Le secret du mari de Liane Moriarty


 

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97822263170700-2580989 Le livre :Le secret du mari  de Liane Moriarty.Traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau. Paru le 1er avril 2015 chez Albin Michel. 21€50 ; (410 p.) ; 23 x 16 cm.

97822530679480-3157577Réédité en poche le 6 avril 2016 au Livre de Poche pour 7€90; (499 p.) ; 18 x 11 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Jamais Cecilia n aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n ouvrir qu après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l ouvre et le temps s arrête John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu elle vient d apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu elle aime souffriront.
Liane Moriarty brosse un tableau nuancé et émouvant de l’amour (marital et familial) et se révèle bien mieux qu’un simple auteur de best-sellers : une romancière dont les personnages attachants pourraient être vos amis ou vos voisins, avec leurs qualités et leurs failles.

 

etrtg74L’auteur : Née le 15 novembre 1966 à Sydney, la romancière australienne Liane Moriarty est l’auteur de six best-sellers dont Le Secret du mari. Découvert par Amy Einhorn, l’éditrice américaine de La Couleurs des sentiments, Le secret du mari est un immense succès aux U.S.A : No 1 sur la liste des best-sellers du New York Times, il figure toujours sur les listes des meilleures ventes deux ans après sa sortie.
Le Secret tient en haleine deux millions de lecteurs dans le monde dont un million aux USA.

 

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Le secret du mari de Liane Moriarty 🙂

Résumé :

Cecilia Fitzpatrick trouve par hasard dans le grenier une lettre de son mari John-Paul, ne devant être lue qu’après sa mort. Elle l’ouvre quand même et découvre un secret pouvant détruire sa famille mais aussi la vie de quelques autres.

*** Emilie délivre son avis *** :

Le résumé de ce roman m’a de suite séduite. J’ai toujours adoré les histoires avec des secrets de famille donc autant vous dire que celui-ci n’a pas traîné longtemps dans ma gigantesque PAL.
J’ai adoré le fait qu’on ne découvre pas de suite le contenu de la lettre mais aussi le fait qu’on vive les choses du point de vue de trois personnages.
On est passionné par l’histoire, par l’enjeu. On est tour à tour amusé et intrigué. On réfléchi, on enrage, on pleure,… Ce livre c’est la vie. On peut être à la place de n’importe lequel de ces personnages et, que ce soit à la place de l’un ou de l’autre, je ne sais pas comment j’aurai réagi.
L’épilogue est beau. Il montre bien que , dans la vie, tout ne tient qu’à un fil…

Bonne lecture 😀

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Le condor de Stig Holmas


sh  Le livre : Le condor de Stig Holmas. Traduit du norvégien par Alain Gnaedig. Paru le 2 juin 2016 chez Sonatine éditions dans la collection Sonatine +. 13€ ; (253 p.) ; 18 x 13 cm

Présentation de l’éditeur :

Dans la lignée des œuvres de Robin Cook et de Jim Thompson, un polar norvégien mélancolique et sombre, poétique et haletant à la fois.
William Malcolm Openshaw, poète, intellectuel et amoureux des oiseaux, a eu plusieurs vies. Depuis des années, il erre aux quatre coins du globe, de Mexico à Tanger, en passant par Bogotá et Le Caire, ne fréquentant que les quartiers les plus pauvres.  » Je me contente de traverser les villes, de les quitter en marchant lentement.  » William est un homme hanté par de mystérieuses tragédies, par des secrets dont il ne parle pas. Au Portugal, à la suite d’une agression, il fait la connaissance de Henry Richardson, attaché à l’ambassade britannique de Lisbonne. Ce dernier semble en savoir beaucoup sur le passé de William, beaucoup trop même. Sur les disparitions, les morts violentes, les ombres et les trahisons qui ont jalonné son parcours. Richardson a peut-être même les réponses aux questions que se pose William sur sa vie d’avant, sur la tragédie qui a brisé son existence. Une véritable partie d’échecs à l’issue tragique inévitable s’engage alors entre les deux hommes.

Stig Holmås, tout en nous proposant une intrigue d’une efficacité absolue, s’interroge sur la condition humaine avec une lucidité déchirante. La beauté et la puissance de l’écriture ne font qu’ajouter à l’éclat de cette perle noire, publiée en 1991, et considérée par beaucoup d’amateurs comme un chef-d’œuvre absolu du genre.

stig-holmas_5613129L’auteur : Poète, romancier et scénariste, Stig Holmås est né en 1946 à Bergen
Extrait :
«… Partout des papiers gras qui traînent dans les caniveaux, partout des coins de maisons décorées à la pisse, mais le parfum des coquelicots m’accompagne. Il est rouge et léger, comme les battements de cœur du condor.» 

Résumé et petit avis :

Cet homme qui traîne sa misère d’une capitale à l’autre, c’est William Openshaw, poète reconnu mondialement, grand connaisseur des oiseaux et braqueur de banques.

Quels hasards, quels incidents, quelles motivations guident ses pas ?

Il est hanté par de mystérieuses tragédies et des secrets dont il ne parle jamais.

Puis un jour au Portugal, il fait la connaissance de Henry Richardson, attaché à l’ambassade britannique, qui semble en savoir beaucoup sur le passé trouble de William.

Mais… Qu’a-donc laissé,  William, dans son sillage ?

shEncore une oeuvre qui sort de l’anonymat.
Sortie il y a presque 20 ans chez un petit éditeur nantais, c’est la série noire qui nous le fait découvrir 5 ans plus tard.
Il n’a pas vraiment fait beaucoup de bruit. Il faut dire que ce texte est vraiment singulier.

Un OLNI, un Objet Littéraire Non Identifié.

Et puis miracle, Sonatine le ressuscite dans sa collection semi poche. Et hop le condor prends son envol.
Et quand le condor plane ainsi au-dessus de vous, c’est que votre esprit est ouvert et vos neurones tournent au maximum de leurs possibilités.

Et l’auteur tel un chamane convoque sa plume hypnotique et poétique pour nous entraîner dans son sillage. Et il invoque tous les thèmes qui font de ce titre un grand roman noir, les choix mal assumés, les regrets, l’enfance volé et ses traumatisme et la recherche de redemption.

Non, je ne dirai pas comme certain que ce livre est un chef d’oeuvre mais je pense que sa lecture va vous marquez à jamais comme je l’ai été. Elle déroute, dérange, agace et lasse parfois. Mais toujours elle nous fait battre notre coeur.

 

 

Retrouvez ci-dessous la chronique de mon ami Yvan sur Emotions :

Le condor – Stig Holmas

Apéro Polar : rencontre avec Michaël Mention autour de Jeudi Noir.


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J’ai eu la chance de recevoir Michaël Mention , ce samedi 11 juin 2016 pour un Apéro Polar.

 Durant 1h30 nous avons devisé sur son roman Jeudi Noir. Enfin c’est surtout Michaël qui a parlé. Il nous a même lu quelques extraits de son roman pour illustrer son propos. On a eu droit aussi à deux morceaux de musique significatifs pour mieux appréhender tout cela.

Je vais tenter ici de vous retranscrire de mémoire cette rencontre. Je ne vous ferai pas un compte rendu exhaustif, mais j’en extrairai les propos marquants, enfin ceux qui m’ont marquée.

Alors débutons ici ce face à face.

MMjpgGVL  : Michaël est arrivé…( oui, monsieur Mention était un peu en retard à notre rendez-vous. Mais ça tombé bien, les lecteurs aussi sont arrivés à la bourre. Et puis même en retard, nous avons pris le temps de faire quelques photos souvenir devant la bibliothèque avec David et Michaël. Lol !) Alors je me lance pour vous présenter  ce jeune auteur que je suis depuis une dizaine d’année maintenant et donc je suis une grande fan. 

