Jeudi Noir – Michaël Mention


Jeudi noirLe livre : Jeudi Noir de Michaël Mention. Paru le 5 novembre 2014 aux Éditions J’ai Lu. 5,95€ ; 192 p. ; 10,9 x 17,8 cm

4ème de couverture :

France-R.F.A 82 : un match, une victime, une vengeance.

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.

L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession: gagner sa place en finale.

Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. mais le pire s’invite: les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

 

 

michael-mentionL’auteur : Michaël Mention, né le 13 novembre 1979 à Marseille. Après avoir dessiné des BD dans son adolescence, il publie son premier roman en 2008.

  • Grand Prix du roman noir français en 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune2 (Sale temps pour le pays)
  • Prix du polar lycéen d’Aubusson en 2014 (Sale temps pour le pays).
  • Prix Transfuge Meilleur Espoir Polar 2015 (… Et justice pour tous)

 

Extrait :
« C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Joeuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. «Drôle de sportif», c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

20_Michaël Mention - Jeudi noir

Bonjour à toutes et à tous…

 J’avais 15 ans lors de ce match épique.

Je m’en souviens encore très bien.

Mon père et ses amis étaient tous fous de rage suite à l’orientation violente que le match prenait.

A l’époque je n’avais retenu que ça, la violence, le choc incroyable entre le gardien allemand Schumacher et le français, Patrick Battiston.

Ce match a été un déclic pour moi.

Depuis je n’en ai vu que très peu, et uniquement lorsque j’étais accompagné d’amis qui venaient à la maison.

Le foot était devenu uniquement une excuse pour se réunir entre nous… J’avais vu de quoi certains joueurs étaient capable… pour gagner !

 L’écriture et l’évolution de ce roman est vraiment superbe !

90 minutes de match, de prolongations, de tirs au but…

Je ne connaissais pas encore l’écriture de Michaël, mais c’est une vraie belle découverte. La musique est omniprésente durant tout le récit et pas n’importe laquelle, en plus d’une volonté de l’intégrer à l’histoire !

 Attention ce n’est pas un Polar. C’est un vrai roman noir, psychologique et très prenant. Le personnage principal, un joueur de l’équipe de France (qui n’est jamais nommé), passe par toutes les étapes, physiques et psychologiques, mais c’est surtout la psychologie du roman qui m’a porté. Il nous fait vivre cette rencontre historique minute par minute comme si nous étions sur le terrain. Comment ce match est devenu dans sa tête, un règlement de compte, car finalement les français n’ont jamais vraiment pardonnés aux “nazis”, puis il glisse vers la haine raciale envers les joueurs de son équipe, jusqu’au désespoir du coup de sifflet final.

L’ambiance de cette demi-finale est si bien décrite, si bien détaillée que j’y étais vraiment !

 Bien sûr, j’ai eut forcément envie de revoir certains extraits du match après ma lecture, tout était exactement comme dans mes souvenirs…

 https://www.youtube.com/watch?v=wyVqz2tU43w

 

Merci Michaël, merci pour cette “retransmission” qui plaira forcément aux fans de foot, mais aussi à tous lecteurs un peu curieux.

Car pour ce match, grâce à ce roman, je pourrai vraiment dire : “J’y étais !!!”

Helena – Jérémy Fel


Attention « Double Chronique »

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses on décidait de nous proposer chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’était,

Ophélie qui nous soumettait son Off de Oph

 Ce soir c’est

Maud qui nous parle de sa lecture

Allez c’est parti pour un second avis!


Le livre: Helena de Jérémy Fel. Paru le 22 août 2018 chez Rivages. 23 euros; 733 pages; 20,5 x 2,7 x 14 cm.

 

4ème de couverture:
Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena… Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.

