Un dernier pas de danse – Anabelle Read


Un dernier pas de danse de Anabelle ReadLe livre : Un dernier pas de danse de Anabelle Read. Paru le 27 septembre 2018 aux Nouvelles Plumes. 19€ ; (349 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Un dernier pas de danse

Un soir, Eleonor, 5 ans, appelle le 911. La police retrouve la petite fille cachée sous l’escalier, le cadavre de sa mère gisant dans la cuisine…

Première danseuse au New York City Ballet, Lily voit sa carrière brisée à la suite d’une mauvaise chute. Anéantie, elle décide de rentrer en France, dans les Alpes, auprès de sa famille adoptive. À l’aéroport, elle est accueillie par son meilleur ami Vincent auquel elle n’est pas insensible. Affectueux et heureux de retrouver Lily, le jeune flic est néanmoins préoccupé depuis le meurtre irrésolu d’une jeune femme de 24 ans. Bientôt un deuxième cadavre de femme est découvert. Lily l’ignore encore mais ces deux meurtres sont liés à son passé…

 

Anabelle readL’auteur : Anabelle Read est née dans le département du Nord il y a presque 34 ans. Elle exerce le métier d’infirmière scolaire près de Lille où elle réside avec son mari et ses deux enfants. Elle rêvait depuis longtemps de passer à l’écriture sans vraiment oser franchir le pas. Un dernier pas de danse est son premier roman.

 

Extrait :

 

Le post-it de Ge

Un dernier pas de danse - Anabelle Read

Un dernier pas de danse d’Anabelle Read

Vingt-trois ans après la mort de sa mère, brutalement assassinée par son père, Lily Harper voit sa carrière de danseuse étoile dans l’une des plus prestigieuses compagnie de ballet de New-York s’écrouler. Une mauvaise chute lors d’une répétition l’oblige à rentrer en France auprès de sa famille adoptive pour panser ses plaies et donner une nouvelle direction à sa vie. Mais la mort de deux jeunes femmes et les menaces d’un tueur déterminé la plongent inexorablement dans des souvenirs qu’elle s’obstine à vouloir oublier. Avec l’aide de Vincent, son meilleur ami et policier en charge de l’enquête, elle va devoir affronter, au péril de sa vie, son passé pour construire son avenir.

Voilà ce que l’on appelle un romantic suspense. Attendez par là un subtile mélange d’enquête policière et d’histoire d’amour. Et si en plus vous l’assaisonnez avec un brin de secret de famille et’ d une Kyrielle de suspects, vous obtenez un très bon premier roman.

Ce roman de presque 350 pages se lit à une vitesse folle. J’ai avalé ces lignes avec plaisir tellement l’écriture est fluide.

Je tiens d’ailleurs à remercier Anabelle Read de n’avoir embarquée dans cette histoire après une panne de lecture de plus de 8 jours. Le style limpide de l’auteur a réveillé mon envie de lire. Une bonne histoire sans prise de tête, rien de mieux.

Je remercie aussi l’auteur de m’avoir baladée entre les différentes pistes. Avec son intrigue bien ficelée et ses personnages auxquels on s’attache (tiens je ne deviendrai pas un peu fleur bleue, moi avec le temps), Anabelle Read m’a donner envie d’avaler d’une traite ce premier roman.

Et surtout maintenant que j’ai découvert sa plume, j’ai très envie de voir comment celle-ci évolue.

Un nouvelle auteur à suivre donc !

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Organigramme, Jacques Pons, une lecture commune ou « la Chronique Trio » 


Organigramme, Jacques PONS,

une lecture commune

ou

« la Chronique Trio » 

Le livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 septembre 2018 aux Editions Hugo Thriller. 19,95 € ; 384 pages ; 14 x 21

4ème de couverture :

Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochaine fashion week, ce ne sont pas les mannequins, mais les cadavres qui défilent…

L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…

Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un serial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaître de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

Dans l’enfer feutré de la mode parisienne, personne n’est à l’abri.

L’auteur : Passionné de littérature, de voyages et de gastronomie, Jacques Pons travaille depuis plus de quinze ans dans l’univers de la mode. C’est cette expérience qui lui a inspiré l’écriture d’Organigramme, dans le cadre du concours du meilleur thriller 2018 présidé par Michel Bussi 2018, pour  lequel il reçoit le Coup de cœur RTL.
Organigramme est son premier roman.

Extrait :
« Ils n’ont, pour la plupart, plus la force de crier. Les plus résistants trouvent encore la ressource pour gémir. Je les hais. Je les plains mais je les hais. Je ne les connais pas tous. Il y en a même que je n’avais jamais vus auparavant. Tant pis. Il est trop tard pour renoncer. Ils paieront pour les autres, et comme les autres. »

 » La Chronique Trio  » : La lecture commune de 3 flingueuses :

Alain Doucros a donné rendez-vous à nos deux flingueuses Clémence et Miss Aline autour d’un verre pour parler d’un nouveau roman Organigramme de Jacques Pons, Coup de cœur RTL.

Alain Doucros : Bonjour les filles, comment allez vous ?

Miss Aline : Bonjour Alain, merci pour cette invitation. On s’est permis d’inviter Maud à nous rejoindre. Ah, la voilà qui arrive.

Présentation et commandes faites, notre quatuor se met à parler bouquin.

Alain : J’ai cru voir que vous aviez toutes les trois lu Organigramme de Jacques Pons. Avec le recul, vous en pensez quoi ?

Maud : Le lecteur est de suite plongé dans les méandres de la Mode de Luxe, au sein de la marque très prestigieuse Louis Laigneau. Tous les stéréotypes de ce monde sont très bien dépeints sans être trop redondants.

Miss Aline : Avant ma lecture j’ai fait une photocopie de l’organigramme placé en début de livre. Pour annoter au fur et à mesure.

Clémence : Moi aussi j’ai fais ça. J’ai barré des noms au fur et mesure. Les morts qui ne peuvent donc pas être le tueur, et ceux qui me semblait innocent.

Miss Aline : J’ai stabiloté, relié tel ou tel personnage, annoter, regrouper…

Alain : L’ambiance, l’atmosphère du livre ?

Maud : La société va rapidement se sentir menacée et les employés vont tous tour à tour se soupçonner, s’observer, se méfier. L’ambiance se détériore, elle devient oppressante, insoutenable, les tensions montent jusqu’à être explosives.

Clémence : Le monde sans faille ou presque de la mode est rarement utilisé, dans les romans, ce qui rend ce livre original.

Miss Aline : Le monde de la mode est justement idéal pour traiter de ce thème : le harcèlement moral, la course à la performance, l’apparence relationnelle. Mais je suis d’accord avec Clémence, cela pourrait concerner n’importe quelle entreprise.

Alain : Et l’intrigue ? Bien ou on devine assez vite ?

Clémence : Je n’ai pas cessé de raturer, re sélectionner de nouveaux suspects. Effacer de nouveau. On peut dire que l’auteur cherche à nous rendre fous !

Maud : L’intrigue est bien ficelée, dynamique qui embarque le lecteur dans de nombreux rebondissements.

Miss Aline : Même en annotant tu te fais avoir. L’auteur te ballade entre le récit du tueur et la narration de l’histoire en elle-même. Quand tu penses qu’untel est  suspect, voilà qu’il se fait mettre hors course.

Alain : Je vois que ce livre à fait mouche.

Maud : Oui. Le thème du stress extrême, de la compétition au travail, avec ses causes et surtout ses conséquences, nous amène à également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail.

Clémence : Le thème de ce livre me touche personnellement puisque j’ai traversé des phases difficiles au travail par rapport à ma hiérarchie. La violence, le harcèlement, la pression sur le lieu de travail sont des phénomènes de sociétés qui, fort malheureusement, font de plus en plus de victimes. DRH oppressante, rumeurs, compétitivité extrême, sont omniprésentes dans le monde du travail. Un seul but : la rentabilité. Les entreprises brisent leurs salariés pour faire du chiffre.

Miss Aline : C’est vrai qu’Organigramme est la parfaite illustration de ce monde du travail qui devient fou. On t’en demande toujours plus dans le même temps aparti. On veut du résultat à n’importe quel prix. Tu ne peux pas suivre, la porte est grande ouverte. On répond à un monde de consommation toujours plus grand. Pour ce qui est des relations humaines c’est aussi un monde flou, faux. Tout est sur-joué. Organigramme pourrait être transposé dans bien d’autres univers de travail. Malheureusement.

Alain : Je vais devoir vous quitter les filles. En conclusion vous me conseillez de le lire cet Organigramme !

Maud : Oui, l’auteur signe ici un magistral premier roman avec une écriture vive, fluide et addictive.  Le tout avec un final magistral et théâtral. C’est un livre coup de cœur, à découvrir d’urgence.

Clémence : C’est un livre poignant, criant de vérité mais avant tout une enquête parfaitement menée d’une main de maître. Le final est époustouflant. J’ai du mal à croire qu’il s’agisse d’une première œuvre pour cet auteur très prometteur.

Miss Aline : Je suis du même avis. Bon rythme de lecture avec des chapitres courts. Avide de savoir la suite et tourne les pages … Le tueur qui nous livre son point de vue. Un univers oppressant bien analysé et détaillé. Même avec ton organigramme raturé, l’auteur a su te perdre dans les différentes personnalités que tu soupçonne tour à tour. Le prix Coup de cœur RTL est amplement mérité.

Alain : Je file les filles et l’addition est pour moi. A notre prochain rendez-vous c’est moi qui vous parlerai d’une de mes lectures.

Les flingueuses : Chiche !

Nous remercions les Editions Hugo Thrilleur, Célia et Jacques Pons de leur confiance.

Aline, Clémence et Maud

Organigramme de Jacques Pons


Organigramme de Jacques PonsLe livre : Organigramme de Jacques Pons. Paru le 20 Septembre 2018 aux Editions Hugo Roman, Collection Hugo Thriller. 19.95 euros. 380 pages. 14x21cm

4ème de couverture :
: Chez Louis Laigneau, fleuron du luxe français, la direction n’a jamais épargné à ses salariés ni le stress, ni les humiliations. Mais au retour d’un séminaire de créativité censé stimuler les forces vives de l’entreprise à l’approche de la prochain fashion week, ce ne sont pas les mannequins mais les cadavres qui défilent…
L’open space est moins accueillant quand on imagine qu’un tueur est peut-être juste là, assis en face de vous…
Dans ce milieu hostile où tout n’est qu’apparences, chacun s’observe avec défiance. Entre le burn out général qui menace et la psychose qui s’installe, un sérial killer rôde. Qui est cette ombre menaçante qui semble tout connaitre de Louis Laigneau et qui décime méthodiquement l’organigramme ?

jacques ponsL’auteur : Né en 1981, Jacques Pons vit à Paris et travaille dans le milieu de la mode.

 

 

 

 

 

Extraits :
« Il rêvait Thierry la fronde, il s’est réveillé Thierry la frousse. Il a eu le mérite d’attirer l’attention, au moins. Le SUT n’est pas réputé pour sa pusillanimité. Une épine de plus dans le pied déjà meurtri de la direction. L’Inspection du travail de devrait pas tarder à faire sonner la cavalerie, et les liens prêts à rompre face à la menace de l’Institution.»

Les Lectures de Maud :

ORGANIGRAMME

Organigramme de @Jacques Pons


C’est de la dynamite !!! Le lecteur est de suite plongé dans les méandres de la Mode de Luxe, au sein de la marque très prestigieuse Louis Laigneau. Tous les stéréotypes de ce monde sont très bien dépeints sans être trop redondants. La Société va rapidement se sentir menacée et les employés vont tous tout à tour se soupçonner, s’observer, se méfier. L’ambiance se détériore, elle devient oppressante, insoutenable, les tensions montent jusqu’à être explosives. Les certitudes de certains vont être mises à rude épreuves.
Des personnages placés sur un organigramme vont peut à peu perdre de leur contenance et de leur superbe au fur et à mesure que les meurtres, disparitions ou menaces pleuvent. Les soupçons se portent sur différentes personnes, le flou total. Personne n’est à l’abris, tout le monde est visé, et se retrouve sans distinction au même niveau de « victime potentielle ». Pourtant des amitiés improbables vont naître. Qui peut bien en vouloir à tous les salariés et dirigeants d’une même société ?
L’auteur signe ici un magistral premier roman avec une écriture vive, fluide et addictive. L’intrigue très bien ficelée, dynamique qui embarque le lecteur dans de nombreux rebondissements, même lui enquête, s’interroge, personnellement je me suis bien faite avoir  Le thème du stress extrême, de la compétition, au travail avec ses causes et surtout ici ses conséquences, nous amène également à nous interroger. L’auteur a su justement doser et trouver le bon équilibre entre l’enquête et le monde du travail. Un final magistral et théâtral ponctue ce livre cœur  à découvrir d’urgence !!

Je remercie les Editions @Hugo Thriller pour leur confiance

ORGANIGRAMME DED

 

 

Tags : Mode, Luxe, Stress au travail, jalousie, Thriller, Paris

 

Apéro Polar : A la rencontre des éditions de l@liseuse et 3 de ses auteurs


Apéro Polar : A la rencontre des éditions de L@liseuse et 3 de ses auteurs.

La bibliothèque Parmentier et moi même vous invitons une nouvelle fois à un de nos fameux Apéro Polar.

Une nouvelle fois aussi nous mettrons en avant une petit maison d’édition. Cette fois ce sont les éditions de l@ Liseuse qui seront à l’honneur.

Nous recevrons l’éditrice Hélène Babouot ainsi que 3 de ses auteurs en la personne de Sacha Erbel et Marek Corbel et une invitée surprise de dernière minute

APÉRO POLAR : RENCONTRE AVEC SACHA ERBEL, MAREK CORBEL , leur éditrice Hélène Babouot et …Une invitée surprise

Samedi 03 novembre 2018 à 11h30.
J’aurai le plaisir de passer à la question nos trois auteurs ainsi que leur éditrice.
Vous pourrez vous aussi participer à cette échanges que l’on veut interactif.
A la fin de la rencontre nous boirons un verre de l’amitié et vous pourrez faire dédicacer vos livres.
Vous pouvez venir avec vos exemplaires ou acheter directement aux auteurs leurs propres titres. ( dans ce cas pensez à prendre de la monnaie ou votre chéquier)
Nous vous attendons nombreux

 

Nos auteurs

 

Sous le pseudonyme de Sacha ERBEL, se cache une fonctionnaire de police, depuis 24 ans.

Elle a travaillé en commissariat, puis à la Brigade AntiCriminalité de Nuit de Paris, et depuis 14 ans, elle travaille au SDLP, en tant qu’Officier de Sécurité chargée de la protection rapprochée de personnalités civiles et politiques.

Depuis janvier 2016, elle est diplômée en Criminologie appliquée à l’Expertise Mentale, à la Faculté de Médecine René Descartes de Paris. Elle a suivi ce cursus en parallèle de son travail car l’étude du comportement des tueurs en série la passionne depuis des années. Elle souhaitait aussi pouvoir approfondir la psychologie, voire l’aspect psychiatrique de certains de ses personnages.

 

Marek Corbel est né en 1976, à Quimperlé dans le Finistère, département où il a grandi.

Diplômé de l’Institut d’ Etudes Politiques de Toulouse, juriste dans l’Education nationale, amoureux depuis l’adolescence du roman noir, du roman policier et du néo-polar, sa préférence va plus particulièrement au genre noir inséré dans une époque et ses réalités sociales.

Leurs livres  chez L@Liseuse

 

Février 2016.

Dans une France gréviste en pleine crise sociale et politique, un collectif entend participer, de manière décisive, à la manifestation parisienne monstre qui s’annonce contre les dernières décisions économiques gouvernementales.

Face à ce tumulte, une brigade de la DGSI, en proie aux luttes politiques intestines, s’emploie à contenir le déferlement de colère s’exprimant, plus ou moins violemment, sur les pavés de la capitale. Mais c’est sans compter les intérêts du Cartel européen, dont le président entend jouer sa propre carte politique dans ce chaos hexagonal.

Les acteurs de ce roman noir, avancent dans un labyrinthe fait d’intrigues et de trahisons, dont ils croient chacun connaître l’issue. Sans savoir à quel moment ils sont manipulés à leur tour.

 

Printemps 2017.

À Athènes, le délégué du Cartel européen est tué avec son garde du corps, alors qu’il effectue une visite au vice-Premier ministre grec, à propos des mesures de déréglementation à mettre en oeuvre.

Le président du Cartel européen entend coûte que coûte, dans un climat de contestation de son autorité politique, identifier les véritables commanditaires du meurtre.

Pendant ce temps, en région parisienne, l’ex-flic Girod s’engage dans une contre-enquête afin de rétablir l’honneur de son ancienne patronne et de son collègue assassiné mystérieusement, lors de la manifestation du 13 février 2016.

Les membres du Collectif arrêtés ce jour-là, bénéficient d’une liberté conditionnelle, avant leur procès. Mais leur retour à la vie civile ne va pas sans créer des dissensions au sein du groupe. Dans une France toujours plus affaiblie, Julie entend renouer avec une action radicale, mais Arno Pagani est happé par les sirènes politiques de l’ancien député réformiste, résolu à attaquer le gouvernement d’union nationale.

 

L’emprise des sens

Thriller

Lorsque Talia, en pleine désillusion sentimentale, s’envole pour des vacances de rêve à la Nouvelle-Orléans, elle est loin de s’imaginer que son destin l’y attend.

Dès le lendemain, elle se retrouve mêlée à un crime, exécuté selon un rituel macabre et violent.

Rites vaudous ou crimes en série, la frontière entre les deux semble floue pour Louis Lafontaine, policier chargé de l’enquête, lui-même confronté à des troubles obsessionnels. Avec sa coéquipière il est prêt à tout pour remonter à la source de l’horreur.

Face à l’emprise du mal, Talia saura-t-elle affronter ses démons et le don terrifiant qui lui est révélé ? Le soutien d’Azaia, prêtresse excentrique et l’amour de Basile seront-ils suffisants pour l’y aider ?

Dans la chaleur mordante de ce voyage en pays cajun, les esprits tourmentés se révèlent, les traumatismes refont surface et les peurs inavouables s’entrechoquent jusqu’à la révélation finale.

 

Hélène Babouot et les Editions La Liseuse.

Bien sur je questionnerai Hélène sur ses motivations, sur sa passion, sur ses envies en tant qu’éditrice.

Vous allez découvrir une femme engagée, passionnée et volontaire.

Il en faut du courage pour se lancer dans l’aventure de l’édition surtout de l’édition indépendante.

Hélène Babouot ( à droite) et Lou Vernet

Les éditions L@liseuse sont nées en 2014, d’une passion pour les livres, l’édition et les nouvelles technologies. D’abord spécifiquement numériques, nous avons décidé de proposer toutes les nouveautés en version ebook et papier, à partir de 2016, afin que les auteurs puissent présenter leurs ouvrages sur des salons et se faire connaitre en librairie.

Les livres sont avant tout des mots, des phrases, qui révèlent des idées, des histoires, partagent des connaissances et des mondes intérieurs. Le support peut prendre plusieurs formes qui évoluent en fonction des périodes de l’Histoire et des sphères géographiques. Mais il est le vecteur nécessaire, indispensable qui permet le passage d’une culture orale à une culture de l’écrit.

Le papier est un support particulièrement adapté à la lecture et surtout le livre papier est un objet qui nous est familier. Il donne corps à l’impalpable en transformant les mots en encre imprimée sur des pages. Les amoureux des livres ont généralement une relation sensuelle au papier.

Le virtuel voyage, partout, vite. Les liseuses et tablettes deviennent des bibliothèques ambulantes et personnelles.

Alors pourquoi se priver de lire, sur le support qui nous convient le mieux ?

Leur site ICI

Le dernier livre paru aux Editions de L@ Liseuse

 

Toucher l’instant ou la trilogie du choix

Si long est le chemin, si brève est la vie.

Éphémère intervalle ponctué d’une seconde d’éternité, celle où tout bascule. La reconnaître, s’en saisir, croire qu’elle nous appartient, oser se l’approprier, s’en libérer, s’émanciper, c’est ce que racontent ces trois romans courts.

Trois destins, trois possibles. Entre incertitude et audace, peur et confiance, douceur et violence, les protagonistes ont l’illusion d’un choix : agir, plutôt que subir.

Avec pour origine et but, la même griffe, le même serment, le seul sentiment persistant : l’amour.

Au terme d’une lente maturation, parviendront-ils à Toucher l’instant ?

Au fil des pages, l’émotion nous étreint lentement subrepticement, parfois délicieusement, souvent atrocement.

L’auteur : Auteure, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte.
Passionnée. Libre. Têtue. Et un peu barrée.
Sa devise : « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ! » B. le Bovier de Fontenelle.
Toucher l’instant est son sixième livre publié. En 2018, elle a reçu le Prix Polar CMB pour La toile aux alouettes et Un trop grand silence.

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

Le livre tout en poche, Château de la Hulpe.


Le livre tout en poche, Château de la Hulpe.

Flingueuses en vadrouille.

 

Visite hors de nos frontières le dimanche 7 octobre 2018, chez nos amis Belges, au château de la Hulpe à la découverte des auteurs de Brabant-Wallon.

Avec Clémence, nous nous aventurons sur ce domaine magnifique qu’est le Domaine de Solvay classé patrimoine exceptionnel de Wallonie. On va avoir la chance  de visiter le château de la Hulpe lors de cette journée.

Nous nous rendons sur ce salon sans trop savoir ce qui nous attend. On veut l’effet surprise, la découverte. Tout débute par un parc magnifique qui revêt doucement ses couleurs automnales.

A l’entrée du parc (mais également juste devant le château) nous est remis : un sac, un cahier pour les autographes, marques pages, un livret avec le nom de chaque auteur présent (sa biographie, sa bibliographie, un extrait de son livre, ses coordonnées) et un stylo.

Tout en déjeunant nous consultons notre listing de 80 auteurs. On a de la littérature, de la poésie/philosophe, jeunesse/BD, et Histoire. Force nous est de constater que nous n’avons que deux auteurs de polars. Oups ! Maintenant que nous sommes là…

Avant toutes choses, on pénètre un lieu somptueux :

Des lectures sont programmées sur toute la journée dans des chambres différentes. On a également un atelier d’écriture. Chiche, on y va ! Vous vous doutez bien que le polar est ressorti dans nos créations.  Lors de cet atelier, nous avons découvert un dress-code que seule Clémence (bien involontairement) avait respecté. Le jaune et le noir couleur de la Flandre.

Allez, trouvons nos auteurs polars ! Les auteurs sont  installés dans une immense salle avec sur toute sa longueur une baie vitrée donnant sur le parc arboré. Là surprise nous est de constater que devant chaque auteur, sont placés deux chaises. Chaque personne peut donc s’assoir et converser avec l’auteur.

Nous voilà donc assise devant Monsieur Jean-Louis PIERSOTTE, qui nous parle de son livre : Les enfants de Némésis (Ed.Acrodacrolivres 2017). Pas flingueuse pour rien, nous questionnons : pourquoi vous diriger vers l’écriture ?  On ne vous à pas dit mais ce Monsieur a travaillé à la Police Judiciaire de Mons puis à Interpol-Bruxelles. L’écriture est un exutoire … On garde le reste de sa déclaration pour plus tard, une interview plus complète lorsque nous aurons lu son livre ! Photo ? Evidement !

On se déplace sur les deux chaises d’à côté pour faire connaissance avec Monsieur J.R LEPAN, qui a écrit deux polars : Le secret de Diane (Ed. Nouvelles Plumes, 2014), Gris Bucarest (Ed Acrodacrolives, 2017). Comment passe-t-on de la chirurgie à l’écriture ? La peur de ne jamais réaliser un rêve… là encore, on va garder quelques éléments sous le coude pour plus tard. On ajoutera qu’avec J.R LEPAN ça a été fous rire assuré. Photo ? Bien sur !

  Qu’ajouter si ce n’est que nous avons passé une magnifique journée avec le soleil, la très bonne humeur, le rire. Encore un petit tour dans le parc et retour à la maison. Merci de votre accueil ami Belge. A tantôt !

 

La coupure de Fiona Barton


Le livre : La coupure de Fiona Barton. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Séverine Quelet. Paru le 13septembre 2018 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir. 20.90€  – (476 pages) ; format 21 x14 cm.                                

e-pub par éditions 12/21 : 13.99€  

 

 4ème de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

 

L’auteur :  Fiona Barton est journaliste et formatrice internationale dans les médias. De nationalité britanique, elle est née à Cambridge en 1957.
Elle a notamment écrit pour le Daily Mail (2005-2008), le Daily Telegraph (2002-2005) et a été rédactrice en chef du Mail on Sunday (1990-2002) où elle a d’ailleurs gagné le prix du reporter de l’année.
Fiona Barton est chef de projet à Fojo Media Institute depuis 2011.
Son travail de journaliste lui a permis d’observer les femmes des accusés lors des audiences et donné l’envie d’écrire « La Veuve » (The Widow, 2016), son premier roman, qui connaît un succès fulgurant dans plus de 30 pays.
Elle vit avec son mari près d’Abjat-sur-Bandiat en Dordogne depuis 2013.
son site ; Twitter

 

Extrait :
« À Cambridge, où elle l’avait rencontré, Will était spécial. Un garçon né pour réussir. Plus tard, elle avait plaisanté en racontant à ses collègues que le génie suintait par tous ses pores et qu’elle aurait pu en connaître le goût si elle avait léché sa peau.
–       C’est dégoûtant. Tu es sa servante, alors ? » avait répliqué avec une mine écœurée Erica, la greffière en chef du cabinet Bowen et Bailey.
Erica, elle, ne servait personne. C’était une féministe. C’était même marqué sur un écriteau sur son bureau, « Le sexisme est une maladie sociale », et elle ne ratait jamais une occasion de mettre son point de vue en avant. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

La coupure de Fiona Barton

Tout d’abord nous retrouvons Kate, journaliste qui avait permis dans le premier roman de Fiona Barton, d’élucider l’énigme de l’enlèvement de Bella. Toujours aussi âpre à la tâche, avec ses méthodes border line, elle va aller où la police ne pense pas aller, se mettre en difficulté pour trouver qui est l’enfant dont on a retrouvé le squelette. La narratrice c’est Emma, pleine de problèmes d’adolescence non résolus, on comprendra pourquoi au fil de ces presque 500 pages que l’on tourne avec avidité. Mais comment l’ADN de la petite victime peut-il correspondre à deux suspectes qui ne se connaissent pas ?

Flanquée de son jeune stagiaire, notre journaliste n’hésitera pas à remonter le temps, pour retrouver les potentiels témoins et suspects, avec la bienveillance de la police jusqu’à un certain point …

A une centaine de pages de la fin, quand le lecteur tient toutes les ficelles en main, il n’est pas au bout de ses surprises.

Un roman noir plus que polar, une noirceur bien britannique, plaisante à lire, qui assène quelques vérités sur le temps qui passe.

Lu en version numérique.

 

 Extraits
—————————
«    – Vous allez bien, Kate ? demanda Joe. Vous êtes un peu rouge. 
–       Ça va. C’est qu’il fait chaud ici, s’emporta-t-elle. —
–       Ah d’accord. 
Elle savait ce qu’il pensait. Ménopause. Et par ménopause, comprenez vieille femme irrationnelle qui a passé l’âge. Elle était furieuse qu’il juge son professionnalisme en fonction de son taux d’œstrogènes. Peut-être n’était-il même pas capable d’épeler œstrogène. Mais le sermon devrait attendre. Elle avait du travail. Elle se força à sourire et pensa à des choses rafraîchissantes pour évacuer la sensation de chaleur. Elle avait lu cette technique dans une brochure. Des foutaises sûrement, mais cela valait la peine d’essayer. »
—————————-
« Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, Charlie fut infidèle. Tout le temps. C’est le propre du musicien, semble-t-il. Mais cela ne signifiait rien, selon lui. Juste des filles comme ça, des groupies. Jude resta donc, accrochée à lui comme une moule à son rocher.
« Il me fait rire, il me rend heureuse, racontait-elle à ses amies. Il est drôle et je l’aime. »
Et c’était vrai, elle l’aimait. Il était le premier depuis Will à la fac à lui donner le sentiment d’être vivante.
Toutefois, elle ne le présenta pas à ses parents. Elle n’avait aucune envie que leur désapprobation entache son bonheur. Elle les informerait le moment venu, quand elle serait prête. Quand tout serait en place.
Parce que, voyez-vous, sa décision était prise : elle épouserait Charlie, coûte que coûte. Son horloge biologique se rappelait à elle et elle devait veiller à ce qu’il s’engage, c’était tout. »

L’esprit des mots, retour sur un salon du livre


L’esprit des mots, retour sur un salon du livre

 nous vous y convions ce dimanche 23 septembre

au château de La Brède,

pour « L’Esprit des Mots »,

le 4ème Salon du Livre organisé par la Ville de La Brède.


