Tu ne dormiras plus – Eric Dupuis


Le livre :  Tu ne dormiras plus de Eric Dupuis . Paru le 7 mai 2018 chez Ravet – Anceau . 13€ (328 p.) ; 11 x 17 cm.

4ème de couverture :

CAVALE MEURTRIERE DANS LE BASSIN MINIER

Le major de police Iwan Kaczmarek est en danger : François-Xavier de Montjarrieux vient de s’évader de prison et le menace. Malgré tout , le flic doit avancer sur son enquête en cours. Avec le lieutenant Belinda Bordas , il traque dans le Pas-De-Calais le « barbare du bitume », un tueur sanguinaire qui s’en prend aux automobilistes.

Dans le même temps, une chute de silo puis des explosions dans un centre de stockage de munitions sont signalées. Des indices laissent penser qu’un attentat se prépare sur le Paris-Roubaix, ravivant le souvenir du gang de Roubaix qui a sévi des années auparavant.

Pris dans ce tourbillon de violence , Kaczmarek s’en sortira-t-il

L’auteur : Natif du Pas-de Calais, Eric Dupuis, puise dans son expérience de policier pour écrire ses polars. Conseiller technique pour le cinéma et la télévision, il est passionné par le Krav-maga, discipline qu’il enseigne depuis de nombreuses années.

 

 

 

Extrait :
 « – Vérification faite, j’ai appris que cette cellule était celle de François-Xavier de Montjarrieux…
Vu la profondeur de chaque lettre, gravée avec une fourchette ou une brosse à dents élimée, j’imagine le temps passé à ressasser sa haine en effritant ce mur. Je te laisse découvrir la fresque.
Iwan pénétra dans la cellule et prit connaissance de l’inscription. Le fait qu’elle soit, à l’époque de son incarcération, dissimulée derrière un poster expliquait pour quelles raisons aucune information n’avait transpiré de la part des matons. Elle lui fit froid dans le dos.
Tremble Kaczmarek.
Bientôt, tu ne dormiras plus.

L’accroche de Miss Aline

 Tu ne dormiras plus, Eric Dupuis

Après Aussi noir que le charbon et Devoir de mémoire, on retrouve le major Kaczmarek au cœur d’intrigues pleine de rebondissements.

Iwan va devoir donner de sa personne sur tous les tableaux. D’abord mettre sa famille à l’abri car son pire ennemi François-Xavier de Montjarrieux est en cavale. Pas de doute il va vouloir se venger alors autant de pas rester à sa merci. Sur le plan professionnel,  il y a du pain sur la planche pour Iwan et son équipe dirigée par le lieutenant Bélinda Bordas. Un tueur en série est en train de défrayer la chronique : le tueur du bitume. Qui est-ce ? Quelles sont ses raisons d’agir ?

Des mafieux se font descendre. Règlement de compte, guerre de territoire ?

Des explosifs sont volés. Menace d’une action terroriste ? Un jeune flic en est convaincu. A tort ou à raison ?

Y-a-t-il  lien entre toutes ces faits ?

En toile de fond Constantini qui traine ses guêtres, toujours là celui-là.

Eric Dupuis nous entraine dans le quotidien policier où il te faut être sur tous les fronts et garder la tête froide. Il se « plait » à nous transporter d’une enquête à une autre et comme les flics de son roman tu te perds. Puis les choses se mettent en place doucement, au rythme des enquêtes. Les indices s’entremêlent et le tableau se dessine.

Les protagonistes du roman ont de fortes personnalités. Ils marquent par leurs désirs du travail bien fait, dans cette obstination à servir et défendre. Il faut faire face au mal qui est tout aussi obstiné à aller au bout du sacrifie. Au milieu tu trouves des personnes ambigüe au mental dérangé. Un élément important t’est donné, il reste dans un coin de ta tête mais tu ne parviens pas à trouver sa place dans le puzzle. Tu l’oublies mais pas l’auteur  qui va dans les dernières pages te faire une révélation qui te laissera sans voix.

Ce roman est différent des opus précédents. D’abord il te fait revivre la vague d’attentats qui a touché notre pays, laissé des cœurs meurtris, un sol souillé du sang des innocents. Un pays qui se lève comme un seul homme, chacun voulant être « je suis Paris », « Je suis policier », etc. Il t’ancre dans la réalité.

Ensuite il y a Kaczmarek qui évolue, qui essaie de maitriser ses démons. Je ne peux pourtant m’empêcher de chercher la faille.

Et puis Constantini toujours sur le pont malgré une retraite validée. Il me paraît sombre, il cache certaines choses  et est manipulateur, à mon sens.

Il me semble que le mot fin ne s’inscrit pas tout à fait dans la vie de Kaczmarek, on le retrouvera.

Ça ne peut pas se terminer ainsi, trop simple. A quand un nouvel opus Eric ?

Je remercie les Editions Ravet-Anceau et particulièrement Emmeline, Responsable Communication, pour ce SP. Merci également  à Eric qui est toujours disponible pour ses lecteurs/lectrices sur les salons. Merci de me montrer Kaczmarek sous un autre jour !

Publicités

Serial Belle-Fille de Cécile Pellault


La double chronique

Aujourd’hui deux flingueuse se sont penchées sur un premier roman.

Ce matin c’est Maud qui vous parle de sa lecture.

Cet après-midi notre jumelle papotera avec son porte flingue pour savoir ce qu’elle aussi à penser de ce titre.

Allez je vous laisse découvrir l’avis de Maud

serial belle-fille de cécile pellaultLe livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.
Extraits :
« Je ne sais pas si on doit en rire ou en pleurer. C’est une chose de plaisanter sur les supplices en réunion, de nous défouler comme des gamines de nos frustrations de belle-fille à défaut d’aller à la confrontation avec nos belles-mères. Ce sont tout de même les mères de nos maris, concubins, voir concubines et comme on ne peut pas exiger de couper les ponts. »

Les Lectures de Maud :


 N’ayant pourtant pas de belle-mère actuellement, je me suis laissée tenter par cette découverte à la fois de l’auteur et de ce premier livre dont le thème m’avait fait sourire. Et oui qui n’a jamais eu envie d’envoyer sa belle-mère suite à une réflexion sur son travail ? sa maison ? ou ses enfants ?

Une histoire originale de jeunes femmes qui ne supportent plus leur belle-mère respective et qui se regroupent afin de se lâcher à leur sujet. Une ambiance à la fois noire car ce livre relate également les différentes conditions sociale et culturelle des protagonistes. On y retrouve par exemple la femme au foyer, la working girl, la flic, … autant de personnalités différentes mais qui ont un réel point commun.

