Ma sélection poche de septembre


Hello ami(e)s lecteurs zé lectrices

Pendant plus d’un an à la demande de mon petit padawan, je vous ai sur son blog Les motordus d’Anne Ju, proposé mes petits conseils lectures polars.

Nous avions convenu que comme ici je vous parlais régulièrement de nouveautés, chez elle je vous présenterais une sélection de livres de poche récemment parus et que j’avais précédemment lu et approuvé.

Souvenez vous ça s’appelait comme ceci  « Les coups de coeur du mois d’une fan de polars et de thrillers

banniere-coups-de-coeur (1)

 

Depuis quelques mois, madame Juju a de nouveaux projets professionnels, je me réjouis pour la miss. Mais forcément ces derniers lui prennent pas mal de temps.  Aussi, malheureusement n’a-t-elle pas eu le temps de publier ma petite sélection !

Alors je vais le faire à sa place et ici et maintenant.

Et pardon pour le retard

Allez c’est parti, je vous livre l’article tel que je l’ai remis en septembre à Anne Ju…

….

banniere-coups-de-coeur (1)

Bonjours les tordus d’Anne Ju,

En cette rentrée littéraire, il y a profusion de bouquins et de polars aussi.

J’avais sous la main une cinquantaine de titres à vous proposer. Mais je n’ai pas voulu vous perdre en route alors j’ai réduit ma sélection à 12 titres.

Douze titres qui me manqueront pas de vous plaire j’en suis certaine.

Il y en a comme toujours pour tout le monde. De la comédie au pur roman noir. De nouvelles plumes à la réédition de oldies. Et tout cela toujours en poche car je tiens à ne pas me fâcher avec votre banquier.

Alors belle rentrée à vous chers lecteurs et  très chères lectrices (oui je sais, mesdames, que vous êtes les plus nombreuses)

Et que vive le polar

Geneviève, votre bibliothécaire polardeuse.

 

 

 

sepLe pape, le Kid, et l’Iroquois 

Le Livre de poche. Thriller

La rencontre explosive entre le Bourbon Kid, tenant du titre de tueur en série le plus impitoyable, et l’Iroquois, qui porte un masque d’Halloween surmonté d’une crête, ayant plus d’une centaine de victimes à son actif. Le pape effectuant une visite secrète aux Etats-Unis se révèle une proie de choix pour ces deux psychopathes.

Les suppositions les plus folles ont été émises Cicéron Angledroitsur l’identité de l’auteur anonyme du Livre sans nom et de Psycho Killer. Après lecture du Pape, le Kid et l’Iroquois, il nous semble que seule l’hypothèse d’un collectif allant de Quentin Tarantino au prince Charles en passant par Robert Rodriguez est plausible. Comment le cerveau d’un seul homme aurait-il en effet pu concevoir un déferlement pop aussi jouissif ?

 
        sep Angledroit, Cicéron / Les enquêtes de Cicéron
Volume 1, Sois zen et tue-le

Ed. du Palémon ; Enquêtes en série : police

Cicéron Angledroit est confronté à bien des mystères : une femme qui lui demande d’enquêter sur la mort de son mari, enterré dix ans auparavant, des truands de banlieue qui explosent, des SDF qui n’en sont pas…

Attention, cet ouvrage comporte certaines scènes pour adultes et un vocabulaire susceptibles de choquer les âmes chastes…Sois zen et tue-le est le premier titre de sa série d’enquêtes humoristiques dont l’ambiance et les dialogues, entre San Antonio et Pieds Nickelés, raviront les amateurs du genre…

 

 

sepBablon, Jacques / Trait bleu

Jigal poche. Polar

Suite à l’assassinat de celui qui a abusé de sa mère, un homme est emprisonné. Son histoire pourrait s’arrêter là, mais une série d’événements bouleverse le cours des choses : Iggy lui lègue un vieux pick-up, un cadavre est retrouvé dans son jardin, un pactole tombe de nulle part, sa maison est détruite…

Un roman noir intense d’espace et d’aventure, une ambiance à fleur de peau. On est embarqué dans ces pages comme si on descendait les rapides d’une rivière en folie sur une pirogue sans pagaie… Ballotté, effaré, douché, concentré mais vivant… Si vivant ! Superbe !

 

Ma petit chronique de Trait Bleu

sepBouysse, Franck / Vagabond

la Manufacture de livres, Roman noir

Le protagoniste de ce roman joue chaque soir du blues dans un bar obscur de Limoges. Il vit à l’hôtel et rentre tard, boit souvent trop et dialogue avec les esprits égarés. Cet homme est obsédé par son passé.

La plume de Franck Bouysse est sombre et affutée. Elle lui permet de tisser dans ce court roman,   une trame narrative à la fois âpre et aérienne. Comme un blues. Franck Bouysse signe là un blues de jais qui prend à la gorge et ne vous lâche pas de si tôt.   Leon-Marc Levy (La cause Littéraire)

 

 

 

 

sepCavalier, Philippe / Hobboes

J’ai lu. Thriller

Dans une Amérique en crise, des individus marginalisés, les hobboes, croient en un homme providentiel qui pourrait changer leur destin. Raphaël Barnes, un professeur d’université élitiste et rationnel, se trouve plongé malgré lui au coeur des prophéties qu’il dédaigne, dans un pays en proie au chaos.

Philippe Cavalier prouve une nouvelle fois ses talents de conteur hors norme avec Hobboes, un thriller unique et déroutant, un road-book à grand spectacle et au souffle d’épopée.

 

 

 

Mon ABCdaire sur Hobboes

sepHawkins, Paula / La fille du train

Pocket. Thriller, n° 16129

Rachel habite dans la banlieue de Londres et prend le train pour rejoindre la capitale deux fois par jour. De la fenêtre du train, elle observe un couple qu’elle imagine aussi parfait que l’était le sien avant que son mari ne la trompe, puis la quitte. Un matin, Rachel voit un inconnu dans leur maison. Prix du meilleur roman international (Festival polar de Cognac 2015). Premier roman.

Ce thriller connaît un succès incroyable depuis sa sortie. Il a fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoiaque qu’il vous tend pour comprendre à quel point cette publication fait figure d’évènement.

 

Le billet de catherine sur La fille du train

sepJonquet, Thierry / La bête et la belle

Gallimard, Folio. Policier, n° 106

En banlieue parisienne, Gabelou, un commissaire de police passe son temps à écouter les cassettes audio qu’a enregistrées le Coupable. Ces confidences adressées au vieux Léon font de celui-ci le seul témoin et le principal complice des quatre meurtres qui font l’objet de l’enquête du policier.

L’univers de Thierry Jonquet bouleverse. Colères, amour, peurs et convictions se mêlent dans son regard posé sur le monde. Un regard tendre à l’empathie féroce, un regard plein de vie.

 

 

 

sepLe Corre, Hervé / Du sable dans la bouche

Rivages-Noir

Dans les années 1990, un commando d’autonomistes fait exploser un hôtel en construction sur la côte basque. Au cours de la fusillade qui l’oppose aux gendarmes, un des membres est grièvement blessé et évacué à Bordeaux par sa compagne, Emilia. Pierre, son ancien amant, les accompagne au Pays basque pour faire soigner le blessé. Mais un tueur à la soldes des services espagnols les suit à la trace.

Dans une contrée figée par la neige et la glace, se joue une partie tragique où la violence d’État et celle des sentiments se conjuguent jusqu’à un final explosif. Paru dans les années 1990, ce livre affirme déjà toute la puissance romanesque de l’auteur d’après la guerre.

sepLedun, Marin / Luz

J’ai lu. Thriller, n° 11535

Pendant les vacances d’été, Luz s’enfuit de chez elle et rejoint les rives de la Volte, où elle rencontre Thomas et une amie. Tous trois décident de se rendre à un point d’eau difficile d’accès et peu fréquenté.

« Le roman est entre chien et loup, lumineux et inquiétant. » Télérama. Avec ce court roman, Marin Ledun fait une  incursion très remarquée dans la littérature Jeune Adulte.

 

 

 

 

sepMatthews, Jason / Le moineau rouge

Points. Thriller

A Moscou, Nate Nash espionne le milieu politique russe pour le compte de la CIA. Un haut fonctionnaire, connu sous le nom de Marble, l’informe régulièrement. A la suite d’une trahison, il est contraint de fuir. Domenica, une espionne russe, est chargée de l’éliminer. Premier roman.

Après plusieurs décennies passées à la CIA, Jason Matthews nous offre un premier roman captivant. Sa connaissance du terrain donne un aspect brut à ce grand livre d’actualité où la politique, le suspense et l’amour se conjuguent à merveille.

 

 

 

Mon petit avis sur Le moineau rouge

 
sepPiacentini, Eléna / Le cimetière des chimères

Pocket. Thriller, n° 16649

A Lille, Leoni enquête sur la fusillade qui a fait un mort et un blessé lors de l’enterrement de l’influent Franck Bracco, qui se serait immolé.

Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle est la créatrice de Pierre-Arsène Leoni, un Corse, commandant de police à la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit aujourd’hui. Dans les enquêtes de ce meneur d’hommes soudé à son équipe, ses amis, sa famille, Elena Piacentini orchestre avec psychologie une humanité hétéroclite et malmenée, entre l’ombre et la lumière. Le Cimetière des chimères est son cinquième roman.

 

 

 

sepaVarenne, Antonin / Battues

Points. Policiers, n° 4393

Le garde-chasse Rémi Parrot retrouve Michèle, son amour de jeunesse, après des années d’absence. Leurs retrouvailles sont perturbées par la disparition d’un garde forestier, d’un incendie et d’une battue qui tourne mal.

Un thriller rural à la mécanique bien huilée par une des révélation du roman noir français de ces dernières années. Un génie qui s’ignore et qui sait tout faire dans tous es genres littéraire.

 

 

 

Trophée Anonym’us : Jérémy Bouquin sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 29 novembre 2016

Jérémy Bouquin sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • Il y a des moments dans l’écriture qui, vite, deviennent « fatigant ». Tu sais la vingt-troisième relecture/correction du texte et où tu te dis… c’est terriblement nul !
    Le doute quoi.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Raconter des histoires, raconter des personnages, des situations.

 

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • C’est rassurant.

    Une société « du spectacle permanent », des quinze minutes de célébrité…. de l’image « photoshopée », du 150 signes qui gazouillent, du Facebook – Bref notre société de dégénérés qui, malgré tout, souhaite encore écrire

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Je lis toujours, que cela soit sur tablette, sur mon téléphone, sur papier. Cela change juste notre rapport à la lecture. Je vais lire plus de nouvelles, je découvre plus de BD, je vais plus facilement lire la presse, je vais devenir curieux. J’aime.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative. Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Je suis un jeune auteur. La promotion est pauvre. Beaucoup de livres sortent, peu font l’objet d’un article. Je crois que l’auteur de 2016 n’est plus l’auteur d’un éditeur, d’un seul journal. Il peut, au travers cette « auto-célébration numérique permanente », décliner son travail, démultiplier ses supports et promouvoir son travail auprès de sa communauté…

    6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

    • Là encore, je crois que l’édition évolue en permanence. Tout est affaire d’économie. Avant, les histoires paraissaient dans les journaux, en feuilleton. Puis il y a eu les livres, les poches, le numérique…. bientôt le livre à la demande, le feuilleton numérique sur smartphone…

    7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

    • L’éditeur, c’est le premier lecteur, celui qui va accepter, accompagner, voire corriger…. un producteur de livres qui va engager des fonds pour imprimer, distribuer bref faire vivre l’objet.

      J’ai plusieurs éditeurs et je tente, à chaque fois, de rester à ma place. Juste savoir dire quand modifier, c’est trahir.

    8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.

    Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

    • Nadine Monfils, Manotti, Loubière, Rendell, Hayder, Vargas… oui il y a et je lis des polars de femmes

    Ma compagne lit plus que moi. Elle dévore. Elle bouffe du polar par paquet de 10. Des durs, des violents, des trashs… les lecteurs sont souvent des femmes, on le voit bien dans les salons, lors des dédicaces.

    Comme ailleurs (peinture, dessin, musique…) ce qui est étrange dans le polar, c’est la place des femmes, certes importante, mais jamais plus importante que celle des hommes.

    Les garçons sont certainement plus paresseux. Ils ont plus de temps, s’occupent pas des mômes, de la maison… Ils n’ont que cela à foutre, d’écrire !

    9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

    • J’aime écrire des nouvelles, l’exercice, le laboratoire stylistique, tester des trucs.

    J’aime surtout l’idée d’être confronté aux autres, de lire ce qu’ils ont produit.

     

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • C’est peut-être ce qui explique pourquoi ce sont plus des hommes que des femmes qui…. (je rigole encore que…)

Après j’ai pas vraiment d’autres passions, je sors pas, peu de cinoche…

 

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • C’est un exutoire, un exercice aussi de description de la société, jouer avec nos peurs. Comme raconter des histoires qui font peur, un soir d’hiver entre potes.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • A vrai dire, m’en fous.

    Personne, ni même les journalistes les lisent. Je ne crois pas en tout cela. L’idée de vivre de l’écriture me dépasse. Tout le monde à le droit de raconter des histoires, même des merdes. J’en écris tout le temps.

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • J’écrase 5000 signes par jour en moyenne… presque deux à trois manuscrits par an.

    Il y a de la merde, à 90%. C’est sûr !

    Je suis pas adepte de l’auto-édition.

    Je préfère proposer aux éditeurs. Qu’ils me disent ce qu’ils en pensent (quand ils jouent le jeu…), qu’ils prennent le « risque » de me sortir.

    Écrire est un « sport » auto-centré, il faut un lecteur, un avis critique. Je refuse de payer pour me publier.

 

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Je ne bois pas…. je ne fume pas non plus. Je suis quelqu’un de très chiant dans la vie.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Je préfère les sucreries😉

    Oui, écrire c’est donner du poils à gratter, arracher la croûte, saler les cicatrices, infecter les réflexions. Éclairer le plafonnier mental – envisager de voir autrement nos contemporains. Interroger l’idiotie permanente.

 

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • Aussi.

Écrire ou inventer des histoires, des films, des séries TV, de la musique aide à vivre.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • « Bouquin, c’est vot’ vrai nom ? Oui ! C’était prédestiné ! »

    • Je ne peux plus entendre cette réplique. Et pourtant, j’y réponds toujours. Avec le sourire.

    Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

Trophée Anonym’us , Nouvelle 13/27 : Deux courses, un sprint final


vendredi 2 décembre 2016

Nouvelle anomymes N° 13 : Deux courses, un sprint final

==> Télécharger en pdf
==> Télécharger en epub

Voici, la treizième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

 Il en reste 12 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Mais saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

Deux courses, un sprint final

 Pour gagner une course de fond, il ne s’agit pas de caracoler en tête sur les trois quarts du parcours. Seule compte l’arrivée, où l’on doit tout faire pour être le premier à la franchir.

Pierre Doyel le savait comme personne. Des mois de travail acharné pour se maintenir au sommet, et qu’il devrait peut-être balayer d’ici quelques instants. À l’abri de la foule, dans son bureau aux murs lambrissés, il n’avait accepté que la présence de ses plus proches collaborateurs. La pression et les enjeux étaient énormes. Stéphanie, qui partageait sa vie depuis plus de vingt ans, tenait sa main en posant sur lui un regard inquiet. En dehors d’elle, personne ne savait à quel point les minutes à venir seraient décisives. Une vraie question de vie ou de mort.

Tout allait se jouer dans les minutes à venir. Décisives au point d’aboutir à la vie comme à la mort. Phares éteints et moteur arrêté, Luc laissa la voiture glisser sur la pente douce du chemin. Sur leur passage, les pneus arrachaient les graviers figés par le gel, produisant un crissement qui paraissait assourdissant aux trois autres passagers. Tous devaient être prêts à tous les sacrifices. Sauf celui d’échouer dans leur mission. À bonne distance d’une bâtisse dont les contours sombres se découpaient dans la nuit, ils sortirent de l’habitacle en prenant soin d’éteindre le plafonnier et sans refermer les portières. Luc couvrit son visage avec la cagoule qu’il avait relevée sur son front et sortit son arme du coffre, dont il ôta la sécurité.

— Il faut y aller, dit l’un des hommes.

Le corps courbé vers le sol, Luc opina du chef et ouvrit la marche vers la maison.

— Il faut y aller, Pierre. On est déjà en retard.

Les yeux rivés dans les siens, Marc Langin attendait qu’il bouge enfin. Doyel soupira, opina du chef et se leva, quittant à regret les bras de sa femme. Comme un automate, il ajusta sa cravate, enfila une veste sombre et se jaugea dans un miroir. Sans sévérité, ni complaisance, il examina avec une objectivité nouvelle chaque détail de son visage. 52 ans depuis trois mois. Il semblait ce soir en avoir dix de plus. De l’index, il étira avec amertume les rides qui s’accumulaient au coin de ses yeux. Mais cette fois-ci, l’âge avait peu de prise sur lui, comparé à ce qui le tourmentait. En quelques semaines, le fringant quinquagénaire qu’il se targuait de présenter au monde avait laissé la place à un vieux surmené et sous pression. D’un signe muet, il interrogea Stéphanie, qui consulta leurs deux téléphones avant de secouer la tête.

In petto, il enragea. Ce silence n’était pas normal. Il devait gagner un peu de temps avant d’engager la suite. Sur une console, un plateau contenait plusieurs boissons. Il s’empara d’un soda qu’il secoua discrètement. Une liasse de papiers dans les mains, Marc s’approcha de lui au pas de course. Pierre attendit qu’il soit assez proche pour décapsuler la cannette, qui projeta son contenu autant sur les feuilles, que sur son costume. Assez pour rendre les premières inutilisables et le second bon à jeter dans un panier de linge sale.

— C’est pas vrai ! pesta Pierre en reposant la cannette sur le bord du plateau, d’où elle ne tarda pas à tomber sur le sol en tapissant sa paire d’Armani des quelques centilitres restants à l’intérieur.

— Et merde ! Il fallait que ça arrive au pire moment. Va te changer, je vais faire imprimer une autre copie de tout ça, siffla Marc en jetant dans une corbeille les feuilles dégoulinantes.

— Je suis sur les nerfs, désolé.

— On l’est tous. Allez, file ! Et accélère un peu ! Notre retard est abyssal. Et tu sais combien je n’aime pas les imprévus.

— Bon sang que je déteste les imprévus et découvrir des éléments sur le terrain, murmura Éric, le second de Luc. Regarde-moi ça, dit-il en lui tendant ses jumelles à vision nocturne.

Luc s’en empara et jura lui aussi :

— Il y a au moins trois hommes qui montent la garde dehors ! Et vise-moi ces Kalachnikovs… J’ai l’impression aussi que l’un d’eux a des grenades à sa ceinture. Je vais dire un mot en rentrant à celui qui s’est occupé de la reconnaissance. Tout le contraire de ce qui nous a été présenté. Cette baraque est mieux défendue que la Banque Centrale. On ne sait même pas combien ils sont derrière la porte.

— On fait quoi ? On annule ?

— Impossible. Tout doit être terminé ce soir. On va faire ce pour quoi on est si bien payés : s’adapter, et agir en conséquence. C’est tout.

Luc se retourna vers les autres membres de leur équipée :

— Changement de programme : on neutralise d’abord les trois types dehors avant de s’engager à l’intérieur. Neutralisation silencieuse et simultanée, il va sans dire. Si l’un d’entre eux alerte les copains de la maison, on est cuits. Éric, le gars sur la terrasse est pour toi. JP, tu t’occupes de celui placé près du portail et le dernier est pour Phil. Pendant ce temps, on couvre vos arrières avec Séb. Arrivés devant l’entrée, on ne change rien au plan initial : JP coupe le jus, Éric fait péter la porte et les autres font le ménage, pièce par pièce. Jusqu’à trouver la cible.

Tous acquiescèrent en silence, mirent en place leurs lunettes à vision nocturne et se dispersèrent dans le noir. Luc attendit quelques secondes avec Séb avant de les suivre. Leurs silhouettes se diluaient dans la nuit et glissaient le long du chemin, en direction de la propriété. Quelques dizaines de mètres encore et les trois hommes disparurent à travers les haies ou les frondaisons du bosquet qui bordait les alentours. Luc n’eut pas besoin de les voir pour savoir comment ils allaient fondre sur leurs proies respectives. Cela faisait des années que l’équipe avait été constituée, sans grand changement majeur. À chaque fois pourtant, ils ne se laissaient pas déborder par les dangers de l’habitude. Luc était saisi par la même angoisse dans les instants qui précédaient une opération. Parce que rien n’est jamais écrit d’avance. Parce que le moindre grain de sable peut venir gripper la mécanique la mieux huilée.

En finissant de nouer sa cravate, Pierre Doyel maudissait le grain de sable qui venait détruire à lui seul sa vie entière. Il serra les dents pour ne pas exploser lorsque des coups impatients furent frappés à la porte de son bureau.

— Ouais ?! siffla-t-il d’un ton sec. J’arrive !

— Prends ton temps, surtout. Ce n’est pas comme si tu jouais un mandat, entendit-il de l’autre côté de la porte.

— Et toi ton poste de directeur de campagne ! cria-t-il pour toute réponse.

Des pas furibards, surmontés de jurons inintelligibles, se firent entendre decrescendo dans le couloir. Marc était un collaborateur dévoué et efficace, mais si pénible parfois.

— Il n’a pas tort, renchérit Stéphanie avec calme en ajustant son col. Je sais que c’est difficile, dans notre condition, mais tu ne pourras pas repousser le moment d’y aller. Ils attendent tous, dehors.

— Et si on nous appelle ?

— Je répondrais à ta place et je m’arrangerais pour te faire signe. Ou tu profites de l’intervention des autres pour venir aux nouvelles. De toute façon, on n’a pas vraiment le choix.

Elle le devança jusqu’à la porte, dont elle ouvrit les deux battants pour le laisser passer. Dans le couloir, sa garde rapprochée était postée de part et d’autre des murs lambrissés, comme pour une haie d’honneur. Au passage, et malgré la tension intérieure qui le tenait, il offrit à chacun un sourire, que beaucoup lui rendirent. Bon dernier sur la file, Langin lui tendit une nouvelle copie du discours qu’il lui avait préparé, et dont Doyel connaissait les moindres paragraphes par cœur.

Il se remémora les mois écoulés. Porté aux nues à son arrivée comme ministre des Finances, la foule l’avait conspué ensuite. Il se croyait plus fort que tout le soir de sa nomination, comme mû par une force nouvelle qui lui ferait accomplir des miracles. Lors de la passation de pouvoir, il avait toisé avec condescendance le vieil homme usé qui le précédait.

Pourtant, dès le début, deux réformes mal acceptées avaient eu raison de sa foi en lui, massacrée sous les insultes des masses populaires descendues dans les rues. L’appareil législatif lui avait permis de passer en force ces textes. Après cela, sa côte d’impopularité battait des records sans précédent. Son poste n’avait d’ailleurs pas résisté au premier remaniement venu.

Opposé à un gouvernement plus isolé encore, le temps avait fait son œuvre et il regagnait peu à peu les faveurs de la population. En face, une ou deux voix commençaient tout de même à se faire entendre. Et d’un murmure de quelques lignes dans des canards sans importance, on était arrivé à un vacarme insupportable dans les plus grands quotidiens du pays. Jean-Philippe Girard était le plus virulent contre sa campagne. Le plus séduisant pour les masses, aussi. L’ancien médecin de province, amateur de grimpe, avait peu à peu gravi les échelons de la montagne politique du pays pour espérer aujourd’hui en chatouiller le sommet. Les sondages les donnaient au coude à coude pour le premier tour des présidentielles. Ce qui avait été le terreau propice à l’enlèvement, pensa-t-il avec amertume en poussant la porte ouvrant sur la meute de journalistes de sa conférence de presse. Il se força à sourire avec difficulté, en montant sur l’estrade.

— Bonjour à tous. C’est moi que vous attendiez ? Je le dis tout de suite : il ne fallait pas croire les ragots. Madonna ne viendra pas chanter à la fin…

Les éclats de rire du public ne firent pas baisser sa tension interne. Il croisa le regard de Stéphanie, de l’autre côté de la salle. Inquiète, elle gardait les mains crispées sur son téléphone portable. Oui, pensa-t-il encore avant de commencer son discours, personne ici ne peut imaginer qu’une vie est en jeu, à cause de ce cinquante/cinquante.

— Je dirai fifty/fifty, selon moi. Nos chances sont minces, sans renseignements fiables.— Éric… On n’a plus le choix, dit Luc en désignant les gardes à terre d’un geste circulaire. D’ici quelques minutes l’alerte sera donnée. Alors, on ouvre cette porte et on fonce.Un sourire dévoila les dents d’Éric, sous les pâles rayons de lune qui frappaient la campagne.— T’inquiète, ma poule. C’était purement rhétorique. Je te suivrai même dans une mission suicide.Luc lui tapota l’épaule et lança le signal convenu pour faire couper le courant. L’assaut démarra après l’extinction. Dans la seconde, Éric ouvrit la porte et lança à l’intérieur une grenade flash dont l’explosion fut suivie de cris de stupeur. Profitant de la confusion, les hommes massés de part et d’autre de l’entrée s’engouffrèrent en file indienne. L’écran de leurs lunettes renvoyait une image blafarde des lieux, balayés par les mires laser de leurs fusils d’assaut. Une silhouette menaçante apparut à l’angle du couloir qui leur faisait face. Une balle vint le terrasser avant qu’il ne puisse tirer dans leur direction. Les renseignements étaient au moins bons sur la disposition des pièces. Sur la gauche, une cuisine, dans laquelle Luc pénétra en neutralisant rapidement les deux hommes qui prenaient un café une minute auparavant. Un troisième, caché derrière le réfrigérateur, ouvrit le feu au jugé. Le projectile éclata les verres posés sur une étagère à un mètre de Luc. Son adversaire n’eut pas le temps d’ajuster le tir suivant. Séb lui avait déjà envoyé une salve qui le cueillit en pleine poitrine. Les deux hommes sortirent de la pièce pour reprendre leur progression à travers la maison obscure.

— RAS dans le séjour, lança Éric en les rejoignant.— RAS dans la chambre, dit Phil à son tour.— Il reste l’étage. On y va.JP resta à l’arrière pour les couvrir. Les autres montèrent l’escalier avec prudence, leurs armes braquées. À l’angle de la dernière volée, Luc observa le palier : trois portes. Il savait que celle sur la droite ouvrait sur une petite salle de bains et les deux autres sur deux chambres. Malgré l’absence d’alimentation électrique, une lumière filtrait sous le seuil de l’une d’elles. Il s’en approcha à pas de loup. Pas de bruit de l’autre côté du battant. Il inspira, releva ses lunettes à visée nocturne et ouvrit la porte avec une lenteur calculée. Il ne put s’empêcher de frémir en découvrant la scène, éclairée par un projecteur de chantier autonome.La scène le fit frémir. Après son discours enflammé, alors qu’il était sous le feu roulant des questions des journalistes, aveuglé par les projecteurs et les flashs, il répondait comme un automate, ses pensées à mille lieues de son programme pour les élections. Quoi qu’il en soit, Langin et son équipe avaient fait un super boulot d’anticipation. Aucune des questions posées ne le prenait par surprise. Même celles sur son aventure d’un soir avec une journaliste stagiaire ou des soupçons anciens de conflit d’intérêts dans l’attribution de marchés publics avaient été prévues. Comparé à ce qui se jouait à des kilomètres de là, dans une maison de campagne, ce petit jeu ne parvenait pas à la cheville de ses soucis. Le marché était clair, il l’entendait encore claquer comme une sentence : « soit vous retirez votre candidature, soit la petite y passe ». Encore quelques minutes et il laisserait la parole à un vieux parlementaire. Depuis son pupitre, l’estomac noué, il regarda Stéphanie avec intensité. Sa femme lui fit un signe de dénégation en montrant son portable. Ses yeux suaient d’angoisse.

L’angoisse pétrifiait les traits de la gamine. Luc lui fit un clin d’œil, assorti d’un sourire qui se voulait rassurant :

— Maëlis ? Tout va bien. On est là.

La petite avait les joues inondées de larmes. La main calleuse plaquée sur sa bouche l’empêchait de répondre. Quand bien même elle aurait pu parler que le flingue collé sur sa tempe l’en aurait probablement dissuadée. L’homme qui la tenait en joue était le seul que le service de Luc avait réussi à identifier : Andrija Lukic, un mercenaire d’origine serbe qui vendait ses services de tueur au plus offrant, souvent fortuné. L’homme avait la réputation d’être impitoyable.

— Lâche-la, lança Luc. Nous sommes trop nombreux pour toi.

— Partez, répondit-il avec un accent prononcé des Balkans. Sinon, elle meurt.

— Tu ne peux pas t’en sortir. N’aggrave pas ton cas, ce n’est qu’une gosse.

Le doigt de l’homme se crispa sur la queue de détente de son arme. Un coup de feu éclata près de l’oreille de Luc, lui arrachant une grimace de douleur. Lukic, touché en plein front, s’écroula sur le sol. Aussitôt, Phil s’élança à l’intérieur pour prendre Maëlis dans ses bras et l’évacuer. Luc se retourna vers Éric dont le Sig Sauer fumait encore.

— Quand tu prends un otage, fais en sorte qu’il soit de ta taille ou de ta corpulence. Là, c’était trop facile… Il allait tirer, ajouta-t-il d’un ton plus grave.

— Je sais… L’essentiel est que la petite soit saine et sauve. On fait le brief et on la ramène à ses parents.

Doyel était au bord de l’implosion. La tension accumulée ces derniers jours ne demandait qu’à se déverser en vagues puissantes qui emporteraient tout sur leur passage. Il profita de l’intervention d’un jeune loup du parti pour se rapprocher de sa femme, qui l’entraina à l’écart.

— Alors ?

— Toujours pas.

— Ce n’est pas normal. File-moi le portable, que je leur demande.

— Tu ne crois pas que l’on devrait attendre encore un peu ? Ils ont dit que nous ne devions pas les contacter et attendre qu’ils le fassent.

— Je m’en fous ! Je dois savoir, je ne vais pas tenir le rôle de l’homme apaisé encore longtemps, trancha-t-il sèchement en lui prenant le téléphone des mains.

La pression était redescendue. Et Luc était soulagé d’annoncer la bonne nouvelle au père de la petite, même si le protocole était un peu bousculé.

— Oui, monsieur. L’opération s’est déroulée pour le mieux : les ravisseurs sont neutralisés et Maëlis va bien. Elle est un peu choquée, ce qui est normal. La cellule psychologique va s’occuper d’elle.

Derrière lui, ses hommes faisaient des va-et-vient pour fouiller et sécuriser la maison. Le portable collé à l’oreille, il retourna dans la chambre, contemplant avec gravité le corps de Lukic.

— Oui, nous avons tous eu de la chance. Ce Lukic n’était pas un enfant de chœur. Vous pouvez poursuivre votre campagne plus sereinement. Bientôt, tout ça ne sera qu’un mauvais souvenir. Non, en effet, on ne sait pas avec certitude quel candidat est derrière tout ça, monsieur… Je comprends. Soyez assurés avec votre épouse que nous allons le trouver et le traduire en justice. Au moment où je vous parle, des OPJ suivent de près chacun de vos concurrents et le procureur n’attend qu’un nom pour nous signer le mandat d’arrêt… Oui, je sais. L’un d’eux est en effet le suspect idéal. Ou tout au moins, celui à qui tout ceci profite le plus.

Soudain, le corps de Lukic sembla tressauter légèrement, sous la poche de poitrine de sa chemise. Les sourcils froncés, Luc s’en approcha pour palper le tissu et découvrir un portable qui vibrait.

— Monsieur ? Je dois vous laisser. Une urgence.

Il raccrocha, appela Éric et regarda l’écran du téléphone qu’il venait de trouver : numéro inconnu. Il décrocha et écouta, sans mot dire.

— Lukic, entendit-il, vous avez des nouvelles du père ? L’ultimatum est dépassé depuis une heure maintenant.

Luc écarquilla les yeux de stupeur. Même si les soupçons étaient fondés, il n’aurait jamais cru que l’homme soit assez inconscient pour contacter lui-même le ravisseur. Il prit un carnet et un stylo. Quand il eut fini d’écrire le nom de son interlocuteur, Éric haussa lui aussi les sourcils et articula « sûr ? » sur ses lèvres. Luc acquiesça d’un mouvement de tête. Il n’en fallut pas plus pour que ses collègues agissent et donnent l’info par radio. Encore quelques secondes et ils toucheraient au but. L’autre s’impatientait au bout du fil.

— Allo ? Vous m’entendez ?

— Oui, vous avez toute mon attention.

Doyel réprima une bouffée de panique. La voix qui lui répondit enfin n’avait rien à voir avec celle du mercenaire, teintée d’un fort accent serbe.

— Qui êtes-vous ? Où est Lukic ?

— Il est mort, monsieur Doyel. Je suis le Commandant Zernac, en tête du groupe qui a sauvé la petite Maëlis Girard.

Les flics. Doyel suffoquait. Cette fois, il était fichu. Il chercha une issue dans cette salle bondée de journalistes. Peut-être pourrait-il s’échapper avec Stéphanie et refaire sa vie en Argentine ou au Mexique.

— Monsieur Doyel, intervint Luc Zernac, comme s’il devinait ses pensées. Je vous conseille de vous rendre afin de vous expliquer sur cet enlèvement.

Tenté de lui dire d’aller se faire voir avant de filer, il remarqua trois hommes qui fendaient la foule pour se diriger vers lui. L’un d’eux glissait déjà la main sous son blouson pour attraper son arme. Trop tard pour fuir. Ses gardes du corps n’intervenaient pas, à coup sûr briefés par ce type qui le désignait du doigt.

— Monsieur Pierre Doyel, lui dit le premier, Police Judiciaire. Veuillez nous accompagner. À compter de ce moment, nous vous plaçons en garde à vue pour des faits de séquestration de mineure de moins de quinze ans, chantage, crime en bande organisée, pour commencer.

Sentant de l’agitation derrière eux, les journalistes s’étaient retournés et commençaient à comprendre ce qui se jouait. Les premiers flashs crépitèrent alors que l’on passait les menottes au candidat le plus prometteur de cette élection. Sa femme protestait avec la plus vive énergie, telle une tigresse, mais on la ceintura et l’emmena sans tarder. L’un des flics récupéra le téléphone à terre et fit le point avec Zernac. Ce dernier lui demanda d’approcher l’appareil de leur suspect et de brancher le haut-parleur.

— Monsieur Doyel, je tenais à ajouter une dernière chose. Celle que je me suis dite, juste avant l’opération de sauvetage. Vous savez, pour gagner une course de fond, il ne s’agit pas de caracoler en tête sur les trois quarts du parcours. Seule compte l’arrivée, où l’on doit tout faire pour être le premier à la franchir. Sauf peut-être à employer les moyens les plus abjects, comme enlever une gosse pour forcer son père à abandonner.

La réponse de Doyel se perdit dans le flot de questions qui coulait sur lui. Prélude au tsunami que ce scoop allait provoquer dans les rédactions du monde entier.

Eppy Fanny, Sériale Lectrice


sériale lectrice

Aujourd’hui, nous poursuivons, cette nouvelle rubrique sur Collectif Polar.

« Sériale Lectrice »

Et oui, ça vous dit déjà un peu quelque chose sans doute

L’idée de cette rubrique a pris forme dans mon esprit dérangé après un jeu concours sur forme de tag que j’avais lancé pour le 500e article de notre blog.

Les réponses des participantes m’ont tellement emballée que j’ai eu envie de poursuivre l’aventure avec d’autres grandes lectrices, passionnées, comme vous et moi par les bouquins et les histoires qu’ils nous racontent.

Alors comme moi, j’espère que vous allez apprécier ces nouvelles rencontres.

Et le deuxième portrait est consacrer à Eppy Fanny, une de nos nouvelles chroniqueuses 

J’espère qu’il vous emballera autant que moi


GVL : Bonjour Fanny, pourrais-tu te présenter
.

eppya Je me nomme (ici) Eppy Fanny. Je ne voudrais pas que vous oubliez mon anniversaire. Au fait le 06/01 j’aurais 54 ans et, comme les enfants je veux le nombre exact de bougies. D’autant que je ne mange pas de gâteau !

 

 

 

 

GVL : Quel genre de lectrice es-tu ?

 Pour la lecture, comment dire, vous situez Obelix, celui qui est tombé dans la potion magique ? Et bien la lecture pour moi c’est pareil.

Dès que j’ai su lire j’ai toujours eu un livre entre les mains. Et je rêvais d’être malade souvent.

GVL : Et dans ta famille, quel place avait le livre ?

 Etant originaire d’une famille modeste, les achats de nouveaux livres étaient la récompense pour une petite fille souffrante. Plus tard, pour assouvir ma passion et acheter ma drogue, en plus de ma scolarité, je cumulais des petits jobs…

GVL : Qu’est ce que tu aimes lire, quels genres ?

 J’aime beaucoup de genre littéraire : Romans historiques (avec une tendresse particulière pour le Moyen-âge et l’Egypte), SF (Barjavel découvert j’avais 15 ans), Fantaisy (Robin Hobb et …), romans régionaux (Giono), géopolitique, Poésies (Verlaine, Hugo), voyages, les auteurs classiques, la BD (SF- Fantisy – polar et humour), les romans contemporain (mon cher Patrick Cauvin qui m’a fait rire et pleurer et que malheureusement je ne croiserais jamais). Je vous en parlerais sur ma page au fil du temps.

GVL : Et le polars dans tout ça ?

 eppyEt puis les polars… Tomber dedans via Agatha Christie. Tous lu entre 14 et 16 ans ainsi que Sir Conan Doyle… Et chez les français Gaston Leroux et Maurice Leblanc … Je dois avouer que je suis une dévoreuse. Je mets entre 5 et 8h (suivant le nb de page) à lire un livre, si je ne suis pas dérangée … Puis il y a eu Stephen King, la belle époque et les 1er romans. Un Ovni total qui reste très au-dessus de la mêlé. Egalement Michael Connelly, Minette Walters, et une multitude d’autres auteurs d’outre-manche. Et la France m’a apporté les Camhugs, Thilliez, Chattam, Bussi, Grangé, Norek, Bauwen. Pour ces écrivains j’ai tout lu ! Puis un peu de Vargas. Les salons m’ont permis de découvrir : Lebel, Moitet, Mannok, Favan, Saussey, Giebel,Dessaint, Lemaitre, Sonja, Sir Cedric (je n’aborde là que les dernières rencontres)…

GVL : Donc beaucoup de Polar ? Et qu’aimes tu dans le polar ?

 Les polars sont pour moi une passion dévorante, car suivant les auteurs lus, je me trouve en immersion dans une époque, une contrée. C’est un instantané de société extraordinaire qui en exacerbe les pires travers. Le polar « classique » me permet de mener l’enquête conjointement avec le policier ou détective. Les polards plus sombres, même si parfois ils me malmènent, me permettent de me faire peur et me tiennent d’avantage en haleine. Et j’ai une vraie addiction pour les polars psychologiques. Je trouve fascinant ces jeux de manipulations des personnages, et celle non moins présente dont l’auteur use à l’encontre du lecteur. Vous aurez compris que je lis beaucoup. Et mes chroniques sont comme moi, entières et passionnées. Bonne lecture à vous, et merci à Geneviève pour l’honneur qu’elle me fait !

  GVL : Parle moi un peu de ta bibliothèque. Comment elle est classée ? Qu’est ce qu’on y trouve ?

  A la base elle est classée par auteur et genre

  C’est en gros toujours d’actualité même si faute de place j’empile un tantinet

Voilà la vue d’ensemble. Je t’ai également fait des photos du détail par case …

  La biblio de gauche est pour les romans historiques (80%) régionaux, aventures, qq romans d’héroique Fantaisie et SF et 2 malles mystères (tous mes Agatha Christie / Gaston leroux … BD)

 15233835_10209321372124568_1994779071_o15224782_10209321370124518_806137673_o

 La biblio de droite est accès polard et auteurs f avoris (Patrick Cauvin – Robert Merle(histoire)) plus malles mystères x 2 (divers polard / Tous les Minette Walters / des BD)

 Celle en hauteur est réservée Héroique Fantaisy Cycles Robin Hobb + Autre monde de Chattam et qq livres d’arts (Doisneau / peintures)

 les malles prennent moins de place 😂

  Déjà que je range les bouquins sur 3 rangs

  GVL : Ah oui quand m^me ! 🙂

  Et dans ma chambre recueils de poésie et les Jules Verne

15209140_10209321372164569_591499555_n

  Je fais (presque) concurrence à une petite biblio de province

 GVL : Et ta PAL dans tout ça ?

  La Pal c’est pile à lire (en attente)

 GVL : Oui c’est ça !

   là je suis très en retardsur mes lectures

Tu me donne 5mn je file te lister ça

  GVL : OK

  Ho la vache y’en as baucoup

 GVL : Ben décris là moi ?

  voilà :

 Jean d’AILLON Béziers 1209 // K.Bivald la bibliothèque des coeurs cabossés /F.Bourdin D’eau et de feu // F.Laborde les mûres ne comptent pas pour des prunes //B.Minier Une putain d’Histoire / M.Chattam le coma des mortels // JOB Le cramé // D.Thierry Origine inconnue // P.Robinson Noir comme neige // S.Fitzek Ne les crois pas // C.Lackberg l’oiseau de mauvais augure // C.Ferey Mapuche // JM.Demetz Wagadou // Dr K X 2 Menace à la morgue et L’étrange Noel de Mr Léo

  GVL : Combien de titre environ ? Quels sont les genres les plus représentés ?

  une trentaine. Majoritairement polar

 GVL : Rhooo, des chroniques à venir alors ?

 

THCook x 2 / Ciceron x 1 / Nick Gardel / Dominiques Maison et Sylvain / Stanislas P / Eric M et sa faue / KGiebel x 3 / et divers auteurs …

 Ben vi … la prochaine sera pour Ian et ses temps sauvages.

Lecture en cours

  GVL : Coool. J’adore tes avis !

 

Je regrette juste de manquer de temps. Depuis ma reprise pro en septembre c’est le bazar. Déjà que nous sommes en sous-effectif depuis 3 ans j’ai une collaboratrice en arret depuis mi-aout. J’ai du réorganiser mes 2 services, et come je suis cadre j’absorbe 70% de la surcharge… Du coup pas ou peu de temps pour la lecture (le petit yan je suis à peine à la moitié et je l’ai débuté il y a 6 semaines ..)

 GVL : Positive du coup tu as le temps de le déguster ! Et de le décortiquer !

  voilà je décortique. Déjà que depuis que j’ai débuter mes petites chroniques je lie différemment et moins vite car je pense à ce que je vais écrire

  GVL : Je devrais faire ça aussi ! lol

  mais ça me fais pester de voir ma pal aussi haute

  C’est mon côté organisé post -it à porté de mains pour pointer les pages importantes + annotations au crayon

 ça me permet e dégrossir je n’ai plus qu’a finaliser ma sélection avant d’écrire

 GVL : Peux tu me dire comment tu vis le fais d’être malgré tout une Sériale lectrice ?

  Franchement la lecture m’apporte l’équilibre indispensable, voir vital pour affronter tout le reste

 Elle est ma bulle, mon univers. Et elle m’apporte en plus de belles rencontres. Une richesse permanente et une ouverture sur le monde qui m’entour, ses différences et ses sensibilités.

 Comme dans ma sphère privée j’ai des amis de tous horizons et ils font ma richesse

 Et comme je suis passionnée, les gens qui viennent dîner à la maison reparte régulièrement avec un livre que je leur choisi dans ma biblio en fonction de leur personnalité car je souhaite qu’ils découvrent eux aussi ce plaisir supplémentaire

 Souvent des gens qui ne lisent pas … je leur laisse du temps pour lire le livre prêté et les apprivoise …

 

 GVL : J’adore ce concept !

  Et si j’arrive à en faire basculer ne serais-ce que 10% je suis contente

 GVL : Basculer ?

  vers la lecture 

GVL : Devenir lecteur ?

  voilà

 GVL : Que du partage donc !

  Tout à fait

  GVL : Dis moi, pourquoi , pour mon plus grand plaisir, as tu accepté de rejoindre le Collectif Polar ?

  Pour justement faire partager au plus grand nombre mes coups de cœurs. L’audience de Collectif polar étant importante. Et aussi parce que nos échanges m’ont plus et me plaisent. si je n’avais pas accroché avec toi je n’aurais pas accepter. la relation humaine est pour moi primordiale

GVL : Je vois ça ! Et moi j’aime ton humanité !

Mais en vrai, ne préférerais tu pas avoir ton propre blog 😉

 Avec mon activité pro je n’aurais pas le temps nécessaire de m’en occuper correctement. J’avais déjà créer un groupe (fermée) et je n’arrive pas à le faire vivre

 A la retraite 😂

GVL : Là, je pleurs, j’espère que la retraite c’est pas pour tout de suite ! lol 😉

Ben voilà, nous arrivons à la fin de cette conversation.  As-tu quelques choses à rajouter ?

   Non rien.  Je pense que tu as matière pour me connaitre encore mieux 😉

  GVL : Pas de dernier mot, donc ?

 Mon dernier mot : c’est lisez, rêvez évadez-vous et revenez dans la vraie vie encore plus fort

 GVL : Oh que j’aime tes derniers mots !

Merci chère Eppy Fanny pour ce beau partage. Et pour le reste aussi.

Merci à toi. Et dès que j’ai terminé ma ballade glaciale dans l’univers de Ian tu auras une nouvelle chronique à te mettre sous la dent.

