Manuel pratique de la haine de Ferréz


Le livre : Manuel pratique de la haine de Ferréz. Traduit du brésilien par Paula Anacaona. Paru le 15 septembre 2009 chez Anacaona Éditions.19€;  (249 p.) ; illustrations en noir et blanc de ; 21 x 15 cm

4e de couv :

Manuel pratique de la haine

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lúcio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait.

Sans perspective de futur, tombés dans l’engrenage cruel de la haine, poussés par une faim ultime, ils tuent, aiment ou meurent dans des proportions démesurées.

La violence, hors de contrôle, explose et s’impose dans cette oeuvre brute.

Écrit par une des voix marginales les plus prometteuses de la fiction urbaine brésilienne contemporaine, le Manuel Pratique de la Haine, roman original, marginal et vertigineux, révèle sans fard la brutalité des favelas de São Paulo.

L’auteur : Ferréz, terroriste littéraire. Fils d’un chauffeur de taxi et d’une domestique, l’écrivain Ferréz, leader communautaire de la favela Capão Redondo à São Paulo confie que la littérature a été pour lui une planche de salut. Pendant sa jeunesse, il enchaîne les petits boulots sans jamais se séparer des livres, même s’il devait parfois perdre des heures dans les transports en commun pour aller à la bibliothèque la plus proche.

En 1997, il auto-édite son premier livre et c’est en 2000 que le roman Capão Pecado – jeu de mots autour de son quartier, Capão Redondo, qui devient le « Capão du péché » – le révèle au grand public. C’est l’explosion, le livre est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires [à ce jour, plus de 100 000 exemplaires vendus]. En 2003, le Manuel pratique de la haine l’installe définitivement parmi les écrivains contemporains brésiliens importants.

Ferréz a créé un nouveau type de littérature, la littérature marginale – faite par les exclus pour les exclus, ceux qui sont en marge du pouvoir central. Entre les nouvelles, les romans, les livres pour enfants, les pièces de théâtre et scripts pour la télé, les bandes-dessinées et les textes de rap, Ferréz fait entendre sous toutes les formes la voix des habitants des grandes périphéries urbaines au Brésil.

Contrairement à de nombreuses célébrités originaires de la favela, Ferrez a décidé, par militantisme, de continuer à y habiter.

Ses romans décrivent le quotidien violent de son quartier. Se basant sur des faits et des personnages réels de sa favela, s’imprégnant des thèmes qu’il combat et avec lesquels il cohabite, Ferréz réfléchit dans son œuvre sur le racisme, la pauvreté, la violence et la solitude de l’homme dans la société de consommation.

Ce qui caractérise le style de Ferrez, c’est son travail impressionnant sur la langue, les mots, les sonorités. En cela, il a donc toujours été proche du mouvement culturel hip hop.

Pour lui, vivre à São Paulo, c’est survivre.

 

Citation :
Il en conclut que la vie est un entonnoir et que seuls passent ceux qui s’adaptent à chaque nouvelle situation

Le post-it de Ge

9782918799009,0-1255528

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lucio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait…

Plongée vertigineuse dans le monde du crime de São Paulo

Ce roman est dur, voire brutal, et présente une galerie de personnages hauts en couleur et tous plus ravagés les uns que les autres.

L’auteur propose un regard sans concession sur la société brésilienne d’aujourd’hui. Le Brésil, un pays où la misère est omniprésente et la violence quotidienne.

Ce livre est loin de la carte postal du Brésil, il nous donne à voire l’envers du décor.

L’écriture de l’auteur et le langage des personnages est celui du ghetto, celui des favelas.

Et dans ces ghetto le seul manuel possible est celui de la survie, nous prévient l’auteur

Un texte âpre, déroutant voire dérangeant.

A découvrir sans attendre

 

Extrait : 
Après tout il s’est toujours dit que le pire n’est pas de ne pas avoir, mais plutôt de savoir qu’on n’aura jamais, plusieurs voitures, certaines avec des autocollants Droit, Odontologie et le nom de l’université en dessous, Régis se sentait tel un héros, il avait compris les règles du capitalisme, amasser du capital à n’importe quel prix, après tout les exemples autour de lui l’inspiraient encore plus, ces ennemis qui se serraient dans les bras au nom de l’argent au Conseil Municipal et à l’Assemblée Législative, ces ennemis qui se serraient dans les bras dans l’émission du dimanche pour célébrer les ventes d’un nouveau CD, les exemples étaient clairs et visibles, il fallait vraiment le vouloir pour ne pas les voir.

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Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson


Le livre : Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson … – traduction : Laurence Mennerich – Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Presses de la cité – collection Domaine étranger -21.50€  (502 pages) ; format 23×14 cm. – epub 14.99€

 

4ème de couverture :

Après avoir séduit 1,3 million de lecteurs en France, le Vieux ne sucre toujours pas les fraises !

Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s’apprête à fêter son cent unième anniversaire quand… patatras ! Le ballon s’échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d’un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il se trouve que l’embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l’uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s’enfuit avec une mallette au contenu explosif… un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l’aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d’une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d’amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l’asperge.

 

L’auteur Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois né à Växjö , le 6 juillet 1961.Avant de devenir écrivain, Jonas Jonasson a longtemps travaillé comme journaliste, consultant dans les médias puis producteur de télévision.
Décidant de commencer une nouvelle vie, il se met à la rédaction d’un manuscrit, vend tout ce qu’il possède en Suède et part s’installer dans un village suisse, près de la frontière italienne (dans le canton du Tessin).
En 2009, son manuscrit est publié. En France, il paraît aux Presses de la cité en mars 2011, sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle.
Son second roman, L’analphabète qui savait compter est sorti en France en octobre 2013, suivi en 2016 par  l’assassin qui voulait une place au paradis

 

 Extrait :
« Donald John Trump était né à New York le 14 juin 1946, un an jour pour jour après que le citoyen suédois Allan Emmanuel Karlsson eut donné aux États-Unis la solution à leurs problèmes de fabrication d’une bombe atomique.
Les deux hommes avaient plus en commun qu’il y paraissait. Allan avait hérité d’une cabane sans eau courante ni isolation, en pleine forêt, en dehors de Malmköping, et le jeune Donald, de vingt-sept mille appartements à New York City. Les fistons traversèrent ensuite une période funeste. Allan fit exploser sa cabane ; Donald fit à peu près la même chose avec l’empire immobilier de son père et fut sauvé de la faillite grâce à plusieurs banquiers charitables.
Un autre de leurs points communs était d’avoir réfléchi au sens de la vie au même moment, chacun de son côté : Allan à Bali, avant d’être ensorcelé par une tablette noire et de partir à la dérive dans une montgolfière, Donald dans une grande maison blanche à Washington, entouré d’idiots et d’ennemis. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson

On avait laissé Allan se dorer en Malaisie, bourré de fric et en bonne compagnie. Un an après il accepte de fêter ses 101 ans de façon détonante … il fait sa révolution numérique et devient addict de la tablette à la pomme, tandis que Julius est en adoration pour les asperges.

Si l’auteur avait balayé avec humour les cent premières années d’Allan en lui faisant rencontrer tous ceux qui ont fait l’histoire de ce dernier siècle, c’est maintenant au présent qu’il s’attaque. Quels sont les fléaux qui nous guettent ? Tour à tour le regard critique de Jonas Jonasson se porte sur la Corée du Nord et son chef à la coiffure de Play-mobil, le nouveau Président des Etats-Unis et ses tweets incendiaires, l’Europe en pleine errance avec la montée des populismes, les manœuvres russes pour influencer les élections dans notre monde occidental « démocratique »… quelques espoirs néanmoins à glaner auprès des peuples sages du pays Massaï !

Un nouveau road-trip pour nos héros mais cette fois, ils ont lâché l’éléphant pour une valise d’uranium enrichi de contrebande, en créant leur fabrique de cercueils personnalisés, poursuivis par des néonazis suédois. De nouveaux joyeux drilles rejoignent nos héros : une entrepreneuse de pompes funèbres et apprentie médium, une dissidente des services secrets germaniques adepte des asperges, une ministre suédoise des affaires étrangères …

Tout le suspense est de savoir si Allan fêtera ses 102 ans, l’instinct de survie est bien là cependant … Tout le suspense est de savoir si notre monde survivra à la menace nucléaire et autres fléaux … Côté auteur : qu’est-ce qui fait de lui cet adorateur d’Angela ?

J’ai adoré ce qui devrait être des caricatures de notre actualité vu par ce suédois bourré d’humour, ravageur et dérangeant, qui nous fait faire quelques arrêts sur image, salutaires à notre interprétation du monde.

Merci aux Presses de la cité pour leur confiance.

 

Lu en version numérique.

 

 Extraits

« La Suède s’étend sur mille six cents kilomètres de long, un peu moins en large. Une surface plutôt vaste pour dix malheureux millions d’habitants. Dans la plus grande partie du pays, on peut marcher des heures sans croiser une seule personne. Ni même un élan. On peut acquérir une vallée avec un lac pour une somme qui ne suffirait pas à acheter un studio délabré en banlieue parisienne. L’inconvénient, on le découvre ensuite, c’est qu’il faut parcourir cent vingt kilomètres pour se rendre au magasin le plus proche, cent soixante jusqu’à la pharmacie, et si jamais on marche sur un clou, boitiller encore plus loin pour atteindre l’hôpital. Si on veut emprunter du lait pour le café au plus proche voisin, on risque de devoir marcher trois heures. Le café aura refroidi bien avant qu’on soit rentré.

