Rivière tremblante – Andrée A. Michaud


Le livre : Rivière tremblante de Andrée A. Michaud. Paru le 19 septembre 2018 aux Editions Payot et Rivages, collection  Rivages/Noir. 21 € ; 366 pages ;  22,5 x 15,5 cm

4ème de couverture :

Août 1979. Michael, douze ans, disparait dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là  encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Marnie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 1979, commence alors une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

L’auteur : Andrée A. Michaud est née au Québec. Après des études de philosophie, de linguistique et de cinéma, elle entame une carrière de romancière. Elle est rapidement reconnue pour ses romans noirs très littéraires, entres Bondrée, récompensé par plusieurs prix aux Canada et en France : le prix du Gouverneur général (important prix littéraire) le prix Saint-Pacôme (dédié au roman policier), le prix Arthur-Ellis, le prix des lecteurs Quai due polar/20 Minutes et le prix Rivages des libraires.

 

Extrait :
«  Puisque j’étais vivant et pas encore totalement cinglé, j’avais pris mes jambes à mon cou, inconscient que la bête que je tentais de semer avait fait son nid dans mes entrailles, que l’homme est un putain de cheval de Troie transportant dans ses tripes tout ce dont il a besoin pour s’autodétruire et s’empoisonner la vie, à commencer par l’attirail de souvenirs tranchants qui lui lacèrent les flancs à chaque faux pas. On ne peut rien contre cette tumeur qui prolonge ses métastases du cerveau jusqu’au ventre. La seule façon de fuir sa mémoire, c’est de se faire lobotomiser. Je n’en étais pas encore là, mais il m’arrivait d’envisager cette option lorsque les heures s’étiraient dans tous les sens et que le cafard, avec sa flopée de pensées visqueuses, profitait de cet instant de stagnation universelle pour me sauter dessus. »

L’accroche de Miss Aline 

 Rivière tremblante, Andrée A. MICHAUD

Comment vous parler de ce thriller qui n’en est  pas vraiment un ? Bien sur, il y a disparition d’enfant, même deux  à trente ans d’intervalle. Bien sur l’enquête sera et est menée. Bien sur il y a aura soupçon de culpabilité. Mais l’essentiel de ce roman n’est pas là pour moi.

 Dans les deux premiers tiers du livre, on fait la connaissance de Marnie Deschamps qui voit disparaitre sous ses yeux son meilleur ami. Au moment des faits, ils ont une douzaine d’année. On va aussi côtoyer Bill Richard dont la fillette de 9 ans ne rentrera jamais de l’école.  Ce qui est le plus touchant, perturbant, déroutant c’est la façon dont l’auteur te fait vivre ça de l’intérieur. Dans la tête, le cœur, les tripes de Bill et Marnie. Ils vont vivre la disparition comme une descente aux enfers. Ils vont survivre au-delà des enfers. Ils vont s’enfoncer au plus profond d’eux-mêmes pour puiser la force vitale. Ils vont vivre leurs douleurs comme un gouffre infini, un trou noir qui absorbe tout.

J’ai plus d’empathie pour Bill dont la douleur se fait dans le souvenir permanent de Billie. Qui continue de lui inventer des histoires, qui garde son chat au-delà du raisonnable, qui lui donne l’éternité à 9 ans. Bill qui parfois s’effondre, où le trou noir manque de l’engloutir totalement. La douleur est  déchirante, béante, un puits sans fin dont aucun son ne peut sortir. Une douleur qui n’a pas de nom, pas de mot. Une douleur qui envahit chaque parcelle de son corps, de son cœur. Une douleur où Billie meurt à chaque fois.

Marnie est plus abstraite dans sa douleur. Elle n’a pas moins mal non, mais c’est tellement différent. C’est une douleur qui vient de l’enfance, qui est bercée par l’enfance. Elle y met tellement d’interrogation, de réponse formée et déformée. Elle était trop jeune à l’époque pour se « rendre compte » vraiment. C’est une douleur comme un souvenir comme une vieille peluche que l’on retrouve au fond d’un grenier et dont on  avait oublié la bouille. Elle aussi sombre dans ce trou noir qui de son côte ressemble plus à la folie.

Dans la troisième partie ces deux histoires vont se télescoper ou plutôt se frôler. Un enfant à disparu à Rivière-aux-trembles. Là encore, la lumière n’est pas sur l’enquête mais sur Bill et Marnie. Ils vont devoir faire face et revivre leur propre disparition. Où sont leur ami et fille ? Pourquoi, comment, par qui ? Le manège tourne sans cesse. Ne cessera-t-il jamais ? Jusqu’où va-t-il falloir aller pour avancer, juste avancer sans oublier ?

Bill et Marnie se sont deux souffrances comme deux étoiles dans le firmament qui ne pourront jamais se toucher. Ce sont deux mondes au bord du gouffre, deux cœurs vidés, une apnée constante.

L’auteur a un style d’écriture particulier en cela qu’il n’y a pas de dialogue à proprement dit. Il est inclus dans le texte, pas de tiret-à-la-ligne. Au début c’est déroutant puis tu comprends que tout se passe dans la tête de l’un et de l’autre. Comme si eux aussi se racontaient l’histoire.

Les phrases peuvent être longues. Là encore on s’habitue. Elles ressemblent à cette douleur pesante, lancinante, qui se traine et ne veut pas partir. Tu es emmenée malgré toi dans ce récit et tu vis cette descente dans les abysses  de la douleur. Tu voudrais les consoler, les bercer dans tes bras, mêler tes larmes aux leurs.

Je ne connaissais pas Andrée A. Michaud et c’est pour moi une magnifique découverte. Il n’est pas dit que je ne vous en reparle pas avec Bondrée ou Lazy Bird deux autres de ses romans.

Bonne lecture.

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Un cadavre à partager


Un cadavre à partager

Hello les loulous,

Notre exquis cadavres exquis, vous y avez participer.

Vous l’avez fait vivre,

Vous l’avez baptisé, vous l’avez même habillé.

Aujourd’hui vous allez pouvoir le toucher !

 Ils sont là 

Et oui dés demain notre cadavre sera à partager.

Si vous l’avez retenu, et seulement si vous l’avez retenu chers contributeurs,vous pourrez dés demain, mercredi 12 décembre, venir retirer auprès de moi vos exemplaire de votre cadavre exquis.

A Fleur de Cadavre vous attend à la bibliothèque Parmentier , 20 bis avenue de Parmentier, 75011 Paris.

Pour retirer vos cadavres, prenez rendez-vous avec moi avant, par MP sur Facebook ou par mail à collectif.polar@gmail.com

Et oui il y a des jours où je ne suis pas à la bibliothèque

 

Aussi en attendant votre venue voici pour vous le tout début de l’histoire

 

Préface

Il était une fois un cadavre exquis.

Pour les 3 ans de notre blog, Collectif Polar Chronique de Nuit, moi, Geneviève Van Landuyt, je cherchais des idées de concours. Plusieurs appels à idées furent lancés auprès de nos lecteurs. Et c’est ainsi qu’au détour d’une conversation, apparut furtivement l’ombre du cadavre exquis.

Et c’est Isabelle Bourdial qui fut la première à proposer ce concours.

 – Ce serait amusant de mettre sur pied un cadavre exquis, non ?!

 – Surement, oui !

J’opinai bravement à l’idée, ne voulant pas freiner son enthousiasme, mais je ne me voyais pas me lancer seule dans cette aventure.  J’ai donc appelé à la rescousse quelques amis auteurs pour me prêter main forte.

Je savais pouvoir compter sur Nick Gardel pour apporter un final digne de ce nom à notre future histoire et Isabelle, l’initiatrice de l’idée, serait aussi celle qui donnerait le top départ de notre exquis cadavre exquis.

Je la voulais aussi à l’entretien du cadavre au quotidien, corrections et suivi de ses improbables retournements. Ainsi, elle nous rejoindrait Cécile Pellault et moi-même à la relecture et au peignage de chaque texte reçu. L’intendance de la ou des housses de cadavre, à passer de mains en mains, m’incomberait. Resterait à Cécile de nous concocter un épilogue, alors même que notre histoire n’en était qu’à ses balbutiements.

Toutes les trois, nous avons relevé le défi de faire vivre et de relayer votre cadavre exquis. Car c’est vous, chers lecteurs et chères lectrices, qui vous êtes emparés de cette histoire et qui l’avez fait grandir. Vous l’avez modelée tel un Golem.

Ainsi page à page, notre cadavre a vu le jour.

1 épisode tous les 2 jours, une folie !

Durant plus de six mois, Isabelle, Cécile et moi-même, nous avons formé l’équipe des légistes au service de vos morceaux de cadavres et de vos imaginations débordantes

Oui, je sais, cela pourrait paraître glauque, mais tout se savoure avec la bonne dose de surréalisme. Tout le charme et le piment de notre cadavre !

Si, aujourd’hui, le cadavre a revêtu ses plus beaux atours, c’est aussi grâce à Nick, à qui a échoué la lourde tâche de rendre présentable ce puzzle de 70 pièces. Et à Nathalie Lebeau qui l’a revêtu de son habit de lumière.

Voilà, vous savez tout sur cette formidable aventure dont vous avez été des acteurs volontaires et acharnés à mener nos/vos personnages sur toutes les pistes possibles et imaginales voire inimaginables.

Un grand merci à tous et à toutes, ce cadavre, c’est nous, c’est vous !

Pour ma part, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne lecture et pourquoi pas, sait-on jamais, à très bientôt pour une saison 2 !

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Ge Porte Flingue du Collectif Polar

 

[Anicroches].  de Jacques Saussey


Le livre : [Anicroches] :  Quelques petites taches de sang et autres histoires : 20 premières histoires noires, 1988-2007 de Jacques Saussey. Paru le 27 février 2016 aux éditions L’atelier Mosécu. 10€ ; 270 pages ; 12.5 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un point commun à ces 20 histoires : Tout aurait pu se dérouler sans accrocs. Une bande de résistants qui se cache dans la montagne pour échapper aux Allemands, un jeune homme qui arpente les quais de la Seine avec la rage au ventre, un vol de billets dans une armoire, un article dans un journal, un scoop exceptionnel à ne pas rater, quelques étages à monter dans un ascenseur vétuste, une exécution en bonne et due forme…

Oui, mais voilà, le destin est machiavélique. Un infime détail, et tout bascule. Et ça, dans la partition bien huilée de l’Univers, cela s’appelle… Des anicroches.

L’auteur :  Jacques Saussey est français né en 1961. Il commence à écrire en 1988. Il a actuellement onze romans à son actif, de Colère Noire à Le loup peint en passant par Enfermé-e. Tous sont édités au Québec et en France.
Ces histoires courtes sont issues du recueil éponyme de ses premiers textes, écrits entre 1988 et 2007. Il est devenu un auteur incontournable du noir français.

 

 

Extrait :
Chacun d’entre nous peut être concerné un jour par ce terrible fléau qui pousse chaque année plusieurs milliers de français à se supprimer. Nous verrons que les hommes et les femmes qui renoncent à la vie, pour les diverses raisons que nous évoquerons ce soir, n’appartiennent pas à une seule catégorie de population bien distincte.

L’arrêt sur image de Marc …

[Anicroches]. Jacques Saussey

 

Du fond de mon canapé, de mon petit coin de lecture, j’aime à l’occasion, changer de lecture et abandonner les romans pour lire des nouvelles. Je ne suis pas écrivain, mais j’ai l’impression que cet exercice est plus compliqué que d’écrire un livre de plusieurs centaines de pages. Faire en sorte que l’auteur accroche rapidement, distiller une atmosphère, raconter une histoire, et avoir une chute valable, le tout en dix, vingt, ou trente pages n’est pas simple.

Jacques Saussey aborde des sujets très variés, et ne reste pas cantonné à un thème ou une atmosphère unique. On enchaîne les histoires les unes après les autres, un peu comme un calendrier de l’avant qui offre une nouvelle surprise pour égailler notre journée.

Quelques petites taches de sang », la première nouvelle de ce recueil est juste géniale. On attend probablement plus de retenu dans les propos, de quelqu’un qui fait un retour de lecture. Mais ici je n’ai pas d’autre façon pour qualifier ce texte, qui a d’ailleurs été primé en 2002 aux « Noires de Pau ».

J’ai clairement pris autant de plaisir dans ces textes, que dans les romans de l’auteur. L’écriture est fluide, la lecture facile. La maitrise du format court est réelle, et pour ma part j’espère vraiment qu’un jour un deuxième volume verra le jour.

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 1


Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 1

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le premier auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Monsieur René Manzor.

Conclusion :

Nous sommes désolées pour l’avocat ayant perdu son emploi !

À contrario nous sommes ravies de cet échange avec Monsieur Manzor.

Un très grand merci de vous êtes prêté au jeu. Merci pour votre disponibilité et votre gentillesse.

On souhaite à Apocryphe tout le succès qu’il mérite.

Récidive – Sonja Delzongle


Le livre : Récidive de Sonja Delzongle. Paru le 8 mars 2018 aux Éditions, Folio. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

New York, printemps 2014. Hanah Baxter, profileuse française qui traque les tueurs en série, est de retour chez elle après un voyage en Californie. Elle a assisté à l’exécution de Jimmy Nash, un meurtrier sadique qu’elle avait aidé à capturer et qui voulait lui faire une dernière confession. Peu à peu, des événements étranges envahissent son quotidien. De mystérieux appels anonymes retentissent à toute heure. Des réminiscences inexplicables hantent ses nuits. Et la terreur s’empare d’elle… Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. Le compte à rebours est enclenché, la confrontation sera inévitable. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on imagine…

 

L’auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

 

Extrait :
“Le brouillard s’intensifie, les chutes de neige redoublent. Il est 22h53. Le capitaine a les yeux rivés sur le rocher où se trouve le phare. Ses paupières brûlent. Une fraction de seconde, il croit distinguer une lumière. Enfin ! Mais aussitôt, une nouvelle nappe de brouillard la voile. Puis elle réapparait. Un faisceau lumineux qui passe de rouge au vert.
C’est lui, c’est le phare du Grand Jardin ! On est sauvé ! Exulte William Gregory. C’est le moment, la chance d’entrer dans la passe et d’arriver au port. Le capitaine donne ses ordres, la manœuvre délicate est amorcée.
Et soudain, le choc, d’une violence inouïe, dans un fracas épouvantable. La coque du navire se déchire sur les arrêtes des récifs sombres émergeant des flots à tribord. Les passagers sont propulsés dans tous les sens comme des pantins. Des têtes heurtent le sol, les tables. Le sang jaillit déjà sur le Hilda. Des étagères se décrochent vont s’écraser les unes sur les autres, des piles d’assiettes valsent, des vitres explosent. Des pleurs, des cris de détresse emplissent l’intérieur du paquebot. On cherche ses proches, on tombe, on tente de se relever, tombe de nouveau pour, parfois, assommé ne plus se relever.
Mary serre ses deux enfants contre elle, les battements de son cœur soulèvent sa poitrine. Elle sent les leurs sur son ventre. Elle sait qu’ils vont mourir. Tous les trois, ensemble.“

 

Le ressenti de Jean-Paul

Récidive de Sonja Delzongle

Bonjour à toutes et à tous…

 

J’avais déjà été emporté par Dust, et Quand la neige danse, dans Récidive, Sonja élargit l’univers de Hanah Baxter, par rapport aux deux autres tomes. Ici, les enquêtes prennent moins d’importances au profit d’une profondeur dans les portraits psychologiques des personnages. Le fil rouge du roman tourne autour de la famille de Hanah, son père bien sûr, sa mère, son oncle, mais il y aura aussi bien d’autres surprises.

Comme a son habitude, Sonja nous offre une très belle écriture, très différente des polars habituels. Une dose de poésie dans ses descriptions font aussi vivres les lieux.

Ici les côtes sauvages de la Bretagne…

C’est un univers très visuels. Sonja conçoit ses romans comme des scénarios. Les flash-backs récurants, les différentes histoires qui s’entrecroisent, chaque petit détail compte, ses descriptions sont pointues et méticuleuses. Les actions et les événements s’enchaînent les uns derrière les autres, ne laissant aucun répit aux lecteurs et ce jusqu’au final…

 

J’ai trouvé ce tome plus puissant que les deux premiers. J’ai ressenti une implication de Sonja peut-être “plus personnelle”. J’ai eu l’impression qu’elle y a mis ses tripes. Hannah est malmenée tous le long de ce roman, Physiquement et psychologiquement, et de thriller… j’ai glissé petit à petit vers un univers noir, sans concessions…

 

Bravo Sonja, c’est du grand art !!!

 

 

Le top des lectures 2018 de Maud


Le top des lectures 2018 de Maud

Le TOP 12 de notre petite flingueuse

Coucou cheffe

Voici mon top 12 jusqu’à présent :

(Ben oui, il reste encore quelques jours et donc quelques lectures avant la fin de l’année)

Belle journée et mille excuses pour ma blonderie !!!!


Les Jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes

Résumé : Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.
Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

 

Avis : L’auteur signe ici son 5ème livre, mon avis : le meilleur « un p***** de livre », un cran au-dessus des autres que j’avais déjà beaucoup apprécié. De tourments en rebondissements, de fausses routes en vérité, un suspense époustouflant, une fin inattendue, je vous laisse découvrir ce livre magnifique et bouleversant.

 

Hunter de Roy Bravermann

Résumé : Si vous croisez sa route, ne vous arrêtez surtout pas.
Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà queHunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.
Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Avis : Des chapitres courts, un rythme très soutenu, de rebondissements en questionnements, l’auteur signe ici un excellent thriller, rapide et efficace. Les pages se tournent toutes seules. Le lecteur est entraîné aux côtés de Freeman et partage sa quête de vérité. Un twist final magistral qui me fait languir d’impatience de découvrir la suite !!!!

 

Fleur de Cadavre d’Anne Mette Hancock

Résumé : « Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. » Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel. Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ? Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.

Avis : Un rythme soutenu, de nombreux rebondissements. Cette intrigue met en lumière la puissance des puissants, l’argent peut-il toujours faciliter l’issue d’une affaire ? Lorsque les pièces du puzzle commencent à s’emboîter, le récit devient à la fois touchant, écœurant et bouleversant. Comment traduire ces personnes devant la justice et que la machine infernale ne les libère pas dans la foulée ? Qui sont les victimes ? Les bourreaux ? Une fin, même si prévisible, dans le sens positif du terme, reste magistralement bien amenée.

 

Au 5ème Etage de la fac de droit de Christos Markogiannakis

Résumé : Cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie, découvre le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… avant d’être tué à son tour.
Chargé d’enquêter sur ce double meurtre, Christophoros Markou, jeune capitaine fraîchement diplômé, entre dans l’univers secret de l’Université : un effrayant dédale où s’entrelacent ambitions professionnelles, compromissions, lâchetés et vanités.
Markou trouvera-t-il la lumière ?

Avis : Un plume très agréable et dynamique, un rythme en alternance qui permet au lecteur de souffler et de s’interroger aussi. En effet, on ne peut s’empêcher de se poser des questions. Quelques mots sur la fin : magistrale, un véritable coup de théâtre, totalement inattendus tant le suspense est maintenu jusqu’aux dernières pages. Je suis restée sans voix, totalement estomaquée. Mais je vous laisse découvrir par vous-même et vous souhaite un excellent moment de lecture !!!! 

 

Organigramme de Jacques Pons

Résumé : Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochain fashion week, ce ne sont pas les mannequins mais les cadavres qui défilent…
L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…
Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un sérial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaitre de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme

Avis : Le thème du stress extrême, de la compétition, au travail avec ses causes et surtout ici ses conséquences, nous amène également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail. Un final magistral et théâtral ponctue ce livre coup de  à découvrir d’urgence !!

 

Un tueur en héritage de Gilles Delmotte

Résumé : Quatre milliardaires décrépis, un soldat viré, une orpheline gâtée, il n’avait pas fallu longtemps à Edgar pour comprendre qu’il s’était fait piéger. Fouiner dans les secrets des milliardaires ne pouvait que mal finir. Il ne manquait qu’un hacker prétentieux, un général zélé et un agent dégradé du FBI pour l’entraîner plus profondément dans cet enfer. À bien y réfléchir, se terrer dans un village abandonné n’était pas une si bonne idée… Sur leur déclin, les hommes qui le traquent s’acharnent à récupérer leur secret volé. Mais celui-ci dévoile bientôt les fractures du passé qui les font trembler. Les contours de la vérité se dessinent dans les flammes de leur colère, ou n’est-ce qu’une nouvelle trahison qui finira par les perdre tous ?

Avis : J’ai tout de suite été enthousiasmée, par le style et le rythme de l’auteur, un roman d’espionnage qui ne laisse aucun répit au lecteur. La vitesse est très bien ressentie, l’impression d’être aux côtés d’Edgar et Lara et de vivre leurs mésaventures, une véritable chasse au duo est lancée et instrumentalisée par les plus grandes puissances gouvernementales. De complots en courses poursuites, je me jetterai sans aucun problème dans la lecture de la suite.

 

Fantazmë de Niko Tackian

Résumé : Une nouvelle enquête du commandant Tomar Khan.
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?
Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.
Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.
Tomar et son équipe se lancent dans l’enquête et seront très vite troublés par le parcours des victimes, qui de leur vivant cultivaient carrément le sordide. Pourtant Tomar s’accroche à son devoir de flic, d’autant plus que son avenir lui semble menacé : un lieutenant teigneux de l’IGPN, la police des polices, a convoqué son adjointe, Rhonda, pour l’interroger sur un couteau, une pièce à conviction dans une affaire de meurtre mystérieusement disparue des Archives. Or, ce couteau, c’est celui de Tomar, et si on remonte jusqu’à lui…

Avis : J’ai découvert l’auteur en 2017, avec Toxique, j’attendais avec impatience la suite ; il nous entraine en immersion, grâce à une écriture fluide et rythmée, je n’ai pas pu refermer ce livre avant la fin. Cette dernière totalement inattendue et magistrale qui laisserait penser que nous devrions bientôt revoir Tomar (enfin moi je l’espère).

 

Monster de Patrick Bauwen

Résumé : Paul Becker a ouvert une unité de soins d’urgence en Floride et consacre peu de temps à sa femme et son fils. Une nuit, un policier lui amène un patient blessé, menotté, nu et aux membres anormalement longs et souples. Une fois cet étrange patient soigné, le téléphone qu’il a oublié sonne : Paul répond… c’est la pire erreur de sa vie, qui tourne alors au cauchemar.

