Le Collectionneur – Fiona Cummins


le livre: Le Collectionneur de Fiona Cummins . Traduit de l’anglais par Jean Esch. Paru le 18 octobre 2018 aux éditions Slatkine et Cie. 20€90 ; 509 pages; format 16 x  23,2 cm.

4ème de couverture:
Le Collectionneur a tout organisé et mène une double vie. Dans l’une, il est comme vous et moi. Dans l’autre, il est le gardien d’un macabre musée de famille : une collection d’ossements humains.
Les collectionneurs cherchent toujours la rareté, l’objet unique. Deux enfants, Jakey Frith et Clara Foyle, souffrent l’un et l’autre d’une maladie génétique orpheline (une centaine de cas en France) qui fait se dédoubler les cartilages puis pousser les os jusqu’à l’étouffement, lamaladie de l’homme de pierre. Le Collectionneur se doit d’avoir ces deux pièces rarissimes que sont deux petits squelettes au tout début de leur déformation.
Dans sa traque éperdue, il déjoue la vigilance du père de Jakey et celle d’un détective trouble, Etta Fitzroy, qui enquête sur une série d’enlèvements.
L’auteur: Fiona Cummins est une ancienne journaliste du Daily Mirror, plusieurs fois récompensée, qui a interviewé de nombreuses célébrités, de Michael Jackson à George Clooney. Aujourd’hui journaliste indépendante, Fiona écrit pour des journaux et magazines nationaux ou pour des entreprises. Elle vit dans l’Essex avec sa famille. Le Collectionneur est son premier roman. Le livre a connu un grand succès en Angleterre, où ses droits ont été achetés pour la télévision.
Extrait:
« Généralement, il préfère attendre qu’ils soient morts avant de se mettre au travail avec son couteau. Il aime l’art de la dissection, les organes que l’ont retire délicatement, la peau que l’on pèle. Le reste, il le laisse à sa colonie. »
 

Le OFF de OPH

Le Collectionneur – Fiona Cummins

Le Collectionneur, chronique d’un roman écrit au scalpel!

Le Collectionneur pourrait être votre voisin, votre patron, votre épicier, voir même votre libraire!

Le Collectionneur est à la fois tout le monde et personne.

Le Collectionneur se fond parmi la population, invisible aux yeux des passants.

Le Collectionneur cherche ce qui est rare, et c’est des os qu’il est passionné.

Dans ce thriller psychologique, Fiona Cummins nous entraîne à la poursuite de cet homme étrange pour qui, rien ne compte plus que sa collection hors normes.

Quand il repère deux enfants présentant des déformations osseuses, il ne peut résister, ils doivent venir embellir sa collection privée. Unique, elle ne peut être exposée aux yeux de tous, mais peu lui importe, il le fait pour son plaisir mais aussi pour…. il vous faudra le découvrir vous même!

Fiona Cummins signe avec brio son premier roman. Le style est affûté, dynamique mais aussi incisif. Pas de perte de rythme et une envie irrépressible de tourner les pages.

Outre l’intrigue qui est bien construite, Fiona Cummins évoque des sujets difficiles tels que la maladie et le deuil d’un enfant. Ces deux sujets principaux sont la toile de fond de ce roman sur laquelle l’auteure a peint sa sombre histoire.

Omniprésents, les deux sujets ne peuvent laisser insensible. J’ai souffert avec les parents de ces enfants mais aussi avec les enfants eux-mêmes, ces petits être courageux qui font preuves d’une force incroyable.

Les aspects psychologiques des personnages sont particulièrement bien traités. Qu’il s’agisse de la souffrance des parents mais aussi de l’état d’esprit des enfants ou encore du culte que vous le Collectionneur aux ossement hors normes, l’auteure brosse méticuleusement chacun des portraits et nous livre un thriller puissant et passionnant.

Un petit bémol sur la fin mais qui n’a pas gâché mon plaisir.

Le Collectionneur est un roman que je ne peux que vous recommander!

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Affinités de Sarah Waters


Le livres : Affinités de Sarah Waters . Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 6 janvier 2005 cher Denoël. 25,35€ ; (521 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv :

La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C’est dans l’inquiétant climat de l’une des geôles les plus lugubres de l’ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu’incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d’apparitions, d’esprits insoumis et de passions incontrôlables…Récit de fantômes et thriller historique, Affinités nous plonge dans l’univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Wilkie Collins, l’auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu’à un dénouement final étonnant.

L’auteur :Sarah Waters est née au pays de Galles en 1966. Égérie des milieux gay, elle en est devenue, à l’instar d’Armistead Maupin, l’un des auteurs emblématiques. Après un doctorat en littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec son premier roman, Caresser le velours, paru chez Denoël. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d’outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des «vingt meilleurs jeunes romanciers anglais» établie par la revue Granta.
Extrait : « J’ai vingt-neuf ans. Dans trois mois je passerai le cap de la trentaine […] qu’adviendra-t-il de moi ? Je me dessécherai, je deviendrai cassante, décolorée – telle la feuille qu’on garde, pressée entre les pages d’un triste livre noir, jusqu’à ce que l’oubli la réclame.