  GVL : Je prends, tu t’en doutes ! 😀

Trop de morts au pays des merveilles de Morgan Audic


chouchous-du-week-end
maLe livre : Trop de morts au pays des merveilles de Morgan Audic. Paru le 6 avril 2016 au Rouergue dans la collection Rouergue Noir. .  22€ ; (357 p.) ; 21 x 15 cm

4e de couv : 

Depuis trois ans Alice, la femme de Christian Andersen, avocat au barreau de Paris, a disparu. Et depuis trois ans, les gens qui l’entourent se posent la même question : Andersen a-t-il tué sa femme ? Andersen rendu amnésique par un grave accident quelques jours après qu’Alice a disparu et qui cherche en vain à retrouver la mémoire. Andersen qui reçoit des SMS énigmatiques, en forme de questions cryptées. Andersen, le mari inconsolable qui emploie un détective pour retrouver sa femme, si belle, si blonde, si étrangement semblable aux victimes du désormais célèbre Marionnettiste, le tueur aux rituels macabres que la brigade criminelle traque en vain depuis des mois et qui tue, justement, à nouveau. De quoi remettre en selle l’ex-lieutenant Diane Kellerman, révoquée pour violence et prête à péter de nouveau les plombs.

 

maaL’auteur : Morgan Audic est né à Saint-Malo le 30 janvier 1980 et a grandi à Cancale. Il vit depuis plus de dix ans à Rennes, où il enseigne l’histoire et la géographie en lycée. Trop de morts au pays des merveilles est son premier roman.
Extrait :
Dehors, la ville se réveillait doucement. Une odeur de poudre et de gaz lacrymogènes flottait encore dans l’air. Pendant la nuit, des brigades de police avaient fait une descente dans les cités de Curial et d’Archereau. Les jeunes du quartier les avaient accueillis en tirant de gros feux d’artifice au mortier. L’affrontement avait duré plus d’une heure.
Souffle régulier, respiration fluide. Prélude, fugue, cantate et sonate : Diane dépassa les tours des Orgues de Flandre en accélérant légèrement sa cadence entre chacune des caries de béton quarantenaires. Le terrain vague au pied des tours était désert. Les dealers n’avaient pas encore commencé leur journée. Ils arriveraient plus tard, après l’ouverture de la Poste, que gardait un vigile maître-chien depuis trois semaines. Dans la librairie tout à côté, on vendait étonnamment plus de balances pèse-lettres que dans n’importe quelle autre de Paris.
Rue Petit, changement d’ambiance. Hammams, synagogues, épiceries casher. On était dans la petite Jérusalem parisienne. Des juifs Loubavitch, longues barbes et Borsalino noirs vissés sur la tête, déambulaient comme des corbeaux soucieux près du complexe Beth Haya Mouchka. Quelques enjambées de plus et le quartier changea de nouveau. Des supérettes africaines apparurent. Épices, mafé, tandoori et pita fraîches s’invitèrent au menu des restaurants. Elle croisa deux Pakistanaises en sari sortant d’un Monoprix. Leurs parfums corsés l’accompagnèrent pendant quelques foulées.

Petits résumé et avis :

C’est en parlant avec mon ami Yvan ( du blog Emotions )que ce livre m’est revenu en mémoire. Et oui il fait parti de la sélection des six titres en lice pour le Prix des Lecteurs Quais du Polar / 20 Minutes 2017. Je me suis rappelée l’avoir eu entre les mains au mois d’avril dernier durant un comité de lecture polar des bibliothèque de la ville de Paris.

Et oui, ce Trop de morts au pays des merveilles de Morgan Audic est un premier roman. Mais en ce début avril, tout comme en mars d’ailleurs, je croulais sous des tonnes de parution. Entre le salon du livre et quais du polar, cette période de l’année est un peu pour les éditeur de romans policiers une nouvelle rentrée littéraire.

Alors voilà, ayant eu un première bonne impression de ce titre lors de cette réunion du Comité de lecture et après ma discutions avec sire Yvan, j’ai repris ce livre. Et croyez-moi j’ai drôlement bien fait

Trois ans plus tôt, la femme de Christian Andersen a disparu tandis que lui était rendu amnésique par un grave accident quelques jours plus tard. Depuis, tous s’interrogent sur sa possible culpabilité, Andersen compris. C’est alors qu’il commence à recevoir d’étranges messages.

Dans un premier roman où les indices prennent la forme de charades, Morgan Audic tisse un jeu de faux-semblants, de trompe-l’oeil et de chausse-trappes.

D’ailleurs, les personnages du conte de Lewis Carrol prennent vie dans ce roman aussi fascinant qu’un conte pour enfants diaboliques. Les références à Alice au pays des merveilles sont nombreuses tout au long de notre lecture. Et l’univers onirique et délirant de ce conte sont pour beaucoup dans la construction de cette intrigue mené avec brio par notre auteur. Une intrigue magistrale qui m’a totalement bluffée, surprise, enthousiasmé et qui ne sera élucidée qu’à la tout fin du roman. C’est somptueusement amené, j’en suis encore bouleversée.

Et puis au delà de l’intrigue, ce roman recèle une réelle profondeur. C’est une tragédie qui se déroule sous nos yeux. Une dramaturgie noire et oppressante.

Et que dire des personnages !

Bien sur il y a Christian Andersen, victime ou bourreau que tout accuse. Mais il y a aussi Diane Kellerman, femme forte et fragile à la fois, totalement imprévisible qui dans une folle course à la vérité. Et puis il y a l’ombre de ce Marionnettiste qui la hante. Ce tueur en série insaisissable et qui lui aussi à tout du coupable idéal.

L’auteur nous entraîne dans ces enquêtes menés simultanément par un avocat, Christian, une ex-flic borderline, Diane mais aussi par la brigade criminelle où chacun va croire détenir la vérité ou du moins sa propre vérité.

Avec ces enquêtes, Morgan Audic nous bouscule et nous manipule, il nous sert un roman d’une originalité peu commune et nous transporte au delà des apparence telle Alice dans son royaume peuplé d’illusions.

Attention coup de coeur pour ce nouvel auteur à découvrir sans plus tarder. Tic Tac, Tic Tac, Tic Tac…

Nos Seriales Lectrices sont géniales


Nos Seriales lectrices sont géniales, la preuve.

Vous avez été nombreuse à participer au dernier jeu-concours sur ce blog. Vous êtes ainsi devenues les premières Sériales Lectrices de ce blog

Et trois d’entre vous en pu remporter quelques bouquins que j’avais mis en jeu.

Alors ,

Merci Mélie pour ces quelques mots en retour

sl

« Un énorme merci à Collectif Polar : Chronique de Nuit et à Geneviève pour les livres gagnés lors de son dernier concours 😀 Celui de René Manzor je le voulais tellement, merci merci <3″

 

Et si une preuve ne suffisait pas, en voici une deuxième.
Merci Louise Canal, pour le beau portrait de lectrice que tu nous as offert !

« Colis reçu : Merci à Geneviève Van Landuyt ! Je suis ravie d avoir participé à ces portraits de lectrices, et j’ai apprécié de découvrir de jolies personnalités !
Je vous invite à découvrir le blog Collectif polar (je n’arrive pas à citer la page !)
Ps : hâte de découvrir Valentin Musso ! 😉 »

sl

Et puis il y a Lucie qui gentiment présenté ses livres reçus :

« Livres gagnés grâce à Collectif Polar : chronique de nuit! Merci beaucoup Geneviève! 😊😊 Vous connaissez? Des conseils? 😉« 

sla

Voilà, visiblement c’est simple et ça fait plaisir de gagner des bouquins sur Collectif Polar.

Vous aussi vous pouvez dès maintenant tenter votre chance.

Et oui, hier je lançais un petit concours autour de Treize à Table.

D’ailleurs c’est ICI Treize à Table le jeu

L’an dernier 3 exemplaire de treize à table ont trouvé leur place dans PAL.

Le premier est parti pour le Canada rejoindre Julie, le deuxième à rejoint Chantal en Belgique et le dernier c’est Marie Jo qui l’a reçu.

Et voilà ce qu’elle en dit

« 13 à table gagné au petit concours de Noël 😉 Merci et Tous mes voeux à tous pour la nouvelle année. 🎭🎀🎉🎊🎉🎊🎉📚🎄 »

sl

Donc si vous aussi, vous voulez Treize à table sous votre sapin pour lire une nouvelle chaques jours, durant vos fêtes de fin d’année, vous avez 8 jour et jusqu’au 11 décembre minuit pour répondre à 7 petites questions

 

Et c’est ICI Treize à Table le jeu

Allez, belle journée à vous !

13 à Table, 2017 : Le jeu


13 à table le jeu

Hello, chose promise, chose…


Comme l’an dernier…Voici donc, en cette période d’avant Noël, un petit jeu concours afin de gagner trois ou quatre exemplaires de la dernière édition 2017 de 13 à Table.

téléchargement (12)Les éditions Pocket renouvellent l’opération « 13 à table », qui a permis aux Restos du coeur, l’année dernière, de distribuer plus de 1 500 000 repas supplémentaires.
Pour la troisième année consécutive, Pocket et quelques auteurs prestigieux s’engagent aux côtés des RESTOS DU CŒUR !
13-a-tableC’est une opération exceptionnelle qui a réussi à mobiliser l’ensemble de la chaîne du livre. De l’écriture, jusqu’à la fabrication, l’édition et la distribution des auteurs aux imprimeurs, aux maquettistes en passant par les libraires, tous ont travaillé gratuitement pour proposer un projet entièrement bénévole  dont les profits seront reversés à cette association. Le but est d’atteindre  au minimum 300 000 exemplaires vendus et ainsi distribuer 1,2 million de repas. Pour qu’1 livre acheté = 4 repas distribués. Le livre est vendu 5 euros.

 

5€ c’est un tout petit geste, mais pour certains 5€ c’est déjà une somme.

Alors pour vous faire vous aussi participer à cette opération extraordinaire et en plus passer un super moment de lecture, je vous propose de jouer avec nous afin de gagner le dernier 13 à table.

Pour cela il vous faudra:

  1. être abonné à ce blog ou suivre la page Facebook de Collectif Polar : Chronique de nuit

  2.  répondre à quelques questions.

  3. Et envoyer vos réponses avant le 11 décembre minuit à l’adresse mail suivante :

collectif.polar@gmail.com

Des questions sur cette opération forcément, mais aussi des questions sur notre blog. ne vous inquiétez pas, rien de bien compliqué, il faut juste être un peu curieux. Seuls ceux et celles qui auront les bonnes réponses seront tiré au sort. C’est ainsi que je déterminerais les gagnants.

Alors bonne chance à vous.

Et bien sur, si comme moi, vous avez un job, et même si vous avez un petit salaire et que vous m’êtes pas trop dans la misère, vous pouvez aussi acheter ce titre : 13 à tables, c’est vraiment un geste citoyen.

Place au jeu.13 à Table

Question 1 : Combien d’auteurs participe cette année à l’opération?

Question 2 : Combien étaient-ils l’an dernier ?

Question 3 : Y-a-t’il des auteurs communs au trois volumes ? Si oui qui sont-ils ?

Question 4 : Quel est le thème imposé pour la nouvelle de cette année?

Question 5 : Quel était le thème de la nouvelle de l’an dernier ?

Questions subsidiaires : 

6 : Quels sont les auteurs qui ont participé à ces recueils de nouvelles et qui ont été chroniqués sur ce blog.

7 : Combien y a t-il d’abonnée à la page Facebook de notre blog !

Voilà à vous de jouer maintenant pour gagner un de ces trois ou quatre recueils .

Et avec un peu de chance il sera sous votre sapin pour Noël !

13 à table !


13-a-tableLe livre : 13 à table ! 2017 : les Restos du coeur. Paru le 3 novembre 2016 chez Pocket. 5€ ;  (288 p.) ; 18 x 11 cm.

13 à table ! sont des recueils de nouvelles publiés à partir de 2014 au profit des Restos du Cœur.

13atable_Restosducoeur_Pocket1507-1En 2014, les éditions Pocket s’associent avec toute la chaîne du livre afin de proposer un ouvrage publié au profit des Restaurants du Cœur. Le projet est entièrement bénévole. Sur la couverture du livre, on peut alors lire « 1 livre acheté = 3 repas distribués », précisant les bénéfices reversés à l’association. Le premier opus est publié le 6 novembre 2014. Il aurait permis de distribuer près de 1 400 000 repas, soit plus que l’objectif initial d’un million de repas.

En 2015, l’opération est reconduite. Cette fois, sur la couverture du livre on peut lire « 1 livre acheté = 4 repas distribués ». Le livre sort le 5 novembre 2015 . Il a permis aux Restos du coeur, de distribuer plus de 2 000 000 repas supplémentaires.

Cette année encore, les éditions Pocket et toute la chaîne du livre, de l’écriture, jusqu’à la fabrication, l’édition et la distribution, , des auteurs aux imprimeurs en passant par les libraires et les maquettistes  tous se sont associés dans cette opération totalement bénévole et altruiste, il est bon de le rappeler. Le but est d’atteindre 300 000 exemplaires vendus et ainsi distribuer au moins 1,2 million de repas.

Cette année, ils font encore plus fort, puisque c’est non plus 12 nouvelles mais 13 que vous pourrez lire pour seulement 5€

Les années précédente , les thème étaient : En 2014 « Le repas » et en 2015 : « la fratrie ».

Cette année …

Les plus grands auteurs de la littérature contemporaine ont pris leur plus belle plume pour la troisième année consécutive afin de vous concocter un délicieux recueil de nouvelles autour d’un thème : l’anniversaire.

Françoise Bourdin – Maxime Chattam- François d’Epenoux – Caryl Férey -Karine Giébel – Alexandra Lapierre -Agnès Ledig – Marc Levy -Agnès Martin-Lugand – Bernard Minier -Romain Puértolas – Yann Quéffelec -Franck Thilliez
Des anniversaires déclinés à tous les temps :
Le joyeux, le sinistre, le raté, celui qui finit dans les larmes ou le sang, l’apothéose de la fête et les éclats de rire, tout y est, comme dans la vie.

Treize bougies à souffler sans modération.

Au résultat, on apprécie l’originalité des moyens narratifs mis en place par les écrivains pour traiter du sujet. Évitant de transformer l’exercice de style en écriture scolaire sous contrainte, les Romain Puertolas, Michel Bussi et autre Caryl Ferey nous livrent, pour la bonne cause, un bel éventail de leurs talents respectifs.

A noter la couverture de Jean-Charles de Castelbajac. Une petite participation du monde de la mode à ce projet solidaire ?

Alors franchement pour 5 euros, même si je sais que pour certains c’est une sommes, ça vaut le coup de s’engager, non ?

Alors c’est bientôt Noël, pensez à glisser ce petit bouquins dans vos cadeaux pour vos proches et à votre bon coeur messieurs dames

 Ah oui, j’oubliais, 5€ c’est pour certain une somme… Alors si vous aussi vous voulez participer et que vous n’en avez pas les moyens, je vous propose de gagner 3 de ces recueils de nouvelles que j’ai achetés pour vous.

Vous l’avez deviné,comme l’an dernier, je vous prépare un petit jeu concours….

Et c’est là 13 à table le jeu

A suivre donc.

Et si vous voulez faire un don c’est possible :

téléchargement (12)L’association, créée en 1985 par Coluche, a pour but « d’aider et d’apporter assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à des repas gratuits et par la participation à leur insertion sociale et économique ».

L’année dernière 130 millions de repas ont été distribués à plus de 1 million de personnes, et ces chiffres croissent d’année en année. Tout cela n’est possible que grâce à l’action de 67 600 bénévoles.

www.restosducoeur.org

Décembre chez Collectif Polar


decembre

En décembre chez Collectif Polar, nous allons peut-être mettre la pédale douce. Mais j’ai bien dit peut-être.

Car même si j’ai un nouvel apéro polar à préparer et que je  le veux mémorable.

Même si j’ai un plus de mal à lire actuellement, un peu moins de temps pour faire quelques chroniques.

Même si, vous aussi,  vous serez sans doute moins là, comme moi, pour préparer vos fêtes, acheter vos cadeaux,  pour gâter les vôtres.

Même si tout cela est énormément chronophage.

Décembre sur Collectif Polar vous réserve de belles surprises.

Un petits concours pour débuter le mois.

Nous devrions être plus de treize à table. Au moins 3 ou 4 fois treize

La rencontre d’une nouvelle Seriale Lectrice et quelle rencontre.

La suite de ma conversation avec notre bibliothécaire de choc qu’est Perrine.

D’ailleurs vous pouvez retrouver notre petit papotage entre ICI

Des nouvelles découvertes forcément, des premiers romans, des premiers polars.

Des Chroniques de Lecteurs.

Des chroniques de bibliothécaires

Un café littéraire spécial polar

Des nouvelles du Trophée Anonim’us forcément

Un tag aussi

Peut-être même quelques nouvelles Dames du Noir….Enfin ça nous verrons, je verrai !

Bref Décembre chez Collectif Polar devez malgré tout être copieux.

Pas certaine, du coup,qu’il y est une trêve des confiseurs.

Alors beau mois de décembre à vous aussi.

Et que le rideau se lève !

deca

Trophée Anonym’us : Valérie Allam sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 22 novembre 2016

Valérie Allam sous le feu des questions

Les questions du Boss.

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?
  • L’écriture est jubilatoire. La souffrance vient surtout du manque de temps et de liberté pour écrire.
2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?
  • L’excitation de mener la danse.
3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?
  • Pourquoi pas, si les gens sont heureux comme ça ? A chacun d’y trouver son compte.
4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?
  • Je suis une lectrice sur papier pour ma part, mais j’écris aussi pour des formats numériques chez Ska. Cette évolution vers le numérique est inéluctable : il y a moins de poussière sur une liseuse que sur une bibliothèque.
5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?
  • Assez peu et sûrement pas assez. Mais j’aime bien me tenir informée par ce biais des nouveautés dans le domaine de l’écrit.
6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?
  • Ne pas attendre les réponses devant la boîte aux lettres, continuer à écrire et cultiver l’auto-dérision.
7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.
  • Non, je n’ai pas ce genre de relation. Mais, qu’on se le dise, je serais consentante…
8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?
  • Les femmes sont davantage présentes en littérature tout court, comme dans de nombreux domaines dans notre société. Pour ce qui est du polar, homme ou femme, nous baignons tous dans une certaine culture du noir qu’on le veuille ou non, à travers les films, séries ou livres, mais également par le biais d’une actualité où le fait divers est bien plus relayé qu’il y a 15 ans. Les femmes auteurs y apportent sans doute une autre sensibilité, évidente et nécessaire puisque nous constituons la moitié de l’humanité.
9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?
  • Je suis joueuse…

 

Les questions de Mme Louloute.

 

 1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • C’est une lutte incessante de se ménager du temps pour l’écriture.
2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?
  • Moi, je jubile en général, parce que contrairement à eux, je sais ce qui va leur arriver ensuite.
3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?
  • …au pilon, bien souvent !
4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.
  • Il y en a beaucoup trop dans mes placards, c’est le bazar, si je t’en sors un, la seconde suivante, cinquante te dégringolent sur la tête. Respectons l’équilibre précaire des choses, stp…
5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?
  • Oui. Je bois après…
6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.
  • Le cinéma, les soirées entre amis, le jazz, le rock et le soleil…
7- Lire aide à vivre. Et écrire ?
  • C’est manier les commandes, prendre le pouvoir, être en maîtrise. C’est excitant.
8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?
  • Une journaliste se penche vers le père de mes enfants qui attendait en retrait la fin de ma lecture, et lui chuchote « Pas facile d’être le mari de…, hein ? ». Certaines personnes sont restées au siècle dernier.
Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.
  • Merci à vous !

Trophée Anonym’us , Nouvelle 12/27 : Entonnoir – Un costume à farcir de sa viande


vendredi 25 novembre 2016

Nouvelle anonyme N°12 : Entonnoir – Un costume à farcir de sa viande

 
–> Télécharger en pdf
–> Télécharger en epub

Voilà, la douzième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

 Il en reste 15 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

5 h 20 : débit

Lambert conduit vite et par à-coups. Les pneus crissent sans raison sinon celle de passer le sang, le temps chaud de ce petit con. À la place du mort, le brigadier-chef Terazzi joue les blasés. Il se bricole une gueule mais tu lui flaires un torchis qui résiste mal au feu. La conversation roule comme la 407 banalisée, tressautant sur le foot, le cul, les racailles. La nuit a été calme. Lambert est déçu. Il propose une descente à Clichy. Terazzi regarde son portable. Trop tard. Au bercail, l’agité du brassard. Et puis la radio crachote une dernière broutille. Une viande saoule sème sa zone, rue Maravelias. Un simple crochet, supplie Lambert. Terazzi hésite. Il pleut. C’est vraiment une nuit pourrie qui se tire sans regret.

Ils ne te consultent pas. Ils font leur popote. Toi, tu viens de débarquer à la Bac 75N. Tu es un bleu dans la nuit parisienne malgré ton passé. D’ailleurs, ce passé t’isole davantage encore. Tu les rends nerveux. Terazzi colle le gyrophare sur le toit et la bagnole file en hurlant sur 2 tons. Tu te crispes. Tu supportes difficilement les décibels qui trempent dans les aigus. Le toubib t’avait dit que cette intolérance s’atténuerait avec le temps. Ça fait un peu plus de 4 ans aujourd’hui.

4 ans… Dhalk, Afghanistan. Dans ce village, il y a un passage étroit entre 2 murs privés de toute mesure sous la mitraille crachée par les hélicos de combat. C’est là que tu as appris à progresser aussi lentement que tu percutes vite. C’est aussi là que les mots sont morts en toi, brisés sur les cailloux avides. Il faut voir à quelle vitesse disparaissent le sang et l’oraison, pompés par la caillasse en poudre.

Lambert pile, claquant tes songes au mortier contre le dossier de son fauteuil. Lui et Terazzi sortent de la bagnole dans un même mouvement bien rodé. C’est le balai du caporalisme en fer et en bosses. Tu les suis moins pour faire ton job que pour les empêcher de merder.

« Tes papiers, pétasse ! » hurle Lambert.

La pétasse en question a la vingtaine ivre et les yeux débordant d’éclats dans le désordre de ses traits fins. Son manteau trop grand pour elle ruisselle de pluie, de larmes. Tu te dis qu’elle n’a probablement jamais été aussi belle que dans cet état de fragilité intense. Tu as envie de la serrer contre toi, de lui caresser la joue, comme le faisait ton père lorsque tu étais gamin et qu’un chagrin emportait l’instant. Tu voudrais la ramener chez elle, lui préparer un thé en lui parlant doucement. C’est ici que tu quittes la scène. La parole, tu ne l’as plus. Elle est restée prisonnière des montagnes afghanes. Alors d’instinct, tu te places derrière Lambert. « Tes papiers, putain ! Lambert salive. La faiblesse excite les caniches.

— Lâchez-moi, je…

— Ferme ta gueule !

— Lâchez-moi ! »

La jeune fille, complètement défoncée, se débat mollement, trébuche sur les pans de son vaste manteau et tombe au sol. Tu retiens la main de Lambert qui vient de saisir un tonfa. Il te regarde une demi-seconde et baisse les yeux. Pas besoin de métronome pour mater les clébards. Terazzi t’a vu faire. Lui aussi détourne les yeux. Il cherche une solution dans la virgule de ses sneakers. Il gueule soudain comme on se recroqueville avant un choc : « OK, les gars, on ramasse ça et on rentre ».

La petite geint près de toi, sur la banquette de la bagnole qui fend la nuit finissante. À l’avant, Lambert et Terazzi dissimulent leur désarroi sous un carnaval épais de componction policière. Ils savent que tu sais qu’ils savent leur infirmité faite de bassesse, de bêtise et de fanfaronnade. Lorsque tes lèvres se détachent l’une de l’autre, tu entends le craquement du mutisme. « Pourquoi tu pleures ? La petite cesse de renifler. Elle lève les yeux vers toi. Quelque chose bouge dans la brume derrière sa frange.

— Je… Je l’ai perdu. Je voulais le revoir. Pour… Y’avait que Ian… Et il m’a tourné le ventre. Il n’aurait pas dû, je… Je vais crever, plus rien à fout’ de rien.

— Tu sais, moi aussi j’ai connu ça. Cette espèce de lueur qu’on aperçoit parfois dans la mort quand on est au bout du désespoir. Tu veux que je te raconte ?

— …

— Tu veux ?

— Ou… oui.

La première fois, ça fait tout drôle d’empoigner les tripes d’un pote pour les rendre à son bide. J’étais terrifié, actif étrangement. J’ai pris le paquet à pleines mains et l’ai fourré un peu au hasard. Ça manque de savoir-vivre mais j’étais au bord et si je n’avais rien fait, j’aurais égaré ma raison. Mon pote, je n’ai même pas remarqué quand il a cessé de gueuler. Les balles sifflaient tout près parce que j’étais à découvert mais, putain, je poussais sur son ventre d’une main et tâtonnais de l’autre dans mes poches pour trouver la morphine. On l’appelait Magnum à cause de sa moustache et de ses grandes guiboles velues. Il avait 22 ans, un mec en or. C’était mon pote. Ils sont venus nombreux pour me dégager de là. À cet instant précis, j’aurais voulu mourir ».

La bagnole a bien ralenti. Lambert prend le premier et seul virage décent de la nuit pour se garer devant le commissariat. Toi, tu te dis que tu vas rédiger ta lettre de démission, et fermer ta gueule pour de bon.

5 h : reflux

T’es salement défaite sous la pluie glaçante. Les candélabres parisiens te soudent un profil à endeuiller les morts. Une flaque de pisse serait plus fraîche.

Tu titubes devant la façade de son immeuble, rue Maravelias. Les volets du 2ème étage sont clos. Tu le sais, c’est toi qui les as fermés tout à l’heure, dans un geste absurde dicté par la panique. L’alcool t’aide à ménager des volumes de vide entre 2 marées chagrines. Un truc d’abrutie pour ne pas sombrer. Mais tu es moins une abrutie qu’une rêveuse flippée comme la jugulaire frappant le fil d’une larme. Alors tu reviens et te repasses le film, histoire de reprendre pied. Tous ces bons moments que tu as poissés… Dans le sillage faisandé d’un camion poubelle qui passe, tu entends Catherine Ringer faire grincer ses histoires d’amour.

Ça a duré 2 ans, sous les draps d’un bonheur hérissé de ce plaisir d’être avec Ian et se savoir heureux ensemble, tout simplement. Or flotter n’est pas dans l’ordre des choses. Le divin n’apparaît que pour mieux se dérober et laisser prisonnier de la pire des chutes, celle du cœur. Pour couronner tes blondeurs, c’est incontestablement toi la tarée. Une tarée qui germa peu à peu sur le sel rance de votre vie commune. Car insidieusement, le souffle de Ian te devint insupportable. Le grain de sa peau, sa façon d’attendre connement, debout devant la cafetière… Et ce bruit qu’il faisait en mastiquant. Un bruit mouillé qui jour après jour, emplissait de charbon tes veines d’estropiée de l’existence.

On peut dire que tu as bien merdé.

Il l’a senti vite, ton raidissement d’usure. Il a tout imaginé, tout tenté pour réduire l’ignoble salope que tu étais devenue, irritable, dédaigneuse, mordante par petites touches amères. Il aurait donné beaucoup pour retrouver la fille qu’il aimait. Mais plus il s’acharnait, plus sa présence te bouffait l’humeur. Tu ne voyais dans son regard qu’une incompréhension craintive et ta lassitude, confusément. Une lassitude mal fagotée, inexprimable et venimeuse, qui vous rendait malheureux.

Tu as laissé les choses se dégrader. Et au moment où Ian a choisi de rompre, tu t’es mise à baliser, trop tard. Il t’a jetée. C’est la blonde qui sent le pourri maintenant. Regarde-toi dans ce manteau souillé. Qu’est-ce que tu fais ? Tu vas rester dans la rue ? Tu es dégueulasse, trempée, grelottante. Tu pues la mort. Tu comptes remonter cette pente comme on guérit d’un rhume ? T’as vu la Vierge ? La vie n’est pas tendre avec ceux qui ne prennent que les sentiers de l’instinct. Remue-toi ! Affronte le vide, emboîte-le et passe à autre chose. Qu’est-ce qu’elle fait ? Qu’est-ce… Oh putain elle va sonner à l’interphone. Reviens petite conne ! Ian, il ne te répondra jamais plus. Alors remballe ton courage de poivrote. Reviens, je te dis !

— « Iaaannn ! Ccc’est moi. Je… Égoutte, je… Je sais que tu ne peux plus m’entendre. J’ai été une mmmerde avec toi. J’le sais et j’m’en veux. Teeeeellement… Je ne sais pas comment… zzze te demande de me pardonner… IAAAANNN !». Une fenêtre s’ouvre au 3ème étage : « C’est pas bientôt fini c’bordel ?!

— Mon attitude… MON ATTTTITUDE ! C’était pas… JE T’AIME ! De toute façon, zze reste là… Zzze bouze pas…

— Mademoiselle, il ne faut pas rester là. Mon mari vient d’appeler la police. Partez…

— Zzze bouze pas, CONNNNNASSSE du 3ème ! Jamais pu te blairer, toi.

— Mademoiselle… Oh, quelle pitié !

— Ian, ze veux t’esspliquer… pourquoi z’ai… Pourquoi ? Pardonne-moi, Ian. IAN, SAUVE-MOI ! »

 Le gyrophare fait son petit effet dans la nuit urbaine. C’est fascinant de voir tout ce bleu mutin chatouiller le goudron mouillé. Tu es tellement occupée à débiter tes conneries dans l’interphone que tu ne profites pas de ce miracle de la Bac. Ils sont 3, en fin de service et sans doute agacés de devoir se fader une étudiante à la dérive. « Tes papiers, putain !

— Lâchez-moi, je…

— Ferme ta gueule !

— Lâchez-moi !

OK, les gars, on ramasse ça et on rentre ».

5 h 53 : reprise du débit

 

La bagnole a bien ralenti. Lambert prend le premier et seul virage décent de la nuit pour se garer devant le commissariat. Point mort pour tout le monde. Ton petit propos sur la tripe de Magnum a fait courant d’air, fixe ! Le cliquetis du trousseau accroché au contact marque les temps de cette étrange suspension des masques. La petite étudiante ne pleure plus et tes collègues tentent de retrouver leurs esprits dans la façade grise du commissariat. Il y a en cet instant une espèce de communion, un pic collectif de lucidité portant chacun hors de son sketch. Terazzi s’ébroue soudain et ouvre la portière d’un violent coup d’épaule, un peu comme on se défait d’une lune incandescente.

Terazzi et Lambert évacuent le déséquilibre en parlant fort. Ils laissent les flingues tomber de haut dans le tiroir métallique de leur bureau. Ils savent bien qu’ils viennent de vivre un malaise. Mais pour rien au monde ils n’iraient s’enivrer d’une telle eau. Alors ils exagèrent leur poids pour s’embourber à nouveau au fond des certitudes faciles, l’aplomb singé comme Stallone fait son volume à plat sur les murs du commissariat.

Un jeune flic confisque les effets de la petite. Il ne fait pas de zèle, tant elle paraît épuisée, comme étrangère au monde. Elle serre son grand manteau imbibé contre elle et il n’a pas le cœur de l’emmerder. Elle semble si fragile. Que fait-elle en cellule ?

Tu la vois s’allonger sur le banc poisseux. Elle s’endort, son corps frêle emmitouflé dans cet immense manteau. Elle se réveillera demain nauséeuse, la nuque endolorie, honteuse électriquement. Nul doute qu’elle saura tirer de cet inconfort quelque chose de l’ordre du sursaut vital, le bon vieux coup de pied au cul du bas-fond, histoire de se refaire la face. Cette fille n’a jamais rien vécu, te dis-tu. Elle a la tête de ceux qui souffrent de ne pas savoir se frotter aux écailles de leurs rêves. Une souffrance comme une autre, absurde et vaine. Car selon toi, peu importe l’intensité supposée de l’expérience, que l’on se fasse trancher la main, que l’on rate le bus ou qu’un chagrin d’amour frappe : il y a en chacun de nous cette réserve enfouie de dégoût et de glace qui piaffe, ravageant à l’unisson les enfants du fossé comme ceux des châteaux. Tu prétends même que ces derniers seraient les moins bien lotis, parce qu’ils n’ont pas de misère concrète sur laquelle appuyer leur désarroi. Ils gèrent le lot commun de l’existence avec des délicatesses de dentellières recluses derrière les vitrines sociétales, la mort fardée pour un soleil en carton sous une pluie d’anxiété. Ils sont éprouvés sans objet ou si peu. Tu mesures la taille de son objet à la petite : une séparation, une sale cuite et une nuit en cellule de dégrisement. Pourtant, son visage est marqué comme si la mort elle-même était venue souffler sur ses paupières.

Tu sursautes… La mort vient chaque jour souffler sur nos paupières. Ici, les gens se croquent à pleines dents pour l’amadouer. Et puis ils s’arrachent les cheveux pour en mitonner davantage, encore et encore. Ils sont à côté, au bord de la vie, dans une coursive artificielle. Il y a toujours une déco, un rôle à jouer pour déjouer le glas, un costume à farcir de sa viande.

Et toi, t’es d’où ? Tu rêves d’un paysage figé, un lac sous un ciel gris, le temps aboli dans un instant serein qui se suffit à lui-même et se répète sans esbroufe. Au fond, il n’y a pas d’ici car il n’y a pas d’ailleurs. Toi aussi, tu cherches le bon costume à farcir de ta viande. On en est tous là.

Tu repasses par le bureau pour déposer ton arme. Lambert s’approche de toi. Il te dit avec un calme inhabituel que les pompiers viennent de découvrir un truc crade, rue Maravelias, la rue où vous avez ramassé la petite. Terazzi confirme que c’est pour vous. Il n’y a pas de relève dans l’immédiat. Vous rempilez.

5 h 13 : dégorgement

 Il te rend nerveux, le vétéran. C’est une mixture qui te corrode le mou quand tu vois sa grande silhouette bouffer tout l’espace. Un affreux brouet fait de honte, de peur et de colère. Il ne regarde pas les gens, cet enfoiré. Il les braque. Il les braque à plonger la tête dans sa propre merde pour fuir ses prunelles brûlantes. Plonger dedans et prier pour que ça passe. Il est là depuis 15 jours et tu sais déjà que c’est mort. Il y a quelques années, tu te serais moins démonté. Aujourd’hui… son silence pèse. Cette nuit, il n’a pas décroché 1 mot. Le commissaire te l’a mis dans les pattes un matin, au débotté. Tu es incapable de gérer ce mec. Dans le fond, tu regrettes ta promo. T’étais peinard comme brigadier. Heureusement, il y a le petit Lambert. Tu l’aimes bien Lambert. Il n’a rien d’obscur. Tout est là, simple, cash. Tu n’as pas à chercher bien loin dans ta mémoire pour te retrouver en lui. Le stade, les filles… Lambert, c’est un territoire connu. Tu lui refiles des tuyaux, genre briscard qui déniaise la bleusaille avec la rudesse des grandes pudeurs, quelque chose de ce tonneau. Ton téléphone vibre. C’est ta femme. Elle est enceinte de 6 mois. Il y a peut-être aussi de ça dans le merdier que tu as en tête. Hier, le banquier t’a appelé pour te dire que ça passait sur 30 ans. C’est un petit T3 à 2 pas du RER. Ça te fait penser que tu as oublié de contacter le plombier. Il faut refaire la cuisine. Rien de bien méchant mais quand on tire sur la corde de son salaire, tout a de l’importance. Ta femme est sur le site de Casto non-stop. On t’avait prévenu que les femmes enceintes réclamaient des fraises. La tienne les veut en acier pour te coller des heures de bricolage. Ton téléphone vibre à nouveau. Elle n’a peut-être pas encore intégré le fait que les horaires d’un flic sont merdiques. Tu te demandes ce qu’elle fout debout à 5 h 30 du mat’. Tu lui textes que tu ne devrais pas tarder. À moins que… Lambert fait chier. Il veut répondre à un dernier appel. Tu l’as déjà privé d’une ultime virée à Clichy-sous-Bois, alors… Putain, c’est une viande saoule, rue Maravelias. Tu allumes le gyro.

Le poivrot est une poivrote. Une gamine, genre étudiante. Lambert s’énerve. C’est un bon gars mais il est sanguin. C’est de son âge. La gamine est à chier, franchement. Elle est enveloppée dans une espèce de grand manteau qui ne ressemble à rien. Elle gueule des conneries d’une voix pâteuse. Elle pue la vinasse. Et puis elle a aussi sur elle une odeur bizarre. Un truc âcre, malsain. Elle se casse la gueule. Tu penses au ventre de ta femme. Tu supplies le Dieu de la chatte de te donner un garçon. D’un coup, ça part un peu… Le vétéran et ses yeux à la merde s’abattent sur Lambert qui a sorti le tonfa, ce con. Lambert recule. Voilà, c’est fini. Tu ramasses la gamine et lui passes les pinces. Rideau. Il est temps que cette nuit s’achève.

5 h 43 : débit contrarié

Elle ne te revient pas, l’étudiante, avec ses petits airs de Sorbonne trash et son grand manteau qui pue. Ça renifle la picole, et puis il y a aussi ce truc doucereux sous le gaz pochtron. La bagnole en est infestée. Ces putains de bourgeois s’arrangent toujours pour sophistiquer leur débine. C’est pas de la friture, c’est de la sole avariée. Une question de raffinement dans l’approche du caniveau. Mais cette petite radasse, elle te paraît louche au-delà du cahier des charges. Elle te dérange. Terazzi a rien capté, comme d’hab. Ce pauvre mec est sur la touche. C’est une erreur de casting. Il te fait parfois son bad ass à la cool, l’affranchi qui passe son regard bienveillant sur les conneries du petit dernier… Tocard ! Il ne trompe que lui-même.

Tu entends chouiner la radasse sur la banquette arrière malgré la sirène qui déchire les carrefours. Tu appuies sur l’accélérateur. Tu appuies parce que tu n’arrives pas à mettre le doigt sur le trouble qu’elle provoque en toi. Il y a un truc qui ne colle pas.

Oh, putain ! Le vétéran lui cause d’une voix douce. Il est resté muet toute la nuit, et c’est bien le genre à se sortir Sœur Emmanuelle du cul au moment où tu t’y attends le moins. Lui non plus, tu ne le sens pas avec ses yeux d’allumé. Tu ne la ramènes pas parce que son gabarit est éloquent, qu’il n’en joue pas, et que cette combinaison annonce à coup sûr une branlée. Mais il a un putain de grain, c’est clair. Cet instinct avec les tarés, tu l’as eu très tôt. C’est le privilège d’avoir grandi dans un putain de quartier quand on s’appelle Lambert, que sa mère fait des ménages, que le daron s’est barré… Tu apprends très vite où tu apprends très vite. L’autre con de vétéran se la raconte avec ses souvenirs de guerre. Il n’est pas venu survivre dans une banlieue pourrie, étranglé entre le mépris des petites classes moyennes qui n’ont qu’une peur – tomber de leur pavillon – et la morgue brutale des Bronzés. T’en ferais bien une thèse de ton parcours, mais tu te rends compte que le vétéran parle depuis un moment. Tu n’as jamais entendu sa voix plus de 2 secondes, et là il bavasse. Sur un ton monotone, monocorde, mono tout ce que tu veux, il parle de tripes…

Goutte à goutte

 

6 h 15

Tu ne sais pas pourquoi, mais quand tu as entendu qu’il fallait retourner rue Maravelias, tu as éprouvé le besoin d’appeler ta femme. Elle n’a pas répondu. Alors tu as laissé un message idiot sur le répondeur. Une connerie à propos du plombier, de la cuisine à refaire. Tu avais besoin d’un truc tangible, un truc normal.

6 h 16

Tu ne sais pas pourquoi, mais quand tu as entendu qu’il fallait retourner rue Maravelias, tu as éprouvé le besoin de revoir l’étudiante. Alors tu t’es éclipsé dans un bureau vide du commissariat, le temps que Terazzi et le vétéran se décident à partir sans toi. Et puis tu as descendu les quelques marches qui mènent aux cellules.

6 h 36

L’appartement de la rue Maravelias pue la mort. Le jeune type est allongé sur le dos au milieu du salon. Son ventre est noir, ouvert comme sont ouverts les paquets des enfants à Noël. Les rabats de chair retombent de part et d’autre de la plaie monstrueuse. Tu penses à ta femme. Tu ne sens pas tes larmes couler. Tu n’entends pas le vétéran hurler. Tu ne le vois pas s’agiter dans tous les sens.

6 h 37

Tu les cherches. Tu cherches les boyaux partout dans le salon. Tu ne sortiras pas de cet appartement sans les avoir trouvés et remis à leur place. Terazzi reste planté là comme un con. Tu lui hurles de t’aider. Il faut… Il faut retrouver les intestins de ce pauvre mec, avant que les chacals du désert afghan n’arrivent pour les bouffer.

Ploc… 

Le menton de l’étudiante retombe sur sa poitrine. Autour de son cou suspendu aux barreaux du soupirail, une espèce de long boudin comprime ses chairs. Tu en vois une bonne longueur ceindre également sa taille entre les pans écartés de son manteau. Elle s’est pendue avec cette chose que tu es incapable de reconnaître. L’odeur est infecte. Ses pieds qui se balancent doucement dessinent sur le sol de la cellule une ombre mouvante en forme d’entonnoir. Tu entends le léger ploc que produit chaque seconde en y tombant pour emplir le monde de ténèbres.

Sans Raison de Mehdy Brunet


Les lectures de Marie No
medhyLe livre : Sans Raison de Mehdy Brunet. Paru le 28 avril 2015 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99 ; (269 p.) ;  18 x 11 cm

 

4 ème de Couv.

Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient. Je m’appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend. Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d’assister, impuissant, à la naissance d’un prédateur.

 

 

nfmbL’auteur : Né en 1974, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute Savoie, Genève, Ile de la Réunion, Lozère, La Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de Maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume. Avec Sans Raison … il signe un premier roman réussi, un thriller aussi dramatique que haletant.
Extrait :
(…) Il va droit au but : « Ce que tu t’apprêtes à faire va te mener sur un chemin dont tu ne pourras plus jamais revenir. Ta vie après cela ne sera plus jamais la même. »

cm16

Le résumé et l’avis de Marie Nöelle :

Josey Kowalsky et son fils William rentrent d’un match de foot lorsqu’ils découvrent leur maison dévastée, le chien pendu et égorgé dans le garage, sa femme enceinte et sa fille ont disparues. Sans raison. Il reçoit des vidéos lui montrant sa femme se faire violer et tabasser sous les yeux de sa fille. Elles seront retrouvées mortes quelques temps après. Sans raison. Face à l’insupportable, Josey Kowalsky va partir en guerre et traquer les ordures à l’origine de ce désastre avec son père.

Alors juste pour dire que j’ai un sérieux penchant pour les premiers romans, ça passe ou ça casse. Là, ça passe HAUT LA MAIN. Une traque de dingue où la fureur et la vengeance sont menées à une allure infernale tellement bien que tu ne peux pas t’arrêter comme ça ! c’est intense, rapide, prenant, époustouflant et terriblement efficace. 270 pages dont l’horreur débute au prologue, c’est dire ! On plonge de suite dans l’histoire et pas un moment de répit. Ce premier roman est classé Thriller mais bon j’ai quand même tendance à dire Noir malgré tout . En effet on bascule du meurtre sordide à la relation Père/Fils/Grand Père…Un nouveau mode d’écriture : du THRINOIR !?

J’en veux un peu aussi à Mehdy car j’ai descendu mon paquet de Chester plus que de raison….enfin SANS RAISON !

Je souhaite à M.Brunet un énorme succès pour la suite des aventures de Josey Kowalsky et, à mon avis, c’est bien parti.

The Ruler og Books Tag


tag Collectif polar

Puisque Mélie ou May Lee du blog The Love Book me croit la reine du polar je ne peux pas la décevoir, alors je vais répondre à ce Tag puisque je peux y parler bouquins !

the-ruler-of-books-tag

 

Le principe est simple : Imaginons que nous soyons roi/reine – dirigeant/e – président/e (ou ce que tu veux hein) de notre monde livresque et répondons aux questions suivantes.

 

# Article 1 – Quel livre fais-tu lire à tout le monde ?



mmrAlors si c’est un livre pour lequel je viens d’avoir un gros que dis-je un gigantesque, coup de coeur ce sera « Le garçon » de Marcus Malte. Il est entré dans mon Top Ten directement.

Le garçon n’a pas de nom et ne parle pas. Être quasi sauvage, il ne connaît du monde que sa mère et leur cabane. En 1908, il découvre les habitants d’un hameau, Brabek et Emma, puis la guerre, paroxysme de la folie des hommes.

Ma chronique sur Le Garçon ICI

reinesSinon pour rester dans le thème des roi et reine mais aussi pour faire échos à l’actualité je proposerai La reine des Pommes de Chester Himes  et tous le cycles d’Harlem.

 

reineCe volume contient : les huit romans du Cycle de Harlem, dont les inspecteurs Cercueil et Fossoyeur sont les héros :

¤ La Reine des pommes ¤ Il pleut des coups durs ¤ Couché dans le pain ¤ Tout pour plaire ¤ Imbroglio negro ¤ Ne nous énervons pas ¤ Retour en Afrique ¤ L’Aveugle au pistolet

« – C’est ici à Harlem, parmi les gens de couleur, que le taux de criminalité est le plus élevé au monde. Et il n’y a que trois façons de procéder : ou bien on fait payer les malfaiteurs – et ça, vous n’en voulez pas ; ou bien on paie les gens suffisamment pour qu’ils aient une vie décente – et ça, vous ne le ferez pas ; si bien qu’il ne reste qu’à les laisser se bouffer entre eux. »

Ainsi s’exprime l’inspecteur noir Jones, dit Fossoyeur, répondant à l’accusation du sergent Anderson, qui le soupçonne, lui et son collègue Ed Cercueil, d’avoir la gâchette un peu facile et une idée toute personnelle sur la manière de faire régner l’ordre à Harlem.

