Les lois de la frontière de Javier Cercas


Le livre : Les lois de la frontière de Javier Cercas. Paru le 08 janvier 2014 chez Actes Sud dans la collection Lettres hispaniques. Traduit de l’espagnol par Beyer, Elisabeth Beyer et  Aleksandar Grujicic. 23€ ;  (345 p.) ; 15×24 cm.

Réédité en poche dans la collection Babel le 2 septembre 2015. 9€70 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur qg, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la “frontière”, au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ? Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.
C’est dans cette ambiguïté qu’excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l’exercice de la liberté.

 L’auteur : Javier Cercas Mena (né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres) est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.
Extrait :
Bref, a conclu l’inspecteur Cuenca, quand j’ai fini de lire le livre, je me suis souvenu d’avoir entendu un jour un professeur dire à la télé qu’un livre est comme un miroir, et que ce n’est pas le lecteur qui lit les livres mais les livres qui lisent le lecteur, et je me suis dit que c’était vrai. Je me suis aussi dit: Putain, les meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie me sont arrivées à cause d’un malentendu, parce qu’un livre horrible m’a plu et que j’ai pris un malfrat pour un héros. L’inspecteur Cuenca s’est tu; puis, sans cesser de me regarder avec une malice infiniment ironique, avec une ironie absolument sérieuse, il a demandé: C’est drôle, non?

 Le post-it du bibliothécaire

Ce roman rassemble tous les ingrédients de l’efficacité et de l’excellence des récits de Javier Cercas : une intrigue tenue avec brio jusqu’à la dernière page, des personnages surprenants, anti-héros de leurs propres vies et miroirs opaques de leurs faiblesses les plus profondes, et ce subtil mélange entre histoire et fiction qui caractérise l’écriture de cet auteur.

A l’époque de la transition démocratique espagnole, nous partons ici en quête de l’identité d’un jeune délinquant, qui de souffre-douleur va devenir malgré lui le pilier d’une relation indéfinissable entre deux personnages à la fois solitaires et inséparables : Zarco, figure impossible de l’amitié, et Tere, figure impossible de l’amour. Ce trio infernal va traverser une série d’épisodes douloureux, porté par son irrésistible propension à la chute.

Ce roman de Javier Cercas fait preuve d’une écriture brillante, parfois incisive, parfois rondement développée, mais qui n’oublie jamais la raison d’être de l’intrigue : l’écriture, la figure même de l’auteur. Le récit est en effet porté par la reconstitution de l’histoire de Zarco par un écrivain. C’est ce double jeu entre l’invention d’une histoire et sa transcription qui rend les personnages de Javier Cercas si réels et si attachants.

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La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!

 

Les fantômes du passé – Gaëlle Perrin-Guillet :


Le livre : Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 août 2018 aux éditions City. 18,90€ ; (320 p.) ; 14,5 x 22,5 cm.
4ème de couverture :
Londres, 1893 : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.
Mais quand le « meurtre de la calèche » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt ! Est-ce une machination ? Ou bien son frère serait-il encore vivant ?
L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue..
L’auteur : Gaëlle Perrin-Guillet est l’auteure de plusieurs romans policiers distingués par des prix littéraires. Avec Les Fantômes du passé, elle signe un nouveau volet de la série d’enquêtes de Henry Wilkes et Billy Bennett, qui se situent dans le Londres du XIXe siècle.
Extrait :
« Le flic vif et déterminé qu’il avait connu était mort en rendant son insigne dans une taverne insalubre de Whitechapel.
Billy l’avait pourtant prévenu : sans son métier, le temps s’étirerait cruellement, sans saveur. Wilkes était fait pour enquêter, et pour rien d’autre.
Les premiers temps avaient pourtant été agréables. Profitant de l’hiver, Henry avait emmené son jeune protégé sur les plages qu’il affectionnait tant , loin du tumulte de la ville. Billy se rappelait la caresse des vagues sur ses pieds nus, le crissement du sable et l’odeur du vent venu du large. Henry était intarissable alors, sur les volatiles qui se posaient près d’eux.
Puis tout s’était arrêté. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Les fantômes du passé, de Gaëlle Perrin-Guillet :

Tout d’abord, je remercie les éditions City et Élise de m’avoir permis de lire ce livre. Ne connaissant pas du tout la plume de Gaëlle, j’ai préféré lire le premier opus des aventures de Henry Wilkes et de Billy Bennett dans Soul or London avant d’attaquer celui dont je vous parle aujourd’hui .

Il est important de savoir que dans le premier tome, la relation entre Henry et Billy m’a énormément émue. J’étais ravie de les retrouver même si les circonstances du début n’étaient pas reluisantes. Mais la force de l’amitié ne déplace t’elle pas des montagnes ?

