Le bourreau de Gaudi de Aro Sáinz de la Maza


9782330034597,0-2248410 (1)Le livre : Le bourreau de Gaudi  de Aro Sáinz de la Maza. Traduit de l’espagnol par Serge Mestre. Paru le 3 septembre 2014 chez Actes sud dans la collection Actes Noirs.  23,80€ ;  (663 p.) ; 24 x 15 cm.

Le point de vue des éditeurs

Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudí. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia.

Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui fait la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence.

La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ? Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des oeuvres de Gaudí, aux formes proprement hallucinantes.

$$9782919066186,0-2492562L’auteur : Aro Sáinz de la Maza est né à Barcelone en 1959. Il est éditeur et correcteur. Le Bourreau de Gaudí est sa première incursion dans le genre policier et a valu à son auteur le prix international RBA du roman noir.  il s’est lancé dans la série de romans noirs consacrés à l’inspecteur Milo Malart.

Extrait:
« Milo tenta de se souvenir. Un homme avait été découvert suspendu à la façade de la Casa Milà, plus connue sous le nom de La Pedrera, au beau milieu du paseo de Gracia. L’assassin avait utilisé du câble d’acier pour lier les poignets de la victime, il l’avait suspendue au balcon du premier étage, puis il lui avait mis le feu. Lorsque les pompiers étaient arrivés, le malheureux était déjà tout calciné.
– Si je me souviens bien, la victime est un haut responsable de la Caixa, un ex-conseiller municipal à la culture, je crois. Un type dont on a dit qu’il pouvait devenir le futur maire de la ville. Je me rappelle plus son nom. Il faut bien admettre que l’assassin a fait preuve d’un certain courage  (…) »

Résumé et avis :

Barcelone inspire, dernièrement j’ai eu la chance de lire pas mal de nouvelles plumes surtout des auteurs espagnols qui plante leur décor dans la capitale catalane. A chaque fois, la ville portuaire est le théâtre idéal pour jouer un drame social, une comédie dramatique, une pièce tragique, sombre voire noire. Barcelone est l’écrin parfait pour cacher et traquer la perversion humaine.

Imaginez Barcelone : la Rambla qui descend vers le port, l’architecture de Gaudi, les joueurs du Barça et cette formidable énergie qui se dégage de la ville et de ses habitants. Cette atmosphère si singulière en explorant les endroits inconnus du touriste, que les Barcelonais eux-mêmes ignorent…

Découvrez  la Barcelone du quotidien, si vivante, cosmopolite et changeante, en perpétuel mouvement. Des promenades qui nous emmènent des hauteurs de Montjüic et du Tibidabo au bord de mer de la Barceloneta, écoutez les habitants racontant leurs quartiers et les transformations des lieux qui leur sont chers.

Découvrez un autre visage de la capitale catalane.

Dans une intrigue magistralement tenue jusqu’à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, moeurs dissolues et presse à sensation, Aro Sáinz de la Maza nous propose une enquête dans Barcelone sur les traces de Gaudi, du symbolisme maçonnique et des ravages de la spéculation immobilière contemporaine.

Le Bourreau de Gaudí plante l’envers du décor d’une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale.

Barcelonne a tout pour être une des grandes Villes du Noir.

Elle est sans contexte la capitale espagnole du polar.

Cette ville enclavée entre son port et entre les fleuves le Besos , le Llobregat et  la Sierra de Collserola , est un endroit idéal pour placer une intrigue policière ou noire.

Une « Ville des prodiges » terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Lire ICI le début

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Barcelona de Daniel Sanchez Pardos


9782258133983,0-3294613Le livre : Barcelona de Daniel Sanchez Pardos. Traduit de l’espagnol par Marianne Million. Paru le 2 juin 2016 aux Presses de la Cité. 23€; (535 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Après plusieurs années d’exil en Angleterre avec sa famille, Gabriel Camarasa regagne l’Espagne alors consumée par les luttes de pouvoir. Étudiant en architecture à Barcelone, il se lie d’amitié avec un élève un peu plus âgé que lui : Antoni Gaudí. Une personnalité insaisissable, d’une érudition étonnante, et qui a un penchant pour les disciplines ésotériques. Les deux jeunes gens deviennent vite inséparables.

Mais quand la vie tranquille de Gabriel se voit perturbée par un assassinat – dont on accuse son père, le directeur du journal tapageur Les Nouvelles illustrées -, le jeune homme en vient à douter de tout son entourage. À commencer par Fiona, la femme qu’il aime, et Gaudí. Pourquoi son ami connaît-il si bien les bas-fonds de Barcelone et ses habitants peu recommandables ? Que fait-il la nuit parmi eux ? Peut-il vraiment se fier à lui ?

Daniel Sánchez Pardos signe un thriller historique passionnant qui nous plonge dans le Barcelone bouillonnant de la fin du XIXe siècle et nous fait découvrir celui qui allait devenir l’un des architectes les plus inventifs de tous les temps, Antoni Gaudí. Fascinant.

