Papote d’auteur, Cathie était avec Niko Tackian


« Les interviews d’une experte »

Il y a quelques jours Niko Tackian discuter avec 2 flingueuses d’un polar de Franck Thilliez, Vertiges

Aujourd’hui pour le remercier en quelque sorte, nous lui consacrant cette journée.

Ce matin c’est Cathie qui nous dévoilait son avis sur Toxique

Ce soir notre experte soumet à la question notre auteur.

Aussi je vous laisse découvrir ce deuxième numéro  des….

interviews d’une experte


« Les interviews d’une experte »

Interview de Niko Tackian.

niko

Papote d’auteur, Cathie était avec Niko Tackian

Interviews exclusives, Niko Tackian, Toxique

 

En tant que scénariste, quelle est la différence entre écrire un scénario de film et un roman ?

Et bien c’est très différent. D’abord par le format, un scénario c’est 60 pages pour un 52 minutes, 100 pour un 90 minutes, avec des contraintes de construction, de rythme et souvent de traitement. Un bon scénariste est avant tout un artisan capable de naviguer entre les désirs de nombreux interlocuteurs (producteurs, chaines de télévision, réalisateurs, comédiens parfois) et possédant une boite à outil suffisante pour ne pas perdre le sens de la construction au milieu de tout ça. Alors que dans le roman on est libre en quantité et en contenu…

Pour quelle raison avez-vous décidé de vous lancer dans une carrière de romancier, s’ajoutant à toutes vos autres activités ?

Justement pour cette liberté qui me manquait ailleurs. Dans mes romans je suis seul maitre à bord et je peux traiter des sujets et des personnages qui me tiennent à cœur. Je peux mêler l’intime à la fiction et transgresser les règles. Et puis c’était également un challenge pour moi, et souvent pour les gens qui écrivent dans d’autres secteurs, de réussir à devenir romancier. Encore une fois, le roman c’est l’expérience d’écriture ultime de par sa totale liberté.

Et pourquoi écrire des thrillers ?

J’ai écrit deux thrillers (La nuit n’est jamais complête, Quelque part avant l’enfer) et un polar (Toxique) car j’aime ces genres. Ils me permettent de partir sur tout type d’histoires et de captiver le lecteur en utilisant des codes qui ont fait leurs preuves. Et puis j’ai déjà abordé la science-fiction, la fantasy, la fresque historique, le fantastique en BD et c’était pour moi des univers supplémentaires que j’avais envie d’explorer.

Trois romans en deux ans, c’est beaucoup. Combien de temps vous faut-il en moyenne pour écrire un roman de la première lettre au point final ?

Il me faut en moyenne entre quatre et six mois auxquels s’ajoute un temps de correction. Depuis que j’ai la chance de travailler avec Caroline L’épée et les éditions Calmann Levy, ce temps se rallonge  et j’ai mis 10 mois pour écrire Toxique au total.

toxique niko tackian

A propos de « Toxique » j’ai lu que les critiques le définissent comme un « polar bien noir », ce que j’approuve:). Vous êtes-vous inspiré d’un fait réel ?

L’intrigue policière est 100% originale mais le thème de la sociopathie est bien entendu quelque chose de bien réel sur lequel je me suis documenté. De manière générale, je pense que tout raconteur d’histoire s’inspire toujours de la vérité pour construire une fiction et ses personnages.

Comment construisez-vous un roman ? Votre point de départ est-il un événement ? Un personnage qui fait sa place dans votre imaginaire ?

Dans le cas de Toxique s’est effectivement le personnage de Tomar et son histoire personnelle qui est à la base de tout. J’ai cherché quelque chose de suffisamment fort pour pouvoir le traiter sur la longueur de plusieurs romans.

A propos du personnage de Tomar Khan, si fort et si fragile à la fois, tellement humain. Pensez-vous que le passé puisse être une entrave ? Selon vous, existe-t-il une possibilité de rédemption dans le sens moral du terme ?

Le passé est très certainement une entrave… en tout cas il a une action sur le présent si on ne sait pas « faire table rase ». Mais on ne peut pas se couper de tout, comme de ses racines par exemple… Donc il y a un tri à faire et ce n’est pas simple. Il y a même des professionnels pour vous aider à le faire  . Alors on fait comme on peut avec ce qu’on a en essayant de vivre, de se comprendre et de comprendre les autres. Je pense effectivement que la rédemption est possible pour tout être humain. Mais il ne faut pas l’attendre des autres, c’est un processus intérieur puissant auquel on doit adhérer corps et âme pour qu’il se réalise. C’est un des thèmes principaux de quasiment tout ce que j’ai écrit. Une de mes séries de BD a d’ailleurs pour titre Rédemption.

Quand j’ai lu la dernière phrase « Il était temps pour lui de trouver la lumière » : envisagez-vous une suite ?

