Boréal de Sonja Delzongle


Le livre: Boréal, de Sonja Delzongle, paru le 08 mars 2018 aux éditions Denoël, collection « sueurs froides », 20,50 euros (448 pages); 22,5 x 3 x 15,5 cm.

4ème de couverture:

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

L’auteur:  Sonja est née le 28/08/1967 à Troyes. Diplômée des Beaux-Arts de Dijon, Sonja (Sonia) Delzongle est journaliste et romancière.
Née d’un père français et d’une mère serbe, elle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture.
« À Titre posthume » (2009), un thriller dont l’intrigue se déroule dans le monde de l’édition, est son deuxième roman après « La Journée d’un sniper » paru en octobre 2007 chez Jacques André Éditeur, Lyon.
C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de « Dust ». Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours.
Elle a reçu le Prix Anguille sous roche 2015 pour « Dust ». Ont suivi « Quand la neige danse » et « Récidive » mettant en scène Hanah Baxter.

Dana Skoll est son pseudonyme pour la littérature jeunesse et fantasy.

Extrait:
 » Faute de savoir combien l’humanité, dans sa course effrénée, a rendu la planète fragile et vulnérable, leur instinct les guidera là où se trouve encore quelques nourritures, quitte à les entraîner loin de leur habitat et de ce qui était leur terrain de chasse, la banquise pour l’essentiel. Mais lorsque cette autre source sera elle aussi tarie, lorsque les polluants auront tout contaminé, que restera-t-il d’eux et de leur descendance? Qu’avons nous fait de cette nature généreuse? Pillée, violée, sans cesse réduite, entamée, devenue exsangue et haletante, et malgré tout nous continuons inexorablement ces viols et ces pillages, nous nous servons encore et encore sans vergogne de ses ressources sans nous occuper de savoir si elles existent pour nos besoins ou à d’autres fins. »

Le OFF de OPH

Ma chère Sonja, je ressors pensive et émue par ma lecture. Je dis souvent que les romans noirs ne sont pas « que » des enquêtes de police, qu’ils sont souvent le vecteur de tant d’autres messages, « BOREAL » ne déroge pas à ce constat, au contraire.

« BOREAL » est certes un thriller, glaçant au sens propre comme au figuré, l’intrigue est passionnante et largement documentée, mais « BOREAL » est tellement plus qu’un thriller.

Au travers de tes mots et de l’histoire de tes personnages, tu as su évoquer des sujets puissants, parfois douloureux, avec une empathie incroyable sans jamais tomber dans le  pathos.

Tu y évoques avec pudeur mais de manière si juste le « désir d’enfant », désir ou non d’ailleurs, le sacrosaint instinct maternel que nous devrions toutes ressentir dès l’annonce d’une grossesse; les relations mères-enfants quelques soient la forme de cette maternité: enfant naturel, enfant adopté, enfant désiré ou non…

« Pour qui les parents le font-il vraiment? Pour eux ou pour lui? Mon enfant, mon miroir, mon autre, ma chair. La seule idée de toutes les épreuves et les souffrances auxquels il sera confronté devrait en faire renoncer plus d’un. Mais ce n’est pas à ça que l’on pense lorsqu’on caresse ce doux projet. Non, quand ce n’est pas un accident, une erreur, on ne pense qu’à cet être fragile issu de soi, que l’on a conçu à deux ou bien fabriqué seul pour satisfaire son propre besoin de donner, transmettre, besoin d’immortalité, pour lutter contre le vide qui attend chacun. »

Tu nous parles aussi de la complexité des relations familiales dans leur ensemble mais également la beauté que peut revêtir ce lien du sang.

Tu partages avec nous tes réflexions sur le deuil et la mort. Que nous reste-t-il quand l’ un de nos proches disparait:

« Que subsiste-t-il de quelqu’un après sa mort? Mais aussi que reste-t-il aux vivants? le chagrin, les larmes. La résignation ou la colère. »

D’ailleurs la vie et la mort se font échos tout au long de l’histoire, se livrant une bataille dans la nuit polaire du Groenland. Cette nuit qui nous envahit et ne nous quitte pas tout au long de la lecture.

Débordée plusieurs fois par les émotions que tu as su nous transmettre, j’ai pleuré, j’ai eu froid, j’ai eu peur, et en terminant ton roman mille et une questions demeurent:

– que serais-je prête à faire pour ne pas mourir et voir grandir mon fils?

– quel impact nos comportements ont-ils réellement sur notre eco-système?

Et tant d’autres…

Tu m’as emportée avec toi sur l’inlandsis, au cœur de cette nuit sans fin, dans des descriptions à couper le souffle.

Tu nous offres « Boréal » comme un cadeau, on y sent l’émotion dans ton écriture, un truc en plus, en filigrane, que je n’avais pas ressenti ailleurs… J’espère que nous en serons, nous lecteurs, à la hauteur.

Merci Sonja Delzongle.

Et à vous qui me lisez, n’hésitez pas, « Boréal » est glaçant de vérités. Un thriller angoissant, rythmé, dépaysant mais tellement plus… Un roman que vous n’êtes pas prêt d’oublier!

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Les voies de l’ombre de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


C’est d’une trilogie des chouchous de notre porte flingue dont je vous parle aujourd’hui.
La trilogie  » Les voies de l’ombre » de Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Le livre : Les voies de l’ombre de Jérôme Camut, Nathalie Hug. Paru le 7 novembre 2012 chez Le Livre de Poche. Réunit :  Prédation ; Stigmate ; Instinct ; Rémanence. 17€90 ; (1512 p.)

Les voies de l’ombre

« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains, il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire complexité de la chimie humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

On ne sort pas indemne d’une rencontre avec Kurtz. Tous ceux qui croisent sa route s’en trouvent irrémédiablement transformés et leur vie brisée à jamais. Mais torturer des innocents ne suffit pas à ce génie machiavélique, qui poursuit en réalité un dessein plus ambitieux et beaucoup plus inquiétant.

