Résilience de Yannick Monget


Collectif Isabelle

$CDCLe livre : Résilience de Yannick Monget . Paru le 18 février 2016 à  La Martinière. 22€60 ; (661 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de Couv :

100 jours avant l’effondrement.

À Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

2 ans après l’effondrement.

En Antarctique, des survivants s’organisent dans des bases de haute technologie abritant un écosystème reconstitué. La surface du globe est ravagée par la radioactivité et la résurgence du virus noir, qui a décimé la plus grande partie de l’humanité. Que feront-ils de cette dernière chance ?

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Ultra-documenté, ce thriller aux accents de blockbuster américain enchaîne de façon implacable les chapitres avant et après la catastrophe. L’auteur parsème son livre de références à de véritables incidents, comme le virus Stuxnet, conçu en 2010 par les États-Unis pour prendre le contrôle des centrales iraniennes. Entre jeux de lobbies, dessous du nucléaire civil et pressions politiques, cette course contre la montre révèle comment l’irresponsabilité et l’aveuglement de certains menacent le destin de la planète tout entière.

 ymL’auteur : Yannick Monget a 36 ans. Il est le président fondateur du groupe Symbiom, qui développe des projets de sensibilisation, de recherche et de développement pour l’environnement. Son roman a été salué par de nombreux experts dont l’ancienne ministre et avocate spécialisé dans le droit environnemental, Corinne Lepage, pour qui «le lecteur ne sortira pas indemne de réflexion sur cette aventure.» Yannick Monget est également l’auteur du thrillerGaïa.

 

 

Lire le début de Résilience

 

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Résumé et petit avis de notre lectrice :

A Paris, en Chine, de curieux incidents se produisent à proximité de réacteurs nucléaires. Un virus informatique semble avoir réussi à prendre le contrôle de nombreuses centrales. Les services du renseignement français se mettent en alerte pour déjouer la plus grande menace jamais affrontée.

Résilience de Yannick Monget, un roman exceptionnel dont personne ne ressortira indemne… Les connaisseurs du nucléaire seront confortés dans leurs idées et les profanes se poseront de nombreuses questions…

Une écriture fluide, aux chapitres cours terminant sans cesse par des rebondissement, l’art d’orienter le lecteur vers une fin qui parait évidente et qui pourtant… à lire impérativement !

Un fantastique roman d’anticipation mais qui au final nous fait toucher « la réalité qui pourrait être » de très prés…

Cette décennie, pour moi, aura connu « Pilgrim » et « Résilience »

     Mon petit avis sur Pilgrim ICI

 

 

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Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi


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9782846265041,0-1609700Le livre : Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi.Traduit de l’américain par Sara Doke.Paru le 19 avril 2013 au Diable Vauvert dans la collection jeunesse. 18€ ; (395 p.) ; 20 x 14 cm
9782290085769,0-2305167Réédité en poche le 27 août 2014 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Science Fiction. 7€,10 ; (308 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv  :

Fin du XXIe siècle, ère post-pétrole, les États-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu’ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture.

Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ?

Finaliste du National Book Award, prix Locus du premier roman jeunesse, best-seller aux USA, un phénoménal roman d’aventures pirates !

 

Paolo b3L’auteur : Paolo Bacigalupi est la révélation de la SF américaine. Il a remporté les prix Hugo, Campbell, Nebula et Locus 2010 pour son premier roman, La Fille automate, du jamais vu depuis 2001, L’odyssée de l’espace ! Il a obtenu la consécration en jeunesse avec Ferrailleurs des mers et sa suite Les Cités englouties (Au diable vauvert, novembre 2013). Il vit dans l’Ouest du Colorado avec sa femme et son fils.
Extrait :
Jadis, New Orleans évoquait le jazz, le créole, mardi gras, les fêtes et l’abandon, une décomposition luxuriante et verte dans un hymne à la vie. A présent, ce n’était plus qu’une chose.
La défaite.
Le train dépassa de nouvelles ruines, une profusion stupéfiante de matériaux laissés à l’abandon, pourrissant dans l’enchevêtrement des arbres et des marais.
– Pourquoi ils ont abandonné ? demanda Nailer.
– Parfois, les gens apprennent de leurs erreurs, répondit Tool.
Il sous-entendait que la plupart ne le faisaient pas. Les décombres des cités jumelles étaient autant d’indices témoignant de la lenteur des gens de l’Ere accélérée à intégrer le changement.
Le train s’orienta vers les tours décapitées. La silhouette décrépite d’un ancien stade se dessina entre les flèches d’Orleans II, marquant l’entrée de la vieille ville des terres englouties.
– Stupides ! cracha Nailer. (Tool se pencha en avant pour l’entendre dans le vent et le garçon cria dans son oreille.) Ils étaient foutrement stupides !
Tool haussa les épaules.
– Personne ne s’attendait à des ouragans de catégorie six. Les tueuses de villes n’existaient pas encore. Le climat a changé. Les courants ont changé. Ils ne l’avaient pas anticipé.
Nailer ne concevait pas que personne n’ait compris que Mississippi Alley deviendrait la cible d’ouragans mensuels dévastant tout ce qui n’avait pas le bon sens de se claquemurer, de flotter ou de se réfugier sous terre.

