L’Arménien de Carl Pineau


Salut les polardeux,

Aujourd’hui c’est regard croisé

Aujourd’hui c’est deux flingueuse qui ont lu le livre en même temps

Aussi …Aujourd’hui je vous propose deux avis sur un même bouquin

Alors ce matin vous aurez celui d’Ophélie et ce soir celaui de Miss Aline

Bonne lecture à vous !


Le livre: L’Arménien, Nuits Nantaises de Carl Pineau. Paru le 12/06/17 aux éditions Librinova.  16€90 ; 311 pages. existe en e-book.

4ème de couverture:

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné.Assassiné.Mais par qui?
Et qui était vraiment l’ Arménien?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Brandt?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans?
Rien de tout cela, bien plus encore?
De la place Graslin au Chäteau des Ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

L’ auteur: Né en 1966 à Nantes, Carl Pineau commence très tôt à fréquenter la vie nocturne de la ville. Il est embauché très tôt par une discothèque pour y animer des soirées. Les lieux cultes nantais deviennent son univers jusqu’à l’âge de 21 ans où il quitte le monde de la nuit pour reprendre ses études.
Si Nantes est sa ville de coeur, en 2009 il quitte la France pour s’établir au Québec où il décide de réaliser son rêve d’enfant: Ecrire. Il suivra donc des cours de création littéraire à l’université de Laval.
En 2015, il déménage avec sa tribu en Thaïlande où il réside encore aujourd’hui.
L’ Arménien est son premier polar sur les Nuits nantaises, deux autres devraient suivre…. En parallèle, son deuxième roman, Malecòn, thriller politico-financier situé entre paris et Cuba devrait paraître en 2018.

Extrait:
 » Je m’effondrai dans un fauteuil au fond du salon, nuque calée contre le bac à shampooing. La gorge nouée, j’allumai une Gitane, recrachai du bout des lèvres le morceau de tabac collé sur ma langue, et mon regard se perdit dans la fumée, tandis que mon esprit replongé dans mes souvenirs:
Luc avait dix-sept ans, il se rasait comme un adulte et se cachait les yeux derrière des lunettes Rayban Wayfarer. Il avait convaincu sa tante de le laisser s’inscrire dans un club de karaté, cette pratique avait étoffé son physique. Je n’aurai pas aimé me frotter à lui.
Désormais intégré à l’équipe de Ralph, il s’apparentait à une sorte de garde du corps. Très utile en cas de coups dur.Pour des raisons d’âge surtout, nous ne fréquentions pas les mêmes cercles de potes, ni tout à fait les mêmes endroits. Mais je voyais Luc souvent en raison de notre bizness.
Acculé par des dettes de poker et pour financer ma propre consommation, j’avais mis en place un trafic de hachisch et de marijuana. Luc me servait de revendeur. C’était le garçon idéal. Respecté, discret, et de surcroît, il m’était entièrement dévoué. »

Le OFF de OPH

 

Nantes le 22 décembre 1989, le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou.

Le corps est plombé de deux bastos et partiellement calciné…

Qui a pu prendre la vie de cet homme énigmatique, personnage phare des nuits nantaises?

Qui était réellement Luc Kazian?

 Au travers des yeux et des souvenirs des personnes qui ont été le plus proche de lui, j’ai voyagé dans le Nantes de la fin des années 80, à une époque où la loi Evin n’existait pas, une époque où les guerres claniques s’affichaient au grand jour, l’époque des blousons noirs, une époque qui n’a plus grand chose à voir avec la notre…

 Je me suis attachée au personnage de Luc que j’ai vu vivre dans le regard de son entourage, un personnage mystérieux, écorché vif, séduisant… et à la fin de cette histoire je ne sais toujours pas si je l’aime ou si je le déteste.

 Dans ce roman noir de Carl Pineau, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment: trafic de drogue, amour, amitié, trahison, sexe… Il dépeint avec justesse cette France des années 80 où le SIDA est méconnu et les contaminations par MST légions, où François Mitterrand est perçu en sauveur d’un pays qui n’avait connu que des Présidents de droite depuis le début de la Vème République, où la mode est aux blousons de cuir et à l’émancipation.

Un polar efficace dont la construction en flash back attise la curiosité et permet d’entretenir le mystère jusqu’aux dernières pages, émouvantes.

J’ai apprécié la plume juste et sans envolées lyriques de Carl. L’ambiance du roman et le choix des mots m’ont transportée à la fin des années 80 sans difficultés.

Carl a soigné chacun des personnages, leur psychologie, leurs émotions, leur donnant vie et accentuant la crédibilité du récit.

Voilà donc un auteur à découvrir…

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Dynamique du chaos de Ghislain Gilberti


Le livre : Dynamique du chaos  de Ghislain Gilberti. Paru le 19 janvier 2017 chez Ring dans la collection Ring noir

4e de couv :

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la « Génération Nada » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent , Le Baptème des ténèbres et Le bal des ardentes , guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants. Né en 1977, Ghislain Gilberti est originaire et vit à Belfort.
 Extrait :
La jouissance offerte par le Speed Ball est miraculeuse. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nos corps se sont serrés à s’en étouffer. D’abord les frissons, des pieds à la tête, ensuite la chaleur orgasmique sous laquelle il est impossible de ne pas râler de plaisir. Puis la décharge d’énergie, la déflagration de la coke, juste après, voire en légère superposition. Le rythme cardiaque qui s’accélère, le sang qui afflue comme un torrent et qui sème l’extase de l’héro dans chaque centimètre cube de chair. Un vertige indescriptible, au-delà de tous les mots. 

