Le Château de verre de Jeanette Walls


Le Château de verre de Jeanette Walls. Traduit par Bella Arman.  Paru le 3 janvier 2008 chez R. Laffont. . 21€ ;  (374 p.) ; 24 x 16 cm
 
4ème de couverture :

«Je me demandais dans le taxi si je n’étais pas trop habillée pour la soirée quand j’ai aperçu maman en train de fouiller dans une benne à ordures. (…) Elle s’était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle pendant que son chien, un terrier croisé noir et blanc, jouait à ses pieds. (…) En dépit de ses cheveux gris emmêlés et de ses yeux creusés, elle me rappelait encore la mère de mon enfance, celle qui accomplissait des sauts de l’ange du haut des falaises, peignait dans le désert et lisait Shakespeare à haute voix.»

Jeannette Walls est connue du Tout New York : chroniqueuse mondaine, elle évolue dans le monde des célébrités. Qui pourrait imaginer qu’elle a passé ses premières années dans la misère la plus sordide ? – que son enfance a été une lutte continuelle pour survivre, marquée par un père et une mère d’une excentricité absolue ? …

Amoureux des arts et des lettres, sublimes de fantaisie, les parents Walls sont aussi des marginaux d’un égoïsme criminel. Mathématicien et bricoleur inspiré, le père caresse un rêve fou : bâtir une maison de verre dans le désert. Mais il noie ses projets dans l’alcool. La mère écrit, peint, déclame de la poésie. Son bien-être ne l’intéresse pas. Celui de sa progéniture non plus. Fuyant la misère, la famille doit sillonner l’Amérique. En permanence, les enfants Walls sont confrontés au froid, à la faim, au danger….

 
 

Jeannette Walls

L’auteur : Journaliste, Jeannette Walls vit entre Manhattan et Long Island avec son mari, l’écrivain John Taylor. Diplômée de l’Université de Columbia Barnard College, elle a eu sa propre colonne people dans le webzine MSNBC et travaille pour différentes revues Esquire, US Today, et New York Magazine. Après son best-seller Le Château de verre (Robert Laffont, 2008) vendu à plus de deux millions d’exemplaires dans le monde, elle s’est consacrée à l’écriture. Des chevaux sauvages ou presque a paru en 2011, suivi de l’Etoile d’argent en 2016 chez le même éditeur. Tous sont repris chez Pocket.

 
Extrait :
 « Maman se trouvait à cinq mètres. Elle s’était entouré les épaules de chiffons pour se préserver de la fraîcheur printanière et faisait son choix dans la poubelle pendant que son chien, un terrier croisé noir et blanc, jouait à ses pieds. Ses gestes m’étaient ô combien familiers – la façon dont elle penchait la tête et avançait la lèvres inférieure en scrutant les articles éventuellement utilisables qu’elle venait de pêcher, ses yeux qui s’agrandissaient comme ceux d’un enfant quand elle avait trouvé quelque chose à son goût. En dépit de ses cheveux gris emmêlés et de ses yeux creusés, elle me rappelait encore la mère de mon enfance, celle qui accomplissait des sauts de l’ange du haut des falaises, peignait dans le désert lisait Shakespeare à haute voix »
 

Les Émotions lecture de Cécile :

Le livre a été adapté au cinéma en 2017 avec Woody Harrelson et Naomie Watts et l’histoire m’avait déjà interpellée. Lorsqu’en plus je me suis rendue compte que l’auteure était aussi celle de L’Etoile d’argent qui m’avait emballé en 2017, j’ai plongé.

Je suis fascinée par ces histoires où malgré un environnement hostile, les enfants semblent pousser et réussir contre toute attente. Et c’est l’histoire de Jeannette Walls, de son frère et  de ses sœurs. Le lecteur sait que le dénouement est heureux pour l’auteure dès le départ mais à chaque paragraphe, chaque chapitre, on est tout autant surpris qu’horrifié que cela puisse être vrai. La faim, l’inconstance parentale, les maltraitances, les agressions, rien n’est épargné aux enfants Walls.

Ce qui pour moi les sauvent contrairement à ce que clame la quatrième de couverture ou même le film qui y voit une forme de poésie et qui pardonne aux parents sous couvert d’anticonformisme, c’est leur indéfectible solidarité fraternelle, leur soif de savoir , et d’échapper au modèle familiale.

J’ai dévoré leur histoire et si je devais en faire une conclusion plus légère, je dirai que leur histoire rassure sur nos propres défaillances. Tout devient beaucoup moins grave ; ne pas réussir à leur faire manger les 5 fruits et légumes réglementaires par jour ou ne pas réussir à contenir tout mouvement d’humeur  semble soudain bien risible au regard de ce que font subir les parents Walls à leur enfants.  Et finalement comme atteint d’un syndrome de Stockholm puissant, les enfants même devenus adultes pardonnent et cherchent l’amour de leurs parents.

