Rivière tremblante – Andrée A. Michaud


Le livre : Rivière tremblante de Andrée A. Michaud. Paru le 19 septembre 2018 aux Editions Payot et Rivages, collection  Rivages/Noir. 21 € ; 366 pages ;  22,5 x 15,5 cm

4ème de couverture :

Août 1979. Michael, douze ans, disparait dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là  encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Marnie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 1979, commence alors une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

L’auteur : Andrée A. Michaud est née au Québec. Après des études de philosophie, de linguistique et de cinéma, elle entame une carrière de romancière. Elle est rapidement reconnue pour ses romans noirs très littéraires, entres Bondrée, récompensé par plusieurs prix aux Canada et en France : le prix du Gouverneur général (important prix littéraire) le prix Saint-Pacôme (dédié au roman policier), le prix Arthur-Ellis, le prix des lecteurs Quai due polar/20 Minutes et le prix Rivages des libraires.

 

Extrait :
«  Puisque j’étais vivant et pas encore totalement cinglé, j’avais pris mes jambes à mon cou, inconscient que la bête que je tentais de semer avait fait son nid dans mes entrailles, que l’homme est un putain de cheval de Troie transportant dans ses tripes tout ce dont il a besoin pour s’autodétruire et s’empoisonner la vie, à commencer par l’attirail de souvenirs tranchants qui lui lacèrent les flancs à chaque faux pas. On ne peut rien contre cette tumeur qui prolonge ses métastases du cerveau jusqu’au ventre. La seule façon de fuir sa mémoire, c’est de se faire lobotomiser. Je n’en étais pas encore là, mais il m’arrivait d’envisager cette option lorsque les heures s’étiraient dans tous les sens et que le cafard, avec sa flopée de pensées visqueuses, profitait de cet instant de stagnation universelle pour me sauter dessus. »

L’accroche de Miss Aline 

 Rivière tremblante, Andrée A. MICHAUD

Comment vous parler de ce thriller qui n’en est  pas vraiment un ? Bien sur, il y a disparition d’enfant, même deux  à trente ans d’intervalle. Bien sur l’enquête sera et est menée. Bien sur il y a aura soupçon de culpabilité. Mais l’essentiel de ce roman n’est pas là pour moi.

 Dans les deux premiers tiers du livre, on fait la connaissance de Marnie Deschamps qui voit disparaitre sous ses yeux son meilleur ami. Au moment des faits, ils ont une douzaine d’année. On va aussi côtoyer Bill Richard dont la fillette de 9 ans ne rentrera jamais de l’école.  Ce qui est le plus touchant, perturbant, déroutant c’est la façon dont l’auteur te fait vivre ça de l’intérieur. Dans la tête, le cœur, les tripes de Bill et Marnie. Ils vont vivre la disparition comme une descente aux enfers. Ils vont survivre au-delà des enfers. Ils vont s’enfoncer au plus profond d’eux-mêmes pour puiser la force vitale. Ils vont vivre leurs douleurs comme un gouffre infini, un trou noir qui absorbe tout.

J’ai plus d’empathie pour Bill dont la douleur se fait dans le souvenir permanent de Billie. Qui continue de lui inventer des histoires, qui garde son chat au-delà du raisonnable, qui lui donne l’éternité à 9 ans. Bill qui parfois s’effondre, où le trou noir manque de l’engloutir totalement. La douleur est  déchirante, béante, un puits sans fin dont aucun son ne peut sortir. Une douleur qui n’a pas de nom, pas de mot. Une douleur qui envahit chaque parcelle de son corps, de son cœur. Une douleur où Billie meurt à chaque fois.

Marnie est plus abstraite dans sa douleur. Elle n’a pas moins mal non, mais c’est tellement différent. C’est une douleur qui vient de l’enfance, qui est bercée par l’enfance. Elle y met tellement d’interrogation, de réponse formée et déformée. Elle était trop jeune à l’époque pour se « rendre compte » vraiment. C’est une douleur comme un souvenir comme une vieille peluche que l’on retrouve au fond d’un grenier et dont on  avait oublié la bouille. Elle aussi sombre dans ce trou noir qui de son côte ressemble plus à la folie.

Dans la troisième partie ces deux histoires vont se télescoper ou plutôt se frôler. Un enfant à disparu à Rivière-aux-trembles. Là encore, la lumière n’est pas sur l’enquête mais sur Bill et Marnie. Ils vont devoir faire face et revivre leur propre disparition. Où sont leur ami et fille ? Pourquoi, comment, par qui ? Le manège tourne sans cesse. Ne cessera-t-il jamais ? Jusqu’où va-t-il falloir aller pour avancer, juste avancer sans oublier ?

Bill et Marnie se sont deux souffrances comme deux étoiles dans le firmament qui ne pourront jamais se toucher. Ce sont deux mondes au bord du gouffre, deux cœurs vidés, une apnée constante.

L’auteur a un style d’écriture particulier en cela qu’il n’y a pas de dialogue à proprement dit. Il est inclus dans le texte, pas de tiret-à-la-ligne. Au début c’est déroutant puis tu comprends que tout se passe dans la tête de l’un et de l’autre. Comme si eux aussi se racontaient l’histoire.

Les phrases peuvent être longues. Là encore on s’habitue. Elles ressemblent à cette douleur pesante, lancinante, qui se traine et ne veut pas partir. Tu es emmenée malgré toi dans ce récit et tu vis cette descente dans les abysses  de la douleur. Tu voudrais les consoler, les bercer dans tes bras, mêler tes larmes aux leurs.

Je ne connaissais pas Andrée A. Michaud et c’est pour moi une magnifique découverte. Il n’est pas dit que je ne vous en reparle pas avec Bondrée ou Lazy Bird deux autres de ses romans.

Bonne lecture.

Publicités

[Anicroches].  de Jacques Saussey


Le livre : [Anicroches] :  Quelques petites taches de sang et autres histoires : 20 premières histoires noires, 1988-2007 de Jacques Saussey. Paru le 27 février 2016 aux éditions L’atelier Mosécu. 10€ ; 270 pages ; 12.5 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un point commun à ces 20 histoires : Tout aurait pu se dérouler sans accrocs. Une bande de résistants qui se cache dans la montagne pour échapper aux Allemands, un jeune homme qui arpente les quais de la Seine avec la rage au ventre, un vol de billets dans une armoire, un article dans un journal, un scoop exceptionnel à ne pas rater, quelques étages à monter dans un ascenseur vétuste, une exécution en bonne et due forme…

Oui, mais voilà, le destin est machiavélique. Un infime détail, et tout bascule. Et ça, dans la partition bien huilée de l’Univers, cela s’appelle… Des anicroches.

L’auteur :  Jacques Saussey est français né en 1961. Il commence à écrire en 1988. Il a actuellement onze romans à son actif, de Colère Noire à Le loup peint en passant par Enfermé-e. Tous sont édités au Québec et en France.
Ces histoires courtes sont issues du recueil éponyme de ses premiers textes, écrits entre 1988 et 2007. Il est devenu un auteur incontournable du noir français.

 

 

Extrait :
Chacun d’entre nous peut être concerné un jour par ce terrible fléau qui pousse chaque année plusieurs milliers de français à se supprimer. Nous verrons que les hommes et les femmes qui renoncent à la vie, pour les diverses raisons que nous évoquerons ce soir, n’appartiennent pas à une seule catégorie de population bien distincte.

L’arrêt sur image de Marc …

[Anicroches]. Jacques Saussey

 

Du fond de mon canapé, de mon petit coin de lecture, j’aime à l’occasion, changer de lecture et abandonner les romans pour lire des nouvelles. Je ne suis pas écrivain, mais j’ai l’impression que cet exercice est plus compliqué que d’écrire un livre de plusieurs centaines de pages. Faire en sorte que l’auteur accroche rapidement, distiller une atmosphère, raconter une histoire, et avoir une chute valable, le tout en dix, vingt, ou trente pages n’est pas simple.