L’auteur: Jérémy Fel fut libraire pendant quelques temps, spécialisé dans les littératures de l’imaginaire, avant de décider de se consacrer à l’écriture. C’est après ses études de lettres et de philosophie au Havre, puis quelques scénarios de courts métrages, qu’il s’est orienté vers l’écriture de nouvelles.Les loups à leur porte (2015), son premier roman, est un grand puzzle feuilletonesque à l’atmosphère énigmatique et troublante.
En 2018, il publie Helena« , un des titres phares de la rentrée littéraire chez Rivages.

 

Extraits :
« Le petit garçon obéit et s’assit sur le lit. Il était tout nu, sa bouche pleine du goût des bonbons à la fraise que son papa lui avait donnés avant de rentrer dans la maison aux belles fleurs mauves, son papa qui, à présent, se tenait dans le fond de la pièce, derrière la grosse caméra. Tout était flou autour de lui, il se sentait si fatigué. Le monsieur aux cheveux gris s’approcha alors du lit, nu lui aussi, tenant à la main un objet long et humide qui brillait sous la lampe accrochée au plafond. (…).
Pour à nouveau l’attacher, le mordre, s’insinuer en lui pour ne laisser ensuite que la douleur. »

Les Lectures de Maud :


Le destin de deux familles, en apparence sans lien, va être bouleversé suite à une rencontre fortuite. Rien ne les prédestinait à ce que leurs chemins se croisent et pourtant leurs vies va basculer dans l’horreur.

Norma, une mère de famille qui est prête à toi pour protéger ses enfants m’a de suite été antipathique. Cette volonté ou déni qu’elle a de masquer la vérité et ne pas la regarder en face m’a été insupportable.

Hayley, jeune fille des quartiers riches qui va vivre un drame qui la marquera à jamais, et sera à l’origine de toute la descente aux enfers qui va suivre.

L’auteur a encore réussi une splendeur avec ce livre, réunir des personnages qui n’ont rien en commun mais que le destin décide de se faire rencontrer. Les actes de chacun auront forcément des conséquences sur les autres ; c’est le début d’un cercle infernal et sans fin. L’enchaînement d’évènements imbriqués les uns dans les autres, nous montre la noirceur de chacun d’eux. Leur volonté de se venger va prendre le pas sur leur quotidien jusqu’à en faire partie intégrante. Une plume toujours aussi noire et pourtant si addictive ; le lecteur ne ressort pas indemne de cette lecture. L’alternance des rêves (ou cauchemars) et la réalité, chaque chapitre dédié à un personnage ; donne du rythme et du suspense à cette lecture.

Ayant lu Les Loups à leurs portes récemment, je dirai que j’aurais une préférence pour le premier livre (la vie des personnages) ; mais les deux sont de véritables cocktails d’émotions et de noirceur.

Je remercie Bepolar pour cette découverte et leur confiance

Tags : Etats-Unis, violence, manipulation psychologique, thriller, séquestration

Elijah de Noël Boudou


Le livre : Elijah de Noël Boudou. Paru le 27 février 2017 chez Flamant Noir Editions. 19€50 ; (275 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras.

Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres :

Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.

Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ?

C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.
Je suis devenu un monstre. Comme eux.

Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

L’auteur : Noël Boudou-Pergay est né à : Toulouse , le 28 novembre 1974 est nouvelliste et romancier.
Il a travaillé pendant quinze ans au CHU de Limoges. Il travaille aujourd’hui à domicile avec des personnes âgées ou handicapées.
« Elijah », son premier thriller, a été publié en 2017.
Père d’une petite fille, il est également musicien et chanteur.

 

Extrait :
Il y a exactement dix ans, j’avais attendu que mon père soit une fois de plus ivre mort, comme il l’était pratiquement chaque soir. J’avais patienté jusqu’à ce qu’il me tape, me crache dessus, m’insulte un peu, puis me fouette avec la boucle de son gros ceinturon de cuir afin d’être sûr de me faire véritablement mal. Et j’avais fait semblant de crier, de souffrir, de gémir, de le supplier, pendant qu’il finissait de se torcher à coups de longues gorgées de whisky, en renversant la moitié sur sa chemise à carreaux noirs et bleus.
Une fois la bouteille vidée, il me l’avait balancée en pleine poitrine de toutes ses forces. J’avais fait semblant de geindre et de m’écrouler dans l’escalier qui descendait à la cave, puis j’avais rampé jusqu’au meuble au fond de la pièce, sous lequel j’avais caché le couteau à viande aiguisé comme un rasoir. Ensuite, je m’étais allongé en bas des marches en pleurnichant assez fort pour qu’il m’entende. Je savais qu’il en avait horreur.