Le post-it de Ge

Affinités de Sarah Waters : une lecture mémorable.

1873, Londres. Prison de Millbank. Pour tromper son ennui, c’est ce lieu inquiétant que Margaret Prior, demoiselle de la bonne société anglaise, décide de visiter régulièrement. Car à 30 ans, au grand dam de sa bourgeoise de mère, Margaret est devenu « Dame patronnesse ». Dans cette bâtisse sinistre croupissent les parias de l’ère victorienne, avorteuses, voleuses et autres criminelles, à qui elle veut apporter un peu de réconfort. Au fils de ses visites se dessinent la réalité des lieux et les condition de vie des prisonnières. Margaret discute avec ses dernières dans l’espoir de partager avec elles quelques instants d’humanité. Elle se lie plus particulièrement avec Sélina Dawes, une captive qui se pose en victime et proclame à tout va son innocence. Selina raconte à Margaret sa bien curieuse histoire et elle va bientôt l’initier au spiritisme. Margaret va être entraînée dans un univers de passions incontrôlables. Et cette amitié, qui se noue entre les deux femmes, va aboutir à une tentative d’évasion. Si elle réussit, pour la prisonnière, le résultat sera le retour à la liberté tandis que pour la dame patronnesse, la conséquence sera l’affirmation de son identité.

Extrait : Je détournai les yeux. L’amertume du premier instant commençait à faire place à de l’appréhension. Je me souvenais du rire de Selina: elle n’avait jamais souri dans les premiers temps, je l’avais trouvée toujours triste et maussade. Je me souvenais de ce qu’elle avait dit de l’impatience avec laquelle elle attendait mes visites, au dépit qu’elle éprouvait lorsque je restais loin de Millbank où le temps paraissait tellement plus long qu’ailleurs. Je me disais: m’interdire de la voir maintenant, autant vaudrait l’enfermer à perpétuité dans le cachot obscur!

Sarah Waters nous propose ici un roman épistolaire. En effet deux journaux écrits à deux année d’intervalle se répondent et chacun d’eux apporte son propre éclairage sur cette histoire envoûtante. Affinités ménage un formidable suspense réservant au lecteur une chute pour le moins déroutante.

Un merveilleux roman magnifiquement écrit. Une auteure qui m’a marquée et donc je vous recommande vivement la lecture. Suspense, atmosphères étouffées, passions défendues et trahison, aucun des ingrédients qui font l’univers de Sarah Waters ne manque dans ce roman magistralement orchestré.

Extrait : « Je suis hantée au contraire par la banalité de l’endroit; par le fait même qu’il soit là où il est, à moins d’une lieue de Chelsea et de la maison, qu’il suffise d’une petite course en fiacre pour se rendre dans cet immense et sinistre séjour des ombres où des êtres humains ont enfermé quinze cents de leurs semblables, hommes et femmes, en leur imposant un régime de silence et de soumission perpétuels. C’est dans les gestes simples de la vie que mon esprit m’y ramène – en buvant une tasse de thé pour étancher ma soif; en prenant en main un livre pour me distraire ou un châle parce que j’ai froid; en récitant à haute voix quelques vers, pour la beauté des mots et le plaisir de les entendre. J’ai accompli ces choses, comme mille fois par le passé; et j’ai pensé aux prisonniers qui ne peuvent rien faire de tout cela. »

L’Unité Alphabet – Jussi Adler-Olsen


Il y a quelques jour Ophélie nous livrait son avis sur L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen.

Aujourd’hui c’est Jean Paul qui nous fait partager son ressenti

Le voici…


Le livre : L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Paru le 29 août 2018 aux Éditions, Albin Michel. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

 

L’auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

 

Extrait :
« James commençait à synthétiser les renseignements. Quelques informations par-ci, une bribe d’anecdotes par-là et des heures de vantardise qui, ensemble, composaient l’histoire des trois simulateurs qui partageaient son quotidien.
Dieter Schmidt, le Chétif, celui qui était dans le lit le plus éloigné, parlait très bas et il n’était pas facile d’entendre ce qu’il disait. James ne savait pas s’il était d’une nature discrète ou si c’était la peur d’être découvert qui lui donnait une voix aussi tenue. Les gens changent en fonction de leur environnement. Leur morphologie peut également avoir une incidence. James avait remarqué par exemple que plus Dieter Schmidt avançait dans ses séances d’électrochocs, plus il paraissait effacé, alors que ni Kröner ni Lankau ne semblait en être affectés. Quoi qu’il en soit, leur situation actuelle ne les empêchait pas d’échanger leurs souvenirs avec jubilation. James priait pour qu’un jour une infirmière les surprenne, que c’est trois monstres soient démasqués et que son cauchemar se termine.
En attendant, il devait se méfier deux et s’assurer qu’il n’aient aucun soupçon à son égard.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 L’Unité Alphabet est le premier roman de Jussi Adler-Olsen, qui est devenu un best-seller dès sa sortie dans de nombreux pays.

