Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons


Papote d’auteur Maud était avec Jacques Pons

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

Photo de Philippe Frisée, dans le LUI d’octobre 2018, portrait écrit par Bruno Godard

Bonjour Jacques Pons,

 Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

C’est moi qui vous remercie !

Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont très curieux.   

Dans la vie je fais plein de choses différentes. Pour ce qui est de la gagner, je travaille dans la mode depuis une quinzaine d’années, à Paris principalement, mais j’ai aussi eu la chance de travailler à New York pour une grande maison française. J’ai également habité au Sénégal, au tout début de ma carrière, période durant laquelle j’ai souhaité faire un « break » avec le luxe et la mode.

J’ai beaucoup de passions, au premier rang desquelles ma femme et mes deux enfants.

En dehors de ce cercle familial qui est mon moteur et ma joie quotidienne, je suis un fana de rugby, que j’ai pratiqué assidûment en compétition dans un passé pas si lointain, et que je continue à suivre avec plaisir.

J’adore également la gastronomie et l’art de vivre, en tant que client quand j’ai la chance de pouvoir en profiter, mais aussi en tant que spectateur de cet univers en pleine mutation, dont les modèles et les enjeux intellectuels et culturels sont une source d’inspiration infinie !

Enfin, et sans surprise, je suis un boulimique de lecture, pas forcément de thrillers d’ailleurs (ça, je m’y suis surtout mis pour le concours !), mais de romans en général, quels qu’ils soient, du plus classique au plus contemporain.

J’écoute beaucoup de musique, j’aime découvrir de nouveaux artistes, pour rester à la page. J’ai toutefois une nette préférence pour la musique classique et pour le reggae.

Je suis venu à l’écriture dans une démarche très personnelle de tenter une nouvelle aventure, de m’essayer à un exercice qui m’attirait mais que je n’avais jamais osé entreprendre. Le concours Fyctia a été pour cela la meilleure occasion, car l’obligation de publier, et surtout de finir une histoire, sont les meilleurs des moteurs !

Avec Célia de chez Hugo Thriller

Alors justement de l’expérience Fyctia sort Organigramme, votre premier roman. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

Je pense que tout le cadre contextuel du roman, ainsi que la réflexion sur les relations hiérarchiques et la souffrance au travail étaient déjà en moi depuis longtemps, je n’ai eu qu’à mettre des mots sur des maux dont j’ai vu tant de gens souffrir, parfois même alors qu’ils ne le savaient pas eux-mêmes. L’intrigue à proprement parler est un pur produit de mon imagination. J’ai écrit ce roman au fil de la plume, chapitre après chapitre, et j’ai littéralement joué avec mes personnages, comme un enfant qui jouerait avec des figurines en scénarisant leur histoire sur le moment. J’y ai pris un plaisir fou, accompagné d’un sentiment grisant de joie : je pouvais décider de ce qui leur arriverait, de comment ils s’appelleraient, de leur passé, de leurs blessures etc. Je me suis beaucoup amusé, en gardant en tête une idée directrice : si je raconte une histoire, il faut que mes lecteurs se divertissent à travers celle-ci, et passent un bon moment.

Du concours Fyctia au Prix Coup de Cœur RTL, racontez-nous ce parcours ?

J’ai commencé le concours Fyctia avec trois semaines de retard sur les autres concurrents. Au départ, j’ai écrit de façon très spontanée et très fluide ce qui était à l’époque le prologue (qui est devenu l’interlude juste après le prologue dans la version finale). Je me suis dit : « voilà, j’ai en gros la fin du livre, par laquelle je débute, et maintenant, il va falloir se retrousser les manches et déployer des trésors d’imagination pour construire une histoire autour de cette fin ». Je me suis laissé porter par ce que cette atmosphère et cet univers m’inspiraient.

Au fil des publications, je lisais attentivement tous les commentaires, toutes les remarques de mes premiers lecteurs, qui étaient, pour la plupart, des proches dont je maintenais l’assiduité à grands renforts d’e-mails, de facebook et de sms. Assez rapidement, j’ai commencé à me rendre compte que de plus en plus de lecteurs m’étaient inconnus, ce qui signifiait deux choses : la première, c’est que mon histoire plaisait, et même touchait certaines personnes au-delà de ce que j’imaginais, et la seconde, c’est que je me suis mis à grimper assez vite au classement. Au départ, je me disais que je serais ravi de figurer dans les vingt premiers (sur 150 à peu près). Mais très vite, le top 10 est devenu une réalité, puis le top 5. Et dans les derniers jours du concours, j’ai connu l’immense joie de monter sur le podium, ce qui signifiait que j’allais avoir la chance d’être lu par les membres du jury, parmi lesquels, entre autres, Michel Bussi, Bernard Lehut de RTL, et François Jullien de VSD.

Et puis au terme des délibérations, j’ai reçu un coup de fil de Bertrand Pirel, qui dirige la collection Hugo Thriller. Il m’a annoncé que je n’étais pas le lauréat, mais que j’avais bénéficié d’un coup de cœur de RTL ! Quelle joie ! J’ai immédiatement repensé à toutes ces nuits d’automne passées devant mon écran, à écrire avec passion la suite d’une histoire qui prenait forme jour après jour, façonnée par mon humeur du moment et par les commentaires (ou les demandes spéciales, mais je ne vous dévoilerai rien !) de mes lecteurs. Et je me suis dit que je vivais un véritable conte de fées. Ce qui n’était qu’un passe-temps récréatif se transformait peu à peu en une aventure réelle. Le rêve, que je n’osais même pas entrevoir, devenait subitement réalité !

En dédicace à la librairie Mots et Motions de Saint Mandé

Une très très belle aventure, vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

C’est un peu difficile de répondre à cette question.

Il n’y pas eu de « pire » moment. Du premier mot écrit au point final de la dixième relecture, j’ai vécu ce parcours comme un privilège, une chance folle de connaître la réjouissance d’une publication.

Peut-être ma plus belle joie a été ce moment, fugace, où j’ai refermé le manuscrit pour la dernière fois avant qu’il ne parte à l’impression. Maintenant que le texte est publié, je suis sur un nuage, d’autant plus que les premiers retours sont très bons, et que les lecteurs semblent touchés par les éléments de réflexion autour de la souffrance au travail, ce qui était un de mes buts en écrivant ces lignes.

Je vous cite « boulimique de lecture », racontez-nous…

Je lis partout. Tout le temps. Dans mon lit, dans les transports en commun, dans une salle d’attente, je lis depuis que je suis tout petit. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont transmis, en douceur, ce goût des livres et de la lecture, que je n’ai jamais perdu.

Je suis un lecteur presque compulsif. J’ai eu la chance de faire des études littéraires avant mon école de management. Je n’ai donc pas de genre de prédilection. Il y a beaucoup d’auteurs que j’admire. Fred Vargas, pour la délicatesse et la subtilité de sa peinture de l’âme humaine, notamment masculine, Victor Hugo, pour le souffle puissant qui s’échappe de chacune de ses pages (je pense d’ailleurs que si je devais emporter un livre sur une île déserte, je choisirais L’Homme Qui Rit), Ian Manook / Roy Braverman pour le cocktail de richesse ethnologique et de testostérone, mais aussi Jean-Christophe Rufin, Gustave Flaubert, et San Antonio. Comme vous pouvez le constater, c’est on ne peut plus varié. Citer ces quelques auteurs ne rend évidemment pas justice à tous les génies du verbe qui m’ont inspiré, et qui m’inspirent encore aujourd’hui…

Enfin, il y a trois auteurs, trois poètes, qui m’ont donné le goût des mots et de la tension esthétique qu’ils renferment : La Fontaine, Rimbaud, et Senghor.

Dans le ELLE du 28 septembre (en pleine fashion week 👠)

Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de deuxième roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime

C’est effectivement une indiscrétion (rires). Disons que je ferai en sorte de ne pas laisser votre impatience inassouvie, tout en explorant d’autres terrains qui m’attirent depuis longtemps.

Très intrigante, votre dernière réponse. Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

Encore mille fois merci !!

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Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2, Sandrine Destombes


Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 2

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le deuxième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Madame Sandrine Destombes


Lundi matin de bonne heure

Miss Aline : Bonjour à toutes, c’est donc ici que ce passe la période bracelet électronique de Sandrine, que nous remercions vivement de sa participation.
Commençons donc par le début : qui ou quoi vous a amenez à l’écriture ?

Geneviève : Bonjour Mesdames, Voici donc Sandrine sous le contrôle de Collectif Polar et de Ge et ses Flingueuses 😛

Dany : Bonjour mesdames … suis toute à vous !

Lundi  10:53

Sandrine : Bonjour, bonjour… faut le dire vite ! On voit que ce n’est pas vous qui êtes assignée à résidence !!!
Mais puisque j’ai fauté et que le seul moyen de m’en sortir est de vous répondre, c’est parti :
étant plutôt matheuse, je ne pensais pas un jour me lancer dans l’écriture. Il a fallu un alignement de planètes : un souci à gérer, un trop plein de temps libre et un esprit à apaiser. Alors j’ai pris mon ordinateur, j’ai écrit un premier paragraphe, puis un deuxième et ainsi de suite.
Quand j’ai relevé la tête, le premier chapitre de la Faiseuse d’anges était bouclé et je n’avais pas vu le temps passé.
J’étais mordue.

Miss Aline : Comment une telle histoire peut sortir d’un coup ?

Lundi 17h06

Geneviève : on a perdu le signal du bracelet là, les Flingueuses ! Non ?

Mardi 10:14

Dany : Coucou Sandrine … il y a un problème avec le bracelet ?
Vous êtes sortie de la zone autorisée ?

Sandrine : Non Chef, pas sortie de ma zone. Je cherchais un truc profond à répondre mais j’ai pas trouvé !
Donc je dirais que des années de silence ont eu l’effet d’une marmite sur le feu. Arrivée à ébullition, il fallait faire quelque chose. J’avais quelques démons à tuer et le thriller m’a paru être la meilleure recette !

Dany : Ces années de silence étaient nourries de livres, de films ou simplement de rêveries ?
Quand ça mijote trop longtemps ça attache ! Alors il fallait agir …

Sandrine : Beaucoup beaucoup de films, si bien que j’ai fini par faire une école de cinéma… Beaucoup beaucoup de livres car j’ai très vite compris que je ne serais jamais seule tant que j’aurais un livre dans les mains… Mais très peu de rêveries. Je suis bien trop terre à terre pour me laisser aller à rêver.

Miss Aline : Avez vous des rituels d’écriture (lieu, fond sonore, horaires…) ?

