Elizas de Sara Shepard


Elizas de Sara Shepard. Traduit de l’anglais par Amélie de Maupeou. Paru le 26 juin 2018 aux éditions Charleston dans la collection Charleston Noir.  22€50 ; (429 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv :

Elizas

Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d’alcools forts et de médicaments…

Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d’hôpital, il lui suffit d’un regard à ses proches pour comprendre qu’on la soupçonne d’une nouvelle tentative de suicide.

N’a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d’une piscine alors qu’elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c’est différent.

Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d’une voix, d’un rire…

Uniquement armée du roman qu’elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s’est réellement passé. Car, s’il y a une chose dont Eliza est sûre, c’est qu’elle n’a pas sauté dans cette piscine. Quelqu’un a tenté de la tuer.

« Sara Shepard nous éblouit avec ce thriller glaçant qui brouille les lignes entre fiction et réalité. Un roman vibrant et brillant, avec une héroïne que vous n’oublierez pas de sitôt. »
Mary Kubica, auteure du best-seller Une fille parfaite

L’auteur : Sara Shepard vit à Philadelphie en Pennsylvanie où elle est née le 8 avril 1977. Sara Shepard est l’auteure des séries best-sellers Pretty Little Liars et The Lying Games. La série télévisée tirée de Pretty Little Liars a vu sa septième et dernière saison en 2017.  Diplômée de littérature au Brooklyn College, elle s’est inspirée de son propre vécu pour sa série Les Menteuses. Elizas, son nouveau roman, paru en avril 2018 aux États-Unis, est encensé par la critique.
Extrait : 
Lance m’encourage d’un hochement de tête. Il aimerait sans doute que je lui en révèle davantage, mais je n’en ai pas l’intention. La dernière chose dont j’ai envie, c’est d’expliquer mes élans créatifs devant ma famille. Ce roman est mon accomplissement personnel, pas le leur – d’ailleurs, ils ne l’ont pas soutenu, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce ne sont pas des artistes. Ils ne lisent même pas. S’ils le lisaient, ils le taxeraient probablement de stupide. Frivole. Mélodramatique. Je ne leur ai même pas dit qu’il sortait dans un mois. J’espère qu’ils ne s’en apercevront pas et qu’ils ne penseront même pas à le lire. Je n’ai pas envie d’entendre leurs interprétations hasardeuses.

 

Le post-it de Ge

@lillycharleston

Je ne connaissais de Sara Shepard que les romans young-adulte qui ont fait sa renommée. Les premiers publiés il y a une dizaine d’années paru chez Fleuve Noir sous le titre générique « Les menteuses »  l’histoire de cinq lycéennes Alison, Hanna, Emily, Spencer et Aria, les filles les plus populaires de Rosewood qui  ont un lourd secret qu’elles se sont juré de ne jamais révéler à personne.  Une Série plus connu sous le titre de Pretty Little Liars. Il y a eu par la suite The lying game mettant à nouveau des adolescentes en scène, deux soeurs jumelles Emma et Sutton séparées à leur naissance. Ces séries romanesque ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Dans la même veine Sara Shepars a écrit Les Perfectionnistes  puis l’an dernier arrivent ses romans les Amateurs dans lequel ses héros et héroïnes sont cette fois de jeune adultes. Et aujourd’hui elle entre dans la cours des grands si je puis dire avec son premier roman destiné à une public adulte.

Avec Elizas, l’auteure nous offre là un pur roman psychologique

Tandis qu’Elizas est en passe de faire publier son premier roman, elle se sent manipulée par son entourage. Parce qu’elle a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, personne ne veut la croire quand elle affirme avoir été poussée dans la piscine. Au cours de l’enquête qu’elle mène sur cette agression, sa vie ne cesse de se confondre avec celle de Dot, personnage de son propre roman.

Une fiction où réalité et fiction se mêle étroitement. une histoire où notre héroïne est un peu perdue et nous perd parfois non pas parce que c’est inintéressant mais parce qu’il y a de nombreux rebondissement. D’ailleurs chaque fin de chapitre est un véritable cliffhanger difficile pour les lecteurs et pour la lectrice que je suis de ne pas vouloir connaître la suite. De ne pas savoir comment s’en sort Elizas. Et puis l’alternance entre les chapitres sur Elizas et les chapitres sur son propre roman sont intéressants. Cette autosimilarité donne du relief au roman. Une mise en abyme qui accentue le coté suspense et rajoute de la tension au texte. Cela lui confère aussi un petit coté malsain et glaçant.

Bref vous l’aurez compris, Elizas est un page turner bluffant où réalité, fiction et folie se mêlent. Un thriller psychologique parfaitement construit qui fonctionne à merveille. M^me si je l’avoue, la vieille lectrice de polar que je suis a repéré assez vite les indices que sème l’auteur tout au long de son intrigue.

