Le journal de ma disparition – Camilla Grebe


Le livre : Le journal de ma disparition de Camilla Grebe. Traduit du suédois par Anna Postel. Paru le 7 mars 2018 aux Editions Calmann Levy  dans la collection Calmann Levy – Noir. Broché : 21,90 € ; 432 pages ; 15 x23 cm

4ème de couverture :

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

L’auteur : Née en 1968, Camilla Grebe est diplômée de la Stockholm School of Economics. Elle est cofondatrice de Storyside, une maison d’édition suédoise de livres audio. Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa sœur Asa Träff. Un cri sous la glace, son premier livre en solo, paru en 2017 aux Editions Calmann-Lévy, a connu un très beau succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial.
Extrait :
« Si je m’attendais à être recrutée pour enquêter sur la fille d’Ormberg ! Moi qui travaillais comme simple agente à Katrineholm depuis l’obtention de mon diplôme. Pourtant, la décision de mes supérieurs est rationnelle : on m’a envoyée dans ce bled parce que j’y ai grandi. Il n’a aucun secret pour moi. Et je dois être la seule personne originaire de ce trou dans la police. Que ce soit moi qui aie découvert le cadavre en cette soirée d’automne huit ans auparavant n’a probablement guère fais pencher la balance de ma faveur.

 

L’accroche de Miss Aline :

Le journal de ma disparition, Camilla GREBE

Malin, jeune flic, se retrouve sur une enquête qui fait échos à son passé. Ormberg elle en est partie, elle y revient. Elle va renouer avec un petit village où il ne se passe –quasiment- jamais rien. Et pourtant les racines sont profondément enfouies sous cette neige qui n’en fini pas de recouvrir le sol suédois.

Une profileuse célèbre qui ne sait plus comment ni pourquoi elle se retrouve en pleine forêt seule, sans chaussures. Son co-équipier introuvable, volatilisé.

Une nouvelle victime retrouvée sur le monticule de la petite fille retrouvée morte et non identifiée d’il y a huit ans.

Un adolescent en quête de son identité va cheminer parallèlement à tout ce monde.

Deux voix dans ce livre : Malin et Jake. Deux récits parallèles d’une même affaire. Deux vies chamboulées qui se cherchent. Les chapitres sont courts, le rythme est intense mais cotonneux comme sous une chape de neige. C’est d’une écriture fluide que l’auteur t’entraîne dans cette forêt opaque, oppressante, là ou les secrets sont bien enfouis. Cette forêt qui voudrait bien livrer ses mystères.  Avec Malin tu suis l’enquête qui se fait (presque) tranquillement et paradoxalement avec des avancées parfois déroutantes de chapitres en chapitres. Tu sens que sous la couche de poudreuse se cache un truc. Il ne peut en être autrement. L’auteur sait garder ses secrets, elle distille ses indices avec parcimonie  pour t’amener à une conclusion déroutante.

J’ai acheté ce livre d’abord pour sa couverture, ce qui est très rare chez moi. Ensuite pour sa 4ème de couverture. Non je n’ai pas lu le premier roman de Camilla Grebe mais je vais me rattraper, c’est certain. D’ailleurs il est déjà dans ma bibliothèque (oui je sais on dit « dans ma PAL !).

Bonne lecture.

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7/13 de Jacques Saussey


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 chez  Toucan dans la collection Toucan noir. 13.2 € – e-book : 9.99 € ; (464 p.) ;  20 x 12 cm

 4ème de couverture :

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue
parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les
lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus
reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification
s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de
l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour
rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses
hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition
inattendue va faire basculer son destin.
Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères
les plus stupéfiants qu’ils n’aient jamais rencontrés.

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961.
Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique« , en 2007).
« La Mante Sauvage » est son premier polar. Son deuxième thriller « De Sinistre Mémoire » est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs. Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société. Il a pratiqué le tir à l’arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92. Il vit dans l’Yonne.

le blog de l’auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/

Extrait :
« Fred s’était arrêté sur le tout dernier article qu’elle avait publié. Il s’agissait d’un long plaidoyer à propos des hordes de migrants qui continuaient à s’agglutiner aux portes de l’Angleterre, près de Calais, dans des conditions d’hygiène et de survie d’une hallucinante précarité. Ils étaient de plus en plus nombreux chaque jour qui s’écoulait, comme si un barrage humain s’était rompu quelque part en amont, dans un monde inconnu de l’Occident. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Avec la participation inattendue d’Olivier Norek présentement préfacier …

Dans la série Magne- Heslin, je prends le 7ème et j’essaye de ne pas spolier ! Je peux d’abord dire que j’ai aimé tout en trouvant l’intrigue plus complexe à suivre que dans le précédent opus.