Chloé, personnage principal, nous relate son quotidien, ses espoirs, sa vie, son association à laquelle elle voue une partie de son temps. Pourtant derrière le côté « vidage de sac » pendant leurs soirées, les fantasmes de vengeance à l’encontre de la mère de leur amour pleuvent. Tout se passe bien jusqu’au moment où l’une d’entre elles va se mettre à réaliser leurs rêves cachés. Chloé et son équipe, prises de remords, vont faire en sorte que les expéditions punitives cessent. Pourtant après avoir souhaités bien des maux à l’encontre de la grand-mère de leurs enfants, elles vont se rendre compte que derrière l’attitude il y a un profond malaise… Jusqu’où ira la vengeance ? Jusqu’aux excuses ?

Dans un style à la fois léger, direct et oral, ponctué d’humour et de sarcasmes, l’auteur met en lumière le ressenti de (sûrement) beaucoup de femmes. De nombreux dialogues rythment ce récit à la fois ludique, très réaliste, émouvant et faisant ressentir un cocktail d’émotions. Les relations humaines, les clichés et la vie de tous les jours sont également à l’honneur.

Je regrette juste l’absence de traduction lors de passages en anglais, ayant des connaissances plus que limitées dans cette langue.

Version lue : Broché

Mention : premier livre

Au-delà des apparences de Sandrine Charron


Le livre : Au-delà des apparences de Sandrine Charron. Paru le  20 août 2018 chez Le Lys bleu éditions. 19.60€ ; (196 pages) ; 15 x 21 cm.

4’e de couv :

Juin 2003, une jeune femme est sauvagement mutilée et violée. Elle est laissée pour morte dans le garage de son domicile.
Juin 2014, Chabanière, petit village des côteaux du Lyonnais est sous le choc et fait face à un nouveau drame. Le cadavre d’un enfant de la commune est découvert dans un pré.
L’adjudant-chef Martin Bellamy et son coéquipier, l’adjudant Joseph Maurici de la Section de Recherches de Lyon, sont en charge de l’enquête qui s’avère complexe. Malgré les minces indices en leur possession, ils vont mettre à jour un lien entre les deux affaires. Mais lequel ?
Des personnages sombres et intrigants jalonnent les investigations des deux enquêteurs. Les apparences trompeuses, le mutisme ou encore le passé troublant de certains protagonistes de l’histoire vont-ils compromettre les avancées de cette enquête captivante ?
C’est dans ce climat oppressant et inquiétant que Martin et Jo explorent méticuleusement et sans relâche, toutes les pistes exploitables afin de reconstituer ce puzzle macabre.
Un sujet dérangeant, dont le lecteur ne sortira pas indemne…

L’auteur : Depuis son enfance, Sandrine CHARRON a une passion dévorante pour l’écriture et possède également une imagination débordante. Quoi de plus normal, pour un Agent Territorial Spécialisé des Ecoles Maternelles, en fonction dans la région lyonnaise dont elle est originaire ?
Afin de se défaire du merveilleux monde des Bisounours et autres lutins, qui anime ses journées, elle aime se plonger dans des univers sombres et abominables où les psychopathes les plus monstrueux règnent en maîtres.
C’est en côtoyant ces deux univers terriblement opposés, que son premier Polar Noir a germé dans son esprit, pour se concrétiser quelques mois plus tard.
Un parfait paradoxe.

 

Extrait :
L’adjudant Joseph Maurici quarante-quatre ans, est d’origine sicilienne et complètement extraverti. Il parle fort et mouline des bras dès qu’il prononce un mot. C’est automatique. Comme tout bon italien qui se respecte. Joseph est fier de ses racines méditerranéennes, mais il ne supporte pas son prénom. Il se fait appeler Jo. C’est bien Jo ! Sa stature moyenne, mais plutôt musclée, ne donne pas vraiment envie de s’y frotter. Il est passionné de sport tout comme Martin. C’est bien leur seul point commun. Il passe des heures à cogner sur des sacs de frappes, en salle de boxe. Il aime s’y rendre régulièrement. Jo apprécie aussi les rencontres qu’il peut y faire. Des jeunes, des moins jeunes. Des hommes, des femmes. Certains prennent le punching-ball pour un défouloir, un psychologue. D’autres, comme Jo, pratiquent la boxe comme ils pratiqueraient un autre sport, pour entretenir leur corps. Les femmes recherchent davantage un moyen de défense, efficace ou pas. Intérieurement, il ne leur souhaite pas d’avoir à subir une agression, afin de vérifier si les cours leur sont profitables. Néanmoins, elles auront acquis quelques bases et notions qui pourront toujours être utiles. 

Le sach’Avis de Sacha

Le « tadaaaaa!!! » du jour:

Le « tadaaaaa!!! » du jour:
Le 1er polar de ma copine Sandrine Charron. Bravooooo, 🤗une belle réussite ! Une histoire terriblement originale (muhahaha😈) et des dialogues très réussis et naturels.😁
Que de chemin parcouru depuis notre rencontre au salon des polars du Chat en 2017!
Encore une fois, je ne te dirai pas le pitch (trop peur d’en dire trop!), mais ce que je peux te dire, lis le, pis c’est tout!😜

Chacun sa vérité de Sara Lövestam


 

 Le livre : Chacun sa vérité : une enquête du détective Kouplan de Sara Lövestam. Traduit du suédois par Esther Sermage. Préface de Marc de Gouvenain. Paru le 3 novembre 2016  Robert Laffont ; La Bête Noire.  19€  ; (287 p.) ; 23 x 14 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 11 janvier 2018. 6€95 ; (301 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. »

Kouplan, détective sans-papiers

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

 

L’auteur : Née en 1980, Sara Lövestam était professeur de suédois pour les immigrés avant de devenir journaliste et écrivaine à plein temps. Elle écrit notamment une rubrique pour l’important magazine gay QX. Pour son premier roman, Différente (Actes Sud, 2013), elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. 

