Élastique nègre de Stéphane Pair 


 

Le livreÉlastique nègre de Stéphane Pair .Paru le 9 février 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  18€50 ; (278 p.) ; 21 x 14 cm
 Disponible bientôt en poche, sans doute en février chez 10-18 dans la collection 10/18 Domaine Policier.  7€50 ; (264 p.) ; 18 x 11 cm

4e de Couv :

 » Elle n’a pas senti mon amour se gâter à l’ombre grandissante de ma colère. Rien n’est venu et j’ai décidé ce soir de relâcher l’orage.  »
Vieux-Bourg, Guadeloupe.
Sous la lune, le chasseur de crabes a vu progresser un groupe d’hommes dans la mangrove. C’est là, dans les entrailles mêlées de la terre et des eaux, qu’on retrouve le corps d’une femme blanche.
Qui était-elle ?
Les rêves du lieutenant-colonel Gardé sont pleins d’amantes à la peau lisse et noire comme celle des boas. Il mène l’enquête sur le cadavre du canal des Rotours, mais se heurte au mutisme et à la méfiance. En tête des suspects, le jeune dealer Vegeta, cerveau du réseau local, roi parmi les chiens, consumé par une douleur secrète.
Des squats de Pointe-à-Pitre au volcan endormi de Montserrat, de Key West à Sainte-Lucie, une immersion envoûtante dans un monde où la beauté animale n’a d’égale que la bestialité qui sommeille au fond des hommes.

 

L’auteur : Stéphane Pair est journaliste pour la chaîne publique France Info. Il traite depuis près de dix ans les faits divers, les questions de justice et de société. Élastique nègre est son premier roman.
Extrait :
À Pointe-à-Pitre, il faut moins de trois heures à un de mes gars pour écouler cent vingt galettes. Ils dealent à La Havane mais surtout à « Washington », la cité Henri IV, où j’ai planté mon drapeau. Des points de vente sur les quatre barres qui cashent en toute saison, de jour mais surtout la nuit. Les cousins vendent la merde trente francs l’unité, jamais moins. Ils se protègent les uns les autres. Ils surveillent les accès grâce aux petits du quartier et, malgré l’envie de faire toujours plus d’oseille, je leur impose de tourner la vente d’une barre à l’autre. De la AA à la AD, c’est chaque jour, un hall différent. Aux camés de s’y retrouver.

 

L’avis de votre bibliothécaire

Voici un livre qui se mérite. Un livre exigeant. Un livre différent !

J’ai failli passer à coté de ce premier roman. Mais heureusement mon ami Yvan a rectifié ça ! En effet j’ai lu ce titre dans le cadre du  salon du polar de Mulhouse. Il était sur la liste des 6 finalistes du premier prix du Festival Sans Nom. Et en tant que membre du jury, je me devais de le découvrir.

Je me suis donc lancée dans cette lecture tête baissée afin d’honorer le rôle que l’on me prêtait. Et très vite au bout d’une trentaine de page, je me suis aperçu que j’avais beaucoup de mal à rentrer dans cette lecture. Aussi je me suis obligée à poursuivre, 30 pages de plus, 40 pages de plus…

Mais au bout de 2 heures de lectures, je suis allée voir mes petit(e)s camarades juré(e)s et je leur est annoncé tout de go : « Je suis dans Elastique Nègre. Et vous savez quoi, ça va pas le faire ! »

Aussitôt quelques-uns qui l’avaient déjà lu, où qui étaient un cours de lecture, me confirmèrent  qu’il avait eu du mal à rentrer dedans. Que sa lecture n’était pas simple. Mais qu’il fallait que je m’accroche car cela en valait le coup.

Oui, j’ai eu du mal à rentrer dedans car l’auteur nous écrit un roman choral. Et il alterne les chapitres en donnant la parole à chacun des protagonistes. Et heureusement au début du livre il y a un petit index des personnages. Aussi, je me suis pas mal reportée à lui au commencement de ma lecture.

Il y a Jimmy, le petit frère de Gina ; Gardé, l’officier de gendarmerie ; Aymé, le pêcheur à la retraite, Aristide dit Végéta le dealer. Déjà là j’ai eu du mal à comprendre qu’Aristide et Végéta était une seule et même personne. Mais ça, c’est de ma faute, mon esprit toujours s’embrouille entre les personnages. Il y a aussi Gina, la conteuse, la sœur de Jimmy et puis Tavares, Tavares Newton le narco-trafiquant bahaméen, et Lize aussi l’étudiante américaine sans oublié Josette  la quinboiseuse.

Tout ce petit monde, nous raconte une partie de l’histoire, enfin sa partie, son point de vue. Et au début, j’ai eu du mal à relier tout cela. Mais j’ai fini par comprendre que c’était voulu par l’auteur. Qu’il mettait en place, lentement son filet, qu’il appâtait tranquillement son lecteur.

J’ai compris que l’intrigue n’était qu’un prétexte pour parler de la diversité de son île, de la complexité de cette Guadeloupe que, souvent, l’on ne voit qu’en carte postale. Et moi qui ne me bornais qu’à l’histoire. Qu’à l’enquête, qu’au roman policier. J’avais les yeux bandés, je ne voyais rien, aveugle au style de l’auteur à la construction de son roman.

Mais Elastique Nègre c’est bien plus que ça , bien plus qu’un simple polar! C’est du pur roman noir.

J’ai bien fait de m’accrocher, j’ai bien fait l’aller au delà des cent premières pages. Car oui par la suite tout s’est éclairé. Et de quelle magnifique manière. Tout est devenu limpide. J’ai même eu envie de relire le début après avoir terminé la dernière page. Oui, j’ai relu les pages sur lesquelles je me heurtais, j’ai refait connaissance avec ces personnages. Mais surtout j’ai goûté la splendeur de l’écriture de l’auteur. Et surtout j’ai adoré la subtilité de la construction de ce magnifique roman.

Monsieur Pair, vous m’avez totalement bluffée mais aussi quelle fut belle cette immersion dans vos Antilles. Même si ici vous décrivez et nous donnez à montrer son coté le plus sombre. Avec vous noir c’est noir. Et c’est pas certain que la misère soit moins dure au soleil !