Le Off de Oph

Elijah de Noël Boudou   chez Flamant Noir Editions.

Avant de vous livrer mon ressenti, qui je précise a été très difficile à rédiger, je tiens à remercier Noël Böudoü et notre goût commun pour Disturbed dont je vous conseille d’écouter le dernier album. Il a accompagné ma lecture mais aussi la rédaction de cette chronique et il se marie particulièrement bien avec ce roman.

Elijah: Chronique d’un chambouleversement!

Elijah, tu es un enfant pas comme les autres. Ta mère est morte sous les coups de ton père. Ton père est mort égorgé par ton frère. On peut dire que tu es né dans le sang, dans tous les sens du terme.
Tu es devenu « le soleil » de ton frère, son unique raison de vivre au point qu’il s’est déshumanisé pour toi:
« Elle m’a demandé quel était mon prénom, alors je lui ai répondu que j’avais eu un prénom, autrefois, mais que je ne m’en servais plus. Qu’elle n’avait qu’à m’appeler « le frère d’Elijah ». »
Tu es devenu son univers. Ce frère qui ,rituellement, t’embrasse
« sur le front. Toujours.
Sur le bout du nez. Toujours.
Sur le menton. Toujours. »
Ce frère qui, quand tu as été enlevé, est devenu fou.

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant… Lui qui a voué sa vie à son jeune frère est devenu ce que son père a fait de lui.

Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.
Les apartés dans la tête d’Elijah apportent une touche supplémentaire d’émotions et permettent de montrer à quel point l’amour entre les deux frères est au-delà de tout.
Les personnages sont poignants et bouleversants dans ce qu’ils ont de beau et monstrueux, écœurants dans ce qu’ils ont de perversion et de violences.
La fin du roman m’a emmené dans les tréfonds de mes émotions et je n’ai pu retenir mes larmes, la douleur me vrillant les tripes.

« Elijah » fait parti de ces romans inclassables qui mériteraient d’être distribués plus largement et d’avoir plus de visibilité tant par la qualité de la plume de son auteur, que par son histoire bouleversante.

Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Elijah, ton frère et toi allez m’accompagner longtemps. En rédigeant ces lignes, mes larmes coulent encore. Vous avez marqué ma vie de lectrice de votre empreinte.

Manuel pratique de la haine de Ferréz


Le livre : Manuel pratique de la haine de Ferréz. Traduit du brésilien par Paula Anacaona. Paru le 15 septembre 2009 chez Anacaona Éditions.19€;  (249 p.) ; illustrations en noir et blanc de ; 21 x 15 cm

4e de couv :

Manuel pratique de la haine

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lúcio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait.

Sans perspective de futur, tombés dans l’engrenage cruel de la haine, poussés par une faim ultime, ils tuent, aiment ou meurent dans des proportions démesurées.

La violence, hors de contrôle, explose et s’impose dans cette oeuvre brute.

Écrit par une des voix marginales les plus prometteuses de la fiction urbaine brésilienne contemporaine, le Manuel Pratique de la Haine, roman original, marginal et vertigineux, révèle sans fard la brutalité des favelas de São Paulo.

L’auteur : Ferréz, terroriste littéraire. Fils d’un chauffeur de taxi et d’une domestique, l’écrivain Ferréz, leader communautaire de la favela Capão Redondo à São Paulo confie que la littérature a été pour lui une planche de salut. Pendant sa jeunesse, il enchaîne les petits boulots sans jamais se séparer des livres, même s’il devait parfois perdre des heures dans les transports en commun pour aller à la bibliothèque la plus proche.