 

Extrait :
Prologue

image

UNE PLUIE BIZARRE TOMBAIT le jour où on a enlevé Julia, un fin crachin qui vous mouillait peu à peu, insensiblement. Julia l’avait dit, d’ailleurs :
— Regarde la pluie, maman ! Elle ne fait pas plic ploc, les gouttes ressemblent à des moustiques ou à… Ça s’appelle comment, déjà ? les petites bêtes qui volent ? Maman ?
Lorsqu’elle a levé son nez mouillé, la capuche de son blouson imperméable est tombée en arrière pour la quinzième fois. Je la lui ai remise d’un geste qui, a posteriori, me paraît sans grande affection ni tendresse, et je lui ai pris la main.
— C’est à des moucherons que tu penses ? Allez, viens, Julia, on est un peu pressées, tu sais.
Elle s’est libérée de mon emprise et s’est obstinée, comme elle le faisait souvent dans ce genre de situation. Comme elle le FAIT. Comme elle le FAIT souvent.
— Ah ! oui, c’est ça, des moucherons.
J’ai tellement pensé à ces mots… Les dernières paroles de ma fille en ma présence : « Ah ! oui, c’est ça, des moucherons. » Comme si elles recelaient un indice quelconque.

 

Le post-it de Ge

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connaît : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Sara Lövestam n’en ai pas à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs romans, tous traduits dans de nombreuses langues.  Même si ce quatrième roman est bel est bien un premier roman policier. Pour notre jeune auteur, c’est la première fois qu’elle s’attaque à ce genre si particulier et elle le fait avec brio. Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels et amène ses lecteurs à questionner l’ordre établi.

Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent. En 4 livres elle a déjà reçu deux prix, c’est dire !

 » Sara Lövestam fait sensation en Suède !  » Emily Barnett, Grazia
 » Une véritable bouffée d’air frais sur la scène policière scandinave.  » Ulrika Johnsen, QX

Personnellement j’ai adoré ce personnage atypique ‘enquêteur. Kouplan a quelque chose de vraiment singulier, de totalement humain. A travers lui, l’auteur porte un regard extérieur aux problèmes  de l’exclusion, la peur de l’autre, de ce qui nous est différent, la xénophobie mais aussi le racisme plus ordinaire.

Elle nous amène à réfléchir au modèle de société que nous voudrions voir pointer son nez. Sur notre avenir, sur le savoir vivre ensemble. Mais aussi sur notre modèle économique qui semble à bout de course.

A travers les yeux Kouplan, c’est nous qui nous interrogeons.  quel positionnement avons-nous face au chômage, à l’exclusion,  aux économies parallèles et sa délinquance. Face à la situation actuel de notre monde qui déverse chaque jour sa cohorte d’immigrés et de réfugiés.

Je vous l’avez dit, Kouplan est singulier, c’est notre part d’humanité qui parle à travers lui !

1974 – Arnaud Codeville


La double Chronique

Deux flingueuses ont lu le même bouquin. Et chacune leur tour elle vous donne leur avis.

Là c’est Miss Aline qui vous parle de …

Le Livre: 1974 de Arnaud Codeville. Paru le 01 mai 2016 en auto-édition. 18€ ; 528 pages ; 13 x 20 cm.
4ème de couverture:
À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée… Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse… Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.

 

 

 

 

L’auteur : Né en 1980, Arnaud Codeville est infographiste et développeur web. Il arrive à la littérature en passant par sa passion de toujours : les jeux de rôle qui le propulsent dans des univers hors du commun. En 2015, il sort son premier roman :La tour de Sélénite.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Malgré la distance, Poirier put entrevoir le visage de l’interlocuteur du vieil homme et pendant l’espace d’un instant, il eut la nette impression qu’il lui était familier. Troublé, le policier tourna la tête et regarde Joël qui venait de s’allumer une Marlboro. Ce type là-bas avait de faux airs de …son collègue. Etait-ce là un vilain tour de son imagination ? se demanda-t-il en scrutant de plus en plus le visage de Joël. Ce dernier s’en aperçut et pivota vers lui, intrigué Stéphane voulut lui en faire part, mais se retient. Finalement, il secoua la tête pour enlever cette drôle d’idée, embraya et fit demi-tour. Dans un crissement de pneus, ils quittèrent la rue Jean Jaurès pour de bon. »

 

L’accroche de Miss Aline :

 

Une 4ème de couverture qui ne laisse rien présager du contenu du livre. Il y a le mot « hantée » certes mais pas de quoi ne pas lire le roman.

Quelques mots en prologue nous parlant d’une maison que l’on brûle intentionnellement à Sebourg. Un homme qui regarde le spectacle jusqu’au bout. « Hantée », maison…je tiens mon paranormale. Va suivre le développement des faits qui devrait m’amener là. Mais je  suis loin, très loin d’imaginer ce que je vais vivre en lisant ce roman.

 Je fais alors  la connaissance de Joël Masson, inspecteur de police dans le Nord de la France. D’emblée, il m’énerve à vouloir finir au fond d’une bouteille d’alcool. À se morfondre. Il a vécut un drame familial, il ne veut pas vraiment en parler. Qu’à cela ne tienne mais bouge toi mec. Le capitaine Lassard va l’envoyer sur une enquête qui devrait se régler en deux temps trois mouvements : une tentative de cambriolage dans une maison à Hérin. À partir de là, je ne maîtrise plus rien, Joël non plus d’ailleurs. Le fantastique, oui. Le paranormal, un très petit oui. Les deux mélangés ça me donne la chaire de poule. Je ne veux même pas lire le soir. Faut pourtant aller jusqu’au bout pour être certaine que le bien triomphe et ne pas rester sur des cadavres à foison, du sang et autres substances glauques, des hallucinations (d’ailleurs en est-ce vraiment ?), des portes étranges… Tout à coup Joël se réveille… enfin ! Je veux savoir et ma lecture prend la vitesse des rebondissements qui se succèdent avec frénésie.

1974 est mon premier livre lu d’Arnaud Codeville. Le texte est fluide avec beaucoup de dialogue, ce qui pour moi rend un texte vivant. L’écriture est très imagée. On ne fait pas que lire, on est dans l’histoire : on voit tous, on vit tous. C’est une écriture captivante voir hypnotique.

Merci à Arnaud Codeville, rencontré fin novembre au salon de Mon’s Livre (Belgique) de m’avoir ouvert un univers que je ne côtoyée pas. Rendez-vous au prochain roman !

 

1974 de Arnaud Codeville


La double Chronique

Deux flingueuses ont lu le même bouquin. Et chacune leur tour elle vous donne leur avis.