Deux temporalités se déroulent parallèlement, ça l’auteur l’a déjà fait notamment dans « la pieuvre » mais cette fois il nous fait d’avantage penser à Nicolas Lebel et à la construction de son roman « De cauchemar et de feu ». En effet une enquête au premier plan nous permets de renouer avec le couple Magne-Heslin que nous avions quittés dans « Ne prononcez jamais leurs noms » bien mal en point, va percuter une énigme non résolue de la dernière guerre mondiale. Une série de meurtres pousse nos enquêteurs dans l’arrière pays Boulonnais pollué, au contact avec des immigrés. Certes il semble qu’après l’ »Entre deux mondes » d’Olivier Norek et le « Fantazmë » de Niko Tackian, le sujet de l’incapacité à répondre dignement aux problèmes de l’immigration clandestine occupe nos auteurs. C’est que le thriller-polar est un incroyable vecteur de réflexion pour les sujets de société et les lecteurs ne s’y trompent pas en plébiscitant leurs auteurs.

Jacques Saussey nous tient en haleine avec cette enquête complexe, je l’ai déjà dit, à tiroirs, menée par les rescapés de l’équipe de la criminelle dirigée par Daniel Magne à laquelle les renforts, sous forme du duo improbable rencontré dans « le loup peint » (non pas Dupont et Dupond mais M et M), apportent une loufoquerie bienvenue et rafraîchissante. Il faudra attendre d’être au-delà des ¾ du roman pour comprendre la signification du titre … Non ça n’est pas la tension artérielle de Lisa ni le numéro du modèle du coucou volant de la couverture … lisez et vous trouverez !

Passionnant, instructif, bien écrit … tout pour plaire ce 7/13, qui n’est pas non plus la note attribuée à ce thriller qui mérite bien plus !

« Il y a chez cet auteur, une générosité et une bienveillance que l’on retrouve au fil des pages. Pas de risettes gratuites, d’amitiés de façade, Jacques est un sincère. Et bien malheureux celui qui s’en prendra à ceux qu’il aime. Un peu comme ses flics, pour qui l’équipe est une famille. D’ailleurs, chacun de ses personnages est une partie du complexe puzzle Saussey. Magne et Heslin, son couple d’enquêteurs, représentent ses propres anima et animus, la part masculine et féminine de sa personnalité. Comme un homme fort de fête foraine qui plierait des barres de fer en maillot rayé tout en récitant de la poésie. Complexe je vous ai dit. » – Extrait de la préface d’Olivier Norek

 

 

 

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

Crotales de Jean-Luc Bizien


 Bonsoir les polardeux,

Aujourd’hui c’est Chronique Croisée.

Alors après le Off de Poh sur Crotales de Jean Luc Bizien,

C’est au tout de Danièle de nous donner son avis sur ce même titre.

Allez c’est parti pour La Chronique Jubilatoire de Dany.


Le livre  : Crotales de Jean-Luc Bizien.  Paru le 16 novembre 2016 aux Ed. du Toucan dans le collection Toucan noir. 19€90 ; (541 p.) ; 22 x 14 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Paik Dong-Soo est surnommé « le Chinois » par les Mexicains. C’est un Nord-Coréen un peu étrange, qui mène une vie d’ermite, retiré près d’El Paso. Victime d’hallucinations, il récupère ses médicaments chez un vieux médecin allemand, réfugié lui aussi dans la Sierra depuis des lustres. Dong-Soo passe une grande partie de ses journées à scruter les écrans de ses ordinateurs pour y surveiller à distance sa femme et son fils, installés à New York et persuadés qu’il est mort.
Pour vivre et entretenir ses réflexes d’ancien soldat, il accepte de boxer de temps à autres contre les champions d’un des parrains locaux de la drogue. Ce dernier a pour favorite une jeune femme que Dong-Soo prend en pitié et projette de sauver. Jusqu’à ce qu’un membre du gang des Italiens de New York vienne dealer avec le Mexicain et reconnaisse Dong-Soo lors d’un combat de boxe clandestin.
Toutes ces histoires se percutent et se résolvent en une nuit, à la fin du roman.

