Kabukicho de Dominique Sylvain, le chouchou du week end


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Le chouchou du week-end dernier est…

Kabukicho  de Dominique Sylvain

97828785832120-3579515Kabukicho  de Dominique Sylvain . Paru le 6 octobre 2016 chez Viviane Hamy dans la collection Chemin nocturne. 19€ ; (286 p.) ; 21 x 13 cm

À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au cœur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, l’Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels. Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo oùelle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici. » Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l’aidera dans sa recherche. Yamada, l’imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l’enquête officielle. Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

527b8466158283cef39504a20632b979L’auteur : Dominique Sylvain est née le 30 septembre 1957 à Thionville en Lorraine. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor. Pendant treize ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé dix ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour.
Elle habite actuellement à Paris mais reste très attachée à l’Asie où elle se rend régulièrement. Elle se consacre, désormais, exclusivement à l’écriture. Elle est l’auteur de nombreux romans policiers, dont Passage du Désir (Grand Prix des lectrices de Elle). Ses seize romans ont tous été publiés dans la collection Chemins Nocturnes, aux Éditions Viviane Hamy.
Extrait  : 
Marie cliqua sur « Statistique ».
Près de trois cent cinquante mille signes, plus de cinquante huit mille mots. La Cité des mensonges représentait un travail titanesque, mais qui se révélait payant. Bientôt, des lecteurs découvriraient de quoi elle était capable.
Ce livre  était un pont. Un pont vers l’humanité. Et la meilleure chance qu’elle ait eu depuis des années. 

 

Résumé et avis :

Je ne suis pas particulièrement attiré par la société et la culture japonaise. J’ai beaucoup de mal à l’aborder. C’est vrai aussi que je ne la connais pas. Je n’en sais juste ce que j’ai pu en voir à travers les reportages et les documentaires que j’ai visionnés. C’est souvent  à travers le regard d’un occidental  que je les ai perçues. Mais quelques part, une petite voix en moi m’appelle à résister à cette société que la sensorielle que je suis à du mal à appréhender.

Pour moi, ce pays  est coincé entre traditions et hyper modernité. Les contrastes sont trop opposés, ils me semble inconciliables. Je les perçois comme des images figées ou, au contraire, comme un film qui défile à toute vitesse. Bref je reste hermétique à ce peuple, ses us, ses coutumes et ses espoirs en l’avenir.

Et pour autant, Dominique Sylvain a su me faire voyager. Elle m’a totalement plongée au coeur de cette société en perpétuelle mouvement. Elle a su me faire comprendre ses contradictions. J’avais déjà découvert le Japon avec son tout premier roman « Baka » mais cette fois, l’auteur va bien plus loin. A travers cette histoire au coeur d’un quartier chaud, elle retranscrit et arrive à nous faire sentir la quintessence de ce pays.

kaOn va être directement être transporté à Kabukicho , une ville plutôt morne le jour. Mais…La nuit, les bars à hôtesses et les love hôtels ouvrent. Kabukicho.  Ce quartier chaud de Tokyo devient « La ville sans sommeil »  Et c’est là que Marie, une jeune Française, espère  trouver un travail. Sa rencontre avec Kate, hôtesse au Club Gaïa, l’introduit dans le milieu. Un soir, cette dernière ne se présente pas au club. Le lendemain, son père reçoit sur son téléphone un cliché inquiétant. Et…Nous voilà embarqués dans une enquête difficile.

Et… j’ai aimé avoir Dominique Sylvain comme guide pour me conduire tout au long de ce périple. Avec son écriture clinique elle colle parfaitement au décor et aux mœurs du lieu. Derrière cette cordialité de façade se cache une froideur glaçante. Kabukicho est plus dangereuse qu’elle ne le laisse paraître.

Alors oui, je me suis laisser prendre au piège. Oui je me suis attachée à ces personnages pas forcément très attachants pourtant. Oui j’ai été totalement en empathie avec certains mais aussi avec ce Japon que l’auteur affectionne tant.

Oui Dominique retourne à ses premières amours.  Elle nous en dévoile la substantifique moelle.Et oui, je pense que l’auteur a voulu donner ce ton froid pour coller et faire transpirer la culture nippone à travers cette parfaite enquête.

