La petite fille du phare – Christophe FERRE.


Le livre : La petite fille du phare de Christophe Ferré. Paru le 3 octobre 2018 aux Editions L’archipel dans la collection Suspense. 22 € ;  (544 pages) ;  15×24 cm.

 4ème de couverture :

Ploumanac’h, Côte de granit rose. Le temps d’une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent.

Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d’effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l’enquête piétine.

Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée.

Pour les parents de Gaela, l’enfer commence. D’autant qu’on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d’ombre. Morgane est bientôt suspectée d’avoir orchestré la disparition de sa fille…

Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu’une déferlante sur les côtes bretonnes.

L’auteur : Christophe Ferré est née en 1963.  Christophe Ferré écrit des romans, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques. Il a obtenu le Grand Prix international de la fiction radiophonique pour Chambre d’Amour. En 2010, il reçoit le Grand Prix de la nouvelle de l’Académie française. Il est l’auteur de neuf romans dont La Révélation de Chartres (Salvador, 2015)
Extrait :
« Les médias s’abreuvaient de ce fait divers où l’amour côtoyait la mort, où la suspicion était partout et la vérité nulle part. Le public se délectait de cette histoire de sang et de larmes qui souillait les rochers de la Côte de granit rose. »
« Ses mains saisirent l’enfant. Alors l’être de la nuit l’emporta avec lui et disparut dans le cauchemar de la nuit ».

L’accroche de Miss Aline :

 La petite fille du phare, Christophe Ferré

Une petite fille de 10 jours laissée sous la surveillance de son frère adolescent. Des parents qui se retrouvent non loin de là dans un bar. Le retour s’annonce comme une fin du monde : le bébé a disparue. Aucune trace d’effraction, l’adolescent qui n’a rien entendu.  Commence alors l’enquête du juge d’instruction Ornano qui  part dans toutes les directions possibles et imaginables. Les éléments tendant à mettre Morgane (la mère) en accusation. Revirement de situation lorsque 4 semaines après l’enlèvement, la petite Gaela reparait. Tout est remis en cause. Vraiment tout ?

Je n’ai pas d’empathie pour cette mère qui me semble subir les faits. Que cache-t-elle ? Pourquoi ne se démène pas plus que ça ? Une envie irrépressible de la secouer et de lui hurler dessus : « bouge-toi ton enfant à disparue. Crie, hurle, casse quelque chose. »  Peut-elle être assommée par cette disparition au point d’en devenir apathique ? Je ronge mon frein d’être dans la tête de cette présumée innocente que tout accable. Et pourtant l’auteur maintient ta curiosité en alerte de révélation en révélation. Il va te donner tous les éléments pour arriver à la conclusion. As-tu su interpréter chaque élément ? Il y en a bien un qui te titille l’esprit mais la preuve est sous tes yeux : ce fait est inéluctable. Alors quoi ?

 Dans les derniers chapitres les choses s’accélèrent et la fin se profile. J’ai apprécié cette fin qui vient déranger l’ordre des choses dans cette enquête. Après coup, tu te dis  que forcément avec ce que tu savais (mais que sur le coup tu n’as pas noté) cette fin est « logique ».

Le livre est narré principalement par Morgane, la mère de la petite Gaela. Les chapitres sont courts et donnent le rythme de la lecture. L’écriture est fluide. Le récit se déplie avec minutie. L’auteur a comme voulu être dans la tête de cette présumée innocente. Quelle patience il a fallu pour arriver à la conclusion !

En dehors de l’histoire, on est transporté dans cette Bretagne, ses paysages, cette mer qui peut d’un coup devenir violente. A l’image de l’humain qui reste toujours un mystère pour son entourage (on ne connait jamais vraiment les gens) et qui peut se révéler d’une noirceur insoupçonnée.

Je remercie Archipel Edition pour ce SP et Monsieur Christophe Ferré pour n’avoir fait découvrir son univers.

 

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Seul le silence de R.J. Ellory


Le livre : Seul le silence, R.J. Ellory. Paru le 26 août 2009 aux Editions Le Livre de Poche.   8,30 Euros ; 608 pages ; 11 x 17 cm.

4ème de couverture :

Joseph a douze ans lorsqu’il découvre dans son village de Géorgie le corps d’une fillette assassinée. Une des premières victimes d’une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l’affaire semble enfin élucidée, Joseph s’installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d’enfants se multiplient…

Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

 

 

 

L’auteur : R.J. Ellory est né en 1965 en Angleterre. Après l’orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rhythm and blues, puis se tourne vers la photographie et l’écriture. En France, le succès est immédiat avec son roman Seul le silence qui conquiert plus de 500 000 lecteurs. Son roman Papillon de nuit a reçu le Prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie policier en 2017.