Ceux pour qui ce mode de vie n’a pas beaucoup d’attrait ont passé l’accord tacite de se rassembler à Stockholm et alentour. Leur présence attire les entreprises. H&M, Ericsson et IKEA préfèrent suivre deux millions et demi de clients potentiels plutôt que, disons, les soixante-dix personnes qui n’ont pas encore quitté le village de Nattavaara, au nord du cercle polaire. »

« En Suède, il existe une chose qu’on appelle « le principe de publicité », autrement dit la transparence documentaire. Cela signifie que tout ce qu’un fonctionnaire fait, écrit, dit – voire pense – doit être consigné sans délai dans un rapport consultable par tout citoyen qui le souhaiterait. Les citoyens, en général, posaient rarement de problèmes. Il en allait autrement des journalistes. »

« Tandis que Sabine et Julius vaquaient à leurs affaires, Allan avait trouvé un canapé dans le salon télé de la maison d’hôtes, où il attendait que Sabine fasse de petites pauses dans ses recherches, afin de rattraper son retard de lecture. Entre autres sur le courroux des Suédois face aux distributions de courrier qui laissaient fortement à désirer. Beaucoup trop de lettres mettaient deux jours à arriver, au lieu du seul promis. Plutôt que d’améliorer ses services, la poste changea les règles. À présent, toutes les lettres mettraient deux jours. Ainsi, le taux de ponctualité approchait les cent pour cent. Allan songea que le directeur de la poste pouvait s’attendre à recevoir une prime conséquente.

Sur un autre sujet, un cadre du Front national français avait mangé un couscous dans un restaurant maghrébin. Et il avait trouvé ça bon ! Voilà qui était extrêmement antipatriotique. Le Couscous Gate aurait entraîné l’exclusion du mangeur de couscous, à moins qu’il n’ait pris volontairement la porte. Allan ne savait pas ce qu’était le couscous. Sans doute l’équivalent dans le monde arabe de la soupe de pois au lard. S’il devait ingurgiter encore une fois ce plat, il concevait de démissionner aussi. Même s’il ne savait pas trop bien de quoi. »

« Les lions pensent de manière logique et toujours selon les mêmes principes. Ils n’ont pas l’aptitude de distinguer un être vivant d’un véhicule motorisé, tant que le premier a le bon sens de rester dans le second. Si, par exemple, le félin voit approcher une voiture à ciel ouvert pleine d’humains, il globalise et se pose trois questions : 1/ puis-je manger cette chose ? (non, c’est trop gros), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, une longue expérience m’a appris que les voitures tout-terrain et les camions n’attaquent jamais), 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin).

Mais qu’une personne quitte la sécurité du véhicule de la taille d’un éléphant et les réponses aux questions que se pose le lion sont tout autres. 1/ puis-je manger cette chose ? (oui, et ça va être bon !), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, comment s’y prendrait-elle ?) et 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin). »

« Douze mois plus tôt, ils avaient porté un toast aux événements aux États-Unis et à la nomination prochaine de Donald J. Trump. Depuis la nuit du vote, une division entière de l’armée du Net de Guenna avait été employée à effacer les traces, tandis que trois autres divisions modifiaient régulièrement leur position pour que rien n’entrave l’effondrement des États-Unis. Encore douze mois plus tôt, c’était le Brexit que les amis avaient célébré. Deux extraordinaires victoires en autant d’années.

2017 n’avait pas été aussi faste. Le chaos aux États-Unis était bien sûr fantastique, mais aussi effrayant. Il incitait à l’humilité pour la suite. Tout en haut sur le planning figurait la question de se débarrasser de Trump ou non, et, dans l’affirmative, de faire de même avec Kim Jong-un. Il y avait une alternative, mais Volodia et Guenna voulaient y réfléchir à tête reposée.

Du reste, ils devaient reconnaître que, au cours de l’année, ils avaient manqué l’occasion de torpiller l’Europe. Leur déconvenue en France les énervait au plus haut point. Tout avait été préparé pour un duel entre François Fillon et Marine Le Pen. Droite contre très à droite. Guenna gardait dans sa manche une bombe qui aurait pu augmenter les chances de Le Pen. Par malchance, un petit comique du Canard enchaîné avait découvert l’information et l’avait publiée bien trop tôt. Merde ! »

Soirée de lancement du 3e rappel par les Editions du Lamantin. Une flingueuse y était !


Soirée de lancement du 3e rappel par les Editions du Lamantin. Une flingueuse y était !

Mercredi 17 Octobre 2018, une soirée  a été organisée à l’Epy7

Epy 7, un bar branché du XIIIème arrondissement de Paris. pas très loin de la BNF (Bibliothèque Nationale de France)

J’ai été ravie à cette occasion de rencontrer Delphine et Fabrice, éditeurs Le Lamentin,

avec qui nous avons très agréablement partagé autour de la lecture, tout en partageant un verre.