Mais comment te présenter Michaël :  Tu es le petit génie du polar français. Tu est né en 1979 à Marseille. Tu publies ton premier roman en 2008 aux éditions du Rocher, Le Rhume du Pingouin. Vient ensuite, en 2012, Sale Temps pour le Pays (Rivages/noir) qui obtient le Grand Prix du roman noir au festival international du film policier de Beaune 2013. Sale temps pour le pays est le premier Volet d’une trilogie que je nommerais Anglaise.  Viens ensuite Le Fils de Sam (Ring éditions), un docu-fiction sur le célèbre tueur en série David Berkowitz. Puis Jeudi noir (chez Ombres Noires) pour lequel nous sommes ici aujourd’hui. Suivront Le carnaval des hyènes toujours chez Ombres Noires. Puis Adieu demain et Et justice pour tous, les deux derniers opus de la trilogie anglaise. Tu as la chance d’être édité dans la prestigieuse collection Rivages Noir mais aussi dans une jeune maison d’édition dynamique Ombres Noire.

Nous somme ici pour parler de Jeudi Noir, ce titre est reparu en poche dernièrement, alors si il est emprunté à la bibliothèque, vous pouvais vous l’acheter et pour 6€ seulement vous aller revivre en direct la demi-finale de la coupe du monde 1982, France-RFA, vue de l’intérieur à la manière d’un thriller.

Voilà pour ta bio-bibliographie. Pourrais-tu nous compléter tout cela ?

Michaël Mention  : Oui en effet…Je suis né à Marseille en 1979, J’ai donc 37 ans. Alors quand tu dis « jeune auteur », c’est plus vraiment le cas Geneviève. 

GVL : Mais si Michaël, pour moi tu seras toujours un gamin ! (rire)

Michael : J’ai grandi là-bas dans les quartiers nord. Je ne suis pas plus fier que ça d’être Marseillais. J’ai pas cette fierté là, même si j’aime bien Marseille, la ville a de bons cotés. Après des débuts dans la BD puis des chroniques, je deviens romancier et scénariste . Je suis un passionné de rock et de cinéma. D’ailleurs à la base je me tournais plus vers le cinema que vers l’écriture. A l’adolescence, je dessine pas mal.  La BD me tente bien. 

En 1999, j’intègre un atelier d’écriture à l’université du Mirail à Toulouse. C’est là que j’écris mes premiers textes, influencés par Desproges, Lavilliers, Céline ou encore Hubert-Félix Thiéfaine. J’écris des chroniques assez acerbes voir acides. Les gens ont l’air de bien aimé. J’écoute les premiers album de Lavilliers, je me shoote avec ses musiques mais aussi ses paroles. J’écris de plus en plus de chroniques. Elles reçoivent un super échos, alors… Par la suite, je glisse des chroniques aux nouvelles. Et une nouvelle plus tard, j’arrive à Paris en 2001 et là je m’attelle à mon premier roman, Le rhume du pingouin  qui ne paraîtra qu’en 2008 aux éditions du Rocher. Depuis, l’écriture est ma passion quotidienne.

J’ai vécu 18 ans à Marseille. Alors là bas le foot c’est une religion.  J’y ai donc forcément vécu la finale de Coupe d’Europe en 93 avec toute la ville qui faisait la fête. Mais je n’ai jamais dépassé ce stade de supporter occasionnel. Je n’ai pas été initié, en fait au football. Mais j’aime ouvrir mon esprit.

GVL : Alors justement, quand on aime pas vraiment le football, comment en vient-on à écrire un livre qui à comme sujet central le football. Et puis j’aimerai que tu nous explique la genèse de ce Jeudi Noir.

MM : En fait, même si je ne suis pas un fan de foot, j’ai toujours entendu parler de ce match comme quelque chose de fantastique et terrible à la fois, mais sans jamais chercher à en savoir plus. Et puis un soir, en mars dernier, alors que je venais juste de finir un bouquin et que j’avais décidé de prendre une période de repos. En fait cette année là, j’ai écrit 3 bouquins. Je crois que ça ne m’arrivera plus jamais. Et alors que je finissait le deuxième et que j’avais promis à ma compagne de lever le pied….Bon, ma femme vous dirai que je ne sais pas le faire. J’ai trop besoin d’écrire.

Alors après une semaine, à rien faire, à rester vautrer dans le canapé devant la télé, à manger n’importe quoi, je suis tombé sur un documentaire consacré à Michel Platini. Aux deux vie de Michel Platini. La première était consacrée à sa carrière de Joueur. Évidemment, dans ce documentaire, il revient sur ce fameux match de 82, comme quoi ça l’a marqué à vie et tout ça. À ce moment-là, il est 1h du matin et je me dis : « Bon, il faut que je le vois ce match, quand même » . Ok, j’ai un peu de temps. Alors, je me suis fais un café, j’ai rallumé la lumière et mon ordinateur. Enfin pas dans cette ordre. J’ai bien du allumé la lumière pour pouvoir trouvé la cafetière. Bon mais, du coup, je suis allé sur Youtube et j’ai regardé le match en entier. Et j’ai complètement halluciné.

Ce math c’est un pur scénario. Tout y est. Il s’en dégage une tel énergie et c’est un condensé de touts les sentiments humains. J’ai réalisé que ce match rassemble tous les codes du genre : des coups de théâtre de folie, une dramaturgie incroyable, on passe coup sur coup d’un sentiment d’exaltation à celui d’injustice. Au final, très vite, j’ai eu conscience que je pouvais en tirer un livre.

Je parle, je parle trop là, non ?  Alors voilà, à toi.

mm&&&GVL : Heu, je te remercie !  Bien, tu regardes le match et hop comme cela tu te dis, je vais pouvoir en faire un livre ! Whaoua ! Tu nous dis comment tu voyais ce livre. 

M. M. :  Comme je vous le disais, la musique a une grande place dans ma vie. J’ai toujours écouter beaucoup de musique. Mon père aimé le rock, ma mère m’a fait découvrir la chanson française. C’est elle qui m’a fait écouter Gainsbourg, Polnareff,  Léo Férré et bien d’autres. J’ai été bercé par cet environnement musicale il est devenu le mien. Mais là je digresse.

Donc…J’ai alors revu une seconde fois le match dans la foulée. Je me suis refait du café. Et là  j’ai commencé à le découper en chapitres, pas le café, le match ! Je voulais raconter le match, minute par minute. Il m’a semblé évident qu’il fallait m’approprier le match : me contenter de le raconter aurait été facile et surtout obsolète.

Ce livre est la retranscription romancée de la demi-finale de football qui a opposé l’équipe de France à celle de la RFA le 8 juillet 1982. Son ambition est de relater ce match avec le plus d’objectivité possible pour en finir avec les stigmatisations abusives

Pour ce faire, j’ai introduit dans le récit un 12e joueurs. Il fait des passes. Il tape dans le ballon. Il est au milieu de ses coéquipiers, sur le terrain. Je le fais jouer réellement. Mais c’est comme, une ombre, un fantôme… C’est un peu comme l’esprit collectif de ce collectif justement. Une sorte de conscience collective. Consciences des joueurs sur le terrain mais aussi du public dans le stade. Et j’en ai fait mon Narrateur. A travers lui, j’ai pu exprimé tous les sentiments. En imaginant ce douzième joueur fictif au sein de l’équipe de France, ça m’a permis d’avoir une totale liberté de ton. J’ai pu donné à ce roman cette  orientation « noire ». Et puis c’était clair, il était hors de question de prêter des pensées ou des intentions aux joueurs qui étaient sur la pelouse ce jour-là. Je ne voulais pas faire dire ou penser à Platini, Rocheteau ou les autres, des choses ou des propos qui n’auraient pas été les leurs !

mm&&Si certains passages semblent dramatisés, ils ne le sont qu’à travers le point de vue du narrateur – ce joueur fictif –, ce qui n’engage en aucun cas les anciens membres de l’équipe de France. Même précision quant aux propos xénophobes, qui s’inscrivent dans une démarche de dénonciation du racisme. Ce match m’a permis d’évoquer ce que le football était avant. A cette époque le football business n’était pas de mise.  Jean Tigana, le milieu de terrain, était facteur, Maxime Bossis, le défenseur, aidait ses parents à la ferme…

 A travers cette histoire, je voulais aussi raconter la France de l’époque, celle de Mitterrand, avec les premières désillusions des Français à son égard. Pas encore la défiance, mais…

Et puis de l’autre côté, en Allemagne, il y a encore le mur de Berlin. Et les Allemands ont encore le poids pesant du passé sur les épaules. On est dans un contexte assez particulier, au moment de ce match.