 

 

Extrait : « Mais je ne savais pas, et elle non plus, et ma mère, malgré toute sa sagesse, était aussi ignorante que nous. La mort revint à Augusta Falls. Elle arriva par la grand-route, appliquée, méthodique, indifférente aux us et coutumes, ne respectant ni la pâque, ni la Noël, ni aucune célébration ou tradition. La Mort vint – froide et insensible, perceptrice de l’impôt de la vie, le prix à payer pour respirer, une dette à jamais arriérée. Je La vis la prendre, je La vies de près, et lorsque je regardai dans Ses yeux je ne vis rien que mon propre reflet. »

L’accroche de Miss Aline

 

 

 

 

 

 

 

 

Joseph Vaughan écrivain, aux dernières de sa vie, nous raconte son parcours. A l’aube de ses 12 ans il fait connaissance avec la Mort qui lui prend son père. La Mort qui n’en finira plus de roder sournoisement autour de lui. La Mort qui prend son tribu dans le meurtre de petites filles. La Mort qui œuvre avec un tueur en série insaisissable. Joseph qui a douze ans « tombe » sur une des petites victimes,  se sent investie d’une mission : protéger les autres petites filles de son entourage. Joseph qui a douze ans est impuissant face à la Mort qui poursuit son œuvre inlassablement. Une petite porte de sortie dans cette noirceur pour ce jeune garçon en la personne de Mademoiselle Webber son institutrice qui va réveiller en lui son amour des mots.

Alors que le coupable semble avoir signé ses aveux en se suicidant, la vie reprend son cours. La Mort a laissé des traces dans la vie de Joseph. Il est rongé par ces petites victimes qui n’ont pu être sauvées dont il imagine le calvaire, la fin horrible.

En partant pour New York, il va tenter de vivre sa vie, de devenir d’écrivain.  Il va se construire loin de chez lui.  Mais dans un coin de sa tête toujours ces victimes, toujours la Mort. Et de nouvelles victimes qui surgissent… Comment puisque le tueur est « passé aux aveux » ? La ritournelle reprend. Ce jeu de cache-cache avec la grande faucheuse qui n’a de cesse de se mettre en travers de sa route.

Seul le silence c’est le livre d’une vie gouvernée par la Mort, c’est elle qui mène la danse.

Seul le silence c’est la souffrance muette d’un petit garçon impuissant face à la Mort. Un petit garçon qui portera en lui la blessure des victimes. Un petit garçon qui va grandir mais qui aura toujours 12 ans dans sa tête avec ses bleus à l’âme.

Seul le silence c’est une lecture où tu peines avec Joseph. Tu voudrais tellement l’aider, le soutenir. C’est une lecture sombre où la Mort rode et t’oppresse. C’est une lecture hypnotique dont tu ne peux sortir. Qui vaincra de Joseph ou de la Mort ?

Seul le silence c’est aussi une plume poétique, qui sait trouver les mots, dépeindre les  lieux, les sentiments. C’est une plume qui rend tout vivant voire terriblement vivant.

Merci à Monsieur René Manzor de m’en avoir conseillé la lecture et de m’avoir lu un passage lors du salon de Rosny.

Bonne lecture.

Une seconde de trop de Linda Green


Le livre : Une seconde de trop de Linda Green. Traduit de l’anglais par Freddy Michalski. Paru le 23 mai 2018 chez Préludes. 16€90 ; (448 p.) ; 20 x 13 cm
4e de couv :

Une seconde de trop et vous perdez tout.

un, deux, trois… Lisa Dale ferme les yeux et compte jusqu’à cent lors d’une partie de cache-cache avec sa fille. Lorsqu’elle les rouvre, Ella, quatre ans, a disparu. Sans laisser la moindre trace.

La police, les médias et la famille de Lisa font corps pour retrouver la fillette. Mais si leur instinct les éloignait d’Ella ? Et si le ravisseur était connu d’eux tous ?

Suspense psychologique addictif, Une seconde de trop explore la culpabilité d’une mère et le cauchemar de tout parent : la disparition d’un enfant. Numéro un des ventes dès sa parution, et acclamé par la presse, ce roman vous glacera le sang.

Une lecture puissante dont vous ne sortirez pas indemne. Sun

Une histoire effroyablement plausible, qui hantera longtemps bon nombre de parents. Sunday Mirror

Diablement efficace. Elle UK

Extrait :
Avant même votre cerveau, c’est votre corps qui se rend compte que vous avez perdu votre enfant. Le cordon ombilical invisible qui vous lie tous les deux se rompt. À l’intérieur de vous, tout s’amollit et se relâche. Et ce n’est qu’à cet instant que votre cerveau enregistre ce qui se passe. Il passe à l’action d’un coup, tâchant de convaincre votre corps qu’il se trompe. Vous faites bien sûr ce qu’il vous commande. Vous vous précipitez à l’aveuglette dans toutes les directions et vous tirez, tirez, tirez encore sur le bout de cordon qui reste en vous. Avec l’espoir qu’en y mettant suffisamment d’énergie, à force de crier, de hurler et de donner des coups de pied, vous pourriez peut-être, qui sait, encore y trouver votre enfant, si seulement vous parveniez à atteindre l’autre bout.

Le OFF de OPH

Lors d’une partie de cache-cache, Ella, 4 ans, disparaît sans laisser de trace. Sa mère, Lisa Dale, qui jouait avec elle, met tout en oeuvre pour la retrouver, avec l’aide de la police, des médias et de sa famille. Mais le ravisseur se dissimule parmi eux.

« Une seconde de trop » de Linda Green chez Préludes Éditions.

Je ne sais trop quoi penser de ce roman.
« Une seconde de trop » s’ouvre sur un prologue qui m’a beaucoup touché, un prologue qui évoque le lien éternel entre une mère et son enfant. Ce thème sera abordé de nouveau en toute fin de roman, et ce de manière tout aussi émouvante.