Le génie de Chester Himes, dans ces huit romans où la brutalité le dispute au pittoresque, est de saisir Harlem au moment critique où les Noirs, excédés par la ségrégation, les brimades de la police, la misère et les bas salaires, vont basculer… Gangsters, dealers, charlatans, prophètes, proxénètes et patrons du jeu tiennent en otage la population du ghetto sur laquelle s’abattent tous les fléaux. Cercueil et Fossoyeur, qui appartiennent corps et âme à Harlem, ont un pied dans chaque camp : celui des Blancs qui usent et abusent de la loi, celui des Noirs où les deux justiciers se servent de la loi pour protéger les Noirs d’eux-mêmes et les empêcher de « se bouffer entre eux ».

Romans attachants, délirants même, grâce à l’étonnant pittoresque de leurs personnages, leurs dialogues vrais et l’atmosphère réaliste qui nous fait pénétrer dans le monde fascinant d’Harlem.

 

# Article 2 – Qu’est-ce que tu supprimes dans l’univers des livres ?

Comme ça, je ne sais pas, mais je vais y réfléchir, promis !

Peut-être ferais-je en sorte que les librairies indépendantes soient mieux protégées par rapport aux grands groupes surpuissants qui peuvent proposer des avantages certains aux consommateurs comme par exemple les frais de port gratuit. Et oui pour Amazon, pour ne citer que ce site, nous ne sommes pas des lecteurs mais des consommateurs. Et en plus ils comptent sur nous pour conseiller les autres acheteurs potentiels en reprenant nos commentaires à leur compte. C’est nous, c’est vous qui jouer le rôle de libraire. Et pendant ce temps là, nous ne visitons plus les petites librairie et de vrai(e)s libraires passionné(e)s sont obligé(e)s de mettre la clé sous le porte. Et nos librairies ferment les unes après les autres.

Alors peut-être supprimerai-je cette inégalité commerciale !

 

# Article 3 – A quel auteur demandes-tu de t’écrire un livre ?

Rhoooo, m’écrire un livre, rien que pour moi ?  C’est trop d’honneur. Alors pourquoi pas les 4 évangélistes, après tout il n’en ont écrit qu’un est encore qu’une partie !

Comment ça je suis mégalo !

Sinon, si j’ai le choix, je dirai, une auteure de polar, j’ai quelques nom en tête. Je peux pas toutes les citer, enfin si je peux puisque je suis la reine. Alors disons, Laura Sadowki, Nathalie Hug, Elsa Marpeau, Maud Mayeras, Sandrine Collette, Sonja Delzongle, Johana Gustawsson, Indrid Desjours , Claire Favan, Maud Tabachnik, Barbara Abel, Nadine Monfils….

Et comme j’ai tout pouvoir et bien je demanderai à chacune d’elle de n’écrire un livre.

# Article 4 – Quel livre supprimes-tu de tes archives royales pour faire de la place ?

Même reine, je resterai bibliothécaire dans l’âme. Et une bibliothécaire bien sur ça choisi et achète des livres mais ça en supprime aussi. On pilonne ou on désherbe pour être plus politiquement correcte. Et je désherbe autant que j’achète.

Dans ma bibliothèque perso, à l’heure où je vous parle, je retirais volontier un livre que je n’ai pas aimé:

troisTrois de Sarah Lotz. Je ne suis as arrivé à rentrer dedans. Il avait pourtant vraiment tout pour me plaire.

Jeudi noir sur la planète. Ce jour-là, quatre avions de ligne s’écrasent aux quatre coins du globe. Troublante coïncidence, d’autant que sur trois des quatre sites de la catastrophe, les secouristes découvrent un rescapé. Chaque fois, il s’agit d’un enfant et chaque fois, sa survie tient du miracle.

La presse internationale s’empare de l’événement, il n’est bientôt plus question que des «Trois» et les spéculations à leur sujet vont bon train. Certains fanatiques religieux voient même en eux l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse, à ce détail près qu’ils devraient être quatre… Y aurait-il un autre survivant ?

Dans le même temps, les familles qui ont recueilli les enfants sont confrontées à des événements étranges. Alors, qui sont au juste ces enfants ? Et que veulent-ils ?

Je ne sais pas pourquoi mais la construction de ce bouquin m’a totalement perdue.

# Article 5 – A quel artiste/illustrateur de couverture demandes-tu de peindre une fresque pour toi ?

Je crois que je confirais la couverture à monsieur Philippe Jozelon. J’ai lu dernièrement un livre dont il a fait la couv. et celle-ci illustrait parfaitement ce récit d’outre-tombe.
Il s’agissait de Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris.

Elle est magnifique cette couverture, non ?

eris-copie-2-562x787

« Pour Karin Frémont, après deux ans de chômage, obtenir un nouvel emploi est comme un rêve. Et quel emploi ! Secrétaire de Harald Schöringen, un auteur à succès spécialiste du surnaturel retranché dans son appartement dominant Montmartre. Un véritable conte de fées… s’il n’était troublé par un cauchemar récurrent où Karin se voit arpenter une immense plaine malsaine où se dresse une muraille d’ébène…

La jeune femme découvre qu’un an plus tôt, un voisin de Schöringen a disparu sans laisser de traces. Y a-t-il un rapport avec cette légende de l’Homme Noir, un insaisissable esprit hantant le vieux Montmartre ? Avec les ombres que Karin sent s’amasser autour d’elle ? Et avec cet étrange bruit qui ne cesse de résonner dans les tréfonds de l’immeuble. Un tout petit grattement, entêtant, obsédant…Scriiitch, scriiitch… »

# Article 6 – Quel visage de personnage fais-tu représenter sur ta monnaie royale ?

Celui d’Hanah Baxter, la surprenante et atypique profileuse de Dust et Quand la neige danse.

 

9782207124413,0-2575725

 

9782207132845,0-3184173

Dans cet hiver polaire, quel esprit mauvais a imaginé d’échanger des petites filles contre des poupées ?

Février 2014, au nord de Chicago. La neige et le blizzard semblent avoir pétrifié la petite ville de Crystal Lake. Un matin, le médecin Joe Lasko reçoit un paquet. Y repose une magnifique poupée aux cheveux longs et roux, sosie de sa fille Lieserl disparue depuis plusieurs semaines. Comble de l’horreur : la poupée est vêtue exactement comme Lieserl le jour où elle s’est volatilisée.

Ce n’est pas tout. Depuis un mois, quatre fillettes ont été enlevées, et chacune des familles va recevoir une poupée. Joe, jeune divorcé, décide de mener sa propre enquête, aidé par une détective privée dont il était secrètement amoureux des années plus tôt. Conscients que l’affaire les dépasse, tous deux appellent à l’aide Hanah Baxter, la célèbre profileuse, et son inséparable pendule. Quelque part dans Crystal Lake, depuis très longtemps, quelqu’un s’en prend aux enfants. Les détient-il prisonnières ? Sont-elles encore en vie ?

# Article 7 – A quel livre décernes-tu le prix royal pour 2016 ?

Le Prix Royal 2016 est attribué ….tadam, roulement de tambour…. à

La trilogie W3

En effet si le dernier opus, Le calice jusqu’à la lie, est sortie le 1er avril de cette année. Et non ce n’est pas une blague que l’on vous ait faite, mais belle est bien la conclusion d’une extraordinaire saga sur plus de 2380 pages.

teléchargement 23

W3 : Le sourire des pendus

Lara Mendès, jeune chroniqueuse télé, enquête sur le marché du sexe et ses déviances. Elle disparaît sur un parking d’autoroute…Désemparés par la lenteur de l’enquête, ses proches reçoivent le soutien de Léon Castel, fondateur d’une association de victimes. Sa fille Sookie, policière hors norme, a enquêté sur une triple pendaison qui semble liée à cette affaire.

Qui a enlevé Lara ? Pourquoi ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits s’affichent depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Réseaux criminels ou tueurs isolés ?

Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié. Ils auront bientôt une voix : W3.

w3_2W3, Volume 2 : Le mal par le mal

Sous le choc de la découverte du responsable de sa séquestration, la journaliste Lara Mendès décide de se reconstruire loin du site d’info W3 fondé avec ses proches pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice.

Pendant que Léon Castel, l’activiste ingérable et porte-parole du site, poursuit ses actions coups de poings, une vague de meurtres violents cible des officiers de police partout en France.

Alors que tout semble mis en oeuvre pour étouffer l’affaire, la Web TV est convaincue de tenir sa nouvelle bombe médiatique.

Fragilisée par des tensions internes et de violentes pressions extérieures, l’équipe de W3 se retrouve bientôt plongée en plein chaos.

$$&$$$

Le calice jusqu’à la lie : W3, Volume 3

Les locaux du site d’info W3 ont été soufflés par une terrible explosion.

Qui est responsable de ce massacre ?

Ceux qui ont échappé à la mort vont très vite comprendre qu’ils ne sont pas sortis d’affaire.

Sur les décombres encore fumants de l’immeuble, les drames se nouent et les destins s’entrelacent une dernière fois.

La plus unie des familles peut-elle résister à tant d’horreur ?

Les meilleures choses ont une fin… pas les pires. Il faut boire le calice jusqu’à la lie.
téléchargement (22)Après le succès des deux premiers volumes de la série, dont le premier a été optionné pour la télévision, Jérôme Camut et Nathalie Hug clôturent la saga W3 sans laisser le moindre répit à leurs personnages. 

Mes avis sur :

W3 : Le sourire des pendus

W3, Volume 2 : Le mal par le mal

 W3, Volume 3 : Le calice jusqu’à la lie

 

 

 

 

Le chouchou du week-end : On se souvient du nom des assassins de Dominique Maisons


 chouchous-du-week-end
dmLe livre : On se souvient du nom des assassins de Dominique Maisons. Paru le 13 octobre 2016 à La Martinière. 22€ ; (518 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv :

Un thriller d’atmosphère envoûtant et sanglant.L’Aliéniste de Caleb Carr a trouvé son successeur.

Max Rochefort, dandy parisien et feuilletoniste à succès, croise le chemin de Giovanni Riva, jeune employé du journal Le Matin. L’excentrique Rochefort prend le jeune homme à son service dans son atelier d’écriture.

Mais la réalité rattrape les meilleurs scénarios issus de l’imagination de Max : lors d’une soirée mondaine, un cardinal est retrouvé mort, atrocement mutilé dans sa chambre d’hôtel. Sous pression politique, la Sûreté doit désigner un coupable rapidement. Pour sauver une jeune innocente accusée du crime, Max et Giovanni se lancent dans l’enquête… Entourés d’une ligue de gentlemen extraordinaires – l’écrivain Gaston Leroux, l’aéronaute Louis Paulhan, le psychologue Alfred Binet et bien d’autres -, ils seront conduits des splendeurs aux bas-fonds du Paris bouillonnant et amoral de 1909.

dmL’auteur : Dominique Maisons est né en 1971., éditeur de presse, passionné de cinéma, de littérature américaine et d’intrigues complexes. Il a reçu le Grand Prix VSD du Polar 2011 pour son thriller, Le Psychopompe (réédité par Pocket sous le titre Les Violeurs d’âme). Son précédent roman, Le Festin des fauves, a été sélectionné pour le Prix Polar 2016 de Cognac.
Extrait : 
(…) « Leroux répondit en riant à la saillie de Rochefort :
– Ce n’est tout de même pas ma faute si tu ne goûtes pas la compagnie des actrices et des danseuses, ce sont des loisirs d’honnête homme !
Puis, sur un ton moins enjoué, il ajouta :
– Tu sais, Max, cet Opéra et ton amitié sont les dernières choses qui me retiennent à Paris.
– Retourne donc quelques semaines sur la côte normande pour réfléchir. Ton envie d’arrêter le journalisme ne me plaît guère. La presse française a grand besoin de ta clairvoyance.
– Elle a besoin d’idéologues et de procureurs. Je suis las de ces pitreries sanglantes. J’ai de plus en plus envie d’aller chauffer ma carcasse de vieux chat sur les bords de la Méditerranée et de me contenter d’y écrire des romans, précisa Leroux en nous servant deux grands verres de vin blanc frais.
– Le Mystère de la chambre jaune que tu as écrit pour L’Illustration est une merveille, tu le sais, je te l’ai déjà dit. Mais avec un peu d’organisation, tu parviendrais à mener de front ces deux carrières, argumenta Rochefort.
– C’est-à-dire que je tiens à écrire mes textes moi-même, plaisanta Leroux avec un clin d’œil complice. »

Résumé et avis :

Voici un livre qui m’a totalement surprise.  Je m’explique.

J’ai découvert Dominique Maison en 2011 avec son premier roman, comme quelques-un de ses camarades de plume chez les Nouveaux Auteurs.  Je pense à Laurent Guillaume et Hervé Jourdin en 2009 ou Claire Favan, Jean Depreux, Valentin Musso, Samuel Delage et David Moitet en 2010 ou encore  François-Xavier Cerniac et Jacques Saussey  la même année que Dominique Maison. Toute une génération d’auteur qui depuis on fait leurs preuves.

Alors j’ai lu le premier roman de monsieur Maison. Et je dois dire que j’ai été soufflée par Le Psychopompe. Il faut dire que ce thriller machiavélique était marquant par son style. Dominique Maison a une façon d’écrire différente des auteurs classiques de thrillers. Et puis, comme pour ces petits camarades, j’ai lu les suivants. D’excellent thriller à nouveau, mais ce qui a retenu mon intention c’est que  son 3e livre ait été édité au éditions de la Martinière. Une maison d’édition surtout connue pour les beaux livres et les livres d’art, même si elle avait publié en 2012 une biographie d’Agatha Christie, en 2013 Le grand panorama de la littérature noire et en 2014 un livre sur Sherlock Holmes, La Martinière n’avait pas encore de collection roman policier. Et puis en 2015, voilà qu’apparaissent les premiers polars. Et comme souvent chez cet éditeur, l’exgigeance est de mise. Et les polars de Dominique Maison ne faut pas exception à la règle.

Mais revenons à notre bouquin.

dmMax Rochefort, auteur d’un feuilleton à succès dans un quotidien, est flanqué d’un assistant qui l’admire, Giovanni Riva. Ils seront tous deux mêlés à une sombre enquête suite au meurtre d’un cardinal et constitueront, au fil de leurs pérégrinations, une ligue de gentlemen extraordinaires.

Je disais donc que j’ai été surprise par ce roman.

En effet après trois excellents thriller, voici que l’auteur me propose un véritable roman policier. Vous savez, un polar à l’ancienne quoi. Façon, 19e siécle. Ou plutôt début du 20e. Un polar historique, rien de moins !

D’ailleurs c’est au début de ce XXe siècle naissant que notre auteur place son intrigue. Et il reconstitue avec minutie cette époque étonnante. Il nous plonge dans le ventre de Paris, cette ville lumière qui donne le tournis au monde entier. Le Paris de la Belle Epoque, des innovations techniques, de l’effervescence culturelle, de l’élégance de la Parisienne … Ce Paris dont la littérature et le cinéma n’ont cessé depuis de véhiculer l’image dans le monde entier.

Nous allons ainsi sillonner ce Paris de la belle époque, des grands boulevards, de l’opéra, des théâtres aux cafés concerts mais aussi faire un tour dans les catacombes ou du coté de Saint Anne.

On va voyager dans des voitures de luxe ou en montgolfière. Faire un tour en Bugati ou une course poursuite en dirigeable.

On va connaitre des meurtres sanguinaires et sanglants.

 Et, nous allons croiser de bien illustres personnes : l’éditeur Arthème Fayard, l’écrivain Gaston Leroux , l’aliéniste Alfred Binet, le pionnier de l’aviation Louis Paulhan…Mais aussi Aristide Briand et Guillaume Apollinaire, ou Célestin Hennion le père des brigades du Tigre… , le mage Aleister Crowley et le dramaturge André de Lorde

Nous allons assister à la constitution de la ligue des  gentlemen extraordinaires. Et suivre leurs aventures rocambolesques.

Ce polar est écrit à la façon des romans feuilletons de l’époque. Dominique Maisons c’est appliqué à faire revivre la langue des feuilletonistes tout en gardant un rythme très actuel. Et avec l’histoire qu’il nous propose, nous allons  vivre la plus exaltante des aventures.

Alors vous n’avez plus qu’à noter le titre de ce roman car croyez moi, toujours On se souvient du nom des assassins 

Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, filez voir le billet de mon ami Yvan sur On se souvient du nom des assassins 

Et pour quelques gigahertz de plus de Ophélie Bruneau


 

mes-petites-lectures (1)

97829192410570-1332726Le livre : Et pour quelques gigahertz de plus de Ophélie Bruneau. Paru le 11 octobre 2011 chez Ad Astra Editions. . 17€ ; (216 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 19 x 12 cm

 

Quatrième de couverture

Un vaisseau proche du cimetière des astronefs…

Un équipage incomplet et hétéroclite…

Un système inexploré à la veille d’une guerre interplanétaire…

Pour Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, la meilleure solution serait de quitter le secteur avant le début des embrouilles !

Sauf, bien sûr, si les autochtones impliquent de force les Terriens dans leur conflit.

Pris entre deux feux, privés du soutien de la planète-mère, les soldats du Viking joueront à la roulette russe… à leur façon !

Dans l’espace, personne ne vous entendra bluffer.

Avec Et pour quelques gigahertz de plus, space opera mouvementé qui lorgne du côté de Babylon 5 et de Galaxy Quest, Ophélie Bruneau vous promet un bel électrochoc !

img_6891L’auteur : Ophélie Bruneau se décrit volontiers comme hispanomontargo-réunionno-nanto-chti, et encore, c’est pour simplifier. Elle estnée le 9 février 1979 à Gien. Après avoir grandi entre deux hémisphères et survécu à des études d’ingénieur, elle est venue à la littérature par le Donjon de Naheulbeuk et a publié ses premières nouvelles en 2009. Elle vit en banlieue parisienne avec un sosie raté de Sébastien Chabal, un cerisier mégalomane, deux oursons pirates et beaucoup de bibliothèques.
Et pour quelques gigahertz de plus est son premier roman.

 

 

 

Extrait :
« – Le médecin-capitaine Patrick Terre. Il arrive demain ; c’est un joyeux luron, à ce qu’il paraît. En tout
cas, je pars avec les meilleurs a priori du monde.
Intriguée, Artemisia fronça les sourcils.
– Tiens, pourquoi ?
– Le général Daïag le traite d’idiot jusque dans son
dossier officiel. Je n’avais pas vu ça depuis… Tikosh, je
crois. En tout cas, c’est le genre de détail qui me met en
confiance.
– Vous n’avez pas une mention similaire à votre dossier, vous aussi ?
– Ah non !
Serrano se redressa de toute sa hauteur, une lueur de
fierté dans l’œil.
– Moi, Daïag me traite de fou furieux. Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, je vous prie ! »

 

lecture-d_avant

Petits résumé et avis :

L’action de ce space opera débute à la veille d’une guerre interplanétaire. Jean-Frédéric Serrano, commandant du Viking, un vaisseau proche du cimetière des astronefs, et son équipage hétéroclite se retrouvent malgré eux impliqués dans le conflit.

Petit éditeur né en 2010, Ad Astra m avait déjà réjouis avec « Les pilleurs d’âme » de Laurent Whale et « Contes de villes et de fusée », une anthologie qui s’inspire très librement de contes classiques pour les transposer dans la société moderne ou dans un avenir lointain. A la fin de chaque récit, l’auteur présente l’oeuvre qui a été ainsi détournée et précise les raisons de son choix. Seize contes sont ainsi proposés, réunissant des écrivains tels que J. Millemann, A. Lencou, C. Bousquet ou encore J. Kaan..  Mais si « Et pour quelques gigahertz de plus » est dans la même veine, il est, a mon goût,  un cran au-dessus.

Ce premier roman emmène un équipage haut en couleurs et attachant au fin fond de la galaxie pour une prise de contact avec des extraterrestres appelés Ruxis. Hélas, ceux-ci sont sur le point de se lancer dans une guerre interplanétaire, et quand l’un des officiers de bord se fait enlever, il ne reste plus au commandant qu’à oublier toute prudence et à appliquer un plan fou.

Histoire rondement menée, humour à tous les étages (mention spéciale aux titres des chapitres), références diverses, ce texte de science-fiction d’aventure ne se prend pas au sérieux, mais propose une lecture de pur divertissement bien menée et bien écrite.

Bref c’est rafraîchissant et enthousiasmant. –  –

Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli


97822211887290-3186640Le livre : Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli. Paru le 15 septembre 2016 chez Robert Laffont dans la collection La bête Noire. 20€ ; (399 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

« Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

mitchelli-fabio-m-1-polarlens-2015L’auteur : Fabio M. Mitchelli est né à Vienne (Isère) en 1973. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du diable (Fleur Sauvage, 2014 ; Milady Thriller, 2016), surnommé « le livre bleu ». Fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle, il se surpasse avec Une forêt obscure et fait coup double en dynamitant les codes du thriller psychologique et du true crime.

 

Extrait : 
Mai 2012, Montréal
Luka était allongé sur son lit, à demi nu, seulement vêtu d’un caleçon boxer argenté qui lui moulait parfaitement le paquet. Il s’était peint les lèvres d’un rouge carmin des plus lumineux, agrémenté d’un gloss qui donnait à sa bouche la beauté factice des poupées bon marché. Des fractales de lueur bleutée venaient palpiter sur la lactescence de son corps, sur la peau blanche de son visage qui luisait comme de la porcelaine. Des mouvements, des ombres, des effets de lumière crue et, parfois, de longs moments d’obscurité. En fond sonore le player du micro portable diffusait « Paradise Circus » de Massive Attack.
Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fil des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

 

Petits résumé et avis :

Il y a des années que je suis de très près Fabio Mitchelli. Ses premiers courts romans étaient prometteurs. Aussi j’attendais la révélation avec impatience. Il y a bien eu La Compassion du diable en 2014 que mon libraire a encencé. Mais je n’y ai pas totalement adhéré. Cependant j’y ai trouvé de forts bonnes idées. Comme à son habitude, Fabio me prouvait qu’il est réellement fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle. Mais son récit manquait d’intensité. Ses dialogues tombaient parfois à plat. Mais là encore toutes les capacités de l’auteur étaient là, il ne manquait pas grand chose pour que ce thriller soit terriblement addictif.

Fabio, je l’avait compris est un bosseur, et il a un univers bien à lui. C’est ce dernier point que je trouvais intéressant chez lui. C’est pour cela que lectrice de la première heure, je le suivais de près. Je connaissais le potentiel, je savais la puissance évocatrice qui se cachait chez notre auteur, je la devinais. Je l’attendais et Fabio l’a fait !

Avec une forêt obscure, il nous offre un puissant récit.

Je sais qu’il a énormément travaillé, je sais qu’il a eu l’oreille attentive d’une véritable éditrice. Que le fait de rentrer dans une maison d’édition aussi prestigieuse que Robert Laffont l’a grandi. J’ai perçu ce changement en lui. J’ai retrouvé un homme plus posé, plus serein je dirais même. Et cela se ressent au niveau de son écriture. Il l’a affinée. Ici son écriture est au cordeau. Rien n’est superflu, tout est parfaitement dosé. Et si les intrigues de ce flippant thriller sont retors, Fabio n’en fait pas trop, il a su rester sobre pour notre plus grand plaisir.

Mais voyez plutôt.

Des jeunes filles sont retrouvées mortes ou en état de choc aux abords de la forêt Tongass. Le lieutenant Carrie Callan prend le dossier en main. A Montréal, Luka Ricci torture des animaux puis tue son amant à coups de pic à glace. Une enquêtrice, Kelly Bailey, est en charge de l’affaire. Les deux affaires se rejoignent…

L’éditeur nous met tout de suite en garde.

Certains passages de ce récit s’appuient sur des faits divers qui se sont réellement déroulés à Montréal, au Canada, et à Anchorage, dans l’État de l’Alaska. Certaines scènes de ce roman évoquent des articles parus antérieurement dans la presse ou sur des sites Internet spécialisés, ainsi que les événements liés à la catastrophe écologique causée par l’Exxon Valdez en 1989.

Cet ouvrage s’inspire également de l’escalade criminelle de Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé au Canada, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné entre dix-sept et vingt et une femmes dans les environs d’Anchorage entre 1971 et 1983.

Malgré de nombreuses scènes empruntées à la réalité, ce roman est une fiction.

Et une pure fiction. Un roman choral maîtrisé de bout en bout. Je vous l’ai dit les intrigues sont retors mais la force de l’auteur c’est qu’il les entremêle à merveille afin qu’elles se rejoignent pour ne plus former qu’une terrible histoire.

Mais en plus d’être un pur thriller, ce titre mais en exergue les traumatismes que la catastrophe de l’Exxon Valdez a laissé sur les populations touchées directement par cette marée noire. Catastrophes écologiques, économiques et humaines. Une région entière sinistrée.

Et puis il a les personnages de ce bouquin. Là aussi Fabio Mitchelli a bossé. Outre les deux portraits de monstre qu’il nous brosse, il y a celui des deux enquêtrices. Et avec celles-ci non plus, notre auteur ne fait pas dans la facilité. Il y a chez ces deux flics une profondeur d’âme comme on en rencontre pratiquement jamais. Mitchelli décortique admirablement leur psychologie. On ne peut que s’attacher à elles, rentrer en empathie avec nos héroïnes que la vie a malmenées ou malmène. Deux magnifiques portraits de femmes fortes et fragiles à la fois. J’ai juste une envie, les retrouver dans un prochain opus.

Bref vous l’aurez compris, ce titre c’est la révélation Mitchelli. Il y a eu le petit livre bleu, maintenant, je peux dire que Fabio a inventé le bleu Mitchelli.

Enfin le thriller que j’attendais !

Trophée Anonym’us , Nouvelle 11/27 : Être lu peut nuire gravement


vendredi 18 novembre 2016

Nouvelle anonyme N°11 : Etre lu peut nuire gravement

 

Voilà, la dixième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

 Il en reste 17 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

Nouvelle anonyme N°11

Être lu peut nuire gravement

Laurina a une passion dévorante dans la vie : la lecture. Elle a besoin des livres comme d’autres ont besoin de tabac ou d’alcool. Chaque page qu’elle dévore vaut une bouffée de cigarette ou une gorgée de grand cru. Sauf que ce n’est pas dangereux de lire. En effet, a-t-on déjà entendu parler d’un lecteur mort d’un cancer du roman ou d’une « rupture de livrisme » foudroyante ?

Laurina envie terriblement le talent des auteurs qu’elle lit. À tel point que leurs romans sont devenus ce genre d’obsession qui s’insinue tel un poison dans ses veines et fait d’irrémédiables ravages. Être lu n’est pas dangereux normalement, mais quand c’est par Laurina, c’est une autre histoire.

Plus rien n’est normal. On entre dans une autre dimension…

Pour elle qui, dans sa jeunesse, fréquentait assidûment les établissements de jeux, les écrivains sont comme des croupiers de casino. La différence, c’est que ce ne sont pas des cartes qu’ils distribuent avec dextérité mais des mots, des phrases, des idées brillantes. À chaque lecture, elle retrouve cette fièvre de joueuse invétérée qui, fébrilement, récupérait les cartes, jouait des heures et finissait par tout perdre. Toutes ces histoires, dont elle se délecte, la rage au ventre, lui rappellent invariablement combien la sienne est sans intérêt. Laurina a une quarantaine d’années, un mari, trois enfants et mène une existence normale. Désespérément banale à ses yeux, tout comme son physique d’ailleurs, très commun. Pour son entourage, sa famille, ses amis, c’est une bonne épouse, une mère attentionnée, une amie disponible. Elle admire les chercheurs dont les découvertes marquent à jamais l’histoire ou ces écrivains qui immortalisent leurs inspirations dans des livres mais elle sait que sans un coup de pouce, son destin n’aura rien d’exceptionnel. Elle sera vouée à végéter, comme tous ceux qui mènent des vies silencieuses, discrètes, indignes d’intérêt. Les seules traces qu’elle laissera de son existence couleront dans les veines de sa descendance. En somme, cette femme n’est pas le genre de personne qui inspire l’écriture d’un long roman. Le titre suffirait largement à évoquer sa vie. C’est dans sa tête qu’il faudrait fouiller pour s’apercevoir qu’il y a une existence parallèle grouillante. Si quelqu’un avait pu lire dans ses pensées, deux des auteurs français les plus prometteurs du moment écumeraient encore gaiement les salons du livre à l’heure qu’il est. Au lieu de cela, ils sont portés disparus depuis plusieurs mois et les enquêteurs chargés de les retrouver tournent en rond, sans aucun indice qui puisse leur indiquer s’ils sont morts ou vifs. Même le détective privé mandaté conjointement par les deux maisons d’édition fait systématiquement chou blanc.

Tout a commencé il y a environ deux ans. Après avoir lu leurs livres, en particulier « Assassinat médiatisé » pour l’un et « À neuf doigts de la mort » pour l’autre, Laurina a commencé à échanger avec deux auteurs, Eliane Gymot et Klaus Korni. Elle a admiré la plume d’Éliane trempée sans concession dans les affres de la passion amoureuse et s’est délectée, chez Klaus, d’un style déjanté et satirique. Petit à petit, de nouvelles idées ont germé dans l’esprit torturé de Laurina. Le genre de projets qui n’annoncent rien qui vaille. Elle se dit que le destin ne lui promettant pas des aventures palpitantes, c’est à elle de forcer les choses une fois de plus, de les écrire à sa façon. Ce serait SON œuvre, et pour la ponctuer, elle n’hésiterait pas à troquer la plume contre un couteau et l’encre contre le sang. Son but est de manipuler certaines inspirations littéraires qui exacerbent sa jalousie à longueur de chapitres. Il faut qu’elle y parvienne cette fois, à tout prix. Sa machination en tête, Laurina a pris contact avec ses deux auteurs préférés du moment. Elle s’est immiscée plusieurs mois durant dans leur toile sur le NET, telle une araignée discrète qui devient vite un élément habituel d’un jardin et dont on ne se méfie plus. Elle leur a inspiré de la sympathie et peu à peu, cette sympathie a laissé place à quelque chose de plus sérieux, plus engageant. Un intérêt et un désir mutuel de se rencontrer sont inévitablement nés de leurs échanges. Aussi, quand Éliane et Klaus lui ont annoncé qu’ils participaient ensemble à une séance de dédicaces dans une librairie de la région, ils n’ont pas été étonnés que Laurina leur propose avec enthousiasme le couvert et le gîte.

Le jour J, éreintés par une journée de dédicaces et la tête encore pleine de cette foule de lecteurs enthousiastes venus les rencontrer, ils arrivent à l’heure du repas à Cronisson, un lieu-dit tellement perdu en pleine campagne ardéchoise que même le GPS, dernier cri et mis à jour, a eu des hésitations. Les deux auteurs sont un peu surpris de trouver Laurina sans mari ni enfants mais le premier contact réel est très chaleureux. Elle est seule au logis avec un énorme berger allemand qui inspire à première vue autant de confiance qu’un dentiste avec une curette à la main mais il ne présente aucun signe d’agressivité. Dans le salon, un matou gris insouciant, étalé tout en longueur sur le canapé, ronronne paisiblement.

— Ronald et nos trois enfants sont partis passer le week-end au bord d’un étang que nous louons à l’année à une vingtaine de kilomètres d’ici, pour nous laisser profiter de ce moment ensemble, leur annonce-t-elle avec naturel.

Comme la maison est imprégnée du fumet alléchant d’un plat mijoté et que la faim a pris le dessus sur tout le reste, l’information reste sans importance aux yeux des deux romanciers qui sont surtout venus pour faire plus ample connaissance avec Laurina. Éliane et Klaus sont à peu près tels qu’elle les a imaginés d’après toutes les photos qu’elle a en sa possession. Elle les a récoltées sur le net avant de les imprimer et les punaiser soigneusement aux murs de son bureau. Physiquement, ils sont fidèles aux clichés publiés sur les réseaux sociaux. Ils n’ont visiblement pas cherché à mettre exagérément en valeur des atouts physiques, comme le font beaucoup d’internautes. Laurina constate qu’ils ne sont pas bien grands tous les deux. Un détail qui ne suscite aucun intérêt pour la plupart des gens mais se révèle d’une importance capitale pour quelqu’un qui pourrait envisager l’idée de creuser une fosse. Le seul problème, c’est que la sympathie qu’ils dégageaient déjà travers l’écran est décuplée dans le réel. La tâche s’annonce plus difficile que prévu mais Laurina a bien l’intention de parachever ce projet qui l’a obsédée des nuits entières, jusque dans ses rêves. Dans un premier temps, il faut amadouer les deux invités, les installer dans un bien-être et une confiance absolus. Pour cela, elle sert un repas copieux agrémenté de spécialités du coin et généreusement arrosé d’un vin rouge régional. Klaus, qui ne crache jamais sur un bon arabica pour digérer, n’est pas porté sur l’alcool. C’est dans son expresso que Laurina verse discrètement le tranquillisant pour le rendre plus docile. Pour Éliane, c’est gagné d’avance. Cette épicurienne jouit visiblement de la vie dans les volutes de fumée de cigarettes et les boissons alcoolisées. Le nombre de mégots écrasés au fond du cendrier et les deux bouteilles vidées pendant le repas en témoignent. Le Côte du Vivarais secrètement aromatisé de substances euphorisantes fait rapidement son effet. À table, Laurina évoque un endroit tranquille situé en dehors du village, surnommé « Le creux » dont elle leur narre l’histoire mystérieuse avec verve :

— On y trouve une petite construction perdue au milieu des bois qui fait penser à une sorte de chapelle. C’est Édouard, un ancien administré de Cronisson qui l’a faite bâtir dans les années cinquante. Peu après l’achèvement des travaux, il a subi la disparition tragique de sa femme et de sa fille, un bébé de quelques mois, mortes dans l’incendie accidentel de leur maison. La violence des flammes a effacé toutes traces de leurs corps. Édouard, absent avec son fils de deux ans au moment du drame, est régulièrement venu pendant des mois se recueillir dans sa chapelle devant une statue de la Sainte Vierge et toutes sortes d’autres reliques pieuses. C’est du moins ce qu’on raconte dans le village car on ignore pour quelles raisons, une superstition idiote probablement, personne n’a osé pénétrer dans ce lieu du vivant d’Édouard et pas davantage après sa mort survenue il y a trois ans. Pas même les gosses du coin les plus téméraires en quête de frasques inédites. L’endroit a depuis été condamné par les autorités locales et un panneau dissuade d’y entrer. De toute façon, plus personne n’y attache d’importance depuis bien longtemps maintenant.

Éliane et Klaus écoutent cette histoire d’une oreille attentive et sentent monter en eux cet intérêt commun qui les pousse à écrire des romans. Les stupéfiants ont une incidence sur leurs capacités physiques ; Éliane se sent toute drôle et s’esclaffe pour un rien et Klaus perd au fil des heures cette vivacité qui le caractérise. En revanche, la partie de leur cerveau constamment overdosée de littérature n’est en rien altérée, bien au contraire. Des idées diffuses titillent déjà leur plume si bien qu’ils prient instamment Laurina de les emmener là-bas après le repas. Après quelques hésitations calculées, elle finit par accepter. Bien que cet enthousiasme arrange ses affaires, elle ne comprend pas les motivations soudaines de ses hôtes pour un lieu qui, en dehors de son histoire atypique teintée de drame, ne peut avoir un intérêt géographique que pour elle. Après tout, ce sont des écrivains…

En fin de soirée, les trois amis, Laurina, équipée d’un sac à dos, Éliane et Klaus également avec, à l’intérieur, les calepins et stylos qui ne les quittent jamais, sortent dehors à l’initiative de Laurina. Ils profitent dans un premier temps du silence de la campagne profonde. Le calme est accentué par l’obscurité d’un ciel vespéral sans étoiles et pourrait aussi bien privilégier un état de bien-être que d’angoisse. De surcroît, il n’y a aucun lampadaire dans les environs. Une ambiance à laquelle les deux auteurs citadins ne sont pas accoutumés mais ils sont portés par l’excitation de se rendre sur les lieux. Marcher longtemps, éclairés à la lampe frontale, ne semble pas les déranger. Au contraire, ils sentent comme un parfum épicé d’aventure. Une fois arrivés sur place après une bonne heure de marche dans les bois, Laurina sort une pince de son sac à dos pour venir à bout du cadenas qui condamne l’entrée. Elle a la clé mais se garde bien de le signaler. La porte s’ouvre sur un espace restreint et une odeur singulière. Les reliques évoquées dans le récit sont bien là et l’atmosphère commence rapidement à devenir pesante. Éliane est intriguée par des détails :

— C’est bizarre, murmure-elle à Klaus dans un souffle d’inquiétude manifeste, le cadenas semble plutôt récent et Laurina a affirmé que la pièce n’a pas été visitée depuis des années. Pourtant, c’est plutôt propre ici.

Klaus ne se sent pas apaisé non plus tout à coup. Il n’en veut rien montrer, mais Éliane remarque qu’il prend des notes sur son calepin d’une main légèrement fébrile. Les drogues les empêchent tous deux de réagir tout à fait normalement. Quand Laurina ouvre une deuxième porte et leur propose de prendre l’escalier qui se trouve derrière, ils obéissent sans broncher. Après tout, pourquoi s’inquiéter ? Leur hôte n’est pas du genre à leur faire courir des risques mais avant d’avoir le temps de s’en persuader vraiment et réaliser quoi que ce soit, ils se retrouvent enfermés à double tour dans une pièce sombre. L’odeur passe violemment de singulière à pestilentielle… À tâtons, Klaus longe les murs de pierres à la recherche d’un interrupteur qu’il ne trouve pas. Il finit par sentir une cordelette sur laquelle il tire. Un vieux système d’éclairage se met alors à fonctionner et un faible halo de lumière leur permet de se découvrir mutuellement des yeux épouvantés et ahuris. Ce face-à-face surréaliste dure plusieurs minutes. Leurs regards où se mêlent la peur et l’incompréhension finissent par se détacher l’un de l’autre pour se poser sur l’espace d’une vingtaine de mètres carrés qui les entoure. C’est restreint et sale, contrairement à la pièce du dessus. Sur un côté, un rideau entrouvert laisse voir un vieil évier, une douche et des toilettes sommaires qui semblent avoir beaucoup servi. Plus loin, deux matelas posés à même le sol. Dans le fond de la pièce, de la vaisselle, des boîtes de conserve de toutes sortes, des bouteilles d’eau et tout le nécessaire pour écrire sont entreposés sur des étagères. Juste en dessous, une vieille et grande malle de rangement attire le regard et, instinctivement, inspire des sentiments contradictoires aux deux amis. On ne sait jamais ce que peut renfermer ce genre de meuble ! Pourtant, sans qu’ils aient besoin de se concerter, la curiosité l’emporte sur l’inquiétude. Tous deux se rapprochent pour l’ouvrir à quatre mains et comprennent alors d’où vient l’odeur.

— Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? hurle Éliane avant d’aller se réfugier vers les toilettes, le cœur et surtout le vin bu tout au long du repas au bord des lèvres.

Brusquement, elle se sent douloureusement rattrapée par toutes les atrocités jusqu’ici sorties tout droit de son imagination et couchées sur le papier au calme dans son petit bureau. Klaus est tétanisé devant le contenu du coffre. Il se tient là, le teint blême et les lèvres pincées par l’anxiété. Ses yeux écarquillés et sa main tremblante posée sur son front moite trahissent aussi ouvertement un état d’accablement. L’ancien cancre n’a pas brillé en biologie au collège mais pour ses besoins d’écriture, il a soigneusement étudié la décomposition des cadavres. Même sans cela, il saurait reconnaître des ossements. Or là, entre des lambeaux de tissus, il y a manifestement les restes de trois humains. L’un est beaucoup plus petit que les autres et le troisième, sur le dessus, est encore recouvert de chairs sèches grouillantes de dermestes. Klaus pense reconnaître la septième escouade d’insectes, ce qui lui permet de situer la mort de 1 à 3 ans en arrière sur l’échelle du temps. Pour les deux autres, c’est en décennies que l’on peut compter.

— Il y a le squelette d’un bébé dans ce coffre et un mort récent. Qu’est-ce qui se passe bordel, Éliane ? C’est qui cette cinglée ?

Éliane, prostrée dans son coin, ne répond pas et pense à son paquet de cigarettes oublié sur la table du salon. Laurina se tient justement derrière la porte équipée d’une trappe comme on en trouve dans les prisons pour faire passer les plateaux-repas. Aidée par la vue plongeante dont elle bénéficie sur la pièce grâce aux escaliers, elle ne perd pas une miette des réactions de ses hôtes qui ne calculent plus sa présence, plongés dans l’adversité. Elle jubile. Enfin, son heure de gloire a sonné et le moment est venu de leur annoncer ce qu’elle attend d’eux à l’avenir :

— Écoutez-moi attentivement vous deux, lance-t-elle, le visage soudainement marqué par la méchanceté collé dans l’encadrement de la trappe, vous allez rester ici quelques temps et croyez-moi, personne ne pensera à venir vous chercher dans les parages. Vous avez tout ce qu’il faut pour survivre dans cette pièce. Je viendrai de temps en temps de nuit voir si vous ne manquez de rien.

Klaus l’interrompt pour demander d’une voix blanche qui sont les deux autres squelettes dans le fond de la malle.

— C’est ma grand-mère et ma tante. En fait, Édouard était mon grand-père. Elles ne sont pas mortes dans l’incendie comme tout le monde l’a pensé à l’époque. C’est lui qui les a assassinées.

— Mais pourquoi Bon Dieu ? Comment peut-on tuer sa femme et son bébé ? Et pourquoi avoir épargné le petit garçon ? C’était ton grand-père… Au moins ta personnalité s’explique, s’exclame Éliane, sortie de sa torpeur et abasourdie par ce qu’elle vient d’entendre.

— Le bébé n’était pas le sien poursuit gravement Laurina. C’était un enfant né de l’adultère. Quand il l’a appris, mon grand-père est devenu fou et il a prémédité sa vengeance. Il a fait construire cet endroit dans le but de séquestrer la femme infidèle et le nourrisson. Peu de temps après, il a mis le feu à la maison pour faire croire à leur mort accidentelle. À l’époque, les enquêteurs n’ont pas été très pointilleux, il faut dire que ma famille était très respectée dans la région. En réalité, ma grand-mère et ma tante sont mortes au bout de quelques mois de maltraitances, ici même. Les torturer était l’activité principale d’Édouard avant d’aller prier là-haut, pour excuser ses actes. Mon père, âgé de deux ans à l’époque, a su la vérité dans les derniers mots d’Édouard sur son lit de mort il y a trois ans. Il m’a parlé de ce secret trop lourd à porter seul en me faisant jurer de ne pas en parler à la police. De toute façon, à quoi bon ? Le meurtrier est mort et enterré.

— Quel lien entre cette histoire, Éliane et moi ? Et qu’est-ce que tu attends de nous ? s’inquiète Klaus qui se projette dans un avenir de plus en plus incertain.

— Aucun rapport, si ce n’est cet endroit. Je veux juste qu’à quatre mains, vous m’écriviez le meilleur roman de votre vie. Je sais que vous en êtes capables. Deux talents pour une histoire ne peuvent que frôler la perfection. Quand ce sera fait, je m’arrangerai pour le faire éditer sous mon nom et enfin, je saurai ce qu’est la célébrité en littérature. Peu de temps si tout se passe comme je l’exige car ensuite, je vous libérerai. La vérité éclatera et je finirai ma vie en prison mais réaliser mon rêve vaut largement ma liberté et ma vie de famille. Je laisserai définitivement ma trace dans l’univers des livres puis dans les faits divers.

Klaus et Éliane n’en reviennent pas d’avoir échangé avec une folle pareille pendant des mois sans avoir rien décelé de cette personnalité trouble. Dire qu’ils la trouvaient même attachante ! Voilà qu’ils se retrouvent face à une malade mentale qui n’en finit plus de les stupéfier.

— Vous n’êtes pas les premiers auteurs à finir ici, ajoute-t-elle. J’ai déjà tenté l’expérience il y a environ deux ans mais ce fut une perte de temps. J’ignorais que l’écrivain était gravement malade lorsque je l’ai piégé. Il n’a survécu que deux mois à la séquestration sans avoir terminé le premier chapitre. Je me suis tout particulièrement appliquée à lui faire payer physiquement cet échec avant sa mort.

— Mais tu te rends compte de ce que tu nous demandes ? Tu crois vraiment qu’enfermés ici pendant des semaines ou des mois, nous aurons le cœur à écrire ? Et puis tout le monde va s’inquiéter et nous rechercher…

Laurina éclate d’un rire démoniaque qui suspend le commentaire de Klaus, résonne dans la petite chapelle et terrifie un peu plus les deux malheureux écrivains.

— Mon grand-père a caché un crime pendant près de soixante ans. J’ai ça dans les gènes. Mon caractère et l’existence paisible que je mène me préserveront comme lui de tout soupçon. Si j’étais vous, je m’activerais sans tarder d’écrire mieux que jamais pour espérer retrouver la liberté. Si je n’ai pas mon roman dans quatre mois, votre dernière demeure, à trois mètres sous terre, sera bien plus exiguë et encore moins confortable que celle-ci. J’ai un terrain de plusieurs hectares où je peux creuser deux tombes en chantant…

Pour la première fois de leur carrière, Eliane Gymot et Klaus Korni regrettent amèrement d’avoir été lus. Leur espoir de rester en vie pèse dorénavant le poids d’une plume d’écrivains.

Ces Dames du noir : entretien entre une bibliothécaire et une autre bibliothécaire Perrine Savary (1)


 

Voilà ça a commencé comme cela par un simple Message Privé.

Perrine m’envoie le programme de son prochain salon polar « Bloody Fleury »  et me demande :

« -Juste pour le plaisir de partager en avant première avec une collègue !

