découvrir ce petit jeu concours.

A tout de suite !

 

La voie du loup de Beth Lewis, le chouchou du week end


chouchous-du-week-end
97910281023640-4030377La voie du loup de Beth Lewis.Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Benoît Domis. Paru le 18 janvier 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller. 21€50 ; (376 p.) ; 24 x 16 cm
Quatrième de couverture

Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. Avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt.Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents.

Son voyage au coeur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit.

La Voie du loup est le premier roman de Beth Lewis. Une chasse à l’homme dont l’inoubliable héroïne, accompagnée d’un loup, se bat pour rejoindre l’humanité.

 
avt_beth-lewis_4188L’auteur :

Grande voyageuse, Beth K. Lewis aime s’isoler en pleine nature, au contact des ours, des loups et des grands mammifères marins.

Extrait :
 Ce n’est pas un monstre. Les monstres, ça n’existe que dans l’imagination des gamins, sous les lits ou dans les armoires. On vit dans un monde d’hommes, et ça ne sert à rien de les appeler des monstres, à part les encourager à croire qu’ils n’ont rien fait de mal, que c’est dans leur nature et qu’ils ne peuvent rien y changer. En les traitant de monstres, on en fait quelque chose de différent de nous, alors que ce sont juste des hommes – de la chair, des os et du sang. Ils font le mal, ça ne change pas ce qu’ils sont.
 Collectif polar.biblio

Le post-it de la bibliothécaire

 Elka a été recueillie par Trappeur à l’âge de 7 ans alors qu’elle errait abandonnée et affamée en pleine nature. Des années plus tard, elle apprend qu’il est en fait un meurtrier. La découverte de cette vérité fait d’elle sa prochaine victime.

 Un thriller ? Oui même si l’ambiance post-apocalyptique plante le décor, un tueur est bien à l’oeuvre

 Voici un fort joli roman, à la fois thriller écologique, la nature tient une grande place et sert de décor à ce titre mais aussi roman initiatique.

Nous allons suivre les pérégrinations d’une( enfin 2 )adolescentes dans un monde ou règne le chaos.

Servi par une narration simple, directe, et percutante, ce récit est touchant, émouvant même si parfois drôle,  mais il est aussi saisissant et efficace. Bref une belle découverte et un vrai coup de cœur ! GVL

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Chroniques de l’Armageddon : Journal d’un survivant face aux zombies de J.L. Bourne


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Je me disais, comme cela en passant, que des Zombies et une fin du monde, cela ferait sans doute assez peur en ce jour d’Halloween. Et pour les autres jours aussi d’ailleurs !

9782362700149,0-1129854Le livre : Chroniques de l’Armageddon, Volume 1, Journal d’un survivant face aux zombies  de J.L. Bourne.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julien Drouet. Paru le 21 mars 2011 chez Eclipse dans la collection Horreur. 15€30 ; (305 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 20 x 13 cm
 9782809448252,0-2547065Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Panini Books dans la collection Zombi. 8€30 ; (309 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm
 
 
 4e de couv :

Journal d’un survivant face aux zombies

Chroniques de l’Armageddon

+++Mes chers concitoyens, je suis navré de vous faire part qu’en dépit de nos efforts, nos mesures de confinement ne sont pas parvenues à enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par la morsure des individus contaminés. Les personnes infectées décèdent rapidement pour se relever dans l’heure qui suit à la recherche d’êtres vivants dans le but de les tuer. Puisse Dieu nous venir en aide.+++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers survivants de l’apocalypse zombie, que ces quelques notes vous viennent en aide si vous avez le malheur de faire partie des survivants. Bonne chance…

+++Début d’interception Des bulletins d’information sporadiques indiquent que le chaos et la violence se répandent à travers les villes américaines. Un mal inconnu balaie la planète : les morts se lèvent pour s’approprier la Terre en tant que nouvelle espèce dominante de la chaîne alimentaire. Interception terminée+++

Cher Survivant, vous avez entre les mains le journal manuscrit d’un homme décrivant son combat pour survivre. Pris au piège au milieu d’un désastre d’ampleur mondiale, il doit prendre des décisions, faire des choix qui lui permettront de vivre, ou le condamneront à déambuler à jamais comme l’un des leurs. Pénétrez, si vous l’osez, dans ce monde. Un monde où les morts-vivants règnent en maîtres.

