Apéro Polar : Rencontre avec Bernard Prou


Vous le savez, depuis quelques années maintenant, 1 fois par trimestre, j’organise au sein de ma bibliothèque des rencontres d’auteurs.

J’ai appelé ça Apéro Polar

Et le Samedi 14 octobre prochain j’aurai la chance de recevoir…

Bernard Prou

A l’occasion de ses fameux Apéros Polar, la bibliothèque Parmentier aura le plaisir de recevoir Monsieur Bernard Prou qui viendra nous parler de son titre Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant.

Dans le cadre des rencontres autour du centenaire de la révolution russe, Bernard Prou, viendra nous raconter la vie tumultueuse d’Alexis Vassilkov, le fils de Maupassant.
Il nous fera traverser les époques, lorsque les russes opposés au Tsar se réfugiaient en France, lorsque ceux-ci sont retournés en Russie au tout début des insurrections et jusqu’à la révolution russe. Il sera question de Lénine et de francs maçons. De Staline et de son psychiatre. Du petit père des russes et de goulags….

Je questionnerai notre auteur sur tous ces points mais aussi sur plein d’autres choses encore.

Nous parlerons Russie c’est certain, mais j’aimerai aussi que Bernard Prou vous raconte aussi la merveilleuse histoire qu’a été la sienne avec la publication ce ce premier roman « Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant« .

J’espère que nous aurons aussi le temps de vous parler de son deuxième roman « Délation sur ordonnance »  qui sortira dans quelques semaines chez Anne Carrière.

Notre auteur justement qui est-ils.

Bernard Prou est diplômé à l’Ecole Nationale de Chimie Physique Biologie à Paris (1963-1967) et à l’Université de la Sorbonne Nouvelle : Paris III (1966-1969).

Il a enseigné les mathématiques et la physique à Vincennes et à Alfortville de 1972 à 2005. Marié et père de cinq enfants, il vit à Paris.

Sa bibliographie

 

Délation sur ordonnance

Délation sur ordonnance de Bernard Prou. À paraître le 2 novembre 2017 Aux Éditions Anne Carrière . 18€

Résumé

Oreste et la jeune femme comprennent alors que la bibliothèque renferme des secrets. Conçue par le médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés leur permettra de reconstituer fidèlement ce qui s’est réellement passé. Grégoire ne s’était probablement pas douté que ses propres enfants, Maurice, Laure, Marie et Charles, étaient d’une manière ou d’une autre liés aux personnes qu’il avait dénoncées : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly. Parmi ces « mauvais Français », on trouve un communiste et résistant, un gaulliste, un arriviste forcené, et un Juif. Et, pour couronner le tout, trois d’entre eux sont francs-maçons. En livrant ces hommes aux autorités de Vichy, Grégoire Saint-Marly ignorait qu’il poussait son fils Charles vers le peloton d’exécution. Que Maurice, qui fréquentait les truands de la rue Lauriston, deviendrait un roi du marché noir, avant de trouver la rédemption. Et comment ne pas évoquer le destin de sa fille Laure, amoureuse d’un officier allemand, et de son autre fille, Marie, la discrète émancipée, dont les faits de résistance étaient passés inaperçus ? À travers les destins enchevêtrés de ces personnages, Bernard Prou reconstitue une période trouble où chacun s’est déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience.

Alexis Vassilkov ou La vie tumultueuse du fils de Maupassant

 Alexis Vassilkov ou La vie tumultueuse du fils de Maupassant de Bernard Prou. Postface de Fernando Arrabal. Paru le 11 mai 2016. 7€60 ; (424 p.) ; 18 x 11 cm
Résumé
À la veille de sa mort, Guy de Maupassant connaît une idylle avec la peintre russe Lioubov Vassilkova. De leur union naît Alexis, leur fils irrévélé. À l’âge de 13 ans, il quitte la France avec sa mère pour la Russie révolutionnaire. Devenu psychiatre, il fait bientôt partie de l’entourage proche de Staline et se retrouve déporté au goulag de Mirny, en Sibérie, où on l’initie à la franc-maçonnerie dans une loge clandestine. Ses engagements, sa bonne fortune, l’appui occulte d’un chamane yakoute et l’amour de la belle Ayami, lui rendent la liberté et son pays natal. En 1940, Alexis rejoint la Résistance dans le maquis de Haute-Loire.
Dans un souffle épique et picaresque, l’auteur dévoile la vie trépidante d’un homme hors du commun, et pourtant méconnu, pris dans les remous du XXe siècle.C’est complètement nouveau. Un style précis, élégant et un personnage hors norme qui va vous captiver. De la magnifique littérature. Gérard Collard, La Griffe noire.

Alexis Vassilkov ou La vie tumultueuse du fils de Maupassant est d’abord sorti au édition de la brouette

Mon avis  ICI  sur Alexis Vassilkov ou La vie tumultueuse du fils de Maupassant 

Franc-maçonnerie en Haute-Loire

 

Franc-maçonnerie en Haute-Loire : le Réveil anicien, 100 ans d’histoire d’une loge de Bernard Prou et Michel Achard. Préface Jean-Robert Ragache. Paru en 1993 et réédité en 2005 aux éditions Roure. 22€;  (234 p.) ; illustrations en couleur ; 21 x 14 cm

Résumé 

Association secrète, mystérieuse et diabolique pour certains, la franc-maçonnerie est en réalité une société initiatique à caractère philosophique, philanthropique et progressiste dont les membres pratiquent la solidarité et étudient dans leurs loges avec une liberté absolue de conscience.

La franc-maçonnerie est présente en Haute-loire depuis 1744 et la plus ancienne loge toujours en activité, le «Réveil anicien», affiliée au Grand Orient de France, a fêté son centenaire en 1993.

L’ouvrage de Bernard Prou et Michel Achard retrace l’histoire des loges maçonniques en Velay et plus particulièrement celle du Réveil anicien. Les auteurs ont pu établir la liste de près de 500 noms de francs-maçons de Haute-Loire, depuis les origines. Ils sont donnés en annexe de l’ouvrage.

La préface est de Jean-Robert Ragache, ancien Grand Maître du Grand Orient de France.

La franc-maçonnerie est présente en Haute-Loire depuis 1794 et la plus ancienne loge, toujours en activité en Velay, le Réveil anicien, affiliée au Grand-Orient de France, a fêté son centenaire en 1993.

 

Laurent-Eynac

 

Laurent-Eynac (1886-1970) : le premier ministère de l’Air : des racines et des ailes, Le Monastier-Paris de Bernard Prou. Paru le 30 novembre 1998 aux édition de Roure. 17€  ; (200 p.) ; llustrations en noir et blanc ; 22 x 15 cm

Résumé :

Laurent-Aynac, journaliste, élu de Haute-Loire pendant 21 ans député puis sénateur, sera le premier ministre de l’Air en France (1928). Cette biographie retrace son action politique, et son influence sur la politique industrielle de la IIIe République.

Voilà vous savez tous, enfin presque.

Car ….Un verre de l’amitié vous sera offert après la représentation !

Durée de la rencontre sera 1h30 environ.
Et l’entrée  est libre et gratuite  dans la limite des places disponibles.

Autres Infos pratiques :
C’est  le Samedi 14 octobre 2017 à 11h 30
à la Bibliothèque Parmentier
20 bis avenue Parmentier
75011 Paris
Le métro le plus proche c’est Voltaire sur la ligne 9. Ou les bus 46 station Chemin vert. Et les bus 56, 61, 69 arrêt place Voltaire/Léon Blum Marie du XIe

 

Alors venez nombreux pour ce qui devrait-être encore un beau moment de convivialité, de partage et d’échange.

Bernard et moi, on vous attend.

Publicités

Apero Polar : Rencontre croisée avec Lou, Cicé et Nils


11553

Samedi prochain 17 juin j’aurai la chance de recevoir…

Lou, Cicé et Nils

Pour une rencontre croisée

Dans le cadre de ses fameux Apéros polar la bibliothèque Parmentier et moi-même vous invitons à venir rencontrer madame Lou Vernet et messieurs Cicéron Angledroit et Nils Barrellon autour d’une table ronde sur l’auto édition et les petites maisons d’éditions.

Nous avons tous rêvé un jour d’écrire un livre.

Un tiers des français se voudrait écrivain. Mais pas simple d’être publié. Aussi nombreux sont ceux qui passent par l’autoédition.

Nos invités du jour, eux ont n’en seulement écrit, ils se sont édités mais en plus ils ont maintenant trouvé une maison d’édition.

Aussi, vont-ils nous raconter tour à tour leur parcours du combattant(e) pour arriver à toucher leurs lecteurs.

Bien sur ils nous raconteront aussi un peu leurs derniers romans et peut-être si nous avons le temps, les précédents.

Nous tenterons d’éclaircir le monde impitoyable du polar à travers ces regards croisés.

Ce qui est certain c’est que je vais les soumettre à la question et tacher de leur soutirer quelques confidences.

Et pour nous remettre de nos émotions, nous partagerons un verre de l’amitié à la santé de nos trois auteurs. Prospères et longues soient leurs œuvres.

Nos auteurs justement qui sont-ils.

LOU

Quand on demande à Lou Vernet ce qui est essentiel, elle répond, sans coup férir : aimer, marcher et écrire. Elle baguenaude sur les trottoirs de Paname, mais pas que. Le monde qu’elle parcourt, nez au vent, est sa source d’inspiration. Lou est belle, libre, vraie, douée pour la vie et experte en mots. Normal, cette Parisienne les cultive depuis plus de dix ans. professionnellement, pour en faire une oeuvre.

Retrouvez Ici la chronique de La Toile aux Alouettes

ciceron-angledroit

Cicéron Angledroit : Banlieusard pur jus, l’auteur – de son vrai nom Claude Picq – est né en 1953 à Ivry, ceinture verte de Paris transformée depuis en banlieue rouge. « Poursuivi » par les études (faute de les avoir poursuivies lui-même) jusqu’au bac, il est entré dans la vie active par la voie bancaire. Très tôt il a eu goût pour la lecture : Céline, Dard, Malet… Et très tôt il a ressenti le besoin d’écrire. Hé cool, la Seine ! est le sixième titre de sa série d’enquêtes humoristiques dont l’ambiance et les dialogues, entre San Antonio et Pieds Nickelés, raviront les amateurs du genre…

Ici Le billet sur Sois zen et tue le

nils

Nils Barrellon semble être le plus sérieux de la bande. Nils  est professeur agrégé de sciences physiques au lycée Rodin à Paris. Auteur de nouvelles et de pièces de théâtre et de polar, écrivain éclectique et prolifique il est un touche à tous car sa curiosité n’a pas de limite. Mais ne vous fiez pas à sa bonne tête. Nils a une imagination débordante et un humour tout aussi expansif.

