Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger.


La Chronique Duo

Maud et Danièle ont toutes les deux  lu, en même temps, le même livre. Aussi ce matin  elles nous proposent leurs échanges autour de ce titre :

Le livre : Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger. Paru le 26  2018 Octobre 2018 aux Eaux Troubles. Collection : Thriller 21.00 euros. 312 pages.  21 x 15 cm.


4ème de couverture :
Ce second volume de la saga à succès qui se déroule entre août 1941 et novembre 1942 nous réserve bien du suspense.
Un pur régal !
Le réseau des Espionnes du Salève se restructure après la trahison d’une des leurs. Elles s’activent sur tous les fronts tant à Genève, Berne, qu’à Lyon, Londres, Varsovie et Oran. La Gestapo, l’Abwehr et les traitres en tout genre se rapprochent d’elles chaque jour un peu plus. Le danger est omniprésent. Combien de nos Espionnes seront encore en vie ?
Hannah Leibowitz apprend le jour de Noël 41, d’une source top secrète, que les nazis construisent des camps d’extermination dans sa Pologne natale, alors qu’elle n’a plus de nouvelle de son mari resté au ghetto de Lodz. Avram Leibowitz sénior est-il encore vivant ?
De l’eau lourde a disparu en Norvège ! Une Espionne part à la recherche d’un centre de recherche atomique nazi ultra secret. Reviendra-t-elle ? Les nazis auront-ils l’arme de destruction massive ?
Le Royaume Uni subit une attaque sans précédent de l’Abwehr. Celle-ci va-t-elle percer les secrets de Bletchley Park ?
À Lyon où la Résistance et le SOE britannique en lien avec les Espionnes du Salève sont devenus très efficaces et organisés, la répression nazie s’intensifie. Qui s’en sortira indemne ?

 

 

L’auteur : Mark Zellweger, auteur suisse, Fribourgeois, né en 1959, est diplômé d’histoire romaine de la Sorbonne et de marketing stratégique de Business Schools. Il a été directeur marketing-vente dans l’industrie pharmaceutique en Suisse et à l’Étranger une trentaine d’années. En parallèle, il fut conseiller particulier de directeurs de services de renseignement internationaux de tout premier plan. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture et est considéré comme un maître du roman d’espionnage classique par de nombreux critiques spécialisés. Bletchley Partk est son 7e roman.
Xtrême préjudice, son 6e roman, a été sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand 2017 au festival Lausan’noir. ((@Photo by Jean-Marc ZAORSKI/Gamma-Rapho via Getty Images))

La Chronique Duo

Papote de Flingueuses autour du tome 2 les espionnes du Salève,  : Bletchley Park de Mark Zellweger.

Maud : Bonjour Danièle,

Dany : Salut la jeunesse ! Au boulot ?

Maud : oui oui petite pause post déjeuner 😉
et toi ?

Dany : Je devais te demander … tu as lu le dernier de Mark Zellweger ?

Maud : Oui oui, lu et il n’as pas fait long feu !!!

Dany : Moi je suis en pause tous les jours … du moins c’est ce qu’on dit des retraités !

Maud : J’ai découvert Mark il y a peut de temps avec le premier opus 🙂
Super !!! et toi l’as tu lu ?

Dany : Oui , j’avais lu le tome 1 en Février alors … Encore que je pense qu’on peux lire le tome 2 sans avoir lu le tome 1 …

Maud : En effet, les histoires sont indépendantes, évolutives chronologiquement mais pour suivre les personnages c’est préférable de lire dans l’ordre
Avisdemoiquinengagequemoi 🙂

Dany😆

Dany : Comme toujours, on y gagne dans la compréhension des personnages, ici le passé de Hannah est essentiel

Maud : Oui, on en apprend beaucoup plus sur elle, son mari, leur passé. Sev aussi se révèle également dans cet épisode

Dany : et moi qui croyais que la Suisse était neutre !

Maud : Alors, comme moi suivant les souvenirs de mes cours d’histoire, on ne parlait pas du tout du rôle de la Suisse, autre qu’avec la mention de la neutralité. Et pourtant… Il s’en est passé des choses

Dany : C’est pour ça que le tome 1 est est incontournable si l’on veut y voir un roman historique ...

Maud : oui oui on apprend à la fois, le rôle de refuge qu’à pu être la Suisse. Des français, Allemands, Polonais et sûrement d’autres sont venus s’y réfugier. Mais aussi, on prend conscience du rôle actif de ce pays, dans les service de renseignements et d’espionnages, notamment.

Dany : Oui tout ça est très étonnant et l’auteur a fait preuve de beaucoup de rigueur dans sa documentation.
Son passé professionnel y est sans doute pour quelque chose 😉

Maud : C’est à la fois très documenté, préface d’un historien, sans être ni rébarbatif, ni redondant. Le juste ce qu’il faut !!

Dany : Oui très vivants ces 2 tomes !

Maud : Les expériences professionnelles de l’auteur y sont sûrement pour beaucoup !
Oui il y a du rythme de part les déplacements des personnages et les récits de scènes d’action !!

Dany : A la fois aventure et espionnage … la vraie vie dans son monde !

Maud : Oui et aussi le côté original dans ce domaine, qui pour l’époque devait être unique, le réseau est essentiellement composé de femmes
Elles partent sur les routes, braver tous les dangers pour se procurer des informations qui seront essentielles pour les Alliés
Et puis avec les moyens de l’époque, communication, transport, vie… Sans notre tout numérique de nos jours. Tu en penses quoi ?

Dany : Sûr que vu son âge l’auteur n’a pas connu la seconde guerre mondiale mais son souci du détail est très présent, alors il s’est inspiré de personnes ayant vécu cette époque … de leurs méthodes et des moyens dont ils disposaient !

Maud : oui c’est épatant, aucun faux pas !!!

Dany : Maintenant le numérique n’étant pas vraiment dans la sécurité et la confidentialité, heureusement que les infos de l’époque étaient protégées …

Maud : L’auteur est très précis et méticuleux, ce qui immerge le lecteur et lui fait ressortir l’ambiance de l’époque
oui oui entièrement d’accord

Dany : L’ambiance et ces femmes comme tu dis, bienheureusement moins visibles du fait que c’était des femmes justement … qui aurait pu croire à leur courage !

Maud : Le décryptage de messages ennemis est aussi un des thèmes de ce volet

Dany : Oui je me souviens du film ENIGMA et bien on est en plein dedans

Maud : oui elles se meuvent plus discrètement et attirent beaucoup moins la méfiance que des hommes.
Je n’ai pas vu ce film, je m’en remets à toi pour la comparaison

Dany : Méfiance oui car pour le reste elles jouent sur leur féminité !

Maud : oui tout à fait, justement elles vont très loin pour remplir leur mission ; parfois ce qui leur est facile, elles se travestissent aussi
comme tu le soulignais très justement ; quel courage !!!

Dany : Ce que je trouve astucieux c’est d’avoir mis les cartes en début d’ouvrage … moi qui note toujours les personnages ça m’a bien aidée
point besoin d’être historien ou géographe, on suit très bien ces intrigues plurielles.

