Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

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Le pouvoir de Naomi Alderman


Attention coup de coeur et chouchou du week end !

Le livre : Le pouvoir de Naomi Alderman.  Traduit de l’anglais par Christine Barbaste.  Paru le 3 janvier 2018.  21€50 ; (393 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.
  4e de couv :
 ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE
POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes
découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ».Du bout des doigts, elles peuvent infliger
une douleur fulgurante – et même la mort.Soudain, les hommes comprennent
qu’ils deviennent le « sexe faible ».Mais jusqu’où iront les femmes
pour imposer ce nouvel ordre ?

« Électrisant ! Choquant ! Décoiffant ! Vous ne regarderez
plus jamais les choses de la même façon… »

  Margaret Atwood, auteur de La Servante écarlate

« Mettre en lumière les travers des humains
et continuer d’éveiller les consciences :
c’est là que réside le pouvoir de ce livre. »
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges

« Une écriture électrique. Un rythme endiablé. Si le pouvoir
change de camp, pour le meilleur comme pour le pire,
ne passez pas à côté : Lisez ce livre ! »
Charlotte Desmousseaux, librairie La vie devant soi, Nantes

 

@Livemint

L’auteure, qui vit entre Londres et New York où elle a travaillé comme scénariste pour des jeux vidéo, s’était fait remarquer par deux romans en France, traduits aux éditions L’Olivier, Désobéissance (2008) et Le Mauvais genre (2011). Fille d’un historien renommé du peuple juif, Naomi Alderman est née en 1974 à Londres et a grandi dans la communauté orthodoxe de Hendon d’Angleterre.

 

 

 

Extrait :
Il ne s’est rien passé de spécial, aujourd’hui. Simplement, chaque jour qui passe, on grandit un peu, chaque jour apporte sa pierre, jamais la même, et de cet amoncellements émerge soudain une possibilité qui n’existait pas auparavant. C’est ainsi qu’une jeune fille devient une femme. Pas à pas, jusqu’à atteindre l’âge adulte.

 

Le post-it de Ge

Présenté comme une « dystopie féministe », The Power, le dernier roman de Naomi Alderman vient de remporter outre-Manche le Bailey’s Women’s Prize 2017 qui récompense une œuvre de fiction écrite par une écrivaine de langue anglaise.

Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Dans le roman d’Alderman, les femmes ont ce pouvoir inédit de tuer les hommes par une simple pression du doigt. Son livre est aussi une réflexion sur la notion même de pouvoir : qui l’a, pourquoi, et une fois que l’on a le pouvoir combien de temps s’écoule avant que ce dernier ne nous corrompe ?

Ici en effet les rapports de pouvoir sont inversés. C’est une jeune fille d’Afrique sub-saharienne qui découvre la première son don. Très vite cette jeune femme qui n’a connu que la condition de soumission, comprend que grâce à ce nouveau pouvoir, elle va pouvoir changer les choses. Surtout qu’elle a aussi le pouvoir de transmettre ce don de vie et de mort à d’autres femmes.

Les rapports de force s’inversent, le concept ici est poussé à son extrême. C’est là tout l’intérêt de ce texte mais c’est pas le seul.

Ce thriller futuriste est le premier roman de science-fiction à remporter un prestigieux et généreux prix littéraire britannique. Aussi aujourd’hui, on peut à raison se demander si « le futur de la science-fiction n’est pas féministe ». ….

Je vous laisse méditer là dessus.

Moi j’ai ma petite idée !

« Tunde élargit son cadre pour intégrer les spectateurs à l’arrière-plan, derrière les baies vitrées du centre commercial, et filmer leurs réactions : on voit des hommes qui cherchent à éloigner de force leur femme des vitres ; et des femmes qui les éconduisent d’un mouvement d’épaule, sans un regard, sans un mot, et qui, paumes écrasées contre les vitres, dévorent le spectacle des yeux. Tunde comprend alors que ce truc va prendre comme une traînée de poudre, embraser la planète tout entière et changer le monde. Plus rien ne sera jamais comme avant et cela le comble d’une telle joie qu’il se met à crier avec les femmes au milieu des flammes. »

Le Brasier -Vincent Hauuy


le brasier Vincent Hauuy couvLe livre : Le Brasier de Vincent Hauuy.  Paru le 5 avril aux Editions Hugo Thriller.                 19,95 € ; 496 pages ; 14×21.