Mon avis  :

Je n’aurai jamais du lire ce livre, en tout cas pas dans cette version. Dieu que j’ai aimé la plume de cet auteur dans ces thrillers. J’ai aimé  le réalisme  qui s’en dégage mais aussi cette noirceur omniprésente qui la caractériseJe sais que Ghislain peut-être émouvant. Il a su me toucher à de nombreuses reprises. J’ai aimé son coté fragile, à fleur de peau.
Mais j’avoue ne pas avoir du tout aimé sa nouvelle version de la Dynamique du chaos.

Je ne pense pas être quelqu’un que l’on choque facilement, Je pense aussi être quelqu’un d’ouvert et de tolérant. Cependant j’ai reçu ce texte comme une provocation. Même si ce n’était pas l’intention de l’auteur, la surenchère de violence, de sexe, de drogue, etc, a eu du mal à passer et elle a occulté chez moi ce qu’il y avait de beau dans ce texte.
Je n’ai pas retrouvé la sensibilité que la plume de l’auteur peut avoir ! Non juste de la rage et une rage destructrice où rien de bon ne pouvait en sortir.
Un rage malsaine qui m’a mise mal à l’aise.
J’aime pourtant quand un livre me bouscule, voire me dérange. Qu’il soit un choc, une émotion, qu’il malmène mes convictions.
Ici, j’ai juste eu un trop plein, un début de nausée.
J’ai trouvé que l’auteur prenait, comment dire, des postures. Qu’il surjouait ses personnages. Qu’il en faisait trop en somme.
Dommage, j’aurai tant aimé percevoir la fêlure derrière toute cette surenchère.
J’aurai aimé que cette Dynamique du chaos soit pour moi un récit viscéral. j’aurai aimé percevoir la pudeur de l’auteur derrière ce texte hardcore.
Je n’y ai vu qu’un déferlement d’excès.
Trop agressif et intrusif peut-être

Ghislain ne n’en veut pas ! Tu as un putain de talent ! S’il te plait ne le gâche pas  dans cette débauche et cette escalade de démesures exagérées.

J’aime ton impétuosité pas ton animosité. Parce que c’est cette sensation que j’ai ressenti en lisant cette version non censuré de ton texte. Du coup je n’ai pas été touchée mais écœurée.

Nous avions parler ensemble de l’excès de violence que l’on trouvait déjà dans Le baptême des ténèbres. Cette violence que certains de tes lecteurs trouvaient déjà trop crue. Tu me connais  Ghislain, je  suis une personne plutôt excessive même si avec l’âge j’ai appris à modérer mes abus, alors crois moi quand je te dis « Qu’à trop tirer sur la corde celle-ci finit par lâcher » et qu’il nous devient trop difficile de te suivre dans tes délires même fictionnels.

Ici je pense qu’il manque une chose importante, c’est les émotions. Celles que notre auteur sait pourtant si bien  faire ressentir à ses lecteurs. Ghislain, c’est un cri du coeur que je te lance, s’il te plait ne va pas perdre ton âme dans cette outrancière cruauté.

Mais vous, amis lecteur, lisez Ghislain Gilberti, lisez ses autres bouquins ! Il a une plume qui sait vous prendre aux tripes. Et qui sait, peut-être que  contrairement à moi, celle-ci saura aussi vous toucher avec ce titre-ci. Car c’est certain, lire ce titre ne peut laisser indifférent. Et je suis sans doute minoritaire dans mon ressenti, car autour de moi, nombreux sont ceux qui l’ont aimé.

American desperado de Jon Robert et Evan Wright


Le livre : American desperado de Jon Robert et Evan Wright. Paru le 23/10/2013 chez 13e note éditions.   (701 p.) 18 cm.

4e de couv :

Ce livre retrace l’histoire intense de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino affiliée à la Mafia new-yorkaise, Jon a sept ans quand il est témoin d’un meurtre commis par son père et doit apprendre la loi du silence. Suivant la voie qu’on lui a tracée, il fait ses armes comme « soldat » du clan Gambino puis s’engage dans les marines et donne libre cours à sa sauvagerie naturelle au Vietnam. On le retrouve à vingt-deux ans à New York, où il supervise le racket des boîtes de nuit pour ses oncles. La vague disco/cocaïne va lui donner des idées et lui faire découvrir Miami, où il devient en quelques années l’un des correspondants les plus actifs du cartel de Medellín, écoulant de 50 à 100 kg de poudre par mois. Son carnet d’adresses se lit comme un bottin mondain : le général Noriega, Richard Pryor, O-J Simpson, Meyer Lansky, Richard Dreyfuss, Pablo Escobar… Au volant de voitures de luxe, entouré des plus belles femmes, il est aussi charmant qu’amoral et meurtrier. Scrupuleusement documenté, ce livre écrit en collaboration avec Evan Wright, romancier et grand reporter, permet de découvrir non seulement la vie d’un criminel extraordinairement audacieux, mais aussi une période chaotique et passionnante de l’histoire américaine. Un beau matin de 1986, le FBI fait une descente chez Jon Roberts. S’ensuit une cavale qui durera cinq ans. Capturé, Jon bénéficiera d’une réduction de peine en échange d’informations. Emporté par un cancer le 28 décembre 2011, il n’aura survécu que deux mois à la publication de ses Mémoires.