 

 

daniel-sanchez-pardos-ante-iglesia-santa-maria-del-mar-1442593567516L’auteur : Né en 1979, l’Espagnol Daniel Sánchez Pardos a été bibliothécaire pendant quinze ans. D Diplômé de l’Université de Barcelone, ce jeune écrivain espagnol se consacre désormais à l’écriture. Il a reçu de nombreuses récompenses parmi lesquelles en 2011, le Prix de la Tormenta du meilleur nouvel auteur pour son roman « Le quatuor Whitechapel » (2010).Barcelona est le premier de ses romans à être traduit en français.

 

Résumé et petit avis  :

Barcelone, 1874. Antoni Gaudi, étudiant en architecture, sauve la vie de Gabriel Camarasa lors de l’incendie des locaux du journal La Gazette du soir. Les deux hommes se lient d’amitié. Mais, l’honnêteté de la famille de Gabriel est mise en doute. Le père de ce dernier, directeur d’un journal concurrent, pourrait être l’instigateur de l’incendie. Antoni Gaudi décide de mener l’enquête.

Barcelone, 1874 : ses mystères, ses conspirations politiques, son architecte surdoué…

La faune interlope du Barcelone de la fin de 19e. Un Barcelone sombre à la limite du gothique.

Une ville où les intrigues politiques semblent légion.  Une ville qui semble être en pleine mutation.

200px-Antoni_gaudiEt un Antoni Gaudi au mieux de sa forme. Dandy à souhait, jouant les détectives, usant de sa capacité de déduction tel Sherlock Holmes. Malmenant au passage le personnage central de ce roman Gabriel Camarasa.

Jouant avec un côté «Sidekick», Barcelona nous plonge dans une atmosphère barcelonaise fort bien documentée.

Action, mystère, histoire, humour, art et amour, il y a tout cela dans ce roman. Réalité et fiction se mélangent dans un Barcelone fascinant, plein de mystère et d intrigue.

C’est passionnant, foisonnant, fourmillant et populeux.

Un coup de cœur !

 

Chasseurs d’esprit d’Isabelle Bourdial


9782370470669,0-3032266Le livre : Chasseurs d’esprit d’Isabelle Bourdial.Paru le 22 février 2016 aux éditions Lajouanie. 21€; (408 p.) ; 19 x 13 cm.

4e de couv. :

Chasseurs d’esprit

Un chercheur d’or, de retour du Venezuela, est kidnappé en plein coeur de l’Espagne. La Guardia civil interpelle un étranger qui semble ne pas comprendre le moindre mot de castillan. Le commissaire Fontanillas, chef de la brigade de police scientifique, est chargé de l’enquête. Avec sa jeune co-équipière, une criminologue experte en neuropsychologie, ils projettent de sonder le cerveau du suspect… Les résultats de 1 examen particulièrement novateur auquel ils soumettent leur cobaye vont les entraîner jusqu’au plus profond de la forêt amazonienne…

Progrès scientifiques incroyables mais vrais, rencontre houleuse avec les indiens Yanomami (peuple qui fut décrit comme le plus agressif du monde !), découverte de l’univers interlope des orpailleurs… rien ne manque à ce polar scientifique mais pas que…

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L’auteur : Isabelle Bourdial est journaliste scientifique, rédactrice en chef des Cahiers de Science et Vie. Elle a publié de nombreux ouvrages scientifiques chez Nathan, Gallimard, Flammarion, Atlas et a dirigé la collection « Portail des sciences » publiée chez Larousse. Elle a aussi collaboré aux émissions de télévision E = M6 et Animalia, et aux docu-fictions Homo sapiens et Le Sacre de l’homme.

 

 

 

 

Extraits
« … Notre unité est expérimentale. En fait, nous recourons aux neurosciences… nous collaborons avec le centre du cerveau et de la pensée de l’institut Cajal de Madrid afin de développer une toute nouvelle discipline : la neuropsychocriminologie. »
« Auraient-ils cédé au seul plaisir de radiographier lame humaine ? Non, ils ont agi dans l’intérêt de la justice. »
« J’aimerais que tu me dises où on a trouvé le corps de la victime. Au fin tond de la jungle amazonienne ?
– Si on veut. 11 gisait dans le port de Vigo, avec une de ces fléchettes en travers de la gorge. »
« Cette lois, ce n’est pas un groupe que le clan accueille mais un homme seul, vêtu d’un simple short, qui n’a même pas pris la peine de revêtir ses parures ou d’orner son corps des peintures rituelles. Esteban grimace. Tout de même ! Son procès vaut bien qu’on fasse quelque effort de toilette ! »

 

Résumé et petit avis :

A Madrid, le commissaire Marcos Fontanillas a créé une brigade expérimentant des méthodes fondées sur les progrès des neurosciences. A cette fin, il recrute Mila Ferrer, une criminologue spécialisée en neuropsychologie. Lorsque Tomas Estaban, chercheur d’or de retour du Venezuela, est enlevé durant le mariage de sa soeur, Fontanillas et ses coéquipiers mènent l’enquête.