Bref, ce livre que j’ai failli lâché en court de route, est au final une pure découverte.

Le  » ça va pas le faire« , s’est transformé  en « un putain de coup de cœur« .

  Stéphane Pair à reçu Le Prix du jeune auteur  pour Elastique nègre lors du festival sans nom

 

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La pieuvre de Jacques Saussey


Bonjour amis polardeux,

Aujourd’hui je vous propose la petite chronique de Danièle dit Dany, notre nouvelle stagiaire flingueuse.

Le mois dernier, souvenez-vous, je vous présentais ICI,  Dany sous la rubrique Sériale Lectrice 

Ce matin c’est son examen de passage !


Le livre : La pieuvre de Jacques Saussey . Paru le 31 mai 2017 dans une nouvelle édition Aux éditions Toucan dans la collection Toucan Noir.  8€90 ; (552 p.) ; 22 x 14 cm

4ème de couverture :

Lisa Heslin est officier de policier judiciaire dans un commissariat parisien. Elle est aussi la fille d’un juge d’instruction célèbre, assassiné au début des années quatre-vingt-dix. Lorsqu’un appel téléphonique lui annonce que sa mère, avec laquelle elle n’a plus aucune relation depuis bien longtemps, est à l’agonie, elle met de côté sa rancœur, saute dans un avion pour Nice et rejoint la clinique. Au même moment, ses collègues sont appelés sur le lieu d’un meurtre crapuleux : un modeste coursier parisien a été retrouvé exécuté de deux balles dans l’entrée d’un immeuble chic de la capitale. Commence alors pour l’équipe du capitaine Daniel Magne une enquête en forme de course contre la montre, pour ménager Lisa mais aussi et surtout pour comprendre comment les bas-fonds peuvent rejoindre parfois la très haute administration.

 L’auteur : Jacques Saussey est né le 14 mars 1961. Il vit en Bourgonne.Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique », en 2007).

 

Extrait :
« Le courant d’air glissa sur sa nuque humide et le prit par surprise. Il tourna la tête, mais son casque buta sur son épaule, l’empêchant de voir l’entrée de l’immeuble. Dans la paroi en acier poli des boîtes à lettres, il distingua soudain une silhouette s’avancer derrière lui. Une silhouette noire, longiligne, qui pointait son bras en avant, droit sur sa tête.
La première balle lui perfora la base de l’occiput et ressortit en explosant sa mâchoire inférieure dans une fulgurance de douleur, projetant un mélange opaque de plastique, de sang, de chair et d’os pulvérisés sur la visière du casque.
Il n’entendit pas la deuxième. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

C’est le deuxième roman que je lis de cet auteur. On y retrouve les protagonistes de « colère noire » qui vivent maintenant en couple mais Lisa va, pour des raisons familiales, retrouver sa mère pendant que Daniel va de son côté enquêter couvert par sa hiérarchie, sur la mort, vingt ans auparavant, du père de sa compagne.

Ce qui surprend dans cette intrigue, au demeurant captivante, c’est le pari de l’auteur sur la construction du récit. Lisa et Daniel vont faire surgir le « même » passé avec force de retour-arrières, mais chacun dans sa chronologie et cela ne les rend pas synchrones. Un peu obscur mon commentaire ? Je ne peux pas tout dire sous peine de spolier … Cependant sachez que« la pieuvre » n’y est pas le personnage principal mais le contexte historique par lequel tout est rendu possible … même le mal !
J’ai aimé ce moment de lecture et je vous le recommande

Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

La frontière des ténèbres  de Jean-Luc Bizien by OPH


Le livre : La trilogie des ténèbres Volume 2, La frontière des ténèbres  de Jean-Luc Bizien. Paru le 15 juin 2016 aux Ed. du Toucan dans la collection Toucan noir poche.
 4e  de couv : 

La frontière des ténèbres

En répondant à l’appel de son mystérieux homologue coréen, l’ex-grand reporter Seth Ballahan croit s’offrir un séjour d’agrément. Hélas, sitôt arrivé à Séoul avec sa femme et sa fille, il est confronté à un double homicide. Des meurtres impossibles, perpétrés dans un village-pilote, entièrement géré par l’électronique et la video. Qui a frappé derrière les murailles du village ? Qui a pu s’introduire dans cet Eden de façade, ce nirvana sécuritaire ? Quel monstre est assez puissant pour se jouer des caméras, des gardiens et du système de surveillance ?

Ballahan devra, pour le savoir, réunir toutes les pièces d’un puzzle effrayant. et faire équipe, pour l’occasion, avec le seul homme capable de défier les autorités de Corée du Nord. Mais il faudra franchir la terrible frontière du pays le plus fermé du monde et jouer une véritable partie d’échecs avec la mort.

L’auteur :  Jean-Luc Bizien est né en 1963 au Cambodge. Il a publié de nombreux ouvrages dont Marie Joly (Sabine Wespieser, 2004) et la série historique La Cour des miracles (Grands Détectives, Éditions 10/18). Il a reçu, entre autres, le prix Gérardmer Fantastic’Arts et le Prix du Roman d’Aventures en 2002.

 


Le OFF de OPH

La frontière des ténèbres  de Jean-Luc Bizien

Après « l’évangile des ténèbres », tome 1 de la trilogie, j’ai replongé avec Jean-Luc Bizien au coeur des deux Corées, sœurs ennemies, avec ce tome 2 « la frontière des ténèbres ».

Comme pour le premier roman de la trilogie, ce n’est pas l’intrigue qui m’a emporté mais les personnages…
L’histoire pour autant est bien construite mais en définitive je voulais davantage connaître le sort réservé aux protagonistes que solutionner l’enquête…

Jean-Luc nous décrit un peu moins les mécanismes opérant en Corée du Nord, mais il l’avait magistralement bien fait dans le premier tome. Il insiste, en revanche, un peu plus sur les relations entre les deux pays et nous entraîne dans une histoire d’espionnage… Au delà du contexte dans lequel il nous raconte cette histoire, il donne plus de profondeurs et de vie encore aux personnages présents sur ces deux tomes et ce pour mon plus grand plaisir (pardonnez moi de ne pas développer mais je ne m’y risquerai pas pour ne pas divulguer tant des éléments du tome 1 que du début du tome 2).
J’ai retrouvé Jean-Luc dans ses références musicales mais aussi un petit clin d’œil cinématographique qui m’aura fait sourire (chuuuuut je ne spoilerai pas 😉).