Sandrine : Ma seule contrainte pour écrire est d’avoir la tête totalement disponible or ça n’arrive pour ainsi dire jamais durant l’année. J’attends donc patiemment les grandes vacances d’été pour écrire. En journée, si je veux être sûre d’avoir tous mes neurones en place. Quant au fond sonore, peu importe puisque je n’entends plus rien ni personne dès que je mets à écrire !

Miss Aline : Un roman écrit en un été ? vous y avez travaillez en amont : des recherches si besoin, un plan, une trame, etc ?

Sandrine : Rien de tout ça. J’attends d’avoir en tête un premier paragraphe ou même une simple phrase qui m’accroche. Ensuite je me laisse porter. Jamais de plan ni même de trame. C’est avant tout pour moi que j’écris. Si je connaissais déjà la fin, où serait le plaisir ?!?

Miss Aline : D’accord… alors si je vous dis : »il observait depuis plusieurs heures … » vous pourriez partir ce ça et écrire des pages…?

Sandrine : À quelque chose près, oui ! Il faudrait juste que j’aie déjà en tête ce qu’il observe. Et surtout que cette phrase vienne de moi et non d’une flingueuse sans pitié !!! Mais ça suffirait, oui. C’est en tout cas à ça que ressemble ma méthode de travail !

Miss Aline : Je comprends très bien. vous pouvez tout de même garder la phrase… lol.

Sandrine : C’est qu’elle est pas mal cette entame !

Mardi 18:26

Dany : Alors si j’ai bien compris il y a génération spontanée au contact d’une phrase … mais dans la construction de l’histoire ensuite, elle se fait au fil des lignes ? Il faut un minimum de rationalité pour que l’auteur puisse emmener les lecteurs où il veut …

Sandrine : Je sais que ça peut paraître étonnant mais non, j’écris au fil des lignes. J’ai un esprit plus matheux que littéraire or j’ai toujours associé les polars à des maths. J’y vois une construction logique. Du coup, en écrivant de la sorte, je m’impose un challenge. Je crée un puzzle de toutes pièces sans avoir l’image finale en tête. A moi de retomber sur mes pattes. Chacun s’amuse comme il peut 😉

Miss Aline : Parlons des Jumeaux… il a commencé comment ce livre du coup ?

Sandrine : C’est malheureusement l’actualité qui m’a soufflé l’accroche. Au moment où j’ai entamé la rédaction de ce livre, l’affaire Grégory revenait sur le devant de la scène et on pouvait voir en boucle le portrait de la petite Maëlys qui venait juste de disparaître. Ces deux faits divers m’entêtaient et je pense que j’ai eu besoin de l’exprimer…à ma manière, bien sûr.

 

Miss Aline : Quels sont vos impressions, votre ressenti face au succès de votre livre. ?

Sandrine : Ça reste assez abstrait pour moi, pour l’instant. Et j’évite de trop y penser pour ne pas me mettre la pression pour les prochains !

 

Mercredi 06:41

Miss Aline : Vous pensez que par cette récompense on attend encore mieux sur le prochain roman ?

Mercredi 20:27

Sandrine : Ce prix m’a amené de nouveaux lecteurs et peut-être que ces derniers attendent de retrouver ce qui leur a plu dans Les Jumeaux or chaque livre est différent. En tout cas, il l’est pour moi.
Miss Aline : Vous participez au Trophée Anonymu’s : les mots sans les noms. Pourquoi participer à ce concours de nouvelles ?

 

Jeudi 12:54

Sandrine : Parce que je suis faible et que j’ai répondu à l’appel des sirènes ! Plus sérieusement, je trouve ce principe très sympa. Cela permet aux lecteurs de se laisser porter par une écriture sans en attendre quoi que ce soit de particulier puisqu’ils n’ont pas de repères de comparaison.

Dany : Comment faire le choix du format … nouvelle ou roman ?

Sandrine : Pour ma part, je ne suis pas une fan de nouvelle, dit celle qui a accepté de participer au Trophée Anonymu’s 😉
Que ce soit en tant que lectrice ou auteur, je préfère les romans. Là, c’est pour ainsi dire exceptionnel, c’est un exercice imposé. Le reste du temps, la question ne se pose même pas.

Jeudi 15:42

Dany : Si vous ne savez pas comment va se dérouler une histoire que vous commencez… comment avez-vous choisi d’à voir un héro récurrent ?

Sandrine : J’ai eu un héros récurrent, en l’occurrence une héroïne, uniquement sur mes 3 premiers romans. Le 4ème y faisait un clin d’œil mais c’est tout. Depuis, ce sont des équipes d’enquêteurs totalement différentes. Après, je ne dis pas qu’elles ne reviendront pas un jour, ni même que ma toute première héroïne, Max, ne refera pas surface… ce sera selon l’envie et l’inspiration… Mais comme c’est à mon intention que j’écris, l’idée de rencontrer des nouveaux personnages m’amuse toujours un peu !

 

Jeudi 16:58

Dany : Donc beaucoup de spontanéité, rien de préétabli au début de l’écriture, des héros qui arrivent ou pas, une histoire qui se construit au fil du temps … même pas un petit plan ni un synopsis pour guider la plume ?

Sandrine : Eh non, rien de tout ça ! Même mon éditeur n’a pas le droit à son synopsis. Il est obligé de me suivre pas à pas. Peut-être qu’un jour je deviendrai moins sauvage, voire professionnelle ! 😛

Dany : C’est très étonnant tout ça … néanmoins, vous avez des modèles en littérature policière, contemporains par exemple ? Ou au moins avez-vous des contemporains que vous appréciez particulièrement ?

Sandrine : Bien sûr que j’ai des modèles ! J’ai toujours aimé le polar et ce depuis mon enfance. Donc oui, tout ce que j’ai pu lire ou voir au cinéma m’inspire. Cela étant, lorsque je mets à écrire, j’évite d’en lire pour justement ne pas être tentée de calquer, involontairement bien sûr, mon style à celui d’un autre. Qui plus est, je n’aime pas forcément le thriller – à proprement parler. J’aime le noir ou les enquêtes pures et dures. J’aime les polars légers avec de l’humour, comme ceux de Nick Gardel ou Antonio Manzetti, qui est mon chouchou du moment.

Dany : Et quels sont vos rapports avec vos lecteurs ?

Sandrine : Jusqu’ici plutôt bons ! Enfin… je crois 😛
Nous échangeons souvent. Sur les personnages, les situations, le bien et le mal…

Miss Aline : Tenez vous compte de leurs remarques pour les romans suivants ?

Sandrine : J’ai essayé, au tout début, puis j’ai vite abandonné. Il y a autant de lectures différentes que de lecteurs, et donc autant d’avis. Ce qui a plu à l’un a eu l’effet inverse pour l’autre, et vice versa. J’ai donc compris que je ne pourrais jamais satisfaire tout le monde et qu’il valait mieux que je continue à faire ce que j’aime si je ne voulais pas me perdre en route.

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Pensez vous qu’écrire est quelque chose que l’on porte en soi ou quelque chose qui s’acquiert, se travaille ?

Sandrine : Je pense que l’on porte en soi des émotions à partager. L’écriture peut être un moyen de le faire. Il y en a d’autres. Maintenant, se refuser d’écrire parce qu’on redoute de ne pas être doué pour ça serait dommage. La technique peut se travailler. Après, il faut tout de même une histoire. Ça, c’est plus compliqué.

Miss Aline : Y a t il des histoires qui dorment dans le fond de vos tiroirs ?

Sandrine : Non, aucune vu que je ne sais pas ce que je vais écrire quand je débute la phase d’écriture. Mais je vois bien que vous avez du mal à me croire sur ce point 😂

Miss Aline : Pas du tout. Vous auriez pu écrire quelque chose dont vous n’étiez pas pleinement satisfaite et vouloir le reprendre plus tard. 😊
Quel livre auriez  rêvé d’écrire et pourquoi ?

Sandrine : Ah ben non, quand j’ai le début d’une histoire je suis trop contente pour la lâcher 😉
J’avoue que j’aurais adoré être capable d’écrire Shutter Island de Dennis Lehane. La fin est magistrale ! Si vous faites un sondage sur qui a compris quoi, vous aurez environ 50% / 50% de réponses contradictoires et je trouve ça incroyable. C’est un tour de force. Le lecteur est persuadé d’avoir compris sauf qu’il ne se rend même pas compte qu’il interprète sa fin en fonction de sa tournure d’esprit.

Vendredi 06:22

 Les Flingueuses : L’un de vos livres vous tient il particulièrement à cœur  et pourquoi ?

Vendredi 08:50

Sandrine : Peut-être le premier car il est le point de départ d’une très belle aventure. Mais j’avoue que lorsque je finis un livre, je m’en détache assez vite. Il ne m’appartient plus. Très souvent, lorsqu’il est publié, je suis déjà passé à autre chose dans ma tête. Pas forcément en terme d’écriture, je suis seulement dans une nouvelle étape de ma vie.

Geneviève : 😮

Vendredi 11:04

Dany : Alors … où êtes-vous dans votre tête en ce moment ?

Sandrine : À la finalisation du prochain tout en étant à fond dans mon travail « de la vraie vie ». Donc forcément, c’est un peu le bordel dans ma tête, on va pas se mentir 😉

Dany : On peut avoir un scoop sur le prochain ?

Sandrine : Même sous la torture, je ne dirai rien !!! Sauf si la torture consiste à m’arracher les ongles ou les dents. Là j’avoue que je peux vite devenir chochotte.

Geneviève 2 : Ne me tente pas Sandrine  😈

Sandrine : 😆

Miss Aline : Vous fréquentez les salons que vous apportent ils ?

Sandrine : Beaucoup d’échanges. Avec les lecteurs mais également avec les auteurs. Ecrire est un plaisir solitaire qui apporte forément un lot de doutes, de remises en question. Donc échanger sur les expériences de chacun ou avoir des retours de lecteurs, c’est important. Ça rebooste !

Miss Aline : Un mot sur vos et pour vos lecteurs ?

Sandrine : Je ne suis pas très douée pour parler de moi, quelles que soient les circonstances, mais si un auteur à les lecteurs qu’il mérite, alors je me dis que je dois être une fille pas trop mal, tout compte fait, car une chose est sûre : j’ai des lecteurs en or !!!

Miss Aline : Un coup de cœur et un coup de gueule ?

