Prendre les loups pour des chiens de Hervé Le Corre


Le livre :Prendre les loups pour des chiens de Hervé Le Corre. Paru le 11 janvier 2017 chez Rivages dans la collection Rivages-Thriller. 19€90 ; (317 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Prendre les loups pour des chiens

Après avoir purgé cinq ans pour un braquage commis avec son frère Fabien, Franck sort de prison. Il est hébergé par les parents de Jessica, la compagne de Fabien. Le père maquille des voitures volées, la mère fait des heures de ménage dans une maison de retraite. Et puis il y a la petite Rachel, la fille de Jessica, qui ne mange presque rien et parle encore moins. Qu’a-t-elle vu ou entendu dans cette famille toxique où règnent la haine, le mensonge et le malheur ?

Dans une campagne écrasée de chaleur, à la lisière d’une forêt angoissante, les passions vont s’exacerber. Entre la dangereuse séduction de Jessica, l’absence prolongée de Fabien et les magouilles des deux vieux, Franck est comme un animal acculé par des loups affamés…

« Une prose limpide, sèche, qui vous transperce d’émotion. »
Michel Abescat, Télérama

L’auteur : Hervé Le Corre débute à la Série Noire avec trois romans noirs remarqués, puis il publie chez Rivages L’Homme aux lèvres de saphir (Prix Mystère de la critique) qui le révèle à un large public. Les Coeurs déchiquetés (Grand Prix de Littérature policière) puis Après la guerre (Prix du Polar européen du Point) l’imposent comme un auteur de tout premier plan.
Extrait :
Quand Franck s’est présenté à eux, le père et la mère n’ont pas cherché à faire semblant. Ils le voyaient pour la première fois mais ils ne se sont forcés à aucun sourire, à aucun mot de bienvenue. Il aurait aussi bien pu venir dire bonjour comme ça en passant, comme un qu’on ne reverra pas. Ils savaient bien, pourtant, qu’il sortait de prison, qu’il était le frère de Fabien. Il allait habiter chez eux quelque temps, ils l’auraient à leur table. Ils le croiseraient à la porte des toilettes. Ils n’ont pas bougé des chaises longues dans lesquelles ils étaient installés, le chien allongé entre eux, la tête entre ses pattes, qui s’est dressé en grondant et que le père a fait se coucher d’un coup d’espadrille sur le museau.
Ils ont salué Franck d’un simple « bonjour, Roland, Maryse » en lui tendant leurs mains molles et moites et en clignant des yeux parce qu’il était debout devant eux contre le ciel aveuglant, puis l’homme a affecté de reprendre sa sieste interrompue en reposant sur son ventre gonflé ses bras osseux et la femme a ramassé dans l’herbe à côté d’elle son paquet de cigarettes et s’est levée avec effort et s’en est allumé une puis est restée immobile à fumer, regardant la petite fille dans la piscine hors-sol qui se trouvait un peu plus loin.

La chronique de Sébastien

Prendre les loups pour des chiens

Hervé Le Corre éditions Rivages

« Il leur a parlé dans son souffle avec des mots anciens, ceux d’avant, qu’il ne prononçait plus qu’en secret, tout seul. Un peu de vent attisait les étoiles, qui se rallumaient par traînées scintillantes. Il s’est assoupi et s’est réveillé sous un ciel noir saupoudré de lumière. Comme le sommeil insistait pour le prendre, il s’est installé sur le siège arrière de la voiture, toutes vitres baissées, pour recevoir les odeurs et les bruits de la forêt. »

De nos jours, dans les alentours de Bordeaux. Franck sort de prison. Une sublime créature l’accueille à sa sortie. Elle s’appelle Jessica, chaque centimètre de son corps galbé appelle au désir, et Franck vient de tirer plus de cinq ans pour un braquage. Mais Jessica c’est la gonzesse de son grand frère, Fabien, celui avec qui il a commis ce braquage. Franck s’est fait gauler, mais il est resté muet, il n’a jamais balancé son frangin.

Aujourd’hui il sort mu par l’espoir, l’espoir de relancer sa vie qui était en « stand by » derrière ces murs gris remplis de fureur et de cris. Ces murs qui stoppent la course du temps, où chaque heure résonne comme une journée. Le pactole du braquage devrait permettre de bien repartir dans la vie. Sauf que. Sauf que Franck, en attendant de retomber sur ses pattes, en attendant de s’acclimater de nouveau à l’espace, au soleil, au ciel bleu, à la liberté, en attendant le choc avec tout cela, Franck va habiter chez les parents de Jessica, et avec elle et sa petite fille mutique, Rachel. Immédiatement, sous cette chaleur de plomb qui écrase toute vie et toute envie, Franck se retrouve en terrain connu.