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L’Unité Alphabet – Jussi Adler-Olsen


Il y a quelques jour Ophélie nous livrait son avis sur L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen.

Aujourd’hui c’est Jean Paul qui nous fait partager son ressenti

Le voici…


Le livre : L’Unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Paru le 29 août 2018 aux Éditions, Albin Michel. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

 

L’auteur : Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, on ne présente plus le Danois Jussi Adler-Olsen : lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l’ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d’or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance.

 

Extrait :
« James commençait à synthétiser les renseignements. Quelques informations par-ci, une bribe d’anecdotes par-là et des heures de vantardise qui, ensemble, composaient l’histoire des trois simulateurs qui partageaient son quotidien.
Dieter Schmidt, le Chétif, celui qui était dans le lit le plus éloigné, parlait très bas et il n’était pas facile d’entendre ce qu’il disait. James ne savait pas s’il était d’une nature discrète ou si c’était la peur d’être découvert qui lui donnait une voix aussi tenue. Les gens changent en fonction de leur environnement. Leur morphologie peut également avoir une incidence. James avait remarqué par exemple que plus Dieter Schmidt avançait dans ses séances d’électrochocs, plus il paraissait effacé, alors que ni Kröner ni Lankau ne semblait en être affectés. Quoi qu’il en soit, leur situation actuelle ne les empêchait pas d’échanger leurs souvenirs avec jubilation. James priait pour qu’un jour une infirmière les surprenne, que c’est trois monstres soient démasqués et que son cauchemar se termine.
En attendant, il devait se méfier deux et s’assurer qu’il n’aient aucun soupçon à son égard.»

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 L’Unité Alphabet est le premier roman de Jussi Adler-Olsen, qui est devenu un best-seller dès sa sortie dans de nombreux pays.

Comme l’indique l’auteur à la fin de son ouvrage, “Ce livre n’est pas un roman de guerre.”

Malgré certaines longueurs au début (justifiées par le sujet du récit), ce roman est incroyable !

 C’est le récit sur une véritable amitié masculine, sur l’amour, sur la folie aussi, mais surtout, c’est le récit d’une trahison…

 Nous sommes dans l’univers des hôpitaux psychiatriques durant la seconde Guerre Mondiale.

Mais ici, ce ne sont pas des juifs qui sont traités en cobayes par des médecins allemands mais bel et bien des officiers SS !

 La première partie du roman qui se déroule en 1944 est très visuelle.

Il n’y a quasiment pas de dialogues obligeant l’auteur à utiliser une écriture détaillée et pointue.

C’est une histoire très pesante, effrayante, cruelle et terrifiante. Mais surtout, terriblement vrai. C’est avec des recherches très approfondies que Jussi nous fait revivre avec maestria les heures sombres d’une certaine forme de cette guerre que j’ignorai totalement.

Des asiles où sont parqués des officiers SS qui sont de véritables mouroirs.

Des médecins et des infirmières qui tentent bien que mal de conserver leurs blessés en vie, alors que la guerre est aux portes de l’hôpital.

 Vers la seconde moitié du livre, l’action se déroule en Angleterre, en 1972.

Mais très vite l’intrigue se retrouve de nouveau en Allemagne.

Le jeu du chat et de la souris commence alors avec de nombreux rebondissements inattendus.

L’écriture de cette partie est superbe !

Chaque chapitre se déroule avec la mise en avant d’un narrateur différent, avec son mode de pensée et ses émotions, donnant ainsi pour chaque personnage/chapitre un rendu particulièrement vivant et rythmé !

 L’Unité Alphabet, ou l’histoire du destin passionnant sous la forme d’un thriller oppressant, de deux pilotes, Bryan et James…

 

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

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Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

La Dynamique du Chaos-Ghislain Gilberti


Le Livre: La Dynamique du Chaos (version non censurée), de Ghislain Gilberti, paru le 19 janvier 2017 chez Ring collection Ring noir. Edité le, 08 mars 2018  chez la m »canique générale en format poche 9€90. .421 pages.   11,2 x 1,9 x 17,1 cm
4ème de couverture:  

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur:  Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, né le 23/04/1977,  est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.
Avec six romans, Ghislain s’est imposé comme un auteur incontournable du genre.
 