 « Maman m’a lancé un regard étonné. Je venais de violer une de nos règles tacites : nous étions censés faire comme si notre existence était une longue aventure incroyablement amusante »
« J’entendais les gens autour de nous chuchoter à propos de cet ivrogne irresponsable et de sa marmaille de petits galopins crasseux – Mais qui se souciait de leur avis ? Aucun d’entre eux ne s’était jamais fait lécher la main par un guépard »
« Il rentrait à la maison dans un tel état de fureur alcoolique que maman se cachait pendant que nous essayions de le calmer…Maman nous avait appris à faire les poches de papa quand il était ivre mort. Nous étions devenus des experts. Une fois, après avoir retournée papa et récupérée une poignée de monnaie, j’ai détaché ses doigts de la bouteille qu’il tenait »
 

 C’est cette édition qu’à lu notre Auteure Flingueuse

 Réédité en poche chez Pocket  17 septembre 2009.  8€20 ; (441 p.) ; 18 x 11 
De son enfance étonnante, la journaliste Jeannette Walls a gardé tard le secret. Ce soir-là, en quittant park Avenue couverte de perles pour se rendre à une soirée, elle est rattrapée par son passé : elle voit sa propre mère fouiller dans une poubelle. Jeannette ne descendra pas du taxi. Ebranlée, elle décide de raconter. Les départs précipités, de ville en ville, la misère… L’alcoolisme et les absences du père, savant incompris. La douce folie d’une mère artiste et peintre. Mais quel enfant a jamais pu caresser un guépard au zoo, ou rêver sur les plans d’un château de verre en plein désert, dessiné par un père visionnaire ? De l’absolue liberté de ces deux anticonformistes, les enfants Walls ont, plus que la faim ou la honte, hérité d’un formidable appétit de vivre…
 
Publicités

Le meurtre d’O’Doul Bridge de Florent Marotta


Le meurtre d'O'Doul Bridge une enquête du French coachLe livre :Le meurtre d’O’Doul Bridge : une enquête du French coach  de Florent Marotta. Paru le 7 septembre 2017 chez Taurnada. 9€99 ; (244 p.) ; 18 x 11 cm
    
 4e de couv :

SF

San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite.

C’est dans cette ville de l’Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes.

Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d’un être cher.

Mais le voilà mêlé au meurtre d’un notable.

Au moment de mourir, l’homme a composé un numéro, le sien.

Alors la tourmente l’emporte. Réveillant les douleurs du passé.

 L’auteur : Florent Marotta est né dans la Loire en 1976. Après une première carrière sous les drapeaux où il passe successivement de soldat à officier de police judiciaire, il oeuvre maintenant au sein d’une mairie. Son amour pour l’écriture le pousse à composer des fictions sous forme de thriller ou de fantasy.
Extrait :
Les premiers clients du matin étaient au nombre de trois. Une famille entière. Quand il les vit. Michael ne put s’empêcher de constater à quel point ils étaient différents. Le père était énorme, nourri aux hamburgers et à la bière. La mère était, à l’opposée, anorexique. ses os ressortaient sous sa peau et son visage émacié, presque décharnée. La fille était dans la phase où la nature hésitait encore de quel côté de ses géniteurs l’envoyer. La pauvre. Et justement, ils venaient pour elle. 

Le Off de Oph

Florent Marotta

Alors tout d’abord à mon pote Dav Danakin tu peux continuer de lire les romans de Florent Marotta, c’est de la bombe bébé!

Je te découvre Florent au travers d’un polar qui m’a emporté dès les premières pages. Le déclenchement de l’intrigue se fait dès le début du roman et pas une seule fois le rythme n’est retombé. D’ailleurs je n’ai lâché ton livre que pour dormir et le temps d’un brunch (oui oui le lecteur reste un animal sociable).

Au travers d’une enquête captivante, et dans un style fluide mais percutant avec des traits d’humour, j’ai découvert Michael Ballanger le French Coach.

Par la voix de son personnage Florent dénonce le manque de liberté d’une presse soumise au pouvoir et aux politiques.
« Je me suis mis à mon propre compte parce que c’est le meilleur moyen de garder la parole libre. »

Il décrit les relations difficiles pouvant exister entre parents et enfants séparés et la nécessité de s’apprivoiser chaque fois que nécessaire.
« Les enfants. Les êtres les plus difficiles qu’il n’avait jamais eu à affronter. »

Adepte du « fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais » j’ai aimé certaines fêlures de Michael Bellanger, incapable de s’appliquer les conseils donnés à ses clients: « tu passes la journée à dire à tes clients de se battre et toi… » Florent a su nous livrer un personnage attachant puisque très humain, têtu mais pour des raisons précises que je vous laisse découvrir…

L’ histoire, le passé en fil rouge du French coach tout au long du roman m’a pris aux tripes au point de me submerger d’émotions et de verser une larme à la lecture de certains passages.

J’ai adoré détester certains personnages tellement bien décrit qu’ils ont pris vie sans difficulté dans mon esprit… mais j’ai aussi de l’affection pour certains autres, rendus si attachant sous la plume de Florent.

Vous l’aurez compris j’ai pris beaucoup de plaisir à lire « Le Meurtre D’O’Doul Bridge » parce qu’outre des personnages attachants et un rythme soutenu au fil des pages, j’ai ressenti beaucoup d’émotions mais aussi ouvert ma réflexion sur le fait que nos passés conditionnent nos avenirs, que nos choix découlent le plus souvent de nos vécus.

En fait, comme le dit si bien notre coach « j’ai la vie que je mérite ».

Il me tarde de retrouver Michael Ballanger maintenant!