 

sopravvissuto1L’auteur :

J. L. Bourne est en service actif en tant qu’officier de l’U.S. Navy. Natif de l’Arkansas, il vit actuellement à Washington D.C. partageant son temps entre l’écriture et ses obligations militaires.

 Extrait :
« Ensuite, j’ai expliqué à John pourquoi je ne m’étais pas réfugié à la base aérienne avec mes camarades. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis demandé si j’aurais du me battre avec eux. J’ai dit à John que des fois, je regrettais de ne pas les avoir rejoints. Mais le fait est que je suis encore vivant, et pas eux. Je lui ai dit qu’à choisir, il valait mieux être une aiguille dans un botte de foin qu’un trou du cul dans une forteresse. »

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Petits résumé et avis :

9782809443912,0-2272182« +++ Mes chers concitoyens, j’ai le regret de vous annoncer qu’en dépit de tous nos efforts, les mesures de confinement mises en oeuvre n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par morsure ou griffure profonde d’un individu infecté. Les personnes contaminées décèdent rapidement, mais se relèvent dans l’heure et partent à la recherche d’humains. Puisse Dieu nous venir en aide. +++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers rescapés de l’apocalypse zombie. Que ces quelques notes vous viennent en aide si vous aussi avez le malheur de faire partie des survivants… »Des morts reviennent à la vie, et un homme seul doit se débrouiller pour survivre à cette catastrophe. Ici commence l’histoire d’un survivant face aux zombies. Un anonyme désemparé qui va pourtant faire face.

Un excellent roman de zombie. Il faut dire que ce personnage est en vogue actuellement. L’auteur part d’un postulat effrayant pour livrer un récit sans temps mort, dans un univers post-apocalyptique.

Journal d’un survivant face aux zombies est le premier volet d’une trilogie et son intrigue en est parfaitement maîtrisé. Cette histoire fonctionne à merveille. On ne la lâche pas une minute de peur que celle si soit fatale à notre héros malgrès lui. Alors…

Forcément on est impatient de connaitre la suite…

Cygnis de Vincent Gessler


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9782841724994,0-568956Cygnis  de Vincent Gessler. Paru le 26 mars 2010 chez Atalante dans la collection La dentelle du cygne. 14€50 ; (244 p.) ; 20 x 15 cm.
4e de couv :

Est-ce le ciel ou la forêt ? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’oeil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…

Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.

vincent-gesslerL’auteur : Vincent Gessler est né le 26 novembre 1976 à Sierre. C’est un écrivain et scénariste suisse. Il vit à Genève. où il a suivi des études de Lettres (Master spécialisé en histoire médiévale). Ce « passionné d’histoire et de sciences » a, entre autres, pour centres d’intérêt l’archéologie et le jeu vidéo. Dans sa jeunesse, il affirme avoir baigné « dans la proximité des livres et de la lecture », mais il décide de se consacrer à l’écriture après « le décès d’un ami très proche » avec lequel il avait un « imaginaire commun ». Après avoir publié une poignée de nouvelles ici et là, Cygnis est son premier roman.

 

Citation :
Après les erreurs de vos pères, l’homme a oublié. Il n’a gardé que les impressions et les craintes, mais il reproduit ce qu’on lui a légué. Il impose ses désirs par la force: il est à la fois à la mesure et à la démesure de son héritage. L’humanité doit être élevée comme un enfant qui apprend à marcher.

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Petits résumé et avis

Au coeur de la forêt vivent des démons de métal. Les hommes se sont réunis en communautés tribales. La vie de Syn, un trappeur accompagné de son chien, va basculer lorsqu’une étrange machine enfouie dans la glace se réveille.

Parmi les ruines d’un monde post-apocalyptique, survivent au jour le jour des hommes qui ont oublié leur passé.

Si la trame parait classique, ce roman se distingue des autres par son style littéraire recherché, qui fait de notre lecture un véritable rêve éveillé. Cygnis est un conte fantastique et philosophique.

L’auteur sait distiller avec art les indices nous permettant de comprendre peu à peu l’histoire de cette civilisation humaine jusqu’aux dernières révélations.

Il réussit à nous faire partager les émotions des personnages à travers d’incroyables descriptions métaphoriques et oniriques, qui sont autant de petites touches de couleur qui dévoilent peu à peu l’esquisse d’une Fresque grandiose.