Tout à fait, Toxique est la première enquête d’une série dont le second tome est déjà en cours d’écriture. Les personnages de ce roman vont évoluer de romans en romans et Tomar avec eux… Arrivera-t-il à trouver cette lumière ? Existe-t-elle seulement ? J’ai une idée très précise de l’endroit vers lequel je veux amener Tomar et je peux vous promettre qu’il va vous surprendre…

« Toxique » aborde des thèmes qui peuvent faire réfléchir, peut-être même donner des pistes pour solutionner des questions longtemps restées sans réponses. Pensez-vous qu’un polar et/ou thriller puisse jouer un rôle plus profond, plus fondateur que celui de simple divertissement (ce qui est déjà beaucoup) ?

Je le pense oui. Je pense même qu’au-delà de l’aspect divertissement d’une histoire, c’est le but recherché par tout auteur de fiction. Souvent, les meilleurs romans sont ceux qui touchent par la portée universelle des questionnements qu’ils soulèvent. En ce qui me concerne, le « fond » de mes histoires est défini rapidement, avant même le début de l’écriture et m’accompagne tout au long du processus pour nourrir les personnages et les intrigues. Non seulement ça permet de faire réfléchir mais c’est également une manière de donner de la cohésion à un récit.

Toxique de Niko Tackian

Avec mes remerciements les plus chaleureux à Niko Tackian qui a très gentiment et patiemment répondu à mes questions.

Retrouvez aussi la seconde aventure Tomar Khan dans Fantazmë chez Calmann-Levy noir.

Ou bientôt en livre de poche, le 2 janvier prochain

 Et chez Collectif Polar, que ce soit Ge ou ses Flingueuses, nous sommes impatiente d’avoir entre les mains le prochain Niko Tackian.

Mais là il faudra attendra le aussi 2 janvier

Avalanche Hôtel, Niko Tackian chez Calmann-Levy
18€50 ;  (300 p.) ; 22 x 14 cm
Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !
Un thriller hypnotique signé Niko Tackian
Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?
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Toxique de Niko Tackian


Le livre: Toxique de Niko Tackian. Paru le 4 janvier 2017 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ; (299 p.) ; 22 x 14 cm.

Rééditer en poche le 03 janvier 2018 chez Le Livre de Poche. 7€60 ; (309 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Elle aime saboter la vie des autres, elle n’éprouve aucune empathie, elle poursuit un but, elle est toxique.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau.

Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.

À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

 

niko tackianL’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. 

 

Extrait:images
« Faut pas oublier tes racines, gamin, ce sont elles qui font de toi ce que tu es. » (Page 64)

L’expertise de Cathie

 

Toxique de Niko Tackian

Excellent thriller que ce troisième roman de Niko Tackian: psychologie des personnages approfondies sans être trop lourde; décors sobres mais bien plantés; pas de descriptions inutiles ni de bla-bla. On se sent happé par ce récit sombre et addictif: le lecteur suit fébrilement l’auteur sur le chemin que celui-ci lui trace à coups de machette, y compris dans le dédale des rêves de Tomar, peut-être les seuls passages un peu trop longs…

Le +: pas d’esprit vengeur malgré les difficultés et les traumatismes vécus, mais la pensée qu’il existe une explication pour tout comportement humain, qu’il sociopathe ou autre. Il ne s’agit pas d’excuser mais de comprendre afin de permettre une reconstruction possible. Niko Tackian nous transmet ce message que rien n’est noir ou blanc, dans la vie; que la méchanceté, même absolue, le mal trouvent leurs racines dans un terreau fait de nos peurs, de maltraitances physiques ou morales, de traumatismes remontant à la prime enfance et que la vengeance brutale ne résout rien. Ce qui ne veut pas dire se résigner,mais en comprendre les causes afin de rebondir et de se reconstruire…

Le chuchoteur – Donato Carrisi by Sacha


Le livre : Le chuchoteur de Donato Carrisi. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza. Paru le 5 mai 2010 chez Calmann-Levy dans la collection suspense. 22€25 ; (437 p.) ; 23 x 15 cm.
4e de couv : 

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.

 

Extrait : 
Le maître de musique avait parlé.
Mais ce n’est pas ça qui la frappa. Ce n’était pas la première fois. Grand nombre d’individus solitaires expriment leurs pensées à voix haute quand ils sont enfermés chez eux. Cela arrivait même à Mila, de parler toute seule.
Non. La nouveauté, c’était autre chose. Qui la récompensait d’une semaine entière de guet, passée dans le froid glacial de sa voiture, garée devant la maison marron, à scruter l’intérieur avec des petites jumelles, les déplacements de l’homme d’une quarantaine d’années, gros et laiteux, qui évoluait tranquillement dans son petit univers ordonné, en répétant toujours les mêmes gestes, comme s’ils étaient la trame d’une toile qu’il était le seul à connaître.
Le maître de musique avait parlé. Mais la nouveauté, c’était que cette fois, il avait prononcé un nom.
Mila l’avait vu se former, lettre par lettre, sur ses lèvres. Pablo. C’était la confirmation, la clé pour accéder à ce monde mystérieux. Maintenant, elle le savait.
Le maître de musique avait un invité.