Comme l’indique l’auteur à la fin de son ouvrage, “Ce livre n’est pas un roman de guerre.”

Malgré certaines longueurs au début (justifiées par le sujet du récit), ce roman est incroyable !

 C’est le récit sur une véritable amitié masculine, sur l’amour, sur la folie aussi, mais surtout, c’est le récit d’une trahison…

 Nous sommes dans l’univers des hôpitaux psychiatriques durant la seconde Guerre Mondiale.

Mais ici, ce ne sont pas des juifs qui sont traités en cobayes par des médecins allemands mais bel et bien des officiers SS !

 La première partie du roman qui se déroule en 1944 est très visuelle.

Il n’y a quasiment pas de dialogues obligeant l’auteur à utiliser une écriture détaillée et pointue.

C’est une histoire très pesante, effrayante, cruelle et terrifiante. Mais surtout, terriblement vrai. C’est avec des recherches très approfondies que Jussi nous fait revivre avec maestria les heures sombres d’une certaine forme de cette guerre que j’ignorai totalement.

Des asiles où sont parqués des officiers SS qui sont de véritables mouroirs.

Des médecins et des infirmières qui tentent bien que mal de conserver leurs blessés en vie, alors que la guerre est aux portes de l’hôpital.

 Vers la seconde moitié du livre, l’action se déroule en Angleterre, en 1972.

Mais très vite l’intrigue se retrouve de nouveau en Allemagne.

Le jeu du chat et de la souris commence alors avec de nombreux rebondissements inattendus.

L’écriture de cette partie est superbe !

Chaque chapitre se déroule avec la mise en avant d’un narrateur différent, avec son mode de pensée et ses émotions, donnant ainsi pour chaque personnage/chapitre un rendu particulièrement vivant et rythmé !

 L’Unité Alphabet, ou l’histoire du destin passionnant sous la forme d’un thriller oppressant, de deux pilotes, Bryan et James…

 

Manderley for ever de Tatiana de Rosnay


 Voilà notre week-end spéciale Femme se termine

Et c’est avec une biographie de femme écrivaine que nous bouclons celui-ci

Une biographie écrite par une autre femme auteure.

Allez place aux  Emotions de Lecture de Cécile


Le livre : Manderley for ever de Tatiana de Rosnay. Paru le 25 février 2015  chez : Albin Michel- Héloïse d’Hormesson.  22€ ; (457 p.-16 pl.) ; illustrations en noir et en couleur, cartes ; 22 x 16 cm
Réédité  le 11 mai 2016 chez Le livre de Poche. 7,70€ ;  (544 p.) ; illustrations en noir et en couleur, cartes ; 18 x 11 cm.
 
4ème de couverture :
 
« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » Ainsi commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock. En admiratrice inconditionnelle, Tatiana de Rosnay s’est lancée sur les traces de la romancière anglaise. Sans rien occulter, elle dresse le portrait d’une femme secrète dont l’œuvre reflétait les tourments.
Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’ « Elle s’appelait Sarah », Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur et ses amours secrètes. Biographie littéraire, « Manderley for ever » est surtout le roman vrai d’une femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme.
 
Bio de l’auteur :
Tatiana de Rosnay est née le 28 septembre 1961, à Neuilly-sur-Seine. Son père est français d’origine russe, sa mère, anglaise. Elle se décrit comme étant « franglaise » et a été élevée à Boston et à Paris. Elle vit en France avec sa famille. 

 Tatiana de Rosnay a publié son premier roman, L’Appartement témoin, en 1992. Depuis, elle a publié une douzaine de livres dont Elle s’appelait Sarah, vendu à neuf millions d’exemplaires dans le monde et porté à l’écran par Gilles Paquet-Brenner en 2010. Quatre de ses romans sont en cours d’adaptation, BoomerangSpiralesMoka et Le Voisin. Sa romancière préférée est Daphné du Maurier, dont elle a publié la biographie en mars 2015, Manderley For Ever, nominé pour le Goncourt de la biographie 2015 et  gagnant du Prix de la biographie d’Hossegor 2015.

 
 Extrait :
 En lieu et place de l’extrait, je préfère vous faire partager les mots de l’Auteure qui présente ses intentions et ses envies avec cette biographie de Daphné du Maurier.
« Je l’ai décrite comme si je la filmais, caméra à l’épaule, afin que mes lecteurs comprennent d’emblée qui elle était. J’ai décrypté ses livres, sa voix, son regard, sa façon de marcher, son rire. J’ai écouté ses enfants, ses petits-enfants. Autour des maisons qu’elle aimait avec passion, j’ai dressé le portrait d’une écrivaine atypique et envoûtante, méprisée des critiques parce qu’elle vendait des millions de livres. Son univers macabre et fascinant a engendré une œuvre complexe, étonnamment noire, à l’opposé de l’étiquette « eau de rose » qui lui fut si injustement attribuée.
Ce livre se lit comme un roman, mais je n’ai rien inventé. Tout y est vrai. C’est le roman d’une vie.  Tatiana de Rosnay 
 

Les Emotions  de Lecture de Cécile 

Manderley for ever de Tatiana de Rosnay

Ce livre, c’est tout d’abord cette photo noir et blanc de  la couverture ; cette belle femme au regard franc, direct, sans détour qui vous attire comme un aimant. C’est aussi « une clope au bec », expression que nous utilisions à foison et que nous tentions de reproduire également à foison, il n’y a pas si longtemps que cela, et bien que la loi et le bon sens nous hurlent de ne plus en faire un accessoire de coolitude ou de rébellion, il faut lui accorder aussi à cette image qu’elle est l’illustration parfaite de Daphné du Maurier!