L’auteur : Evan Alan Wright est un écrivain américain né en 1966 à Cleeveland.  Il est connu pour rapports détaillés sur les sous-cultures pour Rolling Stone Magazine et Vanity Fair. Il est surtout connu pour son livre sur la guerre en Irak, « Generation Kil »l. En 2012, il a écrit un exposé au sujet d’un haut officier de la CIA qui aurait travaillé comme un tueur à gages Mafia (« How to get Away with Murder in America »). En 2012, il publie « American Desperado », un livre qu’il a co-écrit avec Jon Roberts que l’on peut voir dans le documentaire « Cocaine Cowboys ».

Extrait :

 À l’époque où je suis né, l’Amérique était un pays propre où quelqu’un dans mon genre n’aurait pas été applaudi. C’est comme la musique que mon fils écoute, de la merde gangsta pondue par des mecs qui ne savent même pas s’exprimer correctement. Si c’est ce que les gens apprécient de nos jours, pas étonnant qu’ils m’applaudissent.

Le post-it du bibliothécaire :

American desperado : une vie dans la mafia, le trafic de cocaïne et les services secrets.

Rien qu’avec le sous-titre, nous sommes déjà dans l’ambiance. Tout un programme à lui seul .

 Parcours criminel de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino, affiliée à la mafia new-yorkaise, il est témoin d’un meurtre, commis par son père, alors qu’il n’a que 7ans. Jon va suivre la voie du crime et vivre dans un monde où la menace est permanente et la violence sans limites.

 L’épopée stupéfiante d’un criminel sur la côte Est américaine. Cette biographie nous livre une description glaçante des Etats-Unis des années 1970 et 1980 : mafia, Vietnam, trafic de drogue, corruption généralisée…

Un formidable travail journalistique pour un livre qui se lit comme un roman. Dur, dérangeant, hyper violent et fascinant, mais sans complaisance

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


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Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.

Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention, le chouchou de la semaine.


chouchous-du-week-end

mm1Le livre : Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

4e de couv :

Bienvenue à Cotton’s Warwick

« Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion. »

Australie, Territoire du Nord.

Dans l’Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l’autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations. Sueur, folie et sang. Vous n’oublierez jamais Cotton’s Warwick.

mm2L’auteur : Michaël Mention est romancier et scénariste. Passionné de rock et de cinéma, il est une voix montante du polar, avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013), …Et justice pour tous (prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015), Jeudi noir et Le carnaval des hyènes.

 

Extrait :
À Cotton’s Warwick, il y a autant de champs de coton que d’anges à Los Angeles. Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion.
Loin des sites touristiques, très loin des « grandes » Darwin et Alice Springs, le village est coupé d’un monde qui ne s’est jamais intéressé à lui. Les pionniers s’en foutaient, trop occupés avec les mines d’uranium et le reste. C’était l’âge d’or, celui de l’agriculture outrancière et de l’irrigation abusive.
Puis, à trop être exploité, le sol est devenu stérile. Une malédiction, comme si être né dans l’Outback ne suffisait pas. Lâchés par le gouvernement, privés de subventions, beaucoup se sont résolus à vendre leur bétail, leurs exploitations, et Cotton’s Warwick s’est dépeuplé. Exodes, mais pas seulement : de misère en détresse, toutes les épouses se sont suicidées, réduisant la population à dix-sept habitants. Depuis, on survit grâce à la viande de sangliers et de kangourous.
À part ça, on picole, on pisse, on bouffe, on chie et lorsqu’on vote, c’est pour celui qui promet d’augmenter le quota d’eau des plus isolés. Le dernier polly a trahi sa parole, alors on l’a enchaîné à l’arrière d’un 4 x 4 et traîné jusqu’au désert. En l’absence de témoins, le Ranger Quinn a classé l’enquête, et pour cause : c’est lui qui conduisait.

 Petits résumé et avis : 

A Cotton Warwick, village coupé du monde dans l’outback australien, les habitants survivent plus qu’ils ne vivent, partageant leur quotidien entre chasse au kangourou et soirées au pub. Mais une série de morts suspectes commence à bouleverser leur vie.

Punaise ça va être difficile pour moi de vous transcrire mon ressenti sur ce nouveau titre de Michel Mention. ça va être aussi impossible de vous faire partager mon expérience sans vous en dévoiler trop.

En effet, lire Bienvenue à Cotton’s Warwick est une vrai expérience, un vrai challenge. Cela relève de la gageure.