Les Sach’Avis

Le criminologue Goran Gavila et la spécialiste des affaires d’enlèvement Mila Vasquez enquêtent sur la disparition de cinq fillettes, dont les bras gauches ont été retrouvés dans cinq petites fosses creusées dans une clairière…

Alors voilà! Je viens de finir « Le chuchoteur« ! Depuis le temps que j’en entendais parler!
Et je ne suis pas déçue! Moi qui aimé la criminologie, J’ai été servie! Tres fouillé! J’ai adoré! Super bouquin! Très bonne intrigue et une chute de dingue!
Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, je vous le recommande! Foncez!
Bizzzous les psychopathes😘

Fantazmë de Niko Tackian


Niko Tackian sera à Saint Maur en Poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez nombreux à sa rencontre

 

Le livre : Fantazmë, Niko Tackian. Paru le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann Lévy. 18,50 € ; 13,5 x 21,5

4 ème de couverture :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIII ème arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, cette d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

 

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« le sang sur ses mains s’était volatilisé et il était incapable de dire ce qui tenait du rêve et de la réalité. Bob l’avait clairement mis en garde contre lui-même. Il ne pouvait se résoudre à écouter les mots de son croque-mitaine, pourtant il était obligé d’admettre que quelque chose était en train de se passer »

 

L’accroche de Miss Aline

Fantazmë, Niko Tackian

L’équipe est au complet Tomar, Francky, Dino, Rhonda, sur une nouvelle affaire qui s’annonce « simple » comme un règlement de compte. Ne pas se fier aux apparences. Des victimes battues à mort, une caméra qui capte le passage à tabac. Un visage cagoulé, un bourreau rapide, efficace. Les victimes ne sont pas n’importe qui, elles sont elles mêmes des bourreaux d’hier ou d’aujourd’hui. Elles font dans le trafic d’êtres humains, dans la prostitution, en agrémentant le tout de tabassage en règle histoire de bien définir qui est le maître.

Le fantazmë, le spectre en albanais,  applique sa justice c’est-à-dire la mort. Tomar est son équipe le traque. Tomar va l’approcher mais sans parvenir à le saisir.

En filagramme, on assiste à une enquête de la police des polices. Rhonda va avoir chaud aux fesses malgré tout elle va tenir sa version des faits. Tomar la soutient et pour cause.

Le commandant n’en a pas fini avec ses visions oniriques, elles le poursuivent même en plein jour. Est-il en train de perdre définitivement les pédales ? Agir mais pour découvrir quoi ? Son passé est toujours là, ancré en lui.

L’auteur nous emmène dans le Paris d’aujourd’hui ou il faut vivre avec les attentats du passé. Ces victimes, pour qui le monde s’est soudé comme un seul homme, font parti d’hier. On les devine mais on ne les « voit » plus. Tout comme la traitre d’être humain, ça fait parti du décor. On ne les remarques plus, on ne les considère plus. L’indifférence, l’invisibilité. Ne pas vouloir voir. Oublier.

On parle beaucoup de rêves dans se roman. De rêves récurrents, de rêves ou l’on peut être un acteur conscient. Il serait intéressant de connaître le travail de recherche de l’auteur sur ce thème cher à Freud.

En conclusion, Tomar est de nouveau malmené. On se demande s’il va s’en sortir un jour. En même temps ses failles et ses blessures font partie de son charme. Un mec cassé qui laisse un peu d’ouverture à l’espoir. On attend la suite…

 

Dans les brumes du mal de René Manzor


 Le livre : Dans les brumes du mal de René Manzor. Paru le 19  octobre 2016 chez Calmann Levy dans la Collection Noir. 20€, (400 p.) 15×23 cm

4e de couv :

Un thriller magistral par l’auteur de Celui dont le nom n’est plus, Prix Polar Cognac 2014

La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassi- née et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meil- leurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?

L’auteur : René Manzor est scénariste, réalisateur, et écrivain. Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.En seulement deux romans, René Manzor s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus (Kero, 2014) le Prix Cognac du polar Francophone .
Extrait :
Il poussa la porte de la chambre d’Alyssa qu’il avait remise en ordre et laissa trainer son regard sur toutes ces choses qui avaient une signification particulière pour elle : les posters de ses groupes musicaux préférés, sa collection de coquillages, ses vieilles poupées de chiffon, ses colliers, sa table de maquillage…il attrapa son flacon de parfum et le contempla dans la lumière, comme un philtre magique. Il retira le bouchon, le sentit pour attirer le fantôme d’Alyssa dans la pièce, puis versa quelques gouttes dans sa main et les appliqua sur son cou et sur sa nuque.
Il s’attarda ensuite un moment devant les étagères de son bureau, s’intéressa aux romans qu’elle lisait, TWILIGHT de Stephenie Meyer, GANT OF THRONES de Georges R.R.Martin.
Il sourit tristement en apercevant la girafe en peluche avec laquelle sa fille dormait encore. Et, tout naturellement, il serra le doudou contre lui, ferma les yeux et s’allongea sur ce lit qu’il avait bordé tant de fois…..