L’histoire débute par l’explosion de la calèche d’un notable qui cause sa mort et celle de son cocher. Nous nous trouvons dans le Londres du 19 ème siècle. Habituellement, les polars avec une touche historique ne me plaisent vraiment pas. Gaëlle a su captiver mon esprit et titiller ma curiosité afin d’en faire une réelle belle découverte.

Ayant visité il y a peu Londres, je me suis rendue dans tous les lieux que l’auteur a magnifiquement décrits. Je me suis réellement sentie repartie en Angleterre dans les ruelles, au Regent’s Park, sur Pimrose Hill. Un merveilleux souvenir de voyage ravivé par ce livre.

Henry Wilkes, ayant rendu son insigne, au grand désespoir de son ami Billy, se voit rappelé par son collègue qui a clairement du mal à l’avouer mais a besoin de son aide.

Wilkes accepte uniquement car Thomson a évoqué la possibilité que son frère, décédé, soit impliqué. Wilkes décide de tout faire pour laver son honneur. A partir de là, les fantômes du passé se réveilleront …

L’énigme est ficelée d’une main de maître. Les rebondissements, intrigues, sont bien présents.

Au-delà de l’enquête policière, l’ambiance a toute son importance. Comme je le disais plus haut, on sent que l’auteur connaît les lieux et a envie de nous y plonger complètement. Les ruelles sombres, l’apparition de nouveautés telles que l’électricité, l’automobile, et le téléphone. Ah la découverte du téléphone chez le légiste, un réel moment de plaisir !

On sent également que l’auteur a fait des recherches car aucun détails ne viendra choquer dans cette ambiance victorienne.

J’ai adoré la façon dont l’auteur y laisse des messages. On ressent les prémices du féminisme avec le personnage d’Alice qui veut prouver qu’en étant femme elle est également quelqu’un et mérite d’être reconnue à sa juste valeur.

Un roman, une enquête, une plongée dans l’histoire, un voyage, et des messages importants… voilà comment je résumerai la lecture de ce livre. Merci Gaëlle !

Je vous invite à faire de même et à vous plonger dans cette ambiance 19 ème londonienne . Vous n’en serez pas déçus !

Et pour répondre à certains qui se demanderaient si le premier opus est indispensable, je dirai que non. Vous pouvez directement lire le second et vous comprendrez tout mais il serait dommage de louper les débuts de la relation liant nos 3 personnages principaux.

 

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

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Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Sous les pavés la jungle – Simone Gélin


Le livre : Sous les pavés la jungle de Simone Gélin. Paru le 27 février 2018 chez Cairn dans la collection du Noir au Sud.  11€ : (341 p.) ; 18 x 13 cm

4e de couv :

Sous les pavés la jungle

Dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fresnes, deux vauriens se nouent d’amitié.

L’un, Milo, s’efforce de tourner le dos à la délinquance. Une fois libéré, captivé par l’histoire de ses grands-parents, une passion née sur les barricades de mai 68, il tire le fil rouge de ce passé et découvre ses racines : Bordeaux, l’estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d’Arcachon.

L’autre, Kevin, s’emploie à grimper dans la hiérarchie de la voyoucratie, s’adonnant aux trafics sordides et commerces d’êtres humains.

Leurs routes vont-elles se recroiser ? Peut-on sortir indemne de la prison ? Le destin en décidera.

L’auteur ; Après une carrière dans l’enseignement, Simone Gélin se consacre à l’écriture de romans dont le cadre privilégié est Bordeaux et le bassin d’Arcachon, où elle vit et puise son inspiration.
Ses écrits ont reçu plusieurs récompenses : Prix de la nouvelle au salon du livre de Hossegor en 2012. et au Festival Paris Polar en 2016 ; Prix Augiéras en 2014 à Périgueux et prix du jury au salon de Saint-Estèphe pour le roman
Le Journal de Julia ; Prix de l’Embouchure au festival international de littérature policière de Toulouse en 2017 pourL’Affaire Jane de BoySous les pavés la jungle est son cinquième roman.

 

Extrait :
« Chaque vérité a son prix.
Kevin a payé pour l’avoir et Milo s’estimait prêt à braquer pour avoir la sienne? Il se croit toujours plus fort qu’il n’est.
Mais la vérité est une pute qui ne fait que tendre des pièges.
Lui aussi s’est vautré dedans.
Il regrette comme un malade de s’être entêté là-dedans. Il a fallu qu’il s’obstine. C’est bien fait pour lui. Il n’avait qu’à la laisser tranquille la vérité. Là où elle était enterrée deouis cinquante ans. Elle avait fait son oeuvre en son temps et assez de dégâts, réduite au silence, aujourd’hui, elle ne risquait plus de faire de mal à personne. Il ne fallait pas la réveiller. »

 

Le petit avis de Kris

@Sud Ouest

Sous les pavés la jungle – Simone Gélin

Résumé : Dans la maison d’arrêt de Fresnes, Milo et Kevin deviennent amis. Libéré, Milo fait tout pour rester dans le droit chemin. En enquêtant sur l’histoire de ses grands-parents, il renoue avec ses racines et découvre la région de Bordeaux et le bassin d’Arcachon. De son côté, Kevin veut grimper dans la hiérarchie de la criminalité et participe à des trafics et à des commerces d’êtres humains.