Oui, je le crie haut et fort, Dominique Sylvain a réussi son coup. Elle a su me surprendre. Elle a surtout su, avec ce titre à part, totalement se renouveler. Et, oui à travers ce titre, c’est, pour moi, une belle redécouverte de cette auteure. Alors…Merci Madame pour tout ça !

 

RLVous pouvez aussi, si vous le voulez découvrir ici mon petit avis sur Le roi lézard

 

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Pickpocket de Fuminori Nakamura


Collectif polar.JLuc

9782809703931,0-1508793Le livre : Pickpocket de Fuminori Nakamura. Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako. Paru le 4 janvier 2013 chez P. Picquier. 17€50 ; (189 p.) ; 21 x 14 cm.

9782809710779,0-2499620Réédité le 6 février 2015 en poche chez le même éditeur dans la collection Picquier Poche. 7€50 ; (198 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Il se faufile dans la foule de Tokyo, choisissant soigneusement ses cibles pour ne dévaliser que les plus riches, dérobant les portefeuilles si délicatement que parfois il ne se souvient même pas de l’avoir fait. C’est un homme solitaire, sans attaches comme sans illusions. Jusqu’au jour où il rencontre un enfant – et un chef yakuza qui le prend au piège d’un jeu dangereux et pervers. Le pickpocket va devoir faire appel à toutes les ressources de son art pour sauver sa vie, son destin, et peut-être même son âme.

Un thriller élégant et mélancolique qui a reçu en 2010 le prix Kenzaburô Oe.

« Fascinant. Je voudrais écrire quelque chose comme Pickpocket un jour. » Natsuo Kirino

« Une balade noire à l’intérieur de la conscience d’un voleur, fascinante jusqu’à la dernière ligne » (Page des Libraires).

fnL’auteur : Né en 1977 dans la préfecture d’Aichi, Nakamura Fuminori est diplômé en sciences  sociales appliquées de l’Université de Fukushima. Son premier roman, Revolver, a été couronné du prix Shinchôsha des jeunes auteurs ; en 2005, il a reçu le prix Akutagawa pour Tsuchi no naka no kodomo («L’enfant dans la terre»).

 

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Résumé et L’avis de Jean Luc

La destinée d’un pickpocket professionnel, dans les rues de Tokyo. Son attachement à un enfant le précipite dans les griffes d’un mafieux qui lui propose un pacte impossible : réaliser trois missions pour sauver la vie du jeune garçon. Prix Zoom Japon 2013 (catégorie roman).

Pickpocket de Fuminori Nakamura est une découverte surprenante. Il s’agit d’un petit polar japonais qui se lit d’une traite mais que l’on oublie pas facilement. Le style de l’auteur est agréable à lire et l’idée de décrire le mode de vie d’un pickpocket plutôt séduisante.
Il y a des passages remarquables où l’auteur explique le modus operandi du pickpocket mais et il y aussi des scènes d’une grande humanité avec un jeune adolescent à l’abandon et sa maman paumée.
L’intrigue est plutôt bien construite et la fin n’est pas celle que l’on attends, l’auteur au passage aborde la notion du destin. A savoir, est ce que notre destin nous appartient ou bien peut-il appartenir à un autre ?
Au final, un petit bijoux avec des personnages remarquables, un livre dur, sans concession mais qui mérite le détour.

La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino


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Quelques semaine après Titou le Matou, c’est Julie qui vient nous parler d’un fabuleux roman japonais qui avait été un de mes dix coups de coeur en 2010.
J’avoue que je suis heureuse que ce titre est suscité autant de curiosité de la part de nos chroniqueurs.

Et je les en remercie !

 

$kLe livre : La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino.  Traduit du
japonais par Yutaka Makino. Paru le 7 avril 2010 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 18,30 ; (253 p.) ; 19 x 13 cm

$k&Réédité en poche le 2 novembre 2011 chez Babel dans la collection Babel noir.7,70 ; (253 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas…

Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.

Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…

$k&&&Biographie de l’auteur :

Keigo Higashino est né en 1958 à Osaka. Auteur de nombreux romans, il est une des figures majeures du polar japonais. En 2006, il a reçu le prestigieux Prix Naoki pour Le Dévouement du suspect X.