Voici un excellent polar scientifique. Très documenté, très fouillé voire décalé.

Il joue parfaitement sur les codes du genre. L’auteure exploite un rythme soutenu quand l’action se déroule, elle emploie un rythme plus lent pour étayer ses propos scientifique. Et l’un ne peut aller sans l’autre.

On y apprend énormément de choses pas seulement en neuroscience . Et c’est passionnant. On découvre les coutumes des indiens Yanomami, la vie des orpailleurs…
Nous sommes embarqués dans une aventure fantastique.

C’est vraiment plaisant, enrichissant et dépaysant.Et en plus de tout ça ce polar nous amène à nous interroger sur notre condition d’humain, sur notre planète et sur la science et les problème éthique que celle-ci peut nous poser.

Une belle découverte

Pour lire le début de chasseur d’esprit

Les petit +

Le mot de l’auteur :

J’ai eu l’occasion d’écrire de nombreux articles sur les neurosciences et, à chaque fois, j’ai été stupéfaite par l’étendue de leurs performances. Depuis le 7 juillet 2011, la loi de bioéthique autorise l’usage de certaines techniques, et notamment l’imagerie cérébrale, à des fins d’expertise judiciaire. J’ai donc eu envie d’imaginer une histoire montrant concrètement comment cette loi pourrait s’appliquer, quel serait l’intérêt de ces techniques high-tech mais aussi leurs limites, les éventuelles dérives et les problèmes d’éthique qui ne manqueront pas de se poser. Ce récit m’a permis d’aborder d’autres thématiques, environnementales (au travers de la pollution engendrée par l’extraction de l’or en Amérique du Sud) et anthropologiques (regard de l’Occident sur les Indiens d’Amazonie) notamment.

 

Apéro-polar avec Michaël Mention


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Apéro-polar avec Michaël Mention

autour de son livre Jeudi noir

Depuis 4 ans maintenant, j’ai la chance de pouvoir organiser dans la bibliothèque où je travaille des rencontres autour du roman policier et du polar en général.

J’exerce ma profession dans le réseau des bibliothèques de la ville de Paris. Il y une soixantaine de bibliothèques dans ce réseau. Des petites, des moyennes, des grandes et des très grandes. Alors afin d’harmoniser la programmation culturelle de tous ces établissement, la ville par l’intermédiaire de notre direction nous propose des grands thèmes. 1 à 2 par semestre.

C’est comme cela que le trimestre dernier j’ai pu faire venir Jean Luc Bizien autour de la Corée.

Mais pour cette fin de semestre, la mairie n’a pas poussé très loin sa réflexion pour nous imposer un thème.  Puisque le sujet à mettre en avant c’est l’Euro Foot. Et croyez-moi il y a pas mal de bibliothécaires qui ne se sont pas senti concerné(e)s.

En fait c’est surtout les sections jeunesse qui se sont mobilisées. Des tas de babyfoot ont été distribués. Pour me démarquer mais aussi j’avoue pour prouver à mon directeur que j’avais de la ressource.

Il me disait :

– » Mais Geneviève vous ne trouverez pas toujours une amination polar à faire autour des thèmes imposés ! »

Et moi de lui rétorquer :

-« En cherchant bien, je suis certaine de vous proposer quelque chose d’original quelques soit le thème ou le sujet choisi. »

Pour le foot je n’ai pas hésité longtemps. Tout de suite Michaël Mention m’est apparu évident.

Alors dans une dizaine de jour, j’aurai le plaisir d’accueillir Michaël dans ma bibliothèque.

Ce sera le samedi 11 juin 2016 à 11h30 à la bibliothèque Parmentier dans le onzième arrondissement de Paris.

Et oui…

Dans le cadre de l’Euro Foot 2016 à Paris, j’organise un RDV original autour du football… Pour son livre Jeudi Noir, Michel Mention a décidé de s’intéresser au football. Enfin au football, pas tout à fait, mais à une rencontre en particulier, puisque son roman revient sur l’un des matchs du siècle, le fameux France-Allemagne de 1982.

Le 8 juillet 1982, au stade Sánchez Pizjuán de Séville (Espagne), devant 70 000 spectateurs, s’est jouée la demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982 qui opposa la France à la RFA. Classique opposition de style entre la rigueur tactique et physique d’une part et le jeu technique et offensif d’autre part, ce match est devenu l’une des rencontres légendaires de l’histoire de la Coupe du monde, souvent simplement appelée la nuit de Séville (Nacht von Sevilla ) ou Séville 82

Rencontre avec un homme tombé amoureux d’un match 32 ans après. À travers ce sport, nous revisiterons aussi une époque et la culture populaire de celle-ci, musique, cinéma, politique… Nous parlerons culture au sens large, celle des années 80 en particulier.