Vendredi 14:05

Sandrine : Des coups de cœur j’en ai tous les jours : les personnes que je rencontre, un retour de lecteur enthousiaste, même le sourire d’un inconnu. Je dois être la seule cruche qui se balade dans le métro parisien le sourire aux lèvres, telle la béate un peu neuneu du quartier. Parce que j’écoute un morceau qui me donne la pêche, que j’ai une pensée heureuse ou encore parce que je rentre chez moi et que je sais que je vais y être bien. Du coup, étonnamment, des inconnus me sourient en retour et j’adore ça !  Je mets un point d’honneur à relever – et même m’attarder – sur tout ce qui peut embellir ma journée.
Les coups de gueule ça me stresse alors j’évite. Quand quelque chose ne me va pas, je passe à autre chose, tout simplement.
Ah si, j’ai peut-être un coup de gueule qui traîne depuis longtemps : j’aimerais que les marketeux arrêtent d’écrire « ouverture facile »sur des emballages alors que moi je suis à deux doigts de sortir un marteau ou un tournevis pour y arriver. Ne pas réussir à ouvrir un emballage, je peux gérer, mais le fait qu’il y ait écrit « ouverture facile » m’indique que je suis la seule golio à pas y arriver et ça, ça m’agace !!!

Dany : Mais c’est de la violence pure ça Sandrine !!! En plus vous semblez l’excuser dans ce cas

Sandrine : Absolument !!! Je pensais taire cette haine enfouie jusqu’à ma mort mais puisqu’on me donne la parole, je balance !

Vendredi 18:31

Miss Aline : Avant de conclure pouvez vous nous parler de vous projets ?

Sandrine : Comme évoqué précédemment, je participe en ce moment au concours du Trophée Anonymou’s que je ne peux que vous conseiller de suivre, il y en a vraiment pour tous les goûts, et je finalise mon dernier polar qui devrait sortir dans le courant du premier trimestre 2019 (c’est un mini scoop, non ?). La rentrée risque d’être riche en événements puisque mon 4ème roman – Ils étaient Cinq – sortira le 14 février chez Pocket et que les Jumeaux connaîtront une autre vie à l’étranger. Bref, je ne devrais pas m’ennuyer dans les mois à venir.

Geneviève😮

Miss Aline : Merci pour le Mini scoop ! 
Le mot de la fin : que vous vouliez dire mais qu’aucune question ne vous a permis de le dire ou tout ce que vous voulez ?

Dany : J’ai bien compris que l’on pourra procéder à des contrôles judiciaires en 2019 ! Pour ma part je vous quitte et je vous laisse conclure ensemble ! Merci Sandrine et j’espère à bientôt !

Miss Aline : 👍

Miss Aline : Bonsoir Danièle.

Dany : Bonsoir Aline,bonsoir Sandrine

Sandrine : bonsoir Danièle et merci !
Le mot de la fin ? Pourquoi être si définitif ! Moi j’aurais tendance à dire : à  bientôt ! Mais cette fois, sans entrave et plutôt devant un bon verre de vin 😉

Miss Aline : le mot de la fin est donc une invitation… on prend ! lol.

Sandrine : voilà 🙂

Miss Aline : c’est noté.
On vous remercie pour le temps que vous nous avez consacré. Ce fut un bon moment d’échange. Passez un excellent week-end… et on se bipe pour l’invitation ! lol.

Sandrine : Avec grand plaisir ! merci à vous même si je ne pensais pas un jour remercier mes geôlières 😛

Miss Aline : Il fallait passer par les flingueuses pour vivre ça ! 😉

Sandrine : 😆

Geneviève 2 : Oui merci à toi madame l’auteure et merci à  nos deux flingueuses.  Super vos échanges.  J’ai  adoré et j’espère que nos lecteurs aimeront autant.

Sandrine, Dany😍

Geneviève 2 : La porte flingue est happy

Sandrine : Alors suis happy aussi 🙂

Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez


Papote d’auteur Maud était avec Guillaume Richez

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

 

 Bonjour Guillaume Richez, je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat !

 Pouvez-vous nous parler un peu de vous, nos lecteurs sont un peu curieux ?

 J’ai 43 ans. Je vis près de Marseille. Je suis diplômé de Lettres Modernes de la faculté d’Aix-en-Provence. Je suis chef de projet au sein d’une collectivité territoriale des Bouches-du-Rhône. Je travaille dans le domaine de l’éducation.

En ce qui concerne l’écriture, je ne me suis intéressé à la littérature qu’assez tard, au lycée. Ma première passion a été pour le cinéma, très jeune. De là me vient mon envie de raconter mes propres histoires. Je devais avoir neuf ou dix ans et je voulais réaliser des films. Ce qui peut expliquer l’aspect cinématographique, – visuel, qui semble caractériser l’écriture de mes deux thrillers.

C’est en classe de seconde que j’ai vraiment commencé à lire des romans, du théâtre, et à écrire. Je fréquentais assidûment la magnifique bibliothèque municipale Ceccano d’Avignon, la ville où j’ai grandi. C’est un lieu magique, un superbe bâtiment du XIVème siècle. Je flânais dans les rayons, je prenais des livres, presque au hasard. C’est ainsi que j’ai découvert l’œuvre du dramaturge américain Eugene O’Neill (publiée en France chez L’Arche) qui m’a profondément marqué.

Blackstone est votre deuxième roman. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Après la parution de mon premier roman, Opération Khéops, j’ai envisagé de donner une suite aux aventures de mon héroïne Kate Moore. L’action de ce nouveau thriller devait se dérouler en Chine. J’avais déjà commencé à élaborer la trame principale et à me documenter sur la République populaire, les services de renseignements chinois et américains, l’armée, etc.

Opération Khéops devait être le premier titre d’une série inspirée des célèbres romans de Gérard de Villiers, les fameux SAS à la couverture si facilement reconnaissable. Quand j’ai appris qu’il n’y aurait pas de suite à ce thriller, j’ai utilisé tous les matériaux dont je disposais pour bâtir un nouveau scénario, plus complexe que celui d’Opération Khéops.

Je n’étais pas limité en nombre de signes, je n’avais pas d’éditeur, j’étais donc libre d’écrire le livre que je voulais. J’étais très avancé dans mes recherches et je tenais un sujet qui m’intéressait. C’était le point de départ pour me lancer. Ensuite, j’ai façonné mes personnages, – Malone, Rodríguez, Sanders, Gordon Wade et la sénatrice McGovern. Je voulais raconter cette histoire à leur hauteur, avec leur propre personnalité.

Donc c’est un peu par hasard que Blackstone est né. Une anecdote sur ce livre lors de l’écriture ou un retour de lecture ? 

Disons que Blackstone n’était pas une œuvre de commande contrairement à Opération Khéops.

J’ai plusieurs anecdotes : le chapitre 19 relate une opération aérienne menée par le major Bennett contre un groupe naval chinois. Il s’agit d’une simulation d’attaque qui a pour objectif de montrer à la République populaire que les États-Unis d’Amérique n’ont pas l’intention de se laisser impressionner par le déploiement de navires chinois en mer de Chine méridionale.

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset, qui m’a apporté quelques conseils (notamment pour les F-22 Raptor), a réagi à la lecture de ce chapitre en me disant que cette simulation d’attaque ne lui paraissait pas crédible. Or, quelques mois plus tard, Le Monde a publié un article qui relatait très exactement la même opération menée par l’aviation russe… La réalité venait de rejoindre la fiction.

Un ami qui voyage très souvent en avion pour son travail, m’a également raconté qu’il avait vécu une scène d’interception comparable à celle que je décris dans Blackstone au chapitre 8. Et un lecteur m’a dit qu’il avait fait des recherches sur Robert Hill, pensant qu’il s’agissait d’un tueur en série qui avait réellement existé.

J’aime beaucoup ces différentes anecdotes que me rapportent des lecteurs. Cela signifie qu’ils sont vraiment entrés dans mon livre.

Je comprends vos lecteurs, Blackstone a été pour moi un coup en 2017. Vos plus belles joies en tant qu’auteur, vos pires moments ?

 Les pires moments se sont les moments de doute. Ce peut être très difficile à surmonter. Voire insurmontable…

Un grand moment de joie, c’était celui de l’annonce en direct par Philip Le Roy de la sélection de Blackstone pour le Grand Prix de la Littérature Policière 2017. Quel souvenir ! Je n’en revenais pas.

Je citerai également le moment où j’ai découvert l’excellente critique de Blackstone publiée dans la revue cultissime L’Écran fantastique. Un moment très fort.

 Après les moments forts en tant qu’auteur, pourriez-vous dire quel lecteur vous êtes ?

 Je lis en moyenne un à deux livres par semaine, et au risque de vous surprendre, je ne lis que très rarement des polars.

Parmi les livres que j’ai lus et aimés, parus à l’occasion de la rentrée littéraire, il y a le sublime premier roman de Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah (Minuit), qui a obtenu le Prix du Style 2018, ou encore le bouleversant récit de Jean-Michel Espitallier, La Première année(Inculte). J’ai d’ailleurs eu le plaisir de m’entretenir avec eux pour La Fringale Culturelle, un magazine auquel je collabore en tant qu’intervieweur depuis cet été.

Je citerai également le très bon Leurs enfants après eux (Actes Sud) pour lequel Nicolas Mathieu a obtenu le Prix Goncourt. Vous pourrez d’ailleurs découvrir prochainement mon entretien avec ce romancier dans La Fringale et dans mon blog.

Dans un tout autre registre, le roman d’espionnage La Guerre est une ruse de Frédéric Paulin (Agullo) est également très réussi. Le tome deux doit paraître en mars 2019. J’aurai le plaisir de m’entretenir avec Frédéric Paulin à cette occasion.

Je lis partout, dans le train, dans le métro. Mais je préfère lire confortablement installé dans mon lit ou au coin du feu !

 

 Des auteurs qui lisent j’adore ! Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de nouveau roman ou autre ? Oui, oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime !

 Je ne comprends pas comment un écrivain pourrait ne pas lire. Quand Stephen King rencontre quelqu’un qui lui explique qu’il veut devenir écrivain, il lui demande : « Et que lisez-vous ? »

Tous les écrivains ont commencé par lire les histoires écrites par d’autres. Mais au-delà des histoires, ce qui importe véritablement, c’est l’écriture. Ce n’est pas le tout d’avoir un bon sujet. Encore faut-il savoir écrire. Et ça, ce n’est pas à la portée de n’importe qui.

Pour en revenir à votre question, le 8 novembre dernier a paru chez le Cherche midi éditeur Rock Fictions. C’est un livre de la talentueuse photographe Carole Épinette qui, depuis plus de vingt ans, saisit sur le vif, en coulisses et sur scène, pour LibérationLe MondeRolling Stoneet Rock & Folk, les plus grandes légendes du rock : AC/DC, Amy Winehouse, Alain Bashung, David Bowie, Iggy Pop, Marilyn Manson, les Stones, Coldplay, Sex Pistols, Anna Calvi, Metallica, Arthur H, Motörhead, James Brown, The Cure, Pete Doherty, Louis Bertignac.

