L’essence des Ténèbres – Tom Clearlake


Le livre : L’essence des Ténèbres, Thomas Clearlake. Paru le 11 mars 2018 chez Moonlight Editions. 16€99 ; (462 p.) ; 14×21 cm

4ème de couverture :

La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d’enfants inexpliquées. Cinq au total, en l’espace de quatre mois. Bien qu’aucun indice formel n’ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu’il s’agit d’enlèvements. Le FBI est chargé du dossier.
L’agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter. Peu à peu, il va être confronté à des faits que ne relèveront plus de ses compétences d’agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s’être emparé des forêts alentour de la ville… et ça n’est que le début de son enquête.

 

 

 

L’auteur :  Thomas Clearlake est un auteur franco-canadien né à Revelstoke au Canada le 19 octobre 1978 où il grandit en pleine nature dans une communauté d’une vallée des rocheuses canadiennes de Colombie britannique.
Il s’intéresse dès son plus jeune âge à la littérature, qu’il aborde avec des auteurs tels que Edgar Alan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…
Sa passion pour les « littératures de l’imaginaire » le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer. Avec L’essence des ténèbres, Tom Clearlake signe ici son premier thriller. Dans une interview accordée à Aurélie Pelletier pour sa page des livres et moi, l’auteur dit (je cite) : « j’ai toujours voulu écrire des thrillers. Je pense qu’il est le maître de tous les genres littéraires ».

 

Citation :
« Car le mal, tôt ou tard, serait le levier du sursaut de l’Homme. »

 

L’accroche de Miss Aline

L’essence des Ténèbres – Tom Clearlake

Je viens tout juste de lire le dernier mot de ce livre. J’en ai perdu le souffle et quelques larmes (je sais, trop émotive je suis !).
Tout commence par une enquête sur des disparitions de jeunes enfants. Enquête qui va incomber à l’Agent Eliott Cooper spécialisé dans la surveillance de terrain. Il va se rendre à St Marys (lieu des disparitions) en Pennsylvanie et cadrier une forêt immense en espérant trouver des traces des enlèvements. Débute alors toutes une série de faits plus ou moins étranges. Une forêt où toute forme de vie semble être bannie, une brume persistante, des communications coupées, une autopsie classé 5d…Eliott va retrouver le dernier enfant enlevé, lors d’un sacrifie. Il va intervenir et sa vie va changer du tout au tout. Il va devenir l’homme traqué par le FBI pour plusieurs raisons que je vous laisse découvrir. Son seul espoir c’est Laureen, elle aussi du FBI, et le décryptage d’un manuscrit longtemps caché.
La vie de Laureen, Eliott qui n’est plus vraiment là, le pays, le monde entier versent dans le chaos le plus total.
L’auteur écrit là un thriller fantastique des plus prenants. Sa force d’écriture te plonge dans cette forêt opaque, tu sens/ressens la noirceur. Tu laisses ton esprit ouvert et tu plonges dans la voie fantastique présente en bonne part dans ce thriller. Tour à tour tes émotions se succèdent : interrogations, stupeurs, frayeurs, doutes, espérance, et même les larmes.
Chaque personnage laisse une trace en toi. Ils sont denses, intenses avec toutes la palette des caractères de l’individu. Ils aiment, détestent, s’investissent, s’oublient avec une force. Pour un peu tu les vois là juste devant toi.
L’écriture est rythmée, t’entrainant toujours plus loin dans ta lecture. Tu veux savoir, tu crains le pire, tu espères.

Un très grand merci à Tom Clearlake et Laure de Moonlight Editions de m’avoir fait découvrir ce thriller haletant.

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La saison des feux de Celeste Ng


Le livre : La saison des feux  de Celeste Ng. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau. Paru le 5 avril 2018 chez Sonatine. 21€ ; (377 p.) ; 22 x 14 cm

4ème de couv :

Vous vous sentez à l’abri chez vous ? Cela ne va pas durer.

A Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire. Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

 

L’auteur  : Celeste Ng est née àPittsburgh, Pennsylvanie , 1980. Elle est une romancière et nouvelliste. Originaires de Hong Kong, ses parents se sont installés aux États-Unis à la fin des années soixante. Son père, physicien, a travaillé au Glenn Research Center et sa mère, chimiste, a enseigné à l’Université d’État de Cleveland.
Celeste obtient un BA d’anglais à l’Université Harvard en 2002, puis un MFA en écriture à l’Université du Michigan où elle a été lauréat du prix Hopwood pour sa nouvelle « What Passes Over ».  Celeste Ng vit dans le Massachusetts. Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, La Saison des feux est son deuxième roman publié chez Sonatine Éditions.
Extrait : 
Pour un parent, un enfant n’est pas une simple personne : c’est un endroit, une sorte de Narnia, un lieu vaste et éternel où coexistent le présent qu’on vit, le passé dont on se souvient et l’avenir qu’on espère. On le voit en le regardant, superposé à son visage : le bébé qu’il a été, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra, tout ça simultanément, comme une image en trois dimensions. C’est étourdissant. Et chaque fois qu’on le laisse, chaque fois que l’enfant échappe à notre vue, on craint de ne jamais pouvoir retrouver ce lieu.