Tu me diras ce que tu en penses ^^…

Notamment sur les intitulés des tables rondes ce sont des premiers jets je vais travailler encore dessus »

Et nous avons commencer à discuter. Il est parfait son programme, j’ai pas grand chose à lui apporter à la petite ( je dis petite mais n’y voyez pas une quelconque mépris de ma part, non c’est affectueux, c’est tout). Quelques intitulés à revoir, version percutant, c’est tout !

Alors d’un coup je lui dis :


perrineGVL : Mais dis donc, Perrine !

Il va falloir quand même que tu trouves le temps de me raconter tout cela. Comment on monte un tel événement. Comment on arrive à concilier vie de la bib avec un festival à préparer !

Perrine  Savary : Quand tu veux ! Par téléphone si tu veux, je n’ai malheureusement pas spécialement l’occasion d’aller à Paris prochainement

GVL : Par écrit quand tu pourras !

Perrine S. : Si tu veux j’ai une bonne demie heure ^^

GVL : Là maintenant ?

Ben il te faut te présenter.

Comment tu es devenue bibliothécaire. Quelles études ?

Tu as choisi ce job par défaut ou par passion ou encore… ?

Ensuite où as tu travaillé ?

PS : Ah mais c’est carrément un interview que tu veux ! Ok allons y. Alors j’ai 30 ans, je travaille à la bibliothèque de Fleury-sur-Orne depuis 6 ans, et je suis coordinatrice du festival. Avant de nous lancer dans le projet j’aimais les thrillers et je lisais assez peu de romans noir, après deux ans à travailler sur le polar je suis maintenant noir noir !

GVL : Etre une dame du noir ça se mérite lol ! Tu crois quoi ! 

A quoi consiste ton job ?

Mais avant Fleury ?

PS : Mon job c’est en fait plusieurs job en même temps. Je suis bibliothécaire, je m’occupe de gérer le programme d’animations, le budget, les acquisitions et la communication, avec mes deux collègues. Je travaille également à la construction du réseau lecture publique de Caen la Mer dont nous faisons partie, cela consiste à échanger avec nos collègues de l’agglomération afin d’améliorer nos services, d’échanger nos pratiques, de monter des projets ensemble. J’accueille aussi du public et ponctuellement des classes, et il m’arrive encore parfois de ranger, de faire des animations et des activités périscolaires aussi !

 Avant Fleury j’ai travaillé à la bibliothèque de Caen ou j’ai effectué une vacation ou je nettoyais la base autorité auteurs (passionnant !)

GVL :  » la base autorité auteurs », je ne comprends pas. Enfin si, mais mes lecteurs, c’est du jargon pro pour eux !

PS : Comme je les comprends !

Cela consiste à enlever les doublons afin que lorsque l’on fait une recherche sur le catalogue de la bibliothèque tous les livres du même auteurs soient « rangés » au même endroit et sortent ensemble dans les résultats

GVL : Avant quand tu étais étudiante , ou avant d’être à Fleury.

Juste avant j’ai eu un bébé, et avant j’ai travaillé un peu au Havre, d’abord sur des vacations au service public, ensuite sur un remplacement de congé maternité.

Et avant j’ai fais un DUT métiers du livre et de la communication et une licence pro en communication

GVL : Tu m’as dit lire du thriller. Mais comment tu es venue à lire des polars ?

Et puis qu’elle était la place du livre dans ton milieu famillial ?

D’ailleurs qu’elle était ton milieu familial ? Si c’est pas trop indiscret !

PS : Alors dans l’ordre inverse, mon milieu familial. Ma mère est fonctionnaire, elle a fait des études et adore lire, mais pas forcément du policier, plutôt de la fantasy, des essais ou des documentaires, notamment tout ce qui touche à la psychologie. Mon père lui est commercial et n’a pas fait d’études, il ne lisais pas jusqu’à il y a peu en fait, il s’est d’ailleurs mis au noir lui aussi. Mes parents sont divorcés et mon père à été marié à une femme qui dévorait les livres. Enfant j’allais à la bibliothèque toutes les semaines, et je dévorais !

GVL : Quand tu t’es destinée au DUT métier du livre tu savais avant que tu voulais travailler en bibliothèque ?

Mais comment le polar ou le thriller si tu préfère est rentré dans ta vie ?

PS : Très rapidement j’ai donc compris que les livres feraient partie de ma vie, et c’est naturellement que j’ai suivi la filière L. Quand je suis arrivée en DUT je ne voulais surtout pas être bibliothécaire, je voulais être dans l’édition.

Je pensais qu’on s’ennuyait en bibliothèque.

J’ai toujours eu tendance à lire un peu de tout, par curiosité surtout.

Je suis venue au polar spécifiquement lorsque l’on m’a demandé de travailler sur un projet de salon du livre. Je me suis posée la question de quel genre intéressait le plus mes lecteurs.

GVL : Tu ne lisais pas de romans policiers avant de penser au salon ???

PS: Et en creusant la question je me suis rendue compte que le polar avait énormément d’amateurs, de profils très variés. Ce n’est pas par choix personnel que l’on s’est orienté vers ce genre mais vraiment parce que les lecteurs nous ont mis sur la voix.

MAis !

J’en lisais si !

Mais je ne lisais pas que ça !

Alors que depuis deux ans je ne lis rien d’autre

GVL : Hahaha ! on dirait moi ! lol

14955908_185991185191244_8927490481546966977_n

PS : D’ailleurs les lecteurs nous l’ont fait remarqué ! Il paraît qu’il y a beaucoup de noir dans nos acquisitions ces derniers temps je ne comprends pas pourquoi ? ^^

Mais bref je lisais du thriller donc avec notamment Karine Giebel dont j’ai dévoré tous les romans (avec un gros bémol sur les deux derniers).

GVL : Je me souviens, il y a 2 ans, tu « tripais  » les auteurs comme Karine Giebel, Ingrid Desjours….

Tu en es revenue ?

PS : Oui, j’aime toujours Ingrid d’ailleurs, j’attends avec impatience le prochain, mais globalement sur les thrillers je commence à voir plus facilement les ficelles, à trouver ça trop facile, sauf quand les personnages sont vraiment réussis

GVL : C’est des rencontres qui ont influencé tes choix ? Choix de lectures, choix d’auteurs ?

Oui énormément, quand on a commencé à parler du festival, j’ai contacté par hasard Sophie Peugnez qui écris dans le côté caen sans savoir qu’elle étais spécialisée polar (aujourd’hui je me demande comment j’ai pu rater une info pareille !)

On a tout de suite énormément sympathisé et échangé et elle m’a contaminée à la vitesse de la lumière !

Depuis je suis les conseils de Zonelivre et suis rarement déçue.

Et en cherchant des animations je suis tombée sur les docteurs polar, c’est comme cela que j’ai rencontré les « Fondu au noir » et Caroline, qui m’a elle plus convertie au roman noir d’ailleurs.

Enfin j’ai commencé avec le festival à travailler avec la librairie Eureka Street, et j’ai ainsi fait connaissance de Pierre Thomine, qui est (avec Bénédicte bien sûr), devenu mon libraire préféré ! Lui aussi est plus roman noir, je suppose que ça a joué aussi sur les découvertes

GVL : Fais gaffe tu vas devenir dinguo, ça fait 25 ans que je suis les conseilles de spécialistes et je ne m’en suis pas remise.

PS : J’ai bien peur d’être sur une pente glissante oui !

GVL :Tu n’as pas peur avec le temps de devenir trop élitiste ?

Ne plus avoir un regard de profane et choisir pour le plus grand nombre de lecteurs

J’adore ce que font les fondus au noir mais je les trouve trop exigeants parfois avec certains auteurs, avec certains titres !

PS : Je ne trouve pas que le roman noir soit spécialement élitiste personnellement. Il y en a bien sûr mais quand je lis du Cloé Mehdi ou du Benoît Severac par exemple je ne trouve vraiment pas que ce soit élitiste. Et dans le cas du festival je fais très attention à ne pas sélectionner uniquement des auteurs que j’aime.

GVL : Tu fais un vrai travail de bibliothécaire en sommes !

Et pour Cloé et Benoît je suis d’accord avec toi, j’ai adoré leur derniers bouquins.bsbscaclohe 

Tu sélectionnes mais tu penses à tous tes publics, tous tes différents publics.

PS : C’est exactement ça

et je suis très très vigilante à ne pas enfermer la programmation dans un style

GVL : C’est tout à ton honneur.

PS : Pour cela je visite d’autres festivals et je suis différents blogs (dont le tien bien sûr), cela me permet de dénicher des pépites même dans des genres que je n’affectionne pas particulièrement. Et je fais confiance aux lecteurs

GVL : Même avec les fôtes d’ortografe ?

PS : Même ^^ j’ai même tendance à en faire de plus en plus, je crois que mes neurones grillent avec les réseaux sociaux

GVL : Oui il est important de rester un simple lecteur même si c’est un grand lecteur § Ou lectrice pour nous !

PS : Par exemple pour le choix des auteurs qui parleront de la thématique « jusqu’où faut-il aller dans l’horreur », j’ai invité David Coulon et Gilles Caillot, mais je leur ai dit que je n’avais pas pu lire leurs livres. L’horreur me fiche la trouille !

gillesavt_david-coulon_159dav

Par contre j’ai des retours de lecteurs, de blogueurs et de bibliothécaires qui m’ont aidé à les choisir !

GVL !: Le premier de David est un roman noir !

PS : Je t’avoue que ma PAL est tellement monstrueuse que je me concentre sur les derniers ! ^^ mais je vais regarder ça de plus prêt !

GVL : Oui toujours être à l’écoute et avoir la curiosité affûtée !

c’est la clé je crois !

Oui il nous faut aussi se faire une opinion par nous même.

Mais les retours de lecteurs c’est un bon moyen de voir ce qui a la cote ou pas !

Comme diversifié les sources !

C’est toi qui as choisi de monter un festival, ou ça vient d’une volonté d’un elu par exemple ?

11053119_1465249507101841_2990665066206793785_nPS : C’est le maire qui a souhaité monter un festival

L’idée du polar vient de moi

GVL : Alors comment on s’y prends pour monter un tel projet ?

PS : Par quoi commence-t-on quand on part de rien sauf de ses connaissance de l’édition?

Des envies

GVL : Des envies ?

PS : De celles du public d’abord, Et de celles des structures du territoire

GVL : Concraitement tu fais une sorte de sondage ?

PS : On ne voulait rien imposer aux partenaires du coup on s’est réunis autour d’une table et on a expliqué ce qu’on avait envie de faire. Chacun ensuite a donné ses idées

En même temps nous avons fais le tour de plusieurs salons pour s’inspirer

Les quais du polar ont été une source d’inspiration

GVL : QDP, tu m’étonnes !

Et une fois que tu as défini le contexte, tu décroches ton teléphone et c’est parti ?

PS : Ouh la non après nous avons rencontré des structures qui pourraient nous financer

Drac, région, crl, bdp, cnl…

GVL : Ok, comment tu estimes ton projet de financement. Sur quels critères ?

Tu as donc un plan d’attaque, tu sais de quoi va être fait le programme de ton week end ?

As-tu des obligations ? travailler avec les écoles, les partenaires….

D’ailleurs quels sont tes partenaires ?

PS : Alors pour le financement la règle numéro un c’était quoi qu’il arrive rémunérer les auteurs et soigner leur accueil, Et la communication

Ensuite nous avançons avec plusieurs scénarios et on adapte en fonction des financements.

Bon le boulot m’appelle

Faut que je te laisse, on reprend plus tard et je te réponds après

GVL : Pas de souci. On reprend quand tu veux quand tu peux !

Et merci déjà pour tout ça !

Tu l’as compris je veux tout savoir.

Belle fin de journée à toi !

Voilà ça à débuter comme cela. Mais c’est pas fini. On retrouve Perrine très vite pour la suite de cette conversation passionnante.

En attendant je vous laisse avec les coordonnées du salon Bloody Fleury…

Bloody Fleury

Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

Et la page Facebook

Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

Et pour vous faire patienter avant le prochain salon , Perrine vous propose un belle rencontre à Fleury sur Orne. Si vous êtes dans le coin mercredi prochain

14469463_1162229287179602_663794946450262091_n

Le chouchou du Week-End : L’histoire secrète de Twin Peaks de Mark Frost


chouchous-du-week-end

97827499285930-3406612Le livre : L’histoire secrète de Twin Peaks: roman  de Mark Frost . Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Éric Betsch. Paru le27 octobre 2016 chez M. Lafon (359 p.) : illustrations en noir et en couleur ; 24 x 20 cm. – 978-2-7499-2859-3

 

4e de couv :

 

Fédéral Bureau of Investigation
Bureau du Directeur Adjoint
Philadelphie, Pennsylvanie

Cher agent T P :

Les documents ci-joints sont confidentiels. Vous seule êtes habilitée à en prendre connaissance.

Ce dossier a été découvert le 17/07/2016 sur une scène de crime qui fait aujourd’hui encore l’objet d’une enquête active. Tout ce qui concerne cette affaire est classé trois échelons au-dessus du niveau « top secret ».

Nous vous transmettons ces éléments pour analyse exhaustive, classement et recoupement avec toutes les bases de données connues, le tout sous régime Code rouge. Nous devons découvrir et confirmer l’identité de la ou des personnes à l’origine de la constitution de ce dossier, et il nous faut cette information pour hier sans faute !

twinContexte : le contenu de ce dossier semble être lié à une enquête menée il y a des années dans l’État de Washington, au nord-ouest du pays, par l’agent spécial Dale Cooper, à l’époque sous mes ordres.

Cette affaire a concerné une série d’homicides dans et autour d’une petite ville appelée Twin Peaks, dont le principal est celui d’une jeune femme nommée Laura Palmer. L’enquête est considérée comme close, mais certains de ses détails pourraient être en lien avec votre mission. Nous vous accordons par conséquent l’accès à la totalité des dossiers et enregistrements de l’agent Cooper.

Vous trouverez également ci-joint un document résumant l’historique du dossier au sein du Bureau.

Remontez-vous les manches, mettez-vous au travail – chaque seconde compte – et revenez vers moi avec vos conclusions au plus vite.

Bien à vous,

Directeur adjoint Gordon Gole

Extrait : twinn

 

frostL’auteur : Mark Frost  est né le 25 novembre 1953 à New York. Mark Frost a plus d’une corde à son arc : il est le créateur de la série télévisée Hill Street blues le coauteur (avec David Lynch) de l’incontournable Twin Peaks et les deux romans qu’il a déjà commis. La liste des sept et Le sixième messie (Pocket) qui mettent  en scène Conan Doyle, ont fait de lui un écrivain à succès. 

twin

Résumé et avis :

Trente épisodes auront suffi pour faire de Twin Peaks, série créée en 1990 par Mark Frost et David Lynch, l’une des références majeures de la télévision. Au commencement : l’assassinat de la reine de beauté de la ville, Laura Palmer, dont l’existence s’avère plus sombre que les apparences ne le laissent supposer. L’agent Dale Cooper découvre l’envers du décor, les histoires secrètes des habitants, ces présences qui rôdent dans la forêt de Ghostwood. Son enquête s’inscrit dans un feuilleton creuset mêlant le soap opera, le fantastique, le paranormal, le film noir, le teen movie, le burlesque… ce qui n’a pas manqué d’influencer X-Files, Wild Palms, Buffy contre les vampires, Six Feet Under ou encore True Detective. Sans être le seul artisan de Twin Peaks, David Lynch y a imposé un style visuel et une tournure narrative singulière qui intensifient les mystères. Et avec Mark Frost qui  n’a pas son pareil pour cultiver le goût du complot lui aussi, nos deux compères nous ont concocté une série devenu Culte.

Vingt-cinq ans après le meurtre de Laura Palmer, l’agent Tamara Preston reprend l’enquête menée par Dale Cooper. Ce roman se présente sous forme du dossier de l’enquête, qui apporte des clés sur la série originale et apporte un nouvel éclairage sur les personnages.

Présenté comme un dossier d’archives regroupant rapports médicaux confidentiels, revues de presse « locale », archives historiques, manuscrits divers, rapports d’écoutes, fac-similés,…Le dossier en question regroupe des documents jusqu’alors inconnus, annotés par un personnage qui se fait appeler « L’Archiviste »

twing

Les « notes d’archiviste » qui ponctuent le dossier semblent avoir été tapées sur une vieille machine à écrire (une Corona pour être exact d’après les notes et la photo) et ajoutent à l’aspect authentique de ce livre?

twina

 

Mark Frost joue avec la mythologie de la série. Il la cristallise même.

Cet OLNI (objet littéraire non identifié) fait visiblement le lien entre la saison 2 de Twin Peaks  (1991) et la saison 3 de la série (très) attendue pour le printemps 2017 au USA. Elle semble annoncer aussi  de nouveaux personnages.

Ce magnifique livre, aussi protéiforme qu’étrange, va plaire aux fans de la série (mais pas que)…qui devineront peut-être l’identité de l’archiviste avant la fin…

L’histoire secrète de Twin Peaks est un roman singulier totalement étonnant et épatant qui en fait un ouvrage indispensable.

twinn

 

Le petit + de Collectif Polar :

Vous pouvez aussi lire le spin-off littéraire basé sur la série et le film, imaginant ce que pouvait contenir le journal intime secret de Laura  Palmer mentionné dans la série.
Le journal secret de Laura Palmer (The Secret Diary of Laura Palmer) écrit en 1990 par la fille de David Lynch.  David Lynch, qui a eu aussi envie de développer le personnage de Laura Palmer dans son film Twin Peaks : Les Sept Derniers Jours de Laura Palmer

twin_le-journal-secret-de-laura-palmer_1510Laura Palmer, une jeune fille en apparence bien sous tous rapports, a confié ses pensées les plus secrètes et ses rêves les plus fous à son journal intime depuis l’âge de douze ans…
Jusqu’au jour où elle est assassinée – jusqu’au moment où Twin Peaks, une petite bourgade calme des États-Unis, sombre dans l’horreur…
LE JOURNAL SECRET DE LAURA PALMER vous
donne des indices essentiels pour découvrir le meurtrier…

 

 

Et pour vous encore, quelques-unes des preuves et des archives compilées par notre archiviste

twinetwinftwinb

twindtwinc

twin

twini

twinh

 

Arab jazz de Karim Miské


 

mes-petites-lectures (1)

9782878585070,0-1327915.jpgLe livre : Arab jazz de Karim Miské.Paru le 14 mars 2012 chez Viviane Hamy dans la collection Chemins noctures. 18€; (298 p.) ; 20 x 13 cm
9782757833476,0-2004036Rééditer en poche le 13 mars 2014 au Point dans la collection Point Policier. 7€60; (325 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À Paris, le 19e est un arrondissement des plus cosmopolite : sushis kasher, restaurant turc, coiffeur juif, libraire arménien…

Seul Ahmed Taroudant demeure à l’écart : prisonnier de son histoire, rêveur, lecteur fou de polars… jusqu’à ce qu’il découvre le corps affreusement mutilé de sa voisine et amie, Laura Vignola, attaché au-dessus de son balcon. Il comprend vite qu’il constitue le coupable idéal. L’horreur de la situation l’extirpe de sa léthargie, et il va collaborer avec les lieutenants de la Crim’ qui mènent l’enquête, la flamboyante Rachel Kupferstein et le Breton Jean Hamelot. Les imaginations s’enflamment. Mais, ensemble, ils détiennent les éléments pour décrypter cette mort. Un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu loubavitch ou salafiste ? Qu’en est-il du père de Laura, Témoin de Jéhovah, dont l’influence s’étend jusqu’à New York ? Quel rôle joue le Godzwill, cette si jolie pastille qui traverse les frontières ?

 

L’auteur : 455865412Karim Miské, né en 1964 à Abidjan d’un père mauritanien et d’une mère française, est réalisateur de documentaires sur les néo-fondamentalismes juif, chrétien et musulman, la surdité ou la bioéthique. Arab Jazz est son premier roman.

 

lecture-d_avant

Petit résumé et petit avis :

Ahmed Taroudant, jeune marginal, ne lit que des polars. Quand il trouve sa voisine pendue à son balcon, un rôti de porc à ses côtés, il sort de sa léthargie et de sa torpeur. Est-ce le meurtre symbolique d’un fou de Dieu ? Avec Rachel Kupferstein d’origine juiveet Jean Hamelot, flics breton cinéphiles et torturés, Ahmed enquête au coeur d’un 19e arrondissement cosmopolite où ripoux, caïds et fondamentalistes se livrent une guerre sans pitié.Ils vont tenter de écrypter les signes et les symboles de cette mort atroce.

9782878585070,0-1327915

Ce polar « mystique », très bien écrit, mêle fondamentalistes religieux, flics pourris, et histoires personnelles d’un héros dépressif amateur de littérature policière et de vrais  condés décidés à agir pour le « bien commun ». Les personnages sont magnifiquement campés et terriblement attachants. Un vrai coup de cœur.

Foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, Arab Jazz est le premier roman de Karim Miské. Espérant que ce ne soit pas le dernier

Arab Jazz a reçu le Grand Prix de Littérature policière 2012/ Prix du meilleur Polar des Lecteurs de Points 2014

Lire le début d’Arab Jazz ICI

Disparues à Las Vegas de Vu Tran


mes-petites-lectures (1)
9782715242517,0-3326728Le livre : Disparues à Las Vegas de Vu Tran.Traduit de l’américain par Nathalie Bru. Paru le 19 mai 2016 chez Mercure de France dans la collection Mercure Noir. 21€80; (278 p.) ; 23 x 16 cm

Quatrième de couverture

Vu Tran

Disparue à Las Vegas

Robert, un flic d’Oakland un peu nerveux, se remet difficilement du départ de sa femme Suzy. Deux ans plus tôt, elle l’a quitté pour aller vivre avec Sonny, un redoutable baron de la pègre vietnamienne de Vegas.

Quand elle disparaît une nouvelle fois, étonnamment c’est à Robert que Sonny demande son aide. Sous la pression du gangster, Robert traque Suzy à travers les lieux de perdition de Vegas. À cette occasion, il en apprendra plus sur son ex-femme qu’il n’en avait jamais su pendant les huit années de leur mariage. Notamment sur son arrivée aux États-Unis après la chute de Saigon. Peu à peu, le passé trouble de Suzy se dessine plus clairement, qui pourrait bien les menacer tous…

« Un puissant premier roman, qui a su faire le pari de mêler genres littéraires, écriture percutante et réflexion sur un pan de l’histoire américaine encore trop méconnu. »
The New York Times

342489 478L’auteur : Vu Tran est né à Saigon en 1975. Il a grandi dans l’Oklahoma après avoir quitté le Vietnam et donne aujourd’hui des cours de creative writing à l’Université de Chicago. Disparue à Las Vegas est son premier roman.

 

 

 

 

Extrait :
« – Je vois clair dans votre jeu, Monsieur Robert. Dès l’instant où vous vous êtes présenté à notre porte, j’ai vu clair. Vous n’avez rien à perdre. Mais cela ne fait pas de vous quelqu’un de courageux, cela fait de vous un crétin. Happy m’a dit que vous n’aviez rien dans la tête. Que comptiez-vous faire ? Tuer mon père ? Lui casser le bras ? L’engueuler ? Tout ce que je vous ai raconté est vrai, je me suis montré parfaitement sincère. Vous êtes cependant trop gouverné par vos émotions pour écouter. Vous vous présentez ici avec l’intention de jouer les héros et sauver votre ex-femme des griffes d’un sale type. Vous voulez qu’on vous dise ce qu’il lui a fait et pourquoi. Alors qu’en fin de compte, la seule chose qui vous intéresse, c’est de savoir pourquoi elle vous a quitté pour une simple gifle et reste ensuite avec un homme qui la pousse dans un escalier. »

Résumé et petit avis :

Robert, policier à Oakland, est chargé par Sonny, un baron de la pègre vietnamienne de Las Vegas, de retrouver Suzy. Cette dernière est à la fois son ex-femme et la nouvelle épouse de Sonny. Subissant le chantage du gangster, le policier poursuit Suzy à travers les lieux de perdition sordides de Vegas, suivi par le sadique Junior, le fils de Sonny. 

Suzy a disparu… Suzy est l’ex-femme de Robert, un flic d’Oakland qui ne peut l’oublier et qu’elle a quitté pour Sonny. Celui-ci, un baron de la pègre vietnamienne de Vegas, va se rapprocher de Robert afin de la retrouver. Suivi de Junior, le fils de Sonny, Robert se met à sa recherche à travers les lieux de perdition de Vegas. À l’aide d’alliés inattendus, il découvre petit à petit un visage inconnu et sombre de son ex-femme et, notamment, son arrivée aux Etats-Unis après la chute de Saigon. Le lourd passé de Suzy menace bientôt tout son entourage…

Ce roman noir lyrique et haletant explore les travers de Las Vegas et s’intéresse à ces personnages qui sont contraints d’abandonner un jour derrière eux leur famille et leur pays, refont leur vie ailleurs, mais restent à jamais hantés par leurs origines.

Lire le début Ici

Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris


eris-copie-2-562x787Le livre : Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris. Paru le 09 février 2016 aux Editions du Riez dans la collection  Sentiers Obscurs. 16€90 ; (310 p) ; 14×20 cm

4ème de couverture

« Pour Karin Frémont, après deux ans de chômage, obtenir un nouvel emploi est comme un rêve. Et quel emploi ! Secrétaire de Harald Schöringen, un auteur à succès spécialiste du surnaturel retranché dans son appartement dominant Montmartre. Un véritable conte de fées… s’il n’était troublé par un cauchemar récurrent où Karin se voit arpenter une immense plaine malsaine où se dresse une muraille d’ébène…

La jeune femme découvre qu’un an plus tôt, un voisin de Schöringen a disparu sans laisser de traces. Y a-t-il un rapport avec cette légende de l’Homme Noir, un insaisissable esprit hantant le vieux Montmartre ? Avec les ombres que Karin sent s’amasser autour d’elle ? Et avec cet étrange bruit qui ne cesse de résonner dans les tréfonds de l’immeuble. Un tout petit grattement, entêtant, obsédant…
Scriiitch, scriiitch… »

patrick_eris_sevres_2008L’auteur : Traducteur et scénariste, Patrick Eris est l’auteur d’une trentaine de romans et autant de nouvelles. Il oeuvre aussi bien dans le polar que le fantastique ou tous les autres genres de l’imaginaire. Il a publié chez Fleuve noir à la fin des année 80 sous le pseudonyme de Samuel Dharma ou encore Jeffrey Lord. Sous une autre incarnation, il lui arrive d’éditer, traduire ou chroniquer ses petits camarades, lorsqu’il ne sillonne pas l’Europe à moto pour des concerts d’obscurs groupes électro-industriels…Patrick Eris de son vrai nom Thomas Bauduret est né le 22 octobre 1963 à Paris.
Citation
Il hurle. Ses cris rebondissent follement entre les parois de sa prison si étroite, alors que son esprit vacille au bord d’un vide cosmique empli de néant.

Mon petit avis :

erisJ’ai découvert un peu par hasard cet auteur il y a une vingtaine d’année avec une aventure du Poulpe. Et oui, j’ai été fan de cet enquêteur libertaire, un brin anar que JB Pouy a eu la brillante idée de lancer. J’ai même collectionné les 99 premiers. A l’époque, il y avait rarement une semaine sans mon poulpe. Et c’est comme cela que j’ai lu Une balle dans l’esthète et fait ma première rencontre avec Patrick Eris. Mais c’est bien des années plus tard que j’ai réellement découvert sa plume avec quelques thrillers fantastiques tels que L’Autobus de minuit  ou encore Le chemin des ombres. Je l’ai ensuite rencontré au salon du livre de Paris, et il m’a subjuguée par son infini érudition. Nous, nous sommes vu des passions communes pour des auteurs tels que Serge Brussolo ou encore Pierre Pelot.

Et c’est justement à ces auteurs cultes que cette lecture m’a fait penser.

Oui il y a dans l’écriture sans fioriture de Patrick Eris une onirique poésie qui se dégage comme dans l’oeuvre de ses aînés. Il a cet art de vous décrire en peu de mots, un personnage, un caractère, une ambiance, un décor…  Il n’y a pas de superflu chez lui. Non c’est limpide.

Si Patrick Eris aime la littérature populaire c’est parce que celle-ci nous raconte des histoires. Et notre auteur est un pur conteur pour ne pas dire raconteur d’histoire. Nous pourrions lire ce roman au coin du feu à la veillée. Il m’a rappelé un auteur que j’affectionne, Pierre Jakez Helliaz. Non pas pour sa prose, cette fois, mais pour sa façon de mettre en place une ambiance.

eris-copie-2-562x787Vous remarquez aussi la magnifique couverture de Philippe Jozelon qui illustre parfaitement « Un récit d’outre-tombe plein de choses grouillantes et rampantes… » comme le dit l’auteur non sans humour. car  » Ceux qui grattent la Terre est un roman d’ambiance. Et l’ambiance ici est prégnante. Une atmosphère poisseuse, lourde et angoissante à souhait. Point de gore ici, juste une aura fantastique mâtinée d’un soupçon d’horreur. Un roman d’imagination aussi. Car l’imagination de notre auteur est fertile et elle oblige la notre à l’être aussi !

 

Bref voilà un roman et un auteur que je vous incite vivement à découvrir.

 

eriseriseris

 

Trophée Anonym’us : Anouk Langaney sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 8 novembre 2016

Anouk Langaney sous le feu des questions

Les questions du Boss.

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • Mais si, c’est du plaisir ! Le genre qu’on éprouve quand on arrête de se cogner la tête contre un mur.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Si je le savais, j’arrêterais peut-être. J’écris pour mettre en forme, et si possible à distance, des choses qui me tournent dans la cervelle – et arrêter de me cogner la tête contre ces foutus murs. Mais il faut croire que j’ai aussi envie d’être lue, sinon je ne prendrais pas le risque de montrer le résultat. Donc j’imagine que j’écris pour qu’on m’aime, comme tout le monde.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • Tant mieux ! Il faut juste espérer que les éditeurs et les lecteurs s’y retrouvent, et aiguisent leur esprit critique. À propos, tu aurais un lien, pour les bouquins de l’épicier et de ma voisine ? Je n’arrive pas à mettre la main dessus…

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Si le monde n’était bousculé que par les ebooks, je dormirais mieux ! Nous nous adapterons, en râlant un peu. Les jeunes plus vite que les vieux, comme toujours. Mais la question de la valeur du livre, l’objet et ce qu’il contient, est à reposer, c’est sûr.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Mon éditeur distribue et communique surtout en Corse. C’est par le bouche à clavier que mon livre a franchi la Méditerranée ! Sans les blogs, les groupes de lecteurs, de libraires, bibliothécaires et organisateurs de festivals passionnés qui l’ont mis en avant, je n’avais aucune chance… et ces contacts, souvent très chaleureux, me font le plus grand bien.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • Le nombre de médailles d’or aux J.O. n’est pas très élevé non plus, ça ne m’empêche pas d’aller à la piscine.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • Plutôt sereine, dirais-je. Il m’a fait confiance ; je fais pareil.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

  • Je ne vois pas les choses sous cet angle. Gamine, je piquais à mon grand-père les bouquins de Frédéric Dard, mais aussi ceux d’Agatha Christie. Les romancières anglaises et américaines ont été des pionnières du polar, comme du fantastique, d’ailleurs. Cette disproportion a sans doute existé en France, mais pas partout. Et encore : Brigitte Aubert, Maud Tabachnik ou Fred Vargas ont fait leur trou depuis un bout de temps !Je pense que je lis à peu près autant de femmes que d’hommes. Trop pour toutes les citer, mais parmi celles qui participent au Trophée cette année, je peux déjà te dire que Marie Van Moere, Danielle Thiéry et Florence Médina sont redoutables. Et que je vais découvrir les autres.L’an dernier, j’ai adoré les nouvelles de Naïri Nahapétian, d’Elena Piacentini et d’Annabelle Lena.

9– Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Elle est très belle, ton idée. L’anonymat offre aux auteurs inconnus une vraie chance, celle d’être lus avec la même attention que les autres, sans préjugés.

 

Les questions de Mme Louloute.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • Pas assez. Je me bats pour lui en donner plus, mais je perds souvent !

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • Pfff, bonne question ! si ça se trouve, toutes ces horreurs me plombent… Allez, c’est décidé, j’arrête ! A partir d’aujourd’hui, mes livres seront pleins de vie, d’amour et de créatures joviales qui gagnent à la fin. Je vais commencer par un panda, tiens ! Un petit panda roux trop mignon. Il est avec sa mère dans la forêt, peinard, au moment où les bulldozers…
    …nan, j’arrive pas.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?
À l’essentiel.

  • Il y a des auteurs que j’attends (certains grecs à capillarité modérée, par exemple). Et des gens de confiance dont j’écoute les conseils. 

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • Le problème quand je sors un livre, vu comment est rangé mon placard, c’est qu’il y a toute une pile qui tombe. Dernièrement, j’ai lu Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour, de S.G. Browne (sur le conseil d’un oiseau-libraire lillois), et c’était très drôle. Et je viens d’attaquer L’ours est un écrivain comme les autres, de William Kotzwinkle, qui me réjouit aussi. Et puis j’ai lu Bois, le premier roman de Fred Gévart, qui, décidément, écrit vachement bien. Et encore d’autres. Je te raconterai.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Non. Mais il faut se relire à jeun avant de cliquer sur « envoi ».

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Juste le poivre ? Et le basilic, alors ? La cannelle, le piment, le thym, la muscade, le safran, la sauge ? Et le sucre ?
    Je ne trouve pas grand-chose de fade dans ma vie, en fait. À part les contraintes administratives, et certains embouteillages.

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • Écrire aide à penser. Je crois.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Ce qui m’a le plus touchée, c’est que des proches de malades d’Alzheimer viennent me dire que rire (noir) de cette saloperie avec l’héroïne teigneuse de Même pas morte ! leur avait fait du bien. Pendant Mauves en Noir, en particulier, un Monsieur adorable est venu me présenter sa femme atteinte du syndrome de Benson, à qui il avait lu le roman à haute voix.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.
C’est moi, qui vous remercie ! À très vite.

Trophée Anonym’us , Nouvelle 10/27 : Braises


Nouvelle anonyme N°10 – Braises

Voilà, la dixième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

 Il en reste 17 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

Nouvelle anonyme N°10 – Braises

vendredi 11 novembre 2016

rtx15tfv
–> Télécharger en epub
–> Télécharger en pdf

Braises

Franchement, si tu pouvais y arriver sans te faire choper… tu ne le ferais pas ?

Gilles lève le nez, surpris. Il repose sa troisième bière vide sur son genou, l’esprit déjà un peu embrumé par la chaleur du feu de bois. La proximité de l’index de Laurent qui lui tapote familièrement le bras commence à le gêner.

La bière, il connaît. Il a de la marge. Ça ne lui fait rien. Presque rien. Presque plus rien. Du moins les deux premières. Mais un homme qui entre en contact physique avec lui,ça, il ne peut pas le supporter.

En tout cas, plus depuis ses seize ans.

Gilles ferme les yeux un instant, évacue l’image qui veut se frayer un chemin jusqu’à la lisière de sa conscience. Du bout des doigts, il joue avec le lacet de cuir qui pendouille à son cou en deux brins inégaux. Son père portait le même, le jour de sa mort.

De quoi tu parles ?

Laurent a un ricanement que Gilles attribue à la présence des deux autres pêcheurs qu’il ne connaît pas et qui vident leur verre avec un sourire entendu, tout en leur jetant des regards en biais à travers les flammèches projetées par le foyer. Derrière eux, à la surface du lac, la Lune joue à cache-cache avec le clapotis soulevé par le vent qui vient du nord. Dans le bois, dérangé par les humains, un rapace pousse un cri strident et s’envole en claquant des ailes.

Laurent tire un billot et s’assied face à Gilles qui se recule imperceptiblement. Posé sur la bûche, il le domine de tout son corps et lui cache le ciel noir. Son haleine pue déjà la bière. Combien en a-t-il bu, lui, exactement ?

Je parle de ces fils de putes. Ceux qui ont assassiné tous ces gens, l’année dernière, dans la fosse du Bataclan, à Paris.

Les yeux de Laurent sont devenus des miroirs où se réfléchit le scintillement des braises. Sa voix est descendue dans les graves, dans ces profondeurs où l’âme se révèle à la lisière de l’ivresse. Il fixe son regard juste au-dessus des épaules de Gilles, dans une nuit dont lui seul aperçoit la noirceur infinie.

ImagineTu es là, à proximité de l’entrée de la salle, quand tu entends les premières explosions… Tu lèves la tête, tu écoutes, tu n’oses pas y croire… Tu frémis rien qu’à l’idée que ça puisse arriver, ici, en France. À Paris…

– Laurent…

Tu es là, juste à côté, et tu portes un flingue à ta ceinture. Le chargeur est plein. Il n’y a personne près de toi. Pas de caméra, pas de badaud, pas de témoin. Tout le monde est parti se planquer, à part quelques héros qui tentent d’extraire des amis ou des inconnus de l’enfer sans se rendre compte qu’ils sont déjà morts. Un tueur surgit alors dans la rue. Tu es seul face à lui…

Laurent, merde !

Eh bien quoi? Tu le flingues ou pas ?

Gilles fait un gros effort pour avaler sa salive. Elle a un sale goût. Celui de la terreur.

J’aime pas quand tu délires comme ça.

Je ne délire pas. Je dis tout haut ce que des tas de gens pensent tout bas. Parce que ça ne se fait pas, de s’exprimer comme ça à voix haute. C’est interdit !

Gilles se redresse, soudain furieux, les lèvres sèches.

Connerie ! C’est une phrase toute faite qui ne veut rien dire, tu le sais aussi bien que moi !

Phrase toute faite ou pas, c’est la vérité. Et ton refus d’ouvrir les yeux n’y changera rien.

Gilles essaie d’empêcher les images de se réveiller. En vain. Elles frémissent au fond de lui. Se déploient, une à une, inexorablement.

Soudain, il éclate.

Et toi, tu l’aurais fait? Tu aurais tué ces salopards de sang-froid ?

– Oui, sans hésiter.

C’est au tour de Gilles de ricaner.

Foutaises! Qu’est-ce que tu en sais ? C’est une chose que d’avoir la haine, de crier vengeance avec le troupeau. Mais c’en est une autre de condamner un homme à mort sans aucune hésitation, là, face à toi !

Laurent plisse les paupières. Entre ces cils, les flammes du foyer dansent en se tortillant sans fin.

Et si tu te retrouvais brusquement plongé au centre de la salle de spectacle, au beau milieu de ce cauchemar, de tous ces gens qui hurlent de peur, de douleur, de désespoir? Tu ne tirerais toujours pas? Tu ne ferais pas la peau à au moins un de ces putains de tueurs, et sans sommation ?

Gilles se lève, les jambes en coton. Il n’a qu’une envie, aller s’allonger dans sa tente, refermer son duvet sur cette migraine qui avance et lui mange petit à petit la cervelle. Et oublier cette soirée qui part soudain méchamment en couille.

Cette conversation ne mène à rien, Laurent. Je suis un flic, pas un meurtrier. Mon rôle, c’est de livrer des criminels à la justice, pas de les juger moi-même. Jai déjà discuté de ça des dizaines de fois. Ça me fatigue. Je vais me pieuter. Demain, il fera jour. Bonne nuit.

Laurent ne répond pas. Il claque la langue sur le goulot d’une nouvelle bouteille de bière, puis il

crache un jet épais dans les flammes.

Au loin, un poisson saute dans la lumière irisée aux reflets de platine. Le bruit de l’eau frappée par l’arche de son corps qui retombe après un bref instant d’apesanteur est avalé par le rire des deux inconnus qui courent vers la berge où l’une des lignes s’est tendue.

Gilles referme la fermeture éclair de sa tente, puis il respire à fond. Accroupi dans la pénombre projetée par le feu, il se déshabille et se glisse dans son duvet. Comme toutes les nuits où il dort loin de chez lui, il a juste gardé son caleçon. Une vieille habitude. Une seule et unique barrière contre la nudité totale. Contre l’impuissance. Au cas où il serait obligé de sortir rapidement, sans doute.

Connerie.

Au cas où quoi ?

Devenir flic, ça a parfois une drôle d’incidence sur votre façon de penser. Peut-être que de garder ses testicules dans un bout de tissu serré contre soi est une assurance contre l’insomnie.

Peut-être pas.

Sous son oreiller, la crosse de son arme accueille sa paume angoissée. Il l’a apportée en cachette dans son bagage. Inimaginable de s’en séparer. Ne serait-ce qu’une seule journée.

Attraction. Répulsion.

Son cœur se calme. Ralentit sa chamade infernale. Les images pâlissent peu à peu dans son esprit.

Sauf le rouge.

Le rouge, ça ne s’en va pas.

Jamais.

Cette partie de pêche, c’était une idée de Laurent. Gilles ne le connaît pas depuis très longtemps, mais ils ont vite découvert qu’ils ont cette passion en commun. Ce désir de ne plus penser que leur vie ne commence qu’à partir du moment où ils quittent leur boulot. Ils se sont rencontrés dans un bar, à Paris, un soir où chacun des deux noyait son désœuvrement dans un verre d’alcool. L’activité principale des hommes qui cherchent à oublier pour quelques heures ce qu’ils sont devenus.

Leurs solitudes se sont trouvées, se sont tournées autour. Ils se sont observés comme des loups, le premier jour. Se sont salués d’un vague signe de tête le deuxième, souris le troisième. Ont partagé une tournée de bières le sixième. Deux le jour suivant. C’est ce soir-là qu’ils ont parlé de pêche pour la première fois. Pour Gilles, qui la pratiquait jusque-là simplement à ses heures perdues, Laurent d’au moins vingt ans son aîné — s’est alors révélé un véritable expert.

Il lui a présenté deux mois plus tôt ce séjour en Croatie comme une chance inespérée de profiter d’un bon plan pour un prix dérisoire. Un lac isolé, une quantité de poissons ahurissante, un campement à la sauvage, de la bière àprofusion autant que le 4X4 peut en transporter , et personne pour les emmerder pendant toute la semaine. De quoi s’y éclater pour vraiment pas cher.

Laurent avait tort sur un seul point. Le pourvoyeur contacté sur le Web avait besoin de se renflouer financièrement. Quand ils sont arrivés sur la rive du lac à l’endroit qui leur avait été alloué, deux autres types y campaient déjà. Des Turcs, ou des Ouzbeks. Voire même d’encore plus loin. Impossible de le savoir, avec cette foutue lan

gue dont ils ne comprennent pas un traître mot.

Ils ont râlé, bien sûr, mais avec personne à engueuler de vive voix, ça a vite tourné court. Ils n’allaient pas faire demi-tour maintenant. Surtout que tout avait été réservé et payé par Laurent sur Internet. Il était furax de s’être fait avoir aussi bêtement. Mais que faire, à présent? Porter plainte contre le lac ?

Ils ont déchargé leur matériel sous le regard indifférent des intrus, qui n’avaient pas l’air si étonnés que ça de leur mésaventure. Passée la mauvaise surprise, les deux hommes se sont d’ailleurs révélés plutôt discrets. Partis tôt, rentrés tard, Gilles les a à peine vus ces deux derniers jours.

Il soupire. Demain, c’est le retour. Enfin. Il n’en peut plus. Chaque soir de la semaine, quand ils se retrouvaient autour du feu, Laurent a lancé la conversation sur des sujets sensibles, des sujets qu’il ne veut pas aborder. Des sujets qui matérialisent des images qu’il ne veut pas voir. Des cris qu’il ne veut pas entendre.

Gilles ferme les yeux, crispe les paupières. C’est comme un écho permanent, tout au fond de lui. Une nausée qui s’avance et reflue sans arrêt, qui le réveille en pleine nuit la bouche amère, le cœur en miettes, la gorge en feu à cause de l’acide qui remonte en jets brûlants de son estomac.

Il n’imaginait pas que le séjour allait tourner de cette façon-là. Autrement, il ne serait jamais venu. Tant pis. Il ne remettra pas les pieds ici. Il ne reverra pas Laurent non plus. Merci bien. Il préfère continuer seul, comme il l’a fait depuis toutes ces années.

Seul avec lui-même pour unique tribunal.

Le sommeil arrive lentement, une onde après l’autre. Il écoute les deux inconnus rejoindre leur campement, planté un peu plus loin, tout près de l’eau. Laurent est resté dehors. Il lentend décapsuler une nouvelle bière.

Et puis cracher dans les braises.

Un bruit. Un bruit dans les feuilles.

Gilles ouvre les yeux, soudain en alerte. Sa main trouve en un instant la crosse de son arme. Elle se referme dessus à la briser.

Il fait nuit noire. Le feu s’est assoupi. Au-delà de la toile de tente, gorgée d’humidité, c’est l’obscurité totale. Le froid, insidieux, se glisse le long de ses épaules nues par l’ouverture du duvet. Il a une féroce envie de pisser. Mais pas de sortir.

Quelle heure est-il, bon sang ?

Il farfouille près de son oreiller, là où il a rangé sa montre. 3 h 15. Et puis après? Qu’est-ce que ça lui apporte de plus, sinon de savoir qu’il reste encore au moins trois heures avant le lever du jour ?

Gilles tend l’oreille. Le bruit s’est évanoui. Un écureuil? Un sanglier ? Autre chose ?

Il réalise qu’il ignore s’il y a des ours, dans ce coin de l’Europe. Et des loups? Est-ce qu’il y en a, par ici? Laurent pourrait le lui dire. Il passe des soirées entières à consulter le Guide du Routard de la Croatie, comme s’il voulait l’apprendre par cœur. Gilles l’observait, du coin de l’œil, tandis qu’il surveillait sa ligne chahutée par l’un des brochets géants du lac.

Ses doigts s’entrouvrent, desserrent leur prise sur la crosse de l’arme. Ses oreilles bourdonnent du silence qui est revenu.

Un écureuil.

C’était un écureuil.