Extrait : 
« Elle ne chahutait pas et ne criait pas sans raison comme la plupart des filles. Elle se tenait toujours en retrait, donnant l’impression d’observer pensivement ce qui se passait autour d’elle. Au début j’avais cru qu’elle était timide, mais je m’étais vide rendu compte que ce n’était pas le cas. Ses yeux, lorsqu’elle regardait ses camarades rire bêtement, étaient semblables à ceux d’un scientifique observant des animaux de laboratoire. Un peu comme si elle était spectatrice d’une pièce de théâtre intitulée « La Deuxième année de lycée ». En fait, elle ne tentait jamais de monter sur scène. »

L’avis de Julie

La littérature japonaise contemporaine foisonne d’écrivains qui entretiennent de dangereuses liaisons avec un monde sombre à la limite du morbide.

Keigo Higashino est considéré comme une des figures majeures du roman policier japonais. « La maison où je suis mort autrefois », a d’ailleurs reçu le Prix Polar International de Cognac en 2010.

L’auteur nous entraîne dans un huis-clos à l’atmosphère très particulière, avec les fantômes du passé qui remontent lentement à la surface de la mémoire de l’héroïne.

L’intrigue est menée d’une main de maître. Les informations sont distillées avec finesse. Très peu de longueurs ce qui fait que ce livre est captivant et lu rapidement.

Retrouvez ICI l’avis de Titou

La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino


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Aujourd’hui c’est Titou qui a répondu à mon appel et qui est venue vous présenter un de mes coups de coeur 2010.

Merci chère Titou le matou pour cette lecture que tu as bien voulu découvrir pour nous !

  $kLe livre : La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino.  Traduit du japonais par Yutaka Makino. Paru le 7 avril 2010 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 18,30 ; (253 p.) ; 19 x 13 cm

$k&Réédité en poche le 2 novembre 2011 chez Babel dans la collection Babel noir.7,70 ; (253 p.) ; 18 x 11 cm

Ce titre à reçu prix Polar international de Cognac.

4e couv :

Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, les albums de famille ne renferment aucune photo d’elle au berceau, faisant ses premiers pas…

Quand, à la mort de son père, elle reçoit une enveloppe contenant une énigmatique clef à tête de lion et un plan sommaire conduisant à une bâtisse isolée dans les montagnes, elle se dit que la maison recèle peut-être le secret de son mal-être. Elle demande à son ancien petit ami de l’y accompagner.

Ils découvrent une construction apparemment abandonnée. L’entrée a été condamnée. Toutes les horloges sont arrêtées à la même heure. Dans une chambre d’enfant, ils trouvent le journal intime d’un petit garçon et comprennent peu à peu que cette inquiétante demeure a été le théâtre d’événements tragiques…

$k&&&L’auteur : Keigo Higashino est né en 1958 à Osaka. Il est une des figures majeures du policier japonais. En 2006, il a reçu le prestigieux prix Naoki pour Le Dévouement du suspect X, à paraître dans « Actes noirs ».

Keigo Higashino compose avec La Maison où je suis mort autrefois un roman étrange et obsédant. D’une écriture froide, sereine et lugubre comme la mort, il explore calmement les lancinantes lacunes de notre mémoire, la matière noire de nos vies, la part de mort déjà en nous.

 

 

Chronique de lecteurs

Le résumé  et avis de Titou :

Sayaka Kurahashi s’interroge. Pourquoi n’a-t-elle aucun souvenir de sa vie d’enfant, avant ses 5 ans ? Pourquoi ne parvient-elle pas à créer un lien affectif avec sa fille ? Et où donc se rendait son père tous les 2 ou 3 mois ? Pourquoi prétendait-il aller pécher alors qu’il partait sans sa canne à pêche ?

C’est en retrouvant un ancien petit ami, lors d’une rencontre d’anciens élèves, qu’elle se décide. Elle lui demande de venir avec elle pour ouvrir la porte dont elle a hérité la clé à la mort de son père.

Et si cette clé ouvrait la porte des souvenirs ?