« San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite.
C’est dans cette ville de l’Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes.
Le coach de vie à succès renaît avec difficulté qui suit la perte d’un être cher.
Mais le voilà mêlé au meurtre d’un notable.
Au moment de mourir, l’homme a composé un numéro, le sien. La tourmente l’emporte alors, réveillant les douleurs du passé. »

Le berceau des ténèbres de Jean Luc Bizien by Oph


Le livre :  La trilogie des ténèbres Volume 3, Le berceau des ténèbres : thriller  de Jean-Luc Bizien. Paru le 23 septembre 2015 le 15 juin 2016 chez Toucan noir . réédité en poche le 15 juin 2016 dans la collection Toucan Noir Poche. 9€90 ; (490 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Ancien officier des services de renseignements, militaire parfaitement entrainé, le lieutenant Paik Dong Soo est parvenu à quitter l’enfer de son pays-prison, la Corée du Nord. Grâce à son ami le journaliste américain Seth Ballahan, il a réussi à exfiltrer sa femme et son fils et à gagner New York. Pour lui, le plus dur est désormais de s’adapter à ce nouveau monde, où la liberté le paralyse.
Jusqu’au jour où un étrange visiteur fait appel à ses anciennes compétences. Des enfants ont été enlevés en plein China Town , les gens sont inquiets et pour les commerçants, la peur est le pire ennemi des affaires. Incapable de son côté de recueillir le moindre renseignement fiable au cœur d’une communauté fermée, la police est impuissante. Pourtant, jour après jour, les rumeurs les plus atroces se propagent.
Il faut intervenir vite. Puisque les voies judiciaires sont lentes, restent les méthodes radicales de Paik Dong Soo. Avec les risques qu’elles comportent…

L’auteur : Né en 1963, Jean-Luc Bizien enseigne pendant quinze ans avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Jeux de rôles, livres pour la jeunesse, romans de fantasy, thrillers ou polars historiques, ce digne héritier de Serge Brussolo explore toutes les facettes de l’imaginaire, ce qui lui a apporté le succès auprès d’un lectorat toujours plus nombreux.
Extrait : 
L’abîme s’ouvrait devant ses pieds et le vent soufflait en bourrasques, menaçant à tout instant de faire chavirer le funambule. Il ferma les yeux.

Le Off de Oph

C’est avec regrets que j’ai achevé la trilogie des Ténèbres de Jean-Luc Bizien avec le tome 3: Le berceau des ténèbres.

Ne vous y trompez pas, je ne regrette en rien cette lecture, mais les personnages auxquels j’ai fait mes adieux.
Comme je l’avais évoqué sur mes retours des tomes précédents, les personnages de cette trilogie sont attachants. Charismatiques, torturés, écorchés par la vie, je me suis prise d’une réelle affection pour eux et c’est donc avec regrets que je les quitte et que je les laisse poursuivre leurs vies au delà des pages de ce roman.

Ce troisième tome est mon préféré des trois. Outre les Seth Ballahan et Paik Dong-Soo qui ont pris davantage d’épaisseur et davantage vie dans mon esprit, l’intrigue est captivante.
Jean-Luc nous promène dans New York, nous fait découvrir les mécanismes des mafias de quartier…
J’ai retrouvé les références musicales chères à Mister Bizien, mais aussi des références cinématographiques et un clin d’œil à un autre auteur de la Ligue de l’Imaginaire (sauf erreur de ma part et tu me corrigeras si c’est le cas JL).
On y découvre un Dong-Soo en pleine dissonance cognitive… comment trouver son équilibre dans une ville qui permet toutes les libertés et tous les excès quand on a grandit en Corée du Nord, sous le joug de la dictature…
Quant à Ballahan le voilà Directeur du journal, papa attentif et mari hyper attentionné…

Au coeur de la Grosse Pomme, Ballahan le journaliste et Dong-Soo l’ancien militaire Nord Coréen se lancent à la poursuite d’un énigmatique fantôme « The Ace », auteur d’enlèvements d’enfants au coeur de Little Italy et de Chinatown…

Je vous conseille vivement de plonger au coeur de cette trilogie, de partir à la découverte des deux Corées, de l’amitié, de la plume de Jean-Luc et de ses références musicales…

Merci Jean-Luc pour cette trilogie réussie!

Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

Comme un chien de Jack Ketchum


comme un chien JackLe livre : Comme un chien  de Jack Ketchum, Lucky McKee. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Jaillet. Paru le 20 septembre 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  21€50 ; (275 p.) ; 24 x 16 cm.

 

4e de couv :

Bienvenue chez les Cross, une famille aisée de Los Angeles. Une famille heureuse… en apparence. Delia, onze ans, est une star en train d’éclore. Tout le monde dépend d’elle : sa mère, qui gère d’une main de fer ses auditions ; son père et ses voitures de collection ; son frère que la jalousie ronge. Heureusement que Caity, le chien de la famille, est là. Auprès d’elle, Delia se sent aimée, en sécurité.