Il se trouve que j’ai dans ma PAL, certains de leurs auteurs.

A l’honneur de cette soirée, Gilles Sevastos, pour la sortie de son livre Le Troisième Rappel.

Gilles rencontre ses lecteurs venus le rencontrer et partager un moment convivial et chaleureux.

De très belles rencontres, un excellent moment de partage et d’échange.

C’est avec une nouvelle lecture que je rentre de cette soirée !!!! Et quelle lecture !!! Avalée pendant mes vacances !!!

La lecture de Maud du 3e rappel ICI

Un grand merci à vous, très heureuse d’avoir passée un agréable moment en votre compagnie !!! Un très bon souvenir !!!!

Pour en savoir+

Le catalogue des éditions du Lamentin : ici

 

Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza


Le livre Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza. Traduit de l’espagnol par Serge Mestreparu. Parue le 03 septembre 2014 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 23,80 €  ; (663 p.) ; 24 x 15 cm

 Réedité en poche le 1er novembre 2017  chez Babel dans la collection Babel Noir.  10,80 € ; (758 p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture : résumé de l’éditeur

«Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudi. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui frit la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence.

La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ? Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudi, aux formes proprement hallucinantes.

Dans une intrigue magistralement tenue jusqu’à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudi plante l’envers du décor d’une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une « Ville des prodiges » terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Une enquête palpitante sur la piste de Gaudí, du symbolisme maçonnique et des expropriations subies par de nombreux habitants de Barcelone sacrifiés sur l’autel de la modernité et du tourisme. La face obscure de “la ville des prodiges”. »

 

L’auteur :  Aro Sáinz de la Maza, né à Barcelone en 1959, est écrivain.
Diplômé de l’Université de Barcelone, il écrit des polars, des essais et est co-auteur de compilations de contes traditionnels. Il a également été éditeur, traducteur et conseiller en narration de plusieurs auteurs.
Son premier roman, Le Bourreau de Gaudi (Actes Sud) a obtenu une mention spéciale du jury du V° prix international RBA du roman noir.        Un deuxième roman Les muselés paru en France en septembre 2016 se situe dans la continuité et toujours à Barcelone.

 

 

Extrait :
« Quel est le bijou le plus apprécié de la ville, celui qui la distingue de toutes les autres ? Gaudí. C’est son principal attrait. Les grands symboles sont aussi les meilleures cibles. Pourriez-vous me dire quel est le plus grand symbole de Barcelone ? Gaudí à nouveau. Vous ne comprenez donc pas que c’est sa cible principale ? »

   

La chronique jubilatoire de Dany

Le bourreau de Gaudi – Aro Sainz de la Maza

 

J’ai choisis ce roman pour son titre et pour Barcelone. Je l’ai lu début janvier 2015, alors que notre pays était sous la torpeur due aux attentats et sans savoir également que les ramblas allaient attirer les intégristes deux années plus tard… cependant, ce polar m’a bien plu malgré son extrême cruauté. On y découvre LA ville et les métamorphoses qu’elle a subies pour accueillir les jeux olympiques de 1992, qui ont, comme pour Pékin, laissé la part belle aux promoteurs, au détriment des habitants spoliés. L’évocation de Gaudi y est très documentée et force le respect. Ca c’est pour le contexte. L’intrigue quant à elle est intéressante, très prenante au début, elle traîne parfois en longueur ensuite, avec une fin un peu précipitée. Les conflits interpersonnels dans la police locale pimentent l’action tout comme les exactions d’un journaliste sans éthique. Pas nécessaire de connaître la ville pour y prendre goût encore que ça ajoute du plaisir à la lecture. Bref, un très bon moment de lecture et d’évasion !

Lu en version numérique. epub 9,99 € (569 pages en numérique)

 

Extraits :
« Beaucoup de noms illustres, de gens avec plusieurs générations respectables derrière eux, se sont laissés séduire par le chant des sirènes et ils voient à présent leur position et leur prestige menacés pour avoir donné leur appui, et peut-être un peu plus, à un escroc. Et puis il y a également les responsables politiques. Et leurs partis. Tout le monde craint que la marée noire de la corruption ne les atteigne. Pour l’instant, tout se maintient dans un calme tendu, mais le mauvais temps approche. »
« La passion et une bonne chose, mais pas lorsqu’elle se transforme en possession. »
« Les mausolées les plus luxueux étaient répartis de chaque côté d’une rue, c’étaient d’authentiques cathédrales miniatures bâties auprès d’humbles niches familiales. […]Une fois de plus, il remarqua la nécessité qu’éprouvaient certains de montrer au monde entier qui ils avaient été de leur vivant et l’argent qu’ils avaient gagné, en construisant leur dernière demeure sans regarder à la dépense. Et cela lui sembla choquant. L’être humain avait besoin de se distinguer, même dans la mort. Il fallait que sa tombe témoignât de sa classe sociale devant le commun des citoyens. »

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

Le mystère Fulcanelli de Henri Loevenbruck


Le livre : Le mystère Fulcanelli  de Henri Loevenbruck. Paru le 9 octobre 2013 chez Flammarion dans la collection Flammarion Thriller.  21€ ; (413 p.) ; 24 x 16 cm

 Réédité en poche le 8 octobre 2014 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Thriller. 8€ ; (507 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv :

Le mystère fulcanelli

Un meurtre dans une vieille église de Séville.