L’auteur : Jean Luc Bizien est né à Phnom-Penh, Cambodge , le 07 mai 1963.  Jean-Luc Bizien est un auteur de romans policiers, de science-fiction, de fantasy, de littérature jeunesse, de livres-jeu. Il écrit également sous les noms de plume Sean McFarrel et Vuk Kovasevic. Il est publier dès 1989. Mais c’est Seulement en 2001 qu’il quitte définitivement l’Éducation Nationale pour se consacrer à l’écriture.
Extrait : 
« Concentré sur ses actions et ses choix, il prenait son temps. C’était son habitude – son rituel, comme s’obstinaient à dire les prétendus « profilers », ces crétins qui s’autoproclamaient « spécialistes en serial killers ». Dewey méprisait tous ces types qui donnaient des conférences devant des parterres de gogos buvant leurs paroles comme si elles provenaient des Saints Évangiles. Des conneries, oui ! C’était facile, d’inventer des conclusions une fois que les gars s’étaient fait prendre. Dewey se demandait toujours pourquoi jamais un tueur en série n’avait entrepris d’éliminer un à un tous ces pseudos scientifiques, histoire de leur faire ravaler leur suffisance. L’idée était certes excitante, mais il avait trouvé le système parfait et comptait l’exploiter tant que la source ne serait pas tarie. Au vu de la régularité avec laquelle les Mexs s’entassaient dans les bidonvilles, ça n’était pas demain la veille. »

La Chronique Jubilatoire de Dany

 

D’abord il y a les Daltons … pas vraiment racistes mais accros à la violence gratuite, juste pour l’adrénaline, alors pourquoi pas contre les latinos aux prises avec leur cerveau reptilien ?

Puis il y a les narcos et leurs clans, leurs trafics, l’exploitation de la pauvreté des villageois  qui habitent le long de la frontière métallique entre les US et le Mexique et la domination en en faisant leurs mules et leurs esclaves.

Vient ensuite la CIA, toujours prête à se fourvoyer dans des plans douteux pour atteindre ce qu’elle présente comme des objectifs glorieux.

Et puis, et puis … il y a Païk Dong-Soo, plus mal en point que jamais mais encore plus attachant aussi.

Enfin le talent de l’auteur qui vous entraine dans l’exotisme mexicain, avec toute la cruauté primaire, à l’approche l’élection présidentielle à laquelle se présente un certain Donald Trump. Une intrigue forte, sans doute encore en-deçà de la réalité. Une narration sur plusieurs plans qui se rejoignent on s’en doute, bien habilement. Quatrième volet de la vie de l’agent très spécial Coréen, laissé presque mort à la fin du « berceau des ténèbres », à la hauteur de ce qui ne devait être qu’une trilogie, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

Notez que pour faire connaissance avec Païk, il n’est pas absolument nécessaire de connaître la trilogie mais je suis sure qu’après cette lecture vous irez vite vous la procurer !

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.

On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi


Le livre :  On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi. Paru le 12 octobre 2017.  21€90 ; (461 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

 

« Les femmes sont souvent plus fortes que les hommes dans mes romans, même lorsqu’elles sont victimes des pires machinations »
Michel Bussi

« Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits… Un suspense renversant et bouleversant.

 

L’auteur :  Michel Bussi est professeur de géographie à l’Université de Rouen. Il est l’un des auteurs de polars parmi les plus primés en France au cours de ces dernières années. Son roman Omaha Crimes (2007) connaît une consécration nationale en obtenant cinq prix littéraires majeurs. Dans la foulée de ce succès, Mourir sur Seine (2008) est salué par le public et récompensé par le prix Reine Mathilde. Depuis il est le deuxième auteur le plus lu en France en 2016. Michel Bussi a publié aux Presses de la Cité plusieurs romans : Nymphéas noirs (2011) Un avion sans elle (2012), Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2016), Maman a tort (2015) et Le temps est assassin (2016), devenus des best-sellers et traduits dans le monde entier. 
Extrait :
L’occident croit que s’il ne se barricade pas, toute l’Afrique va débarquer chez lui. Quelle peur idiote ! L’immense majorité des populations veulent rester là où elle habitent, là où elles sont nées, avec leur famille et leurs amis, du moment qu’elles ont à peu près de quoi survivre. Elles s’en contentent. Il n’y a que quelques fous pour tenter l’aventure. Entre cent mille et deux cent mille migrants qui tentent de passer la Méditerranéenne chaque années, moins d’un Africain sur dix mille, et on parle d’invasion ?

