Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»
Publicités

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!

 

Inexorable – Claire Favan 


Aujourd’hui c’est double chronique.

En effet, nous voulions marquer le coup pour la sortie d’

Inexorable de Claire Favan 

Ce matin c’est Clémence qui nous donne son avis

Ce soir ce sera le petit avis de Kris.

Aussi aujourd’hui c’est Double Chronique


 

Le livre : Inexorable, de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Robert Laffont, collection La bête noire. 20€ ; (384 p.) ; 14 x 22,5 cm.

4ème de couverture :

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.

Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.

Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.

Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…

Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société.

 

Extrait :
« Je trouve dommage que les personnes qui ont des handicaps visibles ou, comme le mien, invisibles sauf au niveau du comportement soient aussi mal traitées et accueillies au sein de l’école. C’est comme si on subissait une double punition : notre état pas forcément toujours facile à gérer, et le poids malsain et cruel du regard des autres. »

 

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Inexorable, de Claire Favan :

 

Il est très difficile pour moi de débuter cette chronique, pour la simple et bonne raison que je ne veux pas trop en dire…

Ce livre qui commence avec une préface écrite par le fils de Claire Favan, Gabriel, est d’une force telle que les émotions m’ont submergées à sa lecture…

Grande fan de l’auteur, j’attendais son petit dernier avec impatience. Claire m’avait prévenu sur le caractère original de ce roman, très différent de ce qu’elle écrit d’habitude.

Claire est une reine inconditionnelle du thriller français et pourtant elle a réussi le challenge de changer complètement de genre avec ce roman noir mais surtout ce message d’amour…

Dès les premières lignes, que dis je, les premiers mots, j’ai su que ce livre serait différent.

J’ai vite compris que cette lecture allait me faire ressentir un énorme bouquet d’émotions.

Claire habituée aux tueurs en série de l’autre côté du globe prend place en France avec une histoire poignante que je ne vous livrerai pas tant il est important de le découvrir par vous-même.

La différence est ici le sujet primordial. Différence vécue et ressentie par Gabriel puis par Milo, tous deux enfants « uniques », pour qui le handicap est invisible et incompris.

Tous deux catalogués, montrés du doigt, moqués … Mais tous deux profondément aimés par leurs mères respectives.

Le livre aborde la relation mère/fils avec tant de vérité … On y découvre la force de l’amour maternel et l’ampleur des actes que peut faire une mère pour aider ou sauver son enfant.

Claire y dénonce le moule imposé par la société dans les rapports humains et la bêtise pouvant y être associée.

Mais attention, au-delà de ce témoignage criant de vérité, Claire Favan nous offre un roman noir où l’intrigue a tout son sens. On y retrouve ce que l’on aime dans sa plume les meurtres et la psychologie humaine.

On ressent l’importance des recherches effectuées et le vécu de l’auteur elle-même …

On ne peut que s’attacher aux personnages meurtris par les autres, ceux qui se croient supérieurs et se permettent de juger ceux qu’ils trouvent plus faibles.

Claire y dépeint les chocs émotionnels ou comment une situation tragique peut elle changer une personne ? Comment les événements faisant suite à une tragédie s’enclenchent et rentrent dans un engrenage infernal ?

Je n’en dirai pas plus car je ne compte pas vous dévoiler l’intrigue. A vous de lire ce livre et de vous l’approprier.

Il est très important d’écouter notre cœur au cours de nos lectures et je peux dire qu’Inexorable ne m’aura pas laissée indifférente.

Bravo à l’auteur pour ce pari risqué mais ô combien maîtrisé.

Je persiste et je signe, Claire Favan est bel et bien l’une de mes auteures françaises favorites.

Je remercie Claire et Sandrine pour leur confiance.

Fissions de Romain Verger


Le livre : Fissions de Romain Verger. Paru le 13 Mai 2013 aux Editions du Vampire Actif, Collection Les Séditions du Vampire. 13€16 euros ; (137 p) ; 18 x  12 cm.

4ème de couverture :

« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.

 

 

 

L’auteur : Après des études de Lettres et un Doctorat consacré à l’écriture onirique dans l’œuvre du poète Henri Michaux, Romain Verge enseigne trois ans à l’Université Paris X (Nanterre) puis dans le secondaire. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d’écriture. À partir de 1990 et jusqu’en 2003, il écrit et publie de la poésie. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d’encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse…
En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L’improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d’inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique.
Romain Verger a publié, depuis, deux livres aux éditions Quidam : Zones sensibles et Grande Ourse.
Extrait :
«Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.»