Jacques Saussey aborde des sujets très variés, et ne reste pas cantonné à un thème ou une atmosphère unique. On enchaîne les histoires les unes après les autres, un peu comme un calendrier de l’avant qui offre une nouvelle surprise pour égailler notre journée.

Quelques petites taches de sang », la première nouvelle de ce recueil est juste géniale. On attend probablement plus de retenu dans les propos, de quelqu’un qui fait un retour de lecture. Mais ici je n’ai pas d’autre façon pour qualifier ce texte, qui a d’ailleurs été primé en 2002 aux « Noires de Pau ».

J’ai clairement pris autant de plaisir dans ces textes, que dans les romans de l’auteur. L’écriture est fluide, la lecture facile. La maitrise du format court est réelle, et pour ma part j’espère vraiment qu’un jour un deuxième volume verra le jour.

Récidive – Sonja Delzongle


Le livre : Récidive de Sonja Delzongle. Paru le 8 mars 2018 aux Éditions, Folio. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

New York, printemps 2014. Hanah Baxter, profileuse française qui traque les tueurs en série, est de retour chez elle après un voyage en Californie. Elle a assisté à l’exécution de Jimmy Nash, un meurtrier sadique qu’elle avait aidé à capturer et qui voulait lui faire une dernière confession. Peu à peu, des événements étranges envahissent son quotidien. De mystérieux appels anonymes retentissent à toute heure. Des réminiscences inexplicables hantent ses nuits. Et la terreur s’empare d’elle… Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. Le compte à rebours est enclenché, la confrontation sera inévitable. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on imagine…

 

L’auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

 

Extrait :
“Le brouillard s’intensifie, les chutes de neige redoublent. Il est 22h53. Le capitaine a les yeux rivés sur le rocher où se trouve le phare. Ses paupières brûlent. Une fraction de seconde, il croit distinguer une lumière. Enfin ! Mais aussitôt, une nouvelle nappe de brouillard la voile. Puis elle réapparait. Un faisceau lumineux qui passe de rouge au vert.
C’est lui, c’est le phare du Grand Jardin ! On est sauvé ! Exulte William Gregory. C’est le moment, la chance d’entrer dans la passe et d’arriver au port. Le capitaine donne ses ordres, la manœuvre délicate est amorcée.
Et soudain, le choc, d’une violence inouïe, dans un fracas épouvantable. La coque du navire se déchire sur les arrêtes des récifs sombres émergeant des flots à tribord. Les passagers sont propulsés dans tous les sens comme des pantins. Des têtes heurtent le sol, les tables. Le sang jaillit déjà sur le Hilda. Des étagères se décrochent vont s’écraser les unes sur les autres, des piles d’assiettes valsent, des vitres explosent. Des pleurs, des cris de détresse emplissent l’intérieur du paquebot. On cherche ses proches, on tombe, on tente de se relever, tombe de nouveau pour, parfois, assommé ne plus se relever.
Mary serre ses deux enfants contre elle, les battements de son cœur soulèvent sa poitrine. Elle sent les leurs sur son ventre. Elle sait qu’ils vont mourir. Tous les trois, ensemble.“

 

Le ressenti de Jean-Paul

Récidive de Sonja Delzongle

Bonjour à toutes et à tous…

 

J’avais déjà été emporté par Dust, et Quand la neige danse, dans Récidive, Sonja élargit l’univers de Hanah Baxter, par rapport aux deux autres tomes. Ici, les enquêtes prennent moins d’importances au profit d’une profondeur dans les portraits psychologiques des personnages. Le fil rouge du roman tourne autour de la famille de Hanah, son père bien sûr, sa mère, son oncle, mais il y aura aussi bien d’autres surprises.

Comme a son habitude, Sonja nous offre une très belle écriture, très différente des polars habituels. Une dose de poésie dans ses descriptions font aussi vivres les lieux.

Ici les côtes sauvages de la Bretagne…

C’est un univers très visuels. Sonja conçoit ses romans comme des scénarios. Les flash-backs récurants, les différentes histoires qui s’entrecroisent, chaque petit détail compte, ses descriptions sont pointues et méticuleuses. Les actions et les événements s’enchaînent les uns derrière les autres, ne laissant aucun répit aux lecteurs et ce jusqu’au final…

 

J’ai trouvé ce tome plus puissant que les deux premiers. J’ai ressenti une implication de Sonja peut-être “plus personnelle”. J’ai eu l’impression qu’elle y a mis ses tripes. Hannah est malmenée tous le long de ce roman, Physiquement et psychologiquement, et de thriller… j’ai glissé petit à petit vers un univers noir, sans concessions…

 

Bravo Sonja, c’est du grand art !!!

 

 

 Jab ! de KIM Un-Su


Le livre : Jab ! de KIM Un-su. Paru le 4 octobre 2018 aux éditions Serge Safran éditeur.Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet 17,90 € ; (221 pages); 14 x 21 cm. 

4ème de couverture :

Colère et incompréhension animent les principaux personnages de Jab ! À commencer par un lycéen qui se met à apprendre la boxe (Jab est un coup de poing direct) pour se venger de l’humiliation que lui a fait subir son professeur principal dans un lycée où les élèves sont menés à la baguette. L’incompréhension, c’est celle que ressent la victime des redoutables agents secrets de « L’Atelier d’écriture » ou le narrateur de « Fleurs séchées » face au suicide d’une amie d’enfance. Et on frise la folie face à des jeunes farfelus qui font le casse d’une banque et se retrouvent… « Prisonniers de la chambre forte » !

Autant d’histoires rocambolesques contées avec humour et tendresse par le plus malicieux de auteurs coréens

 L’auteur :  Kim Un-su, né en 1972 à Busan, commence sa carrière de romancier en 2002. Il a publié plusieurs romans dont Le placard (prix Munhakdongne 2006) et a reçu le prestigieux prix Yi Sang pour « Prisonniers de la chambre forte ». Ont été traduits en français « Prisonniers de la chambre forte » (éditions Cartouche, 2011), Le Placard (Ginkgo éditeur, 2013) et Les Planificateurs (éditions de l’Aube, 2016).

Extrait :
Notre école avait institué une règle absurde: nous devions nous arrêter à ses pieds et fermer les yeux un bref instant pour méditer sur notre avenir. Tous les matins, un professeur se tenait là, un bâton à la main, pour nous surveiller tandis que, pendant trois secondes nous baissions les paupières comme de vieux éléphants à l’agonie pour méditer sur les ambitions que nous étions supposés cultiver dans nos cœurs. Peu importait qu’elles fussent réalisables ou pas. A y repenser, le défilé de deux mille garçons méditant tous les matins sur leurs ambitions sous la surveillance d’un prof armé d’un bâton, ça devait faire un spectacle peu banal.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

 Jab ! de KIM Un-su 

Ayant développé depuis quelques mois, une attirance incontrôlable pour les séries coréennes en VO diffusées par un célèbre pourvoyeur dont le nom commence par un N, je voulais tout de même m’ouvrir mon obsession à d’autres arts. Quand j’ai vu qu’un auteur coréen reconnu faisait une conférence le 12 novembre dernier sur son travail et sur son dernier recueil de nouvelles, j’ai pris, sans hésiter et malgré les nombreuses zones horaires à traverser, mon ticket de RER A direction la Corée.

 Premier plaisir, me croire dans une de mes séries avec les sonorités d’une langue que je ne comprends pas mais que je commence à reconnaître ! Mais surtout écouter KIM Un-Su parler de sa Corée, de son travail. Amis auteurs de tous les pays quelques soient notre nationalité et notre culture, nous sommes bien tous une même peuplade contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire ! KIM Un-su raconte aussi une Corée que l’on devine avec la fiction, la pression sociale, l’ultra-compétitivité scolaire et au travail, le sentiment d’exclusion et l’alcool qui souvent joue un rôle pour endiguer les précédents.