Après la rencontre un verre de l’amitié vous sera offert, l’occasion de poursuivre de façon informelle la rencontre. Vous pourrez apporter vos livres de l’auteur, je suis certaine que Michaël  ce pliera au jeu d’une petite dédicace.

Vous trouverez ICI mon petit avis sur Jeudi Noir

Jeudi noir de Michaël Mention


9782290078815,0-2703810 9782081348295,0-2463855Le livre : Jeudi noir de Michaël Mention. Paru le 5 novembre 2014 chez Ombres Noire.17€ ; (187 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche chez J’ai lu le 16 mars 2016 dans la collection thriller. 6€ ;1 vol. (185 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Ombres noires

Jeudi noir

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.

L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession : gagner sa place en finale.

Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. Mais le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

77643436 Michaël Mention, 37 ans, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Fils de Sam. Jeudi noir est son premier roman aux éditions Ombres Noires. Et justice pour tous (Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015) et Le carnaval des hyènes.

Extrait :
À ma droite, des journalistes jouent des coudes en vue d’obtenir la meilleure photo. Avec l’évacuation de Patrick, ils n’ont pas raté leur soirée. Ces hyènes ne vivent que pour le scoop, si possible le plus macabre. Ce sont eux qui ont tué Romy. Notre meilleure actrice, la femme ultime. Son gosse empalé sur la grille, ça ne suffisait pas, alors ils ont poussé le vice jusqu’à se déguiser en infirmiers pour le photographier sur son lit de mort. Pourritures.

Résumé et petit avis :

La demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982, lors de laquelle la France affronte l’Allemagne de l’Ouest, vue de l’intérieur à travers le regard d’un joueur fictif de l’équipe de France et racontée à la manière d’un thriller. Une allégorie des situations française et allemande de l’époque, des tensions politiques et des contradictions qui les traversent…

9791091447157,0-1908711Quel talent, mais quel talent…Déjà, Mention, m’avait bluffée avec son « fils de Sam » et sa vision de la vie de David Berkowitz, tueur en série de la fin des années 70. Avec ce roman, nous allons faire un voyage dans le temps, plus précisément le 8 juillet 1982, jour de la 1/2 finale de coupe du monde France-RFA, à Séville. Michaël Mention nous propose de vivre le match en direct, sur le terrain, entre exaltation et violence. L’auteur nous fait vivre ce match légendaire de façon unique, avec en trame de fond les contextes politique, économique, social et culturel des années 1980. Je n’ai jamais vécu un match d’une aussi intense façon. Pourtant, j’étais devant mon poste de TV en ce jeudi noir. Avec toutes une bande de potes, et oui c’était les vacances scolaires et les adolescents, que nous étions, vivions en meute. Cette demi-finale nous a fait vibrer et même les moins intéressés par le foot étaient de la partie. Mais revivre ce match de l’intérieur, minute par minute, avec les mots de Mickaël Mention, c’est une expérience d’une incroyable intensité. J’ai été captivé, je suis passée par tout un tas d’émotions. J’ai même eu l’impression d’être sur le terrain et de jouer le match, d’être un des héros malheureux de ce duel fratricide. J’étais l’âme de cette fabuleuse équipe de France. J’étais l’humeur de celle-ci, ses espoirs et ses doutes. Son unité, sa solidarité. Je jouais tel un dieu du stade brésilien. Les mots plus forts que les images. Si, si, c’est possible, si c’est sous la plume exceptionnelle de cet auteur de talent.

Franco est mort jeudi / Maurice Gouiran


Mes petites lectures

$$&9782914704908,0-1422475Le livre : Franco est mort jeudi / Maurice Gouiran. Paru en 2010 et en poche en 2012 chez Jigal collection Polar. (398 p.) : 17 x 11 cm

4e  de couv :

Le 20 novembre 1975, Franco meurt au petit matin à Madrid. Lorsqu’Élisa, réfugiée espagnole, apprend la nouvelle à la Manufacture des Tabacs de la Belle de Mai, c’est son passé, tragique et douloureux, qui ressurgit brutalement.

L’été 1936 à Madrid, l’hiver 1938 à Barcelone, la Retirada – cette longue cohorte de désespérés, cette horde de vaincus, de malades, de blessés fuyant l’Espagne et parqués sur la plage glaciale d’Argelès – la mystérieuse disparition de Ramon, son père, alors officier dans l’Armée Populaire Républicaine… Une foule d’images et de vieux fantômes submergent alors ses jours et ses nuits…

35 ans plus tard, Élisa n’est plus et l’Espagne met fébrilement à jour les charniers du Franquisme. C’est Manu, son fils, un looser, un peu voyou, un peu paumé, qui, en recevant d’Espagne une lettre destinée à sa mère, va permettre à ce terrible passé de remonter à la surface. Mais Manu n’aurait sans doute pas été bien loin si sa route n’avait croisé celle de Clovis Narigou…

Clovis, qui de Marseille à Madrid démêle l’écheveau et tente de percer les mystères entourant la famille espagnole de Manu. Clovis qui enquête, pare les coups et pénètre le Barcelone de la grande époque, celui de Dali et de Picasso… Clovis qui découvre, ahuri, le camp de Karaganda et les horreurs de la guerre civile…

220px-Maurice_Gouiran_2009L’auteur :

Maurice Gouiran est né le 21 mars 1946 au Rove  dans les Bouches du Rhône, dans une famille de bergers. Spécialiste de l’informatique appliquée aux risques et à la gestion des feux de forêts il a été consultant pour l’ONU avant de se consacrer entièrement à la littérature.