 C’est un roman surtout, le roman de la vie d’une écrivaine, celle d’une femme libre qui a tout sacrifié ses enfants, son mari à l’écriture. Daphné du Maurier, c’est aussi une femme qui a aimé une autre femme avec plus de passion encore qu’on aurait plus le croire tant parfois on la soupçonne de préférer ses bâtisses dans les Cornouailles et ses livres aux êtres qui l’entourent. La plume de Tatiana de Rosnay apporte son talent pour les histoires de famille et de sentiments complexes qui nous lient à la vie de cette artiste qui n’a pas toujours eu la reconnaissance qu’elle réclamait et pour laquelle elle était travaillé sans relâche pour l’obtenir malgré le succès des ventes de ses livres.

 C’est le portrait d’une femme révoltée et parfois révoltante mais passionnée et donc passionnante au milieu d’une certaine Angleterre aristocratique engoncée dans ses idées de la femme, de la littérature, de la mère qu’elle aurait dû être ! On dévore sa vie comme parfois elle l’a pu elle-même le faire et on souffre aussi pour ceux qui n’ont pas su capter son désir.  Un roman biographique captivant !!

 

« Cinq mois à tenir. Daphné suit son mari, résignée. Mais sur le bateau qui les ramène en Egypte, alors qu’elle regarde par le hublot vers la mer, elle ne pense pas aux deux enfants qu’elle laisse derrière elle, ni à sa mère, ni à ses sœurs, elle oublie ce qui l’entoure à bord, son mari, les autres passagers, les conversations. Elle va chercher son carnet noir dans sa cabine et commence à prendre des notes »
 « Menabilly revit, le lierre est taillé, le soleil rentre enfin dans la maison, les longues pièces retrouvent leur noblesse d’antan, et Daphné vibre d’un amour déraisonnable. Est-ce mal d’aimer la pierre comme si c’était une personne ? »
 « Plus tard, dans le silence de la chambre, tandis que Fernande somnole encore. Daphné écrit devant la fenêtre, face à la mer. De temps à autre, elle se retourne pour regarder Fernande qui dort, ses cheveux noirs épars sur l’oreiller, une plantureuse dénudée par le drap froissé. Le titre de sa courte nouvelle : La Sainte Vierge. »
 
 

Indécence manifeste de David Lagercrantz


Le livre : Indécence manifeste de David Lagercrantz. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne.  Paru le 30 mars 2016 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs.  23€ ; (380 p.) ; 24 x 15 cm

4e de couv : Angleterre, 1954. La paranoïa engendrée par la guerre froide se généralise, en Europe comme ailleurs. Deux employés du bureau des Affaires étrangères, Burgess et Maclean, ont été démasqués comme étant des espions soviétiques et aux États-Unis la chasse aux sorcières de Joseph McCarthy contre les communistes et les homosexuels bat son plein. Un matin pluvieux de juin, le corps sans vie du mathématicien Alan Turing est découvert à son domicile de Wilmslow. À côté de lui, sur la table de chevet, une pomme croquée imbibée de cyanure. L’homme a été condamné à la castration chimique pour son homosexualité quelques années plus tôt, et l’explication d’un suicide semble convenir à tout le monde. Mais l’inspecteur Léonard Corell, en charge de l’enquête, s’intéresse de plus près au passé du mathématicien. Pourquoi Turing avait-il été surveillé durant des semaines avant sa mort ? Et pourquoi les services secrets cherchent-ils à cacher à tout prix le rôle mystérieux qu’il a joué durant la Seconde Guerre mondiale ?

Thriller hybride entêtant, enquête vertigineuse où la police cherche à décrypter la vie d’un homme passé maître dans l’art du codage, Indécence manifeste brasse déjà des thèmes chers à David Lagercrantz, tels que la marginalité, les mathématiques comme possible grille de lecture et de cryptage du monde, et les divers visages de l’espionnage, sur lesquels l’auteur de Millenium 4 vient récemment d’offrir une nouvelle et passionnante variation.

L’auteur : Fils du célèbre auteur et critique littéraire Olof Lagercrantz, David Lagercrantz, est né le 4 septembre 1962 à Solna en suéde. Il est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (2009) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Ont déjà paru en France : Moi, Zlatan Ibrahimovi(…) (J.-C. Lattès, 2013) et Millenium 4. Ce qui ne me tue pas (Actes Sud, 2015).