Bon ce qui est certain c’est que c’est mon chouchou du week end !

La plus surprenante lecture de la semaine ! 

Je parlais d’expérience. Et bien, ce titre est purement une expérience sensorielle.

Toute la palette des sentiments y passe.

 J’ai tout lu de Michaël Mention même ses tous premiers titres paru chez un tout petit éditeur.

C’est impressionnant comme il peut écrire des choses très différentes.

Michaël est un putain d’auteur. Un génie , tout ce qu’il touche se transforme en pépite. C’est aussi un bosseur et un perfectionniste, ça c’est tout à son honneur.

J’ai tout lu…Et j’en redemande

C’est un des rares auteurs que je suis

Il faut dire qu’à chaque fois il me surprend.

Et pour me surprendre, là j’avoue que la surprise a été de taille. Je ne m’attendais pas à ça. Pas à cette histoire, pas à ce dépaysement, pas à ce choc !

 Il nous propose ici une histoire crasse, un peu à l’instar des auteurs américains  et de leurs redneck crasseux, insultes et violents. Chez nous, on dirait que c’est une histoire de péquenauds. Tous ces ploucs teigneux dans ce bled miteux.

Mais ce livre n’est pas que ça, un polar noir rural.  

Bienvenue à Cotton’s Warwick est aussi une fable apocalyptique et écologique.

Et c’est en ça que c’est jubilatoire.

J’ai un titre qui m’a marqué il n’y a pas si longtemps, il se passait aussi en Australie, il a aussi suscité énormément de sentiments contradictoires en moi. C’est finalement pas si étrange si lors de la lecture de ce dernier titre de Michaël Mention, j’ai eu les mêmes sensations qu’à la lecture de Lux de Maud Mayeras. Outre le fait qu’il est des similitude de décors et de ressentis sensoriels, ces deux jeunes auteurs français sont à mes yeux des génies dans leur domaine. Ils imprègnent leur marque respective sur chaque titre qu’ils écrivent, on les reconnait, ils sont identifiables. Pourtant chacune de leurs publications est différents de la précédente. Je le disait plus haut, ils se renouvellent constamment. 

Alors oui, avec Bienvenue à Cotton’s Warwick, j’ai eu la haine, la rage, j’ai connu le dégoût, la peur, j’ai été prise de malaise. Je ne suis même délectée de situations malsaines. J’ai laissé parler ma part animale et j’ai aimé ça.

Aussi pour tout cela, je te remercie Michaël.

Mais je te dis merci aussi pour ce style débridé et sauvage que tu nous offre.

Pour ton imagination sans limite qui nous ouvre des perspectives inattendues.

Pour cette objet littéraire purement fantastique.

T’es un King mec.

Et en plus tu nous offre une sacré ballade rock’n roll.

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La toile aux alouettes de Lou Vernet : Le chouchou du Week-end


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lvLe livre :  La toile aux alouettes Volume 1, L’inclus de Lou Vernet. Préface Maud Tabachnik. Paru le 3 octobre 2016 aux Editions Border Line dans la collection Dead Line. 18€ ; (254 p.) ; 21 x 13 cm

4e de couv : 

Il était une fois deux enquêteurs interlopes, une jeune fille en recherche de sens, un voisin bruyant, un gourou du web, une chef de service peau de vache, et une maman névrosée… C’est comme cela qu’elle nous la joue, Lou Vernet, avec une myriade de personnages qu’elle cisèle de sa plume efficace. Tous semblent évoluer dans des mondes parallèles jusqu’au moment où le récit bascule dans l’insondable noirceur de l’âme, entraînant le lecteur dans ses rêts. Dans La Toile aux alouettes, son premier polar, Lou Vernet manie en virtuose, l’art de la mystification. En attendant que l’Inclus et la Virgule reviennent défaire un nouvel écheveau, frissonnez avec ce premier opus, tout en ombres et lumières ! La Toile aux alouettes paraît aux Éditions Border Line.

« J’ai découvert une fin diabolique bien loin des premiers chapitres policés, qui fera hoqueter et lever les sourcils, mais qui est la signature d’un livre réussi, original, audacieux. Un livre que l’on n’oubliera pas, longtemps après l’avoir fermé. »
Maud Tabachnik, écrivain.

 

lvL’auteur : Quand on demande à Lou Vernet ce qui est essentiel, elle répond, sans coup férir : aimer, marcher et écrire. Elle baguenaude sur les trottoirs de Paname, mais pas que. Le monde qu’elle parcourt, nez au vent, est sa source d’inspiration. Lou est belle, libre, vraie, douée pour la vie et experte en mots. Normal, cette Parisienne les cultive depuis plus de dix ans. professionnellement, pour en faire une oeuvre.

