Délire de Noël des Flingueuses ou les commandements de Noël épisode 2


Délire de Noël des Flingueuses ou les commandements de Noël

Hello mes polardeux,

Pour cette journée  du 25 décembre, sous l’impulsion de Fanny, les flingueuses ont décidé de vous offrir des petits contes de Noël.

Écris tout exprès pour cette occasion chacun c’est amusé à détourner la magie de Noël pour vous faire partager son univers un peu décalé.

Alors joyeux Noël à vous tous et bonne lecture.


Les contes de Noël des Flingueuses

2éme partie

Le commandement de Noël selon….  ou quand les flingueuses détourne un objet de Noël.

 

Le commandement de Noël selon….Marc

Sapin en livre

Un joli Noël pour les membres de ma famille ce n’est pas toujours facile. Quelques-uns de mes cousins ont été choisis pour leur titre de gloire, par défaut, car on ne savait pas trop quoi offrir. Et c’est le pire. Souvent ils finissent dans une brocante, avec tant d’autres. Alignés comme des enfants dans un orphelinat du milieu du 19e siècle, le jour des adoptions, en espérant qu’une famille aimante vienne les choisir.

Là je suis dans le noir, emballé et posé sous le sapin. Je crois que j’ai de la chance, car avant qu’on me mette dans ce joli papier cadeau qui m’habille ce soir, j’ai vu une belle bibliothèque avec de nombreux congénères qui semblaient heureux d’être dans ce foyer. Je crois que je vais voir des sourires quand on va déchirer le papier qui m’entoure. Et quand mes pages s’ouvriront je verrais des visages s’illuminer sous les émotions que je sais si bien transmettre. Avec de la chance je vais passer entre les mains de tous les membres de la famille, peut-être même qu’ils vont me prendre avec eux en vacances pour me lire sur une belle plage ensoleillée l’été prochain.

Juste avant l’obscurité, j’ai vu des Mojito posé sur la table basse du salon, je dois être dans une famille de flingueuse. Oui je sens que je vais être aimé et très heureux ici. Voilà un superbe Noël qui s’annonce pour moi.

Bonnes fêtes à tous

Le commandement de Noël selon…. la coucou suisse de Danièle

Moi je suis la coucou, oui pas de raison qu’il n’y ait que des mecs à faire les cons en sortant de leur cahute toutes les heures … d’accord ? C’est un taf plus astreignant que celui de la canassonne  verte parce que celle là ne devait pas coucouter nuit et jour ! Et ce soir ils vont même tous attendre béatement ma douzaine de coucoutages … Fêter Noël, n’importe quoi ! Rester debout pour m’entendre alors que je rêve d’une vraie nuit de douze heures de calme et de silence … Donc moi, mon commandement de Noël c’est de faire comme chez les modernes, supprimer ces p… de notifications inutiles. Du coup je me verrais bien ne plus coucouter la nuit et seulement deux ou trois fois le jour … le matin pour emmener les gamins, le midi pour la bouffe, vers 16 heures pour éjecter le facteur qui se paye du bon temps avec la Josette dans le canapé avant qu’elle n’aille chercher ses lardons à l’école.

Je connais bien toute cette famille qui m’héberge depuis que la tante Georgette m’a ramenée d’une brocante en Suisse, même si je traîne un peu dans mes modulations pour préserver mon helvétisme, j’en ai marre de cette sinécure. J’aimerai tant me consacrer à l’éducation du petit Tom, une graine de sérial killer celui-là et avec ce que j’ai appris chez mes anciens patrons, j’ai de quoi faire progresser sa vocation !

Commandement de Noël donc  : silence les notifs et place aux choses vraiment importantes comme la transmission et le partage d’expériences, le reste on s’en balance et on le balance aussi !

 

Le commandement de Noël selon…. Jean Paul

Oh Noël ! soit qui mal y pense

J’aurai du écouter mes parents…

Ce n’est pas faute de me l’avoir répété maintes et maintes fois.
– Ne fais pas de bruit.
– Fais-toi discret…
– Si tu continues, tu vas finir par les attirer !

Je ne les avais pas écouté. J’avais juste envie de me sentir libre, de respirer à pleins poumons. Mais, maintenant c’était trop tard, je ne retrouverai plus jamais les miens…

Tous les ans à la même période c’était pareil. Ils venaient par plusieurs groupes, souvent le matin, dès le levé du soleil. Ils n’avaient peur de rien, de personnes. Trop nombreux pour que nous puissions faire quoi que ce soit. Bruyant, avec leurs gros véhicules équipés de moteurs pétaradants et ça les faisaient rire en plus, alors que nous, tétanisés par la peur, ne savions plus quoi faire, ne savions plus où nous cacher, et à chaque fois c’était la même chose. Plusieurs d’entre nous étaient enlevés et ne revenaient jamais… Le pire dans tout ça c’est que personne ne faisait rien pour nous aider.

J’avais présumé de mes forces, présumé de mes capacités, aujourd’hui j’étais là, allongé dans un 4×4. Je ne voyais rien. Je ne pouvais plus bouger. J’avais du mal à respirer, je sentais à mes pieds, contre mon dos, tout autour de moi, les autres qui comme moi venaient de se faire enlevés. Qu’allait-il nous arriver ? Qu’allaient-ils faire de nous ?
Nous nous posions sûrement tous la même question. Mais personne n’avait de réponses.

La loi du plus fort continuerait donc ainsi tous les ans, et il me semblait bien que c’était à chaque fois de pire en pire…

………

Quatre semaines après notre enlèvement, ballotés de lieux en lieux, changeant à chaque fois de véhicules ou de directions, j’ai pu enfin communiquer avec l’un des miens. Comme moi, il était bâillonné et attaché dans l’impossibilité de faire un quelconque mouvement, mais lors d’un brusque virage, il a glissé tout contre moi. Plus âgé, il essaya de me rassurer, mais en vain. Je le sentais bien. Au fond de lui, il nous savait tous perdus. Un moment je comptais les virages en me disant que peut-être j’arriverai à nous sauver, à me sauver ? Je n’en ai jamais eut la possibilité.

Finalement, nous avons fini par arriver dans un grand local, où nous fûmes jetés, pêle-mêle les uns sur les autres, sans aucun respect. Je les ai un instant entraperçu. Ils étaient tous vêtus de la même façon, très différentes des premiers qui nous avaient enlevé. Plus nous avancions dans le temps, pire étaient nos contraintes de vie. Ils se comportaient comme si nous n’étions pas là, échangeant entre eux des blagues de mauvais goût, sur leurs femmes, sur leurs intentions et de la façon dont ils allaient se servir de nous. Le froid de plus en plus intense en cette période qui annonçait Noël, les incitaient à se réchauffer, grâce à diverses boissons alcoolisées. Pendant ce temps, nous étions tous, transit de froid et de peur… Je ne supportais plus d’être attaché, ligoté, sans voir la lumière depuis maintenant plusieurs jours.

Puis vint le jour “J”.

Il est venu me chercher. Il m’a choisi parmi tous les autres. J’étais celui qu’il voulait. Après avoir posé ses mains calleuses sur moi, fouillant partout, tirant par-ci, pinçant par là. Il me jeta violement sur ses épaules comme si je ne pesais rien.

– Allez ! Merci les gars et à l’année prochaine…

– C’est ça !!! Amuses-toi bien ! Ah ! ah ! ah ! Au fait, quand tu n’en voudras plus, passe un coup de fil, nous viendrons le récupérer. Ne fait plus comme l’année dernière. Tu l’as laisser plusieurs jours derrière chez toi. Je ne tiens pas à avoir des ennuis.

– Ok ! Ça marche je vous appellerai…

Il me jette dans son coffre, et le claque aussitôt. Au bout d’une bonne demi-heure et quelques centaines de virages, son véhicule stoppe. Il ouvre le coffre et me récupère de nouveau sur ses épaules. Je n’en peu plus, je sent ma fin.

Il me pose finalement au sol. Me détache et retire les baillons qui m’entravaient depuis plusieurs jours. La lumière agresse mes yeux, J’ai du mal à conserver mon équilibre et il est obligé de me retenir afin que je ne tombe pas à ses pieds. Nous ne sommes que tout les deux. Il me regarde de bas en haut. Il respire fort. J’entends derrière moi le tic-tac d’une pendule. Je suis dans une grande pièce. La cheminée allumée produit une chaleur agréable. Mais j’ai de nouveau des vertiges, la tête me tourne et je finis par tomber avant qu’il n’arrive à me rattraper.

…………………

Quelle heure est-il ?

Combien de temps suis-je resté inconscient ?

Il doit être tard. Il fait nuit, seule la cheminée produit une clarté douce qui me permet de voir que je suis seul dans la pièce. J’essaie de bouger. Impossible. Je suis de nouveau ligoté de partout. Je ne comprends rien à ce qui m’arrive. J’ai quelque chose d’assez lourd sur la tête, des pointes enfoncées sur tout mon corps. La peur revient à toute vitesse. Je sens que je vais craquer. Il m’a vêtu avec je ne sais quoi. On dirait un déguisement de toutes les couleurs. Soudain, j’entends des voix, plusieurs voix… Que vont-ils me faire ?

– Restez dans le couloir, je fini de le préparer…

– Que vont-ils encore me faire ?

– Laisse-nous regarder !

– Pas question. On avait dit que c’était une surprise !

– Bon d’accord, mais dépêches-toi. Nous sommes impatient de le voir !

Il entre et referme la porte derrière lui. Allume la lumière.
Qu’est-ce qu’il ma fait ?
J’en ai partout ! Sur le corps, sur la tête. Je suis de nouveau ligoté de partout, entièrement à sa merci.

Il vient vers moi avec un sourire qui dévoile toutes ses dents. Il tient à la main quelque chose… Ouf ! Juste une télécommande…

Il appuie.

Une musique doucereuse sort d’une enceinte qui se trouve à mes pieds. Il vient vers moi et me caresse lentement. Tire sur l’un les liens et le replace, sûrement pour voir si je suis bien attaché ? Je suis complètement soumis à lui et me trouve ainsi obligé d’accepter tout ce qu’il voudra m’imposer. Son visage s’approche doucement de moi, maintenant il me hume profondément, recule et de nouveau éteint la lumière…

Se retourne vers la porte et l’ouvre… J’ai peur !

– Venez, vous pouvez entrer…

– Mais, on n’y voit rien ici !

À ce moment là, un flash lumineux explosa littéralement en rythme avec la musique, m’aveuglant en parti. Ça brille de tous les côtés. Tout autour de moi, sur moi !
Du rouge, du jaune, du bleu !!!

– Joyeux Noël les enfants !!!

– Waouh, papa ! Il est vraiment superbe cette année ton sapin…

 

Le commandement de Noël selon….

 la dinde de Noël d’Isabelle

« Cuicui-Couic-cuit-cuit ».

 

Le commandement de Noël selon….  Maud

L’Amitié, à la Vie à la Mort

 

25 Décembre 2018, dans une maison quelque part

Je m’appelle Journal, Maud m’a créé pendant ses vacances d’Octobre pour échanger sur ses journées, ses lectures en attendant de pouvoir publier ses retours sur Les Lectures de Maud. Aujourd’hui posé sur un canapé j’ai envie de me confier. Depuis notre retour, je me sens parfois abandonné, délaissé, Maud me parle de temps en temps de ses rencontres, me confie quel livre elle lit ; mais j’aimerais qu’on papote plus souvent. Parfois lors de nos échanges, je lui fais part mon désarroi. Je sais qu’elle travaille et qu’elle a moins de temps à me consacrer ; peut-être arriverons nous à trouver un rythme régulier d’échanges dès l’année prochaine. Je fais quant même très attention quand je harpie Maud car depuis le Salon du Fantastique, nous avons un nouveau compagnon qui me terrifie. Il y a une différence entre partager ses ressentis de lecture et vivre au quotidien aux côtés d’un Carnet diabolique. Vous écrivez un nom dessus et la personne meurt dans les 30 secondes, je veux parler de Death Note, bien sûre. Après les livres, Maud a également ce précieux Carnet et je peux vous assurer que j’essaie de me tenir à carreaux comme disent les Humains. J’ai essayé à plusieurs reprises d’échanger avec lui afin de troubler mon ennui. Mais malheureusement mes tentatives sont restées jusqu’à présent infructueuses, j’aurais aimé qu’on devienne amis.

Il est posé là pas loin de moi, dans un sens nous avons de la chance Maud nous emmène partout. Nous avons pu assister à l’ouverture des cadeaux, rituel de Noël, de nouveaux livres j’ai hâte qu’elle m’en parle, pardon qu’elle nous en parle. Je suis sorti de mes pensées par Vincent, son frère, qui rassemble et froisse tous les Papiers Cadeaux et qui se dirige vers la cheminée. Mon cœur se serre, je pense à mes cousins qui sont en train d’être malmenés. Puis, c’est au tour des revues, divers magazines et presse. Non, non pas le feu, je ne veux pas finir comme ça !!! Je vois défiler sous mes yeux les différentes lignes de ma courte vie. Mes pages se raidissent presque à se corner, ma tranche se ramollit et ma couverture devient moite. C’est incontrôlable : j’ai peur qu’il vienne me prendre aussi. Je surveille ses faits et gestes, je tremble de mille feuilles. Un coup d’œil vers Death Note, il est serein et ne semble pas du tout préoccupé par ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Nos amis, nos frères, nos cousins, nos semblables, je suis triste pour eux : l’encre de mes dernières lignes devient humide, serais-je en train de pleureur ?

Vincent gratte l’allumette et le feu jaillit : le plus grand ennemi du Papier a encore frappé. Il se retourne rapidement, un courant d’air fait tomber une page de Death Note. J’y lis :

Je les ai sacrifiés pour nous sauver. Ne serait-ce pas ça la magie de Noël : Montrer à ses amis qu’on les aime. Journal, je t’apprécie même si parfois tu écris trop !!