Là c’est Ophélie qui vous parle de …

Le Livre: 1974 de Arnaud Codeville. Paru le 01 mai 2016 en auto-édition. 18€ ; 528 pages ; 13 x 20 cm.
4ème de couverture:
À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée… Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse… Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.
L’auteur: Infographiste et développeur web. Arnaud Codeville puise son univers dans une passion qu’il pratique depuis l’âge de 17 ans : les jeux de rôles. C’est ce loisir riche en inventivité qui l’amène ensuite la littérature. Plus particulièrement celle qui fait peur. Il sort en juin 2015 : La tour de Sélénite et en Avril 2016 : 1974 en tête des ventes dans la catégorie Fantastique et Terreur et Surnaturel sur Amazon pendant 3 mois. En octobre 2016, il remporte avec 1974 le concours des plumes francophones organisé par Amazon. Son troisième roman, Parasite est annoncé pour janvier 2019.
Extrait:
« Le vent frais de cette soirée de juillet distillait une légère odeur de brûlé et lui frôlait sa barbe de trois jours. Au-dessous d’un blouson noir, il portait un sweat-shirt à capuche qu’il avait relevée sur sa tête. A chaque bouffée de sa Marlboro, la cendre rouge illuminait un rictus de satisfaction. Ses yeux, d’un bleu intense, ne lâchaient pas un seul instant ce qu’il restait de la demeure. Quand il fut certain que le travail avait été correctement fait, il jeta sa cigarette au sol et l’écrasa vivement. Puis il lança un dernier regard sombre en direction de la maison puis quitta les lieux sans jamais se retourner. »

Le OFF de OPH

 

Après La Tour de Sélénite, je me suis plongée dans 1974 d’Arnaud Codeville.

Alors j’enchaîne rarement deux livres du même auteur, néanmoins le troisième d’Arnaud sort sous peu et je tenais à avoir lu les deux précédents avant de découvrir le prochain.

1974 : chronique d’une montée en puissance.

Entre les deux romans, une réelle évolution dans l’écriture. Moins de maladresses, plus de « mâche », une meilleure maîtrise des temps de narration.

Côté style, j’ai retrouvé la faculté qu’à Arnaud de créer des ambiances… et quelles ambiances !
Chair de poule, hauts le cœur, envie de me cacher sous la couette… Le tout sous une pluie omniprésente en cet été de tous les dangers.
Si les thrillers fantastiques ne sont pas votre dada, passez votre chemin, parce que côté sorcellerie et paranormal activity vous allez être servis ! (Rime riche 😉).

Dans la veine de films tels que « Ouija », « l’exorciste » ou encore « The Ring », Arnaud est doué pour nous transporter aux frontières de notre monde sans que cela ne paraisse too much ou que l’on frôle l’indigestion. L’écriture est assez cinématographique et on imagine parfaitement les scènes décrites, même les plus insoutenables.

Quand, à Sebourg, petit village du Nord de la France, les pompiers mettent le feu à une demeure, l’ensemble des habitants assiste à l’agonie de cette vieille bâtisse. Parmi les badauds, un homme se délecte de cette mise à mort…

Une intrigue sans temps mort, de multiples rebondissements : Arnaud nous mène par le bout du nez dans les méandres de son labyrinthe pour nous emmener vers un final… piouffff. 
1974 est un vrai thriller et pas uniquement un roman fantastique ou horrifique. La tension narrative, l’enquête, les meurtres… tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un bon moment.

Il me manque encore un poil de consistance pour les personnages mais parce que vous le savez, je suis exigeante !

1974 est un roman que je ne peux que vous recommander pour découvrir l’auteur si vous êtes amateurs de ce genre de lectures.

Sur ce, je vais aller faire des cauchemars…

 

Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit


Sébastien Lepetit Il y aura du sang sur la neige

Le livre : Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit – Paru le 14 janvier 2018 aux éditions Flamant Noir éditions dans la collection polars thrillers –  20 € – (280 pages) ; 21 x13 cm. 

epub 9.99 €

 

4ème de couverture :

LA TRANSJURASSIENNE. Célèbre rendez-vous du ski de fond français. Tous les ans, plus de 3 500 skieurs se retrouvent sur les pistes du Haut-Jura pour braver le froid glacial, le vent et la fatigue, autour du même objectif : donner le meilleur de soi et franchir la ligne d’arrivée ! Le commissaire Morteau connaît bien cette compétition dont il suit chaque édition. Mais cette fois, l’événement lui réserve des surprises… Depuis quelque temps, l’organisation de la course reçoit des menaces de mort très sérieuses. Morteau, accompagné de son jeune collègue, Fabien Monceau, est appelé à se rendre sur place pour évaluer les risques. Mais lorsqu’un homme est retrouvé assassiné de plusieurs balles dans la tête en pleine montagne, la situation devient plus complexe que prévu. Jalousie personnelle, rivalité sportive ou jeu pervers ? Cette année, la neige pourrait bien prendre la couleur du sang…

L’auteur : Né à Loudéac , le 30 août 1969, Sébastien Lepetit alias Saint-Fromond est un écrivain baladeur, atrabilaire et sauvage.
Un tantinet agoraphobe, il recherche le calme des sentiers de montagne ou de forêt où il cueille les pensées et les sensations qui deviendront l’âme de ses romans. Il est amoureux des pierres, des bâtisses et de leur histoire.
Dans ses romans, les lieux où vivent les personnages ont une place particulière, au point d’en devenir également des personnages à part entière. Il aime lire Umberto Eco, Pierre Magnan, Peter Tremayne, Anne Perry, et tant d’autres.
Enfin, il pense que les livres sont plus importants que les auteurs, faisant sienne cette phrase d’Umberto Eco dans l’Apostille au nom de la rose : « L’auteur devrait mourir après avoir écrit. Pour ne pas gêner le cheminement du texte ».
À la ville, en costume-cravate et chapeau, Sébastien Lepetit est un sous-préfet tout ce qu’il y a de plus sérieux. Aux champs, sans cravate, mais travaillant toujours du chapeau, il nous entraîne dans son univers, entre polar et poésie, culture et nature, suspense et gastronomie. De la belle littérature à déguster sans modération.Amoureux des mots en tous sens, du point-virgule qu’il aimerait remettre à la page, et du subjuguant imparfait du subjonctif, il aime les polars et la littérature du XIXe siècle, l’histoire et le vin jaune, la peinture et les promenades en montagne… Et il aime marier ces univers improbables dans ses romans.Breton, Charentais, Franc-Comtois, et Périgordin depuis peu, il rêve d’un endroit idéal où l’océan côtoierait les reculées jurassiennes et les vignobles charentais. En attendant, il déguste de temps à autre une crêpe aux morilles, arrosée d’un pineau, et ne rechigne jamais devant un foie gras poêlé, une omelette aux truffes et un verre de vin de Domme. Mais ça, c’est une autre histoire…Il est aujourd’hui l’auteur de 5 romans.
 