« Il s’est remis debout et a secoué la tête comme si les souvenirs, pris dans ses cheveux comme des brins de paille, allaient tomber à ses pieds. Il fallait qu’il parle à quelqu’un. Il fallait qu’il entende une voix amie, chaude, souriante. Les sourires ça s’entend. »

Les vieux de Jessica sont à la dérive, alcool et clopes, petites magouilles et plans foireux pour joindre les deux bouts. Et pas la moindre trace de Fabien. On lui explique qu’il est parti plusieurs semaines en Espagne, « pour affaires ». Le genre d’affaires aux relents nauséabonds, aux miasmes interlopes et qui promettent beaucoup mais tiennent rarement parole. Franck va alors patienter là, chez ces gens bas de plafond, dont les journées sont réglées par l’appel des bières, des repas, des apéros, des engueulades. Assigné à la caravane planqué dans la grange, Franck va éprouver l’ivresse de la liberté mais aussi du vide et de l’oisiveté, ce creux en lui qui annihile ses ambitions et sa volonté. Et puis Jessica, son corps, le langage qu’il exhale, cet appel sexuel qui émane de chaque geste, de ce regard clair hypnotique. Franck est attiré, pourtant il subodore que cette fille est un nid à emmerdes.

« Les deux femmes s’emballaient, parlaient fort, se resservaient à boire en cherchant sur la table leur paquet de cigarettes ou un briquet. Tout y passait. Les patrons, les chefs, les collègues de travail, les feignants, les planqués, les rampants, les soumis, les faux-culs, tous les profiteurs de misère. A les entendre on pouvait croire qu’elles étaient les seules à avoir payé de leur personne, à avoir travaillé vraiment et compris l’envers des choses, la cupidité et la paresse, les lâches compromissions, la dégueulasserie du monde. L’alcool et les cigarettes aidant, elles parlaient presque de la même voix, éraillée et pâteuse, se coupant la parole. Le père les regardait enfoncé dans son fauteuil de camping, les yeux à l’abri derrière ses paupières plissées avec à la bouche une moue dégoûtée, peut-être, ou vaguement méprisante. »

Toutes ces existences qui se tournent autour dans la nonchalance qui suinte de la canicule ignorent encore, pour quelques heures, que leurs pieds foulent un terrain instable, que ce froid qui remonte sur leurs ventres, qui fouette leurs visages, c’est le souffle du vide qui se cache juste devant, tapi dans l’obscurité d’où surgit la noirceur du monde et des âmes. Quelque chose dissone, quelque chose dérape, quelque chose cloche. Tous vont l’apprendre à leurs dépens. Franck sent qu’il est mal barré, mais possède-t-il les cartes pour échapper à cette chose invisible qu’il suspecte autour de lui ? A-t-il en lui la force et la volonté pour lutter et dévier la trajectoire néfaste du cours de sa vie ?

Hervé Le Corre nous revient avec un roman noir magistral. Dans le sillage de Franck, il nous fait découvrir une société presque secrète, qui a pignon sur rue et qui croise celle plus propre, plus fade et plus routinière à laquelle nous sommes habitués. Il nous restitue avec les mots justes, cet équilibre précaire qui pèse sur les marginaux, ceux qui vivent sur le dos du système et à la fois en dehors. Il parvient avec une grande humanité à nous retranscrire cette atmosphère instable qui plane sur ces existences écorchées et un peu barrées, la vie de ces personnes qui un jour, par faiblesse, bêtise ou manque d’instinct ont pris la mauvaise direction, fait le mauvais choix.

Avec une plume absolument remarquable, il brosse le tableau de ceux qui vivent à la marge, qui combattent leurs propres démons tout en subissant leurs travers et en maudissant la société telle qu’elle les afflige. On sent en permanence que tout peut basculer, que dans ce monde-là, rien n’est acquis et que tout est aussi fragile qu’une aile de papillon.