Avis : Un nouveau coup de maître !! 
Du noir, tres noir comme je l’aime ! On se laisse entraîner par Milo qui n’a de cesse de connaître la vérité sur sa grand mère Léa, décédée dans des circonstances jamais élucidées. Un Milo voyou au grand coeur, tiraillé entre le bien et le mal, mais toujours droit dans ses bottes. Tout est en nuances dans ce livre, d’une finesse et d’une fragilité toujours crédibles qui vous bouleversent.

Et puis parvenir à mixer aussi adroitement les événements de Mai 68 (Très bien documentés soit dit en passant) et ceux de la jungle de Calais, tout à fait d’actualité, relève de l’exploit.

Une auteure que je vous invite tous à découvrir pour ceux dont ce n’est déjà fait !!

Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny


Ce soir comme promis c’est…

La double chronique

Et c’est MissAline et Clémence qui nous offre leur avis

Le livre : Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny.   Paru le 5 juin 2018 chez Independently published. 17€ ; (325 pages) ; 13×20 cm

4ème de couverture :

Pour que des vies basculent, il suffit parfois d’une seconde. New York, 2018. Assis en salle d’embarquement de l’aéroport de La Guardia, Tom Brady observe les autres passagers, autant d’anonyme ignorant tout de son terrible Thanksgiving 2015. Impossible d’oublier ce fameux jeudi ! Une journée noire, agitée, tendue, qui cache d’effroyables secrets mais aussi une vérité glaçante, dérangeante, dont les racines puisent bien plus loin dans le passé.

A cet instant, Tom est bien loin d’imaginer qu’il ne lui reste que trente seconde avant de mourir.

 

L’auteur : Né en 1976 en Pays de Champagne, Sébastien Theveny vit depuis 2002 en Franche-Comté. Il a une formation littéraire, il est l’auteur d’un recueil de poèmes intitulés : En vers…et conte tout.   Trouble Je,  est son premier roman, suivi d’« Un frère de trop » son premier thriller. Vient enfin Trente secondes avant de mourir.
Extrait :
«  C’est sans compter sur les impondérables : tous ces petits événements, tous ces petits rien qui, mis bout à bout, forment une journée. Ces petits moments où chaque seconde peut devenir un choix. »

L’accroche de Miss Aline

 

1988,  trois enfants  dont la vie est bousculée par certain événement dont ils ne parleront à personne.  

2015, année charnière dans la vie de Tom.

2018, toutes les trajectoires se retrouvent  dans  cet espace temps.

Trente ans, trente secondes et la vie défile, avance, s’enfuie. D’autres choix étaient-ils possible ? Est-ce vraiment un choix  ou juste l’effet papillon ?

Il n’y a aucune difficulté à passer d’une année à une autre ; je dirais presque d’une histoire à une autre. L’auteur décrit très bien chaque protagoniste et son espace temps. Mais quel est le lien entre eux ?  Plus tu avances et plus tu cherches la cassure, le truc qui va te faire dire « ah oui quand même ».

Trente ans à avancer, tenté d’oublier, ruminer.

Trente ans, des retrouvailles entre  gosses d’hier  devenus des adultes ayant oubliés leurs rêves. Trente seconde pour basculer.

Trente secondes pour prendre une autre route et couper celle d’une autre vie. Tom va les «bouffer » toute sa vie ces trente secondes.

Trente ans le méchant d’hier s’est racheté une conduite. Trente secondes d’inattention et  à nouveau l’enfer.

L’auteur s’attache à démontrer que rien n’est fixé. Tout peut prendre une tournure inattendue dans la vie. Que tu n’es pas le/la seul(e) à influer sur le court des choses, les autres le font parfois pour toi de façon inconsciente bien sur.

J’ai beaucoup aimé la façon dont le récit est découpé et qui t’amène à t’interroger sur le « on va où ? ». La lecture est fluide  et tu as du mal à quitter tes pages. Les choses se mettent en place et tu comprends. Ok pour cette fin alors… ah non l’auteur te ménage une petite sortie des plus surprenantes.

Un très grand merci à Sébastien  Theveny de sa confiance en me faisant découvrir son univers. J’ai hâte de lire ses autres romans. Surement un nom à suivre…

Bonne lecture.

 

Extrait :
J’ai cru que notre mariage pourrait me guérir, mais je n’ai jamais réussi à me libérer tout à fait du passé.
La seule manière de m’en libérer, c’est de faire ce que j’ai décidé d’accomplir aujourd’hui même.
D’ici quelques heures, mon âme sera libérée d’un poids gigantesque.
Même si le prix à payer est lourd.
Et dangereux.
Définitif.
Mon pauvre homme, je fais de toi une victime collatérale de mes actes.
Le risque est grand que je finisse mes jours derrière les barreaux…
D’une certaine manière, je t’aime.