La lecture de Marie Nono

Une très belle découverte.

J’ai nommé : LA SAISON DES FEUX de Celeste Ng aux éditions Sonatine. 375 pages. Sorti en librairie le 5 avril 2018.

Mais bon sang quelle histoire ! Un roman noir écrit avec finesse et délicatesse.

Dans une ville américaine où tout semble paisible, sans soucis avec des habitants parfaits, sans histoire, aisés, avec des enfants intelligents, obéissants…Bref, l’idéal américain que décrit à merveille Celeste Ng. Cependant vu de l’intérieur c’est pas tout à fait la même musique !

Dans un tout autre registre, il y a des personnages qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire comme Marianne (Meurtres pour rédemption/K.Giebel) et là je pense que Mia et Izzy sont venues la rejoindre.

Le sujet à la base est assez “banal” mais ne vous y fiez pas car il est traité avec une dextérité et une justesse qui m’ont laissé tellement d’émotions que je suis incapable de toutes les citer.

Gros coup de coeur pour moi….

 

Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY


Roger J Ellory sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end prochain

Allez le rencontrer


Le livre : Les fantômes de Manhattan de RJ ELLORY. Paru le 7 juin 2018 chez Sonatine- 22€ (464 pages) 16×22 cm

4ème de couverture

Annie O’Neill, 31 ans, est une jeune fille discrète. Elle tient une petite librairie en plein cœur de Manhattan, fréquentée par quelques clients aussi solitaires et marginaux qu’elle. Son existence est bouleversée par la visite d’un nommé Forrester, qui se présente comme un très bon ami de ses parents, qu’elle n’a pratiquement pas connus.
L’homme est venu lui remettre un manuscrit. Celui-ci raconte l’histoire d’un certain Haim Kruszwica, adopté par un soldat américain lors de la libération de Dachau, devenu ensuite une des grandes figures du banditisme new-yorkais.
Quel rapport avec l’histoire intime d’Annie ? Et pourquoi le dénommé Forrester est-il si réticent à lui avouer la vérité ? Lorsqu’elle lui sera enfin dévoilée, celle-ci sera plus inattendue et incroyable que tout ce qu’elle a pu imaginer.

 

L’auteur : Robert Jon Ellory est né le 20/06/1965 à Birmingham.
Il n’a jamais connu son père ,sa mère meurt d’une pneumonie foudroyante à 28 ans alors qu’il a à peine 7 ans. Elevé par sa grand-mère à la santé fragile, il est placé à l’orphelinat où il restera jusqu’à ses 16 ans. Il étudie la musique, joue de la trompette, dans le registre classique aussi bien que dans celui du jazz. Il fait des études d’arts, et étudie notamment la photographie. Après un court séjour en prison, il entame une carrière de musicien qu’il abandonnera pour la littérature. Son premier roman est publié après plus de 120 refus. Seul le silence est le premier roman publié en France (Sonatine). R.J. Ellory est lauréat du prix Nouvel Obs/BibliObs du roman noir 2009 pour « Seul le silence » (A Quiet Belief in Angels, 2007).
Aujourd’hui il se consacre pleinement à son écriture et à la musique avec son groupe de blues, « The Whiskey Poets ». Son œuvre, populaire et plebiscitée notamment en France, est fortement ancrée aux États-Unis malgré les origines britanniques d’Ellory.
Les fantômes de Manhattan est le 10 ème roman publié en France.
Extrait
« Il fallait que les choses bougent. Il fallait agir dans ce sens, et elle était suffisamment pragmatique pour comprendre que le pivot de tout changement ne pourrait être qu’elle-même, que pareils changements ne se produisaient qu’à condition d’être provoqués, qu’ils ne pouvaient en aucune manière être le résultat d’une intervention divine. Ils étaient le fruit de la détermination, de l’action, de l’exemple. Les gens changeaient avec vous, ou ils ne vous suivaient pas ».

 

