Le bal des ardentes – Ghislain Gilberti


Ghislain Gilberti

sera à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez le rencontrer


Le livre : Le bal des ardentes de Ghislain Gilberti. Paru le 21 mai 2015  chez  Anne Carrière éditions dans la collection : thriller. 21.5 € ; (398 p.) ; 24 x 16 cm

Réédité en poche chez pocket le 13 juillet 2016. 7.90 € ; (505 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

En plein cœur de Marseille, un attentat extrêmement violent souffle un bâtiment entier, faisant nombre de victimes. Le commissaire Ange-Marie Barthélemy, de la SDAT (Sous-direction antiterroriste), est immédiatement dépêché sur place pour prendre en main cette affaire au retentissement énorme, à la hauteur du massacre. Les premiers résultats de l’enquête lui font comprendre que cet acte non revendiqué est lié au trafic de drogue. Dès lors, accompagné par son groupe aux allures de meute, Barthélemy étudie le biotope local et s’immerge dans le milieu impitoyable du crime organisé au sein de la cité phocéenne. Grâce à l’assistance d’un agent d’Interpol et d’un groupe spécialisé dans les analyses de scènes de crime post-explosion, l’équipe constate que le poseur de bombes a déjà sévi sur tous les continents. Son profil est plus proche de celui d’un tueur en série que d’un terroriste. Mode opératoire scrupuleux, signature, monomanie… L’homme se révèle un dangereux psychopathe et donne des prénoms féminins à ses engins de mort en les gravant dans l’acier. Une course-poursuite contre ce véritable fantôme va être mise en place avec l’aide de la police locale. La commissaire Cécile Sanchez va elle aussi apporter son concours à l’enquête de Barthélemy.

 Extraits :
 « C’est le problème des hommes de petite taille lorsqu’ils parviennent à des postes de responsabilité. Ils s’abusent comme ils peuvent, en compensant leur faible constitution par le peu de pouvoir dont ils disposent. Ils contredisent les plus forts pour se donner un tant soit peu l’équivalent psychologique du statut de mâle Alpha, mais, au fond, la frustration et l’aigreur les rongent. »
« Bref , la ZR étais une zone autonome de non-droit,ou même la police n’osait se rendre sans un appui sérieux,une enclave clandestine et impénétrable,pleine de personnes inquietants,allant du sociopathe au terroriste fanatique,en passant par le tueur professionnel et le psychopathe « 

 

L’auteur : Né le 23/04/1977, Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il était possible de télécharger.
– « Le Festin du Serpent » (2013) est son premier roman a être publié par les éditions Anne Carrière et Pocket (2015). Ce roman a remporté le Grand prix des Lecteurs France Bleu 2013, le Prix Découverte Polar Pourpre 2013 et était finaliste pour le prix du meilleur Polar Francophone (2013).
– « Le Baptême des Ténèbres » (2014) Toujours aux Editions Anne Carrière, sortie nationale le 2 octobre. et La Mécanique Générale en poche (2017). Récompense : Lion d’or du meilleur roman français 2015.
– « Le Bal des Ardentes », sortie prévue en début d’année (2015) aux éditions Anne Carrière et Pocket pour le format poche.
– « Dynamique du Chaos » version intégrale non censurée aux éditions Ring (2017)
– « Dernière Sortie pour Wonderland (2017) aux éditions Ring. « Sa majesté des ombres » (2018) aux éditions Ring, premier tome d’une trilogie annoncée avec une suite pour la fin 20185

La chronique jubilatoire de Dany

C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et nous y retrouvons les personnages du « festin du serpent » du moins ceux qui y ont survécu, il peut néanmoins se lire sans préalable.
Plongée à Marseille dans la lutte « des » milieux commanditaires d’un attentat, qui fait (un peu) penser au « pacte rouge » d’Olivier Descosse au tout début, puis immersion aux Tarterets dans les gangs de banlieues, au fonctionnement similaire à celui décrit dans « territoires » d’Olivier Norek… Étonnamment documenté sur les armes, leur maniement et les drogues ainsi que sur l’organisation du milieu du crime, le style de cet auteur est incomparable de précision et ses héros hors du commun méritent que l’on s’y attache. Encore une fois, pour ceux qui survivent à cette aventure, nous pouvons espérer les retrouver bientôt, pour les autres, la violence dont ils ont été victime nourrit notre horreur et le rythme crescendo nous tient en haleine tout au long de ces 400 pages, sans répit pour le pauvre lecteur. Oui, j’ai beaucoup aimé et … je vais vite lire « le baptême des ténèbres »

 

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Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti


Le livre : Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti. Paru le 11 avril 2013 chez Anne Carrière. 22,00 EUR;  (555 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Pocket le 15 mai 2015.  8€95 ; (698 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Cécile Sanchez est l’étoile montante de la police judiciaire, où elle dirige une section spéciale qui traque les criminels les plus dangereux de l’Hexagone. Pour la première fois de sa carrière, elle a l’impression d’être dans une impasse et doit remettre en question ses méthodes. Sur la piste d’un éventreur de femmes, elle se heurte à un paradoxe : la brutalité et le caractère pervers des crimes semblent désigner un tueur en série, et pourtant elle croit deviner dans le protocole macabre un caractère dépassionné et pragmatique qui ne cadre pas avec ce profil.

Ange-Marie Barthélemy est un membre d’élite de l’antiterrorisme. Depuis 2004, il pourchasse sans relâche un commando islamiste qui imprime sa trace sanglante dans toute l’Europe. Ce groupe nomade, qui signe ses méfaits du nom «An-Naziate» («les anges arracheurs d’âmes»), échappe pour l’enquêteur à toute grille de lecture classique, rappelant davantage la bande à Baader que les cellules d’Al-Qaida.