Maurice Gouiran, romancier, humaniste et militant, s’insurge, se révolte et transcrit sa rage à travers ses intrigues et ses romans… forcément noirs ! Il apporte un sang et un souffle nouveaux dans le monde du polar méditerranéen.

Du grand art ! (Pol’Art Noir).

Citation :
Ces gars mal fagotés étaient plus précieux que tous les bouquins savants écrits par de grosses tronches endimanchées dans le confort de leurs lofts parisiens

Résumé et avis :

Trente-cinq ans après la mort de Franco, tandis que l’Espagne met au jour les charniers du franquisme, Manu reçoit une lettre destinée à sa mère disparue, Elisa, une réfugiée espagnole. De Marseille à Madrid, avec l’aide de Clovis Narigou, il tente de percer les mystères entourant sa famille.

L’auteur nous livre une magnifique peinture de la société espagnole durant le franquisme, et plus particulièrement durant la guerre civile. Il pose aussi un regard très humain sur tous ses personnages, qui nous les rendent attachants. Mais pas seulement car l’intrigue est double. Elle ne sera pas ici dévoilée, au risque de gâcher votre plaisir de lecture

Maurice Gouiran  nous dévoile une des périodes les plus noires de l’Histoire du XXe siècle, celle du premier combat des antifascistes contre la bête… Un roman engagé, riche et émouvant.

Bouclage à Barcelone de Xavier Bosch.


9782867467820,0-2627132Bouclage à Barcelone de Xavier Bosch.Traduit du catalan par François-Michel Durazzo et Laurent Gallardo. Paru le 5 juin 2015 chez Liana Levi.18 € ; (267 p.) ; 21 x 14 cm

Quatrième de couverture

Bouclage à Barcelone

Damer le pion à la concurrence avec la une la plus accrocheuse, telle est la mission de Dani Santana, ex-présentateur télé, promu directeur de la rédaction du Crònica. Ce n’est pas les sujets de scoop qui manquent à Barcelone ! Prostitution, scandales immobiliers, insécurité, sans parler des trafics de bière sur les Ramblas… Senza, célèbre chef de la rubrique Société, lui fournit des informations de première main grâce à sa liaison secrète et torride avec l’intendante de police Eva Bosch. Et aussi grâce à ses liens avec deux jeunes Syriens qui le tuyautent sur les différents trafics de la ville. En contrepartie, il leur donne des renseignements, sans trop chercher à comprendre. Ce que Senza ne sait pas, c’est qu’il est suivi. Ce que Santana n’a pas compris, c’est qu’il est manipulé. Et ce que Barcelone ignore, c’est qu’un réseau islamiste prépare un attentat dans l’ombre…

7L’auteur : Xavier Bosch, né à Barcelone en 1967, est un journaliste réputé. Il est l’auteur de plusieurs romans policiers dont Bouclage à Barcelone, prix Sant Jordi 2009 et best-seller en Espagne.

Extrait

« Par principe, A.B.C. N’était jamais satisfait. Il fallait qu’il passe son temps à nous remonter les bretelles, même sans raison, estimant que c’était le meilleur moyen de pousser les commerciaux à décrocher toujours plus de contrats publicitaires et les responsables marketing à rivaliser de créativité pour trouver de nouveaux objets de promotion, comme cette caméra sous-marine offerte avec le journal qui avait fait bondir les ventes de six virgule trente-deux pour cent, deux ans plus tôt. Après trois heures à boire des litres de café et à fuir nos responsabilités respectives, la réunion touchait à sa fin.

Avant que je ne quitte son bureau, A.B.C. Me donna une tape sur l’épaule, d’un geste qui se voulait paternel, et me demanda comment s’étaient passés mes premiers jours à la direction du Cronica. Il n’apprécia pas que je lui parle en si bons termes de la rédaction et des chefs de rubrique pour lesquels il n’avait aucune estime. Je profitai de cette discussion sur le journal pour l’informer de la remarque que m’avait faite le chef de la rubrique Politique.