Avis : ne lecture très agréable, une écriture vive, dynamique, les pages se tournent d’elles-mêmes. J’ai été happé par cette histoire, voulant absolument connaître la fin. Un déroulé finement amené, un final digne d’un puzzle lorsque l’on met la dernière pièce et que l’image jaillit sous nos yeux ; avec une petite pointe d’émotion, voir une larmichette.

Une seule question, pourquoi ai-je mis autant de temps avant de lire ce livre ? Ouf heureusement, c’est fait et je le recommande à tous ceux qui ne le connaissent pas !! Foncez 

 

Dust de Sonja Delzongle

Résumé : Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

Avis : Un suspense maintenu jusqu’au bout avec brio !! 
Emue et fortement troublée à la fin de ma lecture, mais tellement ravie d’avoir découvert cette magnifique plume, dont heureusement j’ai les autres œuvres « Quand la neige danse » et « Récidive » ; car j’ai hâte de retrouver Hanah Baxter.

 

Akowapa de Sébastien Vidal

Résumé : Un fourgon de transport de fonds est attaqué par trois hommes. Butin : un million-deux-cent-mille euros en petites coupures qui étaient destinées à alimenter les distributeurs de billets de la région. Mais le braquage, s’il a bien réussi, prend une tournure barbare et dégénère dans ses grandes largeurs. Un vieil homme mauvais comme la gale, son fils soumis, une jeune femme indépendante et rebelle et d’autres personnes peu fréquentables mais très intéressées par le magot vont interférer et évoluer en milieu hostile, dans une nature foisonnante et isolée. Dans ce récit crépusculaire, l’adjudant Walter Brewski est une nouvelle fois embarqué dans une enquête âpre et plus noire que la nuit.

Avis : Une plume toujours aussi entraînante, noire, tout en étant littéraire. Une ambiance glauque, malgré une présence de la nature qui nous laisse respirer parfois dans les moments sombres de l’histoire. Un volet qui n’est pas qu’un polar mais qui a aussi une dimension sociétale qui rend encore plus vraisemblable et touchant ce roman. Encore une fabuleuse lecture touchante et éprouvante que je recommande vivement  

 

La Dernière Couverture de Matthieu Dixon

Résumé : Les recherches de Raphaël, jeune reporter, sur la mort de Bernard, célèbre photographe, vont le mener au-delà de ce qui était prévu…
Voir une de ses photos en première page d’un magazine, affichée sur tous les kiosques, pour Raphaël, jeune reporter, c’est le graal. Mais en travaillant avec Bernard, célèbre photographe devenu son mentor, il comprend très vite que les choses ne sont jamais aussi simples et que les apparences sont parfois trompeuses. En enquêtant sur la mort de celui-ci, tragiquement disparu dans le crash de son hélicoptère, Raphaël va se retrouver seul, en première ligne, à devoir jongler entre rumeurs, paranoïa, bizness, corruption, hommes de l’ombre et affaires d’État. Seul aussi à devoir slalomer entre intégrité et vérité…

Avis : Une lecture addictive, du rythme, des rebondissements ; un angle à la première personne qui implique le lecteur dans l’aventure. Le dur constat des assassinats de journalistes, de reporters, pas toujours élucidés, soulèvent la question : pour une photo, un article, mérite-t-il la mort ? Quand de grandes puissances, souvent invisibles, souhaitent que le secret ne sorte pas… Une très belle découverte, plausible, bien ficelée, une fin tout à fait surprenante !!!! Une lecture que je recommande très vivement  Je suivrai avec attention la prochaine sortie de l’auteur…

Le mur dans la peau de Luce Marmion

Résumé : Lorsque, dans une galerie du Marais Alexis, un artiste urbain, fait la connaissance de Marie, il est aussitôt transporté. Le graffeur ignore encore que l’adolescente est intimement liée à l’équipe de détectives chargés de traquer le tueur en série sévissant sur un site de rencontre. A quelle barbarie, quelle folie, son obsession pour la jeune fille poussera-t-elle Alexis ? Adrien Magadur, une force de la nature qu’une vie nocive ne parvient pas à démolir, se lance à corps et à cœur perdus dans une chasse scabreuse. De Paris à New York, le privé enquête dans le milieu du graffiti. Une fois encore, il est impitoyablement plongé dans la noirceur de l’âme et l’abomination, emporté dans la spirale de ses investigations et de ses sentiments.

Avis : L’auteur m’a littéralement envoûtée par son écriture et son histoire, le lecteur ressent les mêmes émotions que les protagonistes : la frustration des multiples impasses, la joie, l’horreur, la peur, l’amour…. J’ai même ressenti de l’empathie…. Et vous ?

 Jab ! de KIM Un-Su


Le livre : Jab ! de KIM Un-su. Paru le 4 octobre 2018 aux éditions Serge Safran éditeur.Traduit du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet 17,90 € ; (221 pages); 14 x 21 cm. 

4ème de couverture :

Colère et incompréhension animent les principaux personnages de Jab ! À commencer par un lycéen qui se met à apprendre la boxe (Jab est un coup de poing direct) pour se venger de l’humiliation que lui a fait subir son professeur principal dans un lycée où les élèves sont menés à la baguette. L’incompréhension, c’est celle que ressent la victime des redoutables agents secrets de « L’Atelier d’écriture » ou le narrateur de « Fleurs séchées » face au suicide d’une amie d’enfance. Et on frise la folie face à des jeunes farfelus qui font le casse d’une banque et se retrouvent… « Prisonniers de la chambre forte » !

Autant d’histoires rocambolesques contées avec humour et tendresse par le plus malicieux de auteurs coréens

 L’auteur :  Kim Un-su, né en 1972 à Busan, commence sa carrière de romancier en 2002. Il a publié plusieurs romans dont Le placard (prix Munhakdongne 2006) et a reçu le prestigieux prix Yi Sang pour « Prisonniers de la chambre forte ». Ont été traduits en français « Prisonniers de la chambre forte » (éditions Cartouche, 2011), Le Placard (Ginkgo éditeur, 2013) et Les Planificateurs (éditions de l’Aube, 2016).

Extrait :
Notre école avait institué une règle absurde: nous devions nous arrêter à ses pieds et fermer les yeux un bref instant pour méditer sur notre avenir. Tous les matins, un professeur se tenait là, un bâton à la main, pour nous surveiller tandis que, pendant trois secondes nous baissions les paupières comme de vieux éléphants à l’agonie pour méditer sur les ambitions que nous étions supposés cultiver dans nos cœurs. Peu importait qu’elles fussent réalisables ou pas. A y repenser, le défilé de deux mille garçons méditant tous les matins sur leurs ambitions sous la surveillance d’un prof armé d’un bâton, ça devait faire un spectacle peu banal.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

 Jab ! de KIM Un-su 

Ayant développé depuis quelques mois, une attirance incontrôlable pour les séries coréennes en VO diffusées par un célèbre pourvoyeur dont le nom commence par un N, je voulais tout de même m’ouvrir mon obsession à d’autres arts. Quand j’ai vu qu’un auteur coréen reconnu faisait une conférence le 12 novembre dernier sur son travail et sur son dernier recueil de nouvelles, j’ai pris, sans hésiter et malgré les nombreuses zones horaires à traverser, mon ticket de RER A direction la Corée.

 Premier plaisir, me croire dans une de mes séries avec les sonorités d’une langue que je ne comprends pas mais que je commence à reconnaître ! Mais surtout écouter KIM Un-Su parler de sa Corée, de son travail. Amis auteurs de tous les pays quelques soient notre nationalité et notre culture, nous sommes bien tous une même peuplade contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire ! KIM Un-su raconte aussi une Corée que l’on devine avec la fiction, la pression sociale, l’ultra-compétitivité scolaire et au travail, le sentiment d’exclusion et l’alcool qui souvent joue un rôle pour endiguer les précédents.

 Et c’est ce que KIM Un-su aborde dans les six nouvelles de Jab!  en référence au coup parfait en boxe. De la première nouvelle où l’on suit un élève perdu devant l’injonction d’ambition que son école impose, à celle d’un canapé qui encombre à étouffer son propriétaire en passant par celle particulièrement sensible de cette jeune femme qui se suicide, c’est à la fois direct, sans fioritures, mais aussi élégant et finalement optimiste. La seule ambition déclarée de KIM Un-su ce soir-là était de nous raconter des histoires. Mission accomplie, j’ai adoré me plonger dans celles de ses anti-héros coréens mais finalement aux aspirations bien universelles.

Papote d’auteur : Maud était avec Mélanie Taquet.


Papote d’auteur : Maud était avec Mélanie Taquet.

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Les Enquêtes et indiscrétions de Maud

 

Bonjour Mélanie Taquet,

Je te remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux te connaître. Ne t’inquiètes pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

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Peux-tu nous parler un peu de toi, nos lecteurs sont très curieux

Je suis éducatrice Montessori de formation, mais je travaille actuellement comme traductrice/interprète à l’Institut de Formation Maria Montessori. En gros, je traduis une formation dispensée en anglais à des étudiants francophones. Sinon, je viens de reprendre la danse, je cours, je nage, je fais du yoga, je boxe, j’adore aller me promener, sortir avec mes amis mais aussi passer des journées complètes sur mon canapé à regarder Netflix. Les voyages sont aussi une grande partie de ma vie. En ce qui concerne la musique j’ai des goûts très éclectiques. Il ne se passe pas une journée sans que de la musique résonne à un moment chez moi ou dans ma voiture. En ce moment, j’écoute beaucoup Gaël Faye, Jabberwocky et Kendrick Lamar. Quant à l’écriture, j’ai commencé très jeune, mais c’est à l’adolescence que je m’y suis mise avec plus de sérieux. J’écrivais de la poésie, c’était ma soupape de décompression.

L’instinct des Innocents, ton premier recueil de nouvelles. Comment ont germé ces histoires plutôt noires d’ailleurs ? Tes personnages ? Les cadres ?  

J’ai du mal à distinguer comment naît une histoire. Je crois qu’elles germent des rencontres que je fais, de choses que je lis, peut-être aussi des rêves qui me viennent ? C’est la beauté de l’inspiration, non ? On ne sait pas trop d’où ni comment ça vient, mais tout à coup, les personnages prennent corps, les mots coulent et l’histoire se tisse.

l instinct des innocents

Une anecdote sur ce recueil ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ? 

Ce recueil a été ma première (auto)publication, que j’ai remportée par le biais d’un concours de nouvelles organisé par Librinova et les éditions e-points. C’est L’ultime voyage de la Rose qui a été primé. Cette nouvelle est mon seul écrit autobiographique.

Sachant que tu as écrit Reste aussi longtemps que tu voudras, dans un autre registre, peux-tu nous dire comment tu es passée de l’un à l’autre ?

On peut penser que tous ces récits appartiennent à des genres très différents et ont peu de lien entre eux, mais je ne suis pas d’accord : tous traitent du drame humain. Je nourris une vraie fascination pour l’humanité, l’incroyable pouvoir de résilience qui nous habite, les tragédies qui se jouent à l’échelle individuelle, et surtout, l’universalité des émotions. Peu importe la culture, la langue, tout le monde comprend la tristesse, la colère ou la joie.

Ce recueil est né en premier, un an avant Une Vita pas si Dolce, roman auto-édité qui est devenu depuis Reste aussi longtemps que tu voudras (Eyrolles). Je viens de publier une nouvelle version agrémentée d’un texte inédit, qui s’intitule Le Voleur d’enfance. C’est un récit qui a au moins dix ou douze ans, je l’ai retrouvé dans un vieux tiroir virtuel.

Tes plus belles joies en tant qu’auteur ? Tes « pires » moments ?

 Mes plus belles joies, j’en ai une précise et une autre plus globale. Ma première joie, c’est lorsque j’ai appris qu’Eyrolles me proposait un contrat d’édition pour mon premier roman, parce que c’est un rêve de gosse qui devenait réalité ; la seconde c’est à chaque fois que je rencontre des lecteurs et des blogueurs, comme toi Maud. C’est toujours un honneur et un privilège que d’échanger avec des gens qui ont été touchés par ton histoire.

Par ailleurs, un des pires moments pour moi en tant qu’auteur, ce sont les semaines qui précèdent la sortie d’un roman. C’est une période intense, à la fois riche en émotions et très anxiogène.

Passons de l’auteure à la lectrice…

 Je suis, comme pour la musique, plutôt éclectique en ce qui concerne mes goûts littéraires. Je crois que j’aime surtout les textes intelligents, les personnages creusés, un style élaboré. Mais je vais tout autant apprécier une comédie, de la chicklit, un bon polar, de la fantasy ou un roman contemporain. Je suis bon public. Malheureusement, en ce moment j’écris beaucoup, et c’est difficile pour moi de lire lorsque j’écris. Donc je n’ai pas de moment propice, à part peut-être le soir avant de m’endormir. Par contre, je lis beaucoup lorsque je suis en vacances, 2 à 3 romans par semaine !

Je vais terminer par une indiscrétion, un projet de deuxième roman ou autres ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime

Bien sûr ! J’ai fini de rédiger la suite de Reste aussi longtemps que tu voudras, nous sommes en train de travailler sur la couverture. La sortie est prévue pour début Mars 2019, et je m’apprête à publier un récit de Noël, il sortira le 7 Décembre chez Librinova.

la dissonante mélodie des souvenirs

Je te remercie de t’être gentiment rendue disponible afin de nous en apprendre un peu plus sur toi. 

Merci à toi Maud, c’était un plaisir.

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham


Le livre : Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham. Paru le 10 Septembre 2018 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18€50 ; 280 pages. 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Trois personnages, trois histoires, trois destins qui se télescopent au cours d’une longue cavale infernale et sanglante.

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger…
Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux.
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie…

L’auteur : « Je suis passionné de lecture depuis que je sais lire » confie Cédric Cham qui a grandi à Sorbiers, près de Saint Etienne dans la Loire. Après ses années lycées au lycée Fauriel à Saint Etienne, il fait des études de droit. Maîtrise en poche, il réussit le concours de l’Ecole Nationale de l’Administration pénitentiaire à Agen. Depuis novembre 2008, il est conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation au centre de détention de Roanne.
Passionné de littérature noire mais aussi de cinéma policier, de western, il a découvert le cinéma coréen de Park Chanwook et de Kim Jee-Woon.
Extraits :
« — Comment ça, je reste ici?
Les deux hommes se retournent d’un bloc. Ils n’ont pas entendu Amia approcher. Elle se tient dans l’encadrement de la porte. Vêtue d’un jean et d’un débardeur blanc. Ses cheveux ruissellent encore, collés sur son front et ses joues.
— Angelo te laisse la planque le temps de te retourner, explique Vrinks en la rejoignant. Il verra avec ses contacts s’il peut te trouver un job clean.
— Tu vas me planter là!
— Ce n’est pas contre toi, Amia. Tu sais ce que je dois faire.
Je m’en sortirai mieux seul.
— De la merde… Aie au moins le courage de reconnaître que tu veux te débarrasser de la petite pute!
— C’est mignon, ironise Angelo. Une scène de ménage! Bon, je vais me fumer une tige le temps que vous accordiez vos violons.
Amia est toujours dans l’encadrement de la porte. L’éclat dans son regard suffit à maintenir Vrinks à distance.
— Non, Amia. Il ne s’agit pas de ça. Et tu le sais très bien. Comprends-moi, tu viens tout juste de te sortir de la merde, c’est pas pour y replonger encore plus profond…
— L’excuse bidon! Tu m’as bien baisée… dans tous les sens du terme, sale con.
— Ne recommence pas!
— Quoi! Qu’est-ce que tu veux? Tire-toi. T’attends que ça.
— Tu te plantes, Amia, insiste Vrinks, le regard sombre. J’ai pas envie de te laisser.
— Parce que je signifie quelque chose pour toi?
— Évidemment.
— Cette nuit à l’hôtel…
— Oui.
— Elle a compté pour moi… Ce n’était pas juste une baise.
— Pareil pour moi.
— Alors ne me jette pas…»

Les Lectures de Maud :

Une lecture totalement addictive qui se lit à 100 à l’heure !! Les premières pages donnent le ton, livre dur et oppressant. Ensuite nous respirons au rythme de la fuite d’Amia et de la cavale de Simon. Dès leur rencontre, ils vont s’unir, ayant tous les deux le même but : la vengeance !! Parallèlement, Alice et son équipe mettent tout en œuvre pour retrouver le fugitif… Tout ne va pas se dérouler comme prévu…

Des personnages poignants, attachants, suscitant énormément d’empathie. Le lecteur comprend que Simon souhaite s’évader, voir même il le soutient… On a envie qu’il réalise son plan et retrouver le meurtrier de sa fille. Amia va le soutenir dans quête, tout en reprenant peu à peu confiance en elle, va vouloir assouvir la sienne… Et commencer ensuite une nouvelle vie.

Mais quel puissance ce livre, totalement addictif et très bien écrit. Aucun tabou, du brut à l’état pur, mêlant intrigue, violence et sentiments ; le tout mené avec brio !!! Mon premier livre de l’auteur et sûrement pas le denier !! Je recommande vivement cette lecture !!

Un grand merci à  Delphine Leroy du blog Mes Evasions Livresques pour ce conseil de lecture, même si je lui dois ma courte nuit !!!

Version lue : Broché

Tags : Evasion, prostitution, Paris, grand banditisme, vengeance

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? 10


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (10)

Je m’appelle Jean-Edouard, mais mes amis ont la gentillesse de m’appeler Jed. C’est pas facile tous les jours d’avoir un prénom qui paraît tombé d’une image pieuse coincée dans un missel. Techniquement, je n’ai pas vraiment d’âge défini mais si on m’évalue à une grosse trentaine d’années on ne doit pas tomber loin. Le pedigree est bon mais il a dû y avoir un cross-over dans la génétique. L’adultère ça brasse le patrimoine, même dans les bonnes familles… J’étais destiné au col en V Burlington et au missionnaire avec une Marie-Charlotte jupe plissée serre-tête, mais j’ai bifurqué… Là je zone entre deux eaux avec quelques plongées sous la surface de la légalité. Rien de bien méchant mais disons que ma prochaine confession risque de durer des plombes.

On pourrait parler de demi-mesure en somme. Ni vraiment bon, ni vraiment méchant. C’est là l’essentiel de vos traits de caractère ?

C’est réducteur, mais le raccourci amène à bon port… Certains vous diraient que je suis mou, nonchalant, fainéant même. C’est vrai que j’ai plutôt tendance à me laisser porter par le courant. Un truc qu’on ne m’enlèvera pas, c’est une certaine notion de la fidélité en amitié. C’est maintenant que je parle de mon aptitude olympique pour les emmerdements ? Parce que, même si je ne peux pas l’inscrire sur mon CV, je vous jure qu’elle force le respect.

Ça doit prendre un certain temps à imaginer une engeance pareille. Il lui a fallu combien de temps pour les compiler vos tracas à l’autre plumitif ?

Ce type est une arnaque vous savez… En gros, il bosse sur un truc et puis d’un coup, il y a une autre idée qui vient lui vriller l’encéphale et qui s’enracine. Vous savez quand je suis apparu ? À la base je suis né dans le bassin d’un bouillon de culture municipal, au milieu d’une longueur chlorée. Parce que l’autre, il brasse. Il fait le guignol avec un tuba, une paire de binocles imperméables et un néoprène moule-machin puis il brasse. Et puis ça fait son intéressant, ça fait le rigolo devant les autres. Il écrit un chapitre et il attend fébrile pour savoir ce que les copains en pensent. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans ce parking à crocheter une DS… La suite s’est enchaînée avec une facilité déconcertante, témoignage d’un esprit assurément ramolli par l’immersion.

Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme.

Si votre auteur n’a pas d’imagination, il a dû faire un copier/coller de sa personnalité, non ? Avouez-le, lui, c’est vous. Et inversement.

 Le gars est un habile mélange d’enflure et de ravi de la crèche. Un ours bipolaire en somme. Et puis, il aime ça les avanies et les saloperies anticléricales. Je lui dois sans doute une grosse part de ce qui ressemble à de la liberté et finalement mon manque total de tact. Le gars perdrait son calbut pour un bon mot. Alors, il me fait mâchonner les phrases qu’il n’a pas le temps de dire dans la vraie vie. Je lui dois au moins ça. Je suis son décalage de répartie.

N’empêche, il vous gâte côté malhonnête dans le roman. Et puis vous n’avez pas exactement les bonnes fréquentations… Vous lui en voulez ?

 C’est plutôt moi qui subit. Alors forcément je lui en veux. Ce gars est persuadé que le réalisme passe par le fait que j’en prenne plein la tronche. Mais il me réserve quand même de belles rencontres.

La vie d’un personnage, ça laisse du temps libre entre deux baffes dans la gueule ?

 Au départ, je devais juste sombrer dans l’oubli. J’étais un ovni dans son parcours. Mais pour ça aussi il n’a pas été capable de s’y tenir. Alors, j’ai bientôt droit à un nouveau tour de manège pour tenter de chopper la queue du Mickey. Et puis, j’ai un alter ego, un gars plus sombre qui pourrait quasiment être mon frangin. Peut-être que vous l’aurez au micro un jour. Alors on se sent moins seul pour le coup.

Vous dialoguez avec le sieur Gardel ? Profitez-en, la maison vous offre une tribune, je suis sûr qu’une question vous brûle les lèvres.

 De base je tenterai d’élucider cette propension qu’il a à me faire tomber sur des roubignoles qui flottent au vent. Parce que les génitoires en étendard, j’en côtoie quelques paires dans le bazar qu’il appelle un bouquin. Il doit y avoir du Freudien là-dessous.

J’ai cru comprendre que vous alliez revenir dans d’autres aventures, j’imagine que vous avez quand même un message à passer auprès des gens qui vont vous découvrir.

 Je leur dirais qu’il ne faut pas vous formaliser. C’est pour rire tout ça. Si le type Gardel pouvait se mettre sur une table pliante à l’entrée d’une gare avec sa pile de brochés, vous le verriez le sourire en banane ! Le gars aime les amitiés viriles à la Ventura et les adjectifs qualificatifs surnuméraires. Alors, emportez-moi dans un sleeping et laissez-vous bercer par le ronflement des essieux et des phrases. Il n’en demande pas plus. Et, forcément, moi non plus…

Manuel pratique de la haine de Ferréz


Le livre : Manuel pratique de la haine de Ferréz. Traduit du brésilien par Paula Anacaona. Paru le 15 septembre 2009 chez Anacaona Éditions.19€;  (249 p.) ; illustrations en noir et blanc de ; 21 x 15 cm

4e de couv :

Manuel pratique de la haine

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lúcio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait.

