Organigramme, Jacques Pons, une lecture commune ou « la Chronique Trio » 


Organigramme, Jacques PONS,

une lecture commune

ou

« la Chronique Trio » 

Le livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 septembre 2018 aux Editions Hugo Thriller. 19,95 € ; 384 pages ; 14 x 21

4ème de couverture :

Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion week, ce ne sont pas les mannequins, mais les cadavres qui défilent…

L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…

Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

L’auteur : Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour  lequel il reçoit le Coup de cœur RTL.
Organigramme est son premier roman.

Extrait :
« Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres. »

 » La Chronique Trio  » : La lecture commune de 3 flingueuses :

Alain Doucros a donné rendez-vous à nos deux flingueuses Clémence et Miss Aline autour d’un verre pour parler d’un nouveau roman Organigramme de Jacques Pons, Coup de cœur RTL.

Alain Doucros : Bonjour les filles, comment allez vous ?

Miss Aline : Bonjour Alain, merci pour cette invitation. On s’est permis d’inviter Maud à nous rejoindre. Ah, la voilà qui arrive.

Présentation et commandes faites, notre quatuor se met à parler bouquin.

Alain : J’ai cru voir que vous aviez toutes les trois lu Organigramme de Jacques Pons. Avec le recul, vous en pensez quoi ?

Maud : Le lecteur est de suite plongé dans les méandres de la Mode de Luxe, au sein de la marque très prestigieuse Louis Laigneau. Tous les stéréotypes de ce monde sont très bien dépeints sans être trop redondants.

Miss Aline : Avant ma lecture j’ai fait une photocopie de l’organigramme placé en début de livre. Pour annoter au fur et à mesure.

Clémence : Moi aussi j’ai fais ça. J’ai barré des noms au fur et mesure. Les morts qui ne peuvent donc pas être le tueur, et ceux qui me semblait innocent.

Miss Aline : J’ai stabiloté, relié tel ou tel personnage, annoter, regrouper…

Alain : L’ambiance, l’atmosphère du livre ?

Maud : La société va rapidement se sentir menacée et les employés vont tous tour à tour se soupçonner, s’observer, se méfier. L’ambiance se détériore, elle devient oppressante, insoutenable, les tensions montent jusqu’à être explosives.

Clémence : Le monde sans faille ou presque de la mode est rarement utilisé, dans les romans, ce qui rend ce livre original.

Miss Aline : Le monde de la mode est justement idéal pour traiter de ce thème : le harcèlement moral, la course à la performance, l’apparence relationnelle. Mais je suis d’accord avec Clémence, cela pourrait concerner n’importe quelle entreprise.

Alain : Et l’intrigue ? Bien ou on devine assez vite ?

Clémence : Je n’ai pas cessé de raturer, re sélectionner de nouveaux suspects. Effacer de nouveau. On peut dire que l’auteur cherche à nous rendre fous !

Maud : L’intrigue est bien ficelée, dynamique qui embarque le lecteur dans de nombreux rebondissements.

Miss Aline : Même en annotant tu te fais avoir. L’auteur te ballade entre le récit du tueur et la narration de l’histoire en elle-même. Quand tu penses qu’untel est  suspect, voilà qu’il se fait mettre hors course.

Alain : Je vois que ce livre à fait mouche.

Maud : Oui. Le thème du stress extrême, de la compétition au travail, avec ses causes et surtout ses conséquences, nous amène à également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail.

Clémence : Le thème de ce livre me touche personnellement puisque j’ai traversé des phases difficiles au travail par rapport à ma hiérarchie. La violence, le harcèlement, la pression sur le lieu de travail sont des phénomènes de sociétés qui, fort malheureusement, font de plus en plus de victimes. DRH oppressante, rumeurs, compétitivité extrême, sont omniprésentes dans le monde du travail. Un seul but : la rentabilité. Les entreprises brisent leurs salariés pour faire du chiffre.

Miss Aline : C’est vrai qu’Organigramme est la parfaite illustration de ce monde du travail qui devient fou. On t’en demande toujours plus dans le même temps aparti. On veut du résultat à n’importe quel prix. Tu ne peux pas suivre, la porte est grande ouverte. On répond à un monde de consommation toujours plus grand. Pour ce qui est des relations humaines c’est aussi un monde flou, faux. Tout est sur-joué. Organigramme pourrait être transposé dans bien d’autres univers de travail. Malheureusement.

Alain : Je vais devoir vous quitter les filles. En conclusion vous me conseillez de le lire cet Organigramme !

Maud : Oui, l’auteur signe ici un magistral premier roman avec une écriture vive, fluide et addictive.  Le tout avec un final magistral et théâtral. C’est un livre coup de cœur, à découvrir d’urgence.

Clémence : C’est un livre poignant, criant de vérité mais avant tout une enquête parfaitement menée d’une main de maître. Le final est époustouflant. J’ai du mal à croire qu’il s’agisse d’une première œuvre pour cet auteur très prometteur.

Miss Aline : Je suis du même avis. Bon rythme de lecture avec des chapitres courts. Avide de savoir la suite et tourne les pages … Le tueur qui nous livre son point de vue. Un univers oppressant bien analysé et détaillé. Même avec ton organigramme raturé, l’auteur a su te perdre dans les différentes personnalités que tu soupçonne tour à tour. Le prix Coup de cœur RTL est amplement mérité.

Alain : Je file les filles et l’addition est pour moi. A notre prochain rendez-vous c’est moi qui vous parlerai d’une de mes lectures.

Les flingueuses : Chiche !

Nous remercions les Editions Hugo Thrilleur, Célia et Jacques Pons de leur confiance.