Maintenant il me tarde d’entamer le tome 3: « le berceau des ténèbres » et d’achever cette trilogie avec laquelle je prends grand plaisir à voyager, au sens propre comme au figuré….

Merci Jean-Luc 😉

 

Aux vents mauvais d’Elena Piacentini by Kris


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Le livre :  Aux vents mauvais : une enquête de Pierre-Arsène Leoni  de Eléna Piacentini. Paru le 5 janvier 2017 chez Au-delà du raissonable.  18€ ; (392 p.) ; 19 x 13 cm 

4e de couv :

Au début, il y a le couteau qu’un gosse doit cacher dans un arbre, sur une île lointaine. A l’arrivée, cinquante ans plus tard, il y a un cadavre scalpé dans une cave de Roubaix. Leoni arrive alors bien trop tard pour protéger et servir. Tout juste pour compter les morts, chercher pour eux la justice, et comme toujours trembler pour les siens.

 

elenaaL’auteur : Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle a donné naissance à Leoni, le commandant de police corse qui dirige la section homicide de la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit. Dans ses romans, Elena Piacentini orchestre avec psychologie une humanité malmenée, souvent victime de ses choix entre l’ombre et la lumière. Après Des forêts et des âmes, finaliste du Prix des Lecteurs Quais du polar/20 Minutes et du Grand prix de littérature policière en 2015, Aux vents mauvais est le septième roman de la série.

Collectif Kris

Le petit avis de Kris

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Aux vents mauvais – Elena Piacentini

Septième aventure du commandant de police corse à Lille. Dans les caves d’une maison en démolition, la découverte d’un cadavre scalpé permet à Leoni de rouvrir un dossier de disparition non élucidée. Le policier et son lieutenant Thierry Muissen mènent une enquête au cours de laquelle les destins de Jean-Toussaint, Mamilouise et Marie-Eve se croisent.

L’auteure a une façon bien à elle de raconter des histoires. Ici, se basant sur des faits réels, la déportation de ces jeunes réunionnais dans la Creuse, passé peu glorieux de la France, elle nous conte une enquête bien énigmatique et en profite pour faire passer quelques messages sur notre société d’aujourd’hui.
Malgré la noirceur des faits relatés, Elena fait chanter les mots.
Et puis toujours ce rapport grands parents/petits enfants très présent tout au long du récit.
On ne se rassasie pas une seule fois des mots et de la poésie qui habite ces écrits.
Il faut lire Elena c’est un vrai bonheur !

Et vous pouvez retrouver Ici la chronique d’Aux Vents mauvais par Ge notre porte flingue

Etsa chronique du dernier opus d’Elena Piacentini , Comme un long échos 

Mais surtout ne rater pas le super entretien entre Ge et Elena, c’est ICI Elena sous le feu des question de notre porte flingue

 

Thanh Van Tran Nhut à l’honneur #4 – Octobre


Le quatrième « Auteur à l’honneur » sur Collectif Polar sera une auteure.

Et c’est Thanh Van Tran Nhut  que j’ai choisi de mettre en avant.

Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est Elsa qui poursuit cette nouvelle rubrique sur notre blog, je vous en rappelle le principe.

L’idée est que chaque mois, on se fasse découvrir un auteur qui nous tient à cœur. Étant tous des lecteurs d’horizons différents, cela permet aux uns et aux autres d’explorer d’autres univers qui nous tentent ! Pour participer, rien de plus simple :
  • une photo de l’auteur
  • une bref biographie de lui
  • Et enfin, deux ou trois livres que vous avez aimés et pourquoi !
Pour participer, vous n’avez plus qu’à me laisser un commentaire avec le lien vers votre article et je l’ajouterai au mien 🙂 Alors à vos claviers !

 

Mais revenant à notre auteur à l’honneur

Thanh Van Tran Nhut

J’ai choisi cet auteur car comme les trois précédents, j’ai eu la chance de la recevoir dans ma bibliothèque pour un de mes fameux Apéro Polar. Et ce fut un moment riche. J’y ai appris énormément de choses. Et je n’étais pas la seule. Mes lecteurs ont été eux aussi conquis. Ce fut une nouvelle fois un exceptionnel moment d’échanges et de partage.

photo @Michèle Barrière

De plus  Thanh Van était rentrée la veille de notre rencontre de Nouvelle Zélande. 42 heures de voyage….Incroyable, même avec un tel décalage horaire, notre auteur s’est montrée d’une gentillesse et d’une telle disponibilité qu’elle a de suite su conquérir le public de cette fabuleuse rencontre.

Son parcours, ses bouquins

Thanh-Van Tran-Nhut  est l’auteur d’une série policière située dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle. Mais pas seulement…

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Thanh-Van Tran-Nhut naît à Huê, au Viêt-Nam, en 1962. Impénitents, ses parents, professeurs de mathématique et de sciences naturelles, continuent sur leur lancée et Kim vient agrandir la famille en 1963. Jours tranquilles dans une grande maison au bord d’un cours d’eau.

En 1968, la famille s’installe aux Etats-Unis, les parents ayant choisi d’étudier dans l’un des états les plus froids du pays : le Michigan, au cœur de la région des Grands Lacs. Années inoubliables, faites de blizzards et de tornades, et placées sous le signe de Peace & Love.

Le choc culturel et thermique est brutal pour les Tran Nhut et surtout pour les deux petites.

1971, arrivée en France. Une nouvelle langue et une nouvelle vie, d’abord à Crotenay, un petit village jurassien, puis dans une petite ville de Haute-Saône. Adolescence en pattes d’eph et Clarks. Les deux soeurs passent un Bac Scientifique. Papa est intransigeant, il faut-être bon en classe.