Petits résumé et avis

shipwreck-6_resultatA la fin du XXIe siècle, dans un bidonville de Louisiane, Nailer survit avec d’autres adolescents grâce aux carcasses de pétroliers qui lui fournissent du cuivre à revendre. A la suite d’une gigantesque tempête, un bateau s’échoue sur la côte. Des objets rares et précieux s’en échappent, mais également une jeune fille qui semble en difficulté.Nailer doit choisir : la sacrifier et s’emparer du butin ou la sauver et partir avec elle à l’aventure.

Ce roman young adult, à mettre entre toutes les mains à partir de 14-15 ans, raconte la vie des habitants d’une plage, le long des villes noyées par la montée des eaux au sud des Etats-Unis.

Un univers âpre, violent, injuste, où tout peut basculer sur un lucky strike, un coup de chance. Véritable récit d’aventure, cette histoire sans concession sait aussi nous fait réfléchir à l’avenir de notre monde.

Les critiques comparent déjà Paolo Bacigalupi à William Gibson et à lan McDonald, tant son ambition et la maîtrise de son sujet sont grandes.

Coup de coeur

Lire le début ICI

Serenitas de Philippe Nicholson


Mes petites lectures

9782355360589,0-1303650Le livre   Serenitas de Philippe Nicholson. Paru le 7 mai 2012 chez Carnets Nord dans la collection Roman Noir.. 20€00; (425 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Paris, dans quelques décennies. La ville est tentaculaire, en proie à l’insécurité et à l’insalubrité. Alors qu’émergent, à sa périphérie, des îlots de luxe pour privilégiés, les quartiers pauvres sont sous la coupe des réseaux mafieux ; les services publics ont disparu, laminés par les intérêts privés.

Un soir d’hiver, alors que Fjord Keeling, journaliste au National, a rendez-vous à Pigalle avec un contact qui n’arrive pas, une bombe explose dans la pizzeria d’en face. Douze morts. Fjord était là. Un détail l’a frappé : aucun policier ne circulait dans cette zone habituellement sous haute surveillance. Très vite, le gouvernement, relayé par la presse, accuse les narco-gangs qui gangrènent la capitale et y déversent une nouvelle drogue, la D23. Fjord n’y croit pas. Solitaire par la force des choses, il explore plusieurs pistes de son côté et tombe sur des groupuscules anarchistes et sur un conglomérat ultra puissant : la ljing Ltd. Une compagnie chinoise qui vend des résidences sécurisées. Témoin clef devenu gênant, le journaliste en cavale croit encore qu’il peut faire quelque chose. Il est le seul.

AVT_Philippe-Nicholson_4683L’auteur : Philippe Nicholson, est né en 1974. Il a deux romans à son actif et a un parcours qui l’a ouvert très jeune aux littératures du monde, particulièrement des pays anglo-saxons. De mère écossaise, il a vécu à Londres, au Canada avant de s’installer à Paris. Cet amour du changement, il l’a gardé dans la vie active. Il a goûté à l’univers de la finance, écrit des papiers économiques, travaillé comme équipier sur des voiliers en Atlantique, fait du conseil en communication et en finance. C’est un peu toutes ces voix qu’il laisse parler dans ses écrits : le financier dans Krach Party, le journaliste dans Serenitas.
Philippe Nicholson a en tout cas toujours baigné dans deux mondes radicalement opposés : la finance, rationnelle et mathématique, et l’écriture, liée à l’imaginaire et aux émotions.
« L’écriture est pour moi un fil rouge : j’ai été un lecteur vorace, j’aime les livres, leur odeur, les pages annotées, les personnages, les auteurs. Polars, science-fiction, thriller, Dostoïevski, Blondin, Palahniuk, Harrison… »

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

Un attentat à la bombe à Pigalle fait dix victimes. Fjord Keelin, un journaliste sur la touche, était présent dans la pizzeria quelques minutes avant l’explosion et a tout vu. Il est surpris de constater qu’aucun policier n’était présent dans le quartier ce soir-là et mène son enquête.