4ème de couverture :

Quand le Général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune journaliste est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte qui cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liée à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

 

29342906_1702804633138966_2640271247602089984_n(1)L’auteur : Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à ses personnages. Son premier roman Le tricycle rouge, par en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.

 

 

Extrait :
« un drame violent, suffisamment marquant pour laisser une empreinte indélébile, s’est déroulé ici, sur cette propriété. Il ressent ce malaise avec une telle acuité que cela lui glace le sang, compresse sa poitrine et provoque des palpitations cardiaques. […] Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétré leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. Et ils sont partis sans pouvoir expliquer leur malaise ou leur inconfort de manière rationnelle. »

L’accroche de Miss Aline

 

le brasier Vincent Hauuy petit format

 Trois suicides en guise de prologue, bon début ! Ensuite, on fait connaissance avec Karl Engelberg et ses règles de captivité. Voilà, on sait d’emblée que c’est lui le méchant. Il a enlevé Sophie journaliste et fille du Général Lavallée. Elle est dans une mauvaise posture. Tellement mauvaise que son père reçoit une vidéo de son exécution.

Noah Wallace accepte de travailler pour le Général afin de retrouver les assassins de sa fille. Etrange enquête. D’abord l’exécution de Sophie,  à laquelle Noah ne croit pas. Elle est vivante, il le sait, il le sent. Puis ses visions, ce petit garçon dont le visage est caché, ce brasier.  Et enfin la musique : Wagner.

Pour son enquête Noah veut travailler avec Clémence, ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité). Le Général, ayant le bras long, va permettre de « libérer » Clémence.

Lors des ses investigations Noah va approcher une vérité qui le concerne directement. Elle va le bouleverser. Dès les premières pages tu l’apprécie Noah Wallace. Tu  as senti une fêlure en lui, une blessure béante qu’il peine à refermer. Il a un passé trouble. Pour en savoir plus sur lui, tu vas lire « le tricycle rouge » (premier roman de Vincent Hauuy). Etape obligatoire.

En attendant, tu le suis dans sa course poursuite pour retrouver Sophie, pour éloigner Clémence de la mafia russe, pour décrypter un message codé… tu marches dans ses pas et tu souffres avec lui, pour lui.

 

L’enquête est entre coupée du récit de Karl sur son enfance. Une enfance marquée fortement par  l’autorité paternelle, le maître absolu. Karl est froid, profondément méchant, brutal, mauvais, manipulateur. Non pour lui tu n’as pas d’empathie. Bien sûr son enfance explique  ce qu’il est devenu. Aurait-il pu faire d’autres choix qui l’auraient mené vers un autre lui-même ?

Avec ce roman tu peux t’interroges sur le conditionnement humain, la manipulation mentale. Tout un chacun la pratique de manière inoffensive. Chaque parent conditionne son enfant dans sa vision de la vie, ses choix musicaux… En grandissant, tu fais le choix de ta propre éducation, de tes codes, de tes valeurs. Mais avant cela tu avais celles que tes géniteurs t’ont inculqués.

Où est vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

 

 

Emmène-moi au paradis – Estelle Surbranche


Salut les polardeux,

Dernier jour de notre week-end prolongé spécial  « 8 mars Journée de la femme ».

Avec une jeune auteure que je vous recommande vivement.

Puisque ce matin c’est de son second roman que nous vous présentons.


Emmène-moi au paradisLe livre : Emmène-moi au paradis de Estelle Surbranche. Paru le 17 mai 2017 chez la Tengo éditions. 18€ ; (315 p.) ; 19 x 14 cm.

4e de couv :

Emmène-moi au paradis

Des femmes qui se suicident, ça arrive tous les jours. Sauf que la capitaine Gabrielle Levasseur se rend compte que certaines avaient le même amant dans la région de Toulouse. Simple hasard ou un pervers narcissique, aussi séduisant que sadique, hante-t-il la ville rose ?

