Indécence manifeste de David Lagercrantz


Le livre : Indécence manifeste de David Lagercrantz. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne.  Paru le 30 mars 2016 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs.  23€ ; (380 p.) ; 24 x 15 cm

4e de couv : Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L’homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l’explication d’un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l’inspecteur Léonard Corell, en charge de l’enquête, s’intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu’il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?

Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d’un homme passé maître dans l’art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l’espionnage, sur lesquels l’auteur de Millenium 4 vient récemment d’offrir une nouvelle et passionnante variation.

L’auteur : Fils du célèbre auteur et critique littéraire Olof Lagercrantz, David Lagercrantz, est né le 4 septembre 1962 à Solna en suéde. Il est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (2009) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Ont déjà paru en France : Moi, Zlatan Ibrahimovi(…) (J.-C. Lattès, 2013) et Millenium 4. Ce qui ne me tue pas (Actes Sud, 2015).

La chronique d’Ingrid

Allez hop! Je vais donc vous parler de ce drôle de polar de l’année dernière qui m’a bien interpellée…

INDÉCENCE MANIFESTE – David Lagerkrantz

Quel drôle de roman…

À ne pas savoir par où commencer. Ce titre que j’ai du mal à qualifier de polar est une énorme surprise, et des meilleures.

Polar, sans doute, puisqu’après tout il débute sur une mort « mystérieuse » et met en scène un inspecteur de police de Wilmslow qui ne se satisfait pas de l’évidence du suicide d’un mathématicien homosexuel dans les années 50. Polar historique donc, mais une nouveauté dans le genre puisqu’on pourrait également le qualifier de « polar biographique », le mathématicien mort n’étant autre que …le grand Alan Turing! Un drôle de roman de ce Suédois qui raconte comme un Russe une histoire bien anglaise…

Surprise donc, d’abord par cet éclatement des genres et des tons. Parce que si les ficelles du polar sont bien là, le traitement que lui réserve Lagercrantz est très intellectuel et transcende le genre. Amateurs de frissons et d’action s’abstenir, il s’agit d’un ouvrage hautement littéraire, polymorphe et contemplatif, qui réfléchit plus qu’il n’avance –et quelle réflexion : mathématiques, philosophie, théorie littéraire, communisme, intelligence artificielle, poésie, l’ouvrage survole paradoxes scientifiques et remises en cause morales et académiques sur fond d’espionnage et d’évolution des mœurs sociales et sexuelles post-Seconde Guerre Mondiale, sans lourdeurs mais avec finesse.

Surprise également par la qualité de l’écriture et de la narration, avec une langue ciselée, précise, et des personnages très nuancés. Deux figures majeures, le mort et le vivant, le réel et fictif, le premier qui se dessine petit à petit, fantasque, imprudent, génial, le second étonnamment humain dans sa petitesse, ses failles, sa vanité, sa faiblesse, pas de héros, pas d’antihéros non plus, tous deux tour à tour attendrissants, agaçants, pathétiques ou furieusement antipathiques. Des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus de substance, jamais bâclés ni convenus.

Surprise enfin par la cohérence entre la forme et le fond du roman, et par les mille petits échos et clins d’œil littéraires qui le parsèment, par sa pudeur et son intelligence compte tenu de la délicatesse du contexte social et des thèmes abordés (l’Indécence Manifeste étant le terme juridique réservé dans ces années-là à l’homosexualité, qui était un délit punissable par la loi et signifiait généralement la mort sociale de son auteur), surprise oui, par cet auteur que je découvre et qui ne prend le lecteur de polar ni pour un imbécile ni pour un paresseux. La fin toutefois est à mon sens un peu « facile », et un peu expédiée après la montée en puissance et l’exigence du reste du roman. Mais elle ne gâche rien, et « boucle la boucle » si l’on a été attentif aux premières pages de cet ovni…

Bref, il y aurait beaucoup à dire de ce polar littéraire comme on aimerait en dénicher plus souvent. Lisez-le.

Bien à vous

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La Veuve de Fiona Barton


Collectif polar.biblio

97822651145620-3721572Le livre :La veuve Volume 1  de Fiona Barton.Traduit de l’anglais par Séverine Quelet.  le 12 janvier 2017 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir Thriller. 19€90; (416 p.) ; 21 x 14 cm
 4e de couv :

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.

Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.

Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.

Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.

Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.

Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.

Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.

Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

fiona-bartonL’auteur : Fiona Barton est née en Angleterre, à Cambridge, mais vit aujourd’hui dans le sud de la France. Journaliste et formatrice internationale dans les médias, elle a notamment collaboré avec les rédactions du Daily Mail, du Daily Telegraph et du Mail on Sunday où elle a d’ailleurs gagné le prix de Reporter de l’année. The Widow, son premier roman
 Extrait :
« Voyez-vous, mon mari est décédé il y a trois semaines.
Renversé par un bus devant le supermarché Sainsbury’s.
Une minute il était là, à m’agacer à propos des céréalesque j’aurais dû acheter, l’instant d’après il était mort sur la chaussée. […]
Tout le monde s’est montré très gentil, on a cherché à me dissimuler son corps ; je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j’étais heureuse qu’il soit mort.
C’en était fini de ses bêtises. »
 

 Le petit avis de la bibliothécaire : Geneviève

Jane Taylor vit paisiblement avec son mari, Glen, dans une jolie maison. Tout bascule le jour où Glen devient le suspect principal du meurtre d’une petite fille. Le couple vit une descente aux enfers. Après la mort de Glen, fauché par un bus, tout le monde attend des réponses de la part de Jane, désormais veuve.