« Alors pour toi Jessica, elle est seulement bizarre ? (…) Sans parler de tout ce qu’elle est capable d’ingurgiter quand elle va mal. Alcool, dope, médocs … Putain, Nora, à côté, c’était une accro à l’homéopathie. »

Au-delà de l’histoire, Hervé Le Corre nous parle avec subtilité de ces forces occultes et obscures qui influent sur les existences, les tourmentent, les torturent, pour finalement les foutre en l’air aussi sûrement qu’une vieille grange écroulée par des vents fous. Il nous parle du poids colossal de la famille, de l’entourage, qui jouent un rôle incontournable et souvent fatal dans la tournure que prennent les évènements. La volonté de s’en sortir ne suffit parfois pas, quand elle traîne dans son sillage la charrue de la défaite et du renoncement, ce qui y pousse alors s’apparente plus à de la mauvaise herbe qu’à du blé ou du maïs. Il ne restait plus à l’auteur qu’à placer cette poudrière dans un endroit en déshérence, proche de la ville mais perdu quand-même, de ces zones périurbaines où rien ne pousse que le désespoir et la fatalité. Le tout sous une canicule qui vous travaille au corps, vous esquinte de son omniprésence, jusqu’à vous rendre fou et à influer sur vos décisions en minant votre capacité de réflexion.

Faites un bout de chemin avec Franck, au milieu de cette équipe de bras cassés et de cerveaux timbrés, et éprouvez le poids écrasant du passé, la force malsaine des évènements, la contrainte des proches et la formidable inertie des sentiments.

 

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Un sac de Solène Bakowski


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sac Le livre : Un sac de Solène Bakowski. Paru le 20 janvier 2017.  6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
Oserez-vous regarder dans le sac ?
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

sacaL’auteur :

 Solène Bakowski est née le 22 septembre 1981 à Paris. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne.

Extrait :
Je m’appelle Anna-Marie Caravelle et je suis une marginale. Sans existence officielle, sans identité vérifiable, sans rien. Tous ceux qui auraient pu témoigner de ce que je suis ou de ce que je fus ne sont plus. La faute à pas de chance. Je suis une paria comme il en existe des milliers d’autres, et je suis seule, depuis le début ou presque. J’ai fait des choix contestables, mais jamais contestés. Alors j’ai continué. Je vais vous paraître effrayante. Pourtant, je ne suis pas monstrueuse. Disons que je me suis construite à l’envers, en réaction contre tout. Mon histoire ne plaide ni en ma faveur, ni en ma défaveur. Tout juste si je parviens à me trouver quelques circonstances atténuantes. Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est seulement pour me dédouaner un peu et parce que je sens bien que, si je reste avec ces mots sur le cœur, ils finiront par me le manger. Je balance tout mon être dans ces pages et laisse juge qui voudra.

Chronique de lecteurs

Émilie DéLivres son avis : 

❤️ ❤️ ❤️. UN SAC de Solène Bakowski ❤️❤️❤️

Un livre noir, très noir, mais aussi tellement, tristement, réaliste.
Anna-Marie Caravelle n’a juste pas de chance. A sa place je ne sais pas comment j’aurai réagi…

Résumé :

 L’histoire d’Anne-Marie Caravelle, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, recueillie par Monique Bonneuil, qui ignore encore le monstre qu’elle s’apprête à devenir.

Mon avis à chaud, juste après avoir terminé ma lecture :
« Je viens de terminer Un sac et j’ai du mal à trouver mes mots, à émerger après cette lecture.
Ce livre est très noir mais terriblement bon.
Anna-Marie, l’héroïne, est décrite comme marginale et abominable. Moi je la trouve humaine. Terriblement humaine. Elle m’a touchée au plus profond de mon être car je me suis demandée, et me demande encore, ce que j’aurai fait à sa place et je n’ai pas la réponse. J’aurai peut-être fait pareil, peut-être même pire.
Elle n’est pas folle, elle aime. Mais elle aime mal, parce qu’on ne lui a pas appris. Tout simplement. « 

Ce livre est beau, différent, flippant.

A lire absolument.

Il est réédité par les éditions Bragelonne. Il est sorti le 20 janvier. A votre place je n’hésiterais pas.