En 1997, il auto-édite son premier livre et c’est en 2000 que le roman Capão Pecado – jeu de mots autour de son quartier, Capão Redondo, qui devient le « Capão du péché » – le révèle au grand public. C’est l’explosion, le livre est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires [à ce jour, plus de 100 000 exemplaires vendus]. En 2003, le Manuel pratique de la haine l’installe définitivement parmi les écrivains contemporains brésiliens importants.

Ferréz a créé un nouveau type de littérature, la littérature marginale – faite par les exclus pour les exclus, ceux qui sont en marge du pouvoir central. Entre les nouvelles, les romans, les livres pour enfants, les pièces de théâtre et scripts pour la télé, les bandes-dessinées et les textes de rap, Ferréz fait entendre sous toutes les formes la voix des habitants des grandes périphéries urbaines au Brésil.

Contrairement à de nombreuses célébrités originaires de la favela, Ferrez a décidé, par militantisme, de continuer à y habiter.

Ses romans décrivent le quotidien violent de son quartier. Se basant sur des faits et des personnages réels de sa favela, s’imprégnant des thèmes qu’il combat et avec lesquels il cohabite, Ferréz réfléchit dans son œuvre sur le racisme, la pauvreté, la violence et la solitude de l’homme dans la société de consommation.

Ce qui caractérise le style de Ferrez, c’est son travail impressionnant sur la langue, les mots, les sonorités. En cela, il a donc toujours été proche du mouvement culturel hip hop.

Pour lui, vivre à São Paulo, c’est survivre.

 

Citation :
Il en conclut que la vie est un entonnoir et que seuls passent ceux qui s’adaptent à chaque nouvelle situation

Le post-it de Ge

9782918799009,0-1255528

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lucio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait…

Plongée vertigineuse dans le monde du crime de São Paulo

Ce roman est dur, voire brutal, et présente une galerie de personnages hauts en couleur et tous plus ravagés les uns que les autres.

L’auteur propose un regard sans concession sur la société brésilienne d’aujourd’hui. Le Brésil, un pays où la misère est omniprésente et la violence quotidienne.

Ce livre est loin de la carte postal du Brésil, il nous donne à voire l’envers du décor.

L’écriture de l’auteur et le langage des personnages est celui du ghetto, celui des favelas.

Et dans ces ghetto le seul manuel possible est celui de la survie, nous prévient l’auteur

Un texte âpre, déroutant voire dérangeant.

A découvrir sans attendre

 

Extrait : 
Après tout il s’est toujours dit que le pire n’est pas de ne pas avoir, mais plutôt de savoir qu’on n’aura jamais, plusieurs voitures, certaines avec des autocollants Droit, Odontologie et le nom de l’université en dessous, Régis se sentait tel un héros, il avait compris les règles du capitalisme, amasser du capital à n’importe quel prix, après tout les exemples autour de lui l’inspiraient encore plus, ces ennemis qui se serraient dans les bras au nom de l’argent au Conseil Municipal et à l’Assemblée Législative, ces ennemis qui se serraient dans les bras dans l’émission du dimanche pour célébrer les ventes d’un nouveau CD, les exemples étaient clairs et visibles, il fallait vraiment le vouloir pour ne pas les voir.

Camping Sauvage de Antoine Blocier


camping polarLe livre : Camping Sauvage de Antoine Blocier. Paru le 1er juillet 2015 Les éditions du Horsain (391 pages) ; 21 x 13 cm.

4ème de couverture :

Des victimes sans défense, sans adresse, sans famille, sans attache… Autant dire des cibles rêvées pour un serial killer cruel et cynique… Un tueur énigmatique trucide les SDF qui campent sur le quai du canal Saint-Martin, reproduisant des rites barbares relatés par le professeur Samuel Goldberg dans son traité d’anthropologie. Etrange professeur que son destin a mené vers l’anonymat et la clochardisation. Talula, naufragée volontaire du quai de Valmy, se lance sur la piste du meurtrier avec l’aide du Minotaure, un ancien flic de choc reconverti dans le privé. Sur fond de recherches anthropologiques, s’entrechoquent passé et présent, ascendants et fratrie dans un tourbillon de violence et de haine.