Pour répondre à cette question, Gaby se voit obligée d’affronter ses vieux démons, sa méfiance des relations amoureuses et la peur de la trahison. Alors que ses investigations enveniment ses relations avec Alejo, son amant de l’ETA, les dangers s’accumulent autour d’elle. Lâchée par sa hiérarchie, elle est traquée par Nathalie, la redoutable tueuse de la mafia serbe qui veut assouvir sa vengeance.

 

L’auteur : Plongée dans le chaudron techno dès ses 16 ans, Estelle Surbranche jongle entre ses études à l’ESSEC et la fréquentation assidue des clubs, pour finalement devenir reporter. En 2002, elle fait ses premiers pas de DJ avec le collectif Girls’n’Roses, puis se lance seule sous le nom de Estelle S. Résidente du Ritz, elle aura alors l’occasion de jouer aussi bien sur les plages de Calvi on the Rocks que dans les clubs de la capitale. En 2003, elle écrit une biographie du Suprême NTM et cofonde le magazine Flavor dont elle assure la rédaction en chef jusqu’en 2014. En 2015, elle publie Ainsi vint la nuit (éd. La Tengo). Emmène-moi au paradis est son deuxième roman.

 

Le post-it du bibliothécaire

Oh que je l’attendais ce second opus des aventure du capitaine Gabrielle Levasseur. Bon ok j’ai mais un peu de temps à la lire mais…Vous savez ce que c’est, les histoire de PAL !

Je disais donc, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Gaby. Vous avez comme moi fait sa connaissance il y a un peu plus de deux ans et demi alors qu’elle enquêtait dans le nuit de la nuit et de la drogue. Souvenez vous c’était dans 

 

Aujourd’hui elle est chargée des affaires criminelles et enquête sur une série de suicides suspects de femmes qui fréquentaient toutes le même homme dans la région de Toulouse. Elle va être confronter à un tordu qui séduit les femmes pour mieux les envouter et les manipuler.

Mais c’est pas tout, il y a aussi Nathalie, cette  jeune femme traumatisé par la guerre des Balkans. Au prise avec ses terreurs. Et qui va tout faire pour les exorciser. Jusqu’à devenir porte flingue de la mafia. Et dans cet intrigue, Nathalie vient jouer les trouble-fête.

Aussi dans ce second opus de nos duettistes, nous on apprenons un peu plus sur nos deux protagonistes que nous avons hâte de retrouver pour un troisième couplet. Estelle Surbranche ayant ce don de se glisser véritablement dans l’âme de ses personnages, comme si elle les habitait.

Ici elle nous parle des femmes, de la femmes, de la condition féminine. Du rôle que l’on fait jouer au femme, de la société qui conditionne nos élans. Des servitudes qui pèsent sur les femmes. De l’obligation d’être une superwoman, tout à la fois, mère, amante et épouse  devant mener de front sa carrière.

Aussi une nouvelle fois Estelle Surbranche nous offre une enquête survitaminée. Son écriture toujours aussi punchy nous entraîne dans deux intrigues dont une diabolique d’où personne ne sortira indemne.

Ainsi avec ce second opus, l’auteur ne fait que confirmer tout le bien que nous pensons d’elle. A découvrir de toute urgence.

Après Ainsi vint la nuit, élu parmi les « 30 polars préférés » du magazine Elle, cette nouvelle enquête de Gabrielle Levasseur entraîne le lecteur dans les diaboliques mécanismes de l’addiction amoureuse et impose Estelle Surbranche comme l’un des maîtres du thriller psychologique moderne.

Personnellement je vous recommanderai de commençait par son premier roman.  Ainsi va la nuit

Vous pouvez même si vous le souhaitez retrouver mon petit avis ICI

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

Fantazmë de Niko Tackian


Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Paru le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm

4 ème de couv :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIII ème arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, cette d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.
Extrait : « le sang sur ses mains s’était volatilisé et il était incapable de dire ce qui tenait du rêve et de la réalité. Bob l’avait clairement mis en garde contre lui-même. Il ne pouvait se résoudre à écouter les mots de son croque-mitaine, pourtant il était obligé d’admettre que quelque chose était en train de se passer »

Chronique croisée de trois flingueuses passionnées…

Avez-vous déjà rêvé d’être une petite souris et de savoir de quoi parlaient nos flingueuses entre elles? Vous savez maintenant qu’elles sont hyper bavardes et ce avant même le levé du soleil… Pour vous parler de Fantazmë, Danièle, Aline et Ophélie ont imaginé un dialogue, un échange autour du livre pour vous parler du dernier roman de Niko Tackian. Installez-vous confortablement, et savourez…

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Oph : Hello la dream team! Vous aviez raison, Fantazmë est une vraie claque!