Maud : oui ça nous donne un très aperçu des zones citées, des déplacements, de l’environnement
Oui l’auteur ne perd pas son lecteur en cours de route, que ce soit l’histoire, la géographie, la géopolitique, les intrigues, tout est très bien narré et situé

Dany : Ensuite les rencontres masculines ne sont pas des mieux traitées mais … c’est leur faute après tout

Maud : ha ha ha, oui c’est vrai qu’à part certains ; sinon les hommes n’ont pas forcément les meilleurs rôles

Dany : Hormis l’équipe avec laquelle nous avons fait connaissance dans le tome 1 on découvre aussi les enjeux de pouvoir des autres nations, même si elles sont alliées, les guerres de réseaux et d’influence pouvaient faire du tort à la cause

Maud : tout à fait, rien n’est laissé au hasard, les emplacements, les choix stratégiques, … les réseaux sont une puissance à part entière dans ce conflit

Dany : Pour avoir eu l’occasion d’en parler avec mes grands-parents et ma mère qui ont fait leur part de taf dans ce domaine, je constate que c’est très réaliste, même en Suisse 😉

Maud : J’imagine très bien… La communication sécurisée, les échanges d’information font partie de la stratégie et sont bien mis en avant

Dany : La petite histoire côtoie la grande et c’est une œuvre de mémoire

Maud : oui et aussi cet épisode montre aussi les batailles en Afrique du Nord. Le conflit ne se limitait pas qu’à un nombre réduit de pays

Dany : c’était une guerre mondiale …
on voit bien aussi la façon dont les EU sont entrés dans le conflit

Maud : Oui mais parfois que se soit dans l’enseignement, on a tendance à ne se souvenir que d’une partie des protagonistes

Dany : Certes… Mark fait état d’Allemands qui n’adhéraient pas au nazisme aussi

Maud : Oui tous les Allemands n étaient pas pour Hitler, beaucoup ont fuit l Allemagne

Dany : Je me demande ce qu’il nous réserve pour le tome 3 …

Maud : Que des surprises et de rebondissements je pense …

Dany : Oui il est doué pour ça ...

Maud : Très doué

Dany : J’aime bien sa plume et le côté exotique de la langue suisse 😃

Maud : Oui plume, rythme, langage très agréables

Dany : Tu l’as déjà rencontré en salon ?

Maud : Oui je l ai rencontré au dernier salon de Nemours, je ne l avais pas encore lu. Auteur très gentil et accessible.  Et toi?

Dany : Non jamais mais c’est pour juin 2019, il vient à Bordeaux ! J’espère qu’il a un chapeau d’été !!!

Maud : Je te souhaite une très belle rencontre !!!

Dany : Il commence à être reconnu un peu partout … sur les sites il est plutôt bien côté  ! Et il va au Québec aussi régulièrement

Maud : Oui j ai vu et je suis très heureuse pour lui!!

Dany : Très accessible sur FB …

Maud : Oui comme en vrai, tu verras, il est totalement dans l échange et le partage

Dany : Tu penses qu’on peut le recommander aux polardeux … espionnage certes mais suspense oui !

Maud : Mais je pense que oui !!! Suspense, rebondissements et intrigues au rendez vous

Dany : Alors on dit : « nous, papoteuses du jour, on adopte et on recommande 👍👌👏 »

Maud : Tout à fait d accord!!!!

Dany :  Maud …Tu bosses bientôt ?

Maud : Je te remercie Danièle pour cet échange !!! Je découvre actuellement Jean Christophe Portes avec L’Affaire des corps sans tête, et toi?
Je reprends le travail dès que nous en avons fini

Dany : Moi je suis sur le tome 4 de la saga guyanaise de Colin Niel Sur le ciel effondré … pas besoin de les lire dans l’ordre … attachés à l’actualité et une façon de voir les TOM-DOM d’une autre façon … J’aime beaucoup !

Maud : 👍

Maud : Merci Danièle …(Suis au bureau donc je fais ce que je veux)

Dany : Bisous ma belle et travaille bien pour payer ma retraite

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Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras l’ange de Sandrone Dazieri. Paru le 18 mai 2017 chez Robert Laffont dans la collection la Bête Noire. 21€50 ; (597 p.) ; 23 x 14 cm. Rééditée en poche le 16 mai 2018 aux Editions Pocket, collection Pocket Thriller.   8,60 € ; 640 pages ; 18 x 11 cm   

4ème de couverture :

La mort au terminus…23h50, voie 7. Le TGV en provenance de Milan entre en gare de Rome. A son bord, l’intégralité des passagers de la classe affaire nage dans son propre sang…

Si les premières constatations dirigent la police vers l’attentat terroriste, la commissaire adjointe Colomba Caselli soupçonne vite des complications. Un seul homme pour y voir clair : son vieil ami Dante Torre, « l’homme au Silo ». Celui qui a connu l’enfer. Celui qui reconnaît ses démons. Il y a là la marque d’un ange, un ange déchu, femme sans visage venue du froid pour semer vengeance et carnage…

L’auteur :  Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. Il a exercé divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. En 2014, il publie Tu tueras le Père, « meilleur thriller de l’année » selon Il Corriere della Sera et best-seller dan le monde entier, premier tome d’une trilogie – et finaliste du prix Le Point du polar européen 2016. Le deuxième volet Tu tueras l’ange, a paru en mai 2017 chez Robert Laffont, dans la collection « La Bête noire ». L’auteur vit à Milan.
Extrait :
« Le scorpion était un deathstalker, et le poison de son dard pouvait tuer un être humain ou tout du moins le rendre gravement malade. Il avait même une caractéristique intéressante : dans le noir total il s’immobilisait, surtout s’il était enfermé dans un milieu chaud et humide comme une bouche. Quand Pao l’avait, craché, cependant, le changement de température l’avait rendu furieux. Si Colomba n’était pas tombée, l’aiguillon de sa queue aurait piqué sa chair au lieu de simplement l’effleurer. »

L’accroche de Miss Aline :

Colomba- Dante un duo improbable qui reprend du service. Il est le cerveau et sa fenêtre sur une vérité qu’elle ne veut pas voir. Elle est son assurance, la force qui lui fait défaut, son emprise dans la réalité. Deux écorchés qui reviennent de loin.

Colomba va faire appel à Dante  sur une enquête difficile. Certes il y a beaucoup de morts, mais un quelque chose lui titille les méninges. Quelque chose que les ou l’assassin essaie de dissimuler.

Une fois de plus elle va devoir prendre les chemins de traverses pour mener son enquête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Dante.  Par  les sanctions qu’elle encoure, elle va essayer d’impliquer le moins possible son équipe. Ils vont nager en eaux troubles, voir le monde côté pile : noirceur,  manipulations, enjeux financiers, secrets d’états, alliances, trahisons, meurtres, assassinats.

Dante ne peut se défaire de sa théorie du complot. Il en est convaincu. Va-t-il être convainquant ?

Après un premier opus Tu tueras le Père, Sandrone Dazieri nous livre une deuxième enquête qui nous emmène un peu plus loin dans la noirceur de l’humain. Il nous livre également un Dante plus torturé, cherchant toujours son passé. Malgré une intelligence hors normes, il reste fragile. Sera-t-il toujours « l’enfant du silo » ? Doit-on savoir d’où l’on vient pour savoir qui nous sommes ? Dante semble ne pas pouvoir faire sans ses origines.

J’aime le personnage de Dante. C’est lui qui guide ma lecture, plus que l’enquête. J’ai hâte de lire le troisième volet de cette trilogie. Comme Dante, je veux savoir d’où il vient ? Pourquoi  lui ? A qui ou à  quoi était-il destiné ? L’auteur nous en livrera-t-il plus dans le troisième opus ou Dante restera-t-il un mystère pour nous et pour lui-même ?

Bonne lecture !

Fissions de Romain Verger


Le livre : Fissions de Romain Verger. Paru le 13 Mai 2013 aux Editions du Vampire Actif, Collection Les Séditions du Vampire. 13€16 euros ; (137 p) ; 18 x  12 cm.

4ème de couverture :

« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.

 

 

 

L’auteur : Après des études de Lettres et un Doctorat consacré à l’écriture onirique dans l’œuvre du poète Henri Michaux, Romain Verge enseigne trois ans à l’Université Paris X (Nanterre) puis dans le secondaire. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d’écriture. À partir de 1990 et jusqu’en 2003, il écrit et publie de la poésie. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d’encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse…
En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L’improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d’inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique.
Romain Verger a publié, depuis, deux livres aux éditions Quidam : Zones sensibles et Grande Ourse.
Extrait :
«Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.»