Deux affaires délicates, et apparemment sans rapport, qui vont pourtant s’entrecroiser. Et si chacun des deux enquêteurs possédait sans le savoir une partie de la clé de cette énigme sanglante ?

L’auteur : Né à Belfort en 1977, Ghislain Gilberti est écrivain. Il est l’auteur de nombreux textes diffusés en ligne, dont Dynamique du chaos, roman soutenu par une dizaine de milliers de lecteurs francophones. Sa nouvelle J’irai déterrer tes os a été publiée dans la revue sinGe n°4 des Editions de la Maison close. Il est également parolier pour le groupe Malevolentia (Epicurial Production).
 Extrait :
« Nuit agitée. Des images enfouies au tréfonds de l’abîme intérieur, mises en pièces par les années et par une volonté inconsciente de tout effacer. Concassés, écrasées, compactées, refoulées aussi loin que possible. Des souvenirs que Cécile préférerait parvenir à gommer tout à fait. Cauchemar. Cette nuit, les images se déploient à nouveau, presque intactes dans son esprit. Les morceaux se recollent. L’horreur revient à la charge, avec la distorsion propre aux rêves et aux égarement oniriques. « 

Le post-it de Ge

Lecture 2013

Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti : Un premier thriller remarquable.

La commissaire Cécile Sanchez poursuit un dangereux criminel qui éviscère ses victimes avant de prélever leurs organes. Ange-Marie Barthélémy, figure de la lutte antiterroriste, traque un groupuscule islamiste radical et violent, An-Naziate, qui vient de commettre un massacre en plein Paris. Ces deux affaires, qui semblent a priori sans rapports, vont se recouper.

On le comprend très vite dés les premiers chapitres. C’était évident, logique j’allais dire inévitable. Tueur en série et terrorisme vont donc se mêler dans cette enquête. Et celle-ci va sentir, et le souffre et le sang. Et cette double narration va nous faire entrer en alternance dans chacune de ces deux histoires originales. C’est très documenté. L’auteur a parfaitement su rendre crédible les rapports entre les différents services de polices. Cela donne du crédit au récit et le rend du coup vraisemblable.

Peut-être un petit bémol, le style est parfois un peu léger, mais le scénario est tellement bien agencé qu’il nous fait oublié cela. Car nous avons là, entre les mains, un roman haletant, prenant, inventif, qu’on le lit d’une traite.

Et, il est à parier, que le festin du serpent sera suivi d’autres titres mettant en scènes nos deux héros. Surtout la très attachante Cécile Sanchez.

A n’en pas douter, Gilberti devrait être l’un des grands talents du thriller français de demain.

 

Extrait 2:
« Personne ne peut réprimer ces signaux du corps, avait-elle un jour expliqué à Romane. Quatre-vingt-quinze pour cent d’entre eux sont envoyés par la par la partie primitive du cerveau, par l’inconscient, par l’instinct animal de l’humain civilisé.
Ce langage est universel, puisque primitif. Honte, dégoût, mensonge, agressivité, colère, surprise… tout s’affiche sur les visages. Tous ces éléments sont décryptables et, contrairement à l’humain, eux ne mentent jamais. »

Ghislain Gilberti et Le festin du serpent ont reçu le Prix du livre franc-comtois 2013.

 

Oublier nos promesses – Elsa Roch


Le livre :  Oublier nos promesses de Elsa Roch. Paru le 7 février 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ;  (347 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Dans Paris, la nuit, un flic et des vies brisées.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

« Une équipe de flics aux abois, une enquête qui piétine, des gueules cassées, traumatismes de guerre et blessures d’amour… la plume poétique d’Elsa Roch emporte tout sur son passage et nous dépose, exténués, au bord de la folie des hommes »
Michale Corbat, libraire, Espace culturel Leclerc, Belfort

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble

 

Extrait :
« Un salon aux murs blancs, parqueté de bois blond patiné par le temps. Des bibliothèques ouvertes sur trois murs. Un canapé de cuir brun, au centre de la pièce, recouvert de coussins multicolores, face à une imposante malle en bois d’usage qui devait servir de bar à en juger par les bouteilles d’alcool jonchant le sol, à côté de cadavres d’ordinateur et de portable. Et la vision insensée qui les paralysait  : le corps dénudé d’une jeune femme massacrée, recroquevillé dans le coffre. Sur son ventre lacéré semblait s’agripper une petite masse noircie et desséchée. »

 

Le post-it de Ge

J’ai lu le premier roman d’Elsa Roch, Ce qui se dit à la nuit. J’ai aimé ce premier roman à la voix originale et finement maîtrisée. Et puis j’ai zappé et oublié de vous en parler. Heureusement Ophélie a réparé mon erreur. Elle nous en donne son ressenti de Ce qui se dit à la nuit, ICI. En plus elle vous le dit mieux que je ne l’aurai fait, alors….

Mais revenons à notre sujet, quoique nous ne l’ayant pas vraiment quitté, revenons à ce second roman.  , un titre qui somme comme un ultimatum.

Oui, Oublier nos promesses et retournons à Paris durant été 2010. La journaliste Emma Loury est retrouvée sauvagement assassinée. Jérôme Pieaud, son amant, un militaire de carrière n’est pas revenu cabossé de sa dernière mission, non, pire il a totalement perdu pied depuis l’Afghanistan. Aussi fuit-t-il la police dés qu’il apprend le drame, se sachant le coupable idéal. 

