La Dynamique du Chaos-Ghislain Gilberti


Le Livre: La Dynamique du Chaos (version non censurée), de Ghislain Gilberti, paru le 19 janvier 2017 chez Ring collection Ring noir. Edité le, 08 mars 2018  chez la m »canique générale en format poche 9€90. .421 pages.   11,2 x 1,9 x 17,1 cm
4ème de couverture:  

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur:  Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, né le 23/04/1977,  est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.
Avec six romans, Ghislain s’est imposé comme un auteur incontournable du genre.
 
Extrait: « 
« Nous voici, debout au centre du monde, bien au chaud dans nos manteaux d’égocentrisme. Noyés d’alcool et de drogues, perdus dans la masse intestinale de l’humanité, nous nous débattons en vain pour ne pas couler tout à fait. Nos désirs nous rongent de ne pouvoir être satisfaits, nos pulsions nous explosent à la gueule. Nous sommes des maux inutiles, des messagers muets et amnésiques. Des enveloppes de chair gonflées de néant, débordantes de souffrance. Et au fond, tout au fond, les âmes puantes et atrophiées hurlent de douleur, régurgitent leurs rêves prédigérés. Les plaintes parviennent à la surface. L’odeur aussi. Mais il y a ici assez de « Jean-Paul Gautier », de « Kenzo » et de tubes merdiques pour couvrir tout ça.
Nous sommes au cœur du Vide.
Je vomis vos images dans des brûlures atroces. »

Le OFF de OPH

« La dynamique du Chaos » de Ghislain GILBERTIchez Ring, une plongée en enfer…

Dès l’introduction, j’ai été touchée par la douleur et la souffrance qui transpiraient des mots de Ghislain. Des termes puissants, durs, pour évoquer une enfance brisée sur l’autel de la violence.
« J’ai grandi sous le règne d’un dieu féroce, illogique, sadique, pervers.Mon père était mon geôlier, mon bourreau.Mon entourage n’a jamais rien fait pour arrêter ça, se contentant de tourner la tête et d’ignorer cette détresse. Je ne peux pas le leur reprocher, le drame qui se jouait était insoluble et personne n’avait envie de titiller la bête au risque de se faire mordre. »

Pendant toute ma lecture, j’ai été tiraillée entre l’ombre et la lumière. L’obscurité des images, du récit; la clarté que je me suis échinée à conserver en m’accrochant aux liens d’amitiés forts existant entre Gys et Manu, mais aussi Nico et toutes ces autres personnes qui, dans la noirceur d’un monde qui m’est inconnu, se soutiennent au-delà des normes et des conventions.

J’ai eu mal, le ventre noué, les mains crispées autour d’un roman qui, parce qu’il est à 99% autobiographique, ne peut être lu comme un simple divertissement. Il faut en prendre toute la mesure pour entendre le message de Ghislain.
L’écriture est viscérale, douloureuse, sans filtre, comme si part ses mots Ghislain cherchait à exorciser un peu de cette douleur, de ce chaos contre lequel la lutte est permanente.

Gagner le respect volé depuis l’enfance dans la violence, le franchissement des interdits, en adoptant une position de supériorité, en prenant le pouvoir dans un monde où la lumière n’existe pas. Mais quelle est la valeur de ce pouvoir? Existe-t-il réellement lorsque l’on est polytoxicomane et que les drogues en tous genres ont pris possession de votre corps et gangréné vos esprits en perte de repères.

Si j’ai été étreinte par la violence des émotions procurées lors de ma lecture, j’ai été également touchée par sa poésie. Elle est certes noire, mais bien présente. Ghislain use de nombreuses métaphores, qui, si elles illustrent l’absolue noirceur de son chaos, illuminent son écriture et donnent vie à ce monde douleurs, de dépendances, de lutte en tous genres, de sexe brutal.
« Je suis un parasite insatiable. Une tique affamée agrippée aux poils malodorants du corps social. »

Ghislain distille également ses réflexions et sa vision d’une société malade où la mort et le noir fascinent, où les politiques sont plus préoccupés par leur nombril d’égocentriques que part leur pays qui souffre:
« Le système se plie sans agir, sans lutter. L’apathie politique face à ce désastre annoncé est complètement désarmante, on jurerait que nos dirigeants se contentent de jouer les autruches alors que la situation nous projette droit dans le mur. »

Enfin, « La Dynamique du Chaos » c’est aussi une histoire d’amour, la communion de deux âmes, l’amour destructeur, incontrôlable, cette sensation physique d’être la moitié de l’autre et de ne pouvoir respirer en son absence, ce sentiment que la vie n’a pas de sens ni de raison d’être sans l’autre.
« Pendant quelques instants, nous avons formé une entité unique et palpitante. Une âme siamoise en sueur, traversée de soupirs et de tremblements, de larmes et de frissons […] Je pense que des choses pareilles n’arrivent qu’une fois dans une vie […] On ne rencontre l’amour q’une seule fois, il n’y a pas de deuxième chance. »

Avec « La Dynamique du Chaos » les censeurs ont perdu leur combat contre tous ceux, qui, comme Ghislain, nous ouvrent les yeux et les portes d’un monde bien réel où le chaos règne en Maître, où le sexe sous toutes ses formes, la violence, les drogues guident les vies de milliers de personnes, où la souffrance est telle qu’elle ronge, gangrène petit à petit la vie.
Mais par ce roman, cette autobiographie partielle, Ghislain nous montre aussi qu’au bout de ce monde, du tunnel, il y a la Vie pour celles et ceux qui auront la force et le courage de reprendre possession de la leur. Et même si des séquelles demeurent, au bout, il y a l’espoir.

Retrouvez ICI le ressenti de GE sur La Dynamique du Chaos

Publicités

Prendre les loups pour des chiens – Hervé Le Corre


Le livre :Prendre les loups pour des chiens de Hervé Le Corre. Paru le 11 janvier 2017 chez Rivages dans la collection Rivages-Thriller. 19€90 ; (317 p.) ; 23 x 16 cm

Réédité en poche  le 3 janvier 2018 chez Rivages dans la collection Rivages-Noir. 7€90 ; (349 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Prendre les loups pour des chiens

Après avoir purgé cinq ans pour un braquage commis avec son frère Fabien, Franck sort de prison. Il est hébergé par les parents de Jessica, la compagne de Fabien. Le père maquille des voitures volées, la mère fait des heures de ménage dans une maison de retraite. Et puis il y a la petite Rachel, la fille de Jessica, qui ne mange presque rien et parle encore moins. Qu’a-t-elle vu ou entendu dans cette famille toxique où règnent la haine, le mensonge et le malheur ?