Aline, Clémence et Maud

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Organigramme de Jacques Pons


Organigramme de Jacques PonsLe livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 Septembre 2018 aux Editions Hugo Roman, Collection Hugo Thriller. 19.95 euros. 380 pages. 14x21cm

4ème de couverture :
: Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochain fashion week, ce ne sont pas les mannequins mais les cadavres qui défilent…
L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…
Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un sérial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaitre de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

jacques ponsL’auteur : Né en 1981, Jacques Pons vit à Paris et travaille dans le milieu de la mode.

 

 

 

 

 

Extraits :
« Il rêvait Thierry la fronde, il s’est réveillé Thierry la frousse. Il a eu le mérite d’attirer l’attention, au moins. Le SUT n’est pas réputé pour sa pusillanimité. Une épine de plus dans le pied déjà meurtri de la direction. L’Inspection du travail de devrait pas tarder à faire sonner la cavalerie, et les liens prêts à rompre face à la menace de l’Institution.»

Les Lectures de Maud :

ORGANIGRAMME

Organigramme de @Jacques Pons


C’est de la dynamite !!! Le lecteur est de suite plongé dans les méandres de la Mode de Luxe, au sein de la marque très prestigieuse Louis Laigneau. Tous les stéréotypes de ce monde sont très bien dépeints sans être trop redondants. La Société va rapidement se sentir menacée et les employés vont tous tout à tour se soupçonner, s’observer, se méfier. L’ambiance se détériore, elle devient oppressante, insoutenable, les tensions montent jusqu’à être explosives. Les certitudes de certains vont être mises à rude épreuves.
Des personnages placés sur un organigramme vont peut à peu perdre de leur contenance et de leur superbe au fur et à mesure que les meurtres, disparitions ou menaces pleuvent. Les soupçons se portent sur différentes personnes, le flou total. Personne n’est à l’abris, tout le monde est visé, et se retrouve sans distinction au même niveau de « victime potentielle ». Pourtant des amitiés improbables vont naître. Qui peut bien en vouloir à tous les salariés et dirigeants d’une même société ?
L’auteur signe ici un magistral premier roman avec une écriture vive, fluide et addictive. L’intrigue très bien ficelée, dynamique qui embarque le lecteur dans de nombreux rebondissements, même lui enquête, s’interroge, personnellement je me suis bien faite avoir  Le thème du stress extrême, de la compétition, au travail avec ses causes et surtout ici ses conséquences, nous amène également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail. Un final magistral et théâtral ponctue ce livre cœur  à découvrir d’urgence !!

Je remercie les Editions @Hugo Thriller pour leur confiance

ORGANIGRAMME DED

 

 

Tags : Mode, Luxe, Stress au travail, jalousie, Thriller, Paris

 

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

La coupure de Fiona Barton


Le livre : La coupure de Fiona Barton. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Séverine Quelet. Paru le 13septembre 2018 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir. 20.90€  – (476 pages) ; format 21 x14 cm.                                

e-pub par éditions 12/21 : 13.99€  

 

 4ème de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

 

L’auteur :  Fiona Barton est journaliste et formatrice internationale dans les médias. De nationalité britanique, elle est née à Cambridge en 1957.
Elle a notamment écrit pour le Daily Mail (2005-2008), le Daily Telegraph (2002-2005) et a été rédactrice en chef du Mail on Sunday (1990-2002) où elle a d’ailleurs gagné le prix du reporter de l’année.
Fiona Barton est chef de projet à Fojo Media Institute depuis 2011.
Son travail de journaliste lui a permis d’observer les femmes des accusés lors des audiences et donné l’envie d’écrire « La Veuve » (The Widow, 2016), son premier roman, qui connaît un succès fulgurant dans plus de 30 pays.
Elle vit avec son mari près d’Abjat-sur-Bandiat en Dordogne depuis 2013.
son site ; Twitter

 

Extrait :
« À Cambridge, où elle l’avait rencontré, Will était spécial. Un garçon né pour réussir. Plus tard, elle avait plaisanté en racontant à ses collègues que le génie suintait par tous ses pores et qu’elle aurait pu en connaître le goût si elle avait léché sa peau.
–       C’est dégoûtant. Tu es sa servante, alors ? » avait répliqué avec une mine écœurée Erica, la greffière en chef du cabinet Bowen et Bailey.
Erica, elle, ne servait personne. C’était une féministe. C’était même marqué sur un écriteau sur son bureau, « Le sexisme est une maladie sociale », et elle ne ratait jamais une occasion de mettre son point de vue en avant. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

La coupure de Fiona Barton

Tout d’abord nous retrouvons Kate, journaliste qui avait permis dans le premier roman de Fiona Barton, d’élucider l’énigme de l’enlèvement de Bella. Toujours aussi âpre à la tâche, avec ses méthodes border line, elle va aller où la police ne pense pas aller, se mettre en difficulté pour trouver qui est l’enfant dont on a retrouvé le squelette. La narratrice c’est Emma, pleine de problèmes d’adolescence non résolus, on comprendra pourquoi au fil de ces presque 500 pages que l’on tourne avec avidité. Mais comment l’ADN de la petite victime peut-il correspondre à deux suspectes qui ne se connaissent pas ?

Flanquée de son jeune stagiaire, notre journaliste n’hésitera pas à remonter le temps, pour retrouver les potentiels témoins et suspects, avec la bienveillance de la police jusqu’à un certain point …

A une centaine de pages de la fin, quand le lecteur tient toutes les ficelles en main, il n’est pas au bout de ses surprises.

Un roman noir plus que polar, une noirceur bien britannique, plaisante à lire, qui assène quelques vérités sur le temps qui passe.

Lu en version numérique.