Bonne lecture les amis 😃

Le chouchou du Week end : Cabossé de Benoît Philippon


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rlfLe livre : Cabossé  de Benoît Philippon Paru le 8 septembre 2016 chez Gallimard dans la collection Série Noire.18€ ; (272 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Quand Roy est né, il s’appelait Raymond. C’était à Clermont. Il y a quarante-deux ans. Il avait une sale tronche. Bâti comme un Minotaure, il s’est taillé son chemin dans sa chienne de vie à coups de poing : une vie de boxeur ratée et d’homme de main à peine plus glorieuse. Jusqu’au jour où il rencontre Guillemette, une luciole fêlée qui succombe à son charme, malgré son visage de « tomate écrasée »…
Et jusqu’au soir où il croise Xavier, l’ex jaloux et arrogant de la belle – lequel ne s’en relèvera pas…
Roy et Guillemette prennent alors la fuite sur une route sans but.
Une cavale jalonnée de révélations noires, de souvenirs amers, d’obstacles sanglants et de rencontres lumineuses.

avt_benoit-philippon_3916L’auteur : Benoit Philippon,né 30 novembre1978. est un réalisateur franco-québecois. Il étudie les lettres modernes à la Sorbonne Nouvelle, puis débute sa carrière en occupant diverses fonctions sur les plateaux de tournage. Le futur réalisateur se spécialise ensuite dans les effets visuels.
Benoit Philippon intègre au début des années 2000 la société de production Mac Guff. Cette société est l’un des principaux studios de création d’effets visuels numériques en Europe. Il étend sa pratique de l’industrie cinématographique à la publicité, des programmes télévisé aux clips musicaux. Philippon participe à la réalisation d’un certain nombre de publicités et de longs-métrages. C’est ainsi qu’il supervise les effets visuels pour des marques comme Guerlain ou Cochonou.
Benoit Philippon se met aussi à l’écriture, avec le film Sueurs, sorti en 2002, en collaboration avec Michael Cooper et Louis-Pascal Couvelaire. On retrouve Jean-Hugues Anglade en tête d’affiche. Ce film relate l’histoire de quatre hommes, partis à la poursuite d’un gisement de minerai d’or. Cette aventure les emmènera jusqu’en Afrique du Nord.
Parallèlement, le réalisateur s’occupe des effets visuels pour des films que la société Mac Guff produit, avec une participation dans Largo Winch.
Le cinéaste parvient à écrire et réaliser son premier film en 2009, Lullaby for Pi, qui réunit un casting assez prestigieux. On retrouve Clémence Poésy, remarquée dans Harry Potter et la Coupe de feu, Forest Whitaker et Rupert Friend, dans une comédie dramatique teintée de Jazz.
Extrait :
Guillemette le regarde avec les yeux qui brillent. C’est pas juste les bougies qui se reflètent en dansant, c’est une image de cinéma, quand on se dit : « Ça existe pas dans la vraie vie. » Pourtant, Guillemette est bien réelle et elle se tient en face de Roy. Elle joue nerveusement avec le pied de son verre rempli d’un petit crozes-hermitage pas trop dégueu pour le prix et le standing en rade d’étoiles du resto où il l’a emmenée. La Tour d’Argent, il a pas tenté, elle l’aurait grillé direct. Un mec comme Roy, il va pas à la Tour d’Argent. Il va au Quai Numéro 5, troquet gentiment glauque vers gare de l’Est qui fait une entrecôte-frites pour un prix défiant la crise et une fraîcheur défiant la flore intestinale. Mais la soupe aux cafards au premier rendez-vous, faut éviter. C’est noble, la franchise, mais vaut mieux l’enrober d’un minimum de glamour. Les femmes se maquillent bien, elles aussi, pour arranger la nature. Pareil pour Roy. Il a préféré trouver un resto simplement présentable où oser dîner avec Guillemette à visage découvert.
— Alors Roy, maintenant qu’on a bien baisé et que t’as pu cacher ton mutisme derrière des caresses fort agréables au demeurant, va falloir que tu me dises des choses.
— Des choses ?
— Ben oui, on va pas dîner en silence.
— Ben non.
— Ben non. Et on va pas baiser en dînant.
— Ben non.
— Ben non. Alors va falloir que tu me dises des choses.
Roy sourit. Elle l’éblouit de plus en plus, cette meuf.

Résumé et petit avis :

Les pérégrinations de Raymond, surnommé Roy, un homme de 42 ans au visage ingrat et malmené par la vie, entre ses expériences de boxeur et d’homme de main. Quand il trouve l’amour en la personne de Guillemette, il croise aussi Xavier, son ex-fiancé. La rencontre entre les deux hommes tourne au drame et entraîne les amoureux dans une cavale riche en rebondissements.

