Un sac de Solène Bakowski


sacLe livre : Un sac de Solène Bakowski. Paru le 20 janvier 2017.  6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
Oserez-vous regarder dans le sac ?
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

sacaL’auteur :

 Solène Bakowski est née le 22 septembre 1981 à Paris. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne.

Extrait :
Je m’appelle Anna-Marie Caravelle et je suis une marginale. Sans existence officielle, sans identité vérifiable, sans rien. Tous ceux qui auraient pu témoigner de ce que je suis ou de ce que je fus ne sont plus. La faute à pas de chance. Je suis une paria comme il en existe des milliers d’autres, et je suis seule, depuis le début ou presque. J’ai fait des choix contestables, mais jamais contestés. Alors j’ai continué. Je vais vous paraître effrayante. Pourtant, je ne suis pas monstrueuse. Disons que je me suis construite à l’envers, en réaction contre tout. Mon histoire ne plaide ni en ma faveur, ni en ma défaveur. Tout juste si je parviens à me trouver quelques circonstances atténuantes. Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est seulement pour me dédouaner un peu et parce que je sens bien que, si je reste avec ces mots sur le cœur, ils finiront par me le manger. Je balance tout mon être dans ces pages et laisse juge qui voudra.

 

 

La chronique de Julie

Voici l’avis que j’ai décidé de partager avec toi 🙂 J’ai longtemps hésité, même si j’ai eu pas mal de coup de cœur ces derniers temps, un sac de Solène Bakowski reste celui qui m’a le plus marqué et que je conseil depuis janvier ! Donc je me suis dis que j’allais faire pareil avec le concours 3/3 que tu organise sur ton blog 🙂

Un sac de Solène Bakowski

Waouh !! Quel Livre ! Quelle écriture !

Oui, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille et nos actes peuvent avoir des répercussions oh combien importantes sur nos vies mais aussi sur la vie des autres…

Avec Un sac, l’auteur a largement conquis son public avec l’auto-édition et les éditions Bragelonne & Milady Thriller ont eu la très bonne idée de faciliter son accès à un plus large public.

La vie d’Anna-Marie Caravelle est glauque, froide, horrible et cela avant même sa naissance. Un père qui se suicide pour ne pas assumer ses responsabilités, une mère qui la rend responsable de son malheur, au point d’en devenir folle.  Ces révélations influeront sur son avenir et sur ses agissements bien entendu !

L’affection donnée même par une tierce personne peut sauver un enfant, mais si l’amour donné n’attend rien en retour. Ann-Marie n’aura rien, ne fera face qu’à un vide affectif qui la poussera à la violence pour attirer l’attention, à la folie meurtrière pour se voir exister dans le regard de l’autre ! Elle va devenir une marginale, droguée, prostituée, alcoolique tout cela pour trouver l’amour. Elle ne cherche que cela Anna-Marie, qu’on l’aime, mais d’amour il n’y a point pour Ann-Marie.

Une héroïne, qui n’a rien pour l’aider dans la vie, qui tente de survivre avec les moyens qu’elle a et la folie qui la guette.

Un roman court, passionnant avec une histoire noire, qui vous colle à la peau, même quand vous le refermez, un roman qui vous met une claque dans la gueule tellement il est dur, sombre. Un roman que vous ne pourrez pas oublier tellement il remue les tripes.

Un fil conducteur, cette femme avec son sac, que l’on apprend peu à peu à connaître… Qui nous amène jusqu’à la fin du roman

Le déchéance humaine a son paroxysme ! Je n’ai jamais rien lu d’aussi dur et d’aussi troublant, la plume de l’auteur est incisive, directe, cynique. Une analyse très réaliste de l’amour maternel, du manque d’amour et de ses conséquences.

Les personnages sont tous aussi sombres, les uns que les autres, certains ont une capacité à s’en sortir d’autres pas, une déchéance humaine qui n’est pas réservée à la rue …

Le tout se passe dans Paris, le Paris glauque, le Paris qui vous emprisonne et qui ne vous relâche que complètement broyé. Paris, une ville qui devient un personnage à part entière, qui subjugue et fait peur.

Malgré sa déchéance et son glissement inexorable vers la folie, j’ai été touchée par l’héroïne, qui nous démontre que nous ne sommes pas tous égaux en arrivant au monde, contrairement à une légende qui perdure.

Avec Un Sac, l’auteur aborde les relations parents-enfants,  l’absence de désir maternel et ce que cela peut engendrer comme conséquences. Le désir maternel est souvent pensé comme inné, mais l’auteur nous démontre que non. Car oui, on ne naît pas parent, cela se construit. Comment un enfant peut-il devenir le « focalisateur » de sa propre déchéance et devenir l’objet de sa haine. Comment l’accompagnement des traumatismes doit se faire avec une femme enceinte… Nos rencontres font parfois tout basculer….

Ce livre ne peut pas vous laisser indifférent ! Ce livre va me marquer ! Ce livre est un vrai coup de cœur ! A dédier à toutes les Anna-Marie !

Voilà pour moi ce fut un vrai coup de cœur, une claque dans la gueule, j’ai été tour à tour horrifiée, émue, en larme ! Je suis passée par toutes les émotions possibles!

Rien que de relire mon avis j’en suis toute émue et j’ai replongé dans les émotions ressenties !

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Rencontre/Lecture avec Nicolas Jaillet


En marge de mes Apéros Polar, j’aurai le plaisir et l’honneur de recevoir, à la Bibliothèque Parmentier, Nicolas Jaillet.
Nicolas viendra nous interpréter sa dernière création.
Alors à vos Agenda : le vendedi 12 mai à 19h
Il sera tour à tour Ilona une jeune mannequin, Julie son agent et meilleure amie, Zlotan un jeune créateur et Pierre un drôle de gigolo.
Mais croyez moi avec mister Jaillet, tout est possible.
Et quand notre auteur fait dans la comédie, tout peut arriver aussi.