 

Les Lectures de Maud :

Un drame magnifiquement bien écrit et relaté à la première personne. Les personnages sont bien décrits, leur souffrance, leur caractère. Comment ce jour qui devait être le plus beau de leur vie va virer radicalement au cauchemar ? Comment la folie s’est immiscée dans leur couple ? Comment les drames familiaux, le vécu peuvent faire basculer une personne, une famille, que rien ne puisse soulager, aider, ni soigner.
L’auteur grâce à une plume littéraire et puissante à la fois, nous emmène dans ce roman noir, dramatique et où l’amour, l’amitié ne suffisent pas à rendre heureux les personnes. J’ai été bouleversée à la fin de ma lecture, du noir, de la violence, mais un livre magnifique que je recommande vivement.
Voyez par vous-même jusqu’où le narrateur est prêt à aller par Amour.

Découverte au Salon de l’Autre Livre – Paris 2018

Tags : France, amour, trahison, folie,

Affinités de Sarah Waters


Le livres : Affinités de Sarah Waters . Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 6 janvier 2005 cher Denoël. 25,35€ ; (521 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv :

La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C’est dans l’inquiétant climat de l’une des geôles les plus lugubres de l’ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu’incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d’apparitions, d’esprits insoumis et de passions incontrôlables…Récit de fantômes et thriller historique, Affinités nous plonge dans l’univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Wilkie Collins, l’auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu’à un dénouement final étonnant.

L’auteur :Sarah Waters est née au pays de Galles en 1966. Égérie des milieux gay, elle en est devenue, à l’instar d’Armistead Maupin, l’un des auteurs emblématiques. Après un doctorat en littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec son premier roman, Caresser le velours, paru chez Denoël. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d’outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des «vingt meilleurs jeunes romanciers anglais» établie par la revue Granta.
Extrait : « J’ai vingt-neuf ans. Dans trois mois je passerai le cap de la trentaine […] qu’adviendra-t-il de moi ? Je me dessécherai, je deviendrai cassante, décolorée – telle la feuille qu’on garde, pressée entre les pages d’un triste livre noir, jusqu’à ce que l’oubli la réclame.

Le post-it de Ge

Affinités de Sarah Waters : une lecture mémorable.

1873, Londres. Prison de Millbank. Pour tromper son ennui, c’est ce lieu inquiétant que Margaret Prior, demoiselle de la bonne société anglaise, décide de visiter régulièrement. Car à 30 ans, au grand dam de sa bourgeoise de mère, Margaret est devenu « Dame patronnesse ». Dans cette bâtisse sinistre croupissent les parias de l’ère victorienne, avorteuses, voleuses et autres criminelles, à qui elle veut apporter un peu de réconfort. Au fils de ses visites se dessinent la réalité des lieux et les condition de vie des prisonnières. Margaret discute avec ses dernières dans l’espoir de partager avec elles quelques instants d’humanité. Elle se lie plus particulièrement avec Sélina Dawes, une captive qui se pose en victime et proclame à tout va son innocence. Selina raconte à Margaret sa bien curieuse histoire et elle va bientôt l’initier au spiritisme. Margaret va être entraînée dans un univers de passions incontrôlables. Et cette amitié, qui se noue entre les deux femmes, va aboutir à une tentative d’évasion. Si elle réussit, pour la prisonnière, le résultat sera le retour à la liberté tandis que pour la dame patronnesse, la conséquence sera l’affirmation de son identité.

Extrait : Je détournai les yeux. L’amertume du premier instant commençait à faire place à de l’appréhension. Je me souvenais du rire de Selina: elle n’avait jamais souri dans les premiers temps, je l’avais trouvée toujours triste et maussade. Je me souvenais de ce qu’elle avait dit de l’impatience avec laquelle elle attendait mes visites, au dépit qu’elle éprouvait lorsque je restais loin de Millbank où le temps paraissait tellement plus long qu’ailleurs. Je me disais: m’interdire de la voir maintenant, autant vaudrait l’enfermer à perpétuité dans le cachot obscur!

Sarah Waters nous propose ici un roman épistolaire. En effet deux journaux écrits à deux année d’intervalle se répondent et chacun d’eux apporte son propre éclairage sur cette histoire envoûtante. Affinités ménage un formidable suspense réservant au lecteur une chute pour le moins déroutante.

Un merveilleux roman magnifiquement écrit. Une auteure qui m’a marquée et donc je vous recommande vivement la lecture. Suspense, atmosphères étouffées, passions défendues et trahison, aucun des ingrédients qui font l’univers de Sarah Waters ne manque dans ce roman magistralement orchestré.

Extrait : « Je suis hantée au contraire par la banalité de l’endroit; par le fait même qu’il soit là où il est, à moins d’une lieue de Chelsea et de la maison, qu’il suffise d’une petite course en fiacre pour se rendre dans cet immense et sinistre séjour des ombres où des êtres humains ont enfermé quinze cents de leurs semblables, hommes et femmes, en leur imposant un régime de silence et de soumission perpétuels. C’est dans les gestes simples de la vie que mon esprit m’y ramène – en buvant une tasse de thé pour étancher ma soif; en prenant en main un livre pour me distraire ou un châle parce que j’ai froid; en récitant à haute voix quelques vers, pour la beauté des mots et le plaisir de les entendre. J’ai accompli ces choses, comme mille fois par le passé; et j’ai pensé aux prisonniers qui ne peuvent rien faire de tout cela. »

Une bonne intention – Soléne Bakowski.


Le livre : Une bonne intention de  Soléne Bakowski. Paru 14 mars 2018 aux Editions Bragelonne, sous la direction de Lilas Seewald dans la 8€90 ; (368 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires.

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce , à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?
Le nouveau roman de Solène Bakowski nous offre, avec une ampleur et une acuité décuplées, le frisson gorgé d’amour qui a fait de son premier roman, Un Sac, un livre inoubliable.   

Notre petit avis  sur le sac ICI

Auteur : Née à Paris en 1981, Solène Bakowski a partagé sa vie entre la France et la Chine, avant de s’adonner au roman noir avec « Un sac », qui a séduit des dizaines de milliers de lecteurs. D’abord auto-publiée sur Amazon, elle est aujourd’hui considérée comme une nouvelle voix d’une littérature française sensible et émotionnelle. Elle a l’art de raconter des histoires qui laissent une marque indélébile et nous volent un petit morceau de coeur. 
Extrait : 
Un courant d’air froid frôle sa nuque ; aussitôt, Éliane se raidit. Elle n’est pas seule dans cette maison qui s’entête dans le sordide. Elle se sent observée. C’est une gamine à présent, qui refuse de jeter un œil sous son lit et dans les placards, terrorisée par ses propres frayeurs. Dans l’obscurité, par un regard coulé de biais, elle croit percevoir un être évanescent, une nitescence bleutée qu’elle imagine danser en volutes. Appeler, elle doit parler à quelqu’un. Mais qui ? Les flics ? Nicolas ?
Son fils d’abord.
Ses doigts tremblent sur l’écran digital. Elle attend. Pas de sonnerie, seulement la voix dont elle connaît chaque nuance, sa messagerie, une calamité au vu des circonstances : « Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Nicolas, je ne suis pas disponible pour le moment. Vous pouvez me laisser un message…
L’accroche de Miss Aline

Dévoré en quelques heures. Style parfait.

Une bonne intention, Soléne BAKOWSKI

Editions Bragelonne, paru 14 mars 2018

Dans la première partie du roman on fait la connaissance de Mati et de son père. Ils sont dans la douleur d’avoir perdu Karine respectivement mère et épouse. Mati essaie de surnager. Sa souffrance est palpable. Un soir Mati ne rentre pas de l’école. Pour sa grand-mère c’est le début d’une interrogation sur la santé mentale de son fils.
Dans la deuxième partie on rencontre Rémi employé au tri postal. Rémi est un être particulier. Il ne perçoit et ne ressent pas les choses comme tout le monde. Via une lettre il fait la « connaissance » de Mati. Commence alors une attirance qu’il ne peut expliquer. Il la vit, la ressent. Cela le dépasse mais il ne peut s’empêcher de vouloir se rapprocher de la petite fille. Il va lui offrir une parenthèse, un rêve inaccessible.