 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Sébastien Théveny , Trente secondes avant de mourir :

Première fois pour moi que je lis un livre de cet auteur , que je remercie pour sa confiance .

J’ai été subjuguée par cette nouvelle plume et je suis sûre d’être assidue dans la lecture de ses ouvrages …

Passons aux choses sérieuses :

Tom , patiente dans la salle d’embarquement de l’aéroport , où mal à l’aise il observe toutes les personnes qui l’entourent . Étrangement , plusieurs personnes ne lui semble pas inconnues …

Nous allons faire des nombreux retours en arrière pour faire connaissance avec ces personnes censées ne pas se connaître et pourtant … quel est le lien qui les unit ?

Pour le découvrir il vous faudra lire ce superbe roman .

L’auteur nous fera revivre cette fameuse journée , où tout a été de travers , où le destin de Tom et des autres personnages  a pris un sacré tournant .

Vous ferez la connaissance d’Erin , de Ramon , de De Marcus … et ils méritent d’être connus .

Alors n’hésitez plus et retenez bien ce nom , Sébastien Théveny . Je vous assure que vous ne serez pas déçu , c’est promis !!

J’ai vraiment adoré ce livre , j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher . Un petit bijou !

Extrait :
En somme, la vie de chacun n’est que l’accumulation de petits riens dans la grande mêlée générale de la fourmilière humaine

Voilà mes polardeux,

J’espère que comme moi vous avez fait une découverte car une nouvelles nos flingueuses n’ont bien donner envie de le lire celui-là. Rhaaaa sacrée tentatrices !

Et comme si cela ne suffisait pas ! …

Sébastien Theveny viendra bientôt papoter ici avec Clémence (autour du 4 aôut)

Haut les cœurs ! – Caroline Noël


Le livre : Haut les cœurs ! de Caroline Noël. Paru le 22 mai 2018 chez Charleston. 18€ ; (320 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Haut les coeurs !

Les amies, les amours, les enfants, un boulot passion, sans compter le succès de son blog de voyages… La vie de Chloé était si belle jusqu’à ce qu’elle assiste, incapable de réagir, à un événement bouleversant. En l’espace d’une seconde, la jeune femme sait que plus rien ne sera comme avant…

Sous le choc, elle décide de ne rien dire. À personne. Mais le silence est un lourd fardeau à porter. Désormais, tout semble s’enrayer dans sa vie. Comme si on lui avait coupé les ailes.

En pensant compter sur ses amies proches, Ada, Jess, et Mila, Chloé va se rendre compte que certaines décisions ne peuvent être prises qu’en solitaire. Leur amitié tiendra-t-elle le choc ? Et qu’en sera-t-il de son couple ?

« Attachez et ajustez votre ceinture, vous allez décoller pour un moment de lecture rafraîchissant et authentique (…) ! Ce livre va illuminer votre journée. »
Angélique, du blog Les lectures de Lily

L’auteur : Grande lectrice, jeune maman de deux garçons, Caroline Noel a créé en 2016 son blog Carobookine, dont le succès n’est plus à faire. Elle a été membre 2016 du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs, membre du comité de lecture Cultura 2016, juré du Prix du Livre Romantique en 2017, Lectrice Charleston 2017 et Lectrice-Jurée 2017 du Grand Prix des Lectrices Elle. Elle organise régulièrement des apéros-littéraires dans les librairies de son entourage mais aussi dans des lieux improbables. Caroline fait aussi partie de la team d’organisation du Festival sans Nom, le salon du polar de Mulhouse. Elle est aussi jurée du prix FSN. Haut les coeurs ! est son premier roman.
Extrait :
Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Je dois bien l’admettre, depuis ma rencontre avec ce Marc-Antoine Ruitare, ma concentration en a pris un coup. Je n’arrête pas de repenser à notre discussion, ou devrais-je dire à son monologue.
Impossible de faire comme si de rien n’était et pourtant, je n’ai rien de concret. Quelqu’un que je ne connais pas me dit avoir une proposition à me faire, mais sans rien dévoiler. C’est étrange tout de même… Et depuis cinq jours, je conserve cette carte de visite comme un sésame, sans jamais oser téléphoner. D’ailleurs, n’a-t-il pas dit qu’il appellerait ?
Je souris en repensant à la tête de Maxime lorsqu’à mon retour de Barcelone, je lui ai raconté, mi-hébétée, mi-excitée, l’approche du Guide du Globe-trotter. Il n’en est pas revenu. Parce qu’il me connaît, je suis plutôt spontanée, 
un peu réservée certes, mais je n’ai pas la langue dans ma poche, alors m’imaginer bouche bée, ça l’amuse. Décidément, il n’y a qu’à moi qu’une chose pareille pouvait arriver.