 

 Extraits
—————————
«    – Vous allez bien, Kate ? demanda Joe. Vous êtes un peu rouge. 
–       Ça va. C’est qu’il fait chaud ici, s’emporta-t-elle. —
–       Ah d’accord. 
Elle savait ce qu’il pensait. Ménopause. Et par ménopause, comprenez vieille femme irrationnelle qui a passé l’âge. Elle était furieuse qu’il juge son professionnalisme en fonction de son taux d’œstrogènes. Peut-être n’était-il même pas capable d’épeler œstrogène. Mais le sermon devrait attendre. Elle avait du travail. Elle se força à sourire et pensa à des choses rafraîchissantes pour évacuer la sensation de chaleur. Elle avait lu cette technique dans une brochure. Des foutaises sûrement, mais cela valait la peine d’essayer. »
—————————-
« Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, Charlie fut infidèle. Tout le temps. C’est le propre du musicien, semble-t-il. Mais cela ne signifiait rien, selon lui. Juste des filles comme ça, des groupies. Jude resta donc, accrochée à lui comme une moule à son rocher.
« Il me fait rire, il me rend heureuse, racontait-elle à ses amies. Il est drôle et je l’aime. »
Et c’était vrai, elle l’aimait. Il était le premier depuis Will à la fac à lui donner le sentiment d’être vivante.
Toutefois, elle ne le présenta pas à ses parents. Elle n’avait aucune envie que leur désapprobation entache son bonheur. Elle les informerait le moment venu, quand elle serait prête. Quand tout serait en place.
Parce que, voyez-vous, sa décision était prise : elle épouserait Charlie, coûte que coûte. Son horloge biologique se rappelait à elle et elle devait veiller à ce qu’il s’engage, c’était tout. »

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!

 

Inexorable – Claire Favan 


Aujourd’hui c’est double chronique.

En effet, nous voulions marquer le coup pour la sortie d’

Inexorable de Claire Favan 

Ce matin c’est Clémence qui nous donne son avis

Ce soir ce sera le petit avis de Kris.

Aussi aujourd’hui c’est Double Chronique


 

Le livre : Inexorable, de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Robert Laffont, collection La bête noire. 20€ ; (384 p.) ; 14 x 22,5 cm.

4ème de couverture :

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.

Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.

Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.

Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…

Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société.

 

Extrait :
« Je trouve dommage que les personnes qui ont des handicaps visibles ou, comme le mien, invisibles sauf au niveau du comportement soient aussi mal traitées et accueillies au sein de l’école. C’est comme si on subissait une double punition : notre état pas forcément toujours facile à gérer, et le poids malsain et cruel du regard des autres. »

 

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Inexorable, de Claire Favan :

 

Il est très difficile pour moi de débuter cette chronique, pour la simple et bonne raison que je ne veux pas trop en dire…

Ce livre qui commence avec une préface écrite par le fils de Claire Favan, Gabriel, est d’une force telle que les émotions m’ont submergées à sa lecture…

Grande fan de l’auteur, j’attendais son petit dernier avec impatience. Claire m’avait prévenu sur le caractère original de ce roman, très différent de ce qu’elle écrit d’habitude.

Claire est une reine inconditionnelle du thriller français et pourtant elle a réussi le challenge de changer complètement de genre avec ce roman noir mais surtout ce message d’amour…

Dès les premières lignes, que dis je, les premiers mots, j’ai su que ce livre serait différent.

J’ai vite compris que cette lecture allait me faire ressentir un énorme bouquet d’émotions.

Claire habituée aux tueurs en série de l’autre côté du globe prend place en France avec une histoire poignante que je ne vous livrerai pas tant il est important de le découvrir par vous-même.

La différence est ici le sujet primordial. Différence vécue et ressentie par Gabriel puis par Milo, tous deux enfants « uniques », pour qui le handicap est invisible et incompris.

Tous deux catalogués, montrés du doigt, moqués … Mais tous deux profondément aimés par leurs mères respectives.

Le livre aborde la relation mère/fils avec tant de vérité … On y découvre la force de l’amour maternel et l’ampleur des actes que peut faire une mère pour aider ou sauver son enfant.

Claire y dénonce le moule imposé par la société dans les rapports humains et la bêtise pouvant y être associée.

Mais attention, au-delà de ce témoignage criant de vérité, Claire Favan nous offre un roman noir où l’intrigue a tout son sens. On y retrouve ce que l’on aime dans sa plume les meurtres et la psychologie humaine.

On ressent l’importance des recherches effectuées et le vécu de l’auteur elle-même …

On ne peut que s’attacher aux personnages meurtris par les autres, ceux qui se croient supérieurs et se permettent de juger ceux qu’ils trouvent plus faibles.

Claire y dépeint les chocs émotionnels ou comment une situation tragique peut elle changer une personne ? Comment les événements faisant suite à une tragédie s’enclenchent et rentrent dans un engrenage infernal ?

Je n’en dirai pas plus car je ne compte pas vous dévoiler l’intrigue. A vous de lire ce livre et de vous l’approprier.

Il est très important d’écouter notre cœur au cours de nos lectures et je peux dire qu’Inexorable ne m’aura pas laissée indifférente.

Bravo à l’auteur pour ce pari risqué mais ô combien maîtrisé.

Je persiste et je signe, Claire Favan est bel et bien l’une de mes auteures françaises favorites.

Je remercie Claire et Sandrine pour leur confiance.

Apocryphe de René Manzor


Ce matin nous vous offrons une chronique duo

La chronique duo c’est un échange entre flingueuses.

Des Flingueuses qui papotent en nous donnant leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Aline et Danièle qui nous disent tout le bien qu’elle pense du dernier polar de René Manzor


Le livre : Apocryphe  de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy noir.  19€90 ; (400 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

 

@Marie Manzor

L’auteur : René Manzor est réalisateur, scénariste et écrivain. En seulement trois romans, il s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus le prix Cognac du polar francophone.