 

Les Lectures de Maud :

Un drame magnifiquement bien écrit et relaté à la première personne. Les personnages sont bien décrits, leur souffrance, leur caractère. Comment ce jour qui devait être le plus beau de leur vie va virer radicalement au cauchemar ? Comment la folie s’est immiscée dans leur couple ? Comment les drames familiaux, le vécu peuvent faire basculer une personne, une famille, que rien ne puisse soulager, aider, ni soigner.
L’auteur grâce à une plume littéraire et puissante à la fois, nous emmène dans ce roman noir, dramatique et où l’amour, l’amitié ne suffisent pas à rendre heureux les personnes. J’ai été bouleversée à la fin de ma lecture, du noir, de la violence, mais un livre magnifique que je recommande vivement.
Voyez par vous-même jusqu’où le narrateur est prêt à aller par Amour.

Découverte au Salon de l’Autre Livre – Paris 2018

Tags : France, amour, trahison, folie,

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

IMG_8759

Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Je ne t’oublie pas – Sébastien Didier


Le livre : Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier. Paru le 30 mars 2018 en auto édition. 17,90€ ; (559 p.) ; 13,2 x 19,6 cm.

4ème de couv :
 
Une disparition inexpliquée, un passé impossible à effacer… Le cauchemar ne fait que commencer.
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?
L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.
Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.
L’auteur : Sébastien Didier a 39 ans et est originaire de Nice, où il vit avec sa famille. Il est passionné de lecture et d’ecriture depuis toujours, mais aussi de cinéma et de nouvelles technologies. Je ne t’oublie pas est son premier roman. Découvert sur la plateforme Fyctia, il a été en finale du concours thriller « Derrière les portes » parrainé par B.A Paris qui lui a décerné un coup de pouce et a vu en lui « un véritable page-Turner très riche en action et en intrigue qui ne laisse pas au lecteur le temps de s’ennuyer une seconde ».
 
Extrait : 
 
« Sandra releva la manche de son chemisier de quelques centimètres. La grande aiguille de la Rolex n’avait pas bougé. Ou si peu. Toujours bloquée à la verticale. Figée. Immobile. En tout cas, c’était l’impression qu’elle lui laissait. Que dans les dernières minutes de son attente le temps s’étirait à n’en plus finir et que même lui s’ingéniait à la décourager.
Elle n’était pas encore sûre d’avoir pris la bonne décision. Allait-elle renoncer? Non, elle en avait trop fait désormais. Elle en savait trop. Mais pas assez. Car au final, pour une vérité établie, combien de déductions, de ressentis,de souvenirs…combien de brume pour un simple rai de lumière? Tout se bousculait dans sa tête, les questions ricochaient comme autant de boules dans un billard à mille bandes. »
 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier

Marc et Lisa, sa fille, vivent un cauchemar depuis trois mois et la disparition de Sandra. Alors que tout semblait aller du mieux possible, Sandra envoie un message à son époux, Marc, pour lui signaler leur « rupture ».

Trouvant que la police n’est pas assez compétente,Marc engagera, Paul, un détective, ancien flic.

Plusieurs éléments viendront le faire douter à son tour puisque Sandra aurait été aperçue à plusieurs reprises dans un bar à filles.

Marc, follement amoureux de sa femme, décide de ne rien lâcher et confiera  sa fille aux mains du grand père.

Et là! Tout s’enchaîne! Sébastien parvient à vous happer, c’est une malédiction !

Les pages se tournent et vous empêchent de dormir !

Plus on avance dans l’histoire et plus l’entonnoir se resserre…

Et alors que la fin se profile avec son dénouement inattendu et bien NON CE N’EST PAS ENCORE FINI!

À la recherche d’action et de suspens, ce livre est fait pour vous !

L’amour et la confiance ont une place primordiale dans ce livre. On y ressent la forçe des sentiments éprouvés entre mari et femme qui sont indétrônables.

Quand l’amour est là, il triomphe toujours !

Merci à Sébastien pour sa confiance et surtout merci pour ce thriller haletant qui vient grossir les rangs de mes coups de cœur 2018 !