Dany : Coucou Oph!
On te l’avait dit 😉 Il faut dire qu’avec « Toxique » il avait déjà créé des personnages attachants. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié la mise en avant d’Ara, la mère de Tomar. L’humanisme et la générosité de cette ancienne peshmerga est davantage mis en lumière dans cet opus et sa relation avec son fils s’est encore renforcée.

Oph: Oui Dany, il a largement étoffé ces personnages et la sensibilité de son équipe. Enfin des flics qui ressemblent aux vrais! C’est assez rare que des auteurs mettent en avant notre réalité, nos ressentis, nos émotions et nos faiblesses. J’ai vraiment beaucoup aimé cet aspect.

Aline : Hello les filles!
Ça ne m’étonne pas de toi Choupinou! D’ailleurs l’enquête de la police des police sur Rhonda et son soutien sans faille à Tomar force le respect. Leur relation a évolué dans le bon sens et pourtant ça ne doit pas être facile de tout mener de front pour cette jeune Lieutenant!
Au fait, vous avez remarqué à quel point la notion de « rêve » est présent dans ce nouveau roman. On savait déjà que Tomar faisait des rêves étranges mais là, ses rêves récurrents dont il est un acteur conscient. Je me demande si Niko Tackian a bossé sur ce sujet cher à Freud!

Danièle : Je plussoie Aline! Il faudra le lui demander lors d’une interview.
J’ai aussi été marquée par ce côté épuisé et fatigué de notre héros! On se demande s’il va craquer, s’il aura assez confiance pour se livrer au médecin et au psychiatre sur ses rêves, enfin plutôt ses cauchemars.

Aline : Ouiiiiii, je me suis même demandé s’il ne perdait pas les pédales, avec ce passé toujours ancré et vivant en lui.

Oph : Dany a raison Miss Aline, c’est une question à poser lors d’une future interview pour Freud!

Ce qui est certain c’est qu’il y a un vrai travail de recherche de la part de notre auteur autour de la notion de spectre, de fantôme, de fantazmë. Que ce soit nos passés que l’on traine comme des casseroles, ou encore ces personnes que nous croisons tous les jours, femmes et hommes en souffrance que nous préférons ne pas voir et à qui nous n’offrons que notre indifférence. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la réflexion autour de la phrase que va avoir Bouvier, le légiste « nous n’existons pas l’un sans l’autre ». Elle m’a fait beaucoup réfléchir autour du fait qu’effectivement ne pas être vu, ne pas interagir, c’est errer comme un fantôme, c’est ne pas exister finalement!

Danièle : Je te rejoins et l’intrigue aussi le montre. Elle m’a interpellée sur notre peur de voir la réalité qui nous entoure, cette indifférence dénoncée par Niko comme étant la maladie du siècle. Et son personnage de Fantazmë l’illustre très bien aussi. Son visage cagoulé, sa rapidité, il est en mode furtif et personne ne semble le remarquer et encore moins savoir « qui » il est! D’ailleurs en parlant d’intrigue, quel scénario! Parce que pour le coup, on sent bien que c’est aussi une casquette de notre auteur. Découvrir au milieu du roman « qui » se cache sous la cagoule c’était un pari risqué! malgré tout on a envie d’aller au bout… Une vraie claque!

Aline : Piouffff tu peux le dire Danièle!
Il y aussi ce Paris post attentats, ces victimes pour lesquelles le monde s’était soudé comme un seul homme et qui sont maintenant oubliées. On les devine sans les voir au fil des pages. C’est comme le sujet de la traite des être humains, ça fait parti du décor. Personne ne voit rien, ne veut rien voir. Encore une fois l’indifférence et l’invisibilité dont tu parlais Oph. Cette notion de « fantôme, traitée tout au long du roman.

Danièle : D’ailleurs en parlant de victimes, que dire sur ces bourreaux d’hier qui deviennent les victimes de notre Fantazmë!!! Mais chuuuut!