Tome 1: PREDATION, paru en juin 2006 aux éditions Télémaque 576 pages.

4ème de couverture:
Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

 

 

extrait:
« Rufus compte peu d’amis. Non par choix. La nécessité l’y a contraint. Au fil des ans, il lui est devenu de plus en plus difficile de côtoyer en même temps des gens dits normaux et le monde souterrain des malfrats, des pervers et des psychopathes. La proximité du mensonge, de l’incivisme et de la barbarie ne rend pas facile l’amour de l’humain. Heure après heure, jour après jour, ce mal gangrène même les meilleurs. Et use le peu d’altruisme qui pourrait éclore dans d’autres conditions. Ça ronge. Ça obsède. Tant et si bien qu’il n’est rapidement plus possible d’envisager les autres autrement qu’à travers le prisme de la suspicion. »

 

Tome 2: STIGMATE, paru en avril 2007 aux édtions Télémaque, 525 pages.

4ème de couverture:
Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les  » voies de l’ombre « , le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.  » J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je m e présente et que j’offre ma réflexion à la multitude.  »

Extrait:
« L’homo sapiens équipé d’une carte bancaire ne connaît plus l’art de l’attente. La patience, la jouissance d’obtenir ce qu’on a longuement convoité.

Tout cela s’est envolé, écrasé, anéanti sous le rouleau compresseur du mass market.
Et pourtant…
A quelles divines émotions avez-vous fermé la porte !
Le « tout, tout de suite » vous a privé de l’extase.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…
A vivre sans attente, on se prive de l’excellence. »

 

TOME 3: INSTINCT, paru en juin 2008 aux éditions Telemaque, 580 pages.

4ème de couverture:
Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ? Pour que nous nous mettions tous à douter…

Extrait:
« Les larmes jaillissent, elle aimerait les ravaler. Elle ne veut pas montrer sa douleur et sa fragilité.
Il suffit de le vouloir très fort. Et tu y arriveras.
Jamais plus elle ne parlera. Jamais plus elle n’aimera.
Je ne veux plus pleurer. Plus pleurer. Je veux être vide dedans pour ne plus avoir mal ».
Les auteurs : Ils sont 3, Jérôme Camut, Nathalie Hug et les CamHug. Et ici c’est cet entité qui officie.

Jérôme Camut est né en 1968. Après des études de cinéma, il travaille dans la production et participe à l’écriture d’un scénario. C’est ainsi qu’il découvre l’addiction des mots, qui ne le quittera plus.

Née en 1970, Nathalie Hug a d’abord travaillé dans l’industrie pharmaceutique, jusqu’en 2004 où sa rencontre avec Jérôme Camut bouleverse sa vie et l’incite à se consacrer à l’écriture.

Le OFF de OPH

PRÉDATION  est le premier tome de la trilogie « les voies de l’ombre »

Certes je vous l’accorde ce n’est pas une nouveauté puisque ce premier tome est sorti en 2006, mais je n’avais pas encore découvert le duo Camhug…

J’avais lu les romans solo de Nathalie (itinéraire d’un chamboulage annoncé…), plein de douceur et de sensibilité et là… mais où est donc passée la douce Nathalie?

PREDATION c’est une plongée dans l’obscurité, au son des Doors et de la BO d’Apocalypse Now…

Une ambiance pesante, angoissante, étouffante. Un climat de tension permanent qui maintient le rythme tout au long de ce roman, un roman que j’ai dévoré le ventre noué!

Psychologique, ce thriller l’est sans aucun doute. Il évoque la manipulation, l’asservissement psychologique, l’esclavagisme humain. Jusqu’où sommes nous prêt à aller pour sauver la vie de la personne que nous avons de plus cher au monde? Sans aucune hésitation « très loin », moi la première… Il me reste juste à espérer que je ne rencontrerai jamais un Kurtz dans ma vie.

Le duo Jérome Camut et Nathalie Hug nous entraîne dans le sillage d’une intelligence hors du commun, une intelligence construite par des relations biaisées, une enfance anormale, violente, castratrice. Quels événements de notre enfance font de nous les adultes que nous sommes?

Tous ces aspects sont remarquablement brossés au fil des pages de PRÉDATION.

Du coup, emportée par l’histoire, attachées au personnage, je n’ai pas su m’arrêter et je me suis lancée dans STIGMATE, le tome deux.

STIGMATE: Marque durable que laisse une plaie….

 Stigmate est donc le deuxième tome de la trilogie « les voies de l’ombre ».

Et c’est un roman qui porte bien son nom… Après Prédation j’ai retrouvé Kurtz, la boule au ventre… Cet homme est fou mais d’une intelligence redoutable… Mégalomane, pervers…

Kurtz nous entraîne, au fil du livre, dans sa psyché dérangée « les centaines de pages qui suivent sont le témoin impartial de la mise en application du Système.

« Approche toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice.

Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

Après avoir chassé ses semblables pour les avilir et les asservir, Kurtz revient admirer son œuvre et se délecter des « stigmates » de ses victimes rescapées!

Jérôme et Nathalie travaillent très largement le terme en brossant les mille et une conséquences de ce que Kurtz a fait subir à ses victimes.

Une fois encore j’ai eu la boule au ventre, des nausées de voir certains personnages se déliter…

Difficile de vous en dire davantage sans en révéler plus sur le tome 1 et celui-ci…

Sachez juste que plonger dans le monde de Kurtz ne laisse pas indemne…

Que Jérôme et Nathalie nous offrent ici un thriller psychologique coup de poing qui vous amènera aux portes de la folie…

Et partie comme je l’étais, emportée, accrochée voir fascinée par Kutz je me suis jetée dans la foulée sur le tome 3: INSTINCT

L’instinct est un terme que nous attribuons plus facilement aux animaux qu’aux humains… exception de faite de l’instinct de survie et c’est bien de cet instinct là que Nathalie Hug et Jérôme Camut nous parlent au début de ce troisième volet de la trilogie.