Je profite du courant d’air pour faire virevolter quelques pages afin de montrer ma reconnaissance à mon nouvel Ami.

 

Le commandement de Noël selon….  Cécile

La beauté de verre

Des jours que tu m’observes, des jours que tu t’approches de moi malgré l’interdiction qui t’en est faite, des jours que l’angoisse de tes mains sur moi me hante… Tu sembles inexorablement attiré par le chatoiement de mes couleurs, la courbe luisante de mon corps.

On t’a pourtant interdit de m’approcher, de me toucher, et même me regarder avec convoitise t’est formellement défendu. Tout le monde pressent la fin inéluctable si tu venais à me murmurer ton désir à moins de deux mètres de mon visage. Ton haleine chargée glisse pourtant sur moi comme une menace, comme la promesse d’un dénouement fatal. Je suis pour toi ce qu’il y a de plus proche du péché originel. J’en ai les mêmes atours. Je revêts la même tentation.

Tu sens pourtant que tu ne pourras plus te retenir longtemps, tu veux me posséder me toucher au risque de me briser. Tu n’arrives plus à te contenir, toutes les menaces si tu te laisses aller à tes plus bas instincts n’ont plus d’effet sur toi. Tu ne crains plus rien et encore moins ma fin. Me tenir au moins une fois entre tes mains, même un bref instant, envahit ta raison, devient un besoin impérieux que rien ne pourrait arrêter.

Tu t’approches à pas lents pour n’éveiller aucune attention. Tu me regardes en dardant un regard de passion pour mon éclat. Ton pouls s’accélère à mesure que tu imagines me toucher, me caresser. Le feu envahit tes joues jusqu’au tréfonds de ton envie.

Me voilà gisant sur le sol en mille morceaux scintillants, mes plus beaux atours se sont transformés en mille morceaux éparpillés par tes mains. Elles n’ont pas pu épargner la douce fragilité de mon cristal. Elles ont étouffé la moindre parcelle étincelante  de ma courte vie. J’ai vécu dans du papier de soie mais rien aujourd’hui n’a pu me protéger de tes doigts.  Je gis sur le sol, victime de ta convoitise. Tu n’as pas réussi à résister à mon chant de sirène miroitant. Je suis la première victime de ton massacre de Noël.

Amis des décorations de verre à mille couleurs chatoyantes, sachez que rien ne pourra jamais éviter l’inéluctable destin de la boule de Noël s’écrasant sur le sol, victime de sa propre beauté !

 

 

Le commandement de Noël selon…. Sylvie

L’ATTENTE DE NOEL

Il se sentait bien seul, ses potes étaient déjà partis. Ca bougeait partout en plus il pleuvait sans discontinuer même pas de neige pour Noël ! Il se rappelait quand ses parents étaient partis, il neigeait de gros flocons, ils étaient tout blancs avec des stalactites transparentes collées par le froid. Lui petit avait continué de grandir seul mais avec tout ses copains qui comme lui avaient poussé comme de la mauvaise herbe. Aujourd’hui, il était adulte grand et fort il attendait que vienne le temps pour lui de partir il était impatient mais aussi il attendait ….. Il faisait doux maintenant les saisons étaient bizarres, il entendit du bruit ; ça parlait haut et fort. Les hommes avec leurs grosses bottes cherchaient et l’un deux le regardait; il dit aux autres « mais regardez moi celui-là pas mal du tout pas trop grand ni trop petit, il est comme ils le veulent ! » l’autre dit « ouais » en me regardant « allez les gars embarquez le ». Enfin mon tour, je les laissais m’emmener vers une nouvelle famille. Je me retrouvais dans la maison près de la fenêtre les enfants venaient me voir, j’étais bien habillé pour l’occasion j’étais trop fier ! Je comprenais la joie de Noël même le chat venait jouer avec moi mais il se faisait enguirlander normal à Noël …..

Après les fêtes on me déshabilla, fin de fête, j’avais froid et me sentais nu, je me retrouvais sans ménagement dans la cabane du jardin mais la petite fille insista pour me garder. Depuis tous les ans on me décore, je revêts mes habit de lumière et au fond du jardin à côté des cyprès moi mes pommes de pin et mes aiguilles toutes vertes avec le bonhomme de neige et de jolis rennes lumineux on éclaire de mille feux pour fêter noël.

 

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La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, quatrième audition. 4/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 4

samedi

Fin de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

4e interrogatoire par Mamie Danièle


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours

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Dany : Tic, tac … 4 minutes pour vaquer à ses petites occupations et ensuite …

Ingrid : je suis prête, Danièle 🙂

Dany : Alors on y va …

Sylvie : Je vous suis aussi, bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sylvie

Dany : Alors Ingrid, tu as raconté ce que tu voulais sur ta vie d’autrice mais maintenant passons aux choses sérieuses …
Si tu nous parlais de ta fausse identité … c’est qui cette Myra Eljundir

Ingrid : Ce n’est pas une fausse identité, Myra Eljundir existe vraiment ! 😉

Dany : Mais encore …

Ingrid : (et merci de dire autrice 🙂 )

Dany : justement pourquoi pas auteure …?

Ingrid : Disons qu’elle est une de mes facettes, celle qui préfère le fantastique au thriller.

Dany : Elle correspond à une période particulière dans ta vie de créatrice ?

Ingrid : Eh bien autrice parce que c’est le mot originel ! Il a été effacé des dictionnaires par l’Académie française sous la pression de Richelieu qui voulait sortir les femmes du champ intellectuel. Pour preuve, le mot actrice (à une lettre près, c’est la même chose) qui ne le choquait pas car il s’agissait de faire « commerce de son corps » (en gros le Cardinal prenait les actrices – qui apprécieront – pour des putes !)
Je milite donc pour la réintroduction de ce mot injustement supprimé.
Myra correspond à un besoin d’écrire autre chose, et aussi à celui de rester dans l’ombre puisqu’à l’époque je n’envisageais pas de dévoiler mon identité.

Dany : Mais quand on voit les dates de publication les deux … en même temps

Ingrid : Ecrire autre chose ne veut pas dire renoncer à ce qu’on écrit par ailleurs ! 🙂

Dany : Je ne parle pas de renoncement… tu nous as dit que tu étais habitée par tes personnages … c’est un gros volume qu’ils occupent dans ta tête

Ingrid : A croire que j’ai une grosse tête 😛

Dany : Ça c’est de plus en plus certain Tu avais donc plusieurs « genres » en écriture en même temps ?

Ingrid : Oui ! j’ai écrit Kaleb 1 et 2  (ou 2 et 3, je ne sais plus … mais c’était deux tomes) et Sa vie dans les yeux d’une poupée la même année

Dany : Et il y avait une porosité entre les deux ?

Ingrid : Oui, des passerelles, c’est sûr ! mais le pire, c’est que je devais veiller à ne pas m’autoplagier ! Une fois j’ai écrit spontanément la même phrase dans les deux ! heureusement ça me « disait quelque chose » et en vérifiant j’ai constaté le méfait 🙂

Dany : une forme de schizophrénie

Ingrid : Plutôt de dédoublement de personnalité !

Dany : Ça c’est pour l’écriture mais tu as aussi des activités que tu mènes de front ! Tu as une organisation particulière pour ne pas perdre le fil ?

Ingrid : Bonne question, j’ai parfois tendance à trop charger la mule et c’est compliqué de tout faire… Je suis parfois obligée de mettre des choses de côté. Mais en général, quand je n’ai plus de jus pour une activité, j’en ai pour une autre… j’avance comme ça !

Dany : Tu as un espace dédié (un bureau ou ton canapé vert) pour écrire ?

Ingrid : J’ai un bureau. J’ai longtemps travaillé dans mon salon, assise sur le canapé (mon ostéo était ravi) mais j’avais du mal à établir la frontière entre travail et vie privée, je travaillais tout le temps, et je culpabilisais quand je ne travaillais pas. Maintenant, du fait d’avoir séparé le lieu de travail et le lieu de vie/repos… je suis plus zen dans mon salon et plus concentrée dans mon bureau 🙂

Dany : Tu nous as dit que l’écriture d’un thriller demandait qu’on suive un « plan » … tu n’as pas dit plan d’ailleurs il me semble … tu as un mur comme Norek ou des post-it partout comme Chattam ?

Ingrid : J’ai les deux, et aussi un plan sur feuilles A4 (11 pages de plan pour le nouveau)

Dany : Tu n’as pas recours aux outils bureautiques comme Thilliez qui organise ses plans comme des batailles ?

Ingrid : Je ne sais pas comment Franck opère, pour être honnête, ni quels outils il utilise !
moi je travaille comme Desjours et ça me va 😛 😀

Geneviève 😆 Dany 👍

Ingrid : Un truc sophistiqué où tout y est … passons

Dany : Pour les personnages, ils se construisent au fil des pages, cependant pour qu’ils soient cohérents tu as un truc ?

Ingrid : Se les représenter mentalement, connaître leur physique, mimiques, histoire, caractère… se faire des fiches ça peut aider, bien que j’en fasse rarement, ils sont tellement prégnants que je ne risque pas de les oublier !

Dany : Est-ce que tu les visualise en fonction de ressemblances avec ton entourage ou des personnes connues ?

Ingrid : ça peut, oui… il m’arrive aussi  de m’inspirer d’acteurs, de personnes connues

Dany : et ton chat qui ressemble à ton avocat …

Geneviève 😆

Ingrid : c’est l’avocat qui lui ressemble ! mon chat ne ressemble à personne, tu vas le vexer ! 😂

Dany et Geneviève 😆

Ingrid : Il faut ménager la susceptibilité de ces petits félins, ils sont comme nous, ils n’aiment pas qu’on les compare 🙂

Dany : Quand on te voit raconter, on a le sentiment que tu vis les histoires que tu veux transmettre … ta gestuelle, tes yeux … tu sembles vibrer avec l’histoire

Ingrid : Merci !!! ça me touche beaucoup que tu voies ça ! 🙂 c’est vrai que pour moi, raconter une histoire, c’est parler au cœur et à l’âme… avec le cœur et l’âme !

Dany : Tu as participé à l’adaptation d’un de tes romans pour la TV … comment as-tu vécu cette expérience ?

Ingrid : C’est une grande chance de voir ses personnages portés à l’écran, encore plus de pouvoir y participer ! Maintenant le bilan est mitigé car évidemment, on n’a pas autant de liberté que quand on écrit un roman, mais c’est le jeu ! Alors, on verra pour le résultat 🙂 mais quoi qu’il en soit je suis contente de l’avoir fait, j’ai appris beaucoup de choses

Dany : C’est en cours de tournage ou c’est déjà passé ?

Ingrid : C’est en cours de tournage (jusqu’au 21 décembre !) avec Jérémie Rénier et Clotilde Hesme
c’est TROP la classe 🙂

Dany : Et tu as participé au scénario et à la rédaction des dialogues ?

Ingrid : oui ! mais les choses ont un peu (ou beaucoup) bougé depuis le passage du réalisateur ! à voir, donc !

Dany : Tu pourras nous donner des précisions quand tu auras les dates etc … mais déjà Jérémie Rénier c’est bien … le réalisateur ?

Ingrid : Le réalisateur s’appelle Mathias Gokalp et bien sûr je vous donnerai tous les détails sur ma page Facebook ICI

 Dany : Belle aventure … est-ce que ça te donne des idées pour de nouvelles aventures ? Des fois que tu aurais du temps libre bien sûr

Ingrid : J’ai un projet de série policière en lecture par une chaîne en ce moment, mais ça ne veut pas dire que ça aboutira… C’est un métier qui demande beaucoup de patience et de résistance à la frustration

Sylvie, Geneviève👍

Dany : et c’est une toute autre approche que l’image … une autre frustration aussi
Est-ce qu’il y a un roman que tu aurais aimé écrire ?


Ingrid : les Rougon-Macquart de Zola … tous les Rougon-Maquart. Je trouve Zola d’une finesse, d’une intelligence dingues. Ce qu’il dépeint de la société et des rapports humains est tellement juste, et cette écriture juste sublime ! Oui, je lui envie cette œuvre !


Geneviève : 😍

 

Ingrid : tous Les Rougon-Macquart  hein ! soit une vingtaine de romans. (oui, je vise la lune, mais comme dirait Amel Bent, ça ne me fait pas peur)


Syvie et Danièle : 😍
Geneviève👍

 

 

Dany : Et quand tu lis pour le plaisir … que lis-tu ?

Ingrid : Des romans, des essais, des revues
des articles de journaux intéressants aussi

Dany : De tes collègues de plume …

Ingrid : Je ne lis pas de polars français … je cherche plutôt à me changer les idées 😀

Dany : Tu rencontres tout de même tes collègues en salon ?

Ingrid : bien sûr 🙂
et je leur dis même bonjour 🙂 😉 c’est dingue hein 😀

Sylvie 😆

Dany : Tu publies aussi dans les mêmes recueils …

Ingrid 😎

Ingrid : exactement !

Dany : Le polar français … ou le thriller … est plutôt prolifique, cependant les chasses aux éditeurs sont légion. As-tu eu des difficultés à trouver un éditeur ?

Ingrid : Non, j’ai eu beaucoup de chance pour cela 🙂

Dany : Tu en as eu plusieurs au cours de ta longue carrière …

Ingrid : Je sais à quel point c’est difficile pour beaucoup, c’est un Graal. Mais comme je dis à mes élèves : il est toujours possible de trouver son éditeur, il faut parfois savoir le chercher différemment 🙂

Dany : Est-ce que ton premier roman (le tout premier) a été publié ou est-il encore dans un tiroir ?