Voici un excellent premier roman. Nous avons là  une fiction qui tient du roman d’enquête, du thriller soft et du polar psychologique.

L’auteur installe tranquillement son histoire. Elle plante le décor, campe ses personnages avec finesse.

Les critique anglo-saxon l’ont comparé à la Fille du Train ou encore aux Apparences de Gillian Flynn. J’avoue que j’adhère à ce constat.Mais… de mon coté, ce titre n’a fait penser à Prendre Lily de Marie Nauser car nous avons là un roman choral ou alterne le point de vue des 3 personnages principaux.

Un auteur à suivre immédiatement. GVL

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Seule contre la loi de de W. Wilkie Collins


Mes petites lectures
9782752907998,0-1484948Le livre : Seule contre la loi de William. Wilkie Collins. Traduit de l’anglais par Éric Chédaille. Réédité le 22 mai 2012 chez Libretto. .12€80 ; (499 p.) ; 19 x 12 cm
4e de couv : 

Que faire lorsque l’homme que vous aimez et qui vient de vous épouser se révèle porter un autre nom ? Comment réagir, bien qu’unie pour le meilleur et pour le pire, à la découverte que tout l’accuse du meurtre de sa première épouse ? Si l’amour rend aveugle, il donne également des forces insoupçonnées ! Intimement persuadée de l’innocence de son mari, Valeria va remonter l’écheveau d’une histoire bien différente de celle souhaitée par toute la bonne société mortellement sournoise…

« À Wilkie Collins revient le mérite d’avoir introduit dans l’espace romanesque les plus mystérieux des mystères : ceux qui se cachent derrière nos propres portes. »
Henry James

AVT_William-Wilkie-Collins_9580L’auteur : Né à Londres en 1824 et mort en 1889,William Wilkie Collins (1824-1889) n’est pas seulement l’auteur de somptueux romans victoriens et le père du roman policier britannique. Nouvelliste de talent, il est aussi journaliste à ses heures. Et fin observateur de ses contemporains. Inventeur du thriller contemporain, William Wilkie Collins influença jusqu’à Borges qui voyait dans ses romans la première expression de la fiction moderne. 

Extrait : 
« Le ciel, déjà couvert ce matin-là, s’est encore assombri pendant que nous étions dans l’église et une forte pluie se met à tomber. Les badauds, abrités sous une forêt de parapluies, l’air maussade, nous regardent passer entre les rangs pour nous engouffrer dans la voiture. Point d’acclamations ni de rayon de soleil, pas de fleurs lancées sur notre passage, de banquet suivi de discours chaleureux, pas de demoiselles d’honneur, pas de voeux de bonheur adressés par nos pères et mères respectifs. Un bien triste mariage – force est de le reconnaître – , doublé, si ma tante Starkweather a dit vrai, d’un mauvais départ ! »

Lecture d’avant

Lecture d’avant :

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu’elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d’abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée… qui n’est pas au bout de ses surprises. Il s’avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l’homme ayant été soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier.

Convaincue de l’innocence de son mari, l’impétueuse  décide de mener l’enquête. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes – meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi.

Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. A la lecture de cet opus, on comprend l’admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.

Révélé aux lecteurs de langue française en 1999 – (soit plus d’un siècle après sa parution en anglais)  Seule contre la loi montre clairement qu’il reste encore, parmi les inédits de Wilkie Collins, quelques grands livres à découvrir.

Lire le début ici

Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet.


 

Gaelle Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 1er avril 2016 chez Fleur Sauvage. 16€80 ; (248 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : 

Londres, 1892. Un climat de peur. Un flic qui boîte et un jeune orphelin. Tous deux face à un meurtre… … dont il ne fallait plus parler.

Jouant avec un côté «Sidekick», Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

 

 

 

gaelle-perrin-guillet-6899L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir.

Extrait :
 » L’air du soir était chargé de fumée et sentait le charbon. Le vent ramenait les nuages pleins de suie en provenance des usines plus au nord sur le quartier de Marylebone, saupoudrant au passage les murs et le chaussée d’une pellicule noirâtre qui persisterait jusqu’au lendemain. L’air de Londres n’avait que faire des frontières entre quartiers. Les docks pouvaient empester jusqu’aux confins de Mayfair et empuantir aussi bien les robes de dentelles que les tenues des ouvriers, tandis que le charbon recouvrait les toits des demeures les plus luxueuses au cœur même de la City. Londres partageait ses atouts avec tout son peuple, sans discernement, sans retenue. « 

Résumé et avis :

Londres, 1892. Dans une atmosphère angoissante, un policier boiteux et un jeune orphelin affrontent un meurtrier.

Voilà le décor dans lequel nous plonge Gaëlle Perrin. Un Londres en plein changement, l’industrialisation est à son comble. L’exploitations de l’homme par l’homme est de retour. La misère sociale aussi . Et les pauvres sont rejetés vers les marges. Un Londres pluvieux, froid, il neige, sombre, sale. Les démunis dorment dans la rue. Il plane l’ombre inquiétante de Jack l’éventreur, ces crimes affreux sont dans tous les esprits. Le peuple est inquiets de l’échec de la police. Cette police qui pourtant est le meilleur du monde. La défiance vis à vis de l’institution est à son comble, elle aussi. Oui le petit peuple commence à se poser des questions, il gronde. La fracture et les inégalités sociales sont ici palpables.