Aline : Oui Chuuuuut, il ne faudrait pas que les autres flingueuses et les lecteurs en apprennent trop en nous écoutant! Comme dit notre Cécilette, la découverte est le plus beau des plaisirs.

Oph : En tous cas les girls, j’annonce, Fantazmë est mon premier coup de cœur de l’année!
Allez je file, j’ai un bus qui m’attends, je vais encore être en retard!

Aline: Oui file vilaine! que faisais-tu ici d’ailleurs, je croyais avoir été claire effronté

Danièle: Je file aussi, l’espagnol m’attend!

Et c’est tout les jours pareil chez les flingueuses clin d'oeil
Chaque jours elles échangent sur leurs lectures, leurs bobos etc…

Mais ce dialogue avait pour but premier de vous présenter

Fantazmë de Niko Tackian!

En espérant que nos flingueuses de choc auront éveillé votre curiosité….

La pieuvre de Jacques Saussey


Bonjour amis polardeux,

Aujourd’hui je vous propose la petite chronique de Danièle dit Dany, notre nouvelle stagiaire flingueuse.

Le mois dernier, souvenez-vous, je vous présentais ICI,  Dany sous la rubrique Sériale Lectrice 

Ce matin c’est son examen de passage !


Le livre : La pieuvre de Jacques Saussey . Paru le 31 mai 2017 dans une nouvelle édition Aux éditions Toucan dans la collection Toucan Noir.  8€90 ; (552 p.) ; 22 x 14 cm

4ème de couverture :

Lisa Heslin est officier de policier judiciaire dans un commissariat parisien. Elle est aussi la fille d’un juge d’instruction célèbre, assassiné au début des années quatre-vingt-dix. Lorsqu’un appel téléphonique lui annonce que sa mère, avec laquelle elle n’a plus aucune relation depuis bien longtemps, est à l’agonie, elle met de côté sa rancœur, saute dans un avion pour Nice et rejoint la clinique. Au même moment, ses collègues sont appelés sur le lieu d’un meurtre crapuleux : un modeste coursier parisien a été retrouvé exécuté de deux balles dans l’entrée d’un immeuble chic de la capitale. Commence alors pour l’équipe du capitaine Daniel Magne une enquête en forme de course contre la montre, pour ménager Lisa mais aussi et surtout pour comprendre comment les bas-fonds peuvent rejoindre parfois la très haute administration.

 L’auteur : Jacques Saussey est né le 14 mars 1961. Il vit en Bourgonne.Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique », en 2007).

 

Extrait :
« Le courant d’air glissa sur sa nuque humide et le prit par surprise. Il tourna la tête, mais son casque buta sur son épaule, l’empêchant de voir l’entrée de l’immeuble. Dans la paroi en acier poli des boîtes à lettres, il distingua soudain une silhouette s’avancer derrière lui. Une silhouette noire, longiligne, qui pointait son bras en avant, droit sur sa tête.
La première balle lui perfora la base de l’occiput et ressortit en explosant sa mâchoire inférieure dans une fulgurance de douleur, projetant un mélange opaque de plastique, de sang, de chair et d’os pulvérisés sur la visière du casque.
Il n’entendit pas la deuxième. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

C’est le deuxième roman que je lis de cet auteur. On y retrouve les protagonistes de « colère noire » qui vivent maintenant en couple mais Lisa va, pour des raisons familiales, retrouver sa mère pendant que Daniel va de son côté enquêter couvert par sa hiérarchie, sur la mort, vingt ans auparavant, du père de sa compagne.

Ce qui surprend dans cette intrigue, au demeurant captivante, c’est le pari de l’auteur sur la construction du récit. Lisa et Daniel vont faire surgir le « même » passé avec force de retour-arrières, mais chacun dans sa chronologie et cela ne les rend pas synchrones. Un peu obscur mon commentaire ? Je ne peux pas tout dire sous peine de spolier … Cependant sachez que« la pieuvre » n’y est pas le personnage principal mais le contexte historique par lequel tout est rendu possible … même le mal !
J’ai aimé ce moment de lecture et je vous le recommande

L’héritage de Lizie de Lawren Schneider


Le livre : L’héritage de Lizie de Lawren Schneider  Paru le 30/05/2015 en autoédition. 18€ ; 299 pages ; 15,6 x 1,9 x 23,4 cm

 

l’auteur : LAWREN SCHNEIDER
Amateur de littérature américaine, de thrillers et de romans noirs, Lawren Schneider livre ici son premier roman 100% action ! Chef de tribu hyperactif, Lawren est originaire de la région de Strasbourg. Il a choisi l’autoédition pour ses deux premiers romans afin de conserver sa liberté de ton et de rester au plus près de ses lecteurs.