Voilà, si vous avez des questions ?

Je me dirige vers Frédérique, qui s’avère être ma complice. Nous avons maintenant un numéro bien rodée. Je lui demande toujours de relire le livre et d’en tirer tout un tas de questions. Alors je lui tends le micro.
Fred : Oui, avez vous pour faire ce livre vu la retranscription du match mais coté allemand ?

MM : En fait, j’ai beaucoup lu d’article de presse de l’époque tant français mais aussi allemand que je me suis fait traduire. J’ai aussi visionner le match avec les commentaires des speakers allemand. Et effectivement, leur visions de ce match n’est pas du tout la même. Ils sont là pour gagner l’Euro. Ils sont la meilleure équipe. Il domine le mode footballistique depuis un certain temps. Ils sont en démonstration. Et ils se foutent bien de cette jeune équipe France qui est là pour faire ces preuves. La RFA domine l’Europe, il faut bien le dire. Elle n’a aucun complexe, sauf peut-être celle de son passée.

S’ils sont outrés par le geste de leur gardien, ils ne comprennent pas forcément l’émotion que suscite l’agression de Battiston en France.

Cette demi-finale de coupe du monde de football France-RFA c’est l’ambition contre l’expérience. C’est l’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et si  les deux équipes ont une même obsession : gagner sa place en finale, la rigueur et la puissance allemande vont vite prendre le pas sur le jeu fulgurant d’une équipe de France qui se veut redoutable. Et en plus le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Si effectivement le point d’orgue de cette rencontre c’est l’agression du gardien allemand, Harald Schumacher, sur le Français, Patrick Battiston, en position de tirer au but, à la 56e minute, celle-ci n’a pas été vécu de la même façon de l’on soit d’un coté ou de l’autre du Rhin.

Pour les uns c’est un fait de match, pour les autres c’est une injustice. Une injustice qui va avoir des conséquence dans la société française qui va voir resurgir le sentiment anti boche. Qui va voir réapparaître les humiliations de la guerre mais aussi le malaise de la collaboration. Un non dit de la société française qui risque de fracturer celle-ci encore 40 ans après.

Fabienne apporte son témoignage à cette démonstration.
Faby : J’avais une dizaine d’année à l’époque. Et je suis le fruit de l’union d’une famille mixe. Mon papa est allemand, ma maman est française. Le jour de cette demi finale, le téléphone a sonné chez nous, et mon père s’est fait passer un savon par la propre belle famille. Il a reçu en pleine face toute la haine que sa famille française avait contre le goal allemand. Il était l’allemand à abattre.  Ce coup de fil m’a marquée. J’avais peur d’une fracture entre mes parents. Et puis à l’école j’avais un nom allemand, ça a pas été toujours facile après ce match de foot.

MM : Oui, comme je le disais ce match à diviser la société française mais surtout à fait réapparaître le sentiment anti-germanique. .

Pour conclure j’aimerai vous faire écouter quelques morceau de musique qui n’ont accompagné pendant l’écriture de ce livre.

Le premier c’est Highway Star du Made in Japan de Deep Purple. 

Ce morceau pour moi reflète parfaitement l’entame du match. D’abord une courte phase d’observation entre les deux équipe. Et puis, très vite en moins de 10 seconde, les allemands s’empare du ballon et ils vont tout de suite imposer leur puissance.

La musique m’a permis de rythmer ce roman. De m’approprier le match. Ce qui est intéressant quand on écrit à partir de faits réels, c’est qu’on peut se les approprier, sans les trahir, bien sûr. J’aime l’idée de réinventer un fait connu de tous.  De « tordre » un événement pour voir ce qu’il peut générer dans le bon comme le mauvais. Et la musique m’aide aussi dans cette phase d’écriture. Elle structure la construction de mon récit.

Ecoutez bien ce morceau, et même si vous n’avez pas l’entame du match en tête, c’est quelques notes devraient vous permettre de visualiser celle-ci !

Quand j’écris je pars de petits détails. Ils sont le point de convergence du moment. Mon récit essaie de décortiquer la substance moelle de chaque fait. D’en extraire la quintessence. J’étire chaque détail jusqu’à ce qu’il révèle tout ce qui se cacher derrière.

Je veux trouver une écriture rythmée ou syncopée suivant le moment du match ou de la dramaturgie de celui-ci.

Puis Michaël nous lit le tout début de son livre :

Jeudi 8 juillet 1982

20 h 44
Stade Ramón Sánchez Pizjuán, Séville

Brassens est mort. Dieu est mort. Et nous, on est vivants. Bien vivants, avec la France derrière nous. Tous les Français. Même ceux qu’elle n’assume pas, ces enfants d’immigrés que certains appellent bougnoules alors qu’ils sont aussi français que nous. Dans notre équipe, il y a du sang algérien, espagnol, italien… La France d’aujourd’hui, celle de Mitterrand. Tout ce rouge en nos veines, sous le bleu de nos maillots. Pour nous, ce soir, c’est « liberté, égalité, amitié ».
Cette force qui nous lie ne sera pas de trop dans ce monde malade. Iran, Liban, Salvador… tant de morts que je ne sais pas par où commencer. Ce qui est sûr, c’est que la guerre froide est de retour. La faute à Reagan, dont les provocs de cow-boy irritent ce bouledogue de Brejnev. Lui, il paraît qu’il est en train de crever. Si c’est vrai, peut-être comprend-il enfin la souffrance des civils afghans. Vie/mort, victoire/défaite, tout ça est arbitraire – juste une question de point de vue.
C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Jœuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. « Drôle de sportif », c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus.

La voix de Michaël résonne alors dans le bibliothèque. Il nous lit ses propres mots avec émotions. Ces mains en tremble. Nous ressentons la même émotion ! Mon corps entier frissonne.

mm&D’autres questions ont été posées à Michaël. Et il y a aussi répondu avec autant de passion.  Mais j’arrête là mon petit compte rendu. Et oui, ma mémoire n’est pas vraiment extensible.

Moi, ce que je vous propose, c’est de venir participer à mes prochains apéros polars pour vivre en direct les rencontres. Et en plus on boit un verre et on grignote deux ou trois petits trucs en devisant et poursuivant les débats.

Aller pour vous propose quelques autres extraits :

Extrait 1 :

« Notre capitaine retient son souffle, et c’est toute la France qui frappe. Le cuir ondule, d’un carreau blanc à un logo noir. Le pied tendu, Michel se fige. Comme nous. Seul le ballon vit encore au rythme de l’impact. Le séisme se propage, animant le fil des coutures jusqu’à cet Adidas qui vole en éclats. Et la sentence part, magnétique, avant de heurter leur mur.