Ingrid : En 10 ans j’en ai eu 2 ! Mon premier éditeur, chez Plon, à qui je suis très reconnaissante de m’avoir donné ma chance ; et mon éditeur actuel chez Robert Laffont avec qui je collabore depuis plus de six ans 🙂
Le tout premier a été refusé par toutes les maisons d’éditions auxquelles je l’ai envoyé !!! 😀 il se terre de honte dans un tiroir, depuis 😛

Dany : Je terminerai sur ta relation avec les lecteurs … tu les rencontres en salon, sur les réseaux sociaux … est-ce que tu tiens compte de leurs avis ? Surtout comment réagis-tu à une remarque disons nuancée

Sylvie : 👍

Ingrid : J’essaie d’éviter de lire les critiques, car elles me font l’effet d’un horoscope inversé : je ne retiens que le négatif et ça me paralyse pour l’écriture
Après on peut très bien me dire qu’on n’a pas aimé, ce n’est pas un problème et ça fait partie du jeu, tant que ce n’est pas un procès à charge et que ça reste respectueux et constructif 🙂

Dany : Pour ma part je pense qu’il est plus constructif de mettre en avant les points forts que de s’étendre sur les points faibles et de toutes façons en respectant le travail de l’auteur et de l’autrice 😉

Ingrid : Je trouve aussi ! Personnellement, je préfère parler de ce que j’ai aimé, que de ce que je déteste 🙂

Dany : Et bien Ingrid je crois en avoir fini avec mes investigations et Geneviève devrait nous rejoindre sous (très) peu pour donner son verdict. Pour ma part j’ai été ravie d’échanger avec toi et à l’heure où je mets le point final je te dis … à samedi prochain à Blaye !

Sylvie : 👍

Dany : On me dit dans l’oreillette que la Cheffe est dans le couloir …
Peut-être y a-t-il une flingueuse qui souhaite compléter cette audition ?

Ingrid : Moi aussi j’ai été ravie ! 🙂 vraiment c’est super d’avoir cet espace de parole, même s’il a la taille d’une cellule de GAV ! 🙂

Sylvie : 😍

Ingrid : j’espère que pour vous toutes ça a été un bon moment aussi

Dany : Merci en tous cas de ta disponibilité et de ton adaptabilité …

Ingrid : J’avoue maintenant que j’ai fait les deux dernières auditions le ventre vide et avec un mal de crâne épouvantable ! J’espère que je n’ai pas raconté n’importe quoi 😂
sinon on mettra ça sur le dos de la douleur 🙂

Sylvie : 😮

Sylvie : Oh oui un bon moment de GAV

Dany : Ben non, pour moi c’était très clair et très sincère (du moins tel que je l’ai vécu) avec les autrices on n’est à l’abri de rien !

Ingrid : 😍

Ingrid : je ne sais pas ne pas l’être… c’est un gros défaut aussi
(sincère hein, parce qu’il m’arrive de ne pas être claire !)

Dany : 😆

Sylvie : Coucou Ingrid  je vous ai rencontrée à  Saint-Maur, accessible souriante et patiente je vous suis depuis et j ai beaucoup appris de par cette GAV .Merci de vous être livrée et à  bientôt

Ingrid : 😍

Ingrid : mais franchement, 2 questions : 1/ comment avez-vous eu cette idée géniale et super originale ? 2/ c’est un travail monstrueux pour vous de vous tenir dispo comme ça et de reporter ça sur votre site : comment faites-vous ? !
Merci Sylvie  ❤

Sylvie😍

Sylvie : Une super organisation avec une cheffe de meute et des  flingueuses au top..

Ingrid : 👍

Dany : La première GAV a eu lieu en Février avec Nick Gardel parce qu’on parlait d’ITV et qu’on était plusieurs à le connaître, du coup c’est devenu un concept qu’on essaye de maintenir une fois par mois … Le rythme est soutenu et ça demande aussi un minimum de connaissance des auteurs donc de travail en amont … ça demande aussi un auteur coopérant mais ça existe !

Sylvie, Ingrid : 👍

Ingrid : Oui j’ai senti beaucoup de travail ! On voit que vous n’arrivez pas les mains dans les poches !
C’est vraiment très agréable pour l’auteur

Geneviève : Cette idée  est née  d’une discussion avec Aline

Aline : 😍

Geneviève  : C’est vrai que c’est  chronophage  mais tellement intéressant
Chaque GAV est différente. Et surtout  c’est pour  vous que c’est le plus dur ! 
D’ailleurs à  chaud comment as-tu  vécu celle-ci  ?

Ingrid : Très bien, mais j’avais peur d’être un peu ennuyeuse des fois 😛 sinon je vous ai trouvé hyper réactives et bienveillantes, avec beaucoup d’intuition… vous savez sentir quand un sujet s’épuise ou que la personne n’a pas particulièrement envie de continuer là-dessus, j’ai senti beaucoup de respect et de finesse !
Les deux dernières étaient plus dures pour moi, physiquement à cause de mon mal de crâne mais j’arrivais parfois à l’oublier en vous répondant, donc c’est plutôt bon signe !

Sylvie😮

Ingrid : Vous êtes toujours là ?

Geneviève : oui je suis là 👍

Geneviève  : C’est  un peu le concept je l’ avoue. Vous avoir à  l’usure

Ingrid : 😆

Geneviève  : Non je plaisante ! Mais c’est vrai que de mener ces itv chacune notre tour nous permet de varier les sujets abordés. Où de revenir sur certain point que l’on aimerait approfondir

Ingrid : oui ! 🙂

Geneviève : Mais c’est la première fois que l’on avait un chat dans une garde à vue
Ingrid : il va être content ! c’est un vrai cabot🙂

Geneviève : Ça m’étonne pas que ce soit un cabot moi j’ai un chien qui se prend pour un chat
MDR. D’ailleurs quel est son nom à ce chat?

Ingrid : en fait j’en ai deux : Lojong  le chat bleu qui a donné son nom à Maître Lojong (qui ressemble beaucoup à Vergès) et Sherkan le tigré


Dany et Sylvie : 😍

Geneviève : donc il me reste à vous souhaiter une très bonne soirée et un excellent week-end (enfin ce qu’il en reste !) 
Ah oui et pendant que je te tiens Ingrid, je voudrais m’excuser de ne pas avoir pu participer ou écouter la troisième audition j’étais moi-même en interrogatoire avec un auteur en direct à  la bibliothèques

Ingrid : aucun souci, @Geneviève 🙂 tu étais là en pensées


Geneviève : 😍

Allez bonne soirée à tout le monde et bon dimanche à vous toutes
bonne soirée !
Et je reviendrai vers toi Ingrid en MP cette fois pour te parler d’Apéro Polar et de murder party pour la bibliothèque

Ingrid : d’accord 🙂 avec plaisir


Geneviève À très vite alors et prends soin de ton mal de tête


Ingrid👍Merci ! Bonne soirée !

Geneviève : Voilà Ingrid a été relâchée, nous n’avons retenu aucun motif d’inculpation.

Il est 18h59. Fin de la Garde à vue de décembre

Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle


Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle

 

Les 14 jubilations de Dany pour 2018 …

Notre cheffe avait demandé 10 coups de cœur, après âpre négociation j’ai obtenu 14 ????

… l’exercice est toujours aussi …

complexe

Ces auteur(e)s m’ont tous étonnée cette année.


1- Power de Michael Mention :

lu en juillet 2018

Comment fait donc cet auteur pour changer de style et d’univers à chacun de ses romans ?

L’action se déroule de 1965 à nos jours dans une Amérique raciste, les descendants d’esclaves décident de s’organiser pour sécuriser et pacifier les quartiers ghettoïsés. Au début, démarche expérimentale, la réaction pacifiste aux extrémismes doit s’organiser quand le phénomène s’amplifie et devient un fait de société. 
Le contexte historique est illustré au travers des assassinats qui ont marqué cette période à commencer par 
Malcolm X, puis les frères Kennedy, le pasteur King et tous les autres ainsi que les événements de cette deuxième moitié du XXème siècle. Grâce à cette fresque si bien dépeinte, tout s’éclaire et notamment les origines du Black Panther Party, la lutte pour l’égalité des droits et contre les violences faites aux femmes, au travers de personnages follement attachants ou franchement antipathiques, tous désespérés. Un regard incisif, un récit hyper documenté, une immersion au coeur de la contestation de cette société qui aurait pu réaliser le rêve de fraternité mais qui a mené notre humanité mesquine à ce qu’elle est malheureusement encore aujourd’hui.

Après l’écologie (bienvenue à Cottons Warwick), la grande criminalité (la voix secrète), les journalistes véreux(le carnaval des hyènes), ce dernier roman choral étonne et captive avec une grande maîtrise du sujet … Où donc va-t-il nous emmener la prochaine fois ?
Power … mon coup de coeur 2018 !

2 – Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto :

lu en septembre 2018

Que d’émotions en refermant ce livre, véritable parcours initiatique et métaphorique. Thomas est dans le coma et il a perdu ses souvenirs.

Au moment de l’accident, on peut dire que c’est un vrai « connard » ! le jeune garçon qu’il a été, va le guider, comme Virgile dans la Divine Comédie dans un espace parallèle : le supplément d’âme, … de l’autre côté. L’histoire pourrait être celle d’un triangle amoureux classique, celle d’un ambitieux qui fait passer sa carrière avant sa famille. C’est bien plus que ça, c’est celle des choix de la vie. Quand donc Thomas a-t-il rompu avec ses rêves, quand donc a-t-il trahit TK ? Sa quête de vérité, il va la faire pendant son coma, aux portes d’une mort annoncée et ainsi découvrir les malversations de ses collaborateurs, jusqu’au dénouement final, révélation inattendue et violente. La narration de Thomas rend le lecteur complice. 

Inclassable roman à suspense, très fort et dérangeant, c’est le premier que je lis de Matthieu Biasotto. Sa sensibilité à fleur de peau, son style affuté et surréaliste à la fois m’ont fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

3 – Enfermé.e de Jacques Saussey :

lu en octobre 2018

On sait quand on suit Jacques Saussey, qu’il n’est jamais aussi déroutant que dans ses one-shots … Après le loup peint et le pied de nez à notre conscience écologique, c’est notre plus profonde intimité qu’il ébranle avec enfermé(e).

Deux temporalités se mettent au service de la démonstration. La première au passé nous fait revivre l’histoire de Virginie, prisonnière d’un corps qui ne convient pas à ses émotions, son parcours et son coming out….. la seconde au présent se consacre à l’intrigue de nos jours …
Mais ça ne s’arrête pas là … trop simple pour Jacques Saussey. C’est plus généralement de la domination des faibles par les pervers, les toxiques, ceux qui ne peuvent accepter la différence mais aussi de la fin de vie et du traitement réservé à ceux qui ont eu un passé et qui sont en train de perdre leur identité « au bénéfice » de l’âge qu’il parle ici. Mais ne sommes-nous pas tous complices de détourner le regard de ce que nous ne voulons pas voir …
On a déjà beaucoup écrit sur ce thriller et c’est tout à fait légitime pour ce roman noir bien foncé, ces 373 pages d’une densité rare et hyper documentées.

Des « artifices » de rédaction rendent ce récit encore plus dérangeant : pas de noms propres pour ceux qui sont en perte d’humanité, seuls les personnages ayant abouti dans leur parcours trouvent un nom. 


Plus déglinguant que Meurtre pour rédemption de Karine Giébel auquel on pense immanquablement lors de la description du parcours carcéral, c’est une vision optimiste néanmoins pour ceux et celles qui viennent à bout de tous les obstacles posés par notre société bien (trop) pensante.

4 – Crotales de Jean-Luc Bizien :

lu en janvier 2018

D’abord il y a les Daltons … pas vraiment racistes mais accros à la violence gratuite, juste pour l’adrénaline, alors pourquoi pas contre les latinos aux prises avec leur cerveau reptilien ?
Puis il y a les narcos et leurs clans, leurs trafics, l’exploitation de la pauvreté des villageois qui habitent le long de la frontière métallique entre les US et le Mexique et la domination en en faisant leurs mules et leurs esclaves.
Vient ensuite la CIA, toujours prête à se fourvoyer dans des plans douteux pour atteindre ce qu’elle présente comme des objectifs glorieux.
Et puis, et puis … il y a Païk Dong-Soo, plus mal en point que jamais mais encore plus attachant aussi.

 

Le talent de l’auteur qui vous entraine dans l’exotisme mexicain, avec toute la cruauté primaire, à l’approche l’élection présidentielle à laquelle se présente un certain Donald Trump. Une intrigue forte, sans doute encore en-deçà de la réalité. Une narration sur plusieurs plans qui se rejoignent on s’en doute, bien habilement. Quatrième volet de la vie de l’agent très spécial Coréen, laissé presque mort à la fin du « berceau des ténèbres », à la hauteur de ce qui ne devait être qu’une trilogie, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

5 – Fantazmë de Niko Tackian :

lu en janvier 2018

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale.

Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements.

Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

6 – Apocryphe de René Manzor :

lu en octobre 2018

Inclassable ce thriller historique. Pour la mécréante que je suis c’est comme si j’avais entendu parler des deux premières saisons d’un série et que je découvrais la troisième aujourd’hui . Un péplum très contemporain par son ton et les thèmes traités : ne pas rater !

Jérusalem, an 30. Un petit garçon de 7 ans reste sur le Golgotha, les yeux rivés sur l’homme cloué sur la croix centrale. Il est le fils de Yeshua. Plus tard, le jeune David de Nazareth, qui a grandi dans le désert de Judée auprès de sa mère, Mariamné, est lassé de vivre caché. Sa révolte intérieure le pousse à s’enfuir afin de rejoindre Jérusalem.

 

 

 

 

7- Salut ô toi mon frère de Marin Ledun :

lu en mai 2018

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power.

Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze ans est victime du délit de « sale gueule » et fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ».