Antoine BlocierL’auteur : Autodidacte dans tous les domaines, Antoine Blocier a dû entamer des études à l’âge de 30 ans. Il est, depuis, titulaire de deux diplômes d’Etat dans les domaines de l’Animation socioculturelle et du Développement… Sans compter son Brevet de pilote de vol libre, qui lui permet de prendre de la hauteur sur les noirceurs et les mesquineries du monde.
Militant politique et élu municipal, il traque les dysfonctionnements de la société. Le quotidien et l’actualité ne sont jamais bien loin de son travail d’auteur, que ce soit dans les romans, dans ses nouvelles ou ses pamphlets… 

 

 

 

 

 

Extrait :
« Même chez les exclus, il faut organiser la ségrégation au cas où l’idée les prendrait de mettre bout à bout leurs souffrances individuelles pour en décoder le sens profond et leur trouver une raison commune : l’exploitation la plus éhontée de l’homme par l’homo économucis ! Malgré les protestations véhémentes des véritables associations caritatives et des pouvoirs publics, des groupes de tordus tentent d’instaurer des distributions de soupes réservées uniquement aux personnes blanches chrétiennes et d’origine européenne. La recette est simpliste en diable : imposer un potage à base de viande de porc, dont les musulmans et les juifs sont de ce fait, interdits. Agiter la soupe sous le nez de ceux qui ont faim mais ne peuvent en manger est d’une rare cruauté. La haine est parfois facétieuse »

 

Note de flingueuse

 J’ai rencontré Antoine au salon de Neuilly Plaisance et ai découvert qu’il fut le créateur à Roissy-en-Brie du festival du Polar d’une durée de deux semaines, ville où son roman pour la jeunesse se situe.

Il m‘a invité à découvrir son univers par le biais d’une lecture musicale à Nangis ou j’ai pu voir son spectacle POLAR BLUES où il met en scène et interprète ses textes accompagné de musiciens. Cette année il a un autre projet Nöel Blues avec des jeunes (atelier d’écriture pour son nouveau spectacle…) à suivre.

 

Antoine salon 

 

Chronique d’une flingueuse,

l’avis de Sylvie K

 

L’histoire débute par un fait qui s’est déroulé dans la jungle amazonienne 10 ans auparavant et continue avec l’épopée d’une jeune SDF Talula et son chien. On est de suite plongé dans son quotidien et l’on sait pourquoi elle est devenue une habitante des tentes cosmopolites du Canal Saint Martin. Elle a pour voisin Samuel qui distribue des prospectus pour garder un pied dans le monde du travail et se procurer quelques euros.

Elle retrouve son chien éviscéré et presque en même temps elle et Samuel sont violemment agressés par cinq individus dont un au regard mauvais que Talula a croisé. Samuel son ami juif tombe dans le coma mais a pu lui remettre une enveloppe avec une clé. Dans l’enveloppe, la photo d’un jeune homme Aaron. Alors elle découvre qui est Samuel ; un professeur mais pas n’importe lequel un anthropologue de renom. Elle rencontre un ancien flic Berling peut être l’aidera t-il à retrouver ce jeune homme. Dans le même temps les violences continuent le voisin de Talula est retrouvé à moitié mort, scalpé torturé et avec autour du cou un message pour Talula. Commence alors pour Talula une partie de cache-cache pour comprendre et sortir de ce chaos.

L’auteur nous propose une incursion dans le monde des sdf, exclus qui sont des proies faciles dont personne n’est censé se soucier.  

Des paragraphes courts avec des mots et textes percutants, de la violence qui s’intensifie au fil des pages rythment ce polar.

L’auteur a pris le risque de ne pas ménager son lecteur (même son jeune héros y est malmené) c’est un polar qui nous fait ressentir la cruauté du monde à l’égard des oubliés et laissés pour compte mais l’écriture, les mots choisis et l’intrigue font de ce roman une histoire qu’on ne lâche pas. Une bien belle découverte et un auteur à suivre.