Le post-it de Ge

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Voilà bien une lecture improbable. Jamais je n’aurai été vers ce genre de bouquin. Des livres pour fille. Voilà comment je définissais ce genre de littérature. Non rien de méprisant dans mes propos. La littérature féminine n’est juste pas ma littérature de prédilection. La chick-lit comme on l’appelle, littéralement la littérature pour poulette fait lire énormément de monde et rien qu’à ce titre, la bibliothécaire que je suis ne peut que la respecter. On dit aussi littérature Feel good. Un genre qui donnerai la patate. Alors pensez, si en plus la lecture de ce genre de livres met les lectrices de bonne humeur et les rend heureuses….

  Non jamais je n’aurai pensé lire ce genre littéraire, mais voilà !

Caroline Noël je la connais, mieux je l’apprécie, c’est devenue une bonne copine. Il faut dire que la jeune femme est vraiment quelqu’un d’attachant. C’est une jeune femme talentueuse, pétulante, qui respire la joie de vivre. Caroline est doué dans tout ce qu’elle entreprend. En plus elle adore le livre et la lecture et surtout elle aime faire passer les émotions que celle-ci peut provoquer chez les lecteurs zé les lectrices. Et elle fait ça avec brio… Ses cafés littéraires sont passionnants

Vous avez vu la couverture du livre, ça respire le bonheur, non ! Et bien ça c’est Caroline, pétillante, malicieuse, joyeuse…Quand j’ai vu cette couv, je me suis dit mais c’est elle, là ! Et puis comme j’apprécie énormément Caroline, je ne pouvais décemment pas ne pas lire son premier roman. On ne fait pas ça à une amie, sinon on est pas digne de confiance…

Et bien justement, ça tombe bien, car c’est bel est bien de confiance et d’amitié dont il est question dans Haut les cœurs !. Finalement ce livre il était peut-être bien fait pour moi.

Chloé est une blogueuse reconnue dans le secteur du tourisme avec Clollidays, son site spécialisé dans les destinations familiales. En créant Clollidays, , Chloé, mariée et mère de trois enfants, se sentait immunisée contre les événements tragiques. Mais malheureusement rien n’est jamais certain. Elle sait néanmoins pouvoir compter sur ses amies proches, Ada, Jess et Mila. Quoique, après le lourd secret qu’elle va leur cacher, toute sa vie peut basculer. Chloé qui a toujours tout partager avec ses meilleurs amies, se voit contrainte de leur cacher un événement qui la mine et dont elle n’est pas fière car elle redoute le jugement de son entourage. Et elle qui était sans doute le pilier et le moteur de cette belle histoire d’amitié et de complicités, elle la femme épanouie, rayonnante, peu à peu perd pied et se terni. Les doutes et la culpabilité de Chloé ne risquent-t-ils pas de se rompre l’équilibre si parfait de sa vie si parfaite elle aussi !

Voilà dans quelle histoire m’a plongée mon amitié pour Caroline.

Je vous avoue que quand j’ai lu les premiers chapitres, j’y est vu une retranscription de la vie de l’auteure. Bien sur Caroline n’est pas Chloé, elle n’ont pas le même job, n’habite pas la même ville, surtout n’en pas le même blog… Et pourtant Chloé a quelque chose de sa créatrice, peut-être sa fraîcheur, son goût pour la vie, son goût pour les autres. Cette fascinante facilité qu’elle a de rendre tout ce qu’elle entreprend simple et facile. Cette façon naturelle qu’elle a et qui la rend sympathique d’emblée.

Chloé, son mari, ses enfants, sa vie de famille. Chloé, Ada, Jess, et Mila, les inséparables, les amies fidèles.

Bref je me suis laissée prendre par cette lecture, par cette histoire d’amitié, de secret gardé, de culpabilité, de ce qui donne un sens à la vie. J’ai plongé tête baissée dans ce roman à la fois rafraîchissant et profond. Je me suis complètement fait avoir, me laissant entraîner dans cette intrigue. Il faut dire que l’écriture de Caroline est fraîche, dynamique et fluide.

Je crois vraiment que je tiens là mesdames, et pourquoi pas messieurs, le livre de votre été. C’est frais, c’est lumineux, c’est pétillant, c’est fait pour les vacances !

Alors on note le titre, Haut les cœurs ! et on retient le nom de l’auteure, Caroline Noël, car à mon humble avis il va falloir la suivre de très prés !

Dis Caroline, c’est quand le prochain ?