Michel est écrasé de frustration. Moi, je regarde ça, ce truc qui rebondit. Je le hais. Je les maudit, lui et la terre entière. Cet immonde caillou qui ne tourne sur lui-même que pour mieux nous faire tourner en bourrique…» (un coup-franc raté de Michel Platini)

Extrait 2

« Durant des jours, j’ai rêvé de ce match sans imaginer qu’on puisse aller auss loin. Les gens croient qu’on ne pense qu’à la victoire, ils se trompent. Ce qui nous obsède, c’est le coup d’envoi : cette microseconde où tout bascule et passe de l’abstrait au concret. La suite, heurts ou blessures, on ne la conçoit que lorsqu’on la vit. En général, ces imprévus déstabilisent un peu. Ou beaucoup, comme ce soir. D’abord Patrick, maintenant les prolongations. Et merde. »

Extrait 3 :

« Être Français, ça veut dire quoi ? Qu’on est né en France, c’est tout ? Je refuse de croire que ça se résume à un droit du sol, bassement territorial. Le sol, ce n’est que de la matière. Moi, je parle d’identité, l’essence même de ma personne. » (…) L’important n’est pas d’être français, mais de s’accepter comme tel. S’accepter pour mieux accepter l’autre, qu’il soit allemand, malien ou je ne sais quoi. En finir avec ces barrières inutiles que sont le racisme, les religions, l’exclusion. Noirs, Blancs, catholiques, musulmans, juifs, hétéros, homos… on est pareils. Tous mortels. Alors, qu’on arrête nos conneries et qu’on profite de la vie, ensemble.« 

Et pour le fun, quelques photos de la rencontre…

APMM&&&&& APMM&&&& APMM&&& APMM&& APMM&  APMM1 APMM2 APMM3 APMM4

APMM

Allez pour ce remettre de nos émotions ! Apéro Polar

 

 

 

 

 

W3, le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut et Nathalie Hug


$$&$$$Le livre : W3 : Volume 3, Le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut & Nathalie Hug. Paru le 1er avril 2016 chez Telémaque. 22€ ;   (829 p.) ; 22 x 15 cm.

4e de couv :

Le calice jusqu’à la lie

W3

Volume 3

Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion.

Qui est responsable de ce massacre ?

Ceux qui ont échappé à la mort vont très vite comprendre qu’ils ne sont pas sortis d’affaire.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble, les drames se nouent et les destins s’entrelacent une dernière fois.

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ?

Après le succès des deux premiers volumes de la série, dont le premier a été optionné pour la télévision, Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages.

Les meilleures choses ont une fin… pas les pires. Il faut boire le calice jusqu’à la lie.

13151595_1261217997246243_1451113828957640174_nLes auteurs :

Jérôme Camut est née en 68

En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Pour exemple l’excellente et palpitante tétralogie Les Voies de l’ombre.

Résumé et petit avis :

« Les locaux de W3 ont été soufflés par une terrible explosion…

Qui a voulu museler à jamais la voix des innocents et celle des opprimés ? Et s’il ne s’agissait pas d’un complot d’état comme tous le pensent ? S’il s’agissait d’une tout autre cause que les membres de W3 n’ont pas su voir ?

Pour les blessés et les survivants commence alors une nouvelle vie. Sous le signe de la reconstruction pour les uns, du renoncement pour les autres, une vie pleine d’amertume, de chagrin et de dangers.

Ce n’est pas parce qu’ils ont survécu à l’explosion qu’ils sont sortis d’affaire. Car ceux qui ont voulu les détruire sont toujours là, et cherchent à terminer leur funeste mission.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble de W3, des destins s’entrelacent, d’autres se heurtent, de nouveaux drames se nouent. Des amours naissent, d’autres se renforcent, et d’autres volent en éclat. Même l’espoir qu’agir avec W3 a du sens est menacé…

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ? Pas sûr…

Dans la série W3, on est embarqué avec les Camhug. Les personnages semblent réels, leur histoire l’est. Et la philosophie de la trilogie rejoint le cynisme de notre réalité. Il faut boire le calice jusqu’à la lie… »

Ces auteurs ont du génie ! Ils nous avaient laissés abasourdis, désemparés. Nous étions avec nos héros sous les décombres de l’immeuble de la rue des bleuets. Et si nous étions spectateurs impuissants, nous pleurions nos morts. Car notre monde s’écroulait. Qui avait bien pu survivre à ça. Combien de morts, de blessés, de survivants engloutis !

Quelle fut longue cette attente entre le deuxième opus et sur troisième volet. Que d’angoisses et de questions qui ne trouvent pas de réponses !

Et puis enfin la délivrance.

Dès que j’ai eu ce livre entre les mains, et j’ai eu de la chance de l’avoir en avant première, j’ai voulu le dévorer pour connaitre la suite, découvrir très vite qu’elle héros étaient morts, quels étaient ceux qui avait survécu. Je ne suis dit : » je vais m’avaler ce pavé en 3 jours. 300 pages par jours c’est jouable ». « L’impatience à ces limites, maintenant je veux savoir et je veux connaitre la fin !  » Alors je ne suis lancée à corps perdu dans cette lecture. Et puis au bout d’une heure, j’ai tout arrêté ! Cette précipitation ne servait à rien puisque de toute façon, je n’en savait pas beaucoup plus et surtout je manquais trop de détails importants et …C’est dans ces détails que se cachent sans doute la vérité.

Mais le coups de génie des auteurs c’est d’avoir fait débuter le livre, une heure avant la fin du précédents.

Nous allons donc revenir dans les locaux de la rue des bleuets au siège social du journal avec toute cette joyeuse bande de fêlés que sont l’équipe de W3. Nous allons voir chacun des protagonistes arriver, s’installer. Nous allons renter dans ces bureaux, assister au préparatifs de la petit fête donnée en l’honneur de Léon Castel pour sa sorti de prison. Un Léon qui se fait attendre, mais on ne pouvait pas en attendre moins de cet énergumène. On va être au plus près des conversations, on va percevoir l’état d’esprit de chacun. On va renouer avec nos héros, nous les réapproprier. Surtout que l’on sait ce qu’il va se passer dans quelques dizaines de minutes. On va d’autant plus savourer ses retrouvailles car on ne sait pas ce qu’il va advenir d’eux dans quelques dizaines de pages.

Alors j’ai repris ma lecture, m’attachant à percevoir ce qui se cacher derrière chaque mot de Jérôme et Nathalie. Et j’ai bien fait. J’ai apprécier chaque phrase, ne manquant aucun signe de ponctuation. Et calant ma respiration sur le rythme de l’histoire. Et j’ai pris la décision de poursuivre cette lecture que lors des moments de calme dans ma vie de dingue. Hors de question d’en faire un livre de transport, de métro. NON, je veux pouvoir être au calme, seule avec la musique des mots et du livre. Même si quelques fois j’ai laisser de coté ma lecture durant quelques jours, je savais exactement où j’en étais dans l’histoire tellement je l’avais lu avec une attention redoublée la fois d’avant. Je ne lisais plus ce livre, je le vivais, je le laissait s’imprégner en moi.

Et j’ai pleuré, j’ai eu peur, j’ai tremblé avec et pour mes personnages. Oui je dis bien mes personnages. J’aurai même pu dire mes potes, mes amis. Jérôme et Nathalie ont tout fait pour que je m’attache à eux. Ils leurs ont tellement donné vie, donné corps. Ils sont tellement incarnés. Laura et Sookie ont bien changé depuis le départ de cette histoire, de leur histoire. Et puis il y a ce personnage de méchant, ces personnages de méchants. Car un méchant ici peut en cacher un autre.

Alors à  nouveau je vais vivre avec eux des histoires de dingues. Je vais découvrir comment les survivants vont vivre leur deuil, comment ils comptent mettre en oeuvre leur résilience. Et là encore les auteurs ont su me surprendre. Je vous l’ai dit ils ont du génie.