La chronique d’Ingrid

Allez hop! Je vais donc vous parler de ce drôle de polar de l’année dernière qui m’a bien interpellée…

INDÉCENCE MANIFESTE – David Lagerkrantz

Quel drôle de roman…

À ne pas savoir par où commencer. Ce titre que j’ai du mal à qualifier de polar est une énorme surprise, et des meilleures.

Polar, sans doute, puisqu’après tout il débute sur une mort « mystérieuse » et met en scène un inspecteur de police de Wilmslow qui ne se satisfait pas de l’évidence du suicide d’un mathématicien homosexuel dans les années 50. Polar historique donc, mais une nouveauté dans le genre puisqu’on pourrait également le qualifier de « polar biographique », le mathématicien mort n’étant autre que …le grand Alan Turing! Un drôle de roman de ce Suédois qui raconte comme un Russe une histoire bien anglaise…

Surprise donc, d’abord par cet éclatement des genres et des tons. Parce que si les ficelles du polar sont bien là, le traitement que lui réserve Lagercrantz est très intellectuel et transcende le genre. Amateurs de frissons et d’action s’abstenir, il s’agit d’un ouvrage hautement littéraire, polymorphe et contemplatif, qui réfléchit plus qu’il n’avance –et quelle réflexion : mathématiques, philosophie, théorie littéraire, communisme, intelligence artificielle, poésie, l’ouvrage survole paradoxes scientifiques et remises en cause morales et académiques sur fond d’espionnage et d’évolution des mœurs sociales et sexuelles post-Seconde Guerre Mondiale, sans lourdeurs mais avec finesse.

Surprise également par la qualité de l’écriture et de la narration, avec une langue ciselée, précise, et des personnages très nuancés. Deux figures majeures, le mort et le vivant, le réel et fictif, le premier qui se dessine petit à petit, fantasque, imprudent, génial, le second étonnamment humain dans sa petitesse, ses failles, sa vanité, sa faiblesse, pas de héros, pas d’antihéros non plus, tous deux tour à tour attendrissants, agaçants, pathétiques ou furieusement antipathiques. Des personnages secondaires qui ne manquent pas non plus de substance, jamais bâclés ni convenus.

Surprise enfin par la cohérence entre la forme et le fond du roman, et par les mille petits échos et clins d’œil littéraires qui le parsèment, par sa pudeur et son intelligence compte tenu de la délicatesse du contexte social et des thèmes abordés (l’Indécence Manifeste étant le terme juridique réservé dans ces années-là à l’homosexualité, qui était un délit punissable par la loi et signifiait généralement la mort sociale de son auteur), surprise oui, par cet auteur que je découvre et qui ne prend le lecteur de polar ni pour un imbécile ni pour un paresseux. La fin toutefois est à mon sens un peu « facile », et un peu expédiée après la montée en puissance et l’exigence du reste du roman. Mais elle ne gâche rien, et « boucle la boucle » si l’on a été attentif aux premières pages de cet ovni…

Bref, il y aurait beaucoup à dire de ce polar littéraire comme on aimerait en dénicher plus souvent. Lisez-le.

Bien à vous

La Veuve de Fiona Barton


Collectif polar.biblio

97822651145620-3721572Le livre :La veuve Volume 1  de Fiona Barton.Traduit de l’anglais par Séverine Quelet.  le 12 janvier 2017 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir Thriller. 19€90; (416 p.) ; 21 x 14 cm
 4e de couv :

Mari idéal ou parfait assassin ? Elle devait savoir… non ?

La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.

Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.

Jusqu’au jour où une petite fille disparaît et que les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de ce crime.

Depuis ce jour, plus rien n’a été pareil.

Jane devient la femme d’un monstre aux yeux de tous.

Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par ses amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquilité, même après un acquittement.

Mais aujourd’hui, Glen est mort. Fauché par un bus.

Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n’est jamais partie. Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin délivrer sa version de l’histoire ?

fiona-bartonL’auteur : Fiona Barton est née en Angleterre, à Cambridge, mais vit aujourd’hui dans le sud de la France. Journaliste et formatrice internationale dans les médias, elle a notamment collaboré avec les rédactions du Daily Mail, du Daily Telegraph et du Mail on Sunday où elle a d’ailleurs gagné le prix de Reporter de l’année. The Widow, son premier roman
 Extrait :
« Voyez-vous, mon mari est décédé il y a trois semaines.
Renversé par un bus devant le supermarché Sainsbury’s.
Une minute il était là, à m’agacer à propos des céréalesque j’aurais dû acheter, l’instant d’après il était mort sur la chaussée. […]
Tout le monde s’est montré très gentil, on a cherché à me dissimuler son corps ; je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j’étais heureuse qu’il soit mort.
C’en était fini de ses bêtises. »
 

 Le petit avis de la bibliothécaire : Geneviève

Jane Taylor vit paisiblement avec son mari, Glen, dans une jolie maison. Tout bascule le jour où Glen devient le suspect principal du meurtre d’une petite fille. Le couple vit une descente aux enfers. Après la mort de Glen, fauché par un bus, tout le monde attend des réponses de la part de Jane, désormais veuve.