 

Extraits :
« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir »
« La mort est une voisine qui pousse à la confidence, un sérum de vérité infaillible qui oblige les hommes à faire le tri dans leurs mensonges. Sa présence en temps de guerre impose un compte à rebours qui fait tomber les masques et les postures. David était-il prêt à faire tomber les siens ? »

 

La Chronique Duo de Miss Aline Et Mamie Danièle

Apocryphe de René Manzor

 

Aline : je l’ai terminé cette nuit !!!

Dany : Et alors ? Ca décoiffe !

Aline : Rien à voir avec sa trilogie précédente. C’est un Apocryphe dans sur tout les plans

Dany : Ben non justement quand j’ai vu la couverture j’ai été très surprise. Non, je veux dire ça ne ressemble pas aux trois autres
Mais c’est tout de même un thriller

Aline : oui. Au début j’ai eu du mal à situer tout le monde : beaucoup de personnages.

Dany : J’avais mon carnet magique à côté de moi aussi pour suivre … d’autant que les références bibliques chez moi sont rares, à part la Divine Comédie et ça date !

Aline : Moi aussi j’ai pris des notes au début pour bien former l’organigramme.

Dany : oui il faut identifier les clans !

Aline : complètement.

Dany : ensuite tu es prise par l’action. L’intrigue et l’époque où ça se déroule importent beaucoup moins

Aline : oui tout à fait. Bien que cela soit moins important, les paysages, les lieux etc. sont bien décrits, tu t’y vois.

Dany : je me suis fait la réflexion aussi, le souci du détail, la précision … du vrai Manzor quoi !

Aline : exactement. Tu ressens la chaleur du désert, le froid des montagnes (à la fin).

Dany : et la tempête m’a bluffée

Aline : oui aussi

Dany : je me suis dit qu’il avait dû en vivre une dans le désert, car ça ne s’invente pas

Aline : il est scénariste ça aide.

Dany : autre chose qui m’a interrogée, bien sûr certains personnages et certains faits sont « probablement » historiquement fondés, cependant dans la partie fiction (la vie de David) est-ce que l’incendie de Nazareth a bien eu lieu, avec toute cette atrocité ?

On a un vrai roman de cinéaste et quel péplum !

Aline : oui c »est le mot que je cherchais péplum.

Dany : oui mais péplum musclé !

Aline : oui complètement.

Dany : J’aime beaucoup le personnage de Longinus, il m’a fait penser à Obélix sans potion magique, quand il se bat avec les Romains.

Aline : Longinus est particulier, pour moi c’est le fil rouge du livre, le personnage central.

Dany : oui je confirme … celui qui avoue ses erreurs et les répare ou du moins essaye

Aline : dans tout le livre il est question de s’accepter avec ses erreurs, de changement. Chacun y passe pratiquement.

Dany : Il y a pourtant certains indécrottables qui courent après la promotion ! Très actuel en fait !

Aline : bien sur. A se demander qui sont vraiment les fanatiques !

Dany : Pour ma part je me suis dit que les situations étaient tout de même très contemporaines …

Aline : il dénonce quoi ? L’arrivisme ? Le pouvoir ? L’apparence ?

Dany : le racisme, les guerres de religions au sens large, la domination des puissances sur les pays pauvres. La pax romana c’est bien une mondialisation organisée pour la spoliation des ressources.
L’esclavage … Il y a aussi des petits malins qui voient dans la collaboration avec l’occupant un moyen de s’enrichir …

Aline : de tout temps il en a été ainsi. Que dire de David ?

Dany : donc on peut dire que ce roman est intemporel …

Aline : complètement

Dany : David est en quête de son père et se construit dans la pire des situations pour un ado. Il n’est pas le personnage le plus marquant dans cette histoire … pour moi !

Aline : pour moi non plus. Pour moi il s’agit de Longinus. C’est en quelque sorte par lui que tout arrive : s’il n’avait pas percé le flan de Yeshua, s’il n’avait pas trouvé la maison de Mariamne, s’il n’avait pas été romain…

Dany : Moi aussi ! Et que penses-tu des femmes ! Sacrées nanas les trois !

Aline : tu parles de Mariamne, de Farah  et de ?

Dany : Mia

Aline : ah oui ! Le pouvoir est aux femmes, bien qu’à cette époque elles n’aient aucun droit sinon d’être soumises.

Mariamne est « le plus aimé »
Farah une esclave libre qui a du répondant tant physiquement que moralement.
Mia tout pareil ne se laisse pas mener.

Dany : C’est bien pour ça (et plein d’autres choses) que ce roman va bien au-delà d’une fiction historique !

Aline : on est d’accord

Dany : La 4ème de couverture est réductrice

Aline : beaucoup trop !

Mais la couverture est parlante

Dany : Qu’est-ce que la vérité ?

Aline : Apocryphe… chacun peut donner sa vérité. Selon qui tu es, comment tu te places, ce que tu cherches… tu places, interprètes les faits comme tu l’entends, pour qu’ils aillent dans ton sens.

Dany : A chacun sa vérité, ses convictions, après il faut parler des valeurs communes …

Aline : loyauté, courage, persévérance,

Dany : Ne gagnent en sérénité que ceux qui placent l’humanité en premier rang, même s’ils font fausse route dans leur parcours, ils devraient se retrouver au bout du compte

Aline : on est d’accord

Dany : P… Quelle philosophie … Monsieur Manzor je ne m’attendais pas à ça en ouvrant un roman avec une couronne d’épines sur la couverture ...