Dans une campagne écrasée de chaleur, à la lisière d’une forêt angoissante, les passions vont s’exacerber. Entre la dangereuse séduction de Jessica, l’absence prolongée de Fabien et les magouilles des deux vieux, Franck est comme un animal acculé par des loups affamés…

« Une prose limpide, sèche, qui vous transperce d’émotion. »
Michel Abescat, Télérama

L’auteur : Hervé Le Corre débute à la Série Noire avec trois romans noirs remarqués, puis il publie chez Rivages L’Homme aux lèvres de saphir (Prix Mystère de la critique) qui le révèle à un large public. Les Coeurs déchiquetés (Grand Prix de Littérature policière) puis Après la guerre (Prix du Polar européen du Point, prix Landerneau) l’imposent comme un auteur de tout premier plan.
Extrait :
Quand Franck s’est présenté à eux, le père et la mère n’ont pas cherché à faire semblant. Ils le voyaient pour la première fois mais ils ne se sont forcés à aucun sourire, à aucun mot de bienvenue. Il aurait aussi bien pu venir dire bonjour comme ça en passant, comme un qu’on ne reverra pas. Ils savaient bien, pourtant, qu’il sortait de prison, qu’il était le frère de Fabien. Il allait habiter chez eux quelque temps, ils l’auraient à leur table. Ils le croiseraient à la porte des toilettes. Ils n’ont pas bougé des chaises longues dans lesquelles ils étaient installés, le chien allongé entre eux, la tête entre ses pattes, qui s’est dressé en grondant et que le père a fait se coucher d’un coup d’espadrille sur le museau.
Ils ont salué Franck d’un simple « bonjour, Roland, Maryse » en lui tendant leurs mains molles et moites et en clignant des yeux parce qu’il était debout devant eux contre le ciel aveuglant, puis l’homme a affecté de reprendre sa sieste interrompue en reposant sur son ventre gonflé ses bras osseux et la femme a ramassé dans l’herbe à côté d’elle son paquet de cigarettes et s’est levée avec effort et s’en est allumé une puis est restée immobile à fumer, regardant la petite fille dans la piscine hors-sol qui se trouvait un peu plus loin.

La Kronik D’Eppy Fanny

PRENDRE DES LOUPS POUR DES CHIENS D’HERVE LE CORRE – EDITIONS RIVAGES

 

Je n’ai jamais rencontré l’auteur et le découvre à travers ce roman sombre.

Une justesse des mots où toute leur force explose et donne le ton à ce roman.

L’histoire :

Après 5 ans passés derrière les barreaux, Franck sort enfin et n’a qu’une envie, retrouver son frère Fabien. Son ombre. Celui qu’il n’a pas trahi et qui a mis leur butin au chaud, pour eux. Celui qui depuis l’enfance a toujours été là. Pour le bon comme le moins bon.

Mais ce n’est pas Fabien qui l’attend devant la prison. Non ; c’est la compagne de ce dernier, Jessica, belle, séductrice, dangereuse, voire toxique. Fabien est parti faire des affaires en Espagne. Franck va devoir attendre ces retrouvailles tant espérées. Et le voilà au milieu de nulle part, hébergé chez les parents de Jessica. Une famille atypique, jusqu’au chien. Ça boit sec, ça magouille, ça gueule. Et au milieu de tout ça Rachel, la fille de Jessica, quasi mutique et qui picore moins qu’un piaf.

Le père magouille avec le Gitan, un homme dangereux.

Comme toujours l’extrait choisi l’est pour vous permettre de rentrer dans l’ambiance du récit et vous donner l’envie d’en découvrir bien plus.Extrait P.56 : « Le Gitan lui avait fait peur. Il avait déjà eu peur en prison. Il avait senti sur sa nuque des souffles courts, des murmures obscènes, il avait vu dans les yeux des types qu’on casait dans sa cellule à leur arrivée l’éclat mortel de leur folie et dans ces nuits-là il ne dormait pas, gardant sous lui la fourchette qu’il avait réussi à escamoter, aiguisée à la longue. Il se disait toujours qu’en prison tout était plus violent, plus dur, plus impitoyable à cause de l’enfermement, de la promiscuité, et il avait plus ou moins appris à se protéger dans cette jungle emmurée. Mais jamais dans la vie normale, dehors, en liberté, il n’avait eu cette sensation qu’un prédateur pouvait l’attaquer à tout moment, en plein soleil, dans un coin sombre ou au plus noir de la nuit, simplement parce que c’était son plaisir, sans contrainte ni nécessité sinon celle de dominer, humilier, jouir impunément. »

Puis le danger rôde aussi du côté des serbes. Un sacré panier de crabes.

Un coup à quasi regretter la prison.

Franck n’est qu’un homme, Jessica tellement désirable. Fabien est loin. Mais les fantômes de Jessica l’entraînent toujours plus bas, toujours plus loin. Franck la suivra-t-il dans cette spirale, lui qui combat toujours les fantômes de son enfance, ou fera-t-il enfin la paix avec son passé ? Car il fut un temps où le bonheur était simple. Une évidence.

Cette attente de Fabien qui n’en finit pas, qui le rend fou. Fuir cette famille de dingues. Vite. Mais il y a cette enfant si attachante, toujours à s’échapper au fond des bois ou de la piscine. Pour fuir quoi ? Si elle parlait que dirait-elle ? Et la voilà qui l’appelle au secours…

Franck ira au bout du chemin, pour Rachel, pour lui. Dans la douleur, mais pour retrouver le bonheur.

Un livre fort. Des émotions nombreuses. A découvrir.

 

ET…

Retrouvez aussi le fabuleux avis de Sébastien

ICI sur Prendre les loups pour des chiens

Le garçon – Marcus Malte


Dans quelques jours paraîtra en poche l’immense roman de Marcus Malte, le Garçon. Ce titre est un pur chef d’oeuvre. Aussi à l’occasion de sa réédition nous vous proposons un petit article histoire que vous ne passiez pas à coté de ce superbe bouquin.

