Inexorable de Claire Favan


Après Clémence ce matin , ce soir c’est Kris qui nous donne son petit avis sur le dernier titre de Claire Favan car aujourd’hui c’est double chronique

Le livre : Inexorable de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire. 20€ ; 23 x 14 cm.

4eme de couv 

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 » Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme.  » Yvan Fauth, blog EmOtionS.

 » À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes.  » Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

L’auteur : Née en 1976, Claire Favan travaille dans la finance. Son diptyque culte, Le Tueur intime et Le Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle a marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016. et son précédent titre, Dompteur d’Anges.

 

 

Extrait : 
« Il est grand, musclé, indéniablement beau et charismatique. Elle s’étonne encore qu’il l’ait choisie alors que toutes les nanas lui couraient après quand il était jeune. Ils ont commencé à sortir ensemble à quinze ans, se sont mariés dix ans plus tard, ont acheté cette charmante petite maison en banlieue et ont eu leur fils trois ans après. »

Le petit avis de Kris

INEXORABLE – Claire Favan
Éditions Robert Laffont- LA BETE NOIRE

Moi je dirais …
INEXORABLE ET DIABOLIQUE

Bien vue la couverture et l’engrenage !!

Milo change totalement de comportement après avoir été témoin de l’arrestation violente de son père. Devenu un enfant perturbé, enfermé dans sa souffrance, il devra affronter avec sa mère, Alexandra, l’impuissance du système scolaire puis, une fois adulte, le rejet de la société.

Avec ce nouvel opus, Claire s’attaque à un sujet lourd et délicat  » la différence » qui n’est pas toujours flagrante entre les enfants et surtout « le calvaire » que peuvent subir ces petits bouts qui n’ont ni la conscience de « leur différence » ni l’explication.
Et puis aussi le poids porté par les parents qui n’ont pas forcément les réponses ni tous les leviers pour aider leur enfant.

Beaucoup de mamans se sentiront moins seules, du moins dans la première partie, en lisant ce roman/thriller/noir bien ancré dans la réalité .

Une première partie avec l’enfance de Milo et une seconde à la transition de sa vie d’adolescent vers l’adulte, poursuivi par ses « erreurs » passées et les préjugés qui s’y accrochent.

Claire réussi à nouveau à nous prendre dans les mailles de son filet, et elles sont fines, et ne nous laisse aucun répit.

La fin est diabolique ….

Ah et puis la préface, chapeau à Gabriel !!

Enfin, merci à Glenn Tavennec et Filipa de m’avoir permis de découvrir cette pépite avant l’heure !

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Affinités de Sarah Waters


Le livres : Affinités de Sarah Waters . Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 6 janvier 2005 cher Denoël. 25,35€ ; (521 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv :

La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C’est dans l’inquiétant climat de l’une des geôles les plus lugubres de l’ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu’incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d’apparitions, d’esprits insoumis et de passions incontrôlables…Récit de fantômes et thriller historique, Affinités nous plonge dans l’univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Wilkie Collins, l’auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu’à un dénouement final étonnant.

L’auteur :Sarah Waters est née au pays de Galles en 1966. Égérie des milieux gay, elle en est devenue, à l’instar d’Armistead Maupin, l’un des auteurs emblématiques. Après un doctorat en littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec son premier roman, Caresser le velours, paru chez Denoël. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d’outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des «vingt meilleurs jeunes romanciers anglais» établie par la revue Granta.
Extrait : « J’ai vingt-neuf ans. Dans trois mois je passerai le cap de la trentaine […] qu’adviendra-t-il de moi ? Je me dessécherai, je deviendrai cassante, décolorée – telle la feuille qu’on garde, pressée entre les pages d’un triste livre noir, jusqu’à ce que l’oubli la réclame.

Le post-it de Ge

Affinités de Sarah Waters : une lecture mémorable.

1873, Londres. Prison de Millbank. Pour tromper son ennui, c’est ce lieu inquiétant que Margaret Prior, demoiselle de la bonne société anglaise, décide de visiter régulièrement. Car à 30 ans, au grand dam de sa bourgeoise de mère, Margaret est devenu « Dame patronnesse ». Dans cette bâtisse sinistre croupissent les parias de l’ère victorienne, avorteuses, voleuses et autres criminelles, à qui elle veut apporter un peu de réconfort. Au fils de ses visites se dessinent la réalité des lieux et les condition de vie des prisonnières. Margaret discute avec ses dernières dans l’espoir de partager avec elles quelques instants d’humanité. Elle se lie plus particulièrement avec Sélina Dawes, une captive qui se pose en victime et proclame à tout va son innocence. Selina raconte à Margaret sa bien curieuse histoire et elle va bientôt l’initier au spiritisme. Margaret va être entraînée dans un univers de passions incontrôlables. Et cette amitié, qui se noue entre les deux femmes, va aboutir à une tentative d’évasion. Si elle réussit, pour la prisonnière, le résultat sera le retour à la liberté tandis que pour la dame patronnesse, la conséquence sera l’affirmation de son identité.