Vingt-et-un auteurs et autrices, – écrivains, poètes, journalistes -, ont choisi une de ses photographies pour composer une nouvelle : Jérôme Attal, Jean-Luc Bizien, Émilie Blon-Metzinger, Xavier Bonnet, Franck Bouysse, Sonja Delzongle, Benoit Deschodt, Manon Fargetton, Erwan Larher, Nicolas Lebel, Gilles Marchand, Agnès Mathieu-Daudé, Bernard Minier, Amélie Nothomb, Olivier Rogez, Cédric Sire, Adrien Tomas, Thomas VDB, Thomas Vinau, Sigolène Vinson et moi-même.

J’ai pour ma part choisi une sublime photographie d’Anna Calvi qui a d’ailleurs sorti un nouvel album, Hunter, cet été. Mon texte s’appelle Érosion. C’est un récit beaucoup plus personnel que tout ce que j’ai pu écrire jusqu’à présent.

Quel recueil, un magnifique livre qui a rejoint ma bibliothèque !!!! Je vous remercie de vous être gentiment rendu disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur vous. Et je vous laisse, si vous le voulez bien, le mot de la fin :

 Soyez curieux. Sortez de votre zone de confort.

  

Encore mille fois merci !

 Merci à vous,  Maud ! Cela fait plaisir de savoir que des lectrices et des lecteurs ont aimé Blackstone et que l’on parle encore de ce livre plus d’un an après sa parution.

Papote d’auteur : Ophélie était avec Damien Eleonori


Papote d’auteur : Ophélie était avec Damien Eleonori

Voici une petite audition libre de Mister Eleonori par notre petite flingueuse

Bonjour Damien, merci d’avoir accepté ce petit échange qui permettra aux abonnés du Collectif Polar d’en savoir un peu plus sur toi.

Es-tu prêt ou as-tu une dernière volonté avant que je te passe au grill?

Bonjour Ophélie, merci à toi et au Collectif Polar de m’avoir proposé cette interview. Je vais peut-être regretter d’avoir accepté 

Pas de dernière volonté, je suis prêt à subir le feu de tes questions 

Le feu, n’exagérons rien, juste un peu de torture mouahaha (rire diabolique)

Peux-tu te présenter en quelques mots? Ton parcours professionnel, tes passions, une chose que tu aimes particulièrement et une chose que tu détestes par dessus tout.

 

Originaire de Metz, j’ai posé mes premiers mots sur du papier il y a maintenant six ans. Un court passage par l’auto-édition puis le recueil de nouvelles Phobia a vu le jour, au profit intégral de l’association ELA. Le 11 Octobre 2018, La mort n’existe pas paraissait aux éditions De Saxus. Une nouvelle aventure pour moi…

J’ai une passion pour les histoires, on me dit grand rêveur☺  Que ce soit le cinéma, les séries, bien évidemment les romans, mais aussi les jeux vidéo, les bandes dessinées, etc…Et la musique bien sûr !! J’aime être transporté dans d’autres univers, faire voyager mon imagination.

Une chose que j’aime particulièrement : le cheesecake (mais le vrai, attention). Et tout ce qui peut être englobé dans ce que l’on appellera « les bonnes choses »

Une chose que je déteste par-dessus tout : les petits copains de mes filles. Tous bien sûr, sans exception  ☺

Pour résumé tu es donc un doux-rêveur gourmand mais très papa poule 😉 

La Mort n’existe pas, publié chez De Saxus est ton premier roman. Initialement publié en auto-édition sous le nom de Psyché, comment s’est faite ta rencontre avec ton éditeur et pourquoi ce choix? Je m’explique, de plus en plus d’auteurs auto-édités fuient les maisons d’édition et l’expliquent pour diverses raisons qui sont le plus souvent liées à la distribution, la communication et bien sûr l’aspect financier.


J’ai rencontré mon éditeur, il y a maintenant plus d’un an, au salon Seille de Crime, à Arraye et Han. Une rencontre simple, grâce à Olivier Bal, un auteur et ami. Nous avons échangé, discuté et j’ai aimé son côté très humain et proche des auteurs.

Comme tu le dis, Ophélie, beaucoup d’auteurs refusent d’envoyer leurs manuscrits aux éditeurs et choisissent l’auto-édition, en grande partie via Amazon. J’ai fait ce choix il y a quelques années, pour être lu avant tout, pour être repéré par un éditeur également. Cela m’a permis, via les réseaux sociaux, d’échanger avec beaucoup de lecteurs, de lectrices, de blogueuses et de nouer de réelles amitiés. Pour cela, je ne regrette pas ce choix.

Aujourd’hui, les choses sont différentes. Amazon tue petit à petit les librairies et oriente son système vers l’aspect financier. L’auto-édition, de son côté, est bien loin de l’image que je m’étais faite de ce milieu il y a quelques années. Un roman, je le crois, a besoin de nombreuses personnes pour être réellement complet : assistant et directeur éditorial, correcteur, graphiste, distributeur, community manager ou encore responsable relations. Lorsqu’un auteur gère seul tout cela, il se perd.

Je comprends ce que tu veux dire, pour Amazon j’ai le même constat et concernant les auto-édités je préfère les contacter en direct plutôt que de passer par cette plateforme.

Dans ce roman, tu traites de la mort, de la création du monde, de l’âme mais aussi de religion, le tout sous le prisme de l’Amour. Pourquoi avoir choisi de traiter ces sujets? S’agit-il de questions qui te touchent particulièrement?


Tous ces sujets me touchent, de près ou de loin. Soit personnellement, soit car leurs mystères me fascinent. D’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ? Nous ne savons rien de tout cela, tout en étant persuadés que chaque explication est trop farfelue pour être possible. C’est ainsi que me sont venues les idées de ce roman. Imaginer des réponses à ces questions, en utilisant des faits scientifiques, des expériences réelles menées dans les dernières décennies, etc…

En me documentant, en naviguant dans différents articles de presse, reportages ou forums, je suis tombé sur le récit mythologique de Psyché et Cupidon. L’âme et l’amour, quoi de mieux comme prisme d’un roman, sur ce qui fait de nous des êtres humains.

Effectivement, comme je le dis dans ma chronique, on sent que tu traites l’ensemble des sujets sous le prisme de l’amour et on sent une grande sensibilité entre tes lignes.

Que représente l’écriture pour toi?

Je crois que chaque auteur écrit pour être lu. Pour que ses mots emmènent ses lecteurs ailleurs, leur fassent ressentir des émotions, les touchent. Ecrire, c’est avoir la chance de procurer des émotions aux autres.

Personnellement, l’écriture représente énormément pour moi, c’est véritablement une passion. Quelque chose que j’aime faire, dans laquelle je me sens bien. Et que j’ai bien l’intention de faire pendant de très longues années ☺ 

Ah ben oui, nous y comptons bien! Maintenant nous attendons le prochain roman avec impatience!

Quelles sont tes lectures de prédilection (genre) et tes auteurs incontournables?

Mes lectures s’orientent naturellement vers le polar et le thriller, avec un penchant totalement assumé pour les romans dits « populaires ». Bien que ce terme soit pour moi le plus noble qui soit.

J’aime les auteurs qui osent, ceux qui savent me surprendre. Cela va de Maxime Chattam, Jean-Christophe Grangé, Franck Thilliez ou Stephen King à Dan Brown, Guillaume Musso ou encore Marc Levy. Pas de barrières pour moi, tant qu’un auteur me raconte une histoire qui me passionne et de laquelle je ne peux pas décrocher, ça me va  ☺

Si je ne devais en retenir qu’un, ce serait Maxime Chattam. Pour son mélange des genres, pour son style accrocheur et addictif, pour oser nous emmener parfois là où nous ne voulons pas aller.

Tu es à l’origine du projet Phobia, un recueil de nouvelles dont le fruit d’une partie des ventes est reversé à l’association ELA. Peux tu nous dire ce qui t’a poussé à monter ce projet et ce qu’il en est aujourd’hui, plus de six mois après sa parution?

A l’origine, Phobia est né d’une discussion presque anodine avec un autre auteur, Mickael Koudero. Nous avions l’envie partagée de nous engager au profit d’une association venant en aide à des enfants. Donner de notre temps, de notre passion, pour venir en aide à d’autres. Phobia a pris rapidement beaucoup d’ampleur, bien plus que ce que nous avions imaginé, pour arriver à ce recueil réunissant 14 auteurs, édité par J’ai Lu, et qui a déjà amené plus de 20 000€ à l’association ELA.

Nous travaillons d’arrache-pied depuis plusieurs mois maintenant, avec l’association ELA, pour donner une suite à ce projet et en faire un rendez-vous récurrent. Je crois vraiment en ce nouveau projet et j’espère réellement que nous parviendrons à faire encore mieux que Phobia, pour amener encore plus de fonds à l’association ELA. A suivre donc 😉

Voilà une belle histoire… J’espère que ce second projet verra le jour et tu peux dès à présent compter sur le Collectif Polar pour le mettre en lumière!

Un petit mot pour la fin?

 Aimez ☺ 

Apéro Polar : La plume et le Flingue


Apéro Polar : La plume et le Flingue. Rencontre avec Sacha Erbel et Didier Fossey.

Une nouvelle fois, la patronne nous a concocté un de ses fameux apéro polar.

Cette fois le titre était « la plume et le flingue » et le thème « flic et auteur »

 

Le compte rendu d’Eppy Fanny, complété par Ge la patronne.

C’est parti pour 1h30 d’interrogatoire

 

AP sacha DidierPrésentation par la patronne en personne. Dame Geneviève

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Un public de connaisseurs dans lequel des auteurs amis …

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Go Geneviève Van Landuyt se lance

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Les questions arrivent. Et…

 Ge- « OKi,  Sacha alors pourquoi tout à coup on écrit ? »

 Sacha -« Pourquoi on écrit?

En ce qui me concerne, c’est en lisant Maxime Chattam, qu’un jour je me suis dit: « J’aimerais avoir le talent et l’imagination pour écrire des romans ». Un jour j’en ai parlé à mon mari, et il m’a répondu de la manière la plus naturelle du monde « Ben fais-le! » Mdr

Le lendemain, j’ai pris un cahier et un crayon,✒ j’ai commencé à créer des personnages, je voulais que ça se passe en Louisiane. J’y avais passé de fabuleuses vacances et l’atmosphère était restée ancrée en moi! Les premières lignes, je me sentais un peu bête, et puis j’ai commencé à faire des recherches. A ce moment, le virus m’a pris et écrire est devenu une passion! Moi qui n’avais jamais rien écrit avant l’Emprise des Sens!