Un assassinat dans une bibliothèque parisienne.

Un ancien manuscrit dérobé.

Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXe siècle : Fulcanelli !

Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme.

En acceptant de mener l’enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier. Parviendra-t-il à dénouer la plus étonnante intrigue de l’histoire de l’alchimie ?

L’auteur : Henri Loevenbruck est un écrivain, chanteur et musicien français né à Paris le 21 mars 1972. Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, ses romans sont traduits dans plus de 15 langues. Il poursuit par ailleurs une carrière d’auteur, compositeur, interprète en écrivant des chansons pour d’autres artistes français ou pour lui-même.
Citation: 
« Une librairie qui meurt, ce n’est pas une page qui se tourne, c’est un livre qui se ferme, à jamais. »

L’expertise de Cathie

Le mystère Fulcanelli réédité en poche le 8 octobre 2014 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Thriller. 8€ ; (507 p.) ; 18 x 12 cm

De loin le meilleur thriller que j’ai lu ces cinq dernière années. L’enquête est bien menée, les personnages sont très plaisants et crédibles illustrés dans une galerie de portraits savoureuse, notamment avec le personnage de Jacquet, les dialogues sont fluides, dans une langue accessible, simple et directe, comme dans la réalité, ce qui facilite l’entrée du lecteur dans ce récit qui aborde pourtant des thèmes qui sont loin d’être aisés à pénétrer. On sent que l’auteur est passionné par son sujet et qu’il défend sa version avec passion, compétence relevée d’une pointe d’humour très agréable.

Toutefois, je dois avouer que les passages relatant les biographies des « fulcanellisables » m’ont parfois semblé un peu longs. Bémol tempéré par les prises de position de l’auteur concernant les librairies, son amour des livres qui transparaît ici et là au cours du récit. J’ai également beaucoup apprécié sa passion discrète mais bien réelle pour son sujet qui donne envie au lecteur d’en savoir plus, de creuser les pistes développées, ce qui donne à son roman autant de valeur que les nombreux essais et exposés sensés révéler l’identité du maître, avec à la clé une bibliographie.

Et la cerise sur le gâteau: le happy end…

Pour découvrir la globalité de l’expertise de Cathie c’est ICI

La mort n’existe pas de Damien Eleonori


Le livre: La mort n’existe pas de Damien Eleonori. Paru le 11 octobre 2018 chez De Saxus. 19,90 euros; 315 pages; format 14,5 x 22 cm
 
4ème de couverture:
Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu’aucun d’entre nous ne s’en soit rendu compte ?
21 décembre 2012
Et si la fin du monde annoncée par les mayas avait réellement eu lieu sans qu’aucun d’entre nous ne s’en soit rendu compte ?
Sur le toit d’un hôpital parisien, Léo Liberati laisse son regard se perdre sur la capitale illuminée. Tant de choses se sont passées en trois jours. Il monte sur le parapet et étend les bras. Son dernier regard est attiré par le cadran de l’horloge trônant sur l’église du quartier de Petit-Montrouge. 4h44. Finalement tout était écrit depuis longtemps, il lève les yeux et, tel un ange, s’envole vers les cieux avant de retomber, entrainant l’humanité avec lui. Et si la fin du monde avait bien eu lieu, sans qu’aucun être humain ne s’en rende compte ?
Ecrivain sans avenir, Léo Liberati est un père de famille rongé par la routine. Le matin du 19 décembre 2012, trois jours avant la fin du monde, sa vie bascule.
Suite à un accident dont les circonstances demeurent mystérieuses, Léo se réveille à l’hôpital et se retrouve accusé de meurtre. Fuyant les forces de police, il s’engage alors dans une quête de la Vérité qui le mènera bien plus loin qu’il ne l’avait espéré. Il y trouvera les clés de son destin, mais surtout une révélation sur l’origine du monde et une certitude : la mort n’existe pas.
L’auteur: Damien Eleonori est né en 1980 à Nancy. C’est à la fois l’amour et le hasard qui placent l’écriture sur son chemin. Après des premiers pas en autoédition en 2015 (Psyché), il se lance le pari fou de réunir des auteurs pour une bonne cause. En mars 2018 paraît Phobia, aux éditions J’ai Lu, un recueil de nouvelles réunissant 14 auteurs de polars au profit de l’association ELA (Association Européenne contre les Leucodystrophies). La mort n’existe pas est son premier roman publié en maison d’édition. 
 