Mais pas seulement… l’instinct animal occupe également une place non négligeable… en même temps l’instinct n’est-elle pas la meilleure arme d’un prédateur mais aussi l’une des meilleurs défense?

J’ai donc retrouvé ce personnage fascinant qu’est Kurtz. Oui oui vous avez bien lu… fascinant.

Hautement charismatique, la séduction dont il fait preuve et sa capacité à fédérer ne sont pas sans rappeler un certain dictateur!

Si j’ai trouvé le début de ce troisième tome plus lent que les précédents, le rythme s’est ensuite considérablement accéléré m’empêchant tout acte de socialisation en ce dimanche d’Epiphanie (ou Eppy Fanny 😜).

C’est un pan du passé de Kurtz que nous dévoilent également les auteurs, pas son enfance ça a été fait précédemment, mais son œuvre avant que la police française ne découvre son existence.

Un peu moins de boules au ventre et de nausées en terminant la trilogie, mais toujours des questionnements sur l’humain, ses réactions face à des choix douloureux, les conséquences de ces choix, sa capacité à suivre un individu, et enfin notre part d’animalité…

« Je suis prête à remplir ma mission

Je ne demande rien d’autre à la vie que la satisfaction d’avoir accompli ce pour quoi j’ai été élevée.

Qui suis-je?

Qu’importe

Je suis un fantôme, une ombre parmi les ombres.

Je n’ai rien demandé à personne. Il m’a choisie. »

Cet extrait m’a particulièrement marqué et encore aujourd’hui je pense régulièrement à ces trois premiers tomes. J’ai appris depuis qu’il y en avait un quatrième: Rémanence que je compte bien lire bientôt.

Si comme moi vous connaissiez les CAMHUG sans jamais les avoir lu, réparez cet oubli, vous ne le regretterez pas!
Cette trilogie est pshychologique, elle angoisse, elle fascine, elle est addictive.
Mention particulière pour tout le travail autour du personnage de Kurtz…

 

Voilà ma Geneviève,

ma chronique de la trilogie de La voies des Ombres,

sachant qu’en fait il me manque Rémanence que notre Eppy me prêtera sans doute bientôt !

Juste après la vague – Sandrine Collette


Le livre : Juste après la vague de Sandrine Collette. Paru le 18 janvier 2018 chez Denoël dans la Collection Sueurs Froides.  19€90 ; (301 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Une petite barque, seule sur l’océan en furie.
Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots.
Un combat inouï pour la survie d’une famille.

Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, soulevant une vague titanesque, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs.
Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. Alentour, à perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau argentée. Une eau secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage.
Depuis six jours, ils espèrent voir arriver des secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île.
Et l’eau recommence à monter.Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres, là où ils trouveront de l’aide. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.

Une histoire terrifiante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais. Et aussi un roman bouleversant qui raconte la résilience, l’amour, et tous ces liens invisibles mais si forts qui soudent une famille.

 

Sandrine Collette à La comédie du Livre, Montpellier. Photo @ Carole Rannou (Olivia Lanchois) 2016

Sandrine Collette à La comédie du Livre, Montpellier. Photo @ Carole Rannou (Olivia Lanchois) 2016@Olivia Lanchois

L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan. Aujourd’hui elle se consacre pleinement à l’écriture de ses romans.

Pour tout savoir sur Sandrine c’est ICI

 

 

 

 

 

 

Extrait : 
Ils étaient là sur la rive à trente mètres, sauf Lotte et Marion que la mère avait dû enfermer dans la maison. La bouche ouverte sur une plainte de panique, le père murmura leurs noms dans sa tête : Madie. Louie, Perrine, Noé, Émilie, Sidonie. Tous arqués sur la corde, même sa fillette borgne, même son garçonnet chétif, à tirer en rythme chaque fois qu’un Hisse ! phénoménal sortait du corps de la mère, écrasant le souffle du vent, tous à haleter pour remonter vers eux les trois naufragés, ils ne flanchaient pas, malgré les rafales, la pluie et le tonnerre, malgré les vagues qui venaient les faire trébucher, se relevaient les uns les autres, continuaient à treuiller en enroulant la corde autour de l’arbre. Et le père effaré les regardait en découdre avec l’orage et la mer, minuscules sur leur bout de terre giflé par le vent, tête baissée, dos voûté telles des bêtes cambrées sous le mauvais temps, pas un qui céderait, même Sidonie qui ne servait à rien mais agrippait la corde elle aussi, glissant sans cesse, elle allait tomber, rouler jusqu’à l’eau – le père dans un sanglot murmura son nom, pria pour que la mère les oblige à regagner la maison, il suffisait d’un arbre brisé, d’un pan de rive qui s’éboule et ils seraient tous emportés. Mais ils restaient là, criant ensemble pour s’encourager et invectiver le ciel, la corde remontait toujours le courant, et soudain le père sentit la vase sous ses pieds, quelques caillasses, et la terre oui, c’était la terre.

Le post-it de Ge

Suite à l’effondrement d’un volcan dans la mer, la maison d’une famille est isolée du reste du monde, cernée par les flots. Madie et Pata, les parents, comprennent qu’il leur faut quitter leur îlot dans leur barque qui ne peut contenir que huit personnes. Ils doivent choisir entre leurs enfants. Un matin, Louie, Perrine et Noé trouvent la maison vide et un mot de leurs parents.

 Voilà de quoi parle mon précieux. Oui mon précieux.

Forcément qu’il est pour moi ce livre. Forcément c’est le dernier Sandrine Collette.

Sandrine Collette, c’est une de ces rares auteurs que je suis depuis leurs débuts. Une auteure qui immédiatement a su me séduire. Et jamais depuis Les noeuds d’acier,  son premier roman, non jamais, mon intérêt n’a été déçu. Bien au contraire. Et à chaque titre c’est un nouveau choc.

Alors forcément ce Juste après la vague était à nouveau pour moi.

Assurément, c’est certain, cette vague, je vais me la prendre en pleine figure.
Car je sais que juste après la vague, je serai, une nouvelle fois, submergée par l’émotion.