Je voulais voir si j’étais capable de sortir quelque chose de ma tête et de mon imaginaire! »

– « Quelle est l’urgence de l’écriture ? »

« J’écris dès que je peux en fonction de mon temps libre! Et quand je n’écris pas, je réfléchis à un tas de trucs sur mon intrigue, mes personnages. Je prends quelques notes pour m’en rappeler (j’ai toujours un cahier avec moi!) « 

les réponses aussi mêmes si elles ne sont pas toujours en adéquation avec les questions…

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Pas grave la patronne relancera ses questions jusqu’à obtenir une réponse.

« – Alors ! Ton boulot, vocation ou bien ?

– Mon boulot? Oh que oui, vocation! Merci Starsky et Hutch! Et je pense pas qu’on puisse exercer le métier de policier sans que ce soit une vocation! »

« -Pourquoi un polar ?

Le polar s’est imposé à moi très naturellement de par cette passion pour l’étude du comportement des criminels en série! Et là je pouvais créer mon propre monstre, avec ses souffrances, ses déviances, ses troubles neuropsychiques! C’est flippant ça aussi nan? lol » 

– Peux-tu me dire pourquoi tu as décidé d’écrire sous pseudo ?

Si j’ai décidé d’écrire sous pseudo,  ce n’est absolument pas pour me cacher derrière! Mais pour le fun! Je trouvais que c’était rigolo! Et c’est mon côté rêveuse! Enfant presque!

Le romanesque m’a toujours attirée alors se créer un nom en tant qu’auteure c’était me donner une nouvelle part de liberté à moi aussi!!!

Et puis je voulais aller au bout de mon délire et choisir un prénom que j’aime depuis longtemps!

A moins que ce ne soit un trouble dissociatif de l’identité! Muhahaha 😉😊🤓

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Didier sage comme une image.

Mais son tour est arrivé

Le voilà qui nous parle de son ancien univers professionnel, de son parcours.

« Je suis né le 11 décembre 1954. Mon père était policier et c’est lui qui m’inoculera le virus. Car en plus d’écrire des polars j’ai fait partie de la grande maison. Après quinze ans dans la restauration, notamment à bord du paquebot France j intègre la Police en 1984

De 1986 à 2000, j’ oeuvre au sein de la brigade anti-criminalité de nuit en groupe d’investigation, puis en 2001, je suis affecté au groupe de recherches et d’investigations dans le 13e à Paris. J’y prends en charge le bureau de police administrative. »

 

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De ces héros et personnages aussi

« Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage. Le problème, c’est qu’on ne les prévient pas que le paquetage s’alourdira au fil des ans. Alors, certains mettent une carapace et en payent le prix fort dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder et trouvent dans leur arme de service l’ultime solution. »

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Didier Fossey est en verve

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Sacha fait de même.

– Donc Sacha, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

-Alors, déjà, « bonjour les lecteurs à Geneviève »!!! 珞

Je suis Sacha. Et depuis que je me suis mise à écrire des thrillers, mon mari ne dort que d’un oeil à côté de moi! Muhahaha!!! J’ai 44 ans, toutes mes dents (oui même les dents de sagesse!), et le plus beau compliment que j’ai eu dernièrement, « t’es une grande malade toi! ». (un de mes collègues de boulot qui lisait mon livre).Quand j’étais ado, je ne lisais pas beaucoup (oui je sais ça choque), j’avoue que le programme scolaire de lecture ne me faisait pas rêver! Les seuls qui m’ont fait vibrer à cette époque, Edgard Allan Poe, et Oscar Wilde! Dejà les prémices de ma psychopathie peut-être! Et en fait, je ne me suis mise à « dévorer » les livres que depuis une quinzaine d’années! Je me rattrape maintenant!

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Didier Fossey nous parle de son roman Burn out aux Editions Flamant Noir

Une série de vols d’objets d’art a lieu dans les cimetières parisiens. La police est sur le coup, mais, lors d’une nuit de planque, un policier se fait assassiner. Pas de témoins. Peu d’indices. Ses collègues présents sur place n’ont rien vu.

Boris Le Guenn, chef de groupe de la B.A.C. au 36 quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Malgré son manque d’effectifs et plusieurs enquêtes à gérer, il devra en plus faire face à la descente aux enfers d’un de ses hommes…

Le temps passe. Les vols se multiplient, les crimes aussi et les pistes sont dérisoires. Boris Le Guenn et son équipe doivent mener à bien ces affaires, non sans danger pour eux, tant sur le plan professionnel que personnel.

C’est un monde désenchanté, un monde dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal, elle se termine c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible…

 

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Bienvenue au 36 quai des Orfèvres. Ambiance, jargon, procédures… tout y est parfaitement décrit, au point que vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la B.A.C. dès les premières pages. L’auteur, Didier Fossey, a fait toute sa carrière dans la Police Nationale. Il mêle fiction et réalité avec talent. Burn-out met en lumière les nombreux problèmes du métier de policier. Ces hommes, ces maris, ces pères, sont souvent mal perçus par la population, incompris de leur hiérarchie. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et leur fait tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution… Un polar qui s’inscrit dans l’actualité.

 

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BURN-OUT, nuits de planques et de filoches. Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons et leur paquetage s’alourdit de quelques cauchemars…

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Sacha nous résume le sien. L’emprise des sens aux éditions de L@ Liseuse

Talia détruite psychologiquement par son ex mari décide d’aller passer des vacances à la Nouvelle-Orleans et d’en profiter, mais ce qu’elle ne sait pas c’est que sa vie va basculer.

Un cauchemar va venir perturber sa première nuit, cependant elle décide d’aller se promener au cimetière Saint Louis afin d’évacuer ce stress.

Là, elle se retrouve face à la scène de crime de son cauchemar de la nuit passée ! un don ? de la magie noire ? des rites vaudous ?

BIM, c’est parti pour un voyage à la Nouvelle Orléans, ambiance chaude assurée !

 

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Sylvie Buttard (Sacha Erbel) qui parle d’un auteur qu’elle adore (moi aussi) Maxime Chattam. Je précise car je n’ai pensé à enregistrer qu’après son hommage. Didier Fossey rend hommage aux talents de Franck Thilliez et de Jacques Saussey. Deux auteurs que j’apprécie énormément aussi…

Certaine question demande réflexion …

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Des débats Ok, mais des fous rires aussi

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de l’humour toujours

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Des débats passionnants sur le quotidien des policiers, avec le renfort de Patrick Nieto, dans le public. Heureuse de l’avoir enfin rencontré « dans la vraie vie ». J’ai énormément apprécié nos échanges.

Les échanges se poursuivent

Sacha est en verve… Didier se défend

des moments intéressants, une fois de plus. Des moments émouvant aussi des moments d’émotions, de rire, des sourires. Des moments de vie, simplement

 

Les débats se terminent et j’en profite pour mettre en boite la patronne qui met en boite les auteurs

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Les apéro polar se termine toujours par un verre de l’amitié et quelques grignotages et des échanges libres entre le public et les auteurs pendant que notre hôtesse, la patronne, joue les barman.

Puis une fois que la cheffe à remis en état les lieux, plier et ranger les chaises, remis les fauteuils en rangs d’oignons…On va déjeuner, les lecteurs, auteurs et organisatrice au resto du coin.

Et là un autre repas polar débute, les échanges entre tous se poursuivent

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Attention la patronne à faim. Et oui elle n’a jamais le temps de prendre l’Apéro, la cheffe

Rencontre avec Sylvie Marquez avec qui nous avons longuement échangé sur le Salon de Toulouse à venir (ma petite Amandyne Di Fauris tu étais un peu avec nous hier).

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Rencontre aussi avec Helene Babouot. Un délice que nos échanges. J’ai deux mots à dire à un ami à propos ….

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Parce que c’est drôlement sympa d’échanger en déjeunant . Merci Patrick Nieto

Que voilà des moments agréables. Et en plus passion commune avec Didier Fossey pour le rugby. Nous n’avons donc pas parlé que littérature et métier de policier.

AP sacha Didier$$$$$$$$$$$

Cette photo n’est pas de moi mais l’ambiance me plait beaucoup. Auteure et Éditrice qui voient la vie en rose. Plutôt sympa comme conclusion de ces moments passés ensemble.

 

 

Papote d’auteur : 3 flingueuses étaient avec Isabelle Villain


Papote d’auteur : 3 flingueuses étaient avec Isabelle Villain

Maud a demandé une interview à Isabelle Villain que notre auteure a gentiment acceptée

Mais comme deux autres Flingueuses avait aussi lu son dernier polar, Maud leur a proposé de participer à cet entretien.

Ainsi Aline et Marc sont devenus les complices de Maud pour cette interview à bout portant d’Isabelle Villain autour de Mauvais Genre

Maud : Bonjour Isabelle Villain, merci d’avoir accepté notre invitation, je te présente Aline et Marc qui t’ont également lue. Le but est d’un peu mieux te connaître. Ne t’inquiètes pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Peux-tu nous parler un peu de toi, les lecteurs sont très curieux…

Bonjour à tous, merci pour votre invitation ! J’ai eu plusieurs vies. 15 ans d’événementiel et d’organisations de salons : Un job prenant et passionnant où l’on doit être disponible 20h sur 24. 10 ans à m’occuper de mon fils (une période qui a passé beaucoup trop vite à mon goût…) et enfin depuis 2010, l’écriture : une activité beaucoup plus solitaire, mais très excitante. J’avais toujours rêvé d’écrire pour mettre sur papier toutes les histoires que j’inventais, mais je ne pensais pas du tout en être capable. Je n’ai pas une grande confiance en moi pour tout dire… Un jour en vacances, mon mari et mon fils s’étaient inscrits pour passer leur diplôme de plongée, et c’est en les regardant arriver sur la plage que j’ai imaginé une intrigue criminelle en milieu sous-marin. L’histoire s’est installée, un peu comme un scénario, et je suis allée acheter un cahier. C’est ainsi que tout a commencé. Un peu sur un coup de tête.

Je suis une passionnée : une musicienne tout d’abord, j’ai joué pendant de très nombreuses années de la flûte traversière au conservatoire. J’ai appris grâce à mes parents à aimer l’opéra. Petite, je chantais devant la glace l’air de la Reine de la nuit dans « la Flûte enchantée » au désespoir de ma mère qui devait m’écouter. Mais je suis aussi une fan de rock et de blues : sans aucune hésitation Queen, Bowie, Peter Gabriel, Janis Joplin et Bob Dylan demeureront toujours au top. Et comme je suis très souple, je fais un grand écart musical avec Patrick Bruel !