Extrait : Je détournai les yeux. L’amertume du premier instant commençait à faire place à de l’appréhension. Je me souvenais du rire de Selina: elle n’avait jamais souri dans les premiers temps, je l’avais trouvée toujours triste et maussade. Je me souvenais de ce qu’elle avait dit de l’impatience avec laquelle elle attendait mes visites, au dépit qu’elle éprouvait lorsque je restais loin de Millbank où le temps paraissait tellement plus long qu’ailleurs. Je me disais: m’interdire de la voir maintenant, autant vaudrait l’enfermer à perpétuité dans le cachot obscur!

Sarah Waters nous propose ici un roman épistolaire. En effet deux journaux écrits à deux année d’intervalle se répondent et chacun d’eux apporte son propre éclairage sur cette histoire envoûtante. Affinités ménage un formidable suspense réservant au lecteur une chute pour le moins déroutante.

Un merveilleux roman magnifiquement écrit. Une auteure qui m’a marquée et donc je vous recommande vivement la lecture. Suspense, atmosphères étouffées, passions défendues et trahison, aucun des ingrédients qui font l’univers de Sarah Waters ne manque dans ce roman magistralement orchestré.

Extrait : « Je suis hantée au contraire par la banalité de l’endroit; par le fait même qu’il soit là où il est, à moins d’une lieue de Chelsea et de la maison, qu’il suffise d’une petite course en fiacre pour se rendre dans cet immense et sinistre séjour des ombres où des êtres humains ont enfermé quinze cents de leurs semblables, hommes et femmes, en leur imposant un régime de silence et de soumission perpétuels. C’est dans les gestes simples de la vie que mon esprit m’y ramène – en buvant une tasse de thé pour étancher ma soif; en prenant en main un livre pour me distraire ou un châle parce que j’ai froid; en récitant à haute voix quelques vers, pour la beauté des mots et le plaisir de les entendre. J’ai accompli ces choses, comme mille fois par le passé; et j’ai pensé aux prisonniers qui ne peuvent rien faire de tout cela. »

Bilan lecture de notre été 2018 : épisode 1, Juillet.


Hello mes polardeux,

Juillet août c’est déjà fini, vous êtes nombreux a avoir eu la chance de partir en vacances. Les flingueuses aussi sont parties à tour de rôle, maintenant c’est au tour de leur porte flingue que je suis de prendre un peu de recul. Mais avant cela je voudrai vous raconter tout ce qui c’est passé ici durant ces deux mois d’été.

Nos lectures de Juillet

Je vais commencer par un petit bilan sur nos lectures et les livres que nous vous avons présentés en ce premier mois des congés

 Jean Paul

Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock

Dieu Pardonne, Lui pas – Stanislas Petrosky

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky

Burn-Out – Didier Fossey

Travailler Tue !  de Yvan Robin

Et si demain n’existait plus : Marie de Ludovic Metzker

Movers  : les passeurs d’ombres de Meaghan McIsaac

Eppy Fanny

Dieu Pardonne, Lui pas ! de de Stanislas Petrosky

Les sanglots de pierre – Dominique Faget

 Sacha

Série B de Stan Kurtz

Astrid de Vlad O’Riley

 Marie No

La saison des feux de Celeste Ng

 Cécile

Le Lambeau de Philippe Lançon

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter

 Ge

Les larmes rouges du citron vert de Lucie Brasseur

Haut les cœurs ! – Caroline Noël

 Sofia

Le Maître des énigmes – Eric Quesnel

Ophélie

Je m’appelle Requiem et je t’…. – Stanislas Petrosky

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock

Une seconde de trop de Linda Green

Ravissantes de Nicolas Jaillet

Clémence

L’essence des Ténèbres – Tom Clearlake

 Karma – Théo Lemattre

Dernière sortie pour Wonderland – Ghislain Gilberti

Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny

 Dany

Obia de Colin Niel

Flic de papier de Guy Rechenmann

Aline

L’argentin de Michaël Picoron

Ravissantes de Nicolas Jaillet

Trente seconde avant de mourir, Sébastien Theveny

Maud

Effondrements de Guy Morant

Nos retours de salons et autres rencontre d’auteurs

Rosny soit celui qui mal y pense, petits retours de flingueuses
Rencontre avec Anne Mette Hancock par nos envoyés spéciaux, Oph et Jean-Paul
SMEP 2018 ; les impressions des flingueuses, tome 5
Soirée de lancement de Carobookine  pour son livre « Haut les coeurs », j’y étais
SMEP 2018 ; les impressions des flingueuses, tome 6

 

Nos auteurs à l’honneur

David Coulon à l’honneur # 13 juillet

Papote d’auteur

GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, audition 1
La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 2e audition
La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 3e audition
GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 4ème audition
Papote d’auteur, So passe à la question Eric Quesnel
Papote d’auteur : Clémence est avec Théo Lemattre

Tous ce qui fait aussi Collectif Polar

C’est les vacances, pourquoi ne pas lire un Polar Culte

Notre  Exquis Cadavres Exquis

Exquis Cadavre Exquis, la troisième récap !

 

Voilà pour ce premier bilan lecture, j’espère avoir le temps de vous proposer la suite

Août et Septembre

Seul l’avenir nous le dira

Ge, porte flingue de Collectif Polar

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4


La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4

La violence dans le monde du polar et du roman noir : le clap de fin.

Un livre, des interrogations, une idée d’interview qui germe, des auteur(e)s plus que partant, des flingueuses, une Cheffe, une belle expérience avec de belles rencontres.