 

 

Extrait : 
Au fonds d’une impasse, une veille bâtisse en pierre délabrée. Un toit d’ardoise, des croisillons au-dessus de la porte d’entrée et une lucarne plantée juste au dessus de la première fenêtre sur la gauche.
A l’intérieur de cette ouverture, un store déglingué découpe la lumière du petit matin en tranche. La chambre reste sombre. Posé depuis des lustres, le papier peint à grosse fleurs roses semble fatigué d’être là.  Une armoire à double battant, d’un brin foncé, s’impose massivement sur tout le mur. Un lit rouillé et un tabouret rond en plastique blanc occupe le reste de la pièce. Une surface d’à peine dix mètres carrés.
Clara gît, nue, droguée et menottée à l’armature de fer.
Une main tatoué caresse son corps inerte.
Le silence avale tout

 

Mon simple avis :

 

Ce roman noir met en scène une galerie de personnages qui semblent appartenir à des mondes différents, de la mère névrosée au « no life » féru d’informatique, en passant par deux enquêteurs louches et un voisin insupportable, et qu’un sombre incident amène à se rencontrer.

Ce qui marque en ouvrant le roman de Lou Vernet et en découvrant les premières pages, c’est son écriture. Une écriture exigeante, une plume soignée, tout en dentelle où l’on déguste et savoure chaque tournure. C’est ciselé. Chaque mot tisse un canevas parfaitement exécuté . C’est très littéraire et c’est très beau aussi !

Alors dans la première partie du roman, on va suivre Clara, une jeune femme que l’on perçoit comme sage, bien élevée, tranquille. une jeune femme, douce, réservée, un peu effacée. Une jeune femme sans histoire en somme. Sauf que … Devant nos yeux,  Clara doucement mais surement pète les plombs. Au rien de bien extraordinaire, juste des petites choses du quotidien qui peuvent agacer plus d’un d’entre nous !

Alors dans cette première parti et durant une centaine de pages, on va suivre Clara. Et on va se demander où elle va bien pouvoir nous emmener !

Et qui est ce Domino, qui semble guider notre jeune héroïne.

Durant la lecture de cette première partie, j’ai souvent pensé être dans un roman de Barbara Abel. Oui Lou à cette façon d’amener les choses, tranquillement, par petite touche, sans coup férir. Quand tout à coup, on pressent que quelque chose va se passer, on sent que notre héroïne va basculer. Mais la grande force de notre auteur c’est d’amener ses changements avec énormément de délicatesse et d’élégance.

Et puis, arrive la deuxième partie !

Là on va faire connaissance  avec les Concertistes. La Carpe et la Virgule.  Le premier est « Taisseux sans mépris. Silencieux par évidence « , le second surnommé ainsi par son handicape qui le fait claudiquer et  » Parfois on pouvait penser qu’il dansait, toujours de biais, du même coté, mais il dansait ». Ces deux là, Pierre, l’inclus et Bastien sont indissociables. Anciens coéquipiers au 36, ils sont restés amis même après la démission de Pierre.

Avec eux, va démarrer l’enquête. Le roman policier va prendre le pas sur le roman psychologique. On va suivre pas à pas nos deux enquêteurs dans leurs investigations . Et si ils ont trop peu d’indices, le flic et le détective flairent au fils de leurs découvertes une sale affaire.

Et c’est là que l’on va retrouver Clara. Elle va bientôt être au centre de cette recherche de la vérité.

Ils vont mettre du temps, mais vont finir par comprendre comment Clara a été victime d’ une manipulation psychologique.

Pour autant il ne savent pas, eux non plus, qui est ce fameux Domino qui semble agir comme un gourou.

Enfin la troisième partie annonce le final.

Trente cinq pages de révélation et quelles révélations !

Enfin on va découvrir qui est ce MC Domino, et la surprise sera de taille. Je ne l’ai pas vu venir, à aucun moment.

Une fin furieuse, diabolique tout droit sortie du cerveau tortueux de notre auteur. Un final dingue qui plaira au amateur de pur thriller.

Voilà vous l’avez compris j’ai adoré cette lecture.

louPour sa première incursion dans le monde du polar, Lou Vernet a parfaitement réussi son entrée. Dans ce premier polar tout y est !  Tour à tour Roman psychologique, roman noir et policier, thriller implacable, La toile au alouette est une magnifique découverte. L’auteur distille même ici et là à travers son entrelacs de mots, quelques brins d’humour, un poil astringent.  Et si cette première histoire à comme sous titre l’inclus, il est à parier que nous retrouverons nos deux flics dans une nouvelle enquête qui cette fois nous en apprendra plus sur la Virgule. 

Car ne vous fier pas au sous titre,  » Livre 1 : l’Inclus« , qui pourrait vous faire croire à une première partie. La toile aux alouettes est belle est bien un one shot. Une enquête à part entière, une histoire qui se suffit à elle même. Même si je l’avoue, j’ai très envie de retrouver très vite notre duo d’enquêteur.

Et je ne peux que vous conseiller de découvrir cet étonnant et merveilleux polar !