Retrouvez Ici mon article sur La lettre et le peigne

Alors à très très vite maintenant !

Infos pratiques
C’est à la Bibliothèque Parmentier
20 bis avenue Parmentier
75011 Paris
Le métro le plus proche c’est Voltaire sur la ligne 9.
Le bus 46 (arrêt Chemin Vert) ou 56 (Arrêt Place Léon Blum/Voltaire)
Et c’est le samedi 17 juin entre 11h30 et 13h00 (13h30)

Juin chez Collectif Polar


Salut tout le monde,

ça y  est, nous y sommes, c’est le mois de juin. Et qui dit juin dit SMEP.

Et oui on l’attend toute l’année le festival international du livre de format poche de Saint- Maur.

Et je ne crois pas être la seule.

Saint Maur en poche occupera je le pense la plus grande partie de nos pages en ce mois de juin.

En juin :

Nous vous présenterons le salon, son organisation. Nous parlerons des auteurs invités. Vous trouverez des avis sur les bouquins des auteurs de polar présents à SMEP.

Bref Juin c’est Saint Maur en poche ou presque.

Je reviendrai aussi sur un bel Apéro Polar que je programme la semaine d’avant SMEP, histoire de me mettre en jambe. Non disant que je mettrai en avant 3 auteurs que j’aime beaucoup et qui n’auront pas la chance d’être à SMEP cette année ! Mais j’espère bien les y voir une prochaine fois !

Il y aura aussi un ou deux chouchous du week-end.

L’intervention de Cathie notre Expert !

Peut-être une dame du noir, mais là rien n’est moins sur.

Il y aura  une lecture faite dans le cadre du challenge  Printemps Elfique 2017 sur le blog de StelphiqueMon Féérique Blog 

Une mise en avant de ma librairie, si j’ai le temps je participerai avec la Griffe Noire aux sites les petits mots des libraires

Enfin il y aura des livres distribués afin de remercier les participants aux derniers concours organisés par notre blog. 10 ou 20 livres juste pour vous dire merci de me suivre dans mes délires. Juste pour le plaisir de prolonger le partage.

Il y aura un petit jeu autour de mon prochain Apéro polar. Mais là pour gagner il faudra être présent lors de la rencontre et avoir jouer sur  Collectif Polar le blog.

Il se peut aussi qu’il y ai un nouveau petit concours autours de Saint Maur en poche. Il y en aura un autour du dernier CamHug ça c’est certain. Des exemplaires de Ilya Kaline dédicacés à gagner.

Bon ben avec tout cela j’ai du travail, moi.

Il faut que je comprenne comment ça marche tout ça. Comment je peux contribuer aux petits mots des libraires, comment je vais pouvoir échanger sur ce site participatif. J’ai réussi à créer mon profil, reste à voir comment je poste mes photos et mes avis…

Il faut aussi que je prépare mes interrogatoires ! J’ai des auteurs à soumettre à la question tout de même. Et même si avec Lou, Cicé et Nils, je sais que tout va rouler, il me faut bosser un peu tout de même. J’aurai peut-être aussi d’autres entretiens à mener, allez savoir !

Bon alors, partant(e)s pour juin chez collectif polar ?

 

Retour sur la Rencontre – Lecture avec Nicolas Jaillet dans antre de notre Geneviève


 

Retour sur la Rencontre – Lecture avec Nicolas Jaillet Bibliothèque Parmentier, l’antre de notre Geneviève 12/05/17 – 19h00

Par EPPY FANNY· MERCREDI 17 MAI 2017

En préambule, j’ai accepté exceptionnellement un événement en semaine sur Paris. Parce que c’est Geneviève, et que Cécile Pellault se libérait également pour participer à l’événement.
Et que cet événement différent des rencontres habituelles m’ interpellait.
En revanche lorsqu’en partant d’Evry (Essonne) à 17h15 tu arrives au lieu du RDV (Paris 11éme) à 19h50, bouchons du vendredi plus orages sinon ce n’est pas drôle, tu te rappelles pourquoi tu ne vas jamais, même lorsque tu en rêves, sur Paris le soir après le boulot.
C’est clairement impossible ou alors pour des événements qui débutent à 22h…
Donc ce préambule pour que les amis qui pensent à m’inviter ne soient pas surpris de mes refus. Je ne viendrai sur Paris que pour des petits-déjeuners ou des rencontres prévus des samedis soirs…

Mais je ne regrette pas les efforts déployés, car les retrouvailles avec mes amies furent belles et la découverte de l’univers de Nicolas Jaillet passionnante. La rencontre humaine tout autant.

Arrivant alors que la lecture avait débuté depuis 50 mn je me suis faite discrète et me suis installée d’une demi-fesse au fond de la salle. Tout à côté des albums des X-mens. Un signe, un bon, d’un univers que j’adore et qui allait être longuement abordé plus tard dans la soirée. Sacré destin et son sens de l’humour.

J’ai donc, pour illustrer cet article, emprunté quelques photos à Geneviève concernant le début de la rencontre.

La lecture de Nicolas concernait son scénario intitulé « Ravissantes ». Une lecture en exclusivité, dans laquelle Nicolas interprète tous les personnages. Un exercice difficile mais essentiel pour lui car cela lui a permis un test grandeur nature de la réaction d’un public à ses écrits. Dans un genre pas si simple qu’est la comédie.

Nicolas nous interprète avec brio :

– Ilona une jeune mannequin dont la vie sentimentale est une suite d’échecs,

– Julie sa meilleure amie et son agent, petite, ronde, pleine de vie et la croquant à belles dents

– Pierre un drôle de gigolo

– Zlotan un jeune créateur

Et une foule d’autres personnages, dont un chien avec un nom… qui m’a fait hurler de rire

Arrivant alors que la lecture avait débuté depuis presque une heure j’appréhendais de ne pas suivre, même si j’avais pris connaissance des éléments de présentation mis à disposition par Geneviève lors de l’annonce de cette lecture.

Eh bien ! Lorsque le scénario est de qualité, ainsi que l’interprétation, le miracle se produit et l’on arrive à suivre le récit et à s’attacher aux personnages (voire à les détester).

Ils ont tous de la substance, et certains accessoires ont un rôle précis ; comme une cravate ou des chaussures… Qui sont bien plus que de simples accessoires.

Un miroir sur notre monde et ses travers, sur ce qu’il impose aux femmes en particulier. Sur cette image féminine qu’offrent les magazines et ce qu’elle cache.

L’humour est là, parfois féroce, les émotions aussi, nos sentiments évoluent au fil des situations et l’on déteste ou l’on s’apitoie sur ces êtres piégés dans les apparences, et l’on s’émeut pour ceux qui osent enfin et s’émancipent. En allant jusqu’à détruire, réellement ce fichu mur !

J’ai passé un excellent moment. Je n’ai pas été la seule.

Félicitations à Nicolas. Félicitations à Geneviève pour avoir une fois de plus cassé les codes…

Après la lecture, les échanges ont été bon train entre le public et l’auteur.

Pour ma part j’ai pu discuter également avec son éditrice Catherine Dô-Duc. Merci à toi Catherine pour le temps que tu m’as consacré. En attendant qu’un jour peut-être un film résultera de ce scénario, le livre lui est en cours de finalisation et sortira début 2018. Voilà une excellente nouvelle.

Si comme moi vous ne connaissiez pas Nicolas Jaillet, voici en quelques lignes sa bio.

Né en 1971 en région parisienne, il a d’abord été comédien, puis signe ses premiers textes de fixation pour une troupe théâtrale jeune public « La compagnie des épices » avec laquelle il fait son 1er tour du monde. Il poursuit sa route dans une troupe de théâtre forain. Cherche un équivalent du Rock’n’roll au théâtre. Le trouve. Ouvre une salle de spectacles à Paris : le Labo. Viré par les proprios il reprend la route, jouant sur les places de villages. Collabore à des spectacles, écrit des chansons… Second tour du monde. Première expérience de publication en 2003 : un désastre ; mais impossible de cesser d’écrire. Publication en 2007 de son roman « Sansalina » qui se déroule au Mexique en 1928. Travaille depuis en collaboration étroite avec des éditeurs de tailles diverses, partout où l’Humain est présent (Hachette jeunesse, Après la Lune, Lito, Gallimard, Rageot, Rue du départ). A 36 ans, il entame des études de lettres classiques. Obtient sa licence 3 ans plus tard. Participe à l’écriture et au tournage du premier long métrage de Thomas Salvador. Son dernier roman, « La maison », est publié en septembre 2016 chez un éditeur indépendant (Milady Thriller).
Nicolas attaque actuellement la traduction du nouveau roman de Jack Ketchum. Un vrai touche à tout !

J’ai enfin découvert l’antre de notre Geneviève Van Landuyt… Et une partie de sa PAL

Après cette rencontre sympathique, un dîner a réuni mes deux amies (Cécile et Geneviève), Nicolas et moi. Nous avons alors échangé en toute amitié sur une multitude de sujets, dont les X-Mens (BD) passion partagée avec Nicolas.

 

Abordé les projets des uns et des autres. N’oublions pas que Cécile écrit également. Parlé d’amis communs (Nicolas Lebel tes oreilles ont dû siffler). Une soirée agréable où un auteur inconnu est devenu une relation amicale.

Au plaisir de te recroiser Nicolas.

Rencontre/Lecture avec Nicolas Jaillet


En marge de mes Apéros Polar, j’aurai le plaisir et l’honneur de recevoir, à la Bibliothèque Parmentier, Nicolas Jaillet.
Nicolas viendra nous interpréter sa dernière création.
Alors à vos Agenda : le vendedi 12 mai à 19h
Il sera tour à tour Ilona une jeune mannequin, Julie son agent et meilleure amie, Zlotan un jeune créateur et Pierre un drôle de gigolo.
Mais croyez moi avec mister Jaillet, tout est possible.
Et quand notre auteur fait dans la comédie, tout peut arriver aussi.

 

Mais qui est notre auteur :

Né en 1971 ou 72, Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. A 18 ans, il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. C’est sur les routes, au sein d’une troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant . Il avait publié quelques année auparavant un premier roman Le retour du pirate, un roman d’aventure.
 Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Il écrit aussi des nouvelles, des novellas, des bouquins pour la jeunesse, du théatres. Mais avant tout Nicolas Jaillet est un comédien et un touche à tout de génie !

 

Le 12 mai prochain, il nous présentera son nouveau scénario.