Car  ce tome 3 de W3 est construit comme un véritable thriller, des chapitres cours, des rebondissements, des cliffhangers qui nous laisse sans souffle. On découvre de ci et de là des révélations, elles sont distillées juste au bon moment, juste pour nous faire craindre le pire ou espérer le meilleur. Tous ici est tellement bien amené  pour nous accrocher et à ne plus lâcher ces histoires qui s’entrecoupent et se rejoignent. Il y a un tel souffle épique, une telle puissance d’évocation. Cette lecture est tellement visuelle. Et le final, non de dieu,  quel final ! Oui quel final !!!

Pour autant W3 n’est pas qu’un simple roman d’aventures c’est aussi de belles histoires d’amour, de vengeances…. C’est aussi une chronique sociale, un roman noir qui dénonce et pointe du doigt certains manquements ou abus de nos administrations, des médias, de l’Etat, et les dysfonctionnements de la justice. Un coup de gueule contre ces dérèglements mais aussi un plaidoyer pour la justice, les droits des opprimés, un brûlot dénonçant la traite de l’être humain mais W3 c’est aussi un bel hymne aux femmes.

W3 va me hanter longtemps.

Ce n’est pas qu’un simple roman. Avec cette trilogie, les Camhug construisent une oeuvre.

 Nathalie, Jérôme, ça ne peut pas être totalement fini ? Dites-moi que l’on va replonger dans l’histoire originelle de nos personnages ? Qu’on va revivre un peu encore avec eux ?

Nathalie, Jérôme ne nous laissez pas orphelins !

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Rural Noir de Benoit Minville


9782070148769,0-2999195Le livre : Rural noir de Benoît Minville. Paru le 18 février 2016 chez Gallimard dans la collection Série noire. 18€, 256 pages ; 23 x 16 cm
 Mot de l’éditeur :
Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l’insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l’innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d’une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l’amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d’une nature «préservée» – ou en friche.
 
 Capture&&&&&&&&&L’auteur :
Benoit Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, quelques années ( une quinzaine) plus tard. Libraire fana d’échanges et de conseils, lecteur passionné de tout bouquin qui transporte une énergie (de Dumas à Pennac, de Ellroy à Lansdale, de Twain à Axl Cendres), son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

Extrait  :
 » Ce soir on est les rois. Cette nuit d’été est à nous. On se rabâche cet hymne depuis des semaines et à chaque fois c’est la plus grande découverte de l’histoire de la musique. Notre vieille grange nous protège de l’orage de fin du monde qui rôde. On transpire la joie, le rock’n’roll et l’amitié. On est plus grands que King Kong, plus heureux qu’une colonie de milliardaires, plus sauvages qu’une horde de hors-la-loi.
Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.
Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d’exister et de grandir ensemble.
Nous quatre.
Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître. »

Résumé et mon petit avis :

 Dans la campagne nivernaise, le clan formé par Romain, son frère Christophe, Vlad et Julie, est bouleversé par l’arrivée de Cédric, un adolescent rebelle, puis par l’agression de la seule fille de la bande. Dix ans plus tard, à la mort de ses parents, Romain revient dans le village et découvre les différents chemins pris par ses amis. Le gang se reforme quand Vlad est retrouvé presque mort.

 J’ai total kiffé ce bouquin. A tel point que je n’arrive pas vraiment à mettre des mots dessus.

C’est en lisant la chronique qu’en a fait une amie que j’ai réussi à démarrer ce billet.
Tout ce qu’elle en disait était vrai. C’était exactement ça. Et pourtant ce livre ne l’avais pas autant touché que moi.

La chronique de Nath ICI

Et je comprends les critiques qui disent que cette écriture et trop simple que c’est facile de jouer avec les souvenirs ou la nostalgie des lecteurs pour créer l’empathie. Mais ce roman c’est bien plus que ça, c’est du vécu, des sentiments purs, entiers comme on ne peut qu’on avoir à l’adolescence. De ces colère et de ces révoltes qui nous font faire des trucs insensés. Des amitiés à la vie à la mort que l’on veut éternelles.

J’ai eu la chance de pouvoir en parler avec l’auteur. Je lui disais ça :

« Mec, il va falloir que l’on parle sérieusement. J’ai adoré Rural Noir. Il m’a profondément touchée. Mais j’arrive pas à écrire un mot dessus. C’est chiant car j’adore faire partager mes lectures avec mes potos, surtout quand c’est un pur coup de coeur. Tu sais que tu fais chier, mec, j’ai même versé ma larme et dieu sait que c’est pas le genre de la maison. C’est vraiment rare, même avec certains titres qui ont bouleversé ma vie de lectrice »

Benoit était visiblement touché par mes mots. Ému même. Et en grand pudique, il me remerciait pour cela. Mais il était hors de question d’en rester là. je voulais comprendre, je ne voulais pas rester sur cet échec. Il fallait que je mette un peu d’intellect sur mon ressenti, sur mes émotions pour en sortir quelque chose.

Alors, avec Benoit, nous avons parler, longuement, nous nous sommes raconter une partie de nos vies, celle de l’adolescence et de l’enfance. Nous nous sommes confiés, des choses intimes parfois. Nous nous sommes aperçu que nous avions vécu des choses communes, des drames similaires. Nous avions les même souvenirs. Ils n’étaient point communs, puisque Benoit est plus jeune que moi, que les siens était dans la Nièvre et les miens dans ma Haute Marne profonde, mais ils étaient pourtant identiques. C’est là que j’ai compris que tout cela si c’était totalement personnel, ça avait quelque chose d’universel !

Alors …Oui ce roman m’a touchée, il a réveillé en moi des souvenirs enfouis, certains qui me font sourire aujourd’hui, des bons souvenirs, la liberté que nous offrait le fait de vivre à la cambrousse, les échappées belles, tous ensemble, laissant libre court à notre envie de rébellion. Notre insouciance et surtout ce sentiment de toute puissance qui nous rendait presque immortel.

Mais il m’a aussi secoué, faisant remonter à la surface des souvenirs plus douloureux qui résonnent encore en moi aujourd’hui et  toute cette innocence perdue avec eux.

 « Le village était resté immobile face au temps mais le constat s’imposa, les vieux étaient devenus très vieux et certaines maisons resteraient fermées même s’il allait sonner aux portes. »

Aujourd’hui quand je retourne, trente ans après, dans ce coin de campagne qui a bien changé, je ne retrouve quasi plus mes amis et mes camarades de jeux, de beuveries et de virées. La plupart ne vivent plus là. Certains de ceux qui sont restés traînent leur vie de misères en galère. De petits boulot en soûlerie le week-end au bar du coin. D’autres sont restés eux même, ceux sont de vrais amis que j’aime profondément. Si on se voit peu, on a toujours plaisir à se retrouver, à refaire le monde, à réécouter les musique que l’on aime. J’ai vous grandir leur gamins. Ils font aussi un peu partie de la famille. Je les ai vu ados avec leur potes, faire les même connerie que nous avions faites. Je portais un regard indulgent sur leur bêtise. Mon père pestant contre ses petits morveux qui n’ont aucun respect et qui fume de la drogue en plus. Mais, papa, tes propres enfants en faisaient autant et bien pire encore. Rappelles toi de ta jeunesse au village, il était une fois… Parfois quand tu nous la racontes, tes bêtises de l’époque te font bien rire.

A leur tour les enfants de mes amis ont des enfants, et dans quelques années, ils seront adolescents. Et à leur tour il vivront leur vie de jeunes ado. Ainsi tourne la vie.

Et oui, le livre de Benoit Minville a ce quelque chose de profondément humain et universel qui ne peut que vous parler. Et je pense réellement que, même si vous êtes un vrai urbain, vous serez vous aussi touché par ces mots simples.