Il y a là Lotte et Marion, Émilie, Sidonie, les petites,  Émilie, six ans, Sidonie, cinq, Lotte, trois, et Marion, tout juste un an. Il y a là  Mattéo et Liam les aînés, treize et quinze ans, beaux, grands, presque des hommes. Et puis il y a le milieu, ceux du milieu, Louie ,Perrine et Noé.

Trois enfants, trois déjà cabossés de la vie. Trois éclopés. Louie a onze ans est l’aîné de ces « Trois ratés » « Louie avait une jambe torse, Perrine un œil aveugle, et Noé, à huit ans, faisait la taille d’un enfant de cinq ans. » La patte folle, la borgne et le nain !

Et puis il y a un choix à faire, ou plus exactement un non choix. Car la petite famille qui avait survécu au cataclysme se retrouve sur un îlot au milieu des flots, un caillou condamné à disparaître. Qui va partir, qui va devoir rester car la barque ne peut emporter tout le monde.

Je ne sais pas vous,  mais mon coeur de femme ne pourra jamais faire un choix pareil. Je crois que je serai restée avec mes 3 petits. Enfin je ne sais pas…Ce qui est certains c’est ici on va suivre dans un premier temps l’attente de ces trois jeunes enfants livrés à eux même. Et dans un second temps, l’épopée du reste de la famille sur un océan déchaîné.

Et l’eau qui monte inexorablement.

On tremble, on chavire, on pleure, on rit même parfois avec eux. On éprouve de la peur, de la colère, de l’angoisse. On partage leur rage, leur frustration. On a faim avec eux. On leur en veut aussi. On vit ses épreuves à travers eux.

Mais si ici tout n’est que chaos, pour une fois dans tout ce noir que distille à merveille notre auteur, il y a une petite étincelle d’espoir. Et oui dans toutes ces épreuves, il y a l’amour qui unit cette famille. Et on ne peut que s’attacher à eux.

Alors attention attachée vous y bien fort car ça va secouer.

Punaise, Sandrine Collette est vraiment trop forte pour nous remuer à ce point. A chaque nouveau livre que je lis, je me dis, il est encore meilleur que le précédent que j’ai adoré. A chaque fois, je me dis qu’elle ne fera pas mieux. Et bien si, à chaque nouveau titre je suis surprise. Elle se renouvelle, se met en danger et ça marche. Punaise cette femme est un génie. Oui un génie noir qui fait de la belle littérature. Merci Madame l’Auteure pour ce nouveau merveilleux roman. Cet énorme coup de coeur !

Et si vous n’êtes pas convaincus, allez voir la chronique de mon ami Yvan : Juste après la vague – Sandrine Collette

Troupe 52 de Nick Cutter


A l’occasion de la sortie en poche de

Troupe 52 de Nick Cutter

Marie Hélène, notre bibliothécaire

Vous propose son petit avis


 

Le livre : Troupe 52 de Nick Cutter.  Traduit de l’anglais (Canada) par Eric Fontaine. Réédité en poche le 10 janvier 2018 chez J’ai lu dans l collection J’ai lu Thriller. 8€ ; (448 p.) ; 18 x 11 cm.

Quatrième de couverture

« Le meilleur roman que j’aie lu depuis longtemps. » Bret Easton Ellis

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

 

L’auteur Nick Cutter est le pseudonyme d’un célèbre écrivain qui vit à Toronto. Troupe 52 a remporté le James Herbert Award for Horror Writing.

Craig Davidson est né et a grandi à Toronto, en Ontario. Craig Davidson est diplômé de l’Iowa Writers’ Workshop (programme d’écriture littéraire de l’Université de l’Iowa). Il a publié de nombreux articles dans la presse, notamment dans le National Post, Esquire, GQ, The Walrus et le Washington Post. Il vit à Toronto, au Canada, avec sa conjointe et leur enfant. Et… Il écrit également sous les pseudonymes Patrick Lestewka.  

 

 Le post-it de la Bibliothécaire : Marie Hélène

 

Le chef Tim Riggs et sa troupe de scouts débarquent sur Falstaff Island pour un camp de trois jours en pleine nature canadienne. Alors que les adolescents s’amusent à se faire peur avec des histoires de fantômes autour du feu de camp, un homme à l’apparence effrayante s’approche du campement et leur réclame de la nourriture.

L’auteur lorgne sur les classiques de Stephen King (Carrie, Simetierre…) qu’il admire. Il construit une intrigue à mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard ». Un thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au coeur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Premier roman horrifique de Nick Cutter (pseudonyme derrière lequel se cache l’auteur de De rouille et d’os, Craig Davidson).

D’une redoutable efficacité. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre ce « Dix petits nègres » revisités avec une expérience scientifique démente.

Il nous transporte dans un récit venimeux jouant sur des changements de rythme narratifs, (affaire relatée dans la presse, interrogatoires des protagonistes…)

Cette construction du récit laisse le lecteur dans un état d’effroi quasi permanent. « Effroi » titre de la collection dans laquelle ce titre est publié ! MHF

Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


Le livre : Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 3 mai 2017 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  6€60 ; (185 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Il y a Kalinine

On a raconté beaucoup de choses sur Ilya Kalinine. On a dit de lui que c’était un monstre, un assassin de la pire espèce qui tirait son plaisir de la souffrance de ses victimes. On a dit aussi qu’un seul homme ne pouvait pas avoir tué autant de gens et qu’il devait s’agir d’une légende derrière laquelle se cachait une organisation criminelle.

D’autres ont prétendu qu’il n’existait pas.

Et pourtant, Ilya Kalinine a existé.

Depuis cet endroit et ce jour où j’écris ces lignes, je suis sans doute la dernière à pouvoir raconter son histoire.

Je m’appelle Vera et je suis la mère d’Ilya Kalinine. Il est le fruit de notre époque. Il en a la dureté.

Je l’ai élevé, je l’ai aimé, il m’a aimé en retour.

Les monstres n’aiment pas, je peux vous le dire.