Voici un excellent premier roman. Nous avons là  une fiction qui tient du roman d’enquête, du thriller soft et du polar psychologique.

L’auteur installe tranquillement son histoire. Elle plante le décor, campe ses personnages avec finesse.

Les critique anglo-saxon l’ont comparé à la Fille du Train ou encore aux Apparences de Gillian Flynn. J’avoue que j’adhère à ce constat.Mais… de mon coté, ce titre n’a fait penser à Prendre Lily de Marie Nauser car nous avons là un roman choral ou alterne le point de vue des 3 personnages principaux.

Un auteur à suivre immédiatement. GVL

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Seule contre la loi de de W. Wilkie Collins


Mes petites lectures
9782752907998,0-1484948Le livre : Seule contre la loi de William. Wilkie Collins. Traduit de l’anglais par Éric Chédaille. Réédité le 22 mai 2012 chez Libretto. .12€80 ; (499 p.) ; 19 x 12 cm
4e de couv : 

Que faire lorsque l’homme que vous aimez et qui vient de vous épouser se révèle porter un autre nom ? Comment réagir, bien qu’unie pour le meilleur et pour le pire, à la découverte que tout l’accuse du meurtre de sa première épouse ? Si l’amour rend aveugle, il donne également des forces insoupçonnées ! Intimement persuadée de l’innocence de son mari, Valeria va remonter l’écheveau d’une histoire bien différente de celle souhaitée par toute la bonne société mortellement sournoise…

« À Wilkie Collins revient le mérite d’avoir introduit dans l’espace romanesque les plus mystérieux des mystères : ceux qui se cachent derrière nos propres portes. »
Henry James

AVT_William-Wilkie-Collins_9580L’auteur : Né à Londres en 1824 et mort en 1889,William Wilkie Collins (1824-1889) n’est pas seulement l’auteur de somptueux romans victoriens et le père du roman policier britannique. Nouvelliste de talent, il est aussi journaliste à ses heures. Et fin observateur de ses contemporains. Inventeur du thriller contemporain, William Wilkie Collins influença jusqu’à Borges qui voyait dans ses romans la première expression de la fiction moderne. 

Extrait : 
« Le ciel, déjà couvert ce matin-là, s’est encore assombri pendant que nous étions dans l’église et une forte pluie se met à tomber. Les badauds, abrités sous une forêt de parapluies, l’air maussade, nous regardent passer entre les rangs pour nous engouffrer dans la voiture. Point d’acclamations ni de rayon de soleil, pas de fleurs lancées sur notre passage, de banquet suivi de discours chaleureux, pas de demoiselles d’honneur, pas de voeux de bonheur adressés par nos pères et mères respectifs. Un bien triste mariage – force est de le reconnaître – , doublé, si ma tante Starkweather a dit vrai, d’un mauvais départ ! »

Lecture d’avant

Lecture d’avant :

Au lendemain de ses noces avec Eustace Woodville, Valeria découvre qu’elle a épousé un homme riche en mystère. Tout d’abord, son vrai nom est Macallan. Cette révélation pique la curiosité de la jeune mariée… qui n’est pas au bout de ses surprises. Il s’avère que le nom de Macallan est entaché de scandales, l’homme ayant été soupçonné d’avoir assassiné sa première épouse. Les poursuites abandonnées faute de preuves, Eustace a tenté de se faire oublier.

Convaincue de l’innocence de son mari, l’impétueuse  décide de mener l’enquête. Contre l’avis de tous, et bientôt en opposition violente avec son entourage, elle va s’employer, dans une angoissante solitude, à lever l’un après l’autre les masques supposés protéger la bonne société victorienne. Soucieuse de dissimuler ses propres turpitudes – meurtre, chantage, extorsion -, cette dernière semble avoir fait main basse sur la Loi.

Thriller labyrinthique, âpre réflexion sur les faux-semblants, vibrant portrait d’une héroïne libre et intraitable, Seule contre la loi passe pour le premier roman policier dont le détective est une femme. A la lecture de cet opus, on comprend l’admiration sans borne que Borges et Hitchcock vouèrent au maître W. W. Collins (1824-1889), ami et rival de Dickens en son temps.

Révélé aux lecteurs de langue française en 1999 – (soit plus d’un siècle après sa parution en anglais)  Seule contre la loi montre clairement qu’il reste encore, parmi les inédits de Wilkie Collins, quelques grands livres à découvrir.

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Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet.


 

Gaelle Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 1er avril 2016 chez Fleur Sauvage. 16€80 ; (248 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv : 

Londres, 1892. Un climat de peur. Un flic qui boîte et un jeune orphelin. Tous deux face à un meurtre… … dont il ne fallait plus parler.

Jouant avec un côté «Sidekick», Soul Of London nous plonge dans une atmosphère londonienne fort bien documentée. Ce nouveau thriller se révèle être aussi distrayant qu’angoissant.