  Les romanciers commencent à s’emparer du problème de la dette. C’est le cas de l’ancien journaliste financier Philippe Nicholson qui imagine, dans son nouveau roman, une France effondrée après une terrible crise européenne.

Au-delà d’une simple enquête, Philippe Nicholson nous entraîne dans ce futur proche où l’économie de marché fait force de loi. Elle gère tout. Les états européens sont soumis et n’ont plus aucune indépendance face à la puissance économique des pays émergeants. Ce mélange de thriller, de roman noir et de politique-fiction se révèle être un suspense intelligent et passionnant au coeur d’une l’actualité brulante. On est ici à la limite du roman d’anticipation.

Lire Ici le début de Sérénitas

Dôme de Stephen King par Nathalie


9782226220585,0-1168746 9782226220592,0-1168747Les livres : Dôme 1 et 2 de Stephen King
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par William Olivier Desmond. Paru le 2 mars 2011 chez Albin Michel

chronique-de-lecteurs

Le résumé :

Une petite ville du Maine est coupée du reste du monde par un champ de force invisible. L’armée n’arrive pas à percer d’ouverture et les vivres se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri, y voit une opportunité de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social s’établit et la résistance s’organise.

La chronique de Nath

Imaginez….

Imaginez la parfaite petite ville américaine avec sa parfaite petite église blanche, ses parfaites petites maisons et ses parfaits américains…

Imaginez qu’un joli matin d’octobre, un dôme immense et invisible vienne recouvrir cette si parfaite petite bourgade.

Imaginez la vie de ces quelques 3000 personnes, vivant en autarcie forcée, seretrouvant coupés du monde, livrés à eux-mêmes…

Nous voilà donc avec une équation à plusieurs variables. Les plus bas instincts des uns amenant le chaos pour les autres. L’Amérique profonde dans ce qu’elle a de plus individualiste, exacerbée par l’isolement le plus total.

On peut parfois accuser Stephen King de faire des entrées en matière pleines de longueurs ce qui n’est absolument pas le cas dans Dôme. Une immersion directe dans l’action dès les premières pages plante le décor et malgré 2 tomes de 800 pages relatant une malheureuse petite semaine dans la vie des protagonistes, c’est un véritable page-turner que nous livre le grand King, rappelant le style narratif du Fléau, pour mon plus grand plaisir.

Comme dans Le Fléau, la foultitude de personnages peut être rébarbative pour certains mais ceux qui connaissent le Grand Maître vont apprécier cette overdose de personnalités et comme dans Le Fléau, c’est l’éternel combat contre le Bien et le Mal.

Le manichéisme de tous ces personnages pourrait sembler un peu simpliste. Néanmoins, je reste persuadée que King a volontairement rangé ses créatures dans deux cases bien distinctes, l’isolement mettant en exergue les pires noirceurs comme les plus belles âmes et ne laissant place à aucune demi-mesure.

Appeler ses personnages principaux Barbie, Ken et Big Jim est certes tout à fait caricatural mais la fin justifiant les moyens, je me suis surprise à comprendre et me suis souvenue des mondes et des vies crées pour mes propres jouets lorsque, enfant, je m’amusais des heures durant à leur insuffler un semblant de vie et parfois même de mort.

Une madeleine de Proust effrayante mais revigorante. En un mot comme en cent, j’ai retrouvé le King de ma jeunesse. Celui qui me procurait tant de plaisir, celui qui me faisait tant vibrer, celui qui alimentait mes cauchemars,

Celui qui me faisait imaginer…

In Cloud We Trust de Frédéric Delmeulle


9782354082970,0-2539069Le livre :In Cloud We Trust de Frédéric Delmeulle. Paru le 6 mars 2015 chez Mnémos.  19,00€ ;  (270 p.) ; 24 x 16 cm

Quatrième de couverture

Vous aimez vibrer devant un écran et sur NoLife ?

Vous êtes déjà has been.