Ou alors, nous sommes tous des monstres.

 

Les auteurs : On ne présente plus ce couple d’auteur qui sont comme vous le savez mes chouchous. Mais ce n’est pas parce que je les adore que je suis complaisante avec eux ! Bien au contraire. Mon exigence est décuplée. Si je suis parfois indulgente avec des nouvelles plumes, plus avec Jérôme Camut et Nathalie Hug je ne leur passe rien. Il faut dire que leur premier polar à 4 mains m’a mis KO direct ! Prédation c’est juste le meilleur thriller que j’ai lu l’année de sa sortie. Donc maintenant mon niveau d’exigence est au max avec mes chouchous
En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux Éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux Éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Extrait :
Monter un réseau de prostitution pour contrer les réseaux de prostitution, c’est un peu comme lancer une guerre contre la guerre. Ça semble absurde. Et ça l’est peut-être, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’inaction, considérer la prostitution comme un mal nécessaire tout en abandonnant des millions de femmes et d’enfants entre les mains de malades mentaux, des hommes privés d’empathie et de compassion qui n’hésitent pas à broyer ces vies pour s’enrichir. 

Mon avis :

Ils sont sympa tout de même Jérôme Camut  et Nathalie Hug, il nous offre comme cela un court roman de 185 pages, rien que pour notre plus grand plaisir et histoire de nous faire patienter avant le prochain qui devrait sortir en octobre chez Fleuve éditions. Et oui Nathalie et Jérôme intègre la collection Fleuve Noir.

Bon en attendant qu’est ce que je me suis régalée en découvrant l’enfance et l’adolescence de Kalinine. Car Nathalie et Jérôme, ou l’inverse peu importe, sont passés maître dans la création littéraire de vrais méchants. on se souvient tous de Kurtz, leur « méchant » de la série les Voies de l’ombre. Aussi avec Kalinine, il lui ont magiquement trouvé un remplaçant. Un putain de remplaçant ! Alors vous pensez, entrer dans l’intimité de celui-ci, cela ne ce refuse pas, surtout qu’on se doute qu’ils va y avoir des révélations.

Ilya Kalinine et sa soeur, Tania sont abandonnés à la naissance puis illégalement adoptés, Aussi, malheureusement ils sont placés à l’orphelinat . Après cinq ans de misère passés edans cet orphelinat, les enfants s’échappent.  Ils vont devoir se débrouiller pour survivre par leurs seuls et propres moyens. Plus tard…Le garçon infiltrera un réseau de prostitution, animé par son désir de vengeance. Le récit des origines d’un méchant de la série W3, assassin redoutable ou prête-nom d’une organisation criminelle.

Alors oui…Quel pied de retrouver Illya Kalinine dans ce court roman. Le héros, ombre du mal de W3 nous revient et on ne peut que remercier Nathalie Hug et Jérôme Camut pour ce fabuleux cadeau.
Enfin on découvre l’enfance et l’adolescence de Ilya, on en apprend plus sur sa sœur Tania. On comprend mieux la force de caractère de ce personnage, on appréhende mieux ses faiblesses.
C’est toute la force de l’écriture des auteurs que de nous faire entrer en empathie avec un tel homme, tellement complexe et paradoxal. Un vrai criminel qui tue de sang froid mais pour lequel on ressent une forme d’amour. Car il est impossible de détesté Ilya Kalinine, et encore moins maintenant que l’on connait ses secrets.

Nathalie Hug et Jérôme Camut offrent un récit très sombre des origines d’Ilya Kalinine, le criminel qui hante la trilogie W3, dont le premier volet, Le Sourire des pendus, a obtenu le Prix des lecteurs policier du Livre de Poche.

Merci Jérôme, merci Nathalie vous êtes des amours.

 

Aussi comme vous l »aurez compris, ces deux là sont mes chouchous du week-end aussi pour l’occasion de jouer avec nous à à petit concours  flash afin de remporter ce titre dédicacé par nos auteurs lors du prochain festival Saint Maur en Poche les 24 et 25 juin prochain.

Alors retrouvez moi ICI pour découvrir ce petit jeu concours.

A tout de suite !

 

La voie du loup de Beth Lewis, le chouchou du week end


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97910281023640-4030377La voie du loup de Beth Lewis.Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Benoît Domis. Paru le 18 janvier 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller. 21€50 ; (376 p.) ; 24 x 16 cm
Quatrième de couverture

Elka n’a aucun souvenir de sa vie d’avant. Avant le Grand Basculement qui a renvoyé le monde à la vie sauvage et restauré la loi du plus fort. Recueillie à l’âge de sept ans par Trappeur, un chasseur solitaire, alors qu’elle errait affamée, elle a appris à survivre dans la forêt.Mais Trappeur dissimule un horrible secret. Trappeur est un tueur. Un monstre qui n’a jamais laissé aucune proie s’échapper.Maintenant qu’elle le sait, Elka décide de s’enfuir. Armée de son seul couteau, traquée par le prédateur qui l’a élevée, elle part vers le Nord, à la recherche de ses vrais parents.

Son voyage au coeur des ténèbres commence, hanté par les souvenirs qui lui reviennent peu à peu. Féroce et vulnérable à la fois, indomptable et sensible, Elka n’est peut-être pas celle qu’elle croit.

La Voie du loup est le premier roman de Beth Lewis. Une chasse à l’homme dont l’inoubliable héroïne, accompagnée d’un loup, se bat pour rejoindre l’humanité.

 
avt_beth-lewis_4188L’auteur :

Grande voyageuse, Beth K. Lewis aime s’isoler en pleine nature, au contact des ours, des loups et des grands mammifères marins.