X de J.J. Connolly


9782355841927,0-1556956Le livre :X de J.J. Connolly.Traduit de l’anglais par Fabrice Pointeau.Paru le 9 avril 2015 chez Sonatine éditions. 21€ ; (437 p.) ; 22 x 14 cm
 9782264067760,0-3168107Réédité en poche le 17 mars 2016, chez 1018 dans la collection Domaine policier. 8€40; (477 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv

X est un dealer londonien anonyme et qui tient à le rester : dans son milieu, la notoriété relève en effet de la faute professionnelle. Et des fautes professionnelles, X veille soigneusement à n’en commettre aucune. Il se contente d’être un intermédiaire, ce qui lui évite de fréquenter la rue et ses camés trop bavards, il ne flambe pas, préférant rester discret sous ses allures d’homme d’affaires. La pègre le tient en haute estime pour son intelligence et sa rigueur. Sachant qu’on ne fait en général pas de vieux os dans le business, X met le maximum d’argent de côté pour pouvoir prendre le large le jour de ses 30 ans. Il en a 29 et il ne lui reste plus que quelques semaines à tirer quand son boss, le mafieux Jimmy Price, lui demande un dernier service qui va bouleverser la donne d’une manière fort inattendue.
Publié en 2000, X a été en Angleterre l’un des plus grands succès de librairie de l’année et une véritable bombe dans le domaine du polar mafieux. Au moment où Guy Ritchie modernisait les films de gangsters avec Arnaques, crimes et botanique ou Snatch, J. J. Connolly révolutionnait le genre avec ce thriller d’un réalisme à toute épreuve, peuplé de figures aussi déjantées qu’inoubliables. Traduit pour la première fois en français, ce feu d’artifice à la gloire de la pègre est un véritable régal.

7758424L’auteur :
J. J. Connolly est né et a grandi à Londres. Il est l’auteur de deux romans, X, adapté au cinéma en 2004 sous le titre de Layer Cake, avec Daniel Craig dans le rôle principal, et Viva La Madness, suite des aventures de X, publié en Angleterre en 2011, à paraître chez Sonatine éditions.
 Extrait :
Mon père avait ce discours qu’il ressassait au mot près, un laïus de sa propre composition qu’il avait appris par cœur comme d’autres apprennent un poème épique. Il disait que si vous vous preniez pour un dur, il y avait toujours un type plus costaud et plus dur quelque part. Il parlait des petites frappes qui tyrannisaient les autres, et son topo m’a tapé sur le système jusqu’au jour où j’ai été en âge de le comprendre. Maintenant, je n’arrive plus à me l’ôter de la tête.

 Résumé et petit avis :

 X est un dealer londonien anonyme et qui tient à le rester. La pègre le tient en haute estime pour son intelligence et sa rigueur. X met le maximum d’argent de côté pour pouvoir prendre le large le jour de ses 30 ans. Mais quelques semaines avant son anniversaire, son boss,

Jimmy Price, lui demande un dernier service qui va bouleverser la donne d’une manière inattendue

« Les Soprano dans le monde de Trainspotting : LE thriller culte sur la pègre anglaise. »

615fwljmagL._SX329_BO1,204,203,200_Voilà comment les éditeur français de ce roman nous le vendaient. Et ils n’avaient pas tout à fait tort. Car en effet X est un livre sur la mafia, oui, mais, la mafia anglaise ! Si, si ça existe ! Et oui il y a aussi quelque chose de Trainspotting dans ce livre surtout dans la façon dans les situations arrivent. Il y a du flegme britannique dans les pages de ce bouquin. Il y a aussi sa dose d’humour « so british »

En retrouve aussi ici une bande de personnages, losers, menteurs, psychopathes. Certains sont même assez dégantés. Et la force de ce roman réside sans doute dans le traitement parfaitement réussi de ceux-ci qu’en a fait l’auteur.

Et si X n’est pas Tony Soprano, il en a la rigueur et la folie !

X a été adapté au cinéma en 2004 sous le titre de Layer Cake, avec Daniel Craig dans le rôle principal.

Alors bonne lectures ou bon film !!!

Lire le début de X ICI

 

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker


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Pour cette nouvelle chronique de lecteur je suis ravie d’accueillir une nouvelle chroniqueuse en la personne de Julie.

Julie m’avait promis un avis, le voilà.

Je vous le laisse découvrir

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Le livre : Le Livre des Baltimore de Joël Dicker. Paru le 30 septembre 2015 aux Edition De Fallois. 22€ ; (475 p.) ; 23 x 16 cm

Quatrième de couverture

Jusqu’au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.

Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l’auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d’une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.

Huit ans après le Drame, c’est l’histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu’en février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s’atteler à son prochain roman.

Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu’il éprouva jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Baltimore s’effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu’au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu’est-il vraiment arrivé aux Goldman- de-Baltimore ?

4671L’auteur !: Joël Dicker est né à Genève en 1985.
Son premier roman, Les Derniers Jours de nos pères, a reçu le Prix des écrivains genevois en 2010.
Il a publié en 2012 La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, qui a obtenu successivement le Prix de la Vocation Bleustein-Blanchet, le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25e Prix Goncourt des Lycéens.

Extraits :
« Ecrire un livre, c’est comme ouvrir une colonie de vacances. Votre vie, d’ordinaire solitaire et tranquille, est soudain chahutée par une multitude de personnages qui arrivent un jour sans crier gare et viennent chambouler votre existence. »
« Il y a eu une époque où les vedettes en Amérique étaient des cosmonautes et des scientifiques. Aujourd’hui, nos vedettes sont des gens qui ne font rien et passent leur temps à se photographier, eux-mêmes ou leur assiette ».
« Beaucoup d’entre nous cherchons à donner un sens à nos vies, mais nos vies n’ont de sens que si nous sommes capables d’accomplir ces trois destinées : aimer, être aimer et savoir pardonner. Le reste n’est que du temps perdu. »
« Pourquoi j’écris ? Parce que les livres sont plus forts que la vie. Ils en sont la plus belle des revanches. Ils sont les témoins de l’inviolable muraille de notre esprit, de l’imprenable forteresse de notre mémoire. »
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Le résumé et le petit avis de Julie

 J’ai découvert l’auteur avec « La vérité sur l’affaire Harry Québert : Plaisant !! », que j’avais trouvé très bon. J’attendais donc beaucoup du « Livre des Baltimore ».

On retrouve le personnage principal du premier roman, l’écrivain Marcus Goldman, qui nous raconte les bonheurs, les secrets, les jalousies, le désespoir, de deux branches de sa famille : les Goldman de Baltimore (famille nantie, installée dans la banlieue chic de Baltimore, son oncle est un avocat reconnu, sa tante est médecin ) et les Goldman de Montclaire, dont Marcus fait partie, (famille modeste, appartenant à la classe moyenne et habitant dans une petite maison de la banlieue de New York).

On comprend très vite que ces 2 familles ont vécu un « Drame » dont on découvre les détails au fur et à mesure.

La construction est travaillée, l’écriture est fluide, le suspens est présent du début à la fin. Une lecture agréable qui fait du bien, après un livre d’horreur, une bonne dystopie ou un bon thriller bien noir.

Une saga familiale bien dépeinte,  émouvante, tragique. On passe un bon moment mais l’auteur aura du mal à s’affranchir de l’histoire surprenante de « La vérité sur l’affaire Harry Québert » dont je n’ai pas retrouvé la fraîcheur.

Notre nouvelle chroniqueuse

  Julie suit son fils

678678+85Il parait que je dois me présenter : je m’appelle Julie, j’ai décidé d’avoir toujours 28 ans, même si j’ai dépassé la quarantaine… On pourrait dire que je ne suis jamais sans un livre à porté de main! J’aime les thrillers, les livres d’horreur et ces dernières années j’ai découvert le style dystopique et la littérature young adulte et je dois dire que ça me plait! Il m’arrive de flasher sur une couverture ou un titre. J’aime e tricot et le crochet (et non ça ne fait pas grand mère).