 

L’Accroche deMiss Aline

Dans les brumes du mal, René Manzor
Editions Pocket

Dalhia Rhymes, criminologue au FBI spécialisée dans les crimes rituels va devoir revenir sur ses terres anciennes. Anciennes parce qu’elles les a quitté il y a plus de vingt ans. Anciennes parce que territoire chargé d’histoire, de rites, de religion vaudou. Elle va devoir faire face à un passé plus que douloureux pour retrouver son neveu et filleul Tom. Attention à ne pas se perdre sur le terrain mais également dans son passé. La frontière est mince, un rien pourrait la faire basculer. Epaulée de Nathan, une ancienne connaissance ayant, comme elle, choisi la voix policière, elle va traquer un kidnappeur d’enfants. Tom n’est pas le seul et surtout pas le dernier. Pourquoi prendre ces enfants, tuer leurs mères de façon atroce ? Sa connaissance des rites et cie va la guider.
Au cours de son enquête Dalhia va y laisser des plumes. Tel le phoenix va-t-elle renaître de ses cendres ? Rien n’est moins sûr.

Lectrice, tu l’attaches à elle. Elle veut faire de son mieux et porte tellement de souffrance, de blessures. Nathan aussi est un écorché. Tu crains pour eux. Tourner les pages c’est les entraîner plus loin mais vont-ils le supporter ? Tu n’as pas le choix, tu veux savoir pour Tom et les autres. Le dénouement est proche mais la solution te semble tellement …horrible. C’est aussi moche que ce que ces gosses subissent. Un petit détail te trotte dans la tête, il va trouver sa place où ? Ah oui….oh non pas ça ! Et ce ça tu ne l’as pas vu venir. Dalhia non plus.

Et vous, vous le verrez venir ?

Bonne lecture !

Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch


Le livre : Ce qui se dit la nuit d’Elsa Roch. Paru le 8 février 2017 chez Calmann- Levy.   18€90 ; (298 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 7 février 2018  chez Le Livre de poche dans la collection Thriller. 7€40 ;  (283 p.) ; 18 x 11 cm

Disponible en numérique aux Editions de Lépée.

4e de couv : 

« Je ne crois pas au hasard. Ni aux malédictions. Sinon je ne serais pas flic. »
Amaury Marsac

Rentrer chez soi.

Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les « ides » : homicides, Infanticides, parricides… À peine quadragénaire, le commissaire Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.

Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.

Cette femme, c’est Marianne, une figure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble. Elsa Roch écrit des polars pour explorer une à une les failles de l’être humain.
Extrait :
Marianne reposait, mais le mot était mal choisi car rien dans sa posture n’évoquait une quelconque détente, nue, sur le divan. Sa tête, tondue, pendait presque dans le vide, à peine retenue par l’épaisseur de l’accoudoir rembourré. Sans cet appendice, sa tête se serait-elle détachée du reste de son corps ? Marsac s’approcha davantage – égorgée, de part et d’autre des muscles scalènes. Il ferma les yeux un millième de seconde, le visage soudain crayeux, dépassé par l’horreur. Chasser ce cauchemar de sa rétine avant que ces images ne se gravent à jamais, au burin, dans sa mémoire. Il savait déjà que ce serait vain. Il n’oublierait jamais. Il s’obligea à rouvrir les yeux. Continuer son exploration visuelle. Délaisser le visage, auparavant solaire de Marianne, autoriser son regard à descendre le long du corps. Cou. Déjà vu, passer. Buste. Il aurait aimé ne pas s’y attarder, mais. Stop. Il crut halluciner. Il y avait un truc, cousu à gros points noirs, sur… son… sein gauche… au niveau du cœur. Un morceau de tissu bleu ciel, effiloché, de deux centimètres sur deux environ. Il cilla, et vomit dans son masque pour la première fois de sa carrière. Sortir d’ici.

Le Off de Oph

« Ce qui se dit la nuit », un roman dans lequel, les croyances de nos provinces, tissent une toile de fond pour la plume précise mais aussi très sensible et poétique d’Elsa Roch.

« Elle se replia dans l’herbe, comme un bâton d’encens qui, après s’être peu à peu consumé, se délite brusquement et s’effondre. »

Dès les premières pages je savais que ce roman me plairait. Assaillie d’émotions, pour des raisons très personnelles, elles ne m’ont pas quittées tout au long de ma lecture.

Elsa nous emmène au cœur du Berry où le Commissaire Marsac a choisi d’aller se ressourcer pour échapper aux « ides »: homicides, infanticides, parricides… et comme je le comprends. Elsa a décrit avec justesse le « trop plein » du vécu d’un policier confrontés aux « ides » et surtout au « ide » de trop… celui qui, pour des raisons personnelles , peut nous faire basculer…
Mais alors que Marsac pensait se ressourcer, il en sera tout autrement.

Une intrigue nimbée de mystères et des croyances de tout un village. Un village où tous se connaissent… un village au rythme duquel vous vivrez tout le temps de la lecture.
C’est dans cette ambiance à la limite du huis-clos qu’Elsa a choisi de faire évoluer des personnages puissants, attachants, tellement humains, avec leurs fêlures et leurs passions.