Car l’industrie du jeu virtuel explose et avec elle, la course à l’extra-ordinaire. Exit les parcs à thème et les jeux vidéo ! Les joueurs se pressent dans des décors grandeur nature où ils rejouent en immersion totale la mort du général Custer ou la poursuite de Moby Dick.

Mais lorsque des joueurs disparaissent, comme rayés du scénario, les autorités de contrôle s’alarment. Défaut technique ? Mauvaise blague ? Attentat ? Les consommateurs sont sur les nerfs, et la psychose monte d’un cran lorsque les disparitions se multiplient.

Confrontée à une crise sans précédent, la major américaine du gaming virtuel décide de contre-attaquer en tirant profit de la confusion générale : geeks, bandits, maris infidèles, dépressifs et opportunistes s’enrôlent alors pour le grand saut de leur vie…

In Cloud We Trust n’est pas le récit d’une bande de geeks futuristes. C’est une percée dans la société de loisir de demain, portée par une écriture cinématographique et exaltante. Avec ce roman, Frédéric Delmeulle donne des nouvelles du présent, mais surtout le vertige, celui qui colle dans le dos et fait naître des «et si» au coin des lèvres.

indexy L’auteur : Frédéric Delmeulle sévit depuis «une grande maison de hippies, pleine de livres et de foutoir». Professeur au lycée le jour, écrivain chaque fois qu’il le peut. Et dans ce foutoir esthétique, il travaille une écriture sans frontière, flirtant avec l’uchronie, le roman feuilleton, le thriller, le cinéma hollywoodien, à la recherche d’un «quelque chose» qu’il espère très visuel. In Cloud We Trust en est l’avatar, et se déguste le cul collé au siège, un glaçon à la main.

Extrait : 
« Vous l’avez deviné, mes soupçons se tournent clairement vers l’espionnage et le sabotage industriels. À l’appui de cette hypothèse, je relèverai notamment un aspect singulier dans le témoignage de M. Bedford, cet habitué de N’Awlinz dont nous n’avalons aucune raison de douter : les morts-vivants de ce parc sont en effet programmés pour une seule et unique chose, traquer les clients et leur flanquer la trouille de leur vie. Par conséquent, lorsque ces zombies restent sagement massés à l’entrée du cimetière ou qu’ils laissent fort aimablement le passage au malheureux Graham, cela m’interpelle… Et j’en viens à une conclusion toute simple : quelqu’un ou quelque chose interfère avec leur programmation Quelqu’un sait ce qui va se produire et qui s’amuse à créer une petite mise en scène autour de l’évènement. En un mot, le responsable du problème me paraît nécessairement lié à la programmation. L’attaque vient de l’intérieur, aussi désagréable que cette conclusion puisse nous paraître. »

Résumé et avis :

Dans un futur où l’industrie du jeu virtuel a explosé, des joueurs évoluent au milieu de décors gigantesques dans lesquels ils revivent la chute de Pompéi, la mort du général Custer ou la traque de Moby Dick. Lorsque certains participants disparaissent, les autorités de contrôle sont en alerte pour trouver d’où vient l’anomalie.

Science-fiction – Réalité virtuelle – Frédéric Delmeulle compte déjà parmi les très bons auteurs que j’aime à suivre roman après roman. Le précédent, ou devrais-je dire les précédents que j’avais lu, oui il s’agissait d’un dyptique, n’avais embarqué à bord d’un sous-marin, le Vertov  qui  naviguait entre science-fiction et thriller ésotérique dans un incroyable voyage à travers le temps.

indexyy« In cloud we trust est entre le thriller et le roman noir, c’est un polar à enquête  Mais au-delà du scénario riche en suspense, c’est aussi un roman d’atmosphère, « assez sombre» »

 Ici, l’auteur adopte un mode de récit en témoignages (popularisé par World War Z) pour parler de la réalité virtuelle et des évolutions possibles de cette technologie dans un futur proche.

On ne suit pas un seul héros dans ce titre mais nous croisons plusieurs personnages qui se croisent eux aussi. Ce roman est construit comme un puzzle.  Par un agencement du récit non linéaire , l’intrigue devient plus riche, plus complexe Oui, c’est ça. In cloud we trust, est une intrigue policière complexe.

Le texte est fort intelligence. De plus la narration se prête parfaitement aux univers virtuels.  En multipliant les portraits et les situations, l’auteur mélange donc les genres.  Il passe aisément du fantastique au drame social pour revenir au techno-thriller pur.