« Cardena a voulu me coincer. Il m’a demandé, devant tous les autres, qui on allait soutenir pendant les élections.
– Qu’est-ce que tu as répondu ?
– Que le Cronica allait raconter ce qui allait se passer lors de la campagne, répondis-je non sans fierté.
– On informera les gens mais Negrier doit l’emporter. »

Résumé et avis :

extrait

Dani Santana, présentateur d’un journal télévisé local, devient rédacteur en chef du grand quotidien catalan La Cronica. Mais le poste sera moins plaisant qu’il ne l’imaginait : pressions politiques, collusions économiques, coups montés, etc.

Avec son écriture directe et son style fluide, Xavier Bosch nous permet  une plongée réaliste -jusqu’au sordide- dans l’ambiance d’un grand quotidien, très vivante, tant dans le travail journalistique que dans ses multiples jeux de manipulation et de collusion avec le pouvoir politique.

Il nous trimballe aussi dans les nuits agitées de Barcelone, et nous découvrons avec curiosité ce Barcelone  interlope et underground. Ou nous ferons de drôles de rencontres avec des personnages ambigües et parfois sulfureux.

Ce premier polar, le premier opus d’une trilogie qui a raflé quelques prix en Espagne et en Catalogne, est un excellent roman noir sur des thèmes d’actualités brulants.

A suivre donc…

Lire le début ICI

N’appelle pas à la maison de Carlos Zanon


Couv_nollames.inddLe livre :  N’appelle pas à la maison de Carlos Zanón. Traduit de l’espagnol par Adrien Bagarry. Paru en avril 2014 chez Asphalte.  22 €

4e de couv :

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d’une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes. De l’argent facile, une organisation bien rodée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent.

Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et menacer Max de révéler leur relation. L’engrenage diabolique est enclenché… mais rien ne va se passer comme prévu.

Deux mondes se côtoient dans ce roman noir, habité par une galerie de personnages durement touchés par la crise et par la vie.

th (2)L’auteur

Né à Barcelone en 1966, Carlos Zanón est poète, romancier, scénariste, éditorialiste et critique littéraire. Il a publié ses premiers poèmes à la fin des années 1980 et a édité à ce jour cinq recueils très bien accueillis par la critique spécialisée. Il s’est ensuite consacré au roman : Soudain trop tard a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir en 2010. Ses livres ont été traduits et publiés aux États-Unis, en Italie, en France, aux Pays-Bas et en Allemagne

Extrait :
En 2012 à Barcelone, Raquel, une toxicomane, son demi-frère Christian et son amant, Bruno, vivent de la traque de couples illégitimes qu’ils soumettent à un chantage financier. Un jour, Christian repère un couple d’amants de la classe moyenne catalane, Merche, mariée, et Max, divorcé, avec chacun des enfants. Deux milieux sociaux se rencontrent alors dans une ville durement éprouvée par la crise.

Résumé et avis :

En 2012 à Barcelone, Raquel, une toxicomane, son demi-frère Christian et son amant, Bruno, vivent de la traque de couples illégitimes qu’ils soumettent à un chantage financier. Un jour, Christian repère un couple d’amants de la classe moyenne catalane, Merche, mariée, et Max, divorcé, avec chacun des enfants. Deux milieux sociaux se rencontrent alors dans une ville durement éprouvée par la crise.

n-appelle-pas-a-la-maison-zLe livre de Carlos Zanon est une plongée glaciale dans une Barcelone sombre et envoûtante. C’est un uppercut, on reçoit cette lecture en pleine figure. On lit en apnée, sans pouvoir reprendre son souffle. L’écriture de Zanon, n’est pas facile d’accès, ses mots sont simples mais leur pouvoir d’évocation est tels qu’ils nous entraînent avec eux dans les bas fonds de cette ville aux rues et aux quartiers décatis, où les personnages n’ont ni passé ni futur, entre alcool et drogues. Et si l’histoire est tout en flash-back, pour nous, il n’y aura pas de retour possible, on le pressent. Un bijou de roman noir implacable, une nouvelle plume à me surtout pas manquer.

Lire le début ICI CARLOS DONT SURF

Soudain trop tard de Carlos Zanón : Un livre qui divise le comité


A PROPOS DE BARCELONE : Un livre qui divise le comité

9782253177685,0-1993173le livre :  Soudain trop tard de Carlos Zanón . Traduit de l’espagnol par Adrien Bagarry. Paru le 20 septembre 2012 chez Asphalte éditions.  21,00 € ;  (234 p.) ; 20 x 15 cm.

Paru au Livre de poche le 2 avril 2014 dans la collection Le Livre de poche. Policier, n°    33327.  6,60€  ;  (286 p.) ; 18 x 12 cm

Au petit matin, dans un bar d’un quartier populaire de Barcelone, Epi Dalmau tue son ami Tanveer à coups de marteau. Puis s’enfuit sans un mot retrouver Tiffany Brisette, la femme pour laquelle il a commis l’irréparable. Témoin de la scène, le frère aîné d’Epi, Alex, va tâcher de lui sauver la mise en faisant porter le chapeau à quelqu’un d’autre. Mais quel secours un ancien toxicomane schizophrène est-il capable d’apporter ? Le récit d’une journée où tout a brutalement basculé, où les rumeurs naissent à chaque coin de rue. Mais aussi le portrait d’une Barcelone durement touchée par la crise et le désenchantement.

l’auteur

Carlos Zanón est né à Barcelone. Poète reconnu dans son pays, il est aussi parolier, critique littéraire et scénariste. Soudain trop tard est sa première incursion dans le domaine du roman noir, et sa première traduction en français.