Le livre : Le Garçon de Marcus Malte. Paru le 18 août 2016 chez Zulma.  23€50 ; (534 p.) ; 21 x 14 cm. Réédité en poche le 23 aôut prochain  chez Folio à 8€90.

4e de couv :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

 

marcusL’auteur : Marcus Malte est né en 1967 à la Seyne-sur-Mer. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Garden of Love (récompensé par une dizaine de prix littéraires, notamment le Grand Prix des lectrices de Elle, catégorie policier) et, plus récemment, les Harmoniques.

 

 

Extrait :
La nuit est tombée lorsqu’il franchit le seuil de la cabane. C’est un vieillard que l’on croit voir apparaître. L’ancêtre de lui-même. Chaque pas lui coûte. Chaque geste. Dans la pénombre il s’approche de la couche de la mère, s’apprête à s’y asseoir mais ses forces le lâchent et il choit lourdement sur les fesses. Le poids de son fardeau l’entraîne à la renverse. Il lui faut un temps infini pour se débarrasser du harnais. Une sangle a entaillé sa chair au-dessus du sein, un peu de sang a coulé.

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le garçon de Marcus Malte : pas un polar mais un suspense … peut-être hors sujet mais un coup de coeur !

 

 » Il y a longtemps que je voulais lire cet auteur, c’est mon premier, c’est un vrai coup de coeur, mon coup de coeur de 2016. Inclassable ! Un mixte de roman noir et de suspense au long cours, un road trip du début du XXème, bien au-delà des frontières de notre vieille France.
Cette chronique commence en 1908 alors que « l’enfant sauvage » sans nom et sans langage se trouve, par une promesse faite à sa défunte mère, jeté sur les chemins du sud de la France, à la manière de Süskind et de son Jean-Baptiste Grenouille en sens opposé. Au cours de ses cheminements il se fera adopter puis rejeter par une communauté vivant en quasi autarcie et nous aurons droit à l’hilarant tableau de la crèche de Noël. Puis viendra sa rencontre avec une réplique du « grand Zampano » de la Strada de Fellini qui fera une part de son éducation à la civilisation, toujours sans langage parlé mais tout en bon sens. La rencontre de bourgeois vivant de la culture de la pomme lui apportera la découverte de l’art, le bonheur et l’amour mais aussi le propulsera dans le désastre de la guerre. L’auteur nous fait alors penser à « la guerre » de Gabriel Chevallier avec ses descriptions de boucherie insoutenables. L’évocation de cette intrigue ne serait pas fidèle si je ne parlais pas des intermèdes historiques très documentés, nous faisant jeter un regard critique sinon sur la « lutte des classes » au moins sur les difficultés à survivre dans le monde rural de l’époque, nous faisant appréhender la guerre avec humanité dans le sens où les morts ont de noms et des visages et la cruauté aussi.
Belle galerie de personnages au cours de presque 500 pages, à découvrir entre deux thrillers de nos jours, pour son originalité et la plume de son auteur ! »

 

Et puis si vous n’êtes pas convainçu alors lisez l’avis de Ge notre porte Flingue sur Le Garçon c’est ICI

Le boucher du terril de Elmor Hell


Le livre : Le boucher du terril de Elmor Hell. Paru le 09 juillet 2018 aux éditions Ravet-Anceau. 9€ ; (128 p.) ; 17 x 11 cm.  

4ème de couverture :

Été 1979. Julie et Claude se retrouvent sur le terril 132 à Villeneuve-en-Gohelle, lieu prisé des amoureux en quête d’intimité. En pleine étreinte, les amants sont dérangés par Bruno, le frère de Julie. Couteau à la main, le visage impassible, il assassine Claude puis se lance à la poursuite de Julie. Elle ne survivra pas. Un psychopathe est né. Retrouvé par la police, Bruno est enfermé dans un établissement psychiatrique. Près de trente ans plus tard, une heureuse coïncidence lui permet d’échapper à ses geôliers. Guidé par sa soif de sang, il prend le chemin du terril 132. Pasquier, un policier chargé de l’affaire en 1979, se jette à corps perdu dans la traque de ce meurtrier sanguinaire. Parviendra-t-il à éviter le massacre ?

L’auteur : Natif de la région parisienne, Elmor Hell a l’amour de l’écriture depuis l’adolescence. Amateur de polars et de littérature fantastique, il baigne aussi bien dans l’univers d’Edgar Allan Poe ou d’Howard P. Lovecraft, que dans le monde de Stephen King. Il apprécie depuis toujours les films d’horreur. Picard du côté maternel, il est marié à une ch’ti et père d’une petite fille. Il vit aujourd’hui au cœur du bassin minier du Pas-de-Calais. Avec Le boucher du terril, il signe son premier roman et rend hommage à sa région d’adoption et à son genre de prédilection, le slasher.

Extrait :
 « -Te voilà enfin ! fit Claude Capet en repassant la première. J’ai cru qu’il te laisserait jamais sortir ce soir.
Julie soupira.
-Il a intérêt à me foutre la paix , j’te l’dis ! Il est mal placé pour me donner des leçons. Mais , de toute façon , il est sorti , et c’est pas Franck qui va me dire quoi que ce soit , il est trop content que j’m’en aille pour se bécoter avec sa nouvelle nana.
Claude tourna au coin de la rue et prit la direction du chemin rural qui bordait un petit terrain vague en lisière du terril, dont la forme conique au loin se détachait sur le ciel noir étoilé.
C’tait souvent là que les jeunes aimaient se retrouver pour fumer des cigarettes, boire des 1664 et se tripoter en cachette.
-C’est quand même dingue que Bruno fasse autant sa loi comme ça, dans ta famille. Franck est l’aîné…Il devrait taper du poing sur la table. »

  

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Le boucher du Terril de Elmor Hell :

Alerte coup de cœur !

 

« Au nord c’étaient les corons ,

La terre c’était le charbon ,

Le ciel c’était l’horizon,

Les hommes, des mineurs de fond »

Impossible de commencer cette rubrique sans rendre hommage à mon nord natal avec cette magnifique chanson de Pierre Bachelet …

Dans le bassin minier du nord, Julie 16 ans, se prépare à sortir avec son amoureux, Claude 20 ans, pour fuir la misère quotidienne. Julie , dont le père est en prison après avoir battu sa maman, qui en était d’ailleurs décédée, vit avec ses frères et sœur. Mais surtout avec Bruno, qui depuis son plus jeune âge présente des troubles psychiatriques et des accès de violence sur les animaux en particulier.