 Et c’est ce que KIM Un-su aborde dans les six nouvelles de Jab!  en référence au coup parfait en boxe. De la première nouvelle où l’on suit un élève perdu devant l’injonction d’ambition que son école impose, à celle d’un canapé qui encombre à étouffer son propriétaire en passant par celle particulièrement sensible de cette jeune femme qui se suicide, c’est à la fois direct, sans fioritures, mais aussi élégant et finalement optimiste. La seule ambition déclarée de KIM Un-su ce soir-là était de nous raconter des histoires. Mission accomplie, j’ai adoré me plonger dans celles de ses anti-héros coréens mais finalement aux aspirations bien universelles.

Top 10 des lectures 2018 d’Ophélie


Top 10 des Flingueuse 2018

Le Top 13 d’Oph et d’Ophé lit

 

Coucou ma Ge,

Voici mon Top 10 qui est en fait un top 13. Trop difficile de choisir…

Voici donc le résultat:

Hors catégorie puisqu’en littérature blanche:

Les enfants du Dernier Salut de Colette Brull-Ulmann et Jean-Christophe Portes

L’histoire bouleversante de Colette, étudiante en médecine, juive, qui participera au réseau d’évasion de l’hôpital Rotschild. Seul hôpital à employer des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ce réseau sauva des centaines d’enfants issus du camps de Drancy.

En 1942, Colette a 22 ans et elle est étudiante en médecine à l’hôpital Rothschild de Paris. En fait d’hôpital, c’est plutôt l’antichambre de l’enfer puisque les Juifs qui passent par cet établissement sont ensuite envoyés dans les camps de la mort.

Face à l’atrocité de la situation, Colette intègre un réseau d’évasion qui permet aux enfants de l’hôpital d’échapper à la déportation. Car, si personne ne sait vraiment ce qui les attend, on connaît l’horreur du transport, entassés pendant des jours dans des wagons sans eau et sans vivres.

Pour sauver ces enfants, le réseau truque les registres ou déclare décédés des nourrissons que l’on fait sortir en passant par la morgue… Malgré les soupçons des Nazis et plusieurs arrestations, des centaines d’enfants sont ainsi sauvés. Dernier membre vivant de ce réseau, Colette témoigne dans ce document bouleversant et essentiel.
L’histoire de l’extraordinaire réseau d’évasion d’enfants Juifs à Paris.

La Chambre des Merveilles de Julien Sandrel

L’histoire touchante de Telma et Louis. Une histoire d’amour entre mère et fils, un roman plein d’émotions qui m’aura fait passer du rire aux larmes et qui ouvre les yeux sur les priorités de la vie.

Inattendu, bouleversant et drôle, le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves.

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

En littérature noire:

Je tiens à préciser que le classement est fait par rapport à mon ressenti et mes émotions et en aucun cas de part la qualité d’écriture, même si bien évidemment elle joue dans ce que nous transmettent les auteurs.

1– Elijah de Noël Boüdoü

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant…
Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras. Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres : Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.  Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ? C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.  Je suis devenu un monstre. Comme eux. Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

 

2- Power de Michael Mention

Écrit avec les tripes, ce roman se lit avec les tripes. Michaël a su m’emporter dans les sixties, au cœur d’une Amérique déchirée. De la naissance du Black Panther Party en passant par l’explosion de la soûl et du Funk, de la guerre du Vietnam aux hippies sans oublier Armstrong sur la Lune ou encore le tueur en série « Le Zodiac », tout les événements marquant de cette décennie ont été évoqués.

« POWER » est un grand roman, plein d’humanité. Il relate non seulement les années soixante aux Etats-Unis mais il est également très actuel. Sur l’ensemble du récit, l’évolution des mouvements politiques mais aussi la radicalisation de certains personnages vers les extrêmes rappelle ce qui se passe dans notre société aujourd’hui: la montée des haines raciales, l’intolérance, la peur de la différence.

 

Power

Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève.

  1. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

 

3- L’Affaire Rose Keller de Ludovic Miserole

L’affaire Rose Keller est une exo fiction, une fiction créée à partir d’éléments réels. Ici il s’agit donc bien d’un roman noir puisque l’Affaire Rose Keller est le premier évènement à avoir mis sur le devant de la scène le Marquis de Sade et ses pratiques très controversées. J’ai été fascinée par ce livre et à plusieurs titres.
J’ai découvert un Marquis de Sade philosophe. Si d’aucun ne retienne de cet homme que ses pratiques sexuelles et ses écrits sulfureux, beaucoup oublient que Sade était non seulement homme de lettres, mais aussi d’esprit. En racontant cette histoire, Ludovic a fait le choix de rester totalement objectif, de ne pas tenir compte de ses ressentis par rapport à cet homme. Il nous livre donc un Marquis, allergique à la religion et à tout dogme, qui développe à plusieurs reprises sa vision de la liberté et de ses idées, et j’avoue que je suis encore, une fois ma lecture achevée, pensive.
Vous l’avez compris, ce livre est pour moi un énorme coup de cœur. Le travail de Ludovic est remarquable et doit être remarqué.

L’affaire Rose Keller

Rose Keller est sans emploi depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.

En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter quelle se dirige tout droit vers l’enfer.

Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera « le divin marquis »…

 

 

4- Enfermé.e de Jacques Saussey

Virginie est née dans un corps qui n’est pas le bon. Née femme dans un corps d’homme. Le rejet du Père, les brimades à l’école, les jugements… l’ont conduite dans l’enfer carcéral.
Enfermée dans un corps qui n’est pas le sien, enfermée en prison, enfermée par les comportements abjects des Autres, Virginie sera enfermée de nombreuses années.
C’est sous la plume délicate, poétique mais aussi brute; c’est à fleur des mots de Jacques Saussey que j’ai lu l’histoire de Virginie. C’est les larmes dégoulinant le long de mes joues, la vue souvent brouillée, le cœur révolté que j’ai lu l’histoire de Virginie.

 

 » Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. « 
Jacques Saussey aborde magistralement dans ce roman noir social un sujet peu connu : être transgenre dans une prison pour hommes.
Partenariat avec l’association Acceptess-T.
Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…
Prix Saint Maur en Poche 2017.

5- Boréal de Sonja Delzongle

Boreal est certes un thriller, glaçant au sens propre comme au figuré, l’intrigue est passionnante et largement documentée, mais Boreal est tellement plus qu’un thriller.
Au travers de tes mots et de l’histoire des personnages, Sonja a su évoquer des sujets puissants, parfois douloureux, avec une empathie incroyable sans jamais tomber dans le pathos.
Elle y évoque avec pudeur mais de manière si juste le « désir d’enfant », désir ou non d’ailleurs, le sacrosaint instinct maternel que nous devrions toutes ressentir dès l’annonce d’une grossesse; les relations mères-enfants quelques soient la forme de cette maternité: enfant naturel, enfant adopté, enfant désiré ou non…

Un roman à fleur de mots que nous offre l’auteur, pour notre plus grand bonheur.

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

 

6- Mort Point Final de Frank Klarzcyk

Une tuerie, au sens propre comme au figuré, voilà ce que je dirais de ce roman si je devais le décrire en un mot.
Au sens propre parce que les morts se cumulent au fil des pages, au figuré parce que ce livre regroupe tout ce que j’aime dans le roman noir.
Tout d’abord l’ambiance: sombre, angoissante, pesante. C’est la peur au ventre et l’angoisse étreignant mon cœur que j’ai tourné les pages sans pouvoir m’arrêter.
L’écriture: tranchante, précise, enrichie par un vocabulaire soigné mais aussi précisément choisi. Un style sobre mais mis en valeur par de nombreuses références culturelles, et des figures de styles savamment dosées.
Du rythme: alternance de chapitres courts et longs passant du passé au présent dans une partition que Franck, en chef d’orchestre, nous impose sans fausse note.

Un putain de bon thriller!

Mort point final

« La majeure partie des lycéens se mirent à écrire, d’autres firent mine de rédiger, se demandant encore si tout cela était réel. Peut-être que le canular allait soudainement prendre fin et que Cindy et Bertrand allaient se relever en riant de la blague qu’ils venaient de faire à leurs camarades. »

Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie n’était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint-Denis, où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur !

L’angoisse, le drame, le suspense saisissent le lecteur là où il ne les attendait pas.

7- Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Peu de personnages sont aussi puissant que le géant de brume.
Peu de flics m’auront autant marquée que Stan et Sarah.
Peu d’ambiances sont autant ressenties sans en passer par des descriptions interminables.
Peu de villes deviennent des personnages à part entière comme Détroit l’est dans ce roman. Une ville de Détroit qui ,après avoir connu l’âge d’or, se meurt et entraîne dans sa déchéance tous ceux qui la peuplent.

Sarah et Stan, Le Géant de Brume, des personnages qui m’ont pris dans leurs bras et enveloppés et il m’a été difficile de les quitter. J’aurais aimer leur poser des questions, leur parler tant Jérome a su leur donner une existence propre, au delà des mots.
Si dès le début du roman on assiste à l’arrestation du Géant de brume , le récit à rebours dévoile son lot de surprises et une fois le roman clos il m’a fallu un peu de temps pour digérer les dernières lignes.

Détroit a perdu ses repères. Ses habitants l’abandonnent. Ses enfants disparaissent.

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.

Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?

L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Une intrigue magistralement entrelacée jusqu’à la fin, bouleversante.

 

8- Les Démoniaques de Mattias Köping

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est ressentir des émotions : frissonner en lisant un thriller, pleurer de joie ou de tristesse sur un policier, rire à toutes formes d’humour… bref : vibrer
Rares sont les lectures qui m’ont autant permis de le faire. C’est le cas des Démoniaques.
Je n’ai pas été choquée contrairement à ce que certains lecteurs avaient pu me dire, sans doute de part mon expérience professionnelle, mais j’ai été bousculée par le melting pot d’émotions que j’ai ressenti au fil des pages.
Mattias Köping, en orfèvre des mots, décrit, avec une précision quasi chirurgicale, les émotions de ses personnages, au point de nous les faire ressentir pleinement. De la peur, à la haine en passant par l’excitation, le manque, la douleur ou l’espoir, j’ai, pour ma part, partagé chacun des ressentis de l’ensemble des protagonistes de ce roman choc.

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au coeur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au coeur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Dans un thriller à la densité paroxystique, Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

9- Les jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes

Au delà de tous les sujets traités, du travail remarquable autour de la psychologie tant de l’enfant que de l’adulte; au delà de la construction précise et admirable des personnages qui vous hanteront un petit moment, il y a l’intrigue.
Le rythme et la tension montent crescendo au fil des éléments que Sandrine distille habilement, nous renvoyant d’une piste à l’autre, bousculant nos soupçons pour en faire naître d’autres, multipliant les possibilités pour nous amener vers un final surprenant.
Dans la catégorie thriller, « Les jumeaux de Piolenc » flirte avec la perfection.

Les Jumeaux de Piolenc

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël.

Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

 

 


10- Guerilla Social Club de Marc Fernandez

J’ai retrouvé l’écriture dynamique et punchy de Marc que j’avais découvert dans Mala vida. Un roman qu’il m’a été difficile de lâcher. Pas que le suspens y soit haletant, nous ne sommes pas dans du thriller, mais la manière qu’à Marc de nous raconter cette histoire d’hommes et de femmes, combattant de la liberté, m’a transporté.

« Il existe des petites histoires dans la grande Histoire, des exodes et des péripéties personnelles, des trahisons, des victoires et des échecs intimes qui n’ont pas leur place dans les manuels scolaires. » Cet extrait de la préface du roman est le reflet d’une des facettes de « Guerilla Social Club » : des trajectoires individuelles au cœur de l’Histoire collective.
Cette préface, elle m’a donné la chair de poule. Victor Del Arbol, son auteur, y explique, tout en lui rendant hommage, comment Marc, au travers de ses romans, attire notre attention sur des événements moins connus de l’Histoire. Des événements qu’on ne raconte pas dans les manuels scolaires, mais des événements, des histoires personnelles qui ont changé l’Histoire
Plus fort, plus puissant encore que « Mala Vida », « Guerilla Social Club » touche et interpelle.

Guérilla social club

Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.

Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martin. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.

Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

11- Comme des Bleus Alex Laloue et Marie Talvat

Comme des bleus  est le premier polar d’une nouvelle génération d’auteurs, bercés par les maîtres du genre. Pour autant, aucun copier-coller, une véritable identité, un air de fraîcheur mais avec une certaine gravité et une grande maturité. Un switch final inattendu et une vraie tendresse pour ces deux jeunes auteurs.

Comme des bleus

Paris, novembre 2016. Le sordide assassinat d’une femme enceinte secoue l’opinion publique. La Crim’ est sous pression. Il faut dire que tous les Ingrédients du scandale sont réunis : une victime, fille d’un ténor du barreau, des élections qui approchent à grands pas et une presse qui se déchaîne.

Dernière recrue du groupe chargé de l’enquête, Arsène Galien est immédiatement jeté dans le grand bain. Entre doutes et excès de zèle, il compte bien profiter de cette affaire pour gagner la confiance de ses supérieurs. Quant à Pauline Raumann, jeune journaliste voisine de la victime, elle se serait bien passée d’être mêlée à cette enquête, qui fait ressurgir en elle des démons oubliés.

Reflets d’une génération en quête de sens, les deux novices ont des idéaux et des incertitudes plein la tête. Alors qu’une irrésistible attraction les pousse toujours plus près l’un de l’autre, ils vont se laisser emporter par une affaire hors du commun, à la poursuite du pire des tueurs.

Le premier polar de la génération Y

Akowapa de Sébastien Vidal


Le livre: Akowapa de Sébastien Vidal. Paru le 26 octobre 2018 aux éditions Lucien Souny collection Plumes Noires. 7,90 euros; 334 pages; format 18 x 11 cm.

 

4ème de couverture:
Un fourgon de transport de fonds est attaqué par trois hommes. Butin : un million-deux-cent-mille euros en petites coupures qui étaient destinées à alimenter les distributeurs de billets de la région. Mais le braquage, s’il a bien réussi, prend une tournure barbare et dégénère dans ses grandes largeurs. Un vieil homme mauvais comme la gale, son fils soumis, une jeune femme indépendante et rebelle et d’autres personnes peu fréquentables mais très intéressées par le magot vont interférer et évoluer en milieu hostile, dans une nature foisonnante et isolée. Dans ce récit crépusculaire, l’adjudant Walter Brewski est une nouvelle fois embarqué dans une enquête âpre et plus noire que la nuit.Des personnages ordinaires, floués par la société, chercheront juste à prendre une revanche sur la vie. Ils tomberont d’abord dans la spirale de la colère, de la trahison, de la haine, puis dans une folie meurtrière.
L’émotion et la violence humaine surgissent des personnages avec une portée dramatique exceptionnelle.
Un suspense permanent.
Un seul personnage féminin qui apporte lumière et humanité.
Une aventure où la violence et la cupidité se disputent le premier rôle.

L’auteur: Sébastien Vidal est un romancier français né en 1971.
Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze).
Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque « Les Fantômes rebelles » puis « Les clandestins de la liberté » en 2011 et 2012.
En 2017, Sébastien Vidal se lance dans le monde du polar avec le premier volet de sa « trilogie des Sentiments Noirs » : Woorara. A suivi ensuite Carajuru fin 2017. Akowapa est le dernier volet de cette trilogie.
Extrait:
« Le duo qui s’aventurait dans le devers était guidé par des sentiments noirs. Colère, haine, rancœur, cupidité, chacun de ces sentiments avait parcheminé leur peau et leurs cœurs secs d’avoir trop aimé la violence. »

 

 

Le OFF de OPH

Akowapa de Sébastien Vidal

 

 

En ouvrant Akowapa, j’ai retrouvé la plume noire mais ô combien littéraire de Sébastien Vidal et suivi Walter Brewski et sa légendaire Brera dans cette nouvelle enquête.

Chronique d’un chef d’œuvre de littérature noire.

Sébastien m’avait déjà surprise par son style avec Carajuru, deuxième opus de sa trilogie des sentiments noirs.En effet, ses romans font partis des œuvres de littérature noire qui mettent en valeur la langue française. Il use et abuse de toute la richesse de son vocabulaire, nous obligeant à conserver près de nous un petit larousse ou son cousin le petit robert.