 

Mais qui est notre auteur :

Né en 1971 ou 72, Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. A 18 ans, il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. C’est sur les routes, au sein d’une troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant . Il avait publié quelques année auparavant un premier roman Le retour du pirate, un roman d’aventure.
 Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Il écrit aussi des nouvelles, des novellas, des bouquins pour la jeunesse, du théatres. Mais avant tout Nicolas Jaillet est un comédien et un touche à tout de génie !

 

Le 12 mai prochain, il nous présentera son nouveau scénario.

Ravissantes

Comédie

Le pitch

Les femmes sont très souvent en guerre ouverte avec leur corps. La pression sociale leur impose des modèles physiques qui n’existent pas : retouchées sur Photoshop, les créatures qui occupent la couverture des magazines sont également l’objet d’un eugénisme sévère. En outre, ces corps ne sont pas des corps érotiques. Selon les propres mots d’un créateur célèbre, elles sont surtout payées pour être des morte-manteaux.

Ravissantes met en perspective cette tension, en racontant l’histoire de deux amies : Ilona est un jeune mannequin qui peine à démarrer, et dont la vie sentimentale est une suite de catastrophes. Lucie, son agent et meilleure amie, mesure 1,60 m et pèse 80 kgs, elle mange et boit sans la moindre retenue, et par conséquent, exerce une fascination sexuelle quasi magique sur les hommes.

Quand Zlotan Marvelis, un créateur en pleine ascension, est sur le point d’engager Ilona, Lucie se dit qu’il faut tout mettre en œuvre pour que sa protégée se détende. Elle fait appel à son ami Pierre Barbier, gigolo free lance semi-pro à mi-temps…

Aussi  nous vous attendant nombreux  au rendez-vous que nous vous avons fixé.

Parce que la comédie ne peut pas s’envisager sans la réaction d’un public, l’auteur lira en exclusivité son scénario intitulé « Ravissante »

Parce que la comédie est le genre le plus difficile qui soit ; parce qu’il ne peut pas sans réaction d’un public, nous avons choisi de donner à un auteur connu pour sa noirceur profonde l’occasion de partager avec vous, en exclusivité, son dernier ouvrage : le scénario d’une comédie intitulée Ravissantes.

Nicolas Jaillet qui ne doute de rien, lira le script en interprétant tout les personnages.

S’il tient son pari, verrez le film sans avoir à pater la place ; vous rirez, vous serez émus. Sinon, vous aurez l’occasion de le lui dire en répondant à un petit questionnaire assassin.

Dans les deux cas, il vous remercie d’avance.

 Allez pour vous j’ai sélectionné ces 2 bouquins :
Sansalina de Nicolas Jaillet. Réédité en poche le 18 novembre 2010 chez Gallimard dans la collection Folio. 8€20 ; (294 p.) ; 18 x 11 cm.

Au Mexique en 1928, après avoir longtemps été un enfant des rues de Sansalina, Pablo Zorfi règne à présent sur la ville.

Pablo Zorfi va mal. Son quotidien n’est que meurtres, enlèvements et trahisons. Dans le Mexique des années 20, les bordels tournent à fond, loin de la poussière et des Pancho Villa moustachus. L’enfant des rues de Sansalina est maintenant le maître de la ville. Mais il est devenu mauvais comme un crotale. Ses meilleurs amis le terrorisent. Il n’a qu’une solution pour se convaincre qu’il a encore un avenir : revoir Dolores. Toucher sa peau. La jeune femme respire la liberté. Personne ne lui dicte ce qu’elle doit faire. Elle a oublié Sansalina, sa violence et ses hommes. Dolores aussi avait un rêve d’enfant, pour lequel elle a tout sacrifié. Elle a fondé une bibliothèque. Le jour où ce rêve explose comme une vulgaire boîte d’allumettes, c’est un autre combat qui s’engage.

 

La maison : et autres histoires de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte
Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Milady Thriller.  5€90 ;  (157 p.) ; 18 x 11 cm.

À cet instant, une graine est en train de germer dans le ventre de ma mère. Une graine qui lui permettra de tenir ; de résister à la vie qui l’attend. Cette graine, c’est sa décision.

En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean. Au fond, c’est un soulagement. Car elle a un projet.

Pendant des années, elle survit à son quotidien, banal et terrible, aux côtés d’un mari violent. En silence, en secret, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.
 

 

Le secret du mari de Liane Moriarty


 

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97822263170700-2580989 Le livre :Le secret du mari  de Liane Moriarty.Traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau. Paru le 1er avril 2015 chez Albin Michel. 21€50 ; (410 p.) ; 23 x 16 cm.

97822530679480-3157577Réédité en poche le 6 avril 2016 au Livre de Poche pour 7€90; (499 p.) ; 18 x 11 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Jamais Cecilia n aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n ouvrir qu après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l ouvre et le temps s arrête John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu elle vient d apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu elle aime souffriront.
Liane Moriarty brosse un tableau nuancé et émouvant de l’amour (marital et familial) et se révèle bien mieux qu’un simple auteur de best-sellers : une romancière dont les personnages attachants pourraient être vos amis ou vos voisins, avec leurs qualités et leurs failles.

 

etrtg74L’auteur : Née le 15 novembre 1966 à Sydney, la romancière australienne Liane Moriarty est l’auteur de six best-sellers dont Le Secret du mari. Découvert par Amy Einhorn, l’éditrice américaine de La Couleurs des sentiments, Le secret du mari est un immense succès aux U.S.A : No 1 sur la liste des best-sellers du New York Times, il figure toujours sur les listes des meilleures ventes deux ans après sa sortie.
Le Secret tient en haleine deux millions de lecteurs dans le monde dont un million aux USA.

 

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Le secret du mari de Liane Moriarty 🙂

Résumé :

Cecilia Fitzpatrick trouve par hasard dans le grenier une lettre de son mari John-Paul, ne devant être lue qu’après sa mort. Elle l’ouvre quand même et découvre un secret pouvant détruire sa famille mais aussi la vie de quelques autres.