 

 

Lawren Schneider par lui même :

Ma première vie a débuté en 1971 à Strasbourg. Elle était placée sous le signe de l’urgence, l’urgence de vivre intensément. Curieux maladif, je n’ai jamais su choisir, j’ai voulu tout avoir, tout vivre. Musicien multiinstrumentiste, étudiant en sciences, père de famille à 20 ans, vendeur de flûtes traversières, manager dans l’industrie du bâtiment, chef de tribu, amoureux investi, voyageur insatiable, entrepreneur.

Ma deuxième vie a débuté en 2014. Se poser. Se poser les bonnes questions. L’écriture est arrivée dans ma vie sans prévenir, comme une évidence, une passion maîtrisée, mais jouissive.
« L’héritage de Lizie » est mon premier roman, un thriller, autoédité en juin 2015.
Ce n’est qu’après avoir écrit le mot « FIN », que j’ai décidé de poursuivre l’aventure. Un an plus tard, j’ai publié « Le prix à payer », une nouvelle aventure de mon héroïne, Lizie.

En 2017, sortira , un roman plus personnel, mais aussi plus dramatique et plus noir. Un thriller dont l’histoire tragique prendra sa source au sein du camp russe où ont été enfermés les « Malgré-Nous » alsaciens et mosellans durant la Deuxième Guerre mondiale.  Son titre »Les larmes des cigognes ». Sortie prévue en Novembre 2017.

Emilie délivre son avis

 

🎊 L’HÉRITAGE DE LIZIE de Lawren Schneider 🎊

Un thriller trois étoiles, 100% action.

Résumé : 
Lizie est une jeune journaliste parisienne menant une vie ordinaire jusqu’au jour où un inspecteur d’Interpol l’avertit que son demi-frère Matthieu est en réalité à la tête d’un des plus gros réseaux de trafic de stupéfiants de l’Ouest américain. Les autorités le soupçonnent même de vouloir enlever Lizie. Le monde s’écroule autour d’elle : pourquoi lui voudrait-il du mal ? Qui est donc véritablement celui pour qui elle avait tant d’admiration ?
De Paris à Las Vegas, Lizie va découvrir le vrai visage de celui qu’elle croyait connaître et n’en sortira pas indemne…

Mon avis :
On découvre l’héroïne principale, Lizie, et sa vie plutôt calme. Enfin… Au début. Car rapidement tout va se dégrader.
J’espère que vous avez le cœur bien accroché car, dès que vous ouvrirez ce livre, vous serez entraîné dans un road trip endiablé.
La vie de Lizie bascule, toutes ses certitudes sont remises en question. Pour elle, plus rien ne sera jamais comme avant.
L’auteur nous emmène de la France aux États-Unis, de question en question, de révélation en révélation, jusqu’au final… Étonnant et émouvant.
On a furieusement envie de lire la suite…

American desperado de Jon Robert et Evan Wright


Le livre : American desperado de Jon Robert et Evan Wright. Paru le 23/10/2013 chez 13e note éditions.   (701 p.) 18 cm.

4e de couv :