Vivant à Paris, je profite beaucoup des théâtres, des cinémas, et spectacles en tous genres. J’adore la magie, les imitateurs, l’humour noir, la danse, les comédies musicales… Bref, tout ce qui peut me permettre de m’évader.

Aline : Que représente l’écriture pour vous ? C’est inventer des vies ? Vivre des vies par procurations ?

L’écriture pour moi, c’est avant tout imaginer des histoires, des personnages, des rebondissements. J’aime tracer des chemins et des fausses pistes, inciter le lecteur à les emprunter pour qu’à la fin, il réalise qu’il a fait fausse route. C’est une gymnastique vraiment intéressante et très grisante. Toutefois, même si je m’attache énormément à mes personnages, je n’ai absolument aucune envie de vivre leur vie. Beaucoup trop déprimante et dangereuse !

 Aline : Il y a beaucoup de dialogue dans votre texte. Pour moi c’est ce qui donne du rythme et ce qui rend le récit vivant. C’est une technique d’écriture ou là encore vous vous laissez porter ?

C’est une technique d’écriture. Pour moi un polar doit être vivant, cadencé, percutant. On ne doit jamais s’ennuyer, être toujours à la recherche d’indices, se poser tout un tas de questions. Les dialogues sont très importants pour parvenir à ce résultat. Je ne suis pas adepte des longues descriptions de paysages ou d’ambiance qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue et qui risquent de lasser le lecteur, ou pire de le perdre totalement. Pour décrire une ambiance, quelques mots bien choisis suffisent souvent.

Marc : Avez-vous travaillé avec un plan structuré, dès le début de l’écriture en sachant exactement où vous vouliez aller ? Ou au contraire comme certain, laisser l’histoire faire son chemin au fur et à mesure en avançant dans les chapitres ? 

Je suis plutôt du genre organisée. Comme j’invente en général toute l’histoire dans ma tête, la nuit, j’ai besoin de tout caler par la suite sur un cahier. Je place les éléments principaux, les meurtres, l’intervention de tel ou tel personnage, les rebondissements et la scène finale. Je rajoute des éléments secondaires, des anecdotes. Rien n’est figé à l’exception du thème, des victimes et de l’identité du meurtrier.

Maud : Mauvais Genre, le troisième volet d’une série du Commandant Rebecca de Lost. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Je démarre toujours une histoire avec un sujet de société qui sera ma toile de fond. Le thème des transgenres n’est pas encore très développé. On commence à en parler, mais il y a encore du boulot pour faire admettre cette souffrance. Quand j’ai débuté mes recherches sur le sujet, j’ai appris que les transgenres étaient considérés avant 2010 comme des malades mentaux. Les troubles de l’identité de genre relevaient donc avant cette date des troubles psychiatriques. Le traitement : internement ou une bonne dose d’anxiolytiques… Et nous sommes le premier pays au monde à le reconnaître, c’est dire l’étendue du chantier…

C’est en regardant une émission sur la 5 qui s’appelait « devenir Il ou Elle » que l’idée m’est venue. Cette émission traitait du parcours laborieux et douloureux de quelques enfants, nés dans le mauvais corps. L’histoire d’Angélique a très rapidement pris forme dans ma tête ainsi que tous les personnages secondaires. Concernant le rôle du procédurier, il est primordial à la Crim’. J’ai fait beaucoup de recherches sur ce sujet toujours dans le souci de coller à la réalité. Un jour, j’ai rencontré sur un salon un lecteur qui était un flic de la BAC. Il était convaincu que je travaillais au 36. Un magnifique compliment !

Aline : Vos personnages sont profondément humains. Comment les travaillez-vous ? Vous vous laissez guider ou vous faites des fiches personnages pour bien cadrer le protagoniste ?

Le groupe de Rebecca est né en 2014. Au départ, je trouvais intéressante l’idée de mettre une femme au poste de commandant. J’ai imaginé Rebecca en regardant la série « Lost ». Après, j’ai constitué son groupe, effectivement en élaborant quelques fiches, principaux traits de caractère, physique, etc. Les personnages étaient au départ assez simples. Puis ils ont pris de l’épaisseur. Puis les failles sont apparues. Les blessures. Il est vrai que mes romans deviennent un peu plus noirs au fil du temps. Le gros avantage d’avoir des personnages récurrents, c’est justement de pouvoir les faire évoluer à notre goût, selon notre humeur. Un exercice très difficile à réaliser sur un seul roman, à moins d’écrire un pavé de 700 pages.

Marc : J’ai ressenti aussi une mise en avant des femmes dans ce roman (Ce n’est pas un reproche bien au contraire). Toutes les femmes du roman sont fortes, avec un caractère marqué. Est-ce une réelle volonté de votre part, où c’était inconscient ?

C’est totalement conscient ! Tout d’abord, il faut savoir que je ne suis pas du tout du genre ultra féministe, mais nous sommes très loin d’une équité hommes femmes dans le monde professionnel. En tant que femme, installer Rebecca comme chef de groupe était une évidence. Mélina, la dernière recrue a aussi un rôle de plus en plus crucial au fil des romans. Toutefois, il est important de noter que toutes ces femmes, même avec un caractère bien trempé, ont toutes des fêlures et des parts d’ombre. Dans « Mauvais genre », cette force et cette détermination ne vont malheureusement pas porter chance à tous les protagonistes de l’histoire…

Aline : D’où tirez-vous toutes les informations sur chaque job (le procédurier..) ? Vous avez intégré une équipe ou juste discuté ou fait des recherches ?

Pour l’écriture de « Peine capitale », j’avais décidé de proposer le manuscrit au prix du Quai des Orfèvres. Loin de moi l’idée de le remporter, mais parfois le jury envoie un courrier avec quelques commentaires et conseils. Ce fut le cas pour moi. Puis en réalisant un petit clip vidéo pour la promotion de « Peine capitale », j’ai fait la rencontre de l’un des photographes de la Crim’ qui se trouvait être aussi et surtout un procédurier. Ce métier m’a immédiatement intéressé, car il est unique en France. Les procéduriers n’existent qu’à la Crim’ parisienne. C’est un métier à part. Un élément clé dans un groupe. Un pivot. Une charnière. J’ai fait lire le manuscrit à cet homme puis nous avons beaucoup parlé de son job et de toutes les incohérences à éviter.

Aline : Le personnage d’Angélique (sans rien révéler aux futurs lecteurs), comment vous en est venue l’idée ? (parce que c’est plutôt culottée d’avoir créé ce personnage)

Une fois la toile de fond installée, je devais inventer une histoire. Le personnage d’Angélique est venu naturellement. Je voulais essayer de faire comprendre aux lecteurs le parcours laborieux de ces personnes, comment parviennent-elles à surmonter cette différence dans l’intimité, la réaction de leur famille, mais aussi celle de leur partenaire, de leurs collègues. Nous avons l’impression que nous sommes très ouverts, que le principal pour un homme ou une femme c’est d’être heureux dans son corps et dans sa tête, mais la réalité est toute autre. Tout est très compliqué. Leur vie est un véritable parcours du combattant : 60 % d’entre eux souffrent de dépression et 20 % ont déjà fait une tentative de suicide.

Maud : Tes plus belles joies en tant qu’auteur ? Tes « pires » moments ?

Mon pire moment est celui de l’attente. Je ne suis pas du tout sûre de moi et pour tout arranger, je suis une grande angoissée… Pour Mauvais genre, mon éditeur m’avait bien rassurée, mais j’avoue que lorsque toutes les chroniques ont commencé à tomber, j’ai enfin pu respirer !!!

Mes plus belles joies sont simples : pouvoir toucher la première fois son livre enfin édité, et évidemment lire les retours de lectures enthousiastes. C’est aussi la première fois que je travaille avec un éditeur qui a un distributeur, alors pouvoir découvrir son livre dans le rayon polar de sa Fnac à côté de Fred Vargas… C’était plutôt sympa !

Aline : Lors d’une GAV, un auteur a dit : « un bon auteur est un auteur qui souffre sinon il n’aurait rien à dire. ». Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord avec ça. Je sais qu’il y a beaucoup d’auteurs qui ont eu des vies compliquées et qui se sont servis de cette souffrance pour écrire, mais ce n’est pas mon cas, et je ne pense pas que la qualité d’une histoire et la qualité de l’écriture dépendent ni de son passé ni de ses blessures. En revanche, un auteur doit savoir encaisser les coups !

Maud : Après nous avoir parlé de toi en tant qu’auteure, peux-tu décrire la lectrice que tu es ?

Je lis beaucoup en vacances, au bord de la mer. À Paris, je partage mon temps l’après-midi entre l’écriture et un peu de lecture. Mais lorsque je tombe sur un super roman, je peux le dévorer en une journée. Mon genre de prédilection est le roman policier. Original :  Quand  je repère un écrivain qui me plaît, je peux lire toute son œuvre en quelques semaines. Cela a été le cas pour Pierre Lemaitre, bien avant qu’il ne reçoive le prix Goncourt, pour Karine Giebel, et pour Exbrayat (c’est grâce à lui que j’ai découvert le genre vers 13 ans). Avec ma tablette numérique, j’ai pu télécharger et relire des classiques : Dumas, Tolstoï, Agatha Christie.

Maud : Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime.

Je travaille sur la suite de « Mauvais genre ». J’ai trouvé le sujet et j’ai les enquêtes en tête. Il faut maintenant que je mette un peu le turbo.

Marc : Une dernière petite question. Songez-vous pour vos prochains livres, à poursuivre avec vos personnages récurrents (J’imagine, car va bien falloir qu’on attrape le malade avec son marteau), ou y a-t-il aussi des projets de « one shot » ?

Pour le moment, je reste très attachée au groupe de Rebecca. J’ai envie de les faire encore évoluer. Je ne suis pas prête à les abandonner. J’ai tout de même une petite idée qui me trotte dans la tête depuis quelque temps, mais qui va me demander un gros travail de recherches : j’aimerais me lancer dans le roman policier historique. Mais bon, chaque chose en son temps. Tout d’abord la suite et la fin du tueur au marteau !

Maud : Nous te remerciions de t’être gentiment rendue disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur toi. Et nous te laissons, si tu le souhaites le mot de la fin :

Mauvais genre est un roman qui aime les femmes. Je conclurai par cette phrase d’Audiard : un gentleman c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste.

Merci à vous !

Les indiscrétions de Dany à propos de la Ligue de l’Imaginaire


Les indiscrétions de Dany à propos de la Ligue de l’Imaginaire

Quelques indiscrétions pour cette fin d’année….

Ce samedi 24 novembre, bravant les gilets jaunes, les auteurs de la Ligue de l’Imaginaire avaient invité Michael Mention à se joindre à eux pour une séance de dédicaces à l’espace Cultura de Bègles.