Et c’est dans ce décor parfaitement réaliste que Gaëlle Perrin nous entraîne.

Elle nous convoque une histoire digne d’un Conan Doyle. Son héros n’est-il pas un fervent lecteur des aventures de son détective de choc. D’ailleurs à l’instar de Sherlock Holmes, notre policier boiteux est un adepte de la logique et des méthodes d’investigations scientifiques. Et c’est affublé de son jeune compagnons qu’il va tenter de faire sortir la vérité des deux affaires sordides qui lui sont confier.

Henry Wilkes, notre policier écloper et Billy un jeune orphelin qu’il a recueilli et sorti de la misère vont se charger de retrouver le monstre qui tue les chiens dans les rue de Londres et qui les abandonne dans les sous-sols glauque du  métropolitains. Mais tel Batman et Robin, ils viendront aussi à la rescousse d’un jeune femme, Alice Pickman, qui veut ré-ouvrir l’enquête sur la mort de sa sœur.

Et c’est avec délectation que nous allons suivre le périple et les aventures de ces trois là. D’une part parce qu’ils sont attachants, parce qu’ils sont eux aussi quelques peu mis en marges de la société. Parce qu’ils sont différents, irrévérencieux et pourtant épris de vérité.

Alors si vous aimé les enquêtes bien ficelé, que vous aimé les ambiancse à la fois gothique et romantique, les histoires classiques avec un zeste d’excentricité. Que vous adoré l’atmosphère irréelle que peut faire naître La Londres victoriennes.  Alors vous allez vraiment passer un excellent moment avec cette lecture que je vous recommande vivement !

Et personnellement, je ne sais pas pourquoi, mais je pense et surtout j’aimerai retrouver ce trio dans de prochaines aventures. C’est trois là ne nous ont pas révélé tous leur secrets…

 

La liste des sept de Mark Frost


$$$&&&$z9782749118161,0-2084040    Le livre : La liste des sept de Mark Frost. Traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac. Paru le 3 juillet 2014 chez le Cherche Midi dans la collection Néo. 22€ ; (484 p.) ; 22 x 14 cm.

$$$&&&$z9782264066411,0-3028155Rééditer en poche  le 18 février 2016 chez 10/18 dans la collection Grands Détectives. 9€10 ; (542 p.) ; 18 x 11 cm.

Imaginez Conan Doyle dans l’univers déstabilisant de Twin Peaks.
Par le cocréateur, avec David Lynch, de la série mythique.

Qui en veut à Conan Doyle ? En ce jour de Noël 1884, le jeune médecin participe, en tant que spécialiste des forces occultes, à une séance de spiritisme qui tourne mal. Il échappe de justesse à l’assassinat grâce à un mystérieux individu, Jack Sparks. De retour chez lui, Doyle retrouve son appartement incendié, sa voisine russe assassinée. Autant de faits qui dépassent l’entendement de Scotland Yard. C’est finalement Jack Sparks, à qui ces événements semblent très clairs,  » élémentaires  » même, qui va mettre Doyle sur la piste d’une conspiration qui menace le trône d’Angleterre. Leur seul indice : une liste de sept noms, les sept piliers d’une fraternité secrète aux desseins maléfiques. Mais Doyle peut-il vraiment faire confiance à Sparks, un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

 

$$$&&&téléchargement (5)L’auteur : Mark Frost est né en 1953 à New York. Il est romancier, producteur et scénariste. Publié une première fois par Plon en 1995, son premier roman, La Liste des Sept, est immédiatement devenu culte. On lui doit également Les Six Messies (Plon, 1997) et Le Second Objectif (First, 2008).

 

Citation :
« Avant de se replonger dans les élucubrations d’Elena Blavatsky, le docteur Doyle nota mentalement de nettoyer et recharger son revolver. »

Résumé et petit avis :

$$$&&&$zplon00331-1995Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme. Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. A la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !… Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable. Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle.

Le cherche midi, et 10/18 ont eu l’excellente idée de republier 20 ans après sa première parution française chez Plon, ce sympathique polar qui nous plonge dans à l’atmosphère sombre et gothique mais qui pourtant n’est pas dénué d’humour.

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Un récit haletant dans l’atmosphère fantastique du Londres victorien. Une intrigue que l’auteur, scénariste de la série Twin Peaks., émaille de nombreuses allusions à l’oeuvre et à la vie de Conan Doyle.  Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

De plus,  Les fans de Twin Peaks y retrouveront aussi l’univers déjanté et surréel de la série.

 

Lire ici le début

Canard Mortel de Patrick MacNee et Peter Leslie


 Mes petites lectures
8eartchapeaumelon2Le livre : Canard Mortel de Patrick MacNee et Peter Leslie . Traduit par Martin Winckler. Paru en 1996 chez Huitième Art dans la collection Huitième Art Fiction : Chapeau Melon et botte de cuir ; 2); 179 pages

4e de couv :

Lorsque John Steed et madame Peel assistent, dans un restaurant quatre étoiles, à la mort brutale de l’un de leurs voisins de table, ils se trouvent entraînés dans un étrange puzzle : pourquoi plusieurs personnes tombent-elles raides mortes après avoir consommé du canard ? Et quels liens existent-ils entre les victimes : un médecin, un garde-chasse et un peintre? Leur enquête leur fera découvrir un ténébreux complot qui se trame dans la région désolée des marais de l’East Anglia.