Vous l’aurez compris la violence, comme bien d’autres choses, n’est pas une science exacte. Elle est soumise au vécu, aux fréquentations, à la sensibilité. Elle peut avoir différentes formes et différents degrés dans son acceptation comme dans sa « réalisation ». Elle peut toucher tout un chacun, malheureusement. « Elle se cache dans tout la violence, et elle n’est pas réservée  à quelques « gens violents » », nous dit Niko.

L’auteur va distiller la violence dans ses romans comme il l’a ressent, l’a vécut, dans ce qu’il se sent capable d’écrire ou non. Barbara souligne « N’oublions pas que si le lecteur subit la violence décrite dans le livre, nous nous la maîtrisons en fonction de notre sensibilité. Je sais, par exemple, que je ne mettrai jamais en scène un pédophile ou un serial killer. J’en serais incapable. ».

Techniquement la violence psychologique est plus « facile » notamment pour nos auteures. Pour la violence physique « il me faut connaître les conséquences des actes. Pour faire vivre la scène il faut la visualiser. Pour embarquer le lecteur il faut être crédible » précise Corinne. Ajoutant « Au-delà de ces données, il faut surtout et avant tout respecter les VRAIS victimes ».

« Il y a mille violences, et il y a autant de façons de les raconter qu’il y a de romanciers » concluront-nous avec Jacques.

Nous sommes ravies d’avoir partagé cette interview particulière avec nos auteurs. Un très grand MERCI à Corinne Martel, Barbara Abel, Niko Tackian et Jacques Saussey pour le temps que vous nous avez gentiment et généreusement accordé.

Merci à Danièle d’avoir bien voulu me suivre sur cette idée. Merci pour son travail titanesque de retranscription des différentes discussions.

Merci à Geneviève d’avoir dit « oui, je vous suis les filles ».

Et merci à vous lecteurs-lectrices d’avoir suivi cette interview hors-normes.

Miss Aline

Vous pouvez retrouvez les 3 premiers épisodes de cette enquête ci-dessous :

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 1

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode  2

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 3

Heimaey de Ian Manook


Le dernier Ian Manook sort aujourd’hui aussi pour l’occasion deux Flingueuses nous offrent la primeur de leur avis sur Heimaey. Et nous emmènent faire un tour en Islande

Aussi pour vous ce matin Ophélie nous proposait le off de Oph sur Heimaey

Et cet après midi c’est Jean Paul qui vous livre en exclusivité son ressenti.

Allez c’est parti pour une nouvelle « Double Chronique »


Le livre : Heimaey de Ian Manook. Paru le 26 septembre 2018 aux Éditions, Albin Michel. 22,00€ ; (464 p.) ; 15,5 x 22,4 cm.

4ème de couverture :

Quand Jacques Soulniz embarque sa fille Rebecca à la découverte de l’Islande, c’est pour renouer avec elle, pas avec son passé de routard. Mais dès leur arrivée à l’aéroport de Keflavik, la trop belle mécanique des retrouvailles s’enraye. Mots anonymes sur le pare-brise de leur voiture, étrange présence d’un homme dans leur sillage, et ce vieux coupé SAAB qui les file à travers déserts de cendre et champs de lave… jusqu’à la disparition de Rebecca. Il devient dès lors impossible pour Soulniz de ne pas plonger dans ses souvenirs, lorsque, en juin 1973, il débarquait avec une bande de copains sur l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan.

Un trip initiatique trop vite enterré, des passions oubliées qui déchaînent des rancoeurs inattendues, et un flic passionné de folklore islandais aux prises avec la mafia lituanienne : après l’inoubliable Mongolie de sa trilogie Yeruldelgger et le Brésil moite et étouffant de Mato Grosso, Ian Manook, écrivain nomade, nous fait découvrir une Islande lumineuse, à rebours des clichés, qui rend plus noire encore la tension qu’en maître du suspense il y distille.

L’auteur : Journaliste, patron d’une agence de communication… On ne compte plus les métiers exercés par Ian Manook. Pas plus que les nombreux prix (Polar SNCF, Grand prix des lectrices de Elle polar, prix Quais du Polar, prix polar des lecteurs du Livre de poche…) qui ont couronné sa trilogie de « thrillers mongols », traduite dans près de 10 langues : Yeruldelgger, Les temps sauvages et La mort nomade.
Extrait :
« La maison d’Ida a un étage, mais elle vit au rez-de-chaussée, dans un demi-sous-sol qui est là aménagé en studio. Ça lui suffit. Elle loue le reste. Ce goût des Islandais pour les refuges enterrés. Les maisons de tourbe. Les bains chauds dans les grottes. Le peuple invisible dans les rochers. Ce besoin d’appartenir au minéral quand les océans grondent tout autour. C’est aussi pour ça que Kornélius est bien chez Ida. Parce qu’elle est bien chez elle. Et bien dans son corps, dont il admire la nudité depuis le lit où ils viennent de faire l’amour.
Ida est une femme à l’aise dans sa vie, et il est heureux d’en faire partie, d’une certaine façon. Dans le halo de la lumière de cette journée magnifique, pendant que tout le monde pique-nique, nue devant la fenêtre de sa cuisine, elle prépare le café. Il se dit qu’elle a le corps des femmes heureuses, sans vraiment comprendre ce que cela veut dire.» 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 

Je viens de terminer à l’instant Heimaey de Ian Manook.