L’intrigue se met ensuite en place, Ella disparaît alors qu’elle jouait à cache-cache avec sa maman.

La construction du roman est assez originale, bien que ce procédé commence à être de plus en plus utilisé, en l’espèce des chapitres qui se concentrent sur un personnage en particulier.

Côté intrigue, le sujet des enfants enlevés n’est pas nouveau, mais Linda Green a su apporter un regard nouveau sur ces drames. Pour autant je crois que j’ai manqué d’émotions, peut être parce que j’ai assez vite compris un certain nombre de choses, et qu’il m’a manqué un je ne sais quoi d’expression de sentiments.

Paradoxalement les personnages sont fouillés sur tous les aspects psychologiques et sont assez complet et même complexes pour certains.

En prenant de la hauteur je me dis que c’est peut être tout simplement au style que je n’ai pas adhéré. Il m’a vraiment manqué un petit quelque chose pour rendre cette lecture plus prenante.

« Une seconde de trop » n’est pas un mauvais roman, il a d’ailleurs conquis l’Angleterre avant de débarquer au pays des grenouilles. Il se lit facilement et sans difficultés.

C’est uniquement un rendez-vous manqué pour moi.

Mala Vida de Marc Fernandez


 La double chronique: 2/2

Le livre : Mala Vida de Marc Fernandez. Paru le 7 octobre 2015 chez Prélude. 13€60 ; (279 p.) ; 20 x 13 cm

Réédité en poche le 8 mars 2017 aux Livres de Poche dans la collection Policie

4e de couv :
De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes … Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loin qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des «bébés volés» de la dictature franquiste
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L’auteur : Marc Fernandez est né en 1973, l’année du coup d’état de Pinochet au Chili et deux ans avant la mort de Franco. Et si ces deux événements sont mentionnés ici ce n’est pas pour rien. Depuis son enfance, l’auteur a été bercé par la presse et le journalisme, ce qui a eu pour lui réveiller une vocation. Pendant près de 12 ans, il a été journaliste au Courrier International, où il était en charge de traiter de l’actualité de l’Espagne et de l’Amérique latine. En parallèle, Marc Fernandez s’est lancée dans l’écriture de livres en duo avec Jean-Christophe Rampal. Parmi ses écrits on trouve Pinochet, un dictateur model, La ville qui tue les femmes, deux enquêtes de fonds, et enfin la fiction Narco Football Club qui ravira les amoureux du ballon rond sur fond de corruption. Par la suite, pendant quatre ans, Fernandez se consacrera à la revue Alibi qu’il créait avec Paolo Bevilacqua, consacrée à la littérature noire et aux crimes. Mais l’envie d’écrire ne le quitte pas, et c’est là qu’est né son premier roman en solo Mala Vida.
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Extrait : 
“Tout de suite après une cérémonie courte et émouvante, dans l’intimité, Isabelle décide de faire une ultime visite à l’appartement de la rue Lamarck. Là où elle a vécu une bonne partie de son enfance. Jeter un dernier coup d’œil à l’endroit où elle a quasiment été élevée par ses grands-parents, où elle a tissé des liens si fort avec Emilia. Des heures de jeux, de discussions, de lectures. Des liens qui ont fait d’elle la femme qu’elle est devenue aujourd’hui, influencée par cette grand-mère qu’elle vénérait par-dessus tout, qui lui a appris à lire, à écrire, qui lui a transmis son savoir tout en la laissant libre de faire ses propres expériences. Prendre quelques souvenirs. Il y en a tant ! Récupérer des vieilles photos. Avant de fermer la porte définitivement.”
PS. J’ai habité moi-même dans la rue Lamarck pendant ma petite jeunesse, que de souvenirs !
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Le “ressenti” de Jean-Paul 

Mala Vida 

de Marc Fernandez (Auteur)

Poche – 8 mars 2017

España es mi país de corazón, así que fue con placer y emoción que muy rápidamente me acerqué a esta novela* …

J’avais déjà lu il y a quelques mois un roman de Franck Thilliez qui traitait de la même thématique, et déjà j’avais été réellement surpris des bassesses qui pouvaient être perpétrées par les hommes… Mais ici, il y a quelque chose de différent, quelque chose de poignant, dans cette uchronie/polaro/historique.

L’action se déroule à notre époque, mais, un retournement politique nous replace dans le contexte hispanique de la fin des années 30 qui ne furent pas les plus glorieuses. L’esprit franquiste est de retour… Le malaise s’installe très vite, la peur, la délation, le pouvoir d’une certaine “Église” qui retrouve ses marques perdues avec délectation.

Les personnages sont très attachants, et le rythme du roman par des phrases très courtes et percutantes, voir poétiques parfois, menées par un bon scénario ne peuvent que me “scotcher” à mon fauteuil !

L’affaire policière aussi m’a troublée, car dans l’impossibilité de me placer juge, face aux situations décrites.

Justice,… Vengeance ?

Les deux me direz-vous…

 En tout cas j’ai été porté tout le long du roman, entre tristesse et désir de punir ceux qui le méritent.

¡Muchas gracias Marc por el placer de leer que me ofreciste!