*** Emilie délivre son avis *** :

Le résumé de ce roman m’a de suite séduite. J’ai toujours adoré les histoires avec des secrets de famille donc autant vous dire que celui-ci n’a pas traîné longtemps dans ma gigantesque PAL.
J’ai adoré le fait qu’on ne découvre pas de suite le contenu de la lettre mais aussi le fait qu’on vive les choses du point de vue de trois personnages.
On est passionné par l’histoire, par l’enjeu. On est tour à tour amusé et intrigué. On réfléchi, on enrage, on pleure,… Ce livre c’est la vie. On peut être à la place de n’importe lequel de ces personnages et, que ce soit à la place de l’un ou de l’autre, je ne sais pas comment j’aurai réagi.
L’épilogue est beau. Il montre bien que , dans la vie, tout ne tient qu’à un fil…

Bonne lecture 😀

La semaine de la femme sur collectif polar


Vie du blog

Cette semaine, sur collectif polar, nous allons fêter les femmes.

En effet, il y a 48 heures nous étions le 8 mars et le 8 mars, toutes les femmes et même les hommes le savent, c’est la journée internationale de la femme.

Mais franchement, une journée, vous trouvez ça normal, vous ?

La journée internationale de la femme à été crée en 1921 par Lénine en honneur aux femmes qui ont manifesté aux premiers jours de la Révolution de 1917, les «pionnières » comme on les appelle. En 1977, l’ONU a officialisé cette fête pour célébrer les droits des femmes.

Alors…En 2016, nos chroniques de nuit officialise la semaine de la femme.

JFCollectif Polar

On a le droit d’en rire quoi !

Vous avez déjà vu sur ces pages ces jours  deux derniers jours des chroniques de romans qui parlaient de la condition de la femme dans le monde, en Chine, en Turquie…

pf9782264060525,0-1992447Le premier était  Les Petites filles de Julie Ewa. Le suivant, Crime d’honneur  de Elif Shafak

La semaine va ce poursuivre avec d’autres articles…

CM10On va vous proposer un nouvelle épisode de « Ces dames du polar, ces dames du noir ». Vous pouvez retrouver le dernier épisode ici

Nos chroniqueuses seront mise en avant… De plus, vous allez découvrir de nouvelles chroniqueuses. Et de nouvelles auteures.

Bref  cette semaine spéciale femme devrait  plaire à nos lectrices mais aussi à nos lecteurs.

Allez pour illustrer notre propos je vous propose un beau livre et un petit ouvrage indispensable et humoristique:

Les femmes en France : De 1880 à nos jours de Yannick Ripa (Auteur) – Paru en octobre 2007 aux ED. du Chêne

JFjpgÀ travers plus de 400 photographies, ce livre retrace le quotidien des Françaises de tout milieu que les photographes ont surpris, ou fait poser, de 1880 à nos jours.
C’est à elles que ces pages s’attachent, bien plus qu’à des célébrités aux visages si connus. Retracer l’ordinaire, les travaux et les jours de ces anonymes, les regarder vivre du foyer au travail, suivre leurs silhouettes dans les rues, les champs, les usines, c’est retrouver la diversité de ces vies, si souvent oubliées. Ces images soulignent qu’il existe un passé et un présent féminins bien différents de ceux des hommes, dans une société attachée à la différence des sexes, longtemps pensée naturelle et donc pérenne.
La tradition, si vigoureuse en pleine Ille République, regarde la maternité et la famille comme seuls destin et destinée des femmes et feint de croire qu’elles ne travaillent pas, confondant le modèle bourgeois et la réalité populaire, ici rendue bien visible. Les oppositions individuelles et collectives à cette assignation se multiplient au fil des ans, ouvrant la voie vers l’égalité. L’ouvrage retrace le caractère heurté et complexe de cette marche des femmes, confrontées aux résistances masculines, entre antiféminisme et conservatisme.
Les photographies racontent cette épopée qui, en un peu plus d’un siècle, transforma radicalement l’existence féminine et les rapports de sexe.

 Osez le féminisme ! (France) Vie de meuf : le sexisme ordinaire illustré / Osez le féminisme ! ; Paru en  2011 chez JBZ & Cie. 12 euro50 (130 p.) : ill. ; 21 cm

Réédité en poche chez Pocket

JF&&Vie de meuf, c’est tout d’abord un site ouvert en 2010 par le collectif Osez le féminisme. Le principe : raconter une anecdote sexiste saisie sur le vif sur le lieu de travail ou en famille. C’est désormais un ouvrage qui reprend les perles les plus percutantes et/ou drôles postées sur le site, classées par thèmes et assorties d’encarts relatifs aux inégalités dont sont victimes les femmes. Le livre rassemble une sélection des posts, des conseils juridiques, des rappels historiques… et même des idées de répliques, pour les plus timides ou les moins imaginatives. Un vade-mecum percutant, illustré par des dessinatrices qui ne manquent pas de talent. Conclusion : il y a encore du boulot.
JF« Vous serez bien mignonne, mademoiselle, de nous faire un petit Café. »

Entre deux blagues bien senties sur votre jupe et votre coupe de cheveux, une vie de meuf peut parfois se résumer à cette image.  Alors n’ayez plus peur de répondre que, depuis George Clooney, les mecs aussi savent faire le café !  Ouvrez ce livre, lisez-le et partagez-le ! Car ces morceaux de vie véridiques tirés du blog Viedemeuf donnent à rire…
et réfléchir !

Crime d’honneur de Elif Shafak


Mes petites lectures
9782752907431,0-1574318Le livre : Crime d’honneur  de Elif Shafak ; traduit de l’anglais (Turquie) par Dominique Letellier. Paru le 7 mars 2013 chez Phébus dans la collection Littérature étrangère. 23€; (410 p.) ; 21 x 14 cm. 9782264060525,0-1992447

Réédité en poche chez 10/18 le 17 avril 2014.. 9€10 ; (498 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Crime d’honneur

roman

« Ma mère est morte deux fois. » C’est par ces mots qu’Esma, jeune femme kurde, commence le récit de l’histoire de sa famille née sur les rives de l’Euphrate et émigrée à Londres en 1970.