Retour en image sur le salon de La Brède

le 23 septembre 2018 by Dany

Mon bureau ce dimanche était plutôt sympa :

Les auteurs locaux étaient invités dans la maison de ce monsieur

Quelques polardeux étaient conviés au salon du livre, dans le cadre bucolique du Château de La Brède les 22 et 23 septembre 2018.

Jeanne Faivre d’Arcier avait délaissé sa tronçonneuse et ses poignards pour les crayons de couleur en s’attablant au rayon jeunesse

Elle fait un coucou au collectif polar mais ne révélera rien de plus qu’en juillet sur ses projets, la coquine !

Sont nominés dans la catégorie « je participe à la table ronde de 15h30 » : Notre ami Guy Rechemann qui comme son scorpion, essaye de supporter la chaleur sous le barnum

Ses nouvelles publications sous le label Caïrn suivent leur cours et il fera quelques révélations au cours de la table ronde. En effet, Anselme Viloc, dans le prochain opus (tome 5 de ses aventures) approchera … l’absolu ! Si vous ne comprenez pas, moi non plus, j’irai aux infos une prochaine fois …

Son voisin de table n’est pas un inconnu, il avait animé les tables rondes du premier salon des psychopathes à Fargues en 2017.

Il est l’auteur d’une trilogie dont deux volumes sont parus chez « vents salés ».

Flic un jour, flic toujours … membre de la PJ, compagnon de promotion d’Olivier Marchal, ex infiltré dans les milieux de la drogue, il s’est servi de son expérience pour relater des aventures originales d’une bande de retraités de la police, exposés comme des leurres, face aux terroristes. Avec humour il a créé le CHAOS (Comité de la Haute Autorité des Opérations Spéciales) et fait intervenir ses vieux flics indétectables qui frôlent constamment la bavure, au RUT (République Unie de Tanzanie). Il est assez fier d’avoir pu faire préfacer son deuxième tome par Hervé Le Corre.

Notons qu’au-delà des romans, Dominique Dayau écrit aussi pour le théâtre et … qu’il est joué ! Pour le moment il est trop tôt pour annoncer le calendrier des représentations …

Enfin pour compléter la tablée, Marie-Laure Bousquet, plus intimiste, s’efforce a élucider dans son premier polar De beaux mensonges pour t’endormir un lourd secret de famille au hasard de la découverte d’un journal intime. Après trois romans d’aventures, elle aime les voyages et utilise ses expériences pour son écriture.

C’est une heure de discussion animée par Bertrand Carette, lui aussi auteur de polar, qui a permis aux auteurs de donner leur définition du « goût du frisson », vecteur de  plaisir ou d’angoisse.

Bertrand Carette, « pianiste pratiquant » s’est servi de sa passion pour écrire un thriller psychologique se déroulant dans le milieu des concertistes : En blanc et noir, comme les notes du clavier.

Ce professionnel de la communication a ensuite situé son deuxième roman La fosse aux louves dans l’ambiance mystérieuse de la Brenne.

Oui Montesquieu est né là,

il a marqué son époque et marque encore notre culture. Le cercle des amis de Montesquieu est très actif sur le secteur. J’ai pu discuter avec des fondus d’histoire et notamment Monique Brut-Moncassin, enseignante, qui compare sa traque de documentation à une véritable enquête policière … pour mettre à jour les secrets de la famille de Pierre, apparenté au maître des lieux Charles-Louis de Secondat de Montesquieu.

FIN

 Dany

Flandre Noire de Gilles Warenbourg


Flandre Noire de Gilles WarenbourgLe livre : Flandre noire de Gilles Warembourg. Paru le 18 janvier 2008 chez Ravet-Anceau. 9,00€ ; (212 p.) ; 17 X 11 cm

4e de couv :

Juin 1945. Après trois années passées en déportation, monsieur Georges, l’instituteur, revient au village. Habité des visions d’Auschwitz-Birkenau, l’humaniste qu’il était a vu toutes ses valeurs s’envoler dans le ciel de Pologne. La paix de la campagne flamande n’est pour lui qu’un silence compassé où flotte encore le mal radical.

Les événements lui donneront raison : un crime parfait est commis dans la petite communauté rurale, parfait parce que rendu impossible par la présence de l’intraitable molosse de la victime. La quête philosophique se double d’une investigation policière…

 

 

 

Extrait :

«… Marcelle semblait avoir été fauchée en plein ouvrage. Dans l’ombre, un seau renversé, plus loin dans le fond, des animaux invisibles dont je percevais le souffle. Au bout de longues minutes, l’évidence s’imposa comme un coup de feu : en écoutant les conciliabules entre le docteur et le gendarme, en regardant le corps cassé, la joue contre terre, la bouche encore amère, le triste fichu gouttant d’un peu de sang sombre, et toute cette paille… à ce moment seulement, je compris qu’il s’agissait d’un crime.»

Gilles-WarembourgL’auteur : Gilles Warembourg est un écrivain français né le 14 juillet 1953 à Arras. Gilles Warembourg s’est mis à la littérature après 27 ans passés dans la gestion des entreprises, d’abord comme expert comptable puis comme directeur financier. Il habite Lille et a deux enfants. Au fil de ses romans et de ses nouvelles, d’intrigues en énigmes, il dresse le portrait sombre d’un monde en mutation. Il a reçu le prix de la Renaissance française 2007 pour ses premiers écrits.

 

 

 

Le post-it de Ge

Ernst Ferdinand Oehme, Procession dans le brouillard (1828)

Ernst Ferdinand Oehme, Procession dans le brouillard (1828)

Juin 1945. Monsieur Georges est de retour dans son village après trois ans de déportation. Les habitants accueillent leur instituteur en grande pompe : le maire et sa plantureuse moitié, le curé en soutane, les amis, les élèves…

Extrait 2 :
« Ils s’étaient imaginés me voir heureux de ce retour. Ils étaient tous venus, avec leur sourire de circonstance, affectant leur illusion d’un ordre retrouvé : le temps cautériserait les plaies les plus profondes et les relents fétides du block 10 d’Auschwitz-Birkenau s’estomperaient dans ma mémoire comme un cauchemar dissipé par le petit matin. Erreur commune ! … Immobile, je leur ai fait face dans le silence de ses retrouvailles compassées. « 

Détruit, monsieur Georges retrouve le quotidien des Flandres françaises. Et l’humaniste désenchanté observe d’un oeil sceptique le petit monde compliqué de cet univers rural étriqué. Il va devoir composer avec les mesquineries des gens de son village.

Isolé au milieu de ses concitoyens inconscients de ce qu’il a subi, l’instituteur se mure dans le silence et s’interroge sur sa propre raison

.Extrait 3 : « Vos réponses construites à toutes mes questions sur le mal me donnaient la nausée. Je sais : c’était injuste, mais derrière votre humilité admirable, je détectais l’outrecuidance des pieux qui déchiffrent le bien et le mal dans les messages éthérés du Très-Haut, avec cette insupportable assurance tranquille de ceux qui croient penser en pensant croire. »

Mais quand un crime est commis, l’ancien déporté s’accuse du meurtre, sans pouvoir expliquer les circonstances, ni les mobiles de son geste. Dès lors , les soupçons se portent sur lui et des comportements troubles de certains Français durant l’occupation refont surface.

Les interrogations sur la nature humaine se doublent alors d’une enquête criminelle. La découverte du coupable passe par un douloureux examen de conscience.

Désormais, monsieur Georges sait que la paix n’est que la haine qui chuchote…

Flandre noire est un roman sombre et dérangeant. Un livre singulier et poignant. M’sieur Georges est détruit par trois ans de déportation qui l’ont ravagé. Le lecteur n’en ressort pas indemne. Une histoire qui nous suit et nous hante encore longtemps après sa lecture.

Flandre noire a remporté le concours organisé par l’agence américaine Writemovies. Pourquoi pas un premier pas en vue d’une adaptation au cinéma pour ce roman noir?

Flandre Noire de Gilles Warenbourg : 10 ans après sa lecture ce polar est encore un coup de cœur et un livre qui me reste en mémoire.

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!

 

Inexorable de Claire Favan


Après Clémence ce matin , ce soir c’est Kris qui nous donne son petit avis sur le dernier titre de Claire Favan car aujourd’hui c’est double chronique

Le livre : Inexorable de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 chez Robert Laffont dans la collection La bête noire. 20€ ; 23 x 14 cm.

4eme de couv 

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 » Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme.  » Yvan Fauth, blog EmOtionS.

 » À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes.  » Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

L’auteur : Née en 1976, Claire Favan travaille dans la finance. Son diptyque culte, Le Tueur intime et Le Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle a marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016. et son précédent titre, Dompteur d’Anges.

 

 

Extrait : 
« Il est grand, musclé, indéniablement beau et charismatique. Elle s’étonne encore qu’il l’ait choisie alors que toutes les nanas lui couraient après quand il était jeune. Ils ont commencé à sortir ensemble à quinze ans, se sont mariés dix ans plus tard, ont acheté cette charmante petite maison en banlieue et ont eu leur fils trois ans après. »

Le petit avis de Kris

INEXORABLE – Claire Favan
Éditions Robert Laffont- LA BETE NOIRE

Moi je dirais …
INEXORABLE ET DIABOLIQUE

Bien vue la couverture et l’engrenage !!

Milo change totalement de comportement après avoir été témoin de l’arrestation violente de son père. Devenu un enfant perturbé, enfermé dans sa souffrance, il devra affronter avec sa mère, Alexandra, l’impuissance du système scolaire puis, une fois adulte, le rejet de la société.

Avec ce nouvel opus, Claire s’attaque à un sujet lourd et délicat  » la différence » qui n’est pas toujours flagrante entre les enfants et surtout « le calvaire » que peuvent subir ces petits bouts qui n’ont ni la conscience de « leur différence » ni l’explication.
Et puis aussi le poids porté par les parents qui n’ont pas forcément les réponses ni tous les leviers pour aider leur enfant.

Beaucoup de mamans se sentiront moins seules, du moins dans la première partie, en lisant ce roman/thriller/noir bien ancré dans la réalité .

Une première partie avec l’enfance de Milo et une seconde à la transition de sa vie d’adolescent vers l’adulte, poursuivi par ses « erreurs » passées et les préjugés qui s’y accrochent.

Claire réussi à nouveau à nous prendre dans les mailles de son filet, et elles sont fines, et ne nous laisse aucun répit.

La fin est diabolique ….

Ah et puis la préface, chapeau à Gabriel !!

Enfin, merci à Glenn Tavennec et Filipa de m’avoir permis de découvrir cette pépite avant l’heure !

Inexorable – Claire Favan 


Aujourd’hui c’est double chronique.

En effet, nous voulions marquer le coup pour la sortie d’

Inexorable de Claire Favan 

Ce matin c’est Clémence qui nous donne son avis

Ce soir ce sera le petit avis de Kris.

Aussi aujourd’hui c’est Double Chronique


 

Le livre : Inexorable, de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Robert Laffont, collection La bête noire. 20€ ; (384 p.) ; 14 x 22,5 cm.

4ème de couverture :

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.

Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.

Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.

Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…

Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société.

 

Extrait :
« Je trouve dommage que les personnes qui ont des handicaps visibles ou, comme le mien, invisibles sauf au niveau du comportement soient aussi mal traitées et accueillies au sein de l’école. C’est comme si on subissait une double punition : notre état pas forcément toujours facile à gérer, et le poids malsain et cruel du regard des autres. »

 

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Inexorable, de Claire Favan :

 

Il est très difficile pour moi de débuter cette chronique, pour la simple et bonne raison que je ne veux pas trop en dire…

Ce livre qui commence avec une préface écrite par le fils de Claire Favan, Gabriel, est d’une force telle que les émotions m’ont submergées à sa lecture…

Grande fan de l’auteur, j’attendais son petit dernier avec impatience. Claire m’avait prévenu sur le caractère original de ce roman, très différent de ce qu’elle écrit d’habitude.

Claire est une reine inconditionnelle du thriller français et pourtant elle a réussi le challenge de changer complètement de genre avec ce roman noir mais surtout ce message d’amour…

Dès les premières lignes, que dis je, les premiers mots, j’ai su que ce livre serait différent.

J’ai vite compris que cette lecture allait me faire ressentir un énorme bouquet d’émotions.

Claire habituée aux tueurs en série de l’autre côté du globe prend place en France avec une histoire poignante que je ne vous livrerai pas tant il est important de le découvrir par vous-même.

La différence est ici le sujet primordial. Différence vécue et ressentie par Gabriel puis par Milo, tous deux enfants « uniques », pour qui le handicap est invisible et incompris.

Tous deux catalogués, montrés du doigt, moqués … Mais tous deux profondément aimés par leurs mères respectives.

Le livre aborde la relation mère/fils avec tant de vérité … On y découvre la force de l’amour maternel et l’ampleur des actes que peut faire une mère pour aider ou sauver son enfant.

Claire y dénonce le moule imposé par la société dans les rapports humains et la bêtise pouvant y être associée.

Mais attention, au-delà de ce témoignage criant de vérité, Claire Favan nous offre un roman noir où l’intrigue a tout son sens. On y retrouve ce que l’on aime dans sa plume les meurtres et la psychologie humaine.

On ressent l’importance des recherches effectuées et le vécu de l’auteur elle-même …

On ne peut que s’attacher aux personnages meurtris par les autres, ceux qui se croient supérieurs et se permettent de juger ceux qu’ils trouvent plus faibles.

Claire y dépeint les chocs émotionnels ou comment une situation tragique peut elle changer une personne ? Comment les événements faisant suite à une tragédie s’enclenchent et rentrent dans un engrenage infernal ?

Je n’en dirai pas plus car je ne compte pas vous dévoiler l’intrigue. A vous de lire ce livre et de vous l’approprier.

Il est très important d’écouter notre cœur au cours de nos lectures et je peux dire qu’Inexorable ne m’aura pas laissée indifférente.

Bravo à l’auteur pour ce pari risqué mais ô combien maîtrisé.

Je persiste et je signe, Claire Favan est bel et bien l’une de mes auteures françaises favorites.

Je remercie Claire et Sandrine pour leur confiance.

Concours « Couv de choc » : Une couverture pour un cadavre !


Concours « Couv de choc »

Une couverture pour un cadavre !

Pour les 3 ans du blog, nous nous sommes lancés au Collectif dans une aventure un peu folle, celle d’un cadavre exquis ! Et quelle aventure, dans laquelle plus de 60 contributeurs ont plongé avec nous avec autant de styles, de rebondissements et de brio !

Vous avez salivé, bondi, hurlé avec nous à chaque épisode comme votre voisine devant Plus belle la vie ou votre voisin devant Amour, Gloire et Massacres ? Ou vous vous mordez les doigts de ne pas avoir osé venir nous rejoindre dans cette folle ronde des cadavres ? Ne vous inquiétez pas, nous avons encore en stock quelques surprises pour vous.

Nous lançons aujourd’hui un concours vous permettant d’offrir la couverture que notre cadavre mérite !

Photo, Photomontage, graphisme, dessins, tant que les œuvres sont de vous, lâchez-vous.  Envoyez votre contribution pour avoir la chance d’être l’heureux élu qui pourra clamer haut et fort « J’ai couvert Le cadavre du Collectif Polar »

Pour cela, vous devez être abonné au blog du Collectif Polar.

https://collectifpolar.wordpress.com/

Nous envoyez votre contribution avant le 31 octobre par mail à: collectif.polar@gmail.com

Dans le corps de mail, insérez le texte suivant qui nous assurera que nous pouvons utiliser votre œuvre sans crainte les foudres d’une bande de mafiosi de la couverture :

« Je certifie que ce visuel est libre de droits et a été crée pour ce concours. »

Par ailleurs, les visuels fournis dans cet article ne sont là que pour illustrer le propos ! Au Collectif, nous sommes bien conscients que nous avons besoin de vous !

Alors à vous de jouer !

Ah et pendant que je vous tiens vous pouvez aussi proposer un titre et donner un nom à notre Exquis Cadavre Exquis

Apocryphe de René Manzor


Ce matin nous vous offrons une chronique duo

La chronique duo c’est un échange entre flingueuses.

Des Flingueuses qui papotent en nous donnant leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Aline et Danièle qui nous disent tout le bien qu’elle pense du dernier polar de René Manzor


Le livre : Apocryphe  de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy noir.  19€90 ; (400 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

 

@Marie Manzor

L’auteur : René Manzor est réalisateur, scénariste et écrivain. En seulement trois romans, il s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus le prix Cognac du polar francophone.

 

Extraits :
« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir »
« La mort est une voisine qui pousse à la confidence, un sérum de vérité infaillible qui oblige les hommes à faire le tri dans leurs mensonges. Sa présence en temps de guerre impose un compte à rebours qui fait tomber les masques et les postures. David était-il prêt à faire tomber les siens ? »

 

La Chronique Duo de Miss Aline Et Mamie Danièle

Apocryphe de René Manzor

 

Aline : je l’ai terminé cette nuit !!!

Dany : Et alors ? Ca décoiffe !

Aline : Rien à voir avec sa trilogie précédente. C’est un Apocryphe dans sur tout les plans

Dany : Ben non justement quand j’ai vu la couverture j’ai été très surprise. Non, je veux dire ça ne ressemble pas aux trois autres
Mais c’est tout de même un thriller

Aline : oui. Au début j’ai eu du mal à situer tout le monde : beaucoup de personnages.

Dany : J’avais mon carnet magique à côté de moi aussi pour suivre … d’autant que les références bibliques chez moi sont rares, à part la Divine Comédie et ça date !

Aline : Moi aussi j’ai pris des notes au début pour bien former l’organigramme.

Dany : oui il faut identifier les clans !

Aline : complètement.

Dany : ensuite tu es prise par l’action. L’intrigue et l’époque où ça se déroule importent beaucoup moins

Aline : oui tout à fait. Bien que cela soit moins important, les paysages, les lieux etc. sont bien décrits, tu t’y vois.

Dany : je me suis fait la réflexion aussi, le souci du détail, la précision … du vrai Manzor quoi !

Aline : exactement. Tu ressens la chaleur du désert, le froid des montagnes (à la fin).

Dany : et la tempête m’a bluffée

Aline : oui aussi

Dany : je me suis dit qu’il avait dû en vivre une dans le désert, car ça ne s’invente pas

Aline : il est scénariste ça aide.

Dany : autre chose qui m’a interrogée, bien sûr certains personnages et certains faits sont « probablement » historiquement fondés, cependant dans la partie fiction (la vie de David) est-ce que l’incendie de Nazareth a bien eu lieu, avec toute cette atrocité ?

On a un vrai roman de cinéaste et quel péplum !

Aline : oui c »est le mot que je cherchais péplum.

Dany : oui mais péplum musclé !

Aline : oui complètement.

Dany : J’aime beaucoup le personnage de Longinus, il m’a fait penser à Obélix sans potion magique, quand il se bat avec les Romains.

Aline : Longinus est particulier, pour moi c’est le fil rouge du livre, le personnage central.

Dany : oui je confirme … celui qui avoue ses erreurs et les répare ou du moins essaye

Aline : dans tout le livre il est question de s’accepter avec ses erreurs, de changement. Chacun y passe pratiquement.

Dany : Il y a pourtant certains indécrottables qui courent après la promotion ! Très actuel en fait !

Aline : bien sur. A se demander qui sont vraiment les fanatiques !

Dany : Pour ma part je me suis dit que les situations étaient tout de même très contemporaines …

Aline : il dénonce quoi ? L’arrivisme ? Le pouvoir ? L’apparence ?

Dany : le racisme, les guerres de religions au sens large, la domination des puissances sur les pays pauvres. La pax romana c’est bien une mondialisation organisée pour la spoliation des ressources.
L’esclavage … Il y a aussi des petits malins qui voient dans la collaboration avec l’occupant un moyen de s’enrichir …

Aline : de tout temps il en a été ainsi. Que dire de David ?

Dany : donc on peut dire que ce roman est intemporel …

Aline : complètement

Dany : David est en quête de son père et se construit dans la pire des situations pour un ado. Il n’est pas le personnage le plus marquant dans cette histoire … pour moi !

Aline : pour moi non plus. Pour moi il s’agit de Longinus. C’est en quelque sorte par lui que tout arrive : s’il n’avait pas percé le flan de Yeshua, s’il n’avait pas trouvé la maison de Mariamne, s’il n’avait pas été romain…

Dany : Moi aussi ! Et que penses-tu des femmes ! Sacrées nanas les trois !

Aline : tu parles de Mariamne, de Farah  et de ?

Dany : Mia

Aline : ah oui ! Le pouvoir est aux femmes, bien qu’à cette époque elles n’aient aucun droit sinon d’être soumises.

Mariamne est « le plus aimé »
Farah une esclave libre qui a du répondant tant physiquement que moralement.
Mia tout pareil ne se laisse pas mener.

Dany : C’est bien pour ça (et plein d’autres choses) que ce roman va bien au-delà d’une fiction historique !

Aline : on est d’accord

Dany : La 4ème de couverture est réductrice

Aline : beaucoup trop !

Mais la couverture est parlante

Dany : Qu’est-ce que la vérité ?

Aline : Apocryphe… chacun peut donner sa vérité. Selon qui tu es, comment tu te places, ce que tu cherches… tu places, interprètes les faits comme tu l’entends, pour qu’ils aillent dans ton sens.

Dany : A chacun sa vérité, ses convictions, après il faut parler des valeurs communes …

Aline : loyauté, courage, persévérance,

Dany : Ne gagnent en sérénité que ceux qui placent l’humanité en premier rang, même s’ils font fausse route dans leur parcours, ils devraient se retrouver au bout du compte

Aline : on est d’accord

Dany : P… Quelle philosophie … Monsieur Manzor je ne m’attendais pas à ça en ouvrant un roman avec une couronne d’épines sur la couverture ...

Aline : moi si un peu. La question est de savoir quelle est la question ? Je m’explique …

Dany : Oui, tu peux développer ?

Aline : A Rosny, Monsieur Manzor en parlant de sa trilogie m’a expliqué que dans chaque roman il essaie de répondre à une question. Que voulait-il dire dans ce roman ?
On peut changer quoi que l’on ait fait ?

Dany : Reconnaître ses erreurs et se racheter ?

Aline : oui

Dany : Mais … il faut faire ses preuves ou plutôt donner des preuves de sa bonne foi

Aline : oui en l’occurrence dans cette épopée biblique … Même si c’est un apocryphe, l’histoire est plausible pour tous les personnages.
Judas a trahi sur demande de Yeshua.
Le centurion clément pour la mise à mort
Caligula en empereur usurpateur et psychopathe.

Dany : Caligula c’est une réalité historique …

Dany : … Tu vois Aline, la confrontation des idées sur un roman amène des points de vue différents 

Aline : Je suis d’accord, je le dis toujours : autant de lecteur autant d’avis de ressenti
En tout cas dans le contexte actuel fallait avoir des couilles pour sortir un bouquin sur la religion même si c’est un apocryphe.

Dany : Certes. Au-delà de tout ça, Apocryphe reste un thriller, une fiction très agréable à lire. Le ton très actuel rend tout tellement plausible.

Aline : oui. Il y a du rythme. On est porté  par les scènes de batailles etc.

Dany : Des descriptions, on en a parlé mais remarquables.

Aline : exact

Dany : Pourquoi je dis « mais » ? Pas besoin …tout simplement remarquables !

Manzor parle de « comparution immédiate », « contre productif », « ses arguments qui faisaient sens » ça nous parle …

Aline : ouiii

Dany : Au bout des premières pages j’avais l’impression d’être devant une série TV dont j’aurai entendu parler des deux premières saisons et que je prendrai en marche au début de la troisième. Mais ensuite … un vrai plaisir de lectrice !

Aline : c’est ça un scénario comme tu disais tout à l’heure : péplum

Dany : Ben Aline on est d’accord sur ce coup ? Apocryphe à lire et Manzor à suivre …

Aline : complément d’accord. Il s’est sorti de sa zone de confort (polar classique) pour t’emmener là où tu ne pensais pas aller.

Dany : Ca c’est sûr … je ne m’y attendais pas du tout ! Il m’avait dit que son prochain (Apocryphe) ne se passait pas en Amérique, ni en Europe et que c’était un one-shot … en plus Manzor, il ne ment pas 
Il a dû sacrément se documenter pour arriver à ce niveau de précision … tu as vu ses sources ?

Aline : oui effectivement c’est un boulot titanesque

Dany : Tu avais lu les trois romans précédents ?

Aline : oui, adoré

Dany : Moi aussi !

Aline : le dernier te laisse sur le séant.

Dany : Je vais le voir en Décembre à Blaye et … tenter d’avoir des scoops pour la suite !

Aline : j’ai tenté à Rosny de savoir pour celui là. Il n’a rien lâché.

Dany : Pour le moment je digère celui-ci, je pense qu’avec le recul de nouveaux aspects vont m’apparaître ! C’est le pied de la lectrice !
Comment on procède pour cette chro ?

Aline : Si tu penses qu’on a fini, je fais la transcription cet après-midi au plus tard et te la passe pour validation

Dany : ben je pense qu’on est ok. Que pourrait-on ajouter de plus ?

Aline : Rien de mon côté !

Dany : ben moi non plus. Le mot de la fin pour fermer la discussion … à toi !

Aline : Remercier les Editions Calmann pour ce SP. Merci à Monsieur Manzor pour nous avoir fait voyagé et réfléchir.

Dany : Merci également  à Marie Manzor pour la photo de René …

Aline et Dany : Alors en bref : 

René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur,une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

Le Festival Sans Nom : Les P’tits Papiers de So


Le Festival Sans Nom c’est ce week-end.

Et nous serons quelques Flingueuses présentes sur place.

Aussi pour l’occasion et à double titre ( Flingueuse et Jurée) notre Sofia nous offre son avis et un petit rappel des polars en compétitions pour le prix FSN


 

Les P’tits Papiers de So

 

Le Festival sans nom, salon du polar à Mulhouse, se tiendra les 20 et 21 octobre 2018. Pour la deuxième année, ce salon attribuera un prix littéraire, prix décerné par un jury composé de 12 personnes.

Voici un petit récap des 8 romans en lice pour le prix :

 

 

Je t’aime Barbara ABEL- Belfond (03/05/18)

Je t’aime, ces mots qui peuvent être si doux, si chaud, celui qu’on murmure à l’oreille de l’être aimé, celui qu’on dit à son enfant en lui claquant un bisou sur la joue. Celui qu’on griffonne sur un post it. Je t’aime. Je t’aime c’est une histoire de femmes. De destins croisés. Maud, Solange, Alice, Nicole.

4 femmes, 4 personnalités, 4 histoires de vie. Et pourtant.

Barbara Abel sait rendre les personnages proches de nous, chacun d’entre eux nous ressemble ; et c’est qui les rends si attachant. Ce roman rappelle à quel point les choses peuvent être fragiles, que l’amour peut nous conduire à tout faire ou tout perdre. Et nous, qu’aurions nous fait. Chaque acte, chaque décision a une conséquence. L’effet papillon. Je t’aime c’est un cri d’amour, doux, chaud, terrifiant, glaçant. Barbara Abel maîtrise l’art de nous emporter dans son intrigue, de la vivre comme s’il s’agissait de notre propre vie. Et vous, qu’auriez-vous fait ?