Les poubelles… Ça doit être ça. Il ne se rappelle pas s’ils les ont enterrées, ce soir. Ils l’ont fait les jours précédents, pourtant. Parce qu’il n’y a pas besoin de parler la même langue pour savoir que des déchets alimentaires qui traînent à l’air libre dans un bois, il n’y a rien de tel pour y attirer tout droit les prédateurs de tout poil. Mais l’habitude est mauvaise conseillère. Et cousine de la négligence.

Il ne parvient pas à se souvenir. Enterrées? Pas enterrées ? S’il y a des animaux affamés, dans cette forêt, ça peut faire toute la différence. Une nuit de repos ou de cauchemar. Parce qu’une fois au milieu des tentes, une bête sauvage qui n’a rien mangé depuis plusieurs jours ne partira que quand elle aura tout retourné jusqu’à la dernière miette.

Quitte à se faire descendre.

Mal à l’aise au cœur de la noirceur qui semble l’avoir avalé tout entier, Gilles referme les yeux, plisse le front sur les images qui envahissent son esprit malgré lui. Sa tête retombe sans force sur le tissu rêche de l’oreiller bloqué entre ses coudes.

Le vertige arrive, encore une fois. L’éblouissement qui lui donne envie de mourir. Le vertige ou le sommeil. Souvent, c’est impossible de faire la différence. Ça pourrait tout aussi bien être la Mort. Comme quand il jouit, parfois, entre les hanches d’une inconnue de passage, pour oublier qu’il est condamné à rester seul jusqu’à son dernier souffle. Parce qu’il ne peut rien offrir de mieux que son désespoir à qui que ce soit.

Le tourbillon s’accentue. Les échos aussi. Les images montent à l’assaut de sa mémoire. Il ne veut pas. Il…

Il est là, immobile devant la porte de la boîte de nuit. À l’intérieur, ça pétarade comme au 14 juillet. Sauf qu’aujourd’hui, c’est le soir d’Halloween. Les gens crient, courent dans tous les sens. Ils se sont habillés comme les jeunes aiment se déguiser ces soirs-là. En monstres, en Frankenstein, en vampires, en Cruella. Ils ont tous des armes factices. Des sabres, des épées, des arcs, des fusils en plastique. Certains ont poussé le bouchon jusqu’à ce se recouvrir d’un truc dégueulasse qui ressemble à du sang. Ils en ont partout. Même leurs blessures font plus vrai que nature. C’est chaque année pareil. On se fait peur pour se prouver qu’on existe. Halloween, la fête rabâchée jusqu’au vulgaire. Il y a des siècles qu’il a cessé d’y prendre du plaisir.

Une bande d’excités sort de la boîte en hurlant comme des possédés. L’un des fêtards, habillé tout en noir, avec un masque de Sarkozy sur la tête, est apparu juste derrière eux. Il les poursuit en brandissant un truc au bout du bras.

Un objet que Gilles refuse de reconnaître.

Parce qu’il comprend d’instinct qu’il ne s’agit pas d’un jouet.

Parce qu’il porte le même à la ceinture.

L’arme aboie une fois, puis deux, trois, quatre… Elle tressaute dans sa main comme un petit animal capricieux. Les inconnus tombent, les uns après les autres, les uns sur les autres, les bras tendus en avant comme pour attraper une dernière goulée de vie au moment où ils s’écroulent comme des chiffons. Derrière leurs traits maquillés de carmin, leurs yeux basculent dans la nuit avant même qu’ils ne touchent le bitume du parking. Il y a des cheveux étalés sur le sol. Immobiles. Longs. Enchevêtrés. Blonds, bruns, rouges.

Rouges, surtout.

Gilles est figé dans une béatitude irréelle. Sa main s’est solidifiée sur la crosse de son pistolet de service, dont la languette de sûreté de l’étui est encore fermée. Il est venu faire une ronde. Juste une ronde. Les soirs d’Halloween, les jeunes font parfois un peu trop les cons. Il faut les recadrer. De temps en temps, il faut même en raccompagner un chez lui, incapable de conduire. 4 heures du matin, c’est l’heure critique. L’heure dangereuse. Celle où les esprits échauffés retombent. Où l’attention s’évanouit. Où la présence d’un policier en tenue sur le parking est un mal nécessaire plutôt qu’un bien.

L’arme crache la mort encore une demi-douzaine de fois, puis percute dans le vide. Le type l’aperçoit alors et tourne son masque inerte vers lui. Il braque son flingue sur son visage et appuie trois fois sur la queue de détente.

Clic. Clic. Clic.

L’homme jette le pistolet inutile et sort un couteau de la poche de son habit sombre. Un cran d’arrêt. Sa lame jaillit et étincelle dans la lumière des réverbères qui souligne son corps trapu.

Et le type se met à courir vers lui.

La main de Gilles n’a pas bougé. Le cœur en lambeaux, le policier ne voit plus les cadavres, n’entend plus les gémissements des survivants. Il est loin, très loin de là. C’est son anniversaire. Il vient d’avoir seize ans. Son père lui a offert sa première carabine. Une arme dont il rêve depuis qu’il l’a suivi à la chasse pour la première fois, trois ans auparavant. C’est le plus beau jour de sa vie. Son père lui pose les mains sur les bras, lui explique qu’il ne doit jamais se précipiter, lui montre comment la charger, comment la mettre en position de sécurité. Oui, oui… je sais, Papa… je t’ai vu faire ça cent fois. Papa sourit. Oui, c’est vrai, mon petit gars. Tiens, vas-y, décharge-la toi-même, mais fais attention à…

Le fracas de la détonation le fait hurler. Devant lui, la tête du tueur a explosé comme une pastèque trop mûre. Le corps abandonné vacille, tourne sur lui-même et s’écroule à ses pieds en arrosant son pantalon d’une gerbe de sang tiède.

Il cligne des yeux, incrédule.

Son bras est tendu, le canon auréolé d’une fumée qui se dissipe lentement.

Très lentement.

Et dévoile les cadavres, juste devant lui.

Soudain, il fléchit sous le poids insoutenable de celui de son père, qui s’écroule pour la millième fois dans ses bras, les yeux rivés dans les siens, la voix coupée par le flot hideux qui coule de sa bouche à travers ses dents couvertes de bulles pourpres.

Ses jambes le trahissent. Il tombe sur les genoux et ferme les paupières. Ne plus rien voir. Ne plus rien sentir. Sinon, il va perdre la raison.

Sa main gauche vient saisir le cordon de cuir qui pend à son cou. S’y accroche comme à une bouée au milieu de l’océan.

Au loin, les sirènes.

Le bruit. Cette fois, il n’a pas rêvé. Ça provient du côté de chez les Turcs. Un gargouillis. Comme de l’eau qui coule d’une petite source.

Gilles se redresse sur les coudes en clignant des yeux dans le noir. Qu’est-ce que… ?

Il y a du remue-ménage, près du foyer. Au bout d’un instant interminable, suspendu à son souffle, les flammes se réveillent.

Et puis il entend le bruit de la capsule d’une bière qu’on débouche.

Et un crachat dans la braise.

Gilles se rallonge, mais il n’a plus sommeil. Il consulte sa montre. 4 h 04. Soupir. Il a à peine eu le temps de plonger. Laurent est chiant, avec ses insomnies. Ça a été comme ça toute la semaine. Merde !

Le plus gênant, c’est cette envie d’uriner qui lui vrille la vessie. Il a tenté de l’ignorer, mais ce n’est plus possible. Alors autant en finir tout de suite tant qu’il y a un peu de lumière avec le feu.

Gilles s’extrait de la tente après avoir enfilé son tee-shirt. Un reste de pudeur, même dans les bois. Il s’éloigne de quelques pas, sort son sexe et se soulage. Il lève les yeux vers les étoiles, l’esprit à la dérive. Il n’y a rien de plus beau la nuit qu’un ciel qui scintille au-dessus d’une forêt inconnue.

C’est arrivé à 4 h 11, Gilles. Tu te souviens ?

Le jet se tarit lentement. Les oreilles de Gilles n’ont pas entendu ce qu’elles viennent d’entendre. Impossible.

Q… quoi ?

À 4 h 11, le 1er novembre. Il y a tout juste deux ans. Tu n’as pas oublié, je le sais.

Le cœur de Gilles frappe contre ses côtes. Il va finir par passer au travers. Il secoue son membre d’un geste machinal et remonte son caleçon à la hâte. Puis il se retourne vers Laurent.

– Je…

Tu étais là, juste devant, quand c’est arrivé.

Gilles se passe la main sur les yeux. Non

Laurent

Cette fois, il y avait bien une caméra. Un témoin muet. J’ai eu accès aux bandes vidéo.

Gilles blêmit. Le fixe de ses prunelles écarquillées.

Oui, je suis flic, moi aussi. Je ne te l’avais pas dit, je crois. Désolé, j’ai dû oublier…

Laurent renverse la tête et avale le reste de sa bière d’un seul coup. Puis il laisse tomber la bouteille dans l’humus et lance un crachat dans les braises.

Je t’ai cherché pendant un bon moment, Gilles. Pas facile, avec ce matériel merdique, de reconnaître un visage en pleine nuit, il faut l’avouer. Mais je suis du genre têtu. Heureusement que tu avais ton porte-bonheur autour du cou. Comme signature, c’était juste ce qu’il me fallait… Et de la patience. Je ne pouvais pas passer par la voie officielle pour récupérer ton nom. On aurait identifié ma recherche. J’ai dû me débrouiller autrement. Ça m’a pris plus de temps. On vit une époque pas facile, pas vrai ?

Gilles sent la salive déserter son palais. Les images se ruent sur lui, lui griffent le cerveau, éclatent en puissantes giclées écarlates.

Elle venait tout juste d’avoir dix-huit ans. Elle s’appelait Émilie

En travers des genoux de Laurent, l’acier brillant d’un revolver renvoie vers son visage les mouvances des flammes.

– Et tu n’as pas levé le petit doigt pour la protéger.

Gilles fait un pas en arrière. Puis un deuxième. Du coin de l’œil, il aperçoit sa tente. À l’intérieur, son pistolet est à une année-lumière de son angoisse. Indifférent.

Écoute, Laurent, ça n’est pas ce que tu…

Trois balles. Elle a pris trois balles, Gilles. Une dans le poumon droit, une dans la rate et la troisième dans la nuque. Ma fille n’a pas eu la moindre chance de survivre à ce massacre.

Gilles recule encore. Il sent les feuilles du sous-bois lui chatouiller le dos. Encore deux pas et il disparaît dans la nuit.

– Et pendant tout ce temps-là, tu n’as rien fait. Rien.

La voix de Laurent est monocorde, lancinante. Elle énonce les faits, froidement, comme un magistrat résume une affaire sordide à un jury. Gilles prend mentalement son élan. Il doit donner le change. Faire oublier à Laurent le mouvement de panique qu’il sent arriver dans ses jambes avec l’intensité d’une décharge électrique.

Je l’ai tué, ce salopard! Je l’ai tué, putain !

Tu l’as tué parce qu’il te menaçait, toi. Tu ne vaux pas mieux que ces ordures, Gilles. Tu es de la même espèce, de celle qu’on écrase d’un coup de talon.

Laurent relève soudain le revolver. Le trou du canon devient immense, face à son cœur. Immense et empli de ténèbres.

Plus moyen de sauter dans le bois. Gilles repense tout à coup aux deux inconnus. Il se met à hurler. Ils vont sortir de leur tente, ils vont l’aider…

Help ! Help !

Laurent lève son autre main. La lame de son couteau de chasse est luisante, comme si elle était souillée de boue.

Ne crie pas, ça ne sert à rien. Les Turcs ne peuvent plus t’entendre, là où je les ai envoyés. Ce voyage, je l’ai payé en liquide, par mandat international. Nom bidon. Pas de traces, pas de témoins. Je ne m’appelle pas non plus Laurent, évidemment. Même si tu as parlé de moi à quelqu’un avant de venir ici, je n’existe pas. Tu vois, je te l’ai dit ce soir. C’est une question de volonté, c’est tout.

Gilles se jette en arrière. Mais a-t-il vraiment sauté ? Alors d’où lui vient cette angoisse, cette terrible incertitude ? Il ne parvient pas à le savoir. Ses jambes sont lourdes, elles plient et se fanent, comme sa tête qui penche vers son torse, vers ses mains rouges, si rouges, qui se pressent sur sa poitrine. Il y a une ombre qui tourne lentement autour de lui. Qui déploie ses ailes pour s’emparer de lui.

Un objet cylindrique se pose sur sa nuque.

Il est déjà brûlant.

Plus tard, le son d’une capsule de bière rompt le silence. Au loin, la montée de l’aurore colore le lac d’un voile rose tendre.

La couleur préférée d’Émilie.

Laurent lui tourne le dos.

Et puis il crache dans la braise.

Le dernier vampire de Jeanne Faivre d’Arcier


9782352945451,0-1306708Le livre : Le dernier vampire de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 20 janvier 2012 chez Bragelonne. 20€ ; (380 p.) ; 24 x 16 cm

Quatrième de couverture

Une série de meurtres étranges frappe les laboratoires de l’Inserm à Paris. Les victimes, de brillants hématologues et cancérologues, ont toutes été vidées de leur sang…

Le capitaine Christine Deroche est chargée de l’affaire et pense tout d’abord mener une enquête de routine, mais elle reçoit bientôt des bouquets de fleurs et des messages mystérieux qui font le lien entre son passé et celui de l’assassin. Puis ses proches disparaissent un à un et la mission tourne au cauchemar.

Commence alors, pour Christine et son équipe, un voyage dangereux et palpitant, à Paris, Bordeaux et le long de la Garonne, sur la piste d’un meurtrier à la fois victime et bourreau, inquiétant et flamboyant.

jeanne-faivre-d-arcierL’auteur : Lauréate du grand prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier, que l’on a surnommée à ses débuts «la Anne Rice française», a écrit une douzaine de romans noirs et fantastiques. Elle partage sa vie entre Paris, Bordeaux et le Cap-Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan. Avec Le Dernier Vampire, elle signe un roman où se nouent les fils du polar, de l’histoire et du roman fantastique.
Extrait :
Non, non se cabre le voyeur qui se perd dans les lambeaux de sa mémoire, ce n’est pas la même femme, la morte était plus jeune que cette empotée qui joue comme un sabot. Et puis sa victime n’a pas survécu à sa rage, sa barbarie, sa folie sanguinaire. »

 

Petit résumé et avis :

On a beau être vampire, on n’en est pas moins femme…

Des maisons closes d’Alger aux dédales de Bombay, des ruelles sombres de Séville aux bûchers funéraires de Bénarès, les créatures de la nuit ne cessent d’envoûter les humains qui croisent leur route. Mais aujourd’hui comme hier, Carmilla, la sublime danseuse de flamenco vampire, ou Mâra, la Déesse écarlate, qui fut l’amante du Prince des Démons avant de devenir la favorite de nombreux maharadjahs, restent femmes jusqu’au bout des ongles : leurs passions et leurs vengeances sont implacables, surtout lorsqu’elles se piquent d’aimer des tueurs de vampires ou d’exterminer les buveurs de sang assez fous pour les combattre.

Carmilla lance un programme de recherches consacré à la purification du sang, dans la perspective de créer un réseau de l’or rouge. Mais les Anciens vampires fondamentalistes, férus de magie noire, comptent bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Entre l’or rouge et la magie noire, la crasse des théâtres et les sortilèges des palais indiens, la guerre du sang s’annonce plus funeste que jamais…

Jeanne Faivre d’Arcier nous propose une enquête torride. Et elle nous entraîne dans un Paris sordide et glauque à souhait. Ensuite nous partirons  à Bordeaux, traversant les siècles.  On va suivre avec délice et crainte la quête de nos deux héros enfin plus exactement nos deux héroïne. En effet l’une est policière ancrée dans notre réalité et l’autre voyageuse immortelle assoiffée de sang et de vengeance.

Coup de cœur pour ce récit, servi par une écriture ciselée et souvent teintée d’humour noir. Un roman aux frontières du polar noir, du thriller fantastique et du roman historique.

Attention vous risquez fort en vous aventurant dans ses pages de glisser jusqu’à la dernière ligne et de connaître l’errance.

Lire le début du Dernier Vampire

Le chouchou du Week End : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James


  chouchous-du-week-end

97822263240540-3342862   Le livre : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James. Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Valérie Malfoy. Paru le 17 août 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique.  25€ ; (853 p.) ; 22 x 15 cm

 

4e de couv :

« Un roman époustouflant sur le pouvoir, la corruption et le mensonge. Le livre du siècle. » Irvine Welsh

« Brillant, intense, un roman à la fois profane et plein de grâce. »
Louise Erdrich

« Hypnotisant. »
The Guardian

« Ambitieux, mythique, hors norme, colossal, vertigineux : la preuve de l’ambition inouïe de Marlon James et de son talent prodigieux. »
The New York Times

« Une oeuvre littéraire audacieuse, inventive et exigeante. Un véritable tour de force. »
The Wall Street Journal

« Violent, bouillonnant, un roman énorme dans tous les sens du terme. Le projet de Marlon James pouvait sembler fou, mais il relève le défi. Extraordinaire. »
The Times

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique.

Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et de James Ellroy, Marlon James signe un livre hors norme, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. »
Russell Banks

bobL’auteur : Marlon James, né en 1970 à Kingston, est le premier auteur jamaïcain à être distingué par le Man Booker Prize depuis sa création.Brève histoire de sept meurtres, son troisième roman, a également été élu parmi les meilleurs livres de l’année par The New York Times, The Washington Post, Time, ou encore Publishers Weekly et Library Journal.
Extrait :
Les bouquins sur l’art d’être tueur à gages, ça n’existe pas, mais si c’était le cas, je serai le premier schéma servant à illustrer le chapitre « Comment tout rater ». (…)
(…) Flinguer relax, non, flinguer froidement, adroitement et avec juste un brin de sociopathe en soi. Pas mon styl. Moi, je suis le gansgter maladroit de Chicago, susceptible et soupe au lait, qui s’est embringué par hasard dans un truc qui ne le regardait pas.

Résumé et petit avis :

Partant des événements et des personnages entourant la tentative d’assassinat de Bob Marley, chanteur reggae pacifiste, en décembre 1976, cette fresque épique dépeint les sombres pouvoirs qui régissent la société, en Jamaïque comme aux Etats-Unis.

Et bien que dire de plus que toutes les merveilleuse critiques que l’on peut lire sur ce titre. Pas grand chose. Sauf peut-être qu’ado j’ai beaucoup écouté et joué Bob Marley. Il a été une idole pour moi, alors que je ne suis pas très idole en fait ! Alors ce livre a été une merveilleuse plongée dans mes jeunes années qui a éclairé mes croyances adolescentes et réveillé mes révoltes de l’époque.

Et puis encore que Bob Marley n’est pas le sujet du livre. C’est juste un fil rouge.

Et il y a aussi cette extraordinaire galerie de personnages que l’on va suivre tout au long de ce roman choral. Personnages que Marlon James fait vivre avec fureur qu’ils en sont parfaitement incarnés.

Ce premier roman, traduit en France, de Marlon James est une sacré découverte. Et il est certain que je n’en resterais pas là avec cet auteur !

bob

Résilience de Yannick Monget


Collectif Isabelle

$CDCLe livre : Résilience de Yannick Monget . Paru le 18 février 2016 à  La Martinière. 22€60 ; (661 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de Couv :

100 jours avant l’effondrement.

À Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

2 ans après l’effondrement.

En Antarctique, des survivants s’organisent dans des bases de haute technologie abritant un écosystème reconstitué. La surface du globe est ravagée par la radioactivité et la résurgence du virus noir, qui a décimé la plus grande partie de l’humanité. Que feront-ils de cette dernière chance ?

ym

Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

 ymL’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

 

 

Lire le début de Résilience

 

cm16

 

Résumé et petit avis de notre lectrice :

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Résilience de Yannick Monget, un roman exceptionnel dont personne ne ressortira indemne… Les connaisseurs du nucléaire seront confortés dans leurs idées et les profanes se poseront de nombreuses questions…

Une écriture fluide, aux chapitres cours terminant sans cesse par des rebondissement, l’art d’orienter le lecteur vers une fin qui parait évidente et qui pourtant… à lire impérativement !

Un fantastique roman d’anticipation mais qui au final nous fait toucher « la réalité qui pourrait être » de très prés…

Cette décennie, pour moi, aura connu « Pilgrim » et « Résilience »

     Mon petit avis sur Pilgrim ICI

 

 

Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris : qu’est que c’est ?


On m’a souvent posé la question. Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris : qu’est que c’est ? Et bien aujourd’hui je tente d’y répondre.

Le comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris est un collectif de veille et d’analyse.

Les collectifs de veille et d’analyse évaluent les documents de la production éditoriale de leur secteur thématique pour les bibliothèques du réseau de la Ville de Paris. Ils proposent des sélections et apportent leurs conseils aux acquisitions des établissements.

Le collectif LIPO, LIttératures POlicières, est constitué de membres, tous bibliothécaires, passionnés par la littérature policière. Ils suivent l‘actualité éditoriale du domaine policier constituée principalement de romans et de quelques rares essais.

Et les réunions du Comité Littératures Policières sont le mardi matin,toutes les deux semaines.

Nous travaillons à partir de la base bibliographique Electre. Un titre qui ne sera pas référencé dans Electre ne sera pas vu par les collectifs. Donc pas traité.

La sélection des romans policiers dans les bibliothèques de la Ville de Paris

Le réseau des bibliothèques et médiathèques de la Ville de Paris est un réseau unique en France de par le nombre d’établissements (60), l’ancienneté mais aussi la taille de ses collections (nombre d’exemplaires et de titres). L’importance et l’originalité de ce réseau nécessitent un fonctionnement particulier au niveau de la sélection des ouvrages.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la démarche du comité de lecture polar. En effet ce comité a pour mission d’une part de répertorier l’ensemble de la production éditoriale « romans policiers » et d’autre part de sélectionner bimensuellement un certain nombre de titres qui sont proposés à l’ensemble des établissements du réseau parisien. Sélection à partir de laquelle les bibliothèques effectuent leurs commandes. Chaque ouvrage fait l’objet d’une analyse critique.

La production dans le domaine du roman policier est de plus en plus importante. Chaque maison d’édition a désormais sa collection policière et nombreux sont les éditeurs, essentiellement régionaux, qui ne publient que du policier. L’objectif du collectif est de sélectionner les romans qui lui ont paru les meilleurs tout en prenant en compte la grande diversité éditoriale de ce genre. Il lui faut essayer de ne pas succomber aux modes et aux engouements qui font que l’on publie tout et n’importe quoi dans les domaines qui ont du succès (policier nordique, ésotérique, histoires de tueurs en série etc.) tout en ne perdant pas de vue que les titres sélectionnés sont destinés à des collections construites pour le public.

Si l’essentiel du travail et de la sélection se font sur des titres inédits il nous paraît toutefois important de signaler, en les passant sur Liste ou en les recommandant simplement, certaines rééditions. Soit parce que ce sont de nouvelles traductions (les premières traductions de certains livres étant parfois très mal faites) ; soit parce que ce sont des éditions d’œuvres complètes qui reprennent des titres qui ne sont souvent plus disponibles depuis longtemps.

Le comité de lecture polar des bibliothèque de la ville de Paris s’efforce de lire un maximum de 1e roman. Le travail de découverte est un des axes de notre travail qui est sans doute le plus gratifiant.

Aussi pour effectuer celui-ci nous disposons d’un service d’offices.

Malheureusement souvent les offices que nous demandons ne nous sont pas fournis, par nos libraires prestataires, quand il s’agit de petites maisons d’éditions.

Dans ce cas, il nous arrive de demander des services de presse (SP) aux éditeurs en question.

Pour autant, un SP ne signifie pas un achat en bibliothèque. Seul les romans policiers qui nous semblerons les meilleurs, sortant du lot, ceux qui nous aurons surpris, étonnés ,questionnés se verront proposés pour achat aux 60 bibliothèques parisiennes. Nous sommes l’outil de sélection de ces dernières.

Voilà donc défini la mission première du comité polar.

Mais depuis la rentrée 2012-2013, celui ci propose aussi un certains nombres d’autres activités.

-Présence sur les salons et festivals pour mieux percevoir les tendances qui se dégagent dans notre domaine de prédilection.

-Participations à des débats et des colloques.

-Publications de bibliographie à destinations du public des bibliothèques parisiennes et au-delà.

-Mise en place de rencontres ou de débats autour du polar dans les établissements parisiens.

-Présence sur les réseaux sociaux. Page facebook très active.

-Et bientôt un blog. Enfin nous l’espérons….

 

Voilà, vous savez tout sur mon activité autour du comité de lecture polar. C’est une des parties de mon boulot. 20% environ de mon temps de travail. Bien plus en réalité sur mon temps personnel.

Du reste, le blog n’ayant toujours pas vu le jour, j’ai créé le mien, mais vous le connaissez non ? Mais si Collectif Polar : Chronique de Nuit

Vous l’aurez compris, pour ce job, je suis obligée de travailler avec la base de donnée bibliographique Electre. Aussi, si votre polar n’est pas référencé dans cette base bibliographique, je ne le lirai pas. Je le regrette, mais mon temps n’est pas extensible.

Normalement, le référencement dans Electre est gratuit, c’est à vous mais surtout à votre éditeur, même si c’est une petite maison d’édition, de prendre contacte avec Electre et de proposer vos titres afin qu’il les enregistre

Pour nos amis auto-édités c’est sans doute un peu plus compliqué. Quoique certains d’entre vous êtes étiquetés sur cette base bibliographique.

Et  là, je voudrais pousser un petit coup de gueule.

Car, non, je n’ai rien contre l’autoédition, comme le prétendent certains.  Je ne suis pas, enfin je crois, le suppôt des éditeurs patentés. Pour autant, je ne ferai pas les démarches administratives à votre place. A vous de mettre tout en place pour vous faire connaître auprès des libraires et des bibliothécaires.

Je n’ai pas d’actions chez Electre, je trouve même qu’ils font payer leurs services un peu chers aux médiathèques et aux librairies qui souhaitent travailler avec cet outil. Mais c’est un outil précieux et utile à notre travail. Et puis, je n’ai pas le choix, pour mon boulot, je travaille avec les outils que me fournit mon employeur.

Encore une fois je le répète, dans le cadre de mes lectures, je préfère faire d’une pierre deux coups. Et pour moi et pour le comité de lecture. Mon temps de lecture se fait uniquement sur mon temps perso de repos et… Mon temps aussi est précieux !

Allez, j’y retourne, j’ai encore 5-6 romans à lire pour mardi prochain.

Bonne lecture à vous aussi.

 

 

Trophée Anonym’us : Patrick K. Dewdney sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 1 novembre 2016

Patrick K. Dewdney sous le feu des questions

LES QUESTIONS DU BOSS.

1- N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • La première chose que je fais lorsque j’investis un espace narratif, c’est de me laisser posséder par les personnages qui l’habitent. Comme les personnages que je décris sont essentiellement des êtres en souffrance -je dirais même que c’est leur fonction- pour moi l’acte de création est lié de manière intrinsèque à la douleur. La joie vient après, lorsque le récit est abouti, et que je peux me permettre un recul émotionnel vis à vis de lui. Précision importante : je le vis bien.

2- Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Fondamentalement, je pense que c’est parce que j’aime questionner et interpeller le monde et mon espèce, et qu’à cette fin, l’écriture est tout simplement l’outil que je maîtrise le mieux. Après, je trouve aussi que c’est difficile de rationaliser entièrement quelque chose d’aussi profond et de complexe que le besoin créatif.

3- Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • Dans le fond je trouve ça positif que les gens expriment leur créativité, c’est une chose qu’il faudrait encourager davantage. Dans la forme, tout ça est soumis à un système économique ravageur et obsolète. Des gens qui gagneraient à pouvoir vivre de leur écriture ne le peuvent pas parce que la priorité, c’est que des millionnaires s’enrichissent encore davantage. Disons que la situation de la littérature est malheureusement cohérente avec tout le reste.

4- Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • J’en pense qu’il y a des gens qui préféreront toujours un livre en papier à un écran, d’autres à qui ça a carrément permis de découvrir la lecture, d’autres encore qui jonglent entre les deux. Je n’ai rien contre le changement, au contraire. J’aime le multiple. Il n’y a aucune raison pour laquelle le support traditionnel et le support numérique ne pourraient pas cohabiter, si ce n’est (je me répète, hein) notre système économique primitif qui les transforme de fait en rivaux.

5- Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • J’ai créé une page pro sur facebook pour que mon lectorat puisse suivre mes actualités. En dehors de ça, j’estime que la communication, ça n’est pas de mon ressort.

6- On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • Je leur dirais que l’acte créatif est un besoin irrépressible, et que s’ils écrivent pour être « visibles » ils se trompent de vocation. Je leur dirais surtout qu’il est très difficile de vivre de sa plume en ce monde, principalement parce qu’il est très difficile d’y vivre tout court. Qu’il leur appartient d’œuvrer à changer ça, plutôt que de se plier aux règles moisies que ce monde voudrait leur imposer. Et qu’à mon sens, être un artiste c’est être précisément cela : un artisan du changement.

7- Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • Et bien ce sont avant tout des relations humaines, donc elles peuvent être très différentes. Il y a des éditeurs qui sortent d’écoles de commerce et qui vendent des bouquins comme ils vendraient des sardines, d’autres pour qui le choix éditorial est si pointu et investi que ça en devient une forme d’expression artistique à part entière. Entre les deux, il y a une majorité qui jongle. Ce sont forcément des relations un peu particulières, parce que l’édition, c’est un milieu un peu particulier : on s’y trouve toujours sur une forme de brèche bancale, avec des impératifs économiques qui demandent à ce qu’on dissèque, à ce qu’on couche en plans prévisionnels une matière première humaine et créative qui échappe en grande partie à ces schémas. Je crois qu’en ce qui me concerne, j’ai cherché avant tout des relations qui se basaient sur le respect mutuel et une vision artistique commune. Des gens avec qui j’ai envie de travailler, mais aussi d’être tout court, qui hésitent pas à être critiques, à me faire bosser mes manuscrits, qui savent dire le mauvais, mais aussi le bon. Des compagnons, en quelque sorte. Des amitiés sont nées de ce socle là, clairement.

8- J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

  • En fait, je m’attache très peu aux questions de genre. J’ai tendance à voir les gens avant tout comme des individus, et très accessoirement comme des sexes. Ça ne fait pas partie des codes que j’utilise pour faire sens du monde, tout simplement. Je lis des auteurs. Qu’ils soient hommes, femmes peu m’importe. L’identité « genrée », c’est avant tout une construction sociale, à mon sens ça n’a que la valeur qu’on lui accorde. Je me définirais néanmoins comme féministe dans la mesure où je n’aime pas l’injustice sociale. À ce titre je suis ravi qu’il y ait davantage de représentation féminine dans le monde de l’édition, mais j’admets volontiers que le sexe de l’auteur ne fait pas partie de ces choses qui vont faire que je vais lire ou pas un bouquin.

9- Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Parce que je t’aime bien et que tu me l’as demandé.

LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE.

1- Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • Ma vie professionnelle, c’est l’écriture. Ma vie de famille, c’est l’écriture. Les salons et les dédicaces, c’est l’écriture. Du coup en ce qui me concerne… la question serait plutôt « reste-t-il une place pour autre chose » ? Et la réponse, c’est non.

2- A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil, disait René Char.

3- La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • Je ne sais pas, mais on y va.

4- Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • Alors déjà, si je puis me permettre, ranger un livre dans un placard, là où personne ne peut le voir, c’est un peu de la maltraitance.

5- Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Bien évidemment, il faut bien choisir les deux.

6- La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Mais qu’est-ce qui nous arrive ?

7- Lire aide à vivre. Et écrire ?

  • Je ne sais pas si ça m’aide à vivre, mais ça y donne un sens, indubitablement.

8- Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Une fois, une femme visiblement dérangée m’a raconté ses hallucinations psychotiques avec force détails, tout en m’agitant une épingle à nourrice géante sous le nez. Je ne pense pas vraiment avoir été en danger, mais passer quarante minutes avec un objet pointu brandi en direction du visage, j’ai trouvé ça un peu long.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

Trophée Anonym’us , Nouvelle 9/27 : Je serai toujours là pour toi


Voilà, la neuvième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

Ce sera donc sur les qualités intrinsèques de la nouvelle que le jury devra trancher.

 Il en reste 18 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

Nouvelle anonyme N°9 – Je serai toujours là pour toi…

 vendredi 4 novembre 2016

–> Télécharger en epub
–> Télécharger en pdf

Le Mans, 23 juin 2016

Le capitaine Alex Wittenberg déambulait depuis trente minutes dans le quartier du Jardin des Plantes lorsque le standard du commissariat le contacta. Une brigade avait investi un appartement quelques rues plus loin pour un homicide. En descendant de sa voiture, son regard s’attarda sur la raison pour laquelle il traînait dans le voisinage : à une centaine de mètres, une maison récente à la porte d’entrée rouge. Son ex-femme demeurait là depuis qu’elle avait demandé le divorce douze mois plus tôt. Dix-sept ans de mariage ruinés par une nouvelle maîtresse qui pensait déjà prendre la place de l’officielle. Cette séparation avait laissé un vide chez le capitaine et son épouse lui manquait toujours autant. Depuis deux semaines, il avait entrepris de reprendre contact avec elle et, ne sachant comment opérer, il espionnait son quartier dans l’espoir de la croiser.
Wittenberg présenta sa carte d’officier pour passer l’attroupement qui s’était accumulé devant l’entrée du bâtiment. Un mort dans la rue, ça attirait forcément les curieux. Le major Bordier, policier manceau depuis douze ans, avait reçu un SMS de son supérieur le prévenant de son arrivée imminente et l’attendait en bas de l’immeuble pour le conduire sur le lieu du crime.
— Bonjour Alex. T’as fait vite.
— Salut Jo. J’étais dans le coin. Qu’est-ce qu’on a aujourd’hui ?
— Un psy et un ancien patient. Bilan de l’embrouille : homicide et une tentative de suicide.
— Tentative de suicide ?
— Ouais, les collègues sont en train de s’occuper de l’agresseur. Il a pété une pile quand on est arrivé et a essayé de sauter par-dessus le balcon…
— Original, ça change un peu.

Deux étages plus tard, le capitaine découvrait la scène de crime. La porte d’entrée grande ouverte laissait se diffuser le parfum d’encens au patchouli qui flottait dans l’appartement. Les deux hommes pénétrèrent à l’intérieur et Wittenberg commença à détailler la pièce principale. Faisant abstraction de l’animation qui régnait autour de lui, le policier enregistrait le moindre élément : de belles poutres apparentes, un salon percé d’une vaste baie vitrée qui donnait sur un balcon avec vue sur le Jardin des Plantes, du mobilier moderne mêlant bois et métal, des copies de tableaux de Dali, une large bibliothèque et ce magnifique tapis birman sur lequel était allongé le cadavre. Hormis ce détail, tout était impeccable. Aucune trace de lutte. La victime avait visiblement laissé entrer son agresseur qui l’avait suivi dans la pièce. Peut-être avaient-ils un peu discuté, mais pas assez longtemps pour prendre un verre ensemble.
L’œil du capitaine fut attiré par un cadre photo posé sur un buffet à proximité du corps. Le cliché montrait une jolie brune grande et mince d’une vingtaine d’années. Cheveux longs, nez aquilin, lèvres pulpeuses et dentition éclatante. La femme était vêtue d’un short en jean et d’un tee-shirt sur lequel on pouvait lire « Les meilleures s’appellent Léa ». Son agréable minois respirait la joie de vivre et rayonnait, le genre de sourire qui illumine le visage des femmes amoureuses. Wittenberg soupira. La vie vient de faire une nouvelle malheureuse…
— Qui a prévenu la police ?
— La voisine d’en face. Elle a entendu le coup de feu.
— Et lui ? demanda le capitaine en désignant du menton un homme dans un coin de la pièce, menottes aux poignets.
Les traces de sang qui recouvraient son visage et son air hagard lui donnaient l’apparence d’un dément évadé d’un hôpital psy.
— Il est calme pour le moment, mais on attend les ambulanciers pour l’emmener.

Alors que les techniciens de la Scientifique refermaient leur mallette, un géant au teint blafard s’approcha pour s’adresser à Wittenberg. Malgré son un mètre quatre-vingt taillé comme un rugbyman du quinze de France, l’officier ne lui arrivait qu’à l’épaule.
— On a fini les relevés, faites comme chez vous, grogna-t-il.
Le capitaine le gratifia d’un signe de tête et le contourna pour rejoindre le médecin légiste accroupi près du cadavre. L’homme auscultait le corps avec des gestes calmes et précis.
— Vous en dites quoi ? demanda Wittenberg au praticien.
— Mort violente. Un seul impact de balle au niveau du cœur. Coup de feu pratiquement à bout portant.
— C’est tout ?
— Largement suffisant pour que ce soit définitif. Encore un que je vais examiner sur ma table d’autopsie.
— OK, on se revoit plus tard alors, conclut Wittenberg.

Le capitaine n’en était pas à son premier homicide, mais celui-ci le laissait confus. L’individu qui avait tiré cette balle en plein cœur l’avait fait, animé d’une rage extrême. Sans comprendre pourquoi, ce cas précis le renvoyait à sa propre violence, celle qui l’avait poussé à bousculer brutalement son ex-épouse lors de leur dernière engueulade. Jamais, il n’avait levé la main sur elle auparavant et cette sombre dispute avait sonné la fin de son mariage. Wittenberg se releva et se tourna vers Bordier, posté juste derrière lui.
— Et le suspect ? Il dit quoi ?
— Il plaide la légitime défense.
— Pardon ? demanda Wittenberg en ouvrant de grands yeux en direction de son subordonné.
— Oui, t’as bien entendu ! Légitime défense.
— Mais c’est bien lui qui s’est introduit dans le domicile avec l’arme ?
— Oui, mais d’après le gus, c’était lui ou la victime, répondit Bordier en lui tendant un paquet de feuilles. Lis ça et tu comprendras un peu mieux.

24 avril 2016
Cher Doc,
J’ai longtemps hésité avant de vous écrire. Vous avez été très présent dans cette période de ma vie où tout allait mal. La perception que j’avais de moi-même était comme une pellicule visqueuse et persistante dont j’avais du mal à me séparer. Vous en avez fait un vague souvenir et m’avez accompagné dans ma recherche d’un mieux-être durant ces douze derniers mois. Vous savez qui je suis, vous connaissez mes travers. Mes petites confessions sont en lieu sûr chez vous. J’ai confiance en vous.
Doc, vous êtes au courant que vous êtes la personne la plus importante de mon développement intime. Grâce à vous, je vais devenir quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, mon besoin de violence s’est atténué et je me sens prêt à faire des changements dans ma vie. J’ai trouvé des réponses en moi et je vous en remercie sincèrement.

5 mai 2016
Doc,
Nadia est partie. Je lui ai avoué qui j’étais vraiment, l’importance du travail que nous avions fait ensemble et sur le moment, elle n’a rien dit. Elle m’a quitté le lendemain en me laissant un message sur la table, dans lequel elle me traitait de menteur, de monstre, de dégénéré. Je vous passe le reste…
Nous nous connaissions depuis quinze ans, mariés depuis douze, mais ça ne semble plus compter pour elle. Des années qui s’effondrent comme ça, en quelques mots, pour une vérité qui semble insupportable à ses yeux.
J’aimerais en discuter avec elle, mais son téléphone est en mode répondeur. Je ne sais même pas où elle est partie avec le peu d’affaires qu’elle a prises.
Doc, son départ laisse un trou béant dans mon cœur. Je ne sais pas comment réagir et je commence à me demander si j’ai bien fait d’écouter vos conseils…

12 mai 2016
« Un coup de poignard en pleine poitrine », c’est ce que je ressens. Je ne réussis pas à m’en remettre. Les idées tournent en boucle dans ma tête. Je ne cesse de m’interroger. Comment a-t-elle pu mettre si brutalement fin à notre couple.
Elle ne reviendra pas, je le sais…
Pourtant vous m’avez conseillé d’être honnête
Je pensais maîtriser la situation. Vous m’avez mis dans une position de faiblesse face à elle. Être gentil, compatissant, attentif, c’est bien ce que vous m’avez recommandé de faire avec elle ? Je n’aurais pas dû mettre fin à ce qui faisait de moi un de vos patients, car la gentillesse n’est pas la bonne solution avec certaines personnes…

Wittenberg se frotta le front. Certains détails de ce courrier l’intriguaient. L’auteur de la lettre avait l’air bien sûr du départ définitif de sa femme. Avait-il un peu aidé le destin ? Avec ce type de déséquilibrés, on pouvait s’attendre à n’importe quoi.

19 mai 2016
Doc,
Je me demande si Nadia n’a pas agi sur un coup de tête, mais je n’aurai jamais la réponse. Nous avons vécu des années sans que je ne change quoi que ce soit à mon comportement. Elle a toujours subi mes travers sans jamais se plaindre et aujourd’hui que nous mettons des mots sur ce que je suis, la vérité lui est insupportable ? Foutaise ! Ce désamour brutal est incompréhensible et pourtant j’essaie encore de me l’expliquer… On aurait pu en discuter. Qu’elle tente de découvrir les origines du mal, comme vous l’avez fait. Qu’en pensez-vous ? Vous avez gratté la surface de mon être et avez saisi quel diable se cachait dans mon enveloppe physique. Qu’a-t-elle pu comprendre après ces quelques mots échangés avec moi alors qu’il vous a fallu des semaines pour entrer dans ma tête ?

Ou peut-être ne supportait-elle plus de vivre sous ma coupe. Mais la domination et la soumission étaient des conditions nécessaires à sa propre sécurité. Et vous, Doc, pensiez-vous apaiser ma vie en me prodiguant vos précieux conseils. Mais, qui de nous est le plus en danger ? Êtes-vous certain que je ne sois pas déjà dans votre crâne ? Je suis sûr que vous songez à moi très fréquemment ces derniers temps…
Doc, j’ai besoin de me soulager et je ne connais qu’un remède…

Le capitaine interrompit sa lecture et leva la tête vers Bordier.
— On a des infos précises sur ce gus ? Un casier judiciaire ? Un séjour en psychiatrie ?
— J’ai contacté le central et Rosier conclut des recherches. Il me rappelle dès qu’il trouve quelque chose. Ses courriers sont un peu agressifs, n’est-ce pas ?
— Ceci expliquant sans doute cela, lança Wittenberg en désignant du menton, le cadavre sur le sol, avant de reprendre sa lecture.

6 juin 2016
« Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », tout le monde le connaît le vieil adage, on a tendance à le balancer dans le creux d’une discussion, en espérant qu’on va y croire soi-même. Alors parce que les événements que j’ai vécus dernièrement m’ont fait beaucoup réfléchir, je remets en question les choses sur lesquelles j’avais commencé à confortablement m’installer. Vous faites partie du tableau. Je me rends compte que vous avez œuvré à faire transpirer une vision de « quelqu’un de bien » à travers ma personne, mais vous avez faussé ma destinée et c’est ce qui a causé la perte de mon mariage. Ma nature profonde est forgée d’une noirceur qui ne sera jamais brisée.
Nous devons reprendre le travail en modifiant l’optique de votre analyse. Vous avez commis une erreur en perturbant mon équilibre, vous devez réparer cette faute. Je ne suis pas prêt à laisser mes démons disparaître.

Une pensée nostalgique concernant sa vie passée lui traversa l’esprit. Consulter un psy comme son épouse lui avait conseillé aura-t-il changé quelque chose à son mariage ? Aurait-il trouvé une réponse à ses problèmes d’alcool ? C’était trop tard maintenant. Anciens démons, les mots résonnaient dans la tête du capitaine. Il jeta un regard en biais à Bordier. Celui-ci le sondait de ses yeux bleus perçants. À quoi pensait-il ? À ce fameux soir de la semaine dernière où il avait ramené Wittenberg chez lui, complètement ivre. Avait-il gardé cet épisode pour lui ou en avait-il parlé à quelqu’un ? Le capitaine n’avait jamais osé en discuter avec lui, mais il lui faudrait un jour crever l’abcès.
Mal à l’aise, Wittenberg tourna la tête en direction de la bibliothèque qui occupait un pan entier de mur. Il s’en approcha et l’observa dans son ensemble. Ce meuble révélait une psychologie ordonnée, un goût pour l’art. Quelle personnalité se cachait derrière tant d’ouvrages si méthodiquement rangés ? Il se replongea dans la lecture des deux dernières lettres.

7 juin 2016
Doc, 

Je suis navré de votre comportement. Aucune de mes lettres n’a trouvé écho auprès de vous. Que faut-il faire pour attirer votre attention ? M’ignorer de la sorte ne fait qu’attiser ma rancœur. Je vous pensais être un homme d’honneur, vous me décevez profondément. Vous êtes conscient que je ne peux décemment m’en prendre à vous pour assouvir mon besoin de calme ! Vous êtes celui qui me connait le mieux. Qui m’aiderait ensuite à faire mon travail de reconstruction ? Je ne peux pas me permettre de raconter tous mes petits secrets à n’importe qui.
Doc, vous savez de quoi je suis capable, car vous être au courant de la noirceur de mon âme. Alors prenez-garde et cessez de jouer le mort ! Ce rôle ne vous sied pas correctement… pour le moment.