Nous avons été deux lecteurs pour ce titre. Deux lecteurs ayant chacun son propre parcourt, sa propre expérience et ses propres ressentis.

Une vieille briscarde et un jeune loup.

Et bien sur nous avons eu 2 avis différents. OH peut-être pas sur le fonds mais plutôt sur la forme.

Extrait :

« Lorsqu’Epi et le Rebeu sont entrés dans le bar, Álex était assis à l’une des tables du fond. Epi a traversé la salle à grandes enjambées tout en jetant, oh ça oui, un oeil à sa machine de martiens préférée. »

MOI :- C’est vrai que l’écriture de Carlos Zanon est déroutante, de plus le récit n’étant pas linéaire, le lecteur peut parfois si perdre. Mais le rythme de la narration et le style simple et fluide font que l’on s’accroche à ces personnages cabossés ,qu’on a envie de les protéger.
C’est fracassant voir halluciné mais ça prend aux tripes. En fait c’est désespéré.
Et puis c’est Barcelone, tous le monde aime Barcelone. Surtout ceux qui vont aller au salon du livre.
PIERRIC : – Eh bien peut être que je suis trop sévère, c’est vrai que l’impression de s’immerger dans l’ambiance Barcelonaise au fur et à mesure de la narration d’Epi est très forte. Et pourtant j’ai trouvé que parfois c’était un peu confus, mais c’est sans doute dû au fait que le narrateur est psychotique. Du coup en considérant que l’auteur à sans doute délibérément voulu produire un récit décousu, voire halluciné, c’est réussi.
Il faut que j’apprenne à avoir un regard plus objectif et à ne pas avoir la dent trop dure envers les livres qui ne collent pas forcément avec mes goûts personnels !
Ca viendra avec l’expérience 

Notre avis commun :

Soudain Trop tard est un roman psychotique, comme son narrateur et personnage principal, Alex Dalmau qui tente de retrouver la trace de son frère Epi, porté disparu depuis qu’il a tué son acolyte Tanveer à coups de marteau dans un bar, au petit matin. Écrit par  Carlos Zanon, poète barcelonais qui s’essaie ici pour la première fois au polar, ce roman nerveux, alterne les points de vue de chaque personnage à un rythme effréné – au risque d’être parfois confus mais avec pour résultat un portrait de Barcelone empreint de subjectivité et bluffant de réalisme. On erre dans les quartiers populaires, de bars en supermarchés, dans la peau d’Alex (qui s’y sent mal) et sur les traces d’Epi (qui ne réalise pas la portée de ses actes). L’écriture de Zanon nous donne l’impression de saisir des instantanés de réalité, chaque chapitre nous proposant une tranche de vie barcelonaise :   on croisera ainsi un medium africain flamboyant, une prostituée entre deux âges mère de famille, un couple de tenanciers de bar désabusés, une vieille fille complexée se rendant à son premier entretien d’embauche, des flics plus ou moins lourdauds et quelques autres. Au-delà de l’intrigue liée à la disparition violente de Tanveer, c’est pour ces instantanés du petit peuple catalan que Soudain Trop tard vaut le détour.

PRESSE :

Espagnol

« Le poète Carlos Zanón surprend avec ce roman sans concession, où les personnages

n’ont ni passé ni futur, entre alcool et drogues. C’est tout, sauf politiquement correct. »

El País

« Ce livre n’est pas un reportage. C’est un poème sur les pères absents, sur les gamins

flippés ou rêveurs. Avec une structure dramatique recherchée, tendue. » La Vanguardia

« Dans Soudain trop tard, Carlos Zanón nous décrit la Barcelone réelle, celle de maintenant,

aux rues et aux quartiers décatis, touchés par la crise. » El Periódico

Française

« Dans ce récit sombre d’une folle journée où tout bascule, l’auteur brosse surtout le portrait

d’une ville désenchantée, touchée par la crise. La relève des Montalban et Ledesma est

assurée. »

Marc Fernandez, Alibi

Saison 2 – automne 2012

Le gardien invisible de Dolores Redondo


th (4)Le livre : Le gardien invisible de Dolores Redondo ; traduit de l’espagnol par Marianne Millon. Paru le 20 mars 2013 chez Stock dans le collection la Cosmopolite Noire. 22,50€ ; (452 p.) ; 20 x 14 cm

th (5)Réedité en poche en Gallimard Folio le 10 janvier 2015. 8,50€ (518 p.) ; 11x18cm

Quatrième de couverture

Le gardien invisible

« Le gardien invisible est un roman noir puissant, inquiétant de réalisme, et inaugure la trilogie du Baztán, qui va faire parler d’elle. »
El Periódico

Le cadavre d’une jeune fille est découvert sur les bords de la rivière Baztán dans une étrange mise en scène. Très vite, les croyances basques surgissent : et si toute cette horreur était l’oeuvre du basajaun, un être mythologique ? L’inspectrice Amaia Salazar, femme de tête en charge de l’enquête, se voit contrainte de revenir sur, les lieux de son enfance qu’elle a tenté de fuir toute sa vie durant.