Pottsville 1280 habitants – Jim Thompson


Le livre : Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias. Paru le 13 avril 2016 aux éditions Rivages. 8,00 euros ; 270 pages ; 11 x 17 cm.

 4ème de couverture :

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

 

 

L’auteur : Jim Tompson est un écrivain américain, né en 1906 et mort en 1977. Il a écrit 29 romans. Il est considéré aujourd’hui comme une des plus grands écrivains de romans policier, alors que de son vivant il n’était que très peu reconnu. De nombreuse adaptations au cinéma ont été faites de ses livres.

 

Extrait :
-Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t’échapper à un moment gênant.
– Ouais, t’as raison bon sang ! C’est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m’améliorer, bordel de Dieu !
– Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.

 

L’arrêt sur image de Marc …

Pottsville 1280 habitants

Le titre original est « Pop1280 ». Il est sorti pour la première fois en France, sous le titre mystérieux de « 1275 âmes ». Pourquoi ôter 5 habitants à l’édition française ? Le mystère demeure. J’ai bien lu quelques explications, mais aucune ne m’a convaincu du bien-fondé de ce titre. De plus une partie non négligeable des dialogues a été purement et simplement supprimée. Alors quel bonheur quand j’ai su que le livre était réédité avec une traduction intégrale, et en plus avec un titre cohérent.

Pottsville 1280 habitants c’est l’histoire de Nick, le sheriff de cette ville. Sa philosophie, c’est de se tenir loin des ennuis, de ne contredire personne. Précepte qu’il applique aussi bien dans sa ville, qu’à la maison avec l’acariâtre Myra qui lui sert de femme. Cela arrange un peu tout le monde d’avoir quelqu’un comme Nick à ce poste. Les magouilles peuvent continuer tranquillement. Rares sont ceux qui le respecte, nombreux sont ceux qui le prennent pour un nigaud. Mais cet homme masque un coté machiavélique, sans scrupule, et un parfait calculateur. Personne ne va sentir le vent tourner, et ils vont tous payer d’avoir voulu jouer au plus fin avec lui. Ce roman est au sommet du noir, il côtoie les meilleurs du genre. L’humour y tient une grande place, mais c’est le cynisme glaçant qui est le plus marquant.

C’est truculent, je me suis même surpris à un moment de ma lecture à dire à voix haute : « Il est immense ce type… ».

Venez découvrir Jim Thompson avec ce roman, et vous aurez envie de lire d’autres choses de lui à ne pas en douter.

 

Le petit plus de Collectif Polar

 

En 1981 Bertrand Tavernier réalise Coup de torchon,  avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stephane Audran.
Le scénario de Jean Aurenche et Tavernier est tiré du roman de Jim Thompson . Il déplace l’action dans l’Afrique coloniale à la veille de la Seconde Guerre mondial

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»

 L’Instinct des Innocents de Mélanie Taquet


Le livre : L’Instinct des Innocents de Mélanie Taquet. Paru le 2 Mai 2016, Edition Librinova. 10€90 ; (60 pages) ; 14 x 21.5 cm.


4ème de couverture :

Cinq histoires courtes, cinq chemins de vie. Leila, Adèle, Ben, Magalie et Madame Ronchin : un voyage dans la psyché et les souvenirs, une immersion dans l’amour, les blessures et la violence. Un périple plein d’humanité qui ne vous laissera pas indemne.  Découvrez notamment « L’ultime voyage de la Rose », nouvelle finaliste du concours des éditions Epoints et Librinova 2016 « Des nouvelles pour voyager ».