«Mala Vida» es una novela muy fuerte y llena de vida a pesar de una atmósfera pesada e inquietante** …

* L’Espagne est mon pays de cœur, donc ce fut avec plaisir et émotion que très vite que j’ai abordé ce roman…

** « Mala Vida » est un roman fort et plein de vie malgré une ambiance lourde et inquiétante…

 

Et si vous avez loupé le Off de OPH sur Mala Vida c’est ICI

Le vase rose – Eric Oliva


Le livre : Le vase rose de Eric Oliva. Paru le 3 mai 2018 aux Editions Taurnada dans la collection le tourbillon des mots. 9.99€ ;  (240 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?

Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever.

Frédéric Caussois a choisi.

Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.

 

 

 

L’auteur : Éric Oliva est …Né à Casablanca en 1967, il embrasse très tôt une carrière dans la Police nationale. Exerçant à Paris puis à Marseille, il travaille aujourd’hui à la PJ de Nice. Passionné par son métier et les fonds sous-marins, c’est après avoir lu les livres de Clive Cussler que se déclenche sa passion pour l’écriture. S’ensuivent 4 romans très bien accueillis, dont « Du soleil vers l’enfer » qui obtient le Prix Fondcombe 2014. Avec « Le Vase rose », Éric Oliva nous entraîne dans une sombre histoire d’un père en quête de vérité.
 Extrait : 
Comme souvent, les actualités nationales amenèrent leur lot d’argumentations sur la politiques très approximative du moment. Rien ne semblait plus aller dans ce pays au bord de la crise de nerfs et bienheureux seraient ceux qui parviendraient a s’en tirer sans trop de dommages. Heureusement, la famille Caussois n’avait pas a se plaindre, sauf peut-être au mois de septembre, lorsque Bercy, énorme machine à la mémoire indéfectible, s’empressait de lui faire parvenir ses fameuses feuilles d’imposition.

 

Le petit billet de Fanny

Le vase rose, Eric OLIVA, Editions Taurnada,

ISBN 978-2-37258-042-7, 9.99€

J’adore découvrir de nouveaux auteurs, de nouvelles plumes et cette fois, je pars à la découverte d’une histoire écrite par Eric Oliva. Inconnu jusqu’à lors pour moi, je vais découvrir cet auteur qui nous vient tout droit de la Police Nationale. On peut d’ailleurs saluer cette corporation, qui nous fournit nombre d’auteurs de polar de qualité !

Eric Oliva, après avoir exercé à Paris puis Marseille, travaille aujourd’hui à Nice. « Le vase rose » est son cinquième roman, dans lequel il nous entraîne dans une tragique histoire, celle d’un père en quête de la vérité sur la mort de son fils.

Tout commence avec l’histoire d’un papa lambda, comme il en existe beaucoup. Pris par un rythme de vie prenant de chef d’entreprise, Frédéric Caussois veut malgré tout profiter de son fils, Tao, qu’il adore. Sa vie et celle de sa femme Luan s’organisent donc autour de celle de leur fils, qui est le centre de leur monde.

Un soir, Frédéric couche son fils, lui lit son histoire, lui administre son traitement anti allergique et sa vie bascule dans l’horreur. Tao suffoque, convulse et s’éteint dans les bras de son père. Malheureusement, ce genre de réaction allergique fatale peut arriver à n’importe qui.  Sauf que les secours appelés à l’aide détectent une odeur suspecte sur le corps de la petite victime, celle du cyanure. Ils en arrivent vite à la conclusion, confirmée par l’autopsie, que Tao a été assassiné. Son médicament a été empoissonné à dessein.

Par qui ? Pour quel motif ? Qui pouvait en vouloir aux Caussois au point d’aller jusqu’à empoissonner leur fils ?

Ces questions, Frédéric Caussois va se les poser au péril de son équilibre mental, au péril de sa santé physique et il va payer sa quête de vérité au prix fort. Sa vie, son couple vont voler en éclats.

Extrait page 51 :

« -Je ne veux plus te voir ! Je veux rester seule ! J’ai besoin d’être seule ! 

Ses derniers mots se bousculèrent dans sa tête, résonnèrent à l’intérieur. Lui qui, avec ses quelques noms apposés sur une feuille de papier, commençait à entrevoir une raison de vivre, encaissait un nouveau coup de massue. Après la perte de son fils, celle de sa femme poignait à l’horizon. Il s’assit au milieu des débris de verre et de bois. Le sort s’acharnait sur sa famille et une lassitude sans borne étalait de longs et impétueux tentacules sur ses épaules. »

On va le suivre dans l’enquête qu’il va mener pour découvrir qui a pu commettre l’innommable.

On suit la dérive d’un « Monsieur Tout le Monde » qui devient vite son propre justicier. Car impuissant et en colère face à la lenteur de l’enquête, Frédéric va décider de se lancer sur les traces de l’assassin de son fils. Sa route va croiser celle de la pharmacienne qui lui a vendu l’arme de ce crime. Elle sera son alliée dans cette quête de vérité.

Dans ce roman, la vie des gens et leur tranquillité apparentes sont trompeuses. Tout le monde ment ou a des choses à cacher. Mais tout finit aussi par se savoir et quand Frédéric va s’approcher de la vérité, il va y avoir un prix à payer…

La suite et la conclusion de cette histoire, je vais laisser aux futurs lecteurs le soin de les découvrir et le final en laissera plus d’une ou d’un perplexe.