Sans perspective de futur, tombés dans l’engrenage cruel de la haine, poussés par une faim ultime, ils tuent, aiment ou meurent dans des proportions démesurées.

La violence, hors de contrôle, explose et s’impose dans cette oeuvre brute.

Écrit par une des voix marginales les plus prometteuses de la fiction urbaine brésilienne contemporaine, le Manuel Pratique de la Haine, roman original, marginal et vertigineux, révèle sans fard la brutalité des favelas de São Paulo.

L’auteur : Ferréz, terroriste littéraire. Fils d’un chauffeur de taxi et d’une domestique, l’écrivain Ferréz, leader communautaire de la favela Capão Redondo à São Paulo confie que la littérature a été pour lui une planche de salut. Pendant sa jeunesse, il enchaîne les petits boulots sans jamais se séparer des livres, même s’il devait parfois perdre des heures dans les transports en commun pour aller à la bibliothèque la plus proche.

En 1997, il auto-édite son premier livre et c’est en 2000 que le roman Capão Pecado – jeu de mots autour de son quartier, Capão Redondo, qui devient le « Capão du péché » – le révèle au grand public. C’est l’explosion, le livre est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires [à ce jour, plus de 100 000 exemplaires vendus]. En 2003, le Manuel pratique de la haine l’installe définitivement parmi les écrivains contemporains brésiliens importants.

Ferréz a créé un nouveau type de littérature, la littérature marginale – faite par les exclus pour les exclus, ceux qui sont en marge du pouvoir central. Entre les nouvelles, les romans, les livres pour enfants, les pièces de théâtre et scripts pour la télé, les bandes-dessinées et les textes de rap, Ferréz fait entendre sous toutes les formes la voix des habitants des grandes périphéries urbaines au Brésil.

Contrairement à de nombreuses célébrités originaires de la favela, Ferrez a décidé, par militantisme, de continuer à y habiter.

Ses romans décrivent le quotidien violent de son quartier. Se basant sur des faits et des personnages réels de sa favela, s’imprégnant des thèmes qu’il combat et avec lesquels il cohabite, Ferréz réfléchit dans son œuvre sur le racisme, la pauvreté, la violence et la solitude de l’homme dans la société de consommation.

Ce qui caractérise le style de Ferrez, c’est son travail impressionnant sur la langue, les mots, les sonorités. En cela, il a donc toujours été proche du mouvement culturel hip hop.

Pour lui, vivre à São Paulo, c’est survivre.

 

Citation :
Il en conclut que la vie est un entonnoir et que seuls passent ceux qui s’adaptent à chaque nouvelle situation

Le post-it de Ge

9782918799009,0-1255528

Au Brésil, dans la favela, Régis, Magicien, Lucio la Foi, Neguinho et Aninha planifient le braquage parfait…

Plongée vertigineuse dans le monde du crime de São Paulo

Ce roman est dur, voire brutal, et présente une galerie de personnages hauts en couleur et tous plus ravagés les uns que les autres.

L’auteur propose un regard sans concession sur la société brésilienne d’aujourd’hui. Le Brésil, un pays où la misère est omniprésente et la violence quotidienne.

Ce livre est loin de la carte postal du Brésil, il nous donne à voire l’envers du décor.

L’écriture de l’auteur et le langage des personnages est celui du ghetto, celui des favelas.

Et dans ces ghetto le seul manuel possible est celui de la survie, nous prévient l’auteur

Un texte âpre, déroutant voire dérangeant.

A découvrir sans attendre

 

Extrait : 
Après tout il s’est toujours dit que le pire n’est pas de ne pas avoir, mais plutôt de savoir qu’on n’aura jamais, plusieurs voitures, certaines avec des autocollants Droit, Odontologie et le nom de l’université en dessous, Régis se sentait tel un héros, il avait compris les règles du capitalisme, amasser du capital à n’importe quel prix, après tout les exemples autour de lui l’inspiraient encore plus, ces ennemis qui se serraient dans les bras au nom de l’argent au Conseil Municipal et à l’Assemblée Législative, ces ennemis qui se serraient dans les bras dans l’émission du dimanche pour célébrer les ventes d’un nouveau CD, les exemples étaient clairs et visibles, il fallait vraiment le vouloir pour ne pas les voir.

Top 10 des lectures 2018 d’Ophélie


Top 10 des Flingueuse 2018

Le Top 13 d’Oph et d’Ophé lit

 

Coucou ma Ge,

Voici mon Top 10 qui est en fait un top 13. Trop difficile de choisir…

Voici donc le résultat:

Hors catégorie puisqu’en littérature blanche:

Les enfants du Dernier Salut de Colette Brull-Ulmann et Jean-Christophe Portes

L’histoire bouleversante de Colette, étudiante en médecine, juive, qui participera au réseau d’évasion de l’hôpital Rotschild. Seul hôpital à employer des juifs pendant la seconde guerre mondiale, ce réseau sauva des centaines d’enfants issus du camps de Drancy.

En 1942, Colette a 22 ans et elle est étudiante en médecine à l’hôpital Rothschild de Paris. En fait d’hôpital, c’est plutôt l’antichambre de l’enfer puisque les Juifs qui passent par cet établissement sont ensuite envoyés dans les camps de la mort.

Face à l’atrocité de la situation, Colette intègre un réseau d’évasion qui permet aux enfants de l’hôpital d’échapper à la déportation. Car, si personne ne sait vraiment ce qui les attend, on connaît l’horreur du transport, entassés pendant des jours dans des wagons sans eau et sans vivres.

Pour sauver ces enfants, le réseau truque les registres ou déclare décédés des nourrissons que l’on fait sortir en passant par la morgue… Malgré les soupçons des Nazis et plusieurs arrestations, des centaines d’enfants sont ainsi sauvés. Dernier membre vivant de ce réseau, Colette témoigne dans ce document bouleversant et essentiel.
L’histoire de l’extraordinaire réseau d’évasion d’enfants Juifs à Paris.

La Chambre des Merveilles de Julien Sandrel

L’histoire touchante de Telma et Louis. Une histoire d’amour entre mère et fils, un roman plein d’émotions qui m’aura fait passer du rire aux larmes et qui ouvre les yeux sur les priorités de la vie.

Inattendu, bouleversant et drôle, le pari un peu fou d’une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves.

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

En littérature noire:

Je tiens à préciser que le classement est fait par rapport à mon ressenti et mes émotions et en aucun cas de part la qualité d’écriture, même si bien évidemment elle joue dans ce que nous transmettent les auteurs.

1– Elijah de Noël Boüdoü

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant…
Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras. Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres : Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.  Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ? C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.  Je suis devenu un monstre. Comme eux. Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

 

2- Power de Michael Mention

Écrit avec les tripes, ce roman se lit avec les tripes. Michaël a su m’emporter dans les sixties, au cœur d’une Amérique déchirée. De la naissance du Black Panther Party en passant par l’explosion de la soûl et du Funk, de la guerre du Vietnam aux hippies sans oublier Armstrong sur la Lune ou encore le tueur en série « Le Zodiac », tout les événements marquant de cette décennie ont été évoqués.

« POWER » est un grand roman, plein d’humanité. Il relate non seulement les années soixante aux Etats-Unis mais il est également très actuel. Sur l’ensemble du récit, l’évolution des mouvements politiques mais aussi la radicalisation de certains personnages vers les extrêmes rappelle ce qui se passe dans notre société aujourd’hui: la montée des haines raciales, l’intolérance, la peur de la différence.

 

Power

Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève.

  1. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

 

3- L’Affaire Rose Keller de Ludovic Miserole

L’affaire Rose Keller est une exo fiction, une fiction créée à partir d’éléments réels. Ici il s’agit donc bien d’un roman noir puisque l’Affaire Rose Keller est le premier évènement à avoir mis sur le devant de la scène le Marquis de Sade et ses pratiques très controversées. J’ai été fascinée par ce livre et à plusieurs titres.
J’ai découvert un Marquis de Sade philosophe. Si d’aucun ne retienne de cet homme que ses pratiques sexuelles et ses écrits sulfureux, beaucoup oublient que Sade était non seulement homme de lettres, mais aussi d’esprit. En racontant cette histoire, Ludovic a fait le choix de rester totalement objectif, de ne pas tenir compte de ses ressentis par rapport à cet homme. Il nous livre donc un Marquis, allergique à la religion et à tout dogme, qui développe à plusieurs reprises sa vision de la liberté et de ses idées, et j’avoue que je suis encore, une fois ma lecture achevée, pensive.
Vous l’avez compris, ce livre est pour moi un énorme coup de cœur. Le travail de Ludovic est remarquable et doit être remarqué.

L’affaire Rose Keller

Rose Keller est sans emploi depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.

En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter quelle se dirige tout droit vers l’enfer.

Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera « le divin marquis »…

 

 

4- Enfermé.e de Jacques Saussey

Virginie est née dans un corps qui n’est pas le bon. Née femme dans un corps d’homme. Le rejet du Père, les brimades à l’école, les jugements… l’ont conduite dans l’enfer carcéral.
Enfermée dans un corps qui n’est pas le sien, enfermée en prison, enfermée par les comportements abjects des Autres, Virginie sera enfermée de nombreuses années.
C’est sous la plume délicate, poétique mais aussi brute; c’est à fleur des mots de Jacques Saussey que j’ai lu l’histoire de Virginie. C’est les larmes dégoulinant le long de mes joues, la vue souvent brouillée, le cœur révolté que j’ai lu l’histoire de Virginie.

 

 » Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. « 
Jacques Saussey aborde magistralement dans ce roman noir social un sujet peu connu : être transgenre dans une prison pour hommes.
Partenariat avec l’association Acceptess-T.
Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…
Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.
Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…
Prix Saint Maur en Poche 2017.

5- Boréal de Sonja Delzongle

Boreal est certes un thriller, glaçant au sens propre comme au figuré, l’intrigue est passionnante et largement documentée, mais Boreal est tellement plus qu’un thriller.
Au travers de tes mots et de l’histoire des personnages, Sonja a su évoquer des sujets puissants, parfois douloureux, avec une empathie incroyable sans jamais tomber dans le pathos.
Elle y évoque avec pudeur mais de manière si juste le « désir d’enfant », désir ou non d’ailleurs, le sacrosaint instinct maternel que nous devrions toutes ressentir dès l’annonce d’une grossesse; les relations mères-enfants quelques soient la forme de cette maternité: enfant naturel, enfant adopté, enfant désiré ou non…

Un roman à fleur de mots que nous offre l’auteur, pour notre plus grand bonheur.

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un oeil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un boeuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière. Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire. Le lendemain a lieu la première disparition.

 

6- Mort Point Final de Frank Klarzcyk

Une tuerie, au sens propre comme au figuré, voilà ce que je dirais de ce roman si je devais le décrire en un mot.
Au sens propre parce que les morts se cumulent au fil des pages, au figuré parce que ce livre regroupe tout ce que j’aime dans le roman noir.
Tout d’abord l’ambiance: sombre, angoissante, pesante. C’est la peur au ventre et l’angoisse étreignant mon cœur que j’ai tourné les pages sans pouvoir m’arrêter.
L’écriture: tranchante, précise, enrichie par un vocabulaire soigné mais aussi précisément choisi. Un style sobre mais mis en valeur par de nombreuses références culturelles, et des figures de styles savamment dosées.
Du rythme: alternance de chapitres courts et longs passant du passé au présent dans une partition que Franck, en chef d’orchestre, nous impose sans fausse note.

Un putain de bon thriller!

Mort point final

« La majeure partie des lycéens se mirent à écrire, d’autres firent mine de rédiger, se demandant encore si tout cela était réel. Peut-être que le canular allait soudainement prendre fin et que Cindy et Bertrand allaient se relever en riant de la blague qu’ils venaient de faire à leurs camarades. »

Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie n’était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint-Denis, où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur !

L’angoisse, le drame, le suspense saisissent le lecteur là où il ne les attendait pas.

7- Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Peu de personnages sont aussi puissant que le géant de brume.
Peu de flics m’auront autant marquée que Stan et Sarah.
Peu d’ambiances sont autant ressenties sans en passer par des descriptions interminables.
Peu de villes deviennent des personnages à part entière comme Détroit l’est dans ce roman. Une ville de Détroit qui ,après avoir connu l’âge d’or, se meurt et entraîne dans sa déchéance tous ceux qui la peuplent.

Sarah et Stan, Le Géant de Brume, des personnages qui m’ont pris dans leurs bras et enveloppés et il m’a été difficile de les quitter. J’aurais aimer leur poser des questions, leur parler tant Jérome a su leur donner une existence propre, au delà des mots.
Si dès le début du roman on assiste à l’arrestation du Géant de brume , le récit à rebours dévoile son lot de surprises et une fois le roman clos il m’a fallu un peu de temps pour digérer les dernières lignes.

Détroit a perdu ses repères. Ses habitants l’abandonnent. Ses enfants disparaissent.

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.

Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?

L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Une intrigue magistralement entrelacée jusqu’à la fin, bouleversante.

 

8- Les Démoniaques de Mattias Köping

Ce que j’aime le plus dans la lecture, c’est ressentir des émotions : frissonner en lisant un thriller, pleurer de joie ou de tristesse sur un policier, rire à toutes formes d’humour… bref : vibrer
Rares sont les lectures qui m’ont autant permis de le faire. C’est le cas des Démoniaques.
Je n’ai pas été choquée contrairement à ce que certains lecteurs avaient pu me dire, sans doute de part mon expérience professionnelle, mais j’ai été bousculée par le melting pot d’émotions que j’ai ressenti au fil des pages.
Mattias Köping, en orfèvre des mots, décrit, avec une précision quasi chirurgicale, les émotions de ses personnages, au point de nous les faire ressentir pleinement. De la peur, à la haine en passant par l’excitation, le manque, la douleur ou l’espoir, j’ai, pour ma part, partagé chacun des ressentis de l’ensemble des protagonistes de ce roman choc.

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au coeur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au coeur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Dans un thriller à la densité paroxystique, Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

9- Les jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes

Au delà de tous les sujets traités, du travail remarquable autour de la psychologie tant de l’enfant que de l’adulte; au delà de la construction précise et admirable des personnages qui vous hanteront un petit moment, il y a l’intrigue.
Le rythme et la tension montent crescendo au fil des éléments que Sandrine distille habilement, nous renvoyant d’une piste à l’autre, bousculant nos soupçons pour en faire naître d’autres, multipliant les possibilités pour nous amener vers un final surprenant.
Dans la catégorie thriller, « Les jumeaux de Piolenc » flirte avec la perfection.

Les Jumeaux de Piolenc

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël.

Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

 

 


10- Guerilla Social Club de Marc Fernandez

J’ai retrouvé l’écriture dynamique et punchy de Marc que j’avais découvert dans Mala vida. Un roman qu’il m’a été difficile de lâcher. Pas que le suspens y soit haletant, nous ne sommes pas dans du thriller, mais la manière qu’à Marc de nous raconter cette histoire d’hommes et de femmes, combattant de la liberté, m’a transporté.

« Il existe des petites histoires dans la grande Histoire, des exodes et des péripéties personnelles, des trahisons, des victoires et des échecs intimes qui n’ont pas leur place dans les manuels scolaires. » Cet extrait de la préface du roman est le reflet d’une des facettes de « Guerilla Social Club » : des trajectoires individuelles au cœur de l’Histoire collective.
Cette préface, elle m’a donné la chair de poule. Victor Del Arbol, son auteur, y explique, tout en lui rendant hommage, comment Marc, au travers de ses romans, attire notre attention sur des événements moins connus de l’Histoire. Des événements qu’on ne raconte pas dans les manuels scolaires, mais des événements, des histoires personnelles qui ont changé l’Histoire
Plus fort, plus puissant encore que « Mala Vida », « Guerilla Social Club » touche et interpelle.

Guérilla social club

Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.

Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martin. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.

Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

11- Comme des Bleus Alex Laloue et Marie Talvat

Comme des bleus  est le premier polar d’une nouvelle génération d’auteurs, bercés par les maîtres du genre. Pour autant, aucun copier-coller, une véritable identité, un air de fraîcheur mais avec une certaine gravité et une grande maturité. Un switch final inattendu et une vraie tendresse pour ces deux jeunes auteurs.

Comme des bleus

Paris, novembre 2016. Le sordide assassinat d’une femme enceinte secoue l’opinion publique. La Crim’ est sous pression. Il faut dire que tous les Ingrédients du scandale sont réunis : une victime, fille d’un ténor du barreau, des élections qui approchent à grands pas et une presse qui se déchaîne.

Dernière recrue du groupe chargé de l’enquête, Arsène Galien est immédiatement jeté dans le grand bain. Entre doutes et excès de zèle, il compte bien profiter de cette affaire pour gagner la confiance de ses supérieurs. Quant à Pauline Raumann, jeune journaliste voisine de la victime, elle se serait bien passée d’être mêlée à cette enquête, qui fait ressurgir en elle des démons oubliés.

Reflets d’une génération en quête de sens, les deux novices ont des idéaux et des incertitudes plein la tête. Alors qu’une irrésistible attraction les pousse toujours plus près l’un de l’autre, ils vont se laisser emporter par une affaire hors du commun, à la poursuite du pire des tueurs.

Le premier polar de la génération Y

Akowapa de Sébastien Vidal


Le livre: Akowapa de Sébastien Vidal. Paru le 26 octobre 2018 aux éditions Lucien Souny collection Plumes Noires. 7,90 euros; 334 pages; format 18 x 11 cm.

 

4ème de couverture:
Un fourgon de transport de fonds est attaqué par trois hommes. Butin : un million-deux-cent-mille euros en petites coupures qui étaient destinées à alimenter les distributeurs de billets de la région. Mais le braquage, s’il a bien réussi, prend une tournure barbare et dégénère dans ses grandes largeurs. Un vieil homme mauvais comme la gale, son fils soumis, une jeune femme indépendante et rebelle et d’autres personnes peu fréquentables mais très intéressées par le magot vont interférer et évoluer en milieu hostile, dans une nature foisonnante et isolée. Dans ce récit crépusculaire, l’adjudant Walter Brewski est une nouvelle fois embarqué dans une enquête âpre et plus noire que la nuit.Des personnages ordinaires, floués par la société, chercheront juste à prendre une revanche sur la vie. Ils tomberont d’abord dans la spirale de la colère, de la trahison, de la haine, puis dans une folie meurtrière.
L’émotion et la violence humaine surgissent des personnages avec une portée dramatique exceptionnelle.
Un suspense permanent.
Un seul personnage féminin qui apporte lumière et humanité.
Une aventure où la violence et la cupidité se disputent le premier rôle.

L’auteur: Sébastien Vidal est un romancier français né en 1971.
Enfant de la Xaintrie, Sébastien Vidal a partagé ses brèves études entre Cantal et Corrèze et vit à Saint Jal (Corrèze).
Passionné d’histoire, il a entamé une saga romanesque en hommage à la Résistance avec un diptyque « Les Fantômes rebelles » puis « Les clandestins de la liberté » en 2011 et 2012.
En 2017, Sébastien Vidal se lance dans le monde du polar avec le premier volet de sa « trilogie des Sentiments Noirs » : Woorara. A suivi ensuite Carajuru fin 2017. Akowapa est le dernier volet de cette trilogie.
Extrait:
« Le duo qui s’aventurait dans le devers était guidé par des sentiments noirs. Colère, haine, rancœur, cupidité, chacun de ces sentiments avait parcheminé leur peau et leurs cœurs secs d’avoir trop aimé la violence. »

 

 

Le OFF de OPH

Akowapa de Sébastien Vidal

 

 

En ouvrant Akowapa, j’ai retrouvé la plume noire mais ô combien littéraire de Sébastien Vidal et suivi Walter Brewski et sa légendaire Brera dans cette nouvelle enquête.

Chronique d’un chef d’œuvre de littérature noire.

Sébastien m’avait déjà surprise par son style avec Carajuru, deuxième opus de sa trilogie des sentiments noirs.En effet, ses romans font partis des œuvres de littérature noire qui mettent en valeur la langue française. Il use et abuse de toute la richesse de son vocabulaire, nous obligeant à conserver près de nous un petit larousse ou son cousin le petit robert.

Il sculpte son œuvre à la force de ses mots et nous livre, une fois encore, un petit bijou.

L’écriture seule ne suffit pas me direz-vous, il faut aussi une bonne intrigue dans un roman policier. Là encore, c’est un sans faute. Sébastien, en ancien gendarme, dispose de l’expérience nécessaire à la construction d’une intrigue efficace. Une intrigue qui, ici, commence à rebours puisque l’histoire débute par la découverte de corps puis reprend ensuite au jour où tout a basculé: un fourgon de transport de fonds est attaqué. Mais le braquage, s’il a bien réussi, prend une tournure barbare et dégénère dans ses grandes largeurs.

Si en première lecture Sébastien nous offre une histoire sombre, a contrario il nous décrit une Corrèze lumineuse avec ces paysages où le Dieu Béton et l’Homme n’ont pas encore pris le dessus sur la nature. Une nature où il décrit chaque lever de soleil comme un tableau dont Gaïa serait elle-même le peintre. Un bel hommage à sa région et à la nature dont on sent qu’elles lui sont vitales.

Comme dans ses précédents romans, Sébastien évoque la violence des sentiments que sont la haine, l’amour, la manque, la colère… mais aussi leur complexité. Il utilise également son intrigue comme vecteur pour faire entendre ses appels: il dénonce l’échec des politiques et leur immobilisme, il décrit les non-sens existant dans la gestion des forces de sécurité intérieures et plus particulièrement celle qu’il connait le mieux: la gendarmerie. La politique du chiffre, le manque de moyens humains, l’absence de réflexion quant à des schémas d’intervention désuets.
Enfin il nous parle de ce monde « tout-connecté » qui relègue, trop souvent, au second plan, les relations humaines.

J’entends encore régulièrement que la littérature noire n’est destinée qu’au grand public, qu’elle n’est pas assez « littéraire » pour les bobos et bien-pensants qui ne jurent que par les prix prestigieux qui garnissent leurs bibliothèques. Je vous invite donc à lire Sébastien Vidal chers accros à la blanche élitiste, et à constater par vous-même que la noire est pourvoyeuse d’auteurs ô combien talentueux.