Les p’tits papiers de So

Les fantômes de Manhattan- RJ ELLORY

RJ Ellory a un talent fou, celui de raconter des histoires, celui de raconter l’Histoire.
Les fantômes de Manhattan c’est la rencontre du présent avec le passé, du passé dans le présent.
Les lecteurs habitués de l’auteur pourraient être surpris par ce roman, très différent des précédents. Il est en réalité le second roman écrit par RJ Ellory. De mon point de vue, le choix éditorial de l’éditeur (Sonatine) de publier les livres de RJ Ellory dans le désordre, est une véritable prise de risque, notamment pour cette dernière parution.
Alors bien sûr, nous retrouvons sa griffe, son style (après un premier chapitre plutôt lourd), les sujets qui lui sont chers, mais j’avoue avoir été décontenancée par cette lecture. Je lisais Ellory sans lire Ellory. Il m’a donc fallut avoir une autre approche de lecture, oublier ce que j’avais pu lire et tant aimé précédemment, comme si je découvrais cette plume pour la première fois.
Et quelle jolie découverte. Nous faisons connaissance d’Annie, libraire célibataire, dont la vie semble toute ordinaire, banale, sans saveur. Elle vit (subit ?) sa vie, une journée après l’autre, dans une routine. Chaque journée se ressemble, et pourtant, il lui manque quelque chose. Ce quelque chose, elle va le trouver dans ses rencontres, trois hommes en particulier. Il y a Jack, son voisin et meilleur ami, qui noie ses traumatismes de guerre dans l’alcool, Forrester, vieux monsieur qui lui apporte, sans crier gare les échanges épistolaires de son père et de sa mère, et enfin, David bel inconnu séducteur. Des personnages sensibles, lunaires et solaires à la fois, dont on ne peut se détacher.
Références historiques, quête de soi, sont une fois encore présents dans ce dernier opus, les fantômes de Manhattan vous accompagneront, collés à vos basques, ils vous plongeront avec grandeur dans la lumineuse noirceur.
Mr Ellory, j’ai eu quelques inquiétudes à vous lire, passés quelques chapitres, vous m’avez une nouvelle fois séduite.

Inavouable – Zygmunt Miloszewski


Zygmunt Miloszewski sera avec nous à Saint Maur en Poche le week-end qui vient.

Alors surtout n’hésitez pas, allez le voir sur son stand


Inavouable - Zygmunt MiloszewskiLe livre : Inavouable de Zygmunt Miloszewski. Traduit du polonais par Kamil Barbarski.Paru le 14 septembre 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 21€90; (593 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture :

Zakopane, chaîne des Tatras, 26 décembre 1944

Un résistant serre contre lui un étui métallique, À ses oreilles résonnent encore les dernières Instructions de l’officier nazi qui lui a confié « le plus grand secret de cette guerre »… Alors qu’il est pris dans une tempête de neige, sa formation d’alpiniste pourrait se révéler cruciale. Non loin de là, dans une auberge, un homme contemple par l’une des fenêtres la même bourrasque déchaînée. Après une ultime hésitation, il croque sa capsule de cyanure.

Une matinée d’automne, de nos jours, à Varsovie

Chef du département de recouvrement de biens culturels rattaché au ministère des Affaires étrangères, le docteur Zofia Lorentz est convoquée par le Premier ministre : le Portrait de jeune homme du peintre Raphaël, tableau le plus précieux jamais perdu et recherché depuis la Seconde Guerre mondiale, vient d’être localisé. Accompagnée d’un marchand d’art cynique, d’un officier des services secrets à la retraite et d’une voleuse légendaire, Zofia s’envole pour New York, étape d’une quête contrariée qui pourrait Inverser la lecture de l’Histoire et la politique internationale moderne…

Extraits :
« Deuxièmement, l’indignation de la planète la faisait doucement rigoler. Elle était d’avis que l’histoire de l’humanité était une histoire de guerres, de bassesses, de cynisme et de cruauté. 
À ceci près que les vainqueurs présentaient leurs crimes sous les traits de l’héroïsme, d’un changement nécessaire et de lutte pour des lendemains qui chantent. 
Un certain temps s’écoulait, les vainqueurs changeaient et l’Histoire changeait également. C’était ainsi depuis des millénaires. Quel ennui !”
« Quelle sorte de chasse ce serait, si la proie se plantait au milieu d’un pré avec un bonnet rouge sur la tête et une pancarte « Visez ici » ? »
« Bien sûr qu’il comprenait. Des armes, c’était des morts, mais quelques cadavres supplémentaires ne faisaient pas une grande différence. 
Une propagande bien menée pouvait faire d’un mort le prétexte d’une guerre, ou d’un millier de morts un incident sans importance.
Mais le savoir… le savoir, c’était le pouvoir.”

 

Zygmunt-Miloszewski-polar-a-la-polonaiseL’auteur : Zygmunt Miłoszewski est née à Varsovie , le 08 mai 1976.
Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais.
Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire.
Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004.
En 2005, il publie son premier roman d’horreur, « L’Interphone » (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki. La trilogie est composée de « Les impliqués » (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, « Un fond de vérité » (Ziarno prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et « La Rage » (Gniew, 2014).
« Inavouable » (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour « Les impliqués », en 2014.

La chronique jubilatoire de Danièle

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 Cette fois, l’auteur polonais s’échappe de la série du procureur Téodore Szacki pour nous entraîner dans un tout autre style, celui du roman d’aventure à suspense. Un « club » de quatre personnes contraintes de jouer ensemble les Monuments Men pour le Gouvernement polonais, menés par « une » Indiana Jones peu préparée à une telle violence. Un aspect « chorale » qui relie habilement le prologue au dénouement … d’une traque hors du commun, de la Pologne montagnarde aux confins de la Croatie, via une banlieue chic de New York et en Suède, sur la trace de collectionneurs complètement fous ou de spéculateurs sans aucun intérêt pour l’art.
On y apprend beaucoup de choses sur les spoliations d’œuvres d’art opérées par les nazis et des trafics rémunérateurs qui suivirent leur chute, au cours de cette intrigue à tiroirs ô combien captivante. le style est fluide, percutant et pour avoir eu le grand plaisir de discuter (joyeusement) avec eux, je salue une fois de plus la complicité de l’auteur et de son traducteur qui concoure à cette efficacité remarquable.
Très bon moment de lecture et un auteur qui mérite qu’on complète sa lecture.