Jérôme déjà broyé par les guerres successives qu’il a enduré souffre d’un grave syndrome post-traumatique qui lui embrouille l’esprit et l’a plongé dans l’alcool ! La perte d’Emma le fait basculer dans une sorte de folie sourde. Il n’y a plus rien qui le retienne à la vie ! Aussi veut-il a tout pris connaitre la vérité et venger la mort de son amour perdu.

De son coté le commissaire Marsac se voit confier l’affaire.  (petite parenthèse, quel plaisir de retrouvé Marsac, ce flic tellement attachant qui poursuit sa quête personnelle, celle de comprendre ce qu’il est advenu de sa petite sœur Solène disparue alors qu’ils étaient enfants) Lui aussi est cabossé, usé par la violence qu’il côtoie au quotidien dans son métier.  Aussi va-t-il se plonger dans l’histoire de cette journaliste indépendante et engagée qui se battait contre les violences faites aux les femme. 

Avec sa nouvelle équipe de flic parisienne, il va tout faire pour retrouver lui aussi l’assassin d’Emma avant Piaud? Il va tenter de comprendre cette jeune journaliste d’investigation, elle aussi engagée dans un combat singulier contre les mafias qui gangrène la capital française.

Entre Marsac, Jérôme et le meurtrier une  terrible chasse à l’homme s’engage. Une chasse à l’homme que  va vivre intensément. Elsa Roch va nous emporter avec elle. Elle va nous ouvrir les porte des âmes meurtris, des esprits torturés. Elle qui sonde si bien la personnalité de chacun de ses personnages. Elle qui les a ciselés pour nous. Elle qui connait si bien les ressorts des esprits retords.

On va vivre nous aussi une immersion total dans un Paris insoupçonné, entre les différents trafics qui empoissonnent et emprisonnent les plus faibles et enrichissent les plus pervers. Les plus détraqués et manipulateurs d’entre nous. Et on ressortira de cette course poursuite, éreinté, fourbu totalement groggy. Exténué par la folie des uns qui les poussent à exploiter la faiblesse des autres. 

Bravo madame Elsa Roch, votre écriture m’a submergée d’émotions dingues et de sensations folles. Vous m’avez totalement bluffée une nouvelle fois !

Retenez ce nom amis polardeux : Elsa Roch. A n’en pas douter voici une nouvelle voix du polar français avec laquelle il va falloir compter ! Foi de Porte Flingue

 Voilà une auteure que je passerai bien à la question. Ou mieux qui mériterai une garde à vue afin d’être soumise au feu des questions des flingueuses. A réfléchir …

 

Élastique nègre de Stéphane Pair 


 

Le livreÉlastique nègre de Stéphane Pair .Paru le 9 février 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  18€50 ; (278 p.) ; 21 x 14 cm
 Disponible bientôt en poche, sans doute en février chez 10-18 dans la collection 10/18 Domaine Policier.  7€50 ; (264 p.) ; 18 x 11 cm

4e de Couv :

 » Elle n’a pas senti mon amour se gâter à l’ombre grandissante de ma colère. Rien n’est venu et j’ai décidé ce soir de relâcher l’orage.  »
Vieux-Bourg, Guadeloupe.
Sous la lune, le chasseur de crabes a vu progresser un groupe d’hommes dans la mangrove. C’est là, dans les entrailles mêlées de la terre et des eaux, qu’on retrouve le corps d’une femme blanche.
Qui était-elle ?
Les rêves du lieutenant-colonel Gardé sont pleins d’amantes à la peau lisse et noire comme celle des boas. Il mène l’enquête sur le cadavre du canal des Rotours, mais se heurte au mutisme et à la méfiance. En tête des suspects, le jeune dealer Vegeta, cerveau du réseau local, roi parmi les chiens, consumé par une douleur secrète.
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n’a d’égale que la bestialité qui sommeille au fond des hommes.

 

L’auteur : Stéphane Pair est journaliste pour la chaîne publique France Info. Il traite depuis près de dix ans les faits divers, les questions de justice et de société. Élastique nègre est son premier roman.
Extrait :
À Pointe-à-Pitre, il faut moins de trois heures à un de mes gars pour écouler cent vingt galettes. Ils dealent à La Havane mais surtout à « Washington », la cité Henri IV, où j’ai planté mon drapeau. Des points de vente sur les quatre barres qui cashent en toute saison, de jour mais surtout la nuit. Les cousins vendent la merde trente francs l’unité, jamais moins. Ils se protègent les uns les autres. Ils surveillent les accès grâce aux petits du quartier et, malgré l’envie de faire toujours plus d’oseille, je leur impose de tourner la vente d’une barre à l’autre. De la AA à la AD, c’est chaque jour, un hall différent. Aux camés de s’y retrouver.

 

L’avis de votre bibliothécaire

Voici un livre qui se mérite. Un livre exigeant. Un livre différent !

J’ai failli passer à coté de ce premier roman. Mais heureusement mon ami Yvan a rectifié ça ! En effet j’ai lu ce titre dans le cadre du  salon du polar de Mulhouse. Il était sur la liste des 6 finalistes du premier prix du Festival Sans Nom. Et en tant que membre du jury, je me devais de le découvrir.

Je me suis donc lancée dans cette lecture tête baissée afin d’honorer le rôle que l’on me prêtait. Et très vite au bout d’une trentaine de page, je me suis aperçu que j’avais beaucoup de mal à rentrer dans cette lecture. Aussi je me suis obligée à poursuivre, 30 pages de plus, 40 pages de plus…

Mais au bout de 2 heures de lectures, je suis allée voir mes petit(e)s camarades juré(e)s et je leur est annoncé tout de go : « Je suis dans Elastique Nègre. Et vous savez quoi, ça va pas le faire ! »

Aussitôt quelques-uns qui l’avaient déjà lu, où qui étaient un cours de lecture, me confirmèrent  qu’il avait eu du mal à rentrer dedans. Que sa lecture n’était pas simple. Mais qu’il fallait que je m’accroche car cela en valait le coup.