AKOWAPA est un roman puissant, un roman qui marque, un roman coup de cœur.

Livres en citadelle 2018, une flingueuses sera présente


Livres en citadelle 2018, une flingueuses sera présente

Livres en citadelle – édition 2018 – 7, 8 et 9 décembre

Par mamie Danièle

Pour en savoir plus, le programme, les auteurs invités, c’est ICI
Une page Facebook existe aussi 

Livres en citadelle – édition 2018 – 7, 8 et 9 décembre

Par mamie Danièle

 

Ceux qui avaient réussi à braver cette tempétueuse Ana l’année dernière seront sans doute tentés par cette édition 2018.

En prologue le vendredi pour les chanceux blayais, de 19 h à 21 h c’est la vie de château avec nos polardeux Jacques Saussey et Stanislas Petrosky, sur réservation au 06-77-82-98-49.

Le salon se tiendra quant à lui le samedi de 14 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h.

Pensez-donc, dans le cadre sublime de la Citadelle et son couvent des Minimes (patrimoine mondiale de l’UNESCO) cohabiteront ces deux journées :

Armelle Carbonel, Céline Denjean, Ingrid Desjours (qui sortira à peine d’une Garde à Vue de Collectif Polar), Simonne Gélin, René Manzor (actuellement sous mesure de bracelet électronique versus Collectif Polar -), Stanislas Petrosky, Sandrine Roy, Jacques Saussey et Danielle Thiery.

J’espère que les organisateurs autour d’Isabelle et Laurent Chaulet auront pris toutes les précautions d’usage car le risque de faire cohabiter tous ces psychopathes est bien réel !

Pour ma part ma prospection, ma chasse aux indiscrétions se fera le samedi après-midi … je parlerai volontiers de leur actualité 2018 et de leurs projets … Leur bilan 2018 est déjà impressionnant !

Carbonel – Sinestra :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Denjean – le cheptel

Alors que les enquêteurs de la SR de Nîmes enquêtent sur le meurtre d’une jeune femme, Louis Barthes, un notaire retraité, est à la recherche de sa soeur jumelle. Bruno, un adolescent surdoué, tombe dans un torrent et est secouru par une étrange communauté.

Sandrine Roy – Pas de printemps pour Eli

Lynwood Miller, le retour !
Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l’été pyrénéen lorsqu’un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L’ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l’enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famille qu’il n’est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger – et condamner ? – un redoutable trafiquant…

Desjours – la prunelle de ses yeux

Il est aveugle. Elle est ses yeux. Elle pense le guider vers la lumière. Il va l’entraîner dans ses ténèbres.
Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie… Les années ont passé et l’aveugle n’a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant.
Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c’est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions…
La cécité de conversion est une pathologie aussi méconnue qu’effrayante : suite à un profond traumatisme psychologique, vous êtes aveugle. C’est ce qui est arrivé au personnage principal de ce roman.

Simone Gélin – sous les pavés la jungle

Dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fresnes, deux vauriens nouent une amitié indéfectible. Plus tard, Mounia, une jeune clandestine, viendra troubler le jeu. Une fois libéré, Milo s’efforce de suivre le droit chemin, guidé par le fil rouge du passé. Bordeaux, l’estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d’Arcachon, une villa engoncée dans l’hiver, au Cap ferret, en cherchant à faire la lumière sur l’histoire de ses grands-parents, deux soixante-huitards qui ont connu une passion explosive sur les barricades, Milo découvre une région et retrouve ses racines.
Il croit pouvoir tourner le dos à la délinquance, alors que Kevin, de son côté, n’a de cesse de vouloir grimper dans la hiérarchie de la voyoucratie, s’adonnant aux trafics sordides et commerces d’êtres humains. Leurs routes semblent définitivement se séparer, mais on ne sort pas indemne de la prison, le sort, peut-être, en décidera autrement.

Stanislas Petrosky – Réquiem pour un fou

Pour commencer, prenez :
Un prêtre exorciste agent du Sodalitium Pianum, les services secrets du Vatican.
Un curé qui a compris qu’il avait fait le voeu de célibat et non de chasteté.
Un homme d’Église qui manie la langue d’Audiard avec amour.
Un abbé qui vous confesse avec la délicatesse du Marginal de Jacques Deray.
Vous obtiendrez Requiem…

Danielle Thiery – Féroce

Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery la jeune criminologue de l’OCRVP est en alerte. Elle fait immédiatement le lien avec la petite Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant, continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ?
Alors que toutes les forces de l’Office sont mobilisées par le démantèlement d’une filière pédophile, le service du commissaire Marion est atteint en plein cœur : son adjoint est retrouvé inconscient, les mains en sang et une brigadière a disparu. Pour la 1ère fois, la commissaire Marion doute. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une fillette, dans le sillage d’un lionceau…
Des hommes ou des animaux, on ne sait qui sont les plus féroces.

René Manzor : ………………Apocryphe : lien

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

Et, et … et

Jacques Saussey et son inoubliable Enfermé(e)

Enfermé.e

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. »

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L’avis jubilatoire de Dany

On sait quand on suit Jacques Saussey, qu’il n’est jamais aussi déroutant que dans ses one-shots … Après le loup peint et le pied de nez à notre conscience écologique, c’est notre plus profonde intimité qu’il ébranle avec enfermé(e).
Deux temporalités se mettent au service de la démonstration. La première au passé nous fait revivre l’histoire de Virginie, prisonnière d’un corps qui ne convient pas à ses émotions, son parcours et son coming out….. la seconde au présent se consacre à l’intrigue de nos jours …
Mais ça ne s’arrête pas là … trop simple pour Jacques Saussey. C’est plus généralement de la domination des faibles par les pervers, les toxiques, ceux qui ne peuvent accepter la différence mais aussi de la fin de vie et du traitement réservé à ceux qui ont eu un passé et qui sont en train de perdre leur identité « au bénéfice » de l’âge qu’il parle ici. Mais ne sommes-nous pas tous complices de détourner le regard de ce que nous ne voulons pas voir …
On a déjà beaucoup écrit sur ce thriller et c’est tout à fait légitime pour ce roman noir bien foncé, ces 373 pages d’une densité rare et hyper documentées. C’est pour moi un véritable coup de coeur 2018 !
Des « artifices » de rédaction rendent ce récit encore plus dérangeant : pas de noms propres pour ceux qui sont en perte d’humanité, seuls les personnages ayant abouti dans leur parcours trouvent un nom.
Plus déglinguant que Meurtre pour rédemption de Karine Giébel auquel on pense immanquablement lors de la description du parcours carcéral, c’est une vision optimiste néanmoins pour ceux et celles qui viennent à bout de tous les obstacles posés par notre société bien (trop) pensante.

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson


Le livre : Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson … – traduction : Laurence Mennerich – Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Presses de la cité – collection Domaine étranger -21.50€  (502 pages) ; format 23×14 cm. – epub 14.99€

 

4ème de couverture :

Après avoir séduit 1,3 million de lecteurs en France, le Vieux ne sucre toujours pas les fraises !

Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s’apprête à fêter son cent unième anniversaire quand… patatras ! Le ballon s’échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d’un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il se trouve que l’embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l’uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s’enfuit avec une mallette au contenu explosif… un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l’aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d’une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d’amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l’asperge.

 

L’auteur Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois né à Växjö , le 6 juillet 1961.Avant de devenir écrivain, Jonas Jonasson a longtemps travaillé comme journaliste, consultant dans les médias puis producteur de télévision.
Décidant de commencer une nouvelle vie, il se met à la rédaction d’un manuscrit, vend tout ce qu’il possède en Suède et part s’installer dans un village suisse, près de la frontière italienne (dans le canton du Tessin).
En 2009, son manuscrit est publié. En France, il paraît aux Presses de la cité en mars 2011, sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle.
Son second roman, L’analphabète qui savait compter est sorti en France en octobre 2013, suivi en 2016 par  l’assassin qui voulait une place au paradis

 

 Extrait :
« Donald John Trump était né à New York le 14 juin 1946, un an jour pour jour après que le citoyen suédois Allan Emmanuel Karlsson eut donné aux États-Unis la solution à leurs problèmes de fabrication d’une bombe atomique.
Les deux hommes avaient plus en commun qu’il y paraissait. Allan avait hérité d’une cabane sans eau courante ni isolation, en pleine forêt, en dehors de Malmköping, et le jeune Donald, de vingt-sept mille appartements à New York City. Les fistons traversèrent ensuite une période funeste. Allan fit exploser sa cabane ; Donald fit à peu près la même chose avec l’empire immobilier de son père et fut sauvé de la faillite grâce à plusieurs banquiers charitables.
Un autre de leurs points communs était d’avoir réfléchi au sens de la vie au même moment, chacun de son côté : Allan à Bali, avant d’être ensorcelé par une tablette noire et de partir à la dérive dans une montgolfière, Donald dans une grande maison blanche à Washington, entouré d’idiots et d’ennemis. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson

On avait laissé Allan se dorer en Malaisie, bourré de fric et en bonne compagnie. Un an après il accepte de fêter ses 101 ans de façon détonante … il fait sa révolution numérique et devient addict de la tablette à la pomme, tandis que Julius est en adoration pour les asperges.

Si l’auteur avait balayé avec humour les cent premières années d’Allan en lui faisant rencontrer tous ceux qui ont fait l’histoire de ce dernier siècle, c’est maintenant au présent qu’il s’attaque. Quels sont les fléaux qui nous guettent ? Tour à tour le regard critique de Jonas Jonasson se porte sur la Corée du Nord et son chef à la coiffure de Play-mobil, le nouveau Président des Etats-Unis et ses tweets incendiaires, l’Europe en pleine errance avec la montée des populismes, les manœuvres russes pour influencer les élections dans notre monde occidental « démocratique »… quelques espoirs néanmoins à glaner auprès des peuples sages du pays Massaï !

Un nouveau road-trip pour nos héros mais cette fois, ils ont lâché l’éléphant pour une valise d’uranium enrichi de contrebande, en créant leur fabrique de cercueils personnalisés, poursuivis par des néonazis suédois. De nouveaux joyeux drilles rejoignent nos héros : une entrepreneuse de pompes funèbres et apprentie médium, une dissidente des services secrets germaniques adepte des asperges, une ministre suédoise des affaires étrangères …

Tout le suspense est de savoir si Allan fêtera ses 102 ans, l’instinct de survie est bien là cependant … Tout le suspense est de savoir si notre monde survivra à la menace nucléaire et autres fléaux … Côté auteur : qu’est-ce qui fait de lui cet adorateur d’Angela ?

J’ai adoré ce qui devrait être des caricatures de notre actualité vu par ce suédois bourré d’humour, ravageur et dérangeant, qui nous fait faire quelques arrêts sur image, salutaires à notre interprétation du monde.

Merci aux Presses de la cité pour leur confiance.

 

Lu en version numérique.

 

 Extraits

« La Suède s’étend sur mille six cents kilomètres de long, un peu moins en large. Une surface plutôt vaste pour dix malheureux millions d’habitants. Dans la plus grande partie du pays, on peut marcher des heures sans croiser une seule personne. Ni même un élan. On peut acquérir une vallée avec un lac pour une somme qui ne suffirait pas à acheter un studio délabré en banlieue parisienne. L’inconvénient, on le découvre ensuite, c’est qu’il faut parcourir cent vingt kilomètres pour se rendre au magasin le plus proche, cent soixante jusqu’à la pharmacie, et si jamais on marche sur un clou, boitiller encore plus loin pour atteindre l’hôpital. Si on veut emprunter du lait pour le café au plus proche voisin, on risque de devoir marcher trois heures. Le café aura refroidi bien avant qu’on soit rentré.

Ceux pour qui ce mode de vie n’a pas beaucoup d’attrait ont passé l’accord tacite de se rassembler à Stockholm et alentour. Leur présence attire les entreprises. H&M, Ericsson et IKEA préfèrent suivre deux millions et demi de clients potentiels plutôt que, disons, les soixante-dix personnes qui n’ont pas encore quitté le village de Nattavaara, au nord du cercle polaire. »

« En Suède, il existe une chose qu’on appelle « le principe de publicité », autrement dit la transparence documentaire. Cela signifie que tout ce qu’un fonctionnaire fait, écrit, dit – voire pense – doit être consigné sans délai dans un rapport consultable par tout citoyen qui le souhaiterait. Les citoyens, en général, posaient rarement de problèmes. Il en allait autrement des journalistes. »

« Tandis que Sabine et Julius vaquaient à leurs affaires, Allan avait trouvé un canapé dans le salon télé de la maison d’hôtes, où il attendait que Sabine fasse de petites pauses dans ses recherches, afin de rattraper son retard de lecture. Entre autres sur le courroux des Suédois face aux distributions de courrier qui laissaient fortement à désirer. Beaucoup trop de lettres mettaient deux jours à arriver, au lieu du seul promis. Plutôt que d’améliorer ses services, la poste changea les règles. À présent, toutes les lettres mettraient deux jours. Ainsi, le taux de ponctualité approchait les cent pour cent. Allan songea que le directeur de la poste pouvait s’attendre à recevoir une prime conséquente.

Sur un autre sujet, un cadre du Front national français avait mangé un couscous dans un restaurant maghrébin. Et il avait trouvé ça bon ! Voilà qui était extrêmement antipatriotique. Le Couscous Gate aurait entraîné l’exclusion du mangeur de couscous, à moins qu’il n’ait pris volontairement la porte. Allan ne savait pas ce qu’était le couscous. Sans doute l’équivalent dans le monde arabe de la soupe de pois au lard. S’il devait ingurgiter encore une fois ce plat, il concevait de démissionner aussi. Même s’il ne savait pas trop bien de quoi. »

« Les lions pensent de manière logique et toujours selon les mêmes principes. Ils n’ont pas l’aptitude de distinguer un être vivant d’un véhicule motorisé, tant que le premier a le bon sens de rester dans le second. Si, par exemple, le félin voit approcher une voiture à ciel ouvert pleine d’humains, il globalise et se pose trois questions : 1/ puis-je manger cette chose ? (non, c’est trop gros), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, une longue expérience m’a appris que les voitures tout-terrain et les camions n’attaquent jamais), 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin).

Mais qu’une personne quitte la sécurité du véhicule de la taille d’un éléphant et les réponses aux questions que se pose le lion sont tout autres. 1/ puis-je manger cette chose ? (oui, et ça va être bon !), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, comment s’y prendrait-elle ?) et 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin). »

« Douze mois plus tôt, ils avaient porté un toast aux événements aux États-Unis et à la nomination prochaine de Donald J. Trump. Depuis la nuit du vote, une division entière de l’armée du Net de Guenna avait été employée à effacer les traces, tandis que trois autres divisions modifiaient régulièrement leur position pour que rien n’entrave l’effondrement des États-Unis. Encore douze mois plus tôt, c’était le Brexit que les amis avaient célébré. Deux extraordinaires victoires en autant d’années.

2017 n’avait pas été aussi faste. Le chaos aux États-Unis était bien sûr fantastique, mais aussi effrayant. Il incitait à l’humilité pour la suite. Tout en haut sur le planning figurait la question de se débarrasser de Trump ou non, et, dans l’affirmative, de faire de même avec Kim Jong-un. Il y avait une alternative, mais Volodia et Guenna voulaient y réfléchir à tête reposée.

Du reste, ils devaient reconnaître que, au cours de l’année, ils avaient manqué l’occasion de torpiller l’Europe. Leur déconvenue en France les énervait au plus haut point. Tout avait été préparé pour un duel entre François Fillon et Marine Le Pen. Droite contre très à droite. Guenna gardait dans sa manche une bombe qui aurait pu augmenter les chances de Le Pen. Par malchance, un petit comique du Canard enchaîné avait découvert l’information et l’avait publiée bien trop tôt. Merde ! »

Rencontre d’auteurs avec Jean-Christophe Portes, Frédéric Lenormand et Sylvain Larue sur le thème du roman policier historique.


Rencontre d’auteurs avec Jean-Christophe Portes, Frédéric Lenormand et Sylvain Larue sur le thème du roman policier historique.

Le vendredi 7 décembre à 20h00, la médiathèque La Canopée reçoit 3 auteurs qui, par leurs héros et leurs intrigues, nous transportent du siècle des Lumières à la IIème République.
Frédéric Lenormand, Jean-Christophe Portes et Sylvain Larue

Avec Ophélie ma complice, nous aurons le privilège de passer  tous les 3 à la question

 Que je vous présente rapidement nos 3 auteurs :

 

Jean-Christophe Portes

Né à Rueil-Malmaison le 21 mars 1966. Après des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs, Jean Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur.  Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises. La série des enquêtes de Victor Dauterive, Laffaire des corps sans tête et La disparue de Saint-Maur, rencontre un beau succès critique et public. Il a remporté le Prix polar Saint-Maur en poche 2018.

Il publie en 2015 L’affaire des corps sans tête la première de Victor Dauterive

1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’a guère le temps de s’en préoccuper : Lafayette, son mentor, l’a chargé d’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-ils de vrais patriotes ou des activistes corrompus ? Existe-il vraiment un Comité secret aux Tuileries, dans l’ombre de la Cour ? Et n’y aurait-il pas un lien entre Marat et ces corps flottant dans la Seine ? Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot. Une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution

 

 

On y découvre Victor Dauterive, , un jeune sous lieutenant de la non moins jeune gendarmerie nationale.

En 2016 sort L’affaire de l’homme à l’escarpin

En 2017, La disparue de Saint-Maur

Le dernier en date  paru il y a quelques jours : L’espion des Tuileries

Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

1792. La guerre entre la France et l’Autriche vient d’éclater. C’est dans ce contexte très explosif que le gendarme Victor Dauterive est chargé d’une délicate mission : escorter un convoi transportant la paye de l’armée, une petite fortune de 500 000 livres.

L’affaire tourne au désastre quand le convoi est brutalement attaqué et dévalisé. Dauterive se lance sur les traces des voleurs qui sèment des cadavres dans leur fuite. La piste le conduit jusqu’aux Tuileries, au coeur du chaudron révolutionnaire.

Le palais, infesté d’espions, est le centre de toutes les convoitises et de tous les complots. Des bas-fonds de la ville au sommet de l’État, entre révolutionnaires et partisans du Roi, le jeune officier va devoir choisir son camp dans un jeu qui pourrait bien devenir mortel…

 

Sylvain Larue

 

Né le 15 octobre 1982 Sylvain Larue est un chercheur, écrivain et chanteur. Il a été un tant typographe, imprimeur. Il a publié aux éditions De Borée dix-huit livres dans la collection des « Grandes Affaires Criminelles ».  Passionné de musique, il se lance aujourd’hui dans l’écriture romanesque .

Il publie en 2016 L’oeil du Goupil

Le premier tome des enquêtes de Léandre Lafforgue


La révolution de 1848 charrie son lot de bouleversements. Le peuple français vient de chasser Louis-Philippe, son dernier roi, et à Paris, la nouvelle République se construit au jour le jour.

Dans ce climat de tensions politiques, tandis que se préparent au loin les élections du premier président, Léandre Lafforgue, un jeune homme épris de liberté et d’idéal, débarque de sa Gascogne natale à la recherche de son passé. Involontairement mêlé à une mort suspecte, et ayant affaire à une police qui ne semble prêter qu’une attention limitée à plusieurs faits similaires, Léandre se retrouve désigné par le prince Bonaparte pour en démasquer la trame commune. Sa sagacité sera-t-elle suffisante pour déjouer les mystères qui se dévoilent dans les couloirs de l’Assemblée nationale ? Avec une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, Sylvain Larue compose un grand roman populaire et la première enquête de Léandre promet d’être passionnante…

 

En 2017 parait  une deuxième enquête de Léandre Lafforgue Au bal des muscadins

Et cette année est sortie le troisième tome des enquêtes de Léandre Lafforgue, Le crime de l’Odéon

 

Que le spectacle commence !

En ce mois de novembre 1851, alors que le mandat du président Bonaparte touche à sa fin et que les plus sombres prévisions courent quant à l’avenir de la politique française, Léandre Lafforgue, alias « Le Goupil », songe en vérité plus volontiers à sa carrière naissante de dramaturge qu’au devenir du pays.

Mais sitôt le rideau de l’Odéon tombé sur la première représentation de sa pièce, un crime perpétré dans le théâtre met en suspens le futur de son oeuvre.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, voilà que pour faire taire d’éventuelles rumeurs, Bonaparte charge les deux dernières recrues de la Noble Cour de mener l’enquête… et ce à la place du Goupil !

Tandis que se trame en secret un complot destiné à changer le cours de l’Histoire, entre fausses pièces d’or, corps dépouillés et coup de coeur, Léandre peut-il parvenir à voir clair dans ce capharnaüm sans s’y perdre tout à fait ?

Après L’Oeil du goupil et Au bal des muscadins, il propose avec ce troisième roman une plongée en pleine Deuxième République, dans les coulisses d’un coup d’État, en un univers de machinations, de mensonges et de crimes variés qui devraient laisser le lecteur impatient de découvrir la suite…

Frédéric Lenormand

 Frédéric Lenormand est l’auteur à succès de romans historiques et de séries policières – dont les mythiques aventures de l’écrivain philosophe Voltaire et du juge Ti.

Frédéric est sans doute l’auteur que je connais le plus des 3 invités
En effet dans les année 90, je me souvient avoir lu quelques titres de Frédéric. Notamment les aventure de 3 scientifique embarqué dans la compagne d’Egypte sous Bonaparte. Ou encore la folle équipé des princesses de sang ( les filles de Louis XV)sous la révolutions
 Dans ces année 90 Frédéric Lenormand est l’auteur de plusieurs romans et de pièces jouées sur scène et à la radio. Il a reçu le prix François Mauriac de l’Académie française en 1999 pour Les Princesses vagabondes (Lattés), le prix Thyde Monnier de la Société des gens de lettres, le prix du jeune romancier de la Fondation Hachette, ainsi que la bourse Del Duca du premier roman.

Je me souvient encore qu’en 2000, Frédéric mettait déjà Voltaire en scène dans La jeune fille et le philosophe. 

Sur le ton d’une satire non dénuée d’affection, notre auteur, à partir d’une histoire vraie, fait du philosophe le héros malicieux, volubile et gesticulant d’un récit savoureux dans l’esprit des contes de Voltaire.