Extraits :
« — Le blessé est… mort. Il est encore là-haut, juste à côté du chalet des Ministres.
— Les Ministres ? interrogea Monceau.
— Tout le monde connaît le chalet des Ministres, précisa Morteau. C’est le point culminant de la Transjurassienne, et le sommet de la montée du Risoux, la plus grande difficulté de la course.
— Pourquoi les Ministres ? Encore une de vos anecdotes avec une réunion historique de ministres ?
Morteau adressa un sourire en coin à son adjoint.
— Ça aurait presque pu, puisque Les Rousses ont accueilli des négociations secrètes sur la fin de la guerre d’Algérie. Mais la vérité est bien plus rigolote ! En patois du coin, les Ministres, ce sont les mulets, ou les ânes, si tu préfères.
— Non… vous plaisantez ?
— Même pas… »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Le 8 février se déroule la mythique course de ski de fond la Transjurassienne. C’est à cette performance sportive et cosmopolite de 76 km, que nous convie Sébastien Lepetit.

Avec l’humour que j’avais découvert avec plaisir en 2015 dans Merde à Vauban, le même épicurisme accompagne son commissaire Morteau, amateur de vin et de bonne chère donc, qui ne crains pas les calories, dans une enquête chez les fondeurs. Il a succombé aux demandes pressantes d’un ancien camarade de promotion et ne va pas tarder à le regretter. C’est flanqué de son ours en peluche et de son adjoint Monceau qu’il débarque à la Combe du Lac.

Le froid jurassien nous agresse profondément, les lecteurs souffrent sur les pentes et peinent à démêler les rivalités des prétendants au podium. L’enquête se déroule sur une semaine et la course sur quelques heures … les deux récits nous sont offerts  simultanément sans préjudice pour la compréhension.

Au cours de cette semaine de galère, notre cinquantenaire endurci tâte de la romance flamboyante et une rapide rencontre avec son père qui nous vaut une critique acerbe du capitalisme, haute en couleur.

Une enquête « pas à pas » et bien menée et ancrée à la fois dans le Jura profond et dans le sport de haut niveau, une promesse de sang, que j’ai beaucoup aimée. Un très agréable moment de lecture à déguster au coin du feu !

Lu en version numérique.

Autres Extraits 
 Morteau soupira et regarda tranquillement son adjoint.
— Je veux simplement dire que tout colle trop bien. C’est suspect !
Le lieutenant Monceau ne put réprimer un rictus.
— C’est tout vous, ça. Vous dites toujours : « Soit ça colle, soit ça cloche ! » et pour une fois que tout colle, vous trouvez que ce qui cloche, c’est que ça colle trop bien. Faudrait savoir ce que vous voulez ! »
« — Tu lis trop de romans policiers. D’ici peu, tu vas me dire que tous les concurrents se sont ligués pour tuer Doucier, comme dans Le crime de l’Orient-Express13.
— Je ne connais pas…
Morteau soupira. Se pouvait-il que quelqu’un n’ait jamais lu Le crime de l’Orient-Express ? Cette nouvelle génération était à désespérer.
— Alors je corrige : tu ne lis pas assez de romans policiers… »
« — Tu n’exagères pas un peu ? On a toujours connu la guerre un peu partout, au Vietnam, en Algérie, en Afrique… Maintenant, elle est au Moyen-Orient. Les hommes sont comme ça. Ils disent détester la guerre, mais ils ne peuvent s’empêcher de la faire. Mais chez nous, c’est fini. On en a suffisamment bavé et on n’est pas près de se faire piéger de nouveau. L’Europe est faite pour ça.
— Détrompe-toi, Bruno. Elle arrive. Ma génération a connu la guerre, mais pas les jeunes. Tout est là. Il suffit de sentir l’atmosphère. On se croirait dans les années trente. Les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches. Le pays n’a jamais été aussi riche et pourtant on a des millions de chômeurs qui se taisent et acceptent leur sort. Les riches se gavent comme jamais sur le dos de tout le monde, et ils ont réussi à faire croire aux gens de la rue que leurs problèmes viennent des plus pauvres qu’eux qui touchent trop d’aides et des émigrés qui fuient la guerre et la pauvreté. L’ennemi, c’est le pauvre, d’ici ou d’ailleurs. Combien de temps cela va-t-il durer ? »
 

Kawa Littéraire, spécial premiers romans


Il y a fort longtemps que je ne vous ai pas parlé de mon Kawa Littéraire.

Depuis le mois de mars dernier.

10 mois sans Kawa alors qu’il y en a eu une par mois depuis le printemps dernier.

10 kawas à rattraper ça va vous en faire pas mal d’un coup !

Surtout qu’à chaque rencontre je fais le plein, des aficionados mais aussi à chaque fois 1 ou 2  lectrices supplémentaires qui viennent se joindre à nous.

Aussi autours du noyau dur, nous avons construit une belle communautés de lectrices.

 

Aussi au mois de mars derniers avant nous amorcé un nouveau chapitre pour notre cercle de lecteur mais aussi pour l’équipe de la bibliothèque. (Mais ça je vous en reparlerai bientôt). Donc en ce moi de mars 2017, j’ai proposé à mes lectrices pour une fois de se taire et d’écouter d’autre lectrice leur présenter 10 titres très spéciaux !

En effet…

Lors du KAWA littéraire du 03 mars 2018, nous avons accueillis deux bibliothécaires de la bibliothèque  Marguerite Audoux, Christine et Françoise ainsi que deux lectrices, Josiane et Frédérique  venues nous présenter 10 romans. Les 10 romans finaliste du prix du premier roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris.

 La bibliothèque Audoux participe depuis une dizaine d’année à la mise en avant des premiers romans au sein des bibliothèques de la ville de Paris et cette année elle participe tout naturellement au 1er prix des lecteurs de nos bibliothèque, un premier prix du premier roman.  Josiane et Frédérique étant elle membres du jury,pour ce prix du premier roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris.

Successivement, elles nous ont présenté avec enthousiasme et discernement les 10 titres concourant.