 

Sauf Hervé COMMERE- Fleuve Noir (08/03/2018)

SAUF est de ces romans qui reste en vous. Une lecture douce, suave, savoureuse. Un roman qui se lit comme on déguste un grand cru. On le sent, on le goute, on le savoure. Il vous enivre. SAUF s’insinue en vous, doucement, lentement, avec douceur. Le premier chapitre à lui seul suffit à vous transporter, vous ne pourrez plus le lâcher. Hervé Commère vous fera voyager de Montreuil à la Bretagne, à la Norvège. Et quel voyage !

Chaque chapitre appelle au suivant. Chaque fin de chapitre est une vague d’émotions. Hervé Commère est un véritable chef d’orchestre, il entraîne le lecteur page après page dans une histoire de fou. Et quelle histoire !

Il est de ces romans qui met le lecteur dans sa bulle. Une bulle qui vous transporte haut dans le ciel. Très haut. Oui c’est cela, il vous emmène loin.

SAUF n’est pas un roman noir, il a tout pourtant d’un thriller dans son scénario. Sauf est un magnifique roman d’amours. Une ode à la vie.

 

Les fantômes de Manhattan– RJ ELLORY- Sonatine (07/06/18)

RJ Ellory a un talent fou, celui de raconter des histoires, celui de raconter l’Histoire.

Les fantômes de Manhattan c’est la rencontre du présent avec le passé, du passé dans le présent.

Les lecteurs habitués de l’auteur pourraient être surpris par ce roman, très différent des précédents. Il est en réalité le second roman écrit par RJ Ellory. De mon point de vue, le choix éditorial de l’éditeur (Sonatine) de publier les livres de RJ Ellory dans le désordre, est une véritable prise de risque, notamment pour cette dernière parution.

Alors bien sûr, nous retrouvons sa griffe, son style (après un premier chapitre plutôt lourd), les sujets qui lui sont chers, mais j’avoue avoir été décontenancée par cette lecture. Je lisais Ellory sans lire Ellory. Il m’a donc fallut avoir une autre approche de lecture, oublier ce que j’avais pu lire et tant aimé précédemment, comme si je découvrais cette plume pour la première fois.

Et quelle jolie découverte. Nous faisons connaissance d’Annie, libraire célibataire, dont la vie semble toute ordinaire, banale, sans saveur. Elle vit (subit ?) sa vie, une journée après l’autre, dans une routine. Chaque journée se ressemble, et pourtant, il lui manque quelque chose. Ce quelque chose, elle va le trouver dans ses rencontres, trois hommes en particulier. Il y a Jack, son voisin et meilleur ami, qui noie ses traumatismes de guerre dans l’alcool, Forrester, vieux monsieur qui lui apporte, sans crier gare les échanges épistolaires de son père et de sa mère, et enfin, David bel inconnu séducteur. Des personnages sensibles, lunaires et solaires à la fois, dont on ne peut se détacher.

Références historiques, quête de soi, sont une fois encore présents dans ce dernier opus, les fantômes de Manhattan vous accompagneront, collés à vos basques, ils vous plongeront avec grandeur dans la lumineuse noirceur.

 

Racket- Dominique MANOTTI- Les Arènes (21/03/18)

Librement inspiré de l’affaire Alstom, Dominique Manotti nous livre un roman Politico-économique où le lecteur sera plongé dans les méandres et les machinations financières, économiques, politiques. Une découverte pour moi, avec un sujet qui de prime abord, ne m’attirait pas. C’était sans compter sur l’écriture addictive façon journalistique de l’auteure qui nous dresse un bilan effrayant, déroutant, écœurant dans un roman où les protagonistes aux dents longues et acérées, se livrent un combat sans merci pour remporter le marché. Machination, meurtres, corruption sont au cœur de ce roman. Une lecture documentée, addictive, une enquête pour suivre le sujet et entrainée le lecteur rondement menée, qui saura vous apporter un regard plus éclairé sur le monde des affaires.

 

Power– Michael MENTION- Ed Stéphane Marsan (04/04/18)

Power est un roman inclassable. Il est de ceux qui vous propulsent au sommet et qui place l’humain au cœur du monde et de la société.

Power pourrait être le roman des BlackPanthers, le roman d’une génération, d’une époque, mais il n’en est rien. Lire Power, c’est se plonger dans l’Amérique des années 60-70, l’Amérique de Malcom X, Martin Luther King, l’Amérique noire. L’Amérique du destin. Celui de ces hommes et de ces femmes qui lèvent le poing pour défendre et prendre leurs droits, pour leur survie. La révolution est en marche.

Michaël Mention retrace ici l’histoire des Black panthers, histoire dont on a si peu parlé. Lire ce roman, c’est comme regarder un film en noir et blanc, avec une superbe bande son, une écriture visuelle parfaitement maîtrisée.

Power est de ces bouquins qui te donnent la dalle, la rage et qui te donne envie de foncer dans le tas.

Il est de ceux qui, après l’avoir lu, quand tu te lèves le matin te fait voir la vie autrement, qui te rappelle que l’histoire n’est pas lointaine, que l’époque n’est pas révolue, qui te font lever le menton, le poing

Ma Zad- Jean-Bernard POUY- Gallimard Série Noire (11/01/2018)

Jean-Bernard Pouy sait jouer avec la langue française, à la fois poète, puis comique, puis charretier, dans Ma Zad, il en sort un joli gloubi boulga ou une savoureuse tambouille. Lire Pouy, c’est tout cela à la fois, de l’émotion, de la drôlerie, de la satire, du brut de mots. Ma Zad raconte l’histoire de ce type là le mauvais jour, au mauvais endroit. Son refuge sera la ZAD. Mais quelle Zad ? Contestataire, révolté, Ma Zad est un (trop court) roman sociétal, j’aurai aimé en croquer un peu plus tiens….

 

 

 

Fantazmë– Niko TACKIAN- Calmann Levy (03/01/18)

Après Toxique, Niko TACKIAN met à nouveau en scène son héros Tomar Khan. Et quel héros. Un flic écorché comme je les aime, un gentil bad boy qui nous entraîne dans une enquête sombre, rythmée. Ahhh Tomar j’ai kiffé te suivre dans la poursuite du Fantazmë (le spectre en Albanais), dans les bas-fonds parisien. Une balade parisienne, noire, glauque, qui place le lecteur dans l’actualité. Proxénétisme, immigration, trafics en trame de fond servent l’intrigue avec brio. Tomar Khan gagne en assurance, en profondeur, et on a qu’une seule envie, le retrouver dans un prochain opus.

Nicko Tackian nous livre ici un polar efficace, avec du rythme et une écriture visuelle qui vous fait tourner les pages l’une après l’autre avec boulimie !

Féroce – Danielle THIERY- Flammarion (14/03/18)

Des ossements d’enfants retrouvés dans un zoo. Voilà qui place l’intrigue dans un cadre original. Danielle Thiery nous emporte dans la faune, humaine animale. Féroce, l’homme ou l’animal ?

Un thriller où se cotoient le mal, les monstres, les instincts primitifs. Des personnages très travaillés, étoffés, malmenés avec lesquels le lecteur se trouvera baladé d’un lieu à un autre. Cette balade pourrait donner le sentiment de se perdre sans GPS, mais le chemin est parcouru de petits cailloux qui vous conduiront là où l’auteure l’aura décidé, dans le sombre milieu de la pédophilie. Danielle Thiery maîtrise l’art de brouiller les pistes pour rabattre les cartes. Un thriller qui met du temps à se mettre en place mais qu’on finit par ne plus lâcher, cinglant, haletant, avec du rythme et une bonne dose d’émotions.

 

Alors lequel des ses 8 titres a remporté les suffrages de nos 12 jurés

Réponse Samedi  20 octobre à la Société Industrielle de Mulhouse

11h15 > Remise en public du prix littéraire 2018 du Festival Sans Nom / salle des dédicaces

 

No Trace – Pierre-Jean Verhoye


Aujourd’hui, deux flingueuses nous parlent d’un même titre.

Et c’est sous forme de papote qu’elles nous livrent leur double ressenti.

Aussi je vous laisse découvrir non pas la double chronique mais…

La Chronique Duo

 

Le livre : No Trace de Pierre-jean Verhoye. Paru 6 Septembre 2018 aux Editions les Nouveaux Auteurs. 18.95 euros. 550 pages. 14 x  21 cm

4ème de couverture :

Paris, Mai 2015 : jeune maman d’une petite fille de cinq semaines, Raja vient d’apprendre par la police l’assassinat de son conjoint à Londres lorsqu’elle assiste à la défenestration de sa voisine. Elle décide de partir avec son bébé, escortée par Goran, un policier peu causant, embarqué contre son gré dans l’aventure et peu habitué aux rythmes particuliers imposés par un nourrisson.
Au même moment à New York, Elizabeth, la mère de Raja, perçoit la menace qui plane sur sa fille et envoie via la Schizosphère un message de S.O.S. Cet appel au secours est intercepté par les serveurs informatiques d’une association confidentielle, baptisée No Trace, qui a développé des talents impressionnants en matière de collecte de données numériques. Son responsable, Théau, se lance alors à la poursuite de la jeune femme et du policier, avec pour objectif de sauver Raja.

L’auteur : Pierre-Jean Verhoye vit à La Rochelle. Après avoir consacré dix années à un projet entrepreneurial, il revient à l’écriture avec pour ambition de raconter des histoires différentes, riches en émotions, où ses personnages s’épanouissent au fil des pages.

Né en 1964, il a beaucoup écrit entre trente et quarante ans. En 2004, il a confié trois textes complets à Manuscrit.com (auto-édition), et « Débloque » a reçu le Prix du premier Roman Le Manuscrit-Métro 2005.
Il se consacre depuis 2015 à l’écriture d’une trilogie dont le roman No Trace constitue la première porte d’entrée

 

Extraits :
« Et je pense que les religions sont des supercheries, que l’homme pourrait enfin vivre heureux s’il acceptait de ne plus avoir peur de la mort. »
 » – Nous sommes au XXIème siècle et l’homme en est encore à engrosser la femme, qui porte un enfant dans son prpore ventre et qui l’expulsera dans un climax de sang, de douleurs, de fluides organiques dégueulasses, avec un cordon ombilical qu’il faut couper, un placenta qu’on fout à la poubelle, des chairs qu’il faut recoudre. Ça fait mal, c’est moche, c’est tellement loin de l’image que l’homme veut donner de lui, lui qui va être gêné parce que son ventre gargouille ou que son cul le gratte. Franchement, moi, l’humanité me fait pitié, elle se perd dans ses délires de nouvelles technologies.Elle désire se simplifier la vie, mais elle ne fait que se rendre de plus en plus vulnérable, de plus en plus fragile. » 

La chronique duo de Oph et Maud

Nos jumelles ont l’habitude de se retrouver autour d’un verre. Si vous les connaissez un peu, vous savez que quand elles se retrouvent c’est autour d’un mojito et qu’elles adorent discuter de leurs lectures. Ayant toutes les deux lu No Trace, c’est donc autour de leur boisson fétiche qu’elles ont échangé leurs points de vue.

Si Oph a adoré, Maud est un peu plus mitigée. Mais je vous laisse découvrir leur échange:

« Maud: Je suis perplexe. J’ai aimé mais quand même, certaines choses m’ont dérangées. Si la première partie est très rythmée, j’ai trouvé que le soufflet retombait dans la seconde et malgré une tite reprise dans la troisième, je n’ai pas retrouvé l’engouement que j’ai eu en début de lecture. J’ai du mal à accepter que personnes ne s’occupe du tueur et de Juliette! Et même si les explications sur ce qu’est NoTrace sont intéressantes, le fait de les avoir plusieurs fois par des personnages différents m’a donné l’impression de tourner en rond dans ma lecture.

Oph: Je n’ai pas eu ce sentiment de baisse de rythme, pas de manière aussi franche en tous cas. Les parties ont certes des notions temporelles différentes mais ça ne m’a pas gêné. Dans la première partie on suit les personnages à la minute près, dans la seconde c’est plus en jours puis des mois après… J’ai justement beaucoup aimé ces variations de temps dans ce roman, de même que les boucles temporelles. Revenir en arrière pour revivre les même choses avec le regard d’un autre personnage est intéressant, ça permet de leur donner plus de « coffre », de mieux les comprendre, de visualiser leurs blessures et leurs fêlures. Une façon pour l’auteur de les construire pleinement je pense.

Maud: Ah mais sur ce point je suis d’accord, ils sont bien construits, mais cette perte d’intensité m’a rendu certains d’entre eux plus fades au fil des pages.

Oph: Décidément, une fois n’est pas coutume, nous ne serons pas d’accord sur ce roman. J’ai au contraire ressenti la même force chez chacun d’entre eux. J’ai analysé leurs émotions avec leurs évolutions personnelles. D’ailleurs j’ai aimé le fait que Pierre-Jean Verhoye se soit servi de ces personnages pour faire de sacrées analyses de notre société. Que ce soit Goran avec l’évolution de la société ou Théau quand il explique le pourquoi il ne veut pas d’enfants. Attends je te relis ce passage, je l’ai trouvé tellement juste:

« On nous fait croire qu’on a un devoir de reproduction, que c’est un instinct incontournable qui va nous permettre de nous réaliser, que la procréation prolonge notre vie, qu’elle nous permettra de transmettre quelque chose de nous-même dans le futur. Mais tout ça ne tiens pas la route. Au bout du compte, il ne restera rien de notre existence, aucune trace […] Dans notre culture, les gens qui n’ont pas d’enfants sont suspects. Je le sais, je le ressens souvent.[…] Alors il faudrait balayer les conneries sur la sauvegarde de l’espèce. Nous ne sommes plus à l’Antiquité ou l’homme était un animal fragile, obnubilé par sa survie. »

Maud: C’est vrai qu’il traite de sujets complexes et de société, je te rejoins sur ce point.

Oph: Oui, mais aussi et surtout de la vie et et de la mort; en tous cas je l’ai perçu comme ça.

Maintenant que tu m’as dit ce qui t’avait gêné, qu’as-tu pensé de l’écriture?

Maud: De ce côté je n’ai rien à dire. L’écriture est addictive, malgré mes réticences je ne cessais de tourner les pages. Et puis il faut aussi souligner les recherches scientifiques qu’a fait l’auteur. Sur cet aspect c’est vraiment très complet sans pour autant être incompréhensible. Traiter un tel sujet est original et assez inédit sous cette forme. Mais quand même, que personne ne s’occupe de Juliette, ça m’a vraiment dérangé. Pour moi il manque l’enquête dans ce roman.

Oph: J’ai trouvé comme toi l’écriture addictive, avec un vrai style. Sur l’aspect scientifique je te rejoins également, mais pas sur l’aspect enquête qui ne m’a pas manqué.

En tous cas il me tarde de lire la suite maintenant!

Maud: Moi aussi, il me manque des réponses… Et j’ai besoin de les avoir. C’est une trilogie, il va nous falloir faire preuve de patience… Si on se buvait ce mojito en attendant 😉   » 

Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe


Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe

Le 27 septembre dernier nous étions à la Griffe Noire pour fêter à nouveau ses 30 ans.

Aussi notre super flingueuse en a profité pour s’entretenir avec Romain Slocombe, l’un des invité de cette soirée.


Entretien avec Romain SLOCOMBE

by Sylvie K

Sylvie Kowalski et Romain Slocombe

Sylvie : Vous être très éclectique dessins, écriture, photos que n’avez-vous pas exploré ?

Romain Slocombe répond sans hésiter la musique. Mais cela n’a pas été tout en même temps ! J’ai commencé dans le dessin, la peinture ? l’image je suis passé progressivement à la photo la vidéo c’était comme des glissements successifs qui se superposent en partie. Je n’étais pas trop doué non plus.

Vous écrivez beaucoup sur la période de la guerre on a d’ailleurs vu Sadorski lors d’un documentaire. Que pensez-vous de lui ? Avez-vous de la sympathie pour lui ?

R.S. : Sadorski dans la réalité est un salaud un vrai salaud et en même temps ce n’est pas un salaud intégral !  Il fait ce qu’on attend des flics il représente bien le dilemme de la police française. L’état est là d’une manière légale, un policier doit faire respecter la loi dans son état actuel. S’il ne fait pas cela il prend des risques, des risques personnels, il dérive mais il s’écarte de la mission du policier qui est d’obéir aux ordres.  Le policier est un outil au service de l’état. On félicite plutôt les policiers pour leur efficacité et donc Sadorski était dans la continuité de la police française de l’époque c’est-à-dire la police se battait contre le parti communiste depuis longtemps et donc les policiers avant la guerre étaient rôdés à la répression des communistes et les communistes étaient rodés à éviter la répression policière. A partir de 41 les communistes ont pu se remettre dans la résistance armée contre les allemands et retrouver leur schéma de base c’est-à-dire les fachistes d’un côté le communiste de l’autre le fait qu’ils étaient alliés était très difficile à comprendre pour un communiste. Et puis les juifs à l’époque l’antisémitisme était extrêmement répandu toutes les années 30 étaient un travail de la droite française sur les juifs on a accusé les juifs de tous les maux et surtout de la défaite de juin 40 on a dit les juifs ont voulu la guerre pour que la France les aide à chasser Hitler pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Et d’autre part les juifs sont responsables de la déliquescence morale de la France et du fait que l’on a pas été capable de gagner cette guerre on s’est effondrés par ce que l’on avait été corrompu par les juifs.  Du coup quand un gendarme devait garder un juif il pensait vraiment que c’était la lie de la terre que c’était des bagnards et c’est petit à petit que certains des gendarmes ont fini par comprendre que les gens qu’ils devaient garder n’étaient pas des criminels.

C’est aussi l’histoire d’un homme, de sa sexualité. Le côté de sa vie sexuelle est très important. C’est un anti-maigret on imagine le flic qui rentre chez lui avec sa femme en bigoudis et qui mange du bourguignon. Pas là, il est obsédé par une jeune fille, une jeune juive il va la cacher et espère faire un ménage à 3.

SK :Vous voulez rétablir l’histoire, faire réagir les gens ?

RS : Un peu tout, avoir des romans surprenants, à fond dans les enquêtes.

SK : Outre cette période de l’histoire vous vous intéressez au Japon.  D’où vous vient cet intérêt ?

RS : Romain : Quand j’étais jeune mon père avait un collègue qui venait souvent à la maison, il était japonais. Mon père était architecte, il dessinait des plans. J’ai eu une jeunesse cosmopolite ma famille elle-même est assez cosmopolite. Et mon père en tant qu’architecte avait des gens qui venaient de tous les pays et parmi eux il y avait ce monsieur japonais qui était très sympathique, pas aussi jeune que les autres, il avait toujours des cadeaux pour ma mère, il faisait des petites courbettes, il me fascinait assez j’avais une bonne impression des japonais, il m’a appris à manger avec des baguettes.  J’aime le côté lisse des japonais, le côté soumission mais juste en apparence.

SK : Avec qui aimeriez vous boire un café, échanger ?

RS : Henry Miller, j’aime beaucoup outre ses écrits, il et sympathique ouvert ….

SK : Quel sera le thème du prochain roman ?

Romain : La période de l’exode en 1940, la débâcle, la déroute….Je reprendrais certains personnages de Sadorski….

cof

A suivre donc…

Vous pouvez aussi retrouvez les 3 chroniques de nos flingueuses sur la trilogie Sadorski ci -dessous

ICI, Maud nous parle de L’affaire Léon Sadorski

, Ge nous propose son billet sur L’étoile jaune de Sadorski 

Ici Danièle nous donne son avis sur Sadorski et l’ange du démon

 

Retour sur Sang pour sang Thriller


Retour sur Sang pour sang Thriller

by Ophélie

Après plusieurs mois de gestation, la première édition du salon sang pour sang thriller de Longperrier a ouvert ses portes ce dimanche 30 septembre 2018. Il nous était impossible de manquer cette naissance!

Surtout que Nadine Doyelle son instigatrice nous a raconté tout cela ICI

C’est donc à Longperrier, en Seine et marne, que Nadine et son équipe ont accueilli auteurs, lecteurs, blogueurs… pour ce nouveau rendez-vous polar.

Accompagnée de ma jumelle Maud et d’Estelle une fervente lectrice, chaussées de nos bottes de sept lieues, nous avons chevauché jusqu’à cette charmante petite commune.

Sur place, joie et bonheur ont rempli nos cœurs en retrouvant nos amis auteurs et blogueurs.

Il y avait là :

Cicéron Angledroit ; Chris Simon ; Sacha Erbel (tiens une flingueuses) ; Luc Doyelle ; Cécile Pellault ( Oh une autre super flingueuses) ; Isabelle Piraux ; Cédric Blondelot ; Tony Perraut ; Mickael Fenris ; Sandrine Destombes ; Sylvain Pavlowski ; Arnaud Codeville ; Sébastien Fritsch ; Lise Delukas ; Manuel Benetreau ; Nil Borny ; Olivier Kourilsky alias docteur K ; Madeleine Petitpantalon ; Christophe Dubourg  ; Lou Vernet ; Jean-baptiste Ferrero ; Corinne Martel ; Antoine Blocier ; Nick Gardel (héhé un Nervi chez les Flingueuse) ; Sébastien Theveny ; Laurence Tournay et Ludovic Zedole Metzker.

3 Flingueuses et 1 auteur. De gauche à droite : Sylvie K, Christophe Dubourg, Maud et Ophélie

Câlins, fous rires, bises à tout va, découvertes, nous voilà partis pour une journée placée sous le signe du thriller et de l’amitié.

Mais avant toute chose, un petit café. Nadine et son équipe ont eu la bonne idée de laisser un buffet en libre service: café, thé, viennoiseries et à leur côté, un petit cochon laissé libre à notre donation.

Nous avons ensuite déambulé le long des tables des auteurs. Je ne rentrerai pas dans le détail de nos blagues, fous rires et échanges divers et variés; ils ont été nombreux! Un salon doit se vivre pour en apprécier toute la saveur.

Sachez toutefois que, comme lors de chacun d’entre eux, c’est un bonheur de retrouver les amis, de découvrir des auteurs et notamment des auteurs peu distribués en librairie. Ces moments d’échanges et de partages sont précieux et le plus bel écrin pour les conserver est celui de nos souvenirs.

Nadine a clôturé ce salon par un beau gâteau , offrant le champagne à tous, sans distinction.

Une très belle réussite que cette première édition! Un salon qui va prendre sa place au fil du temps, parmi les incontournables je n’en doute pas.

D’ailleurs Nadine tous les membres du gang Collectif Polar présents à « Sang Pour Sang » tenaient à te remercier :

Sylvie Kowalski

Bravo à Nadine Denoyelle et toute l’équipe pour cette première édition prometteuse du salon Sang pour Sang à Longperrier une bien belle affiche et des lecteurs au rendez-vous Voici ce qui va agrandir ma PAL

Cécile Pellault

Une belle journée à Longperrier grâce à Nadine Doyelle, aux bénévoles d’une chouette assoc’ Livr’Echange, et à Monsieur Le Maire, et aux lecteurs passionnés pour le Salon Sang pour Sang!
Merci à Maud Vandenbyvanghe, je ne ferai plus jamais la faute sinon tu peux m’achever, d’avoir pris la collec’!
Et à tous les z’amis qui font d’un salon une belle récréation

Ophélie

Salon de Longperrier. Des retrouvailles, des fous rires, des câlins, de belles découvertes et des rencontres virtuelles qui deviennent réelles!
Un très bon salon, une organisation très soignée et des bénévoles souriants. Bravo à Nadine Doyelle et à son équipe.
Une très belle première édition pour ce sang pour sang thriller!

 Sacha Erbel

1ere édition du salon sang pour sang thriller de Longperrier! Une super réussite! 
Un grand bravo et mille mercis à Nadine et toute son équipe si sympathique! Très belle organisation!
Merci à Magalie et sa collègue de chez Cultura!
Merci à La commune de Longperrier! On s’est bien amusé!
Vivement le prochain!!!😍😘😘😘

Maud

Dimanche à Longperrier, nous avons fait notre rentrée à nous !!! Ravie de revoir les amis, Ophé Lit, Estelle, Delphine, Dahlia, Lou Valérie Vernet, Cécile Pellault, Sylvie, Sylvie Buttard, Nick Gardel, Michael Fenris, Sandrine Destombes, Luc Doyelle-auteur, Vero. C’est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres, Sébastien Theveny , Helene Babouot, Sébastien Fritsch, Sylvain Pavlowski, Arnaud Codeville, Christophe Dubourg. (j’espère n’avoir oublié personne). Enfin, comme tout salon, il y a les emplettes, les prêts !! Bref une excellente journée !!! Tout cela n’aurait pas pu être possible sans Nadine Doyelle que je tiens à remercier, ainsi que toute son équipe de bénévoles !! BRAVO !!!! 🤩🤩🤩🤩🍾🍾🍾😍

Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

Templemars où deux flingueuses en action.


Templemars où deux flingueuses en action.

 

Des retrouvailles entre filles sur un salon du Polar, c’est une journée de bonne humeur, de partage, de rire, de discussions, de premières, de petites larmichettes aussi.

 Allez, on débriefe et on vous raconte un peu.

Templemars  c’est avant tout 35 auteurs : Franck Thilliez,  Olivier Norek, Stéphane Bourgoin, Jacques Saussey, Ian Manook, Hervé Commère, Dominique Sylvain, Sonja Delzongle, Pierre Pouchairet, Jérôme Leroy, Guillaume Audru, Patrick-S. Vast, Jean-Pierre Bocquet, Emmanuel Sys, Luc Watteau, Philippe Waret, Eric Dupuis, Denis Albot, Gérard Sevin, Jean-Christophe Macquet, Olivier Kourilsky, Lakdhar Belaid, Marc Falvo, Marc Massé, Salvatore  Minni Mako, Christos Markogiannakis, Xavier Boissel, Marcq Morin,  Cicéron Angledroit, Marc Massé, Salvatore Minni.
– Pôle polar jeunesse : Josette Wouters, Antoine Blocier, Hervé Hernu, Antoine Candeille , Mickael Moslonka.

En ce 29 septembre 2018 Templemars vit la 11ème édition de son salon du Polar.

 Côté flingueuses :

 – Clémence: Première édition pour moi de ce salon nordiste et quelle belle découverte. Tu te rends compte 35 auteurs et un nouvel espace polar jeunesse.
 – Miss Aline: C’est mon deuxième Templemars. Il fait toujours aussi chaud dans cette salle.

Qu’est-ce que deux flingueuses peuvent bien faire (à part craquer sur des livres !) dans un salon ?

 – Clémence: « Partant du constat que les auteurs moins connus étaient moins abordés sur les salons, les organisateurs ont décidés de créer des moments privilégiés pour de petits groupes de lecteurs. En effet « un café avec… » avait pour but de faire se rencontrer des auteurs et des lecteurs afin d’échanger autour de leurs œuvres. »
Il y en a eu 6 sur la journée et j’ai eu l’extrême privilège de pouvoir en animer deux. Le premier le matin avec Christos Markogiannakis et le second l’après midi avec Cicéron Angledroit.
Le stress de la débutante passé, j’ai pris énormément de plaisir à présenter ces auteurs et leurs livres. Les lecteurs ont pu poser les questions qui les titillaient. Les 20 minutes initialement prévues sont passées à une vitesse folle. Les lecteurs étaient invités à continuer leurs discussions et leurs découvertes de l’auteur sur le salon.
Ce fut pour moi une grande première et un réel moment d’échanges que j’ai évidement apprécié. J’ai pu parler du ressenti par rapport aux lectures concernées et partager avec les lecteurs.

Pendant ce temps Miss Aline arrive tranquillement après le déjeuner et retrouve Sophie, une amie commune de nos deux flingueuses. Comme elles ne trouvent pas Clémence (surement au «café avec… »), elles se mettent à papoter tout en bloquant un peu la file de Monsieur Thilliez ! Oups !

Retrouvailles du trio et blablabla et blablabla… prenons un verre ! Oui mais non.