Et puis en 2001 arrive sans doute ce que l’on paut appelé son premier roman historique, Un beau captif 

Nicolas-Joseph Lecacheur est commissaire de police sous le Directoire. Sorte de Maigret d’une Révolution finissante, il tente de faire régner l’ordre à Châlons-sur-Marne entre sa femme, qui vient de profiter de la nouvelle loi sur le divorce et ses concitoyens, prêts à s’exalter pour tout ce qui leur fera oublier la Terreur.

Justement, Lecacheur vient d’incarcérer un jeune vagabond dont la présence met la ville en émoi. Convaincus que ce bel inconnu n’est autre que Louis XVII miraculeusement évadé du Temple, les Châlonnais reconstituent autour de lui une cour fantasque et insolente.

Seul contre tous, Lecacheur s’acharne à mener l’enquête. Il recueille les témoignages, déjoue les pièges qu’une main invisible s’ingénie à semer sur sa route et démêle peu à peu un écheveau où se confondent secrets de famille et vertigineux secrets d’Etat.

Avec ce nouveau personnage d’enquêteur, Frédéric Lenormand nous entraîne à la découverte d’une des époques les plus mouvementées et les plus mystérieuses de l’histoire de France.

Il a écrit aussi sur la révolution. (des polars jeunesses et  et des docs sur la police et la prison)

En 2004 c’est la parution de la première des nouvelles enquêtes du juge Ti

Frédéric Lenornand fait revivre le personnage du juge Ti popularisé par Robert van Gulik. Le magistrat  mandarin au VIIe siècle dans la Chine impériale

11 enquêtes me semble-t-il rééditées en poche

Dans la première enquête, Ti poursuit des assassins de tous bords tout en s’efforçant de retrouver une de ses filles. Dans la seconde, Ti doit découvrir qui des membres du Grand Service médical a introduit un poison dans l’entourage de l’empereur de Chine.

Deux enquêtes du Juge Ti inédites en poche.

Attaque des princes de la dynastie des Tang ou poison mortel dans l’entourage de l’empereur : qui mieux que le légendaire Juge Ti saura déjouer cette succession de meurtres machiavéliques ?

À l’aide d’une documentation méticuleuse, Frédéric Lenormand fait revivre pour ses lecteurs la Chine du VIIe siècle, cette glorieuse civilisation des Tang qui marqua l’apogée de l’Empire du Milieu.

 

Il y a eu aussi beaucoup d’autres bouquins

Notamment

La Série Les Mystères de Venise (en partie publiée sous le pseudonyme Loredan)

Mais aussi :

Un thé chez Confucius ou Une enquête du juge Bao

Qui en veut au Marquis de Sade ?

Seules les femmes sont éternelles

Il y a enfin

Voltaire mène l’enquête

En 2018 l’Orfèvre du thriller historique, Frédéric Lenormand nous offre le huitième tome des enquêtes voltairiennes.

La première est paru en 2012 Voltaire mène l’enquête. La baronne meurt à cinq heures

Après notamment La bonne meurt à cinq heures, prix Historia et prix Arsène Lupin 2011, et Meurtre dans le boudoir, paru en 2013, Un carrosse nommé désir est un petit bijou d’humour et de suspens.

Un carrosse nommé désir Frédéric Lenormand

Voltaire mène l’enquête

Bonne nouvelle pour Voltaire ! Emilie du Châtelet, sa marquise préférée qui l’aime et qu’il adore, est sur le point de faire un héritage. Justement, une occasion se présente : l’achat du magnifique hôtel Lambert, à la pointe de l’île Saint-Louis, pour y loger le prince des philosophes ! Hélas, le banquier qui devait leur avancer la somme vient d’être enlevé.

Voltaire fait des pieds et des mains pour le retrouver au milieu d’une ville rendue folle par les somptueuses fêtes du mariage de la fille de Louis XV avec l’infant d Espagne. Entre bal masqué et joutes nautiques sur la Seine, dans le fracas des canons de la Bastille et des feux d’artifice, les cadavres s’accumulent.

 

Et pour finir vient de sortir ce qui semble être le premier opus d’une nouvelle série, Le Retour d’Arsène Lupin

 

1908. Arsène Lupin a entamé une thérapie pour soigner son addiction au vol. Un comble pour notre gentleman cambrioleur, qui se voit contraint de trouver un moyen honnête de gagner sa vie. Pour cela, il ouvre une agence de détectives, l’agence Barnett. Sa première cliente, la très riche Mme Bovaroff, se plaint qu’on lui a dérobé un inestimable autoportrait de Delacroix, L’Homme au gilet vert. Mais voilà que l’oeuvre réapparaît comme par magie, tandis que ceux qui l’ont eue entre les mains disparaissent… Si l’affaire est épineuse, c’est le charme d’une ensorcelante danseuse orientale nommée Mata Hari qui sera l’un des obstacles les plus dangereux que Lupin-Barnett aura à surmonter.

Dans les fastes de la Belle Époque, à travers une intrigue riche en rebondissements, Frédéric Lenormand , fin connaisseur de la figure d’Arsène Lupin et grand admirateur de l’oeuvre de Maurice Leblanc, nous offre une nouvelle série qui ressuscite magistralement Arsène Lupin, son astuce et sa rouerie légendaires.

 

Voilà ce que je eux vous dire de nos auteurs mais pour en savoir plus, rendez-vous ce vendredi

7 décembre à 20h, Espace Culturel La Marmite

9 rue Jean Delsol, 77173 Chevry-Cossigny

 

Organisée par la médiathèque La Canopée

Le roman policier historique inaugure notre cycle polar.
Le vendredi 7 décembre à 20h00, la médiathèque La Canopée reçoit 3 auteurs qui, par leurs héros et leurs intrigues, nous transportent du siècle des Lumières à la IIème République.
Frédéric Lenormand, Jean-Christophe Portes et Sylvain Larue répondront à toutes vos questions lors de cette rencontre animée par Geneviève Van Landuyt, bibliothécaire à Paris et chroniqueuse du blog Collectif polar.
En fin de soirée, la librairie du Château proposera à la vente les ouvrages des auteurs pour une séance de dédicaces.

Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle


Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle

 

Les 14 jubilations de Dany pour 2018 …

Notre cheffe avait demandé 10 coups de cœur, après âpre négociation j’ai obtenu 14 ????

… l’exercice est toujours aussi …

complexe

Ces auteur(e)s m’ont tous étonnée cette année.


1- Power de Michael Mention :

lu en juillet 2018

Comment fait donc cet auteur pour changer de style et d’univers à chacun de ses romans ?

L’action se déroule de 1965 à nos jours dans une Amérique raciste, les descendants d’esclaves décident de s’organiser pour sécuriser et pacifier les quartiers ghettoïsés. Au début, démarche expérimentale, la réaction pacifiste aux extrémismes doit s’organiser quand le phénomène s’amplifie et devient un fait de société. 
Le contexte historique est illustré au travers des assassinats qui ont marqué cette période à commencer par 
Malcolm X, puis les frères Kennedy, le pasteur King et tous les autres ainsi que les événements de cette deuxième moitié du XXème siècle. Grâce à cette fresque si bien dépeinte, tout s’éclaire et notamment les origines du Black Panther Party, la lutte pour l’égalité des droits et contre les violences faites aux femmes, au travers de personnages follement attachants ou franchement antipathiques, tous désespérés. Un regard incisif, un récit hyper documenté, une immersion au coeur de la contestation de cette société qui aurait pu réaliser le rêve de fraternité mais qui a mené notre humanité mesquine à ce qu’elle est malheureusement encore aujourd’hui.

Après l’écologie (bienvenue à Cottons Warwick), la grande criminalité (la voix secrète), les journalistes véreux(le carnaval des hyènes), ce dernier roman choral étonne et captive avec une grande maîtrise du sujet … Où donc va-t-il nous emmener la prochaine fois ?
Power … mon coup de coeur 2018 !

2 – Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto :

lu en septembre 2018

Que d’émotions en refermant ce livre, véritable parcours initiatique et métaphorique. Thomas est dans le coma et il a perdu ses souvenirs.

Au moment de l’accident, on peut dire que c’est un vrai « connard » ! le jeune garçon qu’il a été, va le guider, comme Virgile dans la Divine Comédie dans un espace parallèle : le supplément d’âme, … de l’autre côté. L’histoire pourrait être celle d’un triangle amoureux classique, celle d’un ambitieux qui fait passer sa carrière avant sa famille. C’est bien plus que ça, c’est celle des choix de la vie. Quand donc Thomas a-t-il rompu avec ses rêves, quand donc a-t-il trahit TK ? Sa quête de vérité, il va la faire pendant son coma, aux portes d’une mort annoncée et ainsi découvrir les malversations de ses collaborateurs, jusqu’au dénouement final, révélation inattendue et violente. La narration de Thomas rend le lecteur complice. 

Inclassable roman à suspense, très fort et dérangeant, c’est le premier que je lis de Matthieu Biasotto. Sa sensibilité à fleur de peau, son style affuté et surréaliste à la fois m’ont fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

3 – Enfermé.e de Jacques Saussey :

lu en octobre 2018

On sait quand on suit Jacques Saussey, qu’il n’est jamais aussi déroutant que dans ses one-shots … Après le loup peint et le pied de nez à notre conscience écologique, c’est notre plus profonde intimité qu’il ébranle avec enfermé(e).

Deux temporalités se mettent au service de la démonstration. La première au passé nous fait revivre l’histoire de Virginie, prisonnière d’un corps qui ne convient pas à ses émotions, son parcours et son coming out….. la seconde au présent se consacre à l’intrigue de nos jours …
Mais ça ne s’arrête pas là … trop simple pour Jacques Saussey. C’est plus généralement de la domination des faibles par les pervers, les toxiques, ceux qui ne peuvent accepter la différence mais aussi de la fin de vie et du traitement réservé à ceux qui ont eu un passé et qui sont en train de perdre leur identité « au bénéfice » de l’âge qu’il parle ici. Mais ne sommes-nous pas tous complices de détourner le regard de ce que nous ne voulons pas voir …
On a déjà beaucoup écrit sur ce thriller et c’est tout à fait légitime pour ce roman noir bien foncé, ces 373 pages d’une densité rare et hyper documentées.

Des « artifices » de rédaction rendent ce récit encore plus dérangeant : pas de noms propres pour ceux qui sont en perte d’humanité, seuls les personnages ayant abouti dans leur parcours trouvent un nom. 


Plus déglinguant que Meurtre pour rédemption de Karine Giébel auquel on pense immanquablement lors de la description du parcours carcéral, c’est une vision optimiste néanmoins pour ceux et celles qui viennent à bout de tous les obstacles posés par notre société bien (trop) pensante.

4 – Crotales de Jean-Luc Bizien :

lu en janvier 2018

D’abord il y a les Daltons … pas vraiment racistes mais accros à la violence gratuite, juste pour l’adrénaline, alors pourquoi pas contre les latinos aux prises avec leur cerveau reptilien ?
Puis il y a les narcos et leurs clans, leurs trafics, l’exploitation de la pauvreté des villageois qui habitent le long de la frontière métallique entre les US et le Mexique et la domination en en faisant leurs mules et leurs esclaves.
Vient ensuite la CIA, toujours prête à se fourvoyer dans des plans douteux pour atteindre ce qu’elle présente comme des objectifs glorieux.
Et puis, et puis … il y a Païk Dong-Soo, plus mal en point que jamais mais encore plus attachant aussi.

 

Le talent de l’auteur qui vous entraine dans l’exotisme mexicain, avec toute la cruauté primaire, à l’approche l’élection présidentielle à laquelle se présente un certain Donald Trump. Une intrigue forte, sans doute encore en-deçà de la réalité. Une narration sur plusieurs plans qui se rejoignent on s’en doute, bien habilement. Quatrième volet de la vie de l’agent très spécial Coréen, laissé presque mort à la fin du « berceau des ténèbres », à la hauteur de ce qui ne devait être qu’une trilogie, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

5 – Fantazmë de Niko Tackian :

lu en janvier 2018

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale.

Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements.

Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

6 – Apocryphe de René Manzor :

lu en octobre 2018

Inclassable ce thriller historique. Pour la mécréante que je suis c’est comme si j’avais entendu parler des deux premières saisons d’un série et que je découvrais la troisième aujourd’hui . Un péplum très contemporain par son ton et les thèmes traités : ne pas rater !

Jérusalem, an 30. Un petit garçon de 7 ans reste sur le Golgotha, les yeux rivés sur l’homme cloué sur la croix centrale. Il est le fils de Yeshua. Plus tard, le jeune David de Nazareth, qui a grandi dans le désert de Judée auprès de sa mère, Mariamné, est lassé de vivre caché. Sa révolte intérieure le pousse à s’enfuir afin de rejoindre Jérusalem.

 

 

 

 

7- Salut ô toi mon frère de Marin Ledun :

lu en mai 2018

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power.

Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze ans est victime du délit de « sale gueule » et fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ».

L’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

8- Mourir encore … (et plein d’autres choses) de Nick Gardel :

lu en août 2018

Après deux trilogies et quatre « one shot » où les personnages se croisent pour notre plus grand plaisir et auxquels il faut ajouter un poulpe, c’est un recueil de nouvelles que nous propose cette fois cet alsacien d’adoption, jongleur de mots et addicte aux calembours.

Le fil rouge c’est le nôtre … le temps, le temps qui passe, qui apporte tracas ou sérénité. Et sa durée toute relative … et au-delà Nick Gardel nous livre une réflexion, toute personnelle sur le métier d’auteur.

Même si la nouvelle n’est pas le format que je préfère en général, c’est bien en lisant une nouvelle (un état d’esprit) qu’il avait publiée comme feuilleton dans FaceBook que j’ai fait connaissance avec cette plume caustique et hilarante. C’est une nouvelle version remaniée de 20 nouvelles, inédites pour la plupart, qu’il nous livre aujourd‘hui. Oui Nick Gardel sait aborder des sujets graves avec dérision et déraison … et c’est sans compter avec sa galerie de personnages cocasses et qui ressemblent terriblement à vos voisins ! Certes le temps est relatif et le temps de lire les nouvelles de Nick Gardel ne dure pas assez pour le plaisir qu’elles nous procurent.

Idéal pour une pause entre deux romans sérieux ou sanglants, un univers déjanté, des histoires saugrenues, des personnages fous, une certaine forme de philosophie et ce foutu style incomparable … tout y est, même le bonheur !

9 – Les voleurs de temps de Corinne Martel :

lu en mars 2018

Toujours aussi inclassable Corinne Martel avec ce deuxième roman. Alors que le lecteur se jette dans l’aventure aux côtés de Chloé et Valentin, qui doivent se marier samedi prochain, les rapports ambigus de la jeune femme et de sa sœur Manon déroutent à souhait.

Pour organiser la cérémonie, le couple fait appel à un organisateur de mariage et sa coéquipière couguar, deux personnages atypiques eux-aussi et, il se passera ce qui doit se passer … ou pas.

La narration véhicule une angoisse grandissante et interpelle chacun d’entre nous sur les limites que nous sommes prêts à franchir par amour et c’est en fait au cœur de la folie que nous plongeons … Poétique et fou, entre « l’écume des jours » de Boris Vian et « Régis » de James Osmont, addictif et savamment dosé.

Impossible d’en dire d’avantage sans spolier, mais sachez que Corinne Martel a superbement assuré et comblé les espoirs que l’on pouvait mettre en elle avec « et tu vis encore ». A noter la ponctuation du récit par de superbes illustrations qui confortent le lecteur dans ses errements … beau boulot !

10 –  Sa majesté des ombres de Ghislain Gilberti :

lu en juillet 2018

Un pavé au sens propre comme au sens figuré ! 739 pages, encore plus de grammes au bout du poignet mais un sacré thriller-polar-roman noir !
J’avais laissé le commissaire Sanchez à la fin du « bal des ardentes » et sur les conseils de l’auteur, je me suis mise en quête de la « majesté des ombres », premier tome d’une trilogie annoncée. C’est peu de dire que le suspense est au comble avec final, comme dans ses précédents romans, en apothéose. 
Plusieurs niveaux de lectures … l’orgueil d’un chefaillon qui met en péril ses troupes, une guerre des polices qui tourne au cataclysme, une justice qui a beaucoup de mal à mener sa mission, des mises au placard malvenues, des trafics de drogue sophistiqués, des techniques d’investigation psychologique qui font du profilage un art majeur, des infiltrations à hauts risques, et le tout au service d’une histoire plus crédible que nature, tant elle est documentée avec en prime, cette dose de sensibilité découverte avec l’inclassable « 
dynamique du chaos ». 
C’est vrai qu’on connaissait l’auteur expert en armes à feu, en stupéfiants et en profilage. Tous ses dons sont ici confirmés et pour la suite annoncée pour cette fin d’année 2018, les lecteurs peuvent légitimement se demander où donc Ghislain Gilberti va pouvoir nous propulser ?

 

11 – La prunelle de ses yeux d’Ingrid Desjours :

lu en avril 2018

On ne m’avait dit que du bien que cette auteure … je n’ai pas été déçue du premier roman que je lis d’elle ! Suspense angoissant, manipulations assorties d’usurpation d’identité …
L’action tire ses ressorts d’un drame qui s’est déroulé en 2003. Gabriel y a alors perdu son fils et la vue. Il a la détermination d’un père prêt à tout pour venger Victor, promis à une belle carrière, qu’un « rite initiatique » a brisé. Une espèce de road-movie où la politique s’abaisse au plus bas du populisme, va nous faire voyager aux côtés de Maya dont on ne sait si elle est ange ou démon … et le méchant et ses dominés ici habitent le XVIème arrondissement, un vrai méchant sans circonstances atténuantes ! Il faudra attendre le dénouement pour approcher la vérité extrêmement douloureuse. 
Le personnage de Nour est un petit rayon de soleil dans ce monde de brutes ! Les interludes scientifiques rythment ce récit et renforcent le malaise latent. C’est chacun des personnages qui nous pose la question : qu’aurais-tu fait à ma place ?

 

12 – Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier :

lu en avril 2018

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité ….

C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier !

Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son deuxième polar pour adultes.

13  – Les couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître :

lu en mars 2018

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

14  – Sœurs de Bernard Minier :

lu en avril 2018

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affuté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambigües et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.

Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Et heureusement que certains n’ont rien sorti en 2018 …

Tu tueras l’ange – Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras l’ange de Sandrone Dazieri. Paru le 18 mai 2017 chez Robert Laffont dans la collection la Bête Noire. 21€50 ; (597 p.) ; 23 x 14 cm. Rééditée en poche le 16 mai 2018 aux Editions Pocket, collection Pocket Thriller.   8,60 € ; 640 pages ; 18 x 11 cm   

4ème de couverture :

La mort au terminus…23h50, voie 7. Le TGV en provenance de Milan entre en gare de Rome. A son bord, l’intégralité des passagers de la classe affaire nage dans son propre sang…

Si les premières constatations dirigent la police vers l’attentat terroriste, la commissaire adjointe Colomba Caselli soupçonne vite des complications. Un seul homme pour y voir clair : son vieil ami Dante Torre, « l’homme au Silo ». Celui qui a connu l’enfer. Celui qui reconnaît ses démons. Il y a là la marque d’un ange, un ange déchu, femme sans visage venue du froid pour semer vengeance et carnage…

L’auteur :  Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. Il a exercé divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. En 2014, il publie Tu tueras le Père, « meilleur thriller de l’année » selon Il Corriere della Sera et best-seller dan le monde entier, premier tome d’une trilogie – et finaliste du prix Le Point du polar européen 2016. Le deuxième volet Tu tueras l’ange, a paru en mai 2017 chez Robert Laffont, dans la collection « La Bête noire ». L’auteur vit à Milan.
Extrait :
« Le scorpion était un deathstalker, et le poison de son dard pouvait tuer un être humain ou tout du moins le rendre gravement malade. Il avait même une caractéristique intéressante : dans le noir total il s’immobilisait, surtout s’il était enfermé dans un milieu chaud et humide comme une bouche. Quand Pao l’avait, craché, cependant, le changement de température l’avait rendu furieux. Si Colomba n’était pas tombée, l’aiguillon de sa queue aurait piqué sa chair au lieu de simplement l’effleurer. »

L’accroche de Miss Aline :

Colomba- Dante un duo improbable qui reprend du service. Il est le cerveau et sa fenêtre sur une vérité qu’elle ne veut pas voir. Elle est son assurance, la force qui lui fait défaut, son emprise dans la réalité. Deux écorchés qui reviennent de loin.

Colomba va faire appel à Dante  sur une enquête difficile. Certes il y a beaucoup de morts, mais un quelque chose lui titille les méninges. Quelque chose que les ou l’assassin essaie de dissimuler.

Une fois de plus elle va devoir prendre les chemins de traverses pour mener son enquête. Ce qui n’est pas pour déplaire à Dante.  Par  les sanctions qu’elle encoure, elle va essayer d’impliquer le moins possible son équipe. Ils vont nager en eaux troubles, voir le monde côté pile : noirceur,  manipulations, enjeux financiers, secrets d’états, alliances, trahisons, meurtres, assassinats.

Dante ne peut se défaire de sa théorie du complot. Il en est convaincu. Va-t-il être convainquant ?

Après un premier opus Tu tueras le Père, Sandrone Dazieri nous livre une deuxième enquête qui nous emmène un peu plus loin dans la noirceur de l’humain. Il nous livre également un Dante plus torturé, cherchant toujours son passé. Malgré une intelligence hors normes, il reste fragile. Sera-t-il toujours « l’enfant du silo » ? Doit-on savoir d’où l’on vient pour savoir qui nous sommes ? Dante semble ne pas pouvoir faire sans ses origines.

J’aime le personnage de Dante. C’est lui qui guide ma lecture, plus que l’enquête. J’ai hâte de lire le troisième volet de cette trilogie. Comme Dante, je veux savoir d’où il vient ? Pourquoi  lui ? A qui ou à  quoi était-il destiné ? L’auteur nous en livrera-t-il plus dans le troisième opus ou Dante restera-t-il un mystère pour nous et pour lui-même ?

Bonne lecture !

Toxique de Niko Tackian


Le livre: Toxique de Niko Tackian. Paru le 4 janvier 2017 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ; (299 p.) ; 22 x 14 cm.