Après le baccalauréat, leur chemin se sépare. Kim fait des études de physique à Normale Sup, tandis que Thanh-Van repart aux Etats-Unis. Soleil de Pasadena, Richard Feynman déambule encore à l’ombre des oliviers et le premier télescope Keck commence à voir le jour.

Quelques années plus tard, Thanh-Van revient en France avec un diplôme d’ingénieur en mécanique du California Institute of Technology. Plongée dans le monde informatique.

10516681_272402242945937_6823701988326705924_n1999, les deux sœurs se lancent dans l’écriture d’une série policière située dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle. C’est Kim qui initie le projet, Thanh Van est moins enthousiaste. L’arrière-grand-père maternel, figure mythique de la famille pour avoir accédé très jeune aux fonctions de mandarin, servira de modèle au héros du roman. Il prête ainsi son intelligence et sa sagacité à un jeune magistrat, Tân, qui affiche des traits virils et promène un physique de guerrier. Un héros pétrit de confucianisme.,doctrine politique et sociale érigée en religion d’État dès la dynastie Han. Mais qui cohabite sans heurt avec les autres courants de pensées de l’époque : le bouddhisme et le taoïsme.

Les deux sœurs vont choisir d’installer leur héros et ses aventures dans une période charnière de l’histoire du Daï Viet, le XVIIe siècle.

Pendant plus d’un millénaire, le Viêt Nam est une possession de la Chine . C’est dans le contexte de la lutte pour l’indépendance vis-à-vis de la Chine que se forge une conscience nationale Viêt : la nation vietnamienne qui émerge progressivement n’en demeure pas moins marquée par des structures étatiques inspirées de celles de la Chine, et par une culture en grande partie sinisée. En 939, le pays devient indépendant ; le Đại Việtménage cependant ses rapports avec l’empire chinois en continuant de reconnaître sa suzeraineté et en lui payant tribut. Le Đại Việt doit à plusieurs reprises lutter pour conquérir ou défendre son territoire.

De la fin du XVIe à la fin du XVIIIe siècle, le Đại Việt est divisé en deux. Les seigneurs de la famille Trịnh dominent le Nord et ceux de la famille Nguyễn le Sud, tandis que les souverains Lê ne règnent plus que symboliquement. Les Nguyễn finissent par l’emporter et règnent sur le pays, rebaptisé Việt Nam puis Đại Nam, mais connu en Occident sous le nom d’Annam.

C’est aussi, les seigneurs du Sud qui ont permis l’implantation des Français au Vietman, en leur demandant leur aide pour vaincre le Nord.

 A la grande joie des auteurs, la première enquête, Le Temple de la Grue écarlate, est publiée aux éditions Philippe Picquier.

Le Temple de la Grue écarlate : Une enquête du mandarin Tân

Lorsqu’il rejoint son poste, la mandarin impérial Tân subit un assaut de banquets, de conseils et de propositions de mariage tandis qu’on assassine des enfants derrière les résidences des notables corrompus et des prostituées sur des bateaux. Mais le mandarin est aussi détective… Un roman policier situé dans le Vietnam du XVIIe siècle.

L’aventure se poursuit avec la parution en 2000 de L’Ombre du prince, où l’on voit le mandarin Tân résoudre une affaire de meurtres en série dans la capitale Thang Long, l’actuelle Hanoi.

L’Ombre du prince : Une enquête du mandarin Tân

Un an après sa nomination dans une région reculée et désuète au nord du Viêtnam, le mandarin Tân se rend à Thang Long, la capitale de l’Empire, à la recherche de livres qui font défaut à sa province. Mais au lieu de manuscrits, il découvre une série de corps délicatement incisés par une lame artiste, meurtres sanglants qu’il lui faut élucider au plus vite en ce XVIIe siècle troublé par des luttes d’influences entre princes et seigneurs. Curieux voyage à la capitale, où le jeune magistrat est confronté non seulement à la toute-puissance des nobles et à un vol singulier chez les eunuques, mais aussi aux ombres surgies de son propre passé. Le sang versé hier appellerait-il les crimes d’aujourd’hui ? Pour percer à jour les motifs étranges d’un assassin sans pitié, le mandarin Tân devra pousser jusqu’au bout une effroyable logique qui, cette fois-ci, ne le laissera pas intact.

Le troisième volet des enquêtes, La Poudre noire de Maître Hou, est écrit par Thanh-Van à partir d’un scénario élaboré à deux. L’accent est mis sur l’ouverture du pays sur le monde, avec l’arrivée de marchands européens et de jésuites français.

La Poudre noire de Maître Hou : Une enquête du mandarin Tân

 A l’ombre de l’échine minérale du dragon qui sommeille dans la baie d’Ha Long, des cadavres décomposés semblent vouloir prendre part aux affaires des vivants. Un naufrage ressuscite les héros de batailles révolues, tandis que des cimetières subissent des pillages aussi mystérieux que profanateurs. A l’aube de ce XVIIe siècle qui voit le Viêtnam accueillir comptoirs portugais et missions jésuites, le mandarin Tân, épaulé par le fantasque lettré Dinh, doit élucider non seulement ces actes ténébreux mêlant élixirs et poudres taoïstes, mais aussi un meurtre dont les raisons se trouvent cristallisées dans une quête immémoriale.

Magistrat de ce pays sur lequel soufflent les esprits d’anciennes traditions et les nouveaux vents du changement, le mandarin Tân saura-t-il déchiffrer à temps le message prémonitoire d’une femme aimée ?