 

Pour tout l’or de Srinagar de Mark Zellweger


Le livre : Pour tout l’or de Srinagar de Mark Zellweger. Paru le 8 juin 2018 chez Eaux troubles.  21 € ; (320 p.) ; 21 x 15 cm

4ème de couverture :

Depuis l’arrivée du nouveau Président des Etats-Unis, le monde est en pleine ébullition ! Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale il n’y a eu autant de tensions géopolitiques. Au Cachemire, la guerre larvée entre l’Inde, le Pakistan et maintenant la Chine s’intensifie. Le monde sunnite mené par l’Arabie Saoudite, et le nouveau locataire de la Maison-Blanche, s’opposent aux Chiites menés par l’Iran. La Chine s’affirme comme puissance mondiale et veut s’imposer face aux Etats-Unis, et la Russie en fait de même ! Les guerres régionales éclatent ça et là et les risques d’une guerre mondiale s’accroissent dangereusement.

Ces situations périlleuses trouvent-elles leurs sources uniquement dans les rivalités de certaines puissances et dans les ego surdimensionnés de certains chefs d’Etat ? Et si les apparences étaient trompeuses ? Le SWORD appelé à la rescousse par l’ONU va-t-il réussir à démêler le vrai du faux, et éviter la troisième Guerre mondiale ?

Une fois de plus Mark Zellweger joue habilement avec fiction et réalité. Un maître du genre.

 

L’auteur: Mark Zellweger, directeur marketing puis consultant en stratégie pendant une trentaine d’années, a voyagé dans le monde entier. En parallèle, il fut conseiller spécial auprès des directions des actions clandestines appartenant aux plus grands services de renseignement.
Mettant à profit sa connaissance approfondie de la géopolitique internationale et sa compréhension des services secrets, il se consacre désormais à l’écriture. Ses thrillers se placent dans la lignée des maîtres du genre que sont Ludlum, Clancy et Cussler, avec une touche helvétique. Il est considéré comme le nouveau maître du roman d’espionnage par de nombreux critiques spécialisés. Son précédent roman Xtrême préjudice a été sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand en 2017

 

Extraits :
Toute ressemblance …
–      « Hum, ce Protagoniste est sublime. J’ai une certaine préférence pour les vins valaisans, mais ce vin vaudois, il me scotche à chaque fois. C’est mon ami Mark Zellweger, qui en avait reçu en cadeau à une dédicace de ses livres, qui me l’a fait découvrir. Il est parfait.
–      Qui ça ? releva Alexia en pleine forme. Mark Zellweger ou le Protagoniste ?
–      Les deux, pardi … »
« Si je résume les choses, on peut dire qu’il y a des va-t-en-guerre à la Maison-Blanche. Il est envisageable que certaines actions soient ordonnées par l’administration actuelle mais seuls les proches du président pourraient en être informés et cela se ferait en dehors de toute institution classique. »
« Je résumerais la situation de la manière suivante : on a la certitude aujourd’hui que la Maison-Blanche utilise un ou des groupes privés pour se charger des basses besognes comme déstabiliser certains pays et les pousser les uns contre les autres à son profit »

La chronique Jubilatoire de Dany

Très contemporain, ce roman d’espionnage « 2.0 » nous entraîne dans tous les foyers sensibles du moyen orient et de l’Afrique … Mark Zellweger que j’avais découvert avec « les espionnes du Salève » en début de cette année, fait ici un saut dans le temps en délaissant la seconde guerre mondiale. Une organisation internationale mais pour autant indépendante, le SWORD, apporte son aide à l’ONU pour décrypter les dessous de la géopolitique des zones « à risques ». Des agents très spéciaux vont, sous la coordination de leur chef Mark Walpen, approcher les acteurs du désordre et de la déstabilisation pour éviter un désastre nucléaire … Une intrigue dense et complexe que l’auteur éclaire grâce à l’opportune cartographie en début d’ouvrage, et s’il avait comme objectif de nous inquiéter sur le retrait des US de l’accord sur le nucléaire iranien … c’est réussi ! C’est en effet de cette actualité brûlante dont il est question et on reconnait bien dans son style et ses développements, toute l’expertise que son ancien métier a pu lui conférer.

Ce roman est le cinquième de la série « réseau Ambassador » et peut se lire indépendamment des quatre autres. Cependant comme il est coutume pour ce genre d’exercice, la lecture en est simplifiée avec la connaissance des origines des personnages. Notons que la lignée de Hannah Leibowitz, espionne du Salève, est toujours présente

Il est prudent de s’accrocher à la lecture qui demande une certaine concentration tant notre monde est complexe … et sa relation par Mark Zellweger précise et déroutante.