Il sculpte son œuvre à la force de ses mots et nous livre, une fois encore, un petit bijou.

L’écriture seule ne suffit pas me direz-vous, il faut aussi une bonne intrigue dans un roman policier. Là encore, c’est un sans faute. Sébastien, en ancien gendarme, dispose de l’expérience nécessaire à la construction d’une intrigue efficace. Une intrigue qui, ici, commence à rebours puisque l’histoire débute par la découverte de corps puis reprend ensuite au jour où tout a basculé: un fourgon de transport de fonds est attaqué. Mais le braquage, s’il a bien réussi, prend une tournure barbare et dégénère dans ses grandes largeurs.

Si en première lecture Sébastien nous offre une histoire sombre, a contrario il nous décrit une Corrèze lumineuse avec ces paysages où le Dieu Béton et l’Homme n’ont pas encore pris le dessus sur la nature. Une nature où il décrit chaque lever de soleil comme un tableau dont Gaïa serait elle-même le peintre. Un bel hommage à sa région et à la nature dont on sent qu’elles lui sont vitales.

Comme dans ses précédents romans, Sébastien évoque la violence des sentiments que sont la haine, l’amour, la manque, la colère… mais aussi leur complexité. Il utilise également son intrigue comme vecteur pour faire entendre ses appels: il dénonce l’échec des politiques et leur immobilisme, il décrit les non-sens existant dans la gestion des forces de sécurité intérieures et plus particulièrement celle qu’il connait le mieux: la gendarmerie. La politique du chiffre, le manque de moyens humains, l’absence de réflexion quant à des schémas d’intervention désuets.
Enfin il nous parle de ce monde « tout-connecté » qui relègue, trop souvent, au second plan, les relations humaines.

J’entends encore régulièrement que la littérature noire n’est destinée qu’au grand public, qu’elle n’est pas assez « littéraire » pour les bobos et bien-pensants qui ne jurent que par les prix prestigieux qui garnissent leurs bibliothèques. Je vous invite donc à lire Sébastien Vidal chers accros à la blanche élitiste, et à constater par vous-même que la noire est pourvoyeuse d’auteurs ô combien talentueux.

AKOWAPA est un roman puissant, un roman qui marque, un roman coup de cœur.

Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras l’ange de Sandrone Dazieri. Paru le 18 mai 2017 chez Robert Laffont dans la collection la Bête Noire. 21€50 ; (597 p.) ; 23 x 14 cm. Rééditée en poche le 16 mai 2018 aux Editions Pocket, collection Pocket Thriller.   8,60 € ; 640 pages ; 18 x 11 cm   

4ème de couverture :

La mort au terminus…23h50, voie 7. Le TGV en provenance de Milan entre en gare de Rome. A son bord, l’intégralité des passagers de la classe affaire nage dans son propre sang…

Si les premières constatations dirigent la police vers l’attentat terroriste, la commissaire adjointe Colomba Caselli soupçonne vite des complications. Un seul homme pour y voir clair : son vieil ami Dante Torre, « l’homme au Silo ». Celui qui a connu l’enfer. Celui qui reconnaît ses démons. Il y a là la marque d’un ange, un ange déchu, femme sans visage venue du froid pour semer vengeance et carnage…

L’auteur :  Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. Il a exercé divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. En 2014, il publie Tu tueras le Père, « meilleur thriller de l’année » selon Il Corriere della Sera et best-seller dan le monde entier, premier tome d’une trilogie – et finaliste du prix Le Point du polar européen 2016. Le deuxième volet Tu tueras l’ange, a paru en mai 2017 chez Robert Laffont, dans la collection « La Bête noire ». L’auteur vit à Milan.
Extrait :
« Le scorpion était un deathstalker, et le poison de son dard pouvait tuer un être humain ou tout du moins le rendre gravement malade. Il avait même une caractéristique intéressante : dans le noir total il s’immobilisait, surtout s’il était enfermé dans un milieu chaud et humide comme une bouche. Quand Pao l’avait, craché, cependant, le changement de température l’avait rendu furieux. Si Colomba n’était pas tombée, l’aiguillon de sa queue aurait piqué sa chair au lieu de simplement l’effleurer. »

L’accroche de Miss Aline :

Colomba- Dante un duo improbable qui reprend du service. Il est le cerveau et sa fenêtre sur une vérité qu’elle ne veut pas voir. Elle est son assurance, la force qui lui fait défaut, son emprise dans la réalité. Deux écorchés qui reviennent de loin.

Colomba va faire appel à Dante  sur une enquête difficile. Certes il y a beaucoup de morts, mais un quelque chose lui titille les méninges. Quelque chose que les ou l’assassin essaie de dissimuler.

Une fois de plus elle va devoir prendre les chemins de traverses pour mener son enquête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Dante.  Par  les sanctions qu’elle encoure, elle va essayer d’impliquer le moins possible son équipe. Ils vont nager en eaux troubles, voir le monde côté pile : noirceur,  manipulations, enjeux financiers, secrets d’états, alliances, trahisons, meurtres, assassinats.

Dante ne peut se défaire de sa théorie du complot. Il en est convaincu. Va-t-il être convainquant ?

Après un premier opus Tu tueras le Père, Sandrone Dazieri nous livre une deuxième enquête qui nous emmène un peu plus loin dans la noirceur de l’humain. Il nous livre également un Dante plus torturé, cherchant toujours son passé. Malgré une intelligence hors normes, il reste fragile. Sera-t-il toujours « l’enfant du silo » ? Doit-on savoir d’où l’on vient pour savoir qui nous sommes ? Dante semble ne pas pouvoir faire sans ses origines.

J’aime le personnage de Dante. C’est lui qui guide ma lecture, plus que l’enquête. J’ai hâte de lire le troisième volet de cette trilogie. Comme Dante, je veux savoir d’où il vient ? Pourquoi  lui ? A qui ou à  quoi était-il destiné ? L’auteur nous en livrera-t-il plus dans le troisième opus ou Dante restera-t-il un mystère pour nous et pour lui-même ?

Bonne lecture !

Top des lectures 2018 de Miss Aline


Top 10 des Flingueuse 2018

Le Top 10 de Miss Aline.

  

1 – Le silence et la fureur, Natalie Carter et Nicolas D’Estiennes D’Orves

 

4ème de couverture :

Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon.

Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ».  Un futur pianiste de génie comme son père.

Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

Avis :

Une île, un pianiste de renommée mondiale, un mystérieux « accident », une « promesse » non moins énigmatique, voilà les ingrédients de ce polar captivant.

Max vit en reclus, prisonnier de son île, de sa musique, de ses rituels obsessionnels. Prisonnier de lui-même. Tous l’on fuit, jusqu’à son épouse et son fils. Ne reste que la fidèle gouvernante Susan, patiente, attentive, veillant sur les moindres gestes de son maître. Les notes de musique sont autant de lames qui lassèrent  l’esprit de Max, qui le torturent jusqu’à l’insupportable. Et ce depuis « l’accident ».

Pour Thanksgiving, le retour de l’enfant prodige. Ce « petit prince » qui suit les traces de son père. Qui l’a fait venir lui et sa mère ? Pourquoi cette dernière l’abandonne-t-elle à son père ?

Rapport étrange que celui du père et du fils. Ce dernier obligeant son père à sortir de ses rituels, tant pis pour la souffrance. Luke, comme son père, est un personnage troublant. On le sent osciller entre l’amour et la haine. Qu’a-t-on imposé à cet enfant pour qu’il en arrive là ?

Ce roman se fait à trois voix. Susan et Luke nous parle directement. Tandis qu’un narrateur extérieur nous parle de Max. Au début c’est perturbant, puis on s’y fait.  A chaque protagoniste tu trouves une raison de t’y attacher. Susan dont tu admires la dévotion, cet attachement démesuré à un être qui probablement ne la voit pas. Elle aussi a sa part dans l’intrigue, là où on ne l’attend pas. Luke dévorait par une personnalité borderline, un soupçon manipulateur. Luke qui captive, Luke qui réserve bien des surprises. Et puis il y a Max avec son amour-aversion pour la musique. Max pour qui la musique était l’oxygène nécessaire à sa vie, qui ne fait plus que survivre. Max noyé dans sa névrose.