Ce livre retrace l’histoire intense de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino affiliée à la Mafia new-yorkaise, Jon a sept ans quand il est témoin d’un meurtre commis par son père et doit apprendre la loi du silence. Suivant la voie qu’on lui a tracée, il fait ses armes comme « soldat » du clan Gambino puis s’engage dans les marines et donne libre cours à sa sauvagerie naturelle au Vietnam. On le retrouve à vingt-deux ans à New York, où il supervise le racket des boîtes de nuit pour ses oncles. La vague disco/cocaïne va lui donner des idées et lui faire découvrir Miami, où il devient en quelques années l’un des correspondants les plus actifs du cartel de Medellín, écoulant de 50 à 100 kg de poudre par mois. Son carnet d’adresses se lit comme un bottin mondain : le général Noriega, Richard Pryor, O-J Simpson, Meyer Lansky, Richard Dreyfuss, Pablo Escobar… Au volant de voitures de luxe, entouré des plus belles femmes, il est aussi charmant qu’amoral et meurtrier. Scrupuleusement documenté, ce livre écrit en collaboration avec Evan Wright, romancier et grand reporter, permet de découvrir non seulement la vie d’un criminel extraordinairement audacieux, mais aussi une période chaotique et passionnante de l’histoire américaine. Un beau matin de 1986, le FBI fait une descente chez Jon Roberts. S’ensuit une cavale qui durera cinq ans. Capturé, Jon bénéficiera d’une réduction de peine en échange d’informations. Emporté par un cancer le 28 décembre 2011, il n’aura survécu que deux mois à la publication de ses Mémoires.

L’auteur : Evan Alan Wright est un écrivain américain né en 1966 à Cleeveland.  Il est connu pour rapports détaillés sur les sous-cultures pour Rolling Stone Magazine et Vanity Fair. Il est surtout connu pour son livre sur la guerre en Irak, « Generation Kil »l. En 2012, il a écrit un exposé au sujet d’un haut officier de la CIA qui aurait travaillé comme un tueur à gages Mafia (« How to get Away with Murder in America »). En 2012, il publie « American Desperado », un livre qu’il a co-écrit avec Jon Roberts que l’on peut voir dans le documentaire « Cocaine Cowboys ».

Extrait :

 À l’époque où je suis né, l’Amérique était un pays propre où quelqu’un dans mon genre n’aurait pas été applaudi. C’est comme la musique que mon fils écoute, de la merde gangsta pondue par des mecs qui ne savent même pas s’exprimer correctement. Si c’est ce que les gens apprécient de nos jours, pas étonnant qu’ils m’applaudissent.

Le post-it du bibliothécaire :

American desperado : une vie dans la mafia, le trafic de cocaïne et les services secrets.

Rien qu’avec le sous-titre, nous sommes déjà dans l’ambiance. Tout un programme à lui seul .

 Parcours criminel de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino, affiliée à la mafia new-yorkaise, il est témoin d’un meurtre, commis par son père, alors qu’il n’a que 7ans. Jon va suivre la voie du crime et vivre dans un monde où la menace est permanente et la violence sans limites.

 L’épopée stupéfiante d’un criminel sur la côte Est américaine. Cette biographie nous livre une description glaçante des Etats-Unis des années 1970 et 1980 : mafia, Vietnam, trafic de drogue, corruption généralisée…

Un formidable travail journalistique pour un livre qui se lit comme un roman. Dur, dérangeant, hyper violent et fascinant, mais sans complaisance

Les spectres de Chicago de Bob Garcia


Les spectres de Chicago de Bob GarciaLe livre : Les spectres de Chicago de Bob Garcia.Paru le 19 mai 2016 au Rocher dans la collection Thriller.19€90 ; (491 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

Les spectres de Chicago

Chicago, 1929. Par une nuit d’hiver glaciale, une bombe explose dans le sous-sol du Comedia, détruisant en quelques minutes le célèbre jazz-club. Deux hommes sortent miraculeusement indemnes des décombres après l’attentat : Gerry, l’un des trompettistes du Comedia, et un deuxième homme frappé d’amnésie. Gerry recueille chez lui son compagnon d’infortune, qui part en quête de son identité et de la vérité sur l’attentat. Entre un passé qui lui échappe et un présent hostile, ses questions se font de plus en plus nombreuses. La peur s’immisce en lui : quelqu’un, quelque chose le traque…

Dans un univers étrange et baroque, où rêve et réalité se confondent parfois, on croise Eliot Ness, Sherlock Holmes, un bibliothécaire illuminé, une vieille dame qui vend des jouets extraordinaires, des clochards presque célestes, des méchants bien retors… mais surtout la belle Wendy et ses enfants perdus. En revisitant le mythe de Peter Pan sur fond de guerre des gangs, de misère et de corruption, Bob Garcia signe ici un thriller crépusculaire et angoissant, mené de main de maître jusqu’aux toutes dernières lignes.