22 juin 2016
Mentir à l’homme qui vous soigne, c’est mordre la main de son maître. Je vous dois la vérité. Depuis quinze jours, il y a du neuf dans ma vie. Une énergie nouvelle s’est emparée de moi, j’ai l’impression de me réveiller après plus d’un mois de somnolence. Cet espoir, cette foi en l’avenir, ça me submerge et je le partage avec quelqu’un. Je m’éveille pour la première fois. Je profite, je jouis, j’avance, je progresse, je m’extasie, et tout cela m’envahit d’un bloc. Sans vous pour me guider.
Votre absence de réponse m’a fait comprendre que vous refusiez de me soigner à nouveau. J’ai donc cherché un palliatif. Depuis peu, je me passionne pour votre intimité et je ne regrette pas d’y avoir mis autant d’énergie. J’ai appris des choses très intéressantes comme le fait que vous possédez quelque chose que je n’ai pas. Une source de vie. La prolongation de votre propre existence. J’ai traqué cette lumière qui éclaire votre cœur, car c’est aussi une partie de vous. Elle soignera et purifiera mon esprit et purgera mes déviances, une dernière fois… Elle va le faire pour vous, pour nous, pour moi.
Je tiens tout d’abord à vous féliciter, car vous et votre épouse, paix à son âme, vous l’avez parfaitement réussie. Elle est magnifique. Et quelle surprise de découvrir qu’elle a le même regard que vous. Vous savez bien que j’adore les yeux, c’est entre autres le reflet de la conscience. On y lit tout, du bonheur aux pires souffrances. Sa voix aussi est incroyable, mélodieuse comme le chant des sirènes, surtout lorsqu’elle crie… Ne vous inquiétez pas, Doc, je vais bien m’occuper d’elle !
Vous avez bien compris de qui je parlais. Votre chair, la prunelle de vos yeux… Quoi que vous lui disiez me concernant, elle ne vous croira pas. Je lui ai présenté un autre visage, celui que vous avez tenté de me forger à travers votre psychanalyse, celui d’un homme doux à qui la cruauté fait horreur. Elle ne vous accordera pas de crédit, car elle sait que vous manquez de lucidité quand il s’agit de ses relations amoureuses. Elle m’en a déjà parlé. N’essayez pas non plus de lui montrer ces courriers, je lui dirai que c’est vous qui les avez rédigés ! J’ai beaucoup appris de vous… même votre façon d’écrire. Vous n’aviez pas remarqué ?

Wittenberg ne se faisait guère d’illusions sur l’interprétation à faire du contenu de cette dernière lettre. Bordier l’avait lue avant lui. Quelle impression lui avait-elle laissée ?
— Il parle de la fille du psy si j’ai bien compris.
— Visiblement, rétorqua Bordier.
— C’est sympa comme correspondance ! Le psy avait signalé les autres lettres à la police avant celle-ci ?
— Non, justement. Avant celle-ci, il n’avait pas pensé que ça pourrait aller plus loin.
— On aurait pu éviter un drame. On a des éléments supplémentaires ?— Le type aurait avoué lors de ses séances de psychanalyse qu’il s’adonnait à des actes de tortures, du style SM et que plus d’une fois ça aurait mal tourné pour les participants.

— Et il ne s’est pas inquiété plus que ça d’avoir un phénomène pareil dans son cabinet ?
— Si, justement quand la deuxième lettre est arrivée, il a mené sa petite enquête et a découvert que la femme de la victime n’avait pas donné signe de vie depuis plusieurs jours.
— T’as essayé de contacter la fille du Doc ?
— Pas encore. Il y a encore quelque chose que vous devez voir. Suivez-moi !

Suivi du capitaine, l’officier s’engouffra dans le couloir jusqu’à une chambre qui semblait servir de bureau. L’ordinateur était allumé.
— Il avait visiblement démarré un nouveau courrier avant que l’autre ne débarque chez lui, lança le policier en invitant son supérieur à se pencher sur l’écran.

23 juin 2016
Doc,
Je m’excuse encore d’avoir poussé votre angoisse au paroxysme avec ma dernière missive. Je ne cherchais nullement à vous faire peur et j’ai conscience d’avoir utilisé volontairement des mots violents pour vous faire réagir et attirer votre attention.
Nous allons bientôt devenir trop intimes pour que nous puissions entreprendre un nouveau travail thérapeutique. Je suis tombé sous le charme de votre fille. Un diamant brut qui m’offre une vision de vie différente depuis une dizaine de jours.
Longtemps, je crus trouver en vous le remède à tous mes maux, mais aujourd’hui c’est votre fille qui m’indique la voie. Avec elle, je vais bien m’amuser et dans un futur proche, je lui montrerai une nouvelle forme de bonheur…

Un silence profond s’ensuivit, lourd comme une chape de plomb. Chacun avait son opinion sur la définition de ce nouveau bonheur. Qui était vraiment ce type ? Mytho, manipulateur sadique, déséquilibré ? Une sonnerie de portable retentit brièvement dans la pièce. En déplaçant quelques documents posés sur le bureau, Wittenberg le découvrit. Une enveloppe de message s’affichait sur l’écran. En cliquant sur l’icône, le contenu apparut

« Chéri, ce soir je te présente un homme qui sera toujours là pour moi, mon psy de père. Bisous tendres Léa »

Le Garçon de Marcus Malte : Le chouchou du Week-end


chouchous-du-week-end
 marcus4265Le livre : Le Garçon de Marcus Malte. Paru le 18 août 2016 chez Zulma.  23€50 ; (534 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

 

marcusL’auteur : Marcus Malte est né en 1967 à la Seyne-sur-Mer. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Garden of Love (récompensé par une dizaine de prix littéraires, notamment le Grand Prix des lectrices de Elle, catégorie policier) et, plus récemment, les Harmoniques.
Extrait : 

Résumé et  petit avis :

Le garçon n’a pas de nom et ne parle pas. Être quasi sauvage, il ne connaît du monde que sa mère et leur cabane. En 1908, il découvre les habitants d’un hameau, Brabek et Emma, puis la guerre, paroxysme de la folie des hommes. Ce roman esquisse l’itinéraire d’une âme neuve, qui s’éveille à la conscience et vivra des expériences tantôt tragiques, tantôt cocasses.

Voici un livre dans lequel je suis rentrée en apnée. Je laissais mes yeux parcourir les mots, mon regard courir sur les phrases et j’ai retenu ma respiration.

Les mots, les phrases, les paragraphes se succédaient et j’en ai eu le souffle coupé.

Mon dieu il y a longtemps que j’attendais un nouveau roman de Marcus Malte. Un gros roman, un roman fleuve comme les Harmoniques que j’avais dévoré et adoré.

Depuis 20 ans Marcus Malte nous offre des petits bijoux. Mais des histoires de moins de 200 voire au plus 300 pages. Souvent de courts romans, des grandes nouvelles. Mais un roman digne de ce nom, un pavé quoi ! Une histoire qui nous traverse de part en part ! J’ai attendu, et le Garçon est arrivé

Et bien voilà c’est fait. Le garçon est le chef d’oeuvre que l’on attendait, que l’on présentait.

C’est tellement puissant que je n’ai pas de mots pour vous le décrire.

Alors je vais emprunté ce de mon ami Dominique :

« Exceptionnel, magnifique… effectivement je suis subjuguée par une telle qualité d’écriture, une telle émotion… inoubliable ! »

Le garçon a reçu le Prix Femina 2016. Et ça, ce fut un grand moment de bonheur !

Allez, je vous donne à lire les premières pages. Elles sont si belles que vous ne pourrez pas résister au besoin de lire la suite. Car j’en suis certaine comme moi vous allez être subjugué par la puissance de cette écriture, par sa beauté et son lyrisme.

Le garçon est le livre, mon livre de l’année

Le Garçon Marcus Malte Edition Zulma
« Même l’invisible et l’immatériel ont un nom, mais lui n’en a pas. Du moins n’est-il inscrit nulle part, sur aucun registre ni aucun acte officiel que ce soit. Pas davantage au fond de la mémoire d’un curé d’une quelconque paroisse. Son véritable nom. Son patronyme initial. Il n’est pas dit qu’il en ait jamais possédé un. Plus tard, au cours de l’histoire, une femme qui sera pour lui sœur, amante et mère, lui fera don du sien, auquel elle accolera en hommage le prénom d’un célèbre musicien qu’elle chérissait entre tous. Il portera également un nom de guerre, attribué à l’occasion par les autorités militaires en même temps que sa tenue réglementaire d’assassin. Ainsi l’amour et son contraire l’auront baptisé chacun à sa façon. Mais il n’en reste rien. Ces succédanés aussi seront voués à disparaître à la suite de cette femme et de cette guerre et de l’ensemble du monde déjà ancien auquel elles avaient pris part. Qui le sait ?
Pour peu qu’on daigne y croire, l’unique trace de son passage qui subsiste est celle-ci.

1908

Le jour n’est pas encore levé et ce que l’on aperçoit tout d’abord au loin sur la lande est une étrange silhouette à deux têtes et huit membres dont la moitié semble inerte. Plus dense que la nuit elle-même, et comme évoluant en transparence derrière ce voile d’obscurité. La paupière fronce à cette apparition. Doit-on s’y fier ? On se demande. On doute. À cette heure les gens dorment, dans les villes, dans les villages, ailleurs. Ici, il n’y a rien ni personne. Si la lune se montrait elle n’éclairerait qu’un paysage de maquis, brut, désolé. Une terre indéfrichée. Qui va là ? Quoi ? On l’ignore. On scrute avec une attention accrue cette ombre insolite pour tenter de l’assimiler à quelque espèce connue et répertoriée. Mais il n’y en a guère qui feraient l’affaire. À quel ordre appartient-elle ? De quelle nature est-elle ? On s’interroge. On la suit du regard. On la voit qui avance, courbée, l’échine déformée par une énorme protubérance, l’allure lente et quasi mécanique dans sa régularité. On devine, on sent qu’il y a dans cette démarche quelque chose qui tient à la fois du désespoir et de l’obstination. On pense à une tortue géante dressée sur ses pattes arrière. À un fabuleux coléoptère de la taille d’un jeune ours. On s’inquiète vaguement. On chasse ces pensées. Mais elles reviennent. Car après avoir passé en revue les divers représentants de la faune courante, en vain, on est bien obligé de lâcher les monstres. Les vrais. Légendes et mythes remontent. On convoque le bestiaire des créatures primitives, archaïques, imaginaires, fantasmagoriques. On puise à la source de nos craintes les plus anciennes, de nos peurs les plus profondes. On frissonne.
Et tandis que notre esprit bouillonne et se tourmente, là-bas la silhouette bossue continue de progresser pas à pas sur un chemin qui n’a jamais été tracé.
On se rapproche. L’œil s’est aiguisé, il est capable à présent de trancher. D’un seul coup il scinde l’entité en deux. Deux corps distincts. L’un sur l’autre. L’un chevauchant l’autre comme lors de ces parodies de joutes qui égaient les cours de récréation – si un tournoi a eu lieu il est terminé, les adversaires tous disparus, vainqueurs ou vaincus, on ne sait.
Ainsi donc ils sont deux.
Le mystère s’éclaircit quant à la nature de l’apparition, mais curieusement on n’en est pas soulagé pour autant. On ne respire pas mieux. Au contraire.
Ils sont deux mais qui sont-ils ?
Que sont-ils ?
Que font-ils ?
Où vont-ils ?
On n’a pas fini de s’interroger.
Celui qui sert ici de monture a la stature d’un garçon de quatorze ans. Sec et dur. Les côtes, les muscles, les tendons saillent, à fleur de peau. Et par-dessus de vagues morceaux de tissu, un assortiment de frusques vraisemblablement constitué sur le dos d’un épouvantail. Il va sans chaussures, les plantes de ses pieds ont la texture de l’écorce. Du chêne-liège. Ses cheveux ruissellent sur ses épaules et sur son front tel un bouquet d’algues. Il est en nage, il luit, émergeant tout juste, dirait-on, de l’océan originel. La sueur lui sale les paupières au passage puis s’écoule en suivant le chemin des larmes. Une goutte se prend parfois dans la jeune pousse de duvet qui ourle sa lèvre supérieure. Ses yeux sont noirs, plus noirs que le fond des âges, où palpite pourtant le souvenir de la prime étincelle.
C’est l’enfant.
Celle qui pèse sur ses reins n’a rien d’un chevalier sinon la triste figure. Une femme. Ce qui reste d’une femme. Les reliques. Sous les loques des bouts de bras qui dépassent, des bouts de jambe, la chair qui semble fuir du tas de hardes comme la paille d’une vieille poupée. Elle ne pèse pas lourd en vérité mais c’est un poids presque mort. Ballottant à chaque foulée. Son crâne repose entre les omoplates du garçon. Ses paupières sont closes. Elle a le teint cireux, la peau flétrie des pommes sauvages tombées de l’arbre. On lui donne soixante ans. Elle n’en a pas trente.
C’est la mère.
De temps en temps le garçon marque une pause. Ses mâchoires se desserrent. Il inspire, expire fort par le nez, on entend l’air chuinter. On croit entendre aussi battre son cœur mais ce n’est qu’illusion. Les secondes passent et il demeure, immobile, attentif, insensible semble-t-il aux secousses qui se propagent par vagues courtes, spasmodiques, le long de ses cuisses. Ses genoux tremblent mais ne fléchissent pas. Son buste est toujours incliné sous sa charge. Il lance à la nuit un regard par en dessous. Il sonde, en quête de repères qu’il est le seul à pouvoir extraire de la pénombre. Il n’a suivi qu’une fois cette voie auparavant mais cela lui suffit. Il a la mémoire des détails. L’épaisseur d’un buisson ou l’inclinaison d’un tronc ou les contours d’un rocher : ce que le commun des mortels est inapte à remarquer, lui le capte et le retient. Jusqu’au plus infime. Dans les galeries de son cerveau il y a des niches où s’entassent mille feuilles de tilleul que les nervures seules différencient. De même mille feuilles de platane, mille feuilles de chêne. Il y a des poches pleines de cailloux que rien ne distingue entre eux hormis la subtile variation des éclats que chacun renvoie sous le feu de midi. Le garçon possède cela. Dans un ciel saturé d’étoiles il pourrait montrer du doigt l’endroit précis où l’une d’elles soudain manque à l’appel. C’est sans doute son unique trésor.
La femme sur son dos n’a pas bougé. Elle tient en suspension dans une sorte de hotte faite de peau de chèvre et de cuir et de corde. Ouvrage grossier confectionné par ses soins en prévision de cet événement sitôt qu’elle a été certaine qu’il surviendrait. Ses membres pendent de chaque côté, aux flancs du garçon. Avant de repartir ce dernier tire sur la sangle qui lui bride la poitrine afin d’en soulager la tension. Le cuir s’est incrusté dans la chair, y traçant un sillon de couleur mauve pareil à une balafre fraîche. Le temps l’effacera. Maintenant le garçon a repris ses marques, il a relevé ses indices, il se remet en route. Non sans une sourde angoisse on les regarde tous deux s’éloigner puis se dissoudre à nouveau dans le noir qui les a tout à l’heure engendrés. Vers quelle destination ? Dans quel but ? Au fond on ne tient pas tant que ça à le savoir, mais on se prend à espérer qu’ils les atteindront.
C’est l’enfant portant la mère.
Mer, lui avait-elle dit. Mer. Mer. Plusieurs fois. Elle lui avait serré le bras en le fixant droit dans les yeux comme elle le faisait lorsqu’elle voulait être sûre qu’il avait compris. Précaution inutile : il comprenait tout et tout de suite. Mais parfois il trichait et retardait le moment de le confirmer d’un signe de tête car il aimait sentir sa main et son regard posés sur lui. Cela était rare.
Ils étaient accroupis sur la grève et elle pointait le doigt vers l’immensité étalée devant eux. Ce jour-là le ciel et l’eau étaient du même gris et pourtant ils ne consommaient leur union que loin, très loin, à l’extrême limite de l’horizon. Le garçon se tenait sur ses gardes. Il avait déjà vu des flaques et des mares, mais ceci jamais. Les flaques et les mares pouvaient être franchies. Les flaques et les mares étaient des eaux mortes alors qu’il se sentait ici en présence d’une force éminemment vive, une puissance phénoménale contenue à grand-peine sous la surface et susceptible à chaque instant de se libérer. Dans son grondement sourd, incessant, il percevait une menace. Ses effluves âcres et lourds lui emplissaient les poumons, lui portaient au cœur. Sans parler de l’écume blanchâtre qu’elle bavait sur le sable.
La mère était restée un long moment le regard tourné vers le large. Dans le globe de ses yeux brillait une flamme que le garçon ne connaissait pas. Qu’il aurait aimé faire naître lui-même ou pour le moins recueillir dans la conque de ses mains pour la protéger du vent et de tout. Cette lueur nouvelle l’étonnait. Que voyait-elle là-bas qui embrasait ainsi son âme ?
Le garçon n’avait jamais entendu parler ni de bateaux, ni de voyages, ni de continents.
C’était peut-être deux mois en arrière. Mer, avait répété une ultime fois la femme avant de se relever, et cette fois il s’était empressé de lui signifier sa pleine et entière compréhension, pour la rassurer, pour lui complaire. Pour conserver la flamme. Laquelle avait malgré tout disparu, comme soufflée, dès qu’ils avaient eu le dos tourné. Le rideau terne qui couvrait habituellement le regard de la mère était retombé. Était-ce sa faute à lui ? Qu’aurait-il pu faire de plus ? Personne ne pouvait répondre à ses questions car il ne pouvait les formuler.
Ils s’en étaient retournés vers leur foyer.
Ce jour-là c’était elle qui le guidait. Ouvrant la marche. Elle était déjà très affaiblie. Le mal l’avait déjà prise. Elle respirait avec un bruit de grésil et toussait quelquefois à en vomir ses tripes. Mais ses jambes la portaient encore, elle pouvait encore se déplacer seule. Avec lenteur. Lui qui hier devait trotter pour la suivre était contraint désormais de réfréner son allure pour ne pas lui écraser les talons. Il la gardait respectueusement dans sa ligne de mire, à quatre ou cinq pas de distance. À bien l’observer il constatait qu’elle avait rétréci. Ce n’était pas qu’une impression. Au fil des semaines le corps de la mère s’était rabougri, il s’était ramassé, ratatiné, sa taille avait réellement diminué. L’effet du mal, toujours. À coup sûr un trou s’était ouvert en elle, au centre d’elle, une bonde par laquelle petit à petit sa propre vie s’évacuait.
Néanmoins elle marchait. Elle avançait. Sans hésitation quant à la direction à prendre. L’itinéraire, apparemment, n’avait pas de secret pour elle. L’avait-elle si souvent emprunté ? Certains matins le garçon se réveillait seul. La mère n’était pas sur sa couche, elle n’était pas dans la cabane, elle n’était pas non plus au potager. Il la cherchait alentour, dans le périmètre, assez vaste, qui lui était familier, son terrain de jeu et de chasse, son univers entier. Elle n’y était pas. Le garçon retournait à la cabane, s’asseyait par terre sur le seuil et passait les heures suivantes à l’attendre. Sentinelle. Guet. Plus solitaire que jamais. Mer, mer : était-ce vers cela qu’elle s’en était allée ? Elle désertait sans prévenir. Le garçon n’imaginait pas que cette absence pût être définitive. Il attendait. La plupart du temps la nuit précédait son retour. Aussi légers fussent-ils il entendait ses pas bien avant que de discerner ses contours auréolés d’un halo lunaire. Il n’avait pas quitté son poste. La mère n’expliquait rien. Elle passait devant lui pour regagner leur antre, lui accordant non une parole, non une caresse, mais un simple regard, neutre, au passage, et distillant dans son sillage son odeur d’humus et de sueur, de salpêtre et de cendre, à laquelle se mêlaient ces soirs-là, oui, c’est vrai, des relents étrangers, des remugles plus lointains, plus musqués, que le garçon flairait sans pour autant parvenir à en saisir l’origine.
Mer, lui avait-elle dit.
Cela fait quatre heures qu’il marche à présent. La mère sur le dos, suivant sa dernière volonté. Il ne saurait tenir le compte des mètres et des kilomètres parcourus. Il a soif. Quand il a pensé à l’outre il était trop tard pour faire demi-tour. L’air était lourd, chargé, longtemps il a cru que crèverait l’orage. En cours de route deux maigres éclairs ont craquelé le ciel, c’est tout. Les nuages se sont effilochés. La pluie ne tombera pas. Elle n’est pas tombée depuis des semaines, il n’y a guère d’espoir de trouver de quoi se désaltérer au fond d’une ornière ou dans le creux d’un rocher. Tout a été bu. Le garçon est condamné à s’abreuver à sa propre source : régulièrement il se lèche le pourtour des lèvres afin de ne rien perdre du clair brouet au goût de sel que son corps génère sous la chaleur et l’effort.
La femme a-t-elle soif aussi ? Elle ne réclame pas. Elle n’est plus en mesure de le faire. Elle brûle. Son sang brûle. Ses os brûlent, jusqu’à la moelle. Ses viscères se sont racornis comme des morceaux de viande après fumage. La fièvre la consume et la momifie. Elle n’a plus, elle, la moindre goutte à exsuder. Une fine couche de salive séchée cimente sa bouche, scelle ses lèvres. Elle ne râle plus. Elle ne tousse plus. Elle ne crache plus. Le garçon pense qu’elle dort. Elle a perdu conscience. La seule infime différence entre le sommeil et la mort est ce frêle filet d’air qui filtre par ses narines. Le garçon le reçoit dans le bas de la nuque. C’est aussi ténu que la chute de flocons de cendre.
Il traverse maintenant une zone au sol fissuré où poussent la soude et la salicorne. Disséminés ici ou là d’épais tapis d’obione dans lesquels ses pieds enfoncent. De loin en loin un pin parasol esseulé. Il marche encore les trois quarts d’une heure avant de marquer soudain l’arrêt. Nez au vent comme un cerf aux aguets. Parmi le bouquet d’odeurs il en est une qui se détache, celle de l’iode. Son pouls s’accélère. Il se remet en route.
Et bientôt il l’entend. Elle gronde en sourdine à son approche. Et lorsqu’il la découvre elle occupe déjà tout son champ de vision, étalée de toute sa masse, de toute sa démesure, jusqu’aux confins du monde connu. Sa peau ondule et fluctue, se hérisse à certains endroits. D’un noir d’encre mais luisant inexplicablement sous le ciel sans lune.
Cette fois-ci le garçon n’a pas peur. Ce qu’il ressent c’est de la joie et du soulagement. Il s’immobilise sur un semblant de dune et gonfle ses poumons et il tend le bras vers l’horizon. Pour montrer ou pour offrir.
Mer.
La femme sur son dos ne relève pas la tête. Elle n’ouvre pas les yeux. Elle reste muette.
Tout à sa satisfaction le garçon ne s’est pas rendu compte que le souffle dans son cou s’était interrompu. Quelques minutes, quelques pas plus tôt. Le cœur de la femme a cessé de battre. Il ne battra plus.
Sa mère est morte, c’est aussi simple que cela. À cette heure, elle et lui, ce n’est pas sur le même rivage qu’ils ont échoué.
Le garçon ne le sait pas encore.
Avec une gestuelle de chameau il fléchit un genou et se pose délicatement sur son séant. Il dénoue la lanière autour de sa taille, fait passer par-dessus sa tête celle qui entravait son torse. Aussitôt détaché son fardeau bascule vers l’arrière et s’affale sans résistance aucune. Le garçon est surpris. Il se retourne. Il demeure un instant à quatre pattes à scruter le corps inerte. De la femme on ne distingue rien d’autre que la tache pâle du visage. Une antique page de parchemin où sont inscrites les souffrances et les misères de son existence. Pour qui sait lire. Cette nuit plus encore que les nuits précédentes elle paraît minuscule. Flottant dans ses guenilles. N’étaient ces stigmates dans sa chair on pourrait la prendre pour la fille de son enfant. Sans doute a-t-elle déjà entamé sa conversion.
Le garçon allonge la main et lui touche l’épaule. Il y exerce une timide pression du bout des doigts. Puis il saisit la pointe du menton et la secoue doucement. La mère ne se réveille pas. Le garçon retire sa main.
Il reste là immobile à la regarder. La joie s’en est allée. Quelque chose d’autre s’installe dans son ventre. Et il y a aussi une sorte de bourdonnement qui fait vibrer ses tympans et couvre peu à peu le bruit du ressac. Ce sont des phénomènes qu’il ne connaît pas. Il a vu des oiseaux morts. Des lézards morts. Des mulots morts. Quantité d’insectes morts. Il a brisé le cou à des poulets et à des lapins, il a écrasé des crapauds et des vipères. Ils étaient étendus par terre à ses pieds et ils ne bougeaient plus et le garçon avait parfaitement conscience qu’ils ne se relèveraient pas. Mais c’était sans comparaison avec cela. Rien ne se manifestait alors ni dans ses oreilles ni au fond de ses entrailles. Il a eu maintes fois l’occasion d’observer les avatars de ces bêtes mortes. Les cadavres décomposés ou desséchés ou le plus souvent aux trois quarts dévorés par une infinité de charognards, renards, corbeaux, fourmis, mouches, asticots, tous y prélevant leur pauvre mais indispensable pitance. Et la terre elle-même pour finir.
Est-ce sa faute à lui ?
Du regard le garçon embrasse l’espace alentour. Chaque épine de la rose des vents. Puis il lève les yeux au ciel. Il n’y a pas d’étoiles. Aucun astre. Il n’y a rien. Soudain sa bouche s’ouvre en grand comme pour recueillir l’eau de pluie mais c’est de l’air, c’est de l’air qu’il cherche, qu’il happe avec avidité sous peine d’asphyxie tandis qu’au même instant des spasmes l’agitent, des hoquets, des sanglots secs remontés des tréfonds et qui font trembler les barreaux de sa cage thoracique.
La crise ne dure pas. Quand sa respiration est à nouveau régulière le garçon redresse en douceur le corps inanimé. Il l’assoit. D’une main il s’efforce de lui maintenir le dos et la tête qui balle au bout de la tige du cou. Il frotte son autre main sur sa cuisse afin de la débarrasser des grains de sable puis l’approche de la figure de la femme. Il pose ses doigts sur une paupière (la peau fine comme du papier de soie, fine et friable comme l’aile du papillon) et la relève précautionneusement. Il se penche pour voir. Il n’y a pas de lueur. Aucune flamme. Il n’y a rien. Le garçon ôte ses doigts et la paupière retombe.
Aurait-il pu faire quelque chose de plus ?
Il hésite. Indécis. Une fois encore il lance des regards à travers l’obscurité, vers l’intérieur des terres, dans la direction d’où il vient, puis à l’opposé, vers la vaste plaine liquide, mouvante, vers les rives invisibles où naissent les vagues. Voilà les extrémités du monde. Nul ne surgit de l’une ni de l’autre pour lui porter secours ou conseil. Ce n’est pas qu’il l’espérait. À vrai dire il n’en a même pas l’idée.
Au bout d’un moment il prend place derrière la femme. Il se cale contre son dos de manière à lui servir de tuteur. Elle repose sur lui, le visage tourné vers l’horizon. Chose promise.
Le garçon a replié les genoux contre sa poitrine. Il serre ses bras autour. La sueur a commencé à sécher sur sa peau et c’est tout juste s’il n’a pas froid. Son pouls bat une lente cadence. Son regard est flou. Il faut bien avoir à l’esprit que jamais au cours de sa courte existence il n’a entendu prononcer le mot « mère ». Non plus que le mot « maman ». Jamais une comptine ne lui a été contée, une berceuse chantée, qui auraient pu comprendre l’un de ces termes et lui en révéler sinon l’exacte signification, du moins l’essence secrète.
Jamais.
Le garçon ne peut savoir objectivement ce qu’il vient de perdre. Ce qui ne l’empêche pas d’en éprouver l’absence jusque dans le moindre atome de son être.
Le jour le surprend allongé sur le ventre et la bouche ensablée. Il a dormi d’un sommeil sans fond. C’est la lumière qui l’en extirpe, coulant à verse, crue, dense. Avant même d’ouvrir les yeux il prend appui sur ses coudes et redresse la tête. Il grimace. Des grains crissent entre ses mâchoires. Il s’assoit et s’essuie les lèvres, puis le menton, le nez, les joues rêches d’une croûte de sel. Se débarrasse de cette barbe postiche poussée durant la nuit. Il se racle la langue avec les dents et crache.
Là-haut les nuages ont déserté. Le soleil blanchit le bleu du ciel, à mi-chemin de midi. Une pluie d’or picore la surface de l’eau : ce sont des myriades de gouttes fulgurantes, en plein jour une constellation de lucioles ou de feux follets. C’est beau. Le garçon réussit à garder entrouvertes ses paupières et la féerie se reflète dans le miroir de ses pupilles. Ce spectacle l’enchante. Il aime ce qui brille. Les mains en visière il se protège les yeux. Évite de les poser sur le cadavre avachi contre sa jambe.
À les voir tous deux ainsi comment ne pas songer à des naufragés au lendemain de la tempête ? Un unique survivant parmi eux.
La mer est calme ce matin. Elle s’échoue paresseusement sur le rivage à vingt pas du garçon. Mais ce n’est pas la mer.
En réalité c’est un étang. Certes le plus grand d’Europe, vingt kilomètres de long et presque autant de large, mais un bassin tout de même, enclos, et de bien modeste dimension en regard des océans. Un vaste bocal à poissons. C’est l’étang de Berre. Relié à la Méditerranée par le cordon ombilical du canal de Caronte.
La femme ignorait ce détail. Lorsqu’elle venait s’asseoir ici sur la grève elle croyait faire face à l’infini. Mer : c’est ainsi qu’elle l’a toujours nommée de son vivant. Et dans sa tête sans doute embarquait-elle sur la grande, la vraie. Celle qu’on prend sans esprit de retour. Celle qui ouvre sur le champ des possibles, qui nous transporte en des contrées vierges où l’on peut commencer, recommencer, effacer tout ce qui a été si mal écrit et se mettre enfin à écrire ce qui aurait dû l’être. Et alors à chaque fois se reproduisait le miracle de la petite lueur embrasant ses yeux et son âme.
Mais ce n’était pas la mer. Juste un échantillon, un ersatz, juste une reproduction miniature. On a les rêves qu’on peut. Quel que fût celui de la femme il n’avait pas l’envergure qu’elle imaginait. Elle est partie en emportant avec elle cette illusion. Mystifiée de bout en bout. Qu’importe, souvent compte davantage l’idée qu’on se fait des choses que les choses elles-mêmes.
Le garçon s’est levé. Des étincelles crépitent encore devant ses prunelles. Il s’avance jusqu’à la frange d’écume. S’arrête. Se laisse lécher les pieds. La fraîcheur l’étonne, il s’attendait à quelque chose de tiède. Ses orteils se rétractent et creusent le sol meuble. C’est une sensation agréable. Il se remet en marche tandis que derrière lui ses empreintes s’évanouissent déjà. Il s’enfonce dans l’eau. Lorsqu’elle lui arrive aux genoux il s’arrête à nouveau et reste une longue minute sans bouger. Puis il s’asperge le visage. Il se mouille les cheveux. L’eau cascade sur ses épaules et dans son cou. Toute cette eau, il y a toute cette eau, fraîche, claire, à portée de doigts, à perte de vue, et puis il y a sa soif.
Il considère un instant la paume de sa main qu’il tient grande ouverte devant lui. Luisante et ruisselante. Il la lape d’un unique coup de langue. Le goût est saumâtre. Puis il se penche à la surface comme sur une auge et engouffre une pleine gorgée, se rince la bouche en gonflant les joues et recrache le tout dans un geyser de postillons. L’amertume demeure, tapissant son palais.
En retournant vers le rivage il voit un couple de goélands occupés à ausculter la dépouille de la mère. Docteurs ès viande avariée. Ils sont là qui piétinent en se haussant du col, la mine sévère, l’œil glacial, avant de piquer brusquement du bec dans le tas de haillons. Le garçon se met à courir. Il agite les bras, griffe l’air, un rictus lui retrousse les lèvres d’entre lesquelles s’échappe cette espèce de sifflement ou de feulement que produisent certains serpents et les chats en colère.
Les oiseaux fuient à son approche. Trottent d’abord à pas menus, ailes écartées, pareils à de vieilles carmélites outrées tenant relevé leur scapulaire. Mais cela ne lui suffit pas. Le garçon les pourchasse jusqu’à ce qu’ils soient forcés de prendre leur envol. Et longtemps encore il les poursuit du regard. Ils ne sont plus que des mouettes, puis des moineaux, puis d’indistincts moucherons dans l’azur quand lui est toujours là, campé, les bras tendus dans leur direction avec au bout des doigts crochus comme des serres et qui semblent s’agripper au firmament.
S’il connaissait Dieu il Le prierait de les maudire.
Après cela il retourne auprès de la femme. Il la charge sur son dos et repart.
La nuit est tombée lorsqu’il franchit le seuil de la cabane. C’est un vieillard que l’on croit voir apparaître. L’ancêtre de lui-même. Chaque pas lui coûte. Chaque geste. Dans la pénombre il s’approche de la couche de la mère, s’apprête à s’y asseoir mais ses forces le lâchent et il choit lourdement sur les fesses. Le poids de son fardeau l’entraîne à la renverse. Il lui faut un temps infini pour se débarrasser du harnais. Une sangle a entaillé sa chair au-dessus du sein, un peu de sang a coulé.
Il tire une couverture sur la morte puis se remet debout. Ses jambes sont prises de tremblements qu’il essaie d’endiguer en empoignant ses cuisses. Au bout d’un moment il y renonce et ressort.
Dehors il traverse ce qu’on pourrait appeler la cour. Se déplaçant à très courtes foulées comme si ses chevilles étaient enchaînées l’une à l’autre, par obligation autant que par prudence, sachant qu’au point d’épuisement où il est rendu la terre peut à tout instant s’ouvrir sous ses pieds et l’avaler. Il ne veut pas tomber avant d’avoir bu. Maintes fois sur le retour il a été tenté de quitter sa trajectoire pour partir en quête d’une source, il a résisté de crainte de se perdre avant que sa mission fût achevée. Il a les gencives vertes de toutes les tiges qu’il a mâchées et sucées pour en extraire la sève. Alors soit, c’est peut-être la cour qu’il traverse mais c’est un vaste désert, avec l’oasis au bout.
Sont posés côte à côte une bassine et un bidon en fer-blanc cabossé. La bassine est vide. Le garçon soulève à deux mains le bidon et en porte l’embout à ses lèvres. Son cou s’étire. Il ne boit pas, il avale. La première gorgée manque l’étouffer. L’eau rejaillit par ses narines. Il tousse. Cette toux sèche est le seul bruit que retient la nuit. Au loin son écho lui répond et l’on croit entendre une série de détonations feutrées, un échange de coups de fusil.
Il reprend son souffle. Puis il lève à nouveau le récipient et s’astreint à boire avec parcimonie. Une gorgée, puis une autre, puis une autre. Une fois sa soif étanchée il émet un énorme rot.
On le trouve un peu plus tard à quatre pattes dans une sorte d’enclos qui tient lieu de poulailler. Il fouille. Il a réveillé la volaille, en témoigne le caquetant concert qui l’accompagne. Le garçon n’en a cure. Il allonge le bras et cherche à tâtons au fond de larges casiers à claire-voie, palpe du bout des doigts la mince litière de paille qui s’orne parfois d’une plume rousse ou d’un brin de duvet aussi doux que la soie, pousse si nécessaire les volatiles, sans ménagement ni égard pour leurs cris d’effroi ou de courroux. Il connaît les endroits que les pondeuses affectionnent, les cachettes illusoires où elles abritent les fruits de leurs amours.
À quelques pas de là se trouve une cage à lapins mais elle est vide depuis la fin de l’hiver.
Il se retire. Il a déniché deux œufs qu’il porte sous son nez et renifle accroupi au milieu de la cour. Il en pose un à ses pieds et lève l’autre au-dessus de son visage. Tête renversée, bouche béante. Il brise la coquille et la sépare en deux avec les pouces. La substance visqueuse se déverse sur sa langue, se répand dans sa gorge. Il laisse s’écouler jusqu’à la dernière goutte. Il lèche l’intérieur de la coquille puis la jette. Puis il ramasse le second œuf et recommence.
D’un coup de poignet il efface la trace baveuse qui suit l’arrondi de son menton. Il suce consciencieusement ses dix doigts. Il va boire encore au bidon mais pas plus de trois gorgées cette fois. Puis il retourne vers la cabane, portant devant lui son estomac qui lui fait l’effet d’une outre enflée où le liquide clapote à chaque pas.
Longtemps le garçon garde les yeux ouverts. Couché sur sa paillasse dans l’obscurité. Longtemps la surface des eaux continue de scintiller dans son regard. Ou autre chose, mais quoi ?
C’est la rumeur des vagues qui l’endort. C’est la respiration calme et régulière du ressac qu’il fait sienne.
ll sait qu’il se trouve d’autres hommes sur terre mais il n’a pas idée de leur nombre. Si on lui disait que pour l’année en cours ce nombre est estimé à un milliard et sept cent quarante millions il ne comprendrait pas de quoi l’on parle. Si on lui disait qu’il y a plus d’hommes et de femmes dans le monde qu’il n’y a d’étourneaux dans le ciel de décembre il éclaterait franchement de rire – de son rire fracassant mais si rare hélas.
Des surprises l’attendent dans l’avenir.
Pour sa part il en a épinglé cinq à ce jour. Cinq spécimens de l’espèce humaine dont il a pu de visu vérifier l’existence. Sa génitrice non comprise. Trois d’entre eux étaient des braconniers occupés à poser pièges et collets. Le quatrième était un étrange marcheur solitaire, encapuchonné, à l’allure de moine. Peut-être un pèlerin. Peut-être un pénitent égaré sur son propre chemin de croix. Ceux-là le garçon les avait aperçus de trop loin pour distinguer leurs traits. Seul le cinquième et dernier s’était approché à moins de trente pas. C’était un colporteur, lui aussi certainement déboussolé pour en arriver là. Bien avant de le voir ils l’avaient repéré au tintinnabulement de son barda. L’homme était venu jusqu’à eux. Il avait fait halte devant la cabane et lancé deux grands ohé ! pour signaler sa présence. Le garçon avait tressailli au son de cette voix, la première voix d’homme qu’il entendait. La mère et lui étaient alors perchés au cœur d’un mûrier à trois mètresau-dessus du sol, ils observaient le marchand à travers la frondaison. L’homme portait sur le dos une hotte en osier dans laquelle il aurait pu tenir tout entier et sa descendance avec. Elle était remplie de tissus et de dentelles et autres articles de mercerie et d’une quincaillerie complète et d’une petite bibliothèque composée de livres et d’almanachs et d’images allant de pieuses à licencieuses et encore d’une batterie de produits de première et de dernière nécessité. Le garçon se tordait le cou à fouiller du regard dans ce bric-à-brac, fasciné par ces objets dont pour la plupart il ne concevait pas l’usage. À l’affût sur sa branche la mère surveillait les faits et gestes de l’intrus avec des airs de grand-duc. Elle s’était munie d’une courte bûche de bois dur qui lui servait habituellement de gourdin pour estourbir les lapins ou les couleuvres.
Le colporteur était resté un moment planté dans la cour. Une moustache tombante et floue ornait sa figure émaciée. La sueur dessinait une large trace sombre autour de son col, comme la marque d’un joug. Il tournait lentement le regard d’un côté et de l’autre, circonspect, ou peut-être au fond vexé que sa venue ne fût pas plus attendue que celle du prophète. La mère avait serré un peu plus fort son bâton lorsqu’elle l’avait vu se diriger vers l’entrée de la cabane. L’homme s’était arrêté sur le seuil et avait donné encore une fois de la voix, et comme son appel demeurait encore une fois sans réponse il avait risqué la tête à l’intérieur et la pénombre l’avait froidement décapité. De là-haut dans l’arbre ils ne voyaient plus qu’une hotte sur pattes. Puis le colporteur était retourné à la lumière à reculons. Il avait fait de nouveau une ou deux voltes pour inspecter les parages. Personne. Ultime camelot dans un hameau fantôme. Ses yeux s’étaient attardés plus qu’il n’était nécessaire du côté du poulailler. Ils s’étaient attardés du côté du potager. La bonne aubaine ? Sans doute avait-il pesé le pour et le contre. Il se grattait la joue et sa barbe renaissante crissait sous ses ongles noirs. On ne sait si c’est l’honnêteté ou quelque forme de crainte superstitieuse qui l’avait conduit en fin de compte à poursuivre sa route sans rien prendre. Il était reparti avec sa manne pleine et son boniment en travers de la gorge. Bien après l’avoir perdu de vue ils entendaient encore son attirail cliqueter dans le lointain comme la clochette d’une brebis esseulée. Ils n’avaient pas quitté leur cachette avant que le silence ne fût complet. Alors le garçon avait sauté de sa branche, il s’était précipité dans la cour et s’était penché sur les empreintes que l’homme avait laissées et il les avait effleurées une à une du bout des doigts. Il avait senti ses doigts. Après quoi il était resté debout à humer l’air à plein nez jusqu’à ce que tous les effluves inconnus se fussent évaporés. »

mmr

Ne sautez pas de Frédéric Ernotte


collectif-emilie
feLe livre : Ne sautez pas de Frédéric Ernotte. Paru le 26 août 2016 aux Editions Lajouanie dans la Collection Roman pas policier mais presque… 19€ ; (291 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Ne sautez pas !

Assis sur le toit d’un gratte-ciel de Bruxelles, Mathias, un laveur de vitre débonnaire, est songeur.

Il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé : vendre des gadgets pour une association humanitaire ! Surgit un homme paniqué.

Mathias n’imagine pas à quel point les minutes qui vont suivre bouleverseront sa vie. Un impitoyable engrenage vient de s’enclencher…

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? En tentant de répondre à cette interrogation existentielle, le héros de Frédéric Ernotte va vivre une aventure pour le moins hors du commun. Un roman délicieusement surprenant, bigrement mouvementé. Émotion, humour et suspense garantis.

frederic-ernotte_5069L’auteur : Frédéric Ernotte est né à Namur, le 28 janvier 1982. Fervent amateur de littérature policière, il a écrit son premier roman pour relever un défi lancé par un de ses professeurs. Une réussite puisque le dit-roman, C’est dans la boîte (Éditions Avant-Propos), a reçu le prix du Balai de la découverte en 2013.
Extrait :
À l’université, il m’a fallu deux semaines pour réaliser que j’avais atterri en enfer. Lire le plan du cours de Biologie des cellules, des organismes et des populationssuffisait à me donner illico mal au crâne. Vous allez me dire qu’il n’y a rien de chinois là-dedans quand on veut être vétérinaire. Je répondrais qu’il n’y a rien de chinois, mais qu’il y a beaucoup d’anglais. On a tenté de me faire croire qu’un article scientifique dans la langue de Shakespeare a plus de gueule qu’un texte en français. Un professeur m’a dit que c’était pour que le savoir soit partagé aux quatre coins du globe. J’ai répondu qu’un globe n’a pas de coin. La discussion était close et je suis rentré chez moi avant la fin du cours.
 Je savais que je n’entretenais pas un amour passionnel avec l’école. Il faut être honnête, je suis passé chaque année par la petite porte avec le sentiment que tout irait mieux plus tard, quand j’étudierais nos amies les bêtes. Étrangement, mes parents se sont dit la même chose. J’avais une telle conviction dans la voix quand je parlais de mon cabinet qu’ils se sont pliés à mon fantasme. J’allais devenir travailleur et brillant du jour au lendemain. C’était clair comme de l’eau de roche.
Bref, en quinze jours, mes belles certitudes ont volé en éclats. Les images de chatons et de chiots dérapant sur ma table glacée se sont effacées peu à peu. Ces langues pendantes, ces gouttelettes de bave et ces poils en pagaille n’ont laissé qu’un immense point d’interrogation dans mon esprit.

cm16

 

Emilie délivre son avis :

 NE SAUTEZ PAS de Frédéric Ernotte

Le résumé et  Mon avis  :

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? Assis sur le toit d’un des plus hauts gratte-ciel de Bruxelles, Mathias est songeur. Les jambes du laveur de vitres balancent dans le vide à plus de cent mètres du sol. Alors qu’il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé (vendre en porte à porte des gadgets pour une association humanitaire), un homme paniqué surgit derrière lui. Mathias ne le sait pas encore, mais la minute qui va suivre va radicalement changer sa vie. Un engrenage impitoyable vient de s’enclencher…

:
Je suis ravie d’avoir eu l’opportunité de lire ce livre qui m’a été envoyé gratuitement par les éditions Lajouanie.
Ce livre est excellent. Il a tout bon.
Un personnage attachant, simple et généreux (même si ce n’est pas évident de prime abord).
Une histoire originale, plein d’amour, d’humour et d’émotions.
Un livre plein de suspense et de passion.
Un presque polar qui véhicule un message fort mais sans lourdeur.
Je suis bien heureuse d’avoir sauté à pieds joints (et sans nacelle lol) dans cette très belle histoire.
Je vous la conseille sans réserve.

Bonne lecture 🙂

Lire ICI le dédut de Ne sautez pas

Rencontre en librairie avec Lou Vernet


vio

 

Je me souviens avoir brièvement rencontrer Lou Vernet lors du 1er salon du livre de Nemours. Je crois qu’elle traînait,  comme moi, du coté des stands des auteurs de polar. J’ai brièvement papoter avec elle alors que je passais dire bonjours à Martine Nougué que j’avais reçu quelques semaines plutôt à la bibliothèque.

Je n’ai retenu de cette brève rencontre que le fait que notre auteur n’écrivait pas de polar. Après tout…C’est son droit. Aussi je n’ai pas pris le temps de la lire.

Et puis, il y a quelques semaines, qu’elle ne fut pas ma surprise de retrouver dans ma liste de veille documentaire le nom de cette auteure qui ne m’était pas inconnue.

Un titre intriguant, La toile au alouettes, un éditeur que jene connais pas avec un nom équivoque, Border Line éditions, bref de quoi réveiller ma curiosité

lou

Alors comme, notre nouvelle auteure de polar était en dédicace à quelques encablures de chez moi, je suis allée à sa rencontre.

Et c’est comme cela que nous avons entre deux dédicaces, papoté de son roman, mais aussi de sa façon d’écrire. De ses projets et de ses envies.

Et il se pourrait bien que nous n’en restions pas là ! J’ai vraiment envie de connaître son univers. Et.. Vous le faire découvrir aussi !