Julie et Claude se rendent sur le terril, lieu de rencontre des adolescents en quête d’intimité. Tout se passe à merveille, le couple respire le bonheur. C’était sans compter Bruno qui, ce soir, avait envie de sang …

Le pauvre couple va en être la victime.

Bruno, sera donc interné. Jusqu’au jour, où, il parviendra à s’échapper …

Pasquier, flic, qui 30 ans plus tôt avait été chargé de l’enquête sur le meurtre du couple, est rappelé de justesse avant sa retraite …La traque commence .

Thriller digne de ce nom puisqu’il rassemble suspens, intrigue, tueur en série, victimes multiples …

Scènes parfois gores telles qu’on les aime ! Polar addictif !!!!!!

Pour ce premier roman , l’auteur signe un petit chef-d’œuvre ! Petit de part son nombre de pages mais pas par sa qualité !

L’auteur m’a initié à un nouveau genre pour moi, le slasher, un style qui met en scène les meurtres d’un psychopathe, généralement masqué, qui élimine méthodiquement un groupe de jeunes individus, souvent à l’arme blanche.

Digne d’un vrai film d’horreur, ce livre va vous tenir en haleine jusqu’à la dernière minute et même après puisqu’une suite est sous-entendue pour mon plus grand bonheur .

Encore une fois , je souligne la qualité des ouvrages de cet éditeur ! je suis toujours subjuguée par ces polars en OR ou NORD !

Ps : ces deux dernières photos illustratives de la bande d’amis qui se retrouvent sur le terril typiquement chti comme évoqué dans le livre !

Terminus de Jonathan Theroude


Le livre : Terminus de Jonathan Theroude. Paru le 23 mai 2018 aux Editions Nouvelle Bibliothèque. 18€ ; (221 pages) ; 12,9 x 1,3 x 19,8 cm.


4ème de couverture :

Vincent Kaplan avait tout pour être heureux. Une situation professionnelle, une vie de couple épanouie et une fille merveilleuse. Mais il a tout foiré. Par faiblesse. Ou par vanité. Ou par stupidité peut-être… Une lente descente aux enfers commence. Mais la vie est faite de rencontres. Parfois salvatrices. Une lente remontée vers la lumière s’opère alors. Non sans difficulté. Non sans doute. Non sans appréhension. Le prix du chemin de la rédemption. Peut-être… Il renoue, doucement, avec tout ce qu’il a perdu. Et des ténèbres surgit la lumière. D’abord une faible lueur d’espoir. Ensuite, une folle promesse de retrouvailles avec sa fille, Marie, perdue de vue depuis si longtemps. La vie est faite de rencontres. De bonnes et de mauvaises. Au bon moment ou au mauvais moment. Pour le meilleur et le pire. Pour le meilleur ou le pire.

L’auteur :  Un profil atypique. Autodidacte, il se définit comme un « gamin des cités» . « De mes souvenirs, personne ne lisait dans ma famille. Cela m’est venu vers l’âge de dix ou onze ans. Le tout premier ? Jules Verne !» Une évidence pour cet enfant à qui l’on répétait souvent qu’il était sur la lune ou dans les nuages. «Le chemin a été long et il y a quatre ans, je me suis lancé un défi qui est devenu un projet. Écrire ! Mais pour cela, j’ai dû travailler d’arrache-pied, moi l’ancien gamin paumé, non diplômé ! »
Extrait :
« Tu te souviens comme on était connes à l’époque. On était tellement impatiente d’avoir nos règles que le jour où c’est arrivé, on a cru que c’était le plus beau jour de notre vie ! En vrai, je suis sûre que c’est une connerie que l’homme a inventée pour nous faire chier ! »

 

Les Lectures de Maud :

« Terminus » de @Jonathan Theroude


Un très bon premier roman où l’on suit l’évolution de Vincent des enfers vers la lumière. Une histoire très captivante, on s’attache très vite à ce personnage principal qui, à cause de ses bêtises, a tout perdu et a sombré. Ce retour à la vie est très bien exploré et très bien amené. Le lecteur est imprégné par la vie de Vincent, il ressent sa volonté de remonter la pente. Les flash-backs permettent aux lecteurs de comprendre le pourquoi il en est arrivé là.
De multiples événements vont effectivement faire basculer la vie de Vincent, certains mériteraient d’être légèrement plus approfondis afin que l’on comprenne l’impact sur Vincent et sur sa vie.
Une écriture addictive et soignée, on est entraîné dans cette lecture. Une fin qui, comme je l’avais souligné pour Sandrine Colette, très originale où je trouve que soit on en dit trop soit pas assez, mais qui reste très inattendue et surprenante. L’auteur a habilement su emmener son lecteur à vouloir tout connaître de Vincent. Un très bon premier livre.

Je remercie les @Editions Nouvelle Bibliothèque pour leur confiance et vous souhaite bonne lecture.

Comme des bleus d’Alex Laloue et Marie Talvat


Le livre:  Comme des bleus d’Alex Laloue et Marie Talvat, paru le 12 avril 2018 chez Plon collection Sang neuf. 17€90, 324 pages.  13,4 x 2,8 x 20,3 cm.
 
4ème de couverture:
 
 Un meurtre sordide à Paris. Un jeune flic et une jeune journaliste. Tous deux ont moins de trente ans et doivent faire face à une enquête compliquée. Nos deux bleus partent à la chasse au tueur et se font avoir. Des erreurs de jeunesse qui pourraient avoir des conséquences fâcheuses. Mais ils sont têtus. Ils ne lâchent pas l’affaire…Paris, novembre 2016. Le sordide assassinat d’une femme enceinte secoue l’opinion publique. La brigade criminelle est sous pression. Il faut dire que tous les ingrédients du scandale sont réunis : une victime, fille d’un ténor du barreau, des élections qui approchent et une presse qui se déchaîne.
Dernière recrue du groupe chargé de l’enquête, Arsène Galien est tout de suite plongé dans le grand bain. Il compte bien profiter de cette affaire pour gagner la confiance de ses supérieurs. Quant à Pauline Raumann, jeune journaliste voisine de la victime, elle se serait bien passée d’être mêlée à cette enquête, qui fait ressurgir des démons oubliés.
Les deux novices ont des idéaux et des incertitudes plein la tête, tandis qu’une irrésistible attraction les pousse toujours plus près l’un de l’autre. Ils vont finir par se laisser emporter dans une affaire hors du commun, à la poursuite du pire des tueurs.