C’est bien écrit, bien documenté, bien construit, les éléments clés du polar sont présents, mais je n’ai pas réussi à pleinement entrer dans cette histoire et la conclusion m’a désemparée. Ce n’est que mon ressenti personnel, surement dû au sujet si sensible qu’est la perte d’un enfant et nos différentes manières d’aborder ce deuil. Cependant, j’encourage les lecteurs à lire ce roman et se faire leur propre opinion. Me concernant, je sors de ce roman avec un goût d’inachevé mais la curiosité de lire les écrits précédents d’Eric Oliva.

Les encombrants – Jeanne Faivre d’Arcier


Le livre : Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 17 février 2017 chez Milady dans la collection Milady Poche Thriller. 7€20 ; (323 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Elle mit bas au petit matin, sur la table de la cuisine. De violentes contractions l’avaient réveillée. Elle braillait à pleine gorge, elle pensait qu’elle allait mourir.

À Pigalle, le crime ne dort jamais. À l’heure où les rapaces croisent les oiseaux de nuit, le vieil Antoine trouve un nourrisson dans un meuble abandonné sur le trottoir et décide de lui offrir un nouveau foyer. Jusqu’à ce qu’un inconnu lui fracasse le crâne et lui enlève l’enfant. Le brigadier Muriel Hardy prend en charge une enquête où tout, étrangement, semble lui échapper. Dans ce quartier de malheur bat le pouls de la violence mais y répondent aussi, parfois, la justice et la solidarité.

 

L’auteur : Diplômée de l’IEP de Paris, Jeanne Faivre d’Arcier est chasseur de têtes pour l’industrie des cosmétiques, des produits de luxe, le monde des médias et de la communication.
Elle se partage entre Paris, où elle vit, à Pigalle, et le Cap Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan et à la forêt landaise.
Les voyages lointains font, depuis toujours, partie de ses respirations. Elle a une forte attirance pour l’Orient, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, pays de cultures mythiques et de forte tradition philosophique et religieuse. Elle a une prédilection pour l’hindouisme dont elle apprécie l’humour, l’irrespect et la poésie. Elle aborde les mythes et les légendes hindouistes au premier degré, comme des BD ou des dessins animés de Disney.
Ses livres sont fortement nourris de ses voyages et de ce goût pour l’Orient, au sens où l’entendaient les orientalistes du dix-neuvième siècle. Ses romans sur les vampires sont autant des récits fantastiques que des livres d’aventure, des dérives dans le temps et l’espace.
Elle adore les chiens, aime le sien, un terrier du Tibet, d’un amour totalement déraisonnable qui lui a inspiré le thème de son deuxième livre, Gengis Khan et le loup bleu.
Enfin l’une de ses sources d’inspiration récurrente est la transgression sexuelle. L’interdit est présent dans tous ses livres, qu’il s’agisse des romans consacrés aux vampires, de la biographie d’une chanteuse juive tunisienne brûlée vive par un amant éconduit, ou de son roman noir : L’Ange blanc s’habille en noir.
Lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier est l’auteur d’une quinzaine de romans noirs et fantastiques, pour les adultes comme pour la jeunesse, qui lui valent d’être comparée à Anne Rice. Dans Les Encombrants, elle dépeint avec humanité, loin des clichés, un quartier de légende dont elle connaît d’autant mieux la faune bigarrée qu’elle y vit depuis plus de vingt ans.
Extrait :
« La mère Sadji est sur la mauvaise pente, ajoute la technicienne de surface. Sa boîte est devenue le repaire de petites frappes qui se battent et s’échangent de la dope et des filles peinturlurées comme des totems. Toute cette clique fait fuir la clientèle des fêtards aisés qu’elle voulait attirer en organisant des concerts ou des soirées privées. Résultat : elle doit plusieurs mois de loyer au propriétaire des murs, un Libanais installé à Bruxelles où il dirige plusieurs clubs huppés. Lorsqu’il se décidera à l’expulser, la rue fera une foiridon à tout casser, achève l’Algérienne avant de jeter une bassine d’eau sale dans les jambes d’un acteur et chansonnier nonagénaire presque aveugle qu’elle n’a pas vu arriver (il traîne un westie édenté, grisâtre et couvert de pustules au bout d’une corde à linge effilochée).
Le chien glapit, la Maghrébine s’excuse et le comédien, qui la croise tous les jours quand il se hasarde hors de chez lui en tremblotant sur ses cannes pour faire pisser son saucisson poilu, lui crie d’une voix aigre : « Et alors, la Kabyle téléphonique, je vous ai pas sonnée ! » Il s’éloigne à petits pas, modulant un rire gras d’asthmatique. Ulcérée, la femme de ménage le traite de vieux déchet. »

La chronique jubilatoire de Dany

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité …. C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier ! Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5 romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son premier polar pour adultes.