L’histoire, d’abord, de sa grand-mère dans le village de Mala Çar Bayan, désespérée de ne mettre au monde que des filles, elle qui sait combien la vie ne les épargnera pas. L’histoire de sa mère, Pembe la superstitieuse, et de sa tante, Jamila la guérisseuse, soeurs jumelles aux destins très différents. L’histoire des hommes aussi, celle de son père, tour à tour aimant, violent, fuyant, et celle de ses frères, Yunus le rêveur, et Iskender. Iskender, l’enfant chéri de sa mère, la « prunelle de ses yeux », son « sultan ». Son meurtrier.

Enfin, l’histoire de ces immigrés qui ont choisi l’exil pour vivre de miracles et croire aux mirages, qui ont choisi la liberté et l’amour quand d’autres restent ancrés dans les traditions et portent au pinacle l’honneur d’une famille.

 

Extraits :
« Istanbul… Dans les circonvolutions de ma mémoire, le nom de la ville se distingue des centaines de mots que j’ai rangés tout au fond, au fil de ma vie. Je le pose sur ma langue, je le déguste lentement, avec envie, tel un bonbon.
Si Londres était un bonbon, ce serait un caramel – riche, intense et traditionnel. Istanbul, par contre, serait un morceau de réglisse à la cerise – un mélange de saveurs opposées, capable de transformer l’aigreur en sucre, la douceur en amertume. « 

 

46767L’auteure : Fille de diplomate, Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a passé son adolescence en Espagne avant de s’établir en Turquie. Après des études en Gender and Women’s Studies et un doctorat en sciences politiques, elle a un temps enseigné aux États-Unis. Elle vit aujourd’hui à Istanbul. Internationalement reconnue, elle est notamment l’auteur de La Bâtarde d’Istanbul (Phébus, 2007), Bonbon Palace (Phébus, 2008), Lait noir (Phébus, 2009) et Soufi, mon amour (Phébus, 2010).
Extrait
« Le lendemain du jour où vous avez commis un crime, vous vous réveillez d’une nuit sans fond. Quelque part dans votre cerveau clignote un signal, une lumière rouge. Vous tentez de l’ignorer. Il y a une chance, même minime, que tout ça ne soit qu’un cauchemar. Vous vous accrochez à cette chance comme un homme en pleine chute s’agrippe à la première corde à sa portée. Une minute passe. Une heure. Vous perdez la notion du temps. Jusqu’à ce que ça vous gifle soudain : la corde n’est pas attachée, elle flotte. Vous tombez la tête la première dans la réalité. « 

Résumé et petit avis :

Esma, une jeune femme kurde qui vit à Londres tente de comprendre pourquoi son frère Iskender a assassiné leur mère Pembe. Elle retrace l’histoire familiale des rives de l’Euphrate à l’Angleterre, où le poids des traditions va rattraper des femmes qui ont cru à la liberté et à l’amour.

A travers l’histoire d’une famille turque émigrée en Angleterre, Elif Shafak nous transporte des rives de l’Euphrate aux bords de la Tamise. Nous allons voyagé à travers le temps et les générations dans cette saga familiale passionnante où l’auteur aborde des thèmes passionnants : le poids des traditions, du déracinement, la place des femmes, etc.

De plus l’écriture fine et ciselée, nous entraîne dans un roman choral vers un final époustouflant mais aussi bouleversant.

Crime d’honneur, a défrayé la chronique et provoqué un vaste débat en Turquie sur les notions de famille, de liberté et de pardon.

Ce roman a été lauréat du Prix Relay des voyageurs 2013.

Lire ICI le début

L’inconnue de Queen’s Gate de Anne Beddingfeld


9782501087964,0-2068978Le livre :Une enquête de Beth Huntly : Volume 1, L’inconnue de Queen’s Gate  de Anne Beddingfeld. Paru le 22 avril 2015. 12,90€ ;  (275 p.) ; 18 x 13 cm

Quatrième de couverture

L’inconnue de Queen’s Gate

Une enquête de Beth Huntly

Volume 1

Noël approche en cette année 1899 lorsque Elizabeth Huntly, Fille de cuisine dégourdie et créative, remplace la cuisinière de l’aristocratique famille Hewes, qui vient d’être victime d’une chute.

Christmas Pudding, entremets vanille, consommé au stilton : dans la liste des ingrédients ne figure aucun meurtre. Et pourtant… Sortie fumer discrètement un cigare au jardin, Beth découvre le corps d’une femme, poignardée avec un kriss malais appartenant à Lord Hewes. Mais c’est Rajiv, le valet indien amant de Beth, qui est embarqué par la police : un coupable bien commode…

Alors que les suffragettes affrontent les forces de l’ordre, que la jeune Kathryn Hewes semble prête à tomber sous la coupe de trafiquants et que Lord Hewes dialogue avec sa tête d’éléphant empaillée, Beth se retrouve malgré elle en première ligne pour éclaircir la situation… et sauver sa place. Quitte à risquer sa vie.

AVT_Anne-Beddingfeld_1506L’auteur qui se cache (si peu) sous le pseudonyme d’Anne Beddingfeld a deux passions : la gastronomie et le roman policier. Elle est l’auteur, sous son véritable nom, de livres de cuisine consacrés à Agatha Christie, Sherlock Holmes et Alfred Hitchcock. Quand elle ne se promène pas aux quatre coins de la planète pour écrire ou conseiller de grands chefs, Anne Beddingfeld imagine que, dans une autre vie, elle a été cuisinière à Londres en 1900…

Résumé et avis :

En 1899, les Hewes préparent les fêtes de Noël dans leur grand hôtel particulier londonien. Beth Huntly règne sur les fourneaux. Chaque jour, depuis la fenêtre de l’entresol, elle voit passer une robe et des chaussures identiques. La promeneuse se hisse sur ses pieds avant de s’en aller. Au matin de Noël, Beth guette la mystérieuse femme et la retrouve étranglée dans le salon.