 

 

Power – Michael Mention


Power de Michael MentionLe livre : Power de Michael Mention. Paru le 4 avril 2018 chez Stéphane Marsan. 20€ ; (455 p.) ; 22 x 15 cm.

4e de couv :

« Ici, comme dans les autres ghettos, pas d’artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c’est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève. »

  1. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

 

 Michael Mention - Auteur aux Quais du PolarL’auteur : Michaël Mention est né en 1979. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Étudiant, il intègre un atelier d’écriture et rédige de nombreuses chroniques satiriques, avant d’écrire son premier roman. Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015.
Power est son dixième roman.

Extrait :
11 août 1965
Local du SSAC, Oakland
 
Huey, Bobby, Artie, Calvin, Al, Shauna et son frère Jerry, tout le monde a répondu présent, apportant des bières et de la soul. Nouvelle réunion pour partager ses galères, ses envies, ses colères, et aussi quelques blagues adressées aux jeunes mariés. Ceux-ci répondent avec le sourire, si amoureux qu’ils semblent retombés en enfance.
Un temps, on a cru que le bonheur de Bobby l’avait calmé, mais il n’en est rien. Serein en couple, il reste surexcité en politique. Et ce soir, il y en a, des choses à débriefer. Contre toute attente, Johnson tient ses promesses puisqu’il a baissé les impôts et fait voter le Medicare pour les vieux. Bon, il a aussi envoyé plus de soldats au Vietnam.

 Le conseil de lecture de Fred

power Mention Fred

Power de Michael MENTION inaugure la nouvelle collection de Stéphane Marsan chez Bragelonne. Une couverture épurée pour un roman véritable coup de poing.

Je ne connaissais que très peu de choses sur l’histoire du Black Panther Party, le récit se partage en deux parties : historique et chorale avec trois personnages.

La première partie présente l’historique : 

Les Etats-Unis sont embourbés avec le conflit au Vietnam, manifestations et émeutes ( Watts 1965 ), Malcolm X est assassiné. Deux jeunes se rencontrent Huey et Bobby. Ils décident de créer le BBP et sortent un programme en 10 points. Ce programme s’inspire des préoccupations de la population et est aisément compréhensible par les moins instruits. Bobby en devient le président et Huey le ministre de la Défense. Munies de livre de Droit et en s’armant les patrouilles se servent du Deuxième Amendement de la Constitution pour rester dans la stricte légalité. Les BBP ont aussi offert de nombreux autres services gratuits tels que des cliniques, vêtements, repas, cours….

La seconde partie est le roman choral :

En septembre 1968 Edgar Hoover qualifie le BBP de menace sérieuse à la sécurité du pays et crée le programme COINTELPRO. Nos trois protagonistes sont mis en scène dans leur quotidien. Charlène jeune adolescente va militer, découvrir l’amour et la jalousie, Neil le flic traumatisé après la fusillade d’octobre 1967 ou il voit mourir son collègue, va aller de désillusions en désillusions et Tyrone l’infiltré qui pour sauver sa mère accepte d’infiltrer le mouvement.

Ce roman est un témoignage, il retrace l’histoire du BBP depuis l’origine jusqu’à sa fin en mettant en scène des personnages réels et fictionnels. Par son écriture percutante, saccader, saupoudrer de paroles de chanson ( voir la liste en fin d’ouvrage ) Michael nous tient en haleine, une seule envie tourner de la page, partager les rêves de Bobby et Huey, vivre avec Charlene, Neil et Tyrone. Personne n’est épargné même pas nous le lecteur happé par le chaos des sixties.

Michael m’avait déjà impressionné avec Jeudi Noir mais avec ce récit il a fait un bond de géant, par toutes ses recherches et mettre en place un récit qui se tient de bout en bout. Un grand romancier, un livre à lire avec un accès internet, tellement certaines scènes sont ubuesques.

Attention vous ne pourrez pas lâcher ce livre, C’EST UNE REUSSITE.

L’homme qui rêvait d’être Dexter – Stéphane Bourgoin


Le livre : L’homme qui rêvait d’être Dexter de Stéphane Bourgoin. Paru le 5 avril 2018 aux Éditions Ring dans la collection Murder Ballads. 19,95 € ; 269 pages ; 14 x 22 c

4ème de couverture :

Dans les années 1980, un policier de Miami tue en série des trafiquants de drogue avec un rituel particulier. Manuel Pardo JR.  est un bon père de famille et n’éprouve aucun regret. « J’ai rendu service à l’humanité. Je pouvais les truffer de vingt balles et ça ne m’a jamais empêché de dormir comme un bébé ».

Policier à Miami, bon père de famille, aimé par ses proches et serial killer qui sévit pour « une juste cause »… La fiction imite d’autant mieux la réalité que la troisième saison de Dexter nous présente le personnage d’un procureur tueur en série qui se nomme Miguel Prado Jr. , à rapprocher du vrai Manuel Pardo Jr.