Nous lisons cette histoire en totale immersion. C’est parfois terrifiant et toujours exhalant.

Laissez votre curiosité opérer.

Replay de Ken Grimwood.


seuil-010084 (1)9782020321266,0-792967Le livre : Replay de Ken Grimwood. Traduit de l’américain par Françoise et Guy Casaril Paru en avril 1988 au Seuil dans la collection Cadre Vert. 99 F ; (343 p.) ; 22 x 15 cm.

Rééditer en poche au Point  le 17 juin 1997.  7€95 ; (343 p.) ; 18 x 11 cm. C’est cette édition que je viens de relire.

4e de couv :

À 43 ans, Jeff Winston meurt subitement d’une crise cardiaque, laissant derrière lui une vie médiocre et un mariage à la dérive.

Quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’il se réveille… dans sa chambre d’étudiant, âgé de 18 ans. Dans le passé, sa vie recommence comme avant. Sauf qu’il a gardé le souvenir de sa précédente existence…

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir revivre son passé fort de son expérience d’aujourd’hui?

« En fait, songea Jeff, étourdi, ses parents avaient maintenant à peu près le m^me âge que lui »

«Plus qu’un thriller, un prodigieux roman animé d’une force inaccoutumée.» Le Point

        Provocateur et plein d’humour, ce roman qui spécule allègrement sur le temps offre quelques effrayantes réponses à quiconque a jamais rêvé de rejouer sa vie. De quoi refroidir les fantasmes des replayers éventuels.
téléchargement (51)L’auteur : Kenneth Milton Grimwood, né le 27 février 1944 à Dothan en Alabama et décédé le 6 juin 2003 à Santa Barbara en Californie. Ken Grimwood a partagé sa vie entre le radio-journalisme, la psychologie et la littérature. Pour Replay, il a obtenu le World Fantasy Award en 1988.
Extrait : 
Ces choses là faisaient partie de sa vie, en étaient des composantes précieuses, mais elles ne la définissaient pas, elles ne devaient pas la diriger . Sa vie dépendait de lui, et de lui seul.
Les possibilités étaient infinies et il le savait.

Résumé et avis

 En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouvait dans son bureau new-yorkais écoutant sa femme qui répétait au téléphone : « il nous faut, il nous faut… ». Bien sûr il leur aurait fallu un enfant, une maison plus confortable, un job plus rémunérateur. Mais surtout parler. A coeur ouvert. Pour une fois.

     Sur ce, Jeff mourut d’une crise cardiaque.

     Et voici qu’il se réveille en 1963, âgé de dix-huit ans, dans sa chambre d’université à Atlanta. Programmé pour le même avenir ? Non, car ses souvenirs sont intacts. Fabuleuse différence. Il sait qui va gagner le prochain Derby, ce qu’il en sera d’IBM et d’Apple. De quoi devenir l’homme le plus puissant du monde, jusqu’à…

     …sa deuxième mort, à la même date. Et quand il se retrouve à nouveau en 1963, libre à lui d’expérimenter autre chose : le sexe, la drogue. A moins qu’il ne découvre l’amour avec une femme qui, comme lui, « rejoue » son existence jusqu’à…

     …leur troisième mort à la même date. Combien de fois vivront-ils ensemble (d’autant que la courbe du temps les condamne à se retrouver de plus en plus tard) en repassant par les assassinats de 1960, le Viêt-Nam, le Watergate, la révolution technologique ? Combien de fois se perdront-ils ? Et  pourquoi ont-ils été choisis pour recommencer leur vie ?

Voilà donc l’histoire que mon ami Yvan veut me faire lire ou plutôt relire. Car Replay est un titre que l’on m’avait déjà conseillé lors de sa sortie. J’avais à l’époque tout juste 22 ans et cet été là, comme quelques autres avant, je ne tournais pas rond. Ou disons que je m’éclatais comme on disait à l’époque. Et que j’étais plutôt dans l’excès. L’adulescente, l’étudiante que j’étais m’avais quasi pas de limite et était prête à toutes les expériences. Il faut dire que les années 80 ça a été les années de tous les possibles mais aussi de tous les dangers.