Extrait: « 
« Nous voici, debout au centre du monde, bien au chaud dans nos manteaux d’égocentrisme. Noyés d’alcool et de drogues, perdus dans la masse intestinale de l’humanité, nous nous débattons en vain pour ne pas couler tout à fait. Nos désirs nous rongent de ne pouvoir être satisfaits, nos pulsions nous explosent à la gueule. Nous sommes des maux inutiles, des messagers muets et amnésiques. Des enveloppes de chair gonflées de néant, débordantes de souffrance. Et au fond, tout au fond, les âmes puantes et atrophiées hurlent de douleur, régurgitent leurs rêves prédigérés. Les plaintes parviennent à la surface. L’odeur aussi. Mais il y a ici assez de « Jean-Paul Gautier », de « Kenzo » et de tubes merdiques pour couvrir tout ça.
Nous sommes au cœur du Vide.
Je vomis vos images dans des brûlures atroces. »

Le OFF de OPH

« La dynamique du Chaos » de Ghislain GILBERTIchez Ring, une plongée en enfer…

Dès l’introduction, j’ai été touchée par la douleur et la souffrance qui transpiraient des mots de Ghislain. Des termes puissants, durs, pour évoquer une enfance brisée sur l’autel de la violence.
« J’ai grandi sous le règne d’un dieu féroce, illogique, sadique, pervers.Mon père était mon geôlier, mon bourreau.Mon entourage n’a jamais rien fait pour arrêter ça, se contentant de tourner la tête et d’ignorer cette détresse. Je ne peux pas le leur reprocher, le drame qui se jouait était insoluble et personne n’avait envie de titiller la bête au risque de se faire mordre. »

Pendant toute ma lecture, j’ai été tiraillée entre l’ombre et la lumière. L’obscurité des images, du récit; la clarté que je me suis échinée à conserver en m’accrochant aux liens d’amitiés forts existant entre Gys et Manu, mais aussi Nico et toutes ces autres personnes qui, dans la noirceur d’un monde qui m’est inconnu, se soutiennent au-delà des normes et des conventions.

J’ai eu mal, le ventre noué, les mains crispées autour d’un roman qui, parce qu’il est à 99% autobiographique, ne peut être lu comme un simple divertissement. Il faut en prendre toute la mesure pour entendre le message de Ghislain.
L’écriture est viscérale, douloureuse, sans filtre, comme si part ses mots Ghislain cherchait à exorciser un peu de cette douleur, de ce chaos contre lequel la lutte est permanente.

Gagner le respect volé depuis l’enfance dans la violence, le franchissement des interdits, en adoptant une position de supériorité, en prenant le pouvoir dans un monde où la lumière n’existe pas. Mais quelle est la valeur de ce pouvoir? Existe-t-il réellement lorsque l’on est polytoxicomane et que les drogues en tous genres ont pris possession de votre corps et gangréné vos esprits en perte de repères.

Si j’ai été étreinte par la violence des émotions procurées lors de ma lecture, j’ai été également touchée par sa poésie. Elle est certes noire, mais bien présente. Ghislain use de nombreuses métaphores, qui, si elles illustrent l’absolue noirceur de son chaos, illuminent son écriture et donnent vie à ce monde douleurs, de dépendances, de lutte en tous genres, de sexe brutal.
« Je suis un parasite insatiable. Une tique affamée agrippée aux poils malodorants du corps social. »

Ghislain distille également ses réflexions et sa vision d’une société malade où la mort et le noir fascinent, où les politiques sont plus préoccupés par leur nombril d’égocentriques que part leur pays qui souffre:
« Le système se plie sans agir, sans lutter. L’apathie politique face à ce désastre annoncé est complètement désarmante, on jurerait que nos dirigeants se contentent de jouer les autruches alors que la situation nous projette droit dans le mur. »

Enfin, « La Dynamique du Chaos » c’est aussi une histoire d’amour, la communion de deux âmes, l’amour destructeur, incontrôlable, cette sensation physique d’être la moitié de l’autre et de ne pouvoir respirer en son absence, ce sentiment que la vie n’a pas de sens ni de raison d’être sans l’autre.
« Pendant quelques instants, nous avons formé une entité unique et palpitante. Une âme siamoise en sueur, traversée de soupirs et de tremblements, de larmes et de frissons […] Je pense que des choses pareilles n’arrivent qu’une fois dans une vie […] On ne rencontre l’amour q’une seule fois, il n’y a pas de deuxième chance. »

Avec « La Dynamique du Chaos » les censeurs ont perdu leur combat contre tous ceux, qui, comme Ghislain, nous ouvrent les yeux et les portes d’un monde bien réel où le chaos règne en Maître, où le sexe sous toutes ses formes, la violence, les drogues guident les vies de milliers de personnes, où la souffrance est telle qu’elle ronge, gangrène petit à petit la vie.
Mais par ce roman, cette autobiographie partielle, Ghislain nous montre aussi qu’au bout de ce monde, du tunnel, il y a la Vie pour celles et ceux qui auront la force et le courage de reprendre possession de la leur. Et même si des séquelles demeurent, au bout, il y a l’espoir.