On ne parle que d’amour dans ce roman. L’amour d’une enfant pour sa mère. L’amour d’une mère pour son enfant. L’amour absolu qui te fait tout vouloir réaliser. L’amour pure, simple, innocent.
Aimer peut-il tout transcender ? Aimer peut-il tout justifier ?

 

Ici …Notre petit avis  sur son premier roman Le sac

Le secret du mari de Liane Moriarty


 

collectif-emilie

97822263170700-2580989 Le livre :Le secret du mari  de Liane Moriarty.Traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau. Paru le 1er avril 2015 chez Albin Michel. 21€50 ; (410 p.) ; 23 x 16 cm.

97822530679480-3157577Réédité en poche le 6 avril 2016 au Livre de Poche pour 7€90; (499 p.) ; 18 x 11 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Jamais Cecilia n aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n ouvrir qu après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l ouvre et le temps s arrête John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu elle vient d apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu elle aime souffriront.
Liane Moriarty brosse un tableau nuancé et émouvant de l’amour (marital et familial) et se révèle bien mieux qu’un simple auteur de best-sellers : une romancière dont les personnages attachants pourraient être vos amis ou vos voisins, avec leurs qualités et leurs failles.

 

etrtg74L’auteur : Née le 15 novembre 1966 à Sydney, la romancière australienne Liane Moriarty est l’auteur de six best-sellers dont Le Secret du mari. Découvert par Amy Einhorn, l’éditrice américaine de La Couleurs des sentiments, Le secret du mari est un immense succès aux U.S.A : No 1 sur la liste des best-sellers du New York Times, il figure toujours sur les listes des meilleures ventes deux ans après sa sortie.
Le Secret tient en haleine deux millions de lecteurs dans le monde dont un million aux USA.

 

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Le secret du mari de Liane Moriarty 🙂

Résumé :

Cecilia Fitzpatrick trouve par hasard dans le grenier une lettre de son mari John-Paul, ne devant être lue qu’après sa mort. Elle l’ouvre quand même et découvre un secret pouvant détruire sa famille mais aussi la vie de quelques autres.

*** Emilie délivre son avis *** :

Le résumé de ce roman m’a de suite séduite. J’ai toujours adoré les histoires avec des secrets de famille donc autant vous dire que celui-ci n’a pas traîné longtemps dans ma gigantesque PAL.
J’ai adoré le fait qu’on ne découvre pas de suite le contenu de la lettre mais aussi le fait qu’on vive les choses du point de vue de trois personnages.
On est passionné par l’histoire, par l’enjeu. On est tour à tour amusé et intrigué. On réfléchi, on enrage, on pleure,… Ce livre c’est la vie. On peut être à la place de n’importe lequel de ces personnages et, que ce soit à la place de l’un ou de l’autre, je ne sais pas comment j’aurai réagi.
L’épilogue est beau. Il montre bien que , dans la vie, tout ne tient qu’à un fil…

Bonne lecture 😀

Le condor de Stig Holmas


sh  Le livre : Le condor de Stig Holmas. Traduit du norvégien par Alain Gnaedig. Paru le 2 juin 2016 chez Sonatine éditions dans la collection Sonatine +. 13€ ; (253 p.) ; 18 x 13 cm

Présentation de l’éditeur :

Dans la lignée des œuvres de Robin Cook et de Jim Thompson, un polar norvégien mélancolique et sombre, poétique et haletant à la fois.
William Malcolm Openshaw, poète, intellectuel et amoureux des oiseaux, a eu plusieurs vies. Depuis des années, il erre aux quatre coins du globe, de Mexico à Tanger, en passant par Bogotá et Le Caire, ne fréquentant que les quartiers les plus pauvres.  » Je me contente de traverser les villes, de les quitter en marchant lentement.  » William est un homme hanté par de mystérieuses tragédies, par des secrets dont il ne parle pas. Au Portugal, à la suite d’une agression, il fait la connaissance de Henry Richardson, attaché à l’ambassade britannique de Lisbonne. Ce dernier semble en savoir beaucoup sur le passé de William, beaucoup trop même. Sur les disparitions, les morts violentes, les ombres et les trahisons qui ont jalonné son parcours. Richardson a peut-être même les réponses aux questions que se pose William sur sa vie d’avant, sur la tragédie qui a brisé son existence. Une véritable partie d’échecs à l’issue tragique inévitable s’engage alors entre les deux hommes.

Stig Holmås, tout en nous proposant une intrigue d’une efficacité absolue, s’interroge sur la condition humaine avec une lucidité déchirante. La beauté et la puissance de l’écriture ne font qu’ajouter à l’éclat de cette perle noire, publiée en 1991, et considérée par beaucoup d’amateurs comme un chef-d’œuvre absolu du genre.

stig-holmas_5613129L’auteur : Poète, romancier et scénariste, Stig Holmås est né en 1946 à Bergen
Extrait :
«… Partout des papiers gras qui traînent dans les caniveaux, partout des coins de maisons décorées à la pisse, mais le parfum des coquelicots m’accompagne. Il est rouge et léger, comme les battements de cœur du condor.» 

Résumé et petit avis :

Cet homme qui traîne sa misère d’une capitale à l’autre, c’est William Openshaw, poète reconnu mondialement, grand connaisseur des oiseaux et braqueur de banques.

Quels hasards, quels incidents, quelles motivations guident ses pas ?

Il est hanté par de mystérieuses tragédies et des secrets dont il ne parle jamais.

Puis un jour au Portugal, il fait la connaissance de Henry Richardson, attaché à l’ambassade britannique, qui semble en savoir beaucoup sur le passé trouble de William.

Mais… Qu’a-donc laissé,  William, dans son sillage ?

shEncore une oeuvre qui sort de l’anonymat.
Sortie il y a presque 20 ans chez un petit éditeur nantais, c’est la série noire qui nous le fait découvrir 5 ans plus tard.
Il n’a pas vraiment fait beaucoup de bruit. Il faut dire que ce texte est vraiment singulier.

Un OLNI, un Objet Littéraire Non Identifié.

Et puis miracle, Sonatine le ressuscite dans sa collection semi poche. Et hop le condor prends son envol.
Et quand le condor plane ainsi au-dessus de vous, c’est que votre esprit est ouvert et vos neurones tournent au maximum de leurs possibilités.

Et l’auteur tel un chamane convoque sa plume hypnotique et poétique pour nous entraîner dans son sillage. Et il invoque tous les thèmes qui font de ce titre un grand roman noir, les choix mal assumés, les regrets, l’enfance volé et ses traumatisme et la recherche de redemption.

Non, je ne dirai pas comme certain que ce livre est un chef d’oeuvre mais je pense que sa lecture va vous marquez à jamais comme je l’ai été. Elle déroute, dérange, agace et lasse parfois. Mais toujours elle nous fait battre notre coeur.

 

 

Retrouvez ci-dessous la chronique de mon ami Yvan sur Emotions :

Le condor – Stig Holmas

Apéro Polar : rencontre avec Michaël Mention autour de Jeudi Noir.


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J’ai eu la chance de recevoir Michaël Mention , ce samedi 11 juin 2016 pour un Apéro Polar.

 Durant 1h30 nous avons devisé sur son roman Jeudi Noir. Enfin c’est surtout Michaël qui a parlé. Il nous a même lu quelques extraits de son roman pour illustrer son propos. On a eu droit aussi à deux morceaux de musique significatifs pour mieux appréhender tout cela.

Je vais tenter ici de vous retranscrire de mémoire cette rencontre. Je ne vous ferai pas un compte rendu exhaustif, mais j’en extrairai les propos marquants, enfin ceux qui m’ont marquée.