« On raconte que les soirs de pleine lune, dès la nuit tombée, les lupeux, ces créatures surnaturelles à tête de loup et voix humaine qui attirent les voyageurs égarés dans les fondrières, viennent ici et qu’on ne peut les regarder sans mourir de peur. »

Enfin Elsa aborde des thèmes tels que la passion amoureuse, la rivalité, l’évolution des amitiés nouées à l’adolescence ou encore l’ambition.

Je dois avouer que si Marsac est le personnage central de ce roman , c’est un autre personnage, Manon, qui m’a le plus touchée. Un personnage que Marsac connaît depuis l’enfance, une jeune femme pour laquelle j’ai ressenti une réelle tendresse.

Je peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman de part la qualité de l’écriture… et pourtant… Elsa a sorti son second roman « Oublier nos promesses » le 7 février dernier, et « Ce qui se dit la nuit » est, quant à lui, paru en poche.

Si vous n’avez jamais lu Elsa, n’hésitez pas, elle fait partie des nouveaux auteurs que je compte suivre!

Hématome de Maud Mayeras


Le livre : Hématome de Maud Mayeras. Paru le 5 avril 2006 chez Calmann-Levy – collection Calmann-Levy suspense.  18€25 ; (278 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 4 juillet 2010  chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de Poche, Thriller n° 30910 . 6€90 ;  (312 p.) ; 18 x 11 cm. Nouv. présentation    

4ème de couverture :

Une jeune femme se réveille péniblement dans une chambre d’hôpital. Elle ne sait ni qui elle est, ni pourquoi son corps la fait autant souffrir : sa mémoire est comme effacée. A son chevet, Karter, son compagnon. Effondré, il apprend à la jeune femme qu’on l’a agressée, puis violée. Il fera tout pour lui redonner le goût de vivre. Dès sa sortie, Emma, assaillie par des flashs terrifiants, tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Les questions se suivent et les zones d’ombre apparaissent : qui l’a agressée alors qu’elle attendait un enfant ? Elle dirigeait une affaire prospère ; quel grand malheur a mis un terme à sa carrière ? Son frère et sa mère sont morts ; pourquoi le silence la sépare-t-elle de son père depuis toutes ces années ? Bribe par bribe, les souvenirs ressurgissent, sans apporter compréhension ni réconfort. Emma croise des personnages de plus en plus inquiétants et la mort semble peu à peu tout recouvrir autour d’elle, telle la neige qui prend doucement possession de la ville.
Le mystère s’épaissit pour brutalement exploser dans un dénouement aveuglant, comme un flash dans l’obscurité.

L’auteur : Maud Mayéras est née le 06 octobre 1981 à Limoges où elle vit encore. Son premier thriller « Hématome, » paru aux éditions Calmann-Lévy dans la collection Suspense en 2006, a pour sujet principal la dénonciation des violences faites aux femmes.
Il avait été très remarqué lors de sa sortie : finaliste Prix Polar SNCF 2006, Prix des Limbes pourpres 2006 et Prix Griffe noire du meilleur thriller de poche 2008.
Sept ans plus tard, son second roman intitulé « Reflex » (2013), est édité aux éditions Anne Carrière.
« Lux » est publié aux Éditions Anne Carrière le 6 octobre 2016.
Extraits :
“Le jeune homme au bec-de-lièvre bascule légèrement en avant et une mèche épaisse tombe sur son front. Il lève les yeux vers moi et son regard gris me rassure. Son visage hâlé se dessine tout autour en traits fins, comme un tableau. Un tableau déchiré en plein milieu.
[…]
En y regardant de plus près, son visage n’est pas si monstrueux. 
On dit que chaque enfant, juste après sa naissance, rencontre l’Ange du silence. Chaque enfant naît omniscient. Il connaît tout de la vie, de la mort, du monde humain, animal, végétal. Tout. L’Ange du silence, à l’instant où l’enfant va pousser son premier cri, glisse son index sous son nez, et étend le mouvement jusqu’à ses lèvres. À ce moment précis, l’enfant oublie tout.
Son ange à lui a un peu dérapé, voilà tout.”

La chronique Jubilatoire de Dany

Dérangeant, touchant, réaliste et tellement bien mené … cette reconstruction d’Emma après le viol qui a causé en plus la mort de son futur bébé … On sent le suspense se développer au fil des pages pour finir en horreur absolue. le deuxième roman que je lis (après “Reflex”)de cette auteure à « ranger » aux côtés de Claire Favan … Maud Mayeras nous balade avec nos évidences pour mieux nous perdre … Et dire que chacune d’entre nous aurait pu être à sa place, le lecteur infiltre sa conscience et tremble avec Emma

“Karter retire son bras si rapidement que son geste en devient presque brutal. Qu’est-ce que tu caches Key ? Que faut-il que je ne voie pas ?
– Il est magnifique. Mais… pourquoi une Reine rouge si effrayante ?
– C’est mon démon, elle est cachée sous mon bras. Je ne la vois pas, mais je sais qu’elle est là. Comme les ailes dans ton dos. Et comme ce truc…
Il touche la cicatrice sur ses lèvres.
– Ce foutu bec-de-lièvre a gâché ma vie entière. Toi seule m’as regardé. Toi seule as vu qui j’étais vraiment.
Alors, à mon tour je caresse sa peau abîmée. Je retrace le sillon épais, de son nez à sa bouche.
– Gamin, je me suis réfugié dans les bandes dessinées, dans les contes de fées. Pour oublier le monde autour, les moqueries et le regard des autres enfants. Tu es la seule qui soit passée au travers de la carapace que je m’étais forgée pendant des années. La seule à avoir essayé. La seule, Emma.
Ses yeux sont rougis de larmes. Mes doigts courent sur son visage, doucement. Amoureusement. J’aimais cet homme.”