Chorale de Nick Gardel


Le livre : Chorale de Nick Gardel. Paru le 15 septembre 2017 chez Friends Only. 15€ ; (327 p.) ; 18×11
Résumé :
Un magasin qui explose, un mitraillage à la kalachnikov, une sirène recherchée, un gang sanguinaire, Peter, Jean-Édouard et Lorelei sont des habitués du chaos.
Quand leurs extraordinaires aptitudes pour les ennuis s’entrecroisent, cette troupe soudée par l’amitié prend la route à bord d’une vieille DS qui en a vu d’autres.
Mais jusqu’où peut conduire l’amitié ?
L’auteur : Natif du 92, transplanté puis réenraciné en Alsace, Nick Gardel garde un amour sans faille pour la Capitale et le goût des voyages en train. Ayant toujours essayé de transformer ses loisirs en travail, il a été, tour à tour, vendeur de disques d’occasion, d’informatique grand public, pour finir dans l’Education Nationale. Depuis, cette grande institution lui confie les adolescents les plus en marge du système scolaire voire de la société. Mais la marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier…

 

 Le post-it de Ge

Quoi vous ne connaissez pas encore Nick Gardel. Alors nous allons faire en sorte de réparer cette injustice. Nick Gardel est ce que l’on peut appeler un chic type, un bon copain, sans doute un ami sur lequel on peut compter. Non que ce soit quelqu’un de mon entourage, j’ai fait sa connaissance il y a peu de temps et j’avoue que le gars est sympathique.  Mais avant que le rencontrer j’avais fait connaissance avec sa plume qui m’avait emballée. J’avais découvert un style très frais, une plume qui aime faire chanter les mots. En lisant Fourbi Etourdi, j’avais les yeux qui pétillaient de malice. Je retrouvais chez Nick Gardel le plaisir truculent des mots.

Aussi lors de notre première rencontre je décidais de lui prendre son dernier opus. Chorale que ça s’appelle et ça porte bien son nom puis il s’agit bien d’un roman choral, donc une histoire racontée par plusieurs narrateurs à tour de rôle.

Dans un roman choral soit il est question du même événement dévoilé à travers différents points de vue, soit il est question de narrations successives et complémentaires qui mises bout à bout, forment l’intrigue. Ici, notre auteur mêle un peu ces deux définitions pour corser le tout. Car tantôt nos héros vivent la même situation et nous la vivons à travers leur différent point de vue et tantôt les protagoniste nous raconte tour à tour l’histoire pour nous faire progresser dans l’enquête. 

Les personnags d’ailleurs parlons en ! Et bien Nick Gardel est un malin. Il convoque dans chorale, tout son panthéon. Tous les héros de ces précédents romans. 

Personnellement j’ai été heureuse de retrouvé JED et Lorelei que j’avais suivi dans Fourbi Étourdi. J’ai été contente de faire la connaissance de Peter Raven, un libraire en plus. Bon ok libraire un peu malgré lui, mais quand même un amoureux des livres et des mots. Et puis j’ai rencontrer la commissaire Bastélica ou plutôt l’ex commissaire, une femme de caractère comme je les aime. 

Et visiblement je ne suis pas la seule à les aimer. L’auteur lui aussi a pris du plaisir à les réunir tous dans une même histoire. Il les aime ces losers sympathiques, ces anti-héros façon Westlake. Les héros de Gardel m’ont fait penser à Dortmunder et de sa bande bras cassés. Nick maniant lui aussi l’humour faussement joyeux. Un humour sans doute plus français, certaine mauvaise langue diront franchouillard. Là je m’inscrit en faux, dans les bons mots de Nick Gardel il y a plus de Audiart que de San Antonio. 

Nick Gardel serait-il le sale gosse du polar français. Rejoindrait-il les Samuel Sutra ou les Stanislas Pétrovski. Serait-il de la famille de Nadines Monfils. 

Ce qui est certain c’est qu’avec les livres de Nick Gardel on ne s’ennuie jamais. Et on pense aux Tontons flingueurs, en lisant les répliques de ses personnages. On se laisse attendrir par leur faculté à se mettre dans les emmerdes  Et on rit de bon coeur à leurs déboires et leur aventures loufoques. 

Ah oui, j’oubliais, Chorale et aussi un bel hymne à l’amitié. je vous avez prévenu Nick Gardel semble être un chic type et  sans doute un très bon copain. Sinon, vous, jusqu’où êtes vous prêts à aller par amitié ?

 

Fausse note de Guy Rechenmann


Le livre : Fausse note : une nouvelle enquête d’Anselme Viloc de Guy Rechenmann. Paru le 27 avril 2015 chez les éditions Vents salés / collection Azur. 19€50 ; (269 p.) ; 21 x 15 cm.