Aline : moi si un peu. La question est de savoir quelle est la question ? Je m’explique …

Dany : Oui, tu peux développer ?

Aline : A Rosny, Monsieur Manzor en parlant de sa trilogie m’a expliqué que dans chaque roman il essaie de répondre à une question. Que voulait-il dire dans ce roman ?
On peut changer quoi que l’on ait fait ?

Dany : Reconnaître ses erreurs et se racheter ?

Aline : oui

Dany : Mais … il faut faire ses preuves ou plutôt donner des preuves de sa bonne foi

Aline : oui en l’occurrence dans cette épopée biblique … Même si c’est un apocryphe, l’histoire est plausible pour tous les personnages.
Judas a trahi sur demande de Yeshua.
Le centurion clément pour la mise à mort
Caligula en empereur usurpateur et psychopathe.

Dany : Caligula c’est une réalité historique …

Dany : … Tu vois Aline, la confrontation des idées sur un roman amène des points de vue différents 

Aline : Je suis d’accord, je le dis toujours : autant de lecteur autant d’avis de ressenti
En tout cas dans le contexte actuel fallait avoir des couilles pour sortir un bouquin sur la religion même si c’est un apocryphe.

Dany : Certes. Au-delà de tout ça, Apocryphe reste un thriller, une fiction très agréable à lire. Le ton très actuel rend tout tellement plausible.

Aline : oui. Il y a du rythme. On est porté  par les scènes de batailles etc.

Dany : Des descriptions, on en a parlé mais remarquables.

Aline : exact

Dany : Pourquoi je dis « mais » ? Pas besoin …tout simplement remarquables !

Manzor parle de « comparution immédiate », « contre productif », « ses arguments qui faisaient sens » ça nous parle …

Aline : ouiii

Dany : Au bout des premières pages j’avais l’impression d’être devant une série TV dont j’aurai entendu parler des deux premières saisons et que je prendrai en marche au début de la troisième. Mais ensuite … un vrai plaisir de lectrice !

Aline : c’est ça un scénario comme tu disais tout à l’heure : péplum

Dany : Ben Aline on est d’accord sur ce coup ? Apocryphe à lire et Manzor à suivre …

Aline : complément d’accord. Il s’est sorti de sa zone de confort (polar classique) pour t’emmener là où tu ne pensais pas aller.

Dany : Ca c’est sûr … je ne m’y attendais pas du tout ! Il m’avait dit que son prochain (Apocryphe) ne se passait pas en Amérique, ni en Europe et que c’était un one-shot … en plus Manzor, il ne ment pas 
Il a dû sacrément se documenter pour arriver à ce niveau de précision … tu as vu ses sources ?

Aline : oui effectivement c’est un boulot titanesque

Dany : Tu avais lu les trois romans précédents ?

Aline : oui, adoré

Dany : Moi aussi !

Aline : le dernier te laisse sur le séant.

Dany : Je vais le voir en Décembre à Blaye et … tenter d’avoir des scoops pour la suite !

Aline : j’ai tenté à Rosny de savoir pour celui là. Il n’a rien lâché.

Dany : Pour le moment je digère celui-ci, je pense qu’avec le recul de nouveaux aspects vont m’apparaître ! C’est le pied de la lectrice !
Comment on procède pour cette chro ?

Aline : Si tu penses qu’on a fini, je fais la transcription cet après-midi au plus tard et te la passe pour validation

Dany : ben je pense qu’on est ok. Que pourrait-on ajouter de plus ?

Aline : Rien de mon côté !

Dany : ben moi non plus. Le mot de la fin pour fermer la discussion … à toi !

Aline : Remercier les Editions Calmann pour ce SP. Merci à Monsieur Manzor pour nous avoir fait voyagé et réfléchir.

Dany : Merci également  à Marie Manzor pour la photo de René …

Aline et Dany : Alors en bref : 

René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur,une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

Le Festival Sans Nom : Les P’tits Papiers de So


Le Festival Sans Nom c’est ce week-end.

Et nous serons quelques Flingueuses présentes sur place.

Aussi pour l’occasion et à double titre ( Flingueuse et Jurée) notre Sofia nous offre son avis et un petit rappel des polars en compétitions pour le prix FSN


 

Les P’tits Papiers de So

 

Le Festival sans nom, salon du polar à Mulhouse, se tiendra les 20 et 21 octobre 2018. Pour la deuxième année, ce salon attribuera un prix littéraire, prix décerné par un jury composé de 12 personnes.

Voici un petit récap des 8 romans en lice pour le prix :

 

 

Je t’aime Barbara ABEL- Belfond (03/05/18)

Je t’aime, ces mots qui peuvent être si doux, si chaud, celui qu’on murmure à l’oreille de l’être aimé, celui qu’on dit à son enfant en lui claquant un bisou sur la joue. Celui qu’on griffonne sur un post it. Je t’aime. Je t’aime c’est une histoire de femmes. De destins croisés. Maud, Solange, Alice, Nicole.

4 femmes, 4 personnalités, 4 histoires de vie. Et pourtant.

Barbara Abel sait rendre les personnages proches de nous, chacun d’entre eux nous ressemble ; et c’est qui les rends si attachant. Ce roman rappelle à quel point les choses peuvent être fragiles, que l’amour peut nous conduire à tout faire ou tout perdre. Et nous, qu’aurions nous fait. Chaque acte, chaque décision a une conséquence. L’effet papillon. Je t’aime c’est un cri d’amour, doux, chaud, terrifiant, glaçant. Barbara Abel maîtrise l’art de nous emporter dans son intrigue, de la vivre comme s’il s’agissait de notre propre vie. Et vous, qu’auriez-vous fait ?