Une nuit, un incendie se déclare dans la chambre de la petite. Sauvée in extremis par son chien, Delia survit, défigurée. Mais sa mère y voit une opportunité. L’argent, voilà ce qui compte chez les Cross. Quitte, pour l’obtenir, à vendre la souffrance d’une enfant…

 

L’auteur : Jack Ketchum, né en 1946, est considéré comme l’un des plus importants auteurs américains vivants. Derrière ce pseudonyme (emprunté à un hors-la-loi américain qui finit pendu) se cache un écrivain qui fut le secrétaire de Henry Miller. Son premier roman, Morte saison, incita la revue Village Voice à réclamer publiquement la condamnation de son éditeur pour « violente pornographie ». Ketchum a depuis publié onze romans et pas moins de trois films viennent tout juste d’être tirés de ses œuvres.Jack Ketchum est l’auteur, notamment, de Une fille comme les autres et Fils unique. Aux côtés du réalisateur Lucky McKee, il livre le récit terrifiant, implacable, d’une famille au bord de la désintégration. Lucky McKee est réalisateur, acteur et écrivain, célèbre notamment pour son film May. Il a collaboré avec Jack Ketchum sur The Woman et sur I’m not Sam.

 

Extrait :
Ce matin-là, elle est allée d’abord vers Delia, puis vers lui. Robbie n’avait jamais vu sa sœur sourire comme ça, et jamais plus depuis.
Il sent encore la tiédeur de sa langue. Il se rappelle l’odeur de son haleine de chiot. Cette petite masse qu’elle formait entre ses mains.
Cette merveilleuse créature, toute neuve, parmi eux.
Un chien, c’est magique.
Et, au fond, ça ne fait rien qu’elle soit à Delia d’abord et à lui ensuite. Il a lu des choses à propos des chiens. Il sait qu’il y a celui qui reçoit les ordres et les transmet, et la meute. Robbie, c’est la meute. Par définition, maman et papa sont des chiens dominants – des alpha, comme on dit. Ils sont plus grands, ils parlent plus fort. Ils donnent les ordres.
Mais Caity n’a pas l’air très concernée. Elle a sa propre vision des choses. Elle bouscule les idées reçues. La voix qu’elle écoute en second dans l’ordre de fréquence et d’attention, c’est la sienne, pas celle des parents. Robbie s’en satisfait et, même, il lui en est reconnaissant. Sa place dans la meute est confortable.

 

Chronique de Lecteur

 

Le tuyau de Nico

A 11 ans, Delia Cross est une jeune actrice talentueuse. Elle vit avec ses parents et son frère jumeau, qui organisent leur vie en fonction d’elle. A la veille d’un contrat déterminant pour sa carrière, la jeune fille est victime d’un terrible accident dont elle sort défigurée. Sa mère, pour qui seul l’argent compte, met en scène sa souffrance. Seule Cathy, sa fidèle chienne, peut la protéger.

Jack Ketchum est un auteur qui avance masqué. Alors que tous ses collègues en font des caisses pour faire croire, au moyen d’un style boursoufflé, que leur histoire est bien plus horrible, terrifiante et pertinente qu’elle ne l’est réellement, Ketchum joue la carte de l’anodin. Il avance des faits qui n’ont l’air de rien et qui, en s’accumulant, forment un monstre. Une réalité intime, qui est aussi un fait de société admis de tous et qui, pourtant, est inadmissible. Il en donne un exemple ici avec l’histoire d’une famille américaine aisée, mais dont l’économie entière repose sur les épaules d’une petite fille de onze ans. C’est une réalité courante aux Etats Unis et ailleurs. Ça ne choque personne. Et pourtant, quand on prend le temps de s’y pencher…

Le brouillard d’une vie de Cécile Pellault


Le brouillard d’une vie de Cécile Pellault, le chouchou du week-end

 

  Le livre : Le brouillard d’une vie de Cécile Pellault. Paru le 03 mars 2016 aux Editions Le Manuscrit. 23,90€, (266 p.) Isbn : 9782304045766

4e de couv : 

Quand la famille de Lilly décide de s’installer dans la banlieue de Boston, cette famille d’expatriés français pense avoir trouvé le foyer qu’ils n’ont jamais connu. Cette vie rêvée vole en éclat le soir du bal de promo de Lilly.

Comment faire son deuil quand ce en quoi on a cru jusqu’alors n’était qu’illusion? Comment se reconstruire quand la traque continue?

10 ans après, Lilly se pose toujours ces questions et espère trouver dans la fuite un peu de paix…

 

L’auteur : Cécile Pellault est née en 1973. Ecrire, encore et toujours…c’est son crédo
Des nouvelles à foison comme des challenges à chaque concours qui croise sa plume.
Trois romans à son actif aux Editions Le Manuscrit : « Serial Belle Fille »(2005) et « On ne choisit pas sa famille » (2007).
Et  le dernier avant le prochain « Le brouillard d’une vie »( mars 2016), son incursion dans le roman noir avec un drame familial haletant. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.. Le Brouillard d’une vie a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016.
Extrait :
Les bruits de pas dans la rue derrière elle, les buissons qui s’agitent à son passage, les craquements du parquet, les chuchotements dans un rayon de supermarché, les cliquetis de clés dans la main d’un inconnu, les claquements d’une portière, le frôlement d’une main dans son dos dans une gare routière emplissait Lilly de terreur. Chaque instant de sa journée, les sens aux aguets, elle interprétait chaque bruit, chaque mouvement comme une menace potentielle. Lilly était une survivante depuis 10 ans et une fugitive depuis 4 ans

Mon avis et un peu plus…

Comme vous le savez, j’aime aller à la rencontre de nouveaux auteurs. C’est comme cela qu’un jour de début février, j’allais à la rencontre de Cécile Pellault. J’étais alors au salon de Mennecy en Ile de France (91) et il y avait là une vingtaine d’auteurs rien que pour moi . Et beaucoup que je ne connais pas. J’ai papoté avec chacun d’eux mais ma belle rencontre du jour ce fut Cécile Pellault.