Par où commencer ?

Par dire peut-être, que je regrette de ne pas avoir lu plus tôt cet auteur incroyable !

Que malgré le fil rouge de son récit, un polar, un vrai, un dur, la beauté de ses textes m’a porté tout le long de son récit ?

 Il y a quelques jours je suis allé voir un spectacle immersif, où la vue et l’ouïe nous permettaient presque de ne faire qu’un avec l’artiste…

Ian Mannook réussit avec Heimaey le même prodige !

 J’ai vécu et respiré l’île d’Heimaey, terre de feu au milieu de l’océan pendant quelques heures… Pas seulement dues aux superbes descriptions qui m’ont faites rêver, les volcans, l’immensité de la neige et de la glace, la mer que l’on devine tout autour, les vagues qui se fracassent contre les falaises depuis des milliers d’années, mais aussi la force des ses personnages, forts, grands, puissants, semblant tout droits sortis d’un autre temps, afin de pouvoir subsister dans cet univers au climat hostile.

Ce qui m’a le impressionné aussi c’est le “krummasivur”. Ce chant viking venu du fond des âges, mélodies considérées comme des chansons folkloriques en hommage aux corbeaux, que j’ai écouté en boucle durant une grande partie de ma lecture. Le corbeau est associé à une grande intelligence et se produit dans la mythologie nordique, y compris sous la forme de Hugin et Munin (islandais Huginn et Muninn, pensée et mémoire), les compagnons d’Odin.

J’en connaissais certaines, du groupe “In Extremo“ par exemple, mais je n’avais pas fait le lien avec l’Histoire Islandaise… C’est absolument superbe !!!

 Je ne peux que vous conseiller de voyager avec Ian, dans l’espace et dans le temps à la recherche de Rebecca suite à sa disparition, dans un monde ou tout donne l’impression d’être au ralenti tant la “pression“ de la nature se fait présente…

Chaque pas, chaque décision est une lutte, une vraie décision à prendre contre ces forces vivantes où même les hurlements du vent nous racontent une histoire !

 Merci Ian, de m’avoir mené aussi loin…

Un grand merci aussi à Claire Lajonchère et Albin Michel pour leur gentillesse et leur confiance. 

NDLR : Pour en savoir plus vous pouvez vous rendre ICI

 

Les loups à leur porte de Jérémy Fel


Le livre : Les loups à leur porte de Jérémy Fel. Paru le 19 Août 2015 aux Editions Rivages dans la collection Littérature francophone. 20€  (434 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 5 Octobre 2016 aux Editions Rivages, Collection Rivages Poche. 8€80 ; 410 pages; 17 x 11 cm

4ème de couverture :
Une maison qui brûle à l’horizon ; un homme, Duane, qui se met en danger pour venir en aide à un petit garçon qu’il connaît à peine ; une femme, Mary Beth, serveuse dans un « diner » perdu en plein milieu de l’Indiana, forcée de faire à nouveau face à un passé qu’elle avait tenté de fuir ; et un couple, Paul et Martha, pourtant sans histoires, qui laisseront un soir de tempête, entrer chez eux un mal bien plus dévastateur. Qu’est-ce ce qui unit tous ces personnages ? Quel secret inavoué les lie ?

L’auteur : Jérémy Fel fut libraire pendant quelques temps, spécialisé dans les littératures de l’imaginaire, avant de décider de se consacrer à l’écriture. C’est après ses études de lettres et de philosophie au Havre, puis quelques scénarios de courts métrages, qu’il s’est orienté vers l’écriture de nouvelles.
Les loups à leur porte (2015), son premier roman, est un grand puzzle feuilletonesque à l’atmosphère énigmatique et troublante.
En 2018, il publie Helena« , un des titres phares de la rentrée littéraire chez Rivages.

Extrait :
«Son cœur s’emballa quand le monstre lui tendit le morceau de chair qu’il tenait à la main, comme une invitation au festin, avec dans son regard le sourire que son visage figé ne pouvait plus former.

Il le sentit entrer dans sa tête, tenter de le posséder en y déversant des flots de paroles incompréhensibles, des incantations noires destinées à détruire les dernières barrières. L’odeur du sang se fit plus forte et attisa sa faim, une faim qui lui donna mal au ventre, une faim qu’il fallait assouvir. »

Les Lectures de Maud :

Les loups à leur porte de @Jérémy Fel

Nous voici plongés dans les profondeurs du noir, du dur, du machiavélique et de l’abomination. Plusieurs histoires se succèdent avec chacune leur force, leurs personnages et leur drame. Un enchaînement d’anecdotes embarque le lecteur dans une folie meurtrière.

Mary Beth, femme courageuse, pensait avoir refait sa vie en toute quiétude va rapidement voir son passé resurgir de manière sanglante et la confronter de nouveau au calvaire vécu près de 20 ans plus tôt. Elle fait partie, avec son fils, des protagonistes les plus attachants du roman.