 

 

L’auteur : Mélanie Taquet réside à Londres où elle divise son temps entre son travail d’éducatrice Montessori et sa passion pour l’écriture et les voyages.
Finaliste du Concours des Éditions Epoints et Librinova « Des nouvelles pour voyager », elle a aussi été finaliste du Prix Rimbaud 2008 de la Maison de la Poésie.
Elle est auteure d’un recueil de nouvelles, L’instinct des innocents publié en 2016.
En Juin 2017 Mélanie Taquet auto-publie son premier roman, Une vita pas si dolce, qui rencontre un franc succès auprès des lecteurs avec plus de 4500 exemplaires écoulés en quatre mois.
Repéré par la maison d’édition Eyrolles, le texte fait peau neuve et ressort en février 2018 sous le titre Reste aussi longtemps que tu voudras.

 

Extraits :
« Je l’ai encore croisée ce matin. J’ai changé de trottoir dès que j’ai reconnu sa démarche éthérée, mais ça n’a pas suffi. Sa longue jupe flottait derrière elle comme un petit nuage blanc, je trouvais ça tellement joli que j’ai eu du mal à détacher le regard. »

Les Lectures de Maud :

Mélanie Taquet L’instinct des Innocents


Un recueil composé de 5 nouvelles noires. Des personnes de la vie quotidienne vont se retrouver confronter à des situations de deuil, de violence, de culpabilité. Des sensations pas toujours faciles à exprimer.

La fille du RER B est celle qui m’a le plus marquée avec les entrailles assassines. Ces deux atmosphères très bien retranscrites par la plume de l’auteur à la fois incisive et pudique. Le malheur et la souffrance sont omniprésents pendant cette lecture et pourtant, l’on peut parfois entrevoir se profiler quelques nuances d’espoir.

Cette lecture vous bouscule, vous bouleverse, vous touche, vous prend aux tripes, elle est dure et magnifique à la fois.

Je remercie l’auteur pour sa gentillesse et sa disponibilité, une très chouette rencontre !!

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4


La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4

La violence dans le monde du polar et du roman noir : le clap de fin.

Un livre, des interrogations, une idée d’interview qui germe, des auteur(e)s plus que partant, des flingueuses, une Cheffe, une belle expérience avec de belles rencontres.

Vous l’aurez compris la violence, comme bien d’autres choses, n’est pas une science exacte. Elle est soumise au vécu, aux fréquentations, à la sensibilité. Elle peut avoir différentes formes et différents degrés dans son acceptation comme dans sa « réalisation ». Elle peut toucher tout un chacun, malheureusement. « Elle se cache dans tout la violence, et elle n’est pas réservée  à quelques « gens violents » », nous dit Niko.

L’auteur va distiller la violence dans ses romans comme il l’a ressent, l’a vécut, dans ce qu’il se sent capable d’écrire ou non. Barbara souligne « N’oublions pas que si le lecteur subit la violence décrite dans le livre, nous nous la maîtrisons en fonction de notre sensibilité. Je sais, par exemple, que je ne mettrai jamais en scène un pédophile ou un serial killer. J’en serais incapable. ».

Techniquement la violence psychologique est plus « facile » notamment pour nos auteures. Pour la violence physique « il me faut connaître les conséquences des actes. Pour faire vivre la scène il faut la visualiser. Pour embarquer le lecteur il faut être crédible » précise Corinne. Ajoutant « Au-delà de ces données, il faut surtout et avant tout respecter les VRAIS victimes ».

« Il y a mille violences, et il y a autant de façons de les raconter qu’il y a de romanciers » concluront-nous avec Jacques.

Nous sommes ravies d’avoir partagé cette interview particulière avec nos auteurs. Un très grand MERCI à Corinne Martel, Barbara Abel, Niko Tackian et Jacques Saussey pour le temps que vous nous avez gentiment et généreusement accordé.

Merci à Danièle d’avoir bien voulu me suivre sur cette idée. Merci pour son travail titanesque de retranscription des différentes discussions.

Merci à Geneviève d’avoir dit « oui, je vous suis les filles ».

Et merci à vous lecteurs-lectrices d’avoir suivi cette interview hors-normes.