Je ne connaissais ni son nom ni sa maison d’édition. Et en effet son éditeur est un éditeur numérique qui ne publie qu’à la demande. Cécile m’a raconté son parcours, son rapport à l’écriture, les premiers concours de nouvelles. Les  deux premiers romans édités, des comédies familiales. Sa vie étudiante. Ce troisième roman sous forme de thriller. Son séjour américain à Boston, où ce situe le roman. Sa thématique toujours et encore autour de la famille. Comment un drame est vécu par chacun des membres d’une même famille et comment chacun se révèle à travers cet incident.

Bref nous avons bien accrochée, elle a su me donner envie de lire son roman. Malheureusement ayant perdu mes papiers et mes moyens de paiement et me retrouvant sans le sou, je n’ai pas pu le lui acheté. Mais…

…Cécile, ayant cru aussi à mon baratin, m’a fait confiance et crédit et je suis reparti avec Le brouillard d’une vie sous le bras.

Quelques mois plus tard, je le lisais d’une traite et quelques-moi après je vous en parle enfin. Car oui j’ai bien trop tardé pour vous parler de ce parfait suspense psychologique.

Alors le Brouillard d’une vie de quoi ça parle ?

D’une famille d’expatriés français qui décide de s’installer dans la banlieue de Boston après des années de contrats à travers le monde. Après n’avoir connu que déménagement sur déménagement, la famille Rodier pense trouver un foyer dans cette charmante maison . Lilly s’épanouit dans cette vie de lycéenne américaine malgré les problèmes de Romain, son frère. Mais leur vie rêvée car  basculera le jour du bal de promo de Lilly. un meurtre a fait voler sa vie en éclat et elle plonge alors dans les affres d’un deuil impossible
Ce sera le début pour Lily de 10 années de descente en enfer où elle
s’enfonce dans la culpabilité de ne pas avoir pu empêcher la tragédie. Et
surtout à craindre pour sa vie et celle de ses proches jusqu’à ce qu’elle soit
forcée de se jeter sur les routes des US pour fuir de nouveaux drames. A partir de là, la culpabilité et l’incrédulité sur sa vie d’autan vont se mêler pour l’asphyxier.

Vous l’aurez compris , le Brouillard d’une vie c’est avant tout une histoire de famille. On peut dire que c’est un thriller familial doublé un roman noir.

Un des thèmes central du livre c’est la culpabilité. Mais ici Cécile ne s’intéresse pas à la culpabilité des bourreaux, mais bel et bien à celle des victimes. Comment en tant que victime on arrive à se sentir responsable de ce qui nous arrive.

Comment on se met à douter de tout, de notre entourage. Et les questions surviennent. Pourquoi je n’ai rien vu venir?  Qu’aurai-je pu faire ? N’ai-je pas introduit le loup dans la bergerie ?

« Lorsque le malheur frappe dans une famille ou lorsque les coupables sont dans l’entourage, on se sent irrémédiablement responsable. » voilà ce que nous dit Cécile.

Cécile place l’intrigue de son roman  aux Etats-Unis dans le année 90. Enfin plus exactement entre 1987 et 1997, sur une période de 10 ans. Aussi l’auteur ayant vécu aux states dans ces année là, elle  arrive à retranscrit avec subtilité, l’atmosphère d’un campus universitaire dans le Mississipi à la fin des années 90. On ressent à travers son regard de petite frenchy, les failles de la société américaine.

 Mais, Le brouillard d’une vie, c’est aussi une histoire de manipulation. Comment on perd, comment on peut perdre ses repaires lors tout s’effondre autour de nous. Comment on devient vulnérable. Ici on va suivre les protagonistes avant et après le drame, on va les observer et voir comment ils y survivent surtout quand leur fondements sont attaqués. Quand la famille s’écroule.

Je vous le disait, c’est une histoire de famille et Cécile me confiait :  » Je crois être obsédée par la famille, ses relations, les conséquences sur chacun. Nous avons deux choix dans la vie on se construit soit grâce ou contre sa propre éducation.
Notre famille, notre éducation, nos amis qu’on se choisit sont notre point d’ancrage. Hors mon héroïne perd tout cela, mon histoire tourne autour de ce sentiment où l’on ne se fait même plus confiance. Elle perd pied après le malheur qui frappe sa famille. »

Alors m’attendais plus pour découvrir ce drame familiale, cette histoire de manipulation et de culpabilité. C’est vraiment un excellent premier polar. Un pur roman psychologique. J’ai hâte de lire son prochain.

Mais ce n’est pas le premier roman de Cécile, non avant cela elle a écrit Serial Belle Fille en 2005 et On ne choisit pas sa famille en 2007. Vous voyez quand elle vous dit que les rapports familiaux l’obsèdent, elle ne vous ment pas !

Et moi je vous promets que l’on retrouvera très vite Cécile Pellault dans ces pages.

A suivre donc…

 

 

Candyland de Jax Miller


Le livre : Candyland de Jax Miller. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claire-Marie Clévy. Paru le 30 août 2017 chez Ombres Noires. 21€ ;  (572 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Candyland

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.

Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison. Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

L’auteur : Jax Miller est née à New York et vit désormais en Irlande. Les infâmes, son premier roman traduit dans plus de dix langues, a reçu le prix Transfuge du Meilleur Polar étranger en 2015 et le Grand Prix des Lectrices de ELLE Policier en 2016.

Extrait :
Le flic était nouveau dans le métier, et suçotait un bonbon au sirop de bouleau pour lutter contre sa gueule de bois. Il faisait trop froid pour un fichu crime, trop glacial pour quoi que ce soit. Depuis la route, il observait le va-et-vient de la foule sombre autour de la ferme où il était le premier à intervenir. Il se gara, s’équipant de son talkie-walkie et pressant le plat de ses mains sur ses yeux. Tout le monde le regardait, l’attendait, le plaçait au centre d’une attention qu’il n’avait pas désiré. Une fille et un bébé portés disparus. Il était prêt à parier qu’on retrouverait la gamine bien vivante dans le monde réel, où on avait le droit de porter des vêtements de couleur et de montrer un bout de mollet.
« Toujours le même coup, avec ces bouseux. »

Le petit avis de Kris

 

CANDYLAND – Jax Miller

le résumé et mon petit avis

Pennsylvanie, de nos jours, dans une communauté amish. Dans une Amérique en crise, l’équilibre précaire de la vie de Sadie Gingerich s’effondre lorsque son fils est assassiné par sa petite amie. Danny Kendricks, le père de la meurtrière, est aux prises avec son passé de criminel qu’il tente de faire oublier. Sadie et Danny se rencontrent, unis par leur souffrance.

JAX MILLER raconte l’Amérique profonde et elle la raconte bien !! Ses personnages sont taillés au couteau et son style, vif et très personnel, est addictif !
Après « Les infâmes  » qui fut un de mes grands coup de  2015 je replonge dans son univers avec délectation.

Encore un livre avec une âme, un livre habité ! Jax est une écrivaine et elle écrit avec ses tripes !

Entre Braxton, l’inspecteur, addict à l’alcool avec sur les bras un mariage raté, Sadie , ancienne Amish, stricte, personnage central, et Danny, l’homme aux multiples facettes, les 500 pages ne sont pas de trop pour arriver à cerner ces personnages. Et je vous passe les Clans Heinz, Wolf et Kendricks qui sont tous liés, les uns par la rivalité dans la maîtrise du trafic de la « gnole » et de la meth, les autres dans l’autre camp comme Braxton.

Et puis il y a Thomas, le fils modèle , on dirait ici le « gendre idéal » mais l’est il idéal ? Et d’où vient il ?

Une seule déception, la longueur du dénouement.

 Retrouvez l’avis de Ge sur Les Infâmes ICI

Jeremy Cobhan de Filippo Della Croce


Bonjour à vous tous, aujourd’hui notre psychopathe du polar nous propose une chronique un peu différente. Elle l’a couplé d’un petit entretien avec l’auteur.

Mais je vous laisse découvrir tout cela avec Marie Noëlle

Le livre : Jeremy Cobhan  de Filippo Della Croce. Paru le 9 janvier 2017 chez Slatkine. 29€ ; (325 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Un jour de mai, dans une petite ville de Nouvelle- Angleterre, un père de famille décède dans un accident de voiture. Au même moment, son enfant de neuf ans disparaît alors qu’il joue avec un copain sur le parking d’un restaurant. Y a-t-il un lien entre les deux drames ? Face à des investigations qui piétinent, l’oncle de l’enfant, jeune avocat, décide de retrouver son neveu.

 

La Chronique de Marie-Noëlle sur

JEREMY COBHAN par FILIPPO DELLA CROCE 

Editions SLATKINE / 325 pages

 

Dans un premier temps, laissez moi vous présenter Filippo

 

Né en Italie en 1975 de mère Suisse et de père Italien, ingénieur en environnement diplômé de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne en 2001. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Portovenere, village pittoresque de la région des Cinq Terres en Italie avant de m’établir sur les rives du lac Léman pour poursuivre mes études. Je vis actuellement à la Tour-de-Peilz dans le canton de Vaud, avec mon ami Jules, de nationalité américaine.

 

 

 

 Pourquoi l’écriture, quel est ton parcours ?

J’ai toujours rêvé d’âtre écrivain, un peu comme les enfants rêvent de devenir pompier ou danseuse. Évènement déclencheur : longue convalescence chez moi suite au diagnostic de leucémie en 2008 et deux greffes de moelle en 2009 et 2013. J’ai pu me dédier exclusivement à l’écriture de Jeremy Cobhan pendant une année.

Que lis tu ?

Presse écrite essentiellement. Je ne suis pas un lecteur de romans. Pour mon écriture je m’inspire essentiellement de mon vécu,  Je me passionne de cinéma, de séries TV et de documentaires en tous genres.

 Pourquoi un polar ?

J’ai toujours eu un côté un peu noir, de plus j’aime mettre au profit l’esprit rationnel de l’ingénieur que je suis dans la construction d’intrigues complexes. Mon histoire se passe aux EU, en Nouvelle Angleterre, région que je connais pour y avoir vécu plusieurs mois lors de l’élaboration de mon travail de diplôme en tant qu’étudiant invité à l’Université de Harvard, à Boston, entre 2000 et 2001.