Oui, j’ai eu du mal à rentrer dedans car l’auteur nous écrit un roman choral. Et il alterne les chapitres en donnant la parole à chacun des protagonistes. Et heureusement au début du livre il y a un petit index des personnages. Aussi, je me suis pas mal reportée à lui au commencement de ma lecture.

Il y a Jimmy, le petit frère de Gina ; Gardé, l’officier de gendarmerie ; Aymé, le pêcheur à la retraite, Aristide dit Végéta le dealer. Déjà là j’ai eu du mal à comprendre qu’Aristide et Végéta était une seule et même personne. Mais ça, c’est de ma faute, mon esprit toujours s’embrouille entre les personnages. Il y a aussi Gina, la conteuse, la sœur de Jimmy et puis Tavares, Tavares Newton le narco-trafiquant bahaméen, et Lize aussi l’étudiante américaine sans oublié Josette  la quinboiseuse.

Tout ce petit monde, nous raconte une partie de l’histoire, enfin sa partie, son point de vue. Et au début, j’ai eu du mal à relier tout cela. Mais j’ai fini par comprendre que c’était voulu par l’auteur. Qu’il mettait en place, lentement son filet, qu’il appâtait tranquillement son lecteur.

J’ai compris que l’intrigue n’était qu’un prétexte pour parler de la diversité de son île, de la complexité de cette Guadeloupe que, souvent, l’on ne voit qu’en carte postale. Et moi qui ne me bornais qu’à l’histoire. Qu’à l’enquête, qu’au roman policier. J’avais les yeux bandés, je ne voyais rien, aveugle au style de l’auteur à la construction de son roman.

Mais Elastique Nègre c’est bien plus que ça , bien plus qu’un simple polar! C’est du pur roman noir.

J’ai bien fait de m’accrocher, j’ai bien fait l’aller au delà des cent premières pages. Car oui par la suite tout s’est éclairé. Et de quelle magnifique manière. Tout est devenu limpide. J’ai même eu envie de relire le début après avoir terminé la dernière page. Oui, j’ai relu les pages sur lesquelles je me heurtais, j’ai refait connaissance avec ces personnages. Mais surtout j’ai goûté la splendeur de l’écriture de l’auteur. Et surtout j’ai adoré la subtilité de la construction de ce magnifique roman.

Monsieur Pair, vous m’avez totalement bluffée mais aussi quelle fut belle cette immersion dans vos Antilles. Même si ici vous décrivez et nous donnez à montrer son coté le plus sombre. Avec vous noir c’est noir. Et c’est pas certain que la misère soit moins dure au soleil !

Bref, ce livre que j’ai failli lâché en court de route, est au final une pure découverte.

Le  » ça va pas le faire« , s’est transformé  en « un putain de coup de cœur« .

  Stéphane Pair à reçu Le Prix du jeune auteur  pour Elastique nègre lors du festival sans nom

 

Candyland de Jax Miller


Le livre : Candyland de Jax Miller. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claire-Marie Clévy. Paru le 30 août 2017 chez Ombres Noires. 21€ ;  (572 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Candyland

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.

Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison. Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

L’auteur : Jax Miller est née à New York et vit désormais en Irlande. Les infâmes, son premier roman traduit dans plus de dix langues, a reçu le prix Transfuge du Meilleur Polar étranger en 2015 et le Grand Prix des Lectrices de ELLE Policier en 2016.

Extrait :
Le flic était nouveau dans le métier, et suçotait un bonbon au sirop de bouleau pour lutter contre sa gueule de bois. Il faisait trop froid pour un fichu crime, trop glacial pour quoi que ce soit. Depuis la route, il observait le va-et-vient de la foule sombre autour de la ferme où il était le premier à intervenir. Il se gara, s’équipant de son talkie-walkie et pressant le plat de ses mains sur ses yeux. Tout le monde le regardait, l’attendait, le plaçait au centre d’une attention qu’il n’avait pas désiré. Une fille et un bébé portés disparus. Il était prêt à parier qu’on retrouverait la gamine bien vivante dans le monde réel, où on avait le droit de porter des vêtements de couleur et de montrer un bout de mollet.
« Toujours le même coup, avec ces bouseux. »

Le petit avis de Kris

 

CANDYLAND – Jax Miller

le résumé et mon petit avis

Pennsylvanie, de nos jours, dans une communauté amish. Dans une Amérique en crise, l’équilibre précaire de la vie de Sadie Gingerich s’effondre lorsque son fils est assassiné par sa petite amie. Danny Kendricks, le père de la meurtrière, est aux prises avec son passé de criminel qu’il tente de faire oublier. Sadie et Danny se rencontrent, unis par leur souffrance.

JAX MILLER raconte l’Amérique profonde et elle la raconte bien !! Ses personnages sont taillés au couteau et son style, vif et très personnel, est addictif !
Après « Les infâmes  » qui fut un de mes grands coup de  2015 je replonge dans son univers avec délectation.

Encore un livre avec une âme, un livre habité ! Jax est une écrivaine et elle écrit avec ses tripes !

Entre Braxton, l’inspecteur, addict à l’alcool avec sur les bras un mariage raté, Sadie , ancienne Amish, stricte, personnage central, et Danny, l’homme aux multiples facettes, les 500 pages ne sont pas de trop pour arriver à cerner ces personnages. Et je vous passe les Clans Heinz, Wolf et Kendricks qui sont tous liés, les uns par la rivalité dans la maîtrise du trafic de la « gnole » et de la meth, les autres dans l’autre camp comme Braxton.