On entraîne notre Clémence en salle en s’excusant auprès des personnes qui l’accompagnent. En passant on signale à notre auteur complice que nous allons là-bas dans le coin, derrière la plante verte, près de la place de Monsieur Norek.

 – Clémence: Vous me faites peur !
 – Miss Aline: Comme Sophie ne reste pas pour le diner, on va te donner quelque chose pendant qu’on est là toutes les quatre… (oui j’ai bien dis « toutes » ! Fou rire, excuses…)

Clémence reçoit son cadeau d’anniversaire. On est très en avance mais c’était l’occasion d’être « toutes » les quatre ;).  Bien sûr : « il fallait pas »  et blablabla.

Reprenons le cours normal de ce salon c’est-à-dire déambuler et craquer !

On apprend que la suite de Hunter arrive en mars 2019, que Denis Albot n’a pas oublié son interview de l’an passé par Miss Aline qui n’avait pas de stylo, que Sonja…

C’est un salon très convivial voir familial. On y retrouve nos auteurs chouchous, nos auteurs nordistes et on prend toujours autant de plaisir à en rencontrer de nouveaux.

Pas flingueuses pour rien, nos deux Miss n’en oublient pas pour autant leur cher blog Collectif Polar et leur Geneviève. On ne va donc pas vous dire absolument tout sur ce salon car quelques petites surprises devraient voir le jour et se voir publiées sur le blog !

On vous laisse surveiller ça de loin ou de près, comme vous voulez et nous on part dîner :

Pour vous

Pêle mêle des rencontres du jour !

Miss Aline Et Sonja Delzongle

Clémence avec Sonja

Aline et Pierre Pouchairet

Clem et Marc-Olivier Rinchart.

Clem et Franck Thilliez

 

Miss Aline et Denis Albot

Clem et Salvatore Minni

Clem et Eric Dupuis

Clem et Ian Manook

Clémence et Jacques Saussey

 

Clémence : Templemars c’est fini 😢 De supers moments, de l’émotion, des rencontres et surtout de l’amitié et du bonheur .
Parce qu’ils se reconnaîtront je remercie mes amis du fond du coeur ❤️
Aline : Templemars : convivialité, bonne humeur, rire, partage, émotions, tentations. Un excellent moment entre amies, amis, flingueuses, auteures et auteurs.
Venez fêter l’automne à Templemars l’an prochain.

Enfermé-e de Jacques Saussey.


Aujourd’hui nous vous offrons une triple chronique, car aujourd’hui sort le nouveau roman de Jacques Saussey.

Aussi Jean Paul, Clemence et Ophélie vous parlent de ce bouquin un peu particulier, Enfermé-e.

Un livre que nous avons toutes aimé chez Collectif Polar, et aimé est un mot bien trop faible pour dire combien ce livre m’a, nous a touchées, émues, bouleversées.

 Ce soir c’est Ophélie qui nous propose sa lecture d’Enfermé-e

Cet après-midi c’etait Clémence qui nous à donner son avis

Et de matin « Mister Flingueuse » vous a confié le Ressenti de Jean Paul

Allez place au Off de Oph


Le livre : Enfermé.e de Jacques Saussey. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions French Pulp Éditions. 18,00 € ; 380 p. ; 14 .

4ème de couverture :

Les premiers papillons ont éclos derrière des paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignent de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparus, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

 

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, «La mante sauvage», achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre «Colère Noire». C’est le second, «De sinistre mémoire», écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011. Son domaine : l’histoire noire. Très noire…

 

 

Extrait:
 » La Secrétaire eu une mimique éloquente en scrutant sa chevelure d’un verdâtre pisseux.
– Et cette couleur, c’est pourquoi?
– C’est parce que je suis libre, aujourd’hui. Libre d’assumer tous mes choix. Libre de proclamer que je suis différente et que ce n’est pas contagieux. »

Le OFF de OPH

 » Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien ». Ophélia De’Lonta.

Virginie est née dans un corps qui n’est pas le bon. Née femme dans un corps d’homme. Le rejet du Père, les brimades à l’école, les jugements… l’ont conduite dans l’enfer carcéral.

Enfermée dans un corps qui n’est pas le sien, enfermée en prison, enfermée par les comportements abjects des Autres, Virginie sera enfermée de nombreuses années.

C’est sous la plume délicate, poétique mais aussi brute; c’est à fleur des mots de Jacques Saussey que j’ai lu l’histoire de Virginie. C’est les larmes dégoulinant le long de mes joues, la vue souvent brouillée, le cœur révolté que j’ai lu l’histoire de Virginie.

Jacques a fait le choix de déshumaniser la quasi totalité des personnages de ce roman, ne les nommant jamais autrement que par leur fonction ou un trait physique, pour offrir à Virginie ce qui lui a été refusé quasiment toute sa vie. Virginie est la seule à être identifiée en tant qu’individu, avec son identité. Pas une identité qu’elle ce serait choisie par coquetterie, non, sa véritable identité. Celle qui est la sienne, depuis le jour de sa naissance, et qu’on lui a si longtemps refusée.

Qu’il est difficile de chroniquer ce roman avec justesse! Je me suis longuement interrogée pour choisir mes mots et la forme, et ,irrémédiablement, mes mots s’adressaient à Virginie. Alors je me suis dit que la meilleure façon de vous livrer mes émotions était peut être de partager avec vous ce que j’aurais voulu lui dire:

 » Ma chère Virginie,

Où as-tu trouvé la force de vivre après tout ce que les Autres t’ont fait subir? J’aimerais te serrer dans mes bras et te dire que nous ne sommes pas tous comme eux. Qu’il y a de belles personnes dans ce monde. Des personnes qui respectent leur prochain quelles que soient leurs différences.

Tu dois me trouver utopique après tout ce que tu as traversé.

Quand je regarde la lente évolution de la loi, les modifications des classifications des maladies mentales, je me dis que nous sommes bien arriérés pour un peuple qui se dit civilisé. Je me dis aussi qu’il y a encore beaucoup à faire dans ce pays qui se revendique des Droits de l’Homme. Cette déclaration ne dit pourtant-elle pas que les Hommes naissent libres et égaux en droits?

Quand notre société arrêtera-t-elle, enfin, de vouloir absolument nous faire entrer dans des cases, dans une pseudo normalité choisie pour nous? J’espère qu’un jour le mot Liberté prendra enfin tous son sens et que chacun pourra être libre. Libre d’aimer sans crainte, libre de faire des enfants sans être pointé du doigt parce que ne rentrant pas dans « la norme », libre d’être « nous » sans à devoir subir les regards en coin, les violences verbales ou physique, tout simplement libre d’exister tels que nous sommes?

A toi ma très chère Virginie, et à toutes les personnes qui ne sont pas nées dans le bon corps, à toutes celles qui souffrent de leur différence, la brutalité des mots de Jacques Saussey éveillera, je l’espère, un certain nombre de consciences et cela pour toi, pour Fleur, pour Lana, pour Aurore… »

A vous qui me lisez, c’est à nous aussi d’éveiller les consciences, d’apprendre à nos enfants que la différence est une richesse, que la tolérance et le respect de son prochain sont les piliers de la Liberté.

Enfermé.e  est avant tout un roman, un polar avec une intrigue. Mais cette intrigue n’est que le vecteur du message qu’a voulu nous transmettre Jacques Saussey. Derrière l’intrigue il y a l’histoire de Virginie et ce cri d’alarme.

Merci Jacques pour ce magnifique roman.

Enfermé.e – Jacques Saussey.


Aujourd’hui nous vous offrons une triple chronique, car aujourd’hui sort le nouveau roman de Jacques Saussey.

Aussi Jean Paul, Clemence et Ophélie vous parlent de ce bouquin un peu particulier, Enfermé-e.

Un livre que nous avons toutes aimé chez Collectif Polar, et aimé est un mot bien trop faible pour dire combien ce livre m’a, nous a touchées, émues, bouleversées.

Allez, place cet après-midi à l’avis de Clémence

Ce matin « Mister Flingueuse » vous a confié le Ressenti de Jean Paul

Et ce soir c’est Ophélie qui devrait nous proposer son Off de Oph


Le livre : Enfermé.e de Jacques Saussey. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions French Pulp Éditions. 18,00 € ; 380 p. ; 14 .

4ème de couverture :

Les premiers papillons ont éclos derrière des paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignent de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparus, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

 

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, «La mante sauvage», achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre «Colère Noire». C’est le second, «De sinistre mémoire», écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011. Son domaine : l’histoire noire. Très noire…

 

Extrait :
« -Je vous avoue que j’ignore combien il y a exactement d’enfants transgenres en France, madame. Ces études ne seront peut être pas lancées avant dix ans, mais d’après le nombre de cas sur j’ai constatés lors de mes consultations, dans mon cabinet, ils sont sûrement des milliers. Peut être même des dizaines de milliers.
Il a abaissé les yeux vers le visage sidéré de la femme.
-Oui: transgenres. Ce mot est en vigueur depuis quelques années pour décrire les difficultés que traversent de nombreuses personnes en perte de repères, comme votre enfant.
-Je…c’est que…mon fils est un garçon, docteur! Un garçon ! »

 

 

L’avis de Clémence des Lectures de Clémence

Enfermée, de Jacques Saussey :

Difficile de trouver les mots justes après une lecture si intense. Jacques Saussey nous offre un roman noir d’une extrême sensibilité.

Le thème abordé est rare et pourtant de plus en plus présent dans nos sociétés : la transsexualité.

On fait connaissance avec Virginie dès son plus jeune âge… Virginie n’est pas issue d’un mariage d’amour mais plutôt d’un amour forcé par les traditions familiales. Il faut dire que cela n’est pas le meilleur démarrage dans la vie.

Virginie ne s’est jamais sentie à sa place dans le corps qui lui a été attribué à la naissance. On va vive avec elle les difficultés scolaires, familiales, relationnelles et on ne peut que s’attacher à ce personnage.

Malheureusement viendront s’ajouter d’autres souffrances telles que l’enfermement, les violences…

Mais Virginie est une femme forte et pleine de ressources.

Je ne vous ferai pas de résumé de ce livre puisque cela me semble très compliqué sans spolier la véritable histoire. Ce livre est un message, un cri du cœur, une forme de soutien pour toutes les personnes rencontrant des troubles de l’identité. . Au-delà de ce trouble psychologique, l’auteur nous sensibilise à l’importance de chaque mot ou geste faits à l’égard de personnes dites différentes.

Qu’est ce que la normalité ? Pourquoi telle ou telle personne devrait subir des moqueries ou violences juste parce qu’elle semble atypique ?

Concernant la construction même de ce roman, elle est remarquable. Les allers/retours entre passé et présent ne font qu’apporter du peps au rythme du roman qui se lit extrêmement vite.

Jacques m’a touchée, émue , surprise … je suis passée par toutes les émotions dans ce livre et je ne suis pas prête d’oublier ce personnage si fort….

Merci l’artiste !

Je remercie Kim des éditions Pulp pour sa confiance toujours renouvelée ! .

 

Enfermé.e de Jacques Saussey


Aujourd’hui encore nous vous offrons une triple chronique, car aujourd’hui sort le nouveau roman de Jacques Saussey.

Aussi Jean Paul, Clemence et Ophélie vont vous parler de ce bouquin un peu particulier, Enfermé-e.

Un livre que nous avons toutes aimé chez Collectif Polar, et « aimé » est un mot bien trop faible pour dire combien ce livre m’a, nous a touchées, émues, bouleversées.

Allez place au Ressenti de Mister Flingueuse

Cet aprem. c’est Clémence qui vous donnera son avis.

Et ce soir c’est Ophélie qui devrait nous proposer son Off de Oph et quel Off !


Le livre : Enfermé.e de Jacques Saussey. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions French Pulp Éditions. 18,00 € ; 380 p. ; 14 x 21 cm.

4ème de couverture :

Les premiers papillons ont éclos derrière des paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignent de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparus, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

 

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, «La mante sauvage», achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre «Colère Noire». C’est le second, «De sinistre mémoire», écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011. Son domaine : l’histoire noire. Très noire…

 

Extrait :
« Virginie a hésité. Elle a tenté de tourner la tête vers le psychiatre, mais le traversin l’en a empêchée. Elle a fermé les yeux, est allée chercher la réponse tout au fond d’elle dans un souffle.
– Mon corps n’est pas le mien.
– Mm… Peux-tu préciser cela ? C’est la Nature qui te l’a donné, non ?”
– La Nature s’est trompée.
– Mm… Et comment le sais-tu ?
– Je le sens , c’est tout !
– Depuis combien de temps ?
– Depuis toujours…
– Tu veux dire que tu es enfermée dans un mauvais corps ?
– Non. Mon corps n’est pas mauvais en soi. Je ne suis pas bien dedans, c’est différent.
Le stylo a tracé quelques phrase sur le papier.
– Parle-moi de l’école. Comment ça se passe, là-bas ?
Virginie a serré les dents. Brutus ne l’avait plus jamais frappée, mais elle avait lu tout ce qu’il avait pu écrire sur elle sur les murs des toilettes. Elle savait déjà qu’un jour ou l’autre ça recommencerait. Et ce serait encore pire.
– Bien
Le stylo a tapoté les incisives du psychiatre.
– Ce n’est pas ce que j’entends au fond de toi.
Elle s’est redressée, soudain rouge de colère.
– Et qu’est-ce que vous entendez, au fond de moi, hein ? Qu’est-ce que vous savez de moi ?
– Je sais que tu es malheureux. Je sais que tu cherches une porte de sortie à ce qui te ronge. Et je sais qu’il s’en est fallu de peu que tu t’en aille par la mauvaise. C’est pour ça que tu es là avec moi, n’est-ce pas ? C’est pour ça que tes parents sont venus me voir…
Elle a baissé la tête. Sa main droite a effleuré la cicatrice sur son poignet gauche, là où les veines étaient bien visibles. La camionnette du SAMU, les hurlements de sa mère, la colère de son père… Deux ans déjà. Tout était resté intact dans sa mémoire. Rouge vif. Avec des éclairs bleus et blancs.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 Bonjour à toutes et à tous…

 Il y a quelques mois, lorsque les auteurs me proposaient leurs romans avant leurs sorties, je n’osais pas forcément accepter.

C’est une responsabilité…

Imaginons que le livre ne me plaise pas comment devais-je réagir ?

Ça a été le cas un jour, j’ai reçu un roman sur lequel j’étais assez mitigé.

J’ai donc contacté l’auteur, un peu gêné et je lui ai expliqué mon ressenti et n’en a pris aucun ombrage.

Il avait aussi très bien compris, je ne représentais pas la totalité des lecteurs.

Je donne juste un avis très personnel sur ce que je lis… Alors aujourd’hui c’est un réel plaisir quand je vois dans ma boite aux lettres arriver de nouvelles surprises !

……………………………

 

Jacques a eu la gentillesse de me proposer son roman il y a quelques jours en avant première…

 Dès le premier chapitre le ton est donné. Je plonge.

Que dis-je, je plonge ? Je suis littéralement en apnée dès le second chapitre.

Le roman est très différent de ce que Jacques Saussey écrit habituellement. Aussi bien pour le thème que sur son style, que l’on retrouvera quand même sur les derniers chapitres et cela se justifiera dans le roman…

 Il va être très compliqué pour moi de vous parler de ce que j’ai ressenti sans dévoiler le sujet du roman…

Jacques m’a fait entrer avec une émotion incroyable dans un monde que je connaissais très peu voire pas du tout sur certains points.

C’est un roman bouleversant, violant aussi, jusqu’à l’insupportable parfois, mais aussi roman sur l’affirmation de soi, sur une quête de la personnalité et de la justice. Tous les personnages sont développés à la perfection, chacun s’inscrivant à l’image de ce qu’il dégage. Le rythme est donné très vite par des aller/retour incessants dans le temps sur les 2/3 du roman qui m’ont permis de pourvoir souffler un peu, dès que je revenais au “présent” de l’histoire…

 Imaginez-vous emprisonné dans un corps qui n’est pas le votre, un corps que vous refusez…

Vous êtes montré du doigt, toute votre vie. On se retourne sur vous, on chuchote, on vous insulte, on vous hait !

Pendant la lecture, j’ai eu peur, j’ai souffert, j’ai compatis, mais je me suis réjoui aussi…

J’ai vu entre les lignes, le travail énorme réalisé par Jacques. Je pense que lui aussi a du souffrir à sa façon, dans l’écriture de ce superbe roman qui reste tout en respect et en amour pour le personnage principal.

 Le désir de vengeance que je souhaitais tout le long de ma lecture est finalement arrivé…

Mais là encore, j’ai été pris à contre pied, pas du tout comme je me l’attendais.

 Un livre à lire absolument…

 Incontestablement, l’un de mes meilleurs romans pour 2018 !!!

 

 PS : Un grand bravo aussi pour la superbe couverture.

C’est gonflé, mais c’est excellent !

« Ahhh, quel titre ! » : Un nom pour notre cadavre exquis


« Ahhh, quel titre ! » : Un nom pour notre cadavre exquis. Attention Jeu-concours

Coucou mes polardeux,

Comme le dit si bien Cécile :

« Pour les 3 ans du blog nous nous sommes lancés, au Collectif, dans une aventure un peu folle, celle d’un cadavre exquis ! Et quelle aventure, dans laquelle plus de 60 contributeurs ont plongé avec nous avec autant de styles, de rebondissements et de brio !

Vous avez salivé, bondi, hurlé avec nous à chaque épisode comme votre voisine devant Plus belle la vie ou votre voisin devant Amour, Gloire et Massacres ? Ou vous vous mordez les doigts de ne pas avoir osé venir nous rejoindre dans cette folle ronde des cadavres ? Ne vous inquiétez pas, nous avons encore en stock quelques surprises pour vous. « 

Notre Exquis Cadavre Exquis, vous l’avez suivi. Vous y avez même participé si cela se trouve.

Alors aujourd’hui c’est simple, nous vous demandons de lui trouver un nom. Ou plutôt un titre.

Durant six mois vous avez pu lire sur nos pages les aventures de Camille. Enfin celles pour résoudre sa mort.

Aujourd’hui nous allons lancer un concours vous permettant de fournir une identité à notre cadavre.

Concours « Ahhh, quel titre ! »

Imaginez un titre accrocheur, incisif, humoristique, dramatique ou juste décalé pour cette œuvre protéiforme, unique et multiple tout à la fois.

Un titre qui ira comme un gant à notre cadavre…

Pour cela, vous devez être abonné à notre blog  Collectif Polar…

Et avoir lu le cadavre exquis dans son intégralité !

Vous trouverez ci dessous 5 récapitulatifs qui vous permettront de lire la première version de ce cadavre exquis.

Récap 1

Récap 2

Récap 3

Récap 4

Récap 5

Et répondre à notre question « Quel titre pour notre cadavre exquis ? »

Nous envoyez votre réponse avant le 31 octobre par mail : collectif.polar@gmail.com

Allez à vous de jouer

Et belle inspiration à vous !

 

Les légistes de l »Exquis Cadavre Exquis

Isabelle Bourdial, Cécile Pellault et Geneviève Van Landuyt

Lire en poche – édition 2018 – 12 au 14 octobre


Lire en poche – édition 2018 – 12 au 14 octobre

By Dany

Alors si je n’avais rien à faire le week-end des 13 et 14 octobre 2018 … la ville de Gradignan (33) a tout prévu à ma place avec son salon Lire en poche et sa 14ème édition c’est comme le disait Barbara Abel « The place to be ».

 

Et pour les addicts au noir foncé, un salon qui va bien au-delà du polar et du roman noir, où tout le monde trouve de quoi se satisfaire et faire plaisir à son banquier. Dès le vendredi 12, ce sont les établissements scolaires qui bénéficient de la présence des auteurs, le samedi et le dimanche étant deux journées tous publics, dans le cadre champêtre du parc Mandavit (médiathèque Jean Vautrin et théâtre des 4 saisons)

Mieux vaut préparer son programme pour essayer de ne pas zapper nos incontournables chouchous …

Pour le moment je pense donc noir essentiellement noir,  même si des choix cornéliens seront à opérer …
samedi 13 de 11 :30 à 12 :20 café littéraire avec les témoignages de trois flics de terrain passés à l’écriture (Didier Fosseyhttps://collectifpolar.wordpress.com/2018/09/03/artifices-didier-fossey/

https://collectifpolar.wordpress.com/2018/09/03/artifices-de-didier-fossey/

Christophe Guillaumot et Hugues Pagan)

Samedi 13

de 14 :00 à 14 :50 Grégoire Courtois et Stéphane Pair à la médiathèque et de 14 :30 à 15 :20 Bernard Minier à l’auditorium de la médiathèque se feront concurrence …

Samedi toujours,

de 16 :00 à 16 :50 Une Islande oppressante nous promet-on avec Ragnar Jonasson lui aussi en concurrence avecde 16 :30 à 17 :20 à l’auditorium de la médiathèque où Karine Giébel, Olivier Norek et Niko Tackian débattront du réalisme anxiogène !

Dimanche 14 chargé également

avec de 11 :30 à 12 :20 dans la grande salle du théâtre le grand Deon Meyer himself avec l’évocation de l’Afrique du sud : entre attachements et égarements … tout un programme !

Et l’après-midi me direz-vous ? On se repose : que nenni car de 15 :00 à 15 :30 au café littéraire c’est William Boyle qui évoquera les lieux des ses romans avec un quartier de Brooklyn, Gravesend.

Enfin pour clôturer cette échappée gradignanaise, un voisin Catalan en la personne de Victor Del Arbol, de 16 :00 à 16 :50 parlera de la bouleversante passion du roman noir.

Ceci n’est qu’une sélection, réductrice évidemment et pour prendre connaissance de l’intégralité du programme, allez plutôt visiter le site  Ici 

 Vous pourrez télécharger le programme intégral qui réserve bien d’autres surprises … par exemple une murder party avec Franck Bouysse et Niko Takian au musée du vin, le samedi de 10 :00 à 12 :30

Voilà pour le moment, Collectif polar y sera …

Et vous les Girondins ?

FNS : Le festival sans Nom mais pas sans Âmes !


Hello mes polardeux,

Voilà quelques mois que je vous tanne avec Les Festival Sans Nom ou FSN pour les intimes.

Cette fois c’est décidé, je vous donne toutes les infos qu’il vous faut.

Alors d’abord l’équipe !

C’est important une équipe pour organiser un tel événement

Voici donc la tête de nos gentils organisateurs

 Les auteurs :

Il y a un sacré plateau.

 

Un parrain de la 6e édition

Franck THILLIEZ est le parrain de 2018

 

 

 

 

Un invité d’honneur : 

 

C’est Michel Bussy qui sera cet invité

 

 

Et par ordre alphabétique…. la pléïade d’auteurs

 

 

Le programme

 

Une sacrée programmation, débat et table ronde se succéderont tout au long de ces deux jour de salon.

Il y aura en plus quelques petits plaisirs.

Mais voyez plutôt

 

Samedi 20/10

A la Société Industrielle de Mulhouse

11h15 – 11h45 > Table tonde avec MAXIME GILLIO et MATHIEU MENEGAUX

Thérapie et justice, le roman noir et la psychologie

Animé par Caroline Noël

12h00 – 13h30 > Apéro littéraire

En présence de Mathieu MENEGAUX, venez partager un moment de convivialité entre passionnés. Discussion animée autour de son nouveau roman et présentation des coups de cœur qui font l’actualité du Polar

animé par Carobookine 

13h30 – 14h00 > Table tonde avec ROMAIN SLOCOMBE et DOMINIQUE MANOTTI

Guerre et fric, roman noir faits de société

Animé par Luc Widmaier

14h00 – 16h00 > Photobooth : Faites vous photographier par Marie et Grégory avec le décor du FSN !

Nos deux photographes seront présents de 14h à 16h à la SIM pour immortaliser votre passage sur le festival. Leur seules armes pour effectuer cette mission seront leur appareil photo et leur bonne humeur.


Marie, notre photographe

14h15 – 14h45 > Table tonde avec MICHAËL MENTION et JEAN-BERNARD POUY

Pouvoir et révolution, roman noir et faits de société

 animé par Hervé Weill

16h00 > Concours d’écriture des collégiens

Pour la 1 ère  année depuis sa création, le Festival Sans Nom laisse libre cours à l’imagination des adolescents mulhousiens en lançant un concours d’écriture autour de la thématique : « Quand soudain, je le vis apparaitre sur l’écran… »
Récit, conte, nouvelle, poème… seul ou à plusieurs, tout est permis !

La remise du Prix aura lieu en public dans la salle des dédicaces, et en présence des lauréats.
Venez nombreux les féliciter !

15h45 – 16h15 > Table ronde avec CAROLINE LEPEE – CAROLINE RIPOLL et GLENN TAVENNEC

Respectivement éditrice chez Calmann-Lévy, éditrice chez Albin Michel, directeur de collection de La bête Noire chez Robert Laffont.

Le roman noir vu à travers les yeux des éditeurs

Animé par Yvan Fauth

16h00 > Lecture de contes pour enfants

Myriam Weill, lectrice professionnelle, proposera pour les plus petits (3-7 ans) une lecture de contes et un coin coloriage sera installé.

Lectures de contes pour enfants

17h15 – 18h00 > Table ronde avec MICHEL BUSSI – BARBARA ABEL – INGRID DESJOURS

Mots et images, l’adaptation de romans à l’écran

Animé par Yvan Fauth

Cinéma Bel-Air

18h > séance de diffusion des courts-métrages SNCF primés les années précédentes

Cinéma Bel-Air
31 Rue Fénelon à Mulhouse

Entrée payante

 

Dimanche 21/10

A la Société Industrielle de Mulhouse

11h30 – 12h15 > Table ronde avec R.J. ELLORY et RENE MANZOR

L’adaptation de romans à l’écran, Le passage vers Seul le silence

 Animé par Hervé Weill

113h30 – 14h15 > Table ronde avec FRANCK THILLIEZ – NIKO TACKIAN – LAURENT SCALESE

Romancier et scénariste, double casquette, même boulot ?

  Animé par Yvan Fauth

14h00 – 16h00 > Photobooth : Faites vous photographier par Marie et Grégory avec le décor du FSN !

Nos deux photographes seront présents de 14h à 16h à la SIM pour immortaliser votre passage sur le festival. Leur seules armes pour effectuer cette mission seront leur appareil photo et leur bonne humeur.

 

14h30 – 15h15 > Table ronde avec CLAIRE FAVAN – PATRICK BAUWEN – IAN MANOOK aka ROY BRAVERMAN

Le thriller français visite l’hexagone et le monde

Animé par Yvan Fauth

15h30 – 16h00 >Table ronde avec NICOLAS BEUGLET et HERVE COMMERE

Des thrillers profondément humains

Animé par Hervé Weill

16h > Lecture de contes pour enfants

Myriam Weill, lectrice professionnelle, proposera pour les plus petits (3-7 ans) une lecture de contes et un coin coloriage sera installé.

Lectures de contes pour enfants

16h15 – 16h45 >Table ronde avec BENOIT PHILIPPON et DANIELLE THIERY

Romancier et scénariste, double casquette, même boulot ?

Animé par Luc Widmaier

17h00 – 17h30 >Table ronde avec RODOLPHE et CHRISTIAN MAUCLER

Quand le polar se dessine

Animé par Dominique Meunier

 

Où nous trouver

Le salon se déroulera sur un lieu unique (dédicaces, interviews, tables rondes) à La Société Industrielle de Mulhouse – 10 rue de la Bourse à deux pas de la gare et du centre ville. Comme vous le constaterez, le lieu est MAGNIFIQUE !

 

 

 

Vous voyez il y aura de la place pour tout le monde et il y en aura pour tout les goûts

Alors venez nous rejoindre

C’est le 20 et 21 octobre à Mulhouse

Cross -Marc S. Masse


Le livre : Cross de Marc S. Masse – Paru le 08octobre 2018 aux Flamant Noir Editions – 19€50 ;  (272 pages) ; 22 x14 cm. – e-pub 9.99 €

 4ème de couverture :

Éric Milan, ex-policier devenu détective privé, boucle péniblement ses fins de mois quand un client lui propose une mission singulière : participer à une course de l’extrême – pour identifier un coureur chevronné et le tuer. Milan n’a rien d’un tueur à gages ni d’un athlète de haut niveau, mais la contrepartie financière est alléchante. Le détective s’élance, incognito, parmi les nombreux participants. Malgré l’effort intense, il parvient à garder la cadence mais sa mission va prendre une nouvelle tournure lorsqu’un coureur est retrouvé mort sur le bord de la route. (…) Milan veut mettre fin au contrat. La menace est palpable.  Pourtant son client insiste : il doit continuer… Franchira-t-il la ligne ?