Rééditer en poche le 03 janvier 2018 chez Le Livre de Poche. 7€60 ; (309 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Elle aime saboter la vie des autres, elle n’éprouve aucune empathie, elle poursuit un but, elle est toxique.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau.

Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.

À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

 

niko tackianL’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. 

 

Extrait:images
« Faut pas oublier tes racines, gamin, ce sont elles qui font de toi ce que tu es. » (Page 64)

L’expertise de Cathie

 

Toxique de Niko Tackian

Excellent thriller que ce troisième roman de Niko Tackian: psychologie des personnages approfondies sans être trop lourde; décors sobres mais bien plantés; pas de descriptions inutiles ni de bla-bla. On se sent happé par ce récit sombre et addictif: le lecteur suit fébrilement l’auteur sur le chemin que celui-ci lui trace à coups de machette, y compris dans le dédale des rêves de Tomar, peut-être les seuls passages un peu trop longs…

Le +: pas d’esprit vengeur malgré les difficultés et les traumatismes vécus, mais la pensée qu’il existe une explication pour tout comportement humain, qu’il sociopathe ou autre. Il ne s’agit pas d’excuser mais de comprendre afin de permettre une reconstruction possible. Niko Tackian nous transmet ce message que rien n’est noir ou blanc, dans la vie; que la méchanceté, même absolue, le mal trouvent leurs racines dans un terreau fait de nos peurs, de maltraitances physiques ou morales, de traumatismes remontant à la prime enfance et que la vengeance brutale ne résout rien. Ce qui ne veut pas dire se résigner,mais en comprendre les causes afin de rebondir et de se reconstruire…

Top des lectures 2018 de Miss Aline


Top 10 des Flingueuse 2018

Le Top 10 de Miss Aline.

  

1 – Le silence et la fureur, Natalie Carter et Nicolas D’Estiennes D’Orves

 

4ème de couverture :

Un lac perdu de l’Ontario, et au milieu, une petite île escarpée où souffle le vent mauvais du soupçon.

Max King, pianiste adulé dans le monde entier, y vit reclus dans sa maison, prisonnier de ses obsessions et de ses cauchemars. Il y a dix ans, un drame l’a condamné au silence : la moindre note sur le clavier provoque en lui d’effrayantes douleurs. Pour cet immense artiste, la musique est devenue un bourreau. Mis à part sa gouvernante, Max King ne voit personne. Ni sa femme Fiona, ni son fils Luke, qui a quitté l’île et que tout le monde surnommait le « petit prince ».  Un futur pianiste de génie comme son père.

Le retour de Luke résonnera comme un cataclysme sur cette terre maudite.

Et du silence jaillira bientôt la fureur.

Avis :

Une île, un pianiste de renommée mondiale, un mystérieux « accident », une « promesse » non moins énigmatique, voilà les ingrédients de ce polar captivant.

Max vit en reclus, prisonnier de son île, de sa musique, de ses rituels obsessionnels. Prisonnier de lui-même. Tous l’on fuit, jusqu’à son épouse et son fils. Ne reste que la fidèle gouvernante Susan, patiente, attentive, veillant sur les moindres gestes de son maître. Les notes de musique sont autant de lames qui lassèrent  l’esprit de Max, qui le torturent jusqu’à l’insupportable. Et ce depuis « l’accident ».

Pour Thanksgiving, le retour de l’enfant prodige. Ce « petit prince » qui suit les traces de son père. Qui l’a fait venir lui et sa mère ? Pourquoi cette dernière l’abandonne-t-elle à son père ?

Rapport étrange que celui du père et du fils. Ce dernier obligeant son père à sortir de ses rituels, tant pis pour la souffrance. Luke, comme son père, est un personnage troublant. On le sent osciller entre l’amour et la haine. Qu’a-t-on imposé à cet enfant pour qu’il en arrive là ?

Ce roman se fait à trois voix. Susan et Luke nous parle directement. Tandis qu’un narrateur extérieur nous parle de Max. Au début c’est perturbant, puis on s’y fait.  A chaque protagoniste tu trouves une raison de t’y attacher. Susan dont tu admires la dévotion, cet attachement démesuré à un être qui probablement ne la voit pas. Elle aussi a sa part dans l’intrigue, là où on ne l’attend pas. Luke dévorait par une personnalité borderline, un soupçon manipulateur. Luke qui captive, Luke qui réserve bien des surprises. Et puis il y a Max avec son amour-aversion pour la musique. Max pour qui la musique était l’oxygène nécessaire à sa vie, qui ne fait plus que survivre. Max noyé dans sa névrose.

J’ai beaucoup aimé ce roman et la façon dont il est construit. Comment les auteurs t’emmènent là où tu n’as pas pensé aller, comment ils t’ont berné. J’ai ressenti avec force la passion de Max pour la musique. Comment elle l’habite, le transforme, le rende vivant. Je garde l’image du « caisson », la pièce au piano, avec vu sur l’extérieur. Un silence infini à l’intérieur, les éléments déchainés à l’extérieur. Je pense à Mozart et Salieri. Je pense au combat pour la vie, à l’amour inconditionnel pour un art. Je pense à l’abandon de soi pour l’autre ou pour l’art.

Je pourrais/voudrais vous en dire tellement plus sur ce roman mais je ne voudrais pas gâcher votre surprise. Ce roman est un coup de maître, dans son intrigue, dans la force des personnages, dans le ressenti de leur sentiments. J’ai presque envie de le lire de suite…

 

2 – Apocryphe, René Manzor

 

4ème de couverture

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

Avis :

 René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur, une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

 

3 – Une bonne intention, Solène Bakowski

 

4ème de couverture :

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

 

Avis :

Dans la première partie du roman on fait la connaissance de Mati et de son père. Ils sont dans la douleur d’avoir perdu Karine respectivement mère et épouse. Mati essaie de surnager. Sa souffrance est palpable. Un soir Mati ne rentre pas de l’école. Pour sa grand-mère c’est le début d’une interrogation sur la santé mentale de son fils.
Dans la deuxième partie on rencontre Rémi employé au tri postal. Rémi est un être particulier. Il ne perçoit et ne ressent pas les choses comme tout le monde. Via une lettre il fait la « connaissance » de Mati. Commence alors une attirance qu’il ne peut expliquer. Il la vit, la ressent. Cela le dépasse mais il ne peut s’empêcher de vouloir se rapprocher de la petite fille. Il va lui offrir une parenthèse, un rêve inaccessible.

On ne parle que d’amour dans ce roman. L’amour d’une enfant pour sa mère. L’amour d’une mère pour son enfant. L’amour absolu qui te fait tout vouloir réaliser. L’amour pur, simple, innocent.
Aimer peut-il tout transcender ? Aimer peut-il tout justifier ?

 

4 –Un sac, Solène Bakowski

 

4ème de couverture :
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup. Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

 

 

 

Avis :

Anna-Marie un cadeau de la vie qui devient vite un fardeau, le rappel d’une souffrance. Anna-Marie arrachée, abandonnée. Anna-marie qui devient l’enfant caché révélé au grand jour.
Anna-marie qui rencontre sa mère et qui bascule.
L’histoire d’Anna -Marie c’est une lutte incessante contre le monde entier, contre elle même, contre ses démons.
C’est l’espoir en l’amour, la désespérance d’un retour d’affection.
Anna-Marie qui n’est pas seule et qui dérive. C’est une vision lucide de ce qu’elle est et pourtant voudrait être différente. À qui la faute ? Une mère qui l’a rejeté, une autre qui l’à étouffée, a elle-même trop ou pas assez ce que les autres voudrait.
Anna-Marie devant le Panthéon avec ce sac qui est sa vie. Ce sac dont tu redoute le contenu. Ce sac dont tu t’es trompée de contenu.
L’écriture, la lecture est incisive. Comment une analyse, l’observation d’un être à travers une vitre. Je ne m’attache pas à elle et je ne la déteste pas non plus. J’observe. Et puis cette fin qui te retourne comme elle aurait pu retourner son sac devant toi et te dire « tiens, regarde ». Je n’aurai pas voulu voir et pourtant : non pas ça. Impossible fin pourtant inéluctable.
Et là s’ouvre la vanne de tes ressentis retenus. Larmes et colère.

 

5 – Les démoniaques, Mattias Köping

4ème de couverture :

Drogues, meurtres, esclavages sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oublier sa colère.

 

 Avis :

Ce roman m’est tombé dessus au salon de Noeux les Mines, deux lectrices m’ont convaincus : « c’est LE roman à lire » ! Quelques jours et 392 pages plus tard : waouh ! Effectivement il faut le lire. Mais attention, malaise. Dés les premières pages tu te sens pas à l’aise dans tes baskets. Kimy fête ses 15 ans et c’est l’orgie : son père à organisé une sauterie dont il a le secret. Bon an mal an, kimy arrive sur ses 18 ans, il est temps pour elle de se venger. Mais comment mettre à terre l’Ours ? Il tient les notables du coin par les couilles (dans tous les sens du terme). Son territoire et ses activités s’étendent : proxénétisme, pédophilie (petit cadeau pour les pervers du coin), drogues, meurtres (bien maquillé). Le voilà qu’il commerce avec l’Albanais qui est loin d’être un tendre.

Par le plus grand des hasards kimy fait la connaissance d’Henry, professeur, qui se remet difficilement d’un « accident de la vie ». Deux âmes blessées, torturées qui errent à la recherche d’une survie. Ils se sont bien trouvé ces deux là. Que la vengeance commence…

Je ne vous dirais rien de plus sur le déroulé de l’histoire. Il faut la lire et se laisser porter. On est tour à tour écœuré, déstabilisé, bousculé, il y a même quelques larmes. L’auteur t’entraine à sa suite sans te laisser de répit. Tu as peur pour Kimy, tu espères pour elle, tu guettes pour elle. Ton empathie va aussi vers Henri. Quelles douleurs, quelles souffrances il porte en lui.

Dans les dernières pages, les dernières lignes l’auteur te retourne comme une crêpe. Tu l’as pas vu venir, t’avait oublié ce « détail ».

Malgré le(s) thème(s) difficiles de ce roman, j’ai pris plaisir à découvrir cet auteur. J’ai hâte de lire son prochain roman. Qu’on se le dise : auteur à suivre !

 

6 – Sa majesté des ombres, Ghislain Gilberti

4ème de couverture :

Un cartel invisible livrant une nouvelle guerre sans merci. Une drogue d’une pureté inédite. Un réseau de dealers sous pression déployé aux quatre coins du monde et coupé de la tête de l’organisation. Un signe commun aux membres du cartel : ECCE LEX, tatoué sur le poignet. Quand des dealers sont capturés, ils se révèlent incapables de livrer le moindre indice sur leur commanditaire… Quand leurs cadavres ne servent pas déjà de bornes kilométriques.

Une légende de la police judiciaire aux dons de mentaliste, Cécile Sanchez, fait face à des tueries aux modes opératoires sans précédent.

Est-il possible de mettre des ombres en cage ? Dans quel enfer devra-t-elle descendre pour faire face au mal absolu ?

Bienvenu dans le Réseau Fantôme.

 

Avis :

« L’hyène », « Le chacal », un indic mort, des flics borderline et le tout saupoudré d’une bonne couche de drogue à tous les étages. Ca commence fort et mal pour cette première partie qui se solde par une tuerie. Il va falloir attendre 7 ans (seulement quelques lignes) pour que les investigations reprennent avec l’arrivée de Sanchez. C’est une pointure dans son domaine Sanchez : criminologue, victimologue, spécialiste en analyse gestuelle et langage non verbal. C’est une légende de l’OCRVP (Office Centrale pour la Répression des Violences aux Personnes)

Avec une patience infinie et une équipe de choc, elle va tout reprendre de zéro. Observations, planques, écoutes, filatures, décortiquer chaque mot, chaque photo, chaque geste. Elle va se heurter à des collaborateurs obtus, pas très clean non plus, surement. Les ombres agissent vite et « bien », toujours insaisissables. Elles ne laissent que des cadavres après son passage. Rien ni personne pour remonter la filière et avoir ne serait-ce que l’ombre une info sur cette organisation.

Tu rages avec Sanchez. P**** mais comment c’est possible ? L’auteur ne te dévoile rien. Il pose ses jalons petit à petit. Il te balade, te laisse entrevoir un début de solution pour mieux la piétiner ensuite. Tu sais que tu vas rester sur ta faim vu que c’est une trilogie mais tout de même. Et là une toute petite lumière va s’infiltrer. A quel prix va-t-elle parvenir à percer les ombres ? Va-t-elle seulement y parvenir ?

Tu tourne et tourne les pages, tu retiens ta respiration, tu crispes la mâchoire. T’as envie d’hurler et même de chialer. Un personnage te fait penser ce soldat dans American sniper qui  accompli sa mission, juste sa mission. Il se ferme au reste du monde, il s’oublie. C’est son job. Il le fait, point.  Il va ramasser grave sur le plan psychologique mais il connait le prix à payer. C’est son boulot, il le fait. J’ai hâte de lire la suite et de connaître le sort de ce gars. Mais déjà je crains le pire.

C’est mon premier roman de Ghislain Gilberti et loin d’être le dernier. Une écriture coup de poing qui te tient en haleine, en alerte. Quand tu tourne la dernière page, tu reprends ton souffle doucement. Et tu te dis que, malheureusement, la noirceur de l’être humain a encore de « beaux » jours devant elle.

 

7 – Hunter, Ray Braverman

4ème de couverture :

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son œuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché  le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

 

Avis :

Hunter  ça débute comme une série que tu aurais prise en cours de route. Les sourcils froncés tu cherches à intégrer les lieux, les liens, les personnages. Très vite t’es mordue.  352 pages pour choper Hunter (c’est lui le méchant, on le sait d’emblée) ? T’es septique, trop simple !

T’enfiles ta parka et tu vas t’intégrer à la vingtaine d’habitants du bled perdu en pleine forêt sous une tempête de neige.  Huis clos. Freeman perdu dans sa haine suit Hunter. Hunter perdu dans son désir de vengeance ? Son envie de revenir sur les lieux du crime ? Un shérif, son frangin, Denise, les locataires de la chambre 5…tout ce petit monde va se télescoper et recommence la ritournelle des disparitions et des meurtres. Hum, petit bémol. On dirait que ce n’est pas tout à fait le même mode opératoire.  Quelqu’un se servirait-il de la cavale de Hunter pour se faire un petit plaisir meurtrier ?

L’auteur te mène dans un rythme effréné. Tout comme un train peut en cacher un autre, l’auteur te cache un autre serial killer. Euh, y en a combien ? Y a pas, tu veux connaître la fin. Tu dévores le bouquin en quelques heures. T’as tout « vécu » : la course poursuite, l’étonnement, la trouille, la traque,  t’as même franchement pleuré de la page 3.. à la page 3…Il est fort l’auteur pour te balader d’émotion en émotion.  Il est fort aussi pour te laisser sur la résolution de cette affaire (ou presque) et les prémices d’une autre. Vite l’opus suivant…

 

8 – Les jumeaux de Piolenc, Sandrine Destombes

 

4ème de couverture :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

 

Avis :

La 4ème de couverture ne nous dit pas quel  jumeau est mort, ni comment l’autre a survécut. On ignore si les nouvelles disparitions concernent également des jumeaux. On ne nous parle pas non plus de Jean Wimez en charge de l’enquête il y a trente ans. Jean que Fabregas va intégrer (un peu par la force des choses) à l’enquête d’aujourd’hui.

Les faits se passent dans la même école que celle de Solène et Raphaël, les nouveaux disparus ont le même âge. Coïncidences ? Pourquoi trente ans plus tard ?

Fabregas va se faire des cheveux blancs sur cette enquête. Des rebondissements, des impasses, des doutes, des sixièmes sens ignorés. Il avance doucement, il a le sentiment d’être dépassé. Il ne veut pas que cette enquête le hante jusqu’à son dernier souffle. Et pourtant il a souvent l’impression de passer à côté.  Avec lui, Jean Wimez va revivre la disparition des jumeaux de 1989. Qu’a-t-il raté ? Que lui a-t-on caché ? Il faut comprendre hier pour retrouver les enfants d’aujourd’hui. La vérité peut avoir mille visages, elle n’est pas celle que l’on croit.

L’auteur nous emmène dans un tourbillon de doutes, d’accusations, d’interrogations. Ses personnages sont profonds et complexes. La nature humaine y est dépeinte avec réalisme (rien n’est jamais tout blanc ou tout noir). La vérité dépasse l’entendement. On va s’en approcher avec méfiance. Tout comme Fabregas on va se demander comment cela est possible. Et pourtant…

La gémellité  thème fascinant poussé à son paroxysme. Tour de force de l’auteur qui nous entraine bien malgré nous de l’autre côté du miroir.

La 4ème de couverture ne nous dit pas non plus que ce Prix VSD 2018 du Meilleur Thriller Français est amplement mérité. Félicitations.

9 – Le glas de l’innocence, Cyril Carrere

4ème de couverture :

Okinawa 1993 – Un jeune garçon subit au quotidien les accès de violence de son père. Au plus fort d’une enfance chaotique et solitaire, il nous une amitié solide avec une camarde de classe.

Tokyo 2017 – une série de meurtres dans le quartier cossu de Meguro place l’inspecteur Alex Nakayama dans une situation  désespérée. Son excentrique mais talentueux assistant Hayato Ishida le supplée et va apprendre à ses dépens que les masques de la société japonaise renferment parfois de lourds secrets… Entre déni et suspicion, le cauchemar ne fait que commencer.

Avis :

Un double meurtre d’étudiants, un mode opératoire qui laisse les enquêteurs sans voix.

L’inspecteur Alex limite choqué sous le regard interrogateur de ses coéquipiers.

Un assistant zélé mais qui garde ses idées pour lui et qui agit.

Un gosse, Ken qui subit la violence physique et psychologique de son paternelle. Son unique porte de secours : l’école et son amie Miyabi.

Quel est le lien entre ses deux histoires à quelques années d’intervalles. Forcément il y en a un, voire peut-être plusieurs. Mais lesquels ?

Au début de l’intrigue, l’enquête traine en longueur. Quand  va-t-elle décoller et te scotcher le livre entre les  mains ? Ah, c’est maintenant avec une révélation concernant Alex. Un inspecteur qui semble avoir bien des secrets d’hier et d’aujourd’hui. Hayato est persuadé que s’il trouve le secret il pourra résoudre l’affaire.

Ken poursuit lui aussi sa vie tant bien que mal. Il va grandir sous l’aile protectrice de son amie. De plus son père va changer. Pourquoi, comment ? Je vous laisse le découvrir.

L’auteur a su nous livrer des personnages forts, avec un pouvoir d’émotions certain. Ils sont à la fois déroutants, dérangeant, envoutants. Tu ne peux t’empêcher de te demander qui est Ken aujourd’hui et tout le monde y passe. Tiens, ça serait lui… ah non, ça ne colle pas et l’auteur s’empresse après d’avoir donné un semblant de piste de la détruire. Plus que l’enquête sur les meurtres, c’est Ken qui intrigue. Qu’est-il devenu ? Quel rôle a-t-il dans ces meurtres rituels en plein Tokyo ?

Plus les pages défilent et plus tu es captivée. Les choses se dévoilent et tu entrevois quelque chose. L’auteur va-t-il encore une fois te faire faire fausse route ? Hum …

J’avoue avoir eu du mal au début de ma lecture surtout avec ses prénoms japonais à retenir. Il a fallu bien positionner tout ce petit monde avant de lâcher la bride à la lecture. Une fois que c’est chose  faite par contre : tu dévores ! Lorsque la dernière page est tournée, tu dis « waouh » !

J’adore être totalement surprise par une fin. L’auteur n’a pas oublié non plus la touche émotion qui fait que tu as ta petite larme en fin de roman.

Un mot sur la fin : renversante, inattendue, époustouflante, charge émotionnelle. J’utiliserai les mêmes qualificatifs pour parler du roman dans sa globalité. Vous ne pouvez pas passer à côté de ce livre.

Je n’ajouterai que FELICITATIONS,  surtout Monsieur Cyril CARRERE ne vous arrêtez pas d’écrire. Un très grand merci pour votre confiance en me confiant votre roman. Par ricocher, je remercie également Laure des Mots de Lau de m’avoir recommandé auprès de vous. Quelle découverte !

Auteur à suivre incontestablement.

 

10 – Mauvais genre, Isabelle Villain

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

Avis

Hugo assiste au massacre de sa mère. Les faits sont là : clairs, précis et le coupable est bien en vue. Vingt-trois ans plus tard le Commandant Rebecca de Lost et son équipe doivent intervenir au domicile d’Angélique morte de plusieurs coups de couteau. Pas grand-chose à se mettre sous la dent : pas d’empreintes, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol, pas de photos, pas de lettres. Une femme qui semble ne pas avoir de vie où beaucoup de chose à cacher. Enquête de voisinage,  petit ami,  lieu de travail. Rien ne semble « justifier » ce meurtre.

L’auteure nous fait assister à tout : le travail du procédurier, l’autopsie… tout est décortiqué. Tu as intégré l’équipe de Rebecca ! J’avoue chercher ce qui peut retourner la situation. Et voilà qu’Hugo fait sa ré- apparition.  Elle est fracassante, absolument inattendue. Coup de maître de l’auteure ! Non je ne vous en dirai pas plus afin de vous garder la surprise intacte.

A ce moment là, le récit prend une toute autre tournure. Les choses se précipitent.  Tu t’empresses de tourner les pages. D’autres éléments vont venir te surprendre. Des personnages vont prendre de l’épaisseur.

A part l’intrigue, tu as un petit aperçu de la vie de chacun. Ce qui donne à ce thriller un côté humain. Les amours, les amis, les emmerdes font aussi parties du quotidien d’un flic.

Il faut que je vous parle de la fin ? pssst… je peux rien vous dire, si ce n’est que là encore : surprise incroyable.

L’écriture et la lecture sont fluides. Beaucoup de dialogue, ce qui rend le récit vivant et donne un bon rythme. Isabelle Villain a su nous maintenir en haleine, nous apprendre des choses (comme le travail du procédurier, par exemple), nous faire ressentir le doute, la peur, la tristesse, la stupeur. Très beau travail d’écriture, très bon travail sur l’intrigue.

Isabelle Villain est une vraie découverte et j’en suis ravie.