Oui vite, j’en veux encore !!!

lv

lou

Le chouchou du Week End : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James


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97822263240540-3342862   Le livre : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James. Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Valérie Malfoy. Paru le 17 août 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique.  25€ ; (853 p.) ; 22 x 15 cm

 

4e de couv :

« Un roman époustouflant sur le pouvoir, la corruption et le mensonge. Le livre du siècle. » Irvine Welsh

« Brillant, intense, un roman à la fois profane et plein de grâce. »
Louise Erdrich

« Hypnotisant. »
The Guardian

« Ambitieux, mythique, hors norme, colossal, vertigineux : la preuve de l’ambition inouïe de Marlon James et de son talent prodigieux. »
The New York Times

« Une oeuvre littéraire audacieuse, inventive et exigeante. Un véritable tour de force. »
The Wall Street Journal

« Violent, bouillonnant, un roman énorme dans tous les sens du terme. Le projet de Marlon James pouvait sembler fou, mais il relève le défi. Extraordinaire. »
The Times

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique.

Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et de James Ellroy, Marlon James signe un livre hors norme, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. »
Russell Banks

bobL’auteur : Marlon James, né en 1970 à Kingston, est le premier auteur jamaïcain à être distingué par le Man Booker Prize depuis sa création.Brève histoire de sept meurtres, son troisième roman, a également été élu parmi les meilleurs livres de l’année par The New York Times, The Washington Post, Time, ou encore Publishers Weekly et Library Journal.
Extrait :
Les bouquins sur l’art d’être tueur à gages, ça n’existe pas, mais si c’était le cas, je serai le premier schéma servant à illustrer le chapitre « Comment tout rater ». (…)
(…) Flinguer relax, non, flinguer froidement, adroitement et avec juste un brin de sociopathe en soi. Pas mon styl. Moi, je suis le gansgter maladroit de Chicago, susceptible et soupe au lait, qui s’est embringué par hasard dans un truc qui ne le regardait pas.

Résumé et petit avis :

Partant des événements et des personnages entourant la tentative d’assassinat de Bob Marley, chanteur reggae pacifiste, en décembre 1976, cette fresque épique dépeint les sombres pouvoirs qui régissent la société, en Jamaïque comme aux Etats-Unis.

Et bien que dire de plus que toutes les merveilleuse critiques que l’on peut lire sur ce titre. Pas grand chose. Sauf peut-être qu’ado j’ai beaucoup écouté et joué Bob Marley. Il a été une idole pour moi, alors que je ne suis pas très idole en fait ! Alors ce livre a été une merveilleuse plongée dans mes jeunes années qui a éclairé mes croyances adolescentes et réveillé mes révoltes de l’époque.

Et puis encore que Bob Marley n’est pas le sujet du livre. C’est juste un fil rouge.

Et il y a aussi cette extraordinaire galerie de personnages que l’on va suivre tout au long de ce roman choral. Personnages que Marlon James fait vivre avec fureur qu’ils en sont parfaitement incarnés.

Ce premier roman, traduit en France, de Marlon James est une sacré découverte. Et il est certain que je n’en resterais pas là avec cet auteur !

bob

Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert


Collectif Kris

  97827024425860-3015931Le livre : Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert. Paru le 6 janvier 2016 au Editions du Masque. 19€ ;  (279 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv
Quelque part au Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus, hôtel, bar et bordel. La clientèle qui s’y rassemble pour s’abîmer d’alcool, de sexe et de violences se compose essentiellement de repris de justice, d’hommes aux passés sales reconvertis en bûcherons.

Au Terminus aucune règle n’existe en dehors de celles du grand patron dont personne ne connaît ni le visage ni le nom. L’une d’elles édicté qu’ici on ne touche pas aux filles autrement qu’avec respect, à défaut de tendresse. La suivante impose de se plier aux ordres du contremaître et à ceux de son subalterne, à moins, bien sûr, d’éprouver le désir de se faire fracasser la mâchoire ou brûler les doigts.

Nats, le garde-putes du Terminus, se plie à toutes, fait son boulot avec application jusqu’au jour ou débarque Sean sous les traits duquel il croit reconnaître son ancien tortionnaire. Dès lors, tandis que toujours la neige efface le moindre relief du paysage, tandis que Sarah interrompt la routine de son quotidien, que Twigs la levrette cherche un mort perdu pendant une nuit d’ivresse, l’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

229664683_b977661563z-1_20160124155434_000_ge16078bo-2-0L’auteur : Stéphane Jolibert a grandi au Sénégal et a étudié à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne avant de bourlinguer de longues années du côté du Pacifique Sud où il a exercé le métier de directeur artistique. Il s’établit à Paris à la fin des années 2000, il y enseigne la communication visuelle et la sémiologie de l’image. Il y rencontre celle qui deviendra sa femme ainsi que l’envie d’écrire. Il vit et travaille aujourd’hui quelque part près de la Belgique. Dedans ce sont des loups est son premier roman.

 

Extrait :
Tentant de s’en éloigner, il reproduisait, sans en avoir conscience, le schéma de son enfance. Le comportement du paternel et de la fratrie dans laquelle il avait grandi. Pour obtenir l’attention du chef de famille, il fallait écraser chacun des frères. Il était le cadet et aucun des autres n’aurait laissé sa place au plus petit. Alors se battre. Alors la prendre de force. Alors ne pas pleurer, même si roué de coups. Alors ruminer, freiner son impatience en attendant que les années passent, en attendant que la vie développe ce corps d’enfant, d’adolescent, et cogner de plus en plus dur.