Retrouvez ICI le ressenti de GE sur La Dynamique du Chaos

Une bonne intention de Soléne Bakowski


 

Solène Bakowski sera à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez la rencontrer

 

Une bonne intention de Solène BakowskiLe livre : Une bonne intention de  Soléne Bakowski. Paru 14 mars 2018 aux Editions Bragelonne, sous la direction de Lilas Seewald dans la 8€90 ; (368 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue,
car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres,
cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »
Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?
Le nouveau roman de Solène Bakowski nous offre, avec une ampleur et une acuité décuplées, le frisson gorgé d’amour qui a fait de son premier roman, Un Sac, un livre inoubliable.
……………………
L’auteure : Solène Bakowski est née en 1981 à Paris. Auteur de « Parfois on tombe » (éditions Favre, janvier 2014), lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015, d’ « Un sac » (auto-édition, janvier 2015) et de « Chaînes » (auto-édition, juin 2015), mon but est avant tout de raconter des histoires et d’essayer de faire ressentir des émotions à travers la fiction. elle aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie normale » et mettre en scène les points de rupture, ces moments où tout bascule. Roman noir, histoire paranormale, voyage initiatique et très bientôt roman d’anticipation…
……………………
Extraits : 
« Aujourd’hui, c’est l’enterrement. Une assemblée de chapeaux et de costumes gris s’est massée dans l’église. La voix du prêtre déclame, lancinante, sa mélopée, ce prêtre qui ne l’a pas connue et qui pourtant retrace, sans pudeur, les grandes étapes de son existences. Mais sans doute faut-il poser des jalons pour mesurer le chemin parcouru et provoquer l’empathie. »
« – Ça y est ! J’ai terminé mon vœux ! 
– Et c’est quoi ? demande-t-elle timidement avec un sourire en coin.
– Bah non, ça se réalisera pas. C’est toi qui viens de le dire.
– Oui, mais…
Ah, la curiosité.
– Si je te dis le mien, tu me dis le tien ?
– Bon d’accord. On les dit en même temps ?
– OK, 1, 2, 3…
– Faites que ça s’arrête jamais.
– Faites que ça dure toujours.»
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

La perfection existe-t-elle en littérature ?

Je ne sais pas, mais Solène n’en est pas loin du tout pour moi…

Chaque phrase, chaque mot telle une pierre précieuse ciselée se trouve à sa place, c’est un roman noir étincelant !

Le mariage parfait de la noirceur qui nous entraîne lentement dans une abîme ou chaque personnage n’est pas ce qu’il semble être et de la beauté intérieure en toute simplicité de Mathilde, le tout en émotion… Superbe.

Certains passages sont bouleversants !

Cette nuit je n’arrivais pas à dormir. A 4h30 je suis allé voir ma PAL… Et il était là, au dessus !

Quelle richesse, quelle belle plume… C’est un roman exceptionnel qui m’a littéralement happé.

Le premier roman de Solène “Un Sac” m’avais déjà énormément touché, mais là… Je ne suis pas prêt d’oublier Mati et Rémi, d’ailleurs je n’en ai aucunement envie.

Vrai coup de coeur, à lire absolument !!!

Il me tarde de découvrir ses autres romans.

Sauf – Hervé Commère


Le livre : Sauf d’Hervé Commère. Paru le 8 mars 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 18€90 ; (268 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de Couv :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…
Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

L’auteur :  Hervé Commère est néle 16 octobre 1974 à Rouen et vit à Paris.
Après des études de lettres modernes, Hervé Commère est devenu barman puis patron de bar. Auteur de deux romans qu’il n’a soumis à personne, « J’attraperai ta mort » est le troisième qu’il a écrit, le premier à être publié. Après « Le Deuxième Homme » paru chez Fleuve Éditions en 2012, « Imagine le reste » (2014) est son quatrième roman, prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège. Puis le très remarqué «  Ce qu’il nous faut, c’est un mort » qui devrait faire l’objet d’une série TV (2016), prix Polar Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire. Hervé Commère est l’auteur primé de plusieurs nouvelles et romans, parmi lesquels « Les Ronds dans l’eau » (2011), lauréat du Prix marseillais du polar et du Prix du Roman de la ville de Villepreux 2011. Il est traduit en Chine et au Japon.

 

Extrait :
J’aime cette ville, elle me fascine, je crois que ça ne changera jamais. Quand je la traverse, j’ai l’impression d’être au centre du monde. Je l’aime d’autant plus que je m’y sens étranger. Je sais que je ne suis pas d’ici. Personne n’est d’ici, hormis quelques familles. Les autres viennent des quatre coins du monde et sont libres de rester, de vivre comme ils le veulent. On parle de Paris en mal, on montre du doigt l’anonymat, et la vitesse, souvent le bruit. Tout cela est faux. L’anonymat n’est que le synonyme parisien de la liberté qui s’offre à qui la veut. Tout comme la vitesse et le bruit.