La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug


Le livre : La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug. Paru le 14 mars 2012 aux Editions Calmann-Lévy.  15€ ; (200 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche chez Le livre de Poche le 29 janvier 2014.   6€10 ; (158 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n’a oublié l’annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet… Pour Rosy, dix ans, la vie n’est pas drôle tous les jours.

Quand, en 1940, Hitler s’empare de la Moselle, leurs conditions de vie s’améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d’araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu’elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.

 

L’auteur : Nathalie Hug est né  en 1070 et a veçu dans l’est de la France. Elle a écrit plusieurs livres avec Jérôme Camut. La Demoiselle des tic-tac, son deuxième roman solo, confirme le talent d’un auteur qui nous avait bouleversés avec son conte moderne, L’Enfant-rien.

 

Extrait : 
Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le coeur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n’est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure : nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever.

La Kronik d’Eppy Fanny

La Demoiselle des tic-tac De Nathalie Hug Editions Calmann-Lévy

Ce second roman de Nathalie nous entraîne dans le département de la Moselle, département meurtri, tantôt Allemand, tantôt Français, où l’annexion de 1871 a laissé des traces.

Il ne fait pas bon y être Allemand dans cette Lorraine qui n’oublie pas.

Cette histoire est celle de Rosy et de sa mère. Elles ont dû quitter l’Allemagne en 1937 pour s’installer dans ce village de Moselle au sein de la famille du père de Rosy. Village et famille ne veulent pas d’elles. Sauf peut-être l’oncle Edy.

L’intégration ne se fait pas.

Mutti la mère de Rosy vénère Hitler et a pour bréviaire Mein Kampf. Rosy a été éduquée aux Jungmädel et à la BDM (Bund Deutscher Mädel – Équivalent des Jeunesses Hitlériennes pour les filles).

En 1940 leur sort s’améliore lorsque les armées Hitlériennes s’emparent de la Moselle. Mais, dès 1944, les alliés pilonnent la région et elles doivent se terrer dans cette cave qui devient leur univers.

Le roman décrit tous les travers humains : les mensonges, les secrets de famille et leurs dégâts sur les enfants.

Les comportements humains engendrés par la peur, sentiment qui favorise si bien la haine.

Ces comportements nous questionnent sur la façon dont nous nous serions comportés dans cette époque troublée et ces circonstances.

Rosy, seule, dans cet espace réduit, repasse dans sa tête les diverses périodes de sa courte existence, les bons comme les mauvais, avec pour seule compagne sa poule « Cosette », de maigres provisions et ces fameuses tic-tac qui la terrorisent.

Des lettres trouvées et certains mensonges volent en éclat.

Puis vient l’acceptation, le renoncement, et enfin, la peur s’envole.

Rosy – Page 53 (extrait)

« Quelque part à côté de moi, une tic-tac tressaille dans le jeu d’ombre et de lumière. Je pousse un cri, les doigts suspendus au-dessus de mon clavier de fortune. Hypnotisée par le monstre, je regarde ses longues pattes s’agiter en tous sens, son corps oblong et sa tête minuscule. Des frissons de dégoût picotent ma nuque. »

Un récit bouleversant de justesse comme la plume de Nathalie sait si bien nous offrir.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette Demoiselle des tic-tac et toutes les émotions que son récit nous offre.

Nathalie, je te remercie de l’émotion supplémentaire que tu m’as procurée à la lecture de ta dédicace pour ton grand-père Eddy. Elle m’a renvoyé au mien…

Je te souhaite de trouver, lorsqu’il sera l’heure, un magnifique jardin au 32, rue du Soleil.

1 rue des petits pas de Nathalie Hug


 Salut les polardeux,

Sur Collectif Polar c’est tous les jours la journée de la femme.

Ce n’est pas les flingueuses qui me contrediront.

Mais en ce 8 mars, nous tenions, je tenais à rendre hommage au courage des femmes à travers deux romans que j’ai adoré de deux auteures que j’aime profondément.

Aussi pour bien commencer cette journée, nous vous proposons la chronique du 3e roman solo de Nathalie Hug.

Le livre :  1, rue des petits-pas de Nathalie Hug . Paru le 5 février 2014 chez Calman Levy. 18€90 (345 p.) ; 22 x 14 cm.