« Devinant qu’il cherche un dérivatif à ses pensées moroses, Pocahontas lui confie qu’à ses débuts elle travaillait à l’ombre des marronniers de la place Pigalle. Hélas, cette période bucolique avait pris fin lorsque des édiles municipaux à cheval sur la moralité avaient fait raser les arbres et ensevelir sous une chape de ciment la pelouse qui servait d’écrin à la fontaine centrale. La pièce d’eau a survécu aux bétonneuses, mais elle n’est plus en état de marche. De peur, sans doute, que les transsexuels défoncés à l’ecstasy qui fréquentent le Folie’s Pigallen’aient l’idée d’y faire trempette cul nu, histoire de se rafraîchir les circuits.
Le quartier perd son âme, tout change, tout se dégrade et le pire reste à venir, babille Pocahontas. »

L’enfant des cimetières de Sire Cédric


Le livre : L’enfant des cimetières  de Sire Cédric. Paru le 5 mars 2009 au Prè aux clercs dans la collection Thriller gothique. . 18€ ;  (456 p.) ; 25 x 16 cm
Réédité en poche le 3 mars 2011. 7€80 ;  (533 p.) ; 18 x 12 cm
4e de couv : 

Lorsque sa collègue Aurore l’appelle en pleine nuit pour couvrir avec elle un meurtre atroce, David, photographe de presse, se rend sur les lieux du drame. Un fossoyeur pris d’une folie hallucinatoire vient de massacrer sa femme et ses enfants avec un fusil à pompe, avant de se donner la mort. Le lendemain, un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les patients d’un hôpital et tue Kristel, la compagne de David.

Mais qui est à l’origine de cette épidémie meurtrière ? Est-ce un homme ou un démon ? Le journaliste, qui n’a plus rien à perdre, va se lancer à la poursuite de Nathaniel, l’enfant des cimetières, jusqu’aux confins de l’inimaginable…

 

L’auteur  : Musicien et écrivain, Sire Cédric est un acteur incontournable de la scène gothique française. Dès son premier livre, Déchirures (Coup de Coeur des Bibliothèques de Paris), il s’affirme comme un maître de l’étrange et de la violence poétique. Ses deux romans suivants, Angemort (Prix Merlin, 2007) et Dreamworld, ont confirmé son talent. Avec L’Enfant des cimetières, un nouveau maître ès créatures de l’ombre est né.

Extrait :
Elles passent sur la poitrine, pressant contre ses tétons qui durcissent. Des mains d’ombres se dessinent sur ses cuisses, s’insinuent entre ses fesses, empoignent son sexe dressé, pour le caresser plus délicatement encore. Des bouches noires embrassent son ventre avec tendresse, tandis que les langues éthérées s’activent en mille caresses sur son membre en érection.

Le OFF de OPH

L’enfant des cimetières de Sire Cédric

« Comme ça faisait troooop longtemps que je ne vous avais pas donné un avis littéraire, en voilà un nouveau… Dans la catégorie thriller fantastique que tu dévores aussi vite qu’un bon plat de tripes à la sauce tomate (bon ok drôle de comparaison mais les tripes ont un aspect et une couleur s’approchant assez de chairs et autres viscères sanguinolents) je vous présente « L’enfant des Cimetières » de Sire Cédric.

 Un gardien de cimetière massacre sans raison sa famille… Un adolescent jusqu’alors parfaitement équilibré est abattu par un policier alors qu’il vient de tuer une jeune artiste peintre… un policier qui sombre à son tour dans la folie… un ensemble d’événements tout autant horribles qu’inexpliqués qui entraînent David, photographe, aux frontières du monde que nous connaissons…

 Je découvre Sire Cédric avec ce roman qui m’a donné la chair de poule. Une plume précise et envoûtante, un récit sans temps morts qu’il est difficile de lâcher, des descriptions précises sans pour autant appesantir le style et l’histoire. On me l’avait présenté comme trash mais je ne partage pas ce sentiment… Bien sûr il y a le minimum syndical d’hémoglobine mais on est loin du « trash » de Caillot (que j’adore) ou de Grangé. Bien plus subtil, Sire Cédric suggère habilement ce qui vous permettra de donner vie aux scènes et aux personnages décrits. Il vous emmène aux frontières du fantastique et de la magie sans tomber dans l’excès, sans donner le sentiment de déjà vu malgré tout ce qui existe sur le sujet. Il traite une des nombreuses légendes urbaines qui nous ont fait trembler à l’adolescence.

 Sire Cédric je n’en n’ai pas fini avec toi et je compte me replonger rapidement dans un de tes romans! »

Rien ne se perd – Cloé Mehdi


Le livre : Rien ne se perd de Cloé Mehdi.   Paru le 19 mai 2016 chez Jigal et le le 17 février 2017 chez Jigal Poche.   18€50 ; (270 p.) ; 21 x 14 cm ou 9€50; (296 p.) ; 17 x 11 cm
Réédité en poche le 20 septembre 2017 chez J’ai Lu dans la collection J’ai Lu Thriller. 
 7€60 ; (349 p.) ; 18 x 11 cm?
4e de couv : 

Rien ne se perd

Sur les murs de la cité, des tags pleuvent qui pleurent un enfant perdu. Ils clament « Justice pour Saïd », abattu après un contrôle d’identité par un policier jamais condamné.

Abandonné de tous, recueilli par un tuteur au passé louche, Mattia, onze ans, s’interroge sur les drames qui l’assaillent et la sensation de culpabilité qui semble peser toujours plus lourd sur ses épaules.

Dans un monde de menaces incessantes – violences policières, injustice, haines et solitude -, comment lever le voile sur la vérité ?

Si tout finit toujours par se transformer, Mattia le sait : rien ne se perd, jamais.