On va suivre les enquêtes de Beth Huntly, simple cuisinière. Cette domestiques des Hewes  a la fâcheuse tendance d’ attirer à elle les cadavres et les ennuies.

C’est sans doute pas un hasard si sous l’alias de Anne Beddingfeld se cache Anne Martinetti que l’on connait déjà car elle s’est ainsi penchée avec succès sur les péchés gourmands d’écrivains, de cinéastes ou de nombreux héros: Crèmes et châtiments, recettes délicieuses et criminelles d’Agatha Christie (2005), Les Petites Recettes modèles, inspirées de la Comtesse de Ségur (prix Antonin Carême 2007), Faim de séries (2008), La Sauce était presque parfaite : 80 recettes d’après Alfred Hitchcock (Gourmet Cookbook Prize 2008).

C’est sans doute pas un hasard si son héroïne est une cuisinière. Et une bonne cuisinière en plus mais qui a un don pour s’attirer des ennuies ou plus exactement pour tomber sur eux ou mieux sur des cadavres.

. Dans ce polar historique sur fond d’Angleterre victorienne, l’auteur nous entraîne dans les coulisses de l’aristocratie, dont les mœurs sont parfois aussi sombres que les bas-fonds londoniens. Son attachante héroïne n’hésite pas à transgresser les codes d’une société où les femmes et les domestiques ont rarement voix au chapitre…

A l’instar de Michèle Barrière dont je ne peux que vous conseiller les deux séries de polar gastronomique, l’auteur se lance dans le roman culinaire au 19e en Angleterre . Car en effet ce premier titre qui nous a mis l’eau à la bouche est sortie en même que le second opus des aventure de Elizabeth Huntly que nous avons eu plaisir à retrouver

Ces deux titres se lisent comme on sucerait un bonbon anglais acidulé et rafraîchissant.

Lire le début ICI

Aller, un second pour le même prix !

9782501096195,0-2588179Le livre :Une enquête de Beth Huntly :Volume 2, Les ombres de Torquay’s Manor : une enquête de Beth Huntly de Anne Beddingfeld. Paru le 22 avril 2015 chez Marabout. 12,90€ ; (277 p.) ; 20 x 14 cm

Les ombres de Torquay’s Manor

Volume 2

Bains de mer et double crème du Devon pour Lord et Lady Hewes, en ce mois d’août 1900. Brillant sous les feux du soleil, la Riviera anglaise offre ses plages accueillantes à Beth Huntly, cuisinière en titre d’une famille qui pour être aristocratique n’en est pas moins fort originale.

L’été pourrait s’écouler paisiblement, lorsqu’un horrible double meurtre secoue la bonne société de Torquay : Lady Hatheirley et son cocher sont assassinés sur la lande de Dartmoor. Pire, il semble que la jeune femme entretenait avec le dit cocher des relations coupables !

Entraînée sur les chemins de l’enquête par la journaliste Eleanor Rigby – libérée en diable -, écartelée entre son devoir de domestique loyale et sa curiosité naturelle, Beth ne sait pas encore qu’elle est sur le point de mettre au jour une conspiration criminelle qui dépasse largement les limites de la moralité…

Trottoirs du crépuscule de Karen Campbell


9782213661933,0-1563469Trottoirs du crépuscule de Karen Campbell. Traduit de l’anglais9782757838266,0-2625952(Ecosse) par Stéphane Carn et Catherine Cheva. Paru le 10 avril 2013 chez Fayard dans la collection Fayard Noir. 20,00€ ; (543 p.) ; 22 x 14 cm
Paru en poche le 28 mai 2015 aux Point policier 8,60€ ;18 x 11 cm
Quatrième de couverture
Anna Cameron prend la direction de la Flexi, la brigade d’intervention rapide sur le Drag, les quartiers chauds de Glasgow. Crédits en berne, équipe réduite et fortes têtes, sa mission n’est pas facile. D’autant qu’elle a Jamie Worth sous ses ordres. Jamie, son ex, qui a épousé Cath et lui a fait un enfant.Ces trois-là ne se sont pas revus depuis dix ans. Cath a quitté la police pour s’occuper du bébé et, pour elle, la maternité n’a pas que du bon.Sur le Drag, royaume des dealers, des putes et des clubbers, un inconnu balafre les filles à coups de tesson. Un vieil homme est brutalement assassiné et les crimes racistes sont légion. Au repos forcé après avoir été agressée au cours d’une ronde, mais convaincue que la Criminelle fait fausse route, Anna doit accepter l’aide que Cath lui propose. Tour à tour rivales et complices, les deux femmes ne mesurent pas les conséquences de leur nouveau duo…

AVT_Karen-Campbell_6411

L’auteur :Ancienne flic et titulaire d’un master of Art & Literature, Karen Campbell inaugure avec Trottoirs du crépuscule, son premier roman, une série policière exceptionnelle dont l’ampleur, l’humanité et l’authenticité ne sont pas sans rappeler The Wire. Au féminin. À Glasgow.

Extrait :
C’était le temps idéal pour ça. Le vent avait retourné le ciel comme un gant et, par là-dessus, une petite averse avait fini de tout nettoyer. La journée s’annonçait belle.
A toi de jouer ! Anna aurait pu voir son sourire se refléter dans ses chaussures qui slalomaient entre les flaques. Quel éclat… Elle était si absorbée qu’elle ne vit rien venir. La fanfare stridente d’un klaxon à l’italienne la força à regagner précipitamment le trottoir. Le conducteur, presque couché dans sa Sinclair C5, secoua la tête et passa en trombe. 