Extrait :
 Ce n’est pas un monstre. Les monstres, ça n’existe que dans l’imagination des gamins, sous les lits ou dans les armoires. On vit dans un monde d’hommes, et ça ne sert à rien de les appeler des monstres, à part les encourager à croire qu’ils n’ont rien fait de mal, que c’est dans leur nature et qu’ils ne peuvent rien y changer. En les traitant de monstres, on en fait quelque chose de différent de nous, alors que ce sont juste des hommes – de la chair, des os et du sang. Ils font le mal, ça ne change pas ce qu’ils sont.
 Collectif polar.biblio

Le post-it de la bibliothécaire

 Elka a été recueillie par Trappeur à l’âge de 7 ans alors qu’elle errait abandonnée et affamée en pleine nature. Des années plus tard, elle apprend qu’il est en fait un meurtrier. La découverte de cette vérité fait d’elle sa prochaine victime.

 Un thriller ? Oui même si l’ambiance post-apocalyptique plante le décor, un tueur est bien à l’oeuvre

 Voici un fort joli roman, à la fois thriller écologique, la nature tient une grande place et sert de décor à ce titre mais aussi roman initiatique.

Nous allons suivre les pérégrinations d’une( enfin 2 )adolescentes dans un monde ou règne le chaos.

Servi par une narration simple, directe, et percutante, ce récit est touchant, émouvant même si parfois drôle,  mais il est aussi saisissant et efficace. Bref une belle découverte et un vrai coup de cœur ! GVL

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Chroniques de l’Armageddon : Journal d’un survivant face aux zombies de J.L. Bourne


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Je me disais, comme cela en passant, que des Zombies et une fin du monde, cela ferait sans doute assez peur en ce jour d’Halloween. Et pour les autres jours aussi d’ailleurs !

9782362700149,0-1129854Le livre : Chroniques de l’Armageddon, Volume 1, Journal d’un survivant face aux zombies  de J.L. Bourne.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julien Drouet. Paru le 21 mars 2011 chez Eclipse dans la collection Horreur. 15€30 ; (305 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 20 x 13 cm
 9782809448252,0-2547065Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Panini Books dans la collection Zombi. 8€30 ; (309 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm
 
 
 4e de couv :

Journal d’un survivant face aux zombies

Chroniques de l’Armageddon

+++Mes chers concitoyens, je suis navré de vous faire part qu’en dépit de nos efforts, nos mesures de confinement ne sont pas parvenues à enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par la morsure des individus contaminés. Les personnes infectées décèdent rapidement pour se relever dans l’heure qui suit à la recherche d’êtres vivants dans le but de les tuer. Puisse Dieu nous venir en aide.+++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers survivants de l’apocalypse zombie, que ces quelques notes vous viennent en aide si vous avez le malheur de faire partie des survivants. Bonne chance…

+++Début d’interception Des bulletins d’information sporadiques indiquent que le chaos et la violence se répandent à travers les villes américaines. Un mal inconnu balaie la planète : les morts se lèvent pour s’approprier la Terre en tant que nouvelle espèce dominante de la chaîne alimentaire. Interception terminée+++

Cher Survivant, vous avez entre les mains le journal manuscrit d’un homme décrivant son combat pour survivre. Pris au piège au milieu d’un désastre d’ampleur mondiale, il doit prendre des décisions, faire des choix qui lui permettront de vivre, ou le condamneront à déambuler à jamais comme l’un des leurs. Pénétrez, si vous l’osez, dans ce monde. Un monde où les morts-vivants règnent en maîtres.

 

sopravvissuto1L’auteur :

J. L. Bourne est en service actif en tant qu’officier de l’U.S. Navy. Natif de l’Arkansas, il vit actuellement à Washington D.C. partageant son temps entre l’écriture et ses obligations militaires.

 Extrait :
« Ensuite, j’ai expliqué à John pourquoi je ne m’étais pas réfugié à la base aérienne avec mes camarades. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis demandé si j’aurais du me battre avec eux. J’ai dit à John que des fois, je regrettais de ne pas les avoir rejoints. Mais le fait est que je suis encore vivant, et pas eux. Je lui ai dit qu’à choisir, il valait mieux être une aiguille dans un botte de foin qu’un trou du cul dans une forteresse. »

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Petits résumé et avis :

9782809443912,0-2272182« +++ Mes chers concitoyens, j’ai le regret de vous annoncer qu’en dépit de tous nos efforts, les mesures de confinement mises en oeuvre n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par morsure ou griffure profonde d’un individu infecté. Les personnes contaminées décèdent rapidement, mais se relèvent dans l’heure et partent à la recherche d’humains. Puisse Dieu nous venir en aide. +++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers rescapés de l’apocalypse zombie. Que ces quelques notes vous viennent en aide si vous aussi avez le malheur de faire partie des survivants… »Des morts reviennent à la vie, et un homme seul doit se débrouiller pour survivre à cette catastrophe. Ici commence l’histoire d’un survivant face aux zombies. Un anonyme désemparé qui va pourtant faire face.

Un excellent roman de zombie. Il faut dire que ce personnage est en vogue actuellement. L’auteur part d’un postulat effrayant pour livrer un récit sans temps mort, dans un univers post-apocalyptique.

Journal d’un survivant face aux zombies est le premier volet d’une trilogie et son intrigue en est parfaitement maîtrisé. Cette histoire fonctionne à merveille. On ne la lâche pas une minute de peur que celle si soit fatale à notre héros malgrès lui. Alors…

Forcément on est impatient de connaitre la suite…

Cygnis de Vincent Gessler


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9782841724994,0-568956Cygnis  de Vincent Gessler. Paru le 26 mars 2010 chez Atalante dans la collection La dentelle du cygne. 14€50 ; (244 p.) ; 20 x 15 cm.
4e de couv :

Est-ce le ciel ou la forêt ? Un fourmillement frémit à la limite de son champ de conscience, sensation familière associée au danger. Il se redresse à demi et s’empare de son fusil. Ses oreilles bourdonnent. L’oeil à la lunette, il fait défiler différents modes de vision. Au-delà de l’espace délimité par l’ouverture de l’abri s’étend la forêt. Et au milieu, bien droit sous la pluie, un robot solitaire. Il n’a pas d’arme et se contente de regarder Syn dans les yeux.