« Un policier étonnant par la poésie et la sensualité qu’il dégage, ce qui n’enlève rien à l’alchimie particulièrement réussie de l’intrigue. » (Elle)

« Un roman d’énigme très réussi qui mêle allègrement érudition, humour, légendes et pensées de l’Extrême-Orient. »
(Claude Mesplède)

2002, l’année de tous les bonheurs. Thanh-Van embarque dans un rêve vieux d’un siècle : faire le tour du monde. Sac à dos et pataugas. Faune du Kenya et grand rift en Tanzanie. Volcan sacré des Masaï, volcans révérés des Indonésiens, sommets taoïstes en Chine, temples bouddhistes en Corée, Angkor à vélo, déserts boliviens en jeep, chemin de l’Inca à pied, glaciers de l’Alaska à l’aube, sources chaudes du Japon à l’automne, souvenirs du Viêt-Nam à pleurer… Zigzags sur l’Equateur, ciel austral et aurores presque boréales.

Au retour, Thanh-Van signe seule la quatrième aventure du mandarin Tân. Le jeune magistrat retourne au village de son enfance, où de vieux démons reviennent à la vie. L’Aile d’airain est publié en 2003.

L’Aile d’airain : Une enquête du mandarin Tân

Sur cette terre du sud du Viêtnam où génies et fantômes se côtoient, des défunts réclament vengeance tandis que, dans la moiteur de la jungle, une démone à la beauté dévastatrice guette les hommes pour leur faire subir des outrages que la morale réprouve. De retour dans son village natal, le mandarin Tân est lui aussi confronté à ses propres démons : une mort particulièrement atroce le lance sur les traces de l’homme insaisissable qu’il traque depuis son enfance – son père. Un passé entaché de crimes et de trahisons resurgit, alors que se dévoile une vérité au goût de cendres.

Thanh-Van Tran-Nhut signe ici la quatrième enquête du jeune mandarin Tân, dont le dénouement marquera non seulement son existence, mais aussi l’avenir du pays, en ce XVIIe siècle déchiré par les luttes de pouvoir.

La suite des enquêtes est aussi l’œuvre de Thanh-Van : L’Esprit de la renarde paraît en septembre 2005, Les Travers du docteur Porc  en janvier 2007.

L’Esprit de la renarde : Une enquête du mandarin Tân

 

Au monastère de la Tortue Noire, la porte entre le monde des vivants et le royaume des morts s’entrebâille, l’espace d’un instant, pour célébrer la Fête des âmes errantes. Mais les défunts affamés ne sont pas les seuls à se mettre à table, car d’étranges disparitions sont revendiquées par un Gourmet aux appétits cannibales.

Dans le port animé de Faifo, marchands chinois, négociants japonais et aventuriers européens se livrent à de mystérieuses transactions à la lueur de lanternes multicolores. Tel un papillon attiré par le chatoiement des lampions, le lettré Dinh se fait prendre à un piège inextricable.

Alors qu’il tente désespérément de sauver son ami d’une justice expéditive, le mandarin Tân tombe sous le charme d’une ensorcelante femme-renarde, créature de la nuit et gardienne d’un secret. Il lui faudra pourtant recouvrer toute sa lucidité pour venir à bout d’une énigme aux ramifications insoupçonnées.

Avec cette cinquième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut ressuscite brillamment le Viêt-Nam du XVIIe siècle : « un univers exotique et foisonnant, non sans quelque distance et beaucoup d’humour » (Livres Hebdo).

 

Les Travers du docteur Porc : Une enquête du docteur Porc

Quittant sa province reculée du nord du Vietnam, le mandarin Tân a confié la justice du tribunal au pachydermique docteur Porc. Autoritaire et expéditif, ce dernier ne tarde pas à exposer ses travers quand une découverte macabre l’oblige à fourrer son nez dans la fange d’une histoire ancienne. Affairé, il trottine de sessions d’autopsie en séances de chirurgie esthétique, sans oublier de se régaler au passage d’exquises douceurs fourrées à la viande. Ainsi, ne sacrifiant jamais le lard pour l’art, il mène son enquête avec un flair tout particulier, dans une ville où de vieux cochons se frottent à de jolies cocottes. Artiste du scalpel et virtuose de l’acupuncture, le docteur Porc est aussi un maître de l’interrogatoire : pour que les suspects crachent le morceau, il n’hésite pas à les cuisiner avec des herbes très, très spéciales.

Ce roman de Thanh-Van Tran-Nhut s’inscrit dans la série des enquêtes du mandarin Tân, qui nous plongent avec précision et malice dans le Dai-Viêt du XVIIe siècle.

En 2009, deux nouveaux livres : Le Banquet de la Licorne, septième enquête du mandarin Tân (éditions Philippe Picquier), et Le Palais du Mandarin, un recueil de textes gourmands (NiL éditions).

Le Banquet de la Licorne : Une enquête du mandarin Tân

Au cours d’une nuit d’orage, à la demande du mandarin Tân, l’intendant Hoang organise un banquet, dressant une somptueuse table où défilent canards et tourteaux, tendres gorets et grasses volailles. Festoyant à la lumière des lanternes, un maître des geôles, un percepteur des impôts, une poétesse, un couple d’apothicaires et un tailleur racontent une énigme non résolue de leur passé, tandis que le lettré Dinh et le docteur Porc livrent chacun un épisode mystérieux de leur jeunesse.

Servis dans de la vaisselle en céladon, meurtres, vols et coups bas sont décortiqués à l’aide de baguettes laquées, faisant le délice des convives.

C’est l’heure lumineuse des conteurs, qui donnent voix aux amours défuntes et visage aux héros d’antan. C’est l’heure sombre des aveux masqués et des guets-apens, alors que, dehors, s’amassent les ténèbres d’un monde au bord du chaos.

Avec cette septième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut nous entraîne dans un Viêt-Nam du XVIIesiècle aux rebondissements pleins de saveurs gourmandes.

 

Le Palais du Mandarin

Voyage culinaire dans le Viêt Nam des années 1960, en Chine, en Amérique et en Europe.

Exotisme et émotion pour cet «Exquis d’écrivains» souriant qui nous emmène du Viêt Nam en Chine, d’Amérique en Europe, et nous propose d’indiscrètes incursions dans les cuisines d’un Extrême-Orient d’hier et d’aujourd’hui. Secrets aphrodisiaques, contes joliment cruels et saynètes pleines de fantaisie… Thanh-Van Tran-Nhut porte un regard tendrement ironique sur le monde des gourmets de tous horizons, sur les étrangetés de la langue culinaire et sait nous amuser pour mieux nous mettre en appétit.