 

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Le résumé et le petit avis de Kris :

Un univers gelé, sous la neige huit mois sur douze, quelque part au-delà de la frontière au nord, aux confins du monde civilisé. Dans ce monde où le bruit des arbres et des bêtes est tamisé par le poids de la neige, il y a le vieux Tom, qui a perdu ses jambes et distille de l’alcool dans son laboratoire clandestin. Il y a Nats, qui livre la gnôle entre la ferme de Tom et le Terminus, le bar-hôtel-bordel sur la route déserte qui mène à la ville lointaine. Il y a Sarah la rousse, qui émeut Nats au-delà du rationnel, il y a l’Irlandais, le contremaître, Leïla la prostituée et le mécano Twigs la Levrette. Et puis Marthe qui subit la violence de son mari alcoolique. Tout ce monde-là survit, malgré la neige et les coups durs, parce qu’il n’y a pas d’autre endroit où aller. Tous luttent contre les loups, tous les loups, quels qu’ils soient. Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux, mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts. Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs. Dès lors, tandis que la neige efface le moindre relief du paysage. Tandis que la beauté de Sarah chamboule son quotidien. Tandis que le vieux Tom lui raconte le temps où les loups tenaient les chiens à distance. L’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

Un premier roman noir aux confins du Grand Nord, inspiré de Richard Brautigan et de Jim Harrison.


dedans-loups-stephane-jolibert-l-i1zeyy-235x190Dedans ce sont des loups
– Stéphane Jolibert
Beaucoup mais beaucoup aimé.
Un roman fort, univers rude, un hymne aux femmes, surtout celles malmenées par la vie. Un auteur très prometteur.

Extrait 2 :
Il ne serait venu à l’idée de personne de braquer le percepteur. Ce que le contremaître pouvait développer comme imagination pour punir un imprudent n’était rien en comparaison de celle du grand patron.
On racontait qu’un fou s’y était essayé. Quelques jours plus tard, à l’aube, sur une estrade élevée toute exprès pour ça, devant le Terminus, les bûcherons avaient découvert à leur réveil un homme en cage. A côté de lui, son larcin reposait dans un sac ; plus loin gisait le bras qui lui manquait désormais au corps. Face à lui, un loup adulte montrait les crocs. L’imprudent ne saignait pas, il avait été suturé, soigné à la suite de son amputation. Aussi, il assista, impuissant, au festin de sa propre chair, et bientôt, le loup eut de nouveau faim
.

Adieu de Jacques Expert


 

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 9782355840845,0-1240478 Le livre : Adieu  de Jacques Expert.Paru le 29 septembre 2011chez Sonatine. 21€; (327 p.) ; 22 x 14 cm

9782253166375,0-1559229Réédité en poche le 27 mars 2013 au Livre de Poche dans la collection Thriller..  7€60 ; (398 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv

2001, Châtenay-Malabry. Une mère, son fils et sa fille sont retrouvés assassinés à leur domicile. Une famille apparemment sans histoires. Le père est porté disparu. Est-il lui aussi victime ou bien coupable ? Les recherches s’organisent, sous la direction du commissaire Langelier. Un mois plus tard jour pour jour, c’est au tour d’une seconde famille, tout aussi ordinaire, d’être abattue dans des circonstances identiques. Là aussi le père est introuvable. Presse, politiques, police, les avis sont unanimes, un tueur en série est à l’oeuvre. Seul Langelier s’entête à concentrer tous ses efforts sur la piste des pères, qu’il soupçonne d’être à l’origine des massacres. Devant son obstination et son manque de résultats, son supérieur et ami, le commissaire Ferracci, est obligé de lui retirer l’affaire. Commence alors entre les deux hommes un combat larvé, chacun s’efforçant de démontrer sa propre vérité, un combat qui tourne bientôt à l’obsession et qui ne prendra fin que dix ans plus tard avec la révélation d’une incroyable réalité.

Comme dans ses trois précédents romans, Jacques Expert met en scène avec maestria le quotidien de personnages en apparence ordinaires mais dont la face cachée révèle d’insoupçonnables noirceurs.

jacques-expertL’auteur : Après avoir été grand reporter à France Inter, Jacques Expert fut producteur et rédacteur en chef pour TF1, puis directeur des magazines de M6 et directeur général adjoint de Paris Première. Il est aujourd’hui directeur des programmes de RTL et auteur de la série Histoires criminelles sur France Info et de la série Verdict sur France 5.

Extrait :
Ce carnet, mon carnet, ne m’a guère quitté tout au long de ces années, glissé dans la poche intérieure de ma veste ou de mon imperméable. J’y ai noté le plus important, toujours avec un stylo rouge.
Une fois chez moi, j’arrachais la petite page et je l’épinglais sur un mur. Un peu au hasard, mais toujours bien cachée. Pourtant je sais précisément où se trouve chacune d’elles : sous un amas de photos, derrière des coupures de presse… Mais vous seriez surpris de voir à quel point je suis capable de retracer les dix dernières années de ma vie en passant d’une pièce à l’autre. Il m’aurait été facile de les faire disparaître, effaçant ainsi mes traces les plus secrètes, les plus inavouables. Mais j’en ai été incapable. C’était au-dessus de mes forces.