Les auteurs

Patrick Macnee, né le 6 février 1922 à Paddington, Londres (Angleterre), et mort le 25 juin 2015 à Rancho Mirage(Californie, États-Unis), est un acteur britanno-américain.

Principalement connu pour son rôle de John Steed dans la série télévisée britannique Chapeau melon et bottes de cuir(The Avengers), qui lui a apporté la notoriété, il est aussi apparu dans d’autres séries à succès comme Columbo, Magnum,Battlestar Galactica, Pour l’amour du risque ou Frasier.

Il apparaît également au cinéma dans le film d’horreur Hurlements, de Joe Dante, dans Dangereusement vôtre au côté de Roger Moore ou dans le faux-documentaire culte Spinal Tap.

Peter Leslie, né en 1922 comme Patrick Macnee, a écrit d’autres romans adaptés des séries Des agents très spéciaux et Les envahisseurs entre autres. Il fut journaliste et écrivit pour le journal anglais de musique The Melody Maker dans les années 50, essentiellement sur le jazz. Dans les années 60, il déménagea en France pour commencer une carrière de romancier et il co-écrivit  alors deux adaptations d’ Advengers .

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

Après avoir aimé me replonger dans l’univers de The Advengers avec l’article de la mort, le premier titre écrit par Patrick McNee lui même, je n’ai pas résister au second de ces livres.

Mon petit billet sur l’article de la mort ICI

CMC’est ainsi que je me suis jetée sur Canard mortel. J’avais remarqué que ce titre avait été écrit en 1966, l’année de ma naissance. Cette même année qui a vu arriver d’Emma Peel dans la 4e saison de Chapeau melon et bottes de cuir. Grande année donc ! (hihi)

Alors je suis allée déjeuner, moi aussi,  avec nos deux héros dans cette auberge luxueuse de la campagne anglaise. J’y est rencontré quelques notables du coin. Je n’ai pas pris de canard ce midi là. Bien m’en a pris.

En effet, tous les mangeurs de duck ont piqué du nez dans leur assiette et se sont retrouvés raide mort.

Et toute ces morts étranges n’ont pas manqué d’intriguer notre duo d’enquêteur. Alors…J’ai suivi leur péripétie lors de leur enquête.

Et quand ils ont compris que le canard servi avait été tué par un braconnier dans les marais de l’East Anglia. Ils se lancent sur sa piste avant de le retrouver mort lui aussi et de comprendre que les morts suspectes s’enchaînent depuis quelques temps dans la région.

Ici, on retrouve tout l’esprit de la série : Riche oisif qui cherche à déstabiliser la couronne, pièges et farces en tous genres, bons mots, dialogues loufoques. Bref tout ce qui fait le charme so british de Chapeau melon et bottes de cuir.

C’est incongru, burlesque et décalé à souhait.

J’ai beaucoup aimé à n’en pas douter. Et puis ces 179 pages se dévorent comme un bonbon acidulé anglais, of course !

 

 

 

 

Du bout des doigts de Sarah Waters : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Waters.


 L'ABCdaire de deux nanas fondues de Waters

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Du bout des doigts  de Sarah Waters

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

9782207253595,0-160992Le livre : Du bout des doigts  de Sarah Waters.Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 25 août 2003 chez Denoël dans la collection Et D’ailleurs. 26€90 ; (749 p.) ; 21 x 15 cm

9782264041074,0-237220Réédité en poche chez 10/18 le 20 janvier 2005. 11€ ; (749 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

1862. Lant Street, Londres. Le rendez-vous des voleurs et des receleurs. Sue Trinder, orpheline, est confiée dès le berceau aux bons soins d’une trafiquante de nourrissons. À la veille de ses dix-huit ans, un élégant, surnommé Gentleman, lui propose d’escroquer une héritière, Maud Lilly. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d’un genre tout particulier. Sue, en entrant au service de la riche jeune fille, tombe avec ingénuité dans un piège. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, elle devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique.Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Un roman décadent, virtuose, où les ressorts les plus noirs de l’univers romanesque du XIXe se mêlent au réalisme incisif et décomplexé du XXIe siècle.

 

46785fdgdtfjL’auteur : Née au pays de Galles en 1966, Sarah Waters a été libraire puis enseignante. Depuis la parution de son premier roman, Caresser le velours (Denoël, 2002), sa notoriété n’a cessé de croître. La publication de Du bout des doigts marque sa consécration. Élue «auteur de l’année» par le Sunday Times, elle reçoit en 2003 le prix des Libraires et le British Book Awards.

 Extrait :
« En ce temps-là je m’appelais Susan Trinder. Les gens me disaient Sue. Je connais l’année de ma naissance, mais pendant longtemps, j’ai fêté mon anniversaire à Noël, faute de savoir le jour. Je suis orpheline de père et de mère, autant que je sache. Ma mère en tout cas est bien morte. Je ne l’ai jamais connue, je ne me souciais pas d’elle. J’étais la fille de Mme Sucksby, ou c’était tout comme, et pour me tenir lieu de père, il y avait M. Ibbs, serrurier à Land Street dans le Borough – le quartier, comme on disait – , sur la rive droite de la Tamise, au bord de l’eau.» 