Un monde (presque) parfait de Jack Koch


Un monde (presque) parfait : 150 dessins d’actualité de Jack Koch. Paru le 16 mai 2018 rééditer le 14 novembre aux éditions Du Long Bec .18€ ; (160 p.) ; illustrations en couleur ; 24 x 17 cm
4e de couv :
Un monde (presque) parfait est un livre d’illustrations d’actualité de 160 pages. De l’élection de Trump ou de Macron en passant par l’arrivée de Neymar au PSG ou l’indépendance de la Catalogne, le dessinateur Jack Koch livre sa vision de notre monde.
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L’auteur : Né à l’ombre de la Cathédrale, 300 ans après la 1664. Jack Koch (Prononcez Korr) passe une enfance tranquille à Strasbourg intra-muros mais se risque parfois jusque dans la banlieue, à la Meinau. Faute de devenir une rock star il embrasse, si on peut dire, le métier d’instituteur. Ses élèves de maternelle se souviennent encore de lui comme du houblon. Le crayon HB l’ayant toujours démangé, il se démissionne de l’Education Nationale pour devenir illustrateur illustre. Et à la gomme. Aujourd’hui mondialement connu dans son canton, son inimitable trait surfe sur les social networks et au-delà.

 

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Extrait 
“Dans la réforme sur la loi travail il faudrait mettre quelque chose pour nous débarrasser des petits chefs incompétents et psychorigides.”
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Le “ressenti” de Jean-Paul

Un monde (presque) parfait de Jack Koch

 

Coup de cœur, qui fait vraiment du bien à la tête !

C’est drôle, intelligent, émouvant, vrai…

Avec son graphisme très particulier qui lui permet de se démarquer de la plupart de ses collègues, Jack Koch nous propose 158 illustrations pleines de sourires, de rires, d’émotions mais surtout de réflexions…

Un regard sur le monde, sur les gens, les jeunes et la politique.

Toutes les dernières actualités ont été “recroquée” par ce dessinateur qui, entre poésie et fraicheur nous amène un regard très différent sur le monde qui nous entoure…

Adressé à tout public pour notre plus grand bonheur…

D’ailleurs très bonne idée pour la fête des pères !

Un grand merci aussi à Jack qui à bien voulu me “croquer”…

J’ai l’impression de faire partie d’une bande !

Soirée de lancement du 3e rappel par les Editions du Lamantin. Une flingueuse y était !


Soirée de lancement du 3e rappel par les Editions du Lamantin. Une flingueuse y était !

Mercredi 17 Octobre 2018, une soirée  a été organisée à l’Epy7

Epy 7, un bar branché du XIIIème arrondissement de Paris. pas très loin de la BNF (Bibliothèque Nationale de France)

J’ai été ravie à cette occasion de rencontrer Delphine et Fabrice, éditeurs Le Lamentin,

avec qui nous avons très agréablement partagé autour de la lecture, tout en partageant un verre.

Il se trouve que j’ai dans ma PAL, certains de leurs auteurs.

A l’honneur de cette soirée, Gilles Sevastos, pour la sortie de son livre Le Troisième Rappel.

Gilles rencontre ses lecteurs venus le rencontrer et partager un moment convivial et chaleureux.

De très belles rencontres, un excellent moment de partage et d’échange.

C’est avec une nouvelle lecture que je rentre de cette soirée !!!! Et quelle lecture !!! Avalée pendant mes vacances !!!

La lecture de Maud du 3e rappel ICI

Un grand merci à vous, très heureuse d’avoir passée un agréable moment en votre compagnie !!! Un très bon souvenir !!!!

Pour en savoir+

Le catalogue des éditions du Lamentin : ici

 

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Le livre : Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos. Paru le 16 Octobre 2018 aux Editions Le Lamantin. 19€. (392 pages). 21 x 14 x cm


4ème de couverture :
Le monde entier s’apprête à rendre hommage à Lola Harmann, chanteuse à la voix exceptionnelle, disparue dix ans plus tôt lors du dramatique concert de Bercy. Valentin Nievez, réalisateur pour un magazine scientifique, travaille sur un sujet consacré à Lola. Il enquête sur les mystérieux chants du troisième rappel, qui ont envoûté les spectateurs présents, mais dont on a perdu toute trace dans la catastrophe. Parallèlement, un organisme secret réalise des expériences effroyables sur la résistance de cobayes à un certain enregistrement qui rendrait fou quiconque l’écoute jusqu’au bout. Et si tout était lié ?

L’auteur : Gilles Sévastos est né en 1960. Après son bac, il suit des études supérieures de mathématiques avant d’intégrer l’école nationale Louis Lumière en section Image. Après avoir travaillé dix ans comme chef opérateur sur des documentaires et des émissions de télévision, il réalise quatre courts métrages de fiction et quelques documentaires. Il intègre en 1995 en tant que réalisateur-opérateur l’équipe d’Archimède, l’émission scientifique d’Arte, pour laquelle il travaille 6 ans et réalise « Un animal a glissé ». Il travaille également pour « Silva », une autre émission d’Arte, et réalise des documentaires pour le CNRS et la Cité des sciences de La Villette. Il se consacre désormais à l’écriture de romans.
Extraits :
«Souvenez-vous de ce concert maudit de Bercy.
Souvenez-vous de Lola, de sa beauté sensuelle et de sa voix à nulle autre pareille.
Souvenez-vous de ce troisième rappel, du bonheur sans limite qui vous a envahi et de l’horreur qui est advenue, lorsque le chant s’est achevé.
Souvenez-vous.

Pas un jour ne s’écoulait sans que Valentin y pense.
Et chaque fois, il se disait que ce soir-là, l’humanité avait perdu ce qu’elle avait produit de plus beau. »

Les Lectures de Maud :

Le Troisième Rappel de Gilles Sevastos


Une histoire à 100 à l’heure qui embarque le lecteur dans une sombre enquête mêlant machination, manipulation et mensonge. Une histoire qui fait frissonner et froid dans le dos : utiliser des cobayes humains lors d’expériences clandestines.

Parallèlement, Valentin, journaliste, va se pencher sur le phénomène du dernier concert de Lola. Lors de son enquête très périlleuse, il va faire des découvertes qui dépassent l’entendement, au départ il rationalise, a du mal à y croire et pourtant… De surprises en péril, il va se retrouver malgré lui entraîner dans une dangereuse aventure, mettant sa vie en danger afin de faire éclater la vérité. Quel en sera le prix ?

L’auteur signe ici un excellent premier roman, mêlant, intrigue, espionnage et trahison. Un thème tout à fait original qui permet à ce livre de se distinguer des thrillers habituels. Une écriture fluide, dynamique, entraînante embarque le lecteur qui n’est pas au bout de ses surprises. Les intrigues sont très bien ficelées, nous ne voyons rien venir. Une fin tout à fait inattendue. Un très bon moment de lecture, je suivrai très attentivement les prochaines parutions !!! A découvrir sans tarder !!!

Je remercie les Editions Le Lamantin pour leur confiance et la découverte

 

Version lue : Broché 

Mention : premier roman

La conspiration Hoover de Steve Berry


Le livre: La conspiration Hoover de Steve Berry. Traduction de Philippe Szczeciner. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions du Cherche Midi. 22€ ; (448 pages) ; 14 x 22 cm.


4ème de couverture: 

De conspirations occultes en révélations explosives : Cotton Malone défie l’histoire officielle !2000. Officier de marine, Cotton Malone est recruté par le ministère de la Justice pour récupérer au fond des mers une pièce de collection extrêmement rare. Celle-ci doit servir de monnaie d’échange pour obtenir d’un ancien opérationnel de la CIA des dossiers secrets relatifs aux agissements occultes du FBI dans les années 1960.Alors que se dessine l’implication d’une branche clandestine du FBI dans un assassinat qui, en 1968, a bouleversé l’histoire, Malone est engagé dans une quête périlleuse, semée d’intrigues et de complots. Au centre de la toile, la figure d’Edgar J. Hoover, dont les secrets sont aussi nombreux qu’inavouables.

Dans cette douzième aventure, Cotton Malone se remémore la création de la division Magellan, branche secrète du ministère de la Justice, et sa première enquête au sein de celle-ci. Les nombreux fans de Steve Berry ne seront pas déçus !

 

L’auteur: Berry Steve Berry (né en 1955) est un avocat et un auteur américain de romans policiers. Il vit actuellement dans le comté de Camden, situé dans l’État de Géorgie.
Steve Berry a étudié le droit à l’université de Mercer à Macon et c’est seulement en 1990 qu »il a commencé à écrire. En 2000 et 2001 il gagna le prix suivant : Georgia State Bar fiction writing contest, 2003 son premier roman The Amber Room est publié par l’éditeur Ballantine. Depuis il a écrit plusieurs thrillers, qui sont devenu des best-sellers.
Le Troisième Secret est son premier roman publié en France et La Conspiration Hoover est le douxième opus des aventures de Cotton Malone.
Steve Berry est marié et père d’une fille.
Il ne se contente pas d’intéresser ses lecteurs par ses récits. Son roman « L’héritage des templiers » contient des passages dans lesquels il sape les fondements du Christianisme en niant la résurrection du Christ et en présentant les évangiles gnostiques comme plus dignes de confiance que les quatre évangiles canoniques. Quant à la Conspiration Hoover, nous vous laissons le découvrir.

 

Extrait:
« Il a fallu huit présidents, près de cinquante ans et un évènement fortuit pour mettre un terme au règne de Hoover et démanteler son système infernal, poursuivit-elle. A un moment donné, plus de mille agents étaient affectés à COINTELPRO. Bon nombre d’entre eux sont restés au FBI bien après la mort de Hoover, en 1972, et ces gens-là n’ont pas changé de mentalité: ils ont seulement perfectionné leurs pratiques. »

 

Le OFF de OPH

La conspiration Hoover de Steve Berry.

Au royaume des complotistes le FBI est roi! Voici comment résumer en une phrase le dernier roman de Steve Berry La Conspiration Hoover.

 

Chronique d’un je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui saura passera de vie à trépas!

C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé l’agent Cotton Malone dans ce nouvel opus de ses folles aventures.

Si dans les précédents romans nous avons pu suivre le déroulement de sa carrière au sein de la division Magellan, La conspiration Hoover nous entraîne dans la jeunesse de notre héros. Sa première affaire et son intégration dans cette branche secrète du ministère de la Justice.

2000; Cotton Malone est alors officier de Marine quand il est recruté par un agent du Ministère de la Justice pour aller repêcher, au fond des mers, une pièce extrêmement rare: une Double Eagle de 1933.

Croyant récupérer cette pièce, Malone se retrouve, dans les faits, en possession de dossiers secrets du FBI relatifs à la sulfureuse opération COINTELPRO ( programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de son directeur John Edgar Hoover qui avait pour objectif d’enquêter et de perturber les organisations politiques dissidentes aux États-Unis.)

Malheureusement pour lui, ces dossiers mettent en cause le FBI dans le cadre d’un assassinat qui a bouleversé l’histoire en 1968.

Dans ce roman particulièrement rythmé, sans pour autant être un page-turner, Steve Berry nous entraîne dans les méandres de l’histoire des États-Unis mais aussi et surtout, dénonce les agissements de Hoover et de ses subordonnés. Certes d’autres avant lui ont déjà exploré ce terrain et les romans ne manquent pas sur le sujet. Pour autant, il arrive à le faire de manière inédite au travers d’une intrigue particulièrement bien ficelée.Si les éléments qui se mettent en place nous permettent de deviner peu à peu ce qui s’est joué à cette époque, la fin de l’histoire est particulièrement soignée et ce jusqu’au point final.

Comme tout bon roman d’espionnage, les manipulations sont aussi nombreuses que les morts qui pavent le chemin de Cotton Malone, les culte du secret et du mensonge sont élevés au rang de religion, et les alliances se font et se défont au rythme du ou plutôt des chefs d’orchestre.

Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le travail de recherche effectué par Steve Berry autour des dossiers secrets du FBI, son fonctionnement à l’époque de Hoover mais aussi la présence en filigrane, puisqu’il n’apparaît jamais en tant que personnage, de cet homme qui a fait tremblé les dirigeants américains pendant de nombreuses années.

Ce roman est aussi l’occasion pour l’auteur de traiter de sujets tels que l’amitié, les choix, la rectitude, la fidélité, la ségrégation et le racisme sous un prisme original.

Comme à son habitude, Steve Berry arrive à nous faire aimer certains personnages, à en détester d’autres, mais également à avoir de la compassion.Ils sont tous aboutis et ont une présence quasi solaire pour certains d’entre eux.

Cette histoire relatant les débuts de Cotton en tant qu’agent de la division Magellan, il n’est pas indispensable de lire les précédents opus pour apprécier celui-ci dans son entièreté.

La Conspiration Hoover est un très bon roman qui ravira les amateurs de complots et autres conspirations, et qui enchantera les fans de Cotton Malone.

« Toute cause à besoin d’un héros, fût-il improbable ou involontaire » Cotton Malone.

 # COINTELPRO (1956 – 1971) (Counter Intelligence Program) est un programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de son directeur John Edgar Hoover qui avait pour objectif d’enquêter et de perturber les organisations politiques dissidentes aux États-Unis.

Jeanne Desaubry à l’honneur # 17, Novembre


Jeanne Desaubry à l’honneur # 17, Novembre

La Dix-septième « Auteur à l’honneur » et onzième de l’année 2018 est une auteure Française

C’est donc Jeanne Desaubry que j’ai choisi de mettre en avant ce mois-ci.

Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est JeanneDesaubry  qui poursuit cette nouvelle rubrique sur notre blog, je vous en rappelle le principe.

L’idée est que chaque mois, on se fasse découvrir un auteur qui nous tient à cœur. Étant tous des lecteurs d’horizons différents, cela permet aux uns et aux autres d’explorer d’autres univers qui nous tentent ! Pour participer, rien de plus simple :
  • une photo de l’auteur
  • une bref biographie de lui
  • Et enfin, deux ou trois livres que vous avez aimés et pourquoi !
Pour participer, vous n’avez plus qu’à me laisser un commentaire avec le lien vers votre article et je l’ajouterai au mien 🙂 Alors à vos claviers

Mais revenant à notre auteur à l’honneur Pourquoi Jeanne Desaubry ?

C’est simple pour énormément de choses différentes.
D’abord parce que j’ai adoré ces tous premiers bouquins, malheureusement il ne sont plus en vente maintenant sauf en occasion, j’ai adoré son univers, son humanisme, enfin celui qui transparaît dans son écriture
Ensuite parce que j’ai eu la chance de la rencontrer une dizaine d’année plus tard. Alors que nous étions quasi voisine depuis des années.
Et puis parce que j’ai eu l’occasion de l’inviter à la bibliothèque. Une première fois comme éditrice de SKa et une seconde fois comme auteur de polar.
Enfin parce que Jeanne est pour moi une très grande dame du polar et du noir.
J’ai eu la chance qu’elle m’accorde une interview fleuve passionnante qui a été publié sur ce blog. Vous pouvez si vous le voulez la retrouver ICI   ; Ici aussi.

 

Jeanne Desaubry à l’honneur # 17, Novembre

Courte biographie

Jeanne Desaubry, auteure de polars adulte et jeunesse, éditrice, chroniqueuse… mais pas que, vit et écrit à Créteil, et à la campagne au bord de l’eau. Jeanne est hyper active à la recherche du mot minimal. Jeanne Desaubry a quelque chose d’un chat dont on dit qu’il disposerait de plusieurs existences successives. Aussi entame-t-elle aujourd’hui une troisième vie. Ou une quatrième, on se sait plus. Elle a d’abord promené son regard à la fois aigu, indulgent et sans illusion sur le milieu hospitalier, avant d’en faire de même sur celui de l’éducation nationale. Polars, romans noirs, romans jeunesse, ateliers d’écriture, critiques, causeries… constituent désormais tout son universAujourd’hui, elle se consacre exclusivement à ses passions de toujours : lire, écrire et éditer. Elle a animé la petite fabrique de livres Krakoen du temps de la coopérative d’édition. Elle est directrice littéraire des éditions du Horsain et de Ska numérique qu’elle a créé avec Max Obione.

Mais de tout ça c’est Jeanne qui nous en parle le mieux

« Je suis née en 1958, ce qui fait que j’ai passé  plus de la moitié statistique de ma vie. J’ai rempli à craquer la première partie avec quatre enfants, deux romans, et j’ai bien l’intention de rentabiliser la partie qui me reste !

Mon enfance s’est passée dans une ferme picarde, isolée au milieu des bois. La magie de la lecture s’est révélée dès le premier jour de l’école, et je ne me suis plus jamais sentie seule. Et même, j’ai alors découvert que j’adorais ma solitude : cela me permettait de lire tranquillement !

Aujourd’hui, après avoir exercé diverses professions, notamment dans le milieu hospitalier, j’ai été institutrice. Métier éreintant mais tellement… essentiel. Aujourd’hui je peux me consacrer qu’à ma passion pour l’écriture et l’édition ? »

Pour en savoir plus sur Jeanne c’est sur son site Jeanne Desaubry. Ah oui je ne vous ai pas dit, Jeanne est aussi blogueuse

 

Bibliographie

2017 :  « DESAUBRY la compil  »

 Ska éditeur numérique

Jeanne Desaubry, romancière, s’adonne aussi aux petites formes littéraires comme la nouvelle noire avec une réussite éclatante et sombre en même temps.. Voici quelques nouvelles compilées illustrant son talent…

« Ils sont venus me cueillir aussi, plus tard. Ils ont emmené Léna en foyer. Je me suis sentie soulagée. C’est vrai que ces endroits-là, c’est pas ce qui se fait de mieux, mais ma gamine, au moins, elle était enfin en sécurité. Loin de Richard. J’ai avoué tout ce qu’ils voulaient. Ils n’en revenaient pas. J’ai vu les gendarmes, le juge, l’assistante sociale, un avocat commis d’office. Je leur ai tout raconté. Sans rien cacher. Comment il nous battait. »

Artiste du genre recherchée pour animer des ateliers d’écriture, son style est tranchant, sec, limpide… du noir à l’éclat de diamant…


2017 :  « Chroniques d’Elles »

 Ska éditeur numérique

,  2016 Les éditions du Horsains

Ces micro nouvelles flashent des instantanés de vies féminines, exclusivement.

Des femmes : jeunes ou vieilles, malades, aigries ou optimistes, alcooliques ou artistes, pleines d’illusions ou de chagrins, mère attendrie, amoureuse comblée, surprises dans un moment d’abandon ou de crainte.

Ce « pointillisme littéraire » obéit à des règles strictes : chaque texte compte environ mille caractères, ne comporte ni nom, ni dialogue. Une narration clinique, attachée aux détails, ceux qui comptent. Une écriture subtile par une artiste du format court.

8€ ; (146 p.) ; 18 x 12 cm

2016 « Le roi Richard » 

Ska éditeur numérique

Un père abuseur connaitra le châtiment en dépit des tendres sentiments de ses filles… Attention noirceur absolue !

« Papa, je voulais te dire…
— Quoi ? Vas-y, allez ! T’as pas peur de ton Papa quand même !
— C’est les autres à l’école. Elles aiment pas leur papa comme moi.
— Et tu l’aimes grand comment ton Papa, hein, ma puce ? — Je l’aime fort ! fort !
La petite Léna se love contre son père. Il la serre tendrement, pose un baiser dans ses cheveux. Malgré la journée d’école, il y reste des traces d’odeur du shampooing bébé à la fraise qu’elle affectionne toujours. »

Cette fiction est inspirée de deux fait divers ayant défrayé la chronique judiciaire : mêlant incestes, abus et meurtre. Le style acéré, elliptique de l’auteure donne des effets de réel parfois insoutenables. Un diamant noir par une orfèvre en la matière.

2014 : « Poubelle’s Girls »

Editions Lajouanie

« Joyeusement rythmé et bourré de dialogues truculents, Poubelle’s Girls plante trois beaux portraits de femmes sur fond de crise sociale et existentielle.
Le tout est vif, alerte, gentiment féministe et, surtout criant de vérité. »
Marianne Payot, L’Express.

Élisabeth peine à élever son fils et s’épuise en petits boulots. Paloma, en fin de droits, squatte les bancs publics. Les deux femmes se lient d’amitié et tentent d’oublier leur situation précaire dans le cocon apparemment rassurant d’une caravane déglinguée. La misère de leur quotidien les rattrape bientôt et les oblige à envisager de remédier à leurs soucis financiers en braquant à tout va… À l’autre bout de la ville, dans son cottage simili-hollywoodien, Blanche déprime sec et ne songe qu’à tuer son mari. Les deux pétroleuses vont fatalement croiser sa route dans des circonstances pour le moins dramatiques…

Jeanne Desaubry signe ici un roman d’une efficacité bouleversante mais irradié d’humour, d’émotion et de dialogues féroces. Paloma et Élisabeth sont assurément les cousines françaises de Thelma et Louise. Poubelle’s Girls est un roman noir, féministe (au sens le plus sympathique du terme) et revendicatif, diablement séduisant.

2013 : « Hacking »

éditions du Jasmin, jeunesse

Hacking !

Ils auraient pu passer devant sans y faire attention…

Quel est ce nouveau chantier que Rachid et Bastien découvrent dans leur forêt ? S’agit-il vraiment de construction, comme l’indiquent les panneaux ? Pourquoi les représentants de la mairie sont-ils hostiles à leurs recherches ?

Passionné d’informatique, Rachid choisir de s’infiltrer dans l’ordinateur du chantier, sans savoir quels dangers l’attendent…

2013 : « L‘Heure du Bouillon« , « Ecole, Danger » et « Pull » nouvelles, Ska éditeur numérique


2012 : « Super Haine »,

collection Petit Noir, éditions Krakoen

C’est Sand qui a eu l’idée géniale du mioche. Sa soeur fait du baby-sitting, il n’y avait qu’à emprunter le môme pour avoir la couverture idéale. Sauf qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec ce mioche-là ! Il hurle sans arrêt depuis qu’elle traîne dans les rayons. Difficile de faire moins discret.

Cette nouvelle met en scène des voleurs utilisant un bébé comme couverture…

Faites vos courses, rien ne va plus !

2011 : « L’incendie d’Halloween »

 . Jeunesse, collection « larpo et rino » éditions Krakoen. Prix Coup de Pouce, Eaubonne, 2013 Selection Lioceau Noir, Neuilly Plaisance 2011

Arthur est têtu.

On ne lui retirera pas de l’idée que c’est lui qui aurait dû être élu. On a truqué l’élection au conseil municipal des enfants.