 

 

BIBLIOGRAPHIE
Les 10 titres concourant au Prix du premier roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris viennent d’être sélectionnés !
Jean-Baptiste Andrea : Ma reine (L’Iconoclaste, 2017)
Clarence Boulay : Tristan (Sabine Wespieser, 2018)
Olivier Chantraine : Un élément perturbateur (Gallimard, 2017)
Yves Flank : Transport (L’Antilope, 2017)
Violaine Huisman : Fugitive parce que reine (Gallimard, 2018)
David Lopez : Fief (Seuil, 2017)
Marion Messina : Faux départ (Le Dilettante, 2017)
Guillaume Poix : Les Fils conducteurs (Gallimard, 2017)
Marie Richeux : Climats de France (Sabine Wespieser, 2017)
Pierre Souchon : Encore vivant (Rouergue, 2017)

 

Olivier Chantraine : Un élément perturbateur

Un élément perturbateur

Serge Horowitz est hostile à toute forme d’engagement. Sa soeur l’héberge chez elle. Il ne doit son travail dans un cabinet de Consulting qu’à son frère, ministre des Finances. Pour ne rien arranger, il est hypocondriaque et connaît des moments d’aphasie incontrôlables. C’est une de ces crises qui le saisit alors qu’il est en pleine négociation avec une société japonaise. Quand lui revient la parole, il fait capoter l’affaire…

Mis en demeure de réparer son erreur, le voici lancé dans l’opération de la dernière chance, accompagné de Laura, son associée. Mais les déconvenues s’enchaînent.

 

 

Yves Flank : Transport

« Mon amour, mon amour, ô mon amour, maintenant je crie en plein visage. Vas-tu pleurer, vas-tu revenir, délaisser tes ombres et me sourire, répondre à cette attente infernale, m’empêcher de sombrer de trop de solitude ? Je voudrais lacérer ton épaule, cracher un venin verdâtre, t’anéantir de mes pensées, souffler sur ma douleur, t’aimer intensément. Tu entends, tu entends ? »

Dans un wagon vers l’inéluctable, se croisent les pensées de l’homme brun et de la femme rousse. L’homme brun donne à entendre, à voir, à sentir ce qui s’y passe. La femme rousse revit la passion amoureuse qu’elle chante dans sa tête. Elle appelle son grand amour au secours.

Dans ce premier roman singulier, Yves Flank nous transporte, entre rêve et réalité, aux confins de l’existence.

 

Violaine Huisman : Fugitive parce que reine

Fugitive parce que reine

« Maman était une force de la nature et elle avait une patience très limitée pour les jérémiades de gamines douillettes. Nos plaies, elle les désinfectait à l’alcool à 90°, le Mercurochrome apparemment était pour les enfants gâtés. Et puis il y avait l’éther, dans ce flacon d’un bleu céruléen comme la sphère vespérale. Cette couleur était la sienne, cette profondeur du bleu sombre où se perd le coup de poing lancé contre Dieu. »

Ce premier roman raconte l’amour inconditionnel liant une mère à ses filles, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais l’écriture poétique et sulfureuse de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit à une vie rêvée, à la liberté.

 

Marion Messina : Faux départ

D’expérience, la vie qu’on vit a la douceur d’un airbag en béton et la suavité d’un démaquillant à la soude. Ne serait-elle qu’une épaisse couche d’amertume sur le rassis d’une tartine de déception ? L’amour fou, la vie inimitable, le frisson nouveau sont toujours à portée de corps, mais jamais atteints. Ça fait un drôle de bruit au démarrage. Jamais on ne passe la seconde. Faux départ, telle est la règle.

En passant devant les vitrines des voyagistes elle pouvait sentir son coeur se serrer […]. L’aventure et l’imprévu laissaient la place à l’extrême planification, à l’angoisse du lendemain, les road trips avaient disparu au profit des stages de prévention, des spots télévisés de sécurité routière peuplés d enfants aux destins et à la nuque brisés, il ne fallait plus faire l’amour sans connaître les antécédents du partenaire sexuel […]. L’obsession était à la sécurité, le découragement et la lassitude emplissaient les poumons que l’État voulait protéger des méfaits du tabac.

Banlieusarde sans accent, ni pyromane, ni victime, élevée par des ouvriers bibliophiles et fins gourmets, Marion Messina était prédestinée à ne satisfaire aucun cliché. Persuadée qu’une carrière de diplomate l’attend, elle rêve d’Oxford depuis son lycée technique de zone « sensible », tuant ses après-midi à feuilleter des catalogues de voyagistes entre deux cours de bharatanatyam. Las, ni l’ONU ni les théâtres de Madras ne se décident à exploiter son talent. Elle devient pigiste, étudiante en science politique et finit par valider un BTS agricole.

 

Guillaume Poix : Les Fils conducteurs

Les fils conducteurs

« Quand les enfants crèvent les écrans, quand ils arrachent le plastique et fractionnent les écorces de cette forêt véreuse, quand ils posent les doigts sur Les fils conducteurs, les dénudant de leur enveloppe isolante pour atteindre l’âme dont ils jaugent la souplesse, le courant pourrait surgir, s’accrocher à leurs phalanges, les mordre – et puis Les avaler. »

Près du port d’Accra, au Ghana, dans une immense décharge de produits électroniques, Isaac et Moïse initient Jacob à la « fouille ». Trois jeunes garçons plongés dans les déchets de l’obsolescence industrielle auxquels Guillaume Poix donne une grâce singulière. Ce premier roman captive tant par son style lyrique et son ambition documentaire que par l’humour impitoyable qui interroge les zones troubles du regard occidental.

 

Jean-Baptiste Andrea : Ma reine (L’Iconoclaste)

 

L’action se situe dans la vallée de l’Asse durant l’été 1965. Shell est un jeune garçon pas comme les autres, « une Alfa Roméo avec dans la tête un moteur de 2CV » dit son père. Surnommé Shell du nom de la station service tenu par ses parents, il fait le plein aux rares voitures qui s’arrêtent. Ayant failli mettre le feu à la garrigue, il décide de s’enfuir et de partir à la guerre « pour devenir un homme ». En lieu et place de la guerre, Shell se retrouve immergé dans une nature à la fois sauvage et bienveillante d’où va surgir une adolescente farouche et indocile qui va se proclamer sa « reine » et qu’il devra servir.

Dans ce roman solaire, poétique et émouvant, Jean-Baptiste Andrea donne la parole à un enfant « différent », si sensible au monde qui l’entoure.