Cygnis est une quête initiatique

« Une antique construction s’élève entre les arbres, ancienne chaussée rehaussée de piliers en béton érodés par le temps et la guerre. Les racines ont poussé entre les supports, soulevant des sections de la ruine qui se sont affaissées. Syn s’étonne de la longévité des ouvrages d’autrefois. Ce qui est conçu pour la guerre dure plus longtemps. Si l’on se donne la peine d’escalader les montants sur une dizaine de mètres, on découvre une surface plane et rectiligne, une sorte de route artificielle suspendue recouverte de quelques centimètres d’humus où poussent les herbes, mousses, arbustes bas. Le squelette d’une épave est parfois visible, envahi de plantes grimpantes ou de nids d’animaux abandonnés.
Son adolescence et son enfance sont pleines d’images comme celle-ci. Les enfants passent leur temps à remuer les reliques du passé dans l’espoir de trouver des machines intactes. Ils parcourent les ruines au mépris du danger, s’enfoncent dans la forêt et, quand ils croisent un diasol, ils fuient ou meurent. Il n’y a pas d’alternative, mais Syn a toujours eu de la chance. »

Une très belle écriture, un auteur à suivre, un roman à découvrir absolument. Un véritable Coup de coeur.

 

La chronique des ombres de Pierre Bordage: l’avis de Jean Luc


Chronique de lecteurs

Aujourd’hui Jean Luc nous présente un grand roman de SF post-apocalyptique d’un auteur classique français : Pierre Bordage. Excellent comme d’habitude ! Oui, personnellement j’adore…Mais je laisse la parole à notre chroniqueur.

PBPB&Le livre : La chronique des ombres de Pierre Bordage. Paru le 24 octobre 2013 Au Diable Vauvert. 23€ ; (750 p.) ; 20 x 14 cm.

Réédité en poche le 11 mars 2015 par J’ai Lu dans sa collection Science-fiction. 10€40 ; (861 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv :

Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné la partie privilégiée de la population mondiale dans des mégapoles équipées de filtres purificateurs d’air. La plupart des capitales sont désormais regroupées en Cités Unifiées. NyLoPa, la plus importante et stable des CU, réunit New York, Londres et Paris et compte 114 millions d’habitants. Les citoyens sont équipés d’une puce d’identité et la sécurité est assurée par une armée suréquipée qui fait office de police, les fouineurs, sorte de super détectives, un corps spécial composé d’individus sélectionnés pour leurs capacités analytiques.
Dans ce monde en survie à l’équilibre plus que précaire, des centaines de meurtres sont soudain perpétrés, dans toutes les villes et en quelques minutes, par d’invisibles assassins. On soupçonne une secte d’en être à l’origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir, tandis que les Ombres continuent de frapper de plus belle.
Remontant la piste, les fouineurs vont être entraînés hors des cités, dans le ‘pays vague’, à l’extérieur du monde civilisé, le lieu inconnu de tous les dangers…

 

PB&&L’auteur : Pierre Bordage
Né en 1955, cet extraordinaire conteur a su conquérir les faveurs du grand public avec ses épopées mythologiques et profondément humanistes, récompensées par de nombreux prix littéraires. Chroniques des ombres s’inscrit dans la veine de ses anticipations dystopiques, comme Wang ou Les fables de l’Humpur.

Résumé et l’avis de Jean Luc :

PB&&&&Fin du XXIe siècle. Après la guerre nucléaire qui a ravagé la Terre, l’humanité s’est réfugiée dans d’immenses méga-poles isolées des retombées radioactives par un dôme hermétique, les Cités Unifiées. NyLoPa, peuplée de plus de cent millions d’âmes, est aujourd’hui le théâtre d’une série de meurtres de masse sans précédent, à laquelle les fouineurs, ces policiers aux talents d’investigation infaillibles grâce à leur biopuce, peinent à mettre un terme. Leur enquête va les conduire à l’extérieur, en pays Horcite, un territoire violent où survivent tant bien que mal les exclus du système.

Avec « La chronique des ombres », Pierre Bordage renoue avec un de ses thèmes de prédilection, des destins croisés dans un environnement post apocalyptique.