En janvier 2010 sort La Femme dans le miroir (Robert Laffont), une histoire d’obsession et de manipulation qui se déroule à Paris de nos jours.

La Femme dans le miroir

Comment une femme du XVIIe siècle a-t-elle pu servir de modèle à un peintre du XXe ? C’est la question que se pose Adrien, hanté par la mort récente de sa femme, en reconnaissant sur une toile contemporaine le visage qui se reflète dans le miroir d’une vanité peinte trois siècles plus tôt. D’où vient que cette beauté a traversé le temps comme si des artistes n’avaient jamais cessé de l’aimer ?

Devenu malgré lui l’acteur d’une aventure née sous le pinceau d’un maître hollandais, Adrien entreprend une inquiétante enquête où l’histoire des pigments et la magie des alchimistes l’entraînent hors du domaine de la raison et lui ouvrent des portes inattendues.

Aidé par un chercheur lunatique et un thanatopracteur savant, il plonge dans les mystères des passions amoureuses peut-être aussi subtils que ceux de la pierre philosophale, promesse de longue vie. Mais sur le point de percer le secret des tableaux, il comprend soudain que rien dans cette histoire n’est dû au hasard et que les véritables enjeux de cette énigme dépassent le fantasme d’un idéal de beauté.

 

En 2011 paraît Les Corbeaux de la Mi-automne, où d’anciennes légendes refont surface sur fond de tensions entre la Chine et le Dai-Viêt.

Les Corbeaux de la Mi-automne : Une enquête du mandarin Tân

Sous la pleine lune de la Mi-Automne, l’Archer céleste, le génie des Eaux et le lapin apothicaire reviennent fouler la terre des hommes et jouer avec leurs destins. A peine les derniers lampions de la fête éteints, des moines en colère dénoncent la vicieuse dégradation de leurs lieux de culte et de leurs lieux d’aisance, alors que le mandarin Tân s’active à élucider plusieurs morts suspectes, et qu’une femme au charme irrésistible sème la zizanie dans la bourgade.

Entre-temps, espions et aventuriers sillonnent la campagne, ravivant les tensions immémoriales entre le Dai-Viêt et son puissant voisin, l’Empire du Milieu. Des alliances décisives se nouent devant la menace d’une guerre civile : sommé de se rallier au pouvoir corrompu du Nord ou au seigneur félon du Sud, le mandarin Tân doit enfin faire son choix.

Dans cette huitième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut fait la part belle aux mythes d’Asie, peuplés d’Immortels et de génies, tout en évoquant la longue et tumultueuse histoire qui lie le Viêt-Nam à la Chine.

 

Les livres ont été traduits en italien, en japonais, en espagnol, en russe et en allemand.

 Thanh-Van Tran-Nhut a été la lauréate française 2014 de la résidence d’écrivains Randell Cottage à Wellington, Nouvelle Zélande. Ce voyage l’amennera aussi en Australie et en Polynésie Française et à Tahiti.

En ce moi d’octobre 2017 sort son nouveau roman : Kawekaweau. Ce livre est l’aboutissement de son projet de résidence.

Kawekaweau

Le livre : Kawekaweau  de Thanh-Van Tran-Nhut. Paru le 20 octobre 2017 aux éditions Au Vent des îles.  20€ ; (232 p.) ; 21 x 13 cm

À peine installé au Viêt-Nam avec sa femme, Viktor reçoit un colis de Lucie, son amour de jeunesse, récemment décédée. Elle lui lègue des objets de leur vie commune, mais aussi un ultime défi : résoudre une énigme liée au lézard géant rapporté du Pays du long nuage blanc par un équipage français au XIXe siècle – le mythique kawekaweau marqué d’une malédiction.

Plongé dans le journal d’un célèbre amiral, arpentant les antipodes aux côtés de scientifiques, d’artistes et de matelots, alors que s’ouvre à eux un territoire inconnu, Viktor s’aperçoit qu’entre les lignes du rapport officiel se cache un drame ignoré de tous.

Le portrait d’une jolie Maorie, un fragment de jade vert, des photos d’un monde évanoui… Et si ces objets d’un autre temps recelaient, eux aussi, le dernier message de Lucie à Viktor ?

L’Evangile des Ténèbres de Jean Luc Bizien by Oph


9782810002665,0-1124584Le livre : La trilogie des ténèbres Volume 1, L’évangile des ténèbres  de Jean-Luc Bizien. Paru le 6 octobre 2010 aux Ed. du Toucan dans la collection Toucan Noir. 22€ ;  (563 p.) ; 23 x 14 cm

Réédité en poche le 5 octobre 2011 en Toucan Noir Poche. 9,90 ; (563 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

L’évangile des ténèbres

Pyongyang, Corée du Nord.

Le dernier pays où le pire n’est pas imaginable…

Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l’un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord. Face à l’absence de réaction de sa hiérarchie, Ballahan voit rouge. Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong. Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que des ombres, il cherche de l’aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d’une O.N.G. canadienne.

C’est alors que le Mal absolu surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés.

Paik Dong-Soo, brillant militaire nord-coréen, se lance sur ses traces.

Ils se retrouveront tous, à l’issue d’un parcours halluciné, en un lieu oublié. Celui qu’annonce l’Évangile des ténèbres…

L’auteur :  Jean-Luc Bizien est né en 1963 au Cambodge. Il a publié de nombreux ouvrages dont Marie Joly (Sabine Wespieser, 2004) et la série historique La Cour des miracles (Grands Détectives, Éditions 10/18). Il a reçu, entre autres, le prix Gérardmer Fantastic’Arts et le Prix du Roman d’Aventures en 2002.