L’auteur : Cloé Mehdi est née en 1992. Après Monstres en cavale, prix de Beaune 2014, son second roman, Rien ne se perd, a reçu le prix Étudiant du Polar 2016, le prix Dora Suarez 2017, ainsi que le prestigieux prix Mystère de la Critique 2017.

 

 

Extrait :
« A 19 heures on passe à table. Gabrielle invite les travailleurs sociaux à se joindre à nous. Titre du documentaire : « La famille dysfonctionnelle dans la vie quotidienne ». Ça pourrait même faire une bonne émission de télé-réalité. J’imagine le pitch : Un meurtrier passionné de poésie, une dépressive suicidaire et un enfant perturbé tentent de vivre ensemble au-delà de leurs différences, mais les services sociaux s’en mêlent. Zé, Gabrielle et Mattia parviendront-ils à faire illusion et à déjouer la menace ? »

La KroniK d’Eppy Fanny

RIEN NE SE PERD – Cloé MEHDI Editions JIGAL POLAR

Jimmy Gallier je te laisse faire suivre à l’auteur qui n’est pas dans mes contacts.

J’ai rencontré Cloé à SMEP cette année. Derrière sa timidité j’ai découvert une vraie présence et nous avons échangé sur son roman. Je m’étais promis de la lire. C’est chose faite.

J’ai été bouleversée par sa maîtrise et la maturité de son texte ainsi que le sujet choisi : la bavure policière et ses conséquences. Ici la victime s’appelait Saïd. Il avait 15 ans et est le catalyseur de cette histoire. Car il n’y a pas qu’une victime… Elles sont légion.

L’histoire :

Mattia, onze ans, nous parle de lui.

De sa vie détruite avant sa naissance. De sa famille qui a volé en éclats à cause de cette bavure policière. De son père parti trop tôt, de sa mère qui a renoncé, de sa sœur qui passe son temps à fuir et de son frère qui a préféré couper les ponts. Chacun d’eux ayant trouvé son moyen pour survivre au décès de Saïd. Mais à quel prix.

Extrait P.19 :
Quand j’avais 5 ans je me demandais pourquoi la vie était injuste à ce point.
Quand j’avais 7 ans je me disais que si elle avait été juste elle en aurait perdu tout son sens, car on ne serait pas poussé par l’espoir d’une amélioration.
Quand j’avais 8 ans je cherchais désespérément un moyen de réparer les torts – mais je ne l’ai jamais trouvé parce que la plupart des injustices sont irréversibles, c’est pourquoi elles sont tellement insupportables.
A 9 ans j’ai décidé d’arrêter de me poser des questions.
Et la peur de la schizophrénie qui étreint Mattias. Si fort.

Puis il y a Zé, le tuteur de Mattia, et sa compagne Gabrielle. Un couple bancal, où tout l’amour de l’un ne suffit pas à donner l’envie de vivre à l’autre. Eux aussi sont des dégâts collatéraux de ce contrôle d’identité qui a mal tourné.

Et puis le quotidien, la scolarité compliquée de Mattia, ces hommes bizarres qui le surveillent et l’abordent à la sortie de l’école.

Les secrets enterrés ne demandent qu’à ressurgir.

Car des tags fleurissent dans la ville, le visage de Saïd dessiné sur les murs et demandant justice ravive le passé.

Une justice impitoyable sera rendue.

Amélia jouera enfin son rôle de mère.

Mattia pourra enfin dormir sereinement.

Ce livre est à lire absolument. Pour ma part un des meilleurs lus cette année.

Aussi …

Lors de la 09ème éditions de Saint-Maur En Poche en juin 2017,  Notre porte Flingue a reçu sur la scène des déblogueurs l’auteur Cloé Mehdi. L’occasion de mettre en avant une auteur de talent.

Comme un chien de Jack Ketchum


comme un chien JackLe livre : Comme un chien  de Jack Ketchum, Lucky McKee. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nicolas Jaillet. Paru le 20 septembre 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  21€50 ; (275 p.) ; 24 x 16 cm.

 

4e de couv :

Bienvenue chez les Cross, une famille aisée de Los Angeles. Une famille heureuse… en apparence. Delia, onze ans, est une star en train d’éclore. Tout le monde dépend d’elle : sa mère, qui gère d’une main de fer ses auditions ; son père et ses voitures de collection ; son frère que la jalousie ronge. Heureusement que Caity, le chien de la famille, est là. Auprès d’elle, Delia se sent aimée, en sécurité.

Une nuit, un incendie se déclare dans la chambre de la petite. Sauvée in extremis par son chien, Delia survit, défigurée. Mais sa mère y voit une opportunité. L’argent, voilà ce qui compte chez les Cross. Quitte, pour l’obtenir, à vendre la souffrance d’une enfant…

 

L’auteur : Jack Ketchum, né en 1946, est considéré comme l’un des plus importants auteurs américains vivants. Derrière ce pseudonyme (emprunté à un hors-la-loi américain qui finit pendu) se cache un écrivain qui fut le secrétaire de Henry Miller. Son premier roman, Morte saison, incita la revue Village Voice à réclamer publiquement la condamnation de son éditeur pour « violente pornographie ». Ketchum a depuis publié onze romans et pas moins de trois films viennent tout juste d’être tirés de ses œuvres.Jack Ketchum est l’auteur, notamment, de Une fille comme les autres et Fils unique. Aux côtés du réalisateur Lucky McKee, il livre le récit terrifiant, implacable, d’une famille au bord de la désintégration. Lucky McKee est réalisateur, acteur et écrivain, célèbre notamment pour son film May. Il a collaboré avec Jack Ketchum sur The Woman et sur I’m not Sam.