Mais la fiction peut aussi nourrir l’imaginaire d’un tueur en série. Pour preuve à Edmonton, Canada, en octobre 2008 : Mark Twitchell, un cinéaste qui a tourné un film hommage à Star Wars l’année précédente, produit un thriller où le héros est un serial killer « à la Dexter » qui attire des inconnus dans un garage pour les tuer et les démembrer. Deux semaines après ce tournage, le réalisateur tend un piège à deux hommes dans ce même garage, où il les attaque le visage dissimulé par un masque de hockey. En parallèle, le meurtrier, qui anime un page Facebook au nom de Dexter Morgan », écrit un journal intime où il exprime ses fantasmes et décri ses crimes dans les moindres détails. Ce document exceptionnel, « SKConfessions », ainsi que son auto-analyse, « Profil d’un psychopathe », sont publiés ici pour la première fois.

L’auteur : Né en mars 1953, Stéphane Bourgoin  est le plus grand spécialiste mondial des tueurs en série. Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages traduits dans vingt langues. Stéphane Bourgoin a rencontré à ce jour plus de soixante-dix serials killer.
Extrait : « Après avoir créé tout ce merdier, il est temps pour moi de nettoyer à fond. Je prends mon kit d’outillage, un large couteau à viande pour dépouiller et qui me sera utile pour scalpe, ainsi qu’une scie pour les os. Je possède aussi une grande planche à découper et de puissants ciseaux. Sans oublier un couperet, fruit d’une commande précédente. Je me dis qu’il vaut mieux commencer par les pieds…. »

L’accroche de Miss Aline

 Dans une première partie, Stéphane Bourgoin nous cite plusieurs cas de tueurs en série ayant défrayé la chronique. Ils sont glaçants pas seulement par leurs actes mais également par le fait que ce sont des policiers justiciers pour certains.

Dans une seconde partie, Stéphane Bourgoin va nous parler de ce cinéaste canadien qui lui va rapprocher la fiction de la réalité. Mark Twichell va « s’inspirer » de la série Dexter pour devenir un serial killer.  Il va s’auto analyser et décrire dans un journal intime : «  SKConfessions », sa progression, ses fantasmes. Il y décrit de manière froide et détachée ses meurtres et comment il les met en place. Marié et père de famille sa face cachée est d’une noirceur et d’un détachement incroyable.

Lire Stéphane Bourgoin c’est lire en apnée. Sans cesse tu te dis : c’est la réalité, ce n’est pas une histoire. S’installe un contraste saisissant : tu peux lire un thriller noir (bien noir) sans avoir envie de rendre ton petit déjeuner. Mais tu ne peux lire « du Bourgoin » qu’à la lumière du jour ! Toutefois, tu es happée par ta lecture. Pas que tu veuilles absolument terminer au plus vite. Non. L’auteur a une façon particulière de capter ton attention, de te mettre sur le qui vive. Tu restes sans voix et en même temps mille questions à poser.

Tu ne peux qu’être très respectueuse du travail de Monsieur Bourgoin. Tache qui doit être prenante tant en temps qu’en énergie.

Merci aux Editions RING et à Monsieur Stéphane Bourgoin pour cette immersion dans une réalité terrifiante.

Les marcheurs – Frédéric Mars


Les marcheurs Frédéric MarsLe livre : Les marcheurs de Frédéric Mars. Paru le 26 avril 2018 à la Mécanique générale.   9€90 ;  (720 p.) ; 17 x 11 cm

La 4ème de couverture :

9 septembre, Manhattan. Un homme ordinaire reçoit, une enveloppe anonyme et se met à marcher en direction du métro. A peine s’est-il arrêté sur le quai de la station qu’il explose, semant la mort autour de lui. Très vite, les mises en marche et explosions de ce genre se multiplient à une allure folle. Sam  Pollack et Liz McGeary, les deux agents chargés de l’enquête, doivent admettre qu’ils sont confrontés à une attaque terroriste d’une envergure inouïe. Une attaque non revendiquée et d’autant plus difficile à contrer qu’elle transforme des innocents en bombes humaines, faisant d’eux les agents de ce scénario apocalyptique. Tous se sont vu implanter un pacemaker piégé dans les deux dernières années. Tous reçoivent ces fameuses enveloppes kraft et se mettent à marcher. S’ils s’arrêtent, la charge explosive se déclenche, où qu’ils soient, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau. La cavale sans fin de ceux qu’on appelle les marcheurs de la mort ne fait que commencer.