L’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

8- Mourir encore … (et plein d’autres choses) de Nick Gardel :

lu en août 2018

Après deux trilogies et quatre « one shot » où les personnages se croisent pour notre plus grand plaisir et auxquels il faut ajouter un poulpe, c’est un recueil de nouvelles que nous propose cette fois cet alsacien d’adoption, jongleur de mots et addicte aux calembours.

Le fil rouge c’est le nôtre … le temps, le temps qui passe, qui apporte tracas ou sérénité. Et sa durée toute relative … et au-delà Nick Gardel nous livre une réflexion, toute personnelle sur le métier d’auteur.

Même si la nouvelle n’est pas le format que je préfère en général, c’est bien en lisant une nouvelle (un état d’esprit) qu’il avait publiée comme feuilleton dans FaceBook que j’ai fait connaissance avec cette plume caustique et hilarante. C’est une nouvelle version remaniée de 20 nouvelles, inédites pour la plupart, qu’il nous livre aujourd‘hui. Oui Nick Gardel sait aborder des sujets graves avec dérision et déraison … et c’est sans compter avec sa galerie de personnages cocasses et qui ressemblent terriblement à vos voisins ! Certes le temps est relatif et le temps de lire les nouvelles de Nick Gardel ne dure pas assez pour le plaisir qu’elles nous procurent.

Idéal pour une pause entre deux romans sérieux ou sanglants, un univers déjanté, des histoires saugrenues, des personnages fous, une certaine forme de philosophie et ce foutu style incomparable … tout y est, même le bonheur !

9 – Les voleurs de temps de Corinne Martel :

lu en mars 2018

Toujours aussi inclassable Corinne Martel avec ce deuxième roman. Alors que le lecteur se jette dans l’aventure aux côtés de Chloé et Valentin, qui doivent se marier samedi prochain, les rapports ambigus de la jeune femme et de sa sœur Manon déroutent à souhait.

Pour organiser la cérémonie, le couple fait appel à un organisateur de mariage et sa coéquipière couguar, deux personnages atypiques eux-aussi et, il se passera ce qui doit se passer … ou pas.

La narration véhicule une angoisse grandissante et interpelle chacun d’entre nous sur les limites que nous sommes prêts à franchir par amour et c’est en fait au cœur de la folie que nous plongeons … Poétique et fou, entre « l’écume des jours » de Boris Vian et « Régis » de James Osmont, addictif et savamment dosé.

Impossible d’en dire d’avantage sans spolier, mais sachez que Corinne Martel a superbement assuré et comblé les espoirs que l’on pouvait mettre en elle avec « et tu vis encore ». A noter la ponctuation du récit par de superbes illustrations qui confortent le lecteur dans ses errements … beau boulot !

10 –  Sa majesté des ombres de Ghislain Gilberti :

lu en juillet 2018

Un pavé au sens propre comme au sens figuré ! 739 pages, encore plus de grammes au bout du poignet mais un sacré thriller-polar-roman noir !
J’avais laissé le commissaire Sanchez à la fin du « bal des ardentes » et sur les conseils de l’auteur, je me suis mise en quête de la « majesté des ombres », premier tome d’une trilogie annoncée. C’est peu de dire que le suspense est au comble avec final, comme dans ses précédents romans, en apothéose. 
Plusieurs niveaux de lectures … l’orgueil d’un chefaillon qui met en péril ses troupes, une guerre des polices qui tourne au cataclysme, une justice qui a beaucoup de mal à mener sa mission, des mises au placard malvenues, des trafics de drogue sophistiqués, des techniques d’investigation psychologique qui font du profilage un art majeur, des infiltrations à hauts risques, et le tout au service d’une histoire plus crédible que nature, tant elle est documentée avec en prime, cette dose de sensibilité découverte avec l’inclassable « 
dynamique du chaos ». 
C’est vrai qu’on connaissait l’auteur expert en armes à feu, en stupéfiants et en profilage. Tous ses dons sont ici confirmés et pour la suite annoncée pour cette fin d’année 2018, les lecteurs peuvent légitimement se demander où donc Ghislain Gilberti va pouvoir nous propulser ?

 

11 – La prunelle de ses yeux d’Ingrid Desjours :

lu en avril 2018

On ne m’avait dit que du bien que cette auteure … je n’ai pas été déçue du premier roman que je lis d’elle ! Suspense angoissant, manipulations assorties d’usurpation d’identité …
L’action tire ses ressorts d’un drame qui s’est déroulé en 2003. Gabriel y a alors perdu son fils et la vue. Il a la détermination d’un père prêt à tout pour venger Victor, promis à une belle carrière, qu’un « rite initiatique » a brisé. Une espèce de road-movie où la politique s’abaisse au plus bas du populisme, va nous faire voyager aux côtés de Maya dont on ne sait si elle est ange ou démon … et le méchant et ses dominés ici habitent le XVIème arrondissement, un vrai méchant sans circonstances atténuantes ! Il faudra attendre le dénouement pour approcher la vérité extrêmement douloureuse. 
Le personnage de Nour est un petit rayon de soleil dans ce monde de brutes ! Les interludes scientifiques rythment ce récit et renforcent le malaise latent. C’est chacun des personnages qui nous pose la question : qu’aurais-tu fait à ma place ?

 

12 – Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier :

lu en avril 2018

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité ….

C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier !

Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son deuxième polar pour adultes.

13  – Les couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître :

lu en mars 2018

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

14  – Sœurs de Bernard Minier :

lu en avril 2018

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affuté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambigües et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.

Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Et heureusement que certains n’ont rien sorti en 2018 …

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, deuxième audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 2

Mardi 16 octobre 16h00

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

2e interrogatoire par Mamie Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Les deux dernier le seront 29 et 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Dany : Coucou … Il y a quelqu’un et quelques unes ?
Prévenu êtes-vous là ?

Ge : Notre prévenu je ne sais pas pas, mais ton porte flingue est derrière la vitre teintée.

Dany : Merci Cheffe !

Vincent : hello. Je suis quasi prêt !

Ge : Bonjour Vincent Hauuy

Dany : Bonjour Vincent, je me présente, je suis Danièle, la doyenne de la team des flingueuses mais autant se méfier …

Vincent : Bonjour !

Dany : J’aimerai que l’on parle de ton premier roman … du moins le premier publié !

Vincent : Ok je suis à vous

Dany : N’en faites pas trop tout de même …
Alors les lieux … pourquoi l’Amérique du nord ?

Vincent : Plusieurs raisons, la première étant que je vivais la bas au moment de la rédaction. J’ai même placé une scène de crime dans le village ou j’habitais (Lac Beauport)
Apres, l’autre raison (qui pour le coup m’arrangeait), c’est que historiquement les événements se sont passés là-bas dans cette partie (université McGill a Montréal, l’asile dans le Vermont)

Dany : mais cette guerre des polices et des territoires existe aussi en France. Elle vous est apparue réelle ou c’était un outil pour l’intrigue ?

Vincent : Je suppose que si j’avais habité en écosse…
ha je parlais de ce qui se passait avec MK Ultra. La guerre des polices n’était qu’une tension supplémentaire pas forcément prévue d’ailleurs.
Pour l’aspect réel, j’ai demandé des conseils à un policier de la Sureté de Québec. Il m’a par exemple confirmé qu’une collaboration avec la police du Vermont pouvait être envisageable

Dany👍

Vincent :  Apres, c’est compliqué au Canada et aux USA car il y a le fédéral et le provincial. Si par exemple un crime est perpétré sur plusieurs états ou province, le FBI (ou la GRC pour le canada) peuvent prendre le relais

Dany : J’ai lu que vous étiez hypocondriaque, angoissé et phobique … vous transposez vos angoisses sur vos personnages ?

Vincent : oui, de manière inconsciente, mais après relecture, c’est flagrant haha

Dany : par exemple …

Vincent : on m’a fait la remarque qu’il y avait beaucoup de cancer et/ou personnages malades dans mes romans. En même temps, cela fait partie de la vie… Bernard Tremblay, David le frère de Sophie, le père de Cadwell…
Voila. (j’ai jeté un froid ? 😛 )

Dany : Non pas vraiment c’est vrai c’est la vie . 
Maintenant vos personnages … comment avez-vous construit Noah ? Est-il resté longtemps dans votre tête avant d’aller faire un tour sur le papier ?

Vincent : Noah est un personnage qui est venu dans ma tête bien avant que j’écrive le roman

Dany : un modèle familier ?

Vincent : j’avais en tête une idée : et si un type brillant intellectuellement avait un accident et se retrouvait dans l’incapacité de compter sur son intellect et devait compenser son handicap par l’instinct
Non pas vraiment (enfin pas conscient). Il est né d’un concept, le reste est venu après

Dany : donc il existait avant l’intrigue

Vincent : Oui, l’intrigue est née de deux choses : Noah Wallace et la scène du prologue (qui me trottait dans la tête depuis un bon bout de temps)

Dany : un de vos cauchemars ?

Vincent : non, juste une scène qui me trottait dans la tête, venue de je ne sais ou.

Dany : et la journaliste ?

Vincent : L’idée qu’un tricycle dévale une pente et que chacun vaque à ses occupations sans s’en apercevoir

Dany : le Potemkine en Amérique ?

Vincent : Le potemkine pour la mutinerie ? 😛

Dany : non le landau

Vincent : ha ok !

La journaliste est née de l’idée d’avoir deux fils conducteurs
je la voulais aux antipodes de Noah. Solaire, un peu naïve. J’ai conçu son arc comme une descente au enfer

Dany : les femmes, il y en a d’autres autour de Noah

Vincent : Oui, alors elle sont venues spontanément. Rachel pour la romance, Clémence pour faire un miroir déformant à Noah, renvoyant le reflet de l’homme qu’il était avant

Dany : est-ce que vous êtes plus à l’aise quand vous parlez de Noah ou de Clémence ?

Vincent : Pour le tricycle, le point de vue de Clémence n’est pas exprimé.
Je suis en troisième personne à focalisation interne (un il très proche du je), donc je n’ai pas vraiment eu à intérioriser les sentiments de Clémence.
Pour le Brasier, elle avait le droit à son point de vue, c’est différent 🙂

Dany : et vous avez deux personnages en grande souffrance

Vincent : deux seulement ? 😛

Dany😆

Dany : c’est difficile de parler de la souffrance ?

Vincent : Oui, en fait je trouve même qu’écrire sur la violence et la souffrance est assez éprouvant.
Il y avait des moments ou j’étais « mal à l’aise », c’est le prix à payer quand on veut écrire du noir…

Dany : Y a-t-il des souffrances, des violences , que vous ne pourrez jamais aborder ?

Vincent : Aucune idée, je n’y réfléchis pas à l’avance. Mais une fois qu’on touche à l’enfance, je pense qu’on peut tout aborder.

Dany : C’est aussi des messages que vous passez, des alertes

Vincent : Je n’y réfléchis pas forcément à l’avance. J’ai écrit le Tricycle Rouge avec l’optique d’en faire un thriller rythmé et divertissant peuplé de personnages typés. Je pense que les messages ou allégories sont distillés au cours du récit, mais en filigrane, une émanation inconsciente qui a pris forme dans les actions et pensées de mes personnages

Dany : Vous ne l’avez pas épargné Noah ! Un accidenté de la vie médaille d’or !

Vincent : Oui. Il ne faut jamais hésiter à maltraiter ses personnages !

Dany : Parlons-en justement …
Le choix d’en faire un personnage récurrent vous est venu comment ?

Vincent : J’ai hésité. Le tricycle rouge aurait pu être un one-shot

Dany : C’est sur mais maintenant il est là

Vincent : mais j’ai eu beaucoup de gens qui m’ont dit « mais hey !!! tu dois faire une suite !!! » Alors j’ai exploité les quelques zones d’ombres du Tricycle.
J’avais des choses à raconter dans le premier opus que j’ai du laisser de coté. je m’en suis resservi pour la suite.

Dany : donc maintenant il doit s’en sortir à chaque épisode 😉
C’est Aline qui parlera du Brasier plus tard

Vincent : Je ne sais pas. Je n’ai pas tranché. et je ne pense pas tirer sur la corde trop longtemps

Dany : Vous êtes prêt à le tuer ?

Vincent : j’aime bien me renouveler, d’ailleurs le prochain opus sera différent.
Oui, je suis prêt à tout, si l’histoire le justifie
Si on sent le personnage invulnérable, on diminue la tension
« oh c’est le personnage récurrent, il ne vas rien lui arriver »

Dany : le syndrome James Bond ou  Franck Sharko … et l’histoire alors … elle vient de où ?

Vincent : Du prologue. Je me suis dit : D’où vient donc ce garçon sur son tricycle 🙂 … et j’ai remonté le fil… en écrivant.
C’est un cas d’écriture sans plan ou j’avais besoin de me surprendre. Où je devais alterner les phases d’écriture et les phases de recherche.
Et puis j’étais dans le cadre d’un concours, c’était assez intense et j’avais un temps limité pour écrire. Je n’avais pas le choix en fait, haha

Dany : un concours ?

Vincent : oui, concours Fyctia RTL VSD, organisé l’année dernière, et cette année, avec un jury composé par l’éditorial, les journalistes et Michel Bussi en président.

Dany : La reconnaissance fait plaisir à ce stade

Vincent : Oui, c’est grisant pour un premier roman !

Dany : Mais concrètement combien de temps d’écriture et de documentation ?

Vincent : pour le Tricycle 4 mois, tout confondu, mais c’était intense
J’étais en burn out sur la fin, les Week ends y passaient

Dany : Je comprends que Noah devait exister quelque part chez vous avant

Vincent : et toutes mes soirées …
mon petit dernier s’appelle Noah 😆

Dany et Geneviève😮

Vincent : et mon ainé… Clément

Dany😆

Geneviève : oh punaise 

Dany : Ils vont être heureux quand ils pourront vous lire 😂😂

Vincent : oui, haha

Dany : Comment est-ce que l’on sort de cette mise en lumière brusque et soudaine ?