 

Les p’tits papiers de So

SAUF- Hervé Commère– Editeur : Fleuve Noir

SAUF est de ces romans qui reste en vous.
Une lecture douce, suave, savoureuse. Un roman qui se lit comme on déguste un grand cru. On le sent, on le goute, on le savoure. Il vous ennivre.

SAUF s’insinue en vous, doucement, lentement, avec douceur.
Le premier chapitre à lui seul suffit à vous transporter, vous ne pourrez plus le lâcher. Hervé Commère vous fera voyager de Montreuil à la Bretagne, et plus loin encore. Et quel voyage.
Chaque chapitre appelle au suivant.Chaque fin de châpitre est une vague d’émotions. Hervé Commère est un véritable chef d’orchestre, il entraîne le lecteur page après page dans une histoire de fou. Et quelle histoire !
Il est de ces romans qui met le lecteur dans sa bulle. Une bulle qui vous transporte haut dans le ciel. Très haut. Oui c’est cela, il vous emmène loin.
SAUF n’est pas un roman noir, il a tout pourtant d’un thriller dans son scénario. Sauf est un magnifique roman d’amourS. Une ôde à la vie.
J’ai commencé ma lecture un jour ensoleillé, je l’ai interrompue que pour ne pas être indélicate avec ceux qui m’entouraient. Mais il y avait une urgence à le finir. Pour connaître le dénouement de l’intrigue, bien sûr, mais avant tout et surtout parce qu’il m’a procuré un sentiment de bienêtre que je n’ai plus ressenti depuis longtemps dans mes lectures. Un tourbillon d’émotions. Ce sentiment profond d’être vivante.
Puis arrive l’instant où on referme le livre, où on regarde par la fenêtre et on se laisse partir. Et vient le moment où on se lève pour le ranger dans la bibliothèque, on regarde sa tranche avec l’immense fierté de posséder un tel bouquin.

A lire d’urgence et sans modération.

Et retrouvez ICI le billet de Dany sur Sauf

Sauf d’Hervé Commère


Le livre : Sauf d’Hervé Commère. Paru le 8 mars 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 18€90 ; (268 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :

L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.

Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…

Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.

L’auteur :  Hervé Commère est néle 16 octobre 1974 à Rouen et vit à Paris.
Après des études de lettres modernes, Hervé Commère est devenu barman puis patron de bar. Auteur de deux romans qu’il n’a soumis à personne, « J’attraperai ta mort » est le troisième qu’il a écrit, le premier à être publié. Après « Le Deuxième Homme » paru chez Fleuve Éditions en 2012, « Imagine le reste » (2014) est son quatrième roman, prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège. Puis le très remarqué «  Ce qu’il nous faut, c’est un mort » qui devrait faire l’objet d’une série TV (2016), prix Polar Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire. Hervé Commère est l’auteur primé de plusieurs nouvelles et romans, parmi lesquels « Les Ronds dans l’eau » (2011), lauréat du Prix marseillais du polar et du Prix du Roman de la ville de Villepreux 2011. Il est traduit en Chine et au Japon.
Extrait :
« Chacun sait ici que le maire se comporte avec les employées municipales comme un suzerain, caressant la taille de l’une, dévorant du regard la poitrine de l’autre. À plusieurs reprises, Raymond a voulu se rendre à la mairie pour lui foutre son poing dans la gueule à titre préventif, mais ma tante l’en a dissuadé. Elle est, lui assure-t-elle, capable de se défendre si le sale bonhomme s’aventurait trop près. Le fait est que, jusqu’à présent, le maire n’a rien tenté sur ma tante qui n’ait dépassé le stade de l’œillade appuyée. Sans doute l’impressionne-t-elle. Le prédateur choisit ses proies. »

La chronique jubilatoire de Dany

 

Orphelin depuis l’âge de 6 ans, Mat est aujourd’hui à la tête d’un dépôt-vente à Montreuil. Il est profondément secoué lorsqu’il découvre un album de famille contenant des photos de lui enfant parmi les objets en dépôt. Or, rien n’est censé avoir survécu à l’incendie qui a ravagé le manoir familial et causé la mort de ses parents en 1976. Mat retourne dans le Finistère en quête de réponses.
 Mathieu, un délinquant amendé, brocanteur et presque cinquantenaire, voit son présent voler en éclat. Et si c’était son passé qui le rattrapait ? Plus qu’une recherche de ses origines, il va remonter les différentes pistes et entraîne avec lui le lecteur. Machination, schizophrénie, manipulation … tout est possible jusqu’aux derniers chapitres. Des personnages principaux qui méritent bien un peu de repos, leurs alliés hauts en couleurs, des seconds couteaux plutôt dangereux et prêts à toute extrémité …

Oui, Hervé Commère a coutume de s’attacher aux petits malfrats qui grandissent plutôt bien, qui ont généralement un secret peu glorieux, mais ils sont tellement attachants. Il nous a aussi habitués à la Normandie et là il nous offre un dépaysement breton d’abord, parisien ensuite pour enfin terminer en Scandinavie, loin de sa zone de confort !