Ravissantes

Comédie

Le pitch

Les femmes sont très souvent en guerre ouverte avec leur corps. La pression sociale leur impose des modèles physiques qui n’existent pas : retouchées sur Photoshop, les créatures qui occupent la couverture des magazines sont également l’objet d’un eugénisme sévère. En outre, ces corps ne sont pas des corps érotiques. Selon les propres mots d’un créateur célèbre, elles sont surtout payées pour être des morte-manteaux.

Ravissantes met en perspective cette tension, en racontant l’histoire de deux amies : Ilona est un jeune mannequin qui peine à démarrer, et dont la vie sentimentale est une suite de catastrophes. Lucie, son agent et meilleure amie, mesure 1,60 m et pèse 80 kgs, elle mange et boit sans la moindre retenue, et par conséquent, exerce une fascination sexuelle quasi magique sur les hommes.

Quand Zlotan Marvelis, un créateur en pleine ascension, est sur le point d’engager Ilona, Lucie se dit qu’il faut tout mettre en œuvre pour que sa protégée se détende. Elle fait appel à son ami Pierre Barbier, gigolo free lance semi-pro à mi-temps…

Aussi  nous vous attendant nombreux  au rendez-vous que nous vous avons fixé.

Parce que la comédie ne peut pas s’envisager sans la réaction d’un public, l’auteur lira en exclusivité son scénario intitulé « Ravissante »

Parce que la comédie est le genre le plus difficile qui soit ; parce qu’il ne peut pas sans réaction d’un public, nous avons choisi de donner à un auteur connu pour sa noirceur profonde l’occasion de partager avec vous, en exclusivité, son dernier ouvrage : le scénario d’une comédie intitulée Ravissantes.

Nicolas Jaillet qui ne doute de rien, lira le script en interprétant tout les personnages.

S’il tient son pari, verrez le film sans avoir à pater la place ; vous rirez, vous serez émus. Sinon, vous aurez l’occasion de le lui dire en répondant à un petit questionnaire assassin.

Dans les deux cas, il vous remercie d’avance.

 Allez pour vous j’ai sélectionné ces 2 bouquins :
Sansalina de Nicolas Jaillet. Réédité en poche le 18 novembre 2010 chez Gallimard dans la collection Folio. 8€20 ; (294 p.) ; 18 x 11 cm.

Au Mexique en 1928, après avoir longtemps été un enfant des rues de Sansalina, Pablo Zorfi règne à présent sur la ville.

Pablo Zorfi va mal. Son quotidien n’est que meurtres, enlèvements et trahisons. Dans le Mexique des années 20, les bordels tournent à fond, loin de la poussière et des Pancho Villa moustachus. L’enfant des rues de Sansalina est maintenant le maître de la ville. Mais il est devenu mauvais comme un crotale. Ses meilleurs amis le terrorisent. Il n’a qu’une solution pour se convaincre qu’il a encore un avenir : revoir Dolores. Toucher sa peau. La jeune femme respire la liberté. Personne ne lui dicte ce qu’elle doit faire. Elle a oublié Sansalina, sa violence et ses hommes. Dolores aussi avait un rêve d’enfant, pour lequel elle a tout sacrifié. Elle a fondé une bibliothèque. Le jour où ce rêve explose comme une vulgaire boîte d’allumettes, c’est un autre combat qui s’engage.

 

La maison : et autres histoires de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte
Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Milady Thriller.  5€90 ;  (157 p.) ; 18 x 11 cm.

À cet instant, une graine est en train de germer dans le ventre de ma mère. Une graine qui lui permettra de tenir ; de résister à la vie qui l’attend. Cette graine, c’est sa décision.

En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean. Au fond, c’est un soulagement. Car elle a un projet.

Pendant des années, elle survit à son quotidien, banal et terrible, aux côtés d’un mari violent. En silence, en secret, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.
 

 

Apéro Polar : Rencontre avec Bob Garcia ce samedi 25 février.


Apéro polar - mathématiques

APERO POLAR : Mathématiques du crime.

Vous le savez, tous les trimestres, depuis 5 ans maintenant, j’essaie de vous concocter un petit apéro polar.

Aussi dans nos bibliothèques avons-nous, si je puis dire, des thèmes d’animations imposés. Un peu comme en patinage artistique.

Parmi les sujets du premier semestre figurés les Mathématiques.

Aussi j’ai tout de suite fait le rapport entre ce thème et mon sujet de prédilection, le roman policier.

Alors

A l’occasion du Goût des Maths et de ses fameux Apéros polar, la bibliothèque Parmentier et moi même vous invitons à venir écouter monsieur Bob Garcia qui vous dévoilera comment les esprits criminels aiment utiliser les maths pour élaborer leurs méfaits.

 

  • Bob Garcia est ingénieur centralien. Il passe une dizaine d’années dans l’industrie des Télécoms, mais, passionné de musique et de littérature, il embrasse très vite la carrière de musicien professionnel (guitare et contrebasse), puis d’écrivain.

  • Il écrit de roman policier, des études tintinophiles et participe à de nombreux débats, télés, tables rondes, conférences, salons sur ses thèmes de prédilection, (bien sur le polar et les mathématiques, mais aussi le jazz, Hergé et Tintin, Sherlock Holmes etc)

  • Il viendra nous parler de l’usage des mathématiques dans le roman policier. Et vous surprendra avec quelques énigmes à déchiffrer.

Un apéro polar qui s’annonce une nouvelle fois passionnant et vivant.

Alors…Notez la date et l’heure le 25 février à 11h15 dans vos agendas.

Cette conférence Bob Garcia l’a échafaudée exprès pour nous. C’est une première, nous avons la primeur pour ne pas dire l’exclusivité.

Je ne l’en remercierai jamais assez.

Alors plus d’excuses possibles, vous allez êtres les premiers cobayes de notre auteur de polar

Vous n’allez pas trembler tout de même face à quelques problèmes à résoudre. Vous êtes bien plus courageux et téméraire que cela !

Bon pour vous remettre de vos émotions et comme à l’accoutumé, un petit verre de l’amitié sera offert pour clôturer la rencontre en toute convivialité.

C’est à la Bibliothèque Parmentier

20 bis Avenue Parmentier

75011 Paris

Métro Voltaire, Bus 56 arrêt Place Leon Blum ou bus 46 arrêt Chemin Vert.

Bob et moi, enfin surtout moi, nous vous y attendons nombreux zé nombreuses

A très vite alors !

 

 

 

Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 3


 

12391090_869672629807078_5772959297408518326_n (1)

Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour la suite de ce nouvel apéro polar.

J’ai eu la chance de recevoir deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

AP NICO_n

J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous allons poursuivre notre conversation. Conversation au demeurant passionnante.

Et si vous avez raté le début, as de panique vous pouvez retrouver le tome 1 de l’apéro polar avec Martine et Nicolas ICI 

Le tome 2

Allez, on reprend notre conversation.

Moi GVL : Nous parlons de vos personnages, Nicolas les tiens sont récurrents, Martine, tes lecteurs espèrent retrouver Pénélope et ses amis. Mais comment fait-on évoluer des personnages que l’on retrouve d’un polar à un autres ? Martine ?

Martine Nougué : C’était pas spécialement mon propos initial. J’ai écrit un polar, enfin un roman un peu par hasard. Enfin ‘était une suite logique des chose, un aboutissement mais je ne me suis pas dit, un matin, « tiens je vais me lancer dans une série de polars.  » . Mais voilà, Pénélope Cissé et Luigi sont nés et il se trouve que le roman a eu un accueille qui me surprend encore. Les personnages ont plus. Alors devant la question des lecteur; et Pénélope qu’est ce qu’elle devient, je me suis moi aussi posé la question. Car ces encouragements c’est une stimulation incroyable. Et alors l’inconscient se met en branle et puis voilà je sais que Pénélope va continuer à vivre. Et effectivement, il y a un autre roman en préparation. Comme je le disais en aparté tout à l’heure à Nicolas : « Ne me poussez pas, écrire des romans, c’était un projet pour ma retraite. » Il se trouve que j’ai un peu anticipé les choses mais j’ai pas non plus envie. La deuxième histoire mûrît, elle est dans ma tête et je vis quelque part tous les jours avec Pénélope.

Avec Pénélope Cissé mais aussi avec mon pays là-bas. Avec à la fois les étangs du bassin de Thot, mes garrigues et ce coin de Sénégal où je retourne régulièrement. je suis entre les deux pays. Et ça me permet de travailler tous les jours et l’histoire s’écrit. Donc au bout d’un moment, on se met au bureau, on fait un scénario, machin… Et puis on écrit un peu. Bon, Pénélope, elle est là, elle est présente.

Et c’est ça qui fait que c’est un peu comme une espèce de magie incroyable que j’ai découverte avec ce premier roman. Comment un personnage que l’on a façonné, peut à ce point vous habiter, peut vous porter ? C’est vraiment très très étonnant. Enfin c’est une sensation dont je me déleste tous les jours,

Alors je sais pas si c’est la même chose pour toi Nicolas, mais quand tu faisais un bon mot, tu rigoles ! Et bien moi je rigole aussi. Quand j’entends dans le métro un truc que va dire, Marceline un des autres personnages,du prochain roman. ça c’est ce qu’elle va dire à Pénélope à un certain moment, j’en suis sure. Et je suis dans le métro et ça me fait rire.

Cet étonnement d’être habité par son personnage, c’est peut-être, effectivement, propre aux auteurs qui ont des personnage récurrents. Le phénomène du personnage récurent est surprenant mais c’est attachant en même temps. Je l’aime beaucoup Pénélope Cissé. Je suis très heureuse qu’elle soit aussi aimée par les lecteurs qui ont suivi sa première aventure. Elle a…Enfin c’est de l’émotion tout ça, c’est du plaisir. Et évidemment que je vais continuer.

apero_polar_lebel_nougue

GVL : Monsieur Nicolas Lebel, alors ?

Nicolas Lebel : Alors en ce qui concerne l’évolution du personnage récurent, évidemment qu’il est complètement au commande. alors on a ce pouvoir divin sur ces gents de papier.

GVL : Nico le dieu vengeur….pardon

NL : Mais ouais ! Et ils ont intérêt à filer droit. Sinon…Et ben oui, on m’a fait des reproche quand j’en dézingue un, quand…On m’a dit mais pourquoi ? Comment ? Mais pourquoi, pourquoi tu l’as tué celui là ?. Et ben … Parce que  (Rire dans la salle). Oui voilà, j’ai tout pouvoir sur eux et donc c’est assez agréable et donc j’ai eu l’occasion de lire dans les ligne de la mains de Merhlich et des autres! Et comme j’ai tous pouvoirs j’ai pu lire leur avenir. Et je sais où ils vont. J’ai parfois comme cela des visés sur deux trois bouquins en me disant : « Lui il va vers ça de toute manière, c’est une évidence ».