Réédité en poche  le 1er avril 2015 chez Le livre de poche.  7€60 ; (401 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv : 

Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s’organise pour que la vie continue.

Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l’oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l’illégalité, élève un enfant qui n’est pas le sien, aime un être qu’elle n’a pas le droit d’aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.

Avec 1, rue des Petits-Pas, Nathalie Hug compose avec talent un magnifique roman d’apprentissage, d’une sincérité et d’un réalisme bouleversants.

 

L’auteur : Nathalie Hug  est née  à Nancy en 1970. Elle a grandi en Lorraine. 1, rue des Petits-Pas est son troisième roman, après L’Enfant-rien et La Demoiselle des tic-tac, publié chez Calmann-Lévy. Elle est écrivain et scénariste et depuis 2004 elle publie en association avec son mari Jérôme Camut des thrillers et des romans d’anticipation. Son premier roman en solo est publié en 2011.
Extrait :
Les hautes bâtisses de la Malaumont se détachèrent de l’obscurité à la faveur d’un rayon de lune. Reliées entre elles par un porche surmonté d’un pigeonnier, les tours carrées ressemblaient à une bouche prête à m’engloutir. Des dizaines de pigeons en surgirent dans un fracas d’ailes, mêlant des plumes aux flocons de neige.
Surprise, je lâchai les bras de la carriole. Le corps de Jehanne tressauta. Une rafale tourbillonnante souleva une poignée de cristaux de glace qui scintillèrent brièvement, et le ciel se dégagea sous le souffle de vent, nimbant les massifs contours d’une étonnante clarté.
Je louai la lune de m’éclairer ainsi, alors que je passais sous le porche, car il n’était de pire endroit à des kilomètres à la ronde.
Une légende locale disait que des siècles plus tôt, une vouivre nommée Lusiane était devenue femme pour l’amour d’un architecte du bourg. Mais leur histoire avait connu un tragique épilogue et depuis, le monstre hantait le moulin où nous abandonnions les cadavres, faute de savoir qu’en faire.

 

Le OFF de OPH

 

Eppy FannyGeneviève et Stef m’avaient pourtant prévenue…
Mais quelle émotion, quelle sensibilité dans les mots de Nathalie.
En ouvrant le « 1, rue des Petits Pas », je ne pensais pas vivre au fil des pages une telle immersion au point de me sentir habitante de ce petit village de Lorraine qui tente de reprendre vie au cours de l’hiver 1918.
Dans ce village en ruine, proche du front, les rescapés survivent et s’organisent. Louise a 16 ans, battue, violée, elle est recueillie par Anne, une sage-femme, qui pratique tant les accouchements « physiques » que la maïeutique.
Auprès d’Anne, Louise va tenter de se reconstruire, de soigner, en toute illégalité, les maux des autres femmes du village.
Dans un village coupé de tout, qui a souffert de la Guerre, la haine et la violence s’opposent à l’espoir et à la solidarité…
Au fil des pages, j’ai fait corps avec ses femmes qui, au travers de leurs histoires, m’ont rappelé la chance que j’avais de vivre dans une société où la Femme, même si elle n’est pas encore l’égale de l’homme dans ses droits, n’a plus à souffrir autant de ne pas être née homme.
Ce petit bijou de Nathalie Hug est une histoire de Femmes, une histoire d’abnégation, une histoire de don de soi, une histoire d’Amours…

Extrait :
J’avais grandi dans le vide de ma mère, dans le manque de tout, dans la douleur des travaux de forçat auxquels on me soumettait, dans l’euphorie de l’alcool qu’on me faisait ingurgiter pour étouffer mes pleurs quand après avoir labouré des heures, je devais passer la nuit à ensemencer les champs, courbée au-dessus des sillons.
J’avais grandi dans l’idée que la vie n’était que souffrance, et qu’il me fallait accepter ce sort, puisque tel était celui que Dieu m’avait choisi. Ce Dieu que je devais chanter le dimanche, tellement fourbue par ma semaine que je ne parvenais plus à me lever pendant la messe, quand le curé l’ordonnait. Ce même Dieu qui m’avait enlevé mes parents d’abord, puis Hortense, la frappant de la vérole, et qui nous avait livrées à des soudards, la Vieille et moi.
– Dieu me punit tout le temps, murmurai-je, il ne peut pas s’en empêcher.
– Dieu n’a rien à voir là-dedans, affirma la sage-femme. Crois-moi. Les hommes sont assez stupides pour s’entre-tuer et martyriser les femmes. Et après, on comptera les morts sur le front en oubliant toutes celles qu’on a assassinées autrement.

Alors à ce soir pour un autre roman, une autre auteure et une autre héroïne !

 

L’enfant de rien de Nathalie Hug


Aujourd’hui, en ce jour de Saint Valentin, sur Collectif Polar on s’éloigne de nos domaines de prédilections mais… Car il y toujours un mais.

Mais c’est pour la bonne cause puisque c’est d’un titre de Nathalie Hug dont nous allons parler. Et vous autres Polardeux, Nathalie Hug vous la connaissez forcément mais sous son autre-elle, puisque c’est la deuxième partie des CAMHUG, nos chouchoux ici !