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le B…

Voici donc mon Abécédaire de A à Y

A comme Amour :

 GVL : Du bout des doigts est avant tout à mes yeux un magnifique roman d’amour. Des amours clandestines, des amours contrariées. Mais c’est à mon sens ce sentiment puissant qui est le moteur de cette formidable histoire.

 AJC : Quand tu m’as proposé ce livre, j’ai été surprise ! Toi la reine du polar, tu me plonges dans un roman d’amour. Mais quel roman d’amour !! Waouh, j’avoue c’est puissant comme tu dis ! J’ai adoré.

 C comme Confinement :

GVL : Oui c’est un mot qui définit bien ce roman.

Notre héroïne Maud vit confinée dans le manoir de son oncle. Elle a été recluse dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère.

Nos héroïnes sont confinées à leur condition féminine, enfermées dans le carcan de la société victorienne.

 AJC : Je te rejoins tout à fait sur ce mot. Un moment donné, avec Maud, on étouffe tellement que c’est étriqué. Sue semble avoir plus de liberté mais c’est qu’une illusion. Car elle croit faire ses propres choix, mais non, elle aussi a son destin tout écrit !

E comme Erotisme :

 GVL : Après avoir vécu dix années dans un asile psychiatrique où est morte sa mère, Maud Lilly est recueillie par son oncle dans son sombre manoir où il collectionne avec soin des livres d’un genre tout à fait particulier.

Notre héroïne va devenir la secrétaire et lectrice de ce bibliophile, amoureux de littératures érotiques.

Une littérature qu’elle va se mettre à exécrer.

Mais l’érotisme n’est pas le sujet de ce roman même si à certain moment de celui-ci il apparait souvent sous forme de sous-entendus, de regards, de gestes esquissés.

 AJC : Tu as raison, Geneviève. Il y a un part d’érotisme dans ce roman qui se pose délicatement comme un voile (waouh que c’est joli ce que j’écris ;-)). Mais ce n’est pas la base du roman, mais il s’adapte tout à fait à l’histoire et au contexte.

 G comme Gothique :

GVL : Si du bout des doigts est vu comme un roman policier il a tout aussi du roman gothique. En ce sens Sarah Waters est aussi l’héritière de  Charlotte Smith cette auteure anglaise de 18e siècle qui publie des romans très populaire où  le thème de la persécution féminine est déjà présent. De plus Sarah Waters emprunte aussi au procédé narratif du roman gothique en insérant un récit dans le récit. De plus ici les décors en aussi leur importance, asile psychiatrique, manoir lugubre… Oui, pas de doute Sarah Waters rend ici hommage à ces illustres prédécesseurs que sont  Ann Radcliffe et Mary Shelley mais aussi aux nombreuses autres femmes auteures dont le nom a été oublié.

AJC : Alors, là je vois que tu es méga calé sur le sujet…Je ne vois pas trop quoi rajouter. Si ce n’est que j’ai envie de m’habiller en gothique ;-).

 I comme Inventif :

 GVL : Sarah Waters prend le parti de construire son histoire en trois parties.

La narration est d’abord prise en charge par Susan Trinder. C’est par elle que tout va arriver.

Ensuite Maud Lilly va rejouer sous nos yeux la partition. C’est de son point de vue que l’on va revivre toute cette aventure. Et c’est là que tout s’accélère.

La première partie pourrait se suffire à elle-même. Sarah Waters nous raconte une histoire, elle se déroule tranquillement sous nos yeux, elle a un début puis une fin.

Mais non, C’est là que c’est inventif car tout repart avec la 2e partie.

Et on plus l’auteure, pour ne pas faire les choses à moitié, nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix d’un si ça ce n’est pas inventif.

 AJC : Cette construction a été une autre surprise pour moi. Je me disais « Mais où veut elle en venir ? ». C’était tordu comme défi mais réussi pour ma part. Ma curiosité était perplexe au début mais elle a vite était conquise.

K comme KO :

GVL : Chaque fois que je lis Sarah Waters je suis impressionnée par sa prose. Son talent de conteuse. Sa maitrise parfaire des intrigues. Chaque fois je me fais avoir même lorsque je connais déjà le nom du ou des coupables. Elle a cet art du retournement qui vous cueille à tous les coups. Perso, j’en reste KO.

 AJC : Pour ma part, c’était une découverte. Je n’avais encore jamais lu mais ça c’était avant ! Grâce à ton cadeau à mon anniversaire, j’ai pu me plonger dans son univers. Au début, j’avoue que je me suis demandée où elle allait m’emmener…mais après j’ai vite trouvé mon chemin. On ne me sème pas si facilement …non mais !

 M comme Manipulation

 GVL : Ici tout est manipulation !

La manipulation est au cœur de cette histoire. C’en est même le ressors.

Les protagonistes de cette histoire sont tous manipulés, manipulables et manipulateurs.

Mais attention cher lecteur,toi aussi tu risques de ne plus avoir ton libre arbitre durant la lecture de ce roman.

L’auteur aussi nous manipule à son gré.

 AJC : Mais dites-moi, Maître Jedi, m’auriez-vous manipulé aussi ? 😉

O comme Orpheline :

GVL : Si tout oppose Susan Triller à Maud Lilly c’est bien leur condition d’orpheline qui lie nos deux héroïne.

AJC : Je crois que c’était hélas de monnaie courante à cette époque. Il fallait naitre du bon côté de la Tamise…et encore !