 

Sauf Hervé COMMERE- Fleuve Noir (08/03/2018)

SAUF est de ces romans qui reste en vous. Une lecture douce, suave, savoureuse. Un roman qui se lit comme on déguste un grand cru. On le sent, on le goute, on le savoure. Il vous enivre. SAUF s’insinue en vous, doucement, lentement, avec douceur. Le premier chapitre à lui seul suffit à vous transporter, vous ne pourrez plus le lâcher. Hervé Commère vous fera voyager de Montreuil à la Bretagne, à la Norvège. Et quel voyage !

Chaque chapitre appelle au suivant. Chaque fin de chapitre est une vague d’émotions. Hervé Commère est un véritable chef d’orchestre, il entraîne le lecteur page après page dans une histoire de fou. Et quelle histoire !

Il est de ces romans qui met le lecteur dans sa bulle. Une bulle qui vous transporte haut dans le ciel. Très haut. Oui c’est cela, il vous emmène loin.

SAUF n’est pas un roman noir, il a tout pourtant d’un thriller dans son scénario. Sauf est un magnifique roman d’amours. Une ode à la vie.

 

Les fantômes de Manhattan– RJ ELLORY- Sonatine (07/06/18)

RJ Ellory a un talent fou, celui de raconter des histoires, celui de raconter l’Histoire.

Les fantômes de Manhattan c’est la rencontre du présent avec le passé, du passé dans le présent.

Les lecteurs habitués de l’auteur pourraient être surpris par ce roman, très différent des précédents. Il est en réalité le second roman écrit par RJ Ellory. De mon point de vue, le choix éditorial de l’éditeur (Sonatine) de publier les livres de RJ Ellory dans le désordre, est une véritable prise de risque, notamment pour cette dernière parution.

Alors bien sûr, nous retrouvons sa griffe, son style (après un premier chapitre plutôt lourd), les sujets qui lui sont chers, mais j’avoue avoir été décontenancée par cette lecture. Je lisais Ellory sans lire Ellory. Il m’a donc fallut avoir une autre approche de lecture, oublier ce que j’avais pu lire et tant aimé précédemment, comme si je découvrais cette plume pour la première fois.

Et quelle jolie découverte. Nous faisons connaissance d’Annie, libraire célibataire, dont la vie semble toute ordinaire, banale, sans saveur. Elle vit (subit ?) sa vie, une journée après l’autre, dans une routine. Chaque journée se ressemble, et pourtant, il lui manque quelque chose. Ce quelque chose, elle va le trouver dans ses rencontres, trois hommes en particulier. Il y a Jack, son voisin et meilleur ami, qui noie ses traumatismes de guerre dans l’alcool, Forrester, vieux monsieur qui lui apporte, sans crier gare les échanges épistolaires de son père et de sa mère, et enfin, David bel inconnu séducteur. Des personnages sensibles, lunaires et solaires à la fois, dont on ne peut se détacher.

Références historiques, quête de soi, sont une fois encore présents dans ce dernier opus, les fantômes de Manhattan vous accompagneront, collés à vos basques, ils vous plongeront avec grandeur dans la lumineuse noirceur.

 

Racket- Dominique MANOTTI- Les Arènes (21/03/18)

Librement inspiré de l’affaire Alstom, Dominique Manotti nous livre un roman Politico-économique où le lecteur sera plongé dans les méandres et les machinations financières, économiques, politiques. Une découverte pour moi, avec un sujet qui de prime abord, ne m’attirait pas. C’était sans compter sur l’écriture addictive façon journalistique de l’auteure qui nous dresse un bilan effrayant, déroutant, écœurant dans un roman où les protagonistes aux dents longues et acérées, se livrent un combat sans merci pour remporter le marché. Machination, meurtres, corruption sont au cœur de ce roman. Une lecture documentée, addictive, une enquête pour suivre le sujet et entrainée le lecteur rondement menée, qui saura vous apporter un regard plus éclairé sur le monde des affaires.

 

Power– Michael MENTION- Ed Stéphane Marsan (04/04/18)

Power est un roman inclassable. Il est de ceux qui vous propulsent au sommet et qui place l’humain au cœur du monde et de la société.

Power pourrait être le roman des BlackPanthers, le roman d’une génération, d’une époque, mais il n’en est rien. Lire Power, c’est se plonger dans l’Amérique des années 60-70, l’Amérique de Malcom X, Martin Luther King, l’Amérique noire. L’Amérique du destin. Celui de ces hommes et de ces femmes qui lèvent le poing pour défendre et prendre leurs droits, pour leur survie. La révolution est en marche.

Michaël Mention retrace ici l’histoire des Black panthers, histoire dont on a si peu parlé. Lire ce roman, c’est comme regarder un film en noir et blanc, avec une superbe bande son, une écriture visuelle parfaitement maîtrisée.

Power est de ces bouquins qui te donnent la dalle, la rage et qui te donne envie de foncer dans le tas.

Il est de ceux qui, après l’avoir lu, quand tu te lèves le matin te fait voir la vie autrement, qui te rappelle que l’histoire n’est pas lointaine, que l’époque n’est pas révolue, qui te font lever le menton, le poing

Ma Zad- Jean-Bernard POUY- Gallimard Série Noire (11/01/2018)

Jean-Bernard Pouy sait jouer avec la langue française, à la fois poète, puis comique, puis charretier, dans Ma Zad, il en sort un joli gloubi boulga ou une savoureuse tambouille. Lire Pouy, c’est tout cela à la fois, de l’émotion, de la drôlerie, de la satire, du brut de mots. Ma Zad raconte l’histoire de ce type là le mauvais jour, au mauvais endroit. Son refuge sera la ZAD. Mais quelle Zad ? Contestataire, révolté, Ma Zad est un (trop court) roman sociétal, j’aurai aimé en croquer un peu plus tiens….