 

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Petits résumé et avis :

Entre « The Pledge » et « Seven », l’obsession délétère d’un flic, une inexplicable série de meurtres.

2001, Chatenay-Malabry. Une mère, son fils et sa fille sont découverts assassinés à leur domicile. Le père est porté disparu. Le commissaire Lancelier lance les recherches. Un mois plus tard, c’est au tour d’une seconde famille d’être retrouvée dans les mêmes circonstances. Le combat de Lancier durera dix ans jusqu’à la révélation hallucinante d’une incroyable réalité.

Dans cet excellent thriller psychologique, Jacques Expert joue avec les narrateurs. Il alterne en effet les points de vue durant tout le livre. Il est fascinant de suivre cette enquête, d’autant que celle-ci tourne à l’obsession pour un des personnages. Obstination ou obsession, c’est ce que vous allez découvrir au fil des pages et surtout dans les révélations finales. L’auteur manipule ses lecteurs avec maestria.

Il est à noter que Jacques Expert est le premier auteur français a rentrer avec ce titre dans le catalogue de Sonatine éditions.

Lire le début de Adieu

Hell.com de Patrick Sénécal


CM16

  hellLe livre : Hell.com  de Patrick Senécal. Paru le 9 juin 2016 chez Fleuce éditions dans la collection Fleuve noir.  21€90 ;  (592 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Daniel Saul s’est toujours senti au-dessus de la mêlée. Ce milliardaire est même l’incarnation de la réussite insolente. Arrogant, sûr de son pouvoir d’attraction, et de persuasion, il ne reconnaît d’autres limites que celles qu’il se fixe, à l’image de son nouveau projet immobilier : le rachat d’églises désertées pour les transformer en lofts de luxe.

Une audace qui a attiré l’attention de Charron, un ancien «camarade» de collège. Enfin, camarade… Daniel et Charron n’évoluaient pas vraiment dans les mêmes cercles. Mais Charron, l’ado souffre-douleur, a bien changé. Désormais, ce n’est plus lui qui subit. Et il propose à Daniel de l’initier à de nouveaux plaisirs, ceux réservés aux hommes de leur caste. Il l’invite à s’inscrire à un très sélect site Internet : Hell.com. Les rêves et les fantasmes les plus fous sont désormais possibles, de manière illimitée.

Mais une fois ouvertes les portes de l’Enfer, il est impossible de faire marche arrière…

hell&L’auteur : Né à Drummondville, au Québec, en 1967, Patrick Senécal a enseigné la littérature et le cinéma et participé à l’écriture de scénarios et à la réalisation de courts-métrages. Il a ouvert une voie à part dans le monde du thriller, avec un style singulier et original qui se joue des règles.

Il s’est ainsi acquis un public fidèle au Canada où ses livres sont des best-sellers – il a reçu le prix Boréal du meilleur roman pour Aliss – et ont connu de nombreuses adaptations cinématographiques. Un succès couronné en France du prix Masterton du meilleur roman fantastique pour Sur le seuil.

Un extrait tiré du roman :
Bon sang ! marmonne Daniel, un sourire incrédule aux lèvres.
Pas de décors, pas de fioritures ou de design particulier. Seulement en plein centre, une icône sur laquelle est inscrit « calendar » et une boite blanche qui porte la mention search….

Collectif polar.JLuc

L’avis de Jean Luc

hell&&Hell.com est peut-être l’un des meilleurs thrillers que j’ai lu ces dernières années. Il y a beaucoup de suspens, du rythme, de la violence, des scènes crues et aussi du sexe sous toutes les formes possibles.
C’est très bien écrit et je me suis surpris à aimer le contenu et la construction de ce roman. Les situations décrites dans ce roman restent crédibles et c’est ce qui les rends encore un peu plus dérangeantes, voire même hypnotiques..
Sans rentrer dans le détail de ce thriller, il s’agit d’un engrenage infernal dans lequel un très riche entrepreneur va rentrer et dont il ne pourra plus sortir. C’est fait très intelligemment et le suspens monte crescendo.
Comme je l’ai dit, certains passages sont difficilement supportables mais en même temps il est impossible d’arrêter leur lecture ! Enfin, l’auteur imagine des situations incroyables, et le fonctionnement du site Hell.com reste crédible sous tous points de vue.
Ce thriller m’a rappelé le film l’associé du diable avec Al Pacino et Keanu Reeves, le postulat de base est un peu identique mais le contenu de ce thriller est mille fois plus addictif.
Il pose une question essentielle : l’argent peut-il placer un homme au-dessus des autres et lui permettre de réaliser tous les fantasmes inavoués dont il rêve, en particulier ceux liés à la soumission et au droit d’user de la vie de ses semblables ?

Pour conclure, j’ai vraiment beaucoup aimé ce thriller. Certes, il s’agit d’une histoire choquante et dérangeante, qui pourra heurter la sensibilité de certains parce que le mot tabou n’existe plus !
Mais, il n’en reste pas moins vrai, qu’il y a en plus, une vraie morale dans cette histoire machiavélique.