Un bon suspense et une fin inattendue sous bien des aspects et notamment sa démesure …

Pas polar, mais thriller bien ficelé ! J’ai aimé …

N’Y descendez Jamais ! – Devenu “ABY”– de Fabrice LIEGOIS


N’Y descendez Jamais ! – Devenu “ABY”– Autoédition – Thriller de Fabrice LIEGOIS

Prologue :
La Louisiane, une Manbo, la voix de la vérité qui fredonne une adoration. Ainsi naquit la légende d’Aby… Le récit d’Aby se fait un soir d’Halloween, le mien aussi…
Toi le cartésien, oublie toutes tes certitudes et rentre dans le cercle des bougies, écoute la voix des Loas, et laisse la magie opérer… Ceci est l’histoire d’Aby. Et lorsque tu seras initié à ton tour tu ne verras plus le monde qui t’entoure de la même façon. Paskemwen te ale nan kavla. Epi, koulye a mwenkonnen! (Car moi je suis descendue dans la cave. Et maintenant je sais !)
Pour mieux m’y accompagner il est important de visionner le long métrage réalisé par Fabrice Liegeois et qui initie le récit via le lien suivant 
Cette histoire, l’auteur l’a construite en 4 actes, comme un opéra. Et la musique qui nous accompagne est le créole. Créole qu’il a pensé à traduire pour ceux qui ne le comprennent pas. J’ai donc conservé ce format pour ma chronique. En revanche, contrairement à lui je n’ai pas appris le Créole (à ma chère Guadeloupe). J’ai utilisé Google Traduction et le Créole Haïtien, le seul à disposition. Pardon aux puristes.
Partie 1 Aby. New York, quartier d’Harlem – Le 31/10/12 (et oui ce récit ne pouvait que débuter un soir d’Halloween) – En pleine tempête Sandy. 10:13 PM
Une prêtresse âgée, la fin d’un désounien, deux globes de jade qui fascinent… Sa voix qui explique qu’elle a attendu. Qu’elle a espéré et qu’il est temps qu’elle se confesse. Enfin. Et elle va se confesser, du 6 janvier 1939 jusqu’au 1er aout 1943 nous allons découvrir son histoire. Je suis Abigail, l’exécrée – Annonce-t-elle – Des bayous de Louisiane que la famille va fuir, jusqu’à ce quartier d’Harlem où elle se raconte. Elle la bâtarde issue d’un viol, celle de la mauvaise couleur, la couleur quarteron, Lwachabine. Ce reproche vivant. De cette enfance coincée entre amour et violence. De cet amour immense pour sa Jaja, la Bôko, qui va la porter et l’aider à affronter l’indicible. Jaja qui porte le fardeau de sa malédiction, elle qui a choisi de vivre avec son fils pou pi bon kontwole li, wi (pour mieux le surveiller, ça oui). Et puis un soir dans Harlem, le démon va se lier à Aby en emportant un morceau d’elle… Jaja la sauvera.
Partie 2Lwa Racine. New York, quartier d’Harlem – Le 31/10/12 – 10:25 PM
Aby poursuit son récit et raconte la période d’après-guerre, le chômage qui explose, la pauvreté qui s’accroît. Harlem qui devient un ghetto. Aby, qui doit gérer la maison, palier aux absences, même pour les pires tâches. Car la malédiction se poursuit. Encore. Page 164 « Je suis devenue Abigail l’incestueuse … (gémit-elle) ». Et puis les voix qui résonnent en Jaja, de plus en plus fortes, ses délires qui inquiètent Aby. Aby qui au lendemain de son 19ème anniversaire scelle son destin. La transmission a un prix. Un rituel de passage, une folie dévorante. Offrir son âme à l’éthéré. Devenir pourpre comme les pierres de Petro Je-way. P211 « Je suis devenue Abigail l’orpheline. (pleure-t-elle) ». Et puis l’initié jouera une dernière fois son rôle de sauveur. Et les voix seront de plus en plus présentes – Jaja est là à jamais – Et tous les autres aussi.
Partie 3 MarinètBwaChech. New York, quartier d’Harlem – 11:41 AM – 14 Avril 1972
Les BPP s’approprient la rue. Tout va mal. La ville a sombré dans une crise sociale, économique et politique. Harlem se meurt dans un silence hypocrite. Et puis la guerre du Vietnam. Un dernier acte d’amour d’un fils aimant. Puis la folie qui dévore tout, même l’amour. Et la malédiction se poursuit, inéluctablement et avec force. E menmtibebe a inosanapdwepeye (Et même le nourrisson innocent devra payer). Le temps de la vengeance arrive. Eux qui savaient et ont laissé faire vont payer !
Partie 4 Coup N’ame. New York– Le 29/10/12
Mathis vat découvrir ce quartier de Harlem via cette annonce alléchante d’un meublé de deux pièces à louer pile dans son budget. Il échange avec cette voisine. Si bizarre voisine. Puis cette porte condamnée dans le hall. Il a pourtant été prévenu… N’y descendez jamais ! C’est Jaja qui me l’a dit…
Chez Aby 31/10/2012 – 10:07 – P539. Rappelle-toi, elle voit des choses. Son esprit lui montre des visages. Des formes de vie éthérées qu’elle seule est capable de percevoir. Elle est la Mah d’un Djab. Les têtes s’alignent sur la table devant elle.
Paskefen a pata ka lòt. Men, èskefen sa a ? Car la fin ne pouvait être autre. Mais est-ce la fin ?