Et en plus on vous offre une double chronique


Le livre : L’enfant de rien de Nathalie Hug.  Paru le 5 janvier 2011 chez Calmann Levy.  14€70  ; (133 p.) ; 22 x 14 cm.

4e de couv :

L’enfant-rien

« Aussi loin que je me souvienne, je l’attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard. »

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-soeur, dans l’espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S’il rêve d’un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu’il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en « tas-de-fraises-à-la-crème », la possibilité d’une vie différente s’ouvre à lui. Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne ?

 L’auteur : Nathalie Hug est née à Nancy le 13 janvier 1970. Elle est un écrivain et scénariste. Depuis 2004, elle publie en association avec son mari Jérôme Camut des thrillers et des romans d’anticipation.  ils ont écrit entre autre,deux séries très remarquées, Les voies de l’ombre et W3. sans oublié Islanova, le dernier opus en date. Elle est l’auteur de trois roman, L’enfant de rien, son premier solo, La demoiselle des tic-tac et 1 rue des petits pas !

 

Extrait :
Dans les dossiers rangés en haut du cagibi, il y avait une pochette : Papier Adrien. A l’intérieur, parmi d’autres, un document titré : Déclaration de grossesse. Ce qui je ne comprenais pas, c’est pourquoi le nom de mon père n’y apparaissait pas. A la place, quelqu’un avait écrit : néant.

Chronique d’Eppy Fanny

 

Il y a Adrien, un enfant à part qui cherche désespérément un père. Il le rêve, l’imagine et ne comprend pas pourquoi celui de sa grande sœur Isabelle ne veut pas être le sien. Il aimerait tant appartenir à cette famille recomposée dans laquelle sa sœur s’épanouit et où il n’a pas sa place. Lui l’enfant-rien, tellement rien que même ses reins sont un néant.

Puis il y a cette femme, sa mère, qui ne dit rien, jamais, si ce n’est « je ne sais pas ». Eteinte, comme déjà morte… Puis cet accident qui la transforme encore plus en fantôme.

Elle est, plus que jamais, bloquée dans une attente douloureuse.

Et toutes ces questions sans réponses. Sur lui Adrien, sur son père, sur qui est sa mère.

Quels secrets se cachent dans cette mystérieuse boîte rouge ?

Une fois encore, un récit bouleversant.

Une histoire de femme, de souffrance, de solitude, de chagrin et de choix si lourds à porter.

Mais aussi une histoire de don, précieux, salvateur.

Une histoire d’amour tout simplement.

Merci Nathalie pour ce morceau de toi que nous venons de partager.

Celui-ci a une résonance particulière car une petite carte ne me quitte jamais depuis maintenant 15 ans. Elle m’assure que mon choix sera respecté et me garantit que la mort n’est pas forcément une fin.

La posséder ne fait pas mourir plus vite contrairement à ce que pensent certains.

Extrait :
Je reprochais à ma mère de ne jamais parler de mon père, mais, plus que tout, je lui reprochais ces journées sombres où elle se flétrissait comme une vieille dame. Un vendredi soir sur deux, la porte se refermait sur ma soeur et s’ouvrait sur mon enfer. Un abîme de quarante-huit heures. Isabelle partie, ma mère s’éteignait brutalement. (p.30)

Le OFF de OPH

En me prêtant ce roman de Nathalie Hug, mon amie Eppy Fanny ne savait pas à quel point elle me ferait un cadeau… Elle m’avait pourtant mise en garde sur la sensibilité de Nathalie, sa volonté de raconter des histoires de femmes qui touchent nos cœurs de femmes…

Loin de mes lectures polardesques, ce roman bouleversant m’a laissée sans voix. Moi qui suis une éternelle bavarde devant l’éternel, comment trouver les mots pour vous raconter comment ceux de Nathalie m’ont émue aux larmes.

Adrien est un petit garçon étrange, il guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-sœur, espérant un regard, un geste tendre. Mais ce que souhaite Adrien par dessus-tout c’est savoir d’où il vient, percer le secret de sa naissance. Le jour où sa maman se fait renverser, il entrevoit la possibilité d’une vie différente. Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne?

Adrien est le narrateur de son histoire. Avec ses mots d’enfants posés sur les maux de son âme, il nous pousse à nous interroger sur ce besoin viscéral que nous avons de connaître nos origines. Savoir d’où nous venons pour savoir qui nous sommes. Il explique l’absence, le vide quand il manque une partie de soi, il raconte la douleur du néant. La violence de certains mots qui accentuent le vide, le sentiment de n’être rien.
Les dernières pages de son histoire m’ont émue aux larmes, je ne m’attendais pas à une telle fin…

Merci Eppy Fanny et je te sachant proche de Nathalie, j’espère que tu pourras lui transmettre mes remerciements pour avoir su si bien poser des mots sur la douleur de nombreuses femmes.

Ce roman existe en poche.
Paru le 29 février 2012 chez le Livre de Poche. 5€90 ; (118 p.) ; 18 x 11 cm