La Dynamique du Chaos-Ghislain Gilberti


Le Livre: La Dynamique du Chaos (version non censurée), de Ghislain Gilberti, paru le 19 janvier 2017 chez Ring collection Ring noir. Edité le, 08 mars 2018  chez la m »canique générale en format poche 9€90. .421 pages.   11,2 x 1,9 x 17,1 cm
4ème de couverture:  

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur:  Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, né le 23/04/1977,  est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.
Avec six romans, Ghislain s’est imposé comme un auteur incontournable du genre.
 
Extrait: « 
« Nous voici, debout au centre du monde, bien au chaud dans nos manteaux d’égocentrisme. Noyés d’alcool et de drogues, perdus dans la masse intestinale de l’humanité, nous nous débattons en vain pour ne pas couler tout à fait. Nos désirs nous rongent de ne pouvoir être satisfaits, nos pulsions nous explosent à la gueule. Nous sommes des maux inutiles, des messagers muets et amnésiques. Des enveloppes de chair gonflées de néant, débordantes de souffrance. Et au fond, tout au fond, les âmes puantes et atrophiées hurlent de douleur, régurgitent leurs rêves prédigérés. Les plaintes parviennent à la surface. L’odeur aussi. Mais il y a ici assez de « Jean-Paul Gautier », de « Kenzo » et de tubes merdiques pour couvrir tout ça.
Nous sommes au cœur du Vide.
Je vomis vos images dans des brûlures atroces. »

Le OFF de OPH

« La dynamique du Chaos » de Ghislain GILBERTIchez Ring, une plongée en enfer…

Dès l’introduction, j’ai été touchée par la douleur et la souffrance qui transpiraient des mots de Ghislain. Des termes puissants, durs, pour évoquer une enfance brisée sur l’autel de la violence.
« J’ai grandi sous le règne d’un dieu féroce, illogique, sadique, pervers.Mon père était mon geôlier, mon bourreau.Mon entourage n’a jamais rien fait pour arrêter ça, se contentant de tourner la tête et d’ignorer cette détresse. Je ne peux pas le leur reprocher, le drame qui se jouait était insoluble et personne n’avait envie de titiller la bête au risque de se faire mordre. »

Pendant toute ma lecture, j’ai été tiraillée entre l’ombre et la lumière. L’obscurité des images, du récit; la clarté que je me suis échinée à conserver en m’accrochant aux liens d’amitiés forts existant entre Gys et Manu, mais aussi Nico et toutes ces autres personnes qui, dans la noirceur d’un monde qui m’est inconnu, se soutiennent au-delà des normes et des conventions.

J’ai eu mal, le ventre noué, les mains crispées autour d’un roman qui, parce qu’il est à 99% autobiographique, ne peut être lu comme un simple divertissement. Il faut en prendre toute la mesure pour entendre le message de Ghislain.
L’écriture est viscérale, douloureuse, sans filtre, comme si part ses mots Ghislain cherchait à exorciser un peu de cette douleur, de ce chaos contre lequel la lutte est permanente.

Gagner le respect volé depuis l’enfance dans la violence, le franchissement des interdits, en adoptant une position de supériorité, en prenant le pouvoir dans un monde où la lumière n’existe pas. Mais quelle est la valeur de ce pouvoir? Existe-t-il réellement lorsque l’on est polytoxicomane et que les drogues en tous genres ont pris possession de votre corps et gangréné vos esprits en perte de repères.

Si j’ai été étreinte par la violence des émotions procurées lors de ma lecture, j’ai été également touchée par sa poésie. Elle est certes noire, mais bien présente. Ghislain use de nombreuses métaphores, qui, si elles illustrent l’absolue noirceur de son chaos, illuminent son écriture et donnent vie à ce monde douleurs, de dépendances, de lutte en tous genres, de sexe brutal.
« Je suis un parasite insatiable. Une tique affamée agrippée aux poils malodorants du corps social. »

Ghislain distille également ses réflexions et sa vision d’une société malade où la mort et le noir fascinent, où les politiques sont plus préoccupés par leur nombril d’égocentriques que part leur pays qui souffre:
« Le système se plie sans agir, sans lutter. L’apathie politique face à ce désastre annoncé est complètement désarmante, on jurerait que nos dirigeants se contentent de jouer les autruches alors que la situation nous projette droit dans le mur. »