Fabrice nous parle d’amour, de douleur, de malédiction, de folie et de traditions.

De la maltraitance faite aux enfants.

De ce dont l’esprit est capable pour surmonter ces souffrances innommables.

De la folie dans laquelle les victimes basculent pour ne pas mourir.

De la schizophrénie qui balaie tout… Et dont certains ne reviendront jamais.

Un récit fort, bouleversant.

Une thérapie et avant tout un acte d’amour pour cette grand-mère formidable qui est la sienne.

Il est impossible de rester insensible à ce récit.

Pour ma part il m’a totalement bouleversée et j’ai eu besoin de quasi un mois de recul pour être capable d’écrire ces lignes.

Ne passez pas à côté de cette pépite littéraire.

Sur le seuil de Patrick Senécal


Le livre : Sur le seuil de Patrick Senécal. Réédité le 10 novembre 2016 chez A Lire,   10€90 ; 429 pages ; 18 cm x 11 cm.

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

Résumé :

Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ?

Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses …

 

Extrait : 
Je lui raconte brièvement l’état de Roy. Curieusement, parler me fait du bien et même si mon mal de ventre est toujours là, il devient supportable. Archambeault m’écoute attentivement. Je n’irais pas jusqu’à dire que mon récit le passionne, mais son masque d’impassibilité se teinte d’une légère curiosité. A la fin, il réfléchit quelques instants et demande : — Pis quand vous l’avez trouvé, il avait commencé un roman qui racontait mon histoire? — Pas vraiment votre histoire, mais ça y ressemblait beaucoup. Un policier qui se prépare à tuer des enfants, à ce qu’on m’a dit… — Mais moi, j’avais rien préparé. Ç’a été une impulsion, c’est tout. Ce sang-froid, ce terrible sang-froid…

 

L’auteur : Patrick Senécal  est né Drummondville le 20 octobre 1967 au Québec où il vit. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature, le théâtre et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 son premier roman.  Dès lors il devient un auteur culte, réputé pour son intensité dramatique. Mais c’est avec Sur le seuil que son succès explose : best-seller instantané, il est adapté au cinéma en 2003, et les droits américains de remake sont aussitôt achetés par le groupe Miramax. Ce thriller, pour lequel on dirait que l’expression «suspense implacable» a été inventée, ne vous laissera pas dormir cette nuit…

Crédit photo : Karine Davidson Tremblay  Agence Goodwin.

 

 

Le billet de Carine

💕 FASCINANT 💕

« Sur le seuil » de Patrick Senécal

Sur le seuil de Patrick Senécal

« Je me préparais donc à terminer ma carrière dans la certitude de l’échec lorsque, ce matin-là, Thomas Roy est apparu dans ma vie. Et il a tout bouleversé. Non pas qu’il m’ait redonné espoir en la psychiatrie. C’est beaucoup plus complexe que cela. Thomas Roy m’a obligé à me tenir sur le seuil … »

Si je n’avais pas su que je lisais un Senécal je ne l’aurai pas deviné -tout du moins dans les premières pages- avant de découvrir çà et là quelques mots et expressions québécoises et encore nettement moins nombreuses que dans certains autres de ses romans. J’ai été un peu déstabilisée en début de lecture de ne pas retrouver la marque de fabrique qui fait de Patrick Senécal le maître de l’horreur. Surprise certes, mais absolument pas déçue car j’ai été accrochée de suite par l’intrigue puis littéralement hypnotisée jusqu’au dénouement ! Je vous recommande vivement ce titre pour commencer en douceur si vous ne connaissez pas l’auteur ou si vous avez déjà lu du Senécal mais que vous vous êtes dit c’est fini c’est trop dur !!! Ce roman devrait vous réconcilier avec Patrick Senécal ou tout simplement vous confirmer son immense talent.