Retrouvez  Julie suit son fils sur son blog Les fils de Ju

Du bout des doigts de Sarah Waters : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Waters.


 L'ABCdaire de deux nanas fondues de Waters

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Du bout des doigts  de Sarah Waters

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

9782207253595,0-160992Le livre : Du bout des doigts  de Sarah Waters.Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 25 août 2003 chez Denoël dans la collection Et D’ailleurs. 26€90 ; (749 p.) ; 21 x 15 cm

9782264041074,0-237220Réédité en poche chez 10/18 le 20 janvier 2005. 11€ ; (749 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

1862. Lant Street, Londres. Le rendez-vous des voleurs et des receleurs. Sue Trinder, orpheline, est confiée dès le berceau aux bons soins d’une trafiquante de nourrissons. À la veille de ses dix-huit ans, un élégant, surnommé Gentleman, lui propose d’escroquer une héritière, Maud Lilly. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d’un genre tout particulier. Sue, en entrant au service de la riche jeune fille, tombe avec ingénuité dans un piège. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, elle devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique.Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Un roman décadent, virtuose, où les ressorts les plus noirs de l’univers romanesque du XIXe se mêlent au réalisme incisif et décomplexé du XXIe siècle.

 

46785fdgdtfjL’auteur : Née au pays de Galles en 1966, Sarah Waters a été libraire puis enseignante. Depuis la parution de son premier roman, Caresser le velours (Denoël, 2002), sa notoriété n’a cessé de croître. La publication de Du bout des doigts marque sa consécration. Élue «auteur de l’année» par le Sunday Times, elle reçoit en 2003 le prix des Libraires et le British Book Awards.

 Extrait :
« En ce temps-là je m’appelais Susan Trinder. Les gens me disaient Sue. Je connais l’année de ma naissance, mais pendant longtemps, j’ai fêté mon anniversaire à Noël, faute de savoir le jour. Je suis orpheline de père et de mère, autant que je sache. Ma mère en tout cas est bien morte. Je ne l’ai jamais connue, je ne me souciais pas d’elle. J’étais la fille de Mme Sucksby, ou c’était tout comme, et pour me tenir lieu de père, il y avait M. Ibbs, serrurier à Land Street dans le Borough – le quartier, comme on disait – , sur la rive droite de la Tamise, au bord de l’eau.» 

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le B…

Voici donc mon Abécédaire de A à Y

A comme Amour :

 GVL : Du bout des doigts est avant tout à mes yeux un magnifique roman d’amour. Des amours clandestines, des amours contrariées. Mais c’est à mon sens ce sentiment puissant qui est le moteur de cette formidable histoire.

 AJC : Quand tu m’as proposé ce livre, j’ai été surprise ! Toi la reine du polar, tu me plonges dans un roman d’amour. Mais quel roman d’amour !! Waouh, j’avoue c’est puissant comme tu dis ! J’ai adoré.

 C comme Confinement :

GVL : Oui c’est un mot qui définit bien ce roman.

Notre héroïne Maud vit confinée dans le manoir de son oncle. Elle a été recluse dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère.

Nos héroïnes sont confinées à leur condition féminine, enfermées dans le carcan de la société victorienne.

 AJC : Je te rejoins tout à fait sur ce mot. Un moment donné, avec Maud, on étouffe tellement que c’est étriqué. Sue semble avoir plus de liberté mais c’est qu’une illusion. Car elle croit faire ses propres choix, mais non, elle aussi a son destin tout écrit !

E comme Erotisme :

 GVL : Après avoir vécu dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère, Maud Lilly est recueillie par son oncle dans son sombre manoir où il collectionne avec soin des livres d’un genre tout à fait particulier.

Notre héroïne va devenir la secrétaire et lectrice de ce bibliophile, amoureux de littératures érotiques.

Une littérature qu’elle va se mettre à exécrer.

Mais l’érotisme n’est pas le sujet de ce roman même si à certain moment de celui-ci il apparait souvent sous forme de sous-entendus, de regards, de gestes esquissés.

 AJC : Tu as raison, Geneviève. Il y a un part d’érotisme dans ce roman qui se pose délicatement comme un voile (waouh que c’est joli ce que j’écris ;-)). Mais ce n’est pas la base du roman, mais il s’adapte tout à fait à l’histoire et au contexte.

 G comme Gothique :

GVL : Si du bout des doigts est vu comme un roman policier il a tout aussi du roman gothique. En ce sens Sarah Waters est aussi l’héritière de  Charlotte Smith cette auteure anglaise de 18e siècle qui publie des romans très populaire où  le thème de la persécution féminine est déjà présent. De plus Sarah Waters emprunte aussi au procédé narratif du roman gothique en insérant un récit dans le récit. De plus ici les décors en aussi leur importance, asile psychiatrique, manoir lugubre… Oui, pas de doute Sarah Waters rend ici hommage à ces illustres prédécesseurs que sont  Ann Radcliffe et Mary Shelley mais aussi aux nombreuses autres femmes auteures dont le nom a été oublié.

AJC : Alors, là je vois que tu es méga calé sur le sujet…Je ne vois pas trop quoi rajouter. Si ce n’est que j’ai envie de m’habiller en gothique ;-).

 I comme Inventif :

 GVL : Sarah Waters prend le parti de construire son histoire en trois parties.

La narration est d’abord prise en charge par Susan Trinder. C’est par elle que tout va arriver.

Ensuite Maud Lilly va rejouer sous nos yeux la partition. C’est de son point de vue que l’on va revivre toute cette aventure. Et c’est là que tout s’accélère.

La première partie pourrait se suffire à elle-même. Sarah Waters nous raconte une histoire, elle se déroule tranquillement sous nos yeux, elle a un début puis une fin.

Mais non, C’est là que c’est inventif car tout repart avec la 2e partie.

Et on plus l’auteure, pour ne pas faire les choses à moitié, nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix d’un si ça ce n’est pas inventif.

 AJC : Cette construction a été une autre surprise pour moi. Je me disais « Mais où veut elle en venir ? ». C’était tordu comme défi mais réussi pour ma part. Ma curiosité était perplexe au début mais elle a vite était conquise.

K comme KO :

GVL : Chaque fois que je lis Sarah Waters je suis impressionnée par sa prose. Son talent de conteuse. Sa maitrise parfaire des intrigues. Chaque fois je me fais avoir même lorsque je connais déjà le nom du ou des coupables. Elle a cet art du retournement qui vous cueille à tous les coups. Perso, j’en reste KO.

 AJC : Pour ma part, c’était une découverte. Je n’avais encore jamais lu mais ça c’était avant ! Grâce à ton cadeau à mon anniversaire, j’ai pu me plonger dans son univers. Au début, j’avoue que je me suis demandée où elle allait m’emmener…mais après j’ai vite trouvé mon chemin. On ne me sème pas si facilement …non mais !

 M comme Manipulation

 GVL : Ici tout est manipulation !

La manipulation est au cœur de cette histoire. C’en est même le ressors.

Les protagonistes de cette histoire sont tous manipulés, manipulables et manipulateurs.

Mais attention cher lecteur,toi aussi tu risques de ne plus avoir ton libre arbitre durant la lecture de ce roman.

L’auteur aussi nous manipule à son gré.

 AJC : Mais dites-moi, Maître Jedi, m’auriez-vous manipulé aussi ? 😉

O comme Orpheline :

GVL : Si tout oppose Susan Triller à Maud Lilly c’est bien leur condition d’orpheline qui lie nos deux héroïne.

AJC : Je crois que c’était hélas de monnaie courante à cette époque. Il fallait naitre du bon côté de la Tamise…et encore !