 Une suite à J Cobhan ou tout simplement un autre polar ?

Un autre roman certainement. Un polar, très probablement. La suite de Jeremy Cobhan, peut-être. Je suis en pleine réflexion, notamment en ce qui concerne les possibilités d’amélioration de mes techniques narratives (structure, personnages, style).

 

EXTRAIT 

 …Jeremy avait toujours été un enfant peu bavard. Il passait des heures dans sa chambre à dévorer des bandes dessinées ou feuilleter des revues d’animaux. Il était passionné de faune marine et rêvait de voir les baleines. Ses questions inattendues m’amusaient. Elles étaient à chaque fois un vrai défi : « Où sont les moustiques en hiver ? » « D’où viennent les étoiles filantes ? ».
Un jour, à l’âge de 4 ans, il m’avait demandé pourquoi je sortais avec un garçon. Sa question m’avait pris de court. J’avais improvisé une réponse qui m’avait laissé songeur : « Le monde serait bien triste s’il n’y avait qu’une sorte de fruit. Eh bien, c’est la même chose avec les gens. Si l’on était tous pareils, ce serait moins intéressant, tu ne trouves pas ? » Il avait semblé comprendre avec le plus grand naturel……..

 

 Mon AVIS

 Mai 2013, Rockport près de Boston, Nicholas COBHAN et son fils Jérémy de 9 ans ont disparus.

La voiture de Nicholas est retrouvée au fond d’un ravin et son corps gît non loin de là. Mais où est passé Jérémy ?

Thomas, avocat et frère de Nicholas décide d’enquêter pour retrouver son neveu et peu convaincu de l’accident va tout faire pour élucider ce mystère face à la passivité de la police locale.

 Dans un premier temps je dois dire que j’ai lu le manuscrit de Filippo en Juin 2015 pour une maison d’édition qui n’a jamais daigné répondre, c’est pourtant pas compliqué : OUI / NON (il suffit de cocher la case !) Bon ça c’est mon côté « italienne » et puis il faut dire les choses M’ENFIN !

Voici un premier roman/polar qui ne laisse pas de marbre puisque Filippo traite de l’homophobie entre autres, ce qui est rare !

Les personnages, j’aime bien la façon dont ils sont présentés bien que certains méritent d’être un peu plus exploités.

Beaucoup de sentiments dans ce livre sont exprimés et de ce fait touchants de part leurs réalités.

On ne reste pas non plus insensible aux paysages que l’auteur connaît bien et de ce fait très bien exprimés.

L’intrigue est bien menée et suscite de l’intérêt dès le départ, avec une fin bien imaginée.

En résumé, je pense que ce premier polar peut faire des bébés. Filippo est quelqu’un de très sensible et son écriture s’en ressent. Je lui souhaite beaucoup de succès car il le mérite et j’attends la suite……

 

L’héritage de Lizie de Lawren Schneider


Le livre : L’héritage de Lizie de Lawren Schneider  Paru le 30/05/2015 en autoédition. 18€ ; 299 pages ; 15,6 x 1,9 x 23,4 cm

 

l’auteur : LAWREN SCHNEIDER
Amateur de littérature américaine, de thrillers et de romans noirs, Lawren Schneider livre ici son premier roman 100% action ! Chef de tribu hyperactif, Lawren est originaire de la région de Strasbourg. Il a choisi l’autoédition pour ses deux premiers romans afin de conserver sa liberté de ton et de rester au plus près de ses lecteurs.

 

 

Lawren Schneider par lui même :

Ma première vie a débuté en 1971 à Strasbourg. Elle était placée sous le signe de l’urgence, l’urgence de vivre intensément. Curieux maladif, je n’ai jamais su choisir, j’ai voulu tout avoir, tout vivre. Musicien multiinstrumentiste, étudiant en sciences, père de famille à 20 ans, vendeur de flûtes traversières, manager dans l’industrie du bâtiment, chef de tribu, amoureux investi, voyageur insatiable, entrepreneur.

Ma deuxième vie a débuté en 2014. Se poser. Se poser les bonnes questions. L’écriture est arrivée dans ma vie sans prévenir, comme une évidence, une passion maîtrisée, mais jouissive.
« L’héritage de Lizie » est mon premier roman, un thriller, autoédité en juin 2015.
Ce n’est qu’après avoir écrit le mot « FIN », que j’ai décidé de poursuivre l’aventure. Un an plus tard, j’ai publié « Le prix à payer », une nouvelle aventure de mon héroïne, Lizie.

En 2017, sortira , un roman plus personnel, mais aussi plus dramatique et plus noir. Un thriller dont l’histoire tragique prendra sa source au sein du camp russe où ont été enfermés les « Malgré-Nous » alsaciens et mosellans durant la Deuxième Guerre mondiale.  Son titre »Les larmes des cigognes ». Sortie prévue en Novembre 2017.

Emilie délivre son avis

 

🎊 L’HÉRITAGE DE LIZIE de Lawren Schneider 🎊

Un thriller trois étoiles, 100% action.