Depuis ma majorité, voire même un peu avant, j’avais cette liberté. Et, comme cette majorité tant attendue ne m’avait apportée comme cadeau que la perte d’un ami et celle d’un frère, je pensais que tout m’était désormais permis. Je pensais même que la mort viendrait me surprendre dans ma vingt quatrième année. Et oui, pourquoi pas moi, après tout. Alors en cet été 88, une amie, presque une sœur  m’a conseillé de lire ce titre. Et je me suis jetée à corps perdu dans celle-ci.

Alors, oui, quand Yvan m’a demandée si je voulais relire ce titre et être partenaire de cette lecture commune, j’ai tout de suite dit oui. J’ai pas hésité une seconde. Et puis d’abord comment dire non à Yvan…Je ne suis même sentie flattée voire honorée par sa proposition.

Et j’ai relu Replay. Je ne m’étais même pas imaginée tous les souvenirs, tous ces souvenirs que cette relecture allait déclencher en moi.

Parce que Replay, parle de la mort, forcément, cette mort inéluctable que tout à chacun va un jour connaitre. Une expérience commune à toute l’humanité. Mais Replay parle aussi de la vie, de ce que chacun de nous peut en faire. Des choix ou des desseins qui s’ouvrent à nous.

En revenant sans cesse à sa vie, notre héros est-il vraiment maître de sa nouvelle destinée ? Peut-il réellement influencer sur celle-ci. ? Mieux, s’il peut changer le cours de sa vie, peut-il changer le cours de l’histoire ? Avoir la possibilité de renverser le cours les choses, de prévenir les catastrophes,  de rendre le monde meilleur.  Rendre l’humain meilleur…

Tant de questions…Tant de questions souvent sans réponse !

Mais Replay parle aussi de l’amour. Celui dont on rêve tous. L’Amour, bien au delà de la mort. Celui qui ne cesse pas. L’Amour avec un grand A comme on dit. Cet amour infini qu’il en transforme votre vie. Qu’il vous rend meilleur. Plus attentif et plus ouvert. Plus à l’écoute moins égoïste, même si quand on est amoureux, on ne pense qu’à soi, à son bonheur à construire.

Alors oui, Replay parle de la Vie.

Et nous, simple lecteur, qui n’en avons qu’une, comment la vivons nous ?

La mienne a l’époque était sans doute partie sur que mauvais rails. Et je ne sais pas, je ne peux pas dire si c’est la lecture de ce livre qui a fait que quelques mois après, je l’ai reprise en main.

Si la lecture de Replay faisait que, un de plus d’un an plus tard, je rencontrais comme Jeff, notre héros, la personne que je savais être mon âme sœur. Je ne sais pas si c’est la lecture de Replay qui a changer ma visions des choses. Et même si je reste une épicurienne, je m’abuse plus de certaines choses. Seuls les petits bonheurs de la vie et le partage se vivent sans modération.

Et aujourd’hui aux abords de la cinquantaine, je sais que j’ai fait les bons choix.

Replay est le genre de roman qu’il est difficile de lâcher. L’intrigue vous pousse toujours plus en avant. C’est un roman puissant. S’il est parfois grave, il est aussi plein d’humour. Et s’il aborde un sujet de SF, le voyage dans le temps, à travers le temps, il reste réaliste. Il est même quelque peu précurseur, l’écologie est aussi au cœur de ce roman écrit il y a 30 ans. C’est un roman lucide et intelligent mais surtout profondément et indéniablement humain.

Merci Yvan, de m’avoir fait vivre cette nouvelle aventure, cette nouvelle expérience et cette nouvelle prise de conscience.

Mais alors…

Et vous, si vous pouviez recommencer votre vie, que changeriez-vous ?

Extrait 2 :
 » Paméla avait dit un jour qu’ils avaient rendu les choses « différentes mais non meilleures ». Ce n’était pas tout à fait vrai. Parfois leurs actes avaient eu des résultats positifs pour eux et pour le monde dans son ensemble ; parfois ces résultats avaient été négatifs, le plus souvent ni l’un ni l’autre. Chaque vie avait été différente, car chaque choix est toujours différent, imprévisible dans ses conséquences et son aboutissement. Mais ces choix devaient être faits, se dit Jeff. Il avait appris à accepter les pertes éventuelles dans l’espoir qu’elles seraient plus que compensées par les gains. Le seul véritable échec, et le plus douloureux, aurait été de ne prendre aucun risque. »

Pour l’anecdote, avec l’auteur nous partageons la même date d’anniversaire.