Miss Aline

Vous pouvez retrouvez les 3 premiers épisodes de cette enquête ci-dessous :

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 1

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode  2

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 3

L’affaire Rose Keller – Ludovic Miserole.


Après Ophélie ce matin c’est au tout de clémence de nous révéler son avis sur sa lecture  de L’affaire Rose Keller

Voici donc la seconde partie de…

La double Chronique

Le livre : L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole. Paru le 13 septembre 2018 aux éditions French Pulp. 18€ ; (410 p.) ; 14,2 x 21,1 cm.
4ème de couverture :
Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
L’auteur : Après le succès de son premier ouvrage Rosalie Lamorlière, dernière servante de Marie-Antoinette, Ludovic Miserole nous invite à nouveau à rencontrer un personnage méconnu de notre histoire.
Avec un talent indéniable, il combine la vérité historique, puisée minutieusement dans les sources, et l’invention, autrement dit, il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Derrière le portrait de Zamor se dessine, en filigrane, celui des héros – les grands, que nous connaissons, comme les anonymes, les « humbles » qui ont œuvré dans l’ombre – d’une France révolutionnaire et post-révolutionnaire.
L’extrait :
« Il était revenu comme il le lui avait dit. Environ une heure après l’avoir laissée dans cette chambre des Halles avec des questions, des doutes et cette peur qui peu à peu l’avait envahie durant ces longues et interminables minutes. Une première torture mentale avant bien d’autres qui ne manqueraient pas de survenir. Avant aussi toutes ces tortures physiques dont elle serait victime. Mais cela, elle ne le savait pas encore.
Avec un sourire carnassier, il l’avait fait monter dans un fiacre dont il avait très vite monté les petits volets de bois pour en occulter les glaces. La peur, elle, n’avait que décuplé. La voiture s’ébranla dans un noir d’encre. Pas un mot n’avait été échangé durant le trajet à l’exception d’une fois, environ à mi parcours.
– Savez-vous où je vous mène ?
– Comment le saurais je ? Vous ne m’avez point dit et je n’y vois goutte, lui avait elle répondu avec un certain aplomb.
Il n’avait pas daigné répondre. Le silence était lourd. Une arme facile, à la portée de tous et qui, bien gérée comme elle l’était par cet homme, pouvait faire bien des ravages. Et en effet, Rose se liquéfiait. Lui, n’ayant que peu de considération pour sa compagne de voyage, fit mine de dormir. »

L’avis de Clémence, de la page Les lectures de Clémence :

L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole.

Première plongée pour moi dans l’univers de l’auteur. Je ne suis pas une adepte des romans avec un fond historique car j’ai tendance à m’ennuyer. Mais là l’auteur m’a fait changer d’avis…

L’auteur a su me captiver en m’emmenant avec lui dans une époque bien lointaine où il m’a fait vivre aux côtés de personnages bien particuliers.

Je vous avoue que ces personnages ayant existé m’avaient jusque là peu intéressés , et quelle grossière erreur !

Ce livre vous emmènera dans les tréfonds de l’être humain. Obscurité, cris, pleurs, souffrances morales et physiques seront vos compagnons de lecture.

Vous ferez connaissance avec Rose et son tortionnaire, le légendaire Marquis de Sade. On essaye alors de trouver des circonstances pour comprendre cet homme pour qui le plaisir est la douleur des autres… mais en vain.

Il vous fera aller au-delà des quelques pages sombres du livre pour tenter d’y trouver la lumière…J’ai adoré visiter cette époque où la guerre des classes faisait rage où la richesse ne devait en aucun cas se mélanger à la pauvreté…

Alors si comme moi , le personnage du Marquis de Sade vous intrigue, n’hésitez pas foncez chez votre libraire ! Tous ces petits secrets seront dévoilés au grand jour.

Je ne regrette absolument pas d’avoir osé changer de style de lecture et de m’être tournée vers la fiction historique. Ce premier volet signé le commencement d’une trilogie que je suivrai avec beaucoup de plaisir .

Je remercie Kim des éditions French Pulp pour sa confiance, encore et toujours…