 

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

 

Dynamique du chaos de Ghislain Gilberti


Le livre : Dynamique du chaos  de Ghislain Gilberti. Paru le 19 janvier 2017 chez Ring dans la collection Ring noir

4e de couv :

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la « Génération Nada » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent , Le Baptème des ténèbres et Le bal des ardentes , guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants. Né en 1977, Ghislain Gilberti est originaire et vit à Belfort.
 Extrait :
La jouissance offerte par le Speed Ball est miraculeuse. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nos corps se sont serrés à s’en étouffer. D’abord les frissons, des pieds à la tête, ensuite la chaleur orgasmique sous laquelle il est impossible de ne pas râler de plaisir. Puis la décharge d’énergie, la déflagration de la coke, juste après, voire en légère superposition. Le rythme cardiaque qui s’accélère, le sang qui afflue comme un torrent et qui sème l’extase de l’héro dans chaque centimètre cube de chair. Un vertige indescriptible, au-delà de tous les mots. 

Mon avis  :

Je n’aurai jamais du lire ce livre, en tout cas pas dans cette version. Dieu que j’ai aimé la plume de cet auteur dans ces thrillers. J’ai aimé  le réalisme  qui s’en dégage mais aussi cette noirceur omniprésente qui la caractériseJe sais que Ghislain peut-être émouvant. Il a su me toucher à de nombreuses reprises. J’ai aimé son coté fragile, à fleur de peau.
Mais j’avoue ne pas avoir du tout aimé sa nouvelle version de la Dynamique du chaos.

Je ne pense pas être quelqu’un que l’on choque facilement, Je pense aussi être quelqu’un d’ouvert et de tolérant. Cependant j’ai reçu ce texte comme une provocation. Même si ce n’était pas l’intention de l’auteur, la surenchère de violence, de sexe, de drogue, etc, a eu du mal à passer et elle a occulté chez moi ce qu’il y avait de beau dans ce texte.
Je n’ai pas retrouvé la sensibilité que la plume de l’auteur peut avoir ! Non juste de la rage et une rage destructrice où rien de bon ne pouvait en sortir.
Un rage malsaine qui m’a mise mal à l’aise.
J’aime pourtant quand un livre me bouscule, voire me dérange. Qu’il soit un choc, une émotion, qu’il malmène mes convictions.
Ici, j’ai juste eu un trop plein, un début de nausée.
J’ai trouvé que l’auteur prenait, comment dire, des postures. Qu’il surjouait ses personnages. Qu’il en faisait trop en somme.
Dommage, j’aurai tant aimé percevoir la fêlure derrière toute cette surenchère.
J’aurai aimé que cette Dynamique du chaos soit pour moi un récit viscéral. j’aurai aimé percevoir la pudeur de l’auteur derrière ce texte hardcore.
Je n’y ai vu qu’un déferlement d’excès.
Trop agressif et intrusif peut-être

Ghislain ne n’en veut pas ! Tu as un putain de talent ! S’il te plait ne le gâche pas  dans cette débauche et cette escalade de démesures exagérées.

J’aime ton impétuosité pas ton animosité. Parce que c’est cette sensation que j’ai ressenti en lisant cette version non censuré de ton texte. Du coup je n’ai pas été touchée mais écœurée.

Nous avions parler ensemble de l’excès de violence que l’on trouvait déjà dans Le baptême des ténèbres. Cette violence que certains de tes lecteurs trouvaient déjà trop crue. Tu me connais  Ghislain, je  suis une personne plutôt excessive même si avec l’âge j’ai appris à modérer mes abus, alors crois moi quand je te dis « Qu’à trop tirer sur la corde celle-ci finit par lâcher » et qu’il nous devient trop difficile de te suivre dans tes délires même fictionnels.

Ici je pense qu’il manque une chose importante, c’est les émotions. Celles que notre auteur sait pourtant si bien  faire ressentir à ses lecteurs. Ghislain, c’est un cri du coeur que je te lance, s’il te plait ne va pas perdre ton âme dans cette outrancière cruauté.

Mais vous, amis lecteur, lisez Ghislain Gilberti, lisez ses autres bouquins ! Il a une plume qui sait vous prendre aux tripes. Et qui sait, peut-être que  contrairement à moi, celle-ci saura aussi vous toucher avec ce titre-ci. Car c’est certain, lire ce titre ne peut laisser indifférent. Et je suis sans doute minoritaire dans mon ressenti, car autour de moi, nombreux sont ceux qui l’ont aimé.