 

 

 

gaelle-perrin-guillet-6899L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir.

Extrait :
 » L’air du soir était chargé de fumée et sentait le charbon. Le vent ramenait les nuages pleins de suie en provenance des usines plus au nord sur le quartier de Marylebone, saupoudrant au passage les murs et le chaussée d’une pellicule noirâtre qui persisterait jusqu’au lendemain. L’air de Londres n’avait que faire des frontières entre quartiers. Les docks pouvaient empester jusqu’aux confins de Mayfair et empuantir aussi bien les robes de dentelles que les tenues des ouvriers, tandis que le charbon recouvrait les toits des demeures les plus luxueuses au cœur même de la City. Londres partageait ses atouts avec tout son peuple, sans discernement, sans retenue. « 

Résumé et avis :

Londres, 1892. Dans une atmosphère angoissante, un policier boiteux et un jeune orphelin affrontent un meurtrier.

Voilà le décor dans lequel nous plonge Gaëlle Perrin. Un Londres en plein changement, l’industrialisation est à son comble. L’exploitations de l’homme par l’homme est de retour. La misère sociale aussi . Et les pauvres sont rejetés vers les marges. Un Londres pluvieux, froid, il neige, sombre, sale. Les démunis dorment dans la rue. Il plane l’ombre inquiétante de Jack l’éventreur, ces crimes affreux sont dans tous les esprits. Le peuple est inquiets de l’échec de la police. Cette police qui pourtant est le meilleur du monde. La défiance vis à vis de l’institution est à son comble, elle aussi. Oui le petit peuple commence à se poser des questions, il gronde. La fracture et les inégalités sociales sont ici palpables.

Et c’est dans ce décor parfaitement réaliste que Gaëlle Perrin nous entraîne.

Elle nous convoque une histoire digne d’un Conan Doyle. Son héros n’est-il pas un fervent lecteur des aventures de son détective de choc. D’ailleurs à l’instar de Sherlock Holmes, notre policier boiteux est un adepte de la logique et des méthodes d’investigations scientifiques. Et c’est affublé de son jeune compagnons qu’il va tenter de faire sortir la vérité des deux affaires sordides qui lui sont confier.

Henry Wilkes, notre policier écloper et Billy un jeune orphelin qu’il a recueilli et sorti de la misère vont se charger de retrouver le monstre qui tue les chiens dans les rue de Londres et qui les abandonne dans les sous-sols glauque du  métropolitains. Mais tel Batman et Robin, ils viendront aussi à la rescousse d’un jeune femme, Alice Pickman, qui veut ré-ouvrir l’enquête sur la mort de sa sœur.

Et c’est avec délectation que nous allons suivre le périple et les aventures de ces trois là. D’une part parce qu’ils sont attachants, parce qu’ils sont eux aussi quelques peu mis en marges de la société. Parce qu’ils sont différents, irrévérencieux et pourtant épris de vérité.

Alors si vous aimé les enquêtes bien ficelé, que vous aimé les ambiancse à la fois gothique et romantique, les histoires classiques avec un zeste d’excentricité. Que vous adoré l’atmosphère irréelle que peut faire naître La Londres victoriennes.  Alors vous allez vraiment passer un excellent moment avec cette lecture que je vous recommande vivement !

Et personnellement, je ne sais pas pourquoi, mais je pense et surtout j’aimerai retrouver ce trio dans de prochaines aventures. C’est trois là ne nous ont pas révélé tous leur secrets…

 

La liste des sept de Mark Frost


$$$&&&$z9782749118161,0-2084040    Le livre : La liste des sept de Mark Frost. Traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac. Paru le 3 juillet 2014 chez le Cherche Midi dans la collection Néo. 22€ ; (484 p.) ; 22 x 14 cm.

$$$&&&$z9782264066411,0-3028155Rééditer en poche  le 18 février 2016 chez 10/18 dans la collection Grands Détectives. 9€10 ; (542 p.) ; 18 x 11 cm.

Imaginez Conan Doyle dans l’univers déstabilisant de Twin Peaks.
Par le cocréateur, avec David Lynch, de la série mythique.

Qui en veut à Conan Doyle ? En ce jour de Noël 1884, le jeune médecin participe, en tant que spécialiste des forces occultes, à une séance de spiritisme qui tourne mal. Il échappe de justesse à l’assassinat grâce à un mystérieux individu, Jack Sparks. De retour chez lui, Doyle retrouve son appartement incendié, sa voisine russe assassinée. Autant de faits qui dépassent l’entendement de Scotland Yard. C’est finalement Jack Sparks, à qui ces événements semblent très clairs,  » élémentaires  » même, qui va mettre Doyle sur la piste d’une conspiration qui menace le trône d’Angleterre. Leur seul indice : une liste de sept noms, les sept piliers d’une fraternité secrète aux desseins maléfiques. Mais Doyle peut-il vraiment faire confiance à Sparks, un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

 

$$$&&&téléchargement (5)L’auteur : Mark Frost est né en 1953 à New York. Il est romancier, producteur et scénariste. Publié une première fois par Plon en 1995, son premier roman, La Liste des Sept, est immédiatement devenu culte. On lui doit également Les Six Messies (Plon, 1997) et Le Second Objectif (First, 2008).