Enfin, « La Dynamique du Chaos » c’est aussi une histoire d’amour, la communion de deux âmes, l’amour destructeur, incontrôlable, cette sensation physique d’être la moitié de l’autre et de ne pouvoir respirer en son absence, ce sentiment que la vie n’a pas de sens ni de raison d’être sans l’autre.
« Pendant quelques instants, nous avons formé une entité unique et palpitante. Une âme siamoise en sueur, traversée de soupirs et de tremblements, de larmes et de frissons […] Je pense que des choses pareilles n’arrivent qu’une fois dans une vie […] On ne rencontre l’amour q’une seule fois, il n’y a pas de deuxième chance. »

Avec « La Dynamique du Chaos » les censeurs ont perdu leur combat contre tous ceux, qui, comme Ghislain, nous ouvrent les yeux et les portes d’un monde bien réel où le chaos règne en Maître, où le sexe sous toutes ses formes, la violence, les drogues guident les vies de milliers de personnes, où la souffrance est telle qu’elle ronge, gangrène petit à petit la vie.
Mais par ce roman, cette autobiographie partielle, Ghislain nous montre aussi qu’au bout de ce monde, du tunnel, il y a la Vie pour celles et ceux qui auront la force et le courage de reprendre possession de la leur. Et même si des séquelles demeurent, au bout, il y a l’espoir.

Retrouvez ICI le ressenti de GE sur La Dynamique du Chaos

Comme de Longs échos de Elena Piacentini


Elena Piacentini sera à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez la rencontrer


Le livre : Comme de longs échos de Eléna Piacentini. Paru le 24 août 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (288 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv : 

 » L’histoire est un perpétuel recommencement.  » disait Thucydide. Les faits divers, aussi.
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à DIPJ de Lille. Un marie en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elle, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…

L’auteur : Auteur et scénariste, Elena Piacentini est née à Bastia et vit à Lillie, comme les héros de ses livres. Leoni, le commandant de police à la section homicide de la PJ, qu’elle a créé en 2008, a été finaliste des sélections du prix des lecteurs Quai du polar/20 minutes et du grand prix de littérature policière pour l’une de ses aventures (Des forêts et des âmes, Au-delà du raisonnable, 2014 ; Pocket, 2017). Inspiré d’un fait divers, Comme de longs échos met en selle une nouvelle héroïne : Mathilde Sénéchal à la DIPJ de Lille.

 

 

Extrait :
À mille deux cents mètres d’altitude, la fin de l’automne couve déjà l’hiver. Ils sont moins d’une trentaine, résistants engagés ou soldats malgré eux, à rester sourds à l’appel de la plaine. Orsalhièr s’accroupit devant la cheminée et allume le tas de petit bois qu’il a préparé en prévision de son retour. Au-dehors, les laves du couchant incendient la Pique d’Endron, éperon dardé à près de deux mille cinq cents mètres. Le montagnard étend ses mains au-dessus des flammes naissantes. Il se sent en paix.

 

Le petit avis de Kris

Comme de Longs échos- Elena Piacentini

Je ressors toute chamboulée de ce beau roman/polar d’Elena. Elle a un don pour renouveler le genre.
Ses mots, personnels, affûtés, précis associés à une histoire originale m’ont redonné goût au polar.
Les personnages, sous sa plume, prennent une saveur toute en diversité et humanité.
Chaque mot, chaque phrase, chaque situation est percutant.
De la littérature vraie a l’état pur.

 

J’irai brûler en enfer – Julie C. Combe


J’irai brûler en enfer de Julie C. Combe. Paru le 6 juin 2013 aux Editions Velours. 23€99 ;  219 pages ; 21x 14,5 cm.
4e de couv :
 
Londres, 1888. Derrière la voilette de son chapeau noir, Nellie Hoffman scrute la foule à la recherche de son amant. Au loin, dans la brume de l’époque victorienne, elle n’aperçoit que d’indistinctes silhouettes. Où est-il ? Où est cet homme dont la tête est mise à prix par Scotland Yard ? Se serait-il fait surprendre par les forces de l’ordre ? Des bras enserrent soudain sa taille, des lèvres effleurent son cou avec passion. Le voilà enfin. Son seul complice, l’amour de sa vie. Elle sourit, frissonne un peu. Dissimulée dans la doublure de son corset, une lame de rasoir. Elle ne va pas tarder à faire couler le sang. Tel un second souffle, la vengeance l’incite à recommencer. Encore et encore… Frapper ne suffit plus, entendre les supplications de ses victimes est un besoin désormais vital. Son amant aussi, aveuglé par l’amour et ses envies de sang, cache de longs couteaux aiguisés sous son manteau. Il ne sait pas encore qu’elle va faire de lui le plus grand tueur en série du pays ni que son nom résonnera comme une légende pour des siècles à venir…
……………………