C’est encore un livre que je voulais lire depuis longtemps. Il manquait juste un peu de temps pour se lancer. Enfin pas que, car je dois avouer qu’il m’inquiétait un peu. Je n’aurais pas du attendre. Sitôt ouvert… sitôt dévoré. A cause de son nombre de pages ? Non, parce qu’il est diablement bien écrit. J’ai été prise au piège dès les premières lignes. L’écriture est sobre, sans fioritures et donc efficace. On va à l’essentiel. On suit pas à pas les deux protagonistes dans leurs découvertes, dans ce qui s’apparente à un véritable voyage dans le temps. Un temps qui semble s’être arrêté (ou avoir été arrêté ?) à 11h 10 dans cette maison.

On est pris dans une spirale et on ne lâche pas avant de savoir la fin !!

J’ai aimé la façon dont on découvre, avec les héros, cette maison un peu étrange. Ils visitent chaque pièce, puis y retournent, pour les examiner de nouveau, pour les «  revoir » à la lumière de leurs découvertes, ou pour y chercher de nouveaux indices. Car l’histoire de cette maison, en apparence banale,  est dense, inquiétante. Un soupçon de fantastique vient augmenter la tension et les questions qui se posent pour les protagonistes. Qu’a-t-il bien pu s’y passer ?

Au fur et à mesure  des pages, on devient, comme les personnages, obsédés par cette bâtisse, par le/ les drames qui semblent y avoir eu lieu.

A lire !!!

Merci au blog «  collectif polar » qui en lançant un appel aux lecteurs m’a donné le coup de pied aux fesses nécessaire pour me lancer !

Lire le début ICI

$k&&Notre chroniqueuse du jour : Titou dit Titou le matou.

De ce matou, je ne sais pas grand chose, pour ne pas dire rien !

J’ai juste cru comprendre que Titou était enseignante, profésseur des écoles peut-être, chez les petits ?

Je ne saurais pas vous en dire plus.

Titou, voudrais-tu bien, te présenter à nos lecteurs

Merci d’avoir publié mon article!!! et voici une courte présentation ( désolée de ne pas faire mieux … je n’aime pas parler de moi!
« Me présenter… alors disons que je suis une instit qui le jour lit des histoires pour les plus jeunes et y prend grand plaisir; le reste du temps, je lis des livres pour adultes mais pas que, j’adore les polars et thrillers mais d’autres genres aussi./Seul style que je n’aime pas: les livres comme 50 nuances de grey.Pour la science fiction, je n’ai pas encore trouvé le titre-déclic! »
Son blog : Lire et relire

Les assassins de la 5e B de Kanae Minato


9782021056273,0-2626134Les assassins de la 5e B  de Kanae Minato.Traduit du japonais par Patrick Honnoré. Paru le 7 mai 2015 au Seuil dans la collection Seuil Policier. 21,50 € ; (242 p.) ; 23 x 15 cm

Quatrième de couverture

Moriguchi Manami, 4 ans, est retrouvée noyée dans la piscine du collège où enseigne sa mère. Un mois plus tard, lors de son discours d’adieu à sa classe de 5e B, Mme Moriguchi accuse deux élèves d’avoir tué sa fille et leur annonce sa vengeance. À cette première intervention succèdent celles de la déléguée de classe, sous forme d’une lettre adressée à l’enseignante ; de la mère de l’un des deux meurtriers, au travers de son journal intime ; de l’adolescent lui-même, qui a des visions en flash-back de sa petite enfance traumatisante ; de l’autre coupable, qui se vante sur son site Internet de ses géniales inventions scientifiques ; enfin, un coup de téléphone de Mme Moriguchi à ce dernier.

Dans ce roman construit avec virtuosité, le suspense est maintenu jusqu’au bout, quand les différentes pièces s’assemblent pour dévoiler une machination glaçante.

Malgré les différences culturelles, le thème évoque Crime, de Meyer Levin, qui avait fait sensation en son temps.

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L’auteur : Née en 1973 dans le département d’Hiroshima, Kanae Minato a d’abord écrit pour la télévision et la radio. Les Assassins de la 5e B est son premier roman. Parmi les cinq suivants figure Shokuzai, dont l’adaptation pour le cinéma par Kiyoshi Kurosawa a été remarquée à sa sortie en France, en mai 2013.