Que voilà un premier roman remarquable de sensibilité et intelligence. 

Cabossé nous entraîne pour une cavale où la sensualité se mêle à l’aventure.

Des personnages à fleur de peau et émouvants auxquels on s’attache vite, qui nous font passer du rire aux larmes et ça fait du bien.

Un road trip troublant Lui Roy est taciturne, elle Guillemette est lumineuse. Il est bourru, elle est pétillante. Il est taiseux, elle est volubile !

Servi par une écriture concise, très « parlée ». Une écriture au cordeau, ciselée et rythmée, qui restitue le parlé de la rue et du quotidien et qui rend cette histoire bouleversante de vérité !

Un récit qui donne vie à deux personnages cabossés par les aléas de la vie.

Par leurs aventures, leurs histoires d’amour, ces cabossés nous touchent en plein cœur.

 Un roman inoubliable à découvrir de toute urgence !

De mon coté, j’ai surtout hâte de retrouver les mot (Les maux) de Benoit.

Tiens je l’appelle par son simple prénom, comme si nous étions familier. Pourtant je ne le connais pas. Mais là aussi je suis impatiente de le rencontrer et d’échanger avec lui !

Nous serons inséparables de Julia Crouch


Collectif polar.biblio

9782258087897,0-1328904Le livre : Nous serons inséparables  de Julia Crouch.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Valérie Bourgeois.Paru le 8 mars 2012 aux Presse de la cité dans la collection Suspense psychologique.22€ ; (458 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture

Le jour où Polly sauve la vie de Rose, les deux fillettes deviennent inséparables. C’est pourquoi, des années plus tard, lorsque Polly lui annonce que son mari est mort dans un accident de voiture, Rose n’hésite pas un instant et l’accueille à bras ouverts dans son foyer.

A son arrivée, la jeune veuve semble un peu trop joyeuse. Bientôt, la vie de Rose se complique : sa fille tombe malade, son mari devient distant… Et si Polly n’était pas étrangère à ces événements ?

Quand l’amitié se révèle venimeuse, elle peut faire basculer une vie ordinaire dans le drame absolu.

6467676714L’auteur :

Après avoir été dramaturge, directrice de théâtre, graphiste et webdesigner, Julia Crouch a découvert sa véritable vocation : la littérature.

Nous serons inséparables est son premier roman.

Extrait :
— Raconte-moi une histoire du temps où tu étais petite.
Deux semaines s’étaient écoulées. Anna était blottie contre sa mère. Etendu de tout son long sur elles, Manky, leur vieux chat, ronronnait comme une couverture chauffante motorisée.
— Je t’ai déjà dit comment j’ai rencontré Polly ? demanda Rose.
— Non.
— Ça t’intéresse ?
— Oui !
Toutes deux avaient pris place sur le lit de Rose et Gareth – leur refuge favori pour le rituel des histoires à l’heure du coucher. La chambre parentale se situait au dernier étage de la maison. Sous le plafond mansardé et traversé de poutres en chêne – assez haut pour que l’on puisse tenir debout –, on avait l’impression d’être encerclé, pris dans une étreinte. Avec la lumière tamisée et chaude qui baignait la pièce, on se sentait protégé, presque enlacé, même quand la tempête faisait rage au-dehors, ce qui était le cas ce soir-là.
— J’avais six ans, commença Rose. Le même âge que toi, donc. J’habitais dans une grande maison située au bord de la mer, mais en pleine ville.
— A Brighton.
— Oui. Cette maison, c’était une pension.
— Je le sais, ça !
— Bon, bon.
— Mais c’est quoi, une pension ? Une maison avec des pensionnaires ? Comme la nôtre quand les autres seront là ?
— Non, c’était plutôt une sorte d’hôtel. Ma mère et mon père – tes grands-parents – louaient des chambres à des clients qui venaient à Brighton pour les vacances ou en voyage d’affaires. Le matin, ils leur servaient le petit déjeuner dans une salle du sous-sol. Ensuite, les gens payaient. Tes grands-parents travaillaient dur. Tous les jours, de nouveaux clients arrivaient et d’autres repartaient, le plus souvent après quelques nuits sur place seulement.

 

Lecture d’avantCM16

 

Résumé et le petit avis de Catherine

L’amitié qui lie Rose et Polly est forte mais cache une relation venimeuse. Quand cette dernière s’installe chez son amie à la suite du décès de son mari, la vie ordinaire de Rose va basculer dans le drame.