Alors débutons ici ce face à face.

MMjpgGVL  : Michaël est arrivé…( oui, monsieur Mention était un peu en retard à notre rendez-vous. Mais ça tombé bien, les lecteurs aussi sont arrivés à la bourre. Et puis même en retard, nous avons pris le temps de faire quelques photos souvenir devant la bibliothèque avec David et Michaël. Lol !) Alors je me lance pour vous présenter  ce jeune auteur que je suis depuis une dizaine d’année maintenant et donc je suis une grande fan. 

Mais comment te présenter Michaël :  Tu es le petit génie du polar français. Tu est né en 1979 à Marseille. Tu publies ton premier roman en 2008 aux éditions du Rocher, Le Rhume du Pingouin. Vient ensuite, en 2012, Sale Temps pour le Pays (Rivages/noir) qui obtient le Grand Prix du roman noir au festival international du film policier de Beaune 2013. Sale temps pour le pays est le premier Volet d’une trilogie que je nommerais Anglaise.  Viens ensuite Le Fils de Sam (Ring éditions), un docu-fiction sur le célèbre tueur en série David Berkowitz. Puis Jeudi noir (chez Ombres Noires) pour lequel nous sommes ici aujourd’hui. Suivront Le carnaval des hyènes toujours chez Ombres Noires. Puis Adieu demain et Et justice pour tous, les deux derniers opus de la trilogie anglaise. Tu as la chance d’être édité dans la prestigieuse collection Rivages Noir mais aussi dans une jeune maison d’édition dynamique Ombres Noire.

Nous somme ici pour parler de Jeudi Noir, ce titre est reparu en poche dernièrement, alors si il est emprunté à la bibliothèque, vous pouvais vous l’acheter et pour 6€ seulement vous aller revivre en direct la demi-finale de la coupe du monde 1982, France-RFA, vue de l’intérieur à la manière d’un thriller.

Voilà pour ta bio-bibliographie. Pourrais-tu nous compléter tout cela ?

Michaël Mention  : Oui en effet…Je suis né à Marseille en 1979, J’ai donc 37 ans. Alors quand tu dis « jeune auteur », c’est plus vraiment le cas Geneviève. 

GVL : Mais si Michaël, pour moi tu seras toujours un gamin ! (rire)

Michael : J’ai grandi là-bas dans les quartiers nord. Je ne suis pas plus fier que ça d’être Marseillais. J’ai pas cette fierté là, même si j’aime bien Marseille, la ville a de bons cotés. Après des débuts dans la BD puis des chroniques, je deviens romancier et scénariste . Je suis un passionné de rock et de cinéma. D’ailleurs à la base je me tournais plus vers le cinema que vers l’écriture. A l’adolescence, je dessine pas mal.  La BD me tente bien. 

En 1999, j’intègre un atelier d’écriture à l’université du Mirail à Toulouse. C’est là que j’écris mes premiers textes, influencés par Desproges, Lavilliers, Céline ou encore Hubert-Félix Thiéfaine. J’écris des chroniques assez acerbes voir acides. Les gens ont l’air de bien aimé. J’écoute les premiers album de Lavilliers, je me shoote avec ses musiques mais aussi ses paroles. J’écris de plus en plus de chroniques. Elles reçoivent un super échos, alors… Par la suite, je glisse des chroniques aux nouvelles. Et une nouvelle plus tard, j’arrive à Paris en 2001 et là je m’attelle à mon premier roman, Le rhume du pingouin  qui ne paraîtra qu’en 2008 aux éditions du Rocher. Depuis, l’écriture est ma passion quotidienne.

J’ai vécu 18 ans à Marseille. Alors là bas le foot c’est une religion.  J’y ai donc forcément vécu la finale de Coupe d’Europe en 93 avec toute la ville qui faisait la fête. Mais je n’ai jamais dépassé ce stade de supporter occasionnel. Je n’ai pas été initié, en fait au football. Mais j’aime ouvrir mon esprit.

GVL : Alors justement, quand on aime pas vraiment le football, comment en vient-on à écrire un livre qui à comme sujet central le football. Et puis j’aimerai que tu nous explique la genèse de ce Jeudi Noir.

MM : En fait, même si je ne suis pas un fan de foot, j’ai toujours entendu parler de ce match comme quelque chose de fantastique et terrible à la fois, mais sans jamais chercher à en savoir plus. Et puis un soir, en mars dernier, alors que je venais juste de finir un bouquin et que j’avais décidé de prendre une période de repos. En fait cette année là, j’ai écrit 3 bouquins. Je crois que ça ne m’arrivera plus jamais. Et alors que je finissait le deuxième et que j’avais promis à ma compagne de lever le pied….Bon, ma femme vous dirai que je ne sais pas le faire. J’ai trop besoin d’écrire.

Alors après une semaine, à rien faire, à rester vautrer dans le canapé devant la télé, à manger n’importe quoi, je suis tombé sur un documentaire consacré à Michel Platini. Aux deux vie de Michel Platini. La première était consacrée à sa carrière de Joueur. Évidemment, dans ce documentaire, il revient sur ce fameux match de 82, comme quoi ça l’a marqué à vie et tout ça. À ce moment-là, il est 1h du matin et je me dis : « Bon, il faut que je le vois ce match, quand même » . Ok, j’ai un peu de temps. Alors, je me suis fais un café, j’ai rallumé la lumière et mon ordinateur. Enfin pas dans cette ordre. J’ai bien du allumé la lumière pour pouvoir trouvé la cafetière. Bon mais, du coup, je suis allé sur Youtube et j’ai regardé le match en entier. Et j’ai complètement halluciné.

Ce math c’est un pur scénario. Tout y est. Il s’en dégage une tel énergie et c’est un condensé de touts les sentiments humains. J’ai réalisé que ce match rassemble tous les codes du genre : des coups de théâtre de folie, une dramaturgie incroyable, on passe coup sur coup d’un sentiment d’exaltation à celui d’injustice. Au final, très vite, j’ai eu conscience que je pouvais en tirer un livre.

Je parle, je parle trop là, non ?  Alors voilà, à toi.

mm&&&GVL : Heu, je te remercie !  Bien, tu regardes le match et hop comme cela tu te dis, je vais pouvoir en faire un livre ! Whaoua ! Tu nous dis comment tu voyais ce livre. 

M. M. :  Comme je vous le disais, la musique a une grande place dans ma vie. J’ai toujours écouter beaucoup de musique. Mon père aimé le rock, ma mère m’a fait découvrir la chanson française. C’est elle qui m’a fait écouter Gainsbourg, Polnareff,  Léo Férré et bien d’autres. J’ai été bercé par cet environnement musicale il est devenu le mien. Mais là je digresse.

Donc…J’ai alors revu une seconde fois le match dans la foulée. Je me suis refait du café. Et là  j’ai commencé à le découper en chapitres, pas le café, le match ! Je voulais raconter le match, minute par minute. Il m’a semblé évident qu’il fallait m’approprier le match : me contenter de le raconter aurait été facile et surtout obsolète.