4ème de couverture :

Printemps 1992, promotion oblige, Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Spécialisé dans les causes perdues, il reçoit, le matin du 16 avril un témoignage à la fois loufoque et émouvant d’un père à la dérive concernant sa fille Pauline disparue depuis presque une année.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
La partie ne sera pas facile pour Anselme, le « Flic de papier », les indices lointains et rares, et les nouveaux personnages rencontrés pas ou peu coopératifs. Tout au long du roman, le bassin n’est jamais loin, magnétique et apaisant. Depuis sa terrasse, celle de la cabane de pêcheur qu’il occupe au Canon face à l’île aux oiseaux, il se plaît à réfléchir au gré des marées y trouvant calme et inspiration. Une période dramatique de l’Histoire, convoquée entre les pérégrinations hésitantes de l’enquête, rend le récit d’autant plus énigmatique.

 

L’auteur : Guy Rechenmann est né le 17 août 1950. Ecrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann avoue être un rêveur et un poète. Le hasard, il n’y croit pas beaucoup préférant parler de coïncidences, son thème de prédilection… Il attendra 2008 pour publier un recueil de poésies et de nouvelles « La Vague » éditions Ecri’mages suivi de cinq romans « Des fourmis dans les doigts » éd. L’Harmattan et « Le Choix de Victor » éd.Vents Salés où se mêlent suspense, poésie et onirisme…
Avec « Flic de Papier », « Fausse Note » et « A la Place de l’Autre » ses derniers romans aux éditions Vents Salés, il revisite le genre policier d’une façon nouvelle et inattendue grâce au même personnage Anselme Viloc, un flic atypique et obstiné..
Guy Rechenmann écrit ses romans au Cap-Ferret.

 

Extraits :
Lily … «  Est-ce que tu crois que l’homme est prédestiné pour le crime ou exprimé d’une autre manière, existe-t-il un gène du criminel ? Ou alors est-ce que tu crois que ce sont les circonstances qui font de certains des criminels ? Attention, je ne te parle pas des crimes passionnels, biens explicables à défaut d’être compréhensibles. Non, je te parle des actes de sang froid, élaborés, pensés, construits à des fins destructrices. Et en seconde question, est-ce que tu crois que l’intelligence est un rempart à cet instinct de folie, en gros existe-t-il une morale ?
Elle me prend pour Schopenhauer la petite, je mets mes trois idées en ordre, souffle un bon coup  et me lance :
-Je ne suis pas payé pour philosopher, Lily, mais pour retrouver des braves gens. »

La chronique jubilatoire de Dany

Fausse note de Guy Rechenmann

Une construction originale pour cette deuxième aventure d’Anselme Viloc. En effet, écrit en 2015 (comme Johana Gustawsson « Block 46 » en 2016, Nicolas Lebel avec « de cauchemar et de feu » en 2017 et Jacques Saussey « 7/13 » en 2018) l’auteur déroule en parallèle à l’intrigue principale, un récit historique dont le lecteur se doute qu’il sera une clef essentielle à la résolution finale.

Début 1992, Anselme, flic bordelais amoureux du bassin qu’il nous fait visiter, doit enquêter à partir d’un rêve, sans mobile et sans corps … y a-t-il vraiment eu crime ? Il rencontre des difficultés du fait que les notables locaux ne sont pas prêts à dévoiler leurs secrets. Il décide de s’investir d’avantage quand son adjoint se retrouve en danger en se faisant aider par Lily (11ans) surdouée et …future flic à n’en pas douter !

Touchant car la fin inattendue où le présent est rattrapé par la grande histoire,  rend les personnages les plus sombres, plutôt sympathiques.

Attention  ce titre, Fausse note, se fait rare !

Mais « Même le scorpion pleure », la quatrième aventure d’Anselme est sorti en librairie il y a quelques jours et nous devrions vous en reparler bientôt .

 

La voix secrète – Michaël Mention.


Vous le savez maintenant !

Sur collectif polar nous aimons régulièrement vous donner deux ressentis de lectrices sur un même livre.

Ceux-ci peuvent-être divergents ou aller dans le même sens.

Ce qui est certain, c’est qu’ils se complètent.

Pour que vous amis lecteur, vous vous fassiez votre propre opinion.

Aussi aujourd’hui c’est Julie, notre jeune apprenti chroniqueuse et Eppy Fanny notre Flingueuse en chef qui  se sont lancées dans l’aventure de la double chronique.

Et cet après-midi c’est Eppy qui clôture la session.


Le livre : La voix secrète de Michaël Mention. Paru le 5 janvier 2017 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 7€10 ; (229 p.) ; 18 x 11 cm.
Résumé:
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain. Critiqué par ses pairs, Allard s’enlise peu à peu dans ses questions : son ami Lacenaire est-il impliqué dans les crimes ? Si tel est le cas, sa participation à l’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à l’enquête et d’aggraver le chaos ambiant ? 
L’auteur : Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste.. ces roman sont inscrits dans une démarche de création littéraire originale et séduisante, que Michaël Mention pratique avec beaucoup d’habilité… et de plaisir. Et il faut dire  que de livre en livre, l’originalité et le talent de Michaël Mention s’affirment aux frontières des littératures historique, policière et fantastique.  Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.
Extrait :
N’en déplaisent à mes admirateurs et à mes détracteurs, je ne suis ni un Robin des Bois, ni un opposant de plus à Louis-Philippe. Mon idéal, c’est moi, envers et contre vous. Je n’ai mené qu’un combat, celui de me préserver de votre morale, de votre roi et de votre dieu. Voilà, c’est dit.