Les auteurs:  Marie Talvat et Alex Laloue ont tous deux vingt-huit ans. Couple à la ville comme à la plume, ils signent ici leur premier roman. Après des études de journalisme et de médiation culturelle, Marie s’est fait connaître sur YouTube avec sa chaîne  » L’Instant inutile  » (près de 40 000 abonnés). Quant à Alex, il a démarré il y a peu une carrière de policier au sein de la prestigieuse police judiciaire parisienne.
Extrait:
On fait partie de cette génération qui n’arrive pas à se gérer elle-même sans un tag facebook, mais en qui les « adultes » mettent tant d’espoirs qu’il va bientôt nous être demandé, chacun dans notre domaine, de rendre le monde meilleur. Et ça nous terrifie

 

Le OFF de OPH

« Comme des bleus » de Alex Laloue et Marie Talvat chez Éditions Plon Sang Neuf: Itinéraire d’un futur succès littéraire.

Voilà une lecture qui me tenait particulièrement à cœur… Quand j’ai vu Alex au détour des allées de St Maur en Poche, je me suis demandée ce qu’il faisait là! Je l’avais perdu de vue depuis deux ans environ. Et pourtant… Nous nous sommes connus en 2012 lorsqu’il a fait sa formation de réserviste.Je l’ai ensuite aidé pour l’oral du concours de gardien de la paix (il avait le potentiel et juste quelques détails à travailler pour l’oral)… Je garde d’Alex l’image d’un touche à tout, capable de beaucoup de choses. Mais de là à l’imaginer auteur!
Pourtant il signe ici son premier roman avec sa chère et tendre Marie, et quel roman.

« Comme des bleus » est le premier polar d’une nouvelle génération d’auteurs, bercés par les maîtres du genre. Pour autant, aucun copier-coller, une véritable identité, un air de fraîcheur mais avec une certaine gravité et une grande maturité.

A la suite d’un assassinat sordide, Alex et Marie nous entrainent à la suite d’ Arsène alias Lupin, jeune flicard au 36 et Pauline, jeune journaliste d’investigation. Les deux se remettent d’histoires sentimentales difficiles et se noient dans les bras des premiers venus pour oublier une solitude que ni les réseaux sociaux, ni le travail ne peuvent combler.
En cherchant à faire la lumière sur ce crime odieux, ils nous offrent leurs points de vue d’une enquête mais aussi des relations humaines et nous achèvent avec un final surprenant.
L’intrigue est bien construite, pas de temps mort, une narration rythmée par des chapitres qui alternent la vision de « Lupin » et la vision de Pauline, chacun nous apportant, outre l’avancée des investigations, leur vision d’une société « mac do »: une société de consommation rapide, le regard sur leur génération, le développement des relations virtuelles qui a entraîné l’incapacité chronique à échanger avec ces semblables IRL, le poids des générations précédentes.

« On est une belle brochette de jeunes cons qui débarquent dans la vie avec l’ambition de tout bouffer et le manque d’expérience de ceux qui n’ont jamais eu une seule assiette devant eux. […] On fait partie de cette génération qui n’arrive pas à se gérer elle-même sans un tag facebook, mais en qui les « adultes » mettent tant d’espoirs qu’il va bientôt nous être demandé, chacun dans notre domaine, de rendre le monde meilleur. Et ça nous terrifie […]
On fait parti de la génération Y, parait-il. Je pense surtout qu’on fait partie d’une génération pour qui tout est plus facile. On chope sur internet, on fait du shopping sur son smartphone, mais le moindre contact humain nous effraie […] »

L’écriture est jeune mais pas dans le sens péjoratif du terme, elle est fraîche, percutante, différente de ce que l’on a l’habitude de lire avec des auteurs plus âgés (attention on ne se vexe pas!). Elle est de grande qualité et en cohérence totale tant avec l’histoire qu’avec le contexte temporel. Elle colle à l’âge des personnages, à leur état d’esprit, à ceux qu’ils sont.
L’alternance de narrateur sur les chapitres permet de s’imprégner des personnalités de chacun des personnages et d’avoir une double vision de l’enquête et de leurs sentiments. Et si je connais moins Marie, en revanche je peux vous garantir qu’il y a beaucoup d’Alex en Arsène « Lupin ».
D’ailleurs ce jeune « bleu » et sa douce Pauline sont des personnages qui vous marqueront, car le reflet fidèle de leur génération. Alex et Marie leur ont donné vie comme Gepetto a pu le faire avec Pinocchio: ils sont palpables, visibles, touchants, et il est difficile de les quitter une fois le roman refermé.

« De cigarette en cigarette, Arsène me raconte tout ça sans filtre. Pris dans son histoire, je crois qu’il ne remarque même pas qu’il vient, en passant, d’avouer qu’il m’a déjà déshabillée plusieurs fois en pensée. Sa candeur a quelque chose de rafraîchissant. Après tout, qui sont-ils ces chorégraphes des sentiments qui ont décidé que la danse de l’amour devait répondre à la loi du secret? … »

Cette lecture m’a fait rire, sourire, pleurer… Je ne peux que féliciter Alex pour sa description du monde « police », tellement fidèle à la réalité.
Merci Alex et Marie pour ce beau roman qui fait son entrée dans mon top 10 des lectures 2018, pas par amitié non, mais par sa grande qualité.
Ecrire à quatre mains n’est pas un exercice facile. la manière dont vous avez choisi de le faire donne force et originalité à votre roman. Il me tarde de lire la suite maintenant!

Ce premier roman de la nouvelle génération est à découvrir!!!