Comment je l’amène là-bas, je ne sais pas. Mais en tout cas la visée est claire. Je pense notamment, alors peut-être pas au personnage principal qui lui a bien évolué, mais au deux personnage de son équipe, le lieutenant Dos Santos qui lui prend cher à chaque roman. J’ai créé un personnage ancien frontiste en rédemption,  et bien sa rédemption, je lui fais payer très chère. Voilà, je ne sais pas si à un moment je lui pardonnerai son passé frontiste. En tout cas, il est rattrapé par ce passé, il s’est brûlé les ailles et ils va donc le payer. Et il le paye de volume en volume.

En ce qui conserne le personnage féminin du groupe, Latour, elle aussi a un secret en visant avec un sans papier. Et inévitablement les histoires vont se recoupé puisqu’elle a été aidé par son collègue pour des faux papiers. Bref, tout cela pour dire que, oui on a forcément des idées que  vers quoi on tend avec ces personnages. ce vers quoi on va.

C’est un polar, ça se termine pas forcément bien.

Le personnage de Jacques l’ami de Merlicht. Les lecteurs l’aime bien. Il est à l’hôpital dans le premier opus. Et ils aimaient bien ce bout en train. Dans l’opus suivant il meurt. Là on me dit mais comment à tu pu ? Et bien je leur répond, mais c’était annoncé, relisez le premier roman; Il était en phase terminal d’un cancer, alors.

GVL : Il n’y a pas de miracle ? !!

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko Ma

NL : Non malheureusement il n’y a pas de miracle. J’aimerai qu’il y en ai ! Mais, non ! C’est annoncé, on va vers ça. Je comprends que vous ne vouliez pas y aller ! Mais on y va, on va vers ça. Et Jacques est mort, c’est ainsi !

L’évolution des personnage parce que on est au commande, on peut faire un petit peu ce que l’on veut, on a quand m^me des contraires d’écriture , de plaisir aussi et de projection de lecture aussi. On imagine aussi comment le lecteur peut réagir à certaines scènes qui va être écrit. Mais en m^me temps je crois que tout est posé assez rapidement. Les personnages sont cadrés et vont vers quelque chose. Je crois qu’il y a quelque chose de karmique chez ces personnages de fiction. Je n’y crois pas dans la réalité. Je crois que pour eux en revanche, on pose des jalons et qu’entre les lignes, on dit déjà où il vont et vers quoi, ils vont. il n’y a pas de surprise à la fin. C’est annoncé.

M N : C’est très juste ce que tu dis ! On est les marionnettiste et on tire les ficelles de la vie de nos personnages. 

Ce que j’aimerai rajouter, c’est que dans l’évolution des personnages, il évoluent car se sont  faussement des êtres de chairs et de sangs car ils ont une vie que l’on va décrire. Et ils évoluent dans une société, la société. Nous écrivons des polars. Les polars comme le disait Nicolas tout à l’heure, ça sert à parler de la société. Parler de nos colères, de nos engagements…Des choses qui nous déranges et que l’on voudrait…Bon, cette société là elle évolue. Et nous avons placé un personnage intenté de l’histoire. On a parlé d’un sujet à travers une intrigue. Et puis la grande histoire dans son actualité, elle nous balance des trucs, elle nous balances des informations en permanence. Et à ce moment et je pense que c’est un travail qui se fait inconsciemment, on met nos personnage dans cette actualité, on les ancre dans la grand histoire.

Tu parlais de ton personnage frontiste.., Et les derniers événement de l’année 2015,  qui resteront tristement célèbrent dans l’histoire,  sont très inspirant pour des auteurs de polars. Et je pense qu’il va y avoir une production assez claire, enfin je le sens venir.

Pour ce qui me concerne, je me suis rapatriée sur un coin de terre municipale. Pour autant c’est énormément de choses,  Si je parle de racisme, de xénophobie dans mon premier bouquin, on est ici dans un village ou l’étranger c’est déjà l’habitant du village d’à coté. C’est encore très très prégnant dans notre actualité aujourd’hui la peur de l’autre. Il y a un autre sujet qui me tiens beaucoup  coeur, c’est le féminisme, je suis féministe, je le dis, je l’assume. Et c’est vrai q’à un moment Pénélope Cissé va évoluer certes, mais elle va évoluer dans ces choses que j’ai envie de dire et dans ces propos que j’ai envie de tenir sur des engagement qui me tiennent à coeur.

Donc nous avons une double évolution. La propre psychologie du personnage dans sa propre histoire et  aussi son rapport par rapport au contexte et une communauté dans lequel l’auteur le fait évolué. On ne vit pas tout seul,  nos personnage ne sont pas posés dans une île déserte. Et, quand on se est auteur de polar, on se veut un peu sociologue, enfin on est beaucoup observateur de la société. Et cela fait un remous permanent, ça permet des renvoies qui font avancer la personnalité et l’expérience de nos personnages. Et ça nous permet aussi à nous, de nous ancrer dans notre actualité, notre la réalité de la société dans laquelle on vit.

NL : A propos de l’inconscient, moi je crois que c’est complètement conscient. Je vis dans le 12e à Paris, mes personnages sont au commissariat du 12e , c’est pas anodin. C’est Aujourd’hui, ça se passe aujourd’hui et je lis beaucoup l’actualité et non je ne crois pas que l’on vive dans la France de « Race Blanche » que décrit Morano ou d’autre. Oui je crois qu’il faut utiliser nos écrits pour le dire, pour combattre ses idées. On est pas du tout décaler, la fiction en ce qui concerne le polar s’encre complètement dans notre réalité, dans notre actualité. 

Si en plus on peut faire passer des messages, les nôtres… Moi je les assume, il ne s’agit pas de faire des brûlots politique ou de donner des leçons. Moi, je donne mon simple point de vue sur notre société. C’est mes polar donc mon point de vue. J’ai une maison d’édition qui me dit : « oh làlà, oh la, la, la, la ! Ne met pas, ça, non me mets pas ça. Ne dis pas que le magazine le point est un torchon populiste, on ne peut pas mettre ça, on va au procès. » Bon, ben ok, je vais le dire différemment. Alors je ne l’ai pas dit, on l’a enlevé du livre donc je ne l’ai pas dit. Mais oui on a n devoir, peut-être pas, mais si le polar sert à quelque chose, c’est à ça, à parler de nous et à combattre certaines idées rampantes et qui prolifère, on l’a vu avec les résultat des régionales notamment le premier tour. Si le polar peut aussi aidé à remettre des pendules à l’heure en disant qu non la France n’est pas celle décrite par certains individu d’extrême droite alors je pense qu’il faut le faire.

MN : Je partage ça à 100%. Faire passer un message oui ! . Mais ce qui est encore plus jubilatoire c’est de la dire avec de l’humour. Et ça Nicolas le dit superbement avec beaucoup d’humour mais quand même, il le dit. Et ce qui est vraiment très très intéressant dans ces romans enfin dans cette école de polar, on peut peut-être parler de courant ou l’inventer. ce qui est certain c’est que les auteurs de polars sont souvent engagés car il décrivent la société, il parle de la société. Et souvent avec ce décalage humoristique. Oui c’est une forme presque de cynisme, de détachement, d’ironie, oui d’ironie c’est ça, pour dire des choses très grave finalement.

apero_polar_lebel_nougue

GVL : C’est parfait j’ai plus rien à faire. Je savais qu’en vous mettant face à face ou plutôt cote à cote, vos points de vue croisés feraient mouche ou « matcheraient » comme disent les flics dans leur jargon.

Mais j’ai quand même envie de vous posez encore quelques questions.

Alors à bientôt pour la suite de ce regard croisé entre nos auteurs

AP NICO1

 

 

Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 2


nm

Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour la suite de ce nouvel apéro polar.

J’ai eu la chance de recevoir deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous allons poursuivre notre conversation. Conversation au demeurant passionnante.

Et si vous avez raté le début, as de panique vous pouvez retrouver le tome 1 de l’apéro polar avec Martine et Nicolas ICI

 

C’est reparti !

GVL : Je confirme qu’on sort grandi de vos bouquins. On retrouve bien cet humour dans vos dialogue mais pas uniquement. Chez toi Nicolas, par exemple, dans la 3e enquête du  capitaine Mehrlicht, Sans pitié ni remords, je ne me suis jamais autant marré à un enterrement.  Et…Dans la salle,  il semble que tes lecteurs confirment ! N’est ce pas ?

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaNDLR : Oh oui répondent unanimes les lecteurs et surtout leslectrices qui ont déjà lu ce troisième volet.

NL : En effet, il y a des scènes comme ça, effectivement, de comédie, des scènes assez burlesques, souvent en ouverture de bouquin, souvent pour donner le ton du bouquin. Voilà tu l’as soulignée, c’est une scène burlesque à un enterrement, moi je garde un cap.  J’ai Desproge en tête : « l’humour est la politesse du désespoir ». Si sur une scène de crime, ou d’enterrement ou d’hôpital, on peut…Je pense au Jour des Morts où le capitaine Mehrlicht, mon héros principal, va voir régulièrement un copain, un ami mourant, il y a des scènes burlesques dans cet hôpital car nos 2 compères sèment le chaos dans le service au nom de la vie à tout prix, pour nier cette mort qui est imminente et qui va frapper son copain d’une minute à l’autre. Ils vident des bouteille de rouge, il fument des clopes. Et les infirmières interviennent en hurlant parce qu’ils sont ingérables. Le malade placarde sur sa porte des citation de Dante du genre : Toi qui entre ici abandonne tout espoir. Voilà c’est de cet ordre là. On a des personnes tristes dans des situations qui pourraient -être lacrymales et déprimantes et bien je choisi d’en faire des situation de chaos burlesques justement au nom de la vie à tout prix !

MN : je peux rebondir sur ce que dit Nicolas ?

GVL : Et comment que tu le peux !

MN : Oui ! Bien justement ces scènes à l’hôpital ou au cimetière, elle sont emplies d’humour mais aussi d’une très tendre émotion.

On peut tout à fait prendre les choses avec humour, avec esprit mais sans tomber dans la gaudriole. C’est pas le cas, c’est pas ton style Nicolas, c’est pas le mien non plus et laisser transparaître partout l’émotion parce qu’on est ainsi. On crée des personnes qui certes s’amusent, ont de l’esprit, font des pieds de nez à la vie mais comme vous et moi ils sont habité d’émotion, ils aiment, ils pleurent, ils sont tristes…Et parce qu sls ressentent, ils ont cette façon de prendre la vie quand elle est difficile en lui faisant un pied de nez.