Extrait:
« – Qu’ont engendré vos religions?Les humains ont-ils décidé d’aimer leur prochain? Ont-ils eu des guides irréprochables afin de rendre votre monde meilleur? Non. De l’amour d’un tout puissant n’a découlé que de la haine envers ceux qui ont les mêmes convictions. Gouvernés par vos émotions et leurs contraires: la peur de vos semblables, la jalousie envers ceux que vous ne possédez pas, le mépris envers vos inférieurs. En seulement quelques milliers d’années, l’homme a montré son vrai visage. Le seul être capable de s’annihiler soi-même, sans aucune aide. »

LE OFF DE OPH

La mort n’existe pas, Damien Eleonori

Damien Eleonori est cette belle personne à l’origine de Phobia. Un recueil de nouvelles au profit de l’association ELA. Et quel recueil!!!

 

La mort n’existe pas est en fait son premier roman, sorti en auto-édition sous le nom de Psyché.

N’ayant pas lu la première version, c’est donc totalement vierge d’information que j’ai entamé ma lecture, n’ayant que la quatrième de couverture pour me faire une idée du sujet.

La fin du monde, l’origine du monde, la mort, l’âme…  Aïe, des sujets auxquels je ne suis pas particulièrement sensible et traités assez souvent MAIS jamais sous l’angle qu’a choisi Damien.

 

C’est un roman que je ne saurais catégoriser. Il est noir mais n’est pas un polar ni un thriller, la thématique est autant scientifique que fantastique et j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Alors certes, quel besoin de toujours tout mettre dans des cases? Aucun personnellement et j’y suis même assez opposée, mais comment alors vous définir ce roman?

 Damien nous emmène aux frontières du réel pour nous parler de l’âme, de la mort, de la religion et en suivant un homme Leo Liberati. Il nous en parle aussi par le prisme de l’Amour que l’on retrouve continuellement au fil des pages de ce roman. L’amour d’un homme pour sa femme mais aussi l’amour filiale, l’amour passionnel et cet aspect m’a touché.

La construction du roman est originale: une narration à rebours, où l’on suit chapitre après chapitre les différents protagonistes en même temps que s’écoule le temps dans le sablier pour arriver à ce fameux 21/12/12 à 4H44.

Les interconnexions entre les personnages se font au fur et à mesure des boucles temporelles, chaque chapitre étant consacré, au départ, à un protagoniste. L’ensemble est fluide et sans lourdeur, les personnages sont dans l’ensemble plutôt bien construit. Damien a su nous transmettre leurs émotions, leurs frustrations.

Difficile de vous en dire plus sans spoiler le roman, certains sujets arrivent en deuxième moitié de roman et vous en parler gâcherait une éventuelle découverte.

La couverture est totalement en adéquation avec l’intrigue et est très bien pensée.

Il y a un vrai potentiel chez Damien Eleonori et j’ai passé un bon moment de lecture. L’écriture est soignée et de qualité mais le sujet ne m’a pas complètement emportée. Un avis positif sur la forme mais plus nuancé sur le fond étant un peu réfractaire quant au sujet.

En revanche si vous aimez les romans qui vous entraînent aux frontières du réel et vous pousse à réfléchir quant aux religions, à la vie et à la mort, La mort n’existe pas est un roman pour vous.

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»

ITW Sériale Lectrices spéciale flingueuse ; Ge papote avec Marc


ITW Sériale Lectrices spéciale flingueuse

Ge papote avec Marc

Et oui, amis Polardeux, j’ai l’honneur de vous présenter un nouvel apprenti Flingueuse.

Et oui Jean Paul n’ai plus notre seul Mister Flingueuse, Marc vient grossir les rangs

Et c’est avec une grande joie que je me suis faite curieuse pour mieux vous le présenter.

Et comme c’est avec sincérité et générosité que Marc a répondu à mes questions, vous comprendrez mieux pourquoi je l’ai choisi lui, et pas un autre.

 


Place à L’ITW de Marc Schraub

 

GVL : Bonjour Marc, es tu prêt(e) à être soumise à la question ?

Oh oui, je suis chaud comme une cabane à frites.

 

GVL : Alors, , peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, ta vie…

Né le 29 mars 1973. J’ai eu un Bac E avec mention bien, J’ai commencé un BTS, mais ne suis pas allé au bout. Service militaire dans la gendarmerie de l’air en Allemagne. J’ai bossé deux ans comme programmeur en robotique, avant de rentrer en 1995 à la SNCF pour être conducteur de trains.

Ma vie c’est avant tout la femme qui aujourd’hui est à mes côtés, et qui est TOUT pour moi. Sinon en dehors de la lecture, j’ai deux autres passions. La plus importante, c’est les échecs, que je pratique en compétions, avec des tournois dans toute l’Europe. La photographie est la troisième de mes passions.