Et puis il y a Thomas, le fils modèle , on dirait ici le « gendre idéal » mais l’est il idéal ? Et d’où vient il ?

Une seule déception, la longueur du dénouement.

 Retrouvez l’avis de Ge sur Les Infâmes ICI

Jeremy Cobhan de Filippo Della Croce


Bonjour à vous tous, aujourd’hui notre psychopathe du polar nous propose une chronique un peu différente. Elle l’a couplé d’un petit entretien avec l’auteur.

Mais je vous laisse découvrir tout cela avec Marie Noëlle

Le livre : Jeremy Cobhan  de Filippo Della Croce. Paru le 9 janvier 2017 chez Slatkine. 29€ ; (325 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Un jour de mai, dans une petite ville de Nouvelle- Angleterre, un père de famille décède dans un accident de voiture. Au même moment, son enfant de neuf ans disparaît alors qu’il joue avec un copain sur le parking d’un restaurant. Y a-t-il un lien entre les deux drames ? Face à des investigations qui piétinent, l’oncle de l’enfant, jeune avocat, décide de retrouver son neveu.

 

La Chronique de Marie-Noëlle sur

JEREMY COBHAN par FILIPPO DELLA CROCE 

Editions SLATKINE / 325 pages

 

Dans un premier temps, laissez moi vous présenter Filippo

 

Né en Italie en 1975 de mère Suisse et de père Italien, ingénieur en environnement diplômé de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne en 2001. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Portovenere, village pittoresque de la région des Cinq Terres en Italie avant de m’établir sur les rives du lac Léman pour poursuivre mes études. Je vis actuellement à la Tour-de-Peilz dans le canton de Vaud, avec mon ami Jules, de nationalité américaine.

 

 

 

 Pourquoi l’écriture, quel est ton parcours ?

J’ai toujours rêvé d’âtre écrivain, un peu comme les enfants rêvent de devenir pompier ou danseuse. Évènement déclencheur : longue convalescence chez moi suite au diagnostic de leucémie en 2008 et deux greffes de moelle en 2009 et 2013. J’ai pu me dédier exclusivement à l’écriture de Jeremy Cobhan pendant une année.

Que lis tu ?

Presse écrite essentiellement. Je ne suis pas un lecteur de romans. Pour mon écriture je m’inspire essentiellement de mon vécu,  Je me passionne de cinéma, de séries TV et de documentaires en tous genres.

 Pourquoi un polar ?

J’ai toujours eu un côté un peu noir, de plus j’aime mettre au profit l’esprit rationnel de l’ingénieur que je suis dans la construction d’intrigues complexes. Mon histoire se passe aux EU, en Nouvelle Angleterre, région que je connais pour y avoir vécu plusieurs mois lors de l’élaboration de mon travail de diplôme en tant qu’étudiant invité à l’Université de Harvard, à Boston, entre 2000 et 2001.

 Une suite à J Cobhan ou tout simplement un autre polar ?

Un autre roman certainement. Un polar, très probablement. La suite de Jeremy Cobhan, peut-être. Je suis en pleine réflexion, notamment en ce qui concerne les possibilités d’amélioration de mes techniques narratives (structure, personnages, style).

 

EXTRAIT 

 …Jeremy avait toujours été un enfant peu bavard. Il passait des heures dans sa chambre à dévorer des bandes dessinées ou feuilleter des revues d’animaux. Il était passionné de faune marine et rêvait de voir les baleines. Ses questions inattendues m’amusaient. Elles étaient à chaque fois un vrai défi : « Où sont les moustiques en hiver ? » « D’où viennent les étoiles filantes ? ».
Un jour, à l’âge de 4 ans, il m’avait demandé pourquoi je sortais avec un garçon. Sa question m’avait pris de court. J’avais improvisé une réponse qui m’avait laissé songeur : « Le monde serait bien triste s’il n’y avait qu’une sorte de fruit. Eh bien, c’est la même chose avec les gens. Si l’on était tous pareils, ce serait moins intéressant, tu ne trouves pas ? » Il avait semblé comprendre avec le plus grand naturel……..

 

 Mon AVIS

 Mai 2013, Rockport près de Boston, Nicholas COBHAN et son fils Jérémy de 9 ans ont disparus.

La voiture de Nicholas est retrouvée au fond d’un ravin et son corps gît non loin de là. Mais où est passé Jérémy ?

Thomas, avocat et frère de Nicholas décide d’enquêter pour retrouver son neveu et peu convaincu de l’accident va tout faire pour élucider ce mystère face à la passivité de la police locale.

 Dans un premier temps je dois dire que j’ai lu le manuscrit de Filippo en Juin 2015 pour une maison d’édition qui n’a jamais daigné répondre, c’est pourtant pas compliqué : OUI / NON (il suffit de cocher la case !) Bon ça c’est mon côté « italienne » et puis il faut dire les choses M’ENFIN !

Voici un premier roman/polar qui ne laisse pas de marbre puisque Filippo traite de l’homophobie entre autres, ce qui est rare !

Les personnages, j’aime bien la façon dont ils sont présentés bien que certains méritent d’être un peu plus exploités.

Beaucoup de sentiments dans ce livre sont exprimés et de ce fait touchants de part leurs réalités.

On ne reste pas non plus insensible aux paysages que l’auteur connaît bien et de ce fait très bien exprimés.

L’intrigue est bien menée et suscite de l’intérêt dès le départ, avec une fin bien imaginée.