Mais avant tout je vais lire L’inclus, le premier opus de  La toile aux alouettes.

Et je vous en reparlerai surement.

lou

Lou Vernet est une bourlingueuse, une curieuse, toujours en quête de nouvelles sensations. Elle est écrivain, voyageuse et photographe… Elle a exercé 1001 métiers. Aujourd’hui elle se met au service de la différences en travaillant comme AVS au sein d’un établissement scolaire du restorat de Paris.

Une de ses devises reprend la formule de B de Bovier de Fontenelle :  » Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant »

Pour en savoir plus… Le site de notre auteure : Lou Vernet

Et comme je ne me déplace jamais pour rien !

Lou m’a fait rencontrer une collègue bibliothécaire à la médiathèque de Montcornet en Picardie.  Valérie est une passionnée, là aussi je sens que je ne vais pas en rester là !

Et puis, j’ai découvert aussi une libraire enthousiaste et une librairie atypique alors …. je vous présente tout ça !

Infos Violette and Co :

Adresse : 102, rue de Charonne, 75011 Paris
Site Officiel : violetteandco
Page FacebookLibrairie-Violette-and-Co

 

Il y a aussi  un peu de polar chez Violette and co

violette-2-1024x768

 Mes petits achats :

lou

Et puis comme c’est au salon du livre de Nemours que j’ai rencontré pour la première fois Lou Vernet, je vous propose de redécouvrir mon petit article sur ce premier salon polar ICI.

Et comme c’est par l’intermédiaire de Martine Nougué que j’ai fait la connaissance de notre nouvelle auteur, je vous laisse lire les interviews croisés entre Martine et Nicolas Lebel que j’ai eu la chance d’accueillir dans ma bibliothèque. Le tome 1 ICI, le tome 2 là, Le tome 3 là aussi. (…) Et la suite bientôt.

Alors à très vite !

 

 

Mes derniers petits achats d’octobre en Librairie.


En octobre j’ai pas mal fréquenté les librairie, notamment La griffe noire qui est devenu depuis une vingtaine d’année mon QG.

Comme dirait ma copine Athénaïs : « C’est pas comme si tu n’étais pas comme chez toi, ici » Athénaïs que j’ai eu l’occasion de croiser dernièrement dans notre librairie pour deux rencontres d’auteurs.

Une avec Romain Slocombe et Fabio Mitchelli et La Bête Noire

Mais ça vous le savez déjà puisque je vous en ai déjà parlé ICI

Et je suis repartie de celle-ci la tête pleine de beaux souvenirs et le sac à dos bourré de bouquins.

maud

 

Quelques temps plus tard la Griffe Noire recevait Tim Wilcock et les auteurs de la Bande Dessinée adaptée de son roman, la religion.

Mais ça aussi je vous l’ai raconté, ma conversion là

Et là aussi je suis ressortie ravie et chargé de belles BD et deux ou trois bouquins de plus.

tim

 

Et puis la dernière semaine d’octobre fut riche en rencontre.

Toujours à la Griffe Noire, la venue de Maud Mayeras, donc je suis fan depuis douze ans maintenant, m’a tirée de ma léthargie provoquée par la fièvre du à une vilaine bronchite.

Là aussi ce fut une étonnant et merveilleux moment d’échanges, de partage et complicité.

Je vous le raconte cette rencontre avec Maud ICI

Là aussi je ne suis pas reparti les mains vides.

maud

Et puis deux jour plus tard, je faisais une petite infidélité à ma librairie en me rendant à une dédicace d’une nouvelle auteur de polar Lou Vernet chez Violette and Co.

Mais ça je vous le raconte très bientôt.

Et voici ma petite récolte.

lou

 

Et puis comme je traîne toujours mes guêtres à la librairie et que j’attends pas qu’il y ait des rencontres pour y fureter , j’ai acheté aussi quelques premiers romans.

Et oui on ne se refait pas !

1er

 

Allez, bonnes lectures

 

 

 

 

 

 

Trophée Anonym’us : Ellen Guillemain – Sous le feu des questions


ano

Anonym’us

Les Mots sans les Noms

mardi 25 octobre 2016

Ellen Guillemain – Sous le feu des questions


LES QUESTIONS DU BOSS

N’y a-t-il que du plaisir, dans l’écriture, ou t’est-il déjà arrivé de ressentir une certaine forme de douleur, de souffrance, dans cet exercice ?

  • Attends, je prends mes anxiolytiques et je te réponds… Je plaisante bien sûr, néanmoins, plus on écrit, plus on se met de pression. Des moments où l’on atteint le nirvana et d’autres où l’on touche le fond.

Qu’est-ce qui te pousse à écrire, finalement ?

  • Si je le savais, peut-être arrêterais-je ?

Comme on le constate aujourd’hui, tout le monde écrit ou veut s’y mettre. Sportifs, stars du show biz, présentateurs télé, journalistes, politiques, l’épicier, ta voisine… de plus, des sites proposant des services d’auto-édition pullulent sur le net. Ça t’inspire quoi ?

  • C’est inévitable donc plutôt que de râler, je préfère me concentrer sur ce que j’ai à faire, à savoir progresser et sortir un travail de qualité en étant bien accompagnée.

Le numérique, le support d’internet, les liseuses, les ebook, les réseaux sociaux, sont une révolution pour les auteurs et bousculent également le monde de l’édition. Que penses-tu de ce changement ?

  • Comme dans ma réponse précédente, je pense que c’est inévitable et que je suis mal placée pour cracher sur tous ces changements d’autant que le pire comme le meilleur peuvent en sortir.

Il semble que de plus en plus, les auteurs prennent en charge leur communication, font leur publicité, créent leurs propres réseaux, prolongeant ainsi le travail de l’éditeur de façon significative.Te sers tu toi aussi de ce moyen pour communiquer sur ton travail, annoncer ton actualité, discuter avec tes lecteurs ou d’autres auteurs et ainsi, faire vivre tes livres plus longtemps ?

  • Oui, un peu mollement je l’avoue. Les bons éditeurs font ça très bien. En revanche, j’ai pu avec un grand plaisir développer des relations amicales avec certains lecteurs par les réseaux sociaux ou approcher d’autres auteurs que j’admire. C’est un fait aussi que faire partie d’une petite ou moyenne maison d’édition permet de faire vivre un livre beaucoup plus longtemps.

On dit qu’en 25 ans, le nombre de livres publiés a été multiplié par deux, leur tirage ayant baissé de moitié pendant cette même période. Comment sortir le bout de sa plume de cette masse de publications ? Être visible ? N’est-ce pas décourageant pour les jeunes auteurs ? Que leur dirais-tu ?

  • J’ai surtout constaté que chaque auteur, jeune ou vieux, y croit toujours, sinon, à quoi bon écrire ? Il faut juste savoir qu’on peut être un très bon écrivain et ne jamais percer et vice versa, c’est ainsi…

Les relations entre un éditeur, ou un directeur de collection, et un auteur, pourraient faire l’objet d’une psychanalyse, me disait un écrivain, récemment. Qu’en penses-tu ? Comment analyserais-tu cette relation que tu entretiens avec eux.

  • C’est un peu comme un mariage en vérité, on fonde beaucoup d’espoirs et de rêves ensemble et puis parfois on divorce. Le principal étant qu’on ait réalisé un superbe projet ensemble au moment X.

 
J’ai pensé longtemps, et ma bibliothèque s’en ressentait, que le noir, le polar, était une affaire de mecs. Les coups durs, la débine et la débauche, les gangsters, la baston, les armes, les crimes et la violence en général… une histoire de bonshommes. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’univers du polar. Grâce au Trophée, j’ai pu me rendre compte qu’il y avait de nombreux auteurs femmes dans ce genre. Ce n’était pas le cas il y a quelques décennies.
Quelles réflexions cela t’inspire-t-il ? À quoi cela est il dû, selon toi ? En lis-tu et, si oui, Lesquelles ?

  • Je n’en n’ai aucune idée. Sans doute les femmes ont-elles aussi envie d’évacuer leur côté sombre qui est si souvent nié dans notre société où on les associe souvent à la douceur, la tendresse, la beauté, la maternité. Elles sont talentueuses dans ce domaine du noir et du polar mais je n’en n’ai jamais douté. 

 

Pourquoi as-tu accepté de participer à ce Trophée ?

  • Par défi tout simplement. Quand je vois toutes ces personnes talentueuses qui ont accepté aussi, j’ai le disque dur qui fonctionne très fort.

 
LES QUESTIONS DE MME LOULOUTE

Vie professionnelle, vie de famille, salons et dédicaces, à l’écriture reste-t-il une place ?

  • Bien évidemment que non. La vie professionnelle empiète sur l’écriture qui elle-même empiète sur la vie de famille. Pas simple de se poser parfois.


A-t-on encore les idées claires, quand tous nos héros broient du noir ?

  • Plus que jamais justement !

La rentrée littéraire approche. Un livre, ça va, 560, où est-ce qu’on va ?

  • Plus on est de fous, plus on rit (jaune)

Le dicton du jour : À la saint Grégoire, sort un livre de ton placard. Je t’écoute.

  • Sukkwan Island de David Vann, éditions Gallmeister. Il me hante encore, quatre ans après l’avoir lu. 

Boire ou écrire, faut-il choisir ?

  • Les deux, mais pas en même temps.

La littérature est le sel de la vie. Passe moi le poivre.

  • Les rencontres avec des gens éblouissants, mais telles le poivre du Cameroun, elles sont rares et précieuses.

Lire aide à vivre. Et écrire ? 

  • A s’échapper d’entre les cons.

Une anecdote à nous narrer, sur un salon, lors d’une dédicace, d’une table ronde, 
un événement touchant, drôle, étrange… ?

  • Le nombre de femmes qui sont venues me rencontrer lors de la sortie de mon premier roman « Un crime amoureux » ed In Octavo, non pas pour m’acheter le livre, mais pour me raconter en long, en large et en travers, qu’elles aussi vivaient avec un pervers narcissique.

Nous te remercions d’avoir répondu à nos questions et d’être présent(e) avec nous, pour cette troisième édition du Trophée Anonym’us.

  • C’est moi qui vous remercie de me permettre d’exercer mon art sur un air de défi

Trophée Anonym’us , Nouvelle 8/27 : La reine des courges


Nouvelle anonyme N°8 – La reine des courges

vendredi 28 octobre 2016

La reine des courges

–> Télécharger en epub

–> Télécharger en pdf 

Ça les faisait rire ces cons. Ça ne loupait jamais. Une gonzesse pouvait être vendeuse, coiffeuse, maître nageuse et même empoisonneuse, allumeuse de première, branleuse comme pas deux, pourquoi pas enculeuse de mouches, mais camionneuse, ah ça, non ! Quand c’était pas un gag, c’était un tabou.

Il y a des métiers comme ça qui tolèrent mal – mâle – le suffixe. Une fois Joséphine avait pris en stop deux tailleuses de pierre. Elles étaient pas bézef non plus les tailleuses, une toute petite corpo de courageuses. Encore un « euse » ! Elles avaient profité du casse-croûte au Béarnais sur la 117 pour débiter leurs déboires analogues. Camionneuse, comme tailleuse, allumait dans l’œil de l’abruti moyen une lueur, pour ne pas dire une flambée, égrillarde, convoquait les images du dernier porno sabbatique, avec ou sans décodeur, les dérouleuses de câble, les suceuses et, en l’occurrence, les brouteuses. À une raison sociale évocatrice, Joséphine alliait un prénom qui éveille le poète qui sommeille en chaque gros beauf… « Joséphine, celle qui rit quand on la… » Ouais… À la fin du lycée, elle en avait déjà entendu pour toute une vie, aussi, vu la corporation qu’elle rejoignait, elle minimisa les emmerdes prévisibles en se rebaptisant Josèphe. Une petite ablation de rien du tout, la touche finale à une panoplie d’androgyne bizarre. À l’origine, elle avait tout d’une pub Nivea : sylphide, blonde et diaphane. Le genre que l’on peut voir – frange savamment ébouriffée lèvre mordue œil dans le vague –, sur les abribus ou la couverture de Vogue, des mensurations à finir portemanteau chez un haut couturier. Sauf qu’elle n’avait pas lâché le DUT Carrières Sociales pour le mannequinat mais pour le permis poids lourd, qu’elle avait par la même occasion consciencieusement empâté sa silhouette, buriné son teint, coupé et coiffé sa tignasse à la clef de douze. Ca ne l’avait pas tellement aidée à passer inaperçue, mais c’est sûr, elle semblait d’un coup un peu moins L’air du temps de Nina Ricci, un peu plus Kronenbourg.

Camionneuse. Une vocation pas tant contraire que contrariante. Une provocation. Tout pour faire chier. Tout pour cracher à la gueule de sa mère, et du blaireau de sédentaire avec lequel elle s’était recasée, qu’elle allait faire le métier de son père, le vrai, et si possible le retrouver.

Qu’est-ce qu’elle avait à lui reprocher à Robert, en somme ? Rien. Tout. Un papa de rêve, un papounet d’amour, qui lui avait appris à monter à vélo, à faire les règles de trois, à planter des clous, différencier le placo du béton cellulaire, qui lui avait tenu des bassines et passé des compresses sur le front des nuits entières quand elle était malade. Tant qu’elle avait ignoré qu’il venait s’intercaler entre elle et le rêve d’un héros qui serait un jour venu la chercher, la reconnaître, l’emporter au pays des tulipes, elle l’avait idolâtré.

Atomisation du piédestal en deux temps trois mouvements.

Robert avait plus que morflé dans la chute. Faut dire qu’il était déjà pas bien flambant. Un an plus tôt ses reins avaient commencé à déconner sévère. S’étaient ensuivis des mois de calvaire : examens, endo, colo, cœlio scopies, biopsies, diagnostics porris, hospitalisations, opérations, néphrectomie, dialyse à vie.
« Pas question ! J’te donne un rein. Vas-y, choisis ! Droit ou gauche ? », elle lui avait balancé. « Tu dis toujours que je suis une « pisse-trois-gouttes », eh ben, je pisserai moins. Gagnant-gagnant ! Tope-la papa ! »

C’est là que la couille était tombée dans le bénitier. Il n’avait pas topé. Il ne voulait pas. Bien sûr qu’il ne voulait pas…

Elle était passée outre, avait suivi le protocole, fait les analyses. Résultat : pas compatibles. Mais bon, « pas compatibles », c’était limite un détail vu la saloperie que le bilan avait remontée à la surface. « Pas compatibles », ça arrivait à des gens très bien. Ça arrivait à des gens d’une même famille, des frères et sœurs, des ascendants et des descendants… Joséphine et Robert n’avaient pas une brindille de ce putain d’arbre généalogique en commun. Rien. Des gènes qui ne s’étaient jamais croisés de près ou de loin. Les résultats étaient formels. Que sa mère ait pu tromper son père c’était dégueulasse. Enfin, ça aurait été dégueulasse si Isabelle avait trompé Robert. Mais non. La seule tricarde dans cette affaire, c’était Joséphine.

La mère s’était fait tirer les vers du nez aux forceps et au crachat. Dans le pavillon de Tourcoing, les « je t’emmerde » avaient soudain volé bas et en escadrons. Résultat : un conte de Noël bien crapoteux. Le récit d’une conception maculée au possible, entre les deux réveillons, dans la cabine d’un poids lourd qui transbahutait des courgettes. Des courgettes en décembre… Et pourquoi pas des abricots ? Huit mois et demi après s’être fait culbuter et déflorer (tant qu’à faire) quasi à l’ombre des cucurbitacées, sa mère avait mis au monde une grande courge. Une grande courge aux cheveux blonds et au regard bleu minéral. Tout était dans l’ordre des choses, ou presque, quand on sait que le camion était immatriculé aux Pays-Bas. Être typée viking, aux antipodes de Robert – brun râblé ténébreux, plus méditerranéen tu meurs –, ne l’avait jamais dérangée. Elle avait gravé dans le cœur envers et contre toute évidence qu’elle lui ressemblait. La fille à son papa. Or, Joséphine avait treize mois quand Robert avait rencontré Isabelle. Il avait pris le lot, épousé l’une reconnu l’autre. Le brave mec. Le cocu volontaire et par procuration. Et maintenant, il aurait voulu quoi à défaut d’un rein ? Une médaille ? Pour bons et loyaux services ? Comment on dit déjà ? « Faire un enfant dans le dos. » Et pourquoi pas « faire un père dans le dos » ? Sans blague ! À rebours de toute logique, elle ne lui pardonnait pas de l’avoir laissée être la fille d’un connard de passage. Il n’avait qu’à être là avant ! Elle ne lui en aurait pas voulu davantage s’il l’avait abusée ; nuance, il l’avait abusée, elle était souillée. Rien que de penser qu’il lui avait donné son bain quand elle était minotte, elle en avait la gerbe. Par une inversion cruelle, elle ne l’appela plus que « l’autre bâtard ». Un retour à l’envoyeur chauffé à blanc. Elle ne remit plus les pieds à l’hôpital. Quant à sa mère, cette conne juste bonne à se faire sauter engrosser, pas foutue d’aller avorter dans la foulée, elle ne lui trouvait pas d’excuse, pas même celle de ses presque dix-sept ans au moment des faits. Qu’une séance de pelotage puisse dégénérer en pénétration pas exactement consentie – soudain plus de patins, de gamelles, de suçotage des babines, pour cause que l’un des deux belligérants appuie sa main sur la bouche de l’autre pour l’empêcher de crier –, bref, qu’il y ait eu ce que certains appelleraient volontiers un viol, non, ça ne l’effleurait pas. Quand Josèphe s’envoyait en l’air, c’est qu’elle l’avait voulu. C’est toujours elle qui lançait les hostilités. Il y avait un bail que ses compatriotes avaient cessé d’essayer de l’attraper ; elle ne couchait qu’avec des étrangers qu’elle allait brancher de façon abrupte, pour ne pas dire péremptoire. Pas de flirt, pas de parade. La chose pure et dure, et dans sa propre cabine. Hors de question qu’elle se fade un duvet douteux ou un plan à trois avec la page centrale de Playboy. À part ça… Difficile de dire si le sordide, le franchement dégueu, l’abject la laissait de marbre ou la branchait méchamment. Quant à ce que tout étudiant en première année de psycho aurait vu comme la reproduction du schéma maternel… rien à foutre. Et la reproduction tout court, n’en parlons pas ! Elle aurait pu porter son stérilet en sautoir, ça aurait eu autant d’effet vu qu’elle n’avait plus l’ombre d’un cycle menstruel. Ce rein qu’elle n’avait pu sacrifier sur l’autel de l’amour filial lui avait coupé les trompes.

Ce qui n’enlevait rien à son charme braque et hors du commun. De mémoire de routier, jamais on ne l’avait vue se prendre une veste. Jamais on n’avait vu non plus un homme rester dans sa cabine au-delà des quarante-cinq minutes. Record absolu, sauf… sauf ce Portugais plus fluet qu’elle, timide comme une pâquerette. Cette ablette… Un comble ! Qu’est-ce qu’il lui avait fait de plus que les autres ? La rumeur allait jusqu’à prétendre qu’il avait réussi à remettre le couvert deux ou trois fois. Elle n’était cependant pas plus du genre à s’abonner qu’à s’abandonner et elle avait vite coupé court à ce qui aurait pu passer pour une relation. Quand elle croisait Aurelio, elle le snobait, sans ostentation, simplement comme s’il était invisible. Invisible, mais pas indolore. Le manque, qu’elle avait rayé de son vocabulaire, s’était incrusté sous sa peau, pire qu’une portée d’aoûtats. Dès qu’elle passait à moins de trois mètres du Portugais, ses poils se dressaient, son ventre crépitait, son cœur s’emballait comme celui de n’importe quelle midinette. Elle se faisait payer ces émois de gonzesse standard en invitant instantanément le plus con de la troupe à la baiser – croyait-il, le plus con en question… Dans sa tête à elle, aucune ambiguïté : c’est elle qui le baisait. Celui qui pensait avoir pris la sortie « Mc Do de la tendresse » en était pour ses frais. Plus c’était sagouin, mieux c’était. C’était sa silice. Sa façon de gratter là où ça démange, de ravager la plaie à l’aide du clou réputé chasser l’autre. Un clou rouillé, de préférence. Un accouplement de gorets pour contrer la tendreté. Hors de question qu’elle se tape un gentil. Elle en avait eu un à domicile toute son enfance. La pire engeance. Basta.

À son insu (et il valait mieux parce que sinon elle leur aurait pété la gueule, non mais de quel droit, bande de connards ?!), à son insu, donc, les gars veillaient sur elle lorsqu’elle ramenait un mec à son camion. Après l’avoir raillée, bizutée, l’avoir emmerdée sur sa seule restriction professionnelle – elle ne transportait pas de courgettes. Jamais. Les spéculations étaient allées bon train sur l’embargo à l’encontre du légume sextoyesque –, après avoir rongé leur frein de devoir dormir sur la béquille alors que n’importe quel clampin pouvait se la faire du moment qu’il était immatriculé hors Hexagone, ses confrères avaient fini par la prendre en affection, autant qu’on pouvait affectionner ce genre de gamine urticante. Ainsi, quand elle baisait, ils ne dormaient que d’un œil, ne rongeaient leur gigot que d’une canine. Non qu’on doutât qu’elle soit apte à se défendre comme une grande si elle tombait sur un malotru, mais… c’était plus fort qu’eux, inconsciemment ils la chaperonnaient, restaient en hypervigilance et ne relâchaient la tension que lorsque le gus du jour descendait du camion. L’avantage, c’est que c’était pas long ; ça leur coûtait pas grand-chose et ça leur mettait l’imagination en train.

Aurelio…
Six mois plus tôt, elle s’était dit que ça lui passerait.
Ça ne passait pas.
Au contraire, la brûlure était toujours plus vive.

Un soir, cependant qu’Aurelio la démange plus que de coutume, elle scrute la salle : rien de neuf, rien d’extraordinaire, rien qui lui semble à la hauteur de l’outrage. Et puis, si, finalement. Déglingué juste ce qu’il faut, une gueule d’ange un brin dégueulasse, des yeux ardoise, une brosse grise, les dents un peu en vrac mais bien aiguisées… Une caricature de loup de mer. Sans blague, on le verrait mieux sur l’étiquette d’une boîte de thon ou à la barre d’un trois-mâts qu’au volant d’un 38 tonnes. Pas moche, pas crade, mais quelque chose de vénéneux, de suffisamment malsain pour que l’expédition soit punitive à coup sûr. Banco ! Il en est aux fruits au sirop lorsque Josèphe pique vers lui. Avec la désinvolture habituelle, elle lui propose la botte et le coup de l’étrier, deux en un. Les yeux des convives ne se donnent pas la peine de se braquer sur eux. Tout le monde connaît la scène par cœur. Le type gobe la dernière cerise, engloutit le jus à même le ramequin et après avoir recraché le noyau et s’être essuyé la bouche soigneusement avec sa serviette en papier, et certainement pas avec son revers de manche, il emboîte le pas de la fille.

Selon le règlement, l’effeuillage n’est pas de rigueur. Josèphe préfère que ce soit vite fait bien fait et la plupart des gars s’en accommodent, mais celui-là veut ôter son tee-shirt. Tout ça pour ça. Un truc accroche, il force. Au moment de se rhabiller, il s’aperçoit qu’il a perdu la chaîne qu’il portait au cou. Il faut allumer la lampe… Tout ce que Josèphe déteste : les prolongations en pleine lumière, le vis-à-vis postopératoire. Quand c’est fini, c’est fini. Et là, les voilà à retourner le plumard, à moitié déculottés. Lui, dépoitraillé, surtout. Il retrouve enfin sa médaille. Allez, ouste, dehors ! Mais non, il lui fait face un instant pour montrer son pendentif à l’effigie de…

En dessous de la clavicule, à quelques encablures du téton droit, en diagonale de celui de Josèphe, comme un reflet déconnant, la constellation. Elle la connaît sur le bout des doigts, elle la voit tous les jours dans le miroir et seulement dans le miroir, quand elle est à poil. Cette grappe de grains de beauté lui a longtemps pourri le décolleté… Sa mère essayait toujours de la planquer. Elles avaient fait le tour des dermatos de la région parce qu’elle voulait les lui faire extirper à coup d’azote ou de bistouri sous prétexte qu’une telle profusion ne pouvait être que cancéreuse. Peine perdue. Pas plus de mélanome malin que de beurre en branche, aucun spécialiste n’avait consenti à charcuter la gamine, à remplacer ce signe particulier, somme toute plutôt joli et original, par un tas de cicatrices. C’est l’un d’eux qui avait fait remarquer qu’à la queue en éventail près, l’alignement des points ressemblait à la constellation du scorpion. Le fait qu’elle soit née sous le signe du Verseau n’était pas un argument suffisant pour faire gommer la chose. Sa mère faisait une véritable fixette sur ce truc et voilà que soudain l’Ostrogoth en face d’elle arbore le même ensemble de points, au même endroit. Ça rappelait ce jeu dans les magazines pour enfants : « Relie les points en suivant les numéros et tu trouveras… » Il y avait pourtant longtemps qu’elle ne fait plus semblant de chercher.

Elle ne parvient pas à détacher ses yeux de la poitrine de l’homme. Il pose un doigt sur le dessin :« Schorpioen ! Ik ben geboren Schorpioen ! Comment dire in frans… ? Scorpio… Tatoeage… tatoo… de sterren… the stars. Constellatie Schorpioen…, baragouine-t-il en pointant maintenant son doigt vers le ciel étoilé. Comprendre ? »
Non, elle ne comprend pas. Elle n’entend plus rien. En revanche, malgré la lumière poisseuse du plafonnier, elle ne doute pas de ce qu’elle voit.

La plainte enfle du gémissement au hurlement. Une sirène détraquée. Elle ne peut plus s’arrêter. Tandis qu’il essaie de la calmer, de la faire taire, elle se met à le griffer. Au visage, aux yeux, mais surtout à la poitrine, là où se pavane le monstre. Elle essaie de l’arracher. Oui, une sirène détraquée, une vierge folle, une furie. Une grande claque l’envoie valdinguer la nuque contre le tableau de bord. C’est dans le silence retrouvé que les gars débarquent, ouvrent la porte et font atterrir le Néerlandais sur le bitume. Ceux qui ne sont pas en train de le lyncher appellent les pompiers ou essaient de ranimer Josèphe.
Joséphine, elle, est déjà loin.

Voilà, la huitième nouvelle en lice est sous vos yeux.

Vous le savez le nom de l’auteur ne vous sera pas dévoilé.

Mais c’est un de ces auteurs participants qui l’a écrite  : 

Maud Mayeras – Olivier Chapuis – Danielle Thiery – Ghislain Gilberti – Marie Delabos – Colin Niel – David Charlier – Dominique Maisons – Sandra Martineau – Marie Van Moere – François Médéline – Ellen Guillemain – Cicéron Angledroit – Valérie Allam – Stéphanie Clémente – Gaëlle Perrin-Guillet – Anouk Langaney – Patrick K. Dewdney – Florence Medina – Michel Douard – Benoit Séverac – Loser Esteban – Jeremy Bouquin – Armelle Carbonel – Jacques Saussey – Yannick Dubart – Nils Barrelon. 

Ce sera donc sur les qualités intrinsèques de la nouvelle que le jury devra trancher.

 Il en reste 19 à être dévoilées.

Une par semaine si tout se passe bien.

Que de bonnes, très bonnes voire excellentes lectures à venir.

Maintenant à vous de me dire ce qu’elle vous a inspiré.

J’attends avec impatience vos réactions et vos commentaires.

Et saurez vous devinez qui en est l’auteur ?

 

Les premiers romans policiers de la rentrée 2016 : 2eme partie Octobre


premier-roman

 

Hello tout le monde,

Voici une vingtaine de romans policiers sortis lors de la second partie de la rentrée littéraire.

Septembre et octobre, tous les ans, nous offre une multitude de bouquins, notamment en fiction. Tous ces romans forment ce que l’on nomme la rentrée littéraire. Celle-ci revient, en plus, une seconde fois dans l’année, en janvier généralement ! Et c’est pour nous, professionnels du livre, un vrai casse tête chinois car il nous faut faire des choix parmi cette foultitude de titres.

Aussi, la bibliothécaire que je suis, voit s’envoler le nombre de premiers romans qui paraissent durant cette période.

Alors voilà les premiers polars lus ou en cours de lecture de ce mois d’octobre.  Je vous les présente rapidement et sans doute que, pour les titres qui m’auront le plus marquée, je tenterai de faire une petite chronique.

Beaucoup de ces premiers romans sont des rééditions en poche. Soit j’étais passé à coté l’an dernier soit je pense que cela vaut le coups de vous les présenter à nouveau.

Mais dans tous les cas c’est vous qui voyez.

Alors bon choix et bonnes lecture à vous.

Et « Vive le Polar »

1r1Beutin, Philippe/ Jeux de dames

Cairn ; Du noir au Sud

Jérôme, jeune policier toulousain, inexpérimenté et maladroit, enquête sur les morts qui tombent comme des pions : une veuve secrète et désinvolte, une avocate manipulatrice, une belle femme rebelle imprévisible. Heureusement, ses intuitions font mouche. Premier roman.

Une enquête, menée par un capitaine au bout du rouleau, où les morts tombent comme des pions. En 2014, tombé sous le charme de la ville rose, Philippe Beutin est l’un des lauréats du Prix Thierry Jonquet au Festival Toulouse Polars du Sud avec sa nouvelle Orientation.  Il est à nouveau récompensé avec Le passeur lors du prix So-What – 10/18. Fort de ces débuts, Jeux de Dames est son premier roman

1r2Bourcy, Thierry / Une enquête de Célestin Louise, flic et soldat dans la guerre de 14-18
Volume 1, La cote 512

Gallimard ; Folio. Policier, n° 497

Enquêteur de la brigade criminelle de Paris, Célestin Louis est affecté au 134e régiment d’infanterie au début de la Première Guerre mondiale. Lors d’un assaut à Verdun, le lieutenant à la tête de sa section est tué par une balle venant de son propre camp. C’est dans un village de Mayenne que le jeune policier trouve une explication à cette mort. Premier roman.

Des tranchées boueuses aux hôpitaux de campagne, du feu de la mitraille aux embusqués de l’arrière, de la première ligne aux provinces endeuillées loin du front, le soldat Célestin Louise mène l’enquête alors qu’autour de lui le monde s’écroule. La cote 512, qui inaugure les aventures du jeune policier Célestin Louise pendant la Première Guerre mondiale.

 
1r3Cavanagh, Steve / La défense

Milady ; Milady Thriller

Autrefois escroc, Eddie Flynn est passé de l’autre côté des barreaux en devenant un avocat craint de toute la profession. Alors qu’il a déserté les prétoires depuis plus d’un an, il est contraint de défendre Volchek, un chef mafieux, pour sauver sa vie et celle de sa fille. Il a quarante-huit heures pour gagner son procès pour meurtre ou la bombe attachée dans son dos explosera. Premier roman.

La Défense est le premier roman de Steve Cavanagh. Lui-même avocat, il a remporté le plus gros procès pour discrimination raciale d’Irlande du Nord. Avant ça, il a fait tous les métiers. Il a donc appris à se débrouiller.« Quand John Grisham rencontre Bruce Willis, c’est speed et intelligent. » Irish Independent

1r4Cros, Roselyne / La vrille

Ecrits noirs

Un meurtre près de Cuxac au Mas Cabardès relance plusieurs enquêtes dont une vieille de plus de huit ans. Au coeur de la Montagne Noire, deux lieutenants s’enfoncent dans les bois où la brume déforme paysage et silhouettes. La traque les conduit dans les tourbières à travers l’opacité des fumerolles pour rentrer dans l’épaisseur de la forêt domaniale de la Loubatière. De curieuses rencontres font progresser l’enquête tout en la rendant plus glauque encore. Parviendront-ils à arrêter le tueur ? Un plongeon dans les légendes du Languedoc

Plusieurs enquêtes sont relancées après un meurtre près de Cuxac. La traque mène deux lieutenants dans la forêt domaniale de la Loubatière. Premier roman. Petit maison d’édition et auteur inconnus pour moi, il va falloir que je les découvre.

1r5Douglas, Claire / Les jumelles : l’une est morte, l’autre ment

HarperCollins ; HarperCollins noir

Après la mort de sa jumelle, Abi Cavendish, journaliste freelance, tente de se suicider et séjourne dans un hôpital psychiatrique. Fragilisée par cette disparition dont elle se sent responsable, elle tombe sous l’emprise de Beatrice Price. Celle-ci a un jumeau, Ben, qui souffre de problèmes psychologiques. Tous les trois vivent dans un hôtel particulier à Bath acheté par Beatrice.

Un éditeur que je découvre. A suivre donc

 

 

1r6Durand, Lucie / Vengeance

Éd. de l’Onde

Dans les Ardennes, une professeure parisienne s’éprend d’un homme sans savoir qu’il est celui qui a poussé son père au suicide. Alors qu’il semble lui préférer sa mère, elle décide de se venger de lui. Premier roman.

Adoptant le point de vue de l’escroc et celui de sa victime, alternativement, l’auteur mène à petits pas ses deux personnages l’un vers l’autre. Le lecteur soupçonne une catastrophe à venir, mais quelle forme prendra-t-elle ? Des ténèbres ou de la lumière, qui l’emportera ?… L’originalité de ce roman policier réside dans la fine analyse de la psychologie des personnages et dans le leitmotiv des Ardennes, champ de bataille de deux guerres mondiales et « Terre promise » pour l’héroïne.

1r7Gardes, Stéphanie / La souris qui avait mangé les chats

Nouveaux auteurs ; Policier

Elea Elbow, agent de la CIA, a échappé au contrôle d’une cellule quasi officieuse de l’Agence. Lassée de cette vie, elle aspire à remiser les armes mais ses projets sont mis à mal lorsqu’un inconnu met sa tête à prix. Prix du jury Femme actuelle 2016. Premier roman.

L’étrange ballet de deux espions d’élite, l’un russe et l’autre américain, formés par des puissances rivales, où l’auteure joue avec les nerfs du lecteur.

 

1r8Geary, Valerie / Celles de la rivière

HarperCollins poche

Sam et Ollie vivent en marge de la société avec leur père, veuf. Quand les jeunes filles découvrent le cadavre d’une femme flottant dans le cours d’eau près de leur campement, elles décident de mentir pour protéger leur père, qu’elles croient capable d’avoir commis ce meurtre.

Premier roman.

 

 

 

 

1r9Gordon, David / Polarama

Actes Sud ; Babel. Babel noir, n° 165

Darian Clay, coupable d’avoir assassiné et dépecé quatre femmes, attend son exécution dans le couloir de la mort. Il demande à Harry Bloch, écrivain aux ambitions contrariées, de rencontrer les femmes avec qui il a établi une correspondance depuis la prison afin d’écrire des scénarios érotiques qui le mettent en scène. En échange, Clay s’engage à faire des révélations sur ses crimes.

David Gordon vit à New York. Il a travaillé dans le cinéma, la mode, l’édition et la presse pornographique. Polarama est son premier roman. Tout à la fois polar satirique et enquête littéraire, Polarama est un thriller aussi mauvais genre que déjanté

1r0Gustawsson, Johana / Block 46 : une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells

Milady ; Milady Thriller

Les similitudes observées sur les corps des victimes d’une série de meurtres d’enfants à Londres et sur celui d’une femme assassinée en Suède amènent l’enquêtrice anglaise Emily Roy à collaborer avec le commissaire Bergström en Suède. La poursuite du ou des tueurs les plonge dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et au coeur d’événements vécus en 1944 à Buchenwald. Premier roman.

Entre grande Histoire et liens familiaux, Block 46 est une vraie et belle découverte. Un coup de coeur

 

 

ICI : Ma chronique sur Block 46  

1r%c2%b2Herron, Mick / La maison des tocards

Actes Sud ; Babel. Babel noir, n° 166

River Cartwright vient d’être recruté au MI5 mais, à cause d’une erreur dont on l’accuse à tort, il se retrouve écarté et relevé de ses fonctions. Lorsqu’un innocent se fait enlever et que les terroristes informent qu’il sera décapité, River décide de montrer sa vraie valeur. Il a quarante-huit heures pour sauver le jeune homme.

Ce roman d’espionnage singulier, peuplé d’une galerie de personnages hauts en couleur, bouscule et revisite avec humour et irrévérence les codes du genre. Ce savoureux, roman d’espionnage atypique et rythmé brosse un portrait sans concession de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui.

1r10Kasasian, M.R.C. / Les enquêtes de Middleton & Grice
Petits meurtres à Mangle Street

City ; Poche

Londres, 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Le détective privé Sydney Grice et sa pupille, March Middleton, mènent l’enquête et découvrent que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une série.

M.R.C. Kasasian partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte. Ce fier sujet de Sa Majesté connaît un immense succès avec cette série mettant en scène un duo de détectives atypique et attachants. Original, avec un humour so british : notre paire de détectives de choc va nous entraîner dans le Londres victorien.

 

 Là : Mon avis sur Petits meurtres à Mangle Street 

1r11Land, Ali / Le sang du monstre

Sonatine éditions

Après avoir dénoncé sa mère, tueuse en série, Annie est placée chez les Thomas-Blythe. Un peu décalée, la jeune fille préfère la compagnie des enfants à celle des adolescents. C’est d’autant plus vrai lorsque la fille de la famille commence à la harceler. A l’ouverture du procès de sa mère, Annie, devenue Milly, va devenir de plus en plus inquiétante. Premier roman.

Le Sang du monstre est un thriller obsédant : la voix de Milly se fait hypnotique, dérangeante, addictive. Elle est, dans tous les cas, totalement singulière, au point de tenir le lecteur constamment en haleine, et de soulever des interrogations aussi terribles que passionnantes. Un enfant peut-il surmonter des événements traumatiques ? Qu’est-ce qui construit vraiment notre identité ? Et à quel moment notre personnalité peut-elle basculer ? Un premier roman et un coup de maître qu’on ne peut décemment pas refermer avant le point final.

1r12Manzor, René /Les âmes rivales

Pocket. Best, n° 15421

En 1975, dans l’Etat de Louisiane, Cassandre, 12 ans, supplie un prêtre de l’aider : un homme la suit et elle est la seule à le voir. Le prêtre n’arrive pas à la rassurer et elle s’enfuit. Dix ans plus tard, à New York, Cassandre tombe amoureuse. Mais l’homme mystérieux ne supportera pas d’avoir un rival.

Mystère, amour et émotions fortes… Ce premier roman d’un réalisateur français adopté par Hollywood est un coup de maître. A travers ce thriller surnaturel,  il révèle une plume au rythme vif, une grande sensibilité et un univers mystérieux. Émotion et frissons assurés

 

 

1r13Maravélias, Éric / La faux soyeuse

Gallimard ; Folio. Policier

A l’agonie dans son studio, Franck se souvient du chemin parcouru depuis les années 1970, entre braquages, trahisons et drogues dures. Premier roman.

« Ce n’est pas facile de décrire avec de simples mots, même en ayant du vocabulaire, les expériences extrêmes. Hors du commun. D’en faire saisir l’intensité à ceux qui ne les ont pas vécues. Comme il est dur d’accorder foi au récit d’autrui sans aller voir par soi-même de quoi il retourne. Il n’y a guère que les enfants pour aller foutre les doigts dans la prise bien qu’on leur ait répété mille fois que ça faisait mal. Mais l’homme est un éternel enfant. »

 

Mon billet sur La faux soyeuse ICI

1r14Mazzouz, Yamina / Du couscous dans le pudding

Les Presses littéraires ; rimes et châtiments, n° 75

Norah, jeune femme d’origine maghrébine, décide de quitter sa famille et sa banlieue pour s’installer en Angleterre. Elle trouve une place de domestique dans la propriété de la famille Marshall. Une série de meurtres trouble bientôt la douce quiétude des lieux et exacerbe les tensions familiales liées au passé. Norah participe à la résolution de l’intrigue. Premier roman.

Au-delà d’un roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose : la noblesse britannique et la jeune fille de la banlieue parisienne.

1r15Miller, Jax / Les infâmes

J’ai lu. Thriller

Freedom Oliver, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans l’Oregon, protégée par le FBI. Elle souffre d’avoir dû abandonner ses enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille, elle quitte son anonymat pour partir à sa recherche. Prix Transfuge du meilleur polar étranger 2015, grand prix des lectrices de Elle 2016 (policier).

Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux Jax Miller nous offre un périple qui tourne vite à l’odyssée. Une putain de belle réussite.

 

Mon petit avis sur Les infâmes par ici 

 

1r16Nieto, Patrick / Toutes taxes comprises

Cairn , Du noir au Sud

Près de Montauban, le commissaire Lemoine enquête sur l’assassinat de Pierre-Henri Sennelier, un proche du président de la République. Il semblerait que ce soit un cambriolage qui a mal tourné : un cadavre avec une balle dans la tête, du désordre dans la maison, l’arme du crime volée. Mais les apparences sont trompeuses. Premier roman.

Patrick Nieto, 54 ans, est commandant de police. Ses 30 années passées dans le domaine de l’investigation judiciaire et le traitement d’affaires sensibles lui ont permis d’acquérir une approche très fine des pratiques en vigueur dans son métier ainsi que des hommes et des femmes gravitant dans le milieu policier.

1r17Novak, Chase / Conception

Le Livre de poche. Thriller, n° 34306

Leslie et Alex ont tout pour être heureux, sauf un enfant. Quand ils entendent parler d’une procédure miraculeuse en Slovénie, ils n’hésitent pas. Grâce à l’intervention, ce sont des jumeaux, Alice et Adam, qui naissent. Ils sont choyés mais enfermés chaque soir dans leur chambre, sans explications, alors que des bruits perturbants proviennent de celle de leurs parents. Premier roman.

L’ombre de Rosemary’s Baby plane sur ce thriller pétrifiant.Stephen King, lui même dit de ce titre que c’est « A la fois terrifiant et sombrement drôle, CONCEPTION est une pure partie de plaisir. »

 

 

1r18Nozière, Jean-Paul / Les enquêtes de Slimane

Rivages ; Rivages-Noir

Le détective privé Slimane Rahali, fils de harki, enquête dans le milieu des chasseurs, sur le domaine du puissant Létrier, pour retrouver une jeune fille disparue. Puis, pour remplacer le moteur de sa voiture, il accepte d’enquêter en Provence sur les circonstances de la mort d’Enrique Almeida.

Si vous ne connaissez pas Jean-Paul Nozière et son détective Slimane alors foncez chez votre libraire acheter ce titre. Car comme moi vous allez aimé le monde désenchanté que vous propose cet auteur trop peu lu à mon goût. Allez, moi j’y retourne, obligée.

1r20Parsons, Tony / Des garçons bien élevés

Points

Sept étudiants privilégiés d’une riche école privée deviennent amis. Vingt ans plus tard, ils meurent égorgés les uns après les autres. L’enquêteur Max Wolfe, insomniaque et amoureux des chiens, suit la piste du tueur en série, des bas-fonds de Londres aux hautes sphères du pouvoir.

Tony Parsons signe là son premier roman policier. Une intrigue puissante et un personnage principal charismatique. Un récit trépidant Ancien journaliste de punk rock, ayant côtoyé les Clash ou les Sex Pistols. Tony Parsons est la nouvelle révélation du polar anglais.

 

 

1rSt-Pierre, Christiane L’assassin avait toujours faim
Christiane St-Pierre.

Perce Neige Prose

Adepte de la musique country et des danses en ligne, l’électricien anodin qu’est Donald Grant a été abusé et traumatisé dans son enfance au point de disjoncter lorsqu’il subit un stimulus particulier. Sous le coup de la colère, il commet un acte irréparable qui déclenche en lui un appétit glouton, si bien que la serveuse du Resto Chez Jos le surnomme Arnold, en référence au petit cochon de l’émission les Arpents verts. On sait qui est l’assassin dès la première page du roman, mais on se demande si et comment l’équipe de l’inspecteure Marconi arrivera à mettre la main au collet de l’auteur des meurtres sordides qui se répètent en série.

Christiane St-Pierre signe un premier polar joliment ficelé, teinté d’un humour grinçant et dont les personnages attachants sont bien découpés.

1r21Vanlan, Bruno / La trahison du miroir

Nouveaux auteurs, Policier

Gilles et Corinne Beauvois vivent à Lille. Ils mènent une vie identique à celles de leurs amis Calvin et Ursula Saddler, qui vivent à Londres. Calvin apprend que le couple français est mort dans un accident de voiture. Il part à Lille pour mener sa propre enquête. Prix VSD. 

 

 

 

Rencontre avec Maud Mayeras à la Griffe Noire


Le 29 octobre dernier nous avons la chance nous autres banlieusards de pouvoir aller à la rencontre de Maud Mayeras.

La tournée de signature de notre auteure passait par ma librairie. Je n’allais surement pas manquer ça alors que je venais de succomber à son dernier livre.

Lux avait provoqué en moi, quelques jours plutôt un vrai tsunami. Il était tant que j’ai une explication avec son auteur !

maud7

 

Je ne vais généralement pas à la Griffe Noire un samedi, non ce jour là je travaille. Mon jour de prédilection c’est le lundi. Et le lundi s’il y a du monde, il n’y a pas foule comme en ce jour de fin de semaine. La librairie est noire de monde. Des familles, parents et enfants arpentent les allées.

En habituée que je suis, j’arrive à me glisser jusqu’au coin polar. Et là, à peine arrivée je tombe nez à nez avec un groupe de pépètes. Visiblement ces choses là marche au minimum par 3. Cette fois ce ne sont pas les mêmes que la dernière fois. Mais la reine des pépètes et toujours là !

maud1

Doit-on encore la présenter, Athénaïs du blog Un bouquin dans la tasseIl y a aussi Laurence et Lucile de Loeil2luciole : chroniqueuse littéraire .Et aussi Laurence qui fait des photos avec des raisins secs.

maud8

Et oui, j’en ai la preuve. Laurence et ses raisins secs prennent des photos de polars.