GVL : Justement tu me fais une parfaite transition là Martine. Alors l’un et l’autre vous prenez grand soin de nous présenter une galerie de personnages assez étonnante, avec souvent des caractères bien trempés. Mais dites moi, c’est une marque de fabrique, c’est voulu ?

MN : Ah clairement oui ! Oui c’est voulu ! Faire naître un personnage, c’est d’abord quelque part jubilatoire. C’est une trance. On va donner la vie et dans cette vie on va y mettre beaucoup de choses.

NDLR : devant les auteurs sont disposés des bonbons et des chocolats. J’ai parmi le public quelques têtes connues qui me font comprendre qu’elles aimeraient en croquer. Donc je lance à travers la salle quelques friandises.

apero_polar_lebel_nougue

MN : Mais t’as fini là avec tes chocolats ? (Rire)

Rire dans la salle aussi

GVL : oui, oui, je sais c’est pas sérieux, non ! je te laisse reprendre. Donc tu mets beaucoup de chose dans tes personnages. Tu vois je suis !

MN : On va mettre dans ces vies que l’on fait naître, ben, beaucoup de notre expérience. Beaucoup de ce que l’on a vu, beaucoup de ce que l’on a entendu. Tout ce qu’on aurait aimé entendre ou voire. Et c’est pour cela que les héros, m^me s’ils sont qualifiés parfois d’anti-héros, et bien on les crée avec amour. Moi, mon héroïne, elle est belle, elle est intelligente, elle a de l’esprit et de l’humour. Elle est magnifique et j’ai voulu qu’elle soit magnifique. lors ça peut paraître trop héros mais en même temps, elle a la vie de madame tout le monde. Elle a de la peine quand elle est mutée au commissariat de Sète. Elle connait personne, elle est perdue. Elle est africaine et si la France est son pays, elle a aussi la nostalgie de ces espaces où elle a passé son enfance. Il y a un peu de moi aussi là dedans. 

Elle a des amitiés très très fortes. Elle a une très belle amitié naissante avec, aussi un autre personnage que j’ai voulu très très fort, Luigi qui est d’origine Italienne. Je suis de là-bas, je travaille à Paris mais j’habite dans le Languedoc. Je suis dans cette région là bas du coté du bassin de Thau. Et donc mes histoires se passent à Sète ou dans la région autour. Sète est une ville Italienne. Il y a une très forte immigration italienne au 19e siècle donc une partie de la culture sétoise et italienne. Luigi est libraire, c’est un ancien journaliste. C’est un fouineur qui tenait un feuille de choux genre « canard enchaîné » local.C’est un lettré, un type très cultivé. On met toujours un petit peu de chose que l’on aime dans ces personnages.

Bon il y a aussi les élus locaux ! C’est élu du Languedoc qui sont des personnages assez particuliers. Il y a aussi Hannah qui est antiquaire et puis  Simon qui est Belge d’une famille juive qui a été poursuivi pendant la guerre. Non, je veux pas vous raconter, mais je veux vous parler de la couleur de mais personnage. Quand on crée ces personnages ont y met ce que l’on est, ce que l’on envie d’être. On y met ce que l’on a vècu, on y met ce que l’on souhaiterait que la vie soit. On se crée son monde idéal quelque part ! Son monde à soi avec toute cette galerie de personnages.

NDLR : Là je jette un coup d’oeil à Nicolas. Et Nicolas d’enchaîner.

AP NICO1

NL : J’étais avec Norek la semaine dernière. Olivier Norek qui fait du polar ultra réaliste. Ancien flic qui expliquait que, lui, ces personnages sont semblables aux flics qu’il connait. Son équipe de flics ressemble à une véritable équipe de flics dans la vraie vie. C’est à dire qu’il y a un chef de groupe qui recrute des gens en fonction de compétence. Il a besoin d’un flic balèze en informatique pour travailler sur les ordi du commissariat ou réquisitionnés lors de perquisitions, il a besoin d’un type passe partout, etc, etc… Dans ses polars réalistes, il constitue une équipe qui fonctionne comme un puzzle en manière de compétences qui se complètent.

Pour moi ce n’est pas le cas, j’ai préféré travailler sur des personnalités qui se complètent et qui s’opposent parce que c’est ça l’intérêt. On a tous des collègues avec qui on s’entends et puis d’autres avec qui on s’entend moins. Il faut crée cette alchimie de manière à, encore une fois, à rendre crédible cette équipe. Quitte à leur donner quelques fois des caractères un peu outranciers.  Le personnage de Mehrlicht est un personnage assez extrême dans sa manière de vivre et pourtant il plait bien au lecteur. Il a une soif de vie inextinguible qui l’amène à s’opposer ouvertement à ses collègues et à sa hiérarchie. Il assume le fait d’être cloppeur, buveur.

Tout ça pour dire que, oui, les personnage que l’on crée ne sont jamais loin de nous. On est jamais loin nous auteur de nos personnages. Moi souvent j’essaie, pour crée des personnage de trouver dans mon entourage quelqu’un qui peut y ressembler. Cela me permet d’avoir une cohérence quand le personnage revient. Me dire, à ben oui, lui c’est mon boulanger, lui c’est mon plombier. Ainsi je vois très bien à quoi il ressemble. Et je ne peux pas faire d’impaire. Il ne peux pas devenir blond ou barbu au détour d’une page, il doit ressembler à l’original. 

Bien sur il faut que se soit des personnage atypiques, parce que s’ils sont insipides, il n’intéressera personne. Il faut qu’il ressemble à quelque chose.

Alors il y a une tendance dans le polar de faire des flics cabossé, bouffé par la vie. Il faut qu’il en ai tellement vu qu’il n’en puisse plus, qu’il soit en souffrance permanente. Certe, mais on peut aussi en faire des personnage vivant, aimant la vie, m^me s’ils ont leur travers. Ils peuvent être des résistant au système, à la technologie. Pour créer mes personnage, ‘ai agréger des éléments piqués à pleins de flics, de Colombo à Maigret. Je voulais que ce soit un personnage reconnu par le lecteur. Un type un peu à l’ancienne en 2015, complètement décaler dans cet univers de technologie, d’internet, qu’il soit un peu de la veille école et qui en même temps peste au quotidien sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la technologie. On en rencontre tous les jours des comme cela, m^me à l’éducation nationale, des anti-ordinateur. Donc un tel personnage n’est pas  trop fantaisiste. 

GVL : Je vois que tu veux à nouveau rebondir Martine.

MN : Oui, enfin non, il faut que j’arrête de rebondir sinon…(rire)

GVL : Oui, tu as raison, reste avec nous.

MN : Heu oui, je pensais en t’écoutant Nicolas que j’avais pris un peu le contre pied de tout cela. Mon personnage, Pénéloppe Cisse, elle n’existe absolument pas, elle est m^me presque irréaliste. Quand on regarde bien, un flic pareil c’est pas très crédible. Elle est africaine, et si tu n’as pas la nationalité française, tu ne peux pas être fonctionnaire de police. Alors il a fallu que je réfléchisse à ce qu’elle garde son identité africaine. C’est mon propos, Pénéloppe fonctionne à l’africaine, elle l’ai profondément. Elle a une vision des choses, une intuition des choses.Et là je ne pense pas avoir fait un flic réaliste.

Je pense aussi que m^me si j’ai écrit un polar parce que le genre polar permet beaucoup de chose, je ne voulais surtout pas, à l’instar d’Olivier Norek par exemple, faire quelque chose de très réaliste. Alors ces personnages, comme tu le dis Nicolas, à la fois ils sont exacerbés dans leur traits de caractère et on a l’impression qu’il existe, qu’ils sont parfaitement plausibles mais ça reste des personnage de fiction composé de puzzle de traits de personnalité. On arrive à faire une personnalité cohérente mais l’intérêt, justement parce qu’on est dans une fiction, c’est qu’il n’existe pas dans le vraie vie. Moi en tant que lectrice j’ai pas forcément envie de retrouver des gens que l’on rencontre dans le vrai vie. Ou alors on lit du documentaire. La fiction c’est pour travailler un imaginaire, pour rêver sur des composition pas forcément réaliste.

En fait c’est assez complexe car on même temps, on me peut pas s’empêcher de puiser dans le matériaux que l’on a sous la main. Quand je vous disais que j’ai passé du temps au village… A un moment il y a un papy qui s’appelle Champion du Monde,, celui-là, il existe, je l’ai rencontré.

Voilà, les personnages principaux sont plus voit totalement inventés et moins réaliste et autour il y a une galerie de personnages qui sont moins imaginaires, moins fictionnés, qui permettent de donner à l’ensemble du roman une réalité bien concrète.

 

 

Voilà cher(e)s lecteur zé trices,

c’est la dessus que l’on referme le deuxième tome  de cette rencontre. Alors on tache de se retrouver très vite avec nos deux auteurs passionnants.

A suivre …

apero_polar_lebel_nougue

 

Apéro polar : Rencontre croisée avec Martine Nougué et Nicolas Lebel. Tome 1


         12391090_869672629807078_5772959297408518326_n (1)

Bonjour à tous, ravie de vous retrouver pour ce nouvel apéro polar.

J’ai la chance de recevoir aujourd’hui deux auteurs qui ont su dès leur tout premier roman me convaincre de manière irréversible. Je veux parler de Martine Nougué et de Nicolas Lebel. 

J’ai retrouvé dans les Belges reconnaissants les même sensations de lecture qu’avec L’heure des fous. Le même plaisir de lecture.

 Donc vous l’avez compris nous avons le privilège de recevoir deux auteurs de polar que j’aime énormément. Leurs premiers romans respectifs ont immédiatement intégré mes coups de coeur et du coup ceux du Comité de lecture polar des bibliothèques de la ville de Paris.

apero_polar_lebel_nougue

Il sera bien entendu question de leur roman respectif…

AP NICO1

Surtout du dernier de Nicolas  et du premier de Martine

On parlera aussi des auteurs, de leur façon d’aborder l’écriture, des histoires qu’ils nous proposent, des personnages de leurs livres.

On parlera sans doute aussi voyage, intrigue, humour, roman noir sociétal…Et peut-être aussi de la nécessité d’écrire, de la difficulté à se faire éditer.

Et puis avec un peu de chance, nos auteurs se livreront à quelques confidences.

 

Les auteurs justement :

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaLaissez moi vous présenter Martine Nougué. D’ailleurs si je dis des bêtises, surtout Martine n’hésite pas à me reprendre.