J’ai beaucoup aimé ce roman et la façon dont il est construit. Comment les auteurs t’emmènent là où tu n’as pas pensé aller, comment ils t’ont berné. J’ai ressenti avec force la passion de Max pour la musique. Comment elle l’habite, le transforme, le rende vivant. Je garde l’image du « caisson », la pièce au piano, avec vu sur l’extérieur. Un silence infini à l’intérieur, les éléments déchainés à l’extérieur. Je pense à Mozart et Salieri. Je pense au combat pour la vie, à l’amour inconditionnel pour un art. Je pense à l’abandon de soi pour l’autre ou pour l’art.

Je pourrais/voudrais vous en dire tellement plus sur ce roman mais je ne voudrais pas gâcher votre surprise. Ce roman est un coup de maître, dans son intrigue, dans la force des personnages, dans le ressenti de leur sentiments. J’ai presque envie de le lire de suite…

 

2 – Apocryphe, René Manzor

 

4ème de couverture

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

Avis :

 René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur, une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

 

3 – Une bonne intention, Solène Bakowski

 

4ème de couverture :

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

 

Avis :

Dans la première partie du roman on fait la connaissance de Mati et de son père. Ils sont dans la douleur d’avoir perdu Karine respectivement mère et épouse. Mati essaie de surnager. Sa souffrance est palpable. Un soir Mati ne rentre pas de l’école. Pour sa grand-mère c’est le début d’une interrogation sur la santé mentale de son fils.
Dans la deuxième partie on rencontre Rémi employé au tri postal. Rémi est un être particulier. Il ne perçoit et ne ressent pas les choses comme tout le monde. Via une lettre il fait la « connaissance » de Mati. Commence alors une attirance qu’il ne peut expliquer. Il la vit, la ressent. Cela le dépasse mais il ne peut s’empêcher de vouloir se rapprocher de la petite fille. Il va lui offrir une parenthèse, un rêve inaccessible.

On ne parle que d’amour dans ce roman. L’amour d’une enfant pour sa mère. L’amour d’une mère pour son enfant. L’amour absolu qui te fait tout vouloir réaliser. L’amour pur, simple, innocent.
Aimer peut-il tout transcender ? Aimer peut-il tout justifier ?

 

4 –Un sac, Solène Bakowski

 

4ème de couverture :
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup. Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

 

 

 

Avis :

Anna-Marie un cadeau de la vie qui devient vite un fardeau, le rappel d’une souffrance. Anna-Marie arrachée, abandonnée. Anna-marie qui devient l’enfant caché révélé au grand jour.
Anna-marie qui rencontre sa mère et qui bascule.
L’histoire d’Anna -Marie c’est une lutte incessante contre le monde entier, contre elle même, contre ses démons.
C’est l’espoir en l’amour, la désespérance d’un retour d’affection.
Anna-Marie qui n’est pas seule et qui dérive. C’est une vision lucide de ce qu’elle est et pourtant voudrait être différente. À qui la faute ? Une mère qui l’a rejeté, une autre qui l’à étouffée, a elle-même trop ou pas assez ce que les autres voudrait.
Anna-Marie devant le Panthéon avec ce sac qui est sa vie. Ce sac dont tu redoute le contenu. Ce sac dont tu t’es trompée de contenu.
L’écriture, la lecture est incisive. Comment une analyse, l’observation d’un être à travers une vitre. Je ne m’attache pas à elle et je ne la déteste pas non plus. J’observe. Et puis cette fin qui te retourne comme elle aurait pu retourner son sac devant toi et te dire « tiens, regarde ». Je n’aurai pas voulu voir et pourtant : non pas ça. Impossible fin pourtant inéluctable.
Et là s’ouvre la vanne de tes ressentis retenus. Larmes et colère.

 

5 – Les démoniaques, Mattias Köping

4ème de couverture :

Drogues, meurtres, esclavages sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oublier sa colère.

 

 Avis :

Ce roman m’est tombé dessus au salon de Noeux les Mines, deux lectrices m’ont convaincus : « c’est LE roman à lire » ! Quelques jours et 392 pages plus tard : waouh ! Effectivement il faut le lire. Mais attention, malaise. Dés les premières pages tu te sens pas à l’aise dans tes baskets. Kimy fête ses 15 ans et c’est l’orgie : son père à organisé une sauterie dont il a le secret. Bon an mal an, kimy arrive sur ses 18 ans, il est temps pour elle de se venger. Mais comment mettre à terre l’Ours ? Il tient les notables du coin par les couilles (dans tous les sens du terme). Son territoire et ses activités s’étendent : proxénétisme, pédophilie (petit cadeau pour les pervers du coin), drogues, meurtres (bien maquillé). Le voilà qu’il commerce avec l’Albanais qui est loin d’être un tendre.

Par le plus grand des hasards kimy fait la connaissance d’Henry, professeur, qui se remet difficilement d’un « accident de la vie ». Deux âmes blessées, torturées qui errent à la recherche d’une survie. Ils se sont bien trouvé ces deux là. Que la vengeance commence…

Je ne vous dirais rien de plus sur le déroulé de l’histoire. Il faut la lire et se laisser porter. On est tour à tour écœuré, déstabilisé, bousculé, il y a même quelques larmes. L’auteur t’entraine à sa suite sans te laisser de répit. Tu as peur pour Kimy, tu espères pour elle, tu guettes pour elle. Ton empathie va aussi vers Henri. Quelles douleurs, quelles souffrances il porte en lui.

Dans les dernières pages, les dernières lignes l’auteur te retourne comme une crêpe. Tu l’as pas vu venir, t’avait oublié ce « détail ».

Malgré le(s) thème(s) difficiles de ce roman, j’ai pris plaisir à découvrir cet auteur. J’ai hâte de lire son prochain roman. Qu’on se le dise : auteur à suivre !

 

6 – Sa majesté des ombres, Ghislain Gilberti

4ème de couverture :

Un cartel invisible livrant une nouvelle guerre sans merci. Une drogue d’une pureté inédite. Un réseau de dealers sous pression déployé aux quatre coins du monde et coupé de la tête de l’organisation. Un signe commun aux membres du cartel : ECCE LEX, tatoué sur le poignet. Quand des dealers sont capturés, ils se révèlent incapables de livrer le moindre indice sur leur commanditaire… Quand leurs cadavres ne servent pas déjà de bornes kilométriques.

Une légende de la police judiciaire aux dons de mentaliste, Cécile Sanchez, fait face à des tueries aux modes opératoires sans précédent.

Est-il possible de mettre des ombres en cage ? Dans quel enfer devra-t-elle descendre pour faire face au mal absolu ?

Bienvenu dans le Réseau Fantôme.

 

Avis :

« L’hyène », « Le chacal », un indic mort, des flics borderline et le tout saupoudré d’une bonne couche de drogue à tous les étages. Ca commence fort et mal pour cette première partie qui se solde par une tuerie. Il va falloir attendre 7 ans (seulement quelques lignes) pour que les investigations reprennent avec l’arrivée de Sanchez. C’est une pointure dans son domaine Sanchez : criminologue, victimologue, spécialiste en analyse gestuelle et langage non verbal. C’est une légende de l’OCRVP (Office Centrale pour la Répression des Violences aux Personnes)

Avec une patience infinie et une équipe de choc, elle va tout reprendre de zéro. Observations, planques, écoutes, filatures, décortiquer chaque mot, chaque photo, chaque geste. Elle va se heurter à des collaborateurs obtus, pas très clean non plus, surement. Les ombres agissent vite et « bien », toujours insaisissables. Elles ne laissent que des cadavres après son passage. Rien ni personne pour remonter la filière et avoir ne serait-ce que l’ombre une info sur cette organisation.