 

Bob-Garcia_2586L’auteur : Bob Garcia est née en 1954 à Casablanca au Maroc.  Il est ingénieur diplômé de l’École centrale.
Passionné de littérature populaire, de musique et de bandes dessinées, mais aussi du cinéma de Fritz Lang, Hitchcock, Tim Burton, Terry Gilliam ou encore de Jeunet/Caro, Bob Garcia a publié une dizaine de romans et nouvelles policières, des études tintinophiles, et des essais et articles sur le monde du jazz. Il tient en outre des chroniques littéraires et musicales régulières sur plusieurs médias radios et TV.

 

Extrait :
Des souvenirs émergent du fond de ma mémoire. Des images apparaissent, comme ces paysages aux contrastes durs et aux contours nets, éclairés par la lumière blanche d’un soleil d’hiver.
Je revois.
Notre famille n’était pas riche, mais nous ne manquions de rien. Nous mangions à notre faim, nos vêtements étaient toujours propres et nous tenaient chaud. Chaque Noël, un cadeau nous attendait au bas du sapin.
Papa et Maman trônaient au sommet de la hiérarchie de mes sentiments, comme des demi-dieux, personnages mythiques auxquels je vouais une admiration et une confiance sans limite. Ils faisaient tout pour me rendre heureux et je leur manifestais mon bonheur autant qu’il m’était possible de le faire.
Mon père était un mythe inaccessible. Je lui imaginais un destin exceptionnel. Je le voyais comme un géant, une montagne. Puissance et sérénité. Le seul fait de savoir qu’il existait m’emplissait de fierté et de courage. Sa simple présence me fortifiait.

Coucou Geneviève,

Fidèle au poste, je t’envoie in extremis ma participation au 3e volet de ton concours. J’ai choisi de chroniquer Les spectres de Chicago, l’objet même du lot en jeu!! OK, ce n’est pas très logique mais c’est entièrement de ta faute. Merci encore pour ton blog et tes conseils de lecture.

La Chronique d’Isabelle

Troisième volet

 Les spectres de Chicago, de Bob Garcia, éd. Du Rocher.

 

« – La clé d’une intrigue policière se cache souvent dans un changement de référentiels ! », avait lancé Bob Garcia à son auditoire, lors d’une récente conférence sur les polars. En lectrice avertie, je me suis plongée dans son dernier opus, Les spectres de Chicago, l’ œil rivé sur le référentiel. Las, l’auteur, ce perfide, s’est ingénié à brouiller les pistes.

Lancé dans le récit d’une enquête menée à Chicago en 1929 par le célèbre Eliot Ness, après l’explosion d’une bombe dans un jazz-club, il enchaîne soudain avec les aventures oniriques d’un gamin terrifié, s’interrompt pour donner la parole à un mystérieux amnésique avant de retrouver l’Incorruptible.

A un instant on se croit dans un remake d’Alice au pays des merveilles. L’instant d’après on s’envole avec Peter Pan dans un autre pays tout aussi imaginaire. Chaque univers nouveau amène avec lui sa logique, ses codes, sa cohérence propres. Parmi ces référentiels à la pelle, comment distinguer le référentiel de référence? Quand la boussole joue les girouettes, comment garder ses repères ? Bob Garcia triche, n’ayons pas peur de le dire. Il n’hésite pas à mettre Tintin, Batman et Mandrake dans le même bateau. Avec trois héros de ce calibre, allez savoir qui tombe à l’eau !

Et d’ailleurs, Garcia n’est-il pas un pseudonyme derrière lequel se cacheraient Dickens, Conan Doyle, James Ellroy et Christian Jacq ? Bref, quand la vérité a jailli d’une cascade de renversements de situations, inutile de dire que je n’avais rien vu venir. Le plus remarquable, dans cet enfumage, c’est que l’intrigue se tient.

Ce roman vous balade, certes, mais son fil conducteur reste toujours à portée de main. Sa construction alambiquée défie les lois de la physique littéraire, elle n’en est pas moins parfaitement contrôlée.

Quant à la fluidité de l’écriture, elle contribue à rendre ce livre multigenres prenant et surprenant.

J’ai perdu pied, j’ai adoré !