Ce livre est la retranscription romancée de la demi-finale de football qui a opposé l’équipe de France à celle de la RFA le 8 juillet 1982. Son ambition est de relater ce match avec le plus d’objectivité possible pour en finir avec les stigmatisations abusives

Pour ce faire, j’ai introduit dans le récit un 12e joueurs. Il fait des passes. Il tape dans le ballon. Il est au milieu de ses coéquipiers, sur le terrain. Je le fais jouer réellement. Mais c’est comme, une ombre, un fantôme… C’est un peu comme l’esprit collectif de ce collectif justement. Une sorte de conscience collective. Consciences des joueurs sur le terrain mais aussi du public dans le stade. Et j’en ai fait mon Narrateur. A travers lui, j’ai pu exprimé tous les sentiments. En imaginant ce douzième joueur fictif au sein de l’équipe de France, ça m’a permis d’avoir une totale liberté de ton. J’ai pu donné à ce roman cette  orientation « noire ». Et puis c’était clair, il était hors de question de prêter des pensées ou des intentions aux joueurs qui étaient sur la pelouse ce jour-là. Je ne voulais pas faire dire ou penser à Platini, Rocheteau ou les autres, des choses ou des propos qui n’auraient pas été les leurs !

mm&&Si certains passages semblent dramatisés, ils ne le sont qu’à travers le point de vue du narrateur – ce joueur fictif –, ce qui n’engage en aucun cas les anciens membres de l’équipe de France. Même précision quant aux propos xénophobes, qui s’inscrivent dans une démarche de dénonciation du racisme. Ce match m’a permis d’évoquer ce que le football était avant. A cette époque le football business n’était pas de mise.  Jean Tigana, le milieu de terrain, était facteur, Maxime Bossis, le défenseur, aidait ses parents à la ferme…

 A travers cette histoire, je voulais aussi raconter la France de l’époque, celle de Mitterrand, avec les premières désillusions des Français à son égard. Pas encore la défiance, mais…

Et puis de l’autre côté, en Allemagne, il y a encore le mur de Berlin. Et les Allemands ont encore le poids pesant du passé sur les épaules. On est dans un contexte assez particulier, au moment de ce match.

Voilà, si vous avez des questions ?

Je me dirige vers Frédérique, qui s’avère être ma complice. Nous avons maintenant un numéro bien rodée. Je lui demande toujours de relire le livre et d’en tirer tout un tas de questions. Alors je lui tends le micro.
Fred : Oui, avez vous pour faire ce livre vu la retranscription du match mais coté allemand ?

MM : En fait, j’ai beaucoup lu d’article de presse de l’époque tant français mais aussi allemand que je me suis fait traduire. J’ai aussi visionner le match avec les commentaires des speakers allemand. Et effectivement, leur visions de ce match n’est pas du tout la même. Ils sont là pour gagner l’Euro. Ils sont la meilleure équipe. Il domine le mode footballistique depuis un certain temps. Ils sont en démonstration. Et ils se foutent bien de cette jeune équipe France qui est là pour faire ces preuves. La RFA domine l’Europe, il faut bien le dire. Elle n’a aucun complexe, sauf peut-être celle de son passée.

S’ils sont outrés par le geste de leur gardien, ils ne comprennent pas forcément l’émotion que suscite l’agression de Battiston en France.

Cette demi-finale de coupe du monde de football France-RFA c’est l’ambition contre l’expérience. C’est l’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et si  les deux équipes ont une même obsession : gagner sa place en finale, la rigueur et la puissance allemande vont vite prendre le pas sur le jeu fulgurant d’une équipe de France qui se veut redoutable. Et en plus le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Si effectivement le point d’orgue de cette rencontre c’est l’agression du gardien allemand, Harald Schumacher, sur le Français, Patrick Battiston, en position de tirer au but, à la 56e minute, celle-ci n’a pas été vécu de la même façon de l’on soit d’un coté ou de l’autre du Rhin.

Pour les uns c’est un fait de match, pour les autres c’est une injustice. Une injustice qui va avoir des conséquence dans la société française qui va voir resurgir le sentiment anti boche. Qui va voir réapparaître les humiliations de la guerre mais aussi le malaise de la collaboration. Un non dit de la société française qui risque de fracturer celle-ci encore 40 ans après.

Fabienne apporte son témoignage à cette démonstration.
Faby : J’avais une dizaine d’année à l’époque. Et je suis le fruit de l’union d’une famille mixe. Mon papa est allemand, ma maman est française. Le jour de cette demi finale, le téléphone a sonné chez nous, et mon père s’est fait passer un savon par la propre belle famille. Il a reçu en pleine face toute la haine que sa famille française avait contre le goal allemand. Il était l’allemand à abattre.  Ce coup de fil m’a marquée. J’avais peur d’une fracture entre mes parents. Et puis à l’école j’avais un nom allemand, ça a pas été toujours facile après ce match de foot.

MM : Oui, comme je le disais ce match à diviser la société française mais surtout à fait réapparaître le sentiment anti-germanique. .

Pour conclure j’aimerai vous faire écouter quelques morceau de musique qui n’ont accompagné pendant l’écriture de ce livre.

Le premier c’est Highway Star du Made in Japan de Deep Purple. 

Ce morceau pour moi reflète parfaitement l’entame du match. D’abord une courte phase d’observation entre les deux équipe. Et puis, très vite en moins de 10 seconde, les allemands s’empare du ballon et ils vont tout de suite imposer leur puissance.

La musique m’a permis de rythmer ce roman. De m’approprier le match. Ce qui est intéressant quand on écrit à partir de faits réels, c’est qu’on peut se les approprier, sans les trahir, bien sûr. J’aime l’idée de réinventer un fait connu de tous.  De « tordre » un événement pour voir ce qu’il peut générer dans le bon comme le mauvais. Et la musique m’aide aussi dans cette phase d’écriture. Elle structure la construction de mon récit.

Ecoutez bien ce morceau, et même si vous n’avez pas l’entame du match en tête, c’est quelques notes devraient vous permettre de visualiser celle-ci !

Quand j’écris je pars de petits détails. Ils sont le point de convergence du moment. Mon récit essaie de décortiquer la substance moelle de chaque fait. D’en extraire la quintessence. J’étire chaque détail jusqu’à ce qu’il révèle tout ce qui se cacher derrière.

Je veux trouver une écriture rythmée ou syncopée suivant le moment du match ou de la dramaturgie de celui-ci.

Puis Michaël nous lit le tout début de son livre :

Jeudi 8 juillet 1982

20 h 44
Stade Ramón Sánchez Pizjuán, Séville

Brassens est mort. Dieu est mort. Et nous, on est vivants. Bien vivants, avec la France derrière nous. Tous les Français. Même ceux qu’elle n’assume pas, ces enfants d’immigrés que certains appellent bougnoules alors qu’ils sont aussi français que nous. Dans notre équipe, il y a du sang algérien, espagnol, italien… La France d’aujourd’hui, celle de Mitterrand. Tout ce rouge en nos veines, sous le bleu de nos maillots. Pour nous, ce soir, c’est « liberté, égalité, amitié ».
Cette force qui nous lie ne sera pas de trop dans ce monde malade. Iran, Liban, Salvador… tant de morts que je ne sais pas par où commencer. Ce qui est sûr, c’est que la guerre froide est de retour. La faute à Reagan, dont les provocs de cow-boy irritent ce bouledogue de Brejnev. Lui, il paraît qu’il est en train de crever. Si c’est vrai, peut-être comprend-il enfin la souffrance des civils afghans. Vie/mort, victoire/défaite, tout ça est arbitraire – juste une question de point de vue.
C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Jœuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. « Drôle de sportif », c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus.

La voix de Michaël résonne alors dans le bibliothèque. Il nous lit ses propres mots avec émotions. Ces mains en tremble. Nous ressentons la même émotion ! Mon corps entier frissonne.

mm&D’autres questions ont été posées à Michaël. Et il y a aussi répondu avec autant de passion.  Mais j’arrête là mon petit compte rendu. Et oui, ma mémoire n’est pas vraiment extensible.

Moi, ce que je vous propose, c’est de venir participer à mes prochains apéros polars pour vivre en direct les rencontres. Et en plus on boit un verre et on grignote deux ou trois petits trucs en devisant et poursuivant les débats.

Aller pour vous propose quelques autres extraits :

Extrait 1 :

« Notre capitaine retient son souffle, et c’est toute la France qui frappe. Le cuir ondule, d’un carreau blanc à un logo noir. Le pied tendu, Michel se fige. Comme nous. Seul le ballon vit encore au rythme de l’impact. Le séisme se propage, animant le fil des coutures jusqu’à cet Adidas qui vole en éclats. Et la sentence part, magnétique, avant de heurter leur mur.