Vincent : Je l’ai surtout vécu à distance !  Le livre a très bien fonctionné en France, mais je n’étais pas là pour en profiter.
Après je n’ai pas l’impression d’être en lumière, juste un auteur qui a écrit deux livres et qui a encore beaucoup à faire 😛

Dany : les retours dans les réseaux sociaux ?

Vincent : Oui, c’est vrai, j’ai tout vécu par les réseaux !
Ça fait hyper plaisir de voir l’enthousiasme généré, mais j’avais peur que cela ne soit qu’un miroir déformant !

Dany : il faut le prendre comme ça vient ! Le plaisir avant tout.

Vincent : Oui. tout à fait

Dany : Vous apportez aussi beaucoup de soins à vos personnages secondaires me semble-t-il

Vincent : Oui, cela me semble important. Un personnage secondaire ne sait pas qu’il est secondaire.
On doit sentir sa présence, sa vie, ses gouts, son caractère. Sinon on le confine à un rôle et outil scénaristique.
Je pense que le lecteur ressent lorsque le décors est en carton pâte.

Dany : Parlons des images, votre expérience dans les mise en scènes vidéo vous sert ?

Vincent : Peut être, mais encore plus mon gout pour le cinéma et le scénario. J’écris comme je « vois » les scènes à travers l’objectif d’une caméra.
Je vois les plans, les séquences. Après l’écriture a un petit plus qui s’appelle « la caméra émotionnelle »
On peut jouer avec les pensées, les introspections. C’est la grande richesse du livre par rapport au film.
D’ailleurs certains écrivains perdent beaucoup en étant portés à l’écran. Je pense surtout à Stephen King, qui passe un temps fou dans la tête de ses personnages, une dimension toujours occultée lors du passage à la pellicule

Dany : Je confirme … On vous a proposé une adaptation ciné ou TV du tricycle ?

Vincent : Non, pas encore. Je ne serais pas contre 🙂

Dany : Avec tous les risques ci-dessus !

Vincent : Oui, je voudrais juste participer au scénario

Dany : sage précaution …
Une dernière question Vincent avant la fin de cette audition

Vincent : Après je connais les problématiques et le formalisme du grand écran. donc…
oui

Dany : Est-ce que vous faites des puzzles ?

Ge😆

Vincent : Oui… et non.
haha
J’aime les casses têtes, mais pas les puzzles comme ceux que fait Tremblay, je n’ai pas la patience
C’est un personnage qui est mon strict opposé (ou presque)

Dany : Et bien je crois que nous avons fait le tour du tricycle … et bien au-delà d’ailleurs ! Il faut que je laisse de la place à mes camarades
Avez-vous quelques choses à ajouter ?

Vincent : Non, sinon merci et bonne fin de journée 🙂

Dany : Merci à vous Vincent pour cette disponibilité et la sincérité de nos échanges.

Vincent : De rien !

Dany : La Patronne a peut-être à dire …
Il semble que non ! Merci encore une fois, prenez soin de vous, la suite c’est dans moins d’une 1/2 heure 😉 Clémence prend le relais à 17h30 et en attendant bon retour dans votre cellule …

Vincent : Ok merci bien, je vais pouvoir en profiter pour boire en verre d’eau 😉
A tout à l’heure.

Dany👍

Ge : Que notre prévenu se repose un peu, Fin de cette deuxième audition.
A tout de suite.

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4


La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4

La violence dans le monde du polar et du roman noir : le clap de fin.

Un livre, des interrogations, une idée d’interview qui germe, des auteur(e)s plus que partant, des flingueuses, une Cheffe, une belle expérience avec de belles rencontres.

Vous l’aurez compris la violence, comme bien d’autres choses, n’est pas une science exacte. Elle est soumise au vécu, aux fréquentations, à la sensibilité. Elle peut avoir différentes formes et différents degrés dans son acceptation comme dans sa « réalisation ». Elle peut toucher tout un chacun, malheureusement. « Elle se cache dans tout la violence, et elle n’est pas réservée  à quelques « gens violents » », nous dit Niko.

L’auteur va distiller la violence dans ses romans comme il l’a ressent, l’a vécut, dans ce qu’il se sent capable d’écrire ou non. Barbara souligne « N’oublions pas que si le lecteur subit la violence décrite dans le livre, nous nous la maîtrisons en fonction de notre sensibilité. Je sais, par exemple, que je ne mettrai jamais en scène un pédophile ou un serial killer. J’en serais incapable. ».

Techniquement la violence psychologique est plus « facile » notamment pour nos auteures. Pour la violence physique « il me faut connaître les conséquences des actes. Pour faire vivre la scène il faut la visualiser. Pour embarquer le lecteur il faut être crédible » précise Corinne. Ajoutant « Au-delà de ces données, il faut surtout et avant tout respecter les VRAIS victimes ».

« Il y a mille violences, et il y a autant de façons de les raconter qu’il y a de romanciers » concluront-nous avec Jacques.

Nous sommes ravies d’avoir partagé cette interview particulière avec nos auteurs. Un très grand MERCI à Corinne Martel, Barbara Abel, Niko Tackian et Jacques Saussey pour le temps que vous nous avez gentiment et généreusement accordé.

Merci à Danièle d’avoir bien voulu me suivre sur cette idée. Merci pour son travail titanesque de retranscription des différentes discussions.

Merci à Geneviève d’avoir dit « oui, je vous suis les filles ».

Et merci à vous lecteurs-lectrices d’avoir suivi cette interview hors-normes.

Miss Aline

Vous pouvez retrouvez les 3 premiers épisodes de cette enquête ci-dessous :

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 1

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode  2

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 3

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 4e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi après midi

Deuxième journée, fin de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

4e interrogatoire par Mamie Danièle

30 Dany Heureuse de cette journée


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 3 premières audition ont été publié le 11, le 13 et le 15

Aujourd’hui , vous pourrez lire le dernier Procés Verbal de cette GAV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Solène : Me voila 🙂

Danièle : je suis là aussi Geneviève

En attendant Solène … on peut se tutoyer ?

Solène : Avec plaisir 🙂

Danièle : Moi … je suis la doyenne des flingueuses en âge, pas en ancienneté alors … tu es un peu ma fille 😂

Solène : 😆

Danièle : On commence ?

Geneviève :  Bonjour, Mesdames. Et si vous êtes prêtes, oui commençons !

Solène : C’est parti !

Dany : Alors Solène je souhaiterai que l’on parle de tes modèles … tes guides en écriture tout d’abord : y a-t-il un ou des auteurs qui t’inspirent plus particulièrement ?

SB : J’aime beaucoup Antoine de St Exupéry, Amin Maalouf, Nancy Huston. Récemment, j’ai découvert Yasmina Khadra, magnifique ! Je suis très sensible au style.
Stephen King, bien sûr, pour les atmosphères.

Dany : A la lecture du Sac j’ai tout de suite pensé au garçon de Marcus Malte, lui qui n’est personne et ta rouquine qui n’est pas plus … 
Je ne peux pas échapper aussi à l’impression que j’ai eue à la lecture de la bonne intention … nos petits fugueurs m’ont fait penser à John Steinbeck et des souris et des hommes

SB :😍
SB : Je n’ai lu aucun des deux  (j’ai un peu honte d’avouer que je n’ai encore jamais lu Steinbeck 😞 )

Dany : Ben c’est une bonne occasion de s’y mettre ! 
Chez les plus anciens, les classiques qui bercent nos années collèges …
Tu devais être plutôt théâtre à ce que j’ai compris …

SB : C’est très rassurant de savoir qu’il me reste encore tant de livres à découvrir ! Mes années collège et lycée ont été bercées par Zola, Balzac, Camus, Céline…
Le théâtre ? Non, pas spécialement…
À part Molière que je lisais le dimanche après-midi ! 🙂

Dany : Zola, Balzac … des sagas si l’on peut dire, tu as déjà pensé à écrire une série avec un héros récurrent ?

SB : Je crois que je ne serais pas capable de tenir la longueur sans me lasser. Mais qui sait, peut-être plus tard.

Dany : Certes le genre a ses limites … difficile de tuer le héros dans ce cas 
Parlons de tes héros … où vas-tu les chercher ? Ton voisinage, ta famille ?

SB : Dans les gens que je côtoie, dans ceux que je croisent. Mes personnages sont toujours un « joyeux » mélange de véritables personnes.

Dany : Un joyeux … un qualificatif que je te laisse développer …

SB : Joyeux n’est sans doute pas l’adjectif le plus adapté concernant mes personnages torturés, je te l’accorde.

Dany : Les femmes ont une grande importance quel que soit leur âge d’ailleurs. Est-ce plus simple pour toi de te mettre dans la peau de ces femmes ?

SB : Jusqu’à présent, ce sont des femmes qui viennent naturellement se poser en personnage principal, sans doute parce qu’il me semble plus simple de me mettre dans la peau d’une femme, de faire parler une femme.

Dany : et elles souffrent ces femmes … toutes

SB : Mais je crois que dans la vraie vie, tout le monde souffre, à un moment ou un autre. Nous sommes tous fait de petits bonheurs et de grandes tristesses. Les femmes que je dépeins, j’essaie de les faire coller à leur réalité.

Dany : Pas beaucoup de répit pour elles … Et les hommes de tes romans n’ont pas vraiment le beau rôle … c’est ta vision de l’humanité ?
Penses-tu que l’on échappe pas à une certaine forme de déterminisme ?

SB : Non, absolument pas. Dans la vraie vie, d’ailleurs, je crois être quelqu’un de plutôt joyeux. Certes, les histoires qui me viennent – et avec elles, les personnages lâches ou mauvais ou mis à mal – sont plutôt très sombres, mais c’est une façon pour moi d’exorciser des démons.

Dany : des souvenirs pénibles …

SB : En revanche, j’avoue ne pas pêcher par excès d’optimisme, c’est vrai…
Des souvenirs pénibles ? Pas plus que le commun des mortels, j’imagine…
Il y a eu du noir, il y a eu du rose, il y a quelques casseroles…
Mais globalement, ça va 😉

Dany : Je confirme … comme tout le monde donc !
Au niveau du style, la narration à la 1ère personne dans Un sac s’est-elle imposée naturellement ou volontairement ?

SB : Tout à fait naturellement. J’ai le défaut de ne pas beaucoup réfléchir à la construction en amont, tout cela est assez instinctif chez moi.
J’aime bien les narrations à la 1ère personne, je pense que c’est plus impliquant pour le lecteur … dans ce cas c’est réussi
Dany et Geneviève : 👍

SB : Merci beaucoup 🙂

Dany : Reprenons un peu les personnages … ils s’imposent tu nous dis mais les sujets de fond comment les choisis-tu ?

SB : Je ne les choisis pas vraiment non plus, ils s’imposent eux aussi.

Dany : On en a déjà parlé mais j’aimerai que tu développe

SB : Je sais que ça ne fait pas très sérieux, mais je ne me dis pas : « tiens, j’aimerais parler de tel sujet ». L’histoire arrive et il s’avère que les thèmes sont à l’intérieur, sans que j’aie besoin de me forcer. C’est après coup que je parviens à trouver pourquoi mon inconscient m’a soufflé tel ou tel thème. Pour Une bonne intention, je pense que c’est venu du fait que je suis fascinée par Michael Jackson (j’espère ne pas trop spoiler en disant ça).

Dany : Dans tes deux romans : des petites filles abandonnées (involontairement ou pas) par leur mère … une mère de substitution …

SB : Il faut croire que les thèmes du deuil et de la maternité virent à l’obsession chez moi 😉
Mais le prochain sera très différent.

Dany : Ah ! Une comédie fantastique dans une communauté essentiellement masculine ?

Geneviève : hahaha, tu es irrésistible Dany

SB : Bon, peut-être pas à ce point-là

Dany : plus léger ?

Ge : J’aime l’humour de notre mamie flingueuse

Dany😍

SB : 😆

SB : Plus léger, peut-être pas, mais moins noir, c’est sûr.

Dany : Et jamais d’humour ? Parfois ça donne la possibilité de souffler …

SB : Je ne suis pas sûre que le type d’histoires que je raconte s’y prête. Mais pourquoi pas plus tard.

Dany : Pas de flic par méconnaissance des procédures tu as dit ce matin mais un petit flic de temps en temps, bien frappé, ça détend … Ou un employé des Pompes Funèbres ?

SB : Dans Une bonne intention, il y a un flic pour lequel j’ai dû me rapprocher d’un ami flic, histoire de ne pas écrire trop de bêtises. Quant à un employé des pompes funèbres, ça pourrait bien s’y prêter, en effet. Un jour, peut-être.

Ge : Dis moi Solène,  pourquoi le noir s’impose dans tes histoires ?

SB : Honnêtement Geneviève, je n’en sais rien. Je dois être un peu plus angoissée que la moyenne.

Dany : Tu n’a pas répondu à ma question sur ta croyance au déterminisme … Dans un sac tes héros reproduisent

Ge : Ne crois tu pas que c’est une façon cathartique de régler tes obsessions ?

SB : C’est vrai, désolée. Je crois au déterminisme, oui. Je pense qu’on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie, que certains sont particulièrement mal lotis et que ces derniers auront besoin d’une volonté farouche et bien supérieure à la moyenne s’ils veulent s’en sortir. Dans un autre sujet, j’ai beaucoup d’exemples autour de moi de gens qui reproduisent ce qu’ont fait leurs parents, les mêmes erreurs aux mêmes moments de leur vie. C’est assez fascinant d’ailleurs.