L’auteur signe ici un premier livre magistral, une écriture magnifique qui contraste très bien avec le thème qui se veut violent et abjecte. La succession de victimes est impressionnantes mais tout à fait acceptable pour certaines. Pour tous les fans de glauque je vous recommande vivement cette passionnante lecture !!!!

Je lirai très prochainement Héléna son tout nouveau roman

 

Le miroir aux fruits de la passion de Richard Louis


Le livre : Une enquête du chef Michel-Arthur Chevalier, Le miroir aux fruits de la passion.  Paru le 28 mars 2018  aux éditions L@ Liseuse. 19.90 € ; (280 pages) ; 15 x 23 cm

4ème de couverture :

Première enquête du chef Michel-Arthur Chevalier

Panique à Matignon : l’ambassadeur de France en Italie a disparu et son chef de cuisine a été assassiné. Pour rester le plus discret possible, le gouvernement français dépêche sur place le meilleur élément de la brigade spéciale du Premier ministre : le cuisinier Michel-Arthur Chevalier, alias Mac. Pendant qu’il enquête dans les arcanes du Saint-Siège, tout en goûtant aux trésors de la gastronomie italienne, de vieux ennemis se rappellent à lui et l’obligent à se replonger dans des souvenirs qu’il aurait préféré ne pas voir ressurgir…

Un roman palpitant dans lequel l’esprit de déduction et l’appétit sont tous deux aiguisés par une intrigue au moins aussi savoureuse que les recettes dévoilées à sa suite.

 

L’auteur : Richard Louis est issu d’une famille avignonnaise. Son arrière-grand père tenait une épicerie fine et son père restaurateur et traiteur à côté du Palais des Papes. Après avoir tenu le restaurant familial au début de sa vie professionnelle, Richard Louis s’est orienté vers une carrière dans la communication globale pour des entreprises régionales et nationales, tout particulièrement dans le domaine de la restauration. Sa passion pour l’écriture date de l’époque où il faisait du théâtre et où il avait tellement eu de plaisir à jouer une pièce qu’il s’était proposé d’en écrire la suite. Finalement, le temps qu’il parvienne à la fin, certains des comédiens avaient quitté le théâtre et, la pièce n’a jamais été jouée ! Alors, il en a écrit une autre, et puis il s’est lancé dans la narration des romans policiers … Ainsi, c’est au petit matin qu’il s’adonne à sa passion pour l’écriture. Dans ces ouvrages, il met en scène un personnage récurrent, Michel-Arthur Chevalier (alias MAC), un enquêteur qui est également chef de cuisine. Richard Louis, en amateur des mots mais également de saveur culinaire, propose à la fin de chacun de ses romans, les recettes des plats qu’il évoque dans ces récits. À ses heures perdues, l’auteur aime aussi jouer de la musique, dessiner, peindre ou sculpter.

 …

 

Extraits :
«  Le type qui m’avait renseigné n’était pas un enfant de chœur, pour qui connaissait son pedigree. Il m’avait Supercontacté par téléphone et, pour sa sécurité, n’avait jamais voulu que l’on se rencontre. Il m’avait tout balancé d’un coup. Il m’avait dit « qu’il y avait des choses qui ne se faisaient pas. En particulier, faire du mal à des enfants ». Il avait ajouté qu’il avait participé, au Rwanda, à une action punitive qui avait coûté la vie à vingt-huit enfants d’un village rebelle. Le temps avait passé, mais il avait toujours beaucoup de mal à s’en remettre. Je n’y croyais pas vraiment.»

La chronique jubilatoire de Dany

Le miroir aux fruits de la passion de Richard Louis

Un roman de 232 pages en fait, car la fin est un recueil de recettes : les recettes bien contemporaines de MAC pour les amateurs comme dans la série de Michèle Barrière qui reprenait les recettes médiévales.

Une narration sur trois époques permet au lecteur de reconstituer l’histoire douloureuse de Michel-Arthur Chevalier (MAC), membre d’un corps d’élite attaché au premier ministre du gouvernement français, sous couverture de son métier de cuisinier.

Les amoureux de Rome retrouveront avec plaisir les décors somptueux de la capitale italienne où la précision des descriptions peut nuire au rythme de l’intrigue.

Quant au contexte de l’action, la revue de presse très documentée et restituée in extenso nuit elle aussi au déroulement dynamique du récit.

En résumé une bonne intrigue sur le sujet sensible de la pédophilie au sein de l’église, entravée dans sa narration par un trop plein de précisions.

 

« Ah, c’était trop beau ! Cela faisait bien trois mois que j’étais resté tranquille dans ma cuisine à essayer de nouvelles recettes. Et, après ma dernière place, j’avoue que j’en avais bien besoin ! J’en venais même parfois à oublier que je pouvais sortir de ma cuisine. C’était un phénomène très particulier. Je m’y sentais vraiment en sécurité. Le monde extérieur n’existait presque plus. Il s’arrêtait au passe, cette fameuse barrière qui protégeait la cuisine de la salle et… vice-versa ! »

 

« J’avais prévu un repas dégustation, à prendre sur la terrasse. Il avait fait très beau toute la journée et je pensais qu’une soirée sous les étoiles, avec quelques lampions accrochés aux arbres et le grand photophore sur la table, serait du plus bel effet. J’avais composé un plateau de tapas chics, faciles à manger et variées, car je ne connaissais pas encore ses goûts. Il comprenait, entre autres, despiquillos à la brandade de Nîmes[R] – la brandade Raymond, la vraie, sans pommes de terre – de la tapenade noire maison aux figues[R] – une recette d’un ami turc –, des chips de betterave[R], des sucettes de volaille[R] et différentes petites verrines apéritives[R]. J’avais également préparé des américanos[R], un cocktail que je buvais allongé avec du Schweppes. Verre givré avec une tranche d’orange fendue, en décoration, sur le rebord, piquée d’une cerise confite. Tout était prêt !