C’est l’histoire de Syn, un trappeur accompagné de son loup au pelage greffé de bandes synthétiques, dans un monde de ruines technologiques. La menace est partout, une guerre se déclare mais Syn ne veut plus tuer ses semblables…

Seule la science-fiction peut nous donner ce vertige d’être des archéologues du futur. Dans une langue raffinée, Vincent Gessler réussit son pari de nous envoûter par son récit âpre et exaltant de l’éternelle recherche des origines.

vincent-gesslerL’auteur : Vincent Gessler est né le 26 novembre 1976 à Sierre. C’est un écrivain et scénariste suisse. Il vit à Genève. où il a suivi des études de Lettres (Master spécialisé en histoire médiévale). Ce « passionné d’histoire et de sciences » a, entre autres, pour centres d’intérêt l’archéologie et le jeu vidéo. Dans sa jeunesse, il affirme avoir baigné « dans la proximité des livres et de la lecture », mais il décide de se consacrer à l’écriture après « le décès d’un ami très proche » avec lequel il avait un « imaginaire commun ». Après avoir publié une poignée de nouvelles ici et là, Cygnis est son premier roman.

 

Citation :
Après les erreurs de vos pères, l’homme a oublié. Il n’a gardé que les impressions et les craintes, mais il reproduit ce qu’on lui a légué. Il impose ses désirs par la force: il est à la fois à la mesure et à la démesure de son héritage. L’humanité doit être élevée comme un enfant qui apprend à marcher.

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Petits résumé et avis

Au coeur de la forêt vivent des démons de métal. Les hommes se sont réunis en communautés tribales. La vie de Syn, un trappeur accompagné de son chien, va basculer lorsqu’une étrange machine enfouie dans la glace se réveille.

Parmi les ruines d’un monde post-apocalyptique, survivent au jour le jour des hommes qui ont oublié leur passé.

Si la trame parait classique, ce roman se distingue des autres par son style littéraire recherché, qui fait de notre lecture un véritable rêve éveillé. Cygnis est un conte fantastique et philosophique.

L’auteur sait distiller avec art les indices nous permettant de comprendre peu à peu l’histoire de cette civilisation humaine jusqu’aux dernières révélations.

Il réussit à nous faire partager les émotions des personnages à travers d’incroyables descriptions métaphoriques et oniriques, qui sont autant de petites touches de couleur qui dévoilent peu à peu l’esquisse d’une Fresque grandiose.

Cygnis est une quête initiatique

« Une antique construction s’élève entre les arbres, ancienne chaussée rehaussée de piliers en béton érodés par le temps et la guerre. Les racines ont poussé entre les supports, soulevant des sections de la ruine qui se sont affaissées. Syn s’étonne de la longévité des ouvrages d’autrefois. Ce qui est conçu pour la guerre dure plus longtemps. Si l’on se donne la peine d’escalader les montants sur une dizaine de mètres, on découvre une surface plane et rectiligne, une sorte de route artificielle suspendue recouverte de quelques centimètres d’humus où poussent les herbes, mousses, arbustes bas. Le squelette d’une épave est parfois visible, envahi de plantes grimpantes ou de nids d’animaux abandonnés.
Son adolescence et son enfance sont pleines d’images comme celle-ci. Les enfants passent leur temps à remuer les reliques du passé dans l’espoir de trouver des machines intactes. Ils parcourent les ruines au mépris du danger, s’enfoncent dans la forêt et, quand ils croisent un diasol, ils fuient ou meurent. Il n’y a pas d’alternative, mais Syn a toujours eu de la chance. »

Une très belle écriture, un auteur à suivre, un roman à découvrir absolument. Un véritable Coup de coeur.

 

La chronique des ombres de Pierre Bordage: l’avis de Jean Luc


Chronique de lecteurs

Aujourd’hui Jean Luc nous présente un grand roman de SF post-apocalyptique d’un auteur classique français : Pierre Bordage. Excellent comme d’habitude ! Oui, personnellement j’adore…Mais je laisse la parole à notre chroniqueur.

PBPB&Le livre : La chronique des ombres de Pierre Bordage. Paru le 24 octobre 2013 Au Diable Vauvert. 23€ ; (750 p.) ; 20 x 14 cm.

Réédité en poche le 11 mars 2015 par J’ai Lu dans sa collection Science-fiction. 10€40 ; (861 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv :

Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné la partie privilégiée de la population mondiale dans des mégapoles équipées de filtres purificateurs d’air. La plupart des capitales sont désormais regroupées en Cités Unifiées. NyLoPa, la plus importante et stable des CU, réunit New York, Londres et Paris et compte 114 millions d’habitants. Les citoyens sont équipés d’une puce d’identité et la sécurité est assurée par une armée suréquipée qui fait office de police, les fouineurs, sorte de super détectives, un corps spécial composé d’individus sélectionnés pour leurs capacités analytiques.
Dans ce monde en survie à l’équilibre plus que précaire, des centaines de meurtres sont soudain perpétrés, dans toutes les villes et en quelques minutes, par d’invisibles assassins. On soupçonne une secte d’en être à l’origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir, tandis que les Ombres continuent de frapper de plus belle.
Remontant la piste, les fouineurs vont être entraînés hors des cités, dans le ‘pays vague’, à l’extérieur du monde civilisé, le lieu inconnu de tous les dangers…

 

PB&&L’auteur : Pierre Bordage
Né en 1955, cet extraordinaire conteur a su conquérir les faveurs du grand public avec ses épopées mythologiques et profondément humanistes, récompensées par de nombreux prix littéraires. Chroniques des ombres s’inscrit dans la veine de ses anticipations dystopiques, comme Wang ou Les fables de l’Humpur.

Résumé et l’avis de Jean Luc :

PB&&&&Fin du XXIe siècle. Après la guerre nucléaire qui a ravagé la Terre, l’humanité s’est réfugiée dans d’immenses méga-poles isolées des retombées radioactives par un dôme hermétique, les Cités Unifiées. NyLoPa, peuplée de plus de cent millions d’âmes, est aujourd’hui le théâtre d’une série de meurtres de masse sans précédent, à laquelle les fouineurs, ces policiers aux talents d’investigation infaillibles grâce à leur biopuce, peinent à mettre un terme. Leur enquête va les conduire à l’extérieur, en pays Horcite, un territoire violent où survivent tant bien que mal les exclus du système.