En résumé, je pense que ce premier polar peut faire des bébés. Filippo est quelqu’un de très sensible et son écriture s’en ressent. Je lui souhaite beaucoup de succès car il le mérite et j’attends la suite……

 

L’héritage de Lizie de Lawren Schneider


Le livre : L’héritage de Lizie de Lawren Schneider  Paru le 30/05/2015 en autoédition. 18€ ; 299 pages ; 15,6 x 1,9 x 23,4 cm

 

l’auteur : LAWREN SCHNEIDER
Amateur de littérature américaine, de thrillers et de romans noirs, Lawren Schneider livre ici son premier roman 100% action ! Chef de tribu hyperactif, Lawren est originaire de la région de Strasbourg. Il a choisi l’autoédition pour ses deux premiers romans afin de conserver sa liberté de ton et de rester au plus près de ses lecteurs.

 

 

Lawren Schneider par lui même :

Ma première vie a débuté en 1971 à Strasbourg. Elle était placée sous le signe de l’urgence, l’urgence de vivre intensément. Curieux maladif, je n’ai jamais su choisir, j’ai voulu tout avoir, tout vivre. Musicien multiinstrumentiste, étudiant en sciences, père de famille à 20 ans, vendeur de flûtes traversières, manager dans l’industrie du bâtiment, chef de tribu, amoureux investi, voyageur insatiable, entrepreneur.

Ma deuxième vie a débuté en 2014. Se poser. Se poser les bonnes questions. L’écriture est arrivée dans ma vie sans prévenir, comme une évidence, une passion maîtrisée, mais jouissive.
« L’héritage de Lizie » est mon premier roman, un thriller, autoédité en juin 2015.
Ce n’est qu’après avoir écrit le mot « FIN », que j’ai décidé de poursuivre l’aventure. Un an plus tard, j’ai publié « Le prix à payer », une nouvelle aventure de mon héroïne, Lizie.

En 2017, sortira , un roman plus personnel, mais aussi plus dramatique et plus noir. Un thriller dont l’histoire tragique prendra sa source au sein du camp russe où ont été enfermés les « Malgré-Nous » alsaciens et mosellans durant la Deuxième Guerre mondiale.  Son titre »Les larmes des cigognes ». Sortie prévue en Novembre 2017.

Emilie délivre son avis

 

🎊 L’HÉRITAGE DE LIZIE de Lawren Schneider 🎊

Un thriller trois étoiles, 100% action.

Résumé : 
Lizie est une jeune journaliste parisienne menant une vie ordinaire jusqu’au jour où un inspecteur d’Interpol l’avertit que son demi-frère Matthieu est en réalité à la tête d’un des plus gros réseaux de trafic de stupéfiants de l’Ouest américain. Les autorités le soupçonnent même de vouloir enlever Lizie. Le monde s’écroule autour d’elle : pourquoi lui voudrait-il du mal ? Qui est donc véritablement celui pour qui elle avait tant d’admiration ?
De Paris à Las Vegas, Lizie va découvrir le vrai visage de celui qu’elle croyait connaître et n’en sortira pas indemne…

Mon avis :
On découvre l’héroïne principale, Lizie, et sa vie plutôt calme. Enfin… Au début. Car rapidement tout va se dégrader.
J’espère que vous avez le cœur bien accroché car, dès que vous ouvrirez ce livre, vous serez entraîné dans un road trip endiablé.
La vie de Lizie bascule, toutes ses certitudes sont remises en question. Pour elle, plus rien ne sera jamais comme avant.
L’auteur nous emmène de la France aux États-Unis, de question en question, de révélation en révélation, jusqu’au final… Étonnant et émouvant.
On a furieusement envie de lire la suite…

Les maraudeurs de Tom Cooper


 

tc Le livre : Les maraudeurs  de Tom Cooper. Traduit de l’américain par Pierre Demarty. Paru le 4 mai 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique. .  22€ ;  (398 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les Maraudeurs

À Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l’ouragan Katrina rien n’est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, un pêcheur manchot accro aux antidouleurs, qui rêve depuis toujours de trouver le trésor caché de Jean Lafitte, le célèbre flibustier, et parcourt le bayou, armé de son détecteur de métaux. Ou encore Wes Trench, un adolescent en rupture avec son père, et les frères Toup, des jumeaux psychopathes qui font pousser de la marijuana en plein coeur des marécages. Leurs chemins croiseront ceux de Hanson et Cosgrove, deux losers prêts à tout pour devenir riches, et de Brady Grimes, mandaté par la compagnie pétrolière pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites en échange d’un chèque. Mais tous n’en sortiront pas indemnes…

Alliant humour et noirceur avec une réelle virtuosité, Tom Cooper réussit à rendre presque palpables l’atmosphère du bayou et l’attachement que lui portent ceux qui y vivent, faisant des Maraudeurs un roman tout à la fois profond, inventif et jubilatoire.

« Un premier roman aussi brillant que palpitant. »
Donald Ray Pollock

 