Michel est écrasé de frustration. Moi, je regarde ça, ce truc qui rebondit. Je le hais. Je les maudit, lui et la terre entière. Cet immonde caillou qui ne tourne sur lui-même que pour mieux nous faire tourner en bourrique…» (un coup-franc raté de Michel Platini)

Extrait 2

« Durant des jours, j’ai rêvé de ce match sans imaginer qu’on puisse aller auss loin. Les gens croient qu’on ne pense qu’à la victoire, ils se trompent. Ce qui nous obsède, c’est le coup d’envoi : cette microseconde où tout bascule et passe de l’abstrait au concret. La suite, heurts ou blessures, on ne la conçoit que lorsqu’on la vit. En général, ces imprévus déstabilisent un peu. Ou beaucoup, comme ce soir. D’abord Patrick, maintenant les prolongations. Et merde. »

Extrait 3 :

« Être Français, ça veut dire quoi ? Qu’on est né en France, c’est tout ? Je refuse de croire que ça se résume à un droit du sol, bassement territorial. Le sol, ce n’est que de la matière. Moi, je parle d’identité, l’essence même de ma personne. » (…) L’important n’est pas d’être français, mais de s’accepter comme tel. S’accepter pour mieux accepter l’autre, qu’il soit allemand, malien ou je ne sais quoi. En finir avec ces barrières inutiles que sont le racisme, les religions, l’exclusion. Noirs, Blancs, catholiques, musulmans, juifs, hétéros, homos… on est pareils. Tous mortels. Alors, qu’on arrête nos conneries et qu’on profite de la vie, ensemble.« 

Et pour le fun, quelques photos de la rencontre…

APMM&&&&& APMM&&&& APMM&&& APMM&& APMM&  APMM1 APMM2 APMM3 APMM4

APMM

Allez pour ce remettre de nos émotions ! Apéro Polar

 

 

 

 

 

W3, le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut et Nathalie Hug


$$&$$$Le livre : W3 : Volume 3, Le calice jusqu’à la lie de Jérôme Camut & Nathalie Hug. Paru le 1er avril 2016 chez Telémaque. 22€ ;   (829 p.) ; 22 x 15 cm.

4e de couv :

Le calice jusqu’à la lie

W3

Volume 3

Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion.

Qui est responsable de ce massacre ?

Ceux qui ont échappé à la mort vont très vite comprendre qu’ils ne sont pas sortis d’affaire.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble, les drames se nouent et les destins s’entrelacent une dernière fois.

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ?

Après le succès des deux premiers volumes de la série, dont le premier a été optionné pour la télévision, Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages.

Les meilleures choses ont une fin… pas les pires. Il faut boire le calice jusqu’à la lie.

13151595_1261217997246243_1451113828957640174_nLes auteurs :

Jérôme Camut est née en 68

En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Pour exemple l’excellente et palpitante tétralogie Les Voies de l’ombre.

Résumé et petit avis :

« Les locaux de W3 ont été soufflés par une terrible explosion…

Qui a voulu museler à jamais la voix des innocents et celle des opprimés ? Et s’il ne s’agissait pas d’un complot d’état comme tous le pensent ? S’il s’agissait d’une tout autre cause que les membres de W3 n’ont pas su voir ?

Pour les blessés et les survivants commence alors une nouvelle vie. Sous le signe de la reconstruction pour les uns, du renoncement pour les autres, une vie pleine d’amertume, de chagrin et de dangers.

Ce n’est pas parce qu’ils ont survécu à l’explosion qu’ils sont sortis d’affaire. Car ceux qui ont voulu les détruire sont toujours là, et cherchent à terminer leur funeste mission.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble de W3, des destins s’entrelacent, d’autres se heurtent, de nouveaux drames se nouent. Des amours naissent, d’autres se renforcent, et d’autres volent en éclat. Même l’espoir qu’agir avec W3 a du sens est menacé…

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ? Pas sûr…

Dans la série W3, on est embarqué avec les Camhug. Les personnages semblent réels, leur histoire l’est. Et la philosophie de la trilogie rejoint le cynisme de notre réalité. Il faut boire le calice jusqu’à la lie… »

Ces auteurs ont du génie ! Ils nous avaient laissés abasourdis, désemparés. Nous étions avec nos héros sous les décombres de l’immeuble de la rue des bleuets. Et si nous étions spectateurs impuissants, nous pleurions nos morts. Car notre monde s’écroulait. Qui avait bien pu survivre à ça. Combien de morts, de blessés, de survivants engloutis !

Quelle fut longue cette attente entre le deuxième opus et sur troisième volet. Que d’angoisses et de questions qui ne trouvent pas de réponses !

Et puis enfin la délivrance.

Dès que j’ai eu ce livre entre les mains, et j’ai eu de la chance de l’avoir en avant première, j’ai voulu le dévorer pour connaitre la suite, découvrir très vite qu’elle héros étaient morts, quels étaient ceux qui avait survécu. Je ne suis dit : » je vais m’avaler ce pavé en 3 jours. 300 pages par jours c’est jouable ». « L’impatience à ces limites, maintenant je veux savoir et je veux connaitre la fin !  » Alors je ne suis lancée à corps perdu dans cette lecture. Et puis au bout d’une heure, j’ai tout arrêté ! Cette précipitation ne servait à rien puisque de toute façon, je n’en savait pas beaucoup plus et surtout je manquais trop de détails importants et …C’est dans ces détails que se cachent sans doute la vérité.

Mais le coups de génie des auteurs c’est d’avoir fait débuter le livre, une heure avant la fin du précédents.

Nous allons donc revenir dans les locaux de la rue des bleuets au siège social du journal avec toute cette joyeuse bande de fêlés que sont l’équipe de W3. Nous allons voir chacun des protagonistes arriver, s’installer. Nous allons renter dans ces bureaux, assister au préparatifs de la petit fête donnée en l’honneur de Léon Castel pour sa sorti de prison. Un Léon qui se fait attendre, mais on ne pouvait pas en attendre moins de cet énergumène. On va être au plus près des conversations, on va percevoir l’état d’esprit de chacun. On va renouer avec nos héros, nous les réapproprier. Surtout que l’on sait ce qu’il va se passer dans quelques dizaines de minutes. On va d’autant plus savourer ses retrouvailles car on ne sait pas ce qu’il va advenir d’eux dans quelques dizaines de pages.

Alors j’ai repris ma lecture, m’attachant à percevoir ce qui se cacher derrière chaque mot de Jérôme et Nathalie. Et j’ai bien fait. J’ai apprécier chaque phrase, ne manquant aucun signe de ponctuation. Et calant ma respiration sur le rythme de l’histoire. Et j’ai pris la décision de poursuivre cette lecture que lors des moments de calme dans ma vie de dingue. Hors de question d’en faire un livre de transport, de métro. NON, je veux pouvoir être au calme, seule avec la musique des mots et du livre. Même si quelques fois j’ai laisser de coté ma lecture durant quelques jours, je savais exactement où j’en étais dans l’histoire tellement je l’avais lu avec une attention redoublée la fois d’avant. Je ne lisais plus ce livre, je le vivais, je le laissait s’imprégner en moi.

Et j’ai pleuré, j’ai eu peur, j’ai tremblé avec et pour mes personnages. Oui je dis bien mes personnages. J’aurai même pu dire mes potes, mes amis. Jérôme et Nathalie ont tout fait pour que je m’attache à eux. Ils leurs ont tellement donné vie, donné corps. Ils sont tellement incarnés. Laura et Sookie ont bien changé depuis le départ de cette histoire, de leur histoire. Et puis il y a ce personnage de méchant, ces personnages de méchants. Car un méchant ici peut en cacher un autre.