Juste après ta mort – Christophe Gresland


Le livre : Juste après ta mort de Christophe Gresland. Paru le 2 juin 2018 aux Editions Incartades.  20 € ; (401 pages) ; 22 x 14,5 cm

4ème de couverture :

En pleine nuit d’été, un terrible incendie criminel détruit les locaux du quotidien Le  Temps, attentat dont est victime Marc Wrinkler, son rédacteur en chef adjoint. Le journaliste renommé laisse derrière lui une femme, Marie, dont il était séparé, mais aussi Florence Daubigny, sa spectaculaire maîtresse.

L’attentat touche en plein cœur la presse nationale et risque d’avoir de terribles répercussions pour le gouvernement français, qui mobilise ses meilleures équipes pour trouver les responsables.

Mais Antoine Delcourt, avocat à succès et meilleur ami de Wrinkler, reçoit des mains de Marie un message de l’au-delà du journaliste. Wrinkler se savait menacé car il menait une enquête à haut risque impliquant dans un scandale politico-financier international une des plus hautes personnalités de l’Etat.

Dés lors, Delcourt, courant après le temps, va tenter de renouer les fils du passé de son ami, un homme aux mille tentations dont les fréquentations ne pouvaient que menacer son existence…

 

L’auteur : Christophe Gresland, devenu chef d’entreprise après une carrière dans l’assurance, est un lecteur compulsif. La tête remplie de l’univers des 10 000 livres qu’il a déjà lu, il se prend au jeu de l’écriture. Lecteur et conseiller littéraire aux Presses de la Cité pendant 6 ans, il crée le site Le Tourne page, avec pour objectif de faire la promotion de la lecture et du livre en général. Juste après sa mort est son cinquième roman.
Extrait :
«  – Ok Ok ! Jette un coup d’œil sur les fichiers que se trouvent sur la clé. Ces gens sont à considérer avec attention…Si tu en vois un qui pointe le bout de son nez, tu te mets immédiatement en mode alerte maximum, compris ?
Il balance la cigarette à moitié fumée dans son verre à whisky.
–          Bon, arrêtons les pleurnicheries, il est temps que je te quitte, Antoine… Pour toujours ? Mmmmm…j’ai un petit doute, peut-être qu’on se retrouvera là-haut… (Il dresse son index vers le plafond.) Ou plus probablement de ce côté-là… (il oriente son pouce vers le plancher.)
Wrinkler envoie un grand signe d’adieu à la caméra puis il se penche et la vidéo s’interrompt, laissant Delcourt pétrifié. Ses pensées et ses sentiments sont à cet instant si confus qu’il en ressent un malaise physique…Veiller sur tes deux femmes, mon vieux ? Mais tu me refiles une tâche de merde ! Les protéger ? Mais de quelle menace ?  Quand ? Et pour quelle raison ? »

 

L’accroche de Miss Aline

Juste après ta mort – Christophe Gresland

 

Marc Wrinkler retourne au bureau où il a oublié son Mac et tombe sur un incendiaire. Pourquoi veut-on brûler son bureau ? Il en a une vague idée et cette idée partira en fumée avec lui.

Antoine Delcourt va hériter bien malgré lui de la « vague idée ». Il n’a pas vraiment le temps de pleurer son meilleur ami. Ce dernier lui a confié une mission : veiller sur ses deux femmes car la menace est là. Antoine va devoir fouiller pour savoir de quoi il retourne et venger son meilleur ami.

Il va mettre à jour un  scandale politico-financier qui ne te scandalise pas tant que ça : ainsi va le monde … malheureusement !

Par contre, tu es marqué par cette amitié indéfectible qui force le respect. Aller au bout, tenir ses promesses, être là pour ceux qui restent, effacer ta propre peine pour soutenir les autres.

Lors de ta lecture tu es frappée par le contraste entre ces deux hommes. L’un se livrant à toutes les addictions, l’autre ayant une vie rangée. L’un papillonnant, l’autre fixant sa vie en oubliant son amour de  jeunesse. Et pourtant une amitié forte les lie. Ne dit-on pas que les contraires s’attirent ?

La lecture se fait au rythme des recherches d’Antoine : pas à pas,  méticuleuse, en observation. Le tout dans une fluidité qui ira crescendo sur la fin.

Erreur que de penser que l’affaire va suivre son cours et que dans les dernières pages la solution te sera apportée sur un plateau. C’est sans compter sur la surprise que te réserve l’auteur. Pourquoi tu n’y as pas pensé ? Surement trop focalisé sur l’avancée des recherches d’Antoine !

J’ai aimé la fluidité d’écriture, la personnalité forte des protagonistes. J’ai éprouvé de l’empathie pour Antoine qui laisse sa peine en retrait. J’en ai eu un peu moins pour Marc qui a vécut sa vie sur la corde raide jusqu’à se quelle casse.

Je remercie Christophe GRESLAND de m’avoir permis d’entrer dans son univers. Merci également aux Editions Incartades pour ce SP.

Bonne lecture !

 

Rouge armé de Maxime Gillio


Le livre : Rouge armé de Maxime Gillio. Paru le 2 novembre 2016 chez Ombres Noires. 19€ ; (347 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Rouge armé

Patricia, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes qui, dans les années soixante, ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté du Mur quarante ans plus tôt et accepte de lui raconter son enfance, son arrivée à l’Ouest, son engagement…

Mais certains épisodes de la vie d’Inge confrontent Patricia à ses propres démons, à son errance.

Leur rencontre n’est pas le fruit du hasard.

Dans les méandres de la grande Histoire, victimes et bourreaux souvent se croisent. Ils ont la même discrétion, la même énergie à se faire oublier, mais aspirent rarement au pardon.

L’auteur : Maxime Gillio est né en 1975, père de trois enfants, a travaillé douze ans dans l’Éducation nationale avant de réaliser qu’il n’aimait rien tant que le calme et la solitude. Depuis, il s’est reconverti dans l’édition. Mais il a quand même gardé sa tribu, pour son plus grand bonheur.
Extrait :
Elle ne répond pas, car elle sait, mieux que quiconque, que j’ai raison. Les gens de ma génération ont vécu l’édification du Mur et les années de guerre froide comme le plus gros traumatisme de leur vie. Familles déchirées, décimées parfois, la suspicion permanente, des frères qui deviennent des étrangers, les cicatrices qui ne se referment pas.