Porteur d’âmes de Pierre Bordage.


th (28)th (30)  Paru le 25 mai 2007 au Diable Vauvert.  23€ ;  (501 p.) ; 20 x 13 cm
Réédité en poche le 17 juin 2009 au Livre de poche. 7,10 € ; . (436 p.) ; 18 x 11 cm
Présentation de l’éditeur :
 Léonie, une jeune Libérienne d’une vingtaine d’années, s’enfuit de chez sa tante qui la prostitue depuis l’âge de huit ans. Pour survivre dans la France des blancs, elle expérimente des médicaments pour un étrange laboratoire. Des médicaments qui lui font entendre des voix et la rendent quasiment folle. Condamnée à l’expulsion, elle s’échappe du foyer d’accueil qui l’avait recueillie et entame une errance dangereuse.
Cyrian, riche et brillant étudiant de l’École Européenne Supérieure des Sciences, est soumis par Johannes, son parrain, à diverses épreuves avant d’être intronisé dans la confrérie des Titans, une société très secrète qui a mis au point une invention révolutionnaire. Jusqu’où est-il prêt à s’abaisser pour accéder au voyage ultime promis par Johannes ?
Edmé, un flic de la Criminelle proche de la retraite et désenchanté, retrouve le goût de vivre lors d’une enquête menée en compagnie de Sylvaine, une collègue plus jeune : une trentaine de cadavres mutilés repêchés dans la Marne, une bande de tueurs sadiques, une plongée dans les bas-fonds humains, rien de tel pour rallumer un feu que l’on croyait à jamais éteint.
Quel rapport entre une africaine clandestine qui se croit possédée, un jeune privilégié en mal de sensations fortes et un flic en marche vers une nouvelle vie ? À part le fait, peut-être, qu’ils sont tous les trois des porteurs d’âmes, comme tous les êtres humains. Et que, parfois, les âmes ne sont pas où elles devraient être…Sur le thème très moderne du voyage dans le corps de l’autre – on pense au film Dans la peau de John Malkovitch – Bordage nous donne ici un roman à suspens qui, plus que tout autre, ose une totale liberté romanesque pour mieux évoquer la rencontre de l’altérité et la différence. Mais ce livre est avant tout le premier roman d’amour d’un auteur, qui nous surprend encore par l’ampleur de son imaginaire et, plus que jamais, par son efficacité narrative.
th (29)L’auteur :
 Né en 1955 en Vendée, Pierre Bordage est l’auteur de plus de trente romans et recueils distingués par de nombreux prix (Grand Prix de l’Imaginaire, Prix Paul Féval de littérature populaire, Prix Tour Eiffel…). Écrivain visionnaire et conteur hors pair, l’imaginaire trempé dans les mythologies, il est un des grands romanciers français contemporains. Il a publié au Diable vauvert la magnifique trilogie des Prophéties.
 Extrait : 
« Qu’ils fussent pauvres ou riches, malades ou bien portants, célibataires ou en couples, travailleurs ou chômeurs, blancs ou noirs, les hommes avaient toujours des raisons de se lamenter, comme si, une fois leurs besoins satisfaits, une fois leurs désirs accomplis, ils s’inventaient de nouvelles façons d’apitoyer les autres et de s’apitoyer sur eux-mêmes. »

Lecture d’avant

Résumé et avis :

Porteurs d’âmes

Léonie, achetée enfant au Liberia, séquestrée, prostituée, s’enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris Pour survivre, elle expérimente pour un laboratoire des médicaments qui la rendent presque folle. Edmé, inspecteur désenchanté à la Crim’, déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu’il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian est étudiant.  Il est intronisé par son parrain dans la confrérie des Titans, société secrète. Ce fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d’un genre nouveau, pour trouver le frisson de l’extrême : le transfert de l’âme dans un corps d’emprunt…

Leur point commun ? Tous trois sont porteurs d’âmes, comme tous les êtres humains. Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être…

Pierre Bordage, auteur de nombreus romans et nouvelles, lauréat de prix littéraires prestigieux à la plume incomparable, propose ici un texte inclassable.

Entre polar, roman d’amour et anticipation… , il construit une intrigue complexe et passionnante, susceptible de séduire les amateurs de tous les genres. Ce récit à trois voix nous relate ces trois parcours de ces trois individualités. On comprends très vite que leurs destins vont entrer en collision. Et l’enquête policière va nous bousculer dans un rythme soutenu. Il joue ici de tous les genres pour mieux évoquer la rencontre des âmes.