 

Citation :
« Avant de se replonger dans les élucubrations d’Elena Blavatsky, le docteur Doyle nota mentalement de nettoyer et recharger son revolver. »

Résumé et petit avis :

$$$&&&$zplon00331-1995Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme. Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. A la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !… Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable. Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle.

Le cherche midi, et 10/18 ont eu l’excellente idée de republier 20 ans après sa première parution française chez Plon, ce sympathique polar qui nous plonge dans à l’atmosphère sombre et gothique mais qui pourtant n’est pas dénué d’humour.

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Un récit haletant dans l’atmosphère fantastique du Londres victorien. Une intrigue que l’auteur, scénariste de la série Twin Peaks., émaille de nombreuses allusions à l’oeuvre et à la vie de Conan Doyle.  Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

De plus,  Les fans de Twin Peaks y retrouveront aussi l’univers déjanté et surréel de la série.

 

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Canard Mortel de Patrick MacNee et Peter Leslie


 Mes petites lectures
8eartchapeaumelon2Le livre : Canard Mortel de Patrick MacNee et Peter Leslie . Traduit par Martin Winckler. Paru en 1996 chez Huitième Art dans la collection Huitième Art Fiction : Chapeau Melon et botte de cuir ; 2); 179 pages

4e de couv :

Lorsque John Steed et madame Peel assistent, dans un restaurant quatre étoiles, à la mort brutale de l’un de leurs voisins de table, ils se trouvent entraînés dans un étrange puzzle : pourquoi plusieurs personnes tombent-elles raides mortes après avoir consommé du canard ? Et quels liens existent-ils entre les victimes : un médecin, un garde-chasse et un peintre? Leur enquête leur fera découvrir un ténébreux complot qui se trame dans la région désolée des marais de l’East Anglia.

Les auteurs

Patrick Macnee, né le 6 février 1922 à Paddington, Londres (Angleterre), et mort le 25 juin 2015 à Rancho Mirage(Californie, États-Unis), est un acteur britanno-américain.

Principalement connu pour son rôle de John Steed dans la série télévisée britannique Chapeau melon et bottes de cuir(The Avengers), qui lui a apporté la notoriété, il est aussi apparu dans d’autres séries à succès comme Columbo, Magnum,Battlestar Galactica, Pour l’amour du risque ou Frasier.

Il apparaît également au cinéma dans le film d’horreur Hurlements, de Joe Dante, dans Dangereusement vôtre au côté de Roger Moore ou dans le faux-documentaire culte Spinal Tap.

Peter Leslie, né en 1922 comme Patrick Macnee, a écrit d’autres romans adaptés des séries Des agents très spéciaux et Les envahisseurs entre autres. Il fut journaliste et écrivit pour le journal anglais de musique The Melody Maker dans les années 50, essentiellement sur le jazz. Dans les années 60, il déménagea en France pour commencer une carrière de romancier et il co-écrivit  alors deux adaptations d’ Advengers .

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

Après avoir aimé me replonger dans l’univers de The Advengers avec l’article de la mort, le premier titre écrit par Patrick McNee lui même, je n’ai pas résister au second de ces livres.

Mon petit billet sur l’article de la mort ICI

CMC’est ainsi que je me suis jetée sur Canard mortel. J’avais remarqué que ce titre avait été écrit en 1966, l’année de ma naissance. Cette même année qui a vu arriver d’Emma Peel dans la 4e saison de Chapeau melon et bottes de cuir. Grande année donc ! (hihi)

Alors je suis allée déjeuner, moi aussi,  avec nos deux héros dans cette auberge luxueuse de la campagne anglaise. J’y est rencontré quelques notables du coin. Je n’ai pas pris de canard ce midi là. Bien m’en a pris.

En effet, tous les mangeurs de duck ont piqué du nez dans leur assiette et se sont retrouvés raide mort.

Et toute ces morts étranges n’ont pas manqué d’intriguer notre duo d’enquêteur. Alors…J’ai suivi leur péripétie lors de leur enquête.

Et quand ils ont compris que le canard servi avait été tué par un braconnier dans les marais de l’East Anglia. Ils se lancent sur sa piste avant de le retrouver mort lui aussi et de comprendre que les morts suspectes s’enchaînent depuis quelques temps dans la région.

Ici, on retrouve tout l’esprit de la série : Riche oisif qui cherche à déstabiliser la couronne, pièges et farces en tous genres, bons mots, dialogues loufoques. Bref tout ce qui fait le charme so british de Chapeau melon et bottes de cuir.

C’est incongru, burlesque et décalé à souhait.

J’ai beaucoup aimé à n’en pas douter. Et puis ces 179 pages se dévorent comme un bonbon acidulé anglais, of course !