Et Il ne faut pas oublier ma raison de vivre, Luc mon fils de 15 ans.

GVL : Merci pour ta sincérité. Dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

 Mon père à beaucoup lu dans sa jeunesse, et avait gardé la plupart de ses livres. J’allais de temps en temps piocher dans ses cartons. Mais c’était le seul contact avec les romans. On m’offrait souvent des livres, mais c’était des encyclopédie diverses et variées, j’adorais ça.

GVL : Comment abordait-on le livre chez toi ?

 Il était primordial de respecter un livre, de faire attention à ne pas l’abimer.

GVL : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) :

 Bien entendu, je vais joindre des photos…

  GVL : Parfait je les vais les insérer entre ces lignes 

 Mais Marc peux-tu m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

Les livres de poche sont classé par auteur. Les Broché, je n’ai pas fait de classement, ils sont là ou j’ai trouvé de la place. Mes nombreux livres d’échecs ont un classement spécifique. Mes BD sont à part.

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

 Le livre est souvent un bel objet. J’aime les toucher, les sentir, les manipuler. Et les lire, c’est s’évader dans des aventures vraiment extraordinaires. On peut vibrer, rire, pleurer, bien plus que devant un écran de télé. On apprend également beaucoup de chose, et ils font travailler la tête, nous font réfléchir, et peuvent ouvrir notre esprit.

 

 GVL : Es-tu papier ou numérique ?

 95% papier, 5% de numérique sur la Kindle

 

 GVL : En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

 Je suis inscrit dans une médiathèque, mais comme j’aime garder les livres, je n’en prends que très rarement là-bas.

 

GVL : Si oui qui as-tu trouvé, que t’ont-elles apportée ?

 Rien de spécial

 

GVL : Aïe, ta réponse est dure là pour la bibliothécaire que je suis ! , bon passant ! Alors du coup Marc, as-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une ou tu achètes tes bouquins ?

 Oui j’achète presque exclusivement chez Bisey à Mulhouse.

 

GVL : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairie où je vais voir des auteurs, des librairie que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion)

 Comme je disais, chez Bisey, mais à chaque fois que je vais à un salon ou festival.

 

GVL : Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prêt(e) ?

 J’ai coupé mon téléphone pour pas être dérangé, fonce je suis au taquet.

 

GVL : Combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

 Je ne suis pas un très gros lecteur. Entre 40 et 50 livres par an

 

 GVL : Tiens-tu décompte précis de tes lectures ?

 Oui, mais pas tellement dans le but de compter, mais pour répertorier simplement.

 

 GVL : As-tu une PAL ?

 Oh oui

 

GVL : Combien de livre dans ta PAL ?

 Grosso merdo 300 livres

 

 GVL : Pour toi c’est quoi ta PAL, quelles relations entretiens-tu avec elle ? Comment la vis-tu ?

 Ma PAL, c’est l’enfer quand je fini une lecture pour faire le choix de la suivante. Je les prends souvent en main, les touche, décide de mettre tel ou tel livre à coté pour l’attaquer à la fin de celui qui est en cours…Mais ça change quelques heures plus tard, je change d’avis, repars sur un ou deux autres…Elle est une masse en perpétuel mouvement. Et une seule personne est autorisé à « taper » dedans, c’est ma femme.

GVL : Alors…..Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

La réponse va être très basique : c’est le genre littéraire qui me donne le plus d’émotions.

 

GVL : Marc, dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

Franck Thilliez, Stephen King, Jacques Saussey, Claire Favan, Ian Manook, Bernard Minier…Dans le non polar, Sweig, Pennac.

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

1. Chanson douce, pour des raisons très personnelles qui font aujourd’hui je suis avec la femme la plus merveilleuse de la terre.

2. Seul le silence, qui est d’une beauté narrative absolue.

3. Sukkwan Island, qui est le seul livre où j’ai eu l’impression vraiment physique qu’on me colle une vraie tarte dans le visage à la lecture d’un passage précis.

4. Power, pour le travail monstrueux de recherche qu’il a fallu pour écrire ce roman.

5. Replay de Ken Grimwood, qui est juste exceptionnel, beaucoup on essayé d’aborder le même sujet, aucun n’a réussi à s’approcher de cette merveille.

GVL : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

 Depuis deux ans j’ai pris gout à ces événements, et j’essaye d’en faire régulièrement, même si c’est à plusieurs centaines de km de chez moi.

GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

 J’y rencontre des passionnés, j’y découvre des auteurs pas encore lus. Et je m’y suis fait des amis.

GVL : Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Si ce n’est rien qu’à moi je ne peux pas le partager.