Dany : La force est-ce que ce n’est pas dans le changement dans ce cas …

SB : 👍

SB : Complètement Geneviève, je le dis sur le ton de la blague parce que je ne veux pas donner l’impression de faire de la psychologie de comptoir ou de me regarder le nombril, mais je sais pertinemment que si mes histoires sont si noires, ce n’est pas anodin. Je suis une grande angoissée, et je crois que j’ai pas mal de comptes à régler…

Dany : les relations avec ton lectorat sont donc à ce stade essentielles

SB : 👍
SB : Danièle, si, être fort, c’est pouvoir se détacher de ses chaînes. Mais encore faut-il se rendre compte qu’elles existent, et c’est une distance que tout le monde n’a pas…

Un sac Solène Bakowski

Dany : Tu as le pouvoir d’aider tes personnages à se rendre la vie plus belle

SB : Primordiales, en effet. C’est l’avantage d’être l’auteur, on tire toutes les ficelles.

Dany : Je voulais aussi revenir sur ton approche de la différence

SB : Je peux faire mourir ou rendre heureux n’importe lequel de mes personnages en deux temps trois mouvements.

Dany : On a parlé du personnage de Rémi, je le trouve très attachant

SB et Geneviève : 👍

Dany : C’est une espèce de Don Quichotte

SB : 👍

Dany : Tu as des héros (fictifs ou réels) que tu aurais aimé approcher ? Des modèles charismatiques ?

SB : C’est une question difficile. D’une manière générale, je suis plutôt fascinée par des personnages sombres. Par exemple, je trouve que Dorian Gray est un personnage magnifique.

Ge👍

Dany : Es-tu prête à te battre pour une cause ?

SB : Pardon, je reviens sur la question précédente. Jean Valjean est un héros formidable.
Me battre pour une cause ? Eh bien, disons que j’espère que je serais prête si besoin. Mais comment savoir si on prêt à mourir pour des idéaux avant d’être confronté à la situation ?

Dany : Je ne parle pas d’en mourir mais d’engagement

Ge : Là je te rejoins Solène.

Dany : …payer de sa personne, de ta très prochaine notoriété

Aline (qui est derrière la vitre teintée à observer les débats) : Je vous suis mesdames sur cette remarque.

SB : Quand j’étais gamine, j’avais appris par cœur la chanson de JJ Goldman, Né en 17 à Leidenstat. Ce qu’elle raconte me poursuit encore aujourd’hui. « On ne saura jamais ce qu’on a vraiment dans nos ventres, cachés derrière nos apparences. L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau. Ou le pire ou le plus beau. Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau ? S’il fallait plus que des mots… »

Aline  : 😍

Ge : Voilà qui est tellement bien dit

SB : Il y a bien sûr des causes qui me tiennent à cœur. La souffrance animale est sans doute celle qui me rend le plus malade. Alors si la question est de savoir si je pourrais m’engager auprès d’associations, oui, ça je pense que je le pourrais.

Ge : 😍

Dany : De même dans tes romans, même si tu le nies, il y a des messages

SB : Moi, je ne les délivre pas. À la limite, je donne à voir, je montre. Le reste, c’est le lecteur qui s’en occupe.

Ge : 👍

Dany : Je reviens rapidement sur la différence, en parleras-tu, l’évoquera-tu  encore dans un autre volume ?
SB : Oui, sans aucun doute. Un autre type de différence. Le synopsis est prêt 😉

Ge : Tu peux nous en parler ou c’est trop tôt ?

SB : Pour le coup, c’est beaucoup trop tôt. J’ai deux livres en attente avant de me mettre à celui-là 😀
Mais il attend son tour, il mûrit, les personnages prennent de la consistance, un peu plus chaque jour.

Ge : Tu écris plusieurs histoires à la fois ?

SB : Non, je n’écris qu’un seul roman à la fois. Je m’y engouffre tellement profondément que je ne pourrais pas avoir le même engagement si je courrais deux lièvres en même temps.

Dany : et les personnages risqueraient de déteindre …

Geneviève et Solène  : 👍
SB : C’est ça, ça les modifierait forcément.

Dany : Est-ce que tu partages avec ton entourage en cours d’élaboration ? ou es-tu secrète et tu protèges ton ordi avec un mot de passe ?

SB : Mon mari sait vaguement de quoi le roman que je suis en train d’écrire parle mais pas plus. Il ne le lit que lorsqu’il est terminé.

Mon ordinateur a un mot de passe mais mon mari le connaît et mes notes traînent sur mon bureau. Mais il a suffisamment de respect pour moi et pour mon travail pour me laisser choisir le moment où je lui ferai lire.

Dany : as-tu un confident de plume ?

SB : Amélie Antoine ! Nous nous racontons à peu près tout.

Dany : Donc on va aller questionner Amélie sur tes projets !!!

SB : J’ai dit « à peu près » 😀 Parce que, pour le coup, personne ne sait ce sur quoi je suis en train d’écrire 😉

Dany : Ben j’ai tenté pour le coup … 

Geneviève : Oui bien essayé Dany !

Dany : Pour ma part Solène,  j’en ai terminé mais mes collègues flingueuses ont sans doute des choses à te demander … et la Cheffe aussi
Je te remercie de ta disponibilité

SB : Merci beaucoup pour ce moment Danièle  ! 🙂

Ge : Oh oui merci Dany

Dany : Au plaisir de se rencontrer dans la vraie vie alors.

SB : 😍
SB : Ce serait avec grand plaisir !

Dany😍

Ge : Y a-t-il les flingueuses pour poser des questions à notre gardée à vue. 

SB : J’ai l’impression que non…

Ge : Solène, y a-t-il une ou des questions que tu aimerais que l’on te pose et aux-quelles tu aimerais répondre ?

…..

Ge : Un sujet qui te tient à cœur ! Quelque chose que tu aimerais dire à nos lecteurs.

Dany : Cheffe je crois que tu vas pouvoir relâcher la prévenue …
On n’a pas prévu de repas ce soir pour elle ...

SB et Ge😆

Ge : Alors si personne n’a rien à rajouter je clôture la 4e audition de cette garde à vue de Solène Bakowski
Pas de regret mesdames ?

Dany👍

SB : Je crois qu’on a fait le tour. Si j’avais quelque chose à dire pour conclure, ce serait que vive la lecture ! Et vive tous ceux qui permettent aux livres de rencontrer leurs lecteurs (et là, je parle de vous et de tous ceux qui œuvrent dans l’ombre).

Ge😮

SB : Vous faites un travail formidable, merci du fond du cœur !

Dany😍

Ge : Un énorme merci à notre auteure qui nous a énormément donné.

SB : 😍

Dany : Merci encore Solène

Ge : Et lisez et découvrez Solène Bakowski . C’est noir mais qu’est ce que c’est bon !

SB : 😮

SB : Merci à vous qui m’avez consacré tout ce temps depuis hier. C’était un vrai plaisir !

Ge : N’inversant pas les rôles veux tu. C’est une sacrée chance pour nous et du coup pour nos lecteurs toutes ces heures de confidences.

SB : En espérant qu’ils ne me trouvent pas trop rébarbative ! 😉

Ge : Alors Solène officiellement je te libère. Et je suis certaine que les procès verbaux de cette GAV les réjouiront.

SB : Belle fin de journées à tous.

Ge : Pareillement et profite de ta liberté retrouvée

Mardi 16h22

Voilà La Garde à vue de Solène Bakowski est terminée.

J’espère cher zamis lecteurs zé lectrices que cela vous a donné envie de découvrir un peu plus les livres de Solène.

Nous en a pris beaucoup de plaisir à titiller notre auteur. J’espère aussi que vous en prendrez tout autant en nous lisant.

A très vite

Ge porte flingue de Collectif Polar

 

L’exquis cadavre exquis, épisode 34


L’exquis cadavre exquis, épisode 34

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 34

by Danièle Ortega-Chevalier

Allo papa ?

 

A quelques kilomètres de là, une ado prenait son smartphone…

-Allo papa ?

Depuis que sa femme Fanny l’a quitté il y a trois ans en abandonnant accessoirement leur petite fille de 8 ans, c’est la maman de Max qui le dépanne en assurant la garde de l’ado, souvent à temps plein quand il est en déplacement ou sur une investigation particulièrement délicate. De fait, ils se voient rarement mais Max essaye de préserver le repas dominical, véritable briefing de la famille Lindberg. Le rituel des coups de téléphone quotidiens a pris du plomb dans l’aile depuis la mort de Camille.

– Oui, Louise, comment va ? Comment ça se passe avec Mamie Aline ?

–  Je crois bien que j’ai encore pris quelques kilos de gaufres et de crêpes… Comment va Camille, papa ?

Max a essayé de filtrer les informations concernant son amie car il sait comme Louise y est attachée depuis le départ de Fanny. Inévitablement, elle apprendra la mort de la journaliste. Mais le plus tard sera le mieux. C’est un miracle qu’elle ne l’ait pas encore découvert via les réseaux sociaux.

-Elle va mieux ma puce, elle rentre bientôt chez elle.

-Tu l’embrasses pour moi ?

-Promis, on ira la voir très bientôt !

-Et au fait, je ne t’ai pas rendu la clef USB de Camille…

-Quelle clef USB ?

-Celle qu’elle m’avait demandé de planquer avant… tu sais bien, avant…

-Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de clef ?

-La dernière fois que Camille est venue dire bonjour à MaAline, elle m’a demandé de lui garder une clef et de rien dire à personne. C’était une semaine avant de se faire attaquer.

La voix de l’adolescente se brise. Max en a le cœur serré. Mais il faut qu’il sache. Il poursuit :

-Tu l’as toujours ?

-Oui, bien planquée mais je ne veux plus la garder, j’ai peur !

-On en parle très vite, ma chérie !

-Tu rentres quand d’Allemagne ?

-Dans quelques jours, je ne sais pas au juste.

-Je t’aime, papa.

-Moi aussi je t’aime. Je t’embrasse, ma puce ! Dis à MaAline que je vais bien.

-Pap ….

Il raccroche avant que Louise ait pu lui dire que l’appartement face à celui de Mamie a une nouvelle locataire, blonde, aimable et jolie comme un cœur, au prénom enchanteur… et qu’elle aimerait bien que son père fasse sa connaissance… Oui, il faudra qu’elle lui présente Amanda…

Saint Valentin de Ge et ses Flingueuses 2018


Saint Valentin de Ge et ses Flingueuses 2018

By Cécile

Quelle meilleur journée que la Saint-Valentin pour déclarer son amour littéraire ; aux auteurs dont l’admiration pour l’œuvre déborde en réelle affection, des auteurs qui ont déclenché la toute première chronique, les livres qui nous ont fait aimé le polar, des livres dont on ne séparerait jamais, des livres qui nous ont tiré des larmes, des livres que l’on partage avec toute la famille et qui nous font réaliser nos rêves ?

 

Geneviève, la porte-flingue et les flingueuses, Eppy, Cécile, Danièle, Fanny, Ophélie, Aline et Marie Noëlle en compagnie de leurs amours littéraires de chair et d’os ou de papier vous souhaitent une belle Saint Valentin !

 

Et vous, quels sont vos amoureux littéraires ?

 

Avec la participation exceptionnelle de :

 Elena Piacentini,

Martine Nougué,

Sandrine Collette,

Jérôme Camut et Nathalie Hug,

Lonely Planet, Guide du routard, WE by hachette…,

L’automne à Pékin de Boris Vian,

7/13 de Jacques Saussey,

L’âme du Mal de Maxime Chattam,

De la part d’Hannah de et avec Laurent Mallot,

Et Eric Dupuis.

 

Ge et ses Flingueuses vous souhaitent une heureuse Saint Valentin livresque et polardesque

.

Papote d’auteur : @Nick Gardel  sous le feu des flingueuses, Ep4


Papote d’auteur : @Nick Gardel  sous le feu des flingueuses !

Episode 4


Imaginez que les flingueuses ont parfois des goûts étranges … Quelques fois le phénomène interpelle même la Porte-Flingue. Oui, elles  peuvent avoir les mêmes chouchous et ne pas voir les mêmes choses … Alors quoi de plus normal pour que la Cheffe leur demande de jouer collectif …

Ophélie, Aline, Dany et la Patronne partent ensemble à la rencontre d’un OVNI … Nick Gardel

Dany


Lundi 14 janvier, 17h26

Suite de la Garde à vue de monsieur Gardel

3e interrogatoire par Dany

Danièle : Je suis là, Non…Je suis là.  Ca y est arrivée …. j’ai contourné les pompiers.
@Geneviève  tu es là  ?

Nick : Visiblement… 😆
Ge : Oui Dany je suis là ! Je te soutiens dans ton face à face avec notre gardé à vue !

👍

Danièle : Alors on sort la bête de sa cellule Geneviève  ?

Nick : Faut être gentille les filles…

Ge : Oui Dany !On va le cuisiner à nouveau

Danièle : Alors c’est parti : Nick, je t’ai rencontré sur FB alors que tu essayais de scier un médecin dans le sens de la longueur. Tu en avais fait un feuilleton … puis j’ai lu tes romans … alors romans, nouvelles, comment fais-tu le choix du format quand tu as une idée ?

Nick : C’était un vieux bucheron, mais c’est un médecin qui déclenchait la scie…

Danièle : Certes mais l’intention c’est toi qui l’avait !

Nick :  Je n’écris plus de nouvelles désormais, sauf pour une commande pour des recueils caritatifs.
Il me faut de la longueur désormais.
Je vois les nouvelles comme des instantanés et j’ai joué plus longuement avec mes personnages.
J’aime le côté non-dit de la nouvelle, mais je me satisfait plus d’un traitement complet d’une histoire ou d’un personnage.

Danièle : C’est comme ça que tu as commis à quatre mains une réduction de fracture un peu particulière

Nick :  Oui, cette histoire était presque une évidence. J’écrivais un bout, Michael rebondissait.
Je laissais un coin de porte ouverte, il s’en saisissait et faisait de même à son tour.