 

Clarence Boulay : Tristan

 

Clarence Boulay : Tristan (Sabine Wespieser, 2018)

Tristan. « Face à moi, le paysage est long et bleu. Sur l’île, je ne connais personne, personne ne m’attend. La page est blanche. Tout est possible. Non. Tout semble possible. Mais, ça, je ne l’ai su qu’après. »

Après sept jours de traversée en plein Atlantique Sud, à bord d’un langoustier assurant la liaison avec la ville du Cap, Ida débarque sur l’île de Tristan. Au fil de ses déambulations dans le village accroché aux pentes d’un volcan, elle découvre son nouvel univers : le vert des collines, les allées courant entre les jolies maisons, les vaches sur les parcelles et les habitants occupés au port, au magasin ou à la conserverie. Dans cette petite communauté, avec pour seules limites le ciel immense et l’océan, ses repères chavirent peu à peu dans une lente dilatation du temps.

Suite au naufrage d’un cargo, l’activité devient soudain frénétique. Quand un soir, à l’Albatross bar, Ida accepte de partir sur les lieux du sinistre, elle ne sait pas que sa vie va basculer. Le sauvetage des oiseaux mazoutés remplit les journées de l’équipe qu’elle constitue avec les trois hommes qu’elle a suivis sur cet îlot désert. Une nuit, l’un d’entre eux la raccompagne dans sa cabane. L’éblouissement amoureux surgit alors. Pendant quinze jours hors du monde – la mer est mauvaise, aucune embarcation ne peut accoster pour venir les chercher -, la valse des corps et des sentiments sera leur unique horizon.

Au rythme de la houle et du vent, Clarence Boulay excelle à donner chair à une vertigineuse sensation de dessaisissement. Son roman largue les amarres, et bouscule toutes les certitudes.

 

Fief / David LOPEZ (Seuil)

 

 

Le territoire de Jonas et de ses potes n’est ni la campagne ni la ville, mais un entre-deux, une zone péri-urbaine pavillonnaire. Leur quotidien est synonyme d’ennui, mais ils se tiennent chaud et appréhendent de quitter leur quartier : « L’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier ». Son copain Untel deale du shit, Lahuiss fait des études, et il y a Ixe, Sucré… Jonas, quant à lui, est boxeur amateur en attente d’un grand combat. Quand il boxe, redoutant les coups, il manie l’esquive comme dans sa vie. Il est le chroniqueur lucide de leur quotidien.

David Lopez retranscrit subtilement, sans porter de jugement, la vie de ces jeunes qui ont du mal à quitter l’enfance et à trouver leur place.

 

Climats de France / Marie RICHEUX (Sabine Wespieser)

 

 

Climat de France est une cité de pierre réalisée dans les années 50 à Alger. La Cité heureuse est une autre cité de pierre où Marie, la narratrice, passa son enfance à Meudon-la-Forêt. Ces deux cités ont un point commun : elles furent réalisées par l’architecte Fernand Pouillon. Autour de ces lieux, Marie Richeux construit un roman polyphonique dans lequel s’entremêlent les époques et les vies de personnages parfois déchirés ou contraints à l‘exil. Malek, son vieux voisin, en est la figure emblématique. En faisant des allers-retours dans le temps et dans l’espace entre Alger et Paris, Marie peint la lumière du sud et réhabilite le grand architecte, presque oublié aujourd’hui, que fut Fernand Pouillon. Par son trait sûr dans lequel perce une grande délicatesse envers ses personnages, Marie Richeux nous fait revivre un moment de l’Histoire.

En marge de cette lecture, il faut redécouvrir Les pierres sauvages, le seul et magnifique roman écrit par Fernand Pouillon.

 

Pierre Souchon : Encore vivant

 

Encore vivant

Il se l’était juré, l’HP, il n’y retournerait jamais. Mais alors qu’il vient de faire un mariage prestigieux et qu’il a trouvé un emploi, Pierre Souchon est délogé d’une statue de Jean Jaurès où il a trouvé refuge et embarqué en hôpital psychiatrique.

À vingt ans, pendant ses études, il avait basculé pour la première fois et été reconnu bipolaire. Passant à nouveau la « barrière des fous », il se retrouve parmi eux, les paranos, les schizophrènes, les suicidaires, brisés de la misère dont il nous livre des portraits à la fois drôles et terrifiants. Son père vient souvent le visiter, et ensemble ils s’interrogent sur la terre cévenole d’où ils viennent, les châtaigniers et les sangliers, sur leurs humbles ascendants, paysans pauvres et soldats perdus des guerres du XXesiècle.

Dans ce récit plein de rage mais aussi d’humour, l’auteur nous plonge au coeur de l’humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, ses frères dans l’ordre de la nuit, sur le monde paysan en train de mourir ou la grande bourgeoisie à laquelle il s’est frotté.

Il est rare de lire des pages aussi fortes, d’une écriture flamboyante, sur la maladie psychiatrique, vue de l’intérieur de celui qu’elle déchire.

 

Nos collègues et amies ont su parfaitement nous inculquer le goût qu’elles ont pour ces premiers roman. Aussi suite à ce Kawa et l’enthousiasme de mes lectrices, j’ai proposé à mes collègues et ensuite à ma direction de participer au second prix du premier roman. Aujourd’hui c’est chose faite. Avec 4 collègues nous mettant en avant les premiers romans au sein de notre établissement.

Et les lectrices du Kawa se sont engagées à en lire une maximum.

Ce qu’elles ont fait et font encore

L’Affaire de l’homme à l’escarpin de Jean Christophe Portes


Le livre : L’Affaire de l’homme à l’escarpin de Jean Christophe Portes. Paru le 9 Novembre 2016 aux Editions City Edition dans la collection Romans.  19 € ; (429 p.) ; 24 x 16 cm

Réédité en poche  le 23 mai 2018 chez City Poche. 8€ 20 ; (476 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :
Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l’exception d’une paire d’escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que le jeune homme fréquentait les milieux homosexuels et qu’il travaillait pour un journal politique, l’affaire prend une tout autre tournure.
Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié aux intrigues se jouant au plus haut niveau du pouvoir. Depuis la fuite à Varennes, Louis XVI a été suspendu de ses fonctions et, dans l’ombre, le parti du duc d’Orléans fait tout pour  s’emparer du pouvoir.
Dans les bas-fonds de la capitale, entre aristocrates révolutionnaires, Dauterive ne sait plus à qui se fier. La corruption, l’avidité et les trahisons sont monnaie courante et le danger est à chaque coin de rue. Surtout quand on s’approche un peu trop près de la vérité…

L’auteur : Jean-Christophe Portes est journaliste et réalisateur.
Il a fait des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs.
Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises.
En octobre 2015 parait L’Affaire des Corps Sans Tête, premier tome des enquêtes de Victor Dauterive, qui mettent en en scène un jeune officier de gendarmerie au début de la Révolution. Ce livre est finaliste pour le prix du premier roman Lions club 2015.
Le deuxième tome, L’Affaire de l’homme à l’escarpin, est salué à sa parution en décembre 2016 par le libraire Gérard Collard: « un nouveau grand du polar historique est né ! ». Livre sélectionné pour le prix de roman historique de Montmorillon.
Le troisième tome paraîtra à l’automne 2017, ainsi qu’un autre polar cette fois contemporain en janvier 2018, toujours chez City éditions.