 

L’auteur :  Né dans la région lyonnaise, Marc Masse est diplômé d’une business-school. Il a passé de nombreuses années dans des grandes sociétés d’ingénierie, françaises et étrangères, d’abord comme responsable de la négociation de grands projets puis a occupé diverses fonctions de management. Son métier l’a amené à voyager dans la plupart des continents. Il a vu ses équipes prises en otages au Nigéria, fréquenté la Libye, connu la guerre en Irak, rencontré des espions du KGB, sorti ses collaborateurs de prison. Sa vision de la géographie n’a rien de touristique. Quand il entend le mot « culture », il sort son dictionnaire. Ses pérégrinations ne lui ont pas fait oublier ses passions : en premier lieu l’écriture. Il y a des choses que l’on n’invente pas. Chez lui, la fiction se construit sur un fond de vérité, avec une dose d’humour. Sans humour, on n’est rien du tout. Il a déjà commis six romans du genre thriller, avec pour cadre l’entreprise, le monde des chevaux de course et des pays lointains, mais pas réputés touristiques. « Cross » est le premier-né sous l’aile de Flamant Noir, vous avez intérêt à avoir du souffle. On pourrait vous dire qu’il aime les animaux, ne boit pas, ne fume pas, respecte les limites de vitesse, traverse dans les passages piétons. Nul n’est parfait. Mais est-ce bien sûr ? Avant de l’accuser, il faudra présenter des preuves et qu’elles soient solides. Mais ça, c’est une autre histoire… Il est aujourd’hui l’auteur de 7 romans.

Extraits :
« L’accumulation des obstacles combinée à l’épuisement physique génère un entêtement halluciné. On continue parce que l’on continue. Parce que l’on éprouve une hargne intense contre la difficulté, une rage de la vaincre, une obstination qui porte au-delà du raisonnable et aussi parce que s’arrêter puis repartir s’avérerait impossible. Mon niveau d’abrutissement est tel que j’en oublie ma blessure, sensation noyée dans un océan de souffrances dont je ne tiens plus le compte. »
« Pour résumer : je travaille pour un client dont j’ignore l’identité sur une affaire qui n’est pas de mon domaine, à la poursuite d’un fantôme, ce qui m’oblige à me consacrer à plein temps à une épreuve sportive qui n’est plus de mon âge. Pour quelqu’un qui prétend exercer un métier où la logique et la raison sont les règles de base, il y a de quoi se remettre en question. Et pour couronner le tout, l’objectif final : assassiner quelqu’un est en complète contradiction avec la loi, l’éthique et la déontologie professionnelle. Je me suis laissé entraîner où je n’aurais jamais voulu et dû aller. Tout ça à cause de l’attrait d’une belle somme qui me tirerait d’affaire.
Éric, tu as fait une connerie… ! »

  La chronique jubilatoire de Dany

Cross -Marc S. Masse

 

Eric, le narrateur, détective privé, ancien flic, en instance de divorce et quasi sans le sou (clichés !) se voit contraint de passer «du côté obscur» en acceptant un contrat sur la tête d’un chauffard en participant à une course de l’extrême. Au bout de quelques foulées, le lecteur se doute bien qu’il a été manipulé et que le commanditaire cache sa vérité.  Tous les suspects rencontrent des sorts peu enviables et douloureux.

C’est en accompagnant Eric, cet antihéros, ce loser, dans l’épreuve, en esquivant avec lui les pièges de ses poursuivants, en immersion au sein des coureurs que l’on découvre avec plaisir les difficultés du cross, en milieu hostile.

Des chapitres courts, une narration à la première personne, maintiennent le rythme jusqu’au twist final à double détente et j’ai apprécié le style de cet auteur dont je lis un roman pour la première fois, alors qu’il en est à son septième. L’humour et la dérision sont toujours là. Une belle découverte. Il faudra lui demander s’il est pratiquant de fond car les coulisses et ressentis sont très bien documentés.

 

Extrait :
« Il faut miser aussi sur la force de son dialogue intérieur. Enregistrer les phrases bien choisies qu’on va se répéter en boucle pour avancer, pour traverser les moments pénibles, pour dépasser, comme ils disent, les limites normales de son organisme :
  • « Go, go ! »
  • « Allez, encore ! »
  • « J’en ai marre, marre. »
  • « On continue, encore et encore ! »
  • « Souviens-toi. Pourquoi es-tu là ? »
  • « Un pas et un pas encore, à l’aise. »
  • « Je me sens bien, bien. »
  • « Léger, je flotte, super ! »
Mais le mieux c’est encore de faire le silence. Parvenir à se transformer en robot, une machine à abattre des kilomètres, sourde à la douleur. Je ne prône pas l’anesthésie, mais tout au contraire de passer à un niveau de conscience supérieur. Une sorte de méditation transcendantale qui en gérant la souffrance, permet de changer sa manière de prendre la course. »

 

Papote d’auteur, Maud était avec Christos Markogiannakis


Papote d’auteur

Maud était avec Christos Markogiannakis

 

Souvenez vous , il y a quelques jours , Maud et Ophélie nous offrez leurs avis sur Au 5ème Etage de la faculté de droit le premier polar de Christos

 Quelques jours avant nos jumelles flingueuses se rendaient à une soirée pour rencontrer Christos Markogiannakis et elles nous racontaient tout cela Ici.

Aussi pour nous faire un peu plus découvrir notre auteur grec, Maud lui a posé quelques questions.

Voici donc les petites indiscrétions de Maud


Bonjour Christos et merci de bien vouloir répondre à vos lecteurs. Pourriez-vous nous parler un peu de vous : que faites-vous dans la vie ? Vos passions ? Vos goûts musicaux ? Vos loisirs ? Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

            Bonjour ! Je m’appelle Christos, et de mon nom de famille longue et compliqué vous comprenez que je suis Grec. Je suis de la ville d’Iraklion en Crète, où je travaillais comme avocat pénaliste, après mes études de Droit et de Criminologie à Athènes. Je suis arrivé en France il y a 7 ans, afin d’effectuer une recherche pour mon doctorat en Criminologie, et j’y suis resté depuis.

            Ça fait trois ans que je me suis consacré 100% à l’écriture. Quand on découvre –tôt ou tard- ce qu’on aime vraiment dans la vie, il faut tout faire, il faut prendre tout risque, afin de le poursuivre.

            Mes passions sont l’écriture et la lecture, ou la lecture et l’écriture dans l’ordre que vous préférez. Je suis si heureux de vivre cette passion comme ma vie quotidienne, sans qu’elle perdre son feu !

            Il y a toujours de la musique chez moi. Pendant le travail – et oui, l’écriture est une passion mais un travail aussi – j’ai de la musique classique comme background. Pendant les pauses et en dépendant de mon humeur, j’écoute Maria Callas ou des pop tubes des années ‘80, des chansons grecques des années ‘50-‘60 ou de la pop contemporaine ! J’aime tout et tout me va, selon mon humeur.

            Quand je n’écris/ ne lis pas j’aime flâner à Paris. Je découvre cette ville –ma ville- chaque jour. Je vois des amis, et je vais aux musées qui m’offrent toujours des nouveaux sujets pour mes livres criminartistiques, mes livres qui mélangent l’art et le meurtre.

            J’aimais raconter des histoires à mes amis quand j’étais petit. J’ai appris comment écrire d’une façon bien structurée et disciplinée quand je travaillais comme avocat.  Vous voyez, un document juridique a la même structure comme une nouvelle ou un roman : une introduction, un corps et des conclusions bien solides. Leur seule différence est l’imagination, même si parfois la réalité dépasse la fiction !

De l’imagination on en retrouve dans Au 5ème Etage de la faculté de droit, mais pas que… Comment vous est venu l’inspiration de ce thème : Comment a germé cette histoire ? Vos personnages ? Le cadre ? Les symboles ?

            Au 5e étage de la faculté de droit (chez Albin Michel) a été mon premier roman policier publié en Grèce il y a quelques années, et mon premier roman policier publié en France en mars 2018.

            En 2017, j’ai publié aussi une collection d’enquêtes sur la représentation du meurtre dans les tableaux du Louvre. (Scènes de crime au Louvre, ed. Le Passage).

            Pour mon polar, j’ai pris mon expertise de criminologue et d’avocat pénaliste sur la psychologie et la réalité criminelle, mais aussi les souvenirs de mon Master2 de criminologie, et j’ai construit un roman, comme un fanatique des énigmes policières (des whodunit comme les anglo-saxons les appellent) et criminologue comme moi aurait aimé le lire.

            L’idée pour l’intrigue – l’enquête commence avec le meurtre d’une professeure– m’est venue quand une amie m’a racontée une dispute entre profs pendant un colloque. Tout le monde détestait une professeure, donc je me suis dit, si jamais elle est tuée, tout le monde sera soupçonné ! Et voilà…

            Le cadre de mon polar est l’univers fermé, presque claustrophobe, du département de la criminologie d’Athènes, situé au 5e étage de la faculté de droit d’où le titre, avec tous les personnages que ‘y vont avec : les professeurs, des étudiants, le personnel administratif et mon policier, un Capitaine de 35 ans, Christophoros Markou, diplômé du même département.

            Le crime est omniprésent dans ce livre, dans ce lieu, en théorie et en pratique, du début à la fin.  Je ne parle pas seulement du double meurtre (de la professeure surnommée la Vipère et d’un jeune doctorant qui venait d’arriver de Paris), mais des petits ou plus grands crimes et délits commis par des gens que on n’en pense même pas.

            Il ne faut pas oublier qu’une société sans crime n’existe pas –selon le sociologue Français Durkheim– donc une mini société comme le département de criminologie aura certainement ses propres criminels. Et parmi eux un meurtrier –ou plus…

Une anecdote sur ce livre en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

            Ce livre a été écrit pour moi, comme un exercice, comme un livre que j’aurais aimé lire et sans intention de le publier. Il est resté pendant un an fermé dans mon tiroir, jusqu’au jour que je l’ai donné à un ami, un grand écrivain Greco-Français – et fan des whodunit aussi – pour le lire. Sans que je le sache, il l’a envoyé à son éditeur en Grèce qui m’a contacté pour le publier. Et comme ça commence cette belle aventure, qui 3 ans après, m’a emmenée chez les lecteurs français, grâce à Albin Michel.

            Ce livre, même si ça se passe à Athènes, n’est pas un guide touristique de cette ville que j’adore. Si vous attendez du Parthénon, du Sirtaki, de la moussaka ou du Nana Mouskouri dans une ville baignée du soleil, Au 5e étage de la faculté de droit n’est pas pour vous.

            Par contre c’est un guide dans la psychologie humaine, dans les mobiles criminels, la société grecque pendant la crise – qui n’est toujours pas terminée – le visage noir d’une capitale qui voit des membres d’une élite universitaire se plonger dans le sang.

            Donc, quand une lectrice m’a demandé si elle peut utiliser mon livre pour découvrir Athènes pendant ses vacances d’été, je lui ai répondu, « Seulement si vous compter de croiser des victimes d’un meurtre, et vous voulez savoir quoi faire ! »

Même si vous avez écrit ce livre pour vous, je suis ravie, en tant que lectrice, d’avoir pu le découvrir. Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

 

            Le moment le plus joyeux de la période créative, est quand je mets les derniers mots sur la dernière page du manuscrit, quand le monde que j’ai imaginé et ses personnages sont complets et l’histoire est bouclée. Puis, quand le livre sort, chaque fois qu’un lecteur dit qu’il l’a aimé, je me sens fier comme un vrai parent ! J’adore aussi échanger avec des lecteurs, donc je passe toujours des moments très agréables et constructifs aux Salons du livre (quelle chance d’avoir si beaucoup en France !)

            Le pire moment est quand le mot parfait, pour qu’une phrase prenne sa forme et exprime d’une façon précise ma pensée, m’échappe (entre le grec, l’anglais et le français parfois le cerveau se fatigue !) Ça peut me paralyser pour une journée entière ! Et quand je ne suis pas productif, je me sens comme si j’ai perdu du temps précieux…

Maintenant devenu auteur, quel lecteur êtes-vous ? Votre genre de prédilection ? Un moment et/ou endroit qui est propice à la lecture ?

 

            Je suis un lecteur très exigeant, comme je veux que mes lecteurs soient avec moi !

            Mes lectures préférées sont les romans policiers – j’aime les contemporains mais je retourne aussi très souvent aux classiques, Agatha Christie, Patricia Highsmith, Margaret Millar etc– les livres sur la psychologie criminelle, les livres d’histoire et d’art.

            Le moment et l’endroit parfait pour lire ? Toujours et partout! So many books, so little time!

La lectrice que je suis ne peut terminer cet entretien sans vous demander une indiscrétion, un projet de roman ? Un retour de Christophoros Markou ?

            Aucune indiscrétion, c’est toujours un plaisir de partager des bonnes nouvelles ! Le 11 octobre sort mon deuxième livre criminartistique, Scènes de crime à Orsay, (Ed. Le Passage) avec des enquêtes inspirées par les tableaux du musée d’Orsay.

            Et il y a déjà un roman policier prévu pour début 2020, avec Markou qui mène l’enquête sur le mort de la plus grande chanteuse grecque de pop, tuée pendant son concert d’adieu à la rivière Athénienne.

            On apprend un peu plus sur sa vie, son monde, ses goûts musicaux et de lecture, son univers et ses relations. Aux personnages récurrents –comme Vera– ils s’y ajoutent des nouveaux, qui vont rester, une profiler et le patron de Markou par exemple.

            Deux nouvelles aventures de ce Capitaine de la Police grecque sont déjà écrites après celle là. J’espère donc que les lecteurs, vous tous à qui je dois tout, continuerez à aimer et suivre les aventures de Christophoros Markou.

J’ai été ravie de vous rencontrer lors d’une excellente soirée organisée par Albin Michel, d’en savoir un peu plus sur vous et vos prochaines sorties ; je vous remercie de m’avoir répondue et permis aux lecteurs d’en savoir un peu plus ! Je vous laisse libre d’ajouter quelque chose « à vous le mot de la fin »

 

            C’est moi qui vous remercie pour votre gentillesse, vos questions si intéressantes et l’occasion de faire découvrir mon travail à vos lecteurs ! J’aimerais conclure cette belle interview avec une phrase de Thomas De Quincey, ce philosophe anglais qui considérait l’assassinat comme un des beaux arts, et qui nous réassure que « si nous pouvons apprécier la beauté d’un incendie à Londres sans pour autant être un pyromane ou un sauvage, nous pouvons apprécier un meurtre sans pour autant être un meurtrier ou un monstre… »

            Bonnes lectures !

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18,00€ ; 300 p. ; 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

L’auteur : Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre. Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour. Il écrit également pour le théâtre.

Extrait :
« Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
Je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
Je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.»

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

 Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.

Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

 La pression monte, monte…

La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?

On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

 Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !

Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

 

Et si on jouait avec notre cadavre exquis : Un nom et une couverture pour un cadavre !


Et si on jouait avec notre cadavre

Un nom et une couverture pour un cadavre !

 

Pour les 3 ans du blog nous nous sommes lancés, au Collectif, dans une aventure un peu folle, celle d’un cadavre exquis ! Et quelle aventure, dans laquelle plus de 60 contributeurs ont plongé avec nous avec autant de styles, de rebondissements et de brio !

Vous avez salivé, bondi, hurlé avec nous à chaque épisode comme votre voisine devant Plus belle la vie ou votre voisin devant Amour, Gloire et Massacres ? Ou vous vous mordez les doigts de ne pas avoir osé venir nous rejoindre dans cette folle ronde des cadavres ? Ne vous inquiétez pas, nous avons encore en stock quelques surprises pour vous.

Nous allons lancer deux concours vous permettant de fournir une identité à notre cadavre et de lui offrir la couverture qu’il mérite !

Concours « Ahhh, quel titre ! »

  • Imaginez un titre accrocheur, incisif, humoristique, dramatique ou juste décalé pour cette œuvre protéiforme, unique et multiple tout à la fois. Un titre qui ira comme un gant à notre cadavre…

Concours « Couv de choc »

  • Créez un visuel de couverture. Photo, Photomontage, graphisme, dessins, tant que les œuvres sont de vous, lâchez-vous. Envoyez votre contribution pour avoir la chance d’être l’heureux élu qui pourra clamer haut et fort « J’ai couvert Le cadavre du Collectif Polar ».

Pour cela, vous devez être abonné à notre blog  Collectif Polar…

Et avoir lu le cadavre exquis dans son intégralité !

Vous trouverez ci dessous 5 récapitulatifs qui vous permettront de lire la première version de ce cadavre exquis.

Récap 1

Récap 2

Récap 3

Récap 4

Récap 5

Voilà, préparez-vous à jouer avec nous

et à très bientôt pour offrir

un nom et une couverture pour un cadavre !

Notre concours « Ahhh, quel titre ! » démarre le 10 au soir.

Tenez-vous Prêt(e)s

 

Le chuchoteur – Donato Carrisi by Sacha


Le livre : Le chuchoteur de Donato Carrisi. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza. Paru le 5 mai 2010 chez Calmann-Levy dans la collection suspense. 22€25 ; (437 p.) ; 23 x 15 cm.
4e de couv : 

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.

 

Extrait : 
Le maître de musique avait parlé.
Mais ce n’est pas ça qui la frappa. Ce n’était pas la première fois. Grand nombre d’individus solitaires expriment leurs pensées à voix haute quand ils sont enfermés chez eux. Cela arrivait même à Mila, de parler toute seule.
Non. La nouveauté, c’était autre chose. Qui la récompensait d’une semaine entière de guet, passée dans le froid glacial de sa voiture, garée devant la maison marron, à scruter l’intérieur avec des petites jumelles, les déplacements de l’homme d’une quarantaine d’années, gros et laiteux, qui évoluait tranquillement dans son petit univers ordonné, en répétant toujours les mêmes gestes, comme s’ils étaient la trame d’une toile qu’il était le seul à connaître.
Le maître de musique avait parlé. Mais la nouveauté, c’était que cette fois, il avait prononcé un nom.
Mila l’avait vu se former, lettre par lettre, sur ses lèvres. Pablo. C’était la confirmation, la clé pour accéder à ce monde mystérieux. Maintenant, elle le savait.
Le maître de musique avait un invité.

Les Sach’Avis

Le criminologue Goran Gavila et la spécialiste des affaires d’enlèvement Mila Vasquez enquêtent sur la disparition de cinq fillettes, dont les bras gauches ont été retrouvés dans cinq petites fosses creusées dans une clairière…

Alors voilà! Je viens de finir « Le chuchoteur« ! Depuis le temps que j’en entendais parler!
Et je ne suis pas déçue! Moi qui aimé la criminologie, J’ai été servie! Tres fouillé! J’ai adoré! Super bouquin! Très bonne intrigue et une chute de dingue!
Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, je vous le recommande! Foncez!
Bizzzous les psychopathes😘

Dragon Noir de Frédérick Rapilly


dragon noirLe livre: Dragon Noir de Frédérick Rapilly. Paru le 04 octobre 2018 aux éditions Critic dans la collection Thriller. 20 € ; 396 pages; 20×13 cm

4ème de couverture:
Ce soir-là à Paris, Marina n’aurait jamais dû accepter ce rendez-vous. Lorsque la call girl débarque chez son client, elle découvre un cadavre ; l’homme a été torturé puis exécuté, son supplice diffusé sur Internet.Maintenant, elle fuit pour sauver sa vie, traquée par des hommes déterminés appartenant à une organisation aux moyens sans limites et aux ramifications planétaires.Mais Marina est-elle bien la jeune femme qu’elle prétend ? Quel est ce terrifiant secret qui la ramène sans cesse à la Russie ? Et pourquoi ce Dragon Noir la hante-t-elle ? Qui est ce tueur qui signe chacun de ses meurtres d’un triangle sur l’aine de ses victimes ?Mais… si, pour une fois, la proie se retournait contre ceux qui la chassent ?

220px-Frédérick_RapillyL’auteur: Frédérick Rapilly, né le 18 mai 1968 à Vannes (Morbihan), est grand reporter et journaliste.Essayiste et auteur de thrillers français, il tient également un blog sur lequel il chronique les œuvres des maîtres du genre. Il a écrit plusieurs thriller mais aussi des biographies.

 

 

 

 

 

 

Extrait:
 » Marina pressa le pas. Elle était sortie du parc Monceau par le boulevard de Courcelles, le plus passant. Le jardin ne fermait pas avant 22 heures pendant la période estivale. dans les allées, elle avait croisé les runners du soir habituels, des Parisiens qui pique-niquaient sur les pelouses autorisées et un couple de jeunes mariés. Sans doute des Chinois ou des Taïwanais venus se faire photographier à paris, par des agences spécialisées, avec le soleil coucha,nt en arrière plan. ils conserveraient un souvenir impérissable de leur voyage de noces en France. »

LE OFF DE OPH

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Dragon Noir de Frédérick Rapilly

« Les futurs espions n’auront pas conscience d’appartenir à cet étrange monde du secret, ils seront comme des serpents venimeux assoupis, des armes de destruction à activer pour créer le chaos… mais une fois lancés, pourra-t-on encore les contrôler ? »

Prenez une héroïne à mi-chemin entre « Red Sparrow » et « La mémoire dans la peau », ajoutez-y du rythme à la « Taken », laissez le tout mijoter dans l’esprit de Frédérick Rapilly et vous obtiendrez sous sa plume un roman au rythme effréné sur fond de mafia russe, de services secrets et de vengeance.

Alors je dois l’avouer, la lecture des quarante premières pages a été laborieuse. Trop de descriptions m’ont paru inutiles, alourdissant ma lecture au point de penser que ce roman n’était pas fait pour moi. Mais passé les deux premiers chapitres, le rythme s’est accéléré, les descriptions se sont faites moins nombreuses et plus pertinentes à mon goût. À partir du troisième chapitre, j’ai été embarquée dans cette histoire qui, comme je le dis plus haut, m’a rappelé quelques grands films sur fond d’espionnage et de services secrets.

Frédérick Rapilly nous livre une héroïne mystérieuse et complexe.

Alors qu’elle arrive sur son lieu de rendez-vous, Marina, call-girl, découvre son client mort. Passé la surprise, elle remarque une caméra qui semble avoir filmé le crime. Dans le même temps, elle est attaquée par deux hommes dont elle viendra à bout, mue par des réflexes dont elle ne connaît pas l’origine.

D’où lui viennent ces mécanismes ; qui est-elle réellement ?

À se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, elle a provoqué la colère des vori v zakone, « les voleurs dans la loi », puissante mafia Russe.

Dans sa fuite, elle choisira de faire appel à Pierre, reporter. Un personnage qui ressemble fortement à notre auteur, tout du moins dans le parcours. À se demander si Frédérick ne s’est pas substitué à lui.

Sur fond de poursuite, les chasseurs deviendront les chassés, mais une question demeure, pourquoi la mafia russe tient autant à neutraliser marina.

L’écriture est rythmée malgré des chapitres un peu longs parfois, mais leur découpage en sous parties permet de ne pas laisser le soufflet retomber. On sent le style du journaliste dans la tournure des phrases qui peuvent être très courtes pour maintenir la tension narrative ou très longue selon le choix de l’auteur.

Au-delà de l’histoire et de l’intrigue, Frédérick Rapilly a intégré des éléments réels, extraits de rapports ou articles de journaux, qui ont aiguisé ma curiosité de lectrice : La mafia russe est-elle aussi bien implantée en France ? Qui sont réellement les « vori v zakone » et quelle est leur histoire ? J’ai également appris des choses sur l’actuel Président Russe et surfé sur le web pour approfondir ces découvertes:

« Magomet et son « Teip » y avaient gagné une réputation d’intouchables. Il n’y avaitque la force brutale et la terreur pour s’imposer en Russie dans ces temps troublés.

À l’époque, l’homme fort de Moscou, Vladimir Poutine, dont la carrière avait bénéficié de mystérieux coups de pouce lorsqu’il n’était qu’un simple officier supérieur du KGB à leningrad, au début des années 1990, le savait mieux que personne. »

J’aurais aimé avoir un peu plus de « mâche » et de consistance des personnages, mais la psychologie des protagonistes n’étant pas l’enjeu de ce roman, ça n’a nuit en rien à la lecture.

Un roman à découvrir pour les fans d’espionnage.

Exquis Cadavre Exquis, la 5e et dernière récap


Exquis Cadavre Exquis, la 5e et dernière récap

Arrêt sur image, venez découvrir l’état de notre exquis cadavre exquis…

Voici le final de notre Exquis cadavre exquis que vous avez suivi avec attention

Et…

peut-être avez vous aussi tenu le scalpel pour faire avancer notre histoire !

Mais cette fois c’est belle est bien terminé.

Après 68 épisode et un épilogue, notre cadavre à enfin livrait tous ses secrets.

Aussi pour vous voici les 15 derniers chapitres

Episode 55 à 68 + épilogue

 

Allez…Bonne dégustation…


Episode 55 by Mark Zellweger

Temps Mossad à Paris

À l’ambassade d’Israël à Paris, non loin des Champs-Elysées, Rebecca Leibowitz reçut une alerte code 1 sur son smartphone. Cela signifiait qu’Il y avait une urgence dans l’opération qu’elle supervisait en ce moment. Habituellement basée en Suisse et étant détachée auprès du Sword de Mark Walpen, le Mossad lui avait demandé de rejoindre la capitale française en urgence afin d’épauler l’équipe locale qui avait mis en place une opération délicate. Cela faisait plusieurs mois que, par des informateurs de la police française, le Mossad avait eu vent d’un gros trafic d’étiquettes de vin. Intrinsèquement, cela ne l’intéressait guère, sauf que cela se recoupait avec des informations signalant que ce trafic pourrait servir à en couvrir un autre, un trafic d’armes celui-là, en faveur du Hamas ! Et de cela il n’était pas question.

Dès le départ, le Mossad suivait l’affaire de près et s’était rapproché suffisamment des demi-frères Blanchard et Lalande pour avoir appris que ces deux gugusses franchissaient régulièrement la ligne rouge et utilisaient de temps à autre des tueurs à gages et autres hommes de main.

Il n’en fallut pas plus pour que l’Institut remette dans le circuit sa fameuse Amanda qu’il utilisait déjà depuis quelques années. Amanda, la star des tueuses à gages, nageait dans le darknet avec aisance et était considérée comme le must en termes d’élimination !

Si Amanda avait envoyé ce message, cela signifiait qu’un incident grave lui était arrivé et que Rebecca devait lancer au plus vite une mission de récupération de son agent. Elle se mit aussitôt à la tâche.

Pendant ce temps, dans la rue où résidait le brave Jo et sa conquête du jour, la Peugeot 306 du brigadier-chef Lerek était stationnée. Ce dernier ayant reçu l’info que quelque chose de gros se préparait là, par un de ses amis de la DGSI, il n’allait pas le rater. Surtout que ces derniers temps, sa situation se dégradait fortement au sein de l’équipe des enquêteurs de la brigade. Depuis que le petit jeune, tout juste sorti de l’école de police, le brigadier-chef Nobel, était arrivé, il n’y en avait plus que pour lui. Nobel par-ci, Nobel par-là… Lerek avait le sentiment que pour la brigade il appartenait au passé. Il lui fallait du sensationnel pour remettre ce petit morveux à sa place et ainsi montrer qui était le plus futé.

Quand Nobel lui avait demandé de le rejoindre à Lariboisière, il lui avait répondu par l’affirmative, mais il avait filé direct vers cette adresse et attendait, scrutant cette fenêtre dont la lumière restait allumée.