 Q comme Quartier :

GVL : Dans ce roman nous allons visiter Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs. Nous allons parcourir Londres mais aussi rentrer dans des lieux insolites. Car les décors sont importants pour Sarah Waters. Elle les dépeint avec minutie. Elle les plante avec exactitude. Ces décors contribuent à l’ambiance du roman.

Quartier aussi comme division, car le roman de Sarah Waters est divisé en trois parts. La première partie est contée par Sue. Et cette première partie pourrait se suffire à elle-même. Elle pourrait être un et un seul roman. Sarah Waters nous raconte une histoire. Elle se déroule tranquillement sous nos yeux. Elle a un début puis une fin.

Mais non, Sarah Waters n’en reste pas là et elle nous offre la 2e partie.

Et en plus, pour ne pas faire les choses à moitié, l’auteure nous propose à nouveau une troisième partie, forme de conclusion qui nous cueille pour de bon, si ce n’était déjà pas fait.

3 livres pour le prix. Pas de quartier pour le lecteur !

AJC : Tout est dit !! Je te rejoins carrément sur ce mot ! Bravoooo

S comme Saphisme :

 GVL : Les amours lesbiennes tiennent une grande place dans les romans de Sarah Waters. D’ailleurs du Bout des doigts a reçu  le Prix Lambda Literary de la meilleure fiction lesbienne.

 Sarah Waters qualifie elle-même ses romans de lesbiens. Voilà ce qu’elle répondait en avril 2015 à Thomas Stélandre journaliste de Libé qui lui posait cette question :

« Vous dites «romans lesbiens» ?

Je crois que ça leur convient bien. On me demande souvent ce que je pense du label d’«auteure lesbienne». La vérité, c’est que ça ne me dérange pas. J’emploie moi-même ce terme, parce que j’ai un intérêt tellement fort pour les histoires de lesbiennes, les imaginer, les raconter. C’est là, c’est dans mes livres. Mais il semble que mes histoires de lesbiennes touchent un public qui n’est pas seulement lesbien car, fondamentalement, elles parlent d’amour, de désir, de trahison, tout le monde doit pouvoir s’y retrouver

 La littérature gay existe encore ?

Oui, je crois. Et c’est une part de mon histoire. J’ai commencé à écrire dans les années 90, à une époque où cette littérature était très politisée. Je faisais partie d’une communauté, avec ses livres, j’avais le sentiment de participer à un mouvement. Depuis, bien sûr, les choses ont évolué, le mariage, l’adoption… Pour les jeunes, ça semble peut-être dépassé. Mais pour quelqu’un de ma génération, c’est autre chose. Je ne peux pas abandonner ce combat-là. Après, je m’envisage en tant qu’écrivain avant de m’envisager en tant qu’auteure lesbienne. »

GVL : En effet ce titre est bien plus que ça, c’est un roman magistrale. 

AJC : Bah là….euh tu veux que je rajoute quoi à ça !!! Rien si ce n’est merci pour toutes ces infos 😉

 U comme Urgence :

 GVL : Oui il est urgent que vous découvriez ce livre chers lecteurs et chères lectrices.

 AJC : Très urgent ! Allez allez on s’active !!!

W comme Waters :

GVL : Vous l’aurez compris j’adore Sarah Waters, j’ai lu tous ses romans. J’ai même relu celui-ci pour cette lecture commune. J’ai englouti ces 750 pages.

 « Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l’Angleterre victorienne, un envers du décor ou les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l’attendrait. Elle nous propose là un roman décadent et virtuose. »

 Je ne peux que vous conseiller de la découvrir. Ne commencer peut-être pas par son premier roman, Caresser le velours, il est sans doute trop personnel. Mais laissez-vous tentez par Affinité, par Du bout des doigts ou encore par son tout dernier Derrière la porte.

Sarah Waters c’est du romanesque à l’état pur. Sarah Waters c’est la promesse d’une lecture prenante et troublante, que du bonheur.

 AJC : J’ai Derrière la porte que je n’ai pas encore lu mais je pense qu’il va bientôt finir « entre mes mains » ;-). Car j’ai aimé le style et l’histoire. En plus, quand je te lis Geneviève, je ne peux me dire que le choix fut très judicieux ! Ma curiosité te remercie !

 Y comme Yes The End.

GVL :  Si j’ai adoré ce titre, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à trouver les mots pour vous le présenter. Et je tiens à remercier Anne Ju qui m’a beaucoup aidé sur ce coup-là. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas d’avoir pris quelques libertés et de n’avoir pas toujours suivi ses recommandations 😉

Anne Ju sans toi je n’aurai jamais vu la fin de cet Abécédaire

 AJC : Moi t’en vouloir pfff J’essaye mais je n’y arrive pas ;-). Pour mes recommandations, ce n’était que des pistes, donc libre à toi de choisir. C’est comme cela que fonctionne notre duo ! Ils déchirent !

Bon, là vous vous sentez un peu de trop mais non… on vous aime aussi !!!

Je ne sais pas si nous avons réussi à vous convaincre, mais si vous souhaitez en savoir plus…La suite de cette ABécédaire est chez Anne Ju et ses Modordus

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski.