 

Extrait :
Ce matin-là, elle est allée d’abord vers Delia, puis vers lui. Robbie n’avait jamais vu sa sœur sourire comme ça, et jamais plus depuis.
Il sent encore la tiédeur de sa langue. Il se rappelle l’odeur de son haleine de chiot. Cette petite masse qu’elle formait entre ses mains.
Cette merveilleuse créature, toute neuve, parmi eux.
Un chien, c’est magique.
Et, au fond, ça ne fait rien qu’elle soit à Delia d’abord et à lui ensuite. Il a lu des choses à propos des chiens. Il sait qu’il y a celui qui reçoit les ordres et les transmet, et la meute. Robbie, c’est la meute. Par définition, maman et papa sont des chiens dominants – des alpha, comme on dit. Ils sont plus grands, ils parlent plus fort. Ils donnent les ordres.
Mais Caity n’a pas l’air très concernée. Elle a sa propre vision des choses. Elle bouscule les idées reçues. La voix qu’elle écoute en second dans l’ordre de fréquence et d’attention, c’est la sienne, pas celle des parents. Robbie s’en satisfait et, même, il lui en est reconnaissant. Sa place dans la meute est confortable.

 

Chronique de Lecteur

 

Le tuyau de Nico

A 11 ans, Delia Cross est une jeune actrice talentueuse. Elle vit avec ses parents et son frère jumeau, qui organisent leur vie en fonction d’elle. A la veille d’un contrat déterminant pour sa carrière, la jeune fille est victime d’un terrible accident dont elle sort défigurée. Sa mère, pour qui seul l’argent compte, met en scène sa souffrance. Seule Cathy, sa fidèle chienne, peut la protéger.

Jack Ketchum est un auteur qui avance masqué. Alors que tous ses collègues en font des caisses pour faire croire, au moyen d’un style boursoufflé, que leur histoire est bien plus horrible, terrifiante et pertinente qu’elle ne l’est réellement, Ketchum joue la carte de l’anodin. Il avance des faits qui n’ont l’air de rien et qui, en s’accumulant, forment un monstre. Une réalité intime, qui est aussi un fait de société admis de tous et qui, pourtant, est inadmissible. Il en donne un exemple ici avec l’histoire d’une famille américaine aisée, mais dont l’économie entière repose sur les épaules d’une petite fille de onze ans. C’est une réalité courante aux Etats Unis et ailleurs. Ça ne choque personne. Et pourtant, quand on prend le temps de s’y pencher…

Aux vents mauvais d’Elena Piacentini by Kris


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Le livre :  Aux vents mauvais : une enquête de Pierre-Arsène Leoni  de Eléna Piacentini. Paru le 5 janvier 2017 chez Au-delà du raissonable.  18€ ; (392 p.) ; 19 x 13 cm 

4e de couv :

Au début, il y a le couteau qu’un gosse doit cacher dans un arbre, sur une île lointaine. A l’arrivée, cinquante ans plus tard, il y a un cadavre scalpé dans une cave de Roubaix. Leoni arrive alors bien trop tard pour protéger et servir. Tout juste pour compter les morts, chercher pour eux la justice, et comme toujours trembler pour les siens.

 

elenaaL’auteur : Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle a donné naissance à Leoni, le commandant de police corse qui dirige la section homicide de la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit. Dans ses romans, Elena Piacentini orchestre avec psychologie une humanité malmenée, souvent victime de ses choix entre l’ombre et la lumière. Après Des forêts et des âmes, finaliste du Prix des Lecteurs Quais du polar/20 Minutes et du Grand prix de littérature policière en 2015, Aux vents mauvais est le septième roman de la série.

Collectif Kris

Le petit avis de Kris

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Aux vents mauvais – Elena Piacentini

Septième aventure du commandant de police corse à Lille. Dans les caves d’une maison en démolition, la découverte d’un cadavre scalpé permet à Leoni de rouvrir un dossier de disparition non élucidée. Le policier et son lieutenant Thierry Muissen mènent une enquête au cours de laquelle les destins de Jean-Toussaint, Mamilouise et Marie-Eve se croisent.

L’auteure a une façon bien à elle de raconter des histoires. Ici, se basant sur des faits réels, la déportation de ces jeunes réunionnais dans la Creuse, passé peu glorieux de la France, elle nous conte une enquête bien énigmatique et en profite pour faire passer quelques messages sur notre société d’aujourd’hui.
Malgré la noirceur des faits relatés, Elena fait chanter les mots.
Et puis toujours ce rapport grands parents/petits enfants très présent tout au long du récit.
On ne se rassasie pas une seule fois des mots et de la poésie qui habite ces écrits.
Il faut lire Elena c’est un vrai bonheur !

Et vous pouvez retrouver Ici la chronique d’Aux Vents mauvais par Ge notre porte flingue

Etsa chronique du dernier opus d’Elena Piacentini , Comme un long échos 

Mais surtout ne rater pas le super entretien entre Ge et Elena, c’est ICI Elena sous le feu des question de notre porte flingue