Une bière à la main, concentré vers le porche de l’immeuble, il ne put rater l’entrée de trois personnes qui, comme par hasard, portaient toutes des sweats à capuche et des lunettes de soleil.

« Ce coup-ci, c’est pour moi ! » fit Lerek pour lui-même en sortant de sa voiture.

Episode 56 par Elias Awad

La fesse à DN

Par la faute des deux gogols, ce connard de flic fouineur a échappé à une séance de mise à mort au cours de laquelle les deux bas-du-front auraient rivalisé de savoir-faire, tout en rigolant comme d’habitude. Il se devait d’être là pour poser les questions et entendre les réponses avant de le laisser aux bons soins des frères Mazoj. Mais disparu, l’enflure de flic, évanoui dans la nature ! Blanchard est furieux. Ils ne rient plus après leur bourde, ces deux cons ! Mais chez Anton, il y a quelque chose de louche… Le géant, le plus vicelard des deux, celui dont il aurait fallu doser les ardeurs si l’on voulait tirer quelque chose d’utile du flic, avait sur sa tronche quelque chose de plus que, juste, l’air penaud de qui a gaffé grave… Mais quoi ?! Blanchard en est là de ses réflexions quand son Galaxy S9 se met à vibrer contre sa fesse droite.

— « Quoi ?!!! Meeerde ! Quand ?! A l’arme blanche ! Et les chiens ?!… »

« C’était lui le génie, et c’est moi qui suis vivant ! », pense Blanchard. La réflexion lui traverse l’esprit pendant l’appel. Mais l’éphémère sourire qui passe au coin de sa bouche cède vite la place à la panique, en même temps qu’une sueur froide envahit instantanément son cuir chevelu ! La panique et sa copine, la parano. Qu’est-ce qu’il a, Anton ? Qu’est-ce qu’il sait qu’il garde pour lui ? Bruno voulait faire taire la vieille une fois pour toutes. « Anton, Pavel ! » crie-t-il aux deux frères en sueur en train de fendre des bûches, histoire de s’occuper.  « A l’hôpital ! La vieille ! Tout de suite !», aboie Blanchard en faisant courir son index sur sa gorge. Une fraction de seconde, Anton suspend son geste, le regard dans le vide. Une fraction de seconde qui n’échappe pas à Blanchard. « Je panique, là ! Faut que j’arrête mon cinéma !  Qu’ils dégagent la vieille, un point c’est tout. Bruno devait avoir de solides raisons de la faire taire alors même qu’il en était follement amoureux… »

— « Bouge-toi ! », hurle-t-il au grand Tchèque qui se dirigeait d’un pas lent (trop lent ?) vers la voiture où le frangin était déjà au volant.

* * *

Enfin arrivée dans la maison de l’Oise, Carole savoure chaque instant d’une douche longue et bien chaude. Elle réfléchit, tout en se débarrassant des quelques éclaboussures du sang de Bruno. Blanchard d’abord ou Amanda ? Le demi-frère a commandité l’assassinat, même si c’est Lalande qui l’a décidé. L’envoyer ad patres ne lui poserait pas plus de problème, même s’il devait être maintenant sur ses gardes. Elle sait qu’elle fera, là aussi, le geste de sang-froid. Mais cette femme dont sa jumelle était amoureuse…

L’eau coulant sur la large cicatrice de brûlure qui court sur l’arrière de sa cuisse droite, de la fesse (la fesse à DN, comme elle l’appelle) presque jusqu’au pli du genou, ramène Carole, aujourd’hui comme presque tous les jours, à l’accident. Le gros Range qui la suivait depuis un bout de temps cette nuit-là alors qu’elle rentrait de Sélestat par la D1083, qui l’a lentement doublée dans Benfeld, le passager cagoulé qui a profité de l’éclairage public pour la dévisager longuement. Puis, en rase campagne peu après la sortie de la ville, l’éblouissement des phares venant en sens inverse. Puis le choc. N’était celui qu’elle appelle depuis son “Grand Frère”, Carole aurait sûrement péri lors de l’explosion du véhicule. Après, bien après, la mémoire lui est revenue pan après pan… Les avances incessantes de Bruno quand il vivait à la maison, le viol pour la punir de l’avoir si longtemps « humilié » en lui crachant à la figure son mépris, sa propre menace de tout raconter à sa mère, et la vidéo que son beau-père avait faite pendant le viol et qu’il menaçait à son tour de montrer à Laure… Cette vidéo, expression de toute la perversité du personnage, où elle s’entendait haletant en rythme des « ouiii Bruno », des « vas-y Bruno ». C’était bien sa voix, mais retravaillée en studio pour que ses cris d’encouragement, repiqués d’une vidéo de course au sac à patates, du temps des beaux jours où tout allait bien, deviennent des feulements de femelle en rut !

* * *

Au moment où Lerek traverse la rue devant l’immeuble d’Amanda pour suivre les trois encagoulés qui sentent les ennuis à plein nez, un scooter qu’il n’avait pas vu lui démarre sous le nez. Sans doute était-il garé dans le renfoncement de l’entrée de l’immeuble, dissimulé par l’obscurité et les voitures alignées le long du trottoir … « Merde, merde et merde ! », se dit-il. « Suivre les trois barbouzes ou retourner prendre la voiture et poursuivre ce qui n’a peut-être rien à voir avec tout ça ?! »

Episode 57 by Kate Wagner

Personne ne sortira indemne

Lerek retrouva sa voiture, écrasa sa cigarette, et s’y engouffra avec une rapidité surprenante malgré les vertiges qui l’assaillaient. Il avait oublié, comme trop souvent en ce moment, de manger. Fumer lui coupait l’appétit comme aucune pilule amaigrissante magique n’était capable de le faire. Demeurer mince et affûté pour rester dans la course. Il voulait garder son physique de jeune séducteur mais, à plus de 40 ans, cela devenait de plus en plus difficile.

Il démarra dans un bruit désagréable de crissement de pneus et dans l’odeur de gomme brûlée. La décision de suivre le scooter était une fulgurance qu’il regrettait déjà mais trop tard, il devait aller jusqu’au bout. Peut-être la chance allait, pour une fois, tourner à nouveau en sa faveur. Elle ferait de lui le leader qu’il avait toujours été aux yeux de nombre de ses collègues. Féminines surtout.

Il grilla un premier feu rouge à l’angle de la rue Van Landuyt et du Boulevard Perrault. Il roulait vite mais le scooter, plus maniable, prenait de l’avance. La silhouette de cuir sombre, casquée de noir, incarnait à elle seule toutes les violences.

Lerek tourna brusquement à droite et soupira de soulagement en distinguant le deux-roues au bout de la route. Ce moment d’inattention à se focaliser sur sa cible lui coûta plusieurs précieuses secondes. Une femme traversait au passage piéton, poussant la trottinette d’une fillette en robe rouge. Détail troublant que Lerek enregistrait malgré lui. Il voyait le point d’impact se rapprocher à une allure vertigineuse. Impossible de l’éviter. Il imaginait les deux petits pantins tournoyer dans le ciel gris. Il appuya avec force sur la pédale de frein comme si l’énergie de sa rage pouvait décupler son efficacité. Il voyait à présent la couleur des yeux écarquillés de la mère. Elle ressemblait à un lapin pris dans les phares. Puis, un clignement de paupières pour s’apercevoir que sa voiture s’était stabilisée, le parechoc collé à la hanche de la petite. La sueur ruisselait le long de sa colonne vertébrale. L’odeur opiacée de la peur emplissait l’habitacle de la Peugeot.

Il ne prit pas le temps de s’apitoyer sur les piétonnes, les contourna et redémarra dans un tourbillon de gaz d’échappement. Paniqué, il chercha à visualiser le scooter. Il l’avait perdu.

Impossible. Ne pas baisser les bras. Fonce Lerek, montre-leur qui tu es, montre-leur quel seigneur ils peuvent vénérer. Il passait la cinquième, à fond au feu rouge du carrefour des Surréalistes lorsque, venant de sa gauche, une grosse BMV ne put l’esquiver. Le choc, terrible, enfonça la portière du flic pour atteindre quasiment le siège passager. Lerek, dans la carcasse fumante et le verre brisé, sentit ses os craquer, sa bouche se remplir du goût ferreux du sang et s’étonna de ne ressentir aucune douleur. Il glissait doucement dans un autre monde, revit sa vie en accéléré. Sa dernière pensée fut que personne n’allait sortit indemne de cette histoire de dingues.

Episode 58 by Jean-Paul dos Santos Guerreiro

In extremis

Dès son incorporation dans la brigade, Nobel sentit une tension constante au sein de l’équipe. Trop de meurtres, trop de questions, pas assez de réponses… La pression de leurs supérieurs devenait ingérable. Et puis, pourquoi, dès son arrivée, Lerek l’avait-il pris littéralement en grippe, malgré tous ses efforts ? Il était toujours sur son dos à essayer de le piéger!

Pourtant, s’il y en avait bien un qu’il admirait, c’était Lerek.

Que serait-il devenu sans lui ?

Un voyou, un dealer peut-être ?

Pire, sûrement !

A 15 ans, Nobel en était à son troisième braquage quand il s’était retrouvé face à ce policier qui, après l’avoir appréhendé, était venu le voir plusieurs fois en détention.  A l’époque, il avait le crâne rasé, chétif, à peine cinquante kilos, pour un mètre soixante-dix-sept. Il avait repris ses études pour celui qui était devenu « sa référence ». Quand il s’inscrivit à l’école de police, il avait fait son possible pour être dans la même brigade que Lerek, celui qui lui avait redonné un motif de vivre et une vraie envie d’aider son prochain.

Quelle fut sa surprise en arrivant ! Cheveux grisonnant et l’air bougon, Lerek l’avait tout de suite pris de haut. Nobel n’avait même pas osé lui dire qui il était et pourquoi il était là… Tous les jours, il voyait Lerek s’enfoncer dans un monde gris et taciturne. Ses doigts complètement jaunis par la nicotine à force d’enchaîner les cigarettes. Plus que des envies, c’était devenu un véritable besoin. Il les allumait nerveusement, en plus des cafés qu’il buvait à toute heure de la journée, et qui ne lui étaient plus d’aucune utilité, juste un réflexe.

Ce matin, il décida de faire à son tour quelque chose pour lui. L’envie de le mettre au pied du mur, de lui demander ce qui lui était arrivé. Il appela Lerek pour qu’il vienne à Lariboisière. Il était en bas du poste de police, et le vit arriver quelques minutes plus tard… Il s’attendait à le voir tourner sur sa droite, mais Lerek filait tout droit, dans la direction opposée. Pourquoi ? Nobel décida de le suivre. Il eut à ce moment-là, une drôle d’intuition.

* * *

Cela faisait quelques minutes que Lerek stationnait au pied d’un immeuble, une cigarette à la main, une bière dans l’autre. Nobel n’osait l’aborder. Soudain, il jeta sa cigarette à peine entamée dehors et la bière sur le siège passager, démarra en trombe pour suivre un scooter qui filait déjà à toute vitesse. Nobel démarra à son tour. Lerek roulait comme un fou, atteignant des vitesses dangereuses, évitant de justesse une jeune maman et sa fille avec une trottinette, grillant les feux et les stops. Sa chance l’abandonna quand un gros 4×4 blanc le percuta de plein fouet.

Il s’arrêta frein à main à fond et dérapa. Il sortit de son véhicule téléphone à la main et appela les urgences en leur signalant le lieu de l’accident. Les occupants de la BMW étaient sonnés mais indemnes, les airbags avaient rempli leur fonction.

L’état du véhicule obligea Nobel à passer par la portière du passager pour voir l’état du blessé.

Pas fameux. Il ne ressentait aucun pouls, ni respiration. Nobel tenta une réanimation pendant plusieurs minutes avant l’arrivée des urgences. Lerek se reveilla enfin, en hurlant… Ses jambes avaient l’air complètement broyées suite à la déformation de la portière, coincées par la boîte de vitesse.

— Putain ! Mes jambes… Ça fait un mal de chien.

— Ne bouge pas, Lerek ! Les secours arrivent !

— Ne bouge pas… Tu te fous de ma gueule ? Où veux-tu que j’aille dans cet état ? Et qu’est-ce que tu fous là, Nobel ? Tu devais pas aller à Lariboisière ?

— Il fallait que je te parle. Savoir ce qui t’étais arrivé, pourquoi tu as tant changé. Tu n’es plus le Lerek de mes souvenirs.…

— Le Lerek de tes souvenirs.… C’est quoi cette connerie encore ?

— Mon nom n’est pas Nobel. Je m’appelle Jacques. Jacques Seyssau !

— Mais…

— Non, ne dis rien ! Laisse-moi finir. J’ai voulu suivre ton exemple Lerek, rentrer dans la police mais avec mon casier, j’ai dû me refaire une identité. Je ne t’ai pas dit non plus qui j’étais car ma vie, ma rédemption reposent sur un faux, sur un mensonge. Je ne voulais pas t’y impliquer.

— Jacques ? L’ado paumé ?

— Oui !

— Oh, Jacques !… Oh, putain !… J’crois bien que tu viens d’me sauver la vie, gamin ! dit-il en s’évanouissant de nouveau, pendant que l’auto-radio s’arrêta sur un morceau de « In Extremo ».

Au loin, on entendait déjà les sirènes hurlantes des secours…

Episode 59 by Élodie Torrente

Une folle alliée

Tandis que les pompiers s’affairaient autour de Lerek, essayant de le dégager de la carcasse, Blanchard et les frères Mazoj s’apprêtaient à en finir avec l’ex-femme de feu Bruno Lalande. Suivis de près par Sebastián Lerot qui retournait à la case départ. Celle qui avait permis aux deux molosses tchèques de lui casser la tête puis de l’enfermer pieds et poings liés dans le coffre de leur voiture.

Sur le parking, alors que Lerot se remémorait ces funestes instants, Blanchard sortit de son véhicule laissant les deux autres dans l’habitacle. Ils le rejoindraient plus tard, habillés en blanc, comme ils l’ont toujours été pour s’occuper, à coups de piqûres, de Laure Longchamps. Si, et rien n’était moins sûr, la mère de Camille et de Carole était toujours de ce monde avec la dose de sédatif qu’ils lui avaient injectée la veille.

Lerot se gara discrètement à quelques mètres des autres, derrière un gros Range Rover. Un couple et un adolescent en descendaient. Sans perdre Blanchard de vue, il engagea la conversation avec le père au visage blême. Un quadragénaire de type golfeur portant casquette et chemise Lacoste qui, au bout de quelques pas, manquât de tomber. Retenu in extremis par sa femme et le bras vigoureux de Lerot, l’homme blafard échappa de peu au sol. C’est alors que l’épouse expliqua à l’inspecteur le choc violent qu’ils venaient de subir en percutant une voiture lancée à pleine allure. Des larmes coulaient sur ses joues. Vu l’état de l’autre véhicule, le chauffeur était mort. C’était sûr ! Ils étaient devenus en un quart de seconde et malgré eux, des meurtriers. Jamais, elle ne s’en remettrait. L’adolescent silencieux avançait à leur côté, les yeux rivés sur son smartphone.

Tout en supportant le quidam et en réconfortant la femme, Lerot, ainsi joint à cette famille, entra dans l’hôpital sans attirer les soupçons de Blanchard. Une fois parvenu à l’accueil et le père de famille confié à des mains expertes, il prétexta une visite urgente pour s’éclipser et suivre, à distance, celui qu’il soupçonnait d’un prochain meurtre. Avec la casquette du mari sur la tête, offerte de bonne grâce par la femme reconnaissante, il put mieux se fondre dans les couloirs sans être démasqué par l’escroc qui empruntait la direction du service psychiatrique.

Lerot ne put s’empêcher d’être soulagé. Il avait eu peur en se garant que les trois enfoirés ne s’en prennent à sa chère Rémini. Il se promit d’ailleurs de profiter de sa venue ici pour lui faire une petite visite ensuite. Enfin, si tout se passait bien. Car, à trois contre un, même avec sa carte de flic et dans un hôpital, vu les rebondissements de cette histoire, de nouveaux emmerdements ne l’étonneraient pas. Rien ne s’était déroulé comme prévu. Même son eczéma avait disparu, sans crier gare. Lui qui, de longue date, l’empêchait de vivre sans se gratter. Il n’était donc pas à un coup de théâtre de plus.

Au bout de cinq minutes à longer les longs murs vieillots de l’hôpital du nord de la capitale, il s’arrêta à l’angle d’un couloir et, à une vingtaine de mètres, tendit l’oreille pour écouter ce que disait l’infirmier posté à l’accueil du service psychiatrique. Par chance, ce n’était pas la jeune et douce infirmière de la veille. Le soignant du jour avait une voix grave et forte.

« Madame Longchamps. Vous êtes de la famille ?

— Je suis son frère.

— C’est le service administratif qui vous a prévenus ? Déjà ?

— Prévenu de quoi ?

— Eh bien… Comment dire… Attendez, je vais appeler un médecin.

— Elle est morte ? Une pointe de soulagement transparut dans la voix de Blanchard.

— Veuillez patienter. »

L’infirmier décrocha son téléphone pendant que le demi-frère de Lalande faisait les cent pas devant le comptoir.

Lerot, qui n’en avait pas perdu une miette, espérait que la vieille n’avait pas trépassé. Elle avait des choses à lui dire. Elle était au cœur de tous ces meurtres. Il en était maintenant convaincu. Avoir été agressé et kidnappé alors qu’il était près de s’entretenir avec elle avait forcément du sens. D’autant que les Mazoj étaient déguisés en infirmiers. Il avait bien fait de réfréner son envie de se protéger en fuyant et de les suivre. Fallait qu’il contacte la brigade de toute urgence. D’autant qu’il allait se prendre un sacré savon par Fabre ! Or, avec son maudit téléphone qui n’avait plus de jus, ce n’était pas gagné. Il le sortit quand même de sa poche au cas où, par le miracle des nouvelles technologies, il redémarrerait puisqu’il en avait besoin. Mais rien. Écran noir.

Tapi dans son coin, il décida d’attendre l’arrivée du médecin. Et avant que Blanchard n’ait le temps de se retourner pour repartir et, inévitablement, le découvrir, Sebastián déguerpit, après avoir entendu le psychiatre annoncer au soi-disant frère qu’à 7 heures ce matin, l’aide-soignante de service avait trouvé la chambre de Madame Laure Longchamps vide. La patiente était partie en laissant toutes ses affaires. En dehors d’une enveloppe et de sa pièce d’identité qu’elle conservait dans le fond de son armoire, rien n’avait été emporté.

Episode 60 by Oph

Exfiltration

Après leur entretien avec Dieter, Max et Costes s’engouffrèrent dans leur voiture. Direction Paris. Le déplacement n’avait pas été vain. Les informations obtenues par leur mystérieux contact donnaient le mobile du meurtre de Camille et il était urgent d’en aviser Lerot. Enquêter en free lance c’est bien, mais ils ne pouvaient faire justice eux-mêmes. Bien que souvent border-line, les deux compères voulaient, plus que tout, que les responsables de la mort de leur petite protégée payent pour leur crime.

Cinq sonneries, répondeur… « Chiotte » s’exclama Max en jetant son téléphone sur le tableau de bord.

— Impossible de joindre Lerot. À quoi lui sert son téléphone puisqu’il ne répond jamais !

Costes lui jeta alors un regard qui voulait tout dire, il mit le contact, passa la première et fit crisser les pneus en quittant le parking de Der listige Fuchs. Dans 10 heures ils seraient de retour dans la Capitale, peut-être moins. Si d’ici là Lerot ne donnait pas signe de vie, ils se rendraient directement dans le bureau du juge Fabre.

* * *

Quand Carole avait reçu l’appel de sa mère, il lui avait fallu quelques secondes pour réaliser qu’elle ne rêvait pas… Alors qu’elle la visitait régulièrement, elle ne semblait pourtant pas la reconnaître. Que s’était-il passé ? Comment était-elle sortie de ce brouillard qui semblait la dévorer depuis son internement ? Il serait temps de lui poser ces questions quand elle l’aurait rejointe. En attendant, il fallait la sortir de cet univers de blouses blanches et la rapatrier ici, à ses côtés. Là-bas, elle était en danger, même si ce porc de Lalande était mort, Blanchard courait toujours…

« Grand-frère ? C’est moi… Je vais encore avoir besoin de ton aide.

— Je t’écoute.

— Ma mère m’a appelée…

— Quoi ?

— Oui, elle est sortie des vapes et se souvient de tout. On ne peut pas la laisser là-bas, elle est en danger. Il faut la ramener près de moi, ici elle sera en sécurité.

— Je suppose que tu veux que j’aille « l’enlever » ?

— Tu veux bien ?

— Je m’en occupe. »

Après avoir raccroché, le « grand-frère » prit la direction de l’hôpital psychiatrique.

Laure écarquilla les yeux.

« Toi ?

— C’est Carole qui m’envoie. Elle veut que je te ramène près d’elle. Maintenant que tu as retrouvé tes esprits, tu es une menace pour Blanchard. Je t’emmène auprès de ta fille.

— Carole sait-elle qui tu es vraiment ?

— Non, je ne lui ai rien dit. »

Laure se leva et embrassa l’homme que sa fille lui avait envoyé.

Quand, quatre ans plus tôt, Laure avait pris conscience du danger que Lalande représentait pour ses filles, elle avait contacté Eric, frère de son défunt mari. Militaire de carrière, Eric passait son temps en OPEX. Les jumelles avaient entendu parler de tonton Rico mais ne l’avaient jamais rencontré. Le jour de l’accident de Carole, Eric la suivait de loin. C’est ce qui avait sauvé la vie de la jeune femme. Il avait choisi de ne pas en parler à Laure tant que Carole n’avait pas recouvré la mémoire et la santé après l’accident. Il souhaitait préserver sa belle-sœur. Malheureusement, il ne se doutait pas que Laure sombrerait dans la folie.

Profitant du changement de service et de la baisse de vigilance du personnel de l’hôpital, Eric et Laure quittèrent les lieux sans se retourner. Direction la baraque campagnarde. Il était temps de recomposer ce qu’il restait de leur famille et de faire la lumière sur la mort de Camille.

Episode 61 by Nina du Resto littéraire

Direction Lalande

Amanda se retourne dans le lit, cherchant une meilleure position, mais, lui arrachant un cri, une douleur fulgurante la réveille tout à fait. Les yeux dans le vague et l’esprit dans le brouillard, elle met quelques minutes à retrouver le fil des évènements. Je suis dans mon appartement avec la fille de Max et la sonnette retentit… J’ouvre…Un violent coup de poing me percute… Je me réfugie dans un bar…Je me réveille dans cette chambre et deux silhouettes sont au-dessus de moi en train de changer mon bandage…Mais où suis-je ?… D’une main décidée, elle cherche un interrupteur. Avec la lumière, elle découvre un petit mot glissé à son intention sur la table de nuit.

« Belle Camille, si tu te réveilles, fais comme chez toi ! Je serai vite de retour. Jo »

Au moins, elle n’a pas donné son vrai nom à l’inconnu(e), Jo, son bienfaiteur ou bienfaitrice de l’instant, qui sera sûrement déçu(e) à son retour.  Remerciant sa bonne étoile d’être en vie et surtout d’avoir su tenir sa langue. Malgré la terrible sensation de coaltar, elle tente de se lever, cherche ses fringues qu’elle ne trouve pas. Elle aperçoit et saisit une boîte de calmants sur la table de nuit, en avale deux. Dans sa tête un seul leitmotiv :

 « A nous deux, Mr Lalande. Une petite visite à votre villa est maintenant nécessaire »

* * *

De retour de la pharmacie, Carole entre le digicode de l’immeuble de son « grand frère ». Impatiente comme une enfant, elle se dirige vers la porte de l’appartement. Enfin, elle va retrouver sa maman. En la voyant, elle comprend à son regard qu’elle est vraiment redevenue elle-même. Elles se jettent dans les bras l’une de l’autre. La joie est si intense que Carole fond en larmes.

« Maman ! Merci Eric, merci. Mais explique-moi, que s’est-il passé ? A chaque fois que je venais te voir, tu étais incapable de me reconnaître et là, tu l’air si… normale !

— Calme-toi, ma chérie ! Je vais t’expliquer ou plutôt, Rico va t’expliquer car il y a, encore quelques minutes, je ne comprenais pas moi-même.

— Rico… Mais il faut croire que vous avez déjà bien fait connaissance tous les deux pour que tu lui donnes un petit nom ! En même temps, je savais qu’il te plairait !

— Non, Carole, tu n’y es pas. On se connait depuis longtemps avec Eric. Assieds-toi, on va tout t’expliquer. »

Interloquée, Carole s’assoit, à la fois curieuse et inquiète de ce qui l’attend.

« Dis-moi ma chérie te rappelles-tu de ton oncle ?

— Le frère de papa ? Oui, vaguement. Pourquoi ?

— Te rappelles-tu de son prénom ?

— Attends que je réfléchisse… »

Concentrée, Carole sonde sa mémoire et d’un coup, les yeux écarquillés, l’incrédulité sur le visage, elle se tourne vers Eric.

« Tonton Rico ! Vraiment ? Mais pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit ?!

— Sans compter ta perte de mémoire, tu étais dans un sale état après l’accident… Puis, les mois ont passé,  tu t’évertuais à m’appeler grand frère, alors j’ai laissé couler. D’autant que la mort de ton père était encore pour toi une énorme blessure que je ne voulais pas rouvrir. Désolée Carole !

— Mais pour maman ?

— J’ai autre chose à te révéler. Comme tu le sais, Blanchard et Lalande ont deux gros bras tchèques qui font tout leur sale boulot. Eh bien, l’un d’eux, Anton, est un ami, un frère d’armes et j’ai une confiance aveugle en lui, malgré la brute qu’il peut être. Lorsqu’un soir on s’est retrouvé autour d’une bière et qu’il m’a parlé de son nouveau patron, le rapprochement avec vous a été rapide dans ma tête. Je lui ai donc demandé de veiller sur vous. J’ai… ou plutôt, il a échoué pour Camille…  J’avais aussi des soupçons sur la réalité de la folie soudaine de ta mère et j’ai demandé à Anton de chercher à savoir si Lalande ne la droguait pas. Mon intuition était bonne et Anton a simplement remplacé les comprimés par d’autres identiques mais inoffensifs. Il ne restait plus qu’à attendre que les effets se dissipent et que ta mère revienne dans notre monde en espérant que ce soit possible »

Toujours assise Carole est incrédule, son « grand frère » et son oncle Rico sont une seule et même personne.  Et si Anton avait été plus malin, sa sœur serait toujours en vie. Une rage intense s’empare d’elle.

« Merci pour maman, mais cela n’efface en rien la mort de Camille, sache-le. Maintenant, on bouge et on file chez Lalande. Les flics auront certainement déguerpi et je suis sûre que Blanchard va en profiter pour passer la villa au peigne fin afin de faire disparaître toutes les preuves. Et je veux être là !

— Comment être sûr qu’ils y seront à notre arrivée?

— Envoie un SMS à ton frère d’arme, Anton ! »

Episode 62 by Solène Bakowski

Le roussi vous va si bien

Amanda se redresse avec difficulté, s’assoit d’abord, marque une pause, puis pose ses pieds sur le sol avant de tenter de se mettre debout. Mais elle vacille, emportée par le poids de sa tête qui est à présent un véritable champ de courses. Affaiblie, elle manque de tourner de l’œil. Elle doit se rendre à l’évidence : dans son état, quitter cet appartement ne sera pas une sinécure. Sans compter que le ou la dénommée « Jo » — comment savoir avec un surnom pareil ? — lui a ôté la plupart de ses vêtements.

Après quelques secondes au cours desquelles elle s’efforce de faire la mise au point sur le mobilier qui l’entoure, elle titube vers un grand placard. Elle l’ouvre et en analyse brièvement le contenu jusqu’à déduire que « Jo » est a priori un homme plutôt jeune qui semble avoir un faible pour la couleur orange. Et la cigarette, si l’on considère les relents de tabac froid exhalé par les vêtements. Amanda réprime le haut de cœur qui lui soulève l’estomac et parvient à saisir un pantalon noir et un tee-shirt citrouille affublé d’un smiley idiot qu’elle enfile en serrant les dents tant sa poitrine, son menton, ses bras, ses jambes la font souffrir. Elle coince ensuite ses cheveux dans une casquette publicitaire à l’effigie d’une marque de whisky.