Résumé : 
Lizie est une jeune journaliste parisienne menant une vie ordinaire jusqu’au jour où un inspecteur d’Interpol l’avertit que son demi-frère Matthieu est en réalité à la tête d’un des plus gros réseaux de trafic de stupéfiants de l’Ouest américain. Les autorités le soupçonnent même de vouloir enlever Lizie. Le monde s’écroule autour d’elle : pourquoi lui voudrait-il du mal ? Qui est donc véritablement celui pour qui elle avait tant d’admiration ?
De Paris à Las Vegas, Lizie va découvrir le vrai visage de celui qu’elle croyait connaître et n’en sortira pas indemne…

Mon avis :
On découvre l’héroïne principale, Lizie, et sa vie plutôt calme. Enfin… Au début. Car rapidement tout va se dégrader.
J’espère que vous avez le cœur bien accroché car, dès que vous ouvrirez ce livre, vous serez entraîné dans un road trip endiablé.
La vie de Lizie bascule, toutes ses certitudes sont remises en question. Pour elle, plus rien ne sera jamais comme avant.
L’auteur nous emmène de la France aux États-Unis, de question en question, de révélation en révélation, jusqu’au final… Étonnant et émouvant.
On a furieusement envie de lire la suite…

Majestic Murder de Armelle Carbonel


Le livre : Majestic Murder d’ Armelle Carbonnel.  Paru le 19 janvier 2017 aux Editions Fleur Sauvage. 18€ ;  (226 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches.
Un squat à fuir, un homme secret et tourmenté.
Et une audition menée par une troupe étrange dans un théâtre abandonné… Le Majestic.
Serez-vous prêts pour la première ?

Après un « Criminal Loft » encensé par la critique, « Majestic Murder » est un thriller sombre et original, asseyant définitivement son auteure parmi les plumes majeures de la littérature noire.

Résumé :
 Dans l’Illinois, Seamus, un jeune homme introverti, aide Lillian à fuir le squat où elle vivait. Ils se rendent ensemble à une audition au Majestic, un théâtre abandonné, où une étrange troupe les accueille. Les répétitions s’enchaînent au moyen de tortures psychologiques et physiques, en attendant la première et unique représentation.
L’auteur :  Armelle Carbonel est une jeune auteure née le 16 juillet 1975 à Paris. C’est dès l’âge de huit ans qu’elle commence par écrire des poèmes, puis viendra roman fantastique et pièce de théâtre. Le thriller va suivre rapidement, exutoire de ses propres démons et blessures d’enfance. La Nécromancière était née…

 

 

Extrait : 
Je brillerai bientôt dans le Tout Hollywood ! Les producteurs s’arracheront mon talent et je figurerai parmi les plus grandes distributions ! Je vous ai parlé du rôle que m’a offert David Selznick ? J’ai interprété Hazel Clay Cousins dans Treize femmes, vous connaissez ? Celle qui assassine son amant avant d’être emprisonnée, eh bien… C’était moi ! La critique est impitoyable parfois. Hollywood est impitoyable ! Et tellement imprévisible… Vous pensez que je m’abaisse à me dénuder devant vous parce que je doute de mon talent d’actrice ? Méfiez-vous des apparences… Elles sont trompeuses, monsieur ! Il faut bien gagner sa croûte…

Le off de OPH

« Majestic Murder » d’Armelle Carbonel

Une écorchée vive qui rêve de brûler les planches… un squat à fuir… un homme providentiel et une audition qui changera sa vie…

c’est l’histoire de Lillian, c’est Shakespeare en fil rouge, c’est une pièce en rouge et noir avec une intrigue surprenante et un dernier acte magistral…

Majestic Murder est particulier, singulier… J’avoue avoir eu du mal au démarrage parce que je sortais de « Nous rêvions juste de liberté » et qu’il s’agit de deux styles totalement différents!
Après l’écriture « naïve », j’ai découvert une écriture que je qualifierais de « lyrique ». Comme le métal symphonique que j’aime tant, on retrouve dans ce roman la force et la puissance du métal au travers de l’intrigue, noire, percutante, dure aussi, et la douceur, la symphonie dans la mise en musique des mots et des phrases, leur poésie. L’équilibre parfait entre la force et la douceur, un ying et yang en rouge et noir.

Armelle nous livre un thriller très métaphorique et très sombre. Passé la surprise et après un temps d’adaptation j’ai été happée dans ce monde et me suis régalée de ce style aussi théâtral que l’intrigue.

Je suis passée par plusieurs émotions mais j’avoue que la dominante a été le malaise… Malaise face à « no name », sa personnalité, son histoire, sa présence rampante et furtive, malaise face à la « crasse », la puanteur du squat dans lequel vit Lilian au début du roman.

Enfin, j’ai retrouvé dans ce roman en rouge et noir, outre Shakespeare, une ambiance proche des films de Baz Lurhmann (Moulin Rouge, Gatsby le magnifique, Roméo + Juliet ), réalisateur que j’admire et dont je suis fan.

C’est une oeuvre d’un genre vraiment particulier et pour lequel je pense qu’il faut avoir une « expérience littéraire » pour accrocher, un novice risquerait de se perdre ou être trop surpris au risque d’abandonner sa lecture.

Si vous aimez la poésie, le noir, les nouvelles expériences et la langue française (largement mise en valeur dans toutes les nuances dont a usé Armelle), je vous recommande de tenter l’expérience « Majestic Murder » et de ne pas lâcher ce roman du lever au tomber de rideau, une fois la surprise passée, vous vous régalerez!

Notre auteure et notre chroniqueuse à Saint Maur en poche le 25 juin 2017