 Q comme Quartier :

GVL : Dans ce roman nous allons visiter Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs. Nous allons parcourir Londres mais aussi rentrer dans des lieux insolites. Car les décors sont importants pour Sarah Waters. Elle les dépeint avec minutie. Elle les plante avec exactitude. Ces décors contribuent à l’ambiance du roman.

Quartier aussi comme division, car le roman de Sarah Waters est divisé en trois parts. La première partie est contée par Sue. Et cette première partie pourrait se suffire à elle-même. Elle pourrait être un et un seul roman. Sarah Waters nous raconte une histoire. Elle se déroule tranquillement sous nos yeux. Elle a un début puis une fin.

Mais non, Sarah Waters n’en reste pas là et elle nous offre la 2e partie.

Et en plus, pour ne pas faire les choses à moitié, l’auteure nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix. Pas de quartier pour le lecteur !

AJC : Tout est dit !! Je te rejoins carrément sur ce mot ! Bravoooo

S comme Saphisme :

 GVL : Les amours lesbiennes tiennent une grande place dans les romans de Sarah Waters. D’ailleurs du Bout des doigts a reçu  le Prix Lambda Literary de la meilleure fiction lesbienne.

 Sarah Waters qualifie elle-même ses romans de lesbiens. Voilà ce qu’elle répondait en avril 2015 à Thomas Stélandre journaliste de Libé qui lui posait cette question :

« Vous dites «romans lesbiens» ?

Je crois que ça leur convient bien. On me demande souvent ce que je pense du label d’«auteure lesbienne». La vérité, c’est que ça ne me dérange pas. J’emploie moi-même ce terme, parce que j’ai un intérêt tellement fort pour les histoires de lesbiennes, les imaginer, les raconter. C’est là, c’est dans mes livres. Mais il semble que mes histoires de lesbiennes touchent un public qui n’est pas seulement lesbien car, fondamentalement, elles parlent d’amour, de désir, de trahison, tout le monde doit pouvoir s’y retrouver

 La littérature gay existe encore ?

Oui, je crois. Et c’est une part de mon histoire. J’ai commencé à écrire dans les années 90, à une époque où cette littérature était très politisée. Je faisais partie d’une communauté, avec ses livres, j’avais le sentiment de participer à un mouvement. Depuis, bien sûr, les choses ont évolué, le mariage, l’adoption… Pour les jeunes, ça semble peut-être dépassé. Mais pour quelqu’un de ma génération, c’est autre chose. Je ne peux pas abandonner ce combat-là. Après, je m’envisage en tant qu’écrivain avant de m’envisager en tant qu’auteure lesbienne. »

GVL : En effet ce titre est bien plus que ça, c’est un roman magistrale. 

AJC : Bah là….euh tu veux que je rajoute quoi à ça !!! Rien si ce n’est merci pour toutes ces infos 😉

 U comme Urgence :

 GVL : Oui il est urgent que vous découvriez ce livre chers lecteurs et chères lectrices.

 AJC : Très urgent ! Allez allez on s’active !!!

W comme Waters :

GVL : Vous l’aurez compris j’adore Sarah Waters, j’ai lu tous ses romans. J’ai même relu celui-ci pour cette lecture commune. J’ai englouti ces 750 pages.

 « Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor ou les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Elle nous propose là un roman décadent et virtuose. »

 Je ne peux que vous conseiller de la découvrir. Ne commencer peut-être pas par son premier roman, Caresser le velours, il est sans doute trop personnel. Mais laissez-vous tentez par Affinité, par Du bout des doigts ou encore par son tout dernier Derrière la porte.

Sarah Waters c’est du romanesque à l’état pur. Sarah Waters c’est la promesse d’une lecture prenante et troublante, que du bonheur.

 AJC : J’ai Derrière la porte que je n’ai pas encore lu mais je pense qu’il va bientôt finir « entre mes mains » ;-). Car j’ai aimé le style et l’histoire. En plus, quand je te lis Geneviève, je ne peux me dire que le choix fut très judicieux ! Ma curiosité te remercie !

 Y comme Yes The End.

GVL :  Si j’ai adoré ce titre, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à trouver les mots pour vous le présenter. Et je tiens à remercier Anne Ju qui m’a beaucoup aidé sur ce coup-là. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas d’avoir pris quelques libertés et de n’avoir pas toujours suivi ses recommandations 😉

Anne Ju sans toi je n’aurai jamais vu la fin de cet Abécédaire

 AJC : Moi t’en vouloir pfff J’essaye mais je n’y arrive pas ;-). Pour mes recommandations, ce n’était que des pistes, donc libre à toi de choisir. C’est comme cela que fonctionne notre duo ! Ils déchirent !

Bon, là vous vous sentez un peu de trop mais non… on vous aime aussi !!!

Je ne sais pas si nous avons réussi à vous convaincre, mais si vous souhaitez en savoir plus…La suite de cette ABécédaire est chez Anne Ju et ses Modordus

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski.

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini

 Extrait 2 :

« Je connais le monde et ses plaisirs aussi bien  que les pires débauchés de l’univers romanesque; pourtant je n’ai pas une seule fois franchi les murs du parc de mon oncle depuis qu’il m’a recueillie. Je sais tout sans rien savoir. Ceci sera essentiel pour la suite.  Il ne faudra pas oublier tout ce que je ne sais pas faire, tout ce que je n’ai pas vu.  Je ne sais ni monter à cheval ni danser. Je n’ai jamais eu  entre les mains de l’argent à dépenser. Je n’ai jamais mis les pieds dans un train ou un théâtre, jamais vu ni la mer  ni la montagne. Je n’ai jamais vu Londres mais j’ai l’impression de connaître la ville.  Elle m’est familière grâce aux livres de mon oncle. « 

 

Le fou prend le roi de Fabien Cerutti.


Le bâtard de Kosigan, Tome 2  : 9782354083038,0-2575808  Paru le 16 avril 2015 chez Mnémos. 21€ ; (421 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 21 x 15 cm
4e de couv :

1340, au coeur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.

Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout  pourrait bien se muer en talon d’Achille.

Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

4889625769Auteur :  Fabien Cerutti est professeur agrégé d’histoire, passionné des mondes de l’imaginaire.
Extrait :
Un sacrifice rituel. Et des plus puissants, à en juger par le nombre de vies qu’il a été nécessaire d’arracher pour l’accomplir. Au vu de la décomposition, je dirais que le massacre remonte à une semaine. Dix jours tout au plus. Une des jeunes femmes se trouvait enceinte lorsqu’elle a été tuée, son future bébé a été extirpé de son ventre, on en a décharné le petit cœur battant, et on l’a très probablement dévoré. Et après on s’étonne que le commun des mortels préfère se tourner vers la foi de l’Église plutôt que vers les sorcelleries du passé.

Résumé et avis :

1340. Alors que la guerre de Cent ans vient de débuter, le Bâtard de Kosigan et ses loups ont pour mission de démêler un complot qui vise le roi de France. Mais son ascendance surnaturelle, habituellement son plus grand atout, se révèle être un handicap. 1899. Entre Lens et Bruges, un descendant du Bâtard enquête sur l’inexplicable disparition des puissances magiques.

Après le succès du premier opus, L’Ombre du pouvoir, Fabien Cerutti signe à nouveau un grand roman de fantasy historique, à cheval entre un Moyen Âge empreint de magie et un XIXe siècle scientifique et rationnel.

Combats de masse et subtiles investigations, poursuites à en perdre le souffle et réparties habiles, négociations serrées et manipulations ; on y retrouve le panache habituel de la lignée des Kosigan dans un univers qui ne cesse de gagner en richesse et en cohérence. De toute évidence, les secrets et les héros délicieusement irrévérents de cette série n’ont pas fini de nous surprendre !

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