Extraits :
« Il revoyait ses yeux clairs, naïfs et pleins de rires, il le revoyait lui tirer la manche rue Saint-Honoré, brandissant sa pièce sur le Pont -Neuf comme un trophée, puis s’enfuyant de sa démarche dansante. Il revoyait son sourire lorsqu’il lui avait annoncé qu’il le prenait à son service. Et à ce souvenir des larmes brûlantes jaillirent de ses yeux.»

Les Lectures de Maud :

Une nouvelle enquête de Victor. C’est avec ravissement je me suis replongée dans cette période trouble de notre histoire, le fameux vote de L’Assemblée tant attendu : la destitution ou non du Roi suite à sa fuite à Varenne. Bien sûre accompagnée d’une enquête de Victor. Des meurtres se produisent, qui pourraient s’apparenter à des règlements de compte de mœurs vont mettre en déroute notre jeune enquêteur.

Victor va encore en voir de toutes les couleurs comme on dit. Il va être destitué, emprisonné, libéré mais le tout n’est-il pas de la poudre aux yeux pour les ennemis du Roi ? Quelle machination va s’organiser afin que l’Assemblée et les gardes réagissent. Les espions sont partout et il ne sait pas vraiment à qui il peut se fier ni en qui avoir pleine confiance. L’ennemi est-il partout ? ou seulement à l’angle de certaines rues ?

Totalement conquise par l’écriture à la fois dynamique et littéraire de l’auteur. Un excellent cocktail d’intrigues, de suspense, de références historiques. Un ensemble savamment dosé qui rend cette lecture à la fois addictive et touchante. Victor est vraiment un personnage très attachant, on suit ses aventures en espérant à chaque fois qu’il ne lui arrive trop rien de grave. Je me laisserai prochainement emportée par l’opus suivant : La disparue de Saint Maur.

A lire de préférence dans l’ordre : L’affaire des Corps sans tête, l’Affaire de l’homme à l’escarpin, La disparue de Saint Maur, L’espion des Tuileries. Les histoires sont indépendantes mais préférable pour suivre l’évolution des faits historiques et celle des personnages

Version lue : Numérique

Kahena de Margot Aguerre


Le livre: La Dynastie du Royaume de Floss  vol 1 : Kahena de Margot Aguerre, publié en auto-édition et sorti le 01 septembre 2014. 492 pages; 15,90 euros;  24 x 16 cm   

4eme de couverture :

Kahena est une jeune fille intrépide et solitaire qui vit avec sa famille en Altarine, un pays épargné par la guerre que mène Jaliorga, un sorcier haineux qui a décimé de nombreux peuples. Pourtant le temps presse. Kahena devra maîtriser la magie qui sommeille en elle pour faire face à cette terrifiante menace. Elle apprendra à se battre pour découvrir son identité et trouver sa place dans la résistance qui s’organise. Entre drame et espoir, Kahena est un livre pour les curieux en mal d’aventure et les rêveurs intrépides. Laissez-vous entraîner et séduire par ce premier volet de la trilogie de La Dynastie du Royaume de Floss.
L’auteur Margot Aguerre est une jeune auteure passionnée d’écriture depuis ses dix ans. Les mondes fantastiques remplis de magie et de mystère la fascinent. Ecrire est plus qu’un exutoire, c’est une nécessité tout comme le partage qu’elle veut instaurer avec ses lecteurs. Kahena est le premier roman de sa trilogie fantasy La Dynastie du Royaume de Floss. Après un master en économie gestion à l’école de Neoma, elle se lance dans l’aventure de l’autoédition pour partager son premier roman avec le plus grand nombre. Le but est d’échanger autour de son univers et de l’expérience d’être son propre éditeur avec les bons et les moins bons côtés mais aussi montrer qu’être autoéditée ne rime pas forcément avec mauvais. Pendant son temps libre elle aime lire de la fantasy mais aussi écrire des contes pour enfants et des nouvelles, quand elle ne travaille pas sur le Tome 2 de sa trilogie.
Extrait:
« Elias, un garçon plus âgé que Kahena, esquissa un petit sourire en la regardant de biais. La jeune fille sentait son estomac se nouer lorsque leurs yeux se croisèrent. Il était brunb avec des cheveux mi-longs, une barbe naissante, la peau mate et les yeux bleus. En bref, il faisait chavirer le cœur de toutes les filles de Bojuare et Kahena ne faisait pas partie des exceptions, sans pour autant l’afficher.Son frère aîné Nael était tout autant charmeur, peut-être même plus, mais il ne venait plus aux leçons d’escrime ayant passé l’âge ».

La ch’tite chronique de Gabriele

Kahena, Margot Aguerre

Ce livre est l’histoire d’une jeune femme, Kahena qui vit en paix. Un jour, un jour son meilleur ami est attaqué, et Kahena découvre qu’il est blessé. Il lui apprend qu’il a été attaqué par une étrange créature. Kahena va devoir apprendre à contrôler ses pouvoirs pour se défendre.

Dans ce livre j’ai tout aimé, la magie, les créatures démoniaques, la description des personnages, le fait qu’il ait des peuples différents. J’ai beaucoup aimé le Prince Tronze car il est chanteur de gemmes: quand il chante il développe le pouvoir des pierres. J’ai aimé aussi Louftag qui est le roi des fées parce que son nom est marrant. Enfin j’ai adoré Robin parce qu’il a un dragon trop stylé qui s’appelle Ruberonis.

J’ai réussi à imaginer les pensées du Dragon et de Kahena et pourtant quand je lis d’habitude, je n’arrive pas à imaginer les choses. C’est sans doute pour ça que j’ai aimé ce livre.

C’est la première fois que je lis un livre aussi long.

J’ai hâte de lire la suite.