Alors, ont-ils quelques petits scoops à partager avec le collectif polar ?

Jean-Luc Bizien a une mine épanouie et le sourire pour nous dire qu’il recherche un éditeur pour son thriller historique qui devrait être publié en 2019 si tout va bien. Son actualité 2018 c’est Les veilleurs thriller fantastique :
Alors que Paris est victime d’un virus qui transforme ses habitants en monstres, et notamment les adultes, quelques groupes de jeunes « immunisés » tentent de survivre dans ce qui est devenu un enfer. À l’extérieur, l’armée a entouré la ville d’une immense muraille pour éviter la propagation de l’épidémie. Aucune fuite n’est possible… Et dans ce cauchemar, Marie se découvre enceinte. Attend-elle un bébé ou un monstre prêt à la dévorer de l’intérieur ? Auteur bien connu en polar (L’Évangile des ténèbres), ancien directeur de collection, Jean-Luc Bizien propose un roman young adult aux images fortes et prenantes.
On n’en saura pas davantage pour le moment sur son futur mais il promet de revenir très vite vers Collectif Polar pour un échange approfondi !

Bernard Minier faisait ses emplettes à Cultura … je ne suis pas sure que ses droits d’auteurs de la séance aient suffit à couvrir ses achats … enfin il s’est fait plaisir assurément.

Servaz nous revient en mars ou avril 2019 et il a écrit une série originale pour France 2, pas polar dit-il et qui se passe (si je n’ai pas mélangé mes fiches) au Havre.

Olivier Norek confirme … le prochain s’appellera Surface, sans Coste et dans l’Aveyron … retour aux sources pour lui. Plein de projets TV notamment une série sur M6 début 2019 et Entre deux mondes  au cinéma dans le courant de cette même année … pas de révélations sur le casting … secret !

J’ai enfin rencontré Michael Mentionmon coup de cœur 2018 pour son très étonnant PowerPour cet auteur qui change d’univers à chaque roman, on peut se demander ce qu’il nous réserve pour l’année prochaine … Alors dans la série « les nouveaux détectives » chez 10/18 il annonce Miles Davis … dans un roman qui se passe au XIXème siècle.

Michaël nous en dira plus dans collectif polar avant mars : c’est promis !

Les filles étaient hilares, côte à côte et j’ai donc fait la connaissance avec :

Agnès Abecassis : je n’ai lu que Le tendre baiser du tyrannosaure  et je garde de cette comédie un tendre souvenir. Elle aime ses potes de la ligue et a un rire communicatif s’il en est ! Pas polardeuse mais sait manier la dérision … idéale pour les pauses entre deux pavés d’hémoglobine.

Mireille Calmel, la locale de l’étape, historienne accomplie, biographe d’Aliénor d’Aquitaine, elle va terminer en mai 2019 une trilogie sur les templiers et fera à cette occasion quelques révélations pour le collectif polar : c’est promis !

La ligue est accueillante. Quand un non-polardeux local dédicace sur sa petite table à l’écart, elle l’invite à son contact, ainsi j’ai rencontré Yannick Boutot, historien, qui a commis Le pape Clément V et son château bordelais, essai historique où il est question du pape Clément V et de la malédiction qui pèse sur lui. Cet essai n’est pas un réquisitoire en vue de la lever mais une étude approfondie et une réelle révision des faits reprochés au « pape maudit ».

 

Le mot de la fin pour Jean-Luc Bizien : ne jamais laisser sa place vide à proximité de Norek !

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 1, René Manzor


Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 1

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le premier auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Monsieur René Manzor.

Conclusion :

Nous sommes désolées pour l’avocat ayant perdu son emploi !

À contrario nous sommes ravies de cet échange avec Monsieur Manzor.

Un très grand merci de vous êtes prêté au jeu. Merci pour votre disponibilité et votre gentillesse.

On souhaite à Apocryphe tout le succès qu’il mérite.

Papote d’auteur : Maud était avec Mélanie Taquet.


Papote d’auteur : Maud était avec Mélanie Taquet.

Photo 2

Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

 

Bonjour Mélanie Taquet,

Je te remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux te connaître. Ne t’inquiètes pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Photo 1

Peux-tu nous parler un peu de toi, nos lecteurs sont très curieux

Je suis éducatrice Montessori de formation, mais je travaille actuellement comme traductrice/interprète à l’Institut de Formation Maria Montessori. En gros, je traduis une formation dispensée en anglais à des étudiants francophones. Sinon, je viens de reprendre la danse, je cours, je nage, je fais du yoga, je boxe, j’adore aller me promener, sortir avec mes amis mais aussi passer des journées complètes sur mon canapé à regarder Netflix. Les voyages sont aussi une grande partie de ma vie. En ce qui concerne la musique j’ai des goûts très éclectiques. Il ne se passe pas une journée sans que de la musique résonne à un moment chez moi ou dans ma voiture. En ce moment, j’écoute beaucoup Gaël Faye, Jabberwocky et Kendrick Lamar. Quant à l’écriture, j’ai commencé très jeune, mais c’est à l’adolescence que je m’y suis mise avec plus de sérieux. J’écrivais de la poésie, c’était ma soupape de décompression.

L’instinct des Innocents, ton premier recueil de nouvelles. Comment ont germé ces histoires plutôt noires d’ailleurs ? Tes personnages ? Les cadres ?  

J’ai du mal à distinguer comment naît une histoire. Je crois qu’elles germent des rencontres que je fais, de choses que je lis, peut-être aussi des rêves qui me viennent ? C’est la beauté de l’inspiration, non ? On ne sait pas trop d’où ni comment ça vient, mais tout à coup, les personnages prennent corps, les mots coulent et l’histoire se tisse.

l instinct des innocents

Une anecdote sur ce recueil ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ? 

Ce recueil a été ma première (auto)publication, que j’ai remportée par le biais d’un concours de nouvelles organisé par Librinova et les éditions e-points. C’est L’ultime voyage de la Rose qui a été primé. Cette nouvelle est mon seul écrit autobiographique.

Sachant que tu as écrit Reste aussi longtemps que tu voudras, dans un autre registre, peux-tu nous dire comment tu es passée de l’un à l’autre ?

On peut penser que tous ces récits appartiennent à des genres très différents et ont peu de lien entre eux, mais je ne suis pas d’accord : tous traitent du drame humain. Je nourris une vraie fascination pour l’humanité, l’incroyable pouvoir de résilience qui nous habite, les tragédies qui se jouent à l’échelle individuelle, et surtout, l’universalité des émotions. Peu importe la culture, la langue, tout le monde comprend la tristesse, la colère ou la joie.

Ce recueil est né en premier, un an avant Une Vita pas si Dolce, roman auto-édité qui est devenu depuis Reste aussi longtemps que tu voudras (Eyrolles). Je viens de publier une nouvelle version agrémentée d’un texte inédit, qui s’intitule Le Voleur d’enfance. C’est un récit qui a au moins dix ou douze ans, je l’ai retrouvé dans un vieux tiroir virtuel.

Tes plus belles joies en tant qu’auteur ? Tes « pires » moments ?

 Mes plus belles joies, j’en ai une précise et une autre plus globale. Ma première joie, c’est lorsque j’ai appris qu’Eyrolles me proposait un contrat d’édition pour mon premier roman, parce que c’est un rêve de gosse qui devenait réalité ; la seconde c’est à chaque fois que je rencontre des lecteurs et des blogueurs, comme toi Maud. C’est toujours un honneur et un privilège que d’échanger avec des gens qui ont été touchés par ton histoire.

Par ailleurs, un des pires moments pour moi en tant qu’auteur, ce sont les semaines qui précèdent la sortie d’un roman. C’est une période intense, à la fois riche en émotions et très anxiogène.

Passons de l’auteure à la lectrice…

 Je suis, comme pour la musique, plutôt éclectique en ce qui concerne mes goûts littéraires. Je crois que j’aime surtout les textes intelligents, les personnages creusés, un style élaboré. Mais je vais tout autant apprécier une comédie, de la chicklit, un bon polar, de la fantasy ou un roman contemporain. Je suis bon public. Malheureusement, en ce moment j’écris beaucoup, et c’est difficile pour moi de lire lorsque j’écris. Donc je n’ai pas de moment propice, à part peut-être le soir avant de m’endormir. Par contre, je lis beaucoup lorsque je suis en vacances, 2 à 3 romans par semaine !

Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de deuxième roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime

Bien sûr ! J’ai fini de rédiger la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras, nous sommes en train de travailler sur la couverture. La sortie est prévue pour début Mars 2019, et je m’apprête à publier un récit de Noël, il sortira le 7 Décembre chez Librinova.

la dissonante mélodie des souvenirs

Je te remercie de t’être gentiment rendue disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur toi. 

Merci à toi Maud, c’était un plaisir.

Rencontre d’auteurs avec Jean-Christophe Portes, Frédéric Lenormand et Sylvain Larue sur le thème du roman policier historique.


Rencontre d’auteurs avec Jean-Christophe Portes, Frédéric Lenormand et Sylvain Larue sur le thème du roman policier historique.

Le vendredi 7 décembre à 20h00, la médiathèque La Canopée reçoit 3 auteurs qui, par leurs héros et leurs intrigues, nous transportent du siècle des Lumières à la IIème République.
Frédéric Lenormand, Jean-Christophe Portes et Sylvain Larue

Avec Ophélie ma complice, nous aurons le privilège de passer  tous les 3 à la question

 Que je vous présente rapidement nos 3 auteurs :

 

Jean-Christophe Portes

Né à Rueil-Malmaison le 21 mars 1966. Après des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs, Jean Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur.  Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises. La série des enquêtes de Victor Dauterive, Laffaire des corps sans tête et La disparue de Saint-Maur, rencontre un beau succès critique et public. Il a remporté le Prix polar Saint-Maur en poche 2018.

Il publie en 2015 L’affaire des corps sans tête la première de Victor Dauterive

1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’a guère le temps de s’en préoccuper : Lafayette, son mentor, l’a chargé d’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-il vraiment un Comité secret aux Tuileries, dans l’ombre de la Cour ? Et n’y aurait-il pas un lien entre Marat et ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot. Une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution

 

 

On y découvre Victor Dauterive, , un jeune sous lieutenant de la non moins jeune gendarmerie nationale.

En 2016 sort L’affaire de l’homme à l’escarpin

En 2017, La disparue de Saint-Maur

Le dernier en date  paru il y a quelques jours : L’espion des Tuileries

Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

1792. La guerre entre la France et l’Autriche vient d’éclater. C’est dans ce contexte très explosif que le gendarme Victor Dauterive est chargé d’une délicate mission : escorter un convoi transportant la paye de l’armée, une petite fortune de 500 000 livres.