La Chronique D’Eppy Fanny

LA VOIX SECRETE DE Michaël MENTION

Editions 10/18

Michaël nous entraîne dans un roman historique inspiré des derniers jours du célèbre Lacenaire.

Le récit : Paris, Hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe, la police enquête sur des meurtres d’enfants. Dans un Paris qui gronde, un Roi mal aimé qui réchappe à un attentat, une presse républicaine très active…

Et au milieu de ces turbulences, une ombre immense qui rode et s’abat sur des enfants qu’elle décapite. De pauvres enfants du peuple qui travaille dans de sombres ateliers et dont les restes éparpillés finissent dans le ruisseau…

En parallèle, Lacenaire, emprisonné, qui s’attèle à ses mémoires, car sa fin, tant souhaitée, est proche. Impatient de son RDV avec la guillotine qui lui a inspiré son plus beau poème à ses yeux, « Dernier chant »

(Extrait P.16):

Salut à toi, ma belle fiancée,

Qui dans tes bras va m’enlacer bientôt !

A toi ma dernière pensée,

Je fus à toi dès le berceau.

Lacenaire emprisonné à la Conciergerie et qui suscite l’intérêt, la curiosité, la colère et parfois l’amitié de ces visiteurs et des Dirigeants de l’Epoque (Gisquet, Thiers et le Roi en particulier).

Un assassin qui ne vient pas d’un milieu défavorisé, qui a une sexualité dérangeante, et qui écrit ses mémoires.

Ballet incessant dans cette geôle : Dumoutier le phrénologue, Lebel le Directeur de Prison, Chabrol le gardien, Arago, Reffray de Lusignan, Allard, Canler, la Baronne De Chaimbourg et autres admiratrices frémissantes.

L’enquête sur les meurtres est confiée à Allard et Canler. Le peuple a peur, le peuple gronde. Il faut faire vite. Allard remarque, sur le 1er corps supplicié, des traces identiques à celles retrouvées sur des victimes de Lacenaire. Qu’est-ce à dire ?

Le voilà visitant le prisonnier et lui demandant, au nom de leur amitié, de l’aide pour appréhender ce tueur d’enfants. Car Lacenaire, bien qu’assassin multirécidiviste, ne s’en est jamais pris à ces innocents.

Gisquet s’étouffe à cette demande de collaboration, et s’étouffe encore plus, lorsque Lacenaire profite de cette sortie extraordinaire pour examiner les corps d’enfants, pour s’échapper.

Une évasion qui donnera la part belle à Canler puisque Allard se retrouve au placard.

L’enquête se déroulera jusqu’à l’arrestation du coupable et nous connaîtrons enfin ses motivations.

Lacenaire sera repris et exécuté. L’histoire suivra son cours jusqu’au moment où le couperet fera son œuvre.

Ce qui est passionnant dans ce roman, c’est le parti pris du récit majoritairement fait par Lacenaire, sa vision sans concession sur une époque et ses travers.

Extrait P.27 : « Derrière la muraille, j’aperçois ce que certains nomment la liberté, ballet incessant de bourgeois et de miséreux. France, je te plains. Que tu sois aux mains de Louis XVI, de Napoléon, de Charles X ou aujourd’hui de Louis-Philippe, tes inégalités demeurent. La nausée qu’elles m’inspirent me renvoie à celle qui m’a conduit au crime : un dégoût de l’humanité trop pesant, dont je compte bien nourrir mes Mémoires. »

Une vision qui dérange, des écrits qui effrayent et que la censure va inexorablement sabrer.

Une tentative pour stopper cette censure, avortée par les puissants via un chantage ignoble…

Un pouvoir qui a des soubresauts et des hoquets suite à l’attentat de trop :

Exécution de tous les opposants incarcérés, arrestation de tout individu aux opinions républicaines, interdiction de la presse républicaine, dissolution des Sociétés de secours mutuels…

Un gros coup de vis…

 

J’ai adoré ce roman historique parfaitement documenté.

Un roman qui regroupe mon goût pour l’histoire et les intrigues policières

Cette approche sociétale, ce récit puissant sur les manœuvres des puissants afin de préserver leur position. Cette image d’une époque passionnante.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette pépite.

Pour ma part j’ai hâte de découvrir d’autres ouvrages de la plume de Michaël. Me voici accro mon ami !

Et pour ceux et celles qui auraient loupé « Le compte rendu de Julie » sur La voix secrète c’est ICI.

Bonne soirée à vous tous mes chers polardeux