 

frédéric marsL’auteur : Né en 1968, Frédéric Mars est l’auteur de nombreux best-sellers. Il a notamment signé le thriller historique Le Sang du Christ (Michel Lafont) et le thriller contemporain Le Manuel du serial killer (Hachette). Passionné par le cinéma anglais et la photographie en noir et blanc, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

 

 

 

Extrait : « 12h55 – Washington DC – Maison blanche
–          Monsieur le président, à l’unanimité le Conseil de sécurité nationale préconise le passage au niveau 4 de l’alerte du Homeland Security…
Graham Jefferson ne pensait pas avoir jamais à prononcer ces mots, dans l’exercice de ses fonctions. Depuis la création du département de la Sécurité intérieure, en 2002, le niveau d’alerte orange du Homeland Security Advisory System n’avait été atteint que cinq fois, la dernière s’étant produite fin 2003. Et le niveau 5, ou niveau rouge, n’avait été déclenché qu’en une seule et unique occasion, en octobre 2006, quand les autorités britanniques avaient déjoué un attentat majeur, sur plusieurs avions reliant Londres aux Etats-Unis. Mai c’était avant qu’il ne reprenne la direction du Homeland Security. Voilà une première dont il se serait bien passé »

 

L’accroche de Miss Aline

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  Les marcheurs – Frédéric MARS

 

Station d’Union Square, John Artwood va y perdre la vie en explosant littéralement. Sam Pollack policier depuis près de deux décennies, sur place malgré lui, va être intégré à l’enquête par Liz McGeary du Homeland Security. Ils vont devoir faire fi de leur passé commun et comprendre ce qui s’est passé. John Artwood n’est pas le seul à perdre la vie dans une explosion. Combien sont-ils exactement ?  Qui sont-ils ? Après investigations il en ressort que toutes ces personnes ont un pacemaker piégé, ont reçu une enveloppe kraft qui leur donne l’ordre de marcher vers des points bien précis. Commence alors la longue déambulation des marcheurs de la mort.  Attaque sur le sol américain sans précédent depuis le 11 septembre 2001, pas de revendication. Pourquoi ? Qui mène la barque ?  Dans quel but ?

Ta lecture est oppressante et nébuleuse. CIA, NASA, Homeland Security, FPS, NSA, SWAT…espionnages, complots, pouvoir, etc. C’est complexe, tu t’y perds.  C’est là que l’auteur intègre la touche « émotion ». Un personnage central va se voir impliqué jusque dans sa vie personnelle (non je ne vais pas vous révéler son identité sinon plus de surprise !). Te voilà, toi aussi impliqué sur le côté émotionnel. Ta lecture devient plus fluide et avide. Tu vis l’intrigue : frissons, appréhension, peur, larmes, espoir. Et ce jusqu’à la dernière page.

Mais tu ne perds pas de vu que ce livre induit une réalité effrayante : tout peut arriver, n’importe quand, n’importe où. Le terrorisme d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui plus sournois, caché dans des endroits insoupçonnés.

Ma grand-mère me disait toujours « on est mortel tous les jours ma p’tite ». Vérité absolue encore plus aujourd’hui. Vivons pleinement et ne laissons pas d’emprise à la peur. Aimons intensément pour qu’aujourd’hui soit encore plus exceptionnel qu’hier…

 Merci aux Editions RING pour m’avoir rappelé que chaque seconde est précieuse.

Tout le monde aime Bruce Willis – Dominique Maisons


Le livre : Tout le monde aime Bruce Willis de Dominique Maisons.  Paru le 5 avril 2018 chez La Martinière dans la collection Fiction. 20€90 ; (390 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Tout pour être heureuse… vraiment ?

Dans les coulisses poisseuses du rêve américain, il ne fait pas bon être une actrice prometteuse.
Rose Century a vingt ans et pèse déjà des millions de dollars au box-office.
Beaucoup tueraient pour prendre sa place.
Au-delà de ces apparences, la vie de Rose n’a pourtant rien d’enviable. Un agent qui la manipule comme une enfant ; des réalisateurs qui se comportent en prédateurs sexuels ; des amis d’enfance qui sombrent dans la drogue ; une mère qui lui fait porter ses ambitions manquées ; un père milliar daire qui la méprise.
Et une soeur, morte dans des circonstances troubles.

Rose n’en peut plus, elle veut fuir ce cauchemar doré. Mais Los Angeles ne peut pas la laisser disparaître. On a besoin d’elle pour servir la machine à rêve, et les ambitions électo rales de son père.
Alors, si Rose pose problème… Il va falloir trouver très vite la solution.

L’auteur : Dominique Maison est né  Paris , le 06 août 1971. Il a été éditeur de presse, traducteur de bande-dessinée, a travaillé 10 ans dans la musique, a coproduit un long métrage des DVD. Bref un vrai touche à tout !

Auteur déjà couronné des prix VSD du Polar 2011 et Prix Griffe noire du meilleur roman historique 2016, digne héritier d’Hervé Le Corre ou Dennis Lehane, Dominique Maisons confirme son talent protéiforme en nous offrant son premier grand  » roman américain « , au suspense vertigineux.

Citation :
Je ne blague pas, je n’accepte pas qu’on détourne mon image ! Dites que c’est un montage ou je quitte le plateau tout de suite !