Un page turner à l’intrigue au départ classique : les retrouvailles de deux amies d’enfance suite au décés du mari de Polly, ex rock-star nombriliste et déjantée qui vient s’installer chez Rose et va bouleverser sa vie, semant le malheur autour d’elle et réveillant un passé douloureux…

Rien de bouleversant au départ mais le lecteur se retrouve captivé, happé par ce thriller psychologique qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la dernière page. D’une efficacité redoutable.

Pour lire le début

Pour en savoir plus sur Catherine c’est ICI 

 

La petite louve de Marie Van Moere.


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Le livre : La petite louve de Marie Van Moere. Paru le 16 janvier 2014 à la Manufacture de livre. 18.90€. (267 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

« – Regarde-moi.
Cheveux longs et légèrement ondulés, brillant et vaporeux, peau diaphane, lèvres roses et yeux verts d’eau, clavicules trop fines, seins malmenés, douze ans, une enfant mal grandie.
La mère lui caressa la joue.
– Je l’ai tué.
La petite comprit immédiatement. »

Une mère est confrontée au drame que chaque parent redoute. Elle décide de se faire justice et prend la fuite avec sa fille. Mais celui qu’elle croit être un monstre, c’est aussi un fils et un frère, issu d’une famille de Gitans sédentarisés « défavorablement connus des services de police », comme on dit pudiquement. Une famille, elle aussi, avec son histoire et ses drames, et à laquelle on ne s’attaque pas impunément.

Sur les routes de Corse, mère et fille vont se découvrir, tantôt proies, tantôt criminelles.

indexL’auteur : Marie Van Moere est née en 1977 à Pau. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages. Elle a passé ses premières années à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane. Aujourd’hui, elle vit et écrit en Corse, à Ajaccio.

 Extrait : 

« La balle s’était logé dans l’os pariétal. Imprévu. Jamais elle n’aurait imaginé qu’il fut si physique d’ouvrir un crâne à la pioche. Celui-ci brisé, elle s’agenouilla derrière et y plongea les mains. La détermination ne tolérait guère le dégoût. »

 Agathe est médecin à Marseille et complètement ravagée par la colère et la douleur. Sa fille, adolescente, a été violée.
th (11)Suite au viol subi par sa fille adolescente, une mère de famille voit son couple voler en éclats. Lorsque le suspect de l’agression est libéré à cause d’un vice de procédure, elle décide de venger elle-même sa fille. Après le meurtre du jeune homme, la mère et la fille s’enfuient sur les routes de Corse, poursuivies par les frères de leur victime.
Difficile de parler de ce livre sans se laisser aller à ses sentiments.
th (10)Déjà la première scène est choc. Une femme assouvit sa vengeance, elle venge sa petite fille et dés lors elle devient la proie d’homme prêts à tout, eux aussi, pour venger leur frère. C’est la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent.
Et c’est vrai que l’écriture de Marie Van Moere ne simplifie pas les chose. Elle est, comment dire, hystérique, frénétique, échevelée. Elle nous percute, cogne. Et son lyrisme nous chavire.
En entre de plein fouet dans cette relation mère fille à la fois fusionnelle et anarchique. Parfois on se demande qui est la plus fragile de la mère ou de la fille.
Et puis, il y a les méchants, qui eux aussi ont une histoire, et une histoire pas si facile non plus. Parfois, je me suis demandée si l’auteur ne voulais pas que l’on ressente de l’empathie pour ses hommes, eux aussi frère ou fils.
th (8)Et enfin il y a la Corse, la beauté de l’île, un refuge pour nos héroïnes qui voient pourtant le piège se refermer sur elle. La Corse sauvage comme ce récit. Les paysages rudes et âpres comme la plume de l’auteur.
Une histoire qui ne peut vous laisser insensible.
Elle m’a chamboulé, retournée, émue. J’en ai pris plein la gueule.
Mais alors j’ai aimé la force de ses mots.
Dans son premier roman, l’auteur soulève des questions qui survivent à sa lecture. Jusqu’où peut-on s’affranchir du bien et du mal ? Qui sont les forts et qui sont les faibles ? Peut-on se faire justice ?
Des questions auxquelles j’ai plus tendance à répondre avec mes tripes qu’avec ma cervelle.th (9)