La Kronik D’Eppy Fanny

ROUGE ARME DE MAXIME GILLIO AUX EDITIONS OMBRES NOIRES

J’ai découvert cet auteur à la lecture de ce roman. Ce livre m’a bouleversée par la force du récit et sa maîtrise, ainsi que le sujet abordé. Il m’a permis de découvrir une page de l’histoire de l’Allemagne qui m’était totalement inconnue et d’éclairer mon regard sur plusieurs périodes très sombres de ce pays voisin.

Contexte historique : Où l’on apprend qui sont les Sudètes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État. Cela donna naissance à des rancœurs réciproques, les Tchèques considérant les Allemands comme des colonisateurs et usurpateurs, les Allemands voyant leurs concitoyens comme des « gens arriérés ». Rancœur exacerbée lorsque les sudètes soutiendront majoritairement Hitler.

En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales.

Pour éviter de futurs démantèlements de la Tchécoslovaquie, le président Edvard Benes édite des décrets qui expulsent du territoire tchécoslovaque la quasi-totalité des minorités allemandes et une bonne moitié des minorités hongroises, confisquant leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclama pas de dommages de guerre à l’Allemagne et à la Hongrie vaincues. La loi tchécoslovaque distingue la citoyenneté selon le Droit du sol (par définition tchécoslovaque) de la nationalité selon le Droit du sang : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom ou autre : dans ces États, « nationalité » ne signifie pas « citoyenneté » comme en France. Les deux sont mentionnées séparément sur les documents d’identité et d’état-civil et il est alors aisé de déterminer quels sont les citoyens destinés à l’exil sur la base de leur « nationalité ».

L’expulsion des Sudètes s’étalera sur trois ans, de 1945 à 1947. Ce sont les municipalités qui, dans les faits, sont chargées d’identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de transit puis conduits par train vers l’Allemagne. À la grande surprise de la plupart des observateurs, les Sudètes n’opposèrent que très peu de résistance à leur déplacement. Cela peut s’expliquer par le profil démographique des expulsés : les femmes, les enfants et les vieillards sont rarement à l’avant-garde des insurrections populaires.

Où l’on découvre un pays meurtri, un mur s’ériger et des familles divisées.

Où l’on parle de la fraction Armée Rouge et de la bande à Baader, également au cœur de cette histoire.

J’ai appris beaucoup et les informations lues ont éclairé et réveillé des souvenirs d’enfant.

L’histoire :

Tchécoslovaquie – 1943 : Anna, une jeune femme mère de deux garçonnets, mais avant tout une Sudète. Le village gronde, jalouse. La rancœur enfle. Et pourtant elle se pensait intégrée mais elle paye l’adhésion de son mari qui combat sous les couleurs Nazies.

Le vent tourne, la guerre se termine et les comptes se règlent. Chèrement pour les plus faibles.

Les Sudètes sont dépossédés de leurs biens (lorsqu’ils ne sont pas tués) et jetés sur les routes (femmes, enfants, vieillards) en direction des camps. Beaucoup meurent de faim et de froid en cours de route et il est à se demander s’ils ne sont pas les plus chanceux.

Anna se retrouve emprisonnée dans un de ces camps. Par amour elle « donnera » son fils afin qu’il survive. Elle-même survivra à l’innommable ainsi que l’enfant qu’elle porte et lorsqu’elle sera libérée, tentera de retrouver ce fils « donné ».

1961, le mur qui s’érige et divise un pays et des familles :

Extrait page 128 : Il avait raconté ses patrouilles le long de la frontière, ses tours de garde, la caserne, et surtout, avec un ton comploteur, il avait énuméré les consignes qu’on leur imposait : stopper la progression des fuyards par tous les moyens, quels que soient le sexe et l’âge des fugitifs.

Puis nous voici dans les années 1970 avec la Bande à Baader :

Extrait page 277 : L’assassinat du banquier Jurgen Ponto a été l’élément déclencheur. Mais comment expliquer au grand public que ce meurtre n’était pas prémédité ? Que ce ne devait être qu’un enlèvement, qui a tragiquement dégénéré ? Après autant d’attentats et de morts, un énième communiqué de presse fera-t-il la différence auprès d’une opinion publique qui les soutient de moins en moins ?

2006 – Patricia est journaliste et elle enquête sur les personnes qui ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté il y a 40 ans. Elle accepte de se raconter. Un jeu de chat et de souris se met en place car la rencontre n’est pas fortuite et les fantômes de Patricia ne la quittent pas. Mais qui est le chat ?

Une histoire qui nous entraîne dans ses différentes périodes de l’histoire de l’Allemagne qui se croisent et s’entrecroisent. Qui nous parle de vengeance, de bourreaux et de victimes dont les rôles sont parfois interchangeables. De pardon et d’oubli jamais.

Ce live est une magnifique découverte et je ne peux que vous encourager à vous y plonger au plus vite.

Pour ma part j’ai hâte de rencontrer Maxime sur un salon afin d’échanger avec lui. Il m’a offert un moment de lecture d’exception. Un vrai coup de coeur !

 

 

Les Initiés – Thomas Bronnec


Le livre : Les Initiés de Thomas Bronnec. Paru le 15 Janvier 2015 aux éditions Gallimard. 15€50 ; (256 pages). 22,5 x 1,6 x 15,5 cm. Paru le 19 Janvier 2017 aux éditions Folio. 7.25euros. 304 pages. 17,8 x 10,8 cm

4ème de couverture :

Panique à Bercy. Touché par la crise, le Crédit parisien est sur le point de sombrer. La plus grande banque française a besoin d’un plan de sauvetage en urgence, mais son patron se heurte à l’intransigeance d’Isabelle Colson. La ministre de l’Économie, symbole de la gauche revenue au pouvoir, juge ce plan trop favorable aux banques. Au milieu de ce champ de bataille où la politique tente de reprendre ses droits face au monde de la finance, Christophe Demory, directeur de cabinet d’Isabelle Colson, refuse de choisir son camp. Jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par son passé, après la découverte d’un cadavre dans la cour de l’Hôtel des ministres.