Résumé et avis

PowerAnna Cameron a été nommée à la tête de la nouvelle brigade d’intervention chargée de la petite délinquance à Glasgow. Sa mission est difficile, d’autant plus que son ex, Jamie, est sous ses ordres. La femme de ce dernier, Cath, est au bord de la dépression depuis qu’elle a quitté la police pour s’occuper de leur enfant. Tour à tour rivales et complices, les deux femmes s’allient. Premier roman.

 Twin_PeaksKaren Campbell nous introduit dans le quotidien de la brigade d’un commissariat de quartier. Cette unité d’intervention est dirigé depuis peu par une femme . Et à Glasgow comme ailleurs, le milieux des flic est un milieu machiste et c’est rien de la dire. Mais Anna est une femme de ressources et des ressources il va lui en falloir pour mener à bien son enquête.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAUne enquête qui va nous embarquer dans les quartiers crasseux de Glasgow. Les quartiers populaires laissés à l’abandon par la municipalité. L’une des plus grandes villes du Royaume-Uni qui a perdu de sa superbe et où le chômage va galopant. La ville la plus peuplé d’Écosse qui s’enfonce dans la pauvreté et qui voit ses vieux démon réapparaitre. Criminalité, corruption, trafics, prostitution, mais aussi racisme, délation, homophobie, tous les fléaux que la misère peut engendrer, ressurgissent.

Un premier roman prometteur noir à souhait. Deux beaux portraits de femmes. Une plume attachante. A découvrir.

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L’expatriée d’ Elsa Marpeau



Le livre 
: L’expatriée  d’ Elsa Marpeau. 9782070459032,0-2238714
Paru le 07/02/2013 chez Gallimard ; collection, série noire. 17,90 EUR;  (257 p.) ; 23 x 16 cm

Paru le 11 septembre 2014 en Folio. 8,00 € ; (285 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé

Expatriée à Singapour avec son mari et son bébé, la narratrice recrute une aide domestique. L’arrivée d’un autre Français, Nassim, dont elle devient la maîtresse, lui procure l’occasion de remplir la vacuité de ses journées. Lorsqu’il est tué, soupçonnée, elle ne peut compter que sur sa domestique, qui promet, à certaines conditions, de lui fournir un alibi.

Bibliographie de l’auteur :

Elsa Marpeau a grandi à Nantes, avant de venir s’installer à Paris pour ses 18 ans après avoir répondu à une petite annonce matrimoniale du Nouvel Observateur. Pour y occuper ses journées, elle signe une thèse sur les mondes imaginaires dans le théâtre du XVIIe siècle et enseigne cinq ans à Nanterre les arts du spectacle (cinéma et théâtre), elle remporte le prix Carrefour Savoirs du premier roman en 2003 pour son livre Recherche au sang. Elle est auteure de scénarios et de romans où le noir est la couleur dominante. Ses 3 dernier roman sont parus  à la Série noire. Elsa Marpeau a vécu à Singapour. Elle est de retour à Paris.

Quatrième de couverture

L’expatriée

Récit

« Plus tard, je me souviendrai de la nuit d’encre de son regard.

Mais pour l’heure, en ce 1er juillet, l’impression s’estompe. Je suis happée tout entière par l’apparition qui, à l’autre bout de la piscine, vient de se matérialiser. »

Celle de l’Arabe blond. »

Expatriée à Singapour dans un condo chic peuplé de Français, Elsa voudrait commencer un nouveau livre mais elle tourne en rond, écrasée par la chaleur et le désœuvrement. Sa vie change radicalement lorsqu’ arrive Nessim, le nouveau Français de la résidence qu’elle baptise « l’Arabe blond ». Il devient son amant jusqu’à sa mort, deux mois plus tard. Assassiné de plusieurs coups de couteau. Parce qu’elle était sa maîtresse, Elsa devient vite aux yeux de tous, la principale suspecte. Elle ne doit son salut qu’à l’aide de Fely, sa maid philippine. Mais le prix à payer sera élevé…

Un mot de l’auteur

 

Ce livre est le fruit de mes deux années d’expatriation à Singapour. Il suit mes joies et mes désillusions, mon euphorie d’être ailleurs et mes désirs de meurtre… dans le monde clos, policé, ensoleillé et cruel, des expatriés.

Je te dédis ce livre à toi, lectrice, lecteur,

qui sais occuper ton temps sans blesser,

qui ne rougis pas d’être bon(ne),

qui sais que l’ailleurs se vit aussi bien au loin qu’enfermé(e) dans une chambre,

qui aimes la perversion quand elle est fictive

et les mauvais sentiments de papier.

Elsa.

Extrait :
« Des quarante millions de passagers sillonnant l’aéroport de Changi tous les ans, l’immense majorité ne traverse jamais la barrière de la douane. J’ai été comme eux. Une passagère en escale. Je ne devais ma connaissance de Singapour qu’à mon imagination. Je m’étais figuré des buildings en rangs serrés. Des rues immaculées, au tracé net, un quadrillage rationnel, des portions d’espace millimétré. Des visages innombrables, identiques.
Une cité sans crime, sans chewing-gum et sans âme. »

Mon Avis :

Elsa Marpeau nous surprend à nouveau avec son troisième roman publié dans la série noire. Effectivement après un roman noir, sombre puis un polar politique sur l’ultragauche, elle nous propose ici un polar quasi autobiographique. Comme elle l’explique « Ce livre est le fruit de mes deux années d’expatriation à Singapour. Il suit mes joies et mes désillusions, mon euphorie d’être ailleurs et mes désirs de meurtre… dans le monde clos, policé, ensoleillé et cruel, des expatriés. »Et elle réussit à merveille son pari de nous faire vivre son quotidien dans la vie faussement tranquille des condos chics de Singapour.

Elsa est ici à la fois auteure et narratrice, elle joue donc avec nous ,simple lecteur, et nous livre un roman noir cruel et pervers.. Avec une écriture impeccable et un style direct, elle nous rend addict et nous manipule. On reste collé à cette ambiance poisseuse, on ressent l’agressivité de ces femmes oisives, leur rancœur, leur jalousie. On s’indigne de cette société quasi coloniale qui régit la vie des expatriés et de leur domesticité. 