 

maud9maud10

Il y a aussi des fans venus de Marseille pour rencontrer son auteur préférée. Enfin une de ses auteurs car Jacky aime le polar et lis visiblement énormément de roman policier.

Elle en connais un paquet ! Tiens ça me donne une idée…

maud6

Il y a aussi Madame Anne Carrière en personne qui est venue rencontrer son auteur. Et surtout la soutenir. Surtout quand il est question de gâchette et de détente.

Sachez, cher tous, que tout n’est pas bon à dire, que certaines choses feraient mieux d’être tues afin que le monde s’en porte mieux. Voilà, c’est dit ! Merci madame Carrière.

maud

Bon il y a aussi d’autres lecteurs et lectrices de Maud.

Mais on est jamais bien loin à dire des bêtises.

 

maud2

 

Il y a aussi le boss, Jean Edgar, qui prends des photos pour alimenter sa page facebook.

maud14

Allez hop, le boss sur la photo avec l’auteur qu’il a invité et dans il pense le plus grand bien comme moi !

maud4

Bon Maud, on me regarde, quand je prends une photo, non mais !

Ah c’est mieux là !

maud5

Et puis, il y a Anaïs, journaliste à RMC qui est venu à la griffe noire pour faire un petit micro trottoir sur le polar et la mode du polar. Nous sommes toutes passées à la question.

Maud aussi, forcément !

maud12

 

Mais on est jamais loin, les pépètes et moi !

maud13

Il y a Athénaïs qui se bouche les oreilles pour ne rien entendre sur Lux qu’elle m’a pas encore lu. Mais qu’elle va lire très vite puisque maintenant elle l’a en main et a su attendre tout ce temps pour succomber au mot de Maud.

maud16

Bon ben voilà, on a tous et toutes succombé au charme de Maud Mayeras, nous sommes toutes tombées amoureuse de ses mots, de ses phrases mais pas seulement.

Il faut dire que en plus d’être une auteure de talent, Maud et une sacré belle personne.

maus11

Même notre jeune journaliste est repartie avec les 3 titre de Maud et un ou deux autres polars que notre auteurs lui a conseillés.


maud17

Et notre auteurs de signer encore quelques bouquins car nous n’en avons jamais assez et que notre esprit est faible et la tentation trop forte. N’est ce pas Lucile ?

maud18

Bon en résumé, nous avons passer un sacré bel après-midi.

J’ai pas pu résister l’aller chercher une crèpe à Maud alors qu’elle en avait mangé des tas le midi même.

Comme le dis Lucile :

« Nous avons parlé de thé, de thrillers, de Musso (les deux),des gâchettes et des détentes, des vaisseaux spaciaux, des costumes, des appareils gratuits, du GHB, d’esprit mal placé… « 

Dommage que je fut malade et fiévreuse sinon Maud nous aurions encore pu papoter à refaire le monde mais je tenais plus debout.

Le mot de la fin pour Maud :

 » Merci aussi à vous, les filles. Pour les rires, les sourires, et tout le reste.
Oui c’est bien une crêpe à ma gauche. (Délicieuse). »

 

Bon depuis cette rencontre Lucie à lu Hématome donc voici sa chronique. ICI

Et forcément Athénaïs qui nous offre son ressenti sur Lux là

Bon et pour faire bonne figure mes billet sur :

Reflex et Lux

Chroniques de l’Armageddon : Journal d’un survivant face aux zombies de J.L. Bourne


mes-petites-lectures (1)

Je me disais, comme cela en passant, que des Zombies et une fin du monde, cela ferait sans doute assez peur en ce jour d’Halloween. Et pour les autres jours aussi d’ailleurs !

9782362700149,0-1129854Le livre : Chroniques de l’Armageddon, Volume 1, Journal d’un survivant face aux zombies  de J.L. Bourne.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Julien Drouet. Paru le 21 mars 2011 chez Eclipse dans la collection Horreur. 15€30 ; (305 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 20 x 13 cm
 9782809448252,0-2547065Réédité en poche le 8 avril 2015 chez Panini Books dans la collection Zombi. 8€30 ; (309 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm
 
 
 4e de couv :

Journal d’un survivant face aux zombies

Chroniques de l’Armageddon

+++Mes chers concitoyens, je suis navré de vous faire part qu’en dépit de nos efforts, nos mesures de confinement ne sont pas parvenues à enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par la morsure des individus contaminés. Les personnes infectées décèdent rapidement pour se relever dans l’heure qui suit à la recherche d’êtres vivants dans le but de les tuer. Puisse Dieu nous venir en aide.+++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers survivants de l’apocalypse zombie, que ces quelques notes vous viennent en aide si vous avez le malheur de faire partie des survivants. Bonne chance…

+++Début d’interception Des bulletins d’information sporadiques indiquent que le chaos et la violence se répandent à travers les villes américaines. Un mal inconnu balaie la planète : les morts se lèvent pour s’approprier la Terre en tant que nouvelle espèce dominante de la chaîne alimentaire. Interception terminée+++

Cher Survivant, vous avez entre les mains le journal manuscrit d’un homme décrivant son combat pour survivre. Pris au piège au milieu d’un désastre d’ampleur mondiale, il doit prendre des décisions, faire des choix qui lui permettront de vivre, ou le condamneront à déambuler à jamais comme l’un des leurs. Pénétrez, si vous l’osez, dans ce monde. Un monde où les morts-vivants règnent en maîtres.

 

sopravvissuto1L’auteur :

J. L. Bourne est en service actif en tant qu’officier de l’U.S. Navy. Natif de l’Arkansas, il vit actuellement à Washington D.C. partageant son temps entre l’écriture et ses obligations militaires.

 Extrait :
« Ensuite, j’ai expliqué à John pourquoi je ne m’étais pas réfugié à la base aérienne avec mes camarades. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis demandé si j’aurais du me battre avec eux. J’ai dit à John que des fois, je regrettais de ne pas les avoir rejoints. Mais le fait est que je suis encore vivant, et pas eux. Je lui ai dit qu’à choisir, il valait mieux être une aiguille dans un botte de foin qu’un trou du cul dans une forteresse. »

 lecture-d_avant

 

Petits résumé et avis :

9782809443912,0-2272182« +++ Mes chers concitoyens, j’ai le regret de vous annoncer qu’en dépit de tous nos efforts, les mesures de confinement mises en oeuvre n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie. Essayez de conserver votre calme. D’après les rapports, cette maladie se transmet par morsure ou griffure profonde d’un individu infecté. Les personnes contaminées décèdent rapidement, mais se relèvent dans l’heure et partent à la recherche d’humains. Puisse Dieu nous venir en aide. +++

Vous tenez entre les mains le journal de l’un des derniers rescapés de l’apocalypse zombie. Que ces quelques notes vous viennent en aide si vous aussi avez le malheur de faire partie des survivants… »Des morts reviennent à la vie, et un homme seul doit se débrouiller pour survivre à cette catastrophe. Ici commence l’histoire d’un survivant face aux zombies. Un anonyme désemparé qui va pourtant faire face.

Un excellent roman de zombie. Il faut dire que ce personnage est en vogue actuellement. L’auteur part d’un postulat effrayant pour livrer un récit sans temps mort, dans un univers post-apocalyptique.

Journal d’un survivant face aux zombies est le premier volet d’une trilogie et son intrigue en est parfaitement maîtrisé. Cette histoire fonctionne à merveille. On ne la lâche pas une minute de peur que celle si soit fatale à notre héros malgrès lui. Alors…

Forcément on est impatient de connaitre la suite…

Gisèle, Sériale lectrice


 sériale lectrice

Aujourd’hui, nous inaugurons, une nouvelle rubrique sur Collectif Polar.

« Sériale Lectrice »

Et oui, ça vous dit déjà un peu quelque chose sans doute

L’idée de cette rubrique a pris forme dans mon esprit dérangé après un jeu concours sur forme de tag que j’avais lancé pour le 500e article de notre blog.

Les réponses des participantes m’ont tellement emballée que j’ai eu envie de poursuivre l’aventure avec d’autres grandes lectrices, passionnées, comme vous et moi par les bouquins et les histoires qu’ils nous racontent.

Alors comme moi, j’espère que vous allez apprécier ces nouvelles rencontres.

Et le premier portrait est consacrer à Gisèle, une de nos nouvelles chroniqueuses 

Bonjour Giséle, es tu prête a être soumise à la question ?

Oui, même si je n’ai pas l’habitude de pratiquer ce genre d’exercice.

 Alors, Gisele, peux-tu te présenter ?

GisèleGisèle Buclet   Jurassienne depuis bientôt 63 ans. Je suis passionnée de lecture depuis que je sais lire. j’ai excercer la profession d’infirmière pendant 35 ans (Plus particulièrement en oncologie) et je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce métier pour ses contacts humains d’une part et d’autre part, il y était aussi un peu question d’enquête, d’indices à signaler pour la découverte du diagnostic… eh oui..on y revient.

Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

Des livres il y en a toujours eu à la maison. Mon père faisait la lecture à ma maman pendant qu’elle tricotait… Et il y en a dans toutes les pièces de ma maison.

Peux tu me montrer ta bibliothèque :

En voilà une première mais il y en a d’autre.

giseled

Mon mari, disparu aujourd’hui me fabriquait mes bibliothèques, au fur et à mesure de l’arrivée des bouquins. Il m’avait même suggéré d’en ranger au grenier…enfer et damnation… il n’en était pas question !!

giselergiselee

Ce ne sont pas des bibliothèques luxueuses, mais ce sont les miennes et j’y tiens..

Surtout ce qu’elles contiennent!

gisélé

Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

    Je crois que le LIVRE a toujours été un des plus beau cadeau que l’on puisse   me  faire.

Le nouveau livre, il est beau, il sent bon, et vous accompagne pendant  des heures.

Il… vous fait voyager, découvrir d’autres façons de vivre et parfois pour ne pas dire souvent, oublier les blessures de la vie.

Un LIVRE c’est magique. Je suis complètement addict, je ne peux pas me passer de mon livre,

C’est viscéral.

Es-tu papier ou numérique ?

Depuis quelques mois j’ai opté pour la liseuse. J’avais des craintes, ce n’est pas la même chose… mais finalement, je l’ai adoptée avec plaisir. Ce qui n’empêche pas que sur la table de nuit, il reste la pile vitale à ma santé mentale ! De toute façon, si je sors…forcément cela passe par la librairie, et je ne tarderais pas à y être interdite par mon banquier. Alors dans ma pile qu’y a t’il ?

Et le polar dans tous ça ?

Amatrice de polars depuis toujours, j’écoutais  « Les maitres du mystère » à la radio et sans comprendre vraiment (j’étais très jeune) j’étais subjuguée par l’ambiance.

Plus tard avec ma sœur, aussi passionnée que moi, nous inventions des histoires d’enquêtes en rangeant les bottes de foin dans la grange, et nous écumions tous les bouquins ayant trait au mystère.

Aujourd’hui en retraite, je m’en donne à cœur joie, écumant les librairies et les pages de polars, thrillers….(même si je ne lis pas que cela)

 Giséle dis nous, quels sont tes auteurs favoris 

Mes auteurs favoris, ceux pour lesquels, je ne peux pas attendre la sortie en poche, Ceux que j’aurais envie de faire dédicacer au prochain « Quai du polar » à Lyon.. Comme « Les chaussures Italiennes » dédicacées par Mankell ( et n’en suis pas peu fière), les « Peter May », « Erlendur Indridasson » « Ellory » et tant d’autres.. Lebel, Norek, Mention…..découvertes jubilatoires.

 

97820209446560-541510
Les chaussures Italiennes de Henning Mankell. Traduit du suédois par Anna Gibson. Paru le 8 octobre 2009 au Seuil dans la collection Cadre Vert. 21€80;  (340 p.) ; 22 x 15 cm

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas 97827578216260-1143540encore, mais sa vie vient juste de recommencer.

Né en 1948 en Suède, Henning Mankell est l’un des maîtres incontestés du roman policier et un romancier internationalement connu. Il partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. La Cinquième Femme, Le Guerrier solitaire et Les Morts de la Saint-Jean, notamment, sont quelques uns des livres que je vous conseille.

Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Et devinez qui m’accompagne patiemment dans mes lectures ?

C’est P’tit gibus mon autre essentiel.

Giséles

Alors ça c’est une anecdote que j’adore !

Sinon…Rien à rajouter ?

Non ! Voilà, j’espère n’avoir pas été trop bavarde ? (Je le suis..et l’assume) 😈      Giséle

Lux de Maud Mayeras , le chouchou du week end.


chouchous-du-week-end
mmtLe livre : Lux de Maud Mayeras.  Paru le 6 octobre 2016 chez Anne Carrière. Disponible, Broché 19€ ; (252 p) ; 24 x 16 cm

 

4e de couv : 

Lux

C’est l’histoire d’un retour, d’une sentence et d’une vague qui monte à l’horizon.

  1. Antoine Harelde débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l’Australie.

Vingt ans auparavant, il a passé un été dans cette petite ville perdue et, en l’espace de trois mois qui l’ont vu quitter l’adolescence, il a connu la joie, l’amitié, l’amour et l’horreur.

Aujourd’hui il est un homme. Il n’a pas oublié, il n’a rien pardonné. Mais la justice prend d’étranges et inquiétantes couleurs à la lumière de l’apocalypse.

Ballade meurtrière sur fond de fin des temps, Lux est le roman de la confirmation d’une jeune auteure au sommet de son art.

anomaud-mayerasL’auteur : On sait peu de chose de Maud Mayera,. Elle se livre peu. Maud  est née en 1981. Lux est son troisième roman.  Elle vit aujourd’hui à Limoges.

Après le succès de Reflex (Anne Carrière, 2013 ; Pocket, 2015), ce nouveau thriller est très attendu.

Extrait :
Et puis il les tuera tous les deux. Il ne se posera pas la moindre question. Il laissera peut-être le vieil homme épauler son deux-coups, lui concédera l’espoir furtif de s’en sortir, puis il retournera l’arme contre le couple, apprivoisera la sueur sur la gâchette glissante. Il les regardera supplier, écoutera leurs plaintes et leurs cris, sentira leur peur couler sur lui. Il ne sourira pas et fera feu. Il tirera à travers les peaux durcies. Une fois dans chaque corps. Le front, le cœur, le ventre, il ne sait pas encore. Deux cadavres, c’est tout ce qui restera. Il les emportera loin d’ici, au fond de ce terrain en friche, ce champ recouvert chaque jour de l’année par des tonnes de feuilles sèches, tremblantes sous la brise légère ou collant à vos semelles. Au fond de ce terrain, il y a un trou, un trou dans lequel il pourra entreposer les deux cadavres. Il cachera leurs chairs et leur puanteur à l’abri des regards. Il attendra patiemment que les corps pourrissent et, quand il ne restera plus que des os cassants, il y mettra le feu. Un beau et grand brasier pétaradant au milieu des branches. Antoine contemplera les flammes jusqu’à ce que ses yeux ne soient plus que deux fentes noires, humides et douloureuses. Il respirera l’odeur des chairs cuites jusqu’à ce qu’elle fasse un peu partie de lui. Alors il se sentira mieux. Accompli, entier.

 

Petit avis :

Voilà, comme toi j’aime retrouver Maud ! Comme toi je trouve que ce roman me fais que confirmer son talent. Comme je disais à l’époque « Elle a tout d’une grande, cette petite », d’ailleurs aujourd’hui c’est une grande que dis-je une immense auteur. Comme toi j’ai adoré ces roman précédents.

Hématome m’a fait un bleu au coeur.

Reflex m’a assommé debout.

Vous pouvez le vérifier ICI

Et Lux in tenebris.

Lux m’a…Ben je n’ai même pas de mots tellement j’ai été stupéfaite par l’ampleur et de l’étendu du talent de cette jeune auteure totalement inconsciente de celui-ci.

Elle est beaucoup trop modeste et trop humble surtout pour penser un seul instant qu’elle le possède.

Quoi, tu ne vois pas de qui je parle ?  Tu ne connais pas cette auteure ? Pas encore alors ! Tu n’as pas encore lu de Maud Mayeras ? Oui je sais il y a des tas de bouquins qui sortent et elle n’en est qu’à son troisième titre ! OK !

Alors…
Ben je vais quand même défendre ce titre car Maud mérite qu’on la découvre à sa juste valeur.
Alors…Comment te dire Maud est un auteur unique.

Elle est mure pour passer la ligne imaginaire qui sépare littérature noire et littérature blanche.

En fait, elle a pas de ligne du tout, elle propose une prose unique bien qu’elle conçoive des histoires noires.

Il y a quelque de brut, de sauvage, d’instinctif dans l’écriture de Maud. Quelques chose qui parle à notre part animale. Quelque chose qui nous bouscule, qui nous chavire.

Et vous savez comme j’ai du mal à parler d’un bouquin quand il a réveillé en moi de vieux souvenirs.  Alors ne m’en veuillez pas si cette chronique est bancale. Elle est à mon image quand j’ai eu quitté l’histoire que m’a proposé Maud à lire. Oui j’ai été secouée.

J’ai perdue mes repaires. Il y a tant de sentiments contradictoires qui ont émergé lors de cette lecture que j’ai parfois eu envie de crier en lisant.  « Mais merde pourquoi elle me fait ça  »  C’est tous vos sens qui sont en éveil avec Maud.  Elle déclenche le chaos en vous.

On vit les choses différemment à travers ses mots. On perçoit les choses différemment. En fait, on ressent plus les choses qu’on ne les intellectualise dans les livres de Maud.  A travers ses mots, on perçoit les couleurs, on discerne les odeurs, on éprouve les failles.

Et justement  c’est à travers ces failles que passe la lumière.

Alors oui, je me suis laissée porter par l’écriture tout en sensation de Maud. J’ai aimé puis détesté ses personnages. J’ai souffert avec eux, j’ai été en empathie et je les ai honnis tour à tour.

J’ai respiré l’air chaud du sud de l’Australie, j’ai pris conscience de ce décor de fin du monde.

J’ai vu apocalypse s’insinuer en moi et mes émotions s’embrasser.

Et tel un Phenix, Maud Mayeras m’a fait renaître de mes centres. Plus lumineuse encore.

 

Lux umbram praebet, mysteria autem veritas.

 

 

mme

Cette après-midi Maud sera à la Griffe Noire.
Et j’irai même avec 40 de fièvre, m^me en me traînant, jusqu’à ma librairie rien que pour lui dire tout le bien que je pense de son livre.
 mmz
Extrait 2 :
Puis la platine avait diffusé de la musique française qu’ils avaient écoutée, allongés tête-bêche sur le tapis du salon. Hunter s’était imprégné des notes et des mots, ils étaient entrés en lui et l’avaient fait frissonner. Le piano-boucle, la voix de fumeur, les paroles douces qu’il ne comprenait pas. « c’est beau », il avait dit.
Tu n’es plus qu’une pauvre épave,
Chienne crevée au fil de l’eau
Mais je reste ton esclave
Et plonge dans le ruisseau
Quand le souvenir s’arrête
Et l’océan de l’oubli,
Brisant nos coeurs et nos têtes,
A jamais, nous réunit…
« C’est triste », avait répondu Antoine.
Sa mère lui avait appris cela, le désespoir terrible de la musique
-« On ne devrait pas chanter sur le bonheur, il n’y a rien de plus accablant que la joie des autres. » Et elle poussait le volume à fond en pompant voracement ses cigarettes.mma

 

Les « sériales Lectrice » de la 500e : les résultats, enfin !


500e de nos lectrices

 

Et voilà, les résultat sont enfin tombés.

Après bien des tergiversations, après bien des doutes et des questionnements, j’ai réussi à départager les 3 gagnantes de notre grand jeu « sériales lectrices »

Vous méritiez toutes de recevoir un prix. Mais seules trois d’entre vous devez se partager les 15 romans mis en compétition.

Aussi après avoir lu et relu tous vos profils, j’en ai éliminé quelques uns pour n’en garder que 6.

J’ai voulu récompenser celle qui me semblait  les plus investies,  celles d’entre vous qui ont été le plus plébiscitées, celles qui m’ont donnée ce petit plus qui peut faire la différence.

Et puis c’est finalement un petit tirage au sort qui a départagé ces 6 super « sériales » lectrices.

Et les gagnantes sont :

500lucie&500louisemelie

Lucie, Louise et Mélie 

Redécouvrez leur portrait ci dessous :

ICI le profils de Lucie 

$$$500$$$

Là celui de Louise 

$$$500

Et ici aussi celui de Mélie

$$$500$

Une spéciale dédicace à Christelle et à notre Belette Cannibale pour leur magnifique billet offert hors concours qui ont ouvert et cloturé cette série de portrait.

500CS1

Le billet de Christelle

1378797_1443182065908181_1252054396_n

 

L’article de Dame Belette

Un petit cadeau pour vous mesdames si vous l’acceptez !

Le roman de Bernard Prou,  Alexis Vassilkov ou La Vie tumultueuse du fils de Maupassant …

Mon avis sur ce roman ICI

BP££ BP£ BP

Et bravo à vous toutes et surtout merci de votre patience !

J’attends donc en MP vos adresses pour recevoir vos bouquins.

Et prévenez moi, les filles quand vos enveloppes seront arrivées.

Normalement pour nos lauréates, il y en aura deux, un grande blanche et une plus petite en papier kraft.

$$$500$$

A bientôt sur notre blog.

Café littéraire à la bibliothèque Audoux. Chapitre Two


cz64

Hello mes polardeux, une fois n’est pas coutume aujourd’hui nous allons surtout parler de littérature blanche.

Et oui rappelez-vous !

Il y a deux semaine je participer à mon premier café littéraire.

Faut-il que je vous explique le pourquoi du comment ?

Non tout est ICI dans le chapitre One

Bon juste rappelez-vous, je veux mettre en place

un petit dej. littéraire dans ma bibliothèque.

caf

 

Me voilà donc parti pour quelques heures à la Bibliothèque Audoux dans le 3e arrondissement de Paris.

Mais place à la seconde partie de ce café littéraire avec les libraires de Comme un roman qui viennent nous présenter leur sélection de la rentrée littéraire.

Une vingtaine de bouquins pour arriver à faire un choix dans la pléthore de roman sortie entre septembre et octobre

ettjgfuk

 

caf

Elles sont venues à deux, Karine et Julie, les Libraires de « Comme un roman » pour nous présenter la rentrée littéraire.

 

LA RENTRÉE LITTÉRAIRE

97820701977290-3351400Ceci, Jean-Marc
Monsieur Origami
Gallimard Blanche

A 20 ans, Kurogiku tombe amoureux d’une femme et quitte le Japon pour la retrouver. Il s’installe en Toscane, où il vit en ermite durant quarante ans. Il s’adonne à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Quand un horloger arrive avec le projet de fabriquer une montre avec toutes les mesures du temps disponibles, Monsieur Origami est troublé. Premier roman.

Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.

97827103765690-3411323Cline, Emma
The girls
Quai Voltaire

Evie Boyd, adolescente rêveuse et solitaire, vit en Californie à la fin des années 1960. Au début de l’été, elle aperçoit dans un parc un groupe de filles. Elle se laisse rapidement hypnotiser par Suzanne et entraîner dans le cercle d’une secte. Elle ne s’aperçoit pas qu’elle s’approche à grands pas d’une violence impensable. Prix Transfuge du meilleur roman américain 2016. Premier roman.

Dense et rythmé, le premier roman d’Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu’elles deviennent.

 

 

 

97828236102530-3396715Dubois, Jean-Paul
La succession
Ed. de l’Olivier Littérature française

Paul Katrakilis est le petit-fils d’un des médecins de Staline, Spyridon, qui a fui l’URSS en emportant avec lui un fragment du cerveau du dictateur et s’est installé à Toulouse. A Miami où il s’est établi, Paul est partagé entre le bonheur et un sentiment persistant d’inadaptation. Il rentre en France à la mort de son père et tombe sur d’étranges carnets.

Avec La Succession, Jean-Paul Dubois nous livre une histoire déchirante où l’évocation nostalgique du bonheur se mêle à la tristesse de la perte. On y retrouve intacts son élégance, son goût pour l’absurde et quelques-unes de ses obsessions.

 

97828892734160-3391868Dusapin, Elisa Shua
Hiver à Sokcho
Zoé

A Sokcho, petit port de Corée du Nord, une jeune Franco-Coréenne rencontre un auteur de bande dessinée. Venu de Normandie, il cherche l’inspiration. Au coeur de l’hiver, une attirance se tisse entre eux. Premier roman.

Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

 

 

 

 

97823587310410-3418464Dutli, Ralph
Le dernier voyage de Soutine
le Bruit du temps

Le récit, à la fois fictif et historique, des derniers instants de la vie du peintre Chaïm Soutine. Alors qu’il se rend à Paris, caché dans un corbillard, pour tenter une opération qui le sauvera peut-être de l’ulcère dont il souffre depuis des années, il se remémore toute son existence, dans un flux d’images délirantes.

Au-delà du roman de cette vie tourmentée, Ralph Dutli nous offre une allégorie de la destinée humaine, une sorte de parabole traitant de la douleur et du pouvoir bouleversant de la couleur et de l’image qui, comme « le jus de pavot de la littérature », parviennent parfois à l’apaiser, au moins pour un temps.

 

97820701970950-3351405Forest, Philippe
Crue
Gallimard Blanche

Dans une métropole, le narrateur vit dans un immeuble au milieu de travaux. Il rencontre un couple de voisins, entame une liaison avec la femme et, le soir, visite l’homme, qui prétend que des milliers de personnes disparaissent chaque année. Puis le couple disparaît et la métropole se retrouve sous les flots. Peu à peu, l’eau se retire et le personnage découvre un message évoquant un grand chaos.

 

 

 

97823300664990-3392342Gaudé, Laurent
Ecoutez nos défaites
Actes Sud

Un agent secret français, missionné à Beyrouth à la recherche d’un ancien tireur d’élite américain soupçonné de trafics, rencontre une archéologue iranienne qui tente de sauver les richesses des musées des villes bombardées. Ressassant les épisodes guerriers du passé, ils s’accordent sur la vanité de toute conquête.

Évocation tremblée d’un monde contemporain insondable, Écoutez nos défaites compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des hommes et célèbre l’émotion, l’art, la beauté – seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe.

 

 

 

97823300664820-3392343Goby, Valentine
Un paquebot dans les arbres
Actes Sud Domaine français

Au milieu des années 1950, le couple de tenanciers du café de La Roche-Guyon est contraint d’aller se faire soigner au sanatorium d’Aincourt. Leurs deux enfants se retrouvent dans la misère. Mathilde, l’aînée, refuse de perdre les piliers de la famille et se bat pour qu’ils reviennent et pour préserver leur dignité.

À travers un roman solaire, porté par le regard d’une adolescente rebelle heurtée de plein fouet par le réel, Valentine Goby poursuit son travail sur le corps dans l’Histoire, le rôle des femmes face à l’adversité, leur soif de liberté.

 

 

 

97828433775490-3402805Grannec, Yannick
Le bal mécanique
A. Carrière

Un soir de 1929, la prestigieuse école du Bauhaus, à Dessau, donne un bal costumé. C’était avant que les nazis ne dévorent l’Europe, et donc à une époque où l’on pouvait encore croire au progrès, à l’art et au sens de l’histoire. Durant ce bal, une jeune femme, Magda, danse, boit et aime.

Un siècle, une famille, l’art et le temps. Vous êtes invités au « bal mécanique ».

 

 

 

97820813131010-3390380Harrison, Jim
Le vieux saltimbanque
Flammarion Littérature étrangère

Dans un récit à la troisième personne, l’auteur revient sur des épisodes marquants de sa vie : souvenirs d’enfance, mariage, amours et amitiés, pulsions sexuelles, plaisirs de la table, alcools, drogues, etc.

Dans ce dernier livre publié moins d’un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d’un texte à la troisième personne pour « échapper à l’illusion de réalité propre à l’autobiographie ».

Véritable testament littéraire, Le Vieux Saltimbanque est à l’image de Big Jim : plus libre et provocateur que jamais, plus touchant aussi, en marge de toutes les conventions.

 

97827073298370-3392317Mauvignier, Laurent
Continuer
Minuit Romans

Sybille, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Craignant d’avoir tout raté, elle décide d’empêcher son fils, Samuel, de réaliser les mêmes erreurs. Elle organise alors un voyage de plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan.

 

 

 

 

97827436375070-3351323Minard, Céline
Le grand jeu
Rivages  Littérature francophone

Une femme décide de s’isoler dans un refuge accroché à la paroi d’un massif montagneux. Elle s’impose la solitude, ainsi qu’un entraînement physique et spirituel intense. Elle cherche, dans cette mise à l’épreuve, à savoir comment vivre. Mais sa rencontre inattendue avec une ermite bouleverse ses plans.

Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magistral sur les jeux et les enjeux d’une solitude volontaire confrontée à l’épreuve des éléments.

 

 

97828480521060-3396399O’Brien, Edna
Les petites chaises rouges
S. Wespieser éditeur Littérature

Vladimir Dragan, originaire du Monténégro, s’établit en Irlande comme guérisseur. Fidelma, belle et mariée à un homme plus âgé, tombe sous le charme du nouveau venu. L’idylle s’interrompt quand Dragan est arrêté. Il a vécu sous un faux nom à Cloonoila et est inculpé pour crime contre l’humanité.

La prose d’Edna O’Brien est éblouissante : comme dans la vie, passant de la romance à l’horreur, d’un lyrisme tremblé au réalisme le plus cru, de la beauté au sentiment d’effroi le plus profond, elle nous donne, avec ce roman de la culpabilité et de la déchéance d’une femme, son absolu chef-d’oeuvre.

 

97820701777690-3351418Oz, Amos
Judas
Gallimard Du monde entier

A Jérusalem, en 1959, Shmuel est sur le point de renoncer à ses études faute d’argent lorsqu’il tombe sur une petite annonce qui attire son attention. Un vieil homme est à la recherche d’un garçon de compagnie pour lui faire la lecture et la conversation en échange d’un petit salaire et d’un logement. Shmuel rencontre ainsi Gershom Wald, passionné par l’histoire du sionisme et la question arabe.

« Jérusalem, années 60. Un étudiant se retrouve à vivre avec un vieil érudit fantasque et une femme- fascinante-, dont le père fut un leader sioniste accusé de traîtrise.
SUPERBE sur l’Histoire d’Israël, les confrontations judaïsme/christianisme, la traîtrise, le sionisme, … »

 

97820813759940-3390376Reza, Yasmina
Babylone
Flammarion Littérature française

Lors d’une soirée entre amis tout à fait normale, un voisin sonne à la porte. Il a tué sa femme pour une obscure histoire de chat. Elisabeth, la narratrice, décide de l’aider.

Parce que c’est Yasmina Reza et qu’on l’aime à la librairie.

 

 

 

 

 

97823300666040-3392363Rushdie, Salman
Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits
Actes Sud Lettres anglo-américaines

Tous les quelques siècles, les mondes des jinns et des hommes sont brièvement en contact. Au XIIe siècle, Dunia, princesse jinnia, prend une apparence humaine et donne une importante descendance à Ibn Rushd. Neuf siècles plus tard, lorsqu’elle constate que les jinns obscurs veulent asservir la terre, elle décide de les combattre, aidée de quatre de ses descendants qui ont hérité de ses pouvoirs.

Inspiré par une tradition narrative deux fois millénaire qu’il conjugue avec la modernité esthétique la plus inventive, Salman Rushdie donne ici une fiction aussi époustouflante d’imagination que saisissante de pertinence et d’actualité.

 

97820701966780-3351413Slimani, Leïla
Chanson douce
Gallimard Blanche

Lorsque Myriam reprend son activité professionnelle, elle et son mari engagent Louise pour s’occuper de leurs deux enfants. Cette dernière prend bientôt une place excessive dans le foyer. Cette situation conduit la famille à un drame.

À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

 

97828969426401-363388St. John Mandel, Emily
Station eleven
Rivages

La civilisation s’est effondrée suite à une pandémie. Une troupe itinérante propose du Shakespeare aux survivants, symbolisant l’espoir et l’humanité. L’existence de plusieurs personnages est liée à celle d’un acteur connu décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, se révèle un fil conducteur entre eux.

Entre l’avant et le présent, Station Eleven entrelace sur des décennies la destinée de personnages inoubliables. Élégie sur la condition humaine, ce livre à la construction vertigineuse envoûte le lecteur par sa puissance romanesque et émotionnelle.

 

 

97828785831370-3396348
Vallejo, François
Un dangereux plaisir
V. Hamy Contemporains

En dépit de la nourriture infâme que ses parents lui imposent et qu’il rejette, Elie Elian s’attarde à l’arrière du restaurant qui vient d’ouvrir dans leur quartier. Les gestes qu’il observe et les effluves qu’il inhale sont une révélation. La découverte des saveurs d’une tarte aux fraises offerte par une voisine achève de le décider : il sera cuisinier.

François Vallejo étonne, éblouit.

 

 

 

97828643287800-3390266
Venet, Emmanuel
Marcher droit, tourner en rond
Verdier

Le narrateur, atteint du syndrome d’Asperger, évoque la vérité, la transparence, la logique, le Scrabble, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée qu’il n’a pas revue depuis trente ans et avec laquelle il rêve de vivre une grande histoire d’amour.

« Le regard touchant et drôle d’un homme atteint du syndrome d’Asperger sur le monde qui l’entoure… L’une des petites perles de cette rentrée littéraire ! »

 

 

97823300665120-3392347Vuillard, Éric
14 Juillet : récit
Actes Sud Un endroit où aller

Retrace les événements du 14 juillet 1789, quand les émeutiers prennent d’assaut la prison de la Bastille pour revendiquer leurs droits.

« Le 14 juillet raconté par Vuillard du point de vue du peuple.
L’élan, la passion, l’énergie, le rythme, l’ivresse nous saisit, nous vivons l’Histoire.
Excellent récit-document de la prise de la Bastille. »

 

 

 

 

 

 

ET ON A AUSSI PARLÉ DE… quelques autres livres…

caf

Voilà les verres sont vides, les petits gâteaux ont disparus aussi.  Preuve que ce fut un beau café littéraire.

caf  caf

Rendez-vous à venir
5 novembre 2016 – 10h30 à la bibliothèque Marguerite Audoux
leur prochain café littéraire autour du roman policier. J’y serai à nouveau

bibliothèque Marguerite Audoux
10, rue Portefoin Paris 3e
 01 44 78 55 20
bibliotheque.marguerite-audoux@paris.fr

Mais avant ça le 29 octobre à 10h je serai à la bibliothèque Hélène Berr dans la 12e , 70 rue de Picpus, pour leur nouveau petit déjeuner littéraire.

Et le 17 décembre à 18h, je vous invite à un apéro polar exceptionnel pour la remise du Prix du Balai d’Or avec 4 auteurs extraordinaires. Et ça sera dans ma bibliothèque au 20 bis avenue Parmentier dans le 11e arrondissement de Paris.

 

L’affaire Jane de Boy de Simone Gélin


 


Collectif Kris

97823545214310-3411728Le livre : L’affaire Jane de Boy  de Simone Gélin. Paru le 17 mai 2016 aux éditions Vents Salés en mai 2016. 22€50 ; (424 p.) ; 21 x 15 cm

4eme de Couv

L’Affaire Jane de Boy investit le milieu des immigrés espagnols et plonge dans les ramifications de l’antifranquisme en s’appuyant sur des faits authentiques.

En 1960, dans le village de Jane de Boy, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage.
Enlèvement ? Crime politique, passionnel, crapuleux ?

Qu’est venu faire en France ce jeune couple d’Espagnols, Felix et Justina ? Que sait Sarah, la voisine, prostituée du samedi soir ?Le commissaire Lasserre s’interroge, aidé par son vieux camarade Hippolyte.

L’enquête se déroule à Bordeaux, dans l’ambiance du mythique hôtel de police de Castéja, au coeur du quartier Saint-Michel, dans les ruelles de la petite Espagne, au marché des Capus… Et se corse aux bassins à flot.

moiL’auteur : Simone Gélin a grandi près de l’océan, de la forêt de pins et des dunes. Après une carrière d’enseignante, elle est revenue puiser son inspiration dans l’encre du Bassin. L’Affaire Jane de Boy investit le milieu des immigrés espagnols et plonge dans les ramifications de l’antifranquisme en s’appuyant sur des faits authentiques.

 

Extrait :
« Il ne me connaissait pas, et pour cause ! Ma mère ne savait encore pas que j’étais en route quand il avait été arrêté en 39…
Je voyais cet homme, grand, raide dans ses habits comme s’il portait tout le malheur du monde caché sous sa veste, un pantalon de flanelle flottant sur sa maigreur, une figure allongée, faite de rectangles et de lignes droites, des os saillants, maxillaires apparentes, des yeux qui paraissaient perdus dans un ailleurs que lui seul pouvait voir, capables en même temps de pénétrer intensément les miens, une bouche de géant qui lui mangeait tout le visage, il me faisait peur.
Je me jetai au cou de ma mère et lui demandai à l’oreille si c’était un ogre qui tendait les bras pour me prendre. Elle rit : »C’est ton père, Abril. » »

 

cm16

Le résumé et le petit avis de Kris :

L’affaire Jane de Boy – Simone Gélin

Dans les environs de Bordeaux, une petite fille de 3 ans disparaît sur la plage en 1960. Le commissaire Lasserre mène l’enquête avec son ami Hippolyte, s’interrogeant sur la présence d’un couple d’Espagnols et sur ce que sait Sarah, la prostituée du samedi soir.

Alternant avec des récits sur les mouvements de guérilla espagnole d’après guerre, pris sur des faits réels, la narration de l’intrigue va vite, très vite …
Ces deux histoires entremêlées à deux époques différentes donnent une saveur incroyable à ce livre.
On est d’ailleurs un peu à bout de souffle à chaque fin de chapitre.
Deux histoires indépendantes qui se croisent, s’entrelacent, se perdent pour mieux se retrouver ..

Une enquête policière certes mais qui éclaire sur cette période troublée du franquisme . On sent bien que l’auteure s’est penchée avec beaucoup de minutie sur les faits de cette époque.
J’en sors toute chamboulée et vraiment mais vraiment je vous le conseille chaudement.

Conversation entre une bibliothécaire et une libraire : Delphine Poussin


camiopoussin001_oehxkigr719q

 GVL : Hello Delphine  tu as la formidable idée de créer une librairie ambulante !

C’est un projet de dingue, mais perso j’adore. Et oui si tu ne peux pas aller à la librairie, c’est la librairie qui viendra à toi !

Mais avant de parler de cet extraordinaire projet, je voudrais un peu plus te connaitre.

Alors…    Pourrais-tu te présenter brièvement ?

b049a0ac115c0208e2058059e29370

DP : Alors moi c’est Delphine, la vingtaine proche de trente je suis aussi prénommée Poussin.

 GVL   D’où viens-tu ?

DP : Je suis née et j’ai grandi en Seine et Marne dans un petit village en pleine campagne et puis me voilà aujourd’hui en Essonne en pleine forêt.

GVL :    Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

 DP : Assez peu présente à vrai dire, j’allais tout de même beaucoup en bibliothèque et les lectures d’écoles m’ont donné gout et plaisir à lire.

GVL : Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

 DP : Aucune appréhension particulière c’était apparenté à de la détente.

 GVL: Dis moi, petit poussin,  qu’elle a été ta formation ?

 DP : Loin du livre ma formation est de base comptable, bac puis BTS un cursus somme toute classique.

 GVL :     Ton futur boulot, vocation ou bien ?

 DP : Mon futur métier est né de l’envie de changer de vie mais surtout d’apporter du renouveau aux personnes vivant dans les villages.

 GVL :   Pour ton futur job, lis-tu tous les jours du polar ?

: Oh non pas tout les jours, je suis très éclectique dans mes lectures je peux surfer entre un manga, un roman jeunesse, un roman, un polar. Je ne me limite à aucun style de lecture.

 GVL :      Combien par semaine, par moi, par ans.

DP : Je dirais une dizaine par an

 GVL :      Et ….Pourquoi  le polar même si tu en lis très peu finalement ?

 DP : Cela permet de se faire peur, d’être fébrile mais les polars sanglants trop peu pour moi.

  GVL : Sinon tu lis combien de bouquins par an ?

: J’ai fait une moyenne mais j’oscille entre 150 et 180 livres à l’année et cette année un peu plus de 100 pour le moment ces derniers mois j’ai tellement planché sur mon projet que le rythme de lecture a diminué

 GVL : Maintenant que l’on te connait un peu plus, dis moi, Delphine,     Comment on se décide à devenir libraire ?

DP : On ne décide pas d’être libraire c’est une évidence qui s’impose parce que l’on est passionné avant tout par cet univers. Il y a 10 ans je n’avais pas l’idée de devenir libraire ce sont des événements et des questionnements qui font que l’on trouve son métier idéal.

GVL : J’aime ton idée de passionnée. Mais la passion ne fait pas vivre, si ? 

La librairie est le commerce le moins rentable de France si tu ne le fais pas par passion il n’y a pas d’intérêt . Bien sûr que tu peux en vivre mais tu n’auras jamais le train de vie d’un directeur du cac 40

GVL : ça je connais, tu ne deviens pas bibliothécaire pour te faire du fric ! Mais au moins, j’ai à peu près la sécurité de l’emploi. .)

Un grain de folie sûrement 😉

 Mais en tant qu’ ancienne comptable je peux t’assurer que j’ai mesuré le risque plus d’une fois

GVL : J’adore ton enthousiasme et surtout le sérieux que tu mets à faire vivre ce grain de folie ! 🙂

Ça a été déjà un changement de confort financier de quitter mon travail c’est angoissant un peu mais d’avoir une idée comme ça provoque tellement d’enthousiasme et de travail que ça en vaux la chandelle et puis si j échoué tt pis j’aurais essayé je n’aurais pas de regret

 GVL :  Peux-tu, plus concrètement, nous dire comment on constitue un stock ? Comment as-tu monté le projet de ta librairie ?

 DP : La question ultime, c’est assez technique et fastidieux, puisqu’il faut étudier les catalogues de chaque maison d’édition, sortir les meilleures ventes pour se créer un fond mais surtout proposer des pépites qui sortent des sentiers battus. Et en les ayant lus précédemment c’est mieux. Pour le montage du projet je me suis appuyé sur mon expérience de comptable et de gestion d’entreprise en est sorti le business plan.

hriehy

 

 GVL :   A quoi peut s’attendre un client en rentrant dans ta librairie ambulante ?

  A être surpris!!! Vous y trouverez certes des bests sellers mais surtout des coups de coeur de libraire mais aussi de lecteurs. C’est pouvoir flâner entre de la jeunesse, du polar, du roman. Chacun y trouvera son compte ( je l’espère ) toute l’idée repose sur le conseil.

 GVL :    Qu’est-ce que tu préfères dans ton futur métier ?

 Le contact avec les lecteurs et pouvoir partager cette passion dévorante.

 GVL : Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ?

DP : Je n’ai pas d’écrivain préféré, je trouve cela trop réducteur. Un auteur peu me plaire aujourd’hui et m’exaspérer un an après dans son nouvel opus. Dans les romans à conseillés, appuyons nous sur les sorties récentes et citons Petit pays de Gael Faye mais aussi On se souviens du nom des assassins de Dominique Maisons et en jeunesse Hugo de la nuit de Bertrand Santini.

GVL : Comment vois-tu l’avenir en général ?

Plein de partage, d’anecdotes et de cohésion autour de la librairie.

 GVL  : Et…   L’avenir du livre en particulier ?

DP : Le livre est en légère progression des ventes depuis début 2016 , donc le paysage s’éclaircit et à encore de beau jour devant lui. C’est grâce aux passionnés qu’il perdure et fait face à des géants du web.

 GVL :  Ta position par rapport au numérique ?

 DP : Je ne lis pas en numérique par inconfort et surtout pour moi je n’ai pas l’impression de lire un livre, j’ai besoin de toucher, de feuilleter…

 GVL : Que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ? Et oui nous sommes ici dans un blog polar!

DP : Le polar a aujourd’hui une grande place dans le paysage éditorial, beaucoup de titres sortent et ce tout au long de l’année. Le polar à son public mais surtout il attire tous les lecteurs, ne serait ce que par curiosité.

 GVL : Une anecdote à nous raconter ?

 DP : Pas pour le moment, mais à mon avis cela viendra😉

 GVL : Un coup de gueule, peut-être, à lancer?

DP : Peut être contre le manque de financement concernant les initiatives innovantes dans le secteur de la culture.

 GVL : Tu as raison, effectivement là, il y a toujours à dire ! Sinon..C’est ton dernier mot?

DP : Oui Jean-Pierre

 GVL Tu es sure ! Rien à rajouter?

Lisez c’est bon pour la santé

GVL : Moi j’ai une dernière questions enfin 2 !

Dis moi, camionnette ou camion ? Voire gros camion ? à quoi va ressembler ta boutique ? Ah oui, j’ai une dernière question ! Pourquoi ce nom, le Poussin Littéraire ?

53edd03d7bc4745a30f6b8b8ef22ea

😉 ce sera un camion 20m3… j’en dit pas plus pour le reste surprise . poussin c’est mon surnom dans mon cercle familial couplé à la littérature voilà l’origine 😉

14291766_1261514940527459_1721620588074385910_n

  https://wordpress.com/post/collectifpolar.wordpress.com/17405

Merci Delphine pour ces confidences.

Maintenant que nous te connaissons un peu plus et que l’on connait ton projet, il ne nous reste plus qu’à t’aider.

Et pour aider Delphine à monter sa librairie ambulante, on  clique sur ce lien ulule, vite il reste deux jour  : https://fr.ulule.com/la-librairie-du-poussin/

Allez, je sais mes polardeux que vous êtes généreux.

Sinon :

La page FB : https://www.facebook.com/lepoussinlitteraire/

Le site : http://lepoussinlitteraire.fr/