Le billet de Carine

💖 MICHEL BUSSI : UNE VALEUR SÛRE 💖

« ON LA TROUVAIT PLUTÔT JOLIE » de Michel Bussi

Michel Bussi est l’un des auteurs de romans policiers les plus lus et les plus primés en France. Ses romans, des page-turner sans surenchère de détails macabres, parviennent à faire la synthèse entre le meilleur de l’atmosphère des romans policiers populaires français et le rythme des romans à suspense américains. Et c’est ce que les lecteurs adorent…

A Port-de-Bouc, près de Marseille, Jules Flores est chargé d’élucider le meurtre de François Valioni, membre influent d’une association d’aide aux réfugiés, retrouvé vidé de son sang dans un hôtel. L’enquête le mène à Leyli Maal, mère célibataire d’origine malienne. Cette jeune femme pleine de charme cache un lourd secret.

J’aime beaucoup Michel Bussi et découvrir un nouveau roman de lui est à chaque fois un immense plaisir. Ici, passé et présent s’entrecroisent afin de nous conter l’incroyable destin de Leyli, une cabossée de la vie.

Un roman totalement différent de ce qu’a pu nous proposer l’auteur jusqu’à présent. Une chose pourtant ne change pas : il nous captive toujours autant. J’ai adoré ce bouquin … une réussite totale !!!!!! Je vous encourage vivement à le découvrir …

 

 

Entre deux mondes d’Olivier Norek


Le livre : Entre deux mondes d’Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (409p) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

L’auteur : Olivier Norek lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.
Extrait :
Ce n’est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines. Les No Border les traînent aux limites de la Jungle, devant les CRS, mais parfois ils sont simplement enterrés entre les dunes et la forêt. Si un jour ils rasent la Jungle, il ne faudra pas creuser trop profond.

Le OFF de OPH

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier étranger qui, fuyant un pays en guerre, arrive dans un autre pays, à 6.000 km de chez lui, pour rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité ici. Mais elles ont disparu et il s’avère que ce pays est un univers sans loi, entre deux mondes. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir. Il sera aidé de Bastien, un policier français.

Olivier et Oph

En refermant « Entre deux mondes », je me suis retrouvée enfermée entre deux sentiments… bouleversée et émue.

Bouleversée par l’histoire d’Adam, policier Syrien d’abord puis migrant à son arrivée à Calais.

Bouleversée par l’histoire de Kilani, enfant Soudanais et migrant.

 

Émue par les liens que Bastien, policier français, va lier avec Adam.

Émue parce que toute cette histoire me touche pour de multiples raisons:

Flic j’ai dénoncé les conditions de travail de mes collègues aux abords cette Jungle en occultant trop souvent les tragédies humaines qui pouvaient se dérouler à l’intérieur de ce microcosme,

Originaire de Grande-Synthe je vois régulièrement les migrants de la « Jungle bis », à proximité du lac où j’allais me promener  et que maintenant j’évite, fermant les yeux sur ce drame humain parce que c’est tellement plus facile…

Parce que quasiment chaque fois que je prends l’autoroute A16 pour retrouver mes proches, je suis plus vigilante que sur n’importe quelle autre autoroute, ayant déjà failli renverser des migrants prêts à tout pour rejoindre leur « Terre Promise », cette Angleterre qui est devenue leur Eldorado…

Olivier m’a renvoyé à nos contradictions, nos paradoxes… Il a su dépeindre avec précision et sans pathos les émotions et les conflits internes que peuvent ressentir les policiers calaisiens entre drames humains et maintien de l’ordre public.

Une fois encore le monde policier y est décrit avec une précision et une authenticité que je n’ai retrouvé chez aucun auteur et qui me touche particulièrement. Un humour noir qui cache nos fêlures et nous aide à lutter contre les monstruosités de la société. Les flics sont les seuls à pouvoir la dépeindre sans le filtre de la bienséance ou du politiquement correct, et pour cela merci Olivier. Tu montres avec brio notre humanité, nos douleurs, nos ras le bol, nos faiblesses et notre impuissance aussi face à certaines situations révoltantes.

Mais « Entre deux mondes » n’est pas qu’une histoire de flics… c’est aussi le drame migratoire et l’incapacité de notre pays à faire face à cette situation.

C’est la capacité de l’Homme à s’adapter pour survivre  « Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose »…

C’est le desarroi des habitants de Calais qui ont été pris en otages par l’Etat français, fermant les yeux sur ce qui se déroule, encore aujourd’hui, dans cette ville.