Elle nous fait aussi découvrir cette ville tentaculaire qu’est Singapour, une ville état, construite de toute pièce où la nature luxuriante n’est jamais très loin, toujours prompte à reprendre ses droits et qu’il faut domestiquer sans cesse. Cette ville, coincée entre mer et jungle, est une ville moite, humide et chaude. Et la moiteur de cette ville participe à l’ambiance oppressante qui règne sur cette histoire.

Elsa Marpeau m’a bluffée avec ce titre. Elle a réussi tour à tour à m’ensorceler et puis tout de suite après à m’irriter. Elle a su faire naître en moi tout un tas de sentiments contradictoires. Et avec son écriture précise , elle distille en vous tout un tas d’émotions qui se bousculent et s’entrechoquent. Qui vous bousculent et vous provoquent un choc.

C’est étouffant, angoissant et jouissif à loisir.

Une parfaite réussite.

Extraits :
 « Partout, la végétation enlace les buildings et le béton. Une
végétation dense, odorante, démesurée. »
« 1
L’Arabe blond
1er juillet. Les Français de la résidence se réunissent à la
piscine pour accueillir un nouvel expatrié. En attendant sa venue, on ouvre le champagne. Le bruit des bouchons fait s’envoler les oiseaux. »

Pour en savoir plus :

téléchargementhttp://elsamarpeau.net/

 

Am stram gram de M.J. Arlidge


9782365690812,0-2556740Le livre : Am stram gram de M.J. Arlidge.Traduit de l’anglais par Elodie Leplat.Paru le 19 mars 2015 aux éditions  Les Escales dans la collection Les Escales Noires. 21,90 € ; (362 p.) ; 23 x 15 cm
 
Quatrième de couverture

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : «Vous devez tuer pour vivre.» Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale.

Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.

Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe.

Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

1111L’auteur : M. J. Arlidge travaille pour la télévision depuis quinze ans. Il dirige également une maison de production indépendante qui a permis à plusieurs séries policières de voir le jour. Après le succès phénoménal en Angleterre de son premier roman Am stram gram, en cours de traduction dans le monde entier, M.J. Arlidge a confirmé son talent avec deux autres romans mettant en scène Helen Grace.

Extrait :
 » Je me disais juste qu’il fallait que vous sachiez qu’elle était un il.
– Pardon ?
– Martina, la prostituée. Y avait peut-être du monde au balcon et tout, mais y a aucun doute, c’était un mec. Il s’est probablement fait opérer au cours des deux dernières années et vu la tronche de son cul, il se pourrait fort bien qu’il ait embrassé le métier avant, même si c’était avec un autre genre de clientèle. Si j’étais vous, je commencerais à chercher de ce côté-là. « 

Résumé et avis :

th (6)Le commandant Helen Grace et son équipe doivent arrêter un tueur particulièrement cruel qui se délecte de transformer des innocents en meurtriers. Pour chacun de ses crimes, il organise une mise en scène dans laquelle ses proies, torturées par la peur, la faim et la soif, n’ont d’autre moyen pour s’en sortir que de tuer.

On entre de plein pied dans l’horreur avec ce titre, l’auteur joue avec nos instincts les plus primaire. Nous sommes totalement partie prenante dans cette histoire.

En effet très vite on s’identifie aux victimes, on entre en empathie. On tremble, on souffre, on vit au rythme de notre lecture. Mais, en plus, on fait jouer notre petit coté voyeur.

Oui, nous sommes partie prenante, et nous, qu’aurons nous fait dans de telles circonstances ? Quelles auraient étaient nos pensées, aurions nous pu encore raisonner, n’aurions nous pas réagis comme ces victimes ?L’instinct de survie n’est-il pas la plus forte des motivation possible? Notre cerveau reptilien aurait été la seule zone cérébrale que nous aurions réussi à faire fonctionner ?De victime n’aurions nous pas préféré la place de bourreau !

th (1)Difficile de garder la tête froide, d’avoir notre libre arbitre et de rentrer en résistance dans de telles conditions, séquestrés, déshydratés, morts de faim et m’ayant qu’une seule issue échappatoire, tuer pour survivre. Là réside le point fort du livre, car chaque protagoniste n’a pas la même façon de digérer et d’interpréter les fait.

L’auteur nous offre une galerie de personnages exceptionnel. Il a soigné la cadre psychologique de chacun d’eux.

Et puis il y a l’équipe de flic avec un trio choc que l’on aimerai retrouver sur d’autres enquêtes et découvrir leur secret.

Vous l’aurez compris, ce titre est un pur thriller avec son intrigue aussi machiavélique que perverse. Et le style direct et percutant de l’auteur, les nombreux rebondissements sont autant de choses qui rendent la lecture addictive et agréable.

Un sacré bon page-turner à découvrir de toute urgence…

Un auteur à suivre assurément .