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini

 Extrait 2 :

« Je connais le monde et ses plaisirs aussi bien  que les pires débauchés de l’univers romanesque; pourtant je n’ai pas une seule fois franchi les murs du parc de mon oncle depuis qu’il m’a recueillie. Je sais tout sans rien savoir. Ceci sera essentiel pour la suite.  Il ne faudra pas oublier tout ce que je ne sais pas faire, tout ce que je n’ai pas vu.  Je ne sais ni monter à cheval ni danser. Je n’ai jamais eu  entre les mains de l’argent à dépenser. Je n’ai jamais mis les pieds dans un train ou un théâtre, jamais vu ni la mer  ni la montagne. Je n’ai jamais vu Londres mais j’ai l’impression de connaître la ville.  Elle m’est familière grâce aux livres de mon oncle. « 

 

Remise du Balai d’Or 2015 : ça va commencer


Il y a quelques semaine,deux mois jour pour jour, nous remettions dans ma bibliothèque les trophées des Prix du Balai d’Or.

Ce fut une très belle cérémonie.

2 mois après j’ai envie de revenir sur cet apéro polar très spécial

Il est 18h et la bibliothèque ferme tranquillement ses portes à son public habituel. Un nouveau vient d’investir les lieux. Des amateurs de polars, de romans noirs. Ils sont venus de partout, du 11e bien sur mais aussi des quatre coins de la France. Il y a des accents chantant du sud, des accents plus rude de l’est, le nord, la normandie, le centre sont aussi au rendez-vous. Et puis des banlieusards et des parisiens viennent compléter ce mélange si sympatique.

IL est 18h, vite la cérémonie de remise va commencer.

Il faut encore installer notre libraire. Lui faire une belle table afin qu’elle puisse après la remise des prix étaler ses livres. Christina est venu de Houille pour cette soirée. Elle a du fermer sa librairie-salon de thé juste pour nous faire plaisir. C’est beau l’amitié.

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Il faut monter le buffet, mais Andres et Frédérique entourés de quelques bénévoles sont dejà à la manoeuvre.

J’entends mon directeur qui lance les hostilités. Il donne et répète les consignes de sécurité.

Puis passe le micro à Richard qui démarre son discours de Président.

Nous avons eu droit à un beau discours emprunt de solennité et d’émotion.

En voici quelques morceaux choisis :

Un grand merci à vous tous ici d’être présent pour cette remise du Prix du Balai D’OR, 5ième Edition déjà.

Mais avant je voudrais rendre hommage aux victimes de la barbarie du vendredi treize Novembre.

Et je reprend un Communiqué du Centre national du livre qui ma touché et qui est tellement juste, et auquel je m’associe :

« Nous sommes en deuil.

Hier, dans Paris, des femmes et des hommes ont été assassinés par des lâches. Nous pleurons les victimes, nous nous tenons aux côtés de leurs proches. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous restons sans nouvelles d’anonymes, de connaissances, d’amis. Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, nous incarnons, avec d’autres, avec tous, le droit, absolu, d’exprimer nos opinions. Nous ne cèderons pas, nous ne reculerons pas. Nous continuerons à sortir prendre un verre avec des amis, à dîner au restaurant, à écouter de la musique, à rire, à écrire, à défendre de notre place les valeurs de la République, la laïcité, la liberté, l’égalité, la fraternité. Nous continuerons à questionner et à aimer, contre ceux qui imposent leurs réponses et leur haine. Athées ou croyants, musulmans, juifs, chrétiens, laïcs, nous sommes la République, nous sommes la France. On ne nous fera pas taire. Nous ne cèderons pas devant la peur. Demain, meurtris, nous serons là, encore. 
Nous sommes le livre. Et nous sommes debout. »

Ensuite Richard à passé la parole à Frédéric Ernotte,  premier balai de la découverte en 2012 afin qu’il remette la trophée au nouveau balai de la découverte 2015 en la personne de Alexandre Geoffroy.

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Comme nous le dit si bien notre ami belge Frédéric Ernotte : Plus sérieusement, la cérémonie des Balais d’Or était l’occasion de revoir des gens merveilleux et d’en rencontrer d’autres. Du très beau monde pour célébrer les romans noirs et couronner quatre auteurs. »

A nouveau les Mots d’hommages aux victimes de la barbarie et du terrorisme ont résonné dans la bibliothèque.

Samuel Sutra Balai d’or 2014 et maître de cérémonie a su trouver les mots et les phrases pour nous réconforter mais aussi nous émouvoir.

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 Chacun des auteurs présents s’ils étaient heureux de recevoir leur récompense ont eu des paroles empruntes d’émotion et de sincérité tout juste 15 jours après l’horreur du 13 novembre.

BO4Jeanne nous a étreint le coeur. Michaël nous a crié sa colère

Je crois que la communion ce soir là entre la centaines de personnes présentes était parfaite. Nous avions tous une pensée pour les victimes et leurs proches  mais nous étions là aussi pour défendre ce qui nous tient à cœur : vivre notre passion de la littérature, de la culture  et la partager ensemble.

BO34Une table ronde à suivi la cérémonie de remise des quatre trophées. Nos auteurs ont pu ainsi présenter leur livres et leur travail au public venu nombreux pour les écouter.

Le Palmarès

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Le Prix du Balai D’OR 2015 : Mme Karen Maitland pour son roman LA MALÉDICTION DE NORFOLK chez Sonatine Editions.
Le Prix du Balai D’Argent 2015 : M Michaël Mention pour son roman Adieu demain chez Rivages Noir Editions.
Le Prix du Balai de Bronze 2015 : Mme Jeanne Desaubry pour son roman Poubelle’s Girls chez Lajouanie Editions.
Le Prix du Balai de la Découverte 2015 : M Alexandre Geoffroy pour son roman Les roses Volées chez Edition Ex-Aequo.