Bon alors je dévoile un truc de dingue qui c’est passer au FSN, quand avant 9h du mat un dimanche matin tu entame une partie d’echec avec les maître du thriller français en personne, monsieur Franck Thilliez

GVL : Sinon…rien à ajouter ?

 Être flingueuse, c’est un merveilleux cadeau que vous me faites.

  

GVL : Tu es certaine que c’est ton dernier mot ?

 On ne peut jamais être certain de rien, d’autres mots viendrons plus tard…

 

GVL : Allez un petit coup de gueule. 

Mon coup de gueule : Les auteurs ne touchent pas assez d’argent sur le prix d’un livre.

GVL : ET Un gros coup de cœur… ?

Mon coup de cœur : Ce sont les gens formidables qui sont rentré dans ma vie depuis quelques mois grâce à la lecture. Je ne vais pas les nommer de peur d’oublier un nom…Mais depuis une semaine il y en a quelques-uns (unes) en plus que j’apprécie déjà énormément.

3 Flingueuses pour un porte Flingue. De droite à Gauche : Sofia, Marc, Ophélie et Ge

GVL :  Merci pour ces petites confidences, et à très vite sur collectif Polar

C’est moi qui te dit merci…

Marc

Deux mister Flingueuses : Jean Paul et Marc

Aller simple Paris-Corrèze de Marie Wilhelm


Le livre : Aller simple Paris-Corrèze de Marie Wilhelm. Paru le 16 Mars 2018 aux Editions le Geste – Collection Le Geste Noir. 13.90 euros. 312 pages. 18 x 11 cm

4ème de couverture :
Nommé à Paris après son succès dans l’affaire dite « de l’Américain » à Limoges, le commissaire Savigny vit un drame familial qui le conduit à revenir en Limousin pour des vacances avec ses enfants. Il y croise un profes­seur déchu, une vieille institutrice altruiste, un bébé cou­rageux, un adjudant de gendarmerie chevaleresque, une épouse écrasée, un notaire tyrannique. Ce qui les relie ? Anna Lestrade, une jeune femme en butte à la malveillance générale au sein de la charmante bourgade de Meymac, en Corrèze. Le poids des préjugés et de l’envie empêchera-t-il l’émergence de la vérité ? C’est tout l’enjeu de cette his­toire dont le rythme s’accélère pour passer peu à peu du coup de vent à l’avis de tempête.

L’auteur : Agrégée d’histoire, Marie Wilhelm a enseigné pendant vingt ans. Elle se consacre désormais à l’écriture. Parisienne, elle a opté pour le Limousin où elle vit désor­mais avec sa famille. Elle a fait de sa terre d’adoption le théâtre de ses histoires policières. Elle s’est aussi impliquée dans un journalisme engagé, a collaboré avec le journal La Décroissance et avec quelques autres journaux culturels locaux.
A présent, elle écrit, milite en politique et profite de la nature, de sa famille et de ses amis. Le commissaire Savigny est son per­sonnage récurrent. Dans sa première aventure, il se heurte à un psychopathe américain qui sème la terreur dans Limoges. Les hasards de la vie le conduisent cette fois à Meymac, ancienne bourgade pleine de charme située en Haute-Corrèze.
Extraits :
« Les directives gouvernementales du moment donnaient la priorité au spectaculaire : surveillance ostentatoire des routes, patrouilles fréquentes dans certains quartiers dits à risques, sauvetages à la James Bond si possible filmés. Avec l’intensification des actions classifiées terroristes en France et dans toute l’Europe, il fallait donner au public le sentiment que tout était mis en œuvre pour renforcer la sécurité. »

Les Lectures de Maud :

Aller simple Paris-Corrèze de Marie Wilhelm


Le commissaire Savigny après avoir perdu sa femme part à la dérive et le voici parti en vacances avec ses enfants pour se ressourcer. Dans un village à priori calme, il pose ses bagages. Mais son flair de flic va vite être en éveil, il se passe des choses bizarres. Une femme disparaît laissant son enfant pour aller déposer plainte contre son mari et depuis demeure introuvable. Une rencontre avec un professeur dans le même état que lui va le sortir de sa routine.

Des personnages attachants, d’autres perclus de préjugés, certains austères ; voici la composition de ce village de Corrèze. Ici règnent en maître le « qu’en dira-t-on », les ragots, et les secrets. Un duo va très vite se former et nous apporter une enquête incroyable, pleine de rebondissements et de surprises (agréables et mauvaises).

Une belle promenade en province que nous livre ici l’auteur avec une plume entraînante, un rythme qui correspond parfaitement au thème et au ressenti de l’intrigue. Je lirai avec grand plaisir le premier opus de cette série car ce livre a été pour moi un bon moment de lecture et de découverte. Un conseil : Méfiez-vous des apparences et de ce que l’on peut vous colporter, la vérité est sûrement ailleurs !!

Je remercie l’auteur pour sa confiance

Version lue : Broché