@nathaniel-adamczewski

L’auteur : Julie C. Combe est née au début des années 90, une décennie marquée par les meilleures productions Disney. Depuis, elle a grandi (un peu !) et mène une carrière professionnelle dans le domaine de la Communication. Dans sa petite vie bien remplie, elle partage également son temps entre la danse, l’écriture, la vidéo, quelques accords de guitare et bien sûr, son entourage. Même si son casier judiciaire demeure vierge, nos sources indiquent quelques événements troublants au cours des vingt dernières années.  Très tôt, elle s’initie au crime auprès d’Agatha Christie. Sa première lecture polar : Les dix petits nègres. Elle commet son premier meurtre sur papier à l’âge de 15 ans. Quelques années plus tard, elle remporte un concours d’écriture et publie sa première nouvelle dans un recueil chez Imperial Dreams. Son premier roman, J’irai brûler en Enfer, est publié l’année de ses 20 ans aux Éditions Velours.  En 2014, elle remporte le prix Espoir Féminin Dora-Suarez.  En 2017,elle signe chez Fleur Sauvage pour son 2ème roman : Pour que tu me reviennes.

Signe distinctif : un tatouage sanskrit au poignet droit.

A éviter : la lancer sur des airs de Broadway, les séances de spiritisme, lui servir des aubergines. L’individu est en apparence inoffensive, mais ses romans disent le contraire. A appréhender avec précaution.

……………………
Extrait 
“Me voici au bord du vide en cette froide nuit d’hiver. À présent, peu importe l’opinion de Dieu, le remord m’envahit et je ne sais quelle solution choisir. Il est vrai que toutes les bonnes actions que j’ai réalisées me valent l’estime de tous, mais quelles sont-elles face aux atrocités d’autrefois ? J’avoue, la foi m’avait envahi au point de devenir fou en ce temps là, et ma faute n’a rien de pardonnable. Accompagné de six autres hommes, j’ai lâchement participé à la torture et au meurtre d’une petite fille de onze ans. La folie avait pris possession de son esprit, aussi nous crûmes qu’il s’agissait là de l’œuvre de Démon et c’est pourquoi nous avons fait à ce point preuve de barbarie. Je suis conscient que rien ni personne ne saura m’excuser, mais je tiens cependant à préciser une chose : si d’autres l’ont déshabillée, je me suis abstenu de participer aux obscénités qu’ils se sont permises”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Premier roman de Julie C. Combe, et malgré quelques petites faiblesses au tout début du roman, bien vite oubliées, j’ai ressentis déjà sa force littéraire.

C’est très fluide. Le sujet est très bien travaillé en amont, les recherches afin que le roman s’entrecroise parfaitement à une période l’Histoire que j’affectionne tout particulièrement.

Des personnages dignes de Conan Doyle… Tout est sombre, humide et tortueux.
On va de surprises en surprises, des policiers dépassés, des tueurs qui tiennent à se venger suite à des actes du passé…

Julie m’a fais voyager dans le Londres de 1888… Les couleurs, les odeurs, les personnages déchus, hommes, femmes et enfants qui ne recherchent qu’à survivre dans un monde où cruauté et méchanceté sont leur quotidien.

L’épilogue surprise est vraiment excellent !!! (malgré une petite erreur de date…)

Mais qu’importe, j’ai beaucoup aimé ce roman ou la fraîcheur d’une jeune auteure m’a transmis ses émotions et c’est tout ce qui compte pour moi… de ressentir et prendre du plaisir !

Malheureusement ce roman est devenu introuvable… Sans la gentillesse de Julie je n’aurais pas pu le lire.

J’espère qu’il y aura une réédition, il le mérite !