Dans la même veine que Le dernier de son espèce d’Andréas Eschbach, Pierre Bordage propose ici une vision d’un futur proche à susciter des sentiment contrastés. Certains la qualifieront d’humaniste, d’autre la trouveront schizophrène.

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Yellowstone de Ludovic Albar


téléchargement (57)   Le livre : Yellowstone de Ludovic Albar. Paru le 21 octobre 2014 chez Mnémos éditions. 360 pages ;  21€ ; 24×16
« J’ai pourtant vécu, j’ai travaillé, j’ai mangé, picolé, ri et pleuré et baisé avec eux, au milieu d’eux, j’ai collaboré car c’était ma mission au Département, avec le Chef, officiellement pour la défense et l’honneur de l’Union, de la démocratie, J’ai collaboré avec la honte. Des heures, des années noires. Machinistes, soldats, policiers, ce sont nos frères qui oeuvrent, nos collègues, nos amis, je les connais, je les côtoie, je sais qu’ils recommenceront, qu’ils pourront pas faire autrement. Parce que lorsqu’on reçoit l’ordre, n’importe quel ordre, surtout celui qui semble anodin, on touche à sa propre vérité. »

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4e de couv :

Dans une Europe gangrenée par des états-policiers,les fascismes ethniques, la déroute citoyenne, recruté par le Bureau des enquêtes fédérales, Frank Malissol devient un flic d’élite. Envoyé à Paris, il est chargé d’une mission à haut risque : enquêter sur les dérives du Départément de contrôle des Zones, ces no man’s lands où s’entassent les « Feujs », les « Barbus », les « Niaks » et les « Slavos ». Mais traquer les origines de l’explosion sociale a un prix : accepter d’être le poing de l’État ou son cerveau malade. Et si cette apocalypse était pour demain, vous, vous qui n’êtes pas des flics, que feriez-vous à leur place ?

Haletant de bout en bout, le thriller de L. Albar est un véritable cri d’alerte. C’est aussi un grand roman psychologique, géopolitique et visionnaire, dans la lignée des Dantec, Philip Kerr (La Trilogie berlinoise) et Blade Runner, qui décape une bonne part des représentations aveuglant notre société. Yellowstone est un récit écrit avec les tripes et dont on ne sort pas indemne.

téléchargement (60)L’auteur :

Né à Niort en 1969, Ludovic Albar s’est rapidement intéressé au continent nord-américain, à sa culture, et particulièrement son histoire. Il s’est très tôt intéressé à la littérature anglo-saxonne dans son ensemble, la science-fiction et la fantasy en constituant à ses yeux une partie essentielle. Après avoir publié un space-opera ambitieux (trilogie Quantex, 2002-2005, Mnémos), il a souhaité revenir à l’anticipation à l’automne 2014, avec son dernier ouvrage Yellowstone (toujours chez Mnémos), qui flirte plus que volontairement avec le thriller policier, sur fond de civilisation humaine en décomposition avancée.

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Avis :

Ludovic Albar propose une ambitieuse interprétation de l’avenir du monde comme il l’avait déjà fait avec sa trilogie de science-fiction « Quantex ». Il explore avec son style bien particulier et plutôt déstructuré le mélange des genres.  Un mixte de cyberpunk à la W. Gibson et de thriller fantastique proche de Marin Ledun dans « Zone Est ».  Au delà de l’histoire qui mêle futur, présent et passé, où réalité et fiction ne font plus qu’une, l’auteur nous entraîne dans un monde de chaos qui a provoqué sa propre dérive. Là dessus il greffe une intrigue parfaitement maîtrisée avec des personnages d’une force incroyable. Il nous offre une vision coup de poing d’un univers fascinant que l’on explore les yeux grand ouvert. Ca nous arrive comme un coup de point, c’est déstabilisant, prenant. Nous sommes captivés par ce scénario brillant et haletant où la violence est omniprésente. C’est sombre, c’est vrai, et ça nous oblige à la réflexion, quelle monde voulons nous pour demain ?

Un réçit noir mais que la plume alerte de l’auteur allège quelque peu par son humour, et c’est heureux car sinon notre futur ne nous laisserai aucun espoir. Albar est un visionnaire et on le suit les yeux fermés.

http://soundcloud.com/mnemos-ditions/yellowstone-extrait