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Quelques photos de ces moments de partages.

 

 

Prendre Lily de Marie Neuser.


9782265099401,0-2618093Le livre : Prendre femme ,Volume 1 : Prendre Lilly de Marie Neuser.Paru le 15 mai 2015 chez Fleuve éditions collection Fleuve Noir. 19€90 ; (522 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

 » C’était une histoire de sexe, de pulsion et de meurtre.  »
Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les seins tranchés, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux.
Le corps d’une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert.
Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu’elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d’Angleterre qui ne connaît pas les débordements.
Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n’étaient ces déviances auxquelles il s’adonne en secret.
Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d’une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres.
1644+5+512L’auteur :
Née à Marseille en 1970, Marie Neuser a vécu son enfance dans le Var, proche de l’Italie, dont elle conservera l’amour de la langue. Théatre, danse classique, rock, passion pour l’écriture et les langues occuperont son adolescence.
Elle obtient l’agrégation en 1995 et enseigne dans divers établissements dont une expérience de deux ans dans un collège difficile.
Marie Neuser, outre l’italien étudiera l’espagnol et le portugais et donnera des cours en traduction et littérature à l’université de Provence. Elle ne s’éloignera pas de la littérature et du théatre dont elle partagera la mise en scène avec les élèves de son lycée.
Passionnée d’art, de littérature, de théâtre et de cinéma, Marie Neuser aime les voyages, source d’inspiration pour son écriture.
Marie Neuser, actuellement professeur d’italien, publie son premier roman « Je tue les enfants français dans les jardins » en 2011 aux éditions L’écailler.
Extrait :
Notre monde crève d’hyperboles. De superlatifs. De démesures. Ce nouveau millénaire a fait oublier le prix d’une vie. Bientôt les enfants de maternelle s’assassineront entre eux pour des billes en verre. Alors une dispute de voisinage qui se solde par un carnage, finalement, ce n’est pas de la science-fiction.

Résumé et avis

Après le meurtre de Lily Hewitt, retrouvée dans sa baignoire avec les seins tranchés et deux mèches de cheveux de couleurs différentes entre les doigts, l’équipe du policier Gordon enquête sur Damiano Solivo, un immigré italien voisin de la victime. Persuadé de la culpabilité de cet homme, dont l’alibi semble artificiel, Gordon collecte les indices de son implication sans rien pouvoir prouver.

Comme l’indique l’éditeur,ce titre est le premier volume d’un diptyque tiré d’un fait divers qui tourmenta l’Italie et l’Angleterre de 1993 à 2011, Prendre Lily raconte la traque d’un psychopathe identifié.

Prendre Lily est  un thriller lent, entêtant, on participe à une traque désespérante et fascinante pour coincer un psychopathe retords qui nous échappe sans cesse. C’est terrifiant.

Et que dire  l’écriture de Marie Neuser. Elle alerte, troublante et fougueuse à la fois. Elle est totalement addictive. Un bonheur à lire.

Lire le début ICI :

 

 

Les meurtriers de Dieu / Jean Depreux


Mes petites lectures9782917144572,0-569890Le livre : Les meurtriers de Dieu  / Jean Depreux. Paru le 18 mars 2010 aux Nouveaux Auteurs. (387 p.) ; 21 x 14 cm.
Plus commercialisé en papier mais disponible en ebook.
4e de couv :

Une course contre la montre sur la trace d’un secret millénaire qui pourrait bien mettre en péril l’Église catholique…

Holy Island, petite île du nord de l’Angletterre chargée d’histoire et de spiritualité, avait tout du parfait lieu de villégiature pour l’inspecteur Carver de Scotland Yard, qui pensait pouvoir y faire le point sur sa vie.

Mais les apparences sont trompeuses.

Le lendemain de son arrivée, on retrouve un corps supplicié. Isolé sur l’île, bloqué par la tempête, Carver doit prendre en charge l’enquête. Les meurtres s’enchaînent, tous commis avec des instruments de torture médiévaux.

Rejoint par son adjointe Sarah et par Charleen, la ravissante étudiante en histoire, Carver va remonter la piste laissée par l’assassin et apprendre l’incroyable secret de Cuthbert, moine du VIIe siècle.

8954125877452L’auteur :

Jean Depreuxest né au début des année 80. Il est programmateur de festivals de musique, habite dans le Nord. Les Meurtriers de Dieu est son 1er roman.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et petit avis :

L’inspecteur Carver se rend sur Holy Island, petite île tranquille du nord de l’Angleterre, avec l’intention de faire le point sur sa vie. Mais le lendemain de son arrivée, un corps supplicié est découvert. Bloqué par la tempête, Carver doit se charger de l’enquête. Les meurtres s’enchaînent, tous commis avec des instruments de torture médiévaux…

Articulé autour d’une intrigue palpitante et construit comme un huis clos, avec des protagonistes attachants, ce très bon thriller historique est particulièrement riche et intéressant. Il est aussi très agréable à lire et on aimera retrouver avec grand plaisir Carter, personnage de flic attachant, dans un futur opus.

Pour info : Ce titre a été Prix VSD du Polar 2010 – Coup de coeur de Yann Queffélec.

 

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Lire ICI le début