 

 

Les off de OPh 1

Le OFF de OPH

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L’Evangile des Ténèbres de Jean Luc Bizien

Je viens de rentrer de Corée du Nord…. j’y ai fait un long voyage, guidé par Monsieur Jean-Luc Bizien….
L’Evangile des Ténèbres est un bon thriller mais pas tant pour l’intrigue que pour la construction de l’histoire.
L’intrigue, certes bien construite,n’est pas novatrice. Toutefois Jean-Luc nous emmène à la découverte de la seule dictature stalinienne existant encore: la Corée du Nord.
En suivant les personnages, je suis partie à la découverte de ce pays dont on ne sait pas grand chose en définitive si ce n’est les éléments géopolitiques et ce que nous communiquent vaguement les médias… Comment un peuple entier peut-il vouer un culte si grand à Kim Jong-Il et son père avant lui? Que vivent réellement les Nord Coréens? (Kim Jong-Il étant vivant à l’époque où se situe le roman)
J’ai découvert le culte du Cher Leader mais aussi son histoire, son parcours…
Ressenti la haine vouée aux américains par les Coréens mais aussi le mépris dont peuvent parfois faire preuve les occidentaux qui ne comprennent pas la soumission d’une population qui souffre envers son tyran, les taxant sans doute trop vite d’être atteint du syndrome de Stockholm alors qu’il s’agit de formatage, de propagande, d’éducation dès le plus jeune âge… Oubliant trop vite nos dictateurs historiques… (Remember Hitler….)

Bref vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce premier opus de la trilogie, son style fluide, le rythme qui ne faiblit pas, les références musicales (si si je vous jure il y en a de belles… ce qui ne surprend pas quand on connaît un tout petit peu le monsieur 😊), et les personnages auxquels on s’attache très vite, tremblant pour eux dans certaines situations….

« Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien apprend que l’un de ses collaborateurs, le jeune Mickaël Wong est piégé en Corée du Nord. Devant l’immobilisme de sa hiérarchie, il décide de partir à sa recherche pour le ramener sain et sauf auprès de sa mère…

Au même moment, un tueur méticuleux , invisible, s’attaque à des paysans en les mutilant à l’extrême… Paik Dong-Soo, Lieutenant de l’armée Coréenne est chargé de l’enquête »

Merci Jean-Luc! À l’attaque du suivant maintenant!

(Tome 2: la frontière des ténèbres, tome 3: le berceau des ténèbres)

La faux soyeuse de Eric Maravélias


La faux soyeuse de Eric Maravélias. Paru le 20 octobre 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier.  7€70 ; (319 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Roman terrible, roman implacable et rare, La faux soyeuse est un diamant noir. »
Le Figaro littéraire

La faux soyeuse

« Ce n’est pas facile de décrire avec de simples mots, même en ayant du vocabulaire, les expériences extrêmes. Hors du commun. D’en faire saisir l’intensité à ceux qui ne les ont pas vécues. Comme il est dur d’accorder foi au récit d’autrui sans aller voir par soi-même de quoi il retourne. Il n’y a guère que les enfants pour aller foutre les doigts dans la prise bien qu’on leur ait répété mille fois que ça faisait mal. Mais l’homme est un éternel enfant. »

A l’agonie dans son studio, Franck se souvient du chemin parcouru depuis les années 1970, entre braquages, trahisons et drogues dures. Premier roman.

L’auteur : Éric Maravélias est né dans la banlieue sud de Paris. Après un parcours chaotique, il vit aujourd’hui dans le sud de la France. La faux soyeuse est son premier roman publié. Il est le créateur et l’organisateur du Trophée Anonym’us.

 

 

Extrait : 
 » J’ai atterri ici après les événements tragiques. Après que le destin nous a frappés si durement. J’ai quitté Les Voyageurs, cet hôtel minable de la rue de Paris, pour échouer là, épave grimaçante, et je sombre peu à peu. Avant, je dormais dans ma bagnole ou au squat, alors je suis quand même content d’avoir trouvé cette merde pour finir mon temps. J’en peux plus. Le passé m’obsède. C’est le vieux qui m’a filé le plan. Léon. Il aurait aussi bien pu me laisser crever. Il ne me parlait plus, de toute façon. Ou si peu. Il devait penser que je savais tout depuis le début et que je l’avais trompé. Mais comment aurais-je pu savoir ? Comme si ça ne m’avait pas tué, moi aussi ! « 

Collectif polar.JLuc

L’avis de Jean Luc

Ce roman écrit par Eric Maravélias m’a beaucoup marqué. Il est publié sous la collection Gallimard, roman noir, et je dois dire qu’il mérite bien son appellation de roman noir !

Je n’ai pas réussi à accrocher avec le personnage principal, mais je ne pense pas que ce soit le but de l’auteur de nous dépeindre un personnage sympathique avec lequel il sera possible de s’identifier. En effet, c’est d’abord l’histoire d’un jeune paumé de la banlieue, qui va s’enfoncer dans la drogue et qui est prêt à tout pour se défoncer. Il va nous dépeindre en détails, les règles et les codes en vigueur dans un milieu en marge de la société, mais qui pourtant en fait bien partie !

J’ai été scotché par le style de Eric Maravélias, il y a de la poésie dans l’horreur qu’il dépeint, dans la descente en enfer vécu par son personnage principal. On ne peut pas rester insensible à ce qu’il écrit. D’un côté, il y a une analyse précise du milieu dans lequel il évolue, mais il y a aussi la description des expériences suite à la consommation de la drogue qui sont bluffantes.

Pour moi, il s’agit aussi d’une très belle analyse sociologique de la banlieue avec ses codes, sa violence et le monde des toxicos et ses petits dealers. J’ai aimé la façon de décrire les personnages, d’expliquer leur fonctionnement. Il n’y a pas de temps mort dans cette histoire, on se laisse emporter dans toute cette noirceur. Et il y a sans doute une part de vécu, qui moi, ne m’a pas laissé insensible..
Un roman noir dans lequel la seule gagnante est malheureusement la drogue, pour ma part, un très grand roman extrêmement dur mais qui dépeint l’univers de certaines de nos banlieues et le monde des toxicos de façon saisissante.