Alors à  nouveau je vais vivre avec eux des histoires de dingues. Je vais découvrir comment les survivants vont vivre leur deuil, comment ils comptent mettre en oeuvre leur résilience. Et là encore les auteurs ont su me surprendre. Je vous l’ai dit ils ont du génie.

Car  ce tome 3 de W3 est construit comme un véritable thriller, des chapitres cours, des rebondissements, des cliffhangers qui nous laisse sans souffle. On découvre de ci et de là des révélations, elles sont distillées juste au bon moment, juste pour nous faire craindre le pire ou espérer le meilleur. Tous ici est tellement bien amené  pour nous accrocher et à ne plus lâcher ces histoires qui s’entrecoupent et se rejoignent. Il y a un tel souffle épique, une telle puissance d’évocation. Cette lecture est tellement visuelle. Et le final, non de dieu,  quel final ! Oui quel final !!!

Pour autant W3 n’est pas qu’un simple roman d’aventures c’est aussi de belles histoires d’amour, de vengeances…. C’est aussi une chronique sociale, un roman noir qui dénonce et pointe du doigt certains manquements ou abus de nos administrations, des médias, de l’Etat, et les dysfonctionnements de la justice. Un coup de gueule contre ces dérèglements mais aussi un plaidoyer pour la justice, les droits des opprimés, un brûlot dénonçant la traite de l’être humain mais W3 c’est aussi un bel hymne aux femmes.

W3 va me hanter longtemps.

Ce n’est pas qu’un simple roman. Avec cette trilogie, les Camhug construisent une oeuvre.

 Nathalie, Jérôme, ça ne peut pas être totalement fini ? Dites-moi que l’on va replonger dans l’histoire originelle de nos personnages ? Qu’on va revivre un peu encore avec eux ?

Nathalie, Jérôme ne nous laissez pas orphelins !

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Rural Noir de Benoit Minville


9782070148769,0-2999195Le livre : Rural noir de Benoît Minville. Paru le 18 février 2016 chez Gallimard dans la collection Série noire. 18€, 256 pages ; 23 x 16 cm
 Mot de l’éditeur :
Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l’insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l’innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d’une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l’amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d’une nature «préservée» – ou en friche.
 
 Capture&&&&&&&&&L’auteur :
Benoit Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, quelques années ( une quinzaine) plus tard. Libraire fana d’échanges et de conseils, lecteur passionné de tout bouquin qui transporte une énergie (de Dumas à Pennac, de Ellroy à Lansdale, de Twain à Axl Cendres), son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

Extrait  :
 » Ce soir on est les rois. Cette nuit d’été est à nous. On se rabâche cet hymne depuis des semaines et à chaque fois c’est la plus grande découverte de l’histoire de la musique. Notre vieille grange nous protège de l’orage de fin du monde qui rôde. On transpire la joie, le rock’n’roll et l’amitié. On est plus grands que King Kong, plus heureux qu’une colonie de milliardaires, plus sauvages qu’une horde de hors-la-loi.
Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.
Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d’exister et de grandir ensemble.
Nous quatre.
Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître. »

Résumé et mon petit avis :

 Dans la campagne nivernaise, le clan formé par Romain, son frère Christophe, Vlad et Julie, est bouleversé par l’arrivée de Cédric, un adolescent rebelle, puis par l’agression de la seule fille de la bande. Dix ans plus tard, à la mort de ses parents, Romain revient dans le village et découvre les différents chemins pris par ses amis. Le gang se reforme quand Vlad est retrouvé presque mort.

 J’ai total kiffé ce bouquin. A tel point que je n’arrive pas vraiment à mettre des mots dessus.

C’est en lisant la chronique qu’en a fait une amie que j’ai réussi à démarrer ce billet.
Tout ce qu’elle en disait était vrai. C’était exactement ça. Et pourtant ce livre ne l’avais pas autant touché que moi.

La chronique de Nath ICI

Et je comprends les critiques qui disent que cette écriture et trop simple que c’est facile de jouer avec les souvenirs ou la nostalgie des lecteurs pour créer l’empathie. Mais ce roman c’est bien plus que ça, c’est du vécu, des sentiments purs, entiers comme on ne peut qu’on avoir à l’adolescence. De ces colère et de ces révoltes qui nous font faire des trucs insensés. Des amitiés à la vie à la mort que l’on veut éternelles.

J’ai eu la chance de pouvoir en parler avec l’auteur. Je lui disais ça :

« Mec, il va falloir que l’on parle sérieusement. J’ai adoré Rural Noir. Il m’a profondément touchée. Mais j’arrive pas à écrire un mot dessus. C’est chiant car j’adore faire partager mes lectures avec mes potos, surtout quand c’est un pur coup de coeur. Tu sais que tu fais chier, mec, j’ai même versé ma larme et dieu sait que c’est pas le genre de la maison. C’est vraiment rare, même avec certains titres qui ont bouleversé ma vie de lectrice »

Benoit était visiblement touché par mes mots. Ému même. Et en grand pudique, il me remerciait pour cela. Mais il était hors de question d’en rester là. je voulais comprendre, je ne voulais pas rester sur cet échec. Il fallait que je mette un peu d’intellect sur mon ressenti, sur mes émotions pour en sortir quelque chose.

Alors, avec Benoit, nous avons parler, longuement, nous nous sommes raconter une partie de nos vies, celle de l’adolescence et de l’enfance. Nous nous sommes confiés, des choses intimes parfois. Nous nous sommes aperçu que nous avions vécu des choses communes, des drames similaires. Nous avions les même souvenirs. Ils n’étaient point communs, puisque Benoit est plus jeune que moi, que les siens était dans la Nièvre et les miens dans ma Haute Marne profonde, mais ils étaient pourtant identiques. C’est là que j’ai compris que tout cela si c’était totalement personnel, ça avait quelque chose d’universel !

Alors …Oui ce roman m’a touchée, il a réveillé en moi des souvenirs enfouis, certains qui me font sourire aujourd’hui, des bons souvenirs, la liberté que nous offrait le fait de vivre à la cambrousse, les échappées belles, tous ensemble, laissant libre court à notre envie de rébellion. Notre insouciance et surtout ce sentiment de toute puissance qui nous rendait presque immortel.

Mais il m’a aussi secoué, faisant remonter à la surface des souvenirs plus douloureux qui résonnent encore en moi aujourd’hui et  toute cette innocence perdue avec eux.

 « Le village était resté immobile face au temps mais le constat s’imposa, les vieux étaient devenus très vieux et certaines maisons resteraient fermées même s’il allait sonner aux portes. »

Aujourd’hui quand je retourne, trente ans après, dans ce coin de campagne qui a bien changé, je ne retrouve quasi plus mes amis et mes camarades de jeux, de beuveries et de virées. La plupart ne vivent plus là. Certains de ceux qui sont restés traînent leur vie de misères en galère. De petits boulot en soûlerie le week-end au bar du coin. D’autres sont restés eux même, ceux sont de vrais amis que j’aime profondément. Si on se voit peu, on a toujours plaisir à se retrouver, à refaire le monde, à réécouter les musique que l’on aime. J’ai vous grandir leur gamins. Ils font aussi un peu partie de la famille. Je les ai vu ados avec leur potes, faire les même connerie que nous avions faites. Je portais un regard indulgent sur leur bêtise. Mon père pestant contre ses petits morveux qui n’ont aucun respect et qui fume de la drogue en plus. Mais, papa, tes propres enfants en faisaient autant et bien pire encore. Rappelles toi de ta jeunesse au village, il était une fois… Parfois quand tu nous la racontes, tes bêtises de l’époque te font bien rire.

A leur tour les enfants de mes amis ont des enfants, et dans quelques années, ils seront adolescents. Et à leur tour il vivront leur vie de jeunes ado. Ainsi tourne la vie.

Et oui, le livre de Benoit Minville a ce quelque chose de profondément humain et universel qui ne peut que vous parler. Et je pense réellement que, même si vous êtes un vrai urbain, vous serez vous aussi touché par ces mots simples.