Qui ? Comment ? Pourquoi ?

Avec ses copains Fatou et Indy du CM1, Arthur lance son enquête.

Il n’imaginait pas qu’elle l’amènerait à se conduire en héros dans un incendie, ni à se retrouver ligoté dans une cave moisie…

Il faut croire aux sortilèges de la nuit d’Halloween.

2009 : « Dunes Froides », roman, Éditions Krakoen / Sélection Prix Polar’Encontre 2010 / Sélection Lion Noir, Neuilly Plaisance 2011

Le sale temps de l’hiver a redonné aux immenses plages du Nord leur aspect de désert marin, glacial et mouillé. Le vent souffle, le sable cingle. Les villas sont closes. Toutes sauf une, cachée au milieu des dunes, occupée par un couple insolite. Victor Markievicz, la soixantaine passée, et Martha, trop jeune, trop fragile. Lune de miel atypique ou cavale ? Leur présence intrigue et excite le voyeurisme d’un personnage énigmatique. Après la découverte d’un cadavre rejeté sur le rivage, les relations perverses entretenues par le trio iront crescendo vers un dénouement aussi inattendu que dramatique.

2007 : «Le Passé Attendra », roman, Editions Krakoen. / Sélection 1er Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie 2013

Genova Vuibert, lieutenante de la Crim, vient témoigner dans un procès d’assises à Draguignan. En attendant, elle réside au Mas des oliviers, une auberge de charme dans l’arrière-pays de Bandol, appartenant à de vieux amis. Enfin le farniente bien mérité. Hélas ! Dans ce paradis terrestre, le serpent ne tardera pas à siffler la descente aux enfers. Gen n’avait prévu, ni de se laisser séduire par une strip-teaseuse, ni de risquer sa vie dans l’espoir de sauver celle de sa fille, encore moins d’affronter la mafia, arme à la main, ni enfin d’endurer la trahison d’une amitié. Dans une Provence en proie aux incendies, elle est devenue la cible des parrains du crime. Marc Perrin, son collègue dépêché spécialement de Paris, tentera d’éteindre les flammèches que sème l’impétueuse Gen Vuibert.

2005 : 15ème concours RTBF de nouvelles policières. Parution radiophonique de « A cause de la crise », nouvelle, recueil collectif.

2005 : « Hosto », roman, aux éditions Krakoen

Hosto

Ambiance mortifère à l’hôpital Saint-Cyrille. Quand on y meurt, en général, c’est dans un lit. Aussi, la découverte d’un cadre hospitalier gisant sous son bureau, le crâne fracassé, inaugure-t-elle une manière inédite de passer de vie à trépas dans l’établissement. Pour quelle raison Soline Porpiglia a-t-elle été assassinée ? N’avait-elle pas la fâcheuse habitude de fourrer son joli nez dans des magouilles parfumées à l’éther ? Ou bien serait-ce la vengeance de l’un des amants que collectionne cette allumeuse ? A force d’explorer des hypothèses hasardeuses, Marc Perrin, flic de la Crim, doit se résoudre à l’évidence : les coulisses d’un hôpital recèlent des secrets qu’il ne fait pas bon révéler…

Quelle habileté dans ce roman ! Quelle architecture, raffinée, ciselée, ornée de personnages travaillés avec adresse, tissant entre eux des nœuds subtils, jamais évidents, jamais définitifs, ouverts… Quelle composition !

Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos


Vertige de Franck Thilliez : Autopsie en huis clos

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique.

Poussons le bouchon un peu plus loin…

Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet.

Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour…. une autopsie en huis clos autour de

Vertige de Franck Thilliez.

 


Le livre : Vertige de Franck Thilliez. Paru le 13 octobre 2011chez Fleuve Noir dans la collection Thriller. 19€90 ; (330 p.) ; 23 x 15 cm.

Réédité en poche le 11 octobre 2012 chez Pocket. 7€90 ; (344 p.) ; 18 x 11 cm.

  4e de couv :

Un homme se réveille au fond d’un gouffre, au coeur d’un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d’infortune. Il est enchaîné au poignet, l’un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d’un masque effroyable, qui explosera s’il s’éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s’imposera, impérieuse : jusqu’où faut-il aller pour survivre ?

Pour son 10e roman, Franck Thilliez réussit un tour de force dans ce huis clos étouffant et glacial à la fois, où il joue à décortiquer l’âme humaine confrontée aux situations de l’extrême. Sans jamais épargner son lecteur, manipulé jusqu’à la dernière ligne, et, qui sait, peut-être plus encore…

L’auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur de Train d’enfer pour Ange rouge (2003), La Chambre des morts (2005), Deuils de miel (2006), La Forêt des ombres(2006), La Mémoire fantôme (2007), L’Anneau de Moebius (2008) et de Fractures (2009), tous disponibles chez Pocket. La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et le Prix SNCF du polar français 2007. L’ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.  Le Syndrome E et GATACA, sont parus aux éditions Fleuve Noir en 2010 et 2011 suivi de Puzzle, Angor, Pandemia, Rêver,  et enfin Sarko en 2017 et Le manuscrit inachevé cette année.  Il est aussi scénariste, collabore à des BD et autres projets culturels. Franck Thilliez est considéré comme le maître du thriller français.
Extrait :
Mon pouce droit vient de remuer. Une flexion suivie d’une extension. Les orteils à présent. Il semblerait que mes tendons se contractent, un à un, que mes muscles frémissent. Mes paupières papillonnent enfin. Tellement heureux, je répète ce mouvement à n’en plus finir. Ouvrir, fermer. Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer. Je me sens revivre. Dans une minute ou deux, je décollerai mes soixante-dix kilos du sol et comprendrai enfin ce qui m’arrive.
Mais, soudain, un nouveau bruit me tétanise. Ce cliquetis que je viens de percevoir accompagnant l’agitation de mon poignet. A l’aveuglette, je me redresse traversé de vertiges, et palpe. Un cerceau rugueux me broie le poignet droit. Si stupide et irréel que cela puisse paraître, je crois que je suis entravé.

 

Autopsie en huis clos.

Au collectif Polar, on vous a initié à la double (voire triple) chronique. Poussons le bouchon un peu plus loin…Et si on chroniquait avec un auteur sur un autre auteur ? Une fois n’est pas coutume : Geneviève valide le projet. Il nous faut un binôme de flingueuses : Dany et Miss Aline et un auteur.

Pour cette première édition Niko Tackian a répondu présent. Après une discussion on est tous d’accord pour Vertige de Franck Thilliez.

Monsieur Tackian, prenez le scalpel … c’est parti pour l’autopsie d’un roman en huis clos.

 

Miss Aline : en ce qui me concerne j’ai lu peu de romans de Franck Thilliez. Sans spoiler (bien évidement) comment définiriez-vous ce roman ?

Dany : Déjà c’est un one-shot, ce qui est assez rare à côté de la série Sharko-Henebelle, un thriller psychologique à huis clos.
En plus du thème de la montagne, c’est aussi une descente dans les profondeurs de la conscience.

Niko : Pour moi c’est surtout un thriller en huis clos. C’est ce point qui le rend différent de la plupart de ses autres romans.
Et écrire un huis clos c’est un exercice particulier et difficile à maîtriser dont Franck et moi partageons le plaisir !

Dany : Puzzle, paru deux ans plus tard est aussi un huis clos … pourtant Vertige m’a laissé un plus lourd souvenir que Puzzle …

NikoVertige est un huis clos dès la page 2 … ce n’est pas le cas de Puzzle

Dany : Selon toi Niko, quels sont les ingrédients indispensables à un huis clos ?

Niko : Une situation de départ forte. Un cadre permettant de définir une ambiance car il sera un personnage à part entière. Peu de personnages (Max 4 ou 6). Une unité de temps généralement courte. Beaucoup de tension et de surprises. Et une écriture nerveuse …
C’est un genre à part entière auquel tout le monde ne se frotte pas forcément. Ça demande une certaine confiance en soit. Parce qu’on a très peu d’éléments dans la palette et on va devoir les exploiter au maximum.
(Les personnages) Qu’ils se connaissent ou pas n’a pas vraiment d’importance. L’important c’est ce qu’ils se cachent …
Dans le suspense ce sont les questions sans réponses immédiates qui permettent de créer la tension.

Dany : Pas toujours la violence donc comme premier rapport interpersonnel Dans Vertige nous faisons connaissance avec 3 compagnons d’infortune qui ne se connaissent pas.

Niko : Oui la situation de départ est très forte

Dany : Ils partagent une situation commune malgré eux … Une situation douloureuse … c’est autre chose que Mort sur le Nil où tous les touristes sont là pour le plaisir …

Niko : Oui ils sont enchaînés dans un glacier. Ce n’est pas la croisière s’amuse !

Dany : Et il y a un chien … assez rare aussi la présence d’un animal dans ce type de situation

Niko : C’est ce qu’on appelle du high concept en terme d’audiovisuel

Dany : Tu peux développer ?

Niko : Un high concept c’est un concept qui tient à un pitchpin très fort indépendamment des personnages.
Juste en vous racontant la situation vous avez envie d’en savoir plus. Pas besoin de développer les personnages … Pour vous donner envie

Dany : Ça c’est pour le début car ensuite on fait leur connaissance, même intime ...

Niko : Bien sûr ! Mais le concept fonctionne sans.

Dany : Que dire de la question qui prend le lecteur aux tripes … qui sera le voleur, le menteur et le tueur ?

Niko : Oui ça met en place une sorte de jeu de piste.
Un truc que Franck adore. Il a un esprit très ludique.

Dany : C’est comme le jeu qu’il mène à chaque fois avec la chronologie et son chapitrage

Miss Aline : La montagne comme « un personnage à part entière». Ce huis clos ne pouvait-il se faire ailleurs ? Dans le désert par exemple ? Qui peut avoir des effets secondaires (pour certains) similaires à ceux de l’altitude ?

Niko : cet huis clos je ne sais pas, mais j’en ai écrit un dans le désert, donc oui, c’est un univers à part entière de huis clos. On appelle ça un huis clos à ciel ouvert.

Miss Aline : Le huis clos exacerbe les ressentis, les pensées, la suspicion. En même temps il faut compter avec ses compagnons d’infortune.
Là on a trois hommes qui ne se connaissant pas. Chacun réagit et essaie de survivre différemment. 
Les personnages sont très différents les uns des autres. Et en plus il nous faut chercher le menteur, le voleur, le tueur.

Niko : Oui c’est très fort car en plus de cette énigme, le lieu est particulièrement hostile et soulève une autre énigme : comment sont ils arrivés la ? Dès le départ Franck nous dit clairement : c’est une machination, sans doute une vengeance. L’enjeu est posé très vite.

Dany : On a parlé du lieu qui doit être hostile et si possible au climat extrême, des personnages qui doivent avoir un secret et partager le même lieu à l’instant T, d’une énigme, y a-t-il d’autres incontournables … je pense à la durée de l’action. Sans faire comme les tragédies classiques le tout en un jour et toutes les règles qui en découlent, souvent le temps est celui de la survie …

Niko : Oui il peut y avoir un Time lock, c’est à dire une action dont on sait qu’elle va avoir une issue funeste pour les personnages si elle n’est pas résolue. Ce n’est pas obligatoire mais ça aide à créer de la tension. C’est la structure de base du film catastrophe en huis clos par exemple.

Dany : Thilliez avait commis un précédent huis clos avec La forêt des ombres alors sans spoil, pourquoi Vertige affecte davantage le lecteur qui en garde un souvenir plus douloureux ?
Il y avait aussi un animal, il finissait mal le petit cochon !

Niko : Je n’ai pas lu La forêt des ombres mais je pense que ce qui rend Vertige inoubliable c’est l’originalité de sa situation de départ.

Dany : Pour le coup les lecteurs capables de s’identifier aux protagonistes ne courent pas les rues pour ce qui est de l’environnement … Thilliez a-t-il donc tout misé sur l’empathie, l’émotion, les phobies ?

Niko : Il commence par un enlèvement, donc il nous met dans le point de vue d’une victime pour laquelle, forcément, on a de l’empathie immédiatement. Car dans un huis clos, le point de vue est un point crucial. Par quel prisme allons-nous vivre cette aventure ?

Miss Aline : Le huis clos limite aussi le lecteur. L’énigme a forcément sa résolution parmi ce nombre restreint d’individus.

Niko : Ou pas, si on a une idée plus étonnante et qu’on « trompe » le lecteur …

Miss Aline : Ah oui mais là il faut qu’il y ait un élément (ou quoi que ce soit) qui nous livre un peu de l’extérieur.

Niko : Oui c’est vrai. Mais si on passe par certains outils comme le symbolisme c’est presque invisible 

Miss Aline : Vous pouvez développer le symbolisme comme outil ?

Niko : Et bien quand il s’agit de tromper le lecteur ou de l’influencer dans ses hypothèses (nous sommes tous des détectives) les symboles induisent un second niveau de lecture intéressant.
Personnellement je les utilise beaucoup pour l’inverse, c’est à dire montrer la vérité au milieu d’un récit complexe … tous mes romans sont constellés d’indices symboliques.

Miss Aline : Je vais décortiquer à la prochaine lecture ! 

Niko : Oui   bonne chance 

Miss Aline : Peut-on dire que Vertige, au-delà des difficultés dues au lieu de l’action, est aussi une descente dans la conscience. Chacun devant se regarder en face et assumer ses actes ?

Niko : Oui c’est très juste ! D’ailleurs c’est une des forces du huis clos de pousser à l’exploration intérieure sur les personnages. C’est un genre très existentiel

Miss Aline : Dans ce cas nous avons le facteur animal de compagnie. Pour une dimension plus « humaine », empathique ? L’animal attire la sympathie ?

Niko : Pas forcément. Pour moi les animaux dans les fictions, comme dans la vie d’ailleurs, ont des places à part entière en tant que personnages. Bien sûr on ne développe pas autant leur psychologie (mais pourquoi pas ?) mais ils peuvent jouer le panel des humains. Donc être des victimes (le plus souvent, comme dans la vie où nous les prenons largement en otage) ou des bourreaux (je pense à Cujo de S. King).
Dans Toxique j’avais réglé son compte à un petit teckel à poil dur, chien qui, dans la vie sauvage est une véritable furie capable de tuer un sanglier en lui mordant les testicules … mais face à Marie-Thomas, il ne faisait pas le poids.

Dany : Dans Vertige il n’y a pas de femmes en huis clos mais elles sont tout de même très présentes dans les histoires de chacun … faut-il que les micro-communautés dans les huis clos reflètent à ce point les sociétés humaines pour être crédibles ?

Niko : Il y aurait bien entendu pu y avoir des femmes dans ce huis clos ! Au contraire ça aurait densifié et complexifié le récit. Je pense que Franck est tellement un gentleman qu’il n’a pas voulu faire souffrir une femme dans ce glacier.  

Dany : Résumons-nous … 

Vertige est un huis clos, dans un environnement hostile et un climat extrême, où trois hommes détenant des secrets, victimes d’enlèvements sont retenus en otage, en compagnie d’un chien. Ils ont une énigme à résoudre qui leur permettra peut-être de ne pas connaître la fin funeste à laquelle l’auteur, gentleman au demeurant,  les destine à une échéance très probablement courte. Introspection, suspicion vont s’immiscer dans leurs esprits … C’est le talent de l’auteur qui fait l’envie du lecteur …
J’ai oublié quelque chose ?

Niko : Très joliment résumé

Dany: Merci !
Est-ce qu’un huis clos est possible avec des personnages récurrents ? Pour ma part je ne le pense pas …

Niko : Oui, dans le cadre d’un épisode. Par exemple imaginez que Tomar Khan soit victime d’une prise d’otage…

Niko : Oui certes mais tu serais obligé de le faire « survivre », peut-être en mauvais état comme Sharko quelques fois mais l’issue est alors prévisible …

Niko : c’est vrai !

Dany : Ou faire comme Jacques Saussey dans Enfermé.e … ne pas nommer les personnages et révéler l’identité à l’ultime page …
Ou le laisser pour mort et le faire revenir dans le tome suivant après … un long coma ?

Miss Aline : Ici pas de gentil à priori. En effet il nous faut deviner « le menteur »,  « le voleur » et « le tueur ». Un huis clos de hasard (une panne d’ascenseur ou une prise d’otage) pourrait-il y avoir un « gentil » dans ses murs ? Et surtout peut-il passer de l’autre côté de la barrière, devenir LE méchant ? Pour un auteur y a-t-il matière à travailler sur ce point de vue  ou n’y a-t-il pas assez d’options envisageables ?

Dany : Moi je trouve qu’au début il y a des ou un personnage plus sympathique(s) que d’autre(s)

Miss Aline : Schéma type Danièle ? Il faut que le lecteur soit du côté de quelqu’un pour avoir envie de poursuivre !

Dany : Oui schéma-type bien sûr … je suis de toutes façons bon public dans le sens où j’adhère à l’histoire à fond quand je commence une lecture … là j’ai été comblée avec les fausses pistes et hypothèses …

Niko, tu as déjà commis un huis clos en plein cagnard, es-tu tenté par un huis clos glaçant ?
En tant qu’auteur …

—————- quelques heures plus tard ——————

Dany : Hou Hou Niko ? Pas d’idées … ça m’étonne !

Niko : Hello ! Oui la preuve, mon prochain roman s’appelle Avalanche Hôtel !

Dany : Un huis clos ?

Niko : pas vraiment mais quand même si d’une certaine manière ☺

Dany : Pas dans un glacier tout de même …

Niko : ah bah non ! La réponse est dans le titre

Dany : Avalanche donc … je pense que tu ne nous en diras pas plus que sa date de sortie ? A moins que … quelques scoops ?

Miss Aline : Oui quelques mots …

Niko : Alors écoute, il faut surtout suivre ma page FB dans les trois prochaines semaines pour avoir des scoops, car j’organise en ce moment une petite aventure immersive qui vous fera presque « rentrer » dans le roman. Concernant l’histoire, je ne peux pas trop en dire plus, si ce n’est que ce sera un roman qui va vous happer sous une tonne de neige, vous rouler, vous glacer avec toujours au bout une petite lumière… une avalanche quoi… ☺

Dany : Il sort quand ?

Niko : le 3 janvier ! Par contre, je vais bientôt révéler la couverture et le pitch et je vous la ferai parvenir en même temps pour que vous l’ayez en premier !

Geneviève : Rhooo le jour de ma fête ! Pardon, pardon je m’emballe là !

Niko : c’est d’ailleurs la couverture sur laquelle j’ai le plus bossé de ma carrière et ils ont fait un truc de dingue !

Dany : J’ai vu la première photo indice … bel objet !

NikoAvalanche Hôtel est mon premier « thriller en one shot » dans la vénérable maison Hachette et j’y crois beaucoup beaucoup.

Dany : Ben nous aussi Niko on y croit … En même temps Fantazmë qui entame sa nouvelle vie … auteur comblé pour les fêtes ???

Niko : oui comblé et surtout surbooké car 2019 s’annonce très dense en écriture pour moi. Je suis sur la suite des aventures de Tomar, Alex Hugo n’a jamais aussi bien fonctionné sur France 2 et va prendre en densité d’épisodes et j’ai un gros dossier scénario en cours également…

Dany : Il restera tout de même une petite place pour échanger avec les flingueuses j’espère ?

Niko : et j’ai prévu de beaucoup me déplacer sur des salons en 2019 !
bien sur plein de place ! En fait, il y un truc qui a changé pour moi…

Dany : ??????????

Niko : ça fait 20 ans que je vis d’histoires dans différents milieux sans être jamais rentré dans aucun de ces milieux… avec le roman j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma place, et ma famille, donc c’est toujours un plaisir de parler, d’échanger, de prendre le temps… et bien entendu les flingueuses, vous faites partie de cette famille. Vous êtes d’ailleurs parmi les premières à m’avoir fait confiance.

Dany : Nous aussi nous sommes comblées alors Niko … Je pense que pour cette expérience en huis clos on va s’arrêter là Aline ?
Pour ma part je te remercie de ta disponibilité et ta générosité et te dis à bientôt !

Niko : à bientôt !
Et merci à vous pour ce petit échange !

Geneviève : Est ce que je peux une petite question sur Avalanche Hôtel ?

Niko : mais oui

Geneviève : J’ai oui dire que la mise en place allait être à la hauteur de ton talent et des espoirs que ton éditrice porte en toi.

Niko : tu en sais plus que moi !
Enfin pas exactement

Geneviève : Il n’y pas des animations prévues autour de la sortie ?

Niko : Caroline et Philippe investissent énormément sur mon travail. Je sais qu’il y a une belle campagne de promo prévue, plus une soirée de lancement qui sera mémorable et dont les prémisses sont déjà lancées via mes récents post sur ma page FB (mystère !!!)… il y aura aussi un « escape game » grandeur nature Avalanche Hôtel qui va se déplacer de salons en salons… et plein d’autres surprises… bref OUI, ils vont mettre le paquet !

Geneviève : Oh, je suis ravie que ton travail soit récompenser, j’espère pouvoir faire une de ces murder party un de ces 4. Et longues vie à tous tes projets. ☺

Niko : Merci Geneviève !
Rdv mardi pour le second indice

Dany et Geneviève 

Geneviève : Et pardon  les Flingueuses d’être intervenue alors que je ne devrais être que l’œil de Moscou.

Dany : Cheffe on ne t’en veut jamais de … nous soutenir dans nos délires !

Geneviève : Ben moi j’adore vos délire, alors !

Miss Aline : Merci d’avoir soutenu ce « délire » Geneviève ! 

Niko,  un très grand merci pour avoir accepté de participer à notre première « Autopsie en huis clos ».
Je me joins à Danièle pour saluer ta disponibilité et ta générosité.
On te souhaite un très beau succès avec la sortie début 2019 de Avalanche Hôtel.
À très bientôt pour de nouveaux échanges en huis clos… ou pas !
Merci.

Niko : Merci Aline ! 

Le facebook de Niko Tackian

 

Vous en conviendrez avec nous, nous avons appris pas mal de chose sur le métier d’auteur et ses techniques de travail. Nous, nous avons passé un très bon moment d’échange et de convivialité. Un très grand merci à Niko pour sa disponibilité et sa gentillesse, comme toujours.

On vous donne rendez-vous pour une prochaine Autopsie en huis clos avec…. Ah non, on ne va pas vous le révéler maintenant !

 

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