C’est l’énergie que dépensent les associations humanitaires pour apporter un peu de réconfort à ces déracinés fuyant les guerres dans leurs pays…

« Entre deux mondes » n’est pas un roman pro-migrants, il y dénonce notamment les abus des passeurs,  « Entre deux mondes » c’est juste une histoire profondément humaine qui vous bouleversera….

Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent


Aujourd’hui j’ai la chance d’accueillir une nouvelle chroniqueuse dans les rangs de collectif Polar. Et pas n’importe quelle chroniqueuse, puisque c’est Carine Boulay qui nous rejoint.  Carine a longtemps tenu un blog qui nous parlait de polar, Le noir émoi. Un blog que je suivais avec intérêt.

Aujourd’hui, si elle a arrêté son activité de blogueuse, elle reste une grande lectrice de littératures policières. Et puis quand on a tenu un blog, on aime toujours donner son petit avis sur nos lectures. Alors, Carine blogueuse un jour, blogueuse toujours vient aujourd’hui nous parler du dernier opus de Gille Vincent.

Je vous laisse découvrir cela.

 

Le livre : Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent. Paru le 10 février 2017 aux Editions In8.  19€ ; (385 p.) ; 21 x 12 cm

4e de couv :

Au coeur de Marseille, on exécute Tarek Bsarani de trois balles dans la tête. Il était le directeur de campagne d’une jeune députée du Vaucluse, espoir prometteur du Parti National de France. À l’autre bout du pays, on découvre dans la boue les corps meurtris de deux jeunes Érythréennes. Deux migrantes égarées sur les routes dévastées de l’exode.

Forte de son expérience et d’une équipe soudée, la commissaire Aïcha Sadia tente de dénouer l’affaire marseillaise, tandis qu’au nord, dans ces territoires laminés par la crise, le capitaine Carole Vermeer, flic fragile et vacillante, butte sur la solitude et le mensonge. À mesure que l’échéance électorale approche, la tension politique vient brouiller les pistes…

Des houillères du Pas de Calais aux plaines brûlantes de Camargue, l’auteur livre un roman noir, lyrique, politique et social. Le portrait sans concession d’une terre au bord de l’abîme, un pays sombre et parfois lumineux : le nôtre.

L’auteur :
Gilles Vincent, né le 11 septembre 1958 à Issy-les-Moulineaux. Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l’écriture. Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite…
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l’aube.

Le mot de Carine

Tarek Bsarani, le directeur de campagne d’une députée du Parti national de France, a été exécuté à Marseille. De l’autre côté du pays, les corps de deux migrantes érythréennes sont retrouvés. La commissaire Aïcha Sadia est chargée de l’enquête sur le meurtre marseillais, pendant que Carole Vermeer s’occupe de l’autre affaire, dans le Pas-de-Calais.

On dit de lui : « Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite … » Je trouve qu’il n’y a pas de meilleure introduction que celle-ci afin de vous parler de cet auteur que j’affectionne tout particulièrement.

Que d’émotions à la lecture de cet ouvrage … Gilles Vincent est doté d’une qualité rare que je trouve tout simplement remarquable côté écriture. Effectivement, qu’il exprime l’amour d’un homme pour sa compagne qui dort à ses côtés, un crime crapuleux, un paysage ou même un attentat il le fait toujours de la même manière. C’est juste ex-cep-tion-nel cette façon très personnelle qu’il a de traiter tous les sujets avec finesse et émotion. Pourtant à la lecture de ce roman vous allez vous prendre la fureur des hommes en pleine gueule ! Et lorsque vous tournerez la dernière page vous vous prendrez également en pleine tête la puissance du titre : ce pays qu’on assassine

Notre Chroniqueuse :

Carine Boulay férue de littérature noire.
Je suis tombée dans la marmite très jeune puisque ma découverte du policier prend sa source au coeur de la bibliothèque verte (on ne se moque pas). Eh oui, j’ai dévoré l’intégralité de la série Alice détective dans laquelle la brillante et non moins sympathique Alice Roy se lançait dans la résolution d’enquêtes toutes plus trépidantes les unes que les autres.
J’ai poursuivi avec des romans en tous genres pendant de nombreuses années avant de glisser progressivement du côté obscur.
La naissance de mes trois enfants a eu raison de mon temps libre mais j’ai replongé dès que j’ai pu au coeur de mes noirs émois.
J’ai approfondi les différents styles qui composent le genre ces dernières années et c’est d’ailleurs incroyable de voir combien mes goûts ont évolué.
À ce jour, je reconnais volontiers avoir un faible pour les auteurs français et je suis ravie de constater qu’une nouvelle vague déferle chez nous, mais pas que.
La lecture fait partie intégrante de ma vie. Synonyme de plaisir, d’émotion, de dépaysement parfois, elle a un pouvoir considérable sur moi : elle contribue à mon bonheur !
Alors merci à nos chers auteurs …

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


chouchous-du-week-end

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.