J’avais mis toutes les chances de mon côté. »

 

 

L’exquis cadavre exquis, épisode 61


L’exquis cadavre exquis, épisode 61

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

EPISODE 61

by Nina du Resto littéraire

 DIRECTION LALANDE

 

Amanda se retourne dans le lit, cherchant une meilleure position, mais, lui arrachant un cri, une douleur fulgurante la réveille tout à fait. Les yeux dans le vague et l’esprit dans le brouillard, elle met quelques minutes à retrouver le fil des évènements. Je suis dans mon appartement avec la fille de Max et la sonnette retentit… J’ouvre…Un violent coup de poing me percute… Je me réfugie dans un bar…Je me réveille dans cette chambre et deux silhouettes sont au dessus de moi en train de changer mon bandage…Mais où suis-je ?… D’une main décidée, elle cherche un interrupteur. Avec la lumière, elle découvre un petit mot glissé à son intention sur la table de nuit.

« Belle Camille, si tu te réveilles, fais comme chez toi ! Je serai vite de retour. Jo »

Au moins, elle n’a pas donné son vrai nom à l inconnu(e), Jo, son bienfaiteur ou bienfaitrice de l’instant, qui sera sûrement déçu(e) à son retour.  Remerciant sa bonne étoile d’être en vie et surtout d’avoir su tenir sa langue. Malgré la terrible sensation de coaltar, elle tente de se lever, cherche ses fringues qu’elle ne trouve pas. Elle aperçoit et saisit une boîte de calmants sur la table de nuit, en avale deux. Dans sa tête un seul leitmotiv  :

« A nous deux, Mr Lalande. Une petite visite à votre villa est maintenant nécessaire »

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De retour de la pharmacie, Carole entre le digicode de l’immeuble de son « grand frère ». Impatiente comme une enfant, elle se dirige vers la porte de l’appartement. Enfin, elle va retrouver sa maman. En la voyant, elle comprend à son regard qu’elle est vraiment redevenue elle-même. Elles se jettent dans les bras l’une de l’autre. La joie est si intense que Carole fond en larmes.

« Maman ! Merci Eric, merci. Mais explique-moi, que s’est-il passé ? A chaque fois que je venais te voir, tu étais incapable de me reconnaître et là, tu l’air si… normale !

– Calme-toi, ma chérie ! Je vais t’expliquer ou plutôt, Rico va t’expliquer car il y a, encore quelques minutes, je ne comprenais pas moi-même.

– Rico… Mais il faut croire que vous avez déjà bien fait connaissance tous les deux pour que tu lui donnes un petit nom ! En même temps, je savais qu’il te plairait !

– Non, Carole, tu n’y es pas. On se connait depuis longtemps avec Eric. Assieds-toi, on va tout t’expliquer. »

Interloquée, Carole s’assoit, à la fois curieuse et inquiète de ce qui l’attend.

« Dis-moi ma chérie te rappelles-tu de ton oncle ?

-Le frère de papa ? Oui, vaguement. Pourquoi ?

-Te rappelles-tu de son prénom ?

– Attends que je réfléchisse… »

Concentrée, Carole sonde sa mémoire et d’un coup, les yeux écarquillés, l’incrédulité sur le visage, elle se tourne vers Eric.

« Tonton Rico ! Vraiment ? Mais pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit ?!

– Sans compter ta perte de mémoire, tu étais dans un sale état après l’accident… Puis, les mois ont passé,  tu t’évertuais à m’appeler grand frère, alors j’ai laissé couler. D’autant que la mort de ton père était encore pour toi une énorme blessure que je ne voulais pas rouvrir. Désolée Carole !

– Mais pour maman ?

– J’ai autre chose à te révéler. Comme tu le sais, Blanchard et Lalande ont deux gros bras tchèques qui font tout leur sale boulot. Eh bien, l’un d’eux, Anton, est un ami, un frère d’armes et j’ai une confiance aveugle en lui, malgré la brute qu’il peut être. Lorsqu’un soir on s’est retrouvé autour d’une bière et qu’il m’a parlé de son nouveau patron, le rapprochement avec vous a été rapide dans ma tête. Je lui ai donc demandé de veiller sur vous. J’ai… ou plutôt, il a échoué pour Camille…  J’avais aussi  des soupçons sur la réalité de la folie soudaine de ta mère et  j’ai demandé à Anton de chercher à savoir si Lalande ne la droguait pas. Mon intuition était bonne et Anton a simplement remplacé les comprimés par d’autres identiques mais inoffensifs. Il ne restait plus qu’à attendre que les effets se dissipent et que ta mère revienne dans notre monde en espérant que ce soit possible»

Toujours assise Carole est incrédule, son « grand frère » et son oncle Rico sont une seule et même personne.  Et si  Anton avait été plus malin, sa sœur serait toujours en vie. Une rage intense s’empare d’elle.