 

 

 

Fantazmë– Niko TACKIAN- Calmann Levy (03/01/18)

Après Toxique, Niko TACKIAN met à nouveau en scène son héros Tomar Khan. Et quel héros. Un flic écorché comme je les aime, un gentil bad boy qui nous entraîne dans une enquête sombre, rythmée. Ahhh Tomar j’ai kiffé te suivre dans la poursuite du Fantazmë (le spectre en Albanais), dans les bas-fonds parisien. Une balade parisienne, noire, glauque, qui place le lecteur dans l’actualité. Proxénétisme, immigration, trafics en trame de fond servent l’intrigue avec brio. Tomar Khan gagne en assurance, en profondeur, et on a qu’une seule envie, le retrouver dans un prochain opus.

Nicko Tackian nous livre ici un polar efficace, avec du rythme et une écriture visuelle qui vous fait tourner les pages l’une après l’autre avec boulimie !

Féroce – Danielle THIERY- Flammarion (14/03/18)

Des ossements d’enfants retrouvés dans un zoo. Voilà qui place l’intrigue dans un cadre original. Danielle Thiery nous emporte dans la faune, humaine animale. Féroce, l’homme ou l’animal ?

Un thriller où se cotoient le mal, les monstres, les instincts primitifs. Des personnages très travaillés, étoffés, malmenés avec lesquels le lecteur se trouvera baladé d’un lieu à un autre. Cette balade pourrait donner le sentiment de se perdre sans GPS, mais le chemin est parcouru de petits cailloux qui vous conduiront là où l’auteure l’aura décidé, dans le sombre milieu de la pédophilie. Danielle Thiery maîtrise l’art de brouiller les pistes pour rabattre les cartes. Un thriller qui met du temps à se mettre en place mais qu’on finit par ne plus lâcher, cinglant, haletant, avec du rythme et une bonne dose d’émotions.

 

Alors lequel des ses 8 titres a remporté les suffrages de nos 12 jurés

Réponse Samedi  20 octobre à la Société Industrielle de Mulhouse

11h15 > Remise en public du prix littéraire 2018 du Festival Sans Nom / salle des dédicaces

 

No Trace – Pierre-Jean Verhoye


Aujourd’hui, deux flingueuses nous parlent d’un même titre.

Et c’est sous forme de papote qu’elles nous livrent leur double ressenti.

Aussi je vous laisse découvrir non pas la double chronique mais…

La Chronique Duo

 

Le livre : No Trace de Pierre-jean Verhoye. Paru 6 Septembre 2018 aux Editions les Nouveaux Auteurs. 18.95 euros. 550 pages. 14 x  21 cm

4ème de couverture :

Paris, Mai 2015 : jeune maman d’une petite fille de cinq semaines, Raja vient d’apprendre par la police l’assassinat de son conjoint à Londres lorsqu’elle assiste à la défenestration de sa voisine. Elle décide de partir avec son bébé, escortée par Goran, un policier peu causant, embarqué contre son gré dans l’aventure et peu habitué aux rythmes particuliers imposés par un nourrisson.
Au même moment à New York, Elizabeth, la mère de Raja, perçoit la menace qui plane sur sa fille et envoie via la Schizosphère un message de S.O.S. Cet appel au secours est intercepté par les serveurs informatiques d’une association confidentielle, baptisée No Trace, qui a développé des talents impressionnants en matière de collecte de données numériques. Son responsable, Théau, se lance alors à la poursuite de la jeune femme et du policier, avec pour objectif de sauver Raja.

L’auteur : Pierre-Jean Verhoye vit à La Rochelle. Après avoir consacré dix années à un projet entrepreneurial, il revient à l’écriture avec pour ambition de raconter des histoires différentes, riches en émotions, où ses personnages s’épanouissent au fil des pages.

Né en 1964, il a beaucoup écrit entre trente et quarante ans. En 2004, il a confié trois textes complets à Manuscrit.com (auto-édition), et « Débloque » a reçu le Prix du premier Roman Le Manuscrit-Métro 2005.
Il se consacre depuis 2015 à l’écriture d’une trilogie dont le roman No Trace constitue la première porte d’entrée

 

Extraits :
« Et je pense que les religions sont des supercheries, que l’homme pourrait enfin vivre heureux s’il acceptait de ne plus avoir peur de la mort. »
 » – Nous sommes au XXIème siècle et l’homme en est encore à engrosser la femme, qui porte un enfant dans son prpore ventre et qui l’expulsera dans un climax de sang, de douleurs, de fluides organiques dégueulasses, avec un cordon ombilical qu’il faut couper, un placenta qu’on fout à la poubelle, des chairs qu’il faut recoudre. Ça fait mal, c’est moche, c’est tellement loin de l’image que l’homme veut donner de lui, lui qui va être gêné parce que son ventre gargouille ou que son cul le gratte. Franchement, moi, l’humanité me fait pitié, elle se perd dans ses délires de nouvelles technologies.Elle désire se simplifier la vie, mais elle ne fait que se rendre de plus en plus vulnérable, de plus en plus fragile. » 

La chronique duo de Oph et Maud

Nos jumelles ont l’habitude de se retrouver autour d’un verre. Si vous les connaissez un peu, vous savez que quand elles se retrouvent c’est autour d’un mojito et qu’elles adorent discuter de leurs lectures. Ayant toutes les deux lu No Trace, c’est donc autour de leur boisson fétiche qu’elles ont échangé leurs points de vue.