Hématome de Maud Mayeras


Le livre : Hématome de Maud Mayeras. Paru le 5 avril 2006 chez Calmann-Levy – collection Calmann-Levy suspense.  18€25 ; (278 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 4 juillet 2010  chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de Poche, Thriller n° 30910 . 6€90 ;  (312 p.) ; 18 x 11 cm. Nouv. présentation    

4ème de couverture :

Une jeune femme se réveille péniblement dans une chambre d’hôpital. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi son corps la fait autant souffrir : sa mémoire est comme effacée. A son chevet, Karter, son compagnon. Effondré, il apprend à la jeune femme qu’on l’a agressée, puis violée. Il fera tout pour lui redonner le goût de vivre. Dès sa sortie, Emma, assaillie par des flashs terrifiants, tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Les questions se suivent et les zones d’ombre apparaissent : qui l’a agressée alors qu’elle attendait un enfant ? Elle dirigeait une affaire prospère ; quel grand malheur a mis un terme à sa carrière ? Son frère et sa mère sont morts ; pourquoi le silence la sépare-t-elle de son père depuis toutes ces années ? Bribe par bribe, les souvenirs ressurgissent, sans apporter compréhension ni réconfort. Emma croise des personnages de plus en plus inquiétants et la mort semble peu à peu tout recouvrir autour d’elle, telle la neige qui prend doucement possession de la ville.
Le mystère s’épaissit pour brutalement exploser dans un dénouement aveuglant, comme un flash dans l’obscurité.

L’auteur : Maud Mayéras est née le 06 octobre 1981 à Limoges où elle vit encore. Son premier thriller « Hématome, » paru aux éditions Calmann-Lévy dans la collection Suspense en 2006, a pour sujet principal la dénonciation des violences faites aux femmes.
Il avait été très remarqué lors de sa sortie : finaliste Prix Polar SNCF 2006, Prix des Limbes pourpres 2006 et Prix Griffe noire du meilleur thriller de poche 2008.
Sept ans plus tard, son second roman intitulé « Reflex » (2013), est édité aux éditions Anne Carrière.
« Lux » est publié aux Éditions Anne Carrière le 6 octobre 2016.
Extraits :
“Le jeune homme au bec-de-lièvre bascule légèrement en avant et une mèche épaisse tombe sur son front. Il lève les yeux vers moi et son regard gris me rassure. Son visage hâlé se dessine tout autour en traits fins, comme un tableau. Un tableau déchiré en plein milieu.
[…]
En y regardant de plus près, son visage n’est pas si monstrueux. 
On dit que chaque enfant, juste après sa naissance, rencontre l’Ange du silence. Chaque enfant naît omniscient. Il connaît tout de la vie, de la mort, du monde humain, animal, végétal. Tout. L’Ange du silence, à l’instant où l’enfant va pousser son premier cri, glisse son index sous son nez, et étend le mouvement jusqu’à ses lèvres. À ce moment précis, l’enfant oublie tout.
Son ange à lui a un peu dérapé, voilà tout.”

La chronique Jubilatoire de Dany

Dérangeant, touchant, réaliste et tellement bien mené … cette reconstruction d’Emma après le viol qui a causé en plus la mort de son futur bébé … On sent le suspense se développer au fil des pages pour finir en horreur absolue. le deuxième roman que je lis (après “Reflex”)de cette auteure à « ranger » aux côtés de Claire Favan … Maud Mayeras nous balade avec nos évidences pour mieux nous perdre … Et dire que chacune d’entre nous aurait pu être à sa place, le lecteur infiltre sa conscience et tremble avec Emma

“Karter retire son bras si rapidement que son geste en devient presque brutal. Qu’est-ce que tu caches Key ? Que faut-il que je ne voie pas ?
– Il est magnifique. Mais… pourquoi une Reine rouge si effrayante ?
– C’est mon démon, elle est cachée sous mon bras. Je ne la vois pas, mais je sais qu’elle est là. Comme les ailes dans ton dos. Et comme ce truc…
Il touche la cicatrice sur ses lèvres.
– Ce foutu bec-de-lièvre a gâché ma vie entière. Toi seule m’as regardé. Toi seule as vu qui j’étais vraiment.
Alors, à mon tour je caresse sa peau abîmée. Je retrace le sillon épais, de son nez à sa bouche.
– Gamin, je me suis réfugié dans les bandes dessinées, dans les contes de fées. Pour oublier le monde autour, les moqueries et le regard des autres enfants. Tu es la seule qui soit passée au travers de la carapace que je m’étais forgée pendant des années. La seule à avoir essayé. La seule, Emma.
Ses yeux sont rougis de larmes. Mes doigts courent sur son visage, doucement. Amoureusement. J’aimais cet homme.”