Danièle : Résultat jubilatoire et bien adapté à la longueur …
Tes romans … Tes héros : Dans les aventures décalées il est beaucoup question d’amitié … est-ce une part de ton intimité qui interfère …
Des truands déjantés et losers,…

Ge : Vous pouvez précisez pour les novices de quel titre il s’agit. Et qui est ce Michaël ?

Danièle : Je mettrais cette source en mail Geneviève

Nick : Il s’agit de la carte du Lieschtenstein avec Michael Fenris.

L’amitié est sans doute le thème central de toutes mes histoires. C’est cette atmosphère qui caractérise le mieux les scénarii de Audiard.
C’est ainsi que je voulais définir mes personnages. Ils sont très peu « amoureux », ils ont des amitiés profondes.

Danièle : Tes héros récurrents sont souvent confrontés aux limites de leur amitié … quels modèles pour ces héros, tes potes, tes rencontres ?

Nick : C’est effectivement (bravo de l’avoir vu) un axe de traitement chez moi. L’amitié est d’une richesse absolue, narrativement parlant.

Danièle : Très peu amoureux pour le moins qu’on puisse dire, tu ne leur donne pas beaucoup de choix avec les femmes que tu leur propose

Nick : Rien de ma vie pourtant là-dedans. C’est une amitié fantasmée.
Chez moi les femmes sont fortes. Pas toujours sur le devant de la scène, mais elles sont libres et décidées.
Ça contrebalance avec des personnages qui subissent souvent l’action.

Danièle : Vision un peu castratrice ?

Nick : Les hommes en prennent plein la gueule et les femmes passent comme des comètes en arrière plan.
Pas vraiment castratrice car ça soutendrait qu’il y a volonté de leur part. Elles sont essentiellement libres.
Ce sont les personnages masculins qui débarquent dans leur univers, pas elles qui s’imposent.

Danièle : Soit.
Les héros récurrents sont souvent plébiscités par les lecteurs, n’est-ce pas cependant une forme d’enfermement pour l’auteur ?

Nick : Totalement. C’est pour cela que je me contente de trilogie en général. Il y a une forme de redite dans le héros trop récurrent.
J’aime réutiliser mes personnages pour une question de cohérence de l’univers. C’est aussi un clin d’oeil pour le lecteur.
Mais delà à tourner toujours sur les mêmes motivation ça va 5 minutes.

Danièle : Mais il y le cas atypique de Chorale, une vraie trouvaille à mon sens
Tes clins d’oeil me font penser à la coccinelle de Goetlib.

Nick : Chorale est un véritable défoulement pour moi. Il s’agissait de montrer que cet univers était totalement cohérent.

Oph : Aaaah n’en dites pas trop sur Chorale 😨😨😨

Danièle : Comment te vient l’idée, le projet : d’abord une histoire puis les personnages ou l’inverse ?

Nick : Les gens ne s’en sont pas rendus compte mais Chorale est très riche
Oph :  Je suis en pleine lecture 😝
Geneviève : Ah non, pas de spoiles, svp, nous sommes en coeur dedans.

Nick : Aucun de mes romans n’a suivi le même déroulement. C’est excessivement varié.
Peter Raven j’avais un début, puis le reste est venu. Pour Mal placé, il est construit sur un album de musique. Pour Fourbi, il n’est juste pas construit…

Danièle : Ton palais du facteur cheval est sous-jaçent et ensuite ? J’insiste !

Nick : Chorale m’a demandé un travail de conceptualisation vraiment intense.
Le bruit dans ma tête, j’avais… le titre.
Et j’ai construit une histoire qui allait avec.
Droit dans le mur j’avais la volonté que le héros rende les coups.Donc j’ai décalée l’histoire autour du héros pour qu’il puisse la résoudre.

Danièle : Quand tu as commencé Chorale, tu avais les personnages mais est-ce que tu avais déjà le dénouement ?

Nick : Le prochain, j’avais l’envie de faire une palette de personnages pour qu’ils s’interconnectent tous et soit tous aussi « important » les uns et les autres.

Ge : C’est déjà le cas dans chorale. Non?

Nick : Pour Chorale, j’avais une idée précise où il s’agissait de répondre à la question : jusqu’où irions-nous par amitié ?
Presque Geneviève. Mais les personnages de « Laisse Tomber » sont partis prenantes de l’histoire et du déroulement, alors que dans Chorale tu peux quand même les hierarchisés.

Danièle : Oui mais d’un autre côté tu les connaissais (tu pouvais les connaître) avant de rentrer dans la nouvelle histoire … si j’ai bien compris tu reprends tout à zéro avec de nouveaux personnages ?

Nick : « Laisse tomber », est une vraie nouveauté pour moi. Plus dense, plus cynique, des personnages plus profonds. C’est une sortie de ma zone de confort.

Ce sera un OVNI, Un OLNI ?

Danièle : Quelles sont tes échéances ?

Nick : Je n’en ai pas. Il me reste 5 ou 6 chapitres du premier jet.

Danièle : Tu m’as déjà parlé de ta difficulté à trouver LE bon éditeur qui prendra les risques avec toi sur plusieurs romans. Où en es-tu ?

Nick : Disons que Caïman me parle d’une sortie en Septembre. Mais je ne suis pas sûr que le bouquin lui convienne. Ni d’ailleurs que les ventes de notre précédente collaboration le satisfasse ?

Comme je ne veux plus faire d’Auto-édition pour le moment, j’en suis à ce point là. Vendre des livres n’est pas mon plaisir premier. Surtout quand je galère pour le faire. J’adore les salons, j’adore les lecteurs, mais la casquette du représentant de mes bouquins est lourde à porter.
C’est un énorme plaisir de rencontrer des lecteurs. Aller les chercher un par un et se rendre compte qu’ils ne sont pas là d’un titre sur l’autre, ça use.
Mais il ne faut pas prendre ça pour un renoncement. Je ne saurais pas faire sans écrire. Il se peut juste que certains de mes romans ne verront pas le jour. Le monde de l’édition n’a pas besoin de moi, loin de là.

Danièle : Justement ton rapport avec le lecteur … tu parlais ce matin de FB … est-ce que tu y trouves les bons créneaux
Ton idée des ITW de héros de tes potes auteurs a-elle eu un impact sur ton lectorat ?
Nick : Alors pas du tout ! 😉

Danièle : J’avais droit à 3 questions, alors voici la quatrième :

Nick : Cette idée (excellente, merci) m’a permis de gagner en notoriété. De nombreux auteurs, prestigieux et talentueux me parlent d’égal à égal.

Danièle : une question plus personnelle … tu as eu des problèmes avec tes volets ?

Nick : Mais dans le même temps, mes ventes se sont écroulées. Ce qui me place dans une situation rigolote où je cotoie des gens qui vendent des 10000 ex et plus alors que je n’atteins pas le millier.
et de loin !
Pour les volets, cela témoigne juste de mon état totalement urbain. Je suis un très mauvais bricoleur. Je déteste poncer, peindre, faire de la plomberie etc…
Ça m’amusait beaucoup de mettre dans cette situation inconfortable mon héros qui se croit obligé de s’y mettre sous prétexte que maintenant il a une maison.

 

Danièle : Merci Nick d’avoir répondu à ces quelques questions qui nous font approcher un peu mieux la réalité du métier d’écrivain … AU fait toi c’est quoi ton métier ?

Nick : Moi je suis actuellement (depuis 12 ans) enseignant pour des enfants handicapés comportementaux. Ils sont hyperactifs, hyperviolents, déstructurés….

Danièle : Geneviève  à toi !

Ge : L’écriture c’est pour sortir de ton quotidien ?

Nick : Non du tout. L’écriture c’est toujours.

Ge: Dany tu peux poser toutes question que tu veux.
Ah oui ton ADN !

Nick : Pas besoin de sortir de mon quotidien

Ge : Dedans avec ton humour

Nick : L’humour c’est l’ADN, l’écriture, c’est la cellule.

Danièle : Yes Patronne alors j’empiète sur ton territoire

Nick tu mets en avant les incohérences de nos vies et toi as-tu des causes pour lesquelles tu es prêt à te mobiliser ?

Oph : Eh bien perso je voudrais juste dire que je suis immergée dans Chorale… que je retrouve avec un immense plaisir ta plume si particulière…

Ge : Je crois qu’Oph avait exprimé le souhait de te poser quelques questions supplémentaires
Oph :  Pardon mes questions arrivent en décalé 😓
Danièle : moi aussi Pétale !

Oph : Ah oui Nick  Pétale est un de mes surnoms…
Ça vient d’une discussion entre flingueuse
Sinon je viens de lire une phrase qui m’interpelle…

Nick : Alors, les décalages de notre société me passionnent. En fait je suis consterné par la tendance actuelle à agir « contre » les gens. Contre leur point de vue, leur religion, leurs inclinaisons sexuelles.

Oph : On a parlé beaucoup d’écriture, de tes lectures… mais que représentent exactement les mots pour toi ?

Nick : Je suis totalement en opposition avec l’idée d’empiéter sur mon voisin.

Danièle : Le toujours « contre » c’est aussi l’effet FB !  Z’êtes partis les amis  ?

Nick : Non, je ne suis pas d’accord Danièle. FB donne une parole désinhibée à tous c’est tout. Le « contre » ne s’exprime que parce que les gens ont l’impression de perdre quelque chose.

Oph : Ah mince ça ne passe pas… La phrase c’est « les millions de mots reposaient toujours, sereins et muets. Cette réalité ne les concernaient pas, ils avaient mieux à raconter »
Tu peux développer cette vision?

Nick : J’adore les mots, leurs constructions, les jeux à faire avec.
Mais ils n’ont pas de constance.
Ils sont au service d’une pensée supérieure qui peut aussi trahir leur essence.

Ge : Attention Nick feu croisée des Flingueuses !

Nick : Exemple : Je peux très facilement dire Je t’aime à quelqu’un. Il n’y a pas de charge affective sur cet alliage totalement galvaudé.
Le mot seul n’est rien.

Oph : Les joies du réseau Geneviève. Nick  tu survis entre nos tirs anar-chics? 😉

Nick : Léo Ferré en costume.

Oph :  Alors pour le coup du prêche une convaincue…
Les mots ne sans rien sans la charge émotionnelle dont on les dote.

Nick :  Exactement. Et il est des silences plus chargés encore.

Danièle : et le regard qui va avec !

Nick : Des actes plus forts que les discours.
J’adore ce mélange.
J’adore par exemple les oxymores. C’est le comble de l’élégance pour moi.
Les gens ne s’en rendent pas compte, mais mes histoires sont essentiellement là pour le phrasé que j’y mets
On me reproche souvent que mes personnages parlent tous de la même façon.

Ge : Et tu leur réponds quoi à ces gens ?

Danièle : pourtant entre Martin et JED il y a de la marge.

Nick : Justement, il n’y a pas de réalisme dans mes personnages, ils sont là pour servir une situation, ils amènent un bagage linguistique désuet qui fera naître le sourire.

Oph : Personnellement ce décalage entre l’âge des personnages et les dialogues (ce que j’ai déjà entendu) ne me dérangent absolument pas… c’est ta patte! Et j’aime l’usage que tu fais des mots et des figures de style

Nick : Mes personnages ne sont pas là pour exprimer une réalité. Les banlieusards peuvent s’exprimer avec des mots de 4 syllabes.
L’auto-stoppeuses cite du audiard, le jeune flic réplique à son vieux collègue sur le même mode.
C’est une chanson. Une mélodie.

Oph : C’est justement ce que l’on recherche aussi dans nos lectures… couper avec la réalité et plonger loin dans l’imaginaire
Tu es un chef d’orchestre en somme ?

Nick : C’est ce qui me coupe d’une partie importante du lectorat. Je fais des livres légers qui demandent quand même de s’accrocher à son dico.

Oph : Lire et s’enrichir…

Nick : Plutôt que de dire « après bouffer », je préfère « postprandial », c’est comme ça.
Oph : Et puis c’est utile pour les mots fléchés et au Scrabble 😉
Je dois vous abandonner je pars sur une autre affaire…. promis je le remets à sa place! Merci Nick !

Nick : Alors ça ne sonne pas « juste ». ça se transforme en élitisme.

Danièle : seulement difficile  pour celui qui lit dans le bus !
Pour le moment Geneviève  j’en ai terminé !

Ge : Avec une liseuse c’est parfait tu as un dictionnaire incorporée.

Danièle : Merci encore Nick.

Ge: Ok alors si les flingueuses on a fini avec toi Nick Gardel moi j’ai encore quelques questions.
Promis ça sera pas trop long.

Nick : Je suis là, pas de soucis.

Ge : Alors les deux premières c’est pour revenir sur votre dialogue avec Danièle .
Vous avez beaucoup parlé de héros masculin mais je crois que tu as une première trilogie ou le personnage principal est une héroïne tu confirmes ?

Nick : Presque Geneviève . Dans la première trilogie, je fais tourner. Le 1 : c’est le héros avec l’enquêtrice qui intervient peu, le 2 : C’est l’enquêtrice ++ et le héros -, le 3 c’est l’enquêtrice et l’assassin à égalité.

Danièle : elle est tout de même un peu caricaturale comme nana !

Ge : Tu pourrais m’en dire un peu plus sur cette enquêtrice ?

Danièle : du moins dans son caractère.

Nick : C’est aussi une femme libre. Elle est jeune et doit jongler avec deux adjoints très opposés. L’un enquête à charge et l’autre à décharge.
Elle fait le lien.
Mais finalement elle n’est qu’esquissée dans les romans. Depuis cette trilogie, mes personnages ont pris en profondeur.

Ge : D’après ce que dit Danièle,visiblement tu as du mal à te mettre dans la peau d’une femme ? Pour toi écrire au féminin ou au masculin ça ne change rien ?