  Extrait : 
Être enseignante, cela ne voulait pas dire n’avoir que mes élèves à l’esprit vingt- quatre heures sur vingt- quatre. J’avais quelqu’un de plus important que mes élèves dans ma vie. Vous le savez tous, j’avais une petite fille de 4 ans que j’élevais seule. Oui, j’étais « fille mère », comme disent encore certains. Je devais me marier avec le père de Manami, un homme qui possédait tant de choses que je n’avais pas, pour lequel j’avais le plus profond respect. Je suis tombée enceinte quelque temps avant la cérémonie. Cela nous avait fait rire : « Ce sera un mariage pas le choix, pour finir ! », alors qu’en fait, pour nous, c’était double bonheur. Et puisque j’étais enceinte, mon fiancé en a profité pour faire un bilan de santé. Il y est allé le cœur léger, mais on lui a trouvé une terrible maladie. Plus question de mariage.

Résumé et avis :

Aujourd’hui, je vous propose une lecture à deux voix. Pierre et moi avant lu et adoré ce premier roman d’une jeune auteur japonaise. Nous vous en livrons notre petit avis.

Une histoire de vengeance intelligente, dédaléenne, retorse et cruelle.  Critique  sociale de la culture nipponne, la culture du toujours plus fort, toujours mieux.L’auteur nous propose en construction en six parties. Il nous offre d’abord cinq points de vue de l’histoire avant de nous en dévoiler la conclusion. L’histoire met en scène des collégiens et leur professeure de science. Ils vont interpréter ce récit chacun leur tour.

kkkkDe plus la psychologie des protagonistes est particulièrement soignée. Nous allons rentrer dans leur intimité, comprendre leurs souffrances, leurs errances, le poids que fait peser la société japonaise sur leurs frêles épaules. Nous allons entrer en empathie avec certains, d’autres nous troubleront voire nous surprendrons.

Ainsi ce roman choral est une intense réflexion sur la culpabilité et la violence présente chez un grand nombre de jeunes nippons. Une écriture virtuose, à la façon d’un puzzle, les éléments s’assemblent au fur et à mesure du récit. Et que dire du final, c’est l’apothéose, signe d’un excellent et intelligent thriller.

Il est à noté que Les Assassins de la 5e B (Kokuhahu),  premier roman dekkkkk cette jeune auteure, a été un best-seller au Japon lors de sa publication et a remporté le Japanese Booksellers Award 2009. Publié aux Etats-Unis en 2014 sous le titre Confessions, il a figuré parmi la liste des 10 meilleurs polars de 2014 du Wall Street Journal et a été récompensé par le Alex Award en 2015.

Une véritable découverte doublée d’un pur coup de cœur.

Pour lire le début c’est ICI

Le garde, le poète et le prisonnier de Jung Myung Lee : une découverte de Catherine



Le livre : téléchargement (52).Traduit du coréen vers l’anglais par Kim Chi-Young et de l’anglais vers le français par Eric Betsch. Paru le 17 avril 2014 chez M Laffont. 19,95€ ; (363 p.) ; 25 x 17 cm

4e de couv :

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Yun Dong-ju est né le 30 décembre 1917 en Mandchourie dans une famille chrétienne et mort le 16 février 1945. Son père s’opposant à son rêve de devenir poète, il fuit la maison parentale et part étudier les lettres à l’école Yonhui (aujourd’hui l’université Yonsei) à Séoul.

Séoul. Pénitencier de Fukuoka, Japon, 1944. Dans ce sombre lieu dont peu sortent vivants, le gardien Sugiyama, réputé pour sa cruauté bestiale, vient d’être assassiné. Le jeune conscrit Watanabe est chargé de l’enquête ; mais à peine l’a-t-il commencée qu’un détenu coréen, communiste et résistant, s’accuse du crime. Pourtant, Watanabe ne croit pas à sa version des faits et décide de poursuivre ses investigations malgré les ordres. En reconstituant les derniers mois du gardien, il met au jour l’étrange relation qui s’est nouée entre la brute Sugiyama et Yun Dong-ju, un jeune poète coréen condamné pour «écrits séditeux». Alors que la guerre fait rage et que les bombes pleuvent sur Fukuoka, Watanabe mettra tout en oeuvre pour protéger Yun Dong-ju, dont les vers sont si purs qu’ils brisent le plus dur des coeurs. Mais il devra affronter un complot qui dépasse largement l’enceinte de la prison…

Inspiré par la vie du poète Yun Dong-ju, adulé en Corée, Le Garde, le Poète et le Prisonnier est à la fois un huis clos fascinant et un plaidoyer passionné pour le pouvoir de rédemption de la littérature.