Disparues à Las Vegas de Vu Tran


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9782715242517,0-3326728Le livre : Disparues à Las Vegas de Vu Tran.Traduit de l’américain par Nathalie Bru. Paru le 19 mai 2016 chez Mercure de France dans la collection Mercure Noir. 21€80; (278 p.) ; 23 x 16 cm

Quatrième de couverture

Vu Tran

Disparue à Las Vegas

Robert, un flic d’Oakland un peu nerveux, se remet difficilement du départ de sa femme Suzy. Deux ans plus tôt, elle l’a quitté pour aller vivre avec Sonny, un redoutable baron de la pègre vietnamienne de Vegas.

Quand elle disparaît une nouvelle fois, étonnamment c’est à Robert que Sonny demande son aide. Sous la pression du gangster, Robert traque Suzy à travers les lieux de perdition de Vegas. À cette occasion, il en apprendra plus sur son ex-femme qu’il n’en avait jamais su pendant les huit années de leur mariage. Notamment sur son arrivée aux États-Unis après la chute de Saigon. Peu à peu, le passé trouble de Suzy se dessine plus clairement, qui pourrait bien les menacer tous…

« Un puissant premier roman, qui a su faire le pari de mêler genres littéraires, écriture percutante et réflexion sur un pan de l’histoire américaine encore trop méconnu. »
The New York Times

342489 478L’auteur : Vu Tran est né à Saigon en 1975. Il a grandi dans l’Oklahoma après avoir quitté le Vietnam et donne aujourd’hui des cours de creative writing à l’Université de Chicago. Disparue à Las Vegas est son premier roman.

 

 

 

 

Extrait :
« – Je vois clair dans votre jeu, Monsieur Robert. Dès l’instant où vous vous êtes présenté à notre porte, j’ai vu clair. Vous n’avez rien à perdre. Mais cela ne fait pas de vous quelqu’un de courageux, cela fait de vous un crétin. Happy m’a dit que vous n’aviez rien dans la tête. Que comptiez-vous faire ? Tuer mon père ? Lui casser le bras ? L’engueuler ? Tout ce que je vous ai raconté est vrai, je me suis montré parfaitement sincère. Vous êtes cependant trop gouverné par vos émotions pour écouter. Vous vous présentez ici avec l’intention de jouer les héros et sauver votre ex-femme des griffes d’un sale type. Vous voulez qu’on vous dise ce qu’il lui a fait et pourquoi. Alors qu’en fin de compte, la seule chose qui vous intéresse, c’est de savoir pourquoi elle vous a quitté pour une simple gifle et reste ensuite avec un homme qui la pousse dans un escalier. »

Résumé et petit avis :

Robert, policier à Oakland, est chargé par Sonny, un baron de la pègre vietnamienne de Las Vegas, de retrouver Suzy. Cette dernière est à la fois son ex-femme et la nouvelle épouse de Sonny. Subissant le chantage du gangster, le policier poursuit Suzy à travers les lieux de perdition sordides de Vegas, suivi par le sadique Junior, le fils de Sonny. 

Suzy a disparu… Suzy est l’ex-femme de Robert, un flic d’Oakland qui ne peut l’oublier et qu’elle a quitté pour Sonny. Celui-ci, un baron de la pègre vietnamienne de Vegas, va se rapprocher de Robert afin de la retrouver. Suivi de Junior, le fils de Sonny, Robert se met à sa recherche à travers les lieux de perdition de Vegas. À l’aide d’alliés inattendus, il découvre petit à petit un visage inconnu et sombre de son ex-femme et, notamment, son arrivée aux Etats-Unis après la chute de Saigon. Le lourd passé de Suzy menace bientôt tout son entourage…

Ce roman noir lyrique et haletant explore les travers de Las Vegas et s’intéresse à ces personnages qui sont contraints d’abandonner un jour derrière eux leur famille et leur pays, refont leur vie ailleurs, mais restent à jamais hantés par leurs origines.

Lire le début Ici