Danièle : C’est vrai que je l’ai trouvée plus sympa dans Chorale …

Nick : Non ça ne change rien pour moi.

Ge : Chut Dany. Le prévenu n’a pas encore fini ses déclarations  … Laissons le répondre à la question.

Nick : Comme j’avais l’habitude de torturer mes héros, le fait d’intervenir physiquement sur une femme me dérangeait plus.

Danièle : Par contre le personnage de femme que j’ai aimée c’est celle du power flower.

Nick : Je reste un sensible. La violence rigolote n’est concevable qu’au masculin.
Enfermer un curé mort à poil avec un crucifix dans le cul dans un coffre c’est drôle. Le faire avec une nonne, c’est moche.
J’adore mon personnage de Madeleine. La vieille exhib, libérée, totalement assumée.

Ge : Disons que tu aimes trop les femmes pour les malmener.

Nick : Aussi. Le contrepied est aussi un ressort que j’adore.

Ge : Complexité sinon j’avais une autre question toujours sur votre discussion précédente et sur l’amitié tu voulais notamment dans ton dernier roman chorale voir ce que l’on été capable de faire par amitié et toi jusqu’où es-tu prêt à aller par amitié ?

Nick : Je suis un gars qui se conçoit essentiellement seul. Depuis facebook j’ai développé des amitiés lointaines avec des auteurs que j’adore. J’essaye de faire en sorte de les aider au maximum. Je ne sais pas ce que je pourrais faire par amitié, ni jusqu’où j’irai. Mais dans la limite de mes moyens d’une vie pas franchement romanesque, j’essaye vraiment d’être utile à mes amis.
Chorale est une proposition de réponses, de choix multiples qui justement balayent ces éventualités.

Ge : Bon je ne t’embête plus avec ça.  Dernière question pour conclure as-tu un coup de cœur à nous faire partager et un coup de gueule à lancer ?
Tu peux si tu veux commencer par le coup de gueule et finir par le coup de cœur c’est un seul choix !

Nick : Un coup de cœur ?

Littérairement j’en ai trois. Michael Fenris, Katia Campagne et Sandrine Destombes. Leurs livres sont des petits bijoux. Chacun dans un style. Je peux vous garantir qu’ils arriveront sur le devant de la scène à un moment.

Un coup de gueule ? Pas vraiment.

On est trop prompt à dénoncer, à râler. Littérairement, j’ai lu des trucs qui m’ont révolté tellement ils étaient convenus et sans intérêt, mais ils ont trouvé un public, donc c’est que mon avis n’a pas vraiment d’importance.

Ge : Ça me va.

Nick : Sinon niveau coup de coeur, je rencontre des gens très beaux sur FB, des saletés aussi (mais je savais qu’elles existaient). Ça fait du bien, je vous assure.

Ge : Bon à vendre de signaler la fin de ta garde à vue comment l’as-tu vécue ?

Danièle : Pour ma part une belle expérience Geneviève,  un peu flippante par moment mais bien sympa vu le client !

Ge : Oups ! Avant de te signifier

Nick : Tu me mets dans une drôle de position. J’en ai pensé beaucoup de bien. Je dois dire que vous faites partie des gens que j’ai découvert depuis peu. Danièle est d’une gentillesse absolue, tu sais que toi, Geneviève, je t’adore et j’ai découvert récemment Oph  (adorable +++) et Aline. Sincèrement et sans faux semblant, ça fait du bien d’avoir une telle discussion avec vous.

Ge : Alors c’est qu’on est de mauvaises tortionnaires !

Nick : Complètement pourries !
Bon, à un moment, il y avait beaucoup de questions à la fois quand même !

Ge : Il va falloir que je recadre mes troupes, elles sont trop groupies. C’est pas sérieux comme interrogatoire. Lol 😉

Merci d’avoir passé le week-end avec nous. De t’être prêté aux questions dès très tôt le matin, de nous avoir consacré tes fins d’aprem et tes débuts de soirée. Merci pour cette « Garde à vue » chronophage mais tellement sympa.

Cette fois, il est 19h21 je te signifie bel et bien la fin de ta Garde à vue Collectif Polar.

Et à très vite pour d’autres rencontres et d’autres lectures. Avec Ophélie on fini Chorale. Ensuite on n’en parlera entre nous. 

A très vite donc

Et à vous aussi mes polardeux

Qui nous avaient suivi durant ses 2 jours et 4 interrogatoires.

Collectif Polar – Retour de Blaye 10 décembre 2017 , 2nd Partie


Il y a un mois environ avait lieu le salon Livres en Citadelle, à Blaye en Gironde

Souvenez vous, j’avais papoté avec Isabelle, une des organisatrices

Nous avions dépêché pour vous 2 flingueuses en la personne de Marie No et Dany

Elles étaient aussi chargé de nos Millième Chasses aux livres sur place.

Aussi aujourd’hui Dany nous offre la suite de son premier compte rendu de salon.

Je vous laisse découvrir tout cela en photo


Collectif Polar – Retour de Blaye 10 décembre 2017 

By Dany

La Journée du Dimanche

Lendemain pour moi départ de Bordeaux aux aurores, Ana oblige et arrivée aux pieds de la citadelle où Isabelle (photo A3) nous pilote jusqu’au couvent


Les héros sont fatigués … ils ne sont pas encore là
Isabelle nous accueille avec sa collègue et café etc

Papotage avec Sophie Odin, qui a sauvé de la fermeture une librairie indépendante

Il faut saluer la ténacité de ces libraires et de leur réseau :
https://asso.librairies-nouvelleaquitaine.com/index.php/les-librairies-atlantiques

Pour moi c’est une série de premières fois : premier salon comme flingueuse stagiaire, premier interview programmé avec Sylvain Forge, un auteur que j’apprécie et que je ne connais que par FaceBook.

et comme objectif recueillir quelques indiscrétions de la part de Niko Tackian et Jacques Saussey sur leurs romans à paraître le 3 janvier prochain … Je suis large, j’ai la journée, ils ont tous donné leur accord sauf Jacques Saussey que je n’ai pas contacté.

Il est 9h45 et le petit déjeuner avec Norek et Tackian débute à 10 h 30.


Passons donc aux choses sérieuses … « Niko, tu peux me dire des choses sur ton prochain roman et qui ne figurent pas sur la 4ème de couverture … ? » Entre nous, je n’aime pas les 4èmes de couverture et celle de Toxique encore moins que les autres … elle m’a spolié d’une grande partie du plaisir que j’aurais dû avoir en commençant la lecture de ce thriller et en donnant trop d’indications sur la clef de l’énigme !


………………………réf à l’article sur les indiscrétions et Fantazme…………………….

Pendant que je squatte la place de Sylvain Forge, certains attendent

Eric Metzger

 (le covoituré de Marie-Noëlle)

 

Allez, si on montait au petit-déjeuner …
Pas de sujet préétabli, une discussion sur le métier d’auteur de polar.

https://www.itinerrances-reportages.fr/norek-et-takian-a-blaye/

Un point commun au moins entre nos deux débatteurs : ils ont tous deux un grand-père immigré, Polonais pour Olivier Norek et Arménien pour Niko Tackian.
« Entre deux mondes » paru en octobre 2017 se passe dans la jungle de Calais et traite du sort de rescapés de la traversée de la méditerranée qui mettent leur vie en jeu pour rejoindre la GrandeBretagne.

« Fantazmë » de Niko Tackian, à paraître le 3 janvier 2018, traite de ceux que l’on ne veut pas voir, des camps temporaires, régulièrement démantelés et aussitôt reconstitués.

Pourquoi le polar glisse-t-il progressivement vers le genre « roman noir » ? Il devient plus politique, d’avantage social… il fait miroir à nos incohérences même s’il reste du domaine de la fiction.
La fiction justement et plus trivialement, au cours de cette rencontre, nos deux auteurs nous apportent un éclairage sur leur rapport aux animaux : pourquoi les martyriser ?


On se rappelle qu’Olivier Norek avait défrayé FaceBook en inventant la recette du chat au micro-ondes dans Territoires …

Bibz se rendit dans la cuisine. On entendit quelques bruits de vaisselle et il revint, four micro-ondes dans les bras, qu’il posa sur la table en face d’eux comme un téléviseur. Il débrancha le poste de radio puis brancha l’appareil. Il retourna dans la chambre et réapparut, tenant le chat par le gras du cou. Il ouvrit la porte du micro-ondes, colla l’animal à l’intérieur dans un discret miaulement de surprise et démarra à pleine puissance.
– Je crois que vous avez pas bien compris c’est qui qui commande ici, bande de bâtards. C’est moi qui ai le Boss au téléphone. C’est à moi qu’il donne les ordres.
Le chat tournait doucement, comme les ballerines dans leur boîte à musique. Les poils se mirent à crépiter et à fumer. Une longue complainte ininterrompue sortit de l’habitacle illuminé. Son collier antipuces, se finissant par une boucle en métal, se mit à étinceler puis à jeter de petits éclairs.
– Toi, papi, tu vas bosser pour nous comme avec les autres.
Les molécules d’eau bouillonnaient dans le corps de l’animal. Tout comme le sang et le cerveau. Son miaulement se fit de plus en plus strident, proche du pleur d’un nourrisson.
– Et vous deux, les malins, si y en a encore un qui parle de ma mère, j’lui colle une balle dans la bouche.
La peau du chat commença à gondoler comme s’il changeait de forme continuellement, puis le sang gicla en jet soutenu par les yeux pendant quelques secondes avant que la bête n’explose littéralement contre la vitre du micro-ondes.
Olivier Norek -Territoires – chapitre 10

Et Niko Tackian n’est pas en reste car il a tué le chien de sa sœur dans
Toxique

Il y eut un bruit sourd de froissement d’ailes et la nuée des pigeons s’envola d’un seul coup lorsque Marie-Thomas quitta le banc pour se rapprocher de la vieille peau.
— Bonjour madame, dit la vieille avec un sourire poli.
Marie-Thomas ne répondit pas et se pencha pour attraper la laisse du teckel qui sortait les crocs en tirant vers sa maîtresse.
La mamie croisa son regard froid et son sourire devint un rictus de terreur alors que Marie-Thomas traînait le chien vers un coin du chemin.
— Ubak ! hurla la vieille, incapable de se dresser sur ses jambes.
Ubak avait troqué ses aboiements hargneux contre un couinement inquiet à mesure que son collier l’étranglait, le forçant à suivre sa nouvelle maîtresse en freinant des quatre pattes dans la boue. Marie-Thomas grimpait maintenant les marches de la passerelle qui passait au-dessus de l’A4. Lorsqu’elle arriva au milieu, elle se tourna vers le chien et souleva la laisse à hauteur des épaules. Ubak décolla du sol pour se retrouver pendu à son collier. Il se débattait devant
Marie-Thomas et couinait en essayant de respirer. Elle pivota légèrement pour le laisser pendre au-dessus du vide, les yeux braqués vers la nuée de voitures
lancées à pleine vitesse.
— Bonne balade, dit-elle en le regardant s’écraser contre le bitume de l’autoroute. Niko Tackian – Toxique – chapitre 28

C’est bien là toute la liberté du créateur et le devoir du lecteur de ne pas faire de confusion …
Car ils les aiment les animaux … mais Norek fort de la controverse promet de martyriser un chat dans chacun de ses romans

Après quelques questions-réponses, Norek veut un café et c’est le moment de vérifier si le largage fonctionne

… et la gagnante est : Christine Thonier, responsable de la médiathèque de Gujan-Mestras, aux côtés de Laurent Chauvet, mari d’Isabelle et organisateur de ce salon.

Donc premier largage réussi … retour au salon qui se rempli progressivement

J’entame mon second objectif …

que veut dire 7/13, le titre laconique de Jacques Saussey
…………………….lien avec les indiscrétions de Jacques Saussey ……………………..

Je l’ai déjà dit mais côté tendon d’Achille pour Jacques, ce n’est pas encore le top !

Les autres se moquent de Michel Moatti dont je fais la connaissance

Mais lui s’en fout et il revendique haut et fort son copinage avec notre patronne !

Michel Moati

Je suis large, il est 11 h 30 et il me reste l’interview avec Sylvain Forge et il me restera encore du temps pour papoter dans le secteur …

Je prépare le second largage de la journée avec Claire Favan et son « Serre-moi fort » emballé et assorti de son flyer allez hop !


Sylvain a un peu de temps et on décide de commencer l’entretien … du bruit alors ça sera sans magnéto, à l’ancienne papier/crayon. On est amis dans FB depuis janvier 2015 et ça fait drôle de causer comme ça à notre première rencontre …

On cause, je note, il cause, je note, je cause, je note.
Surtout de son actualité, son prix du quai des Orfèvres, une nouvelle étape dans sa carrière d’auteur


… et il est midi … on se fait « virer » par le gardien des clefs qui ferme la salle pendant l’heure du repas ! Et vous n’avez pas oublié Ana ! Elle est toujours là et impossible de poursuivre le papotage à l’extérieur sous peine de s’envoler !
Impossible aussi de manger dans le coin, le bout du monde de la citadelle hors période touristique …
alors ! Ben alors Sylvain, on fera ça par mail car on a encore tellement de chose à se dire ! Il est d’accord et on se quitte sur un goût de pas terminé !

En résumé mes premières fois même partielles sont tout simplement éblouissantes et sûr si la patronne veut bien, je dis chiche pour une prochaine fois !

Alors deux petites dernières indiscrétions pour la route : une bonne et une mauvaise … je commence par la (très) mauvaise

– On n’aura pas de production Claire Favan en 2018, son prochain roman ne sera publiéqu’en 2019

 – « Entre deux mondes » intéresse le cinéma et le projet a de grandes chances d’aboutir

Voilà cette fois c’est vraiment tout !

Collectif Polar – Retour de Blaye 10 décembre 2017  c’est fini