« Merci pour maman, mais cela n’efface en rien la mort de Camille, sache-le. Maintenant, on bouge et on file chez Lalande. Les flics auront certainement déguerpi et je suis sûre que Blanchard va en profiter pour passer la villa au peigne fin afin de faire disparaître toutes les preuves. Et je veux être là !

– Comment être sur qu’ils y seront à notre arrivée?

– Envoie un SMS à ton frère d’arme, Anton ! »

Sous les pavés la jungle – Simone Gélin


Le livre : Sous les pavés la jungle de Simone Gélin. Paru le 27 février 2018 chez Cairn dans la collection du Noir au Sud.  11€ : (341 p.) ; 18 x 13 cm

4e de couv :

Sous les pavés la jungle

Dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fresnes, deux vauriens se nouent d’amitié.

L’un, Milo, s’efforce de tourner le dos à la délinquance. Une fois libéré, captivé par l’histoire de ses grands-parents, une passion née sur les barricades de mai 68, il tire le fil rouge de ce passé et découvre ses racines : Bordeaux, l’estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d’Arcachon.

L’autre, Kevin, s’emploie à grimper dans la hiérarchie de la voyoucratie, s’adonnant aux trafics sordides et commerces d’êtres humains.

Leurs routes vont-elles se recroiser ? Peut-on sortir indemne de la prison ? Le destin en décidera.

L’auteur ; Après une carrière dans l’enseignement, Simone Gélin se consacre à l’écriture de romans dont le cadre privilégié est Bordeaux et le bassin d’Arcachon, où elle vit et puise son inspiration.
Ses écrits ont reçu plusieurs récompenses : Prix de la nouvelle au salon du livre de Hossegor en 2012. et au Festival Paris Polar en 2016 ; Prix Augiéras en 2014 à Périgueux et prix du jury au salon de Saint-Estèphe pour le roman
Le Journal de Julia ; Prix de l’Embouchure au festival international de littérature policière de Toulouse en 2017 pourL’Affaire Jane de BoySous les pavés la jungle est son cinquième roman.

 

Extrait :
« Chaque vérité a son prix.
Kevin a payé pour l’avoir et Milo s’estimait prêt à braquer pour avoir la sienne? Il se croit toujours plus fort qu’il n’est.
Mais la vérité est une pute qui ne fait que tendre des pièges.
Lui aussi s’est vautré dedans.
Il regrette comme un malade de s’être entêté là-dedans. Il a fallu qu’il s’obstine. C’est bien fait pour lui. Il n’avait qu’à la laisser tranquille la vérité. Là où elle était enterrée deouis cinquante ans. Elle avait fait son oeuvre en son temps et assez de dégâts, réduite au silence, aujourd’hui, elle ne risquait plus de faire de mal à personne. Il ne fallait pas la réveiller. »

 

Le petit avis de Kris

@Sud Ouest

Sous les pavés la jungle – Simone Gélin

Résumé : Dans la maison d’arrêt de Fresnes, Milo et Kevin deviennent amis. Libéré, Milo fait tout pour rester dans le droit chemin. En enquêtant sur l’histoire de ses grands-parents, il renoue avec ses racines et découvre la région de Bordeaux et le bassin d’Arcachon. De son côté, Kevin veut grimper dans la hiérarchie de la criminalité et participe à des trafics et à des commerces d’êtres humains.

Avis : Un nouveau coup de maître !! 
Du noir, tres noir comme je l’aime ! On se laisse entraîner par Milo qui n’a de cesse de connaître la vérité sur sa grand mère Léa, décédée dans des circonstances jamais élucidées. Un Milo voyou au grand coeur, tiraillé entre le bien et le mal, mais toujours droit dans ses bottes. Tout est en nuances dans ce livre, d’une finesse et d’une fragilité toujours crédibles qui vous bouleversent.

Et puis parvenir à mixer aussi adroitement les événements de Mai 68 (Très bien documentés soit dit en passant) et ceux de la jungle de Calais, tout à fait d’actualité, relève de l’exploit.

Une auteure que je vous invite tous à découvrir pour ceux dont ce n’est déjà fait !!

Présentation des Déracinés de Catherine Bardon à L’UNESCO par Jean Paul


    

Présentation des Déracinés de Catherine Bardon à L’UNESCO par Jean Paul

La vie n’est pas linéaire.
Il y a des périodes où nous allons bien et d’autres malheureusement où cela ne va pas !

J’ai rencontré Catherine Bardon à un moment où j’étais plutôt mal…
Certains diront dans le creux de la vague. La lecture de son roman m’a fait un bien fou, m’a aidé dans une prise de choix personnelle.
Nous sommes régulièrement en contact maintenant depuis quelques mois.

Il y a quelques jours, elle m’a envoyé une invitation pour la présentation de son roman “Les déracinés” en sortie nationale avec un nouvel éditeur, Les Escales.
La présentation a lieu au siège de l’UNESCO en partenariat avec la délégation de la République Dominicaine ainsi que l’Office du Tourisme de la République Dominicaine.