L’auteur : Thomas Bronnec est rédacteur en chef adjoint délégué de L’Express.fr, en charge de l’animation de la home page. Il est l’auteur de Bercy au cœur du pouvoir, paru chez Denoël en mars 2011, et il anime le blog « Les Couloirs de Bercy ». Il est journaliste à L’Express, puis travaille à France Télévisions à partir de 2012.
Extrait :
« Depuis près de trente ans, il avait bâti un édifice unique basé sur une philosophie très simple : ce qui est bon pour le Crédit parisien est bon pour la France. Il avait noué dans le monde politique et dans celui de la haute fonction publique des liens privilégiés avec les personnes qui comptaient, ou qui allaient compter. Il s’était très rarement trompé. Dès le début de leur carrière, il allait voir ceux qu’il appelait les « jeunes talents » et il leur faisait son numéro de charme. C’était la première étape du piège qu’il tissait patiemment autour d’eux, jusqu’à ce que leur communauté d’intérêts avec lui et la banque soit devenue trop étroite pour qu’ils puissent dévier de la ligne.

Pour lui, le bonheur de l’humanité passait par le bonheur de la banque. De sa banque. Il était sincèrement persuadé que le système français, où les élites formées dans les mêmes écoles atterrissaient ensuite dans tous les centres de décision du pays, et baignaient dans un entrelacs d’intérêts objectifs, était le meilleur, et il avait décidé de le sécuriser à son profit.»

Les Lectures de Maud :


Un thriller, dans les couloirs du pouvoir. J’ai été entraîné dans cette enquête afin de comprendre, pourquoi ce cadavre ? A cet endroit ? Si comme moi, c’est une question qui vous taraude, allez-y, découvrez la vérité à travers ce livre, mais s’attendons-nous vraiment à cette réponse ?
Des personnages bien décrits, leurs fonctions et leur mécanismes bien expliqués, leur position et leur caractère assumés. Quand certaines affaires refont surface, avec des enjeux qui remontent jusqu’au sommet de la pyramide, quels subterfuges vont être élaborés ? Le tout afin que les lignes de conduite fixées et les objectifs ne s’en trouvent inchangés.
L’auteur, grâce à un style d’écriture journaliste, donne à son œuvre un rythme effréné. Il nous embarque dans le « Off » de Bercy et dans les couloirs du pouvoir, où se mêlent à la fois, stratégies et arrangements. Les complots y sont rois et règnent en maîtres absolus. Jusqu’où iront ces hommes et ces femmes influents afin de contenter leur projet ou d’honorer certains « retours d’ascenseur » ? 
J’ai adoré me plonger dans cette histoire, où le complot siège en place centrale, la fin m’a bluffée. J’irai très prochainement découvrir les autres livres de l’auteur. 

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter


Le livre : Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter. Traduit par Céline Leroy. Paru le 9 mars 2016 aux Editions Cambourakis. 24€ ; (381 p.) ; 21 x 14 cm.
Réédité en poche chez 10/18 le 2 mars 2017.  8€40 ; (451 p.) ; 18 x 11 cm

 

 
4ème de couverture :
 
Lorsqu’il rencontre Jaime sur les bancs de la fac, Charlie en tombe immédiatement amoureux. Elle est bien meilleur écrivain, mais c’est lui qui décroche un prix et ambitionne d’écrire le «Moby Dick de la guerre ». Dans le sillage charismatique du couple, déménagé à Portland, une bande d’écrivains se forme. Au tournant des années 1950-1960, tous rêvent de succéder à une Beat Generation agonisante. De la Californie à l’Oregon, entre succès éphémères et échecs cuisants, ils écument les bars de la côte Ouest et font le deuil de leurs illusions. 
 
 L’auteur : Né en 1931, Don Carpenter a passé ses premières années en Californie. Son premier roman, Sale temps pour les braves, publié en 1966, a connu un énorme succès public et critique et l’installe dans le paysage littéraire américain. Pendant douze ans il travaille comme scénariste pour Hollywood, et fera de cette expérience la matière de plusieurs de ses livres. En trente ans, il publiera une dizaine de romans et de recueils de nouvelles. Il met fin à ses jours en 1995. Un dernier verre au bar sans nom, son ultime roman, est publié après sa mort grâce au formidable travail éditorial de Jonathan Lethem. 
Extrait :
 Elle aimait Charlie, mais à bien des égards, c’était un grand bébé. Il avait le plus beau sourire qui soit, large, agréable, décontracté, le sourire d’un home qui avait vu du pays et qui aimait ce qu’il avait sous les yeux. Charlie était l’un des étudiants du département d’anglais vétérans de la guerre de Corée. Il écrivait un roman-fleuve sur ce qu’il avait vécu. Il avait beau être autodidacte, il était brillant et tout le monde pensait que du groupe seul Charlie avait le potentiel pour devenir célèbre. Rien de tout cela ne dérangeait Jaime. Elle savait qu’elle était meilleure que Charlie mais elle n’avait pas son expérience de la vie.
 
 

Les Emotions lecture de Cécile 

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter

 

Sur cette page, on parle de romans et d’auteurs, je me devais de vous parler d’« Un dernier verre au bar » sans nom de Don Carpenter.

 

Et pourtant, normalement, j’évite les romans centrés sur des écrivains bien trop souvent plus bavards que passionnants … Et l’exception à la règle est remise à « Un dernier verre au bar sans nom » de Don Carpenter. L’écriture est certes au centre de la vie des personnages mais pas que ; l’amour, l’ambition, la maternité comme la paternité y sont universelles et intemporelles dans ses luttes comme dans ses joies. En bref, un roman prenant qui voyage entre  la Californie et l’Oregon du début des 60’s avec quelques vérités corporatistes toujours d’actualité:

 

« Beaucoup de gens voulaient être écrivains et ils étaient jaloux. Il avait l’habitude qu’ils disent « : Au fait j’ai lu ton histoire » puis attendent qu’il leur demande comment ils l’avaient trouvée (…) : « Ecoute, c’était pas mal » ou une autre critique du genre »

 

« Elle avait oublié combien tout cela était déprimant. Elle avait vécu dans son monde imaginaire avec des gens qu’elle avait inventés qui agissaient selon sa volonté (… ) Mais elle revenait à la réalité où elle ne contrôlait plus rien » 

« Chaque livre est comme un enfant, et pas que d’un point métaphorique, car, dans votre cœur, les malheurs de votre enfant vous font terriblement souffrir. »

 Ce n’est pas un roman noir comme on l’entend généralement pas de crimes à part la mort des illusions des personnages, la cruauté de l’âme créatrice, et la torture de la petitesse d’un milieu littéraire étouffé par les ambitions de chacun.