C’est bon, ça va le faire, se dit-elle, ragaillardie à l’idée de traverser la ville déguisée en homme et donc, parfaitement incognito.

Puis :

Merde, mes chaussures.

Elle lorgne, dépitée, du côté de la petite paire d’escarpins gisant sur le sol. Elle se résout alors à attraper des baskets qui lui paraissent immenses — Mais combien chausse ce type ? Du… 48 ???? — et dans lesquelles ses petits pieds flottent allègrement.

Espérons que je n’aie pas besoin de courir, conclut-elle en se glissant à l’extérieur de l’appartement, tout en se promettant vaguement de changer de boulot. Un truc plus calme. Un truc où elle n’aurait pas besoin de se couler dans des pompes aux allures de bateau de croisière et de revêtir un tee-shirt ridicule pour buter un type et, ainsi, sauver sa peau.

* * *

Pas de Laure. Blanchard est livide.

— Mais comment c’est possible ? grogne-t-il tout en s’efforçant de contenir sa colère pour ne pas effrayer le personnel hospitalier.

N’osant pas prendre l’infirmier directement à partie, il roule des yeux furibonds vers les deux Tchèques, qui attendent légèrement en retrait.

Une cloche tinte. Comme un cheveu sur la soupe. L’agacement monte d’un cran pour Blanchard, qui, à présent feule et plisse les yeux. Son cou gonfle. On dirait un taureau prêt à charger.

Anton se dépêche d’extirper le portable du fond de sa poche. Un SMS. Qu’il n’a pas le temps de lire.

— C’est pas le moment d’échanger des mots doux ! postillonne Blanchard en expulsant le téléphone des mains d’Anton pour faire passer ses nerfs.

* * *

— Il t’a répondu ? s’inquiète Carole qui, déjà, prépare son matériel.

Son oncle secoue la tête.

— Pas encore.

— Et si ton ami ne recevait pas le message ? Et s’ils nous tendaient un piège ? Et si…

Éric s’approche doucement de Laure dont la respiration saccadée s’adoucit sensiblement.

— N’oublie pas que ta fille est une magicienne, lui souffle-t-il sur un ton apaisant, avant de lancer un clin d’œil à Carole.

*****

Le téléphone d’Anton glisse sur le sol parfaitement lustré du couloir de l’hôpital, pour venir s’écraser sur le bout de la chaussure de Sebastiàn. Dans une tentative désespérée, celui-ci s’efforce de recroqueviller ses pieds. Trop tard. Anton dirige son immense carcasse droit sur lui. Et sur son eczéma qui, bien sûr, se remet à le démanger sévère.

Episode 63  by Aline Gorczak

Va-t-on en voir la fin ?

Sebastián retient sa respiration en espérant que le type parvienne à récupérer son téléphone avant qu’il n’arrive jusqu’à lui. Peine perdue, le Tchèque se retrouve nez à nez avec le flic. Moment suspendu où chacun évalue ses « chances ». Anton ramasse son appareil tout en fixant Sebastián et lui tourne le dos sans un mot. Lerot n’en revient pas. C’est quoi ce délire ? Il s’attend à chaque seconde à ce que le duo de gros bras lui tombe dessus. Il observe Blanchard piquer sa crise sur les deux Tchèques. Dans la foulée, il comprend que Madame Longchamps n’est plus ici. Mille questions se bousculent sous son crâne. Comment une femme n’ayant plus toute sa tête, qui semble apathique, peut quitter un établissement médical sans que personne n’intervienne ? Qui l’a aidée et pourquoi ? Que sait-elle ?

C’est Valérie qui lui avait parlé de Madame Longchamps comme étant une piste possible. Chose improbable, elle s’est volatilisée, elle aussi. Elle est folle d’avoir signé cette décharge et d’être partie dans son état. Il faut absolument qu’il lui parle et pas que de l’enquête mais avec ce p….. de téléphone HS, impossible. « Allez, bouge-toi, Lerot » se sermonne-t-il.

* * *

Impensable de rester à rien faire en attendant la Scientifique. Valérie fouine un peu par-ci, par-là. Il faudrait juste un petit coup de pouce pour que cette enquête avance. Marre de faire du surplace. Dans le bureau, Rémini remarque qu’un tiroir du bureau est légèrement entrouvert.  Une pochette rouge, un CD, un carnet en moleskine. Elle enrage : avoir ça sous la main et  ne pas pouvoir y jeter un œil. Elle repère une boîte de kleenex. Cela fera l’affaire. Bon, pas le temps de lire le CD avant l’arrivée du Juge. Parce qu’à n’en pas douter, il va ramener ses fesses ici. Dans le carnet en moleskine une suite de chiffres, qui pourrait être des dates et des initiales. Des transactions douteuses ? Pot de vin ? Pas trop le temps de déchiffrer là non plus. La pochette rouge, c’est autre chose. Elle contient trois séries de clichés, étiquetées des prénoms des jumelles, une montrant Carole, une autre série de Camille, qui, toutes les deux, semblent avoir été pistées sur plusieurs mois.  Et enfin, la dernière, des clichés de Carole… morte.

* * *

Nobel trouve le temps long, très long. Un chirurgien se dirige vers lui. Son visage fermé n’augure rien de bon.

« Je regrette, nous avons fait notre possible. Nous avons dû le réanimer deux fois pendant l’intervention. La troisième fois, nous n’avons pas pu le ramener. »

Coup de massue pour Nobel.

Episode 64 By David Smaja

 Ensemble, nous sommes plus forts !

Quelques heures plus tôt, sur le chemin de Paris, Max et Costes passèrent un coup de fil à Fabre. Max, en vieux routard de la chronique judiciaire, avait des rapports fort décomplexés avec le juge, contrairement aux flics qui tremblaient à chacun de ses mots. Une relation d’échange de bons procédés et d’égal à égal face à l’information s’était installée entre eux pour le bien de la justice, en général. Sans une hésitation, il avait composé le numéro du bureau du magistrat.

— Salut Fabre, C’est Lindberg. Je reviens d’Allemagne avec Costes. On a découvert que Lalande et Blanchard seraient impliqués dans le meurtre de Camille. Elle en savait trop sur leurs magouilles. On essaie de joindre Lerot mais il ne répond jamais à son foutu portable.

— Oui, je sais, il est aux abonnés absents, ce qui devient inquiétant. On a cherché à tracer sa voiture et elle a été signalée sur le parking de Lariboisière. Pas eu le temps d’envoyer du monde, c’est le branle-bas de combat chez Lalande qui s’est fait dessouder

— Ah bon mais par qui ?

— Ça, on l’ignore encore mais une équipe se rend sur place pour trouver la réponse.

— Ok, on te rejoint là-bas ! Envoie-moi les coordonnées par SMS.

— On passe d’abord jeter un œil à Lariboisière, c’est sur le chemin, coupe Costes. C’est un ours râleur, le Lerot, ce n’est pas dans ses habitudes de rester silencieux et de fermer sa gueule.

* * *

Sebastián observe Blanchard et ses acolytes en train de s’envoyer des amabilités devant l’employé de l’hôpital qui n’en mène pas large.

Il sent alors une poussée d’adrénaline lui vriller le corps, il réfléchit pendant quelques secondes, évalue ses forces, il ne peut pas ne rien faire, c’est viscéral. Il décide de remettre en branle sa machine à baffes, peu importe les conséquences et même si ses chances d’en sortir vivant sont minimes.

C’est à ce moment précis qu’une main s’abat sur son épaule. Sebastián s’apprête instinctivement à porter un coup en se retournant et arrête son geste avant une issue douloureuse pour le propriétaire de la main.

— Putain, Costes ! lâche-t-il dans un soupir.

— Bah alors Lerot, le monde entier te recherche et tu ne donnes aucun signe de vie, s’exclame Costes.

— Chut ! Blanchard et ses deux hommes de mains sont juste-là. Il faut qu’on les appréhende, venez avec moi !

— Ça tombe bien, je ne suis pas sorti à poil, lance Costes en exhibant son flingue.

Muni de son distributeur de chocolats en plomb, Costes prend les devants et se positionne en face des trois hommes.

— On la boucle et on lève les mains bien gentiment, messieurs, les somme-t-il

Blanchard, avec une rapidité qui prend tout le monde de court, sort un poignard, agrippe l’infirmier par le cou et hurle à Costes :

— Tu poses ça direct ou je l’égorge devant toi !

Avant de s’effondrer, K.O. sous le poing d’Anton. Lerot, Costes et Lindberg restent immobiles, abasourdis.

— Passez-lui les menottes avant qu’il ne se relève, leur commande Anton. Je vais tout vous expliquer.

* * *

A la villa, les sources vives s’agitent. Le juge Fabre, accompagné de la brigade scientifique, a déboulé. Oui, Valérie avait raison, c’est moche, très moche même. Après les premiers prélèvements effectués et toutes les précautions prises, Valérie va enfin pouvoir consulter le CD. Son cœur bat à tout rompre, son instinct de flic ne la trompe pas, elle sent que la clé de l’énigme est là. Les fils vont enfin se dénouer. Elle introduit le CD dans l’ordinateur…

Episode 65 by Armelle Carbonel

Le diable se cache dans les détails

Éric glisse son portable dans la poche de son jean. Il n’attend pas de réponse au message envoyé à Anton. Celui-ci tenterait certainement d’entacher sa détermination à se rendre chez Lalande. Rompu à la rudesse de sa formation militaire, il n’en demeure pas moins un homme, doté de faiblesses qui portent les doux noms de Laure et Carole. Ses clefs de voiture tintent au creux de sa main tandis qu’il observe les deux femmes assises sur les sièges en cuir brûlés par le soleil. Leur impatience rime avec le silence. Un tableau de famille figé sous la morsure du soleil, et l’immensité des champs. Sans prononcer un mot, ils s’engagent sur les entrelacs de bitume qui sillonnent la campagne, bifurquent sur des axes moins fréquentés et s’enfoncent au cœur des massifs boisés où la nuit ne tardera plus à déposer son voile funeste. Les heures défilent, cadencées par le ronronnement du moteur et les souvenirs interdits que chacun garde précieusement scellés au fond d’une gorge nouée par l’angoisse. Le temps s’échappe vers une issue inéluctable. La villa de Lalande se profile enfin derrière une barrière végétale propice aux cauchemars. Noirceur et vengeance bouillonnant d’un même sang.

— Arrête-toi ! », s’écrit soudain Carole, achevant le silence si bien installé.

Par-delà les cimes, le ciel s’éclaire d’un étrange ballet de lumières. L’agitation soulevée par la brise confirme leur crainte : les flics ont investi les lieux.

« On fait quoi ? s’inquiète Laure, le teint blême.

— On se tire ».

Qu’auraient-ils pu envisager d’autre ? Une bonne nuit de sommeil — tant est que Morphée daigne se pointer — leur éclaircirait les idées. Réfléchir. Chercher une marge de manœuvre. Tuer Blanchard.

Un motel sordide à la lisière de la ville ferait l’affaire.

« Deux chambres », commande Éric, soucieux de mettre les siens à l’abri.

Carole et sa mère s’engouffrent dans la première tandis que son oncle disparait dans le capharnaüm mitoyen. La jeune femme surprend le regard pétri de tendresse dont il la couve. Elle se sent soudain mal à l’aise… Jamais auparavant il ne l’avait percée avec une telle intensité qui semblait signifier : je t’aime plus que tout.

Au plus fort de la nuit, Carole sursaute sur sa couche inconfortable. Elle constate le vide laissé par sa mère dans ce lit de misère. S’effraie du bruit d’une altercation dans la chambre voisine. Des voix qui portent, des gosiers hurlants, des menaces jetées contre les parois trop minces pour les dissimuler. L’oreille collée au mur, elle entend les bribes d’une colère terrifiante :

« Tu allais le lui dire… Je l’ai lu dans ton regard…

— Laure, s’il te plaît…

— Non ! J’ai déjà perdu une fille… Confiance… Peux pas avouer… Trahison… ».

Puis le cri d’un verre brisé, d’un crâne qui explose sous une pluie de plaintes douloureuses.

Carole se rue hors de la chambre. A cet instant, Laure apparaît sur la coursive, les mains ruisselant de la preuve écarlate de son forfait. Abasourdie, la jeune femme recule dans ce vide qui l’attire inexorablement.

« Mon dieu… Qu’as-tu fait, maman ? Éric ?

— Ce n’est pas ce que tu crois… C’était un accident… » gémit Laure.

Carole hurle après son oncle — son oncle, vraiment ? -, ce grand frère, son sauveur. Cet homme mort.

A ses yeux hallucinés, Laure Longchamps n’aurait eu aucun mal à convaincre un expert que sa place était en HP. Une unité qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Pour le bien de tous.

Episode 66 by Nathalie Mota

« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît »

Valérie avait la sensation qu’un concert de black métal se déroulait dans sa poitrine.  Son cœur battait si fort qu’il résonnait dans ses tempes. Le CD était introduit depuis deux minutes déjà et le vieux PC faisait autant de bruit qu’un avion qui décolle.

Ses pensées naviguaient en eaux troubles, elle n’en pouvait plus de cette enquête qui partait dans tous les sens.

Elle aurait aimé que Sebastián soit auprès d’elle pour profiter de cette découverte et elle s’étonnait de penser à lui à cet instant précis. Cet idiot l’agaçait autant qu’il….

Son téléphone sonnait. Le nom de Lerot s’affichait, enfin des nouvelles !

— C’est pas trop tôt, Lerot ! Des jours que j’essaie de te joindre !

— Salut Rémini. Je te demande pardon, j’ai eu quelques impondérables… et tu es mal placée pour me fustiger, c’est quoi cette histoire de décharge ?

— On règlera nos comptes plus tard.  Où es-tu ?

— Pas loin de toi, j’arrive dans cinq minutes et j’ai des tonnes de choses à te raconter.

La communication fut coupée. Valérie regarda son téléphone d’un air perplexe. Cet abruti commençait sérieusement à lui courir sur le haricot et ce PC qui ne démarrait pas ! Elle entendit alors des pas dans les escaliers. Si un mec de la scientifique se pointait à cet instant, elle le jetterait manu militari. La porte s’ouvrit d’un coup sec et elle eut à peine le temps de se retourner que Sebastián entrait dans le bureau et se jetait sur elle pour l’enserrer comme un Robinson qui n’avait pas vu d’autre être humain depuis 20 ans. Elle se retrouva prisonnière, étouffant dans la chemise de Lerot qui puait le mauvais after-shave.

Elle se débattit tant bien que mal mais le bougre était plus fort qu’elle et elle finit par céder. Ce n’était pas si mal, finalement…

— Je me suis fait un sang d’encre, Val. Ne me fais plus jamais un coup pareil.

— …

— Oui, je sais. Tu en as bavé mais je suis là maintenant.

— Mmmmoooootttffffff !

— Je serai toujours là pour te protéger, tu le sais. Tu l’as toujours su. Tu peux me demander n’importe quoi. Te décrocher la lune, apprendre l’accordéon, devenir pompom girl… Tout ce que tu veux, je le ferai.

Sebastián relâcha son étreinte et prit le visage de Valérie entre ses mains. C’était maintenant ou jamais, il devait le faire ou l’occasion ne se représenterait peut-être plus. Il prit une grande inspiration, plongea son regard dans celui de Valérie et là, il oublia tout. Ses emmerdes, cette putain d’enquête, son eczéma. Il approcha ses lèvres de celles de la jeune femme et l’embrassa.

Episode 67 by Fanny HATT

L’amour filial

Carole agit rapidement. Elle ramassa le téléphone de son « oncle », son portefeuille, les mit dans sa veste et fit asseoir sa mère dans leur chambre après lui avoir lavé les mains.

— Tu ne bouges pas !  lui hurla-t-elle.

Elle se précipita dehors et alla discrètement à la voiture. Elle prit le bidon d’essence plein et revint en asperger la chambre où se trouvait Eric. Elle alla voir sa mère qui lui demanda :

— Comment va ton père ?

Carole resta troublée un instant mais elle avait tout compris la veille. Avant tout, il fallait qu’elle sorte sa mère de là et qu’elle la ramène à l’hôpital. Elle ne voulait pas qu’elle finisse ses jours en prison. Elle l’installa dans la voiture et retourna vider le reste de l’essence dans leur chambre. Une allumette craqua, les vieux rideaux, le lit et la vieille moquette s’embrasèrent aussitôt. Le temps que les secours arrivent, elles seraient loin et il n’y aurait plus une trace de leur passage. Elle démarra en trombe et pleura en pensant à son père…

Lorsqu’elle arriva par l’arrière de l’hôpital, elle prit garde aux caméras. Elle conduisit sa mère à l’intérieur et sut qu’elle ne la reverrait plus.

Sa mère, sans réaction, se laissa guider quelques pas puis continua à marcher le long du couloir jusqu’à ce que Carole entende une aide-soignante lui demander ce qu’elle faisait là.

* * *

Amanda, qui stationnait plus loin, fit le reste à pied pour s’approcher de la maison de Lalande. Soudain, une camionnette noire aux vitres teintées s’arrêta à sa hauteur. Une main lui tendit un téléphone d’où une voix sortit en hébreu :

— Agent Amanda, affaire terminée, retour au bercail.

Et elle s’engouffra dans le véhicule qui se fondit dans la pénombre de la nuit.

* * *

Valérie se dégagea tendrement de ce baiser.

— Sebastián… regarde… Sur mon pc… des listes, des photos, tous les trafics de Lalande de A à Z… ses complices, son demi-frère. C’est lui qui a commandité le meurtre de Camille ! Il est également responsable de la mort de son autre belle-fille, Carole… Un vrai salaud… Il faisait administrer de la drogue à son ex-femme à l’hôpital par un complice… Il faut retourner la voir à l’hôpital.

Au même moment, leurs portable bipèrent. Ils reçurent tous deux le même sms de Nobel leur annonçant le décès de Lerek.

Dernier épisode Nick Gardel

L’amour mon cul

Le premier cube s’abîma dans le liquide bouillant. Un tour de cuillère créa un vortex qui découpa la mousse compacte. Le second sucre prit le même chemin, mais déjà l’attention n’y était plus. Le juge Favre touillait distraitement son café, l’œil dans le vague. Il attendait.

Les épaules carrées de Max plongèrent le bistrot dans une semi-obscurité quand il passa la porte.

Ils étaient seuls dans ce boui-boui qui était depuis longtemps leur point de ralliement. Le juge fit néanmoins signe au journaliste, mais reprit rapidement son air las.

— Pas la forme des grands jours, on dirait… commenta le journaliste.

— Quand tu passes ta journée à patauger dans un merdier sans nom…

— J’avais cru comprendre que ça se décantait, pourtant.

—Tu te fous de moi ? Même mon expresso est plus clair que ce bourbier. On s’ébat dans l’hémoglobine et les pressions de la moitié des ministères. Toute la chaine de commandement est court-circuitée et devine qui va servir de fusible !

— D’habitude c’est plutôt les flics qui morflent, monsieur le juge…

— Avec la médiatisation du double attentat sur Rémini, elle est quasiment intouchable, idem pour Sebastián.

— Il s’agirait surtout de leur foutre la paix…

— Et la mienne de paix ? Ils s’en tirent bien de toute façon. Ils passent leur temps à s’entre-dévorer la couenne maintenant. Les petits oiseaux et les violons. Écœurant. Tout se barre à vau-l’eau.

— Sans compter que tu as Lerek qui est resté sur le carreau.

— Et que Nobel nous joue les pleureuses. Dépression post-traumatique, le gars n’est plus étanche. Les eaux de Versailles, les sanglots des grandes épopées. Hors-service aussi.

— Encore les ravages de la passion, rigola Max. En fait toute cette histoire est une vaste histoire d’amour.

— L’amour mon cul !

— Tu es vulgaire monsieur le juge.

— Je t’en foutrai de l’amour ! C’est surtout une histoire de dinguerie. Les Longchamps et ceux qui gravitent autour. La galaxie des tarés ! Lalande, complètement à la masse, son demi-frère, Blanchard, encore plus barge. Et dans la famille « fondu du bulbe », je demande la mère ! Celle-là, elle s’enfile maintenant les cachetons comme des Smarties, par boîte entière. Complètement ravagée. Elle confond tout, elle mélange tout et la plupart du temps, elle bave ! Camille, Carole, son beau-frère, son mari, toute la palanquée de cadavres qui viennent assaisonner ce plat pourri. En tout cas, ceux qu’on a retrouvés ! Parce que les placards sont garnis de squelettes. Du coup, il ne reste que bibi pour éponger le purin.

— Tes supérieurs se réveillent ?

— Eux et leurs copains ! Le moindre péteux avec un portefeuille prend son téléphone, histoire de voir s’il ne pourrait pas, au cas où, s’en servir pour me briser les noix. Des ministres se trouvent tout à coup vachement intéressés par l’enquête de Camille… L’intérieur, les affaires étrangères, même l’autre tanche de l’agriculture…

— Ça ne devrait pas t’étonner. Avec les infos contenues dans son dossier y avait de quoi mettre en bascule pas mal de monde…

— On va surtout faire tourner les chaises et quand la musique sera arrêtée, tout le monde aura retrouvé un strapontin… Remaniement et retraite, pas plus, pas moins. Les services secrets chapeautent le ménage.

— On ne va pas y gagner en clarté…

Le journaliste fit le tour du comptoir désert, laissa couler un filet doré depuis la tireuse et se servit un demi moussu.

— En fait, seule la meurtrière de Camille s’en tire, reprit-il après sa première gorgée.

— Rien n’est moins sûr… La fantômette a été exfiltrée par ses employeurs mais le véhicule n’est jamais arrivé à destination. La version officielle sera celle d’une banale perte de contrôle et d’un tragique accident routier. C’est toujours ça de pris pour les statistiques. Trois morts carbonisés dans l’estafette.

— Ça sent le pipeau à pleins poumons… El Condor pasa à la flûte de pan…

— Dans ce milieu, la seule certitude qu’on peut avoir c’est justement de ne pas en avoir.

— Philosophe, Monsieur le juge !

— Philosophe et emmerdé. Parce que, si tu fais le compte, il ne reste plus personne à charger pour le merdier. Il y aurait bien toi… Mais honnêtement, je ne vois pas comment.

— C’est toujours un plaisir…

— N’empêche, à ta place j’éviterais les velléités de publication dans un avenir proche et je choisirais cette période pour prendre des vacances. Toi et ta fille par exemple… Les tropiques, c’est bien les tropiques. Le turquoise et les palmiers, ça détend.

— J’ai pas exactement les moyens de me payer une cavale à l’autre bout du globe…

— Le coffre de Lalande a révélé un certain nombre d’enveloppes garnies. Je suis presque certain que le compte n’en a pas été fait avec toute la rigueur nécessaire. Tu sais combien la République peut être distraite parfois.

Favre fit glisser un fourreau de Kraft sur la table ronde. Il regarda Max qui souriait. L’affaire était entendue.

— J’imagine que tu vas continuer la brasse coulée dans la merde, dit le journaliste.

— Pour le moment, mon sort est en délibération. Je fais mon benêt qui ne comprend rien. On s’interroge encore pour savoir si je suis aussi con que j’en ai l’air. Dans l’absolu tout le monde se demande si je suis plus utile ici ou perdu dans un tribunal de province à instruire les ravages de l’alcoolisme.

— Ça laisse de la marge.

— La marge, c’est ce qui fait tenir les pages du cahier, dit le juge en quittant le bar.

* * *

Un rayon de soleil vient lui caresser l’épaule. Elle ouvre les yeux et regarde les courbes de celle qui dort encore à côté d’elle. Ses côtes lui font mal, surtout dans la position malcommode qu’elle est forcée de garder. Son bras est tendu et glisse sous le traversin jusqu’à la tête du lit. Son poignet est enserré dans un bracelet capitonné relié à un anneau dans le mur. Elle ne tire pas dessus. Elle comprend la raison de sa présence. Ce n’est pas de la résignation, c’est un gage pour celle qui s’étire maintenant à ses côtés.

Carole se tourne vers elle et plonge ses yeux dans les siens.

— Bien dormi ?

— Et toi ?

La jeune femme se redresse et lui caresse le visage. Le geste s’attarde sur son cou pour finalement venir effleurer sa poitrine bandée. Amanda retient sa respiration, anticipant la douleur.

— Tu as mal ? demande Carole.

— Un peu… Faut dire que je n’ai pas exactement la convalescence appropriée… Tu y as été fort tout de même. J’en reviens pas, où est-ce que tu as été chercher un lance-roquette ?

— Je le réservais à Lalande, mais finalement, je me suis dit qu’il pouvait aussi servir pour l’assassin de ma sœur.

Amanda déglutit. Elle tente de trouver des réponses dans les yeux de cette femme qui ressemble tant à Camille.

— …et puis il fallait bien ça pour en finir avec tes employeurs habituels, non ?

— Tu sais, ils ne sont jamais satisfaits. Surtout pas par les apparences. Ils me chercheront sans doute.

— Ça nous laisse un peu de temps au moins.

Carole saute du lit et se dirige vers la fenêtre. Son corps nu joue avec le soleil. Elle est belle. Le bracelet d’Amanda fait un cliquetis quand elle tente de changer de position.

— Ça nous met à égalité, reprend Carole. Moi aussi je suis morte après tout. Et puis tu étais si mignonne dans la carcasse de cette camionnette. Je n’ai pas eu le courage de te mettre une balle dans la tête.

Elle revient et chevauche la prisonnière qui renonce à se redresser.

— Il ne faut pas toujours tout expliquer.

De sa main libre, Amanda empaume le sein de la jeune femme qui lui plante un baiser sur les lèvres.

Il faudra du temps.

Elles en ont.

Épilogue by Cécile Pellault

Un pacte sinon rien

La sueur perlait sur son front, coulait depuis la naissance de sa colonne vertébrale jusqu’aux tréfonds de son être, tel le fleuve de sa peur. Sa mâchoire se contractait à chaque ressac de la nausée qui l’envahissait. Elle n’était pas loin de se transformer en marée qui éroderait la moindre parcelle de joie dans son cœur. L’effroi avait envahi son système nerveux, transformant chaque frisson en douleur fulgurante.

Geneviève tenait entre ses mains le dernier manuscrit de Claude France. Depuis qu’elle était son éditrice, c’est-à-dire depuis son tout premier roman, elle avait pu compter sur son poulain. Il lui fournissait toujours en temps et en heure son manuscrit qui partait ensuite à la correction, pour finir sa course en bonne place dans toutes les librairies et tous les espaces de ventes possibles et imaginables pour un thriller, vendu à des millions d’exemplaires en France et dans tous les pays friands de ses déclinaisons internationales. Les critiques étaient souvent mitigées. Les milieux littéraires bon teint le boudaient mais il était invité dans toutes les émissions de divertissement radiophoniques et télévisuelles. Et surtout, les Français et les Françaises l’adoraient, l’achetaient et étaient prêts à faire des heures de queue pour une dédicace de leur écrivain préféré.

Cependant, autant elle avait pu, jusqu’alors, transférer au pool de relectrices-correctrices le fichier annuel sans un regard approfondi, autant ce 20ème opus la plongeait dans la stupeur. Ce qu’elle avait entre les mains était une catastrophe, un délire ! Claude lui avait pitché le meurtre d’une journaliste, Camille, sur fond d’un complot international et d’une revanche familiale. Elle avait opiné, confiante dans les capacités de CF d’en faire un vrai page-turner. Mais elle avait sous les yeux plus de 60 chapitres avec autant de styles différents que de retournements de situations impossibles et inimaginables. Il avait repris la boisson, elle ne voyait que cela comme explication. Une jumelle tueuse et magicienne, la mise en scène d’écrivains connus sous des références à peine voilées, qui lui assurait une bataille juridique sévère avec les autres maisons d’éditions, un personnage principal abandonné en pleine campagne sans que l’on sache vraiment ce qu’il lui était arrivé avant un dénouement en forme de baiser… Et certains chapitres requéraient simplement l’usage de LSD pour la compréhension.