L’affaire tourne au désastre quand le convoi est brutalement attaqué et dévalisé. Dauterive se lance sur les traces des voleurs qui sèment des cadavres dans leur fuite. La piste le conduit jusqu’aux Tuileries, au coeur du chaudron révolutionnaire.

Le palais, infesté d’espions, est le centre de toutes les convoitises et de tous les complots. Des bas-fonds de la ville au sommet de l’État, entre révolutionnaires et partisans du Roi, le jeune officier va devoir choisir son camp dans un jeu qui pourrait bien devenir mortel…

 

Sylvain Larue

 

Né le 15 octobre 1982 Sylvain Larue est un chercheur, écrivain et chanteur. Il a été un tant typographe, imprimeur. Il a publié aux éditions De Borée dix-huit livres dans la collection des « Grandes Affaires Criminelles ».  Passionné de musique, il se lance aujourd’hui dans l’écriture romanesque .

Il publie en 2016 L’oeil du Goupil

Le premier tome des enquêtes de Léandre Lafforgue


La révolution de 1848 charrie son lot de bouleversements. Le peuple français vient de chasser Louis-Philippe, son dernier roi, et à Paris, la nouvelle République se construit au jour le jour.

Dans ce climat de tensions politiques, tandis que se préparent au loin les élections du premier président, Léandre Lafforgue, un jeune homme épris de liberté et d’idéal, débarque de sa Gascogne natale à la recherche de son passé. Involontairement mêlé à une mort suspecte, et ayant affaire à une police qui ne semble prêter qu’une attention limitée à plusieurs faits similaires, Léandre se retrouve désigné par le prince Bonaparte pour en démasquer la trame commune. Sa sagacité sera-t-elle suffisante pour déjouer les mystères qui se dévoilent dans les couloirs de l’Assemblée nationale ? Avec une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, Sylvain Larue compose un grand roman populaire et la première enquête de Léandre promet d’être passionnante…

 

En 2017 parait  une deuxième enquête de Léandre Lafforgue Au bal des muscadins

Et cette année est sortie le troisième tome des enquêtes de Léandre Lafforgue, Le crime de l’Odéon

 

Que le spectacle commence !

En ce mois de novembre 1851, alors que le mandat du président Bonaparte touche à sa fin et que les plus sombres prévisions courent quant à l’avenir de la politique française, Léandre Lafforgue, alias « Le Goupil », songe en vérité plus volontiers à sa carrière naissante de dramaturge qu’au devenir du pays.

Mais sitôt le rideau de l’Odéon tombé sur la première représentation de sa pièce, un crime perpétré dans le théâtre met en suspens le futur de son oeuvre.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà que pour faire taire d’éventuelles rumeurs, Bonaparte charge les deux dernières recrues de la Noble Cour de mener l’enquête… et ce à la place du Goupil !

Tandis que se trame en secret un complot destiné à changer le cours de l’Histoire, entre fausses pièces d’or, corps dépouillés et coup de coeur, Léandre peut-il parvenir à voir clair dans ce capharnaüm sans s’y perdre tout à fait ?

Après L’Oeil du goupil et Au bal des muscadins, il propose avec ce troisième roman une plongée en pleine Deuxième République, dans les coulisses d’un coup d’État, en un univers de machinations, de mensonges et de crimes variés qui devraient laisser le lecteur impatient de découvrir la suite…

Frédéric Lenormand

 Frédéric Lenormand est l’auteur à succès de romans historiques et de séries policières – dont les mythiques aventures de l’écrivain philosophe Voltaire et du juge Ti.

Frédéric est sans doute l’auteur que je connais le plus des 3 invités
En effet dans les année 90, je me souvient avoir lu quelques titres de Frédéric. Notamment les aventure de 3 scientifique embarqué dans la compagne d’Egypte sous Bonaparte. Ou encore la folle équipé des princesses de sang ( les filles de Louis XV)sous la révolutions
 Dans ces année 90 Frédéric Lenormand est l’auteur de plusieurs romans et de pièces jouées sur scène et à la radio. Il a reçu le prix François Mauriac de l’Académie française en 1999 pour Les Princesses vagabondes (Lattés), le prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres, le prix du jeune romancier de la Fondation Hachette, ainsi que la bourse Del Duca du premier roman.

Je me souvient encore qu’en 2000, Frédéric mettait déjà Voltaire en scène dans La jeune fille et le philosophe. 

Sur le ton d’une satire non dénuée d’affection, notre auteur, à partir d’une histoire vraie, fait du philosophe le héros malicieux, volubile et gesticulant d’un récit savoureux dans l’esprit des contes de Voltaire.

Et puis en 2001 arrive sans doute ce que l’on paut appelé son premier roman historique, Un beau captif 

Nicolas-Joseph Lecacheur est commissaire de police sous le Directoire. Sorte de Maigret d’une Révolution finissante, il tente de faire régner l’ordre à Châlons-sur-Marne entre sa femme, qui vient de profiter de la nouvelle loi sur le divorce et ses concitoyens, prêts à s’exalter pour tout ce qui leur fera oublier la Terreur.

Justement, Lecacheur vient d’incarcérer un jeune vagabond dont la présence met la ville en émoi. Convaincus que ce bel inconnu n’est autre que Louis XVII miraculeusement évadé du Temple, les Châlonnais reconstituent autour de lui une cour fantasque et insolente.

Seul contre tous, Lecacheur s’acharne à mener l’enquête. Il recueille les témoignages, déjoue les pièges qu’une main invisible s’ingénie à semer sur sa route et démêle peu à peu un écheveau où se confondent secrets de famille et vertigineux secrets d’Etat.

Avec ce nouveau personnage d’enquêteur, Frédéric Lenormand nous entraîne à la découverte d’une des époques les plus mouvementées et les plus mystérieuses de l’histoire de France.

Il a écrit aussi sur la révolution. (des polars jeunesses et  et des docs sur la police et la prison)

En 2004 c’est la parution de la première des nouvelles enquêtes du juge Ti

Frédéric Lenornand fait revivre le personnage du juge Ti popularisé par Robert van Gulik. Le magistrat  mandarin au VIIe siècle dans la Chine impériale

11 enquêtes me semble-t-il rééditées en poche

Dans la première enquête, Ti poursuit des assassins de tous bords tout en s’efforçant de retrouver une de ses filles. Dans la seconde, Ti doit découvrir qui des membres du Grand Service médical a introduit un poison dans l’entourage de l’empereur de Chine.

Deux enquêtes du Juge Ti inédites en poche.

Attaque des princes de la dynastie des Tang ou poison mortel dans l’entourage de l’empereur : qui mieux que le légendaire Juge Ti saura déjouer cette succession de meurtres machiavéliques ?

À l’aide d’une documentation méticuleuse, Frédéric Lenormand fait revivre pour ses lecteurs la Chine du VIIe siècle, cette glorieuse civilisation des Tang qui marqua l’apogée de l’Empire du Milieu.

 

Il y a eu aussi beaucoup d’autres bouquins

Notamment

La Série Les Mystères de Venise (en partie publiée sous le pseudonyme Loredan)

Mais aussi :

Un thé chez Confucius ou Une enquête du juge Bao

Qui en veut au Marquis de Sade ?

Seules les femmes sont éternelles

Il y a enfin

Voltaire mène l’enquête

En 2018 l’Orfèvre du thriller historique, Frédéric Lenormand nous offre le huitième tome des enquêtes voltairiennes.

La première est paru en 2012 Voltaire mène l’enquête. La baronne meurt à cinq heures

Après notamment La bonne meurt à cinq heures, prix Historia et prix Arsène Lupin 2011, et Meurtre dans le boudoir, paru en 2013, Un carrosse nommé désir est un petit bijou d’humour et de suspens.

Un carrosse nommé désir Frédéric Lenormand

Voltaire mène l’enquête

Bonne nouvelle pour Voltaire ! Emilie du Châtelet, sa marquise préférée qui l’aime et qu’il adore, est sur le point de faire un héritage. Justement, une occasion se présente : l’achat du magnifique hôtel Lambert, à la pointe de l’île Saint-Louis, pour y loger le prince des philosophes ! Hélas, le banquier qui devait leur avancer la somme vient d’être enlevé.

Voltaire fait des pieds et des mains pour le retrouver au milieu d’une ville rendue folle par les somptueuses fêtes du mariage de la fille de Louis XV avec l’infant d Espagne. Entre bal masqué et joutes nautiques sur la Seine, dans le fracas des canons de la Bastille et des feux d’artifice, les cadavres s’accumulent.

 

Et pour finir vient de sortir ce qui semble être le premier opus d’une nouvelle série, Le Retour d’Arsène Lupin

 

1908. Arsène Lupin a entamé une thérapie pour soigner son addiction au vol. Un comble pour notre gentleman cambrioleur, qui se voit contraint de trouver un moyen honnête de gagner sa vie. Pour cela, il ouvre une agence de détectives, l’agence Barnett. Sa première cliente, la très riche Mme Bovaroff, se plaint qu’on lui a dérobé un inestimable autoportrait de Delacroix, L’Homme au gilet vert. Mais voilà que l’oeuvre réapparaît comme par magie, tandis que ceux qui l’ont eue entre les mains disparaissent… Si l’affaire est épineuse, c’est le charme d’une ensorcelante danseuse orientale nommée Mata Hari qui sera l’un des obstacles les plus dangereux que Lupin-Barnett aura à surmonter.

Dans les fastes de la Belle Époque, à travers une intrigue riche en rebondissements, Frédéric Lenormand , fin connaisseur de la figure d’Arsène Lupin et grand admirateur de l’oeuvre de Maurice Leblanc, nous offre une nouvelle série qui ressuscite magistralement Arsène Lupin, son astuce et sa rouerie légendaires.

 

Voilà ce que je eux vous dire de nos auteurs mais pour en savoir plus, rendez-vous ce vendredi

7 décembre à 20h, Espace Culturel La Marmite

9 rue Jean Delsol, 77173 Chevry-Cossigny

 

Organisée par la médiathèque La Canopée

Le roman policier historique inaugure notre cycle polar.
Le vendredi 7 décembre à 20h00, la médiathèque La Canopée reçoit 3 auteurs qui, par leurs héros et leurs intrigues, nous transportent du siècle des Lumières à la IIème République.
Frédéric Lenormand, Jean-Christophe Portes et Sylvain Larue répondront à toutes vos questions lors de cette rencontre animée par Geneviève Van Landuyt, bibliothécaire à Paris et chroniqueuse du blog Collectif polar.
En fin de soirée, la librairie du Château proposera à la vente les ouvrages des auteurs pour une séance de dédicaces.

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