Une fois encore, dans ce roman de 750 pages, Pierre Bordage est un conteur génial avec une imagination débordante, ce qui fait tout le charme de chacun de ses romans.

Dans cette histoire, Pierre Bordage, alterne les passages avec des personnages dans un environnement ultra-sécurisé et ultra-technologique, et de l’autre côté des exclus qui vivent en pleine barbarie, face à une nature devenue folle.

Les personnages sont attachants, parfois un peu surfaits, mais cela est largement compensé par une intrigue passionnante.

PB&&&Seul bémol, je pense que l’auteur aurait pu faire un peu plus court dans certains passages, je me suis même demandé si par moment il ne s’agissait pas de prolonger ce roman à succès compte tenu de son morcellement en format numérique (35 parties différentes !)

 Cela dit ce gros roman est passionnant et soulèvent beaucoup de questions telles que les risques liés à l’intelligence artificielle au main d’une minorité et aussi l’éloignement de notre civilisation technologique par rapport aux valeurs humaines.

Dernière critique, la fin est peu trop prévisible mais contre toute attente, je n’ai pas été déçu, un grand livre que je conseille aux amateurs de Sf, et pour ma part Pierre Bordage est incontournable !

Pour lire le début c’est ICI

Seul sur Mars de Andy Weir


Mes petites lectures

Seul sur mars  Seul_sur_MarsLe livre : Seul sur Mars de Andy Weir. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nenad Savic. Paru le 17 septembre 2014 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (403 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 24 x 15 cm
4e de couv :

Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.

Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.

Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Seul sur MarsaL’auteur :Andy Weir a été engagé comme programmeur informatique par un laboratoire national quand il avait quinze ans, et il n’a cessé de travailler dans l’informatique depuis.

Par ailleurs, il nourrit une passion pour l’espace, la physique quantique, la mécanique orbitale et l’histoire des vols habités.

Seul sur Mars (The Martian, 2012) est son premier roman.
En 2012 il achève l’écriture de Seul sur Mars, et le publie en ebook . Comme il l’explique lui-même sur son site, le succès ne vient pas immédiatement. Puis d’un seul coup, les ventes s’envolent et la même semaine, un éditeur et un producteur d’Hollywood lui proposent de lui racheter ses droits pour une publication « papier » et le tournage d’un film. Un vrai conte de fée, le rêve américain en quelque sorte.

Extrait : 
Laissez-moi vous résumer ma situation : je suis coincé sur Mars, je n’ai aucun moyen de communiquer avec Hermès ou la Terre, tout le monde me croit mort et je suis dans un Habitat censé pouvoir durer trente et un jours. Si l’oxygénateur tombe en panne, je suffoque. Si le recycleur d’eau me lâche, je meurs de soif. Si l’Habitat se fissure, j’explose ou un truc comme ça. Dans le meilleur des cas, je finirai par crever de faim. Ouais, je crois bien que je suis foutu.

Résumé et avis :

Au cours d’une mission spatiale habitée sur Mars, et à la suite d’un violent orage, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort et abandonné sur place par son équipage. Mais Watney a survécu et se retrouve seul sur cette planète hostile. Avec de maigres provisions, il ne doit compter que sur son ingéniosité, son bon sens et son intelligence pour survivre et trouver un moyen d’alerter la Terre qu’il est encore vivant.

Seul sur Mars décrit la survie d’un astronaute laissé pour mort sur cette planète, il dépeint le comportement humain et l’instinct de survie qui lui est propre.  Mark Watney persévère et s’accroche à l’espoir d’être secouru. Tel un Robinson Crusoë de l’espace il va tout mettre en oeuvre pour favoriser sa survie.

On s’attache très vite à ce Mac Gyver des temps modernes qui doit réssoudre sans cesse des aléas techniques. Problèmes qu’il doit solutionner très vite s’il veut s’en sortir. De plus se pose la question de la nourriture. Mais notre petit débrouillard sait qu’avec quelques plans de pommes de terre, l’homme peut aller très loin. Et tout au long du récit, notre astronaute va faire montre d’ingéniosité et de dextérité pour parer à toutes les petits soucis du quotidiens. Seul sur une planète hostile, il garde espoir et  il force notre respect.