Tu rages avec Sanchez. P**** mais comment c’est possible ? L’auteur ne te dévoile rien. Il pose ses jalons petit à petit. Il te balade, te laisse entrevoir un début de solution pour mieux la piétiner ensuite. Tu sais que tu vas rester sur ta faim vu que c’est une trilogie mais tout de même. Et là une toute petite lumière va s’infiltrer. A quel prix va-t-elle parvenir à percer les ombres ? Va-t-elle seulement y parvenir ?

Tu tourne et tourne les pages, tu retiens ta respiration, tu crispes la mâchoire. T’as envie d’hurler et même de chialer. Un personnage te fait penser ce soldat dans American sniper qui  accompli sa mission, juste sa mission. Il se ferme au reste du monde, il s’oublie. C’est son job. Il le fait, point.  Il va ramasser grave sur le plan psychologique mais il connait le prix à payer. C’est son boulot, il le fait. J’ai hâte de lire la suite et de connaître le sort de ce gars. Mais déjà je crains le pire.

C’est mon premier roman de Ghislain Gilberti et loin d’être le dernier. Une écriture coup de poing qui te tient en haleine, en alerte. Quand tu tourne la dernière page, tu reprends ton souffle doucement. Et tu te dis que, malheureusement, la noirceur de l’être humain a encore de « beaux » jours devant elle.

 

7 – Hunter, Ray Braverman

4ème de couverture :

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché  le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

 

Avis :

Hunter  ça débute comme une série que tu aurais prise en cours de route. Les sourcils froncés tu cherches à intégrer les lieux, les liens, les personnages. Très vite t’es mordue.  352 pages pour choper Hunter (c’est lui le méchant, on le sait d’emblée) ? T’es septique, trop simple !

T’enfiles ta parka et tu vas t’intégrer à la vingtaine d’habitants du bled perdu en pleine forêt sous une tempête de neige.  Huis clos. Freeman perdu dans sa haine suit Hunter. Hunter perdu dans son désir de vengeance ? Son envie de revenir sur les lieux du crime ? Un shérif, son frangin, Denise, les locataires de la chambre 5…tout ce petit monde va se télescoper et recommence la ritournelle des disparitions et des meurtres. Hum, petit bémol. On dirait que ce n’est pas tout à fait le même mode opératoire.  Quelqu’un se servirait-il de la cavale de Hunter pour se faire un petit plaisir meurtrier ?

L’auteur te mène dans un rythme effréné. Tout comme un train peut en cacher un autre, l’auteur te cache un autre serial killer. Euh, y en a combien ? Y a pas, tu veux connaître la fin. Tu dévores le bouquin en quelques heures. T’as tout « vécu » : la course poursuite, l’étonnement, la trouille, la traque,  t’as même franchement pleuré de la page 3.. à la page 3…Il est fort l’auteur pour te balader d’émotion en émotion.  Il est fort aussi pour te laisser sur la résolution de cette affaire (ou presque) et les prémices d’une autre. Vite l’opus suivant…

 

8 – Les jumeaux de Piolenc, Sandrine Destombes

 

4ème de couverture :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

 

Avis :

La 4ème de couverture ne nous dit pas quel  jumeau est mort, ni comment l’autre a survécut. On ignore si les nouvelles disparitions concernent également des jumeaux. On ne nous parle pas non plus de Jean Wimez en charge de l’enquête il y a trente ans. Jean que Fabregas va intégrer (un peu par la force des choses) à l’enquête d’aujourd’hui.

Les faits se passent dans la même école que celle de Solène et Raphaël, les nouveaux disparus ont le même âge. Coïncidences ? Pourquoi trente ans plus tard ?

Fabregas va se faire des cheveux blancs sur cette enquête. Des rebondissements, des impasses, des doutes, des sixièmes sens ignorés. Il avance doucement, il a le sentiment d’être dépassé. Il ne veut pas que cette enquête le hante jusqu’à son dernier souffle. Et pourtant il a souvent l’impression de passer à côté.  Avec lui, Jean Wimez va revivre la disparition des jumeaux de 1989. Qu’a-t-il raté ? Que lui a-t-on caché ? Il faut comprendre hier pour retrouver les enfants d’aujourd’hui. La vérité peut avoir mille visages, elle n’est pas celle que l’on croit.

L’auteur nous emmène dans un tourbillon de doutes, d’accusations, d’interrogations. Ses personnages sont profonds et complexes. La nature humaine y est dépeinte avec réalisme (rien n’est jamais tout blanc ou tout noir). La vérité dépasse l’entendement. On va s’en approcher avec méfiance. Tout comme Fabregas on va se demander comment cela est possible. Et pourtant…

La gémellité  thème fascinant poussé à son paroxysme. Tour de force de l’auteur qui nous entraine bien malgré nous de l’autre côté du miroir.

La 4ème de couverture ne nous dit pas non plus que ce Prix VSD 2018 du Meilleur Thriller Français est amplement mérité. Félicitations.

9 – Le glas de l’innocence, Cyril Carrere

4ème de couverture :

Okinawa 1993 – Un jeune garçon subit au quotidien les accès de violence de son père. Au plus fort d’une enfance chaotique et solitaire, il nous une amitié solide avec une camarde de classe.

Tokyo 2017 – une série de meurtres dans le quartier cossu de Meguro place l’inspecteur Alex Nakayama dans une situation  désespérée. Son excentrique mais talentueux assistant Hayato Ishida le supplée et va apprendre à ses dépens que les masques de la société japonaise renferment parfois de lourds secrets… Entre déni et suspicion, le cauchemar ne fait que commencer.

Avis :

Un double meurtre d’étudiants, un mode opératoire qui laisse les enquêteurs sans voix.

L’inspecteur Alex limite choqué sous le regard interrogateur de ses coéquipiers.

Un assistant zélé mais qui garde ses idées pour lui et qui agit.

Un gosse, Ken qui subit la violence physique et psychologique de son paternelle. Son unique porte de secours : l’école et son amie Miyabi.

Quel est le lien entre ses deux histoires à quelques années d’intervalles. Forcément il y en a un, voire peut-être plusieurs. Mais lesquels ?

Au début de l’intrigue, l’enquête traine en longueur. Quand  va-t-elle décoller et te scotcher le livre entre les  mains ? Ah, c’est maintenant avec une révélation concernant Alex. Un inspecteur qui semble avoir bien des secrets d’hier et d’aujourd’hui. Hayato est persuadé que s’il trouve le secret il pourra résoudre l’affaire.

Ken poursuit lui aussi sa vie tant bien que mal. Il va grandir sous l’aile protectrice de son amie. De plus son père va changer. Pourquoi, comment ? Je vous laisse le découvrir.

L’auteur a su nous livrer des personnages forts, avec un pouvoir d’émotions certain. Ils sont à la fois déroutants, dérangeant, envoutants. Tu ne peux t’empêcher de te demander qui est Ken aujourd’hui et tout le monde y passe. Tiens, ça serait lui… ah non, ça ne colle pas et l’auteur s’empresse après d’avoir donné un semblant de piste de la détruire. Plus que l’enquête sur les meurtres, c’est Ken qui intrigue. Qu’est-il devenu ? Quel rôle a-t-il dans ces meurtres rituels en plein Tokyo ?

Plus les pages défilent et plus tu es captivée. Les choses se dévoilent et tu entrevois quelque chose. L’auteur va-t-il encore une fois te faire faire fausse route ? Hum …

J’avoue avoir eu du mal au début de ma lecture surtout avec ses prénoms japonais à retenir. Il a fallu bien positionner tout ce petit monde avant de lâcher la bride à la lecture. Une fois que c’est chose  faite par contre : tu dévores ! Lorsque la dernière page est tournée, tu dis « waouh » !

J’adore être totalement surprise par une fin. L’auteur n’a pas oublié non plus la touche émotion qui fait que tu as ta petite larme en fin de roman.

Un mot sur la fin : renversante, inattendue, époustouflante, charge émotionnelle. J’utiliserai les mêmes qualificatifs pour parler du roman dans sa globalité. Vous ne pouvez pas passer à côté de ce livre.