tcL’auteur :  Tom Cooper s’est fait connaître par ses nouvelles, publiées dans de nombreux magazines littéraires, qui lui ont valu d’être nominé à quatre reprises pour le prestigieux Pushcart Prize. Les Maraudeurs, son premier roman, a été largement salué par la presse américaine et sera prochainement adapté à la télévision par les producteurs deBreaking Bad. Il vit et enseigne à La Nouvelle-Orléans.
Extrait : 
Grimes pénétra dans le bungalow et regarda autour de lui, avisant les serpentins de papier tue-mouche au plafond, le canapé déplumé en peau de ragondin, les trous dans les murs colmatés avec des boîtes de sardine aplaties et des morceau de carton. Encore cinq heures avant la tombée de la nuit, se disait-il. S’il expédiait la visite, il aurait le temps d’aller frapper à dix ou douze autres portes. (…)
Le vieil homme se frotta le menton, examina la paperasse avec un air d’intense concentration. Grimes n’était pas sûr que ce vieux péquennot comprenne un traître mot ce qui était écrit. « Et vous êtes pas du gouvernement », dit-il.
Grimes secoua la tête.
« Mille dollars comme ça, pour rien.
-Eh bien, votre communauté a souffert. Nous avons à coeur de tenir nos promesses. Aider la communauté à se reconstruire.
-Faut que j’aille pisser », dit le vieux en se levant avec une agilité surprenante, faisant craquer ses genoux. (…)
Les pensées de Grimes continuaient de jouer au yoyo quand le vieux revint dans la cuisine, des plumes de paon plantées dans les cheveux comme une coiffure indienne ratée. Marmonnant de manière incompréhensible, roulant des yeux comme une truie égorgée, il tenait à la main un verre rempli à ras bord d’un liquide ambré qui ressemblait à du jus de pomme.
Grimes entreprit de se lever, la bouche entrouverte, ne sacahnt que penser. « Mr Baker, dit-il.
Putain! éructa le vieux en français. Va niquer ta mère!
– Mr Bakker », dit Grimes en regardant tour à tour le verre et le visage du vieux.
Celui-ci projeta alors son bras en avant et vida le contenu de son verre sur son visiteur. De la pisse. Grimes le sut tout de suite, à l’odeur. Il poussa un cri étranglé et bondit sur ses pieds. Sa chaise bascula en arrière et tomba au sol.
« Qu’est-ce que c’est? dit-il, le visage luisant. Putain, mais c’est de la pisse?
Va niquer ta mère!
-Espèce de taré!
Ta gueule! » (…) 

 

Petit résumé et avis

Dans un coin perdu de Louisane La Jeanette, petite ville  dévastée par l’ouragan Katrina puis par une marée noire dans le golfe du Mexique. Gus Lindquist, pêcheur amputé d’un bras accro à l’alcool et aux antidouleurs, arpente les marais à la recherche du trésor du célèbre corsaire Jean Lafitte, sans que personne le prenne au sérieux. Autour de lui gravite une série de personnages rocambolesques. Une bande de Pieds nicklés tous plus attachants les uns que les autres.

Dans ce premier roman, on va donc suivre les aventures de ces Pieds nicklés en Louisiane. Une Louisiane dévasté où le commun des mortel a vu disparaître le monde qu’il connaissait. Certains ont même tous perdu ou plus rien à perdre.

Dans ce premier roman, avec son humour noir et féroce, Tom Cooper nous décrit un monde en déliquescence .Un monde en sursis où chacun se bat  avec ses propres armes quand la pauvreté et la misère est votre seul quotidien.

Pour autant si l’histoire peut paraître sombre et désespérée, le ton de l’auteur lui est rayonnant. On sourit souvent à la lecture de ce titre. On rit aussi. Il faut dire que le duo Lindquist et Wess est irrésistible. Et accompagner ces héros pardon ces losers dans leurs galères et leurs petits trafiques est parfois jubilatoire.

Un vrai belle découverte que ses Maraudeurs. Et si Tom Cooper était la nouvelle révélations de la littérature américaine.

« Toc toc toc! – Qui est là? -Ricky. – Ricky qui? – Mais non, t’inquiète, elle est pas si petite que ça! ».

Lire le début Ici de :Les Maraudeurs

American desperado de Jon Robert et Evan Wright


Le livre : American desperado de Jon Robert et Evan Wright. Paru le 23/10/2013 chez 13e note éditions.   (701 p.) 18 cm.

4e de couv :

Ce livre retrace l’histoire intense de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino affiliée à la Mafia new-yorkaise, Jon a sept ans quand il est témoin d’un meurtre commis par son père et doit apprendre la loi du silence. Suivant la voie qu’on lui a tracée, il fait ses armes comme « soldat » du clan Gambino puis s’engage dans les marines et donne libre cours à sa sauvagerie naturelle au Vietnam. On le retrouve à vingt-deux ans à New York, où il supervise le racket des boîtes de nuit pour ses oncles. La vague disco/cocaïne va lui donner des idées et lui faire découvrir Miami, où il devient en quelques années l’un des correspondants les plus actifs du cartel de Medellín, écoulant de 50 à 100 kg de poudre par mois. Son carnet d’adresses se lit comme un bottin mondain : le général Noriega, Richard Pryor, O-J Simpson, Meyer Lansky, Richard Dreyfuss, Pablo Escobar… Au volant de voitures de luxe, entouré des plus belles femmes, il est aussi charmant qu’amoral et meurtrier. Scrupuleusement documenté, ce livre écrit en collaboration avec Evan Wright, romancier et grand reporter, permet de découvrir non seulement la vie d’un criminel extraordinairement audacieux, mais aussi une période chaotique et passionnante de l’histoire américaine. Un beau matin de 1986, le FBI fait une descente chez Jon Roberts. S’ensuit une cavale qui durera cinq ans. Capturé, Jon bénéficiera d’une réduction de peine en échange d’informations. Emporté par un cancer le 28 décembre 2011, il n’aura survécu que deux mois à la publication de ses Mémoires.

L’auteur : Evan Alan Wright est un écrivain américain né en 1966 à Cleeveland.  Il est connu pour rapports détaillés sur les sous-cultures pour Rolling Stone Magazine et Vanity Fair. Il est surtout connu pour son livre sur la guerre en Irak, « Generation Kil »l. En 2012, il a écrit un exposé au sujet d’un haut officier de la CIA qui aurait travaillé comme un tueur à gages Mafia (« How to get Away with Murder in America »). En 2012, il publie « American Desperado », un livre qu’il a co-écrit avec Jon Roberts que l’on peut voir dans le documentaire « Cocaine Cowboys ».