La situation est tout sauf viable. Pourtant notre héros veut y croire jusqu’au bout. Même s’il sait la fin inéductable, il va tout mettre en oeuvre pour changer celle-ci. Sa force de caractère ou son bel optimisme, allez savoir, apporte un vrai plus au roman qui de coup n’est pas seulemment une succession de rebondissements. Le récit en devient même plus crédible.

Bref, Seul sur mars est un thriller survivaliste captivant qui nous présente un héros moderne et attachant.

C’est haletant, intense, drôle et intelligent. C’est même parfois poignant.

Ah oui, j’allais oublier, ce livre a été adapté à l’écran par Ridley Scott. Il est sortie le 21 octobre dernier avec Matt Damon dans le rôle de Mark Watney.

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Une pluie sans fin de Michael Farris Smith


9Le livre : Une pluie sans fin de Michael Farris Smith. traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michelle Charrier. Paru le 7 mai 2015 chez Super 8 éditions.  20€  ; (448 p.) ; 20 x 14 cm

Quatrième de couverture

L’ouragan Katrina n’était qu’un signe avant-coureur ; après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de l’Alabama au Texas, s’apparente désormais à un véritable no man’s land. Plutôt que de reconstruire sans cesse, le gouvernement a tracé une frontière et ordonné l’évacuation de la zone. Le sud de la Limite est devenu une terre de non-droit ravagée en    permanence par les tempêtes et les orages diluviens – un royaume sans électricité, sans ressources et sans lois.

Cohen fait partie de ceux qui, envers et contre tout, ont choisi de rester. Terrassé par la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, il s’efforce de panser ses blessures, seul avec son chien et son cheval.

Mais nul ne peut vivre éternellement dans les brumes du passé. Bientôt forcé de sortir de chez lui, il découvre une colonie de survivants menée par Aggie, un prêcheur fanatique hanté de visions mystiques. L’homme retenant contre leur gré des femmes et des enfants, Cohen les libère, et se met en tête de leur faire franchir la Limite. Commence alors, à travers un paysage dévasté, un étrange et terrible périple avec, pour horizon principal, l’espoir d’une humanité peut-être retrouvée.

Comparé par une critique américaine dithyrambique à La Route de McCarthy et aux âpres chefs-d’oeuvre de Faulkner, Une pluie sans fin orchestre avec une étourdissante maestria les noces du conte métaphysique et de l’épopée funèbre, porté par une langue incantatoire.

999L’auteur : Michael Fatris Smith vit à Columbus. Mississippi. Une pluie sans fin est son premier roman.
Extrait : 
« je crois que tu oublie le bébé, dit Mariposa à Nadine.
-J’oublie rien du tout. 
-Il a besoin d’un médecin
-Pas de ç, en tout ca », dit Evan
Un grondement de tonnerre les réduisit momentanément au silence. Il s’entre-regardère. Regardèrent les véhicules. Le ciel.
« moi je reste pas là » repris Evan, sans vraiment s’adresser à personne « C’est aussi simple que ça »
-Moi non plus, dit Kris
-Bon, dit Nadine
-Dieu merci » conclut Cohen, tandis que le tonnerre poussait un long beuglement.
« On a encore aucune raison de Le remercier, fit remarquer Nadine, prudente. Mais on a intérêt à ce que les choses changent avant la fin du voyage.
-Regardez »
Mariposa montrait du doigt l’endroit où la chaussée disparaissait au loin, à l’est. un point blnc s’y était matérialisé.
Qu’est-ce-que c’est? demanda Evan
-Des phares. Qu’est -ce que tu veux que ce soit d’autre ? répondit Kris. On se tire de là, s’il vous plait ?
-En voiture, tout le monde » lança Cohen

Résumé et avis :

Entre Mad Max 2 et La Route : le nouveau chef-d’œuvre post-apocalyptique.

99Inconsolable de la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, Cohen survit au-delà de la Ligne, dans la partie sud des Etats-Unis ravagée depuis des années par des tempêtes et dont la population a été évacuée. Il croise la route du prophète apocalyptique Aggie. Décidant de libérer les femmes et enfants retenus prisonniers par ce dernier, il tente de leur faire passer la Ligne.

rivers-final-coverDans un monde réduit au déluge, le gouvernement ne pouvant plus gérer un territoire aussi vaste que les Etats-Unis, la population a été invitée à se réfugier au nord de la « Limite ». Nous suivons un antihéros, Cohen : un charpentier veuf, qui, poussé par les agressions et les tempêtes, va devoir quitter sa maison au Sud et ses fantômes, pour prendre la route, échangeant rations, tirs ou informations avec ses compagnons d’infortune.Ici il n’y a que des gens ordinaires, ni bon, ni méchant. Juste des personnes confrontées au pire, à l’inconcevable, qui ont perdues leur repaire et devant affronter un univers hostile, hors norme.