Extrait :
 Sam dort. Je pourrais le tuer là, maintenant. Son visage n’est pas tourné vers moi : ce ne serait pas difficile. Se réveillerait-il si je bougeais ? Essaierait-il de m’arrêter ? Ou serait-il simplement soulagé que ce cauchemar finisse ? Je ne peux pas penser des choses pareilles. Il faut que j’essaie de me rappeler ce qui est vrai, ce qui est bon. Mais quand on est prisonnier, les jours paraissent sans fin et l’espoir est le premier à mourir. Je me creuse la tête en quête de souvenirs joyeux susceptibles de repousser les idées noires : ils sont de plus en plus durs à convoquer. Nous ne sommes là que depuis dix jours (onze ?), et pourtant la vie normale ressemble déjà à un souvenir lointain. On faisait du stop après un concert à Londres quand c’est arrivé. Il pleuvait des cordes, plusieurs voitures nous avaient déjà dépassés sans même nous jeter un regard. Trempés jusqu’aux os, on s’apprêtait à retourner à l’abri quand une camionnette a fini par s’arrêter. À l’intérieur, il faisait chaud, il faisait sec. On nous a offert du café venant d’une bouteille Thermos. Sa seule odeur a suffi à nous revigorer. Au goût, c’était encore meilleur. Nous n’avions pas conscience que ce serait notre dernière gorgée de liberté. Quand je suis revenue à moi, j’avais la tête comme une casserole. Une croûte de sang sur les lèvres. Fini la camionnette douillette. J’étais dans un endroit glacial, obscur. Etais-je en train de rêver ? Derrière moi, un bruit m’a fait sursauter. Ce n’était que Sam qui se relevait en titubant. On avait été dépouillés. Dépouillés et largués. Laborieusement, j’ai avancé en me tenant aux parois qui nous entouraient. Des carreaux froids, durs. J’ai percuté Sam et je l’ai étreint une seconde, inhalant cette odeur que j’aime tant. Cet instant passé, l’horreur de la situation nous a frappés. On était dans une fosse à plongeon. Délaissée, mal aimée, elle avait été privée de ses plongeoirs, de ses panneaux, même de ses marches. Tout ce qui pouvait être récupéré l’avait été. Ne restait qu’un bassin profond et lisse, impossible à escalader. Ce putain de monstre écoutait-il nos cris ? Probablement. Car quand on a fini par se taire, c’est arrivé. Un portable sonnait : durant une seconde merveilleuse, on a cru à l’arrivée des secours. Ensuite on a vu l’écran du téléphone éclairé sur le sol du bassin. Sam n’a pas bougé, alors j’ai couru. Pourquoi moi ? Pourquoi fallait-il toujours que ce soit moi ? «Bonjour Amy.» À l’autre bout du fil, la voix était déformée, inhumaine. J’avais envie d’implorer pitié, d’expliquer qu’il s’agissait d’une terrible erreur, mais le fait qu’on connaisse mon nom m’a vidée de toute conviction. Comme je ne répondais pas, la voix a enchaîné, implacable, froide : «Est-ce que tu veux vivre ? – Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous nous av… – Est-ce que tu veux vivre ?» Pendant une minute, impossible de répondre. Ma langue refuse de m’obéir. Ensuite : «Oui. – Par terre, à côté du téléphone, tu trouveras un flingue. Il y a une balle dedans. Pour Sam ou pour toi. C’est le prix de votre liberté. Vous devez tuer pour vivre. Est-ce que tu veux vivre, Amy ?» Impossible de parler. J’ai envie de vomir. «Alors, oui ou non ?» (…)
Pour lire le début c’est ICI

Partir de Tina Seskis


9782749140056,0-2556696Le livre :Partir de Tina Seskis.Traduit de l’anglais par Florianne Vidal. Paru le 5 mars 2015 aux Edition du Cherche Midi. 20 € ; (410 p.) ; 22 x 14 cm.

Quatrième de couverture

Parfois, il faut savoir quitter sa vie.

« Lequel d’entre nous n’a pas un jour eu l’envie d’abandonner ses responsabilités, de changer son nom et de se sauver vers une nouvelle vie ? Emily fait le grand saut dans ce thriller brillamment écrit. » Time Out

Un matin comme un autre à Manchester. Ben Coleman se réveille, sa femme Emily n’est pas près de lui. Elle n’est pas non plus dans la maison. Il commence à la chercher, sans trop s’inquiéter. Au début.

Londres. Ce matin, elle est arrivée en train de Manchester. Derrière elle, Emily a laissé sa vie. Un mari charmant, un fils adorable, une maison ravissante. Sa nouvelle existence ? Une fausse identité, un appartement miteux, un travail sans avenir… Qu’est-ce qui peut ainsi pousser une femme à abandonner une vie en apparence équilibrée ? Que cherche-t-elle à fuir ? Un secret, obsédant jusqu’à la dernière ligne, sans aucun répit.

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C

index2L’auteur : Tina Seskis vit à Londres avec son mari et son fils. Partir est son premier roman.

Résumé et avis :

index1Ce premier roman est devenu un véritable phénomène éditorial lors de sa sortie en Angleterre. Des personnages émouvants, une écriture précise et poignante, une intrigue et une construction prodigieuses d’intelligence, un retournement final stupéfiant.

Que demander de plus , me direz vous.

Car Émilie est une jeune femme comblée, un mari attentionné qui la chérit. Un jeune fils qu’elle adore. Elle semble nager dans le bonheur dans leur belle maison familiale. Elle a eu une enfant facile, m’a jamais manqué de rien. Et pourtant, elle, plaque tout. Elle quitte Manchester et part s’installer à Londres, abandonnant tout derrière elle. Émilie devient Cat. Elle va devoir se confronter à la vrai vie, trouver un logement, un travail, se faire de nouveau ami.

L’auteur nous dévoile peu à peu la vie de Cat mais aussi celle d’Émilie. L’Émilie d’avant, l’Émilie enfant. Elle nous parle de sa sœur Caroline, sa jumelle. Elle nous trimballe ainsi sur un récit à deux temps, passant d’une vie à une autre. Et peu à peu monte la tension. Et avec celle-ci les questions arrives. On échafaude des scénarios, en entrevoit des hypothèses. Mais aucunes d’elles ne semble coller. On tremble, en sursaute et en se laisse avoir par le final époustouflant et insoupçonné.

Un excellent thriller psychologique.

Extrait :
« Ce matin, j’ai essayé de fuir sans me retourner mais à la dernière seconde, malgré moi, je suis allée jusqu’à sa chambre pour le regarder dormir -comme un nouveau-né au jour de sa toute nouvelle vie. Je n’ai même pas osé entrebâiller la porte de Charlie, sachant que cela le réveillerait et qu’après je n’aurais plus la force de Partir. Alors j’ai fermé le verrou sans faire de bruit et je les ai quittés. »

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