Extrait :

 À l’époque où je suis né, l’Amérique était un pays propre où quelqu’un dans mon genre n’aurait pas été applaudi. C’est comme la musique que mon fils écoute, de la merde gangsta pondue par des mecs qui ne savent même pas s’exprimer correctement. Si c’est ce que les gens apprécient de nos jours, pas étonnant qu’ils m’applaudissent.

Le post-it du bibliothécaire :

American desperado : une vie dans la mafia, le trafic de cocaïne et les services secrets.

Rien qu’avec le sous-titre, nous sommes déjà dans l’ambiance. Tout un programme à lui seul .

 Parcours criminel de John Riccobono alias Jon Roberts. Né dans la famille Gambino, affiliée à la mafia new-yorkaise, il est témoin d’un meurtre, commis par son père, alors qu’il n’a que 7ans. Jon va suivre la voie du crime et vivre dans un monde où la menace est permanente et la violence sans limites.

 L’épopée stupéfiante d’un criminel sur la côte Est américaine. Cette biographie nous livre une description glaçante des Etats-Unis des années 1970 et 1980 : mafia, Vietnam, trafic de drogue, corruption généralisée…

Un formidable travail journalistique pour un livre qui se lit comme un roman. Dur, dérangeant, hyper violent et fascinant, mais sans complaisance

Le chouchou du Week End : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James


  chouchous-du-week-end

97822263240540-3342862   Le livre : Brève histoire de sept meurtres de Marlon James. Traduit de l’anglais (Jamaïque) par Valérie Malfoy. Paru le 17 août 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique.  25€ ; (853 p.) ; 22 x 15 cm

 

4e de couv :

« Un roman époustouflant sur le pouvoir, la corruption et le mensonge. Le livre du siècle. » Irvine Welsh

« Brillant, intense, un roman à la fois profane et plein de grâce. »
Louise Erdrich

« Hypnotisant. »
The Guardian

« Ambitieux, mythique, hors norme, colossal, vertigineux : la preuve de l’ambition inouïe de Marlon James et de son talent prodigieux. »
The New York Times

« Une oeuvre littéraire audacieuse, inventive et exigeante. Un véritable tour de force. »
The Wall Street Journal

« Violent, bouillonnant, un roman énorme dans tous les sens du terme. Le projet de Marlon James pouvait sembler fou, mais il relève le défi. Extraordinaire. »
The Times

Kingston, 3 décembre 1976. Deux jours avant un concert en faveur de la paix organisé par le parti au pouvoir, dans un climat d’extrême tension politique, sept hommes armés font irruption au domicile de Bob Marley. Le chanteur est touché à la poitrine et au bras. Pourtant, à la date prévue, il réunira plus de 80 000 personnes lors d’un concert historique.

Construit comme une vaste fresque épique habitée par des dizaines de personnages, ce livre monumental, couronné par le Man Booker Prize 2015, nous entraîne en Jamaïque et aux États-Unis, des années 1970 à nos jours. Convoquant hommes politiques, journalistes, agents de la CIA, barons de la drogue et membres de gangs, il s’interroge avec force sur les éternelles questions du pouvoir, de l’argent, du racisme, des inégalités et de la violence du monde.

S’affirmant ici comme le fils spirituel de Toni Morrison et de James Ellroy, Marlon James signe un livre hors norme, tour à tour sombre, drôle, cru, et toujours passionnant, signe d’une rare ambition littéraire et d’un talent prodigieux.

« Un roman à la fois terrifiant, lyrique et magnifique, écrit par l’un des jeunes auteurs les plus talentueux d’aujourd’hui. »
Russell Banks

bobL’auteur : Marlon James, né en 1970 à Kingston, est le premier auteur jamaïcain à être distingué par le Man Booker Prize depuis sa création.Brève histoire de sept meurtres, son troisième roman, a également été élu parmi les meilleurs livres de l’année par The New York Times, The Washington Post, Time, ou encore Publishers Weekly et Library Journal.
Extrait :
Les bouquins sur l’art d’être tueur à gages, ça n’existe pas, mais si c’était le cas, je serai le premier schéma servant à illustrer le chapitre « Comment tout rater ». (…)
(…) Flinguer relax, non, flinguer froidement, adroitement et avec juste un brin de sociopathe en soi. Pas mon styl. Moi, je suis le gansgter maladroit de Chicago, susceptible et soupe au lait, qui s’est embringué par hasard dans un truc qui ne le regardait pas.

Résumé et petit avis :

Partant des événements et des personnages entourant la tentative d’assassinat de Bob Marley, chanteur reggae pacifiste, en décembre 1976, cette fresque épique dépeint les sombres pouvoirs qui régissent la société, en Jamaïque comme aux Etats-Unis.

Et bien que dire de plus que toutes les merveilleuse critiques que l’on peut lire sur ce titre. Pas grand chose. Sauf peut-être qu’ado j’ai beaucoup écouté et joué Bob Marley. Il a été une idole pour moi, alors que je ne suis pas très idole en fait ! Alors ce livre a été une merveilleuse plongée dans mes jeunes années qui a éclairé mes croyances adolescentes et réveillé mes révoltes de l’époque.

Et puis encore que Bob Marley n’est pas le sujet du livre. C’est juste un fil rouge.

Et il y a aussi cette extraordinaire galerie de personnages que l’on va suivre tout au long de ce roman choral. Personnages que Marlon James fait vivre avec fureur qu’ils en sont parfaitement incarnés.

Ce premier roman, traduit en France, de Marlon James est une sacré découverte. Et il est certain que je n’en resterais pas là avec cet auteur !

bob