Grâce à une écriture qui met à distance les émotions et un contraste entre le quotidien dédié à la survie et les flashbacks de bonheur conjugal, le cheminement de Cohen nous invite à faire le deuil d’un monde pour retrouver l’espoir. Un roman post-apocalyptique différent.

Am stram gram de M.J. Arlidge


9782365690812,0-2556740Le livre : Am stram gram de M.J. Arlidge.Traduit de l’anglais par Elodie Leplat.Paru le 19 mars 2015 aux éditions  Les Escales dans la collection Les Escales Noires. 21,90 € ; (362 p.) ; 23 x 15 cm
 
Quatrième de couverture

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : «Vous devez tuer pour vivre.» Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

1111L’auteur : M. J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Après le succès phénoménal en Angleterre de son premier roman Am stram gram, en cours de traduction dans le monde entier, M.J. Arlidge a confirmé son talent avec deux autres romans mettant en scène Helen Grace.

Extrait :
 » Je me disais juste qu’il fallait que vous sachiez qu’elle était un il.
– Pardon ?
– Martina, la prostituée. Y avait peut-être du monde au balcon et tout, mais y a aucun doute, c’était un mec. Il s’est probablement fait opérer au cours des deux dernières années et vu la tronche de son cul, il se pourrait fort bien qu’il ait embrassé le métier avant, même si c’était avec un autre genre de clientèle. Si j’étais vous, je commencerais à chercher de ce côté-là. « 

Résumé et avis :

th (6)Le commandant Helen Grace et son équipe doivent arrêter un tueur particulièrement cruel qui se délecte de transformer des innocents en meurtriers. Pour chacun de ses crimes, il organise une mise en scène dans laquelle ses proies, torturées par la peur, la faim et la soif, n’ont d’autre moyen pour s’en sortir que de tuer.

On entre de plein pied dans l’horreur avec ce titre, l’auteur joue avec nos instincts les plus primaire. Nous sommes totalement partie prenante dans cette histoire.

En effet très vite on s’identifie aux victimes, on entre en empathie. On tremble, on souffre, on vit au rythme de notre lecture. Mais, en plus, on fait jouer notre petit coté voyeur.

Oui, nous sommes partie prenante, et nous, qu’aurons nous fait dans de telles circonstances ? Quelles auraient étaient nos pensées, aurions nous pu encore raisonner, n’aurions nous pas réagis comme ces victimes ?L’instinct de survie n’est-il pas la plus forte des motivation possible? Notre cerveau reptilien aurait été la seule zone cérébrale que nous aurions réussi à faire fonctionner ?De victime n’aurions nous pas préféré la place de bourreau !

th (1)Difficile de garder la tête froide, d’avoir notre libre arbitre et de rentrer en résistance dans de telles conditions, séquestrés, déshydratés, morts de faim et m’ayant qu’une seule issue échappatoire, tuer pour survivre. Là réside le point fort du livre, car chaque protagoniste n’a pas la même façon de digérer et d’interpréter les fait.

L’auteur nous offre une galerie de personnages exceptionnel. Il a soigné la cadre psychologique de chacun d’eux.

Et puis il y a l’équipe de flic avec un trio choc que l’on aimerai retrouver sur d’autres enquêtes et découvrir leur secret.

Vous l’aurez compris, ce titre est un pur thriller avec son intrigue aussi machiavélique que perverse. Et le style direct et percutant de l’auteur, les nombreux rebondissements sont autant de choses qui rendent la lecture addictive et agréable.

Un sacré bon page-turner à découvrir de toute urgence…

Un auteur à suivre assurément .

Extrait :
 Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ? Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer. Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté. Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant. On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés. On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader. Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ? «Bonjour Amy.» À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide : «Est-ce que tu veux vivre ? – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av… – Est-ce que tu veux vivre ?» Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui. – Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?» Impossible de parler. J’ai envie de vomir. «Alors, oui ou non ?» (…)
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