Si Oph a adoré, Maud est un peu plus mitigée. Mais je vous laisse découvrir leur échange:

« Maud: Je suis perplexe. J’ai aimé mais quand même, certaines choses m’ont dérangées. Si la première partie est très rythmée, j’ai trouvé que le soufflet retombait dans la seconde et malgré une tite reprise dans la troisième, je n’ai pas retrouvé l’engouement que j’ai eu en début de lecture. J’ai du mal à accepter que personnes ne s’occupe du tueur et de Juliette! Et même si les explications sur ce qu’est NoTrace sont intéressantes, le fait de les avoir plusieurs fois par des personnages différents m’a donné l’impression de tourner en rond dans ma lecture.

Oph: Je n’ai pas eu ce sentiment de baisse de rythme, pas de manière aussi franche en tous cas. Les parties ont certes des notions temporelles différentes mais ça ne m’a pas gêné. Dans la première partie on suit les personnages à la minute près, dans la seconde c’est plus en jours puis des mois après… J’ai justement beaucoup aimé ces variations de temps dans ce roman, de même que les boucles temporelles. Revenir en arrière pour revivre les même choses avec le regard d’un autre personnage est intéressant, ça permet de leur donner plus de « coffre », de mieux les comprendre, de visualiser leurs blessures et leurs fêlures. Une façon pour l’auteur de les construire pleinement je pense.

Maud: Ah mais sur ce point je suis d’accord, ils sont bien construits, mais cette perte d’intensité m’a rendu certains d’entre eux plus fades au fil des pages.

Oph: Décidément, une fois n’est pas coutume, nous ne serons pas d’accord sur ce roman. J’ai au contraire ressenti la même force chez chacun d’entre eux. J’ai analysé leurs émotions avec leurs évolutions personnelles. D’ailleurs j’ai aimé le fait que Pierre-Jean Verhoye se soit servi de ces personnages pour faire de sacrées analyses de notre société. Que ce soit Goran avec l’évolution de la société ou Théau quand il explique le pourquoi il ne veut pas d’enfants. Attends je te relis ce passage, je l’ai trouvé tellement juste:

« On nous fait croire qu’on a un devoir de reproduction, que c’est un instinct incontournable qui va nous permettre de nous réaliser, que la procréation prolonge notre vie, qu’elle nous permettra de transmettre quelque chose de nous-même dans le futur. Mais tout ça ne tiens pas la route. Au bout du compte, il ne restera rien de notre existence, aucune trace […] Dans notre culture, les gens qui n’ont pas d’enfants sont suspects. Je le sais, je le ressens souvent.[…] Alors il faudrait balayer les conneries sur la sauvegarde de l’espèce. Nous ne sommes plus à l’Antiquité ou l’homme était un animal fragile, obnubilé par sa survie. »

Maud: C’est vrai qu’il traite de sujets complexes et de société, je te rejoins sur ce point.

Oph: Oui, mais aussi et surtout de la vie et et de la mort; en tous cas je l’ai perçu comme ça.

Maintenant que tu m’as dit ce qui t’avait gêné, qu’as-tu pensé de l’écriture?

Maud: De ce côté je n’ai rien à dire. L’écriture est addictive, malgré mes réticences je ne cessais de tourner les pages. Et puis il faut aussi souligner les recherches scientifiques qu’a fait l’auteur. Sur cet aspect c’est vraiment très complet sans pour autant être incompréhensible. Traiter un tel sujet est original et assez inédit sous cette forme. Mais quand même, que personne ne s’occupe de Juliette, ça m’a vraiment dérangé. Pour moi il manque l’enquête dans ce roman.

Oph: J’ai trouvé comme toi l’écriture addictive, avec un vrai style. Sur l’aspect scientifique je te rejoins également, mais pas sur l’aspect enquête qui ne m’a pas manqué.

En tous cas il me tarde de lire la suite maintenant!

Maud: Moi aussi, il me manque des réponses… Et j’ai besoin de les avoir. C’est une trilogie, il va nous falloir faire preuve de patience… Si on se buvait ce mojito en attendant 😉   » 

Fissions de Romain Verger


Le livre : Fissions de Romain Verger. Paru le 13 Mai 2013 aux Editions du Vampire Actif, Collection Les Séditions du Vampire. 13€16 euros ; (137 p) ; 18 x  12 cm.

4ème de couverture :

« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.

 

 

 

L’auteur : Après des études de Lettres et un Doctorat consacré à l’écriture onirique dans l’œuvre du poète Henri Michaux, Romain Verge enseigne trois ans à l’Université Paris X (Nanterre) puis dans le secondaire. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d’écriture. À partir de 1990 et jusqu’en 2003, il écrit et publie de la poésie. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d’encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse…
En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L’improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d’inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique.
Romain Verger a publié, depuis, deux livres aux éditions Quidam : Zones sensibles et Grande Ourse.
Extrait :
«Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.»

 

Les Lectures de Maud :

Un drame magnifiquement bien écrit et relaté à la première personne. Les personnages sont bien décrits, leur souffrance, leur caractère. Comment ce jour qui devait être le plus beau de leur vie va virer radicalement au cauchemar ? Comment la folie s’est immiscée dans leur couple ? Comment les drames familiaux, le vécu peuvent faire basculer une personne, une famille, que rien ne puisse soulager, aider, ni soigner.
L’auteur grâce à une plume littéraire et puissante à la fois, nous emmène dans ce roman noir, dramatique et où l’amour, l’amitié ne suffisent pas à rendre heureux les personnes. J’ai été bouleversée à la fin de ma lecture, du noir, de la violence, mais un livre magnifique que je recommande vivement.
Voyez par vous-même jusqu’où le narrateur est prêt à aller par Amour.

Découverte au Salon de l’Autre Livre – Paris 2018

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