Martine, Tu as vécu tes premières années en Afrique, au Cameroun

Martine Nougué : Oui je suis arrivée à l’âge de 6 mois sur la continent africain.

et, depuis, tu n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…
Après des études de sciences politiques et de sociologie, tu as mené ta carrière dans de grandes entreprises, essentiellement dans le conseil et la communication.

MN : Oui, mon cursus en sciences humaines m’a menée à ça

Passionnée par l’observation de tes contemporains et celle de l’évolution des sociétés, tu voyages, rencontres, et écrit…
Tu vis aujourd’hui entre Paris et ton village du Languedoc où tu t’investis dans la promotion du livre et de la lecture.

MN : Le livre et la lecture, les mots sont pour moi de véritables passions.

GVL : Et bien justement si tu le veux bien nous reviendront sur ce sujet

MN : oh mais avec un immense plaisir

Les Belges reconnaissants, publié aux éditions Caïman est ton premier roman.

ApéroPolar Lebel / Nougué - Copyright Ko MaAlors Nicolas que dire de toi.
Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, tu reviens à Paris où tu es né.

NL : OUI, Parigo, je le revendique.

Tu tentes depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Tu es linguiste de formation.

Nicolas Lebel : oui tout à fait, j’ai fait des études de langues français, anglais pendant plusieurs année et au moment de choisir lors de mon master j’ai eu du mal à ne pas garder les deux sujets. Et finalement, grâce à la traduction, j’ai réussi à retrouver les deux langues. Ainsi je m’amuse à continuer à mettre les mains dans le moteur de la langue pour voir comment tout cela marche. Et puis à force de m’amuser avec les mots des autres, j’ai voulu le faire avec les miens. Et voilà comment je suis passer de la traduction à l’écriture.

Donc tu es passionné de littérature et tu publies en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins: « Les Frères du serment », qui sort dans un silence prometteur.

NL : On peut dire ça

En 2013, tu publies aux Éditions Marabout « L’Heure des fous », puis en 2014, « Le Jour des morts », deux romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.

 NL : ça me va ! 

Alors, Nicolas, Martine, ont a pu l’entendre, l’écriture, la langue c’est un de vos points communs, vous aimez jouer avec les mots, les assembler voire les confronter.

NL : Oui, triturer la langue, il y a plein de chose à faire avec la langue.

Justement, vous pouvez, l’un et l’autre nous expliquer cette amour des mots, de la langue française?

NL : Je vais commencer si vous le voulez bien, ensuite Martine je te laisserais enfin la parole ! 

J’ai commencer à écrire ado comme beaucoup de gens. Pourquoi  ? Parce que le rapport à l’écrit permet de chercher des réponses avec un peu plus de temps. On peut mettre en mots des choses plus facilement et plus intimes avec l’écrit. Moi c’est comme cela que j’ai commencé à écrire. J’ai commencé à écrire par amour, l’amour d’une jeune fille à qui je voulais confier ma flamme. C’est comme cela que j’ai commencé à mettre des choses en forme. Et petit à petit…, J’allais dire que c’est une travers de débutant, petit à petit j’ai arrêté de parler de moi pour parler des autres. Et c’est comme cela que j’ai finalisé des écrits un peu plus complets, un peu plus longs. J’ai écrits des nouvelles, des poèmes, des choses qui ressemblaient à des chansons. Des pièces de théâtre aussi !  Et puis à un moment je me suis dit :  » il est temps de passer à des écrits encore plus longs et encore moins personnels »

Moi j’aime le coté lyrique de l’écriture. je ne suis jamais loin de ce que j’écris mais j’ai arrêté de parler de moi pour parler de nous. C’est ce qui m’a attiré dans le polar, parler en travaillant sur le fonctionnement social, voire comment les gens interagissent. Pour le meilleur et pour le pire. Dans la polar c’est souvent pour le pire puisque le polar commence dès lors que quelqu’un se fait dézinguer, que quelques part il en a véxé d’autres. Et à partir de là ça permet de mettre en évidence des choses plus,.., plus sociales, oui des choses plus collectives. 

C’est donc comme cela que je me suis lancé dans l’écrit.

GVL : Martine je te prête mon micro, pour que tu nous éclaires aussi.

MN : Heu oui ! J’écoute les mots de Nicolas avec intérêt parce que j’ai une démarche tout à fait, ou presque identique. Je me retrouve dans la démarche de Nicolas, ce cursus.

Mais pour revenir, Geneviève à ta toute première remarque, c’est vrai que l’amour des mots c’est ce qui nous lie. Et l’amour des mots moi, elle m’est venue d’abord avec la lecture. Dès que je suis tombée sur l’alphabet et que j’ai appris à lire…très jeune, ça a été tout de suite quelque chose qui m’emmenait ailleurs . Oui la lecture. J’ai commencé par lire, beaucoup. Et puis après ces mots là donc j’étais tombée amoureuse, ils m’ont poursuivi. J’aimais vraiment ça!

J’ai fait des études de sciences humaines, c’est pas pour rien non plus parce qu’on y écrit beaucoup, j’ai écrit beaucoup dans le cadre de mes années universitaires dans un domaine qui m’a ensuite, je le crois maintenant, petit à petit amené au polar. Parce que les sciences humaines, la sociologie, l’observation de la société, la façon dont ça fonctionne, les groupes sociaux, les organisations, tout cela vous pousse à vous interroger. Et puis après il faut l’expliquer. Et..Il faut l’écrire. Et petit à petit on arrive à constater que ce que l’on écrit, quand par ailleurs on lit beaucoup de fiction, ce que l’on écrit ça pourrait tout à fait être un roman. 

Parce que la réalité de la fiction, dans le domaine de l’observation de la société dans le domaine des sciences humaine, c’est quand m^me assez assez proche. Même si en fiction, on pousse le propos, on y rajoute d’autres ingrédients comme le suspense, comme l’émotion. Forcément l’émotion doit être absente des écrits que je qualifierais de scientifique, des études.  Donc on remet tout cela dans le roman. Et voilà c’est comme cela que je suis venue à l’écriture.

Et puis les chemins se croisent. Il y avait ce chemin là et puis il y en avait un autre. En tant que grande, grande lectrice, (heu, je vais sauter des années universitaires à la vie professionnelle). cela fait 30 ans que je travaille dans la communication sous toutes ses formes. Et la communication c’est aussi une autre façon d’écrire, de faire passer des messages. Dans le cadre de cette carrière, un jour j’ai croisé la SNCF, qui m’emploie toujours. Et, il y a 15 ans, au sein du groupe de communicants,  que l’on était, on voulait faire quelque chose de sympa et comme cela on a créée le prix SNCF du polar. J’ai fait parti de cette équipe ce qui m’a amené à beaucoup m’intéresser au polar alors que je ne connaissais pas vraiment. Et de file en aiguille, j’en suis venue à m’intéresser aux auteurs, à m’intéresser à ce genre littéraire, à fréquenter les festivals. Jusqu’à me dire il y a quelques années : « J’adorerai écrire un polar ».  Et c’est comme cela que m’est venu.

Voilà des chemins qui se croise, de toute façon au milieu de ça, L’amour des mots, l’envie de raconter, l’envie de témoigner. L’envie aussi de faire vivre des personnages, Tout cela à conduit à un premier roman qui est sorti cette année. Et je dis souvent en rigolant, je suis une très jeune auteur.

apero_polar_lebel_nougue

NL : Mais…Tu es une jeune auteur !

GVL : Effectivement vous avez une écriture dense, vous êtes plutôt à contre courant de ce qui se fait actuellement avec des chapitres très courts. Mais c’est pas votre seul point commun, il y a aussi dans votre écriture beaucoup d’humour et de bons mots. Un humour omniprésent qui fait qu’à la lecture de vos roman, nous, lecteur, nous nous amusons beaucoup à vous lire. Mais vous prenez, vous aussi, autant de plaisir à les écrire ?

NL : Alors énormément, sinon on arrêterait !

MN : C’est l’aspect jubilatoire de l’écriture !

NL : Complètement, oui complètement.

Moi, j’utilise l’humour dans mes romans en contraste des sujets qui sont traités. Je ne fais pas du trash  Mes écrits ne sont pas très très noirs, mais souvent dés lors qu’il y a un meurtre qui est commis, on va aller déterrer des choses pas, très très jolies, des travers de la société, l’humour vient en contre poids.

L’humour permet aussi, comme le dise les anglais, le comic we live, le moment où on peut soupirer un peu alors qu’on est pris dans une nasse noire. Et il y a des moment où les interactions entre les personnages permettent aussi aux lecteurs de respirer.

A coté de ça c’est aussi un point de vue cynique le plus souvent. Il existe mille genre d’humour, on est pas dans le » yaudepoil », on est dans l’humour cynique puisqu’on met en scène des gens qui sont confrontés au coté obscur de notre société. Confrontés à des scènes de crime parfois abominables. On a besoin aussi ,et ça c’est retrouvé chez les flics que j’ai pu rencontrer, de ces moment de déconnade comme moment de soupape lors de confrontation avec l’inhumanité.

ça permet aussi en terme d’écriture de rythmer un roman. Si on enferme nos lecteurs dans une nasse noire, certain auteurs le font vraiment très bien, pilonnant le lecteur de bout en bout et le laissant mortifié à la dernière page, c’est un choix, c’est pas le mien. J’espère au contraire que l’on referme mes bouquins un sourire aux lèvres en se disant que finalement, il y a un coté lumineux à tout cela. Que le vivre ensemble peut triompher. Je ne tiens pas à laisser mon lecteur sur le carreau. Encore une fois, c’est mon choix d’écrire. Je tiens aussi à ce que les gens passe du temps et un bon moments à ce marrer.. Il n’arrive dans mon bureau, assis à écrire de me marrer me laissant emporter par les dialogues; Je suis mon meilleur public, je crois ! D’ailleurs c’est pathétique. Mais si je veux que le dialogue fonctionne il vaut mieux que je me bidonne en l’imaginant. Et si j’arrive à sourire le lendemain en me relisant c’est que ça marche.

Parfois, en revanche on est à coté, créer de l’humour c’est un métier, c’est un boulot, On est pas drôle sur commande, je crois. Il faut calibrer cette humour de manière à se qu’il rentre bien dans le bouquin, et de manière à ce qu’il serve le propos.

Voilà, je vais peut-être te laisser la parole Martine.

MN : Voilà, tu as tout dit Nicolas. Et très bien en plus !Et je souscris complétement à ce que tu dis.

Cet humour qui dans le roman noir ou dans le polar, où on raconte des choses pas très drôles et souvent très dures, ça permet de prendre de la distance. Et effectivement c’est salvateur. Ce sont des poses de respiration.