Back up de Paul Colize


Mes petites lecturesLecture d’avant

 9782070449682,0-1513914Le livre :  BACK UP de Paul Colize Paru le 1er mars 2012 à La Manufacture de livres. 19€90 ; (256 p.) ; 23 x 15 cm.  Réédité en poche chez Pocket ; Prix : 8€ ;  256 pages

 

4e de couv :

Quel rapport entre la mort en 1967 des musiciens du groupe de rock Pearl Harbor et un SDF renversé par une voiture à Bruxelles en 2010 ? Lorsque l’homme se réveille sur un lit d’hôpital, il est victime du Locked-in Syndrome, incapable de bouger et de communiquer. Pour comprendre ce qui lui est arrivé, il tente de reconstituer le puzzle de sa vie. Des caves enfumées de Paris, Londres et Berlin, où se croisent les Beatles, les Stones, Clapton et les Who, à l’enfer du Vietnam, il se souvient de l’effervescence et de la folie des années 1960, quand tout a commencé…

Paul_ColizeL’auteur : Paul Colize est né en 1953 et vit près de Bruxelles. Quand il n’écrit pas, il est consultant, amateur de badminton et joue du piano.

 

Extrait :
« J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai entendu prononcer le mot rock’n’roll pour la première fois.
La disquaire à chignon chez qui nous allions de temps à autre l’avait lâché avec dédain en me tendant le disque de Chuck Berry. Les lèvres pincées, elle avait déclaré que c’était nouveau, qu’on appelait cela du rock’n’roll.
Je n’ai jamais su qui a été le premier vrai rocker ou quelle a été la première chanson rock. Je ne me suis jamais mêlé à ce genre de débat.
Pour moi, le premier rock, c’est Chuck Berry et Maybellene.
Et c’est tout. »

Le post-it de la bibliothécaire

A Bruxelles, en 2010, devant la gare de Midi, un sans-papiers est renversé par une voiture et transporté dans un état grave dans une clinique où il est déclaré atteint du locked-in syndrom. Il ne peut plus communiquer que par le mouvement des paupières.

Un roman sur les débuts du rock’n’roll des années 1960 et les dérives narcotiques des années 1970.

Paul Colize mène un récit à plusieurs voix et à plusieurs époques qui s’entrecroisent en chapitres courts. Une construction méticuleuse qui laisse peu de place au hasard. Comme toujours, c’est très précis, très documenté, et remarquablement agencé.

A la fin du roman, vous trouverez la playlist de tous les morceaux qui accompagnent la vie du héros.

Un excellent roman noir à découvrir immédiatement si ce n’est pas déjà fait !

 

Les noces macabres de Jean-François Coatmeur.


Le livre : Les noces macabres de Jean-François Coatmeur. Paru le 25 mai 2016 chez Albin Michel. 15€ ; (217 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :
Tout commence par un coup de fil. Une voix métallique qui menace tour à tour le père Gildas, cloîtré dans son abbaye de Kerascouët, le maire d’une petite ville de Bretagne, effrayé au point de renoncer à un mandat de député, et un médecin du Perche, qui prend la fuite.
Trois notables aux vies transparentes, qui avaient fait leurs études de médecine ensemble. Avec le chirurgien Alain Vénoret, revenu à Brest après de nombreuses années d’absence, ils formaient un joyeux quatuor : « la petite bande ». Pourquoi se sont-ils séparés brusquement ? Que leur a chuchoté cette mystérieuse voix pour les troubler à ce point ? Et pourquoi Alain a-t-il été épargné ?

 

L’auteur : L’homme aux 28 romans policiers : Jean-François Coatmeur est né le 26 juillet 1925. Il est Chevalier des Arts et des Lettres depuis 2004. Tous ses romans sont des policiers, romans psychologiques assez noirs. Il a remporté le Grand prix de littérature policière en 1976 et le Prix mystère de la critique en 1981.
Extrait : 
Lestafou fit le tour de l’appartement, ouvrant chacune des fenêtres au passage et essayant sans succès de percer l’épais capiton qui noyait le décor.
Il s’apprêtait à refermer l’une des deux baies qui donnaient sur la cour, à l’arrière, lorsque des bribes de conversation montèrent jusqu’à lui, déformées par le matelas humide. Plusieurs personnes au-dessous étaient engagées dans une discussion animée, dont il ne distinguait pas un traître mot.
Lui parvint également la double note d’un véhicule de secours, au loin. Devant lui, aux façades des immeubles bordant la cour, des fenêtres s’allumaient et des formes, en contre-jour, s’agitaient.
– Les pompiers, remarqua Céleste, qui tendait l’oreille elle aussi. Clovis, on dirait qu’ils approchent.
À nouveau Lestafou se pencha dans l’embrasure. Une voiture à l’instant stoppait sèchement tout près, à la hauteur de l’immeuble, et des portières claquaient.
– Nom de Dieu ! s’écria-t-il, la voix blanche. Céleste, m’est avis que c’est pour nous !

Emilie délivre son avis

***LES NOCES MACABRES de Jean-François Coatmeur***

Résumé :

Brest, 1987. Une fête trop arrosée tourne au viol collectif d’une jeune fille, Nanou. Jetée par la fenêtre, elle est laissée pour morte, mais survit. Les années passent, elle élève sa fille Chris sans rien lui révéler de son passé. A sa mort, elle laisse à celle-ci une lettre contenant les noms des quatre coupables impunis, devenus notables. Pour Chris, le temps de la vengeance est venu.

L’avis d’Emilie :

Ce livre porte très bien son nom. Et pour tout vous dire, il n’y a pas que les noces qui sont macabres dans cette histoire…
Tout commence en 1987, à Brest. Une petite fête qui tourne mal…
2011- Les anciens membres d’une bande reçoivent tour à tour un coup de fil de menaces. Qui les appelle ? Pourquoi les menace-t’ils ? Qu’ont-ils à se reprocher ?
Jean-François Coatmeur distille savamment les indices et nous entraîne dans cette sombre histoire avec une stupéfiante maîtrise.
Un très bon livre pour les amateurs de suspense. Amatrice de ce genre, j’ai adoré cette histoire ❤️🙂

Merci aux Éditions Albin Michel pour leur confiance.