Avec « La chronique des ombres », Pierre Bordage renoue avec un de ses thèmes de prédilection, des destins croisés dans un environnement post apocalyptique.

Une fois encore, dans ce roman de 750 pages, Pierre Bordage est un conteur génial avec une imagination débordante, ce qui fait tout le charme de chacun de ses romans.

Dans cette histoire, Pierre Bordage, alterne les passages avec des personnages dans un environnement ultra-sécurisé et ultra-technologique, et de l’autre côté des exclus qui vivent en pleine barbarie, face à une nature devenue folle.

Les personnages sont attachants, parfois un peu surfaits, mais cela est largement compensé par une intrigue passionnante.

PB&&&Seul bémol, je pense que l’auteur aurait pu faire un peu plus court dans certains passages, je me suis même demandé si par moment il ne s’agissait pas de prolonger ce roman à succès compte tenu de son morcellement en format numérique (35 parties différentes !)

 Cela dit ce gros roman est passionnant et soulèvent beaucoup de questions telles que les risques liés à l’intelligence artificielle au main d’une minorité et aussi l’éloignement de notre civilisation technologique par rapport aux valeurs humaines.

Dernière critique, la fin est peu trop prévisible mais contre toute attente, je n’ai pas été déçu, un grand livre que je conseille aux amateurs de Sf, et pour ma part Pierre Bordage est incontournable !

Pour lire le début c’est ICI

Seul sur Mars de Andy Weir


Mes petites lectures

Seul sur mars  Seul_sur_MarsLe livre : Seul sur Mars de Andy Weir. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nenad Savic. Paru le 17 septembre 2014 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (403 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 24 x 15 cm
4e de couv :

Mark Watney est l’un des premiers humains à poser le pied sur Mars. Il pourrait bien être le premier à y mourir.

Lorsqu’une tempête de sable mortelle force ses coéquipiers à évacuer la planète, Mark se retrouve seul et sans ressources, irrémédiablement coupé de toute communication avec la Terre.

Pourtant Mark n’est pas prêt à baisser les bras. Ingénieux, habile de ses mains et terriblement têtu, il affronte un par un des problèmes en apparence insurmontables. Isolé et aux abois, parviendra-t-il à défier le sort ? Le compte à rebours a déjà commencé…

Seul sur MarsaL’auteur :Andy Weir a été engagé comme programmeur informatique par un laboratoire national quand il avait quinze ans, et il n’a cessé de travailler dans l’informatique depuis.

Par ailleurs, il nourrit une passion pour l’espace, la physique quantique, la mécanique orbitale et l’histoire des vols habités.

Seul sur Mars (The Martian, 2012) est son premier roman.
En 2012 il achève l’écriture de Seul sur Mars, et le publie en ebook . Comme il l’explique lui-même sur son site, le succès ne vient pas immédiatement. Puis d’un seul coup, les ventes s’envolent et la même semaine, un éditeur et un producteur d’Hollywood lui proposent de lui racheter ses droits pour une publication « papier » et le tournage d’un film. Un vrai conte de fée, le rêve américain en quelque sorte.

Extrait : 
Laissez-moi vous résumer ma situation : je suis coincé sur Mars, je n’ai aucun moyen de communiquer avec Hermès ou la Terre, tout le monde me croit mort et je suis dans un Habitat censé pouvoir durer trente et un jours. Si l’oxygénateur tombe en panne, je suffoque. Si le recycleur d’eau me lâche, je meurs de soif. Si l’Habitat se fissure, j’explose ou un truc comme ça. Dans le meilleur des cas, je finirai par crever de faim. Ouais, je crois bien que je suis foutu.

Résumé et avis :

Au cours d’une mission spatiale habitée sur Mars, et à la suite d’un violent orage, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort et abandonné sur place par son équipage. Mais Watney a survécu et se retrouve seul sur cette planète hostile. Avec de maigres provisions, il ne doit compter que sur son ingéniosité, son bon sens et son intelligence pour survivre et trouver un moyen d’alerter la Terre qu’il est encore vivant.

Seul sur Mars décrit la survie d’un astronaute laissé pour mort sur cette planète, il dépeint le comportement humain et l’instinct de survie qui lui est propre.  Mark Watney persévère et s’accroche à l’espoir d’être secouru. Tel un Robinson Crusoë de l’espace il va tout mettre en oeuvre pour favoriser sa survie.

On s’attache très vite à ce Mac Gyver des temps modernes qui doit réssoudre sans cesse des aléas techniques. Problèmes qu’il doit solutionner très vite s’il veut s’en sortir. De plus se pose la question de la nourriture. Mais notre petit débrouillard sait qu’avec quelques plans de pommes de terre, l’homme peut aller très loin. Et tout au long du récit, notre astronaute va faire montre d’ingéniosité et de dextérité pour parer à toutes les petits soucis du quotidiens. Seul sur une planète hostile, il garde espoir et  il force notre respect.

La situation est tout sauf viable. Pourtant notre héros veut y croire jusqu’au bout. Même s’il sait la fin inéductable, il va tout mettre en oeuvre pour changer celle-ci. Sa force de caractère ou son bel optimisme, allez savoir, apporte un vrai plus au roman qui de coup n’est pas seulemment une succession de rebondissements. Le récit en devient même plus crédible.

Bref, Seul sur mars est un thriller survivaliste captivant qui nous présente un héros moderne et attachant.

C’est haletant, intense, drôle et intelligent. C’est même parfois poignant.

Ah oui, j’allais oublier, ce livre a été adapté à l’écran par Ridley Scott. Il est sortie le 21 octobre dernier avec Matt Damon dans le rôle de Mark Watney.

Lire le début ICI