Geneviève se prit la tête entre les mains pour tenter de contenir la migraine qui brandissait l’épée de sa férocité. Qu’avait-elle fait pour mériter cela ? Il devait pourtant y avoir une explication. Claude se sabordait pour pouvoir changer de maison d’édition ? Un pari ? Une blague ? Une maladie neuronale dégénérative ? Même au pire de son alcoolisme, son écriture avait été exploitable. Pas toujours ses déclarations à la presse mais rien à voir avec ce truc qu’elle regardait avec horreur. Seule la mort de son auteur pouvait sauver cette rentrée littéraire. L’idée insidieuse fit son chemin assez facilement dans son esprit. Les chiffres de vente, la couverture médiatique commençaient à faire briller les yeux de l’éditrice qui s’étaient éteints comme des chandeliers sur lesquels un vent froid aurait soufflé à la lecture de ce machin livresque.  Qui pourrait être aussi désespéré qu’elle pour l’aider ? Son regard se posa sur la pile des manuscrits envoyés par la poste des aspirants au Saint Graal du contrat d’édition.

Qui serait assez aux abois pour accepter un pacte à la Faust ? Eliminer l’auteur célèbre contre un contrat pour le devenir. Elle lut les noms sur le tableau Excel établi par ses équipes reprenant ceux sélectionnés comme « Probables Plumes à signer », les PPS. Isabelle B, Lou V, Aurore Z, Cécile P, Elias A, Marylène LB, Michèle F, Maryse, Danièle T, Fleur, Aurélie, Caroline N, Yvan F, Eppy F, Noëlle, Lolo, Nicolas D, Yannick P, Pascal B, Frédérique-Sophie B, Fanny L, Sandrine D, Maud V, Aline G, Nathalie R, Guy R, Carlo C, Leelo D, David S, Danièle O, Céline B, Patrice G, Michel R, Marc S, Clémence, Michael C, Claude L, Lucienne C, Frédéric F, Nathalie J, Patrick F, Sylvie K, Sacha E, Sofia H, Florence L, Michael F, Loli C, Mark Z, Kate W, Jean-Paul D, (…). Autant commencer par la première de la liste, pensa-t-elle.

— « Allo, Isabelle B ? …Oui, Geneviève V des Editions Albin Sud… Seriez-vous disponible pour un rendez-vous pour discuter de votre avenir ?… Non,  pas dans nos locaux, un petit café Le Goethe… Oui, c’est ça !… A bientôt, Isabelle ! »

Geneviève raccrocha, soulagée. Avec Isabelle ou un autre, elle se sortirait de ce pétrin ou de ce cadavre de manuscrit. Un petit pacte et puis s’en ira.


Voilà cher(e)s amis lecteurs zé lectrices

Vous croyez en avoir fini avec notre cadavre exquis ? Et bien pas du tout

Il va revenir vous hanter sous forme de jeux-concours dans les jours prochains

Alors soyez attentif.

Bien à vous

Ge porte flingue de Collectif Polar

 

Affinités de Sarah Waters


Le livres : Affinités de Sarah Waters . Traduit de l’anglais par Erika Abrams. Paru le 6 janvier 2005 cher Denoël. 25,35€ ; (521 p.) ; 21 x 14 cm

 4e de couv :

La prison de Millbank et ses voleuses, criminelles et faussaires, ses avorteuses et mères maquerelles. C’est dans l’inquiétant climat de l’une des geôles les plus lugubres de l’ère victorienne que Margaret Prior, dame patronnesse, rencontre la charismatique médium spirite Selina Dawes qui, bien qu’incarcérée, ne cesse de clamer son innocence. Au fil des visites, Selina dévoile son étrange histoire, et Margaret est irrésistiblement entraînée dans un monde crépusculaire de séances de spiritisme et d’apparitions, d’esprits insoumis et de passions incontrôlables…Récit de fantômes et thriller historique, Affinités nous plonge dans l’univers fascinant qui a fait le succès des précédents romans de Sarah Waters. En héritière virtuose de Dickens et de Wilkie Collins, l’auteur nous offre un roman envoûtant où le suspense monte sans répit jusqu’à un dénouement final étonnant.

L’auteur :Sarah Waters est née au pays de Galles en 1966. Égérie des milieux gay, elle en est devenue, à l’instar d’Armistead Maupin, l’un des auteurs emblématiques. Après un doctorat en littérature anglaise, elle se consacre à l’écriture et rencontre rapidement un large succès avec son premier roman, Caresser le velours, paru chez Denoël. Du bout des doigts, son troisième roman, a été finaliste de tous les grands prix littéraires d’outre-Manche, dont le Booker Prize et le Orange Prize, et a remporté le Somerset Maugham Prize. En 2003, Sarah Waters a fait partie de la liste des «vingt meilleurs jeunes romanciers anglais» établie par la revue Granta.
Extrait : « J’ai vingt-neuf ans. Dans trois mois je passerai le cap de la trentaine […] qu’adviendra-t-il de moi ? Je me dessécherai, je deviendrai cassante, décolorée – telle la feuille qu’on garde, pressée entre les pages d’un triste livre noir, jusqu’à ce que l’oubli la réclame.

Le post-it de Ge

Affinités de Sarah Waters : une lecture mémorable.

1873, Londres. Prison de Millbank. Pour tromper son ennui, c’est ce lieu inquiétant que Margaret Prior, demoiselle de la bonne société anglaise, décide de visiter régulièrement. Car à 30 ans, au grand dam de sa bourgeoise de mère, Margaret est devenu « Dame patronnesse ». Dans cette bâtisse sinistre croupissent les parias de l’ère victorienne, avorteuses, voleuses et autres criminelles, à qui elle veut apporter un peu de réconfort. Au fils de ses visites se dessinent la réalité des lieux et les condition de vie des prisonnières. Margaret discute avec ses dernières dans l’espoir de partager avec elles quelques instants d’humanité. Elle se lie plus particulièrement avec Sélina Dawes, une captive qui se pose en victime et proclame à tout va son innocence. Selina raconte à Margaret sa bien curieuse histoire et elle va bientôt l’initier au spiritisme. Margaret va être entraînée dans un univers de passions incontrôlables. Et cette amitié, qui se noue entre les deux femmes, va aboutir à une tentative d’évasion. Si elle réussit, pour la prisonnière, le résultat sera le retour à la liberté tandis que pour la dame patronnesse, la conséquence sera l’affirmation de son identité.

Extrait : Je détournai les yeux. L’amertume du premier instant commençait à faire place à de l’appréhension. Je me souvenais du rire de Selina: elle n’avait jamais souri dans les premiers temps, je l’avais trouvée toujours triste et maussade. Je me souvenais de ce qu’elle avait dit de l’impatience avec laquelle elle attendait mes visites, au dépit qu’elle éprouvait lorsque je restais loin de Millbank où le temps paraissait tellement plus long qu’ailleurs. Je me disais: m’interdire de la voir maintenant, autant vaudrait l’enfermer à perpétuité dans le cachot obscur!

Sarah Waters nous propose ici un roman épistolaire. En effet deux journaux écrits à deux année d’intervalle se répondent et chacun d’eux apporte son propre éclairage sur cette histoire envoûtante. Affinités ménage un formidable suspense réservant au lecteur une chute pour le moins déroutante.

Un merveilleux roman magnifiquement écrit. Une auteure qui m’a marquée et donc je vous recommande vivement la lecture. Suspense, atmosphères étouffées, passions défendues et trahison, aucun des ingrédients qui font l’univers de Sarah Waters ne manque dans ce roman magistralement orchestré.

Extrait : « Je suis hantée au contraire par la banalité de l’endroit; par le fait même qu’il soit là où il est, à moins d’une lieue de Chelsea et de la maison, qu’il suffise d’une petite course en fiacre pour se rendre dans cet immense et sinistre séjour des ombres où des êtres humains ont enfermé quinze cents de leurs semblables, hommes et femmes, en leur imposant un régime de silence et de soumission perpétuels. C’est dans les gestes simples de la vie que mon esprit m’y ramène – en buvant une tasse de thé pour étancher ma soif; en prenant en main un livre pour me distraire ou un châle parce que j’ai froid; en récitant à haute voix quelques vers, pour la beauté des mots et le plaisir de les entendre. J’ai accompli ces choses, comme mille fois par le passé; et j’ai pensé aux prisonniers qui ne peuvent rien faire de tout cela. »

Les fantômes du passé – Gaëlle Perrin-Guillet :


Le livre : Les fantômes du passé de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 août 2018 aux éditions City. 18,90€ ; (320 p.) ; 14,5 x 22,5 cm.
4ème de couverture :
Londres, 1893 : une calèche explose, tuant sur le coup un notable. La police est désemparée, d’autant que le meilleur inspecteur de la ville, Henry Wilkes, a rendu son insigne. Aux prises avec ses démons intérieurs, il dépérit sous le regard inquiet de son fidèle Billy, le gamin des rues qu’il a recueilli.
Mais quand le « meurtre de la calèche » prend une autre dimension, Henry ne peut rien faire d’autre que reprendre du service. En effet, tous les indices désignent un coupable : Gareth, le propre frère d’Henry… mort des années plus tôt ! Est-ce une machination ? Ou bien son frère serait-il encore vivant ?
L’inspecteur déchu risque fort de réveiller les fantômes du passé dans cette ville où trahison et mensonges sont monnaie courante et où le danger est à chaque coin de rue..
L’auteur : Gaëlle Perrin-Guillet est l’auteure de plusieurs romans policiers distingués par des prix littéraires. Avec Les Fantômes du passé, elle signe un nouveau volet de la série d’enquêtes de Henry Wilkes et Billy Bennett, qui se situent dans le Londres du XIXe siècle.
Extrait :
« Le flic vif et déterminé qu’il avait connu était mort en rendant son insigne dans une taverne insalubre de Whitechapel.
Billy l’avait pourtant prévenu : sans son métier, le temps s’étirerait cruellement, sans saveur. Wilkes était fait pour enquêter, et pour rien d’autre.
Les premiers temps avaient pourtant été agréables. Profitant de l’hiver, Henry avait emmené son jeune protégé sur les plages qu’il affectionnait tant , loin du tumulte de la ville. Billy se rappelait la caresse des vagues sur ses pieds nus, le crissement du sable et l’odeur du vent venu du large. Henry était intarissable alors, sur les volatiles qui se posaient près d’eux.
Puis tout s’était arrêté. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Les fantômes du passé, de Gaëlle Perrin-Guillet :

Tout d’abord, je remercie les éditions City et Élise de m’avoir permis de lire ce livre. Ne connaissant pas du tout la plume de Gaëlle, j’ai préféré lire le premier opus des aventures de Henry Wilkes et de Billy Bennett dans Soul or London avant d’attaquer celui dont je vous parle aujourd’hui .

Il est important de savoir que dans le premier tome, la relation entre Henry et Billy m’a énormément émue. J’étais ravie de les retrouver même si les circonstances du début n’étaient pas reluisantes. Mais la force de l’amitié ne déplace t’elle pas des montagnes ?

L’histoire débute par l’explosion de la calèche d’un notable qui cause sa mort et celle de son cocher. Nous nous trouvons dans le Londres du 19 ème siècle. Habituellement, les polars avec une touche historique ne me plaisent vraiment pas. Gaëlle a su captiver mon esprit et titiller ma curiosité afin d’en faire une réelle belle découverte.

Ayant visité il y a peu Londres, je me suis rendue dans tous les lieux que l’auteur a magnifiquement décrits. Je me suis réellement sentie repartie en Angleterre dans les ruelles, au Regent’s Park, sur Pimrose Hill. Un merveilleux souvenir de voyage ravivé par ce livre.

Henry Wilkes, ayant rendu son insigne, au grand désespoir de son ami Billy, se voit rappelé par son collègue qui a clairement du mal à l’avouer mais a besoin de son aide.

Wilkes accepte uniquement car Thomson a évoqué la possibilité que son frère, décédé, soit impliqué. Wilkes décide de tout faire pour laver son honneur. A partir de là, les fantômes du passé se réveilleront …

L’énigme est ficelée d’une main de maître. Les rebondissements, intrigues, sont bien présents.

Au-delà de l’enquête policière, l’ambiance a toute son importance. Comme je le disais plus haut, on sent que l’auteur connaît les lieux et a envie de nous y plonger complètement. Les ruelles sombres, l’apparition de nouveautés telles que l’électricité, l’automobile, et le téléphone. Ah la découverte du téléphone chez le légiste, un réel moment de plaisir !

On sent également que l’auteur a fait des recherches car aucun détails ne viendra choquer dans cette ambiance victorienne.

J’ai adoré la façon dont l’auteur y laisse des messages. On ressent les prémices du féminisme avec le personnage d’Alice qui veut prouver qu’en étant femme elle est également quelqu’un et mérite d’être reconnue à sa juste valeur.

Un roman, une enquête, une plongée dans l’histoire, un voyage, et des messages importants… voilà comment je résumerai la lecture de ce livre. Merci Gaëlle !

Je vous invite à faire de même et à vous plonger dans cette ambiance 19 ème londonienne . Vous n’en serez pas déçus !

Et pour répondre à certains qui se demanderaient si le premier opus est indispensable, je dirai que non. Vous pouvez directement lire le second et vous comprendrez tout mais il serait dommage de louper les débuts de la relation liant nos 3 personnages principaux.

 

L’affaire Rose Keller – Ludovic Miserole.


Après Ophélie ce matin c’est au tout de clémence de nous révéler son avis sur sa lecture  de L’affaire Rose Keller

Voici donc la seconde partie de…

La double Chronique

Le livre : L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole. Paru le 13 septembre 2018 aux éditions French Pulp. 18€ ; (410 p.) ; 14,2 x 21,1 cm.
4ème de couverture :
Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
L’auteur : Après le succès de son premier ouvrage Rosalie Lamorlière, dernière servante de Marie-Antoinette, Ludovic Miserole nous invite à nouveau à rencontrer un personnage méconnu de notre histoire.
Avec un talent indéniable, il combine la vérité historique, puisée minutieusement dans les sources, et l’invention, autrement dit, il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Derrière le portrait de Zamor se dessine, en filigrane, celui des héros – les grands, que nous connaissons, comme les anonymes, les « humbles » qui ont œuvré dans l’ombre – d’une France révolutionnaire et post-révolutionnaire.
L’extrait :
« Il était revenu comme il le lui avait dit. Environ une heure après l’avoir laissée dans cette chambre des Halles avec des questions, des doutes et cette peur qui peu à peu l’avait envahie durant ces longues et interminables minutes. Une première torture mentale avant bien d’autres qui ne manqueraient pas de survenir. Avant aussi toutes ces tortures physiques dont elle serait victime. Mais cela, elle ne le savait pas encore.
Avec un sourire carnassier, il l’avait fait monter dans un fiacre dont il avait très vite monté les petits volets de bois pour en occulter les glaces. La peur, elle, n’avait que décuplé. La voiture s’ébranla dans un noir d’encre. Pas un mot n’avait été échangé durant le trajet à l’exception d’une fois, environ à mi parcours.
– Savez-vous où je vous mène ?
– Comment le saurais je ? Vous ne m’avez point dit et je n’y vois goutte, lui avait elle répondu avec un certain aplomb.
Il n’avait pas daigné répondre. Le silence était lourd. Une arme facile, à la portée de tous et qui, bien gérée comme elle l’était par cet homme, pouvait faire bien des ravages. Et en effet, Rose se liquéfiait. Lui, n’ayant que peu de considération pour sa compagne de voyage, fit mine de dormir. »

L’avis de Clémence, de la page Les lectures de Clémence :

L’affaire Rose Keller, de Ludovic Miserole.

Première plongée pour moi dans l’univers de l’auteur. Je ne suis pas une adepte des romans avec un fond historique car j’ai tendance à m’ennuyer. Mais là l’auteur m’a fait changer d’avis…

L’auteur a su me captiver en m’emmenant avec lui dans une époque bien lointaine où il m’a fait vivre aux côtés de personnages bien particuliers.

Je vous avoue que ces personnages ayant existé m’avaient jusque là peu intéressés , et quelle grossière erreur !

Ce livre vous emmènera dans les tréfonds de l’être humain. Obscurité, cris, pleurs, souffrances morales et physiques seront vos compagnons de lecture.

Vous ferez connaissance avec Rose et son tortionnaire, le légendaire Marquis de Sade. On essaye alors de trouver des circonstances pour comprendre cet homme pour qui le plaisir est la douleur des autres… mais en vain.

Il vous fera aller au-delà des quelques pages sombres du livre pour tenter d’y trouver la lumière…J’ai adoré visiter cette époque où la guerre des classes faisait rage où la richesse ne devait en aucun cas se mélanger à la pauvreté…

Alors si comme moi , le personnage du Marquis de Sade vous intrigue, n’hésitez pas foncez chez votre libraire ! Tous ces petits secrets seront dévoilés au grand jour.

Je ne regrette absolument pas d’avoir osé changer de style de lecture et de m’être tournée vers la fiction historique. Ce premier volet signé le commencement d’une trilogie que je suivrai avec beaucoup de plaisir .

Je remercie Kim des éditions French Pulp pour sa confiance, encore et toujours…

L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole


Le livre: L’affaire Rose Keller de Ludovic Miserole. Paru le 13 septembre 2018 aux éditions French Pulp. 18 euros; 410 pages,14x 21 cm.
 
4ème de couverture:
Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris.
En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer.
Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera  » le divin marquis « , qui lui fera subir les pires outrages imaginables.
L’auteur:  Ludovic Miserole est un auteur que l’Histoire et les personnages historiques fascine.
Avec un talent indéniable,il marie subtilement histoire et fiction pour mettre en scène un passé révolu. Auteur de Rosalie Lamorlière et de Zamor  il revient aujourd’hui avec le premier tome d’une trilogie consacrée au sulfureux Marquis de Sade.

 

 

Extrait:
« Tais toi malheureuse! Tu ne sais pas ce que tu dis.L’expérience te manque.Que me parles tu de remords? Peuvent-ils exister dans l’âme qui ne reconnaît de crime à rien? Je suis capable de toutes les débauches de l’esprit et je n’ai pas de coeur. Ce coeur n’existe pas. Ce n’est qu’un nom donné aux faiblesses de l’esprit. Tu vois, en te confessant à moi, tu ne crains donc pas mon courroux et tu te sentiras soulagée. Je t’écoute. Parle! Raconte moi les pires horreurs dont tu t’es rendue coupable. »

Le OFF de OPH

L’Affaire Rose Keller, un petit bijou de Ludovic Miserole dans un écrin made in French Pulp

Chronique d’une pierre précieuse…

L’affaire Rose Keller est une exo fiction, une fiction créée à partir d’éléments réels. Ici il s’agit donc bien d’un roman noir puisque l’Affaire Rose Keller est le premier évènement à avoir mis sur le devant de la scène le Marquis de Sade et ses pratiques très controversées.

Dimanche de Pâques du 03 avril 1768, Rose Keller, jeune veuve, est abordée dans les rues de Paris par un gentilhomme qui lui propose, contre rémunération, de venir faire du ménage dans l’une de ses demeures. La pauvresse, sans le sou, après avoir précisé ne pas avoir la cuisse légère, accepte sa proposition. Ce que ne sait « la douce Rose », c’est que cet homme recherche le plaisir dans les douleurs qu’il procure aux autres…

Ainsi commence ce roman passionnant.

J’ai été fascinée par ce livre et à plusieurs titres.

Ludovic a effectué, en amont de l’écriture, un travail de recherche colossal pour nous livrer cette histoire. Extraits de lettres originales, de rapports, plusieurs documents cités et retranscris étaient jusqu’alors dormants dans divers lieux d’archives (bibliothèque nationale de France, Archives départementales de Nanterre…) avant qu’il ne les exhume.

Dans la rédaction, il a su adapter son style et son écriture à l’époque pour nous transporter, sans DeLorean, en 1768, au cœur de cette affaire sulfureuse. L’écriture est soignée, travaillée, le vocabulaire particulièrement bien adapté sans pour autant que la lecture soit lourde ou indigeste. Bien au contraire, la plume est légère, délicate, ronde tout en donnant du rythme au récit. Une fois commencé, il m’a été difficile de lâcher cette lecture passionnante.

Les descriptions des tortures que Donatien Alphonse François de Sade fera subir à Rose sont décrites sans outrance, de manière juste, comme si nous étions les spectateurs de ces scènes sans pour autant être voyeurs. Les douleurs ressenties par Rose vrillent les entrailles et hérissent les poils. La manière dont la pauvre femme sera traitée après sa fuite est à vomir… Toutes ces émotions, celles que je vous décris, sont celles qu’a fait naître Ludovic.

J’ai découvert un Marquis de Sade philosophe. Si d’aucun ne retienne de cet homme que ses pratiques sexuelles et ses écrits sulfureux, beaucoup oublient que Sade était non seulement homme de lettres, mais aussi d’esprit. En racontant cette histoire, Ludovic a fait le choix de rester totalement objectif, de ne pas tenir compte de ses ressentis par rapport à cet homme. Il nous livre donc un Marquis, allergique à la religion et à tout dogme, qui développe à plusieurs reprises sa vision de la liberté et de ses idées, et j’avoue que je suis encore, une fois ma lecture achevée, pensive :

« Le bien ? Notion étrange qui varie non seulement d’un être à l’autre, mais également d’une civilisation à une autre. C’est dire le sérieux de la chose ! Ne me parlez pas de choses qui vous dépassent. Ce qui est bien pour vous ne l’est pas pour moi et ce qui est moral pour vous n’est que fadaise à mes yeux. Êtes-vous convaincue de ce que vous prêchez ? Avez-vous seulement vécu une infime partie de ce qu’on vous interdit ? Vous m’enfermerez peut-être, mais contrairement à vous, je suis libre. »

De sa femme amoureuse et soumise à sa belle-mère dominatrice et maîtresse femme ; de son valet à son oncle religieux, Ludovic nous décrit les personnes clefs de la vie du « Divin Marquis » et le rôle qu’ils ont tenu dans sa vie.

Il y a tellement de passages que je voudrais retranscrire pour vous faire comprendre à quel point il faut impérativement lire ce livre, à quel point c’est un bijou dans sa construction, sa rédaction, dans ce qu’il pousse à la réflexion. Non pas qu’il impose un changement des visions que chacun d’entre nous peut avoir sur le personnage de Sade, que ce soit celle d’un être abject ou d’un homme libéré de tout carcan jouissant sans honte de ce qu’il considère comme étant la liberté ; mais parce qu’il amène à la réflexion, parce qu’il dévoile un autre aspect de ce personnage ; parce qu’il met en lumière le pouvoir de l’argent, le pouvoir de ceux qui détiennent Pouvoir et Influence…

Vous l’avez compris, ce livre est pour moi un énorme coup de cœur. Le travail de Ludovic est remarquable et doit être remarqué. L’Affaire Rose Keller entre dans le trio de tête de mes dix coups de cœurs de l’année pour tout ce que je viens de vous décrire. Un bon roman ce n’est pas qu’une intrigue ou une histoire et des personnages, un bon roman vous fait ressentir, vous fascine, vous passionne, vous empêche d’ouvrir un autre roman en fin de lecture parce qu’il persiste à vivre dans votre esprit… J’ai terminé celui-ci il y a 24 heures, et ce soir encore je ne lirai pas…

La guerre est une ruse – Frédéric Paulin


Le livre : La guerre est une ruse, Volume 1 de Frédéric Paulin. Paru le 6 septembre 2018 aux Editions Agullo. 22€ ; (384 p.) ; 20 x 14 cm

4ème de couv 

Algérie, 1992. Après l’annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent… Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre. Alors qu’il assiste à l’interrogatoire musclé d’un terroriste, Tedj apprend l’existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines. En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l’oeuvre des uns ou des autres ? Ou d’une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ? Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste. Tedj parviendra-t-il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l’horreur ne s’invite à Paris ? Avec ce premier tome, Frédéric Paulin plonge le lecteur au coeur de la décennie noire qui ravagea l’Algérie et préfigura une nouvelle ère de terreur inaugurée par les attentats du 11 septembre.

L’auteur : Frédéric Paulin est né en 1972. IL est l’auteur de plusieurs romans noirs historiques et de polars mélangeant critique sociale et chronique policière. Il vit en Bretagne. Il a publié en autre aux Éditions Goater de La Dignité des psychopathes, La Grande peur du petit blanc (Prix du roman Produit en Bretagne 2014) et 600 coups par minute (Prix Les Mots de l’Ouest 2016). Et de La peste soit des mangeurs de viande à la Manufacture de livres
Extrait : 
Ce lien contre nature entre militaires et islamistes engendrera inévitablement le grand bordel. Le grand bordel, comprendre l’importation des problèmes algériens en France.

Le petit avis de Kris

La guerre est une ruse – Frédéric Paulin
Editions Agullo

Algérie, 1992. Les élections remportées par le Front islamique du salut sont annulées et le pouvoir est investi par quelques généraux. Tedj Benlazar, agent de la DGSE, surveille les agissements du Département du renseignement militaire. Il met à jour une machination destinée à exporter le terrorisme à Paris afin d’obliger la France à s’impliquer dans le plan antiterroriste des généraux.

Ce livre est un constat, certes, mais mené tambours battants à la manière d’un thriller. Aussitôt en main, impossible de le poser.

Le début de Daesh et des hostilités ?

On suit le cheminement d’un agent de la DGSE en poste à Alger de 1992 a 1995. Inutile de préciser que les missions ne sont pas de tout repos et à hauts risques. D’autant que sa famille est restée en France et que l’éloignement ne facilite pas les choses.
Quand on est un agent de l’état français au patronyme arabe, on n’est plus loin de la
recherche d’identité, né algérien et faire partie de la DGSE à Alger n’est pas une mince affaire.

Il flaire les unions contre nature qu’il entrevoit autour de lui mais parviendra- t ‘il a en apporter les preuves ?

J’ai quitté à regret Tedj Benlazar, attachant au possible, mais mon petit doigt me dit qu’il en a encore sous le pied.

Le contenant est attirant, certes, mais le contenu le mérite grandement !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

Et si on leur donner la parole 3 lou

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)

Bonjour, c’est assez rare de pouvoir recevoir un personnage de roman. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ? Une présentation d’abord ?

Je peux mais est-ce que j’en ai envie…. ? Si vous me connaissiez déjà un tant soit peu (Cf La Toile aux alouettes), vous sauriez que je suis du genre taiseux, solitaire…pas forcement bougon mais socialement limité. Ma profession qui veut ça (ancien flic reconverti détective privé) et une certaine aptitude à croire que du silence nait la réponse…

Je comprends… Mais… Parlez-nous vraiment de vous… Vous avez des traits de caractère qui prédominent ?

Je viens de vous le dire, je crois.

Bien… euh… Changeons de sujet. Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Quelle question ? Depuis toujours il me semble… tapi, souverain, patient…

C’est précis comme réponse ! Mais en tant que créateur, il a bien dû déteindre sur vous. Il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Il ne le sait pas encore mais oui absolument. Le néant n’étant qu’un vide à combler !

Pourtant il n’est pas tendre avec vous dans le livre. Tout comme vos actions… Certaines sont tout de même limite… Lui en voulez-vous ?

Non. Pour lui comme pour moi, certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience. Mais je ne suis pas le pire dans l’histoire. Un témoin, tout au plus un intermédiaire.

Certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience.

Et quand il ne pose pas vos faits et gestes sur le papier, comment vous occupez votre temps libre ?

Je vais. Je viens. Non pas comme dans la chanson, quoique ! Je vis, assurément. Mes pas me portent. Ce sont toujours les événements qui me trouvent, jamais l’inverse.

C’est votre tour… Une question pour lui ?

Vas-tu vraiment me quitter dans l’Opus 3 ?

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Asseyez-vous, prenez votre temps, lisez, humez, ressentez, fiez vous à votre imaginaire, votre intuition et vos sens. La partie n’en sera que plus fine

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