Je n’ajouterai que FELICITATIONS,  surtout Monsieur Cyril CARRERE ne vous arrêtez pas d’écrire. Un très grand merci pour votre confiance en me confiant votre roman. Par ricocher, je remercie également Laure des Mots de Lau de m’avoir recommandé auprès de vous. Quelle découverte !

Auteur à suivre incontestablement.

 

10 – Mauvais genre, Isabelle Villain

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Avis

Hugo assiste au massacre de sa mère. Les faits sont là : clairs, précis et le coupable est bien en vue. Vingt-trois ans plus tard le Commandant Rebecca de Lost et son équipe doivent intervenir au domicile d’Angélique morte de plusieurs coups de couteau. Pas grand-chose à se mettre sous la dent : pas d’empreintes, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol, pas de photos, pas de lettres. Une femme qui semble ne pas avoir de vie où beaucoup de chose à cacher. Enquête de voisinage,  petit ami,  lieu de travail. Rien ne semble « justifier » ce meurtre.

L’auteure nous fait assister à tout : le travail du procédurier, l’autopsie… tout est décortiqué. Tu as intégré l’équipe de Rebecca ! J’avoue chercher ce qui peut retourner la situation. Et voilà qu’Hugo fait sa ré- apparition.  Elle est fracassante, absolument inattendue. Coup de maître de l’auteure ! Non je ne vous en dirai pas plus afin de vous garder la surprise intacte.

A ce moment là, le récit prend une toute autre tournure. Les choses se précipitent.  Tu t’empresses de tourner les pages. D’autres éléments vont venir te surprendre. Des personnages vont prendre de l’épaisseur.

A part l’intrigue, tu as un petit aperçu de la vie de chacun. Ce qui donne à ce thriller un côté humain. Les amours, les amis, les emmerdes font aussi parties du quotidien d’un flic.

Il faut que je vous parle de la fin ? pssst… je peux rien vous dire, si ce n’est que là encore : surprise incroyable.

L’écriture et la lecture sont fluides. Beaucoup de dialogue, ce qui rend le récit vivant et donne un bon rythme. Isabelle Villain a su nous maintenir en haleine, nous apprendre des choses (comme le travail du procédurier, par exemple), nous faire ressentir le doute, la peur, la tristesse, la stupeur. Très beau travail d’écriture, très bon travail sur l’intrigue.

Isabelle Villain est une vraie découverte et j’en suis ravie.

Un monde (presque) parfait de Jack Koch


Un monde (presque) parfait : 150 dessins d’actualité de Jack Koch. Paru le 16 mai 2018 rééditer le 14 novembre aux éditions Du Long Bec .18€ ; (160 p.) ; illustrations en couleur ; 24 x 17 cm
4e de couv :
Un monde (presque) parfait est un livre d’illustrations d’actualité de 160 pages. De l’élection de Trump ou de Macron en passant par l’arrivée de Neymar au PSG ou l’indépendance de la Catalogne, le dessinateur Jack Koch livre sa vision de notre monde.
……………………
L’auteur : Né à l’ombre de la Cathédrale, 300 ans après la 1664. Jack Koch (Prononcez Korr) passe une enfance tranquille à Strasbourg intra-muros mais se risque parfois jusque dans la banlieue, à la Meinau. Faute de devenir une rock star il embrasse, si on peut dire, le métier d’instituteur. Ses élèves de maternelle se souviennent encore de lui comme du houblon. Le crayon HB l’ayant toujours démangé, il se démissionne de l’Education Nationale pour devenir illustrateur illustre. Et à la gomme. Aujourd’hui mondialement connu dans son canton, son inimitable trait surfe sur les social networks et au-delà.

 

……………………
Extrait 
“Dans la réforme sur la loi travail il faudrait mettre quelque chose pour nous débarrasser des petits chefs incompétents et psychorigides.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Un monde (presque) parfait de Jack Koch

 

Coup de cœur, qui fait vraiment du bien à la tête !

C’est drôle, intelligent, émouvant, vrai…

Avec son graphisme très particulier qui lui permet de se démarquer de la plupart de ses collègues, Jack Koch nous propose 158 illustrations pleines de sourires, de rires, d’émotions mais surtout de réflexions…

Un regard sur le monde, sur les gens, les jeunes et la politique.

Toutes les dernières actualités ont été “recroquée” par ce dessinateur qui, entre poésie et fraicheur nous amène un regard très différent sur le monde qui nous entoure…

Adressé à tout public pour notre plus grand bonheur…

D’ailleurs très bonne idée pour la fête des pères !

Un grand merci aussi à Jack qui à bien voulu me “croquer”…

J’ai l’impression de faire partie d’une bande !

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Le livre : Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos. Paru le 16 Octobre 2018 aux Editions Le Lamantin. 19€. (392 pages). 21 x 14 x cm


4ème de couverture :
Le monde entier s’apprête à rendre hommage à Lola Harmann, chanteuse à la voix exceptionnelle, disparue dix ans plus tôt lors du dramatique concert de Bercy. Valentin Nievez, réalisateur pour un magazine scientifique, travaille sur un sujet consacré à Lola. Il enquête sur les mystérieux chants du troisième rappel, qui ont envoûté les spectateurs présents, mais dont on a perdu toute trace dans la catastrophe. Parallèlement, un organisme secret réalise des expériences effroyables sur la résistance de cobayes à un certain enregistrement qui rendrait fou quiconque l’écoute jusqu’au bout. Et si tout était lié ?

L’auteur : Gilles Sévastos est né en 1960. Après son bac, il suit des études supérieures de mathématiques avant d’intégrer l’école nationale Louis Lumière en section Image. Après avoir travaillé dix ans comme chef opérateur sur des documentaires et des émissions de télévision, il réalise quatre courts métrages de fiction et quelques documentaires. Il intègre en 1995 en tant que réalisateur-opérateur l’équipe d’Archimède, l’émission scientifique d’Arte, pour laquelle il travaille 6 ans et réalise « Un animal a glissé ». Il travaille également pour « Silva », une autre émission d’Arte, et réalise des documentaires pour le CNRS et la Cité des sciences de La Villette. Il se consacre désormais à l’écriture de romans.
Extraits :
«Souvenez-vous de ce concert maudit de Bercy.
Souvenez-vous de Lola, de sa beauté sensuelle et de sa voix à nulle autre pareille.
Souvenez-vous de ce troisième rappel, du bonheur sans limite qui vous a envahi et de l’horreur qui est advenue, lorsque le chant s’est achevé.
Souvenez-vous.

Pas un jour ne s’écoulait sans que Valentin y pense.
Et chaque fois, il se disait que ce soir-là, l’humanité avait perdu ce qu’elle avait produit de plus beau. »

Les Lectures de Maud :

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Une histoire à 100 à l’heure qui embarque le lecteur dans une sombre enquête mêlant machination, manipulation et mensonge. Une histoire qui fait frissonner et froid dans le dos : utiliser des cobayes humains lors d’expériences clandestines.

Parallèlement, Valentin, journaliste, va se pencher sur le phénomène du dernier concert de Lola. Lors de son enquête très périlleuse, il va faire des découvertes qui dépassent l’entendement, au départ il rationalise, a du mal à y croire et pourtant… De surprises en péril, il va se retrouver malgré lui entraîner dans une dangereuse aventure, mettant sa vie en danger afin de faire éclater la vérité. Quel en sera le prix ?

L’auteur signe ici un excellent premier roman, mêlant, intrigue, espionnage et trahison. Un thème tout à fait original qui permet à ce livre de se distinguer des thrillers habituels. Une écriture fluide, dynamique, entraînante embarque le lecteur qui n’est pas au bout de ses surprises. Les intrigues sont très bien ficelées, nous ne voyons rien venir. Une fin tout à fait inattendue. Un très bon moment de lecture, je suivrai très attentivement les prochaines parutions !!! A découvrir sans tarder !!!

Je remercie les Editions Le Lamantin pour leur confiance et la découverte

 

Version lue : Broché 

Mention : premier roman