Je rajouterai une chose en tout cas en ce qui me concerne. Personnellement, je me damnerai pour un bon mot, ça c’est un de mes péché. C’est ma respiration à moi. J’adore l’esprit, j’adore l’humour et j’ai donc les oreilles en permanence ouvertement pour capter cet humour qui affleure au milieu d’une conversation. L’humour ça peut se travailler, moi je préfère prendre, comme je l’ai toujours fait, beaucou de temps à écouter les gens partout au je suis, dans la rue, dans le métro. Dans le cadre de ce bouquin, j’ai passé énormément de temps au bistrot du village. Dans le village où j’habite, j’ai écouter des conversation et je peux vous dire qu’en terme d’humour les comptoirs c’est extraordinaire. Moi ma source elle est là ! Dans l’écoute des gens, dans l’écoute des situations.

Et j’ai pu en replacer car effectivement dans mon enquête, il y a bien sur un mort, un crime et des salopards, des gens pas forcément très beaux et bons. Et pouvoir replacer les traits d’humour que j’ai saisi ça et là, ça remet le sourire, ça donne la banane dans tous ce noir. 

Comme Nicolas, j’ai pas envie qu’en refermant mon bouquin, les lecteurs est envie de se jeter sous le train.

GVL: Humour SNCF, lol

C’est quand même pas le but. Et en plus naturellement je suis une joyeuse donc. J’aime aussi que dans mes livre passe une forme de joie de vivre. La vie, dans les situation que l’on décrit, elle est dure, elle est noire, il y a des choses très laide mais ma nature optimiste, mon goûts pour la joie de vivre, je veut qu’ils soient communicatifs. Les faire partager à mes lecteurs à travers ce que je raconte.

Voilà cher(e)s lecteur zé trices,

c’est la dessus que l’on referme le premier tome  de cette rencontre et on tache de se retrouver très vite avec nos deux auteurs passionnants.

A suivre …

 

Apéro Polar : rencontre avec Michaël Mention autour de Jeudi Noir.


mm&&&&

J’ai eu la chance de recevoir Michaël Mention , ce samedi 11 juin 2016 pour un Apéro Polar.

 Durant 1h30 nous avons devisé sur son roman Jeudi Noir. Enfin c’est surtout Michaël qui a parlé. Il nous a même lu quelques extraits de son roman pour illustrer son propos. On a eu droit aussi à deux morceaux de musique significatifs pour mieux appréhender tout cela.

Je vais tenter ici de vous retranscrire de mémoire cette rencontre. Je ne vous ferai pas un compte rendu exhaustif, mais j’en extrairai les propos marquants, enfin ceux qui m’ont marquée.

Alors débutons ici ce face à face.

MMjpgGVL  : Michaël est arrivé…( oui, monsieur Mention était un peu en retard à notre rendez-vous. Mais ça tombé bien, les lecteurs aussi sont arrivés à la bourre. Et puis même en retard, nous avons pris le temps de faire quelques photos souvenir devant la bibliothèque avec David et Michaël. Lol !) Alors je me lance pour vous présenter  ce jeune auteur que je suis depuis une dizaine d’année maintenant et donc je suis une grande fan. 

Mais comment te présenter Michaël :  Tu es le petit génie du polar français. Tu est né en 1979 à Marseille. Tu publies ton premier roman en 2008 aux éditions du Rocher, Le Rhume du Pingouin. Vient ensuite, en 2012, Sale Temps pour le Pays (Rivages/noir) qui obtient le Grand Prix du roman noir au festival international du film policier de Beaune 2013. Sale temps pour le pays est le premier Volet d’une trilogie que je nommerais Anglaise.  Viens ensuite Le Fils de Sam (Ring éditions), un docu-fiction sur le célèbre tueur en série David Berkowitz. Puis Jeudi noir (chez Ombres Noires) pour lequel nous sommes ici aujourd’hui. Suivront Le carnaval des hyènes toujours chez Ombres Noires. Puis Adieu demain et Et justice pour tous, les deux derniers opus de la trilogie anglaise. Tu as la chance d’être édité dans la prestigieuse collection Rivages Noir mais aussi dans une jeune maison d’édition dynamique Ombres Noire.

Nous somme ici pour parler de Jeudi Noir, ce titre est reparu en poche dernièrement, alors si il est emprunté à la bibliothèque, vous pouvais vous l’acheter et pour 6€ seulement vous aller revivre en direct la demi-finale de la coupe du monde 1982, France-RFA, vue de l’intérieur à la manière d’un thriller.

Voilà pour ta bio-bibliographie. Pourrais-tu nous compléter tout cela ?

Michaël Mention  : Oui en effet…Je suis né à Marseille en 1979, J’ai donc 37 ans. Alors quand tu dis « jeune auteur », c’est plus vraiment le cas Geneviève. 

GVL : Mais si Michaël, pour moi tu seras toujours un gamin ! (rire)

Michael : J’ai grandi là-bas dans les quartiers nord. Je ne suis pas plus fier que ça d’être Marseillais. J’ai pas cette fierté là, même si j’aime bien Marseille, la ville a de bons cotés. Après des débuts dans la BD puis des chroniques, je deviens romancier et scénariste . Je suis un passionné de rock et de cinéma. D’ailleurs à la base je me tournais plus vers le cinema que vers l’écriture. A l’adolescence, je dessine pas mal.  La BD me tente bien. 

En 1999, j’intègre un atelier d’écriture à l’université du Mirail à Toulouse. C’est là que j’écris mes premiers textes, influencés par Desproges, Lavilliers, Céline ou encore Hubert-Félix Thiéfaine. J’écris des chroniques assez acerbes voir acides. Les gens ont l’air de bien aimé. J’écoute les premiers album de Lavilliers, je me shoote avec ses musiques mais aussi ses paroles. J’écris de plus en plus de chroniques. Elles reçoivent un super échos, alors… Par la suite, je glisse des chroniques aux nouvelles. Et une nouvelle plus tard, j’arrive à Paris en 2001 et là je m’attelle à mon premier roman, Le rhume du pingouin  qui ne paraîtra qu’en 2008 aux éditions du Rocher. Depuis, l’écriture est ma passion quotidienne.

J’ai vécu 18 ans à Marseille. Alors là bas le foot c’est une religion.  J’y ai donc forcément vécu la finale de Coupe d’Europe en 93 avec toute la ville qui faisait la fête. Mais je n’ai jamais dépassé ce stade de supporter occasionnel. Je n’ai pas été initié, en fait au football. Mais j’aime ouvrir mon esprit.

GVL : Alors justement, quand on aime pas vraiment le football, comment en vient-on à écrire un livre qui à comme sujet central le football. Et puis j’aimerai que tu nous explique la genèse de ce Jeudi Noir.

MM : En fait, même si je ne suis pas un fan de foot, j’ai toujours entendu parler de ce match comme quelque chose de fantastique et terrible à la fois, mais sans jamais chercher à en savoir plus. Et puis un soir, en mars dernier, alors que je venais juste de finir un bouquin et que j’avais décidé de prendre une période de repos. En fait cette année là, j’ai écrit 3 bouquins. Je crois que ça ne m’arrivera plus jamais. Et alors que je finissait le deuxième et que j’avais promis à ma compagne de lever le pied….Bon, ma femme vous dirai que je ne sais pas le faire. J’ai trop besoin d’écrire.

Alors après une semaine, à rien faire, à rester vautrer dans le canapé devant la télé, à manger n’importe quoi, je suis tombé sur un documentaire consacré à Michel Platini. Aux deux vie de Michel Platini. La première était consacrée à sa carrière de Joueur. Évidemment, dans ce documentaire, il revient sur ce fameux match de 82, comme quoi ça l’a marqué à vie et tout ça. À ce moment-là, il est 1h du matin et je me dis : « Bon, il faut que je le vois ce match, quand même » . Ok, j’ai un peu de temps. Alors, je me suis fais un café, j’ai rallumé la lumière et mon ordinateur. Enfin pas dans cette ordre. J’ai bien du allumé la lumière pour pouvoir trouvé la cafetière. Bon mais, du coup, je suis allé sur Youtube et j’ai regardé le match en entier. Et j’ai complètement halluciné.

Ce math c’est un pur scénario. Tout y est. Il s’en dégage une tel énergie et c’est un condensé de touts les sentiments humains. J’ai réalisé que ce match rassemble tous les codes du genre : des coups de théâtre de folie, une dramaturgie incroyable, on passe coup sur coup d’un sentiment d’exaltation à celui d’injustice. Au final, très vite, j’ai eu conscience que je pouvais en tirer un livre.

Je parle, je parle trop là, non ?  Alors voilà, à toi.

mm&&&GVL : Heu, je te remercie !  Bien, tu regardes le match et hop comme cela tu te dis, je vais pouvoir en faire un livre ! Whaoua ! Tu nous dis comment tu voyais ce livre. 

M. M. :  Comme je vous le disais, la musique a une grande place dans ma vie. J’ai toujours écouter beaucoup de musique. Mon père aimé le rock, ma mère m’a fait découvrir la chanson française. C’est elle qui m’a fait écouter Gainsbourg, Polnareff,  Léo Férré et bien d’autres. J’ai été bercé par cet environnement musicale il est devenu le mien. Mais là je digresse.

Donc…J’ai alors revu une seconde fois le match dans la foulée. Je me suis refait du café. Et là  j’ai commencé à le découper en chapitres, pas le café, le match ! Je voulais raconter le match, minute par minute. Il m’a semblé évident qu’il fallait m’approprier le match : me contenter de le raconter aurait été facile et surtout obsolète.

Ce livre est la retranscription romancée de la demi-finale de football qui a opposé l’équipe de France à celle de la RFA le 8 juillet 1982. Son ambition est de relater ce match avec le plus d’objectivité possible pour en finir avec les stigmatisations abusives

Pour ce faire, j’ai introduit dans le récit un 12e joueurs. Il fait des passes. Il tape dans le ballon. Il est au milieu de ses coéquipiers, sur le terrain. Je le fais jouer réellement. Mais c’est comme, une ombre, un fantôme… C’est un peu comme l’esprit collectif de ce collectif justement. Une sorte de conscience collective. Consciences des joueurs sur le terrain mais aussi du public dans le stade. Et j’en ai fait mon Narrateur. A travers lui, j’ai pu exprimé tous les sentiments. En imaginant ce douzième joueur fictif au sein de l’équipe de France, ça m’a permis d’avoir une totale liberté de ton. J’ai pu donné à ce roman cette  orientation « noire ». Et puis c’était clair, il était hors de question de prêter des pensées ou des intentions aux joueurs qui étaient sur la pelouse ce jour-là. Je ne voulais pas faire dire ou penser à Platini, Rocheteau ou les autres, des choses ou des propos qui n’auraient pas été les leurs !

mm&&Si certains passages semblent dramatisés, ils ne le sont qu’à travers le point de vue du narrateur – ce joueur fictif –, ce qui n’engage en aucun cas les anciens membres de l’équipe de France. Même précision quant aux propos xénophobes, qui s’inscrivent dans une démarche de dénonciation du racisme. Ce match m’a permis d’évoquer ce que le football était avant. A cette époque le football business n’était pas de mise.  Jean Tigana, le milieu de terrain, était facteur, Maxime Bossis, le défenseur, aidait ses parents à la ferme…

 A travers cette histoire, je voulais aussi raconter la France de l’époque, celle de Mitterrand, avec les premières désillusions des Français à son égard. Pas encore la défiance, mais…

Et puis de l’autre côté, en Allemagne, il y a encore le mur de Berlin. Et les Allemands ont encore le poids pesant du passé sur les épaules. On est dans un contexte assez particulier, au moment de ce match.