Jonglant entre les techniques d’investigation scientifique modernes et les croyances populaires, Amaia Salazar devra mettre la main sur ce gardien invisible qui perturbe la vie paisible des habitants d’Elizondo.

Sans titre&L’auteur :

Dolores Redondo est née en 1969 à San Sebastián. Après un roman historique, Los privilegios del angel (2009), elle signe avec Le gardien invisible son premier roman policier qui ouvre « la trilogie du Baztán ».

Citation : Dans le Batsan, la nuit était obscure et sinistre. Les murs du foyer délimitaient depuis toujours le périmètre de sécurité, et, en dehors, tout était incertain. Il n’était pas étonnant que cent ans au plus tôt à peine, neuf habitants sur dix au Baztan aient cru à l’existence des sorcières, à la présence du mal se tenant aux aguets dans la nuit et aux incantations magiques pour tenir les uns et les autres au respect.

Résumé et avis :

aaaaaaaaaa

Le corps d’une jeune fille est retrouvé nu sur les bords de la rivière Baztan. Un lien est rapidement

aaaaaaaétabli avec le meurtre d’une femme commis un mois auparavant. A Elizondo, les croyances basques ressurgissent avec l’idée qu’un rituel magique serait à l’origine de ces crimes. L’inspectrice Amaia Salazar mène l’enquête et retourne sur les lieux de son enfance. Premier volume d’une trilogie.

aaaaaaaaaUn excellent roman qui mêle intrigue policière, histoires familiales, traditions ancestrales et frôle avec le surnaturel sans que cela ne devienne ridicule. Il y a quelque chose de Fred Vargas dans l’écriture de Dolores Redondo. Comme une magie qui se dégage de l’histoire. On a très envie en le refermant de retrouver les différents protagonistes dans le deuxième tome qui est annoncé et dont l’intrigue se dessine à la fin de celui-ci.

Extrait : 
[…] … Amaia recula d’un coup et la cordelette qu’elle portait autour du cou et d’où pendait la clef se prit entre les doigts de sa mère qui, tels des griffes, se refermèrent sur elle. La fillette tira la tête en arrière, affolée, la cordelette brûlant sa peau à force de frotter. Sa mère la secoua brutalement à deux reprises et Amaia fut sûre que le cordon allait lâcher, mais le noeud cautérisé résista, la faisant chanceler comme une marionnette dont on aurait lâché les fils. Elle heurta la poitrine de sa mère qui la gifla avec une telle violence que, sans la résistance de la cordelette qui s’enfonça davantage dans sa chair, Amaïa serait tombée.
La petite leva la tête, planta le regard dans celui de sa mère et, voyant son courage renforcé par l’adrénaline qui coulait à flots dans ses veines, lui lança :
– « Non, tu ne m’aimes pas, tu ne m’as jamais aimée. »
Dans un ultime effort, elle parvint à se libérer des mains de Rosario. Les yeux de sa mère, la stupéfaction passée, balayèrent frénétiquement l’espace, tandis qu’elle allait et venait dans la fabrique, semblant chercher quelque chose.
  • aaaaaaaaAmaïa sentit monter en elle une panique qu’elle n’avait jamais ressentie auparavant, et, de façon instinctive, sut qu’elle devait fuir. Elle tourna le dos à sa mère et courut vers la porte avec une telle précipitation qu’elle trébucha et tomba à terre. Alors elle sentit des changements dans sa perception. La fabrique tout entière semblait être devenue un tunnel ; les recoins s’obscurcirent et les arêtes s’arrondirent, ployant la réalité jusqu’à transformer la pièce en un trou de ver de terre froid et brumeux. Au bout du tunnel, la porte apparaissait lointaine et auréolée, on aurait dit qu’une lumière puissant brillait de l’autre côté et que des rayons avaient filtré entre le chambranle et le battant. Et pendant ce temps, tout s’obscurcissait autour d’elle, les couleurs s’évanouissaient comme si la rétine de ses yeux avait soudain été privée de ses cellules réceptrices.
    Ivre de peur, elle tourna la tête vers sa mère, le temps de voir s’abattre sur elle le rouleau en acier avec lequel son père travaillait la pâte feuilletée. Elle leva en vain une main afin de se protéger et sentit ses doigts se fracturer avant que le cylindre n’atteigne sa tête. Après tout devint noir. … […]