 

Le post-it de Ge

Rose a connu la célébrité très jeune, elle cartonne au box office, on pense à elle pour une série exceptionnelle qui devrait détrôner Games of Trône. Rose est riche à million mais n’est pas heureuse pour autant. Non trop de failles font de cette jeune actrice une femme fragile. Pour autant nous sommes à LA, mieux à Hollywood ou encore à Berverly-Hills, alors il faut faire bonne figure. Alors Rose abuse de stupéfiant pour tenir le coup. Drogues et alcool sont son quotidien ! Le crédo de Rose disparaître et pourtant…

A travers le prisme d’Hollywood Dominique Maisons égratigne le rêve américain. Bien sur le star système, et tous les cotés clinquants de la chose. Mais l’auteur écorne ses dérives et elle sont aussi ici critiquées ouvertement .  En effet, ce polar écrit avant l’affaire Weinstein, Dominique Maison y dénonce déjà les conditions de travail des actrices, les avances des réalisateurs, les abus des producteurs. Dans une industrie qui produits des profits énormes mais où les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes. Où elles sont des produits de consommations, où il leur est interdit de vieillir !

Mais… C’est toute la société américaine qu’il écorne au passage. La politique de Trump, forcément ! La bienpensance aussi est égratigné. Et sous des dessous acidulés, l’auteur nous fait passer d’un sentiment contradictoire à un autre. Il nous bouscule, nous fait rire on pourrait presque passer du rire aux larmes juste en tournant une page de ce roman grinçant à souhaite.

Et oui je l’affirme, ce roman noir est féministe et c’est un avis plus que personnel mais qui a été présent tout au long de la lecture de celui-ci. Et non être féministe aujourd’hui c’est plus ringard et le féminisme tel qu’il est pratiqué ici est assez jouissif en fait !

Merci monsieur Maisons d’avoir osé cela dans ce roman et d’autre chose savoureuses encore.

 

Le Brasier -Vincent Hauuy


le brasier Vincent Hauuy couvLe livre : Le Brasier de Vincent Hauuy.  Paru le 5 avril aux Editions Hugo Thriller.                 19,95 € ; 496 pages ; 14×21.

4ème de couverture :

Quand le Général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune journaliste est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte qui cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liée à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

 

29342906_1702804633138966_2640271247602089984_n(1)L’auteur : Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à ses personnages. Son premier roman Le tricycle rouge, par en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.

 

 

Extrait :
« un drame violent, suffisamment marquant pour laisser une empreinte indélébile, s’est déroulé ici, sur cette propriété. Il ressent ce malaise avec une telle acuité que cela lui glace le sang, compresse sa poitrine et provoque des palpitations cardiaques. […] Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétré leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. Et ils sont partis sans pouvoir expliquer leur malaise ou leur inconfort de manière rationnelle. »

L’accroche de Miss Aline

 

le brasier Vincent Hauuy petit format

 Trois suicides en guise de prologue, bon début ! Ensuite, on fait connaissance avec Karl Engelberg et ses règles de captivité. Voilà, on sait d’emblée que c’est lui le méchant. Il a enlevé Sophie journaliste et fille du Général Lavallée. Elle est dans une mauvaise posture. Tellement mauvaise que son père reçoit une vidéo de son exécution.

Noah Wallace accepte de travailler pour le Général afin de retrouver les assassins de sa fille. Etrange enquête. D’abord l’exécution de Sophie,  à laquelle Noah ne croit pas. Elle est vivante, il le sait, il le sent. Puis ses visions, ce petit garçon dont le visage est caché, ce brasier.  Et enfin la musique : Wagner.

Pour son enquête Noah veut travailler avec Clémence, ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité). Le Général, ayant le bras long, va permettre de « libérer » Clémence.

Lors des ses investigations Noah va approcher une vérité qui le concerne directement. Elle va le bouleverser. Dès les premières pages tu l’apprécie Noah Wallace. Tu  as senti une fêlure en lui, une blessure béante qu’il peine à refermer. Il a un passé trouble. Pour en savoir plus sur lui, tu vas lire « le tricycle rouge » (premier roman de Vincent Hauuy). Etape obligatoire.

En attendant, tu le suis dans sa course poursuite pour retrouver Sophie, pour éloigner Clémence de la mafia russe, pour décrypter un message codé… tu marches dans ses pas et tu souffres avec lui, pour lui.

 

L’enquête est entre coupée du récit de Karl sur son enfance. Une enfance marquée fortement par  l’autorité paternelle, le maître absolu. Karl est froid, profondément méchant, brutal, mauvais, manipulateur. Non pour lui tu n’as pas d’empathie. Bien sûr son enfance explique  ce qu’il est devenu. Aurait-il pu faire d’autres choix qui l’auraient mené vers un autre lui-même ?

Avec ce roman tu peux t’interroges sur le conditionnement humain, la manipulation mentale. Tout un chacun la pratique de manière inoffensive. Chaque parent conditionne son enfant dans sa vision de la vie, ses choix musicaux… En grandissant, tu fais le choix de ta propre éducation, de tes codes, de tes valeurs. Mais avant cela tu avais celles que tes géniteurs t’ont inculqués.

Où est vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?