Voilà, si vous avez des questions ?

Je me dirige vers Frédérique, qui s’avère être ma complice. Nous avons maintenant un numéro bien rodée. Je lui demande toujours de relire le livre et d’en tirer tout un tas de questions. Alors je lui tends le micro.
Fred : Oui, avez vous pour faire ce livre vu la retranscription du match mais coté allemand ?

MM : En fait, j’ai beaucoup lu d’article de presse de l’époque tant français mais aussi allemand que je me suis fait traduire. J’ai aussi visionner le match avec les commentaires des speakers allemand. Et effectivement, leur visions de ce match n’est pas du tout la même. Ils sont là pour gagner l’Euro. Ils sont la meilleure équipe. Il domine le mode footballistique depuis un certain temps. Ils sont en démonstration. Et ils se foutent bien de cette jeune équipe France qui est là pour faire ces preuves. La RFA domine l’Europe, il faut bien le dire. Elle n’a aucun complexe, sauf peut-être celle de son passée.

S’ils sont outrés par le geste de leur gardien, ils ne comprennent pas forcément l’émotion que suscite l’agression de Battiston en France.

Cette demi-finale de coupe du monde de football France-RFA c’est l’ambition contre l’expérience. C’est l’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et si  les deux équipes ont une même obsession : gagner sa place en finale, la rigueur et la puissance allemande vont vite prendre le pas sur le jeu fulgurant d’une équipe de France qui se veut redoutable. Et en plus le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Si effectivement le point d’orgue de cette rencontre c’est l’agression du gardien allemand, Harald Schumacher, sur le Français, Patrick Battiston, en position de tirer au but, à la 56e minute, celle-ci n’a pas été vécu de la même façon de l’on soit d’un coté ou de l’autre du Rhin.

Pour les uns c’est un fait de match, pour les autres c’est une injustice. Une injustice qui va avoir des conséquence dans la société française qui va voir resurgir le sentiment anti boche. Qui va voir réapparaître les humiliations de la guerre mais aussi le malaise de la collaboration. Un non dit de la société française qui risque de fracturer celle-ci encore 40 ans après.

Fabienne apporte son témoignage à cette démonstration.
Faby : J’avais une dizaine d’année à l’époque. Et je suis le fruit de l’union d’une famille mixe. Mon papa est allemand, ma maman est française. Le jour de cette demi finale, le téléphone a sonné chez nous, et mon père s’est fait passer un savon par la propre belle famille. Il a reçu en pleine face toute la haine que sa famille française avait contre le goal allemand. Il était l’allemand à abattre.  Ce coup de fil m’a marquée. J’avais peur d’une fracture entre mes parents. Et puis à l’école j’avais un nom allemand, ça a pas été toujours facile après ce match de foot.

MM : Oui, comme je le disais ce match à diviser la société française mais surtout à fait réapparaître le sentiment anti-germanique. .

Pour conclure j’aimerai vous faire écouter quelques morceau de musique qui n’ont accompagné pendant l’écriture de ce livre.

Le premier c’est Highway Star du Made in Japan de Deep Purple. 

Ce morceau pour moi reflète parfaitement l’entame du match. D’abord une courte phase d’observation entre les deux équipe. Et puis, très vite en moins de 10 seconde, les allemands s’empare du ballon et ils vont tout de suite imposer leur puissance.

La musique m’a permis de rythmer ce roman. De m’approprier le match. Ce qui est intéressant quand on écrit à partir de faits réels, c’est qu’on peut se les approprier, sans les trahir, bien sûr. J’aime l’idée de réinventer un fait connu de tous.  De « tordre » un événement pour voir ce qu’il peut générer dans le bon comme le mauvais. Et la musique m’aide aussi dans cette phase d’écriture. Elle structure la construction de mon récit.

Ecoutez bien ce morceau, et même si vous n’avez pas l’entame du match en tête, c’est quelques notes devraient vous permettre de visualiser celle-ci !

Quand j’écris je pars de petits détails. Ils sont le point de convergence du moment. Mon récit essaie de décortiquer la substance moelle de chaque fait. D’en extraire la quintessence. J’étire chaque détail jusqu’à ce qu’il révèle tout ce qui se cacher derrière.

Je veux trouver une écriture rythmée ou syncopée suivant le moment du match ou de la dramaturgie de celui-ci.

Puis Michaël nous lit le tout début de son livre :

Jeudi 8 juillet 1982

20 h 44
Stade Ramón Sánchez Pizjuán, Séville

Brassens est mort. Dieu est mort. Et nous, on est vivants. Bien vivants, avec la France derrière nous. Tous les Français. Même ceux qu’elle n’assume pas, ces enfants d’immigrés que certains appellent bougnoules alors qu’ils sont aussi français que nous. Dans notre équipe, il y a du sang algérien, espagnol, italien… La France d’aujourd’hui, celle de Mitterrand. Tout ce rouge en nos veines, sous le bleu de nos maillots. Pour nous, ce soir, c’est « liberté, égalité, amitié ».
Cette force qui nous lie ne sera pas de trop dans ce monde malade. Iran, Liban, Salvador… tant de morts que je ne sais pas par où commencer. Ce qui est sûr, c’est que la guerre froide est de retour. La faute à Reagan, dont les provocs de cow-boy irritent ce bouledogue de Brejnev. Lui, il paraît qu’il est en train de crever. Si c’est vrai, peut-être comprend-il enfin la souffrance des civils afghans. Vie/mort, victoire/défaite, tout ça est arbitraire – juste une question de point de vue.
C’est ce que je me répète, dans le vestiaire. Besoin de me rassurer. Les autres y croient, j’ignore comment ils font. Assis face à moi, Michel. Notre capitaine, le menton appuyé sur ses mains croisées.
Je me demande à quoi il pense. En fait, je sais. Pas au match, même s’il le fantasme depuis des jours et des nuits. Pas à son père, si fier de le savoir ici en cette heure mythique. Non, Michel ne pense pas à lui – il l’a déjà fait – et encore moins au petit club de l’AS Jœuf qui l’a vu naître. À cet instant précis, il pense à la Marlboro qu’il aurait aimé savourer avant le coup d’envoi.
Lui et la clope, beaucoup de gens l’ignorent. Il ne se cache pas, il tient juste à préserver le peu d’intimité que lui accorde son statut d’icône. « Drôle de sportif », c’est sans doute ce que dirait le pays s’il le voyait fumer entre deux entraînements. Non, Michel n’est pas qu’un joueur de génie, c’est aussi un anxieux doublé d’un déconneur. Pour ma part, j’aime autant le foot que Sherlock Holmes et la cuisine. On a tous plusieurs facettes, mais nos compatriotes s’en fichent. Ce qui les intéresse, ce qu’ils exigent de nous, c’est qu’on incarne leur rêve. Ça tombe bien, ils ne seront pas déçus.

La voix de Michaël résonne alors dans le bibliothèque. Il nous lit ses propres mots avec émotions. Ces mains en tremble. Nous ressentons la même émotion ! Mon corps entier frissonne.

mm&D’autres questions ont été posées à Michaël. Et il y a aussi répondu avec autant de passion.  Mais j’arrête là mon petit compte rendu. Et oui, ma mémoire n’est pas vraiment extensible.

Moi, ce que je vous propose, c’est de venir participer à mes prochains apéros polars pour vivre en direct les rencontres. Et en plus on boit un verre et on grignote deux ou trois petits trucs en devisant et poursuivant les débats.

Aller pour vous propose quelques autres extraits :

Extrait 1 :

« Notre capitaine retient son souffle, et c’est toute la France qui frappe. Le cuir ondule, d’un carreau blanc à un logo noir. Le pied tendu, Michel se fige. Comme nous. Seul le ballon vit encore au rythme de l’impact. Le séisme se propage, animant le fil des coutures jusqu’à cet Adidas qui vole en éclats. Et la sentence part, magnétique, avant de heurter leur mur.

Michel est écrasé de frustration. Moi, je regarde ça, ce truc qui rebondit. Je le hais. Je les maudit, lui et la terre entière. Cet immonde caillou qui ne tourne sur lui-même que pour mieux nous faire tourner en bourrique…» (un coup-franc raté de Michel Platini)

Extrait 2

« Durant des jours, j’ai rêvé de ce match sans imaginer qu’on puisse aller auss loin. Les gens croient qu’on ne pense qu’à la victoire, ils se trompent. Ce qui nous obsède, c’est le coup d’envoi : cette microseconde où tout bascule et passe de l’abstrait au concret. La suite, heurts ou blessures, on ne la conçoit que lorsqu’on la vit. En général, ces imprévus déstabilisent un peu. Ou beaucoup, comme ce soir. D’abord Patrick, maintenant les prolongations. Et merde. »

Extrait 3 :

« Être Français, ça veut dire quoi ? Qu’on est né en France, c’est tout ? Je refuse de croire que ça se résume à un droit du sol, bassement territorial. Le sol, ce n’est que de la matière. Moi, je parle d’identité, l’essence même de ma personne. » (…) L’important n’est pas d’être français, mais de s’accepter comme tel. S’accepter pour mieux accepter l’autre, qu’il soit allemand, malien ou je ne sais quoi. En finir avec ces barrières inutiles que sont le racisme, les religions, l’exclusion. Noirs, Blancs, catholiques, musulmans, juifs, hétéros, homos… on est pareils. Tous mortels. Alors, qu’on arrête nos conneries et qu’on profite de la vie, ensemble.« 

Et pour le fun, quelques photos de la rencontre…

APMM&&&&& APMM&&&& APMM&&& APMM&& APMM&  APMM1 APMM2 APMM3 APMM4

APMM

Allez pour ce remettre de nos émotions ! Apéro Polar