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L’auteur : Lee Jung-Myung est l’un des romanciers les plus populaires de Corée, auteur des best-sellers
Deep Rooted Tree (meilleur livre de l’année en 2006) et Painter of the Wind, tous deux adaptés pour la télévision. Le Garde, le Poète et le Prisonnier est son premier roman traduit en français.

Extrait : « Un dédale de papier m’attirait à l’arrière de la boutique. Je me terrais dans les égouts de Paris, à la veille de la Révolution, et je faisais la connaissance d’une femme dans la Sibérie glaciale et enneigée. Je m’aventurais dans le monde des héros et des dieux et visitais une île isolée, où était emprisonné un prince détrôné. « 

Avis et résumé :

Premier roman traduit en français de Lee Jung Myung, l’un des romanciers les plus populaires de Corée. L’intrigue policière (le meurtre d’un gardien de prison violent) et l’enquête qui va suivre ne sont qu’un prétexte à la découverte d’une période de l’histoire méconnue en Occident (la Corée envahie par le Japon pendant la seconde guerre mondiale) et surtout d’un poète qui est resté une référence voire une idole en Corée, Yun Dong-Ju.

Situé dans le pénitencier de Fukuoka, au Japon, en 1944, à la fois thriller historique, huis clos et hommage au poète Yun Dong-ju, qui trouva la mort à Fukuoka à l’âge de vingt-sept ans, Le Garde, le Poète et le Prisonnier est un plaidoyer passionné pour la littérature et son pouvoir de rédemption.

Attention, ce roman ne se laisse pas apprivoiser si facilement, il s’agit de littérature coréenne (et de grande littérature), le rythme est lent, entrecoupé de poèmes et de référence littéraires, l’intrigue est
complexe, les flash-back nombreux. Au point que par moment on peut être tenté de suspendre la lecture. Mais la magie de ce livre, justement, c’est qu’on y revient, et qu’une fois refermé on reste imprégné de son atmosphère à la fois violente et poétique, triste et joyeuse. Un style magnifique, et vous ne verrez plus jamais les cerf-volants de la même façon. Une belle découverte.

Extrait :
« Je le tournai vers le mur où était écrit en bleu marine : « Ciel, vent, étoiles, poésie ». Il esquissa un sourire, le même sourire que je lui avais vu lors de notre première rencontre, le même sourire qui embellissait son visage en temps normal. Mais à présent, tout lui avait été retiré. J’étais le seul à savoir qui il avait été. C’était un enfant d’une nation morte, un garçon qui avait vécu dans une maison avec un prunier et des mûres dans le jardin, et que le ciel reflété dans le puits avait comblé de joie, un enfant qui avait levé les yeux vers la croix penchée au sommet d’un haut clocher, attristé que sa patrie ait disparu, un adolescent qui avait aimé Tolstoï, Goethe, Rilke et Jammes, qui avait rapporté dans sa pension un livre précieux acheté dans une librairie miteuse, avec l’impression d’avoir conquis le monde, un jeune homme studieux qui avait lu cet ouvrage toute la nuit, l’auteur de brillants poèmes que personne n’avait jamais lus, quelqu’un qui aimait suivre un chemin tortueux, un garçon qui avait aimé une fille sans jamais le lui avouer, un homme dont le pays avait été colonisé et dont l’âme, bien que déchirée par cette ère sombre, avait continué d’émettre des étincelles, un voyageur qui était parti de chez lui et avait embarqué sur un navire pour étudier à l’étranger dans une pièce à six tatamis, un jeune homme qui attendait l’avènement d’une nouvelle époque, un contrevenant menotté pour avoir écrit des poèmes dans sa langue maternelle, un fils songeant avec nostalgie à sa mère restée dans la lointaine Mandchourie, un détenu redoutant le clairon signalant l’imminence de l’aube, dans cette prison glaciale, et maniant le cerf-volant quand le vent soufflait, un homme qui avait toujours eu le sourire aux lèvres. »