Seront présents aussi son Excellence l’Ambassadeur de la République Dominicaine et bien d’autres personnes.
Me voilà donc arrivé jeudi 24 mai au soir, dans la salle des Délégués de l’UNESCO. Comme dans un aéroport, j’ai eu le droit à une fouille afin de pénétrer dans les lieux hautement sécurisés.
Je suis arrivé parmi les premiers et j’ai bien fait car cela nous m’a permis de discuter un peu au calme avec Catherine.
Mais très vite, plusieurs dizaines de personnes sont arrivées et j’ai dû laisser notre hôte à ses invités…
Plusieurs groupes se créèrent au fur et à mesure et j’ai navigué ainsi de personne en personne en alternant entre français et espagnol selon les besoins !
Un moment malgré tout, j’ai douté de ma présence dans ces lieux, que faisais-je, simple lecteur parmi toutes ses personnes.
Mais les discussions aidant j’ai passé une très belle soirée…

Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Elle a écrit de nombreux guides de voyage et un livre de photographies sur ce pays, où elle a passé de nombreuses années. Elle vit à Paris et signe avec “Les Déracinés” un premier roman, mais surtout “Le premier roman français” qui traite des exilés juifs en République Dominicaine, période de l’Histoire complètement méconnue par la plupart des gens. Quand Jérôme Dejean, journaliste, lui demande pourquoi a-t-elle choisi d’écrire ce roman, elle nous explique tout simplement qu’il y a plus de vingt ans, un vieux monsieur lui a raconté une histoire. Son histoire, celle d’un Juif déraciné, enlevé à son pays en 1939, il a débarqué en République dominicaine sous le règne de Rafael Leonidas Trujillo (1891-1961), « Père de la patrie » et dictateur…
Cette histoire a mis vingt ans à mûrir dans la tête de Catherine, à se construire. Elle a dû faire des recherches, des recroisements, des vérifications. Mais surtout Catherine ne voulait pas écrire un essai, un texte banalisé. Comme elle l’explique elle-même : “J’ai écris le roman que j’aimerais lire…” Elle voue un amour véritable à la République Dominicaine, et on le ressent très vite à son écriture. Mais elle aime aussi les gens, leurs histoires, leur passé, c’est une vraie conteuse…

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J’ai lu son roman deux fois. La première, parce que je ne pouvais pas m’arrêter tellement cette histoire est forte et riche en émotions. Puis je l’ai relu quelques semaines plus tard, où cette fois j’ai pris mon temps. J’ai même régulièrement jeté un coup d’œil sur Google me rendant compte du travail énorme qu’elle avait réalisé… Pour cette raison, je n’ai pas été surpris qu’elle ait choisi comme thème de son premier roman une extraordinaire aventure d’amour et d’exil qui se déroule principalement à Sosúa, petite ville en bord de mer, très colorée que j’ai eu l’occasion de visiter par deux fois, se situant dans le nord de l’île. J’ai retrouvé beaucoup d’émotions ressenties sur place, la gentillesse des gens, une verdure luxuriante, les balades à cheval, les voyages en barque à Samaná, la vision des baleines autour de nous…
Son roman part de faits réels et parle des nombreux Juifs qui ont été délocalisés entre 1940 et 1942 sur l’île afin d’échapper à une mort certaine par le régime nazi. Durant la conférence d’Evian en 1938, le président des États Unis, Franklin D. Roosevelt tente de trouver une solution pour récupérer certains Juifs allemands et autrichiens. Aucun des 32 pays présents à cette conférence n’a voulu tendre la main vers ces Juifs livrés à leur sort. Aucun, sauf la République Dominicaine qui délivra 5000 visas. Cela peu paraître surprenant venant de la part d’un dictateur, mais sa bonne volonté n’était pas du tout désintéressée. Il agissait pour des intérêts économiques, géopolitiques et pour se redonner une meilleure image publique. Accessoirement cette main d’œuvre à “bas prix” allait permettre d’accélérer le développement de son pays. De nombreuses familles juives qui laissèrent derrière eux richesses et confort après avoir été transférées de pays en pays, arrivèrent enfin sur les terres quasi sauvages de Sosúa, terres qui petit à petit à force de travail et de sueur devinrent leur véritable lieu de résidence.
Le tempérament naturel et la gentillesse des Dominicains a beaucoup aidé à leur intégration. L’histoire de Sosúa est une réussite entre la rencontre de deux cultures très différentes. Une bonne intégration, des mariages mixtes, l’absence d’anti-sémitisme et surtout la conservation des traditions et des pratiques religieuses dans un respect commun. A la fin de la guerre, certains de ces pionniers se sont installés aux États-Unis ou en Israël. Mais il existe encore aujourd’hui à Sosúa une communauté, une écoles, une synagogue, un cimetière et même un musée à la mémoire de ces “déracinés” Je ne remercierai jamais assez Catherine pour cette invitation…

Un grand merci aussi à Esther, qui représentait la librairie “Lamartine” (118, rue de la Pompe dans le 16e arrondissement), qui a été charmante et très agréable ainsi qu’à tous les organisateurs de l’UNESCO.

Les déracinés de Catherine Bardon
Un roman de vie et de bonheur bien mérité, un hommage à des pionniers, des hommes et des femmes courageux dans un nouveau monde où tout est à construire.

 

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